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Présenté par : KABIBA Fatima Ezzahra

OMRI Siham
Introduction.
Première partie : les juridictions administratives au Maroc
Chapitre1 :
-Les tribunaux administratifs.
-Les cours d’appel administratives.
-La cour suprême- cour de cassation.
-Les juridictions administratives spécialisées.
Chapitre2 :
-La Répartition des compétences entre les juridictions administratives
-Le droit commun.
-Les exceptions.
Deuxième partie: les juridictions de l’ordre Administratif en France.
Chapitre1 :
-Les Tribunaux Administratifs.
-Les Cours Administratives d’Appel.
-Le Conseil d’Etat
Chapitre2 :
-Les Origines Historiques et les Fondements Actuels de la Juridictions
Administrative.
-Les Premiers éléments d’une Juridiction Administrative.
-Le Renforcement de la Juridiction Administrative au XIXe.
La Justice administrative est assurée par la juridiction administrative, le droit
administratif c’est l’action du juge administratif. Cependant la juridiction administrative est
le fruit d’une longue évolution historique, la situation présente résulte en fait d’un processus
historique relativement complexe où se mêlent tout naturellement l’influence du droit
français et le désir de créer un système mieux adapté aux réalités juridiques et politiques
marocaines. C’est donc à travers l’évolution historique que l’on pourra voir comment s’est
développée l’organisation d’un contentieux administratif confié aux juridictions ordinaires.

L’histoire de la juridiction administrative moderne est récente ; il n’est cependant pas


inutile de rappeler ce qu’étaient à la veille de l’établissement du protectorat les possibilités
qu’offrait le système institutionnel pour assurer la protection des administrés. On examinera
ensuite la mise en œuvre des réformes juridictionnelles découlant du traité de 1912, puis les
conséquences de l’indépendance sur l’organisation juridictionnelle.

Avant le protectorat, s’appliquait le droit public musulman qui ne connait pas l’existence
d’un droit administratif particulier autonome et encore moins celle d’un contentieux
administratif. En effet, le système ne pratique pas la séparation des pouvoirs et, par
conséquent, critiquer l’administration, serait critiquer le Sultan, ce qui est difficilement
acceptable et on voit mal comment des juges pourrait condamner le pouvoir dont ils
émanent. L’administration était d’ailleurs simple, directe, et, surtout, personnalisées.

Avec le protectorat s’établit l’influence de la France qui pratique un droit administratif


autonome distinct du droit privé. Néanmoins, la question se pose rapidement de savoir s’il
est opportun de transposer le système français fondé sur l’existence d’une juridiction
administrative autonome appliquant un droit spécial. Celui-ci est en effet extrêmement
libéral et établit un contrôle assez strict sur l’activité administrative. Il est donc très restrictif
quant aux possibilités d’action de l’administration. On ne conçoit que les autorités nouvelles,
soucieuses de mettre sur pied de vastes réformes, ne soient pas désireuses de voir s’instaurer
un système directement copié sur les solutions françaises. C’est la raison pour laquelle sera
écartée l’idée de la création d’une quelconque juridiction homologue du Conseil d’Etat
français. L’idée dominante consistera à essayer de limiter le contentieux administratif à
quelques domaines bien précis où il ne risquera pas de porter ombrage aux autorités
administratives.

Le Maroc indépendant dans un premier temps les réformes envisagées vont avoir pour
but de compléter l’organisation juridictionnelle et de l’adapter de la situation nouvelle issue
de l’indépendance. Mais ces réformes seront ensuite suivies de nouvelles mesures tendant à
une simplification et un accroissement de la cohérence des mécanismes divers de
l’organisation juridictionnelle et spécialement de ceux qui concernent le traitement
contentieux de la matière administrative.

Le projet de loi élaboré par le gouvernement dans le cadre des orientations données par
le discours royal du 8 mai 1990, fit l’objet d’études approfondies en commission,
d’amendements multiples avant d’être voté par la chambre des représentants à la fin de la
session, le 12 juillet 1991. Le nouveau texte institue des tribunaux administratifs. Il conforte
bien entendue l’autonomie du droit administratif et donc la dualité de droit déjà reconnue.

La question qui mérite d’être posée est la suivante :

-pourquoi une juridiction administrative ?

Première partie : les juridictions administratives au Maroc.

Le législateur a entendu le système juridictionnel antérieur, en organisant le traitement


du contentieux administratif de façon symétrique par rapport au contentieux ordinaire, en
trois niveaux : les tribunaux administratifs en première instance, les cours administratives
d’appel et la cour de cassation (chambre administrative).

-Les tribunaux administratifs :

La loi fixe leur organisation mais non leur nombre. Le siège et le ressort des tribunaux
administratifs sont en effet établis par décret. C’est un décret du 3 novembre 1993 qui a créé
sept tribunaux dont le siège a été fixé au chef-lieu des sept régions créées en 1971, Rabat,
Casablanca, Fès, Marrakech, Meknès, Agadir et Oujda. L »objectif de rapprochement du juge
et de l’administration seront ainsi atteints en ce qui concerne le recours pour excès de
pouvoir jugé jusque-là dans la seule capitale. Il n’en va pas de même pour le plein
contentieux, les tribunaux de première instance antérieurement compétents étant beaucoup
plus accessibles que les nouvelles juridictions. Il est cependant prévu d’augmenter leur
nombre au fur et à mesure du développement quantitatif des recours.

La composition procède du double souci de spécialisation de maintien de l’unité du corps


de la magistrature. Les magistrats des tribunaux administratifs sont soumis au statut de la
magistrature mais font l’objet d’un recrutement et d’une formation adaptés à la fonction.
Toutefois la situation statutaire qui leur était faite ne leur offrant pas des perspectives de
carrière suffisamment attrayantes ; un certain nombre d’entre eux ont préféré rejoindre la
magistrature judiciaire ; la conséquence en a été une diminution des effectifs de nature à
compromettre le bon fonctionnement de ces nouvelles juridictions ; des réformes statutaires
ont eu pour but de remédier à cette situation.
La juridiction est collégiale ; les audiences sont tenues et les jugements rendus par trois
magistrats. Lorsque le volume des affaires le rend nécessaire ; le tribunal peut être divisé en
sections spécialisées dans certains types d’affaires.

La procédure reste régie par les dispositions du code de procédure civile ; sous réserve de
quelque adaptation dont la plus notable est la création de commissaires royaux de la loi et du
droit. Désignés pour deux ans par le président du tribunal sur proposition de l’assemblés
générale des magistrats et parmi eux ; ces commissaires doivent présenter ; en toute
indépendance ; à l’audience ; des conclusions sur chaque affaire. Ils contribuent à éclairer le
tribunal sur le droit applicable et proposent des solutions. Ils ne prennent pas part au
jugement. Ils ne sont aucunement chargés de défendre l’administration mais doivent
présenter une analyse objective et équilibrée de l’ensemble des éléments de l’affaire et guider
le tribunal vers une décision équitable et juridiquement correcte.

-Les cours d’appel administratives (Loi n° 80-03 du 14 février 2006 ; B.O. 2 mars 2006 ;
par loi 46-08 ; du 18 février 2009 ; B.O. 2009 ; p : 372) :

La création de ces cours a permis aux justiciables de bénéficier du double degré de


juridiction comme cela existe devant les juridictions ordinaires. Mais cette création a
également permis de créer un recours en cassation devant la cour suprême à l’instar de ce
qui existe devant ces dernières. Deux cours ont été créées ; l’une à Rabat et la seconde à
Marrakech.

Ces juridictions sont composées d’un premier président ; de présidents de chambre et de


conseillers parmi lesquels le président désigne pour deux ans un ou plusieurs commissaires
à la loi et au droit. La cour peut comporter plusieurs chambres en fonction de la spécialité
des affaires à juger.

-La cour suprême cour de cassation :

Telle qu’elle était conçue en 1957, la cour suprême constituait une entité à l’intérieur de
laquelle la répartition en chambres spécialisées n’avait qu’une finalité d’organisation et de
division du travail. En effet, les textes d’origine devenus les articles 362 et 371 du C.P.C.
prévoient la possibilité de statuer deux chambres réunies ou toutes chambres réunies, et
donnent également à toute chambre le droit de juger, quelle qu’en soit la nature, les affaires
soumises à la cour. De fait, la chambre administrative a pu statuer régulièrement sur des
affaires civiles et commerciales. Certains auteurs ont néanmoins mis en doute que la
réciproque soit possible et considèrent que la chambre administrative a des compétences
propres et par conséquent est une véritable juridiction administrative. Cette opinion nous
parait confrontée par la réforme étudiée et notamment l’article 43 qui expose que « les
jugements des tribunaux administratifs sont portés en appel devant la Cour suprême
(chambre administrative) ». La parenthèse résulte d’ailleurs d’une adjonction apportée par
amendement qui manifeste clairement la volonté de voir la seule chambre administrative
exercer cette compétence. Il semble donc que ; dans cette hypothèse au moins ; l’art. 362 du
C.P.C. ne puisse recevoir application. C’est un des éléments importants de l’unité de
juridiction qui se trouve là aussi écarté. En revanche ; d’autres articles se réfèrent à la Cour
suprême sans précision particulière ; notamment pour le règlement des conflits de
compétence entre tribunaux ordinaires et tribunaux administratifs (art. 13) et c’est
certainement une hypothèse ou le recours aux chambres réunies trouvera utilement à
s’appliquer.
Avec la création des Cours d’appel administratives ; la Haute juridiction a perdu sa
compétence de juge d’appel ; en revanche elle a désormais reçu pleine compétence de juge de
cassation des décisions rendues en dernier ressort par les juridictions administratives.
Elle est désormais juge de cassation pour l’ensemble des juridictions et cela justifie la
modification de son appellation qui n’est plus Cour suprême mais Cour de cassation, étant
entendue que c’est la Chambre administrative qui est seul habilitée à statuer sur les pouvoirs
en cassation dirigés contre les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions
administratives.
-Les juridictions administratives spécialisées :
Le législateur est parfois amené à créer des organismes chargés de statuer sur des
réclamations ou de prononcer des sanctions. Il faut alors se demander s’il s’agit d’autorités
administratives ou de juridictions. La question est d’importance, car, en présence de
décisions administratives, la contestation devra prendre la forme du recours pour excès de
pouvoir, désormais de la compétence du tribunal administrative, alors qu’en présence des
décisions juridictionnelle, seul le recours en cassation devant la cours suprême sera possible.
C’est à un ensemble de critères que s’attache la Cour suprême pour reconnaitre ou non le
caractère de juridiction de tel ou tel organisme. L’analyse détaillée en est faite avec les
conditions de recevabilité du recours pour excès de pouvoir.
On peut citer à cet égard les conseils des ordres professionnels statuant en matière
disciplinaire ; mais actuellement la tendance du législateur est d’en faire des autorités
administratives dont les décisions relèvent du contrôle de légalité par la voie du recours en
annulation pour excès de pouvoir (ordre des architectes, ordre des experts comptable, ordre
des vétérinaires par exemple).

-La répartition des compétences entre les juridictions administratives


La réforme de 1991 a introduit un système relativement simple comportant un double degré
de juridiction qui constitue le droit commun mais qui comporte néanmoins quelques
exceptions notables.
-Le droit commun :
Les affaires relevant du Contentieux administratif sont normalement portées en première
instance devant le tribunal administratif. L'art 8 de la loi instituant les tribunaux
administratifs donne une liste des domaines de compétence de ces juridictions: recours pour
excès de pouvoir, actions en responsabilité, litiges relatifs aux contrats administratifs, aux
pensions, aux élections, aux expropriations, à la fiscalité et à la fonction publique. Cette liste
ne doit pas être considérée comme limitative. Bien qu'elle soit très complète, elle ne peut être
qu’indicative sans quoi on reviendrait sur le caractère de droit comme de la compétence
reconnue auparavant aux tribunaux de première instance en matière administrative et on
admettrait qu'il peut y avoir des secteurs pour lesquels l’administration n’est pas contrôlé, ce
qui irait bien évidemment à l’encontre de la généralisation voulue de l’Etat de droit.
Toute affaire relevant du droit administratif doit donc être portée devant les nouveaux
tribunaux si aucune disposition précise ne donne expressément compétence à une autre
juridiction.
Parmi ces tribunaux, sera territorialement compétent, pour les recours pour excès de
pouvoir, celui dans le ressort duquel le demandeur a son domicile, disposition évidemment
favorable au développement de ce recours. Pour les autres litiges, ce sont les dispositions des
articles 27 à 30 du C.P.C. qui s’appliquent, le règlement des litiges sur la compétence
territoriale se faisant conformément aux articles 16 et 17 du C.P.C.
Les tribunaux administratifs ne statuent toujours qu’en premier ressort, l’appel relevant
depuis 2006 des nouvelles Cours d’appel administratives.
Cette réforme institue donc un double degré de juridiction pour toutes les affaires jugées en
premier ressort par les tribunaux administratifs.
-Les exceptions :
Cette construction simple se trouve affectée de deux modifications l'une au profit du
tribunal administratif de Rabat, l'autre au profit de la cour de cassation.
Le tribunal administratif de Rabat, par dérogation aux règles de la compétence territoriale,
statue sur deux sortes de litiges, quel que soit le domicile du demandeur. Est porté devant lui
tout d'abord le contentieux relatif à la situation individuelle des plus hauts responsables
administratifs, ceux qui sont nommés par dahir ou par décret. La qualité de ces personnes,
leur nombre restreint et la nature des difficultés soulevées, font qu'il a paru préférable de
concentrer ce type de procès sans pour autant déroger au double degré de juridiction. Par
ailleurs, relève du même tribunal le contentieux qui a pris naissance à l'étranger ou en haute
mer, bref en tout lieu qui n'est pas inclus dans le ressort d'un tribunal administratif. C'est une
simple règle de commodité.
La cour de cassation reste directement compétente en premier et dernier ressort pour
statuer sur certains recours pour excès de pouvoir dans deux hypothèses aussi. Elle statue
directement sur les recours pour en annulation dirigés contre les décisions réglementaires ou
individuelles du chef du gouvernement. Ceci vise toute une catégorie d'actes très importants
et concerne en particulier l'exercice du pouvoir réglementaire. On conçoit sans peine les
raisons de cette disposition; on ne veut pas que les juridictions de base puissent annuler les
actes des plus hautes autorités de l'Etat avec le risque de contrariété de décisions si plusieurs
juridictions étaient saisies d'un recours contre le même acte. Comme par le passé, seule la
cour de cassation pourra le faire.
La seconde exception est d'un ordre plus pratique, elle vise les décisions dont le champ
d'application s'étend au-delà du ressort territorial d'un tribunal administratif. Cela concerne
les actes à portée nationale, tels les actes réglementaires d'un ministre, lorsqu'il en a le
pouvoir.
Deuxième partie : LES JURIDICTIONS DE L'ORDRE ADMINISTRATIF EN
FRANCE.

-Les Tribunaux Administratifs

Ils ont succédés en 1953, aux anciens conseils de préfectures, ils conseillaient les préfets
mais avaient aussi un rôle de juridiction, on les crée dans le but de transférer une partie des
affaires du conseil d’Etat. Ils deviennent compétents sans la sphère de tous les litiges qui
entrent dans leur compétence, les Tribunaux Administratifs jugent en premier ressort une
grande majorité d’affaires administratives à l’exception de celle qui sont réserve à une
juridiction spéciale ou encore celles qui sont réservés au conseil d’Etat directement.

Le Tribunal Administratif est compétent chaque fois que le législateur n’a pas désigné
une compétence dans une juridiction. Les Tribunaux Administratifs rendent des jugements
susceptibles d’appel qui peut se faire devant le conseil d’Etat. Les décisions des Tribunaux
Administratifs peuvent être rendues en dernier ressort et sont donc insusceptibles d’appel
mais peuvent être susceptibles en recours de cassation devant le conseil d’Etat.

Les Tribunaux Administratifs ont une compétence territoriale, celui dans le ressort
duquel se trouve le siège de l’autorité qui a pris la décision de litigieuse.

Les Cours Administratives d’Appel :

Elles datent de 1987, par une loi, il s’est agi de désengorger le conseil d’Etat en effet seul
le conseil d’Etat avait ce rôle. Ces cours administratives d’appel sont compétentes pour
rejuger les affaires des Tribunaux Administratifs, parfois le conseil d’Etat intervient
directement. Les décisions rendues en appel sont susceptibles d’un recours en cassation
devant le conseil d’Etat, ce recours est semblable à un recours en cassation.

Le Conseil d’Etat :

Il a une fonction consultative.

. L’Organisation du Système Contentieux :


Le conseil d’Etat a une section du contentieux qui est la 6ème section, celle-ci est
subdivisé à cause du trop grand nombre d’affaires mais selon la nature de la dite affaire
celle-ci peut passer devant une ou plusieurs sections.

Des sections plus solennelles existent notamment dans le cadre d’une affaire
particulière dans laquelle celle-ci pose une question de principe. On verra donc une
formation plus solennelle.

- La Section du Contentieux, elle donne lieu à un arrêt de section qui est plus
important que celui de sous-section.

- La Section ou Formation d’Assemblée du Contentieux, elle est la plus élevée, la plus


solennelle et donne lieu aux arrêts les plus importants, arrêt d’assemblé.

- Les Compétences du Conseil d’Etat en matière de Contentieux :

« Le Conseil d’Etat se situe au somment de la juridiction administrative, au centre de


celle-ci et à sa base »

Par ailleurs le conseil d’Etat rend des avis contentieux à ne pas confondre avec les
avis rendus par les formations administratives.

- Le Conseil d’Etat, Juge de cassation :

Depuis 1987, le conseil d’Etat a acquis le plus haut niveau dans l’ordre de la juridiction
administrative. Son rôle dévolu fut celui de juge de cassation afin d’évincer les disparités
dans le droit en fonction des lieux ou des territoires ou sont rendus les décisions.

Il est juge de cassation pour les décisions rendus pour les Tribunaux Administratifs en
premier et dernier ressort, il est également juge de cassation des décisions rendus par les
juridictions administratives spéciales en notant que ce recours en cassation est un
principe général. Le recours en cassation est exclu que lorsque le législateur l’a écarté
expressément, le conseil d’Etat interprète de façon très restrictive les affaires.

- Le Conseil d’Etat, Juge d’appel :

On ne retrouve ce principe que dans de rares car, comme la contestation des élections.

- Le Conseil d’Etat, Juge en premier et dernier ressort :

Depuis 1953, le conseil d’Etat n’est plus compétant en premier ressort, cependant il est
compétant dans certains litiges, il reste notamment dans des litiges considérés comme
trop importants ou parce que ces litiges sont difficilement rattachables à une juridiction
compétente.
Le conseil d’Etat est compétent dans les recours du décret du président, les
ordonnances prises avant leur ratification, les litiges individuels relatifs à la discipline ou
au recrutement sont insusceptible d’appel et de cassation.

- Les Avis Contentieux du Conseil d’Etat :

Le conseil d’Etat peut être interrogé sur le CAA, cours administrative d’appel ou un
TA afin de trouver la solution à un litige. Il demeure néanmoins des conditions :

L’Affaire doit porter sur une question de droit nouvelle

L’Affaire doit soulever une difficulté sérieuse se posant dans de nombreux litiges

Les avis de contentieux sont catégorisés à la demande des Tribunaux Administratifs


ou du CAA. La décision rendus par le conseil d’Etat n’est pas une décision juridictionnel
c’est un simple avis, l’avis n’est donc pas imposé au TA ou à la CAA qui reste la
juridiction compétente, la décision finale leur appartient.

Le conseil d’Etat ne dispose pas de la compétence de réponse dans une affaire, d’une
certaine façon il est compétent en cassation.

Pourquoi une juridiction administrative ?

Elle pourrait s’imposer comme cela est le cas dans d’autre pays. L’idée qui gouverne
cette question, c’est la séparation des pouvoirs, ainsi dans les démocraties modernes ce
principe est de mise surtout dans le cadre d’une séparation entre le pouvoir judiciaire et
l’exécutif. Ainsi si le juge judiciaire venait à juger des affaires de l’administration, il
s’immisçait dans l’exécutif

-Les Premiers éléments d’une Juridiction Administrative

Sous l’ancien régime, les rois reconnaissaient aux intendants. Le pouvoir de juger les
litiges nés de l’action administrative. Cependant, il y avait une situation de conflit
permanente avec les parements qui s’opposaient à ce pouvoir de juger des intendants.

Ainsi en 1641, intervient un édit interdisant aux parlements de juger les affaires de
l’administration, toutefois les parlements admettaient mal cette situation, ce n’est qu’à la
période révolutionnaire qu’apparait la séparation stricte entre le pouvoir judiciaire et
l’exécutif.

Les révolutionnaires avaient un sentiment de méfiance à l’égard du pouvoir judiciaire


en le suspectant d’être hostile à la révolution, il est un rival au pouvoir administratif. La
loi du 16 et 24 Aout 1796, instaurant la séparation des autorités judiciaires et
administratives, ainsi les juges judicaires ne pourront juger les litiges issus de
l’administration. Cette règle est confirmée par la loi du 16 Fructidor an 3.

C’est l’administration, elle-même qui juge ses propres litiges, chaque ministre jugeait
les affaires de la compétence de son ministère. Cette situation semblait normale à
l’époque, semblant être la continuité de la fonction administrative, juger étant encore
administrer selon eux.

-Le Renforcement de la Juridiction Administrative au XIXe :

C’est au XIXe que la juridiction administrative va commencer a émerger, avec la


création du conseil d’Etat en l’an 8, son rôle est de conseiller l’Etat, c’est une mission
consultative. Le conseil d’Etat est placé auprès du pouvoir central, il donne alors des avis
et ont créé au niveau local le conseil de préfecture auprès du préfet.

On va créer au sein du conseil d’Etat, une commission du contentieux, le but est de


donner un avis et de conseiller le chef de l’Etat sur la solution à donner sur un litige né
d’une action administrative, certain agents commencent a se spécialiser dans les litiges
administratifs. Le faits de donner des avis au chef de l’Etat, est le principe de la justice
retenu, le chef de l’Etat ne délègue pas la justice, il la retient et se réserve l’avis final.

Le plaideur devait saisir le ministre compétant qui tranchait en premier ressort, c’est le
ministre-juge. Un appel était possible devant le souverain, celui-ci rendait sa décision
après avis du conseil d’Etat.

La loi du 24 Mai 1872, permet au conseil d’Etat de statuer lui-même comme un


tribunal, il ne rend plus simplement des avis mais il juge lui-même. C’est les débuts de la
justice délégué.

Le souverain n’intervient plus en appel, mais les ministres restent en premier ressort.
L’arrêt Cadot, 1889, c’est le conseil d’Etat lui-même qui supprime le ministre juge et
s’autoproclame compétent en droit commun. Il devient alors une juridiction
apparenterai, les litiges sont portés devant lui sans intermédiaire.