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Frottement

En physique, le frottement (ou friction)


est une interaction qui s'oppose au
mouvement relatif entre deux systèmes
en contact. Le frottement peut être
étudié au même titre que les autres types
de force ou de couple. Son action est
caractérisée par une norme et une
orientation, ce qui en fait un vecteur.
L'orientation de la force (ou du couple) de
frottement créé sur un corps est opposée
au déplacement de ce corps relatif son
environnement[1]. La science qui étudie le
frottement entre solides est la tribologie.

La tribologie est complexe par le fait que


le frottement n'est pas dû à une
interaction élémentaire, mais résulte de
causes diverses, principalement des
forces électromagnétiques et de
l'interaction d'échange entre les atomes
des surfaces en contact. Ces mêmes
forces sont également en jeu dans
l'adhérence, qui s'oppose à la création
d'un mouvement, qui pour cette raison
peut être étudiée conjointement.

Historique
L'omniprésence des frottements a
longtemps conduit à ce qu'ils ne soient
pas considérés comme des interactions
mais comme des caractéristiques
fondamentales de la nature. Ainsi, dans
la physique aristotélicienne, on
considérait que les objets ne pouvaient
maintenir leur mouvement que si une
force continuait à s'exercer sur eux.
L'observation des mouvements
astronomiques, pour lesquels l'influence
des frottements est négligeable, amène à
la remise en cause de cette physique et à
l'établissement de la mécanique
newtonienne.
Précurseur de l'étude du frottement,
Léonard de Vinci en étudie les principes
et élabore, en 1508, deux énoncés.

Le premier stipule que la force de


frottement est proportionnelle à la
charge, la charge signifiant ici la force qui
comprime l'une contre l'autre les deux
surfaces. Le second énoncé mentionne
que la force de frottement est
indépendante de l'aire de contact[2].

En 1699, Guillaume Amontons tire les


mêmes conclusions que Léonard de
Vinci et fait une troisième découverte : le
frottement ne dépend pas de la vitesse[3].

Caractéristiques physiques
On distingue deux principaux types de
frottements:

Frottement sec

Le frottement s'oppose au mouvement relatif


entre les deux corps.

Le frottement sec est indépendant de la


vitesse de glissement. Il se décompose
en deux situations issues de la loi de
Coulomb.
Frottement sec statique

Le frottement statique est une force (ou


un couple) qui tend à garder un corps en
état statique.

Lorsqu'une force est appliquée sur un


objet reposant sur une surface
(considérée comme immobile), la
composante de cette force qui est
parallèle à la surface est compensée par
une force de frottement statique
opposée, qui maintient l'objet immobile
pour autant que la composante parallèle
de la force appliquée ne dépasse pas une
valeur maximale[4]. L'observation
expérimentale montre que, en première
approximation, cette valeur maximale ne
dépend que du poids apparent du corps
et d'un coefficient de frottement statique,
mais pas de l'aire de contact. Le
coefficient de frottement statique, lui,
dépend de la nature des surfaces en
contact.

Mathématiquement, le frottement
statique est opposé à la composante

tangentielle de la force
appliquée, et son intensité est inférieure
ou égale au coefficient de frottement
statique multiplié par le poids
apparent  :
Dès que la force tangentielle dépasse la
valeur maximale du frottement statique,
l'objet se met à glisser, entraîné par la
force appliquée.  

Le même raisonnement peut se


transposer dans le cas de couple de
frottement.

Frottement sec cinétique (ou


dynamique)

Lorsqu'un objet glisse sur une surface, la


force de frottement est appelée
frottement cinétique. Ce frottement tend
à ralentir l'objet. L'observation
expérimentale montre que, en première
approximation, l'intensité du frottement
cinétique varie en fonction du poids
apparent de l'objet et du coefficient de
frottement cinétique, mais pas de l'aire
de contact ni de la vitesse. Le coefficient
de frottement cinétique, tout comme le
coefficient de frottement statique, varie
selon le type de matériaux en contact.

Mathématiquement, le frottement
cinétique n'est plus nécessairement
opposé à la composante tangentielle de
la force appliquée (qui peut d'ailleurs
devenir nulle), mais est opposé à la
vitesse de l'objet, et son intensité est
égale au coefficient de frottement
cinétique multiplié par le poids
apparent [4].

Le même raisonnement peut se


transposer dans le cas de couple de
frottement.

Frottement visqueux

Un frottement visqueux est une force (ou


un couple) de frottement qui dépend de
la vitesse relative des deux corps en
mouvement. Il s'exprime différemment
selon qu'il s'agisse du contact entre deux
solides lubrifiés ou du déplacement d'un
corps dans un milieu fluide.

Frottement visqueux de lubrification

Étant données deux surfaces séparées


par un liquide visqueux, le frottement suit
une loi de Stribeck

Courbe de Stribeck

Frottement ou traînée de frottement


(ou friction) en mécanique des fluides
En mécanique des fluides, la traînée est
la force qui s'oppose au mouvement d'un
corps dans un liquide ou un gaz. Cette
traînée se décompose en traînée de
pression et traînée de friction (ou de
frottement). Cette dernière est bien due à
la friction des particules du fluides sur la
surface du corps, même si, strictement
parlant, la couche de fluide qui touche le
corps n'est pas en mouvement par
rapport à la surface du corps (on dit
qu'elle le mouille)[5]. Si la couche de fluide
qui est en contact direct avec le corps
est immobile par rapport à celui-ci, elle
tend par contre à être entraînée par la
deuxième couche du fluide qui glisse sur
elle (avec un frottement visqueux) : C'est
cette force de frottement visqueux que la
première couche va transmettre au
corps.

En mécanique des fluides, l'étude du


frottement visqueux est au coeur des
recherches sur la couche limite, celle-ci
régentant la traînée visqueuse. Par
exemple, sur un Airbus 45 % de la traînée
aérodynamique vient de la friction de l’air
sur les différentes surfaces de l’avion[6].

Bien que la traînée de friction soit


localement un phénomène linéaire, elle
se ramène, pour les ingénieurs, à un
coefficient de friction établi en référence
à la pression dynamique qui est
proportionnelle au carré de la vitesse,
ceci avec cependant une forte
dépendance au Nombre de Reynolds qui
préside au phénomène. On définit le
Coefficient de friction comme suit :

définition où :

est le Coefficient de friction


est la masse volumique du fluide
est la vitesse de l'écoulement
est la partie de la traînée due à la
friction
est la pression dynamique de

l'écoulement

Aire de contact réelle

Les irrégularités des surfaces sont à la source du


frottement.

Dans l'étude du frottement, il importe de


distinguer l'aire réelle de contact de l'aire
apparente de contact. Ainsi, même les
objets polis, qui semblent parfaitement
lisses, présentent de minimes
irrégularités. Les plus haut points de ces
irrégularités, les aspérités, représentent
souvent une très faible proportion de la
surface totale. C'est cette petite partie,
appelée aire de contact réelle, qui est
véritablement en contact avec une autre
surface et qui cause le frottement, et non
l'aire totale de la face du corps, soit l'aire
de contact apparente[3].

Exemples
Les frottements interviennent dans la
grande majorité des phénomènes
physiques de la vie courante. Ils sont
parfois exploités (par exemple pour le
freinage, le sciage, le polissage, le lavage,
etc.), mais ils ont également des
conséquences fâcheuses (usure, perte
d'énergie et de rendement, échauffement,
etc.) pour les êtres vivants et de
nombreuses applications technologiques
et économiques.

Modification
Pour diminuer le frottement il est
possible d'appliquer entre les deux
surfaces concernées un lubrifiant ou
d'utiliser un roulement mécanique qui
transforme le frottement de glissement
en un frottement de roulement beaucoup
plus faible.

Pour augmenter le frottement, il est


possible d'augmenter la rugosité des
surfaces. C'est ce qui est fait avec le
sablage des routes verglacées.

Mesure
Un tribomètre est un instrument qui
mesure le frottement sur une surface.

Notes et références
1. Champagne 2009, p. 183.
2. Benson 2009, p. 157.
3. Benson 2009, p. 158.
4. Benson 2009, p. 159.
5. C'est l'hypothèse de vitesse nulle à la
paroi, hypothèse qui n'a jamais été
démentie dans les faits.
6. UE : Aérodynamique Fondamentale,
Chapitre 3 : LA COUCHE LIMITE EN
AÉRODYNAMIQUE, Jean-Christophe
Robinet, ARTS ET MÉTIERS PARIS
TECH, SISYF, [1]

Bibliographie
 : document utilisé comme source pour
la rédaction de cet article.

Marielle Champagne, Option science


Physique La mécanique, Édition du
Renouveau Pédagogique, 2009, 330 p.
Harris Benson (trad. Marc Séguin,
Benoît Villeneuve, Bernard Marcheterre
et Richard Gagnon), Physique 1
Mécanique, Édition du Renouveau
Pédagogique, 2009, 4e éd., 465 p.

Voir aussi
Articles connexes

Tribologie
Le wikilivre de tribologie
Liaisons mécaniques avec frottement
Courbe de Stribeck
Traînée
Mécanique du contact
Mécanique des fluides
Stick-slip
Frotteur

Liens externes
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Dernière modification il y a 21 jours par Ariel Provost

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