Vous êtes sur la page 1sur 4

I.

La trilogie de l’Intelligence économique:

L’intelligence économique est une trilogie de trois fonctions : la veille, la protection de


l’information et l’influence ; donc on va mettre en application tout ça : dans chaque service, les
acteurs concernés exprimeront les besoins en suivant le processus de l’intelligence
économique :
1.La direction : En quoi la direction peut-elle bénéficier du dispositif Intelligence économique?
o veille stratégique : une compréhension de l’environnement de l’entreprise et de son
évolution ; définition de la stratégie de l’entreprise en se focalisant sur la surveillance des
concurrents et la prospective.
o La sécurité : sensibilisation du personnel sur la protection de l’information et la
capitalisation des connaissances pour elles ne se perdent pas (technologie, savoir-faire…).
o L’influence : relation avec les pouvoirs publics, relation avec les actionnaires, relation avec
les fédérations professionnelles…
2.Enjeux financiers :
o La veille stratégique : recherche des solutions de financement pour leur projet ; étude
de faisabilité des investissements.
o La sécurité : avoir les informations sur le cours des matières premières, l’évolution des
changes ; l’étude de la fiabilité des nouveaux partenaires ; surveillance de la santé
financière des principaux partenaires (clients, fournisseurs?...)
o L'Influence : communication financière auprès des partenaires, des actionnaires et
salariés.
3.Ressources Humaines :
o Veille stratégique : la recherche de profils adéquats au besoin de l’entreprise à recruter
en consultant les sources d’informations : les CV déposés ou en lignés, les réseaux
sociaux ; étude prospective des profils à moyen terme.
o La sécurité : connaissance de l’état d’esprit des travailleurs, anticiper les démarches
syndicalistes.
o Influence : communication sur les besoins en recrutement.
4.Marketing :
o Veille stratégique : en fait, c’est mettre en place la veille concurrentielle, tout ce qui est
relatif à l’étude du marché : l’analyse des attentes et besoins de marché ; analyse de
l’offre du concurrent ; recherche d’opportunité pour l’exportation.
o La sécurité : suivre la notoriété de l’entreprise auprès des consommateurs, des médias…
; suivre l’image des produits commercialisés par l’entreprise.
o L’influence : utiliser les bons moyens de communication : la publicité : via internet, la
télé ; faire parler d’elle dans les réseaux sociaux, les blogs, radio.
5.Enjeux production/technique :
o Veille stratégique : on peut faire une veille technologique, c’est chercher à savoir quelles
sont les technologies d’aujourd’hui et celles de demain ; inciter et développer
l’innovation. Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit ISSN: 2550-469X
Numéro 6 : Septembre 2018 Hosting by COPERNICUS & IMIST Revue CCA Page
992
o La sécurité : déposer le brevet et marque, et la propriété intellectuelle ; capitaliser le
savoirfaire.
o L’influence : identification des partenaires potentiels industriels ou équipe de recherche
; relation avec des comités techniques et de normalisation.
6.Enjeux juridiques :
o Veille stratégique : cette veille consiste à savoir quelles sont les nouvelles lois sur tel
produit ou la nouvelle réglementation sur les tarifs douaniers d’un pays .
o La sécurité : gestion de la propriété industrielle ; surveillance d’une éventuelle contre
façon.
o L’influence : la capacité d’intervenir directement auprès des personnes du
gouvernement qui ont du poids.
7.Enjeux dépenses achats :
o Veille stratégique : la détection de nouvelles sources d’approvisionnements ; aussi
l’entreprise surveille l’évolution des prix de fournitures et matières premières.
o La sécurité : la surveillance des fournisseurs stratégiques, afin d’anticiper
d’éventuelles difficultés dans les approvisionnements.
o L’influence : l’adhésion à des groupes d’acheteurs afin de bénéficier des achats
groupés.
Après avoir eu un aperçu sur les différents enjeux de l’Intelligence Economique, on peut dire
que l’IE peut aller au delà, c’est-à-dire elle concerne l’entreprise toute entière. Parce que avec
la complexité croissante de l’environnement et sa turbulence, l’insuffisance de la surveillance
fait payer chère à l’entreprise. En fait, ce sont des moments ou l’entreprise se met dans une
posture de demi aveugle (myopie) informationnelle, c’est ce que l’auteur Ph. BAUMARD
appelle « les intervalles de la non surveillance » Nous avons remarqué que la surveillance en
continue de l’environnement à travers « veille stratégique » est essentielle dans tous les services
et domaines ; cette surveillance donne l’avantage d’anticiper les menaces et opportunités qui
sont autour de l’entreprise et plus particulièrement la PME.

II. Intelligence Economique & PME Marocaines

Au Maroc, les petites et moyennes entreprises occupent une place cruciale dans le tissu
économique national.Bien qu’elles soient les plus fragiles face à une concurrence qui devient
de plus en plus rude et acharnée, les PME marocaines n’ont pas encore ressenti le rôle majeur
de l’intelligence économique en ce sens que la majorité d’entre elles ne disposent pas de cellules
de veille stratégique et d’I.E. C’est pour cela que nous constatons un vide remarquable en la
matière !
Cela est dû principalement au manque d’intérêts de ces dirigeants qui, pour la majorité ,
estiment que le coût de mise en place d’un système d’I E et de veille est largement supérieur à
sa valeur ajoutée pour leurs structures.
A cela s’ajoute également le fait que « pour opérationnaliser une cellule de veille stratégique
sur le terrain, il faut que les entreprises marocaines atteignent une taille critique pour se
permettre d’insérer ces outils dans leur management » . Dès lors, les PME marocaines doivent
impérativement améliorer leurs facultés d’adaptation permanente à leurs environnements et ce
en se penchant davantage sur les pratiques du management moderne notamment l’I.E en vue de
renforcer leurs performances, d’optimiser leur productivité et d’augmenter leur contribution à
la création de la valeur ajoutée de notre économie nationale.
En effet, pour faire face à ce défi, les autorités publiques marocaines ont créé l’agence nationale
pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME) afin de contribuer à la
modernisation et au développement des PME au Maroc, et ce grâce à une offre variée de
produits que l’ANPME a pu développer et enrichir depuis sa création en 2002 (2). Parmi ceux-
ci, nous trouvons des bulletins de veille publié par L’ANPME à travers sa cellule de veille,
créée avec l’appui de la coopération technique allemande (GTZ).
Cette cellule est chargée d’accompagner l’ANPME dans le renforcement des capacités de
réactivité et d’anticipation des PME et ce à travers ces bulletins « YAKADA » qui répondent à
leurs besoins en matière d’I.E et de veille stratégique.
Ils portent sur les principales composantes de la veille à savoir :
 Une veille concurrentielle permettant aux PME d’améliorer leur réactivité vis-à-vis de leurs
principaux rivaux ;

 Une veille commerciale permettant de surveiller et de suivre les nouvelles actions


commerciales introduites sur leur marché ;

 Une veille technologique permettant d’être au courant des nouvelles tendances


technologiques (surtout celles utilisées par leurs concurrents !) ;

 Une veille environnementale permettant la surveillance de l’environnement global des PME


(réglementaire, social, économique, politique…) .

De là, il apparaît bel et bien que cette initiative a permis, certes, l’amélioration des facultés
d’adaptation des PME aux différents défis entraînés par leurs environnements. Mais, elle ne
s’avère nullement suffisantes ! D’où le lancement des programmes d’appui financier par le
ministère de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies visant la modernisation des
PME et notamment :
 « MOUSSANADA TI » : celui-ci rentre dans le cadre du plan « Maroc Numeric 2013 » et
qui vise la promotion de l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la
communication à travers un appui financier dédié aux PME ;

 « IMTIAZ » : destiné aux entreprises porteuses d’un projet de développement et souhaitant


bénéficier de primes à l’investissement matériel et immatériel correspondant à 20% de
l’investissement total. (Elle peut atteindre 5 millions de Dhs.)
Ces programmes d’appui restent, cependant, très insuffisants pour promouvoir les pratiques de
la veille et d’I.E vu qu’ils ne facilitent pas la mise en place des cellules et des systèmes d’IE au
sein des PME qui souffrent de grands problèmes liés à la concurrence et à l’adaptabilité
permanente !
Si nous voulons vraiment atteindre nos objectifs en matière de croissance et de développement
économique, nous devons impérativement créer des programmes d’appui financier et technique
afin d’aider les PME à confronter leurs défis car la performance et la compétitivité des
entreprises, principalement les PME, conditionnent celles de l’économie nationale !
A cela s’ajoute les efforts que les PME doivent déployés dans le sens d’une mutualisation dans
le cadre des groupements professionnels (par secteur d’activité par exemple) afin de partage les
coûts d’investissement que la détention de l’information induit puisqu’il s’agit de la nécessité
de préserver leur survie et leur pérennité !