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DÉPENDANCE DU SÉNÉGAL

Economie

Augmentation du prix du ciment : CONSÉQUENCE DE NOTRE DÉPENDANCE DU SÉNÉGAL

Par

 Autre Presse

 25 avril 2019

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Certains opérateurs qui écoulaient 40 tonnes par jour peinent à vendre 10 aujourd’hui. Image:
Essor

Le pays de la Teranga, qui fournit 90% des importations du Mali, a vu ses besoins intérieurs
explosés avec de gigantesques chantiers de construction. Du coup, peu de ciment sénégalais
prend le chemin de notre pays.

Depuis un certain temps, le prix du ciment ne cesse d’augmenter sur le marché malien. De sources
concordantes, cette situation serait liée à la diminution de l’offre du produit. Ainsi, si la tonne de
ciment coûtait 90.000 Fcfa il y a un mois, aujourd’hui, à Bamako, elle est cédée entre 105.000 et
115.000 Fcfa. Au détail, le sac se vend à 5250 Fcfa.
Pourtant, au niveau des unités locales de production, le prix de 87.500 Fcfa la tonne du ciment n’a
pas varié. Le directeur commercial et marketing de CIMAF-Mali, Moussa Diakon, est formel: le prix
d’acquisition à l’usine est de 87.500 Fcfa la tonne. Ce tarif est en vigueur depuis le démarrage de
l’usine le 15 décembre 2016. Il reconnaît qu’en 2017, il y a eu une augmentation du prix sur une
période d’un mois et demi, eu égard à certains problèmes qui ont été résolus. «La société CIMAF-
Mali n’exporte pas sa production qui est entièrement vendue au Mali. La tonne à l’usine est cédée à
tous les revendeurs au même prix. Par ailleurs, un revendeur dépense, en moyenne, 3.500 Fcfa
pour le transport d’une tonne », détaille t-il . Le revendeur Mamoutou Coulibaly confirme: « Au
niveau des deux unités locales de production, le prix n’a pas changé ».
Au Sénégal également où les importateurs maliens s’approvisionnent, la tonne est toujours cédée
à 39.000 Fcfa. Au niveau du cordon douanier également, pas d’augmentation. Alors pourquoi cette
augmentation du prix du ciment ?
L’augmentation du prix du ciment est due au fait que la demande est nettement inférieure à l’offre.
C’est donc la rareté du produit qui est à la base du renchérissement du prix. Ce phénomène est
bien connu dans les milieux commerciaux. Aussi, des commerçants attendent toujours le moment
où le produit est le plus demandé pour monter les enchères, relève Moussa Diakon. Pour éviter de
telles situations, la meilleure solution, selon lui, il consiste à attirer beaucoup d’investisseurs dans
ce secteur afin d’augmenter l’offre de ciment qui dépend aujourd’hui, en grande partie, de
l’importation.
Pour d’autres acteurs du secteur, la diminution du volume des importations est à l’origine du faible
niveau de l’offre. Certains expliquent que le Sénégal, principal pays fournisseur du Mali en ciment,
voit le gros de sa production absorbée par les gigantesques chantiers de construction de
Diamniadio. Par conséquent, peu de ciment sénégalais prend le chemin du Mali.

TROIS MILLIONS DE TONNES – Si l’impact de l’offre sénégalaise est si important sur le marché du
ciment au Mali, cela doit inciter notre pays à augmenter ses capacités de production. C’est l’avis du
président du Conseil malien des chargeurs, Babalaye Daou qui rappelle que les capacités de nos
cimenteries ne permettent pas de couvrir l’ensemble des besoins de notre marché. Le Mali
continue d’importer de grosses quantités de ciment. « Maintenant, avec la situation qui prévaut
aujourd’hui au Sénégal, notamment en ce qui concerne le projet de la cité de Diamniadio et autres,
les besoins ont explosé. D’où l’augmentation de la demande intérieure sénégalaise», souligne-t-il,
estimant que le Sénégal a raison de privilégier la consommation locale au détriment de
l’exportation. « Nous savons aussi que dans la sous-région, un gros investisseur nigérian envisage
d’investir près de 100 millions d’euros dans la cimenterie. Cela fait que tout le monde s’arrête un
peu et personne n’investit », révèle notre interlocuteur.
La faiblesse de l’offre de ciment est telle que si certains opérateurs vendaient 40 tonnes par jour,
aujourd’hui, ils arrivent à peine à vendre 10 tonnes. Donc pour toujours maximaliser leurs marges,
ils sont tentés de vendre à des prix exorbitants.
La situation ne semble pas déplaire aux importateurs et aux revendeurs. Tous se frottent les mains
car c’est la période des bonnes affaires. Pour le revendeur Mamoutou Coulibaly, l’augmentation du
prix du ciment est due au fait que nous sommes trop dépendants du Sénégal. Lorsque la quantité
de ciment en provenance du Sénégal a diminué, les revendeurs ont augmenté le prix pour optimiser
leurs marges. «Le ciment est vendu au Sénégal à 39.000 Fcfa la tonne. A Bamako, nous prenons
avec les importateurs à 100.000 Fcfa la tonne et revendons à 105.000 Fcfa et souvent même plus
», explique Mamoutou Coulibaly, qui rappelle que le Mali est l’un des plus grands importateurs de
ciment d’Afrique. « En moyenne, 80 à 100 canions maliens quittent Dakar chaque semaine pour le
Mali », précise-t-il.
Le directeur général adjoint du commerce et de la concurrence, Monzon Koné, lui aussi fait le
constat que la demande est supérieure actuellement à l’offre sur le marché. « C’est l’insuffisance
de l’offre sur le marché qui est à l’origine de la hausse des prix », confirme-t-il. Pour résoudre le
problème, ajoute-t-il, une réunion regroupera le ministère du Développement industriel et de la
Promotion des investissements, le département en charge du Commerce et de la Concurrence, les
importateurs et les revendeurs ainsi que les unités industrielles locales en vue non seulement de
régler le circuit de distribution, mais aussi de prendre les dispositions qui s’imposent.
Les besoins annuels du Mali en ciment sont estimés à trois millions de tonnes. Seulement la
moitié de cette quantité est produite par les deux unités industrielles locales, Diamond ciment qui
produit 1 million de tonnes/an et la Société des ciments de l’Afrique (CIMAF-Mali) qui produit
500.000 tonnes/an. Le Sénégal fournit 90% de nos importations.

Babba B.
COULIBALY

SOURCEEssor

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