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Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales


d’Oujda

Master Economie, Finance & Emergence Economique

STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE MAROCAIN : ENJEUX
GEOSTARTEGIQUES ET GEOPOLITIQUES

Présenter par : Encadrer par :

BOUAYED Othmane Mr KCHIRI Abdelmajid

ELBOUKYLY Mohammed Amine

Année universitaire 2019/2020


PLAN

Introduction
Partie 1 : Enjeux Géostratégiques du modèle de développement
économique Marocain
Chapitre 1 : Généralités sur le concept « Géostratégique »
Chapitre 2 : Enjeux géostratégiques du développement économique

Partie 2 : Enjeux Géopolitiques du modèle de développement


économique marocain
Chapitre 1 : Généralités sur le concept « Géopolitique »
Chapitre 2 : Enjeux géopolitiques du développement économique

Conclusion

1
INTRODUCTION

En ce début de XXIème siècle le monde a beaucoup changé. Sur le plan politique, le monde
fragmenté et inégalitaire est devenu multipolaire. L’hyper puissance américaine a laissé la
place à plusieurs pôles de puissance dont les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
L’Europe ne joue plus le premier rôle qu’elle détenait au XIXème siècle. Alors que les
organisations régionales se renforcent de plus en plus, les institutions internationales perdent
de leur influence et de leur efficacité. L’ONU est incapable de régler les conflits de la planète,
paralysée par le droit exorbitant de vote accordé à cinq pays permanents suite à la seconde
guerre mondiale.

Sur le plan économique, on assiste toujours à de grandes disparités entre les pays les plus
riches et les plus pauvres. Encore aujourd’hui, un milliard de personnes ne mangent pas à leur
faim, et les PMA (pays les moins avancés) ont fait peu de progrès. Le système financier mondial
est défaillant, et a été la cause d’une grave crise économique mondiale en 2008-2009 qui a
failli être systémique. Heureusement le G20 a pu sauver la situation, mais une réforme du
système monétaire international est toujours nécessaire. En tous cas, les nouvelles sources de
croissance économique ne proviennent plus de l’Occident, mais des pays hors OCDE.

Les grandes organisations économiques internationales ne sont pas à la hauteur des défis
mondiaux. La Banque mondiale peine à éradiquer la pauvreté dans le monde. L’OMC n’a pas
été capable de promouvoir les échanges commerciaux multilatéraux et de finaliser le cycle de
Doha. Le FMI de son côté n’a pas pu prévenir la grave crise financière internationale 2008-
2009 et n’a pas les moyens de lutter efficacement contre les paradis fiscaux.

Pays d’importance moyenne tant par la surface, la population et le PIB, le Maroc a l’avantage
d’une position géographique stratégique avec la proximité de l’Europe, de l’Afrique sub-
saharienne et de la région Mena. Baigné par deux mers, l’océan Atlantique et la mer
Méditerranéenne, il contrôle le Détroit de Gibraltar. Sur le plan politique, le Maroc bénéficie
de la stabilité grâce à une monarchie millénaire qui fait le consensus de la population. Dès
l’indépendance, notre pays a opté pour le multipartisme et l’économie de marché.

Le processus démocratique a fait de grandes avancées grâce à la Constitution de juillet 2011,


mais beaucoup d’efforts sont encore nécessaires pour approfondir la démocratie. D’ailleurs le
Maroc a traversé le Printemps arabe sans trop de dégâts, à tel point qu’on a parlé «
d’exception marocaine ».

2
Sur le plan économique, le Maroc dispose des plus grandes réserves du monde en phosphates,
mais souffre d’une pénurie de ressources énergétiques notamment les hydrocarbures. Pour y
pallier, il a mis en œuvre une ambitieuse politique de promotion des énergies renouvelables,
basée sur l’éolien et le solaire. L’économie marocaine est assez diversifiée, mais manque de
compétitivité, ce qui explique la faiblesse de nos exportations.

Sur le plan extérieur, le Maroc bénéfice d’une bonne image du fait des réformes politiques,
économiques et sociales qu’il a entrepris durant cette dernière décennie. Ses objectifs
principaux en politique étrangère sont la question du Sahara et le développement
économique et social. En effet, la question du Sahara est prioritaire, dans la mesure où les
provinces sahariennes représentent un tiers du territoire national, que le Maroc y a dépensé
pour les développer plus de 100 milliards de dirhams, et que l’instauration d’une entité
sahraouie sous influence algérienne au sud serait catastrophique. L’autre objectif de la
politique extérieure est le développement de nos exportations et l’attrait des investissements
directs étrangers dans notre pays.

Force cependant est de constater que tant sur plan politique qu’économique, l’action
extérieure du Maroc est surtout orientée sur l’Europe. Alors que nous disposons de 26
ambassades en Europe, il n’en y a que 13 en Asie et 10 en Amérique.

Problématique :
Qu’est ce qu’on veut dire par géopolitique et géostratégie ? Est-ce qu’il y a une relation entre
les deux concepts ? Et quels sont les enjeux géostratégiques et géopolitiques du modèle de
développement économique Marocain ?

Pour répondre à cette problématique, on a réparti notre travail en deux parties la première
va être consacré pour la géostratégie et les enjeux géostratégiques du modèle de
développement économique marocain, par contre la deuxième partie va présenté le concept
géopolitique et les enjeux géopolitiques du modèle de développement économique marocain.

3
Partie 1 : Enjeux Géostratégiques du modèle de
développement économique Marocain

4
Chapitre 1 : Généralités sur le concept « Géostratégie »

Section 1 : Définition du concept « Géostratégie »

La géostratégie est d'après la définition classique du contre-amiral Pierre Célérier, « l'étude


des rapports entre les problèmes stratégiques et les facteurs géographiques »1.
Elle implique la géographie de chaque État, et sa situation historique et politique en regard de
ses voisins, examinées par le biais d'études stratégiques. Son étude relève de la géopolitique,
bien que son point de vue se réduise aux aspects militaires et leurs conséquences sur l'enjeu
des ressources naturelles, fréquemment objet de conflits d'intérêts.
Section 2 : Contributions et limites
• L’intelligence économique :

L’intelligence économique a pour objet le traitement de l’information au sens large afin de


servir la politique et la stratégie. Elle succède au renseignement qui correspond en fait à un
moyen d’action et de pouvoir [Besson & Possin, 1997]. La question qui se pose est de savoir si
l’intelligence économique est subordonnée à la géostratégie d’entreprise et quels en sont ses
apports ?

L’action de renseignement obéit à des objectifs prédéfinis, ce qui suppose une première
réflexion et une ébauche stratégique. De plus, la géostratégie est aux mains de ceux qui
décident, alors que l’intelligence économique est opérée par ceux qui renseignent,
l’intelligence économique est alors un « métalangage » et un processus de traitement de
l’information environnementale de l’entreprise. On peut donc en déduire que la géostratégie
se nourrit des informations produites par l’intelligence économique, mais qu’il reste alors à la
géostratégie de dérouler sa réflexion stratégique dans le cadre d’un processus de décision.
Par ailleurs, la veille stratégique participe également en tant que moyen systématique de
surveillance [Baumard, 1991] et système d’informations stratégiques à la mise en œuvre de la
géostratégie d’entreprise.

D’autre part, dans cette appréhension de l’environnement, le concept « d’environnement


hostile » énoncé par Gérard Verna [1989] est en fait un traitement de l’information singulier
de la différenciation naturelle des pays (culture, niveau de pauvreté, système politique, etc.).

Aussi, poser le postulat de « l’hostilité » comme clé de lecture de la différence, c’est omettre
à contrario les idées de compromission ou encore d’adaptabilité. En somme, qualifier la
différence entre pays comme étant de « l’hostilité » ne serait-ce pas nier le relativisme culturel
? Dans le prolongement de cette optique, le risque-pays relève du ressort de la géopolitique,
or nous avons parcouru ce concept en le différenciant du concept de géostratégie
d’entreprise.

1
Contre-amiral Pierre Célérier, Géopolitique et géostratégie, p. 59

5
Enfin, nous considérons que l’hypothèse géographique inclut un territoire économique
désormais global et sans frontières, hormis celles générées par une construction virtuelle dans
laquelle l’enjeu de l’entreprise est d’y trouver et d’anticiper des marchés solvables ou
émergents.

• De la Stratégie à la géographie :

La prise en compte de la géographie au travers des outils de la stratégie d’entreprise est


limitée. Ainsi, on ne retrouve au sein de certains outils d’analyse stratégique que des éléments
épars. Pour commencer, un des thèmes abordés par la stratégie est celui de la surveillance de
l’environnement concurrentiel, où Raymond Vernon [1966]2 introduit la notion d’écart de
développement entre différents pays comme étant un catalyseur explicatif des stratégies de
croissance de l’entreprise et de ses produits. Dans le cadre de la formulation de la stratégie et
de l’élaboration des décisions, l’analyse de l’environnement national et international
prédomine chez K.J. Andrews [1971]3 ; plus précisément, H. Weihrich [1982]4 intègre des
vecteurs d’analyse du champ géographique (zone géographique, démographie) en favorisant
l’action cognitive des dirigeants par une conception active et interrogative qui se préoccupe
du rapport entre l’entreprise et son environnement.

Toujours dans le cadre du rapport des décisions stratégiques à l’environnement, Igor Ansoff
[1989]5 considère le principe de vecteur de croissance géographique comme le déterminant
de l’étendue et de l’orientation des activités futures de l’entreprise dans une perspective
d’implantation. Tandis que le cabinet Mc Kinsey traite de la « couverture géographique ».

Le point de vue de C.W. Hofer et D. Schendel [1978] s’énonce dans le choix d’une variable de
« localisation des établissements et de la nouveauté ». Les références à la ressource
géographique ne sont pas directement explicites, néanmoins, ces auteurs traitent de «
l’influence de l’énergie ». Nous retrouvons cette notion d’énergie avec A.C. Hax et N.S. Majluf
[1983]6 qui utilisent dans leur analyse du facteur industriel une variable « d’offre en matière
énergétique ».

Un autre axe d’analyse portant sur les hommes est appréhendé sous deux aspects : celui des
« ressources humaines » cité par C.W. Hofer et D. Schendel, et sous celui d’un facteur social
qui est le « changement démographique » traité par A.C. Hax et NS. Majluf.

Enfin, dans une autre perspective, Michael Porter [1997]7 définit différentes stratégies
d’internationalisation des industries en fonction notamment du mode de configuration
géographique des activités.

Ainsi, les outils stratégiques abordent certains champs de la géographique (répartition dans
l’espace et localisation, ressources énergétiques, démographie) en les positionnant
2
Raymond Vernon, « International Investment and International Trade in the Product Cycle », Quaterly Journal
of Economica, 1986
3
Andrews J.K., The concept of corporate strategy, Dow Jones/Irvin, 1971
4
Weihrich H. , The TOWS Matrix, a Tool Situational Analysis, Long Range Planning, 1982
5
Igor Ansoff, Stratégie du développement de l’entreprise, Ed d’organisation, 287 p., 1989
6
« The use of the Growth – Share Matrix in Strategic Planning », Interfaces, janvier-février 1983
7
« l’avantage concurrentiel », Michael Porter, ed Dunod, 1997

6
essentiellement comme des variables secondaires de choix stratégique. En effet, ces premiers
concepts stratégiques empruntent à la géographie certains de ses éléments conceptuels sans
toutefois constituer une contribution « épistémique » qui traduirait une volonté heuristique
globalisante, itérative et dynamique.

D’autres auteurs se rapprochent de l’hypothèse géographique en l’associant à la planification


stratégique. Ainsi, Perlmutter et Heenan [1979] caractérisent les « prédispositions
stratégiques » d’une entreprise multinationale comme des facteurs contextuels de la
planification stratégique. Le modèle EPRGi qui en découlent traduit les dispositions ou les
configurations structurelles des multinationales et de leurs systèmes de décisions.

Nous pouvons considérer que les comportements stratégiques décrits par Perlmutter, et en
quelque sorte formatés, ne traduisent pas l’ampleur des combinaisons possibles des
configurations géographiques et par conséquent, des différentes structurations possibles de
la décision stratégique. En effet, ces approches uniformes ne sont pas toujours
unilatéralement adoptées par les firmes multinationales au sein de leurs filiales, elles laissent
place à contrario à des perspectives différenciées. De plus, cette lecture de Perlmutter
suppose l’existence d’une corrélation intime entre la configuration géographique et le
comportement stratégique. Enfin, ce principe de bipolarité entre l’espace et la structure
s’accompagne des limites des systèmes de planification stratégique à rendre intelligible la
complexité issue de la mondialisation et à la globalisation. Ainsi, Perlmutter et Heenan [1979]
nous conduisent à penser que des arrangements combinatoires géographiques restent à
explorer et à construire, et que leurs niveaux de complexité ne peuvent pas toujours être
associés de façon homothétique à des structures de décisions stratégiques.

Une autre ouverture existe, celle apportée par Jacques Campistro [2000]. Cet auteur présente
la « tectonique managériale » comme une démarche permettant à l’entreprise de structurer,
de construire, de hiérarchiser l’espace en le stabilisant, de manière à laisser l’accès à la
dimension stratégique. Dans ce cadre, le fait que les états soient passés du paradigme de
l’usage de la force militaire pour faire valoir leurs prérogatives à celui de la puissance
économique, demande un effort de réflexion particulier aux entreprises dans le contexte de
la globalisation.

Ainsi, la globalisation induit alors une lecture géographique de la création d’espaces, que la
fin de l’illusion cartographique à générer. La question qui se pose alors est de savoir comment
lire géographiquement la création d’espaces et les représentations qui l’accompagnent
destinées à servir la stratégie de l’entreprise ?

Par ailleurs, Campistro [2000] souligne également la fin de la Gestion Internationale (GI)
fondée sur une alternative stratégique ; c’est-à-dire l’opposition entre « l’interne » au sens
national par rapport à « l’externe » marquée par des frontières. La GI est alors remplacée par
le développement international qui devient une composante stable et permanente de la
stratégie.

En fait, nous pouvons considérer qu’un asynchronisme s’est révélé comme une des
conséquences de la globalisation : celui du cas de la nécessité de la réflexion stratégique
dorénavant « précoce » par rapport au rythme de croissance de l’entreprise. Ainsi, auparavant
au cours de sa croissance l’entreprise, disposait du temps nécessaire pour atteindre sa phase

7
de maturité sur son marché de prédilection (en général national) sans devoir penser à sa
stratégie de croissance internationale. Désormais elle doit penser la « globalisation » et sa
stratégie de développement doit être équilibrée. Il en découle une vision géostratégique de
l’entreprise qui laisse place à l’inéluctabilité du caractère géographique. Le problème est alors,
de passer d’un paradigme spatial binaire à un paradigme spatial global.

• La nouvelle économie géographique :

La Nouvelle Économie Géographique (NEG) en ce qui concerne l’explication des choix


stratégiques des entreprises paraît limitative, en s’étayant sur les trois concepts clés suivants
[J.L. Mucchielli, 2001]8 : les économies d’échelle ou rendement croissant, les externalités qui
rendent compte des agglomérations, et le coût de transport. Ces trois concepts excluent par
définition le poids plus ou moins prépondérant d’autres facteurs contingents qui à notre sens
accentuent le choix des dirigeants, notamment dans leur vision géographique du monde. Les
chefs d’entreprise perçoivent dorénavant le monde comme des représentations
géographiques très différenciées. De plus, la modification des choix stratégiques des
dirigeants est aussi accélérée par les phénomènes et les conséquences de la mondialisation.

D’autres facteurs de décisions ne sont pas explorés par la géographique économique laquelle
inscrit davantage ses analyses autour d’une dichotomie « concentration / déconcentration »
des localisations des entreprises. Tandis que la prise en compte des ressources, des
populations, des cultures, ainsi que d’autres facteurs ne sont pas encore abordées.

Lorsque la NEG9 traite des comportements stratégiques, c’est-à-dire des décisions déjà prises
par les dirigeants d’entreprise, elle étudie le caractère « a posteriori » des décisions. Cette
analyse opérée par l’économie géographique s’oppose à la caractéristique prospective ou
anticipative des choix stratégiques ainsi qu’à la « praticité » (« praxis ») de l’acte stratégique
que nous voulons formuler dans l’optique de la « géostratégie d’entreprise ».

• De la géographie à la stratégie :

La première dimension de la géographie est celle de l’intelligence de l’espace [Brunet & Ferras,
1993] ou la science des espaces et des lieux [Nonjon, 1992]. Ce premier champ reste quelque
peu limitatif : en effet, différentes approches de la géographie contribuent à l’analyse des
facteurs pouvant entrer dans le cadre de l’élaboration de la stratégie de l’entreprise, de la
prospective et de la gestion des décisions concernant le devenir de l’entreprise. Il s’agit des
concepts propres à la géographie économique, la géographie humaine, et la géopolitique.

Élisée Reclus, géographe libertaire, initialise la géographie universelle qui s’intéresse, entre
autres à l’ensemble des phénomènes économiques, sociaux et culturels, notamment à l’étude
des mouvements géopolitiques et géostratégiques auxquels il accorde une grande importance
[Reclus, 1875].

8
Séminaire CREPHE « Les frontières de l’économie », ESCP, LA NOUVELLE GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE, Le 3
avril 2001, Jean-Louis MUCCHIELLI
9
Nouvelle Économie Géographique

8
Notre réflexion ne se limite pas simplement à l’étude du couple marché/espace ni même au
choix stratégique d’opter ou non entre une vision globale du marché de l’entreprise et une
vision locale de ce marché. En effet, ce qui nous préoccupe, concerne entre autres, l’étendue
géographique du champ concurrentiel associé à des combinaisons plus ou moins complexes
et spécifiques de la représentation spatiale globale, à partir desquelles doit s’exprimer le choix
du niveau pertinent de raisonnement stratégique et de développement de l’entreprise. Ceci
induit par exemple, la question de la segmentation stratégique sectorielle [Porter, 1986].

Les définitions de [Nonjon, 1992] nous permettent de mieux appréhender ces différents
registres. Selon cet auteur, l’espace géographique est un espace « concret, cartographiable,
organisé par les différents flux concernant les différents agents de l’économie », tandis que
l’espace économique est « un espace abstrait, défini par les relations économiques
structurelles qui existent entre les différents éléments économiques ». Pour F. Perroux, les
espaces économiques se résument à trois éléments : un espace homogène composé d’un
système de prix, un champ de force correspondant à une zone d’influence économique et un
plan rendant compte des relations entre la firme, les fournisseurs et les acheteurs. Il existe
donc une dualité référentielle entre un « espace concret » et un « espace économique », et
donc une fonction homomorphique entre ces deux espaces permettant de projeter la
stratégie de l’entreprise.

Dans une autre perspective, Elisée Reclus développe la discipline de l’espace géographique en
allant au-delà de la seule cartographie et en recherchant un idéal d’organisation libertaire du
monde [cité in Bailly & Ferras, 1997]. Dans cette approche, l’espace géographique apparaît
alors comme une construction soumise aux enjeux sociaux et économiques, à la dynamique
des lieux, aux stratégies des acteurs, et aux structures et modèles d’espace.

Enfin, le géographe participe à l’évaluation prospective des territoires en fournissant des


éléments stratégiques, lors de l’élaboration des projets et des questionnements stratégiques
[Brunet & Ferras, 1993].

9
Chapitre 2 : Enjeux géostratégiques du développement
économique

Un modèle de développement est une vision de long terme de l'économie et de la société,


déclinée en politiques publiques, visant le progrès économique et le bienêtre de la population.
Il est complexe dans sa conception et multidimensionnel dans son caractère. La question du
modèle de développement ne peut être appréhendée qu'en fonction des évolutions
structurelles. Il est, donc, important de réfléchir aux conditions de la mise en œuvre du modèle
après avoir entrepris un diagnostic précis et réel. La rencontre, organisée par l'IRES et le
Groupe Principal des Partenaires au Maroc, a pour objet d'apporter un regard croisé sur les
enjeux et les défis que le Royaume se doit de relever et de faire des propositions qui
permettraient d'aller de l'avant dans la mise en place d’un modèle de développement inclusif,
compétitif et favorisant une véritable émergence du Maroc.

Section 1 : Gagner en compétitivité et aller vers plus d’inclusion

Les pouvoirs publics devraient accorder un grand intérêt à la valorisation systématique et


généralisée du capital humain, en tant que facteur de compétitivité et constituant principal
du capital immatériel, notamment l'enfance et la jeunesse, mener une lutte vigoureuse et
multidimensionnelle contre les inégalités et favoriser la mobilisation des compétences pour
développer la production de biens et services, y compris l'entreprenariat social.
Le modèle de développement devrait reposer sur un contrat social renouvelé, à la fois plus
efficace et efficient. Ce nouveau contrat social prendrait appui sur le développement du
capital immatériel, avec ses différentes composantes humaine, sociale, institutionnelle, …
ainsi que sur l’amélioration des qualifications sur le marché de l'emploi et sur la contestabilité
des marchés.
Outre l’importance du capital humain et du capital social, le renforcement du capital
institutionnel, conditionne, compte tenu de sa dimension transversale, l'aboutissement
escompté des options prises en matière de capital immatériel.
1-1 Développer le capital humain :
La situation actuelle du capital humain se distingue par le niveau encore élevé de
l'analphabétisme des adultes (32%) et par un niveau d'instruction de la population marocaine,
âgée de 15 ans et plus, estimé, en moyenne, à 5 ans de scolarisation contre 7 ans pour les pays
émergents et 11 ans dans les pays développés. Les réformes de l’éducation-formation qui se
sont succédé ont mobilisé des ressources publiques importantes avec des résultats qui restent
en-deçà des attentes.
La mise en œuvre d’un certain nombre de programmes pour la promotion de l’emploi n'a pas
empêché le marché du travail de rester marqué par des déséquilibres structurels, en raison,

10
en partie, de l'inadéquation entre la formation et les besoins du marché du travail, illustrée
par le taux de chômage élevé des jeunes diplômés.
Le système d’éducation-formation devrait favoriser l’employabilité des diplômés, offrir des
emplois décents aux jeunes et réduire les inégalités sociales et spatiales par une meilleure
professionnalisation des filières, à travers le développement d’un partenariat triangulaire
entre l’Etat, la région et le secteur privé.
L’accent doit être mis sur l’acquisition des compétences intrinsèques, comportementales et
humaines, ainsi que l'apprentissage et l'acquisition des langues étrangères eu égard aux
dynamiques d’intégration régionale auxquelles le Maroc est partie prenante.
Dans ce contexte, la réforme du système d’éducation-formation et sa mise en adéquation avec
les besoins du marché du travail est indispensable. Parmi les enjeux, il y a lieu de citer :

• L’égalité des chances dans les processus d’apprentissage, entre les filles et les garçons,
entre les territoires et entre les enfants issus de milieux défavorisés et ceux en
provenance des familles aisées ;
• Le développement de la petite enfance et de l’enseignement préscolaire en milieu
rural ;
• L’installation durable de la bonne gouvernance dans le système d’éducation–
formation ;
• L’ouverture progressive de l’école sur son environnement socio-économique, en
particulier au secteur privé dans la cadre de la régionalisation avancée ;
• L’amélioration du système de formation des enseignants et du cadre d’incitation et de
motivation ;
• La réforme des curricula pour les adapter aux besoins évolutifs des individus et aux
exigences de l’économie en mutation ;
• L’introduction de méthodes et de normes pédagogiques modernes en profitant
davantage des possibilités offertes par la digitalisation ;
• L’implication des interprofessions dans la formation à travers le développement de
cadres de partenariat entre les branches professionnelles, l’enseignement supérieur,
et la formation professionnelle et technique.
En parallèle à la réforme en cours de l’éducation, il serait primordial de conduire une politique
d’émancipation, dont les orientations principales concernent :
✓ L’éducation à la transculturalité et au respect des différences ;
✓ Le développement de l'autonomie et de la personnalité ;
✓ L’apprentissage de la coopération et du travail en équipe ;
✓ La culture de l’entreprise et de l'innovation ;
✓ Le développement des aptitudes et des intelligences multiples ;
✓ L’éducation aux valeurs de progrès.
Le capital humain devrait être préparé à un monde de demain, complexe et changeant pour
pouvoir relever les défis actuels et futurs qui interpellent le développement du Royaume. Le

11
Maroc a l’obligation de former les nouvelles générations en fonction des projections du futur.
Ce n’est qu’à cette condition que les solutions appropriées pourraient être proposées.
La fracture numérique, si elle n’est pas résorbée, risque de marginaliser une partie de la
population actuelle, surtout vis-à-vis de l'accès aux services publics et aux services marchands
en ligne.
La place de l'Homme dans le modèle de développement va au-delà de l'émancipation des
citoyens. Elle se situe aussi et surtout dans la production de biens et services.
A cet effet, le Maroc, qui regorge d’énormes potentialités en termes d’entreprenariat social,
devrait promouvoir ce secteur créateur d'emplois. Les obstacles rencontrés par ce type
d'entreprenariat peuvent être levés à travers l'adoption d'un cadre fiscal incitatif, un accès
facilité au financement à l'instar de celui en faveur des start-ups et de l'innovation digitale
ainsi qu'un meilleur accès au marché des commandes publiques et privées.
Il s'agit, également, de renforcer les compétences des entrepreneurs sociaux, de prendre en
compte l’importance du secteur privé dans le domaine social et de faire émerger des jeunes
entrepreneurs en leur donnant les moyens et les occasions pour concrétiser les idées et libérer
les énergies.
En particulier, l'encouragement de l'entreprenariat social dans le domaine agricole
permettrait d'exploiter, de manière rationnelle, l'immense potentiel de la biodiversité du
Maroc. Pour développer la production agricole de haute valeur ajoutée et assurer une
modernisation de l'agriculture familiale, il faudrait s'appuyer sur les compétences des jeunes
ruraux éduqués et formés en conséquence.
1-2 Réduire les inégalités et promouvoir la protection sociale
La lutte contre la pauvreté et la précarité est inscrite depuis plusieurs années dans le budget
général de l'Etat qui y consacre plus de la moitié des dépenses. Cela a permis d'élargir
fortement l'accès des populations aux services publics de base, particulièrement, dans le
monde rural, d'éradiquer la pauvreté absolue et de réduire la pauvreté relative de 15,3% en
2001 à 4,8% en 2014. La part des pauvres et des personnes vulnérables dans la population
globale a été ramenée de 38,1% en 2001 à 12,5% en 2014110 .
Malgré les efforts entrepris, les inégalités continuent à progresser dans un contexte de recul
des solidarités traditionnelles, ce qui risque de menacer la cohésion du corps social marocain,
sa résilience et sa capacité à se projeter de manière optimiste dans l’avenir.
Elles sont, clairement, perçues par les citoyens comme un obstacle majeur au vivre-ensemble.
La preuve en est apportée par la forte concentration de la richesse. La dépense totale des 10%
des ménages les plus riches a représenté 11,8 fois celle des 10% des ménages les plus pauvres
en 201411 .

10 Haut-Commissariat au Plan et Banque Mondiale.


11
Résultats de l’enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages, Haut-Commissariat au
Plan, 2013/2014.

12
Sur le long terme, l'éducation et la formation sont d'une importance capitale pour la
résorption des inégalités sociales. A court et moyen terme, la lutte contre les inégalités
requiert une redistribution des fruits de la croissance à travers la mise en œuvre d'une réforme
fiscale qui prône l'équité entre les contribuables, la mise en place d'une politique d'inclusion
financière des très petites et petites entreprises dans le cadre du développement de l'auto
emploi, ainsi que des catégories vulnérables de la population, notamment les personnes à très
faible revenu et les femmes.
En matière de protection sociale, des actions appréciables ont été consenties par les autorités
marocaines. Les subventions universelles, le RAMED et les programmes de transferts
monétaires représentent près de 3,5% du PIB contre 2% en moyenne dans les pays à revenu
intermédiaire. Le ciblage reste à améliorer surtout en milieu rural et au niveau des couches
fragiles de la population. A titre d’exemple, pour les programmes tels que le RAMED et Tayssir,
seuls 30 à 50% des dépenses atteignent le quintile le plus pauvre. D’où l’importance
d’entreprendre la refonte de la gouvernance du système de protection sociale à travers une
implémentation efficiente du Registre Social Unifié.
Dans le domaine de la santé, malgré l'ouverture de nouveaux centres hospitaliers publics, la
densité litière, mesurée en nombre de lits hospitaliers pour 10.000 habitants, a baissé12 entre
1990 et 2018 de 10,9 à 9,9. L’offre actuelle demeure, donc, en déphasage avec une demande
qui monte en puissance, à cause de l’accroissement démographique, du vieillissement de la
population et, surtout, avec la politique d’extension de la couverture médicale.
Il reste aussi beaucoup à faire pour accroître le niveau et la qualité de l’encadrement médical
de la population, en termes de nombre de médecins, d’infirmiers, d’hôpitaux et de centres de
soins de santé, et l’adéquation des plateaux techniques des structures sanitaires de référence.
1-3 Renforcer le capital social
Depuis l'intronisation de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, de grandes réformes ont été
menées dans le domaine sociétal ayant permis de consolider la cohésion sociale. Elles ont
conduit à l'adoption d'un nouveau code de la famille et à une révision de la Constitution,
mettant en exergue l'identité plurielle du Maroc. Le processus de réconciliation nationale a
permis l'indemnisation des victimes des droits de l'Homme et d’exhumer le passé pour mieux
affronter l’avenir.
En dépit des réformes importantes du cadre légal pour assurer et garantir l’égalité entre les
sexes, il y a moins d’une femme sur quatre en âge de travailler qui est active13. Cette inégalité
du genre sur le plan économique mérite d’être résorbée en vue d’accroître la productivité,
d’améliorer les résultats en matière de développement pour les générations futures et de
rendre les institutions plus représentatives. Il en est de même des discriminations juridiques
importantes en fonction du genre qui persistent et qui compromettent le développement et
la constitution du capital social.

12
Données du Ministère de la santé_ Calculs IRES
13
Données du Haut-Commissariat au Plan

13
Un capital social fort constitue un atout primordial pour un développement équilibré et
harmonieux. Il conditionne l'efficacité de toutes les formes d’investissement, que ce soit
physique, institutionnel ou humain, et, par conséquent, du processus de création de richesse
lui-même. Une attention particulière devrait être réservée à deux dimensions importantes du
capital social dans le nouveau modèle de développement : la question du genre, notamment
les inégalités dont souffrent les femmes, et la confiance interpersonnelle, y compris à travers
le respect des règles.
En outre, une plus grande confiance interpersonnelle est également nécessaire pour un
modèle de développement réussi. Un effort soutenu est requis à ce niveau puisque, selon
l'enquête nationale sur le lien social de l'IRES, moins de 10% des citoyens marocains
approuvent la formule "en général, on peut faire confiance aux gens". La confiance
interpersonnelle au sein de la société marocaine se situe donc à un niveau faible et inférieur
à la moyenne des pays à revenu similaire.
Les enquêtes réalisées au cours des 15 dernières années montrent que le niveau de confiance
au sein de la société a diminué au fil du temps, une évolution négative qui s’explique
typiquement par une dilution du respect de l’Etat de droit et du sens civique. En outre, la faible
participation citoyenne se traduit également par un manque important de respect des règles
de vie en société tels que le respect de l’autre, le respect de la nature, et le respect des biens
collectifs. Or, il est établi que le manque de confiance interpersonnelle et de sens civique dans
toute société se paie d’un coût économique élevé.
1-4 Promouvoir la flexibilité et assurer les qualifications sur le marché de l'emploi
La recherche de nouvelles solutions à la problématique de l’emploi, notamment des jeunes,
des femmes, des diplômés et des personnes en situation de handicap, devrait prendre en
compte, entre autres :

• La révision de la législation du travail, qui génère des rigidités contraignantes pour


l’investissement et pour la gestion des ressources humaines ;
• La révision des programmes actuels d’incitation à l’emploi en améliorant leur mode de
gouvernance ;
• Le passage progressif d’un paysage fragmenté des politiques actives de l’emploi à un
guichet unique au niveau local qui se chargerait d’informer, d’orienter et d’appuyer les
demandeurs d’emploi ;
• Une meilleure prise en compte des besoins des personnes moyennement qualifiées au
lieu de se concentrer uniquement sur les diplômés chômeurs ;
• Le développement de partenariats avec la société civile, en particulier, les associations
de promotion et d’intermédiation de proximité, en vue de renforcer les efforts de
l’ANAPEC, compte tenu de l’importance des besoins ;
• Un ancrage au niveau territorial des programmes d’incitation à l’emploi, avec un
accent sur le renforcement des capacités des acteurs régionaux, pour aider les régions
à mieux s’approprier les compétences nouvellement transférées ;

14
• Une meilleure connaissance du marché du travail à un niveau plus granulaire (par
territoire, par genre, par tranche d’âge, par niveau de formation, ...).
Afin de lutter à l'avenir contre le chômage technologique, consécutif à la transition du marché
de l'emploi vers des qualifications élevées, il devient impératif de préparer les ressources
humaines aux métiers de demain.

Section 2 : Réussir la transformation structurelle

Le Maroc a mis en œuvre des stratégies sectorielles qui ont contribué au développement de
ses métiers mondiaux. Il a poursuivi la modernisation du secteur financier et la promotion de
Casablanca Finance City en une place financière internationale, ce qui permet au Royaume de
s'ériger, progressivement, en un hub financier.
Après un doublement de la richesse globale entre 1998 et 2013, selon les évaluations de l'IRES,
la Maroc qui enregistre une part du capital immatériel dans cette richesse globale de l’ordre
de 77%, niveau proche de celui des pays développés, a vu sa croissance économique se ralentir
pour baisser à 3,1%, en moyenne par an, sur la période 2014-201814 .
Cette croissance économique est tirée principalement par la consommation des ménages et
l’investissement public et reste, à la fois, créatrice d'emplois précaires ou faiblement qualifiés
et génératrice d'inégalités.
2-1 Faire du secteur privé le socle de création de la richesse dans le nouveau
modèle de développement
Pour ce faire, il serait judicieux d'accorder plus de liberté et de facilités pour entreprendre,
aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural, d'assurer un soutien à la création et au
développement des entreprises, notamment les PME et les PMI, et de favoriser la
mutualisation et l'entraide, à travers la conclusion de partenariats public privé et la mise en
place d'écosystèmes d'entrepreneuriat et d'innovation.
De plus, il conviendrait de relever certains défis micro-économiques et institutionnels. Il s'agit,
notamment :

• D’assurer la contestabilité des marchés et des décisions, en réduisant notamment les


barrières à l'accès à de nouveaux entrants et en favorisant une allocation plus
concurrentielle et plus transparente des ressources publiques ;
• De poursuivre la facilitation de l’accès au financement pour les TPE et les PME ;
• D’intégrer l’économie numérique comme catalyseur de productivité et
d’entreprenariat ;
• De revoir la formation pour préparer les jeunes aux métiers de demain ;
• De revoir la fiscalité et le système d’incitations ;
• De poursuivre la lutte contre la corruption et de promouvoir la transparence ;

14
Données du Ministère de l’économie et des finances_ Calculs IRES

15
• De parachever la réforme judiciaire et d’enregistrer de nouveaux progrès en matière
de moralisation et d’intégrité, y compris l’accélération de l’exécution des décisions ;
• De lancer la réforme du foncier qui revêt une importance capitale pour dynamiser
l’investissement privé.
2-2 Mettre l’industrie au centre de la transformation structurelle
L’industrie devrait être le véritable moteur de la croissance future. Le développement
harmonieux de ce secteur avec celui des services devrait permettre de fournir plus d’emplois
de qualité aux populations, de réduire les inégalités sociales et spatiales, d’améliorer le niveau
de vie, y compris en favorisant le développement des classes moyennes urbaines et rurales.
A cet effet, il serait opportun de disposer d’une véritable politique d’industrialisation, capable
de favoriser à la fois la diversification de l'économie, l'accroissement de sa complexité, le
développement d'un tissu étoffé de PME-PMI compétitives et la création d'emplois stables et
durables.
La politique industrielle devrait dépasser le seul fait des gains de productivité dans quelques
branches des chaines de valeur mondiales, pour enclencher réellement une transformation
structurelle qui accroit le niveau d’intégration des PME locales afin de répondre aux besoins
d’approvisionnement croissants des chaines de valeur mondiales qui se déploient au Maroc.
Le Maroc devrait être particulièrement attentif à l’intensité capitalistique de l’industrie
mondiale qui renforce sa concentration spatiale et surtout sa moindre consommation de
facteur travail. Concomitamment au processus d’intégration aux chaînes de valeur mondiales,
le Maroc devrait engager la réflexion sur ses propres spécialisations.
Pour y parvenir, l’économie marocaine devrait se diversifier dans des filières à forte valeur
ajoutée qu’il convient d’identifier avec précision et de développer les moyens nécessaires
pour leur permettre d’éclore et de prospérer au sein de l’économie marocaine et dans les
marchés continentaux ou régionaux. C’est le défi des réformes de seconde génération devant
soutenir la mise en œuvre avec diligence du Plan d’accélération industrielle (PAI).
Partant du fait qu’au niveau mondial, la plupart des gains de productivité réalisés dans
l’industrie au cours des vingt dernières années étaient liés aux investissements dans les biens
incorporels, selon l’OCDE qui estime notamment que les investissements numériques sont
essentiels pour la compétitivité du secteur industriel, le Maroc devrait réussir sa
transformation digitale. A ce sujet, il devrait investir massivement dans l'industrie du futur, en
créant l'environnement nécessaire pour ce type d'activité et en concluant des partenariats
avec les leaders mondiaux dans ce domaine et ce, dans le cadre d'une démarche leapfrog15.
Face aux défis de la mondialisation, le développement de l’avantage compétitif est nécessaire
et requiert bien sûr l’acquisition de capacités en matière de recherche scientifique et
d'innovation. Dès lors, le fonctionnement, l’organisation et la gestion de l'écosystème de
recherche scientifique et d'innovation devraient être réformés en profondeur.

15
La démarche leapfrog consiste à sauter les étapes classiques et de trouver des chemins de traverse

16
2-3 Accroitre la productivité, la durabilité et l’intégration économique du secteur
agricole
L’agriculture occupe 40% de la population active mais ne contribue qu’à hauteur de 12 à 15%
du PIB, un poids susceptible de baisser eu égard à l’acuité du stress hydrique. Encore
vulnérable à l’aléa climatique, elle constitue, néanmoins, un stabilisateur social au regard des
populations qui vivent directement et indirectement des revenus générés par ce secteur. La
survie et la compétitivité de l’agriculture qui utilise 80% des ressources hydriques constituent
un grand défi dans le contexte du changement climatique.
Le Plan Maroc Vert a pour objectif d’aller vers une agriculture climato-intelligente, à forte
productivité, utilisatrice d’innovations (recherche appliquée, les systèmes d’irrigation,
digitalisation), insérée dans les chaînes de valeurs mondiales avec un socle de protection
sociale incluant divers produits d’assurance.
Pour que l’introduction de technologies modernes dans les modes de productions agricoles
grâce à l’effort d’investissement induit par le Plan Maroc Vert puisse apporter des gains de
productivité, il faudrait intensifier et généraliser la formation des agriculteurs. L’élévation du
niveau de productivité contribuerait, ainsi, à atténuer les effets des chocs climatiques et, ce
faisant, à réduire les fluctuations de la valeur ajoutée agricole et, par conséquent, à limiter la
volatilité du taux de croissance économique.
L’extension au secteur agricole de l'approche par les écosystèmes permettrait d'améliorer les
liens entre l'agriculture péri-urbaine et les marchés urbains et d'étendre le métier
d'agriculteur à la production d'énergie solaire pour lui-même et pour la communauté, à la
conservation des eaux souterraines, au contrôle de la sécurité alimentaire et au jardinage
paysager. Ceci permettrait d'insérer le monde rural dans un processus de développement
autonome, de donner des perspectives à sa jeunesse rurale et de faire émerger une véritable
classe moyenne rurale.
2-4 Favoriser le développement d’un secteur des services plus sophistiqué, à forte
valeur ajoutée et fortement lié aux autres secteurs de l'économie
A ce sujet, l’accent devrait être mis sur le développement des branches modernes du tertiaire
et la modernisation des autres branches restantes. Ceci passerait par l'encouragement des
start-ups dans ces domaines et, surtout, par un effort continu de formation aux métiers
d’avenir16, pouvant être complété par une politique d’incitation progressive basée sur les
résultats.

16
Selon "l’Institut pour le futur", un groupe de réflexion californien, 85 % des emplois à pourvoir en 2030
n’existent pas aujourd’hui. Le MIT estime, pour sa part, que parmi les métiers d’avenir figurent en premier lieu
les techniciens en énergies renouvelables, les ingénieurs en intelligence artificielle, les soignants devant
accompagner le vieillissement de la population, en plus des services traditionnels d’audit, de finance, de
formation et de coaching.

17
Le Maroc devrait tout autant accorder un intérêt particulier au développement de
l’entreprenariat social qui reste un levier majeur de dynamisation de l’économie, notamment
dans les territoires en situation de décrochage.

Section 3 : Reconsidérer le rapport de l’Homme à la nature

Le Maroc est fortement menacé par le changement climatique et dispose d'une empreinte
écologique qui excède sa bio capacitée. Il est confronté à un risque réel de disparition de la
biodiversité. Le changement climatique et les atteintes à l'environnement affectent davantage
les populations démunies que celles nanties.
Outre la réalisation des Objectifs du Développement Durable et la mise en œuvre de l'arsenal
juridique déjà adopté (la charte de développement durable, la loi sur le littoral …), il convient
de :

• Mettre en place un projet national sur le climat et l'orienter en priorité sur l'adaptation
au changement climatique. Ce projet dont la mise en œuvre devrait placer la question
de l'eau au cœur des politiques publiques, aurait pour objectifs de sécuriser l’avenir
des populations rurales et de renforcer le développement humain des couches sociales
les plus démunies. Il s'agit en outre de gérer de manière efficace les ressources rares
en eau (y compris les ressources souterraines), et de valoriser les territoires sensibles,
• Lutter contre la dégradation des sols, restaurer les écosystèmes, notamment, le littoral
et les forêts, pallier la surexploitation des ressources halieutiques et accélérer la
valorisation des déchets liquides et surtout solides,
• Promouvoir l'économie verte et déployer une stratégie visant le développement de
l’économie bleue afin de renforcer la durabilité du régime de croissance du Maroc
• Promouvoir l’investissement socialement responsable qui prend en considération la
performance économique, mais aussi l'impact social et environnemental,
• Poursuivre le développement accéléré des énergies renouvelables, activité fortement
créatrice d'emplois et concrétiser, en parallèle, les actions programmées en matière
d'efficacité énergétique.
En s'appuyant sur les investissements CSP (solaire thermique à concentration), où le Maroc
est un leader mondial, il faudrait développer des compétences sur les nouvelles technologies
pour l'énergie solaire. Les investissements dans le stockage de batteries d'énergie et un
programme massif de numérisation du réseau électrique et l'introduction de compteurs
intelligents devraient, également, renforcer l'avantage concurrentiel du Maroc dans une
économie durable et verte.

Section 4 : Rendre l’action publique efficiente

En matière de gouvernance, la question centrale n’est plus de savoir "que faire ?" mais
"comment faire et le faire mieux ?". Comment faire pour que les réformes identifiées soient
mises en œuvre dans des conditions permettant d’améliorer significativement le bien-être
social des Marocains ? Quelles sont les forces sur lesquelles s’appuyer pour favoriser un

18
nouvel équilibre dans la société, porteur de bienêtre social accru et partagé ? Cela suppose
généralement de mieux faire connaître et appliquer les "règles du jeu" ou d’adopter et de
mettre en œuvre de nouvelles règles lorsque cela s’avère nécessaire.
En particulier, l’efficacité de l’action publique en matière économique est conditionnée par
des politiques publiques mieux élaborées, mises en œuvre, suivies et évaluées, par une
meilleure gouvernance de l'action publique et par une administration plus efficace et
efficiente.
4-1 Des politiques publiques mieux élaborées, mises en œuvre, suivies et évaluées
Les politiques publiques devraient s’inscrire dans le cadre d’une vision à moyen et long terme,
adossée au projet sociétal dont les contours sont tracés par la Constitution de 2011 et reflétés
dans des programmes publics. Concrètement, les politiques publiques sectorielles devraient
être conçues à partir des besoins des agents économiques, en parfaite synergie avec eux,
ajustées de manière temporelle, en fonction de l’évolution des conjonctures et des cycles
économiques, et soumises à une évaluation d’impact ex-post, pour en tirer des enseignements
pour l’avenir.
S'agissant des réformes, il faudrait dissocier leur processus d'élaboration des contingences
politiques et électorales, assurer leur déploiement sur le terrain et conditionner
systématiquement l'allocation de ressources budgétaires par la réalisation des objectifs
assignés aux services publics.
Cette gouvernance devrait s'appuyer sur l'évaluation et l'expérimentation de l'ensemble des
programmes publics, en accordant une attention particulière aux politiques sociales.
4-2 Un nouveau système de gouvernance publique permettant de renforcer la
confiance institutionnelle
Le système de gouvernance devrait être plus transparent, responsable et fondé sur le dialogue
social, l'écoute et la prise en compte de l'expression des citoyens. La dimension participative
des populations dans l'élaboration des plans communaux, provinciaux et régionaux devrait
être valorisée en tant que vecteur de la citoyenneté, afin de revivifier la démocratie en partant
du bas.
La subsidiarité participative devrait être privilégiée en vue de permettre à l'échelon concerné
par un problème donné de le résoudre de manière autonome et participative.
Des plateformes collaboratives devraient être créées, permettant de recueillir des idées de
solutions à des problèmes spécifiques, mais aussi de collecter des retours sur les rendus des
comptes et la performance des services de l'Etat.
La nouvelle gouvernance devrait viser une plus grande cohérence des politiques publiques et
une coordination étroite de l'action des acteurs. Elle devrait consolider le caractère
exemplaire de l'Etat et lui conférer le rôle de visionnaire au service de l'intérêt général à long
terme.

19
Des avancées réelles sont nécessaires à entreprendre en matière d'accès à l'information. Il en
est de même d'une politique de communication appropriée en direction des citoyens, des
acteurs économiques et sociaux et des investisseurs étrangers. Cette politique mettrait en
exergue les progrès enregistrés, les difficultés rencontrées, les défis à relever et les stratégies
à préconiser.
4-3 Une administration plus efficace :
Pour réussir l'implémentation de la nouvelle gouvernance, il est nécessaire d'accroitre les
capacités des acteurs publics et d'opérer une réforme d'envergure de l'administration
publique au niveau tant de ses procédures de fonctionnement que de son système de gestion
des ressources humaines.
L'administration publique devrait être réhabilitée pour qu’elle puisse de nouveau attirer des
profils élevés, tout en mettant fin à la multitude de dysfonctionnements qui la caractérise,
particulièrement dans les secteurs en relation directe avec le citoyen. Pour réussir sa
mutation, l'administration publique devrait s’inspirer du management privé et tirer profit des
facilités offertes par la digitalisation.
Le Maroc devrait saisir les opportunités offertes dans le cadre de la régionalisation avancée
pour améliorer l'efficacité de l'administration centrale et instaurer les bases d’une
gouvernance territorialisée des politiques publiques, seule à même de favoriser le
dépassement de l’approche sectorielle qui a prévalu jusqu'à présent au niveau local et qui se
distingue par un manque de coordination entre les services déconcentrés. Une meilleure
répartition des missions entre l’administration centrale et les collectivités territoriales sur la
base de la subsidiarité et de la coopération permettrait d'assurer la cohérence des actions
réalisées dans les différents niveaux.
Cette façon d'opérer permettrait de réhabiliter les territoires et de mettre en valeur leurs
potentialités. Elle constituerait aussi un levier pour corriger les disparités entre les territoires,
en termes de dotations en capital humain, d’accès aux services publics de base et de
développement de systèmes de spécialisation productive, axés sur l’allocation optimale des
ressources matérielles et immatérielles.
La politique actuelle de mise en place des infrastructures devrait être complétée par une
nouvelle politique de développement territorial, basée sur la production de biens et de
services et donnant l'importance davantage aux contenus des projets.

Section 5 : Faire de l'intégration régionale et du positionnement


international du Royaume un pilier du nouveau modèle de développement

Le Maroc jouit d'un capital relationnel à fort potentiel grâce à un réseau d'alliances étoffé avec
les puissances économiques et d’un capital culturel et historique de grande valeur. Il a su
développer et entretenir des relations, basées sur la confiance et la fidélité avec les pays
partenaires, les bailleurs de fonds et les institutions internationales. Ce constat reflète les
progrès accomplis par le Royaume quant à l'édification graduelle de son statut de puissance
attractive.

20
Face aux grandes mutations économiques et géopolitiques des dernières décennies,
caractérisées par la montée de la Chine et l'émergence de nouveaux acteurs qui impriment
leur rythme à la croissance globale, le Maroc a entrepris une politique de diversification des
partenaires. Cette politique est motivée, également, par le fait que l’Europe, principal
partenaire économique du Royaume, connaît une décélération de sa croissance avec, par
conséquent, un faible effet d’entrainement sur les économies et les pays du bassin
méditerranéen.
La priorité a été donnée à l’Afrique par le Maroc qui entend pousser plus loin l'intégration de
son économie en Afrique de l'Ouest, contribuer activement à la mise en place de la zone de
libre-échange continentale et s'ériger en hub régional et en trait d'union entre l'Afrique et
l'Europe dans une multitude de domaines.
La dynamique pour l’instant limitée du marché intérieur et la persistance de certains
déséquilibres macroéconomiques structurels dont celui de la balance commerciale, amènent
à une réflexion sur de nouveaux schémas d’intégration économique avec les autres régions
du continent africain où les marges de progression des économies sont les plus fortes.
Pour toutes ces considérations, le Maroc devrait mettre en place une véritable stratégie de
soft power17. Celle-ci devrait viser, parmi ses objectifs, de :

• Rentabiliser le capital relationnel en tirant profit des opportunités offertes par les
accords de libre-échange conclus par le Royaume et en privilégiant à l'avenir des
accords régionaux plutôt que bilatéraux ainsi que des accords qui soient moins
asymétriques que ceux signés avec les puissances internationales ;
• Développer une stratégie de marque-Maroc, en définissant au préalable les éléments
identitaires distinctifs et en incitant les entreprises à définir leurs marques en
commençant par les acteurs opérant à l'étranger ;
• Promouvoir une diplomatie économique audacieuse et une diplomatie culturelle
d'envergure qui valorise l'héritage culturel et qui s'étend au soft power des villes ;
• Renforcer la présence du Maroc sur la scène internationale à travers une
représentation effective des ressortissants marocains au sein des instances
internationales, une mobilisation de la diaspora en tant que puissance d'influence au
profit de la Patrie ainsi qu'une compénétration au niveau des sociétés civiles
étrangères et des milieux universitaires.
Enfin, le soft power des universités, qui est très important, mérite d'être réellement exploité.
L'objectif poursuivi est de former au Maroc un plus grand nombre d'étudiants étrangers et de
garder des liens avec ces diplômés de l'enseignement supérieur national.

17
Le soft power, ou "puissance attractive" en français, est un concept, développé par le professeur américain
Joseph Nye, utilisé en relations internationales. Il désigne la puissance d'influence, de persuasion, d'une entité,
par exemple un Etat, sur un autre acteur. Cette influence peut se faire par des moyens non coercitifs, sans
contraintes quelconques.

21
Partie 2 : Enjeux Géopolitiques du modèle de
développement économique Marocain

22
Chapitre 1 : Généralités sur le concept « Géopolitique »

Section 1 : Définition du concept « Géopolitique » :

La géopolitique est l'étude des effets de la géographie (humaine et matérielle) sur la politique
internationale et les relations internationales. C'est une méthode d'étude de la politique
étrangère pour comprendre, expliquer et prédire le comportement politique international à
travers les variables géographiques. Il s'agit notamment des études régionales, du climat, de
la topographie, de la démographie et des ressources naturelles.
Plusieurs définitions en ont été données18 : étude des « relations entre les facteurs
géographiques et les entités politiques » (André-Louis Sanguin) ; « discipline qui essaie
d’expliquer la formation et l’action des puissances politiques dans l’espace » (Fondation des
études pour la défense nationale) ; « analyse géographique de situations socio-politiques »
(Michel Foucher). Historiquement le terme géopolitique désigne les rapports de pouvoir entre
États mais le terme s'applique plus généralement à l'étude des rapports de pouvoir dans
l'espace quelle qu'en soit l'échelle, y compris donc à une échelle locale19.

Section 2 : Histoire de la pensée géopolitique :

À ses débuts, la pensée géopolitique peut être considérée matérialiste puisqu'elle repose sur
le déterminisme géographique, à savoir que le milieu naturel influence le pouvoir des États
ainsi que leurs relations. Avec les travaux de Ratzel, elle cherche à découvrir les lois objectives
qui régissent la « stratégie mondiale », en comparant l'État à un organisme vivant qui doit
lutter pour sa survie, à l'intérieur d'un cadre déterminé. À partir de la guerre froide, émerge
une réflexion inspirée du réalisme politique. Ainsi, Saul Cohen (1973) caractérise la
géopolitique comme l'étude de la « relation entre le pouvoir politique international et les
caractéristiques du cadre géographique ». Pour Samuel Huntington (1996), les conflits du XXIe
siècle trouveraient leurs origines dans les oppositions supposés entre les différentes
« civilisation » de la planète, et non pas dans les divergences idéologiques ou politiques20.

• L’Ecole Allemande :

La géopolitique allemande – ou Geopolitik – repose sur les approches théoriques de Ratzel


(1844-1904), qui donnera naissance à l'École de Berlin. Cette Geopolitik émerge avec la
naissance du IIe Reich, dans la deuxième partie du XIXe siècle, qui cherche à se donner une
légitimité territoriale et renforcer sa puissance. Elle est fortement influencée par des
approches naturalistes ou environnementales comme celle du géographe Carl Ritter, de la

18
Stéphane Rosière, « Géographie politique, géopolitique et géostratégie: distinctions
opératoires », L'information géographique, vol. 65, no 1, 2001, p. 33-42 (DOI 10.3406/ingeo.2001.2732, lire en
ligne [archive], consulté le 4 septembre 2017)
19
Subra, Philippe, (1955- ...).,, Géopolitique de l'aménagement du territoire, A. Colin, dl 2014, cop.
2014 (ISBN 9782200281465, OCLC 879260078, lire en ligne [archive])
20
Frédéric Lasserre, « La géopolitique matérialiste, ou la tentation modélisatrice. Survivance contemporaine de
vieilles chimères », Revue Belge de Géographie, 2001 (lire en ligne [archive], consulté en (date de consultation).

23
pensée hégélienne notamment diffusée par son disciple Ernst Kapp, ou encore le darwinisme
social passé entre les mains du biologiste philosophe Ernst Haeckel, le père du
terme « écologie ».
L'approche géographique de Ratzel, interprétée comme géopolitique, s'applique à démontrer
que l'État, thème principal des travaux géopolitiques, est « comme un être vivant qui naît,
grandit, atteint son plein développement, puis se dégrade et meurt »21. L'État, pour vivre (ou
survivre), doit s'étendre et fortifier son territoire. À travers ce prisme, Ratzel défend l'idée que
l'Allemagne pour vivre doit devenir un véritable empire et donc posséder un territoire à sa
mesure. Pour cela, il faut que le politique mette en place une politique volontariste afin
d'accroître la puissance de l'État. Ce dernier a donc besoin pour se développer de territoires,
d'un espace, l'espace nourricier, le Lebensraum (terme inventé par Ratzel), l'espace de
vie (souvent traduit par espace vital).

• L’Ecole Anglo-américaine :

Au sein de l’école anglo-américaine on trouve les théories du : Heartland, Rimland et Sea


power

Alfred Thayer Mahan et le Sea Power : Cette École définit la puissance d'un État (en l'espèce
le Royaume-Uni) par la domination des mers ou océans (théorie de l'empire maritime). Alfred
Mahan, commentateur de la stratégie navale mondiale et des relations internationales
pensait que la prédominance internationale était étroitement liée à la mer tant dans une
optique commerciale en temps de paix que du contrôle de cette dernière en temps de guerre.
Son travail consiste donc dans l'étude des principes stratégiques historiques régissant le
contrôle des mers. Ce dernier s'inspire du travail de Jomini, en se focalisant sur la question
des positionnements stratégiques.

Mackinder et le Heartland : Principal contributeur, Halford John Mackinder (1861-1947)


conçoit la planète comme un ensemble composé par un océan mondial (9/12e), une île
mondiale (2/12e - Afrique, Asie, Europe) et de grandes îles périphériques ou Outlyings
Islands (1/12e - Amérique, Australie).
Pour Mackinder, afin de dominer le monde, il faut dominer l'île mondiale et principalement le
cœur de cette île, le Heartland, véritable « pivot géographique de l'histoire » (allant de la
plaine de l'Europe centrale à la Sibérie occidentale et en direction de la Méditerranée, du
Moyen-Orient et de l'Asie du Sud). Ainsi, l'Empire britannique, qui s'est construit sur la
domination des océans, doit désormais, pour rester une grande puissance mondiale,
s'attacher à se positionner sur terre en maîtrisant les moyens de transport par voie de chemin
de fer. L'approche géopolitique anglaise renvoie à cette volonté de domination du
monde via le commerce, en contrôlant les mers, puis désormais les terres, se faisant l'héritière
directe, non seulement de la géopolitique allemande, mais aussi des premiers navigateurs
anglais, comme Walter Raleigh : « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le
commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

21
Politische Geographie, Munich : Oldenbourg, 1897, Osnabrück : Zeller.

24
La géopolitique de Mackinder est à replacer dans une perspective de concurrence entre la
puissance maritime britannique et la puissance allemande qui, à travers son contrôle de
la Mitteleuropa, tend vers le contrôle du heartland (voir Théorie du Heartland).
Nicholas Spykman et le Rimland : Nicholas Spykman peut être considéré comme un disciple
critique d'Alfred Mahan et Halford Mackinder. Son travail se fonde sur les mêmes postulats
que ceux de Mackinder: L'unité de la politique globale et des mers. Ce dernier étend en outre
cette théorie à la dimension aérienne. Spykman tout en adoptant les divisions géographiques
de Mackinder renomme certaines :

• Le Heartland ;
• Le Rimland ; Les coastlands de Mackinder - qu'il appelle « bord des terres » ou « anneau
des terres ». Ce territoire périphérique serait coincé entre le cœur européen (Allemagne,
Russie) et les mers contrôlées par les Anglais.
Spykman pense que les États-Unis doivent contrôler les États de ce rimland afin de s'imposer
comme puissance entre ces empires européens et ainsi dominer le monde.
L'École américaine a aussi expliqué comment les grands empires d'Asie avaient réussi à se
stabiliser dans le temps en se basant seulement sur l'administration très hiérarchisée de
l'irrigation dans les territoires ou l'Asie des moussons. C'est la théorie des despotismes
orientaux, grande thèse de géopolitique. L'École américaine – ou École de Berkeley - s'est
toujours intéressée à la dimension culturelle qui marque l'espace terrestre.
Le retour de la géopolitique américaine se poursuit au XXe siècle avec les thèses de Samuel
Huntington dans Le Choc des civilisations.

• L’Ecole Française :
Yves Lacoste : La géopolitique, après avoir été bannie comme savoir scientifique, a retrouvé
une nouvelle légitimité d'approche à la suite des différents conflits qui ont émergé dans les
années 1970. Par un article qu'il publie dans Le Monde, 8 juin 1972, ayant trait à la guerre du
Vietnam, Yves Lacoste propulse le concept de géopolitique sur le devant de la scène22. Il est le
fondateur de la revue Hérodote, et initiateur du futur Institut français de géopolitique (IFG),
dirigé actuellement par Philippe Subra .
Disciple de Lacoste, Pascal Lorot travaille sur les relations entre géopolitique et économie et
fonde la géoéconomie.
Dans son essai, le géographe et géo politologue Yves Lacoste dénonce la mainmise des
différents États-majors (politique, militaire, financier, économique) sur les savoirs
cartographiques et géographiques limités à des perspectives stratégiques. Il souhaite une
vulgarisation de l'approche géographique. À la même période, autour d'un cénacle
d'enseignants de divers horizons, il lance la revue Hérodote qui se veut une revue de stratégie
et de géopolitique. Lacoste définit la nouvelle géopolitique comme « l'étude des interactions
entre le politique et le territoire, les rivalités ou les tensions qui trouvent leur origine ou leur
développement sur le territoire ».

22
Yves Lacoste, « L'aviation américaine peut provoquer une catastrophe sans toucher directement
les digues nord-vietnamiennes », Le Monde, 8 juin 1972 (lire en ligne [archive], consulté le17
septembre 2017)

25
Jacques Ancel : Le géographe Jacques Ancel (1882-1943), auteur d'ouvrages sur la question
des nationalités dans l'Empire austro-hongrois, s'intéresse aux questions des frontières
définies comme des « isobare(s) politique(s), qui fixe(nt), pour un temps, l'équilibre entre
deux pressions ; équilibre de masses, équilibre de force »23, reprenant les travaux d'André
Chéradame24.
S'il existe une géopolitique française, c'est surtout dans la contestation de l'approche
géopolitique allemande et de ses légitimations déterministes. Chéradame, dès 1916,
condamne les dérives de la Geopolitik allemande dans son ouvrage Le plan pangermaniste
démasqué. Le redoutable piège berlinois de la partie nulle. Dans l'entre-deux guerre,
l'amiral Raoul Castex (1878-1968) synthétise la stratégie navale dans son ouvrage à portée
géopolitique Théories stratégiques (1929).
Il semble toutefois que ces trois directions ne soient pas aussi éloignées les unes des autres.
En effet, toutes trois proposent une géopolitique dynamique, active, percevant l'État comme
un organisme qui doit vivre ou survivre face à la concurrence d'autres États.
Section 3 : Géostratégie et Géopolitique : Quelle relation ?

Concernant la géopolitique, on peut dire d’une façon générale qu’il s’agit de la discipline qui
traite des relations entre pouvoir et territoire, l’espace étant considéré comme un enjeu que
se disputent diverses entités politiques, principalement des États. Emmanuel Fabre propose
la définition suivante :

"La géopolitique est l’étude des enjeux territoriaux mobilisant différents pouvoirs rivaux
(étatiques, mais aussi intra- et interétatiques). C’est un savoir (une science ?) de la
conflictualité, celle-ci résultant de l’expression plus ou moins violente de représentations
contradictoires d’un territoire. C’est un savoir pratique et opératoire qui a pour fondement
une méthode d’analyse scientifique reposant sur la prise en compte des multiples échelles de
temps et d’espace."25

Quant à la géostratégie, on peut dire qu’elle traite des conflits liés aux enjeux géopolitiques
lorsque ceux-ci prennent une dimension militaire, la guerre étant envisagée comme la
"continuation de la politique par d’autres moyens" (Clausewitz). Ainsi pour Stéphane Rosière
il y a continuité entre la géopolitique et la géostratégie :

"Un problème géopolitique devient géostratégique s’il y a conflit. Le niveau stratégique


n’annulant jamais la dimension politique, fondamentale, on peut donc considérer la
géostratégie comme un développement spécifique de la géopolitique. Géopolitique et
géostratégie se distinguent dans la mesure où la première est d’abord civile, politique (…) et
la seconde militaire."26

23
Géographie des frontières, 1938
24
L'Allemagne, la France et la question d'Autriche, 1902
25
Emmanuel Fabre, De la géopolitique. Le point de vue des dictionnaires de géopolitique.
26
Stéphane Rosière, Géographie politique, géopolitique et géostratégie : distinctions opératoires.

26
Chapitre 2 : Enjeux géopolitiques du développement
économique

La géopolitique envoie toujours à l’analyse des grandes questions internationales, comme les
tensions entre Etat ; à des guerres et groupes terroristes, Mais à partir des 80 plusieurs auteurs
et écrivain comme (Yves Lacoste, Béatrice Giblin, Philippe Subra…), ont ouvrant la voie à
l’usage d’une démarche géopolitique pour analyser et décrypter les jeux d’acteurs et les
enjeux de pouvoir au niveau local auxquels sont directement confrontés les citoyens. Cet
article offre une analyse géopolitique locale sur le Développement local, Les rapports de force
des élus et de partis politiques et leurs stratégies en employant parfois des enjeux identitaires,
les conflits liés à l’aménagement du territoire entre partisans et opposants (écologistes,
agriculteur exproprié, opposant politique, etc.), ainsi que la question plus générale de la
gouvernance territoriale et les relations entre les différentes strates de pouvoir.
Section 1 : Le développement local :
Le développement local se concrétise en mobilisant le potentiel économique (valoriser les
ressources naturelles et énergie) et la coordination de ses acteurs locaux (élue, privé, société
civile, population…) dans un territoire (commune urbaine ou rurale, région) afin de crée la
richesse.

Donc les composantes du développement local sont le territoire les acteurs et la population.

Le territoire : est un espace physique limité par plusieurs critères géographiques,


administratifs, humains, économique culturel, est devenu une unité fondamentale, Dès lors,
le développement des territoires, dépend largement de leur capacité à s’adapter et à innover
dans un contexte globalisé.

Les acteurs : regroupent l’Etat et ses structures déconcentrées, les collectivités locales, les
organismes publics et semi-public ainsi que les acteurs économiques ou secteur prive.

La communauté : est la population qui agissent et réagissent sur le territoire,

• Les jeux de pouvoirs, d’influences et rivalités mêlant élus et autres acteurs locaux :

Le conflit ou la rivalité se distingue de la simple tension entre les acteurs pour defender et
contrôler le territoire sous la logique de défendre leur intérêt, et leurs représentations.

A un conflit élargi qui se manifeste souvent par la mobilisation d’un ou groupe d’acteur, contre
des projets de taille importante, Le but est alors, soit de faire renoncer à de projets prévus ou
déjà en cours, soit d’infléchir la décision et d’y incorporer une partie des arguments et des
attentes des opposants, soit et d’y intégrer de nouveaux acteurs.

La stratégie employer par les élus pour le contrôle du territoire peut consister en des actions
médiatiques, en un recours aux tribunaux, en des violences et se manifeste souvent par

27
l’utilisation des enjeux identitaires. Cela a été remarqué au Maroc pendant les dernières
élections locales entre PAM et PJD en particulier.

• Les mécanismes qui peuvent renforcer le développement local :

1. La décentralisation

La décentralisation est devenue, au cours de ces dernières années, un sujet important du


débat politique au Maroc. Car elle est devenue un élément primordial pour favoriser le
développement au niveau local.

Le terme de décentralisation est complexe. Il contient une variété de concepts et recouvre des
sens différents.

Selon la Banque Mondiale, la décentralisation consiste en un transfert du pouvoir de l’Etat


vers des personnes morales de droit public distinct de lui. C’est aussi un système
d’administration dans lequel le pouvoir de décision est exercé à la fois par l’Etat et par des
personnes morales autonomes soumises au contrôle, en principe de légalité, des autorités
étatiques. Autrement dit, la décentralisation consiste en le transfert d’attribution de l’Etat à
des collectivités ou institutions différentes de lui et bénéficiant, sous sa surveillance, d’une
certaine autonomie de gestion.

2. La démocratie participative locale.

Il n’y a pas une définition précise concernant la démocratie participative locale mais elle
renvoie à un espace de participation des citoyens au niveau politique, de dialogue et
d’interaction entre les différents acteurs, La notion d’espace public renvoie précisément à ce
type de cadre de réflexion. Autrement dit « une gestion participative »

L’intelligence locale : permet de développer des processus participatifs incluant les citoyens
dans l’espace public afin de discuter et de réfléchir sur des stratégies visant à relancer le
développement local et à améliorer les conditions de vie des citoyens. L’encouragement des
initiatives de collaboration et de la coopération entre les acteurs est une condition à
l’instauration d’une démocratie participative favorisant la négociation et la réflexion sur les
problèmes de développement entre les acteurs.

Champ d’application : il est indispensable d’impliquer en amont les habitants pour qu’ils
puissent exprimer leurs avis et leurs besoins sur les projets qui les concernes afin qu’il facilite
la tâche des élus dans l’exécution de ses projets. La démocratie locale a donc pour rôle de
permettre un meilleur fonctionnement de la commune ou de la région, en mettant en relation
des élus, les habitants et l’administration. Elle permet d’accroître la cohésion sociale au niveau
local car les réunions et les assemblées organisées vont souvent dans le sens d’une intégration
sociale.

28
Section 2 : La Gouvernance territoriale :

La notion de gouvernance a fait l’objet d’étude de plusieurs travaux de recherche de divers


auteurs, la gouvernance conçue comme un processus qui permet à des acteurs (publics,
privés, société civile…etc.) de se mettre d’accord, au sein d’un territoire donné, sur des
objectifs, des actions, et des règles de coopération. En effet, la gouvernance apparait alors
comme un élément principal et comme solution pour assurer un développement durable
cohérent en harmonie avec les instruments de l’action publique c’est à dire l’ensemble des
choix et moyens et outils qui permettent de matérialiser et opérationnaliser l’action
gouvernementale.

• Les éléments de la gouvernance territoriale :

La gouvernance territoriale ne peut être conçue qu’avec la politique publique et l’action


publique mais d’autre élément est important qui entre dans sa composition et qui influence
son efficacité comme les lois nationales (code d’investissement, code d’environnement…etc.),
les lois qui déclinent sur l’ensemble des territoires (les lois organiques des communes, région
…etc.)

Mais il s’agit encore des politiques publiques et les politiques économiques nationales en
matière de développement industriel, de services, d’agriculture ou d’énergie par exemple…,
politiques sociales concernant le travail, le logement, la santé, l’éducation…, ou encore
politiques d’aménagement du territoire, qu’elles soient liées à la question des infrastructures,
On n’oubliera pas non plus les instruments financiers (taxes, impôts, contributions des
usagers…), qui contribuent à orienter les politiques et les projets entrepris par les acteurs. À
un niveau plus local, c’est aussi l’ensemble des documents d’urbanisme qui déterminent la
manière d’habiter et d’aménager les espaces, les schémas directeurs et plans de
développement régionaux.

• Les outils de la Gouvernance et situations de gestion :

Plusieurs institutions internationales comme la banque mondiale ; programme des Nation


Unies pour le développement et groupes de recherches ont proposé un tableau de bord
comprenant des indicateurs à suivre pour remédier aux difficultés et avoir une bonne
gouvernance qu’on peut l’adapter à la gouvernance locale du territoire à savoir :

Renforcer le processus de l’action publique : La gouvernance territoriale, un processus de


coordination entre les différents acteurs surtout entre l’Etat centrale et les entités
décentralise concernant la politique publique et l’action publique Pour être efficace, l’action
publique doit commencer par une conception, mise en œuvre et évaluation à toutes les
étapes du cycle des politiques. C’est le seul moyen d’améliorer concrètement les résultats sur
le terrain.

Promouvoir une gestion efficace des ressources : Une meilleure gestion des
ressources implique de renforcer la mobilisation des ressources intérieures, les moyens
humains et financiers avec L’ouverture et la transparence des technologies de l’information.

29
Lever les principaux freins à l’offre de services publics : Une meilleure gouvernance
commence par identifier les besoins et les problèmes qui affronte la population et à améliorer
les services d’eau, de santé, d’éducation et de transport en prônant l’ouverture, la
transparence et l’implication des citoyens afin de desservir les populations démunies et
marginalisées.

Renforcer le partenariat public/privé : La gouvernance territoriale, un processus de


coordination entre les différents acteurs, ne se limite pas uniquement aux acteurs publics et
n’opère pas d’exclusion. Au contraire, la gouvernance propose la création de nouvelles formes
de partenariat de type public/privé, vise aussi à faire converger les intérêts généraux de
l’ensemble des acteurs et à associer les logiques publiques et privées. C’est précisément cette
convergence d’intérêts qui conduisant à l’émergence des projets de développement local, un
cadre réglementaire renforcé et des processus de passation de marchés exempts de collusion
et de corruption constituent un cadre institutionnel propice pour inciter le secteur privé à
investir et combler ainsi le déficit d’infrastructures.

La coopération intercommunale : La coopération intercommunale est définie comme


étant une collaboration entre des communes de proximité surtouts en rurale avec une
représentation des communes et non des habitants dans les instances intercommunales.

La coopération inter-collectivité est sollicité pour une bonne gouvernance et pour trouver
les solutions aux problèmes les plus difficiles auxquels sont confrontés les communes locales
dans la réalisation des projets de proximité.

Et la gestion en commun de service d’équipement, d’infrastructures ou à la délivrance de


prestations afin de mieux répondre aux besoins de leurs administrés et dans un but de
développement local.

30
CONCLUSION

Un nouveau positionnement du Maroc est nécessaire dans ses relations internationales. Il ne


s’agit pas certes d’abandonner nos positions en l’Europe, qui demeure la première puissance
commerciale du monde. Il faut au contraire consolider nos parts de marchés en l’Europe,
notamment en ouvrant de nouveaux marchés outre la France et l’Espagne qui sont nos
principaux partenaires. Pour cela, il y a lieu de mettre en œuvre le Statut avancé, notamment
par l’harmonisation de la législation marocaine avec l’acquis communautaire, afin d’intégrer
le marché unique européen.

Des plans ont été lancés dans plusieurs secteurs économiques qui ont donné des résultats
probants. Il y a lieu maintenant de les évaluer, les rectifier si nécessaire, et surtout assurer
leur convergence. Enfin, le Maroc souffre d’un grave déficit des finances publiques auxquels il
faut pallier dans les plus brefs délais, et d’un déficit social du fait qu’une importante frange de
la population continue de souffrir de la pauvreté.

L’Afrique doit être une priorité pour notre action extérieure, étant donné que ce continent
peuplé d’un milliard d’habitants, qui regorge de ressources naturelles, a d’énormes besoins
que notre pays puisse contribuer à satisfaire. Il y a lieu tout d’abord de tout mettre en œuvre
pour la dynamisation de l’UMA (Union du Maghreb Arabe) et pour le développement des
efforts déjà entrepris en Afrique Sub-saharienne.

Enfin l’Amérique doit constituer la troisième priorité, aussi bien les Etats-Unis qui vont
conclure un Accord de libre-échange avec l’Union européenne, que le Canada qui recèle de
grandes opportunités. Il ne faut pas négliger non plus l’Amérique latine, où grâce encore une
fois à l’OCP, le Brésil est devenu le troisième client du Maroc avec une balance commerciale
bénéficiaire pour notre pays.

En conclusion, le Maroc doit impérativement réorienter ses relations internationales et


adopter un nouveau positionnement dans un monde qui change. Pour cela, il y a lieu de
concevoir et de mettre en œuvre une nouvelle stratégie à moyen et long terme, qui passe par
une nouvelle répartition de nos représentations diplomatiques, de nos bureaux et agences
économiques, et de notre système éducatif qui doit privilégier l’apprentissage outre le
français, de l’anglais et l’espagnol qui sont les langues les plus parlées en Amérique et en Asie.

31
BIBLIOGRAPHIE

- Maroc diplomatique, le Maroc et le continent africain, une vision royale,2017.


- Louis Delatronchette, cartographie de la présence des grandes firmes marocaines en
afrique, telquel

WEBOGRAPHIE

- https://www.strategie-aims.com/events/conferences/13-xeme-conference-de-l-
aims/communications/2365-concept-de-geostrategie-de-lentreprise/download
- https://www.rts.ch/decouverte/sciences-et-
environnement/environnement/10066019-qu-est-ce-que-la-geopolitique-et-la-
geostrategie-.html
- https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9opolitique#cite_ref-24
- https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ostrat%C3%A9gie#cite_note-1
- https://www.oujdacity.net/debat-article-127023-fr/grands-enjeux-geopolitique-
developpement-local-maroc.html
- file:///C:/Users/Othmane%20BOUAYED/Downloads/Prospective%20Maroc%202030
%20_%20Les%20sources%20de%20la%20croissance%20%C3%A9conomique%20au%
20Maroc..pdf

- http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2009_2014/documents/dmag/dv/dmag2
0100505_11_/dmag20100505_11_fr.pdf

- file:///C:/Users/Othmane%20BOUAYED/Downloads/RAPPORT-DE-SYNTHESE_-SUR-
LE-THEME-NOUVEAU-MODELE-DE-DEVELOPPEMNT-IRES-GPP_.pdf

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Table des matières
PLAN ........................................................................................................................................................ 1
INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 2
Partie 1 : Enjeux Géostratégiques du modèle de développement économique Marocain ................. 4
Chapitre 1 : Généralités sur le concept « Géostratégie ».................................................................. 5
Section 1 : Définition du concept « Géostratégie »......................................................................... 5
Section 2 : Contributions et limites ................................................................................................. 5
Chapitre 2 : Enjeux géostratégiques du développement économique........................................... 10
Section 1 : Gagner en compétitivité et aller vers plus d’inclusion ................................................ 10
Section 2 : Réussir la transformation structurelle ......................................................................... 15
Section 3 : Reconsidérer le rapport de l’Homme à la nature ........................................................ 18
Section 4 : Rendre l’action publique efficiente ............................................................................. 18
Section 5 : Faire de l'intégration régionale et du positionnement international du Royaume un
pilier du nouveau modèle de développement .............................................................................. 20
Partie 2 : Enjeux Géopolitiques du modèle de développement économique Marocain ................... 22
Chapitre 1 : Généralités sur le concept « Géopolitique » ............................................................... 23
Section 1 : Définition du concept « Géopolitique » : .................................................................... 23
Section 2 : Histoire de la pensée géopolitique : ............................................................................ 23
Au sein de l’école anglo-américaine on trouve les théories du : Heartland, Rimland et Sea power
....................................................................................................................................................... 24
Section 3 : Géostratégie et Géopolitique : Quelle relation ? ........................................................ 26
Chapitre 2 : Enjeux géopolitiques du développement économique............................................... 27
Section 1 : Le développement local :............................................................................................. 27
Section 2 : La Gouvernance territoriale :....................................................................................... 29
CONCLUSION ......................................................................................................................................... 31
BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................................... 32
WEBOGRAPHIE...................................................................................................................................... 32
Table des matières ................................................................................................................................ 33

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