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Chapitre solennel d’obligation.

Le 15 mars 2020. Angers.

Petite histoire de l’Ordre international


des chevaliers et dames de la Table Ronde
de la cour du roi Arthur à Camelot.

Sagremor le Compostellan, IFK.

Au roi Arthur !

1
2
Être reçu dans L’Ordre international de la Table comme chevalier ou dame n’est pas
un aimable divertissement ni une distinction sociale dépourvue de significations,
mais celle de ceux qui en ont accepté l’honneur et le devoir le plus grand, celui de
l’allégeance à ce que représente symboliquement le roi Arthur dont la tradition
s’est transmise aujourd’hui par les dynasties du trône anglais, les poètes et les
historiens.

Comme les chevaliers de l’Ancien Temps, les chevaliers et dames vivent en


réel compagnonnage avec tous ceux qui partagent les buts de l’Ordre, la
Table ronde symbolisant l'égalité et la fraternité entre les compagnons,
les chevaliers et les dames qui la constituent. Tous les chevaliers et dame
siègent en égaux autour de la Table Ronde, au service de la paix et de la
justice. En effet, ils ont pour mission de lutter contre les félonies et
traîtrises, de garantir la paix et la prospérité. Leur principal objectif et
leur devoir est d'apporter au royaume le Saint Graal, symbole
d'immortalité.

C’est le plus ancien ordre de chevalerie du monde. Il n’est pas inutile d’en rappeler
la noble et merveilleuse histoire.

Elle nous oblige.

Fondation de l’Ordre par Arthur Pendragon, 6ème siècle.

Une précédente Table Ronde aurait été créée, au premier siècle, pas Joseph
d'Arimathie venu apporter le Graal en Occident, à Glastonbury, l’ancienne Ile
d’Avalon. Les récits médiévaux parlent d'une table dressée après que Merlin
l'Enchanteur eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite des
chevaliers les plus preux afin de retrouver le Graal, elle fut construite sur ordre
d'Arthur afin d'y réunir ses meilleurs chevaliers. La Table ronde des légendes
arthuriennes se trouve à Camelot, à la cour du Roi Arthur. C’est la troisième table
après celle du Christ (la Cène) et celle de Joseph d’Arimathie en souvenir de la
"Table du Graal" qui était censée séparer les élus des réprouvés lors du voyage de
Graal vers l'Occident.

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La Table Ronde était un corps d'élite, une assemblée des meilleurs chevaliers. Le
roi Arthur adoubait les jeunes écuyers afin qu'ils deviennent eux-mêmes des
chevaliers.
Il y avait toujours 12 ou un multiple de 12 chevaliers à cette table (symbole
cosmique et culturel), et, en plus, une place vide qu'on appelait le siège périlleux
(seul le meilleur chevalier du monde peut s'y asseoir; ce siège aurait été le souvenir
de la pierre de la " Lia Fail" qui criait lorsqu'un souverain irlandais montait dessus
dans les mythes fondateurs de l’Irlande. Le roi y était le premier parmi les égaux,
les autres chevaliers étant aussi puissants que lui. Il gouvernait en sagesse avec
leur accord.

Le roi Arthur.

En 516, le nom d’Arthur est mentionné dans une bataille (le Mont Badon) dont il fut
le vainqueur devenant du même coup un héros chrétien et celte. Les récits
arthuriens racontent ses exploits d’abord oralement par des jongleurs et des
troubadours (contes), puis leurs écrits (legenda : à lire).

Au-delà de sa captation par les souverains Plantagenêts 1, la figure du roi Arthur et


des chevaliers de la Table Ronde a connu un destin socioculturel d'envergure.
Intimement liée à l'idéal chevaleresque montant, essaimant à partir de son foyer
d'origine, et colportant de ce côté de la Manche des valeurs culturelles, un modèle
de vie de cour et une utopie sociale que la cour Plantagenêt était censée refléter.
Ce faisant, elle a aussi participé à la diffusion de pratiques sociales comme les
tournois, les Tables Rondes et les pas d'armes.

Intérêt suivi des souverains anglais : des Plantagenêts aux Tudor,

Henri II Plantagenêt et Aliénor encourageront la rédaction des récits arthuriens


et leur composition ans les abbayes normandes.

1 Aurell Martin La légende du roi Arthur, Perrin, 2007.

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Leur fils Richard Cœur de Lion, en faisant exhumer les restes des souverains
Arthur et Guenièvre en l’abbaye de Glastonbury, l’Île de Verre des celtes, en 1191,
lui donnera le statut d’une des toutes premières abbayes du Royaume.
L’ «invention » (découverte) de la tombe du roi Arthur se présentait bien pour le
renom de l’abbaye de Glastonbury : Geoffroy de Monmouth et Wace à sa suite,
l'avaient immortalisé dans le courant du siècle. D'une renommée très étendue, la
renommé du roi Arthur faisait l'objet d'une importante circulation orale,
notamment chez les Gallois voisins de l'abbaye. Les Plantagenêts s’étant déjà
intéressés à lui, ils pouvaient se sentir concernés par tout ce qui pouvait
matérialiser sa légende.
Geoffroi Monmouth, probablement sur commission des moines de Glastonbury, avait
établi l'identification de l’abbaye avec l'île d’Avalon des textes arthuriens. En
ème
cette fin de XII siècle, tout était en place à Glastonbury pour que survienne un
événement de la taille de la mise à jour des restes du roi Arthur et de la reine
Guenièvre : l'abbaye est de très ancienne fondation, remontant au moins à l'époque
où le roi Arthur était censé avoir vécu . Il faut savoir que les ossements d'Arthur,
tels qu'on les découvrit, étaient si grands qu'ils paraissaient répondre à ces paroles
du poète : “Grandiaque effossis mirabitur ossa sepulchris”. C'est là qu'intervient la
fameuse croix de plomb trouvé dans le tombeau : - HIC IACET SEPULTUS
INCLITUS REX ARTURIUS IN INSULA AVALONIA.

Richard Cœur de Lion, lui aussi, a puisé dans le patrimoine arthurien au moment de
quitter l'Occident pour la Troisième Croisade. C'est ainsi que peu après la
découverte à Glastonbury de l’épée du roi Arthur, Excalibur, il en fit don à
Tancrède de Lecce.

Dès son époque, un rapprochement fut opéré entre la monarchie anglaise et le


culte du Saint Sang, qui avait un rapport direct avec la symbolique du Graal.
L'abbaye de Fécamp, chère aux ducs de Normandie et rois d'Angleterre, se
réclama dans les années 1190 du Saint Sang, un tronc de figuier à la dérive,
renfermant quelques gouttes du précieux liquide, passant pour avoir abordé ses
rivages après un périple à travers Méditerranée et Océan Atlantique. Richard Cœur
de Lion, saisissant l'occasion, fit de cette abbaye un de ses lieux de pèlerinage
favoris, donnant toute l'audience nécessaire à ce nouveau culte qui établissait une

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confusion entre le Saint Sang et la Sainte Écuelle où le Christ mangea l'Agneau le
Jeudi Saint et où, d'après les Apocryphes, son sang fut recueilli de ses Saintes
Plaies2.

Ensuite, les conditions d'une utilisation intense de la légende arthurienne après


Henri II furent la perte de la Normandie (1204, Jean sans Terre), véritable chance
pour l'idéologie Plantagenêt3 et pour l'Angleterre, qui devint la principale
possession territoriale de la dynastie angevine. Avec eux, le roi Arthur devint lui
aussi de plus en plus anglais, et clairement présenté comme tel, l'hypothèque
pesant sur ses origines, liée à la domination écrasante de la langue française dans
les œuvres de la matière de Bretagne, étant levée. Ainsi, la mythologie arthurienne
pouvait soutenir leurs prétentions de plus en plus affirmées vis-à-vis de leurs
voisins britanniques. S’y ajoute l'utilisation de la figure du roi Arthur à la cour
Plantagenêt : la recherche d'une forme de sacralité pour rehausser le prestige
des origines de la dynastie et du caractère même de l'office royal en Angleterre.
Cette quête aboutissant à la transformation de Glastonbury en sanctuaire de la
royauté britannique, sur le modèle de l'abbaye Saint-Denis en France 4.
Cette démarche de récupération des symboles arthuriens permet d'apercevoir une
certaine continuité entre Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre : il s'agit de
documents mentionnant parmi les regalia déposés à l'abri des regards un autre
attribut fameux du monde arthurien : l’épée de Tristan.
En ornant Westminster Hall de statues remontant à Arthur et Brutus, la monarchie
anglaise du temps de Richard II magnifia ses origines au moment où la monarchie
française faisait la même chose avec les statues de Clovis et Charlemagne 5.
Arthur de Bretagne, le fils posthume de Geoffroy Plkantagenêt et petit fils
d’Henri II, né en 1187, n'avait pas de descendant lorsqu'il fut assassiné à l'âge de
seize ans à l'instigation de Jean sans Terre voyant en lui un rival trop dangereux.
Richard Cœur de Lion l'avait en effet désigné comme son successeur, à l'exclusion
de Jean sans Terre.

2 Chauou A., Chauou A., L’idéologie Plantagenêt. Royauté arthurienne et monarchie politique dans l'espace
Plantagenêt (XIIe-XIIIe siècles) PUR, 2015
3 Chauou A., ibidem
4 Ibidem
5 Chauou A., ibidem

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Pendant plusieurs années, l'héritier présomptif du royaume d'Angleterre et de
l'« empire Plantagenêt » s'appellera Arthur. Au-delà des attributs et des
symboles, la matière de Bretagne a donc fourni aux souverains Plantagenêts une
réserve de mythes littéraires et de légendes, agrémentés de prophéties politiques,
directement exploitables dans la mesure où la dynastie a manifesté un intérêt
public certain au roi Arthur en en faisant un lointain parent.

Les souverains anglais ne cesseront en effet de se réclamer de la filiation


arthurienne. Au-delà de la personne d'Arthur et des attributs du royaume de
Logres dont était censé venir le royaume d'Angleterre, les successeurs d'Henri II
Plantagenêt ont toujours cherché à récupérer les symboles du monde arthurien : la
Table Ronde, le Graal et l'île d’Avalon, alias Glastonbury.

De tout le corpus arthurien, le mythe qui a le mieux représenté la célébration de


l'idéal chevaleresque à la cour d'Henri II est celui de la Table Ronde. Associé à la
description des cours couronnées de la Pentecôte à Caerlion et aux festivités qui
les accompagnaient, il a fonctionné comme une allégorie des fastes de la cour
d'Henri II, au point qu'un auteur comme Chrétien de Troyes s'y est explicitement
référé.

Un siècle plus tard, Édouard Ier, (1239-1307), fils d’Henri III,,revendiqua la


possession d'un autre attribut remarquable de la royauté arthurienne : la couronne.
Très impliqué dans un revival arthurien, il fit aménager une nouvelle tombe dans
l'abbaye bénédictine de Glastonbury où furent placées deux châsses scellées du
sceau royal contenant les restes d'Arthur et de Guenièvre, en face du maître
autel, sous un monument de marbre noir. L'événement donna lieu à une cérémonie
solennelle, en présence d’Édouard Ier et de son épouse, Eléonore de Castille. Il fît
construire un majestueux château à Caernarvon, aux murailles parcourues de
bandes noires et blanches.

Quand le Plantagenêt procéda au rattachement du Pays de Galles (1283), au cours


d'une cérémonie officielle, les Gallois lui remirent, avec d'autres joyaux, la Croes
Neyd et la couronne d'Arthur, dont la valeur semble avoir eu un impact
considérable sur l'opinion de l'époque. ll organisa, en 1285, leur transfert à
Westminster.

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On lui doit encore la Table ronde de Winchester restaurée par son successeur
Henri VIII en 1522 et que l’on peut toujours voir à Winchester. La rose des Tudors
orne son centre (voire infra).

Vainqueur des Gallois au prix d'une longue expédition, Edouard 1 er fit tenir une
Table Ronde à Nevyn, dans le comté de Caernarvon, près du Mont Snowdon, du 27
au 29 juillet 1284, qui rassembla de nombreux chevaliers anglais et étrangers dans
les fêtes de la victoire. Non content d'avoir pu célébrer ainsi la soumission des
Gallois à la couronne d'Angleterre, il organisa une autre Table Ronde en Écosse, à
Falkirk (1302), pour commémorer sa grande victoire sur William Wallace quatre ans
plus tôt en cet endroit.

En se présentant comme la réincarnation du mythique rex Britanniae, il recherchait


l'adhésion des élites chevaleresques anglaises à son projet de conquête des
marches britanniques. En même temps, il s'inscrivait en héritier légitime du Pays de
Galles et de l’Écosse. Édouard I er sut donc mobiliser ses vassaux autour d'un idéal
monarchique qui trouvait sa traduction dans la réactualisation de la première
dimension de la Table ronde : la communauté guerrière.

En 1344, Edouard III tient une grande fête à Windsor où il fit construire une
énorme structure pour abriter la Table Ronde. Il réactiva l’Ordre de Table Ronde
par la suite appelé Ordre de la Jarretière.
ème ème
Du XIII au XV siècle, les « Table Rondes » furent un divertissement
aristocratique en Espagne et en Germanie.
René d’Anjou, roi de Naples érigea son propre château d’Arthur en 1446.

En 1486, l’héritier au trône de l'Angleterre et du Pays de Galles porte le prénom


d’Arthur. Premier fils du roi Henry VII de l'Angleterre et Elizabeth de York, il
meurt en 1502 et ne régnera donc pas. C’est Henri VIII qui lui succède en 1509.
ème
A la fin du XV siècle, on pouvait admirer, au château de Winchester, une vaste
table ronde en chêne de dix huit pieds de diamètre accrochée aux murs. La Table
ronde du roi Arthur, table de bois suspendue dans le Grand Hall depuis 1348,
ème ème
datant du XIII ou du début du XIV siècle, elle n'a été peinte qu'en 1522 sous
les ordres du roi Henri VIII. Vingt quatre rayons peints en vert et blanc y
alternent avec une rose rouge centrale surmontée de la figure d'Arthur. Toujours

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visible à la cathédrale de l'endroit, elle appartient aux objets de prestige dont les
rois d'Occident se réclament au Moyen-âge pour affirmer leur héritage judéo-
celto-chrétien arthurien et leur souveraineté.

L'association du roi d'Angleterre avec Arthur et la Table Ronde franchit d'ailleurs


rapidement la Manche, le duc de Brabant, dont le fils Jean avait épousé une fille
d’Édouard Ier, Margaret, ait organisé lui-même en 1294 une Table Ronde à Bar-sur-
Aube pour fêter le retour d'Angleterre du comte de Bar avec sa fiancée, une autre
fille d’Édouard. Le Plantagenêt cultiva donc un style de gouvernement arthurien qui
culmina dans les années de guerre contre le Pays de Galles et l’Écosse, et fit de lui
un modèle jusque dans des provinces amies.

La Table ronde d’Arthur devient ainsi un instrument d'éducation, un écran de projection tendu

par le clergé devant les milieux aristocratiques laïcs, destiné à leur inculquer une éthique et

des normes de comportement élaborées en dehors des châteaux. Les romans arthuriens, selon

le spécialiste américain, n'auraient de ce point de vue en rien reflété les valeurs innées des

milieux aristocratiques séculiers, ils les auraient même créées.

Transmissions fin 19ème siècle et début du 20ème siècle.

La Table Ronde est redevenue un sujet à la mode depuis le XIX ème siècle qui verra
l’OTR refondé. A la fin du 19ème siècle, le médiévalisme devint une vogue générale
pour l’art, l’architecture, la littérature (Alfred Tennyson, Idylls of the King, The
Coming of Arthur, éditions 1859; 1874; 1899), et encore pour les formes sociales
du Moyen Age européen.

Devant l’industrie triomphante, le progrès érigé en dogme, il s’agissait de se


référer à une civilisation combinant valeur, virilité et courtoisie, idéaux que
l’on estimait perdus, et encore d’atténuer les effets du capitalisme bourgeois
en ravivant l’éthique chevaleresque sur fond de nostalgie médiévale.
Ainsi, de nombreuses sociétés arthuriennes se fondèrent, telle aux USA Casque
and Gauntlet, (C&G) à Dartmouth College, en 1886, qui combinait la vogue des
sociétés de secours mutuels et celle des idéaux chevaleresques. Certains éléments
de leur rituel restaient secrets, comme la cérémonie d’initiation, référence

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implicite au sacré… Les éléments légendaires arthuriens étaient centraux dans
l’inspiration de la société, le président appelé King Arthur et le vice président
Merlin, d’autres membres avaient des noms empruntés à la légende.
On trouvera encore, à la même époque, sur le Continent une Table Ronde de la Cour
du Roi Arthur dans certains rituels de la maçonnerie spiritualiste, revendiquant la
pérennité du Roi Arthur dans la fondation de l’Ordre maçonnique.
En 1893, un « Order of King Arthur » est fondé aux USA, dans le New
Hampshire, par William Byron Forbish, un pasteur congrégationniste non
conformiste qui lui voue son existence. 3000 clubs ou Castles sont créés et son
siège installé à Lebanon. Il s’agit d’éduquer les jeunes gens à une certaine éthique.
Il semblerait qu’il ait connu jusqu’à 130 000 membres recensés en 1922 et ait
inspiré Baden Powell dont le mouvement le dépassera rapidement
Nombre d’autres organisations du même type existeront : organisations
fraternelles, masculines et féminines telles, l’Ordre indépendant des Forestiers,
les Chevaliers de la chaîne mystique, les ordres druidiques, les diverses obédiences
de Francs-Maçons, Templaristes, Rosicruciens, l’Ordre De Molay fondé à Kansas
City, au Missouri en 1919, etc.
Il reste une confrérie de métier qui porte le nom d’Arthur, la « King Arthur’s flour
company », fondée à Boston en 1790, aujourd’hui implantée à Norwich, (Vermont).
Elle forme des boulangers aux critères d’excellence, d’intégrité, de qualité et a ses
propres centres de formation basés sur la méthode du compagnonnage.

Et le Graal.

Le médecin John Arthur Goodchild (1851-1914) trouve à Bordighera (Italie) une


magnifique coupe en verre de facture primitive ainsi qu’un plat provenant d’un lieu
ayant appartenu à son père. De retour en Angleterre une expertise du British
Museum lui donne à penser qu’il s’agit d’une pièce à nulle autre pareille pouvant être
datée de l’ère préchrétienne ayant appartenu à une princesse anglaise mariée au
sénateur Pudens. Une voix, perçue intimement, lui enjoint de porter la Coupe à la
source de Bride’s Hill consacrée à sainte Bridget (ou Brigid) de Kildare, à
Glastonbury.

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Neville Gauntlett Tudor Meakin est associé à un groupe templariste, proche de
la Golden Dawn, fraternité fondée par les Francs-maçons rosicruciens en 1888 et
dont les membres visaient à l’illumination par la voie rituelle et initiatique.
Il est aussi membre de la Stella Matutina présidée par le Dr Felkin avec lequel il a
signé un concordat ainsi qu’avec Waite, membre de Sacramentum Regis.
Meakin est le Grand Maître en exercice de l’Ordre de la Table Ronde et se
proclame 40ème descendant du roi Arthur.
L’ordre comprend 3 grades : page, novice, chevalier et un grade de perfection,
Magus et compte à l’époque 3 chevaliers : Meakin, son beau père et un demi-frère
appelé Plantagenêt. Felkin avait, dans l’OTR, atteint le grade de Senior Magus,
Meakin comptant sur lui pour assurer la pérennité de l’ordre, estimant que même s’il
n’était pas de la lignée de Joseph d’Arimathie, il possédait les qualifications
suffisantes. De son côté Meakin était assuré que Wellesley Pole Tudor (1884-
1968), était pour lui l’accomplissement de ses meilleurs espoirs puisque :
 il était de la lignée Tudor,
 il avait trouvé un Graal,
 il était intéressé à être initié,
 c’était une figure indépendante.

Wellesley Pole Tudor (1884-1968), est l'auteur de nombreux livres et brochures


sur des questions religieuses et mystiques, Visionnaire, il était particulièrement
impliqué dans le spiritisme comme dans la quête du Saint Graal de la légende
arthurienne . Il fut nommé “The Most remarkable Englishman of the last century”
par Dion Fortune.
Wellesley Tudor Pole avait reçu une intimation lui disant qu’il devrait chercher un
objet sacré dans la source de Sainte Bride, sur le site d’un monastère des nonnes
ème
fondé par la sainte, au 5 siècle, à Glastonbury6.
En visite avec sa sœur Kataharine, il racontera l’histoire et le sens qu’il lui
attribuait tandis que se concrétise sa vision du vase sorti de l’eau : une sainte
tenant une coupe.

6 On l’appelle aussi Salmon’s Back en souvenir du culte d’un dieu poisson pratiqué à cet endroit.

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Transmission.

Wellesley Pole Tudor rencontre Neville Gauntlett Tudor Meakin alors qu’il vient de
constituer une vénération de la Coupe à Bristol. Il lui explique sa vision des trois
centres spirituels des îles britanniques : Avalon, Iona, les Isles de l’Ouest, les trois
capitales, Londres, Edinburgh et Dublin faisant triangle. Meakin incorpore avec
enthousiasme ce concept dans les schèmes de l’OTR. Ils décident de visiter Iona et
font un pèlerinage à Glastonbury le 24 juin 1912 pour s’y préparer. Christine a alors
la vision d’un vieil homme portant une robe blanche et une clef en blason et formant
un triangle avec les doigts. Le 26 juin, ils sont à Iona qu’ils visitent pendant 7 jours
avec la Coupe. Le 1er août, Wellesley a la vision d’une foule immense et agitée et
revient à Bristol avec l’idée de l’avènement d’une vie spirituelle nouvelle pour les
Isles.
En septembre 1912, Meakin vient à l’oratoire pour instruire Wellesley des grades
et rites de l’OTR avant qu’il reçoive l’initiation mais il meurt dans les bras du
docteur Felkin la veille du jour choisi. Un débat s’ensuit avec Waite au sein de
l’OTR sur la continuité de l’OTR et ils apprennent que Meakin a fait chevalier,
quelques jours avant, un homme dont on ignore le nom. Felkin qui devient Grand
maître, part visiter la Nouvelle Zélande deux jours après la mort de Meakin,
prenant tous les insignes et chartes de l’OTR avec lui. Il y établit deux écoles
secrètes : Whare Ra pour éduquer la vision spirituelle et une école de chevalerie
chrétienne. Il démissionnera de la grande maîtrise en 1916.
Waite, de son côté, garde un lien avec Wellesley qu’il aurait initié aux mystères
arthuriens. Il a visité Glastonbury dés l’âge de 18 ans où il a eu la révélation d’un
rêve récurent dans lequel il voyait les structures de l’abbaye et de la ville, il s’y
sent, écrit-il, « comme à la maison ». Il y retourne souvent, à la date du 1 er Février,
avec la conviction que l’y attend une sainte relique, et visite Chalice Well, lieu du
monastère de Joseph d’Arimathie. En 1917, Wellesley est à Jérusalem à faire la
guerre, il est blessé au combat puis, soigné, explore le delta du Nil. Il sera proche
du général Allenby. C’est lui qui, en 1940, suggérera à Churchill le rite de la minute
de silence devenu universel.
Il meurt en 1968 après avoir étudié les centres consacrés à saint Michel en Grande
Bretagne et sur le continent. La Coupe est maintenant conservée à Chalice Well.

12
Frédérick Thomas Glasscock.

Né en 1871, Frédéric Thomas Glassock était un entrepreneur


ème
anglais énergique et novateur qui crée, à la fin du 19 siècle,
Monk & Glass Custard, compagnie spécialisée dans les douceurs.
Il produisait ses crèmes en poudre à Clarkenwell, aux environs
de Londres et exportait alors ses produits dans tout l'Empire
britannique.
Au début du 20ème siècle, il vend son entreprise et décide de
s'établir à Tintagel.
On l’y trouve dès 1913 et son séjour au King's Arthur Hostel y est encore attesté
en 1919. Il y construit sa propre maison, appelée Eirenikon, route de Bossiney.
Connu à l'époque comme un bienfaiteur de la communauté locale, généreux, il aide
en effet chacun pratiquant une solidarité active.
Franc-maçon de la Grande Loge unie d'Angleterre, il est engagé dans trois loges à
Londres. En Cornouailles où il sera admis dans la Loge de Launceston, il sera co
fondateur d'un Chapitre (grades chevaleresques).
C'est là qu'il va fonder, en 1927, le compagnonnage de l'Ordre International des
Chevaliers et Dames de la Table Ronde et restaure à ses frais l’actuel hall de
chevalerie dont il fait le siège de l’Ordre..

Tintagel Hall of chivalry. Cornwall.

L’Ordre compte, en 1930, déjà 17 000 membres et culminera à 250 000 membres.
FT Glasscock meurt en 1934 sur un bateau mer en se rendant à Boston en bateau
en 1934 à l’âge de 63 ans.
La seconde guerre mondiale interrompt les activités de l’ordre.

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Voici, tels que les rappelait Sir Thomas Glasscock à ses compagnons, les devoirs
auxquels adhèrent les nouveaux membres de l’ordre de façon explicite lorsqu’ils s’y
engagent, le jour de leur réception, par une démonstration physique (oui je le veux ;
en avançant d’un pas), ils sont:
Aimer les hommes et toute noble action,
Vivre dans l’innocence, hors de toute vilenie,
Être fidèle et respecter l’autorité de l’Ordre,
Défendre les droits de l’Homme de toutes ses forces,
Protéger les faibles et ceux qui sont persécutés,
Apporter son aide à ceux qui sont malades, infirmes ou dans la détresse,
Être loyal à ses amis compagnons, dames et chevaliers,
Avoir un sens ardent de la Vérité et de l’Honneur,
Aider chacun et ne pas faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on
vous fit,

Tom Mor.

Publiciste et artiste anglais, Tom Mor qui a reçu l’initiation arthurienne d’un des
compagnons de Glasscock. Sous le nom arthurien de Wessex, restaure l’ordre après
la seconde guerre mondiale et entretient la flamme arthurienne. Il publie une
feuille d’information « Excalibur Newsletters » diffusée à tous les chapitres.
Chaque année à la Pentecôte, il organise des festivités à Tintagel et encourage la
formation de nouveaux chapitres. On lui doit aussi une œuvre de tapisserie
monumentale « The New World Tapestry » saluée par la royauté. Il meurt en 2019.

14
Georges et Annie Bertin.

C’est Tom Mor qui, en 1969, accueillera Georges Bertin dans l’Ordre, comme
compagnon. Il le recevra chevalier, avec Michel Goussin, le 27 décembre 1983 à
Tintagel et leur confie la mission de créer des branches de l’Ordre en France.

Pentecôte 1984, premier chapitre français.


Tom Mor adoube une dame.

À la Pentecôte 1984, à Bagnoles de l’Orne, en la chapelle du prieuré Saint Ortaire,


Tom Mor vient adouber de sa main les dix autres nouveaux membres de l’Ordre, qui
constitueront le premier chapitre français. IL reviendra en France 20 ans après à
Paris pour célébrer le vingtième anniversaire de la branche française qui essaimera
bientôt.

En décembre 2009, il transfert à Georges et Annie Bertin la souveraineté de


l’ordre comme International First Knight et International First Lady.
Jean François Beauchêne accepte d’être le deputy international First Knight.

D’une structure pyramidale, l’ordre est réorganisé en réseau avec des branches
autonomes pourvu que les rituels voulus par Glasscock et transcrits par l’IFK,
Sagremor le Compostellan, soient respectés.

Sagremor le Compostellan
par fidélité au roi Arthur, depuis 1969.

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