Vous êtes sur la page 1sur 20

I.

Offres du Maroc pour attirer les IDE :

Dans l'ambition de devenir une des destinations privilégiées des investissements


directs étrangers (IDE), le Maroc fait appel tous ses atouts pour séduire les
entreprises internationales. C'est un défi que le pays a choisi de relever il y a
quelques années et il ne cesse d'en tirer profit dès lors.

Or le Maroc est l'un des pays les plus attractifs du monde arabe. En effet, les efforts
consentis par le Royaume en vue de garantir un climat propice aux investissements
lui ont valu une place prépondérante au sein du monde arabe, notamment en
matière d'attraction des IDE. Si maintenant les investissements augmentent d'année
en année, c'est surtout grâce à la politique globale établie par le Maroc et sur les
études économétriques des facteurs d'investissement qui s'appuie principalement sur
le facteur « ressources humaines » qui n'est pas absent, mais peu déterminant, ainsi
les facteurs de localisation des IDE sont d'abord les caractéristiques de marché du
pays d'accueil. Les études de cas mettent l'accent sur des facteurs plus spécifiques
d'IDE, avec des variations selon les pays d'accueil :

 Le développement technologique.

 L'accès à des marchés extérieurs au-delà de celui visé.

Les mesures d'encouragement à l'investissement sont aussi un facteur favorable :


agences nationales pour promouvoir et faciliter les investissements, assistance à la
création d'entreprises, sans compter les centres régionaux d'investissements. Selon
les pays, ces mesures peuvent être égales pour les investissements nationaux ou
étrangers, quelquefois plus avantageuses pour les investissements étrangers ou,
rarement, plus avantageuses pour les investissements nationaux. (Mémoire sous le
thème : Le MAROC : Aimant des Investissements Directs réalisé par Sara AITOUNI
EMI 2007/2008).

1. Les atouts du maroc


Outre l’atout intrinsèque de sa situation géographique privilégiée à la jonction de
l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe, le Royaume bénéficie d’un important
capital immatériel constitué par :

 sa stabilité institutionnelle, politique et macro-économique (croissance stable,


inflation maîtrisée et dette réduite) ;
 son ouverture économique (accès à un marché de près d’un milliard de
consommateurs grâce aux Accords de Libre Echange (ALE) conclus (UE,
USA, Turquie, …) ;
 sa tolérance religieuse ;
 son identité pluraliste.
 Ces atouts nombreux participent à faire du Maroc, pays émergent stable aux
portes de l’Europe, une destination attractive pour les investissements.

Un carrefour entre les différents continents


De surcroît, le pays se positionne aujourd’hui comme un hub régional de production
et d’exportation pour les entreprises étrangères, eu égard à ses multiples avantages
concurrentiels :
Des stratégies sectorielles ambitieuses visant à préparer une offre
Maroc attractive et à appuyer les filières à forte valeur ajoutée qui
forment les moteurs de la croissance du pays, en particulier
l’agribusiness, le tourisme, l’industrie, les technologies de l’information
et de la communication (TIC), les énergies renouvelables, le
commerce et la distribution, l’innovation ;

Des réformes nombreuses sur les plans législatif, réglementaire et


institutionnel pour accroître la compétitivité du pays et attirer les IDE ;

Des efforts massifs dans les infrastructures routières, aériennes,


portuaires et industrielles qui font actuellement du Maroc une nation
multiconnectée, favorisant la rapidité de déplacement des hommes,
des marchandises et des données ;

Une place financière performante : Casablanca Finance City (CFC)


occupe la première place africaine selon le classement des centres
financiers mondiaux du « Global Financial Centres Index » ;

Une amélioration continue du climat des affaires : l'édition 2018 du


rapport Doing Business place le Maroc premier en Afrique du Nord et
troisième dans la région MENA, après les Emirats Arabes Unis et le
Bahreïn.
1.1. Infrastructures
Au niveau de l'investissement étranger, l'attractivité de notre pays ne cesse
de se confirmer comme le prouve le flux continu des implantations
étrangères au Maroc. Outre les domaines d'intervention traditionnels des
investisseurs étrangers, à savoir le tourisme, le textile et l'industrie, ceux-ci
ont commencé à opérer dans de nouveaux champs tels que l'équipement
des voitures et la fabrication de pièces destinées à l'industrie aéronautique.
De même, notre pays est devenu une destination privilégiée pour la
délocalisation des activités de service à l'échelle méditerranéenne tels que
les call centers ainsi que pour des groupes de renommée internationale tels
que Fruit of the Loom, Legler et Settavex pour le textile, Safran/Snecma,
Creuset et Labinal pour l'industrie aéronautique, Renault /Matra et Tata
pour l'industrie automobile et St Micro Electronics pour l'industrie
informatique. Cependant, ces résultats n'auraient pu être atteints si les
principaux axes de la stratégie de développement poursuivis par le pays ne
se sont pas articulés autour :

1.1.1-Du renforcement des infrastructures de base :

Constituant l'assise physique indispensable au fonctionnement normal des


rouages économiques, les infrastructures de base de qualité font partie des
facteurs primordiaux d'attractivité du pays et renforcent sa compétitivité.

Aussi, l'effort d'investissement du secteur public a de tout temps été


maintenu à un niveau suffisamment élevé pour soutenir l'activité
économique et accompagner l'action de développement menée par l'Etat
dans les différents domaines. L'Etat s'est donc attelé, très tôt, à mettre en
place les infrastructures de base nécessaires telles que les barrages, les
routes, les établissements d'enseignement, les formations hospitalières, les
équipements hydro agricoles etc., alors que les entreprises et
établissements publics se sont intéressés à la mise en place des
infrastructures plus directement orientées vers les besoins immédiats des
secteurs productifs. Il s'agit en particulier des infrastructures autoroutières,
portuaires, aéroportuaires, ferroviaires, de télécommunication, de formation
professionnelle etc.

Parmi les projets structurants engagés ces dernières années, il convient de


signaler en particulier :

*Le complexe portuaire Tanger-Méditerranée représentant un


investissement global de l'ordre de 16 milliards de dirhams destinés à
financer la construction et l'équipement du port, l'aménagement de zones
franches commerciales et logistiques et la mise en place des infrastructures
de connexion aux réseaux routier, ferroviaire, d'eau, d'électricité et de
télécommunications. Ce projet connaît un rythme de réalisation accéléré en
prévision de la mise en exploitation des premières installations dès 2007 ;

*L'accélération du rythme de réalisation du programme autoroutier ;

*La poursuite de la construction de la rocade méditerranéenne destinée à


relier les villes de Tanger et Saïdia dont les tronçons Al hoceima-Ras Afrou
et Al hoceima-El Jabha portant sur un linéaire total de 186 km qui sont mis
en service en 2006 et 2007 respectivement.

*La poursuite des programmes de dédoublement des voies ferrées et la


construction de nouvelles voies principalement dans le nord (Taourirt -
Nador et connexion ferroviaire du complexe portuaire Tanger-
Méditerranée) ; L'aménagement, avec le concours du secteur privé, de
l'embouchure de l'Oued Bou Regreg entre les villes de Rabat et Salé pour
un coût total de l'ordre de 10 milliards de dirhams;

*La poursuite, dans le cadre de la Vision 2010, du Plan Azur consistant


dans l'aménagement de 6 stations touristiques balnéaires portant sur 3.000
ha pour un coût total de 46 milliards de dirhams et tablant sur 10 millions de
touristes. (Projet EuroMed Transport, Etude de diagnostic ;
2006 www.euromedtransport.org)

1.1.2-Du renforcement du développement humain par l'intérêt


particulier accordé à la valorisation des ressources humaines, au
développement social, à la lutte contre la pauvreté, à la réduction des
disparités spatiales et au développement du monde rural :

Reposant sur trois piliers essentiels, la politique de développement social


actuellement engagée par le Maroc concerne :

*La valorisation du capital humain qui prend une nouvelle dimension avec
le lancement de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain. Cette
Initiative s'articule autour de la réduction des déficits sociaux,
particulièrement dans les communes rurales les plus démunies et les
quartiers urbains pauvres en équipements et services sociaux de base, la
promotion d'activités génératrices de revenus stables et d'emplois ainsi que
l'aide aux personnes vulnérables ou à besoins spécifiques. Ce programme
qui s'étalera sur cinq années (2006-2010) est doté d'une enveloppe
estimée à 10 milliards de Dhs et sera financé par le budget général de l'Etat
(60%), les collectivités locales (20%) et la coopération internationale (20%).
Concernant dans une première étape 360 communes parmi les plus
pauvres du monde rural et 250 quartiers pauvres, en milieux urbain et
périurbain, médinas anciennes et bidonvilles, cette Initiative a consacré
l'approche contractuelle et le partenariat avec le tissu associatif et les
acteurs de développement local et de proximité.

*Parallèlement à cette Initiative, des efforts intenses continuent d'être


déployés pour promouvoir le capital humain sur toute l'étendue du territoire
national. Il s'agit essentiellement :

°De la promotion de l'emploi par l'encouragement des entreprises à recruter


en leur octroyant des avantages fiscaux à l'occasion de l'établissement de
contrats de premier emploi, le soutien de l'auto emploi par l'incitation des
jeunes à créer leur propre entreprise, la résorption des déficits accumulés
en matière d'emploi et d'aptitude à l'emploi par le développement des
politiques de formation insertion et l'organisation de stages professionnels
et l'amélioration de l'organisation du marché du travail par la rationalisation
de l'intermédiation ;

°Du développement de l'éducation avec la poursuite des efforts engagés en


vue de consolider les acquis enregistrés suite à la mise en place des
dispositions de la Charte de l'éducation établie pour la décennie 2000-
2010 ;

°De la lutte contre l'analphabétisme : La baisse du taux d'analphabétisme


constitue un indice important du développement social et un facteur
d'amélioration du rang de notre pays dans ce domaine à l'échelle
internationale. (Hammad KASSAL Investir au Maroc en toute sécurité,
2008).

1.1.3-De la mise à niveau de l'économie et de l'entreprise marocaines


par la mise en place d'un cadre institutionnel adéquat pour une
gestion efficace de son développement :

Dans le cadre d'une répartition appropriée des rôles entre les secteurs
public et privé, l'Etat, tout en procédant à une refonte de la gestion
publique, se retire progressivement des activités de production de biens et
services marchands assurées par les organismes placés sous sa tutelle
afin de pouvoir mieux se consacrer aux missions de régulation, de
supervision, de contrôle et de sanction des dépassements éventuels.

Au niveau de la gestion publique, les pouvoirs publics poursuivent la


stratégie de réforme de l'administration publique visant à plus de modernité
et contribuant à la compétitivité et au développement durable du pays tout
en assurant la viabilité à moyen terme de son cadre macro-économique.
Cette refonte doit permettre d'assurer des prestations de meilleure qualité
et au moindre coût à travers le renforcement de l'efficacité d'intervention de
l'administration et la rationalisation de ses dépenses. Un dispositif
budgétaire novateur est mis en place. Il est basé sur la responsabilisation
des gestionnaires en contrepartie de leur engagement sur la réalisation
d'objectifs prédéfinis et l'évaluation de leurs réalisations au regard des
dépenses exécutées.

Au niveau des organismes publics, il convient de signaler que les reformes


engagées concernent la définition précise du rôle assigné à chaque
organisme et le recentrage de leur activité sur leur métier principal ; la
restructuration de ces organismes dans le sens d'une efficacité plus grande
et d'une efficience plus pertinente; la modernisation des instruments de
gestion, de pilotage, d'audit et d'évaluation dans le sens d'une définition
précise des hiérarchies et des responsabilités ; la réforme du contrôle
exercé par le Ministère des Finances et de la Privatisation dans le sens de
l'assouplissement et de la modulation en fonction des enjeux et des risques
encourus ; la formalisation progressive des rapports entre l'Etat et les
organismes publics par le biais de contrats programmes consignant les
obligations réciproques des deux parties pour la réalisation des objectifs
convenus dans des délais déterminés. (Hammad KASSAL Investir au
Maroc en toute sécurité, 2008).

1.2- L'ouverture du Maroc sur l'économie mondiale :

L'attraction de l'investissement est également tributaire du dégrée


d'intégration dans l'économie mondiale .Le Maroc, même si son insertion à
l'économie mondiale a été relativement lente par rapport à ses concurrents,
dispose d'un marché des produits relativement ouvert. Son taux d'ouverture
a ainsi atteint près de 60% en 2001 contre 50% en 1995. La volonté
d'ouverture du Maroc s'est concrétisée à travers son adhésion à
l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1994, la signature de
nombreux accords commerciaux avec ses principaux partenaires et la
conclusion de l'accord d'association avec l'Union Européenne en 1996,
dont l'entrée en vigueur en mars 2000 a permis le démantèlement
progressif des barrières tarifaires sur les produits provenant de l'Union
Européenne. Le Maroc a également eu recours à la réduction progressive
des restrictions quantitatives, à l'allègement du niveau de protection tarifaire
de la production nationale et à la libéralisation de la réglementation des
changes. De même, pour réussir l'ouverture du Maroc sur l'économie
mondiale, la libéralisation du commerce extérieur s'est poursuivie à travers
la simplification et l'harmonisation de la fiscalité douanière et son
alignement sur les standards internationaux, notamment ceux de l'OMC.
Ainsi, il a été procédé à la réforme du code des douanes et des impôts
indirects, à la modernisation de l'administration douanière et à la conclusion
d'un certain nombre d'accords de non double imposition entre le Maroc et
un nombre important de pays étrangers. En outre, la conclusion éventuelle
d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis et l'approfondissement de
l'intégration Sud-Sud, dont l'accord de libre-échange des pays signataires
de la déclaration d'Agadir (Egypte, Jordanie, Maroc et Tunisie) fera figure
de test, devraient développer l'attrait de notre pays pour les IDE et de faire
jouer à ceux-ci un rôle actif en matière de promotion des exportations. Pour
ce faire, il importe cependant que les pays membres de la future zone de
libre-échange arabe surmontent les principaux facteurs entravant leur
intégration économique, notamment à travers :

*L'extension de la libéralisation des échanges à de nouveaux secteurs,


notamment dans les services et l'agriculture, au même titre que les accords
Nord-Sud.

*La réduction des barrières non tarifaires.

*L'harmonisation, ou du moins la mise en cohérence, des législations, des


règles et des disciplines (concurrence, investissement, règles d'origine,
principes comptables, propriété intellectuelle, régimes douaniers) et la mise
en place d'une coopération économique dans ces domaines.

Un rôle de sensibilisation de la population, d'appui aux investisseurs face


aux obstacles et difficultés de différentes nature que d'un apport strictement
matériel de

la part des ces collectivités locales. (Adil HIDANE « Diagnostic de


l'attractivité du Maroc pour les Investissements Directs Etrangers »2005).

2. Politique de promotion de l'IDE au Maroc :

La promotion des investissements directs étrangers constitue une action


déterminante pour faire face à la mondialisation de l'économie la
compétitivité internationale et au redéploiement sans précédent d'activités
économiques. Le Maroc a développé une stratégie efficace d'attraction de
l'ide qui lui permet aujourd'hui de se positionner parmi les meilleures payes
africaines récipiendaires de l'ide. Le Maroc a entamé la réalisation d'un
certain nombre d'action en vue de la promotion des investissements privés
principalement étrangers. ( www.invest.gov.ma «  les clefs pour votre
investissement »Direction des Investissements, 2008).

2.1- stratégie régionale de promotion de l'IDE :

Conscientes de la dimension territoriale de l'acte d'investissement et de la


grande disparité existant entre les régions marocaines (40% du PIB se
concentre sur 1% du territoire), les autorités marocaines développent une
stratégie visant à faire de la région l'espace de promotion de
l'investissement national et international. Le centre d'investissement (CRI)
constitue, à ce jour, la principale réalisation de ce vaste chantier. Pourquoi
promouvoir les investissements ?

*Pour réaliser un taux de croissance suffisant pour réduire à moyen et long


termes le chômage (taux = 16% en 1994 au niveau national dont 20% en
milieu urbain) et améliorer les conditions de vie de la population.

*Pour redéployer le tissu industriel et économique en fonction de l'évolution


de l'environnement international et des engagements du Maroc, tout en
profitant de l'ensemble des opportunités offertes par les accords avec
l'Union Européenne.

*Pour répondre aux besoins essentiels à la fois de la population


particulièrement dans le monde rural et de l'économie en matière
d'infrastructures de base nécessaires au développement du secteur
privé. (L'investissement direct étranger au Maroc positionnement
stratégique et environnement, MINEFI - DGTPE, 2005).

*Instruments et politiques utilisés par le passé :

°Une multitude de codes d'encouragement aux investissements, souvent


généreux, visant à promouvoir les investissements dans les secteurs vitaux
(agriculture, industrie, exportations, tourisme, produits de la mer, mines...)
et à favoriser la décentralisation grâce à des avantages importants
accordés sur le plan fiscal au profit des zones défavorisées.

°Existence de plusieurs instruments d'intervention : CMPE pour les


exportations, l'ODI pour le conseil, la promotion et le capital risque, les
organismes financiers spécialisés pour le financement de l'industrie
(BNDE), l'immobilier et le tourisme (CIH), l'agriculture et la pêche
(CNCA)..., la CDG pour le financement des zones industrielles..., en plus
de la Direction des Investissements Extérieurs, du comité de suivi des
investissements, des ministères techniques qui jouent un rôle d'orientation,
et les banques commerciales qui proposent des services aux investisseurs
en matière d'information et d'accueil.

°Un plan d'ajustement structurel avec un vaste programme de réformes


destinées à réduire les déséquilibres internes et externes et à améliorer
l'environnement de l'entreprise (modernisation du système fiscal,
déréglementation des prix, libéralisation du commerce, assouplissement
substantiel de la réglementation des changes, réforme du marché financier,
privatisations, amélioration de la gestion des entreprises publiques...) : La
stabilisation macro-économique ainsi que l'amélioration de l'environnement
de l'entreprise sont essentielles pour la dynamisation de l'investissement
national et étranger. Politiques économiques visant à accroître les
ressources au profit du secteur privé : Parmi les mesures, il faut citer la
baisse importante de la fiscalité sur les entreprises, la promulgation de la
charte sur les investissements et l'assouplissement des procédures par
l'automatisation des avantages consentis. (Direction des Etudes et des
Prévisions financières ; Promotion des investissements au Maroc, 2006)

3. Principales mesures adoptées en faveur de l'IDE au Maroc

Le Maroc a été amené à entreprendre la réforme d'un certain nombre de


textes, et ce en vue de contribuer à la réalisation de quelques objectifs
d'ordre économique, l'important de ces réformes a concerné la prudence
macroéconomique, l'ouverture économique et la libéralisation des différents
prix au niveau des marchés domestique. L'objectif étant l'amélioration du
niveau de l'investissement privé national et étranger, ainsi que le
renforcement de l'attractivité du Royaume vis-à-vis des investisseurs
étrangers.

Dans ce cadre, la réforme de ces textes s'est concrétisée à travers


différentes mesures qu'on essaiera de traiter dans cette partie.

3.1. Principales réformes en matières de l'IDE :

3.1.1 Le programme de privatisation du Maroc :

A été engagé en 1989 et il est devenu effectif au début des années 1990.
En onze ans, 40 entreprises et 26 complexes hôteliers ont été partiellement
ou totalement privatisés pour un total de 6,4 milliards de dollars. L'évolution
des flux d'IDE entrant au Maroc semble donc être expliquée en grande
partie par les opérations de privatisation. Sur les 10,7 milliards de dollars
d'IDE pour la période 1993-2003, 6,4 milliards de dollars proviennent des
opérations de privatisation. (Adil HIDAN, diagnostic de l'attractivité du
Maroc pour les IDE novembre 2002)

3.1.2. Réforme Bancaire :

Depuis 1983, la stratégie de la Banque pour le Maroc vise trois objectifs :


stabiliser l'économie ; accélérer la croissance économique ; et réduire les
inégalités de revenu, par la fourniture de services sociaux aux pauvres.

Aspect plus important, la composition des opérations de prêt a évolué


parallèlement à l'avancement des réformes : près de 40 % des prêts de la
période 1983-95 sont allés à des opérations d'ajustement et, contrairement
à nombre des prêts accordés par la Banque à d'autres pays à la même
époque, les six premiers prêts d'ajustement ont financé des programmes
d'ajustement sectoriel. On pensait qu'une approche sectorielle serait plus
efficace, compte tenu du souhait des pouvoirs publics d'échelonner les
réformes.

Pendant les premières années de l'ajustement, les progrès ont été


considérables. De 1983 à 1988, les programmes de la Banque ont été
centrés pour l'essentiel sur la réforme sectorielle, tandis que le FMI jouait
un rôle directeur dans les efforts de stabilisation. La Banque a également
cherché à promouvoir des changements structurels à long terme dans le
cadre de prêts à l'appui de projets, d'études économiques et sectorielles et
de son dialogue avec les pouvoirs publics. Comme il était extrêmement
urgent de réduire le déficit, il avait été décidé de surseoir au traitement des
problèmes structurels des finances publiques. Durant cette période, quatre
prêts à l'ajustement ont été approuvés (au profit, respectivement, du
commerce, de l'agriculture, de l'éducation et des entreprises publiques). À
l'exception de la réforme du secteur éducatif, qui s'est heurtée à des
résistances politiques, et du secteur de l'irrigation, qui a souffert de
l'insuffisance des fonds publics, toutes ces opérations ont été menées à
bonne fin.
II. Les limites des IDE

1. Obstacles à caractères macroéconomiques :

L'exploitation des atouts naturels d'un pays dépend, entre autres, de


l'évolution des données technologique et scientifiques .Ces dernières
peuvent aussi bien dévaloriser que revaloriser ces avantages.

Les coûts de production, quand a eux, s'ils revêtent une grande importance
pour l'entreprise, leur signification réside encore plus dans leur
comparaison avec ceux en vigueur dans les pays concurrents.

Sachant que les coûts de production, à eux seuls, ne déterminent pas la


compétitivité d'une économie, il convient d'examiner les autres facteurs
ayant un impact sur les capacités concurrentielles.

Comment se présente la situation des principaux atouts naturels du


Maroc ?

Les coûts de production en vigueur au Maroc sont-ils compétitifs par


rapport à ceux appliqués dans les pays concurrents ?

Qu'en est-il des autres facteurs de compétitivité de l'économie marocaine ?

1.1. L'exiguïté du marché local :

La taille du marché constitue un énorme obstacle pour le Maroc en termes


d'accueil des IDE. En effet, la taille du marché local constitue un avantage
de délocalisation important, important, comme le souligne Laura Baeza : «
Le marché intérieur est l'un des éléments les plus déterminants de
l'attractivité ou non des investissements étrangers directs... Les pays à
faible revenu ne sont attrayants que s'ils ont une population importante et
des perspectives raisonnables de développement » (la ZLE contribuera
t'elle à améliorer l'attractivité des PSEM, document de travail de la direction
générale de sud de la méditerranée. Commission européenne, Bruxelles,
Belgique, 2001. Page 18.)

En effet, le Maroc ne compte que 30 millions d'habitants, dont seulement


une partie participe réellement aux circuits de consommation, et comme le
souligne M. Fouad Ammor : « Le facteur d'attirance le plus important de
l'IDE d'après la plupart des études réside dans le poids et l'importance de la
demande locale, c'est-à-dire du pouvoir d'achat de larges franges de la
population du pays d'accueil... Les perspectives macro-économiques au
Maroc sont relativement rassurantes, mais entachées par l'absence d'une
classe moyenne, entre les couches pauvres et l'élite, il n'y pas de
développement de classe moyenne pour fournir une demande » (le Maroc
dans l'économie mondiale, édition Toubkal, 90. Page 35.)

1.2. La contrebande et la contrefaçon :

Le Maroc, signataire de l'accord d'association avec l'UE, ne peut plus


tolérer chez lui un marché informel alimenté par la contrebande et
consolidé par la contrefaçon, deux points noirs qui entachent l'image du
Maroc, et le privent des IDE essentiels à la mise à niveau de son économie,
et pour assurer la performance de sa croissance économique.

La dépendance de l'économie marocaine par rapport au marché informel


représente 30% du PIB global. Ce secteur a rendu le marché local
inefficace, peu compétitif, et a réduit graduellement le volume des
exportations de l'industrie nationale. En effet, le textile et le cuir, à titre
d'exemple, qui attiraient par le passé des IDE ont le plus souffert du
développement des articles contrefaits.

Cependant, le Maroc, encore loin d'enrayer ce fléau à court terme, est sur
la bonne voie. Ainsi, pour atténuer ce fléau, le Maroc s'est doté d'une loi
contre la contrebande et la contrefaçon, En effet, le Maroc a réagi en se
dotant d'une loi moderne visant à atténuer l'ampleur de ce phénomène,
soutenu par des réseaux assez influents, enracinés dans les grandes villes
du Maroc. De ce fait, les autorités concernées (tribunaux, juges, douanes,
police judiciaire) doivent passer à la vitesse supérieure, si elles ont
vraiment l'intention d'endiguer rapidement la vague des produits contrefaits.
(Adil HIDAN, diagnostic de l'attractivité du Maroc pour les IDE novembre
2002).

1.3.Coûts des facteurs et fiscalité :

Ils constituent un des éléments pris en considération par l'investisseur pour


décider de la réalisation d'un investissement dans tel ou tel pays .Même
s'ils ne déterminent pas à eux seuls la compétitivité d'une économie
donnée ,le niveau des coûts de production revêt une grande importance du
fait qu'il regroupe les salaires et les charges sociales ; les coûts du capital,
de l'énergie et de l'immobilier ;les services de transport ,des
télécommunications et des divers infrastructures ;la fiscalité ;etc.

Une autre dimension des coûts de production réside dans leur comparaison
avec les niveaux applicables dans d'autre pays, particulièrement, ceux
directement concurrent du Maroc en matière d'attraction de l'investissement
étranger .Ce travail nécessite évidemment un diagnostic approfondi et des
comparaisons systématiques.
Faute d'études globales publiées à notre connaissance en la matière pour
le cas du Maroc, on se limite dans le cadre de ce travail à un essai de
comparaison du niveau des principaux coûts de facteurs de production
entre le Maroc et la Tunisie.

Ainsi, dans le domaine fiscal, les entreprises exportatrices sont exonérées


de l'I.S .en Tunisie pendant les dix premières années alors que le Maroc
n'accorde une exonération totale que sur les cinq premières années.

En matière d'IGR, la fiscalité sur les revenus salariaux est supérieure de 20


à 30 % à celle appliquée par la Tunisie.

Pour le cas de l'énergie, il est constaté que le coût du KWh est supérieur
d'environ 50% à celui facturé aux entreprises en Tunisie.

Le tableau ci-dessous donne les prix comparatifs du KWh au Maroc et chez


certains de ses concurrents (année 1997). (Mohamed Larbi EL HARRAS,
attraction de l'investissement étranger et dynamique de l'économie
marocaine)

Prix comparatifs du KWh au Maroc et dans quelques pays Concurrents:

Pays Prix du KWh Indice par rapport


prix maroc
(en dollar)

Maroc 0,104 100


France 0,076 73
Turquie 0,070 67
Egypte 0,055 53
Tunisie 0,070 40
Portugal 0,070 67
Corée du sud 0,056 54

2. Obstacles d'ordre sociopolitique :

Les blocages dont soufrent l'investissement au Maroc en général et


l'investissement étranger en particulier ne sont pas dus seulement à des
entraves d'ordre matériel (insuffisance de l'infrastructure, mauvaise
application de la législation, inadaptation de l'environnement législatif et
réglementaire ,,,,,,)mais aussi à des facteurs qu'on peut qualifier d'ordre
non économique ,c.à.d. ayant trait aux facteurs immatériels ,notamment
politiques, organisationnelles ,éthiques, culturels, et qui influencent tés
fortement l'asphère économique .

Parmi ces entraves on peut citer les manquements à l'état des droit, les
insuffisances s du système de l'éducation -formation, la propagation de
l'administration marocaine, l'inefficacité des institutions élus, la complexité
des relations professionnelles, l'absence d'un projet économique et social
fédérateur

1.1. Les lourdeurs administratives :

Les problèmes posés par le poids de l'administration représentent des


facteurs dissuasifs de l'implantation des investissements étrangers.

Deux caractéristiques dominent : lourdeur de procédures qui privent le


Maroc d'un nombre important d'investisseurs potentiels d'une part, et la
corruption d'autre part.

Ainsi, les problèmes posés par les lourdeurs de l'administration


représentent des facteurs dissuasifs de l'implantation des IDE au Maroc.
Pascal Perez et Benedict de Saint Laurent soulignent : « les investisseurs
ne savent pas à qui s'adresser, ils reçoivent des messages et des
informations différentes d'un organisme à l'autre. C'est pourquoi ils se
plaignent plus que les nationaux de l'absence d'un interlocuteur unique
dans leurs démarches de choix et de réalisation de leurs projets » (« image
de la région MEDA pour les investisseurs », réseau euro-méditerranéen
d'Agences de promotion des investissements, Paris, 2005).

De plus, même si le dispositif d'accueil des investisseurs étrangers s'est


renforcé grâce à la création des centres régionaux d'investissement,
réunissant en un seul endroit tous les interlocuteurs gouvernementaux, les
tracasseries et les pesanteurs administratives continuent de pénaliser le
Maroc et lui font perdre chaque année d'intéressantes opportunités en
termes d'IED. En effet, au Maroc, même avec la mise en place des centres
régionaux d'investissement, la multiplicité des intervenants ne facilite pas la
tâche aux investisseurs étrangers.

Tenant compte des éléments mentionnés ci-dessus, l'administration


constitue un facteur important de l'initiative privée : sans la confiance et une
administration moderne, il serait illusoire de prétendre garantir un cadre
propice à l'investissement, dans un environnement international, où les
incitations à l'IDE, notamment européen, font l'objet de surenchères d'un
pays à l'autre.
Pour ce qui est de la corruption, un investisseur potentiel ne peut à priori
évaluer précisément ses coûts, ni les conséquences du non-paiement des
pots de vin. Un rapport récent de l'OCDE conclut à partir des données
recueillies dans 28 pays que : « plus que la corruption elle-même, c'est
l'incertitude liée à l'instabilité des règles administratives, dont la corruption
n'est qu'un élément parmi d'autres, qui affecte négativement les
investissements » (« affairisme ; la fin d'un système : comment combattre
la corruption ». OCDE, 2001. Page 84)

1.2. Manquement à l'Etat de droit :

Dans la quasi-totalité des études et enquêtes réalisés sur les obstacles à


l'investissement étranger au Maroc apparaît le phénomène de la corruption
qui constitue un des freins au développement, car elle sape les efforts
visant à promouvoir la croissance économique et empêche, par
conséquent, toute gestion judicieuse des ressources. Or il est patent que la
corruption s'épanouit plus là où sévit un déficit démocratique.

Le Maroc a réalisé, certes, de grandes avancées dans la voie de la


démocratie. Il a besoin actuellement d'une administration qui s'inspire plus
de l'Etat de droit et qui par son comportement, ses actions, donne
l'exemple, montre le chemin à suivre en vue d'assumer son rôle de
pédagogue et d'éviter les dérapages. L'objectif étant un Etat fort et efficace
et non totalitaire et archaïque. Un Etat qui assure la stabilité et la sécurité,
mais qui incite au progrès économique et à l'épanouissement du potentiel
humain.

En effet, l'investissement national ou étranger ne peut se développer sans


l'existence de règles de jeu claires et transparentes qui font face à
tout « pouvoir de nuisance » de l'Administration et aux situations de rente et
de privilèges. D'où l'importance d'un nouveau rôle de l'Etat, dans ses
dimensions de stratège d'incitateur, de pédagogue et d'arbitre.

De même, une croissance forte et durable n'est pas seulement une


question de gestion financière, elle est, de plus en plus, une affaire du
niveau qualitatif des institutions qui suivent et accompagnent le
développement économique et social et surtout leur aptitude et leur
disponibilité au changement. (Les chroniques de M. Driss Benali publiés
dans l'hebdomadaire « la vie économique »2000).

1.3.  Propagation de l'esprit de la rente :

A l'instar d'un certain nombre de pays en développement, le comportement


d'un grand nombre d'opérateurs économiques au Maroc reste manqué par
l'esprit de la rente et la recherche des opportunités de spéculation. Il est
évident que l'Administration n'est pas étrangère à cet état de fait
(clientélisme, réseau de relations, etc.). Or les exigences de l'ouverture
économique et les impératifs de la création de la « zone de libre-
échange »impliquent un tout autre comportement qui doit être orienté plutôt
vers la recherche de l'efficacité économique, la valorisation de la
production, l'intégration du savoir etc. ces valeurs constituent les outils
d'une bonne intégration dans les arcanes de l'économie mondiale et d'une
attraction de l'investissement étranger productif. (Mohamed Larbi EL
HARRAS, attraction de l'investissement étranger et dynamique de
l'économie marocaine).

1.4. La Justice :

L'IDE ne s'installera que là où règne la confiance, et cette confiance ne


sera acquise que lorsque cet IED européen se sentira protégé : Cette
protection dépend avant tout de l'existence d'une justice fiable.

Concernant la justice, les investisseurs européens seraient-ils réticents à


s'implanter au Maroc à cause de son système judiciaire ?

C'est le constat que révèle un rapport de la Banque Mondiale, dont le


contenu évalue les efforts du ministère de la Justice dans son vaste
programme de modernisation. Deux volets sont pris en compte : l'objectivité
de la justice d'une part, et sa compétence d'autre part.

S'agissant de l'objectivité de la justice marocaine, la critique est double.


D'abord, il y aurait une tendance marquée à juger trop en faveur des
nationaux, lorsque des étrangers et des marocains sont en conflit ; ensuite
la seconde critique qui introduit une dimension sociale, porte sur le fait que
la justice marocaine jugerait trop en faveur des employés, lorsque ceux-ci
sont opposés à leurs employeurs.

Concernant le deuxième volet portant sur la compétence des juges, il


ressort de ce rapport, que la faiblesse du système judiciaire, réside dans la
nature des compétences et de la formation des juges, chargés de statuer et
de rendre des jugements sur des conflits opposants les investisseurs
étrangers aux locaux.

Adopter de nouveaux textes était nécessaire. Mais il fallait un système


judiciaire en mesure de leur donner toute leur efficacité. Aussi, le Maroc
s'est-il attaqué à sa justice. Longtemps décriée et écrasée par de graves
crises d'identité, la justice est restée repliée sur elle-même, loin des
mouvements de normalisation et de mise à niveau. Experts nationaux et
étrangers se sont penchés à plusieurs reprises sur cette grande malade
gangrenée par la corruption, le clientélisme, les passe-droits, la lenteur...
Lors de la fameuse campagne d'assainissement, elle a montré toutes ses
limites. Aujourd'hui, l'un des plus gros paris lancés par le Maroc est celui de
recrédibiliser sa justice aux yeux des citoyens et des investisseurs. (ADIL
BAQQARI « La coopération régionale Nord-Sud : Les investissements
étrangers directs européens dans le Sud de la méditerranée le cas
marocain, 2008).
III. Que doit ameliorer le Maroc dans le cadre des IDE ?

En dépit de certains atouts et de l'amélioration réelle du cadre général de


l'investissement, un certain nombre de contraintes structurelles continue de
peser sur la rentabilité à court et moyen terme des investissements au
Maroc et affecte l'attractivité du Royaume.

Malgré les réformes progressives de la justice, l'insécurité judiciaire reste


forte. En effet, même si les procédures administratives ont évolué durant la
dernière décennie, ces dernières doivent être constamment remises à
niveau. L'insécurité juridique réside dans la multiplicité des régimes et la
rigidité des textes qui engendrent délais et pluralité des intervenants pour
l'obtention des autorisations freinant l'investissement tant national
qu'étranger. Il est donc important que l'appareil administratif et juridique se
mette au diapason.

De plus, les coûts logistiques du Maroc s'élèvent à environ 20% du PIB en


2007, or ce ratio est supérieur non seulement à celui des pays de l'union
européenne qui se situe entre 10 et 16% mais aussi à celui des pays
émergents tels que la Tunisie et la Turquie. Et vu le rôle déterminant que
joue la logistique dans la compétitivité de l'économie, il s'avère primordial
de penser à l'amélioration de certains domaines logistiques, en particulier la
performance douanière et le coût des infrastructures, par la création de
zones industrielles aménagées ou de technopoles. Ceci pourrait permettre
d'intégrer au Maroc des fonctions d'entreprise ne s'y appliquant pas et
réalisées en Europe pour ainsi dynamiser son économie et permettre sa
montée en gamme en faisant apparaître de nouveaux services
indispensables aux multinationales, comme l'émergence de prestataires et
de plates-formes logistiques, créateurs de valeur ajoutée. Tout ceci
entrepris, le Maroc assurera sa performance logistique et réalisera donc un
potentiel de gain de plusieurs points de PIB.

L'aspect fiscal à son tour n'est pas des moindres. Ce dernier doit en effet
être adapté aux différents secteurs d'activité afin de permettre aux
investisseurs de bien cerner les différentes composantes de financement
de l'investissement .Le Maroc peut également faire plus d'efforts en matière
de fiscalité. C'est un facteur essentiel à améliorer pour gagner en
compétitivité, se différentier des concurrents et devenir ainsi plus attractif. Il
serait donc judicieux de trouver un niveau d'imposition qui permettrait aux
investisseurs et aux consommateurs de trouver le juste équilibre. Un niveau
qui aiderait l'entrepreneur à investir plus et le consommateur à consommer
d'avantage.

L'éducation à son tour constitue un facteur important dans le


développement d'une société. De manière générale, le niveau de
scolarisation primaire et secondaire et celui de la formation professionnelle
sont des facteurs facilitateurs de l'investissement. Lorsque les
investissements éducatifs ne sont pas suffisamment massifs, ils ne
parviennent pas à enclencher un processus de croissance soutenue. De
plus, le renforcement de la formation dans le domaine des nouvelles
technologies est un facteur attractif supplémentaire qui pousse les
investisseurs à s'intéresser davantage aux secteurs des technologies de
pointe comme l'aéronautique.

Mais un long chemin reste à parcourir, un chemin nécessitant d'être balisé


pour rendre confiant le capital, un capital qui calcule les risques avant de
prendre toute décision. La réforme du système judiciaire est incontournable
surtout au niveau de la qualification humaine, qui doit nécessairement se
spécialiser dans le droit des affaires et le droit international. (Mémoire sous
le thème : Le MAROC : Aimant des Investissements Directs réalisé par
Sara AITOUNI EMI 2007/2008).

Toutefois, les bonnes performances, en termes d'IED, de ces dernières


années sembleraient imputables à des causes conjoncturelles plutôt qu'à
une politique proactive de promotion de l'investissement. Des efforts restent
ainsi à accomplir par les autorités pour améliorer la perception que les
opérateurs privés ont du climat d'investissement et, plus généralement, du
climat des affaires au Maroc. Ces efforts devraient permettre de mieux
cibler les investissements et de les pérenniser afin que le Maroc bénéficie
pleinement de leurs retombées positives sur la croissance économique, la
création d'emploi et l'innovation :

La première et la principale des missions de la future Agence de promotion


de l'investissement sera l'élaboration d'une stratégie proactive de ciblage
des investisseurs : jusqu'à présent les flux d'IED entrant dans le pays
étaient dus à une promotion de l'investissement réactive. Afin d'augmenter
et pérenniser ces flux et d'améliorer le taux de réinvestissement, le pays
devrait définir une stratégie proactive de promotion de l'investissement,
répondant à ses objectifs de développement.

Renforcer le système national d'innovation :

Il est capital pour le Maroc d'attirer des investissements technologiques à


forte valeur ajoutée ; pour cette raison, son système national d'innovation
devrait être amélioré en prenant les mesures suivantes :

1. Création d'une unité spécifique, dédiée à l'innovation : au sein même de


la future Agence de promotion, cette unité permettrait de mieux cibler les
investissements technologiques ;
2. Création d'un comité assurant la cohérence entre les politiques
d'investissement et d'innovation ;

3. Renforcement des incitations fiscales au profit des entreprises effectuant


des activités de R-D constituerait un signal positif à destination des STN
désirant délocaliser de telles activités. L'établissement des programmes
commun entre les STN et les instituts de recherche marocains devrait
bénéficier de telles incitations ;

4. Contribution des investissements déjà présents dans le pays au


développement du système national d'innovation : cette contribution
pourrait être optimisée. Un décalage existe encore au Maroc entre les
formations dispensées par les universités et les écoles et les besoins des
entreprises. Les STN pourraient s'impliquer davantage dans le processus
d'élaboration des programmes d'études. L'établissement par le
gouvernement et les STN de centres de formation en commun pourrait être
stimulé