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Antoine Tainturier

TS3

Persuader/Convaincre

Définissons d’abord « persuader » :

Etymologiquement, le mot « persuasion » vient du latin persuadere, qui signifie persuader,


faire agréer, faire croire, convaincre.
La persuasion est l'action de persuader, de faire croire. C'est le processus par lequel une
personne tente de convaincre quelqu'un de croire ou de faire quelque chose. La persuasion
s'appuie sur une stratégie d'argumentation propre à faire adhérer à ses idées celui auquel
elle s'adresse. Elle fait souvent appel aux sentiments avec notamment avec l’expression
« prendre par les sentiments ».
La persuasion est aussi la capacité d'une personne à persuader.

Définissons ensuite « convaincre » :
Convaincre, c'est d’abord obtenir l'assentiment sur la base de preuves ou de témoignages
(Adhésion rationnelle).
Plus généralement, c’est obtenir l'adhésion, amener à croire, à penser, à faire quelque chose
au moyen de la raison, grâce à des démonstrations ou des preuves.
Pour convaincre, on utilise trois étapes :
1) Développer sa thèse en s'appuyant sur des faits réels incontestés.
L'auteur utilise alors des exemples tirés de la réalité que l’auteur intègre à son analyse
(statistiques, faits historiques, culturels…).
2) Développer sa thèse en s'appuyant sur des arguments.
Les arguments sont de l’ordre du discours.
Ils servent à montrer la justesse d’une opinion, d’un raisonnement. Il existe différentes
sortes d’arguments.
3) Développer sa thèse en s'appuyant sur une démonstration, un raisonnement logique.
L'auteur utilise alors des procédés qui font appel à la logique. (Analogie, concession,
opposition …)
Réflexion sur « persuader/convaincre » :
Dans l'usage ordinaire, convaincre est parfois utilisé improprement comme synonyme de
persuader.
Cependant, convaincre se distingue de persuader comme la conviction se distingue de la
simple croyance ou persuasion. Contrairement à la croyance, la conviction s'appuie sur un
examen rationnel des raisons que l'on a d'adhérer à une thèse.
C'est ainsi que l'argumentation philosophique ne débouche pas sur de simples croyances ou
opinions mais sur des convictions. Contrairement au plaidoyer, elle ne doit pas persuader
mais convaincre.
Cependant, seule l'argumentation démonstrative fondée sur des déductions est
rigoureusement convaincante. Mais peut-on vraiment tout démontrer ?

Les sophistes, adversaires de Socrate dans les dialogues de Platon, enseignaient la


rhétorique grâce à laquelle ils prétendaient pouvoir défendre n'importe quelle thèse, dans
un discours, indépendamment de sa vérité. Socrate et Platon ont combattu leur
enseignement et, par l'image partiale et inexacte qu'ils en ont donné, ont contribué à
discréditer en philosophie l'art de persuader.
Si la conviction est rationnellement fondée, elle demeure une attitude intellectuelle
personnelle, comme l'indique l'expression « intime conviction ». La connaissance est
supposée être objective, mais la conviction qui l'accompagne est subjective.
Peut-on toujours chercher à convaincre ?
Par exemple, peut-on convaincre quelqu'un de la beauté d'une œuvre d'art ? Convaincre
suppose une démarche rationnelle, la possibilité de prouver ou de rendre raison en faisant
référence à des normes du beau conceptualisables et universellement partagées. Peut-on
expliquer pourquoi une œuvre procure un plaisir esthétique ?

« On peut convaincre les autres par ses propres raisons, mais on ne les persuade que par les
leurs » Joseph Joubert.

Ici, on voit bien, dans l’Antiquité, que les démocrates veulent soit persuader, soit convaincre