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AIMAC                     Cours micrprocesseurs 

ARCHITECTURE ET EXPLOlTATION D’UN


SYSTEME A MICROPROCESSEURS

I- Logique câblée et logique programmée :

1.1- Logique câblée :


Avant l’avènement des microprocesseurs, les systèmes logiques étaient conçus à l’aide des circuits intégrés
logiques accomplissant les opérations logiques et arithmétiques fondamentales : il s’agit de la logique câblée et
qui relève du matériel (hardware).

1.2- Logique programmée :


L’apparition des microprocesseurs sur le marché permet de concevoir tout autrement un système logique. Le
microprocesseur est un circuit intégré issu de la technologie VLSI et qui est capable de réaliser toutes les
fonctions logiques et arithmétiques. A l’aide des instructions (mot binaire), on configure le microprocesseur
pour réaliser une fonction choisie. Ainsi pour réaliser un ensemble d’opérations, il faut donner une suite
d’instructions appelée programme. Une telle logique est dite logique programmée et qui correspond au logiciel
(software).
Le concepteur d’un système à microprocesseur devra alors bien connaître le microprocesseur et son jeu
d’instructions.

1.3- Intérêt de la logique programmée :

• logique câblée :
- rapidité : temps de réalisation d’une opération correspond au temps de propagation et au temps de
réponse du système.
- Souplesse : pas de souplesse.

• logique programmée :
- souplesse : il suffit de modifier le programme pour changer de fonction.
- Facilité de mise au point : utilisation des systèmes de développement pour la mise au point.

II- Le microprocesseur : c’est quoi ?


Il s’agit d’un ou plusieurs circuits LSI / VLSI qui réalisent des fonctions de traitement.
C’est un circuit où toutes les fonctions utiles sont intégrées sur une seule "puce" de silicium un circuit intégré.

Comment peut-il exécuter une grande variété de fonctions ?


Parce qu'il est programmable. Il exécute une suite d'instructions (programme) qui peut être modifiée à souhait.

Pourquoi son domaine d'application est-il si étendu ?

parce qu'on peut le coupler, via des interfaces d'entrée et de sortie, à une grande variété d'organes extérieurs (fig. 1).

Programme
(Mémoire)

Interface Interface
Entrées Entrées
Microprocesseur

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L'activité du microprocesseur est alors de répondre aux entrées pour produire des sorties, d'une façon déterminée
par une séquence d'instructions (le programme) qui est stockée dans une mémoire

III- Système à microprocesseur

3.1- Conception d’un système à μp :


Il faut distinguer les deux parties :
• étude du matériel :
- le μp proprement dit
- la mémoire
- les interfaces d’entrée/sortie
• l’étude du logiciel :
Ensemble des programmes nécessaires pour le bon fonctionnement du système à μp ainsi ce qui concerne
l’étude et la mise au point de ces programmes.

3.2- Matériel du système à μp :

3.2.1- Le processeur :

3.2.2- Les BUS


Le Bus est un ensemble de fils électriques (cuivre) où apparaît une information binaire (0 ou 1) c'est à dire (0V ou
5V) sur chaque fil.
Mémoire Périphérique

BD

µp BA

BC

Chaque bus a une fonction donnée :

Bus de données : Il permet de véhiculer des données du microprocesseur vers un composant ou d'un composant vers
le microprocesseur. Il est donc bidirectionnel. Le nombre de fils de ce bus varie suivant les
microprocesseurs (8 / 16 / 32 / 64 bits). Dans la littérature, les différents fils de ce bus sont appelés
D0, D1, ..., Dp-1, si le bus a "p" fils. (bidirectionnel) ;

Bus d’adresses : La mémoire est composée de nombreuses cases mémoires. Chaque case est repérée par une adresse.
Lorsque le microprocesseur veut, par exemple, lire une case, il doit indiquer à quelle adresse elle se

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trouve. Il met cette adresse sur le bus des adresses. La case mémoire reconnaît alors son adresse et
met sur le bus données son contenu.

Exemple : Bus adresses 16 bits - données sur 8 bits

Dans l'exemple précédent, le microprocesseur écrit la donnée 10101111 dans la case mémoire d'adresse 1011
1111 0110 1010.
Le bus adresses est unidirectionnel : du microprocesseur vers les autres composants. Il se compose de 16 à 32
fils suivant les microprocesseurs que l'on nomme A0, A1, ..., An-1.
Bus de commande : Le bus des commandes est constitué d'un ensemble de fils de "commandes", permettant la
synchronisation et bien sûr la commande des boîtiers mémoires et entrées/sorties par le
microprocesseur.

Dans le cas précédent, la cellule mémoire doit savoir à quel instant elle doit mettre son contenu sur le bus de
données. Pour cela, le microprocesseur possède une broche appelée Read qu'il met à 0 (0v) lorsque la cellule
doit agir. De même, lors d'une écriture du microprocesseur vers la cellule, il met sa broche Write à 0 (0V). Les
signaux RD et WR sont des signaux de synchronisation, de contrôle, de commande. Ils sont reliés aux autres
composants par un bus : le bus des commandes. Celui-ci comporte d'autres signaux de commandes.
Signaux de commande du μp : quelques signaux particuliers permettent de faire certaines commandes particulières
du μp, par exemple une initialisation, une commande d’interruption de traitement, une commande
d’attente momentanée avant une entrée de donnée.
Les alimentations : selon le μp, il y a une, deux ou trois alimentations.

3.2.3- Les mémoires :


- RAM (Random Access Memory) ou mémoire vive, qui contient les données et les résultats définitifs ou
provisoires. C’est une mémoire volatile.
- ROM (Read Only Memory) ou mémoire morte qui contient les programmes nécessaires pour faire
fonctionner correctement le système à μp.

a- RAM statique :

Un bit mémoire d'une RAM statique (SRAM : static


RAM) est composé d'une bascule. Tant que le circuit est
alimenté, l'information est sauvegardée. Chaque bascule
contient 6 transistors

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b- RAM dynamique :
Une RAM dynamique stocke un bit d'information sous la
forme d'une charge. Elle utilise pour cela l'effet capacitif de
certaines fonctions des semi-conducteurs (capacité grille
substrat d'un transistor MOS).

Avantage:

Une Cellule mémoire d'une RAM dynamique occupe 4 fois moins de place que celle d'une RAM statique.

Cependant, la charge stockée dans le condensateur élémentaire fuit (résistance de fuite) et au bout de quelques
millisecondes, elle est presque entièrement perdue.

Pour préserver cette information, il faut la rafraîchir toutes les 2 ms : cycle de lecture écriture qui rétablit
l'information.

c- LA ROM
Cette mémoire est composée d'une grille dont Matrice d'une ROM
les lignes sont reliées aux colonnes par des
diodes ou des transistors.

L'adresse sélectionne une ligne (le nombre de


lignes donne la capacité ou la taille de la
mémoire).
La donnée est reçue sur les colonnes (le
nombre de colonnes fixant la taille des mots
mémoire).
Une mémoire de 1024 octets aura donc 1024
lignes et 8 colonnes.

L'utilisateur fournit au constructeur un masque indiquant les intersections dans la grille où l'on doit placer une
diode ou un transistor. La mémoire ROM est programmée par masque.

d- Mise en œuvre des boîtiers mémoires-décodage :


9 Analyse d’un boitier mémoire :
Parmi les connexions qui sortent d’un boitier, on trouve :
- Les connexions d’alimentation : Vcc=+5V et Gnd=0V
- Les connexions d’adresses (A0 à An-1) : le nombre de mots mémoire contenus dans un boitier (capacité)
est de 2n.
- Des connexions de données (D0 à Dm-1) : le nombre de ces fils correspond au nombre de bits de chaque
mémoire.
- Des connexions de contrôle, permettant de commander une lecture ou une écriture d’une donnée de la
mémoire.
- Une ou plusieurs entrée de sélection (CS), permettant de sélectionner un boitier parmi plusieurs.

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A0 ------- An-1 OE
CS
2n mots de m bits
R/W

D0 ------- Dm-1

Pour accéder à ce boitier, il faut :


- Sélectionner le boîtier
- Présenter l’adresse du mot sur les fils d’adresse ;
- Commander l’opération désirée (lecture ou écriture) ;
- L’information pourra alors transiter par l’intermédiaire des fils de données.

9 Association de plusieurs boîtiers mémoire :


o Extension de la capacité :
Pour augmenter le nombre de mots, on associe plusieurs boîtiers, en les sélectionnant un par un. On
utilise en général des décodeurs.
o Longueur des mots :
Pour augmenter la longueur des mots, on associe plusieurs boitiers, en les sélectionnant en même
temps pour chaque opération de lecture où d’écriture.

9 Exemple :
o Réaliser une mémoire de 1K x 8 bits avec des boitiers de 1K x 4 bits.
o Réaliser une mémoire de 2 KO à partir de boîtiers mémoire de 1KO
o Réaliser une mémoire de 4KO, pour un microprocesseur ayant un bus d’adresse de 16 bits, à l’aide de
boîtiers mémoire de 1KO. Cette zone commencera à l’adresse $0000.

9 Circuits de décodage :
o Décodeur 1 parmi N.
o Utilisation de PROM
o Utilisation de circuits logiques programmables.

3.2.4- Les périphériques :

1- interfaçage :
Une interface est un organe nécessaire entre le μp et le périphérique et ce pour assurer une
compatibilité :
- au niveau du type de transmission (série ou parallèle) ;
- au niveau du code ;
- au niveau de la vitesse de transmission ;
- Au niveau logique (adaptation de tension).

2- Adressage des périphériques :


Pour adresser un périphérique il faut :
- sélectionner le boîtier d’interface (CS) ;
- sélectionner l’un des deux ou trois tampons disponibles par boîtier (port).

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Cet adressage se fait bien entendu par le bus d’adresse. Toutefois, deux possibilités sont offertes :

• Structure d’entée/sortie par instructions mémoires :


Dans ce cas on considère le port comme une position mémoire, il suffit donc de réserver une adresse
mémoire pour chaque port et de commander la lecture d’un périphérique comme celle d’une mémoire, de
même pour l’écriture.
C’est une solution simple que tous les processeurs offrent et qui est souvent désignée par «Memory
Mapped I/O».

• structure d’entrée/sortie par instruction E/s :


Certains processeurs ont deux autres signaux pour commander une lecture ou une écriture dans un
périphérique. Ceci libère des positions mémoires en un nombre non négligeables.
Ces signaux sont :
- lecture mémoire ;
- écriture mémoire ;
- lecture périphérique ;
- écriture périphérique.
Cette structure est assez souvent désignée par «Isolated I/O».

IV- Modes d’exploitation d’un système à μp :

4.1- Modes d’échange du μp avec la mémoire :

• Échange synchrone :
Le μp va chercher en mémoire les adresses ou les données, il communique donc sans arrêt avec la mémoire soit
pour une écriture, soit pour une lecture. Le temps pour une opération de lecture ou d’écriture est connu, fixe et
caractéristique du μp, c’est le temps de cycle, qui est également appelé cycle mémoire. Durant un tel cycle, le V
doit pouvoir effectuer son opération de lecture ou d’écriture. Cela suppose que la mémoire soit au moins aussi
rapide que le μp. dans ce cas le μp gère les échanges avec la mémoire et ces échanges se font en synchronisme
avec l’horloge du μp : c’est le mode synchrone.

• Échange asynchrone :
Si la mémoire a un temps d’accès supérieur au temps de cycle du μp, les échanges se font alors avec un autre
mode, qui comprend une demande de service du μp à la mémoire.

4.2- Modes de commande des transferts E/S :


Un transfert E/S peut se faire selon 3 modes :
• Mode programmé avec ou sans test d’état :
Les transferts e/s sont prévus à des moments bien précis dans le programme utilisateur. C’est donc le μp qui a
l’initiative de commander le transfert et ceci par la rencontre d’un instruction de transfert : il s’agit du mode
programmé.
Une amélioration possible consiste à aller tester l’état libre ou occuper du périphérique avant d’effectuer le
transfert.

• Mode interruptible :
Les transferts peuvent également s’effectuer à l’initiative du périphérique et non plus du μp. Ainsi, le périphérique
envoi une demande d’interruption au μp qui répond par l’envoi d’un signal pour indiquer qu’il a reçu la demande,
termine l’exécution de l’instruction en cours de traitement et se mettra à la disposition du périphérique.

• Accès direct à la mémoire :


Lorsqu’un périphérique a un nombre important d’informations à faire rentrer en mémoire ou lorsqu’il doit en
recevoir une quantité importante de la mémoire, le transfert par interruption est long. Un mode de transfert E/S
particulier est alors possible : c’est l’accès direct à la mémoire. Le périphérique peut alors échanger directement
avec la mémoire, les bus d’adresses, de données et de commande étant déconnectés du μp par leur mise à l’état
haute impédance.

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