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Jean-Louis Granju

Jean-Louis Granju

onformément aux prescriptions de l’Eurocode 2 et en s’appuyant sur des


C exemples courants illustrés de nombreux schémas, l’auteur expose ici de
façon didactique les bases de la connaissance du béton armé : ses propriétés et
son comportement.
L’ensemble est complété par des outils — volontairement simples — d’estima-
tion des ordres de grandeur, de prévision et de contrôle d’un dimensionnement.

Introduction au béton armé


Destiné aux futurs professionnels de la construction inscrits en BTS, IUT, licence Jean-Louis Granju
pro et master ainsi qu’aux élèves ingénieurs et aux professionnels en formation
continue, ce nouveau manuel — strictement à jour des règlements techniques
(Eurocodes), complet et illustré de nombreux exemples — est centré sur les cas

Introduction
les plus souvent rencontrés dans des bâtiments courants.

Sommaire
• Le béton armé : son histoire et ses composants ; comment ça marche ?
• Prescriptions réglementaires et calculs de base
• Applications aux structures : poutres, planchers, poteaux, murs, fondations
superficielles
au béton armé
• Exemples de calcul
• Aides au calcul et ordres de grandeur
Théorie et applications courantes
Ingénieur en génie civil de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon,
Jean-Louis Granju a fait une carrière d’enseignant-chercheur à Toulouse dans des unités de selon l’Eurocode 2
recherche et d’enseignement de l’INSA et de l’université Paul Sabatier. Docteur-ingénieur,
puis docteur ès sciences et professeur, il a enseigné de longues années le béton armé au
département de Génie civil de l’IUT Midi-Pyrénées.
En tant que chercheur au laboratoire Matériaux et durabilité des constructions (LMDC)
et après une période d’étude de l’acquisition de la résistance des matériaux cimentaires,
il a ouvert et développé un pôle de recherche sur les bétons renforcés de fibres, et
notamment sur leurs applications en réparation. Sous le titre Béton armé, il a publié en
2011 un traité de 480 pages.

Couverture : Christophe Picaud En couverture :


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ISBN Eyrolles : 978-2-212-13528-2

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ISBN Afnor : 978-2-12-465375-1

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Code Eyrolles : G13528

Code Afnor : 3465375

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Propriété de PATRICK DEGUETTE <patrick.deguette@gmail.com>


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Jean-Louis Granju
Jean-Louis Granju

onformément aux prescriptions de l’Eurocode 2 et en s’appuyant sur des


C exemples courants illustrés de nombreux schémas, l’auteur expose ici de
façon didactique les bases de la connaissance du béton armé : ses propriétés et
son comportement.
L’ensemble est complété par des outils — volontairement simples — d’estima-
tion des ordres de grandeur, de prévision et de contrôle d’un dimensionnement.

Introduction au béton armé


Destiné aux futurs professionnels de la construction inscrits en BTS, IUT, licence Jean-Louis Granju
pro et master ainsi qu’aux élèves ingénieurs et aux professionnels en formation
continue, ce nouveau manuel — strictement à jour des règlements techniques
(Eurocodes), complet et illustré de nombreux exemples — est centré sur les cas

Introduction
les plus souvent rencontrés dans des bâtiments courants.

Sommaire
• Le béton armé : son histoire et ses composants ; comment ça marche ?
• Prescriptions réglementaires et calculs de base
• Applications aux structures : poutres, planchers, poteaux, murs, fondations
superficielles
au béton armé
• Exemples de calcul
• Aides au calcul et ordres de grandeur
Théorie et applications courantes
Ingénieur en génie civil de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon,
Jean-Louis Granju a fait une carrière d’enseignant-chercheur à Toulouse dans des unités de selon l’Eurocode 2
recherche et d’enseignement de l’INSA et de l’université Paul Sabatier. Docteur-ingénieur,
puis docteur ès sciences et professeur, il a enseigné de longues années le béton armé au
département de Génie civil de l’IUT Midi-Pyrénées.
En tant que chercheur au laboratoire Matériaux et durabilité des constructions (LMDC)
et après une période d’étude de l’acquisition de la résistance des matériaux cimentaires,
il a ouvert et développé un pôle de recherche sur les bétons renforcés de fibres, et
notamment sur leurs applications en réparation. Sous le titre Béton armé, il a publié en
2011 un traité de 480 pages.

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Jean-Louis Granju

Introduction au béton armé


selon l’Eurocode 2

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ÉDITIONS EYROLLES AFNOR ÉDITIONS
61, bd Saint-Germain 11, rue Francis-de-Pressensé
75240 Paris Cedex 05 93571 La Plaine Saint-Denis Cedex
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Le programme des Eurocodes structuraux comprend les normes suivantes, chacune étant
en général constituée d’un certain nombre de parties :
EN 1990 Eurocode 0 : Bases de calcul des structures
EN 1991 Eurocode 1 : Actions sur les structures
EN 1992 Eurocode 2 : Calcul des structures en béton
EN 1993 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier
EN 1994 Eurocode 4 : Calcul des structures mixtes acier-béton
EN 1995 Eurocode 5 : Calcul des structures en bois
EN 1996 Eurocode 6 : Calcul des structures en maçonnerie
EN 1997 Eurocode 7 : Calcul géotechnique
EN 1998 Eurocode 8 : Calcul des structures pour leur résistance aux séismes
EN 1999 Eurocode 9 : Calcul des structures en aluminium
Les normes Eurocodes reconnaissent la responsabilité des autorités réglementaires dans
chaque État membre et ont sauvegardé le droit de celles-ci de déterminer, au niveau natio-
nal, des valeurs relatives aux questions réglementaires de sécurité, là où ces valeurs conti-
nuent à différer d’un État à un autre.

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement


le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre
Français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris.

© Afnor et Groupe Eyrolles, 2012


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Table des matières
Avant-propos.............................................................................................. 1

Remerciements.......................................................................................... 2

Partie A
Le béton armé :
de quoi s’agit-il et comment ça marche ?

SECTION A-I Le béton armé : de quoi s’agit-il ?....................................... 5

A-I.1 Les atouts du béton armé.............................................................................. 5


A-I.1.1 Pourquoi du béton ?...................................................................... 5
A-I.1.2 L’association gagnante béton-armatures......................................... 6

A-I.2 Historique............................................................................................................ 8
A-I.2.1 Avant l’invention du ciment.......................................................... 8
A-I.2.2 L’invention du ciment.................................................................... 8
A-I.2.3 Le béton armé et précontraint........................................................ 9
A-I.2.4 Évolution et derniers développements du béton............................. 10
A-I.2.5 Évolution des aciers....................................................................... 12

A-I.3 Propriétés et comportement des composants du béton armé.......... 14


A-I.3.1 Le béton........................................................................................ 14
A-I.3.2 Les aciers à béton........................................................................... 16

SECTION A-II Le béton armé : comment ça marche ?............................ 19

A-II.1 Adhérence, ancrages et recouvrements..................................................... 19


A-II.1.1 Adhérence...................................................................................... 19
A-II.1.2 Ancrages........................................................................................ 22
A-II.1.3 Recouvrements.............................................................................. 24

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IV | Introduction au béton armé selon l’Eurocode 2

A-II.2 Résistance aux effets du moment fléchissant.......................................... 25


A-II.2.1 Schématisation ............................................................................. 25
A-II.2.2 Poutres de béton et d’acier............................................................. 30

A-II.3 Comparaison béton armé-béton précontraint et réflexion


sur la résistance optimum des aciers............................................................. 39
A-II.3.1 Comparaison béton armé-béton précontraint................................ 39
A-II.3.2 Réflexion sur la résistance optimum des aciers............................... 43

A-II.4 Résistance aux effets de l’effort tranchant................................................ 43


A-II.4.1 Illustration des mécanismes mis en jeu........................................... 43
A-II.4.2 Poutres réelles................................................................................ 46
A-II.4.3 Schématisation du fonctionnement................................................ 50

A-II.5 Éléments continus............................................................................................ 52


A-II.5.1 Moment de continuité, réaction d’appui, déformée
et positionnement de l’armature dans un élément continu............. 53
A-II.5.2 Interaction entre travées voisines : cas de chargement
à considérer................................................................................... 53

Partie B
Bases réglementaires et calculs de base

SECTION B-I Préambule................................................................................. 57

B-I.1 Champ couvert par les applications envisagées..................................... 57


B-I.1.1 Bâtiments courants en conditions courantes : limites
du domaine................................................................................... 57
B-I.1.2 Type de calcul considéré................................................................ 58

B-I.2 Organisation de l’exposé................................................................................ 58

B-I.3 Conventions d’écriture ................................................................................... 58

SECTION B-II Bases réglementaires............................................................. 59

B-II.1 Présentation des Eurocodes et conventions............................................ 59


B-II.1.1 Les Eurocodes................................................................................ 59
B-II.1.2 Définitions et conventions............................................................. 61
B-II.1.3 Incertitude des calculs.................................................................... 64

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Table des matières | V

B-II.2 Coefficients pondérateurs faisant la marge de sécurité........................ 65


B-II.2.1 Coefficients partiels de sécurité matériaux...................................... 65
B-II.2.2 Pondération des actions ................................................................ 65

B-II.3 Le béton, les aciers et l’adhérence en chiffres......................................... 67


B-II.3.1 Béton [3.1] {C-II.1}....................................................................... 67
B-II.3.2 Aciers [3.2] {C-II.2}....................................................................... 70
B-II.3.3 Adhérence [8.3 à 8.9] {C-II.3}....................................................... 72

B-II.4 Classes d’exposition......................................................................................... 78

B-II.5 Disposition des aciers, enrobage et distance entre barres.................. 79


B-II.5.1 Disposition des aciers et hauteur utile d......................................... 79
B-II.5.2 Enrobage....................................................................................... 80
B-II.5.3 Distance entre barres ou paquets.................................................... 82
B-II.5.4 Dispositions constructives propres aux poutres continues.............. 82

B-II.6 Portée des éléments fléchis [5.3.2.2]......................................................... 83

SECTION B-III Calculs de base...................................................................... 85

B-III.1 Informations préliminaires............................................................................. 85


B-III.1.1 Géométrie, chargement, sollicitation............................................. 85
B-III.1.2 Notations...................................................................................... 86
B-III.1.3 À savoir......................................................................................... 86

B-III.2 Flexion : calcul à l’ELU sous actions courantes........................................ 86


B-III.2.1 Fondement du fonctionnement..................................................... 87
B-III.2.2 Prescriptions réglementaires de base............................................... 88
B-III.2.3 Équations d’équilibre et leur exploitation....................................... 90
B-III.2.4 Application aux calculs à l’ELU sous actions courantes,
sections rectangulaires ou assimilées............................................... 95
B-III.2.5 Valeurs limites et valeurs frontières................................................ 98

B-III.3 Vérifications à l’ELS........................................................................................... 100


B-III.3.1 Limitation des contraintes............................................................. 101
B-III.3.2 Limitations de sc........................................................................... 101
B-III.3.3 Limitations de ss........................................................................... 102
B-III.3.4 Limitation de l’ouverture de fissure................................................ 102
B-III.3.5 Limitation de la flèche [7.4]........................................................... 104

B-III.4 Résistance aux effets de l’effort tranchant................................................ 106


B-III.4.1 Introduction.................................................................................. 106
B-III.4.2 Principe de fonctionnement des aciers transversaux
et bases de leur calcul .................................................................... 106

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VI | Introduction au béton armé selon l’Eurocode 2

B-III.4.3 Démarche de calcul des aciers transversaux.................................... 109


B-III.4.4 Conditions d’appui........................................................................ 113

B-III.5 Arrêt des barres [9.2.1.3 à 9.2.1.5].............................................................. 115


B-III.5.1 Prescriptions d’Eurocode pour la prise en compte
de l’effort additionnel DFtd(x) dans l’armature tendue.................... 116
B-III.5.2 Épure d’arrêt des barres [9.2.1.3]................................................... 116

B-III.6 Chapeaux minimums [9.2.1.2]..................................................................... 120

B-III.7 Poutres en Té...................................................................................................... 121


B-III.7.1 Introduction.................................................................................. 121
B-III.7.2 Présentation des poutres en Té et données de base.......................... 122
B-III.7.3 Résistance aux effets du moment fléchissant................................... 125
B-III.7.4 Résistance aux effets de l’effort tranchant....................................... 127
B-III.7.5 Généralisation du recours à une poutre en Té................................. 130

B-III.8 Poutres avec aciers comprimés.................................................................... 131


B-III.8.1 Calcul des aciers transversaux ........................................................ 131
B-III.8.2 Calcul des aciers longitudinaux...................................................... 131
B-III.8.3 Disposition des aciers comprimés.................................................. 132
B-III.8.4 Épure d’arrêt des aciers comprimés................................................ 133

Partie C
Application aux structures

Données d’un projet et sollicitation


SECTION C-I

de calcul........................................................................... 137
C-I.1 Introduction........................................................................................................ 137

C-I.2 Poids propre G des matériaux et de quelques éléments..................... 138

C-I.3 Charges climatiques, classification des ouvrages,


charges variables et coefficients Ψ0, Ψ1, Ψ2............................................. 139
C-I.3.1 Charges climatiques....................................................................... 139
C-I.3.2 Classification des ouvrages, charges d’exploitation Q
et coefficients Ψ0, Ψ1, Ψ2.............................................................. 139

C-I.4 Analyse du projet.............................................................................................. 141


C-I.4.1 Incidence des caractéristiques du sol de fondation.......................... 141
C-I.4.2 Choix des éléments retenus comme porteurs.................................. 142
C-I.4.3 Choix des murs assurant le contreventement.................................. 142

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Table des matières | VII

C-I.4.4 Choix du sens de portée des planchers........................................... 143


C-I.4.5 Poutres de reprise et dalles transfert................................................ 143
C-I.4.6 Autres éléments à prendre en compte............................................. 143
C-I.4.7 Choix final des éléments porteurs et portés.................................... 144
C-I.4.8 Prédimensionnement..................................................................... 144

C-I.5 Descente des charges...................................................................................... 145


C-I.5.1 Généralités..................................................................................... 145
C-I.5.2 Répartition des charges sur les éléments porteurs........................... 146
C-I.5.3 Organisation d’une descente des charges........................................ 147
C-I.5.4 Exemples de descente des charges.................................................. 148

C-I.6 Sollicitation de calcul des poutres et dalles.............................................. 154


C-I.6.1 Effort tranchant............................................................................. 154
C-I.6.2 Moment fléchissant....................................................................... 154

SECTION C-II Continuité................................................................................ 157


C-II.1 Introduction........................................................................................................ 157

C-II.2 Construction des diagrammes enveloppes.............................................. 158

C-II.3 Rappels de RDM................................................................................................ 159


C-II.3.1 Cas général.................................................................................... 159
C-II.3.2 Cas d’un chargement uniforme p/m.............................................. 161
C-II.3.3 Comment éviter les erreurs ?.......................................................... 162
C-II.4 Passage des valeurs de M et V obtenues par référence à ,n
à celles obtenues par référence à ,eff........................................................................... 162

C-II.5 Redistribution..................................................................................................... 163


C-II.5.1 Cas général.................................................................................... 163
C-II.5.2 Redistribution limitée.................................................................... 164
C-II.6 Méthode de redistribution forfaitaire......................................................... 166
C-II.6.1 Domaine d’application.................................................................. 166
C-II.6.2 Démarche et formules de calcul .................................................... 166
C-II.6.3 Arrêt forfaitaire des armatures........................................................ 168

SECTION C-III Dalles pleines......................................................................... 171


C-III.1 Introduction........................................................................................................ 171

C-III.2 Données de base.............................................................................................. 171


C-III.2.1 Dimensions en plan et portées ...................................................... 171
C-III.2.2 Organisation du calcul................................................................... 172

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VIII | Introduction au béton armé selon l’Eurocode 2

C-III.2.3 Épaisseur h minimum.................................................................... 172


C-III.2.4 Aciers utilisés et leurs spécificités.................................................... 172

C-III.3 Résistance aux effets de l’effort tranchant................................................ 173


C-III.3.1 Cas où il n’y a pas besoin d’aciers transversaux............................... 173
C-III.3.2 Cas où les vérifications ci-dessus ne sont pas assurées..................... 174

C-III.4 Dalles portant dans une seule direction.................................................... 175


C-III.4.1 Calcul des sollicitations et arrêt des aciers...................................... 175
C-III.4.2 Calcul des aciers porteurs............................................................... 175
C-III.4.3 Aciers de répartition....................................................................... 178

C-III.5 Dalles portant dans les deux directions..................................................... 180


C-III.5.1 Organisation du calcul et aciers résistants....................................... 180
C-III.5.2 Règles de calcul.............................................................................. 180
C-III.5.3 Détermination des sollicitations Mx, My, Vx, Vy............................ 181

C-III.6 Poinçonnement [6.4]....................................................................................... 183

SECTION C-IV Poteaux..................................................................................... 185


C-IV.1 Introduction........................................................................................................ 185

C-IV.2 Données géométriques des poteaux [9.5.3]............................................ 185


C-IV.2.1 Longueur libre = , ........................................................................ 185
C-IV.2.2 Section béton et disposition des aciers longitudinaux..................... 186

C-IV.3 Prise en compte du flambement [5.8.3.1]................................................ 187


C-IV.3.1 Longueur de flambement............................................................... 187
C-IV.3.2 Élancement.................................................................................... 189

C-IV.4 Calcul des aciers longitudinaux.................................................................... 190


C-IV.4.1 Sections minimum et maximum d’acier [9.5.2]............................. 190
C-IV.4.2 Section mécaniquement nécessaire As,mec nec.................................. 190

C-IV.5 Dispositions spécifiques en pied et en tête ........................................... 192


C-IV.5.1 Organisation spécifique des aciers transversaux [9.5.3]................... 192
C-IV.5.2 Organisation et longueur des attentes............................................ 193

C-IV.6 Raccordement de poteaux de géométries différentes [9.5.3]............ 195

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Table des matières | IX

SECTION C-V Murs banchés, chaînages, linteaux..................................... 197


C-V.1 Avant-propos...................................................................................................... 197

C-V.2 Murs banchés..................................................................................................... 197


C-V.2.1 Caractéristiques géométriques........................................................ 197
C-V.2.2 Données du calcul de résistance..................................................... 198
C-V.2.3 Résistance à un effort tranchant..................................................... 199
C-V.2.4 Murs en compression réputée centrée............................................ 199

C-V.3 Chaînages [9.10] et autres renforts forfaitaires....................................... 201


C-V.3.1 Rôle des chaînages et leur positionnement..................................... 201
C-V.3.2 Section minimum des différents types de chaînage
telle que requise par Eurocode avec des aciers S500........................ 202
C-V.3.3 Formes que peuvent prendre ces chaînages..................................... 202
C-V.3.4 Recommandations professionnelles françaises et autres renforts
forfaitaires ..................................................................................... 203

C-V.4 Linteaux................................................................................................................ 204

SECTION C-VI Fondations superficielles...................................................... 205


C-VI.1 Introduction........................................................................................................ 205

C-VI.2 Notations et dispositions générales............................................................ 205


C-VI.2.1 Notations...................................................................................... 205
C-VI.2.2 Dispositions générales.................................................................... 206

C-VI.3 Calculs simplifiés............................................................................................... 210


C-VI.3.1 Données de base............................................................................ 210
C-VI.3.2 Fondations non armées.................................................................. 211
C-VI.3.3 Fondations armées......................................................................... 211
C-VI.4 Longrines............................................................................................................. 213

C-VI.5 Longrines de redressement........................................................................... 214


C-VI.5.1 Principe de fonctionnement........................................................... 214
C-VI.5.2 Cas des longrines réelles................................................................. 214
C-VI.5.3 Prescription complémentaire d’Eurocode [9.8.3]........................... 215
C-VI.5.4 Organisation pratique des calculs et disposition des aciers.............. 216

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X | Introduction au béton armé selon l’Eurocode 2

Partie D
Exemples de calcul
D.1 Poutres.................................................................................................................. 219
D.1.1 Données........................................................................................ 219
D.1.2 Enrobage à respecter...................................................................... 220
D.1.3 Convenance du prédimensionnement............................................ 220
D.1.4 Actions.......................................................................................... 220
D.1.5 Diagrammes enveloppes Mu et Vu par la règle
de redistribution forfaitaire ........................................................... 221
D.1.6 Résistance aux moments positifs et poutres en Té........................... 222
D.1.7 Résistance aux moments négatifs et aciers comprimés.................... 228
D.1.8 Arrêt des barres.............................................................................. 230
D.1.9 Calcul des aciers transversaux......................................................... 233
D.1.10 Conditions d’appui........................................................................ 236

D.2 Poteau en compression réputée centrée.................................................. 237


D.2.1 Données........................................................................................ 237
D.2.2 Estimation de d’............................................................................ 238
D.2.3 Calcul des aciers longitudinaux...................................................... 238
D.2.4 Attentes......................................................................................... 239
D.2.5 Aciers transversaux......................................................................... 241

D.3 Fondation sous un poteau en compression centrée............................. 242


D.3.1 Données........................................................................................ 242
D.3.2 Dimensions en plan a’ et b’............................................................ 242
D.3.3 Hauteur utile d et hauteur totale h................................................. 242
D.3.4 Aciers à mettre en place dans les deux directions............................ 243
D.3.5 Attentes......................................................................................... 244

Partie E
Aides au calcul et ordres de grandeur
E.1 Aides au calcul................................................................................................... 249
E.1.1 Données des matériaux et ancrages................................................ 249
E.1.2 Construction des diagrammes M et V............................................ 252
E.1.3 Diagrammes enveloppes et arrêt des aciers forfaitaires.................... 252
E.1.4 Calculs : tableaux, formules et valeurs limites................................. 252

E.2 Ordres de grandeur.......................................................................................... 255


E.2.1 Quelques repères............................................................................ 255
E.2.2 Calculs de RDM et arrêt des barres : valeurs approchées................ 257
E.2.3 Calcul béton armé des éléments fléchis.......................................... 258
E.2.4 Fondations..................................................................................... 260

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Avant-propos

« Si le résultat d’un calcul n’est pas conforme à ce que vous indique votre bon sens, recommencez
le calcul, c’est probablement lui qui est faux ».
Robert L’Hermite *

Cet ouvrage s’adresse à ceux qui découvrent le béton armé avec pour objectif d’en comprendre
le fonctionnement et de savoir traiter les cas simples conformément aux prescriptions de
l’Eurocode 2.

Objectifs
Procurer aux lecteurs une connaissance approfondie et durable des propriétés et des comporte-
ments fondamentaux du béton armé. Dans un souci pédagogique, l’exposé est adossé à des
exemples simples soutenus par de nombreuses illustrations de façon à rendre les explications
les plus concrètes possibles et laisser une trace durable dans la mémoire.
En s’appuyant sur ces acquis, exposer les prescriptions réglementaires des Eurocodes et les
démarches de calcul qui en découlent. Se concentrer sur l’essentiel en limitant le propos,
théorie et applications, à ce qu’il suffit de connaître pour les bâtiments courants en conditions
courantes. Ne rien céder du souci d’explication pour la meilleure compréhension des points
traités et compléter le tableau par des exemples de calcul.
Enfin, proposer des aides au calcul et des outils d’autocontrôle : des ordres de grandeur et
calculs estimatifs simples. Ces derniers participent également à forger le bon sens évoqué par
Robert L’Hermite.

Organisation de l’ouvrage
Il est découpé en cinq parties inégales (A, B, C, D et E), elles-mêmes découpées en sous-
parties qui seront désignées sections.

A Le béton armé : de quoi s’agit-il et comment ça marche ?


C’est la base du livre. Cette partie réunit tous les éléments nécessaires à la compréhension de
ce qu’est le béton armé : d’où il vient, son évolution et ses derniers développements, ses

* L’auteur rend hommage à Robert L’Hermite et à son livre Au pied du mur (édité en 1969 par Diffusion des tech-
niques du bâtiment et des travaux publics). Pionnier en la matière, il proposa une présentation simple et ludique des
fondements des règles de construction qui a fortement inspiré la présentation de la partie A de cet ouvrage.

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2 | Introduction au béton armé selon l’Eurocode 2

composants et enfin comment il fonctionne. Cela est exposé de façon imagée et autant que
possible sans recours aux équations.

B Bases réglementaires et calculs de base


Tout d’abord est précisé le périmètre de la limitation de cet ouvrage aux bâtiments courants
en conditions courantes.
Puis, après la présentation des principes fondateurs des Eurocodes et la codification réglemen-
taire des éléments servant de données au calcul, est exposée la démarche des calculs de base
réglementaires destinés à assurer la résistance aux divers effets du moment fléchissant et de
l’effort tranchant.

C Applications aux structures


Limitées aux cas de la flexion simple et de la compression centrée, elles couvrent un domaine
qui va des poutres  – rectangulaires, en Té, sans ou avec aciers comprimés, isolées ou conti-
nues – aux planchers, poteaux, murs et fondations superficielles.

D Exemples de calcul
Ils approfondissent la compréhension des calculs ci-dessus en les illustrant.

E Aides au calcul et ordres de grandeur


Les aides au calcul se présentent sous forme de tableaux et formules aidant le calculateur.
Le volet « ordres de grandeur » regroupe un lot des repères et des modes de calcul approché
suffisamment simples pour être utilisés de tête. Il constitue un socle d’outils estimatifs que
chacun étoffera à l’usage et à partir duquel il développera son propre bon sens du béton armé.

Ce livre fait suite à autre ouvrage plus détaillé du même auteur,  Béton armé : théorie et appli-
cations selon l’Eurocode 2, paru aux éditions Eyrolles. Le lecteur pourra y trouver les approfon-
dissements non présentés ici.

Remerciements
Je tiens à remercier Jean-Marie Paillé et André de Chefdebien, tous deux membres de la
commission de normalisation du calcul des ouvrages en béton Eurocode 2, pour leurs infor-
mations précieuses.
Mes remerciements vont également au département de Génie civil de l’IUT A de Toulouse
qui m’a autorisé à me référer à l’expérience acquise dans ses murs.
Je remercie enfin mes interlocuteurs aux éditions Eyrolles pour leur disponibilité et leur
efficacité.

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Partie A

Le béton armé : de quoi s’agit-il


et comment ça marche ?

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SECTION A-I

Le béton armé :
de quoi s’agit-il ?

A-I.1 Les atouts du béton armé


Le béton armé est l’association gagnante de béton et d’armatures, a priori métalliques. Il doit
son succès aux nombreux avantages du béton et au caractère gagnant de son association avec
les armatures. Le béton reprend les efforts de compression et les armatures ceux de traction.

A-I.1.1 Pourquoi du béton ?


Le béton est un matériau de construction remarquable. Près de 7 milliards de mètres cubes
sont mis en place chaque année dans le monde.
Ses qualités sont les suivantes :
• C’est un matériau « hydraulique » (car le ciment est un liant « hydraulique »), c’est-à-dire
qu’il durcit par une réaction avec l’eau. En conséquence il ne craint pas l’eau, il en a même
besoin.
Un minimum d’humidité doit être maintenu durant ses premiers jours de durcissement et,
à condition de ne pas le délaver, c’est sous l’eau qu’il durcit le mieux.
• Une fois durci, il est dur et solide comme de la pierre et même souvent plus.
• Il est moulable à température ambiante. Sa mise en place est donc simple et il s’adapte à
toutes les formes désirées, même les plus complexes.
De très grands volumes peuvent être mis en place par addition de quantités plus faibles et,
moyennant quelques précautions simples, l’ensemble obtenu se comporte de façon
monolithique.
• Il est peu perméable, imputrescible, peu dégradable et incombustible (bien que pouvant
être finalement détruit par un incendie il résiste longtemps avant d’être altéré).
• C’est un matériau lourd.
Pour la construction des avions c’est un défaut. Mais pour les constructions courantes c’est
souvent une qualité. Le poids s’avère notamment un atout pour résister au renversement.
Il est également un atout pour l’isolation acoustique.
• Son PH basique (PH ≥ 12) aide à la protection des armatures métalliques contre la
corrosion.

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6 | Le béton armé : de quoi s’agit-il et comment ça marche ?

• Dernier avantage et non des moindres : son prix relativement modique.


En 2011 en France, 1 m3 de béton courant (un C25/30) livré sur le chantier coûtait un
peu moins de 90 € hors taxes.
En contrepartie, il présente des défauts qui seraient rédhibitoires sans l’association
d’armatures.
• Il a une faible résistance en traction et est fragile.
La fragilité est dangereuse et il faut absolument s’en prémunir. Elle est cause de ruptures
brutales, comme du verre, sans signe avant-coureur.
• Dernier défaut dont il faut s’accommoder : le retrait.
Hors les cas de durcissement sous l’eau ou en milieu très humide, le béton a du retrait qui
est source de fissuration non désirée. On canalise le problème en créant des « joints de
retrait ».
Ses effets sont particulièrement visibles sur les éléments peu armés durcissant à l’air. C’est
notamment le cas des dallages. À défaut de joints, des fissures apparaissent et se déve-
loppent, espacées de 5 m environ. Un exemple très visible est aussi celui des murets sépa-
rateurs ou de protection le long des routes comme illustré sur la figure A-I.1.1.

x fissures
Environ 5 m entre deu

Figure A-I.1.1. Fissures de retrait, une tous les 5 m environ (exemple d’un muret séparateur d’autoroute).

A-I.1.2 L’association gagnante béton-armatures


Le béton armé pallie les défauts du béton par l’ajout d’armatures.
• Elles reprennent les efforts de traction que le béton est inapte à reprendre seul.
• Elles apportent aux éléments renforcés la ductilité qui manque au béton seul.
La ductilité est le contraire de la fragilité, elle est essentielle à la sécurité. Un élément
ductile plie, s’étire, se déforme et ne rompt que tardivement. Ses fortes déformations et
larges fissures qui précèdent sa rupture alertent les utilisateurs avant qu’il soit trop tard. De
plus, elles sont accompagnées d’une forte consommation d’énergie qui peut être salvatrice.
C’est notamment sur cette consommation d’énergie que s’appuie la résistance
antisismique.

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Le béton armé : de quoi s’agit-il ? | 7

Le béton armé est l’association gagnante du chêne et du roseau. Le chêne est le béton, dur et
difficilement altérable, il ne plie pas mais casse. Le roseau est l’armature, résistante et ductile,
elle « plie mais ne rompt pas », ou ne rompt qu’après une très grande déformation.
• Le mot « association » traduit la coopération entre béton et armature mais indique aussi la
nécessité d’un contact intime et d’une adhérence la plus parfaite possible entre eux deux.
• L’association est gagnante car il y a synergie : l’élément béton armé a des performances
bien supérieures à l’addition des performances de chacune de ses deux composantes (l’élé-
ment en béton seul d’une part, l’armature seule d’autre part).
Un exemple d’association gagnante est illustré par le cas d’une échelle, association des deux
composantes que sont, d’une part ses deux montants, d’autre part ses barreaux
(figure A-I.1.2).

Les montants seuls Les barreaux seuls Les deux associés de façon adéquate
ont peu d’efficacité. sont encore moins efficaces. en font une échelle, performante.

Figure A-I.1.2. Comparaison de l’échelle.

Pour que cette échelle soit efficace et sûre, il faut encore qu’elle réponde aux deux impératifs
illustrés sur la figure A-I.1.3.

a) Être correctement conçue.


Ci-dessus quelques exemples de conception laissant à désirer.

NON NON NON

b) Être correctement dimensionnée, c’est-à-dire correctement calculée.


Il faut notamment que montants d’une part et barreaux d’autre part soient suffisamment résistants pour le besoin à
couvrir, sans pour autant être surdimensionnés de façon à viser le meilleur rapport efficacité/prix.

Figure A-I.1.3. Comparaison de l’échelle : exigences complémentaires.

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8 | Le béton armé : de quoi s’agit-il et comment ça marche ?

A-I.2 Historique
L’idée d’associer des armatures à un matériau naturellement insuffisamment résistant en trac-
tion est très ancienne. Par exemple, quelques-uns des premiers tronçons de la muraille de
Chine, datant de l’époque Han (vers 200 ap. J.-C.) ont été construits en terre renforcée par
des branchages disposés en couches horizontales. Ces armatures ont permis de construire des
murs relativement minces aux parements verticaux qui subsistent encore. Le pisé, terre addi-
tionnée de paille pour en renforcer la cohésion, est un autre exemple.
Le béton, un mélange de cailloux agglomérés par un liant, est aussi une idée très ancienne.
Mais c’est l’invention du ciment qui lui a donné l’essor qu’on connaît aujourd’hui.

A-I.2.1 Avant l’invention du ciment


Jusqu’au début du xixe siècle, les liants disponibles étaient pour l’essentiel : la terre, peu
performante mécaniquement mais gratuite, les diverses chaux naturelles, plus performantes
et plus chères (mais encore beaucoup moins performantes que le ciment, voir le tableau
A-I.2.1).
Les premières traces de fabrication organisée de chaux remontent à 10 000 ans av. J.-C. Il en
existe deux types : les chaux « aériennes » et les chaux « hydrauliques ». Toutes deux sont issues
de la calcination entre 800 °C et 1 000 °C d’une roche calcaire, la « pierre à chaux ». Seule la
chaux hydraulique a la capacité de durcir en présence d’eau et ensuite de résister au délavage
par l’eau, c’est aussi celle qui procure la plus grande résistance. C’était donc le liant des
ouvrages qu’on voulait durables.
Seules quelques carrières de « pierre à chaux » produisaient de la chaux hydraulique. Mais
jusqu’en 1817, les critères de choix de la carrière pour obtenir une chaux de type hydraulique
restèrent inconnus.
À défaut de fabriquer suffisamment de chaux hydraulique, un mélange de chaux aérienne ou
peu hydraulique avec de la terre cuite finement broyée ou de la pouzzolane (cendre volca-
nique siliceuse, souvent de couleur rouge), broyée ou naturellement fine, ont montré une
capacité à durcir sous l’eau, comme une chaux hydraulique mais encore plus lentement. Le
fameux « ciment des Romains » était de ce type. La technique fut perdue et réinventée au
Moyen Âge. Le mortier des cathédrales en témoigne.
Le matériau durcissant très lentement, du béton qu’on coule dans les coffrages tel qu’on le
connaît aujourd’hui n’était pas envisageable, car il aurait fallu attendre plusieurs mois avant
de décoffrer. Ce qui tenait lieu de béton était plutôt un mélange de gros cailloux noyés dans
du mortier. La technique fut largement utilisée dans tous les cas où il n’y avait pas de coffrage
à récupérer. Ce fut le cas des fondations, coffrées par la terre environnante. Ce fut également
le cas du remplissage, à vocation structurelle ou non selon les besoins, du volume entre deux
parements en pierre ou brique.

A-I.2.2 L’invention du ciment


En 1756, John Smeaton entrevit que le caractère hydraulique des chaux venait des « impu-
retés » argileuses de la pierre à chaux utilisée.

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Le béton armé : de quoi s’agit-il ? | 9

En 1817, Louis Vicat, poursuivant une démarche scientifique débutée en 1812, découvrit et


énonça les critères d’obtention d’une chaux hydraulique : le matériau source doit contenir
80 % de calcaire et 20 % d’argile. Sa démarche scientifique ne s’arrêta pas à ce résultat. Il jeta
les bases de la chimie des liants hydrauliques. Ensuite, les avancées furent rapides.
Il inventa la « chaux hydraulique artificielle », ainsi désignée car les qualités nécessaires du
matériau source n’étaient plus obtenues par cuisson d’une « pierre à chaux », mais par recons-
titution artificielle (par la main de l’homme) puis cuisson d’un mélange adéquat des compo-
sants nécessaires.
Par une cuisson à température plus élevée, il obtint un produit qui, après broyage, fournissait
un liant au durcissement beaucoup plus rapide et capable de meilleures résistances. C’était le
précurseur du ciment.
Sur ces bases, en 1824, l’Écossais John Aspdin, un entrepreneur en construction, développa
un nouveau liant qu’il dénomma « ciment Portland artificiel » pour la ressemblance du
produit obtenu avec la roche grise extraite de la presqu’île de Portland, au sud de l’Angleterre.
Il s’agissait du mélange préconisé par Vicat, 80 % de calcaire et 20 % d’argile, cuit en revanche
à plus haute température que la chaux : jusqu’à début de fusion à 1 450°C, puis broyé après
refroidissement.
Nota
Le mot « ciment » vient du mot anglais cement qui signifie « liant ». Donc J. Aspdin inventa non
seulement le ciment, mais aussi son nom.

C’est le même type de ciment qui est encore utilisé de nos jours, avec cependant un affinage
de sa composition et de sa fabrication. Jusqu’en 2001, il était désigné par les initiales CPA (pour
ciment Portland artificiel). La désignation actuelle est CEM I (CEM pour le mot anglais
cement et I pour préciser qu’il s’agit d’un ciment Portland).
Le ciment a apporté un progrès considérable par rapport aux chaux hydrauliques, comme
l’illustre le tableau A-I.2.1 qui compare les résistances escomptables après différents temps de
durcissement. À 2 ou 7 jours, la résistance atteinte par le ciment est vingt fois plus grande
qu’avec une bonne chaux hydraulique. La résistance finale est dix fois plus grande.

Tableau A-I.2.1. Comparaison des résistances (en compression mesurées sur mortier normalisé)
à différentes échéances d’une chaux hydraulique de qualité et de deux ciments Portland.

Plusieurs
Résistance en compression À 2 jours À 7 jours À 28 jours À 3 mois
années

Chaux hydraulique ≈ 0,5 MPa ≈ 1 MPa 2 à 3 MPa 3 à 5 MPa 5 à 10 MPa


Ciment Portland pour utilisation
≈ 10 MPa ≈ 25 MPa ≈ 35 MPa ≈ 40 MPa ≈ 40 MPa
en maçonnerie

Ciment Portland pour utilisation


≈ 18 MPa ≈ 40 MPa ≈ 55 MPa ≈ 60 MPa ≈ 60 MPa
en structure

A-I.2.3 Le béton armé et précontraint


L’apparition du ciment apporta aux constructeurs un béton semblable à celui d’aujourd’hui
– basé sur un mélange de ciment, sable, gravier et eau – qui se met en place par coulage,
durcit assez vite pour être démoulé au bout de quelques jours et atteint des résistances le
classant au rang des meilleurs matériaux minéraux utilisables en structure.

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10 | Le béton armé : de quoi s’agit-il et comment ça marche ?

En 1848-1849, deux Français, Joseph-Louis Lambot et Joseph Monier, déposèrent des brevets


pour des fabrications en « ciment armé », en fait un mortier armé. Il s’agissait dans les deux
cas de caisses à fleurs et diverses décorations de jardin. Très vite, le premier se spécialisa dans
la fabrication de bateaux en ciment armé et le second se tourna vers la construction de génie
civil. En 1873, J. Monier déposa un brevet pour la construction de ponts dont il subsiste un
exemplaire : le pont de Chazelet, 13,80 m de portée pour 4,25 m de large, construit en 1875.
Dès 1850, François Coignet fabriqua des poutres armées et, en 1861, il inventa la préfabrica-
tion à laquelle son nom resta longtemps attaché.
En 1879, François Hennebique substitua le béton armé (du type de celui qu’on connaît
aujourd’hui) au ciment armé (qui n’était qu’un mortier armé).
En 1889, les ingénieurs Jean Bordenave, Paul Cottancin, François Coignet et
François Hennebique formulaient les moyens de calculer et mettre en œuvre du béton armé.
En 1892, Hennebique mit en évidence le rôle et la nécessité des armatures transversales.
En 1902, Charles Rabut énonça les lois de déformation du béton armé. Celles-là mêmes qui,
à quelques adaptations près, prévalent encore aujourd’hui pour les calculs à l’état limite de
service (ELS). Il édicta les premières règles de calcul et « apporta de grands perfectionnements
dans la construction des ponts ».
Le 20 octobre 1906 parut la première circulaire réglementant en France le calcul du béton
armé.
En 1917, Eugène Freyssinet utilisa pour la première fois la vibration pour la mise en place du
béton.
En 1928, il inventa la précontrainte. L’entreprise qu’il créa s’est depuis transformée en un
groupe qui fait encore partie aujourd’hui des leaders du secteur.
Il faut également citer Albert Caquot et Robert L’Hermite, dont l’expertise marqua profon-
dément l’évolution de la discipline.
Dès 1928, toutes les techniques utilisées aujourd’hui étaient inventées.
À partir de 1945, l’usage du béton armé se généralisa, et devint même intensif, pour la recons-
truction d’après-guerre.
Le développement du béton armé fut soutenu par un nouveau règlement édicté en 1945, le
CCBA 45, qui, avec deux toilettages en 1960 et en 1968, resta en vigueur jusque dans les
années 1980. En 1981 entra en application un règlement d’un nouveau type, BAEL (béton
armé aux états limites), s’appuyant sur la notion d’états limites et un traitement semi-proba-
biliste de la sécurité. Il fut légèrement remanié en 1991 et 1999 avant d’être très progressive-
ment remplacé à partir de 2010 par l’Eurocode 2. Dans le groupe réglementaire plus vaste des
Eurocodes, c’est celui qui traite du béton armé et précontraint.

A-I.2.4 Évolution et derniers développements du béton


Contrairement à un sentiment largement répandu, le béton n’est plus un simple mélange de
granulats, ciment et eau. À partir des années 1980 il est devenu un produit très élaboré et
même, dans les derniers développements, un matériau de pointe.
On en trouve le reflet dans l’évolution de la résistance admise réglementairement en France.
Depuis 1945 elle était restée limitée à fck ≤ 40 MPa (pour fck voir § B-II.1.2.2.1). En 1991 la
plage fut étendue jusqu’à fck = 60 MPa, puis en 1999 jusqu’à 80 MPa. Enfin, l’Eurocode 2
codifie maintenant le cas de bétons jusqu’à fck = 100 MPa.

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Le béton armé : de quoi s’agit-il ? | 11

A-I.2.4.1 Les nouveaux bétons développés à partir des années 1980


Les nouveaux bétons ont tous vu le jour entre 1981 et 1998. Chronologiquement, ce sont :
• les bétons à hautes performances (BHP) (50 MPa ≤ fck ≤ 80 MPa) ;
• les bétons à très hautes performances (BTHP) (80 MPa ≤ fck ≤ 100 MPa) ;
• d’autres produits encore plus techniques, comme les bétons fibrés ultra-performants
(BFUP) (150 MPa ≤ fck ≤ 800 MPa) ;
• enfin, les bétons autoplaçants (BAP) et autonivelants (BAN). Ils sont de résistance
courante, mais se mettent en place sans vibration.
Ces développements ont été rendus possibles grâce, conjointement, aux avancées suivantes.
• Le développement d’adjuvants à l’efficacité accrue :
–– des réducteurs d’eau, fluidifiants et défloculants permettant de malaxer sans
grumeaux et de mettre en place par simple coulage des mélanges qui, sans cela,
auraient une consistance de terre humide ;
–– des agents de texture participant à prévenir la ségrégation des mélanges très liquides
que sont les BAP et BAN.
• L’utilisation généralisée de « fillers » : ce sont des granulats dont la finesse est voisine de
celle du ciment. Ils remplissent (to fill en anglais) une part des espaces laissés vides dans le
squelette granulaire du béton.
• L’utilisation (à l’origine des BHP) de granulats ultra-fins, dix à cent fois plus fins que le
ciment (souvent de la « fumée de silice », résidu de la métallurgie du silicium), qui ne
peuvent être mélangés sans l’aide de défloculants et fluidifiants puissants.
• Une maîtrise améliorée de la composition des bétons qui a permis, avec l’aide des nouveaux
adjuvants :
–– d’élaborer des mélanges plus compacts qui donneront des bétons plus résistants ;
–– en ajoutant des granulats ultra-fins, d’élaborer des mélanges encore plus compacts,
voire ultra-compacts, qui donnent des bétons très résistants ou ultra-résistants ;
–– d’élaborer des mélanges BAP ou BAN, avec des règles de composition spécifiques
qu’il fallut inventer, très liquides et cependant sans ségrégation.
L’un des principes de la composition des bétons est de remplir les espaces entre les gros granu-
lats par des granulats de plus en plus petits pour, généralement, finir par des grains de ciment
et de filler. L’utilisation de granulats ultra-fins permet un remplissage encore plus poussé. Les
espaces résiduels sont remplis par l’eau de gâchage.
En l’absence d’adjuvant : d’une part, les grains les plus fins s’agglomèrent en grumeaux qui se
comportent comme des granulats plus gros et qui n’assurent plus le rôle de remplissage
escompté des espaces fins ; d’autre part, le frottement des grains les uns sur les autres limite la
maniabilité du mélange et oblige à mettre plus d’eau que souhaité uniquement pour lubrifier
ces contacts. Tout excès d’eau est autant de perdu sur la compacité du mélange et sur les
performances du matériau durci.
Les adjuvants défloculants empêchent l’agglomération des grains fins et leur rend leur rôle de
remplissage des espaces les plus fins. Les adjuvants réducteurs d’eau et fluidifiants réduisent
(pour les meilleurs presque à zéro) les frottements entre grains et réduisent d’autant la quan-
tité d’eau en excès nécessaire.
La réduction de la quantité d’eau en excès par les moyens ci-dessus se traduit par une augmen-
tation de la résistance du produit durci. Si celle-ci n’est pas recherchée, il est alors économique
de remplacer une partie du ciment par un filler.

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12 | Le béton armé : de quoi s’agit-il et comment ça marche ?

A-I.2.4.2 Aujourd’hui
Les BHP sont devenus d’usage courant en ouvrages d’art et dans les immeubles de grande
hauteur.
La fabrication des BTHP et BFUP s’est affinée. Ils sont notamment d’un usage plus aisé, mais
restent limités à des applications « de niches ».
Enfin, le développement des BAP et BAN est freiné par une difficulté à maîtriser leur retrait.
Une fois ce point réglé, ils seront promis à un très grand succès. La suppression de la vibration
est en effet une attente de la majorité des acteurs de la construction. De plus, les BAP four-
nissent une qualité de parement et d’enrobage des aciers difficilement égalable.

A-I.2.5 Évolution des aciers


Très vite, il apparut que les armatures de section circulaire ou s’en rapprochant sont les plus
appropriées. Les autres géométries, comme l’illustre la figure A-I.2.1, génèrent un effet d’obs-
tacle important à la mise en place du béton et favorisent des défauts d’enrobage rédhibitoires.

Les barres de section circulaire ou apparentée présentent la meilleure qualité d’enrobage,


quelle que soit leur orientation.

Figure A-I.2.1. Défauts d’enrobage à craindre (d’où adhérence réduite et risque de corrosion accru)
selon la géométrie des barres et leur orientation.

Les premiers aciers furent des aciers doux, de limite d’élasticité alors voisine de 160 MPa.
Aujourd’hui les aciers de béton armé les plus courants affichent une limite d’élasticité garantie
de 500 MPa.
Leur géométrie de surface, dont dépend l’adhérence, a également évolué (voir figure A-I.2.2).
Au début il y eut de simples barres rondes brutes de laminage. On comptait sur leurs irrégu-
larités de surface pour assurer une adhérence minimum.
Puis rapidement, des formes assurant une meilleure adhérence ont été développées.
• Ce furent d’abord l’acier Ransome aux États-Unis puis l’acier Caron en Europe, de section
carrée et torsadé. Ils ne pouvaient glisser dans leur gaine de béton qu’en se détorsadant.

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Cela engendrait une vraie résistance au glissement, mais générait en contrepartie des efforts
importants d’éclatement du béton d’enrobage.
• Ensuite apparut l’acier Tor. Il s’agissait de barres rondes munies de deux nervures longitudi-
nales et, comme l’acier Caron, torsadées. Excepté les plus petits diamètres, elles bénéficiaient
en plus de « verrous » façonnés au laminage avec une inclinaison différente de celle des
nervures. Ils s’opposaient au dévissage et, par là, limitaient le risque d’éclatement du béton.
Tor fut le premier acier « haute adhérence » (HA) et il fit référence jusqu’à la fin des
années 1970. Sa limite d’élasticité garantie atteignait alors 400 MPa. Pour les aciers Ransome,
Caron et Tor, l’opération de torsadage, faite à froid après le laminage, engendrait un écrouis-
sage qui faisait gagner 10 à 20 % sur la limite d’élasticité garantie en traction. L’opération
était donc gagnante sur deux tableaux : meilleure adhérence et meilleure résistance.
• Enfin, au début des années 1980, lorsque la métallurgie a fourni à prix compétitif, puis
ensuite meilleur marché, des aciers non torsadés de limite d’élasticité garantie égale ou
supérieure à celle des aciers Tor, ceux-ci furent abandonnés au profit d’aciers crénelés. Ils
sont bruts de laminage et leurs verrous inclinés en sens opposé sur les deux faces opposées
de la barre annihilent toute tendance au dévissage. De nombreuses géométries de verrous
et nervures ont vu le jour, dont beaucoup ont depuis disparu.
• Aujourd’hui, tous les aciers HA ont une géométrie comparable à celle de l’acier crénelé de
la figure A-I.2.2. Les plus courants ont une limite d’élasticité garantie de 500 MPa.
Pour renforcer les éléments surfaciques, comme les dalles de plancher, les treillis soudés (TS)
(voir figure A-I.2.3) sont apparus dans les années 1950. D’abord exclusivement en rouleaux
et constitués de fils lisses, ils sont maintenant essentiellement en panneaux et formés de fils
haute adhérence.

Rond lisse Acier Caron

Acier Tor Acier crénelé

Figure A-I.2.2. Barres « lisses » et évolution des barres « haute adhérence ».

Figure A-I.2.3. Treillis soudé (essentiellement en panneaux de 2,4 × 6 m2).

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A-I.3 Propriétés et comportement des composants


du béton armé
Le béton armé a deux composants, le béton et l’acier, mais trois composantes. Il faut en effet
y ajouter l’adhérence, complément indispensable. Son fonctionnement est présenté dans la
section suivante : « Comment ça marche ? ».

A-I.3.1 Le béton
Notations
Les grandeurs relatives au béton sont repérées par l’indice c (comme concrete en anglais).
Les contraintes et déformations normales (compression ou traction) sont symbolisées par les
lettres grecques s et e assorties d’abord de l’indice c pour préciser qu’il s’agit de béton, puis
précisées par d’éventuels indices complémentaires.
Parmi eux :
–– l’indice t signale une traction ;
–– l’indice c, qui signalerait une compression, est en revanche sous-entendu et omis ; il n’y a
qu’une exception à cette règle : l’aire Acc de la zone de béton comprimé dans une section
droite d’un élément fléchi.
Les modules d’élasticité ou de déformation son notés E et précisés par les indices utiles.
Les résistances sont toutes symbolisées par la lettre f, complétée par les indices nécessaires.
Ces résistances sont prises pour base dans les calculs et reflètent au mieux, avec divers degrés de
sécurité selon le calcul, la résistance à escompter in situ (voir tableau B-II.3.1).

A-I.3.1.1 Comportement mécanique


La courbe déformation-contrainte de la figure A-I.3.1 en fait la synthèse. Pour sa codification
réglementaire, voir § B-II.3.1.2.
Le béton résiste bien en compression, avec une capacité de déformation conséquente pouvant
atteindre 4 ‰ en flexion.
Par contre, sa résistance en traction fct est très faible (environ dix fois plus faible qu’en
compression) et associée à une capacité de déformation ect extrêmement limitée, de l’ordre de
0,1 ‰. Sa rupture en traction est brutale et sans signe avant-coureur : elle est fragile.
c
(MPa)
50
fc
40
c
Compression

Compression simple Flexion simple


=E

30
nte

Mesure de c
Pe

20
0,4fc
10

Traction
1 2 3 3,5 c (‰)

Figure A-I.3.1. Comportement du béton en compression, en traction et en flexion


(exemple du béton des poutres étudiées au § A-II.2.2)

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Noter que la déformation ultime du béton comprimé en flexion est supérieure à celle observée
en compression simple.
En effet, en flexion la fibre la plus extérieure, la plus sollicitée, est retenue par la fibre
immédiatement plus à l’intérieur, moins sollicitée, qui elle-même est retenue par la fibre
immédiatement plus à l’intérieur, encore moins sollicitée et ainsi de suite. Ce système
« d’entraide » permet à la fibre extérieure de supporter une déformation ultime significati-
vement plus élevée qu’en compression simple, accompagnée par une légère augmentation
de la résistance (courbe en gris sur la figure A-I.3.1). Au contraire, en compression simple,
les fibres sont toutes sollicitées de façon identique. Elles atteignent donc toutes en même
temps leur capacité limite, sans possibilité d’entraide par des fibres moins sollicitées.
Enfin, le béton n’est pas un matériau « élastique ». Excepté le très étroit domaine de traction,
sa courbe déformation-contrainte n’est jamais linéaire. En compression, on lui attribue
cependant un « module d’élasticité » Ec qui devrait plus exactement être appelé « module de
déformation longitudinale ». Eurocode prescrit de prendre pour référence le module sécant à
la contrainte 0,4 fc. Celui-ci augmente avec la qualité du béton, mais beaucoup plus lente-
ment que fc. Lorsque fc augmente de 30 à 100 MPa, Ec n’augmente que de 35 à 55 GPa.

A-I.3.1.2 Évolution dans le temps


A-I.3.1.2.1 Résistance fc et module de déformation Ec
Le béton est un matériau « durcissant ».
• Sa résistance augmente avec l’âge comme illustré sur la figure A-I.3.2 : elle augmente très
vite au début et est considérée comme stabilisée au-delà du troisième mois.
• Comme déjà vu, le module de déformation Ec n’augmente que peu.

A-I.3.1.2.2 Fluage
Sous charge maintenue, la déformation du béton augmente avec le temps de façon régulière-
ment décélérée : c’est le fluage. Il atteint 80 à 90 % de son développement dès cinq ans de
charge maintenue, mais dix à quinze ans sont nécessaires pour son développement complet.
La déformation totale alors atteinte est de l’ordre du triple de la déformation initiale.

A-I.3.1.2.3 Retrait
Voir § A-I.1.1.
Le retrait est un raccourcissement spontané en grande partie consécutif à l’évaporation d’une
partie de l’eau que contient le béton. En France, son amplitude atteint couramment ecs =
0,3 ‰ (l’indice s désigne ici le retrait : shrinkage en anglais). C’est trois fois plus que la défor-
mation admissible du béton en traction, d’où le fort risque de fissuration.
Sur les éléments peu armés et présentant une grande surface d’évaporation (il s’agit notam-
ment des dallages), le retrait peut être particulièrement dévastateur si on laisse libre cours à
l’évaporation durant les premiers jours. Aussi il est de bonne pratique de faire une « cure »
dont l’efficacité est maintenue au moins durant les 7 premiers jours.
La « cure » consiste à prévenir l’évaporation :
• soit en maintenant la surface du béton humide en la couvrant par des serpillières mouillées
ou/et en arrosant ;
• soit en pulvérisant un « produit de cure » formant un film étanche en surface qui empêche
l’évaporation ; lorsqu’aucun revêtement adhérent n’est prévu, cette seconde solution est la

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plus pratique et la plus efficace, à condition que le film ait été pulvérisé en quantité et avec
le soin nécessaires.

fc εcs
(MPa) (‰)
50 0,3

40
0,2 Évaporation empêchée
30 ou limitée durant les
7 premiers jours par une
20 cure appropriée, puis
0,1 évaporation libre
10

2j 14 j 1 an √ Âge 2j 14 j 1 an √ Âge
7j 28 j 3 mois
7j 28 j 3 mois

a) Évolution de la résistance en compression b) Évolution du retrait « libre »

Figure A-I.3.2. Évolution avec l’âge de la résistance et du retrait « libre » (pas de liaison mécanique s’y opposant).

A-I.3.2 Les aciers à béton


Notations
Les grandeurs relatives aux aciers sont repérées par l’indice s (comme steel en anglais).
L’indice y (yield en anglais, qui signifie « céder ») réfère à la limite d’élasticité. L’indice k réfère
à la valeur caractéristique (voir § B-II.1.2.2) qui est celle prise pour référence dans les calculs.
Ainsi, la limite d’élasticité caractéristique est désignée fyk. L’indice y ne se rapportant qu’aux
aciers, l’indice s est ici omis.

La limite d’élasticité fyk des aciers est garantie par le fabricant. Les aciers à béton de référence
sont de type HA avec fyk = 500 MPa et sont désignés S500.

A-I.3.2.1 Leur comportement mécanique


Sa codification réglementaire est proposée au § B-II.3.2.2.
Contrairement au béton, l’acier a un comportement linéaire élastique sur une très large part
de son domaine de fonctionnement. Il a par ailleurs un comportement symétrique (il a, théo-
riquement, la même courbe déformation-contrainte en traction et en compression). Ses tests
de caractérisation sont menés en traction.
Le comportement mécanique des aciers à béton S500 est illustré sur la figure A-I.3.3. On y
voit :
• la courbe déformation-contrainte avec la désignation des différentes phases de fonctionne-
ment et de quelques valeurs repères ;
• l’évolution, (commentée plus bas), de l’apparence d’une barre au fur et à mesure de son
allongement.

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|σs|
(MPa) |s|
(MPa)
600
Phase d’écrouissage 600
500 puis rupture 500
Stric
Striction
400 Palier de plasticité 400
300 Limite d’élasticité fy 300
Pente = Es

200 200
Phase de comportement
5
5 
100 élastique 100

5 10 15 20 25 30 100 à 150 |εs| (‰) 5 10 15 20 25 30 100 à 150 |s| (‰)

Allure générale de la courbe déformation-contrainte, phases Allongement de la barre et striction.


de fonctionnement et valeurs repères.

Figure A-I.3.3. Comportement en traction des aciers à béton de référence : HA S500.


(Mesure de l’allongement sur une longueur initiale = 5f encadrant la striction)

Au long d’un essai de traction on observe successivement les phases suivantes.


• Phase de comportement élastique
Comportement élastique signifie que, si on relâche la charge jusqu’à zéro, la déformation
revient à zéro. Cette phase est caractérisée par un module d’élasticité (le qualificatif « d’élas-
ticité » est ici totalement justifié) Es ≈ 205 GPa que le règlement arrondit à la valeur
unique Es = 200 GPa. Elle se termine avec la limite d’élasticité fy dont l’allongement
correspondant est ey ≈ 2,5 à 3 ‰. Au long de cette phase, aucune modification d’aspect
n’est décelable sur la barre testée.
• Le palier de plasticité
C’est une caractéristique des aciers doux, mi-durs et durs. Ce palier est d’autant plus long
que l’acier est plus doux. Les aciers S500, font partie des aciers durs, leur palier de plasti-
cité s’étend jusqu’à es ≈ 8 à 15 ‰. L’allongement significatif durant cette phase provoque
l’écaillage de la couche de calamine qui recouvre la barre, mais il n’y a pas encore de modi-
fication visible de sa géométrie.
• Phase d’écrouissage
Elle est caractérisée par une légère augmentation de la résistance alors que la déformation
augmente de plus en plus fortement. C’est dans cette phase qu’apparaît un rétrécissement
localisé de la section de la barre, la striction, qui va ensuite s’accentuer et localiser la
rupture. Avec ces aciers S500 la rupture survient à es ≈ 100 à 150 ‰.

A-I.3.2.2 Comparaison avec les aciers ronds lisses et les aciers de précontrainte
Elle est présentée sur la figure A-I.3.4. On note les différences d’échelle entre ces trois types
d’aciers, en termes de résistance d’une part et de déformation ultime d’autre part.

Aciers ronds lisses


Ils sont peu performants, fyk = 240 MPa, et peuvent être classés parmi les aciers doux.
Ils sont très ductiles et acceptent sans dommage d’être pliés et dépliés sans précaution.
Leur usage est aujourd’hui réservé aux crochets de manutention (susceptibles d’être pliés et
dépliés sans ménagement) et aux aciers de construction (non pris en compte dans les calculs).

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Aciers de précontrainte
Ce sont des aciers extra-durs, fyk ≈ 1 200 à 1 800 MPa. On note la disparition du palier de
plasticité et un allongement ultime limité : es ultime ≈ 50 ‰.

|s|
(MPa)
1 800
Acier pour précontrainte
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600 Acier haute adhérence
400 Acier rond lisse
200

50 100 150 200 250 300 |es| (‰)

Figure A-I.3.4. Comparaison entre aciers rond lisse, HA et de précontrainte.

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SECTION A-II

Le béton armé :
comment ça marche ?

Sont traités ici les modes fondamentaux de fonctionnement du béton armé :


• l’adhérence béton-armature, composante essentielle du fonctionnement du béton armé ;
• la résistance aux effets d’un moment fléchissant ;
• la résistance aux effets d’un effort tranchant.
Les résistances aux effets du moment fléchissant et de l’effort tranchant des éléments en béton
armé relèvent de mécanismes différents et se traduisent par deux réponses différentes en
termes de disposition et calcul des armatures. Ces deux volets sont donc traités séparément.
L’exposé, simple et imagé, s’appuie sur l’exemple de poutres sollicitées en flexion. Les prin-
cipes mis au jour sont généraux et s’appliquent, ou sont facilement transposables, à tous les
types de structures.

A-II.1 Adhérence, ancrages et recouvrements


L’application conformément à l’Eurocode 2 est présentée au § B-II.3.3
Notations
Ce qui est relatif à l’adhérence est repéré par l’indice b (comme bond en anglais).
La contrainte d’adhérence maximum envisageable (assimilée à une résistance) est notée fb.

A-II.1.1 Adhérence
Elle est essentielle au fonctionnement du béton armé.
Une adhérence de qualité est obtenue par l’usage d’armatures à haute adhérence (HA) et par
une mise en place soignée du béton assurant un contact intime et continu avec l’armature.
Une résistance suffisante du béton est également requise.
Le contact intime assure en plus la protection des armatures contre la corrosion, ceci de deux
façons :
• d’une part, en empêchant ou en retardant l’arrivée puis l’accumulation d’agents agressifs
au contact des barres ;
• d’autre part, par effet chimique, le PH basique du béton étant protecteur.

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Attention : dès que dans certaines zones le contact n’est plus intime, il se produit un effet
de pile entre les zones de qualités de contact différentes, plus ou moins intimes, qui
déclenche une corrosion outrepassant la protection chimique.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, un léger voile de rouille adhérent recouvrant la
surface des aciers est favorable :
• d’une part, il prouve que d’éventuels résidus huileux issus du laminage ont été éliminés ;
• d’autre part, en se liant chimiquement avec le béton d’enrobage, il neutralise cette corro-
sion naissante et développe une adhérence encore plus forte et plus intime.

La figure A-II.1.1 montre une barre bien


enrobée. Cela est obtenu par un béton bien
formulé et vibré comme il convient, suffisam-
ment mais pas trop.

Figure A-II.1.1. Bon enrobage : un contact intime


béton-armature en tout point.

Deux situations sont à éviter :


• Béton trop raide ou insuffisamment vibré : il
est caverneux et, comme montré sur la
figure A-II.1.2, il subsiste au contact des
armatures des espaces importants non remplis
de béton. Ceux-ci diminuent d’autant l’aire
de contact armature-béton et, par suite, les
efforts d’adhérence mobilisables.
Par ailleurs, ces espaces sont désastreux au
regard de la corrosion des armatures. Ils se
comportent comme des pièges à eau, et Figure A-II.1.2. Mauvais enrobage dû à un béton
permettent une circulation aisée des agents trop sec ou insuffisamment vibré : le béton
est caverneux avec de nombreux manques
agressifs au contact de l’armature ainsi que au contact avec les armatures.
l’instauration d’effets de pile outrepassant la
protection chimique.

• Béton trop vibré ou formulé avec trop d’eau.


Comme illustré sur la figure A-II.1.3, il se
produit une ségrégation qui crée, en dessous
des barres, un espace en forme de demi-lune
rempli d’eau, donc sans béton. Ce défaut de
contact a les mêmes conséquences vis-à-vis de
l’adhérence et de la corrosion que le cas
précédent.
Figure A-II.1.3. Mauvais enrobage dû à un béton
trop mouillé ou trop vibré : un espace
initialement rempli d’eau se forme
en sous-face des armatures.

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A-II.1.1.1 Fonctionnement de l’adhérence


Le mot « adhérence »  tel qu’utilisé en béton armé est en fait un raccourci pour désigner
l’ensemble des phénomènes et mécanismes mis en jeu dans la résistance au cisaillement de
l’association armature-béton. Interviennent notamment, comme dans tous les cas de résis-
tance au cisaillement, des bielles de béton comprimé inclinées par rapport à la direction du
cisaillement et une tendance au développement de fissures individualisant les bielles. À l’ap-
proche de la rupture, ces fissures deviennent effectives et, du même coup, observables.
Dans le cas de l’adhérence, les bielles s’arc-boutent entre l’armature et le béton environnant.
La photo de la figure A-II.1.4 en montre un exemple. Elle est tirée des recherches menées par
Maurice Arnaud sur le thème de l’adhérence acier-béton au laboratoire de génie civil de l’uni-
versité Paul-Sabatier et de l’INSA (Institut national des sciences appliquées) de Toulouse.
Issue d’une campagne d’essais menée durant les années 1970, elle a été obtenue en exerçant
un effort d’arrachement sur une barre ancrée jusqu’à provoquer son glissement. Les fissures et
autres désordres induits ont été mis en évidence par une imprégnation sous vide de résine
colorée suivie, après durcissement de celle-ci, d’une coupe polie affleurant la barre. L’objectif
était notamment l’étude de l’effet d’obstacle apporté par les reliefs des barres HA, aussi les
barres utilisées ciblaient-elles cet effet. Obtenues par tournage, des zones de plus grand
diamètre faisant obstacle ont été ménagées à intervalles choisis.

© Maurice Arnaud
Figure A-II.1.4. Fissures inclinées et « bielles » découlant de l’effort d’adhérence d’une barre.

A-II.1.1.2 Effets secondaires


Pour chaque barre située près d’un parement (voir la figure A-II.1.5), les bielles dirigées vers
l’intérieur de la pièce en béton (flèches en gris foncé) y trouvent un appui très efficace et, en
s’arc-boutant sur la barre, la repoussent vers l’extérieur. Les bielles dirigées vers l’extérieur
(flèches en gris clair), ne trouvant que peu d’appui, peinent à apporter un effort antagoniste.
Il s’ensuit un risque d’éclatement du béton d’enrobage comme montré sur la figure avec pour
conséquence une perte d’adhérence et une voie ouverte à la corrosion.
Pour y remédier (sont particulièrement concernées les zones d’ancrage), il faut mettre en
place des armatures de « couture d’ancrage » disposées pour reprendre l’effort de poussée vers
l’extérieur (voir figure A-II.1.6). Les armatures transversales calculées pour résister aux effets
de l’effort tranchant, donc à d’autres fins, sont correctement placées pour participer à cette
fonction de couture et s’avèrent généralement suffisantes.

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Figure A-II.1.5. Risque d’éclatement du béton d’enrobage sous l’action des efforts d’adhérence.

Figure A-II.1.6. Aciers de couture s’opposant à l’éclatement du béton d’enrobage sous l’action des efforts
d’adhérence. Ils reprennent l’effort de poussée vers l’extérieur exercé par les bielles inclinées.

A-II.1.2 Ancrages
L’ancrage est la solidarisation par adhérence d’une barre, à son extrémité, au béton avec lequel
elle doit travailler en synergie.
Pour reprendre un effort donné, une barre doit, d’une part, être suffisamment résistante,
d’autre part, être ancrée pour l’effort à reprendre.
La solution la plus simple est un ancrage droit.
Lorsqu’il n’y a pas assez d’espace pour permettre le développement complet d’un ancrage
droit, on a recours à un ancrage courbe. C’est notamment la solution recommandée aux
extrémités des poutres. L’ancrage courbe est aussi la solution de sécurité lorsqu’il y a une
incertitude sur la qualité de l’adhérence.

A-II.1.2.1 Ancrages droits


La résistance des ancrages droits résulte exclusivement de l’adhérence béton-armature.
L’effort ancré augmente avec la longueur ,b ancrée. Lorsqu’il atteint la résistance de la barre,
celle-ci est totalement ancrée et la longueur minimum nécessaire pour cet ancrage total s’ap-
pelle « longueur d’ancrage droit total », nous la désignerons par ,b,total.

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Les corrélations entre ,b et l’effort Fs capable d’être repris par une barre sont illustrées sur la
figure A-II.1.7 et explicitées ci-dessous.
• On admet, c’est une simplification, que la contrainte d’adhérence développée le long de
,b est constante. Sa valeur maximum est la résistance d’adhérence fb.
• Alors l’effort repris est proportionnel à l’aire de contact béton-armature. Sa valeur est
Fs = fb.,b.p.f, où f est le diamètre de la barre.

Longueur d’ancrage droit total ,b,total


,b,total est tel que : effort ancré = résistance de la barre ⇒ fb.p.f.,b,total = fyk.p.f2/4
Donc : ,b,total = [fyk.(p.f2/4)]/[fb.(p.f)] = f/4.fyk/fb

Fs
≈0
 Fs
b
Fs = kb

Fs = kb = Fs/
b Ancrage total, la barre casse : b = b,total ≈ 40
Fs = résistance
de la barre
Fs = kb
b
b >b,total : Fs = résistance de la barre

Ancrage total, la barre casse : b = Lb,total ≈ 40


=
résistance
Fs
k est un coefficient de proportionnalité dépendant de la qualité de l’adhérence de la barre
Les ordres de grandeur b,total ≈ 40  et Lb,total ≈ 40  correspondent au cas des béton
et acier courants en bâtiment : C25/30 et S500.

Figure A-II.1.7. Ancrage droit : évolution en fonction du diamètre de la barre et de sa longueur ancrée.

A-II.1.2.2 Ancrages courbes


Les ancrages courbes sont aussi appelés « crochets ». Il s’agit de retours à 90°, ou à 150°, ou
encore à 180°, comme illustré sur la figure A-II.1.8. Le retour à 150° procure le meilleur
rapport efficacité/prix.
φ

Fs
Diamètre du mandrin
de pliage
Ancrage

°
150

Fs

Fs

Figure A-II.1.8. Ancrages par crochet : retours à 150°, à 90° et à 180°.

Un crochet cumule deux modes de fonctionnement et les qualités ou défauts associés.

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Fonctionnement
Le fonctionnement de base est celui d’un ancrage droit replié sur lui-même. Son encombre-
ment parallèlement à l’axe de la barre est plus faible, mais il nécessite de l’espace
perpendiculairement.
S’y ajoute un effet d’obstacle. La partie courbe du crochet s’appuie directement sur le béton,
comme ferait une ancre de bateau.

Qualités
L’effet d’obstacle augmente l’efficacité des crochets.
Quand le béton résiste, l’ancrage ne peut céder que par glissement et déroulement du crochet
dans sa gaine de béton. Cela consomme beaucoup d’énergie ⇒ rupture ductile de l’ancrage.

Défauts
Ils sont illustrés sur la figure A-II.1.9.
L’effet d’obstacle induit un effort de compression sur le béton situé à l’intérieur du crochet. Si
celui-ci se développe proche d’un parement, l’effort de compression peut provoquer l’éclate-
ment du béton d’enrobage et annihiler l’ancrage. Le risque est d’autant plus grand que le
rayon de courbure du crochet est plus petit.
Les crochets à 90° nécessitent une précaution spécifique. Si leur retour est parallèle à un pare-
ment, la tendance au déroulement du crochet le fait « pousser au vide » avec un fort risque
d’éclatement du béton d’enrobage. Pour prévenir ceci, le brin qui se déroule en poussant au
vide doit être retenu par un acier ancré dans la masse du béton.

En se déroulant, un crochet à
90° pousse au vide et peut
provoquer l’éclatement du
béton d’enrobage
Compression du béton à
l’intérieur d’un crochet F Fs
s

Retour d’un crochet à 90° retenu par un


acier ancré dans la masse du béton
pas d’éclatement du béton d’enrobage

Fs
Figure A-II.1.9. Spécificité des ancrages courbes.

A-II.1.3 Recouvrements
Le recouvrement est le moyen le plus simple de prolonger une barre par une autre, de sorte
que l’ensemble se comporte comme une barre continue unique. Les autres moyens sont la

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soudure (à condition que les aciers utilisés soient soudables) ou le recours à un coupleur (un
manchon assurant une liaison mécanique entre les deux barres).
Le recouvrement est l’ancrage mutuel des deux barres l’une sur l’autre. Les barres doivent
donc être en regard sur une longueur au moins égale à leur longueur d’ancrage. Les bielles et
efforts mis en jeu sont illustrés sur la figure A-II.1.10. Ces bielles ont tendance à se redresser
et développent un effort d’écartement des deux barres qui, si le recouvrement est proche d’un
parement, induit un fort risque d’éclatement du béton d’enrobage.
Dans l’hypothèse de bielles à 45°, l’effort d’écartement est égal à l’effort Fs transmis dans le
recouvrement. Pour y résister, il faut enserrer ce dernier par des aciers transversaux, appelés
« aciers de couture du recouvrement », capables tous ensemble de reprendre l’effort d’écarte-
ment = Fs. Comme montré sur la figure A-II.1.10, ces aciers pourraient être bouclés directe-
ment autour du recouvrement. Pratiquement, ils sont constitués d’aciers transversaux de
forme classique.
Couture du
recouvrement

Fs
Disposition théorique

Fs

Disposition pratique
Fs Les cadres s’opposent
au seul écartement
possible : vers
l’extérieur.

Figure A-II.1.10. Recouvrement : effort d’écartement des barres et aciers de couture pour y résister
(pour une meilleure lisibilité de la figure, la distance entre les barres en recouvrement a été exagérée).

A-II.2 Résistance aux effets du moment fléchissant


A-II.2.1 Schématisation
L’étude des poutres réelles (voir § A-II.2.2) montre que les poutres béton armé sollicitées en
flexion affichent des fissures verticales régulièrement réparties, découpant des segments non
fissurés reliés entre eux par : d’une part l’armature tendue, d’autre part et lui faisant face, une
zone de béton comprimé. C’est cette schématisation qui est reprise ici.
Elle peut être matérialisée par un assemblage de blocs de bois figurant les tronçons de béton
découpés par les fissures, s’appuyant l’un à l’autre au niveau de la zone comprimée de la
poutre et reliés en zone tendue par une armature, constituée ici par une simple ficelle.

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La figure A-II.2.1 propose une vue d’ensemble du dispositif.

Figure A-II.2.1. Dispositif de simulation de poutres béton armé par un assemblage de blocs de bois.

A-II.2.1.1 Incidence de la position de l’armature


Dans une première phase, cette étude est faite dans le cas d’une armature ancrée non adhé-
rente, l’armature ficelle n’est alors retenue qu’aux deux extrémités de la poutre.
La position de l’armature est caractérisée par sa hauteur utile d, distance entre son centre de
gravité et la face comprimée de la poutre (ici la face supérieure). La hauteur totale de la poutre
est h = 12 cm et quatre hauteurs utiles sont explorées : d = 5,5 cm, d = 8 cm, d = 9,5 cm et
d = 11 cm.
On note, sur la figure A-II.2.2, que l’armature ficelle restant rectiligne alors que la poutre
prend de la flèche, la hauteur utile d n’est pas constante. Elle se trouve plus faible à mi-portée,
là où, justement, le moment est maximum. Pour y remédier, il est indispensable de disposer
un guide qui force l’armature ficelle à passer à la hauteur choisie. De tels guides (un par valeur
de d choisie) sont visibles sur la figure A-II.2.1.

h = 12 cm d visée
d réelle à mi-portée

Figure A-II.2.2. Trajet de l’armature ficelle en l’absence de précaution.

La suite d’images de la figure A-II.2.3 permet d’apprécier l’incidence de la hauteur utile d


d’une poutre sur sa capacité portante.

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d = 5,5 cm

d ≈ 5,5 cm : la poutre ne supporte même pas son propre poids.

d = 8 cm

d = 8 cm : pour une flèche ≈ 2 cm, charge atteinte = 2 × 0,5 kg.

d = 9,5 cm

d = 9,5 cm : pour une flèche ≈ 2 cm, charge atteinte = 2 × 1 kg.

d = 11 cm

d = 11 cm : pour une flèche ≈ 2 cm, charge atteinte = 2 × 2 kg.

Figure A-II.2.3. Incidence de la hauteur utile d, cas d’une armature ancrée non adhérente.

Les conclusions sont les suivantes :


• La capacité portante augmente avec la hauteur utile d. Il y a donc intérêt à excentrer le plus
possible les armatures. Dans les poutres réelles, il convient cependant de préserver un
enrobage minimum pour une bonne adhérence de l’armature et pour sa protection suffi-
sante contre la corrosion.
• Augmenter encore plus d augmenterait encore plus la capacité portante ; pour cela, il faut
augmenter la hauteur h de la poutre.
Dans la suite, une seule hauteur utile sera considérée : la plus grande, soit d = 11 cm.
Nota
En l’absence d’adhérence (mais avec ancrage aux extrémités), on n’observe qu’un très faible
nombre de fissures, chacune largement ouverte.

A-II.2.1.2 Apport de l’adhérence


Une fois ajoutée la fonction adhérence des armatures, la schématisation choisie est le reflet
exact du comportement d’une poutre béton armé réelle.

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L’adhérence est ici simulée de façon simple, en solidarisant chaque bloc de bois à l’armature
ficelle par une punaise fichée dans l’une et l’autre, comme montré sur la figure A-II.2.5. Les
blocs d’extrémités étant déjà solidarisés par l’ancrage, une punaise n’y est pas nécessaire.

Figure A-II.2.4. Solidarisation de l’armature ficelle avec chaque bloc de bois pour simuler l’adhérence.

La suite d’images de la figure A-II.2.5 montre l’évolution des fissures et de la flèche en fonc-


tion de la charge appliquée. Deux constatations immédiates s’imposent :
• les fissures en nombre limité et larges du cas « sans adhérence avec ancrage » sont rempla-
cées par des fissures nombreuses, réparties et plus fines, passant presque inaperçues ;
• la flèche en est significativement diminuée.

Poutre à vide.

Charge = 2 × 1 kg.

Charge = 2 × 2 kg.

Figure A-II.2.5. Armature adhérente : fissures et flèche en fonction de la charge appliquée.

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On note aussi sur la figure A-II.2.6 que l’armature ficelle, à peine tendue entre deux punaises
lorsque la poutre est à vide, se tend lorsque la charge appliquée augmente. C’est l’illustration
du caractère « passif » des armatures de béton armé : elles sont mises en tension en réaction à
la déformation de la poutre, et plus particulièrement à l’ouverture des fissures.

Poutre non sollicitée : armature non tendue. Poutre chargée : armature tendue par l’ouverture des
fissures.

Figure A-II.2.6. Caractère « passif » des armatures de béton armé : leur tension découle de la sollicitation
de la poutre.

A-II.2.1.3 Positionnement des armatures en fonction du signe du moment


Entre travée et appuis de continuité, le moment change de signe. Avec les conventions de
signe du béton armé (voir § B-II.1.2.3), le moment est positif en travée et négatif sur appuis
de continuité.
On voit sur la figure A-II.2.7 que :
• en travée, moment positif, l’armature doit être placée en partie basse de la section ;
• sur appuis de continuité, moment négatif, la situation est inversée et l’armature doit être
placée en partie haute de la section.

Armature en partie basse sur un appui de continuité. On voit le résultat (même à vide) !

Sur un appui de continuité, l’armature doit être en partie haute de la section.

Figure A-II.2.7. Positionnement différent de l’armature selon le signe du moment : moment positif en travée
et moment négatif sur appui de continuité.

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A-II.2.2 Poutres de béton et d’acier


L’exposé s’appuie sur l’expérience de poutres de laboratoire fabriquées et testées en travaux
pratiques de béton armé au département de génie civil de l’IUT (Institut universitaire de
technologie) A de Toulouse. Il s’agit de poutres isostatiques (une seule travée sur appuis
simples) sollicitées en flexion quatre points (deux appuis plus deux charges concentrées).

A-II.2.2.1 Dispositif expérimental


A-II.2.2.1.1 Géométrie des poutres, dispositif de chargement et diagrammes M et V associés
Il s’agit de poutres de 28 × 15 cm2 de section et 2,80 m de portée. Le schéma fonctionnel du
dispositif de chargement avec les cotes essentielles est présenté sur la figure A-II.2.8.
P

m
15
0,
=
b

h = 0,28 m

Flèche f

a = 0,90 m 1,00 m a = 0,90 m

0,15 m
 = 2,80 m

Mmax = a.P/2

V = P/2

V = - P/2

Figure A-II.2.8. Schéma fonctionnel du dispositif d’essai des poutres (département de génie civil, IUT A, Toulouse)
et diagrammes M et V associés.

Des plaques d’appui de 15 cm de large (et la largeur de la poutre dans l’autre direction) repré-
sentent les appuis des poutres réelles intégrées à une structure réelle en béton armé.
Notons à ce sujet qu’un appui de largeur nulle, limité à une simple ligne, comme sur les
schémas fonctionnels de la résistance des matériaux (RDM), impliquerait une contrainte de
contact infinie qui écraserait le béton. Dans tous les cas, une plaque d’appui répartissant
l’effort sur une surface suffisante est nécessaire.

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A-II.2.2.1.2 Béton
Au moment de l’essai, le béton de ces poutres avait :
• une résistance moyenne effective en compression fcm(t) ≈ 45 MPa ;
• une résistance moyenne effective en traction fctm(t) ≈ 3,3 MPa.

Notations
L’indice t indique qu’il s’agit de traction. L’indice m réfère à la résistance effective moyenne.
Enfin, (t) pointe la valeur à l’âge t du béton.

A-II.2.2.1.3 Armatures
Elles sont regroupées en un seul ensemble appelé, du fait de son aspect, « cage d’armatures ».
Lorsque les armatures sont faites de barres ou autres éléments métalliques, l’ensemble est
généralement appelé « ferraillage ».

Dans les poutres prises en exemple ici, les armatures sont du type le plus courant : en acier HA
de nuance fyk = 500 MPa.
Trois composantes de la cage d’armatures sont distinguées selon leur fonction.
• Pour résister aux effets du moment fléchissant : les armatures longitudinales, en partie
basse dans le cas traité ici (travée isolée ⇒ moment positif ).
Leur quantité évolue en fonction de l’intensité du moment fléchissant. C’est pourquoi, ici,
un deuxième lit de barres est ajouté dans la zone médiane de la poutre où le moment
fléchissant est plus élevé.
• Pour résister aux effets de l’effort tranchant : les armatures transversales, souvent appelées
« cadres » en raison de leur forme.
Ce renfort est d’autant plus dense que l’effort tranchant est plus fort. C’est pourquoi les
cadres sont plus rapprochés dans les zones où l’effort tranchant est plus fort, ici entre les
appuis et les points d’application de la charge.
• Enfin, il y a les barres de montage : les deux barres en partie haute de cette cage de
ferraillage.
Elles sont nécessaires, ou seulement pratiques, pour tenir les diverses composantes du
ferraillage (notamment les armatures transversales) dans leur bonne position. Elles n’ont
aucune nécessité fonctionnelle et sont ignorées dans les calculs de résistance.

A-II.2.2.2 Association gagnante du béton et de l’armature grâce à l’adhérence


Ses caractéristiques et son comportement sont explorés par un processus qui, partant des deux
composantes de base, le béton seul et l’armature seule, les associe de façon de plus en plus
intime pour aboutir au cas réel du béton armé.
Les éléments ou ensembles successivement considérés sont :
• la poutre non armée (le béton seul) ;
• l’armature seule ;
• puis le béton plus l’armature sans adhérence ni ancrage (aucune liaison entre l’un et
l’autre) ;
• puis le béton plus l’armature sans adhérence mais avec ancrage aux extrémités ;

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• enfin, la poutre béton armé complète et réelle avec adhérence.


Cet ensemble de résultats fait référence à une poutre moyennement armée, le cas le plus
courant. C’est la poutre armée avec As = 3,14 cm2 du § A-II.2.2.3.
Les résultats relatifs aux cas de la poutre non armée et de la poutre finale avec adhérence sont
tirés d’essais réels. Ceux relatifs à l’armature seule et aux cas sans adhérence sont simulés.

A-II.2.2.2.1 Poutre non armée, le béton seul


Voir figure A-II.2.9 : cas réel.
La poutre non armée se casse en deux brutalement sans signe avant-coureur, à une charge très
faible Pfo, dès l’instant de l’apparition de la première fissure. C’est une rupture fragile.

P
(kN)
80
70
60
50
Schéma de l’élément testé.
40
P 30 Rupture brutale sans signe avant-
20 coureur (à l’initiation de la
Pfo première fissure)
10

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Courbe flèche-charge.

Après rupture.

Figure A-II.2.9. Poutre non armée (peu résistante et dangereuse car rupture fragile).

Les poutres non armées (en béton seul) sont fragiles et, comme expliqué au § A-I.1.2, dange-
reuses. La pente très forte de la courbe flèche-charge traduit une grande rigidité.
Notations et repères
Pfo est la charge de fissuration et de rupture de la poutre non armée.
L’indice 0 utilisé ici indique qu’il s’agit de la poutre non armée (zéro armature). Plus loin, Pf
désignera la charge de fissuration de la poutre armée.

A-II.2.2.2.2 Comportement de l’armature seule


Sa résistance propre en flexion est négligeable et, très souple, sa déformation est très grande.

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A-II.2.2.2.3 Béton plus aciers sans adhérence et sans ancrage


Ce cas, purement théorique, peut P
être schématisé par l’armature, sans
ses crochets, glissant librement à l’in-
térieur d’un fourreau. Il n’y a alors
aucune association, mais une simple
juxtaposition du béton et de l’acier
de laquelle on ne peut espérer aucun
P
effet gagnant. (kN)
La résistance attendue de l’ensemble 80
n’est alors autre que la simple somme 70
des résistances du béton seul et de 60
l’armature seule. La résistance de cette 50
dernière étant négligeable, le compor- 40
tement est identique à celui de la 30 Rupture brutale sans signe avant-
poutre non armée : même charge 20 coureur (à l’initiation de la
maximum = Pfo, même rupture Pfo première fissure)
10
fragile, même courbe flèche-charge.
5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Béton plus aciers sans adhérence et sans ancrage

A-II.2.2.2.4 Béton plus aciers associés sans adhérence mais avec ancrage
Voir figure A-II.2.10, essai simulé. Correspond à la schématisation du § A-II.2.1.1 avec arma-
ture ficelle sans adhérence.
L’ancrage est une première forme d’association de l’armature avec le corps béton de la poutre.
On peut en attendre un certain gain. Cet exemple reste cependant théorique car le béton
armé n’est pas envisageable sans adhérence.
P P
(kN)
80
70 Stabilisation après Phase de rupture
60 fissuration
50
40
Phase de comportement
Schéma de l’élément testé. 30 linéaire fissuré
20
Pfo
10
Fissuration

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Courbe flèche-charge.
P P

À la stabilisation après fissuration. Après rupture.

Figure A-II.2.10. Comportement escomptable d’une poutre avec armatures ancrées


mais non adhérentes (situation théorique car : sans adhérence on ne peut pas encore parler de béton armé).

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Avant fissuration, le comportement est identique à celui des deux cas précédents.
Une fissure apparaît encore à la charge Pfo, mais cette fois, elle n’entraîne pas la rupture. Quasi
instantanément, cette fissure s’ouvre très largement, se propage sur presque toute la hauteur
de la poutre et se stabilise, accompagnée d’une brusque augmentation de la flèche puis sa
stabilisation se traduisant par un décrochement horizontal de la courbe flèche-charge.
C’est l’armature qui est l’artisane de la stabilisation. La fissure, en s’ouvrant, impose un allon-
gement de l’armature qui s’y oppose par un effort proportionnel à cet allongement imposé
(comme un élastique sur lequel on tire : plus on veut l’allonger, plus il faut tirer fort). On
atteint la stabilisation quand l’effort résistant de l’armature égale la poussée de la fissure pour
s’ouvrir.
Ensuite, la charge sur la poutre peut être augmentée en proportion de la réserve de résistance
du plus faible des deux éléments, l’armature ou le béton comprimé. En l’absence totale d’ad-
hérence, la fissure initiale reste l’unique fissure de la poutre et s’agrandit encore, pouvant
atteindre plusieurs centimètres d’ouverture. S’il y a frottement entre armature et béton, on
peut observer deux à trois fissures. Dans une première phase, la courbe flèche-charge est une
droite dont le prolongement passe par l’origine : la flèche augmente proportionnellement à la
charge, traduisant notamment le comportement élastique de l’armature. C’est la phase de
« comportement linéaire fissuré ». Ensuite, lorsqu’un des éléments participant à la résistance
approche sa limite de résistance, la courbe flèche-charge s’incurve pour tendre vers l’horizon-
tale. C’est la « phase de rupture ».
Dans le cas de cette poutre, représentative du cas général, c’est l’acier qui approche en premier
sa limite de résistance. Il entre alors en phase de grande déformation plastique qui procure à
son tour à la poutre une grande capacité de déformation (phase en trait plein gris sur la
figure A-II.2.10) avant rupture finale. Par cela, cette poutre a une rupture ductile, synonyme
de sécurité.
La capacité d’allongement des aciers est telle que, dans la majorité des cas, c’est en fin de
compte par écrasement du béton en partie supérieure de la poutre que se termine la « phase
de rupture ».
Bien qu’il ne s’agisse pas encore de béton armé (car il y manque l’adhérence armature-béton),
cet exemple permet déjà de dégager les bases du fonctionnement d’un élément fléchi armé.
• Avant fissuration, l’apport de l’armature est à peine perceptible. En effet, celle-ci ne
contribue à la résistance qu’en réaction à la déformation de la poutre et particulièrement à
l’ouverture de ses fissures, encore inexistantes dans cette phase.
• Si la capacité de résistance de l’armature est inférieure à celle nécessaire pour obtenir la
stabilisation de la fissure, l’armature n’est d’aucun effet et la poutre est fragile. Elle casse
comme si elle n’était pas armée. C’est une configuration dangereuse qui doit être évitée.
• L’écrasement du béton en partie supérieure de la poutre rappelle que toute flexion implique
la coexistence d’efforts de traction et de compression qui combinent leurs effets pour
résister, en s’y opposant, au moment appliqué. Cela est illustré sur la figure A-II.2.11.
• Le bras de levier du couple de ces efforts intérieurs résistants, l’un de traction dans les
aciers Fs et l’autre de compression dans le béton Fc, est désigné par la lettre z. Par analogie
avec le vocabulaire des poutres métalliques, la zone tendue est appelée « membrure
tendue », ici constituée par la seule armature tendue. La zone comprimée, constituée par
la section de béton comprimé au-delà des fissures, est appelée « membrure comprimée ».
• Dans le cas d’une flexion simple, l’équilibre d’une section fissurée, illustré sur la même
figure A-II.2.11s’écrit :

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En flexion simple
moment des forces agissantes
(égal par définition au moment fléchissant dans cette section)
=
moment des forces résistantes constituées par :
l’effort de traction Fs induit dans les armatures, égal et opposé à l’effort de compression Fc
développé dans la zone de béton au-delà de la fissure, avec entre eux un bras de levier z.

Membrure comprimée
Fc

M M (Fc+Fs) z
Fs
Membrure tendue :
l’armature

Moment des efforts = Moment des efforts résistants intérieurs


agissants extérieurs
soit
Moment du couple formé par l’effort
Moment fléchissant M = de traction Fs dans l’armature
+ l’effort de compression Fc
dans le béton encore intact au-dessus
de la fissure
En flexion simple : |Fs| = |Fc|
et M = Fs.z = Fc.z

Efforts mis en jeu, terminologie et équilibre de la section.

Figure A-II.2.11. Flexion simple : section renforcée fissurée, résistance à un moment fléchissant M 

A-II.2.2.2.5 Association béton et aciers avec adhérence


Voir figure A-II.2.12, cas réel. Correspond à la schématisation du § A-II.2.1.2. Il s’agit alors
réellement de béton armé.

Avant fissuration
La courbe flèche-charge, linéaire comme dans les cas précédents, affiche une pente légèrement
plus forte que dans les autres cas. Ensuite, c’est à une charge Pf légèrement plus élevée que Pfo
qu’apparaissent les premières fissures.
Grâce à l’adhérence, l’association armature-béton se fait sentir dès avant la fissuration (pente
et charge de fissuration légèrement plus fortes que sans armature ou sans adhérence), mais il
s’agit d’un gain très faible qui est habituellement négligé.

Établissement puis stabilisation de la fissuration


Il est très difficile de distinguer d’abord une première fissure, puis d’autres ensuite. D’entrée,
la fissuration est multiple. Généralement, trois ou quatre fissures, ou encore plus, apparaissent
simultanément. Elles sont très fines, de la taille d’un cheveu, et propagées jusqu’au tiers
environ de la hauteur de la poutre.
Contrairement au cas sans adhérence, la fissuration n’est accompagnée d’aucune manifesta-
tion brutale. Il n’y a plus de décrochement horizontal de la courbe flèche-charge, mais seule-
ment une inflexion suivie d’une rapide stabilisation. Cette inflexion constitue un repère
efficace de l’amorce de la fissuration. Pour une plus grande visibilité, son amplitude a été
accentuée sur les figures A-II.2.12, A-II.2.13 puis A-II.3.4.

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P P Charge maximum en usage normal


(kN)
80
70 Phase de rupture
f ≈ 80 mm
60
50
40 Phase de comportement
30 linéaire fissuré
À la charge de fissuration
Pf 20 Phase de stabilisation après fissuration
P 10
Fissuration

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Courbe flèche-charge.

P
Courbe allongement des aciers-charge
(kN)
À la charge maximum d’usage envisagée pour cette 80
poutre.
70
Courbe flèche-charge
P 60
50
40 Charge maximum en usage normal

30

Pf20
10
2 4 5 8 10 12 14 16 εs ‰
Après rupture. 5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Comparaison des courbes allongement des aciers-charges et


flèche-charge.

P Charge maximum en usage normal


(kN)
80
70 e
nc
60 ére
dh
e

a
nc

50 ns
sa
ére

40 is
dh

a
m
ca

e
30 ag
e

cr
Av

P20 an
f ec
Poutre après rupture : détail. Av
P10
fo

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Comparaison des courbes flèche-charge avec et sans adhérence.

Figure A-II.2.12. Comportement d’une poutre en béton armé (donc avec armature adhérente).

Phase de comportement linéaire fissuré


L’adhérence armature-béton est à l’origine de la multiplication des fissures. Dans le cas des
poutres prises pour exemple ici, on arrive à une fissure tous les 10 cm environ.

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Entre deux fissures, le béton (tendu mais non encore fissuré) adhérent à l’armature travaille
avec elle et reprend une partie de l’effort de traction. L’armature en est soulagée d’autant et
s’allonge moins avec les conséquences bénéfiques suivantes :
• la pente de la courbe flèche-charge est beaucoup plus forte que dans le cas non adhérent,
avec pour conséquence une flèche beaucoup plus faible ;
• le prolongement de la portion linéaire de la courbe flèche-charge ne passe plus par
l’origine ;
• multiplier par n le nombre des fissures diminue leur ouverture de plus que n fois.

Phase de rupture
La courbe flèche-charge s’incurve et tend vers l’horizontale. Les fissures s’élargissent et s’al-
longent encore, la flèche devient très grande, une fissure s’élargit plus que les autres pour
atteindre 3 à 5 mm d’ouverture, puis, comme déjà vu, la poutre périt généralement par écra-
sement du béton comprimé au-dessus de cette fissure plus large.

Analyse de ces résultats


• Points-clés du calcul
Les sections faibles sont celles contenant une fissure. Ce sont celles sur lesquelles se
concentre le calcul. L’apport de résistance du béton tendu est négligé et l’équilibre illustré
sur la figure A-II.2.11 est à la base du calcul.
Les coefficients de sécurité qu’il inclut (il y en a trois niveaux, qui sont explicités au
§ B-II.2) sont notamment réglés pour que la charge réglementaire maximum admissible
en usage normal soit de l’ordre de la moitié de la charge effective de ruine.
Cette marge de deux a plusieurs justifications.
Elle constitue bien sûr une sécurité vis-à-vis de la rupture.
Elle est aussi l’espoir d’avoir :
–– d’une part des fissures suffisamment fines pour qu’elles restent invisibles à plus de
1 m de distance et pour que l’élément conserve une étanchéité suffisante ;
–– d’autre part, une flèche suffisamment faible pour rester imperceptible et n’occa-
sionner aucun désordre.
• Allongement des aciers
Avant fissuration, leur déformation est négligeable, à peine perceptible.
L’établissement puis la stabilisation de la fissuration ont leur reflet fidèle sur la déformation
des aciers.
Comme visible en comparant les courbes « allongement des aciers-charge » et « flèche-
charge » (figure A-II.2.12), la zone de comportement linéaire fissuré correspond à la zone
de comportement élastique des aciers.

A-II.2.2.3 Incidence de la quantité d’armature


Voir figure A-II.2.13. Cas réels.
L’incidence de la quantité d’armature est explorée par la comparaison de la poutre ci-dessus
(As = 3,14 cm2) avec trois autres de même géométrie et de béton identique, l’une renforcée
avec une section d’armature longitudinale beaucoup plus faible (As = 0,57 cm2), l’autre avec
une section d’armature longitudinale environ deux fois plus forte (As = 6,16 cm2) et une
troisième avec encore plus d’acier (As = 8,04 cm2). Dans chacune de ces poutres, la quantité

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et la disposition des armatures transversales ont été adaptées pour rester en cohérence avec la
résistance escomptée.
P
(kN) As = 8,04 cm2
As = 6,16 cm2
160
140
120
100 As = 3,14 cm2

80
60
40
Pf
As = 0,57 cm2

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Comparaison des courbes flèche-effort.

P
(kN)
160
140
120
100
80
60
40
20

1 2 3 4 5 6 7 As (cm2)

Relation « section d’armature-résistance ».

Figure A-II.2.13. Incidence de la quantité d’armature : comparaison des résistances de quatre poutres


présentant quatre quantités d’armature différentes, toutes les autres caractéristiques restant identiques.

A-II.2.2.3.1 Incidence sur la charge de fissuration


Elle est pratiquement nulle.
Le comportement jusqu’à fissuration est en effet essentiellement conditionné à la résistance
de la section béton et elle n’augmente que de façon négligeable avec la section d’acier.

A-II.2.2.3.2 Incidence sur la résistance


On constate que, toutes choses égales par ailleurs et tant que la section d’acier n’est pas trop
importante, en première approximation, la résistance augmente proportionnellement à la
section d’armature longitudinale (tracé en noir sur la figure A-II.2.13).
En allant voir plus dans le détail (tracé en gris sur la même figure), on note que l’augmenta-
tion de la résistance avec la section d’armature n’est jamais linéaire. Elle est presque linéaire,
avec une légère concavité tournée vers le bas, tant que la section d’acier n’est pas trop impor-
tante. Au-delà, la concavité vers le bas s’accentue fortement et on aboutit rapidement à une
stabilisation de la résistance.

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Lorsqu’on augmente excessivement la section d’armature tendue, c’est le cas de la poutre avec
As = 8,04 cm2, le béton comprimé sollicité par Fc cède avant que la capacité de résistance de
l’armature n’ait pu être totalement mobilisée. Ce n’est pas économique, car les aciers sont
sous-utilisés. De plus, la résistance plafonne : les aciers étant surabondants, leur quantité
exacte n’a plus d’incidence et c’est la capacité du béton qui gouverne alors la résistance. De
tels éléments sont dits « sur-armés ».

A-II.2.2.3.3 Incidence sur la ductilité


La ductilité est la capacité à se déformer avant rupture. Dans le cas des éléments en béton
armé, elle se mesure sur les courbes flèche-charge à la longueur de la phase de rupture (tracé
en trait plein gris sur la figure A-II.2.13). Elle est le résultat de la déformation plastique
progressive de l’armature tendue. Nous avons mis en évidence au § A-I.1.2 que ductilité
= sécurité.
À l’opposé : insuffisance de ductilité = danger et absence de ductilité = fragilité à éviter
absolument.
Un élément armé est fragile si la section d’acier qu’il contient est insuffisante pour assurer la
stabilisation après fissuration (voir § A-II.2.2.2.4). Alors il casse comme s’il n’était pas armé
(voir figure A-II.2.9), sans préavis et très brutalement, d’où la nécessité de s’en prémunir.
La poutre renforcée avec As = 0,57 cm2 a une proportion d’acier juste un peu au-dessus du
minimum de non-fragilité. Elle n’est donc pas fragile mais presque, et, de ce fait, elle n’affiche
qu’une faible marge de ductilité.
À l’autre extrémité du spectre se trouvent les éléments sur-armés, tels que la poutre renforcée
avec As = 8,04 cm2. Dans ce cas, le béton cède avant que les aciers n’aient atteint leur limite
d’élasticité, la déformation plastique de ces derniers est donc nulle et la ductilité telle que vu
plus haut est nulle elle aussi. On observe seulement une « pseudo-ductilité » (tracé en noir et
gris sur la figure A-II.2.13), qui confère un minimum de progressivité à la rupture. Elle résulte
de l’accentuation du comportement non linéaire du béton à l’approche de sa rupture (voir
§ A-I.3.1.1, figure A-I.3.1).
Entre ces deux extrêmes, les deux autres poutres, avec As = 3,14 cm2 et As = 6,16 cm2,
affichent une ductilité confortable, comme escompté de tout élément en béton armé. On
note que celle-ci s’amenuise lorsque As augmente, jusqu’à s’annuler au seuil du
sur-armement.

A-II.3 Comparaison béton armé-béton précontraint


et réflexion sur la résistance optimum des aciers
A-II.3.1 Comparaison béton armé-béton précontraint
Béton précontraint et béton armé se partagent le marché des constructions à base de béton.
Une brève comparaison n’est pas inutile.
La différence fondamentale est la suivante :
• Les aciers du béton armé sont « passifs » (voir figure A-II.2.6 et ses commentaires). Ils ne
sont sollicités qu’en réaction à la déformation de la poutre et ne sont vraiment efficaces
qu’une fois que celle-ci est fissurée.

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• Au contraire, les aciers du béton précontraint sont « actifs ». Ils sont préalablement tendus
et agissent sur la poutre en lui imposant un effort préalable de compression (ce que traduit
le terme « précontraint »). Cet effort est ciblé pour s’opposer aux tensions escomptables du
fait du chargement. Alors, en usage normal, l’élément est escompté rester partout
comprimé et par conséquent non fissuré.

A-II.3.1.1 Schématisation d’une poutre précontrainte


Les aciers de précontrainte, souvent des câbles, agissent comme des ressorts ou des élastiques.
Maintenus tendus par appui sur la structure précontrainte, ils lui imposent par réaction un
effort de compression égal à celui appliqué pour les tendre.
Pour une schématisation du fonctionnement, comme illustré sur la figure A-II.3.1, les câbles
peuvent être remplacés par deux élastiques préalablement tendus, qui appliquent et main-
tiennent un effort de compression aligné sur leur trajet.
Nota
Ne pouvant transpercer les élastiques avec une punaise pour simuler une adhérence câble-
béton, nous nous contentons d’un cas sans adhérence. Comme dans le cas du § A-II.2.1, il faut
utiliser un guide pour maintenir la bonne hauteur des élastiques à mi-travée.

Figure A-II.3.1. Simulation d’une poutre précontrainte : dispositif utilisé.

La figure A-II.3.2 montre l’évolution de la flèche et des fissures avec la charge appliquée.


On constate que, contrairement au cas du béton armé, jusqu’à la charge de 2 × 1 kg comprise,
la poutre ne présente aucune fissure et sa flèche reste imperceptible à l’œil. C’est le domaine
d’usage normal du précontraint. L’effort de compression appliqué à la poutre par les câbles
(ici les élastiques) est supérieur à l’effort d’ouverture des fissures, il n’y a donc pas de fissure.
Du même coup, il n’y a également que très peu de flèche.
Après fissuration (cas de chargement 2 × 1,5 kg et 2 × 2 kg), le comportement devient
comparable à celui du béton armé. Les fissures s’ouvrent et une flèche significative se déve-
loppe au fur et à mesure que la charge augmente. Le dispositif de précontrainte mis en place
ici est sans adhérence, une seule fissure est donc attendue et c’est ce qui est observé.

A-II.3.1.2 Poutres réelles


Sont comparées ici la poutre béton armé qui a servi de référence jusqu’ici (As = 3,14 cm2) et
une poutre précontrainte de même géométrie et du même béton, calculée pour avoir la même
charge de rupture. Les caractéristiques constructives de ces deux poutres sont montrées sur la
figure A-II.3.3.

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À vide : pas de fissure et pas de flèche décelables à l’œil.

Charge = 2 × 1 kg : toujours pas de fissure ni de flèche décelables à l’œil.

Charge = 2 × 1,5 kg : une fissure unique, déjà assez large et une flèche visible.

Charge = 2 × 2 kg : fissure élargie et flèche plus marquée.

Figure A-II.3.2. Poutre précontrainte : évolution de la fissuration et de la flèche avec la charge appliquée.

Poutre béton armé


Quatre barres haute adhérence :
* section totale = 3,14 cm2,
* limite d’élasticité garantie = 500 MPa.

Poutre précontrainte
Deux câbles de section totale = 1 cm2 :
* limite d’élasticité garantie = 1 550 MPa,
* effort total de précontrainte appliqué = 120 kN.

Dispositif de précontrainte

Ancrages des câbles Gaines et coulis d’injection

Action de la précontrainte
120 kN 120 kN

Figure A-II.3.3. Caractéristiques des poutres précontraintes et béton armé comparées.

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Le dispositif constructif habituel de la précontrainte est schématisé sur la figure A-II.3.3. Des


câbles introduits dans des gaines ménagées à l’intérieur de l’élément à précontraindre sont
tendus avec l’effort désiré et bloqués à leurs extrémités par des dispositifs d’ancrage adéquats.
Ce sont les plaques d’appui associées à ces ancrages qui impriment à la structure l’effort de
compression égal à l’effort de tension dans les câbles. Un coulis de ciment injecté ensuite dans
les gaines assure, en durcissant, d’une part l’adhérence des câbles au reste de la structure,
d’autre part leur protection contre la corrosion.
Généralement, l’effort de précontrainte est calibré pour que, jusqu’à la charge maximum
envisagée en usage normal, tout l’élément reste comprimé, donc non fissuré.
Les aciers de précontrainte sont des aciers de très haute résistance, leur limite d’élasticité
garantie est voisine de 1 550 MPa (voir figure A-I.3.4). Ils sont de ce fait environ trois fois
plus résistants que les aciers de béton armé, dont la limite d’élasticité garantie est, à ce jour,
de 500 MPa. En conséquence, il en faut environ trois fois moins pour renforcer un élément
comparable comme on peut le constater sur les données de la figure A-II.3.3. Le prix des
aciers augmentant moins vite que leur résistance, il y a là une source d’économie qui participe
à la compensation du surcoût associé à la plus grande technicité du précontraint. En contre-
partie de leur très haute limite élastique, les aciers pour précontraint sont moins ductiles, leur
allongement ultime est deux à trois fois plus faible que celui des aciers de béton armé les plus
courants (voir figure A-I.3.4).
La comparaison des comportements des deux poutres est illustrée sur la figure A-II.3.4.
P
Poutre précontrainte (P)
(kN)
80
70
60
Poutre béton armé (BA) Phase de rupture
Pf-P
Phase de comportement
Charge maximum en usage normal linéaire fissuré
40
Phase de transition
30
après fissuration
20
Pf-BA Phase de comportement
10 non fissuré

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)
Flèches à la charge maximum
en usage normal, P et BA

Figure A-II.3.4. Comparaison béton armé-béton précontraint.

Constatations
Comme escompté, dans le cas de la poutre précontrainte, la phase de comportement non
fissuré (tracé en pointillé noir) est prolongée jusqu’au-delà de la charge maximum en usage
normal. Cela lui confère, dans le domaine d’usage normal, deux avantages sur la poutre béton
armé (qui, elle, fonctionne en mode fissuré) :
• une flèche beaucoup plus faible ;
• une meilleure étanchéité et une meilleure imperméabilité aux agents agressifs venant de
l’environnement.

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La phase de comportement linéaire fissuré (tracés en trait plein noir) de la poutre précon-
trainte est très courte. Mais, contrairement au cas de la poutre béton armé, elle intervient
au-delà de la charge de service et ce n’est alors pas un handicap.
Nota
Après fissuration, une poutre précontrainte se comporte comme une poutre béton armé dont
les armatures sont les aciers de précontrainte. Ceux-ci étant en section environ trois plus faible
que les aciers de la poutre béton armé comparable, ils sont environ trois fois plus sollicités
(leur qualité permet d’y résister) et s’allongent environ trois fois plus. C’est pourquoi, dans
cette phase de comportement linéaire fissuré, la pente de la courbe flèche-effort de la poutre
précontrainte est environ trois fois plus faible que celle de la poutre béton armé.

La phase de rupture (tracés en trait plein gris) est semblable pour les deux poutres. Elle est
cependant plus courte dans le cas de la poutre précontrainte car les aciers de précontrainte
sont moins ductiles.

A-II.3.2 Réflexion sur la résistance optimum des aciers


S’il est plus économique d’utiliser des aciers de très haute résistance, pourquoi ne pas les
utiliser aussi en béton armé ?
La réponse se trouve dans la comparaison des pentes des courbes flèche-effort en phase de
fonctionnement linéaire fissuré (tracés en trait plein noir) des poutres précontraintes et béton
armé (figure A-II.3.4). À effort à reprendre égal, des aciers plus résistants sont nécessaires en
plus petite quantité et sont plus fortement sollicités. Il s’ensuit, en phase fissurée (le domaine
du béton armé), des déformations plus importantes qui induisent une flèche et des ouvertures
de fissure plus importantes, incompatibles avec ce qui est attendu d’un élément en béton
armé. Ce n’est donc pas la métallurgie qui limite la résistance des aciers utilisés en béton armé,
mais un compromis entre résistance et déformation.
En précontraint, cette limitation est hors sujet. Plus les aciers sont résistants mieux c’est et
seul le rapport résistance/prix fixe l’optimum pour la résistance des aciers de précontrainte.

A-II.4 Résistance aux effets de l’effort tranchant


L’effort tranchant est une sollicitation de cisaillement qui a pour conséquence une déforma-
tion de distorsion (transformation d’un rectangle en parallélogramme). Comme pour l’adhé-
rence, qui entraîne aussi une sollicitation de cisaillement, le système y répond par le jeu
conjoint de bielles comprimées inclinées et de tirants dans une autre direction.

A-II.4.1 Illustration des mécanismes mis en jeu


A-II.4.1.1 Cas de structures à barres
Prenons l’exemple de la figure A-II.4.1 : un cadre fabriqué avec un jeu de construction. Les
forces agissantes, indiquées sur la figure, sont une charge P et la réaction d’appui égale et
opposée à P. Les deux développent ensemble un effort tranchant |V| = |P|.

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Réaction = -P
≡ V

Figure A-II.4.1. Sollicitation d’un cadre par un effort P induisant un effort tranchant |V | = |P |.

La figure A-II.4.2 illustre la déformation possible de ce cadre et les moyens d’y résister.

a) À défaut de dispositif particulier, l’effort tranchant distord le cadre qui se


transforme en parallélogramme.
Une diagonale s’allonge, l’autre se raccourcit.

b) On peut s’opposer à la déformation du cadre en installant une diagonale


comprimée.
Il s’agit alors nécessairement d’un élément rigide.

c) Une autre solution est la mise en place d’une diagonale tendue.


Dans ce cas, il peut s’agir d’un élément souple, ici matérialisé par un fil.

Figure A-II.4.2. Déformation induite par un effort tranchant et moyens d’y résister.

On voit que la résistance à un effort tranchant passe par le développement de capacités de


résistance, en compression ou en traction, obliques par rapport à l’effort tranchant.
Les portails en bois ou les contrevents que chacun peut observer tous les jours en donnent une
illustration évidente. Des exemples sont proposés sur la figure A-II.4.3.

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Une diagonale comprimée assure la résistance à l’effort


tranchant.
C’est le cas général. En effet, en menuiserie ou charpente tradi-
tionnelle, les assemblages comprimés sont les plus efficaces.

Ici encore une diagonale comprimée assure la résistance à l’effort


tranchant.

Ici c’est une diagonale tendue qui assure la résistance à l’effort


tranchant.
Le cadre métallique, soudé, assure des assemblages aussi effi-
caces en traction qu’en compression.

Figure A-II.4.3. Contrevents et portails réels et dispositifs pour résister à l’effort tranchant.

A-II.4.1.2 Cas des structures à âme pleine et continue


C’est le cas général des éléments en béton armé.
Contrairement au cadre du premier exemple, les poutres et les structures courantes en béton
armé ne sont pas constituées de barres articulées bien individualisées mais ont une âme pleine
et continue. Âme dans laquelle n’est initialement individualisée aucune diagonale comprimée
ou tendue.

Schématisation
Elle est proposée sur la figure A-II.4.4 où l’âme pleine et continue est matérialisée par une
feuille de papier tendue fermement tenue à la périphérie du cadre précédent.

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On y voit que, même si au départ aucune diagonale comprimée n’est identifiée, celle-ci appa-
raît spontanément, délimitée par les fissures d’effort tranchant.

a) Avant déformation.

b) Tant que l’âme de cette structure, la feuille de papier, garde son intégrité, la
distorsion du cadre (sa déformation en parallélogramme) reste imperceptible.
La plissure du papier est le témoin :
– d’une forte tension selon la diagonale tendue ;
– d’une compression, cause de la plissure, dans la direction perpendiculaire (à
laquelle l’absence de rigidité en compression de la feuille de papier ne permet
d’opposer aucune résistance).

c) L’effort tranchant augmentant, des déchirures obliques zèbrent l’âme en


papier de cette structure et la distorsion du cadre devient visible.
– Les déchirures sont orientées perpendiculairement à la diagonale tendue et
sont plus ouvertes à mi-hauteur de l’âme.
– Elles découpent une bande intacte matérialisant la diagonale comprimée.

Figure A-II.4.4. Déformations et fissures induites par un effort tranchant dans le cas d’une structure
avec âme pleine. Celle-ci est ici matérialisée par une feuille de papier tendue à l’intérieur du cadre.

A-II.4.2 Poutres réelles


Ce sont les aciers transversaux disposés en position et quantité convenables, les bielles de
béton comprimé obliques et les aciers longitudinaux qui assurent la résistance aux effets de
l’effort tranchant. Les aciers transversaux peuvent être verticaux ou obliques. Dans la pratique,
la préférence est donnée aux aciers verticaux et c’est le choix des poutres considérées ici.

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A-II.4.2.1 Pourquoi préférer des aciers transversaux verticaux ?


Les aciers transversaux obliques ont une efficacité
maximum, car ils sont perpendiculaires aux
fissures à coudre. Mais :
– ils doivent être orientés dans la bonne direction
⇒ attention au risque d’erreur ;
– leur inclinaison change au long d’une poutre, là
où le signe de l’effort tranchant change ;
– le ferraillage est beaucoup plus délicat à
assembler.

Dans un cas de sollicitation alternée, les aciers ne


sont bien orientés que dans une alternance sur
deux. Dans l’autre alternance, ils sont parallèles
aux fissures et sont inefficaces. Ce qui est
éminemment dangereux !
Il faudrait donc superposer deux jeux d’aciers
transversaux, un selon chacune des inclinaisons
nécessaires. ? ? ?

Figure A-II.4.5a. Comparaison des aciers transversaux obliques et verticaux : aciers obliques.

Même angle

Les aciers transversaux verticaux sont beaucoup


plus faciles à mettre en place.
Ils font toujours le même angle avec les fissures,
quel que soit leur sens d’inclinaison, d’où :
– pas de risque d’erreur ;
– même efficacité, quels que soient le signe de
l’effort tranchant et le sens d’inclinaison des
fissures.

Figure A-II.4.5b. Comparaison des aciers transversaux obliques et verticaux : aciers verticaux.

A-II.4.2.2 Observations et synthèse


Les deux poutres ci-après apportent des éléments d’observation. Il s’agit de poutres de labo-
ratoire de la même série que celles déjà observées pour l’étude de la résistance au moment
fléchissant. Ce sont :
• d’une part, la poutre déjà observée pour la résistance au moment fléchissant, renforcée
avec As = 6,16 cm2, contenant les aciers transversaux qui conviennent et de charge ultime
= 150 kN ;
• d’autre part, la même poutre, mais sans aciers transversaux.

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Avec les aciers transversaux nécessaires. Sans aciers transversaux.

P P

À la charge
de fissuration

Pas de différence entre les deux poutres.


P P

À la charge
de 70 kN

C’est la charge maximum d’usage de la poutre fabriquée avec les aciers transversaux qui conviennent : toujours
pas de différence et pas encore de fissure inclinée.

P P

À la charge de
80 kN.

Apparition des premières fissures inclinées Rupture d’effort tranchant, brutale et sans
près des appuis, en prolongement de fissures signe avant-coureur, dès l’amorce de la
de flexion verticales. première fissure inclinée. C’est une rupture
fragile ⇒ dangereuse.
Entre 80 et 150 kN
P

De nouvelles fissures inclinées apparaissent,


les anciennes se développent et s’élargissent,
puis à 150 kN : rupture de flexion.

À la rupture : fissures d’effort tranchant (le long Photo après rupture fragile par effort tranchant,
des fissures : suivi de leur développement charge = 80 kN.
en fonction de la charge en kN).

Figure A-II.4.6. Comparaison de la fissuration et de la rupture, avec et sans aciers transversaux.

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La disposition des aciers transversaux de la première poutre est visible sur les croquis de la
figure A-II.4.6. Leur distribution est plus dense entre points de chargement et appuis où
l’effort tranchant est maximum. Entre les points de chargement, l’effort tranchant est nul,
mais le règlement impose d’y maintenir une quantité minimum d’aciers transversaux.
L’évolution de la fissuration de ces deux poutres et leurs faciès de rupture sont comparés sur
la même figure A-II.4.6. Leurs courbes flèche-charge sont comparées sur la figure A-II.4.7.
Conformément à ce qui précède, on s’attend à ce que l’effort tranchant induise des fissures
inclinées, d’abord à proximité des appuis où l’effort tranchant est maximum.
P
(kN)
Avec aciers transversaux
160
140
120
100
80 Sans aciers transversaux
60
40 Pour les deux poutres :
Pf As = 6,16 cm2

5 10 15 20 25 30 35 40 f (mm)

Figure A-II.4.7. Courbes flèche-charge avec et sans aciers transversaux.

A-II.4.2.2.1 Observations
Jusqu’à l’apparition de la première fissure inclinée, les deux poutres se comportent (fissuration
et flèche) de façon identique.
Jusqu’à ce niveau de charge, le béton seul suffit pour résister aux effets de l’effort tranchant et
les aciers transversaux, lorsqu’ils sont présents, ne sont pas sollicités. À part ces aciers transver-
saux qui ne sont pas sollicités, ces deux poutres sont identiques. Il est alors normal qu’elles se
comportent de façon identique.
À l’apparition de la première fissure inclinée, les aciers transversaux deviennent
indispensables.
• S’ils sont présents, ils cousent les fissures inclinées pour retenir leur ouverture.
• S’ils sont absents, rien ne freine le développement de la fissure inclinée et c’est la rupture
brutale.
S’agissant de la poutre avec aciers transversaux, elle continue à résister après l’apparition de la
première fissure inclinée. Les fissures initiales se développent et il en apparaît d’autres.
L’ensemble des fissures inclinées découpe des bandes intactes matérialisant des diagonales
comprimées conformément à la schématisation de la figure A-II.4.4.
Également en accord avec cette schématisation, les fissures les plus développées sont claire-
ment plus ouvertes à mi-hauteur de la poutre. Avec l’inclinaison, c’est la deuxième caractéris-
tique des fissures d’effort tranchant.
Bien que fortement sollicitée à l’effort tranchant, ce dont témoignent ses fissures inclinées très
développées, la poutre périt de façon ductile en flexion.

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Les aciers transversaux sont en effet calculés pour assurer une résistance à l’effort tranchant
outrepassant légèrement la résistance en flexion, assurant ainsi une ruine en flexion, plus ductile.

A-II.4.2.2.2 Conclusion
L’absence d’aciers transversaux est dangereuse. Elle fait courir le risque d’une rupture précoce,
fragile et désastreuse.
Dans l’exemple vu ici, à la charge maximum d’usage prévue (70 kN), la poutre sans aciers trans-
versaux se comportait aussi bien que l’autre correctement armée, sans aucun signe d’alerte.
Pourtant, un léger dépassement de cette charge (à 80 kN), donc sans aucune marge de sécurité
vis-à-vis de la charge maximum d’usage prévue, la précipitait dans une rupture brutale.
Attention, la charge d’apparition des fissures inclinées et de rupture brutale de la poutre non
armée transversalement n’est pas systématiquement supérieure à la charge maximum d’usage
escomptée comme dans le cas de cet exemple. Elle dépend en fait de la géométrie de la poutre
et peut être très inférieure à la charge d’usage visée.

A-II.4.3 Schématisation du fonctionnement


A-II.4.3.1 Analogie du « treillis de Ritter-Mörsch »
Elle découle des contributions complémentaires, en 1899, de l’ingénieur suisse Wilhelm
Ritter et, en 1902, de l’ingénieur allemand Emil Mörsch.
Elle compare une poutre en béton armé fissurée par l’effort tranchant à une poutre métallique
en treillis.
Les barres comprimées sont constituées par, d’une part, les bielles obliques comprimées
découpées par les fissures inclinées, d’autre part, la zone de béton comprimé participant à la
résistance au moment fléchissant. Les barres tendues sont respectivement les aciers transver-
saux et les aciers longitudinaux. La figure A-II.4.8 illustre cette analogie.
Il faut noter que cette schématisation ne vaut qu’une fois les fissures inclinées totalement déve-
loppées. La poutre est alors à l’ultime stade avant une éventuelle rupture par effort tranchant.

Fc
V z
Zones résistantes en compression développées dans une
Fs poutre fissurée à l’effort tranchant.

Fc
V z
Poutre en treillis simulant une poutre béton armé.
Fs

Figure A-II.4.8. Analogie de Ritter-Mörsch.

Dans une poutre en treillis, pour mesurer le rôle d’une barre (comprimée ou tendue), une
solution est de la couper puis de mesurer ou calculer l’effort à appliquer pour rétablir l’équi-
libre. La figure A-II.4.9 illustre son application à l’armature transversale.

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V
On coupe une armature transversale.

V
V On rétablit l’équilibre avec un effort (en gris clair) qui
remplace l’effet de la barre. C’est un effort vertical = V.

Figure A-II.4.9. Treillis de Ritter-Mörsch : effort dans les barres simulant des armatures transversales verticales.

Le schéma du haut montre le désordre apporté par la coupure de cette armature et le schéma
du bas l’effort à appliquer pour rétablir l’équilibre. Cet effort doit équilibrer l’effort descen-
dant vertical V, il est donc un effort vertical montant égal à V. Ceci est un résultat important,
qui s’exprime comme suit.

Dans le cas d’armatures transversales verticales, chaque barre tendue du treillis de Ritter-Mörsch
simulant l’armature transversale reprend un effort vertical égal à l’effort tranchant V.
Dans le cas d’armatures transversales obliques, c’est la composante verticale de l’effort repris
qui doit égaler V.

A-II.4.3.2 Équilibre d’un nœud courant et du nœud d’appui


Cet équilibre est illustré sur la figure A-II.4.10.
Vmax
VA
+ VC

VC
ui
pp
,a
cw
F

cw
F

Ft,appui A Ft C
Rappui Fsw = VC

Figure A-II.4.10. Équilibre d’un nœud courant, le nœud A, et équilibre du nœud d’appui.

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A-II.4.3.2.1 Nœud courant


On note que l’armature transversale à l’abscisse A reprend, et donc doit être calculée pour,
l’effort tranchant à l’abscisse C. Ce décalage générateur d’économie (car |VC | < |VA |) sera
exploité par le règlement.
De plus, l’équilibre de ce nœud met en évidence que le mécanisme de résistance à l’effort
tranchant impose un effort DFt dans l’armature tendue qui s’ajoute à l’effort qu’elle reprend
pour résister aux effets du moment fléchissant seul.
Enfin, les bielles de béton découpées par les fissures inclinées sont sollicitées par un effort de
compression Fcw. Il faudra vérifier qu’elles sont capables d’y résister.

A-II.4.3.2.2 Nœud d’appui


Ce n’est plus l’armature transversale, mais la réaction d’appui, qui apporte la troisième
composante de l’équilibre. V et Fcw y ont leur valeur maximum. Surtout, l’effort addi-
tionnel DFt,appui dans l’armature tendue prend ici un relief particulier.
Alors que pour résister au moment seul, la section nécessaire d’aciers longitudinaux sur appui
est nulle, pour reprendre DFt,appui, il faut ici spécifiquement prolonger et ancrer sur appui une
part suffisante des aciers en travée.
Ne pas respecter ce dernier point fait courir un risque de rupture fragile généralement meur-
trier. Toute une travée tombe en bloc, sans signe avant-coureur, et écrase toute personne qui
se trouve au-dessous. Cela est illustré par la schématisation de la figure A-II.4.14.

Figure A-II.4.11. Type de rupture risquée par l’absence d’ancrage de l’armature longitudinale


sur appui d’extrémité. C’est une rupture fragile et, dans ce cas, généralement meurtrière.

L’ensemble de ces points est regroupé sous la dénomination « Conditions d’appui » (son trai-
tement réglementaire est exposé au § B-III.4.4).

A-II.5 Éléments continus


Dans les constructions réelles, la majorité des poutres et éléments assimilés (dalles) sont
continus. Ce qui implique des moments de continuité sur appuis et une interaction entre
travées voisines.
L’exposé s’appuie sur le cas le plus simple d’élément continu : une poutre avec console.
Nota
Une « console » n’est pas une « travée », mais pour les besoins de la démonstration faite ici, elle
apporte les mêmes enseignements.

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A-II.5.1 Moment de continuité, réaction d’appui, déformée


et positionnement de l’armature dans un élément continu
Voir figure A-II.5.1.
Sur les appuis de continuité, le moment est négatif, de signe opposé à ce qu’il est en travée,
avec pour conséquence :
• une inversion de la courbure ; en travée, la concavité de la déformée est tournée vers le
haut, sur les appuis de continuité, elle est tournée vers le bas ;
• en travée, la zone tendue de l’élément et les armatures de flexion associées sont position-
nées en partie inférieure ; sur les appuis de continuité, zone tendue et armature associée
sont en partie supérieure.

Sur un appui de continuité : la concavité de la


déformée est tournée vers le bas et l’armature est
placée en partie haute de la section.

Mappui
Pc P

Diagramme du moment fléchissant : sur appui de
continuité M < 0
+
Mtravée

Diagramme de l’effort tranchant : sur appui de


continuité, il y a un renforcement de |V| et de la
|V| > P/2 P réaction, et, par compensation, une diminution sur
+
l’autre appui (les efforts appliqués et les réactions
– – |V| < P/2 ont été dessinés en regard du diagramme V pour
Pc
mettre en évidence la relation entre leur ampli-
Réactions
tude et l’évolution de V).

Figure A-II.5.1. Moment fléchissant, effort tranchant, déformée et position de l’armature dans un élément
continu. Illustration avec l’exemple d’une poutre avec console.

A-II.5.2 Interaction entre travées voisines :


cas de chargement à considérer
Dans le cas des éléments continus, le cas de chargement le plus défavorable n’est pas systéma-
tiquement le cas « tout chargé ».
Il est nécessaire d’envisager toutes les combinaisons de chargement. Celles-ci et les consé-
quences de leur ignorance sont illustrées sur la figure A-II.5.2.

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Tout chargé : c’est le cas le plus défavo-


rable pour la section sur appui de conti-
nuité. C’est le cas à partir duquel sera
déterminée la section de l’armature
supérieure.

Seulement la travée chargée : c’est le


cas le plus défavorable pour la travée.
C’est le cas à partir duquel sera déter-
minée la section de l’armature
inférieure.
Par rapport au cas précédent, la console
apporte un contrepoids moindre, dont
la conséquence est visible par une
flèche en travée plus importante.

Dans le cas tout chargé, l’armature infé-


rieure en travée peut être arrêtée sans
dommage bien avant l’appui de
continuité.

En revanche, elle s’avère alors trop


courte lorsque la console est déchargée
⇒ toujours continuer l’armature infé-
rieure en travée jusque sur l’appui de
continuité.

La longueur de l’armature supérieure


doit être déterminée dans le cas où la
console est chargée (moment de conti-
nuité maximum) et la travée déchargée.
Bien que convenant dans les autres cas,
l’armature supérieure s’avère trop
courte dans ce cas.

Figure A-II.5.2. Poutre avec console : les différents cas de charge à considérer pour un dimensionnement correct.

À retenir
Dans les systèmes continus :
–– le cas « tout chargé » n’est pas le cas le plus défavorable, mais seulement l’un des cas
défavorables ;
–– des cas de travée déchargée peuvent être particulièrement défavorables.

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Partie B

Bases réglementaires
et calculs de base

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SECTION B-I

Préambule

B-I.1 Champ couvert par les applications envisagées


En s’appuyant sur le socle de base qu’est la Partie A, la suite de l’ouvrage se limite à « ce qu’il
suffit de retenir pour les bâtiments courants en conditions courantes ».
En conservant le même souci d’approfondissement et d’explication que dans la Partie A,
l’exposé est allégé de tous les points réglementaires ou applications qui n’entrent pas dans le
cadre ci-dessus.

B-I.1.1 Bâtiments courants en conditions courantes :


limites du domaine
B-I.1.1.1 Bâtiments courants
• Durée d’utilisation = 50 ans.
• Béton : un C25/30 (voir § B-II.3.1.1) sauf en bord de mer.
• Aciers HA S500 (voir § B-II.3.2.2).
• Hauteur suffisamment faible pour que le contreventement (voir le point suivant) puisse
être traité sans calculs spécifiques. Sauf exception y répondent déjà tous les bâtiments de
hauteur ≤ R + 3.
• Contreventement assuré par des murs en quantité et qualité suffisantes, d’où :
–– efforts développés par le vent sur les autres parties de la structure négligés.
–– appuis assimilables à des appuis simples.
–– poteaux en « compression réputée centrée » (voir section C-IV).
• Effets des variations de température et du retrait négligés grâce à la présence de joints en
nombre et disposition suffisants (voir § C-I.4.6.1).
• Pas de torsion.

B-I.1.1.2 Conditions courantes


• Pas d’environnement agressif, à l’exception des conditions de bord de mer et des murs
extérieurs non protégés du ruissellement de l’eau de pluie par un bardage ou un enduit.
• Actions climatiques extrêmes non dimensionnantes.
• Pas d’action accidentelle prise en compte.

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58 | Bases réglementaires et calculs de base

• Pas de calcul au feu.


• Pas de calcul sismique.

B-I.1.2 Type de calcul considéré


L’exposé détaillé du calcul est limité au cas de la flexion simple avec référence au « diagramme
Rectangle » (voir § B-III.2.4.1)

B-I.2 Organisation de l’exposé


L’exposé est centré sur le cas le plus courant : éléments loin de la mer et protégés de la pluie
(éléments intérieurs ou extérieurs protégés par un enduit ou un bardage) construits avec un
béton C25/30.
Les autres sont traités par l’indication, au fur et à mesure de la nécessité, des différences par
rapport au cas ci-dessus pris pour référence.

B-I.3 Conventions d’écriture


La référence au paragraphe ou chapitre du livre Béton armé : théorie et applications selon
l’Eurocode 2 (voir Avant-propos) développant le même point de façon plus approfondie est
signalée par des accolades. Par exemple {D-II.2.1}.
La référence à un article d’Eurocode est signalée entre crochets. Par exemple [4.2.1] réfère à
l’article 4.2.1 de l’Eurocode 2. La référence à l’ensemble des articles de numéro 4 s’écrit
[Section 4]. Si la référence concerne un article d’un autre Eurocode, cela est précisé entre les
crochets, par exemple [Section 2, Eurocode 1].
Les prescriptions qui relèvent de l’Annexe nationale française sont repérées par (AF).
La référence aux « Recommandations professionnelles françaises » est signalée en toutes
lettres.

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SECTION B-II

Bases réglementaires

B-II.1 Présentation des Eurocodes et conventions


B-II.1.1 Les Eurocodes
B-II.1.1.1 Documents réglementaires
La famille des Eurocodes
Les Eurocodes sont un ensemble cohérent de dix volets couvrant tout le domaine du calcul
des structures en génie civil. Cet ensemble est « aux états limites » (voir § B-II.1.1.2) et
« semi-probabiliste » (voir § B-II.1.1.3).
Les Eurocodes 0 et 1 constituent le socle commun à l’ensemble. L’Eurocode 2 traite du béton
armé et précontraint.
Pour information, les autres Eurocodes traitent des structures en acier, mixtes acier-béton, en
bois, en maçonnerie, en aluminium, des calculs géotechniques et de la résistance aux séismes.
La résistance à l’incendie fait l’objet d’un volet spécifique de l’Eurocode 2.

Les Annexes nationales


Pour un certain nombre de valeurs clés, les Eurocodes laissent une liberté de choix à l’inté-
rieur d’une fourchette donnée. Dans ces limites, la majeure partie de ces choix est dévolue aux
États qui, chacun dans son Annexe nationale, fixe la valeur à respecter. Ces choix, d’une part,
sont guidés par les conditions d’environnement propres à chaque pays (climat, sismicité,
etc.), d’autre part, traduisent des habitudes locales.

Recommandations professionnelles françaises


Alors que dans les règlements français antérieurs de nombreux articles étaient complétés par
des « commentaires » précisant leur interprétation ou proposant des alternatives, rien de tel
n’existe avec les Eurocodes.
En France, ce vide est comblé par les « Recommandations professionnelles pour l’application
de la norme NF EN 1992-1-1 (NF P 18-711-1) et de son Annexe nationale (NF P 18-711-1/
NA-Eurocode 2, partie 1-1) relatives au calcul des structures en béton ». Il y sera fait référence
par le raccourci « Recommandations professionnelles françaises ».

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60 | Bases réglementaires et calculs de base

B-II.1.1.2 États limites


L’Eurocode en considère deux types : l’état limite ultime (ELU) et l’état limite de service
(ELS). Chacun est un maillon de la gestion de la sécurité.

B-II.1.1.2.1 État limite ultime (ELU)


Les calculs s’appuient sur une modélisation du comportement en phase ultime (la phase de
rupture sur la figure A-II.2.12).
Deux cas sont distingués.

Dimensionnement vis-à-vis des actions courantes


C’est le calcul de base de tout le processus de dimensionnement.
Les actions sont les charges et autres actions envisageables en usage normal.
Les différents « coefficients pondérateurs » (voir § B-II.2 et {C-I.5.4}) intervenant dans la
chaîne de calcul sont alors calés pour aboutir à une résistance effective environ deux fois plus
élevée que la sollicitation maximum escomptée en usage normal (voir figure A-II.2.12). Cette
marge de deux est beaucoup plus qu’une marge de sécurité.
• Bien sûr, elle tient à l’abri du risque de ruine.
• Surtout, il est escompté qu’avec une telle marge, les contraintes dans les matériaux, la
fissuration et les déformations seront suffisamment faibles pour que les exigences de l’ELS
soient satisfaites.

Dimensionnement vis-à-vis des actions accidentelles


Les actions accidentelles sont relatives aux événements climatiques exceptionnels, incendies,
chocs de véhicule, explosions et séismes. Elles sont hors du champ considéré dans cet ouvrage.
Sous action accidentelle l’objectif est d’assurer le non-écroulement de l’édifice, peu importent
les fissures et les déformations. Même si après l’édifice est devenu impropre à l’usage et doit
être démoli, s’il ne s’est pas écroulé sur ses occupants le contrat a été rempli.
Ce calcul n’intervient qu’après le calcul vis-à-vis des actions courantes et ne devient dimen-
sionnant que lorsqu’il conduit à des sections d’acier et/ou de béton plus grandes que celles
découlant du calcul de base sous actions courantes.

B-II.1.1.2.2 État limite de service (ELS)


Les éléments sont alors en phase de comportement linéaire fissuré, à leur « charge maximum
en usage normal » (voir figure A-II.2.12). La modélisation qui sous-tend les calculs associés,
différente de celle qui prévaut à l’ELU, considère un comportement linéaire des matériaux.
L’objectif est de vérifier qu’en usage normal le dimensionnement obtenu à l’ELU assurera à
l’édifice, durant toute sa durée d’utilisation prévue, les qualités d’usage qu’on est en droit d’en
attendre. Celles-ci sont :
• des fissures suffisamment fines pour passer inaperçues et ne pas faciliter la corrosion des
aciers ;
• des flèches suffisamment faibles pour passer inaperçues, ne pas provoquer la fissuration des
carrelages, des cloisons et murs portés ni entraîner une déformation des cadres des portes
et fenêtres qui altérerait leur fonctionnement.
Le dépassement des limites admises n’entraîne qu’un désagrément, mais pas de risque de
ruine, aussi la marge de sécurité attachée à ces vérifications est-elle voisine de zéro.

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Bases réglementaires | 61

Pour les bâtiments courants en conditions courantes, le respect de règles de dimensionne-


ment, de dispositions constructives et de certaines limites calculatoires permet, dès le calcul à
l’ELU, d’assurer la satisfaction des exigences de l’ELS.

B-II.1.1.3 Gestion semi-probabiliste de la sécurité


Elle s’appuie sur deux volets.
• La prise en compte de la variabilité des grandeurs manipulées (propriétés des matériaux et
actions) à travers la notion de « valeur caractéristique » (voir § B-II.1.2.2 et {C-I.5.3}).
• Pour chaque état limite considéré, la prise en compte d’un jeu de « coefficients pondéra-
teurs » calés en fonction du risque encouru (voir § B-II.2). Ce sont :
–– d’une part, les « coefficients partiels de sécurité matériau » :
–– d’autre part, les « coefficients de pondération des actions ».

B-II.1.1.4 Gestion de la durabilité


Elle s’appuie sur la prescription, d’une part, d’un enrobage minimum des aciers cmin,dur,
d’autre part, d’une ouverture de fissure maximum admissible wmax.
L’un et l’autre sont conditionnés par la classe d’exposition (voir § B-II.4). cmin,dur dépend en
plus de la durée d’utilisation de l’ouvrage et de la qualité du béton utilisé (voir tableau
B-II.5.1).
Terminologie et notation
L’enrobage est la distance libre entre une barre et le parement le plus proche. Il est désigné par
la lettre c (comme cover en anglais). L’ouverture de fissure est désignée par la lettre w (comme
width en anglais).

B-II.1.2 Définitions et conventions


B-II.1.2.1 Actions, effets des actions et sollicitation, capacité résistante, valeurs de calcul
Actions
Ce sont les différents efforts agissant sur une structure. On distingue notamment le poids
propre G (G comme gravity), les actions variables non accidentelles dont la désignation géné-
rique est Q, les actions accidentelles ou exceptionnelles notées A.

Effets des actions


Ce sont les efforts et moments agissants découlant des actions Ils sont distingués par l’indice
E (comme effect en anglais).

Sollicitation
C’est la résultante de l’effet des actions (donc avec l’indice E) sur une section donnée. A
savoir : moment fléchissant ME, effort tranchant VE, éventuels effort normal NE et moment
de torsion TE.
Lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté possible, l’indice E est omis.

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62 | Bases réglementaires et calculs de base

Capacité résistante
Elle est repérée par l’indice R.
Par exemple, l’équilibre d’une section sous l’effet du moment fléchissant s’écrit MR ≥ ME, qui
signifie : « moment résistant de la section ≥ moment agissant ». La même syntaxe vaut pour
toute autre grandeur, notamment V, N et T.

Valeurs de calcul
Ce sont les valeurs ci-dessus après application de tous les coefficients pondérateurs prescrits
par Eurocode. Elles sont repérées par l’indice d désignant le calcul (comme design en anglais).
Par exemple : VEd = effort tranchant agissant de calcul et VRd = effort tranchant résistant de
calcul.

B-II.1.2.2 Valeurs caractéristiques


Elles s’appliquent aux capacités de résistance des matériaux et aux actions. Ce sont les valeurs
de référence pour les calculs.

B-II.1.2.2.1 Cas des propriétés mécaniques des matériaux


Leurs valeurs caractéristiques sont repérées par l’indice k. Pour les applications béton armé
chacune est calibrée de façon que, dans l’ouvrage définitif, il ne subsiste qu’un risque ≤ 5 %
qu’elle soit outrepassée dans le sens dangereux. Pour plus de détails voir {C-I.5.3.1.1}.
• Si une valeur trop faible est dangereuse, sa valeur caractéristique est calibrée pour que,
statistiquement, on puisse escompter que seulement 5 % des valeurs constatées in situ lui
soient inférieures ; elle est repérée par l’indice « k 0,05 ».
• Si au contraire une valeur trop forte est dangereuse, sa valeur caractéristique est calibrée
pour que 95 % des valeurs constatées in situ lui soient inférieures et seulement 5 % l’outre-
passent ; elle est repérée par l’indice « k 0,95 ».
Prenons l’exemple de la résistance en compression fc d’un béton de classe C25/30 (voir
§ B-II.3.1.1) fabriqué en centrale. Les résistances mesurées en laboratoire se répartissent
comme montrée sur la figure B-II.1.1.
Fréquence
ou nombre d’occurrences

33
29
32 37
31
33 35
29
33 36
28 30
32 35 38
27 31
34 36 39
25 28 30
33 37 39 41
25 27 31
34 36 38 41
22 26 28 29
32 37 38 42 43
19 23 24 27 30
34 35 39 40 44 48
Valeurs mesurées (MPa)
18 21 24 27 29 32 35 38 40 43 46 Tranches
à à à à à à à à à à à de
20 23 26 28 31 34 37 39 42 45 48
résistance

Figure B-II.1.1. Répartition des résultats d’essai obtenus sur un lot homogène d’échantillons.
Exemple traité ici : la résistance en compression d’un béton C25/30.

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Le plus grand nombre de valeurs est regroupé autour de la valeur moyenne qui vaut dans ce
cas fcm = 33 MPa. Plus on s’en éloigne, plus le nombre d’occurrences est faible. La résistance
caractéristique fck 0,05 d’un tel béton ne vaut que 25 MPa, significativement plus faible que sa
résistance moyenne fcm.
Une préparation moins soignée du béton aurait eu pour conséquences des résultats plus
dispersés se traduisant par un plus grand étalement de la courbe en cloche de la figure B-II.1.1
et un écart augmenté entre fcm et fck 0,05. Alors, pour respecter fck 0,05 = 25 MPa il aurait fallu
viser une résistance moyenne fcm plus élevée que 33 MPa.

B-II.1.2.2.2 Cas des actions


L’indice k est alors omis.
Pour le poids propre, les valeurs caractéristiques sont, selon le risque, les valeurs maximum
(Gsup) ou minimum (Ginf) les plus probables.
Pour les actions variables, chaque valeur caractéristique est la valeur maximum raisonnable-
ment escomptable. En effet, les actions variables sont non bornées par essence : s’agissant des
charges d’exploitation Q, elles sont limitées uniquement par un bon usage des locaux
concernés, quant aux actions climatiques, W pour le vent et S pour la neige, leur prédiction
reste floue.
Un lot de valeurs types, incluant les valeurs codifiées par Eurocode, est proposé aux
§ C-I.2 et 3.

B-II.1.2.3 Unités, conventions de signes et de représentation


Unités
Les contraintes sont exprimées en MPa, c’est-à-dire en MN/m2.
Dans les calculs, la cohérence impose d’exprimer les efforts en MN, les longueurs en m, les
aires en m2 et les moments en MN.m.
Les données et les résultats sont souvent exprimés dans des unités différentes. En pratique :
les contraintes sont toujours exprimées en MPa, les efforts généralement en kN puis les
moments en kN.m.
Nota
F = 1 newton = 0,1 kilogramme force ; F = 1 kN = 100 kg force ; F = 1 MN = 100 000 kg force
= 100 tonne force.

Convention de signes
• Efforts normaux N : compressions positives.
• Efforts verticaux pour le calcul de l’effort tranchant et du moment fléchissant : efforts
montants positifs.
• Effort tranchant V = S des actions et réactions à gauche de la section considérée. Son signe
découle de la convention pour les efforts verticaux ⇒ actions ou réactions montantes
positives.
• Moment fléchissant M = S des moments par rapport à la section considérée des actions et
réactions à sa gauche.
Le moment de chaque action ou réaction de gauche est compté positif si celle-ci est posi-
tive, donc montante ⇒ s’il fait tourner dans le sens des aiguilles d’une montre.

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Conséquence : le moment fléchissant est positif en travée et négatif sur appuis.


Avec cette convention de signes :
• V = dM/dx avec x = abscisse parallèlement à la trace de l’élément.
• Les actions G et Q ou p/m, descendantes, sont négatives. Dans la pratique, elles sont
toujours exprimées en valeur absolue (positive).

Convention de représentation
Sans rien imposer, Eurocode utilise la représentation illustrée sur la figure B-II.1.2 ci-dessous.
C’est la convention suivie dans cet ouvrage.
• Le diagramme de l’effort tranchant V est tracé, de façon traditionnelle, avec l’axe positif
montant ⇒ sauf exception le diagramme V est montant au droit de chaque réaction et
descendant en travée.
• Le diagramme du moment fléchissant M est tracé du côté de la fibre tendue. D’où :
–– les aciers tendus sont disposés dans chaque section du côté du diagramme M,
–– la forme générale du diagramme M rappelle (de façon lointaine) celle de la déformée,
–– en contrepartie, l’axe positif des moments doit être descendant.
F Actions et réactions

Effort tranchant
+V
+ +

Moment fléchissant

+ +
+M

Figure B-II.1.2. Signes et représentation : actions et réactions, diagrammes de l’effort tranchant


et du moment fléchissant.

B-II.1.3 Incertitude des calculs


Elle conditionne la précision à appliquer à l’écriture des résultats. Pour le traitement détaillé
de ce point, voir {D-I.2}.
• Incertitude des calculs

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Elle est ≥ 2 %. En conséquence, deux résultats qui diffèrent de moins de 2 % doivent être
considérés comme égaux.
• Précision recommandée pour les résultats
Pour être compatibles avec l’incertitude ≥ 2 %, les résultats doivent être écrits avec trois
chiffres significatifs au maximum.
Voici quelques exemples de résultats considérés comme égaux et par ailleurs exprimés avec
trois chiffres significatifs.
100 = 101 = 102 521 000 = 525 000 = 529 000
971 = 980 = 990 0,00238 = 0,00240 = 0,00242
97 = 98 = 99 (ici deux chiffres significatifs suffisent) 7,43 = 7,50 = 7,57
97,0 = 98,0 = 99,0 (La même chose que ci-dessus mais avec trois chiffres significatifs.)
Préciser 98,0 et ne pas se contenter de 98 stipule que le premier chiffre après la virgule est
significatif, c’est à dire qu’il s’agit bien de 98,0 et non, par exemple, de 98,1. Alors la préci-
sion d’écriture est de 0,1 %.

B-II.2 Coefficients pondérateurs faisant la marge


de sécurité
Les textes réglementaires les régissant sont regroupés dans [Eurocode 1, Annexe A1] et l’An-
nexe nationale (AF) y apporte des ajustements.
Ce sont, d’une part, les « coefficients partiels de sécurité matériau », d’autre part, les « coeffi-
cients de pondération des actions ».
Ils constituent le dernier échelon de la gestion de la sécurité et assurent le passage des valeurs
« caractéristiques » au valeurs « de calcul » repérées par l’indice d.

B-II.2.1 Coefficients partiels de sécurité matériaux


Ce sont les coefficients gc et gs ci-dessous. Ils sont appliqués aux capacités de résistance et de
ce fait n’interviennent que dans les calculs à l’ELU.

À l’ELU sous actions courantes


• Résistance en compression de calcul du béton : fcd = fck/gc   avec  gc = 1,5
• Limite d’élasticité de calcul de l’acier : fyd = fyk/gs   avec  gs = 1,15

À l’ELU sous action accidentelle (pour mémoire)


Le seul objectif étant alors le non écroulement de l’édifice, les coefficients de sécurité sont
réduits ⇒ fcd = fck/1,2 (ou fck/1,3 pour les calculs au feu)  et  fyd = fyk (on a alors gs = 1).

B-II.2.2 Pondération des actions 


Elle est présentée dans tous ses détails en {C-I.5.4.2}.
Sa forme générique est : action totale pondérée = gG.G + gQ.Q1 + Y0.Qi + Y1.Qi + Y2.Qi

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B-II.2.2.1 À l’ELU sous actions courantes


Action totale pondérée Su = 1,35 Gsup + Ginf + 1,5 Q1 + 1,5 ΣY0,i Qi
Gsup et Ginf sont des déclinaisons de G :
–– lorsque le poids G est défavorable, c’est le cas général, c’est sa valeur maximum Gsup
qui est prise en compte avec la pondération gG = 1,35 ;
–– lorsque le poids G est favorable, par exemple pour assurer l’équilibre au renverse-
ment, c’est sa valeur minimum Ginf qui est prise en compte avec la pondération
gG = 1 ;
–– sans variation ou incertitude significative de G, c’est le cas général, on a Ginf = Gsup
alors noté G.
–– Q1 est l’action variable « principale » ; elle s’applique directement sur l’élément
considéré.
–– ΣY0,i Qi est la somme des actions variables « d’accompagnement ». Chacune d’elles
appartient à une autre famille que l’action principale. En tant qu’action d’accompa-
gnement elle n’est pas prise en compte au niveau de sa valeur caractéristique Qi mais
à un niveau plus faible défini par le coefficient réducteur Y0. En bâtiments courants
les actions d’accompagnement découlent généralement des effets du vent.
–– Les valeurs du coefficient Y0 selon les circonstances ainsi que celles des coefficients
Y1 et Y2 vus plus loin sont rapportées dans ce livre au § C-I.3, tableau C-I.3.1.

Bâtiments courants
On a généralement Ginf = Gsup noté G. Si de plus le bâtiment est contreventé par des murs
reprenant seuls les effets du vent il n’y a généralement pas d’action d’accompagnement à
prendre en compte. La pondération s’écrit alors comme suit.
• Lorsque le poids est défavorable : action totale pondérée Su = 1,35 G + 1,5 Q
• Lorsque le poids est favorable : action totale pondérée Su = G + 1,5 Q

B-II.2.2.2 À l’ELU sous action accidentelle (pour mémoire)


Gsup + Ginf + Ad + (Y1,1 ou Y2,1) Q1 + ΣY2,I Qi
où Ad = valeur de calcul de l’action accidentelle.

B-II.2.2.3 À l’ELS
Trois combinaisons doivent être distinguées. L’ELS n’incluant aucun coefficient de sécurité
les coefficients de pondération sont égaux à 1.
• Combinaison caractéristique
Sser,k = Gsup + Ginf + Q1 + ΣY0,i Qi
C’est la combinaison de vérification de non-dépassement des contraintes maximums
admises en service pour le béton et l’acier.
• Combinaison quasi permanente
Sser,qp = Gsup + Ginf + ΣY2,i Qi
C’est la combinaison des vérifications relatives aux limitations de l’ouverture des fissures et
des flèches. En béton armé ce sont les vérifications les plus importantes.
Y2.Qi est la part quasi-permanente de l’action variable Qi.

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• Combinaison fréquente (son usage est limité au béton précontraint)


Sser,f = Gsup + Ginf + Y1,1 Q1 + ΣY2,i Qi
Y1.Qi est la part fréquente de l’action variable Qi.

B-II.3 Le béton, les aciers et l’adhérence en chiffres


Le béton armé a deux composants, le béton et les aciers, mais trois composantes, le béton, les
aciers et l’adhérence. Celle-ci est l’artisane indispensable de la synergie entre aciers et béton.

B-II.3.1 Béton [3.1] {C-II.1}


Chaque béton est représenté par sa résistance caractéristique (voir § B-II.1.2.2.1) en compres-
sion à 28 jours mesurée sur éprouvettes conservées dans l’eau ou en milieu humide. Celle-ci
définit sa « classe ».

B-II.3.1.1 Classe du béton et valeurs associées


La résistance en compression peut être mesurée sur cylindres ou sur cubes comme montré sur
la figure B-II.3.1.




h=2

Mesure c
c
Mesure cc

Zones
Zones perturbées
perturbées parpar
l’interaction
l’interaction avec
avec les
les
Zones
Zones perturbées
perturbées parpar plateaux
plateaux dede la
la presse
presse
l’interaction
l’interaction avec
avec les
les plateaux
plateaux
de
de la
la presse
presse Éprouvette
Éprouvette dans
dans son
son moule
moule Éprouvette
Éprouvette sur
sur la
la presse
presse

Enduit
Enduit au
au soufre
soufre ou
ou rectification
rectification

Mesure sur cylindres Mesure sur cubes

Figure B-II.3.1. Mesure de la résistance en compression du béton : sur cylindres et sur cubes.

La mesure sur cylindres est prise pour référence car elle préserve une zone de l’éprouvette
d’essai non perturbée par l’interaction avec les plateaux de la presse. C’est aussi la seule admise
pour les mesures de déformation. Par contre elle nécessite une préparation soigneuse (qui a
un coût) des faces de l’éprouvette au contact des plateaux de la presse.
La mesure sur cubes est beaucoup plus simple, donc à coût moindre. En effet, avec des
moules de qualité, deux faces moulées conviennent pour être appliquées sans autre prépara-
tion sur les plateaux de la presse. Par contre les zones perturbées par l’interaction avec les
plateaux de la presse envahissent une grande part du volume de l’éprouvette. Ceci a pour
conséquence des résistances mesurées plus élevées que celles, faisant référence, tirées d’essais
sur cylindres et aussi de rendre non significative toute tentative de mesure de déformation.
Pour tenir compte des pratiques de chaque pays et de chacun, chaque classe de béton est
désignée par un couple de deux valeurs. Par exemple, C25/30 qui signifie un béton (C) de

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résistance caractéristique en compression 25 MPa mesurée sur cylindres ou 30 MPa mesurée


sur cubes.
Les classes prises en compte par Eurocode vont de C12/15 à C100/115. Le tableau B-II.3.1
balaie les classes ≤ C50/60 et regroupe l’ensemble des valeurs qui peuvent en être déduites. (A
défaut de ce tableau, le règlement propose des formules permettant de calculer chacune
d’elles : [3.1] et {C-I.4 à 6}.)
Au passage, il convient de noter l’écart entre la valeur moyenne et la valeur caractéristique.

Tableau B-II.3.1. Résistances et modules de déformation à 28 jours en fonction de la classe du béton.

C40/50

C45/55

C50/60
C20/25

C25/30
C16/20

C30/37
C12/15

C35/45
Classe du béton

Résistance moyenne en compression (cylindres) 20 24 28 33 38 43 48 53 58


fcm (MPa)
Résistance caractéristique mesurée sur cylindres 12 16 20 25 30 35 40 45 50
fck (MPa)
Résistance moyenne en traction 1,6 1,9 2,2 2,6 2,9 3,2 3,5 3,8 4,1
fctm (MPa)
Résistance caractéristique en traction (fractile 5 %) 1,1 1,3 1,5 1,8 2,0 2,2 2,5 2,7 2,9
fctk,0,05 (MPa)
Résistance caractéristique en traction (fractile 95 %) 2,0 2,5 2,9 3,3 3,8 4,2 4,6 4,9 5,3
fctk,0,95 (MPa)
Module de déformation moyen (cylindres)
Ecm (GPa)
Avec granulats de quartz : 27 29 30 31 33 34 35 36 37
Avec granulats de basalte :+ 20% 32 35 36 37 40 41 42 43 44
Avec granulats de calcaire : – 10% 24 26 27 28 30 31 32 32 33
Avec granulats de calcaire : – 30% 19 20 21 22 23 24 25 25 26

Indices utilisés (rappel partiel)


Valeur relative au béton : indice c ; valeur expérimentale moyenne : indice m ; valeur
caractéristique : indice k ; traction : indice t ; compression : sous-entendu ⇒ pas d’indice.

B-II.3.1.2 Relation déformation-contrainte en compression


La figure B-II.3.2 montre, sur l’exemple d’un béton C25/30, les diagrammes, expérimental
moyen, caractéristique et de calcul.

Diagramme expérimental moyen


La courbe en compression simple est tirée d’essais sur cylindres.
Celle traduisant le comportement en flexion simple est déduite d’essais sur poutres non
présentés ici. Comme déjà vu et expliqué au § A-I.3.1.1, la déformation ultime accessible est
plus grande que celle accessible en compression simple.

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(MPa) Diagrammes réels moyens

Compression simple Flexion simple

fcm
30
Diag.
fck

cm
caractéristique

=E
20 nte Diag.
fcd
Pe

de calcul
0 ,4 fcm Diagramme schématique
10 parabole-rectangle

c (‰)
1 3
c2 = 2 ‰ cu2 = 3,5 ‰

Figure B-II.3.2. Diagrammes déformation-contrainte, expérimental moyen, caractéristique, de calcul du béton


en compression. Cas pris en exemple : un C25/30.

Diagramme caractéristique
Parmi les schématisations proposées par Eurocode, est retenu dans ce livre le diagramme
« Parabole-Rectangle » qui rappelle la réalité expérimentale. Pour les bétons ≤ C50/60 ses
caractéristiques sont les suivantes.
• La phase parabolique est limitée au raccourcissement ec2 = 2 ‰. Elle représente l’intégra-
lité du diagramme déformation-contrainte en compression simple et seulement la première
phase de celui-ci dans le cas d’une sollicitation de flexion.
• La phase rectangulaire reflète le bonus de raccourcissement disponible en flexion. Elle se
prolonge sans gain de résistance jusqu’à ecu2.
En flexion simple ecu2 = 3,5 ‰.
En flexion composée (pour mémoire car hors du domaine couvert par ce livre) :
–– ecu2 = 3,5 ‰ comme en flexion simple tant que la section conserve une zone
comprimée et une zone tendue ;
–– lorsque toute la section est comprimée, ecu2 est inférieur à 3,5 ‰ et d’autant plus
proche de ec2 = 2 ‰ que la compression est plus importante.
Eurocode admet également un diagramme simplifié, le diagramme « Rectangle », utilisable en
flexion seulement tant que ecu2 = 3,5 ‰. Il sera présenté au §B-III.2.4.1.

Diagramme de calcul
Il est semblable au diagramme caractéristique mais plafonne à la résistance de calcul
fcd = fck/gc avec, sous actions courantes, gc = 1,5.

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Module de déformation
Il intervient dans les vérifications à l’ELS pour les calculs de flèche et d’ouverture de fissures.
La valeur prise en compte doit refléter au plus près la réalité du terrain, il convient donc de se
référer à la valeur expérimentale moyenne.
Ecm est sa valeur sous actions de courte durée. Elle est déterminée, comme illustré sur la
figure B-II.3.2, à partir de la courbe déformation-contrainte expérimentale moyenne au
niveau 0,4 fcm.
Sa valeur sous actions de longue durée est plus faible, modifiée par le fluage. Elle peut être
jusqu’à trois plus faible. Voir {C-II.1.8.2}.

Coefficient de Poisson ν (nu)


ν = 0,2 tant que le béton n’est pas fissuré ; n = 0 lorsque le béton est fissuré.

B-II.3.1.3 Retrait et dilatation-contraction thermique


Leurs effets sur les structures des bâtiments courants peuvent être négligés si des joints « de
dilatation » ont été ménagés en nombre et disposition suffisants conformément au § C-I.4.6.1.

Retrait
En France, la déformation totale de retrait lorsque rien n’entrave son développement est
ecs ≈ 0,3 ‰. L’indice s réfère au retrait (shrinkage en anglais).

Dilatation et contraction thermique


Le coefficient de dilatation thermique est acθ = ecθ /Dq
avec Dq = variation de température et ecθ = déformation associée à la variation de
température.
Sa valeur est sensible à la nature des granulats. À défaut d’information plus précise, on peut
admettre : acθ ≈ 10.10–6/K   (avec K = degré Kelvin)

B-II.3.1.4 Cas où l’âge t du béton est différent de 28 jours


Pour tous les âges t > 28 jours, les calculs sont faits avec les valeurs à 28 jours.
Pour les âges t < 28 jours, il s’agit de vérifications en phase de construction ou d’ouvrages
chargés très précocement, il faut prendre en compte les résistances, plus faibles, effectivement
escomptées à cet âge t. Voir [3.1.2(6)] ou {C-II.1.7}.

B-II.3.2 Aciers [3.2] {C-II.2}


Les aciers courants pour béton armé :
• sont obligatoirement à haute adhérence (HA) ;
• ont une limite d’élasticité caractéristique fyk = 500 ; ils sont désignés par S500 ;
• sont de classe de ductilité B : leur capacité d’allongement caractéristique ultime euk est
≥ 50 ‰.

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B-II.3.2.1 Comportement mécanique


Il est mesuré en traction sur une base de longueur 5f encadrant la striction. Dans la mesure
où le flambement est empêché, le même comportement vaut aussi en compression.
La figure B-II.3.3 illustre le dispositif de mesure et rappelle les phases successives du compor-
tement jusqu’à la rupture (déjà présentées au § A-I.3.2.1).

Rupture
La barre garde
son intégrité Striction
(MPa)
600
Phase d’écrouissage
5f 500 puis rupture
400 Palier de plasticité
300 Limite d’élasticité fy

Pente = E s
200
Phase de comportement
f 100 élastique

5 10 15 20 25 30 100 à 150 e
Phases successives du comportement
Dispositif de mesure de es jusqu’à la rupture

Figure B-II.3.3. Aciers : dispositif de mesure de es et phases successives du comportement jusqu’à la rupture


(exemple d’un acier S500).

B-II.3.2.2 Données chiffrées pour les aciers S500 de classe de ductilité B


Elles sont synthétisées sur la figure B-II.3.4. On y trouve : un rappel du diagramme déforma-
tion-contrainte expérimental, le diagramme caractéristique et les deux variantes admises pour
le diagramme de calcul. La référence est la traction, ce que reflètent les notations.
| s |
(MPa) Diagramme réel
fy 600 ftk = kfyk Diagramme
fyk 500 ftk / s caractéristique
Diagramme de calcul
400 fyd option (b)
fyd = fyk / s
300 fsd,max option (a)
200
s (MPa) = 433 + 0,724.es (‰)
100 Pente = Es = 200 GPa

5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 |es|(‰)

eyd = fyd / Es eud = 0,9 euk euk

Figure B-II.3.4. Aciers pour béton armé S500 de classe de ductilité B : diagrammes déformation-contrainte
expérimental, caractéristique et de calcul.

Diagramme caractéristique
Module d’élasticité Es = 200 GPa
Limite d’élasticité fyk = 500 MPa. Elle est garantie par le fournisseur de l’acier.

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Phase de déformation plastique.


Elle est schématisée par une droite légèrement ascendante traduisant l’écrouissage.
A la déformation ultime admise : es = euk = 50 ‰, ss = ftk = 1,08 fyk.

Diagramme de calcul
Limite d’élasticité de calcul fyd = fyk/gs avec, sous actions courantes, gs = 1,15
Phase de déformation plastique : deux variantes.
a) Soit un diagramme déduit du diagramme caractéristique. Il prend en compte l’augmen-
tation de résistance par écrouissage et limite l’allongement à eud = 0,9 euk = 45 ‰.
b) Soit un diagramme simplifié, horizontal, qui ignore l’accroissement de résistance par
écrouissage mais n’impose aucune limite à l’allongement.

Option (a) en chiffres


C’est la plus économique. C’est celle qui prévaudra dans la suite.
Aciers S500 de classe de ductilité B
fyd = 500/1,15 = 435 MPa  ⇒  eyd = fyd/Es = 2,17 ‰   et  fsd,max = 466 MPa  ⇔  eud
= 45 ‰
Équation du diagramme déformation de calcul dans l’intervalle eyd ≤ es ≤ euk :
ss (en MPa) = 433 + 0,724.es (en ‰)

B-II.3.3 Adhérence [8.3 à 8.9] {C-II.3}


Rappel
Les grandeurs et valeurs associées sont repérées par l’indice b (comme bond).

B-II.3.3.1 Introduction
L’adhérence est mise en jeu dans les ancrages, les recouvrements, mais aussi, et son apport y
est essentiel, en pleine longueur des barres (voir § A-II.2.1.2). Comme vu aux § A-II.1.2 et
A-II.1.3 elle développe des efforts d’éclatement dont il convient de se prémunir.
En pleine longueur avec des aciers haute adhérence (HA), imposés par Eurocode, la capacité
d’adhérence est toujours suffisante ⇒ aucune vérification n’est requise.
Eurocode, dans un souci d’universalité, considère tous les cas ou situations envisageables.
Pour une application aux bâtiments courants l’auteur propose des simplifications. Celles-ci
amènent à des longueurs d’ancrage et de recouvrement quelquefois un peu plus grandes que
strictement nécessaire, mais leur incidence sur le poids d’acier reste suffisamment faible pour
être acceptable.
Enfin, en bâtiments courants on évite d’utiliser des barres de diamètre f > 25 mm et des
paquets de barres de diamètre équivalent fn > 32 mm. Le cas des treillis soudés sera traité plus
loin avec les dalles, au § C-III.2.4.2.

B-II.3.3.2 Prescriptions communes à tous les cas


Elles sont tirées de la formule de base dégagée au § A-II.1.2.1 dans le cas d’un ancrage total,
à savoir : ,b,total = f/4.fyk/fb  avec  fb = résistance ultime d’adhérence.

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À partir de là, elles incluent la prise en compte des valeurs « de calcul » (repérées par l’indice
d) et des coefficients de sécurité déjà vus auxquels s’ajoute un lot de coefficients h et a fonc-
tion du contexte (voir § B-II.3.3.2.1 et B-II.3.3.3.1).

B-II.3.3.2.1 Contrainte ultime d’adhérence de calcul fbd


En se limitant aux barres ou paquets de barres de diamètre ≤ 32 mm :
fbd = 2,25 h1 fctd   avec :
–– le coefficient 2,25 : calé sur les caractéristiques d’adhérence des aciers HA ;
–– fctd = résistance de calcul en traction calculée à partir de fctk,0,05 (voir tableau
B-II.3.1) ;
–– h1 = 1 si les conditions d’adhérence sont « bonnes » (voir la figure B-II.3.5), sinon
h1 = 0,7.

h  250 mm
quel que soit h

45°   90°
300 mm
h  600 mm
h  250 mm

250 mm

Bonnes conditions d’adhérence 1=1


Conditions d’adhérence médiocres 1 = 0,7
Bétonnage par coffrage glissant : conditions d’adhérence
médiocres

Figure B-II.3.5. Règles du choix h1 = 1 ou 0,7 pour déterminer la contrainte ultime d’adhérence fbd.

Pratiquement
• Pour les aciers inférieurs des poutres et dalles : h1 = 1
• Pour les aciers supérieurs des éléments de hauteur h > 25 cm : h1 = 0,7
⇒ longueurs d’ancrage et de recouvrement 1,4 fois plus longues (en effet 1,4 = 1/0,7) ;
c’est le cas courant des chapeaux des poutres.
• Pour les poteaux : h1 = 1. Mais nous verrons, quand leur cas spécifique sera traité
(§ C-IV.5.2.2), que d’autres éléments concourent à allonger les longueurs de
recouvrement.

B-II.3.3.2.2 Prévention de l’éclatement du béton d’enrobage


Il est assuré par, à la fois :
• Un enrobage effectif c ≥ cmin,b = max [f ; dg]
où f = diamètre de la barre ou du paquet concerné ; dg = diamètre des plus gros
granulats
• La couture du béton d’enrobage par un nombre suffisant de cadres.
Pour les ancrages droits ou courbes : les cadres déjà présents dans la zone (calculés pour
d’autres raisons) suffisent. Pour les recouvrements : voir § B-II.3.3.5.5.

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B-II.3.3.2.3 Longueur d’ancrage nominale ,bd,nom


C’est une notion créée par l’auteur. C’est la longueur d’ancrage nécessaire pour un ancrage
total dans des conditions standard, à savoir, bonnes conditions d’adhérence d’où h1 = 1 et
tous les coefficients a cités au § B-II.3.3.3.1 égaux à 1.
On a donc
,bd,nom = (f/4).(fyd/fbd,nom)   avec  fbd,nom = fbd calculé avec h1 = 1
Cette longueur servira de référence dans toute la suite de l’exposé. Sa valeur à retenir selon la
classe du béton est proposée dans le tableau B-II.3.2.

Tableau B-II.3.2. Valeurs de ,bd,nom selon la classe du béton (aciers S500 HA).

Classe du béton C25/30 C30/37 C35/45

fctd = fctk,0,05/gc 1,2 1,33 1,47


fbd,nom = 2,25 fctd 2,7 MPa 3,0 MPa 3,3
bd,nom = (f/4).(fyd/fbd,nom) ≈ 40 f ≈ 36 f ≈ 33 f

B-II.3.3.3 Ancrages droits


B-II.3.3.3.1 Ancrage droit total
La formule prescrite par Eurocode est :
,bd,total = a1.a2.a3.a4.a5.(f/4).(fyd/fbd) ≥ ,b,min précisé ci-dessous
qui s’écrit ,bd,total = a1.a2.a3.a4.a5.,bd,nom/h1 ≥ ,b,min précisé ci-dessous
Les valeurs des coefficients a sont précisées dans [8.4.4, tableau 8.2] et {tableau C-II.4.1}.
La simplification proposée dans cet ouvrage est d’ignorer les coefficients a. Elle conduit à
l’expression simple :

,bd,total = ,bd,nom/h1. ≥ ,b,min   avec ,bd,nom lu dans le tableau B-II.3.2 et :


–– en traction : ,b,min = max [0,3 ,bd,total ; 10 f ; 100 mm]
–– en compression : ,b,min = max [0,6 ,bd,total ; 10 f ; 100 mm]
Dans le cas des ancrages totaux (cas traité ici) on a toujours ,bd,total ≥ ,b,min.

B-II.3.3.3.2 Ancrage droit partiel


Lorsque l’effort à ancrer est inférieur à l’effort capable de la barre, on peut se contenter d’un
ancrage partiel, plus court. On a alors :

,bd,partiel = ,bd,total.(effort à ancrer/effort capable de la barre) ≥ ,b,min.


Ici, la vérification de ,bd,partiel ≥ ,b,min est essentielle.

B-II.3.3.3.3 Ancrage droit des paquets de barres


L’ancrage des paquets tendus de diamètre équivalent  fn ≤ 32 mm (paquets de trois barres
f ≤ 16 mm) et des paquets comprimés quel que soit fn peut être traité avec les règles des
barres isolées mais en utilisant leur diamètre équivalent fn.
Sinon, décaler les ancrages comme indiqué sur la figure B-II.3.6. Alors chaque barre est consi-
dérée ancrée individuellement et ,bd est calculé avec le diamètre effectif de chaque barre.

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bd  1,3 bd

bd bd

Figure B-II.3.6. Ancrage d’un paquet de barres avec décalage : exemple d’un paquet de trois barres.

B-II.3.3.4 Ancrages courbes des barres isolées


B-II.3.3.4.1 Généralités
Il est très délicat d’ancrer par courbure un paquet de barres pris en bloc. Aussi, le plus souvent
chaque barre est ancrée séparément.
Les ancrages courbes ne sont pas admis en compression.
Eurocode distingue les trois types illustrés ci-dessous. Ce sont : les « coudes » pliés à 90°, les
« crochets » pliés à 150° ou plus (c’est l’ancrage courbe le plus utilisé), les « boucles » pliées à
180°.

Fs
φ

Diamètre du mandrin
de pliage
Ancrage

°
150

Fs

Fs

Eurocode traite un ancrage courbe comme un ancrage droit replié sur lui-même. En consé-
quence, sa longueur développée est égale à la longueur de l’ancrage droit ,bd équivalent, avec
cependant des valeurs spécifiques pour certains coefficients a.
Un ancrage courbe fonctionne aussi comme une
ancre qui s’appuie sur le béton à l’intérieur de la
courbure. Il s’y développe un effort de compres-
sion qui, toutes choses égales par ailleurs, se traduit
par une contrainte d’autant plus forte que le rayon
de courbure de la barre est plus petit. Lorsqu’on est Compression du béton à
proche d’un parement, cela peut provoquer l’écla- l’intérieur d’un crochet F
s
tement du béton d’enrobage.

B-II.3.3.4.2 Propositions de l’auteur


Comme pour les ancrages droits :
• par simplification, ignorer les coefficients a ;
• faire référence à un ancrage « nominal » = ancrage courbe total calculé avec tous les coeffi-
cients a = 1 et h1 = 1.

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Géométrie des ancrages :


• pour un façonnage plus aisé et un encombrement horizontal plus faible : allonger la partie
rectiligne au-delà de la courbure pour la faire passer de 5 f à 10 f ;
• pour se prémunir d’une contrainte trop forte dans le béton à l’intérieur de la courbure :
augmenter à 10 f le diamètre du mandrin de pliage ; (Eurocode préconise de 4 f à 7 f).
La géométrie à laquelle aboutissent ces propositions est précisée sur la figure B-II.3.7.

10

10  10 
10

m = m =
h h
b b b1
b1

b2 b2
b,eq,eff b,eq,eff

Figure B-II.3.7. Ancrages courbes : géométrie proposée pour les coudes et crochets.

Nota
,b,eq,eff est une notation spécifique à cet ouvrage. L’indice « eff » précise qu’il s’agit de
l’encombrement effectif, contrairement à ,b,eq d’Eurocode qui, voir [8.4.4(2)], peut être
forfaitaire.

Il faut retenir :
,b1 + ,b2 = ,bd
,b1, invariable, est caractéristique de la géométrie choisie.
,b2 et ,b,eq,eff évoluent avec la longueur développée ,bd de l’ancrage, qu’il soit total ou
partiel.
,b2 = ,bd – ,b1
,b,eq,eff = encombrement horizontal de l’ancrage = ,b2 + fm/2 + f
avec fm = diamètre du mandarin de pliage et f = diamètre da la barre
hb = encombrement vertical de l’ancrage

Ancrages nominaux
Les ancrages nominaux sont ceux dont la longueur développée ,bd = ,bd,nom.
Leurs valeurs clés sont regroupées dans le tableau B-II.3.3.

Tableau B-II.3.3. Ancrages courbes nominaux : quelques valeurs clés.

C25/30 C30/37 C35/40


Ancrages courbes nominaux
bd,nom = 40f bd,nom = 36f bd,nom = 33f

hb ,b1 ,b2 ,b,eq,eff ,b2 ,b,eq,eff ,b2 ,b,eq,eff


Coudes 18f 21f 22f 28f 18f 24f 15f 21f
Crochets 24f 16f 16f 22f 12f 18f 9f 15f

Ancrages non nominaux


Ce sont les autres. Il s’agit des ancrages partiels (s’y applique la même règle que celle énoncée
au § B-II.3.3.3.2 pour les ancrages droits) et ceux où h1 ≠ 1 ou les deux à la fois.

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Proposition de l’auteur
Ne pas envisager d’ancrage partiel qui débuterait dans la partie courbe du coude ou crochet.
Donc longueur développée de l’ancrage partiel ≥ ,b1.
Alors, ,bd ≥ ,b,min est automatiquement respecté sauf pour les barres de diamètre f = 5 mm.

B-II.3.3.5 Recouvrements
B-II.3.3.5.1 Généralités
La longueur de recouvrement est désignée par ,0.
Le principe d’un recouvrement est l’ancrage mutuel des deux barres l’une sur l’autre.
• Sa longueur découle de la longueur d’ancrage droit.
• Son fonctionnement est exposé au § A-II.1.3 et illustré sur la figure A-II.1.10. Les efforts
d’éclatement induits peuvent nécessiter des aciers de couture spécifiques.

B-II.3.3.5.2 Précautions nécessaires


• Dans la mesure du possible, disposer les recouvrements à l’écart de la zone de sollicitation
maximum des barres concernées.
• Disposer les recouvrements de manière symétrique quelle que soit la section.
• Éviter la superposition de recouvrements dans la même zone, sinon la longueur de recou-
vrement doit être allongée.

B-II.3.3.5.3 Recouvrement de barres individuelles


Toujours pour simplification, il est proposé d’ignorer les coefficients a (pas tous identiques à
ceux spécifiés pour les ancrages).

Cas où une seule barre est en recouvrement dans la même zone


,0 = ,bd + a  ≥ ,0,min,
avec ,0,min = max [0,3 ,bd,total ; 15 f ; 200 mm]  différent de ,bd,min ancrages. 
a = distance libre a entre barres en recouvrement, à ajouter à ,bd lorsque a > 4 f ou 50 mm.

Cas où plusieurs barres sont en recouvrement dans la même zone


Si des superpositions ne peuvent être évitées, un coefficient pénalisant a6 doit être appliqué.
Deux recouvrements sont en superposition s’ils se superposent sur plus que 0,35 ,0 (Eurocode
dit « si leur décalage d’axe à axe est inférieur à 0,65 ,0 »).
Il est conseillé d’organiser les recouvrements de façon qu’ils soient :
–– ou bien franchement en superposition,
–– ou bien franchement en « non superposition » ; alors ils doivent être décalés de plus
que 1,3 ,0. (C’est la même règle que celle illustrée sur la figure B-II.3.8 pour les
paquets.)
La valeur de a6 se calcule comme suit.
1 ≤ a6 =  r1( en %) / 25 ≤ 1,5 (voir tableau B-II.3.4)
avec r1 (en %) = proportion de recouvrements en superposition. (Exemple, si dans une
zone une armature comprend 4 aciers et que dans cette même zone 2 sont en recouvre-
ment avec superposition : r1 = 2/4 = 50 %).

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Tableau B-II.3.4. Quelques valeurs de a6 en fonction de r1.

r1 £ 25 % 33 % 50 % > 50 %

a6 1 1,15 1,4 1,5

Noter qu’au niveau des attentes en pied de poteau (voir § C-IV.5.2.2), systématiquement
100 % des aciers sont en recouvrement avec superposition ⇒ systématiquement a6 = 1,5.

B-II.3.3.5.4 Recouvrement de paquets de barres


Recouvrir séparément chaque barre en décalant chaque recouvrement de 1,3 ,0 comme
illustré sur la figure B-II.3.8.
 1,3 0

0 0
Recouvrement de paquets de 2 barres
avec décalage, obligatoire pour les grosses barres
1,3 0 1,3 0 1,3 0 1,3 0

Barre relais ou éclisse


Recouvrement de paquets de 3 barres :
utilisation d'une barre relais aussi appelée « éclisse »

Figure B-II.3.8. Recouvrement de paquets de barres.

B-II.3.3.5.5 Couture des recouvrements


• Tant que f barres en recouvrement < 20 mm ou r1 ≤ 25 %, c’est le cas le plus courant en
bâtiments courants : pas de prescription spécifique ⇒ les cadres déjà présents dans la zone
suffisent.
• Sinon : appliquer la prescription du § A-II.1.3. Coudre le recouvrement avec des cadres
capables tous ensemble de reprendre un effort égal à l’effort transmis dans le
recouvrement.
⇒ section totale des cadres assurant la couture = SAst ≥ As en recouvrement.
Les Recommandations professionnelles françaises proposent de les répartir uniformément
sur la longueur du recouvrement.

B-II.4 Classes d’exposition


Elles définissent le degré d’agression par l’environnement.
Seules sont considérées dans cet ouvrage les classes présentées dans le tableau B-II.4.1
ci-dessous. Y est adjointe la qualité de béton requise dans chaque circonstance.
Pour une présentation exhaustive, voir [4.2 (AF) et Annexe E] ou {C-I.6.2 et 3}.

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Tableau B-II.4.1. Classes d’exposition considérées dans ce livre et qualité requise pour le béton.

Classe Environnement Exemples Béton

Aucun risque de corrosion ni d’attaque

X0 Béton non armé et sans pièces métal- À l’intérieur de bâtiments où le taux d’humidité /
liques noyées de l’air ambiant est très faible
Béton armé très sec
Corrosion induite par la carbonatation

XC1 Sec ou humide en permanence Parties de bâtiments à l’abri de la pluie, même si ≥ C20/25
le bâtiment est ouvert
Parties extérieures des ouvrages et bâtiments
protégés de la pluie par un enduit imperméable
à l’eau ou un bardage
Parties des ouvrages et bâtiments submergées en
permanence dans l’eau
XC2 Humide, rarement sec Surfaces de béton soumises au contact à long ≥ C20/25
(Dans ce livre : assimilé à XC4) terme de l’eau : un grand nombre de
fondations
XC3 Humidité forte À l’intérieur de bâtiments où le taux d’humidité ≥ C25/30
(Dans ce livre : assimilé à XC4) est élevé : buanderies, locaux de piscines,
ouvrages industriels, etc.
XC4 Alternativement humide et sec Surfaces de béton soumises au contact de l’eau ≥ C25/30
mais n’entrant pas dans la classe XC2
Paries extérieures des ouvrages et bâtiments non
protégés de la pluie
Corrosion induite par les chlorures présents dans l’eau de mer

XS1 Exposé à l’air véhiculant du sel marin Structures sur ou à proximité d’une côte ≥ C30/37
mais pas en contact direct avec l’eau au-delà de XS3 : jusqu’à 1 000 m et 5 000 m
de mer dans des zones particulières
XS2 Immergé en permanence Éléments de structures marines ≥ C30/37
(Hors du champ de ce livre)
XS3 Zones de marnage, zones soumises à Éléments de structures marines : C35/45
des projections ou embruns jusqu’à 100 m de la côte et 500 m dans des zones
particulières

B-II.5 Disposition des aciers, enrobage et distance


entre barres
B-II.5.1 Disposition des aciers et hauteur utile d
B-II.5.1.1 Disposition des aciers
Les barres peuvent être isolées ou en paquets et séparé(e)s par une distance suffisante a.
Règlementairement un paquet est assimilé à une barre isolée fictive de diamètre équivalent
fn = f n b où nb est le nombre de barres constituant le paquet.

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Il y a des paquets de trois barres, rares dans la pratique française,


et des paquets de deux barres, disposition courante dans les poutres.
À titre dérogatoire, dans le cas de bonnes conditions d’adhérence, deux barres superposées
dans un plan vertical et ancrées individuellement peuvent être traitées comme des barres
individuelles.
Les aciers, barres isolées ou paquets, sont disposés en colonnes et en lits. Quelques exemples
sont illustrés sur la figure B-II.5.1.

aw Colonnes aw aw

Lits

Organisation des aciers en colonnes (ici sur l’exemple de deux lits d’aciers)
cnom

cnom

cnom
w w w
d d d

a a
w

w

w

h-d h-d
cnom h-d cnom cnom

h - d  cnon + w +  h - d  cnon + w + 2 h - d  cnon + w + 2 + a/2

Disposition des aciers en lits

Figure B-II.5.1. Disposition des aciers en colonnes et en lits (pour les différents paramètres, voir § B-II.5.2 et 3)

B-II.5.1.2 Hauteur utile d


C’est une donnée essentielle pour les éléments fléchis (voir A-II.2.1.1 et B-III.1.2).
Sa valeur dépend de l’enrobage cnom des aciers, du diamètre des aciers et de leur organisation
en lits comme illustré sur la figure B-II.5.1.
Dans les cas courant : condition d’exposition XC1 ⇒ cnom = 25 mm, fw ≈ 10 mm, f
≤ 20 mm
• Poutres : As en deux lits ⇒ d ≈ h – 5,5 cm ; As en trois lits ⇒ d ≈ h – 7,5 cm.
• Dalles armées avec du treillis soudé (TS) : traité plus loin au § C-III.4.2.1.1.

B-II.5.2 Enrobage
L’enrobage c d’une barre (c comme cover) est sa distance libre au parement le plus proche.
• Il participe à la durabilité en prévenant la corrosion des aciers ⇒ c ≥ cmin,dur
• Il participe à prévenir le risque d’éclatement accompagnant l’adhérence ⇒ c ≥ cmin,b
• Il doit être suffisant pour permettre une bonne mise en place du béton ⇒ notamment
c ≥ 10 mm
• Il est enfin un facteur essentiel de la résistance à l’incendie (voir {C-I.7.3.5}).

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Hors conditions liées à l’incendie, il convient déjà de respecter un enrobage c ≥ cmin tel que :
cmin = max [cmin,dur ; cmin,b ; 10 mm].
Compte tenu de l’incertitude d’exécution Dcdev du chantier, pour être sûr de respecter
c ≥ cmin la valeur indiquée sur les plans est
cnom = cmin + Dcdev   (l’indice « dev » reflète le mot anglais deviation signifiant ici « écart »)

B-II.5.2.1 Cas général


• Dcdev = 10 mm.
• Tant que dg < 32 mm : cmin,b = f ou fn.
• La valeur de cmin,dur est comme suit.
Elle est conditionnée par la classe d’exposition et dépend en plus de la qualité du béton
utilisé et de la durée d’utilisation de l’ouvrage. La relation complexe entre tous ces para-
mètres est codifiée par Eurocode en [4.4.1 et 8.2] et présentée en {C-I.6.1 à 5}.
Dans le cas des bâtiments courants en conditions courantes, les valeurs à retenir sont
regroupées dans le tableau B-II.5.1. Il a été construit en supposant des aciers transversaux
de diamètre fw ≤ 10 mm et des aciers longitudinaux de diamètre f ≤ 20 mm.
Sur le chantier, ce sont des cales d’espacement disposées sur les aciers transversaux qui
permettent de respecter l’enrobage requis.
Tableau B-II.5.1. Enrobages à envisager dans les poutres de bâtiments courants

Classe de résistance envisagée


C25/30 C30/37 C35/45
pour le béton

Classe d’exposition XC1 XC4 XS1 XS3


Qualité requise pour le béton (rappel) ≥ C20/25 ≥ C25/30 ≥ C30/37 ≥ C35/45
cmin,dur 15 mm 30 mm 35 mm 45 mm
En bâtiments courants : f ≤ 20 mm et fw ≤ 10 mm

Aciers transversaux : cmin,b = fw 10 mm 10 mm 10 mm 10 mm


cmin,w = max [cmin,dur ; cmin,b ; 10 mm] 15 mm 30 mm 35 mm 45 mm
Aciers longitudinaux : cmin,eff = cmin,w + fw 25 mm 40 mm 45 mm 55 mm
Aciers longitudinaux : Vérification 25 mm 40 mm 45 mm 55 mm
cmin,eff ≥ cmin = max [cmin,dur ; cmin,b ; 10 mm] ≥ 20 mm ≥ 30 mm ≥ 35 mm ≥ 45 mm
OK OK OK OK
cnom,w à prescrire pour les aciers transversaux  25 mm 40 mm 45 mm 55 mm
= cmin,w + D cdev avec D cdev = 10 mm

B-II.5.2.2 Cas particuliers


• Cas de parement irrégulier, par exemple béton à granulats apparents : augmenter cmin de
5 mm au moins.
• Cas de structures au contact du sol :
–– au contact d’un sol ayant reçu une préparation (béton de propreté), cmin = 30 mm
(AF) ⇒ cnom = 40 mm ;
–– au contact direct d’un sol, cmin = 65 mm (AF)  ⇒ cnom = 75 mm.

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B-II.5.3 Distance entre barres ou paquets


L’espacement entre barres ou paquets est désigné par la lettre a.
• Il doit permettre un développement efficace de l’adhérence ⇒ a ≥ max [f ou fn ; 20 mm].
• Pour un bétonnage correct, il doit :
–– laisser le passage aux plus gros granulats ⇒ a ≥ dg + 5 mm ;
–– laisser le passage à l’aiguille vibrante comme illustré ci-dessous ; généralement le lit
le plus inférieur n’est pas concerné (encombrement de l’aiguille vibrante ≈ 50 mm).
En résumé la prescription est
a ≥ max [f ou fn ; dg + 5 mm ; 20 mm ; encombrement aiguille vibrante lorsque
nécessaire].
Nota
La distance a entre colonnes de barres est conditionnée à la largeur libre aw à l’intérieur des
cadres.

Aiguille vibrante
Aiguille vibrante

a a

a a a

B-II.5.4 Dispositions constructives propres aux poutres continues


En travée le moment est positif et les aciers tendus sont en partie inférieure de la section.
Sur appuis et sur les consoles la situation est inversée. Le moment est négatif, les aciers sont
en partie supérieure de la section et généralement appelés « chapeaux ».

Dispositions constructives propres aux chapeaux sur appuis de continuité


À partir de chaque appui, les aciers en chapeau se développent sur les deux travées de part et
d’autre et relient les ferraillages de ces deux travées. Dans le cas de x travées continues, le
ferraillage fini forme un ensemble continu beaucoup trop encombrant pour être transporté et
même manipulé sur le chantier.
C’est pourquoi les cages de ferraillage sont livrées travée par travée. Elles sont transportées et
manipulées sans les aciers de chapeau qui sont mis en place au tout dernier moment sur le
chantier. Pour éviter toute erreur, ils peuvent être attachés à la cage de ferraillage d’une des
travées concernées avec une étiquette permettant leur reconnaissance.
Cela implique que les cadres à l’approche des appuis doivent être tenus par des aciers de
construction qui prennent une partie de la place dédiée aux aciers en chapeau, la hauteur utile
de ces derniers peut en être affectée (« hauteur utile » : voir § A-II.2.1.1 et § B-III.1.2).

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Bases réglementaires | 83

Ces points et la suite des opérations de mise en place de l’ensemble du ferraillage sont illustrés
sur la figure B-II.5.2.

Diagramme M
A B C
Chapeau mini
en rive Aciers de construction Chapeau appui B

Mise en place de la cage Travée AB


de ferraillage travée AB Chapeau appui C

Puis mise en place Travée BC


de la cage travée BC

Mise en place
des chapeaux Fin

Aciers de construction Aciers de chapeau

Cas où d n’est pas affecté Cas où d est affecté

Figure B-II.5.2. Organisation de la mise en place des ferraillages des différentes travées d’une poutre continue.
Les chapeaux sont mis après coup et cohabitent avec des aciers de construction, leur hauteur utile d
peut en être affectée.

B-II.6 Portée des éléments fléchis [5.3.2.2]


Contrairement aux règlements français antérieurs, la portée à prendre en compte n’est plus la
portée de nu à nu des appuis, maintenant notée ,n, mais la « portée utile » notée ,eff, plus
grande que ,n. Dans Eurocode, lorsque , n’est complété par aucun indice, il doit être inter-
prété comme ,eff.
Les règles pour déterminer ,eff sont présentées sur la figure B-II.6.1. Dans la pratique, cela
aboutit généralement à ,eff = portée d’axe à axe des appuis.
Sous une apparence de simplicité, la référence à ,eff apporte beaucoup de complications
comparée à la référence antérieure à ,n.
En effet, les charges à l’aplomb d’un appui sont transmises directement à celui-ci sans solli-
citer les poutres ou dalles. Donc, pour déterminer leur sollicitation M et V, seules doivent être
considérées les charges entre les nus des appuis (à savoir seulement sur la longueur ,n). Les
diverses implications en sont traitées au § C-II.4 et résumées sur la figure C-II.4.1.
Afin d’éviter toute confusion entre les grandeurs issues d’un calcul basé sur ,eff ou au contraire
sur ,n, dans la suite de cet ouvrage, chaque fois que nécessaire, elles seront distinguées par
l’indice ,eff ou ,n.

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84 | Bases réglementaires et calculs de base

h>t
t t Appuis étroits ou moyens, soit t ≤ h : ,eff
aw n ae aw n = portée d’axe à axe des appuis ⇒ ai = t/2
 = eff  = eff (c’est le cas général des poutres).

Appui simple Appui simple


ou encastrement ou encastrement

t h<t t
n n Appuis larges, soit t > h : ,eff ne pénètre que
aw = h/2 ae = h/2 aw = h/2 de h/2 sur les appuis ⇒ ai = h/2 (c’est le cas
fréquent des dalles).
 = eff  = eff
Appui simple Appui simple
ou encastrement ou encastrement

t
 = eff
Appareil d’appui : ,eff jusqu’à l’axe de l’appareil
Appareil d’appui ⇒ ai = t/2.
aw d’appui

Figure B-II.6.1. Détermination de la portée utile , = ,eff (ai est le terme générique représentant aw ou ae
à gauche [west] ou à droite [est] de l’axe de l’appui).

Remarque
Le repère par référence aux points cardinaux sera largement utilisé dans la suite de l’ouvrage.
L’indice pour le côté ouest est w comme en anglais, pour éviter une confusion avec les divers
indices o ou 0.

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SECTION B-III

Calculs de base

B-III.1 Informations préliminaires


L’exposé s’appuie en priorité sur l’exemple des poutres rectangulaires à une seule travée, sur
appuis simples, uniformément chargées en flexion simple et sans aciers comprimés.

B-III.1.1 Géométrie, chargement, sollicitation


Ces points sont précisés sur la figure B-III.1.1.
p/m

h
a) Élévation et actions appliquées.
t t
n
 = eff

Appui simple Appui simple


b

b) Coupe : poutre associée à un plancher, traitée


d h comme une poutre rectangulaire.
p/m
As p/m As

p/m
 = eff
 = eff
c) Schéma RDM.
 = eff

Mnu appui + Mnu appui


Mnu appui + Mnu appui
d) Moment fléchissant.
Mmax
Mnu appui M+
max Mnu appui
V Vnu appui
Vmax
max Vnu appui Mmax

Vmax + nu appui
V
+ e) Effort tranchant.

V –
+ Vnu appui
nu appui
– V Vmax
max
Vnu appui
Figure B-III.1.1. Géométrie, chargement et sollicitation
V des poutres considérées pour l’exposé des calculs de base.
max

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86 | Bases réglementaires et calculs de base

B-III.1.2 Notations
Hauteur totale de la poutre = h.
Hauteur utile = d = distance entre le centre de gravité de l’armature tendue et la fibre la plus
comprimée (la fibre supérieure dans le cas de ces poutres). C’est le paramètre de hauteur le
plus important pour un élément en béton armé.
Largeur de la partie comprimée d’une poutre = b. Dans le cas d’une section rectangulaire, b
= largeur unique de l’élément.
Section de l’armature tendue = As.
Le moment fléchissant et l’effort tranchant sont les effets des actions appliquées et devraient
être notés ME et VE. Nous avons choisi de les noter simplement M et V.

B-III.1.3 À savoir
• Qu’est-ce qu’une poutre rectangulaire ?
C’est quelquefois une poutre de section de coffrage rectangulaire. C’est beaucoup plus
souvent une poutre associée à un plancher comme celle de la figure B-III.1.1. Sa forme
naturelle est en Té et, par simplification, le calculateur néglige une part du béton pouvant
participer à la résistance pour ne considérer que la portion constituant une poutre
rectangulaire.
• Interpénétration des éléments dans les nœuds de structure
En béton armé, les éléments d’un même volume de béton se comportent comme s’ils
avaient été moulés d’un seul bloc et s’interpénètrent sans restriction. Ainsi, la hauteur
totale de la poutre se développe-t-elle sans restriction sur toute la hauteur de béton dispo-
nible, même si une part de celui-ci appartient également au plancher. Lors du calcul du
plancher, ce même volume de béton commun sera alors considéré sans restriction comme
appartenant totalement au plancher.
• Hauteur utile d
C’est une donnée de base essentielle pour le calcul, mais elle n’est qu’approximativement
connue quand le calcul débute. Sa valeur dépend :
–– d’une composante connue à 90 % avant le début du calcul : l’enrobage des aciers
longitudinaux ;
–– d’une composante totalement inconnue à l’avance : les aciers longitudinaux choisis
pour former la section d’armature As (résultat du calcul en cours) et leur disposition
(le diamètre des barres, leur nombre et leur organisation en un ou plusieurs lits).
Le calcul doit donc s’appuyer sur une anticipation de la valeur de d, disons « un pari »,
dont il faudra vérifier en fin de calcul s’il est gagné. S’il s’avère perdu, il faudra recom-
mencer avec une autre anticipation de d espérée meilleure.

B-III.2 Flexion : calcul à l’ELU sous actions courantes


C’est le calcul de base.
Il est l’objet de [Section 6.1] et est présenté dans tous ses détails en {D-II}.

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Calculs de base | 87

B-III.2.1 Fondement du fonctionnement


Il a été dégagé au § A-II.2. Le calcul se fait dans l’hypothèse la plus défavorable, c’est-à-dire
en supposant qu’une fissure entame la section de calcul. La flexion y induit un effort de
compression Fc repris par le béton comprimé au-delà de la fissure et un effort de traction Fs
repris par l’armature tendue. Les deux conjuguent leurs effets comme illustré sur la
figure B-III.2.1 pour :
• équilibrer le moment appliqué ;
• générer ce qui est appelé la « déformation de la section », conséquence du raccourcissement
de la zone comprimée et de l’allongement de la zone tendue ; par effets cumulés d’une
section à la suivante, c’est elle qui est à l’origine de la flèche observée.

Fc

M M (Fc+Fs)

Fs

résistant
agissant
Moment

Moment

Équilibre d’une section armée et fissurée.

Section avant
 déformation

ec

Axe neutre
M M
Section
après
 déformation
As
es

Tranche infinitésimale Compression


Traction
centrée sur la section
considérée Diagramme de déformation

Figure B-III.2.1. Flexion : équilibre et déformation d’une section en flexion simple.

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88 | Bases réglementaires et calculs de base

B-III.2.2 Prescriptions réglementaires de base


B-III.2.2.1 Hypothèses fondamentales
Elles sont universelles. Elles restent vraies quel que soit l’état limite et se retrouvent dans les
règlements de tous les pays. Elles sont au nombre de quatre et repérées ici par la lettre F
comme « fondamentales » :

Hypothèse 1F
Au cours de la déformation, les sections initialement planes restent planes, c’est l’hypothèse
de Navier-Bernouilly.

Traduction sur le diagramme de déformation : la section avant déformation, plane, est


représentée par une droite ; elle reste plane après déformation et est encore représentée par une
droite.

Hypothèse 2F
Il n’y a pas de glissement relatif entre acier et béton (du fait de leur adhérence nécessaire).

Les aciers ont la même déformation que le béton dans lequel ils sont enserrés ; les déformations
de l’un et de l’autre se lisent donc sur le même diagramme de déformation.

Hypothèse 3F
La résistance en traction du béton est négligée (car le béton tendu est fissuré).

En zone tendue la résistance apportée par le béton est négligée ⇒ seuls comptent les aciers.
Traduction sur le diagramme de déformation : il n’est pas développé au-delà de l’armature
tendue.

Hypothèse 4F
On peut supposer concentrée en son centre de gravité la section d’un groupe de plusieurs
barres pourvu que l’erreur ainsi commise sur la déformation de chacune reste faible.

Bien que l’armature puisse être constituée de plusieurs barres en plusieurs lits, elle est
schématiquement représentée par un seul bloc, généralement un rectangle, dont la déformation
n’est lue qu’au niveau de son centre de gravité.

B-III.2.2.2 Prescriptions conditionnées au règlement utilisé, ici l’Eurocode


Elles sont au nombre de trois.
• Les actions sont pondérées, comme précisé au § B-II.2.2.1.
• Les diagrammes déformation-contrainte de calcul de l’acier et du béton sont ceux définis
aux § B-II.3.1.2 et B-II.3.2.2.
• L’ELU est atteint dès que, soit l’allongement des aciers, soit le raccourcissement du béton
atteint le maximum admis. Voir « Diagramme des pivots » ci-dessous, § B-III.2.2.3.

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Calculs de base | 89

B-III.2.2.3 Diagramme des pivots


Il traduit de façon synthétique la troisième prescription ci-dessus. Il est le répertoire de l’en-
semble des diagrammes de déformation d’une section envisageables à l’ELU. Pour une raison
de lisibilité, seuls y sont représentés les diagrammes marquant la frontière entre deux zones de
comportements différents.
Les coordonnées de chaque pivot dépendent de la variante choisie pour les diagrammes défor-
mation-contrainte du béton et des aciers. Les choix de cet ouvrage sont :
• pour le béton : le diagramme « parabole-rectangle » et la simplification du diagramme
« rectangle » (voir plus loin § B-III.2.4.1) lorsqu’elle est autorisée ;
• pour les aciers : la classe de ductilité B (classe par défaut pour le béton armé) et l’option a
du diagramme déformation-contrainte de calcul (voir figure B-II.3.4) car elle conduit au
dimensionnement le plus économique.
Le diagramme des pivots à l’ELU qui correspond à ces options est présenté sur la
figure B-III.2.2.

Section avant déformation c2 = 2 ‰ cu2 = 3,5 ‰

A’ O’
B cu2 - c2 .h
cu2
C
h d
As OA
ud
A O C’
Compression
Traction

Figure B-III.2.2. Diagramme des pivots.

Pivot A
L’ELU est atteint par épuisement de la capacité réglementaire d’allongement des aciers ; avec
les choix de ce livre, classe de ductilité B et option a : es = eud = 45 ‰.
Le diagramme de déformation AA’ correspond à la traction simple à l’ELU (hors de la cible
de cet ouvrage). La déformation de traction est uniforme et maximum dans toute la section.
Remarque
Si l’option b est choisie pour le diagramme déformation-contrainte des aciers, il n’y a pas de
limitation de es et le pivot A est reporté à l’infini, ce qui revient à l’ignorer.

Pivot B
L’ELU est atteint par épuisement de la capacité réglementaire de raccourcissement du béton
en flexion simple (cible de cet ouvrage) ou en flexion composée à condition qu’il subsiste dans
la section une partie comprimée et une partie tendue. Avec le diagramme parabole-rectangle
ou sa simplification qu’est le diagramme rectangle, ce pivot correspond à : ec = ecu2 = 3,5 ‰.

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Pivot C
C’est le domaine (hors de la cible de cet ouvrage) de la flexion composée compression avec, à
l’ELU, toute la section comprimée.
Dans l’hypothèse du diagramme parabole-rectangle, le raccourcissement ultime réglemen-
taire du béton diminue de ecu2 = 3,5 ‰ à la frontière avec le domaine du pivot B jusqu’à
ec2 = 2 ‰ à l’autre extrémité du domaine, la compression simple représentée par la droite CC’.
Les diagrammes de déformation intermédiaires passent de façon continue de la position BO
à CC’ et, par simplification, le règlement admet qu’ils tournent autour du pivot C.

Zones du diagramme
• La zone AA’-AO’ n’est accessible qu’en flexion composée traction.
• La zone AO’-BOA est la seule accessible en flexion simple. Elle est également accessible en
flexion composée traction ou compression lorsque l’effort normal est modéré.
• La zone BOA-CC’ n’est accessible qu’en flexion composée compression.

B-III.2.3 Équations d’équilibre et leur exploitation


Nota
Les informations présentées dans ce paragraphe B-III.2.3 sont communes à tous les calculs
faisant référence à un diagramme des pivots.
Elles sont valables quel que soit le règlement et ne sont pas limitées au simple ELU. Pour le
signifier, les notations dans ce paragraphe sont neutres, sans référence à l’ELU.
Bien que présentées sur l’exemple de poutres rectangulaires, sauf précision contraire elles sont
valables quelle que soit la géométrie de la section. L’exposé se limite au cas de la flexion simple.

B-III.2.3.1 Données
Elles sont explicitées sur la figure B-III.2.3.
RDM

G
MG agit sur
As = ??

Sollicitation telle que calculée Section dont toutes les données


par la RDM : moment fléchissant géométriques ainsi que les qualités
calculé par rapport au centre du béton et de l’acier sont connues.
de gravité de la section. Une seule inconnue : la section As
d’acier requise.

Figure B-III.2.3. Données du calcul en flexion simple.

L’objectif est de déterminer la section d’acier As nécessaire pour assurer l’équilibre de la


section.
La RDM fournit la valeur du moment calculée par rapport au centre de gravité de la section.
Dans cet ouvrage elle sera désignée MG.

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Pour les calculs de béton armé, il convient de se référer à la valeur du moment calculée par
rapport au centre de gravité des aciers tendus qui sera désignée MA.

Relation entre MG et MA
Pour plus de clarté elle est présentée sur l’exemple d’une flexion composée. L’exposé s’appuie
sur la figure B-III.2.4.
La partie (a) de la figure présente MG et N donnés par la RDM.
Sur la partie (b), la même sollicitation est représentée sous la forme de l’effort N excentré de
la valeur qui convient pour traduire le moment :
moment calculé par rapport au centre de gravité de la section ⇒ excentricité de N = eG ;
moment calculé par rapport au centre de gravité des aciers ⇒ excentricité de N = eA.
La partie (c) présente MA et N ramenés au niveau du centre de gravité de l’armature tendue.
N

Trace de la section
eG
MG
eA
MA G
ou ou
N
As AsG

N
Schéma de la section
RDM Béton armé
(a) (b) (c)

Figure B-III.2.4. Passage de la valeur MG du moment fléchissant calculée par rapport au centre de gravité
de la section à celle MA calculée par rapport au centre de gravité des aciers tendus.

De cela il ressort :
MA = N.eA = N.(eG + AsG) = N.eG + N.AsG = MG + N.AsG d’où : MA = MG + N.AsG

En flexion simple
N = 0 ⇒ MA = MG. Ils sont souvent confondus dans une même notation M.

B-III.2.3.2 Équilibre d’une section


Le point crucial du calcul est la détermination du diagramme de déformation de la section.
Supposons celui-ci connu et, à partir de là, dégageons les équations d’équilibre qui seront
exploitées dans la suite. Les éléments interagissant sont présentés sur la figure B-III.2.5.
Notations et conventions de représentation
La distance entre l’axe neutre et la fibre la plus comprimée est la hauteur de béton comprimé.
Elle est désignée x et appelée « hauteur de l’axe neutre ».
L’aire de béton comprimé est hachurée oblique et, lorsque nécessaire, désignée par Acc. (A car
c’est une aire, c car il s’agit de béton et, contrairement à la règle générale, le c de « comprimé »
n’est pas sous-entendu. Il est ici nécessaire pour faire la distinction avec Ac qui est l’aire totale
de béton, comprimé et tendu). Les diagrammes associés de déformation et des contraintes du
béton comprimé sont hachurés horizontalement. Parmi eux, le diagramme des contraintes du
béton comprimé sera dans la suite désigné « diag sc ».

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Le bras de levier par rapport à l’armature tendue de la résultante des efforts de compression
développés dans la zone comprimée est désigné z. Lorsqu’on souhaite le différencier, le bras de
levier du seul effort Fc développé dans le seul béton comprimé est désigné zc.
Sur le diagramme des efforts : les efforts ou moments extérieurs agissants, c’est-à-dire la
sollicitation de la section, sont représentés du côté gauche de la section et les efforts intérieurs
résistants, développés en réaction à la sollicitation appliquée, sont représentés du côté droit de
la section.
Les efforts de compressions sont représentés par des flèches dirigées vers la section et les efforts
de traction par des flèches s’éloignant de la section.

Compression
b
Fc
Acc x ec c

d
h z = zc
Traction

As Fs
es s MA
Sollicitation Efforts
Diagramme Diagramme de la section intérieurs
de déformation des contraintes (agissante) (résistants)

Diagramme
des efforts

Figure B-III.2.5. Diagrammes de déformation, des contraintes et des efforts


conduisant aux équations d’équilibre d’une section.

Équation d’équilibre des moments


L’écrire par rapport au centre de gravité de l’armature tendue permet d’éliminer une inconnue,
Fs, qui a alors un bras de levier nul par rapport au point de référence. Grâce à cela, l’équation
devient soluble et aboutit à la détermination de la hauteur x de l’axe neutre.
Elle s’écrit SM/A = 0 ⇒ en valeurs absolues MA = Fc.zc

Équation d’équilibre des efforts normaux


Elle s’écrit SF = 0 ⇒ en flexion simple et en valeurs absolues Fs = Fc
Sur le diagramme des efforts, cet équilibre se traduit par :
∑ longueurs des flèches vers la droite = ∑ longueurs des flèches vers la gauche.

B-III.2.3.3 Construction du diagramme des contraintes à partir du diagramme


de déformation
Voir la figure B-III.2.6. C’est un passage indispensable pour atteindre les valeurs de Fc et As.
À chaque ordonnée de la section, on lit sur son diagramme de déformation la valeur es ou ec
qui y règne et, en se reportant au diagramme déformation-contrainte du matériau concerné,
on en tire la valeur de la contrainte associée. On obtient directement la contrainte ss dans
l’armature tendue. Par contre, le diag sc doit être construit point par point.

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Diag c
s x
c(y) c(y) c
y
s s s c

Diagramme Diagramme Diagramme Diagramme


déformation-contrainte de déformation des contraintes déformation-contrainte
de l’acier de la section de la section du béton

Figure B-III.2.6. Construction du diagramme des contraintes d’une section à partir de son diagramme
de déformation et des diagrammes déformation-contrainte des matériaux concernés.

ec augmentant linéairement à partir de l’axe neutre, les caractéristiques géométriques du


diag sc sont calquées sur celles du diagramme déformation-contrainte du béton.

B-III.2.3.4 Paramétrage de Fc , de son moment par rapport à l’armature tendue et de zc


Il découle du calcul intégral exposé ci-dessous et illustré sur la figure B-III.2.7.
b

y2 G Fc
Acc
dy
h d c(y) dFc
y1 zc
b(y) y y
As

Figure B-III.2.7. Calcul de Fc , de son moment par rapport à l’armature tendue et de zc.

• Effort élémentaire dFc = résultat de la contrainte appliquée sur l’aire b(y).dy de béton


comprimé : dFc = b(y).dy.sc(y)
• Moment par rapport à l’armature tendue de cet effort élémentaire : dMFc = b(y).dy.sc(y).y
• Effort Fc total = résultat de l’intégrale des efforts élémentaires sur la hauteur où se déve-
y2
loppe le diag sc, soit ici de y1 à y2 : Fc =  ∫ b(y).sc(y).dy
y1
y2
• Moment de l’effort total Fc par rapport à l’armature tendue : MFc =  ∫ b(y).sc(y).y.dy
y1
y2

• D’où on tire : zc =  MFc =


∫y1 b( y ).σc( y ).y. dy
Fc y2
∫y1 b( y ).σc( y ). dy
B-III.2.3.5 Cas particulier des sections rectangulaires ou assimilées
Elles sont caractérisées par une largeur de béton comprimé constante, b(y) = Cte = b, sur toute
la hauteur où se développe le diag sc.

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B-III.2.3.5.1 Valeurs de Fc et zc
b = Cte sur toute la hauteur où se développe le diag sc peut être sorti des intégrales et on a :
Fc = b. ∫ y 2 sc(y).dy = b.aire diag sc
y1
y2
b∫ σ ( y ).y . dy
y1 c
zc =  = distance au centre de gravité du diag sc
y2
b∫ σ ( y ). dy
y1 c

B-III.2.3.5.2 Écriture pratique de l’équation d’équilibre des moments


Cette écriture et les paramètres associés sont spécifiques aux sections rectangulaires ou assimi-
lées. Son utilisation serait erronée dans toute autre circonstance.
Elle est faite sous forme normée et aboutit à une équation d’équilibre des moments adimen-
sionnelle. De cette façon, l’écriture du résultat est unique quelles que soient les dimensions
de la poutre et la qualité du béton considéré.

Paramétrage du diag sc
σc-ref Il est paramétré par :
• Une contrainte que nous désignerons sc,ref prise pour
dG référence et caractérisant le diag sc ; c’est souvent la
Gσ contrainte maximum admissible pour le béton comprimé.
x • Un paramètre adimensionnel a caractérisant sa hauteur x
Diag σc
par référence à la hauteur utile d de la poutre : a = x/d
• Un paramètre adimensionnel Y caractérisant son aire :
Y = aire diag sc/aire du rectangle x.sc,ref
Y est appelé « coefficient de remplissage » car il exprime
σc-ref la proportion dans laquelle le diag sc remplit le
rectangle x.sc,ref.
• Un paramètre adimensionnel dG caractérisant la hauteur dG de son centre de gravité Gs
par référence à sa hauteur x : dG = dG/x
dG  est appelé « coefficient de centre de gravité ».

Paramétrage des équations


• zc = distance des aciers tendus au centre de gravité du diag sc ⇒ zc = d – dG = d.(1 – dG.a)
• Fc = b.aire diag sc ⇒ Fc = b.y.a .d.sc,ref
En l’absence d’aciers comprimés, il est préférable de calculer Fc par la relation Fc = MA/zc
= MA/[d.(1 – dG.a)] moins sensible à une éventuelle erreur ou inexactitude sur la valeur
de a.
• Équation d’équilibre des moments
Elle s’écrit : MA = Fc.zc = (b.y.a .d.sc,ref).d.(1 – dG.a)
En introduisant un dernier paramètre adimensionnel m appelé « moment réduit » et tel
que m = MA/(b.d2.sc,ref), elle s’écrit enfin : m = y.a .(1 – dG.a )
C’est une équation du deuxième degré en a dont on tire la valeur de a.

Remarque
Outre un paramètre utile pour normer l’écriture de l’équation d’équilibre des moments, le
moment réduit μ est un indicateur puissant.

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Calculs de base | 95

Il caractérise le degré de mobilisation du béton disponible pour reprendre Fc. Plus celui-ci est
élevé, plus grande est la hauteur de béton comprimé, donc plus grand est a et, par suite, plus
grand est μ = y.a.(1 – dG.a).
À chaque valeur de μ est associé un diagramme de déformation de la section et réciproquement.
Alors :
–– à chaque frontière entre domaines du diagramme des pivots correspond une valeur frontière
de μ ;
–– diverses prescriptions réglementaires et des limites économiques ou pratiques peuvent
également être traduites par des valeurs limites de μ à ne pas outrepasser.
La comparaison de μ effectif aux valeurs frontières et limites ci-dessus apporte une aide précieuse
au calculateur. Ce point sera largement exploité dans la suite (§ B-III.2.5).

Nota
Ici s’arrêtent les informations générales, valables quel que soit le règlement et non limitées à
l’ELU.

B-III.2.4 Application aux calculs à l’ELU sous actions courantes,


sections rectangulaires ou assimilées
Ce qui suit étant spécifique à l’ELU, les valeurs de référence sont celles propres à l’ELU. On
a alors dc-ref = fcd et, pour rappel, moment fléchissant et autres sont marqués de l’indice u.
Les poutres ou dalles atteignent l’ELU au pivot B ou A. La très grande majorité des poutres
l’atteint au pivot B. Seuls les éléments les moins sollicités, c’est souvent le cas de dalles, l’at-
teignent au pivot A.

B-III.2.4.1 Introduction au diagramme sc « rectangle »


Le diagramme sc « parabole-rectangle » est une schématisation fidèle du diagramme réel et il
est pris pour référence.
Dans les calculs au pivot B ou A il est admis de le remplacer par le diagramme « rectangle ».
Totalement artificiel, il est caractérisé par une largeur constante = fcd et une hauteur invaria-
blement = 0,8 x apportant une grande simplification aux calculs. Ses spécificités et sa compa-
raison avec le diagramme parabole-rectangle sont présentées sur la figure B-III.2.8 et sont
discutées ci-dessous.
Pivot B
Les valeurs y = 0,8 et dG = 0,4 du diagramme rectangle sont une bonne approximation
des valeurs y = 0,81 et dG = 0,416 du diagramme parabole-rectangle. Malgré des géomé-
tries très dissemblables, numériquement ces deux diagrammes sont alors équivalents.
Pivot A
Les valeurs réalistes de y et dG du diagramme parabole-rectangle diminuent significative-
ment avec la diminution de ec et dépendent du résultat cherché. Le calcul nécessite alors une
démarche par approximations successives, ou le recours à des abaques ou à des tableaux pré-
calculés. Contrairement à cela, avec le diagramme rectangle qui conserve toujours la même
géométrie, y = 0,8 et dG = 0,4 sont connus à l’avance. C’est une simplification évidente.
Conserver des valeurs constantes de y et dG alors que leurs valeurs réalistes diminuent
induit deux erreurs, l’une sur aire diag sc et l’autre sur zc. Par un heureux hasard, au pivot
A leurs effets sur la section calculée d’armature se compensent presque exactement. C’est
ce qui justifie alors l’utilisation du diagramme rectangle.

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Pivot B Diagramme Diagramme


Le raccourcisement du béton atteint 3,5 ‰, le diag σc est complet parabole-rectangle rectangle

ec = ecu2 = 3,5 ‰ ecu2 = 3,5 ‰ fcd fcd


B

B dG dG = 0,4 x
Gσ Gσ
0,8 x
x Diag σc Diag σc

A es = ?? ≤ eud fcd fcd

 = 0,81  = 0,8
G = 0,416 G = 0,4

Pivot A
ecu2 = 3,5 ‰ fcd
Le raccourcisement du béton n’atteint pas 3,5 ‰, le diag σc
est incomplet ec = ?? ≤ ecu2

ec < 3,5 ‰ σc ≤ fcd σc ≤ fcd fcd


B dG
0,8 x dG = 0,4 x
x
fcd fcd
A A
es = eud
 < 0,81  = 0,8
G < 0,416 G = 0,4

Figure B-III.2.8. Diagrammes « parabole-rectangle » et « rectangle » selon le pivot B ou A.

L’utilisation du diagramme rectangle (au pivot B ou A) apporte une simplification supplé-


mentaire : elle facilite le calcul des poutres de section non rectangulaire. C’est notamment
le cas des poutres en Té traitées plus loin au § B-III.7.
Nota
Pour ces deux raisons, la pratique donne la prééminence au diagramme rectangle chaque fois
qu’il est autorisé. C’est lui qui est pris pour référence dans cet ouvrage.

B-III.2.4.2 Démarche du calcul de As sur la base du diagramme rectangle


Un exemple de calcul au pivot A est proposé au § D.1.6.1.4 et un exemple de calcul au pivot
B est proposé au § D.1.6.2.2.
La figure B-III.2.9 sert de support à l’exposé.

b fcd
c
G Fc
MG,u 0,8 x
Acc x = .d

h d G MA,u zc = d. (1 - G.)

As Fs
es s

Aire diag c = ..d.fcd

Figure B-III.2.9. Éléments pour le calcul d’une section fléchie.

Données du problème
• Sollicitation : MG,u fourni par la RDM
• Géométrie de la section, notamment b et h

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• Qualité du béton utilisé, particulièrement fcd


• Caractéristiques des armatures utilisées : classe de ductilité B, valeur de fyk, option a pour
leur diagramme déformation-contrainte ⇒ fyd, eud et fsd,max

Étapes successives du calcul


1) Estimer d
2) Calculer MA,u. : flexion simple ⇒ MA,u = MG,u
3) Calculer µu : à l’ELU on a sc,ref = fcd ⇒ µu = MA,u/(b.d2.fcd)
4) De l’équation d’équilibre des moments mu = y.a.(1 – dG.a) on tire : a = 1,25.(1 –  1 − 2.µ u )
Nota
Les coefficients 1,25 et 2 sont associés aux valeurs y = 0,8 et dG = 0,4 donc à la référence au
diagramme rectangle.

5) Calculer Fc = b.y.a.d.fcd
M A ,u
En l’absence d’aciers comprimés, préférer la relation Fc = MA,u/zc =  qui est
d.(1− δG .α )
beaucoup moins sensible à une éventuelle erreur ou inexactitude sur la valeur de a.
6) Calculer Fs : flexion simple ⇒ Fs = Fc .

7) Calculer es et en déduire ss O’ ɛc 1
Au pivot A : es = esu et ss = fsd,max sont connus à l’avance .d
Au pivot B : seul ec = ecu2 = 3,5  ‰ est connu à l’avance et
2
on sait simplement que es < esu et ss < fsd,max d.(1-.)
En écrivant que les points 1, 2, 3 sont alignés ou que les 3 ɛs O
triangles  O’12 et O23 sont semblables, on calcule :
εc εs
= σs
α.d d.(1 − α ) σs fsd,max
fyd
1− α
d’où : es = ec .
α
On lit sur le diagramme déformation-contrainte des aciers la
valeur de ss correspondante. ɛs
ɛyd ɛud

Nota
Lorsque µu est très élevé, on aboutit à es < eyd. La poutre est sur-armée (voir § A-II.2.2.3.2 et 3)
et les aciers sont mal utilisés. Il est alors économique et bon pour la sécurité de redimensionner
la poutre pour aboutir à une valeur de µu plus petite et es > eyd (voir § B-III.2.5.3).

8) On en tire : As = Fs/ss


9) En l’absence des différentes vérifications, notamment à l’ELS, exigées par le règlement,
serait alors venu le temps de conclure la démarche par :
• le choix des aciers commerciaux assurant la section As ;
• le choix de leur disposition ;
• la vérification de la vraie valeur de d. Si celle-ci est suffisamment proche de l’estimation de
départ, le calcul est terminé ; sinon, il faut recommencer avec une meilleure approxima-
tion de d.

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B-III.2.4.3 Aides au calcul


En général elles sont applicables au seul cas des sections rectangulaires sans aciers comprimés.
C’est le cas traité ici.

Tableaux de calcul
Tous sont du même type. Pour une série de valeurs de µu ils proposent, par une simple
lecture, les résultats de la suite de calcul des points 4) à 7) ci-dessus ; à savoir les valeurs de a,
b = zc/d, es et quelquefois de ss et ec. Leur usage raccourcit significativement le temps de
calcul.
Un tel tableau est proposé au § E.1.4.1.2.

Formule pour un calcul raccourci


Une telle formule développée par l’auteur fournit une approximation quasi exacte de As,u.
Applicable en flexion simple aux pivots B et A, elle est valable quelles que soient la classe de
résistance du béton et de l’acier. Elle s’appuie sur le diagramme rectangle et sur des aciers de
classe de ductilité B avec l’option a pour leur diagramme déformation-contrainte. Elle résulte
d’un calage numérique sur une série de résultats exacts et son expression est très simple.
Mu
Elle s’écrit As,u =  .(µu + 0,81). L’écart avec le calcul exact est toujours < 2 %.
0, 9d.f yd

B-III.2.5 Valeurs limites et valeurs frontières


Nota
Les limites s’appuyant sur des valeurs de µu ne sont applicables qu’à des sections rectangulaires
ou assimilées.

B-III.2.5.1 Sections d’armature minimum et maximum autorisées [9.2.1.1]


B-III.2.5.1.1 Section minimum d’armature As,min : non fragilité
Pour plus de détails, les points ci-après sont développés et justifiés en {D-II.7}.
Il a été vu au § A-II.2.2.2.4 qu’à l’instant de la fissuration d’un élément, il se produit un
transfert d’effort du béton tendu (qui vient de se fissurer) vers les aciers. Si la section d’acier
est insuffisante, la stabilisation illustrée sur la figure A-II.2.10 est impossible et l’élément casse
instantanément de façon fragile, comme s’il n’était pas armé. C’est dangereux !
Pour s’en prémunir, le règlement stipule que : un élément armé est non fragile si sa résistance
en phase fissurée (calcul de type ELU) est supérieure à la résistance du même élément non
armé (approximation de la charge de fissuration de l’élément armé).
La prescription qui en découle est 
As,min = 0,26.bt.d.fctm/fyk ≥ 1,3 ‰.bt.d
où As,min = section minimum de non-fragilité ; bt = largeur moyenne de la zone tendue ;
fctm = résistance moyenne en traction du béton.
On note que la limite As,min ≥ 1,3 ‰.bt.d est la valeur qui découle de la formule de calcul
dans le cas d’un béton C25/30 et d’aciers S500.
Pour les éléments secondaires où un certain risque de rupture fragile peut être accepté ou
pour des fonctions qui n’ont pas un rôle structural comme les chapeaux minimums sur appuis

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(§ B-III.6), on peut admettre As < As,min à condition de multiplier par 1,2 la section d’acier As,u
découlant du calcul initial à l’ELU ⇒ As = 1,2 As,u
Nota
À l’exception des chapeaux minimums, il est conseillé de n’utiliser cette dérogation que dans
les cas où les actions sur l’élément sont strictement bornées. Pratiquement, lorsque les actions
sont limitées au seul poids propre sans aucune charge d’exploitation envisageable, même pas
pour entretien, et avec des actions climatiques nulles ou presque. C’est généralement le cas de
bandeaux de façade décoratifs ou de pare-soleil dans des régions non neigeuses.

Cette prescription peut être traduite par une valeur limite de µu : la non fragilité est assurée si
µu > µu,limite,frag tel que ci-dessous (voir {D-II.7.2.1.2}).

Béton C25/30 C30/37 C35/45

µu,limite,frag 0,042 0,040 0,038

B-III.2.5.1.2 Section maximum d’armature As,max


Hors des zones de recouvrement : As,max = 0,04.Ac avec Ac = aire totale de la section.
Cette limitation a deux raisons :
• prévenir un bétonnage trop difficile associé à un ferraillage trop dense ;
• au-delà d’une certaine proportion d’acier, les hypothèses de base du calcul béton armé sont
mises à mal (le béton armé se transforme en acier enrobé).
En flexion simple, dans la limite du domaine économique d’utilisation du béton armé
(§ B-III.2.5.3), ce maximum n’est jamais atteint.

B-III.2.5.2 Frontières entre domaines associés aux pivots


Ces domaines et leurs frontières sont visibles sur la figure B-III.2.2.

Frontière AO’ : limite inférieure du domaine accessible en flexion simple


A cette limite la zone comprimée de la section est réduite à zéro, on a donc Fc = 0. Sachant
que µu caractérise le degré de mobilisation du béton disponible pour reprendre Fc, on a
µuAO = 0.
En pratique, l’impératif µu > µu,limite,frag ≈ 0,04 fait que cette limite n’est jamais atteinte.

Frontière AB : séparant les domaines des pivots A et B


Elle est caractérisée par : es = eud = 45 ‰ et ec = ecu2 = 3,5 ‰
On en tire : aAB = ec/(ec + es) = 3,5/(3,5 + 45) = 0,072
d’où : µuAB = a.y.(1 – dG.a) = 0,072.0,8 (1 – 0,4.0,072) = 0,056

Frontière OA B : limite supérieure du domaine accessible en flexion simple


Elle est caractérisée par es = 0 et ec = ecu2 = 3,5 ‰ et surtout par x = d ⇒ a = 1
Alors : µuOAB = a.y.(1 – dG.a) = 1.0,8 (1 – 0,4.1) = 0,48

Hors des frontières ci-dessus, c’est-à-dire lorsque µu < 0 ou µu > 0,48


En l’absence d’un effort normal suffisant pour que la section soit effectivement totalement
tendue ou totalement comprimée, il n’y a pas d’équilibre possible et l’élément doit être redi-

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mensionné. Ce point est traité dans les paragraphes relatifs aux poutres en Té et aux aciers
comprimés, (§ B-III.7 et 8).

B-III.2.5.3 Limite économique µu,limite,eyd d’utilisation des aciers


Elle est atteinte lorsque es atteint eyd (voir § B-III.2.4.2, point 7, Nota), d’où l’indice pour la
désigner. Elle est associée au pivot B et à es = eyd ⇒ ss = fyd.
Dans le cas d’aciers S500 il y correspond µu,limite,eyd = 0,37 ⇒ µu ≤ µu,limite,eyd = 0,37.

B-III.2.5.4 Autres limites


B-III.2.5.4.1 Limites assurant le respect des contraintes limites de l’ELS
Ces contraintes limites sont présentées au § B-III.3.
Il faut respecter µu ≤ µu,limite,ELS et, avant plus de détails, il convient de retenir µu,limite,ELS ≈
0,24.

B-III.2.5.4.2 Limites pour une ductilité suffisante


Sont concernées les sections sur appuis des poutres continues calculées avec « redistribution »
(voir § C-II.5 et C-II.6).
On tire un bénéfice de la redistribution à partir de µu,appui < 0,295 et celui-ci est maximum
lorsque µu,appui ≤ 0,154.

B-III.2.5.5 Synthèse
Le domaine réglementaire est confiné dans les limites ci-dessous.
environ 0,04 ≤ µu ≤ environ 0,24
(non-fragilité) (limitation ELS)

Pour un chiffrage plus précis de ces limites, voir § B-III.2.5.1.1 pour la limite inférieure et
B-III.3.2.2 puis C-II.5, C-II.6 pour la limite supérieure.
À l’intérieur de ces limites, les exigences de l’ELS pour la limitation de la flèche et de l’ouver-
ture des fissures apportent des restrictions supplémentaires.
Si µu > une des limites ci-dessus à l’exception de µu,limite,frag : modifier la géométrie de l’élé-
ment (changer ses dimensions, considérer une poutre en Té ou mettre des aciers comprimés),
éventuellement changer la qualité du béton, pour aboutir à une valeur de µu ≤ limite imposée.

B-III.3 Vérifications à l’ELS


Ces vérifications sont l’objet de [Section 7] et sont traitées de façon approfondie en {D-III}.
Elles visent toutes à s’assurer, dans les conditions d’usage normal, du non dépassement de
valeurs limites concernant : la contrainte dans les aciers et le béton, l’ouverture de fissure et la
flèche des éléments fléchis.
Comme vu ci-dessus, dans le cas des bâtiments courants et moyennant le respect des certaines
conditions lors du calcul à l’ELU, ces vérifications sont assurées par avance. C’est l’option
prise dans ce livre et ce qui suit se limite à la description des conditions à respecter.

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B-III.3.1 Limitation des contraintes


Limiter les contraintes limite ipso facto les déformations et participe déjà à limiter l’ouverture
de fissure et la flèche.

B-III.3.2 Limitations de sc
En bâtiments courants : assurées dès l’ELU par le respect de µu ≤ µu,limite,ELS.

B-III.3.2.1 Prescriptions
• Le béton doit rester dans le domaine du fluage linéaire (hypothèse des calculs d’ouverture
de fissure et de flèche traités plus loin).
Pour cela, il faut respecter sc,ser,qp  ≤ 0,45 fck sous combinaison quasi permanente des
actions.
• Prévention du risque de fissures de compression préjudiciables à la durabilité en cas d’am-
biance agressive.
Vérification conseillée, et non exigée, dans les conditions d’exposition XS (exposition
marine), XD (chlorures non marins) et XF (gel-dégel). Noter que le béton alors exigé est
de classe ≥ C30/37
Pour cela, il faut respecter sc,ser,k ≤ 0,6 fck sous combinaison caractéristique des actions.

B-III.3.2.2 Valeurs de µu,limite,ELS proposées par l’auteur


Elles s’appuient sur un coefficient de transfert entre ELS et ELU. En flexion simple il s’agit de
g = Mu/Mser. Si en plus on est dans le cas d’un chargement uniforme p/m on a g ≈ pu/pser.
• Pour assurer sc,ser,qp ≤ 0,45.fck sous combinaison quasi permanente : respecter µu ≤
µu,limite,σcqp
• Les valeurs de µu,limite,σcqp s’appuient sur gqp= Mu/Mser,qp.
Avec des aciers S500, classe de ductilité B et option a pour leur diagramme ssd = f(esd) :

Classe d’exposition gqp= Mu/


1,6 1,8 2,0
et béton associé Mser,qp

XC1 à XC4 C25/30 µu,limite,scqp 0,201 0,241 0,282


XS1 C30/37 µu,limite,scqp 0,212 0,253 0,296
XS3 C35/45 µu,limite,scqp 0,223 0,253 0,309

• Pour assurer sc,ser,k ≤ 0,60.fck sous combinaison caractéristique : respecter µu ≤ µu,limite,σck


Les valeurs de µu,limite,σck s’appuient sur gk= Mu/Mser,k et aussi, à travers ae,eff,k = Es/Ec,eff,k,
sur gqp= Mu/Mser,qp.
Avec des aciers S500, classe de ductilité B et option a pour leur diagramme ssd = f(esd) :

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XC1, béton C30/37 : valeur de µu,limite,sck XC3, béton C35/45 : valeur de µu,limite,sck
gqp gqp 2,0
1,6 1,8 2,0 1,6 1,8
gk gk
1,375 0,271 0,279 0,286 1,375 0,282 0,290 0,298
1,4 0,277 0,285 0,292 1,4 0,288 0,296 0,305
1,425 0,283 0,291 0,299 1,425 0,295 0,302 0,309
1,45 0,289 0,297 0,305 1,45 0,301 0,309 0,316
Situations les plus fréquentes : valeurs encadrées

Remarque
On constate que pour les sections rectangulaires en flexion simple, excepté lorsque gqp ≈ 2, c’est
systématiquement la condition sc,ser,qp ≤ 0,45.fck qui est prépondérante.

B-III.3.3 Limitations de ss
En flexion simple avec des aciers S500 les limites imposées par Eurocode sont toujours vérifiées.

B-III.3.4 Limitation de l’ouverture de fissure


Les ouvertures de fissure sont notées w comme width (largeur en anglais).
Elles sont calculées sous combinaison quasi-permanente des actions. Ce qui indique que c’est
l’ouverture de fissure durablement installée qui doit être considérée préjudiciable plutôt que
celle atteinte épisodiquement sous charge de pointe.

B-III.3.4.1 Prescription
Ouverture de fissures maximum wmax admise
La prescription est synthétisée dans le tableau B-III.3.1 ci-dessous.

Tableau B-III.3.1. Valeurs recommandées de wmax pour les éléments en béton armé.

wmax
Classe d’exposition Prescriptions (AF) pour éléments
béton armé
Sous la combinaison d’actions quasi permanente
X0 : pas de risque de corrosion Sauf demande spécifique : vérification de l’ouver- 0,4 mm
XC1 : sec (intérieur des bâtiments courants ture de fissure non nécessaire si les dispositions
et extérieur si protection par un enduit) ou constructives (notamment As,min, As,max et rapport
humide en permanence ,eff/d du tableau B-III.3.2) sont satisfaites
XC2, XC3, XC4 : humide ou alternative- Idem ci-dessus, mais non-vérification 0,3 mm
ment humide et sec limitée aux immeubles d’habitation, de bureau,
de réunion et les magasins
(Mais imagine-t-on des habitations, bureaux,
locaux de réunion et magasins humides ou alterna-
tivement humides et secs ?)
XD1, XD2, XD3, XS1, XS2, XS3 : exposi- 0,2 mm (AF)
tion aux chlorures non marins (XD) ou
marins (XS)

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Cas où on peut se dispenser du calcul direct de l’ouverture de fissure.


• Cas signalés dans le tableau B-III.3.1.
• Cas des dalles sollicitées en flexion sans traction significative, d’épaisseur h ≤ 200 mm et
respectant les dispositions constructives.
• Cas gérés par les tableaux [7.2N] et [7.3N] de l’article [7.3.3], non reproduits ici car d’un
usage aussi complexe que le calcul direct de l’ouverture de fissures.

Cas où on ne peut pas se dispenser du calcul de l’ouverture de fissure.


C’est notamment le cas de tous les éléments de bâtiments en bord de mer (classes d’exposi-
tion XS) à l’exception des dalles d’épaisseur h ≤ 200 mm.

B-III.3.4.2 Points à retenir et comment diminuer wk lorsque nécessaire ?


Facteurs principaux dont dépend l’ouverture de fissure

Les fissures sont d’autant plus fines que la densité d’acier dans la
membrure tendue (rapport de la section d’acier As mise en place
à la section de béton Ac,eff dans laquelle elle est enrobée) est plus
grande et que le diamètre f des barres utilisées est plus petit.
Ac,eff tel que hc,eff = min [2,5 (h – d) ; (h – x)/3 ; h/2] Ac,eff

Il s’ensuit que :
• Les plus faibles ouvertures de fissure sont obtenues dans les he,eff
cas où µu est élevé, traduisant une grande section d’acier en
regard de la largeur b de la poutre. À l’opposé, les plus grands
risques de dépassement de l’ouverture de fissure autorisée
sont encourus avec les éléments pour lesquels µu est le plus
petit, on est alors à la limite de non-fragilité.
• Plus la section As de l’armature tendue est dispersée en de nombreuses barres fines, c’est-à-
dire plus leur diamètre f est petit, mieux c’est.
• Enfin, augmenter l’enrobage c est défavorable. En effet, cela augmente Ac,eff par rapport à
As et diminue la densité d’acier dans la membrure tendue.
Ce point complique la tâche du calculateur car, dans les conditions d’environnement diffi-
cile, il doit concilier une diminution drastique de l’ouverture maximum de fissure auto-
risée avec une augmentation significative de l’enrobage c requis. Deux exigences qui
s’avèrent antinomiques.

Comment diminuer l’ouverture de fissure lorsque sa valeur dépasse wmax autorisé ?


• D’abord, diminuer le diamètre f des barres formant As, avec pour conséquence l’augmen-
tation de leur nombre. Ce remède atteint vite ses limites.
• Ensuite, rendre As excédentaire par rapport au strict besoin de résistance. C’est la solution
la plus efficace, mais elle implique un surcoût d’acier.
• On peut enfin envisager un béton de classe plus élevée. Le gain reste faible.

Ce qui ne marche pas


Augmenter h ou b ou traiter la poutre en poutre en Té

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B-III.3.5 Limitation de la flèche [7.4]


B-III.3.5.1 Flèches limites
Deux types de flèches doivent être considérés, chacune avec sa propre valeur limite.

B-III.3.5.1.1 Flèche totale


Elle ne doit pas être visible, ce qui créerait un malaise esthétique, et ne doit pas nuire à la
fonctionnalité de l’ouvrage.
Valeur limite = ,eff/250, applicable aux poutres, dalles et consoles.
Elle est calculée sous la combinaison quasi permanente des actions. Il convient alors de
supposer un développement complet du fluage.
Nota
Elle peut être compensée partiellement ou en totalité par une contre-flèche initiale.

B-III.3.5.1.2 Flèche susceptible d’endommager les éléments sensibles avoisinants


Valeur limite = ,eff/500.
Les éléments sensibles sont :
• les cloisons et murs rigides, notamment en blocs béton,
Poutre
brique, ou carreaux de plâtre, qui risquent des fissures,
comme schématisé ci-contre (les cloisons en plaques de
plâtre, légères et mises en place de sorte que les poutres Mur
ou dalles en plafond ne pèsent pas dessus, n’y sont pas
sensibles) ; Poutre

• les revêtements rigides comme les carrelages qui Carrelage


peuvent « cloquer » comme schématisé ci-contre ;
• des ensembles de machinerie dont des éléments Plancher
doivent rester parfaitement alignés.

La flèche concernée est en fait l’augmentation de flèche après la mise en place et la rigidifica-
tion de l’élément sensible considéré. Elle est calculée comme la flèche totale définie au
§ B-III.3.5.1.1 moins la flèche escomptée avant la date de fin de durcissement ou de réglage
des éléments sensibles. Cette dernière flèche venant en soustraction est calculée en ne prenant
en compte que les charges effectivement présentes à cette date (incluant le poids des éléments
sensibles) et le développement du fluage jusqu’à cette date.

B-III.3.5.2 Cas de dispense du calcul de la flèche


Eurocode dispense de cette vérification lorsque le rapport ,eff/d est inférieur aux valeurs
limites regroupées dans le tableau B-III.3.2 ci-dessous issu du tableau [7.4NA] de l’AF. Ce
tableau a été construit pour les poutres rectangulaires en flexion simple. Sa donnée d’entrée
originelle est le ratio d’armature r = As/bd. Il a été complété dans ce livre par une autre entrée
alternative : µu. Appliqué aux poutres en Té, à condition de ne considérer que la nervure pour
le calcul de r ou µu, il est une approximation du côté de la sécurité.

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Attention
La référence est ici ,eff/d, et non plus ,n/h comme dans les règlements français antérieurs.

Tableau B-III.3.2. Flexion simple : valeurs limites de ,eff/d dispensant de vérification de la flèche selon la valeur
de K et la classe du béton (C25/30 à C35/45). (On peut entrer dans ce tableau au choix par r ou µu
calculés sur la nervure seule.)

Poutres Dalles

Flexion simple (AF) (AF)


r = r = r ª r ª r » ª
1,5 % 0,5 % 0,26 %
0,41 % 0,36 %

Système structural fi valeur de K K Béton µu ª µu ª µu ª µu ª µu ª

C25/30 0,310 0,124 0,104 0,093 0,069


C30/37 0,269 0,106 0,088 0,078 0,058
C35/45 0,237 0,092 0,077 0,068 0,050
Valeurs limites de eff/d

Travées isolées sur appuis simples : poutres ou C25/30 14 18 22 25 40


dalles portant dans une seule direction
1,0 C30/37 14 20 25 30 49
C35/45 15 23 29 35 58
Travée de rive d’une poutre ou dalle continue C25/30 18 23 28 32 52
ou dalle continue le long d’un grand côté et
1,3 C30/37 18 26 30 35 44
portant dans les deux directions
C35/45 19 30 38 46 76
Travée intermédiaire d’une poutre ou dalle C25/30 20 27 33 38 60
portant dans une ou deux directions
1,5 C30/37 20 30 35 40 73
C35/45 22 34 44 53 88
Consoles : poutre ou dalle portant dans une C25/30 6 7 9 10 16
direction
0,4 C30/37 6 8 10 12 19
C35/45 6 9 12 14 23
Si ,eff > 7 m, multiplier la valeur de ,eff/d par 7/,eff (avec ,eff en m).
Pour les valeurs de r ou µu intermédiaires entre les valeurs ci-dessus : interpoler linéairement.

B-III.3.5.3 Comment remédier à une flèche trop importante ?


La flèche est d’autant plus grande que l’inclinaison a du diagramme de déformation est plus
grande (voir la figure B-III.2.1 également applicable à l’ELS). L’inclinaison du diagramme
découle à la fois de la valeur de la déformation ec du béton comprimé en fibre extrême, consé-
quence de sa contrainte sc, et de la hauteur x de l’axe neutre. Pour la diminuer, il faut donc :
soit diminuer sc, soit augmenter x, soit faire les deux à la fois.
• Le plus efficace est d’augmenter d, ce qui agit sur les deux tableaux. En effet :
–– à l’ELS, l’augmentation de d entraîne toujours l’augmentation de x ;
–– de plus, l’augmentation de d augmente zc et diminue Fc = M/zc, avec pour consé-
quence une diminution sc.

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• Une autre solution est d’augmenter la largeur de la poutre, ou au moins celle de sa partie
comprimée en considérant une poutre en Té. Cela répartit Fc sur une aire plus grande de
béton et sc diminue. En revanche, x diminue aussi, grignotant une large part du gain sur sc.

B-III.4 Résistance aux effets de l’effort tranchant


B-III.4.1 Introduction
L’effort tranchant sollicite l’âme des éléments concernés.
Tout ce qui est relatif à l’âme des poutres est repéré par l’indice w (comme web en anglais, qui
désigne notamment l’âme des poutres).
Par exemple : bw = largeur ou largeur minimum (b) de l’âme (w) d’une poutre ;
Asw = section (A) d’un cours d’armatures (a priori en acier d’où l’indice s) d’âme (w) ; etc.
Tout ce qui est relatif à l’effort tranchant est repéré par la lettre V.
À savoir : V = effort tranchant (déjà vu) ; v (v minuscule) = contrainte de cisaillement (cette
dernière notation est ambiguë car elle se confond facilement avec le coefficient n (nu)).
Ces notations sont déclinées en VE et VR puis vE et vR précisés par tous les indices utiles.
Les calculs supposent le développement complet de la fissuration (voir § A-II.4.3.1), aussi
sont-ils menés à l’ELU et uniquement à l’ELU.
Cas des poutres : un renfort par des aciers transversaux, aussi appelés « armatures d’âme »,
s’impose. Dans ce livre, l’exposé est limité au seul cas des aciers transversaux « droits » (perpen-
diculaires à la ligne moyenne de la poutre), aussi qualifiés de « verticaux ».
Cas des dalles : les contraintes induites y sont faibles et généralement le béton y résiste seul,
dispensant d’aciers transversaux. Leur cas spécifique est traité en section C-III.

B-III.4.2 Principe de fonctionnement des aciers transversaux


et bases de leur calcul
B-III.4.2.1 Rappels tirés de § A-II.4.2.1 et § A-II.4.3
Ils s’appuient sur les figures B-III.4.1 et 2.
L’effort tranchant développe des fissures inclinées, plus ouvertes à mi-hauteur et dont la
pointe supérieure s’éloigne de l’appui le plus proche.
Le calcul s’appuie sur la schématisation de Ritter-Mörsch qui assimile une poutre béton armé
à une poutre en treillis dans laquelle :
AB = diagonale comprimée (entre deux fissures inclinées) ;
BA’ = armature transversale ;
AA’ = longueur totale sur laquelle se développe chaque maille de la triangulation ;
AC = projection sur la ligne moyenne de l’élément de la longueur sur laquelle se développe
chaque diagonale comprimée AB.

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Diagramme Vu

Figure B-III.4.1. Orientation des fissures inclinées d’effort tranchant.

Fc Fissures
et organisation
|Vu| z
 des éléments
Fs résistants

B B B
Fc
|Vu| Schématisation
z de Ritter-Mörsch

Fs

A A’ et C A C
A A’ et C
|Vu,max| |Vu,nu appui|

|Vu (x)|
|Vu (x + AC)|
Diagramme de
l’effort tranchant
A C
x
x + AC

B B B
Fc Armatures
|Vu| z transversales
 obliques
Fs pour illustrer
A C A C la différence entre C
A’ et A’
A C
A’

Figure B-III.4.2. Résistance aux effets de l’effort tranchant : éléments de base


(exemple d’une travée isolée uniformément chargée).

À retenir
• Les calculs sont menés uniquement à l’ELU et en valeurs absolues.
• Les charges sont appliquées aux nœuds B, en tête des diagonales comprimées AB.
• Sur la longueur AA’, les aciers transversaux reprennent un effort vertical égal à |Vu|.
• La résistance à un effort tranchant ne se développe pas dans une section (comme la résis-
tance au moment fléchissant) mais dans un volume, celui nécessaire au développement

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d’une cellule de triangulation ABA’. Alors, parler du calcul « à une abscisse x » est un
raccourci de langage pour parler du calcul dans la zone autour de l’abscisse x.

B-III.4.2.2 Caractéristiques et équilibre d’une maille du treillis de base de Ritter-Mörsch


Le « treillis de base » est celui présenté sur la figure B-III.4.2 et repris sur la figure B-III.4.3.
Dans la réalité, la distance entre aciers transversaux successifs est plus courte que AA’. Ce
treillis de base est donc une première approche, qui sera affinée au paragraphe suivant.
B

F cw F cw
Fsw

Vu,AC Vu,AC
z z

Fsw
 

Ft Ft
A A C et A’

Figure B-III.4.3. Caractéristiques et équilibre d’une maille du treillis de base de Ritter-Mörsch


sous le seul effet de l’effort tranchant.

Longueurs AA’ et AC
Avec des aciers transversaux verticaux : AC = AA’ = z.cotgq

Équilibre du nœud A
• Effort de traction dans une barre verticale schématisant des aciers transversaux verticaux :
Fsw = Vu. (Dans le cas d’aciers transversaux obliques : composante verticale de Fsw = Vu).
• Effort de compression véhiculé par une diagonale comprimée : Fcw = Vu/sinq
• Effort additionnel sollicitant l’armature tendue : DFt = Vu.cotgq
Nota
–– Sachant que « sur la longueur AA’, les aciers transversaux reprennent un effort vertical égal
à |Vu| », l’économie invite à choisir AA’ le plus grand possible. C’est-à-dire des diagonales
comprimées les plus horizontales possible ⇒ q le plus petit possible ⇔ cotgq le plus grand
possible.
–– L’équilibre du nœud A montre que les valeurs de Fsw, Fcw et DFt dépendent de la valeur de
Vu au nœud B, donc à une distance AC = z.cotgq plus loin dans le sens où |Vu| décroît. Les
valeurs découlant de ce décalage seront repérées par l’indice AC.

B-III.4.2.3 Treillis multiple représentatif du cas des poutres réelles


L’espacement effectif des aciers transversaux est noté s (symbole utilisé pour désigner une
distance parallèlement à la ligne moyenne d’un élément).
Dans les poutres réelles, s est plus petit que la longueur AA’ et plusieurs treillis se superposent
pour former un « treillis multiple ». Ils ajoutent leurs effets comme montré sur la
figure B-III.4.4. Le nombre (pas nécessairement entier) de treillis superposés est : n = AA’/s
Chacun de ces n treillis qui se superposent sera désigné « treillis élémentaire ».
Les n barres verticales du treillis multiple reprennent ensemble l’effort de la barre verticale
unique du treillis de base. Également, l’ensemble des diagonales comprimées du treillis
multiple se regroupent en une diagonale unique recréant la diagonale du treillis de base.

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AA’
Treillis de base s s
Treillis multiple
(ici : 2 treillis
superposés ⇔ s = AA’/2)
z
Largeur cumulée des
diagonales comprimées 

AA’
AA’

Figure B-III.4.4. Illustration et caractéristiques du « treillis multiple », représentatif des poutres réelles (sur cette
figure : n = 2 ⇒ deux treillis élémentaires additionnent leurs effets).

B-III.4.3 Démarche de calcul des aciers transversaux


Tous les calculs associés s'appuient sur la seule valeur absolue de l’effort tranchant.
Un exemple illustre cette démarche, au § D.1.9.

B-III.4.3.1 Constitution et organisation d’un cours d’armature transversale


Un cours d’aciers transversaux est l’ensemble des aciers transversaux disposés à une abscisse x
donnée. Il est constitué, conformément à la figure B-III.4.5, de « cadres », « épingles » et
« étriers ».
ɸ
5

Cadres : trois types d’ancrages possibles Épingle Étrier


(celui de gauche n’est pas faisable par toutes
les machines automatiques à façonner les cadres)

Aciers de
construction

4 brins Préférer une épingle à un étrier, comme sur


l’exemple du milieu (assemblage du ferraillage plus
facile).

≤ st,max

En France, on préfère tenir chaque colonne


d’aciers longitudinaux comme sur l’exemple
de gauche.

 st,max

Figure B-III.4.5. Éléments constitutifs d’un cours d’armature transversale et exemples de dispositions possibles.

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Sa section résistante est Asw = section d’un brin × nombre de brins (voir la figure B-III.4.5).
L’espacement maximum entre deux brins [9.2.2] est :
st,max = min [0,75 d ; 600 mm] ;   si h ≤ 250 mm : st,max = 0,9 d    (AF)

B-III.4.3.2 Choix initiaux


B-III.4.3.2.1 Choix de la constitution d’un cours d’aciers transversaux ⇒ Asw

Aciers
A priori S500, de classe de ductilité B, haute adhérence (HA).

Diamètre fw
En plus de leur fonction de résistance aux effets de l’effort tranchant, les aciers transversaux
assurent aussi la rigidité de la cage de ferraillage durant sa manutention. Si les aciers la consti-
tuant sont trop fins, elle risque des déformations gênantes.
Proposition de l’auteur
d ≤ 35 cm environ ⇒ fw = 6 mm
d ≤ 45 cm environ ⇒ fw = 8 mm
d ≤ 65 cm environ ⇒ fw = 10 mm
d ≤ 85 cm environ ⇒ fw = 12 mm
… etc.

Nombre de brins
Il dépend du nombre de colonnes d’aciers à tenir et du choix, s’il y a lieu, d’épingles ou
d’étriers. Voir la figure B-III.4.5.

Section Asw d’un cours d’aciers transversaux


Elle est déduite de fw et du nombre de brins choisis.

B-III.4.3.2.2 Choix de l’angle d’inclinaison q des diagonales comprimées


q peut être choisi dans la plage 1 ≤ cotgq ≤ 2,5 qui correspond à 45° ≥ q ≥ 22°.
Plus q est petit, plus c’est économique, par contre plus les diagonales comprimées sont
sollicitées.
En pratique on fait le choix initial de diagonales les plus horizontales possible, soit cotgq = 2,5,
quitte à le changer ensuite si la contrainte de compression qui en découle dans les diagonales
comprimées dépasse le maximum admissible.

B-III.4.3.3 Données des calculs


Ce sont : Asw et q choisis ci-dessus, z, AC = z cotgq, et les diagrammes Vu puis Vu,AC désignés
selon Eurocode VEd et VEd,AC.

Valeur de z
Il s’agit d’un paramètre récurrent de tous les calculs à l’effort tranchant. Pour cet usage, le
règlement prescrit de se contenter de l’approximation z = 0,9 d.

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Diagramme VEd,AC ou Vu,AC
Comme illustré sur la figure B-III.4.6, il est obtenu en décalant le diagramme VEd ou Vu de
AC = z.cotgq dans la direction où |VEd ou Vu| diminue.
AC AC
z .cotg  z .cotg 
sinit/2 sinit sinit sinit s1 s1 s = Cte = smax x

sinit sinit

VEd,max
Diag. capacité de résistance Diag. VEd ou Vu
VEd,nu appui
Diag. VEd,AC ou Vu,AC
VEd,AC,nu appui

AC AC AC
z .cotg  z .cotg  z .cotg 

Figure B-III.4.6. Éléments du calcul des aciers transversaux et de leur répartition (sur le schéma de la poutre,
à chaque cours d’aciers transversaux est associée la bielle comprimée du treillis élémentaire correspondant
dont la largeur est égale à l’espacement s calculé pour ce cours).

B-III.4.3.4 Détermination de sinit


1) Choisir a priori cotgq = 2,5
2) Vérifier si cotgq choisi convient
b w .z
Pour cela il faut vérifier VEd,nu appui ≤ VRd,max = acw. .n1 (nu1).fcd
cotgθ + tgθ
qui s’écrit aussi
VEd,nu appui ≤ acw. b w .z .n1.fcd ou encore VEd,nu appui ≤ acw. b w .z.cotgθ .n1.fcd
2
sin q.cotgq 1 + cotg 2θ
avec :
bw = plus petite largeur de la poutre sur la hauteur où se développent les diagonales
comprimées inclinées de q.
n1.fcd = contrainte maximum admise dans le béton constituant les diagonales comprimées
avec n1 (nu1) = 0,6.(1 – fck/250). C’est un coefficient de réduction de la résistance en
compression du béton (éventuellement fissuré) dans les zones d’effort tranchant (source
d’une traction défavorable perpendiculaire à la compression).
acw tient compte d’un éventuel effort axial. Une compression est favorable et une traction
défavorable. En flexion simple acw = 1.
À travers cette vérification, c’est en fait le non-dépassement de la contrainte admissible
n1.fcd dans les diagonales comprimées qui est vérifié.
Si la condition n’est pas vérifiée, il faut diminuer cotgq. Si possible, viser VRd,max
= VEd,nu appui.
Attention : changer cotgq change le diagramme VEd,AC.

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Si la démarche ci-dessus aboutit à cotgq < 1 ⇔ q > 45 on est hors limites. Il est alors
impératif de changer les dimensions de la poutre. Pour cela, d’abord augmenter bw.
3) Calculer les espacements minimum et maximum autorisés
A 2.f ywd
smin =  sw .
b w n1.f cd
A f ywd
smax = min [0,75 d ; s,,max,ρw =  sw . ]
b w 0,08. f ck
En bâtiment, très généralement, le calcul aboutit à : smax = 0,75 d. C’est le cas tant que
1 000 Asw (cm2) ≥ 5 Vu,nu appui(kN) (relation développée par l’auteur).
4) Calcul de sinit,calculé par la formule d’Eurocode
A sw A sw
sinit,calculé =  .z.cotgq.fyd  ou  sinit,calculé =  .z.cotgq.fyd
VEd , AC , nu appui Vu , AC , nu appui
Ceci traduit la formule déjà largement répétée : « sur la longueur AA’ les aciers transversaux
reprennent un effort vertical = Vu,AC = VEd,AC ; avec des aciers verticaux : AA’ = z.cotgq ».
5) Valeur de sinit retenue
Si sinit,calculé < smin ⇒ augmenter Asw
Si sinit,calculé ≤ smax ⇒ retenir sinit = sinit,calculé
Si sinit,calculé > smax ⇒ retenir sinit = smax

B-III.4.3.5 Répartition des aciers transversaux le long de la travée


Les éléments de la démarche sont illustrés sur la figure B-III.4.6.
1) Partir de chaque appui en se dirigeant vers les valeurs plus faibles de |VEd,AC| = |Vu,AC|.
2) Position du premier cadre ?
L’objectif est de répartir harmonieusement les cadres sur la longueur AC = z.cotgq.
Pour cela Eurocode ne donne aucune instruction. L’auteur propose de perpétuer la pratique
française antérieure : placer le premier cadre à sinit/2 du nu de l’appui.
Comme illustré sur la figure B-III.4.6 par la mise en évidence des bielles associées à chaque
cadre, ceci assure une largeur uniforme des bielles couvrant le premier intervalle
AC = z.cotgq.
3) Continuer de remplir la longueur AC = z.cotgq avec des cadres espacés de sinit.
4) Puis calculer VEd,AC et s1 sur l’intervalle AC = z.cotgq suivant et le remplir par des cadres
espacés de s1.
5) Faire de même pour chaque intervalle AC = z.cotgq suivant (⇒ séries d’espacements s2,
s3,…) jusqu’à buter, soit sur smax, soit sur le point VEd,AC = Vu,AC = 0.
6) Ensuite, si le point d’effort tranchant nul (cette fois, il s’agit de VEd = Vu = 0) n’a pas été
atteint, compléter jusqu’à l’atteindre en accumulant des espacements constants = smax.
7) À la rencontre des répartitions venant des appuis de gauche et de droite, subsiste autour du
point VEd = Vu = 0 un espacement résiduel qui doit être ≤ smax et est coté x
Cette méthode aboutit à un diagramme des capacités de résistance en escalier par excès.
Nota
Dans les cas courants ce diagramme en escalier ne dépasse pas trois niveaux : sinit, s1 et smax. Il
en compte même moins si la répartition bute rapidement sur smax.

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B-III.4.4 Conditions d’appui


Le traitement rigoureux des conditions d’appui est exposé en {D-IV.7 et 8}. Il s’en dégage
notamment que :
• qbielle appui ≈ qbielle travée/2 ou, ce qui n’est pas identique mais est une approximation du
même ordre, cotgqbielle appui ≈ cotgqbielle travée/2
• la longueur horizontale du pied de bielle abielle est supérieure à la profondeur d’appui a
conformément aux indications de la figure B-III.4.7.

B-III.4.4.1 Rappel
Assurer les conditions d’appui, c’est assurer l’équilibre de la bielle d’appui sous les efforts
illustrés sur la figure B-III.4.7. C’est-à-dire :
• amener et ancrer sur appui une section d’acier capable de reprendre l’effort ΔFtd,appui rete-
nant le pied de la bielle, (s’agissant maintenant de calcul : ΔFt et ses déclinaisons deviennent
ΔFtd et ses déclinaisons) ;
• s’assurer que la contrainte de compression dans la bielle d’appui ne dépasse pas la contrainte
maximum admise réglementairement.
Comme exposé au § A-II.4.3.2.2, un défaut d’ancrage des aciers inférieurs sur appui fait
courir un risque mortel. Ceci justifie des précautions particulières. Notamment, sur les appuis
d’extrémité l’auteur préconise d’avoir systématiquement recours à un ancrage par crochet.
abielle.sin
B Butée apportée par
B
ell
e
le béton comprimé
z d h F c,bi
bielle bielle VEd,bielle
A
A
abielle Ftd,appui
Début ancrage
a
Réaction d’appui

Figure B-III.4.7. Équilibre d’un nœud d’appui et ses composantes.

B-III.4.4.2 Prescription d’Eurocode dans le cas d’un chargement uniforme à l’approche


de l’appui
Dans ce cas, le seul traité dans cet ouvrage, Eurocode ne prescrit rien (ou presque) !
De fait, par son silence, il implique que les conditions d’appui sont assurées sans autre précau-
tion par les prescriptions du § B-III.4.3.4 (2) (vérification si cotgq convient en prenant pour
référence VEd au nu de l’appui sans décalage de AC) et du § B-III.5.1.1 (application jusque
sur l’appui de la règle d’arrêt des barres développée pour la travée). C’est une
approximation !
La seule prescription, forfaitaire, est limitée aux appuis d’extrémité :
As ancré sur appui d’extrémité ≥ 0,25 As,max,travée
Généralement, cette prescription ne devient contraignante que dans les cas où il y a plus
que trois lits d’aciers en travée.

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B-III.4.4.3 Valeur effective de la profondeur d’appui selon le cas


L’extrémité de a côté travée n’est pas systématiquement au nu de l’appui. La figure B-III.4.8
montre ce qu’il en est selon le parti constructif choisi.

Béton coulé en place


Élément coulé en place sur un support béton ou
a maçonnerie : bon contact avec le support.
Enduit éventuel
Béton a arrive au nu de l’appui (sans computer l’enduit
qui n’a aucune capacité portante).
Béton coulé en place

a Enduit éventuel
Maçonnerie
Élément préfabriqué et clavage en béton :
Béton coulé en place risque de mauvais remplissage de la zone d’appui sous
Préfabriqué l’extrémité de la partie préfabriquée.
a a en retrait jusqu’au nu de l’élément préfabriqué.
Béton ou
maçonnerie

Préfabriqué Élément préfabriqué en pleine hauteur et posé sur un lit de


mortier : écrasement du mortier dans le coin intérieur de
a Mortier l’appui.
5 cm
Béton ou a en retrait de ≈ 5 cm.
maçonnerie

Cas d’un appareil d’appui.


a = largeur de l’appareil d’appui.
a Appareil d’appui

Figure B-III.4.8. Profondeur d’appui a à prendre en compte selon le parti constructif.

B-III.4.4.4 Cas où la charge est appliquée en partie inférieure de l’élément porteur [9.2.5]
Nous avons vu au § B-III.4.2.1 que le fonctionnement conformément au treillis de Ritter-
Mörsch impose que les charges soient appliquées en partie supérieure des éléments concernés,
en tête des diagonales comprimées.
Dans le cas d’une dalle ou d’une poutre secondaire reposant sur une poutre porteuse, il faut
que le pied de la bielle d’appui de l’élément porté repose en « partie supérieure » de la poutre
porteuse. Par « partie supérieure » il faut entendre : plus haut que 2/3 ou à la rigueur 1/2 de
la hauteur de la poutre.
Cela n’est vérifié que :
• pour une dalle située en partie haute de sa poutre porteuse ;
• pour une poutre peu haute s’appuyant en partie supérieure d’une poutre beaucoup plus
haute.
Dans tous les autres cas, il faut prévoir des « suspentes ». Voir figure B-III.4.9.
Ces cas sont les suivants :
• croisement de deux poutres de hauteurs semblables ;
• poutre porteuse « en soffite » : on ne veut pas de retombée visible ou l’on n’a pas la place
pour une retombée et la poutre est installée au-dessus de l’élément porté.

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Dans tous les cas, les suspentes sont dimensionnées à l’ELU pour, travaillant à la contrainte 
ss = fyd, reprendre un effort dont la composante verticale égale la charge apportée par l’élé-
ment porté.
Elles sont généralement constituées d’aciers verticaux en forme de cadres, disposés en plus des
cadres déjà calculés pour la résistance à l’effort tranchant. Elles sont bouclées, d’une part sous
les aciers inférieurs de l’élément porté, d’autre part en partie supérieure de l’élément porteur.
De plus, les aciers inférieurs de l’élément porté doivent passer au-dessus des aciers inférieurs
de la poutre porteuse.
≤ h/2 environ

Poutre ou dalle portée


h
Poutre porteuse

Pas besoin de suspentes.

≤ h/2
> h/2 environ ≤ h/3
Poutre
portée Poutre portée Suspentes
h
Suspentes Suspentes
Poutre ou dalle portée

Suspentes en forme de cadres : leur disposition dans différents cas courants.

bd bd
Suspentes Barres relevées
dans poutre faisant suspentes
Suspentes bateau Poutre porteuse dans l’élément porté
portée Poutre ou dalle portée

Figure B-III.4.9. Suspentes : domaine d’utilisation et dispositions les plus courantes (les aciers transversaux à
disposer pour la résistance à l’effort tranchant ne sont pas représentés).

B-III.5 Arrêt des barres [9.2.1.3 à 9.2.1.5]


Il s’agit de l’arrêt des barres de l’armature longitudinale calculée pour résister aux effets du
moment fléchissant. Le moment étant maximum en travée et diminuant lorsqu’on s’approche
des appuis, l’économie demande d’arrêter des barres au fur et à mesure qu’elles ne sont plus
indispensables.
Ce faisant, il ne faut pas oublier l’effort additionnel, DFtd en travée et DFtd,appui sur appuis,
apporté par la participation des aciers longitudinaux à la résistance aux effets de l’effort
tranchant.
Par chance, la section maximum d’aciers longitudinaux calculée pour résister au moment
maximum n’en est pas affectée. En effet, au point de moment maximum correspond le point
d’effort tranchant nul (|V(x)| = |dM(x)/dx |) et l’effort additionnel y est nul. C’est le seul point
de la poutre qui bénéficie de cette particularité.
Un exemple illustre la démarche au § D.1.8.

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B-III.5.1 Prescriptions d’Eurocode pour la prise en compte de l’effort


additionnel DFtd(x) dans l’armature tendue
B-III.5.1.1 Effort additionnel à prendre en compte
Avec des armatures transversales verticales et un chargement réparti sans force concentrée,
l’effort additionnel à prendre en compte dans l’armature tendue à chaque abscisse x en travée
est :
V (x ) V (x )
DFtd(x) =  Ed , AC .cotgq =  u , AC .cotgq
2 2
C’est deux fois plus petit que ce qui avait été mis en évidence sur le treillis de base de Ritter-
Mörsch. Cela vient du remplacement du treillis de base par un treillis multiple (§ B-III.4.2.3)
plus réaliste. Cet écart est justifié en {D-IV.9.4}
En cas de charges réparties à l’approche de l’appui (c’est le cas de ce paragraphe), Eurocode
admet que ce même décalage (calé sur les conditions en travée) est suffisant pour définir la
section d’acier inférieurs à amener et ancrer sur appui pour assurer les conditions d’appui
(voir § B-III.4.4.2).

B-III.5.1.2 Prescription d’Eurocode pour traiter cet effort additionnel


z
Pour les poutres : décaler le diagramme Mu de a, =  .cotgq en s’éloignant des appuis, avec,
2
comme pour tout ce qui est relatif à l’effort tranchant, z = 0,9 d.
Pour les dalles (car traitées plus loin en Section C-III) : aℓ = d.
Le diagramme Mu ainsi transformé est appelé « diagramme Mu décalé ».
Ordre de grandeur
Si on admet d ª 0,9 h, dans le cas où cotgq = 2,5 ce décalage est ª 0,9 × 0,9 h × 2,5/2 ª h.

B-III.5.2 Épure d’arrêt des barres [9.2.1.3]


C’est une construction graphique (épure) de laquelle on tire la longueur nécessaire de chaque
barre ou groupe de barres. Elle est illustrée sur la figure B-III.5.1.
Les mêmes règles s’appliquant aux aciers inférieurs (zones de moment positif ) et aux aciers
supérieurs (zones de moment négatif ), la présentation est faite sur l’exemple d’une poutre
continue.

B-III.5.2.1 Construction de l’épure


L’exemple proposé sur la figure B-III.5.1 est une poutre renforcée en travée par deux lits égaux
de 2 HA 16 chacun et sur appui par deux lits inégaux, l’un de 2 HA 16 et l’autre de 2 HA 14.
L’usage ancien proposait de placer les aciers les plus gros le plus à l’extérieur. En fait, comme
sur cet exemple, il est mieux de placer les aciers les plus gros le plus à l’intérieur. L’avantage
est double :
• c’est source d’économie car ce sont les aciers les plus gros qui sont arrêtés les premiers ;
• surtout la résistance à l’incendie en est améliorée car les aciers les plus gros (ceux qui
apportent la plus grande part à la résistance) étant plus à l’intérieur, ils sont mieux protégés
et plus tardivement altérés par l’incendie.

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La construction de l’épure compte trois étapes :


1) Tracé du diagramme des moments Mu. Dans le cas d’éléments continus, il s’agit du
diagramme enveloppe des moments tenant compte des différentes combinaisons de charge-
ment envisageables (voir § A-II.5.2 et § C-II.2).
2) Tracé du « diagramme Mu décalé ».
3) Sur cette base : construction du diagramme des capacités de résistance effectives. La sécu-
rité veut que celui-ci soit en tout point extérieur au diagramme des capacités de résistance
nécessaires et l’économie veut qu’il l’encadre au plus près.
L’arrêt des barres se fait généralement par lits entiers.
Les paragraphes suivants détaillent les points à retenir et les points délicats des étapes 2) et 3)
ci-dessus.

Chapeau minimum 2 HA 16 2 HA 16

2 HA 16 2 HA 14

≥ 0,25 As,max,travée
cnom cnom
bd
HA16
MRd
2HA14
+ 2HA16 bd F a G
D E
HA14
MRd
B C
2HA14

A MRd Mu a
2HA16

MRd Mu décalé bd


Ancrage 2HA16
HA16
par + 2HA16
crochet Capacité de résistance effective
bd bd
HA16 2 a HA16

Figure B-III.5.1. Épure d’arrêt des barres


(pour une meilleure lisibilité, l’échelle verticale du schéma de la poutre a été dilatée).

B-III.5.2.1.1 Diagramme Mu décalé


Le décalage est appliqué à l’enveloppe des moments positifs et négatifs et fournit le diagramme
des capacités de résistance requises.
En l’absence de charge concentrée au voisinage de l’appui, il indique aussi la quantité d’aciers
inférieurs à amener et ancrer sur appui pour assurer la condition d’appui.
Sur un appui d’extrémité, vérifier en plus que As ancré sur appui ≥ 0,25 As,max,travée.

B-III.5.2.1.2 Tracé du diagramme des capacités de résistance effectives


Le moment résistant MRd associé à chaque groupe de barres pris en compte est matérialisé sur
l’épure par un tracé horizontal.
Pour déterminer le moment résistant MRd apporté par chaque groupe de barres, on admet (et
c’est justifié) que MRd est proportionnel à As.

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Par exemple :
• pour les 2 lits de HA 16 en travée ⇒ 4 HA 6, on calcule :
MRd (2 HA 16 + 2 HA 16) en travée = Mu travée. A s (2 HA 16 + 2 HA 16) .
A su (calculé pour résister à Mu travée )
• pour le seul lit inférieur en travée (2 HA 16), on calcule :
A s ( 2 HA 16)
MRd (2 HA 16) en travée =  Mu travée .
A su ( calculé pour résister à Mu travée )
L’intersection du diagramme Mu décalé avec les horizontales matérialisant les moments
résistants disponibles fournit une première approximation de l’abscisse d’arrêt de chaque
groupe de barres.
Pour un arrêt exact, il faut encore prendre en compte la longueur nécessaire pour l’ancrage
de chaque barre.
• En travée et sur appuis intermédiaires, il s’agit générale- Ancrage droit
ment d’ancrages droits. Leur longueur nécessaire est ,bd.
La capacité de reprise d’effort par les barres, nulle à leur bd
extrémité, augmente linéairement sur leur longueur d’an-
crage. Cela se traduit sur le diagramme par un tracé
oblique désigné dans cet ouvrage « pente d’ancrage ». Diagramme de l’effort repris

• Sur les appuis d’extrémité, l’espace disponible est souvent


insuffisant pour déployer un ancrage droit et alors un
ancrage par crochet s’impose.
bd
Nota Ancrage par crochet
Pour des raisons de sécurité, sur appuis d’extrémité l’auteur
préconise systématiquement un ancrage par crochet, même
lorsque le calcul montre qu’un ancrage droit pourrait b,eq,eff
suffire.
Comparé à un ancrage droit, l’ancrage par crochet a une
longueur d’encombrement, ,b,eq,eff, plus faible et une
reprise d’effort beaucoup plus rapide.
Diagramme de l’effort repris

On en tire enfin le diagramme des capacités de résistance effectives. Il doit être en tout point
extérieur au diagramme des capacités de résistance requises.
Il se peut que ce ne soit pas le cas au niveau d’un ou plusieurs ancrages. Alors il faut allonger
les barres concernées jusqu’à ce que ça devienne le cas. La figure B-III.5.1 en fournit un
exemple au niveau des points F et G.
C’est souvent le cas en chapeau sur les appuis intermédiaires, où la pente du diagramme Mu
décalé peut être très forte. De plus, ne pas oublier que les aciers en chapeau sont souvent en
zone de mauvaises conditions d’adhérence ⇒ ils nécessitent une longueur d’ancrage ,bd plus
longue (1,4 fois plus) qui accentue encore le problème.

B-III.5.2.2 Épure d’arrêt des barres et conditions d’appui


Appuis d’extrémité
Le point A (où le diagramme Mu décalé atteint le nu intérieur de l’appui) indique, exprimé
sous forme d’un moment, la quantité d’acier à amener et ancrer sur l’appui pour reprendre
l’effort additionnel DFtd(x). Cette façon de traiter la condition d’appui découle du
§ B-III.4.4.2.

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Sur l’exemple de la figure, ce moment est plus faible que MRd du premier lit d’aciers en travée.
Donc, celui-ci est en quantité suffisante pour reprendre DFtd(x). Ne reste qu’à assurer son
ancrage (par un crochet, en s’assurant que abielle ≥ ,b,eq,eff, voir un exemple au § D.1.10.1). Il
faut aussi vérifier le non-dépassement de la contrainte admise dans la bielle d’appui. Dans le
cas d’un chargement uniforme, comme vu au § B-III.4.4.2, cette vérification est déjà assurée
par celle des bielles en travée.
Le fait que le point A soit clairement au-dessus de MRd du premier lit indique qu’un ancrage
partiel pourrait suffire.
Proposition de l’auteur pour les appuis d’extrémité
Toujours préférer un crochet, à la rigueur calculé en ancrage partiel (voir un exemple au
§ D.1.10.1).

Remarque
Si le point A avait correspondu à un moment > MRd du premier lit, il aurait fallu :
–– soit augmenter la section du premier lit, et en contrepartie diminuer celle du deuxième ;
–– soit amener et ancrer les deux lits sur l’appui.

Appuis intermédiaires
• Au point B, le diagramme Mu décalé coupe la trace de la poutre avant le nu de l’appui.
Cela signifie qu’aucun acier inférieur n’est nécessaire pour assurer la condition d’appui.
En effet, l’effort de compression Mu appui/z induit en partie basse de la poutre par le
moment négatif sur appui diminue d’autant DFtd(x). Quand il l’égale ou le dépasse, il n’est
plus besoin d’aciers inférieurs pour assurer l’équilibre de la bielle d’appui. C’est ce qu’admet
l’AF [NA-9.2.1.4(1)]. Cela ne dispense aucunement de la vérification de la contrainte de
la bielle d’appui.
De façon plus imagée, on peut dire que les deux bielles
qui convergent sur un appui intermédiaire (celle de la
travée de gauche et celle de la travée de droite) s’appuient
l’une sur l’autre. Dans l’exemple de la figure B-III.5.1,
cela ne suffit à assurer totalement que l’équilibre de la
bielle de gauche.
• Au point C, le diagramme Mu décalé atteint le nu de l’appui, signifiant que l’équilibre de
la bielle d’appui de droite nécessite un apport des aciers inférieurs de la travée.
La longueur minimum sur laquelle le lit inférieur doit être prolongé sur l’appui en tenant
compte de son ancrage nécessaire est déduite du diagramme des capacités de résistance
effectives, qui doit rester en tout point extérieur au diagramme des capacités de résistances
requises.

Précautions
Les défauts de conditions d’appui entraînent un risque de rupture fragile (brutale et sans
préavis) de la zone d’appui, qui entraîne à son tour la chute brutale et en bloc de tout un pan
de plancher, écrasant toute personne qui se trouve en-dessous. C’est un risque mortel dont la
prévention mérite une marge de sécurité renforcée.
Le risque est particulièrement grand en phase de chantier. Bien que les charges soient alors
plus faibles qu’en phase d’usage définitif, il y a les risques suivants :

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• Tant que le béton n’a pas suffisamment durci, les ancrages sont moins efficaces. La résis-
tance des ancrages droits en est beaucoup plus affectée que celle des crochets. D’où la
préférence affichée pour ces derniers sur appui d’extrémité.
• Les moments de continuité, qui permettraient de se passer d’aciers inférieurs sur appui
sont beaucoup plus faibles qu’en phase définitive. La phase la plus délicate a lieu lors du
décoffrage. On ne peut pas décoffrer toutes les travées simultanément. Le moment le plus
critique est le temps durant lequel une travée est décoffrée mais pas encore étayée. Elle doit
alors se tenir par ses propres moyens, tandis que la travée adjacente, encore soutenue par
le coffrage, n’apporte qu’un faible moment de continuité et ne contribue que de façon
faible à diminuer la section des aciers inférieurs nécessaires sur appui. Au moins pour cette
phase, il faut prévoir un minimum d’aciers inférieurs sur appuis intermédiaires.
• On retrouve une situation semblable lors de l’enlèvement des étais.
Au-delà de la phase de chantier :
• Si par accident une travée s’effondre, cela entraîne la disparition du moment de continuité
sur l’appui commun avec la travée adjacente et, en l’absence d’aciers inférieurs sur appui,
entraîne la chute de cette travée adjacente par défaut de conditions d’appui. Puis l’effon-
drement en chaîne de toutes les travées en continuité avec les précédentes.
• Un minimum d’aciers inférieurs prévient cet effondrement en chaîne.

Proposition de l’auteur
–– Appuis d’extrémité
Toujours ancrer les aciers inférieurs par crochet, même si un ancrage droit pourrait suffire.
Des ancrages partiels par crochet sont admis.
–– Appuis intermédiaires
Toujours prolonger le lit inférieur de chacune des travées adjacentes sur au moins toute
la largeur de l’appui moins cnom (voir la figure B-III.5.1) en respectant une longueur de
recouvrement ≥ 10 f et As prolongé sur appui ≥ 0,25 As,max,travée.
Faire a priori démarrer le diagramme des capacités de résistance effectives à l’extrémité des
barres ainsi arrêtées (points D et E sur la figure) puis éventuellement allonger les barres si
nécessaire.
Si un décoffrage précoce est prévu : même sur appuis intermédiaires, ancrer les aciers
inférieurs par crochet ou assurer leur continuité d’une travée à l’autre.

Nota
Eurocode, avant application de l’AF [AN9.2.1.4(1)], est encore plus exigeant. Envisageant
le risque de petit séisme, de choc violent ou d’explosion, il impose la continuité des aciers
inférieurs.
Avec les prescriptions relatives à la « redistribution », § C-II.5.1.2 et C-II.6.1, la valeur
admissible de µu sur les appuis de continuité est fortement limitée et on est très souvent amené
à y ajouter des aciers comprimés (voir un exemple § D.1.7.3 et D.1.8). Ceux-ci assurent, au
moins en partie, la continuité des aciers inférieurs.

B-III.6 Chapeaux minimums [9.2.1.2]


Voir un exemple aux § D.1.7 et D.1.8.
En plus des aciers inférieurs assurant la condition d’appui, il faut aussi disposer une section
minimum d’acier en chapeau (sur l’appui en partie haute), comme illustré sur la
figure B-III.6.1. Cela a pour objet d’éviter une fissure qui (voir figure), au-delà de la nuisance

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pour l’utilisateur de l’édifice, coupe la bielle d’appui et rend inopérant son fonctionnement
escompté.
Sont concernés :
• les appuis d’extrémité sur lesquels, a priori, le moment est nul ;
• les appuis intermédiaires sur lesquels le moment de continuité est très faible.
Leurs section et longueur sont forfaitaires.

≈ 0,2 n

En l’absence de chapeau minimum : Avec chapeau minimum : plusieurs petites fissures qui
risque d’une grosse fissure qui coupe la bielle d’appui. passent inaperçues et la continuité de la bielle d’appui est
préservée.
Figure B-III.6.1. Rôle, disposition et longueur du chapeau minimum sur appui (cas d’un appui d’extrémité).

Section des chapeaux minimums


• Sur appuis d’extrémité : ils doivent permettre de reprendre un moment d’encastre-
ment Mu,chapeau min ≥ 0,15 Mu,travée environ, qui doit être lu 0,10 Mu,travée ≤ Mu,chapeau min
≤ 0,20 Mu,travée.
Pour les poutres de hauteur constante, cela se traduit par As,chapeau min ≥ 0,15 As,travée
environ.
• Sur appuis intermédiaires : Mu,chapeau min ≥ 0,25 Mu,travée environ.
Leur rôle n’étant pas structurel ils peuvent être fragiles à condition d’être surdimensionnés de
20 %, ce qui passe inaperçu dans la plage de choix de Mu,chapeau min.

Leur ancrage et leur longueur


Ils doivent être totalement ancrés sur l’appui. Sur appuis d’extrémité : ancrage par crochet.
Leur longueur côté travée doit « être suffisante ». Pour les chapeaux minimums à mettre dans
les dalles, Eurocode prescrit de les prolonger au-delà du nu de l’appui sur la longueur 0,2 ,n.
On peut appliquer la même règle aux poutres.

B-III.7 Poutres en Té
B-III.7.1 Introduction
Un exemple de calcul de poutre en Té est proposé au § D.1.6.1.
Une poutre en Té est la solution lorsque μu > µu,limite. Une autre alternative, à n’utiliser qu’en
dernier recours car consommatrice d’acier, est l’ajout d’aciers comprimés (voir § B-III.8).

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Comme déjà vu, µu caractérise le degré de sollicitation du béton comprimé d’un élément
fléchi. Si μu > μu,limite, quel que soit l’objet de cette limite, cela signifie que la contrainte du
béton comprimé de l’élément fléchi est, pour l’objet en question, trop élevée. Il convient alors
de modifier sa géométrie ou fcd pour diminuer le degré de sollicitation du béton et, en consé-
quence, diminuer μu.
Dans l’ordre de préférence économique, et dans la mesure des possibilités, les changements à
envisager sont les suivants :
• Changement applicable uniquement aux poutres : les traiter en poutres en Té
C’est possible chaque fois que la poutre est associée à un plancher béton armé dans lequel
l’effort de compression peut s’étaler. L’effort Fc de compression dans le béton reste prati-
quement inchangé mais, s’étalant alors sur une aire de béton plus grande, la contrainte
associée est diminuée.
Avantage important de cette solution : elle n’implique aucun changement de dimension
et, au pire, ne coûte que l’ajout d’aciers en faible quantité pour étaler l’effort Fc dans le
plancher.
De plus, par un effet du second ordre, il en découle un léger gain sur la section des aciers
longitudinaux As qui peut atteindre 10 %.
• Changement applicable aux poutres et aux dalles : augmenter leur hauteur h et, par là, leur
hauteur utile d
Ici, la largeur de béton comprimé reste inchangée. C’est l’effort Fc qui diminue et avec lui
la contrainte associée.
Le principal défaut de cette solution est de consommer de la hauteur, pas toujours dispo-
nible. En contrepartie, elle fait économiser de l’acier, en effet, Fc diminuant, Fs et As
diminuent de même.
Sachant que μu = Mu/(bd2fcd), sa diminution est proportionnel à l’augmentation de d2.
• Changement applicable uniquement aux poutres: augmenter leur largeur b
Cela relève du même principe que passer à une poutre en Té : le résultat est une augmen-
tation de la largeur sur laquelle peut s’étaler l’effort de compression. Mais ici s’arrête la
comparaison.
Dans la pratique, l’augmentation possible de b est très limitée. De plus, elle s’accompagne
d’une augmentation du volume de béton ⇒ une augmentation du poids puis du moment
puis de As. D’où en fin de comptes une augmentation des coûts de béton et d’acier.
D’après μu = Mu/(bd2fcd), sa diminution n’est proportionnel qu’à l’augmentation de b à la
puissance 1. C’est la modification géométrique qui a le plus faible rendement.
• Changement applicable aux poutres et aux dalles : ajouter des aciers comprimés
Comme déjà dit, c’est la solution du dernier recours. Ce point est l’objet du § B-III.8.
• Enfin, changement applicable aux poutres et aux dalles : augmenter la classe du béton
utilisé
N’est pas envisageable localement pour résoudre le problème de quelques éléments isolés
dans une construction. N’est envisageable que si l’on prévoit de nombreux points de
dépassement de μu,limite et alors, tout l’édifice est construit avec un béton de classe supé-
rieure ; c’est le cas des ouvrages d’art.

B-III.7.2 Présentation des poutres en Té et données de base


De fait, comme déjà noté au § B-III.1.3, toutes les poutres associées à un plancher fonc-
tionnent en poutre en Té. Les calculer en poutres rectangulaires est un choix simplificateur du

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calculateur, qui décide d’ignorer l’étalement de l’effort de compression dans le plancher (voir
la figure B-III.1.1).

B-III.7.2.1 Terminologie et notations


Elles sont explicitées sur la figure B-III.7.1.
La partie de la poutre excluant l’apport du plancher est appelée « nervure », sa largeur est
notée bw (avec l’indice w comme web en anglais désignant « l’âme » des poutres). La zone
participante de plancher, y compris dans l’épaisseur de la nervure, est appelée « table de
compression » ou plus simplement « table ». Sa largeur participante est notée beff (c’est la
largeur de la zone comprimée effectivement participante), ses débords effectivement partici-
pants à gauche et à droite de la nervure sont notés beff,1 et beff,2. Enfin, sa hauteur est notée hf
(l’indice f réfère au mot anglais flange désignant les ailes d’une poutre) et les largeurs géomé-
triquement disponibles, qu’elles soient ou non participantes, sont notées b, b1, b2.
beff
b

x
x Table de compression hf

Nervure
beff,1 beff,2
d h

As As d h

bw

b b

b1 b2 b1 b2

b b

Rive Demi-té Trémie Demi-té


b1 = 0 b2 b1 = 0 b2

Figure B-III.7.1. Poutres rectangulaires, poutres en Té et notations.

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B-III.7.2.2 Limitations et servitudes


B-III.7.2.2.1 Limitations
Il n’y a pas de fonctionnement en Té possible s’il n’y a pas de Sur appuis la zone comprimée
est en partie inférieure
plancher lié de façon monolithique à la poutre au niveau de sa ⇒ ne fonctionne pas en Té
zone comprimée.
Lorsque la poutre est en retombée sous le plancher, les cas d’im- As
possibilité les plus courants sont les suivants :
d h
• Sur appui : la zone comprimée de la poutre est alors en partie
inférieure et n’y trouve pas de plancher pour s’étaler. Le seul x
fonctionnement possible est en poutre rectangulaire. b
• En travée lorsqu’il n’y a pas de plancher ou que celui-ci est
localement amputé par une ou des trémies. S’il subsiste un
plancher solidaire d’un côté au moins de la poutre, Eurocode
admet sans restriction un fonctionnement en « demi-Té » (voir
la figure B-III.7.1).
La participation du plancher s’amenuise au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la nervure. Le règle-
ment fixe jusqu’à quelle distance on peut considérer le plancher comme totalement collaborant.

B-III.7.2.2.2 Servitudes
L’étalement dans le plancher d’une part de l’effort de compression de la poutre développe,
dans les parties en débord par rapport à la nervure, une sollicitation de cisaillement à laquelle
il convient de résister. Cette sollicitation est maximum au nu de la nervure (à la « liaison
table-nervure ») et d’autant plus grande que l’effort de compression repris dans le débord est
grand et que le débord mis à profit dans les calculs est grand. Elle demande une vérification
spécifique et peut nécessiter l’ajout d’aciers dédiés.
Enfin, la prise en compte d’une poutre en Té implique une servitude de pérennité de la zone
de plancher comptée comme table de compression. Il faut prévenir le risque que, même des
années après la construction, le percement d’une trémie dans le plancher (par exemple, pour
faire communiquer deux étages par un escalier ou un monte-charge) ampute la table de
compression considérée dans les calculs.

B-III.7.2.3 Largeur participante beff maximum de la table de compression


La largeur participante obéit à trois principes :
• beff est limité par la largeur b géométriquement disponible ;
• la même zone de plancher ne peut appartenir à deux tables de compression ;
• beff est limité par la capacité d’étalement de l’effort de compression dans le plancher.

Prescription d’Eurocode
À défaut d’autre précision, dans les formules réglementaires, il faut traduire , = ,eff
beff = Sbeff,i + bw
avec beff,i ≤ 0,2 bi + 0,1 ,0 ≤ 0,2 ,0 (c’est la limite admise pour l’étalement de l’effort de
compression dans le plancher)
où beff,i ≤ bi, c’est-à-dire ≤ bi physiquement disponible
et ,0 = distance entre points de moments nuls. Ses valeurs préconisées par Eurocode à
cette fin sont précisées sur la figure B-III.7.2.
Les autres paramètres sont définis sur la figure B-III.7.1.

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0 = 

0,15(1 + 2) 0 = 0,15 2 + 3

0 = 0,85 1 0 = 0,70 2
1 2 3

Figure B-III.7.2. Valeurs de ,0 représentant la distance entre points de moment nul pour le calcul de la largeur
participante de la table de compression. Notation : , = ,eff.

Cette prescription suppose : longueur de la console ,3 ≤ ,2/2 et 2/3 ≤ ,i/,i + 1 ≤ 1,5


Par ailleurs, elle vaut quelles que soient les valeurs de bi et notamment lorsque l’un d’eux est
nul, on a alors une poutre en « demi-Té ».

B-III.7.3 Résistance aux effets du moment fléchissant


B-III.7.3.1 Calcul de base à l’ELU
Il faut distinguer deux cas de figure :

B-III.7.3.1.1 Cas simple où le diag sc se développe entièrement dans la table de compression


Le béton tendu étant négligé dans le calcul réglementaire, les seules données géométriques
signifiantes sont la hauteur utile et la géométrie de la zone de béton comprimé.
Alors, conformément à l’illustration de la figure B-III.7.3, tant que le diag sc se développe
entièrement dans la table de compression, une poutre en Té de largeur de table beff se comporte
et se calcule comme une poutre rectangulaire de largeur b = beff,. Le calcul est fait sur la base
de μu,Té = Mu/(beff.d2.fcd).
beff beff beff
0,8 x

c

x diag c Zone diag c hf Zone diag c Zone diag c


d

s s

Figure B-III.7.3. Poutres en Té, cas où le calcul est simple : le diagramme sc est développé entièrement
dans la table de compression ⇒ calcul comme une poutre rectangulaire de largeur beff
(exemple avec référence au diagramme rectangle).

Avec le diagramme rectangle, c’est le cas tant que 0,8 x ≤ hf ⇒ 0,8 x/d ≤ hf/d, soit 0,8 a
≤ hf/d
À la limite du domaine on a : 0,8 a = hf/d
d’où, avec y = 0,8 et dG = 0,4 on a μu = a.y.(1 – dG.a) = a.0,8.(1 – 0,4.a) = 0,8.a – (0,8.a)2/2

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En substituant hf/d à 0,8.a, on en tire enfin la formulation ci-dessous.

Une poutre en Té se calcule comme une poutre rectangulaire tant que μu,Té ≤ hf/d – (hf/d)2/2
Avec les dimensions rencontrées en bâtiments courants, cette situation est le cas général.

Disposition des aciers


• Dans les zones de moment positif (en travée), les aciers sont disposés comme dans une
poutre rectangulaire se limitant à la nervure.
• Dans les zones de moment négatif (sur appuis), les aciers, alors appelés chapeaux, sont en
partie supérieure de la section et Eurocode prescrit de les étaler partiellement dans le plan-
cher en autorisant une plus grande concentration à l’aplomb de la nervure [9.2.1.2(2)].
Habituellement, chaque fois que les conditions d’encombrement le permettent, on ne
pratique pas cet étalement et on concentre tous les chapeaux dans la largeur de la nervure.
Remarque
La largeur beff étant souvent importante, on a souvent μu,Té = Mu/(beff.d2.fcd) très faible. Sa
valeur peut même être inférieure à μu,limite,frag, mais sans que cela pose problème.
En effet, calculer Mu,Té < μu,limite,frag signifie qu’une poutre rectangulaire (avec du béton en
largeur beff sur toute sa hauteur) serait fragile. Ce n’est pas le cas de la poutre en Té, dont le
béton tendu est en quantité beaucoup plus faible. La vérification de non-fragilité doit être faite
sur la nervure seule, sur la base de : μu,w = Mu/(bw.d2.fcd)

B-III.7.3.1.2 Autre cas : le diag sc déborde de la table de compression


C’est une situation rare en bâtiments courants, elle est illustrée sur la figure B-III.7.4. La zone
sur laquelle se développe le diag sc n’est plus rectangulaire ⇒ la poutre concernée n’est plus
assimilable à une poutre rectangulaire et le paramètre μu ne s’applique plus.
beff
0,8 x

ɛc
x diag σc Zonediag σc hf
d

ɛs σs

Figure B-III.7.4. Poutres en Té, cas où diag sc déborde de la table de compression :


la poutre n’est plus assimilable à une poutre rectangulaire.

Le calcul relève alors de celui des poutres « de section quelconque » développé en détail
en {D-V.4}.
Dans le cas des poutres en Té, le plus simple est souvent de revenir aux intégrales du calcul de
base, présentées au § B-III.2.3.4. Les formes à traiter comprenant plusieurs zones, chacune de
largeur constante, les intégrales à manipuler sont simples.
Disposition des aciers : comme dans le cas précédent.

B-III.7.3.2 Vérifications à l’ELS


Si, comme c’est l’optique de cet ouvrage, la limitation des flèches et de la fissuration sont
traitées forfaitairement, il ne reste à vérifier à l’ELS que le non-dépassement de la valeur limite
de sc,ser. Dans le cas de poutres rectangulaires, cette vérification se transpose, comme montré
au § B-III.2.5.4.1, en la vérification du non-dépassement des valeurs μu,limite,sck et μu,limite,scqp.

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• Dans tous les cas, pour se limiter au domaine du fluage linéaire :


• En conditions d’exposition XS, XD, XF ⇒ béton C30/37 :
Ces valeurs limites restent exactes pour les poutres en Té si, à l’ELS comme à l’ELU, diag sc
est entièrement dans la table de compression.
En fait, à l’ELS l’axe neutre est significativement plus bas qu’à l’ELU. Il n’est pas rare que
xser > hf et alors les limites ci-dessus ne sont plus applicables. Elles conservent cependant une
valeur approximative. Si μu,Té leur est suffisamment inférieur, on peut admettre chaque
condition comme vérifiée.

B-III.7.4 Résistance aux effets de l’effort tranchant


B-III.7.4.1 Résistance de l’âme de la poutre
Il s’agit de la nervure. Les vérifications et aciers nécessaires sont ceux de la poutre rectangu-
laire de largeur bw qui constitue la nervure.

B-III.7.4.2 Liaison table-nervure [6.2.4]


B-III.7.4.2.1 Principe
Pour s’opposer efficacement à l’effort de traction dans les aciers et former avec lui le couple
qui permet de résister au moment fléchissant, l’effort de compression développé dans chaque
débord de la table de compression doit être ramené vers la nervure. Cela induit une sollicita-
tion de cisaillement qui est maximum à la liaison table-nervure. Comme pour les autres cas
de cisaillement (recouvrements, fonctionnement des aciers transversaux dans l’âme des
poutres, …), la résistance est assurée par la triangulation de bielles de béton comprimé et
d’aciers faisant tirants, enfin, le calcul est fait à l’ELU.

B-III.7.4.2.2 Organisation des bielles et tirants


Elles et ils s’organisent comme montré sur la figure B-III.7.5.
L’effort de cisaillement dans la table, maximum à l’interface table-nervure, diminue au fur et
à mesure qu’on s’en éloigne jusqu’à, bien sûr, s’annuler aux limites beff,1 et beff,2.
Par ailleurs :
• le besoin de table de compression est d’autant plus fort que le moment est fort ;
• l’effort de cisaillement évolue comme l’effort tranchant, c’est-à-dire qu’il est nul là où le
moment est le plus fort et maximum là où le moment, celui sollicitant aussi la table, est
nul.
Les bielles de béton comprimé sont inclinées d’un angle θf par rapport à l’interface. Comme
pour les aciers transversaux, θf est partiellement laissé au choix du calculateur.
Les aciers mis en place sont appelés « aciers de couture de l’interface table-nervure ».
• Dans le cas général des poutres en Té (deux débords de la table), deux interfaces sont à
coudre et chaque barre mise en place coud les deux interfaces en même temps. Pour avoir
la même efficacité sur les deux interfaces, ces barres doivent avoir la même inclinaison par
rapport aux bielles comprimées des deux débords. La seule solution est de les placer
perpendiculaires aux deux interfaces.
• Dans le cas d’une poutre en demi-Té, il n’y a plus qu’une interface.

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Deux interfaces

Longueur sur laquelle


se développe la table
de compression
beff ,1 beff ,2
beff,1
f
bw
beff,2 f
bw

Figure B-III.7.5. Interfaces, bielles et tirants dans une poutre en Té. Les efforts augmentent au fur
et à mesure qu’on s’approche, d’une part de l’interface, d’autre part des points de moment nul.

On voit sur la figure B-III.7.5 que chaque élément de la triangulation bielles et tirants se


développe sur une portion conséquente de la portée de la poutre. Alors, un calcul focalisé sur
une abscisse x précise n’a pas de sens ; seul un calcul intégrant les phénomènes sur une
longueur suffisante convient.

B-III.7.4.2.3 Calculs
Ils s’appuient sur « l’effort de cisaillement par unité de longueur » le long de l’interface table-
nervure, appelé « glissement » et noté gu. Pour une présentation exhaustive, voir {D-V.2.3.2}.

B-III.7.4.2.4 Valeur du glissement gu,d à prendre en compte pour les calculs réglementaires


On démontre, voir {D-V.2.3.2}, que sur chaque interface la valeur du glissement à l’abscisse x
est
gu = [V(x)/z].beff,i/beff avec z = 0,9 d de la nervure
Eurocode prescrit de faire le calcul sur la base du glissement moyen gu,d (l’indice d pour valeur
de calcul) déterminée sur une longueur Dx suffisante.
Il y associe la contrainte de cisaillement vu (v minuscule) = gu,d/hf
distance entre points de moment nul
Dans le cas d’un chargement réparti : Dx = 
4
Dans le cas de charges concentrées : Dx = distance entre charges

Dans le cas d’une charge répartie pu/m, cela se traduit par les


valeurs ci-dessous : x x x

• gu,d côté appui = [(0,75.pu.2Dx)/z].beff,i/beff


vu côté appui = {[(0,75.pu.2Dx)/z]/ hf}.beff,i/beff gu = beff,i/beff/z .Vu(x)
• gu,d central = gu,d côté appui/3
2x
vu central = vu côté appui/3

Vu = pu .2x gu,d gu,d

Côté appui Central gu,d

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B-III.7.4.2.5 Cas où l’on peut se dispenser d’aciers de couture et de toute autre vérification
Formulation réglementaire
Lorsque la contrainte de cisaillement vu à l’interface est telle que :
• vu = gu,d/hf ≤ k.fctd ⇒ les aciers en chapeau du plancher suffisent pour assurer la couture
et il n’est pas besoin d’aciers spécifiques ;
• L’Annexe nationale française (AF) propose :
k = 0,5 en cas de surface de reprise verticale rugueuse ;
k = 1 s’il n’y a pas de surface de reprise.
Dans le cas des poutres en Té, le plancher est généralement coulé en place et il convient de
prendre k = 1.
En bâtiments courants, cette condition pour la dispense d’aciers spécifiques est généralement
vérifiée. Si elle ne l’est pas, essayer de diminuer beff pour qu’elle le devienne.

Repère pour la dispense d’aciers spécifiques pour la liaison table-nervure


Il est proposé par l’auteur et est développé dans le cas le plus défavorable, celui de Dx côté
appui d’une travée isolée uniformément chargée par pu/m.
Il faut vérifier : vu côté appui = (gu,d côté appui)/hf ≤ k fctd avec, selon (AF), k = 1.
Dans le cas d’une travée isolée on a : Dx = ,eff/4 et sachant qu’on considère z = 0,9d,
la condition s’écrit :{[(0,75.pu.2.,eff/4)/0,9d].beff,i/beff}/hf ≤ fctd
d.h f
soit beff,i/beff ≤ fctd.2,4.
pu . eff
Dans le cas d’une table symétrique on a beff,i/beff = 0,5 – bw/2beff
Alors, quel que soit beff, aucune armature spécifique de liaison table-nervure n’est requise tant que
fctd.2,4. d.h f ≥ 0,5 – bw/2beff, qui s’arrondit du côté de la sécurité en fctd.2,4. d.h f ≥ 0,5
pu . eff pu . eff
Avec un béton C25/30 : fctd = 1,2 Mpa ⇒ vérifier 2,9. d.h f ≥ 0,5
pu . eff

B-III.7.4.3 Calcul des aciers spécifiques de couture table-nervure


lorsqu’ils sont nécessaires
Dans tous les cas, les aciers de couture (Asf et espacement sf) déterminés pour chaque zone
« côté appui » sont prolongés jusqu’à l’axe de l’appui.

Angle qf des bielles inclinées


Plage autorisée : 1 ≤ cotgqf ≤ 2 ⇒ viser : cotgqf = 2

Non-écrasement des bielles


Vérifier que la contrainte de cisaillement à l’interface vu = gu,d/hf ≤ n (nu).fcd.sinqf.cosqf
avec n = 0,6.(1 – 1/250) = coefficient de réduction de sc admissible dans les zones d’effort
tranchant
Si ce n’est pas vérifié : diminuer cotgqf

Disposition des aciers


Voir figure B-III.7.6.

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• Systématiquement perpendiculaires aux interfaces à coudre.


• Disposés en une ou deux nappes au choix et prolongés au moins jusqu’à beff,1 et beff,2.
• Totalement ancrés de part et d’autre de chaque interface.
Dans le cas d’une poutre en demi-Té, mettre des aciers en forme de U.

Ancrage total Ancrage total

beff,1 beff,2 beff,1 beff,2

Asf Asf

Ancrage total beff,2 bw beff,1

beff,2
sf

sf
Asf sf

Figure B-III.7.6. Dispositions possibles des aciers de couture table-nervure et notations.


Aciers toujours perpendiculaires à l’interface.

Dimensionnement de ces aciers


Dans chaque zone Dx, ils sont dimensionnés de façon que, travaillant à la contrainte ss = fyd,
ils reprennent un effort/unité de longueur = gu,d/cotgqf
A
On doit avoir : sf .fyd ≥ gu,d/cotgqf
sf

B-III.7.5 Généralisation du recours à une poutre en Té


En bâtiments courants, il y a souvent avantage à considérer une poutre en Té même lorsque
ce n’est pas imposé par μu > μu,limite.
Les arguments sont les suivants :
• Pour le même chargement donc la même valeur de Mu, on a μu,Té très inférieur à μu
Mu
originel. Comme le montre la formule As =  /fyd.(μu + 0,81), cela conduit à une
section d’aciers longitudinaux A plus petite. 0, 9 d
s
• L’économie est totale si, dans le même temps, la prise en compte d’une poutre en Té
n’oblige pas à ajouter des aciers de liaison table-nervure.
Un élément très favorable est l’épaisseur hf de la table de compression, souvent importante
en regard de d.
Le calculateur peut aussi aider les choses en limitant les débords de table beff,i, ce qui
diminue gu,d et vu.

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Calculs de base | 131

B-III.8 Poutres avec aciers comprimés


Un exemple de calcul est proposé au § D.1.7.1.
Notation
Les grandeurs relatives aux aciers comprimés sont repérées par un « prime ».

La solution de dernier recours lorsque μu > μu,limite est d’ajouter des aciers comprimés.
Sont particulièrement concernées les sections sur appui des poutres, là où il n’est pas possible
de considérer une poutre en Té. De plus, une redistribution, généralement souhaitée, des
moments sur appui y impose une limitation drastique de μu,appui (voir § C-II.5.1.2 et C-II.6.1).

B-III.8.1 Calcul des aciers transversaux 


Identique au cas des poutres sans aciers comprimés.

En plus
Tout acier comprimé de diamètre fc doit être tenu par des aciers transversaux d’espacement
s ≤ 15 fc [9.2.1.2(3)]. Cela peut amener à resserrer les aciers transversaux.

B-III.8.2 Calcul des aciers longitudinaux


La poutre avec aciers comprimés est traitée comme la superposition de deux poutres qui
additionnent leurs capacités portantes pour reprendre le moment M sollicitant. Ce sont :
• une poutre sans aciers comprimés (dont la partie comprimée n’est constituée que de
béton), reprenant un moment M1 et contenant les aciers tendus As,1 ;
• une poutre constituée uniquement d’aciers, une nappe d’aciers comprimés A’s et une
nappe d’aciers tendus As,2, reprenant le complément M2 du moment total M sollicitant.
Décomposer la poutre réelle en deux poutres fictives superposant leurs effets impose qu’elles
aient en commun le même diagramme de déformation, celui de la poutre réelle.

B-III.8.2.1 Calcul de base à l’ELU


Son organisation est illustrée sur la figure B-III.8.1.
b
d’ c c = fcd

x ’s
A’s Nc A’s N’s
d zs
zc
As As,1 Ns,1 As,2 Ns,2
s s s

Poutre réelle = Poutre 1 + Poutre 2


Mu = Mu,1 + Mu,2

Figure B-III.8.1. Organisation du calcul d’une poutre avec aciers comprimés.

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Poutre 1
L’économie invite à choisir Mu,1 = Mu,limite = μu,limite.b.d2.fcd
Alors, μu étant connu, il est égal à μu,limite, les paramètres essentiels de cette poutre sont
connus, notamment son diagramme de déformation.
Par référence au diagramme rectangle, on a :
a = 1,25.(1 –  1 − 2.µ u )
As,1 ≈ Mu,1/(0,9d.fyd).(μu + 0,81)
Vu la valeur de μu, on est au pivot B, d’où : ec = ecu2 = 3,5 ‰ et on déduit :
1− α α.d − d ’
es = ec. d’où on tire ss et e’s = ec. d’où on tire s’s
α α.d
À l’ELU, ce qui est le cas ici, il en découle toujours s’s = ss = fyd

Poutre 2
Mu,2 = Mu – Mu,1
Ses seuls éléments résistants sont ses deux nappes d’aciers,
donc zs = d – d’
On en déduit :
Fs,2 = F’s = Mu,2/zs d’où As,2 = Fs,2/ss et A’s = F’s/s’s
Compte tenu de s’s = ss,2 = fyd on a enfin : A’s = As,2 = Fs,2/fyd

Poutre réelle
As = As,1 + As,2 et A’s = A’s calculé ci-dessus

B-III.8.2.2 Vérifications à l’ELS


Toutes les vérifications relatives aux limitations de ss,ser sont assurées par μu ≤ μu,limite.

Limitation de la fissuration et de la flèche


Les prescriptions des § B-III 3.4.1 et B-III 3.5.2 dispensant de la vérification risquent de ne
plus être suffisantes.
Deux cas ne posent pas de problème :
• lorsque les aciers comprimés ne sont nécessaires que pour un faible complément de
résistance ;
• lorsque les renforts par aciers comprimés ne concernent que les sections sur appui (pour
résister aux seuls moments de continuité).

B-III.8.3 Disposition des aciers comprimés


Un cas demande une attention particulière : celui des aciers comprimés renforçant une zone
d’appui de continuité. Pontant les cages de ferraillage des deux travées de part et d’autre de
l’appui ils sont mis en place en dernier, en surnombre des aciers déjà présents.
Comme illustré sur la figure B-III.8.2, sont déjà présents les aciers inférieurs des deux travées
adjacentes qui, comme vu au § B-III.5.2.2, doivent être prolongés sur l’appui. Pour la circons-
tance, ces aciers ne sont pas mis en recouvrement sur la largeur de l’appui, mais simplement

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amenés face à face, les barres mises en place comme aciers comprimés jouant le rôle d’éclisses
pour assurer une continuité suffisante des aciers inférieurs.
Les aciers comprimés sont donc au mieux en position de deuxième lit. On a alors au mieux :
d’ ≈ (h – d)travée + fc/2, sinon, avec deux lits d’acier en travée, d’ ≈ (h – d)travée + fℓ + fc/2
Ne pas oublier que tout acier comprimé de diamètre fc doit être tenu par des aciers transver-
saux d’espacement s ≤ 15 fc. Si nécessaire, resserrer les cadres d’effort tranchant pour respecter
cette prescription.
Les appuis étant généralement des nœuds de structure encombrés par de très nombreux aciers
(non représentés sur la figure B-III.8.2), il faut, dans la mesure du possible, s’efforcer de les
laisser dégagés de tout cadre.
C’est facile tant que 15 fc ≥ largeur d’appui.
Dans les autres cas, on note que tout flambement dans un plan vertical est empêché, vers le
haut par la masse du la poutre, vers le bas par l’appui lui-même Seule subsiste la possibilité de
flambement dans un plan horizontal. Il suffit alors d’épingles horizontales, moins encom-
brantes que des cadres, pour s’y opposer. Comme les aciers qu’elles retiennent, celles-ci seront
positionnées sur le chantier au dernier moment.
Aciers comprimés s ≤ 15φ Aciers comprimés s ≤ 15φ

φ φc zs φ φc zs

d’ d’

Recouvrement Recouvrement

Figure B-III.8.2. Dispositions possibles des aciers comprimés sur appui selon leur longueur (tous les aciers autres
que les aciers comprimés et ceux qui participent à leur bon fonctionnement sont en gris ou non représentés).

B-III.8.4 Épure d’arrêt des aciers comprimés


L’épure d’arrêt de tels aciers se fait comme illustré sur la figure B-III.8.3. Le principe est le même
que pour les aciers tendus, mais sans décalage du diagramme Mu spécifique aux aciers tendus.

bd Part de moment


reprise par les
aciers comprimés

Diag. enveloppe Mu < 0


Mu,limite
non décalé

Figure B-III.8.3. Épure d’arrêt des aciers comprimés (exemple d’un appui de continuité).

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Partie C

Application aux structures

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SECTION C-I

Données d’un projet


et sollicitation de calcul

C-I.1 Introduction
Les données d’un projet découlent :
• des plans, du cahier des charges et des caractéristiques du sol fournies par ailleurs ;
• du poids des différents éléments calculé à partir des dimensions données par les plans et
des poids unitaires des matériaux ou composants ;
• des actions variables envisageables découlant de l’usage prévu de l’ouvrage (charges d’ex-
ploitation) et de sa situation géographique (vent, neige, séismes).
Leur exploitation se développe en trois volets successifs :
1) Analyse de la structure à construire
Elle dégage :
–– le ou les type(s) de fondation(s) possible(s) ;
–– les éléments capables d’être porteurs et/ou d’assurer le contreventement.
Elle aboutit au choix d’un parti constructif complété par un prédimensionnement (portée
ou hauteur, section prévisionnelle) de chaque élément.
2) Descente des charges
Compte tenu du parti constructif et du prédimensionnement du point précédent, c’est le
calcul des actions appliquées aux différents éléments de la structure.
3) Portée ou longueur de calcul et sollicitation de chaque élément
Les portées ou longueurs à prendre en compte selon Eurocode, les actions fournies par la
descente des charges et les pondérations propres au calcul considéré sont utilisées pour
déterminer la sollicitation (M, V, éventuellement N et T) de calcul de chaque élément.
Ce dernier volet de la démarche n’est activé qu’au fur et à mesure des besoins, au moment
du calcul de chaque élément.
Sont traités ici les cas des poutres et dalles. Le cas des poteaux est traité spécifiquement dans
la section C-IV.

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C-I.2 Poids propre G des matériaux


et de quelques éléments
Les valeurs à prendre pour les poids volumiques des matériaux sont codifiées dans [Eurocode 1,
partie 1.1] et son Annexe nationale française. Un extrait est proposé dans le tableau C-I.2.1.
En complément, et à titre indicatif seulement, sont proposés les poids surfaciques de quelques
éléments courants de bâtiments. Ils sont regroupés dans le tableau C-I.2.2.

Tableau C-I.2.1. Poids volumique des matériaux le plus souvent rencontrés en bâtiments.

Matériau Poids volumique


Béton de poids courant :
• non armé 24 kN/m3
• armé 25 kN/m3
• au coulage (gorgé d’eau) + 1 kN/m3
Béton léger de 9 à 20 kN/m3 (voir EN 206)
Mortier de ciment 19 à 23 kN/m3
Mortier de chaux 12 à 18 kN/m3
Plâtre 10 kN/m3
Brique pleine 21 kN/m3
Pierre 27 à 30 kN/m3
Sable et gravier en vrac sec 15 à 16 kN/m3
Très humide 18 à 20 kN/m3
Bois de charpente ≈ 8 kN/m3

Tableau C-I.2.2. À titre indicatif : poids surfaciques de quelques éléments courants de bâtiments.

Elément Poids surfacique


Dalle en béton armé 0,25 kN/m2 par cm d’épaisseur
Plancher poutrelles et entrevous
• entrevous béton ou brique creux :
16 + 4 2,6 kN/m2
20 + 4 3,0 kN/m2
• entrevous polystyrène isolants 20 + 4 1,8 kN/m2
Mur banché 0,24 kN/m2 par cm d’épaisseur
Mur en agglomérés pleins sans enduit 0,22 kN/m2 par cm d’épaisseur
Mur en blocs béton creux ou briques creuses sans 0,15 kN/m2 par cm d’épaisseur
enduit
Enduit monocouche 0,1 kN/m2
Isolation intérieure + plaque de plâtre 0,2 kN/m2
Cloison non porteuse : en brique plâtrière, en carreaux Classées dans « charges d’exploitation »
de plâtre, à base de plaques de plâtre Q : « cloisons mobiles »
Charpente traditionnelle 0,2 à 0,6 kN/m2 couvert (concentrés aux points
d’appui des fermes)
Charpente fermettes 0,2 à 0,6 kN/m2 couvert (répartis sur la longueur des
murs d’appui des fermettes)
Couverture tuiles support compris 0,5 à 0,8 kN/m2 couvert
Couverture zinc support compris 0,25 kN/m2 couvert

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Couverture plaques ciment-fibre ondulées 0,2 kN/m2 couvert


Charpente métallique 0,1 à 0,4 kN/m2 couvert
Couverture bacs acier 0,15 kN/m2 couvert
Terrasse non accessible
• éventuelle forme de pente ≈ 0,2 kN/m2 par cm d’épaisseur
• isolation thermique /
• étanchéité multicouche 0,12 kN/m2
• protection étanchéité ≥ 5 cm de gravillon 0,18 à 0,20 kN/m2 par cm d’épaisseur

C-I.3 Charges climatiques, classification


des ouvrages, charges variables
et coefficients Ψ0, Ψ1, Ψ2
Les charges variables comprennent les charges d’exploitation et les charges climatiques.

C-I.3.1 Charges climatiques


Actions dues à la neige (notées S) et au vent (notées W)
Elles sont objets d’un fascicule spécifique de l’Eurocode 1 [EN 1991-1.3 et 4].
Nota
Sauf cas particuliers, les efforts dus au vent ne sont à comptabiliser qu’au-delà de R+3.
Les charges climatiques ne se cumulent pas avec les charges d’exploitation, on retient la plus forte
des deux. En effet, on déneige avant de s’installer sur une surface ou d’y faire une réparation.

Effets du retrait et de la température


Ils peuvent être négligés si des joints de retrait et de dilatation sont disposés en nombre suffisant
comme précisé au §C-I.4.6.1.

C-I.3.2 Classification des ouvrages, charges d’exploitation Q


et coefficients Ψ0, Ψ1, Ψ2
Ces points sont codifiés dans [Eurocode 1, Annexe A1.1] et présentés dans le tableau C-I.3.1.
Les valeurs de Ψ0 ne sont proposées que pour mémoire car, dans les bâtiments courants
contreventés par des murs il n’y a a priori pas d’action d’accompagnement à considérer.
Noter que pour chaque plancher ou toiture, deux types de charges d’exploitation sont à
considérer.
• Le calcul de base est mené avec une charge d’exploitation uniformément répartie q/m2.
• Puis, localement, chaque élément constitutif de la structure (chaque poutre, chaque
portion de plancher, etc.) doit être vérifié avec, pour seul chargement, une force concen-
trée Q appliquée sur une surface de forme et d’aire adaptées (sauf indication contraire : un
carré de 5 × 5 cm2) et pouvant se déplacer partout sur l’élément. Cette charge Q, lorsqu’elle
est considérée, est une action principale sans action d’accompagnement et elle ne peut être
l’action d’accompagnement d’aucune autre.
Très généralement, c’est le calcul basé sur q/m2 qui est déterminant.

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Les données sont complétées par :


• les cas des « cloisons mobiles » (§ C-I.3.2.1) ;
• les coefficients de réduction applicables, d’une part aux locaux de grande surface, d’autre part
aux éléments porteurs en fonction du nombre de niveaux portés (abordés au § C-I.3.2.2).

Tableau C-I.3.1. Classification des ouvrages, charges d’exploitation Q et valeurs de Ψ0, Ψ1, Ψ2.

q (AF) Q (AF)
Catégorie Usage Yo Y1 Y2
(kN/m2) (kN)

A Habitations et locaux résidentiels 0,7 0,5 0,3 2,0


Planchers 1,5
Escaliers 2,5
Balcons 3,5
B Bureaux 0,7 0,5 0,3 2,5 4,0
C Lieux de réunion 0,7 0,7 0,8
C1 : espaces équipés de tables 2,5 3,0
C2 : espaces équipés de sièges fixes 4,0 4,0
C3 : espaces sans obstacle à la circulation 4,0 4,0
C4 : espaces permettant des activités physiques 5,0 7,0
C5 : espaces susceptibles d’accueillir des foules 5,0 4,5
importantes
D Commerces 0,7 0,7 0,6
D1 et D2 : commerces de détail courants et grands 5,0 5,0
magasins
E Stockage 1,0 0,9 0,8
E1 : possibilité d’accumulation de marchandises 7,5 7,0
E2 : usage industriel Voir le CCTG
F Zone de trafic : véhicules ≤ 30 kN 0,7 0,7 0,6 2,3 15(*)
F Zone de trafic : véhicules ≤ 160 kN 0,7 0,5 0,3 5,0 90(*)
H Toiture inaccessible sauf pour entretien 0 0 0 1,0 1,5
I Toiture accessible pour les usages des catégories de A
Valeurs des locaux y donnant accès
àD
(*) Caractéristiques géométriques de la charge concentrée Q dans ce cas :
a a

a Q /2 Q /2 a

1,80 m

Véhicules ≤ 30 kN : Q = 15 kN et a = 100 mm


Véhicules ≤ 160 kN : Q = 90 kN et a = 200 mm

C-I.3.2.1 Cas des « cloisons mobiles »


Les cloisons mobiles ne se limitent pas aux cloisons légères facilement déplaçables que l’on
retrouve dans certains aménagements de bureaux. Entrent aussi dans cette catégorie les cloi-
sons non porteuses en plaques de plâtre, en carreaux de plâtre ou en brique. Elles sont consi-
dérées mobiles par démolition et reconstruction. En effet, durant la vie de l’édifice,
généralement prévue pour 50 ans, il y a une forte probabilité que les cloisons initiales soient
démolies et reconstruites ailleurs pour réaménagement des locaux.

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Sous réserve qu’un plancher permette une distribution latérale des charges, fonction notam-
ment assurée par des aciers de répartition (voir § C-III.4, figure C-III.4.1), le poids de ces
cloisons peut être assimilé à une charge uniformément répartie à ajouter aux charges
d’exploitation q.
• Cloisons mobiles de poids propre ≤ 1,0 kN/ml ⇒ q = 0,5 kN/m2
C’est le cas des cloisons constituées de deux plaques de plâtre séparées par un carton
alvéolé ou par une structure métallique légère et isolation.
• Cloisons mobiles de poids propre ≤ 2,0 kN/ml ⇒ q = 0,8 kN/m2
C’est le cas des cloisons en carreaux de plâtre ou brique plâtrière + un enduit plâtre sur
chaque face, épaisseur finie ≈ 7 cm.
• Cloisons mobiles de poids propre ≤ 3,0 kN/ml ⇒ q = 1,2 kN/m2
Il s’agit alors des cloisons en brique creuse, épaisseur finie ≈ 12 à 15 cm.

C-I.3.2.2 Réduction de q pour grande surface et en fonction du nombre


de niveaux portés
Cette réduction traduit deux constatations :
• souvent, plus l’espace est grand moins son remplissage est dense ;
• tous les niveaux d’un immeuble sont rarement simultanément occupés au maximum.
Son traitement est détaillé en {C-III.3.2.2}. Le bénéfice à en tirer étant marginal, il est négligé
dans ce livre.

C-I.4 Analyse du projet


Les points d’analyse individualisés ci-dessous pour les besoins de l’exposé ne peuvent être
traités séparément. Ils sont totalement interdépendants et tout choix pour l’un modifie la
palette de choix pour les autres.

C-I.4.1 Incidence des caractéristiques du sol de fondation


• Si une capacité portante suffisante est disponible à faible profondeur ⇒ fondations super-
ficielles. Alors : structure à murs porteurs fondés sur semelles filantes.
• Sinon ⇒ fondations semi-profondes (puits) ou profondes (pieux).
Alors, il faut concentrer toutes les charges en quelques points, les puits ou les têtes de
pieux, généralement positionnés à l’aplomb des nœuds de la structure.
–– Si le bâtiment n’a que quelques niveaux  : des longrines disposées au niveau des
fondations portent les murs.
–– Dans les bâtiments plus élevés, les charges en pied de murs peuvent dépasser la capa-
cité de longrines, même très grosses.
Une solution est de disposer à chaque étage une poutre qui reprend les charges
qu’aurait portées le mur et les concentre sur les poteaux. Alors le mur n’est plus
porteur, mais participe encore au contreventement si nécessaire.
Des solutions mixtes ou intermédiaires sont également possibles. Par exemple, parmi tant
d’autres solutions : seuls les murs les moins chargés descendent jusqu’à des longrines, ou
encore on ne met pas une poutre à chaque étage, mais seulement tous les x étages.

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• Si la capacité de résistance du sol est très faible, sans possibilité de trouver un support plus
résistant en profondeur ⇒ dernier recours qui peut être tenté : un radier.
C’est alors l’intégralité du plancher inférieur du bâtiment qui assure la fonction fondation.
Sa conception et sa construction sont délicates et les impératifs de son bon fonctionne-
ment influencent fortement les choix structuraux de l’ensemble de l’édifice.

C-I.4.2 Choix des éléments retenus comme porteurs


Ils sont choisis parmi les éléments capables d’être porteurs. Ceux-ci sont :
• d’une part, les murs présentant des zones suffisantes sans ouvertures, en béton banché ou
d’épaisseur ≥ 20 cm s’ils sont en maçonnerie (s’ils ne se développent que sur une seule
hauteur d’étage, une épaisseur ≈ 15 cm est acceptable) ;
• d’autre part, les poteaux.
Comparer les plans de tous les niveaux pour mettre en évidence les éléments qui se super-
posent de niveau en niveau jusqu’aux fondations. Choisir parmi eux ceux qui seront porteurs.
A priori, il faut prévoir un poteau sous chaque appui des poutres principales. Si nécessaire, il
est possible d’ajouter des poteaux non signalés sur les plans de l’architecte, à condition de les
inclure dans l’épaisseur de murs existants.

C-I.4.3 Choix des murs assurant le contreventement


Ce sont des murs pleins, sans ou avec très peu d’ouvertures. Généralement ils sont également
porteurs. Pour les bâtiments plus hauts que R+1, ils sont en béton banché.
Ils doivent être disposés perpendiculairement aux façades pour résister à la poussée du vent
sur chacune d’elles. Ils doivent aussi être disposés de façon que l’effort résistant qu’ils opposent
au vent soit le plus possible centré sur l’effort agissant. Sinon, le bâtiment a tendance à se
vriller et sa résistance globale à la torsion doit être étudiée.
Les murs des cages d’escaliers, les murs séparateurs d’appartements et les murs pignons sont
souvent utilisés à cet effet. Notons cependant qu’avec les moyens constructifs actuellement
utilisés en France, on préfère construire les murs extérieurs en brique ou bloc béton plutôt
qu’en béton banché (⇒ affecter de préférence au contreventement un mur intérieur plutôt
qu’un mur de façade). Des exemples sont proposés sur la figure C-I.4.1.

Bon

Moins bon
ou mauvais

N Moins bon : Mauvais : Mauvais :


on préfère éviter les murs contreventement contreventements
O E banchés en façade nord-sud insuffisant non centrés sur
les poussées du vent
S => torsion du bâtiment

Figure C-I.4.1. Disposition des murs de contreventement (représentés en traits forts).

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C-I.4.4 Choix du sens de portée des planchers


Les planchers peuvent porter dans une seule direction ou dans deux directions.
Seuls peuvent porter dans deux directions les panneaux de plancher qui répondent à la fois
aux deux conditions suivantes :
• leurs quatre côtés reposent sur un mur porteur ou une poutre de raideur suffisante ;
• le rapport longueur/largeur du panneau doit être ≤ 2,5.
Les panneaux de plancher portant dans les deux directions affichent une flèche plus faible.
Pour cette raison ils s’imposent dans certains cas.
Dans le cas des bâtiments courants, pour simplifier on se contente généralement de faire
porter les planchers dans une seule direction. Il faut cependant toujours prévoir dans l’autre
direction des aciers de répartition (dimensionnés forfaitairement). Le sens de portée le plus
efficace est parallèlement à la petite dimension du panneau.
Les planchers à poutrelles et entrevous et les planchers nervurés, par construction, ne peuvent
porter que dans une seule direction, parallèlement à leurs poutrelles ou nervures.
C’est en fonction de la disponibilité de murs capables d’être porteurs et de la possibilité
d’implanter une ou des poutre(s) en tel ou tel lieu qu’est choisi le sens de portée des planchers.
Sur un même niveau, il n’est pas impératif que tous les panneaux portent dans la même
direction.
Voir § C-I.5.2.1 la façon dont leurs charges se reportent sur les éléments porteurs.

C-I.4.5 Poutres de reprise et dalles transfert


Lorsqu’à un certain niveau, des éléments descendant les charges du haut n’aboutissent pas à
l’aplomb d’éléments porteurs, une « poutre de reprise », généralement conséquente, est
disposée pour reporter leurs charges sur les éléments porteurs disponibles. Lorsqu’il s’agit de
reprendre plusieurs charges non alignées pour les reporter sur des éléments porteurs non
alignés, c’est à une dalle, appelée « dalle transfert », qu’est confiée cette fonction.
Une telle situation se présente généralement :
• soit au niveau haut du rez-de-chaussée, où les éléments porteurs des étages doivent être
rendus compatibles avec ceux du rez-de-chaussée, organisés selon une trame plus large ;
• soit au niveau des fondations, où quelque impératif du sous-sol (par exemple une galerie
d’égouts à éviter) ne permet pas de disposer les éléments de fondation à l’emplacement
souhaité.

C-I.4.6 Autres éléments à prendre en compte


C-I.4.6.1 Joints de dilatation et/ou de structure
En bâtiments, les joints de dilatation doivent être espacés comme suit [2.3.3(3) NOTE].
(AF).
• 25 m dans les départements voisins de la Méditerranée (régions sèches à forte opposition
de température) ;
• 30 m à 35 m dans les régions de l’Est, les Alpes et le Massif central ;
• 40 m dans la région parisienne et les régions du Nord ;

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• 50 m dans les régions de l’Ouest de la France (régions humides et tempérées) ;


• Sur la hauteur du dernier niveau, diviser par deux ces espacements.
Les joints de structure sont nécessaires à la frontière entre deux zones de bâtiment susceptibles
de se déformer ou de tasser différemment. Ils assurent en même temps la fonction de joints
de dilatation.

C-I.4.6.2 Type du plancher inférieur


• S’il s’agit d’un dallage sur hérisson, il n’interagit pas dans le fonctionnement de la structure
et possède sa propre fondation, le hérisson.
• S’il s’agit d’un plancher sur vide sanitaire, il est solidaire de la structure, porté par elle et
par les fondations de la structure. En raison de sa difficulté de décoffrage (très peu d’espace
pour se mouvoir dans le vide sanitaire), on choisit généralement pour ce type de plancher
un mode de construction à coffrage perdu et à isolation incorporée, si possible ne nécessitant
pas d’étaiement. Généralement, un plancher à poutrelles et entrevous isolants dans les
maisons individuelles et des prédalles avec isolation incorporée dans les autres cas.

C-I.4.7 Choix final des éléments porteurs et portés


Il s’agit du choix de l’implantation des poutres, poteaux, murs porteurs et murs de contreven-
tement, ainsi que du/des sens de portée du système de poutraison de la toiture, de chaque
panneau de plancher et de leur éventuelle continuité en fonction de tous les éléments
ci-dessus.
Au départ, prévoir un poteau sous chaque appui de poutre aboutissant sur un mur. Il sera
supprimé par la suite si la descente des charges montre que la charge qu’il porte peut être
reprise par le mur seul.

C-I.4.8 Prédimensionnement
C-I.4.8.1 Préliminaire
Il faut d’abord choisir la nature et l’épaisseur minimum des murs et planchers pour répondre
aux impératifs suivants :
• Isolation phonique. Généralement assurée par la loi de masse ⇒ masse du plancher ou
mur ≥ 450 kg/m2, soit épaisseur de béton ≥ 18 cm.
• Protection incendie. L’application de la loi de masse pour l’isolation phonique apporte la
réponse à l’isolation incendie dans beaucoup de cas courants.
• Plancher entre un parking et les locaux au-dessus (voir {C-I.7.3.5}) : la protection incendie
impose une tenue au feu de 2 heures. Les parkings n’étant pas chauffés, il faut aussi une
isolation thermique. Enfin, si les locaux au-dessus sont de l’habitation, il faut aussi une
isolation phonique renforcée. On y répond souvent par une dalle pleine en béton armé
d’épaisseur ≥ 18 cm avec un enrobage cnom ≥ 3 cm protégée en sous-face par un flocage
≥ 5 cm.
• Contreventement. Si bâtiment plus haut que R + 1 ⇒ murs en béton banché. A priori,
épaisseur = 18 cm.

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Données d’un projet et sollicitation de calcul | 145

C-I.4.8.2 Prédimensionnement proprement dit


Les prescriptions dispensant de la vérification de la flèche (§ B-III.3.5.2) conduisent à un
prédimensionnement qui, à ce niveau du projet, est souvent trop précis.
L’auteur propose de se contenter d’un prédimensionnement basé sur le guide simple du
tableau C-I.4.1 ci-après. Repris des pratiques antérieures, il se réfère aux portées ,n de nu à
nu des appuis et fournit un dimensionnement qui s’avère correct dans la majorité des cas
courants.

Tableau C-I.4.1. Guide proposé par l’auteur pour le prédimensionnement en vue de la descente des charges.

Ces règles de prédimensionnement ne proposent que des ordres de grandeur

Poteaux Poteau isolé : suivre les dimensions proposées sur le plan


Poteau intégré à un mur : petite dimension = épaisseur du mur sans enduit
Murs D’abord respecter l’épaisseur minimum pour isolation phonique ou incendie
Puis, si elles sont conformes, suivre les indications du plan. Attention, y sont spécifiées
les épaisseurs finies, y compris d’éventuels enduits
Dalles de planchers D’abord respecter l’épaisseur minimum pour isolation phonique ou incendie
Puis respecter à peu près les proportions ci-dessous :
,n ≤ 4,5 m h ≈ ,n/30
4,5 m ≤ ,n ≤ 7 m h ≈ ,n/25
Puis, si elles sont conformes, suivre les indications du plan. Attention, y sont spécifiées
les épaisseurs finies, y compris d’éventuels chape, revêtement et enduit en sous-face
Essayer d’uniformiser les niveaux des sous-faces des panneaux de dalle voisins. Le niveau
des surfaces finies, y compris chapes et revêtements, est, pour sa part, imposé par les
plans
Poutres Largeur b = largeur du poteau sur lequel elle s’appuie
h ≈ n/10
n h ≈ hn/10
» ,n/10
n
n,max/15 ≤ h ≤ n,max/12
n n n n,max/15 ≤ h ≤ n,max/12
n n n ,n,max/15 ≤ h ≤ ,n,max/12

Essayer d’uniformiser les hauteurs de retombée des poutres voisines


Faire varier les hauteurs de retombée par pas de 5 cm

C-I.5 Descente des charges


C-I.5.1 Généralités
La descente des charges est la détermination des actions appliquées à chaque élément d’un
édifice pour en tirer ensuite sa sollicitation de calcul compte tenu des différents coefficients
prévus par le règlement.
Il s’agit d’une descente des charges car l’opération est menée en partant du haut de l’édifice
puis en descendant, en reportant sur les éléments du dessous les charges apportées par ceux
du dessus.

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Les données requises sont les suivantes :


• la géométrie de l’édifice fournie par ses plans, le parti constructif ainsi que le prédimen-
sionnement issus de l’analyse ;
• les valeurs unitaires G et Q du poids des matériaux et des actions variables ;
Pour ne pas avoir à recommencer les opérations pour chacune des combinaisons d’actions à
considérer, il est impératif de descendre indépendamment chaque type d’action : G, Q, W…
Les pondérations γG, gQ, Ψ0, Ψ1, et Ψ2 à utiliser ne sont appliquées qu’après, selon les besoins.
Deux types de descentes des charges doivent être distingués :
• Une descente des charges qualifiée ici de « globale ». Elle est destinée à chiffrer les efforts
transmis en tête des fondations par les éléments porteurs, les murs et les poteaux.
Plus détaillée, elle chiffre aussi la sollicitation des murs et poteaux à chaque niveau.
• Une descente des charges qualifiée ici de « locale ». Elle chiffre la sollicitation à prendre en
compte pour le calcul des planchers, poutrelles et poutres.
Elle peut aussi être la première étape d’une descente des charges globale détaillée.

C-I.5.2 Répartition des charges sur les éléments porteurs


C-I.5.2.1 Charges des planchers
Les schémas ci-dessous illustrent comment se répartissent les charges sur les éléments porteurs
selon que le plancher porte dans une seule direction ou dans deux directions.
y

Poutre ou mur Poutre ou mur


Poutre ou mur

Poutre ou mur

x/2
x x
x/2

Poutre ou mur Poutre ou mur

Panneau de plancher portant dans une seule Panneau de plancher portant dans
direction : les charges se répartissent à parts les deux directions : les charges
égales sur les deux lignes d’appui se répartissent en trapèze sur les
grands côtés et en triangle sur
les petits côtés

C-I.5.2.2 Estimation des réactions d’appui des éléments continus et des consoles
Dans le cas d’éléments continus, poutres ou planchers, il y a un renforcement de la réaction
sur les appuis proches d’une extrémité, généralement désignés comme « proches de rive », et
sur les appuis portant une console.
Pour les besoins de la descente des charges, on se contente des règles simples ci-dessous dans
lesquelles :
• R’ = réaction d’appui en supposant les travées indépendantes (sans continuité) ;
• R = réaction d’appui de l’élément continu.

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Données d’un projet et sollicitation de calcul | 147

Élément à plus de deux travées continues :


R’ R’ R’
renforcement de la réaction sur l’appui proche
de rive : ⇒ R ≈ 1,1 R’
R ≈ R’ R ≈ 1,1 R’ R ≈ R’

Élément à deux travées continues : l’appui


R’ R’ R’ intermédiaire est proche de rive des deux
côtés ⇒ plus fort renforcement de la réac-
tion : ⇒ R ≈ 1,15 R’
R ≈ R’ R ≈ 1,15 R’ R ≈ R’

Console
Cas d’une console :
• Le poids de la console est équilibré par un
R’ R’
  poids côté travée créant un moment égal et
opposé.
• En première approximation, la longueur ,
de la console est équilibrée par une longueur
R ≈ R’ égale de travée ⇒ valeur approchée de R.
≈R

C-I.5.3 Organisation d’une descente des charges


C-I.5.3.1 Repérage des éléments de la structure
• Repérage en fonction de la nature de l’élément
Généralement, on repère les murs par M et les poteaux par P. On peut repérer les poutres
et les longrines par L.
• Repérage en hauteur
Aucun type de repérage ne s’est imposé.
Cependant, il convient, pour chaque niveau, de traiter dans un même bloc les éléments
portés (planchers et poutres) et les éléments qui les portent (poteaux et murs).

Haut 1er étage

Niveau 1er étage


Haut RdC

Niveau RdC
Haut sous-sol

Niveau sous-sol
Haut soubassement

Niveau soubassement
Niveau haut fondations

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148 | Application aux structures

Proposition de l’auteur
Chaque bloc comprend :
–– poutres et planchers du « niveau haut de l’étage » considéré ; exemple : poutre (n°) niveau
haut RdC ;
–– poteaux et murs de l’étage considéré, exemple : poteau (n°) niveau RdC.

• Repérage en plan
Pour un bâtiment bien tramé, on peut faire un repérage orthogonal se référant au repère
de chaque trame. Souvent, on est amené à créer localement des subdivisions des trames de
base. Le poteau à l’intersection des trames C et 2 est alors désigné PC2, niveau (n°). La
poutre reliant les poteaux PC2 et PD2 est désignée LC2D2, niveau haut (n°).
On peut également se contenter de numéroter de 1 à n, sans nécessairement de logique
sous-jacente, ou recourir à une solution mixte. C’est l’efficacité et la lisibilité qui doivent
guider le choix.
Dans tous les cas, il faut s’efforcer de repérer de façon semblable les éléments qui se super-
posent d’un étage à l’autre.

C-I.5.3.2 Dimensions prises en compte


Il s’agit de faire simple, tout en limitant les approximations. Notamment, pour le poids
propre, il faut comptabiliser tous les volumes pesants sans en compter certains plusieurs fois.
Pour cela, la pratique courante est la suivante :
• Dimensions horizontales : mesurées d’axe à axe des appuis et/ou des trames du plan.
• Dimensions verticales :
–– revêtements, chapes éventuelles, dalles ou hourdis : hauteur totale ;
–– poutres : compter seulement leur retombée (leur partie haute a déjà été comptée avec
la dalle ou le hourdis) ;
–– poteaux et murs : hauteur libre entre la surface de la dalle brute (ou du hourdis) du
niveau inférieur et la sous-face de la poutre ou de la dalle du niveau porté.
En procédant ainsi : on n’oublie aucun volume ; en revanche, on applique les actions variables,
les revêtements et éventuelles chapes dans l’épaisseur des murs et cloisons et sur l’emprise des
poteaux ; l’incidence de cette approximation est négligeable.

C-I.5.4 Exemples de descente des charges


C-I.5.4.1 Données
• Pas d’action accidentelle prise en compte.
• Immeuble d’habitation.
• Plans : voir ci-dessous.
Pour la simplicité de cet exemple, tous les niveaux sont identiques.
• Nombre d’étages ≤ 3 ⇒ sauf cas particulier, on néglige les efforts dus au vent.
• Environnement climatique : neige courante = 0,35 kN/m2 (en plaine hors zone neigeuse).
• Plancher bas du sous-sol : dallage sur hérisson.
• Fondations : superficielles.

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Données d’un projet et sollicitation de calcul | 149

C-I.5.4.1.1 Plans de repérage


Le repérage ressort de l’analyse du bâtiment et des choix constructifs.

Haut 3e étage

2,8 m
Niveau 3e étage
Haut 2e étage

2,8 m
Niveau 2e étage
Haut 1er étage

2,8 m
Niveau 1er étage
Haut RdC

2,8 m
Niveau RdC
Haut sous-sol
RdC

2,8 m
Niveau sous-sol
Haut soubassement
Niveau soubassement
Niveau haut fondations

M131 M121 M111


P21 P11

M1 Sens portée
4m

planchers
L21 L11
Poteaux
P22 P12 Murs
banchés
Murs
4,5 m

M2
maçonnerie
M22 L12
Poutres
M113
4m 4m P13 4 m

Dans cet exemple, le repérage en plan de chaque élément est individuel. On reconnaît une
logique « orthogonale » dans le choix des numéros de chaque élément, c’est l’un des choix
possibles.

C-I.5.4.1.2 Poids unitaires


Plancher terrasse non circulable

G en kN/m2
Protection étanchéité : 4 cm de gravier (20 kN/m3) ..................................................... 0,8
Étanchéité multicouche ................................................................................................ 0,12
Isolation thermique ......................................................................................................... /
Forme de pente en béton maigre : h moy.  8 cm ( 22 kN/m3) ............................... 1,8
Dalle : h = 15 cm (< 18 cm car pas de problème d’isolation phonique
épaisseur à justifier selon la portée) .............................................................................. 3,75
Revêtement intérieur (1 cm de plâtre) ou faux plafond ................................................ 0,10
G = 6,57  6,6 kN/m2

Charge d’exploitation : Q entretien : 1 kN/m2 | retenir le plus grand des


neige : 0,35 kN/m2 | deux (voir § C-I.3.1) ⇒ Q = 1 kN/m2
G = 6,6 kN/m2 et Q = 1 kN/m2

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150 | Application aux structures

Acrotères

Acrotères bas :
Complexe section équivalente = 20 × 50 cm2
d’étanchéité et
isolation G = 2,5 kN/m et Q = 0

Planchers appartements

Cloisons légères en plaques


plâtre : q = 0,5 kN/m2 G en kN/m2
Revêtement souple sur ragréage ou carrelage collé ................................................... 0,2

Dalle : h = 18 cm (épaisseur minimum à justifier selon la portée) .................................... 4,5

Revêtement intérieur (1 cm de plâtre) ou faux plafond .................................................... 0,1

G = 4,8 kN/m2

Charge d’exploitation Q : habitation : 1,5 kN/m2 |


cloisons : 0,5 kN/m2 | Q = 2 kN/m2
G = 4,8 kN/m2 et Q = 2 kN/m2

Poutres
Seule leur retombée doit être comptée ici, le reste de leur volume ayant déjà été pris en
compte dans le plancher.
Envisager ici : largeur b ≈ 20 cm ; hauteur totale h ≈ l/10 = 40 cm ⇒ retombée ≈ 40 – 18
= 22 cm

Murs extérieurs en maçonnerie avec isolation


• Murs pleins
Enduit monocouche 0,1 kN/m2
2
Mur brique ou bloc béton creux, e = 20 cm (0,15 kN/m /cm d’épaisseur) 3,0 kN/m2
Isolation thermique + plaque de plâtre 0,2 kN/m2
G = 3,3 kN/m2
• Murs moyennement ouverts
Taux d’ouvertures ≈ 30 % ⇒ G = 2,2 kN/m2
• Murs banchés intérieurs
Épaisseur = 18 cm, pas d’enduits (0,24 kN/m2/cm d’épaisseur) ⇒ G = 4,3 kN/m2

Poteaux isolés
Pour cet exemple :
section 20 × 20 cm ; hauteur à comptabiliser = 2,8 m – h poutre ≈ 2,4 m ⇒ G = 2,4 kN

Chaînages, poteaux et poutres de rive construits dans l’épaisseur des murs


Inclus dans le poids des murs et planchers.

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Données d’un projet et sollicitation de calcul | 151

Soubassements et éventuelles longrines


Fonction de la situation de chaque édifice. Pour cet exemple :
largeur = 20 cm et hauteur = 30 cm (béton armé ⇒ 2,5 kN/m3) ⇒ G = 1,8 kN/m

C-I.5.4.2 Descente des charges « locale »


Poutre L11-L12
C’est l’appui proche de rive d’un plancher continu de plus de deux travées ⇒ réaction du
plancher sur cette poutre = R ≈ 1,1 R’

Poutre L11-L12

en kN/m G Q
M121 M111 Niveau haut 3e étage (terrasse)
P21 P11 Appui proche de rive d’un plancher continu à plus de
deux travées ⇒ × 1,1
4m

L21 L11 Plancher Profondeur portée : 4 m


Continuité ⇒ ≈ 4 × 1,1 ≈ 4,4 m

P22 P12 G = 6,6 kN/m2 × 4,4 m 29,0


Q = 1 kN/m2 × 4,4 m 4,4
4,5 m

L12 Retombée Largeur = 0,2 m


M22
poutre Hauteur ≈ 0,4 m – 0,18 m ≈ 0,22 m
M113
4m P13 4 m G = 25 kN/m3 × 0,2 × 0,22 1,1
TOTAL (kN/m) 30,1 4,4

Niveau haut 2e étage


Continuité comme en terrasse ⇒ × 1,1
Plancher Profondeur portée : 4 m
continuité ⇒ ≈ 4 × 1,1 × 4,4 m
G = 4,8 kN/m2 × 4,4 m 21,1
Q = 2 kN/m2 × 4,4 m 8,8
Retombée largeur = 0,2 m
poutre hauteur ≈ 0,4 m – 0,18 m ≈ 0,22 m
G = 2,5 kN/m3 × 0,2 × 0,22 1,1
TOTAL (kN/m) 22,2 8,8
Et ainsi de suite…

C-I.5.4.3 Descente des charges « globale »


C’est celle qui convient lorsque l’objectif est limité aux charges au niveau fondations. Elle
peut alors être assez rapide, comme présenté sur l’exemple ci-dessous.

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152 | Application aux structures

Façades M1, M2… (charges sur les fondations seulement)

en kN/m G Q
M111 Façade Acrotère : G = 2,5 kN/m 2,5
P11
Mur :
G = 3,3 kN/m2 × 2,8 m × 5 niveaux 46,2
M1
L11 Soubassement :
G = 1,8 kN/m 1,8
P12
Plancher Profondeur portée : 2 m
M2 Terrasse :
L12
M113 G = 6,6 kN/m2 × 2 m 13,2
P13 Q = 1 kN/m2 × 2 m 2
4m
Planchers : 4 niveaux
G = 4,8 kN/m2 × 2 m × 4 38,4
Q = 2 kN/m2 × 2 m × 4 16
Total sur le haut des fondations (kN/m) 102,1 18
ª 102

Nota
La charge à considérer plus tard pour le dimensionnement des fondations, au niveau bas des
fondations, doit inclure en plus leur poids propre. Il ne devra pas être oublié et il conviendra,
dans une première phase, de l’estimer (voir Section C-VI).

C-I.5.4.4 Autres exemples


C-I.5.4.4.1 Éléments porteurs parallèles au sens de portée des planchers
Il peut s’agir de poutres ou de murs. Ce cas est présenté sur l’exemple des façades M111,
M121, M131…
Sauf à être dissociés des planchers par un joint, ces éléments sont au moins partiellement
chargés par les planchers.
On peut considérer que chaque élément porteur parallèle au sens ,x de portée d’un plancher
porte une bande de ce plancher. S’il y a un plancher de chaque côté du mur, il faut compter
une bande de chaque côté.
Cette bande doit être considérée comme pouvant charger l’élément porteur (c’est une forte
probabilité, mais pas une certitude) et comptabilisée dans la descente des charges. En
revanche, elle ne saurait être soustraite des charges à considérer dans le sens de portée
unique ,x. Elle est donc comptabilisée deux fois.
Proposition de l’auteur
Largeur de bande à comptabiliser ≈ max [,x/10 ; 50 cm]

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Données d’un projet et sollicitation de calcul | 153

Exemple des façades M111, M121, M131…


En kN G Q

M131 M121 M111 Niveau haut 3e étage


P21 P11 Acrotère G = 2,5 kN/m 2,5
x = 4 m x = 4 m x = 4 m
Terrasse Profondeur portée :
L21 L11 = max [4 m/10 ; 50 cm] = 0,5 m

P22 P12
G = 6,6 kN/m2 × 0,5 m 3,3
Q = 1 kN/m2 × 0,5 m 0,5
Mur h = 2,80 m
G = 3,3 kN/m2 × 2,8 m 9,24
Total niveau haut 3e étage (kN/m) 15,04 0,5
Total depuis le haut du bâtiment (kN/m) 15,04 0,5
ª 15
Et ainsi de suite…

C-I.5.4.4.2 Poteaux deux fois proches de rive


Un exemple est celui du poteau P12. Il reprend la poutre L11-L12 à plus de deux travées dont
il constitue l’appui proche de rive ⇒ réaction R ≈ 1,1 R’
Cette poutre est également l’appui proche de rive du plancher à plus de deux travées ⇒ elle
est elle-même chargée environ 1,1 fois plus que si le plancher n’était pas continu.
Donc : réaction R sur ce poteau ≈ (1,1 × 1,1) R’ ≈ 1,2 R’

Exemple du poteau P12

En kN G Q

M121 M111 Niveau haut 3e étage


P21 P11 Terrasse Aire portée = 4 × 4,25 m2 = 17 m2
Cascade des continuités
4m

⇒ × 1,1 × 1,1 ⇒ = 20,6 m2
L21 L11
G = 6,6 kN/m2 × 20,6 136

P22 P12 Q = 1 kN/m2 × 20,6 20,6


4,5 m

Retombée Longueur portée = 4,25 m


poutre Continuité ⇒ × 1,1 ⇒ ≈ 4,7 m
M22 L12
4m 4m b = 0,2 m ; h = 0,4 – 0,18 = 0,22 m
M113
P13
G = 25 kN/m3 × 0,2 × 0,22 × 4,7 5,2
Poteau h = 2,80 m – 0,4 = 2,4 m
section = 0,2 × 0,2 = 0,04 m2
G = 25 kN/m3 × 2,4 × 0,04 2,4
Total niveau haut 3e étage (kN) 143,6 20,6
Total depuis le haut du bâtiment (kN) 143,6 20,6
ª 144
Et ainsi de suite…

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154 | Application aux structures

C-I.6 Sollicitation de calcul des poutres et dalles


Comme déjà exposé au § B-II.6, la portée qui sert de référence est la portée ,eff, généralement
d’axe à axe des appuis. Par contre, seules doivent être considérées les charges appliquées entre
les nus des appuis, c’est-à-dire sur la longueur ,n = portée de nu à nu des appuis.
Les valeurs à prendre en compte selon le cas sont illustrées sur les figures C-I.6.1 et C-I.6.2.

C-I.6.1 Effort tranchant


L’effort tranchant V maximum à prendre en compte est Vnu appui déterminé au nu de l’appui.
Il est plus petit que V,eff,max tiré du calcul RDM brut (avec , = ,eff et charges appliquées sur
toute la longueur ,eff).
Le diagramme V à retenir est :
• dans le cas d’une travée isolée, identique au diagramme V,n calculé par référence à ,n ;
• dans le cas d’éléments continus, presque identique au diagramme V,n.
On peut donc admettre en toute circonstance Vnu appui = V,n,appui.

C-I.6.2 Moment fléchissant


Le moment fléchissant est calculé sur la base de ,eff.
Exclure ou non les charges appliquées sur la largeur des appuis a une incidence faible.

C-I.6.2.1 En travée
Le moment à prendre en compte est M,eff découlant du calcul RDM.

C-I.6.2.2 Sur appuis d’extrémité


Le moment est bien sûr nul. Cependant, prendre ,eff pour référence implique au nu de
l’appui une valeur M,eff,travée,nu appui loin d’être nulle. Ce qui interpelle.

C-I.6.2.3 Sur appuis intermédiaires


Pour le moment de calcul des chapeaux sur appuis, Eurocode distingue deux cas.

C-I.6.2.3.1 Poutre ou dalle non monolithique avec l’appui [5.3.2.2(2) et (4)]


C’est le cas de poutres ou dalles sur un mur en maçonnerie ou sur appareil d’appui. Il est
illustré sur la figure C-I.6.1.
Sur la largeur des appuis intermédiaires, le moment à prendre en compte excède le moment
au nu de l’appui mais sa valeur n’atteint pas la valeur maximum M,eff,appui,max.
On peut dire que « la nature arrondit les angles » et on admet que la pointe du diagramme est
remplacée par un raccordement parabolique.
Une autre approche plus calculatoire aboutit au même résultat : si on assimile la réaction
d’appui à une charge montante uniforme répartie sur la largeur de l’appui, le bilan de son

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Données d’un projet et sollicitation de calcul | 155

incidence sur le diagramme des moments d’axe à axe des appuis se traduit par ce raccorde-
ment parabolique.
Appui simple ou assimilé Appui simple ou assimilé
monolithique ou non non monolithique

t
t
ai n ai ai n
 = eff  = eff

Veff,max Vnu appui


Veff,max Vnu appui

Vnu appui

Veff,max
R
En gris : diagrammes pour
Meff,appui,max
calculs de résistance
R.t /8
Mchapeau
Meff,appui = 0

Raccordement
Meff,nu appui ≠ 0 parabolique

Figure C-I.6.1. Appuis assimilables à des appuis simples. Appui intermédiaire non monolithique,
appui d’extrémité monolithique ou non : valeurs à prendre en compte pour les calculs de résistance.

Eurocode propose l’approximation suivante :


Mchapeau ≈ M,eff,appui,max − Rmax.t/8
avec M,eff,appui,max et Rmax = valeurs maximums du moment et de la réaction d’appui compte
tenu des différents cas de charge envisageables (voir § C-II.2).
Des propriétés de la parabole de raccordement on tire les deux points suivants :
• Le sommet Mchapeau du raccordement parabolique est environ à mi-hauteur entre
M,eff,nu appui et le sommet de la pointe M,eff,appui,max.
On en tire également le calcul de Mchapeau à partir de M,n,nu appui par la relation
Mchapeau ≈ M,eff,nu appui + Rmax.t/8
• La valeur Mchapeau ≈ M,eff à la distance ai/2 = t/4 à l’intérieur de l’appui.
C’est de là qu’est tiré le calcul : Mchapeau ≈ M,eff,appui,max − Rmax.t/8

C-I.6.2.3.2 Poutre ou dalle formant avec l’appui un ensemble monolithique [5.3.2.2(3)]


C’est le cas des poutres ou dalles béton armé sur appui béton armé (poutre, poteau ou mur
banché).
Alors la prescription d’Eurocode, illustrée sur la figure C-I.6.2, est de dimensionner les aciers
en chapeau avec la valeur du moment négatif sur appuis calculée au nu de l’appui :
Mchapeau = M,eff,chapeau,nu appui

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156 | Application aux structures

Appui simple ou assimilé monolithique Ce traitement particulier implique cepen-


dant une réserve importante. Eurocode
exige le respect de
t |Mnu appui| ≥ 0,65 |M encastrement parfait|
n ai ai n avec |M encastrement parfait| tel qu’illustré
 = eff  = eff sur la figure C-I.6.3.
Cette réserve pose problème. Lorsqu’elle
Veff,max Vnu appui est trop restrictive, certains professionnels
proposent d’y échapper en traitant l’appui
comme s’il n’était pas monolithique, ceci
Vnu appui malgré la pénalisation par le raccordement
Veff,max
parabolique comme montré sur la figure
C-I.6.1.
En gris : Meff,appui,max
diagrammes pour
calculs de résistance
Meff,chapeau,nu appui

Figure C-I.6.2. Mchapeau et V sur appui simple intermédiaire


monolithique.

pn2/8
pn2/12 pn2/12

Figure C-I.6.3. |M encastrement parfait| à prendre en compte


pour la limitation |Mnu appui| ≥ 0,65 |M encastrement parfait| :
exemple dans le cas d’un chargement uniforme p/m.

Justification du traitement particulier des appuis monolithiques


Le raccordement parabolique est la réalité du diagramme M quelles que soient les
circonstances.
Sur un appui monolithique, comme schématisé ci-contre,
la hauteur utile d disponible est plus grande et, à moment
égal, la section d’acier nécessaire est plus faible. De fait,
dtravée
d d cette variation de d est progressive et limitée. Mais elle est
travée dappui
appui

suffisante pour que, à toute abscisse sur la largeur de


l’appui, la section As,chapeau strictement nécessaire
≤ As,nu appui. D’où la règle de calcul proposée.
Nota
d d
d
Poutre d Poutre portée Ceci ne s’applique pas au cas où, bien que l’appui soit
Poutre portée
portée Poutre portée monolithique, il est constitué par une autre poutre qui
n’a pas de retombée par rapport à l’élément porté (voir
§ B-III.4.4.4).

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SECTION C-II

Continuité

C-II.1 Introduction
1) Contrairement au cas des travées isolées dont le cas de charge défavorable est « tout
chargé », avec les éléments continus il est indispensable de prendre en compte tous les cas de
charge envisageables comme montré au § A-II.5. C’est alors sur la base des diagrammes enve-
loppes M et V que doivent être menés les calculs
2) Par ailleurs, la résistance à la flexion des éléments continus découle d’une combinaison de
leurs capacités de résistance en travée et sur appuis. Le paramètre important est leur résistance
globale caractérisée par la hauteur sous la ligne de fermeture du diagramme des moments. La
figure C-II.1.1 montre différentes configurations assurant toutes la même capacité de résis-
tance globale, elles ont en commun la même hauteur M0 sous la ligne de fermeture du
diagramme des moments. S’appuyant sur cette propriété, le calculateur a le loisir d’adapter,
dans certaines limites, la répartition des moments entre appuis et travée, c’est la « redistribu-
tion », à condition que soit préservée (elle peut augmenter mais pas diminuer) la hauteur sous
la ligne de fermeture.
Ligne de fermeture
Ligne de fermeture MA
Ligne de fermeture
MA MB M0
M0 MB
M0
M0

Travée continue avec Travée continue avec Double cantilever : travée


MA = MB MA ≠ MB remplacée par deux
consoles

Figure C-II.1.1. Répartitions différentes des moments sur appuis et en travée assurant une même capacité
globale de résistance.

3) Une redistribution est conseillée pour adapter le résultat brut du calcul RDM à la réalité
du béton armé. En effet, le calcul RDM, mené sur la base de la section de coffrage, est rigou-
reux dans le cas d’éléments sans épaisseur au comportement parfaitement élastique linéaire.
Ce n’est pas le cas des structures en béton armé. La fissuration et le fluage font que leur
comportement à terme n’est ni linéaire ni élastique. De plus, malgré une section de coffrage
constante, les poutres associées à un plancher sont en fait à inertie variable. Elles fonctionnent
en poutre en Té en travée et en poutre rectangulaire sur appuis. Tous ces points concourent à
diminuer les moments de continuité effectifs sur appuis et la redistribution doit être appli-
quée dans ce sens.

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158 | Application aux structures

Il est souhaitable de viser le degré de redistribution apportant la meilleure correction au calcul


RDM. Mais, les déformations de fluage évoluant avec le temps, il est impossible d’apporter
la correction parfaite (si elle est bonne à un âge donné, elle ne l’est plus à un autre âge). La
marge de manœuvre présentée au point (2) ci-dessus rend acceptable l’écart inévitable avec la
solution idéale.
Le calcul des éléments continus tel que codifié par Eurocode peut être complexe. Cet ouvrage
se limite aux éléments de base du calcul et à l’application par la règle simple de « redistribu-
tion forfaitaire » (§ C-II.6), suffisante pour les cas courants en bâtiments courants. Développée
par le groupe de rédaction des Recommandations professionnelles françaises, elle est dérivée
de la règle des « moments forfaitaires » (voir {section E-I}) des règlements antérieurs.

C-II.2 Construction des diagrammes enveloppes


Les cas de charge donnant les valeurs extrêmes sont les suivants.
Mappui,max
a) Moment maximum sur appui : éléments de part et d’autre de
l’appui chargés.

b) Moment maximum en travée : travée chargée, éléments


Mtravée,max adjacents déchargés.

chapeaux,max
c) Longueur maximum de chapeau : travée déchargée entre
deux éléments chargés.

d) Effort tranchant maximum sur un appui : travée et élément


contigu à l’appui considéré chargés, élément contigu à l’autre
appui déchargé.
Vmax

En bâtiments courants on se contente souvent


d’étudier les trois cas de charge de la figure C-II.2.1 regroupés sous la dénomination de char-
gement « en damier ». Tout en ignorant le cas (d) ci-dessus, ils fournissent, d’une part les
valeurs extrêmes des moments, d’autre part une approximation suffisante des valeurs extrêmes
de l’effort tranchant et des longueurs de chapeaux.

chargé
Légende déchargé
Chargement « en damier ».
Diagrammes du moment fléchissant
et leur enveloppe.

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Diagrammes de l’effort tranchant et leur enveloppe.

Figure C-II.2.1. Chargement « en damier » d’éléments continus pour en tirer les diagrammes enveloppes
du moment fléchissant et de l’effort tranchant.

C-II.3 Rappels de RDM


Il s’agit du calcul du moment et de l’effort tranchant en toute abscisse x d’une travée connais-
sant son chargement et ses moments sur appui
Les notations et le principe d’utilisation de la méthode proposée sont présentés sur la
figure C-II.3.1.
Attention
Toutes les formules associées sont en valeurs algébriques. Le respect scrupuleux des signes est
essentiel.

C-II.3.1 Cas général


Si on désigne par A l’appui de gauche et par B l’appui de droite.
Si le chargement de la travée considérée est caractérisé par les diagrammes M’ et V’ de la
« travée isostatique associée » (il s’agit de la même travée désolidarisée de son contexte et
reposant sur deux appuis simples).
A toute abscisse x et en valeurs algébriques (⇒ V’A > 0 ; V’B < 0 ; MA < 0 ; MB < 0)
x x M − MA
on a : M(x) = M’(x) + MA.(1 –  ) + MB. et V(x) = V’(x) +  B
  
Il est par ailleurs à noter que la valeur du moment maximum dans la travée isostatique asso-
ciée est un repère largement utilisé. Elle est désignée par M0 et, par définition, on a :
M0 = M’max

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160 | Application aux structures

F
F
p /m
MA p /m MB



A B
Travée isostatique MA Ligne de fermeture
associée
M’(x) MB
M’(x)
M(x) Mmax
M0 = M’max x xm
x
x’m VA
V’A V(x) MB - MA
V’(x) V’(x) 

VB
V’B

Figure C-II.3.1. M et V en travée en fonction de M’, V’ et des moments sur appui.

Propriétés caractéristiques de ces relations


• Sous la ligne de fermeture on retrouve le diagramme M’ distordu (les longueurs verticales
sont conservées mais pas les angles). Un exemple de distorsion est la transformation d’un
rectangle en parallélogramme.
• A chaque abscisse x le diagramme M(x) est à la hauteur M’(x) en dessous de sa ligne de
fermeture. C’est un mode de détermination graphique de M(x), puis, point par point, de
tout le diagramme M.
Il est très facile de calculer M à mi-portée de la travée.
On a en effet M(,/2) = |hauteur de la ligne de fermeture à x = ,/2| – M’(,/2)
d’où : M(,/2) = |(MA + MB)/2| – M’(,/2)
Nota
Lorsque, comme avec une charge uniformément répartie, M’max est à l’abscisse ,/2 on a :
M’(,/2) = M0

• Le diagramme V est déduit du diagramme V’ par une simple translation verticale de


MB − M A
vecteur (en valeurs algébriques). Donc, les diagrammes V et V’ ont exacte-

ment la même forme. Simplement, l’un est plus haut que l’autre, mais lequel ? C’est le
M − MA
signe du vecteur de décalage B qui donne la réponse (voir § C-II.3.3).

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C-II.3.2 Cas d’un chargement uniforme p/m

Diagrammes M’ et M : paraboliques


Travée isostatique
On a : M0 = p,2/8
Le diagramme M’ est parabolique et on démontre facile- |M|
ment que le diagramme M est encore parabolique. De plus,
|M| = p.x02/2
il s’agit d’une parabole de mêmes paramètres que le x0
diagramme M’. Elle est simplement déplacée parallèlement MA
à elle-même (sans aucune rotation) pour passer par les
points MA et MB (voir la figure ci-contre).
MB
L’équation de cette parabole par rapport aux axes passant par xm Mmax
son sommet est invariante. Elle s’écrit :
|DM| = p.Dx02/2 ⇒ |Dx0| =  2 M/p
VA
où, par rapport au sommet de la parabole, |DM| est l’écart en |pente| = p

ordonnée pour un écart Dx0 en abscisse.


xm
Diagrammes V’ et V : linéaires, de |pente| = p VB

On en tire les valeurs particulières suivantes.


• Abscisse xm du point de moment maximum = abscisse du point d’effort tranchant nul :
V
xm =  A
p
C’est la distance à parcourir pour, avec la |pente| = p, passer de VA sur l’appui A jusqu’à
V = 0.
VA2
• Moment maximum : Mmax =   + MA (ne pas oublier que MA < 0)
2p
Sachant que M =  ∫ V(x).dx on a : Mmax = MA + aire diagramme V de A jusqu’à xm
= MA + VA.xm/2 = MA + VA.(VA/p)/2
= MA + VA2/2p

• Connaissant xm et Mmax, coordonnées du  x0  x0


sommet de la parabole, on en déduit les 0,30  x0
coordonnées de tout autre point intéressant A
par la relation |DM| = p.Dx02/2 ou sa réci-
proque |Dx0| =  2 M/p M
B

M/2
Aide à l’arrêt des barres dans le cas
de deux lits égaux C 0,36  x
0

Chacun des deux lits égaux reprenant le


Tangente à la parabole
moment DM/2, les relations à retenir sont
synthétisées sur la figure ci-contre.

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162 | Application aux structures

C-II.3.3 Comment éviter les erreurs ?


Toutes ces formules sont en valeurs algébriques. Le respect scrupuleux des signes est essentiel,
sinon le résultat peut être n’importe quoi ⇒ toujours s’autocontrôler avec les repères ci-dessous.

Moment fléchissant
• On doit avoir : Mmax ≤ M0
• Calculer M(,/2) = |(MA + MB)/2| – M’(,/2) et vérifier que Mmax ≥ M(,/2) (sinon, ce ne
serait pas Mmax) et qu’il ne s’en éloigne pas exagérément.
• Par rapport au diagramme M’, le point de moment maximum doit s’éloigner de l’appui de
plus fort |Mappui|.

Effort tranchant
• Par rapport à |V’|, |V| augmente sur l’appui de plus fort |Mappui|.
• En s’appuyant sur ce résultat, il est possible de faire les calculs de V en valeurs absolues :
⇒ |V| = |V’| décalé de | MB − M A | dans le sens indiqué ci-dessus.

C-II.4 Passage des valeurs de M et V obtenues


par référence à ,n à celles obtenues
par référence à ,eff
A défaut de disposer d’un logiciel qui, pour chaque cas de charge, fournit point par point
(notamment au nu des appuis) les diagrammes M,eff et V,eff, il est possible de faire un calcul
manuel sur la base de la méthode de Caquot comme exposé en {E-I.5.1}. Elle intègre en plus
une redistribution réaliste. Une autre solution est aussi le recours à la méthode de « redistri-
bution forfaitaire » exposée au § C-II.6. D’un usage très simple, elle est une approximation à
partir de la méthode de Caquot et calée pour respecter les impératifs d’Eurocode.
Ces deux méthodes ont été développées sur la base des règlements antérieurs se référant aux
portées ,n de nu à nu des appuis. Leur utilisation éclairée implique la connaissance des règles
de passage d’un calcul basé sur ,n à celui, faisant référence pour Eurocode, basé sur ,eff. Les
points à retenir sont listés ci-dessous et illustrés sur la figure C-II.4.1.

Effort tranchant
Entre les nus d’appuis on a, exactement ou quasi exactement, V,n = V,eff

Moment fléchissant
• A toute abscisse : M,eff,travée > M,n,travée,
Dans le cas d’une travée isolée : M0,,eff = M0,,n + DM avec DM = M0,,eff - M0,,n ;
dans les cas courants où ,eff ≈ 1.05 ,n on a M0,,eff ≈ M0,,n + 10 % ;
le moment au nu de l’appui n’est pas nul, on a : M,eff,nu appui,travée = DM
• |M,eff,nu appui| < |M,n,appui|
largeur d’appui
M,eff,nu appui ≈ M,n,appui/(1 +  )
portée moyenne sur cet appui

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t 2t
soit M,eff,nu appui ≈ M,n,appui/(1 +  ) = M,n,appui/(1 +  )
 n, moy  n, w +  n, e
où t = largeur d’appuis = ,eff – ,n

• Les moments en toute abscisse d’une travée continue sont déduits des moments au nu des
appuis ci-dessus par les formules du § C-II.3, notamment :
x x
M(x) = M’(x) + MA.(1 –  ) + MB. et V(x) = V’(x) +  MB − M A
  
en prenant pour , les valeurs ci-dessous :
–– dans les travées intermédiaires : , = ,n
–– dans les travées de rive : , = ,n + ai (voir figure C-II.4.1(c))
• Dans le cas d’appui non monolithique, le raccordement parabolique est dimensionné à
partir du moment au nu de l’appui par la formule Mchapeau ≈ Mnu appui + Rmax.t/8 du
§ C-I.6.2.3.1.

Veff = Vn
 = n ai
 = n + ai
Meff,nu appui Meff, nu appui
Meff,nu appui Mn

M M Meff Mn
M0,n Paraboles d’équation
M0,eff p.x02/2 Meff
eff/2 Paraboles d’équation
Mn n eff/2 p.x02/2
M
Meff,nu appui,travée Meff eff n
eff
n
eff

a) travées isolées b) travées intermédiaires c) travées de rive

Figure C-II.4.1. Comparaison des références à ,n et ,eff.

C-II.5 Redistribution
C’est la capacité de déformation non linéaire (fluage, effet indirect de la fissuration, déforma-
tion plastique en phase de rupture ⇔ ductilité) des sections concernées qui rend possible la
redistribution. Celle-ci se traduisant par une réduction des moments de continuité, c’est aux
sections d’appui que s’appliquent les prescriptions suivantes.

C-II.5.1 Cas général


Eurocode traite de la redistribution en [5.5] (voir aussi {E-I.4}) et la cantonne au domaine de
l’ELU.
Elle n’est pas applicable au moment d’encastrement d’une console, irrémédiablement fixé par
les actions appliquées à la console, ni aux nœuds des systèmes fonctionnant en portiques,
c’est-à-dire non contreventés par des murs (hors de la cible de ce livre).
Son amplitude est caractérisée par le « coefficient de redistribution » d tel que
M,eff,axe appui après redistribution = d.M,eff,axe appui avant redistribution

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Meff,axe appui après redistribution


d’où d = 
Meff,axe appui avant redistribution
On note que d est d’autant plus petit que la redistribution est plus importante.
Les calculs associés, menés en plasticité, sont complexes.

C-II.5.2 Redistribution limitée


Pour les cas courants Eurocode propose des règles simplifiées dispensant du calcul en plasti-
cité. Ce sont les règles de la « redistribution limitée ».
Elles autorisent à s’exonérer du calcul en plasticité sous certaines conditions dont, notam-
ment, une limitation du degré de redistribution conditionnée à la hauteur relative au de l’axe
neutre calculée à l’ELU après redistribution.
Il a en effet été vu au § A-II.2.2.3.3 que les poutres très fortement armées, de ce fait asso-
ciées à une valeur élevée de au, ne sont pas ductiles et que la ductilité augmente au fur et
à mesure que la proportion d’acier, et avec elle au, diminuent. D’où : plus au est grand,
plus faible est la réserve de ductilité.
Les Règles professionnelles françaises :
• en étendent l’application à l’ELS [clause 5.5(2)], en conséquence les limites µu,limite,ELS
(§ B-III.2.5.4.1) restent utilisables après redistribution ;
• proposent [clause 5.3.2.2(3)] de faire les calculs par référence aux valeurs de Mnu appui et
M après redistribution
d’admettre d ≈ dnu appui =  nu appui , c’est une approximation.
Mnu appui avant reedistribution

C-II.5.2.1 Domaine d’utilisation


• Rapport entre portées adjacentes compris entre 0,5 et 2.
• Amplitude de la redistribution limitée comme précisé au § C-II.5.1.2 ci-dessous.

C-II.5.2.2 Amplitude maximum autorisée pour la redistribution limitée


Pour des bétons de classe ≤ C50/60 et en se référant au diagramme parabole-rectangle ou sa
simplification le diagramme rectangle (cible de cet ouvrage), il faut respecter :
d ≥ 0,44 + 1,25.au  où au = valeur après redistribution
≥ 0,7 avec des aciers de classe de ductilité B ou C
≥ 0,8 avec des aciers de classe de ductilité A
≥ 0,85 lorsqu’un calcul de résistance au feu est requis
Nota
La redistribution est plus limitée lorsqu’une vérification au feu est exigée car les incendies
affectent d’abord les aciers inférieurs des poutres et dalles. La limitation d ≥ 0,85 a pour objet
de privilégier la reprise d’effort par les aciers en chapeau qui, placés en partie supérieure, sont
moins affectés par l’incendie.

Par la relation µu = au.yu.(1 – dGu.au), cette limitation sur au peut être traduite en limitation
sur μu.
Le tableau C-II.5.1 fait la synthèse des prescriptions.

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Tableau C-II.5.1. Valeurs de au et mu limitant la redistribution dans le cas d’aciers de classe de ductilité B ou C,
d’un béton de classe ≤ C50/60 et sur la base du diagramme rectangle.

Avant redistribution Après redistribution

Pas de redistribution autorisée (d = 1) μu avant ≥ 0,295 au après ≥ 0,45 μu après ≥ 0,295
Valeurs intermédiaires d = 0,9 μu avant ≤ 0,279 au après ≤ 0,37 μu après ≤ 0,251
d = 0,8 μu avant ≤ 0,255 au après ≤ 0,29 μu après ≤ 0,204
Redistribution maximum autorisée (d = 0,7) μu avant ≤ 0,220 au après ≤ 0,21 μu après ≤ 0,154
d = 0,85 : limite en cas de vérification au feu μu avant = 0,268 au après = 0,33 μu après = 0,228

C-II.5.2.3 Conséquence de la limitation de au et µu


Les limitations ci-dessus font que, pour tirer le profit maximum de la redistribution, à savoir
atteindre d = 0,7, on doit avoir µu sur appui après redistribution ≤ 0,154, ce qui est très
restrictif.
Cela ne pose pas de problème avec les dalles de plancher dans lesquelles la section disponible
pour le béton comprimé est généralement très surabondante, ce qui se traduit par des valeurs
de µu faibles, presque toujours ≤ 0,154.
Cela pose par contre problème pour les poutres. Avec leur dimensionnement courant, même
après redistribution, elles affichent couramment µu,appui > 0,20. Alors :
• soit on réduit la redistribution à peau de chagrin ;
• soit on augmente la hauteur de la poutre pour diminuer µu, ce qui n’est pas toujours
possible ;
• soit on ajoute des aciers comprimés, ce qui coûte des aciers supplémentaires et, comme
illustré sur la figure C-II.5.1, pose problème en cas de préfabrication.

Chapeaux
Chapeaux Chapeaux
Chapeaux

Aciers comprimés
Aciers comprimés Aciers comprimés
Aciers comprimés ?? ??

Pas de préfabrication
Pas de préfabrication pas d’obstacle
pas d’obstacle Préfabrication
Préfabrication là où on là où on voudrait
voudrait
à la miseàen
la place
mise en place comprimés.
d'aciers d'aciers comprimés. mettre
mettre des des
aciers aciers comprimés,
comprimés, les les
talons
talons des des occupent
poutres poutres occupent
la la
place. place.

Figure C-II.5.1. Aciers comprimés sur appuis : difficulté en cas de poutres à talon préfabriqué.

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166 | Application aux structures

C-II.6 Méthode de redistribution forfaitaire


Elle fournit directement, par un calcul très simple basé sur les portées ,n de nu à nu des
appuis et au prix d’une approximation respectant la sécurité, les diagrammes enveloppes Mu
et Vu redistribués.
Il s’agit, développée par le groupe de travail des Règles professionnelles françaises et pour
application aux planchers à prédalles, d’une adaptation aux spécificités d’Eurocode des pres-
criptions du CPT planchers à prédalles qui prévalait avec le règlement antérieur. Encore non
publiée en 2011, cette adaptation sera dans la prochaine édition des Règles professionnelles
françaises.
Elle a été validée sur la base du calcul général, en plasticité, et s’exonère des restrictions de la
« redistribution limitée ». Ainsi, une valeur de d = 0,65 < 0,7 est-elle accessible avec en plus
au ≤ 0,25, plus favorable que la limite au ≤ 0,21 de la « redistribution limitée ».
L’auteur propose d’en élargir l’application aux autres types de planchers portant dans une seule
direction et, pour les applications courantes en bâtiments courants (propos de ce livre), confor-
mément à ce qui se pratiquait antérieurement, aux poutres portant de tels planchers.

C-II.6.1 Domaine d’application


• Mu = Mu,,n et Vu = Vu,,n sont calculés par référence aux portées ,n de nu à nu des appuis.
• Béton de classe ≤ C50/60.
• Pas de revêtements ou cloisons fragiles et pas de restriction de la fissuration.
• S’applique aux planchers à prédalles à surcharge modérée tels que suit.
Inertie constante sur l’ensemble des travées.
Rapport des portées des travées adjacentes compris entre 0,8 et 1,25 et, sous-entendu, des
tarifs de charge peu différents d’une travée à l’autre avec prédominance d’un chargement
réparti.
Gp + G + Q ≤ 13 kN/m2 et G + Q ≤ 7,5 kN/m2
où Gp = poids propre de l’élément brut et G = « charges permanentes rapportées » = béton
de seconde phase + chape + revêtement.
Pour les planchers à prédalles en béton armés : élancement ,n/d ≤ 27
(pour information, dans le cas de planchers à prédalles précontraintes : élancement
,n/d ≤ 32)
Sur appuis : respecter au ≤ 0,25 ⇒ µu ≤ 0,18
• Proposition de l’auteur : extension du domaine aux autres types de planchers portant dans
une seule direction ainsi que, pour les applications courantes en bâtiments courants, aux
poutres portant de tels planchers.
Noter que s’agissant des poutres : la vérification ,n/d ≤ 27 est toujours assurée.

C-II.6.2 Démarche et formules de calcul


C-II.6.2.1 Diagramme enveloppe M,n
C-II.6.2.1.1 Choisir les moments de continuité sur appui
Ils sont choisis conformément au bon sens du calculateur dans les limites ci-dessous.

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Continuité | 167

Il faut par ailleurs respecter sur appuis : au ≤ 0,25 ⇒ mu ≤ 0,18

|| M
Mn, appui |
n, appui |

≥ 0,65
0,65 M M0,n
0,n

Deux travées.
|| M appui | || M appui | || M
Mn, appui |
Mn,
n, appui | Mn,
n, appui | n, appui |
≥ ≥
≥ 0,45
0,45 M
≥ 0,55 M
0,55 M0,n
0,n

≥ 0,45 M
0,45 M0,n
0,n M0,n
0,n

Plus que deux travées.

Si M0 à gauche ≠ M0 à droite c’est la moyenne des deux qui sert de référence pour choisir Mappui.
Généralement, sur chaque appui le calculateur choisit pour le moment de continuité la valeur
minimum découlant de ces limites. Il a cependant, dans certaines limites, la liberté de choisir
une valeur plus élevée (jusqu’à environ 20 % en plus).
Nota
La « règle de moments forfaitaires » non spécifique aux planchers à prédalles, préconisait de retenir
pour le choix de Mappui le plus fort des deux moments M0 à gauche et M0 à droite.
En fait, cette différence n’est pas significative. Elle est noyée dans l’incertitude intrinsèque au
calcul forfaitaire.

C-II.6.2.1.2 Calculer dans chaque travée la valeur du moment maximum Mt en travée

Il faut respecter : Mw,n + Me,n Me,n


Pour les travées intermédiaires : 2
M + Mw Mw,n
Mt +  e ≥ 1,1.M0 (1,1 ou 1,15).M0,n
2
Pour les travées de rive :
M + Mw
Mt +  e ≥ 1,15. M0
2 n/2
Cette formule assimile le moment maximum
en travée Mt au moment à mi-portée ≠ Mmax. n
Les coefficients 1,1 et 1,15 sont calés pour
aussi corriger cet écart.

C-II.6.2.2 Diagramme enveloppe V,n


Il est totalement forfaitaire, avec les valeurs ci-dessous.

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168 | Application aux structures

 1,15 V’n  1,05 V’n


 V’n  V’n  V’n  V’n
R  R’ R  R’

R  1,15R’ R  R’ R  1,1R’ R  R’ R  R’
 V’n  V’n  V’n
 1,15 V’n  1,15 V’n

Deux travées Plus que deux travées


V’ et R’ sont les valeurs de la travée isostatique associée

On retrouve ici le résultat déjà énoncé au § C-I.5.2.2 (descente des charges) pour la valeur des
réactions.

C-II.6.3 Arrêt forfaitaire des armatures


C’est une adaptation aux spécificités d’Eurocode de l’arrêt forfaitaire proposé par les règle-
ments précédents pour les éléments calculés avec la méthode des « moments forfaitaires ».

C-II.6.3.1 Prescription de base


Elle est limitée aux cas où chaque armature est constituée de deux lits égaux.
L’arrêt forfaitaire proposé ici a été développé par l’auteur.
Il s’applique aux cas où Q ≤ environ G/2 (à + 30 % près) et cotgq = 2,5
La longueur d’arrêt des barres est conditionnée par les trois éléments ci-dessous :
• Le diagramme enveloppe des moments : celui dégagé ci-dessus.
• Le décalage a, du diagramme des moments pour tenir compte de l’effet de l’effort
tranchant :
–– dans le cas des poutres : calé sur cotgq = 2,5 ⇒ a, ≈ h ;
–– dans le cas des dalles : aℓ est règlementairement = d ; pour cet arrêt forfaitaire on
admet a, ≈ h.
• La longueur d’ancrage ,bd des aciers. Son incidence est généralement sensible sur la
longueur d’arrêt des deuxièmes lits de chapeaux. D’autant que dans le cas des poutres, les
chapeaux sont souvent en zone de mauvaise qualité d’adhérence ⇒ ,bd = 1,4 ,bd,nom
Les décalages ≈ h et des longueurs d’ancrage ,bd sont différents entre une dalle et une poutre
et, pour ces dernières, entre aciers inférieurs et aciers supérieurs. Chaque fois que leur inci-
dence peut être sensible, l’arrêt des barres proposé ci-dessous les fait apparaître
explicitement.
L’information est complétée par le cas des travées isolées.

Travées isolées avec deux lits égaux dans les cas où cotgq = 2,5

0,2.n 0,2.n

0,16 n - h - ai
ai ai
proche du nu de l’appui

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Travées continues, avec dans chaque zone considérée deux lits égaux, et dans les cas où
Q ≤ environ G/2 (à ≈ 30 % près) et cotgq = 2,5

ch,0 ch,0 ch,1 ch,1 console console


0,2.n ch,2 ch,2 ch,2 ch,2 co,2 co,2

0,25 n - h 0,20 n - h Dépend de Mconsole

≈ (0,16 n - h - ai)/2 fi presque au nu de l’appui

Avec :
• Sur appui proche de rive : ,ch,0 = h + 0,25 × max [,n,w ; ,n,e]
• Sur appui loin de rive : ,ch,1 = h + 0,2 × max [,n,w ; ,n,e]
• ,ch,2 = 0,5 × (,ch,0 ou ,ch,1) + Dancrage
• ,co,2 = 0,5 × ,console + Dancrage
avec Dancrage = ,bd – h ≥ 0
Attention. Les chapeaux des poutres sont souvent en zone de mauvaise qualité d’adhé-
rence ⇒ ,bd = 1,4 ,bd,nom
Nota
Dans la formule d’arrêt du deuxième lit en travée, le terme 0,16 ,n de l’ensemble (0,16 ,n - h
– ai) représente en fait 0,30 xm qui est la transposition de 0,30 x0 de « Aide à l’arrêt des barres
dans le cas de deux lits égaux » du § C-II.3.2.
–– Sur une travée isolée, on a Dx0 = ,eff/2. Alors, si on admet ,eff ≈ 1,05 ,n, on a
0,30 Dx0 ≈ 0,15 ,eff ≈ 0,16 ,n.
–– Sur une travée de rive, xm est plus court ⇒ le deuxième lit est arrêté plus près de l’appui de
rive, à une distance qu’on peut admettre ≈ (0,16 ,n – h – ai)/2.
Le terme « – h » dans la formule de calcul de Dancrage représente, plus ou moins approximativement,
le « débord du point E » de l’exemple du § D.1.8.2.3.

C-II.6.3.2 Cas particuliers


Lits inégaux
La prescription de base doit être adaptée.
• Arrêt du premier lit (le lit le plus extérieur).
Il se développe sur toute la longueur où des aciers tendus sont nécessaires, indépendam-
ment de la répartition des tâches entre premier et deuxième lit.
Donc il est arrêté conformément à la prescription ci-dessus.
• Arrêt du deuxième lit.
Les règles ci-dessus ne conviennent plus.
Si As deuxième lit > As total/2, le deuxième lit doit être plus long,
inversement, si As deuxième lit < As total/2, le deuxième lit doit être plus court.
Alors :
–– soit le calculateur estime l’adaptation à apporter,
–– soit il fait localement une épure d’arrêt de ce second lit, sans oublier le décalage
a, ≈ h du diagramme des moments (voir l’exemple du § D.1.8.2).

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170 | Application aux structures

Dans ce deuxième cas, le diagramme M à prendre pour référence dans la zone concernée
par l’arrêt du deuxième lit est toujours un diagramme travée chargée (voir nota plus bas).
Ce diagramme est :
–– sur une travée de rive, le diagramme travée chargée qui passe par M = 0 à l’axe de
l’appui de rive et
·· pour le deuxième lit en chapeau : par M,n,appui,diag enveloppe
·· pour le deuxième lit en travée, par la valeur estimée de M,n,appui dans le cas où la
travée voisine est déchargée ;
–– sur une travée intermédiaire, le diagramme travée chargée qui :
·· pour le deuxième lit en chapeau passe par M,n,appui,diag enveloppe sur les appuis de
gauche et de droite
·· pour le deuxième lit en travée affiche à mi-portée de la travée la valeur Mt du
§ C-II.6.2.1.2.

Aciers comprimés
L’arrêt des aciers comprimés est difficile à estimer et une épure s’impose. Voir un exemple
§ D.1.8.2.4.
Le diagramme des moments à prendre pour référence dans la zone concernée par les aciers
comprimés est le même que pour l’arrêt du deuxième lit de chapeau, mais alors sans le décalage a,.
Dans les zones nécessitant des aciers comprimés, il est facile (et du même coup conseillé) de
mettre à profit l’épure construite pour l’arrêt des aciers comprimés pour arrêter aussi les aciers
tendus associés. Le résultat est de meilleure qualité et la méthode traite, exactement et sans
difficulté supplémentaire, les cas de lits inégaux.
Nota
–– Sur appuis, dans le cas de la redistribution forfaitaire, on voit § C-II.6.2.1.1 que le diagramme
enveloppe des moments sur appuis suit d’abord un diagramme M travée chargée (forte pente)
puis (rupture de pente) un diagramme M travée déchargée (pente plus faible).
Très généralement, le domaine d’action du deuxième lit et aussi des aciers comprimés est
dans la zone de l’enveloppe qui correspond à un cas travée chargée (forte pente).
La redistribution forfaitaire ne permet pas d’avoir une vue suffisamment précise de la
portion du diagramme enveloppe correspondant à un cas travée déchargée (faible pente)
pour un arrêt exact du premier lit. Alors, se contenter de l’arrêt forfaitaire du premier lit.
–– En travée, dans tous les cas le diagramme enveloppe M correspond à un cas travée chargée.

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SECTION C-III

Dalles pleines

C-III.1 Introduction
Une dalle pleine est un élément plan en béton armé faisant fonction de plancher et reposant
sur des appuis linéaires, des murs ou/et des poutres. Comme vu au § C-I.5.2.1, elle peut
porter dans une seule direction ou dans deux directions orthogonales.

C-III.2 Données de base


C-III.2.1 Dimensions en plan et portées
Voir figure C-III.2.1.
Un panneau de dalle rectangulaire a deux dimensions : a et b.
• Il ne porte que dans une seule direction ,x s’il n’a que deux lignes d’appui ou si, même avec
quatre lignes d’appui ,y > 2,5 ,x.
• S’il a quatre lignes d’appui avec ,y ≤ 2,5 ,x il porte dans les deux directions. ,x est alors
toujours la petite dimension du panneau. Elle est qualifiée de « portée principale » et ,y de
« portée secondaire ».

Lignes y
a x
d’appui a
x

b b

Figure C-III.2.1. Dimensions en plan et portées des dalles.

La valeur de chaque portée est déterminée avec les mêmes règles que pour les poutres (voir
§ B-II.6). Notamment, ,x et ,y sont déclinées en ,eff,x ou y et ,n,x ou y.
Les appuis sont souvent des murs. S’ils sont en maçonnerie ils ne sont pas de type monoli-
thique et le raccordement parabolique doit être pris en compte pour le calcul des chapeaux.

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172 | Application aux structures

C-III.2.2 Organisation du calcul


Une dalle est assimilée à une poutre, en l’occurrence plus large que haute.
Dans la pratique, comme illustré sur les figures C-III.4.1 et C-III.5.1, on fait le calcul
(diagrammes M et V puis aciers nécessaires) pour une bande de largeur b = 1 m
représentative.

C-III.2.3 Épaisseur h minimum


Eurocode n’impose rien. Les limites qui prévalaient avant sont donc reconduites.
Pour les éléments de portée ≥ environ 2 m il faut respecter h ≥ 12 cm.
Pour les éléments de portée ≤ environ 0,8 m (c’est le cas notamment des portées entre
poutrelles des planchers nervurés et des couvercles de regards) : h ≥ 5 cm (exceptionnellement
h ≥ 4 cm).
Lorsque l’isolation phonique est assurée par la loi de masse, c’est le cas le plus courant :
h ≥ 18 cm.
Par ailleurs, h est également fixé par les impératifs de flèche et de fissuration. À défaut d’un
calcul plus élaboré : respecter les prescriptions du tableau B-III.3.2 fixant d et par suite h.
Les conditions d’environnement et de résistance à l’incendie modifient la relation entre d
et h.

C-III.2.4 Aciers utilisés et leurs spécificités


C-III.2.4.1 Aciers utilisés
A priori des TS. Ils ont été développés à cet effet.
Pour les applications structurelles (c’est le cas de l’armature des dalles) ils sont exclusive-
ment constitués de barres HA et proposés en panneaux de 2,4 m × 6,0 m.
Un catalogue des panneaux commercialisés est proposé au § E.1.1.2.
Les aciers en barres sont également utilisés s’ils apportent une solution plus simple.

C-III.2.4.2 Ancrage et recouvrement des treillis soudés


Les prescriptions d’Eurocode visent tous les systèmes avec barre(s) soudée(s) et leur applica-
tion aux treillis soudés est une adaptation que doit faire le lecteur (voir {§ C-II.4.2.2 et
C-II.5.3}).
Pour la circonstance, l’auteur propose d’appliquer les prescriptions du règlement antérieur :
BAEL. Elles sont très simples et dans les cas courants elles répondent aux exigences
d’Eurocode.
L’ancrage est assuré par le seul effet d’obstacle apporté par chaque barre transversale soudée.
Dans un recouvrement l’effort est transmis d’un panneau à l’autre par des bielles comprimées
inclinées comme montré sur la figure C-III.2.2. Ceci implique un décalage suffisant entre
barres servant d’appui à ces bielles, il est proposé un décalage ≥ 4 cm.

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Dalles pleines | 173

Bielles comprimées transmettant


 4 cm
l’effort d’une barre à l’autre

φt ≥ 0,6φ ≥ 15 mm

bd 3 soudures
½ maille maille
Appui de la dalle 3 mailles + 4 cm

Figure C-III.2.2. Treillis soudés : ancrage sur appui des dalles et recouvrement
(exemple d’un recouvrement dans le sens porteur).

Aciers porteurs
• Ancrage total : 3 soudures.
• Ancrage des aciers inférieurs sur appui : 1 soudure telle que montré sur la figure C-III.2.2.
• Recouvrement lorsque nécessaire : 3 soudures + 4 cm ⇒ 3 mailles + 4 cm (voir figure
C-III.2.2).
Aciers de répartition
• Ancrage total : 2 soudures.
• Ancrage des aciers de répartition prolongés sur les appuis : comme pour aciers porteurs,
1 soudure.
• Recouvrement entre panneaux contigus :
–– panneaux inférieurs (en travée) : 2 soudures + 4 cm ⇒ 2 mailles + 4 cm,
–– panneaux en chapeau : pas de recouvrement nécessaire des aciers de répartition (voir
§ C-III.4.3.2.2).

C-III.3 Résistance aux effets de l’effort tranchant


Généralement les dalles y résistent sans besoin de dispositions spécifiques. C’est ce dont il
faut s’assurer avant tout autre calcul.

C-III.3.1 Cas où il n’y a pas besoin d’aciers transversaux


Le dispositif portant consiste alors en une voûte (éventuellement complété de voûtes secon-
daires) comme schématisé sur la figure C-III.3.1. Les aciers longitudinaux tendus, en retenant
les pieds de la voûte y jouent un rôle indispensable.
Un effort de compression est concentré au niveau des pieds de la voute.

Figure C-III.3.1. Organisation de la résistance en l’absence d’aciers transversaux.

Vérification qu’il n’y a pas besoin d’aciers transversaux


Il faut vérifier :
VEd ≤ VRd,c = [CRd,c.k.(100rℓ.fck)1/3 + k1.scp].b.d ≥ (vmin + k1.scp).b.d

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174 | Application aux structures

avec, déterminés sur une bande de largeur b =1 m = 1000 mm :


• VEd et VRdc en Newtons, vmin et fck en Mpa (= N/mm2), d et b en mm, As et Ac en mm2
(la formule n’est pas homogène et le respect des unités spécifiées est impératif )
• CRd,c = 0,18/gc
• k = 1 +  200 / d ≤ 2,0 avec d en mm
• r, = As,/(b.d) ≤ 0,02
où : As, (en mm2) = aire de la section des armatures tendues, prolongées sur une longueur
≥ (,bd + d) au-delà de la section considérée comme explicité sur la figure C-III.3.2
• k1 = 0,15
• scp (en MPa) = NEd/Ac < 0,2 fcd = 0 en flexion simple, propos de ce livre,
où : NEd (en newton) = effort normal agissant dans la section droite, dû aux charges exté-
rieures appliquées et/ou à la précontrainte (NEd > 0 en compression)
Ac (en mm2) = aire de la section droite du béton
• vmin (v minuscule) = 0,34.fck1/2/γc : Annexe nationale française (AF) [6.2.2(1) NOTE]
pour les dalles

As As bd d

d d

bd d bd d As

Section de vérification
de VRd,c ≥ VEd

Figure C-III.3.2. Condition à respecter lors de la vérification de VRd,c ≥ VEd.

Vérification de non-écrasement du béton à proximité des appuis


C’est la vérification que la contrainte du béton dans les pieds de la voûte reste admissible. Elle
s’écrit :
VEd,nu appui = Vu,nu appui ≤ 0,5.b.d.n.fcd   avec   n (nu) = 0,6.(1 – fck/250)
Condition presque toujours vérifiée dans le cas des dalles courantes.

C-III.3.2 Cas où les vérifications ci-dessus ne sont pas assurées


D’abord envisager une dalle plus épaisse, d’où d plus grand, pour que les conditions soient
vérifiées.
Si ce n’est pas possible ou insuffisant, envisager des aciers transversaux. Ils ne sont autorisés
que dans les dalles de h ≥ 20 cm. Voir {E-II.3.2}.

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C-III.4 Dalles portant dans une seule direction


C’est le cas courant. Leur armature comprend :
• Des aciers « porteurs » parallèles à ,x. Ce sont les seuls qui sont calculés (sur une bande de
largeur b = 1 m comme déjà dit) et ils assurent à eux seuls la résistance au moment fléchis-
sant. Ils sont disposés le plus à l’extérieur pour bénéficier de la plus grande hauteur utile d
possible.
• Des aciers « de répartition » dans la direction perpendiculaire, parallèles à ,y. Ils sont
forfaitaires et assurent une répartition transversale des charges portées par la dalle. Ils sont
disposés à l’intérieur par rapport aux aciers porteurs.
Ceci est illustré sur la figure C-III.4.1.
Lorsqu’il n’y a pas de problème de flèche à redouter, même si un panneau de dalle dispose
d’appuis sur ses quatre côtés, par simplification on se contente souvent de le calculer comme
ne portant que dans une seule direction. Le plus efficace et le plus économique est de choisir
,x parallèle au petit côté.
b=1m

d h
x
b=1m

Aciers porteurs As,x

Aciers de répartition As,r

Sans aciers de répartition Avec aciers de répartition


(très schématiquement)

Figure C-III.4.1. Dalles portant dans une seule direction : largeur à prendre en compte, organisation des aciers
et rôle des aciers de répartition.

C-III.4.1 Calcul des sollicitations et arrêt des aciers


Dans les bâtiments courants, on se satisfait généralement de la règle de redistribution forfai-
taire des moments et de l’arrêt forfaitaire des aciers du § C-II.6.3.

C-III.4.2 Calcul des aciers porteurs


La démarche de calcul et les règles sont celles des poutres.

C-III.4.2.1 Hauteur utile d


Elle ne concerne que les aciers calculés, donc ici As,x. Pour bénéficier de la plus grande hauteur
utile, ceux-ci sont placés à l’extérieur.

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Dans tous les cas courants, les dalles ne comprennent pas d’aciers transversaux.

C-III.4.2.1.1 Valeur de h – d

Cas des dalles renforcées par des barres


Celles-ci sont disposées en un seul lit (voir figure C-III.4.2)
et on a d = h – cnom – fs,x/2 h-d

Cas des dalles renforcées par des TS


C’est la situation générale en travée.
h-d
Si un seul lit de TS : même situation que ci-dessus pour les barres en
un seul lit.
Si deux lits de TS : d se mesure alors à l’axe des aciers de répartition du premier lit et on a :
d = h – cnom – (fs,x + fs,r/2).
Avec la référence à ,eff comme le veut Eurocode, le deuxième lit en travée est très long. Dans
le cas d’utilisation de TS sur stock, l’économie finale découlant du choix de deux lits d’aciers
pour en arrêter un avant les appuis n’est pas toujours au rendez-vous. Aussi, de plus en plus,
ce sont des solutions à un seul lit qui sont retenues.

C-III.4.2.1.2 Valeurs de cnom selon les cas


Elles sont proposées dans les tableaux C-III.4.1 et C-III.4.2.
Les aciers inférieurs des dalles bénéficient de la clause favorable « d’enrobage compact ». De
plus, la classe d’exposition XC4 n’a pas lieu d’être car la sous-face des dalles est naturellement
protégée du ruissellement de l’eau.
Les aciers supérieurs ne bénéficient pas de la clause d’enrobage compact et la classe d’exposi-
tion XC4 est envisageable. Sont particulièrement concernés les chapeaux des balcons et dalles
de parking dont la face supérieure est rarement protégée par un revêtement.

Tableau C-III.4.1. Enrobage nominal cnom des aciers inférieurs des dalles.

Enrobages à envisager par défaut pour les aciers inférieurs des dalles : conditions d’enrobage compact,
classe d’exposition XC4 exclue
Hypothèses : dg < 32 mm et Dcdev = 10 mm

Classe envisagée pour le béton C25/30 C30/37 C35/45


Classe d’exposition XC1 XS1 XS3
Diamètre fs,x des aciers les plus extérieurs ≤ 12 mm 14 ou 16 mm ≤ 25 mm ≤ 25 mm
(notamment TS)
Classe structurale (tableau C-I.6.4) 4 – 1 = 3 4 – 1 = 3 4 – 1 = 3 4 – 1 = 3
cmin,dur (tableau C-I.6,5) 10 mm 10 mm 30 mm 40 mm
cmin,b = fs,x ≈ 10 mm ≈ 15 mm ≤ 25 mm ≤ 25 mm
cmin = max [cmin,dur ; cmin,b ; 10 mm] ≈ 10 mm ≈ 15 mm 30 mm 40 mm
cnom = cmin + Dcdev  avec Dcdev = 10 mm ª 20 mm ª 25 mm 40 mm 50 mm

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Tableau C-III.4.2. Enrobage nominal cnom des aciers supérieurs des dalles.

Enrobages à envisager par défaut pour les aciers en chapeau des dalles : pas d’enrobage compact,
classe d’exposition XC4 possible
Hypothèses : dg < 32 mm et Dcdev = 10 mm

Classe envisagée pour le béton C25/30 C30/37 C35/45


Classe d’exposition XC1 XC4 XS1 XS3
Diamètre fs,x des aciers les plus extérieurs ≤ 16 mm ≤ 25 mm ≤ 25 mm ≤ 25 mm
Classe structurale (tableau C-I.6.4) 4 4 4 4
cmin,dur (tableau C-I.6.5) 15 mm 30 mm 35 mm 45
cmin,b = fs,x ≈ 15 mm ≈ 15 mm ≤ 25 mm ≤ 25 mm
cmin = max [cmin,dur ; cmin,b ; 10 mm] ≈ 15 mm 30 mm 35 mm 45 mm
cnom = cmin + Δcdev  avec Δcdev = 10 mm ª 25 mm 40 mm 45 mm 55 mm

C-III.4.2.2 Condition de non-fragilité


C’est celle des poutres rectangulaires en flexion simple
⇒ As ≥ As,min = 0,26.bt.d.fctm/fyk  ⇒  μu ≥ µu,limite,frag rappelé ci-dessous.
Les charges d’exploitation n’étant pas strictement bornées, la condition doit impérativement
être respectée. Alors, si μu effectif < µu,limite,frag les aciers doivent être calculés sur la base de µu
= µu,limite,frag.

Béton C25/30 C30/37 C35/45

µu,limite,frag 0,042 0,040 0,038

C-III.4.2.3 Chapeaux minimums en rive dans le sens porteur


Les spécifications sont celles des poutres et, notamment, la fragilité n’est pas à vérifier (voir
§ B-III.6).

Comme pour les poutres, on doit avoir Fissure en façade


Mchapeau min ≥ 0,15 Mu,travée environ
Il s’ensuit : As,chapeau min ≥ 0,10 à 0,20 As,travée
Surtout, Mchapeau min doit être modulé en fonction des Chapeau mini
circonstances. trop fort
• En terrasse, il doit être à son minimum pour éviter un
soulèvement du bord de la dalle et une fissure en façade
comme illustré ci-contre.
Ne pas hésiter à le diminuer jusqu’à 0,10 Mu,travée,.
• Aux niveaux inférieurs, avec le poids de plusieurs étages
au-dessus, le risque de soulèvement est mineur et les
chapeaux de rive peuvent être plus forts.
Mais trop forts ils mettent le mur en flexion.
Enfin, les chapeaux minimums doivent être ancrés sur l’appui et se prolonger dans la travée,
au-delà du nu de l’appui, sur une longueur ≥ 0,2 ,n.

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C-III.4.3 Aciers de répartition


Ils sont forfaitaires : As,r ≥ 0,20 As,x et ne concernent que les aciers inférieurs.
La figure C-III.4.1 illustre que c’est en partie basse qu’ils sont utiles. De plus, là où il y a des
aciers en partie haute, on est sur ou à proximité d’un appui et cet appui, un mur ou une
poutre, joue à lui seul un rôle répartiteur suffisant.
Si en chapeau des aciers sont disposés comme des aciers de répartition, ce ne sont en fait que
des aciers de construction.

C-III.4.3.1 Chapeaux minimums dans le sens de la répartition et renfort des bords libres
C-III.4.3.1.1 Chapeaux minimums sur les appuis perpendiculaires à la direction ,y
Eurocode n’en parle pas explicitement, mais il faut en mettre.

Proposition de l’auteur
–– Si le panneau de dalle porte effectivement dans une seule direction ⇔ ,y > 2,5 ,x, alors on
transpose à la direction ,y la règle prescrite pour la direction ,x :
en rive As chapeau mini ≈ 0,15 As,r
sur appui intermédiaire, prévoir aussi un chapeau minimum tel que As chapeau mini
≈ 0,25 As,r
–– Si le panneau de dalle peut porter dans les deux directions (,y ≤ 2,5 ,x) mais que, par
commodité, il est calculé comme ne portant que dans une seule direction, il faut appliquer
aux chapeaux la règle des dalles portant dans les deux directions (voir § C-III.5.3.2.1). Alors :
chapeaux mini ,y ≈ chapeaux mini ,x

C-III.4.3.1.2 Bords libres


Un bord libre est un bord non appuyé (ni sur une poutre ni sur un mur). Il est nécessairement
parallèle au sens porteur et donc perpendiculaire au sens de répartition.

Eurocode prescrit : en l’absence d’autres aciers pouvant ≥2h


jouer le même rôle, mettre un renfort conforme au schéma
ci-contre. En bref, il faut, le long du bord libre, un ou des
h
aciers filants qui soient solidarisés au corps de la dalle.

En rive, il y a généralement un chaînage (voir § C-V.3) assurant la section suffisante de renfort


filant. S’il est en recouvrement suffisant avec les aciers de répartition, il est solidarisé au corps
de la dalle. Sinon, il faut ajouter les aciers en U.

C-III.4.3.2 Disposition en plan des aciers


C-III.4.3.2.1 Espacement maximum smax,slabs entre barres
• Si chargement réparti
Aciers porteurs : smax,slabs = min [3 h ; 40 cm] ; aciers de répartition : smax,slabs = min [3,5 h ;
45 cm]
• Si charges concentrées
Aciers porteurs : smax,slabs = min [2 h ; 25 cm] ; aciers de répartition : smax,slabs = min [3 h ;
40 cm]

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Dalles pleines | 179

C-III.4.3.2.2 Organisation des aciers


Elle est illustrée sur la figure C-III.4.2.

Aciers en barres
Dans ce cas, l’expression « lit d’aciers » désigne chaque groupe de barres arrêtées en même
temps. Mais de fait, tous ces aciers sont placés dans le même plan.

Aciers en TS
Les lits d’aciers sont effectivement superposés.
• Continuité des aciers de répartition
Les panneaux de TS font 2,40 m de large. C’est presque toujours moins que la largeur du
panneau de plancher à couvrir. Il faut donc disposer plusieurs panneaux « côte à côte » et
assurer la continuité des aciers de répartition par un recouvrement de largeur = 2 soudures
+ 4 cm ⇒ 2 mailles + 4 cm (voir § C-III.2.4.2).
Dans le cas de plusieurs lits, il faut décaler les panneaux pour que les recouvrements des
divers lits ne se superposent pas (voir un exemple sur la figure C-III.4.2).
En chapeau, il n’y a pas besoin d’aciers de répartition et les panneaux de TS sont simple-
ment juxtaposés sans recouvrement latéral.
• Recouvrement des aciers principaux
Il est nécessaire lorsque la longueur requise des aciers dépasse 6 m. Il doit être disposé à
l’écart des zones de moment maximum et assuré conformément au § C-III.2.4.2
(3 soudures + 4 cm ⇒ 3 mailles + 4 cm).
Si plusieurs lits sont concernés, décaler les recouvrements d’un lit à l’autre.
2e "lit"
1er "lit"

En travée Sur appuis


Aciers en barres : les différents « lits » d’aciers sont en fait différents groupes
qui sont tous disposés dans le même plan.

1er lit 2e lit 1er lit 2e lit


Recouvrement
des aciers de
répartition

Disposition classique Disposition « en tiroir »


Treillis soudés : s’ils sont disposés en plusieurs lits, ceux-ci sont nécessairement superposés.

Figure C-III.4.2. Disposition des aciers en barres ou en TS dans les dalles.

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Remarques sur la figure C-III.4.2


La disposition « en tiroir » n’est illustrée ici que dans un cas, mais elle est applicable à tous les
cas : avec TS ou barres, sur appui ou en travée.
Représenter sur un même plan (un même dessin) les différents lits de TS devient vite illisible.
Aussi, dans le cas de TS, fait-on généralement un plan par lit.

C-III.5 Dalles portant dans les deux directions


Elles sont appuyées sur leurs quatre côtés et telles que ,y ≤ 2,5 ,x.
Même non continue, une dalle portant dans les deux directions est un système hyperstatique.
En effet, chacun de ses points est à la croisée de deux bandes résistantes, l’une dans la direc-
tion x, l’autre dans la direction y, qui ont en ce point la même flèche. Le moment repris dans
chaque direction découle du rapport des raideurs des deux bandes.

C-III.5.1 Organisation du calcul et aciers résistants


L’essentiel est résumé sur la figure C-III.5.1.
Les aciers dans les deux directions sont calculés à partir des moments respectifs Mx et My. Les
aciers dans la direction x sont qualifiés de « principaux » et ceux dans la direction y (qui ne
sont plus forfaitaires) sont qualifiés de « secondaires ».
Le calcul se fait sur les deux bandes de 1 m de large qui se croisent au milieu du panneau.
Bien que près des bords les sollicitations soient plus faibles, l’ensemble du panneau est armé
comme ces deux bandes médianes.
Aciers principaux
1m As,x /m
Aciers secondaires
1m

y
As,y /m

a x
x

b y

Mx, My Vx, Vy

Figure C-III.5.1. Organisation du calcul et des aciers dans les dalles portant dans les deux directions.

C-III.5.2 Règles de calcul


Pour chaque bande de calcul de 1 m de large, les règles qui s’appliquent sont celles prescrites
pour la bande ,x des dalles portant dans une seule direction. Il faut de plus respecter
As,y ≥ 0,20 As,x.

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C-III.5.3 Détermination des sollicitations Mx, My, Vx, Vy


Elle résulte d’un calcul hyperstatique. Les Recommandations professionnelles françaises
reconduisent les formules préconisées par BAEL, mais réduisent son domaine d’application
aux cas où ,y ≤ 2 ,x.
Comme vu pour les poutres, les résultats sont à décliner en valeurs issues de la référence à ,n
et issues de la référence à ,eff comme explicité § C-III.2.1.
Notations
M0,x et M0,y sont les moments maximums dans les directions x et y d’un panneau isolé (sans
continuité).
V’x,max et V’y,max sont les efforts tranchants maximums dans les directions x et y d’un panneau isolé.

C-III.5.3.1 Panneau de dalle isolé uniformément chargé par p/m2


Les formules proposées s’appliquent à ,eff et ,n. Pour le rappeler, les portées sont simplement
notées ,.

Paramétrage 1m

• a = ,x/,y avec ,x ≤ ,y 1m


• µx et µy sont des paramètres spécifiques y
V’y,max
donnés par le tableau C-III.5.1.
x
Moment fléchissant
V’x,max
M0,x, M0,y
M0,x = µx.p.,x2 et M0,y = µy.M0,x

Effort tranchant

V’x,max =  p. x  et V’y,max =  p. x ≤ V’x,max


2+α 3
Tableau C-III.5.1. Calcul d’un panneau de dalle isolé uniformément chargé portant sur ses quatre côtés.

Flèche f à l’ELS : béton


Calcul des moments à l’ELU :
supposé non fissuré
béton fissuré fi coefficient de Poisson n = 0
fi n = 0,2

a = x/y µu,x = Mu0,x/pu.x2 µuy = Mu0,x/Mu0,y E.h3.f/pser.x4

0,50 0,0965 0,258 0,117


0,55 0,0892 0,289 0,108
0,60 0,0820 0,329 0,0998
0,65 0,0750 0,378 0,0916
0,70 0,0683 0,439 0,0838
0,75 0,0620 0,512 0,0764
0,80 0,0561 0,596 0,0694
0,85 0,0506 0,687 0,0630
0,90 0,0456 0,785 0,0571
0,95 0,0410 0,889 0,0517
1,00 0,0368 0,100 0,0468

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C-III.5.3.2 Panneaux continus uniformément chargés par p/m2


Pour prendre en compte la continuité sur appui, les Recommandations professionnelles fran-
çaises reconduisent le traitement proposé dans BAEL.
Il s’agit d’une adaptation de la méthode des moments forfaitaires (qui prévalait avant la règle
de la redistribution forfaitaire) au cas des dalles portant dans les deux directions. Il faut noter
les deux différences essentielles suivantes :
• Parallèlement à ,x :
les moments de continuité proposés ne font pas de distinction entre appui proche de rive
ou non.
• Parallèlement à ,y :
les moments d’encastrement en rive ou de continuité sur appuis intermédiaires sont de
l’ordre de ceux développés dans la direction ,x ; ils imposent leur loi au calcul dans la
direction ,y.
Cette méthode s’appuie sur les portées ,n de nu à nu des appuis et est compatible avec
Eurocode.

C-III.5.3.2.1 Diagramme enveloppe des moments


M + Mw
La relation de base est : Mt +  e ≥ 1,25 M0
2
Dans la direction ,x
Choisir les moments sur appuis comme ci-dessous.
Parmi les solutions proposées, celle rapportée ici est celle qui implique le plus faible moment Ma,x
sur l’appui de rive, le seul suffisamment faible pour être négligée dans le calcul du mur support.
|Ma,x|  0,15 M0,x |Ma,x|  0,4 M0,x |Ma,x|  0,4 M0,x

Mt,x  M0,x Mt,x  0,85 M0,x

À partir de M|M
a,xa,x: | calculer
 0,30 Mensuite
0,x
les|MM | 
a,xt,x
par
0,5laMrelation
0,x |Mde base et respecter leurs valeurs
a,x|  0,5 M0,x
minimums ci-dessus.

Dans la direction ,y Mt,x  0,85 M0,x Mt,x  0,75 M0,x

Même principe avec les valeurs ci-dessous.


Ma,y  Ma,x Ma,y  Ma,x Ma,y  Ma,x

Mt,y  Mt,x/4 Mt,y  Mt,x/4

C-III.5.3.2.2 Diagrammes enveloppes de l’effort tranchant


Dans les deux directions, on peut admettre :
 V’
 V’  V’
 V’
R  R’

R  1,05 R’ R  R’
 V’  V’
 1,1 V’

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C-III.5.3.2.3 Arrêt des aciers


Dans ce cas, aucun arrêt forfaitaire n’est satisfaisant.
Il faut donc, dans chaque direction, faire une épure d’arrêt des aciers (voir § B-III.5), même
sommaire. (Voir un exemple approchant au § D.1.8.2.)

C-III.6 Poinçonnement [6.4]


Il est traité en {E-II.6}.
Dans le cas des dalles pleines, la vérification n’est à faire qu’en cas de charge poinçonnante
importante.
Dans le cas des hourdis de planchers nervurés, beaucoup plus fins, la vérification doit être
systématique.

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SECTION C-IV

Poteaux

C-IV.1 Introduction
Les poteaux périssent par flambement.
Le flambement est une instabilité qui intervient en phase ultime. Aussi le calcul est-il toujours
mené à l’ELU.
Très généralement, en l’absence de flambement le béton seul suffirait.
La fonction première des aciers longitudinaux d’un poteau n’est donc pas d’aider à sa résis-
tance en compression (même si, exceptionnellement, leur apport devient nécessaire) mais
d’assurer sa résistance au moment fléchissant de flambement. Alors la moitié d’entre eux est
tendue et l’autre moitié comprimée. Le sens dans lequel le flambement se développera n’étant
pas connu à l’avance, chaque acier est susceptible d’être tendu. Ces aciers assurent par ailleurs
la non-fragilité du poteau (As ≥ As,min) et, à défaut de calcul spécifique, une résistance forfai-
taire aux chocs et autres actions exceptionnelles non identifiées.
Le calcul au flambement des poteaux fait l’objet des articles [5.7 et 5.8] d’Eurocode. Il est très
laborieux.
Aussi, cet ouvrage se limite-t-il au calcul simplifié proposé par les Recommandations profes-
sionnelles françaises pour les poteaux « en compression réputée centrée ». Son application est
limitée aux poteaux d’élancement l ≤ 120 et aux bétons C20/25 à C50/60.
L’expression « compression réputée centrée » signifie que les poteaux concernés ne sont solli-
cités par aucun moment extérieur explicitement identifié et quantifié, le contreventement
étant assuré par ailleurs. Seuls les sollicitent extérieurement des moments négligés dans les
calculs courants, conséquences de petits défauts géométriques et de l’encastrement négligé
des poutres dans les poteaux.
Un exemple de calcul est proposé au § D.2.

C-IV.2 Données géométriques des poteaux [9.5.3]


C-IV.2.1 Longueur libre = ,
• Dans la direction de flambement parallèle à la poutre (voir figure C-IV.3.2) :
, = ,// = hauteur entre dessus de plancher et dessous de la poutre.

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• Dans la direction de flambement perpendiculaire à la poutre :


, = ,⊥ = hauteur entre dessus de plancher et dessous de plancher.

C-IV.2.2 Section béton et disposition des aciers longitudinaux


Les aciers doivent être disposés symétriquement par rapport aux axes de symétrie de la section.

C-IV.2.2.1 Sections rectangulaires b  4a

• Ac = a.b avec b ≤ 4 a et a ≥ 15 cm


• Au moins un acier à chaque angle.
• Des paquets de deux aciers sont envisageables,
a
alors obligatoirement traités comme une barre  a ; 40 cm
unique de diamètre équivalent fn.

C-IV.2.2.2 Sections circulaires


Barres uniques ou
• Diamètre D ≥ 15 cm paquets de deux barres
• Ac = p.D2/4
• Au moins quatre aciers longitudinaux.
Six aciers, ni plus ni moins, pour pouvoir appli-
quer le calcul simplifié.
• Les cadres sont circulaires ou polygonaux, indivi-
D
duels ou formant une hélice continue.

C-IV.2.2.3 Aciers longitudinaux


• f, ≥ 8 mm
• Distance maximum entre barres : Eurocode ne prescrit rien. L’auteur propose de recon-
duire la règle BAEL, à savoir : distance entre barres ≤ min [a ou D, 40 cm].

C-IV.2.2.4 Aciers transversaux


Diamètre : ft ≥ max [6 mm ; f,/4]. Si armatures transversales en treillis soudé (TS)
⇒ ft ≥ 5 mm
Espacement en zone courante :
s ≤ min [20 f,,min ; 40 cm ; a (petit côté du poteau) ou D]
avec f,,min = diamètre des barres longitudinales les plus fines à tenir par ces aciers
transversaux.
Disposition (voir figure C-IV.2.1) :
• Tous les aciers longitudinaux des angles sont obligatoirement tenus par des aciers transver-
saux s’opposant directement à leur déplacement vers l’extérieur.
• Les aciers longitudinaux disposés le long des faces peuvent ne pas être tenus s’ils se trouvent
à une distance as ≤ 15 cm d’une barre tenue.

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Poteaux | 187

15 cm 15 cm

 15 cm

 15 cm
Dans un poteau à 8 aciers, la disposition ci-dessus est préférable à deux épingles en croix.

Figure C-IV.2.1. Nécessité ou non de tenir les barres longitudinales disposées le long des faces.

C-IV.3 Prise en compte du flambement [5.8.3.1]


C-IV.3.1 Longueur de flambement
Elle est désignée ,0. C’est, toutes choses égales par ailleurs, la longueur du poteau bi-articulé
(une rotule à chacune de ses deux extrémités) qui aurait le même comportement au
flambement.
Une fois la longueur ,0 déterminée, tous les calculs sont faits sur le poteau de même suscep-
tibilité au flambement : bi-articulé de longueur ,0.
Dans les conditions de la RDM, avec un matériau parfaitement élastique, les valeurs de ,0
sont celles de la figure C-IV.3.1.

la déformée 1
est admise 
2 
sinusoïdale

0 =  0 = 2  0 = 0,7  0 = /2 0 =  /2  0   0  2 


(a) (b) (c) (d) (e) (f) (g)

Figure C-IV.3.1. Longueurs de flambement ,0 d’après la RDM.

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Dans la réalité des poteaux d’étages courants des bâtiments courants contreventés par des
murs (il n’y a ni articulation parfaite ni encastrement parfait et, du fait du contreventement
par des murs, il n’y a pas de déplacement horizontal notable) il est préconisé ce qui suit.
• Si le poteau a un bon encastrement en pied et en tête : ,0 ≈ 0,7 ,.
• Sinon : se contenter de ,0 = ,.

Bon encastrement
On a un bon encastrement lorsque le poteau est encastré dans un élément de raideur supé-
rieure ou égale à la sienne. On admet généralement que c’est le cas lorsqu’il est encastré dans :
• une fondation ;
• une poutre d’inertie supérieure ou égale à celle du poteau, qui est prolongée de part et
d’autre jusqu’à un autre appui.
Mauvais encastrement
Ce sont tous les autres cas.
Nota
La présence d’une console n’améliore pas la qualité de l’encastrement du poteau. Celle-ci suit
la rotation du nœud dans lequel elle est encastrée et n’apporte aucune raideur supplémentaire
⇒ mauvais encastrement.

Rapport ,0/,
Il dépend de la direction de flambement considérée. En effet, selon une direction ou l’autre,
les conditions d’encastrement peuvent être différentes.
Le résultat à retenir est synthétisé et illustré sur la figure C-IV.3.2.
Plan
Flambement  poutre

Flambement // poutre Flambement  poutre

0 =  
// 0 = // 0 = 0,7 // 0 = //

// 0 = // 0 = 0,7 // 0 = // 0 =  

Bons encastrements

Figure C-IV.3.2. Longueurs de flambement, fonction de la direction de flambement, dans les bâtiments


contreventés par des murs.

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Poteaux | 189

C-IV.3.2 Élancement
Il caractérise la susceptibilité du poteau au flambement. Plus il est grand, plus le poteau risque
de flamber et plus grande doit être la quantité d’aciers longitudinaux pour s’en prémunir.
L’élancement se mesure par l = ,0/i
où i = rayon de giration de la section =  I / A c
avec I = inertie de la section béton Ac du poteau par rapport à l’axe passant par son centre
de gravité et perpendiculaire à la direction de flambement considérée.
Chaque poteau est caractérisé par deux valeurs de l, une pour chaque direction de
flambement.
Le calcul de résistance est d’abord fait dans la direction la plus défavorable, celle de plus fort
l. Puis, si nécessaire, une vérification est faite dans l’autre direction. Pour les poteaux rectan-
gulaires, cette vérification est nécessaire dès que le ferraillage comprend une ou des barres
disposées le long des faces (voir § C-IV.4.2.2).

C-IV.3.2.1 Notations
Le flambement se traduit par une déformation de flexion et les notations sont celles de la
flexion. Elles sont explicitées sur la figure C-IV.3.3 dans le cas de poteaux rectangulaires. On
a alors :
• largeur du poteau parallèle à la direction de flambement = hauteur h de la section ;
• l’autre dimension = largeur b de la section.

Direction de
Direction de flambement
flambement
Direction de
flambement

b h
h

h b

Figure C-IV.3.3. Calcul des poteaux : axe d’inertie, h et b à prendre en compte selon la direction de flambement.

C-IV.3.2.2 Valeur de l pour les poteaux rectangulaires


3
I = b.h3/12 ; Ac = b.h  ⇒ i =  I / A c =  ( b.h / 12) = h  d’où on tire :
b.h 12
 
l = ,0/i =  0 . 12 ≈ 3, 5. 0
h h
Nota
,0 = 10 h ⇔ l = 35 et par extension ,0 = 20 h ⇔ l = 70 sont deux repères simples pour une
estimation rapide de l. Il convient aussi de retenir ,0 = 25 h ⇔ l = 86 qui est une limite
rencontrée plus loin.
Compte tenu de la valeur de ,0 qui peut être différente selon la direction de flambement
considérée la valeur la plus défavorable de l n’est pas nécessairement dans le cas où h = petit
côté de la section.

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190 | Application aux structures

C-IV.3.2.3 Valeur de l pour les poteaux circulaires de diamètre D


0
On a alors : l = 4.
D
Nota
Un poteau circulaire a le même rayon de giration i quelle que soit la direction de flambement
considérée. Son l le plus défavorable est donc toujours dans la direction de plus fort  ,0.

C-IV.4 Calcul des aciers longitudinaux


C-IV.4.1 Sections minimum et maximum d’acier [9.5.2]
Hors des zones de recouvrement : As,max = 0,04 Ac
Hors des zones de recouvrement : As,min = 0,1.NEd/fyd = 0,1.Nu/fyd > 0,002 Ac
C’est la section totale As et non As,mec nec ci-après qui doit être comparée à As,max ou As,min.

C-IV.4.2 Section mécaniquement nécessaire As,mec nec


Il s’agit d’une désignation propre à l’auteur. Elle représente la section d’aciers longitudinaux
nécessaire pour assurer la résistance requise compte tenu du risque de flambement.
Pour les poteaux rectangulaires, voir la figure C-IV.4.1, seuls peuvent être pris en compte dans
As,mec nec les aciers disposés à une distance d’ ≤ min [0,3 h ; 10 cm] des faces perpendiculaires
à la direction de flambement considérée.
Pour les poteaux circulaires, Amec nec doit compter au moins quatre aciers (six aciers ni plus ni
moins dans le cas du calcul approché) uniformément répartis sur la circonférence du poteau
et disposés à une distance du parement d’ ≤ min [0,3 D ; 10 cm].

C-IV.4.2.1 Calcul de Amec nec par la méthode simplifiée


Rappel
Son application est limitée aux poteaux en « compression réputée centrée » d’élancements 
l ≤ 120 avec bétons C20/25 à C50/60.

Il faut vérifier :
NRd ≥ NEd = Nu avec NRd = kh.ks.a.(Ac.fcd + As,mec nec.fyd)
Nu
Soit : As,mec nec ≥ (  – Ac.fcd)/fyd
k h .k s .a
Les valeurs de kh, ks et a, différentes selon que le poteau est rectangulaire ou circulaire, sont
données plus loin.
NEd = Nu doit inclure le poids du poteau.
En effet, l’effort de NEd = Nu est celui qui sollicite le poteau dans sa section de courbure
maximum du fait du flambement. À part le cas (a) de la figure C-IV.3.1, la section de pied du
poteau est la section critique ou fait partie des sections critiques.

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Poteaux | 191

C-IV.4.2.2 Poteaux rectangulaires


0, 86
a =  si l ≤ 60
 λ 2
1+  
 62 
 32 1,3
a =    si 60 < l ≤ 120
λ
kh = (0,75 + 0,5h).(1 – 6r.d ) si h < 0,50 m  sinon kh = 1
avec :
• d = d’/h : enrobage relatif des aciers longitudinaux (voir figure C-IV.4.1) ;
• r = As,mec nec/(b.h) : proportion d’aciers longitudinaux.
ks = 1,6 – 0,6 fyk/500 ≥ 1 si fyk > 500 MPa et l > 40
sinon, ks = 1 (⇒ aciers S500 ⇒ ks = 1)

As,mec nec
d’
As,mec nec

d’ d’ d’
b h
Flambement

Flambement

As,mec nec
As,mec nec

Figure C-IV.4.1. Aciers pouvant être comptés dans As,mec nec selon les cas et définition de d’

C-IV.4.2.3 Poteaux circulaires à six aciers longitudinaux


NRd = kh.ks.a .(pD2/4.fcd + As,mec nec.fyd)
Nu
soit : As,mec nec ≥ (  – pD2/4.fcd)/fyd
k h .k s .a
où :
0, 84  27 1, 24
a =  si l ≤ 60 et a =    si 60 < l ≤ 120
 λ 2 λ
1+  
 52 

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kh = (0,70 + 0,5 D).(1 – 8r.d) si D < 0,60 m  sinon kh = 1


avec :
• d = d’/D = enrobage relatif des aciers longitudinaux ;
2
• r = As,mec nec/ pD = proportion d’aciers longitudinaux.
4
ks = 1,6 – 0,65 fyk/500 ≥ 1 si fyk > 500 MPa et l > 30
sinon ks = 1 (⇒ aciers S500 ⇒ ks = 1)

C-IV.4.2.4 Remarques
• Ce calcul permet de gérer un élancement jusqu’à l = 120. C’est très élevé. Dans les cas
courants, l’auteur suggère de se limiter à l = 86 ⇔ ,0 = 25 h, c’est la limite supérieure
imposée par Eurocode pour les murs banchés calculés avec les règles des poteaux (voir
§ C-V.2.2.2).
Nu
• Formules de calcul As,mec nec ≥ (  – b.h.fcd)/fyd et
k h .k s .a
Nu
As,mec nec ≥ (  – p D2/4.fcd)/fyd :
k h .k s .a
Lorsque h < 50 cm, la valeur du coefficient kh est fonction de As,mec nec cherché. La valeur
de As,mec nec ne peut donc être atteinte que par approximations successives.
Une aide de calcul est proposée pour cela au § E.1.4.4. Elle s’appuie notamment sur
sc,moy = Nu/(a.b) = NEd/(a.b).
Lorsque h ≥ 50 cm : kh = 1 et le calcul de As,mec nec est direct.
• Dans NRd = kh.ks.a .(b.h.fcd + As,mec nec.fyd) ou NRd = kh.ks.a .(pD2/4.fcd + As,mec nec.fyd),
on reconnaît à l’intérieur des parenthèses (Ac.fcd + As,mec nec.fyd) = effort de compression à
l’ELU que serait capable de reprendre le poteau en l’absence de flambement. Très généra-
lement il est supérieur à NEd, confirmant qu’à l’ELU le rôle essentiel des aciers longitudi-
naux n’est pas une aide à la résistance en compression.

C-IV.5 Dispositions spécifiques en pied et en tête 


C-IV.5.1 Organisation spécifique des aciers transversaux [9.5.3]
Les dispositions de l’article [9.5.3] sont explicitées sur la figure C-IV.5.1 ci-dessous.

Dispositions complémentaires
• Le premier cadre en pied de poteau est placé à une distance ≥ 2 cm de l’extrémité des
barres.
• Les cadres disposés dans la hauteur de l’ensemble poutre + plancher font obstacle à la mise
en place du ferraillage des poutres. Dans la mesure du possible, on essaye de les éviter. La
zone la plus critique est sur la hauteur de la retombée de la poutre.

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Poteaux | 193

au moins sur la hauteur b

attentes
3 cadres s ≤ 0,6 Min [20 Ф,min ; 40 cm ; a]
si Ф > 14 mm
Poutre et plancher
sur la hauteur b
s ≤ 0,6 Min [20 Ф,min ; 40 cm ; a]

en zone courante
s ≤ Min [20 Ф,min ; 40 cm ; a]

au moins sur la hauteur b


attentes

3 cadres s ≤ 0,6 Min [20 Ф,min ; 40 cm ; a]


si Ф > 14 mm

Poutre et plancher

Figure C-IV.5.1. Dispositions en tête et en pied de poteau.

Proposition de l’auteur
–– Si la retombée de la poutre est ≤ environ
30 à 40 cm : se dispenser de cadres dans Si possible  bd
la zone.
–– Si elle est plus haute : prévoir des cadres.
Ceux-ci doivent alors pouvoir être mis en place
au dernier moment, les autres ferraillages étant ou
déjà en place dans le coffrage. Pour cela, ils
sont souvent constitués de deux demi-cadres
en U se recouvrant comme illustré ci-contre.
Si le recouvrement de deux U est plus court
que ,bd, la force du cadre reconstitué est
limitée à celle du recouvrement et il faut en
tenir compte.

C-IV.5.2 Organisation et longueur des attentes


C-IV.5.2.1 Organisation des attentes
Les attentes sont constituées par le prolongement des aciers du poteau du bas (ou seulement
une partie de ces aciers, voir figure C-IV.6.1) pour, par recouvrement, assurer la continuité
des aciers du poteau du haut. Leur section sera désignée As,attentes.
Elles doivent être coiffées par la cage d’armatures du poteau du haut, comme illustré sur la
figure C-IV.5.1. Aussi sont-elles libres de tout cadre et resserrées pour entrer à l’intérieur de la
cage de ferraillage du haut. Si l’angle de déviation des barres pour les resserrer a une tangente
≤ 1/12, c’est le cas général, aucune précaution particulière n’est nécessaire.

C-IV.5.2.2 Longueur des attentes


Le calcul complet est présenté et justifié en {E-III.5.3}.

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194 | Application aux structures

La longueur des attentes est la longueur nécessaire de recouvrement ,0 (à ne pas confondre


avec la longueur de flambement du poteau) entre les aciers des poteaux du haut et du bas. A
ce niveau 100 % des aciers sont en recouvrement ⇒ a6 = 1,5   (voir § B-II.3.3.5.3).
L’auteur distingue : d’une part, la longueur d’attentes strictement nécessaire notée
,attentes,nécessaire, d’autre part, la longueur d’attentes reportée sur les plans et intégrant les
incertitudes d’exécution notée ,attentes.
La prescription est
,attentes nécessaire = 1,5.[,0. ignorant a6 ; ≥ ,0,min]
Un recouvrement partiel est autorisé et même, ici, encouragé.

C-IV.5.2.2.1 Attentes à une extrémité assimilable à un encastrement


Au niveau d’un encastrement le moment fléchissant de flambement est maximum ⇒ l’effort
à transmettre par les attentes est l’effort capable de As,mec nec poteau du haut.
Si As,attentes > As,mec nec poteau du haut, ce qui est le cas général, un recouvrement partiel
suffit.
Alors : ,attentes nécessaire = 1,5.[(As,mec nec poteau du haut/As,attentes).,0,nom ; ≥ ,0,min] + éventuel-
lement a
avec a = distance libre entre les barres en recouvrement (à prendre en compte lorsque
a > 4 f ou 50 mm, voir § B-II.3.3.5.3)

C-IV.5.2.2.2 Attentes à une extrémité assimilable à une articulation


À une telle extrémité le moment est nul (c’est le nœud qui tourne et non le poteau qui plie)
et les aciers n’ont pas d’effort de flexion à reprendre. Très généralement les aciers n’étant pas
nécessaires pour la résistance en compression (voir § C-IV.1), les attentes n’ont alors aucun
effort identifié à transmettre.
Donc : ,attentes nécessaire = 1,5.,0,min = 1,5.max [15 f, ; 200 mm] + éventuellement a
Si des aciers sont nécessaires à la résistance en compression seule, c’est toujours pour une
section notablement inférieure à As,attentes et on peut compter que la prise en compte d’un
recouvrement partiel ramène ,attentes nécessaire dans les bornes ci-dessus.

C-IV.5.2.3 Incertitude sur la longueur des attentes


La longueur d’attentes cumule les incertitudes sur : la cote d’assise du ferraillage à son pied (le
dessus du plancher brut du bas), la longueur de coupe des aciers, la cote du dessus du plan-
cher brut du haut. La tolérance dimensionnelle en béton armé sur les dimensions finies est de
± 1 cm et l’incertitude sur les cotes brutes est plus grande.
L’incertitude sur les longueurs d’attente est donc ≥ 4 cm.
Proposition de l’auteur
Sur un plancher
Incertitude maximum ≥ 4 cm arrondie à 5 cm ⇒ ,attentes sur un plancher ≈  ,attentes
nécessaire + 5 cm.

Sur fondation
Les fondations sont le domaine des incertitudes. Lors du coulage de leur béton, c’est le niveau
d’arase du terrassement qui sert de référence (voir figure C-IV.2.2), l’incertitude sur leur
hauteur h est ≥ 5 cm. S’y ajoute une incertitude presque aussi grande sur l’altitude du pied des
attentes (voir figure C-IV.2.3).

Incertitude maximum ≈ 5 + 5 = 10 cm ⇒ ,attentes niveau fondation ≈ ,attentes nécessaire + 10 cm.

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Poteaux | 195

C-IV.6 Raccordement de poteaux de géométries


différentes [9.5.3]
Les diverses dispositions possibles sont illustrées sur la figure C-IV.6.1. Elles s’appuient
notamment sur des barres déviées, autorisées par Eurocode, et sur des barres éclisses. Il est
aussi possible de mixer ces solutions.
additionnels
Cadres

Ns Ns attentes attentes
Poussée au vide = Ns.tg 
Poutre et
plancher
Poutre et Surface de reprise Poutre et
Surface de reprise plancher Surface de reprise Barres plancher
 éclisses
recouvrement
au moins tenant
Cadres 3 cadres compte
a
additionnels de a

Barres déviées : peut nécessiter Barres éclisses : le recouvrement avec les Même section, mais
des cadres additionnels pour barres inférieures doit être cousu par au des aciers en plus : pas
reprendre la poussée au vide. moins trois cadres. de précaution particulière.

Ne sont représentés sur cette figure que les aciers transversaux spécifiques aux dispositions exposées.

Figure C-IV.6.1. Solutions possibles pour raccorder des poteaux de géométries différentes.

Barres déviées et poussée au vide


Il y a poussée au vide lorsque, au niveau de son changement de direction, une barre est proche
d’un parement.
Les barres comprimées poussent au vide dans les angles saillants ⇒ risque d'éclatement du
béton d'enrobage avec flambement des aciers.
Les barres tendues poussent au vide dans les angles rentrants ⇒ risque d’éclatement du béton
d'enrobage par ces barres qui ont tendance à couper tout droit à l’intérieur de l’angle.

Cas du raccordement par barres déviées de deux poteaux de sections différentes


• Soit c’est au niveau d’une extrémité assimilable à une rotule. Alors les barres n’ont théori-
quement pas d’effort à reprendre ⇒ pas de risque de poussée au vide.
• Soit c’est au niveau d’une extrémité assimilable à un encastrement. Alors la sollicitation
maximum de la section est le moment maximum de flambement du poteau du haut ⇒ sur
une face les aciers sont tendus, sur l’autre ils sont comprimés sans qu’on sache à l’avance
quelle face sera comprimée ou tendue (d’où pour l’effort Ns sur la figure C-IV.6.1 : une
flèche indiquant une traction ou une compression).

Prescription d’Eurocode
• Aucune précaution particulière tant que tg a ≤ 1/12.
• Sinon : prévoir, là où indiqué sur la figure C-IV.6.1, des aciers de couture (des cadres et/ou
épingles) en quantité suffisante pour reprendre un effort total ≥ effort de poussée au vide de
chaque barre = Ns.tga   ⇒ As aciers de couture = As de chaque barre à retenir × tga.

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SECTION C-V

Murs banchés,
chaînages, linteaux

C-V.1 Avant-propos
Les chaînages (pour la plus part d’entre eux) et les linteaux sont disposés dans l’épaisseur des
murs. C’est pourquoi ils sont traités avec les murs.

C-V.2 Murs banchés


Comme les poteaux ils sont calculés à l’ELU en incluant le risque de flambement.

C-V.2.1 Caractéristiques géométriques

Notation et dimensions minimums NEd

• ,w = hauteur du mur de dessus de plancher à dessous de


plancher
(, comme la longueur d’un poteau et l’indice w pour e
wall).
hw = épaisseur du mur
(h désigne, comme dans les poteaux, la dimension paral-
lèle à la direction de flambement).
Pour les murs extérieurs : hw ≥ 15 cm w
Pour les murs intérieurs : hw ≥ 12 cm
b
Nota
Lorsque le mur doit aussi assurer la fonction d’isolation
phonique, en l’absence de dispositifs spécifiques, il doit
respecter hw ≥ 18 cm.
Les murs extérieurs protégés des intempéries par un hw
bardage ou par un autre mur accolé (c’est le cas au niveau
des joints de dilatation) sont à considérer ici comme des
murs intérieurs.
• b = longueur du mur (b comme la largeur d’un poteau, mais ici il n’y a plus l’indice w).
Lorsque b est long, on mène le calcul sur une tranche de longueur b = 1 m.

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198 | Application aux structures

C-V.2.2 Données du calcul de résistance


Comme pour les poteaux, le calcul s’appuie sur la longueur de flambement ,0 (fonction de
,w), l’élancement l, l’effort normal appliqué NEd = Nu et son excentricité e. Chaque mur est
supposé sollicité par un effort réparti dont la valeur totale, désignée NEd, est déterminée à sa
mi-hauteur (les murs sont traités comme des éléments bi-articulés, voir § C-V.2.2.2 ⇒ leur
section critique vis-à-vis du flambement est à mi-hauteur).
Le calcul consiste à vérifier que : capacité de résistance NRd ≥ effort agissant NEd = Nu.

C-V.2.2.1 Prise en compte des charges concentrées

Une charge concentrée F peut s’étaler dans la largeur d’un F


mur comme illustré ci-contre.
• Mur non armé : étalement avec la pente 1 pour 3.
σc,F
• Mur renforcé par des armatures horizontales, c’est le cas
des murs armés : étalement avec la pente 2 pour 3.
3
L’étalement doit rester symétrique par rapport à la verticale
1 ou 2 σc,F
de F, il est donc stoppé dès que d’un côté il bute sur une
extrémité du mur ou une ouverture.
On en déduit la contrainte correspondante à mi-hauteur de
chaque mur. σc,F

C-V.2.2.2 Longueur de flambement ,0 et élancement l


Elancement maximum admis : l ≤ 86 soit ,0 ≤ 25 hw
En l’absence de mur(s) banché(s) perpendiculaire(s) ayant un effet raidisseur : ,0 = ,w
Si des murs perpendiculaires peuvent avoir un effet raidisseur : ,0 = b.,w. Les valeurs de b à
prendre en compte sont proposées dans le tableau C-V.1.1.

Tableau C-V.1.1. Calcul de la longueur de flambement des murs banchés.

Contexte du mur ,0 = b.,w

Plancher supérieur
w Mur considéré
Plancher inférieur

Pas de mur perpendicu- b ,0 = ,w


laire raidisseur Plancher supérieur ⇒ b = 1
w
Plancher inférieur

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Murs banchés, chaînages, linteaux | 199

Formule b/,w b
Plancher supérieur
w Mur considéré 0,2 0,26

Mur raidisseur
Plancher inférieur 0,4 0,59
Un mur perpendicu- b 0,6 0,76
laire raidisseur à une Plancher supérieur 0,8 0,85
extrémité 1
Mur raidisseur b =  2 1,0 0,90
w 1 + (  w / 3b)
Plancher inférieur 1,5 0,95
2,0 0,97
b b
5,0 1,00
b/,w b

Murs raidisseurs 0,2 0,10


Si b ≥ ,w
0,4 0,20
1
Plancher supérieur b =  0,6 0,30
Deux murs raidisseurs : 1 + (  w / b)2
w Mur considéré 0,8 0,40
un à chaque extrémité
Plancher inférieur Si b < ,w 1,0 0,50
b 1,5 0,69
b b = 
2 w 2,0 0,80
5,0 0,96
Si le mur est percé par des ouvertures de hauteur > ,w/3 (c’est le cas de toutes les portes) ou
occupant plus que 1/10 de la surface du mur, il faut considérer séparément chacune des zones
séparées par ces ouvertures.

C-V.2.3 Résistance à un effort tranchant


À vérifier lorsqu’il y a un effort tranchant conséquent. C’est notamment le cas lorsque le mur doit
résister à des efforts horizontaux de contreventement importants, comme les murs de contreven-
tement des étages inférieurs dans un immeuble haut. C’est hors du champ de cet ouvrage, limité
aux cas où le contreventement ne nécessite pas de calculs spécifiques (voir § B-I.1.1.1).

C-V.2.4 Murs en compression réputée centrée


Ce sont les seuls qui seront considérés dans cet ouvrage.
« Compression réputée centrée » a la même définition que pour les poteaux. La seule excen-
tricité de l’effort agissant Ned est alors celle ei (voir § C-V.2.4.1.2) due aux imperfections
géométriques.

C-V.2.4.1 Murs non armés


Ils sont suffisamment résistants sans l’apport d’armatures. C’est le cas de la majorité des murs
banchés.

C-V.2.4.1.1 Résistance de calcul à considérer pour le béton


Elle est pénalisée pour tenir compte du risque que constitue la rupture fragile des éléments
non armés.
• fcd est remplacé par fcd,pl = 0,8 fcd et fctd est remplacé par fctd,pl = 0,8 fctd
(l’indice pl signifie plain concrete : « béton non armé » en anglais)

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200 | Application aux structures

C-V.2.4.1.2 Méthode de calcul simplifiée [12.6.5.2]


La méthode proposée par Eurocode s’applique à des zones uniformément chargées dont la
sollicitation à mi-hauteur, incluant les charges concentrées étalées comme vu plus haut, est
pu/m. On en tire l’effort global agissant : NEd = pu.b
En compression réputée centrée on peut faire le pari que toute la section est comprimée.
Il faut alors vérifier que :  NRd,mur non armé = b.hw.fcd,pl.F ≥ NEd
avec, alors : F = (1,14.(1 – 2 etot/hw) – 0,02.,o/hw ≤ (1 – 2 etot/hw) qui prend en compte
l’excentricité en incluant les effets du second ordre ainsi que les effets normaux du fluage.
où  : etot = eo + ei
• eo = excentricité du premier ordre découlant des actions extérieures identifiées (dans le cas
des éléments en « compression réputée centrée » : e0 = 0).
• ei = excentricité du premier ordre additionnelle due aux imperfections géométriques.
Dans les bâtiments contreventés, Eurocode [5.2(7)], modifié par l’Annexe nationale fran-
çaise, propose : ei = max [,0/400 ; 0,02 m] (AF).

C-V.2.4.1.3 Aciers à prévoir


Bien qu’il s’agisse de murs non armés, ils incluent souvent des aciers, particulièrement des
aciers de chaînage et éventuellement de peau, voir § C-V.3.4.

C-V.2.4.2 Murs armés


C-V.2.4.2.1 Armatures verticales mécaniquement nécessaires
À partir de NEd à mi-hauteur, elles sont calculées comme As,mec nec des poteaux.
Elles sont disposées symétriquement sur les deux faces du mur ⇒ As,mec nec = section cumulée
des deux faces. (Il en est de même pour les différentes sections d’aciers vues plus loin).
Si le mur reçoit des charges horizontales importantes perpendiculaires à son plan, par exemple
s’il sert aussi à retenir des terres (mur périphériques en sous-sol), on lui applique en plus les
règles des dalles.

C-V.2.4.2.2 Sections minimum et maximum des armatures verticales [9.6.2](AF)


• Section minimum (total des deux faces du mur) : As,v min.
Si NEd ≤ NRd,mur non armé ⇒ As,v min = 0
Sinon ⇒ As,v min = 0,001 Ac.[1 + 2.(NEd – NRd,non armé)/(NRd,armé – NRd,non armé)]
≥ 0,002 Ac
où Ac = section droite de la zone de mur calculée.
• Section maximum (total des deux faces du mur) : As,v max = 0,04 Ac (comme pour les
poteaux)
• Espacement maximum : min [3 hw ; 40 cm]

C-V.2.4.2.3 Acier transversaux [9.6.4]


Il s’agit d’aciers perpendiculaires au plan du mur.
• Ils ne sont pas nécessaires si As ≤ 0,02 Ac ou barres f ≤ 16 mm enrobées de c ≥ 2 f.
• Lorsqu’ils sont nécessaires ⇒ ft ≥ 6 mm : au moins quatre épingles par m2 ou un dispositif
équivalent.

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Murs banchés, chaînages, linteaux | 201

Dans des zones particulièrement chargées, appliquer les règles des poteaux en prenant 
b = 4 hw

C-V.2.4.2.4 Armatures horizontales parallèles aux faces du mur [9.6.3](AF)


D’après l’AF, elles ne sont obligatoires que dans les murs armés. La prescription est alors :
• Section minimum (total des deux faces du mur) : As,h min
Si NEd ≤ NRd,mur non armé ⇒ As,h min = 0
Sinon ⇒ As,h min = max [Av/4 ; 0,001 Ac]
• Espacement maximum : 40 cm

C-V.3 Chaînages [9.10] et autres renforts forfaitaires


C-V.3.1 Rôle des chaînages et leur positionnement
Les chaînages sont exclusivement des tirants. Seuls leurs aciers assurent leur résistance et leur
continuité doit être assurée au travers des nœuds de structure et d’un niveau à l’autre.
Voici, à la lettre, les termes d’Eurocode :
« Les structures qui ne sont pas conçues pour résister aux actions accidentelles doivent posséder un
système de chaînages approprié, destiné à empêcher l’effondrement progressif en fournissant des
cheminements alternatifs pour les charges après apparition de dommages locaux. Les règles simples
suivantes sont considérées satisfaire à cette exigence.
Il convient de prévoir les chaînages suivants :
a) chaînages périphériques
b) chaînages intérieurs
c) chaînages horizontaux de poteau ou de voile
d) si nécessaire, chaînages verticaux, en particulier dans des bâtiments construits en panneaux
préfabriqués.
Lorsqu’un bâtiment est divisé par des joints de dilatation en sections structurellement indépen-
dantes, il convient que chaque section possède un système de chaînages indépendant. »
L’AF a limité la portée du point d) en le modifiant comme suit :
d) si exigé, chaînages verticaux, en particulier dans des bâtiments construits en panneaux
préfabriqués. … (AF)
Le positionnement de chacun de ces types de chaînage est précisé sur la figure C-V.3.1.
Chaînages de poteaux Chaînage de voile

2

Chaînages intérieurs 1

Figure C-V.3.1. Positionnement des différents


Chaînage périphérique types de chaînage.

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202 | Application aux structures

C-V.3.2 Section minimum des différents types de chaînage


telle que requise par Eurocode avec des aciers S500
• Chaînage périphérique : As ≥ 1,4 cm2. Peut inclure des aciers jusqu’à 1,2 m de la façade.
• Chaînage intérieur : As ≥ 1,4 cm2. Peut inclure des aciers jusqu’à 0,5 m au-dessous et
au-dessus du plancher.
• Chaînage de poteau : As ≥ 3 cm2. Il s’agit des poteaux de rive. Les poteaux d’angle doivent
être liés dans les deux directions, le chaînage périphérique peut y participer.
• Chaînage de mur ou voile : As ≥ 0,3 cm2/m (AF). Il s’agit des murs et voiles périphériques.
Les aciers des dalles ancrés sur appui y suffisent généralement.
• Chaînage vertical : As découle du § C-V.3.1.
Enfin, point essentiel : les armatures mises en place à d’autres fins dans les poteaux, voiles,
poutres et planchers, correctement positionnées pour assurer la fonction chaînage et dont la
continuité au niveau des nœuds de structure est assurée, peuvent être comptées en totalité
dans la section requise de chaînage.
Les Recommandations professionnelles françaises sont moins exigeantes, voir § C-V.3.4.
Remarque
La section 1,4 cm2 apparaît comme le dénominateur commun à de nombreux chaînages. Y
compris les chaînages de poteau qui sont généralement constitués par une barre bouclée autour
du poteau, ils présentent alors deux brins résistants ⇒ 2 × 1,4 cm2 ≈ 3 cm2 (voir figure C-V.3.2).
La section de 1,4 cm2 peut notamment être assurée par une barre HA 14 ⇒ As = 1,54 cm2

C-V.3.3 Formes que peuvent prendre ces chaînages


Elles sont illustrées sur la figure C-V.3.2.
Les chaînages peuvent :
• être « monobarre » ;
• former une cage de ferraillage (soit ouverte en forme de V inversé, soit fermée de forme
rectangulaire, carrée ou triangulaire) ;
• enfin, utiliser les aciers d’une poutre ou d’une dalle.
Leur continuité au niveau des nœuds de structure est assurée soit par recouvrement (aisé à
mettre en œuvre avec les chaînages ouverts en V inversé), soit par l’intermédiaire d’une ou
plusieurs barres « éclisses » en recouvrement à la fois avec deux chaînages à mettre en conti-
nuité. Lorsque les chaînages font un angle, seule la barre éclisse permet d’apporter la conti-
nuité suffisante, elle fait alors elle-même un angle et est appelée « équerre ».
Les chaînages aboutissant perpendiculairement à un autre chaînage doivent, directement ou
par l’intermédiaire d’une barre équerre, être bouclés autour ou au moins au-delà de ce dernier.

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Murs banchés, chaînages, linteaux | 203

• deux pour retenir le poteau de façade


• une pour la continuité du chaînage,
Chaînage Sur 1,2 m de large, les
Chaînage monobarre : HA 14 multibarre aciers du plancher
Continuité du participent au chaînage

Double équerre en HA 14 :
chaînage par périphérique de ce mur
Chaînage de façade
recouvrement

Chaînage de Chaînage de
poteau : poteau :
2 brins HA 14 2 brins HA 14

Chaînage de façade
Continuité du Chaînages intérieur
chaînage par et chaînage du
recouvrement poteau de rive
assurés par la
poutre

Continuité du Continuité du
chaînage par chaînage par
éclisse HA 14 éclisse HA 14

Chaînage intérieur assuré par les aciers Équerres HA 14 : deux brins


du plancher retiennent le poteau ;
elles sont croisées pour assurer la
continuité du chaînage périphérique

Façon dont les aciers d'une dalle ou d'une poutre forment un


ensemble continu pouvant assurer la fonction de chaînage
intérieur (exemple d'une dalle).

Figure C-V.3.2. Formes que peuvent prendre les chaînages et moyens pour assurer leur continuité
aux nœuds de structure

C-V.3.4 Recommandations professionnelles françaises et autres


renforts forfaitaires
Les autres renforts forfaitaires à disposer dans les murs sont de deux types :
• Des aciers de peau pour limiter la fissuration des murs extérieurs soumis aux intempéries
et autres agressions climatiques (dont le soleil). On en est dispensé si le mur est protégé par
un bardage ou un autre mur accolé (par exemple dans un joint de dilatation).
• Des aciers de renfort autour ou au droit des ouvertures.
Les sections de chaînage et de renfort recommandées sont regroupées dans la figure C-V.3.3.
On note que l’exigence française est en deçà de celle d’Eurocode. La plus grande différence
concerne les chaînages verticaux qui, tant que le bâtiment n’est pas construit en panneaux
préfabriqués, ne sont exigés qu’au dernier niveau, à la jonction de deux murs en façade.

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204 | Application aux structures

CH CH
RH RH1
40 cm RH
CV RV CV RV
RV APv1
40 cm
CH CH
RH

Rive
Rive

APv
RV
APh
CH CH

Murs soumis aux intempéries et autres agressions


Murs intérieurs. climatiques.

Dans le cas de murs d’épaisseur hw £ 25 cm Aciers supplémentaires pour les seuls murs soumis
Pour tous les murs au soleil et aux intempéries
CH : chaînages horizontaux, intérieurs et périphériques RH1 : renfort horizontal périphérique au dernier niveau
≥ 1,2 cm2 ≥ 1,88 cm2 dans les 50 cm supérieurs
CH fondations : même rôle que CH mais au niveau des APh : aciers de peau horizontaux, répartis sur la face
fondations ≥ 1,5 cm2 externe ≥ 0,96 cm2/m, espacement ≤ 33 cm
CV : chaînages verticaux ≥ 1,2 cm2, au dernier niveau à la APv : aciers de peau verticaux, répartis sur la face externe
jonction entre deux murs périphériques ≥ 0,48 cm2/m, espacement ≤ 50 cm
RH : renfort horizontal au droit des ouvertures ≥ 0,8 cm2 APv1 : aciers de peau verticaux répartis au droit des plan-
RV : renfort vertical au droit des ouvertures ≥ 0,7 cm2 chers de l’avant-dernier niveau
≥ 0,8 cm2/m, espacement ≤ 50 cm

Dans le cas de murs d’épaisseur hw > 25 cm


Multiplier toutes les valeurs par hw/25 (en cm)

Figure C-V.3.3. Recommandations professionnelles françaises : sections requises en aciers S500


pour les divers chaînages et renforts forfaitaires dans les murs banchés armés ou non armés.

C-V.4 Linteaux
Les linteaux ordinaires sont calculés comme des poutres et s’appuient directement sur le mur
sans autre dispositif d’appui.

Profondeur d’appui a nécessaire


Pour les linteaux pontant des portes ou fenêtres de largeur courante, procéder comme illustré
ci-dessous :
• A priori : a = h
• Puis, en admettant une répartition triangu-
laire de la contrainte sur la surface d’appui, a h Linteau
vérifier :
bw
Mur armé : sc = 2 Rappui/(bw.a) ≤ fcd
Mur non armé : sc = 2 Rappui/(bw.a) ≤ fcd,pl Rappui
σc
Si ce n’est pas vérifié, augmenter a
Les linteaux pontant des ouvertures plus grandes s’appuient sur des poteaux noyés dans le
mur.
S’ils pontent une large ouverture et sont situés au bas d’une zone de mur sans ouverture ou
avec peu d’ouverture, il est économique d’envisager la mise à profit d’une voûte de décharge.
Voir {E-IV.3.2.3}.

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SECTION C-VI

Fondations superficielles

C-VI.1 Introduction
Les fondations superficielles consistent en un évasement de la base des murs ou poteaux pour
adapter la contrainte transmise au sol à la capacité portante de ce dernier.
Ce qui suit se limite au cas des fondations sollicitées en compression centrée.
Ce sont les fondations types des bâtiments contreventés par des voiles dans lesquels murs et
poteaux sont en « compression réputée centrée » (en voir la définition § C-IV.1).
L’exposé comprend trois volets :
• Les fondations non armées, réglementairement limitées au cas des fondations filantes.
• Les fondations armées, filantes ou isolées.
• Les longrines de redressement : une solution pour traiter les fondations excentrées sans
induire de moment, ni dans les poteaux ou murs, ni dans les fondations sous-jacentes.
Dans les bâtiments considérés ici, une telle situation se rencontre notamment en limite de
propriété et au droit de joints de structure.
Eurocode pour les fondations non armées et surtout les Recommandations profession-
nelles françaises pour les fondations armées proposent un calcul simplifié qui, de fait,
reconduit les prescriptions du règlement antérieur, BAEL.
Un exemple de calcul est proposé au § D.3.

C-VI.2 Notations et dispositions générales


C-VI.2.1 Notations

Données géométriques essentielles et notations associées

Elles sont explicitées sur la figure C-VI.2.1.

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206 | Bases réglementaires et calculs de base

pu / m pu / m

m m
b1 1 b1 1
= =

b b
d h
h
b’ gd
b’
gd Semelle filante armée
Semelle filante non armée

Nu
pu / m
a1
da
m
1 b1 a
Glacis = b
b Asb A sa
d h h db
gd gd a’
b’ b’

Disposition alternative pour le Semelle isolée, toujours armée


dessus des semelles armées

Efforts dimensionnants des armatures : Fsb, max Asb ; Fsa, max Asa.

Figure C-VI.2.1. Données géométriques des semelles et notations.

Contrainte et capacité portante du sol


• La contrainte imposée par la fondation au sol support est notée sgd. Elle pourrait aussi être
notée sEd,gd. L’indice gd est l’abréviation de ground.
• La capacité portante du sol, sa contrainte admissible de calcul, est notée sRd,gd.

C-VI.2.2 Dispositions générales


Dimensions en plan des semelles isolées
Il est souvent proposé que les semelles isolées soient homothétiques des poteaux qu’elles
supportent ⇒ b’/a’ = b/a. En fait, ce n’est pas une nécessité.
b’ – b a ’ – a
Des semelles d’égal débord ⇒  = sont plus harmonieuses, car leurs débords ont
2 2
la même raideur dans les deux directions.
Sous les poteaux ronds et sous les poteaux rectangulaires tels que b – a ≤ 10 cm environ,
préférer des semelles carrées.
Pour éviter une erreur de positionnement, les semelles carrées sous poteaux rectangulaires ont
obligatoirement la même section d’acier dans les deux directions. Elles sont donc surdimen-

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Fondations superficielles | 207

sionnées dans la direction du plus faible débord. Mais la simplification que cela apporte au
chantier vaut ce prix.

Cohabitation des semelles filantes et isolées


À la liaison entre une semelle isolée et une ou plusieurs semelles filantes, une part de la semelle
isolée appartient aussi aux semelles filantes qui y convergent et vice-versa.
Pour les calculs, on ignore cette superposition. L’aire nécessaire de la semelle (filante ou isolée)
puis son épaisseur requise et ses aciers sont déterminés comme si les semelles incidentes
n’existaient pas.

Coulage en pleine fouille, face supérieure brute ou non, béton de propreté, coffrage ?
Voir la figure C-VI.2.2.
Les semelles non armées sont coulées en pleine fouille et leur surface supérieure reste brute.
Les semelles armées sont coulées sur un béton de propreté. Pour les plus grosses d’entre elles,
leurs faces latérales sont coffrées.
La face supérieure des semelles armées peut être terminée en glacis incliné. Mais en bâtiment
elle est généralement laissée horizontale et brute, comme pour les semelles non armées.
Contour théorique de la fondation

Contour
théorique
de la fondation

Béton de propreté

Fondation non armée (donc filante) Fondation armée (filante ou isolée)

Figure C-VI.2.2. Conditions courantes de coulage des fondations.

Réglage en hauteur des fondations et harmonisation de leurs dimensions


• Réglage en hauteur
Dans la mesure du possible, afin de simplifier la construction des murs qui s’appuieront
dessus, l’arase supérieure de l’ensemble des fondations d’un même bloc de bâtiment est
réglé à une cote unique. Pour cela, on joue sur le niveau d’assise de chaque fondation pour
respecter sa hauteur nécessaire.
• Profondeur « hors gel »
Le dessous de chaque semelle doit être suffisamment profond pour être « hors gel ».
En plaine, dans un climat tempéré comme la France, la profondeur minimum hors gel est
50 cm.
• Harmonisation des dimensions : proposition de l’auteur
Arrondir chaque dimension (h, b’ et a’ s’il existe) de chaque fondation par pas de 10 cm
entiers. Cet arrondi est conforme à la précision escomptable à la pelle mécanique.
S’il subsiste alors plus qu’environ trois dimensions de semelles filantes et environ quatre
dimensions de semelles isolées, envisager des regroupements ou critères de regroupement
supplémentaires.

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208 | Bases réglementaires et calculs de base

Toutes les semelles d’un même groupe sont identiques. Elles sont calculées en prenant
pour référence la plus défavorable du groupe.

Aciers : diamètre, espacement et enrobage


• Diamètre minimum : f ≥ 8 mm
• Espacement maximum smax : règles des dalles
Rappel : si charge concentrée (cas des semelles sous poteau), smax ≤ 2 h ≤ 25 cm
Sinon (cas des semelles filantes), smax ≤ 3 h ≤ 40 cm
• Enrobage minimum (rappel du § B-II.5.2.2) :
Sur les faces au contact direct de la terre cmin = 65 mm ⇒ cnom = 75 mm
Sur un béton de propreté cmin = 30 mm (AF) ⇒ cnom = 40 mm
Le long d’une face coffrée, l’auteur propose la même valeur que sur le béton de propreté.

C-VI.2.2.1 Aciers en attente (voir la figure C-VI.2.3)

• Sous les poteaux (semelles isolées)

Altitude pied attentes


Comme vu au § C-IV.3.1, la liaison fondation-
poteau est assimilée à un encastrement
Aciers de
⇒ flexion de flambement maximum avec trac-
construction
tion maximum envisageable dans les aciers. Ici, il
faut assurer l’ancrage total des aciers constituant
les attentes par un retour horizontal suffisant (voir
un exemple de calcul § D.3.5). En pleine masse
de la fondation, il n’y a pas de risque de rupture Ancrage total
du béton à l’intérieur de la courbure des aciers et
on peut se contenter des diamètres de courbure Figure C-VI.2.3. Ancrage des aciers en attente
dans les fondations
minimums d’Eurocode (§ B-II.3.3.4.2).
• Ce retour a aussi l’avantage de faire reposer les attentes sur le quadrillage d’armatures de la
fondation, ce qui leur permet de tenir debout seules et les positionne en altitude. Si
souhaité, il permet aussi de solidariser attentes et aciers de la semelle alors ferraillés et mis
en place comme un tout.
• Sous les murs (semelles filantes)
Sous les murs armés : transposition des règles des poteaux.
Sous les murs non armés : aucune attente n’est exigée.
Dans la pratique, on prévoit souvent quelques aciers non calculés disposés comme des
attentes (par exemple 1 HA 8 tous les 40 cm).

C-VI.2.2.2 Chaînages
Il faut prévoir au niveau des fondations des chaînages périphériques et intérieurs tels que
définis au § C-V.3. Ils sont placés en pied de mur ou dans les longrines reliant les poteaux.
Rappel
Avec des aciers S500, conformément aux Recommandations professionnelles françaises, ces
deux types de chaînages doivent avoir une section As ≥ 1,5 cm2

• Chaînages en pied de mur


Ils sont placés comme montré sur la figure C-VI.2.4 : soit dans le mur, très près au-dessus
de la fondation, soit dans la fondation elle-même.

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Fondations superficielles | 209

• Longrines et chaînages reliant les pieds de poteaux


Toute longrine mise en place pour raison structurelle doit être traitée pour assurer aussi la
fonction chaînage.
Si le sol de fondation est suffisamment ferme, aucune autre longrine n’est nécessaire.
Si le sol de fondation est mouvant et/ou susceptible de tasser, il est en plus indispensable de
relier entre eux tous les pieds de poteaux par un réseau de longrines empêchant ceux-ci de
s’écarter ou de se rapprocher. Ces longrines doivent contenir au moins la section de chaînage et
beaucoup plus si, en plus, on leur demande de limiter les éventuels tassements différentiels.
Chaînage

Chaînage

Chaînage

Aciers de montage : ≈ 1 tous les 40 cm

Fondations non armées : le chaînage peut Fondations armées :


être dans la fondation ou juste au-dessus. le chaînage est dans
la fondation.

Figure C-VI.2.4. Dispositions possibles pour les chaînages au niveau des fondations.

C-VI.2.2.3 Fondations assises à des niveaux différents


Ces prescriptions ne concernent pas les petites différences de niveau d’assise, utilisées pour
ajuster à la même cote les arases supérieures des semelles.
Deux points, illustrés sur la figure C-VI.2.5, sont à respecter.
• Il faut éviter que les « bulbes de pression » de deux fondations voisines s’interpénètrent 
⇒ décalage avec pente ≤ 2 pour 3.
• La sous-face des fondations doit toujours être horizontale ⇒ sous-face d’une fondation
filante le long d’un terrain en pente obligatoirement en redans conformément à la figure.

n
rrai
d u te
Pente ≤ 2 pour 3 P ente
Pente ≤ 2 pour 3 Pente ≤ 1 pour 3

Décalage nécessaire entre Redans sous une fondation filante


Redans sous une fondation filante.
deux fondations distinctes.
Bulbe de pression

Bulbe de pression

Figure C-VI.2.5. Règles de décalage des fondations


assises à des niveaux différents

Décalage nécessaire entre deux fondations


pour éviter toute interaction

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210 | Bases réglementaires et calculs de base

C-VI.2.2.4 Joints de dilatation et joints de structure


Voir figure C-VI.2.6.
Les joints de dilatation ne descendent que jusqu’à l’arase supérieure des fondations. Les deux
éléments (poteaux ou murs) de part et d’autre du joint sont traités comme un tout et partagent
la même fondation.
Les joints de structure, au contraire, courent sur toute la hauteur de l’édifice, y compris les
fondations, car ils sont là pour pallier un éventuel tassement différend entre deux zones de
conditions géotechniques différentes. Ces joints coupant les fondations, chaque demi-fonda-
tion se trouve inévitablement sollicitée de façon excentrée. Cela doit être pris en compte dans
le calcul.

Joints de dilatation.

Chaînage Chaînage
Joints de structure.

Figure C-VI.2.6. Fondations : joints de dilatation et joints de structure.

C-VI.3 Calculs simplifiés


Les calculs, simplifiés ou non, sont menés uniquement à l’ELU.
Bien que les calculs simplifiés des Recommandations professionnelles françaises ne soient pas
strictement limités au cas de la « compression réputée centrée », l’auteur propose de les y
limiter.
Pour les calculs plus complexes et beaucoup plus universels prescrits par Eurocode : voir
{E-V.6}.

C-VI.3.1 Données de base


C-VI.3.1.1 Valeur de l’effort vertical Nu ou pu/m à prendre en compte
Dans le domaine du calcul simplifié : Nu ou pu/m à prendre en compte inclut le poids de la
fondation.

C-VI.3.1.2 Aire ou largeur de fondation nécessaire


Pour un poteau : b’.a’ = Nu/sRd,gd. Pour une fondation filante : b’ = pu/sRd,gd.

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Fondations superficielles | 211

Nu ou pu/m incluant le poids de la fondation, celui-ci doit être estimé dans un premier temps.
Proposition de l’auteur
Faire le calcul en ignorant le poids de la fondation. Puis augmenter chaque dimension de 5 cm
et l’arrondir au nombre entier de 10 cm le plus proche (⇒ valeur retenue en excès de 3 à 8 cm).
Enfin, calculer le poids de la fondation et vérifier que les dimensions choisies sont suffisantes.

C-VI.3.2 Fondations non armées pu /m

Il s’agit exclusivement de semelles filantes.


m
Prescription simplifiée admise par Eurocode [12.9.3] : 1
b1 =
Elle est très simple et reprend celle de BAEL : b1 ≤ h/2
b

C-VI.3.3 Fondations armées


h
b’
Concerne les semelles isolées (sous poteaux) et des semelles
filantes (sous murs).
L’exposé du calcul des aciers nécessaires (horizontaux) est fait σgd
sur l’exemple de l’évasement dans la direction b d’une semelle
isolée sous un poteau chargeant la fondation par l’effort Nu.
La transposition à l’évasement dans la direction a se fait simplement en remplaçant b et ses
déclinaisons par a et ses déclinaisons.
Les semelles filantes se calculant sur une tranche de 1 m de long, la transposition se fait en
remplaçant les efforts totaux par des efforts par mètre. Par exemple, Nu est remplacé par pu/m
et Fs,max par Fs,max/m de longueur de la fondation.

C-VI.3.3.1 Domaine de validité


Déjà vu : l’auteur propose de le limiter au cas de la « compression réputée centrée ».

C-VI.3.3.2 Hauteur utile d et hauteur totale h


Une seule prescription qui assure un bon dimensionnement et dispense des vérifications au
poinçonnement et de non-dépassement de la contrainte admise dans le béton :
d ≥ b1/2 ≥ [6 cm + 6 f des barres constituant As]
Attention
Dans les semelles isolées, il y a deux nappes d’acier orthogonales (avec les notations utilisées ici,
la hauteur utile de la nappe la plus extérieure est db et celle de l’autre est da). Chacune de ces
deux hauteurs utiles doit respecter l’inégalité ci-dessus.

Après avoir choisi d, on en déduit comme suit la hauteur totale h puis le poids de la
fondation.
Les semelles armées étant coulées sur béton de propreté, on a : cnom = 40 mm
Estimation proposée
Si, comme pour estimer d dans les poutres, on admet f des barres constituant As ≈ 20 mm,
on a :
–– pour la nappe Asb extérieure : h – db ≈ 5 cm
–– pour la nappe Asa intérieure : h – da ≈ 6 à 7 cm

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212 | Bases réglementaires et calculs de base

C-VI.3.3.3 Calcul des aciers inférieurs As nécessaires

C-V.3.3.3.1 Principe du calcul b

Il est considéré que l’effort Nu Nu


appliqué s’étale sur toute la largeur de
la fondation par le jeu de bielles
comprimées, comme schématisé sur X
la figure C-VI.3.1.
Les barres inférieures As font tirant
pour retenir les pieds de chaque couple
de bielles avec, à chaque abscisse X, un
Fs,X
effort Fs,X. À leur extrémité, elles ne
sont sollicitées que par le couple de Effort cumulé Fs,X
bielles le plus externe. Au fur et à dans l’armature
mesure qu’on se rapproche du centre X
s’ajoute l’effet des bielles plus internes
et c’est sur l’axe de la fondation que
Fs,X Fs,max
l’effort à reprendre par ces aciers est le
plus grand. Il est noté Fs,max.
parabole
C-V.3.3.3.2 Calcul proprement dit b’

On démontre que l’effort Fs,X à


reprendre par As évolue de façon para- Figure C-VI.3.1. Efforts dans une fondation en compression
centrée.
bolique et on en tire :
Fs,max = Nu. b’ – b
8d
Le calcul est fait à l’ELU ⇒ on considère ss = fyd
Donc : section d’acier nécessaire As = Fs,max/fyd

Déclinaison de ce résultat dans les cas réels

• Semelles filantes : Nu = pu/m et Fs,max/m = Nu. b’ – b


8d
• Semelles isolées : on mène le même calcul dans les deux directions b’ et a’, avec dans chaque
direction la valeur totale de Nu :
On a donc : Fsb,max = Nu. b’ – b et Fsa,max = Nu. a ’ – a Attention : da ≠ db
8d b 8d a
Dans le cas de semelles d’égal débord, on a : Fsb,max ≈ Fsa,max et par suite : Asa ≈ Asb (seule-
ment « à peu près égaux » car da ≠ db)

C-VI.3.3.4 Arrêt des aciers et leur ancrage


Il est fait conformément aux indications de la figure C-VI.3.2.

Semelles filantes
Souvent l’ensemble des barres court sur toute la largeur de la fondation. Un ancrage droit
convient si ,bd  ≤ b’/4. Sinon un ancrage par crochet s’impose. Proposition de l’auteur :
toujours mettre un crochet.

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Fondations superficielles | 213

Lorsque ,bd ≤ b’/8 on peut arrêter une barre sur deux par ancrage droit à 0,15 b’ du bord de
la fondation.

Semelles isolées
Décliner les mêmes prescriptions dans la direction a’.
Lorsque la semelle n’est pas homothétique du poteau, les limites b’/4 et b’/8 et l’arrêt éventuel
d’une barre sur deux à 0,15 b’ ainsi que leurs déclinaisons dans la direction a’ sont remplacés
par 0,8.(b’/4), 0,8.(b’/8) et 0,8.(0,15 b’). En revanche, la limite 0,18 b’ pour l’ancrage droit
des barres arrêtées reste inchangée.

Nu

≤ 0,15b’

bd bd

Tangentes à la parabole Fs
Fs
2
Pente d’ancrage
Pente d’ancrage
b’/8
b’/4 b’/4 bd

0,18b’ 0,15b’
b’

Aucune barre arrêtée Une barre sur deux arrêtée

Figure C-VI.3.2. Fondations armées : cas où un ancrage droit des aciers convient et longueur d’arrêt
d’une barre sur deux lorsque jugé utile.

C-VI.4 Longrines
Si, quelle qu’en soit la raison, sous un mur il n’est pas possible de mettre en place une semelle
filante, on installe à la place une longrine qui supporte le mur et reporte ses charges sur des
points d’appui résistants.
Elles sont calculées comme des poutres et doivent de plus assurer la fonction chaînage.
Supportant des murs en maçonnerie ou en béton très peu déformables, leur flèche doit être
strictement limitée.
Proposition de l’auteur
Les dimensionner avec un rapport d/, 10 à 15 % plus élevé que préconisé pour les poutres
classiques.

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214 | Bases réglementaires et calculs de base

C-VI.5 Longrines de redressement


En bâtiments courants, la longrine de redressement est une solution simple pour traiter les
fondations excentrées : simple au niveau du calcul, mais aussi simple au niveau de l’exécution.
En effet, son fonctionnement n’induit aucun moment dans les poteaux concernés, qui
peuvent continuer à être calculés et construits sur la base d’une « compression réputée
centrée ».

C-VI.5.1 Principe de fonctionnement


Il est illustré sur la figure C-VI.5.1. Une longrine de redressement fonctionne comme une
balance romaine avec bras de leviers inégaux. Pour porter le poteau A, elle s’appuie sur la
semelle B et l’équilibre est assuré par un effort descendant NC apporté par un poteau C en
bout de fléau.

RB

Contrepoids
Poteau A excentré apporté par
Fléau un poteau C
NA
NC
Longrine de redressement

Semelle B redressée
RB

Longrine de redressement
Nc

NA

Balance romaine

Figure C-VI.5.1. Principe de fonctionnement des longrines de redressement.

C-VI.5.2 Cas des longrines réelles


La longrine ne s’appuie pas sur la semelle redressée par un seul point comme sur le schéma de
principe, mais sur toute la longueur de cette dernière, comme illustré sur la figure C-VI.5.2.
Cette semelle ne fonctionne donc pas comme une semelle isolée, mais comme une portion de
semelle filante.
Le poids du fléau, petit comparé aux autres efforts en présence, peut généralement être
négligé.
Les diagrammes du moment fléchissant et de l’effort tranchant qui en découlent sont montrés
sur la figure C-VI.5.3.

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Fondations superficielles | 215

Contrepoids
apporté par
un poteau C
Poteau A excentré

NA Fléau
N ≥ NC

Longrine de redressement

Semelle B redressée Fondation


du poteau C
RB

b1 a

b’ b

b1

Portion de fondation filante Fondation isolée classique

Figure C-VI.5.2. Longrines de redressement : leur géométrie réelle.

pA/m = NA/a

NC

a fléau

En négligeant le poids du fléau

pB/m = NB/
RB
Vfléau = NC

Vmax = (pA - pB).a


|Mmax| = |M() + pB.x
a

|M()| = |Nc|.fléau


Figure C-VI.5.3. Longrines de redressement : efforts mis en jeu et diagrammes V et M.

C-VI.5.3 Prescription complémentaire d’Eurocode [9.8.3]


S’il y a le risque que des engins de chantier surchargent le fléau de la longrine, Eurocode
prescrit que celui-ci soit en plus ferraillé pour résister à une action variable descendante
répartie Q = 10 kN/m. C’est notamment le cas lorsque le sol du niveau fondation est posé sur

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hérisson. Ce dernier est mis en place entre et au-dessus des longrines et, nécessairement, les
engins de chantier sont amenés à peser sur les longrines.
Le calcul correspondant est fait en traitant alors le fléau comme une travée isolée sur deux
appuis simples car, au moment du terrassement, les efforts NA et NC modifiant la donne ne
sont pas encore présents.

C-VI.5.4 Organisation pratique des calculs et disposition des aciers


• On s’assure que le poteau en C apporte bien un effort descendant ≥ NC.
• On se réfère aux diagrammes simplifiés de la figure C-VI.5.4.
Dans les zones de forte variation de M et V, il est impossible de suivre exactement leur
évolution par l’arrêt des barres et l’espacement des aciers transversaux. Aussi le calcul est-il
fait pour une valeur constante, d’une part de M et d’autre part de V, encadrant les valeurs
réelles.
• Pour le calcul de la fondation C, on néglige souvent son allègement par l’effort de soulè-
vement (égal à NC) en bout de fléau.
• Un exemple du ferraillage est montré sur la même figure C-VI.5.4. Compte tenu de l’ef-
fort important à transmettre du poteau A à la longrine, il est bon de boucler en U les aciers
supérieurs de la longrine autour de l’impact du poteau. À défaut et comme illustré sur la
figure, développer le crochet d’ancrage de ces aciers dans le plan horizontal (ou le plus
horizontal possible).
• Pour gagner de la hauteur, il est possible de développer la longrine dans la hauteur des
semelles. Alors, les semelles étant supposées chargées en leur partie haute, prévoir des
suspentes dans la semelle B pour remonter la charge apportée par la longrine.

Diagrammes V et M simplifiés (dans cet


exemple, sur le fléau, c’est l’effort tran-
chant de la fonction redressement qui est
dominant).
Poteau A

NC
Exemple de ferraillage.

Fondation B Fondation C

Figure C-VI.5.4. Longrines de redressement : diagrammes V et M simplifiés et exemple de ferraillage


(en gris, prise en compte d’une éventuelle incidence des engins de chantier).

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Partie D

Exemples de calcul

Chaque exemple est complété par le rappel du paragraphe qui sous-tend le point traité et du
paragraphe où trouver l’aide au calcul utilisée.
Sous la désignation « Ordre de grandeur » est indiqué pour comparaison le résultat de l’esti-
mation d’ordre de grandeur du § E.2.

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D.1 Poutres
Cet exemple s’appuie sur le cas d’une poutre continue, une poutre intérieure d’un bâtiment
de bureau, et se limite au traitement des deux premières travées schématisées ci-dessous.
Il illustre les points suivants.
• Traitement de la continuité par la règle de la redistribution forfaitaire.
• Calcul des aciers longitudinaux en travée et sur appui.
–– Prise en compte d’une poutre en Té en travée.
–– Calcul d’aciers comprimés, ici sur un appui de continuité.
–– Arrêt des aciers.
• Calcul et disposition des aciers transversaux puis conditions d’appuis.

Plan
5,0 m

5,0 m
0,2 m
5,0 m

0,3 m n = 6,2 m 0,3 m n = 5,2 m 0,3 m n = 5,2 m


eff = 6,5 m eff = 5,5 m eff = 5,5 m

Coupe

A B B

D.1.1 Données

• Bâtiment de bureau, durée d’utilisation = 50 ans, condi-


20 cm
tions d’exposition XC1
• Béton C25/30, aciers S500 de classe de ductilité B h = 50 cm
d=?
As = ?

• Géométrie : voir les croquis ci-dessus et ci-contre


• Plancher porté par cette poutre :
–– dalle d’épaisseur h = 20 cm b=
–– chape + revêtement = 0,5 kN/m 2 20 cm
–– charge d’exploitation du plancher : bureaux ⇒ Q = 2,5 kN/m2

–– cloisons légères en plaques de plâtre ⇒ Q = 0,5 kN/m2


–– pas d’action d’accompagnement ni accidentelle
–– pour combinaison quasi permanente (non utilisé dans cet exemple) : y2 = 0,3
(tableau C-I.3.1)

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220 | Exemples de calcul

D.1.2 Enrobage à respecter


Durée d’utilisation = 50 ans, classe d’exposition XC1, béton C25/30, d’où :
• Pour la poutre : application de la règle commune ⇒ d’après le tableau B-II.5.1 :
cnom = 25 mm.
• Pour le plancher :
–– aciers inférieurs (en travée) : « enrobage compact » ⇒ d’après le tableau C-III.4.1 :
cnom = 20 mm ;
–– aciers supérieurs (sur appuis) : règle commune ⇒ d’après le tableau C-III.4.2 :
cnom = 25 mm.

D.1.3 Convenance du prédimensionnement


Voir tableau C-I.4.1.

Plancher
Dalle pleine 4,5 m ≤ ,n ≤ 7 m ⇒ viser h ≈ ,n/25 = 4,8/25 ≈ 0,19 m ; h effectif = 20 cm
⇒ OK !
Ce plancher est continu sur les poutres qui le portent. S’il est construit avec prédalles béton
armé et s’il est envisagé de le calculer avec la règle de la redistribution forfaitaire, il doit en
plus respecter ,n/d ≤ 27.
Alors en travée :
cnom = 20 mm et l’armature est constituée d’un treillis soudé spécifique en un seul lit
⇒ h – d ≈ cnom + 5 mm ⇒ d ≈ h – 2,5 cm = 20 – 2,5 = 17,5 cm ;
donc ,n/d = 4,8/0,20 = 27,4 : dépasse à peine la limite ,n/d ≤ 27 ⇒ acceptable.

Poutre
Poutre continue ⇒ viser ,n/15 ≤ h ≤ ,n/12
La travée la plus critique est la travée de rive, ici pour deux raisons : car elle est de rive
(⇒ toutes choses égales par ailleurs : Mtravée,max le plus élevé) et en plus car c’est la plus longue.
Pour une travée de rive il faut plutôt h ≈ ,n/12 = 6,2/12 = 0,52 m
Hauteur donnée par les plans : h = 50 cm ≈ 52 cm ⇒ OK !
Vérification de ,n/d ≤ 27 toujours assurée ⇒ redistribution forfaitaire applicable.

D.1.4 Actions
D.1.4.1 Plancher
• Actions permanentes G = poids propre du plancher porté par la poutre.
Dalle : 0,20 m × 25 kN/m3 = 5 kN/m2 ; revêtement : 0,5 kN/m2 ⇒ Total : G = 5 + 0,5
= 5,5 kN/m2
• Actions variables Q : charge d’exploitation = 2,5 kN/m2 ; incidence des cloisons : 0,5 kN/m2
⇒ Total : Q = 2,5 + 0,5 = 3 kN/m2

D.1.4.2 Poutre
Cette poutre constitue un appui courant (loin de la rive) du plancher. La réaction du plancher
y est donc R ≈ R’ (voir § C-I.5.2.2) et on a : largeur de plancher portée par la poutre = 5,0 m

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Poutres | 221

G = poids propre de la retombée de la poutre + poids de plancher porté


= [0,20∙(0,50 – 0,20) × 1] m3 × 25 kN/m3 + (5,0 × 1) m2 × 5,5 kN/m2  = 29 kN/m de poutre
Q = (5,0 × 1) m2 × 3 kN/m2  = 15 kN/m de poutre

Actions totales pondérées


Travée chargée : pu = 1,35 G + 1,5 Q = 1,35 × 29 + 1,5 × 15 = 61,7 kN/m ≈ 62 kN/m
C’est le seul cas de charge à prendre en compte pour appliquer la redistribution forfaitaire.

D.1.5 Diagrammes enveloppes Mu et Vu par la règle


de redistribution forfaitaire
Les calculs sont présentés ci-dessous sous forme de tableau et une synthèse des résultats est
proposée sur le schéma des diagrammes enveloppes.

Schéma de la poutre
,n 6,2 m 5,2 m 5,2 m
pu 62 kN/m 62 kN/m 62 kN/m
M0,n 298 kN.m 210 kN/m 210 kN/m
– 0,45.(M0,n,gauche
– 0,55.(M0,n,gauche + M0,n,droite)/2
M,n,appui 0 + M0,n,droite)/2
– 154 kN.m
- 95 kN.m
Mtravée k = 1,15 k = 1,1
- 154 kN.m k = 1,1
= k.M0,n – |Mw + Me|/2 266 kN.m 107 kN.m - 95 kN.m136 kN.m
V’ 192 kN 161 kN 161 kN
V V = V’= 192 kN A V = 1,05V’
B = 169 kN C V = V’ = 161 kN
V = 1,15V’ = –221 kN 107 kN.m
V = V’= –161 kN 136 kN.m
266 kN.m

- 154 kN.m
- 95 kN.m
192 kN 169 kN 161 kN

A B C A B C
107 kN.m 136 kN.m - 161 kN
266 kN.m - 221 kNkN.m
- 172
- 99 kN.m
169 kN
192comparaison
À titre de kN 161 kN
Voici, ci-dessous, le résultat d’une redistribution plus
A fine, non forfaitaire.
B Il s’agit
C ici du résultat
de la méthode de Caquot optimisée telle que proposée par l’auteur et 76exposée
kN.m en {E-I.5.1.6}.
A B C
- 172-kN.m
161 kN 233 kN.m
- 221 kN - 99 kN.m 164 kN 175 kN

A B C A B C
76 kN.m - 146 kN
- 219 kN
233 kN.m
164 kN 175 kN

A B C
- 146 kN
- 219 kN

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222 | Exemples de calcul

Avoir recours à la redistribution forfaitaire invite à se contenter d’un arrêt forfaitaire des aciers
avec cette restriction : il a été développé pour le cas de deux lits d’aciers égaux. Dans les autres
cas, soit on revient à une épure d’arrêt conventionnelle, soit on adapte à ses risques l’arrêt
forfaitaire. Enfin, celui-ci est inutilisable pour l’arrêt d’éventuels aciers comprimés.

D.1.6 Résistance aux moments positifs et poutres en Té


Il convient d’utiliser un jeu d’unités cohérent. Les contraintes étant exprimées en MPa, le
plus simple est d’exprimer toutes les longueurs en m (mètres), les aires en m2 et les efforts en
MN (mégaNewton). Alors, la section As d’acier, résultat du calcul, est obtenue en m2.

D.1.6.1 Travée AB
Mu,max = 266 kN.m = 0,266 MN.m

D.1.6.1.1 Estimation de la hauteur utile d

d
cnom = 25 mm, hypothèse de deux lits d’aciers f ≈ 20 mm et encom-
brement des aciers transversaux ≈ 10 mm ⇒ d ≈ h – 5,5 cm
⇒ d ≈ 44,5 cm

D.1.6.1.2 Valeur de μu calculée sur la nervure seule 


Béton C25/30 ⇒ fcd = 25/1,5 = 16,7 MPa ⇒ μu = Mu/(b.d2.fcd) = 0,266/(0,2 × 0,4452 × 16,7)
= 0,402
C’est très supérieur aux limites admises (voir § B-III.2.5.5).
Ici, l’effort de compression dû à la flexion peut s’étaler dans le plancher. Considérer une
poutre en Té devrait apporter la solution.

D.1.6.1.3 Calcul en poutre en Té


Largeur de table à retenir
Voir § B-III.7.2.3.
Dans cette poutre, la table est symétrique et
aucune trémie n’ampute une partie du plancher b
⇒ bi = (bdisponible – bw )/2 = 2,4 m
Débord de table maximum autorisé : b1 b2 hf
beff,i ≤ 0,2 bi + 0,1 ,0 ≤ 0,2 ,0 bw

Travée de rive ⇒  ,0 = 0,85 ,eff = 0,85 × 6,5 0 = 0,15( 1 + 2)


= 5,5 m
0 = 0,85 1 0 = 0,70 2 0 = 0,15 2 + 3
d’où : beff,i ≤ 0,2 × 2,4 + 0,1 × 5,5 = 1,03 m
Vérification : beff,i ≤ 0,2 ,0 = 0,2 × 5,5 = 1,10 m :
1 2 3
OK !
On a donc : beff = 2 × 1,03 + 0,20 ≈ 2,30 m

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Poutres | 223

Peut-on se dispenser d’ajouter des aciers de liaison table-nervure ? (voir § B-III.7.4.2.5)


beff,i
Avec un béton C25/30 : c’est le cas si ≤ 2,9. d.h f (longueurs en m et pu en MN/m)
beff pu . eff
Si, de plus, la table est symétrique, c’est le cas dès que 2,9. d.h f ≥ 0,5
pu . eff
d.h f
Avec cette poutre : 2,9. = 2,9 × 0,445 × 0,2/(0,062 × 6,5) = 0,64 > 0,5
pu . eff
⇒ pas besoin d’ajouter des aciers pour la liaison table-nervure quel que soit beff ≤ beff,max
= 2,30 m.
On choisit beff = 2,30 m. Pour limiter la servitude de non-percement du plancher, on
pourrait choisir beff plus petit. Vis-à-vis de la liaison table-nervure, la situation serait
encore plus favorable.

Valeur de μu,Té et vérifications préliminaires


μu,Té = Mu/(beff.d2.fcd) = 0,266/(2,3 × 0,4452 × 16,7) = 0,035
• Non fragilité ?
Elle doit être vérifiée sur la nervure seule. Alors µu = 0,402 très au-delà de la limite de
fragilité ⇒ OK : poutre non fragile
• Vérifications du bon emploi des aciers, d’une ductilité suffisante et du respect des
contraintes limites à l’ELS.
μu,Té vérifie largement les divers μu,limite. associés (voir § B-III.2.5.5) ⇒ OK !
• Vérification de la flèche.
L’élancement ,n/h de la poutre respectant 1/15 ≤ ,n/h ≤ 1/12, on peut escompter que
l’élancement ,eff/d maximum du tableau B-III.3.2 soit respecté.
Avec une poutre rectangulaire limitée à la nervure on aurait µu ≈ 0,40 ⇒ respecter
,eff/d < 16 ou 17. Avec ,eff = 6,5 m et d = 0,445 m on a ,eff/d = 14,6 ⇒ condition
respectée avec peu de marge : OK !
Fonctionnement en poutre en Té ⇒ flèche un peu plus faible (voir § B-III.3.5.3) ⇒ marge
augmentée.
• Cette poutre peut-elle se calculer comme une poutre rectangulaire de largeur beff ?
Pour cela, il faut que le diagramme des contraintes du béton comprimé se développe
totalement dans la table ⇒ vérifier que 0,8 x ≤ hf qui peut aussi s’exprimer par
µu ≤ hf/d – (hf/d)2/2 (voir § B-III.7.3.1.1).
Dans cet exemple : a ≈ 0,045 (voir § D.1.6.1.4) ⇒ 0,8 x = 1,6 cm très inférieur à
hf = 20 cm ⇒ OK !
Ou bien : μu,Té = 0,035 < 20/44,5 – (20/44,5)2/2 ≈ 0,35 ⇒ OK !
Donc cette poutre satisfait à toutes les vérifications exigées. Il a également été vérifié plus haut
qu’avec beff = 2,30 m elle ne nécessite pas d’ajout d’aciers de liaison table-nervure.

D.1.6.1.4 Calcul de la section As nécessaire d’aciers longitudinaux


Démarches de calcul possibles
• Calcul exact complet
μu ≤ μuAB = 0,056 (voir § B-III.2.5.2) ⇒ calcul au pivot A ⇒  es = eud et ec inconnu
≤ 3,5 ‰
a = 1,25.(1 –  1 – 2.µ u ) = 0,0445 ⇒ zc = d.(1 – dG.a) = 0,445 × (1 – 0,4 × 0,0445)
= 0,437 m

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224 | Exemples de calcul

(Pour un exemple de calcul au pivot B, voir travée BC au § D.1.6.2.2)


Fc = ?
En flexion simple sans aciers comprimés, préférer la relation Fc = Mu/zc, soit
Mu/b.d  (avec b = z/d)
Alors : Fc = 0,266/0,437 = 0,609 MN = 609 kN
Fs = ?
En flexion simple, Fs = Fc = 0,609 MN
ss = ?
Au pivot A, on a es = eud ⇒ avec des aciers S500 de classe de ductilité B et le choix
de l’option a pour leur diagramme déformation-contrainte : (voir § B-II.3.2.2 ou
§ E.1.1.3) ss = 466 MPa
Enfin :
As = Fs/ss = 0,609/466 = 13,1 × 10–4 m2 = 13,1 cm2
• Calcul exact avec l’aide d’un tableau fournissant la suite de calculs µu ⇒ a ⇒ b ⇒ es ⇒ ss
Sur le tableau du § E.1.4.1.2, on lit directement, déjà calculées, les valeurs nécessaires.
Nous avons : μu = 0,035 ⇒ dans la ligne la plus proche du tableau, μu = 0,04
on lit : a = 0,051 ⇒ b = 0,98 ⇒ es = 45 ‰ ⇒ ss = 466 MPa
d’où : As = Mu/(b.d)/ss = 13,1 cm2   Le résultat est conforme à celui du calcul direct.
• Calcul rapide quasi exact
M
Dans le domaine 0,04 ≤ μu ≤ 0,37 : As = ( u /fyd).(μu + 0,81)
0,9d
Lorsque, comme ici, μu < 0,04, la proposition de l’auteur est d’appliquer la formule avec
μu = 0,04.
On en tire : As = 0,00130 m2 = 13,0 cm2   On constate un très bon accord avec le calcul
exact.
Ordre de grandeur : § E.2.3.2
As ≈ 2,5 Mu (kN.m)/d(cm) – 10 % car µu < 0,1 = 2,5 × 266/44,5 – 10 % = 14,9 – 1,5 = 13,4
≈ 13 cm2

D.1.6.1.5 Choix de la section commerciale


Section calculée : As = 13,1 cm2
L’hypothèse de calcul est deux lits d’aciers de diamètre ≈ 20 mm. Sachant que bw = 20 cm, on
ne peut envisager que deux colonnes d’aciers.

Solutions envisageables
• Deux lits égaux ⇒ 4 HA 20 = 12,6 cm2
Déficit par rapport à As = 13,1 cm2 calculé = 4 % > 2 % ⇒ insuffisant !
• On peut envisager des HA 25. En bâtiment on s’y résout en préférant qu’ils n’aient pas de
crochet.
Alors : 2 HA 14 + 2 HA 25 = 12,9 cm2 : déficit < 1,5 % ⇒ OK !
• Trois lits d’aciers.
On essaye d’éviter dans les poutres de hauteur courante.
Il faut alors escompter d ≈ 42,5 cm ⇒ As ≈ 13cm2/42,2 × 44,5 ≈ 13,6 cm2.
Alors : 2 HA 20 + 2 HA 16 + 2 HA 14 = 13,4 cm2 ⇒ OK !

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Poutres | 225

Analyse de ces propositions


• 2 HA 14 + 2 HA 25 avec les 2 HA 25 en deuxième lit.
Il n’y a pas de crochet aux HA 25 ⇒ c’est bien.
Mais la section As du 1er lit = 3,08 cm2 n’est qu’une très faible proportion de la section
As,travée ≈ 13 cm2 ⇒ il y a un fort risque que ce 1er lit soit insuffisant pour assurer la condition
d’appui. C’est le cas chaque fois que As du 1er lit est significativement inférieur à As,travée/2.
Le calcul exact du § D.1.10.1 le confirme, il indique que 5,5 cm2 sont nécessaires
⇒ 2 HA 14 = 3,08 cm2 insuffisant.
• 2 HA 25 + 2 HA 14 avec les 2 HA 25 en premier lit.
Plus de problème de conditions d’appui.
Mais on doit faire un crochet aux HA 25. Cela ne pose pas de problème de façonnage
mais, du fait de leur encombrement, de tels crochets posent des problèmes au chantier. On
préfère éviter.
• Trois lits : essayer d’éviter.
Si cette option est conservée, pour assurer les conditions d’appui, mettre en premier lit les
HA 20 ou les HA 16.
Aucune de ces trois solutions n’est franchement satisfaisante.

Solution proposée
Retenir 4 HA 20 = 12,6 cm2 en deux lits égaux.
Pour cela : provoquer une diminution du moment Mtravée en choisissant une valeur un peu
plus élevée du moment M,n,appui sur l’appui B. Caler cet ajustement pour que As calculé en
travée = 4 HA 20 = 12,6 cm2.
Le nouveau diagramme enveloppe M ainsi obtenu est maintenant le seul à considérer. Il est
associé à As travée AB = 4 HA 20 = 12,6 cm2 et est présenté au § D.1.6.1.7. Les valeurs forfai-
taires du diagramme enveloppe V ne sont pas affectées.
Nota
Écarts DM,n,appui,w et DM,n,appui,e ⇒ écart DMtravée = (DM,n,appui,w + DM,n,appui,e)/2
La modification de M,n,appui sur l’appui B modifie également Mtravée dans la travée BC.

D.1.6.1.6 Vérifications associées au choix de quatre HA 20 aw


en deux lits 4 HA 20
d = 44,5 cm
• Vérification de d
Avec deux lits de 2 HA 20 : c’est l’hypothèse pour 5,5 cm
a
estimer d ⇒ d exact = d estimé = 44,5 cm ⇒ OK !
• Espace suffisant entre les barres ?
aw = b – 2.(cnom + fw) – écart d’exécution = 200 – 2.(25 + 10) – 10 = 120 mm
a = aw – 2 f = 120 – 2 × 20 = 80 mm
Il faut respecter a ≥ [f ou fn ; dg + 5 mm ; 2 cmin ; 20 mm ; encombrement aiguille
vibrante]
soit : a ≥ [f = 20 mm ; (15 + 5) mm = 20 mm ; 2 × 15 mm = 30 mm ; 20 mm ; encom-
brement aiguille vibrante ≈ 50 mm] ⇒ OK !

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226 | Exemples de calcul

D.1.6.1.7 Nouveau diagramme enveloppe M et rappel du diagramme enveloppe V

- 164 kN.m
- 95 kN.m 169 kN 161 kN
192 kN

A B C A B C
102 kN.m 136 kN.m - 161 kN
261 kN.m - 221 kN

D.1.6.2 Travée BC
Mu,max = 102 kN.m = 0,102 MN.m
Même section de coffrage et même estimation de d que pour la travée AB ⇒ d ≈ 44,5 cm

D.1.6.2.1 Valeur de µu et vérifications préliminaires


μu calculé sur la nervure = 0,102/(0,2 × 0,4452 × 16,7) = 0,154
• Non fragilité : µu = 0,154 > µu,limite,frag = 0,042 ⇒ pas de problème de fragilité.
• Vérifications du bon emploi des aciers, d’une ductilité suffisante et du respect des
contraintes limites à l’ELS.
Tout est vérifié tant que µu < 0,24 environ (voir § B-III.2.5.5).
µu = 0,154 est suffisamment éloigné de la limite pour pouvoir affirmer, sans préciser plus
cette limite (c’est pour cela que la donnée y2 = 0,3 reste ici inutilisée), qu’il lui est inférieur
⇒ Vérifié !
• Vérification de la flèche.
Situation plus favorable que la travée AB (élancement et µu plus faibles) ⇒ OK !
Au vu de cela une poutre rectangulaire convient.
La poutre étant associée à un plancher, il est économique de la calculer en poutre en Té.
L’économie est maximum s’il n’y a pas d’besoin aciers de liaison table-nervure (il n’y en a pas
eu besoin dans la travée AB qui est dans une situation plus difficile, donc il n’y en a pas besoin
dans cette travée).
A part la crainte d’un futur percement d’une trémie qui amputerait une large part de la table
de compression, le calcul en poutre en Té est celui qu’il faut retenir.
Pour comparaison, et pour proposer un exemple de calcul au pivot B, les deux calculs sont
présentés ci-dessous.

D.1.6.2.2 Calcul en poutre rectangulaire


μu = 0,154 ≥ μuAB = 0,056 (voir § B-III.2.5.2) ⇒ calcul au pivot B ⇒  ec = 3,5 ‰ et
es inconnu ≤ eud
• Calcul exact complet
a = 1,25.(1 –  1 – 2.µ u ) = 0,210 ⇒ zc = d.(1 – dG.a) avec dG = 0,4 ⇒ zc = 0,407 m
Fc et Fs ?
En flexion simple sans aciers comprimés : Fs = Fc et Fc = Mu/zc, soit Fc = Mu/b.d
Alors : Fs = Fc = 0,102/0,407 = 0,251 MN = 251 kN
ss = ?
Au pivot B on a : es = ec.(1 – a)/a ⇒ es = 3,5 ‰.(1 – 0,210)/0,210 = 13,2 ‰

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Poutres | 227

Avec des aciers S500 de classe de ductilité B et le choix de l’option a pour leur


diagramme déformation-contrainte, on a alors (voir § B-II.3.2.2 ou § E.1.1.3) :
ss = 433 + 0,724 × 13,2
Enfin : As = Fs/ss = 0,251/443 = 5,67 × 10–4 m2 = 5,67 cm2
• Calcul exact avec l’aide d’un tableau fournissant la suite de calculs µu ⇒ a ⇒ b ⇒ es ⇒ ss
µu = 0,154 ⇒ sur la ligne la plus proche du tableau, μu = 0,15,
on lit : a = 0,214 ⇒ b = 0,918 ⇒ es = 13,6 ‰ ⇒ ss = 443 MPa
d’où : As = Mu/(b.d)/ss = 5,63 cm2 (toujours conforme au calcul direct).
• Calcul rapide quasi exact
M
Dans le domaine 0,04 ≤ μu ≤ 0,37 : As = ( u /fyd).(μu + 0,81)
0,9d
On en tire : As = 0,000564 m2 = 5,64 cm2 (très bon accord avec le calcul exact).
Ordre de grandeur : § E.2.3.2
As ≈ 2,5 Mu (kN.m)/d(cm) = 2,5 × 102/44,5 = 5,73 ≈ 5,7 cm2

D.1.6.2.3 Calcul en poutre en Té


• Largeur de table
bi = 4,8 m ; travée intermédiaire ⇒ ,0 = 0,70 ,eff = 3,85 m ⇒ beff,i ≤ 0,77 m imposé par
beff,i ≤ 0,2 ,0
d’où : beff = 2.beff,i + bw ≈ 1,74 m 
• Calcul de As
µu,Té = 0,102/(1,74 × 0,4452 × 16,7) = 0,014 
Valeur très petite ⇒ 0,8 x très largement < hf ⇒ calcul comme une poutre rectangulaire
de largeur beff
M
As quasi exact = ( u /fyd).(μu + 0,81) avec μu limité inférieurement à 0,04
0,9d
As = 0,00050 m2 = 5,0 cm2. On gagne ici 12 % par rapport au calcul en poutre
rectangulaire.

D.1.6.2.4 Choix et disposition des aciers commerciaux


• Choix des aciers
Soit deux lits égaux de 4 HA 14 = 6,16 cm2, soit deux lits inégaux de 2 HA 12 + 2 HA 14
= 5,26 cm2.
Bien que retenir deux lits égaux permette l’arrêt forfaitaire des aciers (voir § D.1.8), plus
simple, il s’accompagne ici d’une surconsommation de presque 20 %.
L’auteur propose de choisir As = 2 HA 12 + 2 HA 14 = 5,26 cm2.
• Vérification de d et de l’espacement entre aciers
d réel un peu plus grand que d du calcul ⇒ du côté de la sécurité sans arriver au gaspillage
⇒ OK !
Espace entre aciers plus favorable que pour la travée AB ⇒ OK !

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228 | Exemples de calcul

D.1.7 Résistance aux moments négatifs et aciers comprimés


Sur les appuis de continuité, c’est la partie inférieure de la section qui est comprimée. Il n’y a
pas, à ce niveau, de plancher dans lequel peut s’étaler l’effort de compression dû à la flexion.
Le seul calcul envisageable est en poutre rectangulaire de largeur b = bw = 20 cm
De plus, du fait de la limitation de μu,appui imposée par les règles encadrant la redistribution,
des aciers comprimés s’imposent souvent.
Rappel des données

- 164 kN.m As = ?

h = 50 cm
- 95 kN.m
d=? A’s ?
A B C d’ = ?
102 kN.m 136 kN.m b=
261 kN.m
20 cm

D.1.7.1 Appui A
Il faut mettre un chapeau minimum tel que :
As ≈ 0,15 As,travée AB = 0,15 × 12,4 = 1,9 cm2 ⇒ 2 HA 12 = 2,26 cm2
Débord dans la travée à partir du nu de l’appui ≈ 0,2 ,n = 0,2 × 6,2 = 1,24 m ≈ 1,25 m
Ancrage sur l’appui : un crochet.

D.1.7.2 Valeur de d sur les appuis B et C

Les aciers en chapeau viennent en plus des aciers de construc- a


tion (voir § B-II.5.4). Les deux dispositions possibles sont
schématisées ci-contre, la (a) est plus avantageuse. L’impératif
est que l’aiguille vibrante puisse passer entre les aciers en
chapeau ⇒ a ≥ 5 cm environ. aw
(a) (b)

La disposition (a) est-elle possible ?


On a ici : a = bw – 2.(cnom + encombrement acier transversal + f acier de construction + f
acier chapeau) – écart d’exécution
On considère : f acier transversal ≈ 1 cm, f acier de construction ≈ 1 cm, f acier de chapeau
≈ 2 cm et on a cnom = 2,5 cm ainsi qu’écart d’exécution = 1 cm.
D’où : a ≈ 20 – 2.(2,5 + 1 + 1 + 2) – 1 = 6 cm
C’est un passage suffisant pour l’aiguille vibrante et la disposition (a) convient.

Estimation de d
La disposition (a) convenant, les données pour d sont les mêmes qu’en travée ⇒ d ≈ 44,5 cm.

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Poutres | 229

D.1.7.3 Appui B
Nécessairement calcul en poutre rectangulaire : |Mu| = 164 kN.m, largeur b = bw = 20 cm.

D.1.7.3.1 Valeur de μu
μu = Mu/(b.d2.fcd) = 0,164/(0,2 × 0,4452 × 16,7) = 0,248
µu > µu,appui autorisé = 0,18, valeur à ne pas dépasser dans le cas de la redistribution
forfaitaire.
En conséquence :
• soit considérer une poutre plus haute ;
• soit ajouter des aciers comprimés pour reprendre la différence entre μu total = 0,248 et
μu autorisé = 0,18.
Ici, la hauteur de la poutre étant imposée par ailleurs, le seul choix est d’ajouter des aciers
comprimés.

D.1.7.3.2 Poutre avec aciers comprimés

Géométrie Aciers de construction

d = 44,5 cm comme déjà vu.


d’ = ?

h = 50 cm
Les aciers comprimés sont ici en partie inférieure de la
section et nécessairement au-dessus des aciers inférieurs en d
travée amenés sur l’appui (a priori le premier lit).
d’
En supposant un seul lit d’aciers comprimés de diamètre fc
≈ 20 mm b=
on a : d’ = cnom + fw + f, + fc/2 ≈ 2,5 + 1 + 2 + 2/2 20 cm

Donc : d’ = 6,5 cm Lit inférieur travée

Calcul
Rappel de la figure B-III.8.1 illustrant le fonctionnement d’une poutre avec aciers comprimés.
Attention, cette figure a été construite dans le cas d’un moment agissant positif.
b c = fcd
d’ c

A’s x ’s A’s N’s


Nc
d
zs
zc
As As,1 Ns,1 As,2 Ns,2

s s s

Poutre réelle = Poutre 1 + Poutre 2

Mu = Mu,1 + Mu,2

Mu = 164 kN.m
Mu,1 = μu,appui autorisé.b.d2.fcd = 0,18 × 0,2 × 04452 × 16,7 = 0,119 MN.m = 119 kN.m
Mu,2 = Mu – Mu,1 = 164 – 119 = 45 kN.m

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230 | Exemples de calcul

Calcul de la poutre 1
μu,1 = 0,18 ⇒ As,1 = (µu,1 + 0,81).Mu,1/(0,9d.fyd)
As,1 = (0,199 + 0,81) × 0,132/(0,9 × 0,445 × 435) = 0,00068 m2 = 6,8 cm2
Calcul de la poutre 2
zs = d – d’ = 44,5 – 6,5 = 38 cm
Fs = F’s = Mu,2/zs = 0,045/0,38 = 0,118 MN
As,2 = A’s = Fs/fyd = 0,118/435 = 0,00027 m2 = 2,7 cm2
Poutre réelle
As = As,1 + As,2 = 6,8 + 2,7 = 9,5 cm2 à disposer en deux lits de deux barres
A’s = 2,7 cm2

Choix des aciers commerciaux et de leur disposition


Aciers en chapeau
As = 9,5 cm2 ⇒ soit 4 HA 20 en deux lits égaux = 12,6 cm2, soit 2 HA 20 + 2 HA 16 = 10,30 cm2
⇒ choix : 2 HA 20 + 2 HA 16 = 10,30 cm2. Il respecte l’estimation de d ⇒ OK !
A’s = 2,7 cm2 à disposer en un seul lit de deux barres comme envisagé dans l’estimation de d’
⇒ 2 HA 14 = 3,08 cm2. Choix qui respecte l’estimation de d’ ⇒ OK !

D.1.8 Arrêt des barres


Cet exemple est limité à la travée AB, ?
aciers inférieurs et aciers supérieurs à 0,2.n
?
l’exclusion du chapeau minimum en
rive (sur l’appui A) déjà traité au
§ D.1.7.1.
? A’s
Il a été choisi la redistribution forfai-
taire ⇒ partout où c’est possible, les
A B
aciers sont arrêtés forfaitairement.
• En travée : deux lits égaux
0,25 n - h
(2 HA 20 + 2 HA 20) ⇒ arrêt
forfaitaire.
(0,16 n - h - ai)/2
• Sur appui B : presque au nu de l’appui
aciers comprimés ⇒ l’épure
conventionnelle d’arrêt des aciers
s’impose ;
chapeaux en deux lits inégaux ⇒ mise à profit de l’épure ci-dessus pour l’arrêt exact du
deuxième lit.

D.1.8.1 Arrêt des aciers en travée


Il a été fait le choix de l’arrêt forfaitaire. C’est une approximation ⇒ arrondir le résultat.
• Lit inférieur :
–– En rive : crochet.
–– Sur appui de continuité : continuité partielle avec les aciers inférieurs de l’autre
travée. Ici il y aura des aciers comprimés qui agiront aussi comme des éclisses ⇒ les
aciers inférieurs des deux travées sont arrêtés face à face au milieu de l’appui.

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Poutres | 231

• Deuxième lit
–– Côté rive : arrêté à une distance ≈ (0,16 ,n – h – ai)/2 du nu de l’appui, soit à environ
(0,16 × 620 – 50 – 15)/2 = 17 cm ⇒ à 15 cm du nu de l’appui.
–– Côté appui de continuité : arrêté à 0,25 ,n – h du nu de l’appui
soit à 0,25 × 620 – 50 = 105 cm.

D.1.8.2 Arrêt des aciers sur appui


D.1.8.2.1 Arrêt du premier lit de chapeau : 2 HA 16
Il est arrêté forfaitairement. En effet, l’arrêt forfaitaire du lit le plus extérieur convient même
en cas de lits inégaux (voir § C-II.6.3.2).
Débord par rapport au nu de l’appui B = ,ch,0 = h + 0,25 × max [,n,w ; ,n,e] = 50 + 0,25 ×
620 = 205 cm
D.1.8.2.2 Arrêt du deuxième lit de chapeau : 2 HA 20
Deux lits inégaux ⇒ une épure est conseillée pour l’arrêt du deuxième lit.
Sur cet appui il y a des aciers comprimés ⇒ l’épure d’arrêt s’impose.

D.1.8.2.3 Construction de l’épure


Données
Les moments extrêmes sur appui sont associés au cas « tout chargé » ⇒ pu = pu travée chargée
= 62 kN/m
,n = 6,2 m ; ai = 0,30/2 = 0,15 m ; M,n,appui = – 164 kN.m ; As calculé = 9,5 cm2
As total = 2 HA 20 + 2 HA 16 = 10,30 cm2 ⇒ MRd associé = 164 × 10,3/9,5 = – 178 kN.m
As premier lit = 2 HA 16 = 4,02 cm2 ⇒ MRd associé = 164 × 4,02/9,5 = – 70 kN.m
C’est la valeur du moment au-delà de laquelle le deuxième lit est nécessaire.
Pour information :
As deuxième lit = 2 HA 20 = 6,28 cm2 ⇒ MRd associé = 164 × 6,28/9,5 = – 108 kN.m
Mauvaises conditions d’adhérence ⇒ ,bd = 1,4 ,bd,nom = 1,4 × 40 f = 1,4 × 40 × 2,0 = 112 cm

Éléments de l’épure d’arrêt des aciers


Ils sont illustrés sur la figure ci-dessous, incluant, en gris, les éléments pour l’arrêt des aciers
comprimés.
MRd chapeau total = - 178 kN.m
- 164 kN.m
bd
MRd 2 HA 20 = - 108 kN.m H - 119 kN.m

MRd 2 HA 16 = - 70 kN.m F E

Mmax = 236 kN.m

Xm(A) = 2,76 m Xm(B) = 3,59 m

 = ai + n = 6,35 m

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232 | Exemples de calcul

Le chargement est uniforme, donc le diagramme M à considérer est parabolique. La portion


concernée par l’arrêt du deuxième lit appartient à la parabole associée à pu = pu travée chargée = 62
kN/m qui passe par MA = 0 à l’axe de l’appui A et par MB = – 164 kN.m au nu de l’appui B.
Elle se développe donc sur la « portée » , = ,n + ai = 6,2 + 0,15 = 6,35 m.
Les formules des § C-II.3.1 et 2 permettent d’en calculer les valeurs utiles.
MA = 0 ; MB = – 164 kN.m ; , = 6,35 m ; V’ = (6,2 × 6,35)/2 = 197 kN
VA = V’A + (MB – MA)/, = 197 + (–164 – 0)/6,35 = 171 kN
xm mesuré à partir de A = xm(A) = VA/pu = 2,76 m ⇒ xm à partir de B = xm(B) = 6,35 – 2,76
= 3,59 m
Mmax = VA2/(2 pu) + MA = 236 kN.m
• Abscisse du point E
C’est le point clé du calcul.
Le point E est à l’altitude DM = 236 + 70 = 306 kN.m au-dessus du sommet de la
parabole
⇒ à une distance Dx0 =  2 M / p = 3,14 m de ce même sommet.
On a donc débord de E par rapport au nu de l’appui B = xm(B) – Dx0 = 3,59 – 3,14 = 0,45 m
• Abscisse du point F qui prend en compte le décalage a, du diagramme M
a, = cotgq.z/2 = 2,5 × 0,9 × d /2 = 2,5 × 0,9 × 0,445/2 = 0,50 m
Donc : débord de F par rapport au nu de l’appui B = 0,45 + 0,50 = 0,95 m

Longueur d’arrêt de ce lit


• Prise en compte de la pente d’ancrage
Si ,bd ≤ évolution de l’abscisse du diagramme M sur la plage concernée par le lit d’aciers
arrêté = débord du point E par rapport au nu de l’appui : les aciers sont arrêtés au point F.
Sinon : repousser le point d’arrêt à l’extrémité de la pente d’ancrage ⇒ en admettant
MRd chapeaux = Mappui (approximation du côté de la sécurité), repousser l’arrêt des aciers de
(,bd – débord du point E).
Alors :
–– soit ,bd ≤ débord de E ⇒ débord du lit arrêté par rapport au nu de l’appui = débord
de E + a,
–– soit ,bd > débord de E ⇒ débord du lit arrêté par rapport au nu de l’appui = débord
de F + ,bd – débord de E = débord de E + a, + ,bd – débord de E = ,bd + a,
Donc tous comptes faits : débord du lit arrêté = max [,bd ; débord de E] + a,
• Résultat
Ici : ,bd = 1,12 m > débord de E = 0,45 m
⇒ arrêt du 2e lit à max [,bd ; débord de E] + aℓ du nu de l’appui = 112 + 50 = 162 ≈ 1,60 m

D.1.8.2.4 Arrêt des aciers comprimés : 2 HA 14


Comme vu au § B-III.8.4 :
–– l’arrêt des aciers comprimés se fait par référence au diagramme M non décalé ;
–– dans le cas de la redistribution forfaitaire il se fait par référence au diagramme M
travée chargée, le même que pour l’arrêt du deuxième lit de chapeau.
• Données
A’s = 2 HA 14.
Aciers disposée en partie inférieure de la poutre ⇒ bonnes conditions d’adhérence
⇒ ,bd = ,bdnom = 40 f = 40 × 1,4 = 56 cm.

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Poutres | 233

Ces aciers sont nécessaires dès que |Mu| > |Mu,1| = 119 kN.m


• Coordonnées des points particuliers
Comme pour les aciers tendus, tout commence par la détermination du débord du point
équivalent au point E. Ici il s’agit de H. Son débord est inférieur à celui de E ⇒ débord de
H < 0,45 m.
• Résultat
Suivant la remarque plus haut, on peut calculer l’arrêt des aciers nécessaires par :
débord des aciers arrêtés = max [,bd ; débord du point H] + a, avec, pour les aciers comprimés
a, = 0.
Ici, ,bd = 0,56 m et débord de H < 0,45 m, donc max [,bd ; débord du point H] = ,bd
Alors : débord des aciers comprimés par rapport au nu de l’appui B = ,bd + 0 = ,bd = 56 cm
≈ 55 cm.

D.1.8.3 Synthèse de l’arrêt des barres

2,05 m
1,25 m
1,60 m

0,55 m

A B
0,15 m 1,05 m

D.1.9 Calcul des aciers transversaux


L’exemple est limité à la travée AB.
Rappel des données
d = 44,5 cm

192 kN
h = 50 cm

A B

- 221 kN b=
20 cm

Toujours commencer le calcul par la demi-travée la plus sollicitée. Ici c’est le côté B.

D.1.9.1 Demi-travée côté B

D.1.9.1.1 Valeur de cotgq

Il faut vérifier si cotgq = 2,5 convient ⇒ vérifier que Vu,AC ≤ acw. b w .z.cotgθ .n1.fcd
1 + cotg 2θ
avec n1 (nu1) = 0,6.(1 – fck/250) ⇒ avec un C25/30, on a n1 = 0,6 × 0,9 = 0,54
et acw = 1 car on est en flexion simple ⇔ aucun effort axial.

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234 | Exemples de calcul

Dans le cas d’un chargement réparti, la vérification se fait avec Vu,nu appui (sans le déca-
lage AC) et assure en même temps la vérification de la bielle d’appui.
0,20 × (0,9 × 0,445) × 2,5
D’où ici : 221 kN = 0,221 MN ≤   × 16,7 = 0,249 MN
1 + 2,52
C’est vérifié ⇒ cotgq = 2,5 convient et la bielle d’appui en B est vérifiée aussi.

D.1.9.1.2 Constitution et espacements minimum et maximum des cours d’aciers


transversaux
Constitution d’un cours d’aciers transversaux
Ici : un simple cadre. On a d ≤ 45 cm ⇒ fw = 8 mm (voir § B-III.4.3.2.1 rappelé au § E.2.3.3).
Sa section est : deux brins fw = 8 mm ⇒ Asw = 1 cm2 = 1.10–4 m2

Espacement minimum s,min
A sw 2.f ywd
s,,min =  .    avec n1 (nu1) déjà vu = 0,54 dans le cas d’un C25/30
b w n1.f cd
1.10 –4 2 × 435
s,,min =  . = 0,05m = 5 cm
0,2 0,54 × 16,7
Espacement maximum smax
A sw f ywk
smax = min [s,,max ; s,,max,ρw] = min [0,75 d ; . .]
b w 0,08. f ck
–4
smax = min [0,75 × 0,445 = 0,33 m = 33 cm ; 1.10 . 500 = 0,62 m = 62 cm]
Donc : smax = 0,75 d = 33 cm 0,2 0,08. 25

D.1.9.1.3 Espacement initial sinit et répartition des aciers transversaux

Vu,nu appui Vu,nu appui


= 192 kN = 221 kN
AC = 1 m
Vu,AC,nu appui AC = 1 m Vu,AC,nu appui
= 130 kN Vu,AC = 97 kN AC = 1 m = 159 kN
Sinit/2

Sinit/2

A B

x = 13 cm
s = smax = 33 cm s = smax = 33 cm s = sinit = 27 cm

Pour illustrer le traitement spécifique de la répartition des aciers transversaux à mi-travée, la


figure ci-dessous englobe l’ensemble de la travée AB.
Par ailleurs, les calculs étant menés en valeurs absolues, on a l’habitude de tracer en valeurs
positives les diagrammes V relatifs à chacune des deux demi-travées, donc du même côté de
l’axe des abscisses.

Espacement initial sinit
Il est calculé sur la base de Vu,AC,nu appui
AC = z.cotgq = 0,9d.2,5 = 0,9 × 0,445 × 2,5 = 1,00 m
Vu,AC,nu appui = Vu,nu appui – pu.AC = 221 – (62 × 1) = 159 kN = 0,159 MN

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Poutres | 235

A sw
sinit =  .z.cotgq.fywd = (1.104/0,159).(0,9 × 0,445) × 2,5 × 435 = 0,27 m = 27 cm
Vu,AC,nu appui
Donc : sinit = 27 cm < smax = 33 cm
Ordres de grandeur : § E.2.3.3.2
AC ≈ 2 h = 2 × 50 = 100 cm = 1 m ; smax ≈ 0,75 d = 33 cm

Sur l’appui de continuité d’une travée de rive :


h(cm).A sw (cm 2 )
sinit (cm) ≈ 145.  – 25 % = 145 × 50 × 1/221 – 25 % = 33 – 25 % ≈ 25 cm < smax
Vu,AC,nu appui (kN)
Cohérent avec sinit = smax tant que 5 Vu,nu appui (kN) ≤ 1 000 Asw  (cm2) ⇒  ici :
5 × 241 ≤ 100 × 1 ⇒ 1 250 ≤ 1 000 : non vérifié ⇒ effectivement sinit < smax

Répartition
• Le premier cadre est placé à sinit/2 du nu de l’appui.
Soit ici à : 27/2 = 14 cm (toujours arrondir à un nombre entier de cm, par excès ou par
défaut)
• Ensuite, sur la longueur AC = 1 m : des espacements s = 27 cm
• Espacement des cadres sur le palier AC suivant.
Vu,AC à considérer = Vu,nu appui – 2.AC.pu = 221 – (2 × 1,00) × 62 = 97 kN = 0,097 MN
d’où : s = (1.104/0,097).(0,9 × 0,445) × 2,5 × 435 = 0,45 m = 45 cm > smax = 33 cm
Au-delà de la distance AC = 1 m de l’appui : s = Cte = smax = 33 cm
Nota
Pour le calcul « sur le palier AC suivant », la seule donnée qui change est Vu,AC. On peut donc
arriver au résultat par une règle de trois :
s(Vu,AC = 97) = s(Vu,AC = 159) × 159/97 = 27 × 159/97 = 44 cm > smax
La différence, 1 cm, avec le calcul direct vient de la cascade d’arrondis du calcul en chaîne. Elle
est tout à fait compatible avec l’incertitude admise pour les espacements d’aciers transversaux.

D.1.9.2 Demi-travée côté A


Données
Par rapport à l’autre demi-travée :
• La géométrie de la poutre et la qualité du béton sont identiques ⇒ Asw, s,,min, smax et AC
restent inchangés. V est plus petit ⇒ cotgq = 2,5 convient encore.
• La seule différence est : Vu,nu appui = 192 kN

Calculs
Vu,AC,nu appui = Vu,nu appui – pu.AC = 192 – (62 × 1) = 130 kN
A sw
D’où sinit =  .z.cotgq.fywd = (1.104/0,130).(0,9 × 0,445) × 2,5 × 435 = 0,335 m
= 33 cm Vu,AC,nu appui
d’où on tire s = 33 cm ≥ smax = 33 cm ⇒ s = Cte = 33 cm
⇒ premier cadre à sinit/2 = 17 cm du nu de l’appui,
les suivants à espacements constants s = smax = 33 cm
Espacement résiduel autour du point d’effort tranchant nul = x = 13 cm.
Sur les plans d’exécution il n’est pas coté mais simplement noté x.

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236 | Exemples de calcul

Il doit être calculé ⇒ si x > smax l’espacement est coupé en deux par un cadre supplémen-
taire ; si x ≤ 4 cm environ, remplacer les deux cadres très rapprochés par un seul.

D.1.10 Conditions d’appui


Dans le cas de charges réparties, la vérification de la bielle d’appui a déjà été traitée par la
vérification que cotgq choisi convient.
La quantité d’acier à amener et ancrer sur l’appui peut être déterminée sur l’épure d’arrêt des
barres. Cependant, celle-ci exige un tracé précis et il est souvent plus simple de traiter ce point
par le calcul. C’est ce qui est proposé dans cet exemple (voir § B-III.4.4).

D.1.10.1 Appui A
Données
Vu,nu appui = 192 kN ; cotgq = 2,5 ⇒ cotgqbielle appui = 2,5/2 = 1,25

Section d’acier à amener et ancrer sur l’appui


En admettant par excès que la bielle d’appui est sollicitée par Vu,nu appui, c’est l’hypothèse du
traitement par l’arrêt des barres, on a :
As,cond. appui ≥ Vu,nu appui.cotgqbielle appui/fyd = 0,192 × 1,25/435
d’où : As,cond. appui ≥ 0,00055 m2 = 5,5 cm2

Section d’acier disponible sur l’appui


Il s’agit de 2 HA 20 = 6,28 cm2 ⇒ suffisant (c’est très généralement le cas tant que As amené
sur appui ≥ As,travée/2).
Cette section est même un peu excédentaire. Si on ancre ces aciers par crochet, on peut envi-
sager un ancrage partiel dans la proportion 5,5/6,28.

Ancrage de ces aciers


• Espace disponible bielle appui
L’ancrage débute à l’entrée de la barre dans la bielle
cnom
d’appui et peut se développer sur toute la profondeur Début ancrage
d’appui disponible en respectant l’enrobage requis.
Débord de la zone d’ancrage côté travée = (cpremier lit + f/2).cotgqbielle appui
= (cnom + fw + f/2).cotgqbielle appui = (2,5 + 0,8 + 2/2) × 1,25 = 5,5 cm
Retrait par rapport au parement = cnom = 2,5 cm
Donc : espace disponible pour l’ancrage = 30 cm – 2,5 cm + 5,5 cm = 33 cm
• Encombrement du crochet
Ancrage nominal : ,bd,eq,eff = 22 f = 22 × 2 = 44 cm ⇒ espace insuffisant.
Ancrage partiel : (voir § B-II.3.3.3.2 et B-II.3.3.4.2 et surtout le tableau du § E.1.1.5).
,bd,eq,eff = ,bd,nom.As, nécessaire/As,effectif – 18 f
= 40 × 2 cm × (5,5/6,28) – 18 × 2 cm ≈ 34 cm
> 6 f = 12 cm (pour laisser subsister toute la partie au-delà du début de la courbure)
Encombrement ancrage partiel ≈ 34 cm très légèrement supérieur à l’espace dispo-
nible = 33 cm,
mais déficit de l’ordre de l’incertitude d’exécution ≈ 1 cm ⇒ OK !

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Poteau en compression réputée centrée | 237

Si le déficit avait été plus grand, plusieurs solutions auraient été envisageables :
–– prendre en compte le décalage Acbielle appui ignoré dans ce premier calcul ;
–– si insuffisant, recalculer toute la poutre avec cotgq plus petit ;
–– sinon augmenter la profondeur de l’appui, pas toujours possible ;
–– ou encore développer une solution avec « bielles relevées » (voir {D-IV.8.1.3} ;
–– ou encore prévoir un crochet spécial avec une partie rectiligne après la courbure plus
longue ; attention il y a un vrai risque que la fabrication ignore cette particularité
demandée.

D.1.10.2 Appui B
C’est un appui intermédiaire.
Il y a de fortes chances qu’il n’y ait pas besoin d’aciers inférieurs sur l’appui. C’est ce qu’on
s’applique à vérifier en premier. La vérification la plus défavorable est celle qui est faite avec le
plus fort effort tranchant au nu de l’appui. Ici, c’est avec Vu,nu appui côté travée AB.
On a : As,cond. appui ≥ (Vu,nu appui.cotgqbielle appui – Mu,appui/z)/fyd avec z = 0,9 d
d’où : As,cond. appui ≥ [0,221 × 1,25 – 0,164/(0,9 × 0,445)]/435 < 0 ⇒ pas besoin d’aciers
inférieurs sur cet appui ⇒ la disposition choisie, illustrée sur la figure du § D.1.8.3, convient.

D.2 Poteau en compression réputée centrée


Il s’agit d’un poteau intérieur du niveau inférieur (sur fondations) d’un bâtiment d’habitation.
Le sol du niveau inférieur est un dallage sur hérisson, il n’a pas d’incidence sur la structure.
Il est schématisé ci-dessous.
Vue en plan
b = 30 cm

a = 20 cm

Élévation
D.2.1 Données
Nu = 520 kN
 = 2,28 m
 = 2,50 m

• Bâtiment d’habitation, durée d’utilisation = 50 ans,


2,50 m
conditions d’exposition XC1
• Béton C25/30, aciers S500 de classe de ductilité B
• Géométrie : voir ci-contre
0,18 m
• Comme tous les poteaux : calcul à l’ELU uniquement
Nu : voir ci-contre
0,40 m


 = 2,95 m

Pas d’action d’accompagnement ni accidentelle


// = 2,73 m


• Classe structurale S4 et enrobage nominal cnom = 25 mm 2,50 m
Nu = 700 kN

0,15 m
0,30 m

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238 | Exemples de calcul

D.2.2 Estimation de d’


d’
On suppose des aciers de diamètre f, ≈ 20 mm
d’ = cnom + encombrement aciers transversaux + f,/2 ≈ 25 + 10 + 20/2
d’
≈ 45 mm

D.2.3 Calcul des aciers longitudinaux


D.2.3.1 Longueur de flambement et élancement
Parallèlement à la poutre : ,// = hauteur de dessus de la fondation à dessous de la poutre
= 2,73 m.
Perpendiculairement : ,⊥ = hauteur de dessus de la fondation à dessous du plancher = 2,95 m.
En pied, ce poteau est encastré dans une fondation : c’est un bon encastrement dans les deux
directions.
En tête, il est encastré dans une poutre continue de part et d’autre.

D.2.3.1.1 Longueur de flambement


// à la poutre, le poteau est bien encastré en pied et en tête ⇒ ,0 // = 0,7 ,// = 0,7 × 2,73
= 1,91 m.
⊥ à la poutre, le poteau est mal encastré à au moins une de ses extrémités ⇒  ,0⊥ = ,⊥
= 2,95 m.

D.2.3.1.2 Élancement
// à la poutre : ,0 // = 1,91 m et h = 0,3 m
⇒ l// =  12 .  0 ≈ 3,5.  0 = 22,3 h // poutre
h h = 30 cm

⊥ à la poutre : ,0⊥ = 2,95 m et h = 0,2 m ⇒ l⊥ ≈ 3,5.  0 h  poutre


= 51,6 h = 20 cm

La situation la plus défavorable est perpendiculairement à la


poutre ⇒ calcul de As,mec nec dans ce cas.

D.2.3.2 Section requise pour les aciers longitudinaux As minimum et maximum


As,max = 0,04 Ac = 0,04 × 0,2 × 0,3 = 0,0024 m2 = 24 cm2
As,min = 0,1.Nu/fyd > 0,002 Ac  où 0,1.Nu/fyd = 0,1 × 0,700/435 = 0,00016 m2
et 0,002 Ac = 0,002 × 0,2 × 0,3 = 0,00012 m2 ⇒ As,min = 1,6 cm2

D.2.3.2.1 Calcul de As,mec nec dans la direction de flambement défavorable : ^ poutre


Le calcul se fait selon la formule du § C-IV.4.2.2.
Aciers S500 ⇒ fyk = 500 MPa ⇒ ks = 1
h < 50 cm ⇒ kh inconnu à l’avance ⇒ on n’arrive au résultat que par approximations
successives.

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Poteau en compression réputée centrée | 239

Dans le cas d’aciers S500, de béton C25/30 et d’ = 45 mm, le tableau du § E.1.4.4 permet


d’arriver directement au résultat.
Ses entrées sont : sc,moy = Nu/(a.b), l, h et d’. Le résultat est r = As,mec nec/(a.b)

Calcul proprement dit


Données
• sc,moy = 0,700 MN/(0,2 × 0,30) = 11,7 MPa ; l = 51,6 ; h = 20 cm ; d’ = 4,5 cm
Calcul avec le tableau du § E.1.4.4
• l = 50 ⇒ r = 0,00581.sc,moy – 0,0433
• l = 60 ⇒ r = 0,00686.sc,moy – 0,0433
• d’où l = 51,6 ⇒ r ≈ 0,00597.sc,moy – 0,0433
Pour sc,moy = 11,7 MPa, on en déduit r = 0,0265 ⇒ As,mec nec = r.a.b = 15,9 cm2

Vérification As,min ≤ As,mec nec ≤ As,max


1,6 cm2 ≤ 15,9 cm2 ≤ 24 cm2 ⇒ OK !

Section commerciale proposée


As = 4 HA 20 + 2 HA 16 = 16,7 cm2 4 HA 20
disposés comme schématisé ci-contre.
• Vérifications :
f, ≥ 8 mm : OK !
Distance entre barres ≤ min [a, 40 cm] : largement vérifié. 2 HA 16

D.2.3.2.2 Vérification dans l’autre direction


Voir la figure C-IV.4.1.
Dans cette autre direction, // poutre, les 2 HA 16 dont la valeur de d’ associée est > min [0,3 h ;
10 cm] ne peuvent être pris en compte dans le calcul. Étant ici exactement sur l’axe d’inertie,
ils sont même totalement inefficaces. La section As efficace est alors limitée aux 4 HA 20.
Est-ce suffisant ?
C’est suffisant si As,mec nec calculé dans cette direction ≤ 4 HA 20 = 12,6 cm2
La situation étant tellement plus favorable dans cette direction (l = 22,3 contre l = 51,6 dans
l’autre direction), on peut se douter que les 4 HA 20 suffiront largement.
Le calcul aboutit à As,mec nec = 6,5 cm2. Donc, les 4 HA 20 conviennent (même très
largement).

D.2.3.2.3 Synthèse aciers longitudinaux


Pour ce poteau : retenir 4 HA 20 + 2 HA 16 = 16,7 cm2 disposés comme montré plus haut.

D.2.4 Attentes
D.2.4.1 En pied de poteau
Dans le cas de ce poteau, il s’agit des attentes à disposer dans la fondation. Elles sont calculées
avec le poteau, mais sont en fait des aciers qui seront mis en place avec les fondations.

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240 | Exemples de calcul

Lorsque les aciers ne sont pas tous de même diamètre, les attentes sont calculées par référence
aux aciers les plus gros (ici les HA 20).
L’effort normal sollicitant le poteau au niveau des attentes est Nu ou NEd = 700 kN.
La liaison d’un poteau avec sa fondation est assimilée à un encastrement.
Alors, d’après le § C-IV.5.1.2.2 :
• Le coefficient a6 = 1,5 s’applique aux armatures As,pied calculées suivant le maximum de :
–– As,min = 0,1.NEd/fyd > 0,002 Ac (§ C-IV.4.1),
–– As calculé en tenant compte de l’excentricité du deuxième ordre : c’est As,mec nec.
• Dans le cas des attentes sur fondation, As,attentes est calé pour être égal à As,mec nec poteau
du haut ⇒ pas de possibilité de recouvrement partiel ⇒ pas de bénéfice à en attendre.
Donc : ,0 = 1,5 ,bd,nom = 1,5 × 40 f = 1,5 × 40 × 2 cm = 120 cm > ,0,min
(ici ,0 représente la longueur de recouvrement)
Enfin, conformément au § C-IV.5.2.3, pour tenir compte des incertitudes sur une fondation,
il convient de retenir : ,attentes ≈ ,0 + 10 cm ⇒ ici : ,attentes = 120 + 10 = 130 cm.

D.2.4.2 En tête de poteau


Les attentes à ce niveau appartiennent au poteau calculé et doivent permettre d’assurer la
continuité des aciers du poteau au-dessus.

Question : les 2 HA 16 sont-ils nécessaires à ce niveau ?


La réponse est apportée par le calcul de As,mec nec du poteau au-dessus. On trouve As,mec nec
= 4 HA 8.
Donc ici, assurer la continuité des quatre aciers des angles suffit. De plus, 4 HA 20 sont plus
que suffisants pour assurer la continuité de 4 HA 8.

Longueur des attentes


À ce niveau et dans la direction de flambement qui a conditionné le calcul, la liaison poteau-
structure est assimilée à une articulation. Alors, d’après le § C-IV.5.1.2.2 :
,attentes nécessaire = 1,5.,0,min = 1,5.max [15 f, ; 200 mm] = 1,5 × max [15 × 2 ; 20 cm]
= 45 cm
Vérification dans l’autre direction : bon encastrement ⇒ assurer la continuité de As,mec nec
qui, dans cette direction, est inférieur à 4 HA 8 ⇒ par recouvrement partiel :
,attentes nécessaire < ci-dessus ⇒ OK !
On est sur un plancher ⇒ d’après le § C-IV.5.2.3 : ,attentes = 45 cm + 5 cm = 50 cm

D.2.4.3 Longueur de coupe des aciers


• Les 4 HA 20 : longueur = , poteau sous plancher + h plancher + ,attentes = 2,95 + 0,18 + 0,50
= 3,63 m arrondi aux 5 cm les plus proches ⇒ longueur = 3,65 m
• Les 2 HA 16 : longueur = , poteau sous plancher + h plancher = 2,95 + 0,18 = 3,13 m
arrondi aux 5 cm inférieurs pour ne pas dépasser ⇒ longueur = 3,10 m

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Poteau en compression réputée centrée | 241

D.2.5 Aciers transversaux


D.2.5.1 Diamètre et tracé
• Diamètre : ft ≥ max [6 mm ; f,/4] = max [6 mm ; 5 mm] ⇒ ft = 6 mm
• Tracé
Tenir tous les aciers des angles ⇒ un cadre périphérique. 4 HA 20
Faut-il une épingle pour tenir les 2 HA 16 ?
Ils sont le long d’une face.
Distance à un acier tenu = [b – 2.(cnom + f,/2)]/2
= 9,5 cm ≤ 15 cm ⇒ pas besoin d’ajouter une
épingle. 2 HA 16
Donc, chaque cours d’aciers transversaux = un cadre péri- Cadre HA 6
phérique ft = 6 mm

D.2.5.2 Disposition des aciers transversaux


Espacement s en zone courante
s ≤ min [20 f,,min ; 40 cm ; a (petit côté du poteau)] ≤ min
[32 cm ; 40 cm ; 20 cm] ⇒ s = 20 cm

Espacement sextrémités en tête et en pied Plancher


et poutre
Sur la longueur b = 30 cm : sextrémités ≤ 0,6 s = 0,6 × 20
3 cadres
= 12 cm s = 12 cm
3,50 m

⇒ sur 30 cm : 30/12 = 2,5 espacements ⇒ trois cadres 2 HA 16


3,10 m

espacés de 12 cm 4 HA 20
2,70 m

Espacement sattentes sur la longueur des attentes s = 20 cm

Seule est à considérer la couture des attentes en pied. (La


couture des attentes en tête est assurée par les cadres du
poteau au-dessus.)
 2 cm

3 cadres
Si f, > 14 mm : il faut au moins trois cadres sur la longueur s = 12 cm
des attentes.
Aciers HA 16 et surtout HA 20 ⇒ f, > 14 mm Fondation

La longueur d’attente minimum envisageable sur le terrain est dans le cas où toutes les incer-
titudes jouent dans le sens d’un raccourcissement. Cette longueur est ,attente nécessaire = 120 cm
Compte tenu de cette longueur d’attentes, il y a assurément trois cadres pour coudre le
recouvrement.
Pas de cadre à moins de 2 cm des extrémités de la zone de recouvrement ou de l’extrémité des
barres longitudinales.

Le travail du calculateur doit se terminer par un croquis tel que celui ci-dessus précisant tous
les éléments constructifs.

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242 | Exemples de calcul

D.3 Fondation sous un poteau en compression


centrée
Il s’agit de la fondation sous le poteau du § D.2 précédent.
Elle est schématisée ci-dessous.

D.3.1 Données

Nu = 700 kN
• Fondation en compression centrée
• Section du poteau à supporter : a.b = 20 × 30 cm2
0,15 m
• Effort descendu par ce poteau : Nu = 700 kN
0,30 m
• Capacité portante du sol support sRd,gd = 0,2 MPa
h
• Enrobage cnom = 40 mm

D.3.2 Dimensions en plan a’ et b’


• Le poteau est presque carré : b – a ≤ 10 cm environ
Alors on préfère une semelle carrée.
a = 20 cm
a’
• Aire brute = Nu/sRd,gd = 0,700/0,2 = 3,5 m2
• Dimensions : a’ = b’ =  3,5 = 1,87 m
ajouter 5 cm et arrondir aux 10 cm les plus proches b = 30 cm
d’où a’ = b’ = 1,87 + 5 = 1,92 m arrondi à 1,90 m
Voir § C-VI.3.1.2.
b’

D.3.3 Hauteur utile d et hauteur totale h


Débord maximum
Il est dans la direction a et vaut (a’ – a)/2 = (1,90 – 0,20)/2 = 0,85 m

Première approximation de la hauteur utile


d ≥ débord/2 = 0,85/2 ≈ 0,43 m

Hauteur totale
Cette fondation étant armée par les mêmes aciers dans les deux directions, il faut considérer
la valeur h – d la plus défavorable, c’est-à-dire celle relative à la nappe supérieure d’aciers de
renfort. On a alors (voir § C-VI.3.3.2) : h – d = 6 à 7 cm (7 cm avec des aciers f = 20 mm,
6 cm avec des aciers plus fins).
Avec l’expérience, dans cette fondation, on peut pressentir f largement < 20 mm ⇒ h – d
≈ 6 cm
Donc : h ≈ 43 + 6 = 49 cm arrondi à h = 50 cm ⇒ d ≈ 50 – 6 = 44 cm

Vérification en incluant le poids de la fondation


Poids de la fondation = 1,90 m × 1,90 m × 0,5 m × 24 kN/m3 = 43 kN

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Fondation sous un poteau en compression centrée | 243

Nu incluant le poids de la fondation = 700 + 43 = 743 kN


Aire de fondation nécessaire = 0,743/0,2 = 3,72 m2.
L’aire initialement envisagée, 1,90 m × 1,90 m = 3,6 m2 est en déficit de 3 %.
La connaissance des caractéristiques du sol de fondation, dont la valeur de sRd,gd, est enta-
chée d’une incertitude beaucoup plus grande que celle frappant les matériaux du béton armé.
De ce fait, l’auteur considère raisonnable d’admettre une incertitude, donc un déficit accep-
table atteignant 4 à 5 % pour les calculs intégrant sRd,gd.
Avec un déficit de 3 %, l’aire de fondation initialement envisagée, 1,90 m × 1,90 m = 3,6 m2,
convient.

D.3.4 Aciers à mettre en place dans les deux directions


D.3.4.1 Section d’acier nécessaire dans les deux directions et vérifications

Calcul de la section nécessaire


a’ – a 1 1,9 – 0,2 1
As = Nu. . = 0,743 ×  . = 0,00082 m2 = 8,2 cm2
8d f yd 8 × 0,44 435
Ordre de grandeur. § E.2.4.2
As (cm2) ≈ 1,15 % de Nu (kN) = 8,4 cm2
Ce résultat est en excès par rapport au calcul exact, car ici : d réel > débord/2

Nombre de barres possible


Espacement maximum entre barres : smax ≤ 2 h ≤ 25 cm ⇒ smax = 25 cm
Nombre de barres dans chaque direction ≥ a’/smax = b’/smax = 190/25 = 7,6 ⇒ ≥ huit barres

D.3.4.2 Aciers commerciaux, disposition et arrêt


Proposition
La proposition la plus évidente est 8 HA 12 = 9,04 cm2
Si, par souci d’économie, on souhaite arrêter une barre sur deux, il faut conserver un ferraillage
symétrique. Il convient alors d’avoir une barre longue le long de chaque bord de la fondation
⇒ un nombre impair de barres s’impose.
Dans ce cas il faut viser neuf barres : cinq longues et quatre courtes.
Choix proposés :
–– 9 HA 12 = 10,2 cm2 ⇒ forte surconsommation d’acier ;
–– 5 HA 12 (barres longues) + 4 HA 10 (barres courtes) = 8,79 cm2 ⇒ OK !

Vérification de d
dréel = h – cnom – f – f /2 = h – 5,8 cm ≈ h – 6 cm pris en compte dans les calculs ⇒ OK !

Disposition et arrêt des barres


• Distance entre barres = b’/nombre de barres = 190/9 = 21 cm
Il faut compter ici autant d’espacements que de barres, car les barres extérieures sont
placées à un demi-espacement des bords de la fondation.

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244 | Exemples de calcul

• Barres non arrêtées (barres longues)


Ce sont des HA 12 ⇒ ,bd ≈ 40 f = 48 cm
La fondation n’est pas homothétique du poteau (voir fin du § C-VI.3.3.4) ⇒ pas de
crochet si ,bd ≤ 0,8.b’/8 = 0,8 × 190/8 = 19 cm
,bd = 48 cm > 0,8.b’/8 = 19 cm ⇒  ancrer les barres non arrêtées par crochet (ce qui est
conforme à la proposition de l’auteur).
Longueur d’encombrement de ces barres = b’ – 2.cnom = 1,90 – 2 × 0,04 = 182 m
Il s’agit bien de la longueur d’encombrement. C’est le responsable du ferraillage (et du
prix) qui, sur ces bases, calculera la longueur développée.
• Barres arrêtées (barres courtes)
L’arrêt proposé sur la figure C-VI.3.2 pour deux « lits » égaux, est du côté de la sécurité
lorsque il est, comme ici, appliqué à un deuxième lit de section < As/2.
Ce deuxième « lit » est constitué par les HA 10 ⇒ ,bd ≈ 40 f = 40 cm
Pour ces barres aussi : fondation non homothétique du poteau ⇒ avant prise en compte
de ,bd, viser d’arrêter ces barres à la distance 0,8 × 0,15 b’ = 0,8 × 1,5 × 190 = 23 cm du
bord de la fondation.
En fait : ,bd = 40 cm > 0,18 b’ = 0,18 × 190 = 34 cm ⇒ allonger ces barres de 40 – 34
= 6 cm
Donc, les barres courtes sont arrêtées à 23 – 6 = 17 cm du bord de la fondation.
Leur longueur de coupe est 1,90 – (2 × 0,17) = 1,56 m arrondi à 1,60 m

Ferraillage retenu
5 HA 12

4 HA 10
1,82 m

1,60 m

1,90 m

1,90 m

Même ferraillage
dans les deux directions

D.3.5 Attentes
Les aciers en attente sont constitués comme illustré ci-dessous.
La longueur d’attente nécessaire au-dessus de la fondation a été traitée au § D.2.4.1, sa valeur
est ,attente = 130 cm.
Longueur de la partie verticale des aciers constituant ces attentes = d + ,attente = 44 + 130
= 174 cm ⇒ 175 cm
La liaison fondation-poteau est assimilée à un encastrement et (voir Nota commentant la
figure C-VI.2.2.1) l’ancrage dans la fondation des barres en attente doit être total. Il comprend
un retour horizontal et on doit avoir : longueur verticale à l’intérieur de la fondation
+ longueur du retour horizontal = ,bd,nom

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Fondation sous un poteau en compression centrée | 245

Longueur verticale ≈ d = 44 cm 20 cm


Pour les HA 20 : ,bd,nom = 40 f = 80 cm ⇒ retour hori-
zontal = 80 – 44 = 36 cm arrondi à 35 cm

m
35 c
Pour les HA 16 : ,bd,nom = 40 f = 64 cm ⇒ retour hori-
zontal = 64 – 44 = 20 cm
De plus, la longueur de ces retours doit être suffisante pour
que le pied ainsi constitué ne passe pas à travers les mailles 4 HA 20
du ferraillage principal de la fondation. Ici l’ouverture des 2 HA 16

175 cm
mailles est de 21 cm ⇒ le retour horizontal de 35 cm des
HA 20 assure un pied approprié. Cadres
de montage
Enfin, cet ensemble est assemblé par quelques cadres (deux
ou trois) en un groupe indissociable facilitant sa manuten-
tion et sa mise en place.

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Partie E

Aides au calcul
et ordres de grandeur

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E.1 Aides au calcul

E.1.1 Données des matériaux et ancrages


E.1.1.1 Tableaux des sections d’acier

Tableau des sections d’acier en barres.

Section (cm2)

Nombre de barres

f (mm) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

6 0,283 0,566 0,849 1,13 1,42 1,70 1,98 2,26 2,55 2,83
8 0,503 1,01 1,51 2,01 2,52 3,02 3,52 4,02 4,53 5,03
10 0,785 1,57 2,36 3,14 3,93 4,71 5,50 6,28 7,07 7,85
12 1,13 2,26 3,39 4,52 5,65 6,78 7,91 9,04 10,2 11,3
14 1,54 3,08 4,62 6,16 7,70 9,24 10,8 12,3 13,9 15,4
16 2,01 4,02 6,03 8,04 10,1 12,1 14,1 16,1 18,1 20,1
20 3,14 6,28 9,42 12,6 15,7 18,8 22,0 25,1 28,3 31,4
25 4,91 9,82 14,7 19,6 24,6 29,5 34,4 39,3 44,2 49,1
32 8,04 16,1 24,1 32,2 40,2 48,2 56,3 64,3 72,4 80,4
40 12,6 25,2 37,8 50,4 63,0 75,6 88,2 101 113 126
En gris : diamètres dont l’usage est autant que possible évité en bâtiments courants.

E.1.1.2 Tableau des treillis soudés (TS)


Le tableau proposé ci-dessous regroupe la totalité des treillis soudée (TS) « sur stock » norma-
lisés distribués en France.
Il est gracieusement mis à disposition par l’ADETS (Association technique pour le dévelop-
pement de l’emploi du treillis soudé). Il comprend deux volets :
• Les treillis « de surface » couramment appelés « antifissuration » (appellation rappelée dans
leur désignation : RAF ou PAF). Ils sont en rouleaux, à l’exception du panneau « PAF V »
calibré pour constituer l’armature de peau des murs banchés extérieurs (voir § C-V.2.4,
figure C-V.2.3).
• Les treillis « de structure » destinés à constituer l’armature résistante des dalles et autres
éléments plans. Ils sont exclusivement en panneaux.

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250 | Aides au calcul et ordres de grandeur

PRODUITS STANDARDISÉS SUR STOCK - Caractéristiques nominales – Fiche technique n° 16 - 2010

TREILLIS SOUDÉS DE SURFACE (NF A 35-024)

Section Abouts Nombre Longueur Masse Surface Masse


de fils Largeur nominale 1 rouleau 1 rouleau
Désignation
S S E D AV AR N L ou ou Colisage
ADETS
s e d ad ag n l 1 panneau 1 panneau
cm²/m cm²/m mm mm mm/mm m Kg/m² m² kg
® 0,80 200 4,5 100/100 12 50,00*
RAF R 0,80 1,043 120,00 125,10 1
0,53 300 4,5 100/100 167 2,40
® 0,80 200 4,5 150/150 12 3,60
PAF R 0,80 1,042 8,64 9,00 100
0,53 300 4,5 100/100 12 2,40
® 0,80 200 4,5 100/100 12 40,00*
RAF C 0,80 1,250 96,00 120,00 1
0,80 200 4,5 100/100 200 2,40
® 0,80 200 4,5 100/100 12 3,60
PAF C 0,80 1,250 8,64 10,80 100
0,80 200 4,5 100/100 18 2,40

0,80 200 4,5 135/25 12


®
PAF V 0,99 0,99 160 4,5 100/100 16 7,68 9,60 100

2400
135 2240 800 25
3200

*Rouleaux : diamètre extérieur minimum autorisé = 500 mm.

TREILLIS SOUDÉS DE STRUCTURE (NF A 35-016-2 ou NF A 35-019-2)

Section Abouts Nombre Longueur Masse Surface Masse


de fils Largeur nominale 1 panneau 1 panneau
Désignation
S S E D AV AR N L Colisage
ADETS
s e d ad ag n l
cm²/m cm²/m mm mm mm/mm m Kg/m² m² kg
® 1,19 200 5,5 100/100 12 4,80
ST 10 1,19 1,870 11,52 21,54 50 ou 80
1,19 200 5,5 100/100 24 2,40
® 1,89 150 6 150/150 16 6,00
ST 20 1,89 2,487 14,40 35,81 40
1,28 300 7 75/75 20 2,40
® 2,57 150 7 150/150 16 6,00
ST 25 2,57 3,020 14,40 43,49 40
1,28 300 7 75/75 20 2,40
® 2,83 100 6 150/150 24 6,00
ST 30 2,83 3,226 14,40 46,46 30
1,28 300 7 50/50 20 2,40
® 3,85 100 7 150/150 24 6,00
ST 35 3,85 4,026 14,40 57,98 30
1,28 300 7 50/50 20 2,40
® 5,03 100 8 150/150 24 6,00
ST 50 5,03 5,267 14,40 75,84 20
1,68 300 8 50/50 20 2,40
® 6,36 100 9 125/125 24 6,00
*ST 60 6,36 6,986 14,40 100,60 16
2,54 250 9 50/50 24 2,40
® 1,42 200 6 100/100 12 4,00
ST 15 C 1,42 2,220 9,60 21,31 70
1,42 200 6 100/100 20 2,40
® 2,57 150 7 75/75 16 6,00
ST 25 C 2,57 4,026 14,40 57,98 30
2,57 150 7 75/75 40 2,40
® 2,57 150 7 75/75 16 3,00
ST 25 CS 2,57 4,026 7,20 28,99 40
2,57 150 7 75/75 20 2,40
® 3,85 100 7 50/50 24 6,00
ST 40 C 3,85 6,040 14,40 86,98 20
3,85 100 7 50/50 60 2,40
® 5,03 100 8 50/50 24 6,00
ST 50 C 5,03 7,900 14,40 113,76 15
5,03 100 8 50/50 60 2,40
© ADETS

® 6,36 100 9 50/50 24 6,00


ST 65 C 6,36 9,980 14,40 143,71 10
6,36 100 9 50/50 60 2,40
*L’ancien ST 60 diamètres 9 x 8 mm, mailles 100 x 200 mm peut encore être produit temporairement dans les DOM-TOM.

Chaque colis est fermé par des liens qui ne sont en aucun cas prévus pour la manutention

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Aides au calcul | 251

E.1.1.3 Aciers : diagramme déformation-contrainte de calcul


Diagramme déformation-contrainte de calcul
|σs| aciers S500, classe de ductilité B, option a
(MPa) ELU, actions courantes

600 Équation
σs = 433 + 0,724 εs‰
500
fyd
400
fyd = 435 MPa fsd,max = 466 MPa
300 εyd = 2,17 ‰ εud = 45 ‰
200

100 Pente = Es = 200 GPa

5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 |εs| (‰)

E.1.1.4 Béton : valeurs fréquemment utilisées


Classe du béton C25/30 C30/37 C35/45
fcd (MPa) 16,7 20,0 23,3
fctd (fractile 5 %) (MPa) 1,2 1,3 1,5
fctm (MPa) 2,6 2,9 3,2
Ecm (GPa) 31 33 34

E.1.1.5 Ancrages
Ancrage des aciers S500 HA

Ancrages nominaux
Béton C25/30 C30/37 C35/45
Ancrages droits bd,nom 40 f 36 f 33 f
Ancrages courbes (géométrie proposée b2 et
hb b1
par l’auteur) b,eq,eff

10φ
10φ

φm = b2 ≈ 22 f ≈ 18 f ≈ 15 f


hb
Coudes b1 ≈ 21 f ≈ 18 f
b2
b,eq,eff b,eq,eff ≈ 28 f ≈ 24 f ≈ 21 f
10
φ

b2 ≈ 16 f ≈ 12 f ≈ 9 f


10 φ
φm =
Crochets hb ≈ 16 f ≈ 24 f
b1
b,eq,eff ≈ 22 f ≈ 18 f ≈ 15 f
b2
b,eq,eff

Ancrages courbes partiels

Coude ,bd,eq,eff = ,bd,nom.Fs/Fs,nom – 12 f ≥ 6 f


Effort sollicitant Fs < effort nominal Fs,nom
Crochet ,bd,eq,eff = ,bd,nom.Fs/Fs,nom – 18 f ≥ 6 f

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252 | Aides au calcul et ordres de grandeur

E.1.2 Construction des diagrammes M et V


Voir § C-II.3

E.1.3 Diagrammes enveloppes et arrêt des aciers forfaitaires


Voir § C-II.6.2.1 et C-II.6.3.

E.1.4 Calculs : tableaux, formules et valeurs limites


E.1.4.1 Calculs en flexion
La construction et la justification des outils proposés sont détaillées en {G.3.1}.

E.1.4.1.1 Domaine d’application


• Sections rectangulaires en flexion simple sans aciers comprimés.
• Classe du béton : indifférente.
• Aciers : S500, classe de ductilité B, option a.

E.1.4.1.2 Suite de calculs µu ⇒ a ⇒ b ⇒ es ⇒ ss


Le tableau proposé est un recueil de résultats pré-calculés. On y entre par l’une des valeurs
tabulées, par exemple la valeur de µu, et on lit sur la même ligne les valeurs correspondantes
de a, b, es, ss. L’intervalle entre deux lignes a été choisi pour que l’erreur induite en travaillant
dans la ligne la plus proche, sans interpolation, soit acceptable.

Calcul des sections rectangulaires sans aciers comprimés en flexion simple ou composée
Diagramme Rectangle, aciers S500, classe de ductilité B, option a
mu a = x/d b = zc/d es ‰ ss Mpa
Pivot A 0,04 0,051 0,980 45,0 466
0,05 0,064 0,974 45,0 466
0,055 0,071 0,972 45,0 466

Pivot B mu a = x/d b = zc/d es ‰ ss Mpa mu a = x/d b = zc/d es ‰ ss Mpa


0,06 0,077 0,969 41,7 463 0,18 0,250 0,900 10,5 441
0,07 0,091 0,964 35,0 458 0,20 0,282 0,887 8,9 439
0,08 0,104 0,958 30,0 455 0,22 0,315 0,874 7,6 439
0,09 0,118 0,953 26,1 452 0,24 0,349 0,861 6,5 438
0,10 0,132 0,947 23,0 450 0,26 0,384 0,846 5,6 437

0,11 0,146 0,942 20,5 448 0,28 0,421 0,832 4,8 436
0,12 0,160 0,936 18,3 446 0,30 0,459 0,816 4,1 436
0,13 0,175 0,930 16,5 445 0,32 0,500 0,800 3,5 436
0,14 0,189 0,924 15,0 444 0,34 0,543 0,783 2,9 435
0,15 0,204 0,918 13,6 443 0,36 0,589 0,765 2,4 435
0,16 0,216 0,912 12,5 442 0,37 0,613 0,755 2,2 435
En gris : hors du domaine des calculs pratiques car µu > divers µu,limite.

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Aides au calcul | 253

E.1.4.1.3 Calcul rapide quasi exact de As,u


Pour les sections rectangulaires en flexion simple sans aciers comprimés, aciers S500 de classe
de ductilité B et option a, quelle que soit la classe du béton :
M
Dans le domaine 0,04 ≤ µu ≤ 0,37 : As,u quasi exact = ( u /fyd).(µu + 0,81)
0,9d
E.1.4.2 Limites prévenant une flèche excessive en flexion simple
As
On peut entrer dans ce tableau au choix par   ρ = ou par µu calculés sur la nervure seule.
b.d
Valeurs limites de ,eff/d dispensant du calcul de la flèche
As
(entrer dans le tableau au choix par ρ = ou par µu calculés sur la nervure seule)
b.d

Flexion simple Poutres Dalles (AF)

(AF) (AF)
r = r = r ª r ª r ª
1,5 % 0,5 % 0,41 % 0,36 % 0,26 %

Système structural ⇒ valeur de K K Béton mu ª mu ª mu ª mu ª mu ª

C25/30 0,310 0,124 0,104 0,093 0,069

C30/37 0,269 0,106 0,088 0,078 0,058

C35/45 0,237 0,092 0,077 0,068 0,050

Valeurs limites de eff/d

Travées isolées sur appuis simples : poutres ou C25/30 14 18 22 25 40


dalles portant dans une seule direction
1,0 C30/37 14 20 25 30 49
C35/45 15 23 29 35 58
Travée de rive d’une poutre ou dalle continue ou C25/30 18 23 28 32 52
dalle continue le long d’un grand côté et portant
1,3 C30/37 18 26 30 35 44
dans les deux directions
C35/45 19 30 38 46 76
Travée intermédiaire d’une poutre ou dalle C25/30 20 27 33 38 60
portant dans une ou deux directions
1,5 C30/37 20 30 35 40 73
C35/45 22 34 44 53 88
Consoles : poutre ou dalle portant dans une C25/30 6 7 9 10 16
direction
0,4 C30/37 6 8 10 12 19
C35/45 6 9 12 14 23
Si ,eff > 7 m, multiplier la valeur de ,eff/d par 7/,eff (avec ,eff en m).
Pour les valeurs de r ou µu intermédiaires entre les valeurs ci-dessus : interpoler linéairement.

E.1.4.3 Valeurs de µu,limite


Avec des aciers S500 de classe de ductilité B option a,
le domaine réglementaire est confiné dans les limites ci-dessous.
environ 0,04 ≤ µu ≤ environ 0,24
(non-fragilité) (limitation ELS)

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254 | Aides au calcul et ordres de grandeur

Pour plus de détail


Limitation ELS
Non-fragilité
Pratiquement limitée à sc,ser,qp ≤ 0,45.fck

Classe d’exposition
mu,limite,frag gqp= Mu/ 1,6 1,8 2,0
et béton associé Mser,qp

XC1 à XC4 C25/30 0,042 mu,limite,scqp 0,201 0,241 0,282

XS1 C30/37 0,040 mu,limite,scqp 0,212 0,253 0,296

XS3 C35/45 0,038 mu,limite,scqp 0,223 0,253 0,309

Limites pour une ductilité suffisante et pour permettre une redistribution des moments
• En travée (proposition de l’auteur) : si possible, éviter µu,travée >  0,295 et préférer 
µu,travée ≤ 0,24 environ
• Sur appui avec redistribution forfaitaire : µu,appui ≤ 0,18

E.1.4.4 Calcul des poteaux en compression réputée centrée


Lorsque h ≤ 50 cm ou D ≤ 50 cm un tableau de calcul est utile.
Il faut un tableau différent pour chaque trio fcd, fyd et d’.

Poteaux en compression réputée centrée : relation entre r, sc,moy et h £ 50 cm


Cas de béton C25/30, aciers S500 et d’ ª 45 mm

r = f (sc,moy en Mpa)

h l = 35 l = 40 l = 50

20 cm r = 0,00464 sc,moy – 0,0433 r = 0,00499 sc,moy – 0,0433 r = 0,00581 sc,moy – 0,0433


25 cm r = 0,00441 sc,moy – 0,0423 r = 0,00473 sc,moy – 0,0423 r = 0,00551 sc,moy – 0,0423
30 cm r = 0,00422 sc,moy – 0,0416 r = 0,00453 sc,moy – 0,0416 r = 0,00528 sc,moy – 0,0416
35 cm r = 0,00406 sc,moy – 0,0411 r = 0,00436 sc,moy – 0,0411 r = 0,00508 sc,moy – 0,0411
40 cm r = 0,00392 sc,moy – 0,0407 r = 0,00421 sc,moy – 0,0407 r = 0,00491 sc,moy – 0,0407
45 cm r = 0,00380 sc,moy – 0,0405 r = 0,00408 sc,moy – 0,0405 r = 0,00475 sc,moy – 0,0405
50 cm r = 0,00368 sc,moy – 0,0402 r = 0,00396 sc,moy – 0,0402 r = 0,00461 sc,moy – 0,0402
r = f (sc,moy en Mpa)

h r = 60 r = 70 r = 86

20 cm r = 0,00686 sc,moy – 0,0433 r = 0,00838 sc,moy – 0,0433 r = 0,0110 sc,moy – 0,0433


25 cm r = 0,00651 sc,moy – 0,0423 r = 0,00795 sc,moy – 0,0423 r = 0,0104 sc,moy – 0,0423
30 cm r = 0,00623 sc,moy – 0,0416 r = 0,00761 sc,moy – 0,0416 r = 0,00995 sc,moy – 0,0416
35 cm r = 0,00699 sc,moy – 0,0411 r = 0,00732 sc,moy – 0,0411 r = 0,00957 sc,moy – 0,0411
40 cm r = 0,00579 sc,moy – 0,0407 r = 0,00707 sc,moy – 0,0407 r = 0,00924 sc,moy – 0,0407
45 cm r = 0,00561 sc,moy – 0,0405 r = 0,00685 sc,moy – 0,0405 r = 0,00895 sc,moy – 0,0405
50 cm r = 0,00544 sc,moy – 0,0402 r = 0,00664 sc,moy – 0,0402 r = 0,00868 sc,moy – 0,0402

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Ordres de grandeur | 255

Comment construire un tableau pour un autre trio fcd , fyd et d’ ?


La relation r = f (sc,moy) est indépendante de la largeur b du poteau.
• Pour chaque couple de valeurs de h et l et une valeur quelconque de b (car le résultat est
indépendant de b) :
–– choisir deux valeurs de r (par exemple, les valeurs minimum et maximum autori-
sées : 0,002 et 0,04) puis en tirer les deux valeurs de As correspondantes ;
–– alors, par la formule du § C-IV.4.2.1 calculer les valeurs de NRd et sc,moy associées.
• Enfin, des deux couples r et sc,moy obtenus ci-dessus, tirer l’équation de la relation linéaire 
r = f (sc,moy) correspondant au couple h et l considéré.
Nota
En testant plusieurs valeurs de b et quelques valeurs intermédiaires de r, on peut vérifier
qu’effectivement :
–– le résultat est indépendant de b ;
–– la relation r = f (sc,moy) est linéaire.

E.2 Ordres de grandeur


L’objectif est de mettre le calculateur en mesure d’appliquer le précepte de Robert L’Hermite :
« Si le résultat d’un calcul n’est pas conforme à ce que vous indique votre bon sens, recommencez le
calcul, c’est probablement lui qui est faux. »
Ce chapitre propose des repères, des valeurs de référence et des modes de calcul approché
permettant d’estimer rapidement l’ordre de grandeur du résultat visé, si possible de tête.
Ensuite, c’est par la pratique des calculs approchés et l’expérience que le bon sens s’étoffe et
s’affirme.

E.2.1 Quelques repères


E.2.1.1 Prédimensionnement
Valeurs reprises du § C-I.4.8.2.

Prédimensionnement pour les cas courants

Dalles de planchers ,n ≤ 4,5 m h ≈ ,n/30


4,5 m ≤ ,n ≤ 7 m h ≈ ,n/25
Poutres Largeur b = largeur du poteau sur lequel elle s’appuie.
h ≈ n/10
n

n,max/15 ≤ h ≤ n,max/12
n n n

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E.2.1.2 Descente des charges


E.2.1.2.1 Poids unitaires
• Béton armé = 25 kN/m3 ⇒ 0,25 kN/cm d’épaisseur ⇒ 450 kN/m2 pour une dalle de
18 cm d’épaisseur.
• Murs en blocs béton creux ou brique creuse, y compris enduit et éventuelle isolation :
≈ 0,15 kN/cm d’épaisseur.
• Escaliers en béton armé : poids = celui d’une dalle pleine horizontale de 23 à 25 cm
d’épaisseur.

E.2.1.2.2 Pondération des actions


1,35 G + 1,5 Q ≈ 1,4.(G + Q)

E.2.1.2.3 Ordres de grandeur pour la descente des charges des bâtiments d’habitation
ou de bureau
• Charges sur les fondations des poteaux : estimées en comptant pour chaque niveau, y
compris le niveau de toiture : 1,35 G + 1,5 Q ≈ 10 kN/m2
• Charges sur les fondations filantes : rajouter (1,35 × poids des murs concernés).
• Charges à des niveaux intermédiaires : transposer les indications ci-dessus.

E.2.1.3 Section des aciers commerciaux


E.2.1.3.1 Support à la mémorisation
• Section d’un acier = As = pf2/4.
En corolaire, multiplier ou diviser f par 2 ⇒ As multiplié ou divisé par 22= 4
Il s’ensuit :
1 HA 20 ⇒ f = 2 cm ⇒ As = p × 22/4 = p
1 HA 10 ⇒ f = 2/2 cm ⇒ As = p/4
• Il faut retenir la section de 1 HA 8, l’acier de très nombreux aciers transversaux :
1 HA 8 ⇒ As = 0,5 cm2
En corolaire : 1 HA 16 ⇒ As = As,HA 8 × 4 = 0,5 × 4 = 2 cm2
• Pour combler les trous de la liste des aciers : noter ce qui suit.
Les diamètres commerciaux sont échelonnés selon une série géométrique de raison 2 .
L’arrondi de chaque diamètre commercial à un nombre entier de mm apporte quelques
écarts par rapport à la série théorique.
Donc, passer au diamètre commercial suivant ⇒ As multipliée par environ 2  ≈ 1,5
Ainsi : 1 HA 10 ⇒ As ≈ As,HA 8 × 1,5 = 0,5 × 1,5 = 0,75 cm2 (comparé à As exact = 0,785 cm2)

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E.2.1.3.2 Tableau des valeurs ainsi mémorisables


f As exact As approché

6 mm 0,28 cm2 ≈ 0,3 cm2


8 mm 0,50 cm2 = 0,5 cm2
10 mm 0,78 cm2 = p/4 ≈ 0,75 cm2
12 mm 1,13 cm2 ≈ 1,1 cm2
14 mm 1,54 cm2 ≈ 1,5 cm2
16 mm 2,01 cm2 = 2 cm2
20 mm 3,14 cm2 = p ≈ 3 cm2
25 mm 4,91 cm2 ≈ 5 cm2

E.2.1.4 Ancrages d’aciers S500 HA


• Ancrages droits
Béton C25/30 C30/37 C35/45

Bonnes conditions d’adhérence : ,bd = ,bd,nom ≈ 40 f ≈ 36 f ≈ 33 f


Mauvaises conditions d’adhérence : ,bd = 1,4.,bd,nom ≈ 56 f ≈ 50 f ≈ 46 f

• Ancrages courbes : voir le tableau du § E.1.1.5.

E.2.2 Calculs de RDM et arrêt des barres : valeurs approchées


E.2.2.1 Calcul de M0 = p ,2/8
Concerne les travées isolées et constitue une donnée de base pour les travées continues.
Pour les portées courantes en bâtiments, de 3 à 7 m, poser le calcul sous la forme p × (,2/8).
Pour , = 4 m, une portée très courante, on a : ,2/8 = 42/8 = 16/8 = 2
Le tableau ci-dessous traite l’ensemble des portées considérées.
Calcul approché de 2/8
 2/8 exact 2/8 approché

3 m 9/8 = 1,125 > 8/8 ≈ 1,1


3,5 m Interpolé ≈ 1,5
4 m 16/8 = 2 = 2
4,5 m Interpolé ≈ 2,5
5 m 25/8 = 3,125 ≈ 24/8 = 3
6 m 36/8 = 4,5 = 4,5
7 m 49/8 = 6,125 ≈ 48/8 = 6

E.2.2.2 Travées continues


Redistribution forfaitaire ⇒ pour les diagrammes enveloppes M et V, voir § C-II.6.2.1.

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E.2.2.3 Arrêt des barres


Voir § C-II.6.3.

E.2.3 Calcul béton armé des éléments fléchis


Les propositions ci-dessous couvrent les cas les plus courants en bâtiments. Dans les autres
cas, elles doivent être adaptées.

Hypothèses
• Béton C25/30 et aciers HA S500, classe de ductilité B, option a.
• Classe d’environnement XC1 ⇒ cnom = 25 mm, charges réparties.

E.2.3.1 Hauteur utile d


• Formule générale (très approximative) : d ≈ 0,9 h
• Plus précisément, en classe d’environnement XC1 ⇒ cnom = 25 mm
–– Poutres avec As en deux lits : d ≈ h – 5,5 cm (voir § B-II.5.1.2)
–– Dalles armées avec du treillis soudé (TS) (voir § C-III.4.2.1.1) :
Aciers inférieurs avec « enrobage compact » 
en deux lits : d ≈ h – 3,5 cm
en un lit : d ≈ h – 2,5 cm
Aciers en chapeau (pas d’enrobage compact)
en deux lits : d ≈ h – 4 cm
en un lit : d ≈ h – 3 cm

E.2.3.2 Aciers longitudinaux


Poutres rectangulaires ou en Té, sans ou avec aciers comprimés.
• Aciers tendus
A’s
Mu (kN.m)
Poutres courantes : As(cm2) ≈  .2,5 d
h
d(cm) As
Poutre en Té ou µu < 0,10 environ : As ci-dessus – 10 %
• Si aciers comprimés : µu > µu,limite
µ u – µ u,limite
Approximation (souvent sous-estimée) : A’s ≈ As.
µu
Poutres en Té avec table symétrique
Béton C25/30 ⇒ pas besoin d’aciers spécifiques de liaison table-nervure tant que :
2,9. d.h f ≥ 0,5
pu . eff

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E.2.3.3 Aciers transversaux


Hypothèse complémentaire : h ≈ ,n/10, cotgq = 2,5
Pour les autres cas, les formules doivent être adaptées.

E.2.3.3.1 Choix de fw
• d ≤ 35 cm environ ⇒ fw = 6 mm
• d ≤ 45 cm environ ⇒ fw = 8 mm
• d ≤ 65 cm environ ⇒ fw = 10 mm
• d ≤ 85 cm environ ⇒ fw = 12 mm
• …

E.2.3.3.2 Éléments de calcul des aciers transversaux

sinit /2 sinit sinit

Diag. Vu
VEd,nuappui Diag. Vu,AC
VEd,AC,nuappui ≈ 0,6.VEd,nuappui

AC ≈ 2h AC ≈ 2h ≈ AC/2
xm ≈ n/2

Valeurs intermédiaire