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Universite Cheikh Anta Diop de Dakar Faculté des Sciences Economiques

(UCAD) et de Gestion (FASEG)

Centre de Recherche et de Formation pour le Développement Economique et Social


(CREFDES)

MEMOIRE POUR L’OBTENTION DU MASTER2 DE


GESTION MACROECONOMIQUE ET
ADMINISTRATIVE

Thème:
“Impact de la dette publique sur le niveau des recettes fiscales
dans les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine (UEMOA)”

Présenté par Basga Blaise BAGRE1 Sous la Direction du Dr Ababacar KEITA

Promotion 2012 – 2013

1
basgabblaise@gmail.com (00226) 7031 8626
Dédicace
Je m’associe à ma Mère, à mes frères et à mes sœurs pour dédier ce
Mémoire à mon Père. Que son âme repose en paix.

1
Remerciements
Dans le cadre de la réalisation de ce mémoire, plusieurs personnes ont consacré du temps et de
l’énergie, en vue de son aboutissement.

o Je tiens à remercier Dr Ababacar KEITA, qui, en tant que Directeur de ce travail s’est
toujours montré disponible, et auprès de qui j’ai bénéficié de précieux conseils, d’un
encadrement continu et sans qui ce mémoire n’aurait pas vu le jour ;
o Je remercie le CREFDES qui a assuré notre formation, en particulier le Directeur, Pr
Chérif Sidy KANE,
o Je remercie également Pr Birahim Bouna NIANG, Doyen de la FASEG, et ancien
directeur du CREFDES,
o Mes remerciements vont également à l’endroit de tous le personnel du CREFDES, et
notamment Dr Babacar SENE, qui a bien voulu me guider dans le choix de ce thème,
o Je remercie singulièrement mon grand frère, Grégoire Rimpanga BAGRE qui a accepté
de financer ce programme d’étude ;
o A mes frères Abel, Désiré et Raymond ; à mes sœurs Nicole, Alice, Edwige et Rosine,
je dis merci pour leur touche particulière à la réalisation de cette œuvre.
o Merci également à Mohamed KINDA, Adéline COULIBALY, Rita et Roukiatou,
NIKIEMA, tous étudiants PhD du PTCI, pour avoir accepté de lire et corriger ce travail ;
o Merci à Monsieur Pape Vieux DIEME, étudiant de la promotion, qui a bien voulu me
fournir une documentation et pour avoir activement participé à l’aboutissement de ce
travail ;
o Merci à tous les étudiants de la 10ème promotion de ce master pour la solidarité et l’entre-
aide ;
o Merci également à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué d’une manière ou
d’une autre à la réalisation de ce document.

Puisse Dieu tout puissant rendre à chacun le centuple du mérite de ses bienfaits.

2
Liste des sigles et abréviations

ADF : Advanced Dickey Fuller


AID : Agence Internationale pour le Développement
APD : Aide Publique au Développement
BCEAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CAD : Comité d’Aide au Développement
CEDEAO : Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
CMFI : Comité Monétaire et Financière International
COMESA : Common Market for Eastern and Southern Africa
CSLP : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté
FCFA : Franc de la Communauté Française d’Afrique
FMI : Fond Monétaire International
GATT : General Agreement on Tariffs and Trade
IADM : Initiative d’Annulation de la Dette Multilatérale
IDE : Investissements Directs Etrangers
IPC : Indice des Prix à la Consommation
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
OPEP : Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole
PAS : Programme d’Ajustement Structurel
PED : Pays En Développement
PFR : Pays à Faible Revenu
PIB : Produit Intérieur Brut
PNB : Produit National Brut
PPTE : Pays Pauvres Très Endettés
RNB : Revenu National Brut
SADC : Southern African Development Community
TCR : Taux de Change Effectif
TCER : Taux de Change Effectif Réel
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
VAN : Valeur Actualisée Nette

3
Liste des tableaux et figures

Liste des tableaux

Tableau 1 : Impact des initiatives PPTE et IADM sur les ratios d’endettement des pays de la
Zone franc ayant atteint le point d’achèvement en %. ............................................................. 45
Tableau 2: Synthèse des résultats des tests de racine unitaire. ................................................. 57
Tableau 3 : Résultats des tests de corrélation ........................................................................... 59
Tableau 4: Résultats du test d’hétérocédasticité des erreurs .................................................... 60
Tableau 5: Résultat du test de spécification du modèle ........................................................... 60
Tableau 6: Résultats de l’estimation par la méthode des MCO ............................................... 61

Liste des figures

Figure 1: l'effet d'éviction......................................................................................................... 27


Figure 2: Evolution du stock de la dette publique extérieure de l’UEMOA ............................ 36
Figure 3: Evolution du taux de recettes publiques hors dons de l’UEMOA ............................ 38
Figure 4: Evolution des recettes publiques hors dons (%PIB) des pays de l’UEMOA ........... 39
Figure 5: Evolution comparée des recettes fiscales et de l'endettement (% PIB) .................... 58
Figure 6: Evolution comparée des variables de contrôle et des recettes fiscales (% PIB) ....... 58

4
Table des matières
Dédicace ..................................................................................................................................... 1
Remerciements ........................................................................................................................... 2
Liste des sigles et abréviations ................................................................................................... 3
Liste des tableaux et figures ....................................................................................................... 4
Table des matières ...................................................................................................................... 5
Résumé ....................................................................................................................................... 7
Introduction générale .................................................................................................................. 8
Chapitre 1: Cadre conceptuel ................................................................................................... 10
1.1 Historique de la dette publique .................................................................................. 11
1.1.1 Conditions nécessaires à l’apparition d’une dette publique ............................... 11
1.1.2 Eléments structurels de la dette sur le long terme .............................................. 12
1.1.3 Continuité historique de la dette des pays en développement ............................ 13
1.2 Débats théoriques autour du concept d’endettement ................................................. 14
1.2.1 Définitions et concepts ....................................................................................... 14
1.2.2 Dette publique ou dette extérieure...................................................................... 15
1.2.3 Délimitations et problèmes de mesure ............................................................... 16
1.3 Causes de l’endettement et modèle du cycle de la dette............................................ 17
1.3.1 Les causes de l’endettement ............................................................................... 17
1.3.2 Modèle du cycle de la dette ................................................................................ 18
1.3.3 Soutenabilité de la dette ..................................................................................... 20
Chapitre 2: Revue de la littérature ............................................................................................ 23
2.1 Impact de l’accumulation de dette sur les agrégats macroéconomiques ................... 24
2.1.1 Fondamentaux .................................................................................................... 24
2.1.2 Taux d’endettement, investissement et taux de croissance économique ........... 27
2.1.3 Endettement public et ouverture commerciale ................................................... 30
2.2 Déficit public, pression fiscale et fardeau virtuel de la dette ..................................... 32
2.2.1 Cercle vicieux de la dette ou effet boule de neige .............................................. 32
2.2.2 Déficit public, pression fiscale et « debt overhang » ......................................... 33
2.2.3 Aide, dette et fiscalité ......................................................................................... 34
2.3 Aperçu sur la dette et les recettes fiscales dans les pays de l’UEMOA .................... 35
2.3.1 Aperçu général ................................................................................................... 36
2.3.2 Approche sectorielle ........................................................................................... 39
2.3.3 Gestion de réduction des dettes et perspectives de ré-endettement.................... 42

5
Chapitre 3 : Analyse économétrique de la relation entre le taux d’endettement et les recettes
fiscales ...................................................................................................................................... 48
3.1 Approche méthodologique ........................................................................................ 48
3.1.1 Formulation du modèle théorique ...................................................................... 48
3.1.2 Description des variables et sources des données .............................................. 50
3.1.3 Spécification du modèle ..................................................................................... 53
3.2 Tests économétriques ................................................................................................ 56
3.2.1 Test de racine unitaire ........................................................................................ 57
3.2.2 Graphiques descriptifs des séries. ...................................................................... 58
3.2.3 Tests d’hétérocédasticité et de spécification. ..................................................... 59
3.3 Résultats des estimations, discussions et recommandations ..................................... 61
3.3.1 Résultats des estimations .................................................................................... 61
3.3.2 Interprétation des résultats et Discussions. ........................................................ 62
3.3.3 Recommandations de politiques économiques .................................................. 63
Conclusion générale ................................................................................................................. 66
Bibliographie ............................................................................................................................ 68
Annexes .................................................................................................................................... 74
Annexe1: Test de spécification de Fisher ............................................................................ 74
Annexe2 : Test de spécification de Breusch-Pagan ............................................................. 75
Annexe3 : Test de spécification de Hausman ...................................................................... 76
Annexe 4 : Test de Racine unitaire de la variable RFISC .................................................... 77
Annexe 5 : Test de Racine unitaire de la variable ENDET .................................................. 78
Annexe 6 : Test de Racine unitaire de la variable PIBT ...................................................... 79
Annexe 7 : Test de Racine unitaire de la variable IDE ........................................................ 80
Annexe 8 : Test de Racine unitaire de la variable APD ....................................................... 81
Annexe 9 : Test de Racine unitaire de la variable TXINF ................................................... 83
Annexe 10 : Test de Racine unitaire de la variable OUV .................................................... 84
Annexe 11 : Test de Racine unitaire de la variable GOUV ................................................. 86
Annexe12 : Résultat complet de l’estimation par la méthode des moindres carrées ordinaires
.............................................................................................................................................. 87

6
Résumé
Le but principal de ce travail est d’étudier le comportement des recettes fiscales dans les pays
de l’UEMOA à la suite d’une variation du niveau d’endettement. L’étude porte sur les huit (08)
pays de l’UEMOA entre 2000 et 2012. L’analyse économétrique des données de panel à travers
un modèle à effets fixes montre des résultats globalement significatifs. Ces résultats affirment
qu’une hausse du niveau d’endettement d’un (01) point entraîne une baisse de 5.048% des
recettes fiscales, toutes choses égales par ailleurs.
Ainsi, le maintien du respect des critères de convergence en termes d’endettement public et
l’amélioration du cadre macroéconomique général, entre autres sont recommandables.
Mots clés : Dette publique ; Recettes fiscales ; UEMOA.

Abstract

The main purpose of this paper is to study the behavior of the tax revenues as a result of a
change in the debt ratio. The study focuses on the eight countries of the WAEMU between 2000
and 2012. The econometric analysis of panel data through a fixed effects model shows
significant results on the whole. These results affirm that an increase in the rate of indebtedness
of one (01) point involves a fall of 5.048% of tax revenues, ceteris paribus.
Thus, the maintenance of respect for the criteria of convergence in terms of public debt and the
improvement of the general macroeconomic environment, are advisable amongst other.
Key words: National debt; Tax revenues; WAEMU.

7
Introduction générale
Parmi les préoccupations les plus importantes de cette moitié du XXIème siècle figurent en bonne
place la soutenabilité de la dette publique et les déficits publics. Ces derniers ont un impact sur
la croissance économique de long terme (Kobyagda, 2007 ; Reinart et Rogoff, 2009 ; Nersisyan
& al. 2011).

La pire récession économique lors de la grande dépression des années trente a entraîné un fort
gonflement des déficits budgétaires dans la plupart des pays, du fait de la forte chute des recettes
fiscales, du renflouage des institutions financières et de l’utilisation de politiques budgétaires
conta-cycliques pour venir à bout de la récession. Ce qui eut naturellement pour conséquence,
un recours plus important des Etats à l’endettement.

Le fardeau de la dette publique malgré les allègements récents constitue une entrave au
développement des pays pauvres avec la coexistence de plusieurs facteurs déterminants tels que
la faiblesse du niveau de l’épargne, la situation critique de la balance des paiements ainsi que
les faibles niveaux de croissance économique. Le taux de croissance économique a été de 2.13%
en moyenne pour l’UEMOA entre 1971 et 19812. Dans ces pays, les sérieux problèmes de
service de la dette extérieure depuis les années 80 ont mis en lumière les
conséquences potentiellement désastreuses d’un excès d’emprunt pour leurs économies. Le
total du service de la dette en pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Afrique
subsaharienne est passé de 1.91 sur la période 1973-1979 à 4.23 de 1994 à 2000 (World
Development Indicators, 2008). L’inaptitude à appliquer une politique d’endettement
compatible avec la capacité du service de la dette perturbe les mouvements de capitaux, ce qui
peut nuire à la capacité du pays à mobiliser des ressources internes ; notamment dans un
contexte d’augmentation massive de la proportion des capitaux privés. Une gestion cohérente
de la dette publique doit donc s’appuyer sur des politiques macroéconomiques appropriées et
sur des emprunts extérieurs très prudents.

Depuis les années 70, des travaux ont affirmé que l’entrée croissante de ressources extérieures
conduirait à une diminution de la pression fiscale (Raffinot, 2009). C’est pourquoi la crainte
d’un impact négatif sur la collecte des impôts et taxes avait été exprimée dans le cadre des
réductions de la dette – mais cet effet nuisible pourrait avoir été largement surestimé (Cassimo
et Camperenhout, 2008). D’autres auteurs (Chand et Moene, 1999 ; Mirielle et Pucci, 2010)

2
Calculs de l’auteur à partir des données de la BCEAO.

8
considèrent l’insuffisance de la mobilisation des recettes publiques comme la source des
problèmes budgétaires et de la faible croissance des Pays en Développement (PED).

Au regard de ces résultats, et partant du fait que la dette publique n’est pas étrangère à une
baisse des recettes fiscales dans les pays de l’UEMOA, et du constat que nombre de ces pays,
tout comme la plupart des Pays à Faible Revenu (PFR), ont connu un alourdissement des
déficits publics et une hausse plus que prévue des dettes en raison de la crise financière qui a
frappé l’économie mondiale entre 2007 et 2008, une question se pose : « quel est l’impact de la
dette publique sur la mobilisation de recettes fiscales ? ». En d’autres termes, la dette publique
exerce-t-elle un effet de baisse, de hausse ou nul sur le niveau de recettes fiscales ?

La présente étude a pour objectif principal d’évaluer le comportement des recettes fiscales dans
les pays de l’UEMOA à la suite d’une variation du niveau d’endettement, afin d’améliorer nos
connaissances sur la question et contribuer à une meilleure orientation des choix de politiques
d’endettement. Dans cette perspective, nous supposons d’une part que le taux d’endettement
public est négativement lié aux recettes fiscales, et d’autres parts, que le taux d’endettement
public est le déterminant principal des recettes fiscales.

Le choix de la zone d’étude est justifié par le fait que les pays de l’UEMOA ont les mêmes
caractéristiques de PED, enregistrent des taux d’endettement considérables et présentent avec
d’autres pays d’Afrique (Ghana, Gambie, Madagascar, Ethiopie, etc.) les taux de pression
fiscale les plus faibles au monde. Egalement, il n’existe pas à notre connaissance une étude
empirique sur la relation entre dette publique et recettes fiscales dans les pays de l’union.

La méthodologie retenue pour atteindre le but de cette étude est, la modélisation sur données
de panel, notamment l’estimation par la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO).

Notre travail est structuré comme suit. Le premier chapitre s’intéresse au cadre conceptuel. Une
revue de la littérature théorique et empirique existante sur le sujet fera l’objet du deuxième
chapitre. Enfin, le troisième chapitre sera consacré à l’évaluation empirique de la relation entre
le taux d’endettement et les recettes fiscales.

9
Chapitre 1: Cadre conceptuel
Introduction
Tous les pays du monde ont une dette, privée ou publique, intérieure ou extérieure.
Historiquement, la genèse de la dette publique en tant qu’instrument de politique économique
se situe au milieu des années quarante. A la fin de la seconde guerre mondiale, et avec
l’accumulation des dettes souveraines, certains économistes et principalement américains
(Wallich, 1946) se sont posés la question de la nature et du rôle de la dette publique en matière
de politique économique.

Néanmoins, depuis l’article pionnier de Wallich (1946) et durant des décennies entières, la
gestion de la dette est demeurée un instrument de second rang mis au service des objectifs de
politiques, monétaire et budgétaire. Et ce n’est qu’à partir des années soixante-dix que nombre
d’économistes et de décideurs en matière économique, ont pris conscience de l’importance de
la dette souveraine en tant qu’instrument de politique économique à part entière.

En dépit des progrès réalisés, avec les vagues successives de réformes de l’endettement public
durant les deux dernières décennies, la situation de la relative dépendance de l’endettement
public vis-à-vis des politiques monétaire et budgétaire persiste, notamment dans le cadre des
économies en développement. Les directives de la Banque Mondiale et du FMI (2001, 2003)
portant sur la gestion de la dette publique recommandent explicitement aux pays émergents et
en développement, de ne pas séparer la gestion de la dette des politiques monétaire et
budgétaire, non seulement lors de la définition des objectifs économiques mais également en
terme de structure.

Aujourd’hui, même les partisans les plus fervents de l’endettement public en tant qu’instrument
de politique économique, semblent sceptiques quant à une nouvelle mise à pied d’égalité des
trois instruments (la politique budgétaire, la politique monétaire et la politique des revenus). La
suprématie de la gestion de la dette par rapport aux politiques, monétaire et budgétaire perdure
par conséquent. Quelle est l’évolution historique de la dette publique ? Quelle définition faut-
il retenir de ce concept ; comment est-il mesuré ? Qu’est ce qui justifie l’endettement ?

10
1.1 Historique de la dette publique

Pour étudier au mieux l’interaction entre la dette publique et les recettes fiscales, il est important
de commencer par s’intéresser aux faits historiques qui la justifient et son évolution au cours
du temps.

1.1.1 Conditions nécessaires à l’apparition d’une dette publique

Les emprunts contractés par un dirigeant politique ne constituent une dette publique que si deux
conditions sont respectées (Andréau et al. 2006). Pour l’essentiel, ces conditions feront défaut
avant l’avènement des Etats en occident entre le moyen âge et le début de la renaissance3.

D’une part, il faut que la dette de l’institution publique soit conçue comme une dette proprement
publique, c’est-à-dire ne se confondant pas avec les engagements financiers personnels du chef
de cette institution. La dette publique naît ainsi en même temps que l’Etat moderne : celui-ci
apparaît en effet grâce au processus par lequel les individus différencient la personne physique
du souverain et sa personne « immortelle », c’est-à-dire incarnant l’institution étatique dans sa
continuité. De ce point de vue, il n’existait pas de dette publique dans l’empire romain. La
notion de dette publique ne se dégage que progressivement, pleinement à partir du XVIIe siècle.

D’autre part, comme le notent Andréau et al. (2006), « si l’endettement des Etats est ancien, le
principe d’une dette reconductible, dont les créances circulent dans le public à travers un
marché officiel, anonyme et régulé, bref d’une véritable dette publique n’a pas toujours été
connu et admis». Pour qu’il existe une dette publique, il faut que soit réunie une seconde
condition : l’emprunt étatique doit prendre la forme d’un emprunt de long terme, durablement
cessible sur un marché secondaire4.

3
Le Moyen Âge et la Renaissance sont des périodes de l’Histoire qu’il est difficile de situer précisément dans le
temps. De façon générale, on considère que le Moyen Âge est une période d’environ mille ans ayant suivi
l’Antiquité et précédé la Renaissance.
4 Le marché secondaire est celui sur lequel sont échangés entre investisseurs des titres financiers déjà créés
(sur le marché primaire).

11
1.1.2 Eléments structurels de la dette sur le long terme

La dette publique est caractérisée, si on l’envisage sur le long terme par deux éléments forts
structurants.

Premièrement, les conflits armés récurrents ont constitués un des éléments essentiels dans la
construction historique des Etats occidentaux, en les contraignant à se structurer, à se
bureaucratiser et à accroître leur capacité à prélever des impôts sur leur territoire. C’est de cette
nécessité qu’est née la taxation moderne. Comme le relève Mann (1988), « la croissance de la
fiscalité étatique est le produit du coût croissant des guerres ». Or les revenus obtenus par
taxation s’avérant insuffisants, l’emprunt a constitué un moyen systématique de financement
des guerres. Jusqu’au XXe siècle, ce sont les guerres, en imposant la mobilisation immédiate de
très importantes ressources, qui ont conduit aux principaux accroissements de la dette publique.
En effet, la dette a pu atteindre des niveaux extrêmement élevés, sans commune mesure avec
ceux de temps de paix ; ainsi, la dette publique britannique a représenté près de 300% du PIB
au sortir de la seconde guerre mondiale (Daniel, 2008). De même, la dette publique américaine
s’est nettement accrue à la suite des quatre principaux conflits5 qu’a connus le pays (120% du
PIB au lendemain de la deuxième guerre mondiale)6.

Deuxièmement, les Etats ont des difficultés à assurer le remboursement de la dette. « L’histoire
financière des monarchies européennes est pleine de ce que l’on pourrait pudiquement appeler
des discontinuités, les banqueroutes plus ou moins déguisées succédant aux tentatives des
monarques de gagner non sans mal la confiance du publique » Granier (2006). L’emprunt est
la modalité complémentaire de l’impôt pour le financement des dépenses. Il est choisi quand
l’Etat ne peut accroître les prélèvements fiscaux. Toutefois, le service de la dette peut atteindre
des niveaux écrasant, représentant une grande part du budget de l’Etat : ainsi, la moitié du
budget britannique est par exemple utilisé pour le service de la dette de 1820 à 1850 (Dean et
al., 1962). Ne pouvant accroître leur ressources, incapables de rembourser leurs dettes, les Etats
ont eu recours à des techniques comme la création monétaire, la baisse imposée du taux d’intérêt
de leurs emprunts, le refus de rembourser toutes ou partie de leurs dettes. L’histoire de la dette
publique est alors en partie l’histoire de son non remboursement complet ou partiel.

5
Outre les deux guerres mondiales, l’Amérique a connu la guerre d’indépendance et une guerre civile.
6
http://www.whitehouse.gov/sites/default/files/.../hist07z1.xls du 13/03/2014 à 23heure 44 GMT

12
1.1.3 Continuité historique de la dette des pays en développement

Tout comme la dette des pays aujourd’hui industrialisés, celle des PED a connu différentes
étapes ; alternant entre crise et soutenabilité.

Depuis le début des années 70, le dispositif d’endettement et de finances publiques dans les
pays de l’UEMOA ont évolué en profondeur, en réponse à la faiblesse des recettes fiscales et
au besoin croissant d’investissements publics pour hausser le niveau de développement. La
conséquence directe était alors le recours croissant à l’endettement dans un contexte de marché
financier suffisamment liquide pour répondre sans grandes contraintes aux besoins de ces
économies. L'octroi massif de prêts entraîna alors des risques majeurs de défaillance, ce qui
conduisit les pays en développement dès le début des années 1980 à annoncer leur incapacité à
rembourser la dette. Face à l'éventualité de perdre les fonds investis, les créanciers proposèrent
de nombreux plans d'ajustement structurel (PAS) pour réorienter fondamentalement les
économies des pays en difficulté. La plupart de ces plans préconisaient une réduction
draconienne des dépenses publiques à caractère social, la mise en œuvre de politiques
d'exportation directe et d'extraction des ressources, l'accroissement de la fluidité des flux
d'investissement et, sur un plan général, des actions législatives favorables aux droits des
investisseurs étrangers.

Au cours de la décennie 90, les économies des pays africains à faible revenu (PAFR) ont évolué
dans un contexte qui s’est profondément modifié. En effet, au cours des années d’applications
des PAS, les pays concernés notamment ceux de l’UEMOA ont enregistré des taux de
croissances faibles (1.4% en moyenne entre 1986 et 1995), un chômage grandissant et un
endettement massif qui était devenu insoutenable. Face à cette situation critique, les pays de
l’union vont à l’instar des autres PED négocier une réduction, voire une annulation de leur dette
auprès des différents créanciers.

En 1996, la réduction de dette au titre de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE) a
apporté un élément nouveau, en réduisant les charges, mais en ajoutant l’obligation d’affecter
les sommes libérées par l’initiative à des dépenses « réductrices de pauvreté ». Cette initiative
a renforcé les efforts déjà entamés pour réorganiser la gestion budgétaire en fonction
d’objectifs, au niveau sectoriel ou général (Raffinot et al., 2003). Une inflexion sensible est
intervenue en 1999, date à partir de laquelle l’accent a été mis sur l’idée que les gouvernements
devaient désormais être responsables des politiques mises en œuvre. L’élaboration d’un Cadre

13
Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté(CSLP) devenant une condition pour bénéficier de la
réduction de dette au titre de l’initiative PPTE renforcée, et, au-delà, pour obtenir de nouveaux
financements des Institutions de Bretton Woods (IBW).

1.2 Débats théoriques autour du concept d’endettement

Les questions liées à la dette publique ont considérablement évoluées dans le temps et les débats
n’ont cessé autour du concept. Cette section sera alors consacrée aux définitions, au type de
dette à prendre en compte et, à la mesure de l’endettement.

1.2.1 Définitions et concepts

Dans cette sous-section consacrée aux définitions, seuls les concepts de dette publique et de
service de la dette feront l’objet d’une définition.

1.2.1.1 Dette publique


La dette publique est dans le domaine des finances publiques, l’ensemble des engagements
financiers contractés par l’Etat, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent
directement (certaines entreprises publiques, les organismes de sécurité sociale, etc.), (J.
Andréau, 2006).

Le déficit public apparaît lorsque les produits (recettes fiscales essentiellement) sont inférieurs
aux charges (dépenses budgétaires notamment) des administrations publiques. Cette différence
entre les charges et les produits s’apprécie sur une période légale, généralement l’année civile.
La dette publique augmente à chaque fois qu’un déficit est financé par l’emprunt ; elle
représente ainsi l’accumulation des besoins de financements des périodes successives de ces
administrations.

Au sein de la dette publique, on distingue la dette publique intérieure, détenue par les agents
économiques résidents de l’Etat émetteur, et la dette publique extérieure, détenue par des
prêteurs étrangers. On distingue également la dette flottante qui correspond aux emprunts à
court terme (bons du trésor) et qui fluctue en permanence et, la dette consolidée qui correspond

14
aux emprunts à long terme. Aussi, la dette peut être perpétuelle (procédé tombé en désuétude),
remboursable ou lorsqu’un terme est fixé à l’avance, amortissable.

1.2.1.2 Le service de la dette


Le service de la dette est la somme que l’emprunteur doit payer chaque année pour honorer sa
dette. Il n’est pas à confondre avec la charge de la dette, qui ne couvre que le poids des intérêts
seuls. Cette somme comprend deux parties :

 Les intérêts qui sont calculés en appliquant un taux d’intérêt au capital restant dû. Ce taux
d’intérêt est fixé au moment de l’emprunt.
 Le principal, c’est-à-dire le montant du capital emprunté qui est remboursé chaque année
(annuité). Ce montant dépend donc de la durée et du montant total de l’emprunt.7

1.2.2 Dette publique ou dette extérieure

Au terme d’une étude sur la soutenabilité de la dette extérieure des PFR, (Raffinot, 2001)
conclut que dans ces pays, l’analyse de la soutenabilité de la dette doit d’abord se concentrer
sur l’endettement public (interne ou externe). Toutefois, dit-il, l’analyse doit prendre en compte
les questions de remboursement en devises. Dans l’espace UEMOA ce point est très secondaire
tant du point de vue pratique que du point de vue technique en raison du taux de change
exogène. Les travaux des institutions internationales privilégient le déficit de la balance des
paiements comme cause de l’endettement. Ceci conduit à mettre l’accent sur la soutenabilité de
l’endettement extérieure.

En effet, lorsqu’on met en avant la question du déficit budgétaire, le problème de l’endettement


public doit être posé de manière globale et non seulement comme un problème de dette
extérieure. Cependant, l’analyse de la dette intérieure est plus complexe que celle de la dette
extérieure parce qu’il faut tenir compte de l’inflation générée par le financement de la dette
publique, qui facilite ensuite les remboursements.

Dans les pays de l’UEMOA, il est, dans une certaine mesure possible d’évacuer la question de
l’endettement public intérieur, par ce qu’il n’existe pas de marché financier structuré. Mais,
ceci élimine quelques questions importantes et, en particulier celle de savoir s’il n’était pas

7
http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_de_la_dette consultation du 15/07/2013

15
précisément plus efficace de faire appel à un endettement interne. Les aspects positifs de la
création d’un marché financier interne à partir de titres de la dette publique ont été modélisés
(Saint Paul, 1994), mais restent difficiles à prendre en considération dans des modèle appliqués.

1.2.3 Délimitations et problèmes de mesure


«Chercher à connaître la nature de l’endettement public est un problème complexe et difficile
à circonscrire, en raison du fossé qui sépare l’approche idéale, correspondant à la politique
d’endettement désirée et les mesures disponibles permettant de se rapprocher de cet idéal. C’est
ce décalage entre ce qui est mesurable sur le plan conceptuel et ce qui est effectivement
mesurable qu’il importe d’examiner.» Gannagé (1994).

1.2.3.1 Délimitation
Tout endettement a une dimension de stock et une dimension de flux. L’endettement se présente
d’abord comme un stock d’obligations aux échéances diverses, nées à l’occasion d’opérations
effectuées par l’Etat dans le passé et susceptibles d’être échangées contre d’autres opérations
publiques dans le futur. La dette publique peut devenir, à l’instar de la monnaie, une composante
fondamentale de la structure des actifs de l’économie et aussi un véhicule de changement de
l’ensemble des conditions financières de l’Etat.

L’endettement prend aussi une dimension de flux dans la mesure où il implique le paiement
d’un service de la dette. Dans toute politique de dette publique, la grandeur des intérêts est
cruciale pour la détermination de la charge de la dette publique et son incidence sur le Produit
National Brut (PNB) du pays emprunteur.

1.2.3.2 Problèmes de mesure


 Dette brute et dette nette

Premièrement, certains économistes critiquent la convention comptable qui consiste à tenir


compte de la dette brute, plutôt que la dette nette, i.e. la différence entre les engagements
financiers et les actifs. En effet, à côté de ses dettes, l’Etat possède des actifs à la fois financiers
(actions) et physiques (terrains), qu’il faut soustraire à la dette brute pour obtenir la dette nette.
La dette brute a plusieurs limites, en ce qu’elle surestime le problème de la dette, et conduit à
présenter comme importantes des opérations qui sont en fait neutres pour le patrimoine public8.

8
Par exemple un remboursement de dette par vente d’actif public (tel que des terrains ou des participations
dans des entreprises) ou inversement une nationalisation payée par une émission de dette.

16
Cette convention s’explique notamment par le fait que les actifs les plus caractéristiques du
patrimoine public sont extrêmement difficiles à cerner (comme compter l’environnement, la
biodiversité, le capital culturel de la nation, etc.), à évaluer, voire inestimables (que vaut le
monument de la renaissance ?) et très peu liquides.

 Dette « explicite » et « dette implicite »

Deuxièmement, la dette ne tient compte que des engagements financiers « explicites », i.e.
l’ensemble des engagements financiers que l’Etat s’est engagé à payer, notamment de manière
contractuelle, comme ses emprunts. Cela met de côté les engagements dits « implicites » comme
les retraites futures des fonctionnaires. Cette convention statistique à l’inverse de la précédente
a tendance à sous-estimer la dette publique.

1.3 Causes de l’endettement et modèle du cycle de la dette

Cette section présente les raisons qui sous-tendent l’endettement public, le modèle du cycle de
la dette et les conditions de sa soutenabilité.

1.3.1 Les causes de l’endettement

Dans la littérature, l’endettement est lié à un déséquilibre. Selon les cas, il s’agit du déficit
budgétaire, du déséquilibre épargne investissement et le déficit de la balance des paiements.

Au milieu des années 60, Chenery et Strout (1966) élaborent un modèle novateur baptisé
le modèle à « double déficit », à partir duquel ils déterminent, pour différentes phases
de développement économique d’un pays, les besoins en capitaux étrangers nécessaires
pour une transition complète vers une croissance auto-entretenue9. Ces auteurs mettent
en avant deux contraintes qui risquent de peser lourdement sur le développement économique.
La première contrainte est celle ayant trait à l’insuffisance de l’épargne domestique pour
financer le niveau d’investissement jugé nécessaire pour atteindre une croissance auto-
soutenue. La seconde contrainte est celle liée à l’insuffisance des disponibilités en devises

9
Le concept de croissance auto-entretenue est communément utilisé par la Banque mondiale. Voici la
définition qu'en donne Dragoslav Avramovi en 1964, alors directeur du département économique : « On définit
la croissance auto-soutenue comme impliquant un taux de croissance des revenus de l'ordre de 5 % l'an
financé par des fonds générés à l'intérieur des frontières ainsi que par des capitaux étrangers...».

17
requises en vue d’importer suffisamment d’inputs industriels. Afin de relâcher ces deux
contraintes et financer le « double déficit » (i.e. le déficit interne lié à l’insuffisance de l’épargne
intérieure et le déficit externe généré par un volume important d’importations nécessaires),
Chenery et Strout (1966) défendent la nécessité de recourir aux apports en capitaux
internationaux sous forme d’aides ou de crédits étrangers.

Pour les pays de l’UEMOA spécifiquement, y compris les causes généralement évoquées
dans la littérature, nombreux autres facteurs externes et internes sont évoqués en plus de la
faiblesse des rentrées fiscales, pour expliquer l’endettement. Parmi tant d’autres, on peut citer :

la détérioration des termes de l’échange,

la fluctuation des cours des matières premières,

le relèvement des taux d’intérêt sur le marché financier,

l’aide publique au développement dont la plus grande partie est attribuée sous forme de
prêt et non de don et,

l’absence de discipline financière.

Toutefois, il est à noter qu’une part importante de l’endettement extérieur de l’Afrique semble
plutôt liée à un excès de ressources (boom) qu’à des déficits (SENE, 2008). C’est alors le
financement extérieur qui crée le déficit comptable ex-post ; l’effet le plus dangereux à ce
niveau étant la réduction de l’efficacité du capital, qui résulte de l’adoption hâtive de projets
peu ou pas étudiés.

1.3.2 Modèle du cycle de la dette

La théorie du cycle de la dette est l'aboutissement de l'approche néo-classique de l'endettement


optimal dans la mesure où elle indique la façon dont devrait normalement évoluer la dette d'un
pays10. D'après Avramovic (1964), auteur de cette théorie, un pays qui veut mettre fin à la
situation stagnante de son économie et arriver à une croissance auto entretenue doit
nécessairement passer par certaines étapes qui se traduisent, du point de vue de son endettement
extérieur, par le passage de sa position de jeune débiteur au début de son processus de croissance

10
Le niveau optimal de la dette est celui pour lequel le bénéfice marginal et le coût marginal s’égalise.

18
à celui de créancier - exportateur de capitaux. Entre ces extrêmes, il aura franchi l'étape de
débiteur adulte et celle du jeune créancier. La croissance obtenue grâce aux capitaux étrangers
permet, au bout d'un certain temps, une augmentation suffisante de la propension marginale à
épargner de telle sorte que la dette extérieure décroisse et que le pays passe d'une situation de
débiteur à celle de créditeur.

L’auteur suppose qu'en partant d'une dette nulle, le cycle de la dette peut durer 36 ans dont 26
ans de croissance et 10 ans pour la phase de décroissance et que la maîtrise du cycle de la dette
peut être sujette aux effets perturbateurs ou variables perturbantes (structure défavorable de la
dette, difficultés de balance de paiements dues à l'instabilité des recettes d'exportation et à la
fuite ou aux mouvements de capitaux, pressions inflationnistes intérieures). Il recommande
alors, la mise en place d'une politique de stabilisation qui permette l'accumulation des réserves
pendant les années fastes en vue de leur utilisation pendant les périodes de crise, l'adoption des
politiques d'investissement orientées vers les secteurs d'exportation et le recours au financement
compensatoire dont celui du FMI. Toutes ces mesures conjuguées permettront de raccourcir le
cycle de l'endettement, de garantir la capacité de servir la dette et d'assurer la croissance.

Bekolo - Ebe (1985) fait remarquer que la longueur du cycle dans les hypothèses optimistes de
l'auteur ne correspond pas à l'expérience des PVD où, malgré l'ancienneté du processus
d'endettement, le cycle n'a jamais été clos. Et cela amène à s'interroger même sur la capacité de
la dette à permettre la croissance.

Mama (1985) pense que la dette des PVD, loin d'évoluer selon le cycle normal évoluerait selon
ce qu’Avramovic appelle le cycle de « longue haleine ». Il serait un cycle beaucoup plus long
que le cycle « normal » de 36 ans. Sa longue durée s'expliquerait principalement par :

 Une épargne initiale très faible du fait du bas niveau de revenu par tête ;
 Un faible taux de rendement du capital en termes de valeur ajoutée ;
 Un rythme rapide de la croissance démographique ;
 Des possibilités d'obtention des devises étrangères limitées du fait de la spécialisation
en produits primaires.

Souscrire à la thèse du cycle de la dette revient à souscrire à la thèse du développement linéaire


qui, elle, ignore les phénomènes de capacité maximale d'endettement au-delà de laquelle les
effets négatifs sont dominants.

19
1.3.3 Soutenabilité de la dette

Le problème de la soutenabilité de la dette des pays en développement reste toujours un axe de


recherche inépuisé. La dette publique d’un pays est soutenable si la politique budgétaire menée
peut être maintenue sans ajustement excessif dans le futur. La soutenabilité de la dette suppose
à la fois que l’État soit considéré comme solvable, c’est-à-dire que les créanciers aient un
jugement positif sur sa capacité à rembourser sa dette sur le long terme, et liquide, c’est-à-dire
qu’il soit en mesure de refinancer la dette venant à échéance (Bachellerie et al. 2005).
Cependant, la question de la solvabilité de l’Etat peut paraître théoriquement curieuse, car de
ce point de vue, l’Etat dispose d’un pouvoir de taxation illimité. Mais en pratique, ce pouvoir
rencontre des limites11 :

 Le seuil de pression fiscale tolérable,


 La désincitation des agents,
 Le développement des économies souterraines et la fraude fiscale,
 Le refus politique des citoyens de payer continuellement des intérêts de la dette,
 L’évasion fiscale, …

Il existe des critères techniques pour apprécier la soutenabilité de la dette publique d’un point
de vue général mais également pour tenir compte de la spécificité des PED.

Soit (Bt) l’encours de la dette publique. En appelant Gt les dépenses publiques hors intérêts et

Tt le montant des impôts de la période t, alors, leur différence donne le déficit primaire, c’est-
à-dire hors service de la dette.

(1) Dt = Gt – Tt

Soit r le taux d’intérêt nominal de la dette publique. A la date t, l’Etat paye des intérêts sur
l’encours de la période t-1, soit le montant total des intérêts rBt-1.

La contrainte budgétaire de l’Etat en termes de flux s’écrit :

(2) Bt = Gt – Tt + (1+r)Bt-1

11
Monsieur Ababacar KEITA, Cours de politique budgétaire, CREFDES 2013.

20
Ainsi, l’encours de la dette est égal au déficit primaire, plus l’encours (capital de la période t-
1), plus les intérêts sur encours de la période précédente.

En réarrangeant les termes on obtient :

(3) Bt – Bt-1 = Gt –Tt + rBt-1= Dt + rBt-1

L’accroissement de la dette (Bt – Bt-1) est égal à la somme du déficit primaire et de la charge de
la dette (intérêts sur Bt-1) rBt-1.

Soient Pt le niveau général des prix et Yt le revenu réel. On peut alors écrire tous les agrégats
macroéconomiques sous forme de ratios par rapport au revenu :

𝐵𝑡 𝐺𝑡 𝑇𝑡
(4) bt = gt = 𝜖=
𝑃𝑡 𝑌𝑡 𝑃𝑡 𝑌𝑡 𝑃𝑡 𝑌𝑡

Soit le taux d’inflation πt et le taux de croissance du revenu réel (ϒt) définis de la façon
𝑃𝑡 −𝑃𝑡−1 𝑌𝑡 𝑌𝑡−1
suivante : πt = et ϒt =
𝑃𝑡−1 𝑌𝑡−1

On peut alors écrire le revenu nominal:

Yt Pt = (1+π) (1+ϒ) Yt-1 Pt-1 ≈ (1+π+ϒ) Yt-1 Pt-1

En divisant la contrainte budgétaire (Bt – Bt-1) par le revenu nominal PtYt, et en réarrangeant
les termes, on obtient l’équation suivante :

1+𝑟
bt = bt-1+(gt - εt).
(1+𝜋+ϒ)

Comme b test le rapport de la variation de l’encours au PIB réel, il traduit la dynamique du ratio
dette/revenu à la suite de la variation du déficit primaire en pourcentage du PIB puisque avec
bt-1, on a une équation aux différences finies. De ce fait, la dette publique sera sur une trajectoire
stable selon que le coefficient [(1+r) / (1+ π+ϒ)] associé à bt-1 est inférieur ou supérieur à
l’unité. Deux cas sont à distinguer :

a. r < π+ϒ  ϒ > r – π. L’économie est sur un sentier de forte croissance où le taux de
croissance du revenu excède le taux d’intérêt réel. Dans ce cas, le ratio bt suit une trajectoire
stable, quel que soit le déficit budgétaire (la dette est soutenable).

21
b. r > π+ϒ  ϒ < r – π. Le ratio bt indique une trajectoire insoutenable. Il faut alors que
la structure de la fiscalité et le profil des dépenses publiques soient tels que le budget
primaire puisse dégager des excédents de manière soutenue à un certain moment du temps.

L’élargissement de l’espace budgétaire par emprunt de l’Etat central rencontre des contraintes
institutionnelles liées aux règles de l’Union monétaire et à celles de l’Union économique 12. A
ces contraintes s’ajoutent les conditionnalités des divers accords passés par les Etats de l’Union
avec le FMI. (Rota-GraziosiI, 2006) montre à cet effet que la situation monétaire de l’Union et
de celle des finances de l’Union et de chaque Etat de l’Union permettraient un élargissement
de l’espace budgétaire par emprunt public interne, soit sur une base régionale par la
Commission, soit par les quatre Etats (Bénin, Burkina Faso, Mali, et Sénégal) qui respectent les
critères du Pacte relatifs à la dette publique et aux arriérés de paiements. Cependant, quoi que
possible, cet élargissement est-il souhaitable ?

12
En 1994 les Etats de l’UMOA ont décidé de compléter le traité d’union monétaire (modifié en 1973) par un
traité d’Union économique et monétaire.

22
Chapitre 2: Revue de la littérature
Introduction

L’accumulation de dette extérieure (notamment aux fins de dépenses intérieures) dans des
conditions de taux de change fixe tend à affaiblir la régulation monétaire en impactant
directement sur la masse monétaire (Kobyagda, 2007). Cet effet s’observe en particulier dans
les pays débiteurs qui ne disposent pas des moyens appropriés pour annihiler l’impact des
capitaux sur la masse monétaire. Même si les effets sur la masse monétaire et sur le revenu
finiront à terme par la tendance initiale à l’expansion monétaire, ce processus de correction
découle de l’expansion monétaire elle-même, et perturbe la stabilité à court terme du taux de
change. Il a été observé que les crises économiques et monétaires sont généralement précédées
d’une surévaluation du taux de change réel (TCR) (voir Frankel et Rose, 1996 ; Roubini et al.
2003)13. De même, les distorsions persistantes et récurrentes du TCR sont associées à un faible
taux de croissance à long terme (Collins et Razin, 1997). Par ailleurs, certaines études
expliquent les faibles performances économiques de PED par les « mésalignements » du TCR
(Collani et al. 1990 ; Ghura et al., 1993). Savastano, (1999) observe que la surévaluation réelle
des monnaies réduit la compétitivité des exportations et entraîne des conséquences politiques
considérables.

Une dette extérieure réduit également la souplesse de la politique budgétaire. Comme il est
impossible de réduire les paiements d’intérêts, l’ajustement à un impact plus sérieux sur les
dépenses intérieures, ce qui engendre un chômage. Compte tenu des difficultés inhérentes à la
mobilisation des recettes et à la réduction des salaires, les corrections prendront
vraisemblablement la forme d’un gel des salaires, d’une hausse de la dette intérieure, ou d’une
activation de la planche à billets, nuisant ainsi à la compétitivité nécessaire pour améliorer le
service de la dette. La contradiction entre l’amélioration de la compétitivité et le maintien d’un
budget équilibré est plus sérieuse en conditions d’endettement public élevé (Dornbusch, 1993).
Ainsi, l’existence d’obligations importantes en matière de service de la dette tend à perpétuer
la surévaluation de la monnaie et les déficits budgétaires importants.

C’est pour corriger ces effets que la théorie s’est préoccupée du lien entre l’endettement et les
performances économiques. Distinguer les conséquences d’une nouvelle accumulation de dette
extérieure et celle d’une dette extérieure existante sur les performances macroéconomiques
revêt un grand intérêt. Il s’agira donc dans ce chapitre consacré à la revue de la littérature, de

13
Références citées par B SENE (2003).

23
présenter l’état des connaissances et du débat scientifique sur le sujet. Particulièrement, il sera
question de l’impact de l’accumulation de dette sur les agrégats macroéconomiques, puis un
aperçu sur la dette et les recettes fiscales dans les pays de l’UEMOA, après s’être intéressé au
déficit public, à la pression fiscale, l’aide et le fardeau virtuel de la dette.

2.1 Impact de l’accumulation de dette sur les agrégats macroéconomiques

2.1.1 Fondamentaux

Dans l'analyse économique, il y a principalement deux courants qui s'affrontent sur les théories
économiques, à savoir les keynésiens et les néoclassiques. Cependant, aucune théorie
économique n'a encore établi de façon formelle l'existence d'un plafond optimal de dette
publique. Chacune d'elles développe des argumentations très divergentes visant à démontrer
que les déficits publics sont néfastes, bénéfiques ou sans importance...

2.1.1.1 Fondements théoriques

Les classiques ou néoclassiques considèrent l'endettement comme un impôt futur et l'imputent


à l'Etat, une connotation négative car selon eux, l'endettement public défavorise l'accumulation
du capital et la consommation des générations présentes et futures. En fait les citoyens, selon
Ricardo voient dans l'emprunt un impôt différé dans le temps et vont se comporter comme s'ils
sont contraints de payer un impôt ultérieurement pour rembourser cet emprunt peu importe le
décalage intergénérationnel. Barro (1974) reprend le théorème d'équivalence attribué à Ricardo
et montre que la dette publique est équivalente à l'impôt en supposant que les agents
économiques anticipent rationnellement les politiques gouvernementales. La proposition de
Barro est que d’un point de vue macroéconomique, il y aurait équivalence entre l’augmentation
de la dette publique aujourd’hui et l’augmentation des impôts requis demain par le
remboursement de cette dette et le paiement des intérêts 14. En effet, si les agents économiques
se comportent de manière rationnelle, une baisse des impôts financée par la dette publique (une
politique de relance) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser, en prévision

14
Dit autrement, l’argument est que le montant de l’épargne nationale n’est pas modifié et la production reste
en l’état.

24
de hausses d’impôts futurs. Il conclut que la dette n'a pas d'impact sur l'économie et donc qu'une
dette publique est toujours soutenable. Autrement dit, une politique de déficit budgétaire
financée par l'emprunt reste sans effet sur l'activité économique dans la mesure où les agents ne
sont pas victimes de l'illusion fiscale15. Mais cette thèse ne restera pas sans opposition.

Selon la conception keynésienne, les gouvernements doivent, dans certains cas, stimuler
l'économie par des augmentations de dépenses publiques ou par des diminutions de taxes; les
déficits publics sont donc une solution permettant d'accélérer la reprise économique en cas de
crise. En effet, concernant la théorie sur la dette extérieure et la croissance, les keynésiens
pensent que l'endettement n'occasionne des charges ni pour les générations futures ni pour des
générations présentes du fait des investissements qu'il génère. Le modèle de l'Etat selon les
keynésiens, tire ses fondements dans la demande globale et sur ses effets multiplicateurs et
accélérateurs, caractéristique fondamentale de leur théorie. Dans cette approche, l'endettement
entraînant la relance de la demande provoque par l'effet accélérateur une hausse plus que
proportionnelle de l'investissement, qui à son tour incite une hausse de la production. Le déficit
budgétaire menant par ses flux successifs à augmenter le stock de la dette produit l'expansion
du cycle économique par la demande et l'investissement autonome. Ainsi, le déficit auquel
correspond l'emprunt stimule la demande et ne permet d'alléger le coût de son remboursement
que seulement et probablement en situation de sous-emploi des ressources productives.

Ces deux approches, aux conclusions radicalement opposées, illustrent à quel point les débats
liés à l'opportunité du financement par emprunt ou par impôt et à l'impact de l'endettement sur
l'activité économique sont complexes.

2.1.1.2 Critiques et vérifications empiriques

Le théorème de Barro est moins soutenable à plusieurs égards car il suppose l'existence d'un
altruisme intergénérationnel des ménages16, un marché financier parfait et l'absence de
contrainte de liquidité ; chose inobservable pour les deux dernières hypothèses en pratique. Les
keynésiens ne prennent pas en compte l'accumulation des arriérés due à l'inefficacité de
l'investissement ou de l'utilisation de la dette (l'hypothèse est que toute dette est bien utilisée).
Dans la situation des pays en développement surtout des pays africains, la dette est parfois mal

15
« L’illusion fiscale est l’écart insoupçonné entre les effets réels des politiques des politiques et des
institutions et l’idée qu’on s’en fait. » François Guillaumat.
16
On parle d'altruisme intergénérationnel des ménages lorsqu'ils se préoccupent du bien de leurs descendants.

25
gérée si bien qu'en réalité elle devient un poids pour les générations futures. Les avantages et
les inconvénients de chaque mode de financement dépendent grandement du contexte
économique, social et politique en vigueur, au sein des pays concernés, à un moment donné.

En théorie, tout dépend de la situation initiale des finances publiques notamment le déficit
public (Bevan, 2005) et le niveau d’endettement ((Drazen, March 1993) ;(Sutherland,
1997) ; (Nasser Ary Tanimoune, 2005)). Les premiers auteurs ont montré qu’il existe une
relation non linéaire entre le déficit budgétaire et la croissance économique. A travers un
échantillon de 45 pays en voie de développement, ils ont estimé qu’un déficit équivalant à 1.5%
du PIB correspond à un niveau seuil en deçà duquel la politique budgétaire est expansionniste
mais devient récessive dans le cas contraire. Pour les seconds, la non-linéarité de la politique
budgétaire peut résulter d’un seuil psychologique de la dette publique rendant l’ajustement
budgétaire inévitable. Confrontés à un endettement public soutenable, les agents supposent que
le remboursement de la dette reposera sur les générations futures. Dans ce cas, un déficit a des
effets keynésiens. En revanche, en présence d’une dette jugée non soutenable, les agents
s’attendent à supporter eux-mêmes le poids des remboursements, de sorte que les effets du
déficit deviennent non keynésiens ou anti-keynésiens. Ce seuil d’endettement a été estimé à
83% par Tanimoune et al. (2005) pour les pays de l’UEMOA. En considérant deux échantillons
de pays développés et en développement, Giavazzi et al, (2000) font apparaitre une relation
linéaire non significative entre le solde budgétaire et l’épargne nationale.

Romer et al, (1992) ont montré que l'intervention de l'Etat permet la croissance économique du
fait des externalités positives des dépenses publiques sur la productivité du secteur privé. Le
budget de l'Etat est devenu un instrument privilégié de politiques économiques, une arme
essentielle dans la régulation, que les pouvoirs publics tentent de mettre en œuvre, pour
prétendre à des niveaux de croissance plus élevés.

26
2.1.2 Taux d’endettement, investissement et taux de croissance économique

2.1.2.1 Endettement public et investissement privé

L’effet de la dette sur l’investissement privé est théoriquement indéterminé. En effet, selon la
théorie, le lien entre la dette et l’investissement privé peut aussi bien être négatif (effet
d’éviction) que positif (effet accélérateur sur la croissance économique et donc sur
l’investissement privé).

Selon les auteurs classiques, l'emprunt public exerce un effet d'éviction sur les investissements
privés. L'emprunt public provoque une diminution des fonds disponibles pour les agents privés
et une hausse des taux d'intérêt due à l'augmentation de la demande de crédit. Cela engendre
une diminution de l'investissement privé, et probablement du PIB. Toutefois, l'investissement
doit être une fonction du taux d'intérêt et, l’on ne doit se situer dans une situation de trappe à
liquidité, la demande de monnaie n'est donc pas parfaitement élastique.

Figure 1: l'effet d'éviction

Taux d'intérêt Taux d'intérêt

r' I’
r I

D'
’’ DI
D

Prêts Investissements privés

Source : Introduction aux finances publiques (2007)

Les deux graphiques montrent que la demande de fonds de la part du secteur public fait
augmenter le taux d’intérêt parce que la demande du gouvernement hausse la demande de prêts
sans qu’il y ait augmentation du côté de l’offre. Le premier graphique illustre la situation sur le
marché de capitaux où la demande de prêts est représentée par la courbe D et l’offre de prêts
par la courbe O. La rencontre entre les deux courbes détermine le taux d’intérêt sur le marché

27
qui se fixe en r. Pour ce taux, les investissements atteignent I. Lorsque le gouvernement se
trouve face à un déficit, il va rentrer lui aussi sur le marché des capitaux. La demande de prêts
augmente et passe de D à D’. Toute chose étant égale par ailleurs, le taux d’intérêt passe de r à
r’. Le taux d’intérêt plus élevé décourage l’investissement (qui passe de I à I’), entrainant ainsi
une diminution du stock de capital privé. L’effet d’éviction porte donc atteinte aux générations
futures. Cette atteinte est d’autant plus forte que l’emprunt sert à financer des dépenses de
consommation.

Les résultats des travaux empiriques sur l’impact spécifique du service de la dette sur la
croissance économique sont cependant contradictoires. L’hypothèse généralement vérifiée par
les chercheurs est qu’il affecte la croissance économique à travers ses effets sur la structure des
dépenses publiques et sur l’investissement privé. (Green, 1991) trouve que le service de la dette
a un effet dépressif sur l’investissement privé. Sérieux et al., (2001) sont arrivés à une relation
similaire mais en considérant l’investissement total au lieu de l’investissement privé pour leur
estimation.

2.1.2.2 Taux d’endettement et taux de croissance économique

Pour qu’une politique d’endettement soit acceptable, l’élévation du ratio d’endettement doit
s’accompagner d’une augmentation de l’excédent primaire mesuré au PIB. En augmentant la
quote-part fiscale ou en réduisant ses dépenses, l’Etat peut accroître cet excédent.
L’alourdissement de la fiscalité s’accompagne généralement de distorsions, en ce sens que
les sujets économiques tendront, par exemple, à travailler et à investir moins du fait de la
hausse des impôts sur le revenu. Cela se traduit par une baisse du taux de croissance
économique, ce qui, en fin de compte, n’est pas très surprenant. Si l’État diminue ses dépenses
productives à cause de la hausse des charges d’intérêt et d’amortissement liée à la dette, la
croissance économique en subit le contrecoup. Cela dit, même pour des dépenses publiques
improductives, une progression de la charge d’intérêt implique un ralentissement de la
croissance. La raison en est qu’avec un ratio d’endettement supérieur, le rendement marginal
de toute unité supplémentaire de travail et d’épargne diminue, puisque l’État affecte une partie
de l’épargne à des fins non productives, à savoir le financement de son déficit. Les acteurs
privés tendront dès lors à épargner et à réduire leurs investissements ; de même qu’à travailler
moins, ce qui est néfaste pour la croissance.

28
Ainsi donc, un taux d’endettement nul serait le meilleur garant d’une forte croissance
économique, si l’on fait abstraction de la possibilité que l’État se soit constitué un fonds dans
lequel il puise pour cofinancer ses dépenses.

Empiriquement, les travaux quant à la relation entre le fardeau de la dette extérieure et la


croissance économique sont abondants et ne font, toutefois, pas l’unanimité. Une bonne partie
de ces travaux se base généralement sur des modèles de croissance de type néoclassique où les
principaux déterminants sont le capital physique, le travail et le capital humain. En émettant
l’hypothèse que l’impact de la dette extérieure sur la croissance économique est linéaire, on
conclut alors qu’elle exerce un effet néfaste sur l’activité économique, et ce, quel que soit le
niveau d’endettement.

L'effet négatif de l'endettement sur la croissance trouve son explication dans l'hypothèse du
fardeau virtuel de la dette " debt overhang " mis en évidence par (Krugman, 1987), (Sachs,
1984). En effet, selon cette hypothèse, lorsque les investisseurs aussi bien domestiques
qu'étrangers présagent que le niveau de la dette dépassera la capacité de remboursement du pays
débiteur, ils envisagent une diminution de leur investissement anticipant ainsi sur une hausse
du taux d'impôt de la part de l'Etat pour faire face au service de la dette qui augmente. En effet,
un niveau d'endettement élevé signifie que l'Etat sera contraint d'augmenter les taxes pour payer
le service. L'anticipation de la hausse de taxation décourage le secteur privé qui réduit ses
investissements. Cette baisse des investissements affecte alors le taux de la croissance
économique.

(Fosu, 1999), Pattillo et al. (2002) n’ont pas trouvé une relation statistiquement significative
entre le service de la dette extérieure et la croissance dans les pays de l’Afrique subsaharienne.
(Elbadawi I., 1997) trouvent au contraire une relation statistiquement significative entre le
service de la dette (en % des exportations) et la croissance pour ces pays.

Les travaux de (Raffinot B. G., 2002) pour la Turquie trouvent une relation positive entre
service de la dette et croissance économique sur la période 1963-1988, avant de constater le
phénomène contraire sur la période 1988-2000. Selon eux, la dernière relation est due à une
baisse de l’investissement privé provoquée par une hausse du taux d’intérêt. L’Etat était obligé
d’intervenir sur le marché financier, pour pouvoir assurer le paiement du service de sa dette,
dont les intérêts seuls représentaient 27.3% des dépenses publiques. Ce qui a entrainé une
hausse du taux d’intérêt préjudiciable à l’investissement.

29
Toutefois, cette relation n’est pas systématique et ne peut se manifester qu'à partir d'un certain
seuil. C’est ainsi que plusieurs travaux empiriques se sont focalisés sur l’existence, ou non, d’un
lien entre dette publique et croissance économique. (Woo, 2010) par exemple, trouve une
corrélation négative entre l’une et l’autre, telle que postulée théoriquement plus haut.

Il existe aussi des études qui ne signalent une corrélation négative entre dette publique et
croissance économique qu’à partir d’une certaine valeur seuil. Rina et Benedict (2004) estiment
ce seuil à environ 50% du PIB pour la valeur actualisée du stock de la dette extérieure, 20-25%
pour la Valeur Actualisée Nette (VAN) et de 100 à 150% pour la valeur nette de la dette
extérieure en pourcentage des exportations.

Reinhart et Rogoff (2010) mettent en évidence, à l’aide d’histogrammes, une relation en U


inversé entre le taux de croissance et la dette, le rapport ne devenant négatif qu’une fois franchi
un niveau d’endettement de 90%. Cette thèse a, cependant, été très critiquée par Irons et Bivens
(2010), qui font notamment valoir que pour les États-Unis, on ne dispose que de très peu de
données sur un taux d’endettement supérieur à 90%, de sorte qu’il s’agit de valeurs aberrantes
dont on ne saurait tirer de conclusion généralement valable.

En résumé, un certain nombre d’études confirment la théorie évoquée plus haut, du rapport
négatif entre la croissance économique et l’endettement de l’État. D’autres études signalent
aussi une corrélation négative, mais seulement à partir d’une valeur-seuil. D’un point de vue
empirique, une incertitude persiste sur la manière dont l’endettement de l’État joue sur la
croissance. Mais quels en sont les principaux canaux de transmission ?

2.1.3 Endettement public et ouverture commerciale

La libéralisation des échanges de nos jours est considérée comme source de convergence et un
facteur clé dans l’élaboration de stratégies de développement. D’ailleurs, un bon nombre
d’organisations internationales incitent les pays à libéraliser leurs échanges commerciaux. Pour
certaines d’entre elles comme le FMI et la Banque Mondiale, la libéralisation des politiques
commerciales est souvent considérée comme condition à l’octroi d’aide financière ou
d’assistance économique pour les pays en voie de développement. Sous l’égide de ces
organisations, plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne ont souscris, dans les années 1980, à de
telles politiques dans le cadre de l’Accord Général sur le Tarif et le Commerce (GATT), des
PAS et d’accords régionaux. L’objectif principal était la promotion des exportations à travers

30
des incitations aux producteurs œuvrant dans les secteurs d’exportation, des réajustements dans
leurs taux de change surévalués et une baisse de leurs barrières tarifaires et non tarifaire. Selon
les études de Raffinot et al. (2001) sur un panel de 81 pays dont le taux d’endettement a
augmenté entre 1980 et 1990, 43 ont connu une réduction du taux d’ouverture, soit 52% d’entre
eux. Il semble donc bien apriori que le lien entre endettement et ouverture soit faible, voire
inexistant.

Partant d’une approche économétrique, Ojo (1989) montre que le rapport de l’encours de la
dette/PIB d’une trentaine de pays africains durant la période de 1976 à 1984 est déterminé par la
variation des exportations, le rapport importation/PIB, le taux de croissance de la population et
celui du PIB. Les résultats statistiques lui permettent de conclure que le rapport de l’encours de
la dette sur le PIB est lié négativement à la variation des exportations, au taux de croissance du
PIB et positivement au rapport importations/PIB, et à la croissance de la population. Yapo
(2002), s’intéresse aux déterminants de l’endettement extérieur de la Côte d’Ivoire sur la
période 1975-1999, et trouve les mêmes résultats, sauf pour le rapport importations/PIB qui
n’est pas significatif. En outre, il montre que l’encours de la dette de la Côte d’Ivoire est
influencé positivement par la détérioration des termes de l’échange et trouve que le déficit
primaire n’est pas significatif. Les résultats d’étude de Diallo (2002) sur le Sénégal corroborent
ceux de Yapo (2002). En effet, Diallo (2002) a étudié l’impact de l’endettement extérieur sur
la croissance économique du Sénégal sur la période 1970-1999 qui couvre les principales crises
d’endettement et les différentes réformes macroéconomiques adoptées dans l’économie par
l’estimation successivement du modèle sur les déterminants de la dette, puis celui de l’impact
de la dette sur la croissance du PIB. Les résultats de l’étude montrent que les importations de
biens et services, le service de la dette et la détérioration des termes de l’échange expliquent le
niveau d’endettement du pays.

Traoré (2005), dans son étude sur les déterminants de l’endettement extérieur public du Mali
sur la période de 1980 à 2004, trouve que l’importation rapportée au PIB à une corrélation
positive avec l’endettement du Mali. Par ailleurs, les variables telles que l’ouverture
commerciale, la fuite des capitaux, ne sont pas pertinentes pour expliquer l’endettement du
Mali.

31
2.2 Déficit public, pression fiscale et fardeau virtuel de la dette

2.2.1 Cercle vicieux de la dette ou effet boule de neige

La situation des finances publiques d’un pays s’apprécie habituellement sur la base de deux
indicateurs : le solde de financement et le rapport entre le montant de la dette publique et le
produit intérieur brut encore appelé « taux d’endettement ».

Un pays dont le solde budgétaire de base passe de + 1 à – 1% du PIB sera examiné avec plus
de circonspection que celui dont ce même solde s’améliore au fil des années même s’il est
encore aujourd’hui égal à - 1%. Il en est de même pour le taux d’endettement: un taux de 80%
sera jugé préférable à un autre de 70% si le premier est le produit d’un mouvement continu de
baisse, alors que le second résulte, au contraire, d’une hausse persistante. C’est dire que les
trajectoires des indicateurs importent au moins tout autant que leur niveau. Dans ce contexte,
l’estimation de l’évolution future de ces trajectoires revêt un grand intérêt pour les
responsables de la politique budgétaire. Sous le vocable particulièrement parlant d’effet « boule
de neige », on a ainsi souligné le danger d’une trajectoire du taux d’endettement qui, en
entraînant des charges d’intérêt plus élevées, ne pourrait à son tour, toutes choses égales par
ailleurs, qu’aggraver le déficit, accélérer la montée future de ce taux et enchaîner les finances
publiques dans une spirale infernale.

En longue période, le taux d'intérêt est à peu près égal au taux de croissance de l'économie. Il
ne devrait donc pas y avoir d'effet "boule de neige". Cependant, il peut intervenir lorsque la
situation fragile de l'Etat engendre des primes de risque (les prêteurs exigent une rémunération
plus élevée pour compenser le risque de défaut), lorsqu'un ralentissement inattendu de l'inflation
accroît le taux d'intérêt réel payé sur la dette ou lorsque la croissance économique s'effondre.
L'effet "boule de neige" oblige à dégager un excédent du solde budgétaire primaire (avant
paiement des intérêts de la dette). Sans mesures rapides, il peut entraîner un dérapage incontrôlé
de la dette. L’effet boule de neige est donc cette situation dans laquelle la dette (généralement
la dette publique) augmente mécaniquement, du fait que le taux d'intérêt payé sur la dette est
plus élevé que le taux de croissance des ressources qui servent à la rembourser.

32
2.2.2 Déficit public, pression fiscale et « debt overhang »

De nombreux auteurs ont montré que les problèmes budgétaires pouvaient être au centre de la
crise d’endettement, même dans les pays à revenu relativement élevé (Reisen et Trotsenburg,
1988). Cela n’implique pas forcément que le modèle prenne en compte explicitement les
problèmes budgétaires. En supposant une pression fiscale stable, Raffinot (2001) affirme qu’il
y a eu peu de différence, en pratique, entre une approche globale (en termes de déficit
d’épargne) et une approche spécifiquement centrée sur les opérations financières de l’Etat.
D’après l’auteur, l’intégration d’un compte de l’Etat dans le modèle permet de mettre l’accent
sur les questions liées à la pression fiscale et, surtout de prendre en compte les questions liées
à l’accroissement des dépenses publiques.

En plus de prendre en compte le budget de l’Etat dans le modèle, il convient :

o De tenir compte de l’évolution à long terme de la pression fiscale. Les travaux de Tanzi
(1987) et Stern (1991) montrent que la pression fiscale a tendance à accroître le niveau de
développement. (Moisseron, 1996) note également cette tendance, mais souligne la forte
dispersion des résultats qui met en évidence que le niveau de développement est sans doute
loin d’être le seul facteur dans ce domaine.
o De tenir compte de l’effet d’éviction de l’investissement privé par l’investissement public.
Dans le cas d’un endettement intérieur, il faut tenir compte du fait que les emprunts publics
risquent d’exercer une pression à la hausse des taux d’intérêts. Dans ce cas, ce serait
l’importance des emprunts publics sur les marchés internationaux qui réduirait les
possibilités d’emprunt du secteur privé, en cas de rationnement « par pays ». (Mesplé-
Somps, 1993) met en évidence un effet de ce genre au Sénégal, les flux d’emprunt public
ayant un effet négatif, statistiquement significatif sur l’investissement privé.
o De tenir compte des possibles effets de désincitation (debt overhang), hypothèse théorique
suivant laquelle l’accumulation de dette publique conduit les agents privés à anticiper un
accroissement de la pression fiscale et les amène à réduire leurs « efforts » -notamment leur
investissements- (Sachs, 1988 ; Krugman, 1988). Cette approche fonde rationnellement
l’intérêt pour les créanciers d’accorder une réduction de la dette ou son refinancement
(courbe de Laffer de la dette). Borensztein (1990) présente une modélisation et valide
l’existence du phénomène dans le cas des Philippines. Borensztein (1991), Ojo et Oshikoya
(1995) procèdent à une analyse économétrique de panel (68 pays, période 1970-1991) qui
semble aussi valider cette hypothèse pour les pays africains en général. D’après leurs
33
estimations, une réduction du taux d’endettement (dette extérieure/PNB) de 10%
entrainerait une augmentation des taux de croissance des économies africaines de 0.3%, et
une hausse de 0.4% du taux d’investissement.

2.2.3 Aide, dette et fiscalité

Depuis le milieu des années 1990, le dispositif d’aide et les procédures de finances publiques
ont évolué en profondeur. Plus récemment, ce sont les modalités de l’aide qui étaient sous le
feu de la rampe. La fragmentation des interventions des bailleurs de fonds ayant été identifiée
comme source d’inefficience, la simplification et l’harmonisation des procédures
d’acheminement de l’aide sont devenues un des leitmotivs de la réforme de l’aide avec comme
conséquence son orientation en faveur des programmes sectoriels et de l’aide budgétaire
globale. Cette nouvelle approche avait été préfigurée dès 1997 par le test d’une nouvelle
approche de la conditionnalité au Burkina Faso.

Les annulations de dette avaient comme objectif de contribuer à réduire la pauvreté, et,
ultérieurement, de faciliter l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD)
en dégageant un « espace fiscal » significatif donnant aux pays bénéficiaires des marges de
manœuvre en matière de choix budgétaire.

Cassimon et Campenhout (2008) analysent ainsi à partir d’un échantillon de 24 pays africains
arrivés au moins au stade du point de décision de l’initiative PPTE, les réponses budgétaires
notamment l’évolution des recettes intérieures, engendrée par les allègements de dette et les
comparent à celle des autres modalités de l’aide (subvention, aide-projets, etc.). Ils montrent
que les annulations de dette contrairement aux craintes de certains n’engendrent pas de réponse
fiscale négative (la mobilisation des ressources intérieures n’est pas réduite). Au contraire, en
moyenne, cette forme d’aide affecte le comportement des finances publiques de la façon
souhaitée, avec des effets semblables à son plus direct substitut, les subventions aux
programmes.

Pour leur part, Cohen et al. (2008) proposent un nouvel instrument de prêt souverain adapté à
la volatilité des PFR. Les auteurs soulignent en effet qu’un des principaux déterminants des
crises de la dette des PFR est leur vulnérabilité aux chocs externes. Ils constatent pour un
échantillon de 61 pays pauvres et pays émergents sur la période 1970-2004 que 54% des crises

34
de la dette (60% dans le cas des pays africains) ont été précédés par des chocs d’exportation les
trois années antérieures. Dans ce contexte, ils définissent un nouvel instrument de prêt
souverain conta-cyclique qui tient compte ex-ante de cette vulnérabilité aux chocs exogènes, et
qui relie les obligations de remboursement des pays endettés à leur capacité à les satisfaire, telle
que mesurée par les revenus d’exportation. Cet instrument qui internalise le risque de défaut lié
aux chocs d’exportation est à même de prévenir de nouvelles crises de la dette dans les pays
vulnérables, que les instruments traditionnels de financement. Sa portée sera d’autant plus
grande qu’il sera adopté par un grand nombre de bailleurs.

Lucca et Raffinot (2007) considèrent que l’accroissement de l’aide budgétaire globale devrait
avoir un avantage majeur qui serait de redonner leur sens aux arbitrages budgétaires ; un projet
jusqu’ici dévoyé par la multiplication des projets. En étudiant le cas du Burkina Faso, ils
montrent que les avancées dans ce sens qui sont réelles, se heurtent à de nombreux obstacles.
Certains sont bien connus, comme l’insuffisance des capacités dans le domaine de la définition,
du suivi et de l’évaluation des politiques ; le lien entre les stratégies et la budgétisation restant
faible par ailleurs.

Au terme d’une analyse théorique des effets macroéconomiques des entrées de capitaux
internationaux, Obstfeld (1998) aboutit à des conclusions assez intéressantes. Celles-ci mettent
principalement en évidence la sensibilité des effets de l’ouverture financière aux
distinctions qu’il fait concernant la composition des entrées de capitaux internationaux,
distinctions non habituellement prises en compte dans les modèles théoriques jusque-là
développés. Plus précisément, il montre que des entrées permanentes d’aides étrangères
(entrées qui durent dans le temps) provoqueraient, à court terme, un saut immédiat de la
consommation et de l’investissement domestiques ; ce qui ne sera pas sans effet sur la
mobilisation des recettes fiscales.

2.3 Aperçu sur la dette et les recettes fiscales dans les pays de l’UEMOA

Sur les causes du retard des pays africains en général et ceux de l’UEMOA en particulier,
plusieurs questions reviennent dans les débats, dont celle de la faiblesse des recettes fiscales.
De nombreux facteurs ont été identifiés dans la littérature théorique et empirique pour expliquer

35
la faiblesse des rentrées fiscales dans les pays de l’UEMOA.17 Parmi ceux-ci figure en bonne
place le fort taux d’endettement des différents pays.18 C’est ce qui justifie la recherche de
nouvelles approches et stratégies de traitement de la dette de l’ensemble des PPTE et, la
réalisation de nombreux travaux de recherche sur la relation entre la dette publique et les
recettes fiscales (Muriel et Tinel, 2010). Dans cette sous-section, il sera question de passer en
revue les liens entre la dette publique et les recettes fiscales au plan sous régional, puis il sera
procédé à une revue spécifique dans quelques pays.

2.3.1 Aperçu général

Le graphique ci-dessous présente une évolution du stock de la dette publique extérieure dans
les pays de l’UEMOA entre 1975 et 2008. Il montre une tendance haussière du niveau
d’endettement de la zone sur l’ensemble de la période considérée. Le niveau d’endettement
connu une croissance jusqu’en 1995, avec une relative stabilité entre 1987 et 1989 ; s’en est
suivit une phase de baisse allant de 1996 à 2001. On note également une hausse entre 2002 et
2004 avant une dynamique de baisse à partir de 2005.

Figure 2: Evolution du stock de la dette publique extérieure de l’UEMOA

Moyenne UEMOA
3.5E+09

3E+09

2.5E+09

2E+09

1.5E+09

1E+09
Moyenne UEMOA
500000000

0
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006

Source : Construction de l’auteur à partir des données de la banque mondiale

17
Les recettes publiques hors don du PIB des pays de l’UEMOA représentaient encore 17.2% en moyenne entre
2004 et 2008, dont 16.5% en 2004 et 16.3% en 2005 (FMI, perspectives économiques régionales, octobre 2013).
18
La dette publique de l’espace UEMOA était en moyenne entre 2004 et 2008 de 54.4% (FMI, perspective
économiques régionales, octobre 2013).

36
Dans un premier temps, l’endettement augmente, atteignant son niveau maximum en 1995. Les
principaux facteurs exogènes et endogènes explicatifs de l’endettement extérieur des pays de
l’UEMOA sont la détérioration des termes de l’échange, les aléas climatiques et l’accumulation
des arriérés de paiement (Yapo, 2001). A ces facteurs, d’autres auteurs ajoutent le manque de
réformes macroéconomiques cohérentes et soutenues, le faible niveau des prêts concessionnels,
l’absence de gestion de la dette publique et des politiques de refinancement (Adoum, 2005).

Dans un second temps, le stock de la dette a commencé à baisser dès 1996. Cette dynamique
de l’endettement s’explique principalement par le fait que pendant la décennie écoulée, bon
nombres de pays d’Afrique subsaharienne ont bénéficié d’importantes réductions de dette, dans
le cadre des initiatives PPTE (1996 et 1999) et de l’Initiative d’Annulation de la Dette
Multilatérale (IADM, 2005). En effet, l’allègement substantiel de la dette a été un facteur
important de stabilité macroéconomique, notamment en ce qu’il a créé une marge de manœuvre
budgétaire considérable. Les pays bénéficiaires ont été encouragés à mettre cette marge au
profit des dépenses réductrices de pauvreté (éducation, santé, etc.). Cet espace budgétaire
supplémentaire a également aidé à la prise de mesures anticycliques pendant la crise financière
mondiale. Toutefois, malgré toutes ces initiatives salutaires, plusieurs auteurs n’ont manqué de
souligner que les causes de l’endettement étaient toujours présentes (Barthélémy, 2001 ;
Easterly, 2002).

Dans un troisième temps, la dynamique de baisse amorcée en 1996 sera interrompue entre 2002
et 2004 où le stock de dette atteint son maximum, avant de renouer avec la baisse à partir de
2005.

Parallèlement, une analyse du niveau de recettes publiques hors dons rapportées au PIB entre
2004 et 2012 montre qu’elle reste peu satisfaisante. Dans l’ensemble, sur la période considérée,
l’union enregistre une moyenne de 17.2%. Cependant, pris individuellement, seul trois pays
(Sénégal, Côte d’Ivoire, Bénin) franchissent le seuil de 17%. Les quatre autres s’en approchent
et la Guinée Bissau reste à la traîne avec une moyenne de 09%.

37
Figure 3: Evolution du taux de recettes publiques hors dons de l’UEMOA

Recettes publiques hors dons (%PIB)


19.5
19
18.5
18
Recettes
17.5
publiques
17 hors dons
16.5 (%PIB)
16
15.5
15
14.5
14
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Source : construction de l’auteur à partir de données du FMI(2013).

La politique fiscale constitue un instrument de politique économique ; cela se traduit à la fois


par son impact sur la croissance mais également sur son effet de redistribution de la richesse.
Cet aperçu sur l’évolution des recettes fiscales montre que la zone UEMOA à un niveau de
recettes publique rapportées au PIB relativement faible. En effet, en moyenne sur la période
considérée, il est de 26.8% pour l’Afrique subsaharienne, 21.8% pour la zone franc, 28.7% pour
la SADC, 26.2% pour la zone CEMAC, 17% pour la COMESA, etc. Plusieurs arguments
peuvent être avancés pour expliquer cette situation. Tanzi et Zee (2000) ont confirmé que le
ratio de l’impôt au PIB dans un pays donné est déterminé par un ensemble de facteurs
structurels, principalement le revenu par habitant, le degré d’urbanisation, le taux
d’alphabétisation, la part de l’industrie, de l’agriculture et des industries extractives dans le PIB
et le niveau des échanges commerciaux. Ces études ont été corroborées par Bird (2004).
Cependant, il semble que deux facteurs constituent les principaux freins à cette évolution à
savoir, la prédominance du secteur informel et la non-imposition du secteur agricole (BAD,
2012). Rarement cité dans la littérature, mais vraisemblable en effet, la dette publique
expliquerai d’une manière ou d’une autre, la mobilisation des recettes fiscales dans les pays de
l’UEMOA.

L’UEMOA n’est pas une zone homogène et les réalités diffèrent alors d’un pays à un autre.
Comme le montre le graphique ci-après, en moyenne sur la période considérée, excepté la

38
Guinée Bissau, le Burkina Faso enregistre le niveau le plus bas (13.1%) et le Sénégal le niveau
le plus élevé (19.5).

Figure 4: Evolution des recettes publiques hors dons (%PIB) des pays de l’UEMOA

RECETTES PUBLIQUES HORS DONS


(%PIB) 2004-2012
25
RECETTES PUBLIQUES HORS DONS (%PIB) 2004-2012
19.5
20 18.2 18.2
16.9 16.4
15 13.1 13.7

9
10

Source : construction de l’auteur à partir de données du FMI(2013).

En prenant l’exemple du Sénégal et du Burkina Faso, nous apercevrons de façon spécifique les
différents systèmes fiscaux et une évolution comparée de la dette publique et des recettes
fiscales. Le choix de ces deux pays se justifiant par leurs positions respectives dans
l’échantillon. La deuxième partie de cette sous-section y sera consacrée.

2.3.2 Approche sectorielle

Dans cette partie, il s’agit d’analyser au niveau national, en prenant les exemples respectifs du
Sénégal et du Burkina Faso, l’évolution de la dette et des recettes fiscales.

2.3.2.1 Le Sénégal en exemple


Au Sénégal, la pression fiscale est estimée à 18.9% en 2010, soit à un niveau supérieur au seuil
de convergence de l’UEMOA (17%) mais inférieur à celui de la CEDEAO (20%), et pourra
atteindre 20.7% en 2013 (FMI, 2013).

Globalement, les recettes fiscales sont constituées essentiellement d’impôts indirects qui
représentent en moyenne environ 13% du PIB, soit un niveau supérieur à celui des pays en
développement et ceux industrialisés où le taux tourne autour de 10% du PIB. S’agissant des

39
impôts directs, ils tournent autour de 4.7% du PIB sur la période 2005-2010, soit un niveau
inférieur à la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne (7% du PIB) et des pays de l’OCDE
(plus de 20%) ; ce qui dénote d’une étroitesse de la base fiscale des impôts directs.

Préalablement à l’étude de la BAD (2008) qui identifie la prédominance du secteur informel et


la non-imposition du secteur agricole comme freins principaux à la mobilisation des recettes
fiscales dans les pays de l’UEMOA, Diagne et Thiaw (2008) ont affirmé que le secteur informel
au Sénégal ne constitue pas un grand gisement fiscal dans la mesure où l’impôt théoriquement
dû par les entreprises du dit secteur ne représente qu’environ 3% de leur chiffre d’affaires.
Toutefois, il convient de signaler que si ces entreprises se formalisaient, elles seraient soumises
au régime normal qui leur appliquera des taxes plus importantes.

La faible bancarisation du Sénégal constitue un facteur négatif pour la mobilisation des


ressources fiscales. Les transactions commerciales réalisées à l’aide d’espèces sont d’une
traçabilité faible et de ce fait sont difficiles à appréhender pour l’administration fiscale. Ce
handicap est particulièrement important pour les impôts relatifs aux entreprises individuelles et
professions libérales. La corruption est généralement considérée comme un facteur défavorable
à la mobilisation fiscale (Attila, 2008). En concernant, l’indice de corruption perçue calculée
par Transparency International classe le Sénégal au 99ème rang, ce qui place le pays en milieu
de tableau avec un score de 3.0 en 2008 contre 3.1 en 2002, ce qui indique une certaine stabilité.

Enfin, la démocratie constitue un facteur favorable à la mobilisation de ressources publiques


(Ehrhart, 2009). Dans le cas du Sénégal, il est probable que l’alternance démocratique constitue
un phénomène important pour la crédibilité des institutions, et de ce fait favorise l’instauration
et la persistance d’un climat de confiance favorable à la mobilisation fiscale.

S’il en est ainsi du Sénégal, pays à revenu intermédiaire (FMI, 2013), qu’en est-il des pays à
faible revenu et le Burkina Faso en l’occurrence ?

2.3.2.2 Le cas particulier du Burkina Faso


Le système fiscal burkinabè est caractérisé entre autres par la multiplicité des impôts et taxes
qui le composent19. Plusieurs classifications peuvent en être faites, mais on retiendra la
répartition entre la fiscalité de porte et la fiscalité intérieure. La fiscalité de porte regroupe les
droits de douane et les taxes d’effets équivalents qui s’appliquent aux produits qui franchissent

19
On en dénombre 30 impôts et taxes liquidés et recouvrés par la Direction Générale des Impôts (DGI), 26 à la
Direction Générale des Douanes (DGD) et 22 à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique
(DGTCP)

40
le cordon douanier. La fiscalité intérieure, elle par contre, est l’ensemble des impôts et taxes
liquidés et recouvrés à l’intérieur du pays par la DGI et accessoirement par la DGTCP ; elle
distingue les impôts directs et indirects.

 L’évolution des recettes douanières

Entre 1996 et 2007, les recettes douanières étaient de 121 milliards de FCFA en moyenne
annuelle. Elles ont enregistré un accroissement annuel moyen de 8.05% passant de 77.1
milliards de FCFA en 1996 à près de 184 milliards de FCFA en 2007. Cette croissance régulière
a été interrompu en 2000 (-16.8%) suite à la mise en œuvre des mesures liées au Tarif Extérieur
Commun (TEC). Après avoir connu une forte dispersion en 2000, avec un niveau de 25.5
milliards de FCFA, les droits de douane ont progressivement rattrapés leur niveau de la période
1996-1999 pour se situer à 62.7 milliards de FCFA en 2007. Cette évolution est en grande partie
due aux efforts de restructuration internes (réorganisation administrative, lutte contre la fraude,
etc.)

Les autres recettes douanières ont augmenté en importance car leur part est passé de 47.4% en
1996 à 70.3% en 2004 puis 65.9% en 2007. Cette hausse s'est faite sous l'impulsion de la TVA
qui a connu une hausse régulière entre 1996 et 2007 (+13.15% en moyenne annuelle).

 L’évolution des recettes fiscales intérieures

Les recettes fiscales intérieures ont connu une progression régulière avec un taux de croissance
moyen de 10.04%. Leur niveau est passé de 73.1 milliards de FCFA en 1996 à 116 milliards de
FCFA en 2000, avant d'atteindre 221.3 milliards de FCFA en 2007. La structure des recettes
fiscales intérieures a connu une inversion des tendances entre 1996 et 2007. Prépondérante sur
la période 1996-2003, avec une part moyenne de l'ordre de 51.7%, les impôts directs ont chuté
pour ne représenter que 47.2% de l'ensemble des recettes fiscales intérieures en 2007.

Les impôts indirects ont atteint 87 milliards de FCFA en 2004 contre 59.8 milliards de FCFA
en 2000 et 31.2 milliards de FCFA en 1996. En moyenne, la progression a été de 12.5% sur la
période. Les impôts indirects sont dominés par la TVA dont la part est passée de 26.5% en
1996, à 22.4% en 2000 puis à 32.4% en 2007.

De façon générale, le niveau des recettes fiscales au Burkina Faso a évolué de façon positive et
significative. Le niveau a presque triplé au regard du bond de 150.2 Milliards de FCFA en 1996
à 405 Milliards de FCFA en 2007. Toutefois, on observe un tassement de leur niveau

41
préjudiciable au taux de pression fiscale (12.5%) dans la mesure où le PIB connaît une hausse
plus rapide. Il y a sans doute des insuffisances dans la mobilisation des ressources potentielles
: le secteur agricole est entre autre insuffisamment fiscalisé alors qu'il contribue pour beaucoup
(40%) à la formation du PIB.

Après avoir passé en revue l’évolution de la dette et des recettes fiscales au niveau de l’union,
puis au niveau de deux pays notamment le Sénégal et le Burkina Faso, il convient à présent de
se pencher sur la gestion de réduction des dettes et les perspectives d’endettement. Ce sera
l’objet de la partie suivante.

2.3.3 Gestion de réduction des dettes et perspectives de ré-endettement.

Le portefeuille de la dette publique est souvent le portefeuille financier le plus important du


pays. Il contient fréquemment des montages financiers complexes, et peut faire peser un risque
substantiel sur le compte de patrimoine de la nation20. Reconnaissant le rôle important que la
gestion de la dette publique peut jouer en aidant les pays à affronter les chocs économiques et
financiers, le Comité monétaire et financier international (CMFI) a demandé aux services du
FMI et de la Banque mondiale de mettre au point, en collaboration avec les experts nationaux,
un ensemble de directives sur la gestion de la dette publique afin d’aider les pays à réduire leur
vulnérabilité financière. Dans la suite, il sera question de la gestion des dettes et des éventuelles
possibilités de ré-endettement dans l’espace communautaire UEMOA.

2.3.3.1 Gestion des dettes


La gestion de la dette publique consiste à établir la stratégie permettant de mobiliser les
financements dont l’Etat a besoin et de poursuivre ses objectifs de coût et de risque, ainsi que
tous les autres objectifs qu’il peut avoir assigné à la gestion de sa dette, comme le
développement et le maintien d’un marché des titres publics performant et liquide (FMI,
Banque Mondiale, 2002). Dans les pays de l’UEMOA, l’endettement et la gestion de la dette
publique sont régis par des textes de portée internationale, communautaire et nationale.

Au plan international, les institutions ont définis des directives ou des normes standards en
matière d’endettement et de gestion de la dette publique dans le but d’aider les Etats à concevoir

20
État de la valeur des actifs détenus et des engagements contractés par une unité ou un secteur
institutionnel, dressé à un moment précis dans le temps. Son solde est la valeur nette.

42
et à mettre en œuvre des dispositifs pour améliorer la qualité de la gestion de leur dette publique
et réduire leur vulnérabilité aux chocs financiers. Principalement, il s’agit :

 Des « directives pour la gestion de la dette publique » élaborées conjointement par les
services du FMI et de la Banque Mondiale et qui constituent une référence réglementaire
internationale en matière de gestion de la dette publique.
 Du guide de contrôle élaboré à l’intention des pays membres par l’INTOSAI intitulé
« Lignes directrices pour la mise en œuvre de contrôles de la dette publique ; l’utilisation
de sondages de corroboration dans les contrôle financiers, novembre 20007 ».21

Au plan communautaire, la réglementation spécifique au cadre juridique de la dette comprend


principalement :

 le Règlement n°09/2007/CM/UEMOA du 4 juillet 2007 portant cadre de référence de


la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique dans les Etats
membres de l’UEMOA.
 l’instruction (BCEAO) n°01/2001/TIT du 13 décembre 2001 relative aux procédures de
ventes aux enchères des bons et obligations du Trésor avec le concours de la BCEAO
dans les Etats membres de l’UEMOA.
 l’instruction (BCEAO) n°03/2001/TIT du 13 décembre 2001 relative à la numérotation
des émissions par voie d’adjudication des obligations du Trésor et des émissions de
Titres sur le marché monétaire de l’UMOA.
Au plan national, outre la règlementation générale, les différents pays ont adopté des textes
dans le domaine spécifique de la dette publique. En prenant l’exemple du Burkina Faso, on
note entre autre :
o Le décret n°2008-448/PRES/PM/MEF du 15 juillet 2008 portant politique nationale
d’endettement et de gestion de la dette publique ;
o Loi n° 063-2008/AN du 16 décembre 2008 portant habilitation du Gouvernement à autoriser
par voie d’ordonnance, la ratification des accords de financement conclus entre le Burkina
Faso et les partenaires techniques et financiers ;
o Le protocole et le règlement intérieur du 23 mai 2005 du Cadre Général d’organisation des
Appuis Budgétaires ;

21
International Standards of Supreme Audit Institutions ou, en français, Organisation Internationale des
Institutions Supérieures de Contrôle des Finances Publiques

43
2.3.3.2 Perspectives de ré-endettement
En mettant en œuvre l’initiative en faveur des PPTE et l’IADM, les principaux créanciers
bilatéraux et les institutions financières internationales se sont engagés dans une action
importante de réduction de la dette des PED. La question de leur ré-endettement fait désormais
l’objet de discussions soutenues au sein des instances internationales. De ce fait, tant les besoins
financiers des pays pauvres que la restauration de leur situation financière, laissent conjecturer
une certaine reprise des flux d’endettement. Dans cette partie, il sera d’une part question de
l’importance de la situation d’endettement des pays post-PPTE et IADM suite à l’effort
d’annulation de dettes consenti par la communauté internationale ; et d’autres parts, une mise
en exergue des risques que font peser sur les économies en développement les politiques
actuelles de ré-endettement de certains pays, conduites en particulier sous l’influence de
nouveaux prêteurs internationaux.

Le tableau ci-après présente spécifiquement l’impact des initiatives PPTE et IADM sur les
ratios d’endettement des pays de l’union ayant atteint le point d’achèvement.

44
Tableau 1 : Impact des initiatives PPTE et IADM sur les ratios d’endettement des pays de la
Zone franc ayant atteint le point d’achèvement en %.

Ratios Avant Ratios post- Ratios post-


Pays
PPTE (a) PPTE (b) IADM ©
Dette/PIB 67,3 51,3 11
Bénin Service payé de la
14,2 8 2,9
dette/exportations
Dette/PIB 57,4 47,7 17
Burkina
Service payé de la
Faso 21,5 11,5 4,6
dette/exportations
Dette/PIB 111,9 73,6 27
Mali Service payé de la
14,6 5,8 4,3
dette/exportations
Dette/PIB 101,9 69,7 34
Niger Service payé de la
8,4 4,2 3,6
dette/exportations
Dette/PIB 82,2 49,5 13
Sénégal Service payé de la
17,1 7,6 4,7
dette/exportations
Source : FMI, Banque mondiale, Rapport annuel de la Zone franc 2004 et 2005. Données en termes
nominaux. (a) données à fin 2000
(b) données constatées au 31 décembre de l’année de franchissement du point d’achèvement
© estimations FMI-Banque mondiale et AFD pour 2006 (2007 pour le Cameroun)

L’amélioration du profil de risque de ces pays est d’ailleurs reflétée par l’évolution de leurs
notes souveraines, plusieurs d’entre elles ayant été récemment rehaussées par les agences de
notation internationales22. Nonobstant ces efforts forts considérables, les politiques actuelles
de ré-endettement de certains PED font peser des risques sur leurs économies.

22
Les efforts du gouvernement en matière de réduction du déficit budgétaire, les réformes pour encourager
l’investissement, la transition politique en douceur, etc., ont poussé l’agence de notation Standard & Poor’s à
réviser la perspective du Sénégal qui passe de « négative » à « stable ».

45
En restaurant la situation financière des États les plus pauvres, les initiatives multilatérales
d’annulation de la dette ouvrent des perspectives de ré-endettement pour ces pays, alors que
ceux-ci restent confrontés à d’importants besoins de financement au regard de leurs objectifs
de développement. À titre illustratif, le montant des financements nécessaires à la réalisation
des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pourrait atteindre, pour les pays à
bas revenus, près de 150 milliards de dollars d’ici à 201523. Pour la majorité des pays d’Afrique
sub-saharienne, les coûts de financement des OMD devraient représenter plus de 20% de leur
PIB. La réalisation de ces objectifs, arrêtés par l’Assemblée générale des Nations unies en
septembre 2000, nécessitera ainsi la mobilisation d’importantes ressources extérieures, du fait
en particulier des taux de croissance globalement insuffisants dans les pays à bas revenus (3.7%
en moyenne pour l’UEMOA entre 2004 et 2008 [FMI, 2013]) au regard des performances
estimées à l’origine nécessaires pour atteindre les OMD (7% à 8% par an) ; ce qui se traduit
par la faiblesse des rentrées fiscales. En plus des taux de croissance faibles, on note les
difficultés rencontrées pour accéder aux marchés internationaux de capitaux, compte tenu de
la qualité de la signature de ces pays. La reprise de l’endettement dans certains PED s’inscrit
dans un contexte international marqué par l’apparition de nouveaux prêteurs (pays émergents
d’Asie et d’Amérique latine, pays du Golfe), dont les pratiques de financement diffèrent à
plusieurs niveaux de celle observées par les bailleurs « traditionnels ». En effet, cherchant à
pénétrer sur des marchés devenus attractifs au regard notamment des besoins en matières
premières, les prêteurs émergents offrent des financements pour des montants très substantiels,
souvent largement supérieurs à ceux susceptibles d’être mobilisés par le FMI ou l’AID, et, en
outre, sans conditionnalité de politique interne liée notamment à la gouvernance. Ces
financements sont souvent proposés sous forme peu ou non concessionnelle et peuvent être
gagés sur des ressources naturelles ou assortis d’engagements de la part des pays récipiendaires
(achats de biens d’équipement).

Dans ce chapitre, nous avons passé en revue, les liens qui existent entre l’endettement public et
les performances économiques ; notamment à travers l’analyse de l’impact de l’accumulation
de la dette sur les agrégats macroéconomiques, une analyse du déficit public, de la pression
fiscale et du fardeau virtuel de la dette ; terminant par un aperçu sur la dette et les recettes
fiscales dans les pays de l’UEMOA. De cette revue, il ressort dans un premier temps que des
variables telles que le déficit budgétaire (Reisen et Van Trotsenburg, 1988 ; Blancheton, 2004

23
UN Millenium Project, Investing in Developpement, 2005

46
et Arcand, 2000), l’ouverture commerciale (Raffinot, 2001), la balance courante et le taux de
change, (Sachs 1988 ; Boreinsztein, 1990 et Cohen, 1996), l’importation, l’exportation, le taux
d’intérêt, la variation des termes de l’échange, le taux de croissance économique et le service
de la dette (Artus et Morin, 1991 ; Loubelo, 2002 ; Ndo Dong, 1991 ; Eichengreen et Portes,
1986 ; Ojo, 1989 ; Cohen, 1996 et Rougier, 1994) ont un impact significatif sur l’endettement,
chacune selon son ordre d’importance. Dans un second temps, on note que la dette des pays de
l’UEMOA au regard des critères de convergences, reste soutenable et que les déficits publics
sont récurrents ; mais ceci pourrai justifier la faiblesse relative des recettes fiscales. Dans la
section suivante de ce travail, une évaluation empirique à travers notamment des tests
économétriques et une discussion permettra de mettre en lumière un éventuel impact de la dette
publique sur les recettes fiscales dans les huit pays de l’union.

47
Chapitre 3 : Analyse économétrique de la relation entre le taux
d’endettement et les recettes fiscales
Introduction

Afin de répondre concrètement à la question émise à travers la problématique, qui est de savoir
si l’accumulation de dette publique a un impact sur la mobilisation des recettes fiscales dans les
pays de l’UEMOA, la nécessité d’une évaluation économétrique s’impose. Dans ce chapitre, la
présentation du cadre méthodologique constituera la première section et la seconde sera
consacrée aux tests économétriques. Pour finir, la présentation des résultats, une discussion et
la formulation de recommandations de politiques économiques feront l’objet de la troisième
section.

3.1 Approche méthodologique

Nous procédons à la vérification de nos hypothèses relatives à l’existence d’un lien entre dette
publique et recettes fiscales sur la base de régressions économétriques. Bien avant de spécifier
le modèle, il s’agira de formuler le modèle théorique qui servira de base aux estimations. Enfin
seront décrites les variables avant d’en présenter les différentes sources de données.

3.1.1 Formulation du modèle théorique

En rappel, notre but est d’évaluer empiriquement l’impact de la dette publique sur les recettes
fiscales dans les pays de l’UEMOA et d’étudier la dynamique entre ces deux variables. L’intérêt
ici est de savoir si l’endettement public exerce un effet sur la mobilisation des recettes fiscales
et avec quelle intensité. Nous avons pour variable dépendante les recettes fiscales et la dette
publique celle explicative. Le modèle qui servira de base pour notre étude s’inspire de celui
formulé par Pucci et Tinel (2011) pour étudier l’impact des réductions d’impôt sur la dette
publique en France.

L’essor de l’endettement est peu ou prou analysé comme une conséquence de la démocratie
représentative qui obligeant les dirigeants à se présenter régulièrement devant les électeurs, les
amènerait à faire preuve de laxisme à l’approche des échéances électorales pour tâcher de se

48
maintenir au pouvoir en s’efforçant d’acheter le vote des électeurs médians. Ce type de régime
politique ne serait alors qu’une sorte d’immense système clientéliste dont l’action se concrétise
par des exonérations d’impôts, qui, ceteris paribus, renforce le déficit budgétaire, en raison de
la baisse des entrées fiscales. Ce clientélisme politique, associé à la foi des élus du peuple au
principe du multiplicateur sont souvent invoqués pour justifier le recours massif à l’emprunt
pour financer le déficit et promouvoir l’investissement. Cette croyance en la dette « salvatrice »
et au pouvoir du multiplicateur, conduit ce mal qu’est la faiblesse des recettes fiscales aux
oubliettes.

A l’instar de la dette, l’aide publique au développement impacterait la mobilisation des recettes


fiscales ; mais en raison de son caractère plus ou moins aléatoire, son effet devrait être
relativement moins important. Cassimon et Campenhout (2008) montrent cependant que les
annulations de dette n’engendrent pas de réponse fiscale négative, mais affecte le comportement
des finances publiques de la façon souhaitée.

Un autre facteur qui nous semble déterminant est la santé économique, mesurée notamment par
la croissance économique et l’inflation. La croissance économique en élargissant l’assiette
fiscale entraine toute chose égale par ailleurs, une hausse des recettes. L’inflation est un proxy
de l’instabilité macroéconomique et est caractérisée par la perte du pouvoir d’achat, conduisant
à des modifications sociales, en favorisant certaines catégories de personnes dont les revenus
sont indexés et en pénalise d’autres. Mamona (2007) montre en étudiant le cas du Congo RD
que les recettes fiscales sont d’autant plus importantes que l’on est en période de stabilité
économique, monétaire et fiscale. Un environnement économique inflationniste semble donc
avoir un effet sur la mobilisation des recettes fiscales.

Dans les pays de l’UEMOA, les IDE représentent en moyenne 2% du PIB entre 2004 et 2008 ;
le PIB étant un proxy de l’assiette fiscale, on estime que les IDE sont alors susceptibles
d’influencer le niveau de recettes fiscales. Egalement, les recettes douanières issues des
échanges commerciales représentent une part importante des recettes fiscales (65.9% en 2007
pour le Burkina Faso). On peut alors considérer que le degré d’ouverture économique dont
dépend le niveau de recettes douanières serait une variable non négligeable dans la
détermination des recettes fiscales.

« Good Governance is the single most important way to end poverty and to support
development »; disait Kofi Annan. La littérature existante confirme cette citation en indiquant
que la consolidation de la démocratie (synonyme de bonne gouvernance) exige de bonne

49
performances économiques et réciproquement (Aldahdah, 2005 ; Egoume, 2007 et Gaaliche,
2013). Avec le développement de l’économie industrielle, un nouveau facteur est apparu : les
institutions. Nombre d’auteurs ont ainsi souligné l’existence de la corruption dans
l’administration publique (McLaren, 1996 ; Hendricks et al, 1999) dont les conséquences
peuvent être néfastes pour les économies et en particulier pour les finances publiques (Ades et
Telle, 1994 ; Mauro, 1995; Murphy et al., 1993 ; Ackerman, 1997 ; World Bank, 1997 ; Wei,
1997). En effet, dans un Etat où manquerait des institutions fortes, prévaudraient la fraude et la
corruption ; ce qui aura pour conséquence des recettes fiscales très faibles. L’état de la
gouvernance dans un pays serait alors une variable non négligeable dans la détermination des
recettes fiscales.

Au regard de ce qui précède, un modèle applicable sur données de panel en série temporelle
semble bien adapté à notre cadre d’analyse. Le modèle de panel s’écrit pour chaque pays i et à
un instant t, de la façon suivante :

𝑌𝑖𝑡 = 𝑋𝑖𝑡 𝑏 + 𝜀𝑖𝑡 avec, i = {1, …, 8} et t = {1, …, 13}.

Pour tirer parti de la double dimension individuelle et temporelle, différents schémas de


variation des paramètres ont été proposés ; il s’agit entre autre du modèle à effets fixes et du
modèle à effets aléatoire. Pour déterminer le plus approprié de ces deux modèles pour notre
étude, nous procèderons à des tests de spécification, notamment celui de Hausman, précédé de
ceux de Fisher et de Breusch-Pagan. Cependant, on ne saurait utiliser des données sans en
connaître les sources et sans en avoir une moindre description.

3.1.2 Description des variables et sources des données


3.1.2.1 Définition et mesure des variables

Les différentes variables utilisées dans la présente étude ont été retenues sur la base de
considérations subjectives, mais aussi objectives, car de nombreuses études antérieures ont
servi de références (Aldahda, 2005 ; Gaaliche, 2013 ; Mamona, 2007 ; Pucci et Tinel, 2011 ;
Gakpa, 2012 ; Naaba, 2012 ; Dialga, 2012). Ces variables sont donc définies et mesurées telles
qu’il suit :

50
o Le produit intérieur brut (PIB).

C’est le PIB au prix du marché qui est pris en compte dans le cadre de cette étude. C’est la
somme des valeurs ajoutées brute de tous les producteurs résidents d’une économie plus toutes
les taxes sur les produits moins les subventions non incluses dans la valeur des produits. Elle
est calculée sans effectuer de déduction pour la dépréciation des biens fabriqués ou la perte de
valeur ou la dégradation des ressources naturelles. Le PIB ainsi décrit n’est pas une variable de
l’étude, mais sa description s’explique par le fait que la plus part des variables sont données en
termes de ratio par rapport au PIB.

o Le niveau de recettes fiscales rapporté au PIB (RFISC).

C’est la variable endogène du modèle, et est donnée par le rapport des revenus fiscaux au PIB.
Les revenus fiscaux désignent les transferts obligatoires vers le gouvernement central à des fins
publiques. Certains transferts obligatoires tels que les amendes, les pénalités et la plus part des
cotisations sociales sont exclus. Les remboursements et les corrections de revenus fiscaux
perçus à tort sont traités comme des revenus négatifs.

o Le taux d’endettement public (ENDET).

C’est la dette publique et garantie par l’Etat, rapporté au PIB. La dette publique, elle, est
constituée d’obligations extérieures à long terme des créanciers publics, dont le gouvernement
national, les sous-divisions politiques (ou les agences ou les deux), et les organisations
publiques indépendantes, ainsi que des obligations extérieures des créanciers privés dont le
remboursement est garantie par une entité publique. On s’attend dans le cadre de cette étude à
ce que cette variable impacte négativement la variable expliquée.

o Le taux de croissance du PIB par tête (PIBT).

C’est le taux de croissance du PIB au prix du marché basé sur les taux de Parité du Pouvoir
d’Achat (PPA). Le PIB en PPA est le PIB converti en dollars internationaux courants au moyen
des taux PPA. Nous en anticipons une relation positive avec la variable expliquée.

o Le taux d’inflation (TXINF).

Elle représente l’inflation tel que mesurée par l’Indice des Prix à la Consommation (IPC),
reflétant les variations du coût d’un panier de biens et de services achetés par le consommateur

51
moyen. L’indice de Laspeyers est en règle générale la formule utilisée 24. L’impact attendu sur
la variable endogène est négatif.

o Les investissements directs étrangers rapportés au PIB (IDE).

Les IDE sont les rentrées nettes d’investissement pour acquérir une participation durable (10%
ou plus des actions avec droit de vote) dans une entreprise opérant dans une économie autre que
celle de l’investisseur. Cette série montre les flux entrants nets des investisseurs étrangers dans
l’économie déclarante. Nous attendons que cette variable soit positivement liée à celle
expliquée.

o L’aide publique au développement nette rapportée au PIB (APD).

L’APD nette désigne les décaissements de prêt consentis à des taux concessionnels (hors
remboursement du capital) et les subventions des agences membres du comité d’aide au
développement (CAD), des institutions multilatérales et des pays non membres du CAD pour
promouvoir le développement économique et le bien-être dans les pays et territoires figurants
sur la liste du CAD des bénéficiaires d’APD. L’APD désigne les prêts dont l’élément de
libéralité est d’au moins 25% (calculé au taux d’escompte de 10%), et nous semble avoir un
effet négatif sur la variable endogène.

o La gouvernance (GOUV).

C’est un indicateur composite de l’état de la gouvernance, regroupant « Size of Government;


Legal System and Property Rights, Sound Money, Freedom to Trade Internationally and
regulation ». “The index published in Economic Freedom of the World measures the degree to
cornerstones of economic freedom are personal choice, voluntary exchange, freedom to
compete, and security of privately owned property. Forty-two variables are used to construct a
summary index and to measure the degree of economic freedom in fie broad areas.” Nous
attendons une relation positive entre cette variable et la variable expliquée ; puisque qu’un
environnement stable ou règnent la justice et la liberté des individus et le respect du droit des
affaires est un avantage déterminant pour l’économie qui en bénéficie.

24
Les indices des prix de Laspeyers sont des indices permettant de synthétiser en un indice unique un certain
nombre d'indices. Ils représentent le montant nécessaire, dans la période courante, pour acheter un panier de
biens et services choisi l'année de référence, rapporté au coût de ce même panier acheté aux prix de l'année de
référence.

52
o Le degré d’ouverture (OUV)

Cette variable mesure le degré d’ouverture de l’économie et est donnée par la demi-somme des
exportations et des importations, rapportée au PIB. Mathématiquement, elle est définie comme
suit :

(𝑋+𝑀)
𝑂𝑈𝑉 = , avec X (respectivement M), les exportations (respectivement les
2∗𝑃𝐼𝐵
importations) de biens et services représentant la valeur de tous les biens et autres services
offerts au reste du monde (respectivement reçus du reste du monde). Elles englobent la valeur
des marchandises, du fret, de l'assurance, du transport, des redevances, des frais de licences et
des autres services tels que les communications, la construction, les services financiers,
commerciaux et personnels ainsi que les services gouvernementaux. Ce taux ne tient pas compte
de la rémunération des employés et des revenus d'investissements et des paiements de transfert.
Le résultat attendu de cette variable est un impact négatif sur la variable expliquée.

3.1.2.2 Source des données


Nos données sont essentiellement des données secondaires, issues pour la plus part de la base
de donnée de la banque mondiale25. Seules les données sur le degré d’ouverture proviennent de
la base de données de l’UEMOA, en raison de leur non disponibilité sur la base de données de
la banque mondiale.

Toutes les données sont en dollar américain ($ US), exceptées celles du degré d’ouverture qui
sont en Franc CFA. Etant donné que le degré d’ouverture est un ratio, la différence de l’unité
monétaire ne saurait engendrer un biais quelconque. Les montants en $ US pour le PIB sont
convertis à partir des devises locales en utilisant les taux de change officiels d’une seule année.

3.1.3 Spécification du modèle

Pour évaluer empiriquement les effets de l’endettement sur les recettes fiscales dans les pays
de l’UEMOA, nous nous inspirons des travaux de Besbes et Boujelbene (2010) qui, à partir

25
Base obtenue sur le site http://donnees.banquemondiale.org/pays consultation du 15/04/2014.

53
d’un modèle de panel étudie le rôle de la dette à court terme dans la structure du capital pour
140 entreprises françaises sur la période qui s’étale de 1998 à 2004. Pour ce faire, nous
adapterons un modèle de régression linéaire, retenant une variable endogène, les recettes
fiscales, qui sera expliquée par les variables exogènes définies plus haut ; et l’équation
traduisant le comportement du modèle peut alors être dégagée comme suit :

RECFISC = f (DETTE, PIBT, IDE, IDE, INF, OUV, GOUV).

Il s’agit à présent de vérifier la spécification homogène ou hétérogène du processus générateur


de données. Sur le plan économétrique, cela revient à tester l’égalité de coefficients du modèle
étudié dans la dimension individuelle. Sur le plan économique, les tests de spécification
reviennent à déterminer si l’on est en droit de supposer que le modèle théorique étudié est
parfaitement identique pour tous les pays ou au contraire s’il existe des spécificités propres à
chaque pays (Doukouré, 2008).

3.1.3.1 Le test de Fisher (Likelihood ratio test)


Par ce test, on cherche à vérifier l’existence d’un effet spécifique pour chaque pays. En effet, le
Likelihood ratio test suppose que les effets spécifiques peuvent être corrélés avec les variables
explicatives du modèle. On test l’absence d’effets fixes sous l’hypothèse nulle (H0) contre la
présence d’effets fixes sous l’hypothèse alternative (H1).

Pour décider, on compare la probabilité de la statistique de Fisher calculée au seuil de


signification du test. L’hypothèse nulle n’est pas acceptée lorsque la probabilité de Fisher est
inférieure au dit seuil (5%).

Le résultat du test est le suivant :

F test that all u_i=0: F(7, 89) = 6.36 Prob > F = 0.0000

La probabilité de la statistique est inférieure au seuil (0.00<0.05), et l’hypothèse nulle d’absence


d’effets fixes est rejetée.

3.1.3.2 Le test de Breusch et Pagan (Lagragian Multiplier-test).


Le modèle aléatoire suppose une régression dans laquelle les paramètres fixes sont aléatoires.
Dans ce modèle, la perturbation aléatoire est une fonction de deux composantes : l’effet
spécifique et l’effet aléatoire. Le test est conduit sous les hypothèses suivantes :

H0 : Absence d’effets aléatoires

H1 : Présence d’effets aléatoires

54
Si à l’issue du test la probabilité de la statistique de Breusch-Pagan est inférieure au seuil du
test, les effets aléatoires seront globalement significatifs, et l’hypothèse nulle d’absence d’effets
aléatoire est rejetée ; et inversement.

Le test donne les résultats suivants :

Wald chi2(7) = 240.14 corr(u_i, X) = 0 (assumed) Prob > chi2 = 0.0000

La probabilité de la statistique de Breusch-Pagan (Prob > chi2 = 0.0000) est inférieur à tous
les seuils, d’où le rejet de H0. On accepte alors l’hypothèse alternative de présence d’effets
aléatoires.

Il convient alors au regard des résultats précédents, de choisir entre le modèle à effets fixes et
le modèle à effets aléatoires, celui qui contient les meilleurs estimateurs.

3.1.3.3 Le test de Hausman


Le test de Hausman permet comme dit précédemment de choisir entre le modèle à effets fixes
et le modèle à effets aléatoires. On dispose de deux types d’estimateurs pour les paramètres du
modèle. Le premier estimateur est supposé être l’estimateur non biaisé à variance minimale
sous l’hypothèse nulle de spécification correcte du modèle (absence de corrélation). En
revanche, sous l’hypothèse alternative de mauvaise spécification, cet estimateur est supposé
être biaisé. Par contre, le second estimateur, celui du modèle à effet fixes, est non biaisé dans
les deux cas. Le test repose sur le corps d’hypothèses suivant :

H0 : les estimateurs du modèle à erreurs composées sont efficaces.

H1 : les estimateurs du modèle à erreurs composées sont biaisés.

La statistique du test est la suivante :

̂ MEF - 𝜷
𝑯 = (𝜷 ̂ MEC)’ [𝑽 ̂ MEF) - 𝑽
̂ (𝜷 ̂ MEC)]-1 (𝜷
̂ (𝜷 ̂ MEF - 𝜷
̂ MEC) → 𝝌2 (k).

Sous l’hypothèse nulle de spécification correcte, cette statistique est asymptotiquement


distribuée selon une chi-deux à k degrés de liberté, soit le nombre de variables dans le temps
introduits dans le modèle (sept dans ce travail). Si le test est significatif (P-value < 5%), on
retient les estimateurs du Modèle à effets fixes qui sont non biaisés. Dans le cas contraire, on
retient ceux du modèle à erreurs composées, car ils sont efficaces.

Le résultat du test est le suivant :

Chi2(7) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B) = 105.28 Prob>chi2 = 0.0000

55
Le test de Hausman réfute l’hypothèse d’absence de corrélation entre le terme aléatoire et les
variables explicatives du modèle (P-value = 0.000 < 5%). Le test de Chi-Deux est à 7 degré de
liberté car il y a sous H0, sept restrictions relatives à l’égalité des coefficients des deux modèles
pour les facteurs variables dans le temps (toutes les variables explicatives du modèle).

Les estimateurs du modèle à erreurs composées sont biaisés. Il est préférable de retenir ceux du
modèle à effets fixes qui sont sans biais.

Le modèle à estimer se présente alors comme suit :

𝑌𝑖𝑡 = 𝛼𝑖 + 𝑋𝑖𝑡 𝑏 + 𝜀𝑖𝑡 Avec,

Yit : la variable endogène, (RFISC)

𝛼 i : l’ « effet spécifique » de l’individu i.

Xit : le vecteur des variables explicatives.

b : le vecteur des coefficients des déterminants de la variable expliquée.

εit : une perturbation aléatoire et centrée.


Formellement, le modèle spécifié s’écrit sous forme linéaire comme suit :

𝑅𝐹𝐼𝑆𝐶𝑖𝑡 = 𝜆1 + 𝜆2 𝐸𝑁𝐷𝐸𝑇𝑖𝑡 + 𝜆3 𝑃𝐼𝐵𝑇𝑖𝑡 + 𝜆4 𝐼𝐷𝐸𝑖𝑡 + 𝜆5 𝐴𝑃𝐷𝑖𝑡


+ 𝜆6 𝑇𝑋𝐼𝑁𝐹𝑖𝑡 + 𝜆7 𝑂𝑈𝑉𝑖𝑡 + 𝜆8 𝐺𝑂𝑈𝑉𝑖𝑡 + 𝜀𝑖𝑡

Avec : 𝜆𝑖, 𝑖 = {1, … , 7} , les élasticités associées aux différentes variables ;

𝜀𝑖𝑡 , le terme d’erreur, un bruit blanc, et 𝑡 = {1,2, … ,13}, le temps.

3.2 Tests économétriques

Le modèle ayant été spécifié, il est question dans cette sous-section, d’étudier la stationnarité
de nos variables, de faire une description graphique des séries, et procéder aux tests
respectivement d’hétérocédasticité des variables et de spécification globale du modèle.

56
3.2.1 Test de racine unitaire

Tout d’abord, pour éviter le problème de régressions factices, il convient d’identifier les
tendances des variables. Pour ce faire, c’est le test de Im, Peseran et Shin (2003), plus connu
sous le nom d’IPS qui sera utilisé à cet effet. Le test IPS est basé sur la moyenne des statistiques
de Dickey-Fuller augmenté (DFA) calculé pour chaque pays. Il suppose que toutes les séries
sont non-stationnaires sous l’hypothèse nulle. Par contre, sous l’hypothèse alternative, certaines
séries peuvent être stationnaires même si d’autres ne le sont pas. Ceci constitue l’avantage de
ce test puisqu’il laisse un certain degré d’hétérogénéité aux individus.

A l’issu du test, on compare la valeur de la probabilité au seuil de signification. Si la valeur de


la probabilité est inférieure au seuil, on rejette l’hypothèse nulle de non stationnarité.

Tableau 2: Synthèse des résultats des tests de racine unitaire.

Variable Statistic (IPS W-stat) Prob.** Test for unit root in

RFISC -2.25322 0.0121 1rst difference


ENDET -6.01221 0.0000 1rst difference
PIBT -7.20651 0.0000 Level
IDE -4.28397 0.0000 Level
APD -2.99652 0.0014 Level
TXINF -6.79296 0.0000 Level
OUV -5.93290 0.0000 1rst difference
GOUV -3.46863 0.0003 Level
** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Source : Construction de l’auteur à partir des résultats fournis par le logiciel (Annexes 4 à 11)

Il résulte du test que toutes les variables sont stationnaires à 5%. Les variables PIBT, IDE, APD,
TXINF et GOUV le sont à niveau, tandis que les variables RFISC, ENDET et OUV ne le sont
qu’en différence première (elles sont intégrées d’ordre1). Nous pouvons alors procéder à
l’estimation de notre modèle tel que spécifié sans aucune modification. Mais bien avant, voyons
graphiquement et algébriquement comment se comportent nos séries.

57
3.2.2 Graphiques descriptifs des séries.
Figure 5: Evolution comparée des recettes fiscales et de l'endettement (% PIB)

1.0

0.8

ENDET
0.6

0.4

0.2
RFISC

0.0
00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12
Année
RFISC_UEMOA ENDET_UEMOA

Source : construction de l’auteur à partir des données de l’étude.

Figure 6: Evolution comparée des variables de contrôle et des recettes fiscales (% PIB)

36
OUV
32

28

24

20

16

12

8 TXINF

IDE
4
PIBT
0 APD RFISC
GOUV
-4
00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12
RFISC_UEMOA PIBT_UEMOA Année
OUV_UEMOA TXINF_UEMOA
IDE_UEMOA GOUV_UEMOA
APD_UEMOA

Source : construction de l’auteur à partir des données de l’étude.

58
Les graphiques ci-dessus présentent, en moyenne pour l’UEMOA, l’évolution de la variable
endogène comparée à celle de l’endettement d’une part (Graphique 7), et d’autre part au reste
des variables explicatives (graphique 8).

Le graphique5 laisse apercevoir une évolution en sens inverse entre recettes fiscales et
endettement ; la courbe d’endettement étant décroissante et celle des recettes fiscales sans cesse
croissante.

Le second graphique indique vraisemblablement que les indicateurs d’APD, de gouvernance,


des IDE et du degré d’ouverture évoluent dans le même sens que les recettes fiscales. Les
indicateurs respectifs de la croissance économique et de l’inflation ont largement fluctué dans
le temps ; indiquant du coup un phénomène aléatoire.

En procédant au test du coefficient de corrélation linéaire les résultats graphiques se confirment.


La variable endogène est liée, positivement aux IDE, au degré d’ouverture(OUV), à la
gouvernance(GOUV) et, négativement à l’endettement et à l’aide (APD). Cependant le PIBT
et l’inflation (TXINF) ne sont pas corrélés à la variable endogène. Le tableau suivant donne une
synthèse des résultats des tests de corrélation sur le logiciel stata12.

Tableau 3 : Résultats des tests de corrélation

ENDET PIBT IDE APD TXINF OUV GOUV


coefficient -0.7595 0.1848 0.349 -0.3982 -0.0149 0.373 0.2923
RFISC probability 0.0000 0.0604 0.003 0.0000 0.8805 0.001 0.0026
Source : construction de l’auteur sur la base des résultats des tests individuels.

Ce test s’est basé sur le corps théorique de l’hypothèse nulle de non corrélation des variables
contre l’hypothèse alternative de corrélation des variables. Pour ce faire, on a comparé la valeur
de la probabilité à 5%. L’hypothèse nulle est alors acceptée, dès lors que la valeur de la
probabilité est supérieure à 5%.

3.2.3 Tests d’hétérocédasticité et de spécification.

i. Test d’hétérocédasticité des erreurs de Breusch-Pagan.

Ce test est basé sur l’hypothèse nulle d’homocédsaticité des erreurs, acceptée lorsque la
Prob>chi2 est supérieure à 5% et l’hypothèse alternative d’hétérocédasticité des erreurs.
59
Le test sur Stata 12 donne :

Tableau 4: Résultats du test d’hétérocédasticité des erreurs

Breusch-Pagan / Cook-Weisberg test for heteroskedasticity


Ho: Constant variance
Variables: fitted values of rfisc
chi2(1) = 2.53
Prob > chi2 = 0.1120
Source : construction de l’auteur à partir des données de l’étude

La valeur de Prob > chi2 = 0.1120 est supérieur 5% ; donc on accepte l’hypothèse nulle
d’homocédasticité des erreurs.

ii. Test de spécification de Ramsey

Les erreurs étant homocédastiques, nous testons à présent la spécification du modèle, afin de
vérifier l’omission ou non de variables explicatives pertinentes ou une mauvaise spécification
du modèle. L’hypothèse nulle de bonne spécification du modèle n’est pas rejetée pour Prob>F
supérieure à 5% et l’hypothèse alternative de mauvaise spécification du modèle est acceptée
dans le cas contraire.

Le test sur le logiciel stata12 donne les résultats suivants :

Tableau 5: Résultat du test de spécification du modèle

Ramsey RESET test using powers of the fitted values of D.rfisc


Ho: model has no omitted variables
F(3, 85) = 0.90
Prob > F = 0.4458
Source : construction de l’auteur à partir des données de l’étude.

Les résultats du test montrent que le modèle est bien spécifié, et l’on peut alors procéder aux
estimations du modèle à effets fixes par la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO).
Cependant, les résultats préliminaires montrent que les coefficients sont non significatifs dans
l’ensemble. Aussi, selon la théorie, les valeurs précédentes des recettes fiscales sont
susceptibles d’influence leur valeur actuel. De ce fait, l’utilisation d’un panel dynamique se
justifie.

60
3.3 Résultats des estimations, discussions et recommandations

Cette section présente et analyse les résultats des estimations des relations établies par le
modèle.

3.3.1 Résultats des estimations

Le modèle retenu est celui à effets fixes. Sur la base des résultats précédents, nous procédons à
l’estimation des variables du modèle par la méthode des MMG sur le logiciel Stata13.

En rappel, le modèle à estimer est le suivant:

𝑅𝐹𝐼𝑆𝐶 it = λ1 + λ2𝐸𝑁𝐷𝐸𝑇it + λ3𝑃𝐼𝐵𝑇it + λ4IDEit + λ5𝐴𝑃𝐷it + λ6𝑇𝑋𝐼𝑁𝐹 it + λ7𝑂𝑈𝑉it


+ λ8𝐺𝑂𝑈𝑉it + εit,

Tableau 6: Résultats de l’estimation par la méthode des MCO

Variable expliquée : rfisc


Variables Coefficients t-student
endet -.0561809*** -15.64
pibt .0016897*** 4.27
ide .0039055*** 8.90
apd -.007832 -0.21
txinf -.0010462*** -2.56
ouv .0009428*** 4.99
gouv .008343* 1.69
_cons .0753616** 2.36
Nbre d’obs : 104
Within : 0.6243
Between : 0.3034
Overal : 0.4655
Note: (***) significatif au seuil de 1% ; (**) significatif au seuil de 5% ; (*) significatif au seuil de 10%.
Source : construction de l’auteur à partir des données de l’étude.

61
Le modèle estimé s’écrit alors comme suit.

𝑅𝐹𝐼𝑆𝐶𝑖𝑡 = 0.0753616 − 0.0561809 𝐸𝑁𝐷𝐸𝑇𝑖𝑡 + 0.0016897 𝑃𝐼𝐵𝑖𝑡


+ 0.0039055 𝐼𝐷𝐸𝑖𝑡 − 0.007832 𝐴𝑃𝐷𝑖𝑡 − 0.0010462 𝑇𝑋𝐼𝑁𝐹𝑖𝑡
+ 0.0009428 𝑂𝑈𝑉𝑖𝑡 + 0.008343 𝐺𝑂𝑈𝑉𝑖𝑡

3.3.2 Interprétation des résultats et Discussions.

Les résultats de la régression indiquent que le coefficient de détermination est de 0.6243, ce qui
signifie que 62.43% des fluctuations des recettes fiscales (rapportés au PIB) seraient expliquées
par le taux d’endettement (ENDET), le taux de croissance du PIB par tête (PIBT), les IDE, le
ratio d’aide publique au développement (APD), le taux d’inflation (TXINF), le degré
d’ouverture (OUV) et l’indicateur de gouvernance (GOUV). Autrement dit, 28.56% des
fluctuations de la variable RFISC se justifieraient par d’autres variables non prises en compte
dans le modèle. Le modèle estimé a donc un pouvoir de prédiction globalement acceptable.

Il ressort de l’estimation que les variables explicatives du modèle ont globalement un impact
significatif sur la variable RFISC ; puisque la statistique de Chi2 à sept degré de liberté vaut
733.7 et sa probabilité critique est nulle. En procédant à l’interprétation de la statistique de
Student pour chaque variable, on constate que la plus part des variables explicatives du modèle
ont une influence significative sur la variable endogène, au seuil de 1%. Il s’agit notamment
des variables ENDET, IDE, PIBT, TXINF et OUV. Les deux variables restantes (GOUV et
APD) sont respectivement significative à 5% et sans impact significatif sur la variable
endogène. Ces résultats confirment le résultat de bonne spécification du modèle obtenu à l’issu
du test de spécification de Ramsey (1969).

On note également que la variable ENDET qui est notre variable d’intérêt est négativement liée
à la variable endogène. Une hausse du taux d’endettement d’un (01) point entraînant une baisse
de 5.61809% des recettes fiscales, toutes choses égales par ailleurs. Ce résultat vient confirmer
une de nos hypothèses, notamment celle de la relation négative entre les deux variables. Cela
implique que l’endettement est hostile à la mobilisation des recettes fiscales dans les pays de
l’UEMOA. Egalement, la deuxième hypothèse est vérifiée, car le taux d’endettement est le
principal déterminant des recettes fiscales.

Pour ce qui est des variables de contrôle, comme prévue, les IDE affectent positivement le taux
de recettes fiscales. En effet, un (1) point de croissance des IDE engendre une hausse du taux

62
de recettes fiscales de 0.39055% toutes choses égales par ailleurs. Cela indique que, les IDE
sont favorables à la mobilisation de ressources propres dans les pays de l’UEMOA. Il en est de
même pour le taux de croissance du PIB par tête et le taux d’inflation. Ces deux variables
affecteraient toutes positivement le niveau des recettes fiscales. Tout comme l’avait montré à
la suite d’une étude Mamona (2007), nos estimations indiquent que lorsque l’inflation prend de
l’ampleur d’un point, le niveau des recettes fiscales connaît une baisse de 0.10462%, toutes
choses égales par ailleurs. Un environnement économique stable est un est donc nécessaire à la
mobilisation de ressources propres. En effet, l’inflation en réduisant la valeur de monnaie
entraîne à la baisse le pouvoir d’achat des agents économiques y compris l’Etat. Pour ce qui est
de le taux de croissance du PIB par tête fait croître le niveau de recettes fiscale de 0.16897%
lorsque celui-ci connaît un point de croissance, toutes choses égales par ailleurs.

Des études empiriques ont montré que la corruption a un impact négatif sur la mobilisation des
recettes publiques (Ghura, 1998). En Afrique en particulier, les pertes de recettes disponibles
pour l’Etat sont estimées à 50% des recettes collectées (Megersa, 2003). Ce phénomène réel
n’épargne pas les pays de l’UEMOA. L’indicateur de gouvernance (indicateur composite)
(GOUV) comme attendu, à un coefficient positif et significatif. Ce qui signifie que la bonne
gouvernance affecterait positivement le niveau de recettes fiscales. En effet, lorsque l’état de
gouvernance s’améliore d’un (1) point, le taux de recettes fiscales augmente de 0.8343%.

De cette étude, nous obtenons des résultats assez intéressants qui révèlent de nombreux défis à
relever. La nécessité de formuler des recommandations de politiques économiques s’impose
par conséquent.

3.3.3 Recommandations de politiques économiques

La nécessité pour les pays en développement de mobiliser des ressources propres à même de
financer les investissements en vue de leur développement justifie une gestion draconienne des
finances publiques, et la mise en œuvre de contraintes communautaires. Ces contraintes exigent
des Etats, un taux de pression fiscale minimum, une part minimale d’investissements financés
sur ressources propres et une part maximale de la masse salariale sur les ressources propres,
pour ce qui est des pays de l’UEMOA. De ce constat, nous pouvons alors formuler les
recommandations suivantes :

63
 Maintenir le respect des critères de convergence en termes d’endettement public pour
limiter les effets négatifs de ce dernier sur l’évolution des recettes fiscales comme le montre
le résultat de notre étude. Aussi, les Etats doivent-il veiller au respect des autres critères de
convergence comme celui du taux d’imposition, afin d’accroître la capacité
d’autofinancement des Etats.
 Amener les bailleurs de fonds à payer des impôts sur leurs projets pour augmenter le revenu
du gouvernement receveur, mais également abaisser les exonérations liées aux réductions
d’impôts et éviter des distorsions du marché.
 Améliorer le cadre macroéconomique général et combattre impitoyablement la corruption
dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance. Toutes choses égales par ailleurs,
les investissements sont plus rentables dans les pays à forte stabilité politique, surtout
lorsque la corruption est relativement faible. Aussi, la réduction de l’ampleur de la
corruption conduira à éradiquer l’incivisme fiscal. En effet, les bonnes institutions
constituent un gage de civisme fiscal tant au niveau du contribuable que de l’utilisateur.
Aussi, des institutions solides, indépendantes des manœuvres politiciennes inspirent la
confiance des investisseurs. Ainsi, la bonne gouvernance favorisera l’entrée des IDE qui
d’après nos résultats (conforment à la théorie économique) agit positivement sur le niveau
des recettes fiscales.
 L’ouverture financière devra gagner du terrain dans les pays de l’UEMOA, et ce de façon
progressive. Cependant, il est possible de mettre en place un dispositif efficace pour limiter
les mouvements de capitaux spéculatifs de court terme sans décourager les entrées de
capitaux de long terme, comme l’a montré le Chili – et d’une autre manière, la Malaisie –
(Raffinot, 2009).
 Le secteur informel est très prépondérant dans les différents pays de l’union. Il représente
en général une part importante du PIB national mais sa contribution fiscale est relativement
très faible. Au Sénégal, ce secteur contribue à près de 60% du PIB, mais, est très rétif à
s’acquitter de ses impôts au titre de la contribution globale unique (CGU) qui ne dépasse
pas 3% de son chiffre d’affaire (DPEE, 2003). La fiscalisation de ce secteur apparaît donc
comme une nécessité. Cependant, sa mise en place ne pourra être que progressive et fondée
sur un nouveau contrat entre l’Etat et l’informel, et devra passer par une simplification
administrative, en prenant garde de ne pas asphyxier les établissements les moins rentables.
Cette concertation devra non seulement impliquer l’Etat central mais aussi les collectivités
décentralisées, qui sont les seules à même de mobiliser l’impôt, sur la base d’une action
d’îlotage et de proximité.

64
Dans ce chapitre, il a été question pour nous de montrer empiriquement l’existence ou non
d’une relation entre les recettes fiscales et le ratio d’endettement public, de sorte à confirmer
ou à infirmer nos préjugés théoriques. Le Modèle à Effets fixes utilisé montre que l’endettement
est défavorable à la mobilisation de ressources propres dans les pays de l’UEMOA.

Au vu de ces résultats, nous avons formulé des recommandations visant à améliorer la capacité
de financement de nos Etats, au titre desquelles on note le respect des critères de convergence,
une gestion efficace de la dette, l’élargissement de la base taxable et une plus grande ouverture
de nos Etats au marché des capitaux.

65
Conclusion générale
Dans ce travail, nous avions pour but d’analyser l’interaction entre l’endettement public et la
mobilisation des recettes fiscales. L’atteinte de cet objectif a nécessité une revue de la littérature
existante sur ce sujet. La revue de littérature montre d’une part que des variables telles que le
déficit budgétaire (Reisen et Trotsenburg, 1988 ; Blancheton, 2004 et Arcand, 2000),
l’ouverture commerciale (Raffinot, 2001), l’importation, l’exportation, le taux de croissance
économique et le service de la dette (Artus et Morin, 1991 ; Loubelo, 2002 ; Ndo Dong, 1991 ;
Eichengreen et Portes, 1986 ; Ojo, 1989 ; Cohen, 1996 et Rougier, 1994) ont un impact
significatif sur l’endettement. D’autres parts, on note que la dette des pays de l’UEMOA reste
relativement soutenable et les déficits publics récurrents ; et que ceci pourrait justifier la
faiblesse relative des recettes fiscales. La littérature montre également l’existence d’un impact
négatif de l’endettement sur les recettes fiscales (Cassimo et Campenhout).

L’analyse économétrique des données couvrant la période allant de 2000 à 2012 nous a permis
d’établir conformément à la littérature existante, l’effet négatif de l’endettement public sur la
mobilisation des recettes fiscales. Des variables de contrôles comme les IDE, le PIBT, le degré
d’ouverture et la gouvernance, affectent positivement les recettes fiscales, tandis que le taux
d’inflation constitue un obstacle à la mobilisation des recettes fiscales. Une croissance d’un
(01) point du taux d’endettement public implique une baisse de 5.61809% du taux de recettes
fiscales, toutes choses égales par ailleurs. Ce résultat contribue à l’explication de la dépendance
de nos Etats à la dette et à l’aide publique au développement.

En termes d’implication de politiques économiques, il nous ait paru nécessaire d’insister sur les
politiques de gestion de la dette publique et une plus grande ouverture de nos Etats aux marchés
internationaux de capitaux. Notre analyse nous confère également le droit d’apporter une
appréciation sur les critères de convergence notamment le ratio d’endettement et la pression
fiscale. Vu que la dette publique à un impact négatif sur les recettes fiscales, il serait opportun
de ramener le seuil de ce ratio à un niveau moins élevé et d’accroître celui de la pression fiscale
de sorte à se débarrasser du fardeau de la dette – du moins en réduire au maximum – et à auto
financer le décollage industriel, gage de prospérité économique.

« Aucune œuvre humaine n’est parfaite », dit-on. Notre étude présente des limites au nombre
desquelles nous notons la non prise en compte dans le modèle de certaines variables comme
l’investissement public, la qualité des institutions. Egalement, la prise en compte d’une variable
de capital humain aurait été salutaire dans cette étude. Aussi, un modèle VAR aurait pu être

66
utilisé pour étudier la relation de cause à effet entre la variable endogène (recettes fiscales) et
la variable d’intérêt (le taux d’endettement public). Dit autrement, si le ratio de dette publique
est négativement lié aux recettes fiscales, y a –t-il un lien de causalité entre ces deux variables ?
Quel serait l’ampleur de ce lien le cas échéant ?

67
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73
Annexes
Annexe1: Test de spécification de Fisher

Fixed-effects (within) regression Number of obs = 104


Group variable: pays Number of groups = 8

R-sq: within = 0.6243 Obs per group: min = 13


between = 0.3034 avg = 13.0
overall = 0.4655 max = 13

F(7,89) = 21.13
corr(u_i, Xb) = -0.0269 Prob > F = 0.0000

rfisc Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf. Interval]

endet -.0504845 .007012 -7.20 0.000 -.0644171 -.0365519


pibt .0010432 .0007594 1.37 0.173 -.0004657 .0025522
ide .0058578 .0010638 5.51 0.000 .0037441 .0079716
apd .1332916 .0643722 2.07 0.041 .0053854 .2611979
txinf -.000633 .0007301 -0.87 0.388 -.0020837 .0008177
ouv .0004425 .0007185 0.62 0.540 -.0009851 .0018701
gouv -.0300686 .0131219 -2.29 0.024 -.0561415 -.0039956
_cons .0951763 .0251202 3.79 0.000 .045263 .1450896

sigma_u .02617631
sigma_e .01967873
rho .63890914 (fraction of variance due to u_i)

F test that all u_i=0: F(7, 89) = 6.36 Prob > F = 0.0000

74
Annexe2 : Test de spécification de Breusch-Pagan

Random-effects GLS regression Number of obs = 104


Group variable: pays Number of groups = 8

R-sq: within = 0.5303 Obs per group: min = 13


between = 0.9036 avg = 13.0
overall = 0.7144 max = 13

Wald chi2(7) = 240.14


corr(u_i, X) = 0 (assumed) Prob > chi2 = 0.0000

rfisc Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]

endet -.0574764 .0059052 -9.73 0.000 -.0690504 -.0459023


pibt .0010483 .0008206 1.28 0.201 -.00056 .0026567
ide .0024699 .0009117 2.71 0.007 .000683 .0042568
apd -.0360266 .0632203 -0.57 0.569 -.159936 .0878828
txinf -.0008153 .0008512 -0.96 0.338 -.0024836 .000853
ouv .0011855 .0003151 3.76 0.000 .000568 .001803
gouv .016549 .0083878 1.97 0.048 .0001092 .0329887
_cons .1341015 .013716 9.78 0.000 .1072186 .1609843

sigma_u 0
sigma_e .01967873
rho 0 (fraction of variance due to u_i)

75
Annexe3 : Test de spécification de Hausman

. hausman fixed

Coefficients
(b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
fixed . Difference S.E.

endet -.0504845 -.0574764 .0069918 .003781


pibt .0010432 .0010483 -5.11e-06 .
ide .0058578 .0024699 .003388 .0005482
apd .1332916 -.0360266 .1693182 .0121236
txinf -.000633 -.0008153 .0001823 .
ouv .0004425 .0011855 -.000743 .0006457
gouv -.0300686 .016549 -.0466175 .0100911

b = consistent under Ho and Ha; obtained from xtreg


B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained from xtreg

Test: Ho: difference in coefficients not systematic

chi2(7) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 105.28
Prob>chi2 = 0.0000
(V_b-V_B is not positive definite)

76
Annexe 4 : Test de Racine unitaire de la variable RFISC

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: RFISC_BEN, RFISC_BUR, RFISC_CIV, RFISC_GNB, RFISC_MLI,

RFISC_NGR, RFISC_SNG, RFISC_TGO

Date: 05/23/14 Time: 14:24

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0 to 1

Total number of observations: 85

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -2.25322 0.0121

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

D(RFISC_BEN) -2.8926 0.0777 -1.506 1.040 0 1 11

D(RFISC_BUR) -2.5400 0.1329 -1.506 1.040 0 1 11

D(RFISC_CIV) -3.2198 0.0495 -1.488 1.255 1 1 10

D(RFISC_GNB) -2.6098 0.1199 -1.506 1.040 0 1 11

D(RFISC_MLI) -3.2476 0.0446 -1.506 1.040 0 1 11

D(RFISC_NGR) 2.3515 0.9996 -1.488 1.255 1 1 10

D(RFISC_SNG) -3.0817 0.0579 -1.506 1.040 0 1 11

D(RFISC_TGO) -3.5002 0.0325 -1.488 1.255 1 1 10

Average -2.3425 -1.499 1.120

77
Annexe 5 : Test de Racine unitaire de la variable ENDET

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: ENDET_BEN, ENDET_BUR, ENDET_CIV, ENDET_GNB,

ENDET_MLI, ENDET_NGR, ENDET_SNG, ENDET_TGO

Date: 05/23/14 Time: 14:57

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0 to 1

Total number of observations: 87

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -6.01221 0.0000

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

D(ENDET_BEN) -3.1223 0.0543 -1.506 1.040 0 1 11

D(ENDET_BUR) -3.1785 0.0498 -1.506 1.040 0 1 11

D(ENDET_CIV) -8.3301 0.0000 -1.506 1.040 0 1 11

D(ENDET_GNB) -3.7471 0.0225 -1.488 1.255 1 1 10

D(ENDET_MLI) -2.5489 0.1312 -1.506 1.040 0 1 11

D(ENDET_NGR) -2.5754 0.1262 -1.506 1.040 0 1 11

D(ENDET_SNG) -2.4642 0.1484 -1.506 1.040 0 1 11

D(ENDET_TGO) -3.6266 0.0246 -1.506 1.040 0 1 11

Average -3.6991 -1.504 1.067

78
Annexe 6 : Test de Racine unitaire de la variable PIBT

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: PIBT_BEN, PIBT_BUR, PIBT_CIV, PIBT_GNB, PIBT_MLI,

PIBT_NGR, PIBT_SNG, PIBT_TGO

Date: 05/23/14 Time: 15:02

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0 to 1

Total number of observations: 95

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -7.20651 0.0000

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

PIBT_BEN -3.9033 0.0159 -1.491 1.206 1 1 11

PIBT_BUR -5.5347 0.0011 -1.508 1.011 0 1 12

PIBT_CIV -3.8884 0.0147 -1.508 1.011 0 1 12

PIBT_GNB -2.7096 0.1007 -1.508 1.011 0 1 12

PIBT_MLI -3.4040 0.0327 -1.508 1.011 0 1 12

PIBT_NGR -7.7684 0.0000 -1.508 1.011 0 1 12

PIBT_SNG -3.7780 0.0176 -1.508 1.011 0 1 12

PIBT_TGO -1.7978 0.3635 -1.508 1.011 0 1 12

Average -4.0980 -1.506 1.035

79
Annexe 7 : Test de Racine unitaire de la variable IDE

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: IDE_BEN, IDE_BUR, IDE_CIV, IDE_GNB, IDE_MLI, IDE_NGR,

IDE_SNG, IDE_TGO

Date: 05/23/14 Time: 15:08

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0 to 1

Total number of observations: 90

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -4.28397 0.0000

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

IDE_BEN -4.4768 0.0066 -1.491 1.206 1 1 11

IDE_BUR -3.3630 0.0373 -1.491 1.206 1 1 11

IDE_CIV -3.8382 0.0176 -1.491 1.206 1 1 11

IDE_GNB -3.7182 0.0213 -1.491 1.206 1 1 11

IDE_MLI -2.0928 0.2498 -1.508 1.011 0 1 12

IDE_NGR -1.5528 0.4715 -1.491 1.206 1 1 11

IDE_SNG -1.2664 0.6080 -1.508 1.011 0 1 12

IDE_TGO -4.6889 0.0048 -1.491 1.206 1 1 11

Average -3.1246 -1.495 1.157

80
Annexe 8 : Test de Racine unitaire de la variable APD

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: APD_BEN, APD_BUR, APD_CIV, APD_GNB, APD_MLI, APD_NGR,

APD_SNG, APD_TGO

Date: 05/23/14 Time: 15:10

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0

Total (balanced) observations: 96

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -2.99652 0.0014

Im, Pesaran and Shin t-bar -2.57303

T-bar critical values ***: 1% level -2.38533

5% level -2.11200

10%
level -1.97133

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

*** Critical values from original paper

81
Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

APD_BEN -2.2113 0.2120 -1.508 1.011 0 1 12

APD_BUR -4.3492 0.0069 -1.508 1.011 0 1 12

APD_CIV -2.2885 0.1899 -1.508 1.011 0 1 12

APD_GNB -3.1942 0.0461 -1.508 1.011 0 1 12

APD_MLI -1.4223 0.5360 -1.508 1.011 0 1 12

APD_NGR -1.7743 0.3736 -1.508 1.011 0 1 12

APD_SNG -4.0379 0.0115 -1.508 1.011 0 1 12

APD_TGO -1.3063 0.5899 -1.508 1.011 0 1 12

Average -2.5730 -1.508 1.011

82
Annexe 9 : Test de Racine unitaire de la variable TXINF

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: TXINF_BEN, TXINF_BUR, TXINF_CIV, TXINF_GNB, TXINF_MLI,

TXINF_NGR, TXINF_SNG, TXINF_TGO

Date: 05/23/14 Time: 15:11

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0 to 1

Total number of observations: 90

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -6.79296 0.0000

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

TXINF_BEN -3.8805 0.0149 -1.508 1.011 0 1 12

TXINF_BUR -4.3318 0.0082 -1.491 1.206 1 1 11

TXINF_CIV -5.4360 0.0016 -1.491 1.206 1 1 11

TXINF_GNB -3.7676 0.0179 -1.508 1.011 0 1 12

TXINF_MLI -3.8520 0.0172 -1.491 1.206 1 1 11

TXINF_NGR -4.4734 0.0066 -1.491 1.206 1 1 11

TXINF_SNG -3.1179 0.0547 -1.491 1.206 1 1 11

TXINF_TGO -3.7721 0.0195 -1.491 1.206 1 1 11

Average -4.0789 -1.495 1.157

83
Annexe 10 : Test de Racine unitaire de la variable OUV

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)

Series: OUV_BEN, OUV_BUR, OUV_CIV, OUV_GNB, OUV_MLI, OUV_NGR,

OUV_SNG, OUV_TGO

Date: 05/23/14 Time: 15:13

Sample: 2000 2012

Exogenous variables: Individual effects

Automatic selection of maximum lags

Automatic lag length selection based on SIC: 0

Total (balanced) observations: 88

Cross-sections included: 8

Method Statistic Prob.**

Im, Pesaran and Shin W-stat -5.93290 0.0000

Im, Pesaran and Shin t-bar -3.64493

T-bar critical values ***: 1% level -2.40267

5% level -2.12267

10%
level -1.97733

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

*** Critical values from original paper

84
Intermediate ADF test results

Max

Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs

D(OUV_BEN) -3.4991 0.0301 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_BUR) -1.0948 0.6766 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_CIV) -3.5482 0.0278 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_GNB) -3.9258 0.0153 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_MLI) -7.5795 0.0001 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_NGR) -2.3213 0.1822 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_SNG) -3.6613 0.0233 -1.506 1.040 0 1 11

D(OUV_TGO) -3.5296 0.0286 -1.506 1.040 0 1 11

Average -3.6449 -1.506 1.040

85
Annexe 11 : Test de Racine unitaire de la variable GOUV

Null Hypothesis: Unit root (individual unit root process)


Series: GOUV_BEN, GOUV_BUR, GOUV_CIV, GOUV_GNB, GOUV_MLI,
GOUV_NGR, GOUV_SNG, GOUV_TGO
Date: 10/23/14 Time: 13:44
Sample: 2000 2012
Exogenous variables: Individual effects
Automatic selection of maximum lags
Automatic lag length selection based on AIC: 0 to 1
Total number of observations: 83
Cross-sections included: 7 (1 dropped)

Method Statistic Prob.**


Im, Pesaran and Shin W-stat -3.46863 0.0003

** Probabilities are computed assuming asympotic normality

Intermediate ADF test results

Max
Series t-Stat Prob. E(t) E(Var) Lag Lag Obs
GOUV_BEN -4.6102 0.0054 -1.491 1.206 1 1 11
GOUV_BUR Dropped from Test
GOUV_CIV -2.6443 0.1115 -1.508 1.011 0 1 12
GOUV_GNB -2.9172 0.0723 -1.508 1.011 0 1 12
GOUV_MLI -2.7119 0.1003 -1.508 1.011 0 1 12
GOUV_NGR -1.4087 0.5424 -1.508 1.011 0 1 12
GOUV_SNG -3.3636 0.0350 -1.508 1.011 0 1 12
GOUV_TGO -2.2354 0.2049 -1.508 1.011 0 1 12

Average -2.8416 -1.506 1.039

86
Annexe12 : Résultat complet de l’estimation par la méthode des moindres carrées
ordinaires

Dynamic panel-data estimation Number of obs = 104


Group variable: pays Number of groups = 8
Time variable: anne
Obs per group: min = 13
avg = 13
max = 13

Number of instruments = 137 Wald chi2(7) = 733.70


Prob > chi2 = 0.0000
One-step results

recfisc Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]

endett -.0561809 .0035925 -15.64 0.000 -.0632221 -.0491397


pibt .0016897 .0003953 4.27 0.000 .000915 .0024644
ide .0039055 .0004388 8.90 0.000 .0030455 .0047656
apd -.007832 .0364552 -0.21 0.830 -.0792828 .0636189
inflat -.0010462 .0004082 -2.56 0.010 -.0018463 -.0002461
ouv .0009428 .0001889 4.99 0.000 .0005726 .0013131
gouv .008343 .004931 1.69 0.091 -.0013216 .0180076
_cons .0753616 .0319473 2.36 0.018 .012746 .1379772

Instruments for differenced equation


GMM-type: L(2/.).recfisc L(2/.).endett L(2/.).ouv
Instruments for level equation
GMM-type: LD.pibt LD.ide LD.apd LD.inflat LD.gouv
Standard: _cons

87

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