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Introdu

tion à la physique nu léaire

Dr. S. TAJ

Université Sultan Moulay Slimane

Fa ulté Polydis iplinaire

Département de Physique

S ien e de la Matière Physique ( SMP5 )


BP : 4010, Beni Mellal

7 janvier 2015
ii
TABLE DES MATIÈRES iii

TABLE DES MATIÈRES

1 Introdu tion à la physique nu léaire 1


1 Noyau de l'atome . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

1.1 L'atome . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

1.2 Le noyau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

1.3 Les quatre for es qui gouvernent notre Univers . . . . . . . . . . . . . 3

2 Notations nu léaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2.1 Abandan e isotopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2.2 Dimension du noyau atomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

3 Les diérents types de désintégrations radioa tives (radioa tivité naturelle) . . 5

3.1 Désintégrations béta ( ; + ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

3.2 Désintégrations alpha (  42 He ) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

3.3 Désintégrations gamma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3.4 Capture éle tronique : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3.5 La onversion interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

4 Bilan d'énergie de masse de la désintégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

4.1 Exemple de la désintégration + . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7


iv TABLE DES MATIÈRES

4.2 Unité de masse atomique : u:m:a . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

5 Défaut de masse et énergie de liaison d'un noyau . . . . . . . . . . . . . . . . 8

5.1 Énergie de liaison : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

5.2 Énergie de liaison par nu léon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

6 Loi de dé roissan e radioa tive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

6.1 Nombres de noyaux A


Z X désintégrés et Y a umulés . . . . . . . . . . . 10

6.2 Dénition de la période d'un radionu léide . . . . . . . . . . . . . . . . 10

6.3 L'a tivité d'une substan e radioa tive . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

7 Désintégration en haîne (liation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

8 Désintégration omposée (embran hement) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

8.1 Rapport d'embran hement et onstante de désintégration partielle . . . 14

9 La radioa tivité arti ielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

9.1 Produ tion des radioéléments arti iels et se tion e a e d'a tivation . 15

9.2 Equation générale d'a tivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

10 Domaines d'appli ation des radioéléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

10.1 Datation à l'aide du arbone 14 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

10.2 Détermination de l'âge de la terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

10.3 Diagnosti des maladies ardiovas ulaires à l'aide du 99 T m . . . . . . 19

2 Cinématique des ollisions nu léaires 21


1 Transformation de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

1.1 Quadrive teurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

1.2 Relation d'énergie impulsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

2 Les réa tions nu léaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

2.1 Référentiel de Laboratoire (R.L) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

2.2 Référentiel de Centre de Masse (R.C.M) . . . . . . . . . . . . . . . . . 25


TABLE DES MATIÈRES v

2.3 Énergie disponible dans le (RCM) en fon tion des variables (RL) . . . 26

2.4 Énergie seuil as lassique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

2.5 Énergie seuil as relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

3 Intera tion rayonnement- matière 29


1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

1.1 Rayonnement éle tromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

1.2 Intera tion des photons ave la matière . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

1.3 Flux de photons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2 Atténuation des photons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2.1 Etude expérimentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2.2 Atténuation des photons dans la matière . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

2.3 Cou he de demi-atténuation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

2.4 Coe ient d'atténuation massique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3 Modes d'intera tions des photons ave la matière . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3.1 Eet photo-éle trique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3.2 La diusion Compton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

3.3 Création de paire e+ e . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

3.4 Importan e relative des trois pro essus . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

4 Coe ient d'atténuation global . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42


vi TABLE DES MATIÈRES
Noyau de l'atome 1

CHAPITRE 1

Introdu tion à la physique nu léaire

1 Noyau de l'atome

1.1 L'atome

La matière est onstituée d'atomes qui s'asso ient au moyen de liaisons, liaisons ovalentes,
liaisons ioniques, et . Les atomes peuvent être onsidérés omme les onstituants élémentaires
de la matière tant que les énergies mises en jeu ne sont pas très importantes: Une telle situa-
tion se ren ontre en himie où les énergies é hangées n'ex èdent pas quelques éle trons-volts
par atome. Cependant, les atomes ne sont pas insé ables. Il est possible de les " asser" en les
bombardant ave des proje tiles (d'autres atomes éventuellement) dotés d'une énergie iné-
tique de plusieurs dizaines d'éle tron-volts. La notion d'atome a été énon ée par Démo rate
vers 400 avant J-C mais l'hypothèse atomique est onrmée en 1803 par John Dalton puis
en 1811, l'italien Avogadro établit une distin tion entre les atomes et les molé ules. En 1869,
le himiste russe Dimitri Mendeleïev onstruit ave génie le tableau périodique des éléments
sans savoir e qu'est un éle tron, un proton et un neutron. En 1896, Be querel dé ouvre la
radioa tivité en étudiant un minerai de pe hblende. L'éle tron a été dé ouvert par Thomson
en 1898, le proton par Rutherford en 1911 et le neutron par Chadwi k en 1932. La dé ouverte
de la stru ture interne de l'atome est don ré ente. L'atome est formé d'un noyau entouré
d'un nuage d'éle trons. La himie s'interesse aux propriétés éle troniques des atomes et la
2 Noyau de l'atome

Fig. 1

physique nu léaire s'interesse à la stru ture du noyau (d'où le terme de physique nu léaire).
On a ru que l'éle tron pouvait être omparé à une planète gravitant autour du soleil mais
on sait maintenant que 'est une parti ule quantique qui est dénie par une probabilité de se
trouver à un endroit. La propriété de parti ule quantique tient au fait que si sa vitesse est
bien dénie, sa position l'est mal et ré iproquement; e résultat de la physique quantique est
appelé prin ipe d'in ertitude de Heisenberg:

p:r  ~
et
E:t  ~
ave p est l'impulsion, r la position, t le temps et ~ = 2h , h est la onstante de Plan k.

1.2 Le noyau
Le noyau de l'atome est omposé de protons hargés positivement et de neutrons sans
harge éle trique. Le proton a une masse1840 fois plus grande que l'éle tron. La quasitotalité
de la matière est on entrée dans les noyaux. La masse de l'éle tron me = 0;9 10 30 Kg , la
masse du proton mp ' 1;6726231 10 27 Kg et la masse du neutron mn ' 1;6749228 10 27 Kg
Le neutron agit " omme de la olle" pour maintenir la ohésion du noyau et sa masse est à peu
Notations nu léaires 3

près la même ( 1 uma = 1 unité de masse atomique = 1:6605  10 27 kg ) que elle du proton
(0:1%plus grande). Un (ou des) neutron est né essaire dès que le nombre de protons dépasse
deux. Le nombre de neutrons dépasse elui des protons lorsque la masse du noyau augmente.
On met ainsi en éviden e des onstituants "en ore plus élémentaires" : les nu léons. Les nu-
léons sont eux-mêmes onstitués de quarks.
La physique nu léaire est la s ien e qui s'intéresse à l'ensemble des phénomènes physiques
faisant intervenir le noyau atomique. Si l'on assimilait le noyau atomique à une sphère dure,
1
le rayon de ette sphère serait de quelques fermis, fermi valant 10
15 mètres ( fermi 1 =
1femtomètre).

1.3 Les quatre for es qui gouvernent notre Univers


 La for e gravitationnelle extrêmement faible mais qui s'exer e à longue distan e. A la
dimension de l'atome, elle est négligeable devant les autres for es mais elle devient pré-
pondérante à l'é helle astronomique.

 La for e éle trique provient des attra tions ou répulsions entre les éle trons des atomes
(ex ès ou manque). Elle est très importante pour tous les phénomènes à notre é helle.
Par exemple, la for e mus ulaire est une for e éle trique

 La for e nu léaire faible (se onfond ave la for e éle trique aux très hautes énergies) qui
est responsable des désintégrations radioa tives et de la ssion nu léaire.

 La for e nu léaire forte qui permet la ohésion du noyau s'exer é entre les nu léons et
peut être mise en jeu lors de la fusion nu léaire (dans le soleil par exemple). Cette for e
agit à très ourte portée de l'ordre du femtomètre.

2 Notations nu léaires
un noyau A
Z XN (en ore appelé un nu léide) portant Z protons et N neutrons.
- Z est le numéro atomique, détermine le nombre d'éle trons d'un atome neutre 'est le numéro
de l'élément dans le tableau de Mendeleïev.
Les nu léons désignent les protons et les neutrons, lesquels ont des masses voisines mais pas
stri tement identiques.
4 Notations nu léaires

-A = Z + N , est le nombre de nu léons, plus ommunément appelé le nombre de masse.


Exemples : 12 235
6 C6 et 92 U143

 Isotopes : même nombre de protons Z:

Hydrogène 11 H0 , Deutérium 21 H1 , Tritium 31 H2

 Isotones : même nombre de neutrons N:


15 N et 16
7 8 8 O8

 Isobares : même nombre de masse A:


40 Ar et 40 Ca
18 22 20 20

2.1 Abandan e isotopique


Un élément peut se trouver dans la nature sous plusieurs formes isotopiques. L'abandan e
isotopique d'un noyau est le pour entage de e dernier que l'on trouve dans la nature.
Plusieurs isotopes d'un même élément peuvent être présents à l'état naturel dans l'atmosphère :
12 C6 stable
6
13 C7
6 6 ( = 5730 )
14 C8 T ans
98 89%
; de rapport isotopique stable ; 1 11% 1 3 10 %
; 12

2.2 Dimension du noyau atomique


D'après l'étude de diusion des parti ules hargées sur des noyaux réalisée par Rutherford
et Chadwi k, le rayon nu léaire R peut s'é rire sous la forme:

R = r0 A1=3

où A est le nombre de masse du noyau onsidéré et r0 est une onstante dont la valeur varie,
selon la méthode utilisée, entre 1;4 Fermis et 1;5 Fermis.

Il existe 92 atomes stables dans la nature de l'hydrogène à l'uranium. Chaque élément


naturel ren ontré sur terre ontient normalement un mélange de ses isotopes stables, ave des
Les diérents types de désintégrations radioa tives (radioa tivité naturelle) 5

abondan es relatives presque onstantes. Il existe environ 300 isotopes stables dans la nature
et 1500 isotopes arti iels. La plupart des parti ules sont stables, leurs bombardement par des
parti ules telles que: alpha (noyaux d'hélium 42 He) , proton, neutron ou gamma peut donner
naissan e à des noyaux instables: e sont des éléments radioa tifs.

3 Les diérents types de désintégrations radioa tives (ra-


dioa tivité naturelle)

La radioa tivité naturelle ou arti ielle est le passage spontané, plus au moins rapide
de noyaux instables à l'état stable. Cette transformation se fait en une ou plusieurs étapes
( haines radioa tives) pour produire des noyaux stables.

3.1 Désintégrations béta ( ; +)

instables trop ri hes en neutrons transforment en leur sein un neutron en


Les noyaux
un proton n ! p + +  e la parti ule est un e

AX
Z N !AZ+1 YN 1 + +  e

Les noyaux légers instables trop ri hes en protons transforment préférentiellement un


proton en un neutron p ! n + + + e la parti ule + est un antiéle tron

AX
Z N !AZ 1 YN +1 + + + e

3.2 Désintégrations alpha (  42He ) :

Les noyaux instables, lourds et trop ri hes en protons peuvent revenir vers la vallée de
stabilité en émettant un noyau d'hélium, en ore appelée parti ule alpha :

AX
Z N !AZ 42 YN 2 +42 He2
6 Bilan d'énergie de masse de la désintégration

3.3 Désintégrations gamma

Dans l'immense majorité des as, haque désintégration ou alpha d'un noyau instable
donne naissan e à un noyau pouvant se trouver dans un état ex ité. Il revient alors a son état
fondamental par émission d'un ou de plusieurs photons

60 Co
27 33 !6028 Ni32 + e +  e
60 Ni
28 32 !6028 Ni32 +

3.4 Capture éle tronique :

Les noyaux instables et lourds, trop ri hes en protons transforment préférentiellement en


leur sein un proton en un neutron par apture d'un éle tron atomique :

AX
Z N + 0 1e !AZ 1 YN +1 + e

3.5 La onversion interne

Il s'agit d'une transformation au ours de laquelle un noyau, dans son état ex ité, se désex-
ite en transmettant son énergie de désex itation à un éle tron de son ortège éle tronique.
Si l'énergie du photon est assez petite (< 100 keV ), elui- i peut être onverti dire tement en
un éle tron par eet photoéle trique au sein de l'atome: 'est l'éle tron de onversion interne.

4 Bilan d'énergie de masse de la désintégration


Lors d'une désintégration, l'énergie est emportée par les produits de la désintégration sous
la forme d'énergie de vitesse, -à-d d'énergie inétique E = 3 10
m 2 ave  : 8 m:s 1 vitesse
de la lumière dans le vide. La masse d'un objet n'est rien d'autre que son énergie interne
totale mesurée au repos et divisée par 2 . La diéren e de masse entre le noyau initial (ou les
diérentes parti ules initiales) et la masse des produits de la désintégration est à l' origine de
l'énergie nu léaire.
Bilan d'énergie de masse de la désintégration 7

Bilan d'énergie de masse de la désintégration


!
X X
Q = m: 2 = mi mf  2
i f

Cette énergie est emportée par les produits de la désintégration sous la forme d'énergie de
vitesse, -à-d d'énergie inétique. Dans toute désintégration nu léaire spontanée (sans a tion
externe au noyau), Q est toujours positif.

4.1 Exemple de la désintégration +

AX
Z N !AZ 1 YN +1 + + + e
Remarque: Le neutrino e et l'antineutrino  e sont des parti ules relativistes sans harges et
de masses au repos très faibles (me = m = 0), m0 est la masse de l'éle tron.
e

La onservation d'énergie totale:

m(A;Z ) 2 = m(A;Z 1) 2 + m0 2 + m 2 + E + E + Ere ul


e +
e

me 2 = 0 et Ere ul = 0 énergie de re ul du noyau résiduel.


m(A;Z ) : masse au repos du noyau père .
m(A;Z 1): masse au repos du noyau ls (des endant).
L'énergie de désintégration + est:

Q + = m(A;Z ) 2 m(A;Z 1) 2 m0 2

e qui donne:
Q + = E + E
+
e

En utilisant les masses atomiques et on négligeant les énergies de liaison des éle trons, l'énergie
de désintégration + est égale à:

Q + = M (A;Z ) 2 M (A;Z 1) 2 2m0 2


puisque M (A;Z ) 2 > M (A;Z 1) 2 + 2m0 2 ou en ore m(A;Z ) 2 > m(A;Z 1) 2 + m0 2
Q + est positive.
8 Défaut de masse et énergie de liaison d'un noyau

4.2 Unité de masse atomique : u:m:a


Les masses atomiques et nu léaires sont trop petites ; le proton sa masse est donnée par
mp = 1 67262 10
;  27 Kg. Il est plus ommode de les exprimer dans une unité appropriée
plus fa ile à mémoriser, 'est l'unité de masse atomique dénit omme suit:

1u:m:a = 121  la masse d'un atome neutre12 C


Le nombre d'Avogadro NA est lié à l'unité de masse atomique par:
La masse d'un atome-gramme (une mole) de 12 C est égale à 12 g , 'est à dire 12 g est le poids
de NA = 6;022 1023 atomes=atomes- gramme.

NA  M (12 C ) = 0;012 Kg
M (12 C )=Masse d'un atome neutre de 12 C
1u:m:a = 121  M (12 C ) = 12
0;012 = 10N
3
Kg = 1;660577 10 27 Kg
NA A
Énergie de masse orrespondant à une unité de masse atomique :

1u:m:a  2 = 931;5 MeV (1MeV = 106 eV )


1 eV = 1;602189 10 19 J

5 Défaut de masse et énergie de liaison d'un noyau


C'est la masse des omposants du noyau (Z protons et N neutrons) pris séparément moins
la masse du noyau :
Dm (AZ XN ) = Z mp + N mn m(AZ XN )
Dm est toujours positif pour un noyau formé.

5.1 Énergie de liaison :


La masse d'un ensemble de nu léons liés est inférieur à la somme des masses des nu léons
isolés. La formation du noyau implique don une perte de masse. Il s'agit d'une petite partie
de la masse des nu léons qui a été transformée en énergie de liaison El . On a :
El = Dm (AZ XN )  2 = (Z mp + N mn m(AZ XN ))  2
Loi de dé roissan e radioa tive 9

5.2 Énergie de liaison par nu léon


Connaissant l'énergie de liaison El d'un noyau du nu léide A
Z X qui possède A nu léons, on
obtient l'énergie de liaison par nu léon en al ulant le quotient El =A.
L'énergie de liaison par nu léon s'exprime en MeV=nu léon, elle représente l'énergie moyenne
qu'il faudrait apporter à haque nu léon pour le sortir du noyau. Plus l'énergie de liaison par
nu léon est grande, plus il est di ile d'extraire les nu léons du noyau et don , plus le noyau
est stable.

6 Loi de dé roissan e radioa tive


Soit un noyau radioa tif A
Z X se transforme par désintégration simple :

AX
Z ! Y + R: Y : noyau résiduel onsidéré stable; R : rayonnement émis:

L'expérien e montre que le nombre de noyaux A


Z X dé roît tandis que le nombre de noyaux Y
roit ar les Y étant stables vont s'a umulés au ours du temps.
Soit N (t0 ) = N0 , le nombre de radionu léides AZX présents à l'instant d'origine t0 et N (t)
eux présents à un instant ultérieur t loin de t0 pour avoir susamment de noyaux Y formés.
La formulation de la loi de dé roissan e onsiste à trouver la relation entre N0 , N (t), t0 et t.
Étudions la dé roissan e du nombre de noyaux N (t) pendant un temps élémentaire dt voisin
de l'instant t.
Quand le temps t roit de dt , N (t) dé roît de dN .

A l'instant t = 0 ; N (t0 ) = N0 ;
A un instant quel onque t > t0 ; N (t) = N

N (t + dt) = N dN

L'expérien e montre que le nombre de noyaux qui se désintègrent par se onde : (dN=dt) est
proportionnel au nombre de noyaux N présents à l'instant t. En d'autres termes plus le nombre
N de radionu léides présents est grand, plus eux qui vont se désintégrer parmi les N présent
est grand. Si on note par  la onstante de proportionnalité, on a don :
dN
dt
= N
10 Loi de dé roissan e radioa tive

Z N Z t
dN N
=) N
= dt () ln(
N0
) = (t t0)
N0 t0

la loi de dé roissan e d'une espè e radioa tive onstituée de pré urseurs a don pour ex-
pression : N t ()=
N0 e (t t0 ) ,  est appelée onstante radioa tive d'une espè e nu léaire ; 
est en s 1 .

6.1 Nombres de noyaux AZ X désintégrés et Y a umulés

Sa hant que N0 est le nombre de noyaux A


Z X présents à l'instant origine t0 et N eux
présents à l'instant t, le nombre N0 de noyaux A
Z X désintégré pendant la durée (t t0 ) est
don :

N 0 = N0 N = N0 N0 e (t t ) = N0 (1 e (t t ) )
0 0

Les Y étant stable, le nombre N0 représente à la fois le nombre NR de rayonnements R émis


et le nombre NY de noyaux résiduels Y a umulés

N 0 = NR = NY = N0(1 e (t t ) )
0

6.2 Dénition de la période d'un radionu léide

La période (notée T) d'un radionu léide est le temps (ou durée) pour que la moitié des
noyaux initialement présents se désintègre. Le nombre de noyaux en ore présents au temps t
N = N0 =2 et le nombre de eux désintégrés est : N 0 = N0 =2
est :
N = N0 e (t t ) = N0 =2 e qui donne t t0 = T = ln(2)=
0

Unité de période
T est en se onde, si  est en s 1 . La période peut être exprimée également en mi rose onde,
minute, heure, jour, an ...
Exemples de périodes de quelques radionu léides :
T H ( ) = 12;3 ans, T C ( ) = 5730 ans, T
3
1
14
6
238
92 U ( ) = 4;5 109 ans, T 99
43 T m ( ) =6h
Loi de dé roissan e radioa tive 11

6.3 L'a tivité d'une substan e radioa tive


L'a tivité d'une substan e est le nombre de noyaux qui se désintègre par se onde. En notant
par A l'a tivité et sa hant que dN=dt est le nombre de noyaux qui se désintègrent par se onde
dN
A= = N
dt
L'a tivité d'une substan e radioa tive est proportionnelle au nombre N de noyaux radioa tifs
présents à haque instant t. En remplaçant N par son expression, il vient :

A = N = N0 e (t t0 )

 A = N est l'a tivité de la substan e à l'instant t


 A0 = N0 est l'a tivité initiale à l'instant t0
D'où :
A = A0 e (t t ) 0

Au bout d'une période, l'a tivité diminue également de moitié. En eet pour une durée
t t0 = T = ln(2)=, on a :
A = A0 e (t t ) = A0 e
0  ln(2)
 = A20
Soit une masse m (en gramme) d'un radioélément pur dont le nombre de masse et la période
sont respe tivement A et T ; elle est onstituée d'un nombre de noyaux égal à:

N = mN
A
A

NA = 6;022 1023noyaux/mole.
L'a tivité de ette substan e est:

A = N = 0;693
T
N=
m
AT
:4;18 1023; T est exprimé en se onde

Considerons 1 g de radium 226


88 Ra dont la période est de 1620 ans, son a tivité est:

A = 3;7 :1010 désintégrations/S

Cette valeur est prise ouramment omme unité d'a tivité : 'est le urie.
Unité d'a tivité en S:I le Be querel (Bq ) :
12 Désintégration en haîne (liation)

Un Be querel est l'a tivité d'une substan e qui donne une désintégration par se onde (un
noyau qui se désintègre en une se onde) : Bq 1 =1
désint:S 1 .
1Ci = 3;7  1010 Bq
Autres unités :

 Le milliCurie : 1mCi = 10 3 Ci, Le mi roCurie : 1Ci = 10 6 Ci


 Coups par minute ( pm) = nombre de désintégrations par minute (désint:mn 1 )

7 Désintégration en haîne (liation)


dans une liation radioa tive on obtient par désintégrations su essives des noyaux résiduels
radioa tifs (des endants ) à partir d'un même noyau appelé parent. La liation s'arrête au
dernier noyau stable.

(1)(T ; ) ! (2)(T ; ) ! (3)(T ; ) ! (4)(T ; ) ! :::


1 1 2 2 3 3 4 4

Cas à trois orps


(1)(T ; ) ! (2)(T ; ) ! (3)stable
1 1 2 2

Bilan: dans l'intervalle t à t + dt


X X
(La variation totale) = ( entrée ou gain) (sortie ou perte)
i i
Les variations du nombre de noyaux pendant un intervalle de temps dt des trois espè es (1;2;3)
sont données par les équations diérentielles suivantes:

(1) ) dN
dt
1
=0 1 N1 (t)

(2) ) dN
dt
2
= 1N1 (t) 2 N2 (t)

(3) ) dN
dt
3
= 2N2 (t) 0
La solution de e système d'équation diérentielles dépend des onditions initiales:
àt = 0, N1 (0) 6= 0, N2 (0) = N3 (0) = 0
On trouve le nombre de N1 (t), N2 (t) et N3 (t)

N1 (t) = N1 (0)e 1 t
Désintégration omposée (embran hement) 13

N (0)
N2 (t) = 1 1 (e 1 t e 2 t )
2 1

N (0)1 2 1 e 1 t 1 e 2 t
N3 (t) = 1 (  )
2 1 1 2
Les a tivités orrespondantes sont données par:

A1 (t) = 1 N1 (t) = A1 (0)e 1 t

A (0)
A2 (t) = 2 N2 (t) = 1 2 (e 1 t e 2 t )
2 1
Compte tenu de la nature de ette relation, l'a tivité du des endent (2) passe par un maximum;
elui i orrespond à un temps tm tel que:

dA2 (t) 
dt t=tm
= 0 ) dN
dt
2
=0
Ce qui donne :
dN2 
= N 1 (0)1 (2e

dt t=tm
2 t 1 e 1 t ) t=tm
=0
2 1
ou en ore:

(2 e 2 tm = 1e 1 tm )
Ce qui donne:

ln 
2

tm = 1
(1.1)
2 1

8 Désintégration omposée (embran hement)

Il existe des radioéléments qui ont la possibilité de se désintégrer suivant de diérents


modes ( , ,...) à la fois ont dit qu'il s'agit d'une désintégration omposée ou un embran he-
ment.
Cas général et exemple de désintégration de Bismuth.
14 Désintégration omposée (embran hement)

8.1 Rapport d'embran hement et onstante de désintégration par-


tielle

dNx
) = x Nx(t)
dt tot
(1.2)

dNx  dNx  dNx  dN 


dt tot
= dt
+ dt 2
+ ::: + x
dt n
h 1 i
= 1 Nx (t) + 2 Nx (t) + ::: + n Nx (t) (1.3)

En omparant les deux équations (1.2) et (1.3) on obtient:


n
X
x = i
i=1
Le rapport d'embran hement noté  ou Ki

i
i = = Ki
x
les a tivités partielles pour haque mode de désintégration sont données par:

Ai (t) = i Nx (t); i = 1;2;:::;n:


La radioa tivité arti ielle 15

L'a tivité totale est donnée par:


n
X n
X
A (t) = x Nx (t) = i Nx (t) = Ai (t)
i=1 i=1

Ai (t) i
=
A (t) x
= Ki

9 La radioa tivité arti ielle

9.1 Produ tion des radioéléments arti iels et se tion e a e d'a -


tivation
Il existe plusieurs façons de fabriquer des radioéléments arti iels. La te hnique est souvent
la même, elle onsiste en un bombardement de noyaux stables ( ibles) à l'aide de proje tiles.
On parle alors d'a tivation.

N0 est le nombre de noyaux Y formés par se onde.


La se tion e a e mi ros opique
N0
( m ) =
2
:N ;  ux des parti ules proje tiles; N est le nombre de noyaux ibles:

La se tion e a e est une mesure de probabilité d'un pro essus, il orrespond à la surfa e
perpendi ulaire aux ux des proje tiles qui dé rit la zone d'intera tion autour de la ible.
Si l'intera tion entre les parti ules est plus importante, la zone d'intera tion (ou la se tion
e a e) augmente.
A tivation
a + X (stable) ! Y (radioa tif); X ! Y() ! Z
16 La radioa tivité arti ielle

9.2 Equation générale d'a tivation


Pendant l'irradiation t1 [0;ti ℄
(0) = 0 et négligeant la variation du nombre de
En tenant ompte des onditions initiales : Ny
noyaux ible X devant le nombre de noyaux initial on obtient Nx (t) = Nx (0)
Ce qui implique que:
dNx (t)
dt
0

dNy (t)
dt
= N0 Ny (t) (1.4)

N 0 =  N : taux de formation de Y ave N = Nx (0) = Nx (t1 )


dNy (t)
dt
= Nx(0) Ny (t) (1.5)

La résolution de l'équation (1.5) donne le nombre de noyaux Y pour l'instant t1 par:

 Nx (0)
Ny (t1 ) = (1 e t1 ) (1.6)

Lorsque t1 ! 1, Ny = N , e qui donne pour l'a tivité Ay (ti ) = N = N 0
Pendant la durée de refroidissement t2 [0;td ℄

dNy (t2 )
dt2
= Ny (t2) (1.7)

La ondition initiale Ny (t2 ) = Ny (t1 = ti), d'après l'équation (1.6) le nombre de noyaux
Ny (t2 = 0) est donné par:
 N
Ny (t2 = 0) = (1 e ti ) (1.8)

La radioa tivité arti ielle 17

dNy (t2 )
dt2
+ Ny (t2) = 0 ) Ny (t2 ) = Ny (t2 = 0)e t2 (1.9)

Le nombre de noyaux Y pour l'instant t2

 N
Ny (t2 ) = (1 e ti )e t2 (1.10)


Pendant la durée de mesure t3 [0;tm ℄


dNy (t3 )
dt3
= Ny (t3 ) ) Ny (t3 ) = Ny (t3 = 0)e t3 (1.11)

ave la ondition initiale Ny t3 ( = 0) = Ny (t2 = td ) et d'après l'équation (1.10)


 N
N (t = 0) =
y 3 (1 e t )e t i d (1.12)


 N
Ny (t3 ) = (1 e ti )e td e t3 (1.13)

Le nombre de noyaux désintégrés

Ny0 (tm ) = Ny (td ) Ny (tm ) (1.14)

 N
Ny0 (tm ) = (1 e ti )e td (1 e tm ) (1.15)

A tivité instantanée:
Aint (t) = N (t)

L'a tivité mesurable durant [0;tm ℄


Z tm
Amesurée
(tm) =  Ainst (t0 )dt0 = Ny0 (tm )
0

Enn l'a tivité mesurable est donnée par:

Amesurée (tm ) =  N (1 e ti )e t (1d e tm )


18 Domaines d'appli ation des radioéléments

10 Domaines d'appli ation des radioéléments

10.1 Datation à l'aide du arbone 14


14 C émetteur , T = 5730 ans, formé par la réa tion nu léaire 14 N (n;p)14 C dans l'at-
mosphère, par irradiation des noyaux 14 N ave des neutrons osmiques. 14 C est assimilé sous
forme de 14 CO2 par les plantes lors de la photosynthèse. Le radio arbone permet de dater 14
les objets ontenant de la matière végétale (objet en bois, tissu, peinture, momies ... et .).
Exemple : datation d'un objet en bois (sar ophage, lit, et .) L'objet à dater a été fabriqué
ave du bois d'un arbre d'une espè e végétale onnue et qui existe en ore à notre époque. Lors-
qu' un tel arbre est vivant il assimile lors de la photosynthèse du 12 CO2 stable et de 14 CO2
radioa tif. Le nombre 14 N0 de radionu léides 14 C présents par unité de matière est onstant
tant que l'arbre est vivant ar il y a équilibre entre les 14 C désintégrés et eux assimilés par
photosynthèse.

 Quant l'arbre est oupé à l'instant t0 , il y a arrêt de la photosynthèse et les 14 N0 om-


men ent à dé roître.

 A l'instant t de la datation de l'objet l'unité de matière prélevée sur et objet ne ontient


()
plus qu'un nombre 14 N t de 14 C tel que :

14 N (t) =14 N0 exp( (t t0 ))

(t t0 ) =
1 ln h 14 N0 i
 14 N

L'âge de l'objet est don :

(t t0 ) =
5730 ln h 14 N0 ians
0;963 14N (t)

10.2 Détermination de l'âge de la terre

Soit un minerai d'uranium. l'uranium 238 a une longue période se désintègre dire tement
en Plomb selon la réa tion suivante:

82 P b + 82 He + 6
!206
238 U 4
92
Domaines d'appli ation des radioéléments 19

La désintégration de haque noyau d'Uranium 238 donne naissan e à un noyau de Plomb 206
Npb = NU0 NU (t) (1.16)

Ave

NU (t) = NU0 e t ; NU0 est le nombre de noyaux d'uranium 238 à t = 0 (1.17)

 est la onstante de désintégration radioa tive de 238


92 U
En remplaçant (1.17) dans (1.16) on obtient:

Npb = NU (et 1) (1.18)

il vient:

t=
1 ln 1 + NP b  (1.19)
 N U

NP b et NU sont reliés aux masses d'Uranium et de Plomb ontenues dans le minerai par:

NU = mUA:NA (1.20)
U

mP b :NA
NP b = (1.21)
AP b
mP b et mU sont les masses du Plomb et de l'Uranium dans le minerai.
AP b = 206 et AU = 238 nombre de masse du Plomb et de l'Uranium.
La relation (1.19) devient don :

t=
1 ln 1 + mP b:AU  (1.22)
 m :A U Pb

Les masses mP b et mU sont mesurable expérimentalement. AU , AP b et  sont onnus. Don on


peut déterminer le temps qui s'est é oulé depuis la réation de la terre. On trouve que l'âge
de la terre est de l'ordre de ; 4 5 10
9 années.

10.3 Diagnosti des maladies ardiovas ulaires à l'aide du 99T m


99 T m émetteur , T = 6 h, généré par désintégration du 99 Mo pré urseur de la liation:
99 Mo !99 T m !99 T
20 Domaines d'appli ation des radioéléments

La période du 99 Mo étant T1 = 66 h et partant d'un nombre N01 de 99 T m initialement pur à


l'instant t0 = 0, la quantité maximum de 99 T m est atteinte à l'instant t = tm tel que

T1 T2 ln TT1

tm =
ln2 (T1 T2 ) ) tm = 22;8 h; voir équation(1:1)
2

L'extra tion d'une grande quantité de 99 T m permet de pro éder au diagnosti du système
ardiovas ulaire de plusieurs patients à la fois. Cette quantité dé roît ave une période T2 = 6 h,
le temps d'utilisation du te hnétium métastable doit être planié an que les patients puissent
béné ier de la bonne dose au bon moment. Les gammas du 99 T m inje tés au patient sont
déte tés et omptés à l'aide d'un dispositif informatisé qui analyse le nombre de gammas et
a he les résultats permettant de faire le diagnosti de la maladie.
Transformation de Lorentz 21

CHAPITRE 2

Cinématique des ollisions nu léaires

1 Transformation de Lorentz

La théorie de la relativité ( restreinte, générale) postulé par Einstein amène à onsidérer


les trois oordonnées de l'espa e x, y , z et t le temps omme formant un tout indisso iable.
Ce i a amené Einstein à prolonger la notion de ve teur newtonien lassique (x; y; z) pour rée
un nouvel objet mathématique; le quadrive teur (x; y; z; t), vitesse de la lumière dans le
vide.
La raison d'être des quadrive teurs est tout d'abord de dé rire omment se transforme l'en-
semble de oordonnées x, y , z et t (ou t) lors d'un hangement de référentiel, es hangements
sont appelés transformation de Lorentz en relativité restreinte.

soient deux référentiels galiléens (<) et (<0). (<0) se meut à une vitesse relative !v par
rapport à <. on onsidère que ! v parallèle à l'axe (ox) et on pose que les axes (ox) et (ox0 )
sont onfondus. Les axes (oy ) et (o0 y 0 ) sont parallèles ainsi que les axes (oz ) et (o0 z 0 ).
Le passage des oordonnées d'événement (x; y; z; t) dans < aux oordonnées du même événe-
22 Transformation de Lorentz

ment dans <0 se fait par les équations de transformation de Lorentz:


x0 = x t
y0 = y ave =p
1 est le paramètre relativiste
1 2
v
z0 = z et =

t0 = t x (2.1)

1.1 Quadrive teurs

Le quadrive teur position-temps est noté:

 Contravariant X  = (x0 ;x1 ;x2 ;x3 ) = ( t;x;y;z ) = ( t;!


r)
 Covariant X = (x0 ;x1 ;x2 ;x3 ) = ( t; x; y; z ) = ( t; !
r)

Le produit de deux ve teurs X:X :


3
X
X:X = X  :X = X  :X = x0 x0 + x1 :x1 + x2 :x2 + x3 :x3
=0
= ( t)2 x2 y2 z2 (2.2)

Le quadrive teur impulsion ou quadri-impulsion P 


=(
P  p0 ;p1 ;p2 ;p3 )=(
E ;p ;p ;p E ;!
p )=( )
x y z
P = (p0 ; p1 ; p2 ; p3 )=( E; px ; py ; pz ) = ( E ; !p ).

1.2 Relation d'énergie impulsion

Le produit de deux quadrive teurs impulsion

P:P = p:p = ( E )2 p2 (2.3)

Par ailleurs, l'énergie E et l'impulsion !


p sont données par:

E= m 2
!p = m!
v (2.4)
Les réa tions nu léaires 23

remplaçant (2.4) dans (2.3) on obtient:


2
P:P = ( E )2 p2 = ( m

)2 ( mv)2
= 2m2 ( 2 v2)
2
= 2m2 2(1 v 2 )
= m2 2 m : masse de la parti ule au repos (2.5)

E2 p2 2 = m2 4 'est la relation d'énergie impulsion.


Pour une parti ule de masse nulle (photon, e ,...), on a né essairement sa vitesse v =
dans tout référentiel et la relation impulsion- énergie est donnée par:

E = p (2.6)

2 Les réa tions nu léaires


Les réa tions nu léaires sont des pro essus induits (entraînés) par des fais eaux de proje -
tiles sur des parti ules ibles. On distinguera une réa tion à deux orps par:

C +p!a+ R
ou en ore de façon équivalente par: C (p;a)R
"p" représente le proje tile, "C " la ible (le

plus souvent onsidérée omme immobile dans le système de laboratoire, "a" le produit de
réa tion déte té en général le plus léger et "R" le noyau de re ul.

2.1 Référentiel de Laboratoire (R.L)


Dans les expérien es de physique nu léaire, les réa tions s'étudient presque ex lusivement
en mode xe. L'observateur lié par e trièdre xe voit la parti ule proje tile se rappro he de
la parti ule ible supposées initialement au repos (!v = !0 ).
Soit Ei et Ti l'énergie totale et l'énergie inétique d'une parti ule i.
La onservation de l'énergie totale donne:

Ep + E = Ea + ER ; ave Ei = mi 2 + Ti
24 Les réa tions nu léaires

Soit

(mp + m ) 2 + Tp = (ma + mR ) 2 + Ta + TR ; (T = 0 ar !
v = !0 ible xe ) (2.7)

mp , m , ma et mR sont les masses des parti ules p, , a, R respe tivement. On dénit la valeur
Q de la réa tion par:

Q = [(mp + m ) (ma + mR )℄ 2 (2.8)

d'après (2.7)
Q = Ta + TR Tp
 si Q > 0 la réa tion est dite exoénergétique
 si Q < 0 la réa tion est dite endoénergétique
La onservation de l'impulsion donne:

On projetant sur l'axe des x et l'axe des y , on a:

pp = pa os() + pR os 
0 = pa sin() pR sin (2.9)

en éliminant  on obtient

p2p + p2a 2papp os  = p2R (2.10)

ave la relation de onservation de l'énergie :

E + Ep = Ea + ER
(mp + m ma mR ) 2 + Tp = Ta + TR
p2 p2 p2
Q+ p = a + R (2.11)
2mp 2ma 2mR
Les réa tions nu léaires 25

on rempla e p2R par sa forme donnée par l'équation (2.10) il vient que:

p2a (
1 + 1) pa
2pp os  + p2( 1 1 ) 2Q = 0 (2.12)
m m mR p mR m
R a p

ette équation permet de al uler pa et l'énergie inétique Ta = 2pm .


2
a
a

Les deux angles d'émissions  et  des deux produits de réa tion sont liés par :

tan  = m sin(2)
os(2)
p (2.13)
m

2.2 Référentiel de Centre de Masse (R.C.M)


Il est souvent préférable de onsidérer l'étude de la ollision nu léaire dans le référentiel
du entre de masse (R.C.M), 'est un système dont l'origine est le entre de masse ( entre
de gravité) des parti ules en ollision. Dans e référentiel, les deux parti ules en intera tion
de masse mp et m , se rappro hent de leur entre de masse ommun ave des quantités de
mouvement égales et opposées, interagissent entre elles pour donner naissan e à des parti ules
de masses ma et mR qui sont elles aussi émises ave des quantités de mouvement égales et
opposées. Les grandeurs inématiques dans e référentiel seront marquées par un astérisque *.
par dénition du entre de masse, on a:
X
!p i = X !p f = !0 (2.14)
i f
Dans le as d'une réa tion à deux orps:

!p p = !p  et !p a = !p R (2.15)

mp !
v p + m !
v  = (mp + m )!
V G = 0
mR !
v R + ma !
!
v a = (ma + mR ) V G = 0
  + ' =  (2.16)
! !
V G = 0 est la vitesse du entre de masse par rapport à son propre repère.
et par onservation de l'énergie il vient:
p 2 p 2 2 2
R + a = pp + p + Q = w  (2.17)
2mR 2ma 2mp 2m
w est l'énergie disponible dans le (R.C.M)
26 Les réa tions nu léaires

2.3 Énergie disponible dans le (RCM) en fon tion des variables (RL)
D'après l'équation (2.17), l'énergie disponible dans le (R.C.M) est donnée par :

pp 2  mp 
w =
2mp 1 + m + Q; p = pp
2 2 (2.18)

Le référentiel de entre de masse est en translation par rapport au référentiel de laboratoire,


soit
!
V G la vitesse du entre de masse dans le système de laboratoire ou vitesse d'entraînement.

! = P
i mi v i
! mp v p ! ! = !0
VG P
mi
=
mp m
; v
+ (2.19)

On peut é rire :
 mp 
pp = mp vp = mp (vp VG ) = mp vp 1
mp + m
mp m
= v = vp
mp + m p
(2.20)

Où  = mmpp+mm est la masse réduite des parti ules p et .


La relation (2.18) s'é rit :

pp 2 m + mp pp2
w = +Q= 2 + Q
 (2.21)
2mp m

2
w = p2p + Q = mp Tp + Q; P 2 = 2mT
= m Tp + Q = m m+ m Tp + Q (2.22)
p p
Les réa tions nu léaires 27

w = Tp
 m 
1 + Tp + Q = Tp mp 1
Tp + Q; Tp = mp vp2
mp + m mp + m 2
 m2p vp2 
= Tp
2(mp + m ) + Q
= 1  m2p vp2 
Tp
2 (mp + m ) (mp + m )2 + Q (2.23)

w = Tp
1 (m + m )V 2 + Q (2.24)
2 p G
C'est l'expression de l'énergie disponible dans le entre de masse en fon tion des variables du
laboratoire.
Dans l'état nal, omme pa 2 = pR2 , on a:
1 + 1  = pa 2
w =
pa 2 
(2.25)
2 ma mR 2f
p
ave f = mm +mm est la masse réduite, pa = 2f w  :
a
a R
R

Lorsque Q < 0, la réa tion n'est possible que si w  > 0.

2.4 Énergie seuil as lassique


Par dénition l'énergie de seuil, de produ tion de n parti ules lors d'une ollision inélas-
tique, est l'énergie inétique minimum des N parti ules in identes, permettant de réer des
parti ules au repos dans leur référentiel du entre de masse; 'est à dire l'énergie inétique
minimale pour qu'un pro essus endothermique (Q < ) puisse avoir lieu. 0
Lorsque une parti ule in idente de masse mp interagit ave une ible de masse m au repos
dans le (RL) pour donner n parti ules de masses mj (j = 1;:::;n).
D'après l'équation (2.22)

m + m  mp 
Tp > Q p
m
= Q 1+
m
= Tseuil (2.26)

2.5 Énergie seuil as relativiste


L'énergie minimum des parti ules émises après une ollision, est la somme des énergies de
masse de ha une de es parti ules. L'énergie inétique du système est alors nulle, ainsi que
son impulsion. De e fait, le référentiel d'étude est le référentiel du entre de masse.
28 Les réa tions nu léaires

Cal ulons l'énergie inétique minimum que doit posséder une parti ule de masse mp entrant
en ollision ave une parti ule immobile de masse m , pour former n parti ules de masse
mj . Pour ela é rivons l'invarian e de la pseudo-norme du quadrive teur énergie impulsion du
système dans (R = SL) et et (R = RCM ), dans l'état initial:

Pi2 = Pi 2 (2.27)

Dans R , il y'a onservation de e quadrive teur dans l'état initial et dans l'état nal, don
également onservation de sa pseudo-norme:

Pi 2 = Pf 2 ; d'où Pi 2 = Pf 2 (2.28)

relation qui s'é rit aussi:

Ei2 pi 2 2 = Ef 2 (2.29)

ave la onservation de l'énergie totale

Ei2 = (Ep + m 2 )2 ; T = 0 (2.30)

p2i 2 = p2p 2 = Ep2 (mp 2)2; p = 0 (2.31)

Puisque les parti ules émises sont au repos leur énergie :

X n
E =f m 2 j (2.32)
j =1

Notant Ep = Tp + mp 2 , en remplaçant les équations (2.30), (2.31) et (2.32) dans l'équation


(2.29), on déduit l'énergie seuil relativiste Tsrelat :
Pn 2 2 
mp 2 + m 2 2
j =1 mj
Tsrelat = (2.33)
2m 2
donnée aussi par :

Tsrelat = Q
 mp 2 + m 2 + Pnj=1 mj 2  (2.34)
2m 2
Généralités : 29

CHAPITRE 3

Intera tion rayonnement- matière

1 Généralités :
Les intera tions physiques entre la matière et les parti ules dire tement ionisantes ou elles
mises en mouvement par les rayonnements indire tement ionisants sont de trois types:

 L'ionisation des atomes : l'énergie du rayonnement est supérieure à l'énergie de liaison


des éle trons. Un éle tron est alors arra hé au ortège éle tronique.
 L'ex itation des atomes : si l'énergie n'est pas susante pour arra her un éle tron, elle
peut l'être ependant susamment pour faire passer un éle tron du niveau énergétique
fondamental à un niveau énergétique supérieur ( ou he moins liée), l'atome est dit ex ité.
 Les transferts thermiques : si l'énergie n'est pas susante pour ex iter l'atome, elle peut
ependant augmenter son énergie inétique de translation, de rotation et de vibration,
e que l'on appelle les transferts thermiques.

1.1 Rayonnement éle tromagnétique


En étudiant l'eet photoéle trique, Einstein a permis de montrer que le rayonnement mono-
hromatique de fréquen e  est quantié. Les parti ules élémentaires asso iées a ette quanti-
ation du hamp éle tromagnétique sont les photons. Par ailleurs, d'après les lois de Maxwell,
les ondes éle tromagnétiques se dépla ent dans le vide à la vitesse de la lumière . Ainsi, les
30 Généralités :

photons ont une vitesse v = dans le vide. Le quadrive teur énergie impulsion du photon ne
reste ni que si sa masse est nulle.
E = p :
Mais l'énergie E et l'impulsion p restent indéterminés par ette appro he. Ce sont les travaux
de Plan k puis d'Einstein qui ont permis de dénir l'énergie d'un photon par :

E = h;
ou  est la fréquen e du rayonnement éle tromagnétique et h = 6;62 1034 J:s la onstante de
Plan k. De es deux dernières expressions de l'énergie on déduit la relation de De Broglie
traduisant la dualité onde- orpus ule :
h
p= ;

où  = = est la longueur d'onde du rayonnement. Cette relation établie pour le photon se
généralise à toutes autres parti ules de masse non nulle. Une autre façon d'é rire l'énergie et
l'impulsion du photon est :
E = ~!; !p = ~!k
!
~ = h=2 est la onstante de Plan k réduite, ! = 2 la pulsation et k le ve teur d'onde de
module 2=. Le quadrive teur énergie impulsion se note :
~! !
P = ( ;~ k ):

Sa pseudo-norme est :
!2
P2 = ( E )2 p2 = ~ ( 2
2 k2 ) = 0
!2
2
= k2

1.2 Intera tion des photons ave la matière


Lorsqu'un fais eau de gamma ren ontre la matière on a:

 Diminution progressive du nombre de photons.


 L'énergie des dans la même dire tion du fais eau in ident reste in hangée.
Interprétation: La disparition d'un des photons in idents est appelée : atténuation, est
due à l'intera tion des photons ave la matière, en parti ulier ave les e et au voisinage du
noyau des atomes onstituants la matière.
Atténuation des photons 31

1.3 Flux de photons

Le ux de photons noté  est le nombre de photons traversant une surfa e donnée
pendant une se onde, on l'exprime par = m2 =s

2 Atténuation des photons

2.1 Etude expérimentale

On utilise un fais eau de photons monodire tionnel. A l'aide d'un déte teur, on mesure
un ux de 0 en l'absen e d'é ran et un ux  < 0 en présen e d'un é ran. Si on dépla e le

déte teur d'un angle  par rapport à l'axe x, on mesure un ux 0 < , par onséquent l'é ran
diuse le ux de photons dans toutes les dire tions.
Interprétation: l'énergie du fais eau in ident se répartit en:

 Énergie transmise dans la dire tion du fais eau.

 Énergie diusé dans les autres dire tions de l'espa e.

 Énergie absorbée par l'é ran.


32 Atténuation des photons

2.2 Atténuation des photons dans la matière


 ux du fais eau in ident, dx épaisseur de l'é ran et  + d fais eau transmis d < 0.
La variation du ux d est proportionnelle à la valeur initiale du ux at à l'épaisseur dx:

d = dx (3.1)

Le oe ient de proportionnalité  est appelé oe ient d'attenuation linéique, il dépend de
la nature de l'é ran et de l'énergie des photons.

d d
dx
=  ou
dx
+  = 0 (3.2)

1
C'est l'équation diérentielle du er ordre sans se ond membre dont la solution s'é rit:

(x) = 0 e x (3.3)

0 : ux in ident et la dimension de  est l'inverse d'une longueur.

2.3 Cou he de demi-atténuation


La ou he de demi-atténuation (CDA) est la distan e au bout de laquelle le fais eau est
diminué de moitié:

(CDA) = (x1=2 ) = 20 = 0 e x 1=2

) x1=2 = ln(2)

(3.4)

x1=2 dépend de la nature de l'é ran et de l'énergie du photon.


Modes d'intera tions des photons ave la matière 33

Exemple: Atténuation de photons de 0;835 MeV :

13 Al 29 Cu 82 P b
( m 1 ) 0;182 0;578 0;937
CDA ( m) 3;808 1;199 0;740

2.4 Coe ient d'atténuation massique

C'est le rapport du oe ient d'atténuation linéique sur la masse volumique de la ible

 [ m 1 ℄
m = = m [ m2 =g℄ (3.5)
 [g: m 3 ℄

3 Modes d'intera tions des photons ave la matière


Le rayonnement éle tromagnétique ne possède pas de harge éle trique il interagit ave
la matière suivant trois pro essus prin ipaux:

 Eet photo-éle trique

 Eet Compton

 Eet de matérialisation ( réation de paire)

3.1 Eet photo-éle trique

Dans l'eet photo-éle trique, toute l'énergie du photon in ident est édée à un éle tron
atomique des ou hes profondes qui est éje té don il y a absorption totale du photon. L'énergie
inétique E de l'éle tron éje té est donné par :

E = h W0 (3.6)

h énergie du photon in ident, W0 énergie de liaison atomique de et éle tron. L'atome se réor-
ganise ensuite provoquant l'émission de rayons X se ondaires (uores en e pour les éléments
lourds) ou d'éle tron Auger qui est prédominant pour les éléments légers.
34 Modes d'intera tions des photons ave la matière

3.1.1 Emission des photons de uores en e

Ces émissions se font en as ade le trou laissé va ant par l'éle tron extrait est omblé
par un éle tron venant d'une ou he en ore supérieure, elui- i est rempla é à son tour par
un éle tron d'une ou he en ore supérieure et ainsi de suite. Il se produit une réorganisation
éle tronique, un photon de uores en e est émis à haque transition.

1. 1ère Transition : Le photon d'énergie E = h arra he un éle tron de la ou he K .


Par exemple: l'énergie inétique de l'éle tron: E = h WK = h + EK

2. 2ème Transition : L'éle tron arra hé est rempla é par un éle tron de la ou he L. Cette
transition s'a ompagne de l'émission d'un photon de uores en e d'énergie E = EL
EK = h 0
3. 3èmeTransition : L'éle tron de la ou he L est à son tour rempla é par l'éle tron de la
ou he M . Cette transition s'a ompagne de l'émission d'un photon de uores en e
d'énergie : E = EM EL = h 00

3.1.2 Emission de l'éle tron d'Auger

Il s'agit d'un eet photoéle trique interne, l'un des photons de uores en e émis provoque
l'expulsion d'un éle tron moins lié du même atome, par exemple l'éle tron de la ou he M est
expulsé ave l'énergie inétique:

E = h 0 WM = EL EK WM = EL EK + EM
Modes d'intera tions des photons ave la matière 35

3.2 La diusion Compton


C'est une intera tion entre un photon d'énergie E = h et un éle tron périphérique d'un
atome de la ible. Contrairement à l'eet photoéle trique, dans l'eet Compton, le rayonne-
ment ne disparaît pas. Il est diusé élastiquement selon la réa tion

+e ! +e
Avant le ho après le ho

 e immobile  e expulsé suivant une dire tion '


 Photon in ident d'énergie E1 = h1 = h =1  photon diusé dans la dire tion 
h2 = h =2

3.2.1 Relation Compton


 onservation de l'énergie:
q
h1 + m0 2 = h2 + p2e 2 + m20 4
pe et m0 = me impulsion et masse de l'éle tron respe tivement.
36 Modes d'intera tions des photons ave la matière

 onservation de la quantité de mouvement:


! ! !
P = P + Pe .
1 2

Proje tion de l'impulsion sur les deux axes ox et oz


 proje tion/ox:
h1

= h 2 os  + pe os ' (3.7)

 proje tion/oz:

0 = h 2 sin  pe sin ' (3.8)

A partir des équations de onservation de l'énergie et de l'impulsion on a la relation de ompton


donnée par:
h
2 1 = (1 os ) (3.9)
m0
les deux angles  et ' sont liés par la relation suivante:

tan(') = 1 (3.10)
(1 + E
m0 2 ) tan =2
Cho tangentiel:

Avant le ho après le ho

 e immobile  =0
Te
 Photon in ident d'énergie E1 = h1  E2 = E1 = h1 , ' = =2

Interpretation
 = 0 ) os() = 1 ) 1 os() = 0 e qui implique
2 1 = 0 ) 2 = 1 et 2 = 1

Le photon est diusé sans perte d'énergie, l'énergie inétique de l'éle tron reste nulle.
Modes d'intera tions des photons ave la matière 37

Cho frontal

Avant le ho après le ho

 e immobile   = 180, Te = Tmax


 Photon in ident d'énergie E1 =  Te = E1 E2 , ' = 0
h1

Interpretation
 = 180Æ ) os  = 1 ) 1 os  = 2, e qui implique que :
  =
2h est maximale
2 1
m0
La diéren e d'énergie entre le photon in ident et le photon diusé est maximale don E2 est
minimale.
l'énergie inétique Te = E1 E2 est maximale, e qui implique ' = 0 et  = 180Æ

Cas général:

Variation des diérentes grandeurs:

 Lorsque  augmente de 0 à 180Æ, E2 diminue


 l'énergie inétique Te de l'éle tron augmente, ' diminue de 90Æ à 0

3.2.2 E 0 en fon tion de l'angle de diusion 

E et E 0 les énergies du photon in ident et diusé. T et !p énergie inétique et


impulsion de l'éle tron de re ul respe tivement.

 Conservation de l'énergie :

E = E 0 + T (3.11)
38 Modes d'intera tions des photons ave la matière

 Proje tion de l'impulsion sur l'axe des x :

E = E 0 os() + p os(') ) E E 0 os() = p os(') (3.12)

Proje tion de l'impulsion sur l'axe des z :

0 = E 0 sin() p sin(') ) E 0 sin() = p sin(') (3.13)

(3:12)2 + (3:13)2 ) E 2 + E 02 2E E 0 os() = p2 2 (3.14)

p2 2 en fon tion de T et E0

D'après la théorie de la relativité, la masse d'une parti ule animée d'une vitesse !v est
donnée par :
m0
m= p (3.15)
1 ( v )2
est la vitesse de la lumière dans le vide,m0 la masse d'une parti ule au repos et m sa masse
en mouvement
L'énergie totale d'une parti ule mobile est :

E = m 2 = m0 2 + T (3.16)

m0 2 = E0 est l'énergie équivalente à la masse au repos de la parti ule, T est l'énergie inétique
de la parti ule. D'après l'équation (3.15), on déduit

T = (m m0 ) 2 'est la relation d'Einstein

T = E E0 (3.17)

p2 2 = m2 4 m20 4 ) E 2 E02 = p2 2 = (E E0 )(E + E0 )

Remplaçant E par E0 + T

(2E0 + T )T = p2 2 (3.18)

D'après (3.11) T = E E 0 l'équation (3.18) s'é rit :

p2 2 = (E E 0 )(2E0 + E E 0 ) (3.19)
Modes d'intera tions des photons ave la matière 39

En omparant les deux équations (3.14) et (3.19) il vient que:

(E E 0 )(2E0 + E E 0 ) = E 2 + E 02 2E E 0 os  (3.20)

après al ul l'équation nale est donnée par:


E
E 0 = (3.21)
1 + (1 os )
E
E0
Posons = E
E0 = mE

0
2 et sa hant que sin2  = (1 os 2 )=2
E E
E 0 = = (3.22)
1 + (1 os ) 1 + 2 sin2 (=2)
C'est l'énergie de photon après la diusion.

 E min
0 orrespond à os  = 1 )  = , on a la valeur minimale de E 0

0 =
E
E min
1 + 2
 E max
0 orrespond à os  = 1 )  = 0Æ , on a la valeur maximale de E 0

E 0 max = E

3.2.3 Variation de la longueur d'onde en fon tion de 

 et 0 sont les longueurs d'onde du photon in ident et diusé


 = 0  = ( 10 1 )
=  ( 0 1) = h
h h
( h 0 1) (3.23)

or, E
E 0 = 1 + (1 os )
 = mh 2 (1 os ); h
m0
= 2;426 10 12 m longueur d'onde de ompton (3.24)
0

3.2.4 Expression de T en fon tion de E , et 

L'énergie inétique de l'éle tron est donnée par:


E
T = E E 0 = E
1 + (1 os ) (3.25)

e qui donne:

T = 1E+ (1(1 os )
= 2E sin2 =2
os ) 1 + 2 sin2 =2 (3.26)
40 Modes d'intera tions des photons ave la matière

3.2.5 Expression de T en fon tion de E0 , et '

on élimine  dans (3.7) et (3.8), on obtient :

E 2 + p2 2 2E p os ' = (E 0 )2
On rempla e E 0 2 par (E T )2 et p2 2 = (2E0 + T )T

T (E0 + E ) = E p os '

élevant la dernière équation au arré nous obtenons:

T 2 (E0 + E )2 = E 2 p2 2 os2 '


E 2 T (T + 2E0 ) os2 '
T2 =
(E0 + E )2
T=
2 E0 E 2 os2 '
= 2E0 os2 '
(E0 + E )2 (E )2 os2 ' (1 + EE )2 os2 ' 0

on rempla e E =E0 par

T = 2E0 (3.27)
+1 2 1
os '

3.2.6 Relation entre  et '

on élimine p dans (3.7) et (3.8), on obtient :

E E 0 os 
E 0 sin 
= otg'
divisant par E 0
E
E 0
= os  + sin  otg' = 1 + (1 os )


otg' = (1 + ) tan (3.28)
2

3.3 Création de paire e+e


C'est un pro essus qui se produit prin ipalement dans le hamp éle tromagnétique du
noyau d'un atome. Il est don d'autant plus fort que le numéro atomique du milieu est élevé.
Modes d'intera tions des photons ave la matière 41

L'énergie du photon se matérialise totalement pour donner naissan e à une paire omposée d'un
éle tron et d'un positron. L'énergie du photon E  m0 2 2 = 1 022
; MeV , m0 2 KeV .= 511
Les al uls montre que se phénomène ne peut avoir lieu que dans un milieu materiel (souvent
au niveau du noyau et rarement au niveau de l'éle tron), elle onstitue la matérialisation de
l'énergie.
E = 2m0 2 + Te + Te+
Conséquen e de la réation de paire l'annihilation de la matière (dématérialisation).
Quand le positron pert totalement son énergie inétique, il s'asso ie à un éle tron peut lié et
s'annihile pour donner deux ou trois photons : 'est l'annihilation ou la dématérialisation.

3.4 Importan e relative des trois pro essus

Lorsqu'un photon traverse un milieu donné, les trois eets prin ipaux (photo-éle trique,
ompton et matérialisation) peuvent se produire mais ave des probabilités diérentes selon
l'énergie des photons et la nature du milieu : à basse énergie (du photon), 'est toujours l'eet
42 Coe ient d'atténuation global

photo-éle trique qui domine, à haute énergie, 'est la produ tion de paires et dans le domaine
intermédiaire, la diusion ompton l'emporte.
L'eet photo-éle trique et la réation de paires sont d'autant plus forts que le numéro atomique
du milieu est grand.

4 Coe ient d'atténuation global


Qualitativement, un fais eau de photons traversant une lame matérielle sera atténué. Si
0 est le ux initial de photons, le ux de photons n'ayant subi au une intera tion après avoir
traversé une épaisseur x de matière est donné par :

(x) = 0 exp( :x) (3.29)

 : est la somme des oe ients d'atténuation due à l'eet photo- éle trique, à l'eet ompton
et à l'eet de réation de paire :

 = photoéle trique +  ompton + paire (3.30)

La loi d'atténuation exponentielle s'é rit :

(x) = 0 e ( ++):x = 0 e( :x) e( :x) e( :x) (3.31)

Pour les photons de faibles énergies : =


Pour les photons d' énergies intermédiaires : =
Pour les photons de grandes énergies : =
La frontière entre les trois domaines sont ara térisés par une probabilité identique entre les
deux eets :
Pour la ourbe  =  (égalité photoéle trique et ompton).
Pour la ourbe  =  (égalité ompton et matérialisation).