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Madame Hadjersi Amina Cours I 2018/2019

Cours I
Le concept de la langue

1. La langue concept linguistique

Linguistiquement parlant une langue (du latin lingue) est un système structuré de
signes, vocaux et graphiques quand la langue a été transcrite, utilisée par les
individus d’une communauté distincte pour communiquer entre eux.

La langue est réalité sociale mais aussi historique qui évolue avec le temps et les
besoins de la société qui la pratique, ainsi son étude est-elle soit diachronique soit
synchronique. La linguistique se définit comme la science ayant pour objet : « la
langue envisagée en elle même et pour elle même »

Générale (étudie le langage entant


que phénomène universel)

La linguistique se divise en trois Descriptive (synchronique et étudie


branches une langue particulière)

Appliquée (sur laquelle se fondent


les méthodologies de
l’enseignement de langue)

A une date relativement récente d’autres approches particulières de la linguistique


sont apparues comme la psycholinguistique (qui a pour objet l’étude des rapports
entre les comportements d’un individu et la langue qu’il utilise) et la sociolinguistique
(qui étudie les relations entre langage, culture, et société).

La langue est alors conçue comme un système abstrait de signes, dont on peut
étudier de façon séparée ou concomitante, suivant les théories, l’évolution, les
aspects phonétiques et phonologiques, la morphologie, le lexique, la syntaxe, la
sémantique, pour cet aspect de la langue les spécialistes utilisent le mot idiome.

Le second aspect, longtemps minoré mais aujourd’hui au contraire tout à fait


valorisé, il s’agit bien entendu de variété, les productions langagières des locuteurs
comme conditionnées par des paramètres sociaux précis (géographique, sociale,
culturel ou autres).
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Tous les locuteurs d’une langue ne parlent pas nécessairement de la même façon,
ils n’ont pas tous le même accent, le même vocabulaire et tous n’emploient pas
systématiquement les mêmes formes grammaticales on dit alors que ces personnes
parlent des variétés de la langue ou des dialectes.

La socio linguistique a affaire à des phénomènes très variés : Les fonctions et les
usages du langage dans la société, la maitrise de la langue, l’analyse du discours,
les jugements que les communautés linguistiques portent sur leur langue ; etc.

De ce fait, elle englobe pratiquement tout ce qui n’est pas description formelle d’un
code unique, tout ce qui est étude de la langue dans un contexte social, culturel et
comportementale.

Cette discipline considère que l’objet de son étude ne doit pas être simplement la
langue, système de signes, en somme champ d’investigation de la linguistique qui
constitue un ensemble de phénomènes fermé il faut donc dépasser ce cadre trop
étroit, pour ce faire, certains linguistes essayent d’élargir cette notion de compétence
et de performance définie par Chomsky, et développe le concept de compétence de
communication : pour communiquer il ne suffit pas de connaitre la langue, le système
linguistique il faut également savoir comment s’en servir en fonction du contexte
social.

2. La langue concept didactique :

Basil Bernstein, en démontrant l’existence de deux types de langages, l’un « formel


élaboré » appartenant aux classes supérieures l’autre, « public ou restreint »
caractéristiques des classes populaires, fera apparaitre que les capacités d’un
individu au plan linguistique dépend étroitement de sa position de classe, du milieu
dans lequel il est socialisé, ainsi Labov constate que l’appartenance d’un sujet à une
communauté linguistique le rend capable d’une maitrise d’un sous système
hétérogène, cette prise en compte des locuteurs contribue à définir le concept de la
langue non seulement de façon plus au moins restreinte, en l’occurrence l’étude du
système abstrait mais aussi de façon plus large, il s’agit en effet de la mise en acte
de ce système par les locuteurs que ce soit à titre individuel ou collectif.

Il en ressort que du point de vue didactique il existe deux paramètres qui fondent le
concept de la langue, le premier est que la didactique fait de la langue son objet
d’enseignement et d’apprentissage donc les connaissances établies par les
différentes branches de la linguistique sont indispensable, le second qui élargit
considérablement l’objet luit même est l’aspect culturel de la langue, la langue se
définie comme un système de signes linguistiques, un code qui permet la
communication entres les individus et leurs cultures c’est ce que nous explique
Byram « apprendre une langue c’est apprendre une culture, par conséquent
enseigner une langue c’est enseigné une culture » donc en didactique la langue est
définie comme un objet d’enseignement et d’apprentissage composé d’un idiome et
d’une culture
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3. La langue comme objet d’enseignement et d’apprentissage (aspect


idiomatique-aspect culturel) :

La relation entre langue et culture est assez étroite, d’ailleurs E.Benviste a expliqué
qu’on ne peut dissocier la langue de son aspect culturel, parce que ces deux
dernières représentent selon lui les deux facettes d’une même médaille, cependant
alors qu’on dispose d’une science de l’idiome, on ne dispose pas vraiment d’une
science de la culture qui se définit comme étant un ensemble regroupant, l’identité,
les modes de vie et de la pensée, elle se distingue par son hétérogénéité et souvent
on l’assimile à un iceberg dont l’infime partie est perceptible, alors que sa partie
majeure reste difficile à découvrir, son étude et le bien commun de plusieurs
disciplines : ethnologie, sociologie, littérature, histoire de l’art… chacune oriente le
concept culture en fonction de ses propres visées, de plus la culture joue un rôle
décisif dans la construction de la personnalité et le mode de pensée et de
raisonnement de l’individu, pour Louis Porcher une culture est un ensemble de
pratiques commune, de manière de voir de penser et de faire qui contribuent à définir
les appartenances des individus, c’est-à-dire les héritages partagés dont ceux-ci sont
les produits et qui constituent une partie de leur identité, il distingue ce qu’il appelle,
des cultures mineures, générationnelle, professionnelle, religieuse, étrangère.
Dans une langue maternelle cet aspect est fondamental, parce que c’est justement
l’appropriation dès l’enfance de la langue et de la culture que Vygotsky a nommé un
double processus, intra et interpersonnels, cet aspect identitaire et aussi important
en langue seconde où l’identité de l’individu peut se construire sur un schéma de bi
ou de plurilinguisme, à cause de la place privilégiée qu’occupe cette langue seconde
dans son environnement linguistique. Or, en langue étrangère le problème identitaire
est peu différent parce que l’appropriation d’une langue étrangère représente
généralement pour un individu, un supplément culturel choisi, apprendre une langue
étrangère ne veut pas dire s’intégrer totalement dans un groupe porteur de telle ou
telle culture, mais il s’agit pour lui de maitriser suffisamment le réseau symbolique qui
la constitue en tant que langue étrangère pour être capable de produire et de
recevoir du sens en cette langue, l’approche d’une autre culture permet en la
modifiant partiellement d’affirmer une identité individuelle, c’est ce que Louis Porcher
explique par la suite, pour être complète, une compétence culturelle doit inclure une
compétence interculturelle, en d’autres termes s’approprier le français et la culture
spécifique qu’il véhicule dans chaque cas, c’est pour un Français un Québécois, un
Belge wallon, fondamentalement constructif de son identité de Français de Belge, de
Québécois, pour un Sénégalais, citoyen d’un pays dont la langue officielle est le
français, c’est un complément indispensable à l’établissement de son identité, pour
un Japonais apprendre le français est un supplément culturel, qui permet aussi par la
confrontation des cultures de prendre conscience de sa propre identité, En d’autres
termes, laisser les traces de son être et de son appartenance.