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IRRIGATION LOCALISEE

Dr Abdelilah TAKY
Taky_abdelilah@yahoo.fr
Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II
Génie Rural 3ème année

Année académique : 2018/2019

1
Objectifs et contenu

Objectifs

• Découvrir l’irrigation localisée (avantages et inconvénients)


• Connaitre les différents composants de l’irrigation localisée
• Montrer comment concevoir et dimensionner un projet d’irrigation
localisée
Objectifs et contenu

Contenu

• Définitions et historique de l’irrigation localisée


• Avantages et inconvénients de l’irrigation localisée
• Applications de l’irrigation localisée
• Constitution d’un réseau d’irrigation et connaitre les différents
composants de l’irrigation localisée
• Caractéristiques des distributeurs
• Données de base d’un projet d’irrigation localisée
• Calculs hydrauliques
• Contrôle du système d’irrigation
Introduction
Rappels des unités

1 Bar (Unité de pression) ≈ 1 kg/cm2 ≈ 10 m CE

1 KW = 1,36 CV (Unités de puissance)

1 mmhos /cm = 0.7 g/l (Salinité)

1mm = 1 l/m2 = 10m3/Ha (Unité dose d’irrigation)


Chapitre 1 : Introduction
Introduction
Définitions et historique

Définitions:
Irrigation localisée - micro irrigation -irrigation goutte à goutte
(L'ensemble des méthodes d'irrigation qui assurent les apports d'eau à
la plante sur une fraction réduite de la surface du sol).

Le système d'adduction est soumis à des pressions relativement faibles,


de façon à garantir un apport, sinon continu, du moins fréquent, de
l'eau d'irrigation.
Introduction
Définitions et historique

Généralités
•La plus récente des techniques d’irrigation (réservée à l’usage
individuel jusqu'à l’avènement du Plan Maroc Vert)
• Développement lié à celui des matières plastiques
• Indispensable lorsque l’eau est rare et chère
• Les principales cultures concernées sont :
- les cultures maraîchères
- Les cultures sous abris
- Les agrumes
- La canne à sucre
- Le coton
Introduction
Définitions et historique

Historique

 Dés l’antiquité, l’utilisation de jarres poreuses en


terre cuite que les anciens remplissaient d’eau (eau
libérée lentement, par suintement, à une très faible
quantité d’eau).

Utilisée sous serre en Angleterre à la fin des


années 1940 et en plein champ en Israël dans les
années 1950.

A partir de 1960 l’irrigation localisée a commencé


à être reconnue comme nouvelle technique
d’irrigation.

Apparition de tuyaux en matière plastique


relativement bon marché (Industrie du pétrole)..
Introduction
Définitions et historique

Selon la FAO

- Plus de 324 millions d'hectares sont équipés pour l'irrigation dans le


monde (2012), dont environ 85 pour cent, soit 275 millions d’hectares,
sont réellement irrigués.
- L'agriculture irriguée représente 20 pour cent de l'ensemble des terres
cultivées au niveau mondial mais 40 pour cent de l'alimentation produite.
- L'irrigation localisée et par aspersion représente environ 14 pour cent de
la superficie totale équipée pour l'irrigation à l'échelle mondiale.
- Plus de 35 millions d'hectares étaient équipés pour l'irrigation par
aspersion en 2010. Bien que cette méthode soit considérée comme moins
efficace que l'irrigation localisée, son faible coût et sa mobilité potentielle
expliquent sa large expansion.
- L'irrigation localisée a connu une croissance rapide depuis l'invention
des tuyaux en plastique bon marché dans les années 1970: de près de
0.5 millions d’hectares en 1981 à près de 9 millions d’hectares en 2010.
Introduction

Irrigation localisée au Maroc

200 000 Ha (2008 – 2013)

Superficie totale équipée en irrigation localisée à la fin de 2016


: 360 000 Ha (25 % de la superficie irriguée)

500 Réalisé 1000 Ha 410


400 360
Prévu
300
200
100
2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014

Source : MAPM/DIAEA 2014 10


Introduction
Définitions et historique

TROIS PROGRAMMES STRUCTURANTS POUR VALORISER


AU MIEUX NOTRE POTENTIEL HYDRIQUE
A
programmer;
PNEEI 100 000

550.000 Ha Achevé;
En Cours;
55 000 400 000

PEI En Cours;
A
programmer;
60 000 80 000
160.000 Ha
Achevé;
20 000

concrétisés;
A 3200 En études;
PPP programmer;
69000 50000

122.200 ha
Dont 35,000 PEI
Source : MAPM/DIAEA 2016
Introduction
Définitions et historique

Programme National d’Economie d’Eau en


Irrigation (PNEEI)

Pour une meilleure maitrise et


valorisation de l’eau en irrigation

Source : MAPM/DIAEA 2016


Programme National d’Economie d’Eau en Irrigation (PNEEI)

Reconversion à l’irrigation localisée sur 550.000 ha :


 OBJECTIFS  220 000 Ha : reconversion collective
 COMPOSANTES  335 000 Ha : reconversion individuelle Appui et
Construction / Modernisation des réseaux Equipement des exploitations Accompagnement des
de transport et de distribution d’eau agricoles en irrigation localisée agriculteurs pour la
moyennant les aides financières valorisation de l'eau
de l'Etat

 Modernisation de la régulation des canaux


 Réseau de distribution en conduites sous pression
/service à la demande  Préparation et suivi de l’équipement à la parcelle
 Modernisation des Station de pompage  Accompagnement des agriculteurs pour la maitrise de la technique
 Station de Filtration collective  Démonstrations au champ / Conduite des cultures sous IL
 Prises d’irrigation individuelles  Système de pilotages et d’avertissement à l’irrigation
 Télégestion des ouvrages et équipements.
 Système d’information pour la gestion des Source : MAPM/DIAEA 2016
réseaux et du service aux clients
Introduction
Définitions et historique

PNEEI / RECONVERSION INDIVIDUELLE: LES RÉALISATIONS


 340 000 Ha reconvertis depuis 2008  33 % de la superficie sous irrigation
(85 % de l’objectif)
50 50 Forte impulsion à la reconversion
39 40 à l’irrigation localisée
35 36 500.000
34 500
29
27
400

300

100 Ha
200 160.000
100
0
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
0

Source : MAPM/DIAEA 2016


Introduction
Définitions et historique

Définitions
L’irrigation localisée comprend plusieurs
systèmes que l'on peut classer de la façon
suivante :

1 -les systèmes d'apport ponctuel (le" goutte


à goutte")
2-les systèmes d'apport linéaire, type
rampes perforées (système BRL) et rampes
poreuses
3-les systèmes d'apport par taches, type
mini-diffuseurs .

1 2 3
Introduction
Définitions et historique

Définitions 1

Les rampes d'irrigation peuvent être, suivant les


systèmes:
 posées à la surface du sol,
 ou à une faible altitude du sol, ou dans une 2
rigole, ou
encore enterrées.

3
Introduction
Définitions et historique
Définitions
Amener l’eau dans la zone racinaire à une fréquence élevée et à faible
débit
Introduction
Définitions et historique
Définitions

Possibilités de maintien d'un faible potentiel


osmotique en présence de sels
Introduction
Définitions et historique

Définitions

Les goutteurs sont conçus pour produire


autour du point d'émission une infiltration tri
directionnelle développant un "bulbe
d'humidité" tridimensionnel (ou
bidimensionnel en cas de recouvrement des
bulbes), limité en principe à la zone active de
développement racinaire .
Introduction
Avantages et inconvénients

Avantages
•Economie d’eau (bonne efficience d’application, faible évaporation( surtout
avec le goutte à goutte));
• Besoin brut en eau de la culture se trouve réduit par un coefficient de
réduction dépendant du taux de couverture du sol par la culture en
projection verticale;
• Contrôle précis des quantités d’eau apportées;
• Maintien d'un potentiel sol-eau élevé dans la zone radiculaire;
• Possibilité d’arroser des surfaces plus grandes avec moins de puissance;
• Humectation partielle du sol;
• Plus grande facilité de travail;
• Enherbement réduit;
• Possibilité d’arrosage sous paillage plastique;
• Réduction du tassement du sol favorisant le maintien d’une structure
favorable ;
• Frais d'exploitation réduits.
Introduction
Avantages et inconvénients
Avantages
-Les parcelles de formes quelconques peuvent être équipées facilement
sans qu'il n'y ait d'interférences sur les parcelles voisines ;
-le système est insensible au vent en matière d’arrosage;
- Pas de contact entre l'eau d'irrigation et le feuillage ( diminution des
risques de maladies cryptogamiques );
-Sensibilité réduite à l'utilisation d'eau salée : la plupart des recherches
démontrent que les rendements sont moins affectés par la présence de sel
dans l'eau d'irrigation avec le système par goutte à goutte qu'avec les
méthodes par gravité ou par aspersion, pour au moins 3 raisons:

le taux d'humidité du sol est maintenu constamment à un niveau


élevé; or, pour une même quantité de sel, la concentration est d'autant
plus faible que le sol est humide;
les sels sont lessivés à chaque application et entraînés à la périphérie
du bulbe d'humidification, hors de portée de la zone active des racines;
pas de risques de dégâts aux parties aériennes des végétaux par
pulvérisation d'eau salée (contrairement à l'aspersion).
Introduction
Avantages et inconvénients

Avantages
La caractéristique principale des méthodes d’irrigation localisée est leur
adaptabilité aux différentes situations de l’exploitation agricoles.

Système d’irrigation Pourcentage de la superficie sous irrigation

Aspersion 100
Microaspersion 50-75
Goutte à goutte 30-70

Pourcentage de la superficie sous irrigation recommandées pour


les différents systèmes d’irrigation (Albert Avidan, 1994)
Introduction
Avantages et inconvénients
Avantages
Amélioration des rendements et de la valorisation de l’eau.
Des essais dans le Gharb ont montré :

Indicateurs agro-économiques
Cultures
Rendement Produit brut Valeur ajoutée Volume d'eau Valorisation de l'eau
(T/ha) (Dh/ha) (Dh/ha) (m3) (Dh/m3)
82 49 250 33 657 6 000 5,6
Betterave à sucre
68 43 705 33 878 4 000 8,5
146 51 100 38 923 7 000 5,7
Canne à sucre
165 57 750 50 900 6 700 7,6
6,5 19 471 14 227 2 400 5,9
Blé tendre
5,7 15 180 10 650 1 300 8,2
Mais ensilage 57 39 990 36 990 7 000 5,3
Melon 65 65 000 39 557 7 500 5,3
Clémentine 40 68 000 38 300 7 500 5,1
Bersim 168 33 600 28 392 5 500 5,2

23
Introduction
Avantages et inconvénients
Avantages
Comparaison des rendements en T/ha Production de la Betterave à sucre
158%165 200%
168
de l’automne 2015 (plateforme
C3)

Rendements
Sup
Agriculteur Production Polarité
61% (ha)
(T/ha) (%)
Agriculteur 1 0,35 96 19,5
82 38% Agriculteur 2 0,35 101 18,2
21%
64 65 Agriculteur 3 0,35 100 18,2
57 56
51 47 47 100% Agriculteur 4 0,35 103 17,8
40 Agriculteur 5 0,35 68 18,4
160% Agriculteur 6 0,35 112 18,1
20
6,52,5 Agriculteur 7 0,35 74 17,4
Agriculteur 8 0,35 69 17,8
Moyenne/Total 2,80 90 18,2
betterave

Irrigation en Goute à Goute (essais)


Irrigation en gravitaire (2014-2015)

24
Introduction
Avantages et inconvénients
Conclusions
En matière de rendement agronomique des
essais ont montré :
Betterave à sucre

82
6 500
51 5 000

Rendement (T/ha) Consommation eau d'irrigation


irrigation en goutte à goutte Moyennes du secteur (m3/ha)

165 Canne à sucre


10
64 7 000
000

Rendement
irrigation en goutte(T/ha)
à goutte
Consommation eau
Moyennes du secteur
d'irrigation (m3/ha)
Introduction
Avantages et inconvénients
Conclusions
En matière de rendement agronomique des essais ont
montré :
Agrumes

40 9 000
7 000
5,1
20
DH/m3

Rendement (T/ha) Consommation (m3/ha)

irrigation en goutte à goutte Moyennes du secteur

Maîs fourrager

8 500
57 7 000
47
5,3
DH/m3

Rendement (T/ha) Consommation (m3/ha)


irrigation en goutte à goutte Moyennes du secteur
Introduction
Avantages et inconvénients
Inconvénients
Les apports d'eau étant très localisés :
•Le développement spatial de la zone radiculaire est limité et concentré
au voisinage des goutteurs, spécialement en zone aride.

Conséquences :
-le développement végétatif ;
-les rendements sont mal connues;
-les plantes sont plus sensibles à une interruption de l'alimentation en
eau ou en éléments nutritifs ;
- les déracinements par le vent .
Introduction
Avantages et inconvénients
-Inconvénients
-Risques d'obstruction ( particules solides en suspension, des
précipitations chimiques ou des dépôts organiques)

Non uniformité de l'irrigation

Dommages aux cultures avant que le colmatage


n’ait été constaté.

 Utilisation d'une eau de bonne qualité et une filtration appropriée


sont essentielles à un bon fonctionnement du réseau d’irrigation
localisée
Introduction
Avantages et inconvénients
Inconvénients

Les tuyaux et les goutteurs habituellement en matières plastiques


peuvent être endommagés par :

- les pratiques culturales ou

- les animaux (oiseaux, rongeurs, etc.)


Introduction
Avantages et inconvénients
Inconvénients
La technicité des utilisateurs est requise pour un meilleur usage du système :
- Eviter les risques d'obstruction,
- Evaluer correctement les quantités d'eau à apporter, etc.
( Bonne connaissance du sol, ainsi que des besoins en eau et en éléments
fertilisants des cultures)

En effet les apports excessifs d'eau maintiennent le sol à une humidité trop
élevée :
Risques d'asphyxie des racines, ainsi
Pertes d'eau et d'éléments nutritifs par percolation en dessous de la
zone radiculaire;
Choix judicieux des engrais pour éviter des colmatages par
précipitations;
L'entretien du filtre et un contrôle systématique des goutteurs sont
indispensables .
Introduction
Avantages et inconvénients
Inconvénients
Coût des installations élevé ( Généralement les parcelles sont équipées en
couverture totale, si bien qu'il n'y a pas de possibilités de rotation)

Le coût dépend fortement de :

l'écartement des rampes,


de l'espacement des goutteurs sur les rampes,
du type de goutteurs retenus et
des organes de filtration nécessaires.

Dans le cas de cultures largement espacées (cultures fruitières), le coût des


installations peut être inférieur à celui des réseaux fixes par aspersion. Par
contre, lorsque la distance entre les rampes est inférieure à 3 m, le prix
augmente sensiblement.

La durée de vie des installations est également très variable: ( un an pour


certaines gaines souples "jetables", à plus de 10 ans pour les équipements
durables (installation de tête, conduites enterrées, etc.) )
Introduction
Avantages et inconvénients
Inconvénients
 Accumulation des sels en solution dans l'eau d'irrigation à la périphérie du
bulbe ou de la zone d'humidification, notamment à proximité de la surface.

Zone d’accumulation de
Zone de basse salinité
solutés

Une faible pluie peut entraîner ces sels dans la zone radiculaire active et
occasionner des dommages aux végétaux.

Lorsque les précipitations sont insuffisantes, les peuvent également nuire


aux cultures ; il est parfois nécessaire de prévoir des arrosages
complémentaires par aspersion ou par gravité pour lessiver le sol.

Une solution alternative est de réinstaller les goutteurs et les cultures au


même endroit.
Introduction
Avantages et inconvénients
Inconvénients
 Incertitudes au niveau de la conception du projet ( le choix de
l'écartement entre les rampes, de l'espacement des goutteurs ou du
nombre de goutteurs par arbre, type de culture et problème de rotation)

Difficultés d'obtenir des pressions et des débits uniformes, ce qui peut


occasionner une mauvaise homogénéité dans la distribution de l'eau
Introduction
Avantages et inconvénients
Conclusions

L'irrigation localisée ne saurait être considérée comme une panacée qui


pourrait se substituer à toutes les techniques (irrigation gravitaire , ou par
aspersion);

Ce n'est qu'une autre façon d'irriguer, et dans chaque cas particulier ;
 il convient d'en considérer les avantages et les inconvénients
de chacun des systèmes.

Lorsqu'on peut l'utiliser avec succès, un avantage considérable de cette


méthode est l'économie réalisée sur des ressources en eau réduites et
l'élimination de la nécessité de procéder à de coûteux travaux de drainage
Le choix des méthodes doit aussi intégrer les conditions édaphiques et
non seulement les critères classiques
Introduction
Avantages et inconvénients
Conclusions
En matière de rendement agronomique des essais ont montré :
- Augmentation du rendement ainsi qu'une diminution de la consommation
d'eau par rapport aux méthodes traditionnelles dans des conditions
culturales difficiles: climat désertique, sol sableux, eau salée.

- Mais, d'un autre côté, les techniques d'irrigation de surface ou par


aspersion, bien conduites sur de bons sols (terre franche) avec de l'eau de
bonne qualité, ont produit des rendements comparables à ceux qui
pouvaient être obtenus, dans les mêmes conditions, en irrigation localisée,
avec seulement une consommation d'eau un peu supérieure.

Ceci conduit à la conclusion que, dans les périmètres qui conviennent aux
méthodes traditionnelles, les avantages d'une conversion à l'irrigation
localisée apparaîtront sous la forme d'une facilité d'exploitation, d'une
réduction du travail et d'une lutte plus aisée contre les ennemis des cultures
et les mauvaises herbes, plutôt que d'une augmentation sensible des
rendements.
Introduction
Avantages et inconvénients
Conclusions
Dans certains cas, l'eau salée peut être utilisée avec plus de succès en
irrigation localisée qu'en irrigation traditionnelle,

mais il faut prendre beaucoup de précautions dans la conception et


l'exploitation du réseau.

Cette considération augmente l'intérêt que peut présenter l'irrigation localisée


dans les périmètres où les ressources en eau sont faibles et de mauvaise
qualité.
Inversement, dans les périmètres à forte pluviométrie concentrée sur de
courtes périodes, des systèmes localisés peuvent être utilisés en irrigation de
complément pendant les périodes de sécheresse. Pour résumer, on peut dire
que les conditions préférentielles d'utilisation de l'irrigation localisée sont les
suivantes:
- prix de l'eau élevé,
- terrain en forte pente ou accidenté,
- main-d’œuvre rare et chère,
- mauvaise qualité de l'eau.
Applications de l’irrigation localisée

Etudes préliminaires

Nécessité des études pour examiner :

-les conditions climatiques,


-Les caractéristiques du sol
-la topographie,
-le type de cultures concernées,
-la qualité et la quantité d'eau disponible.
Introduction
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Les conditions climatiques

-Convient à tous les climats et sous serres

-Attention : Climat aride et semi aride (rareté des précipitations)

Le volume exploration racinaire faible

Insuffisance d’eau lors des périodes d’interruption


Déracinement des arbres

Le nombre et la position des goutteurs doivent être bien étudiés


Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol

Les propriétés physiques qui entrent en jeu (sa capacité à retenir l’eau,
sa densité apparente, sa texture, sa profondeur, sa porosité et sa vitesse
d’infiltration).
La distribution latérale de l’eau est liée à la capillarité du sol.

Sol lourd
Sol moyen
Sable
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires
Milieu saturé
Dans un milieu poreux homogène l’écoulement de l’eau suit généralement la loi de Darcy :

Légende : h est la différence de hauteur de la nappe phréatique entre les deux extrémités de
l’échantillon h1 et h2. S est la section de l’échantillon de sol.

Q=k*i*S
V=q/S
Q: le débit à travers la section S
V : vitesse d’écoulement en m/s ou cm/s
K : coefficient de perméabilité exprimé en m/s ou en cm/s
I : gradient hydraulique (sans dimension)
I = (h1 – h2)/L
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires
Milieu saturé

La loi de Darcy stipule que la vitesse macroscopique apparente d’écoulement au travers d’un
milieu poreux est directement proportionnelle au gradient de charge hydraulique auquel il est
soumis. L’équation précédente peut s’écrire sous une forme plus générale, toujours dans une
dimension de l’espace :

δH
q=K
δz
q : vitesse macroscopique apparente d’infiltration m/s
H : charge hydraulique en m H = z + P
ρg
z : altitude
ρ : densité de l’eau
g : accélération de la pesanteur
P : pression
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Sols non saturés
Le modèle proposé par Richards pour le cas unidirectionnel
(selon l’axe verticale ) est :
δh
q = K (ψ )
δz
h : charge hydraulique en m h = z + ψ (θ )
z : altitude en m
θ : teneur en eau volumique
Ψ(θ) : potentiel matriciel ou succion généralement exprimé
en m ou cm
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Phénomène d’hystérésis

La relation entre la teneur en eau θ et le potentiel


matriciel Ψ n’est pas biunivoque. La courbe d’évolution du
potentiel matriciel en fonction de la teneur en eau obtenue par
humidification (sorption) progressive d’un sol n’est pas la
même que celle obtenue par desaturation (désorption). La
succion d’un sol, équilibré pour une teneur en eau donnée est
en générale plus grande en désorption qu’en absorption. Cet Dans la plupart des modèles
effet, appelé hystérésis est en particulier du à la non uniformité mathématiques l’écoulement en milieu
géométrique des pores et au piégeage de l’air lors de poreux non saturé, l’effet d’hystérésis est
l’humidification des sols. négligé.

Courbe caractéristique d’humidité en sorption et


désorption (De Marsily, 1981)
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Sols non saturés
Les relations entre la conductivité hydraulique, la succion
matricielle et la teneur volumique en eau du sol les plus
couramment utilisées sont dues à Brooks et Corey (1964) :
1

θ 
ψ (θ ) = ψ (θ s ) 
m

θs 
Ψ : succion généralement exprimée en cm
θ : teneur en eau du sol généralement exprimée en cm3/cm3
θs : teneur en eau à saturation
m : paramètre.
( 2+ 3m ) / m
θ 
K (θ ) = K s  
θs 
K conductivité hydraulique généralement exprimée en cm/h
Ks conductivité hydraulique à saturation.
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Sols non saturés
Toutefois, il est à noter la relation de (Van Genuchten,
1980) en utilisant la distribution statistique des pores du
modèle de (Mualem, 1976) est la plus utilisée :
2
 m
 θ − θ r     θ − θ r 
1/ m
  
K (θ ) = K s   1− 1− 
  

 

 θ s − θ r    θ s − θ r   

ou :
[ ]
2
K s 1 − (αψ )n −1 1 + (αψ )n
−m 

 
K (ψ ) =
[1 + (αψ ) ]n m/2

Ks : conductivité hydraulique à saturation


θs et θr : teneur en eau à saturation et teneur en eau
résiduelle
m : constantes du sol ; m=1-1/n
α et n : paramètres de la courbe caractéristique d’humidité
du sol.
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Mécanismes de l’infiltration
 Le régime d'infiltration i(t). nommé aussi taux d'infiltration ou infiltrabilité,
désigne le flux d'eau pénétrant dans le sol en surface généralement
exprimé en mm/h. Le régime d’infiltration dépend avant tout du régime
d’alimentation (irrigation, pluie), de l’état de l’humidité du sol ; et de
propriétés du sol.
 L'infiltration cumulative I(t). C'est le volume total d'eau infiltrée pendant une
période donnée. Elle est égale à l'intégrale dans le temps du régime
d'infiltration et s'exprime en mm et est donnée par :
t
I (t ) = ∫ i(t )dt
t =t 0

avec :

I(t) : infiltration cumulée au temps t (mm)


i(t) : régime d’infiltration au temps t (mm/h)
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Infiltration

Evolution du régime d’infiltration et de l’infiltration


cumulée au cours du temps
Ks : conductivité à saturation
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Infiltration

les propriétés conductrices et de rétention, en particulier la


conductivité hydraulique à saturation K,.

La relation liant la conductivité hydraulique K à la charge de


pression h, peut s'exprimer par une relation exponentielle du
type :

𝐾𝐾(ℎ) = 𝐾𝐾𝐾𝐾 ∗ 𝑒𝑒 𝛼𝛼ℎ où

K(h) : conductivité hydraulique en m/h


K s : conductivité à saturation m/h
h : charge de pression en m
𝛼𝛼 : Constante caractéristique du sol (m-1). Plus élevée pour les
sols grossiers que les sols fins.
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Infiltration
Il est possible de calculer la valeur du rayon R (en cm) de la
tâche saturée sous le distributeur, dans l'hypothèse où
l'infiltration se fait verticalement, en égalant le débit d'apport
au débit infiltré (pas d’évaporation ou ruissellemen):

𝜋𝜋∗𝑅𝑅 2 ∗𝑖𝑖 𝑞𝑞
𝑞𝑞 = 1000
𝑅𝑅 = �1000 ∗
𝜋𝜋∗𝑖𝑖

q : débit du distributeur, en l/h


i : capacité d'infiltration, en cm/h
R : rayon de la tâche, en cm
Généralement, la capacité d'infiltration décroît pendant
l'irrigation, ce qui conduit à une augmentation du rayon de la
surface saturée.
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Infiltration
En régime permanent, la capacité d’infiltration tend vers la
conductivité à saturation :
𝑞𝑞
𝑅𝑅 = �1000 ∗ 𝜋𝜋∗𝐾𝐾𝐾𝐾

q : débit du distributeur, en l/h


Ks : conductivité à saturation en cm/h
R : rayon de la tâche, en cm
Applications de l’irrigation localisée
Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Infiltration
Si on tient compte non seulement de l’effet de gravité mais
également de l’effet de succion, le rayon de la surface
saturée s’obtient par la relation de (Wooding , 1968 ) :

2 4 𝑞𝑞
𝑅𝑅 = − +� 2 1000 ∗
∝𝜋𝜋 𝛼𝛼 2 𝜋𝜋 𝜋𝜋∗𝐾𝐾𝐾𝐾
𝛼𝛼 : Paramètre de l’équation K(h) en cm-1
q : Débit du distributeur, en l/h
Ks : Conductivité à saturation en cm/h
R : Rayon de la tâche, en cm
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Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Distribution de l’eau dans le sol et forme du « bulbe » humide

De nombreux chercheurs s'efforcent de calculer la diffusion de l'eau, donc la


forme des bulbes, en fonction des propriétés physiques des sols. Les méthodes
sont compliquées, laborieuses et les résultats peu fiables du fait que les profils de
sol sont rarement homogènes.
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Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Distribution de l’eau dans le sol et forme du « bulbe » humide

Toutefois, il est très difficile de prévoir quel peut être dans un cas donné le profil
d'humidification et la forme du bulbe. Avant que des méthodes de calcul
mathématique plus simples et plus fiables soient mises au point, on peut prévoir
l’extension de la zone d’humidité à l’aide d’abaques comme ceux des figures
suivantes.

Ces abaques obtenus à partir d’un nombre limité d’essais au champs.

Les valeurs indiquées ne doivent être prises qu’avec précaution et en


première approximation
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Etudes préliminaires

Caractéristiques du sol
Distribution de l’eau dans le sol et forme du « bulbe » humide

Guide permettant d’estimer approximativement le diamètre


de la zone humidifiée (d’après FAO, bulletin n°36)
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Etudes préliminaires
Caractéristiques du sol
Distribution de l’eau dans le sol et forme du « bulbe » humide

Guide permettant d’estimer approximativement le diamètre de l


a zone humidifiée (d’après FAO, bulletin n° 36)
Introduction
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Etudes préliminaires
Topographie

Adaptée aux terrains à topographie accidentée.

Terrains à fortes pentes :


•Déformation du bulbe
•Différences de pressions : fortes hétérogénéités des débits
•Réseau doit être bien étudié (plans à grande échelles : 1/1000, ou 1/500)
•Courbes de niveau dense au moins 0.5 m mais de préférence 0.1 à 0.2 m
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Etudes préliminaires

Topographie

Adaptée aux terrains à topographie accidentée.

Terrains peu accidentés ou les rampes (<100m) :


on préférera des goutteurs non compensés, moins chers et moins sensibles
au colmatage.

Dans le cas contraire (pente prononcée, grandes parcelles,...): on adoptera


des goutteurs auto-régulants ou des capillaires dont la longueur sera calculée
avec soin.
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Etudes préliminaires
Débit de l’eau

Le débit d'eau utilisé en micro-irrigation dépend de la technique appliquée


(CEMAGREF et RNED-HA, 1990), elle même fonction du type de sol et de la
qualité de l'eau.

Débit d'eau en fonction de la technique appliquée


(CEMAGREF et RNED-HA,1990)
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Etudes préliminaires

Qualité de l'eau
C'est un élément essentiel de la réussite de l'irrigation goutte à goutte, en
relation avec les différents facteurs évoqués ci-après.

Effets sur le fonctionnement du réseau: risques d'obstruction qui peuvent être


de nature :
- physique (sable, limon, argile, débris végétaux, etc.),
- nature chimique (calcaire, fer, etc.) ou
- biologique (algues, bactéries, spores, etc.).

Une analyse préalable de l'eau est


indispensable pour apprécier les risques et
définir les moyens de prévention à mettre en
œuvre pour éviter le colmatage

Risques de salinisation du sol


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Etudes préliminaires

Source de l’eau
-Cours d'eau (réseau collectif sous pression, rivière, canal, ...)
-Plans d’eau (lac, étang, bassin d'accumulation, réservoir,...)
-Eau souterraine
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Qualité de l’eau : fonctionnement réseaux
Cours d'eau (réseau collectif sous pression, rivière, canal, ...):

Les eaux peuvent contenir :

-Eléments en suspension (sable, limon, argile, matière organique) et,


-Substances en solution (Quantité limité).

-Les particules minérales sont retenues facilement par contraste de densité ou par
filtration (filtre à sable et filtre à tamis),
-à l'exception des colloïdes d'argile dispersée qui s'éliminent difficilement à la
filtration.
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Qualité de l'eau : fonctionnement des réseaux

Plans d’eau (lac, étang, bassin d'accumulation, réservoir,...) :

- favorisent la sédimentation des particules denses


- offrent fréquemment des conditions favorables à la prolifération de micro-
organismes.

Ces derniers, vivants ou morts, présentent un risque important d'obstruction


des réseaux.

On peut difficilement les éliminer, étant donné leur petite taille qui rend la
filtration inopérante.

Cette dernière, réalisée au moyen d'un filtre à sable et d'un filtre à tamis, doit
souvent être accompagnée d'un traitement chimique.
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Qualité de l’eau : fonctionnement réseaux

Eau souterraine
Le carbonate ou le bicarbonate de Calcium, au contact de l'air, peuvent
précipiter et colmater le réseau au niveau des orifices des émetteurs ou par
dépôts dans les canalisations et dans les circuits des goutteurs;
Injections d'acide (acide nitrique ou chlorhydrique,
à raison de 2 à 5 l par m³ d'eau).

Le fer se trouve dans l'eau sous forme réduite (ions ferreux Fe++); à la sortie des
goutteurs, au contact de l'air, les ions ferreux sont oxydés en ions ferriques Fe+++
et précipitent pour former des gels d'hydroxydes ferriques ou des dépôts de
rouille très difficiles à éliminer. Les risques de dépôt dépendent fortement du
potentiel redox et du pH de l'eau. En général les précipitations se produisent
pour des concentrations en fer supérieures à 1.5 ppm; toutefois certaines
bactéries (Gallionella) retirent leur énergie de l'oxydation de sels ferreux et
peuvent provoquer des précipitations du fer, même à très faible concentrations
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Qualité de l'eau : fonctionnement réseaux

Eau souterraine :
- ne contient que peu d'éléments minéraux et organiques en suspension.

Un filtre à tamis est donc généralement suffisant.

Par contre, certaines substances en solution peuvent être source de


problèmes, notamment le calcium et le fer qui sont en équilibre dans la
nappe. Cet équilibre peut être rompu par oxygénation ou par une variation
de température et se traduire par des précipitations.
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Etudes préliminaires
Qualité de l'eau

Aperçu des critères de classification des eaux en fonction


du risque potentiel d’obturation des distributeurs
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Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol
La teneur en sel des eaux d'irrigation joue un rôle important vis à vis des effets
directs sur les végétaux et des risques de salinisation du sol.

-Certains ions sont utiles, même à concentration relativement élevée (le calcium
par exemple qui peut compenser les pertes par lessivage).
-D'autres sont utiles à faible dose, mais nocifs lorsque la teneur s'accroît
(magnésium).
-Le sel le plus nuisible est le chlorure de sodium (NaCl);

De façon empirique :
< 0.5 g/l : l'eau est de bonne qualité,
> 5 g/l : eau d’irrigation ne peut convenir qu'à des végétaux très résistants.

En principe : on recours à deux paramètres principaux pour apprécier les


risques liés à la salinité des eaux d'irrigation.
* La conductivité électrique de l'eau
* Le SAR (Sodium Adsorption Ratio ou rapport d'adsorption du sodium)
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol

La conductivité électrique de l’eau

La conductivité électrique (CE) ramenée à 25°C et exprimée en µS.cm-1


(microsiemens par cm, anciennement micromhos par cm) caractérise la salinité
totale de l'eau ou ce que l'on appelle les risques salins liés à une présence
excessive de sels, quelle que soit leur nature. Quatre classes de risques salins
ont été définies :
C1 risque faible CE < 250 µS cm-l
C2 risque moyen 250 < CE < 750
C3 risque élevé 750 < CE < 2250
C4 risque très élevé CE > 2250
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol

Le SAR (Sodium Adsorption Ratio ou rapport d'adsorption du sodium)

Selon la concentration et le type d'ions présents dans


l'eau, l'argile peut passer de l'état floculé à l'état
dispersé.
- L'état dispersé se manifeste essentiellement en
présence d'une faible concentration totale en sel et
d'un pourcentage élevé de sodium; les terres
deviennent compactes et asphyxiantes pour les
plantes et la conductivité hydraulique du sol baisse
fortement. Pour apprécier le risque lié à une teneur
relative excessive en sodium (risque alcalin), on
compare la concentration en ions Na+ (facteur de
dispersion) et celle en ions Ca++ et Mg++ qui eux
sont des agents de floculation, au moyen du
paramètre suivant :

Na +
SAR =
Ca + + + Mg + +
2

Na, Ca et Mg en meq.l-1 .
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol

Le SAR (Sodium Adsorption Ratio ou rapport d'adsorption du sodium)

Quatre classes de risques alcalins sont définies comme suit:

S1 risque faible SAR < 10


S2 risque moyen 10 < SAR < 18
S3 risque élevé 18 < SAR < 26
S4 risque très élevé SAR > 26
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol
Distribution des sels
A cause de la fréquence élevée des arrosages , le goutte à goutte permet de:
-Le maintien de la zone radiculaire à une très faible succion , ce qui permet de:

 limiter les risques d'accumulation de sel et


 limiter d'accroissement de la pression osmotique.

La possibilité d’utilisation des eaux d’irrigation à plus forte concentration


qu'avec les techniques d'irrigation classiques (aspersion et gravité)

En irrigation goutte à goutte, les sels ont tendance à s'accumuler dans la couche
supérieure de sol (dans les quelques premiers cm) et à la périphérie du bulbe
d'humidification. Par contre, à l'intérieur du bulbe la concentration est réduite.
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol
Distribution des sels
+ Le mouvement de sel est étroitement lié à celui de l'eau d'irrigation qui
génère un bulbe dont la forme dépend de :
-caractéristiques du sol,
-débit des goutteurs,
-la durée et de la fréquence des arrosages.

+La teneur en eau décroît au fûr et à mesure que l'on s'éloigne de l'émetteur, ce
qui occasionne une réduction de la conductivité hydraulique et des flux liquides,
étant donné également les prélèvements opérés par les végétaux et
l'accroissement du volume de sol intéressé par l'écoulement.

+La concentration augmente progressivement et les sels s'accumulent à la


périphérie du bulbe.

+La profondeur d'accumulation dépend de la quantité d'eau appliquée et des


propriétés du sol; elle augmente lorsque les apports dépassent
l'évapotranspiration.

-Ceci s'applique également à l'accumulation latérale, mais la superposition des


bulbes adjacents et l'excédent d'humidité qui en résulte peut favoriser un
lessivage de ces zones. En surface, l'évaporation au voisinage de la zone saturée
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol
Distribution des sels en fonction du système d’irrigation
Applications de l’irrigation localisée
Qualité de l’eau : Risques de salinisation du sol
Distribution des sels

Effets de la salinité de l'eau d'irrigation sur le rendement en


irrigation goutte à goutte et par aspersion (Vermeiren et al, 1980)
Applications de l’irrigation localisée
Cultures concernées

Arboriculture :
- 1500 à 2500 goutteurs /ha (en général goutteurs de 4 l/h).
- L'espace entre les rangées d'arbres restant sec, l'accès peut se faire à
tout moment (traitements phytosanitaires, cueillette et autres
interventions sur les cultures) sans dommage sur la structure du sol et
sans compactage exagéré.
-La croissance des mauvaises herbes est fortement ralentie dans les
interlignes.

Pratiquement toutes les espèces d'arbres fruitiers peuvent être


arrosées avec profit par goutte à goutte: agrumes, pommiers, poiriers,
abricotiers, pêchers, pruniers, cerisiers avocatiers,, bananiers,
amandiers, palmiers dattiers, oliviers,, etc.
Applications de l’irrigation localisée
Cultures concernées

- la viticulture : 2000 goutteurs/ha avec ( goutteurs de 4 l/h en général);


-les cultures maraîchères :
* Plein champ :10 000 à 24 000 goutteurs/ha avec ( 2 l/h en général)
* Sous serres : jusqu'à 50 000 goutteurs /ha.
Ces cultures maraichères présentent une forte valeur
ajoutée et sont très sensibles à des stress hydriques car
les racines sont peu profondes.

L'irrigation goutte à goutte est très bien adaptée :


- elle ne perturbe pas les opérations culturales,
- le feuillage reste constamment sec et que
- l'eau et les éléments nutritifs peuvent être apportés fréquemment et
avec précision.
En cultures annuelles , les rampes doivent être enlevées à la fin de
chaque campagne d'irrigation; on utilisera donc de préférence des
gaines perforées ou des rampes à goutteurs en ligne, à la rigueur des
goutteurs en dérivation, pour autant qu'ils ne perturbent pas
l'enroulement des rampes. En cultures de fraisiers, les rampes
peuvent être placées sous le paillage plastique.
Applications de l’irrigation localisée
Cultures concernées
Grandes cultures et industrielles : IL peu pratiquée jusqu’à présent

-la densité importantes des distributeurs nécessaires (10 000 à 20 000


goutteurs /ha) et delà;
-Le coût élevé des installations qui en résulte.

Dans ce cas, l'irrigation goutte à goutte présente peu


d'avantages par rapport à l'aspersion ou l'irrigation gravitaire

On relève que le coton, la canne à sucre, le maïs, le blé tendre etc.


sont irriguées dans certains cas par goutte à goutte.
On a longtemps pensé que :
L'arrosage localisé est mal adapté aux cultures fourragères car la
couverture culturale totale exige de faibles écartements entre les
rampes et donc des dépenses très élevées; en outre la présence des
rampes peut perturber les interventions sur les cultures, notamment
la récolte.
Par contre :
Des essais sur la luzerne ont donnée de bons résultats dans certains
périmètre de GH

Reconversion collective : dissipation de ces craintes