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TIPE : HYDROLIENNE

Introduction

I. Les courants marins:


Un courant marin est un déplacement d'eau de mer caractérisé par sa direction, sa
vitesse et son débit. On distingue deux types de courants: ceux de profondeur et ceux
de surface. (Les courants nécessaires aux hydroliennes sont les courants de surface. )

a. Courants de la circulation superficielle :

La majeure partie de la circulation superficielle des océans est mis en mouvement par
des courants de surface induits par le vent. Ces courants de surface sont situés entre 0
et 800 m de profondeur, ce qui rend l'entretien des machines plutôt facile, et le
rendement meilleur (la vitesse décroit avec la profondeur). La vitesse de ces courants
peut être importante : jusqu'à 2m par secondes pour le Gulf stream(situé à moins de
deux kilomètre des côtes de Floride, aux Etats-Unis). La plupart de ces courants de
surface sont assez proche des côtes, assez rapides et prévisibles pour être exploitables.

b. Courants de la circulation Thermoaline (profondeur).

Les vents n'ayant plus d'influence après 800m de profondeur, ils ne peuvent être les
moteurs des circulations océaniques profondes. Ces courants sont basés sur des
différences de température (l'eau froide est plus dense que l'eau chaude) et de salinité
(l'eau salée est plus dense que l'eau douce), entre les différentes couches de l'océan.
Les courants thermo-halins parcourent les Océans à une vitesse comprise entre 4 et 8
km/h .

II. Fonctionnement de l'hydrolienne


Dans cette partie, nous expliquerons le fonctionnement d'une hydrolienne.
-Dans un premier temps , nous montrerons la mise en mouvement de l'hydrolienne
grâce aux courants marins.
-Dans un second, le fonctionnement des générateurs permettant la transformation
électrique vous sera expliqué.
-Enfin dans un dernier point, nous proposerons les moyens possibles de stocker cette
énergie électrique

a. Mise en mouvement de l'hydrolienne grâce aux courants


marins.

Les courants marins fournissent une énergie cinétique. La puissance


mécanique de ces courants marins, qui peuvent avoir lieu dans les baies (lors
des marées) comme en pleine mer, permet d'entraîner les pâles de l'hydrolienne
et donc de les mettre en mouvement. Ces hydroliennes sont beaucoup plus
productrices en électricité que leurs cousines, les éoliennes. Car la masse
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volumique de l'eau (des flux) est plus importante que celle de l'air malgré que
la vitesse du vent soit beaucoup plus rapide que les courants océaniques. Les
chercheurs innovent depuis l'invention de l'éolienne suivie de celle de
l'hydrolienne. Ils essayent de développer tous les systèmes des hydroliennes
pour leur permettre une augmentation de la production.
- recherches dans la structure des pâles de l'hydrolienne (le nombre de pâles,
leur inclinaison, leur taille ....)
- les systèmes qui leur sont associés (système de freinage qui permet de
protéger la machine lorsque les pâles tournent trop vite pouvant les abîmer ou
même les casser).

b. La transformation de l'énergie cinétique en énergie électrique.

Une hydrolienne peut entraîner, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un
multiplicateur, 2 types de générateurs électriques : une génératrice asynchrone
à courant alternatif et une génératrice à courant continu (appelée dynamo). Ces
génératrices permettent la transformation de l'énergie mécanique en énergie
électrique.

b.1-La Génératrice asynchrone:

Cette génératrice convertit l'énergie mécanique en énergie électrique. Les


génératrices des hydroliennes diffèrent un peu des autres types de génératrices
raccordées au réseau électrique. Une des raisons pour cette différence est que
la génératrice d'une hydrolienne doit pouvoir fonctionner avec une source de
puissance (c.-à-d. le rotor de l'hydrolienne) qui fournit une puissance
mécanique (un couple) très fluctuante. C'est pourquoi cette génératrice à
courant alternatif est très souvent introduite dans les constructions
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d'hydroliennes et d'éoliennes. Mais à l'inverse elle est peu utilisée dans d'autres
industries

b.2- La Génératrice à courant continu : Dynamo

Cette génératrice produit du courant continu.


Celle-ci fonctionne grâce à la rotation de
l'aimant (le rotor : pièce en mouvement,
l'induit) entouré par la bobine magnétisante
( le stator : pièce fixe , l'inducteur) qui est mise
en mouvement par l'action des courants sur les
pales de l'hydrolienne. L'énergie électrique est
récupérée par le rotor puis elle est conduit
jusqu'au collecteur par lequel le courant
électrique est acheminé par le réseau
électrique. (qui est raccordé au réseau
national.)

b.3- Le multiplicateur

Un générateur nécessite souvent un multiplicateur car les pâles dont le diamètre est
supérieur à 5m ont des vitesses de rotation trop faibles (moins de 200 tours/min) pour
pouvoir entraîner un alternateur classique.
Donc pour ces génératrices, il est indispensable d’interposer entre elle et les pales un
multiplicateur qui permet d’augmenter (de multiplier) la vitesse de rotation.
Le plus simple et le plus utilisé est le multiplicateur à engrenages à un ou plusieurs
trains de roues dentées cylindriques. Cependant, il devient encombrant quand le
rapport de multiplication est important.

b.4- Avantages et inconvénients des deux types de génératrices

Avantages
Dynamo -> Elle ne nécessite pas de dispositif complexe pour charger les batteries.
Une simple diode suffit pour éviter le court-circuit de la batterie due à l’induit lorsque
le moteur est à l’arrêt.
Alternateur -> Il n’a pas à être entretenu car il n’y a pas de pièces en frottement. De
plus, à puissance égale, il est moins lourd et moins chère (Surtout avec les rotors à
aimant permanent). En général, on se sert d’alternateurs triphasés à aimant permanent.

Inconvenients

Dynamo -> Présence de balais et collecteurs qu’il faut vérifier souvent. De plus, la
dynamo est plus lourde et plus chère.
Alternateur -> Il doit tourner à une vitesse plus élevée et plus stable que la dynamo
(environ 3000 tr/min). Mais il a aussi besoin d’un redresseur pour la charge des
batteries.

c. Récupération de l’Energie
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1. Sans multiplicateurs : Le générateur électrique est toujours placé dans la partie
mobile de l’appareil. L’énergie électrique est transmise au support fixe par
l’intermédiaire d’un "ensemble collecteur-balais".

2. Avec multiplicateurs : Le multiplicateur a alors ses 2 axes (de sortie et


d’entrée) à 90°. Mais dans le cas de récupération d’énergie électrique,
l’entreprise d’exploitation d’hydrolienne a intérêt à utiliser le "système
collecteur-balais" car les problèmes d’étanchéité sur l’arbre vertical sont
sérieux.

d. Conditions de fonctionnement

Il est préférable d’utiliser l’hydrolienne dans les courants de marrée. En effet ils
présentent, par rapport aux courants généraux, comme le Gulf Stream (courant
océanique qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas et se dilue dans l'océan
Atlantique) des caractéristiques particulièrement favorables :

 Intensité importante (dans certaines zones les courants de marée peuvent


atteindre ou dépasser 10 nœuds, soit 5 m/s, alors que les courants généraux
dépassent rarement 2 nœuds, soit environ 1 m/s.) ;

 Proximité de la côte : les veines de courant intense apparaissent dans des zones
de faibles profondeurs situées à proximité de la côte, ce qui en facilite
l'exploitation ;

 Direction stable : (Pour capter au mieux leur force). Les courants de marée
sont généralement alternatifs, ce qui simplifie le dispositif de captage ;

 Enfin, prédictibilité : les courants de marée sont parfaitement prévisibles

Il faut également que l'hydrolienne soit implantée à une profondeur de plus de 15m mais moins de
100m à cause de la maintenance et de l'entretient.

III. Principes de la conception d’une hydrolienne


1. Généralités

Il est intéressant de comparer la problématique des hydroliennes à celle


des éoliennes offshore, car ces dernières ont déjà fait l’objet d’une large
réflexion et de nombreux développements. On va voir dans ce qui suit
qu’une partie des problèmes est similaire, mais que de nombreux autres
sont foncièrement différents.
Une hydrolienne est une machine qui doit répondre notamment aux
critères suivants :

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 Se maintenir en place et résister aux forces hydrodynamiques du
courant
 Turbiner au mieux le flux d’eau du flot et du jusant pour produire de
l’énergie mécanique
 Transformer l’énergie mécanique en énergie électrique
 Exporter la production électrique vers le réseau à terre
 Ne nécessiter qu’un minimum de maintenance
 Gêner au minimum la navigation et le milieu vivant
 Produire une énergie à un coût acceptable

2. Puissance de la ressource

La puissance motrice de l’eau qui traverse la surface du rotor est donnée


par la formule :
W = ½ . ρ . U3
Avec : W : puissance en W/m² - ρ = 1024 kg/m 3 - U : vitesse de l’eau en m/s
La puissance de la ressource augmente très vite avec la vitesse du
courant, et on considère que les hydroliennes deviennent intéressantes si
le courant dépasse 2 m/s.
Dans un chenal de 50 m de profondeur où le courant atteint 3 m/s,
l’énergie cinétique de l’eau est de 530 MW par kilomètre de largeur de ce
chenal, ce qui est considérable.
Ce calcul tient compte du fait que la vitesse de l’eau varie avec la distance
sous la surface. Une hypothèse fréquente est que la vitesse varie selon la
formule :
U = U0 . ( z / p) 1/7

Avec z la distance au-dessus du fond, p la profondeur, U 0 la vitesse du


courant en surface.

3. Caractérisation de la ressource d’un site et choix de la


puissance nominale de l’hydrolienne.

L’amplitude des marées varie au fil des jours selon les positions
respectives du Soleil et de la Lune. On caractérise la force d’une marée par
son coefficient.
L’amplitude de la marée a bien entendu un effet sur la vitesse du courant. A
proximité des côtes, on peut considérer en première approximation que
l’intensité maximale atteinte par le courant lors d’une marée est
proportionnelle au coefficient de cette marée. Souvent, la vitesse du flot est
différente de celle du jusant, mais les vitesses restent grossièrement
proportionnelles à l’amplitude. En général, le flot a une intensité plus forte
avec une croissance et une décroissance rapide, alors que le jusant est plus
faible en amplitude avec un régime plus stable dans le temps.

4. Installation et maintenance

Les éoliennes offshore sont des structures de grande taille (environ 100m) qui
sont installées en mer par des navires équipés de grues. Le navire est muni
de jambes s’appuyant sur le fond, ce qui assure la stabilité malgré les vagues.

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Pour que les opérations de levage puissent se dérouler efficacement, il faut
que le vent soit modéré. On considère que la période estivale est
relativement favorable, et on s’efforce de planifier les opérations de montage
ou de maintenance lourde durant la belle saison.
Dans le cas des hydroliennes, les conditions sont radicalement différentes. Il
existe des périodes parfaitement prévisibles de mortes eaux pendant
lesquelles les courants sont très faibles, ces périodes durent 2 à 3 jours et se
renouvellent 2 fois par mois. Dans les périodes de production, la durée de la
renverse du courant n’octroie qu’une vingtaine de minutes de courant
relativement calme. La périodicité et les horaires des interventions peuvent
être prédits avec précision d’après les tables de marée, corrigées en fonction
des conditions météorologiques. La technique d’installation, de relevage, ainsi
que les procédures correspondantes doivent tenir compte de ces
particularités.
La profondeur à laquelle les hydroliennes sont installées est modérée
(quelques dizaines de mètres). Il serait envisageable d’intervenir sur les
machines avec des plongeurs. Toutefois, une plongée doit avoir une durée
minimale (à cause des paliers de décompression) et ne peut pas s’inscrire
dans une période de courant modéré. Les courants forts posent de gros
problèmes de sécurité et exigent des techniciens parfaitement formés à ce
type d’intervention. Il est indispensable de concevoir l’ensemble des
équipements afin que les interventions de plongeurs soient réduites au strict
minimum.

5. Chargements mécaniques

Ici aussi, le parallèle avec les éoliennes est instructif.


Dans une éolienne, le principal souci est la fatigue des pales, due notamment
aux efforts alternés de la pesanteur à chaque rotation.
Dans une hydrolienne, la flottabilité des composants peut être mise à profit
pour annuler l’effet de la pesanteur, et donc la fatigue cyclique.
L’autre cause de fatigue des pales est la turbulence du vent. Les courants
sont aussi le siége d’une turbulence importante, les irrégularités du fond
créant des remous. De plus, si la zone est balayée par la houle, le mouvement
cyclique des particules d’eau se superpose au courant, et la vitesse locale de
l’eau varie d’un instant à l’autre. La conception des hydroliennes du
consortium français tient compte de ces phénomènes éventuels, plus ou
moins marqués selon le site d’implantation.

6. Vitesse de rotation

La vitesse de rotation d’une hélice sous-marine est limitée par le risque de


cavitation en extrémité de pale. Pour éviter la cavitation, cette vitesse doit
être limitée à environ 10 m/s. La vitesse de rotation maximale dépend alors
du diamètre du rotor, mais est relativement faible. Ceci implique que le
couple exercé sur l’arbre moteur est très élevé. Des considérations similaires
montrent que la poussée du fluide sur le rotor est très forte. Les butées
mécaniques doivent être dimensionnées en conséquence, et les pales doivent
être suffisamment rigides.

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IV. Impact sur l’environnement :
Bien que l’hydrolienne produise une énergie renouvelable, elle a quand même un impact
sur l’environnement, souvent amplifié par de fausses rumeurs.

1 La faune marine :
Selon une idée très répandue, l’implantation d’hélices en milieu sous-marin
bouleverserait la vie de la faune marine et surtout celle des poissons qui se déplacent le plus
souvent aux grés des courants. Il est facile d’imaginer des poissons happés par une hélice. En
réalité la vitesse de rotation des pales est bien trop lente (dix tours minute) pour affecter de
quelque manière que ce soit la vie des poissons. L’entreprise « Sabella » basée en Bretagne et
la première en France à avoir expérimenté les hydroliennes en milieu naturel et mené des
expériences en parallèle pour évaluer l’impact qu’elles ont sur l’environnement. Du point de
vu environnemental leurs tests n’ont noté aucune augmentation anormale de la mortalité des
poissons, ni de modification du comportement de la faune marine dans le secteur
d’implantation de l’hydrolienne, ils ont cependant remarqué que le socle et l’armature de
l’hydrolienne étaient devenus un vrai récif ou un grand nombre d’espèces avaient trouvées
refuge. Dans le Finistère la principale cause de mortalité des poissons est due à la pollution de
l’eau de mer par le lisier de cochon, dans la région, l’élevage porcin est source d’une pollution
très importante de l’eau. Les hydroliennes n’auront jamais un impact aussi important sur
l’environnement que celui qu’a l’élevage.

La technologie en matière d’hydrolienne ne cesse d’évoluer, on voit donc apparaitre de


nouveaux types d’hydroliennes toujours plus performantes en matière de production
électrique et dont l’impact sur l’environnement est moindre. (Voir photo)

Cette Hydrolienne représente un exemple concret de réalisation visant à réduire


l’impact sur l’environnement du à la rotation des pales. Ici les pales aplaties et l’ouverture
centrale permettent aux poissons de circuler sans danger à travers les hydroliennes car de face
les pales créent un mur visuel pour les poissons qui sont obligés, soit de contourner cet
obstacle, soit de passer dans l’ouverture ce qui n’affecte en rien leur vie.

Malgré toutes ces évolutions technologiques les pêcheurs sont longtemps restés réticents à
l’implantation de champs d’hydroliennes dans leurs secteurs de pêche.

2 Problème pour la pêche ? :


Le lancement des premiers projets d’hydroliennes est apparu comme une menace pour
les pêcheurs. Ils pensaient que la pêche leur serait totalement impossible dans les champs
d’hydroliennes s’ils ne voulaient pas endommager leurs filets. Les lieux favorables à
l’implantation des hydroliennes se situent le plus souvent dans les zones de pêches les plus
exploitées. Les concepteurs les ont rassurés en leur garantissant que les hydroliennes ne
gêneraient en aucun cas la pêche. Les hélices étant disposées sur les fonds marins dans des
zones où les courants sont trop forts pour pratiquer la drague, les chalutiers pourront pratiquer
la pêche sans désagrément. Par ailleurs en France les hydroliennes sont le plus souvent
placées dans des estuaires ou près des cotes qui sont des zones de plaisances et non de pêche.
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3 Influence sur les courants et la dispersion des sédiments :
On peut également s’interroger sur l’influence des hydroliennes sur la dispersion des
sédiments et sur une possible déviation du courant entrainé par la rotation de l’hélice. Une
expérience simple nous montre que le passage de l’eau à travers les pales crée des
perturbations à l’arrière de l’hydrolienne. Ces perturbations entraînent une dispersion des
sédiments plus importante que la normale qui n’a aucun effet majeur sur le dépôt des
sédiments dans les zones d’implantation des hydroliennes.
La faible vitesse de rotation des hélices empêche la formation de perturbations trop
importantes. Les hydroliennes du type « turbine » n’ont pas ce problème car l’ouverture
centrale et les pales inclinées ne dévient pas les sédiments qui peuvent circuler normalement.
Après deux années d’expérimentation les ingénieurs de « Sabella » n’ont pas remarqué la
présence d’une zone morte en avale de l’hydrolienne, le dépôt de sédiment s’est donc effectué
normalement.

En ce qui concerne les courants marins on pourrait s’attendre à une déviation ou à un


ralentissement de celui-ci. Les hydroliennes sont placées dans le sens du courant, pour que le
rendement soit maximum et de ce fait elles ne modifient pas la trajectoire du courant.

Il pourrait y avoir une influence sur la vitesse du courant si une grande quantité d’hélices était
disposées sur une petite surface. Mais les ingénieurs en charge des projets d’hydroliennes
recherchent le meilleur rendement possible, pour cela ils évitent d’aligner plus de cinq
hydroliennes cote à cote afin de prévenir le moindre ralentissement du courant, ils préfèrent
une disposition en décalé des hélices qui tout en respectant l’environnemnt offre le meilleur
rendement possible.