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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)

Livre tricolore sur les Islam(s)


« Tout refuser aux musulmans comme Nation, tout leur accorder comme citoyens »

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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« Si la vérité est amère, ses fruits sont doux. »


Hazrat Ali
Les proverbes et sentences islamiques – VII siècle

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Introduction : Vers l’Islam compliqué, aller vers


des idées simples

Dès que dans le débat public, le mot « islam » apparaît, des chiffres, des projections et des
définitions s’affrontent : immigrés, maghrébins, étrangers, musulmans, le débat public ne fait
pas toujours la différence et ethnicise souvent le fait religieux. Dans les faits, lorsque l’on
parle d’islam en France, on désigne entre 5 et 7 millions de musulmans, français ou non. Si
aucun chiffre public officiel n’existe, en raison de l’interdiction en France des recensements
de populations par ethnie ou religion, une étude du Pew Research Center a estimé, en 2016,
le nombre de musulmans vivant en France à 5,72 millions soit 8,8 % de la population. En
Europe, on évaluerait le nombre de musulmans à 25,8 millions soit 4,9 % de la population
totale vivant en Europe.

Selon cette même étude, la part de musulmans vivant en France représenterait 17,4 % de la
population en 2050. Pour arriver à ces résultats, le Pew Research Center a pris en compte deux
facteurs essentiels : les soldes naturel (naissances/décès) et migratoire (entrée/sortie) en
France, une méthodologie qui reste sujette à caution car elle semble brouiller les limites entre
religion et origine géographique.

On compterait aujourd’hui environ 2500 lieux de culte musulman (mosquées, salles de prière,
etc.) en France, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur de 2015-2016. Ce nombre aurait
doublé en vingt ans. Ils sont contestés par des associations qui ne font pas mystère de leur
attitude critique, comme le Collectif de Surveillance de la Progression islamique en France
(CSPIF), cité par l’OSCE dans ses publications1.

Derrière la bataille des chiffres, ce dynamisme de la religion musulmane dans un pays chrétien
de tradition voltairienne interroge.

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Pour information, le CSPIF a recensé 6556 lieux de cultes et associations islamiques en 2018, suivant
une méthodologie qui lui est propre. Le département qui en comporte le plus est la Seine-Saint-Denis qui en
compte 454 contre 2 lieux de cultes et associations islamiques dans le Cantal.

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La relation de l’islam avec la France est une question récurrente dans le débat public qu’aucun
pouvoir politique n’est parvenu jusqu’alors à traiter sans troubler une société déjà divisée sur
cette question. Nous estimons que le problème est d’abord celui d’une mauvaise qualification
sémantique, doublé d’une absence de réflexion méthodologique. Trancher sur la place du
halal, du voile ou encore des prêches de rue nécessite de clarifier avant les principes sur
lesquels Oser la France défend des propositions novatrices pour défendre une certaine idée
de la société française. En effet, c’est bel et bien parce que nous croyons à la laïcité à la
française, c’est-à-dire à la séparation du temporel et du spirituel, que nous devons prendre
les mesures qui s’imposent pour la protéger.

A) La sémantique – Dépasser la conception traditionnelle de « religion » pour


comprendre les islam(s)

La distinction usuelle entre islam et islamisme, « islam modéré » et fondamentalisme


islamique, se comprend aisément dans l’objectif de séparer un islam de revendication
politique d’un islam uniquement spirituel, mais elle ne correspond à aucune réalité religieuse
établie.

Cette distinction aide à simplifier le débat, mais elle présente deux imperfections : la première
est d’obliger à faire de la théologie pour interpréter les textes saints de l’Islam et déterminer
qui a raison et qui a tort, ce qui n’est nullement le rôle du législateur français ; la seconde est
qu’elle ne cible qu’imparfaitement les adversaires de la France, ce qui permet à ces derniers
de prendre à témoin tous les croyants musulmans en invoquant une « islamophobie » rêvée
ou supposée de la France, accusation permettant surtout d’anéantir toute critique de l’islam.
Surtout, cette distinction révèle une mauvaise compréhension de l’islam, cherchant à
incorporer dans ce que nous entendons traditionnellement par une « religion » – c’est-à-dire
une croyance, un culte et parfois un clergé – un système institutionnel et politique intégré.

En effet, l’Islam est un système total : culte, droit et politique sont intrinsèquement liés. Le
croyant n’est pas seulement musulman dans sa vie privée mais l’ordre public est régi lui aussi
par la loi coranique, puisque Dieu est au-dessus de tout et que même le souverain (le calife)
règne en son nom. De plus, l’Islam ne peut pas être analysé avec les mêmes lunettes que la

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religion chrétienne : cette religion ne dispose pas de clergé, l’autorité religieuse en terre
d’islam se confond avec l’autorité politique. Pour prendre une métaphore entrepreneuriale,
l’islam ressemble davantage à un corps de métier composé d’entrepreneurs individuels unis
par un même savoir mais parfois en concurrence, plutôt qu’une entreprise avec un chef.

Parler d’Islam en France, c’est donc traiter de trois choses liées et pourtant substantiellement
différentes :

● L’exercice d’un culte, avec ses rites, ses dogmes, son clergé, son type
d’organisation. On pourra mettre dans cette section la construction de lieux de
cultes, la formation des religieux, les textes enseignés, la nourriture halal. A noter
qu’au plan théologique, il conviendrait plutôt de parler au pluriel (les islam) qu’au
singulier.

● La manifestation d’une culture arabo-islamique, fortement liée au berceau


moyen-oriental des origines. Il ne s’agit pas à proprement parler de préceptes
religieux mais de traits culturels : le port de la djellaba, l’usage de la langue arabe,
des habitudes vestimentaires comme le voile simple, etc.). En effet, du fait de la
prégnance de la langue arabe dans la récitation du Coran, la religion musulmane
est restée très liée au système culturel qui l’a vu naître.

● Un ordre public qui soumet la norme collective et le droit à la règle religieuse. Par
« islamisme », Oser la France ne désigne pas un islam radical, c’est-à-dire une
forme particulière de religion, mais une approche politique de la religion. Par
islamiste, nous désignons quelqu’un qui prétend et agit comme si la norme
religieuse était supérieure à la loi de la République, c’est-à-dire considérant que
le politique doit se soumettre au religieux. Le port du voile en tant que
revendication politique que la loi de Dieu prime sur la loi du pays d’accueil fait
partie de ces aspects les plus problématiques.

Lorsqu’on pose la question de la compatibilité de l’Islam avec la République, on peut donc


répondre par la positive ou par la négative, en réalité, suivant la définition que l’on donne
de la religion.

En effet, le premier volet de l’Islam, strictement religieux, est compatible tant qu’il ne déborde
pas dans le champ politique. Le volet culturel ou civilisationnel, lui, pose plus de problèmes à

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la culture nationale du pays d’accueil qu’à la République, en tant que régime politique. Suivant
que l’on défende une République assimilationniste ou multiculturelle, cet aspect sera plus ou
moins litigieux. Toutefois, en France, la conception républicaine intégrative se concilie mal
avec les aspects culturels de l’Islam. Oser la France assume dans ce document de défendre
une position clairement en faveur de l’assimilation républicaine qui s’oppose à une conception
multiculturaliste.

En revanche, pour tout Républicain, la religion ne saurait commander dans l’espace public,
d’où l’irréductibilité du troisième volet à toute dynamique républicaine.

B) La méthodologie d’Oser la France : quelques principes pour clarifier le débat

Il est impossible de comprendre les rapports de l’islam avec la société française sans analyser
ses dimensions culturelle, politique et institutionnelle, en les différenciant.

Lorsqu’on parle de norme collective et de liberté individuelle, la place de l’Islam dans la


République met en réalité en jeu notre capacité de tolérance et donc nos valeurs.

Le périmètre de la réflexion est assez cadré : on autorise l’exercice de l’Islam au nom de la


liberté de croire, tout en veillant à préserver la liberté d’expression. On interdit les
manifestations de l’islamisme au nom de la sécurité publique, ou plutôt pour être exact les
revendications d’ordre identitaire au nom d’une interprétation politique de l’Islam, en cela
qu’elles seraient de nature à troubler l’ordre public. Entre les deux, il convient de se donner
une ligne directrice.

Tout d’abord, précisons qu’accueillir l’autre ne va pas de soi et certains pays ont des cultures
totalement dépourvues de bienveillance pour l’altérité. La civilisation européenne est donc
singulière et elle le doit à son histoire intellectuelle. La France n’a d’ailleurs pas à rougir en
matière d’accueil : selon une étude, sortie le 28 octobre 2018, du Pew Research Center, la
France fait partie des peuples les plus islamophiles avec 66 % de français qui acceptent un
musulman comme membre de sa famille. La tolérance religieuse, voire culturelle, a pour socle
historique les guerres dites de Religion et ses limites ont été tracées par John Locke. Elle ne
saurait être confondue avec l’indifférence, la soumission, l’indulgence, la permissivité ou

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l’acceptation. Il est permis de haïr ou de mépriser ce que nous tolérons. Tolérer n’est pas
forcément être bienveillant. En recherchant les raisons pour lesquelles il conviendrait de
tolérer ou non certains aspects du bloc islamique, on arrive donc à deux valeurs :
l’humanisme, c’est-à-dire au respect de l’individu et de la personne humaine, et le
libéralisme, en ce qu’il renvoie à la défense de la liberté. Ces deux valeurs doivent être
protégées coûte que coûte.

Il est à noter que l’Islam traditionnel, malgré son caractère englobant, tolère la foi d’autrui :
les chrétiens et les juifs étaient ainsi tolérés en terre d’Islam, moyennant un statut spécial et
une taxe spécifiquement acquittée. Il n’en est pas de même pour les régimes islamistes
comme l’État Islamique. L’analyse incite donc à la nuance.

Les limites de la tolérance sont celles qui seraient de nature à trancher les racines humanistes
de la culture nationale, ce qui de facto tarirait notre culture de tolérance. La culture d’un autre
ne peut être acceptée que dans la mesure où elle ne porte pas atteinte à l’épanouissement
de la personne humaine et au respect de sa dignité. Elle doit également respecter la liberté,
principe inscrit au frontispice de la République.

En reprenant la distribution en trois volets de l’Islam, Oser la France défend trois principes :

1. Vis-à-vis de la religion musulmane et de son exercice, la liberté de croyance doit


être défendue avec force, ce qui signifie permettre à toutes les religions, y compris
à l’islam, de disposer de lieux de culte. Cela induit alors de revoir la loi de 1905 par
un texte complémentaire spécifique au culte musulman, de manière à corriger les
inégalités avec les autres cultes. L’État n’a cependant pas à organiser à proprement
parler ce culte, sauf pour les aspects d’ordre public. Un autre problème dans des
sociétés modernes où la liberté d’expression est la règle est de concilier la liberté
de critiquer et le respect des convictions des autres : quelle place pour le Sacré ?
Telle était notamment l’un des paramètres du débat sur Charlie Hebdo.
Récemment, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rendu un arrêt
controversé Es c/ Autriche (25 octobre 2018), comme quoi un État ayant
sanctionné une requérante qui avait émis des déclarations insinuant que le
Prophète Mahomet avait des tendances pédophiles n’avait pas violé l’article 10 sur
la liberté d’expression. La CEDH a balancé le droit à la liberté d’expression avec le

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droit des autres personnes à voir leurs convictions religieuses protégées, en


assimilant ces propos d’attaque abusive risquant d’engendrer des préjugés ou de
menacer la paix religieuse. Sanctionner un appel à la haine ou condamner le
blasphème ? La nuance est fine, d’autant que la CEDH n’a eu pas la même
indulgence pour les autres religions. Pour Grégor Puppinck, directeur du Centre
européen pour le droit et la justice, cet arrêt n’est motivé que par la peur des
musulmans, et la CEDH fait primer les objectifs de tolérance mutuelle et de
coexistence pacifique sur la liberté de pensée et d’expression religieuse, le point
d’aboutissement d’une philosophie relativiste qui met toutes les convictions sur un
point d’égalité, sans chercher à trouver la vérité2. Pour Oser la France, la liberté de
critiquer doit se faire avec intelligence et sensibilité, non pas pour détruire la
conviction de l’autre, ou la salir délibérément, mais pour la questionner. En tout
état de cause, la laïcité à la Française étant singulière en Europe, il n’appartient
pas à la CEDH de décider pour le peuple français où mettre le curseur entre
convictions religieuses et liberté d’expression.

2. Vis-à-vis des aspects culturels de l’islam, ces derniers doivent être autorisés tant
qu’ils subsistent à l’état de normes de conduite individuelle et non pas de
prescription d’ordre collectif et politique, et tant qu’ils restent compatibles avec la
culture nationale du pays d’accueil. Les pratiques visant à séparer une partie du
corps social français du reste de la Nation, au nom d’impératifs culturels importés
de l’étranger, doivent être interdites.

3. Vis-à-vis de l’ordre public islamique, c’est-à-dire de règles définissant un corps

politique qui s’imposerait à la Nation, celui-ci ne peut être toléré. Oser la France
défend l’idée qu’il ne peut y avoir qu’une seule Nation sur le territoire, et que la
constitution d’un imamat de France, comme le souhaite Emmanuel Macron, peut
se retourner contre la République si en son sein les islamistes prennent le contrôle :
par sa nature simplifiée au plan théologique, l’islamisme est en effet une force
capable de transcender les subtilités et les cassures de l’islam. Combattre
l’islamisme suppose non pas d’interdire telle ou telle courant de pensée, ce qui

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Délit de Blasphème : « La CEDH n’est pas Charlie ! », Le Figaro.fr, 26 octobre 2018.

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serait impossible, mais leurs manifestations concrètes dans la vie de tous les
jours.

Une fois ces grands principes tracés, reste un problème pratique épineux : comment savoir
dans quel champ telle ou telle pratique peut se rattacher, puisque l’Islam est un bloc ?

Il convient tout d’abord de définir ce que l’on place dans le champ religieux qui, par essence,
bénéficie de la plus grande libéralité pour permettre le respect des croyances. Le problème
est que du point de vue de certains croyants, tout est religieux. L’État n’a pas à se demander
si telle ou telle pratique relève réellement d’une prescription religieuse ou non, au risque de
verser dans la théologie. Pour Oser la France, c’est un débat complexe puisqu’il consisterait à
reconnaître un culte. L’islam sunnite, présent en France, ne disposant pas de papauté, de
patriarcat ou de grand rabbinat, certaines pratiques font débat à l’intérieur de la religion
musulmane.

Nous retenons donc un summa divisio géographique : constituent un sujet purement


religieux, c’est-à-dire relevant du respect des croyances, les questions de pratique, lesquelles
en France se font à domicile ou dans des lieux spécialisés. La rue, l’école, l’Université ne sont
pas des endroits dédiés au culte et donc ne peuvent, sauf autorisation de l’État, faire l’objet
d’une pratique religieuse. La loi ne régit nullement la foi, mais le culte.

Tout ce qui relève « du reste », c’est-à-dire des manifestations de foi, de convictions, de


coutumes dans l’espace public ou civil, doit être soit classifié comme culturel, soit comme
politique/idéologique. Au sein de ce champ, Oser la France a recours à deux grandes
questions qui permettent de jeter une nouvelle lumière sur telle ou telle pratique :

l Y a-t-il une intention prouvée ou plausible d’imposer une règle différente ? Si oui,
cette règle est-elle l’adhésion à une idéologie prônant la supériorité de la loi religieuse
à la loi terrestre ? En cas d’intention délibérée ou d’adhésion à une idéologie, il ne peut
s’agir d’une revendication culturelle, mais bel et bien d’une manifestation politique.

l Lorsqu’une liberté est invoquée, est-elle invoquée uniquement pour soi-même ou a-


t-elle vocation également à rétroagir sur la liberté des autres ? Là encore, la liberté
s’exerce pour le seul individu. Lorsqu’elle déborde de son champ, il y a lieu de la

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considérer comme une revendication politique, c’est-à-dire communautaire ou


identitaire. Lorsqu’elle nie le libre-arbitre, c’est la même chose.

Pour Oser la France, l’objectif politique est de favoriser la préservation d’un mode de vie « à
la française » et de favoriser une pratique de l’islam qui n’altère pas le mode de vie et la culture
français, en particulier dans les espaces publics. Cela passe notamment par le retour de
l’assimilation des populations étrangères à la culture française, à laquelle l’État se refuse
depuis les années 1980.

C) Un cas d’école : le voile, une passion française

Avant de rentrer plus avant dans l’analyse des questions relatives à la place de l’Islam, ce
livre tricolore a choisi de traiter séparément et en introduction du sujet du voile, à la fois
comme cas d’école et comme objet méthodologique.

La problématique dans la relation au voile est simple. Premièrement, le voile traverse les trois
espaces de l’Islam, étant à la fois religieux, culturel et politique. Lorsqu’une femme porte un
voile simple, exerce-t-elle sa religion ? Exhibe-t-elle sa conviction politique ? Ou le voile n’est-
il que l’expression d’une culture ?

À travers la qualification que l’on choisit, les conséquences juridiques sont très variables. Si
l’on considère que le voile est un principe religieux, alors on doit lui appliquer le principe de
laïcité qui confine la pratique de la religion à l’espace privé et interdit à l’État de s’ingérer dans
les cultes. Si l’on estime qu’il s’agit d’un instrument manifestant une conviction politique, alors
l’État peut interdire la manifestation de cette conviction, à partir du moment où il classe
l’islamisme comme une idéologie anti-républicaine. Enfin, si l’on estime que le voile n’est pas
une prescription religieuse, n’évoque pas nécessairement une conviction politique mais relève
du culturel, alors là encore, le problème se pose ici en matière d’opportunité politique. Dans
la société multiculturelle que promeut Emmanuel Macron, il ne s’agit en réalité que de
l’expression normale de cultures étrangères qui constituent in fine la culture française. Ce
n’est pas notre position.

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Sur le voile intégral, le sujet est clos mais il n’est pas le problème le plus ardu, même si la loi
de 2010 ne fait pas référence à la burka ou au niqab, ni même à aucun vêtement religieux. La
loi se borne à l’obligation de montrer son visage, en pointant une nécessité d’ordre public –
le cas de Redoine Faïd, dissimulé dans sa cavale sous un voile de femme suffit à légitimer. La
raison sous-jacente est toute autre : la burka est clairement une soumission à un islamisme
qui nie l’égalité hommes-femmes.

Le problème reste ouvert sur les autres voiles, car l’État n’a pas à rentrer dans le fait de savoir
si l’inégalité hommes-femmes commence aux oreilles ou au front, et car juridiquement une
interdiction généralisée avait été retenue en 2010 comme attentatoire aux libertés.

La réponse à apporter est d’autant plus complexe qu’il s’agit tout à la fois de briser ceux qui
utilisent ce cheval de Troie comme revendication pour islamiser la société, tout en prenant
en compte la sensibilité des ceux qui, pour des raisons plus culturelles que politiques, sont au
fond d’eux-mêmes un peu blessés par la manière agressive dont la République peut parfois
prendre en compte ce sujet. Notre objectif est justement de sortir du débat « nous contre
vous » en créant un débat au sein des musulmans de France sur les limites de la pratique, ce
qui suppose d’arrimer la grande majorité des musulmans à la laïcité et d’éviter un
raidissement identitaire et politique dans la population d’accueil. Il faut cependant sensibiliser
les femmes qui portent le voile qu’en faisant ainsi, elles génèrent de l’incompréhension, et
donc de l’ostracisme.

La tolérance n’est pas sans limites. Le fait d’être une revendication culturelle ne suffit
cependant pas à la rendre acceptable. Oser la France assume une position conservatrice. Il
s’agit de refuser le multiculturalisme en préservant le modèle assimilationniste français,
promouvant la culture française. Non pas par idéologie, mais parce que la coexistence de
micro-Nations sur un même territoire ne peut que conduire à l’affrontement. Nous ne
devons donc tolérer que des pratiques culturelles étrangères (en excluant donc les pratiques
régionalisantes ou locales) que lorsqu’elles n’ont aucune portée collective, c’est-à-dire
qu’elles ne créent pas de coutume locale dérogatoire de la coutume nationale.

Il faut également souligner qu’au sein même du monde musulman, la « culture » islamiste
(voile intégral, condamnation de la danse ou de la musique par exemple) est une réinvention
contemporaine en opposition flagrante avec la culture nationale de certains pays musulmans,

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où les femmes portaient des voiles traditionnels légers et où la musique ou la danse s’étaient
massivement développés au cours des siècles. Le voile culturel islamiste n’est donc pas le signe
d’une culture étrangère mais un acte militant. Idem pour le burkini.

Dans le cas d’espèce, en appliquant sa méthodologie, Oser la France propose trois règles :

1. Le port du voile doit être interdit par principe, au nom de la laïcité, dans tous les

établissements publics. Oser la France considère que ceci inclut les universités et les
entreprises publiques.

2. Dans la sphère intermédiaire, comme les entreprises privées, il faut renvoyer le sujet
au règlement intérieur, en posant un principe général d’interdiction via la loi.
Néanmoins, le voile pourrait être toléré de manière ad hoc par dérogation accordé à
un individu en particulier, pas lorsqu’il devient la norme dans un établissement.

3. Dans la sphère civile, notamment dans la rue, Oser la France considère que la règle
doit être inversée en posant un principe général d’autorisation, mais en donnant aux
forces de l’ordre la possibilité d’enjoindre à quelqu’un de l’ôter pour des motifs
d’ordre public ou de sécurité publique.

Il n’est pas possible au regard du droit actuel d’imposer un style vestimentaire mais Oser la
France s’interroge sur la nécessité d’aller plus loin et de défendre, après contre-enquête des
autorités sanitaires Françaises, une possible interdiction de port du voile aux mineures, car
cela pourrait avoir un impact sur le développement physique des petites filles. Parmi les
conséquences délétères du port du voile concernant la santé physique :

● Une carence en vitamine D aurait été constatée chez les femmes voilées (hijab, niqab),
d’après une étude du Centre d’étude national sur le diabète, l’endocrinologie et la
génétique de Jordanie, parue dans l’European Journal of Clinical Nutrition (14 mars

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2012)3. C’est dire si le voilement des fillettes leur fait courir un risque possible pour la
consolidation des os et des dents, du fait d’une exposition insuffisante au soleil.

● La perte de cheveux en cas de port prolongé. Asphyxiés par la contention des heures
durant, les cheveux finissent par dépérir et tomber. Or, la chevelure n’est pas un simple
ornement mais a des fonctions vitales d’écran contre les agressions externes et de
régulateur de la température à la surface du crâne.

Derrière ces trois règles, il convient, afin d’éviter toute dérive, de poser une ligne rouge qui
est la tentative d’utiliser la question du voile comme cheval de Troie de l’islamisme. Plutôt que
de sanctionner le port du voile, ce qui suppose de définir le voile mais aussi de donner
l’impression de faire la guerre à la liberté vestimentaire, Oser la France considère qu’une loi
spécifique à l’islamisme devrait déplacer le débat ailleurs et se focaliser plutôt sur le refus
d’ôter son voile, sur injonction d’une autorité compétente lorsqu’il existe des éléments
objectifs laissant à penser que la personne concernée défie sciemment les règles en vigueur
dans un but de propagande politique ou qu’il existe un trouble avéré à l’ordre public.

Nous fondons ceci sur une interprétation que nous souhaiterions inscrite dans la loi, et qui
exclurait de facto toutes les autres raisons pouvant être avancées par celles qui le
revendiquent : refuser d’ôter un voile est une manifestation d’adhésion à une idéologie
combattue par la République, l’idéologie islamiste, qui prône Dieu et non l’Homme comme
source de légalité (contestation de l’humanisme, qui est la source de la tolérance
républicaine). À partir du moment où la loi de Dieu est intangible et figée, elle ne peut être
source de compromis et donc génère dans l’espace social des affrontements.

La seconde question porte sur le message attaché au port du voile. Il convient de différencier
celle qui porte le voile pour elle-même (exercice de la liberté) et celle qui le porte pour
islamiser la société : une femme islamiste ne se contente pas d’invoquer sa liberté mais de
pointer la mauvaise vie de toutes celles qui le refusent. C’est donc un outil de pression
sociale, et donc foncièrement antilibérale, et cela fait du voile un objet vestimentaire qui ne
saurait être comparé au port de la jupe ou du bikini. Au surplus, à partir du moment où

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Vitamin D status and determinants of deficiency among non-pregnant Jordanian women of reproductive
age, EJCN 66, pages 751-756, E.K Nichols, IMD Khatib, MK Serdula.

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certaines femmes n’osent pas l’enlever, c’est bel et bien la preuve d’une absence de libre-
arbitre.

Le voile ne devient un outil d’asservissement qu’à partir du moment où celle qui le porte ne
peut pas renoncer à le porter à tout moment. Pour toutes ces raisons, Oser la France considère
qu’on ne devrait pas sanctionner le port d’un signe distinctif, mais le refus de l’ôter, ce qui
permettra de distinguer celle qui le porte pour des raisons cultuelles ou culturelles de celle
qui le porte comme insigne d’un prosélytisme politique.

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Nos 18 propositions

1. BLEU : Mener une politique de « préférence culturelle » pour défendre


l’héritage civilisationnel qui est le nôtre et une République mono-culturelle.

Proposition n°1 : Réécrire le premier alinéa de l’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958
ainsi : « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure
l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle
respecte toutes les croyances dans la limite de la préservation de son propre patrimoine
matériel et immatériel, de ses traditions et pratiques régionales et de sa coutume nationale.
Son organisation est décentralisée ».

Proposition n°2 : Nous proposons de mieux délimiter le recours à la langue arabe dans une
République dont le français est la seule langue officielle. Il convient d’interdire l’usage d’une
langue étrangère pour les prêches dans les lieux de culte, à l’exception donc de la lecture des
textes fondateurs comme le Coran. À l’école, priorité doit être donnée à l’apprentissage de la
langue française, l’apprentissage de l’arabe devant relever du droit commun au même titre
que les autres langues vivantes. Un soin particulier sera porté pour proposer un enseignement
de qualité excluant le recours aux textes et aux enseignants religieux. Dans les services publics,
la tentation de céder au plurilinguisme (guichet, informations données au public) doit être
fermement combattue.

Proposition n°3 : Nous proposons de restreindre, pour l’avenir de notre nation, purement et
simplement les conditions d’accès à la double nationalité pour les résidents présents sur le
sol français, en la limitant aux partenaires de l’espace francophone car nous avons déjà une
langue en commun, ainsi que pour les ressortissants de pays – notamment ceux de l’Union
Européenne – à condition qu’ils contractent un traité spécifique permettant de régler les
litiges juridiques, sociaux et politiques avec la France (notion de réciprocité notamment pour

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les Français établis à l’étranger). Au moment de la naturalisation, la preuve de l’abandon de


la nationalité d’origine sera demandée. L’accomplissement du service militaire dans un autre
pays entraînera la perte ou empêchera l’obtention du droit à la nationalité française. Nul ne
pourra exercer des fonctions politiques ou diplomatiques au nom de la France dans le pays où
il a des attaches familiales.

Proposition n°4 : Nous proposons de rétablir partiellement la loi prévalant avant 1993 sur le
choix du prénom mais avec plusieurs adaptations. Nous proposons d’imposer à tous ceux qui
veulent acquérir la nationalité française (mariage, droit de sol, naturalisation par décret…) de
choisir un de leurs prénoms (avec la possibilité lorsqu’il n’y en a qu’un d’y adjoindre un
deuxième ou troisième prénom) parmi ceux issus des différents calendriers français, et ceux
des personnages connus de l’histoire nationale. Il s’agit ici de manifester son désir
d’intégration (pour les adultes) et, pour les enfants de leur permettre, s’ils le souhaitent, de
modifier leur prénom usuel en l’invertissant avec un deuxième ou un troisième prénom plus
adapté à la culture nationale.

Nous souhaitons confier à une Université de théologie la responsabilité de


créer une formation obligatoire avant de prêcher en tant qu’imam sur les questions des
valeurs républicaines. Cette formation universitaire ne serait pas tant théologique que
juridique et historique (histoire des religions, histoire politique de la France et épistémologie).
Le diplôme délivré serait accompagné d’une signature d’une charte de respect des lois
françaises.

Oser la France considère cependant que pour être véritablement efficace, ces imams
devraient également bénéficier d’une formation entrepreneuriale de manière à s’assurer

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qu’ils soient en capacité de développer l’autosuffisance financière des mosquées tout en


ayant à l’esprit les règles juridiques, d’urbanisme et de comptabilité, ainsi qu’une
sensibilisation aux sujets de blanchiment.

Les ouvrages religieux imprimés à l’étranger devront être conformes à une version établie à
l’issue d’une réflexion des docteurs en droit et philosophie musulmanes, de façon à ce que
leur rédaction soit adaptée au monde moderne et ne heurte pas l’ordre public républicain.

Mettre fin au mythe d’une seule organisation nationale unitaire et acter le


pluralisme des islam(s) de France : au niveau de chaque département, les différentes
associations cultuelles gérant des édifices religieux seraient autonomes avec un imam
responsable devant la loi de la bonne gestion des deniers du culte (mais aussi de ses prêches).
Ces associations devraient se constituer en Fédération départementale, le niveau de dialogue
se situant à cet étage de collectivité (Conseil Départemental), notamment pour les questions
relatives au financement. L’État, s’il donnait cette nouvelle compétence aux Conseils
Départementaux, devrait financer ces charges nouvelles pour ne pas mettre en péril un
équilibre financier déjà précaire.

Principe d’interdiction de financement direct des organisations,


établissements et lieux cultuels musulmans, par des États étrangers. Dans le cas précis du culte
musulman, le circuit financier passerait par une fédération départementale ou la Fédération
nationale. L’État gardera la possibilité de suspendre ou interdire un financement qu’il juge
contraire à ses intérêts.

Sans remettre en cause le principe de séparation des églises et de l’État, il


convient d’adapter la loi de 1905 en permettant plus de souplesse dans le financement de
certaines dépenses détachables du culte, par une collectivité publique. Il ne s’agirait pas de
permettre le financement de la construction de lieux de cultes, ni d’effacer une dette mais de
contribuer à certaines dépenses d’intérêt général (mise aux normes de sécurité ou handicapé
par exemple). Afin d’éviter le « clientélisme municipal », Oser la France considère que c’est au

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
18

niveau du conseil départemental que ces aides pourraient être opérées, sous la forme
d’avances remboursables ou de garanties d’emprunt et non de subventions, et ce pour tous
les cultes. L’article L 2252 du Code Général des Collectivités Territoriales serait ainsi modifié
pour élargir les conditions de garanties d’emprunt, aujourd’hui limitées aux « agglomérations
en voie de développement ». Une contractualisation avec chaque association, sur le modèle
de l’enseignement privé, permettrait ainsi d’ouvrir droit à de telles aides, en y incluant
certaines contreparties comme un volet d’intégration paysagère conforme de manière à
accorder l’esthétique extérieure avec l’écosystème urbain existant.

Pour les maires ne respectant pas le partage de compétences et contournant


la loi de 1905, Oser la France propose de renforcer les peines encourues, en les rendant
redevables sur leurs fonds personnels des sommes versées illégalement.

L’abattage halal doit faire l’objet d’une définition claire, rester dérogatoire
du droit commun et soumis à autorisation avec possibilité de retrait de la garantie par l’État.
Le sujet principal est celui de la qualité alimentaire, donc de la protection du consommateur,
et du respect de la législation relative à la protection des animaux. Cela suppose :

● De préciser les conditions d’étiquetage de manière à ce que les Français puissent


choisir en toute connaissance de cause leur viande lorsque certains abattoirs
mélangent une activité halal et une activité traditionnelle (certains abattoirs vendent
de la viande sans préciser le mode d’abattage). Il est important que les collectivités
locales ne rémunèrent pas indirectement une religion, via des abattoirs
confessionnels.

● De s’assurer que le mode d’abattage n’inflige pas des souffrances inutiles


(étourdissement préalable obligatoire).

● D’interdire l’abattage sauvage et d’établir une traçabilité sanitaire.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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3. ROUGE : Anéantir l’islamisme avant qu’il ne nous détruise.

Proposition n°11 : Nous estimons urgent de reconquérir les « territoires perdus » et délaissés
à l’islamisme avec une loi « de pacification républicaine » établissant les quartiers prioritaires
à désislamiser, en prévention par la culture et en répression par la force. Cette loi permettra
d’accroître les moyens mis à dispositions par les services publics et les acteurs de la société
civile luttant contre le prosélytisme religieux caractérisé par des violations répétées de la loi
et la manifestation hostile aux lois de la République et aux libertés individuelles de nos
citoyens, et à mobiliser les services de l’État agissant dans les domaines du banditisme, de la
lutte contre le trafic de stupéfiants, de la douane ou du renseignement.

Un soin particulier sera apporté aux quartiers considérés comme victimes d’entreprises
salafistes; la définition de ces quartiers sera établie par une commission réunie autour du
préfet, associant les représentants de la fédération cultuelle départementale évoquée plus
haut, les représentants des conseils départementaux et des associations nationales reconnues
d’utilité publique œuvrant pour l'intérêt général en matière d’éducation populaire et de
promotion de la citoyenneté. Le préfet pourra, le cas échéant, s’appuyer sur l’avis du comité
de docteurs de la foi (proposition 5) afin de mettre en exergue le caractère proprement
islamiste ou salafiste des organisations incriminées sur le quartier.

La liste des quartiers prioritaires à désislamiser, validée en comité interministériel, ouvrira


l’obtention de moyens substantiels de l’action publique. En particulier, elle permettra de
mobiliser, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d’État, la garde
nationale pour une durée limitée. Ces zones bénéficieraient d’une densification réelle et
visible des moyens. Cela passe par la fermeture des mosquées salafistes et l’interdiction faite
aux imams salafistes de prêcher.

Proposition n°12 : Nous proposons d’interdire non pas une idéologie mais la manifestation
concrète et les vecteurs de cette idéologie. Il s’agira d’interdire préventivement les partis

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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islamistes mettant le respect de la loi coranique au cœur de leur programme. Il en est de


même pour les écoles professant cette idéologie sous couvert de religion, en se basant non
pas sur la teneur de l’enseignement mais sur des éléments factuels (ports de symboles
manifestant une adhésion politique de la part des enseignants ou des élèves par exemple).

Proposition n°13 : Sur les sujets vestimentaires, et notamment le voile, Oser la France
propose trois règles :

1. Le port du voile doit être interdit par principe, au nom de la laïcité, dans tous les
établissements publics. Oser la France considère que ceci inclut les universités et les
entreprises publiques.

2. Dans la sphère intermédiaire, comme les entreprises privées, il faut renvoyer le sujet
au règlement intérieur, en posant un principe général d’interdiction via la loi.
Néanmoins, le voile pourrait être toléré de manière ad hoc par dérogation accordé à
un individu en particulier, pas lorsqu’il devient la norme dans un établissement.

3. Dans la sphère civile, notamment dans la rue, Oser la France considère que la règle
doit être inversée en posant un principe général d’autorisation, mais en donnant aux
forces de l’ordre la possibilité d’enjoindre à quelqu’un de l’ôter.

Nous proposons non pas de sanctionner le port du voile mais le refus de l’enlever sur
injonction de la loi ou d’un règlement intérieur, lorsqu’il existe des éléments objectifs
laissant à penser que la personne concernée défie sciemment les règles en vigueur dans un
but de propagande politique ou qu’il existe un trouble avéré à l’ordre public. Il nous apparaît
légitime en effet de sanctionner le refus d’ôter le voile, au motif qu’il s’agit là d’une
manifestation de supériorité de la loi religieuse sur la loi républicaine (triplement de l’amende,
suspension des allocations familiales…). Pour beaucoup, l’islamisme a une potentialité, en cas
de victoire, d’accoucher d’un régime fasciste qui ne dirait pas son nom. Il s’agit ici non pas
d’aborder les insignes sous l’angle religieux mais idéologiques et de s’inspirer de l’interdiction
en droit pénal français d’exhiber certains insignes, tels que la croix gammée, dont la violation
est passible d’une contravention (article R. 645-1 du code pénal).

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Il n’est pas possible au regard du droit actuel d’imposer un style vestimentaire mais Oser la
France s’interroge sur la nécessité d’aller plus loin et de défendre une interdiction de port du
voile aux mineures, car cela peut avoir un impact sur le développement physique des petites
filles. Parmi les conséquences délétères du port du voile concernant la santé physique, on
peut citer la carence en vitamine D constatée chez les femmes voilées (impact possible : retard
de croissance, diminution des défenses immunitaires, hypotonie musculaire, convulsions
hypocalcémiques, etc.) ou la perte de cheveux.

Proposition n°14 : Dans les administrations, pour les fonctionnaires, et dans les édifices
publics, la loi doit interdire toute manifestation d’adhésion à une religion. L’État pourrait
réfléchir à prescrire un code vestimentaire et d’apparence extérieure pour les fonctionnaires,
de même qu’au port de l’uniforme obligatoire dans les écoles et collèges publics.

Proposition n°15 : Nous envisageons de conditionner à l’octroi d’une nouvelle carte de séjour
la signature d’un texte rappelant la supériorité de la loi française sur tout autre texte de
nature religieuse. En cas de manifestation de soutien à la doctrine islamiste, la carte de séjour
sera automatiquement retirée, sans recours administratif ou juridictionnel possible, par la
préfecture, et l’individu expulsé.

Proposition n°16 : Entre la sécurité de nos concitoyens et ceux qui veulent notre mort, il n’y a
pas de place à l’hésitation. Il est temps de redonner à la France les moyens de gagner la guerre
contre le terrorisme islamiste en excluant du droit de recours individuel devant la Cour
européenne des droits de l’Homme les affaires liées au terrorisme.

Proposition n°17 : Oser la France souhaite innover en proposant un texte de loi refondant la
guerre contre le terrorisme, assumant une modification de l’état de droit. Ce texte créerait
une juridiction d’exception, la Cour de sûreté antiterroriste, chargée de juger les faits de
terrorisme sur l’ensemble du territoire national. Inspirée de la Cour de sûreté de l’Etat créée
par le général de Gaulle en 1963 et supprimée en 1981 pour juger les faits commis pendant la

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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guerre d’Algérie, elle remplacerait la Cour d’assises spéciale chargée des faits de terrorisme.
Elle serait composée de juges militaires, qui sont les plus à même de juger des criminels de
guerre, sous la présidence d’un magistrat de l’ordre judiciaire. Les terroristes seraient jugés
en application du droit existant en les qualifiant de soldats étrangers, mercenaires ou espions.

Proposition n°18 : Pour gagner la « guerre contre le terrorisme », qui est notamment une
guerre contre un quasi-État, nous devons également déchoir de leur nationalité les Français
partis combattre en Syrie, sans établir de distinction entre le mode d’acquisition de la
nationalité. Pour cela, nous appliquons strictement la Convention internationale du 30 août
1961 sur la réduction des cas d’apatridie quand bien même elle n’a jamais été ratifiée par la
France. Celle-ci ne l’a au demeurant signée qu’assortie de réserves expresses permettant de
déchoir de la nationalité française les individus réputés dangereux, même s’ils deviennent
apatrides. Il conviendra de fixer dans notre droit ces éléments. De même, tout discours ou
comportement d’apologie, d’approbation ou de prosélytisme en faveur de mouvements
islamistes qui débouchera sur une condamnation entraînera la déchéance de nationalité.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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I. BLEU : Assimiler la culture française en


menant une politique de « préférence
culturelle »

Oser la France a choisi de débuter ce livre tricolore non pas par la religion proprement dite ou
par l’idéologie politique mais par le sujet culturel. C’est en effet dans la société que la bataille
se déroule, car les éclaireurs de l’islamisme sont les attaques sociétales qui se multiplient sur
toute une série de sujets, qui vont de la place de la femme à la revendication identitaire. C’est
aussi la première chose qui heurte nos concitoyens.

A) L’Islam pose un défi culturel, pour lequel la loi de 1905 est en partie
inopérante

On aurait tort de penser que le sujet de la culture est totalement indépendant de la religion.
En effet, par bien des aspects, la culture nationale Française, dont la République est un des
éléments les plus institutionnalisés, est le produit soit d’une laïcisation de préceptes chrétiens,
soit d’une réaction à cette même religion. On ne peut pas comprendre l’attachement français
à la laïcité sans se référer aux Lumières et à Voltaire, et donc a contrario par la relation
complexe que la société dite civile a entretenue par le passé avec le catholicisme.

Lorsque l’on parle d’intégration de l’Islam dans la République, il ne s’agit pas seulement d’un
sujet d’organisation religieuse. En effet, la religion musulmane est intrinsèquement liée au
berceau originel qui l’a vu naître – le monde arabo-musulman – ne serait que par l’usage de
l’arabe dans la lecture du Coran. En outre, les populations immigrées qui ont emporté avec
elle l’Islam dans leur bagage ont également importé des modes de vie culturels liés à la
civilisation qui a vu naître la religion musulmane, et qui peuvent poser problème au regard de
la culture nationale du pays d’accueil. On désigne sous le chapeau des sujets culturels des
choses qui ne sont pas directement cultuelles –au sens que d’un pays musulman à l’autre,

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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elles seront appréhendées différemment – sans pour autant en être totalement distinctes,
comme le choix de la nourriture halal, le refus de consommation du porc, la relation aux
femmes, ou, sur des choses plus anodines, le port de la djellaba dans les rues le vendredi de
la prière. L’articulation n’est donc pas ici entre laïcité républicaine et religion, mais plutôt entre
culture du pays d’origine et culture nationale.

Lorsque l’on analyse les sujets liés à l’Islam, la catégorisation n’est pas facile. L’exemple du
voile islamique, dont la pratique s’est accélérée ces trente dernières années, particulièrement
dans les banlieues, ou dans les quartiers dits « sensibles », sous l’effet de la concentration
d’une immigration d’origine arabo-musulmane, est particulièrement éclairant.

Le régime né de loi de 1905 établissait un modus vivendi de manière assez binaire, elle fait
finalement comme s’il n’y avait que deux univers possibles : celui de l’État et celui de
l’intime/du religieux. Le concept de laïcité est clair : la religion ne peut pas être autorisée à
réguler le champ culturel, le champ du débat et de la société civile car des croyances absolues
peuvent dialoguer mais difficilement s’accorder si elles s’excluent mutuellement. Or, la société
fonctionne sur le compromis. Une autorité religieuse peut donner son avis sur le débat public,
et même être sollicitée à le faire (liberté d’opinion) mais pas être autorisée à le contraindre
ou l’arbitrer. Les Français considèrent que dans le premier monde, celui de l’État, la plus
grande neutralité demeure et la laïcité est alors inaltérable. Il s’agit par exemple de la
neutralité d’habillement pour les fonctionnaires ou du régime des cantines publiques. Pour le
second monde, celui privatif, c’est l’inverse : les convictions et la liberté priment, la tolérance
est grande.

Le problème est qu’entre ces deux univers, il y a la société, et que ce ne sont pas tant des
préceptes religieux ou des clergés qui débordent dans le champ civil mais des habitus
culturels, dont certains tombent sous le coup de l’islamisme mais d’autres sont inoffensifs
politiquement, quoique perturbants. Or, les citoyens ne sont pas des fonctionnaires et donc
pas visés par l’obligation de laïcité. Comment et au nom de quoi arbitrer dans l’espace civil
entre des vecteurs culturels rattachés à une religion et la culture nationale ? La loi de 1905 est
muette sur ce point. Ainsi, en appliquant la loi de 1905 à la lettre, sur des sujets vestimentaires,
on devrait autoriser le voile ou le burkini. Néanmoins, face à la fragmentation identitaire, la

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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tentation de certains partisans de la laïcité est d’étendre la « neutralité » religieuse à toute


la société.

B) La nécessité de défendre une République mono-culturelle fière de son


héritage judéo-chrétien et gréco-latin face aux « agents neutralisants »

En 1905, la question de la société ne faisait pas débat car la France était fortement
christianisée. La règle sociale était donc corrélée aux valeurs intimes, largement
consensuelles : même des anticléricaux notoires ou des socialistes adversaires de l’Église
partageaient un fond culturel chrétien. Jean Jaurès, par exemple, était un spiritualiste et
croyant convaincu, et l’Histoire a oublié que s’il défendait la laïcité, c’était pour préserver le
message chrétien de son dévoiement en une morale publique de domination, protéger la
chrétienté de la politisation. Preuve en est, la République a nationalisé les biens de l’Église en
1905 avec pour contrepartie leur entretien par l’État (cathédrales) ou les municipalités
(églises) : elle ne les a pas rasés…

Avec la déchristianisation et l’importation de modèles culturels concurrents, non seulement


le modèle islamique met au défi l’ordre public, mais celui-ci est privé de fond religieux
chrétien pour expliquer sa culture nationale. Aujourd’hui, les morales privées sont multiples,
la morale d’État est privée de son socle civilisationnel judéo-chrétien et gréco-latin, de moins
en moins compris par une société qui s’éloigne du modèle originel. Notre héritage et notre
patrimoine sont sous le feu d’idéologues qui, sous couvert de la loi de 1905 et de laïcité,
veulent « neutraliser » la société. Ils subissent depuis de nombreuses années des attaques
régulières de la part de libres penseurs qui se bornent à détruire, jour après jour, toute
référence aux traditions folkloriques et à la culture judéo-chrétienne et gréco-latine de notre
pays. Ainsi, après avoir modifié les « fêtes de Noël » en « fêtes de fin d’année » et les
« vacances de Pâques » en « vacances de printemps », après avoir tenté de faire disparaître la
mention de « Saint » et de « Sainte » dans les éphémérides de notre calendrier, il s’agit
maintenant pour ceux qui s’acharnent à défendre le politiquement correct de s’attaquer aux
crèches de Noël installées depuis des siècles dans les lieux publics.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Encore récemment, en septembre 2018, une école a failli renoncer à organiser des festivités
de Noël car un parent d’élèves s’était ému de l’atteinte portée à la laïcité. Il a fallu
l’intervention du rectorat pour que la directrice, inquiète de manquer à ses devoirs, décide de
rétablir les célébrations. Cet épisode montre que le concept de laïcité, même pour des
serviteurs de l’État, devient flou au point d’être confondu avec celui de neutralisation
culturelle, pour ne pas dire d’aseptisation.

La société est donc devenue le véritable champ d’une bataille, qui est moins religieuse que
culturelle. Pour Oser la France, il faut strictement séparer ce qui relève de la loi de 1905
(laïcité par rapport au fait religieux), de ce qui concerne la culture nationale, pour laquelle
aucune neutralité n’est possible. Il faut avoir une politique de préférence culturelle pour
refuser une République multiculturelle ou déracinée, en posant un principe clair : toutes les
croyances sont traitées sur un même pied d’équité par la République, mais pas toutes les
cultures. L’équité n’est pas l’égalité : il ne s’agit pas de rattraper en quelques années un
millénaire de culture religieuse, mais il s’agit de permettre à une nouvelle religion de
bénéficier exactement des mêmes droits et devoirs que les autres.

C) Les revendications identitaires profitent de l’excès libéral de la société


française

L’incapacité de l’État à faire face aux défis de l’implantation de l’islam en France s’explique
notamment par le fait que le débat prend place à une époque, où justement, la part libérale
de notre culture nationale a pris une ampleur déraisonnable pour devenir libertaire. Ces
valeurs sont issues notamment de la pensée des Lumières et du christianisme, dont
l’interprétation extensive conduit à faire systématiquement primer les droits individuels sur
l’intérêt général et la morale collective. La tolérance est devenue indifférence ou indulgence,
pour ne pas dire relativisme intégral : toutes les revendications se valent. À partir du
moment où, à l’autre bout du champ social, on considère comme normal la revendication
végane, comment refuser aux musulmans le droit d’avoir des menus différenciés ? Si l’on
autorise une femme sur une plage à dévoiler son corps, au nom de quoi peut-on exiger que
l’inverse soit interdit ? C’est d’ailleurs en vertu de la garantie des libertés individuelles que le

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Conseil d’État avait suspendu, en 2016, les arrêtés de maires ayant interdit le port du
« burkini » sur les plages.

Cet exemple illustre bien comment notre système est démuni face à une pratique que l’on
combat culturellement, voire moralement, mais qu’on ne parvient à interdire
juridiquement. L’idéologie des droits de l’homme, l’extension des droits individuels,
l’incapacité de gérer les flux migratoires et l’importation extensive du droit de la Convention
européenne des droits de l’Homme sont autant de cause de notre désarmement juridique
face à l’extension de l’islam politique. Le mal-être par rapport à l’Islam est donc aussi le miroir
du propre mal-être de la société libérale Française, qui renonce de plus en plus à faire primer
l’intérêt de la société sur l’intérêt des individus.

Le problème est que l’Islam conservateur, et l’Islamisme a fortiori, sont des doctrines qui ne
sont pas du tout libertaires. L’alliance de la permissivité libertaire et de communautarisme
islamique ou islamiste est donc tactique, mais pas pérenne. Le réveil d’aspirations
antagonistes peut donc mener à terme à l’intolérance, voire à un conflit ouvert, d’autant
qu’il provoque à l’autre bout de la société le repli identitaire des catholiques, des juifs et des
libre-penseurs.

Sur le sujet de la culture musulmane, il convient donc de dissocier deux types, deux catégories
de pratiques.
La première regroupe des choses qui relèvent clairement de la laïcité mais où certains
peuvent envisager des adaptations au nom de la liberté religieuse comme le halal dans un
TGV, l’absence de porc au menu de cantines scolaires, etc. Ce qu’on appelle « les
accommodements raisonnables ».

La seconde zone regroupe des comportements culturels qui s’attaquent aux règles qui
régissent la société et brisent le consensus. On peut mettre ici la langue utilisée pour pratiquer
sa religion, le port du voile pour des accompagnateurs épisodiques du service public, le refus
de la mixité dans le cadre d’un examen médical, la demande de menus de substitution dans
les cantines, l’aménagement du temps de travail pour exercer sa religion, le burkini ou la
séparation hommes/femmes dans les piscines.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Le mot de laïcité, parfois utilisé pour contrer cette incursion, est en réalité d’usage malaisé.
En effet, chaque cas d’école précité est un affrontement entre une morale individuelle où le
religieux et le culturel se mélangent, et un ordre public, adossé à une culture malmenée.
Certains invoqueront donc la laïcité et d’autres pas. La manière de trancher ces cas épineux
variera suivant les individus et dépendra du système de valeurs appliqué. Dans le cas de
l'examen médical, selon qu'on fera primer la notion de service public de santé ou la liberté de
choisir son médecin, on estimera que le refus de la mixité est acceptable ou pas. Dans le cas
des piscines, le choix sera plus clair : l’égalité hommes-femmes et la place de la mixité
hommes-femmes dans la culture française suffisent à refuser cette pratique sans invoquer un
quelconque autre principe. Dans l’ensemble de ces situations, d’autres valeurs doivent
permettre d’être invoquées, au nom de la culture française, de ses mœurs.

La réflexion sur l’islam doit donc porter sur une adaptation de notre système de valeurs en
fixant des limites lorsque la cohésion de la nation est en jeu. Cela suppose donc de distinguer,
parmi les revendications identitaires et personnelles, les causes objectives qui permettraient
de les accepter ou au contraire de les refuser. Oser la France ne partage pas la théorie en
vogue dans les juridictions administratives qui présente la laïcité non plus comme
séparation ou indifférence aux cultes mais comme promotion de l’égalité des
manifestations religieuses, et surtout de pratiques culturelles.

Oser la France considère qu’il faut savoir choisir ses combats, en privilégiant ceux qui sont une
remise en cause fondamentale de nos règles et principes communs, même si certaines
revendications produisent légitimement des réactions épidermiques chez nos concitoyens.

D) A Rome, fais comme les Romains

Par crainte d’embraser la situation de certains quartiers, l’État a laissé prospérer la


manifestation des cultures étrangères à la France. Nous souhaitons que l’État se réarme
culturellement et moralement et qu’il renforce les citoyens français dans l’idée que leur
manière de vivre ne doit pas s’effacer et qu’ils sont soutenus lorsqu’ils souhaitent la défendre.

Pour Oser la France, importer son culte n’est pas importer sa culture, et il convient de
systématiquement donner la priorité aux us et coutumes issus de la culture nationale, c’est-

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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à-dire judéo-chrétienne, de droit latin et de philosophie grecque. En d’autres termes, la


religion musulmane, lorsque sa pratique se cantonne à l’espace privé, est l’égale en France de
ses consœurs catholiques ou juives, mais la culture arabo-musulmane doit céder le pas à la
culture nationale du pays d’accueil. L’attachement à la Nation n’est pas incompatible avec la
foi musulmane : les harkis en sont la plus vivante incarnation, même si la France sur ce sujet
a manqué justement à sa parole et mal accueilli ceux qui avaient versé leur sang pour elle.

Oser la France considère que la règle dominante dans les espaces intermédiaires doit être
« à Rome, fais comme les Romains » et que face aux dérives constatées, il convient de le
rappeler dans la Constitution. De manière à mettre un terme définitif à une dérive qui
prend les apparences de la laïcité mais choque de nombreux concitoyens, croyants ou pas,
et sincèrement attachés aux traditions culturelles de la France, il appartient au Législateur
d’établir une distinction entre ce qui relève du culte et ce qui relève de la culture et des
traditions (comme par exemple sur les crèches de Noël), ou encore de la coutume (pratique
qui a une pertience au plan juridique).

Proposition n°1 : Réécrire le premier alinéa de l’article 1er de la Constitution du 4 octobre


1958 ainsi : « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle
assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de
religion. Elle respecte toutes les croyances dans la limite de la préservation de son propre
patrimoine matériel et immatériel, de ses traditions et pratiques régionales et de sa
coutume nationale. Son organisation est décentralisée ».

Lorsque certains usages sont en contradiction avec la culture nationale, ils doivent être
combattus. La langue vernaculaire de la religion musulmane doit être le français, langue
de la République, et non l’arabe ou le turc. A cet égard, la proposition d’Hakim El Karoui4
de diffuser davantage l’arabe dans l’école contrevient à la logique assimilationniste, mais
surtout à la constitution de la République qui fait du français la langue de la Nation. L’arabe

4
Dans le rapport de l’Institut Montaigne « La fabrique de l’islamisme », Hakim El Karoui, septembre 2018

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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est consubstantiel de l’Islam car le Coran a été rédigé et est récité dans cette langue. Ceci
ne doit cependant pas déboucher sur un séparatisme linguistique.

Proposition n°2 : Nous proposons de mieux délimiter le recours à la langue arabe dans une
République dont le Français est la seule langue officielle. Il convient d’interdire l’usage
d’une langue étrangère pour les prêches dans les lieux de culte, à l’exception donc de la
lecture des textes fondateurs comme le Coran. A l’école, priorité doit être donnée à
l’apprentissage de la langue française, l’apprentissage de l’arabe devant relever du droit
commun au même titre que les autres langues vivantes. Un soin particulier sera porté pour
proposer un enseignement de qualité excluant le recours aux textes et aux enseignants
religieux. Dans les services publics, la tentation de céder au plurilinguisme (guichet,
informations données au public) doit être fermement combattue.

Seules doivent être tolérés des aménagements visant à permettre le libre exercice d’une
croyance à condition qu’ils ne perturbent ni l’ordre public, ni le bon fonctionnement de la
société.

o Ainsi, la loi doit permettre à un musulman de prendre des jours de congés pour
raison de fête religieuse, dans la limite qui est l’intérêt du service ou de
l’entreprise, mais le refus d’écouter de la musique à l’école ou d’utiliser un
mobilier rouge interdit par le Coran est proprement inacceptable.
o Des cimetières musulmans peuvent être ouverts, dans les mêmes conditions
que les autres croyances.
o Des repas alternatifs sans viande (et non sans porc) pourraient être proposés
dans les cantines, afin de respecter les convictions de certains élèves, mais cet
objectif ne devrait pas se faire au détriment de la découverte des traditions
culinaires françaises et de la diversité alimentaire.
Renan rappelait, dans Qu’est-ce qu’une nation ?, que la nation est un « plébiscite de tous les
jours ». Oser la France considère qu’il faut donc résolument affirmer l’identité nationale
comme socle commun à tous les Français.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Pour Oser la France, la double nationalité jette la suspicion de double allégeance entre une
culture étrangère et la culture française. Le Japon par exemple proscrit totalement la
possibilité de disposer de plusieurs nationalités et certains pays comme la Belgique ou
l’Allemagne ôtaient, jusqu’aux années 2000, aux ressortissants étrangers qui obtenaient la
nationalité belge leur nationalité d’origine. Etre français ne peut être réduit à un document
administratif donnant accès à un certain nombre de droits. Force est de constater que la
double nationalité apparaît, dans certains cas, comme un moyen de bénéficier d’avantages
notamment sociaux en France, tout en poursuivant un dessein étranger. Or il réside, derrière
la nationalité, l’appartenance à la Nation française, l’adhésion à un certain nombre de valeurs,
ainsi que la volonté de s’inscrire dans une histoire et un destin communs.

Proposition n°3 : Nous proposons de restreindre, pour l’avenir de notre nation, purement et
simplement les conditions d’accès à la double nationalité pour les résidents présents sur le
sol français, en la limitant aux partenaires de l’espace francophone car nous avons déjà une
langue en commun, ainsi que pour les ressortissants de pays – notamment ceux de l’Union
Européenne – à condition qu’ils contractent un traité spécifique permettant de régler les
litiges juridiques, sociaux et politiques avec la France (notion de réciprocité notamment pour
les français établis à l’étranger). Au moment de la naturalisation, la preuve de l’abandon de
la nationalité d’origine sera demandée. L’accomplissement du service militaire dans un autre
pays entraînera la perte ou empêchera l’obtention du droit à la nationalité française. Nul ne
pourra exercer des fonctions politiques ou diplomatiques au nom de la France dans le pays où
il a des attaches familiales.

Enfin, nous pensons que le choix d’un prénom pour quelqu’un qui naît de parents étrangers
sur le sol Français ou qui acquiert la nationalité Française est un signe d’intégration et le
meilleur vecteur de lutte contre les discriminations. Nous estimons que la loi du 11 Germinal
An XI (1er avril 1803) relative aux prénoms et changements de noms imposant aux parents de
choisir des prénoms issus des « différents calendriers, et ceux des personnages connus de
l'histoire ancienne », qui a été abrogée en 1993 sous l’ère balladuro-mitterrandienne, était un

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
32

facteur favorisant l’assimilation républicaine et contribuait à mener la bataille culturelle


contre le multiculturalisme.

Proposition n°4 : Nous proposons de rétablir partiellement la loi prévalant avant 1993 sur le
choix du prénom mais avec plusieurs adaptations. Nous proposons d’imposer à tous ceux qui
veulent acquérir la nationalité française (mariage, droit de sol, naturalisation par décret…) de
choisir un de leurs prénoms (avec la possibilité lorsqu’il n’y en a qu’un d’y adjoindre un
deuxième ou troisième prénom) parmi ceux issus des différents calendriers français, et ceux
des personnages connus de l'histoire nationale. Il s’agit ici de manifester son désir
d’intégration (pour les adultes) et, pour les enfants de leur permettre, s’il le souhaitent, de
modifier leur prénom usuel en l’invertissant avec un deuxième ou un troisième prénom plus
adapté à la culture nationale.

Oser la France souhaite combattre un discours qui, sous couvert d’antiracisme et de diversité,
classe les hommes en fonction de leur couleur de peau et les réduit à leurs seules origines. Le
discours victimaire, promouvant toujours le culte des origines sur le sort national doit être
combattu au profit de l’appartenance à la communauté nationale.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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II. Vivre en paix avec les Islam(s) en


France
A) La laïcité à la Française questionnée

Lorsqu’on parle de laïcité, l’opinion publique a tendance à la concevoir comme la réponse à la


progression de l’islam, de l’islamisme et du communautarisme. Pourtant, la laïcité ne
concerne que l’aspect religieux et cultuel, alors que le défi de l’Islam est plus large. De plus, la
loi de 1905, présentée par les libre-penseurs les plus militants comme l’arme absolue contre
les fanatismes, est largement inopérante. Rappelons que la loi de 1905 était avant tout dirigée
contre une religion en particulier : la religion catholique. Il s’agissait de combattre une Eglise
catholique jugée rétrograde durant la seconde moitié du XIXème siècle – rappelons que le
Syllabus papal de 1864 condamnait la démocratie. Ce fut à tort interprété par les plus
radicaux comme une déchristianisation de la société. L’Islam sunnite, religion sans clergé mais
qui fait de la politique autrement (par les réseaux sociaux notamment) n’est nullement gêné
par la loi de 1905.

Il y a au contraire une mauvaise interprétation de la loi de 1905, dont on a oublié la


philosophie initiale pétrie de tolérance et de liberté. Oser la France considère que la liberté
de croyance doit être totale, quand bien même l’Islam ne serait pas une religion
« autochtone ». Au XVIIIème siècle, l’homme politique Stanislas de Clermont-Tonnerre disait à
propos de l’intégration des Juifs en France : « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et
accorder tout aux Juifs comme individus ». Oser la France considère que cette maxime doit
s’appliquer aux musulmans, à qui il faut tout accorder comme citoyens, mais pas comme
communauté. La Nation est souveraine, pas la communauté.

Si on retient la loi de 1905 sur le seul périmètre religieux, celle-ci n’est pas exempte de défauts,
qu’il faudrait corriger.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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B) L’organisation du culte

L’Etat n’est en mesure de se mêler de cette organisation que dans la mesure où il y a une
interaction avec l’ordre public. Il s’agit d’éviter une théologie qui soit inconciliable avec les
principes de la République, des prêches contraires à l’ordre public, et un financement qui
détourne l’institution religieuse de son véritable objectif en transformant certaines mosquées
en ambassades de pays étrangers ou en permettant des détournements de fonds.

La première étape est donc la sensibilisation du clergé musulman aux questions


républicaines. L’islamologue Ghaleb Bencheikh a ainsi proposé trois axes de réflexion de
réforme de l’islam, qui pourraient constituer le cœur des travaux de cette école :

● La liberté de conscience des fidèles


● L’égalité fondamentale et égale dignité entre les êtres
● La désacralisation de la violence

Une université de théologie, optionnellement d’Alsace-Moselle, c’est-à-dire relevant du


régime concordataire, pourrait être chargée de délivrer des formations sanctionnées par un
diplôme. L’Etat reconnaîtrait ce diplôme et toute association cultuelle devrait disposer d’un
imam diplômé. On développerait ainsi un « esprit réseau » dans le monde musulman en
France. Il ne s’agirait pas de rentrer sur le terrain glissant de la croyance, mais plutôt de
s’assurer que les imams sont sensibilisés à l’environnement juridique dans lequel ils évoluent.
En revanche, ce serait bien un institut centré sur les questions de foi qui dispenserait cette
formation, de manière à prendre en compte dès l’origine la sensibilité musulmane sur ces
sujets. L’objectif de cette chaire sera de faire naître une école juridique ayant pour objectif la
conciliation de l’interprétation des textes avec les valeurs de la France.

Il est à noter que l’Islam n’est pas la seule religion en plein essor sur notre territoire et qu’un
dispositif comparable mériterait d’être étudié pour les églises évangéliques. Avec les autres
religions, déjà constituées, l’Etat pourrait également, par souci d’égalité, nouer une relation
de délégation et s’assurer que les formations existantes intègrent aussi une sensibilisation aux
règles de laïcité.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Nous souhaitons confier à une Université de théologie la responsabilité de


créer une formation obligatoire avant de prêcher en tant qu’imam sur les questions des
valeurs républicaines. Cette formation universitaire ne serait pas tant théologique que
juridique et historique (histoire des religions, histoire politique de la France et épistémologie).
Le diplôme délivré serait accompagné d’une signature d’une charte de respect des lois
françaises.

Oser la France considère cependant que pour être véritablement efficace, ces imams
devraient également bénéficier d’une formation entrepreneuriale de manière à s’assurer
qu’ils soient en capacité de développer l’autosuffisance financière des mosquées tout en
ayant à l’esprit les règles juridiques, d’urbanisme et de comptabilité, ainsi qu’une
sensibilisation aux sujets de blanchiment.

Les ouvrages religieux imprimés à l’étranger devront être conformes à une version établie à
l’issue d’une réflexion des docteurs en droit et philosophie musulmanes, de façon à ce que
leur rédaction soit adaptée au monde moderne et ne heurte pas l’ordre public républicain.

La seconde étape est la constitution d’instances représentatives. Oser la France ne croit pas
en la capacité d’avoir un islam unifié et préconise donc de suspendre le CFCM. Plutôt que de
parler d’une instance nationale, ce qui suppose de réfléchir ensuite à des clés de répartition
complexes (superficie des établissements religieux, nombre de fidèles etc…), Oser la France
propose de travailler de manière pragmatique et d’acter le fait qu’il y a autant d’islams qu’il y
a de communautés.

Mettre fin au mythe d’une seule organisation nationale unitaire et acter le


pluralisme des islam(s) de France : au niveau de chaque département, les différentes
associations cultuelles gérant des édifices religieux seraient autonomes avec un imam
responsable devant la loi de la bonne gestion des deniers du culte (mais aussi de ses prêches).
Ces associations devraient se constituer en Fédération départementale, le niveau de dialogue
se situant à cet étage de collectivité (Conseil Départemental), notamment pour les questions
relatives au financement. L’Etat, s’il donnait cette nouvelle compétence aux Conseils

35
Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Départementaux, devrait financer ces charges nouvelles pour ne pas mettre en péril un
équilibre financier déjà précaire.

C’est cette Fédération, assise sur une fondation départementale dont les statuts pourraient
varier d’un département à l’autre, qui serait la seule habilitée à percevoir l’argent des fidèles,
le produit de la « redevance sur le halal » (cf. partie suivante) et contrôlerait l’organisation
des pèlerinages.

Enfin dans un troisième temps, une fois les fédérations départementales toutes constituées,
Oser la France propose de rétablir et réformer le Conseil français du culte musulman (CFCM)
pour créer un organe plus représentatif des différents courants de pensée musulmane qui
constituerait également une instance de contrôle, sur le modèle du Consistoire israélite de
France. Ce CFCM serait constitué des 104 délégués issus des 104 Fédérations.

C) La question du financement des cultes

Tout d’abord, la loi de 1905 a figé l’état des religions à un moment « T », et introduit de facto
une inégalité vis-à-vis des religions apparues plus tardivement sur le sol national, telles que
l’Islam. La loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat a mis fin au concordat et établit
que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Depuis, la
religion catholique bénéficie de nombreux lieux de culte entretenus par l’Etat car préexistant
à la loi de 1905. A l’inverse, au nom de la laïcité, l’Etat s’interdit de financer des nouveaux lieux
de culte, d’où des contournements peu glorieux pour donner quelques coups de pouce à la
construction de mosquées, et permettre ainsi la pratique effective de la religion musulmane.

Cette réforme du financement implique ensuite trois questions qui ont trait aux autres
dimensions de l’Islam :

● Le financement de certains édifices chrétiens et israélite est lié au patrimoine et donc


à la culture nationale. La réforme du financement des religions doit donc clairement

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
37

séparer ce sujet de celui de la construction des lieux de culte.

● Il faudrait cependant assouplir certaines règles, dépassées par les contraintes


modernes, et ce pour tous les cultes. Est-ce par exemple une entorse à la laïcité que
d’aider un lieu de culte à se doter d’un accès handicapé ? Pas plus que de financer la
réfection d’un vitrail ou d’un angelot sur un autel. Tout ceci est hypocrite.

● Le financement actuel des cultes opéré de l’étranger transforme certains imams et


mosquées en représentations officieuses de pays étrangers. A partir du moment où
certains de ses pays promeuvent une vision politique de l’Islam qu’il convient de
combattre, l’indépendance du financement est la clé.

Pour Oser la France, un toilettage de la loi de 1905 paraît pertinent dès lors qu’il vise à limiter
les financements étrangers dans la construction de nouvelles mosquées.

Principe d’interdiction de financement direct des organisations,


établissements et lieux cultuels musulmans, par des Etats étrangers. Dans le cas précis du culte
musulman, le circuit financier passerait par une fédération départementale ou la Fédération
nationale. L’Etat gardera la possibilité de suspendre ou interdire un financement qu’il juge
contraire à ses intérêts.

Sans remettre en cause le principe de séparation des églises et de l’Etat, il


convient d’adapter la loi de 1905 en permettant plus de souplesse dans le financement de
certaines dépenses détachables du culte, par une collectivité publique. Il ne s’agirait pas de
permettre le financement de la construction de lieux de cultes, ni d’effacer une dette mais de
contribuer à certaines dépenses d’intérêt général (mise aux normes de sécurité ou handicapé
par exemple). Afin d’éviter le « clientélisme municipal », Oser la France considère que c’est au
niveau du conseil départemental que ces aides pourraient être opérées, sous la forme
d’avances remboursables ou de garanties d’emprunt et non de subventions, et ce pour tous
les cultes. L’article L 2252 du Code Général des Collectivités Territoriales serait ainsi modifié
pour élargir les conditions de garanties d’emprunt, aujourd’hui limitées aux « agglomérations
en voie de développement ». Une contractualisation avec chaque association, sur le modèle
de l’enseignement privé, permettrait ainsi d’ouvrir droit à de telles aides, en y incluant

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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certaines contreparties comme par exemple un volet d’intégration paysagère conforme de


manière à accorder l’esthétique extérieure avec l’écosystème urbain existant.

A contrario, pour les Maires ne respectant pas ce partage de compétences


et contournant la loi de 1905, Oser la France propose de renforcer les peines encourues, en
les rendant redevables sur leurs fonds personnels des sommes versées illégalement.

En termes de financement, le halal est effectivement une bonne solution pour le financement
des cultes, à condition d’encadrer sa pratique et de préciser la définition du halal. L’abattage
rituel doit respecter le champ réglementaire. Il ne s’agit pas d’instituer une taxe, mais de la
même manière que les croyants d’autres religions participent au financement de leur culte,
laisser la possibilité pour chaque entité autonome du culte musulman la possibilité d’être
financé par un abattoir confessionnel.

L’abattage halal doit faire l’objet d’une définition claire, rester dérogatoire
du droit commun et soumis à autorisation avec possibilité de retrait de la garantie par l’Etat.
Le sujet principal est celui de la qualité alimentaire, donc de la protection du consommateur,
et du respect de la législation relative à la protection des animaux. Cela suppose :

• De préciser les conditions d’étiquetage de manière à ce que les Français puissent


choisir en toute connaissance de cause leur viande lorsque certains abattoirs
mélangent une activité halal et une activité traditionnelle (certains abattoirs vendent
de la viande sans préciser le mode d’abattage). Il est important que les collectivités
locales ne rémunèrent pas indirectement une religion, via des abattoirs confessionnels
• De s’assurer que le mode d’abattage n’inflige pas des souffrances inutiles
(étourdissement préalable obligatoire).
• D’interdire l’abattage sauvage et d’établir une traçabilité sanitaire.

En l’absence de création de fédération départementale, destinée à percevoir cette taxe, les


sommes alimenteront une fondation nationale, qui servira à financer les actions associatives
relatives à l’Islam et la République, et à percevoir des dons sous forme défiscalisable. Pour les

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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autres cultes, le même principe pourrait leur être appliqué, sauf existence d’une structure
nationale de coordination capable d’opérer ceci.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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III. ROUGE : Anéantir l’Islamisme avant qu’il


ne nous détruise

Wahabisme, salafisme, djihadisme… Les mots sont multiples pour désigner l’adversaire que la
République entend combattre. Oser la France préfère écarter des dénominations de courants
religieux, qui donnent l’impression qu’on entend faire la guerre à l’Islam, et utilise le mot
d’islamisme.

L’islamisme est un terme réapparu dans le langage courant dans les années 1970, employé
parfois à tort comme un synonyme de radicalisme, ou d’extrémisme, en opposition à
« l’islam » qui comporterait une vision plus modérée. Il convient plutôt de s’attacher à
l’acception politique du terme « islamisme » défini comme étant l’expression du « choix
conscient de la doctrine musulmane comme guide pour l’action politique »5.

S’intéresser à des solutions contre l’islamisme, c’est donc réfléchir à un système dans lequel
l’islam, sans renier ses fondements, peut coexister avec le reste de la société en France en
écartant les aspects les plus politiques qui entrent en conflit avec notre mode de
fonctionnement temporel. L’Humanité toute entière vient d’assister à une tentative, au
Moyen-Orient, de création d’un Etat terroriste, criminel et génocidaire. Tout ce qui pourrait
de près ou de loin, en France, se rapprocher ou évoquer ce système doit être sévèrement
puni.

Autrement dit, l’enjeu est le suivant : comment concilier le principe d’auto-organisation du


culte musulman avec la nécessité de préserver une pratique de l’islam compatible avec la
France et la République ?

5
Définition de Guazzone (Laura) ed. The Islamist Dilemma - The Political Role of Islamist Movements in
the Contemporary Arab World, Ithaca Press, Reading, Royaume-Uni, 1995

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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A) Les yeux grands fermés ?

Alors que les signes d’une mise sous tutelle de certains pans du territoire sous mainmise
islamiste se confirment, notamment en Seine Saint Denis, l’Etat ne semble pas vouloir agir.
Comme l’écrit Julien Benda dans « la démocratie à l’épreuve », lorsque la démocratie est
attaquée, elle doit se défendre.

Proposition n°11 : Nous estimons urgent de reconquérir les « territoires perdus » et délaissés
à l’islamisme avec une loi « de pacification républicaine » établissant les quartiers prioritaires
à désislamiser, en prévention par la culture et en répression par la force. Cette loi permettra
d'accroître les moyens mis à dispositions par les services publics et les acteurs de la société
civile luttant contre le prosélytisme religieux caractérisé par des violations répétées de la loi
et la manifestation hostile aux lois de la République et aux libertés individuelles de nos
citoyens, et à mobiliser les services de l’Etat agissant dans les domaines du banditisme, de la
lutte contre le trafic de stupéfiants, de la douane ou du renseignement. Un soin particulier
sera apporté aux quartiers considérés comme victimes d'entreprises salafistes; la définition
de ces quartiers sera établie par une commission réunie autour du préfet, associant les
représentants de la fédération cultuelle départementale évoquée plus haut, les représentants
des conseils départementaux et des associations nationales reconnues d'utilité publique
oeuvrant pour l'intérêt général en matière d'éducation populaire et de promotion de la
citoyenneté. Le préfet pourra, le cas échéant, s'appuyer sur l'avis du comité de docteurs de
la foi (proposition 5) afin de mettre en exergue le caractère proprement islamiste ou salafiste
des organisations incriminées sur le quartier". La liste des quartiers prioritaires à désislamiser,
validée en comité interministériel, ouvrira l'obtention de moyens substantiels de l'action
publique. En particulier, elle permettra de mobiliser, dans des conditions déterminées par un
décret en Conseil d'Etat, la garde nationale pour une durée limitée. Ces zones bénéficieraient
d’une densification réelle et visible des moyens. Cela passe par la fermeture des mosquées
salafistes et l’interdiction faite aux imams salafistes de prêcher.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
42

Nous attribuons cette mollesse à une multiplication de facteurs :

Premièrement, la conjonction de l’idéologie néo-libérale mondialisatrice et du


transfrontiérisme se fait sur le dos de la Nation, et donc de la frontière. Il en résulte le rejet
de tout ce qui peut s’apparenter à la défense d’un territoire, d’une identité et donc d’une
souveraineté, et la propagation du modèle multi-culturel comme point d’aboutissement d’une
civilisation de tolérance et progressiste. L’épouvantail d’extrême-droite, nationaliste et
xénophobe est complaisamment agité pour faire reculer les véritables républicains, en
mélangeant sciemment ceux qui luttent contre une France multiculturelle et ceux ne veulent
pas d’une France multi-ethnique. Oser la France ne défend pas l’idée d’une ethnie Française
mais réaffirme son attachement à la civilisation et à la culture Française, c’est-à-dire
notamment nos racines judéo-chrétiennes et gréco-latines, l’héritage des Lumières et de la
Révolution Française et un mode de vie qui fait largement consensus.

En deuxième lieu, la mainmise du droit anglo-saxon, via les traités internationaux, sur le droit
interne a accompagné la propagation du multiculturalisme. Les revendications identitaires
des élites (genre, orientation sexuelle, etc…) se sont objectivement alliées aux revendications
minoritaires ou communautaires pour faire plier le modèle Républicain par une série
impressionnante d’arrêts de cours internationales (CEDH notamment) ou nationales.
Récemment, ce sont des comités d’experts de l’ONU qui ont interpellé la France à propos de
l’arrêt Baby-Loup de la Cour de Cassation ou de la loi de 2010 sur le voile intégral.

Enfin, la peur d’exercer le monopole de la violence légitime a dissout le principe d’autorité


de l’Etat. Cette faiblesse et cette incroyance dans l’usage de la Force se sont dissimulées dans
une défense de « l’Etat de droit », en le confondant abusivement avec la démocratie.

Oser la France considère qu’il faut armer juridiquement et intellectuellement la guerre contre
l’Islamisme, quitte à modifier des règles du droit existant, quitte même à s’émanciper de
normes internationales.

B) La lutte contre l’islamisme politique et son allié objectif, l’islamo-


gauchisme

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
43

Au sein de la population Française, il serait schématique de penser qu’il n’existe que deux
catégories de personnes, les islamistes terroristes et les autres. En réalité, on peut plutôt
avancer qu’il existe cinq catégories : les islamistes militants (djihadistes et terroristes), les
sympathisants (islamistes et islamo-gauchistes), les « oui mais » c’est-à-dire les personnes qui
sont d’accord avec la cause islamiste mais ne partagent pas les méthodes et qu’on qualifie
parfois ingénument d’ « islamistes pacifiques », les « non mais » c’est dire les personnes qui
ne sont pas d’accord avec les objectifs islamistes mais qui considèrent par exemple que Charlie
Hebdo a inutilement provoqué la religion, et enfin les « non catégoriques ». Tout l’enjeu est
de travailler sur les vecteurs qui font passer un individu d’une catégorie à l’autre. Cela suppose
d’avoir des alliés au sein de la population musulmane capable de dépolariser le débat et de
renforcer les associations laïques qui dans certains quartiers agissent au plan culturel et social.

Oser la France, contrairement à ce qu’a proposé Manuel Valls, refuse de transformer un


quelconque courant religieux en délit d’opinion. Il se propose plutôt d’agir sur des éléments
objectifs, en mettant hors la loi l’adhésion à l’idéologie islamiste et les organismes qui
développent un racisme essentialisant.

La France doit faire reculer l’islamisme c’est à dire la tentative de profiter des droits ouverts
par la démocratie pour faire reculer la démocratie. Cela suppose de prendre des mesures
fermes.

Proposition n°12 : Nous proposons d’interdire non pas une idéologie mais la manifestation
concrète et les vecteurs de cette idéologie. Il s’agira d’interdire préventivement les partis
islamistes mettant le respect de la loi coranique au cœur de leur programme. Il en est de
même pour les écoles professant cette idéologie sous couvert de religion, en se basant non
pas sur la teneur de l’enseignement mais sur des éléments factuels (ports de symboles
manifestant une adhésion politique de la part des enseignants ou des élèves par exemple) ;

Proposition n°13 : Sur les sujets vestimentaires, et notamment le voile, Oser la France
propose trois règles :

• Le port du voile doit être interdit par principe, au nom de la laïcité, dans tous les
établissements publics.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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• Dans la sphère intermédiaire, comme les universités, les entreprises publiques ou les
entreprises privées, il faut renvoyer le sujet au règlement intérieur, en posant un
principe général d’interdiction via la loi. Néanmoins, le voile pourrait être toléré de
manière ad hoc par dérogation accordé à un individu en particulier, pas lorsqu’il
devient la norme dans un établissement.
• Dans la sphère civile, notamment dans la rue, Oser la France considère que la règle
doit être inversée en posant un principe général d’autorisation, mais en donnant aux
forces de l’ordre la possibilité d’enjoindre à quelqu’un de l’ôter.

Nous proposons non pas de sanctionner le port du voile mais le refus de l’enlever sur
injonction de la loi ou d’un règlement intérieur, au motif qu’il s’agit là d’une manifestation de
supériorité de la loi religieuse sur la loi républicaine (triplement de l’amende, suspension des
allocations familiales…). Pour beaucoup, l’islamisme a une potentialité, en cas de victoire,
d’accoucher d’un régime fasciste qui ne dirait pas son nom. Il s’agit ici non pas d’aborder les
insignes sous l’angle religieux mais idéologiques et de s’inspirer de l’interdiction en droit pénal
français d’exhiber certains insignes, tels que la croix gammée, dont la violation est passible
d’une contravention (article R. 645-1 du code pénal).

Proposition n°14 : Dans les administrations, pour les fonctionnaires, et dans les édifices
publics, la loi doit interdire toute manifestation d’adhésion à une religion. L’Etat pourrait
réfléchir à prescrire un code vestimentaire et d’apparence extérieure pour les fonctionnaires,
de même qu’au port de l’uniforme obligatoire dans les écoles et collèges publics.

Proposition n°15 : Nous envisageons de conditionner à l’octroi d’une nouvelle carte de séjour
la signature d’un texte rappelant la supériorité de la loi française sur tout autre texte de
nature religieuse. En cas de manifestation de soutien à la doctrine islamiste, la carte de séjour
sera automatiquement retirée, sans recours administratif ou juridictionnel possible, par la
préfecture, et l’individu expulsé.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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L’islamisme politique a un allié sympathisant : l’islamo-gauchisme, un courant de pensée qui


considère, comme le résume Jacques Julliard6, que le réveil de l’islam et la montée de
l’islamisme sont le contre-pouvoir moderne au néo-capitalisme. Victimiser les musulmans en
les présentant comme les victimes d’une islamophobie est dans l’esprit de cette extrême-
gauche radicale un nouveau combat social qui fait de la figure idéalisée du « peuple
musulman » un nouveau lumpen prolétariat. Pourtant la phobie (la peur) n’est pas la haine, et
l’islamo-gauchisme mélange allègrement religion et ethnie. Un Français a le droit de ne pas
aimer une religion, sans que cela ne soit vu comme une xénophobie : est-il criminel d’être en
désaccord avec une vision du monde et des croyances ? Edwy Plenel n’hésite pas, lui, à parler
de « racisme antimusulman » comme si ces derniers étaient une race.

En réalité, l’islamo-gauchisme est un communautarisme antilibéral qui ne dit pas son nom. En
effet, en prétendant privilégier ce qui distingue les hommes entre eux, notamment leur
religion ou leur ethnie, ce courant de pensée tourne le dos aux Lumières en développant des
philosophies différentialistes. Il s’est trouvé en Tariq Ramadan un porte-voix utile, une
passerelle entre Gauche et organisations islamistes. En stigmatisant la République, la France
et la Nation comme étant les instruments d’une domination coloniale et racisme, l’islamo-
gauchisme combat l’égalité républicaine pour promouvoir la discrimination et donc la
ségrégation. Le déclin de l’école républicaine au plan des valeurs de laïcité et d’égalité est
patent. Cet islamo-gauchisme affaiblit la résistance des musulmans à une idéologie islamiste
de nature et tendance globalisante. Ils en sont donc les premières victimes. Il essentialise
l’Homme blanc en le parant de toutes les projections simplistes. Il déteste l’identité française,
car seuls les dominés ont droit à une identité, mais pas la France, car elle est nécessairement
coupable (et donc néo-vichyste). Évidemment, l’islamo-gauchisme déteste le christianisme et
le catholicisme, identifiés au cléricalisme, au colonialisme, à l’Occident. Il est aussi anti-
sioniste, Israël étant perçu comme la créature de l’Occident.

En 2005, l’appel pour les « assises de l’anticolonialisme postcolonial » avait posé les bases d’un
manifeste faisant de la France laïque un État raciste. Relisons cet extrait de l’« appel des
Indigènes », signé par la LCR : « Discriminatoire, sexiste, raciste, la loi antifoulard est une loi
d’exception aux relents coloniaux ». Il en a résulté la création du Parti des Indigènes de la

6
Revue des deux mondes, octobre 2018.

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46

République, en 2010. Le cœur du combat du PIR c’est la destruction d’une République vue
comme assimilatrice et donc homogénéïsante. Le PIR prétend fédérer les minorités coloniales.
Houria Bouteldja, cofondatrice du PIR, n’hésite pas à cibler les « souchiens » et à tenir un
discours racialiste anti-blanc pour délégitimer une expérience pourtant peu suspecte d’un
quelconque fond raciste comme « Nuit Debout ». S’en est suivi la tenue de « réunions racisées
non mixtes » réservées aux femmes non blanches. Le PIR se dit également antisioniste et au
moment des attentats de 2015 a attaqué l’état d’urgence et a refusé de soutenir Charlie
Hebdo. Oser la France s’interroge si cet « antisionisme » n’est le masque d’un antisémitisme
non assumé.

Oser la France considère que les partis islamo-gauchistes doivent être dissous, à commencer
par le Parti des Indigènes de la République, car celui-ci fait commerce d’un racisme anti-
blancs.

C) La lutte contre le terrorisme islamiste : si vis pacem, para bellum

Les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, de l’Hypercacher, du Bataclan de 2015 mais aussi
de Nice, de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016, plus récemment de Trèbes, de Carcassonne et
enfin l’attaque au couteau de Paris, ainsi que tous les autres actes terroristes qui se sont
produits ou dont les tentatives ont échoué démontrent que la menace terroriste demeure
élevée et que nous ne parvenons manifestement pas à endiguer durablement le phénomène.

Dans ce nouveau contexte sécuritaire, la Cour européenne des droits de l’Homme s’est
montrée tout à fait indifférente à la protection des intérêts des nations européennes et de
leur sécurité. Déjà, dans deux arrêts du 4 décembre 2014, la même Cour avait condamné la
France, suite à l’arrestation de pirates somaliens à l’issue de la prise d’otage de deux navires
français dans le Golfe d’Aden en avril et septembre 2008. Or, le 1er février 2018, celle-ci a de
nouveau condamné la France pour avoir expulsé vers son pays d’origine un ressortissant de
nationalité algérienne, coupable d’association de malfaiteurs terroristes, considérant que
notre pays a violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui interdit
la torture, au prétexte que l’Algérie se rendrait coupable de « cas de torture et d’autres
mauvais traitements dans des lieux de détention, en particulier dans le cadre de la lutte contre

46
Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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le terrorisme ». Par cet arrêt, la Cour impose à l’Etat français d’accorder l’asile à un
ressortissant algérien qui n’en remplit nullement les conditions.
Pour ces mêmes motifs, la Cour avait, par une décision du 6 septembre 2011, interdit à la
France d’expulser, déjà vers l’Algérie, Djamel Beghal, considéré comme l’émir des frères
Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Djamel Beghal avait pu alors préparer et apporter son
« expertise » en matière de terrorisme aux auteurs des attentats de Paris de janvier 2015 dans
les mois qui précédèrent leur horrible forfait.
Cette incapacité à prendre en compte le nouveau contexte sécuritaire dans lequel nous vivons
peut s’avérer un véritable danger mortel pour la France ainsi que l’ensemble des sociétés
démocratiques en Europe. Elle est, a minima, la preuve que la Cour européenne des droits de
l’Homme nous empêche de mener la politique pénale et migratoire que nous souhaitons.

Proposition n°16 : Entre la sécurité de nos concitoyens et ceux qui veulent notre mort, il n’y a
pas de place à l’hésitation. Il est temps de redonner à la France les moyens de gagner la guerre
contre le terrorisme islamiste en excluant du droit de recours individuel devant la Cour
européenne des droits de l’Homme les affaires liées au terrorisme.

Il se trouve en réalité que nous répondons actuellement à une situation exceptionnelle avec
notre cadre juridique de droit commun. Force est de constater que notre système répressif,
configuré par fonction en temps de paix, est inadapté. Il ne punit pas les djihadistes français
qui préparent des attentats terroristes avec la sévérité particulière qui s’impose. Ce débat doit
être posé de manière très simple et mis sur la place publique : soit, à l’instar d’Emmanuel
Macron, les Français ne souhaitent pas remettre en cause le droit existant, qui empêche par
exemple d’arrêter des Fichés S préventivement, et dans ce cas, le prix à payer sera la
possibilité que des attentats se produisent sur le territoire Français, car l’Etat ne peut pas
surveiller avec une fiabilité de 100% tous les apprentis-terroristes ; soit les Français estiment
que la situation est suffisamment grave pour remettre en cause le droit existant, et il faut,
comme Oser la France le fait, en tirer toutes les conséquences : à circonstances
exceptionnelles, un droit particulier s’impose.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Puisque les terroristes islamistes mènent une guerre contre l’Europe, et la France en
particulier, alors jugeons-les en vertu du droit de la guerre. Il s’agit de tirer toutes les
conséquences juridiques des déclarations de l’exécutif affirmant que nous sommes en guerre.

Proposition n°17 : Oser la France souhaite innover en proposant un texte de loi refondant la
guerre contre le terrorisme, assumant une modification de l’état de droit. Ce texte créerait
une juridiction d’exception, la Cour de sûreté antiterroriste, chargée de juger les faits de
terrorisme sur l’ensemble du territoire national. Inspirée de la Cour de sûreté de l’État créée
par le général de Gaulle en 1963 et supprimée en 1981 pour juger les faits commis pendant la
guerre d’Algérie, elle remplacerait la Cour d’assises spéciale chargée des faits de terrorisme.
Elle serait composée de juges militaires, qui sont les plus à même de juger des criminels de
guerre, sous la présidence d’un magistrat de l’ordre judiciaire. Les terroristes seraient jugés
en application du droit existant en les qualifiant de soldats étrangers, mercenaires ou espions.

L’objectif est simple : condamner les terroristes islamistes qui préparent, tentent ou
commettent des attentats terroristes sur notre sol, aux peines de prison les plus lourdes en
les qualifiant juridiquement d’auxiliaires des armées de Daesh. Pour cela, les qualifications
pénales existantes inscrites dans le droit pénal de la guerre, telles que le mercenariat, ou les
faits d’intelligence avec une puissance étrangère, pourraient être utilisées, quitte à être
amendées.

Proposition n°18 : Pour gagner la « guerre contre le terrorisme », qui est notamment une
guerre contre un quasi-État, nous devons également déchoir de leur nationalité les Français
partis combattre en Syrie. Pour cela, la présente proposition applique strictement la
Convention internationale du 30 août 1961 sur la réduction des cas d’apatridie quand bien
même elle n’a jamais été ratifiée par la France. Celle-ci ne l’a au demeurant signée qu’assortie
de réserves expresses permettant de déchoir de la nationalité française les individus réputés
dangereux, même s’ils deviennent apatrides. Il conviendra de fixer dans notre droit ces
éléments. De même, tout discours ou comportement d’apologie, d’approbation ou de

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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prosélytisme en faveur de mouvements islamistes qui débouchera sur une condamnation


entraînera la déchéance de nationalité.

Enfin, si nous voulons nous débarrasser du terrorisme islamiste, c’est en amont que notre
action doit être profondément repensée.

En se fondant sur le principe de précaution qui aboutit à faire primer le bénéfice du doute
sur la dangerosité d’un individu sur la sécurité des Français, notre système pénal se leurre.
Pour éviter que des individus réputés dangereux, ayant été repérés par les services de
renseignement, passent à l’acte, le ministère de l’Intérieur doit pouvoir les placer dans des
centres de rétention administrative. Cette proposition s’inscrit d’ailleurs dans la lignée de la
loi antiterroriste prévoyant à son article 3 des « mesures individuelles de contrôle
administratif et de surveillance »

De manière à caractériser les auxiliaires des armées de Daesh, ce texte de loi reprendrait les
termes de la convention internationale sur l’apatridie qui prévoit des exceptions pour les
individus ayant prêté allégeance à un ennemi en le faisant rentrer dans le code pénal.

Notre droit pénal ne reconnaît aucune portée particulière au fait de prêter allégeance à une
organisation étrangère, telle que l’État islamique, alors qu’il s’agit là d’un fait générateur dans
l’entreprise martiale que ses individus entreprennent contre la France.

C’est en actualisant les dispositions pénales existantes et en étendant le droit pénal de la


guerre que nous pourrons nous réarmer face au terrorisme islamiste qui sévit.

Oser la France entend répondre aux différentes situations qui se posent actuellement :

Lorsqu’un individu n’a pas prêté allégeance, qu’il se situe sur le sol français, mais qu’il existe
un faisceau de preuves permettant d’établir un lien avec l’Etat islamique ou une organisation
étrangère ennemie de la France : Il serait jugé devant la Cour de sûreté antiterroriste pour «
intelligence avec l’ennemi ».

En effet, l’article 411-4 du code pénal dispose que « le fait d'entretenir des intelligences avec
une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d'agression contre
la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d'amende ».

Dès lors que des ressortissants français préparent un attentat en lien avec une organisation
étrangère, telle que l’État islamique, alors la qualification pénale d’intelligences avec une
puissance étrangère permettrait, même au stade de la préparation d’un acte terroriste, de
condamner les intéressés à une peine de 30 ans de réclusion criminelle, contre vingt ans de
réclusion criminelle et de 350 000 euros de demande actuellement pour le délit simple (article
421-4 du code pénal).

Ceci suppose de considérer que le droit de la guerre s’applique aux États, mais aussi aux
quasi-États ou aux organisations militaires menaçant la sûreté internationale.

Cette idée avait pourtant été écartée par des juristes en droit pénal et par le procureur de la
République François Molins qui estimaient que la qualification pénale d’« intelligence avec
l’ennemi », issue de 1810, ne saurait être transposée aux djihadistes prêtant allégeance à
l’État islamique. Les juges ont interprété la « puissance étrangère » à l’exclusion de l’État
islamique dont la qualification d’État est contestée en droit international. Pourtant, cette
qualification pénale est terriblement actuelle.

De manière à caractériser les auxiliaires des armées de l’État islamique, Oser la France
s’appuie sur les termes de l’article 8 de la convention internationale sur l’apatridie qui
prévoit des exceptions pour les individus ayant « prêté serment d'allégeance » à un ennemi.

Lorsqu’un individu n’a pas prêté allégeance, et qu’il se situe sur une zone de combat, aux
côtés d’un pays ou d’une organisation ennemie de la France : Il serait jugé par la Cour de sûreté
antiterroriste pour « mercenariat terroriste ». Actuellement, les dispositions pénales relatives
au statut du mercenaire permettent de condamner un individu, français ou étranger, qui a
pris part aux hostilités en vue d’obtenir un avantage personnel économique.
Il est ici proposé d’étendre cette qualification, issue du droit des conflits armés, au
mercenariat dit « terroriste » dont l’objet n’est pas l’obtention d’un avantage économique
mais de prendre part aux hostilités contre la France.

Lorsqu’un individu a formellement prêté allégeance : Alors, cet individu, quelle que soit sa
nationalité, doit être considéré comme un soldat étranger, ennemi de la France.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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C’est la raison pour laquelle Oser la France suggère de créer un délit pour les individus qui
prêtent allégeance à une organisation étrangère, telle que l’Etat islamique. Cette infraction
serait passible d’une peine de trente ans d’emprisonnement et de 450 000 euros d’amende.

De plus, il est proposé d’inscrire dans le texte que lorsque l’individu dispose de la nationalité
française, il est déchu de sa nationalité par la Cour de sûreté antiterroriste ou par décret pris
après avis conforme du Conseil Etat. Dès lors, son retour en France est impossible, et ce quel
que soit son statut.

Enfin, il conviendrait de renforcer l’expulsion des individus étrangers reconnus coupables de


terrorisme, en transformant ce qui n’est aujourd’hui qu’une faculté en obligation.

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Nos propositions comparées


Type de proposition Gérald DARMANIN Hakim EL KAROUI Bruno RETAILLEAU – Julien AUBERT –

Plaidoyer pour un Islam Force Républicaine Oser La France


Français

Financement

Financement étranger Interdit Prélèvement sur les Soumis à autorisation préalable Financement direct interdit.
agences de voyages Possibilité de financement indirect via
de pèlerinage la Fondation Nationale

Financement public Favorable pour la Défavorable Défavorable Favorable au niveau du conseil


construction (avances ou départemental, uniquement pour des
garanties des CL via la mises aux normes (avances ou
Caisse des Dépôts) garanties d’emprunt) ; sanction des
maires clientélistes

Halal Défavorable à une taxe Favorable à une Défavorable à une taxe Défavorable à une taxe
taxe institutionnalisée mais possibilité de
contribution volontaire ; autorisation
préalable pour activité d’abattage
rituel, étourdissement obligatoire des
animaux ; étiquetage clair du produit
informant le consommateur

Financement par les Favorable (dons Favorable (dons Non-précisé Favorable (dons défiscalisés)
croyants défiscalisés) défiscalisés)

Institutions et
République

Constitution Ajout d’un article Aucune Aucune modification Réécrire le premier alinéa de l’article
précisant l’application de modification 1er pour protéger le patrimoine
la laïcité culturel

Institution Remplacement du CFCM Création de Refus de toute Mettre fin au mythe d’une seule
musulmane nationale par un Grand Conseil de l’Association institutionnalisation et du organisation unitaire ; suspension
l’Islam de France (GCIF) musulmane pour concours des pouvoirs publics à temporaire du CFCM
avec un Grand Imam de l’islam de France la création d’une instance de
France chargée du représentation
financement du
culte (AMIF)

Institutions Chaque mosquée sera Non-précisé Départementalisation des Fédérations départementales des
musulmanes gérée par une association instances de dialogue avec associations cultuelles permettant le
territoriales cultuelle affiliée au GCIF l’État, dans le cadre existant dialogue au niveau départemental

Valeurs républicaines Insertion de la laïcité dans Promotion du Renforcement du rôle de l’école Renforcement du rôle de l’école
la devise discours et des comme vecteur des valeurs comme vecteur des valeurs
valeurs républicaines républicaines ; formation des imams
républicaines, aux valeurs républicaines
notamment sur les
réseaux sociaux et
favoriser la prise de
parole des
musulmans
modérés

Reconquête des Non-précisé L’État doit mettre Concentrer les moyens Loi « de pacification républicaine »
territoires en place des judiciaires, sécuritaires et identifiant les quartiers prioritaires à
dispositifs et plans sociaux dans ces zones ; désislamiser et accroissement des
d’action supprimer les aides à la
interministériels de

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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reconquête construction de HLM lorsqu’il y moyens culturels et répressifs sur ces
républicaine dans en a plus de 30% quartiers
les quartiers où
c’est nécessaire.

Culte

Nomination par le GCIF Formation par Refus de toute formation Formation obligatoire par une
l’AMIF publique à dimension Université de théologie avec un
Nomination & Création de l’Institut confessionnelle et non civique ; contenu juridique, historique,
Formation des imams Universitaire musulman
refus de création d’un institut entrepreneurial (pour favoriser
chargé d’une formation
de formation ; renforcement de l’autosuffisance de l’islam) et
religieuse conforme aux
l’accompagnement des intégrant les valeurs républicaines
valeurs de la République
aumôniers

Rémunération des Rémunération par les Rémunération par Non-précisé Rémunération par les associations
imams associations cultuelles l’AMIF cultuelles

Prêche En français, sauf pour la Non-précisé Utiliser la loi de 1905 pour lutter En français, sauf pour la lecture des
lecture des textes sacrés contre les prêcheurs de haine textes sacrés

Lieux d’enseignement

Primaire et Liberté d’ouvrir des Non-précisé Renforcer le rôle d’assimilation Port de l’uniforme ; fermeture des
secondaire écoles sous contrats, de l’école : uniforme, histoire, écoles privées diffusant l’idéologie
contrôlées chaque année français ; pas d’absentéisme islamiste ; apprentissage renforcé du
par l’État ; régime de pour raisons religieuses français
contrat spécifique pour
les écoles hors-contrat

Supérieur public Interdiction de tout signe Non-précisé Loi sur les signes religieux à Loi sur les signes religieux à l’école
ostentatoire durant les l’école étendue à l’université étendue à l’université publique
heures d’enseignement publique

Plats de substitution Autorisation, interdiction Non-précisé Autorisation, interdiction des Autorisation, interdiction des plats
des plats plats communautaires communautaires
communautaires

Apprentissage arabe Non-précisé Favorable Défavorable Défavorable

Espace public

Port de symboles Autorisé sauf vêtement Non-précisé Transformer l’infraction de port Burka interdite. Voile interdit dans les
religieux ostensiblement prosélyte de la burqa en délit, supprimer établissements publics, autorisé par
les aides sociales pour les principe dans la rue mais doit pouvoir
récidivistes être retiré (menace de sanction).

Fonctionnaires Devoir de neutralité Renforcer la Renforcer les moyens de La loi doit interdire toute
religieuse, pas formation des formation et manifestation d’adhésion à une
d’aménagement enseignants sur la d’accompagnement des religion ; réflexion sur un code
d’horaires possible si laïcité et la enseignants pour détecter la vestimentaire
trouble du prévention de radicalisation
fonctionnement du l’extrémisme
service public religieux

Élections Non-précisé Non-précisé Interdiction des signes religieux Interdiction des partis islamistes et
sur les documents électoraux et islamo-gauchistes
interdiction des listes
communautaires

Relations sociales et Intransigeance sur le Non-précisé Intransigeance sur le refus de la Intransigeance sur le refus de la mixité
de travail refus de la mixité et le mixité et le non-respect de et le non-respect de l’égalité
non-respect de l’égalité l’égalité homme/femme, (ex : homme/femme, (ex : l’hôpital)
homme/femme (ex : l’hôpital).

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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l’hôpital). Licenciement Défendre, au besoin par la loi, Voile interdit par principe par la loi,
possible pour des actes les règlements intérieurs en possibilité de dérogation strictement
réitérés de défiance à faveur de la discrétion religieuse individuelle lorsque cela ne remet pas
l’égard de l’autre sexe en cause le fonctionnement interne
(refus de serrer la main…)

Cimetières Non-précisé Non-précisé Réflexion avec les maires sur les Réflexion avec les maires sur les
« carrés musulmans » pour « carrés musulmans » pour favoriser
favoriser l’inhumation en l’inhumation en France
France

Lutte contre l’islam


radical

Mosquées Les mosquées non- Non-précisé Faciliter la fermeture des Fermeture des mosquées salafistes
agréées auprès du GCIF mosquées salafiste
seront fermées

Expulsion et Non-précisé Non-précisé Expulser les étrangers Déchéance de nationalité des Français
déchéance de présentant un degré de combattant en Syrie et de ceux
nationalité radicalisation ; refus du droit condamnés pour apologie de
d’asile pour propagande l’islamisme
terroriste

CEDH Non-précisé Non-précisé Exiger qu’elle n’empêche pas Exclure du droit de recours individuel
l’expulsion d’individus les affaires liées au terrorisme
dangereux

Détention / Rétention Non-précisé Non-précisé Incarcérer les djihadistes Créer une Cour de sûreté
français dans des antiterroriste composée de juges
établissements spécialisés ; militaires présidés par un magistrat
dispositif de rétention de sûreté judiciaire ; incarcération de droit
en fin de peine commun

Assimilation

Binationalité Non-précisé Non-précisé Déchoir de la nationalité Restriction des conditions d’accès


française les binationaux (accords nécessaires avec les pays
radicalisés européens et francophones)

Carte de séjour / accès Non-précisé Non-précisé Créer un service civique pour Carte de séjour conditionnée à la
à la nationalité l’accès à la nationalité ; plafonds signature d’un texte rappelant la
d’immigration votés par le supériorité de la loi française
Parlement

Mesure originale

Sans objet Coopération avec Considérer le salafisme comme Rétablissement partiel de la loi de
les pays du une dérive sectaire et mobiliser 1993 sur les prénoms (obligation d’un
Maghreb, du Golfe la MIVILUDE deuxième ou un troisième prénom du
et prise en compte calendrier pour les enfants devenus
par l’UE de la Français)
question islamique

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Oser la France : Livre tricolore sur les Islam(s)
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Ce livre tricolore a été rédigé à la suite d’un travail collectif qui s’est échelonné de février à
septembre 2018 sous la conduite de Julien AUBERT, député de Vaucluse et Président d’Oser
la France. Ont participé à la relecture des hauts-fonctionnaires, des acteurs du monde
associatif, des islamologues, des chercheurs et des professeurs. Ce groupe a auditionné
également des grands témoins du débat public, personnalités engagées dans la réflexion sur
l’Islam, sur la laïcité ou sur le dialogue inter-religieux.

Liste des personnes auditionnées du groupe islam d’Oser la France :

● Monsieur Mohamed BAJRAFIL, imam à la Mosquée d'Ivry-sur-Seine et théologien

● Monsieur Rémi BRAGUE, universitaire et historien de la philosophie, spécialiste des


religions et de la philosophie médiévale arabe et juive

● Madame Hanifa CHERIFI, inspectrice générale de l’Éducation nationale, ancien


membre de la Commission Stasi sur la laïcité

● Monsieur Bouna DIAKHABY, imam à Épinay-sur-Seine et secrétaire général de la


fondation Fode Souleymane Diakhaby

● Monsieur Eric GOZLAN, Directeur exécutif de l’Union des Peuples pour la Paix

● Monsieur Amar LASFAR, président de l’Association « Musulmans de France »


(anciennement Union des Organisations Islamiques de France)

● Monsieur Tareq OUBROU, recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux

● Monsieur Saïd OUJIBOU, consultant et médiateur socio-religieux

● Monsieur François PUPPONI, député du Val-d’Oise et maire honoraire de Sarcelles

● Monsieur Frédéric SAINT-CLAIR, politologue et écrivain

● Monsieur Laurent SCHLUMBERGER, Pasteur et Président de l’Église protestante unie


de France de 2010 à 2017

● Monsieur Alain SEKSIG, inspecteur général de l’Éducation nationale et président de la


commission laïcité au Haut Conseil à l’intégration

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