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REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE *********************** Union – Travail – Discipline ***************** REPUBLIQUE DU
REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
***********************
Union – Travail – Discipline
*****************
REPUBLIQUE DU CONGO
***********
Unité – Travail – Progrès
*****************
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR
MINISTERE DU PLAN, DE
L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE,
DE L’INTEGRATION ECONOMIQUE ET
DU NEPAD
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE
DE STATISTIQUE ET D’ECONOMIE
APPLIQUEE
(E.N.S.E.A.)
CENTRE NATIONAL DE LA
STATISTIQUE ET DES
ETUDES ECONOMIQUES
(C.N.S.E.E.)
PAUVRETE MONETAIRE ET INEGALITES DE
GENRE EN REPUBLIQUE DU CONGO
MEMOIRE REDIGE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME
D’ INGENIEUR STATISTICIEN ECONOMISTE
PRESENTE PAR :
SOUS LA DIRECTION DE :
M. NGUENDJIO YOMI
Aristide Donald
Elève Ingénieur Statisticien Economiste
M. AMBAPOUR Samuel
Directeur Général du C.N.S.E.E.
Novembre 2006

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo DEDICACE A L’Auteur de toute grâce
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo DEDICACE A L’Auteur de toute grâce
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo DEDICACE A L’Auteur de toute grâce

DEDICACE

réduction de la pauvreté en République du Congo DEDICACE A L’Auteur de toute grâce et de
réduction de la pauvreté en République du Congo DEDICACE A L’Auteur de toute grâce et de

A L’Auteur de toute grâce et de toute bénédiction dans ma vie :

Le Fils Unique du Dieu Tout-Puissant, Jésus-Christ de Nazareth.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo SOMMAIRE DEDICACE I REMERCIEMENTS III
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo SOMMAIRE DEDICACE I REMERCIEMENTS III
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo SOMMAIRE DEDICACE I REMERCIEMENTS III

SOMMAIRE

réduction de la pauvreté en République du Congo SOMMAIRE DEDICACE I REMERCIEMENTS III AVANT-PROPOS
réduction de la pauvreté en République du Congo SOMMAIRE DEDICACE I REMERCIEMENTS III AVANT-PROPOS

DEDICACE

I

REMERCIEMENTS

III

AVANT-PROPOS

IV

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

V

LISTE DES TABLEAUX

VI

INTRODUCTION

1

CHAPITRE 1 : PRESENTATION GENERALE DU PAYS ET DE LA STRUCTURE

 

D’ACCUEIL

4

1.1

- Présentation du Congo

4

1.1.1 - Aspects géographiques

4

1.1.2 - Contexte politique et administratif :

4

1.1.3 - Evolution récente de l’économie

5

1.2

- Présentation de la structure d’accueil

8

1.2.1 - Les Missions du CNSEE

8

1.2.2 - Organisation et fonctionnement du CNSEE

9

CHAPITRE 2 : PROBLEMATIQUE ET CADRE DE REFERENCE

11

2.1

- Problématique

11

2.1.1 Formulation du problème :

11

2.1.2 - L’objectif de la recherche

12

2.1.3 - Les limites de la recherche

13

2.2

- cadre de référence

14

2.2.1 - Le concept de pauvreté

14

2.2.2 - Le concept de genre

22

CHAPITRE 3 : SOURCE DES DONNEES ET METHODOLOGIE

40

3.1

- Présentation de l’enquête congolaise auprès des ménages (ECOM)

40

3.1.1 - Contexte et justification

40

3.1.2 - Objectifs de l’enquête

41

3.1.3 - Présentation technique de l’enquête

41

3.1.4 - Méthode de détermination du seuil de pauvreté

43

3.2

- Présentation de la méthodologie

47

3.2.1 - Outils de comparaison de la pauvreté :

49

3.2.2 - Analyse de la pauvreté non différenciée selon le sexe du chef de menage :

53

3.2.3 - Analyse de la pauvreté différenciée selon le sexe du chef de ménage :

59

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

63

BIBLIOGRAPHIE

67

ANNEXES

69

Annexe 1 : Justification du choix du seuil calorique normatif

69

Annexe 2 : Dépenses totales et structure du panier - ECOM 2005

71

Annexe 3 : Aperçu de quelques approches conceptuelles

72

Annexe 4 : Résultats des régressions effectuées

76

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo REMERCIEMENTS Nos remerciements vont : A
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo REMERCIEMENTS Nos remerciements vont : A
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo REMERCIEMENTS Nos remerciements vont : A

REMERCIEMENTS

de la pauvreté en République du Congo REMERCIEMENTS Nos remerciements vont : A nos parents M.
de la pauvreté en République du Congo REMERCIEMENTS Nos remerciements vont : A nos parents M.

Nos remerciements vont :

A nos parents M. et Mme YOMI ;

A nos parents M. et Mme YOMI ;

A nos frère et sœurs Bérile, Coralie, Laur e, Raïssa et Hugues YOMI : qu’ils

A nos frère et sœurs Bérile, Coralie, Laure, Raïssa et Hugues YOMI : qu’ils voient

dans ce travail un encouragement dans la poursuite de leurs propres études ;

A notre directeur de stage M. Samuel AM BAPOUR Directeur Général du C.N.S.E.E.

A

notre directeur de stage M. Samuel AMBAPOUR Directeur Général du C.N.S.E.E.

qui a bien voulu distraire de son précieux temps pour superviser nos travaux ;

A MM. Christophe MASSAMBA et Etaki WA DZON Ingénieurs Statisticiens

A

MM. Christophe MASSAMBA et Etaki WA DZON Ingénieurs Statisticiens

Economistes en service au C.N.S.E.E. qui ont été les premiers à nous accueillir en République du Congo ;

A MM. Aimé OUADIKA, Hylod MOUSS ANA et Alain MPOUE Ingénieurs

A

MM. Aimé OUADIKA, Hylod MOUSSANA et Alain MPOUE Ingénieurs

Statisticiens Economistes pour les relectures qu’ils ont bien voulu accordées à ce document ;

A tout le personnel du secrétariat généra l du C.N.S.E.E. : Mme Catherine DEBY,

A

tout le personnel du secrétariat général du C.N.S.E.E. : Mme Catherine DEBY,

M. Barthélemy NKOUNKA, M. FOUMOU Gilbert, M. ATSOUTSOULA Norbert pour

l’accueil chaleureux qu’ils nous ont réservé pendant tout notre stage ;

A l’ensemble du personnel du C.N.S.E.E. qui par sa grande sollicitude a largement

contribué au bon déroulement de notre séjour. Nous pensons en particulier à Mme Marie NTSIAGNA, à M. Léonard NABASSEMBA, à M. Guecko OBAMBI ; Nous tenons aussi à remercier tous ceux qui ont contribué à notre formation. En particulier :

Koffi N’GUESSAN Directeur de l’ENSEA ;qui ont contribué à notre formation. En particulier : Hugues KOUADIO Directeur des études du cycle

Hugues KOUADIO Directeur des études du cycle des I.S.E. ;En particulier : Koffi N’GUESSAN Directeur de l’ENSEA ; Jean Arnaud KOUAKOU Directeur des étud es

Jean Arnaud KOUAKOU Directeur des études des cycles I.T.S. /A.D. /A.T. ; es des cycles I.T.S. /A.D. /A.T. ;

Ouattara ABOUDOU Directeur des études du cycle D.E.S.S. ;Directeur des étud es des cycles I.T.S. /A.D. /A.T. ; Tout le personnel enseignant et administratif

Tout le personnel enseignant et administratif de l’ENSEA ; administratif de l’ENSEA ;

le personnel enseignant et administratif de l’ENSEA ; M. M. M. M. De façon plus générale,

M.

M.

M.

M.

De façon plus générale, nous voulons remercier tous ceux qui de près ou de loin ont

contribué à notre formation tant sur le plan scientifique qu’humain. Nous les prions de voir dans cette étude le fruit de leur dévouement et de leurs efforts assidus.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo AVANT-PROPOS L’Ecole Nationale Supérieure de Statistique
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo AVANT-PROPOS L’Ecole Nationale Supérieure de Statistique
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo AVANT-PROPOS L’Ecole Nationale Supérieure de Statistique

AVANT-PROPOS

de la pauvreté en République du Congo AVANT-PROPOS L’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et
de la pauvreté en République du Congo AVANT-PROPOS L’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et

L’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée d’Abidjan (E.N.S.E.A.) a pour vocation la formation des cadres des pays francophones d’Afrique sub- saharienne. Elle constitue dans son domaine un pôle d’excellence et assure depuis 1962 une formation de haut niveau en statistique et économie appliquée d’étudiants venant de tous les horizons d’Afrique. Elle couvre, parmi plusieurs autres cycles de formation, celui des Ingénieurs Statisticiens Economistes.

Les élèves Ingénieurs Statisticiens Economistes reçoivent une formation d’une durée de trois ans, qui les rend aptes à encadrer des travaux de production statistique et d’analyse économique là où le besoin se fait sentir. A terme, ils doivent être des agents de développement affectés auprès d’organismes internationaux, des ministères, des organismes publics et/ou privés, des grandes entreprises.

A la fin de la deuxième année de la formation et en vue de l’obtention du diplôme d'Ingénieur Statisticien Economiste, il est prévu un stage pratique d’une durée de trois mois. Ce stage académique, obligatoire, a pour objet essentiel l'application des enseignements théoriques reçus durant les deux premières années de formation des Elèves Ingénieurs Statisticiens Economistes. Il constitue aussi pour l’étudiant l’occasion de s’immerger dans son futur milieu professionnel.

La présente étude dont le thème est : «Pauvreté monétaire et inégalités de genre en république du Congo » est le fruit des travaux que nous avons effectué à la Direction Générale du Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques (C.N.S.E.E.) en République du Congo. Elle s’inscrit dans le cadre de l’analyse des données de l’Enquête Congolaise auprès des Ménages pour l’Evaluation de la Pauvreté.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS A
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS A
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS A

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

en République du Congo LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS A F R I S T A
en République du Congo LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS A F R I S T A

AFRISTAT

Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne

CEMAC

Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale

CM

Chef de Ménage

CNLP

Comité National de Lutte contre la Pauvreté

CNSEE

Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques

CSP

Catégorie Socio Professionnelle

DSRP

Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

DSRP - I

Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté Intérimaire

ECOM

Enquête Congolaise auprès des Ménages pour l’évaluation de la pauvreté

EDS

Enquête Démographique et de Santé

ENSEA

Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée

FCFA

Franc de la Coopération Financière Africaine

ISE

Ingénieur Statisticien Economiste

Kcal

Kilocalorie

Kg

Kilogramme

Km

Kilomètre

Km2

Kilomètre carré

NEPAD

Nouveau partenariat économique pour le développement en Afrique

OMD

Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONG

Organisations Non Gouvernementales

P0

Ratio de pauvreté

P1

Gap de pauvreté

P2

Sévérité de la pauvreté

PIB

Produit Intérieur Brut

PIPC

Programme Intérimaire Post-Conflit

PNUD

Programme des Nations Unies pour le Développement

QUIBB

Questionnaire des Indicateurs de Base du Bien-être

ZD

Zone de Dénombrement

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo LISTE DES TABLEAUX 42 Tableau 2:
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo LISTE DES TABLEAUX 42 Tableau 2:
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo LISTE DES TABLEAUX 42 Tableau 2:

LISTE DES TABLEAUX

de la pauvreté en République du Congo LISTE DES TABLEAUX 42 Tableau 2: Résultats du test
de la pauvreté en République du Congo LISTE DES TABLEAUX 42 Tableau 2: Résultats du test

42

Tableau 2: Résultats du test de khi deux entre la variable "statut de pauvreté" et chacune des

Tableau 1: Répartition de l'échantillon selon les strates

variables explicatives

49

Tableau 3: Indices de pauvreté par strate suivant le sexe du chef de ménage

50

Tableau 4: Contributions relatives à la pauvreté en fonction du sexe du chef de ménage

50

Tableau 5: Récapitulatif des résultats des estimations du modèle pour l’ensemble de

l’échantillon

54

Tableau 6: Récapitulatif des résultats des estimations des modèles

56

Tableau 7: Récapitulatif des résultats des estimations des modèles en milieu urbain selon le

sexe du chef de ménage

Tableau 8: Récapitulatif des résultats des estimations des modèles en milieu rural selon le

sexe du chef de ménage

Tableau 9: Besoins énergétiques moyens de la population et incréments énergétiques recommandés (Kcal par jour) compte tenu des niveaux d’activité et de la température

69

Tableau 10: Besoin Energétique utilisé par quelques pays pour le calcul du seuil de pauvreté

59

61

 

70

Tableau 11: Dépenses totales et structure du panier - ECOM 2005

71

Tableau 12: Résultats de la régression pour l’ensemble de l’échantillon

76

Tableau 13: Résultats de la régression pour le milieu urbain

76

Tableau 14: Résultats de la régression pour le milieu rural

77

Tableau 15: Résultats de la régression pour les hommes en milieu urbain

77

Tableau 16: Résultats de la régression pour les femmes en milieu urbain

78

Tableau 17: Résultats de la régression pour les hommes en milieu rural

78

Tableau 18: Résultats de la régression pour les femmes en milieu rural

79

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo INTRODUCTION « Réduire au moins de
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo INTRODUCTION « Réduire au moins de
Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo INTRODUCTION « Réduire au moins de

INTRODUCTION

de la pauvreté en République du Congo INTRODUCTION « Réduire au moins de moitié d’ici à
de la pauvreté en République du Congo INTRODUCTION « Réduire au moins de moitié d’ici à

« Réduire au moins de moitié d’ici à 2015 la proportion de personnes vivant dans une situation d’extrême pauvreté dans les pays en développement », tel est l’un des points principaux des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) issus du sommet mondial sur le développement social de Copenhague de 1996 au Danemark.

A travers cet engagement, la communauté internationale marquait ainsi une ferme volonté de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. Les Nations Unies, notamment l’UNICEF et le PNUD, qui ont mis en avant les conséquences sociales des programmes d’ajustement structurel, ont joué un rôle précurseur dans cette prise de conscience du problème de pauvreté dans les pays en voie de développement. James G SPAETH, administrateur du PNUD, en préfaçant le Rapport sur le Développement Mondial de 1997, a montré combien la question de pauvreté est préoccupante : « il y a 160 ans, le monde s’est lancé avec succès dans une campagne contre l’esclavage. Aujourd’hui, nous devons tous contribuer à mener une nouvelle campagne dirigée cette fois contre la pauvreté».

CONTEXTE

La République du Congo a connu des troubles socio politiques pendant les années 1993, 1997 et 1998. Ces troubles ont eu pour conséquences d’aggraver une situation économique et sociale déjà fragile depuis le milieu des années 1980. Au sortir de ces troubles et dans l’objectif de redresser la situation, l’Etat Congolais a élaboré et adopté en Juin 2000 le Programme Intérimaire Post Conflit (PIPC) qui va couvrir la période 2000-2002. Au travers de certains des objectifs de ce programme, le Congo montrait ainsi une ferme volonté de lutter contre la pauvreté Parallèlement et dans le cadre de l’Initiative de réduction de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE), le pays s’est lancé dans l’élaboration du

Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté Intérimaire (DSRP-I). En s’attelant à la rédaction de ce document, le Congo s’engageait en même temps à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). C’est ainsi que dans ce document intérimaire sont repris les objectifs suivants :

• réduire de moitié l’incidence de la pauvreté monétaire ;

• diminuer de deux tiers la mortalité infantile et juvénile ;

• réduire de trois quart la mortalité maternelle ;

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo • réaliser la scolarisation universelle au

• réaliser la scolarisation universelle au niveau de l’enseignement primaire ; • éliminer la disparité entre les garçons et les filles dans l’éducation. Par ailleurs, les mesures en faveur de la lutte contre la pauvreté nécessitent une connaissance aussi précise que possible des conditions de vie des ménages. C’est ainsi que dans le cadre de la finalisation du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), une enquête qualitative sur la perception de la pauvreté par les populations et deux enquêtes classiques, à savoir une enquête démographique et de santé et une enquête sur l’évaluation de la pauvreté ont été retenues.

C’est dans ce contexte que l’Enquête Congolaise auprès des Ménages pour l’évaluation de la pauvreté (ECOM 2005) a été réalisée par le Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques (CNSEE) en 2005. Il s’agit d’une enquête à vocation nationale qui permet d’avoir l’essentiel des informations sur la vie des ménages. Elle vise à mettre à la disposition des dirigeants un niveau d’information suffisant afin d’inscrire leurs actions dans un cadre cohérent et prévisible.

PROBLEMATIQUE

La pauvreté est au cœur de nombreuses analyses économiques. Différentes approches du concept de pauvreté lui-même ont été envisagées. Ainsi a-t-on envisagé la pauvreté monétaire, la pauvreté non monétaire et la pauvreté subjective. La mesure même de ce phénomène n’est pas sans poser de nombreuses difficultés. C’est ainsi qu’ont été élaborées différentes méthodes afin de déterminer si un ménage est pauvre ou non. Nous pouvons citer entre autres la méthode du coût des besoins essentiels ou encore celle de la détermination de la part des dépenses de consommation alimentaire s’appuyant sur la loi d’Engel. Toutes ces différentes tentatives prouvent que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel et donc particulièrement difficile à cerner.

Par ailleurs, l’intégration de l’approche genre dans l’analyse de la pauvreté et plus généralement dans l’analyse du développement s’est faite à partir des années 70 avec Esther Boserup. Des fortes corrélations ayant été établies entre le genre et le développement, cette nouvelle approche n’est non seulement plus à négliger mais apparaît comme étant indispensable dans l’élaboration de politiques de lutte contre la pauvreté.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo L’importance de ce point a été

L’importance de ce point a été souligné dés 1997 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui dans son Rapport sur le Développement Humain de 1997 établit, pour un ensemble de pays, une corrélation positive entre les inégalités de genre telles que mesurées par l’ Indice Genre de Développement (en anglais Gender Development Index) et le niveau général de la pauvreté humaine tel que mesuré par l’indice de pauvreté humaine (en anglais H.P.I. Human Poverty Index).

Comme le fait remarquer le Comité National de Lutte contre la Pauvreté (CNLP) de la République du Congo, « l’intégration du Genre dans le DSRP est non seulement une innovation mais constitue l’approche multidimensionnelle et multisectorielle de l’analyse de la pauvreté, parce qu’il existe un lien étroit entre l’égalité des sexes, la reconnaissance des droits de la personne, la réduction de la pauvreté et la croissance économique ».

Dans le cadre de notre étude nous envisageons d’analyser, selon une approche genre, la pauvreté monétaire en République du Congo. Ce mémoire est structuré suivant les différentes parties suivantes :

- Le chapitre I consiste en une présentation générale de la République du Congo suivi de la description de la structure dans laquelle nous avons effectué notre stage, le Centre National de La Statistique et des Etudes Economiques (C.N.S.E.E.) ;

- Le chapitre II comprend la problématique de notre étude ainsi que le cadre de référence dans lequel nous situons notre analyse.

- Le chapitre III décrit la source des données que nous exploitons, l’Enquête Congolaise auprès des Ménages (ECOM 2005). Nous expliciterons ici les objectifs, le cadre méthodologique et la procédure de détermination du seuil de pauvreté alimentaire.

- Le chapitre IV consiste en la présentation des résultats des analyses effectuées. Ces résultats nous permettent de suggérer quelques recommandations dans le sens de la réduction des inégalités sexuées en termes de pauvreté monétaire au Congo.

La présente étude ne prétend pouvoir cerner tous les contours de la dimension sexospécifique de la pauvreté monétaire au Congo. Néanmoins nous espérons apporter une contribution dans l’analyse des multiples facettes du phénomène de la pauvreté et dans la réduction de celui-ci.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU

CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PAYS ET DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL

GÉNÉRALE DU PAYS ET DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL Dans ce chapitre nous nous emploierons pr emièrement
GÉNÉRALE DU PAYS ET DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL Dans ce chapitre nous nous emploierons pr emièrement

Dans ce chapitre nous nous emploierons premièrement à décrire de façon brève la République du Congo dans le contexte qui a justifié l’Enquête Congolaise auprès des Ménages. Dans un second temps, nous présenterons la structure qui nous a accueilli pendant notre stage : le Centre National de la Statistique et des Eudes Economiques (C.N.S.E.E.).

1.1 - PRÉSENTATION DU CONGO

1.1.1 - ASPECTS GÉOGRAPHIQUES

Situé en Afrique Centrale, la République du Congo s’étend au sud-ouest sur 11 degrés de latitude est et 5 degrés de latitude sud, et au nord-est sur 18 degrés de longitude est et 4 degrés de latitude nord. Le pays couvre une superficie de 342 000 km² et possède une façade maritime de 170 km sur l’Océan Atlantique. Il est limité au nord par la République du Cameroun et la République Centrafricaine, au sud par la République Démocratique du Congo et la République d’Angola (enclave du Cabinda), au sud-ouest par l’Océan Atlantique, à l’est par le fleuve Congo et son affluent l’Oubangui qui le séparent de la République Démocratique du Congo et à l’ouest par la république du Gabon.

1.1.2 - CONTEXTE POLITIQUE ET ADMINISTRATIF :

Ancienne colonie française, la République du Congo est un état souverain, indépendant depuis le 15 Août 1960. Une dizaine d’années après son accession à la souveraineté nationale, la République du Congo a été appelée « République Populaire du Congo » par le régime du parti unique, le Parti Congolais du Travail (PCT), qui a dirigé le pays jusqu’à l’instauration de la démocratie pluraliste en 1992. Le retour au multipartisme, qui a restauré le nom de la « République du Congo », s’est accompagné de troubles, en 1993 puis entre 1997-1999, qui ont occasionné des préjudices au sein de la population et la

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo destruction d’une partie du tissu économique

destruction d’une partie du tissu économique du pays. Toutefois, grâce aux efforts du Gouvernement et de la République et au soutien multiforme des partenaires nationaux et internationaux, la paix et la sécurité sont restaurées dans la quasi-totalité du territoire national.

Le découpage administratif du Congo subdivise le pays en douze départements à savoir : Kouilou, Niari, Bouenza, Lékoumou, Pool, Plateaux, Cuvette, Cuvette-Ouest, Sangha, Likouala, Brazzaville et Pointe-Noire.

Le pays compte six communes qui sont les principales villes du pays. Il s’agit de :

Brazzaville (capitale politique), Pointe-Noire (capitale économique), Dolisie, Nkayi, Mossendjo et Ouesso.

Le Congo est membre des institutions sous-régionales, régionales et internationales suivantes : la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), l’Union Africaine (UA), l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Observatoire Economique et Statistique d’Afrique Subsaharienne (AFRISTAT), l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA).

1.1.3 - EVOLUTION RÉCENTE DE L’ÉCONOMIE

Au sortir des conflits armés de la période 1997-1999, le gouvernement du Congo s’est

investi dans la mise en place des bases de la relance effective de l’économie nationale en s’inscrivant dans la double dynamique :

i) du sommet de Copenhague (1996) visant la réduction de moitié de la pauvreté d’ici à l’an 2015, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et

ii) de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

En 2005, le Gouvernement de la République a créé les conditions nécessaires à l’accession du point au point de décision conformément aux exigences du programme appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) signé en décembre 2004 avec les Institutions de Bretton Woods. L’objectif fondamental demeure l’atteinte du point d’achèvement en 2007 grâce au Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo (DSRP) en cours d’élaboration, qui circonscrit

(DSRP) en cours d’élaboration, qui circonscrit parfaitement les politiques de consolidation du cadre macroéconomique et de relance des secteurs clés de l’économie nationale.

C’est ainsi qu’à la fin de l’année 2005, la situation macroéconomique, telle que résumée par le Programme Triennal du Congo, s’est caractérisée par :

a) la consolidation de la croissance économique (6,8% contre 4,2% en 2004) grâce à la forte montée de la production pétrolière. Le PIB à prix courants a enregistré une hausse de 64,9% en 2005 contre 20,9% l’année précédente, passant de 2307,8 milliards de FCFA en 2004 à 3157,8 milliards de FCFA en 2005 ;

b) Le redressement des comptes extérieurs symbolisé notamment par un excédent de 216, 2 milliards du solde global de la balance des paiements, grâce au réaménagement de la dette extérieure de 126,2 milliards dans le cadre des allègements obtenus après la signature du programme appuyé par la FRPC.

c) La baisse des prix à la consommation comme le montre la variation du niveau général des prix pour l’ensemble des deux seules villes (Pointe-Noire et Brazzaville) dans lesquelles les prix ont été observés : le taux d’inflation est de 2,1% en 2005 contre 3,5% l’année précédente.

La carte administrative du Congo est donnée à la page suivante :

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo CARTE ADMINISTRATIVE DU CONGO Source :

CARTE ADMINISTRATIVE DU CONGO

en République du Congo CARTE ADMINISTRATIVE DU CONGO Source : CNSEE, DIGBD . NGUENDJIO YOMI Aristide

Source : CNSEE, DIGBD.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo 1.2 - PRÉSENTATION DE LA STRUCTURE

1.2 - PRÉSENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL

Le Centre National de la Statistique et des Études Économiques (CNSEE) est la structure dans laquelle nous avons réalisé notre stage académique, qui est sanctionné par la rédaction de cette présente étude. C’est pourquoi il nous paraît utile de consacrer ce premier chapitre de notre mémoire à sa présentation. Nous nous proposons, pour cette présentation, de traiter notamment des missions du CNSEE dans une première section ; puis de son organisation et de son fonctionnement qui feront l’objet d’une seconde section. Nous nous référons ici au décret présidentiel N°_2003-133 du 31 Juillet 2003 portant attributions et organisation de la Direction Générale du Centre National de la Statistique et des Études Économiques.

1.2.1 - LES MISSIONS DU CNSEE

L’article premier du titre 1 du décret ci-dessus mentionné traitant des attributions du CNSEE décrit cette institution comme l’organe technique qui assiste le ministère dont il dépend, en l’occurrence le Ministère du Plan, de l’Aménagement du Territoire, de l’Intégration Économique et du NEPAD, dans l’exercice de ses attributions en matières de statistiques et d’études économiques. Les missions suivantes ont à ce titre été assignées au CNSEE :

promouvoir la science statistique ;

veiller à l’application de la loi sur la statistique au niveau national ;

produire, de concert avec les services spécialisés du Ministère en charge de l'Economie et des Finances, des comptes nationaux ;

produire et suivre, de concert avec le ministère en charge de l’économie, des finances et du budget, les indicateurs macro-économiques;

produire les statistiques démographiques et sociales ;

réaliser les travaux statistiques relatifs à l’état et au mouvement de la population, à la production et à la commercialisation des biens et des services;

conduire les enquêtes statistiques sur l’emploi, le chômage, le secteur informel, l’habitat et l’environnement ;

publier les indicateurs économiques, sociaux et culturels d’intérêt national; Etc.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo 1.2.2 - ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU

1.2.2 - ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU CNSEE

Le CNSEE est placé sous le contrôle d’une Direction Générale comprenant un secrétariat de direction, un service de la communication et de la diffusion, un service des méthodes et mécanismes de suivi du développement humain, cinq directions centrales dirigées et animées par des directeurs, et des directions départementales dirigées par des directeurs départementaux. D’autres services spécialisés, placés sous la responsabilité des chefs des services, dépendent de chacune de ces directions centrales pour l’exercice des missions bien spécifiques.

1.2.2.1 - Les services de la Direction Générale.

Il s’agit des trois services ci-dessous mentionnés :

Le secrétariat de direction

Le service de la communication et de la diffusion Le service des méthodes et des mécanismes de suivi du développement humain

1.2.2.2 - Les directions centrales

Placée sous l’autorité d’un Directeur Général, la Direction Générale du CNSEE comprend les cinq directions centrales suivantes ainsi que les directions départementales :

La Direction des Statistiques Économiques (DES)

La Direction des Statistiques Démographiques et Sociales (DSDS)

La Direction de la Coordination et de l’Harmonisation Statistiques (DCHS)

La Direction de l’Informatique et de la Gestion des Bases de Données (DIGBD)

La Direction Administrative et Financière (DAF)

Les Directions Départementales (DD)

C’est à la Direction Générale du CNSEE que nous avons effectué L’organisation complète du CNSEE est donnée par l’organigramme ci-dessous :

notre stage.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo ORGANIGRAMME DU CENTRE NATIONAL DE LA

ORGANIGRAMME DU CENTRE NATIONAL DE LA STATISTIQUE ET DES ETUDES ECONOMIQUES

CENTRE NATIONAL DE LA STATISTIQUE ET DES ETUDES ECONOMIQUES Source : CNSEE, DIGBD. NGUENDJIO YOMI Aristide

Source : CNSEE, DIGBD.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo CHAPITRE 2 : PROBLÉMATIQUE ET CADRE

CHAPITRE 2 : PROBLÉMATIQUE ET CADRE DE RÉFÉRENCE

Congo CHAPITRE 2 : PROBLÉMATIQUE ET CADRE DE RÉFÉRENCE Ce chapitre consiste en la définition de
Congo CHAPITRE 2 : PROBLÉMATIQUE ET CADRE DE RÉFÉRENCE Ce chapitre consiste en la définition de

Ce chapitre consiste en la définition de la problématique qui sous tend notre étude. Il se poursuit ensuite par la présentation du cadre de référence qui rassemble les éléments théoriques qui appuient notre analyse.

2.1 - PROBLÉMATIQUE

2.1.1 FORMULATION DU PROBLÈME :

Les premières stratégies de lutte contre la pauvreté ne faisaient aucune mention du genre. Cela n'a rien d'étonnant puisque, en général, elles ne considéraient même pas le « facteur humain » comme une dimension significative du développement. Dans les années 1970, cependant, les études et les politiques accordent une importance croissante aux besoins essentiels, à la productivité rurale et au secteur informel, elles commencent aussi à s'intéresser de plus près à la place des femmes dans le développement. Cette réorientation des préoccupations prend essentiellement deux formes : d'une part, les plaidoyers en faveur de l'équité économique se multiplient; d'autre part, les femmes sont désormais considérées comme les « pauvres d'entre les pauvres ». Ces deux axes reposent sur une même hypothèse :

les femmes sont des acteurs économiques de premier plan. Ils s'intéressent toutefois à des dimensions très différentes de leur vie et de leurs rôles, et ils font appel à des approches analytiques bien distinctes. L’importance de l’approche de genre dans l’étude de la pauvreté et du développement va être mise en exergue par le PNUD. Dans son rapport sur le développement humain de 1997, le PNUD établit, pour un ensemble de pays, une corrélation positive entre les inégalités de genre telles que mesurées par le GDI (Gender Development Index) et le niveau général de la pauvreté humaine tel que mesuré par l’indice de pauvreté humaine (en anglais HPI Human Poverty Index).Ainsi la question de la réduction des inégalités de genre ne se pose plus seulement en termes d’équité sociale mais elle apparaît comme un élément essentiel dans la lutte contre la pauvreté (Nilüfer Cagatay, 1998, working paper series UNDP).

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo L’intégration de la dimension genre dans

L’intégration de la dimension genre dans l’analyse de la pauvreté et plus généralement dans l’analyse du développement s’est faite à partir des années 70 avec Esther Boserup. Des fortes corrélations ayant été établies entre le genre et le développement, cette nouvelle approche n’est non seulement plus à négliger mais apparaît comme étant indispensable dans l’élaboration de politiques de lutte contre la pauvreté (DSRP). Pendant de très nombreuses années, à l’instar des institutions de Bretton Woods, l’approche de la pauvreté est surtout restée monétaire et se basait essentiellement sur le critère du revenu : était pauvre celui qui avait un revenu inférieur à un dollar US par jour (en valeur de 1985). Si cette approximation peut avoir une certaine utilité, notamment pour des comparaisons internationales, elle s’avérait toutefois trop réductrice pour capter les multiples dimensions de la réalité des vies des êtres humains concernés. Avec le Rapport Mondial sur le Développement Humain du PNUD en 1990, le concept de développement humain a eu très rapidement des répercussions sur l’approche de la pauvreté. Celle-ci se caractérise non plus uniquement par le faible niveau de revenu ou de consommation, mais également par un faible niveau d’instruction, par une santé précaire et un vieillissement précoce. L’édition de 1997 de ce rapport introduit en outre le concept de "pauvreté humaine", tout en soulignant que l’indice élaboré à cette occasion ne saisit pas la totalité des aspects de ce concept. La pauvreté y est alors désormais considérée comme "la négation des opportunités et des possibilités de choix les plus essentielles au développement humain – longévité, santé, créativité, mais aussi conditions de vie décentes, dignité, respect de soi-même et des autres, accès à tout ce qui donne sa valeur à la vie" (PNUD, 1998). Cette complexité du concept de pauvreté a été confirmée par la Banque Mondiale et destinée à montrer la pauvreté telle que la ressentent les plus démunis. Les statistiques obtenues expriment ainsi des facettes multiples de la pauvreté ayant surtout trait à des formes d’impuissance et de mal-être. Un des aspects évoqués par les femmes concerne par exemple les relations conflictuelles et inégales avec l’autre sexe.

2.1.2 - L’OBJECTIF DE LA RECHERCHE

Dans le cadre de la présente étude, nous envisageons d’étudier la pauvreté au Congo suivant l’approche genre. Pour cela nous utilisons les données issues de l’Enquête Congolaise auprès des Ménages (ECOM 2005). Cette enquête a permis d’établir le profil de pauvreté au Congo.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo La présente étude vise en particulier

La présente étude vise en particulier à répondre aux préoccupations soulevées par le Secrétariat technique permanent du Comité National de Lutte contre la Pauvreté dans le document de travail « Intégration du genre dans le DSRP : une approche multisectorielle et multidimensionnelle de la lutte contre la pauvreté » :

Quels sont les facteurs explicatifs de la pauvreté monétaire au Congo ? La pauvreté monétaire affecte –t-elle différemment les hommes et les femmes ? Quels sont les déterminants de la pauvreté sur lesquels agir en vue de réduire les inégalités sexuées en terme de pauvreté ? Notre analyse porte essentiellement sur la pauvreté monétaire des hommes et femmes chefs de ménages selon leur milieu de résidence.

2.1.3 - LES LIMITES DE LA RECHERCHE

L’intégration du Genre est non seulement une innovation mais constitue une approche multidimensionnelle et multisectorielle de l’analyse de la pauvreté. A ce titre, la présente étude ne saurait cerner tous les éléments de la dimension sexospécifique de la pauvreté. Dans le cadre de notre étude, nous avons choisi de nous limiter à l’analyse de la pauvreté monétaire. Bien que cet aspect est considéré comme le plus important, même par les auteurs des théories multidimensionnelles de la pauvreté tels Amartya Sen (1970, 1973), il ne saurait rendre compte à lui tout seul de l’influence du genre dans ce phénomène. Au-delà de ces considérations, Mukhopadhyay et Ghatak dans une note méthodologique sur l’analyse des liens entre genre et pauvreté, remarquent que les études sur le sujet utilisent le plus souvent des enquêtes où l’individu statistique est le ménage. Ainsi la pauvreté des femmes est souvent confondue avec pauvreté des femmes chefs de ménage. Cette hypothèse forte ne manque pas d’introduire des biais dans l’analyse. Il faudrait donc disposer de données au niveau des individus et non seulement au niveau des ménages ce qui n’est pas sans poser de nombreuses difficultés pratiques.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo 2.2 - CADRE DE RÉFÉRENCE 2.2.1

2.2 - CADRE DE RÉFÉRENCE

2.2.1 - LE CONCEPT DE PAUVRETÉ

2.2.1.1 - Les différentes approches et définitions de la pauvreté

Malgré le fait que nous pouvons recenser de nombreuses définitions de la pauvreté dans la

littérature,

le concept de pauvreté lui-même a été développé suivant trois principales

approches :

- L’école welfarist ;

- L’école des besoins de base ;

- L’école des capacités ou des capabilities.

2.2.1.1.1- L’école welfarist

Un exemple de définition donnée par l’approche welfarist est :

Un individu est dit pauvre dans une société donnée lorsqu’il n’atteint pas un certain niveau de bien-être économique jugé comme étant le niveau minimum par les standards de cette société.

Les welfarists ramènent le concept de bien-être soit directement au concept d’utilité commun en économie, soit indirectement via le terme bien-être économique compris comme l’utilité générée par la consommation totale. L’utilité elle-même est conçue comme un état mental, tel que le bonheur, le plaisir ou la satisfaction du désir procuré à une personne par la consommation (ou la possession) de biens et services. Le terme “niveau de vie” est un autre terme quelques fois utilisé pour référer au bien-être économique. Ce concept de pauvreté tire principalement ses origines dans la théorie microéconomique moderne et découle de l’hypothèse que les individus maximisent leur bien-être.

En pratique cependant, le bien-être économique des individus n’est pas directement observable. Parce que les préférences varient de plus d’une personne à l’autre, cette approche est amenée à formuler un premier principe: celui que les individus sont les seuls à savoir ce qui est véritablement dans leurs intérêts. Par l’analyse classique de la “main invisible” formalisée dans l’étude moderne du bien-être et des équilibres, un second principe découle du

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo premier : celui que l'Etat ne

premier : celui que l'Etat ne doit pas trop intervenir dans l'économie. C'est-à-dire que ce qui doit être produit, comment et pour qui il doit l'être, doit être déterminé par les préférences inconnues des individus. Cette approche préconise donc des politiques axées sur l'augmentation de la productivité, de l’emploi, etc., et donc du revenu, pour alléger la pauvreté. En conséquence l’approche welfarist est associée à ce qui est appelé “l’approche revenu de la pauvreté”. L’école welfarist est actuellement l’approche dominante et était vue jusqu’à récemment comme l’unique façon de faire. La Banque Mondiale, l’un des leaders parmi les organismes de développement, promeut fortement le concept welfarist de la pauvreté.

2.2.1.1.2 - L’école des besoins de base

Cette école identifie un petit sous-ensemble de biens et services spécifiques identifiés

et perçus comme rencontrant les biens de base de tous les être humains. Ils sont dits “de base” car leur satisfaction est considérée comme un préalable à l'atteinte d'une certaine qualité de vie. Ils ne sont pas perçus comme contribuant nécessairement au bien-être. Au lieu d’être sur l’utilité, l’accent est mis sur les besoins individuels relativement à des commodités de base. Dans l’approche traditionnelle des besoins de base, les commodités de base comprennent :

- de la nourriture,

- de l’eau potable,

- des aménagements sanitaires,

- un logement,

- des services de santé et d’éducation de base,

- un service de transport public.

Comme nous le voyons, ces besoins vont au-delà des besoins nécessaires à l'existence, généralement appelés les besoins minimaux, qui n'incluent qu'une nutrition adéquate, un logement et un habillement décents.

Avant même d’aborder la question de ce qui est “suffisant”, le sous-ensemble de commodités de base est compris comme variant avec l’âge et le sexe : les enfants et les femmes requièrent des services de santé particuliers, l’éducation de base pour un enfant de 7

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo ans peut signifier d’aller à l’école

ans peut signifier d’aller à l’école primaire, alors qu’elle peut signifier l’alphabétisme fonctionnel pour un adulte, etc. Un exemple de définition de la pauvreté suggérée par cette approche est : l’incapacité d’une famille à faire face à ses besoins de base pour sa survie (nourriture, santé, vêtements), sa sécurité (revenu, logement) et pour l’amélioration de ses habiletés (éducation de base, alphabétisme fonctionnel, participation à la vie politique).

L'un des principaux problèmes auquel se confronte cette approche, est la détermination même des besoins de base. Ce sont généralement les nutritionnistes, les physiologistes et autres spécialistes qui sont appelés à déterminer les besoins de base. Or ceux-ci ne s'entendent pas toujours. Cette école est la deuxième en importance après l’école welfarist. Ses origines remontent au début des années 1990 avec les études de Rowntree (1990). Quoiqu’elle reconnaisse le bien fondé des politiques de lutte contre la pauvreté orientées vers l’accroissement des revenus, cette approche privilégie plutôt des politiques ayant pour objectif plus particulier la satisfaction des besoins de base. Cette hypothèse repose elle-même sur deux prémisses. Premièrement, que les inefficiences des mécanismes de marché ne permettent pas aux pauvres de bénéficier de la croissance ; les principaux bénéficiaires demeurant les mieux nantis (Streteen et al. 1981). Deuxièmement, que l’accroissement du revenu des ménages pauvres n’est pas la meilleure façon d’accroître la satisfaction des besoins de base. Quelques-unes des raisons invoquées sont les suivantes:

- les besoins de base en éducation, santé, eau et en hygiène sont plus facilement satisfaits par des services publics que par des revenus accrus;

- les individus n’utilisent pas toujours leurs augmentations de revenu pour accroître leur nutrition et leur santé,

- il y a souvent une distribution inéquitable des ressources à l’intérieur des ménages.

2.2.1.1.3 - L’école des capacités (capabilities)

Pour cette école, l’accent n’est mis ni sur l’utilité ni sur la satisfaction de besoins de base, mais sur les habiletés ou les capacités humaines. Cette approche qui a pris naissance dans les années quatre-vingt et dont le principal maître d'oeuvre est Amartya Sen, n'a pas été développée initialement dans l'optique de s'appliquer à la pauvreté. La visée de Sen était bien plus vaste : développer une nouvelle conception de ce qui a de la valeur pour l'humain.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo La valeur de la vie d’une

La valeur de la vie d’une personne dépend en fait d’un ensemble de façons d’être (being) et de faire (doing), qu’il regroupe sous le terme général de “fonctionnements” (functionings). Les fonctionnements sont donc des accomplissements alors que les capacités réfèrent à la liberté de choisir parmi les divers fonctionnements. La valeur de la vie d’une personne est mieux conçue en termes de capacités que de fonctionnements.

L’école des capacités considère donc comme pauvre, une personne qui n'a pas les capacités d'atteindre un certain sous-ensemble de fonctionnements. En conséquence, pour cette école, ce qui manque n’est pas de l’utilité ou des besoins de base satisfaits, mais certaines capacités considérées comme raisonnablement minimales. La considération des capacités et des fonctionnements plutôt que des commodités, oblige à prendre en compte les caractéristiques personnelles des individus.

Puisque cette approche est assez récente, et se positionne au-dessus de toutes les autres pour élaborer un nouveau concept du bien-être, ses applications à la pauvreté sont peu nombreuses. Le développement de certains indices par le PNUD en est une tentative.

Quel que soit le cadre d’analyse dans lequel nous nous situons, nous pouvons néanmoins définir un indicateur de niveau de vie. Ainsi une personne sera déclarée pauvre si l’évaluation de l’indicateur de niveau de vie pour cet individu est inférieure à un certain seuil. Nous allons maintenant nous intéresser à différents indices et mesures de pauvreté.

2.2.1.2 - Les principaux indices et mesures de la pauvreté

Lorsque le seuil de pauvreté a été identifié, différents indices synthétiques peuvent être proposés pour agréger les situations individuelles en mesure synthétique.

2.2.1.2.1 - L’incidence de la pauvreté

C’est le pourcentage de pauvres dans la population totale. C’est l’indice le plus intuitif et le plus utilisé dans la pratique. Sa mesure est :

H =

q

n

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo Où n désigne le nombre d’indivi

Où n désigne le nombre d’individus dans la population totale et q le nombre total de pauvres.

La faiblesse de cet indice réside dans le fait qu’il ne suit que les passages de la ligne de

pauvreté. En effet sa valeur ne change pas si un pauvre devient encore plus pauvre.

2.2.1.2.2 - L’intensité de la pauvreté

C’est un indice qui prend en compte l’écart moyen qui sépare les pauvres du seuil de

pauvreté.

Sa mesure est donnée par la formule :

I

=

q

z

i = 1

y

i μ

p

=− + 1

qz

z

μ

p

est le revenu moyen des pauvres,

y désigne les dépenses des ménages,

z le seuil de pauvreté.

Cette mesure est parfois appelée déficit de pauvreté. En effet, le montant nécessaire

pour éliminer la pauvreté est qzI si on suppose les coûts de transactions nuls.

Ravallion (1996) fait remarquer qu’elle ne peut servir à elle seule d’indice de la pauvreté,

car elle peut augmenter lorsqu’un pauvre échappe à la pauvreté, puisque dans ce cas le revenu

moyen des pauvres diminue.

2.2.1.2.3 - L’inégalité de revenu parmi les pauvres

C’est le troisième indice élémentaire et se définit comme le produit des deux premiers :

P =

q

z

i = 1

y

i

q

μ

p

+

q

=−

nz

nz

n

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo Il permet de calculer le montant

Il permet de calculer le montant des dépenses totales qu’il faudrait consacrer à la

réduction totale de la pauvreté soit qzI = nzP . Il présente les mêmes avantages que les deux

premiers indices sans avoir leurs inconvénients.

2.2.1.2.4 - La mesure de Sen

Elle est donnée par la relation :

S

=

H

I

+

 

q

IG

=

2

q

+

1

(1

)

p

 

(

q q

+

1)

nz

q

i = 1

(

q

+−

1

)

ig

i

Où Gp est le coefficient de Gini de la distribution des revenus des pauvres et g i = z-y i .

Cet indice introduit un indice d’inégalité de revenu à l’intérieur de la population

pauvre, et permet ainsi de rendre compte des effets de redistribution à l’intérieur de la

catégorie des pauvres.

Toutefois l’indice de Sen baisse lorsqu’on effectue un transfert de revenu d’un individu

pauvre vers un autre moins pauvre. De même il enregistre un saut dans la mesure de la

pauvreté à la suite d’une faible variation du seuil de pauvreté.

2.2.1.2.5 - La mesure de Shorrocks (1995)

Elle est donnée par :

SH

=

1

2

n

z

q

i = 1

(2

n

−+ 2

i

1)

g

i

Cette mesure présente l’avantage de posséder la propriété de continuité que ne vérifie pas

l’indice de Sen.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo 2.2.1.2.6 - Les mesures de Foster,

2.2.1.2.6 - Les mesures de Foster, Greer et Thorbecke (FGT)

Cette famille d’indices, désignées par P α, sont en pratiques les plus utilisées dans

l’analyse de la pauvreté du fait de leurs diverses propriétés (Ponty, 1998). Elles trouvent leur

force dans leur complémentarité. Elles vérifient en effet toutes les propriétés des mesures de

pauvreté.

Elles sont données par :

P

α

1

q

=

n

i = 1

(

z

y

i

z

)

α

α ≥ 0 désigne l’aversion pour la pauvreté.

P 0 = Incidence de la pauvreté ; P 1 = Intensité de la pauvreté ; P 2 = Sévérité de la pauvreté

La sévérité de la pauvreté mesure la répartition des ménages pauvres autour de leur

niveau de dépenses moyennes : plus la proportion des ménages très pauvres est grande, plus la

sévérité est forte.

Les indices FGT présentent une propriété intéressante qui est la « décomposabilité ». En

effet, considérons une partition de la population en m catégories j=1,…,m. Chacune de ces

catégories ayant un poids k j (avec la somme des k j égales à l’unité), la mesure P α de

l’ensemble de la population est simplement la moyenne pondérée des mesures

l’ensemble des sous-groupes, c'est-à-dire :

P

α

=

j

kP

j

j,

α

P

j α

de

On peut donc calculer la contribution de chacun des sous groupes à la pauvreté; elle est égale à:

C

j

=

k

j

*

P

j ,

α

P

α

Ces contributions donnent une idée des groupes où se concentre la pauvreté et peuvent donc

être utilisées pour le ciblage des politiques. On peut réaliser cet exercice pour les groupes

socio-économiques, les régions, etc.

2.2.1.2.7 - Les indices synthétiques

Ils ont trait au développement humain et ont été construits par le Programme des

Nations Unies pour le Développement (PNUD) à la suite des travaux de Sen.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo L’indice de développeme nt humain (I.D.H.)

L’indice de développement humain (I.D.H.)

Il permet de mesurer le niveau de développement humain atteint par un pays ou une

région donnée. Son calcul repose sur trois types d’indices de bien-être avec des valeurs minimales et maximales fixées :

- L’espérance de vie à la naissance (de 25 à 85 ans) ;

- Le niveau d’instruction, combinaison du taux d’alphabétisation des adultes (2/3) et du taux de scolarisation (1/3) ; les valeur extrêmes sont 0% et 100% ;

- Le niveau de vie mesuré par le PIB réel par habitant (exprimé en parité de pouvoir d’achat) (de 100$ à 40 000$). Pour chacune des variables on calcule un indice par la formule suivante :

I =

valeurnationale

valeur min

valeur

max

valeur

min

.

Notons que l’indice du revenu se calcule en logarithme. Soit I o , I i , I r respectivement les indices de l’espérance de vie, de l’éducation et du revenu. L’IDH se calcule de la façon suivante :

IDH =

1

3

(

I

0

+ I

i

+ I

r

)

L’indice de pauvreté humaine (I.P.H)

L’indice de pauvreté humaine prend en compte :

- les déficits en terme de longévité mesurés par le pourcentage de personnes risquant de

mourir avant 40 ans (P 1 ) - les manques dans le domaine de l’instruction mesurés par le taux d’analphabétisme (P 2 )

- les déficits en termes de conditions de vie identifiés par le pourcentage d’individus privés

d’accès à l’eau potable (P 31 ) ; le pourcentage de personnes privées d’accès aux services de

santé (P 32 ) et celui des enfant de moins de cinq ans souffrant de malnutrition (P 33 ) Sa formule de calcul est :

P

3

IPH =

=

1

3

(

P

31

1

3

(

P + P

1

2

+ P

3

+ P

32

+ P

33

)

)

1

3

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo 2.2.2 - LE CONCEPT DE GENRE

2.2.2 - LE CONCEPT DE GENRE

Le « genre » d'une personne est défini par les règles, normes, coutumes et pratiques qui expriment les différences biologiques entre les deux sexes sous la forme de différences socialement construites entre hommes et femmes (et entre garçons et filles). Les deux genres ainsi définis ne sont pas valorisés de la même façon et ne bénéficient pas de possibilités égales d'évolution et d'action. (Kabeer, 2003). Le genre est tout d’abord une notion de sociologie et son intégration dans le domaine de l’économie s’est faite de façon très progressive depuis les années 1970 jusqu’en 2006.

2.2.2.1 - Les cadres de références des politiques et stratégies de genre

L'importance accordée aux questions de genre tant au niveau international qu'au niveau national a donné lieu à plusieurs initiatives pouvant constituer des cadres de références pour l'élaboration des stratégies et politiques de réduction des inégalités de genre. C'est pourquoi, ne pouvant pas être exhaustif dans ce travail, nous allons retenir uniquement les plus important au niveau international et au niveau national.

2.2.2.1.1 - Les cadres de références au niveau international

Au niveau international, deux cadres de références de grande importance peuvent être mentionnés. Il s'agit des conférences des Nations Unies sur les femmes qui ont eu lieu entre 1975 et 1995 et qui retracent l'histoire de la lutte pour l'égalité des sexes et les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui donnent une place de choix aux problèmes des femmes.

2.2.2.1.1.1 - Les conférences des Nations Unies sur les femmes

Les conférences mondiales sur les femmes organisées par les Nations Unies ont été le moyen de placer la question de l'égalité entre les sexes au cœur de l'agenda mondial. Elles ont permis de grouper la communauté internationale autour d'un ensemble d'objectifs communs, assorti d'un plan d'action effectif pour la promotion générale des femmes, dans toutes les sphères de la vie publique et privée.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo Lors de la création des Nations

Lors de la création des Nations Unies, en 1945, la lutte pour l'égalité entre les sexes était encore balbutiante. Seuls trente, des cinquante - et - un premiers Etats Membres de l'Organisation, accordaient aux femmes les mêmes droits de vote qu'aux hommes ou les autorisaient à travailler dans l'administration publique. Néanmoins, les rédacteurs de la Charte des Nations Unies, prévoyants, firent délibérément mention de «l'égalité des droits entre les hommes et les femmes» alors qu'ils déclaraient «la foi [de l'Organisation] en les droits de l'homme» ainsi que «la dignité et la valeur de la personne humaine». Aucun document légal international n'avait auparavant affirmé avec une telle vigueur l'égalité de tous les êtres humains ou n'avait considéré la différence de sexe comme possible motif de discrimination. Il devint alors évident que les droits des femmes seraient au cœur des travaux futurs de l'Organisation.

Au cours des trois décennies qui suivirent, le travail des Nations Unies relatif aux femmes fut principalement consacré à la codification de leurs droits juridiques et civils ainsi qu'à la collecte d'informations sur leur statut dans le monde. Avec le temps, il devint toutefois de plus en plus évident que les lois, en elles-mêmes et comme telles, ne suffisaient pas à garantir aux femmes des droits égaux à ceux des hommes.

Le second stade de la lutte en faveur de l'égalité entre les sexes commença avec l'organisation, par les Nations Unies, de quatre conférences mondiales destinées à développer des stratégies et des plans d'action pour la promotion des femmes. Les efforts déployés connurent plusieurs phases et transformations. Après avoir considéré les femmes presque exclusivement en fonction de leurs besoins en matière de développement, on reconnut les contributions essentielles qu'elles apportaient à tout le processus de développement et l'on chercha à leur donner davantage de pouvoir ainsi qu'à promouvoir leurs droits à participer pleinement aux activités humaines, sur tous les plans.

a. La première conférence : Mexico 1975

La première conférence mondiale sur le statut des femmes se réunit à Mexico en 1975, coïncidant de la sorte avec l'Année internationale de la femme, célébrée afin de rappeler à la communauté internationale que le problème de la discrimination à l'égard des femmes persistait presque partout dans le monde. De concert avec la Décennie des Nations Unies pour la femme (1976-1985), proclamée par l'Assemblée générale cinq mois après que la

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo Conférence en avait fait la demande

Conférence en avait fait la demande express, celle-ci ouvrit une nouvelle phase dans les efforts mondiaux relatifs à la promotion des femmes, en initiant un dialogue de portée internationale sur l'égalité entre les sexes. Un processus venait d'être déclenché – un processus d'apprentissage – qui impliquerait des délibérations, des négociations, la mise en place d'objectifs, l'identification des obstacles et l'évaluation des progrès accomplis.

La Conférence de Mexico fut organisée à la demande de l'Assemblée générale des Nations Unies pour attirer l'attention internationale sur le besoin de développer des objectifs futur précis, des stratégies efficaces et des plans d'action en faveur de la promotion des femmes. A cette fin, l'Assemblée générale identifia trois objectifs clés qui devaient servir de base au travail des Nations Unies relatif aux femmes :

Une égalité complète entre les hommes et les femmes et l'élimination de la discrimination fondée sur le sexe;

L'intégration et la pleine participation des femmes au développement; et

Une contribution de plus en plus importante des femmes au renforcement de la paix internationale. La Conférence réagit en adoptant un Programme mondial d'action, document qui proposait des directives aux gouvernements et à la communauté internationale pour mettre en oeuvre, au cours des dix années à venir, les trois objectifs prioritaires déterminés par l'Assemblée générale. Le Programme d'action établissait les résultats minimums devant être atteints avant 1980 et qui permettraient de garantir un accès égal aux femmes dans des domaines tels que l'éducation, les opportunités d'emploi, la participation à la vie politique, les services de santé, le logement, la nutrition et le planning familial.

Cette approche marqua un tournant, déjà amorcé au début des années 70, dans la façon dont les femmes étaient perçues. Alors que les femmes étaient considérées auparavant comme des individus recevant passivement aide et soutien, elles devenaient dès lors les véritables partenaires des hommes, possédant les mêmes droits d'accès aux ressources et aux opportunités. Une transformation similaire était en train de s'opérer dans la conception du développement. Il ne devait dès lors plus servir à la promotion des femmes et on reconnaissait qu'il n'y avait de développement possible sans la pleine participation des femmes.

La Conférence demanda aux gouvernements d'établir des stratégies nationales et d'identifier des objectifs et des priorités pour orienter leurs efforts de promotion d'une

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo participation égale des femmes. A la

participation égale des femmes. A la fin de la Décennie des Nations Unies pour la femme, 127 Etats Membres avaient répondu à cette demande, en mettant en place des mécanismes nationaux, des institutions s'occupant de la promotion des politiques, des recherches et des programmes visant à promouvoir les femmes et à les faire participer au développement.

Au sein du système des Nations Unies, en plus de l'Agence (aujourd'hui Division) de la promotion de la femme, la Conférence permit la création de l'Institut international de recherche et de formation des Nations Unies pour la promotion de la femme (INSTRAW) et le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) fournissant un cadre institutionnel pour la recherche, la formation et les activités opérationnelles dans le domaine des femmes et du développement.

Un aspect important de la réunion de Mexico réside dans le fait que les femmes jouèrent elles-mêmes un rôle directeur dans les discussions. Parmi les délégations des 133 Etats Membres rassemblées, 113 étaient menées par des femmes. Les femmes organisèrent également, en parallèle de la Conférence, un forum des organisations non gouvernementales, la tribune annuelle internationale des femmes, qui rassemblait environ 4 000 participants.

Des différences notables qui reflétaient les réalités politiques et économiques de l'époque apparurent au sein des femmes présentes au Forum. Les femmes des pays du bloc de l'est, par exemple, se montrèrent plus intéressées par la question de la paix, alors que les femmes de l'Ouest insistèrent sur celle de l'égalité entre les sexes et que celles des pays en développement mirent l'accent sur le développement. Néanmoins, le Forum joua un rôle important, dans la mesure où il rassembla des hommes et des femmes de cultures et d'origines différentes qui allaient partager des informations et mettre en marche un processus qui aiderait à unifier le mouvement féminin, devenu véritablement international à la fin de la Décennie pour la femme. Le Forum permit également aux Nations Unies de s'ouvrir aux ONG qui favorisèrent la prise en compte de l'opinion des femmes dans le processus de développement des politiques de l'Organisation.

b. La deuxième conférence : Copenhague 1980

Lors de la réunion de représentants de 145 Etats Membres à Copenhague en 1980 qui visait à revoir et examiner le Programme mondial d'action, à l'occasion de la seconde

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo conférence sur les femmes, on reconnut

conférence sur les femmes, on reconnut de façon unanime que des progrès significatifs avaient été réalisés. Les gouvernements et la communauté internationale avançaient à grands pas vers les objectifs fixés, cinq ans plus tôt, à Mexico.

Une étape importante avait été l'adoption, par l'Assemblée générale en décembre 1979, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, l'un des instruments les plus puissants pour assurer l'égalité entre les hommes et les femmes. La Convention, dénommée «déclaration des droits de la femme», lie aujourd'hui légalement 165 Etats, devenus Etats partis, et les oblige à présenter dans l'année suivant la ratification et par la suite tous les quatre ans les mesures qu'ils ont prises pour éliminer les obstacles rencontrés dans l'application de la Convention. Un Protocole facultatif, permettant aux femmes victimes de discrimination fondée sur la différence des sexes de porter plainte devant une instance internationale, ouvert à la ratification à l'occasion de la Journée des droits de l'homme, le 10 décembre 1999. Après son entrée en vigueur, le Protocole placera la Convention sur un pied d'égalité avec d'autres instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et qui comprennent des procédures de plaintes individuelles.

Malgré les progrès réalisés, la Conférence de Copenhague releva l'émergence de disparités entre les droits théoriquement garantis et la capacité des femmes à exercer effectivement ces droits. Afin d'examiner ce problème, la Conférence isola trois domaines dans lesquels une action spécifique et extrêmement ciblée était essentielle si l'on souhaitait atteindre les objectifs d'égalité, de développement et de paix identifiés par la Conférence de Mexico. Un accès similaire à celui des hommes à l'éducation, aux opportunités d'emploi et à des services de soins médicaux appropriés, tels étaient ces trois domaines.

Les délibérations de la Conférence de Copenhague furent assombries par des tensions politiques dont certaines dataient de la Conférence de Mexico. Toutefois la Conférence parvint à adopter, mais pas par consensus, un programme d'action qui identifiait divers facteurs responsables de la divergence entre les droits légaux et la capacité des femmes à les exercer. Ceux-ci incluaient :

Le manque d'engagement suffisant de la part des hommes pour améliorer le rôle de la femme dans la société;

Une volonté politique insuffisante;

Le manque de reconnaissance de la valeur des contributions des femmes à la société;

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo • Le manque d'attention portée aux

Le manque d'attention portée aux besoins particuliers des femmes au niveau de la planification;

La rareté des femmes aux postes de décision;

L'insuffisance de services tels que les coopératives, les centres de soins journaliers et les organismes de prêts destinés à soutenir le rôle de la femme dans la vie nationale;

Un manque général de ressources financières; et

Une faible prise de conscience des femmes en ce qui concerne les opportunités disponibles. Pour que l'on remédie à ces problèmes, le Programme d'action de Copenhague appela à la mise en place de mesures nationales plus importantes pour garantir aux femmes la propriété et le contrôle foncier, de même qu'une amélioration des droits des femmes en matière de succession, de garde parentale et de perte de nationalité. C'est également à la Conférence que les représentants demandèrent instamment que soit mis fin aux comportements stéréotypés à l'égard des femmes.

c. La troisième conférence : Nairobi 1985

Le mouvement pour l'égalité entre les sexes avait vraiment acquis une reconnaissance internationale, au moment où s'organisait, en 1985 à Nairobi, la troisième conférence mondiale sur les femmes, la Conférence mondiale pour le suivi et l'examen des réalisations de la Décennie des Nations Unies pour la femme : égalité, développement et paix. Avec 15 000 représentants d'organisations non gouvernementales présents au forum des ONG, organisé parallèlement à cet événement, nombreux furent ceux qui estimèrent bientôt que la Conférence avait permis la «naissance du féminisme mondial». Le mouvement des femmes, divisé à la Conférence de Mexico en raison des réalités politiques et économiques mondiales de l'époque, était alors devenu une force internationale unifiée sous la bannière de l'égalité, du développement et de la paix. Derrière cette étape historique, se cachaient dix années de travail. Beaucoup d'informations, de connaissances et d'expériences avaient été rassemblées par le biais du processus de discussion, de négociation et de révision.

Au même moment, les représentants se trouvèrent confrontés à des rapports choquants. Les renseignements recueillis par les Nations Unies révélaient que seule une petite minorité de femmes avaient tiré parti des améliorations du statut des femmes et des efforts pour réduire la discrimination à leur égard. Dans les pays en développement, l'amélioration de leur

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo situation n'avait été qu'un processus marginal,

situation n'avait été qu'un processus marginal, dans les meilleurs cas. En bref, les objectifs de la seconde partie de la Décennie des Nations Unies pour la femme n'avaient pas été atteints.

Cette constatation appelait à l'adoption d'une nouvelle approche. La Conférence de Nairobi fut mandatée pour rechercher de nouvelles voies qui permettraient de surmonter les obstacles à la réalisation des objectifs de la Décennie : égalité, développement et paix.

Les Stratégies prospectives d'action de Nairobi pour l'an 2000, stratégies développées et adoptées par consensus par les 157 gouvernements participants, constituaient un plan de travail remis à jour et concernant l'avenir des femmes jusqu'à la fin du siècle. Sa nouveauté résidait dans le fait qu'il déclarait que tous les problèmes humains étaient aussi les problèmes des femmes. La participation des femmes au processus de décision et à la gestion de toutes les affaires humaines reconnue non seulement comme un droit légitime, mais aussi comme une nécessité politique et sociale dont le respect devait être incorporé dans toutes les institutions de la société.

Une série de mesures visant à permettre l'égalité entre les hommes et les femmes au niveau national se trouvait au centre de ce document. Les gouvernements se devaient de définir leurs propres priorités en fonction de leurs politiques de développement et des ressources à leur disposition.

Trois catégories élémentaires de mesures furent établies :

Mesures légales et constitutionnelles;

Égalité avec les hommes au niveau de la participation sociale; et

Égalité avec les hommes dans la vie politique et les processus de prise de décisions. S'inspirant de l'idée que tout problème est aussi un problème de femme, les mesures recommandaient que les Stratégies prospectives de Nairobi incluent un large éventail de sujets allant de l'emploi à la santé jusqu'aux services sociaux, à l'industrie, à la science, aux communications et à l'environnement. A cette occasion, des directives pour la mise en place de mesures nationales, concernant la promotion de la participation des femmes dans les efforts de paix et l'assistance aux femmes en situations de détresse particulières, furent également proposées.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo De la même façon, la Conférence

De la même façon, la Conférence de Nairobi exhorta les gouvernements à déléguer les responsabilités relatives aux questions de la femme à tous les bureaux et programmes institutionnels. De plus, suite à la Conférence, l'Assemblée générale demanda aux Nations Unies d'inclure, si cela ne l'était déjà, la question des femmes à tous les domaines d'activité de l'Organisation.

La Conférence de Nairobi avait donc permis d'envisager la question de la promotion de la femme de manière plus large. Il était maintenant admis que l'égalité entre les femmes et les hommes, loin d'être un problème isolé, touchait tous les domaines de l'activité humaine. De ce fait, la participation active et à long terme des femmes pour résoudre les problèmes de la société, et pas seulement les problèmes de femmes, était essentielle pour pouvoir atteindre les buts et objectifs de la Décennie de la femme.

d. La quatrième conférence : Beijing 1995

Alors que les efforts déployés au cours des deux décennies précédentes, depuis la Conférence de Mexico en 1975, avaient aidé à améliorer la condition de la femme et son accès aux ressources, ils n'avaient cependant pas été permis de modifier les formes élémentaires d'inégalité existant au sein des relations hommes-femmes. Les décisions qui affectaient la vie de la plupart des individus continuaient d'être prises par des hommes. Il fallait donc élaborer les moyens de donner plus de pouvoir aux femmes afin qu'elles puissent, en tant que partenaires équivalents des hommes, insérer leurs priorités et valeurs propres dans les processus de prise de décisions, à tous les niveaux.

La reconnaissance de ce besoin d'impliquer les femmes dans la prise de décisions avait commencé à se manifester au cours d'une série de conférences mondiales organisées par les Nations Unies au début des années 90, qui traitaient des divers aspects du développement :

l'environnement, les droits de l'homme, la population et le développement social. Toutes ces conférences avaient souligné l'importance de la pleine participation des femmes à la prise de décision; leurs points de vue formèrent une partie intégrante des délibérations et des documents alors adoptés.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo Néanmoins, ce ne fût qu'à la

Néanmoins, ce ne fût qu'à la conférence suivante, la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, organisée à Beijing en 1995, que l'on assista véritablement à l'ouverture d'un nouveau chapitre dans la lutte pour l'égalité entre les sexes.

La transformation fondamentale qui eut lieu à Beijing fut la reconnaissance du besoin de déplacer l'attention focalisée sur les femmes vers un concept plus large, celui de genre, pour montrer ainsi que la structure de la société, dans son ensemble, de même que les relations entre les hommes et les femmes qui la composent devaient être réévaluées. Ce n'est que par une restructuration aussi profonde de la société et de ses institutions que les femmes pouvaient acquérir suffisamment de pouvoir pour occuper la place qui leur revenaient, en tant qu'égales des hommes, dans tous les aspects de la vie. Par ce changement, on avait réaffirmé énergiquement que les droits des femmes faisaient partie intégrante des droits de l'homme et que l'égalité entre les sexes était une question universelle dont la prise en compte bénéficiait à tous.

Le legs de la Conférence de Beijing résidait dans le fait que celle-ci avait provoqué un renouveau des engagements mondiaux pour l'attribution de pouvoirs accrus aux femmes partout dans le monde et qu'elle attira une attention internationale sans précédent. La Conférence adopta de manière unanime la Déclaration de Beijing et le Programme d'action conçu comme un ordre du jour en faveur du renforcement de la position de la femme et comme la pierre angulaire de la promotion de la femme au XXIe siècle. Le Programme d'action définissait douze domaines critiques, estimés être représentatifs des obstacles principaux à la promotion de la femme et pour lesquels une action concrète des gouvernements et de la société civile était nécessaire :

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo • Les femmes et l'environnement ;

Les fillettes. En adoptant le Programme d'action de Beijing, les gouvernements s'engagèrent à inclure effectivement la dimension séxospécifique dans toutes leurs institutions, politiques, de planification et de prise de décisions. Cela signifiait concrètement qu'avant que des décisions ne soient prises ou que des programmes ne soient mis en place une analyse de leurs effets sur les hommes et les femmes, ainsi que des besoins de ceux ci, devait toujours être conduite. Au lieu de s'astreindre, par exemple, à faire en sorte qu'un système éducatif soit de plus en plus ouvert aux femmes, cette valorisation de l'aspect sexospécifique imposerait une restructuration du système afin qu'il épouse uniformément les besoins des femmes comme ceux des hommes.

Introduire l'aspect sexospécifique impliquait un réexamen de toute la société et de l'inégalité de ses structures de base. L'attention n'était donc plus limitée aux femmes et à leur statut dans la société, mais englobait la restructuration des institutions et des processus de prise de décisions politiques et économiques au sein d'une société envisagée dans son ensemble.

En approuvant le Programme d'action, l'Assemblée générale des Nations Unies demanda à tous les Etats, au système des Nations Unies et aux autres organisations internationales, comme aux ONG et au secteur privé, de prendre des mesures pour appliquer les recommandations y figurant. Parmi les Etats Membres, les mécanismes qui avaient été établis pour promouvoir le statut de la femme furent réassignés comme unité centrale de coordination des politiques sur l'ensemble des institutions et programmes. Au sein du système des Nations Unies, le Secrétaire général désigna un fonctionnaire de haut rang pour servir de conseiller spécial sur les questions sexospécifiques, ayant pour rôle de garantir une application large des perspectives sexospécifiques à tous les niveaux du champ de travail des Nations Unies. L'Organisation se vit également confier un rôle central, celui de superviser le Programme.

La Conférence de Beijing apparut comme un succès majeur, à la fois en raison de son ampleur et de ses résultats. Avec 17 000 participants dont 189 gouvernements, elle constituait la réunion la plus importante de représentants de gouvernements et d'ONG jamais organisée. Le Forum ONG, organisé parallèlement à la Conférence battit tous les records en accueillant 35 000 personnes, portant ainsi le nombre général de participants à 47 000.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo La présence et l'influence des ONG,

La présence et l'influence des ONG, l'un des fers de lance de la recherche de l'égalité entre les sexes, avaient énormément augmenté depuis la Conférence de Mexico, en 1975. A Beijing, les ONG influencèrent directement le contenu du Programme d'action. Elles allaient de même jouer un rôle important en rendant leurs dirigeants nationaux responsables des engagements qu'ils avaient acceptés de mettre en oeuvre.

2.2.2.1.1.2. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)

Les OMD sont l'aboutissement d'un long processus qui remonte aux grandes conférences internationales organisées dans les années 1990. Il s'agit du sommet mondial pour les enfants (1990 – 2002); de la Conférence Internationale de Pays en Développement (1994); de la Conférence Mondiale sur les femmes à Beijing en Chine (1995); du Sommet Mondial pour le Développement Social à Copenhague (1995); du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique NEPAD (2000) et du Sommet du Millénaire pour le Développement (2000)

La République du Congo, s'est engagée à élaborer et à mettre en œuvre des politiques

conformes aux OMD. Ces derniers au nombre de huit (8) ont été fixés avec une douzaine (12) de cibles. Le premier objectif est l'élimination de l'extrême pauvreté et de la faim. Cet objectif comprend deux cibles à savoir :

(i)

la réduction de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour et

(ii)

la réduction de moitié, toujours entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de faim. Le deuxième objectif qui consiste à assurer une éducation primaire pour tous a pour cible d'ici 2015, de donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires.

Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes constitue le troisième objectif qui a pour cible l'élimination des disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2015 si possible et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015 au plus tard. L'objectif 4 est de réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans. La cible ici est de réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo ans. L'objectif 5 est d'améliorer la

ans. L'objectif 5 est d'améliorer la santé maternelle avec pour cible la réduction de trois quarts, entre 1990 et 2015, du taux de mortalité maternelle.

Combattre le VIH / SIDA, le paludisme et d'autres maladies constitue le sixième objectif des OMD. Cet objectif comprend deux cibles qui sont :

(i)

d'ici 2015, avoir stoppé la propagation du VIH / SIDA et commencé à inverser la tendance actuelle et

(ii)

d'ici 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d'autres maladies et avoir commencer à inverser la tendance actuelle.

Le septième objectif consiste à assurer un environnement durable. Cet objectif s'articule autour de trois cibles à savoir :

(i)

intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle de la déperdition des ressources environnementales;

(ii)

réduire de moitié, d'ici 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement à une eau potable;

(iii)

réussir, d'ici 2010, à améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions

d'habitants de taudis. Enfin le dernier objectif consiste à mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Il a pour cible le traitement global du problème de la dette des pays en développement, par des mesures d'ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme.

2.2.2.1.2 - Les cadres de références au niveau national

Sur le plan national, quatre cadres de référence peuvent être mentionnés. Il s'agit de la constitution de 20 janvier 2002, du statut général de la fonction publique, du code de travail en vigueur dans le secteur privé qui a été révisé en 1982 et du code de la famille rentré en vigueur le 17 octobre 1984.

En effet, la constitution de 20 janvier 2002 consacre deux articles à la situation des inégalités. Le premier stipule : " … toute discrimination fondée sur l'origine ethnique ou régionale, l'idéologie, la religion, la philosophie, le sexe et l'état physique est interdite …". Le second dispose que "la femme a les mêmes droits que l'homme dans tous les domaines de la

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo vie politique et sociale" et que

vie politique et sociale" et que "pour un travail égal, la femme a les mêmes droits que l'homme". Au niveau du statut général de la fonction publique, il s'agit de la loi n°021/89 du 14 novembre 1989. Cette loi fixe le statut des agents de l'Etat fonctionnaires ou non titulaires. Dans l'article 129, il assure une égalité entre l'homme et la femme sous réserve des dispositions relatives au congé de maternité.

Dans le secteur privé, la loi n°45/75 instituant le code du travail révisé en 1982, dispose en son article 30 : "à conditions égales de travail, de qualification professionnelle et de rendement, le salaire est égal pour tous les travailleurs quelles que soient leur origine, leur sexe, leur âge et leur statut. Enfin, la loi n°073/84 du 17 octobre 1984 portant code de la famille congolaise affirme également le principe de l'égalité des droits dans tous les domaines de la vie privée, politique et sociale. Au terme de l'article 308 de ce code, les coutumes cessent d'avoir force de loi. La capacité juridique de la femme est connue et son consentement est exigé pour le mariage. Cependant, le mari demeure le chef de famille (article 168) et sa femme ne le remplace qu'en cas d'indisponibilité ou d'incapacité (PNUD, 2002).

2.2.2.2 - Les stratégies et politiques de réduction des inégalités de genre antérieur et en cours en République du Congo depuis la décennie 1990

La situation de la femme congolaise est à plusieurs égards aussi défavorable que celle des femmes des autres pays en développement. Bien que la république du Congo ait ratifié ’essentiel des conventions internationales prônant le respect des droits de la femme, la condition de celle ci est encore caractérisée par des nombreuses violations. Les crises que le pays a connues ont accentué cette situation avec les violences sexuelles sur les femmes, les filles, l’aggravation des difficultés financières liées a la prise en charge de la famille en l’absence du mari, l’inégalité de longue date entre l’homme et la femme en matière de santé, du niveau d’instruction, de qualification personnelle, de la participation de la femme à la prise de décision et à l’accès aux possibilités économiques.

2.2.2.2.1 - Les stratégies et politiques de genre entre 1980 et 2003

La création d’un mécanisme institutionnel chargé des questions de la femme intégrait la démarche des institutions internationales soucieuses de l’égalité entre les sexes dans la

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo législation, les politiques et le s

législation, les politiques et les programmes du gouvernement. C’est ainsi, les activités et les projets spécifiques des femmes jusque là gérés par l’Union Révolutionnaire des Femmes du Congo (URFC) et la Direction Générale des Affaires Sociales (DGAS) vont au cours des années 1980 s’aligner sur les orientations du contexte international dominé par l’approche Intégration de la Femme au Développement (I.F.D.). Dans cette optique, en 1989, le système des Nations Unis à travers le projet « Appui à l’Intégration de la Femme au développement » aida le gouvernement à mettre en place un cadre cohérent pour la coordination des projets d’assistance. Le projet fut implanté à la Direction Générale du Plan au sein du ministère des Finances, de l’Economie et du Plan.

En 1990, la cellule du projet fut érigée en Direction de l’Intégration de la Femme au développement (DIFD) sous tutelle de la Direction Générale du Plan elle élabora un programme axé essentiellement sur les études socio-économiques, le renforcement des capacités locales et nationales et la coordination nationale des activités du développement. Au cours de cette même période marquée par les revendications syndicales, les femmes commencèrent à se regrouper sur la base de leurs intérêts. Naquirent ainsi les associations scientifiques, de développement et humanitaires notamment l’Association Congolaise des femmes Chercheurs (ACFC), l’Association des Femmes Juristes du Congo (AFJC), l’Union Africaine des Femmes Managers (UAFM), le Comité International des Femmes Africaines pour le Développement (CIFAD), etc. Par ailleurs, les partis politiques de création récente créèrent des ailes féminines

La tenue de la Conférence Nationale Souveraine en 1991, suscita un second sursaut des femmes qui tenaient à participer à cet événement. A l’unisson, les 50 participantes sur 1200 conférenciers élevèrent une fois de plus leurs voix pour revendiquer leur présence aux sphères de prise de décisions et aussi la création d’un ministère de la femme. Ainsi, le Gouvernement de la République, conscient de l'importance d'intégrer la dimension genre dans toutes les sphères de la vie économique et sociale, a crée en 1992 un ministère chargé de l’intégration de la femme au développement.

Ce ministère s’emploie à mettre en œuvre une stratégie qui permette aux femmes :

de s’assurer des moyens d’existence,

d’alléger leurs lourdes responsabilités domestiques,

d’éliminer les obstacles socio-culturels à sa participation à la vie active,

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo De sensibiliser davantage la société à

De sensibiliser davantage la société à son sort, à la faveur des programmes d’éducation et d’information.

Il avait comme objectifs :

D’alléger le fardeau de la pauvreté qui pèse sur les femmes. De supprimer les inégalités d’accès à la formation et à l’éducation. De mettre fin aux inégalités de sexe dans le partage du pouvoir et la prise de décision dans tous les domaines. D’arrêter la violence contre les femmes. De mettre en place des mécanismes chargés de favoriser la promotion de la femme. De faire respecter les droits fondamentaux des femmes. D’améliorer la condition de la jeune fille, en supprimant la discrimination et autres atteintes à ses droits fondamentaux. De faire disparaître les stéréotypes appliqués aux femmes ainsi que l’inégalité d’accès et de participation des femmes aux systèmes de communication, particulièrement les médias. De prendre en compte et intégrer la dimension féminine dans des politiques et programmes de développement national ainsi que dans des réformes administratives et juridiques. Depuis lors, (1992), le ministère en charge de la femme est toujours présent dans chaque équipe gouvernementale.

Le Forum National de la femme de 1993 fit une analyse critique des douze (12) thèmes identifiés par la commission préparatoire de la quatrième Conférence Mondiale des Femmes.

En 2002, la Conférence Générale des Femmes avait fait une évaluation mi-parcours de la plate forme de Beijing d’une part et l’état des lieux sur leur implication dans les différents secteurs de développement d’autre part.

L'actuel ministère en charge de la promotion de la femme dispose depuis le 15 septembre 1999, d'une politique nationale de la promotion de la femme assortie d'un plan d'action (2000- 2002) adopté par le Gouvernement. Cette politique nationale de la femme s'articule autour de quatre objectifs à savoir :

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo a. développer le potentiel économique de

a. développer le potentiel économique de la femme;

b. améliorer les conditions et le cadre de vie de la femme;

c. promouvoir et protéger les droits de la femme et de la jeune fille;

d. améliorer les capacités d’intervention et de management des mécanismes charges de la promotion de la femme.

La politique en matière de la promotion de la femme se base sur les fondements et les principes énoncés au niveau national, régional et international.

- Au niveau national

La politique trouve son fondement dans l’Acte Fondamental du 24 octobre 1997, le Programme d’Action de Relance Économique, les recommandations du Forum National sur les femmes de décembre 1993, le rapport de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement de septembre 1993 ainsi que les engagements pris par le Congo lors de la Conférence Mondiale sur les femmes de Beijing.

- Au niveau régional

Elle prend appui sur la plate- forme d’action africaine qui vise à fournir aux Africains une position commune pour l’amélioration de la situation de la femme ainsi qu’un cadre d’engagements et d’actions concertés pour une application accélérée des stratégies de Nairobi.

- Au niveau international

Elle s’appuie sur les conclusions et recommandations des quatre conférences mondiales sur la femme organisées par les Nations Unies. Qu’il s’agisse de la promotion de la paix, de la protection de l’environnement, du développement durable, des droits de l’Homme, de la population, de la santé, de l’éducation…, ces conférences ont précisé qu’aucun progrès n’est possible sans la pleine participation de l’homme et de la femme.

Il sied de souligner qu’en république du Congo, le processus d’élaboration d’une politique nationale Genre est en cours. Cependant le gouvernement a adopté en 1999, une politique nationale de la promotion de la femme assortie d’un plan d’action 2000-2002, sur la base

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo duquel le département chargé de la

duquel le département chargé de la promotion de la femme a mené des actions, en vue d’assurer la promotion de l’égalité entre les sexes et la démarginalisation des femmes.

Ce plan d’action mettant en application cette politique en matière de la promotion de la femme (2000-2002) comprenait quatre sous programmes :

a. droit de la femme et de la jeune fille : accès a la prise de décision;

b. lutte contre la violence à l’égard des femmes;

c. accès des femmes au revenu;

d. femme, santé et environnement

En quatorze ans d’activités (1989-2003), il n’est pas ambitieux de reconnaître que ces mécanismes ont créé auprès des décideurs politiques, de l’opinion publique et des femmes elles même, une prise de conscience sur la question de la promotion de la femme. Bien que la légitimité de ces mécanismes institutionnels n’est plus contestée, la conception que l’État et les bénéficiaires se font la promotion de la femme reste problématique.

Pour l’État, la question de la femme est résolue par la création du ministère en charge de la femme et de ce fait, le problème de sa promotion reste marginal par rapport aux grandes questions nationales traitées par les ministères des finances, des hydrocarbures, de l’industrie…la plupart des grands projets à composante femme tombe en désuétude quelques mois après l’appui des partenaires de développement. La faiblesse des ressources allouées au ministère en charge de la femme ne permet pas à celui-ci de prendre la relève des activités amorcées par les organismes de développement.

2.2.2.2.2 - Les stratégies et politiques de réduction des inégalités de genre depuis 2004

L'amélioration des conditions de vie des populations est l'une des préoccupations majeures du Gouvernement de la République du Congo qui a pris l'engagement de faire de la lutte contre la pauvreté sa priorité dans le cadre des grandes orientations de sa politique de développement en rapport avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo Un Document Intérimaire de Stra tégie

Un Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté a été rédigé. Ce document est actuellement l'unique cadre de référence des interventions en matière de développement.

Ce document prend en compte la dimension genre dans le troisième axe stratégique consacré à l'accès aux services sociaux de base et la protection sociale. Il ressort de ce document que l'objectif principal visé est d’améliorer le statut social, culturel économique et politique de la femme. Ainsi la stratégie globale s'appuie sur:

Le renforcement de l'accès égal du genre à l'éducation;

L'élaboration, l’adoption et la mise en œuvre d'une politique nationale du genre;

Le lancement de plaidoyers auprès des décideurs et la sensibilisation des populations sur les questions du genre ;

Le renforcement des capacités du Département de la promotion de la femme ainsi que des ONG et des associations oeuvrant pour la promotion du genre.

Les actions suivantes sont envisagées:

La création d'un système d'information sur les questions du genre;

Le développement de l'équité homme - femme au niveau de l'emploi et des services;

La promotion de la santé maternelle et infantile

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo CHAPITRE 3 : SOURCE DES DONNÉES

CHAPITRE 3 : SOURCE DES DONNÉES ET MÉTHODOLOGIE

du Congo CHAPITRE 3 : SOURCE DES DONNÉES ET MÉTHODOLOGIE 3.1 - PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE CONGOLAISE
du Congo CHAPITRE 3 : SOURCE DES DONNÉES ET MÉTHODOLOGIE 3.1 - PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE CONGOLAISE

3.1 - PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE CONGOLAISE AUPRÈS DES MÉNAGES (ECOM)

3.1.1 - CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La République du Congo a connu des troubles socio politiques pendant les années 1993, 1997 et 1998 qui ont contribué à détériorer la situation économique et sociale devenue précaire depuis le milieu des années 1980. Au sortir de ces troubles, l’Etat Congolais a élaboré et adopté en Juin 2000 le Programme Intérimaire Post Conflit (P.I.P.C.) qui va couvrir la période 2000-2002. Ce programme visait, parmi d’autres objectifs, l’amorce d’une politique volontariste de lutte contre la pauvreté. Parallèlement le pays s’est lancé dans l’élaboration du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté Intérimaire (DSRP-I). Ce nouveau document s’inscrit dans la logique du PIPC et en prend le relais dès 2003. En s’attelant à l’exercice d’élaboration du DSRP, le Congo s’engageait en même temps à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). L’élaboration du DSRP-I a mis en exergue un déficit important en informations sur les conditions de vie des ménages et la pauvreté. C’est ainsi que dans le cadre de la finalisation du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), une enquête qualitative sur la perception de la pauvreté par les populations et deux enquêtes classiques, à savoir une enquête démographique et de santé et une enquête sur l’évaluation de la pauvreté ont été retenues dans le cadre de la finalisation du DSRP. C’est dans ce contexte que l’Enquête Congolaise auprès des Ménages pour l’évaluation de la pauvreté (ECOM 2005) a été réalisée par le Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques (CNSEE) en 2005 sur l’ensemble du territoire national.

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo

Genre et réduction de la pauvreté en République du Congo 3.1.2 - OBJECTIFS DE L’ENQUÊTE L’enquête

3.1.2 - OBJECTIFS DE L’ENQUÊTE

L’enquête ECOM été conçue pour servir de référence dans le cadre de la connaissance de la pauvreté en république du Congo. L’objectif général de l’ECOM est de permettre de disposer de données actuelles sur les conditions de vie des ménages en vue de finaliser le DSRP en vue de suivre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Les objectifs spécifiques sont les suivants :

- construire une ligne de pauvreté monétaire ;

- produire un profil de pauvreté monétaire ;

- produire un certain nombre d’indicateurs retenus dans le DSRP-I pour le suivi des OMD ;

- réaliser certaines études sectorielles en vue de la finalisation du DSRP

- fournir des statistiques de base pour l’élaboration des comptes nationaux (consommation des ménages au niveau fin pour la réalisation des équilibres ressources emplois etc.) ;

- fournir des pondérations pour le calcul d’un nouvel indice des prix à la consommation finale des ménages dans le cadre du projet d’harmonisation des prix CEMAC.

3.1.3 - PRÉSENTATION TECHNIQUE DE L’ENQUÊTE

L’Enquête Congolaise auprès des Ménages (ECOM) a couvert l’ensemble des dix départements que compte le pays et les deux principales villes : Brazzaville et Pointe-Noire. C’est une enquête par sondage qui a été réalisée auprès des ménages ordinaires résidant sur l