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Les liants MDC 1ere année DMS

Chapitre IV

Les liants

« Les liants minéraux et Les liants organiques »

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Mme A. BADAOUI
Les liants MDC 1ere année DMS

Chapitre IV : Les liants

IV.1. Les liants minéraux :


Les liants minéraux sont des matériaux moulus très fins. Ils donnent une pâte
collante s’ils sont malaxés à l’eau, elle durcit progressivement pour devenir une
sorte de pierre artificielle.

Les liants minéraux sont mélangés avec l’eau et/ou les granulats (sable, gravillon,
gravier), pour devenir une pâte de ciment ou mortier ou encore béton.

Certains liants durcissent dans des milieux humides ou dans l’eau et d’autres à
l’air seulement. Cette propriété nous permet de classifier les liants minéraux en :
 Liants hydrauliques qui durcissent et conservent leurs propriétés
mécaniques à l’air et dans l’eau (chaux hydraulique, ciment portland...)
 Liants aériens qui ne durcissent et ne peuvent conserver leurs propriétés
mécaniques qu’à l’air (chaux grasse, plâtre),

IV.1.1 Liants hydrauliques

Les liants hydrauliques sont des produits ayant la propriété de durcir au contact
de l’eau, et qui, après durcissement, conservent leur résistance et leur stabilité
même sous l’eau.

a. Chaux hydraulique : Les Romains ont confectionné un liant hydraulique à


durcissement lent en mélangeant de la chaux à des cendres volcaniques d'origine
récente, riches en silice et en alumine, qu'ils trouvaient à Pouzzoles (Pozzuoli à
côté de Naples; d’où le terme Pouzzolane).

La chaux hydraulique naturelle est le résultat de la cuisson d'un mélange de


roches calcaires et de 15 à 20% d'argile en éléments chimiques comme le fer,
l'aluminium et surtout la silice.

Par contact avec l'eau, ces corps vont former des hydrates insolubles qui
confèrent au liant un caractère hydraulique.

Les proportions d'alumine et de fer sont très faibles (dans les liants blancs, les
teneurs en fer sont inférieures à 0,1 ou 0,2%).

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En 1820, VICAT cherche à classifier les types de chaux selon leur type de prise
et leur teneur en argile. Il définit l'indice d'hydraulicité « i » ; C'est le rapport
entre différents composants associés à l'argile et la part en chaux.

Le caractère hydraulique des chaux se traduit également par leur prise ou leur
durcissement plus ou moins rapide sous l'eau.

 Fabrication :
Extraction :
Les roches calcaires et l’argile sont extraites de carrières à ciel ouvert ou
souterraines. Les roches dures sont reprises par des chargeurs, puis
transportées vers des ateliers de concassage ;

Cuisson :
Entre 800 et 1 500 ° C, le calcium du calcaire se combine avec le fer, l'aluminium
et surtout la silice pour former des silicates de calcium, des aluminates et des
ferro-aluminates de calcium.

La cuisson s'effectue dans des fours verticaux à marche continue, la zone de


cuisson proprement dite, ou se forment les silicates et aluminates de chaux, se
situe à une température variant entre 1000 et 1200 °C selon la qualité de chaux
recherchée.

CaCO3 + SiO2 « décarbonatée » 2CaO SiO2 « silicates de calcium ou silicates de chaux »


CaCO3 + Al2O3 et Fe2O3 3CaOAl2O3 et 4CaOAl2O3Fe2O3 « aluminates et
des ferro-aluminates de calcium»

Extinction :
La chaux vive recueillie à la sortie du four passe alors par un traitement destiné
à éteindre complètement la chaux libre tout en respectant les silicates et
aluminates qui lui donnent son caractère hydraulique.

En fait, ces silicates et aluminates fixent d’abord de l’eau, puis la perdent au


profit de la chaux restant à éteindre.

L’extinction se fait suivant deux techniques:

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 Par immersion : La chaux est mise dans des paniers qu’on plonge dans l’eau
pendant quelques secondes.
 Par aspersion : La chaux est étalée en couches de 15 à 20 cm. On l’arrose
légèrement puis on la retourne et on l’arrose à nouveau de manière à ce que toute
la masse soit humidifiée.
La quantité d’eau employée est 15 à 20% du poids de chaux.
On relève ensuite la chaux en tas et on la laisse ainsi jusqu’à l’extinction
complète (2 semaines); la fin de l’opération étant marquée par la transformation
du produit en poudre.
Après extinction, la chaux est stockée en silo où s’achève l’hydratation des
parties les plus cuites.

La chaux éteinte est introduite à la partie supérieure d’un tambour long dont les
faces sont garnies de grilles métalliques « tamisage à mailles carrées de 10 cm ».
L’axe du tambour est légèrement incliné vers le bas et tourne à la vitesse de 60
à 80 tr/min.
Les éléments qui traversent les mailles sont recueillis et constituent la chaux
légère.
Les éléments qui ne peuvent passer à travers les mailles sont recueillis et soumis
à un stockage prolongé (50 à 60 jours) puis broyés et tamisés à nouveau.

 Propriétés :
Les classes de la résistance à la compression minimales à 28 jours de la chaux
hydraulique naturelle« NHL» sont : « 30, 60 et 100 bars ».
Une chaux hydraulique naturelle offrant une résistance à la compression
minimale à 28 jours de 30 bars est désignée sous le symbole de NHL 30.
La masse volumique apparente
Les NHL 30 entre 600 et 750 kg/m3
Les NHL 60 et 100 entre 650 et 900 kg/m3,
La masse volumique absolue varie de 2600 à 2900 kg/m3,
La chaux hydraulique en poudre est jaune claire avec des nuances grisâtres. Elle
est plus claire que les ciments et contient au moins 10% de chaux libre.
La durée de stockage est de 6 mois. Sa granulométrie doit être telle que le
refus au tamis d'ouverture de mailles 200 μm< 10%.
La surface spécifique Blaine varie entre 3000 à8000 cm2/g.
Prise des chaux hydrauliques: les silicates et aluminates calciques au contact de
l’eau (40 -50%) forment des hydrates insolubles dans l’eau.
Au contact de l’air humide, la chaux et les hydrates ainsi formés vont se
carbonater (avec le CO2de l’air) pour redonner le carbonate de calcium et la
silice d’origine (prise aérienne : 70 à80%).
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Cette réaction prend plusieurs mois : c’est la partie aérienne de la prise.

2CaO SiO2 se carbonater CaO,SiO2nH2O + Ca(OH)2

Le caractère hydraulique des chaux se traduit également par leur prise ou leur
durcissement plus ou moins rapide sous l’eau (Tp= 150 mn). Les NHL utilisés dans
le bâtiment sont généralement hydrauliques.

 Réglementation
VICAT a caractérisé trois familles de chaux, en déterminant le volume d'eau
absorbé pour une masse de 1Kg de chaux vive :
TYPE DE CHAUX Volume d'eau « l »
Chaux grasse 2,6 à 3,6
Chaux moyenne 2,3 à 2,6
Chaux maigre 1 à 2,3

Il ressort de ce tableau que l'obtention d'une chaux en pâte à partir d'une chaux
vive issue d'un calcaire pur (la chaux en pâte permet le stockage long d'une
chaux aérienne) nécessite au maximum 3,6 litres d'eau par kilogramme de chaux
vive.
Dans la nouvelle norme NFP 15311, les anciennes chaux hydrauliques artificielles
n’ont plus droit à l’appellation de chaux, mais de ciment à maçonner.

Les deux approches, issues de la tradition et de la norme, se rejoignent donc


puisque les chaux les plus grasses correspondent aux chaux aériennes et elles
nécessitent une grande quantité d'eau pour leur extinction.
Au contraire, les chaux les plus maigres correspondent aux chaux hydrauliques
naturelles. Leur extinction demande seulement une à deux fois leur poids en eau.

En résumé selon la roche ou le constituant d'origine et le traitement subi, on


obtient les différentes chaux suivantes :
Roche ou Calcination au-dessus Extinction par Après Nature de la
constituant de 900°C hydratation tamisage chaux
d'origine et broyage
Calcaire pur Chaux vive Chaux éteinte Hydrate de Chaux grasse
chaux
Calcaire argileux Chaux vive + Chaux éteinte+ Chaux Chaux
Silicate +Aluminate Silicate +Aluminate hydraulique hydraulique
naturelle
Clinker+ fillers NON NON Chaux Chaux
hydraulique hydraulique
artificielle

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 Utilisation
Les mortiers de chaux hydraulique sont utilisés dans le bâtiment tel que les
enduits, les joints et la pose de carrelage ou les travaux de restauration des
constructions anciennes ;

- La plasticité et l’adhérence de la chaux, rendent son emploi très efficace


dans la réalisation des enduits extérieurs et intérieurs. On l'utilise seule ou
mélangée au ciment Portland « souvent blanc », Les enduits sont imperméables à
l'eau et perméables à l'air;

- La chaux hydraulique NHL est suffisamment fine et riche en hydroxyde


de calcium pour rester en suspension aqueuse et donner un lait de chaux
utilisable au moyen d'un pinceau ou d'un pulvérisateur.

- La chaux hydraulique est un matériau utilisé pour le remplissage des


joints. Les risques de fissuration sont négligeables si l'épaisseur du mortier des
joints est de10 à 15 mm. Elle n’est pas utilisables pour la réalisation de béton
structurel, mais elle peut être utilisée comme bétons de remplissage « exp;
niveler le fond d'un fouille de fondation ».

IV.1.2. Les liants aériens.

Liants aériens sont des produits qui ne durcissent et ne peuvent conserver leurs
propriétés mécaniques qu’à l’air (chaux grasse, plâtre),

a. Chaux grasse : a été l’un des premiers liants utilisés, elle est obtenue par
cuisson de roches calcaires (CaCO3) ou dolomitiques (association de CaC03 et
MgCO3) suivie d’une extinction à l’eau, durcissait lentement à l’air, ce qui lui a
valu son appellation couramment employée de chaux aérienne.

 Fabrication :
De la carrière au chantier, le matériau subit plusieurs transformations, depuis sa
fabrication jusqu'à sa mise en œuvre.

Extraction:
Le calcaire est extrait des carrières. Les blocs obtenus sont acheminés vers les
ateliers de préparation, où débute leur transformation (concassage et criblage).

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Concassage et criblage:
L’opération consiste à concasser, puis cribler les blocs, de façon à acquérir un
calibre de pierre compatible avec le type de four utilisé.

Cuisson ou calcination :
La calcination du calcaire (carbonate de calcium) entraîne la formation de chaux
vive (oxyde de calcium) et de gaz carbonique (dioxyde carbonique).

CaCO3 CaO + CO2 « réaction nécessitant 425 kcal/kg de calcaire »

Cette réaction s'effectue à une température voisine de 900° C et s'accompagne


d'une perte de poids d'environ 45 %, correspondant à la perte en gaz carbonique.

La chaux vive correspond à la forme la plus dangereuse du matériau, avide d'eau,


elle brûle tous corps organique en captant son eau. Elle peut être éteinte, lors de
l'opération d'extinction ou d'hydratation, en ajoutant de l'eau.

Extinction:
Elle permet le passage de la chaux vive à la chaux éteinte; elle s’accompagne
d’une augmentation de volume: le ‘foisonnement’.

L’extinction est obtenue par adjonction d’eau ;


CaO + H2O Ca(OH) 2 réaction exothermique dégageant 155 Kcal/kg de CaO

L'extinction peut être réalisée selon plusieurs procédés. La forme obtenue après
extinction dépend de la quantité d'eau:
 en quantité limitée, contrôlée : l'extinction produit une chaux en poudre,
 avec un excès d'eau: l'extinction produit une chaux en pâte.

Procédés fournissant de la chaux en poudre


- L’extinction spontanée est obtenue en soumettant la chaux vive à l’action
lente et continue de l’air. L’humidité présente dans l’atmosphère assure le
rôle de l’eau d’extinction.
- L’extinction par immersion est obtenue par le trempage de blocs dans
l’eau, puis l’égouttage et enfin le stockage pour laisser se poursuivre
l’extinction.
- L’extinction par arrosage manuel consiste à apporter la juste quantité
d’eau nécessaire à l’extinction (10 à15%). La réaction est exothermique
(dégagement de chaleur)

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Procédés fournissant de la chaux en pâte.


L’extinction par fusion ou extinction ordinaire, consiste à mettre la quantité
d’eau utile, pour obtenir une bouillie épaisse (chaux en pâte).
Cette méthode implique une bonne maîtrise de la quantité d’eau car il faut éviter
de brûler (formation de grumeaux) ou de noyer (mauvaise consistance) la chaux.
La chaux ainsi éteinte est celle utilisée en construction. Mélangée à l'eau de
gâchage, aux agrégats, elle sert à la réalisation des mortiers.

Au moment de son utilisation, la chaux doit être entièrement hydratée, sous


peine de voir des gonflements de structures se manifester dans les ouvrages.

- La chaux en poudre répond bien aux pratiques du bâtiment: le mélange en


bétonnière est alors aisé.
- La chaux en pâte, est plus difficile à mélanger aux sables, mais elle permet un
stockage aisé et sans date limite.
- La chaux en pâte se carbonate beaucoup plus vite qu'une chaux aérienne en
poudre et produit de meilleures résistances. « On suppose que la meilleure
carbonatation de la chaux en pâte peut avoir comme origine l'absence de carbonatation lors de
».
l'opération d'extinction
- La chaux en pâte mélangée à l'eau ne sédimente pas contrairement aux laits de
chaux fabriqués avec une chaux en poudre.
- La chaux en pâte produit les mortiers les plus gras, les plus souples, et permet
la mise en place de finitions serrées (lissée à la truelle aisément).

 Propriétés :

La masse volumique apparente varie de 500 à700 kg/m3


La masse volumique absolue varie de 2200 à2500 kg/m3
Le refus au tamis de 80μ doit être inférieur à 10%.
La finesse se situer dans l’intervalle de 8.000 à20.000 cm2/g.
La chaux aérienne résiste bien au feu. Sa résistance réfractaire varie entre
1800 à2000 °c.
Le temps de début de prise est de 600 minutes (10 heures).
La chaux grasse est fortement basique, ce qui permet de neutraliser les acides
du sol ou les eaux usées (produit bactéricide).
La solubilité est faible (1,5 g/l), ce qui permet de fabriquer des laits de chaux.
La chaux vive est très avide d’eau, elle s’éteint en s’hydratant avec un fort
dégagement de chaleur (absorbe pour 1kg de chaux, 3 litres d’eau). Cette
propriété est utilisée pour assécher et traiter les sols très imprégnés d’eau ;

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La chaux éteinte durcit en fixant le gaz carbonique de l’air (réaction très lente
plusieurs mois) pour redonner du carbonate de calcium.

Ca(OH)2+ CO2 CaCO3+ H2O

L’eau de gâchage pour l’obtention d’une pâte de chaux est de 8 à15%.


La chaux grasse constitue un bon isolant à la fois phonique et thermique.

 Réglementation

La chaux aérienne fait l’objet d’une normalisation. On la trouve sous l'appellation


standard CL pour Calcic Lime (Chaux Calcique en anglais et autrefois désignée
par Chaux Aérienne Éteinte pour le Bâtiment), est déterminée par la norme NFP
15311. Elle correspond à la chaux aérienne, très pure, définie par Vicat « chaux
grasses »

Roche ou Calcination au-dessus Extinction par Après tamisage et Nature de Volume d'eau « l » /
constituant de 900°C hydratation broyage la chaux 1« 1Kg » Chaux
d'origine grasse
Calcaire pur Chaux vive Chaux éteinte Hydrate de Chaux 2,6 à 3,6
chaux grasse

 Utilisation
La chaux intervient dans la fabrication de matériaux de construction :
- Les briques silico calcaires ; fabriquées avec un mélange de chaux et de
sable siliceux, compacté et étuvé.
- Les Bétons cellulaires; matériaux légers et isolants fabriqués à base de
sable siliceux et de chaux

Les chaux aériennes trouvent leurs applications aussi dans le bâtiment dans la
préparation de mortiers et d’enduits
- Badigeons: Sont obtenus en mettant la chaux éteinte en suspension dans
l’eau « 40 litres d’eau par sac de 25 kg ». Ils sont réalisés à deux ou trois
couches sur des supports d’enduits, lissés ou décoratifs, pour donner un
aspect uniforme aux couleurs et aux matériaux et rattraper des défauts
d’aspect.

- Enduits : « protection et esthétique » ; Les mortiers de chaux ont une grande


élasticité, ce qui permet d’éviter les fissures de retrait.
Les mortiers de chaux durcis sont imperméable à l’eau mais perméable à l’air.

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b. Plâtre

La pierre à plâtre se trouve dans la nature sous deux formes


 une forme cristalline: le gypse ou sulfate de calcium à deux molécules
d’eau (CaSO42H2O; 79% CaSO4 et 21% H2O; avec une densité = 2,32).
Il est constitué de feuillets souples et flexibles. Les cristaux sont souvent
gros, aplatis ou prismatiques et allongés parallèlement.

 une forme anhydre, anhydrite ou sulfate de calcium (CaSO4; avec une


densité =2,90).

 Fabrication :
Extraction, Concassage et criblage:
Les blocs de gypse extraits des carrières sont fragmentés en morceaux par
passages dans divers concasseurs à mâchoires ou à cylindres. Puis broyés à l’aide
de broyeurs ou à marteaux oscillants.
Le concassage-Broyage est suivi d’un criblage-classement des grains selon leur
grosseur-.

Cuisson
La cuisson permet d’obtenir par une déshydratation du gypse, les divers éléments
constitutifs du plâtre :

CaSO42H20 CaSO4 1/2H2O + 3/2 H2O

Deux méthodes de cuisson sont utilisées :


 Cuisson effectuée en milieu aqueux par voie humide « T> 100°c, dans une solution saline
concentrée ». Cette méthode est utilisée pour obtenir le semi-hydrate

« α » compact, cristallin et faiblement soluble dans l’eau avec laquelle il


donne des produits fluides.
Il fait l’objet d’une faible production (plâtre dentaire) et possède de fortes
résistances mécaniques.
 Cuisson par voie sèche: grâce à des températures variant entre 110 à
180°c dans des fours discontinus à chauffage indirect, cette méthode
permet d’obtenir le semi-hydrate « β » composé de 94% deCaSO4et 6%
de H2O de cristallisation soluble dans l’eau avec laquelle il forme des
mélanges épais mais peu résistants.
Ce mode de cuisson donne la plus grande partie du plâtre.

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Le semi-hydrate ou plâtre « β » nécessite une quantité d’eau de gâchage


importante de 70%, au lieu de 35% pour le plâtre « α », et un temps de prise
plus long que le plâtre « α ».

L’anhydrite insoluble (CaSO4 II), obtenu par surcuit à des températures variant
entre 400 à 600°c dans des fours capable de faire prise en se combinant à l’eau
(plâtre hydraulique),

Le surcuit à des températures variant entre 600 et 900°c, donne un produit


inerte incapable de faire prise
Pour une température de cuisson supérieure à 1100°c, on obtient l’anhydrite
soluble (CaSO4II) a prise très lente (plus de 15 jours ). De ce fait, il reste très
peu utilisé (plâtre allemand à plancher). Néanmoins son durcissement est très
élevé.

Quand la température de cuisson est de 1350°c, l’anhydrite se fond et se


dissocie ;

À la sortie du four, les divers produits obtenus par les deux modes de cuisson,
semi-hydrates et surcuit se présentent sous forme d’une poudre nommée plâtre.

Les grains dont elle est composée sont à nouveau broyés et tamisés.

La qualité de ces plâtres sera encore améliorée par l’ajout de différents produits
(ciment blanc, chaux aérienne, granulats légers ... )

Le plâtre de construction courant est un mélange de semi-hydrate et d’anhydrite


de classe II.
L’anhydrite est un régulateur de prise; plus le % d’anhydrite est élevé et plus le
temps de durcissement est lent. Additionné d’eau, ce mélange fait prise en
s’hydratant pour donner un gypse reconstitué au cours d’une réaction fortement
exothermique et rapide

IV.2. Les liants organiques


Les liants organiques :
 Les liants hydrocarbonés (liants noirs) : fabrication, propriétés,
normalisation, utilisation
 Polymères et résines

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IV.2.1. Les liants hydrocarbonés (liants noirs): ce sont des produits noirs
riches en carbone et en hydrogène naturels ou obtenus en général par distillation
de matières organiques.
Ces matériaux très anciens constituent des matières de base pour réaliser
divers produits intéressant et particulièrement dans le domaine de l'étanchéité
et celui de la technique routière.

Les liants hydrocarbonés se présentent comme liquides trop visqueux ou sous la


forme de solides demi-mous. Pour pouvoir les utiliser, il faut diminuer cette
viscosité ou les liquéfier par différents procédés; chauffage, dissolution dans
des solvants volatils).

Il est indispensable que ces traitements n'altèrent pas leur souplesse, plasticité,
imperméabilité, ductilité et adhésivité.

Propriétés des liants hydrocarbonés:


a. La souplesse, c’est la plasticité des liants s’ils sont employés en écran
étanche.
b. L’imperméabilité à l'eau et à l'air d'où leur utilisation comme revêtement
d'étanchéité.
c. La ductilité qui est la résistance à l'usure: revêtements de chaussées, la
réalisation de bétons hydrocarbonés où ils jouent le rôle de liants.
d. L’adhésivité qui est le pouvoir pénétrant offrant ainsi une bonne tenue à
l'eau.
e. Une faible résistance mécanique.
f. La fragilité.
g. Le ramollissement à la chaleur.

IV.2.1.1. Les goudrons et brais de houille

a) Le goudron brut.
C’est un liquide noir et visqueux, de composition chimique très complexe, Il
provient de la distillation à haute température (1000 < T < 1300 °C); en
atmosphère non oxydante, de diverses variétés de charbons et notamment de
charbons gras.

Il y a aussi des goudrons de moyenne température (T = 800 °C) et de basse


température (T = 600 °C).

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b) Le brai de houille :
Le goudron brut de houille soumis à la distillation pour en retirer des huiles
donne un résidu résineux que l'on appelle le "brai de houille". C’est un matériau
plastifié par les huiles qui s'y trouvent, ou qu'on y ajoute, peut servir :

 Soit à la fabrication de bétons goudronneux (brai mou),


 Soit à la fabrication de goudrons reconstitués, appelés implement
goudrons, qui sont utilisés en technique routière pour les imprégnations.

Les goudrons et les brais de houille sont obtenus par distillation du goudron brut
à une température généralement supérieure à 1000 °C ( » 1100 °C).

c) Le goudron reconstitué « goudron routier ».


Ils sont reconstitués à partir de brais et d'huiles épurées de différentes
viscosités afin de fluidifier le liant et le rendre facilement utilisable par un
chauffage approprié.

Les huiles ont pour rôle :


 faciliter la mise en œuvre
 Offrir la souplesse, la cohésion et l'adhérence au liant
 Éviter le ressue du liant par temps chaud
 Éviter le cassage du liant par temps froid.

Il y a deux catégories de goudrons :

 Les goudrons à vieillissement normal, dénommés A,B,C,D et E en allant du


plus fluide au plus visqueux, les plus fluides sont utilisés pour
l'imperméabilisation par imprégnation . Les goudrons plus visqueux sont utilisés

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pour épandage superficiel par temps chaud ou pour les enrobages (enduits
d'usure pour chaussée à forte circulation).
Les goudrons les plus visqueux; sont uniquement destinés aux enrobages
d’agrégats destinés à être agglomérés par compactage sur le chantier routier.

 Les goudrons à vieillissement lent, appelés goudrons T.R.S. (Température


de ramollissement superficiel).

 Les constituants chimiques des goudrons


Le goudron contient des hydrocarbures non saturés, il est constitué d’une phase
continue et d’une phase dispersée. La phase dispersée (carbone, asphaltènes…)
confère la couleur noire aux matériaux

Schéma de la microstructure d’un goudron

Les goudrons sont relativement inertes et résistants aux acides ; Les résines du
goudron sont insolubles dans les huiles de bitume ou de pétrole. Les résines de
pétrole sont au contraire, solubles dans les huiles du goudron.

 Propriétés physico-chimiques des goudrons

- L’imperméabilité à l'eau et à la vapeur;


- La susceptibilité à la température;
- L’inertie chimique;
- Le pouvoir d'adhésion;
- L’insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'acide sulfurique. Chauffé à 80 °C, il
déborde des récipients et s'enflamme;
- La viscosité, l’aptitude au séchage;
- Densité >1 « 1.19 à 1.24 »;
- Un liant élastique sans accroître la résistance du revêtement.

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IV.2.1.2. Les bitumes

Les bitumes ont une origine et une composition chimique différente de celles des
brais et goudrons de houille. Ils sont composé de carbone et d’hydrogène, d’où le
nom d’hydrocarbure. Ils peuvent être d'origine :

 Naturel: * Le bitume naturel est issu de la polymérisation du pétrole au


contact d’argiles. Un bitume naturel contient entre 50 et 60 % de bitume
pur.
* L’asphalte est une roche poreuse argilo-calcaire contenant 6 à
25% de bitume pur. Il existe aussi des calcaires asphaltiques et des
schistes bitumineux contenant 8 à 10 % de bitume pur.

 Artificiel: -industrielle- produit de distillation de pétrole brut de nature,


(pétrole Russes présentent 20% de bitume).

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Ils peuvent aussi être oxydés ou soufflés, s'obtiennent en faisant passer de l'air
à 200 °C à travers de l'huile de bitume asphaltique.

Les bitumes asphaltiques sont moins ductiles que les bitumes de distillation
(emploi pour l'étanchéité).

Cut backs.

Ce sont des bitumes fluides, coupés par des solvants relativement évaporables.
Ils correspondent aux goudrons, alors que les bitumes correspondent plutôt aux
brais mous.

 Propriétés physico-chimiques des bitumes :


a. Composition chimique
Les bitumes sont des composés de carbone et d’hydrogène, d’où leur nom
d’hydrocarbure. Ils contiennent aussi des faibles quantités l’oxygène et le
soufre. Les bitumes sont:
- Liquéfiables à chaud
- Adhérant sur les supports sur lesquels on l'applique.
- bruns foncé ou noir.
- Entièrement soluble dans le sulfure de carbone.

Schéma de la microstructure d’un bitume La molécule d’asphaltène

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Bitume = asphaltènes + maltènes + résines

- maltènes: produit huileux dans lequel baignent les asphaltènes, apportant au


bitume sa plasticité et sa ductilité,
- asphaltènes : produits solides apportant au bitume sa cohésion et sa dureté et
constitue entre 5 et 20 % du bitume;

b. Propriétés physiques
Les bitumes sont:
- plus adhérents que les goudrons ;
- imperméables à l’eau et à la vapeur ;
- susceptible thermiquement
- inertes chimiquement

Ils ont un pouvoir d'adhésion et de rétention et une densité voisine de l'unité ;

 Les émulsions de bitumes :

Une émulsion de bitume est obtenue en mélangeant énergiquement le bitume avec


de l’eau en présence d'un agent émulsifiant (savons alcalins -oléate de soude- ou
des produits moins coûteux-résinâtes de soude- ou encore le lignosulfate de
sodium). Lorsqu'elles sont exposées à l'air, l'eau s'évapore et laisse le bitume qui
durcit et sèche en place.

Dans une émulsion on distingue deux phases :


• la phase dispersée (phase globulaire),
• la phase dispersante (phase continue),

À l'interface de ces deux derniers se trouvent des corps stabilisants connus


sous le nom d'émulsifs

L’émulsif se trouve toujours situé dans la phase dispersante et non dans la phase
globulaire. Il stabilise les émulsions et facilite la mise en émulsion du bitume par
la diminution de la tension inter faciale qui règne entre le bitume et l'eau.

Les émulsions bitumeuses comprennent:

 Les émulsions anioniques (charge des particules solubles dans l’eau est -),

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Les liants MDC 1ere année DMS

 Les émulsions cationiques (charge des particules solubles dans l’eau est +)
identifié par la lettre C et les émulsions à flottabilité élevée (HF).

Les émulsions bitumineuses sont utilisées pour les mélanges bitumineux préparés
en usine et posés à froid c'est à dire à la température ambiante. Elles servent
aussi pour les mélanges préparés sur place et pour les amorces de revêtement,
les traitements de surface.

Stabilité des émulsions.


Le degré de stabilité des émulsions diffère selon :
 La durée de stockage des émulsions en période froide ou d'émulsions à
être rapidement mise en œuvre.
 la destination : revêtements superficiels ou enrobages (sables et fillers)

La qualité d'une émulsion est d'être stable au stockage (ne pas floculer ni
décanter).

IV.2.1.3.Caractéristiques des liants Hydrocarbonés

a. Viscosité: elle varie fortement avec la température, Pour les émulsions, on


utilise un viscosimètre "Engler";
Pour les liants solides, on ne peut caractériser la viscosité par une durée
d'écoulement. A cet effet on emploie deux méthodes :

 Mesure de la pénétration standard.


C’est la pénétration à 25°C (ou parfois à 15°C ou 0°C), d'une aiguille normalisée,
chargée de 100 g et abandonnée durant 5 secondes.
La mesure se fait avec un appareil appelé pénétromètre "Dow". Le liant est
renfermé dans un récipient cylindrique lequel est plongé dans de l'eau maintenue
à 25 °C. La pénétration croît rapidement avec la température.
 Point de ramollissement.
La pénétration standard d'un liant caractérise son état de viscosité à 25 °C;
Le point de ramollissement du liant, est la température où le liant réalise une
consistance repérable et déterminable.
Le point de ramollissement le plus utilisé est le B.A. (bille-anneau ou ring & ball),
il est désigné comme étant la température à laquelle une bille d'acier, après avoir
traversé la matière testée (coulée dans un anneau), atteint le fond d'un vase
standardisé rempli d'un liquide que l'on chauffe progressivement et dans lequel
on a plongé l'appareil ; Le point de ramollissement B.A. marque un stade de
viscosité déterminée de la matière.
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Les liants MDC 1ere année DMS

b.Susceptibilité.
Est l'aptitude d'un liant hydrocarboné à changer de consistance pour une
variation déterminée de la température;
Si l'on examine durant l'hiver un liant dur et fragile, il est certain que la
caractéristique à examiner est la viscosité et non la pénétration.
Au contraire, s'il s'agit d'un liant très mou dont on examine le comportement
durant la saison chaude, c'est la susceptibilité à la pénétration qu'il faut
considérer

c. Cohésivité et ductilité.

La cohésivité est fonction de la viscosité et croît avec celle-ci ; c’est une qualité
qui est mise en parallèle avec son adhésivité.

La ductilité est l'aptitude au fluage d'un liant dans des conditions fixées. Un
liant est ductile, à une certaine vitesse de déformation, lorsqu'il peut être étiré
à cette vitesse et à une certaine température sans se rompre.

La mesure de la ductilité s'effectue à 25 °C et à la vitesse d'allongement de 5


cm/min. L'essai se fait dans un appareil appelé "ductilimètre" sur des
éprouvettes en forme de 8 immergés dans l'eau.

Adhésivité aux granulats


Au sens physique, l'adhésivité représente pour un liant sa résistance au
déplacement ou au décollement sous l'effet des actions extérieures.

L’adhésivité sera mieux conservée :


• d'autant que l'énergie d'adhérence du liant pour le minéral sera plus élevée,
• que le liant sera plus visqueux,
• que l'épaisseur du liant d'enrobage sera plus importante

d.Vieillissement des liants.


Une fois que le liant a mouillé l'agrégat et qu'il y adhère, l'adhésivité et la
cohésivité de ce liant vont croître progressivement en même temps que le liant
se met à durcir.

Les bitumes vieillissent moins vite que les goudrons; mais le vieillissement existe
néanmoins.

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Les liants MDC 1ere année DMS

e. Imperméabilité des liants C’est la condition d'une étanchéité convenable.


L'échantillon à examiner est posé sur un évidement plan d'une plaque support en
béton poreux; le tout recouvert d'une cloche maintenue d'une manière étanche
sur l'échantillon.
Pour la mesure des faibles pressions, la cloche est surmontée d'un tube de verre
gradué de 0 à 100 g/cm . Pour les pressions élevées, elles sont mesurées au
manomètre de 100 g à 10 kg/cm2 et réalisées en fermant le bas du tube
surmontant la cloche. Celle-ci est remplie d'eau, on la met en communication, au
moyen d'un tube latéral dans sa partie supérieure, avec une autre cuve
hermétique contenant de l'eau.
Cette dernière est elle même comprimée par de l'air sous pression provenant
d'une bouteille à air comprimé et passant dans un mano-détendeur.
Tous les essais relatifs aux liants hydrocarbonés utilisés dans le domaine routier
s'appliquent aussi pour les produits d’étanchéité

Nota
 Il est à noter qu'il ne faut jamais mélanger un goudron avec un cutback; il
y a en général floculation même si la teneur en bitume fluide est de 1% .
 Un bitume-goudron mis en place sur la route sous la forme de goudronnage
superficiel ou sous forme d'enrobage a partiellement les avantages d'un
goudron (l'adhésivité) et partiellement les avantages du bitume
(résistance au vieillissement),
 UN goudron-bitume utilisé en revêtement finit par se recouvrir en surface
d'une mince pellicule de bitume pur décanté qui protège la fraction du
goudron située sur cette pellicule et l'empêche de s'oxyder et de perdre
ces huiles plastifiantes aussi rapidement que si le bitume était absent.
 Autrefois, on utilisait des mélanges de goudrons et fillers ainsi que les
bitumes au caoutchouc.
 Le cut-back peut être mélangé à des poudres de caoutchouc ; ça présente
un certain nombre d'avantages, notamment en rendant les bitumes plus
élastiques et moins susceptibles. Le caoutchouc gonfle en absorbant les
huiles du cut-back et les restitue ensuite très lentement, ce qui diminue le
vieillissement.
 Il y a intérêt de préparer des pâtes de caoutchouc avec des huiles de
goudron ou de bitume car les pâtes se dispersent plus aisément que les
poudres au sein des liants.

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Mme A. BADAOUI
Les liants MDC 1ere année DMS

IV.2.2. Les polymères et résines


IV.2.2.1. Les polymères
Les matériaux organiques, polymères sont des matériaux formées par la
répétition d’un très grand nombre n de petites molécules de faible masse
moléculaire appelées monomères qui liés entre eux par des liaisons primaires,
sachent que le monomère est une molécule de base

L’assemblage des monomères pour l’obtention de polymères (ou macromolécules)


s’appelle la polymérisation.

Classification des polymères :


a. Selon leur nature chimique : On distingue :
 Polymères minéraux : Ils sont constitués soit de chaines
renfermant un seul corps simple : diamant, graphite, phosphore, soufre…Ou de
chaines renfermant plusieurs hétéroatomes : (silicates acides polyphosphoriques,
chlorure de polyphosphonitrile).
 Polymères organiques : C’est la classe la plus riche comme : les
polydiéne, les polyacryliques, les polyamides, les polyvinyles.
 Polymères mixtes : Doués de propriétés intéressantes dont une
bonne résistance thermique (~300°C – 350°C) comme les silicones

b. Selon l’origine : On distingue :


 les polymères naturels: Issus des règnes végétal, animal ou minéral
leur économique et le rôle qu’ils jouent dans les mécanismes vitaux leur à assuré
une place de premier choix depuis une trentaine d’années.
« Les polysaccharides (cellulose, amidon…). Les protéines (la laine, la soie …). Le
caoutchouc naturel »...
 Les polymères artificiels : (dérivés des polymères naturels) Sont obtenue
par modification chimique de polymères naturels de façon à transformer
certaines de leurs propriétés. Exemples : (nitrocellulose, acétate de cellulose
…etc.).  ébonite (caoutchouc fortement réticulé par le soufre).
 Les polymères synthétiques : Les molécules monomères qui permettent de
les obtenir n’existent pas dans la nature. Cependant, on peut remarquer que les
structures réalisées par synthèse sont souvent proches de celles des polymères
naturels.

c. Selon leur domaine d’application : On le regroupe les polymères en 3


grandes catégories :
 Les polymères de grande diffusion : Encore appelés polymères de
commodité, dont la production annuelle s’évalue par millions de tonnes, sont
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Mme A. BADAOUI
Les liants MDC 1ere année DMS

devenus d’un emploi quotidien pour tous. Le polyéthylène, le polystyrène, le poly


(chlorure de vinyle) et quelques autres sont à classer dans cette catégorie d’une
importance économique considérable.
 Les polymères techniques : Ont des caractéristique qui leur permettent
de se substituer, de plus en plus aux matériaux traditionnels (métaux,
céramiques…) pour nombreuses application ; les polyamides, les
polyacétales…fond partie de cette famille. [07].
 Les polymères spéciaux : Ou polymères de fonction Présentent
généralement une propriété qui induit leur utilisation pour une application
particulière. C’est dans cette catégorie que se trouvent les polymères
conducteurs, photo actifs, thermostables, adhésifs, etc.

d. Selon leur structure des chaines: (dimensionnalité) Les polymères


peuvent encore être classés en trois catégories :
 Polymères linéaires ou monodimensionnels : Pour lesquels, chaque chaine
macromoléculaire est constituée d’un nombre élevé fini d’unités monomères ;
 Polymères bidimensionnels : Dont certains peuvent être produits par la
nature (carbone graphite, kératine…) ; dans le domaine des polymères
synthétiques ce sont encore des curiosités de laboratoire. ils se présentent sous
la forme de feuillets bidimensionnels, d’épaisseur comparable à celle des
molécules simples.
 Polymères tridimensionnels : Qui résultent de la polymérisation de
monomères dont la valence moyenne est supérieure à deux ou encore de la
réticulation (formation d’un réseau tridimensionnels), par voie physique ou
chimique, de polymères linéaires.

e. Selon leur comportement thermique : Les propriétés des polymères


permettent des usages très variés. On peut ainsi les regrouper dans quatre
familles :
 Les thermoplastiques.
 Les thermodurcissables,
 Les élastomères,
 Les élastomères thermoplastiques.

Tous ces polymères peuvent être des homopolymères ou des copolymères et


peuvent être obtenus par polymérisation (polymérisation en chaine ou
polycondensation).

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Mme A. BADAOUI
Les liants MDC 1ere année DMS

Ils se différencient par l’architecture de leurs macromolécules (linéaire, ramifié


ou réseau tridimensionnel), par leur mise en œuvre plus ou moins aisée et par leur
propriété d’élasticité.
 Les thermoplastiques : Un thermoplastique est un polymère linéaire ou
ramifié pouvant être ramolli par chauffage et durci par refroidissement
dans un intervalle de température spécifique.
Ces polymères peuvent cristalliser thermoplastes amorphes ou
thermoplastes semi-cristallins comme le poly (chlorure de vinyle) (PVC) ou
le polystyrène (PS) .

 Les thermodurcissables : Un thermodurcissable est un produit (poudre à


mouler solide ou résine liquide) transformé irréversiblement par
polymérisation en un réseau tridimensionnel infusible et insoluble que l’on
qualifie de thermodurci.

Le réactif initial peut être composé d’un monomère ou d’un mélange de


monomères (résines aminoplastes et phénoplastes, silicone,…) ou plus
fréquemment d’un mélange de polymère linéaire de faible masse molaire et
de monomère (résine époxy, résines polyesters insaturés,…). Dans tous les
cas, la réticulation s’effectue sous l’action de la chaleur et / ou de
catalyseurs. Ces polymères amorphes ont une température de transition
vitreuse élevée (80 °C à + de 150 °C) mais, du fait de la réticulation, ne
présentent pas d’état caoutchoutique ni d’état liquide.

La mise en œuvre des thermodurcissables est donc moins aisée que celle
des thermoplastiques car il faut impérativement effectuer la mise en
forme en même temps que la réaction chimique de réticulation. Cependant,
les thermodurcissables présent une résistance mécanique, chimique et
thermique plus élevées que les thermoplastiques.

 Les élastomères : Un élastomère est un polymère linéaire ou ramifiée


transformé par vulcanisation en un réseau tridimensionnel faiblement
réticulé infusible et insoluble.

Les élastomères se différencient des thermodurcissables par leur


propriété d’élasticité caoutchoutique, c’est-à-dire la capacité à subir de
très grandes déformations réversibles sous l’action de contrainte
mécaniques. Ils peuvent atteindre de très grandes allongements (jusqu’à
500 ٪) tout en étant capables de retrouver leur géométrie initiale en
restituant au milieu l’énergie qui leur a été fournie lors de la déformation.
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Mme A. BADAOUI
Les liants MDC 1ere année DMS

 Les élastomères thermoplastiques : Un élastomère thermoplastique est


un polymère linéaire ou ramifié présentant les propriétés d’élasticité
caoutchoutique d’un élastomère et de facilité de mise en œuvre d’un
thermoplastique.

Les élastomères thermoplastiques sont le souvent des copolymères à blocs


(ou des mélanges d’homopolymères et /ou copolymère) dont la structure à
l’état solide résulte toujours de l’association d’au moins deux phases
distinctes non miscibles :
- une phase souple (température de transition vitreuse comprise entre 90
°C et 40 °C) associée à une phase rigide (température de transition
vitreuse ou température de fusion supérieure à 90 °C). C’est donc un
matériau multiphasé ou la phase rigide est dispersée dans la phase
souple.

f. Selon les usages technologiques : On peut distinguer :


 Les fibres synthétiques (nylon, tergal) ou naturelles (coton, soie).
 Les plastiques : ce sont les plastiques au sens large, regroupant les
thermodurcissables et les thermoplastiques.
 Elastomères: Doués de propriétés élastiques et / ou
caoutchoutiques.
 Caoutchoucs synthétiques : polymères du butadiène de l’isoprène
chloroprène.
 Caoutchoucs naturels.

g. Selon l’importance économique : Pour les polymères, comme pour tous
produits industriels, il existe une corrélation entre le tonnage et le prix,
ceci permet de distinguer trois grandes catégories de polymères
commerciaux :
 Les polymères de grande diffusion : dont le volume des ventes et de
production est élevé et dont le prix est faible. Comme : PE, PP, PS, PVC.
 Les polymères à hautes performances : dont le volume des ventes est le
plus faible et les prix les plus élevés.
 Les polymères techniques : dont le volume et le prix sont intermédiaires
entre les deux catégories précédentes, comme : polyamides,
Polyéthylène.

 Propriétés des polymères : Les propriétés des matériaux polymères sont


beaucoup plus sensibles que celles des métaux aux influences extérieures
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Mme A. BADAOUI
Les liants MDC 1ere année DMS

telles que la température, la dureté, l’intensité de la contrainte appliquée,


les radiations UV et les agents chimiques.
Les caractéristiques de résistance peuvent différer seulement d’un ordre de
grandeur. Hormis les paramètres spécifiques ou matériaux (masse molaire, taux
de ramification, mobilité des chaînes, taux de réticulation,…..), et les conditions
extérieures (humidité, agents chimiques, température, vitesse de sollicitation,
type et intensité des contraintes appliquées).

- Propriétés physiques des polymères :


La masse volumique : La masse volumique des matières plastiques est peu
élevée. La légèreté des polymères est sans aucun doute une des qualités qui a le
plus largement contribué à leur diffusion.
En ce qui concerne le rapport (résistance à la traction / masse volumique),
certains polymères sont en fait supérieurs bien à des matériaux métalliques. La
faible masse volumique des plastiques est due au faible poids atomique des
principaux atomes de leurs chaînes (principalement l’hydrogène et le carbone).

- Propriétés thermiques :
La température : La température de transition vitreuse "Tg" et la température
de fusion "Tf" sont les deux températures fondamentales nécessaires dans
l'étude des matériaux polymères.
La température de transition vitreuse est partiellement importante pour les
polymères amorphes, notamment les thermoplastiques amorphes, pour lesquels, il
n'existe aucune force de cohésion importante autre que l'enchevêtrement.
Les températures caractéristiques d'un seul et même matériau peuvent alors
être classées de la façon suivante : Température de transition vitreuse <
Température de cristallisation < Température de fusion < Température de
décomposition thermique.
Selon la température à laquelle il est soumis, un matériau polymère peut
présenter des comportements mécaniques différents. Ceci peut se produire pour
les thermoplastiques semi cristallins dans un domaine même étroit de la
température.

Applications des polymères : Les polymères constituent une des principales


révolutions techniques du XXéme siècle .ceux-ci sont utilisés pour un nombre
extraordinaires d’applications à tous les échelons de la vie. (Voir Tableau ).

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Les liants MDC 1ere année DMS

IV.2.2.1. Les résines


Les résines sont des enchainements de molécules organiques élémentaires
appelées monomères pour constituer un réseau tridimensionnel rigide
« polymère »
a. Matériaux de revêtement « résine »:
 La résine en marquage au sol
La résine est un liant synthétique pouvant être coloré ; Elle peut être utilisée
comme peinture ou bien avec ajout de granulats de tailles et couleurs variées.
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Les liants MDC 1ere année DMS

La résine utilisée en marquage au sol est un revêtement décoratif prisé en


aménagements urbains afin de mettre en évidence ou en valeur des espaces
(piétons, stationnements).
Elle s’applique sur un revêtement propre, sec et lisse, majoritairement sur de
l’enrobé. Elle est antidérapante. Par exemple, sur un matériau glissant comme
le bois, elle peut être mise en place sous la forme de bandes fines.

Résine avec granulats sur enrobé de couleur

La mise en oeuvre est rapide et nécessite peu d’engins. En effet, la résine


est appliquée manuellement à l’aide de raclettes.
L’inconvénient de ce revêtement est sa faible pérennité. Il est en effet
rapidement usé par les différents types d’usages et les sollicitations qu’il est
amené à supporter.

 La résine sur enrobé


La résine s’applique principalement sur de l’enrobé. L’enrobé est un revêtement
bien adapté « rugueux » pour permettre une bonne accroche de la couche de
résine..
La résine est un revêtement imperméable (gestion des eaux pluviales).
Elle peut être colorée et utilisée comme peinture ou avec ajout de granulats.
« Sous forme de peinture la résine peut être glissante par temps de
pluie. »
 La résine drainante
La résine définit précédemment est utilisée de façon décorative pour le
marquage d’espaces. Elle s’applique comme une peinture sur un revêtement
existant (de l’enrobé par exemple).
La résine drainante a également des qualités décoratives. Par contre, ses autres
caractéristiques sont différentes :
- Il s’agit d’un véritable revêtement de surface qui s’applique, comme tout autre
revêtement (enrobé…), directement sur une structure porteuse.
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Les liants MDC 1ere année DMS

- Elle est drainante et donc perméable à l’eau


- Elle est également perméable à l’air
Elle est principalement utilisée en aménagements urbains pour le revêtement
de petites surfaces :
« parkings, trottoirs, stationnements, entourages d’arbres…. »

Résine drainante en pied d’arbre

La résine drainante résulte de l'association d'une résine de couleur neutre et


d'un gravillon roulé ou concassé.

La résine étant neutre, c’est la coloration du gravillon qui donnera l’aspect


final du produit. On peut alors
• obtenir des couleurs de revêtement très diversifiées.
• Laissant passer l’air et l’eau, la résine drainante a l’avantage d’éviter la
formation de gel

On distingue trois gammes de résine drainante :


• La résine drainante de voirie utilisée sur des terrains meubles
• La résine drainante destinée à la réalisation de revêtements drainants
aux pieds des arbres.
• La résine drainante en couche mince sur support dur utilisé pour la
réalisation de travaux neuf, la restauration de revêtements de surface
anciens.

Exemple de mise en œuvre de résine drainante sur une surface meuble :


• Mise en œuvre d’une structure composée de granulats de type 0/31,5
(taille des granulats comprise entre 0 et 31,5 mm) sur une épaisseur
comprise entre 10 et 20 cm
• Mise en œuvre d’une couche de finition en sable sur 1 à 2 cm
• Mise en œuvre de la résine sur 3 à 4 cm d’épaisseur suivant le trafic
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Mme A. BADAOUI

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