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Vers une démocratie universelle du 21e siècle ?

Face au fossé de plus en plus grand entre les dirigeants et les citoyens, il n’est pas
inintéressant de s’interroger sur les formes que peut prendre la démocratie en Afrique et
ailleurs au cours du 21e siècle.

1. Insuffisance de la démocratie représentative

La démocratie dans les pays industrialisés repose essentiellement sur les formes
structurées d’une démocratie représentative. Lorsque le mode d’organisation de la
représentation devient tributaire de l’argent, de groupes d’influence dépendant
d’oligarchies financières militaires, financières ou religieuses, il est possible de
s’interroger sur la qualité de la souveraineté du peuple et les chances de voir les vœux du
citoyen être pris en compte une fois le représentant du peuple élu. Combien de fois
n’a-t-on pas entendu les citoyens se plaindre du non-respect des promesses électorales ?
Lorsque le citoyen-électeur finit par se persuader de son impuissance à relever le
représentant de ses fonctions face à ce qui transparaît comme une subtile supercherie,
alors le même citoyen-électeur peut être tenté de transférer sa confiance à des partis Yves Ekoué Amaïzo
politiques prônant des alternatives populistes souvent radicales. Que Hitler, archétype de
la concentration du pouvoir, soit arrivé au pouvoir par la voie démocratique rappelle à tous
l’urgence qu’il y a de mettre en place une véritable séparation des pouvoirs ! Ces pouvoirs
Réagissez à cet article!
ne peuvent qu’être logés au sein d’institutions crédibles et indépendantes dans
l’accomplissement de leurs missions.

En réalité, la démocratie, un processus systémique d’organisation de la vie en société


entre citoyens libres, reste malgré tout le processus le moins mauvais pour protéger les
droits humains et garantir l’égalité en droit. Il n’est donc pas question de mettre en cause
la démocratie, mais plutôt de s’interroger sur certaines de ses déclinaisons fallacieuses
lesquelles offrent en Afrique l’apparence de la démocratie mais en neutralisent l’esprit. La
démocratie ne peut se concevoir comme un espace temporel d’usurpation du pouvoir des
citoyens à des fins de satisfaction d’une partie restreinte de la population. A défaut, des
groupes structurés autour des forces armées locales instrumentalisent les militaires pour
mieux usurper et conserver le pouvoir. Que par déviation pathologique, des anciens
régimes militaires puissent se métamorphoser en régime civil, organiser un système de
clientélisme où sévissent autocensure et intimidation, et continuer de se réclamer de la
démocratie relève de l’abus de langage.

Dans les pays industrialisés, lorsque les promesses électorales ne sont pas tenues, la
discipline démocratique, obtenue grâce à l’instruction civique et les médias, structure la
patience des électeurs et permet de « remplacer » par le vote sanction le représentant du
peuple indélicat. Dans encore trop de pays africains, le système ne permet souvent pas de
mettre en cause les dirigeants politiques. La pauvreté conduit souvent à rechercher les
voies du compromis, voire de la compromission, condition sine qua non pour continuer
d’accéder à sa pitance journalière ou conserver un emploi, voire sa famille. En filigrane, la
corrélation étroite entre l’augmentation régulière du revenu par habitant (produit intérieur
brut par habitant, PIB/hab.) et la qualité de la démocratie réduit les risques d’émergence
d’Etats défaillants et de révoltes de ras-le-bol des populations sans voix. En effet, les
fraudes non sanctionnées et leurs fréquences sont bien plus nombreuses dans un pays
économiquement pauvre, en Afrique en particulier, que dans un pays économiquement
riche où des garde-fous institutionnels, intraitables sur l’éthique et la constitution,
permettent de corriger les dysfonctionnements. Il suffit alors de rappeler le niveau du
revenu par habitant et s’interroger sur la qualité de la démocratie dans les pays comme le
Ghana, la Libye, la Corée du Sud entre 1950 et 2001 pour se faire une idée de
l’importance de la croissance économique partagée sur l’essor et la diffusion de la
démocratie. En effet, le revenu par habitant de la Corée est passé de 770 $ en 1950 à
14673 $ en 2001 alors que celui de la Libye est passé respectivement de 857 $ à 2284 $
(avec un pic en 1970 à 9115 $ ) alors que le Ghana a progressé modérément de 1122 $ à
1311 $ [1]. Il est donc clair que le type de démocratie choisie a un impact certain sur la
répartition du revenu au niveau des populations. A ce titre, le modèle de la Corée doit
servir de référence. Ce pays disposait d’un revenu par habitant inférieur au Ghana et à la
Libye en 1950 et se retrouve largement en tête aujourd’hui.

Sur un autre plan, les entorses et les déficits démocratiques réguliers en Afrique se
conjuguent souvent avec une institutionnalisation avancée de l’impunité. Celle-ci est bien
sûr présente dans les pays industrialisés et riches mais le pouvoir de l’argent et de la
liberté d’expression promue par les médias indépendants en atténuent les effets
collatéraux pervers.

2. Afrique : la démocratie à l’africaine

En Afrique, les dirigeants qui se sont mis en quarantaine du Nouveau partenariat pour le
Développement de l’Afrique (NEDAD) et du respect de la bonne gouvernance politique et
économique n’ont plus d’autres moyens que le découpage électoral, la manipulation des
fichiers électoraux, la distribution inégalitaire des cartes d’électeur, la création de
contraintes dans le comptage électronique ou manuel des voix, l’inversion des résultats
électoraux, le droit « régalien » d’annonces des résultats électoraux effectués comme un
véritable fait du Prince, et l’abus de pouvoir permettant de se déclarer élu, si possible dès

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le premier tour, tout en minimisant les réclamations au niveau des comités électoraux
nationaux dites indépendants ou des hautes instances juridiques locales. En réalité, c’est
la communauté internationale qui bon an, mal an reste en dernier ressort le véritable juge
de l’acceptation ou non des résultats des élections en Afrique, qu’elles soient propres ou
pas. Les offres de diversion, d’intégration et de corruption faites par le pouvoir usurpé à
l’Africaine, réduisent souvent au silence des leaders de l’opposition surpris par l’audace du
gagnant et la naïveté de leur non-stratégie collective. L’instrumentalisation des comités
électoraux indépendants, le bourrage des urnes et les déclarations unilatérales de la
victoire font partie d’une forme moderne du détournement de l’esprit de la démocratie
représentative en Afrique. Ces pratiques doivent être fermement condamnées. Mais le
citoyen-électeur africain moyen, à la recherche de sa pitance quotidienne, peut-il/elle
véritablement mettre en cause des résultats annoncés en fanfare, parfois avec la force
militaire et un soutien extérieur non dénué d’arrière-pensées ?

Fréquemment, les populations et les partis politiques désabusés s’insurgent contre de


telles pratiques. La reconnaissance parfois très rapide d’une certaine communauté
internationale, africaine et régionale, ouvre le champ à un silence coupable [2] d’une
autre partie de cette même communauté qui rappelle le secret des rites initiatiques
africains. C’est ainsi que de nombreuses élections dans les pays pauvres africains se
jouent en réalité, sauf exception, bien avant le vote effectif des populations africaines.
Les stratégies en rang dispersé des partis d’oppositions africains y sont pour beaucoup. A
force de préférer la notabilité à l’efficacité, les leaders des partis d’opposition en sont
arrivés à oublier que des primaires pourraient contribuer à clarifier le jeu politique et à
leur donner de réelles chances de gagner, contrecarrant ainsi les stratégies de blocage
des alternances politiques organisées par l’adversaire. Mais voilà, c’est faire abstraction
du jeu complexe des candidats qui préfèrent se contenter de naviguer dans l’ombre d’un
pouvoir, quitte à ne pas être représentatifs dans la société ou à accepter des entorses
importantes aux droits humains et aux règles démocratiques.

Lorsque le Président d’un pays des droits de l’Homme a jugé bon de féliciter un candidat
africain pour son élection bien avant que le comptage des voix n’ait été effectué, on peut
se demander de quelle démocratie l’on parle et comprendre les critiques à l’encontre de
cette forme perverse de la démocratie représentative occidentale, surtout lorsqu’elle
s’applique dans les espaces africains où le droit et la démocratie sont à géométrie
variable. La légitimité du pouvoir africain passe donc par la reconnaissance des dirigeants
des pays industrialisés dont l’adhésion au principe démocratique est aussi à géométrie
variable, selon que l’on s’exprime sur l’Occident ou sur l’Afrique. Il est vrai que les pays
africains, sans influence économique effective, ne peuvent offrir un contre-pouvoir réel,
pris en étau entre les conditionnalités et les services de la dette réclamée sans pitié par
les institutions financières de développement aux ordres des pays majoritaires au conseil
d’administration. Face à de telles interrelations de moins en moins transparentes, il ne
faut pas s’étonner que le concept de démocratie représentative, qui ne met pas le peuple
au centre de ses préoccupations, doit être réajusté et adapté au cours du 21e siècle. Le
débat doit être réouvert, surtout après la période de guerre froide et l’émergence d’une
Chine ne s’ingérant pas dans les affaires intérieures de droit humain ou de démocratie en
Afrique.

3. Démocratie directe, liberté et autocensure

Mettre le peuple au centre, est-ce se passer d’intermédiaires au point de voir dans le


parlement un système qu’il faut rejeter ? En Libye, cette forme de démocratie directe
passe par des comités populaires de base, eux-mêmes structurés autour de congrès
populaires. La Libye vient de fêter les 30 ans de l’instauration du pouvoir du peuple
datant du 2 mars 1977. Il était question à l’époque d’entrer dans un processus dit «
révolutionnaire de la Jamahirienne », censé mener à la liberté et à l’émancipation du
peuple. Ce peuple réuni en congrès et comités populaires de base prend des décisions
collectives que les « représentants » sont sommés de mettre en œuvre sans « ajustement
». Il ne s’agit donc pas d’un mandat représentatif mais bien d’une délégation de pouvoir
du peuple. Il n’y a donc pas de parlement en Libye. De là à penser que ce système peut
s’appliquer partout, il n’y a qu’un pas que certains ont franchi maladroitement. Les limites
d’un tel système sont perceptibles et posent problèmes, notamment dans les pays à forte
population.

Cette démocratie directe se pratique surtout dans la proximité et se module en fonction


de l’environnement socioculturel des Etats. En réalité, les pouvoirs discrétionnaires liés à
la proximité avec le principal dirigeant structurent, en cercles concentriques, une
démocratie où transparence rime avec l’appartenance à un réseau tribal, si possible proche
du principal dirigeant du coin ou au sommet de la pyramide de l’Etat. Ceux qui sont aux
commandes des principales capacités productives et extractives que constituent le gaz et
le pétrole disposent d’une influence supérieure à celle de la masse. Ainsi, la pratique de
la démocratie directe libyenne a graduellement engendré une forme insidieuse
d’autocensure. Celle-ci perdure et s’autorenouvelle grâce à un système de clientélisme et
de nationalisme populiste d’autant plus rémunérateur que l’autocensure permet de
participer à la distribution en cascade mais non automatique à ceux qui, d’une manière ou
d’une autre, sont phagocytés par le système. Cela peut être temporaire ou permanent.
Aussi, il est difficile de concevoir un tel système dans un pays comme le Nigeria où le
système fédéral repose essentiellement sur une délégation du pouvoir à des
représentants en principe élus.

Ainsi, la démocratie libyenne ne repose pas comme en Occident sur la représentation


populaire mais sur une forme dite « directe » de l’expression populaire. La démocratie
libyenne, dans sa pratique quotidienne, rejette en fait le principe de la représentation à
l’occidental, estimant que les représentants du pouvoir du peuple, émanation des comités
populaires de base ou des congrès populaires sont de simples exécutants des décisions

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collectives. De la sorte, ces représentants sont de véritables « serviteurs » du peuple,


tenus de mettre en œuvre scrupuleusement les décisions prises collectivement par le
peuple souverain. S’agirait-il là donc bien d’une démocratie du peuple, par le peuple et
pour le peuple ? Le doute est permis.

Lorsque l’on applique ce principe aux affaires en cours notamment la condamnation à mort
en Libye [3] des infirmières bulgares et un médecin palestinien en 1998, soupçonnés
d’avoir transmis le virus du VIH-Sida à des enfants de la ville de Benghazi [4], ville
considérée comme « récalcitrante » face aux grands principes de la « révolution libyenne
», il devient ainsi difficile pour le pouvoir central libyen de remettre en cause des
décisions collectives adoptées au niveau des comités populaires de base. Ceci est
d’autant plus intéressant que dès lors que l’un des fils du Leader libyen a publiquement
indiqué en Bulgarie qu’il n’y aura pas de « condamnation à mort » des infirmières, des voix
se sont élevées en Libye pour s’interroger sur le pouvoir « individuel » d’un individu, fut-il
fils du Leader, pour remettre en cause les décisions collectives prises à la base. Voici donc
l’impasse politique dans laquelle peuvent mener parfois les décisions prises à la base.
Faut-il rappeler que cela fait sept ans que cette affaire perdure sans une véritable
solution à l’horizon, puisque les décisions juridiques sont suspendues à la décision de la
cour suprême libyenne. Aussi paradoxalement que cela puisse paraître, une des solutions
effectives serait de représenter le dossier devant les comités populaires de base de
Benghazi avec les nouveaux éléments versés au dossier afin d’espérer obtenir un « feu
vert » collectif de la population locale laquelle ne décolère pas d’avoir perdu 426 enfants
alors qu’elle ne faisait que réclamer un droit élémentaire à la santé.

La démocratie directe (DD) libyenne dite de la « Jamahiriya » se conçoit sans partis


politiques et sans parlement représentatif. La gouvernance s’effectue directement au
travers des comités locaux et des Congrès nationaux. En fait, un tel système ne promeut
nullement les alternances politiques sur des bases transparentes et les effets pervers du
culte de la personnalité tendent à produire et justifier un Etat policé où chacun est libre
en fonction de sa capacité d’autocensure. Sans pluralisme, sans vote avec des bulletins
secrets et sans l’introduction de courants politiques contradictoires et indépendants du
pouvoir central agissant au sein des comités populaires, la démocratie directe libyenne
s’est sclérosée par manque de flexibilité et d’innovation interne. L’absence de compétition
intelligente au plan des idées a freiné l’adaptation du "Livre vert" [5] servant de cadre de
réflexion et de vision. Les initiatives privées indépendantes sont aussi enrayées dès lors
qu’elles sont considérées comme antisociales, en référence à la doctrine religieuse locale,
ou sont référencées arbitrairement comme des mimétismes envahissants d’un
occidentalisme primaire.

Le système est alors perçu comme autocratique de l’extérieur et socialisant de l’intérieur.


Une démocratie dite directe qui valorise la souveraineté de tous les citoyens par le biais
de décisions collectives prises au sein d’assemblées populaires est une forme de
démocratie non exportable dans l’état. Face à la globalisation de l’économie et
l’interdépendance des cultures et des civilisations, une démocratie du 21e siècle ne pourra
pas tenir longtemps si elle rejette l’intermédiation de représentants libres, dotés d’un
mandat et libres en leur âme et conscience de s’affranchir des décisions collectives,
émanations du pouvoir du peuple. S’il faut éviter de trouver des « substituts au pouvoir du
peuple » parce que les « substituts » s’arrogent le pouvoir du peuple dans une démocratie
représentative, alors il convient de revoir le principe de fonctionnement de la démocratie
en structurant de manière flexible et sur la base de la transparence le principe de la
participation du peuple aux décisions.

4. Démocratie représentative versus démocratie participative (DP)

La France semble redécouvrir la démocratie participative en tentant d’associer, tant bien


que mal, le citoyen au débat, ceci au cours des élections présidentielles de 2007. Cette
démocratie participative fait un appel massif aux médias notamment à la télévision et à
l’Internet. Ainsi la démocratie participative repose plus sur une implication large et directe
des citoyens dans la gestion d’un système politique et ne remet pas en cause le vote à
bulletin secret, ni les partis politiques, ni le parlement pour ne prendre que ces quelques
points de repères. La différence majeure entre DP et DD réside fondamentalement dans le
transfert de la gouvernance à des professionnels de la politique, généralement une élite.
Ces représentants devront librement être choisis en principe sur un programme devant
être mis en œuvre au cours d’un mandat d’une durée limitée et renouvelable. Face au
pouvoir de l’argent qui finalement corrompt l’essentiel de ces grands principes, la
Démocratie représentative occidentale est en fait à la recherche d’un nouveau souffle. Les
scandales politiques et la corruption structurée, voire institutionnalisée, n’arrivent plus à
passer inaperçus au point d’être sanctionnés par le citoyen-électeur. Les votes sanctions
sont de plus en plus légions. On ne vote plus pour un candidat mais on vote contre un
candidat. Drôle de démocratie où l’on s’organise pour éliminer, au premier tour, celui dont
on ne veut pas ! Dans certains pays africains le tour semble joué en s’assurant une
réélection dès le premier tour.

Il faut absolument retrouver un lien direct avec la population et faire remonter


effectivement les demandes qui ont toutes pour point commun : le droit à l’égalité qui se
décline en économie sous la forme de la recherche de plus de justice dans la distribution
des fruits de la croissance économique.

Ainsi, au lieu de chercher à justifier tel ou tel modèle de la démocratie et tomber dans le
piège de la hiérarchisation des modèles, tapis rouge pour déclencher le choc des
civilisations, les dirigeants occidentaux de tous bords et ceux d’Afrique et d’ailleurs
devraient organiser un vrai débat-conférence sur la question afin de restructurer, de
manière dynamique et sans dogmatisme, les contours de l’évolution de la démocratie du
21e siècle.

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5. Conclusion : refondation de la liberté

Qu’elle soit dite directe, représentative ou participative, la démocratie ne peut faire


l’économie d’être revisitée avec en filigrane un besoin de réintroduire un peu d’éthique en
s’affranchissant du pouvoir des oligarchies financières, et d’offrir une espérance réelle du
retour de la liberté de choisir, expression non équivoque de la souveraineté du peuple. La
démocratie, synonyme du pouvoir du peuple, ne peut se décréter, ne peut reposer sur des
dogmes. La démocratie du 21e siècle doit être pratique et permettre une refondation de la
liberté dans les limites du respect de l’autre. En cela la démocratie participative possède
quelques atouts qui peuvent prendre en compte les droits des pauvres, des opprimés et
des "sans voix"[6]
.

Par Yves Ekoué Amaïzo


Directeur du groupe de réflexion, d’action et d’influence « Afrology »
Economiste à l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).
Il s’exprime ici à titre personnel.

1. Angus Maddison, The World Economy Historical Statistics, OCDE, pp. 184, 218, 220 et
224; les valeurs sont en équivalent $ de 1990 (ajusté selon la méthode International
Geary-Khamis $).

2. Yves Ekoué Amaïzo, La neutralité coupable. L’autocensure des Africains : un frein aux
alternatives ?, en préparation, collection « interdépendance africaine », éditions Menaibuc,
Paris 2007.

3. Le 19 décembre 2006, un tribunal libyen a prononcé le verdict définitif : condamnation à


mort.

4. En 1998, à Benghazi, Libye, des enfants sont trouvés porteurs du virus du Sida. Le 9
février 1999, la police arrête, sans mandat, de nombreux professionnels de la santé,
travaillant en Libye. La majorité des détenus (beaucoup de Libyens) sera ensuite
relâchée, à l’exception de cinq infirmières bulgares, un médecin bulgare et un médecin
palestinien. Les autorités les accusent d’avoir sciemment transmis le virus du Sida à 426
des enfants à l’hôpital où ils travaillaient comme coopérants. Le médecin bulgare sera
libéré 4 ans plus tard. Le 9 février 1999, il semble que seul le personnel médical non
libyen ait été accusé d’assassinat prémédité « pour avoir provoqué » une épidémie par
injection de produits contaminés par le Sida à 393 enfants libyens. D’après la revue
scientifique britannique Nature et d’après l’analyse d’échantillons prélevés sur 44 enfants
infectés, il a pu être déterminé que les infections avaient commencé au sein de l’hôpital
bien avant l’arrivée des infirmières et du médecin en mars 1998. Ce point de vue n’est pas
confirmé du côté libyen.

5. Moammar El Kadhafi, Le livre vert, Centre mondial d’études et de recherches sur le Livre
vert, Tripoli, Jamahiriya, 3e éd. 1999.

6. Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de), L’union africaine freine-t-elle l’unité des
Africains ? Retrouver la confiance entre les dirigeants et le peuple-citoyen, Collection «
interdépendance africaine », éditions Menaibuc, Paris, France, 2005.
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