Vous êtes sur la page 1sur 19

ETUDES APPROFONDIES DES PROJETS

D’ARCHITECTURE A4/A

Travail de Fin de Semestre :


CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE 500 LITS

EXPOSE SUR LA THEORIE DE COMPOSITION


DES CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE
(C.H.U.)

PAR LE COLLEGE DES ENSEIGNANTS DU COURS EN ATELIER D’ARCHITECTURE A4/A :

Christophe TSHIMANGA MUTEBA

Felix NZEZA GOKI

Thierry MAWEJA MUKADI

24 JANVIER 2020

Année académique 2019-2020


1. PREAMBULE

Dans le cadre de son programme d’action, le Gouvernement de la République Démocratique du


Congo a initié et ratifié, depuis avril 2013, un vaste programme dénommé « Programme d’Equipement des
Structures sanitaires », PESS en sigle pour contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population de
la République Démocratique du Congo d’ici fin 2023 de manière graduelle par l’offre et l’utilisation des
services de santé de qualité au niveau des centres de santé (CS), hôpitaux généraux de référence (HGR),
hôpitaux provinciaux généraux de référence (HPGR) et centres hospitaliers universitaires (CHU).
Ce vaste programme comprend trois volets à savoir : (i) le volet A : Fourniture, installation et
maintenance des équipements et matériels médicaux, (ii) le volet B : Réhabilitation, reconstruction et mise
en conformité des structures sanitaires et (iii) le volet C : Acquisition et distribution des médicaments
essentiels.

Aux travers de ces trois volets, le PESS entend :

1. Augmenter l’offre des soins par la construction, la réhabilitation, l’équipement et la dotation en


médicaments essentiels de 1 150 CS, 55 HGR, 6 HPGR, 3 CHU et la construction et/ou la mise en
conformité de 200 services d’imagerie médicale de façon graduelle jusque 2021;

2. Accroître l’utilisation des services de santé de 25% à 50% sur l’ensemble du territoire national
en améliorant l’accessibilité de la population bénéficiaire à travers les mécanismes de couverture
sanitaire universelle jusque 2021.

A cet effet, l’Institut Supérieur d’Architecture et d’Urbanisme, souhaitant apporter sa pierre à


l’édifice, par le truchement de la section Architecture dans la classe de Quatrième année, articule sa
réflexion sur un projet de Centre Hospitalier Universitaire d’une capacité de 500 lits.
Ce besoin est d’autant plus justifié par le fait indéniable que la République Démocratique du Congo
est caractérisée par une insuffisance voire une inexistence des structures ni d’équipements sanitaires digne
de ce nom sans parler de l’enseignement et de recherche médicales.
Il est commun d’entendre murmurer que l’hospitalisation est une prédisposition à la mort ;
l’hôpital, un lieu dépressif où prendre congé de la vie.
Les Établissements de santé ne peuvent aujourd’hui se restructurer que dans le cadre d’une triple
problématique:
 Répondre aux besoins de santé dans un territoire donné,
 Répondre aux exigences de sécurité et de qualité,
 S’adapter à contraintes liées la raréfaction des moyens humains et financiers.
De même, la modernisation des Établissements se traduit par des reconstructions totales ou partielles, dans
un contexte de regroupements de moyens, de stratégies d’alliances internes ou externes, de recomposition du
paysage hospitalier prenant en compte l’ensemble des structures sanitaires et médico-sociales existantes.
Cette nouvelle approche conduit les décideurs des Établissements de santé qu’ils soient publics ou privés
établir leur projet d’établissement sur la base d’une stratégie globale.
2. GENERALITES SUR LE centre hospitalier universitaire (c.h.u.)

L’édifice à concevoir requiert de la part de l’architecte un certain niveau des connaissances


dans plusieurs domaines, celles-ci, tant d’ordre artistiques, techniques aussi bien scientifiques que
socioculturelles sous-tendent avec efficience sa réflexion à élaborer un projet.
Réaliser des études de projet de C.H.U. ne relève pas seulement de l'élaboration des
différents plans y afférents, mais aussi à l'exploitation adéquate et harmonieuse de son espace
architectural ou l'aménagement naturel.
Au début, les premières structures qui abritaient les hôpitaux ou plus exactement, les
unités de soins ne reflétaient qu’un assemblage de pièces dont le souci majeur était de donner un
abri pour l’exercice du traitement sans préoccupation profonde des autres aspects du bâtiment.
Ensuite, un réel souci d’organisation a donné naissance aux premières tendances
architecturales des hôpitaux. Dès lors, le caractère fonctionnel de l’hôpital s’impose comme le
point commun des différentes tendances et une typologie horizontale s’observe sur différents
hôpitaux réalisés.
Mais, à partir des années 60 et 70, une typologie architecturale verticale remplace
l’horizontale et donne, de ce fait, un schéma vertical pour la plus part des hôpitaux construits à
cette époque, tel que l’hôpital municipal de Berlin-Reinkendort de Mulberge, œuvre des
architectes Schlenzig et Scheinder1.
Actuellement, une remise en question du schéma vertical s’impose et ne doit pas être pris
à la légère ; cela suite au fait qu’une tendance s’accorde sur la déclaration qui prétend que la
construction en hauteur avait été une erreur pour les hôpitaux. Selon celle-ci, la disposition
horizontale est plus efficace, bien que le problème à ce stade soit celui des grands trajets.
De plus, la disposition verticale rencontre des obstacles à plusieurs niveau, parfois, il
fallait du temps pour aller d’un secteur à un autre.
Parmi, les partisans de cette remise en question, nous pouvons citer Alvaro SIZA, architecte
portugais auteur du projet : l’Hôpital Général de Tolède.
On distingue les hôpitaux selon :
 leur dimension : très petits (50 lits) ; petits (jusqu’à 150 lits) ; normaux (jusqu’à 600 lits) ;
grands (au-delà de 1000 lits Centre Hospitalier Universitaire)
 leur source de subventions Publics ou Privés :
 Les hôpitaux publics, la catégorie dont le monopole de la création, la gestion et
l’administration sont de la compétence étatique (gouvernementale). Parmi eux, il y a les
hôpitaux militaires ou civils.
 Les hôpitaux privés sont ceux qui sont créés par l’initiative privée. On parle des
hôpitaux à caractère A.S.B.L. crées et gérés par des communautés religieuse, O.N.G,
organisme de développement social ; Les hôpitaux à caractère commercial dont la
création et la gestion sont réservées à un commerçant ou des personnes privées.
 leur fonction : Suivant les fonctions, les hôpitaux sont repartis en hôpitaux généraux,

1
E.NEUFERT, les éléments de projets de construction 8iéme édition, DUNOD, Paris, 2008, p.563
spécialisés et hôpitaux universitaires. On peut différencier les caractéristiques médicales et
curatives par la nature et l’ampleur, par le nombre de spécialistes, la taille des différentes
sections et installations de traitement.

TYPOLOGIE DES HOPITAUX

a) Hôpitaux Généraux
Le type le plus connu d'hôpital est l'hôpital général, qui est mis en place pour faire face à
de nombreux types de maladies et de blessures, et a généralement un service d'urgence pour faire
face à des menaces immédiates pour la santé et la capacité d'envoyer des services médicaux
d'urgence.
Un hôpital général est souvent le principal établissement de soins de santé dans sa région,
avec un grand nombre de lits pour soins intensifs et de soins de longue durée, et des installations
spécialisées.
b) Hôpitaux Spéciaux
Les hôpitaux spéciaux sont des structures spécialisées dans certains genres de traitements
ou certains groupes de maladies, traumatologie, réhabilitation, des hôpitaux pour personnes
âgées (gériatrie) par exemple. Ils ont pour objectifs de faire face aux besoins médicaux spécifiques,
tels que des problèmes psychiatriques.
c) Centre Hospitaliers Universitaire
Un hôpital d'enseignement (ou hôpital universitaire) combine l'aide aux patients à
l'enseignement aux étudiants en médecine et qui est souvent lié à une école de médecine. Ils se
différencient des autres structures suite au fait qu’ils desservent un grand secteur et peuvent être
comparés aux académies de médecine. Ils se consacrent parallèlement à la recherche et à
l’enseignement.
En France, les CHU (Centres Hospitalier Universitaire) sont des centres hospitaliers
régionaux ayant une convention avec une faculté de médecine
d) Cliniques
Un service médical plus petit qu'un hôpital est appelé clinique et est souvent géré par une
agence gouvernementale pour les services de santé ou d'un partenariat privé des médecins (dans
les pays où le secteur privé est autorisé). Les cliniques ne fournissent généralement que des
services ambulatoires.

3. APPROCHES CONCPTUELLES des hôpitaux.

De prime abord, il importe de signaler, dans le cadre conceptuel des hôpitaux ce qui suit :
 La notion de « programme type » n’existe pas.
 Le programme doit tenir compte la fois de la stratégie globale et également de la
faisabilité et de la potentialité du site hospitalier.
 Un programme doit être « ouvert » pour laisser au concepteur un champ de réponses
spatiales, dans le respect des exigences fonctionnelles et des obligations de résultats.
 Le programme doit être « évolutif » et doit permettre l’adaptation aux nouvelles
organisations de soins Le centre de congrès marque spatialement son environnement
immédiat tout en faisant rayonner l’activité.
La Politique Nationale de la Santé (PNS) de la République Démocratique du Congo (RDC) a
été définie pour la première fois en 1984 et révisée en 2001 sur base des recommandations des
Etats Généraux de la Santé tenus en décembre 1999. Elle fait suite à la souscription par notre pays
aux déclarations internationales telles que: la déclaration d’Alma Ata sur les Soins de Santé
Primaires en 1978, la Charte Africaine de développement sanitaire en 1980.
La PNS a pour but de promouvoir l’état de santé de la population congolaise en fournissant
un paquet de soins de santé de qualité, globaux, intégrés et continus avec la participation de la
communauté à la planification, la gestion des interventions et services de santé à travers des
organes de gestion de la Zone de Santé, dans un contexte global de la lutte contre la pauvreté.
La PNS a comme stratégie les Soins de Santé Primaires pour atteindre son objectif social
qui est « la Santé Pour Tous » en RDC. La PNS réaffirme la Zone de Santé (ZS) comme l’unité
opérationnelle de sa mise en œuvre au sein du système de santé de la RDC. La ZS est une entité
décentralisée, de planification et de mise en œuvre de la stratégie des Soins de Santé Primaires,
bénéficiant de l’appui technique et logistique du niveau intermédiaire et fonctionnant
conformément aux stratégies, directives et normes édictées par le niveau central du système de
santé.
L’opérationnalisation de la SRSS nécessite que soient élaborés ou finalisés un certain
nombre d’outils parmi lesquels :
 les normes qui elles, définissent les exigences à respecter;
 les directives qui présentent les principes généraux et les objectifs précis de chaque
norme ;
 le manuel des procédures organisationnelles qui définissent les responsabilités de
chacun à son poste de travail
 les instructions qui elles, détaillent la manière d’accomplir des tâches spécifiques.
Et, il est important de maintenir la cohérence entre ces différents outils et la SRSS pour une
opérationnalisation satisfaisante Les normes sont considérées comme des outils mis à la
disposition des professionnels pour définir et mettre en œuvre les moyens, les méthodes ou les
compétences nécessaires au développement des services et non une tentative de restreindre
l’autonomie des professionnels.
Elles sont des compromis qui permettent de satisfaire les éléments conceptuels de manière à
rester compatibles avec la politique nationale de santé basée sur les SSP. L’objectif recherché est
donc avant tout, de concentrer le savoir-faire existant pour le rendre accessible à un grand
nombre, en précisant le sens des mots et des concepts utilisés
Le document des normes s’adresse ainsi à tous les partenaires qui sont préoccupés du
fonctionnement et de l’organisation des zones de santé et qui doivent être capables de s’extraire de
la logique bureaucratique des programmes pour introduire des changements de manière à
améliorer l’efficacité et l’efficience des services de santé dans une approche systémique.
Le document comporte en son sein quelques éléments conceptuels de manière à faire
comprendre à celui qui l’utilise les raisons qui sous-tendent les décisions prises sur les normes
proposées.
L’adaptation des normes aux contraintes particulières doit être possible mais, devra se faire
en respectant le rationnel ou l’esprit de la norme. Il est dès lors indispensable que se fasse la
familiarisation des utilisateurs avec la diversité des impératifs et des conditions spécifiques qui
sont à observer lors de l’application des concepts.
L’étape de la familiarisation est d’autant plus importante que l’utilisation et l’application
des normes sans discernement ou de façon mécaniste peut conduire à des dérives. Cette
familiarisation est un préalable obligatoire avant toute action sur le terrain. Cette familiarisation
peut se faire lors des sessions de formation des cadres des zones de santé en management des SSP.
Ce recueil constitue le minimum nécessaire pour l’organisation et le fonctionnement d’une
zone de santé lesquels, découlent d’une démarche scientifique plutôt que d’un état de fait dû à «
ce qu’on a toujours fait ». L’orientation générale du document de recueil des normes est celle
d’une gestion et organisation tournées vers les fonctions spécifiques des services :
 centre de santé, lieu de premier contact et de synthèse de l’information pertinente
pour la gestion des problèmes de santé de la population de responsabilité ;
 hôpital général de référence, structure d’appui technique aux CS ;
 structure de leadership intégré, lieu de coordination et d’intégration.

Des documents des normes relatives à la lutte contre les principales maladies existent
auprès des programmes spécialisés du Ministère de la santé. Ils abordent des questions plus
spécifiques qui ne peuvent être abordées dans le cadre de celui-ci.
Ces documents normatifs sont ou doivent être complémentaires à ce recueil. De même, il
convient de signaler qu’un autre document des normes spécifiques aux Zones de Santé Urbaines
est envisageable pour gérer les particularités de celles-ci à savoir : (i) la médicalisation des
structures de premier échelon des soins (CS), (ii) l’existence des Zones de Santé ayant en commun
un Hôpital Général de Référence (HGR), (iii) la mission de l’Equipe Cadre de Zone du fait de la
non existence d’Hôpitaux Généraux de Référence propres aux Zones de Santé dans certains cas,
(iv) la définition de la population de responsabilité du fait des moyens de communication faciles
et de la forte tendance par cette dernière de ne pas forcement utiliser les structures de santé de la
Zone de Santé, (v) l’existence des Zones de Santé militaires et de police dont les structures de
santé sont géographiquement logées dans d’autres Zones de Santé..
Un document de directives d’application des normes d’organisation et de fonctionnement
de la Zone de Santé est en accompagnera ce recueil des normes.

Définition de la ZS
C’est une entité géographique bien délimitée (diamètre maximal 150 kms) contenue dans
les limites d’un territoire/commune administrative, comprenant une population d’au moins
100.000 habitants (composée des communautés homogènes au point de vue socioculturelle) avec
des services de santé à 2 échelons interdépendants (centres de santé au 1er échelon et un Hôpital
Général de Référence (HGR) au 2ème échelon), sous la supervision d’une Equipe cadre.
La ZS est subdivisée en « Aires de santé ». Une aire de santé est une entité géographique
délimitée, composée d’un ensemble de villages en milieu rural et/ou de rues en milieu urbain
selon les critères d’affinités sociodémographiques dont la taille de la population desservie est de
10.000 habitants. Chaque Aire de santé est couverte par un Centre de Santé.
Eléments du système de santé dans de la ZS
Le système de santé au niveau de la Zone de Santé comprend quatre éléments qui sont : (i)
les individus, famille et communautés, (ii) les structures de santé de premier contact : le Centre de
santé, (iii) un niveau de référence, l’hôpital général).
Parmi les structures de santé au niveau d’une ZS on distingue : les structures obligatoires et
les structures facultatives. Les structures sanitaires obligatoires sont : le Centre de Santé (CS).et
l’Hôpital Général de Référence (HGR)

Principes généraux d’organisation par pôles d’activité au sein de l’établissement de santé

L’exercice difficile qui va du principe de création d’un pôle d’activité jusqu’à la pratique
quotidienne et le service rendu au patient peut avoir de multiples origines.
L’organisation par pôles va permettre de décloisonner l’hôpital tant sur le plan des
disciplines et des services que sur celui de la stratification des modes décisionnels entre
administratifs, médecins et soignants. Le pôle doit être conçu comme un ensemble humain
tourné vers des objectifs communs et doit être un facteur d’adhésion et de fédération. Il doit
donc, non seulement disposer d’instances de participation propre (conseil de pôle) mais se
traduire aussi par une direction homogène entre le responsable de pôle, le cadre supérieur de
santé coordonnateur, le référent de la direction de l’hôpital d’une part et par un projet stratégique
et managérial d’autre part.
Le projet, qui doit être formalisé et intégré dans le plan stratégique de l’hôpital, sera un
élément déterminant de tout programme architectural ou organisationnel. Il permet de
hiérarchiser les priorités en fonction des objectifs retenus avant tout médicaux, scientifiques et
qualitatifs en matière de prise en charge des patients et de prestations.
Chaque pôle doit être animé par une réflexion d’ordre médical et général. Si la mise en
place des pôles présente pour l’hôpital une opportunité quant à l’évolution des modes de
management et de gestion, elle concerne aussi la structuration de l’espace, des circulations et des
flux. Elle dessine une nouvelle conception organique de l’hôpital.
La structuration de l’espace, le regroupement de services ou d’unités fonctionnelles ou leur
mise en communication par une rationalisation des circuits présentent un avantage indéniable. Il
est difficile d’envisager des pôles dispersés même si, sur le papier, les entités qui les composent
ont des activités et des procédures communes car les gains obtenus dans la mutualisation des
moyens, la simplification des circuits patients ou matériels seraient nuls.
Le regroupement spatial permet de créer une synergie avec les autres grands dossiers
hospitaliers que sont les vigilances, la gestion des déchets, la gestion des approvisionnements et
des médicaments.
Un exemple type est la dispensation individualisée des médicaments par la pharmacie qui
n’est concevable que dans des ensembles ayant une taille critique suffisante. Le regroupement des
surfaces de stockage engendre des gains de locaux de même qu’une réception commune des
prélèvements.
L’accueil commun des patients et des tâches médico-administratives en amont (secrétariat,
archives) génèrent des gains qualitatifs (extension d’horaire, procédures unifiées).
De ce point de vue, la réflexion par pôle doit s’appuyer sur un recensement précis de toutes
les activités susceptibles d’être mutualisées et de toutes les procédures susceptibles d’être unifiées.
En cela, toute réflexion pratique préalable à la mise en œuvre des pôles et la réalisation
architecturale est déjà une réflexion stratégique et managériale.
La réflexion initiale doit enfin intégrer des aspects parfois négligés tels que l’ergonomie des
postes de travail, des circulations, de l’accessibilité des locaux et ce d’autant plus que sont
recherchées des logiques de regroupement.
L’avènement des pôles passe par l’adhésion des personnels qui doivent en percevoir
concrètement l’intérêt grâce à un contexte peut-être moins hiérarchique mais également une
meilleure économie des déplacements et des présences.
Le pôle ne doit pas être vécu comme une décision médico-administrative visant augmenter
la productivité du personnel et donc comme un facteur unique de flexibilité et de contraintes
supplémentaires.
De ce point de vue, il est souhaitable que le projet de pôle aborde la gestion du personnel
(horaire, suppléance) comme celle de la permanence des soins.
En résumé, le projet sous forme de pole définit dans le cadre d’une réflexion médicale et
stratégique, un schéma fonctionnel aux multiples aspects : gestion des patients, procédures de
prise en charge harmonisées, gestion des moyens, regroupement et aménagement des locaux,
système d’information, flux et circuit, ergonomie. C’est cet ensemble qui permet d’établir le lien
entre pole et organisation de l’espace.
Le regroupement par pôle pourra rarement être guidé par un critère unique. Le pôle doit
intégrer à un critère dominant de type médical ainsi que le circuit du patient et les critères
complémentaires liés aux exigences de qualité et de sécurité sanitaire.
Il doit s’adapter au profil de l’établissement et s’appuyer sur quelques règles :
- Mutualiser les ressources médicales et soignantes
- mutualiser et regrouper les dispositifs coûteux du plateau médico- technique
- définir les tailles critiques, de l’unité de soins jusqu’à la taille du pôle
- définir les règles de gestion du pôle
- réfléchir sur les articulations entre les pôles et sur les collaborations réseaux de
soins externes.
Outre sa propre organisation qui doit répondre la cohérence fonctionnelle liée à son
activité, le pôle doit s’implanter dans l’organisation spatiale globale de l’établissement de
santé, avec des objectifs de fonctionnement dictés par les proximités ou les contiguïtés induites
par l’activité.
QUELQUES DIFFERENTS REGROUPEMENTS POSSIBLES

Le pôle « femme mère enfant » au Centre Hospitalier de Saintes

Le Pôle Mère et Enfant s’identifie par la façade courbe ouverte sur le parc.
Sa position lui confère une identité spécifique, une accessibilité directe depuis le parvis et une greffe en
liaison forte avec le Plateau Technique Médical. Chacune des unités fonctionnelles se développe
successivement à partir de l’Accueil général du Pôle pour une prise en charge en Consultation et en
Hospitalisation.
Le Plateau « Mère et Enfant » assure les contiguïtés depuis les activités externes pour la Gynécologie
Obstétrique et pour la Pédiatrie (25 lits) ainsi que pour l’hospitalisation des enfants en court séjour et en
Hôpital de jour. La Néonatalogie (14 lits) est située en continuité du secteur « enfant » avec une transition
forte avec le secteur « Mère ».
Les unités d’hospitalisation «kangourous » sont mitoyennes avec la Néonatalogie tout en étant intégrés
dans la Maternité. La Maternité (42 lits) s’organise sur 2 niveaux et boucle le Pôle avec sa mitoyenneté
indispensable avec le secteur des naissances, lui-même contiguë avec le Bloc Opératoire (Salles
césariennes).
Le traitement des façades du Pôle Mère et Enfant présente des terrasses d’agrément toutes accessibles
et protégées pour les enfants et les mères.
Les Pôles de spécialités cliniques à l’Hôpital Pasteur du CHU de Nice

Le futur CHU de Nice, 700 lits et places, a comme particularité d’être organisé en 4 pôles pour les
spécialités cliniques et en 5 plateaux dédiés, ceci dans un souci de modularité.
Deux des pôles cliniques sont organisés selon une logique de regroupement par organe : le pôle cardio-
vasculaire thoracique et métabolique et le pôle neurosciences, tête et cou. Cette organisation permet de
favoriser la coordination entre le personnel soignant et l’élaboration d’axes de recherche communs

Les pôles de spécialités au Groupe Hospitalier Diaconesses-Croix Saint Simon

Issu de la fusion de deux hôpitaux, le groupe hospitalier Diaconesses-Croix Saint Simon a pour
objectif à travers la construction d’une extension hospitalière sur le site Avron dans le 20e arrondissement,
de :
- regrouper le pôle locomoteur, le pôle digestif, le pôle médecine interne et urgences, le pôle
plancher pelvien et le pôle oncologie.
- regrouper et renforcer ses plateaux techniques (regroupement des deux blocs opératoires,
adaptation du plateau technique d’imagerie, regroupement des deux réanimations, des deux
laboratoires)
- développer l’ambulatoire et l’hospitalisation de semaine

La traduction « architecturale » pour un établissement de taille moyenne :

Si l’objectif de « favoriser le fonctionnement et le regroupement des spécialités, des pôles » est


premier, il n’est pas unique. Compte tenu de la « taille » des pôles (en termes de lits d’hospitalisation :
autour de 50 lits), le regroupement des pôles de spécialités ne devait pas conduire à créer des rigidités où il
n’en existait pas, à freiner une mutualisation déjà largement présente.
Ainsi, l’objectif de regroupement du pôle a tenu compte d’autres impératifs :
- La standardisation des unités d’hébergement (avec une capacité de 24 lits extensibles à 26)
- La nécessaire mutualisation des ressources, plateaux techniques et hébergement : Toutes les
consultations sont regroupées aux étages inférieurs. Un hôpital de jour regroupé, tout en
faisant apparaître 2
secteurs (oncologie /
médecine et chirurgie).
En outre, le pôle plancher
pelvien et le pôle digestif permettront
une mutualisation plus poussée des lits
sur la base des durées de séjour : Au
lieu d’occuper chacun un étage de 50
lits accueillant les patients quelle que
soit leur durée de séjour, ces deux pôles
peuvent partager :
- deux unités alternées
d’hospitalisation de
semaine (sur le modèle
de l’hôpital St Joseph St
Luc de Lyon) et
- deux unités de 25 lits
d’hospitalisation «
longue ».
Cette mutualisation des lits
passe, sur le plan organisationnel et
informatique, par la mise en place d’une centrale de réservation blocs/lits.

Etage 2 : Plateaux techniques


Vert : Bloc
Rose : Hôpital de jour médico chirurgical et sous unité d’oncologie
Beige : Réanimation et Unité de soins continus

Nouveau bâtiment | Bâtiment existant

Etages d’hospitalisation >24h


Chaque étage comporte 2 unités, chacun de 24 lits extensibles à 26 lits
Nouveau bâtiment | Bâtiment existant
Etage 2 et 3:
- hôpitaux de semaines hospitalisation longue / pôle digestif et pôle plancher pelvien
Etage 4 :
- pôle locomoteur (chirurgical et médical)
Etage 5 :
- pôle médecine interne et oncologie

4. QUELQUES SOURCES D’INSPIRATION DE COMPOSITION DE centre


hospitalier universitaire (c.h.u.)

L’Hôpital Pasteur du CHU de Nice

Les objectifs
Réorganiser l’ensemble des établissements du CHU de Nice, en recomposant dans sa globalité
l’offre de soins : le projet permet une réorganisation complète des activités médicales de court séjour sur
deux sites, Pasteur et Archet, au lieu de trois aujourd’hui, sans doublons.
Cette recomposition de l’offre à la recherche de la masse critique implique également des
établissements de santé PSPH voisins dans le cadre d’une politique d’alliance ; elle se concrétise par des
projets de construction et de restructuration communs : Institut universitaire d’ORL et de cancérologie avec
le C.L.C.C. A. Lacassagne, regroupement de la pédiatrie avec la Fondation LENVAL. Enfin, l’actuel hôpital
St Roch, une fois libéré de ses activités, sera le lieu de création d’un hôpital de santé publique. Le site en
reconstruction est celui de Pasteur.
Le projet Pasteur 2 aura un potentiel de 650 lits et places de médecine et de chirurgie (MCO) autour
d’un plateau technique de haut niveau.
Quant au site de Cimiez, il est dédié à la gérontologie. Doit être créé en cœur de ville un nouveau
centre de prise en charge de la maladie d’Alzheimer en cours d’étude avec la Fondation C.
Pompidou.
Le site et le terrain
La répartition des activités a été réalisée à partir de la situation existante de quatre établissements
situés dans la ville de Nice. L’Hôpital Pasteur, est implanté dans un quartier résidentiel collinaire avec un
dénivelé important d’où le choix de construire l’hôpital sur de nombreux niveaux .
Les contraintes
 Site déjà occupé par une cité pavillonnaire,
 Bâtiments actuels du centre hospitalier Pasteur
 Retrait de 18 m depuis l’avenue de la Voie Romaine POS Hauteur 25 m.
 Quartier environnant à requalifier - projet de tramway
 Vent fort Nord-Ouest (Mistral)
 Ensoleillement important
 1200 places de stationnement à créer en sous-sol
 Hélistation en toiture
Les principes de circulation
 Le projet répond aux exigences de fonctionnement et d'efficacité fixées par le
Programme Technique Détaillé.
 Il est conçu pour que toutes les fonctions puissent s’exercer dans chaque pôle, en
respectant toujours dès l’entrée du patient jusqu’à l’unité de soins ou au secteur de
consultations externes, la distinction des flux entre malades en urgence / malades
couchés (> 24 h) / malades ambulatoires (< 24 h) / transports des matières / flux des
visiteurs.
 Le projet organise en outre les
différentes activités médicales, d’accueil
ou de logistique dans des plateaux
dédiés à chacune de ces fonctions,
situés à des niveaux différents et
organisant les flux le long d’une rue, à
partir d’ascenseurs et dans des locaux
dédiés à cette même fonction.

Ainsi, il apporte des réponses selon une


composition par strates fonctionnelles et par des relations
directes et de plain-pied pour les fonctions médicales
ambulatoires et inter polaires ou partagées, et par des
liaisons verticales pour les services d'une clinique. Un
noyau unique pour chaque “maison” regroupe les monte-
malades, les monte-charges autour d'une gare à chaque
étage et un groupe de trois ascenseurs pour les visiteurs
avec un escalier libre d'accès.
Les cliniques, relations verticales :
 le Pôle Ostéo-articulaire
 le Pôle Neurosciences Ophtalmologie
 le Pôle Cardio-vasculaire thoracique
métabolique

Les plateaux dédiés, les strates horizontales (du bas vers le haut) :
 le plateau de logistique
 le plateau d'accueil des urgences
 le niveau d'accueil général et d’activités ambulatoires

 le plateau technique et son niveau technique intégré


 les « maisons » des hébergements et les sièges des équipes
L'organisation en pôles et les surfaces utiles
 4 pôles d’activité dont 3 pôles cliniques MCO, associés à un plateau technique de
consultation exploration et soins
 Pôle urgences- anesthésie réanimation
 Pôle neurosciences ophtalmologie
 Pôle cardio-vasculaire thoracique métabolique répartis sur 12 niveaux.
 1 bâtiment de psychiatrie de 74 lits existant sur le site de pasteur
 3 pôles support médico- techniques
 pharmacie stérilisation
 Imagerie interventionnelle
 Biologie plateau technique automatisé

Surface totale hospitalisation et plateau technique : 50 000m2

Hôpital Jean Verdier à Bondy


Assistance Publique-Hôpitaux de Paris

Les objectifs :
Restructurer et rénover l’hôpital ouvert en 1975, en l’humanisant et en l’adaptant aux
besoins actuels et futurs du bassin de population.
Le site et le terrain :
Situé en ville dans la proche banlieue de Paris, le site est bien desservi par les transports
routiers (A83) et par les transports en commun (RER, Bus).
La difficulté du regroupement architectural par pôle à Jean Verdier tient dans l’espace très contraint
de l’hôpital qui limite les rocades et empêche les extensions de surface. Deux projets permettent néanmoins
d’envisager ce regroupement, d’une part la construction d’un bâtiment dit de consultations situé entre les
deux ensembles qui configurent l’hôpital et d’autre part la réduction des surfaces liées à la logistique
notamment par l’abandon de la fabrication en cuisine.
Le bâtiment de consultation regroupera des unités éclatées du pôle »accueil et médecine », la
réduction des surfaces logistiques permettra de regrouper les laboratoires en un seul niveau. S’ajoute à cela
une unification des surfaces dédiées à l’urgence pédiatrie.
L'organisation en pôle :
 3 pôles cliniques MCO, associés chacun à un plateau technique de consultations,
explorations et soins
 Pôle accueil et médecine interne (avec 66 lits)
 Pôle mère- enfant (avec 117 lits)
 Pôle spécialisé adultes (avec 117 lits)

Surface utile totale45 000 m


Le pôle « accueil et médecine » regroupe les unités participant à la prise en charge des urgences
adultes, enfants et médico-judiciaire ; l’hospitalisation de médecine, la polyclinique et l’addictologie.
Son champ d’action concerne sur le territoire de santé, en amont, la prévention et en aval les soins
de suite et l’organisation des retours au domicile par un maillage avec les structures d’hébergement et de
maintien à domicile. Sur le plan de l’architecture, la construction d’un bâtiment de liaison abritant la
polyclinique et l’addictologie va permettre de relier verticalement le plateau des urgences situé au rez-de-
chaussée et le 3e étage d’hospitalisation de médecine.
5. PARTI ARCHITECTURAL : PROGRAMME

Le parti, c’est l’idée-force, le choix principal, c’est la colonne vertébrale du projet, le geste
qui s’exprime ou que l’on comprend tout de suite. Ce sont donc des décisions franches mais
néanmoins longuement réfléchies2 .

Le parti architectural désignera à la fois le caractère visible prédominant et l’aspect général,


lié à la disposition des pleins et des vides des façades, à sa modénature et à ses proportions
d’ensemble. Il n’est pas de parti architectural sans programme ni zonage. Aucun projet ne
s’impose tant que l’étude du parti n’a pas été traitée congrûment. Retenir un parti architectural
c’est choisir parmi les solutions plausibles celle qui répond le mieux aux exigences fonctionnelles.

Une analyse spatiale fonctionnelle et des organigrammes s’harmoniseront dans une


composition reflétant le but pour lequel le projet est conçu. Cette analyse en plusieurs étapes
devront mener à la levée des options principales telles que :

- L’intégration du projet à l’environnement en le dotant d’une structure esthétique et


résistante ;
- Corrélation entre les espaces extérieurs et les espaces intérieurs ;
- L’adaptation à l’existant ;
- L’équilibre des volumes et l’agencement harmonieux des pleins et des vides ;
- Le choix judicieux du type des matériaux ; etc.

La problématique de l’évolution d’un hôpital passe par des réflexions « stratégiques »


indispensables pour aboutir avant le projet architectural, une formalisation des idées, des objectifs
et des exigences travers le programme.

C’est le processus normal pour une opération d’investissements en construction neuve ou en


restructuration d’un Établissement hospitalier qui doit rédiger son programme partir des objectifs
du Projet Médical précisé dans le Projet d’établissement et parfois dans son Plan Directeur. Ceci
montre l’enjeu qui est lié à la bonne réalisation du programme.

Le travail de programmation est assuré par une personne ou une équipe chargée d’une mission
d’assistance au maitre d’ouvrage pour la programmation. L’assistance est assurée au cours des
différentes étapes de la programmation. Les acteurs de la programmation sont chargés d’élaborer
le programme partir des objectifs du maitre d’ouvrage et des besoins identifiés de l’ensemble de
l’établissement.

2
M. CRUNELLE, Cours d’architecturologie, éditions de la Villette , Paris 1994, texte remanié par Pierre de Cafmeyer, p.3
I. Définitions des grandes zones du projet

Le Centre Hospitalier Urbain étant une infrastructure à échelle urbaine, son étude socio
spatiale et architecturale, sera élaborée de façon à pouvoir répondre aux exigences de la ville. Loin
de toute prétention d’un listing exhaustif des espaces à prévoir dans chacune des zones, à titre
indicatif, s’établit la programmation suivante :

Services

Un Centre Hospitalier Universitaire offre les services de base suivants :

 Les services médicaux de base : Pédiatrie, Gynécologie-Obstétrique, Médecine


Interne et la Chirurgie.
 Pole Mère et Enfant, Néonatologie et Nursing
 Pôle urgences- anesthésie réanimation
 Pôle neurosciences ophtalmologie
 Biologie Clinique
 Pole Anatomie et recherches
 Un service de diagnostic : laboratoire et l’imagerie médicale (radiologie,
échographie, Scanner, ECG,…)
 Un service de réanimation et des soins intensifs,
 Une pharmacie interne.
 Médecine physique, Kinésithérapie et rééducation
 autres spécialités médicales : Ophtalmologie, cardiologie, dermatologie, la chirurgie
maxillo-faciale.
 La Morgue
 Les Services Généraux
 L’administration et autres services de gestion hospitalière