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LCOPS1115K : Economie politique

Professeur : Arastou KHATIBI

Synthèse du cours

NSHUNGUYINKA Denise
Année scolaire 2017-2018
I. Les concepts de base
a. La science économique
La science économique étudie comment les individus, les entreprises, les pouvoirs publics et
d’autres organisations font des choix, et comment ces choix déterminent la façon dont sont
utilisées les ressources de la société. Le champ de l’économique est vaste : Les économistes
étudient tous les comportements humains et ils ne sont pas tous directement associés à
l’argent. Les choix — et non l’argent — constituent la caractéristique commune de tous les
phénomènes étudiés par les économistes.

Du point de vue des économistes, presque tous les comportements humains découlent
d’un choix.

b. Les agents économiques et les ressources économique


Un agent économique est un individu ou un groupe d’individus qui fait des choix.

L’économiste étudie l’allocation des ressources rares. Des ressources (ou des biens ou
services) sont rares si elles sont disponibles en quantité insuffisante, compte tenu des besoins
des agents économiques. La rareté décrit le fait que les besoins illimités ne peuvent être
comblés dans un monde où les ressources sont limitées.

c. La structure conceptuelle de la science économique


i. La différence entre approche « normative » et « positive »
Approche normative : Elle sert à faire des recommandations aux individus ou à la société
quant à leurs choix ; elle se fonde presque toujours sur des jugements subjectifs.
(Ex. : Si le travailleur désire maintenir son niveau de vie actuel, l’économiste lui
recommandera un taux d’épargne d’environ 10 % à 15 % de son revenu. C’est ce taux
d’épargne qui permet à la plupart des ménages de la classe moyenne de garder un niveau de
vie stable.)
Approche positive : Elle décrit ce que les individus font réellement.
(Ex. : 50 % des ménages québécois gagnaient, en 2010, moins de 68 000 $ par année.)

ii. La microéconomie et la macroéconomie


La microéconomie est l’étude des choix que font les individus, les ménages, les entreprises et
les gouvernements, ainsi que des conséquences de ces choix sur les prix, l’allocation des
ressources et le bien-être d’autres agents.
La macroéconomie est l’étude de l’économie dans son ensemble. Elle étudie des
phénomènes économiques globaux, comme le taux de croissance de l’économie nationale, le
taux d’inflation ou le taux de chômage.
d. Les trois principes de l’économie

1) L’optimisation est le choix de la meilleure option réalisable, se basant sur


l’évaluation des bénéfices et des coûts » les gens décident de leurs actions,
consciemment ou non, en pesant le pour et le contre des différentes options qui
s’offrent à eux et en essayant de choisir la meilleure option réalisable. En d’autres
mots, ils font des choix en se basant sur l’évaluation des bénéfices et des coûts.
2) L’équilibre est la situation dans laquelle tous les agents économiques optimisent
simultanément leurs choix de sorte qu’individuellement, personne n’a avantage à
modifier son propre comportement. » Le système économique est en équilibre lorsque
chaque agent pense qu’il ne s’en sortirait pas mieux s’il choisissait une autre action.
3) L’empirisme est une méthode d’analyse fondée sur des données et des faits, dont les
économistes se servent pour vérifier des théories et essayer de comprendre les causes
des événements et des phénomènes observés dans le monde.

II. La théorie des jeux


a. Jeu
Situation dans laquelle toutes les décisions raisonnées sont interdépendantes. Il y a des règles
qui précisent : Qui joue (nombre de joueurs), ce que chacun peut faire à chaque instant, les
résultats et les gains pour chacun.

b. L’idée de la théorie
Dans de nombreuses situations (vie des entreprises, des organisations, relations sociales), le
bien-être de chacun dépend de ce que partenaires ou concurrents vont décider.
Les interactions stratégiques : Chacun peut envisager de prendre plusieurs décisions de
façon concertée ou non concertée avec une certaine information sur les autres mais le résultat
final (gain, utilité) pour chacun va dépendre de la combinaison des décisions finalement
choisies.

c. La notion d’équilibre stratégique


Notion d’équilibre : Une situation attendue ou probable lorsque les joueurs interagissent de
manière stratégique. Un équilibre de Nash est un état dans lequel aucun joueur ne souhaite
modifier sa stratégie étant donné les stratégies adoptées par les autres joueurs. Chaque
stratégie est une meilleure réponse aux stratégies des autres joueurs.
Stratégie : Un plan décrivant l’ensemble des actions du joueur compte tenu de toutes les
actions possibles des autres joueurs.
Stratégie dominante : stratégie donnant le meilleur résultat pour le joueur quelle que soit la
stratégie adoptée par l’adversaire.
Stratégie dominée : Une stratégie dominée pour un joueur est une stratégie qui lui donne
toujours un gain inférieur à celui d’au moins une des autres stratégies à sa disposition (quelles
que soient les stratégies des autres joueurs).
III. Les biens publics
a. Typologie des biens économique

b. La provision des biens publics


Un bien public « pur » a deux caractéristiques fondamentales :

 La non rivalité : la quantité consommée par un individu ne diminue pas celle


disponible pour les autres. Les consommateurs ne sont pas rivaux dans l’accessibilité
au bien.
 La non exclusion : il n’est pas possible d’exclure un individu de l’accès et donc de la
jouissance du bien public.
La non-exclusion implique la possibilité du passager clandestin. Le bien public risque de ne
pas être produit. Pour le cas du bien public, les individus « trichent » en cachant leurs
préférences pour ne pas contribuer au financement du bien public (comportement de «
passager clandestin »). Il ne sera donc jamais rentable de produire de manière privative un tel
bien.
Comment financer la production d’un bien public ?
Pour que la production d’un bien public soit financée, cela va requérir :

 Soit que les individus se mettent à coopérer spontanément entre eux.


 Soit que l’on recourt à la puissance publique pour imposer (impôts) le financement de
la production de ce bien.
IV. Concurrence parfaite : L’offre et la demande
a. Les marchés
Un marché est défini comme un groupe d’acheteurs et de vendeurs d'un bien ou d'un service
particulier. Le groupe des acheteurs détermine la demande pour le produit et le groupe des
vendeurs détermine l'offre du produit. C’est à travers l’échange que la valeur d’un bien ou
d’un service se manifeste ; cet échange s’opère à travers les marchés. Les marchés fixent le
niveau des prix.
Un marché concurrentiel est un marché sur lequel il y a de nombreux acheteurs et vendeurs
du même bien ou service, aucun d’eux n’étant en mesure d’influencer le prix auquel le bien
ou le service est vendu Quand un marché est concurrentiel, son fonctionnement peut être
décrit par un modèle appelé le modèle de l’offre et de la demande. Dans la mesure où
beaucoup de marchés sont concurrentiels, le modèle de l’offre et de la demande est
effectivement très utile.

b. Concepts-clés pour l’analyse du marché


 Demande : La quantité d’un bien ou d’un service que les acheteurs souhaitent
acquérir à un prix donné. En général, cette quantité diminue quand le prix augmente.
 Offre : La quantité d’un bien ou d’un service que les vendeurs souhaitent fournir à un
prix donné. En général, cette quantité augmente quand le prix augmente.
 Prix du marché (prix d’équilibre) : Le prix auquel acheteurs et vendeurs sont
disposés à échanger une même quantité de biens ou de services.
c. La concurrence
La concurrence est un concept économique se définissant par l'existence sur un marché d'une
rivalité entre les vendeurs d'un même produit. Qu'elle soit parfaite ou imparfaite, elle joue un
rôle majeur dans la stratégie des entreprises. La concurrence s'oppose au concept de
monopole. (Représente une seule entreprise dans un milieu).
En Belgique deux institutions sont chargées de lutter contre les ententes et les abus de
position dominante : La direction générale de la concurrence (Commission européen) et
l’autorité belge de la concurrence.

d. La concurrence parfaite
Sur un marché parfaitement concurrentiel, tous les vendeurs vendent un bien ou un service
identique et aucun acheteur ni aucun vendeur ne peut à lui seul influer sur le prix du marché
de ce bien ou service. Cela veut dire que les acheteurs et les vendeurs sont des preneurs de
prix. En d’autres mots, ils acceptent le prix du marché et ne peuvent pas en négocier un
meilleur. N.B: très peu de marché sont parfaitement concurrentiels, à supposer qu’il en existe
vraiment.
Les caractéristiques : Grand nombre d’acheteurs et de vendeurs, information parfaite,
homogénéité des biens et pas de barrière à l’entrée.
e. La demande
Il faut bien distinguer :

 La demande pour un bien par un individu ou une organisation : la demande


individuelle.
Les consommateurs cherchent à obtenir la plus grande satisfaction possible compte
tenu des ressources dont ils disposent. Ils vont affecter leur revenu entre les différents
biens, en fonction de la satisfaction relative et du prix de chacun d’eux.
 La demande totale pour un bien par l’ensemble des individus ou des organisations : la
demande du marché.
f. Utilité
Utilité : Satisfaction de consommer un bien.
Utilité marginale : observer la consommation lorsqu'on l'augmente d'une unité.

g. La maximisation de la satisfaction par l’individu

h. La courbe de la demande : la relation entre le prix et la


quantité demandée
i. La loi de la demande

j. Les déplacements de la courbe de la demande

k. Les variables qui influencent la demande


 Les goûts et les préférences
 Le revenu et la richesse du consommateur
 Le prix des autres biens
 Le nombres d’acheteurs et la taille du marché
 Les anticipations des acheteurs

l. Les différents biens


Bien normal : un bien pour lequel, toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du
revenu conduit à une augmentation de la demande.
Bien inférieur : un bien pour lequel, toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du
revenu provoque une baisse de la demande.
Bien substitut : deux biens tels qu’une augmentation du prix de l’un engendre une
augmentation de la demande de l’autre.
Biens complémentaires : deux biens tels qu’une augmentation du prix de l’un engendre une
baisse de la demande de l’autre.

m. La fonction de l’offre
Le but des entreprises est de maximiser ses profits. Maximiser le profit n'est pas forcément
maximiser la quantité produite.

Profit (π)= Recette totale (RT) – Coût total (CT)

Quelle quantité produire ?


Approche marginaliste : on considère ce qui se passe si l'on produit une unité de plus ou de
moins. Profit marginal (πm) : profit supplémentaire apporté par la production d'une unité de
plus.
Si πm > 0, alors produire une unité de plus augmente le profit.
Si πm < 0, alors produire une unité de plus diminue le profit.
Si πm = 0, alors le profit est maximal.
Choisir de produire la quantité telle que πm=0, le profit marginal peut se décomposer en
recette marginale (Rm) et coût marginal (Cm).
Règle : Rm = Cm
πm = Rm – Cm = 0
N.B. cette règle est valable indépendamment du type de marché : concurrence,
monopole, ...

Evolution de Rm et Cm

 L'évolution des coûts dépend de la technologie (voir la fonction de production).


 L'évolution des recettes dépend du type de marché dans lequel on se situe

Le coût marginal
Le coût marginal peut être croissant ou décroissant.

 Le cas d’un coût marginal croissant signifie que plus l’entreprise produira, plus le
coût unitaire de production sera élevé.
 Si le coût marginal est décroissant, alors plus l’entreprise produit et plus le coût
unitaire est bas.
 Le coût marginal peut être constant, ce qui signifie que chaque unité marginale
produite coûte la même chose.
n. L’offre
La courbe d’offre indique le comportement désiré : Si le prix est P1, alors Q1 sera offerte.

Déplacement de la courbe d’offre


La courbe d'offre se déplace lorsque ces variables changent :

 Le prix des intrants nécessaires pour produire le bien


 La technologie utilisée pour produire le bien
 Le nombre de vendeurs et la taille du marché
 Les anticipations des vendeurs

Refus et frustration
o. L’équilibre
Le prix d'équilibre est le prix tel que la quantité totale que les acheteurs souhaitent soit égale
à la quantité totale que souhaitent offrir les producteurs.
La quantité d'équilibre est la quantité associée au prix d'équilibre.
L'équilibre correspond à la seule situation où offreurs
comme demandeurs réalisent toutes leurs transactions
désirées.
Graphiquement, on trouve le prix et la quantité d'équilibre
à l'intersection de l'offre et de la demande.

Si le prix était plus élevé ?

Si le prix est plus faible ?


La statique comparative
Dans un contexte d'analyse de marché c'est la comparaison entre deux états en équilibre.
On compare l'état d'équilibre initial au nouvel état d'équilibre après le changement de prix.
Avant et après sont deux états statiques du marché.

V. L’élasticité
a. L’élasticité en fonction de la demande
Le concept d’élasticité-prix : mesure de la réactivité (la sensibilité) de la demande due à une
variation du prix.
Elasticité-prix de la demande mesure la variation en pourcentage des quantités demandées
suite à la variation en pourcentage du prix.

b. L’élasticité-prix de la demande et de ses déterminants


 L’existence de substituts proches

Les biens qui ont des substituts proches tendent à avoir une demande plus élastique.

 Les biens essentiels contre les biens de luxe

Les biens essentiels tendent à avoir des demandes inélastiques alors que les biens de luxe ont
des demandes élastiques.

 La définition du marché

Les marchés définis au sens étroit (Ex : la crème glacée, qui est une catégorie étroite) tendent
à avoir une demande plus élastique que les marchés définis au sens large (Ex : la nourriture,
qui est une catégorie large). Il est plus facile de trouver des substituts proches aux biens
lorsqu’ils sont définis au sens strict.

 L’horizon temporel

Les biens tendent à avoir une demande plus élastique sur des période longues.

 Le pourcentage du budget consacré à l’achat du bien

Si un produit ne représente qu’une petite fraction de tous vos achats vous ne serez
probablement pas trop préoccupé par le fait que le prix double.

c. L’élasticité de la fonction d’offre


Le concept d’élasticité-prix de l’offre
Mesure de la réactivité de la production due à une variation du prix. Elasticité-prix de l’offre
se mesure comme la variation en pourcentage des quantités offertes par rapport à la variation
en pourcentage du prix. C’est-à-dire L’élasticité-prix de l’offre mesure la modification des
quantités produite en % quand le prix augmente ou diminue de 1%.

d. L’élasticité de l’offre et ses déterminants


Un déterminant clé est l’horizon temporel, l’offre est généralement plus élastique dans le long
terme que dans le court terme.
Les firmes ne peuvent pas facilement changer l’échelle de production de leurs usines pour
produire de plus ou moins grandes quantités d’un bien. A court terme, la quantité offerte n’est
pas vraiment sensible au prix. A long terme, les firmes peuvent construire de nouvelles usines
ou fermer les plus anciennes. Ainsi à long terme, la quantité offerte peut réagir de manière
substantielle aux variations de prix.
L’importance des stocks
Plus les stocks sont importants, plus une entreprise pourra fournir le marché.

VI. Les surplus

Surplus des acheteurs


La différence entre le
montant qu’un
consommateur est
disposé à payer pour un
bien et le prix qu’il paye
réellement.
Surplus des vendeurs
La différence entre le prix du marché et la courbe du coût marginal.

La figure qui suit illustre la proposition selon laquelle le surplus total est maximum lorsque le
prix est un prix d'équilibre. Il s'agit bien du surplus total.
La figure montre que le surplus des vendeurs est plus élevé lorsque le prix est maintenu à un
niveau plus élevé que le prix d'équilibre. On obtient le résultat inverse pour un prix inférieur
au prix d'équilibre.

VII. La concurrence parfaite et la main invisible


a. La main invisible de Adam Smith
A première vue, un désordre indescriptible semble régner sur de nombreux marchés : des
guerres d’enchères sur eBay, des opérateurs boursiers qui s’acharnent pour essayer d’acheter
ou vendre des actions.... C’est la confusion totale !
Adam Smith avait une vision différente du chaos : Pour lui, l’intérêt personnel est un
ingrédient nécessaire au fonctionnement efficace de l’économie (expliqué dans son traité La
Richesse des nations, publié en 1776).

b. Efficacité et Equité
Efficacité
Se dit d’une allocation des ressources qui maximisent le surplus total reçu par tous les
membre de la société.
Efficacité et la main invisible de Adam Smith
Le fait que les consommateurs et les vendeurs cherchent à optimiser leurs choix individuels
maximise le surplus total sans pour autant que ce soit l’intention initiale de ces agents
économiques.
Equité
Distribution de la prospérité économique entre les membres de la société.

c. L’optimum de Pareto
Une bonne façon de commencer à comprendre l’optimum de Pareto est de se poser la question
suivante : En situation d’équilibre concurrentiel, peut-on améliorer le sort d’un individu sans
nuire à quelqu’un d’autre ? La réponse est non.
Ce concept est relié au surplus total On dit qu’n résultat répond au critère d’efficacité au sens
de Pareto lorsque personne ne peut améliorer sa situation sans nuire à une autre personne.

VIII. Les externalités


Situation dans laquelle les décisions de production ou de consommation d’un individu
affectent les décisions de production ou de consommation d’autres individus autrement qu’au
travers des prix du marché. (Ex : une entreprise de produits chimiques pollue un lac et tue les
poissons qui font vivre les pêcheurs)

Exemples d’externalités négatives Exemples d’externalités positives


- Pollution - Les avancées techonologiques
- Bruit - L’odeur de la boulangerie
- … - …

Les externalités de production désignent l’amélioration ou la détérioration du bien-être


ressenti par un agent B, non indemnisée, à la suite d’une production de l’agent A. C’est donc
la production qui est à l’origine de l’externalité.
Les externalités de consommation désignent l’amélioration ou la détérioration du bien-être
ressenti par un agent B, non indemnisée, à la suite d’une consommation de l’agent A. C’est la
consommation qui est à l’origine de l’externalité.
Coûts externes (CE), désignent le coût marginal non pris en compte dans la définition du
prix de marché mais supportés par d’autres acteurs.
Bénéfices externes (BE), désignent le bénéfice marginal non pris en compte dans la
définition du prix de marché mais perçus par d’autres acteurs.
Situation sans externalités

Situation avec externalités

 Externalité négative à la production


L’externalité de production induit une divergence entre le coût privé (plus bas) et le coût
social. Pour que l’optimum social soit atteint, il faut donc taxer le bien ce qui va induire une
hausse de prix, diminuer la demande et amener ainsi l’équilibre du marché en QOS.
Mais l’entreprise spontanément ne produira pas QOS mais bien Q* : elle « n’internalise » pas
le fait que le CMS diverge de son coût privé, CMS > CMP. Dans le cas de la solution «
spontanée », on voit bien que l’entreprise polluante produit trop à un prix trop bas ! Par
conséquent, celle qui souffre de la pollution qui lui est imposée par l’autre entreprise produit
trop peu à un prix trop élevé.

 Externalité positive à la production

La technologie et la connaissance peuvent s’échapper en permanence des entités qui les ont
produites pour être utilisées gratuitement par des entreprises concurrentes.
La connaissance constitue une externalité positive car produite par un agent, elle peut
bénéficier à d’autres sans compensation monétaire de leur part.
On dit que le brevet internalise l’externalité en donnant à l’entité le droit de propriété sur ses
innovations. Si d’autres firmes veulent utiliser la nouvelle technologie, elles doivent obtenir
la permission de l’inventeur et payer une redevance.
Le system de brevet confère aux firmes une plus grande incitation à s’engager dans la
recherche et dans les activités qui font progresser la technologie.

 Externalité négative à la consommation

 Externalité positive à la consommation

IX. Les externalités – Internalisation


a. Introduction
Internaliser une externalité consiste à trouver un moyen tel que les agents économiques
agissent comme s’ils subissaient ou jouissaient de l’externalité.

b. Solutions privées aux externalités


Le théorème de Coase
Idée de Coase : Si l’allocation des ressources en présence d’une externalité est inefficace,
cela signifie qu’il est possible d’améliorer la situation. Pourquoi les différentes parties privées
affectées par l’externalité ne négocieraient-elles pas afin de résoudre le problème d’externalité
et atteindre un résultat efficace ?
Première proposition : En présence de droits de propriété bien définis et si les parties privées
affectées par l’échange peuvent négocier sans coût, ces négociations peuvent aboutir à ce que
la quantité échangée sur le marché soit socialement optimale.
Deuxième proposition : La solution efficace à un problème d’externalité ne dépend pas de
qui dispose du droit de propriété entre les parties affectées. Il est simplement suffisant que le
droit de propriété ait été attribué d’une manière ou d’une autre.

c. Solutions publiques aux externalités


A ce stade, on peut tirer la conclusion que la solution du théorème de
Coase pourrait être obtenue dans le cas d’externalités locales et de faible ampleur. Cette
solution privée n’est pas applicable en présence de coûts de transaction élevés :
Pour une externalité à l’échelle mondiale telle que le réchauffement climatique, cela implique
que toute le monde devrait négocier et décider des montants à payer. Dans le cadre d’une
solution nécessitant la coordination de millions d’agents, les coûts de transaction atteignent un
niveau prohibitif.

Taxation pigouvienne et régulation quantitative

Les décideurs publics ont recours à deux types de solutions pour résoudre les problèmes liés
aux externalités négatives :
Taxe pigouvienne : La logique est que le consommateur ou l'entreprise à l’origine de
l'externalité doivent payer une taxe égale au dommage marginal engendrés par l'externalité
(ou recevoir une subvention s'il y a un avantage en cas d’externalité positive).
Une taxe pigouvienne est une taxe instaurée pour internaliser une externalité. Son montant
doit être égal à la valeur de l’externalité. En cas d’externalité négative, on parle de taxe. En
cas d’externalité positive, on parle de subside. Difficulté dans le monde réel : comment
évaluer la valeur de l’externalité ?
Régulation quantitative : Le gouvernement impose aux entreprises de produire la quantité
socialement optimale. Cet objectif peut être atteint en fixant légalement un niveau
d’externalité qui peut être autorisé via un système d’octroi de licences.
Une autre solution face aux externalités est d’édicter des obligations. Nécessite de connaître le
niveau optimal à produire et à consommer.

X. La concurrence imparfaite
a. Introduction
La concurrence est rarement « parfaite ». Elle est même le plus souvent restreinte. Les
économistes regroupent les marchés à concurrence imparfaite en trois grandes catégories :

 Le monopole
Une seule entreprise approvisionne l’ensemble du marché.

 L’oligopole
Ici, plusieurs entreprises approvisionnent le marché.

 La concurrence monopolistique
Ici, le nombre des entreprises est supérieur à celui de l’oligopole, tout en restant insuffisant
pour parvenir à la concurrence parfaite.

b. Le monopole

Une entreprise en situation de monopole est une entreprise qui est seule sur son marché. Les
origines des monopoles sont diverses et sont principalement d'ordre technologique :

 Rendements d'échelle croissants (économies d’échelle)


Le monopole naturel : les coûts moyens de production par une entreprise unique sur le
marché baissent de façon continue.
Lorsque les coûts moyens de production baissent avec l’augmentation de production, on parle
d’économie d’échelle

 Les brevets (produits pharmaceutiques)


Un brevet confère à l’inventeur le droit exclusif d’utiliser ou de concéder une licence pour
exploiter ses découvertes sur une durée limitée. L’argument en faveur des brevets est que,
sans eux, on verrait naître des entreprises de contrefaçon à chaque nouvelle invention. Les
inventeurs retireraient donc peu d’argent de leurs découvertes et ils auraient peu d’incitations
à inventer.

 Monopole légal/d’état

Un secteur d’activité dans lequel seul l’État peut proposer le bien ou un service. Les
monopoles d’État les plus connus sont les services de santé, la sécurité sociale, la loterie
nationale, …

L’absence de concurrence

Monopoleur :
 Est le seul producteur du bien de l’industrie et le seul offreur potentiel.
 Est protégé par une forme quelconque de barrière à l’entrée (Absence de substitut).
 Est confronté à la demande de son marché.
 Sa recette marginale est décroissante, à la différence de la concurrence parfaite.
La recette marginale du monopoleur :

La recette marginale Rm du monopoleur est toujours inférieur au prix !


Tout simplement parce que, pour vendre plus, il est obligé de baisser son prix. Chaque unité
supplémentaire vendue lui rapporte moins que la précédente. Mais la baisse de prix s’applique
à TOUTES les unités vendues.

Exemple :
Supposons que :
- Pour vendre 5 unités, le monopoleur doit fixer son prix à 10 €
- Pour vendre 6 unités, le monopoleur doit fixer son prix à 9 €
Quelle est la recette marginale s'il passe de 5 à 6 unités produites ?
La recette passe de 50 à 54 € : Rm = 4 €< Prix de 9 €

La production optimale d’un monopoleur

La maximisation
du profit par
l’entreprise

L’inefficacité sociale du monopoleur par rapport à la concurrence parfaite


Contrôler le monopole

En conclusion, par rapport à la concurrence parfaite, le monopoleur tend à fixer un prix plus
élevé et une production plus basse.
Pourquoi ne pas imposer au monopoleur de se comporter comme en concurrence parfaite ?
 Difficulté de contrôler, asymétrie d'information.
 Cela implique parfois des pertes (exemple : en cas d'investissements lourds).

Les bons côtés du monopole

 En cas de rendements d'échelle croissants, mieux vaut une grande firme que beaucoup
de petites.
 Brevets peuvent stimuler des investissements utiles.
 Monopole d'état, comme alternative à la prohibition.

c. L’oligopole
Un marché avec un petit nombre de producteurs, avec un produit identique. Chaque firme doit
considérer comment ses propres décisions affecteront celles de ses concurrents : interaction
stratégique. L’oligopole pourra donc se caractériser soit par la collusion (coopération) soit par
la non-coopération.

Accords anticoncurrentiels

Une entreprise peut fausser la concurrence en coopérant avec ses concurrents en vue de fixer
les prix ou de se partager le marché, de façon à ce que chacun puisse exercer un monopole sur
sa part du marché. Ces accords anticoncurrentiels peuvent être connus ou secrets (comme les
cartels, appelés aussi « ententes »). Parfois écrits (sous la forme d'un « accord entre
entreprises », ou dans le cadre des décisions ou règles fixées par des associations
professionnelles), ils peuvent aussi relever d'arrangements moins formels.
Source : Commission européenne
Exemple de cartel formalisé (institutionnalisé) : ➡ OPEP
Pourquoi les cartels sont-ils si nuisibles à l’économie et comment les décèle-t-on ?
En participant à un cartel qui contrôle les prix ou répartit les marchés, les entreprises se
protègent des pressions concurrentielles qui les contraignent à élaborer des produits
innovants, à améliorer la qualité et à modérer les prix. Finalement, les consommateurs payent
plus cher pour une qualité moindre.
Les cartels (ou « ententes ») sont interdits par la législation européenne. La Commission
inflige de lourdes amendes aux entreprises qui contournent cette interdiction. Comme ils sont
illégaux, les cartels ont généralement un caractère très secret et leur existence est difficile à
prouver.
La politique dite de « clémence » menée par la Commission encourage les entreprises à lui
communiquer des preuves internes de l'existence d'un cartel. La première entreprise membre
d’un cartel qui entreprend cette démarche est exemptée d’amende. Cette stratégie s'est révélée
très efficace pour démanteler les cartels.
Source : Commission européenne

La stratégie des firmes : le cas d’un duopole

Lorsque les entreprises en situation d’oligopole optent pour des accords dans l’espoir de
maximiser leurs profits. Elles agissent collectivement comme un monopole et se partagent les
profits qui en résultent.

Exemple :
L’OPEP agit de manière collusive pour limiter la production et augmenter les prix, et donc
pour accroître les profits des pays membres.

Conclusion

Le réalisme impose de modifier les hypothèses de la concurrence parfaite.


Le monopole a un coût social : prix plus élevé, moindre production. L’oligopole émerge
lorsqu'il y a sur un marché, un nombre très faible de firmes. De plus, ils peuvent se mettre
ensemble pour contrôler le marché comme un monopole. Le cartel (ou la collusion) est
instable à cause du dilemme du prisonnier.

d. La concurrence monopolistique
Caractéristiques :
 Plusieurs firmes
 Pas de barrières à l’entrée
 Différenciation de produits ce qui implique que la firme fait face à une fonction de
demande à pente négative (contrainte de débouchés).
 L’absence de barrières à l’entrée implique que la concurrence élimine progressivement
les profits...

Exemple :
L’épicier du quartier exerce au début un pouvoir de monopole dans ce quartier. Il est à même
de faire un profit de monopoleur du fait de sa localisation. Mais d’autres épiciers peuvent
venir s’installer ultérieurement : ils vont lui ravir une partie de sa clientèle et ainsi peu à peu
vont raboter son profit initial.
La concurrence monopolistique : l’équilibre à court terme (1)
La concurrence monopolistique : l’équilibre à court terme (2)

La concurrence monopolistique : l’équilibre à long terme


Le profit économique

Les économistes prennent en considération tous les coûts d’opportunité lorsqu'ils analysent
une firme, alors que les comptables ne mesurent que les coûts explicites. De ce fait, le profit
économique est inférieur au profit comptable. Dans notre exemple, un profit économique nul,
n’implique pas un profit comptable égal à zéro.

Exemple :
Tanguy achète un atelier de 300 000 EUR avec son épargne.
Pour le comptable de Tanguy : le coût est simple, il s’agit bien de 300 000 EUR. Pour les
économistes, ce n’est pas si évident, car si Tanguy avait laissé cette somme sur un compte
d’épargne rémunéré à 5%, il aurait gagné 15 000 EUR d’intérêts. Donc le coût économique
est de 315 000 EUR.

Conclusion

La concurrence monopolistique est, comme son nom l’indique, une forme hybride entre la
concurrence et le monopole.

Les firmes produisent des biens différenciés. Chacune d’entre elles doit ainsi attirer des
acheteurs. Ce qui explique pourquoi les firmes font tellement de publicité et de marketing.
La concurrence monopolistique implique l’absence de barrières à l’entrée à long terme :
les profits économiques vont donc disparaître à long terme.

La théorie de la concurrence monopolistique semble être en mesure de décrire de nombreux


marchés dans notre économie.

XI. Economie de l’information


a. Asymétrie d’information
Dans un grand nombre d’interactions, une des parties ne détient pas les mêmes informations
que l’autre, alors qu’elle aurait intérêt à les connaître. On appelle asymétrie d’information
cette différence dans les informations détenues par les acheteurs et les vendeurs.

Il y a deux types d’asymétrie d’information :

 Les caractéristiques cachées, c’est-à-dire des caractéristiques du bien ou du service


qui fait l’objet d’une transaction que l’une des parties connaît, mais l’autre pas.
 Les actions cachées, c’est-à-dire les actions entreprises par une des parties, et que
l’autre partie aurait intérêt à connaître, mais qu’elle ne peut pas constater.

Les caractéristiques cachées : la sélection adverse sur le marché de l’assurance maladie

Sur le marché de l’assurance maladie, il peut aussi y avoir une sélection adverse lorsque ce
sont les acheteurs qui détiennent l’information privée (c’est-à-dire, les informations détenues
par les acheteurs d’assurance).
Comme sur le marché des voitures d’occasion, les personnes à risque élevé de maladie
peuvent éloigner du marché de l’assurance maladie les personnes à faible risque.
En effet, comme les compagnies d’assurance maladie s’attendent à ce que de nombreuses
personnes à risque élevé cherchent à souscrire une assurance, elles pourraient exiger des
primes élevées. Ces primes élevées pourraient éloigner les individus à faible risque, ce qui
ferait encore augmenter les primes.

Les solutions du marché pour contrer la sélection adverse : le signal

On entend par signal, une action qu’une personne détenant des informations privées
entreprend pour convaincre quelqu’un qui ne peut pas vérifier ces informations que ses
produits sont de grande qualité.
 En tant que souscripteur d’une police d’assurance maladie, vous pouvez envoyer un
signal attestant de votre bonne santé en présentant les résultats de vos bilans de santé.

Problème du principal-agent

La relation principal-agent désigne le lien qui se forme entre deux parties dans une transaction
où il pourrait y avoir une action cachée :
 La partie qui envisage cette action cachée (donc, qui dispose d’informations privées)
est l’agent.
 La partie qui ne dispose pas ces informations et qui établit un contrat avant que l’agent
n’entreprenne l’action cachée est le principal.

Les solutions du marché contre l’aléa moral

Sur le marché d’assurance :


 Obliger la personne assurée à prendre le risque au sérieux et à partager le coût que ses
actions font subir à l’assureur.
 Typiquement : la franchise – la part du dommage que l’assuré paie de sa poche.

XII. L’échange – Avantage absolu vs. Avantage comparatif


a. Coût d’opportunité
On introduit la notion de « coût d’opportunité » comme expression de la rareté : Le coût
d’opportunité est la quantité des autres « biens » à laquelle il faut renoncer pour obtenir une
unité supplémentaire d’un bien.

Remarque
Si je vous demande à l’improviste le prix d’une place de cinéma, vous indiquerez sans doute
le prix que vous avez payé la dernière fois que vous y êtes allé, 7,60 € par exemple.
Mais le concept d’arbitrage montre qu’il n’est pas si simple de répondre à cette question :
- Tout d’abord, le coût n’est pas de 7,60 € mais de ce que ces 7,60 € auraient permis
d’acheter par ailleurs.
- Ensuite, votre temps est une ressource rare qui doit être incorporée dans le calcul.
L’argent et le temps représentent des choix possibles auxquels cous avez renoncé pour aller
au cinéma, ils correspondent à ce que nous les économistes appellent le coût d’opportunité.

Ainsi quand on envisage d’utiliser une ressource quelconque dans un domaine particulier, on
doit tenir en compte de la meilleure des autres utilisations possibles de cette ressource.
Cette meilleure des autres utilisations possibles permet de mesurer formellement le coût
d’opportunité.

Frontière des possibilités de production-FPP

C’est un modèle économique qui montre les combinions de biens (ou services) qu’une
économie est capable de produire sur base d’une quantité de facteurs de production
disponibles donnée et d’une technologie de production disponible.

La FPP est un outil permettant de décrire les différents usages qu’une société peut
potentiellement faire avec l’ensemble de ses ressources.
Le fait que la FPP soit concave provient des rendements décroissants dans la production.

Représentation graphique du coût d’opportunité


Toutes les combinaisons des deux biens sur la frontière correspondent à une allocation
efficace des ressources.

L’augmentation de la frontière des possibilités de production est à la base du processus de


croissance économique.
Avantage absolu vs Avantage comparatif

David Ricardo (1772-1823, UK) : Law of Comparative Advantage

Exemple :
• L’Italie (IT) produit 1 litre de vin avec 6h de travail et 1 kg de nourriture avec 1.5h de
travail.
• La France (FR) produit 1 litre de vin avec 2h de travail et 1 kg de nourriture avec 1h
de travail.

Que ce soit pour la production de vin ou de nourriture, la France a l’avantage absolu dans la
production de ces 2 biens. MAIS l’Italie a un avantage comparatif (relatif) dans la production
de nourriture parce que l’unité de nourriture en termes de litre de vins est MOINS cher en
Italie qu’en France. La France, malgré son avantage absolu dans la production des deux biens
aura intérêt à exporter du vin en Italie et lui acheter de la nourriture. Il suffit pour cela que le
prix du vin en termes de nourriture soit plus élevé que le prix en France, mais moins élevé que
le prix en Italie.

Les avantages : une affaire de FPP


Rappel : Si la France produit 16 litres de vin en 32h (16 litres x 2 h/litre = 32 h)
Il lui restera donc 16h pour la nourriture.
En 16h, la France produit 16 kg de
nourriture.

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