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22/09/2008

Urée

par Jean-Paul MAZAUD


Chef du service Procédés
SOFRESID S.A.

1. Fabrication industrielle .......................................................................... J 6 660 – 2


1.1 Principe du procédé..................................................................................... — 2
1.2 Matières premières...................................................................................... — 2
1.3 Caractéristiques des différents procédés .................................................. — 2
1.4 Description d’une installation. Conditions opératoires ............................ — 3
1.4.1 Section de préparation de la charge ................................................. — 3
1.4.2 Section de synthèse à haute pression .............................................. — 3
1.4.3 Section de décomposition et de recyclage....................................... — 3
1.4.4 Section de concentration de la solution d’urée ............................... — 3
1.4.5 Section de granulation ....................................................................... — 3
1.4.6 Section de traitement des condensats.............................................. — 3
1.5 Consommation des matières premières et utilités................................... — 5
1.6 Nature des effluents produits ..................................................................... — 5
1.7 Matériaux utilisés ........................................................................................ — 5
1.8 Produits obtenus.......................................................................................... — 5
1.9 Installations en service................................................................................ — 5
2. Fiche produit ............................................................................................. — 6
2.1 Propriétés physico-chimiques .................................................................... — 6
2.2 Hygiène et sécurité ...................................................................................... — 6
2.2.1 Toxicité................................................................................................. — 6
2.2.2 Risques d’incendie et d’explosion..................................................... — 6
2.2.3 Corrosion............................................................................................. — 6
2.2.4 Stockage et manutention ................................................................... — 6
2.3 Principales utilisations ................................................................................ — 6
2.4 Aspects économiques ................................................................................. — 6
Références bibliographiques ......................................................................... — 6

’urée (figure A) reste l’engrais azoté solide d’usage commun ayant la plus
L forte teneur en azote, présentant ainsi les plus faibles coûts de transport par
unité d’azote nutritif. Cette qualité ainsi que son aptitude à la fertilisation en zone
humide pour la culture du riz en font l’un des engrais azotés les plus utilisés,
avec une demande en forte croissance dans les pays du Sud-Est asiatique.
L’urée est synthétisée à partir de l’ammoniac et du dioxyde de carbone. Sa
production est pratiquement toujours associée à la production d’ammoniac, et
NH2 par là même à la production des hydrocarbures, plus particulièrement du gaz
naturel.
C O
Les procédés de fabrication n’ont pas subi de grands changements depuis
NH2 1990, les objectifs principaux des améliorations apportées restant toujours la
réduction de la consommation énergétique, la réduction de la pollution et l’opti-
Figure A – Urée misation des coûts d’investissement.

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1. Fabrication industrielle — Urea Casale (Italie et Suisse) ;


— Urea Technology Inc. (UTI) (États-Unis).

■ Procédé Stamicarbon

1.1 Principe du procédé C’est le procédé le plus répandu dans le monde (plus de 200 uni-
tés). Il a été le premier à réaliser le stripage à haute pression de
l’effluent du réacteur par le CO2 entrant et à recycler totalement les
réactants récupérés.
Il consiste à faire réagir le dioxyde de carbone et l’ammoniac sous
forte pression et à des températures relativement élevées (voir Le procédé a été régulièrement développé ; Stamicarbon pré-
tableau 1). Il en résulte une phase liquide dans laquelle les réactants sente actuellement son procédé Urea 2000 Plus, bien adapté aux
se trouvent sous forme de carbamate d’ammonium ionisé, qui est ateliers de grande capacité et orienté vers une réduction de la
transformé ensuite en urée par déshydratation. consommation énergétique et des rejets polluants pour un investis-
sement réduit.
La condensation de l’ammoniac et du dioxyde de carbone est une
réaction de conversion hétérogène, fortement exothermique : Le principe détaillé est décrit au paragraphe 1.4.
– NH + ( < )
2 NH3 (g) + CO2 (g) % NH2COO 4 ■ Procédé Snam Progetti
+ 130 kJ (31 kcal) Le procédé Snam Progetti se situe actuellement au deuxième
rang par ordre d’importance.
avec (g) : gazeux et ( <) : liquide.
Il utilise le principe de la décomposition du carbamate par stri-
La formation de l’urée est ensuite une réaction endothermique page de l’effluent du réacteur par une partie de l’ammoniac entrant.
équilibrée, se produisant en phase liquide : La synthèse fonctionne à 15 MPa avec un rapport NH3/CO2 égal à
+ 3,8. Une section de désorption de la solution d’urée et de recyclage
NH2COO – NH 4 % (NH2)2CO + H2O
des réactants fonctionne à moyenne pression (1,8 MPa). La finition
– 21 kJ (5 kcal) (concentration par évaporation et granulation) est la même que
dans les autres procédés. Un dispositif de recyclage du carbamate
Nota : dans une réaction secondaire qui correspond à une dégradation thermique de par hydroéjecteur dans la boucle de synthèse permet de réaliser une
l’urée, il se forme un composé indésirable, le biuret :
implantation horizontale alors que les autres procédés ont plutôt
2 (NH2)2 CO → (NH2CO)2 NH + NH3 une disposition verticale où les produits circulent par gravité.
La réaction de formation de l’urée est régie par un équilibre ter-
naire entre CO2, NH3 et H2O dans lequel se retrouvent ces divers ■ Procédé Mitsui-Toatsu-Toyo
constituants, ainsi que le carbamate et l’urée formés. Le carbamate C’est le troisième procédé en importance (93 unités dans le monde
est un produit intermédiaire instable qui se transforme en urée et en 2000). Il en existe deux variantes.
eau, ou se décompose en NH3 et CO2. Il est donc nécessaire, pour
● Le procédé conventionnel à recyclage total, dit procédé C-amé-
évacuer les réactants n’ayant pas réagi, de procéder à un stripage
lioré, comporte une synthèse à haute pression (25 MPa) fonction-
(stripping) soit au dioxyde de carbone, soit à l’ammoniac.
nant avec un rapport molaire NH3/CO2 élevé (égal à 4). L’effluent du
réacteur est stripé à haute pression par le CO2 entrant. Le carbamate
restant est décomposé dans deux sections, l’une à 1,7 MPa, l’autre à
0,3 MPa, suivies d’une concentration de la solution d’urée par éva-
1.2 Matières premières poration et d’une granulation.
● Le procédé ACES (advanced process of cost and energy
Les matières premières sont essentiellement l’ammoniac utilisé saving), consommant moins de vapeur, comporte une synthèse
sous forme liquide et le dioxyde de carbone, utilisé à l’état gazeux, fonctionnant à 17,5 MPa et à 190 °C avec un rapport molaire
et provenant généralement des sections de décarbonatation des NH3/CO2 égal à 4. L’effluent du réacteur est stripé par une partie du
unités d’ammoniac avec une pureté supérieure à 98 % de CO2. CO2 entrant. La solution est détendue à 2,0 MPa dans un séparateur,
où le carbamate est décomposé en partie, puis dans une colonne de
On pourra se reporter aux articles Ammoniac [J 6 135] et Dioxyde décomposition à basse pression (0,26 MPa) où l’autre partie du CO2
de carbone [J 6 280] dans ce traité. entrant sert au stripage de la solution d’urée. La finition (évapora-
tion et granulation) est la même que dans le procédé conventionnel.

■ Procédé Montedison/Technimont
1.3 Caractéristiques des différents
● Le procédé conventionnel Montedison est caractérisé par une
procédés synthèse à 20-22 MPa, un rapport molaire NH3/CO2 de 3,5 et un taux
molaire de conversion du CO2 dans le réacteur de 62 %. Un étage de
Il existe plusieurs procédés de fabrication d’urée qui utilisent recyclage du carbamate fonctionne à 7,5 MPa suivi de deux autres
généralement les mêmes principes de réactions, mais qui diffèrent étages de décomposition et de recyclage du carbamate à moyenne
par leurs conditions opératoires au niveau de la synthèse et du recy- et basse pressions. La finition, avec deux évaporateurs et une tour
clage des réactants. de granulation, est semblable à celle des autres procédés.
● Un procédé plus récent, appelé IDR (isobaric double recycle)
Nous citons ici les quatre procédés les plus utilisés dans le
monde, par ordre d’importance : permet un rendement énergétique très élevé. Ce procédé IDR est
caractérisé par une synthèse à 20 MPa avec un réacteur à haut ren-
— le procédé Stamicarbon (Pays-Bas) ; dement fonctionnant avec un rapport NH3/CO2 de l’ordre de 5. La
— le procédé Snam Progetti (Italie) ; boucle de synthèse comprend deux décomposeurs en série : la
— le procédé Mitsui-Toatsu-Toyo (Japon) ; solution sortant du réacteur est stripée dans le premier par l’ammo-
— le procédé Montedison/Technimont (Italie). niac entrant puis dans le second par le dioxyde de carbone entrant.
Des compagnies de taille plus modeste ont développé un savoir- La solution ne contient plus que très peu de NH3 et de CO2, ce qui
faire de conception des ateliers d’urée appliqué surtout au remode- permet de se passer de la section de décomposition et de recyclage
lage des installations existantes : à moyenne pression.

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1.4 Description d’une installation. La plus grande partie du carbamate non converti en urée est
décomposée dans le décomposeur à haute pression (F) où l’ammo-
Conditions opératoires niac et le dioxyde de carbone sont stripés par contact à contre-cou-
rant dans les tubes du mélange venant du réacteur condenseur (E)
Une unité d’urée comporte généralement une section de prépara- par le dioxyde de carbone frais.
tion de la charge, une section de synthèse à haute pression, une sec- Un laveur à haute pression (H1) directement positionné sur le
tion de décomposition du carbamate et de recyclage des réactants à réacteur condenseur récupère les gaz CO2 et NH3 qui s’échappent
moyenne ou basse pression, une section de concentration de la du réacteur et permet leur recyclage direct au réacteur.
solution d’urée, une section de production d’urée granulée et une
section de traitement des condensats.
La figure 1 donne l’exemple du schéma d’unité d’urée corres- 1.4.3 Section de décomposition et de recyclage
pondant au procédé de la firme hollandaise Stamicarbon :
Urea 2000 Plus.
La solution d’urée contenant encore du CO2, du NH3 et du carba-
mate est détendue à 0,4 MPa puis rectifiée dans une colonne (I). De
1.4.1 Section de préparation de la charge cette colonne sortent la solution d’urée rectifiée contenant 60 %
d’urée (en masse) et une phase gazeuse de CO2, NH3, H2O prove-
Il s’agit de porter à environ 17 MPa les deux constituants NH3 et nant de la décomposition du carbamate.
CO2. Cette phase gazeuse est envoyée dans un condenseur (K) où elle
L’ammoniac liquide est transféré par une pompe à haute pression est condensée en une solution de carbamate qui est recyclée, à
(A), généralement de type à piston. l’aide de la pompe à haute pression (M), vers la section de synthèse.
Le dioxyde de carbone est comprimé dans un compresseur (B) : Les produits incondensables sont débarrassés de l’ammoniac
qu’ils contiennent dans un laveur (L) avant d’être rejetés dans
— centrifuge pour les unités de grandes capacités (plus de l’atmosphère.
1 000 t/j) ;
— alternatif pour les ateliers de petites capacités. La solution d’urée est détendue à la pression atmosphérique dans
un ballon (J) avant d’être stockée dans un réservoir (N).
Le dioxyde de carbone est débarrassé des traces d’hydrogène
qu’il peut contenir par contact avec un catalyseur dans le réacteur
de déshydrogénation (C).
1.4.4 Section de concentration
de la solution d’urée
1.4.2 Section de synthèse à haute pression
La solution d’urée est concentrée de 60 % à 99,7 % dans deux éva-
porateurs en série (O1) et (O2) qui fonctionnent sous vide (T) et sont
De récents développements du procédé Stamicarbon ont surtout chauffés à la vapeur. De l’évaporateur (O2) sort pratiquement de
permis d’améliorer la section de synthèse à haute pression. Le nou- l’urée fondue.
veau concept appliqué est celui du réacteur condenseur, ou pool Nota : certains ateliers sont équipés d’une section de cristallisation qui permet de sépa-
reactor (E), capacité horizontale contenant à la fois le volume réac- rer l’urée de sa solution aqueuse, puis de la granuler après fusion des cristaux. Cette dispo-
tionnel et le condenseur à haute pression. sition permet d’obtenir de l’urée à faible teneur en biuret (0,3 % en masse au lieu de 0,9 %).

Les avantages en sont les suivants :


— l’échange de chaleur est amélioré par rapport au condenseur
conventionnel à film tombant, ce qui réduit la surface d’échange ; 1.4.5 Section de granulation
— le taux de conversion en urée est amélioré du fait de la dispo-
sition de chicanes, réduisant au maximum le remélange des pro- L’urée fondue est envoyée au sommet d’une tour de granulation,
duits (back mixing). En effet, le fait de diminuer la quantité d’urée ou prilling (P), dont la hauteur varie généralement de 40 à 50 m.
présente dans le milieu réactionnel déplace l’équilibre vers la forma- Dans cette tour, l’urée est dispersée au sommet à l’aide d’un panier
tion d’urée. De plus, à rendement égal, le temps de séjour est plus rotatif (Q), les gouttelettes se solidifient en tombant au contact d’un
court, ce qui réduit le volume réactionnel ; courant d’air frais aspiré par un ventilateur (S). Les perles (ou prills)
— l’investissement est considérablement réduit en raison de l’éli- formées ont un diamètre de l’ordre de 2 mm et sont recueillies par
mination d’un appareil à haute pression – le condenseur – et d’un un racleur (R) en fond de tour.
système d’éjecteur à haute pression, ainsi que de la disposition hori-
De plus en plus, des appareils de granulation en lit fluidisé rem-
zontale du réacteur. Cela diminue les structures de support et les
placent les tours de granulation, en raison de la demande impor-
tuyauteries de liaison à haute pression.
tante de produit présentant une granulométrie plus élevée, de
La boucle de synthèse de l’urée est composée d’un réacteur l’ordre de 5 mm au plus. En outre, il est plus facile de dépolluer les
condenseur (pool reactor) (E), d’un décomposeur à haute pression rejets gazeux d’une installation de granulation en lit fluidisé que
(F) et d’un laveur à haute pression (H1) disposé directement sur le ceux d’une tour.
réacteur.
La condensation de l’ammoniac et du dioxyde de carbone prove-
nant du décomposeur s’effectue dans le réacteur condenseur (E) ali- 1.4.6 Section de traitement des condensats
menté en ammoniac frais.
La chaleur de formation du carbamate d’ammonium est disponi- Les condensats provenant de la réaction et des systèmes de mise
ble à un niveau de température élevé. Cette énergie est utilisée pour sous vide contiennent de l’urée, de l’ammoniac et du dioxyde de
produire de la vapeur à 0,45 MPa et pour promouvoir la réaction carbone. Ils sont collectés dans un réservoir (U), puis traités dans
endothermique de déshydratation du carbamate d’ammonium en une première colonne de désorption (X1) où NH3 et CO2 sont élimi-
urée et en eau dans le réacteur. nés, puis dans une colonne (Y) où la teneur en urée est ramenée par
Pour réaliser la conversion maximale de l’urée, une pression de hydrolyse de 200 ppm à environ 10 ppm (en masse). Les dernières
14 MPa avec un rapport molaire NH3/CO2 de 3 à 1 est nécessaire traces de CO2 et NH3 provenant de cette hydrolyse sont évacuées
dans le réacteur condenseur. dans une seconde colonne de désorption (X2).

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ER
AT
URÉE

AT
L

J 6 660 − 4
ER VBP
Z
CP

H2 CP AT

X1 S
0,03 0,003

CIR
H1 VBP VMP Urée : 99,7%
O1 O2
Y
14 138
W
VBP K
E
EC X2 Q

130
VHP

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F I CV P
Urée : 95%
VHP

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CV J
V
17 C 0,4
VBP 84
141 R
135 Air Air
U 90 Urée : 75% N
VBP
ER M
A B AIR 60
CV
CV de procédé

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Ammoniac Dioxyde Urée

Figure 1 – Schéma d’une unité de production d’urée selon le procédé Stamicarbon Urea 2000 Plus
liquide de carbone granulée

Circuits de fluides Section de préparation de la charge Section de décomposition et recyclage Section de concentration de l'urée
AT mise à l'atmosphère A pompe d'ammoniac à haute pression I colonne de rectification N bac de stockage de la solution d'urée
CIR circuit indirect de refroidissement B compresseur de CO2 J ballon de détente O1 évaporateur (premier étage)
CP condensats propres C réacteur de déshydrogénation K condenseur de carbamate O2 évaporateur (second étage)
CV condensat de vapeur L laveur final
EC eau de chaudière Section de synthèse Section de traitement des condensats
M pompe de carbamate
ER eau de refroidissement E réacteur de synthèse (pool reactor) U bac d'eau ammoniacale
VBP vapeur à basse pression Section de granulation
F décomposeur à haute pression V économiseur du désorbeur
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. VMP vapeur à moyenne pression H1 laveur à haute pression P tour de granulation X1 premier désorbeur
VHP vapeur à haute pression H2 laveur à basse pression Q appareillage de granulation W économiseur de l'hydrolyseur
R racleur Y hydrolyseur
S ventilateur de la tour X2 second désorbeur
T ensemble de mise sous vide Z condenseur de reflux
Température (°C)
Pression (MPa)
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Composition (% massique)
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1.5 Consommation des matières 1.7 Matériaux utilisés


premières et utilités
Le mélange réactionnel d’une synthèse d’urée est fortement cor-
Les consommations des matières premières sont pratiquement rosif. En effet, il s’agit d’une solution aqueuse qui contient de l’urée,
les mêmes pour les différents procédés. Des différences apparais- du dioxyde de carbone, de l’ammoniac, du carbamate ionisé. Tous
sent au niveau des consommations énergétiques et utilités selon les les équipements en contact avec ce type de solution sont en acier
procédés et les modes de granulation utilisés. inoxydable. Les équipements fonctionnant à haute pression sont
généralement en acier au carbone avec un revêtement interne en
Les valeurs du tableau 1 sont représentatives du procédé
acier inoxydable Cr-Ni-Mo 17-12-2 (type 316 L ou Z2 CND 17-12) ou
moderne Urea 2000 Plus de Stamicarbon et varient en fonction de la
en titane. Les tubes du décomposeur à haute pression sont en acier
forme d’urée produite :
inoxydable Cr-Ni-Mo 25-22-2 ou en titane. Tous les autres équipe-
— granulométrie non réglable et faible (diamètre de 2 mm envi- ments en contact avec la solution d’urée sont en acier inoxydable
ron) obtenue par tour de granulation ; Ni-Cr 18-10 (type 304 L ou Z2 CN 18-10).
— granulométrie réglable et plus élevée (diamètre jusqu’à 5 mm)
obtenue par granulation en lit fluidisé. (0)
1.8 Produits obtenus
Tableau 1 – Consommation de matières premières
et utilités du procédé Stamicarbon Urea 2000 Plus Suivant son utilisation, on distingue deux qualités d’urée.
par tonne d’urée produite
■ Qualité agricole
Tour de C’est la plus répandue, à usage d’engrais. Un tel produit présente
Section de granulation Lit fluidisé
granulation les caractéristiques suivantes :
Matières premières — couleur blanche ;
— granulométrie : 1 à 2,4 mm ;
NH3 pur ..............................................(kg) 568 564 — teneur en azote : 46,4 % en masse ;
CO2 pur ..............................................(kg) 738 730 — teneur en biuret : 0,8 % en masse ;
— teneur en eau : 0,2 % en masse.
Utilités consommées
■ Qualité technique ou à usage d’aliment pour bétail
Vapeur à moyenne pression (2,2 MPa, Il est généralement requis une teneur en biuret plus faible, de
330 °C (1)............................................(kg) 855 805
l’ordre de 0,25 % en masse.
Électricité ...................................... (kW.h) 14 50
Eau de refroidissement (∆T = 10 °C) ...(t) 58 50
1.9 Installations en service
Utilités produites
Vapeur à basse pression (0,45 MPa, ■ Différents producteurs
148 °C) ................................................(kg) 370 415
Les unités d’urée sont généralement associées à des unités
Condensats de vapeur ......................(kg) 235 280 d’ammoniac, plus pour la fourniture de dioxyde de carbone que
Condensats de procédé ....................(kg) 570 245 pour celle de l’ammoniac.
(1) La compression du CO2 n’est pas comprise dans le chiffre de consom- Les capacités traditionnelles sont de 800 à 1 750 t/j ; cependant,
mation de vapeur. Pour les unités de grande capacité (> 1 500 t/j), le ces dernières années ont vu apparaître des unités d’urée de grande
compresseur de CO2 est entraîné par turbine à vapeur, alimentée en capacité (2 000 t/j). Il existe bien sûr des unités d’urée de petite capa-
vapeur à haute pression (12 MPa par exemple), qui produit par soutirage cité (60 à 100 t/j) mais elles sont peu nombreuses.
la vapeur à moyenne pression nécessaire au procédé et accepte en
retour la vapeur à basse pression générée par le procédé. Cela permet ● En France, il existe trois unités :
d’atteindre des consommations globales de vapeur à haute pression — Grande-Paroisse (ex APC) à Toulouse (Haute-Garonne) :
inférieures à 700 kg/t urée. 1 000 t/j selon le procédé Stamicarbon ; remodelée en 1999 ;
— Hydroagri (ex SNA, Société Normande de l’Azote) au Havre
(Seine-Maritime) : 800 t/j selon le procédé Stamicarbon ;
1.6 Nature des effluents produits — Azolacq du groupe Grande-Paroisse à Oissel (Seine-
Maritime) : 350 t/j selon le procédé Stamicarbon.
À titre indicatif, le tableau 2 donne les émissions de NH3 prove- ● Les différents producteurs dans le monde et leurs capacités de
nant d’un atelier moderne Urea 2000 Plus selon le procédé Stami- production sont donnés aux pages [J 6 990] dans le même volume.
carbon, pour une production d’urée de 2000 t/j.
■ Implantation
(0)
Une unité conventionnelle de production d’urée est généralement
Tableau 2 – Émissions de NH3 pour une production caractérisée par une disposition verticale : équipements dans une
de 2 000 t/j d’urée selon le procédé Stamicarbon structure de plus de 40 m de haut à laquelle est généralement acco-
Urea 2000 Plus lée une tour de granulation en béton qui peut s’élever jusqu’à 55 m.
Un atelier de 1 000 t/j occupe une surface au sol de 65 m par 55 m.
Effluents liquides............................... (kg/h) 0
Le procédé moderne de Stamicardon utilisant le pool reactor hori-
Effluents gazeux : zontal permet un gain important sur la hauteur des structures et
— zone de synthèse ...................... (kg/h) 2 conduit ainsi à une réduction de l’investissement et à une facilité
d’accès pour l’exploitation et l’entretien du matériel.
— zone de recirculation ................ (kg/h) 2
■ Investissement
— granulation................................ (kg/h) 42
Une unité moderne d’urée de 2 000 t/j entièrement montée en
Effluents solides ................................ (kg/h) 9 (ou poussière d’urée)
Europe pouvait être évaluée à 600 millions de francs (2e semestre
Total ................................................... (kg/h) 55 1999).

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2. Fiche produit 2.2.3 Corrosion

Les solutions d’urée sont corrosives et attaquent l’acier ; les maté-


riels en contact avec ces solutions sont en acier inoxydable
2.1 Propriétés physico-chimiques (cf. § 1.7).

Solide blanc, cristallin, dans les conditions ambiantes. 2.2.4 Stockage et manutention
Masse moléculaire : 60,06.
Température de fusion 132,6 °C. L’urée d’usage agricole est généralement conditionnée sous
Masse volumique apparente (en vrac) : 740 kg/m3. forme de granules ou de perles et elle est répandue sur le sol telle
quelle.
Enthalpie de dissolution dans l’eau : 243 J/g (réaction endother-
mique). L’urée, stockée en vrac dans de vastes hangars clos, est générale-
ment ensachée dans des sacs en plastique de 50 kg pour sa manu-
L’urée est soluble dans l’eau, le benzène et l’alcool, légèrement tention et sa distribution.
soluble dans l’éther.

2.2 Hygiène et sécurité 2.3 Principales utilisations

■ Engrais : l’urée est un engrais à forte teneur en azote, utilisé par-


2.2.1 Toxicité ticulièrement pour la culture du riz.

L’urée pure n’est pas toxique sauf en cas d’ingestion importante ; ■ Additif à l’alimentation du bétail.
seule la présence de biuret (qui est un des produits de décomposi-
■ Intermédiaire de synthèse de résines et de colles : colles urée-
tion) peut la rendre toxique. Sa manutention ne nécessite pas de
formol, résines de la famille des aminoplastes (Mélamine).
mesure de protection particulière.

2.2.2 Risques d’incendie et d’explosion 2.4 Aspects économiques


L’urée solide ne présente pas de risque d’incendie ou d’explosion,
si ce n’est à l’état de poussière, comme tout produit pulvérulent. Le lecteur se reportera aux pages [J 6 690] dans le même volume.

Références bibliographiques

[1] KIRK-OTHMER. – Encyclopaedia of chemical technology. 1978, 2e éd.,


vol. 21, p. 39, John Wiley.
[2] FRÉJACQUES (M.). – Bases théoriques de la synthèse industrielle de
l’urée. Chim. Ind., vol. n° 1, juillet 1948, p. 22 à 35.
[3] Urée. Informations Chimie, avril 1993.
[4] Brochures Stamicarbon (Pays-Bas), 1999.
[5] Revue Nitrogen (Royaume-Uni).

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