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DOMINIC BIONDI-LAURIER

Vie politique

385-103-MO gr.001

LE PLAN NORD

Travail présenté à

Mme Valérie Lafrance

Département d’Histoire, Géographie et Science Politique

Collège Montmorency

Le 16 mai 2013
2

Il y a 40 ans les grands chantiers du Nord se mettaient en branle pour


construire de grandes infrastructures comme les barrages hydro-électriques. Cela a
permis au Québec de se détacher de l’industrie privée et de nationaliser l’électricité
afin de réduire les coûts reliés à ce service. Depuis cette révolution énergétique, le
gouvernement produit énormément d’électricité et peut même vendre ses surplus. En
2011, les Libéraux annoncèrent la création du Plan Nord, un projet visant à accroitre
l’économie du Québec. Par contre, le plan a évolué dans une autre direction
principalement à cause de l’élection du nouveau gouvernement péquiste.
Aujourd’hui, est-ce que le Plan Nord représente une avancée pour le Québec
(bénéfices économiques et sociaux à long terme) ou plutôt un recul (au plan
environnemental et social)? Pour avoir une vision complète sur ce projet, dans un
premier temps, nous cernerons les opinions des principaux partis politiques actuels,
par la suite nous ferons une démonstration idéologique altermondialiste qui nous
amènera finalement à prendre position face à cette grande entreprise.

Sans aucun doute les idées des partis ne concordent pas les unes avec les
autres. De longs débats à l’Assemblée Nationale portant sur ce sujet chaud ne font
pas l’unanimité. Du côté Libéral, on prône «le projet des Québécois pour le Québec
de demain». Selon eux, ce grand projet serait profitable pour l’ensemble de la
province et non seulement pour les régions touchées directement. Du côté du parti
Québécois, on soutient que l’idée est bonne mais qu’on doit lui apporter des
changements. Depuis que le parti a été élu, nous avons constaté une nouvelle
appellation du projet maintenant nommé le «Nord pour tous». La réforme péquiste du
Plan Nord sera composée d’un budget de 868 millions de dollars des fonds publics
pour construire des infrastructures comme des logements pour accueillir et
développer le Nord québécois. Une mesure qui fut aussitôt critiquée par le parti
Libéral sachant que le budget initial était supérieur et offrait plus pour la
communauté. Autre aspect majeur qui a été modifié par le nouveau gouvernement en
place : comment et combien de territoire sera protégé face aux exploitations. Les
3

Libéraux voulaient que 50% du territoire soit préservé mais cette approche était mal
définie selon l’opposition (2011). En effet, aucune mesure ou territoire défini n’était
clairement présenté. On pouvait presque dire que si un gisement, peu importe la sorte
où l’endroit où il était découvert, personne ne pouvait s’opposer à son exploitation.
En d’autres mots, il n’y avait pas de limite définie, c’est que Mme Marois veut
maintenant établir. Finalement l’enjeu le plus critique est le dossier des redevances
minières.1 Longtemps critiqué sous les Libéraux, il incombe au parti Québécois de
proposer mieux. Inspiré du modèle australien, le gouvernement actuel propose une
augmentation d’environ 15% des redevances minières à l’État, question de faire un
équilibre sur investissement et renflouer les coffres. Cette augmentation permettrait
au Québec de toucher 370 millions de dollars en 2015 contrairement aux 320 millions
annoncés en 2011. Le ministre des Finances Nicolas Marceau ne cache pas sa
déception de ne pas pouvoir récupérer plus d’argent, mais comprend l’importance de
ne pas perdre l’investissement privé.2

Du côté Caquiste, les idées sont plutôt orientées vers la vallée du St-Laurent.
En effet, le chef de la CAQ, François Legault voudrait faire du Québec un «Silicon
Valley». Selon lui, l’avenir est dans les innovations et non le secteur minier. Les
métaux auraient considérablement baissé en termes de valeur ce qui fait dire au chef
de la CAQ que le Plan Nord n’est plus un projet visionnaire sur lequel le Québec peut
compter pour réduire sa dette. Plus récemment, la CAQ n’a pas caché sa déception
face à la plus récente annonce du gouvernement Marois sur le nouveau budget alloué
au Plan Nord.3

1
Radio-Canada, « Pauline Marois annonce 868 millions pour le « Nord pour tous » http://www.radio-
canada.ca/nouvelles/Politique/2013/05/07/001-nord-pour-tous-marois-868-millions.shtm (12 mai
2013)
2
Journet, Paul, «Redevances minières: moins que promis, les critiques
fusent»http://www.lapresse.ca/actualites/politique-quebecoise/201305/06/01-4648117-redevances-
minieres-moins-que-promis-les-critiques-fusent.php (12 mai 2013)
3
Radio-Canada, «CAQ : après le Plan Nord, le Projet Saint-Laurent» http://www.radio-
canada.ca/nouvelles/Politique/2013/03/23/003-caq-projet-saint-laurent.shtml (12 mai 2013)
4

Enfin, Québec Solidaire considère toute forme de projet minier mauvais pour
le Québec. Amir Khadir dénonce clairement qu’aucun projet n’est capable d’aller
chercher de bonnes redevances. Selon lui, ce projet n’impliquerait pas assez les
autochtones et comporte de nombreuses lacunes en matière de l’environnement. En
2013, l’enjeu de l’environnement est le point crucial pour Québec Solidaire. Le parti
dit clairement qu’il y a un manque d’effectif pour bien surveiller ce qui se passe dans
le nord et veiller à l’environnement. La ministre des Ressources naturelles Mme
Martine Ouellet a tenté de se faire rassurante en disant que des mesures seront prises
pour veiller à ce qu’il n’y ait point d’abus, mais son imprécision laissait toujours
planer le doute face à la question. Cependant, contrairement à la CAQ, Québec
Solidaire ne présente pas d’alternatives aux projets miniers du Nord du Québec.4 5

Le plan Nord ne peut malheureusement plaire à tout le monde puisqu’il touche à des
enjeux précaires de la société québécoise. Prenons l’exemple de l’altermondialiste.
Ce mouvement idéologique sans représentation officielle est à l’opposé de ce projet.
Ce mouvement se bat contre le productivisme ainsi que la mondialisation néolibérale.
Parfois leurs idées peuvent être complètement différentes de l’idée initiale, mais ce
principe a pour but d’aller vers une nouvelle mondialisation. Cette approche veille
aussi à une multitude de facteurs comme le respect des cultures, le socialisme et le
bien commun.6 Le Plan Nord est un bien commun pour la société car il devrait faire
profiter d’abord le Québec sauf que plusieurs contraintes entrainent l’effet contraire.
4
Québec Solidaire, «QUÉBEC SOLIDAIRE RÉAGIT AU PLAN NORD - « IL EST INACCEPTABLE DE
SACCAGER L’ENVIRONNEMENT ET DONNER NOS RICHESSES NATURELLES POUR UN PLAT DE
LENTILLES » - AMIR KHADIR» http://www.pressegauche.org/spip.php?article7257 (12 mai 2013)
5

Québec Solidaire, «Plan Nord : Québec solidaire s’inquiète de l’absence de contrôle»


http://www.quebecsolidaire.net/plan-nord-quebec-solidaire-sinquiete-de-labsence-de-controle/ (12
mai 2013)

6
LAFRANCE, Valérie, Recueil de textes sur l’altermondialiste, Collège Montmorency, Laval,
disponible via col.net (12 mai 2013)
5

Le simple fait que les compagnies minières empochent de grosses sommes et ne


versent même pas 50% des redevances que génère l’exploitation minière ceci ne
rencontre pas l’idéologie altermondialiste. C’est une idée néolibéralisme. À la base du
projet, les autochtones devaient se trouver beaucoup d’emploi de haut niveau ce qui
normalement aiderait les communautés. Cependant par leur manque d’expertise, ils
sont rapidement écartés de ces postes qui sont plutôt attribués aux gens de la ville. Par
conséquent, les petits emplois sont exclusivement occupés par les Amérindiens et rien
ne change pour le mieux pour eux. Encore une fois on voit de l’inégalité, ce qui ne
vient pas rejoindre les grands principes de l’altermondialiste. De plus, ces peuples
sont bafoués par le projet même où on les exproprie littéralement de leurs terres
ancestrales au profit des mines à ciel ouvert. Dans le même ordre de pensée, une
meilleure mondialisation serait synonyme d’une planète plus verte où les compagnies
respecteraient davantage mère nature. Nous n’avons qu’à constater les vestiges sur la
côte nord de projets antérieurs similaires, il est donc difficile de croire que les
exploitants actuels feraient davantage attention. En conclusion, l’idéologie
altermondialiste serait probablement en accord avec ce projet si tous ces principes
étaient respectés à la lettre et qu’il n’y avait pas de dérapage. Cependant ce n’est pas
le cas alors toutes nouvelles idées seraient bienvenue afin trouver une solution plus
équilibrée et juste.

Selon moi, ce plan d’envergure est nécessaire pour le Québec afin de rattraper
les autres provinces comme l’Alberta et son pétrole. Le développement du Nord est
une bonne idée et je vois difficilement un projet tel que celui de M. Legault comme
viable. Nous ne sommes malheureusement pas en Californie où il fait beau à l’année
et où il y a seulement de la neige dans les hautes montagnes. Les conditions qu’offre
le Québec sont trop difficiles pour en faire une région d’innovations comme Silicon
Valley. On peut constater facilement depuis les dernières années que Montréal a
6

perdu son titre de grande ville de la pharmaceutique avec l’exode de plusieurs


compagnies vers des endroits moins réglementés. Quant à l’exploitation minière, oui
c’est un projet qui est moins vert que d’autres mais demeure réalisable pour le
Québec. Cependant les normes d’exploitation devraient être différentes. Nous
devrions faire un coup de maître comme pour l’électricité. Nous devrions créer une
société d’État qui veillerait à exploiter les minerais de manière à ce que les recettes
aillent d’avantages dans les coffres de l’état. Alors ma vision rejoint plutôt celle du
parti Libéral qui est l’instigateur du projet. Je suis en accord avec d’autres partis à
savoir qu’il faudrait absolument faire des ajustements majeurs pour aller chercher
beaucoup plus d’argent que ce qui a été annoncé par les deux partis.

Pour conclure, le Plan Nord suscite plusieurs grandes discussions sachant que ce
projet ne fait pas l’unanimité au sein de tous les partis. Du projet initial du parti
Libéral au projet plutôt utopique de la CAQ de François Legault, bien des idées
s’opposent. Peu importe l’idéologie, personne ne peut nier que des changements
s’imposent afin que tous y trouvent son compte. Par exemple, il ne faut pas ignorer
des enjeux comme l’environnement, les redevances minières ainsi que l’harmonie
avec les peuples autochtones qui sont tous aussi importants les uns les autres. Enfin,
est-ce que les fonds publics seront suffisants pour propulser le projet dans la bonne
direction pour les prochaines années et le rendre rentable? Cela est à suivre…

Bibliographie

JOURNET, Paul, «Redevances minières: moins que promis, les critiques


fusent»http://www.lapresse.ca/actualites/politique-quebecoise/201305/06/01-
4648117-redevances-minieres-moins-que-promis-les-critiques-fusent.php (12 mai
2013)

RADIO-CANADA, « Pauline Marois annonce 868 millions pour le « Nord pour tous »
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2013/05/07/001-nord-pour-tous-
marois-868-millions.shtm (12 mai 2013)
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RADIO-CANADA, «CAQ : après le Plan Nord, le Projet Saint-Laurent» http://www.radio-


canada.ca/nouvelles/Politique/2013/03/23/003-caq-projet-saint-laurent.shtml (12 mai
2013)

QUÉBEC SOLIDAIRE, «QUÉBEC SOLIDAIRE RÉAGIT AU PLAN NORD - « IL EST


INACCEPTABLE DE SACCAGER L’ENVIRONNEMENT ET DONNER NOS
RICHESSES NATURELLES POUR UN PLAT DE LENTILLES » - AMIR
KHADIR» http://www.pressegauche.org/spip.php?article7257 (12 mai 2013)

QUÉBEC SOLIDAIRE, «Plan Nord : Québec solidaire s’inquiète de l’absence de


contrôle» http://www.quebecsolidaire.net/plan-nord-quebec-solidaire-sinquiete-de-
labsence-de-controle/ (12 mai 2013)

LAFRANCE, Valérie, Recueil de textes sur l’altermondialiste, Collège Montmorency,


Laval, disponible via col.net (12 mai 2013)