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REPUBLIQUE TOGOLAISE

Travail- Liberté -Patrie


…..………………………
Présidence de la République
……………………
Ministère de la Fonction Publique, du Travail et
de la Réforme Administrative

ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION


(ENA)
01BP.64-Lomé /Email : enatogo@ids.tg

LES ENJEUX DE LA PRATIQUE DU


CONTENTIEUX FISCAL AU TOGO

MEMOIRE
Pour l’obtention du diplôme de l’ENA, cycle III
Section : économie et finances
Option : impôts

Directeur de mémoire : FIAGBE ATSU


Kodzo
Inspecteur des impôts
Chef section à la Division du Contentieux
Présenté et soutenu publiquement par : fiscal du Togo

NGUERAMADJI MASRANGUE
Florent

Lomé le 24 Octobre 2018


Promotion 2016-2018
Sommaire

Sommaire .................................................................................................................................................
DEDICACE.............................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS .............................................................................................................................iii
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES............................................................................................ iv
LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES ....................................................................................v
AVERTISSEMENT .............................................................................................................................. vi
INTRODUCTION GENERALE .......................................................................................................... 1
Chapitre 1 : Le cadre théorique de la recherche ................................................................................ 4
1.1. Analyse de la situation .......................................................................................................... 4
1.2. Problématique...................................................................................................................... 22
1.3. Objectifs de la recherche..................................................................................................... 25
1.4. Hypothèses de recherche..................................................................................................... 25
1.5. Justifications ........................................................................................................................ 26
1.6. La revue de la littérature .................................................................................................... 27
1.7 Définition des concepts clés................................................................................................. 29
Chapitre 2 : Le cadre méthodologique de la recherche ................................................................... 30
2.1. Choix et orientations méthodologiques ............................................................................. 30
2.2. Identification des variables et définition des indicateurs ................................................. 31
2.3. Outils de collecte .................................................................................................................. 35
2.4. Choix et caractéristiques du groupe cible ou de la population........................................ 36
2.5. Identification ou choix de terrain de recherche ................................................................ 37
2.6. Constitution du groupe cible ou de l’échantillonnage ...................................................... 37
2.7. Type et plan d’analyse des données ................................................................................... 38
Chapitre 3 : Le cadre des résultats de la recherche ......................................................................... 42
3.1. Analyse et traitement des données collectées .................................................................... 42
3.2 . Vérification des hypothèses et Interprétation des résultats ........................................... 54
3.3 Discussion des résultats de la recherche ............................................................................ 59
3.4 Formulation des propositions d’action .............................................................................. 60
Conclusion générale ............................................................................................................................ 67
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................................... 69
ANNEXES ............................................................................................................................................ 70
Table des matières ............................................................................................................................... 71

i
DEDICACE

A
 Ma grand-mère Feu KOUTOU TRAHOGRA,
 Mon père MASRANGUE TRAHOGRA et,
 Ma mère MBAHAL NEDJEGAGNAL

ii
REMERCIEMENTS

Mes remerciements vont à tous ceux qui m’ont soutenu à savoir :


 Mon Directeur de mémoire FIAGBE ATSU KODZO qui, en dépit de ses
nombreux engagements et occupations, a accepté de diriger ce mémoire.
 Tout le personnel de l’OTR, principalement celui de la Direction de la
Législation Fiscale et du Contentieux et plus particulièrement la Division
du contentieux qui, sans leurs efforts ce travail n’aurait abouti.
 Les responsables de l’ENA et le corps professoral, pour leur encadrement
et leurs enseignements ;
 Mon tuteur KAMADJI Kaya Whorr, sa femme Jeanne CELINGAR et ses
enfants JIMIAN Vitali, Guillaume ROGOTO et Yvan KAMADJI pour
leurs encouragements et soutiens multiformes durant tout mon séjour au
Togo.
 Ma famille : MASRANGUE TRAHOGRA, NGUENANBAYE
TRAHOGRA, DJIRAIMADJE TRAHOGRA, TOGYAM TRAHOGRA,
GOKEM KONINGAR, DJINOUBATE KONINGAR, MBAHAL
NEDJEGAGNAL et toute la famille KONINGAR, pour avoir toujours été
présent à mes côtés.
 Les membres du jury pour leur présence en ce jour de soutenance en vue
d’examiner et évaluer ce travail ;
 Tous les amis qui m’ont aidé : SEMAIN MARNAIGUE Rose, DAIM
Renaud, BEDJIMTE Junior, KADE Natacha, OUTOU Eric, MADJILEM
Bienvenu;
 Tous mes collègues stagiaires à l’Office Togolais des Recettes qui m’ont
soutenu durant tout ce travail.
 Mes promotionnaires et les lauréats de la promotion 2016-2018 ;

Que tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont soutenue, trouvent ici
l’expression de ma profonde gratitude.

iii
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
CGI Code Général des Impôts
CA Cour d’Appel
CAR Commission Administrative de Recours

CREDAF Cercle de Réflexion et d’Echanges des Dirigeants des


Administrations Fiscales
DCIG Direction des Centres des Impôts du Golfe
DGD Direction Générale des Douanes
DGE Direction des Grandes Entreprises

DGI Direction Générale des Impôts

DLFC Direction de la Législation Fiscale et du Contentieux


DME Direction des Moyennes Entreprises
ENA Ecole Nationale d’Administration
LGDJ Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence
OTR Office Togolais des Recettes
TPI Tribunal de Première Instance
TPU Taxe Professionnelle Unique

iv
LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES

Liste des Tableaux

Tableau 1 : état d’évacuation des dossiers

Tableau 2 : évolution des demandes en contentieux et de remise gracieuse

Tableau 3 : comparatif des dégrèvements accordés en 2017

Tableau 4 : type de contentieux le plus fréquent

Tableau 5 : avis des agents sur leur réaction face à une contestation

Tableau 6 : avis des agents sur le fonctionnement du contentieux

Tableau 7 : avis des agents sur l’absence préjudiciable de la commission administrative

Tableau 8 : connaissance du droit de contestation par les contribuables

Tableau 9 : les contribuables ayant une fois introduit une demande contentieuse

Tableau 10 : avis des contribuables sur les décisions de l’administration

Tableau 11 : avis sur l’organisation du contentieux

Tableau 12 : avis sur la mise en place des juges et tribunaux spécialisés

Tableau 13 : avis sur la qualité de la relation avec l’administration

Liste de figures

Figure 1 : état d’évacuation des dossiers

Figure 2 : évolution des demandes en contentieux et de remise gracieuse

Figure 3 : Comparatif des dégrèvements accordés en 2017

Figure 4 : illustration sur le fonctionnement du contentieux

Figure 5 : avis des agents sur l’organisation du contentieux

Figure 6 : avis des contribuables sur la qualité de la relation avec l’administration

v
AVERTISSEMENT

L’ENA N’ENTEND DONNER AUCUNE APPROBATION NI


IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES DANS CE MEMOIRE. ELLES
DOIVENT ETRE CONSIDEREES COMME PROPRES A LEUR AUTEUR.

vi
INTRODUCTION GENERALE
Par la loi n° 2012-16 du 14 décembre 2012 portant création de l’Office Togolais des Recettes,
le Togo s’est doté d’une structure moderne lui permettant d’aboutir à une croissance
économique durable à travers la collecte des recettes fiscales et douanières. La dotation de
cette structure dénommée Office Togolais des Recettes (OTR) a fait l’objet d’une réforme
institutionnelle. Cette réforme concerne la fusion des deux (2) régies que sont la Direction
Générale des Impôts (DGI) et la Direction Générale des Douanes (DGD) pour en faire une
structure unique avec des services rattachés. Par ailleurs, la réforme s’est étendue sur d’autres
points à savoir le système fiscal qui est passé du déclaratif au déclaratif auto liquidé et une
autonomie financière de l’institution.

Le droit fiscal n’a la réputation d’être aussi simple et la législation fiscale est beaucoup plus
complexe. Ainsi, l’interprétation et l’application de ce droit pose de problèmes car le
contribuable et l’administration fiscale ont des intérêts opposés par nature. Ainsi, le
contentieux peut porter aussi bien sur la régularité de l’imposition que sur les modalités de
son recouvrement.

Parmi plusieurs sujets auxquels la législation fiscale s’est intéressée, on note le contentieux
fiscal (entre l’Administration et le contribuable), qui a une grande importance dans les
recherches fiscales car le principal objet du contentieux c’est le contrôle de l’activité du fisc.
De ce fait, apparait-il le contentieux d’assiette, le contentieux du recouvrement, et celui lié au
contrôle fiscal. La présente étude sera concentrée sur le contentieux d’assiette et le
contentieux lié au contrôle fiscal.

Au Togo comme dans d’autres pays, payer l’impôt n’a jamais été accepté par les citoyens ou
qui paient avec mépris. Le système fiscal déclaratif auto-liquidé qui est en vigueur au Togo,
accorde la liberté aux contribuables de faire eux-mêmes leurs déclarations ainsi que la
liquidation de l’impôt. Ceci entraine des manquements, erreurs et omissions du côté du
contribuable que l’administration fiscale est amenée à corriger. De même, la recherche de
gains conduit certains contribuables à se soustraire au paiement de l’impôt ou à minorer les
éléments à la base des déclarations.

Le contentieux aujourd’hui a pris son envol avec ces réformes qui ont données du poids, de la
visibilité et de larges compétences. Des informations sont passées et la sensibilisation est
fortement soutenue amenant les parties en conflit à connaitre leurs droits respectifs et à les
1
défendre et à faire jouer le service contentieux son rôle. Les actions concernent non seulement
la base de l’impôt mais aussi toutes autres actions menées ultérieurement en vue de
reconstituer cette base notamment le contrôle et le recouvrement qui, dans certains cas, sont
source de contestation. Les vérifications permettent de déceler des erreurs, manquements,
omissions et dissimulations d’éléments pouvant servir de base à l’imposition et toutes fraudes
possible faites par les contribuables. Par ailleurs, l’administration dans ses actions faillit
également sur certaines procédures et dont les contribuables s’en prévalent pour réagir.

Cependant, étant donné la complexité et la fragilité de ce domaine, le contrôle s’avère parfois


insuffisant pour détecter toutes les anomalies qui s’y trouvent et cela conduit souvent à des
incompréhensions qui débouchent sur le contentieux. En d’autres, termes la mauvaise prise en
charge des dossiers (déclarations du contribuable) de même que l’objectif premier de collecte
de recettes pour renflouer la caisse de l’Etat conduisent très souvent à n’observer et prendre
en compte que ce qui est superficiel en amont, c’est en aval justement que certains constats se
font. De ce fait, le temps pour prendre complètement le dossier en charge fait défaut. C’est en
ce sens que des contestations naissent entre le contribuable et l’administration d’où
l’importance d’analyser la prise en charge des dossiers du contribuable, voire la gestion du
contentieux puis évaluer les intérêts en jeu pour chaque partie et permettre ainsi une
satisfaction réciproque et partant un développement économique durable et stable.

Ce travail analyse les enjeux liés au contentieux dans toute sa dimension, évaluer la prise en
charge des dossiers du contribuable dans le service des impôts tout en prenant en compte
l’impact et l’importance que cela a sur la collecte des recettes. Il faut néanmoins préciser que
l’assiette de l’impôt est très importante dans l’élaboration du budget de l’Etat car c’est
l’élément essentiel, le tout premier sur lequel repose les recettes des impôts voulues par la
puissance publique pour couvrir ses nombreuses charges.

En effet, le contentieux est géré de deux manières ; dans un premier temps, la phase
administrative qui est prise en charge par l’administration, un préalable obligatoire qui
débouchera soit sur une satisfaction du contribuable, soit sur la seconde phase qui est la phase
juridictionnelle. Il faut préciser que cette seconde phase met l’administration contre le
contribuable devant une juridiction de l’ordre judiciaire ou administratif.

Ce travail, est organisé sur trois points principaux à savoir :

- le cadre théorique de la recherche (chapitre 1) ;

2
- le cadre méthodologique de la recherche (chapitre 2) et ;
- le cadre des résultats de la recherche (chapitre 3)

3
Chapitre 1 : Le cadre théorique de la recherche
Le présent chapitre a pour objet de décrire la situation du contentieux fiscal au Togo. Cette
étude sera menée en essayant de voir le contour du sujet, le climat qui règne sur la question du
contentieux qui est d’actualité et très indispensable dans la gestion des litiges fiscaux. Ce côté
du contentieux mérite d’être pris en compte pour espérer une évolution et une efficacité de
l’action administrative s’agissant du règlement des différends qui subsistent entre
l’administration et le contribuable. La division du contentieux fiscal est un service qui mérite
une attention particulière car elle est une partie émergente avec la modernisation des
structures et surtout la connaissance du droit de contestation par les contribuables de nos
jours.

La fiscalité à l’instar des autres domaines est évolutif et nécessite de faire une adaptation
dans le temps. Ainsi, dans son jeune âge, il serait judicieux et opportun de l’encadrer et de
dégager une voie propice à son évolution. De ce fait, une analyse de l’environnement
sociopolitique actuel sera faite, tout en énumérant les aspects qui constituent l’enjeu du
contentieux fiscal proprement dit. Cependant l’étude ne saurait aboutir sans dire la raison
d’être du contentieux et voir par la suite le fonctionnement de la structure en charge du
contentieux qui est la Division du Contentieux fiscal. Par ailleurs, certains aspects concernant
les structures de gestion du contentieux fiscal au Togo ainsi que la gestion proprement dite du
contentieux seront étudiés. De même, les phases de traitement du contentieux seront abordées
tout en parlant des procédures en la matière.

Par la suite, la problématique du sujet tenant à des questions ou problèmes posés par le sujet
sera développée. Des questions de recherche, des hypothèses de recherche, des objectifs de
travail seront posés. Toutefois, pour terminer le travail à ce niveau, une brève revue littéraire
et une définition des concepts clés de notre sujet seront développés.

1.1. Analyse de la situation


La relation entre le contribuable et l’administration est une relation fragile il faut savoir gérer
et encadrer. En effet, les contribuables sont réticents à payer l’impôt, surtout dans les pays en
développement que sont nos Etats africains et le Togo n’est pas resté en marge. L’obligation
de payer ses impôts n’est pas facilement acceptée par ces derniers.

4
L’Etat dans sa mission régalienne doit forcément faire recours à la fiscalité pour mieux faire
face à ses charges ou assurer cette mission. Cette fiscalité est assise sur la population et tous
les moyens sont mis en place pour assurer son recouvrement au niveau de chaque assujetti.
L’administration dans sa relation avec le contribuable, a mis sur pieds un organe de gestion de
conflits en cette matière, qui bien sûr est indépendant du corps administratif dans sa prise de
décision, et une procédure propre à suivre pour le règlement de ces différends. Ce corps est
bien le service du contentieux qui se trouve au sein de l’Office Togolais des Recettes à la
Direction de la Législation Fiscale et du Contentieux (DLFC). Il assure un service
indépendant qui ne vise pas forcément l’intérêt de l’administration bien que se trouvant
attaché à cette institution qui fait office de représentation étatique.

Le contribuable de son côté bénéficie du droit de contester une imposition qui est mise à sa
charge par l’administration fiscale. Cette prérogative est reconnue par le Code Général des
Impôts. Ainsi, l’exercice de ce droit est pleinement fait par le contribuable et dans chaque cas.
Face à cette réticence des contribuables et l’intérêt que recherche l’administration fiscale dans
sa mission, nous amène à affirmer qu’il serait difficile à ces deux parties d’obtenir une entente
parfaite. L’administration en aucun cas ne voudra perdre les recettes et le contribuable de son
côté n’aimerait payer ce qui est mis à sa charge qu’il jugerait injuste.

Tout changement, dit-on, nécessite dans le monde une préparation et un ajustement pour
intégrer ce qui est nouveau. Force est de constater que le nouveau système est intervenu d’une
manière brusque ne permettant pas aux contribuables d’appréhender tous les contours qui ne
cernent pas bien l’intérêt de la réforme pour son application, d’où certaines lacunes dans la
mise en œuvre du système déclaratif auto-liquidé par le contribuable et par l’administration.
Cela concerne les procédures décrites par le Code Général des Impôts et la compétence des
agents en charge. La nécessité d’un apprentissage soutenu et une éducation préalable
s’avèrent important.

La situation qui prévaut ici est celle du refus d’acceptation volontaire de payer l’impôt. La
réticence est telle que certains contribuables cherchent par tous moyens à échapper au
paiement de l’impôt. Il y a différentes raisons à ce problème qui mine nos pays en
développement alors que la tendance est d’aller vers une acceptation volontaire de l’impôt par
le contribuable. La raison principale est la méfiance que les contribuables ont envers le
service des impôts et l’ignorance de la quintessence du rôle de l’impôt dans un pays. Dans
certains cas, c’est la méconnaissance des textes fiscaux qui pose problème aux contribuables

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et dans d’autres, ce sont des refus délibérés c’est-à-dire faits sciemment par le contribuable
pour allonger la procédure. Cependant, la majeure des difficultés reste la compréhension des
textes fiscaux et leur interprétation par les parties, ce qui amène une confrontation entre
l’administration fiscale et les contribuables, ou leur conseils fiscaux qui s’y connaissent en la
matière d’où les contestations de part et d’autre.

L’administration fiscale est divisée en des directions et services, les déclarations sont prises
en charge par le service gestion des déclarations qui essentiellement s’occupe de recevoir
toutes les déclarations puis de s’assurer de leur conformité avec le Code. Dans la gestion, elle
effectue une vérification de conformité préalable pour déceler les anomalies et demande au
contribuable une rectification s’il s’agit de la base ou certains éléments qui doivent être
contenus dans cette base. En accord avec le service, ces anomalies sont rectifiées pour la base
d’imposition. Après ce contrôle, le contribuable liquide les impôts qu’il estime lui-même
juste. Ces anomalies ne constituent que des erreurs et omissions faites par le contribuable et
font l’objet de correction. De cette déclaration prise en charge, l’administration dispose d’un
droit de contrôle dans une durée encadrée de trois (3) ans, au-delà il y a la prescription. Ainsi,
une programmation au contrôle est faite dans cette durée pour vérifier les exercices qui
présentent des risques de fraudes sur la base de l’impôt à liquider (ou certains impôts qui
doivent constituer la base d’imposition), mais qui ne sont pas fait selon la loi fiscale. Le
contrôle de l’administration peut déboucher sur des dissimulations de base de certains impôts
par le contribuable, de même que sur la non déclaration et liquidation de certains impôts.
Ainsi constatées ces dissimulations, l’administration se charge de faire des rappels d’impôts
comme prévus par le code général des impôts à l’article 877, à charge pour le contribuable
d’apporter les preuves et les justifications pour les constatations à faire.

La procédure suivie est celle du débat contradictoire exigé par l’article 909 du Code Général
des Impôts qui donne la liberté au contribuable de faire des observations après le contrôle de
l’administration. Pour ce faire, ce qui découle du contrôle fait l’objet de notification de
redressements au contribuable contrôlé ; celui-ci peut être d’avis avec les chefs de
redressement tout comme il peut ne pas les accepter. Pour ce dernier cas, il doit apporter des
preuves qui soutiennent que l’administration a tort. Il peut ressortir une entente si les parties
sont convenues d’un accord, par contre, le contribuable peut tout de même contester ces chefs
de redressements ou une partie de ceux-ci. En cas de contestation, l’administration fiscale
étudie le bien fondé et adresse une réponse au contribuable. Cette réponse peut être
satisfaisante ou non.
6
En cas de désaccord, le contribuable adresse une demande en contestation ou peut de ce fait
saisir le service contentieux pour avoir satisfaction. Il peut aussi formuler une réponse pour
les redressements contestés mais à ces observations, l’administration ne peut plus répondre
mais transférer le dossier au service contentieux ce qui est aussi une faculté pour le service
reconnu par la loi. C’est ainsi la procédure conduisant au contentieux et cette voie est
reconnue à tous les contribuables sans exception.

Il faut faire le point sur ce problème en disant que dans cette situation présente, il existe trois
(3) catégories de contribuables dont relevant soit les petites entreprises, les moyennes
entreprises et les grandes entreprises.

Les petites entreprises qui peuvent être des personnes physiques tout comme morales, sont
celles dont le chiffre d’affaires n’excède pas les 60.000.000 F CFA. Il s’agit notamment des
petits commerces qui ne sont pas trop encadrés et non organisés en comptabilité également.
Ils sont souvent sujet à problème surtout en matière de l’interprétation des textes. Leur
déclaration est manuelle et exige souvent le recours des agents de l’administration.

Ce sont des établissements et aussi des commerçants personnes physiques qui constituent la
seconde catégorie. Ils ont un chiffre d’affaire compris entre 60.000.000 et 1.000.000.000 F
CFA. Ils sont des sociétés avec leur comptabilité mais plus mieux organisés que les
précédents. Par contre, le service des impôts les encadre pour une bonne appréhension et un
contrôle de leur activité. Leur déclaration est également manuelle mais il y a un début pour
une déclaration en ligne.

A la différence de toutes les précédentes, les grandes entreprises sont celles dont le chiffre
d’affaire est supérieur ou égal à 1.000.000.000. Cette catégorie est la plus organisée et plus
contrôlée par le service des impôts car rapportant plus au trésor public. Leur déclaration est
faite en ligne et pour cela le contrôle est aussi accentué car les risques de fraude ne sont pas à
négliger.

1.1.1. La raison d’être du contentieux fiscal


Le monde actuel, la recherche de gains est en perpétuelle évolution. L’administration étant
suprême, toute puissante et ayant une force autoritaire, il serait nécessaire de protéger le
contribuable contre l’utilisation de ses prérogatives d’une part. D’autre part, il faut
mentionner la réticence des contribuables face aux paiements de l’impôt, de certaines
dissimulations et fraudes probables et tous les moyens possibles conduisant à échapper à ce
7
paiement. Il est judicieux de porter une attention particulière aux problèmes pouvant opposer
ces deux parties et ainsi penser à une structure pouvant gérer ces incompréhensions et conflits
pour ainsi trancher et permettre une évolution dans le temps et dans l’espace entre ces parties
dans leurs propres domaines d’activités.

A cela, une tierce personne est toujours désignée pour trancher. C’est l’exemple des tribunaux
civils, pénaux ou militaires. C’est également l’idée qui prévaut en matière fiscale d’où la
création d’une structure adaptée à ces tâches en l’occurrence le service du contentieux fiscal à
l’Office Togolais des Recettes (OTR). Ce service est dirigé par un personnel compétent bien
peu nombreux et donc insuffisant à la tâche. Il est en évolution et beaucoup reste à faire car le
comportement du contribuable à se plaindre de l’injustice fiscale vis-à-vis de l’administration
est récente surtout avec l’avènement de l’Office Togolais des Recettes qui prône la justice
fiscale.

1.1.2. L’environnement socio-politique


L’économie d’un pays ne peut être évolutive que dans un environnement propice aux affaires
et/ou les opérateurs sont libres de mener leur activité sans crainte. De ce fait, il serait
nécessaire de faire une succincte description sur la situation socio-politique qui prévaut dans
ce pays d’étude qui est le Togo tout comme partout ailleurs en Afrique, pour voir si possible
l’impact et l’influence que cela aurait sur le rendement économique et la vie sociale.

Tous ces problèmes agissent directement sur l’administration fiscale et parallèlement sur
l’économie du pays par le fait que les caisses de l’Etat pourraient être moins renflouées que
par le passé, entrainant de facto, la révision à la baisse des prévisions fiscales.

1.1.3. La structure de gestion du contentieux fiscal


Le Commissariat des Impôts (CI) comporte une direction nommée Direction de la Législation
Fiscale et du Contentieux (DLFC). Cette direction est chargée de la législation et de la prise
en charge des dossiers en contentieux. Elle reçoit toutes les demandes contentieuses faites par
les contribuables ou l’administration. Par le décret N°2007-011/PR du 28 février 2007 portant
attributions et organisations de la Direction Générale des Impôts (D.G.I), la Direction de la
Législation Fiscale et du Contentieux a été créée. Ensuite par la réforme institutionnelle faite
en 2014 portant création de l’Office Togolais des Recettes (O.T.R), elle a été modifiée en
Direction de la Législation Fiscale et du Contentieux (DLFC) avec deux (2) divisions que sont

8
la Division de la Législation Fiscale et la Division du Contentieux, qui seule fait l’objet de la
présente étude.

La division du contentieux a pour mission de :

- procéder à l’enregistrement du contentieux ;


- instruire les dossiers de réclamation qui doivent faire l’objet de décisions relevant de
la compétence du commissaire des impôts ou du ministre chargé des finances ;
- notifier les décisions aux services et aux contribuables concernés ;
- suivre les dossiers des affaires devant être portées devant la commission nationale
prévue par la règlementation fiscale ;
- assurer la défense des intérêts de l’administration devant les juridictions appelées à se
prononcer sur les recours formulés par les contribuables, en matière d’impôts ou taxes
assis ou recouvrés par le commissariat des impôts ;
- ester en justice pour défendre les intérêts du service.

1.1.3.1. La prise en charge du contentieux


Préalablement à la contestation, quand la déclaration du contribuable comporte des
insuffisances, omissions, erreurs ou manquements, le service gestionnaire de la déclaration en
fait part au contribuable et lui permet de rectifier ces erreurs avant la prise en charge
proprement dite de la déclaration. Ceci permet d’éviter des contestations dans le futur en cas
de contrôle. Si la déclaration déjà prise en charge par le service gestionnaire venait à
comporter des erreurs, omissions, manquements ou insuffisances, une demande de
rectification peut être adressée à la hiérarchie de ce service pour la rectification de la base de
l’impôt. Cette rectification n’est possible qu’avec l’accord des supérieurs hiérarchiques que
sont les chefs sections, chefs divisions ou directeurs.

Par conséquent, la prise en charge du dossier contentieux proprement dit intervient lors d’une
contestation introduite par le contribuable ou après les contrôles effectués et ou les
redressements faits par les vérificateurs. S’en suit un échange avec le contribuable et le
service gestionnaire et c’est seulement en cas de mésentente que le service contentieux prend
la charge du dossier pour instruire.

9
1.1.3.2. Le fonctionnement de la division du contentieux
La Division du Contentieux est le service de l’Office Togolais des Recettes qui s’occupe des
réclamations contentieuses faites par les contribuables par la saisine du Commissaire des
Impôts (CI). La Division du Contentieux est le service central qui reçoit toutes les
réclamations faites par les contribuables des divisions des impôts sur toute l’étendue du
territoire ou autres directions en charge des dossiers de ceux-ci.

Le contribuable qui conteste toute ou partie d’une imposition mise à sa charge adresse une
demande de contestation au Commissaire des Impôts. Une constitution par le contribuable de
garantie de 25% du montant contesté est obligatoire. Après la réception, le Commissaire fait
une affectation du dossier au service concerné (Division du Contentieux) par le biais du
Directeur de la Législation Fiscale et du Contentieux. Ensuite ce dernier transmet le dossier au
Chef de Division Contentieux. Une fois saisi pour attribution du dossier, le Chef de Division
Contentieux apprécie le dossier qu’il affecte à un agent pour traitement. Après traitement, une
décision est prise soit pour rejet de la contestation soit pour acceptation de celle-ci.

Dans la pratique c’est le service à l’origine des impositions contestées qui transmet le dossier
au service du contentieux. Toutefois, lors d’une vérification, c’est le directeur en charge de la
vérification qui reçoit le dossier et le transmet à la division du contentieux. Après, le projet de
décision est soumise à la hiérarchie de la division du contentieux et lorsque la décision est
corrigée, on sort la décision finale qui est soumise au visa du Directeur, puis à la signature du
Commissaire des Impôts. Cette décision du Commissaire des Impôts est transmise au
contribuable et copie de cette décision est faite au service gestionnaire pour le classement
dans le dossier mère du contribuable.

Il est à noter que tout dossier devant être traité doit se faire dans un délai de six (6) mois.
Toutefois si le délai imparti pour rendre la décision est insuffisant, une prorogation de délai ne
pouvant dépasser trois (3) mois peut être faite mais à condition d’en informer le contribuable
avant l’expiration du délai principal de six (6) mois. L’absence de réponse de la part de
l’administration dans ces délais (principal et supplémentaire) ne vaut pas acceptation tacite de
la réclamation du contribuable. Elle donne la possibilité au contribuable de faire recours
auprès d’une juridiction compétente pour faire valoir son droit de réponse.

10
1.1.3.3. Autres organes intervenants
Dans la gestion du contentieux fiscal, interviennent également certains organes connexes à
cette division du contentieux notamment des instances administratives instaurées par la loi
fiscale qui sont compétentes pour donner des avis en matière de contestation. Il s’agit entre
autres de la « commission nationale d’impôt directs et taxes sur le chiffre d’affaire » ; « la
commission de conciliation » et « le comité consultatif pour la répression des abus de droit ».
Mais avec la nouvelle réforme, toutes ces commissions ont été fusionnées en un seul corps, la
commission administrative des recours qui doit fonctionner pour des interventions en matière
contentieuse.

Malheureusement, cette fusion avec la nouvelle réforme n’a pas rendu effective la
commission administrative. C’est une triste réalité pour le contentieux qui à ce stade doit être
une priorité pour l’administration pour garantir les droits du contribuable et permettre une
bonne relation.

1.1.4. La procédure de règlement du contentieux


La relation entre l’administration fiscale et le contribuable est une relation très fragile qu’il
faut toujours entretenir. Sur ce, les conflits pouvant subvenir sont encadrés dans une
procédure pour être traités et aboutir à une solution satisfaisante pour toutes les parties qui
prennent en compte les intérêts inhérents à ces demandes. Il est à noter qu’il y a le contentieux
au sens strict du terme et le contentieux au sens large.

Nous nous pencherons particulièrement sur le contentieux dans sa phase administrative et le


contentieux dans sa phase juridictionnelle.

1.1.4.1. La phase administrative du contentieux


En France comme au Togo, le contentieux comporte une phase administrative préalable avant
la saisine du juge. La sphère fiscale est l’un des domaines dans lequel l’exercice d’un recours
préalable devant l’administration est requis, avant que le litige ne soit porté devant un juge.
Cette étape est indispensable et ne peut faire l’objet d’aucune suppression.

Elle commence avec l’introduction d’une demande en réclamation faite par le contribuable
comme mentionné dans le Code Général des Impôts (CGI) en son article 1026 en ces termes :
« Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne, doit d'abord

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adresser une réclamation au service de l'Administration des Impôts dont dépend le lieu de
l'imposition ».

Toute demande de réclamation doit en principe être adressée au service du ressort du


contribuable ou à celui qui a établi l’imposition et c’est à ce service de transférer le dossier à
la division du contentieux de la DLFC, qui prend en charge le dossier. Cependant, cette
demande doit respecter certaines conditions de forme et de délai exigées par le Code Général
des Impôts.

1.1.4.1.1 Condition de délai


La loi en vigueur octroie obligatoirement un délai général pour les impositions primitives et
un délai spécial pour les procédures liées aux redressements fiscaux.

S’agissant du délai général, c’est un délai qui est relatif aux impôts directs et indirects et aux
taxes annexes à ces impôts. Les demandes de réclamation doivent être faites au plus tard le 31
décembre de l’année précédant celle des actes énumérés à l’article 1034 du CGI pour être
recevable. Notamment le délai de mise en recouvrement du rôle, du versement de l'impôt
contesté, de la réalisation de l'événement qui motive la réclamation, de la réception par le
contribuable d'un nouvel avis d'imposition etc.

Pour le délai spécial, comme on l’a dit plus haut, il concerne la procédure de redressement
faite par l’administration. Il en est de même que celui de reprise de l’administration, c’est-à-
dire au plus tard le 31 décembre de la troisième année suivant celle de la réception de l’avis
de notification de redressements comme le précise le CGI (article 1035 CGI).

1.1.4.1.2 Condition de forme et de fonds


Les réclamations contentieuses en dehors du fait qu’elles doivent être introduites dans le
délai, doivent également respecter certaines conditions de forme inhérentes à leur validité.
Ces conditions sont relatives à la forme de la demande ainsi qu’au contenu de la demande.

En ce qui concerne la forme de la demande, il est fait obligation que la demande soit faite par
écrit, sous forme de lettre et être datée et signée de la main du contribuable qui en fait la
demande. Les réclamations doivent être individuelles en principe cependant, la loi a assoupli
les modalités en permettant une réclamation collective dans certains cas énumérés à l’article
1037 du CGI. La demande doit être faite par le contribuable lui-même ou par un mandataire
qui doit justifier de son mandat. Mais cette obligation ne concerne pas les notaires, les
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huissiers, les avocats ; qui n’ont pas besoin de présenter un mandat expresse avant
d’introduire une demande contentieuse. Il faut préciser que toute personne qui fait une
demande contentieuse doit être domiciliée au Togo, pour ceux qui sont hors du Togo, ils
doivent faire élection de domicile fiscal au Togo comme le précise l’article 1040 du CGI.

Par ailleurs, une réclamation jugée irrégulière en la forme peut toutefois être instruite pour
aboutir à un dégrèvement si elle a été tenu informé pour une régularisation dans un délai de 30
jours mais qui n’a pas été respecté.

S’agissant du contenu de la demande, il doit contenir la mention imposition contestée ;


l’exposé sommaire de motifs et conclusion ; la signature manuscrite du demandeur et la partie
contestée. En plus, le demandeur doit continuer à payer sa dette fiscale. Dans le cas contraire,
il peut introduire une demande pour différer le payement de cette dette.

1.1.4.1.3 Examen de la demande


Une fois que la demande introduite est régulière en la forme et que dans le contenu, le délai
prescrit par la loi est respecté, l’administration doit pouvoir instruire la demande et procéder à
un examen au fond de celle-ci et donner une suite à la demande par une décision.

L’examen au fond consiste en un regard sur les faits de droit et les motifs pour lesquels le
contribuable se base pour sa réclamation. Il s’agit de voir l’argument du contribuable et
confronter celui-ci avec ce que la loi exige comme obligation dans le code général des impôts.

D’une part, l’examen des motifs de fait exposés par le contribuable en première position,
consiste en une analyse des faits précédemment connus par l’administration et certaines
informations reçues des services de contrôle comme le service des enquêtes et recoupements
et d’autres informations recueillies par la communication entre services.

D’autre part c’est l’examen des motifs de droit, et cela consiste en une analyse du bien-fondé
ou non de la demande du contribuable. Il s’agit dans ce cas, de faire recours aux lois et
règlements puis aux décrets et arrêtés en vigueur en la matière, et voir si la contestation du
contribuable sur l’imposition est fondée et ainsi faire suite (en appliquant le droit) à ces faits
constatés. Il faut noter que c’est la confrontation de ces règles de droit et une application de ce
droit aux faits exposés par le contribuable qui est demandé à l’administration. Dans certains
cas, il faut préciser que l’administration arrive à une substitution de base légale car ne
trouvant une autre loi qui justifie cette présente contestation primitive.

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En définitive, il est important de préciser que la charge de la preuve incombe à la partie qui
invoque un fait, c’est-à-dire celle qui suppose que son droit a été bafoué, doit le prouver car la
charge de la preuve incombe de ce fait au demandeur. Ainsi, selon les cas, la charge de la
preuve peut incomber soit à l’administration soit au contribuable. Le mode de preuve est celui
du droit commun, c’est-à-dire par tous moyens et selon le Code général des impôts en
vigueur.

1.1.4.1.4 La suite donnée par l’administration


L’examen de la demande du contribuable est une obligation pour l’administration tant qu’elle
est conforme dans la forme que dans le contenu et introduite dans le délai. Suite à cette
instruction, le contribuable doit forcément avoir une réponse de l’administration qui peut être
soit favorable soit défavorable. La décision de l’administration doit intervenir dans un délai
normal de six (6) mois avec possibilité de prorogation n’excédant pas trois (3) mois
supplémentaire si elle n’est pas arrivée à une décision dans ce délai général tel que nous
l’avons déjà signalé plus haut.

Cependant, la décision doit être prise par une autorité compétente en la matière car l’agent qui
a instruit le dossier peut ne pas être celui qui est compétent pour rendre la décision. Dans ce
domaine, dans le cas du Togo, c’est le Commissaire des Impôts qui est compétent pour rendre
la décision finale mais souvent, ce pouvoir peut être délégué à un agent ou au directeur ou
autre personne compétente en la matière en cas d’absence ou d’occupation du Commissaire
des Impôts.

1.1.4.2. Autres procédures purement administrative


Dans la phase administrative du contentieux, il existe d’autres demandes qui ne sont pas des
demandes contentieuses au sens strict et qui n’ont pas un caractère de procédure
contradictoire. Il s’agit notamment des demandes de remise gracieuse, de la transaction, des
décisions d’office et des affaires signalées.

1.1.4.2.1 Demande de remise gracieuse


La demande de remise gracieuse en soi n’est pas une procédure contentieuse mais juste une
mesure de bienveillance sollicitée par le contribuable ou un fonctionnaire d’Etat auprès de
l’administration.

- Demande faite par le contribuable

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Cette demande est un droit accordé par le code général des impôts précisément en son article
1115. Cette procédure est plus utilisée par les contribuables qui ressentent ou qui ont des
difficultés financières avérées les empêchant d’honorer leurs charges ou dettes fiscales. Ainsi
ils peuvent demander une réduction de certaines impositions de même que des majorations et
pénalités qui sont régulièrement établies.

- Demande faite par un fonctionnaire

Le receveur dans certains cas ne recouvre pas tous les montants qu’il devait recouvrer dans le
délai. Ainsi à l’expiration de ce délai, les montants non recouvrés doivent être à sa charge car
l’obligation lui est faite de tout recouvrer. Pour ce fait, il peut introduire une demande
d’admission en non-valeur pour le montant non recouvré pour ainsi se décharger de
l’obligation qui l’incombe.

Dans certains cas, il s’agit des montants antérieurs à son affectation au poste qui sont restés
non recouvrés ou recouvrés mais en partie il doit introduire une demande de décharge de
responsabilité si une imposition est restée non recouvrée suite à l’intervention d’une autorité.
Dans ce cas, le comptable peut introduire une demande de remise gracieuse pour demander un
sursis de paiement si les montants sont à sa charge.

1.1.4.2.2 La transaction
Elle est consacrée également par l’article 1115 du code général des impôts. Elle est un contrat
passé entre l’administration et le contribuable dans le seul but d’amoindrir les pénalités à
savoir : intérêts de retards, amendes ou majorations. Cela en contrepartie du paiement des
droits simples restants. La transaction doit être notifiée au contribuable, après décision de
l’administration si elle a partiellement ou totalement accepté la demande. Cette notification
doit être faite avec avis de réception. Le contribuable dispose alors d’un délai de douze (12)
jours, pour faire savoir son acceptation ou refus. Dès réception de la lettre de l’administration,
l’acceptation de la transaction signifie que les parties renoncent à toute poursuite de procédure
contentieuse pour les droits simples et les pénalités restantes.

Pour les personnes compétentes en matière de transaction, l’article 1119c du CGI est explicite
en ces termes : « en ce qui concerne les transactions, la compétence du Commissaire des
Impôts est limitée à cent millions (100 000 000) de francs CFA. Au-delà de ce montant les
demandes sont soumises à l’approbation du Ministre de l’Economie et des Finances ».

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En ce qui concerne l’instruction de la demande de remise gracieuse, il faut dire que cette
compétence revient aux mêmes agents du contentieux chargé des demandes contentieuses
proprement dites. Cette instruction commence par un examen au fond c’est à dire du bien-
fondé de la demande pour une requalification car en gracieux les vices de forme sont rarement
pris en compte pour rejeter la demande. Cela exige la connaissance de la situation financière
du contribuable mais faire aussi une liaison avec le service du recouvrement pour voir la
situation réelle du contribuable avec l’administration et son comportement au regard de sa
charge fiscale. Ceci permettra à l’administration de prendre sa décision et l’adapter à chaque
situation rencontrée avec le contribuable soit avec le contentieux ou les autres services.

S’agissant de la décision de l’administration, aucun délai n’est imparti pour la rendre. Par
contre l’administration au regard de la situation et du besoin que présente l’intérêt de rendre
vite la décision, l’administration ne tarde pas à prendre sa décision en matière gracieuse. Ceci
est même recommandé pour ne pas aggraver la situation financière du contribuable. En cette
matière, l’article 1119 du CGI là-dessus est clair, la décision de transaction n’est jamais
motivée.

Cependant en cas de rejet total ou partiel, une voie de recours est ouverte (art. 1120 CGI)
devant ces mêmes autorités si de nouveaux faits y sont insérés.

1.1.4.2.3 Les décisions d’office


Par définition, les décisions d’office ou encore dégrèvement d’office sont une forme de
restitution d’impôt suite à une erreur d’imposition constatée par l’administration au préjudice
d’un contribuable. Dans ce cas, l’intéressé est astreint à la présentation d’une réclamation
régulière en la forme et sans considération de délai d’expiration ou de prescription. Les
décisions d’office ne doivent pas seulement se limiter à la réparation des erreurs pour
lesquelles la responsabilité du service se trouve engagée mais aussi sur des bases conformes
d’impositions des déclarations souscrites par le contribuable lui-même. Cette procédure peut
intervenir même lorsque les impositions sont devenues définitives ou que l’instance
contentieuse est en cours d’exécution.

Pour cette procédure, un délai d’exécution est accordé selon le principe de la prescription qui
peut frapper ces actions. En d’autres termes, la demande de dégrèvement d’office suit un
délai, qui échut au 31 décembre de la troisième (3e) année suivant celle au cours de laquelle le

16
délai de réclamation a pris fin ou, en cas d’instance devant les tribunaux, celle au cours de
laquelle la décision intervenue a été notifiée.

Par ailleurs, il faut préciser que la procédure de dégrèvement d’office ne connait aucune voie
de recours car elle n’est pas une obligation pour le service des impôts. Les textes qui le
prévoient n’autorisent pas le contribuable à faire un recours et ne prévoient un droit pour le
contribuable de faire un recours contre la décision de l’administration en cette matière.
Toutefois, un recours pour excès de pouvoir peut être fait par le contribuable si celui-ci a eu à
constater ces faits.

1.1.4.2.4 Les affaires signalées


Elles sont des pétitions faites par des élus locaux en faveur des contribuables redevables des
impôts et taxes, qui sont dans la localité desdites autorités. Ces demandes sont adressées par
écrit obligatoirement soit au commissaire des impôts soit au ministre de l’économie et des
finances. Ces demandes concernent souvent une remise gracieuse, réclamation relative à une
imposition.

Cette procédure souvent utilisée en France est plus codifiée. Par contre, au Togo elle n’est pas
trop pratiquée non seulement pour sa méconnaissance mais aussi pour la non-existence dans
les textes régissant les impôts et taxes.

1.1.4.3. Le contentieux dans sa phase juridictionnelle


C’est la seconde phase de la procédure contentieuse. En fait, quand la première phase du
contentieux au niveau de l’administration ne trouve pas solution pour les parties, celles-ci
peuvent saisir les tribunaux pour entendre droit et ainsi obtenir satisfaction si possible. Il
s’agit notamment de recours devant le juge administratif et devant le juge judiciaire selon le
cas.

1.1.4.3.1 Recours devant le juge administratif


Selon le code général des impôts du Togo, le recours devant le juge administratif ne peut
concerner que les impôts directs et taxes sur les chiffres d’affaires ou des taxes assimilées.
Ainsi, la loi donne compétence a cette juridiction de recevoir les différends entre le
contribuable et l’administration en cette matière dès lors que satisfaction n’a pas été donnée à
la phase précédente obligatoire ou que la réponse n’a pas été donnée dans un délai raisonnable
imparti par la loi. Certaines affaires sont jugées en audience publique.

17
1.1.4.3.1.1 Procédure à suivre
Cette procédure concerne certaines conditions qu’il faut respecter pour éviter la nullité ou le
vice de procédure qui conduit à une annulation de la demande. La requête doit être introduite
auprès de la chambre administrative de la cour d’appel.

- Délai pour introduire la demande

Pour le contribuable, il peut saisir le tribunal administratif dans un délai de deux (2) mois qui
sera compté à partir de la date de notification de la décision du service des impôts qui a statué
sur sa demande et dont la réponse ne le satisfait pas ; ou soit à l’expiration du délai imparti à
l’administration pour prendre sa décision ou notifier sa décision au contribuable.

Par contre pour l’administration, la saisine du juge administratif peut être faite d’office dans la
mesure où elle n’a pas notifié sa décision dans le temps au contribuable ou que celui-ci n’ait
pas exercé son droit de recours devant le juge administratif. La saisine du tribunal par
l’administration doit faire obligatoirement office d’information au contribuable.

- Forme et contenu de la demande

S’agissant de la forme de la demande, il n’existe pas une grande rigueur car il appartient juste
au contribuable ou à l’administration d’adresser une lettre signée par celui qui en fait la
demande, au greffe de la Cour d’Appel. Elle doit être accompagnée de la décision prise à la
phase obligatoire préalable et doit aussi indiquer les noms et domicile des deux (2) parties, les
faits et moyens de conclusion doivent y figurer en exposé sommaire. Le code prévoit les cas
de représentation ou de mandat.

Dans le cas où l’administration soumet d’office le litige à la décision de la cour d’appel, la


réclamation initiale du contribuable vaut requête au tribunal.

- Instruction de la demande

Comme cela se fait dans les tribunaux de droit commun, l’instruction commence par un
enregistrement et l’inscription sur le registre d’ordre et par la désignation d’un magistrat
rapporteur par le président de la cour. Ainsi les mémoires peuvent être échangés entre les
parties. L’examen des dossiers sera fait par le ministre selon la procédure devant la chambre
administrative de la Cour d’Appel. La demande d’une partie introduisant la procédure est une
conclusion dont la partie adverse devra répondre aussi de la même façon.
18
Par ailleurs, l’information des parties est faite par le président après enregistrement ou sur ses
ordres dans le bureau central du greffe. Ainsi, le président ou le magistrat rapporteur après
leur décision, communication et notification doivent immédiatement être adressées au
commissariat des impôts.

Pour ce qui concerne le contribuable, communication doit lui être faite à son domicile
principal même si celui-ci a été représenté ou a donné mandat à une tierce personne chez qui
elle a élu domicile. Cependant notification peut être faite au domicile du représentant si le
contribuable n’est pas domicilié au Togo.

Le service des impôts une fois informé, la cour d’appel donne un délai de six (6) mois à partir
de cette date pour former sa réplique. Mais dans certaines circonstances, elle peut lui donner
un délai supplémentaire n’excédant pas trois (3) mois.

Pour le contribuable, c’est le président qui lui fixe un délai pour former sa réplique après
notification des mémoires de la défense.

Ainsi seront faits les échanges entre l’administration et le contribuable par l’intermédiaire de
la Cour d’Appel jusqu’à ce que le jugement arrive.

Du côté de l’administration, le défaut de réponse est considéré comme une acceptation des
arguments exposés par le contribuable, mais du côté de ce dernier il est considéré comme un
désistement.

Néanmoins, il arrive des fois de faire des expertises ou de suppléments introductifs pour
déboucher sur un jugement mais il s’agit ici des cas d’exception.

- Le jugement

Une fois l’instruction achevée, le ministre public joint ses conclusions au dossier et les
transmet au président de la Cour d’Appel qui, peut fixer la date à laquelle les parties pourront
présentées leurs observations orales devant la cour

La cour d’appel se réunit en chambre de conseil puis le ministre est invité à donner ses
conclusions, ainsi sauf réplique autorisée par le président, la cour peut librement mettre
l’affaire en délibération. Il est à noter que les arrêts de la cour sont rendus en audience

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publique sauf exception en matière d’impôts sur le revenu et taxes accessoires et aux amendes
fiscales correspondantes qui sont rendus à huis clos.

1.1.4.3.2 Recours devant le juge judiciaire


La procédure devant le juge judiciaire ne prend en compte que l’assiette et le recouvrement,
en d’autres termes, les différends sur les droits d’enregistrement, des droits de timbre et des
taxes assimilées à ces droits ainsi qu’aux taxes sur les conventions d’assurance. De même, en
matière de recouvrement, le juge est habilité à régler toutes les oppositions à des actes de
poursuites. Seul le Tribunal de Première Instance, siégeant en chambre civile est compétent
pour connaitre ce contentieux au fonds. Cependant les demandes doivent respecter certaines
exigences comme en matière de demande introduite devant le juge administratif.

1.1.4.3.2.1 Procédure à suivre


Généralement, c’est le tribunal situé dans le ressort de l’administration fiscale chargée de
recouvrer les droits y afférents qui est compétent. En matière de droit d’enregistrement (D.E),
les différends relatifs à la valeur vénale d’immeuble, de fonds de commerce, de marchandises
neuves, droit de bail d’immeuble, de navires et de bateaux, le tribunal compétent est celui du
lieu de la situation de ce bien. Ainsi en est-il du principe et de l’exception.

- Délai d’introduction de la demande

Comme on l’a dit plus haut dans l’autre procédure, le délai imparti est de deux mois pour le
contribuable pour saisir le tribunal de première instance (TPI), et ceci à compter de la
réception de la notification de la décision de l’administration qui doit intervenir dans les six
(6) mois impartis. Si le délai de six (6) mois est dépassé, le contribuable peut introduire sa
demande même en existence d’une notification de la part de l’administration pour un délai
supplémentaire. Ainsi, en l’absence de décision de l’administration dans le délai de six mois,
le contribuable peut valablement introduire sa demande au tribunal compétent.

- Forme et contenu de la demande

Il s’agit ici d’une demande d’assignation directe introduite par la partie adverse et par exploit
d’huissier. Il faut noter la particularité de cette forme de demande qui évite généralement au
contribuable les vices de forme pouvant entrainer l’irrecevabilité de la demande.

20
- Instruction de la demande

En principe, l’instruction se fait par simples mémoires respectivement signifiés. Toutefois les
parties peuvent faire des observations orales par l’intermédiaire de leurs représentants légaux.
Un délai raisonnable est tout de même accordé aux parties pour présenter leur défense
respective.

L’expertise peut être demandée par les parties en instances concernant les droits
d’enregistrement et les réclamations relatives à la valeur vénale comme le précise l’article
1026 al.2 du CGI. Un rapport doit être dressé par ceux-ci à la fin de leur expertise et
respectivement informé les parties par lettre recommandée avec accusé de réception. Ainsi les
parties disposent d’un délai de deux mois pour établir leur conclusion et à la fin de ce délai, le
tribunal doit se prononcer sur l’affaire.

- Jugement

Pour départager les parties et faire droit à une, le tribunal statue sur le rapport d’un juge en
audience publique pour son jugement. Ce jugement en principe est notifié au domicile réel du
contribuable, toutefois si celui-ci n’en a pas un, il lui sera notifié au domicile élu au Togo.
C’est-à-dire son représentant légal.

Néanmoins il faut préciser que le jugement du tribunal est sans appel possible pour les parties,
mais un pourvoi en cassation peut toutefois être formé contre ce jugement.

L’important à savoir est que les décisions de l’administration et les jugements des tribunaux
donnent lieu à des conséquences particulières, c’est-à-dire des remboursements des frais et
des intérêts moratoires tant au profit du contribuable qu’à celui de l’administration.

Les frais remboursables sont ceux que les parties à l’instance ont utilisés pour la procédure
tout comme les garanties de procédure. Du côté du contribuable ; ces remboursements de frais
sont ceux exposés pour constituer les garanties nécessaires à l’obtention du sursis de
payement et les frais d’expertise. Ces derniers sont entièrement supportés par la partie qui n’a
pas obtenu satisfaction ou a perdu le procès. Ces remboursements suivent les conditions
exposées dans l’article 1079 du CGI.

Les intérêts moratoires remboursables sont ceux calculés au taux d’intérêt légal et qui ne sont
pas capitalisés notamment pour le contribuable que pour l’administration.

21
Le contribuable lorsqu’il obtient du tribunal des dégrèvements partiel ou total concernant les
impôts litigieux payés ou encore des garanties consenties dans le cadre d’obtention des sursis
de paiement. Les impôts réels à calculer sont calculés en tenant compte de tous les
dégrèvements qui courent du jour de la réclamation ou du paiement des impôts litigieux.

Pour l’administration fiscale, c’est quand il y a rejet total ou partiel des recours du
contribuable qui a même obtenu un sursis de paiement, que les intérêts au profit de l’Etat
devront être versés par le contribuable et ceci sera calculé selon le taux légal d’intérêt et sur
les cotisations maintenues à sa charge. Il en est de même en cas de désistement.

1.2. Problématique
La question du contentieux fiscal est une question permanente. Comme disent les juristes :
« la matière fiscale est contentieuse » puisque tant qu’existe la fiscalité, il existera toujours
des contestations, cependant, c’est leur volume et leur fréquence qui sont importants.

L’Office Togolais des Recettes (O.T.R), depuis son avènement est dans une politique de
l’élargissement de l’assiette fiscale avec une vision de l’enrayement de la corruption et la
facilitation des tâches aux contribuables. Pour cela, l’ancien système qui n’était rien d’autre
que le système actuel mais non appliqué au fond dans son principe mais seulement en théorie,
a trouvé renforcement en pratique et sur des bases légalement renforcées avec la nouvelle
institution qu’est l’OTR. C’est ainsi que le système déclaratif auto liquidé a été instauré et
réellement appliqué dans son principe. Ce système amène les contribuables à faire
personnellement leur déclaration et à pouvoir liquider les impôts y afférents. Toutefois,
l’administration se réserve le droit de contrôle a posteriori. Cette politique donnerait l’amour
aux contribuables qui serait de payer volontairement ses impôts et taxes car étant basé sur la
confiance. Du côté de l’Etat, cette stratégie permettrait de renflouer la caisse et ainsi pourvoir
à ses multiples besoins croissants. En additif à ces priorités, ceci permettrait une éducation du
contribuable à aimer plus volontairement les impôts et donnerait ainsi une force pour
l’évolution économique et sociale du pays. Dans cet objectif, le contribuable étant au centre
de l’enjeu et, tout tournant autour de lui, ses droits seront plus renforcés et sa liberté plus
étendue. Cela facilitera la tâche et renforcerait la relation entre l’administration et les
contribuables et conduirait à plus de facilité dans le recouvrement des recettes fiscales.

Cependant, dans ce système où nous devons avoir plus d’entente entre le contribuable et
l’administration et plus de complémentarité et de complicité, force est de constater qu’il y a

22
plus de discordances entre les deux qui sont supposés être des collaborateurs ou encore des
partenaires.

D’abord nous observons que dans l’actuel système, les droits du contribuable sont étendus
mais comment préserver ce droit avec la conciliation des intérêts inhérents de la toute
puissante administration dans la mesure où la procédure de contestation est faite devant la
même administration. Le contribuable prend toujours attache avec cette dernière sur un
quelconque problème mais le souci se trouve dans la suite que peut donner l’administration à
cette requête. De même la loi prévoit qu’une suite procédurale devant les juridictions
judiciaires soit possible mais y a-t-il les tribunaux spécialisés en la matière, les contribuables
oseront-ils attaquer l’administration devant les tribunaux ? A-t-on des juges spécialisés en
matière fiscale pour connaitre de ces litiges ? Toutefois, au niveau administratif où la même
loi prévoit une commission administrative pour permettre une clarté et une fiabilité des
décisions, celle-ci n’est pas effective et rend encore complexe le droit de contestation accordé
au contribuable. De ce fait, le manque de confiance devient de plus en plus accru car dans
l’ancien système qui est la DGI, l’on offrait des possibilités de négociation et cela
n’engendrait pas assez de contentieux. Les contestations étaient moins et le problème de
confiance ne se posait pas souvent. Le service n’était pas vraiment organisé et strict comme
c’est le cas actuellement. Le service du contentieux seul ne pouvait assumer toutes les charges
s’agissant du règlement des différends surtout en matière fiscale.

Avec l’OTR, il y a un changement de vision, c’est plus de contrôle et de rigueur. Il y a un


pouvoir accru reconnu au contribuable par les textes en matière de protection de leur droit,
ainsi que les contestations d’impôt. Entre le droit de contestation reconnu au contribuable et
face à l’administration qui tient à ses intérêts quel sort réserve-t-on à une contestation
introduite par un contribuable ?

Ensuite nous observons aussi sur un autre volet du problème qui est la garantie (de 25% du
montant des impôts contestés) mise à la charge du contribuable qui conteste une imposition.
L’on se demande le rôle de celle-ci tant l’Etat n’encaisse pas ce montant et le contribuable est
privé de la jouissance de ce montant pour pouvoir le faire fructifier. Cette garantie suivant la
suite du contentieux peut-elle être restituée au contribuable en l’espèce ? Qu’est ce qui
garantit le retour de cette somme ? L’Etat a-t-il organisé les contours pour permettre de
rassurer le contribuable dépositaire de ce montant déposé ?

23
Enfin avons-nous remarqué que depuis un certain temps, le nombre de contestations est en
évolution permanente et cela charge le service du contentieux et ralentit la bonne marche de
l’Administration. Elle fait perdre de temps et des recettes à l’administration ainsi qu’aux
contribuables des manques à gagner. Alors quel intérêt pour l’administration de vouloir
connaître des contestations avant les juridictions prévues en ce domaine ? La nécessité
d’organiser au mieux le contentieux pour un fonctionnement et une bonne appréhension n’est-
elle pas importante et jugée utile par l’Administration ? Il a été constaté aussi que dans la
déclaration des contribuables, des erreurs, omissions, dissimulations sont fréquentes lors de la
prise en charge des dossiers des contribuables, ou bien au moment des contrôles fiscaux
principalement. L’urgence n’est-elle pas à l’éducation des contribuables et à la formation des
agents sur la fiscalité et particulièrement en matière contentieuse ? Les contestations sont plus
recensées sur les erreurs d’interprétation des textes ainsi que sur les dissimulations de chiffres
d’affaires réalisés par les contribuables. Souvent, les déclarations des contribuables
comportent des erreurs omissions et dissimulation, ceci par manque de compréhension et
aussi par ignorance de ce qu’il faut produire comme déclaration et ce qu’il faut mettre dans la
base d’imposition. Parallèlement, ce sont aussi les conséquences issues de l’insertion et
l’intégration de l’institution qui ont conduit a plus de mépris envers l’administration amenant
ainsi certains contribuables à faire du dilatoire pour nuire à l’administration.

Quelles stratégies faut-il mettre en place pour mieux gérer le contentieux ? L’application
stricte du système permet-elle une compréhension entre les intérêts divergents des parties et
leur considération respective ?que fait en réalité l’administration pour préserver les droits du
contribuable et concilier ses propres intérêts ? Quelles garanties l’administration donne au
contribuable pour un bon règlement de ce différend les concernant.

1.2.1. Questions de recherche

De tous les problèmes constatés et décrits plus haut, découlent des questions qui se
subdivisent en question générale et en questions spécifiques de recherche.

1.2.1.1. Question générale de recherche

Comment préserver les droits du contribuable et concilier les intérêts inhérents du Trésor
public dans les requêtes contentieuses introduites par les contribuables ?

1.2.1.2. Questions spécifiques de recherche


Parallèlement à cette question générale de recherche, deux (2) interrogations se posent.

24
- quelles sont les garanties qu’il faut pour entourer le recours du contribuable face à la
toute puissante administration ?
- quels intérêts l’administration se réserve-t-elle de vouloir connaître des demandes
contentieuses préalablement avant la saisine des juridictions ?

1.3. Objectifs de la recherche


L’objectif est d’analyser la gestion du contentieux fiscal à l’OTR. Il s’agit d’objectif de
connaissance et d’application.

1.3.1. Objectifs de connaissance


Particulièrement cette étude consiste à faire ressortir les manières dont l’administration gère la
divergence qui existe entre elle et les intérêts du contribuable. Analyser les comportements du
contribuable par rapport au paiement de l’impôt.

1.3.2. Objectif d’application


Cette recherche a pour but de faire ressortir le volume élevé des contestations fiscales et, par
la même entrevoir, des approches de solutions pouvant contribuer à améliorer l’existant.

1.4. Hypothèses de recherche


Dans cette partie, les hypothèses de recherche se décomposent comme suit : une hypothèse
générale de recherche et des hypothèses spécifiques de recherche.

1.4.1. Hypothèse générale de recherche


Nous supposons que l’administration étant toute puissante face au contribuable, les intérêts du
contribuable dans une contestation pourraient être négligés d’où l’importance de mesurer la
balance et éclaircir les points sur cette question. Réellement, l’administration tient-il compte
de l’intérêt du contribuable, ses droits sont-ils respectés. La justice fiscale est-elle appliquée
dans son principe ou l’Etat a-t-il mis tous les moyens pour garantir le recours du contribuable.
Nous supposons que l’administration n’a pas instauré un bon système pour permettre au
contribuable d’user de ses droits et qu’elle se borne juste à satisfaire ses propres intérêts au
détriment des droits du contribuable. Les droits de ce dernier sont violés et parfois ses avis
non pris en compte. Donc mieux donner des pistes pour l’instauration et la mise en place des
structures aptes à gérer le contentieux.

25
1.4.2. Hypothèses spécifiques de recherche

Les textes organisent le recours du contribuable, les lois prévoient des organes pour intervenir
mais en pratique rien de concret. Alors, nous supposons que pour mieux organiser et garantir
ce recours, il faut des organes spécialisés et du personnel compétent et indépendant dans leur
prise de décision.

En second lieu, le fait de connaitre préalablement les contestations permettra à


l’administration de corriger les erreurs de procédure, les textes fiscaux et renforcer ses
capacités. Ceci aiderait l’administration à former ses agents et organiser mieux son service en
améliorant les relations avec les contribuables.

1.5. Justifications
Comme dit-on : « l’habitude est une seconde nature ». Les contribuables exerçant au Togo qui
avaient toujours en tête et dans la pratique la négociation avec l’administration sur l’impôt à
payer se sont vus fermées les portes des négociations avec l’arrivée de l’OTR. Pour cela,
beaucoup craignent la partialité de l’administration en matière de règlement des différends car
elle visera son intérêt en première position et non le respect des droits du contribuable qui a
introduit une demande en contestation tout en espérant une suite favorable de la part de celle-
ci. L’administration connait en première position des différends existants mais ceux-ci sont
traités d’une manière indépendante par le service en charge du traitement mais faisant corps
avec la toute puissante, son indépendance dans sa décision et son action sont remises en
cause.

Pour permettre la célérité, la clarté et la qualité du travail administratif, une indépendance et


une organisation interne est nécessaire pour le règlement des différends pouvant subvenir
entre eux. L’existence de la commission administrative et des tribunaux spécialisés seront un
atout pour le service et garantirait le contribuable et partant, permettre de recouvrer les
recettes fiscales voulues dans le temps. La confiance dans cette relation est très importante et
l’impartialité de l’organe décisionnaire serait aussi capitale. Une réorganisation de la Division
du contentieux semblerait important vu l’information et la connaissance des contribuables sur
le sujet de contestation et le service qui le gère.

Cependant, les textes doivent préciser les contours du montant déposé en garantie et les
aboutissants de cette garantie pour le contribuable, surtout les modalités de retour de ces fonds
déposés en garantie et pour l’administration la disposition de ce montant.
26
Par ailleurs, avec l’arrivée de l’OTR, le contribuable s’est vu changé brusquement les
habitudes sans recevoir un préalable. Un nouveau système avec une réforme institutionnelle
où tout le travail est mis à sa charge donc à lui de bien faire pour éviter de tomber dans le
piège de la loi. Cela fait que beaucoup reste à apprendre et à maitriser avant d’être pleinement
dans le système. Cet apprentissage doit passer par une éducation approfondie et des
formations accrues des personnes concernées pour éviter que des mésententes soient toujours
constatées et présentes entre le contribuable et l’administration. Ainsi aura-t-il une bonne
relation et compréhension de part et d’autre et améliorera-t-il la cohésion sociale et le climat
relationnel.

Il serait nécessaire d’établir une confiance entre les deux acteurs qui doivent être des
collaborateurs et non des ennemis comme c’est le constat actuellement fait par une multitude
de contestations et le mépris à l’égard de l’administration de même que de ses agents. Il faut
faire comprendre l’importance de l’impôt aux contribuables pour aboutir à un payement
volontaire de ces impôts. Ceci va faire aimer aux contribuables la matière qui est l’impôt.
Cela permettra à l’administration d’atteindre ses buts et objectifs annuels et renforcer la
capacité de ses actions prévisionnelles.

1.6. La revue de la littérature


La revue littéraire est une analyse de la documentation sur le contentieux fiscal d’une manière
générale, et au Togo en particulier.

1.6.1. Revue de la littérature interne


La documentation sur le contentieux fiscal est faible. Ce résumé s’est fait à partir des
mémoires et certains documents nationaux comme le Code général des impôts et des
règlements ou des lois en vigueur.

Dans son mémoire sur le thème « difficultés de mise en œuvre du contentieux au Togo »
DOKOU K.D (2016) a relevé les difficultés liées au traitement du contentieux fiscal au Togo.
Il a fait mention de l’évolution du contentieux fiscal togolais et de toutes les difficultés que
rencontre l’administration notamment en matière d’effectifs, du délai de traitement des
dossiers, de l’information des contribuables sur les procédures ainsi que du manque de
formation des agents et du manque de spécialisation des tribunaux. Il a par ailleurs fait
mention de la méconnaissance des voies de recours par les contribuables et la peur qu’à ceux-

27
ci face à la toute puissante administration que représente l’OTR. Ainsi disons-nous que son
document a été un guide pour nous sur certains points.

Nous sommes retournés en arrière pour voir le passé du sujet, au temps de la DGI où l’office
n’était pas encore mis sur pied. Ainsi, une référence a été faite sur le mémoire de
ADEDIRAN N. (2012) sur la gestion du contentieux de l’impôt au Togo. Dans ce travail, elle
a fait mention des défaillances sur la gestion du contentieux. D’abord en ce qui concerne le
système et la procédure des impositions, ensuite sur le mauvais fonctionnement de la division
du contentieux qui est très peu connu par les contribuables et quasiment inexistante dans son
fonctionnement ; enfin le mauvais traitement des dossiers et l’inexistence des commissions
prévues par le Code général des impôts rendent médiocre et inexistante la gestion du
contentieux fiscal au Togo.

Par ailleurs le Code Général des Impôts du Togo a fait plus de mentions et a prévu des
commissions qui de leur existence permettront une bonne marche et pratique du contentieux
mais le constat effectivement est amer. Les voies de recours et les procédures sont certes
prévues par le code et spécifiées mais leur application demeure un souci majeur par manque
de connaissance.

1.6.2. Revue de la littéraire externe


Dans cette rubrique, les avis sont aussi partagés. En ce sens que, les commentaires sur le Code
General des Impôts du Gabon a explicité les idées sur le contentieux en disant que sur la
demande contentieuse, la critique formulée par le contribuable vise à dénoncer l’illégalité de
l’un des actes pris au cours de la procédure ayant conduit à l’établissement de l’impôt, telle la
procédure de contrôle ou celle menée devant les différentes commissions de recours. Pour
exprimer ainsi les enjeux que présente le contentieux.

Tout de même, dans son ouvrage intitulé « le contentieux fiscal en débat », Thierry L. (2014)
a parlé des enjeux du contentieux fiscal. Pour lui, la question centrale sera de savoir si le
contribuable supporte ou non la charge de la preuve, sachant que bien souvent celle-ci
commande l’issue du litige. Il ajoute en disant que pour l’administration, le contentieux fiscal,
c’est d’abord la gestion de flux à contenir le mieux possible dans un délai raisonnable qui
s’impose à elle. C’est ensuite un indicateur assez intéressant quant à l’acceptabilité de l’impôt
et des procédures pour en déterminer l’assiette, le recouvrer et le contrôler.

28
Parallèlement, le séminaire du CREDAF tenu à Bamako en 2009 sur “les enjeux de la
procédure contentieuse préalable devant l’administration“ est aussi parlante. A l’issue de ce
séminaire, certaines questions ont été posées pour avoir des éclaircissements, parmi ces
questions on retient pourquoi lancer une procédure contentieuse préalable devant
l’administration ? Ainsi était le débat et il a été précisé que les délais contentieux représentent
un enjeu majeur de gestion. Leur respect donne l’image d’une administration qui assure la
sécurité juridique et des garanties à ses interlocuteurs. Indirectement, la qualité de la phase
contentieuse préalable a un impact sur le civisme.

Ainsi fait, ces avis et commentaires montrent combien il est important de bien prendre en
compte les intérêts des parties à une contestation surtout en matière fiscale et l’importance
qu’a une action en contestation.

1.7 Définition des concepts clés

Certains concepts pourraient sembler confus d’où il est important de donner un sens clair pour
mieux les appréhender.

 Le contentieux est défini comme « l’ensemble des litiges susceptibles d’être soumis
aux tribunaux ». Le contentieux désigne en matière fiscale, l’ensemble des litiges qui
naissent de l’action de l’administration fiscale.
 Enjeu : un enjeu peut être définit comme l’objet d’une compétition ou d’une
entreprise, le but que l’on poursuit et ce qu’on espère gagner ou ce qu’on risque de
perdre dans une entreprise. En matière contentieuse, c’est le résultat attendu de la
requête contentieuse celui-ci peut être positif comme négatif.
 La pratique : c’est le fait qui conduit à l’action, qui s’occupe principalement de
l’application, qui a le sens de la réalité des choses. Ainsi en matière contentieuse, c’est
l’action de fait dans le règlement des différends entre l’administration et le
contribuable.
 Conflit : c’est une opposition ou discussion d’un droit entre deux ou plusieurs
personnes ou puissance. C’est l’opposition d’intérêt des parties, une mésentente sur un
point donné.
 L’assiette fiscale : est définie comme la matière, la base de l’impôt soumis au calcul,
ou encore l’élément sur lequel est assis le calcul de l’impôt.

29
Chapitre 2 : Le cadre méthodologique de la recherche
L’étude menée est celle dite exploratoire, car dans le cadre de notre travail de recherche nous
avons eu à faire une exploration pour voir en clair ce qui pose problème dans la gestion du
contentieux au Togo.

2.1. Choix et orientations méthodologiques


2.1.1. Entretiens préalable
Le préalable à notre enquête est l’entretien fait avec les agents de l’administration pour cerner
les informations sur le sujet. Cet entretien nous a permis de voir dans quelle mesure et
comment formuler nos questionnaires dans le but de l’enquête voulue. Il a permis également
d’orienter nos recherches sur des voies utiles et pointues.

2.1.2. Enquête
Notre enquête a pour but de recenser du côté des contribuables, ce qui pose problème sur la
base d’imposition et les contrôles fiscaux faisant ainsi objet de contestation. En claire, c’est de
voir les intérêts de l’exercice des droits et la relation qu’il y a avec l’administration s’agissant
de la préservation de ces droits en matière de contestation d’assiette et de contrôle fiscal.

Du côté de l’administration, l’enquête a pour but de savoir exactement ce qui est source de
refus de payement d’impôts ainsi que les contestations chez le contribuable s’agissant
d’assiette et des contrôles fiscaux. D’un autre angle, savoir ce que les actions du contribuable
produisent comme effet sur les recettes fiscales de l’Etat. Ensuite savoir ce qui est le principal
souci ou frein dans le traitement de ces contestations en constante augmentation et voir dans
quelle mesure l’administration arrive à concilier ses intérêts avec les droits du contribuable.
C’est dans ce sens que les enquêtes sont orientées. Ainsi un questionnaire a été établi à
l’endroit de certains contribuables ainsi que certains agents de l’administration fiscale.

2.1.3. Population cible


Sans toutefois nous embrouiller sur le choix des personnes auprès de qui l’enquête devrait être
faite, nous avons juste opté pour les personnes concernées principalement par notre étude. Il
s’agit des agents de la Direction des Grandes Entreprises (DGE), ceux de la Direction des
Moyennes Entreprises (DME) et aussi en partie ceux de la Direction des Centres des Impôts
du Golfe (DCIG), et notamment des contribuables rattachés à toutes ces directions.

30
2.2. Identification des variables et définition des indicateurs
2.2.1. Identification des variables
Nous avons des variables indépendantes et dépendantes.

2.2.1.1 Les variables indépendantes


Comme variable indépendante de notre étude nous avons :

 La conciliation des intérêts du Trésor et la préservation du droit des contribuables dans


une contestation

Cette variable est l’objet principal de notre étude. C’est le problème majeur dont nous avons
recensé pour notre travail de recherche. Cette variable va nous conduire à trouver des
solutions idoines grâce aux indicateurs.

2.2.1.2 Variables dépendantes


Les variables dépendantes sont celles qui sont engendrées directement par les variantes
indépendantes. Elles sont formulées comme suit :

 Garanties d’un recours fiable face à la puissance de l’administration ;


 L’intérêt d’un traitement préalable obligatoire par l’administration fiscale.
Telles sont les variables dépendantes de notre étude dont nous devons nous en charger pour
éclaircir la structuration de notre travail.

2.2.2. Définitions des indicateurs


Les indicateurs sont des faits constatés qui nous conduisent à déduire qu’il y a des problèmes.
Ceux-ci peuvent être la cause d’un problème donné ou source d’une difficulté. Dans le cadre
de notre étude actuelle, les indicateurs sont divers selon qu’il s’agit des variables
indépendantes ou des variables dépendantes.

S’agissant de notre variable indépendante dégagée ci haut, les indicateurs découlant de celle-
ci sont nombreux comme vous pouvez le constater ci-après :

 Erreurs, omissions, manquements et dissimulations dans la base d’imposition : ceci


survient souvent lors de l’établissement des déclarations faites par les contribuables et
surtout après la prise en charge par le service gestionnaire ce qui engendre des
difficultés de résolution pour le contribuable.
 Détermination de la matière imposable : la base est un problème et constitue en soi
une difficulté à laquelle les deux parties font souvent face. Il s’agit des éléments à

31
mettre dans la base, ensuite des textes qui déterminent ces éléments et enfin la
compréhension de ces textes qui sont difficiles.
 Le bien-fondé des impositions mises à la charge du contribuable : la demande de
contestation peut être fondée cependant l’administration peut se tromper ou dans
certains cas, faire une fausse application des textes.
 Absence des juges et tribunaux spécialisés. Ceci permettra une bonne justice fiscale et
constitue une garantie pour les droits du contribuable. La spécialisation conduirait à
une confiance dans la décision de cet organe.
 Le dilatoire : Ainsi, il existe plus de contestations qui sont faites volontairement juste
pour faire perdre le temps et les recettes à l’administration fiscale.
Du côté des variables dépendantes, nos indicateurs sont énumérés comme suit :

 Les décisions de l’administration : pour le contribuable, l’administration étant juge et


partie ne peut valablement faire valoir leurs droits.
 Changement du système fiscal : l’intégration du système fiscal a changé les habitudes
de certains contribuables. Pour d’autres, il a engendré plus de confusion de telle
manière qu’il est difficile pour eux d’intégrer le nouveau système.
 Manque d’effectif dans la division du contentieux : le travail à faire et le personnel
disponible ne sont pas proportionnels. Ainsi il y aura accumulation des dossiers qui
causerait la lenteur administrative et c’est le constat fait. Il y a un manque cruel
d’effectif dans la division du contentieux et donc la répartition des taches ne peut être
que difficile.
 Effectivité de la commission administrative de recours : le travail de traitement de
différend ne peut être fait d’un seul côté. La loi a prévu la commission administrative
fiscale au Togo. Les avis que cette commission devrait donnés permettront au service
contentieux de vider certains dossiers.
 Manques des tribunaux et juges spécialisés : dans un travail qui doit être bien fait il
faut du personnel et aussi des structures adaptées. Si aujourd’hui il existait des
tribunaux et des juges spécialisés dans le domaine du contentieux fiscal, le contentieux
trouvera un dénouement rapide pour l’intérêt des contribuables que de l’OTR.
 Nombre croissant des contribuables : plus il y a des contribuables plus il y a des
difficultés et des problèmes à régler d’où le nombre croissant des dossiers en
contentieux. L’entreprenariat promus par le Togo a fait naitre plus d’entreprises qui
doivent se conformer obligatoirement aux règles fiscales en vigueur et n’étant pas

32
préalablement préparés et informés suffisamment sur les dispositions en vigueur,
ceux-ci rencontrent alors d’énormes difficultés et sont source de contestations
majeures.
Sur le deuxième volet de la variable dépendante intitulée : l’intérêt d’un traitement préalable
obligatoire par l’administration fiscale, nous avons de même recensé quelques indicateurs qui
sont indispensables à cette variable.

 Application des textes fiscaux : l’application est un problème qui est lié aux deux
parties à savoir l’administration et le contribuable. Les erreurs proviennent souvent du
fait que l’on ne sait pas précisément quel texte doit être appliqué à une situation. Le
contenu prête souvent à confusion de même que la multiplicité des situations le
complique davantage
 Compréhension et maitrise des textes fiscaux : aujourd’hui certains contribuables
connaissent le droit de contestation et il l’exerce pleinement. D’autres maitrisent ces
textes et en font application pour nuire à l’administration fiscale ou soit l’utilisant dans
un but de fraude ou dissimulation de revenus afin d’échapper à l’impôt.
 Ignorance de certaines procédures : certains contribuables ignorent leurs droits, il n’est
pas exclu que l’administration puisse aussi mal interpréter ou mal appliquer les textes
fiscaux.
 Intensification en matière de sensibilisation des contribuables : les contribuables
doivent être sensibilisés sur un nombre de choses. Ils doivent être informés de
l’existence d’une cellule de communication. L’administration doit plus se rapprocher
des contribuables. Beaucoup de contribuables sont ignorant et agissent dans
l’ignorance causant préjudice à l’administration.
 Manques d’information ou de sensibilisation des contribuables : si les contrôles et la
rigueur administrative ont conduit à plus de problèmes, c’est parce que le contribuable
n’a pas la confiance en l’administration fiscale. Ainsi une bonne éducation permettra
de rapprocher les contribuables de l’administration et d’éviter certaines contestations
sans objet. C’est un constat fait et qui demeure un problème majeur que
l’administration doit pouvoir résoudre pour accroitre son rendement.

33
2.2.3. Structuration des variables et indicateurs

Variables indépendantes Indicateurs

La conciliation des intérêts de l’administration et  Détermination de la matière


préservation des droits du contribuable dans une imposable
contestation fiscale.  Procédure d’établissement de
l’imposition
 Prise en charge des déclarations
définitives
 La peur des contribuables face à
l’Office Togolais des Recettes.
 Des contestations dilatoires
 Erreurs, omissions, dissimulations
et manquements.

Variables dépendantes Indicateurs

Les garanties d’un recours fiable face à la toute  Manque des tribunaux et juges
puissante administration. spécialisés en la matière ;
 Formation des agents spécialisés en
la matière ;
 La durée du traitement des
demandes : la célérité ;
 L’indépendance de l’administration
face à ses intérêts ;
 Manque d’effectif au service
concerné
L’intérêt d’un recours préalable obligatoire devant  Erreurs de l’administration ;
l’administration  Défaillance des textes fiscaux
 Mauvaise application des textes
fiscaux
 Longue procédure judiciaire
 Information du contribuable.

34
2.3. Outils de collecte
L’enquête qui a permis de faire des collectes s’est faite par des guides d’entretiens effectués
au sein de l’Office Togolais des Recettes pendant notre stage ; des observations faites durant
notre séjour au service du contentieux, des questionnaires qui sont directement adressés aux
personnes concernées, notamment les agents des impôts d’autres directions, et les agents du
service contentieux, ainsi que les contribuables.

2.3.1. Le stage effectué au sein de l’office


Dans le cadre de formation pratique et pour le travail de recherche qui doit être mené, nous
avons effectué un stage de formation au sein de l’office togolais des recettes pour compléter la
formation théorique et apprendre la pratique puis s’imprégner de la réalité du monde
professionnel. Ce stage fait dans les services gestionnaires des impôts a duré quatre (4) mois.
Durant ce stage, nous avons fait le tour des directions et divisions des impôts au sein de
l’Office Togolais des Recettes. Cela nous a permis de connaitre en réalité ce qui se fait et ce
qui se passe dans la gestion du contentieux et par la même occasion voir en clair les enjeux de
la pratique du contentieux au Togo.

En effet, le tour des directions à savoir la Direction des Grandes Entreprises, la Direction des
Moyennes Entreprises et la Direction des Centres des Impôts du Golfe nous a permis de
constater qu’il y a un enjeu majeur sur la pratique du contentieux qui est ressenti au niveau
des deux parties que sont les contribuables et l’administration. Le regard jeté sur le
contentieux fiscal au Togo, la discussion menée avec les agents en charge de ces directions
ainsi le contentieux fiscal au Togo, ont guidées le choix de notre sujet de recherche. Le stage
étant pratique, celui-ci nous a également conduits vers les contribuables sur le terrain qui ont
eu à émettre des avis et à donner des pensées positives sur le contentieux. De ce fait, les
enjeux ont été constatés de deux côtés ce qui a conduit à des entretiens pour une meilleure
appréhension des problèmes objets de nos recherches.

2.3.2. Guides d’entretiens


A chaque direction, nous nous entretenons avec les agents sur ce qui est l’enjeu principal du
contentieux aujourd’hui. Cela nous a permis de constater le problème qui existe au niveau
des contribuables surtout avec la nouvelle structure qu’est l’OTR. Nous avons pu nous
approcher de certains agents et discuter de quelques questions sur ce qui est la cause de
contestation des contribuables et les solutions qu’espèrent les contribuables en ce sens de
même que l’administration fiscale. L’entretien avec les contribuables souvent est fait à partir

35
des causeries avec une approche d’étude qui est proposée et non de travail de fond car la peur
qui entoure le nom de l’institution et la situation qui prévaut est celle du résultat attendu certes
avec certaines critiques sur la puissance que représente l’OTR.

2.3.3. Les observations


La durée de notre stage à la DLCF et dans les autres directions nous a amené à constater les
problèmes de contestation et surtout l’intérêt que porte l’administration sur le traitement des
dossiers contentieux ainsi que le résultat et les avantages possibles dont les contribuables
peuvent bénéficier. De ce fait, les observations faites à la division du contentieux dans la
gestion des dossiers sont donc parlantes et ont permis de déceler des anomalies. Alors pour
être plus concret et savoir le problème existant dans son essence, un questionnaire a été
adressé aux agents de l’administration de même que des contribuables.

2.3.4. Les questionnaires


Pour les enquêtes, nous ne sommes pas restés en marge des entretiens ni des observations. En
plus de ces moyens ou outils, nous nous sommes permis d’établir un questionnaire pour les
contribuables, les agents du contentieux et des services gestionnaires des impôts. Ces
questionnaires nous ont permis de rassembler des réponses qui permettront d’effectuer des
analyses et d’aboutir à des solutions et à des propositions. Il est à noter que les questionnaires
sont distincts selon qu’il s’agisse des contribuables, des agents de la division du contentieux
ou des autres agents de l’OTR.

2.4. Choix et caractéristiques du groupe cible ou de la population


Pour mener à bien notre étude, nous avons jugés utile de mieux prendre pour cible d’étude les
agents des impôts et les contribuables qui font des contestations d’impôts

2.4.1. Les agents des impôts


La fiscalité intérieure est ici notre champ d’étude. Ainsi nous avons trouvé judicieux de
prendre pour étude les agents chargés de celle-ci. Pour ce faire, nous avons choisi d’abord les
agents de la Direction des Grandes Entreprises, ensuite ceux de la Direction des Moyennes
Entreprises et enfin les agents de la Direction des Centres des Impôts du Golfe qui gèrent
aussi bien les contribuables au régime de la taxe professionnelle unique, que ceux relevant du
régime du réel. Ce choix est justifié par le fait que les agents des impôts sont ceux qui sont en
contact permanent avec les contribuables, de surcroit c’est eux qui sont les gestionnaires des
dossiers des contribuables et qui se chargent du contentieux.

36
2.4.2. Les contribuables
Le contentieux doit forcément réunir deux parties et il serait anormal de ne pas tenir compte
de la partie concernant le contribuable. De ce fait, nous avons établi un questionnaire adressé
aux contribuables de différentes directions de l’OTR, pour une vue d’ensemble de la situation
conflictuelle en matière fiscale.

2.5. Identification ou choix de terrain de recherche


Notre choix qui porte sur le contentieux n’est pas fortuit. En effet, nous sommes partis d’un
constat qui est que bon nombre de polémiques entourent l’OTR. Il s’agit notamment des
contestations des contribuables qui pensent que l’administration n’est pas juste envers eux
surtout lorsqu’il s’agit des redressements fiscaux. Nous avons constaté qu’il y a un
mécontentement généralisé des contribuables sur la gestion que fait l’office. Partant de ce
constat, nous avons jugé utile d’orienter nos recherches sur cette institution. Mais la raison
principale de ce choix est que l’OTR est une institution naissante et seule administration en
charge de la fiscalité sur le territoire togolais. De ce fait, étant au Togo et notre champ d’étude
étant la fiscalité, nous avons jugé utile de prendre comme terrain d’étude la fiscalité de ce
pays qui est actuellement dans une logique de dynamisation et de modernisation pour
accroitre nos connaissances.

2.6. Constitution du groupe cible ou de l’échantillonnage


La constitution de l’échantillonnage s’est faite à partir de la population cible. Nous avons
interrogés 53 agents des services gestionnaires, 53 contribuables issues des différentes
directions des impôts et sept (7) agents de la division du contentieux. Cet échantillonnage a
permis de faire la collecte des données mais avec certaines difficultés rencontrées.

2.6.1. Collecte des données


Les outils utilisés pour la collecte sont comme dit plus haut : les entretiens, les observations et
les questionnaires. Ces outils nous ont amené à faire des collectes d’informations auprès des
contribuables que des agents et des services du contentieux. Tout d’abord en ce qui concerne
la division du contentieux dont nous avons passé deux semaines à observer, à mener des
entretiens et à établir un questionnaire pour ces agents, le fonctionnement a fait l’objet de plus
d’attention. Notre passage au service du contentieux a commencé par des observations des
agents, de leur tâche quotidienne et de la quantité ainsi que de la qualité du travail. Ensuite
nous avons eu des entretiens avec les agents sur ce qui est de leur travail, de la manière dont

37
ils le font et du résultat auquel ils parviennent. C’est après ces préalables que nous avons
établi un questionnaire destiné à nous renseigner sur les zones d’ombre.

Du coté des contribuables, la collecte n’a pas été facile car il faut du temps pour expliquer à
ceux-ci l’objet des entretiens et le but poursuivi avant d’obtenir des réponses. Nous avons
procédé par des explications allant toutefois dans l’intérêt du contribuable tout en précisant
que c’est pour une étude estudiantine et dans le cadre d’un travail professionnel de recherche.
Par ailleurs, les observations de ce côté ont été faites sur le terrain, au lieu de travail, ou nous
avons pu rassembler les informations. A la fin des travaux il nous est demandé d’établir un
questionnaire et d’aller expliquer le bien-fondé pour permettre aux contribuables de nous
répondre et obtenir des informations voulues.

2.6.2. Les difficultés rencontrées


Dans le cadre de notre recherche, nous nous sommes heurtés à certaines difficultés liées à
l’indisponibilité et de manque d’effectif des agents dans la division du contentieux qui est
principalement l’objet de notre étude. En effet, les agents de cette division sont tout le temps
occupés par leurs tâches quotidiennes ce qui ne nous a pas permis de nous entretenir de façon
continue avec eux. Le manque d’effectif est vraiment ressenti au niveau des agents qui
s’attèlent à combler ce vide d’effectif ce qui est à la base d’une pression continue et cela ne
nous a pas permis de faire le tour de toutes les questions. Cependant du côté des
contribuables, le frein à notre travail, c’est la peur et la méfiance car ils sont plus réticents à
fournir des renseignements lorsqu’il s’agit de l’OTR. Ils n’ont pas accepté nous renseigner sur
une grande partie du questionnaire constituant l’échantillonnage. Il a fallu mettre du temps
pour que certains acceptent nous renseigner. La réticence de ceux-ci réside dans le fait qu’ils
ne veulent pas engager leur responsabilité. Les contribuables ont peur de fournir des
renseignements qui pourraient amener l’OTR à venir les taxer plus fort.

2.7. Type et plan d’analyse des données


2.7.1. Type d’analyse des données
Nous nous sommes basé sur une analyse quantitative et une analyse qualitative des données
pour effectuer ce travail.

2.7.1.1. Analyse quantitative des données


Il s’agit ici de dépouiller les résultats des questionnaires et traiter les données. C’est le
traitement statistique des données collectées sur la base des questionnaires élaborés et faire
une étude comparative pour voir quel résultat pouvons-nous avoir à partir de ces données. Le

38
traitement a été fait par un logiciel (Excel) assurant une fiabilité des réponses et permettant la
réalisation des schémas et tableau spécifiques à ce travail.

2.7.1.2. Analyse qualitative des données


C’est une analyse basée sur le contenu des résultats obtenus des questionnaires adressés à la
division du contentieux et des entretiens avec les agents ainsi que des observations faites sur
la division du contentieux. Ces données donnent lieu à un traitement par groupes et thèmes.
Le travail est aussi fait sur les données des questionnaires adressés aux contribuables et des
entretiens que nous avons eu avec eux. En clair, le contenu de ces données fait l’objet
d’analyse pour déboucher sur le résultat escompté conduisant à vérifier notre hypothèse de
recherche. Cela afin de confirmer ou infirmer notre hypothèse posée auparavant.

2.7.2. Plan d’analyse des données collectées


L’analyse des données collectées est faite sur trois (3) plans ; au niveau de la division du
contentieux, des agents de la direction des impôts et des contribuables.

2.7.2.1. Analyse des données de questionnaire de la division du contentieux fiscal


Il s’agit des points spécifiques sur lesquels, nous nous sommes entretenus pour établir le
questionnaire. Ces points sont les suivants :

- l’état actuel et passé du contentieux fiscal au Togo : étant le service en charge du


contentieux il doit pouvoir nous faire le point sur le contentieux fiscal au Togo. En
clair il doit pouvoir nous relater les points positifs et les points négatifs de ce service.
- le volume des dossiers reçus avant et avec l’Office Togolais des Recettes : ceci nous
permettra d’appréhender le contentieux dans le passé avec la Direction Générale des
Impôts et avec l’Office Togolais des Recettes pour procéder ainsi à une étude
comparative des données.
- le nombre de dossiers évacués avec l’Office Togolais des Recettes : c’est
principalement pour avoir une idée du travail qu’effectue actuellement le service
contentieux et évaluer en termes d’efficacité son activité.
- le temps de traitement des dossiers : il est clair que nous devons savoir aussi si la
priorité est faite aux contribuables ou s’il y a la célérité dans le service.
- l’absence effective de la commission administrative : nous nous sommes dit que cette
absence est préjudiciable au contentieux fiscal au Togo et nous avons voulu savoir ce
que le service en charge du contentieux.

39
- l’importance de la réforme de la division du contentieux fiscal et des tribunaux : c’est
objectivement pour savoir s’il ne serait pas judicieux d’élargir et de spécialiser les
agents.
- comportement du contribuable face au contentieux : c’est pour savoir si le
contribuable accepte le service et se soumet aux obligations du service contentieux ou
s’il ignore carrément l’existence du service.
- les relations aujourd’hui avec le contribuable et le service du contentieux : il s’agit
justement de voir si un changement est intervenu dans le comportement des
contribuables vis-à-vis du service contentieux et vice versa.
- les difficultés dont fait face la division du contentieux : ceci permettra de palier les
problèmes et d’améliorer la performance du service.
- l’importance de la formation des juges spécialisés : c’est dans l’optique d’une
spécialisation des agents du contentieux fiscal au Togo pouvant aller défendre l’OTR
devant les tribunaux.

2.7.2.2. Analyse des données des questionnaires des agents de la direction des
impôts
Dans cette rubrique il s’agit de trois (3) directions des impôts que sont : la direction des
grandes entreprises, la direction des moyennes entreprises et la direction des centres des
impôts du golfe. Les questionnaires étaient les mêmes pour ces directions, ils concernent
notamment les points ci-après :

- la réaction des agents de ces directions face à une contestation d’un contribuable : en
principe étant les premiers en contact avec le contribuable quand une situation
contentieuse venait à naitre ;
- avis sur le comportement du contribuable aujourd’hui : les services gestionnaires sont
ceux qui reçoivent en première position les plaintes et contestations du contribuable et
qui savent ce qui marche et ce qui ne l’est pas.
- l’importance de la mise en place effective de la commission administrative : il est
question de dire s’il est nécessaire ou non dans le cadre de la gestion du contentieux
fiscal que cette commission existe ou pas.
- l’importance de la mise en place des tribunaux spécialisés avec des juges spécialisés
dans le domaine : il est important de former les juges spécialisés en matière fiscale
pour éviter la confusion.

40
- les difficultés constatés chez les contribuables les conduisant souvent à une
contestation : ceci permet de corriger s’il le faut de trouver des palliatifs pour réduire
le risque de contestation ;

2.7.2.3. Analyse des données des questionnaires adressés aux contribuables


Dans notre étude, nous avons recensé trois catégories de contribuables pour les recherches et
établir le questionnaire. Nous avons pris d’une manière générale les contribuables pour établir
ce questionnaire sans distinguer leur direction d’appartenance. Ainsi, de façon globale ce
questionnaire est formulé comme suit :

- la connaissance de leur droit de contester une imposition mise à leur charge : pour voir
si dans tous les secteurs ou catégories ce droit est reconnu et exercé proprement par les
titulaires ;
- la compréhension des textes fiscaux en la matière : justement c’est pour savoir si cela
pose des problèmes dans leur interprétation et dans leur application;
- les problèmes dont ils font face souvent aujourd’hui : cela est-il dû à l’OTR ou à un
autre évènement ou phénomène, bref la cause;
- leur avis sur le fonctionnement du contentieux fiscal au Togo : savoir ce qui marche
ou ne marche pas, ou ce qui constitue un frein ou un défaut dans la relation avec
l’administration fiscale ;
- leur avis sur le contentieux avec la DGI et avec l’OTR : pour comparer et retenir ce
qui est meilleur pour les deux structures et permettre l’atteinte des objectifs
réciproques;
- leurs suggestions pour l’amélioration du contentieux fiscal au Togo : savoir comment
le contribuable voudrait voir fonctionner le service du contentieux ce qui est à changer
ou à ajouter dans la pratique du contentieux pour une meilleure collaboration.

41
Chapitre 3 : Le cadre des résultats de la recherche
3.1. Analyse et traitement des données collectées
Le problème de la gestion du contentieux d’assiette et du contentieux lié au contrôle fiscal au
Togo est une question qui concerne tous les services du CI en général et aussi les
contribuables.

3.1.1 Analyse des données du questionnaire de la division du contentieux fiscal


Elle est basée sur les données et les chiffres que détient la division du contentieux fiscal. Ces
données ressortent de la période allant de 2015 à 2017 puisque l’année 2018 est en cours et il
est donc difficile d’obtenir ces données qui ne sont en cours de traitement. Aussi, pour cette
analyse, le questionnaire adressé à cette division sera utilisé pour le traitement.

3.1.1.1 La question relative au passé et au présent du contentieux fiscal


Concernant la situation du contentieux fiscal au Togo, il faut dire que cette question a été
posée à certains agents de la Division du contentieux. Il faut préciser que les réponses
obtenues ont été les mêmes. Ceux-ci nous ont fait savoir que le contentieux fiscal togolais est
évolutif du point de vue des contribuables qui connaissent leur droit de contestation et
l’exercent pleinement et que beaucoup de choses restent à faire dans cette logique pour un bon
fonctionnement du contentieux.

L’avènement de l’OTR est un coup de pouce pour le service contentieux qui s’est amélioré,
même s’il faut noter que des défis restent à relever. L’OTR est une structure moderne avec
une vision plus vaste et avancée par rapport à l’ancienne direction des impôts dont le service
contentieux est resté inconnue des contribuables. La politique de l’OTR a donné de lumière
sur la division du contentieux et son fonctionnement.

3.1.1.2 L’effectif de la division du contentieux


L’effectif de la division du contentieux a évolué dans le temps avec l’office mais il reste
limité vue l’évolution du travail à abattre qui exige plus de compétence et du personnel. Ainsi
pouvons-nous remarquer qu’en 2014, il existait seulement un (1) agent pour le contentieux
fiscal. Cet effectif est resté le même l’année suivante, c’est-à-dire 2015. Par la suite l’effectif
est passé à trois (3) agents en 2016 puis à six (6) agents en 2017. Cet effectif se présente
comme suit : un (1) chef de division, un (1) chef de section, deux (2) agents seniors et deux
(2) agents techniques.

42
3.1.1.3 Nombre de contestations enregistrées
Au fil des années, nous pouvons constatés que le contentieux fiscal togolais a évolué. Au
total, de 2015 à 2017, 295 dossiers de contestation ont été enregistrés par la Division du
Contentieux dont soixante-quatre (64) en 2015, quatre-vingt-sept (87) en 2016 et cent
quarante-quatre (144) en 2017. Etant donné que le classement par type de contentieux n’a pas
été fait par la Division du Contentieux, les dossiers sont enregistrés de façon générale. Le
classement par type de contentieux débutera au cours de cette année (2018). Ainsi à travers
ces données reçues de la Division du Contentieux à notre demande, le contentieux est en
perpétuelle évolution depuis l’avènement de l’office tel que prouvé par le nombre de dossiers
de contestation reçues au titre de chaque année.

3.1.1.4 Le nombre de dossiers traités


Selon les données reçues de la Division du Contentieux, le nombre de contestations est de
plus en plus élevé et le travail semble accru. Ainsi en 2015, sur 64 contestations reçues,
seulement 20 ont été traités soit 31% ce qui est minime par rapport à la demande croissante.
De même en 2016, sur les 87 contestations enregistrées, on note 40% de dossiers traités par la
division du contentieux soit 35 contestations, ce qui laisse à croire que beaucoup reste à faire
pour l’amélioration de ce service. En fin, en 2017, pour un nombre de 144 contestations que la
division a eu connaissance, 80 de ces dossiers ont été traité c’est-à-dire 55%. Le tableau ci-
dessous montre en pourcentage le niveau d’évacuation des dossiers.

Tableau 1 : état d’évacuation des dossiers par la division du contentieux

année 2015 Année 2016 Année 2017


Effectif % Effectif % Effectif % TOTAL
Dossiers traités 20 31% 35 40% 80 55% 135
Dossiers en phase 1 2% 2 3% 4 3% 7
juridictionnelle
Dossiers non 43 67% 50 57% 60 42% 213
traités
TOTAL 64 100% 87 100% 144 100% 295
Source : données enregistrées par la division du contentieux : juillet 2018

43
Figure 1 : illustration sur l’évacuation des dossiers par le service contentieux

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0
dossiers traités dossiers en phase dossiers non traités
juridictionnelle

année 2015 année 2016 année 2017

Source données enregistrées par la division du contentieux, juillet 2018

3.1.1.5 Le délai de traitement


Le délai de traitement des dossiers de contestation est régi par le CGI et est légalement fixé à
six (06) mois principalement mais en cas de nécessité, un délai spécial ne pouvant dépasser
trois (3) mois peut être accordé en plus. Cependant en pratique les choses sont plus complexes
et la réalité est tout autre. Car certains dossiers prennent plus de temps pour leur traitement.
Le personnel qui y travaille, n’est pas suffisant pour les tâches à accomplir et les résultats
attendus. Ainsi le traitement est fait selon les enjeux économiques présentés par chaque
dossier contentieux et aussi selon les priorités. Il appartient à l’administration dans l’intérêt
commun de tous, de mettre les moyens en œuvre pour la réalisation satisfaisante des tâches et
une efficacité.

3.1.1.6 Les remises gracieuses accordées


Actuellement, les contribuables face à la rigueur de l’administration, demandent souvent la
conciliation et quelque fois la clémence à celle-ci. Il ressort alors de notre enquête que les
demandes de remises gracieuses comparées à celles des dossiers en contentieux sont élevées.
Les réponses des contribuables montrent clairement cette tendance. Ainsi durant les années
2015 ; 2016 et 2017, le nombre de demande des remises gracieuses a été triplé. De 28 en
2015, elles sont passées à 36 en 2016 et 145 en 2017.Elles ont complètement triplé en trois (3)

44
ans. Le tableau qui suit fait un récapitulatif des demandes de remises gracieuses comparées à
celles en contentieux.

Tableau 2 : récapitulatif de l’évolution des demandes de remises gracieuses et celles en


contentieux.

Année 2015 Année 2016 Année 2017 Total


Nombre de dossier contentieux 64 87 144 295
Nombre de remises gracieuses 28 36 145 209
Différence 36 51 -1 86
% 56% 59% -1% 29%
Source : données enregistrées par la division du contentieux : juillet 2018

Figure 2 : évolution des demandes contentieuses et gracieuses

160
140
120
100
80
60
40
20
0
2015 2016 2017

Demande contentieuse Demande de remise gracieuse

Source : données enregistrées par la division du contentieux : juillet 2018

3.1.1.7 Sur le nombre de contestations gagnées par les contribuables


A notre question de connaitre le nombre de contestations remportées par les contribuables aux
agents de la division du contentieux, il nous a été répondu qu’il est difficile de déterminer ce
nombre exact car la statistique n’enregistre pas par type de dossiers dans les années passées,
sauf en 2017 ou il y’a eu un enregistrement de vingt-cinq (25) dégrèvements accordés sur un
total cent-quarante-quatre (144) demandes de contestation reçues. Ces dégrèvements
constituent des satisfactions ou réponses favorables aux demandes introduites par les
contribuables

45
Tableau 3 : comparatif des dégrèvements accordés en 2017

Année 2017
Nombre %
Dossiers traités 80 56%
Dégrèvements accordés 25 17%
Dossiers non traités 39 27%
Total 144 100%
Source : données enregistrées par la division du contentieux ; juillet 2018

Ce graphique nous éclaircira davantage sur le comparatif des dégrèvements accordés.

Figure 3 : comparatif des dégrèvements accordés en 2017

80
70
60
50
40
30
20
10
0
Dossiers Traités Degrevement Dossiers non traités
accordés

Source : données enregistrés par la division du contentieux, juillet 2018

3.1.2 Analyse des données du questionnaire des services gestionnaires


3.1.2.1 Le type de contentieux le plus fréquent
Pour les services gestionnaires nous avons posés cette question de fréquence du type de
contentieux aux agents dans les directions, dans les divisions et sections. Sur les 53 agents
interrogés, les réponses ont été partagées entre le contentieux d’assiette, de recouvrement et
du contrôle fiscal. Ainsi est-il remarqué qu’il y a plus de contestations suite aux contrôles
fiscaux. Car plus de la moitié des contestations proviennent de ce dernier, suivi du
contentieux de l’assiette fiscale et enfin du contentieux de recouvrement. Le tableau ci-après,

46
nous démontre la fréquence des types de contentieux selon la réponse des agents
gestionnaires.

Tableau 4 : le type de contentieux le plus fréquent.

Nombre %
Contentieux de contrôle 39 73%
Contentieux d’assiette 11 21%
Contentieux de recouvrement 3 6%
Total 53 100%
Source : données de l’enquête des agents de service gestionnaire ; juillet 2018

3.1.2.2 Les réactions des agents face à un contribuable contestant un impôt


Il s’agit de savoir dans le cas présent, ce que font les services gestionnaires face à un
contribuable qui conteste un impôt. Les réponses sont de deux ordres à savoir régler le
problème à l’amiable soit diriger le contribuable vers la division du contentieux. A ce niveau
aussi les réponses sont partagées selon le service. Sur les 53 agents interrogés, 34 font recours
directement au service du contentieux et 19 essayent de régler le problème avec le
contribuable dans sa division ou section avant de faire recours au service contentieux.
Cependant ces réponses concernent les différentes directions. Le tableau ci-dessous exprime
clairement les réponses.

Tableau 5 : avis des agents sur leur réaction face à une contestation

Régler à Transférer au
l’amiable service Total
contentieux
DGE 10 19 29
DME 6 9 15
DCIG 3 6 9
TOTAL 19 34 53
% 36% 64% 100%
Source : données du questionnaire des agents des services gestionnaires ; juillet 2018

3.1.2.3 Le bon fonctionnement du contentieux fiscal au Togo


Avant, il faut le reconnaitre c’était plus les négociations que les contribuables faisaient avec
l’administration. Aujourd’hui c’est l’application stricte de la loi fiscale. Certains par contre,

47
pensent que le contentieux n’est pas mieux appréhendé car les contribuables pensent être
trichés par l’administration. Pour eux, les contribuables craignent le double rôle que joue
l’administration à être partie et en même temps juge. Le tableau traduit les réponses de ces
agents sur la question.

Tableau 6 : avis sur le bon fonctionnement du contentieux

OUI % NON % ABSTENTION % TOTAL %

DGE 12 41% 9 31% 8 28% 29 55%

DME 6 40% 7 47% 2 13% 15 28%

DCIG 2 22% 7 78% 0 0% 9 17%

TOTAL 20 38% 23 43% 10 19% 53 100%

Source : Données du questionnaire des agents des services gestionnaires, juillet 2018

La figure montre que le service du contentieux a besoin d’amélioration à travers la formation


de ses agents et des recommandations vis-à-vis des services gestionnaires.

Figure 4 : illustration sur le bon fonctionnement du contentieux

12

10

0
OUI NON ABSTENTION

DGE DME DCIG

Source : données du questionnaire des agents de service gestionnaire ; juillet 2018

3.1.2.4 Sur les problèmes faisant souvent objet de contestation


Sur cette question, le constat fait par les agents est celui de l’interprétation des textes fiscaux
d’une part et le non-respect des procédures d’impositions d’autre part. Au niveau des

48
contribuables, les montants de redressements, et des procédures d’imposition, sont souvent
source de contestation. Il en est de l’établissement de la base d’imposition comme des
procédures de contrôle et notification de redressements sont aussi source de contestation.

3.1.2.5 La nécessité de mettre en place les tribunaux spécialisés


Les agents des services gestionnaires en majorité (82%) qui ont répondu, affirment qu’il y a
nécessité de mettre en place les tribunaux spécialisés. Selon eux ceci rendra le service du
contentieux plus souple et donnerait confiance aux contribuables qui pensent que
l’administration ne peut plus juger elle-même les différends. L’intérêt d’avoir des tribunaux
spécialisés c’est de garantir les droits des contribuables dans leurs recours contentieux. Le
contribuable est libre de défendre ses intérêts en ayant confiance d’avoir une issue favorable.
Cette question a fait l’objet d’une réponse unanime de la part des agents qui trouvent
nécessaire d’avoir des tribunaux spécialisés pour connaitre des litiges en matière fiscale.

3.1.2.6 L’absence préjudiciable de la commission administrative


La question de l’effectivité de la commission administrative prévue par le code General des
impôts a fait l’objet de réponses entre oui et non. Cette absence est-elle préjudiciable au
règlement du contentieux ou non ? Sur ce, les agents ont donné leurs avis et d’autres se sont
abstenus. Certains pensent que la commission administrative n’est pas vraiment importante
car elle a un avis purement consultatif et que seule la division du contentieux peut se charger
de tout. Par contre, d’autres pensent que la commission est nécessaire car sa décision ne lie
pas l’administration mais garantirait aux contribuables la crédibilité et fiabilité d’une
juridiction.

Le tableau 7 montre l’avis des agents sur cette question. Sur les 56 agents questionnés, 49 ont
donné leurs avis qui sont partagés entre oui et non, le reste est sans un avis sur la question.

49
Tableau 7 : avis des agents sur l’absence préjudiciable de la commission administrative

Effectif %
OUI 41 77%
NON 8 15%
ABSTENTION 4 8%
TOTAL 53 100%
Source : données de l’enquête sur les agents gestionnaires, juillet 2018

3.1.3 Analyse des données du questionnaire adressé aux


contribuables
3.1.3.1 La connaissance du droit de contestation
La question de la connaissance du droit de contestation n’est pas vraiment d’actualité selon
les contribuables car la majorité connait assez bien ce droit et ils l’exercent aujourd’hui. Pour
eux la sensibilisation dans ce sens est renforcée par la nouvelle institution qu’est l’OTR et
l’information passe régulièrement. Cependant, leur inquiétude reste du côté de la garantie du
recours contre la toute puissante administration et la prise en compte de leurs doléances. Selon
notre enquête, une grande partie des contribuables de la DGE ont connaissance de ce droit de
même qu’un bon nombre relevant de la DME. Par contre, pour ceux de la DCIG, un grand
nombre reste dans la méconnaissance totale de leur droit car c’est juste une petite partie qui en
est connaissance. Par ce tableau, l’illustration est claire.

Tableau 8 : connaissance du droit de contestation par les contribuables

OUI NON Effectif


DGE 8 1 9
DME 16 7 23
DCIG 6 15 21
TOTAL 30 22 53
% 57% 43% 100%
Source : données de l’enquête sur les contribuables, juillet 2018

3.1.3.2 Les contribuables ayant une fois introduit une demande contentieuse
Parmi les interrogés, il ressort qu’un bon nombre n’a pas encore introduit une demande
contentieuse bien qu’ils connaissent ce droit de contestation. Au nombre de 53 à être

50
questionnés, 13 ont répondu oui, 38 n’ont pas encore introduit une demande contentieuse et 2
seulement sont sans avis.

Tableau 9 : les contribuables ayant une fois introduit une demande contentieuse.

Effectif %
Oui 13 24%
Non 38 72%
Aucune réponse 2 4%
Total 53 100%
Source : données de l’enquête sur les contribuables, juillet 2018

3.1.3.3 Les contribuables ayant été satisfaits ou non de la décision de


l’administration
L’enquête effectuée a révélé que les contribuables ne sont pas satisfaits de la décision prise
par l’administration s’agissant des contestations introduites. Une minorité (31%) se dit
satisfaite, alors qu’une majorité (69%) est restée insatisfaite.

Tableau 10 : avis des contribuables sur les décisions de l’administration

EFFECTIF %
SATISFAITS 4 31%
NON SATISFAITS 9 69%
TOTAL 13 100%
Source : données enquête sur les contribuables, juillet 2018

Ce tableau montre que sur les 13 contribuables qui ont répondu, 4 à concurrence de 31% sont
satisfait de la décision de l’administration tandis que 9 soit 69% ne sont pas satisfait.

3.1.3.4 La façon dont est organisé le service du contentieux


Les réponses des contribuables montrent que le service du contentieux reste à revoir sur
certains points. Certains le jugent bon et une infirme partie le trouve médiocre compte tenu du
service rendu. Sur tous les contribuables interrogés qui sont au nombre de 53, les avis sont
partagés entre les mentions très-bien (4%), bien (11%), assez-bien (23%), passable (45%) et
médiocre (8%). Il est à noter également que ceux qui le jugent médiocre, comparés au
regroupement des autres mentions sont très infirmes (4 sur 44) soit 9% sur 81%. Bref
l’organisation du contentieux est passable au Togo selon les avis, tout de même il faut
l’améliorer.
51
Tableau 11 : avis sur l’organisation du contentieux

Réponses Effectif %
Très-bien 2 4%
Bien 6 11%
Assez-bien 12 23%
Passable 24 45%
Médiocre 4 8%
Abstention 5 9%
Total 53 100%
Source : données de l’enquête sur les contribuables ; juillet 2018

Une représentation graphique montre mieux l’avis des contribuables sur l’organisation du
contentieux fiscal au Togo.

Figure 5 : avis des contribuables sur l’organisation du contentieux fiscal au Togo.

30 1,2

25 24 1

20 0,8

15 0,6
12

10 0,4

6
5
5 4 0,2
2

0 0
Très-bien Bien Assez-bien Passable Médiocre Abstention

Source : donnée de l’enquête sur les contribuables, juillet 2018

3.1.3.5 Mise en place des juges et tribunaux spécialisés


La réponse des contribuables sur cette question a été sans ambages. La majorité a approuvé
l’idée et trouve nécessaire que des juges spécialisés pour des tribunaux spécialisés en la

52
matière feront l’affaire. Sur les 53 questionnés, 42 l’ont jugé important et indispensable contre
11 qui restent convaincus que cela ne changera rien.

Le tableau suivant montre en clair les réponses des contribuables.

Tableau 12 : avis des contribuables sur la mise en place des juges et tribunaux spécialisés

Effectif %
NECESSAIRE 42 79%
PAS NECESSAIRE 11 21%
ABSTENTION 0 0%
TOTAL 53 110%
Source : données de l’enquête sur les contribuables : juillet 2018

3.1.3.6 La qualité de la relation avec l’administration


Sur le tableau ci-dessous nous pouvons constater que la réponse des contribuables est mitigée.
La population interrogée juge d’un côté que cette relation est passable à 42% et de l’autre
certains la juge assez bien à 24%, d’autres pensent qu’elle est bien à 16% et très bien à 8% et
enfin médiocre à 10%.

Tableau 13 : avis des contribuables sur la qualité de la relation avec l’administration

Effectif %
Très bien 4 8%
Bien 8 16%
Assez bien 13 24%
Passable 22 42%
Médiocre 5 10%
Total 53 100%
Source : résultats du questionnaire contribuables : juillet 2018

La figure ci-après pourrait nous donner plus de précision et d’éclaircissement sur les avis des
contribuables sur la qualité de leurs relations avec l’administration. D’une manière générale la
relation est moyenne, c’est-à-dire a moitié bien donc à l’administration de l’améliorer.

53
Figure 6 : qualité des relations des contribuables avec l’administration.

Source : données de l’enquête sur les contribuables ; juillet 2018

3.2. Vérification des hypothèses et Interprétation des résultats


3.2.1 Conciliation des intérêts du trésor et préservation des droits du
contribuable
L’Administration fiscale a certes l’obligation de renflouer les caisses de l’Etat par la
mobilisation des recettes fiscales. Cependant, cette obligation n’est pas sans difficultés ; car
elle doit de même préserver les droits des contribuables. Ainsi le service en charge du
contentieux de même que les services gestionnaires de l’impôt étant des canaux de collecte
d’impôts, doivent tenir compte également de la réalité du contribuable.

3.2.1.1 Les difficultés relatives à l’administration fiscale

3.2.1.1.1 Manque de personnel à la division du contentieux


Les résultats de notre enquête sur la division du contentieux nous montrent que six (6) agents
seuls travaillent dans celle-ci alors que ces travaux couvrent tout le territoire togolais. Cet
effectif laisse à penser qu’il y a trop de travail pour ce personnel réduit. Ceci peut créer des
préjudices à l’administration qui n’a aucun intérêt à connaitre des contentieux. Cela est
préjudiciable sur le plan financier que sur le plan relationnel avec les contribuables. La prise
en charge rapide dans un bref délai par le service du contentieux des dossiers permettra de

54
mieux garantir au trésor public ses intérêts qui sont de faire rentrer les recettes fiscales. Avoir
un personnel conséquent et qualifié à la tâche serait un atout pour l’administration. Ceci
permettra une célérité dans le travail, un résultat satisfaisant et cela passe forcément par le
déploiement d’un personnel adéquat et qualifié. A notre constat au niveau de l’administration
ces qualités font défaut. Le point de vue est obtenu à travers les données reçues de la division
du contentieux et enregistrées en 2018.

3.2.1.1.2 Nombre croissant des demandes contentieuses


Notre travail d’enquête sur le nombre de contestations enregistrées par année à la division du
contentieux fiscal est une preuve que de nos jours, il y a plus de contestations que dans les
années précédentes. Les demandes contentieuses sont en pleine croissance ce qui démontre
que la fiscalité togolaise évolue et nécessite donc une amélioration de la part de
l’administration sur certains points. Les données de l’enquête dans cette division prouvent
qu’il y a, au fil des ans, une augmentation remarquable de contestations enregistrées. Le
service contentieux étant pratiquement le seul service gestionnaire des conflits fiscaux, qui
reçoit toutes les demandes contentieuses de toutes les directions des impôts sur le territoire, il
faut dire à juste titre qu’avec le niveau de connaissance actuel des contribuables, il y a plus de
dossiers en contestation enregistrées par ce service que par le passé. Le tableau 2 et la figure 2
montrent l’évolution des demandes contentieuses et prouvent qu’elle est croissante. C’est
aussi la preuve que les contribuables sont mieux informés de leurs droits et devoirs fiscaux.

3.2.1.1.3 La non opérationnalisation de la commission administrative de recours


La loi a prévu une commission administrative pour améliorer le service de traitement des
contestations au sein de l’administration, au cours de nos enquêtes, cette commission n’est pas
effective jusqu’à nos jours ce qui fait que la division du contentieux est seule à recevoir toutes
les demandes contentieuses et à les traiter à son niveau. Dans la composition de cette
commission administrative, le contribuable étant représenté, ceci constitue pour lui une
garantie de la crédibilité de cette commission. Son absence est préjudiciable au contentieux
fiscal togolais. A l’issue de l’étude que nous avons menée concernant la nécessité de rendre
effective la commission administrative prévue par le code général des impôts, la majorité de
la population (53) interrogée estime primordiale de rendre cette commission effective. De
même cette reconnaissance est un signe important pour le bon fonctionnement de
l’administration fiscale togolaise, et cela confirme par la suite, l’hypothèse que nous avons
énoncée plus haut.

55
3.2.1.1.4 L’absence des juges et tribunaux spécialisés
La matière fiscale est complexe et vaste. Afin de rendre une décision juste et appréciée de
tous, il faut des juges spécialisés en la matière et capables d’appliquer les principes
fondamentaux qui régentent la matière fiscale. La spécialisation des tribunaux pour connaitre
rien que les litiges fiscaux donnerait confiance aux contribuables qui peuvent agir devant ces
tribunaux sans peur ni rétention. Nos enquêtes menées dans ce sens ont démontré que plus de
75% de la population enquêtée approuve la spécialisation des juges et tribunaux pour une
bonne administration des litiges en matière fiscale. Cette étude a confirmé notre hypothèse qui
est celle de la peur de la toute puissante administration et le manque de confiance sur les
agents du contentieux. De même l’absence des tribunaux et juges en matière fiscale viennent
ainsi rejoindre l’absence de la commission administrative et se traduisent en fait par l’absence
totale de confiance des contribuables sur ces décisions prises par l’OTR. Les contribuables
estiment que l’administration est à la fois juge et partie. Comme nous le prouve le tableau 12
qui illustre clairement la nécessite pour mettre en place des tribunaux et juges spécialisés en
matière fiscale.

3.2.1.1.5 Problème d’application et d’interprétation des textes fiscaux par les


services gestionnaires
Notre étude a montré que les services gestionnaires font souvent face à des difficultés liées à
l’application des textes fiscaux et au suivi des procédures d’imposition. En effet, dans nos
enquêtes, nous avons constaté plusieurs cas de contentieux suite au contrôle fiscal de même
qu’au niveau de l’assiette fiscale. Cela est vérifié par le fait que la procédure d’imposition
n’est souvent pas respectée et certains contrôles fiscaux et procédures d’établissement des
notifications des redressements faillent et conduisent ainsi à une contestation de la part des
contribuables. Les enquêtes effectuées par notre soin prouvent que plus de la moitié des
agents interrogés ont évoqués ce problème qui est lié soit à l’interprétation des textes fiscaux à
sa compréhension et leur interprétation. Cela porte atteinte aux intérêts de l’administration
qu’à ceux du contribuable. Ainsi du point de vue des contribuables que des agents,
l’interprétation des textes fiscaux leur est difficile et donc source de complexité du
contentieux.

3.2.1.1.6 La prise en charge des dossiers par les agents de service gestionnaire
Notre étude a montré, conformément au tableau 4, qu’il y a la non harmonisation des
procédures en matière de prise en charge des contestations. En effet, la procédure instaurée
par le code général des impôts en la matière voudra qu’il n’y ait plus de discussion accrue
56
entre le contribuable avec le service gestionnaire, tout au plus une ou deux fois d’échange
seulement. Mais dans la pratique, les choses se font autrement avec les contribuables et il
appartient au service de juger s’il faut ou non envoyer le dossier au service compétent. Cela
est une confusion dont souffre l’administration pour le service à rendre au contribuable. La
qualité du service rendu en amont au contribuable est remise en cause et conduit par la même
à une absence de données fiables sur le contentieux fiscal administratif. Alors que la
jurisprudence en cette matière est révélatrice des failles de l’administration sur certains points
nécessaires à améliorer. Pour cela, notre enquête a démontré que 36% des agents essaient de
régler à l’amiable le problème avant de faire recours au service du contentieux en cas de
désaccord, alors que 64% font directement recours au service contentieux en cas de
contestation ou conflit avec le contribuable.

3.2.2 Les difficultés relatives aux contribuables


3.2.2.1 Problème relationnel avec l’administration
Les contribuables ont une appréhension négative de ce qu’est l’administration fiscale surtout
avec cette nouvelle institution moderne qu’est l’OTR. Pour le contribuable, l’administration
n’a qu’un seul objectif qui est celui de faire rentrer l’argent dans la caisse de l’Etat et ne se
préoccupe point de leur intérêt ou droit quelconque. Elle est puissante, cette administration, et
possède des moyens pour agir contre le contribuable. Ceci étant, le contribuable a peur d’agir
pour avoir en retour des retombées négatives. Cette méfiance conduit ces derniers à manquer
de confiance dans toutes actions administratives. Nous avons aussi constaté que cela conduit
d’une part au refus par les contribuables d’observer les obligations de déclarations et de
liquidation des recettes fiscales et d’autre part à procéder par tous moyens possible la
dissimulation des revenus pouvant servir de base à l’établissement de l’assiette fiscale. Notre
enquête sur les contribuables a montré que sur les 13 interrogés, seulement une minorité (soit
quatre (4) à concurrence de 31%) est satisfaite de la décision prise par l’administration. La
preuve est le tableau 10.

3.2.2.2 Les difficultés liées aux droits des contribuables


La problématique des droits du contribuable est un sujet qui aujourd’hui fait l’objet de débat
au sein des couches sociales car ces derniers connaissent leurs droits mais l’utilisation
n’engendre aucun intérêt pour eux puisque la puissance de l’administration fiscale en est une
opposition. L’autorité publique ne fait, pas souvent droit aux préoccupations des contribuables
et cela est un frein à l’utilisation du droit du contribuable. En usant du droit de contestation, le
contribuable s’attend logiquement à une satisfaction de la part de l’administration fiscale.
57
Mais force est de constater que c’est plutôt l’administration qui en sort gagnant.
L’administration sensibilise et forme les contribuables sur la connaissance de leur droit mais
la prise en compte de ces droits reconnus par les lois et les institutions de l’Etat n’est pas
souvent respecté.

Nombre de contribuables aujourd’hui, refusent de poursuivre l’administration devant les


tribunaux à cause de sa puissance publique et du fait que l’action posée ne se retourner contre
eux à l’avenir. Les avis des contribuables montrent que la poursuite de l’administration devant
les tribunaux est un grand souci pour eux qu’ils se réservent le droit de résoudre leur
problème d’une autre manière que celle prévue légalement.

3.2.2.3 La réticence au paiement d’impôt


Le paiement d’impôt est un souci chez les contribuables. Plusieurs de ceux-ci ne sont pas
sensibilisés sur le bien-fondé de l’impôt, même si c’est le cas, toujours est-il que la réticence
serait toujours à l’ordre du jour car accepter volontairement le paiement d’un impôt passe par
plusieurs paramètres dont ne dispose actuellement pas l’administration pour faire changer
d’avis aux contribuables. La méfiance et la peur, les difficultés actuellement vécues par les
contribuables ne sont que des opportunités pour amener le contribuable vers un changement
de mentalité vis-à-vis de l’impôt. Il faut le mettre plus en confiance et lui accorder plus
d’importance. Par cette analyse nos enquêtes et l’étude menée ont montrés que la confiance
est gage de bonne relation entre le contribuable et l’administration selon les avis recueillis de
celui-ci. 72% des personnes interrogées sont d’avis pour une collaboration entre
l’administration et le contribuable.

3.2.2.4 Difficultés liées aux textes fiscaux


La loi fiscale étant complexe, les textes qui réglementent celle-ci demeurent difficiles
d’interprétation. Pour cela les contribuables sont souvent conduits à une interprétation relative
des textes fiscaux et donc objet de plusieurs conflits avec l’administration qui seule estime
l’interprétation légale de la chose. Chacun fait de la loi son bouclier pour réduire ses charges
et continuer les affaires. Mais la difficulté ressentie par les uns et les autres sont aussi
importantes dans la pratique. Pour cela, les contrôles fiscaux qui sont souvent à l’origine des
contestations fiscales sont le fait des textes fiscaux qui ne sont pas clairs et explicites pour les
contribuables. Pour cela très souvent ce sont des dissimulations de chiffre d’affaires et des
bases d’imposition à l’impôt qui sont constatée et la rectification avec le contrôle ou la
vérification dans la plupart des cas sont sources de contentieux.

58
3.2.2.5 Le dilatoire
La technique du dilatoire utilisée avec l’avènement de l’Office Togolais des Recettes ne
permet plus aux contribuables de négocier avec l’administration sur l’impôt à payer. En effet,
dans l’ancien système, le contribuable pouvait s’entendre avec l’administration sur l’impôt à
payer qui est mis à sa charge et trouver une issue favorable aux deux parties. Force est de
constater actuellement que les changements avec la nouvelle institution sont basées sur la
liberté et l’enrayement de la corruption de telle façon que cette issue à travers la négociation
n’est plus possible aux contribuables qui se sentent frustrés par les nouvelles dispositions de
l’administration.

Les réalités économiques actuelles observées sont parlantes et les contribuables ne sont pas
restés en marge. Les difficultés pour les affaires sont ressenties aujourd’hui par presque toute
la population active. Ce ralentissement économique fait que beaucoup de contribuables
rencontrent des difficultés financières et n’arrivent plus à répondre à leurs obligations fiscales.
Cela doit être aisément compris par l’administration fiscale comme un frein aux affaires et un
blocus au payement des impôts dont il serait mieux de peser la balance avant de mettre une
imposition exorbitante à la charge du contribuable, surtout et majorations et les pénalités. De
ce fait, les retards dans les paiements ainsi que les manquements à ces obligations devraient
être compris dans certains cas pour les contribuables de bonne foi. Dans ce sens,
l’administration doit pouvoir examiner au fond certaines contestations des contribuables et
leur motivation pour les amener à répondre à leur obligation ne serait-ce qu’en partie, ce qui
satisferait le contribuable et permettrait à l’administration de rentrer plus vite dans ses fonds.
Le contribuable n’aura plus à payer tout le montant mis à sa charge mais seulement ce qu’il
peut payer et dans un bref délai.

3.3 Discussion des résultats de la recherche


Les résultats de notre étude ont montré que les difficultés dont l’administration fait face avec
la division du contentieux ainsi que la gestion faite par les agents gestionnaires sur la prise en
charge des dossiers du contribuable sont des difficultés qui empêchent l’administration fiscale
togolaise à faire une conciliation des intérêts du trésor public tout en préservant les droits du
contribuable dans la contestation d’un impôt quelconque.

D’abord nous observons tout au niveau de la fréquence des dossiers enregistrés par la division
que du niveau et du délai de traitement de ces dossiers des difficultés réelles apparaissent dans
la division du contentieux. Pour ce faire, les contribuables sont réservés en ce qui concerne

59
leur droit d’action. Nous voyons ensuite que l’absence de la commission administrative est un
poids qui pèse sur le service du contentieux et qui ne favorise pas la qualité du service et la
qualité de la décision rendue en cette matière. En plus, le délai de traitement est un problème
majeur auquel l’administration doit faire face pour l’aboutissement de ses intérêts. Dans la
mesure où la durée d’un dossier en contestation est avantageuse pour le contribuable qui
n’aura pas à payer le montant à ce moment donné. En clair cela cause de préjudice à
l’administration s’agissant de ses intérêts. Le consensus est un processus qui va dans l’intérêt
de tous. Ainsi demandons-nous si les moyens dont dispose le contentieux fiscal permettent
aux contribuables d’avoir satisfaction.

Les recherches ont montré que tous les moyens ne sont pas mis en place pour préserver les
droits du contribuable et de ce fait concilier des intérêts de l’administration. Le manque des
tribunaux spécialisés, manque de juges spécialisés, l’absence de la commission administrative
de recours et la mauvaise qualité de la relation entre le contribuable et l’administration
montrent que nos hypothèses sont bel et bien confirmées.

Les nombreuses difficultés que rencontrent l’administration fiscale et particulièrement la


Division du contentieux constituent un frein à la conciliation des intérêts de l’administration
et la préservation des droits du contribuable. Par ailleurs, les textes fiscaux de même que les
procédures à suivre sont des éléments sur lesquels l’administration se base pour connaitre
préalablement la demande contentieuse, et partant, garantir les recours des contribuables

Enfin, la remarque aussi faite est celle de l’absence des tribunaux spécialisés en matière
fiscale pour connaitre de ces litiges, de même que des juges spécialement formés en matière
fiscale pour statuer dans ces tribunaux source de confiance aux contribuables devant ces
tribunaux qui sont indépendant du pouvoir politique.

3.4 Formulation des propositions d’action


L’administration fiscale togolaise rassemble en son sein des organes compétents pour gérer le
contentieux fiscal. Cependant au-delà du cadre administratif, se trouve également d’autres
organes extra administratifs (juridictionnels) pour régler le contentieux fiscal. Ces procédures
ne sont possibles que lorsque ces organes bien définis en théorie seront effectifs et
fonctionnels dans la pratique. Ainsi, cela va sans dire que cette effectivité conduira à une
conciliation des intérêts des parties et sans nul doute à une préservation des droits des
contribuables. Par ailleurs, elle renforcera la relation entre les partenaires que sont
l’administration et le contribuable pour leurs droits et intérêts réciproques.

60
3.4.1 En phase administrative

3.4.1.1 Accroissement de la capacité des organes de gestion


Nos propositions de résultats vont en premier lieu dans le sens des organes gestionnaires du
contentieux (soit à la phase administrative ou à la phase juridictionnelle). Ces propositions à
la phase administrative, concernerait la division du contentieux, la commission administrative
et enfin les agents des services gestionnaires. Ensuite à la phase juridictionnelle, elle
concernera la formation des tribunaux et le personnel adéquat en ce domaine.

3.4.1.1.1 La réforme de la division du contentieux


Dans notre travail de recherche qui concerne les enjeux de la pratique du contentieux au
Togo, nous nous sommes dit que l’objectif premier des parties au contentieux vise l’intérêt de
chacune de ces parties. De ce fait, le problème qui se posait était celui de la conciliation des
intérêts de l’OTR et la préservation des droits du contribuable. En ce sens sur nos recherches
effectuées, les solutions doivent aller plus vers une organisation administrative du contentieux
fiscal au Togo et des agents qui sont en charge de collecte des impôts dans l’administration.

S’agissant de la réforme de la division du contentieux envisagée, nous proposons que celle-ci


soit pleinement transformée en une direction du contentieux fiscal avec une structuration plus
moderne qui suit une logique administrative moderne mise en place comme suit : D’abord la
direction et ensuite des divisions qui a leurs seins comporteraient des sections. Ensuite, la
répartition des compétences selon des agents dans chaque division qui servirait de direction de
contentieux pour les directions de chaque catégorie de contribuables. Enfin la direction doit
canaliser les dossiers selon les catégories de contribuables et ce, sur toute l’étendue du
territoire togolais.

Pour mieux élucider cette proposition un détail important doit être fait. En effet la direction du
contentieux pour mieux satisfaire les intérêts de l’OTR et les droits du contribuable, doit être
spécialisée. La forme voulue est que la direction soit subdivisée en des divisions qui auraient
pour gestion, les dossiers des contribuables de la direction des grandes entreprises ; une
seconde aurait la gestion des moyennes entreprises et une troisième se chargerait de la gestion
des dossiers des contribuables de la direction des centres des impôts du golfe.

Ainsi repartie, chaque division se divisera en des sections qui s’en chargeront des différents
types de contentieux à soumettre à l’appréciation de la hiérarchie. Cette façon de faire
donnerait plus de possibilité de traitement rapide et efficace des dossiers des demandes des

61
contribuables et permettrait par là même à satisfaire au mieux, l’administration fiscale ainsi
que le contribuable.

Par ailleurs, à défaut d’une direction du contentieux, il faut créer plusieurs sections dans la
division actuelle pour mieux gérer le contentieux car présentement, cette division ne comporte
qu’une seule section qui prend en compte toute l’administration fiscale au Togo. Plusieurs
sections permettront de prendre en charge plus vite selon les types de contentieux et de vider
dans un bref délai plusieurs dossiers. L’objectif étant d’améliorer la qualité du service, la
répartition des activités dans plusieurs sections au sein d’une division serait un palliatif.

3.4.1.1.2 Le renforcement en effectif de la Division


Dans notre étude, un constat amer sur l’effectif du personnel gestionnaire du contentieux a été
fait. En effet, le personnel de la division du contentieux est peu nombreux et un renforcement
d’effectif permettrait une gestion rapide des dossiers du contentieux. Il en est de même du
manque de célérité et d’une organisation accrue et parfaite du service font défaut avec ce
manque.

Aussi, proposons-nous que cette division transformée en direction soit approvisionnée en


ressources humaines qualifiées et adéquates pour effectuer le service. Cette augmentation
demandée n’est pas sans raison. Selon nos travaux de recherche, le personnel permanent et
adéquate accroitrait le rendement du service et rehaussera de même le niveau du service avec
une célérité dans le traitement et une évacuation rapide et de qualité pour permette aux
partenaires d’évoluer dans les relations.

Pour le personnel, nous avons envisagé que chaque division du contentieux ait au moins sept
(7) agents et au plus douze (12) pour son fonctionnement qui aura trois (3) chefs de section à
savoir : l’assiette, le contrôle et le recouvrement avec un (1) ou deux (2) agents dans chaque
section qui peuvent être des collaborateurs. Tout ceci, dans l’objectif d’accroître les capacités
de l’administration fiscale en matière de service aux contribuables et en ce qui concerne le
respect des droits de ceux-ci.

3.4.1.1.3 L’effectivité de la commission administrative de recours


Les travaux de recherches effectués ont montré l’importance de la commission administrative
dans le traitement du contentieux fiscal au Togo. Pour cela, la nécessité de rendre effective
cette commission s’avère primordiale. Les reformes faites doivent être effectives dans la
pratique, si l’office reste vraiment dans sa logique. Cela rendrait crédible l’administration de
même que la qualité du service. En effet la commission administrative siège avec des
62
représentants du contribuable et dans cette mesure elle garantirait le contribuable d’une
décision impartiale qui sans doute, sera accepté de tous comme étant juste et non comme un
traitement spécial que l’administration se réserve. L’existence de la commission
administrative rendrait par ailleurs le service du contentieux plus performant avec des
décisions qui feront l’objet de jurisprudence administrative non seulement avec la compétence
que cette commission aurait mais encore par la confiance que celle-ci aura auprès des
contribuables. Ses avis seront une force pour le service du contentieux. En d’autres termes, la
commission administrative serait comme un pilier pour le contentieux fiscal au Togo. La
direction du contentieux fiscale sera un organe infaillible pour l’administration qui de ce fait
redonnera confiance au contribuable et conciliera par là même, les intérêts de l’OTR. Le rôle
social que jouera cette commission sera important, dans la mesure où les contribuables
croiront en la justice fiscale administrative.

3.4.1.1.4 Formation des agents de services gestionnaires


La fiscalité tout comme le monde est évolutive, ainsi l’administration doit préalablement aux
contestations être bien en place sur la qualité des agents gestionnaires qui connaissent en
premier les intentions du contribuable et ce qui pourrait arriver dans la prise en charge de son
dossier fiscal (la déclaration, le recouvrement et la procédure d’imposition de certains
impôts). Pour cela, nos propositions vont directement dans la formation des agents
gestionnaires qui doivent non seulement être compétents mais aussi être organisés pour une
relation harmonieuse entre le contribuable et l’administration. Cette dernière doit pouvoir
chaque année prévoir une formation à l’interne qu’à l’externe à ses agents sur les procédures
et l’organisation de la fiscalité pour améliorer la qualité et palier à l’insuffisance remarquée
dans son fonctionnement. Cette formation doit être faite sur les relations à entretenir avec les
contribuables et selon le besoin de la fiscalité à répondre dans le temps et dans l’espace. Elle
doit être basée sur les agents en contact permanent avec les contribuables à savoir les agents
de service de gestion de déclarations qui prennent en charge les déclarations des contribuables
et ceux du service de contrôles ou de vérification qui sont souvent avec les contribuables sur
le terrain d’activités. Le respect des procédures d’imposition est très important et ainsi la
manière de prendre en charge les réclamations du contribuable avant de les transférer au
service compétent serait des atouts pour l’administration, et pour ses agents pour améliorer le
service. Aussi les formations sont indispensables et constituent un préalable pour
l’amélioration des relations avec le contribuable.

63
Ainsi le plus judicieux à faire pour l’administration, serait que dans une procédure
contentieuse, qu’elle ne mette pas en première position ses intérêts mais la capacité actuelle
du contribuable à honorer ses obligations. Pour cela, il appartient au service gestionnaire du
contentieux de faire la part des choses sur la réalité que vit le contribuable et sa capacité à
contribuer que de mettre des montants qu’il ne pourra payer dans l’immédiat. Il est possible
pour l’administration de faire des remises sur les pénalités et majorations dont le contribuable
a fait l’objet. Ces remises permettront un allègement de la charge fiscale du contribuable et
l’encouragerait ainsi à faire des efforts pour satisfaire l’administration fiscale et tout en
poursuivant ses affaires pour accroitre le développement économique dans la conciliation des
intérêts

3.4.2 En phase juridictionnelle


3.4.2.1 Mise en place des tribunaux spécialisés
Les pays africains dans la plus part du temps sont dans une unicité d’organisation des
juridictions, qu’il s’agisse de la fiscalité relative au foncier, au publique ou au privé. Le
manque de spécialisation des tribunaux est un problème récurrent qui gangrène nos Etats
africains et constitue ainsi des failles pour ce qui est de l’administration en charge de la
justice. Cependant certains pays ont fait exceptions en la matière pour asseoir une évolution
de la justice. Le cas du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et autres comme le Rwanda
sont édifiant. Ces formations en matière de justice est une avancée remarquable pour ces pays
qui aujourd’hui connaissent des évolutions économiques stables et durables. Pour ce faire,
nous envisageons qu’une réforme soit menée en ce sens pour le Togo pour une indépendance
de la justice en matière fiscale gage de croissance économique pour les pays africains. La
réforme de la justice en fiscalité donnerait une confiance aux contribuables en ce sens qu’il
n’y aura plus de d’ingérence politique dans les affaires de la justice. La fiscalité qui depuis
peu au Togo est vue comme un instrument d’action du pouvoir politique en place, contre
certaines couches pourrait avoir une autre appréhension. Ensuite, cette réforme serait une
porte ouverte vers le développement socio-économique durable et un changement de
mentalité sur la question de paiement d’impôts. Enfin, notons que les tribunaux spécialisés en
matière fiscale apporteront un plus en ce qui concerne la jurisprudence en matière fiscale. Par
la suite permettront à l’administration fiscale d’améliorer la qualité de ses textes fiscaux et des
erreurs qui s’y trouvent. Former aussi les contribuables sur les procédures et les droits dont ils
sont dépositaires seront des atouts. Pour les contribuables c’est un gage de droit de
contestation et une voie pour l’action en justice libre contre la toute puissante administration

64
avec conviction d’une satisfaction de résultat. En plus, de ces avantages c’est un moyen
d’éducation du contribuable sur l’importance de l’impôt et de son acquittement volontaire.

3.4.2.2 L’amélioration des relations entre le contribuable et l’administration

3.4.2.2.1 Sensibilisation des contribuables


Une bonne relation entre l’administration et le contribuable ne peut passer sans une
sensibilisation. La sensibilisation est un moyen sûr et efficace que l’administration peut
utiliser pour changer l’esprit des contribuables en matière fiscale. L’Office togolais des
recettes institution naissante en pleine évolution doit être accompagné de ces mesures qui
pour le contribuable est un atout pour cerner le contour de la matière fiscale qui de surcroit est
très complexe. Certes, l’administration fait des sensibilisations en ce sens mais elles s’avèrent
insuffisantes et la technique utilisée pour la faire semble très peu efficaces pour toucher toutes
les couches concernées. Ainsi, nos propositions vont dans le sens de l’approche du
contribuable en ce sens qu’il n’appartient au contribuable de venir vers l’administration mais
l’inverse. Ce n’est pas pour dire que le contribuable doit solliciter l’information. Mais, il
appartient à l’administration d’aller sur le terrain, faire une sensibilisation de terrain avec des
outils qui ne sont pas seulement la communication mais l’acte qui prouvera au contribuable
qu’il est important aux yeux de l’administration. La sensibilisation doit être faite de porte à
porte et d’un lieu à un autre et non seulement dans les locaux de l’administration qui toujours
convoque le contribuable. Certaines couches telles que les contribuables au régime de la TPU
ou du réel ne représentent qu’une partie des commerçants. Et les entrepreneurs qui ne
possèdent pas assez de moyens pour s’informer il est nécessaire d’aller vers eux pour les
sensibiliser. Dans ce sens que nous préconisons la sensibilisation de porte à porte ou
sensibilisation de terrain.

3.4.2.2.2 Formation des contribuables


La connaissance d’une chose est mieux que son ignorance dit-on, les contribuables togolais
qui, jusqu’aujourd’hui ont à l’idée que l’Etat collectent des fonds pour la poche de ses agents
et non pour la couverture des charges publiques, doivent enlever cette idée malsaine. En effet,
l’office dans ses objectifs, met le contribuable au centre de tout et cela doit être traduit dans la
pratique, la formation accrue des contribuables permet de réduire voire éliminer l’incivisme
fiscal et par là même promouvoir l’acceptation volontaire de l’impôt chez les contribuables.
La formation doit nécessairement passer par les couches inférieures avant de remonter aux
couches supérieures. En d’autres termes, il faut commencer par ceux qui sont dans les centres

65
(soit à la TPU ou au réel), pour ainsi remonter. Car c’est cette catégorie de contribuables qui
est la moins informée de la chose. Etant appelés à grandir, ces contribuables bien formés et
éduqués feront l’objet d’un relai d’information pour les autres contribuables pour
l’acceptation du bien-fondé de l’impôt à payer.

Le Togo en ce sens, doit mettre plus les moyens et les dispositions en place pour pouvoir
satisfaire ses intérêts et ceux du contribuable afin d’asseoir une administration digne de ce
nom. Cependant, elle manque beaucoup de moyens de sorte que la législation fiscale togolaise
est restée en marge de ces évolutions notoires surtout en ce qui concerne le contentieux

66
Conclusion générale
En somme, le contentieux fiscal est une pratique dont les enjeux des parties protagonistes sont
très importants. En effet, l’administration et le contribuable ont des intérêts divergents qu’il
faut concilier et partant préserver le droit du contribuable auteur de la demande pour le
règlement de son contentieux avec l’administration. Cette dernière est toute puissante par
rapport au contribuable qui n’a que peu de moyens d’action contre cette celle-ci. Il faut le
protéger pour éviter une violation de ses droits par la toute puissante. Cependant
l’administration ne voudra-t-il jamais perdre dans ce conflit alors se réserve-t-il un traitement
spécial. De même, les droits du contribuable sont-ils sans limite. Par conséquent quelles sont
les garanties qu’il faut pour entourer le droit de recours du contribuable contre la toute
puissante administration. Par ailleurs quel est l’intérêt pour l’administration de connaitre des
litiges fiscaux préalablement. Tels sont les enjeux que recense et vit de nos jours la pratique
du contentieux au Togo.

L’administration dans son rôle, doit organiser les contours de l’action du contribuable par des
garanties pour permettre les actions libres, autonomes des contribuables. Une garantie de
droits du contribuable, est la garantie des intérêts de l’administration qui est de faire rentrer
les recettes dans la caisse de l’état. Elle doit de ce fait donner une indépendance en matière de
justice fiscale et mettre le contribuable dans une relation de confiance. Généralement, ces
besoins doivent passer par une organisation sereine et un fonctionnement de toutes les
branches nécessaires au règlement de conflits fiscaux. Ces difficultés sont toujours ressenties
dans nos administrations fiscales africaines d’où il faut les réduire. La confusion du pouvoir
politique avec l’administration fiscale, doit être levée, un détachement de ces relations serait
un atout pour une évolution en matière fiscale et une voie à la promotion du civisme fiscal. Le
contribuable ne se sentira en sécurité que lorsqu’il verra toutes les conditions réunies pour une
bonne administration de la justice fiscale et une garantie inhérente de ses intérêts et droits
reconnus par les lois. Le contentieux permet à l’administration de corriger les erreurs et les
défaillances des textes fiscaux d’un côté et de l’autre de former et de perfectionner ses agents
afin d’établir une jurisprudence en matière fiscale dans certains domaines.

Par ailleurs, développer la culture d’une économie stable et durable dans un pays passe par
une éducation de sa population en ce qui concerne le civisme fiscal et une sensibilisation sur
la matière fiscale ainsi que son importance dans le pays. Ainsi les contribuables suffisamment
formés et éduqués seront le point de départ pour cette politique de stabilité économique. Pour

67
y parvenir, l’administration doit concilier ses intérêts avec ceux du contribuable, mettre les
moyens appropriés pour aboutir au résultat escompté et permettre une croissance économique.
Une bonne administration de la justice est un gage de progrès et de développement d’une
économie, d’un peuple, et partant de tout le pays.

68
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Mémoires

ADEDIRAN B.A. Nadiath (2012). La gestion du contentieux de l’impôt au Togo


(mémoire cycle II) ; Ecole Nationale d’Administration du Togo, Lomé. 49 pages.

DOKOU K. (2016). Les difficultés de la mise en œuvre du contentieux fiscal au Togo


(cycle III), Ecole Nationale d’Administration du Togo, Lomé. 66 pages.

Ouvrages

Thierry Lambert (2014). Le contentieux fiscal en debats. Edition LGDJ. 394 pages

Séminaires

CREDAF (2012), les enjeux de la procédure contentieuse préalable devant


l’administration.

Textes législatifs

Code Générale des Impôts (2016). Edition ICS conseils

Loi n° 2012 du 14 décembre 2012 portant création de l’office togolais des recettes. (2012)
Togo.

69
ANNEXES

70
Table des matières
Sommaire .................................................................................................................................................
DEDICACE.............................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS .............................................................................................................................iii
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES............................................................................................ iv
LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES ....................................................................................v
AVERTISSEMENT .............................................................................................................................. vi
INTRODUCTION GENERALE .......................................................................................................... 1
Chapitre 1 : Le cadre théorique de la recherche ................................................................................ 4
1.1. Analyse de la situation .......................................................................................................... 4
1.1.1. La raison d’être du contentieux fiscal.......................................................................... 7
1.1.2. L’environnement socio-politique.................................................................................. 8
1.1.3. La structure de gestion du contentieux fiscal .............................................................. 8
1.1.4. La procédure de règlement du contentieux............................................................... 11
1.2. Problématique...................................................................................................................... 22
1.2.1. Questions de recherche ............................................................................................... 24
1.3. Objectifs de la recherche..................................................................................................... 25
1.3.1. Objectifs de connaissance ........................................................................................... 25
1.3.2. Objectif d’application ................................................................................................. 25
1.4. Hypothèses de recherche..................................................................................................... 25
1.4.1. Hypothèse générale de recherche ............................................................................... 25
1.4.2. Hypothèses spécifiques de recherche ......................................................................... 26
1.5. Justifications ........................................................................................................................ 26
1.6. La revue de la littérature .................................................................................................... 27
1.6.1. Revue de la littérature interne.................................................................................... 27
1.6.2. Revue de la littéraire externe...................................................................................... 28
1.7 Définition des concepts clés................................................................................................. 29
Chapitre 2 : Le cadre méthodologique de la recherche ................................................................... 30
2.1. Choix et orientations méthodologiques ............................................................................. 30
2.1.1. Entretiens préalable .................................................................................................... 30
2.1.2. Enquête ......................................................................................................................... 30
2.1.3. Population cible ........................................................................................................... 30

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2.2. Identification des variables et définition des indicateurs ................................................. 31
2.2.1. Identification des variables ......................................................................................... 31
2.2.2. Définitions des indicateurs .......................................................................................... 31
2.2.3. Structuration des variables et indicateurs................................................................. 34
2.3. Outils de collecte .................................................................................................................. 35
2.3.1. Le stage effectué au sein de l’office ............................................................................ 35
2.3.2. Guides d’entretiens ...................................................................................................... 35
2.3.3. Les observations........................................................................................................... 36
2.3.4. Les questionnaires ....................................................................................................... 36
2.4. Choix et caractéristiques du groupe cible ou de la population........................................ 36
2.4.1. Les agents des impôts .................................................................................................. 36
2.4.2. Les contribuables ......................................................................................................... 37
2.5. Identification ou choix de terrain de recherche ................................................................ 37
2.6. Constitution du groupe cible ou de l’échantillonnage ...................................................... 37
2.6.1. Collecte des données .................................................................................................... 37
2.6.2. Les difficultés rencontrées .......................................................................................... 38
2.7. Type et plan d’analyse des données ................................................................................... 38
2.7.1. Type d’analyse des données ........................................................................................ 38
2.7.2. Plan d’analyse des données collectées ........................................................................ 39
Chapitre 3 : Le cadre des résultats de la recherche ......................................................................... 42
3.1. Analyse et traitement des données collectées .................................................................... 42
3.1.1 Analyse des données du questionnaire de la division du contentieux fiscal ........... 42
3.1.2 Analyse des données du questionnaire des services gestionnaires .......................... 46
3.1.3 Analyse des données du questionnaire adressé aux contribuables ......................... 50
3.2 . Vérification des hypothèses et Interprétation des résultats ........................................... 54
3.2.1 Conciliation des intérêts du trésor et préservation des droits du contribuable ..... 54
3.2.2 Les difficultés relatives aux contribuables ................................................................ 57
3.3 Discussion des résultats de la recherche ............................................................................ 59
3.4 Formulation des propositions d’action .............................................................................. 60
3.4.1 En phase administrative.............................................................................................. 61
3.4.2 En phase juridictionnelle ............................................................................................ 64
Conclusion générale ............................................................................................................................ 67
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................................... 69
ANNEXES ............................................................................................................................................ 70
Table des matières ............................................................................................................................... 71

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