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SOMMAIRE

Le système bancaire marocain

Année universitaire : 2018/2019


Introduction
………………………………………………………………………………
…………..4

Présentation du secteur bancaire et


historique………………………………………5

Organisation
………………………………………………………………………………
………….9

Composition
………………………………………………………………………………
…………13

Réglementation
………………………………………………………………………………
……20

Fonctionnement et
financement………………………………………………………..…
25

Les nouvelles fonctions des banques


……………………………………………………39

2
Introduction

Conclusion
………………………………………………………………………………
…………….45

Le secteur bancaire marocain est devenu en une courte période, un


secteur efficace et puissant, en dépit de son contexte concurrentiel accru
marqué par la baisse significative des taux d'intérêts, l'augmentation du volume
des crédits accordés et de la marge sur commissions est les contreparties de
cette baisse remarquable.

A fin de mettre l'accent sur le système bancaire marocain, et pour mieux


l'appréhender, il est jugé important de traiter ce thème selon trois grandes
chapitres, le premier sera consacré à la présentation générale du secteur
bancaire à travers la présentation de Bank Al-Maghreb et les banques
commerciales, aussi de mettre la lumière sur la nouvelle loi bancaire. et dans le
deuxième chapitre, on va souligner la relation existante entre la banque et le
marché des particuliers à savoir les ménages et les consommateurs , et dans ce
point on va traiter essentiellement les crédits à la consommations et les sociétés
de financements , certes la relation entre la banque et les particuliers ne se
limite pas aux crédits à la consommation (ouverture de compte, gestion de
moyennes de financement) mais ces crédits sont de plus en plus en croissance
d'où la nécessité de les aborder et enfin dans le dernier chapitre, on traitera la

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Présentation et historique

banque et le marché des entreprises , et pour assimiler la notion de la banque


d'entreprise , on a choisi le cas de la société générale.

A. Présentation
Le secteur bancaire marocain est l'un des moteurs du développement de
l'économie du pays et de sa prospérité, ce dernier est devenu dans une courte
période un secteur moderne et efficace.

En réalité, il a connu un mouvement de concentration significatif


aujourd'hui achevé. Plusieurs banques possèdent une licence d'exploitation
mais sept banques contrôlent le marché.

Le principal acteur est constitué par le réseau public des Banques


Populaires. Viennent ensuite les autres banques et celles contrôlées
majoritairement par des actionnaires étrangers, parmi lesquelles la BMCI, filiale
de BNP-Paribas, et le Crédit du Maroc, filiale du groupe Crédit Lyonnais-Crédit
Agricole. Enfin, la Caisse de Dépôt et de Gestion est extrêmement active dans
les secteurs de l'immobilier et du tourisme, en accompagnant les projets
d'intérêt général et en intervenant dans une logique d'amorçage pour des projets
plus modestes.

B. L’historique
La structure du secteur bancaire marocain, telle qu’elle se présente
actuellement a été façonné par l’histoire. Elle est le produit d’un long
cheminement qui s’est édifié progressivement dans le pays.

Au fil des années, divers établissements bancaires et financiers ont vu le jour


pour répondre à des besoins spécifiques. Ce qu’on peut remarquer en trois
phases principales dans son évolution, à savoir :
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 Une phase qui s’étale de 1802 à 1912 ;

 Une phase du protectorat de 1912 à 1956 ;

 Enfin une phase post-coloniale de 1956 à nos jours.

1. Avant le protectorat :

C’est une phase qui est caractérisé par la naissance des premières
banques marocaines, l’arrivée des banques étrangères.

1.1. a naissance des premières banques au Maroc :

La première banque au Maroc est née en 1802. Elle fut l’œuvre de


l’immigration d’un commerçant juif de Tanger.

L’amiral Nelson croisait au large de Gibraltar en attendant la bataille de


Trafalgar. Lorsqu’il manqua de vivres, il envoya une chaloupe à Tanger pour se
ravitailler, mais il n’avait pas d’argent sur lui.

Un commerçant de Tanger, Moses Pariente accepta de lui livrer les


marchandises, contre une traite signée par l’Amiral et tirée sur le trésor Anglais.
Ce jour-là naquit la première banque marocaine, La Banque Pariente.

Deux autres banques virent le jour en 1860 : La banque Nahon et la


banque Salvador Hassan.

Ces banques ont leurs sièges à Tanger.

1.2 L’arrivée des banques étrangères au Maroc :

Ce n’est que vers la fin du 19ème siècle, à partir de 1880, que les
premières banques étrangères s’installent au Maroc.

Ce furent le comptoir National d’Escompte de Paris ; la banque of. west


Africa (anglaise) et la berliner Orient Bank (allemande). L’arrivée de ces
banques a été favorisée par deux facteurs :

D’une part, la tradition d’ouverture du pays sur l’extérieur et sur le négoce


international.
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D’autre part, d’endettement excessif du Maroc à l’égard de ces principaux
créanciers (France, Espagne et Angleterre).

1.3 La création de la banque d’Etat du Maroc :

Un des résultats de la conférence d’Algésiras qui a eu lieu en 1906 fut la


création de la banque d’Etat du Maroc ayant son siège à Tanger.

2. Sous le protectorat :

C’est une phase qui s’étale de 1912 à 1956, qui consacre l’intégration de
l’économie marocaine à celle de la métropole et qui enregistre le déferlement
des banques françaises sur le Maroc.

L’avènement du protectorat en 1912 va détourner le régime de la porte


ouverte auquel était soumis le Maroc au seul avantage de la puissance
protectrice et assoir ainsi définitivement la mainmise de la France sur la finance
du royaume.

Pour intégrer l’économie marocaine à celle de la métropole, la France


devait entreprendre toute une série de mesures à caractère monétaire et
financier.

La première action fut de répondre le contrôle de la banque d’Etat du


Maroc.  Ainsi, en 1919, elle procède au rachat des parts de l’Allemagne, de
l’Autriche-Hongrie, la Russie et l’Angleterre.

La deuxième action entreprise était de mettre fin au pluralisme monétaire


qui prévalait l’époque (Rial Hassani, Pesetas, Francs algérien, Francs français)
et faire intégrer le Maroc dans la zone franc.

Sur le plan de l’organisation de l’activité bancaire sous le protectorat,


l’activité bancaire n’était pas réglementée en tant que telle. Il a fallu attendre le
31 mars 1943 pour voir apparaître la première législation régissant la profession,
s’inspirant de la loi bancaire française du 13 juin 1941, complété par des arrêtés
en 1954 et en 1955. Ce qui a permet d’avoir les premiers Jalon de l’organisation
et de la réglementation bancaire au Maroc.

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Signalons, enfin, que toutes les grandes banques françaises étaient
représentées au Maroc par des succursales entièrement encadrées et
contrôlées par les maisons mères. Ces banques étaient concentrées sur
Casablanca, comme d’ailleurs les banques espagnoles l’étaient sur Tanger.

Il convient d’ajouter certain nombre d’organismes financiers spécialisés


crées sous le protectorat :

- Les Caisses Régionales Agricoles (1919) ;

- La Caisse des Prêts Immobiliers du Maroc (1919) ;

- Les Banques Centrales de garantie (1949) ;

- La Caisse Marocaine des Marchés (1950).

3. Après l’indépendance :

C’est une phase post-coloniale de 1956 à nos jours, où le Maroc


indépendant politiquement, s’emploie à recouvrer sa souveraineté financière en
utilisant le secteur bancaire comme instrument de politique monétaire pour la
reconstruction de son économie et son insertion dans le circuit de la
mondialisation.

Dans cette étape décisive, il convient de souligner trois traits qui ont
marqué, de manière significative, la configuration du paysage bancaire et
financier national :

 De 1956 à 1966, caractérisé par la création de la Banque du Maroc, d’une


monnaie nationale et d’un certain nombre d’organismes bancaire et
financiers entièrement contrôlés par l’Etat ;

 De 1967 à 1985 caractérisé par l’organisation du secteur bancaire avec la


première loi bancaire sous l’indépendance et l’introduction de groupes
marocains dans le capital des banques existantes, grâce au dahir de
marocanisation ;

 Enfin, de 1986 à nos jours, marqué par l’application du PAS et le lancement


des grandes réformes bancaires et financières.

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Organisation

- C N C E = Conseil national de crédit et de l’épargne.

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- CEC      = Comité des établissements de crédit.

- C D E C = Comité de discipline d’établissement de crédit.

- G P B M = Groupement professionnel des banques du Maroc.

- A P S F = Association professionnel des sociétés de Financement.

1. Les organes de contrôle

Il s’agit des autorités de tutelle et de contrôle des établissements de crédit,


ils sont constitués de trois entités : Bank Al-Maghrib, le ministre des finances et
les commissaires aux comptes.

A. Bank Al-Maghreb

Elle occupe une place prépondérante dans le nouveau dispositif institutionnel,


elle est présente à un haut niveau dans les organes de consultation :

 Le gouverneur de Bank Al-Maghreb préside le C N E C.

 Le vice-gouverneur de Bank Al-Maghrib préside de le C D E C.

  Secrétariat du C N C E est assurée par Bank Al-Maghreb

B. Le ministre des finances.

Le ministre des finances exerce une influence considérable sur l’ensemble


du dispositif mis en place par la nouvelle loi bancaire, c’est à lui que revient, en
définitive la responsabilité des décisions relatives à :
- La politique monétaire.

- La réglementation et le contrôle des établissements de crédit.

Les décisions du ministre ne sont prises qu’après avis des organes de


consultation :

 Le C N C E dont il assure la présidence en ce qui concerne la politique


monétaire.

 Le C E C en ce qui concerne les mesures de réglementations et le contrôle


des établissements de crédit.
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 Le C D E C quand il s’agit de sanctions graves à l’encontre des
établissements de crédit ou de leur administrateur.

C. Le contrôle par les commissaires aux comptes.

En vertu de l’article 70 : les établissements de crédit sont  tenus de


désigner deux commissaires aux comptes, après approbation de Bank Al-
Maghrib. Par contre les sociétés de financement désignent un seul commissaire
aux comptes lorsque leur total du Bilan est inférieur à un seuil fixé par Bank Al-
Maghreb.

Les commissaires aux comptes ont pour missions de:

 Contrôler les comptes conformément aux dispositions du titre six la loi


n°=95-17 relatives aux sociétés anonymes.

 S’assurer du respect des mesures prises en application des dispositions


des articles 45-50 et 51 de la nouvelle loi bancaire 2006.

2. Les organes de consultation

La loi 2006 a conforté le principe de concertation instauré auparavant par


la loi  1993 en modifiant ou en élargissant les attributions de certains organes
consultatifs.

Le marché du crédit: L’environnement institutionnel

Par ailleurs, les nouveautés apportées par ces textes de loi reflètent
l’autonomie récemment conférée à la banque centrale  et qui vise à adopter le

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système de restriction et de modernisation du secteur bancaire. Ainsi trois
organes sont retenus par la nouvelle loi bancaire.

a-  conseil national du crédit et de l’épargne  (C N C E).

Tout d’abord dans le cadre institutionnel, un changement s’est opéré au


niveau du ” conseil national de la monnaie et de l’épargne”. En effet ce dernier
était consulté au sujet de toute question liée à l’orientation de la politique
monétaire et du crédit ainsi que leur moyens de réalisations. Actuellement la
première question a disparu du champ du conseil est une nouvelle appellation a
été allouée au conseil « le conseil national du crédit et de l’épargne ».

b –  comité des établissements de crédits ( C E C ).

L’article 20 de la nouvelle loi bancaire marocaine apporte un changement


supplémentaire concernant ce volet il s’agit du ” comité des établissements de
crédit” dont les prégoratives se sont étendues:
Il mène des études sur l’activité des établissements de crédit et sur leurs
rapports avec la clientèle et l’information du public.

Il peut émettre un avis relatif aux activités des établissements de crédit,


notamment:

-  L’octroi et le retrait de l’agrément des établissements de crédit.

- L’exercice à titre habituel par un établissement de crédit, d’une activité


autre que celles prévues par la loi.

- Le montant du capital ou de la dotation minimum, exigible des


établissements de crédit.

- Les conditions de prise de participation des établissements de crédit dans


le capital des entreprises.

- Les modalités d’intervention et de fonctionnement du fonds collectif de


garantie des dépôts.

C –  Commission de discipline des établissements de crédits  


(CDEC).

Son rôle est de construire les dossiers disciplinaires et de proposer des


sanctions contre les établissements de crédit concernés. Il peut s’agir d’une
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Composition

interdiction ou d’une restriction d’exercice, de la nomination d’un administrateur


provisoire ou d’un retrait d’agrément.

3. Les organes de coordination.

En vertu de l’article 25, tout établissement est tenu d’adhérer à une


association professionnelle:

 Les banques et les banques offshores doivent intégrer le groupement des


banques du Maroc  (G P B M).

 Les sociétés de financement sont tenues d’adhérer à l’association


professionnelle des sociétés de financement (A P S F).

Les composantes du système Bancaire Marocain sont au nombre de deux


à savoir, Bank Al-Maghrib et les établissements de crédit.
A. Bank Al-Maghrib
Dénommée “banque du Maroc” jusqu’au 1987, Bank Al- Maghrib a été
créée par Dahir du 30 juin 1959 par substitution à l’ancienne Banque d’Etat.
Appelée également “Institut d’Emission”, “banque centrale” ou “banque
des banques”, Bank Al-Maghrib assure un rôle réunissant, en fait, des activités
multiples qui expliquent les différentes appellations dont elle fait l’objet.
1. Les principales missions de Bank Al-Maghrib.
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La nouvelle loi bancaire de 2006 conférée à Bank Al-Mghrib un ensemble
de missions dont principalement:
o Exercer le privilège d’émission.
o Veiller à la stabilité de la monnaie et de sa convertibilité.
o Développer le marché monétaire en relation avec la stabilité de la
monnaie et assurer sa régulation.
o Gérer les réserves publiques de change et mettre en œuvre la politique
de change conformément aux orientations du ministère de finance.
o S’assurer du bon fonctionnement du système bancaire.
o Assurer le rôle du banquier et d’agent financier du trésor.
o Etablir les statistiques sur la monnaie et le crédit.
2. Organisation de Bank al Magrhib.
Son organisation est composée de cinq organes:
 Le Gouverneur
 Le conseil
 Le comité de direction
 Les censeurs
 Le commissaire du gouverneur.
B. Les établissements bancaires.
Selon l’article 27 de la loi 2006 “toute personne morale considérée comme
établissement de crédit au sens de l’article 1 doit, avant d’exercer son activité au
Maroc, avoir été préalablement agréée par le gouverneur de Bank Al-Magrhib
après avis de comité des établissements de crédit, soit en qualité de banque soit
en qualité de société de financement.
a. Les conditions d’accès à la profession bancaire :
Pour l’accès à la profession bancaire, deux conditions doivent être
respectées:
a - Les conditions juridiques.
Les établissements de crédits ne peuvent être constitués que sous la
forme de société anonyme à capital fixe, à l’exception des organismes que la loi
a dotés d’un statut particulier.
En outre, la dénomination sociale doit être approuvée par le comité des
établissements de crédit.
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Elle ne doit pas porter tort aux intérêts d’un établissement déjà existant, ni
risque d’induire le public en erreur par appellation trop générale et
insuffisamment distinctive. Selon l’usage le mot banque doit figurer explicitement
dans toute nouvelle dénomination.
b- Les conditions financières.
Tout établissement de crédit doit justifier à son bilan d’un capital minimum
effectivement libéré ou lorsqu’il s’agit d’un établissement public, d’une dotation
minimum totalement versée dont le montant est fixé pour la catégorie ou la sous
catégorie dont elle relève par la circulation du gouverneur de Bank Al-Magrhib,
après avis du comité des établissements de crédits (art 29 de la loi Bancaire).
Par ailleurs, l’entreprise bancaire doit pouvoir réaliser ses objectifs de
développement dans des conditions compatibles…
- Collecte de dépôt :
Les dépôts sont des fonds laissés en compte par la clientèle des banques.
Ces fonds représentent la principale ressource des établissements bancaires
qui alimentent la partie la plus intéressante de leurs activités, on distingue trois
catégories de dépôts:

 Dépôts à vue : Fonds susceptibles d’être retirés à tout moment sur


la demande des déposants
 Dépôts avec préavis :Dépôts qui ne peuvent être retirés qu’en
prévenant la banque dans les délais fixés dans le contrat
 Dépôt à échéance : Fonds placés pour une durée déterminée et
rapportent des intérêts
Les ressources bancaires ont été marquées en 2004 par une forte
progression des comptes à vue, les dépôts de la clientèle ont augmenté de
8,1% entre 2003 et 2004 pour atteindre 317 milliards de dirhams.
Ils représentent plus des trois quarts des ressources des banques et se
composent pour plus de la moitié de dépôts à vue non rémunérés. Les dépôts
des marocains résidents à l’étranger représentent près de 25% du total des
dépôts bancaires.
- Distribution de crédit

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Défini pour la première fois par la législation, l’article 3 de la loi bancaire
2006 stipule: « constitue une opération de crédit, tout acte à titre onéreux par
lequel une personne met ou s’oblige à mettre des fonds à la disposition d’une
autre personne, à charge pour celle-ci de les rembourser, ou prend, dans
l’intérêt d’une autre personne un engagement par signature et sous forme
d’aval, un cautionnement ou toute autre garantie »
Outre les crédits classiques entre préteurs et emprunteurs, les opérations
de crédit incluent:
– les opérations de location assortie d’une option d’achat « crédit bail »
– les opérations de vente avec faculté de rachat, ou vente à rémunéré,
d’effets et de valeurs mobilières
– les opérations d’affacturage « achat de créance ou leur garantie ».
Le crédit doit être par écrit et l’établissement de crédit peut exiger les
garanties qu’il juge nécessaires.
La loi présente certaines lacunes dans le cadre des opérations de crédit,
notamment :
– la relation de remboursement limitée à deux personnes n’est pas
toujours justifiée .certaines pratiques telles que l’escompte qui est très
développé, met en relation les trois intervenants :
D’abord le tireur s’adresse aux banques pour obtenir le crédit d’escompte,
ensuite la banque s’adresse au tiré pour lui rembourser le crédit de départ.
– la distribution des crédits n’est pas un monopole des établissements de
crédit.
Les organismes à but non lucratif peuvent accorder des crédits à des
conditions préférentielles pour des buts sociaux .Aussi, les entreprises peuvent
se financer mutuellement avances aux fournisseurs, emprunt obligataire, autres
émissions de valeurs mobilières, émission de cartes par une entreprise pour
achat auprès d’elle de biens et services, avances au personnel, etc.
- Gestion des moyens de paiement
La loi bancaire 2006 a consacré la gestion des moyens de paiement
comme l’une des trois fonctions essentielles dévolues aux établissements de
crédit.
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Le traitement bancaire des moyens de paiement est un aspect essentiel
de l’activité des établissements de crédits. C’est le service le plus utilisé par les
particuliers et les entreprises.
La gestion de moyens de paiement sera examinée sous deux angles :
Les instruments de paiement nationaux et les moyens de paiement
internationaux.
a. Les instruments de paiement :
Conformément aux dispositions de l’article 6 du dahir N: 1-05-178 du 15
moharrem 1427 (2 mars 2006) portant la loi N:34-03 relative aux établissements
de crédit et organismes assimilés, « sont considérés comme moyens paiement
tous les instruments qui, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé,
permettant à toute personne de transférer des fonds » Les instruments de
paiement comportent deux types : instruments de paiement traditionnel et
instruments de paiement électronique.

b. Moyens traditionnels de paiement :


Avec le développement des instruments de paiement, le cheque, la lettre
de change, le billet à ordre, paraissent appartenir à une ère révolue.
 Le chèque : Le chèque est un écrit qui permet au titulaire d’un compte
dans un établissement financier de tirer de l’argent de ce compte. C’est
un retrait de fonds par lequel une personne « tireur » donne l’ordre à sa
banque « tiré » de payer une certaine somme à son profit ou à une autre
personne appelée « bénéficiaire ». En droit marocain, le chèque est
essentiellement régi par les articles 239 et 328 du code de commerce
regroupés sous le titre III intitulé « le chèque » lequel fait partie du livre «
les effet de commerce »
 La lettre de change : La lettre de change est un écrit par lequel une
personne appelée tireur donne à une autre appelée tiré, l’ordre de payer
à une échéance déterminée une certaine somme à une troisième
,appelée preneur ou bénéficiaire ou à l’ordre de celle-ci . Pour bien
comprendre la finalité de cet effet de commerce il convient de remonter
un peu dans d l’histoire pour examiner d’une part la raison d’être de sa
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mise en place et d’autre, les différentes fonctions qu’il a pu assumer au fil
des ans, fonctions qui ont, certes évolué, mais qui sont restées intactes
malgré l’arrivée en force de nouvelle technologie et la floraison de
nouveaux instruments de paiement.
 Le billet à ordre : Le billet à ordre est un écrit par lequel une personne
appelée souscripteur s’engage à payer à une époque déterminée une
somme à une autre personne appelée bénéficiaire ou à l’ordre de celle-
ci. Contrairement à la lettre de change qui est un acte de commerce par
excellence, le billet à ordre peut avoir un caractère civil ou commercial
suivant la nature des dettes qu’il représente. En outre, le billet à ordre
met généralement en évidence deux personnes le souscripteur et le
bénéficiaire, alors que la lettre de change concerne au moins trois
personne, le tireur, le tiré, et la banque domiciliataire.
 Le virement : Instrument de paiement tout à fait traditionnel, le virement
est l’opération par laquelle la banque, à la demande de son client, débite
le compte de celui-ci pour créditer un autre compte, soit du client lui-
même qui peut avoir plusieurs comptes, soit d’un tiers qui a son compte
dans la même banque ou dans un autre établissement bancaire. Les
banques mettent généralement à la disposition de leurs clients des
formulaires types “d’ordre de virement” qui comportent un certain nombre
de mentions obligatoires : le nom du donneur d’ordre ainsi que son
numéro de compte, le montant en chiffre et en lettre, le nom du
bénéficiaire et ses coordonnés bancaires et éventuellement l’objet du
virement.
c. Les moyens de paiement électronique :
A côté des formes traditionnelles de paiement, encore très largement
utilisées, les nouvelles formes de paiement que sont les cartes bancaires
continuent de progresser et connaissent de plus en plus un grand succès
auprès de la clientèle.
La monétique : La monétique ou la monnaie électronique peut être
définie comme étant ” l’ensemble des techniques informatiques,
magnétiques, électriques et télématiques permettant l’échange de fonds
sans support papier et impliquant une relation tripartite entre les
banques, les commerçants et les consommateurs “.

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La carte de paiement : Conçus initialement au Maroc pour garantir le
paiement d’un chèque, la carte bancaire à vue progressivement ses
fonctions se diversifier et s’enrichir pour offrir divers services à la
clientèle. Il existe au Maroc quatre types de cartes qui assument les
fonctions suivantes : carte de garantie, carte de retrait (exemple, les
cartes de retraite banque populaire), carte visa électronique (carte de
paiement Comme la carte visa électronique), carte de paiement et carte
de crédit.

d. Les moyens de paiement internationaux


L’ouverture sur l’extérieur est un aspect important de l’évolution récente de
la profession bancaire au Maroc. Le traitement des opérations internationales
occupe de plus en plus une place grandissante dans son activité.
 Le respect de la réglementation :
Nous examinerons en deux points, le premier point consacré au contrôle
des changes et le second point au marché des changes.

1. Le contrôle de change :
Le contrôle des changes est une action directe de l’Etat sur l’offre et la
demande des devises. L’objectif étant de mobiliser les recettes en devises du
pays afin de limiter leur utilisation à des fins économiquement prioritaires.
Le règlement des opérations Import-export constitue le volet le plus
important de l’activité bancaire international, mais la gestion des moyens de
paiement internationaux ne concerne pas uniquement ces derniers elle se
rapporte également aux opérations purement financières.
2. le marché de change :
L’instauration d’un marché des changes au Maroc en 1996 constitue un
tournant dans les activités bancaires internationales. Son impact sur le
dénouement des transactions et la gestion des moyens de paiement sont
considérables.
Les banques marocaines ne se limitent plus à jouer un rôle de “boite à
lettre” entre leurs clients et Banque AL Maghreb pour acheter ou céder les
devises sur la base d’un taux de change administré et indifférencié.

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Règlementation

3. les modalités de paiement en matière de commerce international :


Dans ce contexte on va traiter: les supports de paiement et la typologie
des techniques de paiement.
a- les supports de paiement:
Il convient de faire une classification d’ordre terminologique. On distingue
d’une part les moyens de paiement utilisés en matière de commerce
international et qui sont les virements internationaux. L’encaissement
documentaire et le crédit documentaire, et d’autre part, les supports qui seront
utilisés pour véhiculer ou finaliser le paiement et qui peuvent prendre la forme
soit d’un support papier (chèque, effet, virement par courrier) soit d’un support
électronique (SWIFT).
b- la typologie des techniques de paiement :
Il existe trois modes de règlement largement utilisés dans les opérations de
commerce international. Selon le degré de confiance qui existe entre le vendeur
et l’acheteur les modalités de paiement peuvent prendre la forme soit d’un
virement international, soit d’un encaissement documentaire soit d’un crédit
documentaire.

La règlementation :
La nouvelle loi bancaire : loi n° 34-03 relative aux établissements de
crédits et organismes assimilés :

Dahir n ° 1-05-178 du 15 moharrem 1427 portant promulgation de la loi n °


34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés (B.O. n °
5400 du 2 mars 2006).

Vu la constitution, notamment ses articles 26 et 58 , est promulguée et


sera publiée au Bulletin officiel, à la suite du présent dahir , la loi n°34-03
relative aux établissements de crédits et organismes assimilés, telle qu'adoptée
par la chambre des conseillers et la chambre des représentants.

Citons à titre d'exemple quelques articles de cette loi :

Article premier : Sont considérés comme établissements de crédit les


personnes morales qui exercent leur activité au Maroc, quels que soient le lieu
de leur siège social, la nationalité des apporteurs de leur capital social ou de

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leur dotation ou celle de leurs dirigeants et qui effectuent, à titre de profession
habituelle, une ou plusieurs des activités suivantes :

- La réception de fonds du public ;

- Les opérations de crédit ;

- La mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou


leur gestion.

Article 2 : Sont considérés comme fonds reçus du public les fonds qu'une
personne recueille de tiers sous forme de dépôt ou autrement, avec le droit d'en
disposer pour son propre compte, à charge pour elle de les restituer. Sont
assimilés aux fonds reçus du public :

- les fonds déposés en compte à vue, avec ou sans préavis, même si le


solde du compte

Peut devenir débiteur ;

- les fonds déposés avec un terme ou devant être restitués après un


préavis

- les fonds versés par un déposant avec stipulation d'une affectation


spéciale, si l'entreprise qui a reçu le dépôt ne le conserve pas en l'état, à
l'exception des fonds versés auprès des sociétés légalement habilitées à
constituer et gérer un portefeuille de valeurs mobilières ;

- les fonds dont la réception donne lieu à la délivrance, par le dépositaire,


d'un bon de caisse ou de tout billet portant intérêt ou non.

Toutefois, ne sont pas considérés comme fonds reçus du public :

- les sommes laissées en compte, dans une société, par les associés en
nom, les commanditaires et les commandités, les associés, les gérants, les
administrateurs, les membres du directoire ou du conseil de surveillance et les
actionnaires, détenant 5% au moins du capital social ;

- les dépôts du personnel d'une entreprise lorsqu'ils ne dépassent pas


10% de ses capitaux propres ;

20
- les fonds provenant de concours d'établissements de crédit et des
organismes assimilés visés aux paragraphes 3, 4 et 5 de l'article 107 ci-
dessous.

Article 3 : Constitue une opération de crédit tout acte, à titre onéreux, par
lequel une personne :

- met ou s'oblige à mettre des fonds à la disposition d'une autre personne,


à charge pour celle-ci de les rembourser ;

- ou prend, dans l'intérêt d'une autre personne, un engagement par


signature sous forme d'aval, de cautionnement ou de toute autre garantie.

Sont assimilées à des opérations de crédit :

- les opérations de crédit-bail et de location avec option d'achat et


assimilées ;

- les opérations d'affacturage ;

 - les opérations de vente à réméré d'effets et de valeurs mobilières et les


opérations de pension telles que prévues par la législation en vigueur.

Article 17 Les circulaires du gouverneur de Bank Al-Maghrib prises en


application de la présente loi et des dispositions légales et réglementaires en
vigueur sont homologuées par arrêtés du ministre chargé des finances et
publiées au "Bulletin officiel".

Article 18  Il est institué un conseil dénommé "Conseil national du crédit et


de l'épargne" composé de représentants de l'administration, de représentants
des organismes à caractère financier, de représentants des chambres
professionnelles, de représentants des associations professionnelles et de
personnes désignées par le Premier ministre en raison de leur compétence
dans le domaine économique et financier.

La composition et les modalités de fonctionnement dudit Conseil sont


fixées par décret.

Le Conseil national du crédit et de l'épargne débat de toute question


intéressant le développement de l'épargne ainsi que de l'évolution de l'activité
des établissements de crédit. Il formule des propositions au gouvernement dans
les domaines qui entrent dans sa compétence. Il peut constituer en son sein des
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groupes de travail pour mener toutes études qu'il juge utiles ou qui peuvent lui
être confiées par le ministre chargé des finances ou le gouverneur de Bank Al-
Maghrib.

Il peut demander à Bank Al-Maghrib et aux administrations compétentes


de lui fournir toute information utile à l'accomplissement de sa mission. Le
Conseil national du crédit et de l'épargne est présidé par le ministre chargé des
finances. Le secrétariat du Conseil est assuré par Bank Al-Maghrib.

Article 21  Il est institué une commission, dénommée "Commission de


discipline des établissements de crédit", chargée d'instruire les dossiers
disciplinaires et de proposer, au gouverneur de Bank Al-Maghreb, les sanctions
disciplinaires à prononcer en application des dispositions de l'article 133 de la
présente loi.

Les articles non cités concernent les l'octroi et le retrait des agréments et
les dispositions prudentielles et comptable.

La nouvelle loi bancaire n° 34-03, promulguée par le Dahir n° 1-05-178 du


14 février 2006, vient d'être adoptée et publiée au Bulletin Officiel n° 5400 du 2
mars 2006. Cette nouvelle loi abroge et remplace la loi n° 1-93-147 du 6 juillet
1993 relative à l'exercice de l'activité des établissements de crédit et de leur
contrôle. Ci-après une lecture de ses principales innovations :

Ø Opérations de crédit-bail : nouveautés

L'article 4 de la nouvelle loi étend la définition des opérations de crédit-bail


et de location avec option d'achat aux opérations de location de fonds de
commerce ou de l'un de ses éléments incorporels donnant au locataire la
possibilité d'acquérir ledit fonds ou l'un de ses éléments incorporels, moyennant
un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, des versements effectués
à titre de loyers, sous réserve que ces opérations soient effectuées à titre
habituel (article 1 de la nouvelle loi).

Pour rappel, l'exercice d'opérations de crédit, de crédit-bail ou de location


avec option d'achat ne peut être réalisé que par des établissements de crédit
dûment agréés.

Ø Opérations connexes

22
La nouvelle loi autorise les établissements de crédit à effectuer de
nouvelles opérations connexes à leurs activités principales, à savoir :

- la présentation au public des opérations d'assurance de person-nes,


d'assistance et d'assurance-crédit ; l'intermédiation en matière de transfert de
fonds.

A ce titre et conformément à l'article 15 de la loi, toute entreprise


effectuant, à titre de profession habituelle, des opérations d'inter-médiation en
matière de transfert de fonds - consistant en la réception ou l'envoi, par tous
moyens, de fonds à l'intérieur du Maroc ou à l'étranger - est tenue d'obtenir
l'agrément préalable du Gouverneur de la Banque Centale du Maroc (« Bank Al
Maghreb »)

Ø Instance chargée de l'octroi de l'agrément

La nouvelle loi apporte une innovation majeure en la matière.

En effet, l'agrément préalable à l'exercice d'activités d'établissement de


crédit est désormais délivré par le Gouverneur de Bank Al Maghrib.

Pour rappel, cet agrément était -sous l'égide de l'ancienne loi- délivré par
le Ministre des Finances.

La décision portant agrément ou, le cas échéant, refus dûment motivé est
notifiée par le Gouverneur de Bank Al Maghrib au postulant dans un délai
maximum de 4 mois (au lieu de 6 mois auparavant) à compter de la date de
réception de la demande et de l'ensemble des documents et renseignements
requis par Bank Al Maghrib.

Ø Implantation des établissements de crédit étrangers

La création d'une filiale ou l'ouverture d'une succursale par un


établissement de crédit ayant son siège social à l'étranger est subordonnée à
l'agrément du Gouverneur de Bank Al Maghrib.

La demande d'agrément doit être accompagnée de l'avis de l'autorité du


pays d'origine habilitée à délivrer un tel avis.

Ø Retrait d'agrément

23
Fonctionnement et
financement

L'agrément du Gouverneur de Bank Al Maghrib peut être retiré lorsque


l'établissement de crédit n'a pas fait usage de son agrément dans un délai de 12
mois, à compter de la date de notification de la décision portant agrément et
lorsqu'il n'exerce plus son activité depuis 6 mois

La banque et les nouvelles fonctions financières :

La loi 34-03 a aussi indiqué les fonctions attribuées aux établissements de


crédits dont les opérations à entreprendre sont indiqués en articles 10 et 7 de
ladite loi, on distingue :
La réception de fonds du public, les opérations de crédits et la mise à
dispositions de la clientèle de tous les moyens de paiement ou leur gestion,
aussi 
La demande d'agrément doit être accompagnée de l'avis de l'autorité du
pays d'origine habilitée à délivrer un tel avis.

Ø Retrait d'agrément

L'agrément du Gouverneur de Bank Al Maghrib peut être retiré Lorsque


l'établissement de crédit n'a pas fait usage de son agrément dans un délai de 12
mois, à compter de la date de notification de la décision portant agrément et
Lorsqu'il n'exerce plus son activité depuis 6 mois.

Fonctionnement :
Les dépôts sont des fonds laissés en compte par la clientèle des banques.
Ces fonds représentent la principale ressource des établissements bancaires
qui alimentent la partie la plus intéressante de leurs activités, on distingue trois
catégories de dépôts

Dépôts à vue Fonds susceptibles d’être retirés à tout moment sur la


demande des déposants

Dépôts avec préavis Dépôts qui ne peuvent être retirés qu’en prévenant
la banque dans les délais fixés dans le contrat

Dépôt à échéance Fonds placés pour une durée déterminée et


rapportent des intérêts

24
Financement :
1. Trésor
Trésor, administration du terme désignant, au sein du ministère des
Finances, l'ensemble des principaux services financiers de l'État, regroupés au
sein de la Direction du Trésor. Celle-ci, qui représente la puissance publique,
exerce une tutelle sur un certain nombre de secteurs de la vie économique et
d'entreprises publiques, tout en contribuant, par le biais de diverses institutions,
au financement de l'économie nationale.

On peut qualifier le trésor comme le caissier de l'Etat c-à-d c'est un


Organe d'exécution des opérations financières de l'État, le Trésor public est
chargé d'exécuter les décaissements prévus par la loi de finances, d'opérer,
après contrôle, toute opération financière à la charge de la puissance publique
(versement du salaire des fonctionnaires, virement d'un crédit alloué à un
organisme public ou à une administration déconcentrée, paiement d'une
subvention, règlement d'une facture de fournisseur). Il joue également un rôle
de banquier auprès des correspondants du Trésor (comme les collectivités
locales, les établissements publics à caractère administratif) qui ont un compte
au Trésor, par obligation ou libre choix.

Il est chargé d'encaisser les recettes et régler les dépenses publiques


prévues dans le budget de l'année à travers ce premier rôle, le trésor est
considéré comme un agent non financier, mais l'exécution de budget pose deux
problèmes :

Une absence de synchronisation entre les recettes et les dépenses


publiques d'une part, et d'autre part l'existence éventuelle d'un déficit.

A- Budget général de l'Etat

Le budget général de l'Etat constitue le budget des administration et des


départements ministériels y compris les services déconcentrés, les services de
la primature, les trois hauts commissariats (le plan, les anciens combattants et
les eaux et forets), la cours royale, les deux chambres du parlement et les
juridictions financières.

Le budget est défini comme l'ensemble des comptes qui décrivent, pour
une année civile, toutes les ressources et toutes les charges de l'Etat. Ces
comptes contenus dans les lois de finance .Le budget et la loi de finance sont
25
généralement considérés comme synonymes mais on l'utilise indifféremment
l'un pour l'autre.

Le budget peut être considéré comme l'acte par lequel sont prévue et
autorisées les charges et les ressources de l'Etat pendant une année civile*.

On peut constaté deux fonction de l'acte budgétaire : d'une

*« L'année budgétaire commence le premier janvier et se termine le 31


décembre de la même année. »L'article 6 de la loi organique de finance.

Part le budget est un acte de prévision, c'est-à-dire un tableau évaluatif


des dépenses et des recettes à effectuer et, d'autre part c'est un acte
d'autorisation c'est-à-dire qu'il permet au gouvernement d'effectuer des
dépenses et de percevoir des recettes.

Il faut bien faire la distinction entre la loi de finance et le budget car, le


budget est représente que la partie descriptive et comptable de la loi de finance.

B- création monétaire par le trésor

Le trésor est acteur créateur de monnaie. (La création monétaire est le


processus par lequel s'accroît la masse monétaire, il y'a création monétaire
lorsqu'il y a une variation positive de la masse monétaire*,c à d ,un
accroissement de la quantité de monnaie détenue par les agent non financiers).

Il faut savoir que le trésor a deux fonctions principales complémentaires et


indissociables : une fonction du trésorerie de l'Etat et une fonction monétaire.

Mais la création de monnaie par le trésor n'est pas analysée d'une façon
très détaillée, a cause de plusieurs raisons :

-Absence du bilan du trésor.

-Statut ambigu et particulier du trésor qui selon les cas, peut être
considéré soit comme agent financier ou non financier.

-La monnaie créée par le trésor ne constitue pas une part importante dans
la masse monétaire.

Ceci dit, le trésor gère les actifs monétaires puisqu'il est à la tente d'un
circuit de monnaie de trésor. Ainsi, le trésor crée directement la monnaie
26
scripturale à chaque fois que l'Etat paie ses dettes envers des agents non
financiers détenteurs des comptes à vue auprès des CCP ou du trésor.

C- Comptes spéciaux de Trésor.

Les comptes spéciaux du Trésor (CST) au nombre de 131 ont pour objet
de retracer les recettes affectées, conformément aux dispositions de la loi
organique relative à la loi de finances, au financement des dépenses afférentes
à des opérations déterminées et l'emploi donné à ces recettes. Ces dépenses
dont le montant prévisionnel s'élève au titre de l'année 2004 à 23.950 MDH soit
14,2 % du budget de l'Etat, concernent la réalisation des programmes d'actions
intéressant les domaines social, agricole, de l'infrastructure, du développement
local et de la promotion économique et financière. Elles sont programmées au
niveau des comptes en question en raison :

- de leur lien de cause à effet réciproque avec les recettes affectées


auxdits comptes. Ainsi le montant des dépenses programmées et exécutées
dans le cadre des CST est étroitement lié au montant des recettes effectivement
réalisées;

- de leur nature nécessitant un cadre souple de gestion en vue d'améliorer


la performance de réalisation des programmes d'actions réalisés dans ce cadre
et portant notamment sur le développement de l'habitat social et la résorption de
bidonvilles, la mise à niveau des infrastructures du monde rural, la lutte contre la
pauvreté, le soutien des prix des produits de base, la promotion de
l'investissement et le développement local.

Ainsi, les CST en tant que composante du budget de l'Etat contribuent à la


mise en oeuvre des orientations du gouvernement visant à assurer une
meilleure allocation des ressources budgétaires affectées auxdits comptes et la
rationalisation des dépenses programmées dans ce cadre à travers notamment
l'application progressive de la nouvelle approche budgétaire axée sur les
résultats et la performance.

D. budget annexes

De façon générale, les crédits des budgets annexes regroupent les crédits
et les recettes des services de l'Etat à caractère industriel et commercial. Le
budget annexe constitue un vrai budget autonome avec une section
d'exploitation et d'investissement. Un seul budget annexe figure encore en loi de

27
finance 2006, celui de la Radio et Télévision Marocaine qui est transformé en
société anonyme.

2. Les entreprises et les établissements


Le secteur public au Maroc a connu plusieurs mutations surtout dans les
dernières années avec le mouvement de la privatisation, on entame dans cette
section, on premier lieu l'organisation du secteur des entreprises et
établissements publics puis, on passe au Fond Hssan2 pour le développement
économique et social, ensuite on parle de la privatisation et enfin, on traite le
CDG (caisse de dépôt et de gestion).

a. Organisation du secteur des entreprises et établissement publics.

Le secteur des entreprises et établissements publics comprend les


établissements publics à caractère administratif (EPA)) où a caractère industriel
et commercial (EPIC) ainsi que les sociétés comprennent une participation
financière de l'Etat.

Le contrôle de ce secteur est assuré par la DEPP (direction des


entreprises publiques et de la privatisation.).

La DEPP publie un rapport annuel d'activité sur l'ensemble du secteur qui


regroupe toutes les informations sur la situation financière des entreprises et
établissements publics, et sur toutes les relations avec le budget de l'Etat.

Ce secteur représente un poids important, soit dans le secteur industriel


(phosphate, électricité, eau potable,...) ou encore dans le secteur des services
(télécommunication,...), et sans

L’oublie le secteur des transport (aéroport, port, les autoroutes,...).l est à


signaler qu'il n'existe pas au Maroc une distinction officielle entre les EPA et les
EPIC.

b. Fonds Hassan II pour le développement économique et social.

Créé en 2000, le Fonds Hassan II est érigé en établissement public.


Depuis sa création, il s'est vu affecter une part significative des recettes issues
de la privatisation, afin de développer le capital économique national et de le
fructifier pour créer de nouvelles richesses. A ce jour, une somme de près de
30,5 milliards de DH a été reversée par l'État au Fonds HassanII. Le Fonds

28
Hassan II a pour objet d'apporter son concours financier à tout projet contribuant
à la promotion de l'investissement et à la création de l'emploi. Son objectif
principal de renforcer et de moderniser les grandes infrastructures nationales, lui
permet de jouer le rôle de levier de l'investissement et de contribuer à la
promotion sociale et économique du pays.

Les programmes et projets financés par le Fonds Hassan II sont très


divers de par leur secteur d'origine, leur nature, leur objet, leur taille, leur mode
de financement et de réalisation. Le dénominateur commun à ces projets est la
conformité à l'objet légal du Fonds Hassan II et l'adéquation avec plusieurs des
critères dont notamment, l'inscription dans les priorités gouvernementales,
l'impact économique et social, l'engagement d'effets structurants, etc.
Le Fonds Hassan II intervient directement en finançant des programmes ou
projets identifiés, ou indirectement à travers des programmes de promotion de
l'investissement privé. En 5 ans d'activité, le volume global des engagements du
Fonds a atteint 16,7 milliards de DH soit plus de 3,3 Milliards de DH en
moyenne annuelle ; cette somme représente une part de 30% du coût total de
réalisation des projets.

Les interventions du Fonds dans ces domaines font qu'il est un outil
multidimensionnel; c'est un outil de mise à niveau du tissu infrastructurel, de
promotion sociale et de promotion de l'investissement productif ; il a acquis une
légitimité bien établie en ayant transformé les recettes publiques en
investissements structurants et à effets durables.

Le compte du fond retracera :

1-Au crédit :

1. les versements effectués à partir du chapitre charges communes du


budget d'investissement, correspondant aux crédits supplémentaires ouverts en
contrepartie des recettes additionnelles revenant au budget général au titre de la
concession de la deuxième licence GSM ;

2. le remboursement des avances ou prêts ;

3. les intérêts des prêts et avances des placements effectués ;

4. le produit des participations détenues par l'Etat dans les entreprises


visées au 3° ci-dessous ainsi que celui des cessions desdites participations ;

29
5. les dons et legs.

2-Au débit :

1. Les versements en vue de la réalisation des programmes d'habitat


social, d'infrastructure autoroutière, d'irrigation et d'aménagement du domaine
forestier, de la réalisation de structures d'accueil pour les investissements
industriels et touristiques et de complexes sportifs et culturels.

2. Les versements peuvent également concerner la promotion de l'emploi


par l'Agence de développement social et les associations de micro crédit, la
création d'infrastructures de petits ports de pêche et le développement des
technologies de l'information. Les versements sont effectués au profit des
comptes spéciaux du Trésor, des SEGMA, des établissements et entreprises
publics ou privés et des associations à vocation sociale dont l'objet concourt à la
réalisation des programmes visés aux 1 et 2 ci-dessus. Ces versements peuvent
également être versés sous forme de prise de participation au capital, ou de
prêts ou avances au profit desdites entreprises visées ci-dessus. Ils peuvent
également être placés auprès des organismes financiers.

c. CDG comme une institution financière publique de développement.

La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) est une institution financière,


créée sous forme d'établissement public par le Dahir du 10 février 1959. Elle a
pour rôle central de recevoir, conserver et gérer des ressources d'épargne qui,
de par leur nature ou leur origine, requièrent une protection spéciale. 
La CDG centralise l'équivalent de 35% du stock de l'épargne institutionnelle et
totalise près de 100 milliards de dirhams en actifs sous gestion. Elle est le
principal investisseur en valeurs du Trésor avec 50% environ des actifs gérés.
Outre son rôle de leader sur le marché obligataire primaire, la CDG assure 16%
du marché secondaire des bons du Trésor et détient près de 5% de la
capitalisation boursière. Rouage central du processus de transformation de
l'épargne, la CDG se positionne également comme principal investisseur
institutionnel. Ainsi, et en plus de ses investissements directs, elle intervient
activement dans l'économie nationale par l'intermédiaire de ses filiales et
organismes gérés avec lesquels elle constitue un groupe important dont l'activité
s'étend à différents secteurs.

Missions et champs d'intervention 

30
La Fondation CDG a pour mission de contribuer aux efforts des
partenaires nationaux et locaux impliqués dans l'appui social. Elle intervient
dans le domaine du mécénat et aide à concrétiser des projets à caractère
philanthropique, éducatif, scientifique, social ou culturel. 

Sa contribution vise d'autre part l'amélioration des conditions de vie de la


population, l'accompagnement de la dynamique de développement local. Elle
privilégie le travail de proximité en vue de la diminution de l'exclusion, le
développement de partenariats novateurs dans la réalisation de projets sociaux
et l'optimisation du savoir-faire

3. Le secteur privé
Les entreprises et les autorités marocaines devront bien entendu travailler
pour le développement. Mais pour tirer profit du potentiel de développement
économique du pays, la difficulté est maintenant de faire participer l'ensemble
des acteurs de secteur privé et de réussir à les intégrer dans ce processus de
modernisation. Le rapport souligne d'ailleurs qu'«il s'agit d'un sujet transversal
qui recoupe beaucoup de thèmes d'interventions qui, le plus souvent, relèvent
de champs d'action partages entre le secteur public et le secteur privé. Le
développement économique ne pourra se réaliser sans la mise en oeuvre d'une
coopération entre l'Etat, les entreprises et les organismes spécialisés dans le
développement économique ou la formation.

Section1 : Les entreprises privés et ses moyens de financement

Entreprise, concept socio-économique désignant un groupe humain dont


le but est la vente de sa production.

L'entreprise s'oppose à l'administration dont la production (activité


économique consistant à créer des biens et services) n'est pas destinée à être
vendue et au ménage dont la production reste limitée. L'entreprise se distingue
de la société en ce que cette désignation n'emporte ni droits ni obligations.
L'école des relations humaines et Fayol ont défini quatre fonctions principales
dans l'entreprise : la fonction de direction, la fonction logistique qui est en
relation avec les fournisseurs, la fonction de production et la fonction de
distribution.

Dans l'analyse économique, l'entreprise est considérée comme la cellule


de base de la production. La théorie classique de la firme lui assigne un objectif

31
de maximisation du profit en fonction de ses recettes et de ses coûts, et
présuppose l'existence d'un centre de décision unique. Les modèles
néoclassiques ont permis une prise en compte de la multiplicité des fonctions de
production, c'est-à-dire des relations entre facteurs de production et biens
produits tout en respectant l'hypothèse de l'unicité du centre de décision.

La théorie des organisations se fonde quant à elle sur l'hypothèse inverse :


il existe une multiplicité de centres de décision n'ayant qu'une connaissance
imparfaite de leur environnement et les contradictions entre leurs différents
objectifs rendent l'optimisation exceptionnelle.

La théorie des organisations cherche donc à rendre compte du


fonctionnement interne de l'entreprise en s'intéressant aux flux monétaires, aux
comportements, à la hiérarchie réelle, à la psychologie, à la gestion et à
l'économie. Elle s'éloigne de l'approche purement économique comme le fait
aussi l'approche juridique pour laquelle l'entreprise est tout autant une cellule
économique qu'une cellule sociale.

Le rôle fondamental de l'entreprise dans la société a donc amené à une


limitation des droits des détenteurs du capital de l'entreprise pour prendre en
considération non seulement les intérêts des clients mais aussi ceux des
salariés. Le droit de aussi appel au droit du travail ou au redressement judiciaire.
Par exemple, les entreprises de plus de trois cents salariés doivent chaque
année établir un bilan social légal qui est soumis pour avis au comité
d'entreprise.

La dénomination d'entreprise recouvre une grande diversité, tant en ce qui


concerne la taille, l'activité, le mode de fonctionnement que la forme juridique. Il
est ainsi possible de distinguer les entreprises selon certains de leurs
caractères. Un premier critère de distinction est celui du caractère privé ou
public de l'agent qui contrôle le capital. S'il s'agit de l'État ou des collectivités
publiques, on parle alors d'entreprise publique. Le second critère de distinction
est son régime juridique. L'entreprise peut en effet choisir entre différents statuts
pour adopter celui qui correspond le mieux à son activité : elle peut être une
société en commandite simple ou par action, une société en nom collectif
(SNC), une société anonyme (SA : société de capitaux ainsi dénommée parce
que son nom, sa dénomination sociale, ne révèle pas le nom des actionnaires,
dont elle peut même ignorer l'identité lorsque les titres de la société sont au
porteur.

32
Ou une société à responsabilité limitée (SARL : société d'une nature
juridique mixte qui emprunte ses caractères tant aux sociétés de personnes
qu'aux sociétés de capitaux..).L'entreprise ne se limite donc pas au droit
commercial, c'est-à-dire au droit des commerçants, mais fait

Différents types de financement de l'entreprise.

Pour bien saisir les différents types de financement concernant


l'entreprise, il y a deux sortes de financement :

-financement interne.

-financement externe.

A- Financement interne.

Lorsqu'on parle de financement interne on parle principalement de


l'autofinancement, c'est la part de bénéfice net non distribué affecté aux
réserves de l'entreprise en général c'est toujours insuffisant, mais il y a encore
d'autre moyen de financement interne c'est des flux exceptionnel par exemple ;
la cession des immobilisations (corporelle, incorporelle et financière).

B- Financement externe.

Pour cette deuxième modalité, on trouve du moyen direct ou indirect, c-à-d


que lorsqu'on parle de financement direct c'est-à-dire le recours au marché pour
le procurer des moyens de financement c'est le cas de l'économie de marché ou
on trouve la prédominance de financement direct, par contre le financement
indirect c'est le recours au système bancaire (le crédit bancaire) on parle dans
ce cas là sur l'économie d'endettement c'est la prédominance de financement
indirect, mais même dans l'économie de marché on parle pas d'absence des
banque par contre , il y a d'autre tache que les banque l'exécutent(montage
financier , intermédiaire , garantie...)

Section2 : Les banques commerciales

33
1-La banque moderne

À partir de la fin du XVIIIe siècle, mais surtout au XIXe siècle -- durant


lequel se produit la révolution industrielle --, l'essor des banques est favorisé par
trois facteurs : le développement de la monnaie fiduciaire (c'est-à-dire les
billets), puis de la monnaie scripturale (en compte), ainsi que le développement
du financement des entreprises industrielles et commerciales par le biais
d'émission de titres, ancêtres des valeurs mobilières.

Cette période correspond également à la concentration du système


bancaire, avec l'apparition de grands établissements et, dans tous les pays, les
premières tentatives de l'État pour organiser une véritable tutelle du secteur.

Au XXe siècle, ce mouvement ne se dément pas, notamment dans le


contexte de la crise économique de 1929. En effet, cette dernière impose l'idée
que la profession doit faire l'objet d'un contrôle, car les fluctuations de l'activité
bancaire sont susceptibles d'avoir un retentissement sur l'ensemble de l'activité
économique. Aux États-Unis, par exemple, l'une des premières mesures prises
par le président Roosevelt dans le cadre du New Deal sera d'instaurer un
cloisonnement strict entre banques d'affaires et banques de dépôts, par le
Banking Act de 1933. En France, le gouvernement du général de Gaulle
introduit après la Libération, en 1945, une classification des banques et un
encadrement de leur activité en créant un Conseil national du crédit.
Parallèlement s'opère la nationalisation d'un certain nombre d'établissements de
crédit, dont BANK AL MAGHRIB au MAROC (la banque centrale).

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les principales modifications ayant


affecté le secteur bancaire ont consisté en une considérable expansion de sa
clientèle : la possession d'un compte bancaire s'est à peu près généralisée à
l'ensemble de la population dans la plupart des pays industrialisés. Dans le
même temps, la tendance à la concentration des groupes bancaires s'est
affirmée, ceux-ci s'impliquant de plus en plus dans des activités financières, de
sorte que l'on assiste à la constitution de pôles réunissant banques et
compagnies d'assurances, qui rentabilisent leurs actifs en menant des politiques
de participation actives dans le domaine industriel et dans l'immobilier.

2-Les banque commerciale au Maroc

Le secteur bancaire joue un rôle prépondérant dans l'économie


marocaine. Il a connu diverses réformes qui en font aujourd'hui un système
moderne, adapté aux besoins de la société comme à ceux des entreprises.
34
Tous les services et produits bancaires modernes sont proposés par les
principales banques du pays.
Jusqu'en 1943, le système bancaire n'était soumis à aucune réglementation.

Un arrêté a été institué au mois de mars de la même année afin de tenter


d'organiser et de contrôler l'activité bancaire qui s'appliquait à la zone sud et qui
a été étendu à Tanger. Ces mesures ont provoqué, à partir de 1962, une
situation d'écrémage sur les banques.

La levée, par les autorités monétaires, de l'encadrement du crédit (qui a


été mis en place en 1974) et la libéralisation de l'ensemble des intérêts
débiteurs et créditeurs (sauf pour les intérêts appliqués pour les crédits à
l'exportation et les crédits à moyen terme accordés aux PME); 

La diversification des intermédiaires financiers, par la création de deux


nouvelle banques, Bank Al Amal et la Banque de Développement des
Collectivités locales l'adoption de règles prudentielles permettant un contrôle
adéquat de l'activité bancaire,l'adoption de normes internationales, notamment
le ratio "Cook" correspondant à la couverture de l'ensemble des risques
bancaires par des fonds propres. 

Ces réformes ont permis au système bancaire marocain une plus large
ouverture vers l'extérieur, plusieurs banques commerciales marocaines ayant
ouvert des succursales à l'étranger.

Section 3 :Les opérations des établissements de credit

       A- Réception de fonds du public

       Les modalités de collecte de fonds du public sont fixées par la


circulaire de Bank Al-Maghrib n° 9/G/94 du 15 juillet 1994, telle que complétée
par celle du 16 juin 1999, prises en application des dispositions de l'arrêté du
Ministre des Finances du 5 avril 1994 tel que modifié par celui du 25 mai 1999
réglementant certains intérêts servis par les banques.

35
       Les établissements de crédit sont ainsi habilités à recevoir, du public,
des fonds notamment sous forme de dépôts ou par émission de titres de
créance.

      Les dépôts à vue ne peuvent être rémunérés, à l'exclusion des


comptes sur carnets et de ceux libellés en dirhams convertibles. Les comptes
sur carnets sont réservés aux personnes physiques et assortis d'une
rémunération minimale indexée sur le taux moyen pondéré des bons du Trésor
à 52 semaines émis par adjudication, au cours du semestre précédent, diminué
d'un point. Le solde maximum en capital de ces comptes est fixé à 150.000
dirhams. 

     Les comptes à terme peuvent être libellés en dirhams, en dirhams


convertibles ou en devises. Leur durée ne peut être inférieure à 3 mois et leur
rémunération est libre.

Les bons de caisse, qui ne peuvent être libellés qu'en dirhams, ne doivent
pas avoir une durée inférieure à 3 mois et leur rémunération est librement
négociée. L'ouverture et le fonctionnement des comptes en devises et en
dirhams convertibles obéissent aux prescriptions de la réglementation des
changes en vigueur. 

Dans le cadre de l'appel public à l'épargne, les établissements de crédit


peuvent émettre des titres de créances négociables, à savoir les certificats de
dépôt pour les banques et les bons des sociétés de financement pour les
sociétés de financement.

Les caractéristiques et les conditions d'émission de ces titres sont fixées


par les circulaires de Bank Al-Maghrib.

Les certificats de dépôt peuvent être émis sans aucune limitation et pour
une période variante entre 10 jours et 7 ans.

L'émission des bons de sociétés de financement est, quant à elle, limitée à


40 % de l'encours des crédits distribués par l'établissement concerné et leur
durée ne peut être inférieure à 2 ans sans, toutefois, excéder 7 ans.

La valeur nominale de ces deux catégories de titres est uniformément


fixée à 100.000 dirhams.

36
Le rachat de titres de créances négociables par l'établissement émetteur
ne peut intervenir que dans la limite de 20 % de leur encours.

       B- Distribution des crédits

Aux termes du dahir portant loi du 6 juillet 1993, constitue une opération
de crédit " tout acte par lequel une personne met ou s'oblige à mettre, à titre
onéreux, des fonds à la disposition d'une autre personne, à charge pour celle-ci
de les rembourser, ou prend, dans l'intérêt de cette dernière, un engagement
par signature tel qu'un aval, un cautionnement ou toute autre garantie".

Les opérations de crédit-bail mobilier et immobilier, de pension ou de


vente à réméré et d'affacturage sont assimilées à des opérations de crédit.

Les conditions débitrices sont régies par l'arrêté du Ministre des Finances
et des Investissements Extérieurs n°143-96 du 10 ramadan 1416 (31 janvier
1996) réglementant les intérêts applicables aux opérations de crédit et la
circulaire de Bank Al-Maghrib n° 8/G/96 du 15 février 1996.

Les taux d'intérêt débiteurs, qui peuvent être fixes ou variables, ont été
libérés par l'arrêté susvisé.

C- Opérations en devises

Des mesures de libéralisation de la réglementation des changes ont été


introduites progressivement, tout au long de la décennie 80, pour aboutir en
janvier 1993 à l'instauration de la convertibilité du dirham pour les opérations
courantes et, depuis le 3 juin 1996, à la mise en place d'un marché de changes
institué par la circulaire de l'Office des Changes n° 1633 du 1er avril 1996 et par
les textes d'application de Bank Al-Maghrib notamment la circulaire n° 61/DAI/96
du 1er avril 1996 relative au marché des changes.

Dans ce cadre, les banques peuvent effectuer :

- Des opérations d'achat et de vente de devises contre dirhams, dans la


limite des cours plancher et plafond affichés en continu par Bank Al-
Maghrib;

- Des opérations d'arbitrage que ce soit avec la clientèle, les autres


banques ou les correspondants étrangers;
37
Les Nouvelles
fonctions des banques

- Des opérations d'achat et de vente à terme, dirhams contre devises et


devises contre devises. Toutefois, les opérations avec la clientèle doivent
être adossées à des transactions commerciales ou à des prêts et
emprunts en devises, contractés conformément à la réglementation des
changes. L'échéance maximale des contrats d'achat de devises à terme
relatifs à des transactions commerciales ne peut excéder 90 jours. Celle
des contrats de couverture de prêts et emprunts extérieurs est fixée à un
an. Bank Al-Maghrib n'affiche pas de taux de change à terme et ne se
porte pas contrepartie à ces opérations ;

- Des opérations de prêts, d'emprunts ou de swap ;

- Des placements en devises auprès de Bank Al-Maghrib pour un 


montant minimum de 2 millions de dirhams.

Section 1 : LA FONCTION APPROVISIONNEMENT/COLLECTE DE


RESSOURCES
Les points principaux à connaître en matière d'étude de ressources
approvisionnement sont au départ commun quel que soit le domaine d'activités
concerné.
L'intermédiation bancaire
Il s'agit du métier de base du banquier, à servir collecter pour son propre
compte des fonds auprès des offreurs de capitaux et prendre le risque de prêter
aux demandeurs. Donc, l’intermédiation bancaire : c'est l'activité par laquelle
une banque met en rapport offreurs et demandeurs de capitaux en intercalant
son bilan entre eux. Ainsi, les banques collectent des ressources auprès des
offreurs de capitaux et financent les demandeurs par l'intermédiaire notamment
des prêts. Les établissements de crédit obtiennent leurs ressources sous trois
grandes formes :
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- Les dépôts à vue
Ils représentent les fonds déposés par les clients dans l'objectif d'une
utilisation passible à tous moments, par le biais de retraits de caisse, de
versements, de chèques ou de paiements par monétique (cartes).
- Les comptes d'épargne
L'épargne représente des dépôts de fonds soumis à des conditions
particulières (notamment en matière de liquidité et de disponibilité) en échange
d'une rémunération spécifique ou d'avantages particuliers (droit à des prêts,
réduction de la fiscalité...).
- Les fonds propres et quasi- fonds propres
Ils constituent certes des ressources, pour un établissement de crédit,
mais leurs caractéristiques économiques et juridiques les distinguent clairement
des autres types de ressources. L'apport de capitaux prend en effet un risque
d'associé et n'est plus simplement, comme en matière de dépôt ou d'épargne,
un créancier de la banque. Les fonds propres sont constitués, à l'instar des
entreprises traditionnelles de parts de capital, auxquelles s'ajoutent les
bénéfices conservés (sous forme de réserves, de report à nouveau...)
Les quasi- fonds propres représentent divers types de valeurs mobilières
assimilables dans certains cas aux fonds propres (titres participatifs, certificats
d'investissement...)
SECTION 2 : LA FONCTION PRODUCTION ET L'INFORMATIQUE
Dans les établissements bancaires comme dans toutes les activités
modernes ce sont les outils de l'informatique qui sont au coeur de la production
car ils permettent d'opérer ou de drainer des traitements lourds consistant à
piloter les flux et à actualiser des stocks. Les supports et les flux traités sont
multiples, ce qui nous amène à étudier d'une part les composantes de la
fonction production dans une banque et l'importance de l'informatique d'autre
part.
2- Les différentes composantes de la production
2-1-La gestion des dépôts

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Cette fonction a pour mission d'assurer la gestion de l'ensemble des
comptes de dépôts de la clientèle ainsi que les événements pouvant les affecter,
ce qui regroupe :
· Les ouvertures de comptes, les modifications d'état civil et les clôtures .
Dans le cas contraire, certains points de la réglementation risquent de ne pas
être respectés et, de plus, l'ensemble des bases de données de l'établissement
utilisées par exemple, par le marketing, ne présenterait pas le degré de fiabilité
requis.
· L'ouverture et la gestion de comptes à régime de fonctionnement
spéciaux : comptes d'avocats, comptes séquestre, indivision ;
· La vérification des règles édictées par les pouvoirs publics et déclaration
à l'administration fiscale de l'ensemble des ouvertures de comptes.
2-2 La gestion de l'épargne
L'ensemble des produits d'épargne directement gérés par les banques, à
savoir livret, épargne logement, compte à terme, bons de caisse etc....) est
soumis à des règles de fonctionnement plus ou moins strictes fixées par les
pouvoirs publics.
Leur mode de rémunération et les avantages qui peuvent leur être liés
nécessitent une procédure de gestion et de suivi. Cette fonction est notamment
chargée de :
· Procéder aux ouvertures, fermetures et modifications des produits ;
· Procéder aux actualisations et aux calculs d'intérêts ;gérer les
événements exceptionnels de type clôture anticiper rupture de contrat,
succession, transfert ;
· Déterminer les droits acquis sur certains produits, notamment l'épargne
logement ;
· Veiller au respect des règles en vigueur sur l'ensemble de ces produits :
solde minimum et maximum, durée, rémunération, fiscalité.
2-3 La gestion des titres
Cette fonction gère l'ensemble des titres détenus par la clientèle dans
l'établissement ; ce qui comprend :

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· Les actions et les obligations, les titres cotés comme les actions
SONATEL sont d'ailleurs obligatoirement détenus chez un intermédiaire
financier ;
· Les bons du trésor etc.
La gestion de ces supports consiste notamment à :
· Procéder à l'ensemble des souscriptions de titres demandées par la
clientèle ;
· Gérer l'ensemble des stocks de titres de la clientèle en les positionnant
sur des comptes titres, ouverts pour chaque client ;
· Assurer le paiement des dividendes, des coupons ou des intérêts versés
par l'émetteur.
Cette activité peut être rentable pour la banque qui prélève des
commissions de négociation et perçoit des commissions lors de la réalisation
d'événements.
2-4 La gestion des encaissements
Les circuits d'encaissement sont réellement le centre neveux de
l'ensemble du système bancaire. C'est en effet grâce à eux que les instruments
de paiement vont s'échanger et que les mouvements financiers peuvent circuler.
Ils sont complexes car ils mettent en jeu plusieurs établissements nationaux et
étrangers ainsi que de très nombreux supports (papiers ou informatisés). Parmi
ceux-ci, citons notamment les chèques, les effets, les virements, les avis de
prélèvement, les opérations carte...
SECTION 3 LA FONCTION COMMERCIALE
Les missions
Le système bancaire repose essentiellement sur le réseau d'agences et
les missions de la fonction commerciale consiste à les piloter et à les dynamiser.
La fonction commerciale doit, généralement, à partir des orientations ?
commerciales de l'établissement :
- Fixer en accord avec les chefs d'agences et les chargés de clientèle, les
objectifs commerciaux et les moyens pouvant se révéler nécessaires à leurs
attentes.

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- Suivre périodiquement la réalisation de ces objectifs et procéder aux
actions de redressement en cas de nécessité.
- Assister les agences et les chargés de clientèles dans tous leurs besoins
commerciaux (support publicitaire, sponsorisation ...)
- Remplir un rôle d'interface entre le réseau et les fonctions stratégiques
de l'établissement, notamment le marketing. Cette fonction de relais est
indispensable pour mettre les commerciaux en cohérence avec les orientations
de l'établissement et pour transmettre au service marketing le ressenti du
réseau sur l'évolution des besoins et attentes de la clientèle. Cette dernière
mission permet de situer la place du marketing dans l'établissement, car
l'organisation commerciale peut être inégale ou différente selon les
établissements.
Section 4 LA FONCTION FINANCIERE
La fonction financière est une composante de la politique générale définie
par l'entreprise et elle est basée sur la trilogie rentabilité, pérennité, croissance.
La poursuite de ces objectifs s'apprécie à travers les outils classiques ou
nouveaux dont disposent les services financiers et comptables. Son champ
d'investigation est constitué par le bilan et les comptes de résultats de
l'établissement.
4-1 Les fondements de la fonction financière
4-1-1 La rentabilité
Les banques sont des établissements dont la rentabilité est principalement
fondée sur le différentiel de taux entre les emplois et les ressources. Il importe
donc de préserver la rentabilité menacée par l'augmentation rapide des coûts.
Le secteur se modernise et fait face à des investissements de plus en plus
lourds : extension et informatisation des réseaux, locaux de prestige,
compétences nouvelles à recruter et à garder, position à conserver etc....) Sous
la pression des contraintes externes ou des changements et modification
internes, les équilibres fondamentaux d'une entreprise sont affectés de manière
plus ou moins grave et il s'agit en général d'opérer un choix prioritaire
correspondant à la situation du marché. La pratique dominante en cette
conjoncture difficile est la recherche de la rentabilité. les objectifs sont envisagés
en distinguant les effets immédiats attendus et les effets différés :

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Conclusion

4-1-2 La croissance
la croissance occupe une place importante dans la politique générale de
l'entreprise. Dans ses modalités, elle s'appuie sur deux paramètres :
· La progression du chiffre d'affaires ou des marges,
· L'augmentation des parts de marché
La croissance est également un ensemble d'enjeux qualitatifs comme le
degré d'intégration de l'activité (ici c'est la capacité de l'entreprise à générer de
la valeur ajoutée), ou l'étendue des gammes commercialisées.
4-1-3 La pérennité
La recherche de pérennité passe plus que toute autre option éventuelle
par u équilibre rigoureux entre les paramètres de la politique générale. La
principale condition de la pérennité est la solvabilité. Elle s'analyse par
l'importance des fonds propres comparés au total des actifs. La couverture des
risques est également une condition nécessaire. Les ratios ci-dessous
permettent de cerner la pérennité :  Capitaux propres (comptables)/ Total de
l'actif.
Capitaux propres réévalués/actifs à risque.

La concurrence interbancaire peut être stimulée grâce aux éléments


suivants :

le décloisonnement entre activités des banques et les anciens organismes


financiers spécialisés.
L’élargissement du champ du l’activité des opérateurs bancaires.
L’instauration des règles prudentielles de nature à conduire les banques à
augmenter leurs fonds propres et à élargir leurs opérations bancaires.
Par ailleurs, l’adoption des réformes parallèles relatives aux marchés
financiers et au marché monétaire permettra à une partie de la clientèle
bancaire d’arbitrer entre le financement ou le placement bancaire et non
bancaire.

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Les mécanismes concurrentiels ainsi instaurés joueront en faveur d’une
baisse des taux d’intérêts et d’une réduction de la marge d’intermédiation
bancaire.
Pour que celle –ci ne se traduise pas par une baisse des profits bancaires,
les établissements de crédit seront appelés, surtout, à moderniser leur gestion
et à diversifier leurs activités.
Globalement la loi bancaire est caractérisée par une certaine volonté de
changement, de modernisation et d’adaptation aux nouvelles conditions
nationales et internationales. Cependant les rédacteurs de la loi ressemblent
opter pour un texte centralisateur partant de l’idée que la politique monétaire est
un élément de la politique économique dont est responsable le gouvernement.
Cette conception s’oppose à celle qui considère qu’un équilibre des
pouvoirs entre le ministre des finances et le gouverneur de Bank AL-Maghrib est
souhaitable, étant donné que la gestion monétaire doit être protégée des
turbulences de la politique.

Agissant dans ces conditions la banque est appelée à bien gérer ses
potentialités et diversifier ses produits afin de faire face à ses contraintes

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