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BULLETIN

DE LA
DE

LEGISLATION
la de Législation comparée de Paris)

Publication d'une par les de la


et des Affaires

PRESIDENTS D'HONNEUR :

MM. MARZESCU, de la
DUCA, ministre des Affaires étrangères
R. BILLY, ministre de France Bucarest-
DU DE DIRECTION :
DIRECTEURS EFFECTIFS :

MM. M. BALS, conseiller la Cour de cassation.


E. PANTAZI, avocat ;
SECReTA RE L:

M. : COHEN, avocat.

: BUCAREST, rue Bassarab,

f
. N.
uta

IMPRIMERIE MODERNE (ASSOCIATION


4.9, Rue Voltaire, 43

1925

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13ULLETIN
DE LA

DE COMPARÉE
ROUMAINE
liée Société de Législation de

SOMMAIRE

Pages

Observations critiques sur loi relative l'acquisition et la perte


de la nationalité roumaine, par M. Vladimir ATHANASOVICI, avocat
la Oour d'appel de Bucarest, député, et M. IoNsscu-Dow,
conseiller la Cour de cassation. 3
Conférence M. L. doyen de la Faculté de droit de
38
La réforme agraire en Roumanie. par MM. J. BRAESCO et G.
REANO, docteurs en droit de l'Université de Paris

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CRITIQUES
SUR LA LOI RELATIVE A L'ACQUISITION ET A LA PERTE
DE LA
PAS

M. Vladimir ATHANASOVICI,
la Cour d'appel de Bucarest, député

M. IONESCU-DOLJ,
Conseil ler la Cour de cessation.

A guerre la Transylvanie, la Bu-


et la I3essarabie, provinoes habitées en grande majorité
des Roumains, qui avaient subi cette époque la do-
mination l'Autriche-llongrie et de Russie, devenant
en vertu du wilsonien l'auto-détermina-
Lion des proclamérent leur la mére-patrie.
Cet événement eut comme non seulement un trés
considerable élargissement des du royaume, dont la
population se vit, de ce fait, doublée, mais encore la solution
d'un grand problme historique, de la reconstitution natio-
dans toute son intégrité.
Le politique de l'Europe, établi par les trai-
de paix de Versailles, Saint-Germain-en-Laye et Trianon,
a une consecration definitive la volonté librement
de ces provinces (1), créant de la sorte un nouvel Etat
unitaire, Grande Rouranie.
Si les suces.politiques, ceux qui sont au prix

(1) La de la Transylvanic la a par


la unanime de l'Assemblée Nationale d'Alba Julia du 16 novem-
bre-1" décembre 1918. Cette a ratifiée par la Roumanie, par
décret-loi en date du 11 décembre 1918 3631).
La de la Bukovine été déclarée le 15/28 novembre 1918 par
le Congris de Bukovine, siégeant Czernovitz ; le Gouverne-
ment roumain a l'union par décret royal du 13 1918
La de la Bessarabie a été le 9 avril 1918 par vote de
l'Assemblée Nationale de la Moldave indópendante.

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OBSERVATIONS CRITIQUES SUR LA LOI RELATIVE

de lourds sacrifices, engendrent parfois certaines erreurs, la


Roumanie, dans la situation par la guerre et ses suites, a
été dispensée de ces fautes. En effet, hommes d'Etat qui se
sont au pouvoir ont été de l'idée que le nou-
vel Etat devait remplir pour obtenir la consolidation
rieur et la consideration des autres peuples deux obligatiOns
essentielles
a) Application intégrale des traités ;
b) Unification de sa legislation.
Guidée ces deux conducteum, qui apparaiscaient
comme des impératifs categoriques, la Reumanie, en tant que
monarchic constitutionnelle, a par se donner une
constitution unitaire, fixant non seulement les grands principes
de liberté du peuple, mais encore les bases de sa future
ganisation politique et legislative.
Relativement l'unification legislative, 137 la
Constitution :

« Seront les codes et lois existants dif-


férentes parties de l'Etat roumain, afin les mettre en
monie avec la présente Constitution et d'assurer ainsi
tion cette date, ils resteront en vigueur.
D'autre l'article 7 porte les principes vertu desquels
les étrangers pourront obtenir la nationalité rouniaine el stipule
qu'une loi déterminera les conditions et la
lesquelles les étrangers la nationalité rou-
maine.
Dans le but de réaliser et d'appliquer ces ronstitu-
tionnels el par le fait que la était Rou-
manie, par quatre lois différentes, le Gouvernement roumain a
présenté au Parlement loi qui fait l'objet de la présente
intitulée «Loi relative l'acquisition et la per* de la
nationalitd roumaine qui a été promulguée mise appli-
cation le 24 février 1924
Cette loi s'est inspirée aussi des principes consacrés dans les
traités de paix, relativement l'acquisition de la nationalité

(1) V. la traduction française de cette loi dans la Revue de Droit inter-


national 1924, page 468.
Le Parlement a le 26 Wrier 1925 une loi relative institution
du Conseil législatif prévu par constitution a,
butions, celle de l'unification legislative.

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A L'ACQUISITION ET A LA PEWIE DE LA ROUMAINE

roulnaine par les habitants des nouvelles provinces. La nouvelle


loi se divise en deux parties distinctes, qui auraient certainement
pu l'objet deux lois separées. La partie (art.
53) constitue la legislation de droit commun normale et venir
du royaume ce qui concerne l'acquisition et la perte de la na-
tionalite roumaine seconde (art. 54 70), comprenant des
dispositions transitoires, reglemente la situation actuelle des po-
pulations de nouvelles provinces sous le rapport de la natio-
nalité.
Nous nous proposons de diviser notre en deux
parties, la relative aux modes d'acquisition de la
tionalité ioumaine, la relative aux modes
tion de la dite nationalité, conformément aux
tionaux.

LA LA NATIONALITÉ ROUMAINE.

Ouiconque étudie des régles juridiques sur la


tionalité en Roumanie, est de la facilité avec laquelle
on accordait, dans le passé, la nationalité roumaine ;
ainsi, répoque de l'ancienne legislation du réglement orga-
nique 1832, suffisait qu'un étranger, chrétien, épousât
une Roumaine pour qu'il devint roumain ; et sous les legislations
plus anciennes, suffisait d'obtenir un titre de noblesse pour
acquérir cette nationalité. Beaucoup d'étrangers, bulgares,
bes, etc., fuyant'l'Orient cause persecutions des
trouvirent un refuge dans les principautés roumaines et s'y
blirent sans esprit de retour.
De beaucoup de Grecs, soit du temps de la revolution
grecque (l'Etérie) soit ceux qui accompagnaient les princes
grecs du Fanar », qui vinrent régner dans les principautés,
sont restés dans le pays, et sont devenus citoyens roumains ;
certains d'entre eux un et occupèrent des dignités
importantes dans roumain.
La convention Paris 1858 accorde la nationalité rou-
maine tous les &angers chretiens domicilies en Roumanic
avant 1858 (Voyez la convention de Paris).
Les enfants de ces sont Roumains dc droit ; les
Arméniens établis dans le pays depuis des temps immémoriaux,
ont toujours considérés comme Roumains droit,

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6 OBSEIIVAIIONS LOI

a introduit le reproduit, quel-


petites les dispositions du Code Napoléon ;
par la ision de 7 la de
la pour les &rangers non chré-
la difference croyances religieuses ne constituant plus
un l'acquisition la nationalité roumaine ; la
naturalisation s'accordait par un vote du Parlement. Pour les
Roumains originaines Transylvanie, Bucovine et Bessara-
quoique citoyens d'un Etat &ranger, existait une forme
plus facile d'acquisition de la : la recon-
naissance, également par un vote du Parlement, mais sans stage.
De plus, la jurisprudence de notre Cour de Cassation admit,
quelques qu'une telle produi-
sait rétroactif, qui cadrait pas trop avec les prin-
cipes rigoureux droit, la constitution ne faisant, sauf en ce
qui concerne le stage, aucune différence entre la naturalisation
et la reconnaissance, quant leurs consequences juridiques.
Aussi, cette solution bienveillante do la Cour de cassation
pour la reconnaissance des Roumains d'origine, citoyens d'un
Etat &ranger, a-t-elle critiquée par certains auteurs et n'a-
t-elle par été admise la loi actuelle sur nationalité (1).
La naissance sur le territoire de la Roumanie ne donnait
droit, avant la guerre, aucun avantage ; le « jus soli », si
important aux Etats-UMs, n'offrait en Roumanie aucun avan-
tage, d'aprés la revision de la Constitution en 1879. A la
suite de cette revision les Israelites pu eux aussi acquérir la
naturalisation ; la prohibition antérieure a disparu.
Les mesures contre ces derniers, jusqu'en 1879,
s'expliquaient d'ailleurs par l'intérét de conservation nationale,
devenu impérieux alors que des dizaines de milliers d'Israéli-
tes réfugiés,surtout de Russie, de et de Galicie
saient la et spécialement la Moldavie, sans aucun
avec le pays qu'ils envahissaient. C'est sous cette impres-
sion qu'a rédigée la constitution 1866 fallait juste
titre les récautions, dans un Etat jeune, en for-
mation, qui prenait alors la d'un Etat moderne et était

(1) ces auteurs se aussi le V. A. voyez son


article dans la revue juridique : « Dreptul 1890, 25, dans le
la non rétroactivité de la conformément aux princioes
.

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A L'ACQUISITION ET A LA DE LA ROUMAINE 7

appelé jouer rôle important dans la politique des Etats


européens.
n'est un esprit d'intolérance religicuse qui fit
prendre au législateur constituant de 1866 ces mesures desti-
disparaître plus tard lors de la consolidation de l'Etat
roumain ; c'étaient des mesures sages de conservation nationale
de nos économiques. situation a
la grande guerre; aprés quoi diverses provinces
roumaines font retour la patrie, l'ancien royaume avec
los provinces se constitue en Etat unitaire, principe
produit dans la nouvelle constitution (art.
Les divers traités internationaux, mirent fin la guerre
mondiale et qui furent par la Roumanie, établissent le
que citoyens ayant appartenu avant la
Etats deviennent, sous certaines conditions prévues par
ces traités, citoyens de droit do l'Etat roumain (V. l'art. 61 du
traité de Trianon et 70 du traité de Saint-Germain-en-Laye).
La question des Israelites en Roumanie également été
résolue par les décrets-loi du 29 décembre 1918, du 22 mai 1919
et du 12 1919.
En vertu de ces décrets, les Israelites nés Roumanie, qui
n'ont joui d'une protection étrangere, sont considérés
comme Roumains droit. L'art. 133 la nouvelle Constitu-
accorde Israelites qui ne se sont. pas mis en quant
leur naturalisation, dans le terme prévu par le décret-loi du
22 mai 1919, un nouveau de 3 mois pour faire leurs
rations de naturalisation, conformément au dit décret-loi ;
article 133 la nouvelle constitution ratifie tous les decrets-lois
antérieurs sur la question.
Ainsi cette question des Israelites en Roumanie est
ment résolue la satisfaction de tous n'existe plus de
pareille question en Roumanie. Dans une séance mémorAle de
la Chambre, le A. Stern prit la parole et au nom des
Israelites remercia le gouvernement le parle-
ment roumain, pour facon satisfaisante dont avait été résolue
en Roumanie la question dite juive.
Les principes essentiels en de nationalité, se
régis par le Code civil (art. 6-20 inclus), dont certains,
comme par exemple l'art. 16, avaient abrogés par les 7,

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8 OBSERVATIONS CRITIQUES SUR LOI RELATIVE

8 et la constitution de 1866, 9) par la


constitution revisée de 1879.
L'importance qu'a donnée la Roumanie, petit avant la
guerre, mais unitaire compact, la question de la nationa-
lité, se constate par ce fait que son acquisition était prévue par
l'ancienne constitution, comme elle l'est dans la nouvelle ; car
si le législateur a ouvert « ab » de larges portes la
naturalisation, pour ceux qui la méritent, devait egalement
prévoir les limitations nécessaires la conservation nationale de
l'Etat roumain, limitations qui concordent également avec les
idées démocratiques modernes.
Apr& la guerre, nous nous trouvions en matiére de nationa-
comme en bien d'autres matires, en face d'un véritable
chaos ; augmenté ici par ce fait que l'art. 7 de la nouvelle Cons-
titution prévoit un nouveau d'acquisition de la
nalité, qui ne s'accorde plus par le pouvoir législatif, mais par
l'exécutif, aprés accomplissement de certaines formalités
paratoires, prévues en principe par notre pacte fondamental ; et
le fait dans nos nouvelles provinces, existait des dispo-
sitions différentes en de naturalisation, qui ne pouvaient
plus avoir d'application la de ces provinces l'Etat
roumain.
A la suite do toutes ces circonstances de fait de droit issues
de la guerre, et la guerre, de nombreuses lois et décrets-
lois ont apparu sans coordination et sans harmonie entre ;
la suite, également, des modifications fondamentales des
constitutionnels en de nationalité, des difficult&
présentaient tant en doctrine qu'en sur la
question savoir qui est Roumain et qui est étranger en
manie (bien entendu en ce qui concerne les habitants rou-
mains) ; comment faire la preuve légale ces qualités, si
portantes en matire de droit civil de droit international
privé, quant aux consequences juridiques résultant de la qualité
de citoyen fallait de plus lutter pour démasquer les fraudes
au moyen desquelles beaucoup d'étrangers voulaient obtenir
sans la qualité citoyen roumain.
Les principes de la nouvelle constitution d'aprs lesquels
s'acquiert aujourd'hui la nationalité roumaine, devaient étre
réglementés, car ils n'avaient pu encore, dans leurs
dans notre pacte fondamental.

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A L'ACQUISITION A LA PERTE DE LA ROUMAINE 9

la nécessité impérieuse d'une loi ordinaire qui fut


le 24 février 1924, aprés avoir été longuement discutée
et toutes ses dispositions par le parlement roumain.
Le projet fut présenté le Ministre de la Justice, M. G. Mar-
zesco, accompagné d'un exposé de motifs lumineux et docu-
; rapporteurs furent M. Vladimir Athanasovici la
Chambre et M. Gr. Procopiu au
Inspirée par des principes modernes sur la el tenant
compte des internationaux, cette loi constitue une
vre d'unification legislative de la grande Roumanie, ainsi qu'un
code de la nationalité roumaine.
principes fondamentaux sur lesquels se base la loi de la
sont les suivants :
a) Personne ne peut étre astreint acquérir ou conserver la
nationalité roumaine contre sa volonté, ce qui consacre la liberté
la volonté individuelle.
Pour la manifestation de d'acquérir la nationa-
lité, faut que la capable et en état d'exprimer
son consentement cela forme authentique ;
b) Dans le sein famine doit régner l'unité de
nationalité ne faut pas qu'il y ait diversité de nationalité
entre les membres d'une famine ; on a ce principe
de la ;

c) ne faut pas qu'il y ail d'habitant sans nationalité sur le


territoire de la ne faut pas qu'il existe d' «
los ;

d) Les doivent pas la possibilite


d'une double nationalilé, prévoyait la loi Delbrck en
Allemagne, loi pleine d'inconvénients pour les étrangers,
comme on l'a surtout la guerre mondiale.
La conference de droit international de Venise de s'est
dans le sens principes mentionnés aux lettres
» (Voyez le Bulletin de de droit international,
15, 233, m.t. 5i6);
e) Possibilite pratique pour toute de prouver sa
nationalité roumaine et de les complica-
de preuves difficiles ;
f) Concession de la roumaine par le pouvoir exé-
cutif, avec obligation de l'accomplissement de certaines for-

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IONS LA

malités préalables faciles executer. Autrefois la naturalisation


était accordée par le pouvoir législatif, ce qui constituait un
mécanisme difficile ; le lenient &ant trop occupé ques-
tions d'un autre ordre, les solliciteurs attendaient souvent long-
temps la realisation leur désir ;
g) Le retrait de la naturalisation pendant la guerre qu'aurait
éventuellement la Roumanie avec dont faisait partie autre-
fois le naturalise roumain.
Les principes connus du Code civil sont reproduits par la loi
sur la nationalité (art. 6-20 inclus). la tradition classique,
la loi roumaine accorde sa au « jus » en
malire d'acquisition de la nationalité. Est Roumain quiconque
parents roumains. Sans tenir compte du lieu sa
naissance, l'enfant acquiert la nationalite qu'avait le pre au
moment du mariage (V. l'art. 2, al. a de loi).
est également admis que l'enfant naturel suit la nationalite
de sa tant qu'il n'est pas reconnu par pére.
Mais le fait de la naissance sur le territoire roumain peut
egalement produire un au point de vue de la nationalité
lorsqu'il s'agit d'enfants trouvés, sans péres et méres connus
« jus'soli
Les enfants légitimés par un Roumain sont comme
ayant toujours Rounains. innovation un in-
particulier dans de : l'ancien ail.
Code presqu'identique correspondant
du civil francais, a en Rqumanie par la loi
du mars 1906. Entre les deux y avait los deux nuan-
ces antes code prévoit la possibilité
tion pour les hors du mariage, sans parler de ceux
hors du mariage interdisait la legitimation enfants
adultérins et incestueux ; cette prohibition a été sup-
primée par la loi du 7 novembre 1907. Le code roumain Mend
l'application de legitimation aux enfants hors
riage et ne fait de distinction entre les enfants naturels
et les
En Roumanie, la reconnaissance ne faire que par
l'acte de mariage avant la loi de ; cette admit
pendant que la reconnaissance pouvait se soit par l'acte
de naissance, soit par un acte antérieur au mariage, soit par
l'acte du mariage. Mais l'innovation la plus importante

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A LI DE LA

qui a été critiquée devant nos instanoes judiciaires,


est effet par cette loi dite
kdive la de nationalité, innovation con-
traire l'application rigoureuse des principes droit, selon
lesquels elle ne pouvait produire d'effets'que pour l'avenir et non
pour le
Nous avons que l'enfant naturel d'une Roumaine
la nationalité de sa mire ; de mime, conformément aux prin-
cipes exposés plus haut, si l'enfant naturel a pour mire une
devient Roumain, lorsqu'il est légitimé par mariage
et que son pire est Roumain.
A contrario faut que l'enfant naturel d'une Ron-
maine ient étranger par legitimation quand son pire est
etranger constitue par encore un cas de
la nationalite roumaine, prévu par l'art. b de la loi.
est bien entendu qu'une telle personne peut facilement
couvrer la nationalité roumaine, avec dispense de stage, con-
formément l'art. 9 la
loi établit encore le principe par le Code civil
de l'égalité des dtoits civils entre étrangers et Roumains, sauf
les cas la loi établit expressement le contraire.
La loi sur la nationalité développe les principes constitution-
nels prévus par l'art. 7 de la nouvelle constitution, en y ajou
qui constituait la base des art. 7, 8 et 9 de
7, 8 et 9, la
loi établit les conditions la naturalistion.)
n'existe dans qu'une seule
différenee la loi oui deux : grande et petite
naturalisa lion.
La naturalisation roumaine confire égalité de droits politiques
entre étrangers et Roumains, en accordant l'étranger tous
droits attachés la nationalité roumaine.
L'art. 7 prévoit les exigées de l'étranger qui
mande naturalisation.
est celle cela parce
qu'il doit mesure de se rendre compte de l'importance
sa demande. Quelle majorité ? Bien entendu celle de sa
nationale, que la loi roumaine établisse de 21 ans
pour demande la naturasation. En autrement
serait permettre un mineur de faire un acte nul, sa

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12 OBSERVATIONS CRITIQUES SUR LA LOI RELATIVE

nationale, comme &ant en état d'incapacité ; car on


peut appliquer un &ranger, avant ne devienne roumain,
d'autre loi en ce qui concerne sa capacité, sa loi nationale.
De plus, en vue d'éviter les inconvénients d'une double
tionalité, doit faire la preuve en la forme authentique, prévue
par Fart. 21 de la loi, qu'il a renoncé sa nationalité d'origine,
ou qu'il se trouve dans un des cas de perte de cette nationalite,
la loi nationale de l'Etat dont il faisait partie.
Une question qui se pose relativement cette condition
vue par la loi est de savoir si l'étranger peut bénéticier
de l'obtention d'un passeport roumain tant qu'il se trouve dans
période du stage exigé par l'alinéa de l'art. 7, avoir
manifesté sa volonté de devenir roumain.
Un étranger a cessé d'avoir la nationalité l'Etat dont
faisait partie, n'est pas encore devenu roumain et ne le
viendra peut étre jamais, car sa demande est soumise l'exa-
men d'une commission, puis l'appréciation souveraine du pou-
oir exécutif, peut ajourner la demande de naturalisation
ou la repousser sans motiver son refus.
faut reconnaître que question est controversée. Ainsi, les
uns estiment que, bien que l'étranger soit obligé, pour atenir la
naturalisation, de renoncer sa nationalité d'originc par
ou prom er l'a
sa loi d'origine, cependant, l'obtention de la nationalité,
jouit encore de l'ancienne et est par consequent droit dc
demander un passeport l'Etat dont
date de sa demande naturalisation. estiment que
perte la nationalité d'origine soumise la condition
pensive de l'obtention de la nationalité roumaine et qu'il ne
par conséquent question dans une telle situation de l'obten-
tion d'un passeport roumain. D'autres estiment que, durant le
stage de dix ans, l'étranger qui a renoncé sa nationalité et a
fait la déclaration authentique qu'il devenir roumain, n'ayant
plus sa nationalité d'origine, doit considéré comma protégé
roumain et doit par conséquent, l'obtention de la natio-
nalité roumaine, benéficier d'un passeport roumain. C'est cc
sens que s'est rapporteur loi la Chambre,
M. le député V. Athanasovici, l'occasion la discussion de
loi.
La loi prévoit les cas celui qui a la naturalisation

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A L'ACQUISITION ET A LA PERTE DE LA ROUMAINE 13

tre de droit du stage.-Tel est le cas de l'étran-


ger et élevé en Roumanie 21 ans, qui demande
naturalisation dans le courant de l'année suivant sa majorité,
et celui des enfants majeurs au moment leur pre
tient la naturalisation. Il également y avoir lieu
ou dispense stage pour les étrangers prouvant qu'ils
utiles la nation roumaine, sur l'avis d'une commission fonc-
tionnant du ministere de la Justice. L'esprit de la loi
est que de cette condition par la commission
doit aussi equitable que ; nous croyons que
cette disposition de la loi s'applique non seulement l'étranger
rendant actuellement des services au pays, mais môme lorsqu'il
lui a été utile dans le De mme l'étranger ayant épousé
une Roumaine peut obtenir de cette commission la reduction
du stage.
Toutes ces demandes de dispense ou de reduction sont
par le pouvoir exéeutif.
La loi s'est également occupée dans son article de la con-
dition des d'origine, citoyens d'un Etat étranger
pollise prévue par Part. 9 de l'ancienne constitution), qui pou-
vaient autrefois la reconnaissance de leur de
par un simple vote du Parlement, sans stage préalable.
La nouvelle loi accordo une grande facilité, pour l'obtention
de la nationalité, ces Roumains "d'origine, citoyens d'un Etat
étranger.
que lieu de leur naissance, peuvent
tenir la naturalisation, n'existe plus de reconnaissance, -
par une simple de volonté eontenant renonciation
la nationalité ; aucune des autres conditions énumé-

rées par Fart. 7 de la loi la naturalisation ordinaire n'est


plus exigée ici. Ces naturalises de ne sont cependant
pas dispenses du serment de fidélité, prévu par l'art. 27 de
la loi.
Des dispositions spéciales : les art. 11-28 inclus de la loi
voient la sui re pour l'oblention de la naturalisation,
la forme de la la composition de la commission prs
ministre de la Justice, la nature de l'avis qu'elle donne,
du Conseil des ministres, en cas d'admission, en un
mot tout le de la procedure en matire natura-
lisation.

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CRITIQUES SUR LA LOI

La loi prévoit également l'institution d'un droit de citoyen


d'honneur pour services exceptionnels rendus au pays et la
nation, qui est par le Parlement la majorité des 2/3 des
votants ; l'exercice des droits politiques ne s'accorde au citoyen
d'honneur, que s'il a sa nationalité étrangére, et qu'il
a obtenu fautorisation du conseil des ministres.
Un semblable droit de d'honneur a accordé par le
Parlement roumain Berthelot pour les ser-
vices insignes rendus pendant la guerre la Roumanie, pendant
les moments plus difficiles qu'elle eu traverser.
Le paragraphe du chapitre du premier titre s'occupe
effets de la naturalisation.
Le premier de ces colui de la non rétroactivité de la
naturalisation, est prévu par l'article 32 de la loi.
La loi ne rétroagit pas non plus dans le cas prévu par
d'une naturalisation de faveur obtenue de la facile et avan-
tageuse par ce texte par les Roumains d'origine, citoyens
Etat étranger.
Le motif de la non rétroactivité.est par
Cours de droit civil, Livre I, cap. I, I, par. 173, 1874,
vol. I, 211 qui démontre la loi n'a pas voulu quo
rétroactif de la naturalisation trouble la famille et méme
en portant atteinte aux droits acquis. La capacité de celui
qui a en ce qui concerne les actes anterieurs
sa naturalisation, sera réglée par sa loi nationale d'alors, et
demander l'annulation pour cause d'in-
capacité des actes qu'il aura s'il était
neur, d'aprés la loi qui le gouvernait alors, méme si,
la loi roumaine qui la majorité 21 ans, été majeur
cette époque. M. Démétre Maxim, president la d'ap-
pel de Bucarest, dans son article sur les effets de la naturalisa-
tion d'aprés le de la nouvelle loi de 1924, publiée dans
la revue 'Dreplul, n° du 13 juillet 1924, se prononce dans
ce sens.
Un second effet également important la loi est celui
l'extension du de la naturalisation la femme et aux
enfants mineurs de celui qui l'a obtenue, mesure prévue égale-
ment par de.farticle 7 de la nouvelle constitution
roumaine.

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A LIACQUISITION ET A LA PERTE DE LA ROUMAINE

Cette innovation tranche la controverse qui existait jadis dans


la doctrine et la jurisprudence.
En effet, des auteurs tels que Duvergier et ont
soutenu en France que le de la naturalisation
mineurs, tandis que d'autres de l'importance de d'Agues-
seau, Merlin, Duranton, Demolombe, Aubry et Rau ont sou-
tenu la contraire. Cette controverse a en France
loi du 7 février 1851 d'aprés dispositions
« les enfants mineurs l'étranger naturali86 peuvent
réclamer pendant un an partir de leur majorité la qualité
Frangais, conformément l'article 9 c. », résulte que
les enfants mineurs de l'étranger naturalise ne bénéficient pas
plein droit de la naturalisation accordée leur pére.
La question de savoir si la femme mariée profite de la natura-
lisation accordée son mari faisait également l'objet de
troverses en doctrine et en jurisprudence. La loi roumaine a
eclairci toutes ces questions en accordant le de la na-
turalisation la femme et aux enfants mineurs, avec la facult"
ces derniers, leur majorité, renoncer par déclaratior
authentique la nationalité roumainc. La femme qui
naturalise a également la faculté de renoncer par
tion authentique la nationalite roumaine conserver se
nationalité d'origine celle qu'elle se serait réservée
sion de son mariage.
Le législateur, d'une part du de maintenir
l'unité de la nationalité au sein la famille et d'autre part
celui consacrer principe de la liberté individuelle, a
la faculté pour chacun des membres de la famille de
la nationalité dont il veut pas ou de conserver celle qu'il a
acquise en ertu la loi. occupé dans le premier
titre des moyens d'acquerir la nationalité roumaine, législa-
teur s'occupe dans le deuxime titre d'une autre question ini-
portante, celle la maniére dont on la perd et la
les art. 36 la loi s'occupent de cette question.
Les cas de perte la nationalité prévus par la loi sont
qui faisaient l'objet d'une série de dispositions du code civil,
transportées dans la loi des nationalités pour y grouper toutes
les dispositions concernant la nationalité roumaine.
A part les cas connus, alinéa b de l'art. 36 de la loi oit
de la l'enfant roumain un étran-

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SUR LOI

ger ainsi que celui du retrait de nationalité, innovation


vue pour le .cas d'une guerre entre la Roumanie et l'Etat dont
était originaire celui qui a été naturalise roumain.
Cette innovation bat en le principe d'aprés lequel la
naturalisation accórdée est definitive et doit rester irrevocable,
assimilant en tout au citoyen d'origine roumaine ; mais
quels que soient les inconvénients pouvant résulter de cette in-
novation, les Etats modernes l'ont admise et le législateur rou-
main l'a consacrée par un texte formel en de son utilité
ciale et seulement en cas de guerre.
On ne peut retirer la nationalité qu'au naturalise roumain,
originaire d'un Etat avec lequel la Roumanie serait en état de
guerre et seulement dans les cas suivants :
a) Quand il est constaté qu'il a commis des actes contraires
l'ordre et la sreté intérieure et extérieure de
roumain ;
b) Quand il est qu'il a le pays pour se
au militaire ou tout autre service, obligatoire
pour les Roumains ;
c) Quand il est qu'il a commis actes d'espionnage
au son pays d'origine ou de tout autre pays, et qu'il
a participé des actions nuisibles aux droits et aux
nationaux de l'Etat et du peuple roumains.
La loi a voulu que les naturalises roumains ne puissent pas
profiter du fait de l'acquisition de la nationalité roumaine, pour
se mettre au service leur d'origine, pendant la guerre,
et commettre des actions et au pays dont
ils acquis la nationalité.
Le retrait de naturalisation se fera par décret royal sur
la proposition du ministre de justice en vertu d'un du con-
seil des ministres.
Pendant la guerre mondiale, telles dispositions existaient
dans la loi roumaine du 22 décembre Elles ont
d'une trés grande utilité, bien que leur application n'ait été
faite que dans des cas restreints et exceptionnels.
La loi établit que le retrait de la naturalisation est individucl.
constitue une de peine et, comme a un caractere per-
sonnel. Les effets ce retrait ne s'étendent pas de droit la
femme et aux du coupable, moins que la chose ne soit
spécifiee formellement dans le di'cret. Le retrait la naturalisa-

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A ACQUISITION ET A LA PERTE DE LA ROUMAINE 17

se fait inependamment d'autres sanctions prévues dans le


code de justice ou dans- d'autres lois pour crimes et
commis par le naturalisé.
La loi prévoit pour le Roumain a perdu sa nationalité, la
possibilité de la récupérer. L'art. dit que le Roumain qui a
perdu sa qualité de Roumain la naturalisation acquise dans
un autre pays, ou bien dans le cas serait fils naturel légi-
par un ; dans ces cas, pourra récupérer la qua-
lité Roumain par voie naturalisation seulement.
Dans l'hypothese le Roumain aurait perdu sa qualité de
Roumain par acceptation d'une fonction publique, ou par sou-
mission temporaire une protection étrangre, pourra
facilement récupérer, en la fonction ou la
protection étrangre et en du conseil des ministres,
fautorisation d'établir son domicile en Roumanie.
Bien que la loi, dans la partie finale de 45 se reférant au
cas que nous discutons, emploie l'expression de renonciation
formelle au singulier, qui semble se rapporter seulement la
renonciation, la protection étrangere, il est hors de doute que
la condition de renonciation se aussi l'hypothse
le Roumain aurait perdu sa qualité de Roumain par facquisi-
(rune fonction publique dans un pays étranger.
A fortiori, le Roumain perd cette qualité dans le cas
service militaire l'étranger ou s'y attacherait
tine formation militaire sans fautorisation du gouvernement.
La loi prévoit également le de l'enfant né d'un Roumain,
qui aurait perdu cette et donne cet enfant possibi-
de la récuperer, en établissant son domicile en Roumanie,
avec fautorisation du Conseil des ministres.
Ce cas pourrait se présenter dans l'hypothese le
aurait acquis une nationalité el que ses enfants
auraient acquis la nouvelle nationalité en vertu de
sa naturalisation.
Dans ces antres cas perte la nationalité roumaine,
comme le cas d'une fonction publique acceptée l'étranger sans
fautorisation Couvernement, celui du mariage d'une veuve
roumaine, qui avail des enfants mineurs d'un premier lit, et
qui aurait perdu la nationalité roumaine en ne declarant
qu'elle entendait la conserver, dans ces cas nous croyons
que la la nationalité roumaine du ou de la
2

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OBSERVATIONS CRITIQUES SUR LA LOI

n'entraînerait pas avec elle la perte la nationalité pour les


enfants mineurs qui l'ont acquise par le fait de leur naissance.
Une solution similaire est nécessaire quand une
femme roumaine épouse un étranger, appartenant un Etat
dont la loi nationale ne permet que l'épouse acquire par
mariage la nationalité de l'époux. Dans cette hypothese pou-
vait se présenter le grave inconvénient suivant : sous le régime
de l'ancienne loi, l'épouse ne pouvait pas acquérir la nationa-
lité l'époux et perdait sa nationalité roumaine, en se
avec un étranger. (V. art. 19, al. 1, C. Civ. modif. actuel-
lement par Fart. 38 de la loi nouvelle).
Conformément nouvelle loi, la Roumaine qui se marie
avec un étranger peut garder sa nationalité, si elle veut, en dé-
clarant sous forme ou méme par le contrat de
mariage entend garder sa
Il en est de méme en cas de dissoldion du mariage par le
divorce, la séparation corps ou le du La
mine &venue étrangre par le mariage peut, ces
ments, garder qualité d'élrangre ou reprendre sa nationalité
roumaine par une déclaration authentique qui produit effet

De mane l'étrangre Romaine par le mariage a les


mémes droits que la Roumaine devenue étrangére.
catégories sont mises sur un pied parfaite
lacune dans loi,
créé un organe pour constater la la nationalité roumaine
par les Roumains trouvant dans us par En
l'absence disposition spéciale sur ce point, ces
tions se feront par l'autorité administrative, syslme qui
rait produire des abus. Dans un tel la question nc
déduite en justice que par voie d'incident, comme
dans le cas d'une expulsion, aprs laquelle l'expulse rentrerait
Roumanie contrairement la mesure prise lui ;
alors traduit en justice devant les instances et,
cette occasion, serait jugée la question préjudicielle de sa
nationalité.
A.

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A LiACQUISITION ET A LA PERTE

DE DE \E CONFOR-
AUX

A l'exemple de qui a proclamé une


série principes, dont la mais l'huma-
nité tira profit, la grande guerre
justice et de droit, a proclamé parmi
d'autres principes, la doctrine de Fauto-détermination des peu-
ples, basée sur le principe des nationalités (1).
Les traités, qui ont rétabli la paix en Europe, ont fait une
large application ce principe et, consequence, ont reconnu
le démembrement de certains Etats, consacrant la de
certaines leurs provinces d'autres puissances.
Le traité dit des minorités » est aussi consequence du
nationalités. est la protection des habi-
tants d'autres races et langues, qui, la suite du nouvel des
frontieres européennos, se seraient trouvés dans la
masse des habitants des provinces susdites.
de protection de ces minorités ethniques a méme été
poussée si loin que l'on a fait serieuses certains
principes, tels que celui la souveraineté des Etats, principe
qui était considéré comme intangible. Tel est de con-
trôle des Etats, par l'article 12 dudit traité.
Sans doute, le grand conclave européen a eu sérieux mo-
tifs pour statuer ainsi l'a fait. Cette de
est critiquable qu'elle ne &applique pas
les parce qu'elle a créé une categorie do
ritaires, bénéficiant la fois d'une double protection : lois

(1) Le des .nationalités est pour les peuples ce que la


individuelle est pour l'homme. Ce est en son essence sur
le droit des peuples de revendiquer leur indépendance et la possession
de leur sol. puise également son origine dans
principes proclamés par la Revolution trançaise, spécialement dans
le décret du 22 mai 1790 de l'Assemblée Constituante.
(Voir Louis Joly, « Du principe de nationalité I a politique fran-
pise a toujours respecté ce principe, fait dont la Roumanie a eu l'occa-
sion se convaincre en 1859 de la realisation de l'Union des
Principautés Moldave et Valaque. (Voir aussi Essais de droit interna-
tional par G. Plastara.)

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20 CRITIQUES SUR LA

intérieures et des la des C'est quel-


que sorte une resurrection sous une autre forme des capitula-
tions. Mais traité, une fois signé, doit respecté, et
peut discussion.
de ce principe, Roumanie a tenu comme point
les traités.
Quel les étaient les obligations que les traités mettaient la
charge de la Roumanie en ce qui concerne la nationalité des
habitants des nomelles quelle les
a-t-elle exécutées ?
Comme nous l'avons dit plus haut, les provinces se sont
incorporées la Roumanie sont :
a) La Transylvanie, avec le Banat les contrées
Crichana Maramuresh, qui faisaient partie du royaume
longrie ;
b) La Bucovinc, était auparavant une province autri-
chienne ;
e) La Bessarabic, ci-devant province
Les traités qui ont consacré l'union de ces provinces au
royaume de Roumanie sont traité de Trianon, du 4 juin
1920, la Transylvanie, Crichana Maramuresh ;
le de Saint-Germain-en-Laye, 10 septembre 1910, pour
Bucovine ; le de Paris, 20 décembre pour la

sont les dispositions contenues dans les traités


dessus, relatives l'acquisition de la roumaine par
les habitants des provinces libérées ?
Pour trop grands développements, nous croyons
plus de reproduire textuellement les dispositions des sus-
dits traités, de celui dit des minorites (art. 3, 4, 6 et 7) signé par
la Roumanie le 9 dicembre Paris, de que de
loi roumaine.

I. - Dispositions des traités


1) de Trianon avec la Hongrie
(art. 61, 63, 64 et 66)
ARTICLE 61

Toute personne ayant l'indigénat (pertinenza) sur un territoire


faisant antérieurement partie des territoires l'ancienne mo-

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A ET A LA PERTE DE LA NATIONALITÉ MAINE 21

narchie austro-hongroise acquerra de plein droit, et


sion de la nationalité hongroise, la nationalité de
la souveraineté sur ledit territoire.

ICLE 63

Les personnes de plus de 18 ans, perdant leur nationa-


lité hongroise et acquérant de plein droit une nouvelle nationalité
en vertu de Particle 61, auront la faculté, pendant une période
d'un an dater de la mise en vigueur du Traité, d'opter
pour la nationalité de l'Etat dans lequel elles avaient leur indi-
génat avant d'acquérir leur indigénat dans le territoire
L'option mari entraînera celle de la femme et l'option des
entraînera celle de leurs de moins de 18 ans.
Les personnes ayant le droit d'option ci-dessus prévu
devront, dans douze mois qui suivront, transporter leur do-
micile dans l'Etat en faveur duquel elles auront opt&
Elles seront libres de conserver les biens immobiliers qu'elles
possedent sur territoire de l'autre Etat o elles auraient eu leur
domicile antérieurement leur option.
Elles pourront leurs biens meubles de toute nature.
ne leur sera de ce fait, aucun droit ou taxe soit de
sortie, soit d'entrée.

ARTICLE 64

Les personnes qui ont l'indigénat dans un territoire faisant par-


tie de Pancienne monarchie austro-hongroise, et qui y different,
par la race et la langue, de la majorité de la population, pourront,
dans le délai de six mois dater de la mise en vigueur du
Trait& opter pour l'Autriche, la Hongrie, l'Italie, la Pologne, la
Roumanie, l'Etat serbe-croate-slovéne tchéco-slovaque,
selon que la majorité de la population y sera composée de per-
sonnes parlant langue et ayant la race qu'elles.
Les dispositions de l'article 63, concernant l'exercice du droit
d'option, seront applicables l'exercice du droit reconnu par le
article.

ARTICLE 66

Les femmes mariées suivront la condition de leurs maris et les


enfants de moins de 18 ans suivront la condition de leurs
parents pour tout ce qui concerne l'application des dispositions
de la présente Section.

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22 OBSERVATIONS CRITIQUES SUR LA LOI RELATIVE

2) Traité de Saint-Germain-eh-Laye avec l'Autriche


(art. 70, 78, 80 et 88)

ARTICLE 70

Toute personne ayant l'indigénat (pertinenza) sur un territoire


faisant antérieurement partie des territoires de l'ancienne
narchie austro-hongroise acquerra de plein droit, et l'exclusion
de la nationalité autrichienne, la nalionalité de la
souveraineté sur ledit territoire.

ARTICLE 78

Les personnes égées de plus de 18 ans, leur nationalité


autrichienne et acquérant de plein droit une nouvelle nationalité
en vertu de l'article 70, auront la faculté, pendant une période
d'un an, dater de la mise en vigueur du Traité, d'opter
la nationalité de dans lequel elles avaient leur indigé-
nal avant d'acquérir leur indigénat dans le territoire
L'option entraînera celle de la femme et l'option des
parents entraînera celle de leurs enfants de moins de 18 ans.
Les personnes ayant exercé le droit d'option ci-dessus prévu
devront, dans les douze mois qui suivront, leur do-
micile dans en faveur duquel elles auront opté.
les seront libres de conserver les biens immobiliers qu'elles
possèdent sur le territoire de l'autre Etat elles auraient eu
leur domicile antérieurement leur option.
les pourront emporter leurs biens meubles de toute nature.
ne leur sera de ce fait, aucun droit ou taxe soit de sor-
tie, soit d'entrée.
ARTICLE 80

Les personnes qui ont dans un territoire faisant par-


tie de l'ancienne monarchic austro-hongroise, qui y
par la race et la langue, de la majorité de la population, pour-
ront, dans le délai de six mois dater de la mise en vigueur du
Traité, opter pour l'Autriche, l'Italie, la Pologne, la Rou-
manie, l'Etat serbe, croate-slovene ou tchéco-slovaque,
que la majorité de la population y sera composée de person-
nes parlant la méme langue et ayant la race qu'elles. Les

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A AI DE LA NATIONALITH ROUMAINE 23

dispositions de Particle 78, concernant l'exercice du droit d'op-


seront applicables l'exercice du droit reconnu par le
sent article.
ARTICLE 82

Les femmes mariées suivront la condition de leurs maris et les


enfants âgés de moins de 18 ans suivront la condition de leurs
parents pour tout ce qui concerne l'appTication des dispositions
de la présente Section.

3) Traité pour l'Union de Bessarabie


(art. 4, 5 et 6)

ARTICLE 4

La nalionalité roumaine sera acquise de plein droit, l'exclusion


de toute autre, aux ressortissants de l'ancien Empire de Russie
sur territoire de Bessarabie visé l'article

ARTICLE 5

Dans le délai de deux ans dater de la mise en vigueur du pré-


sent Traité, les ressortissants de l'ancien Empire de
de plus de 18 ans et établis sur le territoire Bessarabie, visés
1, auront la faculté d'opter toute autre nationa-
lité qui leur serait ouverte.
L'option du mari entraînera celle de femme et l'option des
parents entraînera celle de leurs enfants de moins de 18 ans.
Les personnes ayant exercé le droit d'option ci-dessus prévu
devront, dans les douze mois qui suivront, transporter leur do-
micile dans l'Etat en faveur duquel elles auront opté.
les seront libres de conserver les biens immobiliers qu'elles
possedent sur le territoire roumain. les pourront emporter leurs
bien meubles de toute nature. Il ne leur sera de ce fait,
aucun droit de sortie
ARTICLE 6

La Roumanie reconnaft comme ressortissants roumains, de plein


droit et sans aucune formalité, les ressortissants de l'ancien Em-
pire de Russie qui sont nés sur le territoire de la Bessarabie, visé
Particle de parents y ayant leur domicile, encore la

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OBSERVATIONS CRITIQUES LA LOI 'RELATIVE

date la mise en vigueur du ils n'y soient pas


eux-mémes domiciliés.
Toutefois, dans les deux ans qui suivront la mise en vigueur du
ces personnes pourront devant les auto-
roumaines compétentes dans le pays leur residence,
renoncent la nationalité roumaine et cesseront alors
considérées comme ressortissants roumains. A cet égard,
la declaration du mari sera réputée valoir pour la femme et celle
des parents sera réputée valoir les enfants de moins
de 18 ans.

4) de Minorilé
(art. 3, 4, 6 et 7)

ARTICLE 3

Sous de Trait& ci-dessous mentionnés, la


reconnatt comme ressortissants roumains, de plein droit et
aucune formalité, toute domiciliée, la date de la mise
en vigueur du Traité, sur tout territoire faisant partie
la Roumanie, y compris les territoires elle par les
Traités de paix avec et avec la ou les terri-
qui pourront lui ultérieurement transféres, moins
cette ladite personne ne puisse se prévaloir d'une natio-
nalité autre que la nationalité autrichienne ou hongroise.
Toutefois, les ressortissants autrichiens ou hongrois, de
plus de 18 ans, la faculté, dans les conditions prévues par
lesdits d'opter pour toute autre hationalité qui leur serait
ouverte. L'option du mari entratnera celle de la femme et
tion des parents entratnera celle de leurs enfants moins
18 ans.
Les personnes ayant le droit d'option ci-dessus devront,
dans les douze mois qui suivront, transporter leür domicile dans
en faveur duquel elles auront opté. les seront libres de
conserver les biens immobiliers qu'elles possident sur le
toire roumain. les pourront emporter leurs biens meubles de
toute nature. ne leur sera de ce chef aucun droit de
sortie.
ARTICLE 4

La Roumanie comme ressortissants roumains, de


plein droit et sans aucune formalité, les personnes de nationalité
autrichienne ou hongroise qui sont nées sur les territoires qui.

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A ET A LA FE DE ROUMAINE

transférés la Roumanie par les Traités de paix avec l'Au-


triche la Hongrie, ou qui pourront lui ultérieurement trans-
férés, des parents y étant domiciliés, encore la date de la
wise en vigueur du Traité elles n'y soient pas elles-me-
mes domiciliées.
TouLefois, dans les deux ans qui suivront la en yigueur du
ces pourront declarer, devant les auto-
roumaines competentes dans le pays de leur residence, qu'el-
les renoncent la nationalité roumaine et elles cesseront alors
considérées comme ressortissants roumains. A cet égard,
la declaration du mari sera réputée valoir pour la femme celle
sera réputée valoir pour la femme et celle des parents
sera réputée valoir pour les enfants de moins 18 ans.

ARTICLE 6

La nationalité roumaine sera acquise de plein droit, par le seul


fait de la naissance sur le territoire roumain, toute personne ne
pouvant se prévaloir d'une autre nationalité de naissance.

ARTICLE 7

La s'engage reconnaître comme ressortissants rou-


mains, de plein et sans aucune formalité, les juifs
les terriloires de la Roumanie et ne pouvant se prévaloir
d'aucune autre nationalité.

- Dispositions de la loi roumaine

ART.

Sont et demeurent citoyens roumains, sans tenus de rem-


plir aucune formalité, habitants _énumérés ci-dessous, qui
n'auront pas opté pour une nationalité la promul-
gation de la présente :

Tous habitants de la Bucovine, la Transylvanie, du


Crichana, Satmar, Maramuresh, qui jouissaient de l'indig-
nat (apertientz) la date du 18 décembre 1918.
2) Les habitants de la Bessarabie qui, la date 27 mars-
9 avril 1918, avaient un domicile administratif conforme aux lois
régissant alors la Bessarabie.

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OBSERVATIONS CRITIQUES SUR LA LOI RELATIVE

3) Les l'ancien ayant obtenu la Ratio-


confoi aux dcrets-lois par l'ar-
133 de la Constitution.
Les habitants des de Caliacra et Durostor,
auxquels la nationalite roumaine aura reconnue par
sions définitives rendues par les commissions prévues aux ar-
ticles 6 de la loi du avril 1914 et art. 10 suivants de la loi
du 26 juillet 1921, relatives l'organisation de la Nouvelle Do-
brogea.
5) Les personnes originaires de Bucovine, Transylvanie,
Crichana et Maramuresh, domiciliées l'union des
dites provinces sur le territoire l'ancien royaume, la
dition d'y jouir l'indigénat (pertinenza).
6) Les qui, la date de l'union, quoique n'étant
domiciliées dans une commune de Bucovine, Bessarabie,
Transylvanie, Crichana, Satmar ou sont
nées dans une de ces communes parents qui y ont leur

7) Les d'origine des territoires de


russe et des attribués aux
tchéco-slovaque, polonais, italien, autrichien et
grois, qui auront pour la nationalité roumaine, devant
les locales Etats roumaine.
8) Les habitants des communes qui, la suite
ou la rectification des
d'un Etat l'autorité romnain, s'ils réunis-
sent les conditions enumérées par les et 2.

ART. 57
L'acquisition la nationalité roumaine, dans les conditions
susdites, par l'poux et le l'acquisition de ladite
nationalité pour l'époux et les enfants se trouvant en puissance
paternelle.
60
Sont considérées comme ayant perdu de la nationalité
roumaine les personnes dont il est l'art. 56, qui auront
01)16 pour une autre nationalité de la pré-
sente loi.

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A L'ACQUISITION ET A LA PERTE DE LA ROUMAINE

aussi, de 7
dit des concernant les Israelites, les
lois n° 3.902 du 29 décembre 1918, 2.085 22 mai 1919 et
n° 3.464 du 12 1919, décrets l'art. 133 de la
Constilutión 29 mars ces décrets, « tous les
h-abitants de l'ancien royaume, majeurs, nés dans le
pays ou accidentellement l'étranger, qui n'ont jamais été
jets étrangers, devieanent citoyens roumains, s'ils en manifes-
tent l'intention, par declaration devant le juge de
paix (1).

Nous venons de passer en revue les principaux textes la


loi roumaine des traités. De leur comparaison, résulte que
ces peu prés identiques, sauf quelques petites dif-
de redaction sur lesquelles nous aurons revenir, afin
de démontrer ne portent aucune atteinte aux principes
conventions que nous venons d'étudier.
Mais, ant d'aborder question, il d'exposer
la procedure instituée par la loi clarifier la
habitants nouvelles sous le
de nationalite.
Les principes de celle procedure sont suivants :
Les autorités ont l'obligation de dresser
listes, clans lesquelles seront inscrites d'office toutes les
la commune, réunissant les conditions
par 56 ci-dessus et n'ayant
nationalité art. 22) (2).
b) Ces listes sont affichées la mairie durant 30 jours (Ré-
glement art. 23).
Toute personne omise a le droit de requérir son inscrip-
tion (art. 24).
d) l'expiration du délai 30 jours, autorité superieure :
(en en Bessarabie le sous-prefet assisté

Les de la loi sont completées


17 avril 1924, au Offic. 17 avril 1924.
(2) A d'application la loi, le O. a publié
des instructions formelles et sevres ont ôté données aux autorites

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28 OBSERVATIONS CRITIQUES LA LOI

los premiers
se transportera dans chaque commune les listes et
y inscrire tous ceux qui, ayant omis, ont étre
(Reglement, ari. 25).
Dans villes, cette operation est sous la surveil-
lance des maires (Réglement, 30).
e) Les appels rapportant aux admissions, omissions ou
fus, devant une commission composée
d'un conseiller Cour d'appel et de deux notables délégués
par le Ministère dc l'Intérieur art. 41 suivants).
Les decisions commissions d'appel peuvent utre atta-
par un pourvoi cassation (Riglement 48).
Les avec adjonctions opérées sur
ou par decisions ultérieures, seront transcrites dans des
registres spéciaux dit « des nalionalités », qui tenus dans
chaque commune et qui établiront, de la sorte, quels sont ceux
des habitants de la commune qui sont Roumains ou étrangers.
Sur la foi de ces registres, il sera délivré un « certificat de
nationalité chaque habitant (2).
Les personnes qui n'ont pas été inscrites sur ces listes
nationalité roumaine aux
dispositions du droit exposées dans la partie
dc cette
A l'exception des dont est plus haut,
c'est-A-dire de celles qui étaient domiciliées dans la commune
l'époque les listes ont été dressées et qui réunissent les
conditions prévues par l'art. 56 de la loi, existe aussi des dis-
positions pour les categories suivantes de personnes :
a) lles qui leur domicile dans une autre com-
elles avaient ou leur
administratif. Ces personnes sont de leur
dans la commune jouissent de findigénat et

Suivant ces instructions, toute personne les


conditions requises par l'art. 56 n'a besoin aucune demande
ni produire des actes pour obtenir son inscription sur les listes
locales.
(1) Sous-préfets
(2) La délivrance du certificat nationalité correspond I
que roumain avait prise sa charge par Fart. 2 la convention
Rome du 6 avril 1922.

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A ET A LA PERTE DE LA ROUMAINE

leur par l'entremise des autorités locales


leur domicile (Règlement art. 60).
b) Les personnes domiciliees l'étranger nées territoire
roumain de parents s'y trouvant domiciliés. Ces personnes
pourront n'importe quand demandes au Minis-
l'Intérieur, qui l'obligation, aprés constatation de leur
situation, de leur délivrer certificats de nationalité et de les
inscrire clans un registre de nationalité (Réglement, art. 61) (1).
e) Les ayant obtenu de la rou-
maine, mais qui étaient absentes au moment de la confection
des listes. Ces personnes pourront demander n'importe quand
aux autorités communales qu'il leur soit aprs consta-
de leur situation, des de nationalité ; en cas de
refus, elles pourront en appeler au tribunal.
Les nécessitées la confection des listes, quoi-
que terminées dans certaines communes, sont encore en cours
au moment la redaction de cette ; par consequent, les
résultats ne sont pas encore connus. ces résultats seront
en de faire apprécier l'efficacité des dispositions de la
loi et voir ainsi si but poursuivi

Nous avons plus qu'il existe certaines


ces entre texte de notre loi et celui des
Une difference consiste en ce le texte de la loi
n'aecorde la roumaine de droit et sans aucune for-
qui, en Transylvanie et Bucovine, y
indigénat (pertinenza) et celles qui avaient leur
domicile administratif Bessarabie, tandis que d'aprés le
des minorités, l'acquisition de droit de nationalité rou-
n'aurait subordonnée qu'a la condition d'avoir son
domicile quelconque de ces provinces.
difference s'explique par le fait qu'elle existe également
entre les autres trait& signés par l'Etat roumain (Traité de Saint-

Sur ce point M. V. Athanasovici soutient que cet art. 61 du Regle


sur la Loi de Nationalité est car il a &passé la Loi qui
ne contient aucune disposition analogue.

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LA

Germain et de Trianon), d'une le minorités


d'autre part. En effet, los traités de Trianon et de Saint-Ger-
main-en-Laye (voir les plus déclarent que
roumain s'oblige neconnaître plein droit la nationalité
roumaine qu'aux personnes jouissant déjé l'indig&
not dans les ; contie, le des mino-
indique bénéficiaires ce les
ayant leur domicile dans les provinces unies. faut
marquer que le traité minorités ajoute sous des
ls ci-dessus des de Trianon et
de Saint-Germain-en-Laye.
clause d'une part, que la d'appliquer
le traité des minorités pose, d'une formelle, la condition
de respecter dispositions des autres traités et d'autre part,
exclut fidée que le traité des minorités ait eu l'intention
de en quoi que ce un traité déjit conclu, et ceci
parce que les traités de Trianon et de Saint-Germain-en-Laye
présentent un caractère sont de la signature
de 19 Etats, tandis que le traité des minorités, qui n'est qu'un
texte d'application, n'a été signé que par puissances.
Ouelle pouvait fattitude de l'Etat roumain, signa-
Mire des sinon garder la situation créée par les
traités de Trianon et de ? Les dispositions légis-
latives par l'Etat roumain sont strictement conformes
aux textes caractere contenas traités de
Trianon de Saint-Geimain, qui clainement la
condition habitant territoires réunis au
royaume
Cependant, dans d'identité entre le texte
des traités et de la loi, c'est-é-dire si les deux textes
n'avaient d'autre condition que celle du domicile, n'au-
rait été possible de trouver une autre solution que celle qui
a consacrée par la loi, Rant que, sens
art. et 70 des Trianon de Saint-Germain-en-
la nouveaux territoires n'a fait la
nationalité roumaine qu'aux citoyens hongrois et autrichiens.
Or, la notion de domicile, legislation en vigueur
clans ces provinces, comporte celui qui y est domi-
la qualité de citoyen hongrois ou autrichien. Cette qua-

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A L'ACQUISITION ET A LA DE LA ROUMAINE

lité pouvait constatée que par la condition de l'indigó-


(I) ou (2).
est évident les traités ont
ce con-
choses existant, car la date ils ont été
nouvelles prolinces la Roumanie était
un fait accompli et le Gouvernement avait reconnu
la les hongrois,
trichiens ou russes de ces
Donner question une autre interprétation équivaudrait
croire que le a entendu transformer en ciloyens rou-
mains toutes- les personnes établies depuis peu dans les
velles memc celles s'y trouvant de passage. Une
solution ne saurait étre admissible. Tout Etat
nisé n'accorde le droit qu'aux personnes ayant
des attaches le territoire ; des faits
multiples passés pendant, la guerre, ont prouvé que
les ne sauraient troll ouvrir les yeux sur cette question.
*

Une autre entre la loi roumaine et traités, est


la avoir lieu le changement
pour les habitants des nouvelles
par rapport aux traités des
minorités, qui, pm 3, que l'acquisition de
nationalité lieu la date sa mise en vigueur,

(1) loi 3 dkembre 1863, rnodifiee le 5


1896, l'acquisition droit dans une corn-
mime certaines conditions, si,
dans nuke commune.
loi hongroise XXII de 1886 envisage notion d'indigenat peu
la Par son paragraphe 5, loi que tout
citoyen doit appartenir une commune et le paragraphe 15
mentionne que les manifestant pas le désir d'obtenir
dans une commune, peuvent le
commune
(2) les lois russes (loi surles passeports, 2,
1, 1903, et X, livre tic, 3, 1899, avec modifi-
cations 1912), il entendre par le lieu
etablissement, par la fonction, la profession, l'oc-
cupation permanente, la condition dans la
sur les la dont fait partie, ou
des autorites qui avaiPnt autrefois la fonc-
de des passeports l'interieur pour l'etranger, ou
les listes.

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CRITIQUES SUR LA LOI

c'est-a-dire le 26 septembre 1920 ; c'est cette date, sui-


vant le dit traité, qu'il importerait d'examiner si la condition
d'existence de a été remplie. Les traités de
et Saint-Germain aucune et la loi roumaine
fixe comme date pour la susdite condition, la date du 27 mars-
9 avril 1918 pour la Bessarabie ou du 18 novembre-1
bre 1918 pour Transylvanie et la Bucovine, c'est-à-dire la
date de la réunion ces provinces la Roumanie.
Nous c'est ce mime manque de. concordance
entre les traités a fait adopter au Gouvernement roumain
différente.
Notre conviction est que, cette fois encore, loi a
la préférence aux traités d'intért général ; ceux-ci
aucune ont entendu implicitement
choses existant, c'est-à-dire faire le changement de
nationalité avec la date l'union.
cette modification ne peut pas altérer l'application
des car, du moment facquisition de la nationalité
est subordonnée la preuve d'avoir bénéficié de l'indigénat
dans une commune, la date devient indifférente par ce fait,
que l'on envisage celle de la loi (27 mars-8 avril 1918 pour
la (lécembre 1918 pour la Transyl-
vanie et la soit celle prévue le traité des minori-
c'est-ii-dire la sa mise en application. Effectivement,
le nombre jouissant de findigénat reste le mime
dans les deux (1), qu' la suite de In
des provinces, il été d'indi-
génat aucune et ceux ont été pour
vice de forme mi (2).

(1) point vue des principes international, nous


vons phis juridique la solution de la loi roumaine prend de
la des nouvelles provinces la mere-patrie comme point de
part pour la roumaine) que celle du traité, qui indi-
que comme point de départ la date sa mise en application. En
la mise en application des traités peut ajournée bien apris la
realisation de l'Union. Cet intervalle de temps
la nationalité des habitants des nouvelles provinces. C'est ce qui a
la jurisprudence appliquer pour celte époque et
les principes connus de droit international en matire d'annexion.
(2) Les instructions du Ministére d'accord avec le Mi-
nistére de la Justice, aux autorités chargées de dresser les
voient l'annulation de tout certilicat la date
de la nouvelles provinces.

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A L1ACQUISITION ET A LA PERTE DE LA NATIONALITE ROUMAINE

A cause cette l'on a prétendu que les habi-


tants les
tions « »,
d'une de l'acte d'union
provinces d'autre part, échange,
nationalité (1).
L'objection n'est pas sérieuse. L'Etat roumain n'a aucun
d'avoir « heimatlos sur son territoire. En tous cas,
ne cette situation que les habitants qui
établis clans les nouvelles provinces depuis l'union. Or,
évident derniers ne rentrent pas dans les prévi-
des et par consequent ne peuvent perdre leur na-
tionalité A part cette exception (cas peu nom-
breux) y en d'autres.
faut remarquer que la situation de cette derniére catégorie
d'habitants est facile résoudre, ils n'auront formu-
des demandes directes de naturalisation, conformément
procédure du droit commun ; cette procédure a été trés heu-
reusement
Tous les autres habitants natifs de Transylvanie et de
covine ont évidemment d'avant-guerre dans une
commune quelconque ; la rigueur avec laquelle l'Etat austro-
hongrois faisait l'application de ces lois cet égard est suffi-
connue et nous avons dit plus haut ces lois deman-
daient que chaque jouisse d'un indigénat.
Pour qui est de Bessarabie, loi a posé con-
dition du domicile administratif, le seul qui, d'aprs les
lois locales, pu determiner les habitants établis dans la
province, abstraction faite des
La loi faisant l'application de rart. 5 du traité des minorités,
a admis par 6 de l'art. 56 pour toutes provinces :
que sont de droit citoyens roumains, sans avoir remplir
cune formalité, toutes personnes, mme domiciliées l'étran-
ger, qui sont nées dans les communes de ces provinces, de pa-
rents qui y sont domiciliés ; il est bien entendu condition

(1) Cette objection a soulevée par A. Stern, devant le


Parlement, l'occasion la discussion de la loi.
(2) Le des minorités et la roumaine ont consacré le principe
l'origine dont il est fait mention les anciens en
duquel les habitants originaires d'un territoire
3

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34 LA LOI

ces aient été anciens sujeLs ou citoyens des Etats


ont appartenu ces provinces.

ces quelques differences, nous avons vu,


d'importance pratique, nous ajoutons d'autres differences, cette
fois-ci plus favoiables aux habitants des nouvelles provinces
que les dispositions trait& eux-mêmes, afin on puisse
apprécier ainsi qu'il convient l'esprit dans lequel a été
la loi roumaine relative constatation de la nationalité et la
dont elle a entendu mettre application textes des
traités.
Ces dispositions En effet, les
l'option conserver la nationalité d'origine
faite dans un d'un compter la mise
application du (4 septembre 1920 les anciens sujets
autrichiens, 26 juillet 1921 pour anciens sujets hongrois,
27 mars 1918 les anciens sujets de Bessarabie).
La loi roumaine, par son prorogé ce jus-
la date de sa promulgation, le 24
D'autre part, ceux qui pour differents motifs opté
pour nationalité d'origine et qui revenir
sur leur la loi a main secourable.
Les instructions du 22 octobre 1924 envoyées par
le Ministre l'Intérieur aux autorités chargées de
listes, disposent :
« Conformement aux instructions nous vous avons
nées, d'accord avec le Ministére de la Justice, relativement
l'application du réglement ayant trait la constatation de la
tionalité roumaine, nous avons fait tout notre possible pour
toutes les personnes ayant droit la nationalité roumaine en

plein droit la nationalité de annexant, si, en fait, ils


ont pas leur domicile effectif. Le traité actuel a cependant une
nouvelle condition, le domicile des parents (bien entendu,
la naissance) dans le terriloire en question.
M. Max ildermann a obtenu des certificats de nationalité sur la
de l'art. 61 du Riglement de la Loi sur la Nationalité.

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A L1ACQUISITION ET A LA PERTE DE LA ROUMAINE

Particle 2 du soient
les listes commuiwles nationalité.
Pour arrher ce but, les autorités communales ont
tenues dresser d'office les de nationalité.
e sur les ants :

Conmie realisation Punion


ont signé des
rations ou accompli des actes qui ont été considérés par les
autorités comme équivalant une option pour une nationalité
étrangére ou une renonciation la nationalité roumaine.
A cet égard, les
ciations avant le 24 février resultant d'une
tion en forme authentique, d'un acte sous seing ou seule-
ment desquels étre sans équivoque la vo-
et la d'opter, et demeurent valables, ayant
pour effet la de la nationalité roumaine. »
« Cette disposition ne s'applique qu'aux personnes qui, au
moment de étaient de nationalité autrichienne, hon-
groise ou russe et qui ont obtenu de droit, sans aucune autre
formalite la nationalité roumaine, mais qui auraient ultérieure-
ment renoncé cette pour leur nationalité d'origine.
Cependant, l'égard de ces personnes, il est
cifié les dispositions 14 ne leur seront appli-
que si leur volonté d'opter pour une autre nationalité
expressement de leurs actes ou des faits accomplis.
« La constatation d'une semblable situation est rune des
rations les plus délicates qui confiée aux organes adminis-
tratifs, prévus par l'article 19 du ; ces organes

ront la competence d'apprécier les dits actes et faits.


importe d'éviter tout prix qu'une personne qui n'a pas
perdu effectivement la nationalité roumaine, soit passée dans
la catégorie de l'art. 14.
« De la situation des de nationalité roumaine,
dont certains membres (parents, enfants, etc.) auraient perdu
cette nationalité devra étre avec la plus grande bien-
veillance.
« Il est bien entendu que l'art. 14 ne s'applique pas aux deux
categories suivantes :
a) Les personnes ayant formulé des declarations de renon-
ciation la roumaine, dans but d'obtenir des pas-

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CRITIQUES SUR LA LOI RELATIVE

seports émigrer, ne perdent pas, par ce fait, la


tionalité roumaine, ni des droits qui en dérivent. les ne
la nationalité roumaine que si elles se faisaient na-
turaliser par un autre
ayant opté par erreur pour la nationalité
d'un autre Etat successeur austro-hongrois ou
sans avoir le droit d'opter pour cette nouvelle natio-
nalité.
« Exemple un ancien citoyen hongrois, devenu, en
:

citoyen roumain de droit, opte pour la nationalité tchécoslova-


que est prouvé ullérieurement qu'il n'était droit.de
faire telle option. »

La question des Israelites de l'ancien royaume (question dont


s'occupo l'arLicle 7 du traité des minorités) était déjé
lors de la signature du dit traité par une série de décrets-lois,
clout il a clans la premiére partie de notre
La solution donnée ces décrets-lois definitive satisfai-
sante.
aux Israelites dos nouvelles provinces, ils ont
traités la méme facon autres habitants de ces pro-
vinces, l'exception de ceux qui seraient entrés dans le pays
aprés l'union et qui, la nationalité roumaine, n'ont
qu' se conformer la procedure du droit commun, que
avons exposée plus

Nous terminons ici les quelques observations qu'il importait


de faire sur les modes par la loi roumaine pour cons-
la nationalité des habitants des nomelles provinces.
Mais, pour completer cet nous croyons utile d'ajou-
ter Roumanie, dans le but d'éviter autant que possible les
conflits de nationalités que pourrait engendrer rapplication des
traités, a signé Rome, le 6 avril 1922, une convention avec
les autres Etats successeurs de rancienne monarchie austro-
hongroise. Cette convention prévoit que la nationalité sera
constatée l'avenir par un certificat de nationalité ; en cas
contestation sur la nationalité attribuer, conformément aux

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A L'ACQUISITION A LA PERTE DE LA ROUMAINE 37

un sujet de l'ancienne monarchie austro-hongroise, le


conflit sera une commission composée par les
des Etats intéressés ; le president sera élu d'un commun
accord ; et, si cet accord ne peut se réaliser, la commission
sera par le President de la
Les decisions la commission sont dainitives.
En résumé nous estimons que la loi roumaine s'est inspirée
de la grande bienveillance nouveaux sujets
royaume. procedure qu'elle a instituée présente les
garanties et de Par cette loi, la Rou-
a qu'elle entend se conformer aux obligations
qu'elle assume en vertu du traité des minorités,
donner des garanties de et de justice tant aux habitants
de l'ancien royaume ceux nouvelles provinces, sans
distinction de race, langue ou religion.

I. D.

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CONFERENCE M. L.
la lté de de

MARS

Lorsque la Roumaine de legislation


a voulu demander donner, le patro-
nage de cette une conference pendant mon séjour dans
cette ville, je n'ai pas hésité aceepter. Effectivement, y
pour une grand que je ne pouvais
ner, et d'autre heureux donner marque de
respectueuse sympalhie et d'admiration si vi-
vante, si active et qui, dc hautes autorités et de
hautes personnalités, la direction de magistrats
éminents, coopére avec tant et dc si heureux
tants essentielle du droit moderne, je veux dire
funification des legislations, tout au moins dans les
populations latines.
J'ai pensé que la question de finconstitutionnalite des lois
pourrait faire l'objet de cet entretien ; d'abord parce qu'en soi
c'est un des les plus importants et en môme temps
les plus difficiles du droit moderne, et aussi parce que c'est une
question qui se pose dans des conditions particulirement
dans votre pays.
pas tout finconstitutionnalite lois
que je examiner, mais seulement la sanction qui peut
atteindre les lois qui Jo ne vous cache
que le sujet est aride et que ne sortirai aujourd'hui du
domaine strict du droit. C'est un entretien purement juridique
et, je pourrais dire, un cours de faculté de droit que
la de pendant quelque cinquante

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CONFÉRENGE DE M. L. DUGUIT 39

Pour comprendre le faut d'un mot


court ce qu'on des dites
gides.
Le rigide n'est pas joli. C'est un vieux mot de la lan-
gue frangaise. Il a par deux auteurs anglais, Dicey
et Bryce ; il s'est Ce des constitutions rigides
est pratiqué aujourd'hui, peut-on dire, dans tous les pays sauf
l'Angleterre. C'est le d'apres lequel y deux
gories de lois : les lois ordinaires et les lois supérieures ou
constitutionnelles rigides, quel que soit d'ailleurs l'objet de ces
lois.
n'importe pas de savoir si sont des lois qui organisent
le pouvoir politique ou formulent des principes ; ce sont des
supérieures qui ne peuvent modifiées que dans certaines
formes qui s'imposent législateur ordinaire. En
que, par exemple, la loi de prohibition de l'alcool est une loi
constitutionnelle rigide, bien qu'elle ne louche pas l'organisa-
politique.
ya dans ce deux categories lois : les lois
ordinaires et les lois dites constitutionnelles, quel qu'en soit
l'objet, votées en une certaine forme, qui peuvent lre ni abro-
ni modifiées par la loi ordinaire s'imposent au législa-
ordinaire. Si le legislateur une loi en contradiction
avec les dispositions de la loi rigide, loi
est dite inconstitutionnelle.
L'Angleterre n'a pas accepté ce y a un vieux pro-
verbe anglais qui dit que le Parlement tout faire, sauf
changer un homme en femme ». Par consequent, en Angleterre,
n'y a pas distinction entre les lois, et notre question ne se
pose pas. Mais pour los autres pays, que ce soit aux Etats-Unis,
en France, Italic, Tchécoslovaquie, en Roumanie, la
question des constitutionnelles so et question
savoir quelle est la sanction qui doit tre la violation
loi constitutionnelle par le législateur ordinaire est
mement importante.

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40 CONFÉRENCE DE M. L. DUGUIT

Supposons législateur qui ne peut


faire, une loi est en contradiction avec
loi rigide. sera le
loi ? qui interdit au législateur ordinaire
de faire une loi en contradiction avec la loi constitutionnelle
rigide, sanction et laquelle ?
le meilleur pour une pareille
c'est le qui consiste tribunal
qu'on appellera d'un nom quelconque, ce tribunal
étre saisi - sauf savoir si ce sera par le gouverne-
ment ou par les peu importe - ce tribunal pouvant
étre saisi la question de la constitutionnalité de la loi. Cc
tribunal simplement le droit de la loi incons-
titutionnelle sans ou la
inconstitutionnelle et l'annuler. mot, on concoit la
d'un de
statuer sur la lois. dis-je,
cpti le plus logique. le nous
fait en France l'essai deux reprises.
D'abord sous le Consulat le Premier Empire, ce qu'on
a appelé le Conservateur et ensuite en 1852 avec la Cons-
titution de 1852 organisant la présidence décennale qui devint
bientôt l'Empire heréditaire.
Le Sénat du premier Empire, ainsi que Sénat du second
Empire jusqu'à la Constitution de 1870 bien entendu, était un
veritable tribunal constitutionnel ; ce tribunal constitutionnel
était chargé droit de statuer constitutionnalité des lois
et de prononcer l'annulation des lois pour inconstitutionnalité.
Mais, en fait, ce ne fonctionna jamais. Aussi bien sous
le Empire que sous le premier, le Sénat conservateur
un instrument commode entre mains du pour
la constitution ; car il pouvait non seulement statuer
sur l'inconstitutionnalité des lois, mais apporter certaines modi-
la Constitution.
n'a donc pas de bons résultals et
étonné qu'un homme aussi que M. Charles Benoist
France ait en l'établissement d'un systme

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DE M. L. DUGUIT 41

Je suis aussi que la Constitution


la Constitution qui suivi immédiatement l'établissement la
en Etat indépendant, ait aussi un tribunal
constitutionnel, qui a un composition spéciale et qui peut
saisi des conditions déterminées et a competence pour
statuer sur la constitutionnalité des lois. Ce tribunal tchécoslo-
a rendu le 7 novembre 1022 un arrét qui a fait quelque
bruit dans le monde juridique. Il a en effet, que la loi
qui que nous appelons tine
tion au gouvernement, une loi
nelle.
Un groupe juristes tchécoslovaques m'a mon
avis ce point; j'ai j'approuvais
du tribunal constitutionnel. On m'a ce que je
pensais de la d'un tribunal constitutionnel ; j'ai répondu
que je faisais quelques
En effet, ce qui craindre la d'un tribunal
constitutionnel c'est que si ce tribunal n'est pas servile,
- et présumer qu'il le sera pas - s'il n'est pas ser-
l'a le du premier Empire et aussi un
du second ce forcément, tendra
une politique, une politique et
ainsi une cause nouvelle conflits, que Pon crée un
pouvoir politique. Les événements sont plus forts que
les hommes : les membres du tribunal constitutionnel voudront
toute influence politi-
que, sera pas possible, et ce tribunal constitutionnel,
de statuer sur la constitutionnalité des
lois, forcument assemblée politique.

111

C'est la question de la sanction de la relatke


la distinction lois constitutionnelles lois ordinaires
doit la d'un tribunal
constitutionnel Cate sanction de la de
doit trouver l'application rationnelle, normale, prin-
cipes généraux du droit.
Pour savoir quoi conduit l'applicalion

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CONFÉRENCE DE M. L. DUGUIT

raux du droit, faut répoudre cette question : les tribunaux


droit quels qu'ils les tribunaux tels quels
les pays qui pas la distinction des
et judiciaires, dmis les pays la
France, les tribunaux, quels qu'ils soient, ou
judiciaires, ont-ils, en ertu du rôle se rattache logique
ment et normalement la fonction juridictionnelle, oir
d'apprecier la constitutionnalité des lois et, comme nous disons
droit, le de recevoir et de juger l'exception d'incons-
Litutionnalité et de refuser d'appliquer qui leur est
soumise la loi qu'on invoque parce que inconstitutionnelle ?
D'un .mot, l'exception d'inconstitutionnalité est-elle recevable
devant un tribunal ? tribunal peut-il sur la demande
l'une des parties, qu'il n'appliquera pas la loi qu'il la
juge inconstitutionnelle, non pas l'annuler, mais qu'elle
est ?
La question est fort discutée, qu'on a fait intervenir le
la separation pouvoirs el qu'aussi on est
quoiqu'on fasse, par que pouvoir législatif
pouvoir souverain par excellence.
discute pas de la separation pouvoirs.
Si je faisais sur la separation pouvoirs, je vous
montrerai tout ce qu'il y a vide mots
». Mais n'est. pas la question ; je
prends le principe de la separation des tel qu'on l'en-
tend habiluellement.
La separation des pouvoirs étant s'est produit un
fait singulier. Aux Etats-Unis, on a dit : en vertu principe
de la separation des pouvoirs, les tribunaux competence,
en vertu de leurs pouvoirs normaux, pour statuer sur la
tion de l'inconstitutionnalité d'une loi, pour qu'une loi
étant inconstitutionnelle on ne 1'appliquera pas l'espice. Au
contraire, en France, nous avons : en vertu du principe de
la separation des pouvoirs, les tribunaux ne sont pas
tents pour la question l'inconstitutionnalite.
Ou'est-ce qui raison des Américains ou des Francais ?
Les Américains ont cent fois raison ; la France a cent fois tort.
11 est facile de le demontrer.
Les Americains nous disent vertu du principe la
ration des pouvoirs, les tribunaux sont compétents pour rece-

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DE M. L.

d'inconstitutionnalité, statuer et
que la l'espèce. bien quo
tous les le langage courant,
combien de je lu les journaux, dans des livres
sérieux : c'est la Cour de justice américaine a
pour statuer la question de la constitutionnalité des
lois. C'est faux : sont tous les tribunaux, toutes les cours,
on aux Etats-Unis, les cours de justice des Etats,
des Etats les cours de justice fédérales, depuis la plus
modeste des juridictfons la juridiction qui
Washington. Et pourquoi ? Parce que c'est la consequence
de leur fonction juridictionnelIe.
est le role juge ? C'est de une question
de droit. Or, pour résoudre une question de droit, faut
quer la loi. Et, comme l'a dit excellemment la Cour de cassa-
roumaine, dans un historique, de 1912, il
dans normal, necessaire, indispensable du
de dire quelle est la loi a ppliquer. Par s'il y a
conflit la ordinaire et loi la loi constitu-
tionnelle, quelle est la loi quo devra appliquer le juge? C'est
naturellernent la loi constitutionnelle. empite sur
pouvoir législatif en faisant cela ? qu'il viole le principe
la des ? point du Lout l'appli-
que au
de la separation : les
indépendants dans leurs domaines ; ils qu'un
supérieur le pouvoir constituant. Par consequent, le
pouvoir judiciaire se conforme l'obligation qui imposée
au pouvoir constituant en refusant d'appliquer une loi
qui est en contradiction avec la loi constitutionnelle.
pas cette loi ; - s'il le faisait, outrepasserait ses pou-
voirs ; n'annule pas cette loi ne s'appli-
que pas, qu'il est la loi et dans le cas
deux lois sont en contradiction, il doit la loi supérieure,
la loi constitutionneHe.
Et voilit comme quoi, en Amérique, s'est établi d'une
le lequel toutes juridictions, quelles
qu'elles soient, depuis la plus modeste la
compétentes statuer sur l'exception d'inconstitution-

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CONFERENCE DE M. L. DUGUIT

nalité. C'était je la conséquence du principe de


la séparation des pouvoirs bien compris.
Mais, comme souvent, juristes et les hommes
politiques américains out donner cette solution fon-
d'un texte écrit ; et on a été chercher la
Constitution Etals-Unis un qui disait tout autre chose,
qui obscur d'ailleurs. voici, n'a quo trois lignes :

« Le pouvoir judiciaire s'étendra tous cas droit et en


équité qui naîtront de la présente Constitution, des
Etats-Unis, des traités leur auto-
rité.
C'est ce texte qu'on justifier le pouvoir des
dictions américaines. Mais ce était inutile ;
pouvoir la conséquence mime du la sépara-
tion des pouvoirs et des attributions qui appartiennent norma-
toute juridietion, attributions qui sont la conséquence
de la fonction juridictionnelle.
faut éviter les deux
répandues, que cc serait seulement la Haute-Cour qui aurait
compétence ; ce sont toutes les juridictions qui l'ont ; et
la Haute-Cour américaine annule lois. Jamais elle n'an-
une loi déclare simplement qu'elle n'est pas constitu-
tionnelle et ne l'applique pas. Evidemment, lorsque y a déci-
sion de la Cour suprime déclarant une loi inconstitutionnelle,
théoriquement ; mais pratiquement elle a du plomb
l'aile, on l'applique pas ; et le la rapporte ou
la modifie au bout peu da temps.
Ce est mon sens excellent parce qu'il laisse toutes
les juridictions dans l'exercice normal de leurs juri-
dictionnelles. Ce n'établit pas des juridictions divers
juridiclion qui aurait compétence qui
n'apportiendrait pas une autre. Puis il a aussi l'heureux avan-
d'éviter, tout au moins en partie, le danger quo je signa-
lais l'heure créer un tribunal constitutionnel, le
quo ce tribunal constitutionnel n'arrive un politique,
qu'il ne transforme en assemblée politique, que des conflits
s'lvent entre ce tribunal constitutionnel et les Chambres.
dis en partie, car en Amérique, faut bien
la Haute-Cour de justice, depuis quelques années surtout, joue

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CONFÉRENCE DE M. L. DUGUIT

une certaine un politique. ! cela a trés


a paru un bien fail, un professeur
Lyon ici, M. l'Institut
la droit de Lyon, livre
lté
et dans lequel M. Lambert
loppe celle qu'en Amérique la de justice est
devenir une troisimc assemblee politique
qui se met en contradiction avec les lois votées par le
américain. n'est pas vrai, ça n'est pas vrai du tout.
Je ai constaté de
J'ai au mois un long entretien avec le
chef de la un personnage consi-
tout fait remarquable, M. aujourd'hui rem-
par M. Taft. J'en ai Irs longtemps avec M. While
qui m'a nettement que n'était pas exact. Seulement,
est que, notamment en ce qui concerne les lois
res j'en donnerai un exemple concret tout l'heure - les
rapports du capital et du les tendances qui
inspirent la justice americaine sont un peu
rentes de edles qui inspirent les hommes politiques
Les hommes politiques du y a de trs
Wes, mais je ne crois pas calomnier en disant
le politique des Etals-Unis laisse un peu
et M. Wilson a assez pour le perso»nel
dans le
justice composée
haute autorite, d'une
et dans ces cumuli-
lions que les de la Haute-Cour de justice
soient peu différentes de celles qui animent
ricain. Mais pas vrai dire que la Haute-Cour de jus-
tice au Non ; M. Lambert sur
point s'est et lui ai dit

Messieurs, en deux mots, le américain que


Irouve pour ma part excellent. En France, nous ne l'avons pas,
et nous ne pas parce que nous mal raisonné et

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46 CONFÉRENCE DR M. L. DUGUl

avons : le principe la separation pouvoirs signi-


judiciaire et du pouvoir
législatif. Puis. nous avons certaines dispositions de
nos lois de la période révolutionnaire, notamment la grande
du 16 aot 1790 sur l'organisation judiciaire, et aussi la Cons.
titution de 1701 « I.es tribunaux ne prendre directe-
ment ou indirectement aucune l'exercice pouvoir légis-
latif ni empécher ou suspendre l'exécution des decisions du pou-
voir législatif », et : « Les tribunaux ne peuvent ni s'immiscer
dans l'exercice pouvoir législatif, suspendre l'exécution
lois. lors a : vous voyez bien ! si un tribunal
refusait d'appliquer une loi parce qu'elle est inconstitutionnelle,
il en suspendrait l'exécution.
déj répondu l'objection. Elle tient pas debout. Le
tribunal est p'ar la loi ; s'il y a contradiction, il faut qu'il
applique la loi supérieure, loi constitutionnelle.
qu'il en soit, déjii longtemps notre Cour cassa-
a rendu arrét qui a fait jurisprudence ; et l'on peut dire
qu'aujourd'hui devant les tribunaux francais la question ne se
pas. L'arrét, assez ancien, est du mai 1833. Un jour-
avait par application d'une loi stir la
1830, ce journaliste soutenait que cette loi
presse ne pas appliquée parce qu'elle avait
en violation l'artiele 69 de la de 1830 qui
aurait été loi
J'ai qui » parce qu'on a discuté si la
franoise de 1830 un constitutionnel. Mais c'est
une autre question.
La Cour « Attendu que la loi du
8 octobre 1830, et promulguée dans la forme consti-
tutionnelle prévue par la Charte, fait des tribunaux
ne peut étre devant eux pour catie
nalité.
La jurisprudence a été fixée par cette decision. Le hasard
cependant a fait découvrir par un de mes collegues, qui me l'a
communiqué, un totalement de la chambre crimi-
nelle de la Cour de cassation du 25 mars 1851, lequel
avoir reconnu la haute juridiction droit d'apprecier la
contitutionnalité lois. s'agissait de la loi du 9
sur l'état de Mais..cet assez obscur, en tout cas n'est

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DE M. L. DUGUIT

n'est connu que de mon


qui l'a et l'ou en toujours de 1833. est de
jurisprudence constante que les tribunaux ne peuvent pas rece-
oir l'exception d'inconstitutionnalité, ni statuer sur elle.
la situation.
Mais, depuis ans,
France doctrinal tout fait remarqua-
ble et je puis dire l'heure actuelle la presque unanimité
- depuis la mort d'Esmein - des juristes qui s'occupent de
droit avec quelques reserves, Berthélemy,
de juristes, soutiennent - je cache pas
que suis avis, ce que je viens de dire le prouve, -
presque tous les juristes que les tribunaux frangais,
en vertu leur pouvoir propre, par l'application méme
du de la separation des pouvoirs, sont compétents pour
recevoir l'exception d'inconstitutionnalité et pour statuer sur elle,
pour annuler une loi pour inconstitutionnalité, mais
qu'une est inconstitutionnelle et que cette loi
Tous les tribunaux ont cette
competence, depuis le plus juge de la
cassation, que hi
la fonction
C'est cette solution qui la Cour
de cassation Roumanie, auquel je faisais allusion tout
l'heure, de qui est aussi remarquable par le fond
que par la et qui, clans public, cons-
le n'est pas trop fort un evénement historique.
Voici le passage essentiel cet acte : « Considérant que,
clans le cas de contradiction entre la loi ordinaire la loi cons-
juge a droit de la constitutionnalité
de hi loi ordinahe et s'il estime qu'elle est contraire la Cons-
titution donner la aux dispositions constitution-
nelles ; qu'en procédant de la sorte on ne saurait dire que
juge sort de sa competence et usurpe les attributions du pou-
voir législatif, qu'au contraire (et point capital) il rem-
plit une attribution strictement légale, de quelle
loi doit appliquée dens le litige soumis son examen.
Et vous voyez bien que la Cour ne dit pas : la Cour
de cassation elle dit juge quel qu'il soit, depuis le
paix C'est le juge

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48 M. L.

qui, en ses fonctions normales, en vertu du caractere


la fonction juridictionnelle, a le d'apprécier
la des lois, a le oir de el le
appliquer une loi qui va contrairement
Constitution.
Messieurs, la quelle la situation
au moment In Constitution nouvelle. le
est-elle aujourd'hui ?

Messieurs, je vous parler avec Je


parlerai avec plus extrane sans la
tion que j'ai pour le juriste illustre, l'homme d'Etat
qui est l'inspirateur et je crois rédacteur de votre Cons-
titution nouvelle. Avec toute la qu'un juriste étranger
doit conserver lorsqu'il s'adresse aux juristes éminents du
dont il est dirai que je un peu votre article 103
de la Constitution nouvelle.
s'était spontanément une droit correspon-
(hint véritablement la situation, logiquement déduite du
qui est celui juge. Cette droit, qui produit
d'une elaboration assez expression
le remarquable arra dont de vous quelques
passages. Pourquoi n'en est-on pas et pourquoi cet
article 103 de la Constitution de otre ? « Seule, la
Cour de cassation, réunies, a le de juger la
constitutionnalité lois et inapplicable qui
est contraire la Constitution. Le jugement l'inconstitution-
nalité des lois s'applique seulement au cas jugé. »
Est-ce que, par 1, on ne fait pas de la Cour de cassation,
toutes chambres réunies, un tribunal constitutionnel ? Est-ce
que les dangers, que l'expérience a ce qui concerne
le tribunal constitutionnel, ne sont pas suscetibles de se pro-
duire ?
Ah ! je sais bien quelle est la haute intégrité des magistrats
roumains, quelle est leur valeur scientifique, quelle est leur im-
partialité; mais les événements plus forts que les hommes
et n'y a-t-il pas craindre que ce qui s'est dans d'autres

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DE M. L. DUGUIT

pays se produise ici ? D'autre part, pourquoi cette distinction


entre les divers tribunaux ? Les tribunaux, mais c'est en raison
do la nature do la fonction juridictionnelle qu'ils peuvent
oonstilutionnalité lois et tout tribunal doit pou-
la lois. ne s'agit
une fois, de prononcer l'anrmlation d'une loi, mais de
cider est la loi applicable en le rôle
de tout juge ; tous ont pouvoir et doivent une ques-
tion Pour la question qui lui est
bien que le quelle est la loi applicable. Par
consequent, n'est pas logique de donner certains tribunaux
le pouvoir juger la constitutionnalité lois et le refuser
aux autres. semble, en outre, que toute une série difficul-
tés pratiques peuvent s'élever.
Un jurisconsulte a bien voulu ce sujet donner
une écrite, dont je le remercie vivement. une
juridiction inférieure, un tribunal, une des parties
l'exception d'inconstitutionnalité ; le tribunal inférieur n'est pas
competent pour elle, c'est la Cour cassation seule
qui est Alors que faut-il faire ? Est-ce que - et
semble que c'est la solution logique est-ce que le
inférieur va surseoir statuer ce que la Cour cassa-
tion elle-môme ? Mais alors vous voyez les retards,
les longs retards; vous voyez plaideur se perdre dans le
maquis de procedure et soulever, tort ou raison, et plus
souvent tort raison, l'exception d'inconstitutionnalité et
attendre la Cour de eassation devant la
Cour de cassation Roumanie les durent assez long-
et tine en suspens !
Supposez au contraire que le tribunal inférieur devant lequel
on a élevé l'exception d'inconstitutionnalite statue malgré l'ex-
ception. rend alors une précaire, qui a un vice in-
terne, puisque pourra tomber devant
de la Cour qui décidera peut-étre que la loi dont on
a fait l'application est une loi inconstitutionnelle. Et alors de
deux choses : ou ce jugement sera ou ne
sera pas. S'il pas, les choses restent en suspems, le plai-
deur n'a pas satisfaction ; s'il est et qu'ensuite la Cour
de cassation prononce l'inconslitutionnalité de la loi, faudra
4

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DE M.

revenir sur l'exécution. D'o toute une série difficultés pra-


tiques qui m'ont été signalees et qui me paraissent trés sérieuses.
Je dois ajouter que Cour de cassation, section,
dans son du 18 octobre 1923, a que le tribunal
ne devait pas surseoir statuer et devait, malgré l'excep-
tion d'inconstitutionnalité, rendre son jugement sans attendre la
de Cour supreme sur l'exception d'inconstitution-
nalité.

Il reste, Messieurs, un dernier point étudier et un


dernier point qui a une mon sens grande, qui
est un peu de ce que nous avons
sent, mais qui s'y rattache directement.
nous avons qu'il y avait dans la
Constitution des dispositions formelles qu'une loi trouvait
en contradiction avec une disposition formelle de la loi consti-
tutionnelle. En un mot, nous avons, suivant l'expression consa-
nous avons inconstitutionnalité formelle.
Mais une question se pose n'y a-t-il pas certains principes
:

supérieurs de droit qui, quoiqu'ils ne soient pas formulés clans


une Constitution sont tellement certains s'imposent
au législateur constituant ? En tout cas, ces principes
supérieurs ne s'imposent-ils pas au.législakur ordinaire une
loi n'est-elle pas inconstitutionnelle, non lorsqu'elle
viole une disposition &rite de la Constitution, mais encore lors-
qu'elle viole un principe supérieur du droit incontestable, non
dans la Constitution ?
Supposez une Constitution ne formulant pas d'une
presse les principes généraux de la individuelle, par
exemple, et remarquez que l'hypothese est facile prévoir puis-
que aujourd'hui la Constitution frangaise de 1875 ne
pas ce principe et ne se référe pas aux pricipes généraux
de la Constitution de 1789. Prenons pour exemple les principes
de la non-rétroactivité des lois et de l'autorité de chose jugée.
N'y a-t-il pas des principes d'ordre supérieur qui s'imposent
tout législateur, que ces principes soient formulés ou non clans
la loi constitutionnelle &rite ? Et ne doit-on pas dire qu'une loi
qui viole ces principes non écrits, qui viole la constitutionnalité

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DE M. L. DUGUIT 51

est tout aussi inconstitutionnelle qu'une qui viole


la loi écrite de la Constitution ? Est-ce que les ne
doivent pas étre compétents tous les tribunaux, pas seulement
la Cour suprime pour apprécier la constitutionnalité
comme la constitutionnalité formelle et d'appli-
quer une qui viole un principes, s'il n'est pas
inscrit la Constitution ?
Pour ma je réponds sans : oui. Et jedois dire
qu'en France on est en train aujourd'hui d'édifier une théorie
doctrinale qui pourrait bien avoir une influence l'établisse-
ment du droit postérieur. Je fais allusion la doctrine extrime-
ment intéressante de mon savant colligue et ami Hauriou. a
cette théorie propos de deux arrites du
d'Etat dans l'affaire Winkel et l'affaire Tichit.
exactement la mime question que Beaucoup d'entre
vous connaissent mieux que moi - je l'ai et je dois le ré-
et la legislation frangaise et la littérature juridique fran-
Aussi certainement que, depuis 1905 en France,
nous avons un article 05 la loi du 22 .avril 1905 quo
le gouvernement ne réoquer aucun fonctionnaire, quel-
que ordre appartienne, sans lui avoir communica-
tion son dossier complet ou du moins sans l'avoir mis en
mesure de prendre communication ce dossier. y a une
jurisprudence ferme du Conseil décidant lors-
qu'un est sans lui ait
il est du recours pour
de pouvoir sur le Conseil d'Etat annule impi-
toyablement la du gouvernement.
Or M. Winkel et M. Tichit, agents des Postes, s'étaient mis
en grive en 1909 ; ils étaient mime parmi los meneurs. Le gou-
vernement - et si j'avais été ministre des Postes je crois bien
que j'aurais fait exactement la mime chose - le gouvernement
prononga leur revocation ; et il ne fut point question
de leur communiquer leurs dossiers. Alors, les deux personna-
ges ainsi révoqués, invoquant la jurisprudence du Conseil
d'Etat, un recours pour de pouvoir demandent
de l'arrété de révocation comme ayant pris en
violation de l'article 65 de la loi de exigeant la communi-
cation du dossier. Le Conseil d'Etat, non sans un certain
barras, qu'en pareille cas n'y

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DE M. L.

a pas lieu faire application de la dc Et. pourquoi ?


Le Conseil d'Etat le sent, mais le dit pas d'une maniire
expresse. D'ailleurs c'est tradition chez noire Conseil
qu'il motive d'une extrimement ;

le (lit les deux notes auxquelles je faisais


sion, et il développe - tris justement selon moi sui-
vante (1).
Dans mon Traité de j'ai quelques
reserves. En y réfléchissant, je demande si mon colliguc n'a
pas raison. développe idée des principes d'or-
dre superieur qui, écrits ou non écrits dans la Constitution,
s'imposent au législateur. Or, un de ces principes, c'est l'impos-
de la des fonctionnaires. La grive des fonction-
naires c'est quelque chose d'antinomique c'est l'expression
dont je suis servi la grive des fonctionnaires est contraire
l'existence mime de l'Etal, puisque c'est une
tion de services publics, puisque le service public est une acti-
qui ne doit jamais s'interrompre et le fonctionnaire qui
met en grive interrompt le service public. Dire
fonctionnaires ou suppression de c'est chose.
Ce sont les mimes consequences. Une loi qui, au cas
des fonctionnaires, aurait pour la revocation, la commu-
au préalable du dossier, aurait été en contradiction
expresse avec un principe supérieur du droit public, un prin-
cipe fondamental du droit public. Et alors le Conseil d'Etat
cette loi nc s'appliquait pas aux cas grive parce
inconstitutionnelle qu'elle s'applique que
dans les cas a pas parce que c'est interprétée
de sculement que loi est constitutionnelle..
est le fondement de ces principes? on discuter.
Mais faut qu'il y en ait et il y en a, et toute loi contraire un
ces principes, mime non est une loi
nelle.

(1) Notes sous aot Sirey


1913, III, p. 137.

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M. L. DUGUIT 53

VII

est dételoppée en France,


aux Etats-Unis nous voyons la Haute-Cour justice suivre
exactement la évolution. le ne fait pas de théorie, mais
elle s'inspire exactement des idées, particulièrement
propos des lois, auxquelles je faisais allusion tout l'heure, sur
les rapports du travail et du capital. La Haute-Cour de justice
a inconstitutionnelles certaines lois qui ne violent assu-
rément pas le texte formel la Constitution américaine, mais
qui sont contradiction avec ce qu'elle considire prin-
du droit supérieur.
Lambert s'est i d'une que je e
exacte. Lambert nous dit que la Haute-Cour de justice
les mérites économiques des actes C'est mal dit. Non,
Haute-Cour de justice estime qu'il y a certains principas
supérieurs qui s'imposent au législateur, mime au législateur
constituant, et inconstitutionnelle une loi qui est con-
. traire ces principes, bien qu'ils ne soient pas
Un des arrits les plus intéressants en ce sens est un de
la Haute-Cour de justice du 15 mai qui a déclaré inconsti-
tutionnelle la loi fédérale février établissant une taxe
10 sur profit réalisé par le patron faisant travailler des
enfants au-dessous H ans ou au du temps par la loi.
n'y a pas de constitutionnel disant quelque chose
clair ce sujet. Mais la Haute-Cour de justice estime qu'il y a
disposition en contradiction avec le principe la
liberté du travail et de la liberté commerciale et a que
loi était inconstitutionnelle.
le va si loin dans ce sens qu'elle estime et je l'ai dit tout
l'heure en passant -que ces principes d'ordre supérieur s'im-
posent non sculement au législateur ordinaire, mais au
Et a
je ne pas un autre la
la loi le vérifie le point de oir si une loi
constitutionnelle est conforme aux principes superieurs droit
s'imposant la fois au législateur constituant et au legislateur
ordinaire. Vous n'ignorez pas qu'en Amérique les modifications

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DE M. L. DUGUIT

la Constitution réalisées en la forme


par valeur que les forment
La
et sur elle, l'excep-
d'illégalité concernant un la Constitution,
concernant une loi constitutionnelle.
était amendement ? C'est amendement.
C'est celui qui interdit d'une absolue, sous les sanc-
plus l'introduction, la vente, la consomma-
lion non de l'alcool, mais de biére et de cet
excellent vin de Roumanie ou de France. Quand on se rend
en Amérique, y a une plaisanterie qu'on fait toujours lors-
qu'on est en vue la statue de la Liberté : « Saluez la liberté,
parce qu'en mettant le pied sur le sol américain vous devez dire
adieu toute espérance. Vous n'entrez pas dans le de la
au contraire sortez du pays de la liberté. » Et en
effet, on peut pas boire une coupe de Champagne aux Etats-
! Quel sacrilége !
Le Syndicat des distillateurs américains, poursuivi pour
lation de l'amendement sur la prohibition de l'alcool, avait
l'exception d'inconstitutionnalité d'une
tionnelle devant les tribunaux. Aprés avoir suivi les
recours ordinaires, la Haute-Cour de
tice, qui a reconnu la recevabilité de l'exception et a sur
elle. Elle a que l'amendement sur la prohibition était
constitutionnel mais cela importe peu - ce qui est inté-
ressant c'est qu'elle 6'est reconnue compétente pour statuer sur
la de la Constitution, sur la légalité d'une
constitutionnelle, sur le point savoir sí cette régIe
titutionnelle est ou non conforme aux principes supérieurs du
droit.
La Cour de cassation de Roumanie ira-t-elle jusque li? C'est
le secret l'avenir. l'heure actuelle, et
l'arrét 1912, Cour de Cassalion de Roumanie
estime qu'elle une loi inconstitutionnelle que
si elle viole eonstitutionnalit formelle, c'est-it-dire si est
en contradiction une disposition écrite,
dans la Constitution; que par exemple elle pourrait pas
clarer inconstitutionnelle une loi et je dis cela titre
une loi contraire soit au principe de la non-rétroactivité

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CONFERENCE DE M. L. DUGUIT

soil l'aulorité la chose jugée, car principes,


pas inscrits dans la Constitution, ne lient
pas législateur ordinaire. crois que c'est la position
la Cour de cassation Roumanie et la solution qui s'im-
pose l'état actuel du droit.
Est-ce que les dioses en resteront ? Comme je disais,
c'est le secret de l'avenir ; mais, quoi qu'il arrive, nous pou-
vons certains qu'avec une magistrature impartiale et éclai-
rée la magistrature roumaine, la solution sera toujours
inspirée de l'esprit de,justice et du respect du droit.
Je vous remercie. (Applaudissements longuement prolonyés.)

L. IT,

Doyen de la Faculté de droit de Bordeaux.

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LA REFORME AGRAIRE EN

MM. J. BRAESCO et G. SESCIOREANO


Doeleurs en droit de l'Université de Paris

1. Historique de la question agraire jusqu'en 1864. - 2. de 1864 1913. -


3. Période actuelle. - 4. Décrets, Lois. - 5. Lois de 1921. - 6. Terres
affermées. - 7. Expropriation totale. - 8. Expropriation par propriétaire.
- 9. Indivision. - 10. Indemnité d'expropriation. 11. Créances hypo-
thécaires. - 12. Organes d'application. - 13. Répartition des terres
expropriées. - 14. Etendue des lots. - 15. Attribution des lots. -
16. Paiement. - 17. Inaliénabilité. - 18. Comassation et indivisibilité. -
19. Conditions de culture. - 20. Colonisation. - 21. Conclusion.

1. L'histoire de la réforme agraire en Roumanie peut faci-


lement se diviser en trois périodes : premire finit en 1864,
la seconde en la troisime en 1021.
Jusqu'en 1864, la question agraire présente en
caractère nettement médiéval. les principes, les boyards,
les églises et l'Etat sontpropriétaires. Les paysans, par
cette une situation de dépendance
de ces propriétaires. Its obligés de cultiver les
domaines sur lesquels ils établis, de fournir des prestations
en nature de donner.une sur les produits obtenus :
n'y avait pas de petite propriété. C'est cet état de que
voulut remédier la loi de 1864, premire réforme agraire, sous
du prince Couza. Cette loi a reconnu aux paysans
propriété sur les lots qu'ils travaillaient et le proprié-
Wire a oblig de donner lots aux nouveaux.
concurrence de deux tiers de son domaine. loi
consacre une veritable expropriation des grands domaines, dans
le but de.créer une petite proprieté paysanne. Pour maintenir
dans l'avenir cette petite propriéte, le législateur a
claré lots inaliénables.

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BOUMANIE

2. - Pendant la seconde période, 1013, nous assis-


évolution vers l'affranchissement de la classe
paysanne. L'Etat intervient dans cette evolution ;
légitimée par le fait que les grands propriétaires employaient
généralement des fermiers pour exploiter leurs domaines. Ces
fermiers exploitaient sans scrupule les paysans travailleurs, et
c'est une des principales causes des 1907, aver-
pour les gouvernants du pays. Ces émeutes
furent suivies d'une legislation interventionniste, pour
but les fermages trop nombreux et de faire passer
famiable aux paysans le plus possible de la terre
par les grands propriétaires. Pour y aboutir, on interdit l'affer-
mage des domaines plus de ; afin d'atteindre
d6sirable entre les deux parties contractantes, on imposa
des contrats-types pour les engagements agricoles; on créa une
Caisse sorte d'institution intermecliaire entre les pro-
priétaires voulant vendre famiable et les paysans désirant
; créa au Ministére Mgriculture une Direction
dos paturages communaux, s'occupant de fachat de
pour les transformer en paturages pour les
munes qui en manquaient ; enfin, on obligea l'Etat et les éta-
blissements publics affermer leurs terres aux associa-
tions paysannes, en fixant des prix maxima fermage par
région. Aucune mesure plus radicale ne fut prise pendant cette
période, bien que la situation la classe paysanne les
clamées.

3. - Les choses ne pouvaient continuer ainsi partir de 1913:


aprés traité de Bucarest, qui mit la guerre balcanique.
Les soldats-paysans roumains preuve alors d'un dévoue-
ment remarquable, aussi, et, sans qu'ils le demandent, les diri-
geants du pays améliorer leur état. y avait, en
effet, déséquilibre dans la répartition des terres : 1.250.000
sans chefs millions ha du terrain cul-
able de l'ancien et le de millions ha.
tenait seulement 4.000 propriétaires ! La réalisation de
national l'extérieur n'était possible une sociale
fintérieur et on ne ait aboutir cede paix que par une
agraire urgente et En des elections
Constitutionnelles lieu ; les nouvelles assemblées furent

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58 LA RÉFORME AGRAIRE EN ROUMANIE

ayant de reviser la Constitution dans le but


d'exproprier au profit des paysans une partie de la
propriété privée.
En les deux du
envahis, l'expropriation devint presque
la Sa le Roi crut bon do promettre
aux soldats, front, la realisation sans retard la réforme
agraire.
L'article 19 l'ancienne Constitution 1806 considere la
propriété comme sacrée et inviolable et que personne
ne peut étre exproprie « que pour une cause d'utilité publique,
légalement constatée, aprés une juste et. préalable indemnité ».
Ce texte a en juillet 1917 Jassy, et on y a introduit
la notion nouvelle d'expropriation pour cause « d'utilité natio-
Cette utilité nationale consistait dans l'extension de la
propriété paysanne par l'expropriation de 2 millions ha.
terrain cultivable, pris sur les par applica-
tion échelle progressive reconnaissant chaque pro-
un intangible de lia. L'artiele 19
voyait in fine qu'une générale d'expropriation développc-
rail les dans ce texte.
Jusqu' loi générale, votée seulement en la réforme
agraire a été commencée par des decrets-lois en 1918 et 1919,
tant dans l'ancien royaume qu'en Bucovine, Bessarabie et Tran-
sylvanie.

4. - Une expropriation Rant opérée par ces


erels-lois, faut en presenter ici les idées dominantes et les
résultats, pour pouvoir apprécier les modifications introduites
par la loi de juillet 1921.
Par l'application décrets-lois, on voulait exproprier deux
millions ha. de la propriété privée, en faisant intervenir une
échelle progressive de prélévements, sans tenir du
mode de culture ou des demandes terrain lotir dans la
gion. On reconnaissait un minimum intangible de 100 ha. cha-
que propriété ; et il faut bien préciser que l'expropriation a eu
lieu par domaine, comme expropriable, et non par pro-
priétaire. Prenons un exemple ; qui avait domaines
distincts, dans différents districts, chaque domaine ayant une
étendue 1.000 ha., pouvait encore aprés l'expropriation pos-

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LA AGRAIRE EN ROUMANIE 59

un total1.425 ha., chaque domaine étant réduit par


application l'échelle ha. Les décrets-lois fixaient
pas limite maxima la grande propriété, comme .le fit
la suite la loi de juillet 1921, qui, dans ci-dessus
ne réservait au proprietaire qu'un total de 500 ha. au lieu
ceci encore dans le cas propriétaire
prouve qu'il possöde une ferme bien outillée et un riche inven-
taire agricole. Pour avoir une idée cette échelle progressive
de prélévements, citons quelques chiffres : les
commencent partir de 100 ; un domaine de ha. est
réduit 138 ; un domaine de 200 ha. 165 ; un domaine
de 300 ha. 201 ha. ; de 400 ha. 224 ; ha. 271 ;

1.000 ha. 285 ; de 2.000 ha. 324 ; de 4.000 ha.


374 ; 8.000 ha. 490 ha. et un domaine de 10.000 ha.
500 ha., limite maxima d'un domaine pris pour expro-
priable.
Les résultats obtenus par décrets-lois ne
pas satisfaisants. D'un les demandes dc étaient
trés nombreuses, et, d'un autre, au lieu de prélever les
2.000.000 prévus par fart. 19 la Constitution révisée
Jassy, on n'expropria que 1.553.M7 ha., y compris les 40.879 ha.
des propriétaires absenteistes, expropries totalité. fallait
450.000
La était ouverte une nouvelle expropriation c'est la
loi du 17 juillet qui acheva cette réforme pour l'ancien
royaume, du 30 juillet 1921 pour la Transylvanie et la
Bucovine

5. 1921 avait une double


prélever la propriété privee un surplus 450.000 ha. et
aux survenus par l'application
crets-lois faut reconnaître que la n'était pas
facile et que la réforme agraire en Roumanie constitue, notre
avis, la transformation sociale la plus importante de l'histoire,
la grande propriété étant 47 de tout le terrain
tivable, soit de 4.000.000 ha., 8 du môme terrain,

(I) V. Annuaire de 2°
369, 357, et l'Annuaire de agricole, 1921,
p.

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60 R&ORME AGRAIRE EN ROUMANIE

578.000 ha., la réforme. Si nous voulons bien nous rap-


peler qu'aprs la grande réforme agraire 1793, en France,
la grande propriété possedait encore 30 notre opinion
pleinement justifiée.
Nous avons vu que les décrets-lois appliquaient une échelle
progressive de prélevements les domaines de la propriété
sans tenir compte des considerations économiques el
sociales, des demandes lots dans la et du mode
culture du domaine. Le législateur de 1921, chargé de prélever
encore un demi-million ha., plus soucieux des nécessités socia-
les, fixa pour la proprieté privée des limites maxima suivant les
L'art. 8 de la nouvelle loi prévoit trois limites distinc-
: 200 dans la la population est et
les demandes de lots salisfaites ; 300 dans la ofi
les demandes sont en partie satisfaites et 500 ha. clans la
les demandes sont satisfaites. retenir que
limites maxima, variant avec les demandes de lots, ne sont
applicables qu'aux propriétaires qui ont un seul domaine dans
tout le pays et qui travaillent personnellement leur terre.

0. - Pour les domaines affermes, le nouveau est plus


Pour arriver au chiffre prévu de prélvements, le
lateur de 1921 a voulu sélectionner les propriétaires. fixa ici
comme limite maxima 100 ha., indépendamment des demandes
de lots dans la Sont soumis ce rigoureux les
domaines le 23 avril 1920
ment de l'application la loi. qu'il y a eu
quelque arbitraire dans la fixation de cette date et par l'ap-
plication de celte disposition, qui constitue en somme une
lité retroactive, des injustices eurent nécessairement lieu. L'ex-
plication s'en trouve, tant dans les abus commis par les grands
fermiers avant les de 1907, que dans la necessité de
prélever plus terrain partager entre les paysans ; et la
loi a Oulu protéger et encourager le propriétaire qui produit
par lui-môme.

7. Dans le satisfaire le plus largement possible les


clemandes de lots, le législateur dans 7
totale : propriétés rurales dans toute étendue
des sujets des Etats ennemis ; domaines des absentéistes

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LA EN ROUMANIE 61

et ceux qui pendant 10 ans, du 23 avril 1910 au 23 avril 1920,


ont sans interruption leurs terres des domaines la
Caisse Rurale, de la Couronne de tous les établissements
ainsi que des propriétés crime
contre desertion
Pour la Transyhanie, l'absentéisme consiste dans l'absence
physique du pays le er décembre 1918, date de l'union
royaume, et 21 mars 1921, date du dépôt de la loi
d'expropriation au Parlement. Cette disposition ne coavenait
pas aux de Transylvanie qui avaient pour la
nalité hongroise. Les optants hongrois crurent de leur
d'attirer du Conseil la des Nations sur
leur cas, firent aussi Tchéco-Slovaquie contre
l'expropriation opérée par le gouvernement Le
délégué roumain, M. N. professeur la Faculté
droit démontra et eonvainquit l'illustre Conseil
la faiblesse des arguments hongrois. Les traités de paix ne pou-
vaient, en effet, s'opposer expropriation biens des
pour motifs d'utilité publique sociale,
Ions les propriétaires Roumanie. Les Hongrois
ne pouvaient plaindre, car l'expropriation s'appliquait sans
distinction de nationalite aux Roumains comme aux Hongrois.
Bien plus, les propriétaires de Transylvanie sont moins rigou-
reusement traités que les propriétaires l'ancien royaume,
propriétes des ressortissants étrangers sont expropries tou-
jours intégralement, alors Transylvanie l'expropriation
totale n'a lieu que s'ils ont été absents entre 1918 1921. Le
la Société en sa séance 5
reconnut bien de la roumaine.
Le Conseil de la des Nations reconnut ainsi la
réforme agraire Roumanie est d'ordre économique et
et devait remédier la répartition trop inégale terres entre
grands propriétaires et paysans, et non pas d'ordre national
comme Tchéco-Slovaquie ou en Lithuanie (Voy.
Bulletin, 1923, p. 263). Parmi les dispositions de la legislation
agraire roumaine, on n'en trouve aucune frappant
une minorité étrangre quelconque.

8. -Le législateur de 1'921, s'éloignant du systme des


crets-lois, qui consideraient domaine comme expro-

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LA AGRAIRE EN

applique l'expropriation et lui recon-


un maximum, du nombre des propriétés
qu'il Ainsi les propriétaires ont, ou qui ont eu
15 1910 domaines, possédant une étendue
rieure 500 ha., en indivision. avec d'autres, seront
duits 200 ha. si les domaines sont affermés lia. s'ils
sont dans les nombreuse 400 ha. dans
les les demandes sont en partie satisfaites et 500 ha.
dans celles toutes les demandes sont satisfaites. D'aucune
manire, un propriétaire ne peut la réforme plus
500 ha., qui constitue la limite maxima de la propriété
rurale.
9. - La indivise a été également réglementée
par la loi agraire et nous sommes de reconnaître que
celle-ci est dure pour l'indivision. Le Code civil ne contient
cune mesure rigueur eontre l'indivision, de fait provi-
soire, presque toujours créé ou maintenu dans l'intéra de ex-
ploitation du fonds. Dans les calculs du législateur agraire entre
un total 212.000 ha., prélevés sur les indivisions de

Pour les domaines possédés indivision le Wrier 1921


et pour les indivisions successorales posterieures cette date,
l'expropriation ne respectera que 100 ha. chaque co-indi-
visaire, sans tenir compte mode culture. La loi n'appré-
indivisions que les denimules de lots
la et, si elles ne sont pas le juge
duire la de chaque co-proprietaire au-dessous
100 ha. ; c'est-a-dire qu'il ne respectera pas, dans ce cas,
le minimum intangible ; comme compensation de ce ,sacrifiee,
le co-partageant ainsi réduit recevra soit une étendue de terre
équivalente en valeur, dans la de colonisation, soit le
paiement immédiat en numéraire du terrain exproprié.
Dans tous les cas la loi agraire un prélevement,
celui-ci n'a lieu que sur le terrain cultivable : labours, prairies
et pâturages ; les autres terrains, comme par exemple les
gnobles, les plantations de toutes sortes, les jardins, les parcs
les étangs, les chemins et les cours d'eau étant l'abri de toute
expropriation.

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R6ORME AGRAIRE EN ROUMANIE 63

10. La question la plus pour était le


des terms Le propriétaire réclamait juste
raison la valeur réelle du terrain ; le paysan demandait payer
un prix moindre. La l'amiable était impossible. L'Etat
intervenir pour faciliter aux paysans Facquittement des
lots dont ils propriétaires.
L'art. 36 de la loi recommande aux juges de tenir compte
dans leur appreciation la qualité de la terre, de sa produc-
tion, son éloignement des grandes villes, gares et ports;
ainsi que du prix de vente et fermage dans la localité. Le
prix sera fixé selon le revenu net l'hectare, mais dans aucun
cas ne sera supérieur la somme resultant de la multiplication
du fermage pour les années 1917-1922 par le
cient Si le fermage d'un hectare dans la
de 80 lei, l'indemnité d'expropriation sera de 3.200 lei l'hec-
de 80 multiplié par le coefficient 40.
Le propriétaire exproprie en effets
d'une rente spéciale de roumain, payable par amortisse-
ments 50 ans et avec un de 5
Ce mode d'indemnisation a des critiques vives et,
dons une certaine mesure, fondées. La oblige l'ex-
paiement d'une et et on
a reproché la legislation de ne pas respecter ce prin-
cipe élémentaire et Les propriétaires expropries
saisirent la de Cas-ation et soutinrent, par des avocats
que fart. la loi agraire
une violation la Constitution révisée en qui
avait maintenu le principe de l'indemnité juste et préalable. La
propritaires ne réussit pas, la Cour de Cassation se
prononça pour le caractere constitutionnel 36. En droit
pur, sur le terrain rigoureux des textes, des
taires était soutenable ; au point de vue social et politique, côté
important de la agraire, faut reconnaître la
tice, dans son d'interprétation de cette legislation, a fait
preuve beaucoup de moderation et de sagesse, et a trouvé le
moyen de ne pas ébranler le début une réforme si
saire pour pays, si elle a sacrifier parfois les prin-
cipes de droit, actuellement en cours incessant d'evolution.
En l'indemnité est calculée un peu
remment, mais est toujours inférieure au prix la

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LA EN

terre au moment on applique l'expropriation. On y a pris


pour base le prix moyen de vente du sol les années
1013-1915 et fait subir reduction progressive
nité pour les domaines d'une étendue supérieure
disposition rigoureuse qui pas dans la loi roumaine.
Dans tous les pays qui ont admis une si vaste réforme, en
Tchéco-Slovaquie Roumanie, les difficultés ou les
impossibilités seules justifient ce mode réduit d'éva-
luation l'indemnité d'expropriation. Pour prix
juste, fallait payer les prix de la valeur du sol, en or
et au comptant, au moment il sort du patrimoine de l'expro-
; mais eut fallu environ 15 milliards de francs-or et c'était
impossibilité, non seulement pour Roumanie
guerre, mais pour tout autre pays.

11. Les propriétaires subir


larges sacrifipes et ils le firent sans protestations sérieuses.
Comme beaucoup domaines étaient grevés de defies
thécaires ou d'autres droits charges souvent lourdes,
le législateur agraire est également intervenu dans oes
par des réglementations détaillées relatives l'acquittement de
ces charges, dans le but de favoriser le propriétaire exproprie
et lui éviter la ruine certaine, au cas l'indemnité d'expropria-
du serait inférieure la dette dont il est tenu ;
cussion inevitable, partage des entre propriétaires el
créanciers hypothéeaires. Toutes les créances
exigibles. Le terrain exproprié
dans le de de toute charge et les
ciers reeevoir, en proportion leur
des titms de rente de l'indemnité dite au propriétaire, en ne
tenant compte que de la valeur nominale des titres de et
non de leur valeur en bourse, réduite actuellement de
La réforme agraire atteint donc non seulement les
taires, mais encore tous ceux qui avaient des droits sur les
terrains expropriés.

12. - Une réforme si vaste et si quant aux intéréts,


traditions et susceptibilités ménager, presque
tement appliquée, tant dans royaume qu'en Transyl-
vanie, Bucovine et Bessarabie. Trois instances exceptionnelles,

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LA RÉFORME AGRAIRE EN

commissions mixtes de magistrats, propriétaires et paysans,


constituent principaux rouages d'application de la loi et,
sauf de rares exceptions, les operations d'expropriation eurent
lieu bomles conditions.
Par un décret-loi 3 janvier une institution
et permanente, administrative, est créée du Ministere
l'Agriculture, nom de Caisse Centrale la
el de la des terres paysans ; comme son
nom l'indique, cette institution a pour but de conduire et d'ache-
ver l'exécution de tous les travaux de la réforme agraire et de
consolider la nouvelle propriété paysanne, en accordant des
aux banques et associations paysannes par
lions d'associations d'affermage, en l'achat de domaines
l'amiable, par l'organisation d'assurances ageicoles, par la colo-
nisation dans des moins peuplées et par la
d'écoles spéciales C'est tout un programme de poli-
tique positive qui constitue but principal celte
institution.

13. - En ce qui concerne la des terres


le principe dominant toutes nos nouvelles lois agraires
est le morcellement et la vente de ces terres en parcelles indi-
viduelles. A point vue, nos lois agraires different
sensiblement des lois tchéco-slovaques, dans lesquelles l'exploi-
tation du domaine exproprié sans morcellement occupe une
place importante, soit par son étatisation pure et simple, soit
par son attribution aux communes ou institutions publi-
ques, soit encore par son exploitation cooperative. (Voy.
ibid., p. 269-270.)
Ce principe du morcellement en lots individuels supporte,
est vrai, des exceptions. Ainsi nos lois agraires prévoient
qu'avant le parcellement certaines surfaces seront réservées
pour constitution ou le paturages commu-
naux, ou encore pour la constitution ou le complement de lots
aux églises ou aux écoles, ou encore pour l'ouverture
de chemins ou autres voies communication. Mais le principe
n'en subsiste pas moins : l'immense des terres
expropriées été morcelée et vendue parcelles individuelles.

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66 R&ORME EN

14. - L'etendue de ces parcelles est variable. Ainsi, dans


l'ancien royaume, le lot entier type est de 5 ha. et le lot colo-
nisation type dé 7 ; en Transylvanie, les lots ont res-
pectivement 7 16 arpents cadastraux, qui correspond
4,5 10,5 ha. En Bucovine, ils sont de 4 et 6 ha. en plaine et
peuvent aller 8 ha. en montagne. en Bessarabie,
le lot entier type est de 8 ha. et le lot de colonisation de 8
10 ha.
Ces .dimensions ne constituent d'ailleurs que des types ; elles
varient encore dans la province selon les d'aprés
les demandes de terre, la qualité, le genre de culture, etc.

15. - En ce qui concerne parcelles indivi-


duelles, nos textes agraires établissent un ordre de
assez compliqué, qu'il serait trop long d'énumérer ici en entier.
La complication tient, en premier lieu, ce qu'en fait il y a eu
deux expropriations successives, et que la premiere, celle
décrets-lois 1918 1919 n'était pas achevée lors du vote des
lois de juillet 1921, établissant la seconde. Elle tient ensuite et
principalement ce que le principe de la réforme a été
Jassy, pendant la grande guerre, en 1917.
C'est pourquoi c'est un critérium moral et non un critérium
économique qui présida la répartition des lots ; ainsi les mo-
et, pour ceux qui sont morts, leurs veuves et leurs en-
fants, sont préférés, pour l'attribution des lots, aux autres tra-
agricoles; et, parmi les mobilises, les invalides aux
Ce n'est qu'en second qu'une distinction est établie,
travailleurs agricoles ayant travaille sur la terre expro-
priée et les autres, ou entre chefs de famille et non
ou enfin entre ceux qui ont ceux qui n'ont pas d'inventaire
d'installation agricoles organises.
Quant cet ordre de de repartition des lots,
mention spéciale doit faite de la loi agraire pour la Bessa-
la seule qui ne favorise pas les anciens combattants et
qui, avec celle pour la Bucovine, préfére les travailleurs agri-
coles possédant moins que le lot ceux totalement
de terre, solution économiquement celle de
l'ancien royaume et de Transylvanie les travailleurs
de terre passent avant ceux qui en un peu.

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LA REFORME AGRAIRE EN ROUMANIE 67

10. au paiement des lots, l'Etat prend sa charge


la de leur prix, puisqu'il paie 40 le prix
du fermage de 1917 aux expropriés, et ne prend
ceux qui ont regu les lots qu'au plus 20 fois ce prix de fermage.
Il en est de en Transylvanie et Bucovine, mais seulement
en ce qui concerne les lots individuels, le prix des pAturages
communaux devant étre acquitté intégralement par les com-
munes.
Le paiement se fait en principe intégralement l'entrée en
possession ; mais la loi admet pour les paysans de
moyens un terme de 20 ans pour 80 du prix avec un
de par an.
Les sommes ainsi devaient, la loi, servir exclu-
sivement l'amortissement, par tirage au sort, des titres de
rente pour le paiement de la terre expropriée ; bien
que paysans aient des sommes importantes, amor-
tissement de la rente d'expropriation n'a pas encore

17. - Certaines mesures d'inalienabilité des lots ont été


blies par les agraïres. Dans l'ancien royaume, pendant les
5 ans qui suivent l'attribution des lots, ceux-ci ne peu-
vent étre ni vendus, ni (entre vifs), ni ; passé
ce terme, seule la maison, jardin et la terre faisant corps
avec elle, jusqu'au total d'un ha. au plus, restent intangibles.
Le devient alienable, entre cultivateuns manuels,
avec un droit de preemption en faveur l'Etat, pour tous
tres acheteurs citoyens roumains. dernire est la
seule maintenue dans les lois agraires pour la Transylvanie et
la En Bessarabie, toute alienation est interdite jus-
facquittement du ; ensuite son alienation devient libre,
mais seulement entre travailleurs manuels de la terre.

18. Pour éviter finconvénient du morcellement exagéré et


de l'éparpillement des parcelles appartenant au
taire, nous trouvons dans nos lois agraires une double
Quant la question, elles. prévoient pour
l'avenir la comassalion de les terrains ruraux la direc-
tion du cadastre. Quant la première, certaines mesures d'indi-
des ont été établies par elles. Dans l'ancien
royaume, la division des terres cultivables n'est permise que

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68 LA AGBAIRE EN ROUMANIE

2 en plaine ha. en montagne. De plus, tant dans


l'ancien royaume dans nouvelles provinces, tout
priétaire terre peut indivisible et soumise aux
speciales de transmission, contenues dans les lois agrai-
res, une surface 50 ha. (30 ha. en Transylvanie).

19. - En vue d'améliorer de culture des petits


propriétaires, toutes les nouvelles lois agraires obligent les
attributaires de lots expropriés se soumettre aux plans de cul-
ture et faire partie certaines associations pour organiser
leurs culture, qui seront par la « Caisse
de cooperation ceux qui se soumettraient pas ces
obligations pourraient étre dépossédés de leurs lots en vertu
d'une simple du juge paix. La loi agraire pour l'an-
cien royaume oblige de plus les attributaires de lots situés dans
d'autres communes quo cone dans laquelle ils habitent
taller, dans un de 3 ans, dans la commune se trome
sous la Wine sanction.

la population clair-
est également par les nouvelles lois agraires. C'est
encore la Caisse Centrale Cooperation » qui en est chargée ;
en determinant cet effet les localités coloniser, le nombre
des lots reserver, l'emplacement pour le village, etc. Elle doit
également, pour faciliter l'installation des colons, organiser des
malériaux, d'outils et de et leur accorder
des On pour la colonisation, dans le méme ordre
que cclui indiqué les habitants de la puis
tout département, puis d'autres départements et d'autres
provinces.
convient de remarquer, ce point de vue, qu'aucune dis-
tinaion basée sur la nationalité ne se trouve dans nos lois agrai-
res, méme en ce qui concerne la colonisation dans les nouvelles
provinces.

21. - Telles les des nouvelles lois agrai-


res roumaines qui, on l'a dit plus haut, ont selon nous,
une des transformations sociales les plus importantes de l'his-
toire. importance ou, plus proprement parlor, l'élendue
leurs consequences, leur ont valu et surtout depuis leur

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LA LN 69

de nombreuses critiques, spécialement de la part


des anciens grands propriétaires.
On reprocha, entre autres, d'étre inutiles, parce que le
développement la petite propriété, aux &pens de la grande,
avait rapidement commencé 1915, mais ce mouvement
n'était peut-ètre qu'une conséquence des préparatifs de la
forme agraire.
On leur reprocha également leur injustice l'égard des expro-
priés, elles n'accordent qu'une indemnité du ving-
de la valeur de la terre. La seule justification de la
réforme ce point vue est,, nous l'avons dit, l'impossibilité
financiere d'une indemnité du moment que l'Etat
prend sa charge la moitié de cette indemnité, mesure d'ailleurs
discutable, selon nous.
On leur enfin leur conséquence économique : dimi-
nution de la production agricole du pays. Bien que leur influence
sur la diminution de notre production soit difficilement contes-
table, cette dernire tient aussi la série de mauvaises années
agricoles qui sont succédé depuis 1918 sans interruption.
D'autre part, on reproche maintenant nos lois agraires
insuffisance et les injustices commises la répar-
tilion des lots. Nous croyons critiques injustes et plus poli-
tiques que ; sont des surenchères électorales en vue
d'un futur changement de gouvernement. Cette surenchère ces-
sera, croyons-nous, bientôt ; outre que seule une minorité insi-
gnifiante encore espérer bénéficier d'une nouvelle expro-
priation des restes de la grande propriété, y va des intéruts,
spécialement des petits propriétaires, de la réforme
agraire par une politique agricole rationnelle, qui seule peut
amener une amélioration progressive notre production ; poli-
tique o se trouveront réunis tant les grands que les petits
priétaires.

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