Vous êtes sur la page 1sur 12

La mise en position isostatique

L'isostatisme :

Généralités :
Les déplacements des machines-outils sont définis par un système d'axes qui constitue le référentiel de
base OXYZ ,O étant l'origine du système et X, Y, Z les axes.

La fabrication des pièces en série impose :

 que les pièces soient toujours situées de la même façon par rapport aux outils et dans le référentiel,
 que soient respectées les conditions du bureau d'études (BE) :
- cotation fonctionnelle,
- tolérances de forme et de position,
- indice de rugosité en fonction du procédé d'obtention,
 l'interchangeabilité,
 d'avoir des formes simples (pour avoir, si possible, une prise de pièce facile),
 de réduire les usinages,
 de simplifier les montages d'usinage,
 d'utiliser des outils normalisés.

L'étude théorique du repérage isostatique :


Les objectifs

Déterminer les surfaces d'appui sur la pièce à usiner, dans le but :

- de respecter les spécifications du dessin de définition (DD),


- de tenir compte de la répétitivité de l'usinage, dans un travail de série.

Le problème posé sera donc de repérer un solide dans un référentiel.

Repérage d'un solide dans un référentiel

1
La détermination du référentiel :

Un solide doit être situé dans un référentiel par un certain nombre de contacts ponctuels, qui
représentent des liaisons.

Le référentiel est constitue par l'ensemble des objets mécaniques permettant d'assurer la mise en place
correcte de la pièce pour un usinage déterminé. On utilise les axes normalisés des machines - outils
(MO) :

- Axe Z axe de la broche principale,


- Axe X axe perpendiculaire à Z et ayant le plus grand déplacement,
- Axe Y axe formant un trièdre de sens direct avec X et Z .

Les degrés de liberté ; principe de Kelvin :

Un solide libre dans l'espace (cas d'une pièce à usiner avant sa mise en position sur une machine)
possède 6 degrés de liberté, que l'on défini ainsi, par rapport à un système d'axes orthogonaux :

 3 Translations : Tx ,Ty ,Tz


 3 Rotations : Rx ,Ry ,Rz

Le trièdre de référence

Les conditions d'isostaticité ; liaison de mise en position


En usinage, tout solide doit être assujetti à rester en contact avec un solide voisin (liaison). On
caractérise la liaison entre le solide (pièce) S et le solide voisin S' (support de pièce) par la normale au
contact n . Un solide parfait est repéré dans l'espace par six normales en six points distincts.

Pour assurer un repérage isostatique :

 six normales sont nécessaires et suffisantes,


 on pourra, au plus, trouver trois normales parallèles,
 on pourra, au plus, trouver trois normales coplanaires.

En conséquence :

2
 les six normales seront relatives à trois plans au maximum,
 on pourra, au plus, trouver trois normales parallèles,
 on pourra, au plus, trouver trois normales coplanaires.

Soit un point géométrique A , fixe par rapport au référentiel et en contact avec la surface BCDE du
solide S. Celui-ci ne possède plus que 5 degrés de liberté : Rx,Ry,Rz,Ty,Tz (Tx supprimé). Le point
géométrique A sera appelé degré de liaison.

Conclusion : pour supprimer 6 degrés de liberté, il faut établir 6 degrés de liaison.

Le solide S ne possède que 5 degrés de liberté

La représentation normalisée d'un degré de liaison :

Le symbole de base est représenté ci-après. Il est noirci pour une meilleure visualisation. La projection
éventuelle du symbole est un cercle avec hachures quadrillées. Ce symbole est placé sur la surface
spécifiée ou sur une ligne d'attache, du côté libre de matière. Ce symbole est également normal à la
surface.

3
Les liaisons isostatiques élémentaires :
La mise en position par liaison ponctuelle (LP)

La liaison ponctuelle est une liaison permettant d’enlever à un solide un degré de liberté (1 translation).

La liaison ponctuelle

La mise en position par liaison linéaire rectiligne (LR)

Ce type de liaison permet de supprimer à un solide deux degrés de liberté : une translation et une
rotation.

La liaison linéaire rectiligne

4
La mise en position par liaison linéaire annulaire (LA) : gouttière, anneau, ...

La liaison linéaire annulaire est une liaison utilisée pour bloquer sur un solide 2 degrés de liberté de type
translation.

La liaison linéaire annulaire

La mise en position par liaison appui plan (AP)

La liaison appui plan permet de supprimer sur une surface une translation et deux rotations.

La liaison appui plan

La mise en position par liaison rotule

La liaison rotule est utilisée pour bloquer sur une sphère 3 translations.

La liaison rotule

5
La mise en position par liaison pivot glissant (verrou)

Le pivot glissant est une liaison constituée de 2 liaisons linéaires annulaires ou de 2 liaisons linéaires
rectilignes. Leur utilisation simultanée permet de supprimer 2 translations et 2 rotations.

La liaison pivot glissant

La mise en position par liaison pivot (rotoïde)

Cette liaison est composée d'une liaison pivot glissant et d'une liaison ponctuelle. Elle permet de bloquer
5 degrés de liberté sur une pièce : 3 translations e 2 rotations

La liaison pivot

Le choix des surfaces de mise en position :


Le principe fondamental

Une mise en position est isostatique si :

 le n° des degrés de liaisons (normales) est égal au nombre de degrés de libertés supprimés,
 chacune des normales contribue à éliminer un degré de liberté.

6
Les règles de choix

Cette problématique sera traitée principalement en fonction de la cotation.

Règle no. 1

La surface choisie doit être suffisamment importante pour recevoir le nombre de normales choisi.

Choix de la liaison selon la taille de la surface

Règle no. 2

Une cote relie la surface usinée à la surface de mise en position.

La cote fabriquée Cf1 relie la surface usinée et celle de mise en position

7
Exemple :

Nécessité d'une MEP correcte pour respecter les spécifications du dessin de définition.

Soit à usiner une série de pièces à la cote BE : 50±0.5

Les pièces brutes ont été obtenues avec des dispersions sur les longueurs. On distingue les 3 situations
présentées ci-après.

Les pièces brutes n'ont pas la même longueur.

8
1ère solution

La mise en position est située à droite de la pièce et la position de l'outil fixe par rapport à la machine
(en travail de série, on effectue le réglage une seule fois pour toutes les pièces).

Mise en position à droite de la pièce

Attention :

Les longueurs initiales des pièces brutes étant différentes, la cote de 50±0.5 ne sera pas toujours
respectée.

9
2ème solution

La mise en position est située à gauche de la pièce c'est-à-dire entre les deux surfaces reliées par la cote
du dessin.

Mise en positon à gauche de la pièce

Avec une MEP judicieuse l'ensemble des pièces de la série sera correctement usiné.

Attention :

Quelques soient les longueurs initiales des pièces brutes, la cote de 50±0.5 sera toujours respectée.

10
La règle 3

Fondamental :

Le nombre de normales sur chaque surface est fonction de la précision de la cote. plus la cote est
précise, plus le nombre de normales est important.

Les règles de disposition des normales

Fondamental :

Les normales de repérages doivent être le plus espacées possible afin d'assurer une meilleure stabilité de
la pièce durant l'usinage.

Exemple : la MEP doit assurer une bonne stabilité à la pièce

Fondamental :

L'emplacement d'une normale de repérage est déterminé afin que le degré de liberté qu'elle supprime ne
soit pas déjà interdit par une autre normale.

Exemple : Supprimer une seule fois le même degré de liberté

11
Fondamental :

Ne jamais placer plus de trois normales parallèles ; dans ce cas, les points de contact ne doivent pas être
en ligne droite.

Exemple : Vérifier l'emplacement des 3 normales dans le même plan.

Fondamental :

Ne jamais placer plus de six normales pour obtenir une mise en position isostatique.

Mise en position hyperstatique

Fondamental :

Seule exception autorisée : l'hyperstatisme, pour l'usinage des pièces cylindriques montées en l'air.

12

Vous aimerez peut-être aussi