Vous êtes sur la page 1sur 2

MALADIES ET GRANDS SYNDROMES SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE

Un patient âgé de 28 ans consulte pour des douleurs fessières évoluant depuis 3 mois environ, survenant en fin
de journée, avec raideur matinale, sans fièvre ni altération de l’état général.
On retrouve dans les antécédents de ce malade, un épisode de conjonctivite il y a 5 ans avec bananite et
gonflement douloureux du genou gauche et de la cheville droite, le tout est spontanément régressif en quelques
semaines, sans séquelle.

A l’examen clinique, vous notez :


- un excellent état général
- une raideur lombaire avec lombalgie basse provoquée
- une douleur fessière bilatérale
- distance doigts/sol à 30cm
- indice de Shroeder à 10 + 2cm
- talon droit sensible à la pression mais pas de douleur à la marche
- pas d’atteinte des articulations périphériques

Les examens biologiques montrent :


- une vitesse de sédimentation à 18.35
- fibrinogène à 4g/l
- NFS normale
- Absence de facteur anti-nucléaire
- Latex énolé rose négatif

1 – Quel est le diagnostic le plus probable ? Justifier votre réponse

Il faut évoquer une spondylarthrite ankylosante devant :


- argument clinique :
o terrain : plus fréquent chez l’homme jeune
o antécédent probable de maladie de Fissessinger-Leroy-Redier
o évolution avec des douleurs chroniques (causes inflammatoires lombo-fessières)
o état général conservé
o indice de chobeurre pathologique à 10 + 2cm
o distance main/sol à 3.30cm
o talalgie probable fait évoquer une calcanéite liée à une entésopathie.
- argument biologique :
o syndrome inflammatoire discret à 18.35
o pas de signe évocateur pour une autre pathologie articulaire (facteur anti-nucléaire et latex
énolé rose négatifs)

2 – Vous pratiquez une radiographie centrée sur les sacro-iliaques. Que recherchez-vous ?

Cette radiographie montre des aspects de sacro-iliites bilatérales avec élargissement de l’interligne et flou des
contours.
NB :
Stade I de la sacro-iliite radiologique : élargissement de l’interligne et flou des contours
Stade II : irrégularités en timbre poste et condensation au niveau des articulations
Stade III : ankylose correspondant à une disparition de l’interligne sacro-iliaque.

3 – Quel est le marqueur immunologique à pratiquer devant ce tableau clinique ?


Que montre-t-il ?

Il faut doser le HLA B27 ; sa positivité est un argument pour une spondylarthrite ankylosante ; cette
argumentation n’est pas formelle (on peut avoir un HLA B27 positif sans spondylarthrite ankylosante)
De plus, la négativité du dosage HLA B27 n’élimine pas la maladie.

4 – Vous réalisez une radiographie du rachis lombaire. Que montre t-elle ?


Le rachis lombaire montre des aspects de syndesmophytes avec ossification et érosion vertébrale.

5 – Quelle pathologie associée rencontre-t-on le plus fréquemment dans cette maladie ?

- Soit il s’agit d’une atteinte isolée idiopathique,


- soit secondaire à des pathologies avec en particulier :
o syndrome de Fissessinger-Leroy-Redier, arthrite réactionnelle
o les entéropathies : maladie de Crohn, RCH en particulier
o le psoriasis : maladie qui peut évoluer vers des arthrites périphériques (rhumatisme
psoriasique)
o de façon plus rare, maladie de Behcet créant une aphtose bucco-génitale, maladie périodique
(maladie de Berger ou polyarthrite chronique juvénile)

6 – Quelles sont les complications éventuelles viscérales dans ce type de pathologie ?

- possibilité de complications cardiaques à type d’insuffisance aortique, voire troubles de la conduction, voire
péricardite
- complications oculaires en particulier uvéite antérieure (mode de révélation fréquent), voire sclérite ou
épisclérite
- complications pulmonaires avec syndrome restrictif, voire de façon plus rare fibrose bulleuse apicale
bilatérale
- amylose
- anémie inflammatoire
- complications neurologiques à type d’épidurite ou de compression dorsale ou syndrome de queue de cheval
- plus rare, prostatite chronique
- complications au niveau traitement, en particulier aux anti-inflammatoires non thyroïdiens
- complications digestives +++
- complications avec retentissement psychologique de la maladie et retentissement professionnel

7 – Concernant l’épisode d’arthrite du genou gauche et de la cheville droite il y a 5 ans, de quelle infection
s’agit-t-il et quels sont les germes déclenchants éventuels ?

Il faut évoquer le syndrome de Fissessinger-Leroy-Redier ou syndrome oculo-uréthro-synovial.


Les germes déclenchants sont :
- soit de la lignée IST avec surtout mycoplasmes et chlamidia,
- soit de la lignée digestive, en particulier le hyersinia, Chigel, Kelpsiell, salmonelle, campilobactère
jéjuni ou pylori