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Sujet :

Pourquoi selon vous avons-nous tant de difficulté à ralentir notre rythme de vie ?

Thème : non pas la vitesse en elle-même, mais le fait que nous nous vivons sur un rythme rapide. (pour
comprendre un sujet, toujours utile de le reformuler)

Pour redonner le sujet, vous pouvez soit le recopier, soit le formuler différemment si cela permet un
meilleur enchaînement avec l’accroche de votre introduction.

I. Être capable de vivre à 100 à l’heure semble désirable :

A. Synonyme de dynamisme, d’énergie, de puissance, d’efficacité :

Ex :

 fascination pour les ascensions sociales spectaculaires et fulgurantes (Jeff Bezos, créateur
d’Amazon)

 on apprécie tout ce qui permet d’être plus rapide, hyperactif :

Ex : « si vous l’utilisez, vous gagnerez du temps » = argument publicitaire fréquent cf maison
connectée ; soupe déjà prête de la marque Greenshot avec sa campagne « Gagnez le temps de bien
manger » ; la wifi avec bientôt la 5G ; et même contes pour enfants présentés en version condensée

Inversement la lenteur est considérée comme un manque de réactivité, d’ambition, « on n’est pas ou
plus dans le coup »

La vitesse s’oppose aussi à l’apathie1, avec deux cas particuliers que l’on veut éviter :

La procrastination est condamnée

Ex : vidéo « Bref » qui énumère des moments de procrastination qui aboutissent à une vie
gâchée ;

L’état dépressif est redouté : Ex chanson « Speed » de Zazie

B. Une vie réussie serait une vie bien remplie

Idée que l’épanouissement individuel ne peut se résumer à une vie familiale + travail mais doit comporter
aussi des activités de loisir (aussi marqueur social), même pour les enfants (activités extra-scolaires), surtout
en ville où il y a beaucoup de sollicitations => on court beaucoup pour tout concilier, surtout si le travail est
très prenant, comme souvent à notre époque, où certains sont débordés quand d’autres sont au chômage.

Ex : soupe déjà prête de la marque Greenshot avec une campagne publicitaire qui suggère qu’on ne veut pas
passer du temps à « bêtement » faire une soupe soi-même, car il faut soit travailler, soit aller à la salle de

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sports, soit lire.

II. Mode de vie caractérisé par la tyrannie de l’urgence :

A. Les progrès technologiques au lieu de nous inciter à ralentir nous incitent à accélérer :

1. Se font sur un rythme de plus en plus rapide => nous devons nous adapter de plus en plus
vite

+ la mondialisation qui met les pays en concurrence les uns avec les autres accentue cette compétition
incessante dans l’innovation, l’idée à trouver et lancer avant les autres.

2. Reprendre le raisonnement du paradoxe « Plus on gagne de temps, moins on en a » :


Certes, les progrès technologiques permettent d’accomplir des tâches et activités plus
rapidement, mais comme, en les facilitant, ils nous incitent à en faire plus, nous perdons le temps
que nous aurions pu gagner, d’où ce sentiment de n’avoir pas assez de temps (« course contre la
montre », « accélération du temps »)

Ex :

 Faire son courrier : mails (et SMS) auxquels on se sent obligé de répondre assez vite + sinon ils risquent
de s’accumuler

 s’informer : beaucoup de sources d’infos en continu et de façon instantanée + réseaux sociaux => on
veut être au courant des dernières infos et avis, et on peut le faire même hors de chez soi avec les « outils
nomades » (smartphones, tablettes, etc)

 se déplacer pour son travail, ses loisirs : les progrès dans les transports + cherté du logement dans les
grandes villes => plus de déplacements (mais risque de perte de temps dans les embouteillages ou par
insuffisance de transports en commun => par prudence on doit partir en avance)

=> pour s’en sortir on essaie de réduire le temps consacré à telle ou telle chose, d’être multitâches = tout est
fait plus vite et sentiment d’urgence permanent

3. touche encore plus les femmes, surtout si elles sont en famille monoparentale : double
journée, charge mentale

B. Le capitalisme repose sur une accélération de la production et de la consommation :

Pour vendre beaucoup

1. il faut produire vite car permet de produire en quantité et donc de baisser les prix : fordisme et autres
méthodes de production qui cherchent toujours toujours plus de productivité

 Ex : Les Temps modernes, Chaplin

 Des entreprises sacrifient des besoins humains élémentaires pour toujours plus de productivité

Hélas cette contrainte de la rentabilité touche désormais d’autres domaines :

Ex :

 en EPHAD, où le personnel dénonce la manque de moyen et d’effectifs qui conduit à ce qu’on peut
appeler non seulement une déshumanisation de leur métier mais aussi à une sorte de « maltraitance
institutionnelle » tant ils doivent se hâter et ne sont pas disponibles. Beaucoup d’EPHAD sont des
établissements privés à but lucratif, et donc économisent sur le personnel, la nourriture, etc, afin de donner
plus de dividendes à leurs actionnaires (c’est pourquoi ceux qui dénoncent cela appellent les personnes âgées
« l’or gris »)

 La commande vocale chez Lidl qui robotise les employés et permet de leur imposer un rythme très
soutenu de 250 colis par heure ce qui représente environ 8 tonnes de produits en une journée. cf « Travail :
ton univers impitoyable » émission « Cash investigation »

2. inciter les gens à consommer, y compris au-delà de leurs besoins

a) consommation d’objets

Ex :

 soldes = période d’accélération des achats, parfois sur un seul jour ! Black Friday

 promesse de livraison ultra-rapide : Amazon => employés qui emballent ou livrent soumis à un rythme
intense cf dessin qui les compare à Charlot dans Les Temps modernes . Cf ce témoignage : « quand j’ai été
embauché au début, je m’arrêtais à un café pour aller aux toilettes. Au bout de quelques semaines, je me suis
dit que je perdais du temps. J’ai alors vu plein de bouteilles au dépôt, c’est là que j’ai compris. J’en ai pris une,
je m’arrêtais sur le côté et je pissais dedans, caché dans le coffre pour gagner du temps. »

Ceci se retrouve dans Sorry We Missed You, film de Ken Loach le personnage de Ricky, livreur pour une
entreprise qui ressemble beaucoup à Amazon Prime, soumis au diktat de l’algorithme. Cf aussi cadence à
laquelle sont soumis les livreurs Deliveero.

 durée de vie des objets réduites : Iphone successifs, périmant les précédents ; le pb de l’obsolescence

vidéo excellente pour comprendre cette frénésie de consumérisme : « Je veux, j’achète : conso, boulot, dodo »
ARTE Creative https://www.youtube.com/watch?v=rl8hcYTrxG0 (jusqu’à 3’45) Impatience de consommer,
frénésie de consommation : « Nous ne supportons plus d’attendre. Nous exigeons tout, tout de suite et plus
vite que ça ! En quelques clics, nous pouvons commander quasiment tout ce que nous désirons et ceci, 24h
sur 24h. Notre impatience met sous pression les employés chargés de nous contenter. Cette urgence se
répercute dans toute la société. Et si nous étions devenus esclaves les uns des autres ? »
b) pour augmenter ses sources de profit, le capitalisme ne cherche plus seulement à nous
vendre des objets, mais aussi des biens culturels, et à nous faire consommer sur un rythme
intense et des expériences de vie

Ex : parcs de loisirs, voyages, stages

EX : multiplication des séries et des canaux pour les diffuser, par exemple Netflix => phénomène du
« Speed watching»: regarder des séries (ou autres) en accéléré! (déjà habitude du zapping avec la
multiplication des chaînes)

Netflix parvient à s'immiscer dans les temps morts des individus, par exemple les temps de transport,
grâce à des formats adaptés, et en plus enchaîne directement sur l’épisode suivant sans qu’on le lui
demande (youtube aussi enclenche systématiquement une autre vidéo). Cf aussi alertes Facebook, Twitter
ou autres. C’est ce qu’on appelle « le capitalisme de l'attention »

=> On n’a plus l'habitude des temps morts, dès qu'on a un moment de pause, on se sent perdu et on a du mal
à le supporter

Certes, on a le sentiment qu'il faudrait se détendre, méditer, mais cela aussi peut se transformer en
consommation active et quête effrénée pour ne pas craquer : recherche d’articles, de livres, de conseils, de
cours et stages.

(CCL) : Comme nous l’avons vu, nous sommes vraiment soumis à la tyrannie de l’urgence dans tous les aspects
de notre vie. On peut toutefois regretter que la seule urgence vitale, la lutte contre le changement climatique,
soit celle que nous oublions trop encore, dans notre course à une vie bien remplie, trop remplie, privilégiant la
quantité plutôt que la qualité, accentuant du même coup l’épuisement des ressources de la planète2.

Possibilités pour votre ouverture de CCL : formuler un regret, un espoir, une inquiétude, des doutes, une
satisfaction, un conseil ou une recommandation ; imaginer comment les choses vont évoluer ou sont en
train d’évoluer.