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NOM et Prénom : No.

TD :
IGE: Interrogation écrite # 1
L1 économie

INSTRUCTIONS : Répondre aux questions # I, II et III sur ce document. L’ensemble des réponses à ces questions vaut 20
points. Vous avez 1 heure, et vous pouvez utiliser une calculatrice non programmable si besoin est. La présentation et la rigueur des
questions sont prises en compte (1 point). Soignez donc bien le présentation et la précision de vos réponses.

Question I (7 points) – Circuit macroéconomique:

1) Fournir les équations représentant le produit national en termes de dépenses et en termes de revenus
nationaux, pour le cas d’une économie ouverte, en précisant ce que représente chacun des paramètres.
(2 points)

2) On connait les grandeurs suivantes pour une économie ouverte:


C=5500, I=1500, G = 2000, T=1000, Exp=1800

Déterminez les valeurs des autres agrégats macroéconomiques en montrant les calculs effectués.
(2 points)

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3) Quels sont les montants du solde budgétaire de la balance commerciale, de l’épargne macroéconomique
et du solde épargne-investissement ? (1 point) Sans effectuer de calculs expliquez comment se mesurent
le solde budgétaire et la balance commerciale en général (quand sont ils déficitaires et excédentaires).
(2 points)

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Question II - Avantages comparatifs et spécialisation (7 pts.)

On suppose que notre économie – le Pays A – et le reste du monde – RdM (ou M) – peuvent produire soit des
vêtements soit des camions, selon les paramètres suivants :
Pays A RdM
Vêtements 4 heures de travail / unité 2 heures de travail / unité
Camions 2 heures de travail / unité 6 heures de travail / unité

Soit la situation économique de référence : l’Autarcie


Pays A RdM Total
Dotation heures de travail 1700 2200 3500
Production de vêtements 150 500 650
Production de camions 550 200 750

On passe à une situation de libre-échange :


1) On suppose que le pays A se spécialise dans la production de camions et le RdM dans la production de
vêtements. Quelles sont les niveaux de production ? (1,5 points)

2) On suppose que le pays A se spécialise dans la production de vêtements et le RdM dans la production de
camions. Quelles sont les nouvelles productions mondiales ? (1,5 points)

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3) Analysez le choix de spécialisation offert aux deux économies en comparant vos résultats (faites le lien
avec la théorie des avantages comparatifs). (1 point)

4) Expliquez la théorie des avantages comparatifs ainsi que la théorie des avantages absolus, en rappelant
leurs origines et en s’appuyant sur l’exemple développé dans l’exercice. (2 points) Quelles sont les
principales hypothèses du modèle de Ricardo? (1 point)

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Question III (6 pts.) : Choisissez 6 questions parmi les suivantes. Maximum 3 phrases par question. Aucun
point supplémentaire pour plus de 5 réponses (dans ce cas elles seraient corrigées et comptabilisées dans l’ordre).

1) Aux alentours de quel pourcentage se situent les taux d’exportation et d’importation français de nos
jours, et depuis quand se situe leur hausse ? (1 point)

2) Que peut-ont dire du taux de chômage en France et aux Etats-Unis ? (1 point)

3) Expliquez la distinction entre politiques structurelles et conjoncturelles. (1 point)

4) Quels sont les critères de Maastricht concernant le déficit et la dette ? (1 point)

5) Définissez les notions de déficit public et de dette. Que peut faire l’Etat pour réduire son déficit ?
(1 point)

6) D’après Richard Musgrave, quels sont les trois facteurs justifiant une intervention de l’état ?
(1 point) Quel terme économique discuté en cours (et que vous vous efforcerez de définir) décrit
certains risques contre lesquels l’Etat peut protéger ? (Bonus + 0,5 points.)

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7) Quels impôts tiennent la part la plus importante des revenus étatiques en France ? Citer certains
exemples. (1 point)

8) Comment expliquer à la fois la baisse des prélèvements obligatoires et l’augmentation des dépenses de
l’état qui ont eu lieu en France depuis 2008? (1 point)

9) Expliquez la notion de coût d’opportunité. (1 point)

10) Définissez ce qu’est le surplus du consommateur. (1 point)

BONUS (1,5 pts.): Définissez ce qu’est un bien public. (+ 0,75 points)

En quoi un blog interactif (ou forum internet) peut être ou ne pas être un bien public parfait ? (+ 0,75 points)

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Corrigé de l’interrogation écrite # 1

Question 1 :

1) Y = C + I + G + X – M (dépenses) et Y = C + S + T (revenu)

2) Nous avons les 3 équations et 3 inconnues suivantes en économie ouverte:

Y = C + I + G + X – M  Y = 5500 + 1500 + 2000 + 1800 – M  Y + M = 10800

Y = C + S + T  Y = 5500 + S + 1000  Y – S = 6500

G – T = S – I + X – M  2000 – 1000 = S – 1500 + 1800 – M  S = 700 + M

Les 2 premières équations étant « égales en Y », on en conclut aussi que: 10800 – M = 6500 + S Ceci élimine
provisoirement la variable Y. Puis en insérant alors la version réduite de notre 3ème équation (qui isole S = …) on obtient
ainsi :

10800 – M = 6500 + S  10800 – M = 7000 + (700 + M)  2M = 3100  M = 1550


D’où S = 2750 et Y = 9250

3) Solde budgétaire déficitaire : G – T = 1000 ; Balance commerciale excédentaire : X – M = 250 ; Epargne macro = S
= 2750 ; Solde épargne-investissement : S – I = 1250.

Question 2 :

1) Le pays A se spécialisant en camions, avec 1700 heures de travail fixe ce sera possible de produire 1700/2 = 850
camions (quantité supérieure au total mondial des 750 vêtements en autarcie). Le RdM se spécialise alors en vêtements
et peut produire 2200/2=1100 unités de vêtements (>650 unités en autarcie)

2) Le pays A se spécialisant en vêtements, avec 1700 heures de travail fixe ce sera possible de produire 1700/4 = 425
vêtements (quantité inférieure au total mondial des 650 unités en autarcie). Le RdM se spécialise alors en vêtements et
peut produire 2200/6 ≈ 366,7 unités de camions (>750 unités en autarcie)

3) Le premier choix offre une meilleure spécialisation (l’avantage comparatif du pays A est en camions, et le RdM en
vêtements), car : a A/aC > mV/mC
[Dans le pays A on a pour le secteur des vêtements et des motos respectivement : a V =TV/QV= 4/1 = 4 et aC =TC/QC= 2/1
m m m m
= 2. Dans le RdM on a : mV =T V/Q V= 2/1 = 2 et mC =T C/Q C= 6/1 = 6]

4) Définition d’avantage comparatif : Un pays a un avantage comparatif dans la production d’un bien lorsque le coût
d’opportunité de la production de ce bien par rapport à d’autres biens est plus bas dans ce pays que dans d’autres pays.
(Krugman & Obstfeld)

Avantages absolus dans cette exemple: aV>mV et aC<mC donc le RdM a un avantage absolu en vêtements, et le pays
A a un avantage absolu en camions.

Hypothèses du modèle : 2 pays, 2 biens, un seul facteur de production. Ce facteur de production est le travail, dont on
suppose que les quantités sont fixes. En outre ce modèle simplifié considère le travail comme étant parfaitement mobile
au sein des pays, mais immobile à l’échelle internationale.

Question 3:

1) Les taux d’exportation et d’importation français se situent entre 25 et 30 %. Ils sont en hausse depuis les années 60,
dû à une mondialisation croissante et à l’impact de l’intégration européenne dans les années 50. (p.4 du dossier 2)

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2) Les tendances du taux de chômage en France et aux Etats-Unis sont trѐs différentes, avec un taux de chômage qui est
environ stationnaire à des niveaux trѐs différents. Tandis que le taux américain fluctue aux alentours de 5 à 6 % en
fonction de la conjoncture, en France le taux de chômage a connu une progression continue des années 70 à 90, pour se
stabiliser à un niveau plus haut, quasiment le double du taux américain. (p.5 du dossier 2) .

3) Les politiques conjoncturelles « ont un horizon à court terme » pour essayer d’améliorer le fonctionnement d’une
économie, tandis que les politiques structurelles ont des objectifs à plus long terme, et « tentent de faire évoluer ces
derniѐres ». (p.5 du dossier 3)

4) Les accords de Maastricht entre pays européens sont de ne pas dépasser 60% du PIB en terme de dette, et 3% du
PIB concernant le déficit. En France le déficit était excédentaire jusqu’en 1975, mais il est reste structurellement
déficitaire depuis (avec un pic durant la récession de 1993 ; en 2008 ce déficit a atteint -3,4% du PIB), ce qui alimente la
dette publique, en hausse elle aussi depuis des décennies, et se rapprochant de 70% du PIB en 2008. (Tableaux 2 et 3,
p.11-12 du dossier 3)

5) Déficit = solde annuel négatif (dépenses supérieures aux revenus) du budget des administrations publiques (Etat,
collectivités territoriales + organismes de protection sociale).
Dette publique = emprunts contractés par les administrations publiques.
Chaque année, les administrations publiques empruntent à la fois pour couvrir le déficit public de l’année, mais aussi pour
régler le stock de la dette arrivant à échéance.

6) Les trois grandes fonctions d’une politique économique sont, d’aprѐs Richard Musgrave : l’allocation des
ressources, la stabilisation de l’économie (par une régulation de son niveau d’activité), et la redistribution. (p.4 et 5 du
dossier 3). Certains facteurs principaux justifiant une intervention gouvernementale incluent la présence d’externalités négatives
(effets ‘spillovers’) sur le marché, telles que la pollution, et le besoin de garantir des biens publics (= biens non-rivaux et non-exclusifs)
comme les transports ou la recherche, et de les protéger contre le « free-riding ». (p.3 et 5-6 du dossier 3). Depuis la 2ѐme Guerre
Mondiale « l’Etat Providence » vise également à redistribuer et protéger contre certains risques tels que le chômage ou la maladie, tout
en essayant de prendre en compte des échecs informationnels tels que le « hasard moral » (forme d’opportunism ayant lieu lorsqu’il y
a assymétrie d’information, permettant à un agent de changer son comportement ex-post à un contrat ou éhange, par rapport au
comportement qu’il avait signalé ex-ante).

7) Les impôts français les plus importants en terme de revenu étatique sont la TVA (impôt indirect sur les produits,
représentant plus d’un quart de la part des impôts, soit 7% du PIB en 2008) et la CSG (impôt sur le revenu couvrant
presque 16% du total des impôts, soit plus de 4% du PIB en 2008). (Tableau 4, p.12 du dossier 3)

8) La baisse des prélèvements obligatoires et l’augmentation des dépenses de l’état s’expliquent depuis 2008 par la crise
actuelle. On assiste à un « effet ciseau » classique : pour maintenir l’activité économique, l’état réduit les prélèvements
obligatoires et augmente ses dépenses. Pour que les ménages puissent continuer à consommer l’état diminue les
prélèvements obligatoires, afin que cette consommation maintienne l’activité économique. Et de façon parallèle, il
augmente ses dépenses pour favoriser l’investissement dans le but, toujours, de maintenir l’activité économique. Tout
cela se traduit nécessairement par un creusement du déficit public.

9) C’est le coût d'une chose estimée en termes d'opportunités non-réalisées (et les avantages qui auraient pu être retirés
de ces options). En d’autres termes, il s’agit de la valeur de la meilleure autre option non-réalisée, ou de la mesure des
avantages auxquels on renonce.

10) Le surplus du consommateur est la différence entre ce qu’un consommateur serait prêt à payer, et ce qu’il finit par
payer en réalité. De façon similaire le surplus du producteur est la différence entre ce qu’un producteur est prêt à payer
pour ses coûts, et ce qu’il doit payer en réalité en coûts.

Bonus:

Bien public = bien non-rival et non-exclusif…. Exemple d’un blog/forum ouvert à tous (non-exclusif), et qui est non-
rival (à moins que des commentaires non-efficaces créent un ‘embouteillage’ à la consommation, ce qui pourrait alors en
faire un bien semi-public plutôt qu’un bien public parfait).
Les biens publics peuvent aussi souffrir des passagers clandestins (‘free-riding’). Le free-riding est un échec de marché qui a lieu
lorsque il y a une non-contribution au coût d’un bien public par des agents économiques parfaitement rationels et égoistes (homo
economicus), si bien que ceux-ci ne révѐlent pas leur vraies préférences, évitant les taxes associées à celles-ci, et créant des barriѐres
au financement du bien public.
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