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Marie BOBON Dossier Baudelaire

Virginie BOUSSAUD
Justine CROS

Les Fleurs du mal de Baudelaire

La Femme

Illustration par Laurent Paturaud. Représentant Charles Baudelaire et les


trois femmes qui lui inspirèrent certains de ses poèmes, ses trois amantes,
ses trois muses : Jeanne Duval, Marie Daubrun et Mme Sabatier. 
Sommaire
Biographie de Charles Baudelaire...............................................................2
Le recueil Les Fleurs du mal.........................................................................2
Les trois femmes les plus importantes dans Les Fleurs du mal.................3
La géante......................................................................................................4
Analyse de « La géante ».......................................................................5
Parfum exotique – XXI.................................................................................6
Analyse de « Parfum exotique »...........................................................7
Ciel Brouillé..................................................................................................8
Analyse de « Ciel Brouillé »...................................................................9
A une dame créole.....................................................................................10
Analyse de « A une dame créole »......................................................11
La Destruction............................................................................................12
Analyse de « La Destruction ».............................................................13
Sisina..........................................................................................................14
Analyse de « Sisina »............................................................................15
Bilan...........................................................................................................16

1
Biographie de Charles Baudelaire
Charles Baudelaire est un grand poète français du
XIXème siècle, né en 1821. Il vécut une enfance difficile,
révolté par le remariage de sa mère après la mort de son
père quand il avait six ans. Il haïssait son beau-père,
surtout parce qu'il lui prenait une partie de l'affection de
sa mère or seule la mère de Baudelaire a compté pour lui.
A partir de ses 18 ans, il mène une vie de bohème
littéraire dans le quartier latin à Paris.  
Puis il embarquera 10 mois pour les Indes, ce voyage marquera sa
vie. Il travailla comme critique d'arts et traducteur d'Edgar Poe et
commença à écrire des poèmes. Ses nombreuses passions amoureuses
vont grandement influencer son art, notamment celle qu'il entretenait
pour Jeanne Duval, Marie Daubrun et Madame Sabatier.
Il meurt en 1867 de la syphilis, laissant derrière lui de nombreuses
œuvres et recueils, dont les plus connus : Les Fleurs du mal (1857) et
Petits poèmes en prose (1862). 

Le recueil Les Fleurs du mal


Les Fleurs Du Mal est le titre d’un recueil de 100 poèmes écrits par
Charles Baudelaire, il fut publié une première fois en juin 1857 à Paris.
Ces poèmes sont répartis en 5 sections : Spleen et Idéal, Le Vin, Fleurs du
Mal, Révolte et La Mort.
En août 1857, Baudelaire est condamné à 300 francs d'amende et à
la suppression de six poèmes pour « offense à la morale publique et
religieuse ». Ces six poèmes seront de nouveau publiés en 1864. 
Une seconde édition a été publiée avec trente-cinq nouveaux
poèmes et une section inédite : Tableaux parisiens, en 1861. L'édition
définitive des Fleurs du Mal a été publiée en 1868, après la mort de
Charles Baudelaire (1821-1867). 

2
Les trois femmes les plus importantes
dans Les Fleurs du mal
- Jeanne Duval

Jeanne Duval était une femme métisse, peu


éduquée et qui jouait un rôle de figurante dans un
petit théâtre. Baudelaire l’a rencontré en 1842, leur
relation est houleuse, mais Baudelaire l’aimera tout
au long de sa vie. C’est sans doute elle qui lui donna
la syphilis en 1843, dont il mourut en 1867.
Dans les poèmes de Baudelaire elle représente la
sensualité, l’exotisme, la femme fatale, animale.

- Marie Daubrun

Marie Daubrun joue le rôle à la fois de sœur et


d’amante, Baudelaire l’a rencontrée en 1847 et eut une
brève liaison avec elle. Elle avait des yeux verts qui
inspirèrent à Baudelaire de nombreux poèmes comme
« Ciel brouillé ».

- Apollonie Sabatier

Madame Sabatier était une mondaine qui tenait un salon, elle y invitait de
nombreux artistes, elle représentait une muse, et eut une liaison avec
Baudelaire en 1857. Elle incarne l’amour spirituel.

3
La géante
Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante,
Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux.

J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme


Et grandir librement de ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;


Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s'étendre à travers la campagne,


Dormir nonchalamment à l'ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d'une montagne.

Charles Baudelaire

4
Analyse de « La géante »
Ce poème est situé dans la section « Spleen et Idéal » des Fleurs du
mal. Les thèmes principaux présents sont la femme et la nature, de plus la
femme présentée dans ce poème est représentée sous la forme d’une
femme-paysage.

Ce poème est un sonnet présentant principalement la nature mise


en évidence dès la première strophe, par la diérèse donnant un côté
mélodieux, « voluptueux », mais également la femme comme nous le
montre les rimes féminines, rimes qui mettent en relation ou en
opposition certains mots : « puissante » et « géante » sont en mis en
relation tandis que « seins » est opposé à « malsains ».
Le lexique est essentiellement celui de la femme, du corps et de la nature,
des saisons, du climat et de la grandeur. La personnification de la nature
« la Nature … concevait » montre la nature telle une femme, une mère
donnant la vie.
De plus, on peut voir des hyperboles qui montrent le côté
gigantesque de la femme ainsi que des figures d'opposition montrant que
la liberté s’oppose à la peur comme le montre « grandir librement dans
ses terribles jeux ».
Enfin, des comparaisons laissant penser que le poète éprouve de
l'amour, maternel ou sensuel, pour cette femme, la géante à qui il est
dévoué comme « aux pieds d'une reine ». Les « seins », les « magnifiques
formes » évoquées font penser à Jeanne Duval, la maîtresse et la muse de
Baudelaire qui avait de nombreuses formes et à qui la description de
cette géante correspond.
     
Donc la géante va grandir dans ce poème, elle devient une femme
et se mêle à la nature, au fur et à mesure du temps. Le poète l'aime mais
elle a un côté terrifiant malgré qu’elle soit attirante. Enfin, la femme va
devenir la nature, on parle alors de femme-paysage.

5
Parfum exotique –
XXI

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,


Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne


Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,


Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,


Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
6
Charles Baudelaire

Analyse de « Parfum exotique »

Ce poème est situé dans la section « Spleen et Idéal » des Fleurs du


mal. Les thèmes principaux présents sont la femme et la nature, plus
précisément l’exotisme.

Dans ce sonnet, Baudelaire évoque et montre ses sentiments envers


une femme, comme au premier vers le rythme croissant montre donc que
l'intensité des sentiments du poète augmente.
L'île est personnifiée, elle est « paresseuse », on a une impression
de tranquillité. Le parallélisme montre que les hommes et les femmes
sont égaux sur cette île. Les rimes mettent en relation les mots qui les
portent, c'est le cas d’« automne » et « monotone », ainsi que
« chaleureux » et « heureux », montrant que le poète est bien, heureux et
paisible sur cette île, avec cette femme. Le parfum « exotique » laisse
penser que cette femme représente Jeanne Duval, une maîtresse de
Baudelaire qui était Haïtienne.

Donc le poète, grâce au parfum d'une femme qu'il aime, va être


transporté dans un rêve. Le lieu auquel songe le poète semble être le
jardin d'Eden avec cette nature généreuse. Cependant, le fait que le
poète soit transporté dans un rêve laisse penser que c'est une vision de
l'idéal qu'il ne connaît pas dans la réalité avec cette femme. Cette femme,
cette île, cette nature montre que la femme est une femme-paysage.

7
Ciel Brouillé
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,


Qui font se fondre en pleurs les cœurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons


Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !


Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?

Charles Baudelaire
8
Analyse de « Ciel Brouillé »
Ce poème est situé dans la section « Spleen et Idéal » des Fleurs du mal.
Il est inspiré par Marie Daubrun, une actrice avec laquelle Baudelaire a eu une
brève liaison en 1847.

Le poème lui est destiné car Baudelaire parle d’elle à la deuxième


personne du singulier. De plus la ponctuation expressive, et peu commune
par l’emploi de parenthèses dans un poème, montre que Baudelaire l’aimait
mais qu’ils avaient une relation compliquée.
Le poème tourne autour de cette femme et plus particulièrement de ses
yeux, qui se rapportent au titre « Ciel Brouillé ». Son regard montre qu’elle est
d’humeur changeante, qu’elle est lunatique et froide, par l’incertitude du
poète dans la première strophe avec une phrase interrogative, Baudelaire ne
sait de quelle couleur est son « œil mystérieux » ou encore s’il est « tendre,
rêveur, cruel ». Ses yeux reflètent « la pâleur du ciel » ainsi que
« l’indolence », et sont une grande source d’inspiration pour Baudelaire.
Le thème principal de ce poème est la femme, mais plus précisément
celui de la femme-paysage, ce qui est très contradictoire avec les rimes de ce
poème qui ne sont que des rimes masculines. À partir la troisième strophe, il
commence à la comparer à un paysage par de nombreuses métaphores, elle
est comparée à de « beaux horizons », à un « paysage mouillé », à de
« séduisants climats ».
Comme nous pouvons le voir, ce poème est entièrement basé sur une
comparaison entre la femme et le climat, avec le champ lexical du climat, le
poète parle d’elle en évoquant le « ciel », les « soleils », les « saisons », la
brume, la « neige » et l’« hiver ».

Marie Daubrun par ses beaux yeux qui inspirèrent à Baudelaire ce


poème, est décrite comme une femme-paysage, et est assimilée à la muse
inspiratrice du poète lui permettant d’accéder à des visions idéales, de plus
Baudelaire est dans l’imaginaire et le rêve dans ce poème.

9
A une dame créole
Au pays parfumé que le soleil caresse, 
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés 
Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse, 
Une dame créole aux charmes ignorés. 
 
Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse 
A dans le cou des airs noblement maniérés ; 
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse, 
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés. 
 
Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire, 
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire, 
Belle digne d'orner les antiques manoirs, 
 
Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites, 
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes, 
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.
 
Charles Baudelaire

10
Analyse de « A une dame créole »
Ce poème est situé dans la section « Spleen et Idéal » des Fleurs
du mal. Il a été inspiré par Mme Autard de Bragard, qui avait reçu
Baudelaire à l'île Maurice en 1841. 

 A travers celui-ci, Baudelaire fait l'éloge de la femme noire, en y


dressant son portrait de « dame créole ». Le vocabulaire de la
description du corps nous présente une femme qui charme les
poètes grâce à son aspect physique, « son sourire », « ses yeux
assurés », sa silhouette « grande et svelte », son odeur « parfumée »
qui enchante les poètes. Ici, la femme est présentée comme une
muse, comme une inspiratrice qui éveille le sens des poètes comme
« la brune enchanteresse ». A travers ce poème, l'auteur sous-entend
que la muse est ignorée aux Antilles alors qu'elle pourrait faire
« Germer mille sonnets dans le cœur des poètes » français. Il l'invite
à le suivre.  

Au cours de ce poème, Baudelaire souligne une facette de la


femme inspiratrice. 

11
La Destruction

Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon ;


Il nage autour de moi comme un air impalpable ;
Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art,


La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,


Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion


Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
Et l'appareil sanglant de la Destruction.

Charles Baudelaire

12
Analyse de « La Destruction »

Ce poème est le premier poème de la section « Fleurs du mal » des


Fleurs du mal. Baudelaire y parle principalement d’une femme,
représentant le mal, une femme destructrice et source de souffrance.

Cette femme est bien représentée par Baudelaire comme source de


malheur, de souffrance et de destruction. En effet, le titre et les derniers
mots du poème sont identiques, la femme est comparée à « La
Destruction ». Baudelaire dans son poème, change la typographie de
certains mots. Il leur met des majuscules pour les mettre en évidence, et
montre que la femme est, par une métaphore, « le Démon ».
Ce Démon tourmente le poète, de plus ce Démon est bien une femme
comme nous le montre les rimes féminines présentes dans chacune des
strophes, et car il prend aussi la « forme de la plus séduisante des
femmes ».
Enfin, Baudelaire montre qu’elle le manipule, par « des philtres
infâmes » et qu’elle sait ce qu’il aime, elle sait son « grand amour de
l’Art » et s’en sert pour l’emmener loin de « Dieu » dans les « plaines de
l’Ennui », pour semer « La Destruction » autour de lui.

Baudelaire ne sait si la femme représente le bien ou le mal, mais il


sait que l’amour et la souffrance sont liés.

13
Sisina
Imaginez Diane en galant équipage, 
Parcourant les forêts ou battant les halliers, 
Cheveux et gorge au vent, s’enivrant de tapage, 
Superbe et défiant les meilleurs cavaliers ! 
 
Avez-vous vu Théroigne, amante du carnage, 
Excitant à l’assaut un peuple sans souliers, 
La joue et l’œil en feu, jouant son personnage, 
Et montant, sabre au poing, les royaux escaliers ? 
 
Telle la Sisina ! Mais la douce guerrière 
A l’âme charitable autant que meurtrière ; 
Son courage, affolé de poudre et de tambours, 
 
Devant les suppliants sait mettre bas les armes, 
Et son cœur, ravagé par la flamme, a toujours, 
Pour qui s’en montre digne, un réservoir de larmes.

Charles Baudelaire

14
Analyse de « Sisina »
Ce poème est le premier poème de la section « Spleen et Idéal »
de 1861 des Fleurs du mal. A travers ce poème, Baudelaire décrit
l'attitude d'une femme guerrière « Sisina » durant la Révolution
française de 1789.  
 
Les métaphores belliqueuses comme « Superbe et défiant les
meilleurs cavaliers ! » ou encore « La joue et l'œil en feu » et « l'âme
charitable autant que meurtrière » insistent sur la comparaison entre
le carnage de la guerre et l'amour charnel. 
La première femme décrite s'appelle Diane, déesse de la chasse,
présentée comme une héroïne. Diane est « en galant équipage » et
défie « les meilleurs cavaliers » parce qu'elle résiste à leurs avances. 
Théroigne, elle, fut à la tête des émeutiers de 1789, « Excitant à
l'assaut un peuple sans souliers ». Avec « La joue et l'œil en feu », elle
est représentée comme « l'amante du carnage ». Cette citation
souligne sa facette amoureuse des hommes et de la guerre. 
La troisième femme décrite est la « Sisina », une femme qui
était elle aussi engagée dans la Révolution aux côtés de Théroigne.
Elle parvient à s'emparer de tous les cœurs comme Diane mais livre
son corps sans trop de résistance à l'image de Théroigne.
L'expression « ravagée par la flamme » évoque une forteresse prise
d'assaut et incendiée mais représente aussi l'ardeur amoureuse de la
Sisina. 
 
Baudelaire souligne ainsi la sensibilité qui est présente dans le
cœur de chacune d'elle mais aussi le coté femme guerrière qui les
anime. 

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16
Bilan
Dans le recueil Les Fleurs du mal de Baudelaire, les femmes y sont très
présentes, et en particulier dans la section « Spleen et Idéal ».
De nombreuses figures féminines sont évoquées par Baudelaire, elles
peuvent être secondaires, réelles ou fictives. Les trois femmes réelles que le
poète a le plus évoquées sont Madame Sabatier, Jeanne Duval et Marie
Daubrun.
Il est donc difficile de parler de la femme au singulier dans Les Fleurs du mal
tant les représentations et les caractéristiques féminines y sont multiples.
Certaines représentent la sensualité, l'exotisme et la femme fatale et
animale, d'autres représentent l'amour spirituel et jouent le rôle de muses
pour le poète comme dans « A une dame créole ». La femme incarne le
calme, la douceur, la tendresse.
Mais dans les poèmes de Baudelaire, le poète montre un accès à
l’idéal de la femme, leurs corps féminins et sensuels éveillent les sens du
poète. Parfois même, la femme devient paysage et ne fait plus qu'un avec la
nature.
Mais cet accès à l’idéal est situé le plus souvent dans le rêve ou le souvenir
comme dans « Ciel brouillé », ce qui rend cette femme inaccessible, à
l’image du poème « A une Passante ». Baudelaire évoque parfois le souvenir
de la femme aimée, présentée comme un passé qu’il regrette et qu’il revit
avec nostalgie.
Le poème « La géante » montre la femme attirante pour le poète,
cependant, le poète lui est parfois soumis et cette femme peut paraître
terrifiante. Dans le poème « Sisina », Baudelaire décrit une femme guerrière
qui fait face aux dangers ce qui contraste fortement avec la femme sensible
et douce qu'il présente en fin de poème. 
Cependant, la femme est aussi une source de souffrance pour le
poète, elle peut être destructrice, elle représente le mal, comme dans le
poème « La Destruction ».

A travers ce magnifique recueil, la femme est le lien entre le bien et le


mal, entre le ciel et l'enfer et surtout une dualité entre le Spleen et l'Idéal.

17
FIN

Dossier sur Les Fleurs du mal de Baudelaire


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