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Presses Universitaires du Midi

Les grandes fêtes incas au Cuzco


Author(s): Christophe CADÈNE
Source: Caravelle (1988-), No. 70 (Juin 1998), pp. 55-72
Published by: Presses Universitaires du Midi
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/40854622
Accessed: 11-03-2020 22:12 UTC

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C.M.H.LB. Caravelle

n° 70, pp. 55-72, Toulouse, 1998

Les grandes fites incas au Cuzco l


PAR

Christophe CADÈNE
IPEALT- Université de Toulouse-Le Mirail

Les hommes d'hier survivent encore aujour-


d'hui, presque toujours.
Alfred Métraux

Comme de nombreuses sociétés archaïques, la société inca reposait


sur un modèle théocratique. Ceci implique qu'une force agissante ne
peut être que d'essence divine. Ainsi, en tant que principe actif à part
entière, la fête inca ne peut être envisagée que dans sa relation avec le
sacré. Parmi les nombreuses caractéristiques dévolues à la fête, cinq
aspects principaux semblent pouvoir être rattachés à l'idée que s'en
étaient faite les hommes des Andes.

Le premier repose sur le concept d'hommage rendu à la divinité. Bien


que le panthéon inca, dans toute sa complexité, soit composé d'un
nombre important de divinités, les quatre ou cinq fêtes majeures du
calendrier liturgique ne font état que de quelques-unes. Parmi elles, on
note la prédominance d'entités ouraniennes comme le Soleil, la Lune ou
les étoiles ; chthoniennes, telles Pachamama, la Terre-Mère et Mamasara,
la déesse du maïs. D'autres cultes furent dévolus à celui qui se poserait
comme le Créateur universel, Viracocha, ou encore aux ancêtres
mythiques tenus pour l'origine de la caste, les frères Ayar. La fête

* Cet article se fonde sur le mémoire de maîtrise préparé sous la direction de Madame
Claire Pailler, et soutenu le 24 juin 1996 à l'Université de Toulouse-Le Mirail. Ce
mémoire a été primé dans un concours national organisé par la Société des Hispanistes
Français, qui a demandé aux revues spécialisées d'accueillir dans leurs pages des articles
condensant les mémoires qu'elle a distingués. Caravelle se devait donc de publier ce
travail.

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apparaît comme le processus centralisateur qui va


de rendre grâce tout d'abord à ceux envers qui
les dieux qui ont imaginé et créé le monde et
les garants de Tordre cosmique ou les ancêt
identitaires qui ont montré la voie à suivre. D
rendre hommage est une offense profonde, u
devoirs de l'homme. Son ingratitude met alor
cause la stabilité du Cosmos par le possi
Supérieurs. Rendre hommage, c'est chasser la
soit donnée à l'homme, celle de sa condition m

Le deuxième aspect repose sur le besoin que


dieux et de revivre les événements sacrés des
démarche s'inscrit dans une quête qui consist
origines et à s y abandonner : la fête est le m
lequel l'homme entre en communication avec se
Le troisième aspect tend à rapprocher
manifestations de la nature. En effet, en abordan
inca, on constate que la célébration des plus gr
l'approche de périodes clés telles que solstices
Raimi est fêtée autour du solstice d'été au
Aymoray et Inti Raimi autour du solstice d'h
Yahuayra, la grande fête des labours et des s
autour de l'équinoxe de septembre (21 septemb
Le quatrième aspect, lié à la notion précédem
sur le concept de périodicité. En effet, le systèm
rapport étroit avec le cycle agricole qui, lui-m
solaire que les indigènes andins se sont eff
d'harmoniser avec les rythmes lunaires. La répart
un découpage calendaire ponctué par les diffé
l'année. Le calendrier liturgique s'inscrit et é
calendrier astronomique fondé, quant
d'observations soli-lunaires.

Le cinquième et dernier aspect tend à faire


dans toutes les sociétés, le temps de l'effervescen
comme une soupape de sécurité face aux exige
quotidien, elle est compensation salutaire.
l'angoisse véhiculées par les diverses manifesta
un abandon total de l'être, matérialisé pa
beuveries et bombances : tous les chroniqueu
excès festife, temps du holgar y regocijo promul

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FÊTES INCAS 57

Ainsi, la première fonction que nou


pourrait être qualifiée de "fonction
que hiérophanie, la fête donne ac
hommage est un moyen élaboré pour
cours duquel l'homme n'aura eu d'au
sa condition d'être mortel. La deu
"fonction de sélection", en ce sens qu
temps qu'il veut intégrer et les mod
revivre l'époque où le Cosmos est so
temps mythiques et au contact des
La troisième fonction sera nomm
mythiques (Surnature) trouvent
cosmique de l'homme (Nature : S
Mamacochoy Mamasara etc.). Le con
à lui, une notion de fréquence d
homme/divinité, Nature/Surnature,
l'expérience de façon périodique
dégénérescence du monde et des hom
Enfin, l'effervescence de la fête se
relation avec la notion "d'omission"
En effet, une fois intégré le temps
vie des Êtres Surnaturels en tent
d'oubli de sa condition mortelle.

Fêtes et calendrier

L'un des principaux aspects inhé


caractère périodique, le retour d'un
place d'un système de contrôle du tem

Selon la plupart des chroniqueurs,


une révolution lunaire complète, à sa
C'est pourquoi - comme chez de nom
utilisèrent le même nom pour désign
vocable quechua quilla. Quant à l'har
avec celle du soleil qui régit les saiso
ne savons toujours pas de façon cert
résorbèrent les quelque onze jour
précisent toutefois que les mois ava
trente jours, et que l'année en com
Poma, p. 228 ; Betanzos, p. 73 ; C
opté pour un comput intermédiaire
354 jours et l'année solaire qui en c

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fait, un reliquat de cinq jours qui, selon Co


même des différentes lunaisons (Cobo, d. 142
Tableau n° 1

Juan de Polo de Cristóbal de Juan de Garcilaso Guarnan Poma Bernabé


Betanzos Ondegardo Molina Acosta de la Vega deAyala Cobo

Décembre Pucoy Capac rayinl Camayquilla Rayme Capac Inti Raim Raymi
21/12 au Quillaraime- Capac rayrrú Capacrayme Huaraca Capac Yriti Capac-Raymi
20/01 quis Rayme

Janvier Hatumpo Camay Hatunpucuy Camay Camay Quilla Camay


21/01 au coiquis Capac Raymi
20/02

Février Allapo coiquis Hatun pucuy Pachapucu Hatun pucuy Hatun-puquy


21/02 au quilla
20/03

Mars Pacha Pacha pucuy Paucarguara Pacha pucuy Pacha-púquy


21/03 au pocoiquis quilla
20/04

Avril Ayriguaquis Atihuáquiz Ayrlguay Camayquilla Ariguáquiz


21/04 au Aymoray
20/05

Mai Haucay quos Hatun cuzqui Hacicay Llusquc Hatuncuzqui Aymoray quilla Hatun-cuzqui
21/05 au quiquilla raymoray Intipraymi aymoray Aymoray
20/06 Yaguayracha Aymoray vel . Aymoray

Juin Hatun Aucay cuzqui Cauay ou Aucaycuzqui Haucal Cuzqui Aucay-cuzqui


21/06 au quosquiquilla Intiraymi Chahuarhuay intiraymi Intíp Raimt quilla Inti-Raymi
20/07

Juillet Caguaquis Chahua Moronpassa Chahua Chauauarqum Chahuahuar


21/07 au huarquis Tarpuiquilla huarqui quilla quiz
20/08 Yahuayra ou
LLcÜTuayra
Août Carpaiquis Yapaquis Coyaraymi Iapaquis Chacra Yapuy Yapaquiz
21/08 au Citua Fiesta del quilla Guayara
20/09 barbecho Fiesta de la

Septembre Satuaiquis Coyaraymi Omacrayma Coyaraymi Coya Raymi Coya-Raymi


21/09 au ¡St Citua Citua Citua Raimi quilla Situa
20/10 JeanJ+Poray Fiesta de la
Upia Luna o de la

Octobre Omarime quis Homa raimi Ayamarcaraymi Homaraimi Uma Raymi Homa-Raymi
21/10 au puchayquis punchaiquis quilla Puchayquiz
20/11

Novembre Cantaraiquis Ayamarca Capac raymi Ayamara AyaMarcay Ayamarca


21/11 au Huarachicuy quilla
20/12 1

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FÊTES INCAS 59

Afin de voir comment les diverses


réparties au long de Tannée, nous pr
A titre d'exemple, on pourra lire qu
décembre appelé Pucoy Quillar aim
période allant plus ou moins du 2
austral) au 20 janvier.2 De plus, au c
selon ce même auteur, la fête qu'
observe ce tableau, on remarqu
célébration des fêtes concorde ch
l'exception du Père Molina de Cuz
montre un décalage d'un mois de
décalage opéré par Molina eût été lié
des "mois" incas et "espagnols". Or,
Cobo, l'un des rares à préciser q
environs du 20 du mois. Ainsi, si l'o
de certains chroniqueurs, que les fes
étroit avec les solstices et les equino
étaient célébrées une fois le solstic
comprendre comment un homme a
Cuzco, quéchuiste de surcroît, eût p
célébrée avant que n'arrive ce pour
sommes pas en mesure d'apporte
problème particulier, nous voudrion
départ du calendrier. En effet,
chroniqueurs prétendent que le cal
décembre - soit la période inca de tr
d'été austral - alors que Molina ann
tenir compte que, selon Molina, "
Hacicay Llusque, soit le mois de c
considère l'erreur de Molina dans
compte que le mois de mai chez Mo
pas à autre chose qu'au mois de juin
deux cas, le départ du calendrier es
décembre pour la plupart des auteur

2 Si Ton part du principe que le calendrier i


(21 décembre), on se sera aperçu qu'un décal
qu'un mois "espagnol" se retrouve alors à ch
3 A ce sujet, Garcilaso précise en effet que :
Celebrábanla pasado el solsticio de junio. (Com
Preparábanse para esta fiesta con ayuno y a
primer día de la luna del mes de setiembre, de

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La deuxième remarque est que les chroniqueurs


donné le même nom au différents mois, de sorte
ont été attribués en raison de la principale fête qu
l'inverse, on donna aux fêtes les noms des mois
étaient célébrées. Si l'on s'intéresse à l'étymologi
incas, on s'aperçoit que la très grande majorité d
cycle naturel des saisons et aux travaux propres à
le terme Poccuy (que l'on retrouve dans Pacha poc
fait référence aux divers stades de maturation d
l'abondance ou à la rareté des pluies.4 De même, H
("mai") est l'époque consacrée à la collecte du maï
des champs.5 Aucay cuzqui ou Haucai cuzqui ("jui
repos qui suivait les travaux de récolte du maïs.6

En revanche, les noms attribués par la majorit


des mois comme décembre et septembre ne font
critères agricoles. Il semble, en effet, que ces deux m
sont célébrées deux des plus importantes festivités d
nom de la fête qu'ils intègrent. Ainsi, Càpac Rai
"mois" de décembre - soit à la période allant du 2
le mois de septembre (21/08 au 20/09), on assiste
du mois et de la fête. Ainsi, le nom du mois Coya Ra
"fête de la reine" et celui donné à la festività cor
Situa, semble être celui qui, originellement, avai
proprement dit.8

4 Holguin donne de Hatun pocuy'a. définition suivante : Año de


fructos. (Vocabulario...,/». 292)
De Poccuy, Poccuypacha, Poccuymitta Holguin donne auss
(idem,/>. 292)
5 Ccuzquiniy dit Holgin, signifie : Escudriñar, buscar con ahi
° De Haucaccuni Holguin nous donne : Estar holgando, desocup
de ocupaciones. (Vocabulario...,/». 155)
De même Haucay pacha est selon lui : Tiempo ocioso, o tiempo d
ocupación. (ídem p. 155)
7 Selon Garcilaso : Este nombre Raimi suena tanto como " p
(Comentarios..., p. 369)
Guarnan Poma traduit Cdpac Raymi par : El mayor festejo de l
II traduit également Raimi par : Gran pascua (Ibid. p. 250)
Enfin, Holguin donne de Raimi la définition suivante : Mes d
con cantos y bailes en esse mes. (Vocabulario..., p. 315)
8 Le début de la saison des pluies correspondant exactement
pas le nom de la fête mais l'époque de l'année où le soleil s
laissées par les premières pluies, et par là-même, l'époque de la
reine ou Coya pendant laquelle était entamée une purification
maux qui arrivaient avec les premières pluies. Nous nous r

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Les fêtes dans les chroniques

Nous arrivons au cœur même du co


plus souvent, les chroniqueurs évo
déroulement chronologique au s
généralement nommées "ordinarias".
nommées "extraordinarias", concern
caractère périodique et ne sont donc c
comme l'avènement du souverain,
problème ponctuel qui exigeait un appe
C'est à la première catégorie de fêtes
Nous aborderons respectivement Câpa
Aymoray ("mai") et Yahuayra ("août
Citua en "septembre".

Câpac Raimi
Les chroniqueurs stipulent d'ordinair
les adolescents et plus particulièremen
le passage de l'adolescence à l'âge adulte
social de guerrier de l'Inca. L'âge requ
años arriba" (p. 379), "de doce a quin
peut scinder l'ensemble du cérémonia
consistant à mettre en place l'ensemb
l'autre étant consacrée aux diverses mi
dont la finalité revêtait une double carac
guara et la perforation des oreilles.

Quelles que soient les cultures ou


d'initiation ne concernent pas les s
communauté est mis à contribution. I
où les préparatifs sont présentés par la
une affaire de famille impliquant père
tantes (Betanzos, pp. 65-66 ; Cobo, p
préparation de grandes quantités
confectionnées par l'entourage des
cérémonielles, comme la chemise de l

curieuse inversion de noms. Seul Betanzos, plus


Satuaquis, sans doute déformation phonétique
fête) semble être donc, comme leur nom l'indiq
nom du mois concerné. Or, il semble que la fête
peu substituée au nom du mois lui-même.

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lors du jeûne (Betanzos, p. 66) , ou encore les pag


ultérieurement (Cobo, p. 208). Les chroniqueu
toutefois sur la réalisation de certains objets
sandales de paille ou usutas et la fronde en nerf d
certains, cette tâche revenait à des proches du
Molina, p. 99) ; pour d'autres la réalisation des a
incombait aux novices et représentait une prem
(Betanzos, p. 61 ; Garcilaso, p. 381). Si le jeûn
moment essentiel du cérémonial, il est malaisé
observé. Betanzos et Garcilaso stipulent qu'il se s
la festivité : sous forme de deux périodes de cin
Betanzos (p. 66) ; comme première épreuve du
Garcilaso (p. 379).
La deuxième partie de la festivité de Càpac Raim
à la mise à l'épreuve proprement dite. Celle-ci co
pèlerinages en divers lieux sacrés autour du
spécificité propre. Les allers et retours systéma
Cuzco tendent à définir celle-ci comme le po
l'ensemble des huacas 9 visitées.

La première huaca vers laquelle se dirigeaient le


montagne sacrée de Guanacauri En effet, ce site
importants en ce sens qu'il aurait été, ab origine, la
des ancêtres fondateurs, les couples Ayar/Mama
la matrice tribale, la caverne de Tampu Toq'o à
Cachi, dont l'attribut est la fronde, se distingue
guerrier, détenteur de la force et du pouvoir m
Guanacauri fit de cette montagne la huaca guerri
donc là, en toute logique, que l'on s'approprie le
l'honneur, ainsi que la puissance du guerrier de
propres à cette huaca reposent sur une série d'off

9 Ce mot quechua a une origine assez floue. D'après Holguin


figurillas de hombres y animales que trayan consigo " (p. 16
du verbe Huaccani " Llorar en grito " et de Huaccay " El l
alors un objet ou un lieu sacré où l'on se rendait pour impl
qu'il en soit, tout pouvait être une Huaca (montagne, idole,
ruisseau, arbre ou diverses autres entités à caractère sacré).
lieu de vénération parce qu'un Inca s'y était un jour assoupi,
de se promener sur ses berges.
10 Le mythe raconte que les ancêtres y auraient séjourné du
ce même lieu, l'un des quatre frères, Ayar Cachi on Cache (l
montagnes à l'aide de sa fronde, ouvrant alors le chemin
mener la troupe vers le Cuzco.

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FÊTES INCAS 63

de libations de chicha par lesquelles les


leur fût transférée sa toute-puissance
remise de la fronde, qui marquait u
d'accès au statut de guerrier.

Après le retour au Cuzco, la deuxièm


apprentis guerriers vers une nouvelle
Avant le départ, on assistait sur la
deuxième insigne guerrier, la lanc
surmontée d'une partie tranchante en
chroniqueurs, l'épreuve d 'Anaguarque
rapidité de l'idole propre à cette huac
Betanzos, p. 67). Les novices devaient
épreuve qui consistait en une cour
coureurs : Y estos que ansi se extremaren
conocidos para cuando la ciudad del Cu
peñones como más ligeros e combatan con
p.67).
Après un nouveau retour vers le Cuzco, les chroniqueurs s'accordent
à situer à Yavirá, un autre sommet, l'épreuve suivante. Cette dernière, à
laquelle semble assister l'Inca en personne (Molina, p. 106), repose sur la
remise du pagne ou guara qui consacre le novice au sein de la
communauté, l'intégrant à un nouveau rang social, celui des hommes de
l'Empire. * l Yavird se révèle aussi comme le lieu où l'on s'engageait à
servir l'Inca et l'Empire que l'on se devait désormais de défendre contre
toute menace extérieure. Le retour au Cuzco précédait enfin la dernière
cérémonie. Celle-ci comportait d'abord des ablutions ou des bains rituels
à la source/huaca de Calizpuquio. Si aucun chroniqueur ne mentionne la
raison pour laquelle c'est précisément en ce lieu que les bains étaient pris,
on peut penser que ceux-ci fonctionnent comme un rite de purification
qui précède l'ultime rituel, la perforation des oreilles, marque des
membres de la caste inca. Betanzos précise que l'Inca Pachacuti lui-
même avait ordonné cette cérémonie afin que les membres de la caste
dirigeante se distinguent du reste de la population et reçoivent les
honneurs dus à leur rang.12

1 * Betanzos, Cobo et Molina précisent en effet que le port du guara conférait aux jeunes
le statut cThommes, seuls autorisés à le porter.
12 Une version du mythe raconte quAyar Cachi aurait reçu du Soleil l'ordre de dire à ses
frères qu'ils devaient se distinguer en portant des disques d'oreilles, signes de
reconnaissance de leur divine ascendance.

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te CM.H.LB. Caravelle

Que retenir de cette festivité ? Tout d'ab


principalement en une reconnaissance sociale de
rang d'homme (remise du pagne). La finali
économique : devenus des hommes, les ex-ad
d'œuvre en puissance. D'ordre politique : ils on
guerriers et de défenseurs de l'ordre établi au s
Cápac Raimi constitue aussi une festivité liée au
ci n'est pas au centre des cérémonies, la célébr
solstice d'été austral symbolise de façon évident
divin par l'allongement progressif des jours, ren
à celui de la communauté humaine, et plus préc
qui, de ce fait, renaissent eux aussi au sein d
guerriers du Tawantinsuyu et de l'Inca, fils du Sole

Aymoray et Yahuayra

Les festivités que nous allons étudier maintena


rendez-vous liturgiques de l'année agr
respectivement à la fête des récoltes et à celle d
Ainsi, le rapport étroit entre ces deux festivités n
conjointement.
De façon quasi unanime, les chroniqueurs no
Aymoray, nom dérivé du verbe quechua "a
"entroxar, o recoger la mies" (Holguin, p. 40
"mois" de mai appelé Hatun Cuzqui Aymoray,
entre le 21 mai et le 20 juin. On y rendait grâc
récoltes de maïs que l'on rapportait des champs
des greniers prévus à cet effet (Betanzos, p. 7
observe la célébration de deux cérémoni
spécifiquement en rapport avec la noblesse
plutôt un caractère populaire.
Les terres sacrées de Sausiro apparaissent,
comme le centre cérémoniel privilégié de la fê
selon Betanzos, Molina et Cobo, les jeunes no
dernier Cápac Raimi devaient se rendre sur les
rapporter quelques sacs de maïs jusqu'aux gren
entreposés. Toutefois, et comme le précise

13 Les terres de Sausiro étaient en effet tenues pour sacrées


au " commencement du temps ", la sœur-épouse de Man
semé le premier maïs, ouvrant ainsi la voie de la connaissan
divine céréale.

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FÊTES INCAS 65

n'étaient mis à contribution que le pre


lo traían solos los dichos caballeros novel
días acudía a lo mismo toda la gente de
On doit pouvoir considérer ce rituel
initiatiques de Cápac Raimiy de
supplémentaire à la rencontre du sacré
ce rituel propre aux jeunes nobles, Sau
théâtre privilégié d'une cérémonie don
noblesse inca elle-même et les grands
Cobo, on assistait alors au premier
Sausiro par le souverain en personne,
Cette cérémonie, observée une second
labours d'"août", était en quelque sorte
La cérémonie qui semble avoir fait su
surtout en un rituel chamanique au co
maïs étaient prélevées, enveloppées da
brodées et placées dans de petits gren
d'une grande vénération, étaient veill
desquelles on effectuait de nombreu
Mamazara. À l'issue de ces trois nuits,
lui demandait si le maïs nouvellement
l'année. Si la réponse était négative, le
Cette opération était effectuée jusqu'à
sa protection au maïs. Lorsque les pri
offrandes acceptées, Mamazara était cé
La festivité célébrée au "mois" d'août
revêt elle aussi un caractère agricole pu
semailles. En effet, le "mois" d'août n
Guarnan Poma était "el mes de rompe
242) durant lequel les Indiens "an de a
senbrar el mays tenprano que llaman mic
tenprano, que el mays en este rreyno se a
de julió' {Id. y p. 1227). Cette festiv
nouveau cycle agricole débutait pa
particulièrement au Créateur Viraco
productives (Molina, p. 72 ; Cobo, p. 2
le seul invoqué : des sacrifices étaient
gel et de la grêle afin qu'ils ne détr

14 Dirigían este sacrificio al hielo, al aire, al agu


ellos que tenia poder de criar y ofender los semb

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66 CM.H.LB. Caravelle

ensuite les rituels propres aux labours et à l'ense


Tinca procédait de nouveau à un labour symbol
de Sausiro (Historia..., p. 179). Les Incas pensaie
Pachamama, ne pouvait être féconde que si elle
dieux. Linca, représentant des dieux sur terre e
se devait d'assumer cette responsabilité en l
premier. La crainte de voir la terre demeurer stéri
ce rituel.

On aura pu constater le rapport étroit entre les festivités de "mai" et


"août", en ce sens qu'elles mettent en scène la noblesse et le souverain
lui-même. Enfin, ces deux festivités qui clôturent et ouvrent
respectivement le calendrier agricole soulignent le très grand intérêt que
les incas portaient au maïs : c'est lui et lui seul qui régissait l'ensemble du
cycle agricole. Il était celui qui avait été envoyé par les dieux, semé par les
ancêtres fondateurs et transmis de génération en génération afin que le
"peuple élu" assure sa pérennité et continue d'honorer les dieux.

Inti Raimi

Célébrée au cours du "mois" nommé Haucay Cuzqui, soit entre le


jour du solstice de juin (24 juin) et le 20 juillet, cette festivité se pose
comme l'un des grands rendez-vous de l'année liturgique, en ce sens
qu'elle honore la principale divinité, le Soleil Inti Les témoignages des
chroniqueurs offrent deux versions différentes. Certains, et notamment
le Père Molina de Cuzco, font d'Inti Raimi une festivité itinérante ;
d'autres la présentent comme célébrée à partir d'un unique centre
cérémoniel.

La version de Molina de Cuzco prétend quinti Raimi était un


pèlerinage solaire au cours duquel les Indiens suivaient un itinéraire qui
retraçait la course du soleil à cette époque (Molina, p. 69). Molina dresse
la liste des sites sacrés vers lesquels on se dirigeait et qui faisaient l'objet
de cérémonies sacrificielles. Selon ses dires, la procession partait du
Sucanca ou pilier Est qui marquait l'endroit précis du lever du soleil au
solstice d'hiver austral.15 Le pèlerinage suivait alors un axe Est-Ouest en
direction de Vilcanota en passant par une série de lieux précis : Succanca,
Omoto, Yanacauri, Capac Vilca, Querros Huanacauri, Rontoca,
Collopata, Yanayana, Cuti, Vilcanoto. Le retour se faisait selon l'axe
Ouest-Est. Le chemin emprunté part de Rurucache et revient au

15 Construit au sommet d'une montagne, le Succanca se trouvait dans l'alignement du


Soleil et ce, à partir d'une observation vraisemblablement menée depuis le temple du
soleil de Cuzco.

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FÊTES INCAS 67

Succanca : Rurucache, Sunto, Cacha Viracocha, Yacalla Huaca,


Ruraoma, Mollebanba, Urcos Viracocha, Antahuayla, Pati, Acahuara,
Quispicancha, Subcanga.
Cobo et Garcilaso font en revanche de cette festivité un cérémonial
opéré depuis un centre unique : Manturcalla pour le premier et Cuzco
pour le second. Notons cependant que Molina fait également allusion à
une cérémonie observée à la montagne de Manturcalla. Toutefois, selon
lui, elle n'était pas le centre principal de célébration de Vinti Raimi, mais
une huaca vers laquelle, une fois le pèlerinage solaire achevé, la noblesse
et Tinca en personne se rendaient (Molina, p. 69). Comme Molina,
Cobo dit que cette cérémonie était réservée à la haute noblesse et que les
femmes en étaient exclues. C'est au Temple de Chuquimarca, construit
sur la montagne de Manturcalla, qu'avait lieu l'ensemble des offrandes et
des sacrifices destinés, selon Cobo, aux trois divinités Viracocha, Soleil,
Tonnerre, mais dont la principale semble avoir été le Soleil.

Selon Garcilaso enfin, Intip Raimi reposait sur trois phases : une
période préparatoire de trois jours pendant laquelle on jeûnait ; un jour
entier consacré aux sacrifices ; et une période d'environ une semaine
durant laquelle on festoyait. L'essentiel de la festivité s'appuyait sur la
journée sacrificielle célébrée au Cuzco depuis la place principale
à'Haucaipata et le Coricancha, le Temple du Soleil. Garcilaso rapporte
d'abord l'attente angoissée des Indiens espérant le lever de leur père et
dieu, le Soleil. Lorsque celui-ci faisait son apparition, tous se
prosternaient. Venaient ensuite les cérémonies libatoires par lesquelles
l'Inca remerciait le Soleil et scellait un pacte d'alliance avec lui. Ce même
geste était également effectué entre l'Inca et les dignitaires des quatre
régions de l'Empire, scellant un pacte de fidélité entre l'ensemble des
hommes du Tawantinsuyu, l'Inca et le Soleil leur dieu.
Bien que ces trois versions de la célébration d'Inti Raimi diffèrent, il
semble possible de tirer des conclusions qui les rapprochent. D'abord,
contrairement à Câpac Raimi, la festivité de juin est exclusivement
fondée sur la figure du Soleil. Ensuite, quelle que soit l'organisation du
culte (itinérant ou pas, à Cuzco ou ailleurs), Inti Raimi est une festivité
reposant sur l'idée de sacrifices et d'offrandes à la divinité solaire. Enfin,
nous pensons que nous n'avons pas chez Molina et Cobo deux versions
différentes mais deux cérémonies successives. La version de Garcilaso, si
différente, pourrait indiquer une festivité revue par les Indiens en un
temps où les autorités coloniales s'étaient déjà opposées à l'idolâtrie et
surtout aux sacrifices.

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68 CM.H.LB. Caravelle

Quoi qu'il en soit, l'essentiel est le sens qu'


festivité particulière fondée sur la position du
juin, c'est-à-dire quand les quatre ou cinq jo
période solsticiale sont les plus courts de l'an
solstice, les Indiens constataient la déclinaison
cet affaiblissement de la lumière constitua
d'inquiétude : fatigué de sa course perpétue
disparaître ? Vinti Raimi met en scène cette c
solaire est à rapporter au désir des Indiens de s
dieu au point de marcher sur ses pas et de tente
comprendre la raison de sa défaillance. Les c
observées au temple de Chuquimarca avaient
Cobo dit en effet : La cuarta [huaca] se decía
templo del sol en el cerro de Mantocalla, en el
dormir el sol muchas veces; por lo cual allende de lo
(Historia..., p. 176).16

Citua

La dernière festivité à entrer dans le cadre de no


avait lieu entre l'équinoxe de septembre (21/
octobre. De façon unanime, les chroniqueurs f
fête, communément appelée Citua, au jour de
428 ; Cobo, p. 217 ; Molina, p. 73). Selon ces au
l'année était celle des premières pluies, qui appo
(Molina, p. 73 ; Cobo, p. 217 ; Guarnan Pom
428). Une purification générale de la terre et d
nécessaire afin qu'ils n'en soient pas victime
Comme il était fréquent lors de toutes les grandes
tout d'abord - et de façon plus radicale enc
l'expulsion des étrangers hors de la ville du Cu
mise à l'écart de tout animal malade ou qui
d'imperfection. On faisait de même pour tou
atteinte d'infirmité.17

^ II en va de même pour les cérémonies rapportées par Ga


impatience le lever du soleil en espérant que celui-ci ne res
sa résidence nocturne.

17 Aviendo primero hechado del Cuzco a dos leguas del a to


naturales y a todos los que tenían las orejas quebradas, y a to
alguna lesión y defeto en sus personas, diciendo que no se ha
por sus culpas eran asi hechas, y que hombres disdechados no
no estorvasen con su desdicha alguna buena dicha. (Molina

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FÊTES INCAS 69

Une réunion des dignitaires de l'Emp


midi précis le jour de l'équinoxe afin d
(Molina, p. 73). Le Père Cobo précis
lendemain de l'équinoxe afin de veill
(Cobo, p. 217). Des escadrons de guerrie
place du Cuzco et attendaient l'apparit
grand renfort de cris. Les prêtres cha
temple et demandaient aux quatre escad
de les expulser hors des frontières de l
un bain rituel des hommes et des armes
du pays : les eaux purificatrices emport
les profondeurs de la mer (Molina, p. 7
Un autre rituel suivait. Selon Molina, de nouveaux bains de
purification étaient pris au lever du jour par l'ensemble de la population.
La nuit tombée, on attachait des boules de paille à l'extrémité de cordes
appelées Pancunco et on marchait dans les rues en agitant les cordes
enflammées (Molina, pp. 75-76 ; Guarnan Poma, p. 244) 18 Ainsi, après
la purification des hommes et des femmes, ce rituel symbolisait la
purification, par le feu, de l'Empire et de la terre toute entière qui se
voyaient débarrassés de leurs souillures.
Une autre cérémonie, celle du Yahuarsanco> consistait à s'oindre le
visage avec de la pâte de maïs ou sanco. On en tapissait également le seuil
des portes ainsi que tout endroit que l'on souhaitait préserver des
maladies, comme les sources ou encore les greniers à maïs. Cette pâte
était aussi présentée aux momies ou envoyée à des amis. On rendait grâce
finalement au Créateur, au Soleil et au Tonnerre afin que l'année toute
entière ne soit pas affectée. Puis venait le moment des cérémonies
divinatoires au cours desquelles les prêtres tentaient de prédire le sort de
l'Empire en examinant des poumons de lamas gonflés par insufflation
d'air (Molina, p. 80 ; Cobo, p. 219).
L'ensemble du cérémonial de Citua s'organise différemment selon la
version de Garcilaso, mais on rapportera surtout la version proposée par
Juan de Betanzos, selon qui Citua reposait sur deux rituels. Le premier,
qu'il compare à celui de la Saint Jean dans le monde chrétien, rejoint les
témoignages précédemment évoqués où il était fait allusion aux bains

* ° Y acavados de lavar tomavan unos hachones de paja, grandes a manera de bolas, muy
grandes, atados con unas cuerdas, los cuales encendían y andavan jugando, o meUor, dándose
unos a otros. Llamavan a estas bolas de paja, mauro pancunco. (Molina, pp. 75-76).
Los hombres, armados como ci fuera a la guerra a pelear, tiran con hondas de fuego,
deziendo " ¡ "Salí, enfermedades y pistelencias de entre la y ente y deste pueblo! ¡ Déjanos! "con
unas bos alta. (Guarnan Poma, p. 244)

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70 C.M.H.LB. Caravelle

collectifs ainsi qu'à la cérémonie des Pancu


deuxième rituel, qu'il nomme Poray Upia,
l'honneur de l'eau. Outre sa fonction puri
considérée comme l'élément source de vie et de
Comme, à cette époque de l'année, dans
semailles sont terminées, on n'attend plus que
que la terre fasse naître les premières pousses d'o
la sécheresse toujours possible par des sacri
sacrifices offerts aux eaux du Cuzco se faisaie
parte do se juntan los dos arroyos" (p. 72).
quantité de vêtements, lamas, coca et autres h
les rivières. Les lamas étaient égorgés puis jeté
cendres recueillies étaient alors offertes et jetées
trujesen muchas ovejas e corderos y que los of
degollasen en aquel lugar do la ropa era echada y
gran fuego en el cual quemasen estas ovejas e corde
ansi quemadas las lanzasen en el agua en aquel
p.72)
Les Indiens buvaient ensuite, tour à tour, scellant ainsi avec les eaux
un pacte sacré. Echasen en el río cada uno de los orejones del Cuzco ciertos
vasos de chicha e que ansí mismo bebiesen los tales orejones otros vasos de
chicha fingiendo que bebían con las aguas. (ídem, p. 72).
Citua était donc une festività célébrée à la fin de la saison sèche,
moment où Inti allait à la rencontre de sa soeur-épouse Mama Quilla A
cette époque précise, le maïs en terre, les Indiens attendaient l'arrivée des
pluies et la germination. Mais on savait aussi que les maladies allaient
croissant : la pluie était aussi redoutée. Ainsi, nous pensons que Citua,
tout comme l'ensemble des autres festivités incaïques, s'inscrit dans une
double perspective qui mêle cosmogonie et agriculture.
Que retenir de cette approche de la fête inca ? Nous avons vu d'abord
que l'un des traits fondamentaux de la fête était la rencontre entre
l'univers sacré des dieux et l'espace profane des hommes. On ne
s'étonnera donc pas de constater que le moment le plus approprié afin de
réaliser cette symbiose des mondes est celui où les dieux sont le plus
"disponibles", le plus représentatifs, c'est-à-dire à des périodes essentielles
de leur cycle de vie. Nous avons pu remarquer ensuite que dans
l'ensemble du culte inca, cinq principaux rendez-vous ont été mis en
avant par les chroniqueurs.

Ainsi, Cdpac Raimi est une festivité consacrée à l'homme. Elle est
d'une part une reconnaissance spirituelle : les novices abandonnent le

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FÊTES INCAS 71

monde profane et sont intég


progressivement révélé au long de l'ini
des ancêtres fondateurs, les jeunes
charnelles directement issues de
D'autre part, elle affirme le nouvea
fixant définitivement le rôle qu'ils
Toutefois, les finalités étaient à la fo

Les festivités de Yahuyra et d'Aym


"août" et "mai", sont à classer au
marquaient l'ouverture et la fermeture
lui-même régi par le cycle vital d'une

De même que Cápac Raimi, Int


revendication particulière. Il s
reconnaissance des origines divine
pèlerinage de "décembre", son hom
traces du dieu Inti est la manifes
symbiose de deux mondes : l'humain
Enfin, Citua ne se pose pas com
affirmation particulière mais comm
condition humaine face à la toute-pu
capables de foudroyer les hommes e
maladies et d'infortunes, ou enc
plongeant le monde dans la fa
compromettrait l'équilibre social, é
mais risquerait surtout de signer l'arrê

Ainsi, alors même que, dans son ex


met en avant des données tant so
spirituelles ou purement ethniques, l'e
suprématie des divinités astrales. No
dates des cinq grandes fêtes avec tro
l'année solaire : les solstices, l'équin
était donc exclusivement un culte a
hautement représentée par les th
Quartiers. Le pouvoir reposait sur ce
structurée, qui allait révéler avec écl
anciennes. La rencontre des deux m
destructeur. La suppression brutale
d'une religion incompréhensible fut
indigènes que les campagnes de lutte
d'endiguer. Néanmoins, héritier d'u

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72 CMH.LB. Caravelle

s'est appuyé et développé, l'ancien empire i


résistance les plus actifs de l'empire espagno
fils cherchent encore à affirmer leurs origine

Résumé - Evocation de cinq des plus grandes


inca. Approche à partir de divers témoignages is
XVIIe siècles. Répartition de ces fêtes au sein d
contenu afin d'apercevoir les logiques symboliqu

Resumen - Evocación de cinco de las principales


de los incas. Aproximación al tema con base
crónicas de los siglos XVI y XVII. Repartició
calendario. Análisis de su contenido con el f
simbólicas en que se fundan.

Bibliographie sommaire

Juan de BETANZOS, Suma y narración de los In


notas por María del Carmen Rubio, Atlas, M
Bernabé COBO, Historia del Nuevo Mundo. Bibl
(B.A.E.),t. 10.
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Perú llamada Lengua Quechua o del Inca. 3
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Edición de John V. Murra, Rolena Adorno y
Crónicas de América, Historia 16, Madrid, 19
Cristóbal de MOLINA DE CUZCO, Relación de la
(1573). Ed. de Henrique Urbano y Pierre Duv
n° 48 : Fábulas y mitos de los incas, Historia

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