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ABREGE

L'H I S T O I R E

ECCLESIASTiaUE

DE Mr. LABBÉ FLEURY.

CONTENANT les X. & XI. Siècles^

& ce qui s'ejl pajje dans

le XIL

depuis l'an

1 1 o i . jufques à rAn-

née 1

7 5 . inclufîvement.

TOME (QUATRIEME,

ô

,/

A AVIGNON,

^pm^^^

Chez Clatjdb Delorme, Imprimeur-

Marchand - Libraire

à

^—^—i——

du Saint-OfHce

Lys.

la Fleur de

^"^—

,

M. DCC. L.

Av(c Pfrm'iffion çr Privilège.

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Imprimatur , fi videbitur

Keverendiflîmo Patri Inquifitori.

BRUN,

Vic4 GcneraJiî.

©O 00®0000©®®©:®Q

1M P R I MATUR , F. Sth,

CROIX , Incjuilltor Gcncralis.

ABREGE

L'HISTOIRE

ECCLESIASTIQUE

De Mr.

I'Abbe"

Fleury,

DIXIÈME SIECLE

BENOIT IV.

NNÎ LS

i^=i.

a

.jz^.

A.

Lfrede le Grand Roi d'Angle-

rare mourut le i8. Ockobre

ac lanncc ^''-i. Son Fils Aine

r-^louard (urnommé le Vieux

P e^mond Archevêque de

Cantorbe^'

pieté .

AlFrede avoir toujours xécu dans la

ilsappLqu^penaamcoutfonregneà

Abrégé de l'Histoire

Benoit IV. lo. Siècle.

An. lever les Etudes > afin de fuutenir la Re-

'

*!' ligion

: ilavoit faic venir pour cet eflct ae !

9^4- France les Moines Grimbald & Jean, tous -

'deux Prêtres &,taus deux célèbres par

- leur venu: ils furent fuivis en Angleterre

de pUificurs autres fàvans. Altrede lailla

ctand

nombre d'Ectits : dix fom_ de la

coropotitio» ,^ on eu compte «eut autres

eu il avoit traduits.

.'

_

Edouard éfanbrtbler nn Concile au

comiftencement de, fon rogne , ou Ueg-

mond prcfida ; & comme le Pape fe plai-

le Païs .cVOiiellex etoit lans

le Concile ordonna d en établir

gr>oit que

Ivêques ,

dans chaque

Èvêchés en

Province , & de diviferc.cux

cinq. Plegmond porta ce De.

cret à Rome , & à fon jcrour '1 1<^-"^ '^P^

Evêques pour les Eghles de Vmchcftet:; de Schirebon, de Vc.s

de Cornoiiaille,

Devonshire , de Mère 6c de

^

.,

r

de Cridie en

Dorcefter. eut un aurre Concile en 901. a

en Efpagne où fe trom;c.-enr dix-

Il y

Oviedo

fept

Evêques, c^ le nomme Theodulfe

envoyé par le Grand Prince X.harles, ce

apparemment le Rc. de Fvan.

dans ce Concile que 1 Lglup

qu. fignifie

ce. Ce fut

d'OvIedo fut érigée en Métropole. Her-^ meneeilde qui la gouvernoit fut reconnu'

Chef

avec

des autres Evêques, po"r travailler

eux aui-étabUflementde la difciplK

Ecclésiastique.

Benoit IV. lo. bicc

ne croubice par la domiiucion des Intî-

àélcs.

Aa.

En Orient I Empereur Léon VI. n\ïyaiK rJ^.

point lie Succelleur , quoiqu'il eiit eu irois^""^

Femmes, en prir une quatrième en 901.

mais il n'ofa la

voir avec elle l.i

quatrièmes Noces etoienc défendues chez

: iiupnale. Les

::cr , ni rece-

"

les Grecs , «Se les iccoiides

6c k

.

mes étuiem même lu certes 1 pi comme n'étant pas exemptes de faute. Leô

quatrièmes étoient nommées Polygamie

& Léon avoit lui-même hk une Conîli-

tution portant que la peine cxprunée dans

les Canons (croit exccatc':- . > rv,- ceux qui

convoleroicDC à de tcoifî

,cs.

FUANçoN Hvèque de I

003. Après avoir fouvcn:

>urut ca

:u contre

les Norman-î , il ne crue plus devoir tou-

cher les chofes fainres , «c envoya à Rome

Bcricon Clerc de Ton Eglife , ik Tcutric

que le Pape les

qu'ils lervillènt i

^

^

I

>

^

:

1 a place : ce qu'il obtint ; & après fa more

Frxnne homme pieux 6c favant remplit le

L'EmpereiV Loiiis Fils de Bofon fut

furpris dans Vérone au mois d'Août c^S^

par Beranger qui lui lit crever les yeux.

Benoit IV. mourut le ic. Oclobre

de cette

même année. Sa mon laillà le S. Siège ca

Ai

4 Aei\egé de l'Histoire

Benoit

IV.

lo. Siècle.

Il

* rf

proye aux violences de l'ambition. Trois

Dames Romaines Thcodora &z fcs deux Filles Maiofie &c Theodora trop fameufes

par l'abus qu'elles firent de leur autorité ;

difpolerent à leur gré du Trône Pontifical

en faveur des perfonnes qui leur éroient

attachées. L'Eglife Romaine gémiilbit la

première des defordres ôc des violences

de ces Papes qu'elle fouffroit malgré elle.

Cependant on refpedoit en eux les Suc-

cefieurs de S. Pierre.

LEON V.

Suite de l'Anne'e 904.

L E GN ^

V.

natif 'l'Ardée ne

tint le *iiége que

ÎP. jours Chrif- loâe lui fucceda.

A

Benoit IV. fucceda

bientôt Léon V. mais

à peine eut-il fiégé un

peu

plu*; d'un mois & demi ^

qu'il fut

prifon.

chalTé ôc mis

«^dbr

ea

ECCLESIASTI Q^UE.

CHRISTOFLE.

Suite de l'Anne'e 904. Anne'e 905,

CHRISTOFLE

Romain tinc ie

f^ Hkistofle qui chafla

.

,

lui-meme

a

t

Léon

-it

V

i

. du

Siège

un

peu V.^

reu't'pL'îbcll^iége Apoflolique s^ éra-

ceffem

^""

Sergius^blit > il le tint toutefois peu

jde tems \ Se dans le feptiémc

mois de

fut traité

fon Pontificat ,

il

comme il avoit

ti-aité fon Prédécefieur , 8c

obligé en fuite de fe faire Moine. Quelques Hiftoriens

le mettent au nombre des

Antipapes.

S E

R G I U S

III.

Suite de l'Anne'e 905-. Anne'es

906. à 908.

SERGIU*? I I T

B.omain Rouvcr

na l'Egiife pen-

dmr 7. , ans s

mois ôc zr. jours,

& eut pouv fuc

eeffeur Anaftafe

UI.

\

P R e's

la

mort de

/V Théodore II. on avoit

élu Sergius III. pour Pape j le parti de Jean IX.

•nais

av.int prévalu Sergius fe re-

tira en Tofcane comme il a

Ai

ê Abrège de l'Histoire

S E R G

I

u s

m.

lO. Mecic.

An. été

dit. U fut rapelié en

905'.

"'à

mis à la place de Chriftofle &

pour être

il

fut or-

9^donné incontin'int après Ton arrivée.

Sergius regardant Jean IX. qui

lui

avoit été préféré ,

&

les trois Papes fui-

vans comme des Ulurpateurs , fe déclarai

contre Formofe > approuva la procédure

d'Etienne VIL donc il fit transférer l& Corps dans la Sépulture des Papes. Theo-

dora Femme Noble , mais impudique

gouvernoit alors dans Rome ,

de avoit

deux Filles encore plus déréglées qu'elle , l'une nommée Marozie eut un Fils de Ser-

gius, qui fut dans la fuite le Pape Jean XL

C'eft le premier Pape,

d'un pareil crime.

qui ait été taxé

Ce fut fans doute à Poccafion de la dé-

çaarche de Sergius contre Formofe que le

Prêtre Auxilius publia fes Ecrits pour

défenfe des Ordinations faites par le Pa-

pe Formofe. Ils font au nombre de trois ^ le premier eft un Recueil d'autoritez , le fécond efî en forme de Dialogue entre

PAccuîateur Se PAccufé ; & dans le troir.

iiéme l'Accufateur foutenant que Formo- fe avoit fait ferment de ne jamais monter

fur le S. Siège , PAccufé lui répond que

fon Ordination eft valable à caufe de l'u-

tilité de l'Eglife , préférable au ferment

d'un Particulier.

La même année c)o^. l'Empereur Léon

VL eut un Fils de Zoé ;» ôc voulut faire

Ecclésiastique.

^p

S

E R G

I

u S

UT.

TT"

ic. Siècle.

7

déclarer cecce Femme en qualité de loji

'^'J*^

Epou'e legirime.'^omme il écoir queiHon de a

baptilèr l'enfant fous le nom de tîls de l'Em- .^^^;

percLir , le Pitriircne Nicolas ^c les autres

Evcquts s'y oppoférem à moins que Leoii

ne promîc de congédier la Meie. Ce Priii^ ce en fie ferment i TEnfant fut baptifé le

jour

de l'Epiphanie de l'année 5>o6. &

nommé Condmtin.

Trois jours après Zoé fur introduite

dans le Palais comme Impératrice , «S: Us

noces célébrées quoique L\ns minillére de

Prêtre. Tous les Evcque^ &: tout le Cler-

gé regardant cette entrepntc comme m\

renverfeiTKînc de U Religion , le Patriar-

clic fondant çii larmes

pieds de l'Empereur , ôc le conjura de

quitter cette Femme , jafqu'à ce qu'on eue

tait venir des Légats de Roibc , &: des au-

tres CKaires Parriarchalcs , pour examiner ce qu'd y avoit i ùwc,

Léon écrivit au Pape Sergius , à Mi-

diel Patriarcbc d'Alexandrie , à Elie de

Jerufiilem &: à Simcon d'AntiocKe , les

priant de ve»\ir examiner lu validité de

Coïi mariage. Us envoyèrent des Lcgars ;

maisen arœndafK l'Empereur le fit don-

ner la Béiiédi(f\:ion nuptiale par le Prêtre

Thomas . <5c Zoé fur déclarée Imperanice,

Le Parriarche Nicolas dépofa ce Prêtre ,

^ deftiidit 4 l'Empereur l'entrée de l'E^^ii-

alla fe

jcrter aux

A4

$

x^BREGE DE L*HlSTQIRE R G 1

S E

u" s

lil.

lo. Siècle.

An- fe ; Léon ne vint plus dès iors que dans

^ f la Saciiftie.

ç'^'S.

Les Légats de

Rome

étant arrivés à

C. P. on fit courir le bruit qu'ils venoient confirmer le Mariage de l'Empereur , &

le Patriarche ne voulut pas les voir en pu-

blic. Il propofa à Léon une conférence fe-

crete dans le Palais ; mais il la refuia , de

ayant gagné une partie des Prélats de (on-

obéïlïànce , il manda le Patriarche fous

prétexte du fcftin folemnel qu'il faifoic

tous les ans le

i. Février jour de S. Try-

phon 5

( c'étoit en

907. )

Il prefla alors

inftamment le Patriarche d'approuver Ton Mariage. Nicolas le refuia toujours ; il fut alors enlevé, conduit en exil & gardé très-

étroitement y Se ks Evêques qui étoient de fon fenriment eurent le même fort. On

tint cependant un Concile auquel les Lé-

gats préfidérent , ôc le Mariage de Léon

fut autor/é par dirpenfe. Nicolas y fut

y

depofé , & Euthymius Syncelle , homme

pieux y vertueux ôc de bonne mine , mis à

fa place.

Michel Patriarche d'Alexandrie à qui

Léon VL avoit écrit mourut

la même

année 907. Son Succeiîéur fut Chriftodu-

le. Il avoit été ordonne par Elie de Jerufa-

lem ; mais arrivé à Alexandrie les Habi-

tans ne voulurent pas le recevoir , qu'on

n'eut recommencé fur lui ks prières de

Ecclésiastique.

S E

K

G I

u s

lll.

10. S'.eclc.

l'Ordination. Le Parriarclic Jacobiue de L\ Aiv

même Ville nommé audl Michel croie ^^' mort en 901. 6: le Siège demeura vacanr ^çt.

14. ans. Simeon Patriarche Melquite d'An-

tioche eut pour Succedèur Elie.

En France Hervé Archevêque de Reims

fut confulté par Viton de Rouen , com- ment il devoit en ufer avec les Païens, qui après leur Baptême étoient retournés à

leurs fuperftitions. Hervé lui envoya pt)ur

réponie un Recueil de plulicurs autorités

de S. Grégoire , d'autresPeres Se de quel-

ques Hi(\oires, mais peu autentiques , di-

vilé en 2^. Artic c;.

A N N e'e s

909. il

912.

Hervé' Archevêque de Reims tint plu-

fieurs Conciles dans fa Province. On n'a

toutefois nue

Troflcy près de SoilTons du 26. Juin 909.

les Décrets

de celui

de

auquel (es futfragans alTiftérent ;

& où

Ton voit les louicriptions de 12. Evequcs.

Les Décrets de ce Concile font dilhibués en I f . Chapitres , qui (ont plutôt de lon-

gues exhortations que des Canons. Us font

voir le trifte état de l'Eglifc .5c du Royau-

me de France defolés par Tincurfion des

Normans ôc par les mauvaifes mœurs des

François.

On travailloit néanmoins dès-lors à re«

lever la Difcipline Monallique prefque en-

tièrement déchue -y le commencement de

Ai

to

x^BR^GE DE l'Histoire

S £

R G 1

u s

iii.

lo. Siecie.

An. ce grand Ouvrage fut la fondation dix

^^ fameux Monade re de Clugni en 911. par

^j^' ie Comte Guillaume , nommé Duc d'A-

qukainê Se de Berri ,

Comte d'Auvergne & Petit-fils de Bernard

Comte de Poitiers. Bernon en fut le pre-

mier Abbé. Il avoit embraiîë la vie Monal-

tique à S. Martin d'Autun. Il en fut tiré pour gouverner le Monaftére de Labaume en Bourgogne. Il y rétablit la Dilcipline

régulière félon les reglemens de S. Benoit

d'Aniane. Il gouverna en même tems plu- iîeurs Monafléres , comme Labaume, Gîg-

Fils

de

Bernard

ni 5 Vezelai , Clugny de autres.

Adalger de Hambourg ne pouvant

plus agir à caufe de fa vieillelîè fit venir

Hoger de la nouvelle Corbie pour le fou-

lager. Le Pape Sergjus renouvella les pri-

vilèges de Brem.e , & donna à Adalget

cinq Evêques voifins pour kaider dans les:

fon6tions Epifcopales > avec pouvoir d'é^

tablir de nouveaux Evêchés. Il mourut:

en 909. ôc Hoger qui lui fucceda 3 reçut

le Pallium du Pape Sergius Ôc la Ferulc:

ou Bâton Paftoral du Roi Loliis, il mou--

rut en9if» & de (on tems les

SclaveSv

defolérent le Diocèfe de Hambourg.

L'Empereur Léon mourut le 1 1. Mai-

de l'an 9.1 1.

On a de lui plufieurs Ecrits :.

entr'autres des Sermons pour différentes^

îêces» On lui attribue une Lettre de coih

ECCLESIA^TT OUÏ.

Cl

^ ERG lus

lil.

IC. bieCiO.

troverlc au Calit-e Omar i mais

plutôt de Léon llaurien , parce qu'Omar'?'*

cile cd: Ai-

rcgnoïc eu 717. Il a fait

un Traité de ^^--

TacHque , l'on voit que toute l'Armée

chaatoic foir ôc matin le Trisagion , &

que la veille du Combat un Pràre jeccoic

de l'eau bénite fur toutes les Troupes.

Alexandre Frerc de Léon qui étoir Tu-

teur du jeune Conftantin lurnommé Por-

Fhyrogenete , lequel fucceda à Ion Pcrc à

âge de 6. ans , challa d'abord Euchymius du Siège de C. l\ &: y remit Nicolas le

MilHquc y que Léon avoit rapellé de ioa

Exil.

Hatton Archevêque de Mayence mou-

rut en 911. On dit qu'il gouverna julqu'i

douze *\'

Hcriger .

'

es.

Son

Succellcur Fuc

, Fulde. Le Munallcre de

S. Gai dc)a célèbre dans ce tems-là avoic

;alors plufieurs Moines illulVres par leui*

pieté i^ par leur Doctrine. Nott]uer le Bè-

gue qui mourut la même année étoit ua

des plus dillingués. Il avoit compofé plu«»

iîeurs Hymnes ou Proies pour la Melle.

On raporte à la même année la conver-

fîon du Fameux Rollon à qui Charles le

^mplc avoit cédé la Normandie. Rollon

le plus brave des Nornians eut la double

gloire d'ilTurer un établillèment à fcs

Compatriotes dans une des plus belles

i^rovinces de France , ÔC de leur procurcjc

12

Abrégé de i'Hïstoire^

S E

R G I u s

III.

lo. Siècle.

An- le don iiieftîmable de la Foi.^ Il avoir toû-

-&09

à à

'Z.

jours été vidorieux excepté devant k- Vil- je de Chartres y qui fut délivrée par une

prote6tion particulière de la Sainte Vierge,

Pendant les huit jours qui fuivirent Ton

Baptême 5 que Françon Archevêque de

Rouen lui adminiilra , il donna chaque

jour une Terre à quelqu'une des principa-

les Eglifes que ce Prélat lui indiqua.

Louis Roi de Germanie mourut la mê-

ine année 911. i & ne laitïà point d*Héri-

tiei-s. La pofterité de Charlemagne au de* du Rhin finit à la mort de ce Prince ,

ôc Conrad I. Duc de Franconie fut élu

pour lui fucceder.

Alexandre Tuteur du Jeune Conftan-

tin mourut aufli cette même année d'une

Hémorragie violente , fuite d'un excez de

débauche. On lui fubftitua pour Tuteur

du jeuhe Prince , le Patriarche Nicolas;

Alexandre n'avoit prefque point de Reli-

gion ; on l'a même accufé d'avoir facrifié

aux Idoles.

Le Pape Sergius III. mourut le 6. Dé^

cenibre de cette même année piz. quel-

ques Auteurs placent néanmoins fa mort

en l'année 91 1. & d'autres qui ne lui don-

nent que trois ans & quelques mois de

Pontificat à l'année 910. Après fa mort le

S. Siège vaqua 9. mois & 18.

jours. Ce

que Luitprand Auteur plus ingénieux qu€.

E ce L E s I A s T I QIT F.

Sergius III. 10. Siècle.

ff

judicieux , qai feul raporte ccitains faits Att:

contre

une pure calomnie à bien des Hilloriens ^çtt.

tant par raifon de Ton peu de jugement ,^—

que parce qu'on le fçait extrêmement paf-

lionné ôc indirpofc contre les Papes , que

par raport à ce qu'il n'a écrit que 50. ans

après la mort de Sergius.

ce Pape , en a raporté , a paru ^^

ANASTASE III.

A N N

t' E

s

91 3.

«5C

91 4-

ANAST\<;Ein.

iCoinain liegca 8.

ANastase Iir. monta

fur le Tronc Pontifi-

4. d'0(flobre de l'an-

moi!> & î

jours.

Landon ouLan-lp^l U

doluilucccda cn'^', *^

SM

née 913.011 loije principa-

lement ce Pape pour la dou- ceur de Ton gouvernement.

Il reçut une Lettre de Nico* las Patriarche de C. P. dans

laquelle ce Prélat racontoic

l'Hirtoire du quatrième Ma-

riage de l'Empereur Léon

VI. 5c fe plaignoit de la du--

reté des Légats de Sergius

IIL *' qui, diloit-il, femblenc

n'être venus que pour me '^

déclarer la guerre. Il prioit

i4

Abrège de l*Histoïre

A N. A s T A s E. IlL

lo

Siècle.

^"- Anaftafe , naii de condamner ia mémoire

avoir reconnu ia

^ ' ''j fa ure avant que de mourir , ni celle du

&

de Léon qu'il atTuroit

Pape Sergius ;

mais de punir ceux qui

éroieiu encore en vie , Se qui avoient eu

part

TEmpereur Conftantift envoyoit un Am-

baiïadeur à Rome pour f^ire la même

à

cette

affaire ',

il ajoutoit

que

prière ; mais cette Lettre

fut fans effet -,

ie Pape Anaftafe étant mort le

6. Juin

L A N D O N.

Suite de l'Anne'e 914

Anne'e 915,

LANDON na-

tif de Sabine, ne fiégea que cinq

moisôc 22. jours. Jean X. lui lUc-

ON

ne trouve rien ton^

chant le j^ntificat de

Landon qui fucceda à Anaf^

tafe IIL Lé S^ Siège ayant

vaqué 5 . mois & 27. jours Il ne vaqua que quatre jours, après la mort de ce Pape

zj. Avril de

qui arriva le

i'an 5)ijv

EcCLESTA*?TtQTyl TJ

JEAN X.

buiTE DE l'Annexe 915. Anne'es 916. à 915.

JEAN X Ko

ma 111, occupa le

S. Suge li- ans ,

deux mois ÔC î

iours. Il eut pou;

Succc'leur Lcoi;

VI. en Cit.

LE

crédic de Thcodori

Sœur de Marozie ht éli- e Pape Jean X. , qui étoit icja Archevêque de Bolo-

gne.

Les deux Princes de

Capouë invircrenc Jean au

commencemenr de (on Pou-

cificac à

fe joïjidre

à eux

pour chalîer les Sarralins de

6c le Pape y alla

Ganllan ,

lur-même. Les Sarrafins fu-

défaits en 91 5. & l'on

rent

croit que Déranger aida à

cctce vidoire , ce qui le fie

couronner de nouveau Em-

pereur par Jean X. au mois

deSeptembre de l'année 9 6, Les Moines du Mont

Caffm étoient encore hors

de

leur Monaftére > fans

toutefois l'avoir abandonné

entièrement. Après S, Ber-

tier avec lequel ils fe réfu-

gièrent à Teano , Us eurent

pour Abbé Ragemprand n.

ï6

AbREGJ de L^HlSTQIRg

Jean X.

i o.

Siècle.

An puis Léon, qui commença de reparer les

^'à.^' Bârimens brûlés par les Sarraiins ; & JeaiT

l^' Archidiacre de Capouë Succeiïèur d-e Léon les acheva. Apre's 70. ans de ravages les Normans

S'éroient enfin établis

en France ,

&

avoient embraflTé le Chriftianifme. Hervé de Reims confulta Jean fur divers cas de

Pénitence à Toccafion de leur convcrfion ,

à laquelle il travailloit toujours beaucoup.

Le Pape lui témaigna fa joye

de la coii-

verfioii de ce Peuple j

queftions.

de le fatisfit fur Tes

Les ravages des Hongrois Se leur barba-

rie extrême avoit répandu cstte opinion

parmi le Peuple que c'étoir le Gog ôc le

Magog prédit dans Ezechiel & dans PA^

pocalypfe. Vilfrid Evêque de Verdun con-

liilta là-dellùs un Abbé d'un Monaftére

de S» Germain , qui lui répondit que cet-

te opinion étoit frivole y ôc n'avoit rien de

& qui lui expliqua ce qu'il falloir

entendre par Gog Se Magog. On trouve

vrai 5

avec cette Lettre uu autre

croit être du même Auteur ,

Ecrit qu'on

il eft dit

qu'on ne dédie point d'Eglifes en l'hon-

neur des Saints de l'Ancien Teftament ^

parce qu'on n'a point de leurs Reliques 3

(ait pas le jour de leur,

outre qu'on, ne

mort. L'Eglise d'Allemagne étoit la plus

E C C L

E s

J E A N

T

X.

A s T f Q tr F.

ic. Siec'e.

If

cxpolée aux ravages des Houk^rois. A lire- ^a.

me ils bruiérem les Egliles , &: mailacré-^a

'

rem

les l^rccres au pied des Autels ,

ils ^^

brifolcnr les Croix & s'en moquoient. \]ï\c

tcmpêie s'éleva dans certc circonl^ance ,

& failant voltiger

les éclats de bois des

Eglilcs à demi brûlées , elle les

toits des

lança au vifage àc ces Barbares qui le

précipitèrent dans le fleuve , ou tombé*

rent entre les mair.s des Citoyens > ce qui

fut regardé comme un miracle. Ils tirent une nouvelle incurlîon en 917. & vinrent jalqu'à l'Abbaïc de Fulde , prirent c?c brû-

lèrent la Ville de Baie La rocmc année

\ts Bulgares alTiégéant C l\ mais les ha-

bitans les obliw>ércnc de le retirer.

Renouard avoit fucccdé en 915. â>

Hoger dans le Diocci'e de Biemc , il eue

au bout d'un au Unni pour Su'bccllcur*

L'Eglile de Danncmarc lourtrit alors une

violente periécution