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MEXIQUE

Novembre 2010 SERVICES ÉCONOMIQUES

APERÇU DU MARCHÉ : Le PIB mexicain devrait afficher une croissance marquée à court terme, qui
Économie s’explique en partie par le très net ralentissement économique de 2009. Les perspectives pourraient être
Cotes souveraines en compromises par les risques importants qui planent sur la consommation et l’activité manufacturière aux É.-
devises à MLT U. Malgré le fort taux de croissance envisagé, il faudra probablement attendre jusqu’en 2012 pour revoir les
Moody’s : Baa1 niveaux de production d’avant la crise. Les marchés des changes et des capitaux se sont stabilisés et S&P
S&P : BBB+ comme Moody’s accompagnent maintenant leur notation de l’État mexicain de perspectives stables.
Fitch : BBB+
PIB nominal (2009) Économie réelle : Le PIB réel a reculé de 6,6 % en 2009, sous l’effet conjugué de la crise financière mondiale et du
876 G USD plongeon des importations et du secteur manufacturier américains du 3T2008 au 1T2009. La baisse d’activité au cours de
Population (2009) : cette période a été considérable, puisque malgré une croissance positive constante de trimestre à trimestre depuis le 2T2009,
111 millions le PIB a néanmoins reculé de 6,6 % l’an dernier. Nous pensons que le secteur manufacturier et les exportations hors pétrole
demeureront les principaux vecteurs de croissance en 2010, grâce à l’intensification de l’activité commerciale et
Commerce total /
manufacturière aux É.-U. Les sources de croissance intérieures n’auront probablement pas la vigueur de la demande
PIB (2009) :
53 % extérieure, car la confiance des consommateurs reste fragile, les prêts à la consommation et non bancaires n’augmentent
toujours pas et les envois de fonds des expatriés n’enregistrent qu’une légère augmentation. La croissance du PIB devrait
Monnaie : s’établir à 5,1 % en 2010, puis à 4,1 % en 2011.
Peso mexicain (MXN)
Politique budgétaire : Les déficits budgétaires devraient être modestes pendant la période de référence, pour une bonne part
Régime de change : parce que le Mexique n’a pas compté autant que d’autres marchés sur des mesures de relance. Cependant, nous ne nous
Flottement indépendant attendons pas à une nette amélioration en 2010, le gouvernement tablant sur un baril à 57 USD pour calculer ses recettes par
Importations rapport à 70 USD en 2009. Les indicateurs de liquidité et de solvabilité ne sont pas préoccupants à ce stade-ci, mais les
de marchandises finances publiques suscitent une inquiétude persistante qui pourrait provoquer une autre série de révisions à la baisse de la
du Canada (2009) : notation dans les prochaines années (en 2009, Fitch et S&P ont toutes deux revu à la baisse la cote de solvabilité du
3,1 G CAD Mexique). Le plus préoccupant est l’étroitesse de l’assiette fiscale non pétrolière, qui ne représente que 10 à 11 % du PIB, et
(Statistique Canada) la dépendance de l’État à l’égard des recettes pétrolières (environ 35 % des recettes publiques). Ce dernier point est
Principaux produits particulièrement inquiétant, étant donné la baisse de la production pétrolière en perspective.
d’exportation : Politique monétaire : Le peso s’est nettement apprécié depuis le plus fort de la crise financière mondiale et l’instabilité s’est
Oléagineux normalisée. Nous pensons encore que le peso fléchira légèrement au cours la période de prévision, à mesure que des
Automobiles et incidents viendront perturber la reprise mondiale (p. ex. la dette de la Grèce et les difficultés de Dubai World) et que la
véhicules légers banque centrale met en œuvre sa nouvelle politique visant à accroître les réserves de devises (en achetant des USD).
Blé
Animaux (transformés) Secteur extérieur : Étant donné la nette intégration de sa base manufacturière avec les fabricants américains, la dépendance
M et E (pétrole/gaz/mines) connexe envers les É.-U. en tant que destination de ses exportations (environ 80 %), la dépendance envers ce même pays
comme principale source de fonds envoyés à leur famille par les travailleurs expatriés, le Mexique a ressenti tout
Principale destination des
particulièrement le contrecoup de la faiblesse américaine et continue de le ressentir. Les échanges ont été frappés très
exportations (2009) :
États-Unis (73%) durement en 2009 (-20 % en termes réels), mais c’est le secteur de l’économie appelé à croître le plus rapidement. Les
investisseurs internationaux achètent de nouveau des actions et des obligations mexicaines, d’où l’appréciation importante du
Perspectives peso et des cours boursiers et la nette amélioration des écarts sur les obligations d’État. La confiance retrouvée a permis au
Reprise américaine Mexique de lancer un emprunt de 1 G USD (janvier), de tempérer l’inquiétude suscitée par l’échéance de son accord de swap
plus vigoureuse que de 30 G USD avec la Réserve fédérale et de demander la fin de sa ligne de crédit flexible de 47 G USD avec le FMI.
prévu Consciente de ce que l’aversion mondiale pour les risques peut se manifester de nouveau (en particulier au vu des problèmes
qui affligent les pays très endettés de la zone euro), la banque centrale cherche activement à augmenter les réserves
Nouvelles
internationales (à l’instar du Brésil et de la Chine) en guise de police d’assurance contre toute instabilité future des marchés.
turbulences
mondiales dans le Perspectives : Les liens importants avec l’économie américaine resteront déterminants dans les perspectives économiques du
secteur financier. Mexique dans un avenir prévisible. Ces liens devraient engendrer une croissance rapide en 2010-2011, car aux É.-U., les
Marasme dans le importations et l’activité manufacturière rebondissent après le recul épouvantable de 2009. Malheureusement, à plus long
secteur terme, les perspectives pour le consommateur américain sont beaucoup moins attrayantes que celles qui prévalaient pendant
manufacturier les années de forte expansion, ce qui limitera la croissance des exportations mexicaines de biens durables. Le Mexique doit
donc devenir plus concurrentiel pour augmenter la part de marché de ses exportations vers les É.-U. et de mieux exploiter son
important réseau d’accords de libre-échange. S’il n’arrive pas à faire progresser ses réformes, le Mexique pourrait de
Verónica Lares nouveau être victime de révision à la baisse de sa cote de solvabilité. Faire en sorte que PEMEX ne soit plus la vache à lait de
vlares@edc.ca l’État et lever les restrictions qui empêchent le secteur privé d’investir dans le secteur de l’énergie contribuerait fortement à
éviter cette dégradation de la qualité du crédit.
Redressement de la fabrication et des exportations
Production industrielle: fabrication (à g.
Indicateurs économiques 120 dés. 2003=1000) $30,000
2004-2008 Exportations, fob (dés., M USD)

20 (moy.) 2009 2010 2011 $25,000


PIB (croissance réelle en %) 3,4 -6,6 5,1 4,1 110
Inflation (variation en %, m.a.) 4,3 5,3 4,5 4,8 $20,000
Équilibre budgétaire (en % du PIB) -0,1 -2,3 -2,2 -1,8
Exportations (c.a.c. en %) 12,1 -21,2 16,9 10,0 100
$15,000
Importations (c.a.c. en %) 12,6 -24,0 19,6 11,1
Compte courant (en % du PIB) -0,8 -0,6 -1,3 -2,3
Réserves (mois de débits courants) 3,2 4,3 4,0 3,5 90 $10,000
Dette extérieure (en % du PIB) 18,6 20,8 17,8 17,1
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Ratio du service de la dette (exigible) 16,2 14,1 14,2 12,6


Taux de change (MXN/USD; fin d’an.) 11,5 13,1 12,7 13,0
Sources : EIU et Services économiques d’EDC
MEXIQUE
Octobre 2010 SERVICES ÉCONOMIQUES

Climat politique : En juillet 2006, Felipe Calderón du Parti d’action nationale (PAN) a remporté une courte victoire à
Politique l’élection présidentielle, ce qui a renforcé la transition du Mexique vers la démocratie. M. Calderón a été investi de ses
fonctions présidentielles le 1er décembre 2006 pour un mandat de six ans et jouit depuis d’un taux de popularité de 60 %. Son
Structure politique élection a été bien accueillie dans les milieux d’affaires locaux et étrangers, qui souhaitent une continuité politique et à une
République fédérale saine gestion de l’économie. Contrairement à son prédécesseur, M. Vicente Fox, paralysé par les divisions au sein du
Congrès et du Sénat, M. Calderón a été en mesure au cours des trois premières années de son mandat de lancer des réformes
Président
Felipe Calderón fort attendues des régimes de retraite ainsi que sur les plans budgétaire et électoral, tout en étant minoritaire dans les deux
chambres. L’une des réformes devrait fortement stimuler les recettes fiscales, et l’autre, réduire la capacité des partis
Organes législatifs politiques d’acheter de la publicité à la radio et à la télévision pendant les campagnes électorales
 National : Chambre des
députés (500 sièges); L’affaiblissement du PAN et la montée du PRI aux élections de mi-mandat du Congrès en juillet 2009 ont entraîné la
Sénat (128 sièges) création d’un nouvel échiquier politique. Le PRI a obtenu 36,7% des suffrages aux élections de juillet dernier où les
 État : 32 gouverneurs et 500 sièges étaient en jeu. Majoritaire au Congrès, le président Calderón doit surmonter des défis sans précédent dans la mise
législatures en œuvre du plan de développement national de son administration, lequel insiste sur la règle de droit, la croissance
économique et les gains de compétitivité; le président a d’ailleurs exprimé son intention de s’attaquer au pouvoir des
Principaux partis monopoles au Mexique. De surcroît, le sentiment de rancune exprimé dans le sillage des élections gubernatoriales donnera
(pourcentage des suffrages) sans doute au PRI encore moins de motifs de collaborer avec le parti PAN du président Calderón à l’adoption de nouvelles
 Parti révolutionnaire réformes.
institutionnel (PRI)
(36,7 %) Conjoncture de l’investissement : Même si le contexte commercial demeure fortement politisé et souffre de l’absence d’un
 Parti action nationale cadre juridique solide, la situation évolue rapidement car le gouvernement et le secteur privé se tournent davantage vers
(PAN) (28,0 %) l’extérieur. Les textes de loi et les accords de libre-échange comme l’ALENA garantissent par ailleurs l’accès à l’arbitrage
 Parti de la révolution international. Ces accords ont à leur tour consolidé la position du Mexique comme premier bénéficiaire de l’investissement
démocratique (PRD) direct étranger dans la région.
(12,2 %)
La corruption est un problème grave et continue d’avoir des retombées négatives sur le climat des affaires malgré
Dernières élections l’importance croissante accordée aux mesures anticorruption. La méfiance historique des Mexicains à l’endroit de
 Présidentielles : juil. 2006 l’investissement étranger s’atténue. Le pays accueille à bras ouverts les entreprises étrangères dans presque tous les secteurs,
 Législatives : juil. 2009 sauf celui de l’énergie où les débouchés pour les sociétés étrangères sont limités. Toute décision d’autoriser de façon
 Gouverneurs : variable, significative les investissements étrangers dans les secteurs du pétrole et de l’électricité serait très controversée et le
mais mandat de six ans nationalisme prévaudra probablement à court terme. À la fin d’octobre 2008, M. Calderón n’est parvenu qu’à faire adopter
Prochaines élections des réformes minimes visant le secteur pétrolier qui ont toutefois accru la participation étrangère dans certains secteurs et, à
 Tous les niveaux : cet égard, revêtent un caractère symbolique essentiel.
juillet 2012 Violence politique : Les grèves et les manifestations sont fréquentes au Mexique et peuvent influer sur les activités des
Enquête sur la liberté entreprises. Le taux d’enlèvement demeure élevé, mais c’est la constante confrontation entre le gouvernement et les
de la presse : organisations du trafic de la drogue (OTD) qui représentent la plus grande menace pour la sécurité. Au début de son mandat,
 Résultat de 2010 : 60 M. Calderón a lancé une vaste campagne de lutte contre les cartels les ODT les plus connues, opération qui a même mené à
(liberté partielle) l’extradition de présumés trafiquants vers les États-Unis. Depuis l’entrée en fonction du président Calderón, on dénombre
(0 : liberté; 100 : sans environ 20 000 homicides liés au trafic de stupéfiants. De nombreux États sont le théâtre d’assassinats très médiatisés de
liberté) politiciens et d’agents de la sécurité, d’où les soupçons de liens étroits entre le crime organisé et la corruption à l’intérieur
freedomhouse.org des forces policières à tous les paliers de gouvernement. Le gouvernement doit démontrer qu’il peut contenir la
narcoviolence, réaffirmer son autorité, en particulier dans les quartiers des villes se trouvant sur le trajet de transit des
Indice de contrôle
narcotrafiquants, à proximité de la frontière américaine et des États du Nord-Est.
de la corruption :
 Résultat de 2008 : -0,26 Des groupes d’insurgés comme l’EZLN et l’EPR ont mené de temps à autre de violentes attaques. L’EPR a revendiqué la
(le pire : -2,5; le meilleur : responsabilité de trois attentats distincts contre les infrastructures de Pemex, perpétrés entre juillet et septembre 2007, mais
+2,5) ces groupes ont depuis été relativement peu actifs.
worldbank.org
Perspectives politiques
La possibilité de plus en plus improbable d’une collaboration entre le PRI et le PAN risque d’aboutir à une
impasse législative. Le président Calderón semble pour l’heure se consacrer à la mise en œuvre de ses
plans de réformes, situation qui risque de limiter considérablement sa capacité d’adopter de nouvelles lois
Barbara Grinfeld d’ici la fin de son mandat, en 2012. Un nouveau ministre de l’Intérieur a été nommé en juillet 2010, mais il
bgrinfeld@edc.ca pourrait s’écouler plusieurs mois avant que soit déterminé sa véritable capacité à concilier les divergences au
sein du Congrès. Le PRI semble peu enclin à collaborer avec le PAN, sa principale préoccupation étant de
conserver l’élan acquis en vue des élections présidentielles et législatives de 2012, mais il l’a fait à quelques
reprises. Quoi qu’il en soit, le passage de nouvelles lois laissera sans doute la place à la campagne
électorale lorsque tous les partis se prépareront aux élections de 2012.