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AGIR POUR SA SANTE -

COMMENT DEVELOPPER SES RESSOURCES PERSONNELLES

J'ai le plaisir de vous proposer une formule de lecture originale. Pour lire ce livre, vous avez le
choix entre trois options :

1. Cliquer sur le lien qui se trouve au niveau de la barre de menu à droite de votre écran.

2. Vous rendre sur la page de sommaire et choisir le lien correspondant au chapitre qui vous
intéresse.

3. Pour une lecture chronologique du livre, il vous suffit de cliquer sur le bouton suite en bas de
chaque page. Ce bouton active l'affichage de la page suivante.

Le bouton menu vous amène en haut de la page déjà lue.

Ce livre est également proposé en version CD (HTML et PDF) lisible par tout ordinateur équipé d'un
logiciel de type navigateur Web (Internet Explorer, Safari, Netscape Communicator...).

En bonus, il est accompagné des sites Agir pour sa Santé, Espace Création Bien-être, Rémissions et
Ado SOS ainsi que d'une séance de relaxation (lisible avec QuickTime).

Ce livre a pour vocation d'être lu par le plus grand nombre y compris et surtout par les personnes
victimes d'exclusion sociale et vivant en deça du seuil de pauvreté.
Cette version du livre, la plus économique et la plus respectueuse de l'environnement est proposée
(frais de port inclus) pour une participation de 10 à 30 €, en fonction des revenus. Pour l'étranger,
compter 5 € de frais de port supplémentaire.

Tous les bénéfices et droits d'auteur seront reversés à l'association Espace Création Bien-être avec
l'espoir de financer enfin un premier poste salarié.

Pour passer commande...

SOMMAIRE DU LIVRE AGIR POUR SA SANTE

PREFACE
Préambule : comment un bilan psychologique et la lecture d’un livre peuvent se transformer en une
recherche scientifique sur votre santé

Information au lecteur

1. Le processus de santé

2. Le système immunitaire

3. La psycho-neuro-immunologie

4. Vos ressources intérieures

5. Les cellules du système immunitaire

6. Le stress

7. Les effets du stress sur l’immunité chez les animaux

8. Les facteurs de stress chez l’homme

9. La dépression et l’immunité

10. Accepter l’inacceptable grâce à l’écriture et la relaxation - Une psychothérapie

11. La dépression et le cancer

12. L’attitude psychologique et le cancer

13. L’adaptation au stress

14. Gérer le stress

15. La force de la prière

16. L'état de conscience modifié

17. Les points communs entre les différents modèles de psychothérapie

18. L’espoir fait vivre


19. Le placebo : La force de la croyance

20. La méthode d’Émile Coué

21. Histoires de l’hypnose

22. L’état d’hypnose et l’hypnothérapie

23. L'auto-hypnose

24. Les effets de l'hypnose sur la biologie

25. Les effets de l'hypnose et de l'auto-hypnose sur la qualité de vie de personnes atteintes de
cancers
25. 1. Soulager la douleur et l’anxiété
25. 2. Atténuer les nausées et vomissements
25. 3. Améliorer l’humeur

26. Les effets de l'hypnose et de la thérapie de groupe sur la durée de la survie de personnes
atteintes de cancers

27. Le groupe et la santé

28. Le lieu de contrôle interne

29. Le coping

30. Les effets de suggestions positives et négatives sur l'immunité

31. Les effets de la préparation psychologique à l’intervention chirurgicale

32. L'alimentation et l’exercice physique

33. L'attitude positive, l'immunité et l’espérance de vie

34. Alain. Un exemple de rémission spontanée de sida

35. La santé et la raison de vivre

36. Arc-en-ciel

37. L’expérience de San Diego

38. Agir pour sa santé

39. Contexte de vie, changement et guérison

40. Les rémissions et l'éthique

Conclusion

Annexe 1 : Quelques questionnaires

Annexe 2 : Analyse des résultats

Bibliographie de référence en langue française


Bibliographie Générale

REMERCIEMENTS

Pour toute l’aide et le soutien vital qu’ils m’ont apportés tout au long de ces années d’études, je
remercie ma famille et mes amis.

Pour leur éclairante relecture, je remercie tout particulièrement Marianne Gluge et Sandrine
Cayrou (psychologues), Frédérik Bois-Mariage (D.E.S.S. de neuro-sciences), ainsi que les
Docteurs en médecine : Pascale Surugue, Christian Chavigner, Jacques et Maïté Coppet, ainsi
que Marie-Hélène About (conseillère en édition).

Aux soixante dix volontaires des associations Agir pour sa Santé et Espace Création Bien-être,
ainsi qu’à tous ceux qui m’ont aidé dans cette passionnante aventure, j’adresse ma gratitude et
mon amitié.

PRÉFACE

La vocation de cet écrit est d'offrir à chacun un ensemble d'informations utiles et de techniques
accessibles favorisant le maintien ou le rétablissement de sa santé.

À l'origine du bien-être physique et psychique, il y a tout un ensemble de processus complexes :


chimiques, électriques, génétiques, biologiques, psychologiques, etc. Ils sont comme enchevêtrés,
reliés ensemble par une intime relation : une harmonie vitale.

Cette harmonie vitale sera notre fil conducteur tout au long de l’étude de l’interdépendance de ces
processus.

Leurs interactions sont envisagées par une science nouvelle et passionnante : la Psycho-Neuro-
Immunologie.

Il s'agit de la rencontre des univers théoriques et cliniques de la psychologie avec ceux de la


neurologie et de l'immunologie.

De par leurs enrichissements mutuels, ces disciplines en interaction apportent un nouvel éclairage
sur la façon dont l'individu fonctionne et surtout sur les moyens dont chacun dispose pour favoriser
un processus de santé.

Dans le cadre de cet ouvrage, nous nous focaliserons essentiellement sur les recherches montrant
qu’il est possible d’agir pour sa santé.

Grâce à la pratique de certaines techniques, de nombreuses personnes ont amélioré leur qualité de
vie.

Cette pratique a également augmenté certaines défenses immunitaires et leur espérance de vie.
Parfois, des rémissions apparaissent...

Je vous invite à vous offrir le temps de réaliser les exercices proposés et à devenir tout à la fois le
chercheur et l’acteur de votre santé.

A vous qui êtes concernés par la santé ou la maladie, je dédie cet ouvrage.

J’espère de tout cœur qu'il vous sera agréable à lire et surtout bénéfique.
PREAMBULE :
comment un bilan psychologique et la lecture d’un livre peuvent se transformer en une RECHERCHE
SCIENTIFIQUE SUR VOTRE SANTE.

Le changement perpétuel vécu en permanence est l’une des seules certitudes du vivant.

En nous et tout autour de nous s’élabore le changement. Les jours alternent avec les nuits. Se
succèdent les saisons, les événements et nos différentes façons de les percevoir.

Nous évoluons sans cesse au travers des différents stades de notre existence. De notre conception
à notre fin terrestre, nous changeons d’apparence, de perception, de pensée, d’attitude, de
comportements, de rythme... et de biologie. Tout en nous se modifie au gré des événements et
surtout en fonction de notre façon d’y réagir.

Faire le point de sa situation par écrit permet de vérifier l’adage : « Les paroles volent, les écrits
restent. » Le refaire une seconde fois donne un élément de comparaison avec le premier. A partir
de deux moments d’auto-observation, il vous est possible d’identifier la nature et l’intensité d’un
changement.

En l’occurence, si vous faites le point de votre situation par écrit à deux reprises, avant et après la
lecture de cet ouvrage, vous obtiendrez un moyen de comparer votre attitude psychologique et de
constater ce qui a changé en vous et pour vous. De même, vous pourrez identifier ce qui a été à
l’origine de votre changement.

Mesurer votre qualité de vie à ces deux moments-clés vous permettra de disposer en quelque sorte
de deux radiographies de votre bien-être et de la façon dont vous le percevez.

Le simple calcul de la différence entre les deux résultats concernant une des dimensions de votre
vie vous donnera accès à la mesure de ce qui a évolué en vous.

C’est le propre de la démarche scientifique de base en psychologie : le protocole à cas unique


(single case design). L’étude se porte sur ce qui a introduit le changement, la variable qui nous a
fait varier.

Le seul problème, dans le domaine de l’étude de l’esprit, c’est que de nombreuses variables nous
font changer en permanence. Notre condition physique, notre qualité et quantité de sommeil, notre
alimentation, notre lieu de vie, notre environnement matériel, humain, affectif, émotionnel, social,
culturel, spirituel... tous ces facteurs introduisent des variations plus ou moins subtiles dans notre
état d’esprit. C’est sans doute pourquoi ce domaine de recherche est qualifié par certains de
science de l’imprécis. (1)

Le questionnaire, au début et à la fin de ce livre, représente un moyen arbitraire et aléatoire de


mesurer un processus de changement. Toutefois, associé à des analyses biologiques, il peut
s’avérer pour vous une source précieuse d’informations sur les variables en jeu dans les processus
psycho-physiologiques qui détermine votre état de santé. En participant à cette réflexion, vous
pouvez devenir le chercheur de votre propre santé.

Pour rentrer dans le vif du sujet, je vous invite à faire le point de votre situation grâce aux
questionnaires suivants. Ils vous permettront de rentrer au cœur de votre problématique et de
mesurer votre potentiel d’évolution. Sentez-vous libre d’y répondre avec autant de spontanéité que
possible.

Pour vous faciliter la vie, vous pouvez imprimer le document suivant.


Date de naissance :

Sexe : F M

Date d’aujourd’hui :

Quelles difficultés ou motivations vous amènent à lire ce livre ?

Je vous invite à évaluer votre santé sur des échelles. Donnez une note de 0 à 100 à la proposition :

J’ai un excellent moral.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Faites-en de même pour les propositions suivantes :

Je suis heureu(x)(se) dans ma vie de tous les jours.

Votre note =

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Votre note =

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit.

Votre note =

Je suis intéressé(e) par l'apprentissage de techniques de santé.

Votre note =

Je pense que la pratique de techniques de santé m'aidera à combattre mes difficultés.

Votre note =

Je me sens soutenu(e) par rapport à mes difficultés.

Votre note =

J’ai un bon sommeil, paisible et réparateur.

Votre note =

1. À votre avis, quel est votre état de santé actuel sur une échelle de 0 à 100, en imaginant que
100 corresponde à un état de santé idéal ?

2. Par quelles difficultés de santé éventuelles êtes-vous concerné ?

2.1. Depuis quand ?

2.2. Quelle a été la fréquence de ces troubles depuis 1 an ?

3. Qu'avez-vous tenté pour guérir de ces difficultés ?


4. A peu près combien de jours par an ressentez-vous ces difficultés ?

4.1. Pouvez-vous exprimer votre degré de gêne par rapport à ces troubles sur une échelle de 0 à
100 en imaginant que 100 corresponde à une gêne maximale.

5. Toujours avec l'échelle précédente de 0 à 100, quel sera d'après vous votre état de santé dans 1
an ?

5.1. Par quel moyen espérez-vous vous guérir de ces symptômes ?

6. Que ressentez-vous et que vous dites-vous lorsque vous les sentez venir ?

7. Que faites-vous dans ces moments là ?

8. Je vais à présent vous soumettre des formulations et vous pouvez exprimer en pourcentage
votre degré d'accord avec elles.

8.1. Je pense que le stress de la vie influe sur ma santé.

8.2. Je sais que je peux guérir en apprenant à utiliser mes potentialités.

8.3. En gérant mon stress, je peux profiter d'une bonne santé.

8.4. Je suis prêt(e) à m'investir pleinement dans un travail sur moi-même pour voir mes difficultés
disparaître.

9. Quels ouvrages avez-vous lu sur le thème de la santé et que vous ont-ils apporté ?

9.1. Qu’attendez-vous de la lecture de ce livre ?

Quelle est la fréquence et la nature de votre pratique personnelle de techniques de santé telles que
: prière, respiration, relaxation, visualisation, auto-hypnose, méditation, yoga, taï-chi, chi-cong,
gymnastique, activité sportive... ?

Notez depuis combien de temps vous pratiquez ces techniques, la durée de vos exercices
quotidiens et ce qu’ils vous apportent.

________________________________________

Moles A. (1990). Les sciences de l’imprécis. Seuil, 311 p.

INFORMATION AU LECTEUR

fin de faciliter la lecture de ce livre, vous seront présentés pour chaque chapitre avec ces
caractères :

Le titre du paragraphe

Une citation ou un résumé de la question

UN CONSEIL DE SANTE
Une synthèse de recherches scientifiques commentée
UN EXERCICE PRATIQUE
Les idées force du texte seront en caractère gras

Les chiffres et les nombres entre parenthèse signalent les références que vous trouverez en bas de
page. Ils peuvent aussi renvoyer à l'explication d'un terme technique.

Afin que la lecture de ce livre vous soit pleinement profitable, je vous invite à :

- vous y plonger chaque jour à condition d’en ressentir la motivation

- vous aménager un temps de lecture confortable sans être dérangé, de préférence le soir

- lire uniquement ce qui vous intéresse

- ne lire qu’un, deux ou trois chapitres par jour au maximum

- relire à plusieurs reprises ce qui vous fait du bien

- prendre le temps de mettre en pratique les exercices que vous appréciez le plus

Je vous souhaite une excellente et fructueuse lecture...

1. LE PROCESSUS DE SANTÉ

De nombreuses recherches scientifiques montrent que l'état d’esprit agit sur les processus de
santé.

Retrouvez la curiosité de découvrir vos ressources personnelles. Grâce à elles, vous pourrez
accéder au processus de changement qui est l'essence de la vie. Adoptez dès à présent un journal
de bord dans lequel vous pourrez écrire régulièrement.

Afin d'explorer, ensemble, cette nouvelle science passionnante, je vous propose de nous intéresser
au processus de santé lui-même.

La santé est définie par l'OMS (l'organisation mondiale de la santé), comme "un état complet de
bien être physique, moral, et social et pas seulement comme l’absence de maladie et d’infirmité."

La maladie, quant à elle, se définit par un ensemble de symptômes réunis en syndrome(s). Le


syndrome est diagnostiqué grâce à une sorte de cadre de référence que l'on appelle nosographie.
C'est par l'observation et l'expérimentation que la science médicale a peu à peu élaboré les
traitements que nous connaissons.

Depuis la logique de Descartes, en Occident et particulièrement en France, patrie du rationalisme et


de la science, l'esprit et le corps constituent deux entités distinctes.
La psyché a été assez arbitrairement séparée de la biologie.
La dimension psychologique fait pourtant partie intégrante des processus de santé.

Un ensemble d'observations et de recherches concernant le rôle que joue l'esprit dans le processus
de santé commence à devenir incontournable.

Et, comme souvent, c'est aux États-Unis que la recherche a considérablement progressé dans la
compréhension de ce lien qui unit l'esprit et le corps. En réalité, elle ne fait que redécouvrir ce que
l’on sait depuis toujours en Asie.

Ses conclusions aboutissent au fait que l'état d'esprit agit sur la santé. (2)

1°) Exercice : après avoir lu ce texte, fermez les yeux, concentrez-vous quelques instants et ne
pensez pas à la santé.

Que se passe-t-il ?

Vous y pensez, n'est-ce-pas ?

De la même façon, si je vous propose de ne pas penser à un éléphant rose, sa représentation


s'imposera à votre esprit après quelques secondes de concentration. De même si je vous invite de
ne pas penser à la maladie, son ombre se profilera dans votre esprit.

Dès le moment ou un mot franchit la barrière de la conscience, il n'est pas possible de ne pas y
penser. D’où l’importance de se focaliser sur l’état de bien-être et de santé.

Il n'est pas possible non plus d'entraver le cours d'une pensée négative.

Dans une certaine mesure, l'inconscient semble ignorer la négation (non, ne... pas...) dans une
phrase.

En cas de douleur, si l'on se répète : “ Je n’ai pas mal ”, bis, ter,... le mot “ mal ”, associé à la
douleur, aura été répété à trois reprises. Ce mot est lié aux sensations et aux sentiments qui y sont
rattachés. Il vous focalise sur la sensation désagréable.

Il est par contre de beaucoup préférable d'apporter une nourriture saine à son esprit, grâce à une
pensée positive. Par exemple, en répétant la phrase :
"Je peux progressivement retrouver le bien-être en respirant profondément", il vous sera possible
de constater une modification de la sensation douloureuse.

Le mot douleur amplifie le phénomène douloureux tout comme le mot bien-être augmente l’état de
relaxation.

Se laisser aller à la tristesse, à la haine, au désespoir, etc., influe sur l’organisme en déprimant ses
fonctions immunitaires. Ces pensées produisent l’effet inverse de celles qui concernent l’état de
santé, le plaisir et l’amour. C'est l'un des prolongements de ce que Bernheim a appelé
l'idéodynamisme. (3)

Une pensée entraîne une représentation mentale. Celle-ci stimule une certaine émotion. À son
tour, chaque émotion a un retentissement spécifique sur la physiologie notamment sur le système
immunitaire. (4)

2°) Avant de vous endormir ou de vous réveiller, concentrez-vous sur l’espoir de réaliser ce qui
vous tient à coeur. Révez que vos souhaits les plus chers se réalisent.

_________________________________________________________

(2) Pour en savoir plus, les références d’une vingtaine de livres publiés en langue française se
trouvent dans notre bibliographie de référence. Pour plus de précisions, plus de 330 références
bibliographiques sont disponibles dans notre bibliographie générale en langue anglaise.

(3) Bernheim H. (1891). Hypnotisme, suggestion, psychothérapie, Octave Doin, Paris (1981).

(4) Zveguinzoff P. (1998). Ces émotions positives qui guérissent. Vous et votre Santé. N° 62, 17-
21.

2. LE SYSTÈME IMMUNITAIRE

"C'est un miroir de la vie. (...) Presque tout ce qui traverse l'esprit se traduit dans la mécanique du
corps." Norman Cousins (5)

Il est comme “ le prolongement naturel de nos sens ” (6) et peut conduire au processus de santé.
Notre état de santé est aussi un reflet de notre attitude psychologique.

Soyez attentif, conscient de ce que vous vivez. Faites-vous plaisir en vous faisant du bien.

Commençons par une définition du système immunitaire : celui-ci a "pour fonction principale la
protection de l'organisme contre les infections microbiennes, définition qui s'est élargie à
l'ensemble des réactions tendant à éliminer des substances étrangères et par extension à
l'ensemble des facteurs humoraux et cellulaires spécifiques ou non de la substance introduite, qui
protègent l'organisme contre les agressions infectieuses et parasitaires et les proliférations
malignes."(7)

Notre système immunitaire nous protège contre toutes formes d'agression menaçant notre
homéostasie - l'équilibre de notre organisme.

Claude Bernard, dans son ouvrage "Les phénomènes de la vie", estime que "la constance du milieu
intérieur est la condition d'une vie libre et indépendante." Comme nous le verrons, en cas de
stress, cette constance est perturbée.

De nombreux chercheurs établissent une interdépendance entre le stress et certains facteurs de


l'immunité. C'est notamment à partir de ces travaux que s'est élaborée cette nouvelle science qui
étudie les effets de l'esprit sur le corps.

1°) Focalisez-vous aussi souvent que possible sur tout ce qui est source d’espoir, de satisfaction,
de plaisir, de joie et de bonheur. Votre système immunitaire en profitera.

2°) Développez dans votre quotidien, aussi souvent que possible, des rencontres et des activités
qui vous enrichissent de ces émotions.

______________________________________

(5) Cousins N. (1991). La biologie de l'espoir. Seuil. 438 p.

(6) Blalock J. E. (1984). The immun system as a sensory organ. Journal of immunology, 132,
1067-1070.

(7) Villemain F. (1989). Stress et Immunologie. Nodules, PUF, p. 11.

3. LA PSYCHO-NEURO-IMMUNOLOGIE

"La faculté d'utiliser la conscience intérieure semble avoir engendré un saut déterminant (...) dans
le mécanisme de guérison." (8)

"Pour (...) apprendre à activer le processus de guérison, on doit dépasser les niveaux plus
élémentaires de l'organisme - cellules, tissus, organes et systèmes - et arriver au point de jonction
de l'esprit et de la matière, le point où la conscience commence réellement à produire un effet."
Deepak Chopra (9)

Partez à la recherche de ce point en vous-même. Cochez ou soulignez dans ce livre tous les
passages qui vous apportent une sensation de mieux être. Prenez le temps de vous y arrêter.
Relisez-les. Imprégnez-vous régulièrement du bien-être que leur évocation diffuse dans votre esprit
et dans votre corps.

Dans les années 1980, Robert Ader participe à "inventer" une nouvelle discipline scientifique. Il la
baptise : psycho-neuro-immunologie. (10)

L'objet de cette science est de montrer quels liens existent entre la psychologie (11), la neurologie
(12), l'immunologie (13) et l'endocrinologie (14).

Comment ces différents processus interagissent-ils dans une si complète osmose ?

En quoi le stress peut-il modifier les processus de santé ?

Pourquoi les pratiques de techniques de santé permettent-elles d'observer une amélioration de la


santé, voire parfois des rémissions spontanées ?

Comme vous le verrez, à toutes ces questions la psycho-neuro-immunologie apporte des éléments
de réponse. Nous les passerons en revue à l'aide d'exemples cliniques ; mais aussi grâce aux
recherches expérimentales qui ont été réalisées.

1°) Une série d'exercices simples vous permettra de comprendre le pouvoir de l'esprit sur le corps
:

Prévoyez 1/2 heure à 1 heure.

Je vous invite à évaluer votre santé sur des échelles. Donnez une note de 0 à 100 à la proposition :

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Faites-en de même pour la proposition :

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit. Votre note =

À présent, pendant quelques minutes, entrez en vous-même ; concentrez-vous.

Retrouvez dans votre mémoire un souvenir de guérison d'un symptôme ou d'une maladie.
Pour vous y aider, vous pouvez simplement laisser vos paupières se fermer après avoir lu ce texte
:

Prenez une position confortable et respirez profondément, pendant toute la durée de cet exercice.
Rentrez en vous-même et laissez venir les émotions qui s'imposent à vous.
Pendant quelques minutes, expérimentez l'état d'esprit et les émotions qui se trouvent en vous,
associés à ce très bon souvenir.
Cela peut être un souvenir de guérison remontant à l'enfance ou un souvenir plus récent.

Il est possible que vous observiez un réflexe de déglutition. Celui-ci est le témoin d’une
modification endocrinienne qui apparaît fréquemment lors d’un changement de l’état de conscience.
Les glandes salivaires s’activent dans le passage d’un état de conscience à un autre, ce qui est
tout-à-fait normal.
Si un souvenir parasite d’une difficulté vient à apparaître, concentrez-vous tranquillement de
nouveau sur votre respiration.

Au besoin écrivez le souvenir de guérison pour mieux vous en imprégner.

Des images, des sensations, des sons, des parfums ou autres goûts peuvent revenir à votre esprit.
Laissez-les se préciser, devenir progressivement plus nets.

Recontactez les émotions liées à ce moment très agréable; la joie de profiter à nouveau d'une
meilleure santé.

Laissez circuler en vous toutes les émotions positives liées à ce très bon souvenir.

Le plaisir de vous sentir de nouveau en pleine forme, empli d'une énergie nouvelle ; empli d'une
force et d'une vitalité avec laquelle vous vous sentez pleinement en harmonie.

Puisez dans le sentiment de rayonner de santé.

Savourez le plaisir d'être amoureux de la vie.

Réalisez cet exercice pendant quelques minutes dans un endroit tranquille.


Par la suite, reprenez progressivement contact avec votre corps et goûtez au confort de vous sentir
régénéré, empli à nouveau d'énergie vitale.

2°) Indiquez de nouveau après cet exercice, là où vous vous situez sur ces échelles.

Donnez une note de 0 à 100 à la proposition :

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Faites-en de même pour la proposition :

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit. Votre note =

3°) Décrivez ce que vous avez vécu d'agréable sur votre journal de bord.
Vous pouvez y raconter vos émotions, vos sentiments, le plaisir que vous avez pris à cette
évocation, ce avec quoi vous avez vibré, ce que vous avez ressenti dans votre corps.

Le fait d'écrire est fondamental pour progresser dans la connaissance et la compréhension de vous-
même et de vos processus psycho-physiologiques liés au bien-être et la santé.

4°) Il est important de pratiquer l'exercice suivant en ne dépassant pas la durée maximale d'une
minute, en tout et pour tout. En effet, cet exercice est désagréable à réaliser car basé sur un
mauvais moment de votre vie ; un souvenir qui véhicule des émotions négatives.

Retrouvez pendant quelques secondes un très mauvais souvenir.


Un moment de votre vie où vous étiez malade, souffrant, épuisé, à bout de force.
Rappelez-vous le stress, l'oppression, l’inquiétude qui vous tenaillaient.
Laissez vos paupières se fermer et concentrez-vous pendant quelques secondes sur toutes les
émotions liées à ce mauvais souvenir.

5°) Cotez à nouveau ces échelles.

Donnez une note de 0 à 100 à la proposition :

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Faites-en de même pour la proposition :

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit. Votre note =

6°) Utilisez votre journal de bord de façon complémentaire. D’un côté, le positif que vous pouvez
conserver, de l’autre le négatif que vous extériorisez.
En tenant votre carnet à l'envers, retournez à la première page de gauche et laissez-y jaillir toutes
les émotions négatives que vous avez expérimentées. Noircissez votre page de vos sensations, vos
sentiments.
Débarrassez-vous de ce qui est synonyme de haine, de souffrance, de douleur...
Expulsez les émotions auxquelles vous ont renvoyé vos souvenirs négatifs.
Faites en sorte qu'ils puissent sortir hors de vous impulsivement sur le papier.
Si les mots ne viennent pas, dessinez, gribouillez ou raturez votre feuille.
Des phrases pourront alors jaillir de votre plume.
Délivrez-vous de vos difficultés.
Si vous ressentez le besoin de pleurer n'hésitez pas. Laissez couler vos larmes et votre amertume
avec elles. Soulagez votre cœur de tous les poids qui le gonflaient.
Respirez profondément.

Réalisez impérativement le premier exercice ; au besoin plusieurs fois.


Immergez-vous à nouveau dans le souvenir du bonheur d'être en bonne santé.
Profitez de cette liberté, cette joie que vous confère cette harmonie.

7°) À présent, vous pouvez évaluer vos résultats.

Vous pouvez indiquer votre score et comparer les résultats de vos différentes passations.
Si vous le souhaitez, reportez-les sur votre journal de bord, accompagnés de vos impressions.

8°) Avez-vous perçu la différence de sensations que produisent ces exercices ?


Avez-vous ressenti dans votre corps la force de ces pensées de vie et de mort ?
Écrivez votre témoignage sur votre journal de bord.

Peut-être vous arrive-t-il de rentrer en contact avec de mauvais souvenirs, véhiculant des émotions
négatives.
Ils peuvent engendrer des remords ou des regrets, des sentiments de culpabilité ou
d’impuissance...
Si vous y pensez trop souvent, ils vont générer un stress qui, à la longue, risque d'altérer votre
état de santé.

Pratiquez régulièrement l'exercice basé sur les bons souvenirs.


C’est un moyen de faire connaissance avec la puissance de votre esprit et de ses bénéfiques
répercussions sur votre système immunitaire et votre santé.
Cet exercice vous permettra de vous réaliser au travers de l'univers de la psycho-neuro-
immunologie.
Plongeons à présent au cœur des ressources dont vous disposez.

____________________________________________________

(8) Chopra D. (1990). Le corps Quantique. Interéditions, p. 27.

(9) Idem p. 29.

(10) Ader R. (1981). Psychoneuroimmunology. New york. Academic Press.

(11) Psychologie : Etude de l'esprit.

(12) Neurologie : Etude du système nerveux.

(13) Immunologie : Etude du système immunitaire.

(14) Endocrinologie : Etude du fonctionnement des glandes endocriniennes.

4. VOS RESSOURCES INTÉRIEURES

L'organisme est "la meilleure pharmacie jamais imaginée. Il fabrique les diurétiques, les
analgésiques, les calmants, les somnifères, les antibiotiques, (...) Le dosage est toujours approprié
et administré au moment voulu ; les effets secondaires sont minimes, voire inexistants et le mode
d'emploi est inclus dans le produit lui-même car il fait partie intégrante de son intelligence innée."
Deepak Chopra (15)

Rentrez en vous-même et concentrez-vous sur l'harmonie vitale dont vous disposez naturellement.
Imaginez que vous la renforcez en pensant à elle.

Notre organisme est un univers.

Le nombre de cellules qui le compose est estimé à environ 50 billions. (16)

Si l'on compare ce chiffre à une population humaine il faudrait imaginer une constellation de 10
000 planètes, chacune peuplée de 5 milliards d'individus.

La comparaison s'arrête là car ces 50 billions de cellules constituent un univers parfaitement


cohérent, doué d’une intelligence vitale dont la vocation est de faire coexister ces cellules ensemble
dans le partage et l’harmonie, pendant parfois plus de cent ans.

Dans cet univers, chaque cellule semble avoir un mode de fonctionnement indépendant,
autonome. Paradoxalement, elle est en étroite relation avec son biotope, son milieu de vie, dont sa
survie dépend. Et chaque cellule communique avec ses voisines. Tantôt émetteur, tantôt récepteur.

Des informations chimiques, électriques et probablement aussi de nature plus subtile, circulent à
travers le corps. Elles agissent sur la naissance, la vie et la mort des cellules ; sur leur
remplacement éventuel par d'autres qui continueront à remplir leurs fonctions vitales.

Une simple coupure que l'on se fait au bout d'un doigt mobilise des millions de composants de
l'organisme pour réparer les dommages subis.
Et bien sûr, cela se déroule de façon tout-à-fait inconsciente.

Le processus de cicatrisation n'est qu'une fonction parmi des milliers d'autres assurée par
l'intelligence supérieure qui commande à toutes les fonctions vitales.
À chaque instant, "Cette intelligence est présente partout dans l'organisme". (17)

La preuve : vous êtes en vie. Et c’est à vous de cultiver cette suprême richesse, ce don de Dieu
pour les croyants ; au travers d’une bonne hygiène de vie et d’une alimentation diversifiée, saine et
équilibrée.

1°) Prenez une position confortable, dans un endroit où vous ne serez pas dérangé.

Respirez profondément.

Entrez en vous-même.

Concentrez-vous.

Pendant quelques minutes, recontactez en vous un souvenir de grand bien-être associé à une
bonne santé. Cela peut être le bon souvenir que vous avez évoqué lors de l’exercice précédent ou
un autre qui reviendra à votre esprit.

Pendant cette évocation, prenez conscience de l'intelligence supérieure qui anime chacune de vos
fonctions vitales et crée l'équilibre et l'harmonie de la santé.

Puisez dans ces ressources intérieures l'énergie de vie dont vous avez besoin.

Imaginez, de la façon la plus simple pour vous, qu'à chaque inspiration, vous renforcez votre
énergie vitale.

Vous pouvez mettre cela en image, le dessiner. Vous le représenter mentalement en mouvement.
Le mouvement crée la vie et la vie n’est que mouvement.

Sentez cette vie harmonieuse s'écouler en vous.

Sentez cette force circuler dans votre organisme, mue par chaque battement de votre cœur.

2°) Après cet exercice, notez dans votre carnet le souvenir avec lequel vous êtes entré en contact.
Décrivez les sensations et les sentiments qu'il a créés en vous. Indiquez quel est votre état d'esprit.

En quoi s'est-il modifié ?

________________________________________

(15) Chopra D. (1990). Le corps Quantique. Interéditions. p. 56.

(16) Idem. p 49.

(17) Idem. p. 56.

5. LES CELLULES DU SYSTÈME IMMUNITAIRE

Ce sont les ouvrières du processus de santé. Chaque cellule participe activement à l'harmonie de
l'entité corps-esprit.

Faites confiance à vos ressources personnelles. Explorez-les.


Stimulez en vous tout ce qui est source d'harmonie et de vitalité.
Il existe tout un ensemble de cellules qui participent à renforcer nos défenses immunitaires.

Les lymphocytes font partie de la famille des leucocytes, autrement dit les globules blancs. Ils
participent activement, avec les macrophages, à la défense de notre immunité.

En cas d'agression, par exemple, lorsqu'un virus commence à s’installer et se multiplier, les
macrophages, qui méritent bien leur appellation de grosses mangeuses, vont reconnaître la
menace étrangère et la phagocyter. (18)
Presque tout ce qui n'est pas utile à l'organisme pourra servir d'aliment aux macrophages.

En même temps qu'elles se mettent à table, ces cellules déclenchent l'alerte.


Comme chaque cellule échange de l'information, bientôt, tout le système est en effervescence.

Dans cet univers microscopique, l'information circule sous la forme de molécules diverses. Les
cellules baignent dans ce plasma d'immunotransmetteurs (19) : cytokines, lymphokines,
interférons et autres interleukines... Ces substances connaissent une durée de vie de quelques
secondes à quelques heures.

Un chercheur a réalisé une intéressante estimation.

L'homme adulte dispose d'environ 7000 globules blancs par mm3 de sang. La plupart de ces
cellules vivent plusieurs jours. Dès leur disparition une nouvelle cellule apparaît et remplace la
précédente.

Ainsi, l'être humain générerait un million de lymphocytes par seconde. (20)

Combien de lymphocytes allez-vous générer pendant la lecture de ce livre ?

La magie de ce système complexe est que chaque cellule paraît avoir un comportement qui lui est
propre, bien singularisé, tandis qu'en même temps l'ensemble de ces cellules constitue une
harmonieuse et très efficace défense contre tout ce qui nuit au système, cela grâce à notre
système de recherche immuable d’équilibre. C’est le principe de l’homéostasie.

Intéressons-nous à une sous-population de ces cellules : les lymphocytes T. On peut en distinguer


trois types :

1. Les cellules T cytotoxiques qui éliminent directement les virus.

2. Les cellules T "helper" sont les auxiliaires qui aident à la transmission d'informations. Elles
libèrent les cellules tueuses (N.K.). Celles-ci se ruent sur les agresseurs même s'il s'agit de cellules
cancéreuses. La bataille fait rage. Grâce à l'interleukine, les cellules T auxiliaires aident les cellules
B à fabriquer des anticorps. Elles stimulent les macrophages ainsi que d'autres cellules et les
incitent à attaquer l'ennemi.

3. Lorsque le combat a été remporté, les cellules T suppressives annoncent la victoire et invitent
les auxiliaires à interrompre les messages d'hostilité ; sans quoi le système immunitaire pourrait
attaquer l'organisme. C'est le cas dans l'asthme et l'eczéma, notamment.
C'est pour cela que l'on parle de processus auto-immun.

Dans ces affections, un élément extérieur, nuisible à l'organisme, est détecté par le système
immunitaire. Il se produit alors un emballement des défenses, un peu comme si l’organisme
utilisait une bombe atomique pour tuer un microscopique acarien. Cette utilisation disproportionnée
des défenses est à l'origine de ces symptômes.

À l’inverse, si le système immunitaire est trop faiblement actif, une partie du corps peut se
fragiliser et donner naissance à des symptômes.
Beaucoup de spécialistes parlent de processus psychosomatique.

La psyché (esprit) influe sur le soma (corps) et réciproquement.

Au vu du fonctionnement de l'organisme, il est possible de considérer qu'un grand nombre de


maladies ont un caractère psychosomatique.

En effet, de façon générale, l'organisme va garder une empreinte des virus qu'il combat. Celles-ci
seront stockées dans des cellules T et B dites "à mémoire". Dès qu'un virus laissera une empreinte
identique, il n'en sera que plus rapidement repéré et détruit. C'est d'ailleurs à ce principe qu'obéit
la vaccination. En introduisant dans le corps une forme faiblement active de virus, l'organisme
pourra le repérer et le détruire facilement par la suite.

Bien que rarissime, il semble que ce processus puisse être également valable dans le cas du sida.
En effet certaines personnes pour des raisons encore inconnues sont immunisées contre le VIH.
(21)

Des chercheurs ont beau inoculer le virus, il est aussitôt détruit par les cellules immunitaires.

Les recherches les plus récentes montrent que ce système complexe d'immunotransmetteurs est
en permanente communication avec les systèmes endocrinien, véhiculant les hormones, ainsi
qu'avec le système nerveux central qui fabrique les neurotransmetteurs. (22)

L’interaction confine à l’osmose.

Chaque cellule, tout comme chaque système communique des informations et influe sur les autres.

Chaque élément de notre organisme participe à l'harmonie de l'ensemble.

1° Entrez en vous-même et concentrez-vous sur la représentation mentale que vous avez de votre
système de défenses immunitaires.

2° Pour vous y aider, vous pouvez le dessiner sur votre journal de bord avec des crayons de
couleurs. Dessinez l'action de vos cellules contre un microbe.
Prenez garde à représenter les cellules plus fortes que les microbes.
Vous pouvez consulter un dictionnaire pour vous aider à dessiner.

Cependant, utilisez avant tout vos propres représentations. Ce sont celles-là qui seront les
meilleures, même si elles ne correspondent pas à la réalité cellulaire. Représentez la force de votre
immunité qui vous protège chaque jour contre des milliers de maladies possibles.

3° Respirez profondément et concentrez votre attention sur votre dessin en le fixant du regard.
Faites en une photographie mentale.
Laissez vos paupières se fermer et s'animer les images de votre représentation.
Vous pouvez y adjoindre des sons ou d'autres sensations.
Soyez le metteur en scène, le réalisateur de votre santé.

4° Selon le bon adage : "Les paroles volent, les écrits restent", rédigez à nouveau votre
témoignage sur votre journal de bord.

Vous pourrez ainsi déterminer quel exercice vous apporte le plus de confort ou s'avère le plus
efficace pour remédier à telle ou telle autre difficulté.

Comme nous le verrons, certains événements stressants peuvent toutefois perturber cette
harmonie vitale, synonyme de santé.
_______________________________________

(18) Phagocyter : englober et digérer.

(19) Immunotransmetteurs : Molécules du système immunitaire permettant de communiquer des


informations à l’organisme.

(20) Perelson A. S. (1988). Toward a realistic model of the immune system, in A. Perelson (Ed.).
Theoretical immunology (Vol. 2) 377-401, Redwood City,

(21) Virus d'Immunodéficience Humaine.

(22) Rossi E. (1994). Psychobiologie de la guérison. Seuil. 447 p. (p. 297).

6. LE STRESS

Il est à l'origine de l'adaptation et de la vie.


Un stress chronique nous pose la condition vitale de trouver une solution pour y remédier et
continuer à vivre.

Déterminez en l'écrivant la source du stress auquel vous êtes soumis ces temps-ci. Faites-en
l'analyse. Expulsez sur le papier toutes les émotions négatives qui y sont liées. Vous pourrez alors
commencer à y voir plus clair et à trouver des solutions pour y remédier.

Hans Selye est le père de ce concept qui remonte aux années cinquante. Il l'a défini comme un
"syndrome général d'adaptation". Il s'agit de l’ensemble des réactions non spécifiques de
l'organisme face à une agression quelconque (traumatisme, surmenage, choc, infection,
intoxication, irradiation, etc.).

Ce syndrome comprend trois phases successives :

« 1. la réaction d'alarme au cours de laquelle l'organisme, surpris par l'agression, présente un


syndrome de choc, puis les premières réactions de défense (contre-choc) ;

2. le stade de résistance plus durable, pendant lequel l'organisme s'adapte et accroît ses défenses
contre l'agression ;

3. un stade d'épuisement aboutissant à la mort. » (23)

Nous sommes tous confrontés au stress dans notre quotidien. On parle de stress aigu lorsqu'il est
ponctuel, momentané. Une tension intérieure qui dure dans le temps sans qu'on ait la possibilité
d'y mettre un terme, ou de savoir quand elle s'arrêtera, constitue un stress chronique.
Ce dernier est parfois, en fonction de sa façon de réagir, à l'origine d'un effondrement de
l'harmonie vitale et la cause de nombreuses maladies dites psychosomatiques.

Le stress fait référence à un phénomène physique. Lorsque l'on tord un morceau d'acier, à un
moment donné, la tension crée la rupture du métal. L'acier se brise en deux morceaux.
Il en est de même pour l'harmonie vitale de l'organisme.

À ce niveau, deux possibilités :


1. Le stress s’interrompt et l’énergie de vie reprend le dessus.
2. Le stress perdure. Il est alors vital de le gérer pour le mieux.
Comment arrêter de se stresser inutilement ?

De multiples possibilités s’offrent à vous à commencer par l’écriture. Cette technique simple permet
de prendre instantanément de la distance par rapport à ses difficultés. Écrire permet de cesser
d’être passivement sous l’emprise du stress. Exprimer ses émotions négatives, ses chagrins,
souffrances et peines, c’est devenir actif.

1°) Je vous invite à expérimenter par vous-même l’effet de l’écriture.


Votre capacité de concentration sera décuplée en fermant vos paupières quelques secondes.

Identifiez à présent une source de stress sur laquelle vous n’avez pas de prise. Laisser venir en
vous toutes les émotions négatives qui sont attachées votre situation : dégoût, chagrin, peine,
agressivité, colère, rage, désespoir, etc. Laissez votre main devenir le prolongement de votre
pensée et graver sur le papier les sentiments qui vous animent. Si vous utilisez votre carnet de
santé, écrivez de préférence dans la partie arrière tous vos sentiments « négatifs ».

Vous pouvez écrire 10 ou 20 fois la même chose, cela n’a aucune importance. Libre de tout style et
de toute syntaxe, laissez courir les mots sous la plume et autorisez-vous à vous exprimer
pleinement, avec sincérité et spontanéité. Vous constaterez qu’il vous est possible d’expulser un
grand nombre d’émotions négatives sur le papier. Ainsi, vous vous sentirez mieux après quelques
pages d’écriture. Vous pouvez déchirer, détruire ou brûler ces pages. Les relire pourrait réactiver
cette haine ordinaire qui n’a d’utilité que dans l’expression et la mise à distance par rapport à vous-
même.

Recommencez l’exercice autant de fois que vous l’estimerez nécessaire, jusqu’à ce que vous vous
ressentiez en paix avec vous-même.

2°) Dans un deuxième temps, vous pouvez analyser la situation. Déterminez ce en quoi vous avez
une part de responsabilité dans ce qui vous arrive. Noter vos réflexions dans la partie « positive »
de votre carnet et vous permettra deconserver une trace de votre cheminement intérieur.

3°) Autre technique souveraine dans la gestion du stress : la relaxation.


Profitez-en pour déterminer l’objectif auquel vous souhaitez parvenir. Il peut s’agir de votre
possibilité de mettre un terme au stress en question. Imaginez que cet objectif se réalise. Goûtez à
ce plaisir avec intensité. C’est dans cette émotion positive que réside votre adaptation future.

Notez toutes les stratégies et techniques que vous pouvez mettre en œuvre pour gérer votre
stress. Nous poursuivrons leur exploration ensemble dans quelques pages.

Préalablement à cela, intéressons-nous au domaine de l'éthologie (24). De nombreux chercheurs


ont corrélé les effets du stress avec l'activité du système immunitaire.

______________________________________

LE STRESS
C'est aujourd'hui démontré scientifiquement par de nombreuses études, il est des émotions qui
guérissent. Elles ont une influence considérable sur notre état de santé.

Beaucoup de chercheurs l'avaient pressenti. Ici même, dans ces colonnes, le Dr Michel Moirot,
au début des années quatre-vingt-dix, présentait les conclusions de longues années
d'investigations médicales sur l'origine des cancers. Il écrivait à ce propos : "J'ai étudié en
détails des centaines de sujets atteints de cancers. Tous, sans aucune exception, étaient
victimes de rejets social ayant joué un rôle déclenchant et aliénant dans le processus
cancérigène." (...) "Un choc affectif heureux peut guérir un cancéreux s'il éprouve de nouveau, à
la suite de ce choc, la joie de vivre."

Pour étudier ces mécanismes, une nouvelle science est née : la neuro-psycho-immunologie.

Avec le Dr Jean-Pierre Willem et Paul Zveguinzoff, nous comprenons mieux aujourd'hui quels
bénéfices considérables chacun peut tirer de cette médecine pour le moins non conventionnelle.

LA PSYCHO-NEURO-IMMUNOLOGIE

CES EMOTIONS POSITIVES QUI GUERISSENT.

A travers le monde, depuis plus d'un demi-siècle, des centaines de chercheurs s’intéressent
aux effets que l’esprit peut exercer sur le corps et notamment sur la biologie de l'individu.
Leurs observations montrent clairement que les émotions jouent un rôle déterminant dans le
processus de maladie et de santé : Trente années de recherches ont permis d’explorer les effets
de la pratique de techniques de gestion du stress et de relaxation sur la maladie.
Des études rigoureuses mettent en évidence une amélioration significative de la qualité de vie de
personnes gravement malades (diminution de la douleur, des nausées et vomissements,
troubles digestifs, insomnie, anxiété et dépression).
C’est à partir de ces constats qu’apparut une nouvelle discipline scientifique : la psycho-neuro-
immunologie.

L'objet de cette science est de montrer les liens qui unissent des disciplines aussi différentes que
la psychologie, la neurologie, l'immunologie et l'endocrinologie ; en d’autres termes les liens
unissant l’esprit et le corps.
Les recherches les plus récentes permettent d’observer que ces techniques stimulent les
défenses naturelles de l'organisme, notamment les cellules NK (Natural Killer) et augmentent
ainsi l’espérance de vie.

LE STRESS CHRONIQUE ALTERE LA SANTE

Les cellules font partie des lymphocytes, sous groupe des leucocytes (globules blancs), qui
participent à la défense naturelle de notre organisme contre les attaques externes (microbes,
virus, bactéries, etc.) et internes (cellules dysfonctionnelles, cancéreuses, etc).

Dans le cas du cancer du sein, par exemple, les attitudes dépressives comme l'apathie,
l'indolence et la fatigue tendent à diminuer l'activité des cellules NK. Cela a pour effet
d'augmenter la prolifération tumorale. (1)

Par ailleurs, l'activité de ces cellules est corrélée avec l'indice de Karnofsky, témoignant de l'état
de santé général de l'individu et de sa survie.
De même, la qualité du soutien émotionnel apparaît l'élément le plus prédictif de l'activité de ces
cellules. (2)

Le rôle de l'entourage familial, social, médical, etc. semble se répercuter assez directement sur
les fonctions du système immunitaire.
En 1987, l'équipe de Kiecolt-Glaser a comparé 38 femmes mariées à 38 autres séparées ou
divorcées. Les résultats de cette recherche indiquent que ces dernières souffrent plus de
dépression que la population de femmes mariées. Par ailleurs, leurs capacités immunitaires ainsi
que leur pourcentage de cellules NK s'avèrent également inférieurs à celui des femmes vivant en
couple. Les femmes séparées depuis moins d'un an montrent également un pourcentage plus
faible de cellules T4, les cellules hôtes du V.I.H. (3)
Des résultats comparables ont été observés dans le cadre d'une étude que cette équipe a
réalisée sur une population masculine. (4)
De la même manière, d'autres chercheurs observent chez des personnes déprimées la
diminution de certaines défenses immunitaires, l'augmentation de la fréquence des cancers et de
la mortalité précoce. (5)

Des éléments d'explication sont fournis par cette équipe. (6)

Ils constatent chez des personnes très fortement déprimées une plus faible réparation de l'ADN
(Acide Désoxyribonucléique) irradié, par référence à un groupe de personnes moins déprimées.
Des conclusions identiques apparaissent lorsque les résultats de ce dernier groupe sont
comparés à ceux de personnes non déprimées. Cette étude suggère que le stress émotionnel
peut contribuer à un développement cellulaire anormal ou à une réduction de certaines défenses
immunitaires.

Un stress plus anodin comme celui suscité par un examen altère certains facteurs de l’immunité
chez des étudiants en bonne santé. Une nette diminution du pourcentage des lymphocytes T est
observée. (7)

Ce stress, appelé "académique", diminue par ailleurs le pourcentage des cellules NK et semble
augmenter le risque de la mononucléose infectieuse. (8)

Ces résultats sont en partie corroborés par une autre étude : Dorian (1986) observe chez les
sujets très stressés le faible taux de cellules NK et d'interleukine 2. Cette mollécule est définie
comme un "médiateur soluble jouant un rôle central dans les phénomènes de coopération
cellulaire entre les différentes cellules du système immunitaire." (9)
Six semaines après l'examen, ces étudiants ont développé plus d'infections respiratoires que
ceux du groupe témoin.
Les phénomènes de stress chroniques conditionnent, dans la majeure partie des cas, une
diminution de certaines défenses. L'une des causes principales réside dans une difficulté
d’adaptation aux stress.
Ne pas s’adapter aux stress diminue significativement les cellules NK. (10)

De plus, l'anxiété et la dépression qui résultent fréquemment de l'impossibilité à faire face aux
situations de stress, majorent, comme nous l'avons vu, certaines déficiences de l'immunité.
A l’inverse, apprendre à devenir combatif, à gérer son stress et s’investir dans des techniques de
relaxation visualisation stimulent les défenses de l’immunité et augmentent l’espérance de vie.
(11)

DES ETUDES SUR LES EFFETS DU STRESS


L'équipe de Glaser a réalisé à ce sujet une étude randomisée tout à fait intéressante.

Elle porte sur des personnes soignant l’un de leurs parents atteint de la maladie d’Alzheimer. Par
référence à un groupe témoin, ces personnes montrent un pourcentage inférieur de cellules T et
notamment de T4.
Glaser observe que plus ces personnes ne sont proches du malade et plus le pourcentage des
cellules NK s’avèrent bas.
Dans le cadre de cette étude, des groupes de soutien sont proposés à une partie de ces
soignants.
Dans ces groupes, chacun est invité à exprimer ses émotions et faire l’apprentissage de
techniques de relaxation.
Les personnes qui y participent révèlent une nette augmentation de ces cellules NK par rapport
aux autres. (12)
Dans une autre étude, les Glaser ont également mesuré les effets de la pratique de la relaxation
associée à des émotions positives sur un groupe de personnes assez âgées. Ils observent qu'une
pratique de trois séances par semaine diminue l'intensité des symptômes liés au stress. Par voie
de conséquence, ils constatent une augmentation significative de l'activité des cellules T et NK.
Ces résultats s’accompagnent par ailleurs d’une diminution du taux des anticorps contre l'herpès
simplex virus (HSV). (13)

La gestion du stress augmente donc certains facteurs de l’immunité.


Ces résultats se confirment dans le domaine de la cancérologie.
En 1988, l'équipe du docteur Gruber réalise une étude édifiante. Ces chercheurs proposent à des
personnes atteintes de cancer de visualiser le combat qui oppose les forces du système
immunitaire à leur maladie. Grâce à cette pratique, les personnes ayant participé à cette étude
montrent une augmentation de leur résolution à vaincre la maladie. Ces exercices augmentent
par ailleurs la formation des lymphocytes, la production d'anticorps et de cellules d'interleukine-
2 dont le rôle est de stimuler l'activité des cellules NK et T. (14)

UN JOURNALISTE AMERICAIN SOIGNE SA SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE

Norman Cousins, un journaliste américain s’est passionné pour la psycho-neuro-immunologie. Il


a réussi à guérir d’une terrible maladie chronique et dégénérative : la spondylarthrite
ankylosante.

C’est grâce à sa volonté de guérir qu’il affirme être sorti victorieux de son combat contre la
maladie. Il avait en effet entrepris d’utiliser tous les moyens efficaces pour s’en sortir.

Il reconnut par la suite que les fortes doses de vitamines C qu’il avait absorbées n’avaient eu
qu’un effet placebo. Norman Cousins estime que le fait de rire à gorge déployée lui a permis de
supporter les fortes douleurs qui nécessitaient jusqu’alors un traitement morphinique.

Cette thérapie par le rire consistait à regarder des films comiques, lire et raconter des histoires
drôles et s’amuser par tous les moyens possibles.

Bien après sa rémission, il a relaté dans son ouvrage : "La biologie de l'espoir" une étude
réalisée sur lui-même :

"Je me demandai tout naturellement si le contraire de la dépression - l'anticipation d'un


événement joyeux par exemple - pouvait accroître effectivement le nombre de cellules
immunitaires.
On me fit deux prises de sang. Le premier prélèvement servit de référence.
Le deuxième fut effectué cinq minutes plus tard. Pendant l'intervalle, j'essayai de me mettre
dans une humeur joyeuse, et de ressentir un bien-être émotionnel. (...)
L'avantage de cet intervalle de cinq minutes était que, si des modifications survenaient
effectivement, le rapport de cause à effet serait établi. (...)

En cinq minutes seulement, l'augmentation moyenne des différents constituants de mon


système immunitaire avait été de 53 % en moyenne - depuis 30 %, chiffre le plus bas dans la
proportion du précurseur des cellules NK, jusqu'à une augmentation de 200 % des cellules T
imprégnées d'anticorps." (15)

LA GESTION DU STRESS PAR LA THERAPIE DE GROUPE


Norman Cousins a par la suite participé à une étude randomisée avec un remarquable
psychiatre, le docteur Fawzy (1990). Cette étude porte sur les effets de la thérapie de groupe
sur la biologie : 68 personnes atteintes de cancers sont réparties en deux groupes, témoin et
expérimental. Les personnes du groupe expérimental bénéficient de 6 séances d'apprentissage
de la relaxation et de techniques de gestion du stress, parallèlement à leur traitement médical.

Au bout de 6 mois, par référence au groupe témoin, suivi uniquement par les médecins,
s’observe, chez les personnes qui pratiquent ces techniques, l'augmentation de la vigueur et la
diminution de l'anxiété, la dépression, la confusion et la fatigue.

Ces résultats sont corrélés positivement avec l'augmentation des cellules NK et des
macrophages ( les « grosses mangeuses » du système immunitaire).

En 1993, six ans après le début de cette étude, l’auteur publie les résultats qu'il observe sur le
taux de rechute et de mortalité.

Rechute et survie de personnes atteintes de cancers

Groupe
Groupe Témoin
Gestion du stress

Oui 13 7
Rechute
Non 21 27

Décédé 10 3
Survie
Vivant 24 31

Comme il est possible de le constater, six ans après, le groupe pratiquant des techniques de
gestion du stress connaît presque deux fois moins de rechute et trois fois moins de mortalité.

Déjà en 1989, l'équipe de David Spiegel publie dans le Lancet les résultats de sa recherche sur
les effets d’un traitement psychosocial sur la durée de la survie. 86 patientes souffrant de cancer
métastasé du sein sont randomisées dans deux groupes, témoin et expérimental.

Pendant 1 an, 50 femmes sont invitées à participer à une thérapie de groupe hebdomadaire, où
elles ont la possibilité d'exprimer leurs émotions et de partager avec d'autres leur expérience de
la pathologie. Elles bénéficient par ailleurs de l'apprentissage de l'auto-hypnose destiné à
contrôler la douleur.
Dans le groupe ayant suivi ces séances, les femmes ont moitié moins de douleurs, moins de
troubles de l'humeur, de réactions de peur et de comportements inadaptés.

Mais surtout, la survie du groupe contrôle est de 18,9 mois alors que celle du groupe
expérimental a pratiquement doublée : 36,8 mois.

David Spiegel émet l'hypothèse que l'expression des émotions associée à l'auto-hypnose a pu
modifier les systèmes neuro-immuno-endocrinologiques, et augmenter ainsi la durée de la
survie. Il estime en outre que le groupe d’auto-support a sans doute favorisé ces résultats.

Beaucoup d'autres chercheurs et psychothérapeutes ont corrélé la pratique de ces techniques


avec une augmentation de la qualité de vie et de la durée de survie de personnes atteintes de
cancers, voire avec des rémissions spontanées. (16) et (17)

Tous reconnaissent l'importance de la pratique de techniques de modification de l'état de


conscience éventuellement associée à l'expression des émotions négatives et à l'intériorisation
d'émotions positives.

"JE SUIS FICHU" - "JE VAIS M'EN TIRER"

Dans quelle mesure les émotions positives ou négatives, suggérées dans un état de conscience
modifié, peuvent-elles moduler le nombre de cellules NK ? Quelle est la rapidité de ces
modifications ?
C'est à ces questions que j'ai tenté de répondre en réalisant en 1995 une étude sur mon
immunité. Celle-ci, pour des raisons éthiques et déontologiques ne peut être entreprise sur
d'autres personnes dans le cadre d'une recherche randomisée.
En effet, la suggestion, qu'elle soit positive ou négative, peut entraîner, en fonction des
capacités et de l'adhésion de la personne, la création d'une prophétie auto-réalisante. (18)

En fonction de l'histoire de l'individu, elle peut donner naissance à des scénarios diamétralement
opposés : "Je suis fichu." "Je vais m'en tirer." Cette prophétie sera bien sûr modulée par la
relation nouée avec le système de croyance alimenté par les autosuggestions.

Or, l'autosuggestion de souvenirs douloureux, associés à des émotions négatives, peut entraîner
un état dépressif important dont les répercussions peuvent exercer un effet significatif sur les
cellules NK, comme nous le voyons dans l'étude ci-dessous.

PRESENTATION DE L'ETUDE :

Protocole à cas unique (single case design) réalisé sur l'expérimentateur.


Des autosuggestions positives ou négatives furent enregistrées par l’expérimentateur dans le
cadre de la création d'un état de conscience modifié de type relaxation approfondie.
Deux enregistrements spécifiques de trente minutes ont été écoutés :
Premier jour (J1) = autosuggestions négatives, écouté à 8h00, 12h00 et 23h00.
Second jour (J2) = autosuggestions positives, écouté à 8h00, 12h00 et 23h00.
Les autosuggestions négatives reposaient sur les souffrances endurées et sur l'absence totale
d'espoir de réussir quoique ce soit d'intéressant dans l'existence.
Les autosuggestions positives consistaient à retrouver de très bons souvenirs, des moments
privilégiés de joie, de bonheur et d'espoir et à en projeter l'émotion dans un avenir proche.
La constance des facteurs : Sommeil, alimentation et exercices physiques a été surveillée
pendant toute la durée de ce protocole.
Je tiens à remercier André Burckel dont le laboratoire a réalisé les analyses biologiques
approfondies dans le cadre de cette étude.
CHRONOLOGIE DU PROTOCOLE :

J1 T1 : (8h00) Prélèvement sanguin témoin.


Début des autosuggestions négatives.
J1 T2 : (13h00) Prélèvement sanguin. 5h00 de suggestions négatives.
J2 T1 : (8h00) Prélèvement sanguin. 24h00 de suggestions négatives.
Début des autosuggestions positives.
J2 T2 : (13h00) Prélèvement sanguin. 5h00 de suggestions positives.
J3 T1 : (8h00) Prélèvement sanguin. 24h00 de suggestions positives.

Résultats

Les effets d'autosuggestions NEGATIVES et POSITIVES sur les cellules NK.

Témoin Suggestions Négatives Suggestions positives

J1 T1 J1 T2 J2 T1 J2 T2 J3 T1

NK 141 182 69 101 123

Ces résultats sont exprimés en pourcentage de NK par référence


à la population normale pour laquelle la moyenne est de 100.

LES AUTOSUGGESTIONS POSITIVES AUGMENTENT LE NOMBRE DES CELLULES N K.

Comme l'indiquent les résultats de l'étude, après cinq heures de suggestions négatives (J1 T2),
les cellules NK atteignent un pic important (NK = 182).

C’est le produit d'un stress aigu lié à un épisode dépressif d'environ 5 heures. De fait, en cas de
stress aigu, ces cellules tendent à augmenter. C’est la période de résistance à l’agression.

Après vingt-quatre heures d'autosuggestions négatives, lorsque le stress de la dépression


programmée commence à devenir chronique (J2 T1), le pourcentage de ces cellules
immunitaires diminue d'environ un tiers (NK = 69).

Il équivaut alors à presque la moitié du pourcentage de référence : (J1T1 : NK = 141)

A l'inverse, les autosuggestions positives doublent presque en 24 heures le nombre de ces


cellules (J3T1 : NK = 123).

Elles permettent à l'organisme de recouvrer un taux de NK sensiblement identique à celui du


prélèvement contrôle.
Ces résultats ne constituent qu'un fait et ne sauraient en aucun cas tenir lieu de preuve
scientifique, l'étude n'ayant été conduite que sur un seul sujet.

Cependant, comme l'a écrit Claude Bernard, "les faits sont les matériaux inébranlables de la
science" et cette expérimentation corrobore les résultats des recherches que nous avons passées
en revue.

LA CONCENTRATION SUR DES PENSEES POSITIVES AUGMENTE L’ESPERANCE DE VIE.

Le stress, et particulièrement un stress chronique, peut entraîner une diminution significative


des cellules NK.

A l'inverse, les techniques de gestion du stress semblent renforcer les processus de santé.

C’est particulièrement la production d’un état de conscience modifié associé à des suggestions
positives qui permettent d’observer une augmentation de l’immunité.

Or, dans le monde entier et depuis la nuit des temps s’observent ces pratiques.
Quels sont les points de convergences qui unissent des pratiques aussi différentes a priori que la
prière, la méditation, le yoga, la relaxation, le Taï Chi, la gestion du stress, etc ?

Chaque année en France, l'église catholique réunit un comité de spécialistes chargés de statuer
sur le caractère miraculeux de rémissions observées entre autre à Lourdes.
Ces rémissions spontanées s'observant parfois lorsqu'une personne, de quelque confession
qu'elle soit, s'investit et s’absorbe intensément dans la prière.
On le sait intuitivement, l'espoir fait vivre et la foi soulève des montagnes.

Spontanément, les rémissions ne sont pas le fruit du hasard.


Il est vrai qu'un simple placebo peut entraîner une rémission spontanée d'un lymphosarcome
très avancé comme l'a montré la publication du Docteur Klopfer. (19)

Il apparait que la foi et la croyance jouent un rôle parfois déterminant dans les processus de
maladie et de santé.

D'autres rémissions ont également été recensées chez des personnes ayant une pratique de
différents types de yoga, de Taî-Chi, de Chi-Cong ou d'autres méditations tantriques,
bouddhiques ou zen.
Elles se retrouvent aussi liées à l'hypnose et aux nombreuses méthodes qui s'en inspirent
comme la relaxation, le training autogène, la sophrologie, le bio-feed-back, l'autosuggestion, la
visualisation, l'expansion de conscience, etc...

En fait, à travers des philosophies variées, et par le biais de techniques diverses, se crée ce que
les spécialistes appellent un "état de conscience modifié".

L’état de conscience influe sur les systèmes : 1°) Nerveux central (le cerveau). 2°) Immunitaire

3°) ENDOCRINIEN.

Souvent grâce à des exercices de respiration, de relaxation ou de représentation mentale,


l'individu se "débranche" des stimulations du monde extérieur et se centre sur lui-même. Peu à
peu, la concentration et le recueillement lui permettent de profiter d'une détente et d'un plus
grand sentiment de paix et de sérénité. Cette modification de l'état de conscience introduit un
mode de fonctionnement cérébral différent.

Généralement, face à un stress, l'individu cherche à contrôler la situation. Il l'analyse


"objectivement" de façon cartésienne et rationnelle afin d'élaborer un ensemble de solutions.
Cette démarche est liée au mode de fonctionnement de l'hémisphère gauche qui est notamment
spécialisé dans le traitement de la parole d'un point de vue verbal et linguistique. (20)

A l'inverse, l'hémisphère droit est impliqué dans les processus d'imagerie mentale. L'émotion y
est prédominante au même titre que la créativité. Certains chercheurs estiment que l'état de
conscience modifié met "en veilleuse" l'hémisphère rationnel au profit de l'hémisphère créatif.
Des solutions nouvelles et jusqu'alors non envisagées peuvent alors apparaître.

Le docteur Wickramasekera estime que : "Les patients réagissant bien aux placebos, tout
comme les bons sujets hypnotiques, inhibent le mode critique, analytique de traitement de
l'information caractéristique de l'hémisphère dominant et verbal (hémisphère gauche)." (21) ; et
cela au profit de l'utilisation de l'hémisphère droit.

Cette conception tend à expliquer que l'état de conscience modifié permette de bénéficier d'une
meilleure adaptation au stress d'où une logique rétroaction au niveau du système immunitaire.

Un certain nombre de recherches expérimentales montre que les techniques de gestion du stress
mettent en action le système parasympathique. Celui-ci correspond à un état de vagotonie dont
l'action bénéfique se ressent sur les systèmes immunitaire, endocrinien, et, de façon générale
physiologique. (22)

A l'inverse, le stress active le fonctionnement du système sympathique, ce qui, dans le cas d'un
stress chronique, peut avoir comme nous l'avons vu des conséquences dommageables sur la
santé. (23)

L’ESPOIR PERMET DE PROFITER D’UNE MEILLEURE SANTE.


Un autre ingrédient de ce processus thérapeutique semble résider dans la dimension d'espoir
d'améliorer sa condition de vie et de participer à sa santé.

Déjà en 1950, des psychologues ont mis en évidence le fait que 70 à 80 % des personnes
consultant en médecine générale connaissent une attitude psychologique spécifique avant de
tomber malade. Cette attitude, baptisée "abandonnant-abandonnée" se caractérise par un
sentiment d'impuissance et de désespoir, une image dépréciée d'eux-mêmes et l'envie de tout
abandonner. (24)

Sandra Lévy, psychiatre américain spécialiste du cancer qui a passé en revue des centaines de
travaux de recherche, parvient à des conclusions similaires :
"Les pourcentages de survie les plus faibles correspondent à des états de dépression ou
d'impuissance, tandis que les pourcentages les plus élevés correspondent à la volonté de réagir."
(25)

Une attitude de joie s'avère encore plus importante que la combativité. (26)
Une autre étude montre que l'évitement produit une diminution des catécholamines, notamment
l'adrénaline, ainsi qu'une diminution des cellules NK, alors qu'une attitude d'affrontement permet
d'observer le résultat inverse. (27)

LES TECHNIQUES DE GESTION DU STRESS MODIFIENT L'ATTITUDE


PSYCHOLOGIQUE.

Pour des femmes atteintes de cancer du sein, une attitude de déni ou de combativité correspond
à un taux de survie significativement supérieur par rapport à une attitude d'impuissance ou de
fatalité : 45% au lieu de 17% (p < 0.037).

En d'autres termes, après 10 ans d'études, ne survivent que 25 % de personnes qui acceptent
stoïquement leur sort et 20 % de personnes impuissantes ou désespérées. (28)

Par contre, vivent 50 % de personnes qui dénient leur maladie et 70 % de personnes


combatives.

Cette recherche, tout comme les précédentes, confirme le fait que l'attitude psychologique joue
un rôle déterminant dans le processus de santé. Elle peut augmenter le pourcentage des cellules
NK, corrélées, je le rappelle, avec la survie de l'individu.

L’apprentissage de techniques de gestion du stress constitue un espoir pour de nombreuses


personnes atteintes de maladies chroniques. Des études randomisées françaises, respectant tous
les critères de déontologie et de rigueur scientifique, paraissent indispensables.

Elles permettront d'établir dans quelle mesure, même en France, l'individu peut contribuer à sa
santé en utilisant ses ressources personnelles.

Il serait grand temps que ces approches se développent dans les hôpitaux.

Particulièrement dans notre pays si gravement touché par le cancer et détenteur du record du
monde de la consommation de tranquillisants et d'antidépresseurs.

COMBATTRE LA MALADIE EN UTILISANT SES RESSOURCES INTERIEURES


Nous sommes soumis chaque jour à une collection de stress variés. Notre façon de nous y
adapter est déterminante. Se relaxer, rentrer à l’intérieur de soi, en prenant de la distance, du
recul, par rapport à ses difficultés, permet de mieux percevoir le contexte de la situation et les
alternatives qui y sont contenues.
Il est bon d’apprendre à installer en soi un état de relaxation. Il génère des émotions positives et
une confiance nouvelle pour trouver une solution adaptée à chaque situation.

Comme l’indiquent les recherches passées en revue, apprendre à gérer ses stress améliore la
qualité de vie et renforce certaines défenses de notre immunité. A l’inverse, les émotions
négatives nous plongent dans un état de conscience douloureux. Un état dépressif s’installe
insidieusement. L’organisme tente de se défendre, ce qui se traduit par une augmentation
momentanée des cellules NK. En restant en contact avec ces émotions négatives, Les cellules NK
s’étiolent et tendent à disparaître.

Dans le cadre de notre recherche, la production d'un état de conscience modifié, associée à des
autosuggestions positives, permet presque à ces cellules de doubler leur population et de
retrouver leur niveau d'origine en 24 heures.

Cette étude exploratoire ne prétend pas expliquer scientifiquement le lien qui unit les
autosuggestions de croyances, donc d’émotions, positives ou négatives, avec la biologie de
l'individu. Son seul intérêt est de corroborer les études précédentes et de stimuler le
développement de recherches futures.

Son espoir est de vous permettre de réaliser à quel point vos pensées et vos actes déterminent
votre état de santé. Combattre la maladie d’une façon active et positive augmente la qualité de
vie, les défenses immunitaires et l’espérance de vie.

Je vous invite à apprendre et à pratiquer des techniques de santé ; vous investir dans une
concentration sur vos ressources intérieures; vous focaliser sur ce qui est source de joie,
d’espoir et sur toutes ces émotions positives qui guérissent.

Paul Zveguinzoff. Président de l’association Agir pour sa Santé.

7. LES EFFETS DU STRESS SUR L’IMMUNITE CHEZ LES ANIMAUX

Un stress chronique suscite bien souvent des émotions négatives.


D’où la nécessité d’exprimer ces émotions ou de trouver une échappatoire pour s’y soustraire. La
gestion du stress consiste à s’adapter à la situation avec les moyens du bord et tous ceux que l’on
peut imaginer. Apprendre à se relaxer, à prendre de la distance, constitue un précieux facteur de
renforcement des défenses immunitaires.

Lorsque la situation de stress semble être indépassable, c’est bien souvent sa propre attitude qui
est à changer. L’homme peut faire ce dont l’animal est incapable.

Un exemple est resté célèbre dans la littérature scientifique.


En 1916, cinq cerfs de race sika sont installés sur l'île St James près de Cambridge. Bénéficiant de
bonnes conditions de vie et d'absence de prédateurs, les cerfs se multiplient considérablement.
Cependant, en 1958, alors que la population atteint 300 individus, plus des deux tiers de ces
animaux commencent à manifester un certain nombre de troubles du comportement et meurent
sans raisons apparentes.

Après des analyses biologiques approfondies, le docteur Christian découvre que leur mortalité est
due à un dysfonctionnement d'une glande endocrine, la surrénale, dysfonctionnement qui disparaît
lorsque la horde atteint une population de 80 individus.
En passant en revue toutes les causes possibles, ce chercheur parvient à une conclusion :

"la cause du déclin n'est due qu'au stress de surpopulation." (25)

À ce propos, Edward Hall (26), un éminent professeur d'éthologie, a élaboré la notion de


"proxémie", c'est-à-dire l'espace inter individuel de sécurité. Cette notion explique la nécessité pour
chaque être vivant d'avoir un territoire qui lui appartient.

Ce qui est valable pour les cerfs de l’Île St James pourrait bien l'être aussi pour les animaux que
nous sommes.

Il ressort de cette observation que le manque d'espace vital est lié à une forte progression de la
mortalité. Chaque individu a besoin de disposer d’un espace vital suffisant pour vivre s’épanouir,
croître et se multiplier. Le biotope (27) participe à déterminer l’écologie de l’esprit. (28)

En cas d’espace insuffisant, l’individu stressé produit tout un ensemble de dysfonctionnements,


psychologiques, somatiques ou sociaux.

Afin de mieux comprendre les phénomènes de stress et leurs répercussions sur l'organisme, de
nombreux chercheurs effectuent des études.

Dorian (29) observe que des rats soumis à des situations de stress variés (entassement dans un
espace restreint, chocs électriques, exposition face à un prédateur, etc.) produisent une diminution
significative de certaines défenses immunitaires, observables par la majoration des symptômes de
maladies virales (herpès, poliomyélite...) et de cancers (tumeurs mammaires, leucémies...).

Henri Laborit l’a constaté, il peut y avoir une régulation naturelle de ce stress à travers
l’expression de l'agressivité.
La lutte pour le territoire permet, dans une certaine mesure, d'éviter l'apparition de symptômes
physiques, tout comme la fuite, si elle s’avère possible.
Vous pouvez à ce titre voir ou revoir "Mon oncle d'Amérique", cet excellent film de Resnais.

L'étude du comportement animal ouvre des perspectives intéressantes quant à notre sujet : un
animal pris au piège et qui n'a pas de possibilité de fuir une situation pénible, ni d'exprimer son
agressivité, dépérit progressivement tout en développant des symptômes et finit par mourir.

Chez des souris, le stress de l’environnement peut à lui seul produire une variation du pourcentage
de cancers de 7 à 92 %. (30)

De la même façon, une difficulté d’ordre affective peut engendrer une diminution de certaines
défenses de l’immunité.

Si l'on sépare une mère chimpanzé de sa progéniture pendant quatorze jours, mère et enfant
présentent une nette diminution de la réponse des lymphocytes. (31)

Dans le même ordre d’idée, il arrive qu’un chien ou un chat se laisse mourir de désespoir d’avoir
perdu son compagnon humain. L’inverse est vrai aussi, parfois.

Comme chez l’homme, la perturbation de la relation "affective" joue un rôle déterminant sur
l'immunité de certains animaux.

L’homme, par contre, peut réussir à faire le travail de deuil indispensable à l’acceptation de la perte
d’un être cher. Il peut s’adapter à ce qui est a priori inacceptable.

1°) Si l’espace vous manque dans votre lieu de vie, vous pouvez renouer avec une existence
sociale en dehors de chez vous.

Organisez des rencontres avec votre famille, vos amis, vos relations. Engagez-vous dans des
activités culturelles et de loisirs.

Profitez des beaux jours pour rentrer en contact avec la nature. Voyagez. Agrandissez le champ de
vos interactions avec le monde extérieur et celui de nouvelles découvertes.

2°) La qualité de votre biotope peut être source de satisfactions, bénéfiques à votre état de santé.

Pensez à améliorer votre lieu de vie en investissant dans la décoration qui vous fait plaisir. Egayez
le par des touches de couleurs que vous aimez. Réaménagez votre intérieur. Vous pouvez, par
exemple, encadrer l’agrandissement de vos photos de voyage préférées, adopter des plantes vertes
et vous offrir des fleurs...

3°) La création (peinture, collage, couture, modelage...) peut vous faire voyager sans sortir de
chez vous. Investissez-vous dans la découverte de vos talents cachés. Explorez-les, éventuellement
avec vos proches.

4°) Si vous avez le sentiment d’être trop seul(e), vous pouvez vous occuper d’animaux ou en
adopter un.

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8. LES FACTEURS DE STRESS CHEZ L’HOMME

Des expériences de stress anodines entraînent parfois des répercussions sur ces défenses qui nous
préservent de la maladie. Notamment lorsqu’il s’agit d’un stress chronique a priori impossible à
contrecarrer.

Déterminer au quotidien les facteurs de stress auxquels vous êtes soumis et de quelle façon vous
pouvez vous y soustraire. Laissez-vous le temps de mûrir des solutions en pensant à votre bien-
être. De la même façon que la nuit porte conseil, le lâcher-prise est indispensable à l’émergence de
ressources intérieures.

Les effets du stress pendant la période d'examen sont étudiés sur des étudiants en bonne santé.

Une nette diminution de certaines défenses immunitaires est observée au niveau de la réponse des
lymphocytes T32, mais également au niveau du pourcentage de ces mêmes cellules. (33)

Ce stress appelé "académique", diminue par ailleurs le pourcentage des cellules NK et semble
augmenter le risque de la mononucléose infectieuse. (34)

Ces résultats sont en partie corroborés par une autre étude, dans laquelle on observe chez les
sujets très stressés le faible taux de cellules NK et d'interleukine 2 stimulant certaines défenses.
(35)

Six semaines après l'examen, ces étudiants ont développé plus d'infections respiratoires que ceux
du groupe témoin, non soumis au stress.
Leur niveau d'anxiété est corrélée avec une augmentation du taux de cortisol (36), une hormone
du stress dont on sait qu'elle participe à une suppression des réponses immunitaires. (37)

Des situations de stress d'ordre psychologique, psychosocial, physiologique, etc., influent de façon
déterminante sur les systèmes immunitaire et endocrinien.

C'est notamment par le biais des corticostéroïdes, ces hormones du stress, que s'élabore l'immuno-
dépression. (38)

« Si le stress est de quelque durée, la réaction d’alarme est suivie d’une phase d’adaptation durant
laquelle la réaction hypophyso-surrénalienne se poursuit, mais d’une manière mieux adaptée aux
nécessités de la défense. Cette phase se prolonge plus ou moins longtemps jusqu’à la guérison, à
moins que ne survienne une phase d’épuisement, où les surrénales deviennent incapables de
maintenir leur hyperactivité, l’organisme risquant alors de succomber devant la persistance des
facteurs pathogènes. » (39)

Lors de cette phase d’épuisement, se produit une nette diminution de la production de sérotonine,
un neurotransmetteur qui véhicule des messages au niveau du cerveau, mais aussi de l’organisme
tout entier.

La carence en sérotonine est corrélée avec une augmentation de l’irritabilité, de l’agressivité et se


retrouve associée à la dépression. Cette réaction en chaîne conditionnera dans le même temps une
diminution de certaines défenses immunitaires. (40)

Des circonstances exceptionnelles comme un deuil récent, une privation de sommeil ou encore un
vol spatial diminuent le nombre de lymphocytes T. (41)

L'un des pères fondateurs de la psycho-neuro-immunologie est Georges Solomon. Il réalise en


1972 un état des recherches rétrospectives sur l'immunité.

Il met en évidence les liens existants entre des événements particulièrement agressifs comme le
deuil et des maladies telles que le diabète, les troubles coronariens, la colite ulcéro-membraneuse,
l'arthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé et la schizophrénie.

D’autres scientifiques font la synthèse des effets de stress divers sur l'immunité. (42) Là encore, la
privation de sommeil, la course de marathon, la malnutrition, une forte consommation de
cigarettes ou d'alcool entraînent des dysfonctionnements de l'immunité. (43)

Toutefois, un stress chronique plus bénin permet parfois d'observer une augmentation de
l'immunité. L'étude a été, il est vrai, réalisée sur une population de comptables s’apprêtant à
collecter les impôts. (44) Dans ce cas de figure, le stress chronique revient chaque année et ne
dure qu’une période déterminée.

La nature du stress joue donc un rôle important, néanmoins c’est surtout la façon d’y réagir qui
s’avère déterminante.

1°) Prenez une position confortable et relaxez-vous, en respirant profondément plusieurs fois de
suite. Imaginez une très haute montagne de votre choix. Visualisez un petit sentier qui grimpe à
flanc de coteau en pente douce jusqu’au sommet de la montagne. Représentez-vous emprunter ce
chemin en prêtant attention à la flore et à la faune environnante. Laissez vibrer vos cinq sens avec
ce fabuleux spectacle de la nature. Faites des pauses durant votre ascension. Prenez le temps de
découvrir ce paysage. Contemplez l’espace qui s’agrandit tout autour de vous. Reprenez votre
promenade tranquillement en savourant tout ce qui s’offre à vous. Arrivé au sommet, installez-vous
confortablement. Imaginez vos soucis, vos tracas, enfermés dans une petite maison au pied de la
montagne.
Contemplez l’espace qui vous sépare de tous les stress du quotidien. Respirez profondément et
envisagez la distance que vous pouvez mettre entre vous et les difficultés du monde extérieur.

Grâce à cette distance, laissez tranquillement venir à vous des sensations et des émotions
agréables. Accueillez-les. Et pendant ce temps, imaginez le plaisir que vous procurera la
découverte de la solution. Vous pouvez laisser venir le moyen d’échapper au stress grâce à une
attitude psychologique différente. Laissez la créativité de votre inconscient la trouver. Concentrez-
vous sur le plaisir que peut vous procurer le contrôle de la situation.
Accordez-vous des moments de relaxation fréquents dans la journée.
Profitez-en pour réaliser cet exercice.

2°) Confronté à une situation déplaisante, en transport en commun, par exemple, source
intarissable de stress en tout genre, apprenez à réaliser l’exercice précédent.

Pour vous y aider, vous pouvez tout d’abord réaliser votre séance dans les meilleures conditions.
Chez vous. Confortablement installé. Une fois l’exercice appris, vous aurez plus de facilité à le
mettre en pratique dans le cas de situations stressantes.

Vous pouvez également vous absorber dans la lecture d’un bon livre, dans l’écoute d’un morceau
de musique, tout ce qui vous permettra de prendre de la distance par rapport au stress du
quotidien.

3°) En état de relaxation, imaginez toutes les solutions susceptibles de vous aider à prendre de la
distance avec vos difficultés.
Notez-les sur votre journal de bord.
Expérimentez-les lorsque vous serez confronté à un stress.
Notez le fruit de vos expériences en attribuant des notes aux exercices, en fonction de leur
efficacité.
Devenez le chercheur et l’acteur de votre santé.

________________________________________

9. LA DÉPRESSION ET L’IMMUNITÉ

D’après de nombreuses recherches, l'état dépressif correspond à une diminution de certaines


défenses de l'immunité (B, T, N.K.).
A l’inverse l’expression de ses émotions, au travers de l’écriture d’un journal, stimule l’immunité.

Un deuil pose la nécessité d'accepter la perte, même si elle apparaît inacceptable. Si le travail de
deuil n’est pas réalisé une dépression peut se mettre en place. Pour l’éviter, videz l'abcès de la
souffrance sur votre journal. Quitte à répéter 10 ou 20 fois la même phrase, il semble
indispensable de se défaire de ses émotions négatives ; écrire permet de gérer ses difficultés ; Et si
vous ressentez le besoin de pleurer, c’est très bien. Laissez couler vos larmes. Exprimez votre
peine à l’occasion de cet exercice.
De même, dans une certaine mesure, le fait d’exprimer sa souffrance en criant, en chantant à tue-
tête, en dansant, en faisant du sport, etc, permet de trouver un exutoire à sa souffrance. Délivrez-
vous du poids de vos émotions négatives, vous en verrez le bienfait sur votre état de santé.

Des études montrent que deux semaines après avoir perdu leur mari, les femmes présentent une
nette diminution de la réponse mitogénique des lymphocytes.
Cet effet atteint son point culminant huit semaines après le deuil. (45)

De la même façon, les veufs connaissent une diminution des lymphocytes B et T durant les deux
mois qui suivent le décès. La diminution de l'activité de ces cellules B et T s'observe dès la
deuxième semaine suivant la disparition du conjoint. (46)

La dépression majeure est corrélée avec une diminution significative de ces mêmes lymphocytes
(47), mais également avec un taux de cortisol élevé. (48)

Plus la dépression est grave plus le nombre et l'activité des cellules B et T s'avère réduite.

Le deuil semble donc produire une diminution caractéristique de certains facteurs de l'immunité.

Une autre étude porte sur les effets de la séparation conjugale. L'équipe des Glaser a comparé 38
femmes mariées à 38 autres séparées ou divorcées. Les résultats indiquent que ces dernières
souffrent plus de dépression que la population de femmes mariées. Par ailleurs, leurs capacités
immunitaires ainsi que leur pourcentage de cellules NK s'avèrent également inférieurs à celui des
femmes mariées.

Les femmes séparées depuis moins d'un an montrent un pourcentage plus faible de cellules T4.
(49)

Les cellules T4 sont la cible privilégiée du virus d'immunodéficience humaine (VIH), corrélée, dans
le cas du sida, avec la durée de survie de l'individu.
Bruchon-Schweitzer (1998), dans son approche de la psychologie de la santé, passe en revue un
grand nombre de recherches scientifiques sur le thème de la dépression et du cancer.

« La grande majorité de ces études (9 sur 11) montre que l’impuissance-désespoir est associé à
une évolution défavorable de la maladie (récidive, décès). »

De plus, elle estime que « la non-expression des affects négatifs est associée à une évolution
défavorable de la maladie (mélanomes, cancers du sein) et à des troubles émotionnels ultérieurs. »
(50)

Comment contrecarrer cet état de fait ?

L'équipe des Glaser apporte des éléments de réponse :


25 personnes sont invitées à tenir un journal en y racontant les éléments traumatisants de leur vie,
afin de leur permettre d'exprimer leurs émotions négatives.

Un groupe identique tient aussi un journal mais en y écrivant des événements sans importance.

Grâce à l'expression de leurs émotions, les personnes du premier groupe connaissent une nette
augmentation de leurs défenses immunitaires.

Six mois après la fin de leur expérience, leur santé continue de s'améliorer.

Il apparaît donc que l’écriture d’un journal de bord augmente certains facteurs de l’immunité.

Le médecin relatant cette étude est Bernie Siegel, chirurgien américain de renom.
Il estime qu' “ En exprimant ses émotions, en travaillant sur des événements que la plupart des
gens s'empressent d'oublier, on envoie à son corps des messages de vie. ” (51)

Il insiste sur le fait que l'expression des émotions négatives constitue les bases de la santé psycho-
corporelle.

C’est la raison pour laquelle un journal de bord s’avère indispensable. Écrire canalise l’agressivité.
En laissant la plume glisser sur le papier, les émotions négatives peuvent s’évacuer hors de soi,
tout naturellement.

De même, Siegel insiste sur l’intériorisation des émotions positives et cite la recherche du
psychiatre Georges Vaillant. Ce dernier a suivi pendant trente ans 200 étudiants de Harvard, d’un
point de vue psychologique et médical.

Les plus satisfaits de leur vie présentent dix fois moins de maladies graves et de mortalité que ceux
qui sont moins heureux.

Est-ce par hasard si de nombreuses personnes écrivent un journal au moment de leur adolescence
? Pendant cette période de la vie parfois très éprouvante, chacun quitte son enfance et se forge
une identité. Encore dépourvu de carapace, chacun prend conscience de sa solitude ; de ses
différences avec les personnes qui sont pourtant les plus proches. Le fait d’écrire est comme un
réflexe de survie qui régénère l’espoir et la capacité de prendre de la distance. Écrire donne les
moyens de prendre de la distance par rapport à ses difficultés et d’élaborer de nouvelles solutions.
Ecrire c’est créer.

Et les médicaments antidépresseurs, stimulent-ils l’immunité ?

Une recherche tend à montrer le contraire : les longs traitements somatiques de la dépression
diminuent les fonctions immunologiques par rapport aux personnes non traitées. (52)
Par contre, l’exposition à la lumière, autrement dit la photothérapie ainsi que l’exercice physique
augmentent naturellement la production de sérotonine et de mélatonine dont l’action
antidépresseur est favorable à l’état de santé. (53)

1° Vous pouvez diviser votre journal de bord en deux parties :


le côté où vous avez commencé à écrire deviendra le lieu de tous vos espoirs, vos réflexions et vos
victoires.

En tournant le carnet de l’autre côté, écrivez tout ce qui vous pose problème, vous déprime ou
vous exaspère en ce moment.
Exprimez ce que vous ressentez à l'égard de ce que vous avez perdu.
En jetant vos sentiments sur le papier, vous pourrez décharger votre cœur du poids qui l'oppresse.
Même s'il est pénible et douloureux, ce travail est vital car il vous permet de commencer à vous
distancier de votre souffrance.

2°) Faîtes de l’exercice. Offrez vous des promenades matinales dans la nature. Exposez-vous à la
lumière tout en restant vigilant par rapport au soleil. Pensez en cas d’exposition prolongée à
protéger votre peau.

10. Accepter l’inacceptable grâce à l’écriture et la relaxation : un exemple de


psychothérapie

“ Tout problème a une solution. Quand un problème n’a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de
problème. ” Paul Watzlavick

L’absence de solution pose la nécessité d’accepter la situation telle qu’elle est et donc de modifier
son attitude psychologique. Ce travail difficile est facilité par l’écriture et la relaxation.

Faire la démarche de consulter, c’est déjà avoir parcouru la moitié du chemin qui mène à la
guérison. La seconde moitié est liée à la capacité de se prendre en charge. Sa propre pratique des
techniques de santé est déterminante...

Je vous propose de découvrir l’histoire et le travail accompli par une jeune femme, que nous
appellerons Camélia. En juin 1992, elle se laissait mourir d’un état dépressif à la suite d’un grave
traumatisme. En quelques semaines, elle réussit à reconquérir une nouvelle aspiration à la vie.

Elle m’appela à l’aide avec une voix pâle et exténuée. Son unique frère cadet était mort en octobre
dernier. Durant neuf mois, elle avait porté l'insoutenable fardeau de sa culpabilité, lequel ne faisait
que s'appesantir de jour en jour.
" Je n'en peux plus, me dit Camélia. J'ai perdu l'appétit, le sommeil et je n'ai d’intérêt pour rien. Je
sens que la vie s'échappe de moi et que je suis en danger maintenant."

Âgée de trente ans, Camélia ressemblait à une fleur prématurément fanée. Ses traits tirés étaient
marqués par la maigreur, la fatigue et le poids d'un terrible abattement. Dans ses orbites creusées
scintillait faiblement un regard bleu épuisé, délavé par trop de souffrances ; un regard profond
d'enfant blessé, irrémédiablement meurtri.

Elle m'expliqua en pleurant qu'elle avait quitté sa famille, originaire de Brest, depuis 5 ans. Elle
s’est installée à Paris, s'y est mariée, et a encouragé son frère à s'installer lui aussi dans la
capitale. En octobre dernier, il la rejoignit, se trouva un studio et un travail intéressant. Afin de
fêter ces heureux événements qui coïncidaient avec les vingt-trois ans de son frère, Camélia
organisa chez elle un repas d'anniversaire auquel étaient conviés familles et amis. Après un repas
joyeux et bien arrosé, son frère s'éclipsa. Dix minutes plus tard, ne le voyant pas réapparaître,
Camélia alla le chercher. Elle le découvrit blême, gisant à terre, terrassé par une crise d'asthme
dont il n'avait plus souffert depuis des années. D'une voix faible entrecoupée de râles, il lui dit
d'appeler un médecin au plus vite. Camélia, affolée appela les pompiers. L'état de son frère empira
rapidement et, malgré une oxygénation adéquate, les pompiers ne purent rien faire pour le sauver.
Le médecin dut constater le décès.

Depuis ce jour, Camélia fut hantée par les remords et la culpabilité. Elle se reprochait amèrement
d'avoir convaincu son frère de la rejoindre à Paris et, surtout de n'avoir pas eu la présence d'esprit
d'appeler un médecin, mais serait-il venu à temps ? N'aurait-elle pas dû demander à son frère de
modérer sa consommation d'alcool ? Pourquoi cette crise d'asthme alors que la vie lui souriait ?
Pourquoi cette mort horrible ? Pourquoi lui ?

Face à cette tragédie, Camélia s'est enlisée dans un cercle vicieux de questions sans réponses.

Chaque jour, il lui semblait s'enfoncer un peu plus dans les sables mouvants d'un marasme duquel
découlait un désintéressement progressif pour toutes ses activités. Même sa fille de trois ans ne
parvenait plus à lui arracher un sourire. Camélia a commencé à éprouver un sentiment de
catastrophe imminente. Elle se sentait par moments curieusement dissociée et considérait presque
avec indifférence que son corps amaigri ne la maintiendrait pas longtemps en vie. Et ses pensées
défilaient comme un interminable cortège d'accusations, de critiques et de blâmes.

Je propose alors à Camélia de faire l'apprentissage de la relaxation. Pour ce faire, je l'invite à


retrouver un bon souvenir. Camélia, surprise, sèche ses larmes et me déclare gravement que tous
ses souvenirs sont comme ternis, voire effacés, depuis la mort de son frère. Je lui demande alors
de ne trouver qu'un seul instant de bien-être. Malgré de grandes difficultés, elle parvient à évoquer
une promenade agréable dans la campagne. Quelques minutes après le début de la séance, elle
éclate en sanglots. Son frère est apparu au détour d'un chemin.

Je l’accompagne dans sa souffrance (...), elle se sent un peu mieux. Je l'encourage à prendre
conscience de son corps, dans ce fauteuil, et de se concentrer sur sa respiration. Une crise de
larmes la terrasse ; elle entend les râles de l'agonie de son frère.

J’écoute à nouveau son inconsolable douleur puis, alors qu'elle semble quelque peu rassérénée, je
lui propose de faire connaissance avec les ressources de son inconscient.

Une lueur d'intérêt brille dans sa tristesse. Camélia accepte de se concentrer sur les sensations
qu’elle éprouve dans ses mains. Je l'invite à se concentrer uniquement sur toutes les micro-
sensations qui y affleurent et saupoudre sa psyché de pensées de bien-être et de calme intérieur.
Ses paupières se ferment spontanément pour mieux percevoir les petits mouvements de ses
mains.

Hélas, presque aussitôt, un rictus de souffrance se lit sur son visage, elle ouvre les yeux et éclate
en sanglots. L'image de son frère s'impose à sa conscience, irrésistiblement.

Une fois ses larmes séchées, je l'encourage à verbaliser sa douleur.

Je me rends compte alors qu'elle regarde assez fixement le bonsaï qui se trouve près d’elle.
Comme elle avait adoré les plantes, je lui propose d'effectuer un exercice où il lui suffit de
photographier mentalement le petit arbre. En laissant ses paupières se fermer, je lui suggère de
restituer cette représentation dans une partie de son esprit. Et si d'autres images lui viennent à la
conscience, elle peut tout à fait rouvrir les yeux et retrouver la tranquillité de ce petit arbre et le
graver un peu plus en elle. En quelques minutes, le visage de Camélia se relâche et elle déglutit à
plusieurs reprises.

Je lui propose de garder ce bonsaï bien présent en elle pendant toute la durée de la séance et d'en
retrouver l'image rassurante dès que cela lui est utile.
Pendant que je lui parle, elle peut entendre mes paroles sans les écouter, cela n'a aucune
importance.
Sans se laisser déranger, je l’invite à m’adresser un petit signe avec un doigt de l’une de ses mains
afin qu’elle me communique si elle se sent déjà un peu plus détendue. (54) (Son index se soulève.)

Je lui propose alors de gagner une autre partie de son esprit et de s'imaginer dans son jardin
secret. Son visage s'obscurcit.
"C'est peut-être un jardin triste et désolé ?" (Son index droit m'indique oui.)

"Un pauvre jardin dont toute la végétation a été brûlée par le gel et le froid..." (Elle hoche
légèrement la tête).
"Et tout autour de vous, peut-être que la terre brûlée ne porte plus la trace d'une seule herbe, d'un
seul arbre et que tout semble désert, sous un ciel gris et noir".
(Son index se soulève).
"Il est possible malgré tout que vous considériez tout cela avec détachement, comme si vous étiez
au cinéma. Détachez-vous de ces images. Et pendant que vous regardez tout autour de vous, peut-
être vous semble-t-il que la vie se soit arrêtée. Et peut-être désirez-vous retrouver le beau jardin
de jadis, verdoyant, fleuri et parfumé. ” (Ses sourcils se relèvent légèrement).
Alors j'aimerais vous faire un cadeau. Ce petit arbre plein de fraîcheur et d'espoir, gravé dans votre
esprit maintenant, j'aimerais planter ce petit arbre plein de vie dans ce pauvre jardin désolé. (Son
index droit se soulève timidement).
Et vous pouvez apprécier de voir son petit tronc bien fort et ses feuilles vert tendre pointées vers le
ciel. Alors vous pouvez vous asseoir à ses côtés et approcher de cette vie qui renaît dans votre
jardin, cela tout naturellement, pour autoriser votre conscience à diffuser ces sensations de vie en
vous, dans votre jardin secret, au plus profond de vous. (Son corps se détend et elle déglutit.)

Et pendant que vous êtes là à regarder votre jeune arbre donner vie à votre jardin intérieur, vous
pouvez apprécier de voir pousser de nouvelles petites feuilles, d'un vert très délicat, comme en
accéléré. Puis d'autres feuilles d'un vert encore plus tendre s'élèvent vers le ciel. Peut-être pouvez
vous commencer à ressentir cette harmonie de la vie qui s'éveille à l'intérieur de vous. Et cet arbre
peut grandir sous vos yeux. Observez-le. Chaque bourgeon peut développer une vie nouvelle,
grandir encore et s'épanouir, toujours plus haut, toujours plus fort.
Il est possible que vous puissiez apprécier un intense sentiment de sérénité en voyant cette vie
renaître de ses cendres. Et vous savez sans doute que, pendant ce temps là, les racines de cet
arbre développent la vie en profondeur. Dans la terre, des centaines de petites racines gorgent la
vie de sève.

Ce bel arbre commence à diffuser la vie dans chaque cellule, et c'est avec plaisir (son visage
s'obscurcit) ou avec étonnement, que vous pouvez voir apparaître au pied de ce grand arbre
comme de toutes petites pousses d'un vert encore fragile et presque transparent. De minuscules
pousses qui se développent un peu partout, tout autour de vous et qui donnent naissance à une
régénération, à une vie nouvelle. Et ces pousses grandissent deviennent des brins d'herbe et
parfois de petites fleurs des champs, qui commencent à diffuser un doux parfum de vie. Imaginez-
vous assise là, à respirer ces senteurs.

Progressivement, autour de vous, cet espace de verdure et de vie s'agrandit. Exercez votre écoute
pour entendre comme un délicieux ruissellement d'une source très pure, le son délicat de cette
herbe, ces fleurs et ces feuilles qui poussent et s'épanouissent. Prenez plaisir à voir refleurir votre
espace intérieur. Vous pouvez augmenter votre sensation de calme et de bien-être à chaque
relaxation et chaque nuit pendant votre sommeil. De la même façon, peut-être sans même en avoir
conscience, pouvez-vous consolider cette vie à l'intérieur de vous qui se développe et s'épanouit,
en harmonie avec la flore de votre jardin secret.

Car les ressources de l'inconscient travaillent pour vous. Elles éveillent la vie en profondeur. Cela se
passe même lorsque l'on dort paisiblement, profondément la nuit. Chaque jour, en chaque être,
l'instinct de vie diffuse une sensation de calme et de sérénité dans l’esprit et le corps ; votre
inconscient peut vous aider à semer la vie et l'espoir dans ce beau jardin en devenir. (Camélia
déglutit. Elle sourit légèrement.)

Vous le savez maintenant, après un terrible hiver, alors que tout semble privé d'existence, la vie
renaît, parfois tardivement, mais elle renaît toujours. Les plantes apprécient la nourriture, tout
simplement parce qu'après avoir beaucoup souffert elles redécouvrent le besoin de manger pour
vivre et s'épanouir.

Certains pensaient, dans les temps anciens, que les étoiles stimulent l'instinct de profiter de la vie
pleinement. En ces temps-là, beaucoup savaient que, pour chaque être, une bonne étoile est
toujours là, présente, protégeant la vie qui s'éveille.

Peut-être vous est-il agréable d’imaginer, pendant que je vous parle, que votre inconscient est à
même de diffuser le bien-être et la sérénité, dans les moments d'inconfort. Un peu comme s’il
continuait à cultiver votre jardin secret, à observer avec amour la vie qui s'y éveille. Vous le
devinez maintenant, l'inconscient est comme une bonne étoile qui veille sur vous jour et nuit. Tout
naturellement, il renforce toutes ces ressources, jour après jour, éveille la vie et stimule l'espoir. Et
c'est très bien.

Vous pouvez à présent, graver tout ce qui est utile dans la conscience, et tout ce qui n'est pas utile
à la conscience peut venir enrichir les ressources de votre inconscient. Maintenant, il vous est
possible de garder les bienfaits de cette séance de façon durable."

Après cette séance, j’invite Camélia à retrouver un état de conscience habituel. Elle resurgit
progressivement, et ouvre des yeux étonnés.

Je lui demande si le bonsaï est resté bien présent dans son esprit. Après un temps de réflexion, elle
me répond par l'affirmative. Camélia est surprise d'être allée aussi loin. Elle se sent plus calme et
beaucoup plus détendue à présent. Nous fixons un nouveau rendez-vous. Je l'invite à pratiquer
cette profonde relaxation pendant quelques minutes matin et soir en lui remettant la cassette
enregistrée de cette séance.

J’insiste aussi sur la nécessité d’écrire et de se délester du poids de son traumatisme.

Une semaine après, je retrouve Camélia et observe avec satisfaction qu'elle a meilleure mine.
Elle a noirci des pages d’écriture auxquelles se sont mêlées ses larmes, les a brûlées ensuite avec
un curieux soulagement.

Elle déclare s'être sentie beaucoup plus calme durant cette semaine, ce qui lui a permis de profiter
d'un sommeil de meilleure qualité. Elle constate par ailleurs que ses crises de larmes se sont
espacées et qu'elle se sent beaucoup plus paisible à son travail.

Sa pratique assidue de la relaxation et de l’écriture lui a permis d’obtenir ces bons résultats. Je lui
demande alors sur quel objectif elle aimerait travailler aujourd'hui. Son visage se rembrunit et elle
me dit sa difficulté de prendre de la distance par rapport à sa culpabilité.

Elle évoque à nouveau les circonstances dramatiques de la mort de son frère et pleure un peu.

Après l'avoir écoutée et soutenue dans sa douleur, je lui demande si elle aime nager. Surprise,
Camélia me répond par l'affirmative. Je l'invite à décrire ses propres séances de relaxation, ce qui
lui permet de retrouver par elle-même un état de bien-être stimulé par son évocation. Je lui
propose alors de retrouver son jardin secret qui s'est épanoui de végétations nouvelles et lui
suggère d'imaginer un bassin vide et sec à quelques dizaines de mètres de son arbre. Ce bassin,
encore dans la partie désertique et noire de son jardin, est couvert d'une poussière tenace. (Son
index se soulève.)
Je lui demande d’imaginer, en amont de ce bassin, tout un monticule de cailloux, et de s'en
rapprocher.

Je lui suggère de tendre l'oreille, afin de percevoir le bruit d'une eau vive toute proche, juste en
dessous et de faire rouler les cailloux qui l'obstruent.

Après un moment, son index m'indique qu'elle a réussi à dégager toutes ces pierres. Je lui propose
alors de se représenter une eau pure et transparente qui jaillit de la source et qui coule, vive et
légère dans les rigoles jusqu'au bassin.

"Ce joyeux torrent peut résorber toute la poussière. Peut-être pouvez-vous voir cette couche noire
s'écailler, se dissoudre, et laisser apparaître les couleurs enfouies sous la tristesse. (Petit
mouvement de l’index.)

L’onde nettoie toutes les impuretés accumulées depuis trop longtemps. Le bassin se remplit d’une
eau claire et tout autour, la terre s'hydrate, boit à cette source la force de cette vie que rien ne
peut arrêter. Les brins d'herbe et les fleurs peuvent grandir et s'épanouir tout comme au pied de
l'arbre, réchauffés par ce bon soleil.

Vous pouvez à présent profiter pleinement de ces sensations et de ces sentiments, en vous laissant
glisser dans l'eau pure de ce bassin étincelant. Là, dans cette eau vivifiante, vous pouvez nager ou
simplement faire la planche, et pendant ce temps, appréciez simplement de laisser se dissoudre
toutes les tensions, les difficultés et les pensées inutiles. Imaginez que tout ce dont vous n'avez
plus besoin peut sortir hors de vous, se décharger et s'enfouir avec l'eau dans les profondeurs de la
terre. Il est possible alors de goûter avec satisfaction à une plus grande légèreté de l'esprit et du
corps. (Camélia déglutit.)

Comme si cette source était une fontaine de jouvence elle vous permet de retrouver le regard neuf
de l'enfant qui est en vous. Ce regard qui découvre le monde avec espoir et philosophie. Vous
pouvez graver ces sentiments en vous et peut-être aurez-vous la surprise d’utiliser ces ressources
dans les moments difficiles, dans les moments de doute ou d’inquiétude. ”

Après la séance, j’invite Camélia à retrouver un état de conscience ordinaire.


Camélia ouvre les yeux, avec un sourire exprimant une sorte de douce quiétude. Elle pense avoir
vécu une expérience plus profonde pendant cette séance et me dit éprouver un sentiment de paix
intérieure.

Une semaine après, Camélia se déclare beaucoup plus sereine et moins oppressée par la
culpabilité et l'angoisse. Elle est très surprise de l'efficacité de la relaxation associée à ses pages
d’écriture. Elle manifeste alors son désir de travailler sur la possibilité d'accepter la mort de son
frère.

Je l'accompagne à nouveau dans son jardin secret qui a déjà refleuri d'un bon tiers et je lui propose
de se concentrer sur ce qu'elle ressent sous son arbre en regardant la végétation s'épanouir.

Elle me dit ressentir comme une invisible présence amicale. Je l'invite alors à rêver qu'une douce
lumière bleue auréolée d'un éclat presque solaire apparaît dans le lointain. Un peu comme un être
de lumière qui, au fur et à mesure qu'il se rapproche, diffuse un amour profond dans l'esprit et le
cœur ; un peu comme un ange gardien, guidé par une bonne étoile qui réconforte, calme et apaise
l'âme. Et cet être de lumière, chaleureux, sourit en s'avançant et fait refleurir une paix intérieure
dans le jardin secret. Vous pouvez même apprécier de le prendre dans vos bras et de le serrer
contre vous.

Parfois, dans les rêves il arrive que l'on fusionne avec l'amour illimité, que l'on sente chacune de
ses cellules comme imprégnée de la flamme éternelle d'un amour que rien ni personne ne peut
contrecarrer.
Lors des deux séances suivantes, je renforçais les bases de ce travail de deuil métaphorique. L'état
de Camélia continua de s'améliorer.

À la fin de la dernière séance, je lui recommandai de pratiquer régulièrement dans un premier


temps, puis d'espacer ces séances dès qu'elle se sentirait tout à fait bien. Elle me demanda si l'on
allait se revoir. Je lui répondis que je resterais à sa disposition pour toute nouvelle difficulté.

Les mois de juillet, août et septembre s'égrainèrent. En octobre, Camélia me rappela et me dit,
d'une voix enjouée, qu'elle avait passé des vacances étonnamment sereines et agréables. Après
avoir parlé de ses projets d'avenir, Camélia me remercia pour mon aide.

Au mois de mars, elle me rappela pour me donner de ses nouvelles. Elle me dit se porter pour le
mieux et gérer ses difficultés de façon autonome. En septembre, elle envisagea de reprendre des
études.

L’écriture et la relaxation contribuent à structurer une nouvelle adaptation, face à une réalité
inadmissible.

L'intérêt essentiel de la combinaison de ces techniques semble résider dans une mise à distance et
en même temps une mise en jeu des conflits les plus aigus. Elles favorisent l'élaboration d'un
processus d'intégration.

En d’autres termes, ces techniques participent activement au développement personnel et à


l’épanouissement de l’être.

1° Soulignez dans le chapitre que vous venez de lire toutes les phrases qui vous apportent du
mieux être.

Recopiez-les sur votre carnet en les mettant à la première personne du singulier. Ordonnez-les de
façon adéquate, afin qu’elles aient un sens pour vous.

Vous pouvez les utiliser pour écrire le texte de votre prochaine séance de relaxation. Enregistrez-le
grâce à un magnétophone en parlant d’une voix calme et tranquille. Vous pouvez également
demander à une personne que vous aimez de vous l’enregistrer.

Si vous le souhaitez, il vous est possible d’accompagner la lecture de votre prochaine séance de
relaxation par une douce musique que vous appréciez.
Écoutez régulièrement cet enregistrement et notez l’effet qu’il produit sur vous dans votre journal
de bord.

2° Effectuer un exercice de relaxation.


Respirez profondément et imaginez que vous êtes au centre de votre espace intérieur.
Représentez-vous cet espace au plus profond de vous, tel qu’il vous apparaît. Laissez faire les
choses.

Si cet espace ne vous convient pas, progressivement, visualisez-le se modifier.


Changez en le volume, la forme, l’éclairage, la couleur, etc, jusqu’à ce qu’il vous plaise. Cet espace
vous appartient. Sentez-vous libre d’enlever tous les objets, les personnes qui s’y trouvent. Ajoutez
de même ce qui vous satisfait.

3° En vous inspirant de cet exercice, vous pouvez rédiger à nouveau sur votre carnet un ensemble
de phrases qui vous apporte bien-être, détente et tranquillité.

Veillez à n’utiliser que des formulations positives en ne faisant jamais référence à des termes ayant
une connotation négative (chagrin, peine, souffrance, etc.)
Enregistrez à nouveau cette séance accompagnée d’une musique de relaxation.

4° Prenez une position confortable et concentrez-vous. Imaginez-vous cultiver votre jardin secret.
Représentez- vous semer des graines dans ce jardin et les arroser avec amour.

Prenez-en soin et laissez-les germer, se développer et grandir. Appréciez de voir s’épanouir un


beau gazon, des fleurs, des arbustes et des arbres.

Voyez prospérer votre jardin secret sous la forme d’un magnifique espace de verdure dans lequel il
fait bon se ressourcer.

_______________________________________

(54) Ce que l’on appelle « signaling » en hypnothérapie éricksonienne.

11. LA DÉPRESSION ET LE CANCER

“ La dépression est une reddition partielle à la mort, et il semble que le cancer soit un désespoir
vécu au niveau cellulaire. ” A. Hutschnecker (55)

"Le cancer n'est que l'illustration corporelle de l'état de mon âme." Fritz Zorn (56)

Même si l’on ne peut pas dire que le cancer soit une maladie purement psychosomatique, la
recherche a mis l’accent sur certaines attitudes psychologiques favorisant l’irruption de la maladie.

Il semble indispensable de mettre toutes les chances de son côté et d’envisager aussi le rôle actif
que l’on peut jouer dans le processus de guérison.

1° Par une stricte observance des traitements médicaux.

2° Par un travail personnel visant à retrouver le goût de vivre et donner un sens nouveau à son
existence.

L'un des témoignages les plus bouleversants sur cette maladie est celui de Fritz Zorn. Zorn est un
pseudonyme et signifie « colère » en allemand. Il écrit « Mars », se référant au dieu de la guerre,
juste avant de mourir d'un lymphome malin.

Dans cette autobiographie, l'auteur passe en revue toutes les "bonnes raisons" qui l'ont amené à
développer un cancer. Voici le tout début de son écrit :
" Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul. (...) J'ai eu une
éducation bourgeoise et j'ai été sage toute ma vie. Ma famille est passablement dégénérée, c'est
pourquoi j'ai sans doute une lourde hérédité et je suis abîmé par mon milieu. Naturellement j'ai
aussi le cancer, ce qui va de soi si l'on en juge d'après ce que je viens de dire.
Cela dit, la question du cancer se présente d'une double manière : d'une part c'est une maladie du
corps, dont il est probable que je mourrai prochainement, mais peut-être aussi puis-je la vaincre et
survivre ; d'autre part c'est une maladie de l'âme, dont je ne puis dire qu'une chose : c'est une
chance qu'elle se soit enfin déclarée." (57)

Je trouvais étonnant que Zorn considère le cancer comme une chance. Toutefois, en découvrant au
fil des pages sa misérable vie, faite de torture mentale quotidienne, je compris davantage ce qu'il
voulait dire. Le véritable drame de Zorn est qu'il ne s'est jamais aimé : "La faculté d'être heureux
est détruite en moi", écrit-il. (58)
Jamais il n'a connu la satisfaction d'une vie riche de sens ni le plaisir qu'apporte une sexualité
épanouie. Cet être éternellement malheureux dit avoir toujours été confiné dans la frustration :
"Dire que je suis rongé par la frustration est aussi plus qu'une simple façon de parler, cela se passe
concrètement, au niveau du corps. Oui, je suis réellement rongé, en l’occurrence par le cancer. En
réalité, c'est cela le cancer, sa cause, son origine, son désespoir, bien au-delà de tout ce qui est
purement médical." (59)

L'écriture de sa vie ne l'amena qu'à amplifier son désespoir. Il s'agissait d'une analyse objective
mais qui ne se focalisait que sur ses souffrances et les aspects négatifs de son existence. Il prenait
conscience à chaque page, avec une cruelle lucidité, de la distance qui l'avait toujours séparée du
bonheur. En écrivant, il n'a ressenti que des émotions négatives et a fini par se noyer dans la haine
de son éducation, de ses parents et dans sa souffrance infinie : "mon problème c'est que j'ai été
trop dévoré." (60)

Fritz Zorn était submergé par un stress infernal, sans solution ; ses émotions semblent s'être
retournées contre lui.

À travers toute son œuvre, il apporte un terrible témoignage de son impossibilité à s’adapter à son
existence. À l’âge de trente-deux ans, Fritz Zorn fut délivré de sa triste vie.

C’est la raison pour laquelle je ne conseillerai pas la lecture de son livre à une personne atteinte de
cette même pathologie.

Le cancer pourrait-il être une maladie de l'âme dont l'origine et l'évolution sont liés à la façon dont
fonctionne l'esprit ?

Il semble que Pierre Desproges, décédé d’un cancer, aurait été de cet avis. Hypersensible, meurtri
par la dureté de la vie, l’auteur des « Chroniques de la haine ordinaire » semble avoir élaboré un
système de défenses grâce à son humour parfois décapant, cynique voire désabusé.

« C’est dur à porter, une haine pareille, pour un homme seul. ça fait mal. ça vous brûle de
l’intérieur. On a envie d’aimer et on ne peut pas. Tu es là, mon frère, mon semblable, mon presque
moi (...). Mais au moment même où j’espère que je vais t’aimer, tu me regardes et tu dis : « Vous
avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c’était chouette. » » (61)

Se focaliser sur les limites, décortiquer les imperfections et les défauts nous enferme dans une
tendance à ne percevoir que le négatif et à en souffrir. La déception permanente, qui en découle,
alimente le concert d’émotions négatives qui peuvent générer ou entretenir à leur tour un état
dépressif et diminuer certaines fonctions immunitaires.

D’où la nécessité de se concentrer avant tout sur les qualités, les potentialités et les ressources
des êtres et des choses qui nous entourent. Cela revient à apprendre à considérer le verre à moitié
plein plutôt qu’à moitié vide.

Les émotions positives que produisent la satisfaction d’apprendre chaque jour de nouvelles choses
passionnantes, l’appréciation de l’autre, le plaisir de se rendre utile, l’expression de l’amour...,
favorisent la mobilisation de ses ressources intérieures et le fonctionnement optimum de son
immunité.

A l’inverse, de nombreux auteurs montrent les liens existant entre la dépression et une
augmentation de la fréquence des cancers ainsi que d’une mortalité précoce. (62)

Dans le cadre de son doctorat de psychologie, Gerits (1977) passe en revue les principales
recherches sur ce thème et observe que des événements de vie majeurs (décès d’un être aimé,
divorce...) sont liés à un risque accru de cancer.
Les comportements dépressifs qui en découlent, comme l'apathie, l'indolence et la fatigue tendent
à diminuer l'activité des cellules NK ce qui a pour effet d'augmenter la prolifération tumorale de
cancers du sein. (63)

L'activité de ces cellules est corrélée avec l'indice de Karnofsky, lequel témoigne de l'état de santé
général de l'individu.

Dans le cas du cancer, la qualité du soutien émotionnel apparaît l'élément le plus prédictif de
l'activité de ces cellules. Une personne qui n’est pas soutenue dans son épreuve a moins de cellules
NK que celle qui bénéficie d’un soutien de ses proches. (64)

Le rôle de l'entourage familial, social, médical, etc, se répercute assez directement sur les
fonctions du système immunitaire.

En d’autres termes, l’expression et l’intégration de l’amour est sans doute l’élément le plus
bénéfique à l’état de santé.

L’amour nourrit notre énergie vitale.

Une anecdote citée par Simonton (1990) illustre bien ce propos : une femme développe un cancer
quelque temps après son divorce. La maladie progresse rapidement. Des métastases apparaissent
et ses médecins redoutent une phase terminale à brêve échéance. Sa rencontre avec un homme
dont elle tombe amoureuse bouleverse les pronostics. Elle connaît une rémission spontanée en
l’espace de quelques mois. Après l’avoir ruinée, l’homme la quitte. Elle meurt en l’espace de
quelques mois d’une récidive fatale.

Fort heureusement tout le monde ne réagit pas d’une façon aussi spectaculaire à la dépression.
Pourtant la progression du cancer, comme sa guérison, apparaissent souvent en relation avec la
psyché de l’individu.

Des éléments d’explication sont fournis par l'équipe de Glaser. Ils constatent chez des personnes
très fortement déprimées une plus faible réparation de l'ADN, par référence à un groupe de
personnes moins déprimées.

Des conclusions identiques apparaissent lorsque les résultats de ce dernier groupe sont comparés à
ceux de personnes non déprimées. (65)

Cette étude suggère que la dépression contribue à un développement cellulaire anormal ou une
réduction de certaines défenses immunitaires.

D’autres recherches ont montré que les personnes déprimées doublaient leur risque de développer
certains cancers, par référence à des personnes non déprimées. (66)

D’où l’importance d’exprimer ses émotions et de d’entreprendre une démarche


psychothérapeutique parallèlement aux traitements médicaux pour améliorer sa qualité de vie (67)
et renforcer son état de santé. (68)

En effet, « C’est bien la conjonction de divers facteurs psychosociaux, événements de vie


stressants (dont la perte d’un être cher), dépression clinique, stratégies d’impuissance (désespoir,
non-expression des émotions) qui pourrait induire l’immunodéficience et donc faciliter la
carcinogénèse d’après les travaux récents menés en psycho-neuro-immunologie. » (69)

Malgré plusieurs centaines de recherches effectuées sur les thèmes du stress, de la dépression et
du cancer, il est important de savoir qu'aucune certitude n'est pourtant tout-à-fait établie pour de
nombreux scientifiques. En effet, certaines études indiquent parfois une apparente absence de lien
entre les facteurs stress, dépression et maladies cancéreuses.
Toutefois, comme l'a écrit avec justesse Claude Bernard, "Les faits sont les matériaux inébranlables
de la science".

Ainsi, on peut tout de même constater qu’un grand nombre de recherches expérimentales
établissent une relation significative entre un stress majeur, une attitude dépressive et la
progression du cancer, notamment du cancer du sein.

12 . L'ATTITUDE PSYCHOLOGIQUE ET LE CANCER

Les personnes ayant une attitude affable, une humeur égale et souffrant en silence d'une grande
solitude intérieure ont 16 fois plus de cancer que les personnes connaissant des sautes d'humeur et
une anxiété qui les amène à exprimer leurs émotions. C. B. Thomas (70) “ Chaque personne a son
propre chant à faire entendre, son propre rythme à observer dans sa manière d’être, de réagir, de
communiquer et de créer. Lorsqu’elle chante son propre chant, elle est pleine d’enthousiasme pour
la vie. Elle y trouve saveur et signification. ” Lawrence Leshan (71)

Apprenez à dire NON, à exprimer vos émotions. Acceptez de ne pas plaire à tout le monde.
Écoutez vos besoins, vos envies et vos désirs. Dans la mesure du possible, donnez-vous les
moyens de les satisfaire et faites-vous plaisir. Trouvez chaque jour quelque chose de satisfaisant à
réaliser. Faites-vous des cadeaux et profitez de la vie au maximum de la façon la plus agréable
pour vous. Soyez à l’écoute de vous-même et en accord avec vos convictions dans vos actes.
Prenez votre vie en main.

Laurence Leshan, psychologue américain, a consacré sa vie à l'étude des liens entre psychologie
et cancer.

Pour lui, le cancer est synonyme d’un dysfonctionnement psychologique dans son existence. En
tant que psychothérapeute, il aide les personnes à renforcer leur désir de vivre, retrouver goût à
l'existence. Il leur suggère des moyens pour réaliser des objectifs vitaux.

Dans son livre, intitulé “ Vous pouvez lutter pour votre vie ”, il développe l'idée que les désirs de
vivre et de s'épanouir sont les signes d'un bien meilleur pronostic.

Il estime que l'attitude psychologique joue un rôle souvent déterminant dans l'évolution de la
maladie.

Leshan a réalisé une étude dans laquelle il montre que certains facteurs se retrouvent très souvent
à travers l'histoire de personnes atteintes de cancers.

Le plus souvent, ce sont des personnes qui ont perdu toute raison d'être, qui n’arrivent pas à faire
le deuil d'une relation vitale qui les reliait au monde.

Cela peut être la mort d'une personne chère, le départ des enfants, un licenciement, la fin d'une
histoire qui les conduisent à ressentir une intense solitude. Soudain, elles n'ont plus de but dans
leur vie.

Dans l’impasse, ces personnes gardent le secret sur ce qui les tourmente. Elles semblent
incapables d'exprimer leurs émotions et de trouver une clé pour résoudre leur difficulté.
Généralement, ce sont des individus que les autres perçoivent comme des saints, plein de douceur
et de bonté. Jamais un mot plus haut que l'autre, toujours dans la maîtrise de leurs sentiments.

Ce chercheur a observé un désespoir chronique préalable à l’apparition d’un cancer chez 68


personnes sur 71.

De nombreuses études vont dans le même sens, notamment celle de Grossarth-Maticek (1988).
Une population de 1353 Allemands et de Yougoslaves en bonne santé y a été suivie sur une période
de 10 ans. Préalablement, chaque personne a été évaluée de façon approfondie d'un point de vue
psychosocial.

À l'issue de cette recherche, trois types de traits de personnalité ont été constitués.
Voici les résultats portant sur l'échantillon de personnes yougoslaves.

Le type A se caractérise par un goût excessif pour la colère et l'agressivité.


29 % de cette population meurt de maladies cardio-vasculaires.

Le type C est lié à des cognitions dépressives, notamment une résignation apprise ainsi qu’un
sentiment d'impuissance et de désespoir. Dans cette population, 46 % décèdent de cancer.

Enfin, le type B, caractérisé par une aptitude à jouer pour le plaisir et à se relaxer sans culpabilité
apparaît un garant de bonne santé, de réussite et d'adaptation sociale. 90 % des personnes de ce
groupe sont vivantes 10 ans après l'évaluation.

Bien qu’ayant connu des problèmes méthodologiques, cette recherche participe à une perspective
d’ensemble dessinant l’espace des liens corps-esprit.

Il apparaît également à travers d'autres études que la répression émotionnelle, caractéristique de


personnes atteintes de cancer, est associée à une moindre fréquence de survie. (72)

L'une d'elles, portant sur 1300 étudiants, corrèle la survenue du cancer avec le refoulement de ses
émotions.

D’autres chercheurs estiment que l'incapacité à extérioriser ses émotions, l’alexithymie, amène
l'individu à développer 5 fois plus de cancer des poumons. (73)

Ces personnes encaissent les coups sans mot dire, mais se maudissent intérieurement de ne rien
dire. Il semblerait d'ailleurs que leur désintérêt de la vie soit proportionnel à la virulence du cancer.
L'univers entier est perçu comme étant froid, sans affect, vide de sens ; leur avenir paraît sans
espoir.

Il s'agit souvent de personnes qui manquent de confiance en elles, souffrent d'un complexe
d'infériorité et vont parfois jusqu'à se mépriser. Face à leur désespoir, le cancer et la mort
apparaissent être l'ultime planche de salut.

Une autre recherche montre avec éclat le rôle de l’attitude psychologique sur le cancer.

Pour des femmes atteintes de cancer du sein, une attitude de déni ou de combativité correspond à
un taux de survie significativement supérieur par rapport à une attitude d'impuissance ou de
fatalité : 45% au lieu de 17% (p < 0.037).

En d'autres termes, 10 ans après le bilan psychologique, ne survivent que 25 % de personnes qui
acceptent stoïquement leur sort et 20 % de personnes impuissantes ou désespérées.

Par contre, vivent 50 % des personnes qui dénient leur maladie et 70 % des personnes
combatives. (74)

Cette recherche, tout comme les précédentes, confirme le fait que l'attitude psychologique joue un
rôle déterminant dans le processus de santé. Elle peut augmenter le pourcentage des cellules NK,
corrélées, je le rappelle, avec la survie de l'individu.

Une autre étude aboutit à des conclusions instructives. Il est possible d'observer une corrélation
directe entre l'activité du système immunitaire et l'impopularité des malades auprès des infirmières
en chef.

En effet, plus les patients sont exigeants, en demandant des informations par rapport aux
traitements et en posant leurs conditions, plus le système immunitaire s'avère actif. (75)

Se pourrait-il qu’apprendre à dire non, poser ses conditions, gérer son stress et devenir combatif,
nous protège contre le cancer ? Retrouver la capacité de réagir serait-il un antidote ?

1°) Offrez-vous 20 minutes de répit. Choisissez une musique que vous aimez, installez-vous
confortablement et créez en vous un état de relaxation.

Laissez venir à vous tous les désirs les plus satisfaisants que vous avez réalisé.

Laissez venir ensuite tous ceux que vous aimeriez réaliser.

2°) Après cette séance, notez tout ce qui vous vient à l’esprit.

3°) Utilisez cette bonne vieille technique de Socrate : Demandez-vous si ce que vous voulez
réaliser est vrai, juste, et utile pour vous.

Notez toutes vos appréciations et cotez ces valeurs pour chaque désir sur une échelle de 0 à 10.
Cela vous permettra de déterminer les objectifs prioritaires.

4°) Élaborez des stratégies pour réaliser ce qui vous tient à cœur. Faites des choix et déterminez
des priorités. Donnez-vous les moyens de vous réaliser et de donner un sens nouveau à votre
existence.

13. L'ADAPTATION AU STRESS

S’adapter c’est trouver des solutions aux difficultés du quotidien.


Vos capacités d’adaptation vous permettent de vous réaliser et de vivre en bonne santé. Il vous
suffit de les utiliser pour en récolter les fruits.

Analyser les rouages de vos réactions au stress. Intéressez-vous à la façon dont vous réagissez.
Écrivez ou dessinez la façon idéale dont vous aimeriez fonctionner. Laissez votre créativité
s’exprimer pour trouver les meilleures solutions pour vous. Concentrez-vous sur leur réalisation. Et
puis, lâchez prise, pensez à autre chose, profitez de ce que l’existence vous offre. Faites confiance
à la vie et faites-vous confiance. Le souhait que vous avez formé se réalisera avec d’autant plus de
facilité.

Une étude réalisée grâce à l’aide de 2400 personnes aboutit aux conclusions suivantes : la
perception du stress des événements de la vie quotidienne et du passé récent est déterminante.
Elle constitue l'élément le plus prédictif de l'apparition des pathologies physiques et psychiques.
(76)

En fait, c'est la façon dont vous percevez le problème qui est fondamentale, plus que le problème
lui-même.

Dans le même ordre d’idée “ si le contrôle de l’événement est efficace, peu de perturbations
biologiques, physiologiques ou comportementales en résultent... ” (77)

Ce contrôle est bien évidemment lié à la perception du problème.


Une adaptation inadéquate au stress constitue l'une des causes principales des déficiences
immunitaires. (78)

Là encore, elle apparaît liée à une diminution significative des cellules NK. (79)

Or l'anxiété et la dépression qui résultent fréquemment de l'impossibilité à s'adapter aux situations


de stress, majorent, comme nous l’avons vu certaines carences lymphocytaires.

1°) Se sentir constamment agressé de toutes parts et rester dans la passivité est une attitude
préjudiciable à la santé. À l’inverse, il est possible de prendre les choses avec philosophie et
détachement pour mieux comprendre la situation. L’écriture et la relaxation pourront vous y aider.

Tout est très relatif, disait Einstein. Exercez-vous activement à relativiser les stress que vous vivez.
Resituez l’importance de l’événement dans un contexte plus vaste, dans l’espace et le temps. Notez
vos observations sur votre journal de bord.

2°) “ Tout accès au problème entraîne un recadrage. ” (80)

Recadrer c’est regarder la situation sous un autre angle, quitte parfois à sortir du cadre de
référence.

Le fait de considérer un événement, plutôt que de vivre l’émotion qu’il procure, permet de prendre
de la distance par rapport au stress. Recadrer la façon dont vous percevez les choses vous autorise
à changer de point de vue et de trouver le meilleur moyen de vous adapter. Vous pouvez choisir un
point de vue confortable et en accord avec vous-même.

3°) Fixez-vous de petits objectifs. Acceptez d’être aidé.

Lorsqu’une attitude psychologique s’avère nocive à l’état de santé des symptômes apparaissent
fréquemment. Ces symptômes ont pour fonction de vous dire : “ Il faut changer d’attitude par
rapport à telle ou telle dimension de ma vie. ”

Pour changer, déterminez les objectifs prioritaires, les tout premiers éléments qui sont à modifier.
Vous pouvez, pour vous y aider, élaborer une hiérarchie d’objectifs, du plus ambitieux au plus
modeste. Et concentrer votre attention sur les ressources dont vous avez besoin pour passer du
premier au second, du second au troisième, etc.

Les plus grands voyages commencent par le premier pas.

Le chapitre suivant vous éclairera sur des exercices complémentaires.

Si vous avez le sentiment de ne pas pouvoir réaliser ce travail seul, il semble indispensable de
consulter un spécialiste formé à l’art de la psychothérapie. Prenez le temps d’en contacter et d’en
rencontrer plusieurs avant de faire votre choix définitif.

Pour s’adapter au mieux aux situations difficiles, les techniques de gestion du stress s'avèrent des
plus utiles. Leurs pratiques témoignent d'une grande efficacité pour diminuer les troubles
psychologiques en lien étroit avec le somatique.

14. GÉRER LE STRESS

Gérer son stress c’est prendre de la distance, du recul afin de percevoir la difficulté de façon plus
globale ; c’est comprendre les résistances pour les utiliser comme une force motrice pour s’adapter
; c’est devenir souple et mieux concentrer son énergie pour se réaliser ; c’est aussi, plutôt que de
subir, redevenir actif en développant sa combativité.

Définissez de petits objectifs concrets. Représentez-vous en relaxation accéder à leur réalisation.


Concentrez-vous sur vos ressources intérieures. Prenez plaisir à savourer votre succès à venir.

La maladie constitue un ensemble de facteurs de stress psycho-biologiques aussi bien pour le


“ patient ” que pour son entourage. Cela est vrai pour le cancer (81), mais aussi pour d’autres
pathologies.

C’est avant tout la façon dont le stress est géré qui est déterminante. L'équipe de Glaser a réalisé à
ce sujet une étude tout à fait intéressante. Par référence à un groupe contrôle, 34 parents qui
soignent une personne de leur famille atteinte de la maladie d'Alzheimer montrent un pourcentage
inférieur de cellules T et notamment de T4.

En outre, plus les parents ne sont proches du malade et plus le pourcentage des cellules NK
s’avèrent bas.

À l’occasion de cette étude, des groupes de soutien sont proposés à une partie de ces soignants.
Ceux qui y participent montrent une nette augmentation de ces cellules NK par référence aux
autres. (82)

Les Glaser ont aussi mesuré les effets de la pratique de la relaxation associée à des émotions
positives sur un groupe de personnes âgées.

Ils observent qu'une pratique de trois séances par semaine diminue l'intensité des symptômes liés
au stress.

Par voie de conséquence, ils constatent une augmentation significative de l'activité des cellules T et
NK tout en diminuant le taux des anticorps contre le virus de l’herpès (HSV). (83)

Cette équipe de chercheurs réalise également une étude sur des étudiants en médecine
connaissant une phase dépressive au moment de leurs examens.

La moitié de ces étudiants est invitée à pratiquer des techniques de relaxation. L’autre moitié ne les
pratique pas.

Par référence à ce groupe témoin, les étudiants gérant leur stress avec assiduité sont moins
angoissés et voient leurs cellules T4 augmenter. (84)

Ces cellules sont la cible du virus du sida. Les personnes concernées par cette maladie et qui ont
une attitude émotionnelle d'adaptation, notamment de combativité, disposent d’un nombre de
cellules T4 significativement supérieur aux autres.

Cette attitude psychologique favorise par ailleurs une plus grande efficacité d’autres cellules de
l’immunité.

Par contre, les émotions négatives du type colère, hostilité et rejet produisent l'effet inverse. (85)

Les techniques de gestion du stress permettent de retrouver une attitude psychologique d’espoir
et de réussite. Se représenter le succès vous permet de vous reprogrammer positivement. Mettre
en pratique ces simples éléments constitue le ferment d’une adaptation réussie. Vous trouverez le
détail de ces techniques de santé dans le chapitre 26.

1°) Définissez précisément le premier objectif simple, réaliste et concret de votre liste personnelle.
Créez un état de profonde relaxation et représentez-vous la réalisation de cet objectif dans ses plus
petits détails.

Dégustez intensément le plaisir que vous procurera cette réalisation ; laissez-la créer un
rayonnement intérieur de bien-être ; sentez-la vibrer, vous animer d’une dynamique de vie.

Réalisez cet exercice ainsi que le suivant pendant 10 ou 15 minutes. Davantage si vous en avez le
loisir.

Tout en conservant cet état de conscience, prenez la mesure de l’énergie vitale qui y circule en
laissant vos poings se serrer fortement, se desserrer puis se serrer encore. Ressentez la force de
réalisation de vos mains. Laissez-les jouer avec le mouvement. Imaginez ce qu’elles feront au
moment de la réalisation de votre objectif. Laissez venir les sensations qui s’y développent au fur
et à mesure que vous pensez à cette situation.

Focalisez-vous de même sur d’autres parties de votre corps et laissez-les s’emplir de la joie et de la
lumière que vous procure cette réalisation.

Après avoir réalisé cet exercice, vous pouvez apprécier de noter les sensations, les émotions et les
sentiments que vous avez ressentis.

Notez également toutes les idées nouvelles parvenues à votre conscience, tous les moyens que
vous pouvez mettre en œuvre pour réaliser l’objectif qui vous tient à cœur.

Réalisez cette séance quotidiennement, le soir ou le matin, en fonction de votre bon plaisir et de
votre disponibilité.

Comme nous l'avons vu, le stress, et particulièrement un stress chronique, entraîne généralement
de sérieuses répercussions sur les systèmes immunitaire et endocrinien ; répercussions qui vont
dans le sens d'un processus de somatisation. L’angoisse peut se transformer en symptômes
physiques.

À l'inverse, les techniques de santé, permettant de gérer le stress, renforcent certaines défenses
immunitaires.

Dans tous les pays de la planète, au travers de toutes leurs cultures, un certain nombre de
rémissions de maladies diverses et variées ont été recensées. Elles s’observent le plus souvent
chez des personnes qui se sont investies dans une pratique de différents types de techniques de
santé :
rituels religieux et chamaniques, incantations magiques, yoga, Taî-Chi, Chi-Cong ou autres
méditations tantriques, bouddhiques ou zen.

Intéressons-nous, pour commencer, à la pratique première remontant à la nuit des temps : la


prière.

15. LA FORCE DE LA PRIÈRE

“ La vie est une aventure où l’on fait l’apprentissage du pardon. Rien ne sème autant la confusion
dans l’âme humaine que le remords, le ressentiment ou la rancœur. Les émotions négatives
obscurcissent la pensée de façon terrifiante, bloquent nos perceptions et s’opposent à la réalisation
de nos projets et de nos désirs. ” Norman Cousins. (86)

« Les miracles ne violent pas les lois de la nature mais le peu que nous en savons. » Saint
Augustin.

« Je le panse. Dieu le guérit. » Ambroise Paré.


“ Toute idée conçue dans l’âme est un ordre auquel obéit l’organisme : ainsi, la représentation de
l’esprit produit dans le corps, ou une vive chaleur ou le froid ; elle peut engendrer ou guérir la
maladie. ” Saint Thomas d’Aquin. (87)

Quand on plonge dans l'histoire, il est possible de constater que l’une des pratiques les plus
anciennes est celle de la prière, dénominateur commun de toute religion. Lorsqu’il ne semble plus y
avoir d’issue à un problème existentiel, le recours ultime du croyant ou du plus athée est ce
recueillement.

Chacun se centre sur soi, se concentre sur l’espoir de voir la difficulté disparaître, faisant appel aux
dieux ou à sa propre divinité. L’espoir fait vivre et la foi soulève les montagnes. Chacun évoque, en
fonction de la cosmogonie à laquelle il adhère, ses parents disparus, ses dieux ou ses apôtres.

Depuis Jésus, de nombreux saints pardonnaient les fautes et guérissaient les malades.

Au travers de très nombreuses religions, la foi et le pardon constituent les clés du processus de
guérison.

Aujourd'hui encore, en France, l'église catholique réunit chaque année un comité de spécialistes
chargés de statuer sur le caractère miraculeux de rémissions observées, entre autres, à Lourdes.

La foi et la croyance jouent un rôle parfois déterminant dans les processus de maladie et de santé.

Une expérience personnelle fut à l’origine de mon intérêt pour ces liens qui unissent l’esprit et le
corps. Un vieux souvenir chargé d'intensité dramatique qui est devenu un moment fondateur de ma
vie, car j'aurais dû théoriquement la perdre. En toute logique, le cours de cette histoire aurait dû
être tout-à-fait différent. Et pourtant...

La voici :

J’avais une douzaine d’années lorsque je découvris l’Espagne avec mon ami Fernando. Les
vacances se passaient pour le mieux et nous nous découvrîmes un nouvel intérêt commun : la
pêche.
Nous décidons alors d’aller ramasser des vers dans l’estuaire vaseux d’une rivière.

Nous progressons dans ce bourbier mi-joyeux, mi-inquiets. La vase devient collante et aspire nos
pieds. Je me tourne, perd un instant l'équilibre, puis le reprend in extremis au prix d'un
déhanchement burlesque qui arrache mon pied nu de la vase. Au fond du trou, ma chaussure se
noie dans l'eau noire. Je me penche pour la repêcher mais mon autre pied s'enfonce dans la
gadoue jusqu'au genou. J'enrage. Tentant de prendre appui sur mon pied nu, je le sens comme
aspiré, englouti par la boue.

Un cri strident me sort de cet effort tendu. Mon cri. Instantanément, une douleur vive comme une
décharge électrique me déchire le pied. La douleur est si crue que je crois devenir inconscient. Je
l'extirpe affolé et vois le trou de vase se remplir de mon sang. Vision de cauchemar. Je jure comme
un charretier, j’enrage d’avoir eu cette idée saugrenue et je maudis la planète entière et la vase en
particulier.

Une peur panique me gagne. Je m'affale dans cette glu immonde, me relève et retombe. À petits
jets réguliers, mon pied sème des étoiles de sang sur la sombre mélasse.

Choqué, Fernando a gardé la mimique de son rire figée sur le visage. Son regard est perdu, terrifié.
Je rampe et nage à moitié jusqu'à une terre plus ferme. Je me relève, sautille et gémit. De minces
filets de sang s'écoulent et se fondent dans la boue.

Animé d'une angoisse sauvage, je bondis, tombe et me relève, impuissant à retenir cette vie rouge
qui s'échappe de mon pied entre mes mains crispées. La terre ferme, enfin. Fernando blême,
interdit, bredouille.
- Ça va... Dis, ça va ?
Mes lamentations se transforment en hurlement : - Nom de Dieu de nom de Dieu... Non ça va pas !

Je m'accroupis, arrache des poignées d'herbes dans un réflexe instinctif et colmate cette plaie
brûlante. Des larmes de rage et de frayeur coulent de mes yeux. Une douleur, pointue comme un
poignard, s'élance de mon pied. La blessure s’avère vraiment profonde.

J’aperçois alors une sorte de container à demi enterré et j’ai la stupide idée d’aller m’y rincer.
Chaque sautillement sur ma jambe valide m'arrache un gémissement. Le container est rempli d'une
eau sombre et stagnante. Inconscient du danger, je glisse mon pied sanguinolant dans le fangeux
liquide. Le contact avec l’eau, fut-elle croupissante me fait pourtant du bien. Je respire un peu
mieux. Entre temps, Fernando a récupéré la chaussure et la lave dans une flaque d'eau.
L'eau de la cuve devient rose par volutes. À sa surface danse toute une colonie de bestioles
excitées par cet aliment inespéré.

Ce bouillon de culture tiède commence à me démanger la plaie. Je m'en éloigne en clopinant et me


laisse tomber sur l'herbe grasse.

-Tiens ! Ta chaussure, dit Fernando en me tendant une drôle de chose grise et ratatinée, je l'ai
lavée comme j'ai pu.
- Merci.
Tu sais, il y a un hôpital plus loin, tu pourras marcher ?
- Non, non, pas d'hôpital. C'est rien du tout. C'est rien. Une compresse d'herbe et ça va aller
jusqu'à la maison.
- Tu rigoles. T'as vu les litres de sang que tu as perdu ?
- N'en rajoute pas, c'est bon.

Je pâlis encore. Un autre souvenir de torture revient à mon esprit. Un de ces moments si chargé
d'émotion qu'il devient vivant et inaltérable dans la mémoire. La tête me tourne comme dans un
manège. Je retrouve ce terrible moment, vécu quelques années auparavant. Mon brave chien est
attaqué par un autre. Je tente de les séparer. Dans la bataille féroce, des crocs se plantent dans
ma main droite et la déchirent comme du papier à cigarette. Alors c’est l’hôpital. Cette pièce
blanche emplie d’odeurs d'éther et de Javel. Des instruments chirurgicaux reposent sur une
tablette. Un gros médecin ressemblant à un charcutier m'injecte dans le bras un douloureux
produit, prélude à cinq points de suture dans la chair à vif de ma main, gonflée et déchiquetée par
la morsure. L'horreur.

- Non, non. Pas d'hôpital, merci. Je... J'ai déjà donné.


La peur m'étreint. L'idée de la souffrance décuplée par la course sinueuse d'une aiguille dans la
plante de mon pied me terrifie et me terrasse. La torture que j'imagine me fait blêmir encore.

Je pense : - c'est un cauchemar. Je vais me réveiller.

Comme poussé par un instinct mystérieux, je demande à Fernando de me laisser seul quelques
instants et me recroqueville sur moi-même, comme un escargot. La douleur aiguë et bouillonnante
enfonce cruellement ses crocs dans ma chair. Désespéré, et ne sachant que faire, je ferme les yeux
et rentre profondément en moi-même.

L'image de ma grand-mère apparaît. Une bouée de sauvetage dans le déluge. Une petite femme
que quatre-vingts années de vie, d'immigration et de reconstruction ont sculptée dans le
recueillement et la prière. Elle se trouve dans la pénombre de sa petite église orthodoxe, au milieu
des icônes, baignée dans les volutes de l'encens et des chants liturgiques. Elle est en paix. Je la
vois prier. Ce qu'elle fait depuis ma naissance de main de maître pour toute la famille.
Bien que me réclamant athée depuis quelques années, j'ai construit dans mon esprit l'idée d'une
force suprême, d’un dieu aux contours indistincts. Je ne peux, en cet instant tragique, que
l'invoquer.

- C'est pas souvent, mon Dieu, que je prie, mais cette fois j'ai vraiment besoin de toi. Pardon pour
tout ce que j'ai pu faire de mal, mais par pitié, aide-moi, fais que je n'aie pas besoin d'aller à
l'hôpital. Aide-moi à guérir, que cette plaie cicatrise. S’il te plaît mon Dieu, aide-moi.

Arc-bouté sur moi-même, pressant des mains mon pied douloureux, je concentre toute l'énergie de
ce désespoir dans la prière. La croyance salvatrice est d'autant plus forte que l'on est acculé par
l'angoisse jusqu'aux tréfonds de son impuissance. Je ne veux surtout pas retourner à l'hôpital. En
respirant profondément, mon cœur ne bat plus la chamade et son rythme devient plus régulier. Un
réflexe ancestral me guide vers l'intérieur de mon être. Et l'image de la guérison s'impose à mon
esprit.

Je visualise la compresse d'herbe qui aspire la fange et les microbes. Comme une éponge assoiffée,
je l'imagine aspirer les poisons de la blessure. Je vois la plaie se refermer et se ressouder d'elle-
même, jour après jour. Je me ressens marcher plus facilement, retrouver mon autonomie.
Curieusement, une sensation de chaleur se substitue progressivement à celle de la brûlure. Mon
attention, focalisée sur ces visualisations, entraîne le soulagement espéré. Je retrouve des
couleurs. Je me sens plus en vie maintenant, ancré à la certitude que tout va bien se passer ; que
ce pouvoir divin omnipotent va m'aider à me remettre au plus vite.
- Merci mon Dieu de m'aider à guérir.

Le point de compression commence à faire effet. Ces quelques minutes de méditation et de prière
ont détourné mon attention de la douleur. Mon pied me donne la sensation de devenir comme un
morceau de bois, engourdi et anesthésié. Je retrouve mon calme.
- Tout va bien aller maintenant, dis-je à Fernando. Mais surtout ne dis rien à ta famille, ni à
personne. Et ne me parle plus d'hôpital. Tu me promets ?
Devant mon insistance puis mon regard suppliant, Fernando obtempère à contre cœur.

Je passe encore un bon moment accroché à mon pied et prie avec ferveur :
" Je vais guérir. L'herbe fait cicatriser, c'est sûr. Demain ça ira déjà beaucoup mieux."
Je tapisse ma chaussure de verdure et l'enfile avec précaution.
- Ça va aller, ça va aller maintenant.
Fernando m'aide à me relever. Chaque pas m'arrache une grimace mais je pense avec force :
" ça cicatrise. C'est en train de se cicatriser, c'est pour ça que ça lance. À chaque pas, ça se
referme, ça cicatrise un peu plus."

Depuis je repense souvent à cette incroyable inconscience ! J'aurais pu y perdre mon pied. Peut-
être ma jambe. J'étais fou. Et pourtant, cette mauvaise blessure a cicatrisé en un temps record.
Moins d'une semaine après, j'allais déjà me baigner. On a même été pêcher finalement cette année
là, après prudemment avoir acheté des appâts.

En fait, lors de cette histoire, c'est moi qui suis devenu quelque temps un appât pour quelques
millions de virus, microbes, bacilles et autres bactéries. Par quel mystère cette plaie profonde,
nettoyée dans un jus putride et dangereusement vivant a-t-elle pu cicatriser ? Comment fonctionne
cette étonnante capacité d'auto-guérison ?

Avec le recul, plusieurs éléments me semblent avoir présidé à cette guérison.

La peur de la douleur a constitué la base d’une motivation inébranlable. Sans cela, des doutes
auraient pu s’insinuer dans mon esprit, faisant obstacle au travail psychologique que j’ai réalisé.

Pendant ce recueillement, cette prière, j’ai connu une modification de mon état de conscience. La
douleur a nettement diminué, ce qui m’a encouragé à poursuivre.
La nourriture que j’ai apportée à mon esprit était fondée sur la certitude d’une amélioration.

La force de ma croyance me semble, là aussi, avoir déterminé le résultat thérapeutique. Croire à


moitié ne permet, dans le meilleur des cas que d'améliorer transitoirement la situation. Vivre le
rétablissement de l'intérieur apparaît crucial. Se fondre dans la foi de la rémission des symptômes.

Concernant les maladies chroniques, certains objecteront que l’échec ou la récidive va susciter la
culpabilité. Aussi semble-t-il indispensable de créer une attente positive ; se dire simplement que
l’on va faire de son mieux et croire à son espoir.

Enfin, reste un élément difficile à appréhender par la psychologie. Celui de la spiritualité. Je ne


peux qu’humblement reconnaître mes propres limites. Peut-être que l’effet de cette prière n’a fait
que refléter l’adage : “ Aide-toi et le ciel t’aidera ”.

De nombreux cas, infiniment plus dramatiques, ont été recensés partout dans le monde. L’un des
plus spectaculaires est relaté par Michaël Talbot dans son remarquable ouvrage « L’univers est un
hologramme ».

En 1962, Vittorio Michelli est hospitalisé pour une très importante tumeur cancéreuse à la hanche
gauche. Comme sa maladie s’avère inopérable et incurable, il est renvoyé chez lui. Dix mois plus
tard, une grande partie de son bassin est désintégrée et ne soutient plus son fémur. En désespoir
de cause, il se rend à Lourdes et s’immerge dans la source miraculeuse. Vittorio se sent alors
traversé par une sensation de chaleur. En sortant de l’eau, il ressent une énergie régénératrice
circuler en lui et retrouve son appétit. Il réitère plusieurs fois cette expérience avant de rentrer en
Italie.

Un mois après, les radiographies montrent une très nette diminution de la tumeur. En l’espace de
deux mois le tissu osseux commence à se régénerer ce qui semblait jusqu’alors matériellement
impossible pour le corps médical. A la stupeur de tous, il recommence à marcher. En quelques
années, son bassin est entièrement reconstitué. La commission médicale du Vatican conclut au
miracle :

« Force nous est de constater une remarquable restauration de l’os et de la cavité iliaque. Les
radiographies prises en 1964, 1965, 1968 et 1969 confirment qu’il s’est opéré une imprévisible et
apparemment irréversible reconstitution du tissu osseux d’un type sans précédent dans les annales
de la médecine. » (88)

Talbot poursuit, dans son ouvrage :


« Synchronicité des plus spectaculaires, alors que j’écrivais ces lignes, une lettre est arrivée par le
courrier. J’y ai appris qu’une de mes amies vivant à Hawaï et atteinte d’un cancer qui lui avait
rongé le bassin vient de bénéficier également d’une « inexplicable » reconstitution du tissu osseux.
Elle aurait obtenu ce miracle en associant à la chimiothérapie des séances de méditation
prolongées et des exercices de visualisation. Sa guérison a fait l’objet d’articles dans la presse
locale. » (89)

Pour ce chercheur, la foi et l’espoir jouent un rôle déterminant dans le phénomène de rémission. Il
estime que les miraculés sont en réalité, consciemment ou non, les agents de leur propre guérison
grâce à leurs propres croyances.
« Plus nos convictions sont enracinées en nous, saturées de charge émotionnelle, plus vaste est la
transformation qu’il nous est possible d’opérer tant dans notre propre corps que dans le réel qui
nous entoure. » (90)

Marc, dans le Nouveau Testament (XI, 24), l’a exprimé clairement : “Tout ce que vous
demanderez dans la prière, croyez fermement que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé.”

Ces processus de rémission incompréhensibles se retrouvent dans le monde entier régulièrement


associés à la pratique de techniques diverses. Leur dénominateur commun est la création de ce que
l’on appelle un état de conscience modifié.

1°) Pardonnez à tous ceux qui vous ont fait du tort. Pardonnez à la vie de vous avoir blessé.
Pardonnez-vous aussi de vos actes répréhensibles.

2°) Mesurez l’enjeu que représente votre mieux-être. Écrivez toutes les mauvaises raisons que
vous avez de rester malades et toutes les bonnes raisons que vous avez de guérir.

Ce travail d’écriture vous permettra de créer une motivation forte à l’intérieur de vous. Et de vous y
tenir.

3°) Concentrez votre attention sur l’amélioration de vos difficultés. Jetez sur le papier tous les
indices perceptibles de votre mieux être.

4°) En état de relaxation approfondie, focalisez-vous sur toutes les représentations mentales qui
créent en vous un nouvel espoir de voir disparaître vos symptômes.

En cas de doute, revenez à une concentration sur votre souffle, puis recréez en vous cette attente
positive.

Soyez indulgent envers vous-même et aspirez à l’espoir d’une amélioration.

16. L'ÉTAT DE CONSCIENCE MODIFIÉ

Notre état de conscience, tout comme notre organisme, est semblable à une rivière. Bien que
donnant l’apparence d’une entité immuable, il ne cesse de se modifier tout au long de son
évolution. Ces modifications se répercutent sur tous les paramètres de la physiologie.

Identifiez, grâce à l'évocation de vos meilleurs souvenirs, l’état de conscience qui est source de
joie, d’espoir et de vitalité. Ressourcez-vous quotidiennement dans cet état d’esprit, bénéfique à
votre santé.

Nous étudierons la modification de l'état de conscience à la lumière des recherches effectuées sur
les dernières techniques que nous avons citées.

Souvent grâce à des exercices de respiration, de relaxation ou de représentation mentale, parfois


associés à des postures ou des mouvements, l'individu se "débranche" des stimulations du monde
extérieur et se centre sur lui-même. Peu à peu, la concentration et le recueillement lui permettent
de profiter d'une détente et d'un plus grand sentiment de paix et de sérénité.

Cette modification de l'état de conscience induit un mode de fonctionnement cérébral différent.

Généralement, face à un stress, l'individu cherche à contrôler la situation. Il l'analyse


"objectivement" de façon cartésienne et rationnelle afin d'élaborer un ensemble de solutions. Cette
démarche est liée au mode de fonctionnement de l'hémisphère gauche qui est notamment
spécialisé dans le traitement de la parole d'un point de vue verbal et linguistique. (91)

À l'inverse, l'hémisphère droit est impliqué dans les processus d'imagerie mentale. L'émotion y est
prédominante au même titre que la créativité.
Certains chercheurs estiment que l'état de conscience modifié met "en veilleuse" l'hémisphère
rationnel au profit de l'hémisphère créatif. Des solutions nouvelles et inenvisagées peuvent alors
apparaître.
Un spécialiste américain estime que : "Les patients réagissant bien aux placebos, tout comme les
bons sujets hypnotiques, inhibent le mode critique, analytique de traitement de l'information
caractéristique de l'hémisphère dominant et verbal (hémisphère gauche)." (92); Et cela au profit de
l'utilisation de l'hémisphère droit.
Cette conception tend à expliquer que l'état de conscience modifié permet de bénéficier d'une
meilleure adaptation face au stress, d'où une logique rétroaction au niveau du système
immunitaire.

Un certain nombre de recherches expérimentales montrent que ces techniques de gestion du


stress mettent en action le système parasympathique, dont l’activation est liée au bien-être de
l’organisme.

Celui-ci correspond à un état de vagotonie, de tranquillité intérieure, dont l'action bénéfique se


ressent sur les systèmes immunitaire, endocrinien et, de façon générale, physiologiques. (93)

À l'inverse, le stress active le fonctionnement du système sympathique, ce qui, dans le cas d'un
stress chronique, peut avoir comme nous l'avons vu des conséquences dommageables sur la santé.
(94)

En fait, de la modification de l’état de conscience naissent aussi bien les symptômes que leur
résolution. Une simple perception, voire une pensée consciente, suscite en nous un état d’esprit,
une façon de regarder le monde et d’interagir avec lui.

Notre état de conscience détermine notre relation vis-à-vis de nous-mêmes, de l’autre et du


monde. Il s’agit bien souvent d’un processus inconscient.

Les symptômes semblent se créer par associations spontanées dont on n’a pas conscience. Avez-
vous remarqué le fait qu’il suffit parfois de prononcer un mot pour provoquer chez l’autre un
éternuement, une migraine, une allergie, etc.

Comment fonctionne ce processus ? Un mot est symboliquement attaché à une représentation


mentale, liée elle-même à une émotion particulière. Cette émotion va modifier notre état de
conscience, entrer en résonance avec certaines de nos fragilités, de nos difficultés existentielles...
Comme pour court-circuiter le mal-être psychique, le corps développe un symptôme donné. Ce
symptôme est symboliquement relié à la problématique suscitée par le terme entendu.

Nous avons rarement conscience de l’élaboration de nos difficultés ; et c'est bien par le jeu subtil
des associations que s'élabore aussi le processus de changement, plus ou moins consciemment
dans la cure psychanalytique, et plus inconsciemment à travers la relaxation ou l'hypnose.

Parvenu à ce niveau de nos réflexions, on peut s’interroger : existe-t-il un ou plusieurs états de


conscience modifiés ?

Je serais tenté de penser qu'il en existe une infinité. Notre état de conscience semble prédéfini par
une multitude de facteurs internes plus ou moins variables : nos héritages génétique, biologique,
culturel, social, familial, etc., constituent notre personnalité. Il en découle la façon dont nous
participons à créer la réalité qui nous environne.

À partir de là, notre état de conscience est modifié en permanence par tout un ensemble de
facteurs externes : par la façon dont on a passé la nuit, et notre relation au monde est également
affectée par l'expression et la satisfaction de nos besoins fondamentaux, faim, soif, besoins
affectifs ou sexuels...

Notre état de conscience semble donc se modifier en permanence au gré de nos expériences de
vie. Certains de ces états de conscience sont favorables à notre vitalité et il est bien sûr utile de les
cultiver.
Tout ce qui constitue l’optimisme, l’espoir, la joie, la curiosité, l’enthousiasme, le bonheur, etc.,
participe à nous mettre en contact avec la pulsion de vie et à en ressentir les bienfaits au niveau
somatique.

Il y a quelques années, j’ai réalisé que mes éternuements matinaux étaient liés à un sentiment de
fragilité intérieure, de découragement et de peur d’avoir à affronter le monde après les doux rêves
de la nuit. De nature frileuse, la fraîcheur de l’air sur ma peau m’évoquait le contact avec la dureté
du monde.

Le fait de concentrer mon attention sur la force que je pouvais ressentir en moi en contractant mes
muscles m’a permis de me reprogrammer. Ressentir ma force tout en me répétant : “ mon énergie
est force de santé ! ” m’a permis de voir progressivement les symptômes disparaître.

Les symptômes comportent souvent des indications précieuses sur ses modes de fonctionnement.

Une femme souffrant de migraines épouvantables depuis plus de 15 ans a réussi en pratiquant ces
techniques à les voir disparaître du jour au lendemain. Juste après que sa fille lui eut téléphoné,
elle sentit poindre la douleur familière. En analysant la situation, elle comprit que la relation
souvent conflictuelle et pénible qu’elle avait avec sa fille était à l’origine d’une vive colère à son
égard. Jusqu’alors, elle n’avait pas voulu reconnaître ces sentiments qui éveillaient en elle une
culpabilité. Et quoi de mieux qu’une migraine pour arrêter de penser à ses difficultés.

De nombreuses pages d’écriture lui permirent de comprendre le processus de “ fabrication ” de ses


symptômes, toujours en relation avec un état de conscience colérique. Elle réussit alors
progressivement à lui pardonner et à se pardonner à elle-même en réalisant des exercices de
relaxation dans lesquels elle se répétait “ j’ai le droit de m’aimer, d’aimer et d’être aimée. ” Après
quelques semaines d’une pratique intensive, ses migraines disparurent définitivement, au même
titre que son irritabilité et sa tendance à l’insomnie.

Pour les personnes souffrant de migraines, des études montrent que des exercices de relaxation
associés à la visualisation donnent d’excellents résultats.

Le fait de se représenter mentalement ses artères cérébrales en train de se resserrer permet à 70


% des malades d’améliorer leur bien-être et de se passer de médicaments. (95)

1°) Au moment précis où vous sentez se déclencher un symptôme, il est indispensable de faire un
arrêt sur vos images mentales. Notez sur votre carnet ce à quoi vous pensiez juste avant que le
symptôme n’apparaisse ? Quelle émotion a été éveillée par cette pensée ? A quel état de
conscience vous renvoie cette émotion particulière ?

2°) Entraînez-vous régulièrement à cette technique. Exercez-vous à comprendre vos processus


inconscients. Mettez en lumière ce qui se passe en vous. Écrivez régulièrement tout ce qui vous
passe par la tête.

3°) Reprogrammez-vous. Réalisez un bref exercice de relaxation en vous focalisant sur l’inverse de
l’état de conscience d’où sont nés les symptômes.
Si vous sentez la peur à l’origine des troubles, concentrez-vous sur la confiance.
Si c’est le doute, basez-vous sur la certitude.
Si vous vous sentez faible, prenez conscience de votre force. Récitez-vous comme un mantrâ les
phrases qui vous procurent bien-être et énergie.
Pour modifier son état de conscience et éveiller ses propres potentialités, se sont développées
différentes formes de psychothérapies. Étudions à présent les points communs qui les unissent.

17. LES POINTS COMMUNS ENTRE LES DIFFERENTS MODELES DE PSYCHOTHERAPIE


Le but de toute thérapie, par delà la connaissance de soi et son épanouissement personnel, ne
serait-elle pas de devenir son propre thérapeute et de retrouver l’enthousiasme ? (du grec
enthousiasmos : transport divin, retrouver Dieu en soi).

D’après Paul Watzlavick, quand on est en thérapie, le problème c’est quoi ?

C’est qu’on est en thérapie.

Et la solution c’est de ne plus en avoir besoin.

J'ajouterais : en redevenant par soi-même responsable et autonome.

L'idée de travailler sur les convergences entre les différentes psychothérapies, m'est venue de
l'observation des luttes fratricides, plutôt attristantes, auxquelles j'ai assisté. Avec, à la base de
mes réflexions un constat. Si chacun de ces modèles continue à exister, c'est qu'il donne des
résultats. Et si chacun donne des résultats, c'est qu'il y a des points communs entre tous, par delà
leurs différences et leurs particularités.

Aussi, m'est-il apparu intéressant de les explorer afin de mettre en lumière ce qui marche en
psychothérapie. Quels y sont les ingrédients actifs ?

Pour saisir le sens de chaque terme technique utilisé, je vous propose de faire un bref détour par
l'étymologie (grec : ethumos = vrai et logos = science) afin d'en identifier la racine.

Chaque élément commun aux différents courants de psychothérapie sera souligné.

Par commodité, pour la lisibilité de cet essai, nous parlerons de la thérapie individuelle, bien que ce
qui suit puisse également s'appliquer à la thérapie familiale et à la thérapie de groupe.

Commençons donc par une analyse descriptive de la psychothérapie (grec : psukhê = âme ;
therapeuein = soigner) :

Il s'agit d'une expérience existentielle d'interactions subjectives et constructives tant pour le


consultant que pour la personne qui vient consulter. Deux individus s'enrichissent mutuellement de
l'expérience de l'autre.

Celui qui prend rendez-vous fait la démarche personnelle de se débarrasser de ses difficultés. Il
confronte sa vision du monde et de lui-même au regard, supposé éclairé, du soignant.

Dans ce contexte se tisse un échange de conceptions subjectives de l'univers et de la façon de


fonctionner au mieux en interaction avec lui.

L'objectif de la personne est de reconstruire une relation avec elle-même, les autres et le monde
qui lui soit plus facile à vivre, de meilleure qualité ; se débarrasser d'angoisses ou de troubles
psychosomatiques (grec soma, somatos = corps) ; retrouver un état de santé psychique et
physique (latin : sanitas = état de celui qui est sain).

Le cadre de la psychothérapie relève d'une éthique (grec : ethicos = morale) et d'un code
déontologique (grec : deon, ontos = ce qu'il faut faire ; logos = discours). Ceux-ci concernent le
lieu , l'horaire, la durée, la fréquence et le paiement des consultations. L'éthique et la déontologie
englobent également le mode d'intervention spécifique du thérapeute et dicte le type de relation
d'aide psychologique qu'il a avec le consultant. Ces éléments sont déterminés par l'enseignement
qu'a reçu le thérapeute par l'école qui l'a formé.

L'une des règles basiques de toute psychothérapie est constituée par l'interdiction d'un passage à
l'acte, agressif ou sexuel des deux protagonistes. Toutefois, certaines écoles, essentiellement
américaines, travaillent sur la dimension de plaisir, grâce au contact physique et notamment aux
massages, ce qui a donné lieu à certaines transgressions de cette loi générale, sous couvert d'une
théorisation des plus discutables. Même en occident, le sacro-saint divan des psychanalystes, à
force d'être le lieu de l'expression de la sexualité, a connu quelques dérapages plutôt incontrôlés.
Bien sûr, un passage à l'acte est condamnable, discrédite et jette le thérapeute sur le banc des
accusés. La transgression de la loi promulguée remet en question l'intégrité et la moralité du
soignant et ne peut être que du ressort de la justice.

D'autant que s'élabore au fur et à mesure des séances une relation affective et transférentielle
entre les deux protagonistes. Cette relation induit d'une certaine manière une régression (latin :
regressio = retourner en arrière). La personne se retrouve dépendante du thérapeute, de son
savoir, de son mode d'intervention et du cadre fixé dans les séances.

Quelle que soit son orientation, le thérapeute est perçu comme faisant autorité dans la discipline
qu'il incarne. Comme diraient les systémiciens, il est en position haute alors que le client est en
position basse.

Son travail (on pourrait presque parler de vocation) consiste à apporter son aide à celui qui vient le
trouver. Les deux protagonistes élaborent a priori ensemble une relation complémentaire visant à
trouver des solutions aux difficultés du client.

Par opposition à cette interaction (cette influence réciproque), la relation symétrique se résume à
une lutte pour le pouvoir entre deux ou plusieurs individus.

Certaines orientations psychothérapeutiques utilisent la symétrie dans une perspective stratégique


de changement.

Envisageons maintenant les présupposés qu'engendre le cadre de la thérapie :

Le présupposé de base me semble être le fait que le thérapeute entretient la croyance qu'il a la
possibilité d'apporter l'aide dont la personne a besoin. S'il n'en est pas convaincu, conformément à
son éthique, il adressera la personne à l'un de ses confrères mieux armé pour faire face au
problème.

La personne qui consulte a l'espoir de trouver grâce à son travail psychothérapeutique des moyens
d'être soulagée de ses difficultés. Elle est cependant confrontée à des résistances au changement
qui lui ont interdit de trouver seule une solution à ses conflits. C'est la raison de sa présence auprès
d'un spécialiste.

A travers les différentes approches, un autre présupposé est l'existence de l'inconscient. Bien sûr,
en fonction des écoles, cet inconscient donnera lieu à divers modes d'intervention.

Quoi qu'il en soit, comme dans toute relation interpersonnelle, il y a communication entre les
consciences et les inconscients des protagonistes, et ce, de façon réflexive, circulaire et croisée. La
conscience de la personne communique avec son propre inconscient, ainsi qu'avec la conscience et
l'inconscient du thérapeute. Il en est de même pour l'inconscient et pour les deux protagonistes.

Par ailleurs dans toute communication s'observe un langage digital (verbal) et analogique
(comportements, attitudes, gestuelle, mimiques, ton de la voix, émotion dégagée, etc.)

À travers les différentes approches thérapeutiques, le corps et l'esprit sont envisagés dans un
continuum. La majeure partie des psychothérapeutes en sont d’accord, les symptômes physiques
constituent autant de moyens qu'a l'inconscient pour adresser des messages à soi et aux autres.
Au travers des symptômes, l’objectif de l’inconscient peut se résumer à mettre à la lumière de la
conscience tel conflit ou tel paradoxe vécu par l'individu.
Enfin, un autre présupposé commun à toutes les thérapies est que l'individu possède en lui-même
les ressources pour opérer un changement.

Le thérapeute fait office de guide pour donner les moyens à la personne d'utiliser ses potentialités.
Il l'encourage à exprimer ouvertement ses sentiments, affects et émotions, ce qui lui vient à l'esprit
dans l'ici et maintenant de la séance.

Focalisons-nous à présent sur la relation psychothérapeutique :

De façon explicite ou implicite, le thérapeute offre son écoute (latin : auscultare = prêter l'oreille
pour entendre [latin : entendere = appliquer son esprit]).

Il est centré sur ce que la personne exprime dans une attitude de bienveillance, de respect, de
réceptivité (latin : recipere = accepter, prendre ce qui est offert) et de compréhension
(latin : comprendere = renfermer en soi). En d'autres termes directement issus de l'étymologie, le
thérapeute applique son esprit, accepte ce qui est offert et le renferme en soi.

De ces éléments émerge une loi : le secret professionnel que le thérapeute doit garder. La
dérogation de ce précepte doit toutefois être envisagée lorsque le secret menace la sécurité d'un
autre individu (ex : un attentat sur une personne) ou l'équilibre d'un enfant (ex : en cas d'inceste
ou de pédophilie). Le thérapeute est alors tenu de se délivrer de son secret et de s'adresser à la
justice afin de cesser d'être le complice silencieux d'un criminel.
En dehors de ces cas extrêmes, le contexte thérapeutique constitue une invitation à une
permissivité par rapport à l'énonciation.

Le consultant peut tout dire car le thérapeute ne porte pas de jugement de valeur.

Il peut s'exprimer dans un contexte de confiance (latin : confidentia = communication d'un secret),
de sympathie (grec : sumpatheia : sun = avec ; pathein = ressentir) et d'empathie (grec :
empathein : en = dans ; pathein = ressentir).

L'attitude du thérapeute témoigne de congruence (latin : congruus = qui convient à une


circonstance donnée), de consistance (latin : consistere = se tenir ensemble) voire de compassion
(latin : cum = avec ; pati = souffrir). Cette attitude ouvre à une communication (latin :
communicari = s'associer à) dont l'émotion sera contenue.

A mon sens, un bon thérapeute, de façon consciente ou inconsciente, se synchronise avec celui
qu'il reçoit. Il se modèle affectivement et comportementalement à l'autre ; est attristé par son
désespoir, se réjouit de ses progrès...

Cette synchronisation se calque sur le mode d'être de la personne qu'il a en face de lui, ce qui
favorise la création d'une alliance thérapeutique. Cette alliance permet d'aborder un processus de
changement, grâce au rapprochement affectif qui se construit au fil des séances entre les deux
protagonistes.

Étudions à présent les caractéristiques de l'intervention thérapeutique.

En fonction de l'enseignement reçu, est élaborée une stratégie thérapeutique. Celle-ci est
spécifiquement adaptée à la personne et à ses difficultés. Avec l'anamnèse (l'histoire de la maladie)
le thérapeute explore un terrain inconnu, découvre les écueils, les gouffres ou les sables mouvants
dont la personne a été victime. Il identifie les pièges et poursuit son exploration, à la recherche du
trésor de ressources qu'il pourra mettre à jour et offrir à la personne qui s’en croit démunie.

Par rapport aux informations qu'il estime signifiantes, le thérapeute renvoie une certaine
métacommunication, de façon métaphorique ou littérale ; il communique son analyse du message
reçu. Cette métacommunication est le fruit de son expérience, son intuition et bien sûr de sa
subjectivité. Elle prend la forme d'une reformulation qui aboutit à un recadrage, un changement de
perspective amenant la personne à envisager ses difficultés de façon nouvelle, différente.

Cette communication vise à faire sens, et créer une motivation nouvelle de se débarrasser de ses
troubles. Elle donne à la personne qui consulte de bonnes raisons de fonctionner d'une façon qui lui
soit plus confortable et plus adaptée quant à son mode d'être idéal. Ce mode d'être est parfois
défini avec le thérapeute, sous la forme d'un objectif, ou d'un contrat, ce qui permet une économie
de temps et d'énergie. La dynamique relationnelle est basée sur l'espoir de voir sa condition
s'améliorer.

L'objectif thérapeutique, l'enjeu pour le thérapeute, est de faire accéder la personne à une
restructuration de ses potentialités. L'aider à utiliser ses propres ressources conscientes mais
surtout inconscientes.

Les symptômes constituent souvent des situations paradoxales pour l’individu. A la fois, ils
l’empêchent de s’adapter à une situation et en même temps ils l’y contraignent. Le paradoxe de la
situation symptomatologique est hérité d'un système de croyances contre-adaptatif.

Le thérapeute invite la personne à adopter un système de croyances qui soit plus adapté à la
réalisation des aspirations de son client.

Deux processus distincts et complémentaires sont à l’œuvre dans toutes les thérapies, y compris
dans les démarches de type psychanalytique :

* Celui de modification de l'état de conscience. Il semble graver en mémoire consciente et


inconsciente de nouveaux apprentissages avec plus de facilité ; donner accès à de nouvelles
ressources, à un nouveau mode d’être.

* Et celui de suggestion, (latin : suggerere = procurer) qu'elle soit directe ou indirecte, concrète ou
abstraite, réelle ou métaphorique. La suggestion est partout, même dans le plus nu des silences,
dans le plus subtil mouvement, tout comme d'ailleurs dans son absence.

De la même façon que l’on ne peut pas ne pas communiquer, on ne peut pas, ne pas suggérer. La
suggestion est un peu comme la sève de toute communication. L'essentiel est de suggérer avec
intégrité.

Pour donner les moyens à la personne de résoudre ses difficultés, grâce à toutes ces techniques et
avec le temps, le thérapeute amène la personne à augmenter sa motivation de se débarrasser de
ses symptômes. L'espoir de soulager ses maux constitue à la base une motivation potentielle que le
soignant peut utiliser comme un puissant levier thérapeutique.

Nous le verrons dans le chapitre 22, Erickson l'a bien compris. Il estime dans un article rédigé en
1959 que : " L'aspect psychologique de la médecine constitue son art et transforme le médecin
d'un habile mécanicien ou technicien en un être humain dont on a besoin, source de vérité,
d'espoir, d'assistance, et plus important encore, de motivation pour accompagner le patient vers la
santé physique et psychique, et le bien-être."

Il incombe donc au praticien d'utiliser toute sa créativité pour susciter la motivation du client à
espérer ce changement, ne serait ce qu'inconsciemment.

D'ailleurs, cette motivation n'est-elle pas déjà présente à l'esprit de la personne en difficulté
lorsqu'elle rêve, avant même la première séance, d'une vie débarrassée de ses problèmes et de
psychothérapie ?

La motivation de se débarrasser de ses difficultés est intimement liée à l’espoir d’y parvenir.
Explorons à présent cet indispensable ingrédient du processus de guérison.
1°) Devenez votre propre thérapeute en vous inscrivant dans une démarche de développement
personnel. Ecrivez régulièrement sur tout ce qui vous préoccupe, sur vos souffrances et vos
difficultés.

Regardez-vous en face, sans complaisance mais avec lucidité.


Définissez clairement vos modes de pensées et de comportements.
Déterminez vos fonctionnements psychologiques et ce que vous souhaitez modifier en vous.
Définissez de petits objectifs précis.

2°) Créez un état de relaxation.


Elaborez la façon dont vous pourrez y accéder en imaginant ces objectifs en train de se réaliser.
Lâchez prise et laissez venir les solutions que vous souffle votre inconscient.
Soyez à son écoute et suivez ses conseils à condition d’être pleinement en accord avec eux.

3°) Concrétisez vos séances par la mise en place de plans d’action chronologiques précis.

Expérimentez ce que vous avez élaboré et conservez-en trace dans votre journal de bord.

Vous pouvez, bien sûr, au cas où vous en ressentiriez le besoin, vous faire aider par un spécialiste.
Je vous invite toutefois à tenter d’abord l’expérience de devenir votre propre thérapeute par vous-
même. Laissez-vous surprendre par le résultat.

18. L’ESPOIR FAIT VIVRE

“ Traité d’anatomie pathologique, manuel à l’usage des facultés. (...) : “ Dans certains cas, assez
rares, on assiste à des guérisons spontanées. ” Vous vous rendez bien compte ? Des guérisons
spontanées !... Un remous parcourut la chambre. Il semblait que, de ce bouquin ouvert à la page
fatale, venait de s’envoler, tel un papillon bigarré, l’espoir palpable de cette guérison spontanée, et
chacun tendait le front et la joue pour que le papillon bienfaiteur l’effleurât dans son vol. ”
Alexandre Soljenitsyne. (96)

“ L’espérance de guérir est déjà la moitié de la guérison. ” Voltaire.

“ Quand il n’y a plus d’espoir, le plaisir de vivre s’en va ” Germinal. Émile Zola.

Aux États-Unis, un médicament anticancéreux baptisé EPOH a obtenu 22% de réponses positives.
Les mêmes molécules présentées comme le traitement HOPE (Espoir en anglais) donne 74% de
bons résultats. (97)

Développer des croyances positives emplies d’espoir et de gaieté est bénéfique à l’état de santé.

Depuis l’antiquité, de nombreux médecins ont observé le rôle parfois déterminant de l’espoir et de
la gaieté dans le processus de guérison. L’un de ces précurseurs, Galien, estime que les femmes
gaies ont moins de cancers que les femmes déprimées. Pour Hippocrate, l’esprit et le corps
s’inscrivent dans un continuum. Les joies ou les souffrances de l’un retentissent sur l’autre.

Le rôle d’une attitude psychologique orientée vers la gaieté et l’espoir de voir sa situation
s’améliorer est un puissant catalyseur des processus de santé, comme l’ont souligné de très
nombreux auteurs.

En 1950, des psychologues ont mis en évidence le fait que 70 à 80 % des personnes consultant en
médecine générale ont une attitude psychologique spécifique avant de tomber malade. Cette
attitude, baptisée "abandonnant-abandonnée", se caractérise par un sentiment d'impuissance et de
désespoir, une image dépréciée d'eux-mêmes et l'envie de tout abandonner. (98)
Sandra Lévy, psychiatre américaine spécialiste du cancer qui a passé en revue des dizaines de
travaux de recherche parvient à d’éloquentes conclusions :

"Les pourcentages de survie les plus faibles correspondent à des états de dépression ou
d'impuissance, tandis que les pourcentages les plus élevés correspondent à la volonté de réagir."
(99)

Ce chercheur estime qu'une attitude de joie s'avère encore plus importante que la combativité.
(100)

C’est précisément ce qu’a découvert en autodidacte l’un des pionniers de la psycho-neuro-


immunologie : Norman Cousins.

A l’âge de 10 ans, il fut atteint d’une tuberculose. Dans le sanatorium où il fut admis, il remarqua
que deux groupes distincts de malades s’étaient spontanément constitués :
- Les “ réalistes ” se basaient sur l’appréhension de cette maladie souvent mortelle.
- « Les jeunes “ optimistes ” du sanatorium ne cherchaient pas à discuter cette réalité. Mais ils
savaient que certains enfants étaient sortis vivants de l’épreuve. Ce fait bien réel nourrissait leurs
espoirs et soutenait leur volonté de vivre. Particularité frappante, bien plus d’“ optimistes ”
réussissaient à vaincre leur maladie que de “ réalistes ” ». (101)

Alors qu’il avait 50 ans, il développa une autre grave maladie : la spondylarthrite ankylosante. Une
maladie dégénérative du tissu conjonctif qui provoque la désintégration de l’organisme et
notamment de la colonne vertébrale. A un stade avancé, les douleurs extrêmes de cette maladie ne
peuvent être soulagées qu’avec de la morphine.

Selon les statistiques, Norman avait une chance sur 500 de s’en sortir. Hospitalisé et souffrant le
martyre, il vit un jour à la télévision un film drôle qui le fit rire aux éclats. La douleur avait disparu
comme par magie et ne revint que deux heures après son rire.

Il devint convaincu de sa guérison imminente et décida de regarder exclusivement des films drôles.
Comme il passait le plus clair de son temps à rire, le personnel commença à trouver cela
inconvenant pour les autres malades. Norman déménagea dans une chambre d’hôtel, proche de
son hôpital. Il poursuivit son traitement médical, auquel était associé de fortes doses de vitamines
C et de bonnes tranches de rigolade. Il connut une rémission spontanée de sa pathologie en un
temps record. Il se passionna alors pour ce qu’il avait découvert et écrivit un premier ouvrage dans
lequel il relate son expérience : “ La volonté de guérir ”.

Ce précurseur suscita de nombreux courants de recherche sur les effets bénéfiques du rire.

L'une d'elles portait sur 4 groupes de 10 étudiants comparés quant à leur capacité de supporter
l'inconfort produit par le gonflement d'un brassard de tensiomètre. Pendant ce temps, chaque
personne écoute individuellement une cassette de 20 minutes.

Le premier groupe écoute une cassette humoristique, le second bénéficie de suggestions de


relaxation, le troisième d'une information et le quatrième sert de groupe contrôle.

Les résultats indiquent que les personnes capables d'endurer le plus d'inconfort sont ceux qui
écoutent l'enregistrement comique, immédiatement suivi par ceux qui se livrent à la séance de
relaxation. (102)

Dans le même ordre d'idée, une étude indique que les personnes capables de faire preuve d'esprit
spontanément sont également capables de combattre les effets négatifs du stress sur le plan
émotionnel avec le plus d'efficacité. (103)

Enfin deux autres recherches permettent de constater, par référence à un groupe contrôle, que le
fait de regarder pendant une heure un film comique diminue significativement les taux de cortisol
et d'épinéphrine (adrénaline) (104) et augmente la blastogenèse (c'est-à-dire l'activation, la
prolifération, la capacité à être stimulé et la faculté de réponse des lymphocytes). (105)

De façon anecdotique, Norman Cousins relate dans son ouvrage : "La biologie de l'espoir" une
étude qu'il a réalisée sur lui-même :

"Je me demandai tout naturellement si le contraire de la dépression - l'anticipation d'un événement


joyeux par exemple - pouvait accroître effectivement le nombre de cellules immunitaires.
On me fit deux prises de sang. Le premier prélèvement servit de référence.
Le deuxième fut effectué cinq minutes plus tard. Pendant l'intervalle, j'essayai de me mettre dans
une humeur joyeuse, et de ressentir un bien-être émotionnel. (...)
L'avantage de cet intervalle de cinq minutes était que, si des modifications survenaient
effectivement, le rapport de cause à effet serait établi. (...)
En cinq minutes seulement, l'augmentation moyenne des différents constituants de mon système
immunitaire avait été de 53 % en moyenne - depuis 30 %, chiffre le plus bas dans la proportion du
précurseur des cellules NK, jusqu'à une augmentation de 200 % des cellules T imprégnées
d'anticorps." (106)

Par ailleurs, l’optimisme apparaît comme étant “ immunogène ” c’est-à-dire qu’il exerce “ un effet
protecteur contre l’apparition d’une maladie ou l’évolution d’un processus pathogène ” (107) ,
notamment dans le cas du sida.

Le rire est donc un moyen de prévention simple et naturel. De plus, il agit comme un antalgique et
permet à certaines défenses immunitaires d’augmenter dans des proportions appréciables.

Toutefois, la vitamine C à fortes doses avec laquelle Norman s’est automédiqué n’a fait aucune
preuve de son efficacité dans le cas de cette pathologie. En fait, il comprend par la suite que
l’élément déterminant de sa guérison est sa croyance positive et pleine d’espoir vis-à-vis de ce qui
a été un placebo.

1°) Contrecarrez la triste tendance des pays les plus riches du monde qui rient de moins en moins.
À croire que disposer de richesse tue le sens de l’humour !

Procurez-vous de saines lectures : de Molière en passant par Pierre Dac et de Coluche à Raymond
Devos. Plongez-vous dans le bonheur de rire à gorge déployée le plus souvent possible.

2°) Organisez avec ceux que vous aimez des sorties hilarantes pour voir des films et des
spectacles drôles. Constituez-vous une vidéothèque des meilleurs films d’humour et de rire de
Chaplin en passant par Buster Keaton (sauf si son air affligé vous rend morose) et de Bourvil à
Smaïn...

3°) A la télévision préférez les guignols aux tristes informations habituelles ; les comédies aux
tragédies.

4°) Faites provision d’histoires drôles et entourez-vous de bons vivants. Donnez-vous les moyens
de rire chaque jour suffisamment. Cultivez votre humour. Apprenez à faire rire et à rire de vous-
même.

5°) Au risque de me répéter, surtout, pensez à rire aussi souvent que possible chaque jour. C’est
très sérieux : ça augmente les défenses immunitaires et renforce l’état de santé.

19. L'EFFET PLACEBO : LA FORCE DE LA CROYANCE

“ Le placebo c’est de l’espoir en comprimé. ” Norman Cousins.


“ (...) esprit et corps sont unis par des molécules messagères, chaîne commune de communication
entre émotions, sensations, pensées et images conscientes d’une part, et mécanismes génético-
moléculaires du corps d’autre part. ” Ernest Rossi (108)

“ La conviction devient biologie. ” Norman Cousins. (109)

Développez des croyances favorables à votre état de santé concernant votre alimentation, votre
hygiène de vie, votre adaptation, vos ressources personnelles, etc.

Étymologiquement, placebo veut dire "je plairai". Il s’agit de sucre, de sérum physiologique... sans
incidence sur l’organisme. La majeure partie des recherches scientifiques compare l'effet d'un
médicament à un placebo. Cela permet de déterminer qu'elle est la part de l'effet des molécules
par rapport à celui que l'esprit exerce sur la guérison.

L’un des récits les plus poignants est évoqué dans la publication du Docteur Klopfer. (110)

Il y raconte l'histoire de Mr Wright, un homme qui était atteint d'un lymphosarcome. Il s'agit d'un
cancer des ganglions lymphatiques.

Malgré le stade très avancé de sa maladie — son pronostic de survie était de deux semaines — Mr
Wright espérait qu'un nouveau traitement, le Krébiozène, le tirerait d'affaire. Il avait lu des articles
à ce sujet. Dans toute la communauté scientifique, ce médicament était porteur d'un immense
espoir. Il supplia son médecin de lui administrer ce traitement qui n'en était qu'à une phase
expérimentale.

Devant l'insistance de son patient qui y voyait une "occasion inespérée" de revivre, Klopfer accepta
en dépit du fait que son patient était mourant.

Une semaine après, ses masses tumorales de la taille d'une orange s'étaient complètement
résorbées. Au bout de dix jours, Mr Wright avait quitté l'hôpital et repris toutes ses activités.

Après deux mois de santé quasi parfaite, les résultats de l'étude portant sur ce nouveau
médicament furent publiés. Ils étaient des plus décevants. Cela affecta considérablement le moral
de Mr Wright. En peu de temps, les mêmes symptômes se développèrent à nouveau.

Le Docteur Klopfer eut alors l'idée d'utiliser la dimension d'espoir qu'avait suscitée le traitement. Il
affirma à son malade : "Un nouvel arrivage de médicament particulièrement pur et superactif doit
nous parvenir demain et avec cela nous pourrons au moins égaler les effets bénéfiques produits par
les premières injections."

Mr Wright se raccrocha à ce nouvel espoir, " fut transporté de joie et rempli de confiance."

A nouveau, en dépit d'un stade pratiquement terminal, les tumeurs fondirent et le malade recouvra
une bonne santé encore plus rapidement que la première fois.

Son cancer avait disparu. A nouveau, il reprit ses nombreuses activités sans plus souffrir d'aucun
symptôme.

Le caractère étonnant de cette histoire tient au fait que le Krébiozène "hyperactif" n'a jamais
existé. Son médecin lui a simplement injecté en « grandes pompes » de l'eau distillée.

Le médicament actif n'était en réalité que son ferme espoir de voir disparaître la maladie.

Hélas, cet effet placebo fut détruit deux mois après par la publication des derniers résultats de
l'étude. Le communiqué concluait que "les tests conduits dans l'ensemble du pays démontrent que
le Krébiozène n'a aucun effet dans le traitement du cancer."
Mr Wright mourut quelques jours après avoir pris connaissance de cette annonce.

Cette histoire étonnante et tragique montre la force de la croyance. De nombreux récits assez
semblables sont répertoriés pour presque toutes les maladies. A chaque fois, l’intime conviction de
la personne joue un rôle déterminant dans sa guérison.

Il est surprenant que cet axiome ne soit pas davantage étudié par la science médicale. Si le
processus de rémission et ses déterminants psychiques étaient élucidés, les progrès en matière de
santé publique seraient considérables. Les médecins pourraient user de tout leur pouvoir pour
entretenir la croyance des malades en leurs propres capacités de guérison plutôt qu’en espoir et en
foi pour la toute puissance médicale.

Henri Beecher passe en revue les 15 principales études comparatives entre traitement médical et
placebo.

La “ puissance de l’attente confiante ”, (111) partie intégrante de l’effet placebo, permet d’observer
un soulagement pour environ 35% des malades quel que soit le type de pathologies. (112)

Ce chercheur réalise par la suite une étonnante étude : il divise en deux groupes des malades
devant être opérés afin de subir un pontage du cœur. Le premier groupe est effectivement opéré.
Les malades du second groupe sont simplement ouverts puis recousus. Il est précisé à tous que
l’intervention s’est déroulée dans son intégralité et avec succès. Les analyses ultérieures montrent
qu’ils n’y a pas de différence significative entre les deux groupes et que tous les patients se portent
bien. (113)

L’effet d’annonce de l’intervention semble avoir mis en œuvre des processus physiologiques de
récupération qui dépassent toutes les espérances.

Il est possible que ce même effet placebo détermine en partie les succès observés par les
guérisseurs et les chamans de tous pays. À l’inverse les envoûtements et autres ensorcellements
sont peut-être liés à l’intériorisation de croyances négatives produisant alors un effet nocebo.

Une étude fameuse sur un cas de placebo devenu nocebo est citée par Norman Cousins. 411
personnes furent informées du fait qu’elles risquaient de perdre leurs cheveux à la suite de leur
traitement de chimiothérapie. (114)

“ A 30% d’entre eux on administra, sans qu’ils le sachent, des placebos à la place de la
chimiothérapie et ils perdirent leurs cheveux, bien que les cachets qu’ils avaient absorbés ne
continssent aucun médicament. ” (115)

La puissance d’une croyance positive ou négative détermine, en fonction de sa propre adhésion,


des effets sur la physiologie.

Evans réalise lui aussi un état des recherches sur les placebo et la douleur. (116)

Au travers de onze études réalisées en double-aveugle, il apparaît que 36 % des personnes


souffrantes sont soulagées en moyenne de 55 % de leur douleur.

En d’autres termes, pour plus d’un tiers de la population, la force de l’espoir, par l'intermédiaire
d'un placebo, est en moyenne à 55 % aussi efficace qu'un véritable médicament anti-douleur. Et
cela est vrai avec une remarquable constance y compris pour la morphine.

D’où l’idée que l’attente de l’effet calmant peut générer spontanément la production
d’endomorphine ou autres substances opoïdes endogènes, c’est-à-dire les substances calmantes
internes à l’organisme et dont nous disposons tous.
Comme le remarque Evans : “ Il vaut la peine de noter que ce pourcentage d’efficacité ne se limite
pas à la comparaison entre placebo et médicaments analgésiques. On le retrouve dans des études
en double-aveugle sur les techniques de traitement non médicamenteux contre l’insomnie (58 %,
selon 13 études) et les médicaments psychotropes contre la dépression comme les tricycliques (59
% selon 93 travaux cités par Morris & Beck, 1974) et le lithium (62 % selon 13 études reprises par
Marini, Sheard, Bridges & Wagner, 1976). ” (117)

La croyance en l'efficacité d'un traitement semble des plus déterminantes quant au résultat obtenu.

Une expérience fameuse sur la vitamine C montre la force de la croyance investie dans le placebo
:

“ Le groupe qui prenait un placebo en croyant prendre de l’acide ascorbique a eu moins de rhumes
que le groupe qui prenait de l’acide ascorbique et croyait prendre un placebo. ” (118)

Le placebo agit donc parfois mieux qu’un traitement actif et reconnu, et ce, simplement en fonction
de l’effet d’annonce.

De façon générale, plusieurs centaines d’études montrent qu’environ 35 % de personnes traitées


avec ces substances inactives font état d’amélioration, et ce, concernant un grand nombre de
maladies : douleurs diverses, migraines, fièvres, infections ORL, angines de poitrine, allergies,
asthme, ulcères, acné et autres problèmes cutanés, verrues, mal de mer et autres vomissements,
arthrites, rhumatismes, diabète, irradiation, maladies de Parkinson, scléroses diverses, cancers,
etc.

Des ouvrages entiers ont été écrits sur ce thème. Il semble important que chacun réalise à quel
point la croyance en ses propres potentialités est un moyen puissant de les susciter, notamment
grâce aux techniques de visualisation et d’auto-suggestion.

1°) Utilisez vos ressources personnelles pour accroître l’effet de vos éventuels traitements. En
prenant vos médicaments, visualisez leurs effets bénéfiques sur votre organisme. Représentez-
vous la stimulation de vos défenses immunitaires grâce au traitement.

2°) Si aucun médicament ne vous est prescrit pour enrayer vos troubles, concentrez votre
attention sur l’effet bénéfique de l’eau ou des aliments que vous absorbez. Imaginez leur action de
régénération cellulaire pendant votre repas. De même, absorbez-vous dans la visualisation de votre
respiration. Imaginez son action nourricière, immunisante, propice à la santé. Utilisez tous les
moyens qui s’imposent à votre imagination pour développer vos propres capacités d’auto-guérison.

20. LA METHODE D’ÉMILE COUE

"Tous les jours et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux." Émile Coué. (119)

Le lien entre la force du placebo et la méthode Coué est l’autosuggestion positive. Mettez-la en
pratique dans votre quotidien. Vous en constaterez les effets.

Au début de ce siècle un pharmacien de la région de Nancy nommé Émile Coué a remarqué qu'une
même prescription médicamenteuse n'avait pas du tout le même effet lorsqu'il précisait à la
personne malade : "Vous verrez que ce traitement sera d'une remarquable efficacité pour soulager
vos symptômes. Rien à voir avec le traitement précédent." Et miraculeusement, le traitement
rigoureusement identique au premier permettait d'observer une guérison spectaculaire.

Coué avait découvert l'étonnant pouvoir de la suggestion, qui, lorsque la personne l'accepte devient
autosuggestion. Il écrivit alors sa méthode qui se résume en une phrase :

"Tous les jours et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux."

Cette phrase récitée vingt fois de suite et trois fois par jour a pu permettre d'observer une pléiade
de rémissions de diverses maladies considérées comme incurables. Une partie de ces témoignages
éloquents est d'ailleurs recensée dans son livre.

J’ai lu cet ouvrage en 1991 et j'ai testé sans trop y croire ce traitement par autosuggestion. Alors
que j'étais en vacances, une grippe m'a littéralement terrassé. Une forte fièvre, accompagnée de
tous les symptômes classiques, me cloua au lit et j'imaginais déjà avec tristesse mes vacances
gâchées par cette maladie. D’autant que depuis ma plus tendre enfance j’avais pris la mauvaise
habitude de développer ces symptômes 3 ou 4 fois par an. Il répondait au besoin de prendre des
vacances, de me faire dorloter par ma famille et mes amis, etc.

A chaque infection O.R.L., un traitement d’antibiotique m’était prescrit et après deux semaines je
retrouvais une bonne santé relative, jusqu’à ma rechute suivante.

Lorsque j’ai lu la méthode Coué, la technique m’apparut simpliste et peu crédible. Toutefois, j’avais
une forte motivation pour tester le bien-fondé de cette théorie et surtout pour profiter de mes
vacances.

Malgré les 35° ambiants, une forte fièvre me faisait grelotter de froid quand je commençai à réciter
la formule “ magique ”. Il était clair que je n’y croyais pas et je me trouvais même assez ridicule en
la psalmodiant.

Aucune amélioration sensible n’intervint pendant les deux premiers jours. Toutefois, je persévérais.
Le troisième matin, j’eus la surprise de constater l'étonnante efficacité des autosuggestions
positives.

La fièvre avait disparu et je pus enfin commencer à mieux respirer. Je poursuivis alors avec plus
d’enthousiasme la pratique de cette technique. En l'espace de trois jours et sans antibiotiques, tous
les symptômes s’étaient volatilisés.

Je réalisai par la suite que cette récitation, un peu à la façon d'un mantra, induit un état de
conscience modifié. Dans cet état, c'est comme si l'inconscient devenait plus perméable aux
autosuggestions que l'on s'adresse. Il me semble aujourd'hui possible d’émettre l'hypothèse que
cet état de conscience modifié renforce considérablement l'effet des suggestions, qu'elles soient
négatives ou positives.

En pratiquant régulièrement les techniques de santé, focalisées sur des visualisations positives,
s’est élaborée en moi une possibilité nouvelle de contrecarrer l'évolution négative de la maladie.

De fait, depuis le jour où j’ai découvert cette pratique, il y a maintenant 9 ans, je n’ai connu qu’une
infection O.R.L., à la suite d’une déception sentimentale qui m’a profondément déprimé.
Connaissant ma fragilité, je reste attentif à tout ce qui est de nature à me donner envie de tomber
malade. Dans les moments difficiles, je réalise le travail d’écriture suivant que je vous propose :

1°) Notez sur votre journal de bord toutes les pensées négatives qui vous viennent
quotidiennement à l’esprit. Ex : “ Je suis nul, je ne vaux rien, je ne réussirai jamais... ” Ensuite
déchirez ou détruisez ces pages.

2°) De l’autre côté du carnet, écrivez l’inverse de ces formulations. Ex : “ J’ai de la valeur au
travers de telle ou telle activité, capacité ou domaine de compétence, je sais que je peux réussir ce
que j’entreprends... ”

Il est très important de toujours trouver des formules uniquement positives. Se répéter “ Je ne suis
pas nul ” implique l’idée de nullité et ne fait que renforcer le pouvoir négatif de la suggestion.

3°) Lorsque vous avez trouvé une formulation pleinement positive et qui vous correspond,
répétez-la à haute voix 20 fois de suite et au moins trois fois par jour.

Après quelques jours de pratique, vous aurez la surprise de constater par vous-même l’étonnant
pouvoir de l’autosuggestion positive.

La méthode d’autosuggestion d’Émile Coué rejoint une pratique plus ancienne encore. Celle de la
suggestion et de l’hypnose que nous allons aborder maintenant sous son angle historique.

________________________________________

(119) Coué E. (1989). La méthode Coué. Renaudot. 177 p. Source.

21. HISTOIRE DE L’HYPNOSE

La modification de l’état de conscience apparaît être l’axe central de toutes les techniques de
santé. C’est aussi le produit de l’état d’hynose.

Expérimentez les techniques qui vous intéressent et surtout mettez-les en pratique.

En Occident, les rémissions se retrouvent également liées à l'hypnose et aux nombreuses méthodes
qui s'en inspirent comme la relaxation, le training autogène, la sophrologie, le bio-feed-back,
l'autosuggestion, la visualisation, l'expansion de conscience, etc.

Nous nous intéresserons dans un premier temps à ce qui a été découvert lors du siècle des
Lumières et a précédé l’hypnose : le « magnétisme animal ».

Franz Anton Mesmer (1734-1815), l'un des premiers à avoir fait date dans cette histoire, naît en
Suisse, puis s’établit en Autriche. Intéressé par la philosophie et la théologie, il entreprend des
études de médecine et obtient un doctorat à l’âge de 32 ans. Converti à la physique de Newton, il
estime que les êtres vivants sont sensibles à l'influence des astres et découvre le pouvoir des
aimants sur les troubles physiques.

Leur application sur les organes malades remonte en réalité à la médecine du Moyen Âge avec
Paracelse. Cette "puissance cachée" de l'aimant, Mesmer la baptise "magnétisme" et il obtient avec
elle des "guérisons miraculeuses". Sa pratique franchit les frontières et son lieu de consultation ne
désemplit pas.

Osterwald, un conseiller d'Académie qui était totalement paralysé et à moitié aveugle, publie en
1776 le récit de sa guérison : " Tous les résultats qu'il a obtenus ici dans les différentes maladies,
écrit-il de Mesmer, nous font croire qu'il a dérobé à la nature une de ses forces les plus secrètes."
(120)

Les centaines de résultats surprenants qu'il obtient lui valent même la reconnaissance de
l'Académie de l’Électorat de Bavière qui le nomme membre de sa compagnie "étant certain que les
efforts d'un homme aussi remarquable, dont la gloire est immortalisée par les preuves
extraordinaires et indéniables de ses connaissances et de ses découvertes aussi inattendues
qu'utiles, contribueront grandement à son éclat." (121)
Cette première reconnaissance officielle sera cependant aussi la dernière.

En effet, Mesmer se détourne de sa théorie originelle. Il réalise que la dimension thérapeutique


n'est pas propre à l'aimant mais que tout organisme vivant distille un magnétisme qu'il qualifie
d'animal :

« J'ai observé que la matière magnétique est presque la même chose que le fluide électrique et
qu'elle se propage de même que celui-ci par des corps intermédiaires. L'acier n'est pas la seule
substance qui y soit propre ; j'ai rendu magnétique du papier, du pain, de la laine, de la soie... en
un mot tout ce que je touchais, au point que ces substances produisaient sur les malades les
mêmes effets que les aimants. » (122)

L'effet de ce magnétisme vient pour Mesmer rétablir la circulation naturelle du fluide dans l'organe
malade et entraîne de ce fait la guérison.

Dans sa remarquable étude publiée sur ce chercheur, Stephan Zveig, fin psychologue avant d’être
écrivain, constate l’étonnant pouvoir des suggestions thérapeutiques. Ces suggestions sont pour lui
à l’œuvre dans tout processus de rémission : “ L'histoire nous prouve qu'il n'y eut point de méthode
médicale, si absurde qu'elle fût, qui ne soulageât quand même pour un temps les malades qui
croyaient en elle. Nos grands-pères et nos aïeux ont été guéris par des moyens pour lesquels notre
médecine d'aujourd'hui n'a qu'un sourire de pitié - cette même médecine dont la science des
cinquante années à venir dénoncera avec le même sourire les méthodes de traitement actuelles
comme inopérantes et même dangereuses. Toujours où s'accomplit une guérison surprenante, la
suggestion a une part puissante dont on ne se doute pas. Tous les moyens thérapeutiques de tous
les temps (...) doivent une grande partie de leur efficacité à la volonté de guérir chez le malade. ”
(123)

Cette dimension échappe pourtant à Mesmer en son temps. Il voit se former dans les milieux
médicaux viennois un certain nombre d'ennemis d'autant plus véhéments que les incontournables
"miracles" de ses séances, Mesmer les relie non plus à l'aimant mais à son propre pouvoir de
magnétiseur.

Ses détracteurs s'attachent, pour le discréditer, à son sens aigu de la mise en scène. Les séances
qu'il réalise sont groupales. Les malades l'attendent dans une lumière tamisée, alors que dans
l'antichambre des musiciens interprètent de douces musiques relaxantes. Au comble de l'attente, il
apparaît enfin, vêtu d'un habit lilas et commence à effectuer des passes magnétiques le long du
corps de ses patients. Parfois, ceux-ci éclatent d'un rire nerveux, gémissent ou pleurent avant
d'entrer dans une transe convulsive et se rouler à terre. À leur réveil, certains sont guéris de leurs
troubles.

À propos de cette théâtralisation, Stephan Zveig estime avec raison qu'“ en bon connaisseur
d'âmes, il sait que tout traitement basé sur la foi exige, pour renforcer son action, un certain
cérémonial magique ou religieux : par principe psychologique, il entoure donc sa personne d'une
auréole surnaturelle, il augmente son autorité par le mystère. ” (124)

C'est à cette époque que Mesmer teste les effets de son fameux baquet, rempli de limaille de fer et
d'éclats de verre, dans lequel plongent plusieurs tiges métalliques que viennent tenir les malades.
Lors des séances collectives qu'il organise, chacun reçoit ainsi le "précieux fluide" issu du baquet,
que Mesmer avait eu soin préalablement de magnétiser. Il est bien évidemment traité d'imposteur
par l'Académie et s'exile alors en Suisse, puis à Paris.

Le siècle des lumières est aussi celui des chimères et des superstitions qui fleurissent dans la
capitale. Un nombre impressionnant de charlatans divers y tiennent le haut du pavé. Mesmer quant
à lui, convaincu du bien-fondé de sa théorie, cherchait davantage à la faire reconnaître
officiellement qu'à en tirer profit.
À cinq reprises, il demande aux facultés de médecine qu'elles examinent sa pratique et les
guérisons qui en découlent. Ces dernières se détournent craintivement de cet embarrassant
personnage tout en condamnant a priori son mode de thérapie. Alors Mesmer se tourne vers le
public avec l'ouvrage qu'il publie sur sa découverte du magnétisme. (125)

De nombreux partisans le soutiennent, la cour s'y intéresse et défend sa doctrine. Les passions se
déchaînent.

Louis XVI, que ces ardentes discussions finissent par lasser, désigne deux commissions de savants
pour étudier ces phénomènes. Bailly, Jussieu, Lavoisier et Benjamin Franklin observent alors la
pratique de Deslon, un élève de Mesmer, et réfutent l'existence d'un fluide magnétique :
"L'imagination sans magnétisme produit des convulsions... Le magnétisme sans l'imagination ne
produit rien." (126)

Comme le constate Léon Chertok, l'un des grands chercheurs français de l'hypnose : “ Paracelse
(1490-1541), considéré comme un précurseur de la théorie du magnétisme animal reprise par
Mesmer, admettait déjà le côté "psychologique" ou "relationnel" des phénomènes "magnétiques".
Supprimez l'imagination et la confiance, avait-il coutume de dire à propos de ces derniers, et vous
n'obtiendrez rien." Et encore : "Que l'objet de votre croyance soit vrai ou imaginaire, vous
obtiendrez le même résultat." ” (127)

Les académiciens se soucient bien peu des résultats thérapeutiques qu'ils observent. Seule
l'existence du fluide est l'objet de leur dissertation. Et comme dans la psyché l'impalpable croyance
est toujours invisible, ils ne s'intéressent pas à ce qui aurait pu produire et expliquer les
rémissions. Toutefois, le célèbre botaniste Jussieu refuse de signer le verdict
“ d'excommunication ”, estimant possible l'existence d'un “ agent transmissible par un individu sur
un autre et pouvant parfois exercer sur ce dernier une influence visible.” (128)

Malgré cet appui inespéré, le rapport secret rédigé par Bailly à la seule intention du roi donne le
coup de grâce à la théorie de ce médecin trop peu orthodoxe.

Il conclut que : "Le traitement magnétique ne peut être que dangereux pour les mœurs." (129)

Considérant tout acte rendu comme irrévocable, l'Académie refuse le nouvel examen que demande
Mesmer sur sa propre pratique. Il retourne alors à Vienne. Ses ennemis de jadis réussissent
l'exploit de le faire condamner pour ses idées politiques ; il ne fait pas bon défendre la Révolution
française dans la vieille Autriche impériale... Mesmer est contraint à un nouvel exode et s'installe
dans un canton de Suisse où il poursuit discrètement ses consultations.

Cynique revers de l'histoire, presque quarante ans après qu'il a demandé à l'Académie de Berlin
d'examiner les effets de sa thérapie, celle-ci l'invite à en faire la démonstration. Mesmer, trop vieux
et épuisé par les vaines tentatives d'autrefois n'a plus que faire de cette reconnaissance à laquelle il
avait aspiré toute sa vie durant. Il décline l’invitation.

L'Académie délègue alors auprès de lui un commissaire royal, le professeur Wolfart, dont la mission
est de recueillir toute information utile à l'étude du magnétisme. Celui-ci rédige un bel hommage à
ce précurseur bafoué : “ Au cours de ma première rencontre avec l'inventeur du magnétisme, mes
espoirs furent dépassés. Je le trouvai plongé dans l'activité bienfaisante qu'il me décrivit lui-même.
Vu son grand âge, la clarté, la largeur et la pénétration de son esprit, son zèle vivant et infatigable
à se communiquer, son éloquence aussi aisée qu'émouvante, rendue tout à fait personnelle par la
rapidité de ses comparaisons, la finesse de ses manières, le charme de son commerce, n'en
paraissent que plus admirables. Si l'on ajoute un trésor de connaissances positives dans toutes les
branches du savoir que l'on trouve rarement réunies chez un seul homme et une bienveillance, une
bonté de cœur qui s'expriment dans tout son être, dans ses paroles, dans ses actes ; si l'on y joint
encore une influence active, presque miraculeuse, sur les malades, au moyen du regard pénétrant
ou seulement de la main calmement levée, tout cela accentué sur une silhouette noble et
vénérable, on aura dans ces traits principaux l'image de la personnalité que j'ai trouvée en
Mesmer. ” (130)

L'auteur du magnétisme offre toutes ses connaissances à son hôte mais préfère la sage tranquillité
de son canton à l'ultime combat de la reconnaissance académique de sa pratique. Il s'attache
seulement à poursuivre ses traitements auprès des malades de son canton.

Jusqu'à son dernier jour, toujours actif, à la disposition de ceux qui viennent le consulter, animé
par le souhait de servir son prochain, de soulager ses douleurs et de calmer ses symptômes,
Mesmer est empli de la flamme généreuse de l'altruisme le plus pur. Il s'éteint, paisible et rassasié
de la vie au bel âge de quatre-vingts ans.

L'histoire de cet étonnant médecin apporte son lot de réflexions, parfois amères, quant au sort des
innovateurs sacrifiés sur l'autel de la tradition médicale. Il est possible de s'interroger sur les
raisons de cet obscurantisme rassurant pour certains...

Quoi qu’il en soit, Mesmer est l'un des premiers en France à avoir posé les bases de la thérapie de
groupe. De son enseignement, sont nés de nombreux courants de réflexion, alimentant les
pratiques de disciplines à venir telles que l’hypnose et la suggestion, la psychologie et les
différentes formes de psychothérapies.

L'un de ses plus fidèles élèves est le comte Armand de Chastenet de Puységur (1751-1825). Il
prolonge le travail de son maître et observe que la crise est un élément parasite dont peuvent se
passer ceux qui connaissent un “ somnambulisme magnétique ” induit par le thérapeute.

Un changement d'orientation important s'amorça avec l'abbé de Faria (1755-1819), qui fut le
premier à ouvrir un cours public de « sommeil lucide » à Paris et à comprendre la nature
psychologique de ce phénomène. Cet abbé d'origine indo-portugaise, observe qu’il est possible
d’induire un "sommeil lucide" en commandant aux sujets de dormir. L'influence du praticien s'avère
pour lui capitale quant à la réussite de la thérapie.

En avance sur son temps, il sait intuitivement que chacun recèle ses propres capacités de guérison.
Ce novateur contribua à montrer que tout se passe dans l’esprit du sujet, le reste n’étant que mise
en scène.

A l’autre bout de la planète, James Esdaile, un fameux médecin anglais, exerçait en Inde. Jusqu'au
milieu du XIXe siècle, faute de moyens, la chirurgie se pratiquait sans anesthésie.

Dans une série d’articles et un livre devenus célèbres, Esdaile montre que le magnétisme permet
aux patients de se couper des sensations douloureuses pendant l'intervention. Il réalisa ainsi plus
d’une centaine d’actes chirurgicaux couronnés de succès. Son travail a cependant été éclipsé par
l’annonce des premières anesthésies à l’éther et au chloroforme.

En Angleterre, James Braid, chirurgien de son état, se passionna aussi pour la pratique des
magnétiseurs. Il observa que le fait d’inviter ses patients à se concentrer sur un objet brillant tout
en leur adressant des suggestions de relaxation amenait leur état de conscience à se modifier. La
personne demeurait alors entre la veille et le sommeil et pouvait, dans le meilleur des cas, ne plus
ressentir la douleur de l’intervention chirurgicale.

Il baptisa cette technique hypnose ou encore hypnotisme (du grec hypnos = sommeil). Il s'agit
pour lui d'un phénomène purement mécanique ayant pour origine un processus neurologique.

En France, Ambroise Auguste Liébeault (1825-1904) se passionne à tel point pour l’hypnose qu’il
renonce à sa carrière de médecin pour devenir hypnothérapeute.

Il soigne les malades les plus pauvres gratuitement et obtient des résultats parfois spectaculaires
dont il fait la démonstration à Hippolyte Bernheim (1840-1919). Ce fameux professeur de
médecine s’initie à cette technique et participe à créer une école de renommée internationale :
l’École de Nancy. C’est ce que le Dr Léon Chertok appelle “ l’âge d’or de l’hypnose ”. (131)

Pour Bernheim tout dans l’hypnose n’est que suggestion.

“ Toute cellule cérébrale, actionnée par une idée, réagit sur les fibres nerveuses qui en émanent et
transmettent cette action aux organes qui doivent la réaliser... C’est ce que j’ai appelé la loi de
l’idéodynamisme. ” (132)

Une pensée suggérée se concrétise au niveau du corps.

À peu près à la même période, Jean Martin Charcot, (1825-1893), professeur de neurologie à la
Salpêtrière, découvre les étonnantes manifestations des suggestions hypnotiques. Charcot les
utilise pour faire momentanément disparaître des symptômes hystériques.

Des femmes souffrant depuis des années d'impossibilité de se mettre debout et de marcher
(astasie-abasie) sont hypnotisées devant un vaste parterre de médecins. Dans un état
somnambulique, elles parviennent à se lever et se déplacer. Elles recouvrent une motricité normale
dans un état d'hypnose profonde. Cependant dès que l'état de conscience redevient ordinaire, les
symptômes réapparaissent instantanément.

Pour Charcot, ces manifestations hypnotiques sont le fruit de mécanismes purement


physiologiques. Toutefois, à la fin de sa vie, il semble percevoir l’aspect thérapeutique de l’auto-
suggestion en écrivant son dernier ouvrage : « La Foi qui guérit ».

Un jeune étudiant viennois assiste avec enthousiasme à ces séances. Il s’agit de Sigmund Freud
qui entr’aperçoit l'existence de ce champ qui révolutionna la compréhension des troubles
psychiques, à savoir celui de l'inconscient ; champ que des médecins, des (neuro)physiologistes et
des philosophes avaient contribué à faire émerger depuis une quarantaine d’années. (133)

Freud a l'idée d'inviter ses patients à évoquer ce qui venait spontanément à leur esprit en état
d'hypnose. Des récits surgissent. La célèbre patiente hystérique Anna O. évoque, lors d'une séance,
un souvenir traumatique qui explique l'origine de sa souffrance. Au cours d’un travail approfondi,
elle identifie les liens qui existent entre la tragédie qu'elle vécut dans l'enfance et ses symptômes
actuels. Cependant après cette fructueuse séance, elle ne se rappelle pas de cette prise de
conscience. Un phénomène d'amnésie recouvre ce qui lui était venu à l'esprit. Freud réitère les
séances, mais sans succès. Il décide alors d'appliquer cette méthode sans induire d'état
hypnotique.

Reprenant les propos d'Anna O., il baptise ce travail « la cure par la parole ». C'est la naissance de
la psychanalyse.

Freud abandonne la pratique de l’hypnose pour se consacrer tout entier à son oeuvre.

A la fin de sa vie, il estime que : « En dernière analyse, nous devons aimer pour ne pas tomber
malade. »

1°) En cas de douleur ou de symptômes divers, l’un des premiers réflexes est d’imposer ses mains.
Prêter attention aux messages que vous adresse votre inconscient. Ils recèlent un sens subtil riche
en enseignements. Laissez vos mains se poser sur la région de votre corps qui pose problème.

Réalisez alors un exercice de relaxation approfondie, et prenez conscience du bien-être que vos
mains communiquent à votre corps. Vous pouvez imaginer une douce sensation de chaleur, une
lumière ou une couleur bienfaisante qui se diffusent en vous ; imaginez l’effet bénéfique que ce
contact génère sur votre organisme.
Sentez progressivement se rétablir en vous un équilibre et une harmonie internes.

2°) Elucidez les messages que vous adressent vos rêves. Ils vous communiquent également des
informations dont il est important de tenir compte.

Par exemple si vous vous sentez seul(e), il pourra vous arriver de rêver que vous êtes en
interaction avec de nombreuses personnes.

Votre inconscient vous communique ainsi, à sa manière, les bienfaits que vous trouverez à nouer
de nouveaux contacts sociaux.

22. L’ETAT D’HYPNOSE ET L’HYPNOTHERAPIE

"L’hypnose sert à induire un état de réceptivité afin de permettre au patient d'utiliser plus
avantageusement ses propres potentialités comportementales" Milton H. Erickson (134)

Écrivez dans votre journal de bord tout ce qui vous a mis en cause et vous a été communiqué de
négatif. Ces suggestions directes constituent des croyances limitantes. Reformulez-les sous la
forme d’autosuggestions positives.

Comme nous l’avons vu, le terme hypnose vient du grec “ hypnos ” qui veut dire sommeil. Ce type
de technique semble remonter à la nuit des temps. Dans l’histoire, l’hypnose a été fréquemment
associée à la divination, à la parapsychologie, mais aussi à la religion. Lors des sermons, la
majeure partie des ecclésiastiques l’utilise sans le savoir par la fascination qu’ils exercent sur leur
auditoire. Il en va de même pour les psychanalystes.

Par extension, un état d’hypnose, que nous pourrions qualifier de “ commun ”, est suscité par bon
nombre d’activités diversifiées. Lorsque vous vous plongez dans la lecture d’un bon livre, que vous
allez au cinéma, au théâtre, que vous regardez la télévision ou que vous vous consacrez à une
activité qui vous passionne, vous vous retrouvez spontanément absorbé. Le temps s’écoule d’une
façon inhabituelle. Vous perdez vos repères...

Depuis Mesmer, de Puységur, Liébeault, Charcot ou Bernheim, l'hypnose, le magnétisme et le


somnambulisme interrogent, intéressent ou passionnent.

Certains définissent l’hypnose comme un “ sommeil lucide ”, un état de transe ou un état de


conscience modifié. Il existe un ensemble de moyens pour induire cet état.

Dans la pratique traditionnelle, proche des techniques de l’hypnose de spectacle, les suggestions
sont généralement fermées, directes et autoritaires. “ Vos paupières deviennent de plus en plus
lourdes... Dormez je le veux... ” Seuls les sujets les plus doués et impressionnables y sont
accessibles. C’est la raison pour laquelle les hypnotiseurs de spectacle proposent souvent un
exercice pour les détecter. Par exemple, un test de rapprochement des mains.

“ Tenez vos mains écartées de 20 centimètres l’une de l’autre. Une force que je contrôle va à
présent s’exercer sur vos mains qui vont se rapprocher l’une de l’autre. De plus en plus près, de
plus en plus vite. Vous ne pouvez pas y résister. Vos mains sont aimantées, irrésistiblement
attirées. Elles se collent l’une à l’autre. Vous ne pouvez plus les séparer maintenant. ”

Entre 5 et 10 % de la population est en effet dans l’incapacité de résister à ces suggestions. Ce


sont les virtuoses. L’hypnotiseur les convie alors à monter sur l’estrade. Il leur décolle brutalement
les mains et leur dit : “ Vous dormez maintenant. ” Surpris et impressionnés, les « virtuoses »
tombent dans les bras de l’hypnotiseur dans un état d’hypnose profonde.
Devant l’auditoire ébahi, ils se livrent à tout un ensemble de comportements déconcertants. Ils se
prennent pour un animal, dansent avec la star de leurs rêves, se déshabillent tant la chaleur du
désert qu’ils traversent est caniculaire, etc.

Ils vivent intensément chaque suggestion comme si c’était vrai et oublient presque tout dès leur
réveil. Ce phénomène d’amnésie est courant dans certains états de conscience modifiés.

Didier Michaux, fondateur de l’Institut Français d’Hypnose, m’a raconté avoir aidé une personne
traumatisée par l’un de ces spectacles. L’hypnotiseur lui a suggéré d’oublier pendant 5 minutes
après son réveil le chiffre 5. De fait, invité à son réveil à compter sur ses doigts devant la foule
goguenarde, cette personne les a passée en revue de la façon suivante :
“ 1, 2, 3, 4,... 6, 7, 8, 9, 10, 11. ”
“ Tiens, vous avez onze doigts ? ”, demanda ironique le faiseur d’illusion.
“ Bien sûr que non, j’en ai dix ! ”
“ Comptez les doigts de l’une de vos mains à présent. ”
“ 1, 2, 3, 4,... 6. ”
“ 6 et 6 =12. Alors vous avez au total 11 ou 12 doigts ? Il faudrait savoir ! ”

Devant la stupeur et l’effarement de ce malheureux sujet, la foule était hilare.


Cette personne a eu besoin de quelques séances d’hypnothérapie pour réduire le traumatisme
qu’elle avait vécu et qui en avait réveillé d’autres. Elle s’est sentie dépossédée d’elle-même et a
vécu douloureusement la situation.

Comme l’indique cette histoire, ce type de pratique me semble dangereux pour certains et je la
déconseille fermement. De plus, elle nuit à l’image de l’hypnose thérapeutique qui recèle un trésor
de ressources.

L'hypnothérapie à laquelle j’ai été formé est aux antipodes de la pratique des hypnotiseurs de
spectacle. Cette pratique se révèle thérapeutique entre les mains de médecins, psychologues ou
psychothérapeutes dûment formés.

Elle se base sur des suggestions ouvertes, permissives et indirectes du type :

“ Vous pouvez respirer profondément et tout en laissant votre corps se relaxer, peut-être aurez-
vous le plaisir de laisser venir de très bons souvenirs et de revivre les émotions positives qui y sont
attachées. ”

L'hypnothérapie est définie dans l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale comme étant : "(...) un mode
de fonctionnement psychologique dans lequel le sujet se détache de son environnement pour
fonctionner à un niveau inconscient. (...) Ce mode de fonctionnement fait apparaître des
possibilités nouvelles : par exemple des possibilités supplémentaires d’action de l’esprit sur le
corps, ou de travail psychologique à un niveau inconscient. (...) Cet état n'est rien d'autre que
l'amplification de la simple rêverie dans laquelle nous entrons spontanément plusieurs fois par
jour." (135)

L'un des principaux auteurs de ce modèle thérapeutique, Milton H. Erickson a abordé ce


phénomène en autodidacte.

Son expérience est édifiante. Dès sa naissance, le petit Milton connut un certain nombre de
handicaps. Il était daltonien, s'est révélé par la suite incapable de percevoir le rythme et fut assez
rapidement diagnostiqué dyslexique.
Mais c'est à l'âge de 17 ans qu'il fit face à l'une de ses plus terribles épreuves :
il fut atteint d'une poliomyélite qui le cloua dans un fauteuil, avec la sombre perspective d'y rester
toute sa vie.

C'est là qu'il acquit son extraordinaire capacité d'observation et qu'il expérimenta les effets de
l'auto-hypnose.

Déterminé à reconquérir ne serait-ce qu'une once d'autonomie, il concentra toute sa volonté sur les
sensations physiques qu’il avait ressenties avant son handicap. Il se focalisa également sur l'un de
ses doigts inertes et s'y représenta le mouvement de façon acharnée pendant plusieurs semaines.
Contre toute attente, il lui extirpa enfin un micro-mouvement et fort de cet exploit, poursuivit son
effort inlassablement. Il réussit après de longs mois à recouvrer une motricité quasi-normale de ses
doigts, ses mains, ses bras et de son corps entier.

Il se rééduqua, réapprit à marcher et redevint tout à fait autonome. Il utilisa également cette
technique pour corriger sa dyslexie, ce qui lui permit de suivre en parallèle des études de médecine
et de psychologie. Devenu médecin, docteur en psychiatrie et en psychologie, il put alors étudier de
façon expérimentale ce qu'il avait découvert.

Il devint l’hypnothérapeute de référence aux Etats-Unis, influençant l’École de Palo Alto dans sa
création de la thérapie familiale systémique. Il servit de modèle à de nombreux cognitivistes,
comportementalistes, également aux fondateurs de la PNL (programmation neuro-linguistique) et,
par répercussion à une grande partie des thérapeutes d’Amérique ou d’ailleurs.

Freud, dans son approche psychanalytique, estime souvent que l’inconscient est le fauteur de
troubles. Oublis de mots, lapsus révélateurs, actes manqués souvent très réussis et symptômes lui
sont inféodés.

Tout en reconnaissant cette dimension, Erickson observe qu’en hypnose, l’inconscient devient un
"réservoir de ressources actives". Il permet de faciliter une adaptation plus appropriée. L'hypnose
éveille un état privilégié de la conscience, appelé par certains auteurs la conscience supérieure.

Dans cet état particulier, il est possible de communiquer avec les potentialités insoupçonnées de
l'individu, de les éveiller et de leur donner naissance à un niveau cognitif, comportemental et
physiologique.

Cette démarche psychothérapeutique permet à chacun de trouver spontanément la profondeur de


l'état de relaxation qui lui convient. Le thérapeute n'impose rien et ne fait que proposer des voies
nouvelles, des ouvertures jusqu' alors inenvisagées, grâce à des métaphores, des symboles et des
associations qui pourront résonner avec les ressources de l'inconscient.

Chacun utilise, en fonction de sa motivation, les représentations dont il a besoin pour restructurer
son mode de fonctionnement interne. Et c'est grâce à ses propres associations qu'il peut retrouver
une nouvelle façon de s'envisager, d'envisager le monde et de fonctionner.

Comme nous pouvons le constater, nous sommes très loin de cette hypnose de spectacle dont les
médias sont si friands. Autre avantage de la méthode, il est possible d'induire par soi-même un
état d'hypnose. On parle alors d’auto-hypnose.

1°) Inspirez-vous de l’histoire de Milton H. Erickson. Écrivez sur votre journal de bord la façon dont
vous imaginez recouvrer ou favoriser un état de santé idéal.

Déclinez les différentes phases de ce processus de santé en imaginant les objectifs chronologiques
que vous pouvez atteindre. Laissez libre cours à votre imagination. Explorez toutes les émotions
positives liées à cet état.

Héritée de la pratique de l’hypnose traditionnelle, une technique peut vous être utile. Il s’agit de
l’effet Braid, créée par le chirurgien du même nom.

2°) Lorsque vous aurez déterminé un premier objectif qui vous tient à cœur, prenez une position
confortable dans votre lieu privilégié de relaxation. Réalisez quelques exercices de respiration /
relaxation. Concentrez votre attention sur quelque chose d’agréable à regarder. Cela peut être un
objet que vous appréciez, une plante verte, un dessin... Photographiez mentalement ce que vous
regardez en maintenant fixement votre regard dessus. Respirez de nouveau profondément et
laissez vos paupières se fermer. La photographie mentale de ce que vous regardiez pourra alors
progressivement apparaître. Si ce n’est pas le cas, répétez cet exercice deux ou trois fois. Vous
pouvez alors poursuivre votre séance en imaginant la réalisation de l’objectif qui vous tient à cœur.

23. L'AUTO-HYPNOSE

L’auto-hypnose est un état de conscience particulier que nous connaissons tous plusieurs fois par
jour. Pour devenir thérapeutique, l’auto-hypnose s’apparente à une relaxation approfondie que l’on
peut atteindre grâce à une respiration ample et profonde, une détente musculaire progressive et un
troisième élément déterminant : une représentation mentale active de l’objectif qui tient à cœur et
que l’on imagine déjà réalisé.

Offrez-vous fréquemment des pauses. Des espaces de ressourcement et de bien-être. Cultivez l’art
de vous immerger dans des pensées bienfaisantes.

Lorsqu'elle est volontairement induite, l'expérience de l'auto-hypnose est une réplique exacte de
l'hypnose ericksonienne, à cela près que vous pourrez vous substituer au thérapeute et procéder
vous-même à l'induction et aux suggestions.

Selon Ernest Rossi, (136) nous connaissons un "débranchement" spontané et normal par rapport à
la réalité extérieure toutes les 45 minutes environ. Vous avez sans doute pu observer que dans les
moments où l'on attend un bus ou un métro par exemple, parfois, le regard se fixe sur un point
sans qu'on le regarde vraiment.

Dans ces moments-là, on rentre spontanément à l'intérieur de soi et on médite un peu sur le
passé, le présent ou l'avenir. Les autres peuvent croire qu'on rêve, qu'on est « dans la lune », alors
qu'en réalité nous pratiquons l'auto-hypnose à la manière de la prose de Monsieur Jourdain, sans y
penser. Tout naturellement.

En défilant dans notre esprit, les souvenirs d’apprentissages et de conditionnements auxquels nous
nous référons participent à l'élaboration de notre réalité. Du moins à notre perception subjective de
la réalité. Les autosuggestions que nous nous adressons y sont pour beaucoup. Au risque
d'enfoncer une porte ouverte, vous l'avez sans doute remarqué, lorsqu'on s'adresse des
autosuggestions négatives du type : "je n'y arriverai jamais" il y a de fortes probabilités de ne pas
réussir ce que l'on entreprend.

A l’inverse avec des autosuggestions positives comme : "je vais faire de mon mieux pour réussir"
on a plus de chances de réaliser ses objectifs.

Ainsi notre monde se crée, enrichi ou appauvri en fonction de nos croyances et de nos prédictions ;
et bien sûr notre construction du monde détermine notre mode d'adaptation présent et à venir.

En fait on se construit des prophéties auto-réalisantes.(137) L’un des pères de cette notion, Robert
Rosenthal, a réalisé dans les années 1970 tout un ensemble d’expériences passionnantes.

Dans la première, il propose à des étudiants de comparer les résultats de deux groupes de lombrics
soumis à un test de labyrinthe. Le premier groupe est issu d’une génération de vers de terre de
laboratoire, entraînés, soumis à des conditions expérimentales diversifiées, ce sont les lombrics
“ intelligents ”. Ils sont comparés à une population de lombrics normalement stupides. Assez
logiquement, les lombrics “ intelligents ” obtiennent des performances supérieures à celle de la
population commune.
La même expérience est réalisée avec des souris et les mêmes résultats s’imposent.

Rosenthal effectue alors une recherche sur les enfants. En début d’année scolaire, il les soumet à
une batterie de tests d’intelligence. Les résultats sont communiqués aux instituteurs qui
apprennent quels élèves apparaissent comme étant les plus doués. En fin d’année, les résultats de
ces élèves les placent effectivement en tête de classe. Logique, me direz-vous. Certes, mais là où
ça l’est moins, c’est qu’en réalité, il n’y avait qu’une seule et même population de lombrics et de
souris. Ce qui a fait la différence n’était pas l’intelligence supérieure d’une population sur l’autre
mais le message qu’a adressé Rosenthal aux expérimentateurs. “ Vous devriez obtenir les résultats
suivants... ”

Pour les élèves, il utilisa la même astuce et sélectionna en réalité les plus moyens en les faisant
passer pour des surdoués. Les instituteurs ont alors été inconsciemment conditionnés à l’attente de
résultats supérieurs de ce groupe d’élèves. Ils ont probablement été plus patients, plus
pédagogues, et plus intéressés par leur évolution, leur consacrant plus d’attention qu’aux autres.

Ces prophéties mettent en lumière la force de la suggestion directe. De nombreux médecins


américains en font le constat. A la demande du malade, ils donnent la durée probable de leur
espérance de vie, qui ne repose en fait que sur une moyenne statistique. Statistiques qui ne sont
que la mesure de notre ignorance comme l’a joliment souligné Jacques Coppey.

Cette information joue parfois le rôle d’une puissante prophétie auto-réalisante pour les sujets les
plus suggestibles. La moyenne statistique devient pour eux une réalité et certains décèdent jour
pour jour avec la date d’échéance programmée. L’attitude psychologique semble, dans certains cas,
jouer un rôle déterminant quant à l’évolution de la maladie.

Ces prophéties chacun les met en pratique à sa façon, psychologiquement et biologiquement.


Évidemment, notre conviction renforce le pouvoir de nos autosuggestions.

Il semble que l’état d’hypnose amplifie ce phénomène. Au même titre que l’auto-hypnose.

L'expérience hypnotique permet de réaliser cet apprentissage et de mesurer les effets de cognitions
sur sa réalité psychophysiologique. Chacun peut découvrir et utiliser par la suite de façon
autonome ses propres ressources intérieures pour accéder à des objectifs préétablis.

Il est possible d'apprendre, en quelques séances, le moyen d'accéder à une profonde relaxation et
d'utiliser les ressources de son inconscient afin de pouvoir exercer un contrôle sur sa pathologie.

Grâce à cette technique, chacun devient responsable de son expérience, dont il est possible de
modifier à volonté le cours et la profondeur. Et c'est notre inconscient qui nous aide à effectuer le
travail utile pour réaliser un objectif déterminé, et résoudre les difficultés.

Corollaire non négligeable, cette pratique constitue un moyen efficace de se prendre en charge.
Aussi d'éviter le phénomène de dépendance vis-à-vis d'un thérapeute.

L'auto-hypnose passe par une certaine forme de lâcher-prise psychologique, et, paradoxe de ce
processus, elle permet à certains, avec de la pratique, d'exercer un contrôle efficace sur la
physiologie, et particulièrement sur la douleur.

Grâce à une pratique soutenue, vous pourrez vous aussi, en fonction de votre motivation, utiliser
les représentations dont vous avez besoin pour restructurer votre mode de fonctionnement interne.
Et c'est grâce à vos propres associations que vous pourrez trouver une nouvelle façon de vous
envisager, d'envisager le monde et de fonctionner.

En résumé, l'hypnose et l'auto-hypnose constituent un moyen de faciliter un processus d'évolution,


d'intégration et de maturation.
1°) Parfois en situation d’attente, le regard se fixe sur un point et s’ouvrent les portes de
l’imaginaire. C’est ce qu’Ernest Rossi appelle “ la transe commune ”. On part dans ses pensées. Des
scénarii défilent. Et des représentations mentales s’imposent. D’ailleurs c’est souvent ce qui fait
encore mal qui s’impose : les difficultés, les blessures, les traumatismes... Et sans le savoir, on se
programme en négatif, on se recharge en haine.

C’est la raison pour laquelle dans ces moments précis, il est indispensable de se poser, laisser ses
paupières se fermer, et se programmer positivement.

Se concentrer sur sa respiration et se représenter mentalement la réussite de ses objectifs.

Se river fermement à cette pensée bénéfique.

Imaginer toutes les émotions positives que ces pensées génèrent en vous.

Ressentez tout cela profondément en vous.

Vibrez et animez votre énergie vitale de confiance et d’amour.

En laissant vos muscles se contracter quelques secondes, prenez la mesure de cette force de vie
qui est à l’intérieur de vous. Laissez votre corps se mouvoir dans la souplesse. Vivez-la. Sentez
l’harmonie et la souplesse en vous.

De nouveau respirez amplement plusieurs fois de suite et laissez vos paupières s’ouvrir sur une
nouvelle réalité. Détendu, confortable et empli d’énergie positive.

C'est particulièrement les recherches effectuées dans le domaine de l'hypnose qui permirent de
progresser dans la compréhension de la psycho-neuro-immunologie.

Je vous propose à présent d'étudier les effets de ces techniques sur la biologie.

________________________________________

(136) L'un des plus grands spécialistes américains de l'hypnose de Milton H. Erickson.

(137) Rosenthal R. A. & Jacobson L. (1971). Pygmalion à l'école. Casterman, Paris.

24. LES EFFETS DE L'HYPNOSE SUR LA BIOLOGIE

L’hypnose nous fait découvrir l’univers de la Psycho-Neuro-Immunologie. Grâce à cet état


particulier de la conscience, les chercheurs mettent en évidence l’action de l’esprit sur le corps.
Trente-sept paramètres physiologiques peuvent être influencés en fonction du type de suggestions
adressées.

Globalement, toutes les suggestions et cognitions négatives vont dans le sens d’une détérioration
de la santé.
Aussi, il est utile, en état de conscience modifié, de se concentrer activement sur les pensées
positives. Elles nourrissent l’esprit et le corps de joie, de force et de vitalité.

C’est dans les années 1920, en Allemagne, que débutent ces passionnantes recherches
scientifiques.

André Weitzenhoffer, dans son ouvrage intitulé "Hypnose et suggestion", réalise une remarquable
synthèse : « Les effets de l'hypnose sur les fonctions involontaires et semi-volontaires de
l’organisme. »

Il y relate entre autres, que l'hypnose peut accélérer, (138) ou diminuer les pulsations cardiaques.
(139) Ce que l’on a maintes fois constaté dans les différentes pratiques de méditation, yoga, etc.

Les fonctions globales du métabolisme sont susceptibles d'être augmentées, (140) de 6% à 25%,
selon les recherches. (141) De la même façon, d'autres chercheurs, ont mis en évidence la
possibilité de modifier la température interne, (142) et externe de l'organisme (143) ou encore la
consommation d'oxygène. (144)

Ces études montrent que les suggestions d'émotions agréables ou désagréables font varier de
façon significative les fonctions involontaires de notre organisme.

Il est notable que les champions du monde d’apnée, ou de nombreuses autres disciplines ont tous
une pratique personnelle intense d’une technique basée sur la modification de l’état de conscience.

L'activité gastro-intestinale peut également être modifiée. (145) Il est possible d'accroître ou de
diminuer les fonctions digestives et de susciter des changements au niveau de la durée de la
digestion, du péristaltisme et des spasmes des intestins. (146)

Les contractions utérines ont fait l'objet d'un certain nombre de recherches. Il est possible
d'accélérer la phase de travail (147) et de modifier la forme, le rythme et l'intensité des
contractions tout en diminuant les sensations de douleur. (148)

Lors de ma formation à l’hypnothérapie, je me souviens d’un enregistrement vidéo impressionnant.


Un hypnothérapeute russe avait enseigné à sa femme les bases de ses techniques. Elle a accouché
grâce à elles de trois enfants dans les meilleures conditions. La troisième naissance a été filmée.

La future maman était accroupie dans une baignoire transparente à demi remplie d’eau. Elle
respirait amplement et profondément. Les contractions suivaient le même rythme. Son visage était
paisible et détendu, lisse comme un lac de montagne.

Son rythme respiratoire s’accéléra et son col utérin laissa paraître la tête de l’enfant qu’elle
accueillit de ses mains dans l’eau tiède en l’espace de quelques secondes. A peine sorti, il nagea
comme une otarie.

Je me rappelle la joie intense qui se lisait dans le sourire de la maman quand elle prit son enfant
dans les bras. Elle avait parfaitement réussi à gérer la douleur et à donner la vie dans les
meilleures conditions, seule et en quelques secondes.

L’un des artisans de l’hypnose en France au XXe siècle fut Léon Chertok. (149) Il s’est intéressé à
la notion d’accouchement sans douleurs introduite en France par les Drs Lamaze et Veulay. Je me
rappelle lui avoir rendu hommage par la pensée après avoir vu cette magnifique naissance.

Comme l’ont constaté de nombreux praticiens, l’hypnose peut contribuer à gérer la douleur mais
également régulariser le cycle des règles. (150)

Cet état de conscience modifié a également un retentissement important sur les effets
vasomoteurs.

Il provoque des changements hormonaux via les glandes de la sudation. (151)

Tout comme il modifie la tension artérielle (152) et entraîne des changements au niveau de la
circulation sanguine. (153)

Dans tous les sens du terme, il est préférable de ne pas se faire de mauvais sang. Le sens figuré du
processus psychique peut faire advenir le sens propre de la réalité biologique.

L'état hypnotique modifie également les sécrétions, excrétions et échanges tissulaires. Il est ainsi
possible de faire varier l'élimination de l'eau (154), des phosphates (155), du chlorure de sodium
(156), d'augmenter la sécrétion de pepsine, trypsine, lipase, maltase (157) et de majorer l'acidité
gastrique (158) ou salivaire. (159)

Un état de conscience particulier peut donc faire varier notre biologie interne. L'expression : "te fais
pas de bile", c'est-à-dire, calme-toi, détends-toi, correspond à une réalité biologique.

Ainsi, des suggestions appropriées agissent sur la sécrétion de la bile (160), mais aussi sur la
glucosémie (161) et la sécrétion d'insuline par le pancréas. (162)

Le taux de calcium dans le sang s'avère modifiable, (163) au même titre que son Ph et le potentiel
de gaz carbonique. (164)

Une recherche devenue célèbre montre qu'il est possible d'inhiber certaines réponses du système
immunitaire. Avec une suggestion directe, S. Black obtient une inhibition de la réaction au test de
Mantoux qui consiste à mesurer la sensibilité à la tuberculine. (165)

Les 16 et 17 novembre 1992, un colloque est organisé à Paris par l'INSERM, sur les mécanismes du
processus hypnotique. Bongartz montre que l'hypnose diminue les concentrations plasmatiques
d'adrénaline et de noradrénaline, alors que des phénomènes de stress les augmentent. Dans une
autre expérience « après hypnose, les granulocytes diminuent et les lymphocytes augmentent
tandis que le stress produit le résultat inverse. » (166)

Nous le verrons plus loin, de nombreuses recherches montrent qu'après l'hypnose, les lymphocytes
augmentent, alors qu’une réponse inadéquate au stress produit le résultat inverse.

Une passionnante étude est conduite par Jeanne Atchterberg, psychologue au Centre de recherche
scientifique sur la santé de l’université de Dallas. Elle propose à deux groupes d’étudiants distincts
de visualiser la majoration d’un type de leucocyte spécifique. Le groupe visualisant les neutrophiles
en a constaté une augmentation significative.

Chez ceux qui visualisent les basophiles on observe une nette augmentation de cette population
plus spécifique. Pour ces deux groupes, les modifications biologiques n’ont concerné que l’objet de
leur visualisation. Les autres paramètres immunitaires n’ont pas été modifiés. (167)

Il semble donc possible de stimuler spécifiquement une seule catégorie de cellules immunitaires.

Pour ce chercheur, l’état de santé dépend de l’idée que l’on s’en fait. Dans son livre, « Visualiser
pour guérir » (168), elle relate l’expérience de bon nombre de médecins qui renvoient chez eux des
malades à l’article de la mort. Ces derniers, rassurés et se croyant guéris, connaissent alors en
quelques jours un processus de rémission spontané.

Comme il est possible de le constater, l'état de conscience modifié offre la possibilité d'influer sur
bon nombre de processus autonomes des fonctions involontaires ou semi-volontaires.

Beaucoup de ces faits ont également été mis en lumière grâce au bio-feedback. Il s’agit d’une
discipline née aux États-Unis dans les années 1960. Un appareillage sophistiqué mesure différents
paramètres physiologiques : tracé électroencéphalographique, tension, rythme cardiaque, réponse
électro-dermale (différence de potentiel électrique mesuré au niveau de la peau), etc.

Le bio-feedback permet à chacun d’apprendre à modifier ces paramètres, donc à agir sur sa
physiologie et, par voie de conséquence, sur son processus de santé.
Ce sont essentiellement les suggestions d'émotions et de sentiments qui tendent à provoquer ces
modifications biologiques.

De façon générale, plus l'individu est au cœur de son expérience et vit intensément les situations
suggérées, plus les résultats s'avèrent effectifs. (169)

A ce titre, il est possible d'émettre l'hypothèse que l'état de conscience modifié majore l'émotion
ressentie au même titre que son effet sur la physiologie.

1°) Découvrez vos propres capacités d’agir sur votre corps.


Spontanément ou avec de la pratique vous pouvez réussir à modifier votre température corporelle.
Comment ? Rien de plus simple.

Créez en vous un état de relaxation approfondi. Imaginez-vous confortablement installé près d’une
rivière dont vous manipulez l’eau avec votre main droite. Ressentez la sensation de cette eau pure
et fraîche qui glisse entre vos doigts. Concentrez-vous quelques minutes sur la fraîcheur qui se
diffuse dans votre main droite.

Imaginez à présent votre main gauche qui repose sur votre jambe en plein soleil. Ressentez la
chaleur pénétrante du soleil dans votre main. Focalisez votre attention sur son action bénéfique,
sur l’élévation de la température de votre main gauche.

Vous pouvez de la même façon vous représenter mentalement en train de ressentir ces deux
sensations distinctes assis au soleil, près de cette rivière.

Après quelques minutes de concentration, en réunissant vos deux mains, vous aurez la surprise de
découvrir une différence de température sensible. Cette différence sera proportionnelle à votre
capacité de vous immerger dans cette représentation.

Certains d’entre vous parviendront dès la première séance à un résultat évident. D’autres auront
besoin de perfectionner leurs capacités de concentration. Éventuellement d’enregistrer ces séances
puis de les écouter à plusieurs reprises. Sa pratique personnelle est déterminante des résultats
obtenus.

La différence tient à l’hypnotisabilité de chacun, c’est-à-dire sa capacité de s’absorber dans une


expérience de modification de son état de conscience. Parenthèse que nous ouvrirons dans le
prochain chapitre.

Quoi qu’il en soit, même si vous obtenez peu de résultat lors de la première séance, avec de la
pratique, vous aurez des chances d’observer des modifications appréciables que vous pourrez
mesurer grâce à un thermomètre approprié.

2°) En cas de dysfonctionnement physiologique clairement identifié, centrez-vous sur le point


d’équilibre du paramètre qui pose problème. Jetez sur le papier toutes les stratégies et les
représentations mentales favorisant l’état de santé. Expérimentez-les et notez les résultats.

3°) Imaginez, en relaxation approfondie, ce paramètre revenir à une valeur moyenne, bénéfique à
l’état de santé.

Développez votre créativité et votre imagination pour vous représenter au mieux le changement
auquel vous aspirez en notant, préalablement, tout ce qui vient à votre esprit.

Ainsi, le couple Simonton enseigna ces techniques aux personnes ayant développé un cancer.

L’une d’elle a imaginé le cancer sous la forme de viande hachée, bien identifiable sur la banquise et
qui était dévorée par des chiens de traîneaux affamés représentant les globules blancs. Grâce à ce
travail psychologique, ainsi qu’aux traitements médicaux, le cancer a fondu en un temps record.

Pour le même type de symptôme, d’autres utilisent l’image d’un iceberg qui fond au soleil.
L’énergie solaire, et particulièrement le bombardement des photons, est alors assimilée à l’action
des défenses immunitaires.

D’autres encore se représentent le cancer sous la forme de poussière nettoyée par des globules
aspirateurs...

Ce n’est pas la réalité du processus physiologique qui importe, mais plutôt la réalité et la vivacité
de vos propres représentations mentales.

L’essentiel étant que l’image des défenses immunitaires ou des ressources de santé soit toujours
plus puissante que celle des symptômes.

Envisageons à présent les façons d’améliorer sa qualité de vie quand on est concerné par une
maladie.

25. LES EFFETS DE L'HYPNOSE ET DE L'AUTO-HYPNOSE SUR LA QUALITE DE


VIE DE PERSONNES ATTEINTES DE CANCERS

L’hypnose et l’auto-hypnose aident l’inconscient à mobiliser les ressources du bien-être et de la


santé.

Dans un état de relaxation approfondie, explorez votre créativité pour retrouver le confort et le
bien-être.

Les symptômes liés au cancer et à ses traitements ont fait l'objet de nombreuses recherches sur
l’intérêt d'utiliser l'hypnose pour les soulager.

Voici, par thème, les articles les plus signifiants. A travers les quelques soixante-quinze publications
rédigées à ce sujet, notre intérêt se portera principalement sur les expérimentations dans la
mesure où elles objectivent les faits scientifiques.

1. Soulager la douleur et l’anxiété

Paul Lea et ses collaborateurs ont réalisé en 1960 une étude portant sur le contrôle hypnotique de
douleurs intraitables. Cette recherche porte sur 20 personnes. L'induction est réalisée de façon
indirecte et permissive par fixation du regard et suggestion de relaxation. L'idée force introduite au
cours de ces séances est que l'hypnose permet de contrôler le processus douloureux.

Sur les 20 personnes qui ont bénéficié de 4 à 20 séances, 18 ont été évaluées.
Douze, c’est à dire 66 %, définissent une modification du caractère de la douleur, diminuent leur
prise d'antalgiques, se disent plus relaxées et profitent d'un meilleur sommeil.
Sur les 5 échecs observés, 4 personnes présentent des troubles psychiatriques et 1 est dépendante
de la morphine depuis 28 ans.
Ces résultats ne sont pas corrélés avec la profondeur de l’état d’hypnose.

Les suggestions post-hypnotiques concernant la diminution de la douleur se réalisent à condition


d'introduire une souplesse dans le délai évoqué. La suggestion post-hypnotique consiste à dire par
exemple : “ après la séance, vous aurez la surprise de constater un grand bien-être, un calme
intérieur et une tranquillité que rien ni personne ne pourra déranger... ”

Lea souligne l'importance d'élucider les bénéfices secondaires, toutes les mauvaises raisons que
l’on a de garder ses symptômes. Il propose à chacun de négocier la diminution de sa douleur à
l'aide de pourcentages. Par exemple, la douleur étant de 25 %, je vais la réduire de 5% chaque
jour grâce à de l’exercice physique, de la relaxation, des films drôles, etc.

En 1961, Vincent Cangello observe des résultats moins probants mais tout à fait appréciables
après 3 séances d'hypnose proposées à 21 personnes atteintes de cancer.

12 ont pu apprécier une diminution de leur douleur et ont réduit au moins de moitié leur prise
d'antalgique.

9 personnes n'ont pas été en mesure d'accéder à l'expérience hypnotique. Ceci peut être imputable
à une hypnose trop directive, élément qui n'est hélas pas mentionné dans cet article.

L’une des procédures douloureuses les plus mal tolérée est l'aspiration de la moelle osseuse. Un
accompagnement psychologique approprié peut considérablement soulager la personne qui la subit.
Depuis ces études, aux Etats-Unis, des spécialistes formés à la relaxation, la sophrologie et
l’hypnothérapie aident et accompagnent les personnes dans leur épreuve.

Josephine Hilgard et Samuel LeBaron (1982) se sont intéressés à l'aide que l'hypnose peut apporter
pour le soulagement de l'anxiété et de la douleur, dans le cadre de cette procédure. Cette
technique a été proposée à 63 enfants et adolescents de 6 à 19 ans atteints de leucémie.

Sur les 24 qui ont accepté d'y participer, 10 ont pu constater une diminution appréciable de la
douleur et de l'anxiété dès la première séance, chaque séance étant d'une durée de 10 minutes.

Les autres ont été réfractaires à l'induction par fixation du regard proposé par le thérapeute
correspondent aux scores de faible hypnotisabilité à l'échelle clinique de Stanford. Ils n'ont pu
bénéficier d'aucune diminution significative.

La diminution de la douleur et de l'anxiété semble donc fortement corrélée avec une forte
hypnotisabilité. (170)

Dans un protocole envisageant ces mêmes facteurs, Lonnie Zelter et Samuel LeBaron (1982) ont
confirmé le fait qu'une technique hypnotique est plus efficace qu'une technique non hypnotique de
focalisation de l'attention sur un objet.

Leurs résultats sont fortement corrélés avec la captation de l'attention et la capacité d'imagerie.

Il est intéressant à ce propos d'ouvrir une parenthèse sur la notion d'hypnotisabilité.

Joseph Barber a effectué en 1980 la revue des études traitant de la relation entre la diminution des
douleurs et une forte hypnotisabilité.

Il ressort de bon nombre de travaux une interdépendance tout à fait évidente entre ces deux
aspects. (171)

Or les échelles d'hypnotisabilité standardisées utilisent des suggestions directes et une hypnose
que l'on pourrait qualifier d'autoritaire, auxquelles certaines personnes sont franchement
allergiques.

Ces échelles ne permettent donc pas d'objectiver la disponibilité des individus à connaître un état
de conscience modifié obtenu par le biais des techniques ericksoniennes.

Barber évoque à ce propos les résultats qu'il a observés avec Mayer en 1976.
Dans cette étude portant sur l'analgésie de douleurs dentaires, l'ensemble des 14 personnes est
capable de diminuer la sensation douloureuse grâce à une hypnose indirecte et permissive.
L’année suivante, Barber publie une observation sur l'induction d'analgésie rapide.
Il y note qu'avec les techniques ericksoniennes, 99 personnes sur 100 se dispensent d'anesthésique
pour des interventions de chirurgie dentaire, et ce tous degrés d'hypnotisabilité confondus.

Il précise toutefois que pour ces 2 études, l'hypnotisabilité n'a pas été mesurée, car elle ne faisait
pas l'objet de l'investigation. Cependant, on peut admettre que ces 2 échantillons de population
reflétaient la même distribution de l'hypnotisabilité que dans une population normale.

Dans une communication comparant les effets de suggestions directes et indirectes, Alman (1979)
estime que les résultats ne dépendent pas du degré d'hypnotisabilité mais de la technique
employée et que tout individu peut connaître une anesthésie à condition de bénéficier d'une
hypnose ericksonienne. Ce qui est confirmé à nouveau par Barber (1978 A et B) par rapport au
problème de la douleur chronique.

D'après les conclusions de Jean-Roch Laurence, spécialiste québécois de l'hypnose, la disponibilité


de chacun à connaître une expérience hypnotique se révèle stable dans le temps, et ce même à
vingt ans d'intervalle entre deux mesures.

Pourtant l’apprentissage de l'auto-hypnose permet souvent d'augmenter l’hypnotisabilité.


D'ailleurs, d'après d'autres études, cette dimension n'est pas toujours stable dans le temps.

En effet, elle peut être augmentée grâce à des techniques comme le bio feed-back, (172) la
privation sensorielle (173) ou simplement en informant la personne qu'il lui est possible de
contrôler naturellement l'expérience hypnotique et la profondeur de son état de relaxation. (174)

Barber estime que la motivation et la pratique de l'auto-hypnose permettent d'aboutir à ces mêmes
observations ; ce qu'il illustre par une étude de cas des plus édifiantes, dont voici un résumé.

Une femme de 66 ans souffrait depuis 3 ans de douleurs lancinantes dues à un cancer. Elle obtient
à l'échelle clinique d'hypnotisabilité de Stanford un score total de 0, mais est fortement motivée par
l'idée que l'hypnose peut la soulager.

Grâce à une induction indirecte et permissive, elle connaît une relaxation des plus satisfaisantes et,
au bout de 4 séances, témoigne d'une grande amélioration de son sommeil et du fait que ses
douleurs, bien que toujours présentes, la gênent beaucoup moins.

Après 6 mois de pratique d'auto-hypnose qu'elle effectue grâce à un enregistrement, elle observe
une nette diminution de ses douleurs et une augmentation de son appétit et de ses activités.

En fait, comme le démontrent ces travaux, le type de technique utilisée dans le cadre de la
thérapie (175) et la motivation (176) constituent des éléments prédictifs beaucoup plus révélateurs
que le degré d’hypnotisabilité.

Fermons à présent cette parenthèse sur cette notion d'hypnotisabilité qui n'intervient que très peu
sur les résultats obtenus par une hypnose ericksonienne.

Revenons donc à l’amélioration de la qualité de vie avec Caracappa, qui observe en 1963 que
l'hypnose peut être utilisée avec succès dans le cas de douleurs liées à un cancer terminal.

La pratique de l'auto-hypnose qu'il recommande à ses patients permet de diminuer la douleur et


l'anxiété, d'augmenter la relaxation et le calme, l'appétit, le bien-être et le sommeil de façon
durable. Cet auteur découvre également que l'administration d'un placebo associée à l'hypnose en
potentialise les effets.

Ceci illustre la notion essentielle de croyance qui tendra à déterminer les résultats d'interventions
voire d'expérimentations, comme l'a montré Robert Rosenthal.
Par ailleurs, Paul Lea observe que les suggestions ont plus d'efficacité si l'idée d'utiliser l'hypnose
provient de la personne elle-même ou du médecin en qui elle a confiance.

Lorsqu'un climat favorable est instauré, de nombreux auteurs soulignent que les personnes
atteintes de cancer vivent fréquemment l'hypnose comme un moyen d'échapper momentanément à
l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête.

Ces études montrent que les résultats sont associés à la manière dont l'hypnose est présentée.

Paul Sacerdote, dans ses nombreuses publications, souligne le fait que la douleur aliène la force
psychique et le désir de vivre du malade. Par contre, elle augmente bien souvent son attente et sa
motivation d'améliorer la qualité de sa vie grâce à l'auto-hypnose qu’il pratique le plus souvent
avec succès. (177)

L'induction ne pose que très rarement de difficultés, surtout lorsque l'on a déjà expérimenté
quelques unes des nombreuses possibilités de cette technique pour améliorer sa qualité de la vie.
Cela a pour effet de motiver avec force le désir de chacun d'accéder à cette pratique, et de s’y
investir.

Certains auteurs, cependant, estiment qu’il est indispensable d’accompagner la personne au moins
pendant 3 séances pour lui permettre d’accéder à cet aprentissage.

Sacerdote (1968) observe souvent dans le processus douloureux une paradoxale culpabilité réelle
ou imaginaire. Tout en la respectant, il suggère à la personne qu'elle a assez souffert et peut se
pardonner et pardonner à ceux à l'égard desquels elle éprouve du ressentiment.

Le pardon, qu'il encourage dans certains cas à rester inconscient, est potentialisé par l'acceptation
intellectuelle et émotionnelle de l'état de conscience modifiée ; a fortiori s’il s'accompagne d'une
modification de l'expérience douloureuse. Il devient alors plus facilement possible de retrouver la
confiance et l'espoir d'exercer un contrôle par rapport à la conduction et la perception de la qualité
ou la quantité de sa douleur.

L'apprentissage de l'auto-hypnose permet de renforcer ses capacités de mobiliser ses ressources


inconscientes et donc de constater qu'il devient possible de s'aider soi-même.

De nombreux thérapeutes et chercheurs préconisent à leurs patients de pratiquer cette technique


afin d'augmenter leur contrôle interne.

En 1983, Jonathan Kellerman et ses collaborateurs permettent à 16 de leurs 18 adolescents de


diminuer significativement l'anxiété et la douleur associée à des procédures douloureuses.

Ces auteurs mettent l’accent sur la relation humaine et affective, indispensable pour obtenir ces
résultats.

L'état de conscience modifiée est atteint grâce à une relaxation musculaire progressive, conjugué à
un contrôle de la respiration et à la visualisation d'un endroit agréable. Il apparaît là encore
clairement que le fait de se concentrer sur des bons souvenirs, ou sur l’espoir de voir sa condition
s’améliorer, génère des émotions positives.

Mon hypothèse personnelle est qu’elles participent à libérer des substances antalgiques dont nous
disposons à l’intérieur de nous. D’ailleurs, si l’injection de morphine soulage la douleur, c’est bien
parce que cette molécule copie l’endomorphine naturellement présente dans notre organisme.

Certains états d’esprit sécrètent des hormones spécifiques.

La détermination créée par l’urgence, par une nécessité vitale, détermine la production et la
consommation d’un grand nombre de ressources, comme l’adrénaline et l’endomorphine.

Dans les compétitions de haut niveau, certains joueurs poursuivent le match en dépit d’une fêlure
voire d’une fracture. La douleur a moins d’importance que leur enjeu.

Le rire et la joie produisent tout un ensemble de substances antalgiques similaires qui modifient la
perception douloureuse. Au même titre que l’état de relaxation approfondie.

Une réserve concernant la douleur s’avère toutefois indispensable.

Lorsqu’une douleur nouvelle apparaît, elle constitue le signe d’un symptôme qu’il convient de faire
rapidement examiner par un médecin.

En effet, la douleur, signal d’alarme de l’organisme, est à prendre au sérieux comme le reflète cette
anecdote.

Un ami hypnothérapeute ressentit un matin une douleur assez vive au niveau de la partie gauche
de son ventre. Ayant beaucoup de consultations ce jour-là, il mit son art au service de son bien-
être, s’imagina une bouillotte glacée sur la douleur brûlante, et la fit diminuer progressivement
jusqu’à ce qu’elle devienne supportable.

Le soir venu, une nouvelle séance lui permit de profiter d’une bonne nuit paisible. Le lendemain
matin, la douleur s’était amplifiée. Il recommença le même scénario, attribuant au stress ce
symptôme récurrent. Par contre, le jour suivant, la douleur était devenue suffisamment
insupportable pour qu’il fasse appel à un médecin. La douleur en question était le signe d’une crise
d’appendicite aiguë qui le menaçait d’une septicémie à tout moment.

Il fut opéré en urgence, ce qui lui sauva la vie in extremis.

D’où la nécessité de toujours consulter en cas de douleurs inopinées... (178)

2. Atténuer les nausées et vomissements

Envisageons à présent l'un des aspects les plus difficiles à supporter de la chimiothérapie -
traitement contre le cancer - à savoir les nausées et vomissements.

Lonnie Zelter et ses collaborateurs ont démontré en 1983 que l'hypnose a permis à 12 adolescents
de diminuer significativement l'intensité, la fréquence et la durée des nausées et vomissements,
ainsi que l'angoisse, liée à ces troubles. (179)

Par voie de conséquence, ils ont également diminué leur traitement antiémétique - médicaments
anti-nausées et vomissements.

Ces auteurs notent que des suggestions spécifiques concernant les symptômes sont plus efficaces
que des suggestions d'ordre général.

Zelter et ses collaborateurs reproduisent cette expérimentation et en font bénéficier 51 enfants et


adolescents, en 1984.

Ils associent à l'hypnose une thérapie de groupe, des trainings de relaxation musculaire et
d'imagerie, ainsi que l’apprentissage du bio feed-back.

Une désensibilisation systématique fut également utilisée. Cette technique consiste à se


représenter chaque étape du processus médical et à s'en distancier d'un point de vue émotionnel,
permettant de se débarrasser de ses appréhensions par le biais d’une réassurance progressive.
Cette recherche leur permet d'améliorer leurs résultats précédents : 75 % des enfants se passent
d’antiémétique.

Par ailleurs, aucune corrélation n'est établie entre les résultats et le degré d'hypnotisabilité.

William Reed, qui a effectué l'état des recherches dans ce domaine, signale cependant que
l'hypnose seule ne suffit pas à diminuer les nausées et vomissements de façon durable.

Par contre la désensibilisation systématique permet d'enrayer ces troubles définitivement.

Il souligne que cette technique agit en outre avec une grande efficacité sur les nausées et
vomissements anticipatoires. (180)

3. Améliorer l’humeur

Une étude de D. Spiegel (1999), réalisée sur 111 femmes atteintes de cancer du sein montre que
le fait d’exprimer ses émotions, apprendre à faire face à la maladie et apprendre des techniques
d’auto-hypnose permet d’améliorer significativement l’état d’esprit. Six mois après le début des
séances, l’anxiété et la dépression ont significativement diminué. Ce qu’il a déjà observé dans une
étude préalable. (181)

Une synthèse des travaux sur les thérapies de groupe montre que dans 19 études sur 22 la qualité
de vie est significativement améliorée. Ce type d’aide psychologique est bénéfique à l’humeur,
développe une meilleure capacité à faire face à la maladie et à s’y adapter. (182)

En résumé, il est possible de constater à travers ces travaux que l'hypnose apporte une aide
efficace aux personnes atteintes de cancer.

Cette technique permet de diminuer significativement :

- L'anxiété et/ou l'angoisse. (183)

- La douleur. (184)

- Les nausées et les vomissements. (185)

- Voire, pour certains auteurs, d'avoir des répercussions sur la durée de la survie, comme nous
allons le voir.

Rappel important : Pour tout nouveau symptôme, notamment une douleur, il est indispensable de
consulter un médecin. Parallèlement au traitement médical, vous pouvez bien sûr utiliser les
exercices vous permettant d’explorer et de développer vos ressources personnelles.

1°) Pour diminuer l’anxiété et la douleur ou les nausées et vomissements..., de nombreuses


techniques de représentation mentale sont efficaces. Reste à déterminer celles qui auront le plus
d’effet sur vous. D’où la nécessité de les tester.

Pour ce faire, je vous invite à noter l'efficacité de chaque technique que vous allez expérimenter
par rapport à ces deux propositions et ce à deux reprises (avant et après votre séance).

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit.


Votre note =

2°) - Avant chaque séance dans laquelle vous utiliserez un type de représentation spécifique
remplissez ces échelles aussi spontanément que possible. Elles auront la valeur d'un pré-test.
Indiquez le type de suggestion que vous allez tester et réalisez votre séance.

3°) - Après chaque séance de dix minutes à un quart d’heure, remplissez à nouveau ces deux
échelles qui auront valeur de test (en évitant bien sûr de regarder les résultats des premières).

Réalisez l’ensemble des exercices en y consacrant le temps qui vous est utile, éventuellement sur
plusieurs jours.

Effectuez la soustraction entre le résultat obtenu au pré-test et au test en indiquant ce que la


séance vous a apporté.

Comparez alors les résultats de toutes vos séances et vous aurez la possibilité de déterminer quel
exercice vous a été le plus bénéfique.

1°) Respiration : Concentrez votre attention sur votre souffle. Imaginez qu’à chaque inspiration le
bien-être et le confort se diffusent au plus profond de vous. Imaginez de la même façon qu’à
chaque expiration, vous expulsez la sensation d’inconfort hors de vous.

2°) Relaxation musculaire : *


(* = Vous pouvez associer cet exercice à celui qui précède.)
Concentrez votre attention sur votre corps. Respirez profondément et bloquez votre inspiration
pendant quelques secondes. Durant ce laps de temps, contractez fortement vos muscles. Prenez
conscience de l’énergie de combativité qui est présente en vous et qui vous aide à vous
débarrasser de vos symptômes. Laissez vos muscles se détendre en expirant et laissez le bien-être
et la sérénité se diffuser en vous. Réalisez cet exercice 5 à 10 fois de suite.

3°) Relaxation à partir d’un bon souvenir : * Réalisez un exercice de relaxation en vous basant sur
le lieu qui vous a apporté le plus grand bien-être, la plus grande détente, le plus intense sentiment
d’harmonie. Laissez les symptômes s’évanouir au fur et à mesure de votre concentration.
Détachez-vous de votre corps par la pensée en explorant vos meilleurs souvenirs.

4°) Réduction des symptômes par visualisation : * Concentrez votre attention sur le ou les
symptôme(s). En relaxation approfondie, visualisez les symptômes fondre, diminuer
progressivement, perdre en intensité, se rabougrir comme une peau de chagrin et disparaître
presque complètement. (Il peut être utile de garder malgré tout une infime partie du symptôme qui
fait alors office de signal d’alarme.)

5°) Réduction des symptômes par pourcentage : #


(# = Vous pouvez associer cet exercice aux trois premiers.)
Imaginez l’intensité de vos symptômes sur une échelle de 0 à 100. A chaque inspiration, visualisez
une réduction de votre inconfort de quelques pour-cent.

6°) Réduction de leur intensité : # Imaginez qu’à l’intérieur de vous un bouton de commande peut
vous permettre d’augmenter ou de diminuer l’intensité de vos troubles. Tournez ce bouton très
progressivement vers une augmentation puis vers une diminution de vos symptômes.

7°) Réinterprétation : # représentez-vous le symptôme comme étant lié à l’activation de vos


défenses immunitaires vous permettant de retrouver un état de santé idéal.

8°) Réification : # Imaginez que l’inconfort est causé par un objet. Par exemple, un couteau
métallique. Vous pouvez modifier cette représentation en la remplaçant par une autre et vous
représenter le couteau en train de devenir en plastique puis en caoutchouc, puis en plume...
9°) Utilisation d’un souvenir de guérison : # représentez-vous mentalement le moment où vous
avez réussi à retrouver l’état de santé alors que vous étiez malade. Concentrez votre conscience
sur les processus internes qui vous ont permis de retrouver une bonne santé. Retrouvez le
sentiment de plénitude et de bonheur d’être libre de vos mouvements et de profiter à nouveau de
tous les bons moments de la vie.

10°) Anticipation de l’amélioration : # Focalisez votre attention sur le plaisir que vous pourrez
éprouver lorsque vous retrouverez le bien-être de l’état de santé. Imaginez toutes les activités
agréables avec lesquelles vous pourrez renouer et la satisfaction qu’elles pourront vous procurer.

11°) Catalepsie de la main : # Positionnez votre main et votre avant bras à la verticale en appui
équilibré sur votre coude. Laissez votre main se détendre tout en maintenant cette position et
oubliez-la. Concentrez votre attention sur la force de vie qui anime votre inconscient dont la
mission prioritaire est de vous maintenir en bonne santé. Imaginez les millions de processus
physiologiques en interaction parfaitement coordonnés qui œuvrent à la réalisation de votre état de
santé. Remerciez mentalement votre inconscient de vous permettre de retrouver l’état de santé
idéal auquel vous aspirez. Lorsqu’il sera d’accord pour réaliser cela, il pourra vous le signaler en
laissant votre main venir se reposer par des petits mouvements, comme si elle était reliée à une
roue dentée. Ces mouvements surprenants sont tout-à-fait normaux et caractéristiques de l’état
d’hypnose et d’auto-hypnose. Ils constituent la preuve de l’existence d’un état de conscience
modifié qui œuvre à votre état de santé.

12°) Lévitation de la main : # A chaque inspiration, laissez votre main devenir de plus en plus
légère, comme si elle était aimantée vers le haut, comme si des ballons gonflés d’hélium la
soulevaient de plus en plus. Laissez-la se charger d’émotions positives, de joie et de bien-être et se
soulever progressivement pendant qu’une autre partie de vous explore les meilleurs souvenirs de
bonheur. Peut-être pourrez-vous percevoir de petits mouvements soulever votre main. Laissez
alors simplement les choses se faire d’elles-mêmes. Parvenue à l’apogée de sa légèreté, vous
pouvez remercier votre inconscient de faire le nécessaire pour retrouver le confort de l’état de
santé. Lorsqu’il sera d’accord pour trouver de nouvelles solutions et reprendre ses activités
normales de régulation de l’état de santé, alors vous aurez la surprise de constater que votre main
redescend se poser par ces mêmes petits mouvements indépendants de votre volonté.

13°) Transfert de bien-être : # concentrez-vous sur l’une de vos mains qui pourra entrer en
contact avec la région de votre corps qui est inconfortable. A chaque inspiration, chargez votre
main d’un profond bien-être en relation, par exemple, avec un très bon souvenir. Peut-être
pourrez-vous laisser votre main se charger en sensation de fraîcheur ou de chaleur,
d’engourdissement, de pesanteur ou de légèreté. Peu importe dès lors que cette sensation soit
pour vous synonyme de bien-être. Laissez alors ce grand trésor de ressources actives qu’est
l’inconscient diriger progressivement votre main vers la zone d’inconfort. Prenez conscience, lors du
contact tactile entre votre main et cette autre partie de votre corps, du transfert de sensation et de
son action bénéfique.

14°) Représentation métaphorique de l’amélioration : #


En fonction de vos propres images, représentez-vous retrouver l’état de bien-être et d’harmonie
grâce à :
- Une lumière dorée qui se diffuse dans votre corps et votre esprit là où c’est utile.
- Une douche tiède ou fraîche issue d’une cascade d’eau pure qui lave, nettoie et purifie en
profondeur tout ce qui a besoin de l’être.
- Un rayon de soleil ou de lune... qui produit un engourdissement localisé au niveau de la zone
d’inconfort. Vous pouvez imaginer l’action bénéfique de l’astre sur vos fonctions vitales.
- Une crème magique d’efficacité que vous passez avec attention là où c’est nécessaire.
- Une modification de la couleur de la zone d’inconfort. Imaginez que vous remplissez cette zone
d’une encre indélébile qui a la couleur du bien-être...
Vous pouvez articuler ces différentes techniques les unes avec les autres afin d’augmenter encore
vos résultats, en inventer de nouvelles et explorer vos potentialités en notant à chaque fois les
résultats obtenus sur vos échelles et votre journal de bord. Répétez ces exercices régulièrement.
Laissez le temps à votre inconscient de mettre en œuvre tous vos processus internes de santé.

25. 1. Soulager la douleur et l’anxiété


25. 2. Atténuer les nausées et vomissements
25. 3. Améliorer l’humeur

26. LES EFFETS DE L'HYPNOSE ET DE LA THERAPIE DE GROUPE


SUR LA DUREE DE LA SURVIE DE PERSONNES ATTEINTES DE CANCER

“ Je crois à l’espoir comme moyen de faciliter les étapes du processus de guérison. ” Bernie Siegel.
(186)

“ ...nous croyons que l’espoir est une position, une attitude bien adaptée face à l’incertitude. ” Carl
et Stéphanie Simonton. (187)

Retrouver l’espoir d’améliorer votre situation. Développez votre combativité et vos potentialités
grâce aux techniques de modification de l’état de conscience. Investissez-vous dans la vie et
réalisez les projets qui vous tiennent à cœur.

Dans les années 1980, un cancérologue américain, le docteur Carl Simonton et son épouse
Stéphanie, psychologue, élaborent un traitement global du cancer prenant en compte la dimension
psychologique de la maladie.

Pour eux, la prédisposition à la maladie tout comme le rétablissement de l’état de santé sont liés
non seulement à l’état physiologique mais aussi à l’état psychologique, aux émotions et à
l’affectivité. Ils proposent un traitement global prenant en compte le corps et l’esprit, envisagés
dans un continuum.

Sur une période de quatre ans, ils réalisent une étude portant sur 159 personnes atteintes de
cancers incurables.

Le traitement psychologique, complémentaire du traitement médical, consiste à apprendre à se


relaxer et visualiser avec détermination le combat contre le cancer.

Lorsqu’ils écrivent leur premier livre, 63 personnes sont toujours vivantes avec une moyenne de
survie de 24,4 mois depuis le diagnostic. Comparativement, la moyenne de durée de survie
nationale est de 12 mois.

Dans le groupe investi dans la psychothérapie, 14 personnes connaissent un phénomène de


rémission, 12 voient leur cancer régresser alors que 17 autres sont stabilisés.

En 1983, Bernauer Newton étudie l'apport de cette pratique sur 283 personnes atteintes de cancer
métastasé. Il s'inspire de la méthode Simonton et propose aux malades de visualiser de façon
active le processus de guérison.

Cent cinq personnes ont bénéficié de 10 heures d'hypnose, traitement jugé adéquat par l'équipe
thérapeutique. Newton confirme les travaux précédents et observe une diminution significative des
effets secondaires liés aux traitements médicaux, des douleurs, nausées et vomissements, de
l'insomnie, de l'anxiété et de la détresse.

Les malades bénéficient en outre, d'une meilleure relation avec leurs médecins, d'une
augmentation de leur qualité de vie, de leur appétit, de leur relaxation et profitent avec satisfaction
du contrôle qu'ils peuvent exercer sur leurs difficultés.
Pour les 105 sujets ayant bénéficié de 10 heures d'hypnose, la durée de survie est de 35,5 mois,
soit le triple de la moyenne nationale. Newton observe par ailleurs 9 rémissions spontanées,
attestées par les équipes médicales.

Il est cependant à déplorer, à l’occasion de ces deux recherches, une faille méthodologique
importante. En effet, la population n'a pas fait l'objet d'une randomisation - tirage au sort et
affectation aléatoire des sujets aux différents groupes témoin et expérimental. Ainsi, le groupe
contrôle a été constitué à partir d'une moyenne nationale.

Malgré cela, il semble évident que des recherches de cet ordre ouvrent des perspectives
passionnantes pour les études ultérieures. De fait, Newton pense que, dans certains cas, l'hypnose
peut contribuer à renverser le processus pathogène.

Cette technique contribue à modifier l'attitude psychologique de personnes malades, réaffirmant


leur confiance en eux et réamorçant leur capacité à stimuler leur état de santé.

En 1988, l'équipe du docteur Gruber réalise une étude présentant des garanties méthodologiques
beaucoup plus appréciables que celle de Newton, précédemment citée. Il propose à des personnes
atteintes de cancer de visualiser le combat qui oppose les forces du système immunitaire à leur
maladie.

Ces chercheurs constatent que ces exercices augmentent la formation des lymphocytes. Ils
remarquent également l'augmentation de la production d'anticorps et de cellules d'interleukine-2
dont le rôle est de stimuler l'activité des cellules NK et T.

Grâce à cette pratique, les personnes ayant participé à cette étude montrent une augmentation de
leur résolution à vaincre la maladie. (188)

Dans une étude devenue célèbre, l'équipe de David Spiegel étudie les effets du traitement
psychosocial sur la durée de la survie. Quatre-vingt-six femmes souffrant de cancer métastasé du
sein sont réparties dans deux groupes, contrôle et expérimental.

Pendant un an, 50 femmes sont invitées à participer à une thérapie de groupe hebdomadaire, où
elles ont la possibilité d'exprimer leurs émotions et de partager avec d'autres leur expérience de la
pathologie. Elles bénéficient par ailleurs de l'apprentissage de l'auto-hypnose destiné à contrôler la
douleur.

Dans le groupe ayant suivi ces séances, les personnes ont moitié moins de douleurs, moins de
troubles de l'humeur, de réactions de peur et de comportements inadaptés. Mais surtout, la survie
du groupe contrôle est de 18,9 mois. Celle du groupe expérimental est de 36,6 mois, soit presque
exactement le double.

David Spiegel émet l'hypothèse que l'expression des émotions associée à l'auto-hypnose a pu
modifier les systèmes neuro-immuno-endocrinologiques, et augmenter ainsi la durée de la survie.

Norman Cousins, et un psychiatre, le docteur Fawzy étudient, dans le cadre d’une rigoureuse
recherche randomisée, les effets de la thérapie de groupe sur la biologie. Soixante-huit personnes
atteintes de cancer sont affectées à deux groupes, témoin et expérimental.

Les participants du groupe expérimental bénéficient, parallèlement à leur traitement médical, de 6


séances d'apprentissage de la relaxation et de techniques de gestion du stress. Au bout de 6 mois,
on observe l'augmentation de la vigueur et la diminution de l'anxiété, de la dépression, de la
confusion et de la fatigue par référence au groupe contrôle, suivi uniquement par les médecins.

Ces résultats sont corrélés positivement avec l'augmentation des cellules NK et des macrophages.
Fawzy observe par ailleurs une augmentation de l'activité cytotoxique.
En 1993, six ans après le début de cette étude, cet auteur publie les résultats qu'il observe sur le
taux de rechute et de mortalité.

Rechute et survie de personnes atteintes de cancers

Groupe
Groupe Témoin
Gestion du stress

O ui 13 7
Rechute
Non 21 27

Décédé 10 3
Survie
Vivant 24 31

*Comme il est possible de le constater, le groupe expérimental connaît presque deux fois moins de
rechute et trois fois moins de mortalité.

Ces résultats sont confirmés par l’étude préliminaire de Sandra Levy (1990), portant sur des
personnes atteintes de cancer du colon et de mélanomes malins. Elle observe que huit semaines de
thérapie cognitivo-comportementale (189) augmentent le nombre et l’activité des cellules NK par
référence au groupe témoin.

Beaucoup d'autres chercheurs et psychothérapeutes ont corrélé la pratique de ces techniques avec
une augmentation de la qualité de vie et de la durée de survie de personnes atteintes de cancer,
voire avec des rémissions spontanées. (190)

Tous reconnaissent l'importance de la pratique de techniques de modification de l'état de


conscience éventuellement associée à l'expression des émotions négatives et l'intériorisation
d'émotions positives. Par ailleurs, de l’avis général, le phénomène de groupe participe à
l'amélioration de l'état psychologique et somatique de ces personnes.

Au travers d’une vingtaine de livres et de centaines d’articles apparaissent des techniques de santé
similaires. En voici la synthèse :

1. Tenez un journal de bord.


*D'un côté de votre journal, exprimez toutes vos peines, vos chagrins, vos difficultés, vos
souffrances. Évitez de vous lancer dans un exercice de style. Écrivez de façon pulsionnelle, quitte à
y répéter 25 fois le même mot, la même phrase. Expulsez hors de vous toutes les émotions
négatives. En fonction de ce qui vous paraît préférable, gardez ou détruisez ce que vous avez écrit.

*De l'autre, racontez vos espoirs, vos progrès, si minimes soient-ils. Développez quels sont vos
besoins, vos envies et vos désirs. Déterminez un objectif qui vous tient à coeur et que vous pensez
réalisable. Créer des stratégies efficaces pour parvenir à le réaliser. Choisissez celle qui vous
convient le mieux. Corrélez par la suite les succès obtenus avec les exercices réalisés. Notez tout
cela.

2. Envisagez chaque situation problématique comme un défi.


Maintenez le cap sur l'espoir. Vous pouvez modifier votre façon de voir les choses et agir sur les
difficultés auxquelles vous êtes confronté.
Développez une attitude et des croyances qui vous font du bien, renforcent votre confiance en vous
et votre vitalité. Représentez-vous mentalement triompher des obstacles et réaliser les objectifs qui
vous tiennent à cœur.

3. Écoutez vos besoins, vos envies et vos désirs.


Dans la mesure du possible, donnez-vous les moyens de les satisfaire et faites-vous plaisir.
Trouvez chaque jour quelque chose de satisfaisant à réaliser.
Faites-vous des cadeaux et profitez de la vie au maximum de la façon la plus agréable pour vous.
Soyez à l’écoute de vous-même et en accord avec vos convictions dans vos actes.
Prenez votre vie en main.

4. Profitez de votre temps.


Consacrez-vous le plus de temps possible. Investissez-vous dans ce qui vous apporte énergie et
plaisir. Faites-vous du bien.
Documentez-vous. Lisez les ouvrages sur les questions qui vous intéressent et mettez en pratique
les conseils et les techniques qui y sont recommandés.
Consacrez-vous à votre développement personnel et à votre santé. Allez à l’essentiel.

5. Créez.
Réalisez-vous à travers des activités de création, quelles qu'elles soient ; dès lors qu’elles vous
apportent une satisfaction. Découvrez de nouveaux moyens d’expression et de communication :
dessin, aquarelle, peinture, modelage, sculpture, couture, cuisine, informatique, poésie, écriture,
musique, danse, théâtre, photo, vidéo, etc.
Laissez-vous surprendre par votre créativité.

6. Réalisez-vous.
Définissez des objectifs que vous souhaitez réaliser, par rapport à vos difficultés, votre travail, vos
loisirs, vos relations.
Effectuez des choix prioritaires pour ce qui vous semble bon, juste et utile pour vous. Développez
vos propres stratégies pour vous réaliser et explorer vos potentialités.

7. Développez des activités de groupe.


Créez un réseau de support social grâce à votre famille, vos amis, vos relations.
Participez aux activités de groupe qui vous sont accessibles. Valorisez vos compétences à travers la
vie associative et ce que vous pouvez réaliser autour de vous.
En aidant les autres, vous pourrez redonner un sens nouveau à votre vie. Affirmez votre envie de
vivre et de profiter de la vie.

8. Faites de l'exercice.
Investissez-vous avec régularité selon vos goûts et vos possibilités dans les activités physiques qui
vous procurent des satisfactions. Un exercice physique régulier augmente les défenses de
l’immunité.
Tout comme le fait de rire. Exercez aussi votre capacité à rire et à faire rire.

9. Profitez d’une alimentation saine et équilibrée.


En fonction de vos envies, déterminez ce qui vous ferait du bien. Évitez l'alcool, les excitants, le
tabac et autres drogues.
Privilégiez les produits frais et les fibres. Découvrez les vertus des aliments et des plantes. Puisez
dans les ressources de la nutrition.

10. Accordez-vous un temps de récupération suffisant.


Lorsque vous ressentez une baisse d'énergie, profitez en pour vous reposer quelques minutes et
régénérer votre énergie en vous relaxant.
Chaque jour, dormez un nombre d'heures suffisant. Avant de rêver pensez que vous réalisez vos
désirs les plus chers.
11. Investissez-vous dans la pratique de techniques de gestion du stress. Cultivez vos ressources
spirituelles.
En fonction de ce qui vous correspond, explorez et développez des techniques psycho-corporelles
et spirituelles de votre choix : Prière, Méditation, Respiration, Yoga, Taï-Chi, Chi-Cong, Gestion du
stress, Sophrologie, Relaxation, etc.

Pratiquez régulièrement les techniques choisies. Intégrez-les à votre vie et profitez-en.

1°) Développez tout ce qui peut vous apporter de l’espoir, de la joie et l’envie de combattre
activement la maladie. Investissez-vous dans la pratique des techniques de santé.

27. LE GROUPE ET LA SANTE

“ L’intégration de l’individu dans le tissu social est cruciale pour sa bonne santé et son bien-être
mental ” É. Durkheim.

Cultivez vos relations familiales et amicales. Rencontrez vos proches régulièrement à l’occasion de
moments de détente et de loisirs. Développez aussi des activités de groupe avec d’autres
personnes dans les contextes qui vous intéressent.

Dans les années soixante, des chercheurs ont identifié la ville des États-Unis où était enregistré le
plus faible taux de mortalité de maladies cardio-vasculaires.

Les habitants de cette petite ville issue de l’immigration italienne, Roseto, en Pennsylvanie,
connaissaient trois fois moins de décès par crise cardiaque chez les hommes et près de quatre fois
moins chez les femmes, comparativement à la moyenne nationale. De plus, la mortalité par
d’autres pathologies comme les ulcères et l’hypertension y était très peu développée.

En s’y rendant, les médecins s’imaginèrent une parfaite hygiène de vie de ses habitants : une
alimentation saine et équilibrée, peu de consommation de tabac et d’alcool... Leur surprise fut
grande lorsqu’ils découvrirent qu’à ces niveaux rien ne différenciait ces personnes des autres sur le
territoire. Ils mangeaient, buvaient et fumaient plus que de raison ; avaient autant de cholestérol,
d’hypertension et de diabète que les autres.

La seule différence mise en évidence était la qualité du lien social. Les relations familiales, très
unies, s’établissaient sur la solidarité. Les personnes âgées étaient appréciées et considérées avec
respect.

“ Cette qualité de cohésion s’étendait aux voisins et à la communauté dans son ensemble. ” (191)

Pour le Dr Denis Jaffe qui relate cette étude : “ La perte de contact intime et significatif avec sa
communauté, avec l’amour et l’affection des autres, avec un sentiment de cohésion intérieure, la
perte de tout sens donné à la vie engendrent la maladie. Celle-ci est l’excroissance d’une crise
sociale, spirituelle, existentielle. ” (192)

D’où l’importance, dans la mesure du possible, de privilégier les contacts sociaux, les activités
groupales, etc. pour profiter d’une meilleure santé.

Comme l'observe le docteur Badoux, chercheur au CNRS, "de bonnes relations sociales permettent
à l'individu de mieux s'adapter aux événements stressants de la vie et (...) d'en diminuer l'impact
nocif." (193)
Elle estime que le support social joue "un rôle important pour la santé, son maintien ou son
rétablissement." (194)

Au travers de nombreuses études épidémiologiques, envisageant les pathologies et leur morbidité


sur de grands échantillons de population, il apparaît que les célibataires ont un taux de mortalité,
toutes causes confondues, bien plus élevé que les couples.

Dans le même ordre d’idées, de nombreuses recherches montrent une appréciable corrélation entre
une survie plus importante et un réseau psychosocial fort, c’est-à-dire un groupe de personnes
proches sur lesquelles il est possible de compter en cas de difficulté.

Ainsi, des chercheurs observent sur une population de 4775 adultes un risque de mortalité deux
fois plus important chez les sujets à faible réseau social. (195)

Une autre étude montre, sur une population de 2754 sujets, que le réseau social déficitaire
correspond à une mortalité 1 fois et demie à 2 fois plus élevée chez les femmes et 2 à 3 fois plus
élevée chez les hommes. (196)

Ces résultats sont confirmés par de nombreuses recherches ultérieures.

Rubberman (1984) observe, sur un échantillon de 2320 personnes ayant connu un infarctus, que
l’isolement social augmente le taux de récidive fatale dans les trois années consécutives à la
première attaque.

Bucher (1994) confirme ces résultats en envisageant une cohorte de 11675 primo-infarctés.

Ce n’est probablement pas un hasard si dans les civilisations premières le châtiment suprême
n’était pas l’exécution mais le bannissement. Véritable enfermement dans le reste du monde, en
dehors des liens sociaux de la collectivité, le criminel était condamné à l’exclusion de sa tribu
nourricière et devenait privé de tout contact avec les autres, privé de toute utilité.

Les travaux du Docteur Badoux étayent cet argument : “ Les personnes isolées révèlent “ un degré
élevé de psychopathologie, particulièrement de dépression avec idées suicidaires, une sensibilité
exacerbée aux stress et un mal-être généralisé. ” (197)

Glass et Maddox (1992) étudient quant à eux les personnes ayant connu des attaques cérébrales.
Ils observent que ceux qui bénéficient d’un support social élevé améliorent leur statut fonctionnel
d’une façon spectaculaire, malgré un pronostic pessimiste des médecins.

Ces chercheurs estiment que le rôle du soutien émotionnel apporté par l’entourage peut s’avérer
déterminant pour réinstaurer une meilleure estime de soi.

La confiance communiquée à la personne malade accélère alors sa récupération ainsi que sa


réhabilitation.

Dans le cas du cancer également, la qualité du soutien social favorise une meilleure adaptation au
stress et en diminue l’impact nocif. (198) Un meilleur soutien familial perçu est associé à une
augmentation significative de l’espérance de vie. (199)

Il en va de même pour le sida. Le social agit décidément sur la biologie. Un réseau de soutien social
fort est corrélé avec de hauts niveaux de lymphocytes T4, ce qui augmente l’espérance de vie.
(200)

Dans un ouvrage collectif, réalisé par les Prs Bruchon-Schweitzer et Dantzer, “ Introduction à la
psychologie de la santé ”, Nicole Rascle estime “ qu’il convient de distinguer le réseau social
(nombre d’amis et de relations), le soutien reçu (comportements effectifs de soutien) et le soutien
perçu (disponibilité, satisfaction). ” (201)

Toutefois, au travers de ces différents vecteurs d’analyse, il lui apparaît que le facteur protecteur
privilégié est le soutien reçu " de type émotionnel qui semble être le plus bénéfique pour les
individus ” (202)

Au travers d’une épreuve, quelle qu’elle soit, le soutien de l’entourage proche est déterminant. Ce
que Winnicott a appelé “ holding ”, littéralement le fait de prendre dans ses bras, permet à chacun
de se sentir soutenu et de percevoir ses émotions contenues dans la relation. Il est alors possible
de retrouver progressivement bien-être et confiance.

C’est peut-être le point de jonction psychophysiologique dans la relation entre support social et
santé. La relation d’aide apporte un soutien émotionnel, une possibilité de partager le poids de ses
difficultés.

Verbalisée et contenue par l’empathie de l’autre, l’émotion perturbatrice créée par le stress perd de
son intensité et s’estompe. Ainsi le soutien social agit comme un moyen de gérer son stress et
améliore l’état de santé.

1°) Sur votre journal de bord, décrivez les qualités des personnes que vous connaissez ou que
vous aimeriez rencontrer.

2°) Imaginez les activités que vous pourrez réaliser, en fonction de vos goûts et des leurs (dîners,
promenades, sorties culturelles, activités sportives ou de loisirs...).

Notez ce que vous pourriez leur proposer. Contactez-les pour organiser des rencontres.

3°) De même, contactez les associations proches de votre domicile et renseignez-vous sur leur
programme d’activités.

Choisissez ce qui vous intéresse et vous motive et inscrivez-vous dans ce qui vous paraît le plus
adapté à vos envies.

4°) Développez également des activités de bénévolat dans les structures d’aide aux personnes en
difficulté que vous auriez à cœur d’aider à votre tour.

Créez de nouveaux objectifs à votre existence, en lien avec d’autres personnes, et réalisez-les.

Dans la continuité de ce facteur essentiel, qu’est le soutien émotionnel, l'attitude psychologique


joue également un rôle qui semble déterminant.

28. LE LIEU DE CONTROLE INTERNE

A chaque instant nous créons notre réalité psychophysiologique à partir de nos croyances.

« L’homme est ce qu’il croit. » Anton Tchekov

Responsabilisez-vous. Mobilisez votre détermination à réussir. Développez des croyances


bénéfiques à votre état de santé et votre adaptation.

L’attitude psychologique repose sur un ensemble de systèmes de croyances. Face à l’apparition


d’un symptôme où d’une maladie, il est possible de réagir de différentes manières allant de :
- “ je l’ai cherché en menant ce mode de vie. Bon, il faut que je me ressaisisse et que je développe
une meilleure hygiène de vie ! ”

à : - “ je n’ai pas mérité cela, je n’y suis pour rien et je ne peux rien y faire ! ”

Rotter (1966) a baptisé ces types de croyance “ lieux de contrôle ” (locus of control).

Il distingue deux lieux de contrôle : interne et externe.

Le premier est défini comme "une croyance généralisée de l'individu dans le fait que le cours des
événements et leur devenir dépend (...) de son comportement."

À l’inverse, un lieu de contrôle externe est la croyance que tout ce qui arrive à l'individu dépend du
destin, du hasard, de la chance ou d'autrui.

Pour Kosaba (1982), il s’agit d’un trait stable de la personnalité, tout comme l’engagement et le
défi qui constituent ensemble la solidité de la personnalité (hardiness). Un lieu de contrôle interne,
une attitude d’engagement et de défi favorise un type de personnalité qualifié “ d’endurant ”, c’est-
à-dire capable de faire face positivement aux problèmes du quotidien.

Les facteurs de stress sont perçus comme autant d’occasions de se dépasser, de mûrir et d’acquérir
de nouveaux apprentissages permettant de contrôler les situations problématiques.

Ainsi de nombreuses recherches montrent le lien existant entre le lieu de contrôle externe, l'anxiété
et la dépression.

« Tous s’accordent à reconnaître le rôle protecteur du lieu de contrôle interne » (203), permettant
de mettre en place des stratégies adaptées de lutte contre l’anxiété et la dépression notamment.

Logique ! Se répéter inlassablement : “ je ne peux rien à tout ce qui m’arrive... ” a de quoi


angoisser et déprimer.

Confirmation pour les personnes séropositives ayant un niveau initial bas de lymphocytes T4,
l’endurance est corrélée avec une absence de passage au stade symptomatique du sida.

À l’inverse, la détresse émotionnelle est corrélée avec la sévérité des symptômes physiques. (204)

Dans d’autres recherches, le lieu de contrôle interne diminue significativement les perturbations
psychologiques du stress alors que le lieu de contrôle externe les augmente. (205)

En fait, le lieu de contrôle interne permet de percevoir une situation comme contrôlable (206) et
donc d’avoir davantage de chances d’exercer un réel contrôle sur elle.

Cette croyance s'avère donc particulièrement efficace pour développer des stratégies d’ajustement
et d’adaptation aux problèmes (coping) permettant de contrôler des situations stressantes.

Hislop (1987) observe une augmentation significative de la durée de vie de femmes atteintes de
cancer du sein socialement active et ayant un lieu de contrôle interne. Ces résultats sont confirmés
par d’autres chercheurs. (207)

Une distinction s’impose : la responsabilité de soi et de ses actes constitue une attitude très
différente de la culpabilité. Se sentir coupable c’est s’accuser dans ses faiblesses, notamment par
rapport aux erreurs du passé, ce qui conduit à une dépréciation et une dévalorisation de soi-même.
Dans le cas du sida, cette attitude développe l’anxiété, la dépression et une humeur négative.
(208)

Être responsable, c’est accepter l’épreuve à laquelle on est confronté. C’est assumer ses choix de
vie et tendre vers l’avenir en fonction de ses objectifs et de ses priorités ; c’est explorer ses
ressources personnelles et agir pour sa santé.

1°) Développez votre responsabilité par rapport à ce vous pouvez faire pour vous au quotidien.

2°) Faites la liste de : toutes les croyances qui nuisent à votre état de santé.
toutes celles qui favorisent votre état de santé.

3°) Sur les bases de la méthode Coué, focalisez-vous sur des croyances bénéfiques à votre
adaptation. Concentrez-vous sur des formulations positives tournées vers l’avenir :

- “ Je peux profiter avec plaisir et mesure d’une alimentation saine et équilibrée et en tirer tous les
bienfaits. ”

- “ Dans les moments difficiles, le simple fait de respirer profondément renforce mon énergie
vitale. ”

- “ Lors de chaque relaxation, je renforce mon système immunitaire et mon équilibre intérieur. ”

- “ Chaque jour je m’autorise davantage à profiter avec intensité de tous les bons moments de la
vie. ”

- “ Au plus profond de moi, je sais que je peux réussir ce que j’entreprends. ”

4°) Remplacez tout ce qui nuit à votre santé par tout ce qui vous est bénéfique.

Développez votre lieu de contrôle interne, votre engagement dans l’existence par rapport à des
objectifs qui vous tiennent à cœur et votre attitude de défi.

29. LE COPING

“ Les maladies planent constamment au-dessus de nos têtes, leurs graines portées par le vent,
mais elles ne s’installent pas si le terrain n’est pas prêt à les recevoir. ” Claude Bernard.

Faites face aux situations problématiques. Acceptez de relever le défi. Développez votre
combativité et faites-vous confiance. Donnez le meilleur de vous-même afin de trouver la meilleure
solution.

La notion de lieu de contrôle a donné naissance au concept de "coping" dont Lazarus et Folkman
(1984) donnent la définition suivante : il s'agit de "l'ensemble des efforts cognitifs et
comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui
menacent ou dépassent les ressources de l'individu." (209)

En d'autres termes "on parle de coping pour désigner la façon de s'ajuster aux situations difficiles.
Ce terme implique, d'une part, l'existence d'un problème réel ou imaginé, et d'autre part, la mise
en place d'une réponse pour faire face à cet événement stressant." (210)

Dans leur ouvrage sur le stress et le coping, deux chercheurs français, Isabelle Paulhan et Marc
Bourgeois, effectuent un passionnant état des recherches sur ce thème. (211)
Ils observent notamment, dans le cas d’interventions chirurgicales, "que les sujets qui utilisent une
stratégie de coping active (recherche d'informations sur le déroulement de l'opération, de ses
conséquences, participation lors des traitements) sont significativement moins anxieux et
présentent moins de complications postopératoires que les sujets qui utilisent une stratégie de
coping passif (attitude résignée et fataliste, inhibition)." (212)

De la même façon, des attitudes spécifiques de coping modulent un certain nombre de paramètres
immunitaires et endocriniens.

Contrada et ses collaborateurs (1990) observent que l’attitude d’évitement diminue les taux
d’adrénaline et de cellules NK. À l’inverse une attitude d’affrontement permet d’observer le résultat
contraire.

Henri Laborit (1979) a décidément eu une juste intuition en estimant que la possibilité de contrôler
un événement détermine le type de modification des processus physiologiques.

L’annonce d’un diagnostic d’un cancer ou d’un sida est parfois vécue comme un séisme qui semble
avoir détruit définitivement tout espoir et toute vie. Cependant, après le choc, la nouvelle peut
constituer une viscérale et urgente nécessité de se réaliser pleinement, de vivre avec intensité tous
les meilleurs moments offerts par l’existence. Tout dépend de sa capacité à faire face à la situation.

L’un des objectifs des psychothérapies est d’accepter l’épreuve que l’on traverse et d’élaborer des
stratégies de réinvestissement dans la vie.

Dans le cas de ces deux pathologies, toutes les études montrent les effets bénéfiques d’une aide
psychosociale sur la détresse émotionnelle.

Carole Bidan réalise, pour l’Agence Nationale de Recherches sur le Sida (ANRS 1995), une
complète revue de la littérature.

Elle observe en synthèse que pour les personnes concernées par cette maladie, une thérapie
cognitivo-comportementale réduit significativement l’anxiété et la dépression. (213)

Aider les personnes, au moment de l’annonce de la séropositivité, leur permet de maintenir leur
humeur intacte et d’augmenter le nombre de cellules T4 et NK. (214)

D’ailleurs, le simple fait d’engager ces personnes dans des exercices d’aérobic diminue l’état de
dépression et augmente le nombre de T4. (215)

Un accompagnement psychosocial s’avère d’autant plus important quand on sait qu’un coping
passif augmente les perturbations de l’humeur (216), les mauvais ajustements émotionnels (217)
pouvant conduire à une détresse émotionnelle (218) ou psychologique. (219) Une vigueur plus
faible est constatée (220) ainsi qu’une mauvaise estime de soi (221). Des symptômes dépressifs
peuvent apparaître.

De plus, ce coping passif est associé à une diminution du nombre total de lymphocytes (222), du
nombre de cellules T4 à court (223) et long terme (224). Les attitudes de déni et de répression
émotionnelle sont de puissants prédicteurs d’un passage plus rapide au stade symptomatique.
(225)

Pour J. Holland (1990), l’une des spécialistes internationales de la psycho-oncologie, les personnes
qui apprennent à utiliser des stratégies de coping direct et confrontatif ont moins de détresse
émotionnelle que celles qui utilisent des stratégies d’évitement et de déni.

De fait, des stratégies de coping actif sont associées avec un meilleur ajustement émotionnel
(226), une amélioration de l’humeur (227), une meilleure estime de soi et une diminution de la
dépression. (228)

Dans une étude portant sur des personnes séropositives, toutes les attitudes que nous avons
passées en revue sont en interaction : un solide optimisme à l’égard de la maladie est lié à un
contrôle perçu élevé ainsi qu’à un coping actif. (229)

Naturellement, un coping actif mobilise les défenses de l’immunité. Il augmente la cytotoxicité -


l’efficacité - des cellules NK. (230) Ce coping (231), tout comme le fait d’avoir un esprit combatif
(232), prédit moins de symptômes sur une période de 6 mois.

La combativité s’avère par ailleurs un puissant prédicteur de l’évolution de l’infection et notamment


du maintien du stade asymptomatique (233).

En d’autres termes, combattre la maladie permet de profiter d’une meilleure santé.

Dans le domaine du cancer, Bruchon-Schweitzer (1998) estime que « Le fait de renforcer les
stratégies de coping protectrices (et d’atténuer les stratégies nocives) améliore l’état émotionnel et
la qualité de vie des patients et a un impact significatif sur l’évolution favorable de la maladie, ceci
d’après de nombreuses études. » (234)

Ces résultats témoignent une fois de plus de l'impact de l'attitude psychologique sur certaines
dimensions de la physiologie. Un coping actif s’assimile au fait de développer sa combativité pour
trouver les meilleures solutions et rester positif en toute circonstance.

1°) Faites la liste de tout ce qui vous permet de développer votre combativité et votre capacité à
faire face, de façon active et positive, à l’épreuve que vous traversez.

2°) Numérotez par ordre d’importance les stratégies de coping actif qui vous sont les plus utiles.

3°) Concentrez-vous sur ces stratégies. Rêvez-les et mettez-les à exécution.

30. LES EFFETS D’EMOTIONS POSITIVES ET NEGATIVES SUR L'IMMUNITE

La majorité des recherches internationales menées sur ce thème révèlent que la stimulation
d’émotions positives renforce le bien-être, l’immunité et l’espérance de vie. Triste constat : la
France continue à feindre d’ignorer l’évidence, refuse de réaliser des recherches sur ce thème et
prive les personnes malades de l’aide indispensable dont elles ont besoin.

“ Le chaînon manquant entre le singe et l’homme... c’est nous ! ” Konrad Lorentz

Stimulez en vous toute la gamme d’émotions positives. Focalisez-vous sur l’espoir, la joie, le
partage et la solidarité. Bref sur tout ce qui peut renforcer votre énergie vitale.

Malgré tous les résultats de ces recherches que nous avons passées en revue, il est à déplorer
qu'aucune recherche sur ce thème n'ait pu être conduite en France jusqu'à ce jour. Voici quelques
éléments d’explication autobiographique.

Cet ouvrage est le fruit de sept années de réflexions et de recherches réalisées dans le cadre de
mon Doctorat de psychologie clinique. L'étude que je projetais alors d'effectuer portait sur les effets
de la pratique de l'auto-hypnose sur la qualité de vie et l’espérance de vie de femmes atteintes de
cancer du sein métastasé.
En 1989, je rencontrai le Docteur Léon Chertok, qui était l'un des plus éminents spécialistes de
l'hypnose en France. Après un entretien passionnant, il m'accorda la possibilité de photocopier à
son domicile l'ensemble des documents dont j'avais besoin pour réaliser un projet de DEA (235) sur
ce thème. Je découvris grâce à lui, que plus de trente années de recherche expérimentale réalisée
aux États-Unis ont montré l'efficacité de cette pratique pour soulager les nombreuses difficultés
psychologiques et physiologiques liées au cancer et à ses traitements.

Étonnamment, en France ces études restaient méconnues. Après en avoir effectué la synthèse,
j'entrepris de contacter les spécialistes de la cancérologie afin d'élaborer ensemble la première
recherche scientifique française portant sur ce thème. En l'espace d'un an, je rencontrai plus d'une
centaine de spécialistes travaillant dans cette voie. Il s'agissait de cancérologues, de psychologues,
de psychanalystes, de statisticiens, d'épidémiologistes dont certains étaient investis dans la
recherche à l'INSERM ou au CNRS.

Force est de constater que l'accueil qui me fut réservé était emprunt de scepticisme sinon de
méfiance à l'égard de mon projet. Quelques spécialistes furent toutefois très intéressés et
m'apportèrent une aide appréciable me permettant d'avancer dans l'élaboration de mon travail.
Une dizaine de cancérologues acceptèrent de participer à l'étude.

Les choses se gâtèrent lorsque mon directeur de thèse, par souci de rigueur scientifique,
m'enjoignit de rencontrer les psychologues travaillant dans leur service afin de leur proposer de
comparer nos résultats. Ceux-ci, issus le plus souvent de formations psychanalytiques, jugèrent le
projet incompatible avec leurs interventions.

Une collègue tout-à-fait intéressée par mon projet m’apprit une nouvelle qui me plongea dans la
consternation. L'une des plus « éminentes » psychologues spécialisées dans la cancérologie en
France, alla jusqu'à téléphoner à l'ensemble des psychologues et des cancérologues que j'avais
rencontrés afin de leur déconseiller vivement d'entreprendre une recherche “ aussi dangereuse ”
qui risquait de les couvrir d’opprobre et de discrédit. Ainsi, de nombreuses portes qui m'avaient été
ouvertes se sont refermées presque aussitôt sans la moindre explication. Inutile de dire que je fus
bouleversé par ce revirement.

Je réfléchis longuement à une solution. C'est à ce moment que j'eus le privilège de rencontrer le
directeur d'un laboratoire d'analyses biologiques particulièrement novateur : André Burkel. Il me
donna un nouvel espoir de mener ma recherche à bien. Il me proposa d'effectuer gracieusement
des analyses approfondies aux différents moments de l'intervention.

Chaque analyse, (dont le coût réel s'élevait à 1000 francs), permettrait de mettre en évidence
l'influence de la pratique de ces techniques sur la biologie. Compte tenu du fait qu'aucune
subvention ne m'était accordée pour réaliser ce projet, le cadeau qu’il me fit était inespéré. Il me
proposa de réaliser un millier d'analyses, ce qui revenait à m'offrir un million de francs de
subvention.

Je repris donc mon bâton de pèlerin et rencontrai à nouveau de nombreux cancérologues afin de
les inviter à participer à cette nouvelle recherche intitulée : les effets de la pratique de l'auto-
hypnose sur la qualité de vie, la biologie et la durée de survie de patientes atteintes de cancer du
sein métastasé.

A cette époque fut élaborée en France une nouvelle réglementation de la recherche biomédicale.
Les comités d'éthique chargés de statuer sur les recherches biologiques furent remplacés par des
comités de protection de la personne pour la recherche biomédicale (CCPPRB). Le rôle de ces
comités est d'examiner la faisabilité des projets qui leur sont présentés en fonction de paramètres
éthiques et scientifiques. A l'issue de l'examen du dossier, le comité donne un avis favorable ou
défavorable permettant ou non de réaliser la recherche. Ces comités garantissant la protection de
la personne sont bien sûr indispensables à la recherche. Il est toutefois curieux de constater qu'un
projet accepté par l'un d'eux peut être refusé par un autre et qu'aucune réglementation d'ensemble
ne garantisse le chercheur de voir son projet aboutir ou être refusé unanimement.

Compte tenu du caractère biomédical de mon nouveau projet, je dus évidement le soumettre à l'un
de ces comités. Un médecin de l'un des hôpitaux auquel j'avais présenté mon projet m'a
chaleureusement encouragé à le soumettre au sein du C.C.P.P.R.B. auquel il participe.

Problème : je ne pouvais pas être l’investigateur de cette recherche. Seuls les médecins y ont droit.
Aussi proposai-je à mon ami le Docteur Charles Jousselin, médecin généraliste et par ailleurs
hypnothérapeute et secrétaire de l’Institut Milton H. Erickson de Paris de remplir cet office ; ce qu’il
accepta, enthousiasmé. Le jour fatidique arriva.

Lors de mon passage avec Charles devant le comité nous apprîmes avec stupeur que la recherche
était confrontée, entre autres, à un problème de faisabilité : le service du cancérologue qui m’avait
invité avait décidé de s'exclure de l'étude. Bien sûr, je n’en avais pas été informé au préalable.

Un avis défavorable a été attribué à mon projet.


Je compris un peu tard que ma présence dans un service de cancérologie se posait hélas trop
souvent en terme de rivalité. La phrase prononcée par le médecin qui m’invita dans son comité
restera gravée dans mon esprit :

" Vous comprenez, nous autres cancérologues, nous avons un peu comme une relation de couple
avec nos patientes, alors forcément, la présence d'un tiers..."

Ayant récolté les fruits de cette expérience, je décidai avec beaucoup de regret d’abandonner ce
projet si fortement investi. Le deuil de cette aide que j’avais à cœur d’apporter fut long et difficile.
Je pensai à ces trois cents personnes qui mourraient de cancers chaque jour dans notre beau pays.
Un sentiment d’injustice mêlé de dégoût m’étreignait.

Dans la colère, je jurais de ne plus jamais donner l’illusion de m’immiscer dans cette relation
thérapeutique, il est vrai privilégiée, qui unit le cancérologue à sa patiente. Après sept ans de
recherche, je dus renoncer à apporter mon aide aux personnes atteintes de cancer et à en évaluer
les bienfaits de façon rigoureuse.

Je souhaite de tout cœur que cette réaction de rivalité ne constitue pas une loi implicite établie
dans tous les services et qu'une équipe médicale se donnera les moyens de réaliser un travail sur
ce sujet avec un psychothérapeute.

Hélas, depuis cette triste aventure, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui ont tenté, sans
succès, de réaliser ce type de recherche. Un psychiatre et un psychanalyste, tous deux formés aux
méthodes de visualisation de Carl Simonton. Un docteur en biologie et en psychologie formé à
l’hypnothérapie. Un médecin homéopathe. Un autre docteur en psychologie clinique. Tous ont vu
s’opposer à la réalisation de leur projet des résistances infranchissables de la part du corps
médical. Tous ont été déboutés. Et jusqu’à ce jour, aucune recherche de ce type n’a pu être
réalisée en France.

Afin de pouvoir entreprendre ces recherches en France, il semble primordial de créer des comités
spécifiques de protection de la personne pour la recherche psychologique et biomédicale.

En attendant, j'ai élaboré la seule recherche expérimentale que je puisse réaliser à ce jour en
France sans qu'un C.C.P.P.R.B. ne puisse m'interdire de la mener à bien : un protocole à cas
unique portant sur 1 seul sujet, en l'occurrence moi-même.

Dans quelle mesure les émotions positives ou négatives, suggérées dans un état de conscience
modifié, peuvent-elles moduler le nombre de cellules NK ?
Quelle est la rapidité de ces modifications ?
En fonction de l'histoire de l'individu, elle peut donner naissance à des scénarios diamétralement
opposés : "je suis fichu", "je vais m'en tirer." Cette prophétie sera bien sûr modulée par la relation
nouée avec le système de croyance alimenté par les autosuggestions.

Or, l'autosuggestion de souvenirs douloureux, associée à des émotions négatives, peut entraîner un
état dépressif important dont les répercussions peuvent exercer un effet significatif sur les cellules
NK, comme nous allons le voir.

PRESENTATION DE L'ETUDE :
Protocole à cas unique (single case design) réalisé sur l'expérimentateur.
Des autosuggestions positives ou négatives furent enregistrées par l’expérimentateur dans le cadre
de la création d'un état de conscience modifié de type relaxation approfondie.
Deux enregistrements spécifiques de trente minutes ont été écoutés :
Premier jour (J1) = autosuggestions négatives, écouté à 8h00, 12h00 et 23h00.
Second jour (J2) = autosuggestions positives, écouté à 8h00, 12h00 et 23h00.
Les autosuggestions négatives reposaient sur les souffrances endurées et sur l'absence totale
d'espoir de réussir quoique ce soit d'intéressant dans l'existence.
Les autosuggestions positives consistaient à retrouver de très bons souvenirs, des moments
privilégiés de joie, de bonheur et d'espoir et à en projeter l'émotion dans un avenir proche.
La constance des facteurs : Sommeil, alimentation et exercices physiques a été surveillée pendant
toute la durée de ce protocole.
Je tiens à remercier André Burckel dont le laboratoire a réalisé les analyses biologiques
approfondies dans le cadre de cette étude.

Chronologie du protocole :

J1 T1 : (8h00) Prélèvement sanguin témoin.


Début des autosuggestions négatives.
J1 T2 : (13h00) Prélèvement sanguin. Après 5h00 de suggestions négatives.
J2 T1 : (8h00) Prélèvement sanguin. Après 24h00 de suggestions négatives.
Début des autosuggestions positives.
J2 T2 : (13h00) Prélèvement sanguin. Après 5h00 de suggestions positives.
J3 T1 : (8h00) Prélèvement sanguin. Après 24h00 de suggestions positives.

RESULTATS
Les effets d'autosuggestions négatives et positives sur les cellules NK.

Témoin Suggestions négatives Suggestions positives

J1 T1 J1 T2 J2 T1 J2 T2 J3 T1

NK 141 182 69 101 123

Ces résultats sont exprimés en pourcentage de NK par référence


à la population normale pour laquelle la moyenne est de 100.

Comment interpréter ces résultats ?

Comme l'indiquent ces résultats, le niveau initial de 141 est de 41 % au-dessus de la moyenne de
la population normale.

À ce titre, deux hypothèses concurrentes peuvent être émises :


Certains chercheurs ont constaté qu'à un stress aigu, c’est-à-dire momentané, correspond parfois
une augmentation de certaines défenses immunitaires. Aussi est-il possible de penser que le stress
de cette expérimentation a pu jouer ce rôle, augmentant de façon ponctuelle le niveau de cellules
NK.

Une autre hypothèse est toutefois envisageable :


Compte tenu de ma pratique régulière de ces techniques depuis de nombreuses années, j'ai pu
constater qu'il m'était possible d'exercer un certain contrôle sur les infections ORL auxquelles j'étais
abonné avant de connaître les pratiques de relaxation.

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai collectionné otites, rhumes, bronchites, grippes ou autres
sinusites à raison de 2 à 3 manifestations par an. Il est possible que la pratique régulière de cette
technique ait eu pour effet d'augmenter de façon importante le niveau naturel de mes cellules NK.

En effet, depuis ma formation à l’hypnothérapie en 91, je mets quotidiennement en pratique


l'enseignement de Milton Erickson. J’ai pu constater bien des fois que mes rechutes étaient
directement liées au fait de vivre des émotions négatives liées aux : Déceptions, ruptures,
tristesse, absence de projets existentiels, sentiments de lassitude de la vie... Immergé dans cet
état d’esprit, c’est un peu comme si le processus de santé se retrouvait immobilisé dans le temps.
Gelé par le glacial hiver de la séparation. Privé de l’étincelle de vie, de l’indispensable espoir. Un
peu comme recroquevillé sur soi en position de survie.

Dans ces conditions, l’énergie vitale du processus de santé s’endigue. Le bien-être, le sens de
l’humour et la capacité d’aimer s’éteignent au fur et à mesure. Un obscur sentiment de fragilité et
de malaise étreint la conscience. Focalisé sur l’objet de leur perte, les pensées n’alimentent plus
l’organisme qu’en émotions négatives. Le système immunitaire déprime. Les défenses se
paralysent. Et les premiers signes apparaissent avant les premiers symptômes.

J’espère de tout cœur que ces quelques autres exercices vous seront utiles. Ce dont je suis sûr
c’est que vous n’aurez de résultat que si vous mettez en pratique les techniques de santé et toutes
celles que vous pourrez inventer et qui vous correspondent mieux.

1°) Pour éviter la glissade incontrôlée dans le syndrome, prenez la ferme décision de dire non à la
maladie. Dès les premiers signes que vous adresse votre corps. Interrogez-vous.

En état de fragilité je ressens souvent la nécessité de respirer profondément. Je contracte mes


muscles et me concentre sur la circulation de l’énergie vitale du corps. Et je me force à réinvestir
de nouveaux projets de vie. L’analyse me l’a appris : Face à mes difficultés existentielles, je suis le
seul à pouvoir y trouver remède. Personne ne le fera à ma place.

2°) Pour vous aider vous pouvez sortir simplement de chez vous pour marcher et faire le point de
la situation. Sortir de votre contexte.

L’exercice physique s’associe souvent avec une dé focalisation du problème. Tout en augmentant
les défenses de votre immunité, il pourra vous permettre de prendre de la distance. Revenir aux
sensations de votre corps en mouvement pour mieux vous distancier de votre problème. Pour
accepter la réalité de la situation. La reconnaître et y introduire un processus de changement
conforme à votre éthique et vos objectifs de réalisation.

Confronté à la perte d’un être cher, sachant que vous n’y pouvez rien changer, la seule solution
réside dans le fait d’accepter de faire le deuil ; vivre avec l’absence de l’autre. Lorsque la relaxation
ne suffit plus, la prière est toujours salvatrice.

J’ai perdu mon père alors que j’étais engagé dans cette passionnante formation à la
psychothérapie éricksonienne réalisé par le Docteur Jean Godin. C’est là que j’ai fait la
connaissance d’une femme remarquable, Marianne Gluge. Psychologue, depuis longtemps formée à
l’art de l’hypnothérapie, elle fut le bras droit du Docteur Chertok et s’intéressait à l’approche de
Milton Erickson.

J’appris à Marianne le décès de mon père juste avant un exercice de relaxation portant sur la
métaphore. Avec une grande délicatesse et une subtile intelligence du cœur, elle me dit sa
compassion pour moi quant à l’épreuve que je traversais.

Lors de cet exercice de quelques minutes, elle me proposa d’imaginer le chemin de l’hôpital que
j’allais emprunter en moto pour voir une dernière fois mon père. De concentrer mon attention sur
la route et de prendre tout mon temps pour rouler en toute sécurité. A l’arrêt aux feux rouges, de
prêter attention aux nuages qui passent dans le ciel, ces merveilleux nuages toujours en
mouvement. D’imaginer leur voyage, la traversée de continents entiers et d’océans. D’imaginer le
spectacle de la planète qui tourne tranquillement au-dessous d’eux tout au long des saisons... De
prendre conscience de ma capacité de circuler dans Paris de façon fluide. Aux arrêts de contempler
les chefs d’œuvre d’architecture, laissé par d’illustres créateurs et qui embellissent les rues de la
capitale. De regarder la nature. Les denses feuillages des arbres qui dansent dans le vent. De
ressentir la vie éclore partout autour de moi. De m’immerger dans les émotions positives de vitalité
que m’inspire la nature en éternelle évolution.

En l’espace de quelques secondes, je laissai mon corps se détendre et mon esprit s’absorber dans
ces mots qui devenaient pensées, puis souvenirs par associations d’idées. Des films défilaient sur
l’écran de mes souvenirs en écho à chaque phrase.

En fait, je recontactai une perception agréable de la réalité du monde extérieur en me focalisant


sur sa beauté, sa paisible harmonie. Je réapprenais à m’extasier devant la prodigieuse complexité
de la vie tout en ressentant des émotions simples : la joie de m’absorber dans l’espace, le ciel et
les nuages, le bourgeonnement des plantes qui s’éveille à la sortie de l’hiver, l’éclosion des fleurs,
la croissance d’un feuillage porté par un chêne vigoureux. Je pensai à l’impermanence des choses,
au mouvement perpétuel de la vie. A ce que je désirais faire du laps de temps si court qui m’était
offert dans cette existence. Ce que j’avais à cœur de réaliser.

Sur le chemin de l’hôpital tout cela me revenait en mémoire. Cette simple séance fut un de ces
moments précieux que l’on n'oublie pas. Où l’on se sent accompagné, guidé, serein, confiant. Des
nuages passaient dans le ciel et entraînaient mes pensées vers des prières pour mon père. Les
arbres étendaient leurs ramures pour capter de toutes leurs forces les rayons de soleil. J’acceptai
l’idée de ne plus le revoir vivant. Par contre les bons moments que nous avions partagés revenaient
plus lumineux à mon esprit. Je le remerciais mentalement de me les avoir offerts et me sentais
heureux de les avoir vécus.

Cette courte séance me permit de faciliter l’indispensable travail de deuil. C’est là que je compris à
quel point les ressources de l’inconscient sont présentes et fortes en chaque être. Mais surtout, ce
qui m’est apparu indispensable c’est de me relancer dans ma vie et d’agir.

Je le découvris par la suite, l’écriture, le développement de projets personnels et professionnels, la


pratique de la relaxation approfondie et de la pensée positive constituent les moyens de faire face
aux difficultés de vie et d’agir pour sa santé.

3°) Rédigez toutes les conséquences négatives de la maladie puis tous les bienfaits de l’état de
santé. Mettez-les dans une balance imaginaire et demandez-vous pourquoi il faudrait vraiment que
vous tombiez malade.

4°) Faites le point de votre situation par rapport :


- à vous-même
- aux autres
- au monde extérieur...
Dans la recherche que j'expérimentai, après cinq heures de suggestions négatives, les cellules NK
atteignent un pic important de 182.

Nous l'avons vu précédemment, cette augmentation peut être le produit d'un stress aigu lié à un
épisode dépressif d'environ 5 heures. En situation de choc émotionnel, les défenses se mobilisent.
L’organisme utilise toutes ses armes pour contrer l’agression. Le problème c’est lorsque toutes ces
agressions viennent de l’intérieur, de son propre état d’esprit, de ses propres pensées en réaction
avec les événements.

5°) Les exercices précédents peuvent être réalisés dès que vous êtes soumis à une situation de
stress. Intervenez aux premiers signes. Soyez vigilant par rapport à ce que vous ressentez.
Lorsque vous avez un différend avec une personne de votre entourage, verbalisez ce que vous
vivez. Quand une personne vous manque de respect, métacommuniquez : dites-lui ce que vous
ressentez par rapport à ce qu’elle vient de dire.

Exprimez vos émotions en adéquation avec vos objectifs. Avec nuance et mesure.
Une communication n’est vraiment réussie que lorsque le récepteur du message a compris ce que
l’émetteur veut lui communiquer.

Lorsqu’il s’agit d’une situation indépendante de qui que ce soit (deuil, divorce,licenciement...)
écrivez, faites le point et réalisez le travail d’acceptation qui vous est nécessaire.

Parlez-en à des proches pour recueillir leur sentiment et pour vous délivrer de la souffrance
endurée.

Après vingt-quatre heures d'autosuggestions négatives, lorsque le stress de la dépression


programmée tend à devenir chronique, le pourcentage de ces cellules immunitaires diminue
d'environ un tiers et atteint son niveau le plus bas situé à 69.

Il équivaut alors à presque la moitié du pourcentage de référence. Le nombre et l’activité de ces


cellules étant, je le rappelle, liés au développement tumoral ainsi qu’à l’espérance de vie, il est
important d’agir rapidement.

6°) Lorsque vous percevez en vous le sentiment d’être au bout du rouleau, de ne plus pouvoir rien
faire pour sortir de votre difficulté, faites-vous aider. Déterminez juste ce dont vous avez besoin ou
envie : Prière, méditation, relaxation , création, dynamique corporelle, massage...
Allez-y et profitez de ce moment pour réintégrer l’énergie qui vous manque.
Laissez-vous aller à vous régénérer entre de bonnes mains.

Tout comme dans les études passées en revue, les autosuggestions positives doublent presque en
24 heures le nombre de cellules NK. Elles permettent à l'organisme de recouvrer un taux
sensiblement identique à celui du prélèvement contrôle.

Bien évidemment, ces résultats ne constituent qu'un fait et ne sauraient en aucun cas tenir lieu de
preuve scientifique, l'étude n'ayant été conduite que sur un seul sujet.

De plus, il est visiblement indispensable d’éviter de réaliser des études sur les suggestions
négatives en raison de la diminution inquiétante de ces cellules vitales.

Cependant, cette expérimentation corrobore les résultats des précédentes et montre la rapidité
avec laquelle certaines fonctions du système immunitaire peuvent être modifiées pour une
personne entraînée. D’où l’importance d’une pratique quotidienne soutenue.

7°) Immergez-vous régulièrement dans des émotions positives bénéfiques pour la santé.
Par tous les moyens bons, justes et utiles pour vous, explorez ce dont vous avez le plus besoin.
Goûtez à tout ce qui vous fait envie. Investissez-vous dans tous les moments précieux de
l’existence.

Carpe diem. Cueillez le jour. Profitez intensément des meilleurs moments qu’offre l’existence.

Développez votre conscience de la responsabilité que vous avez à l’égard de votre bien-être,
précieux allié de votre état de santé.

________________________________________

(235) Diplôme d'Études Approfondies.

31. LES EFFETS DE LA PREPARATION PSYCHOLOGIQUE A L’INTERVENTION CHIRURGICALE

Une préparation psychologique appropriée à l’intervention chirurgicale, tout en améliorant la


qualité de vie, diminue le risque de complications ainsi que la durée d’hospitalisation. Il est donc
urgent d’intégrer à l’hôpital une démarche humaine d’accompagnement psychologique.

Face à une intervention chirurgicale, préparez-vous psychologiquement à l’aborder. Vous pouvez


bien sûr vous faire aider par un psychologue formé à la relaxation, l’hypnothérapie, etc. Toutefois,
il vous est également possible de vous représenter par vous-même la prouesse que votre
organisme va accomplir. Imaginez simplement, en toute confiance, que tout se passera pour le
mieux. Représentez-vous en train de récupérer dans les meilleures conditions et rapidement après
l’intervention.

Léon Chertok, a préparé psychologiquement une femme à l’extraction de cinq dents. Lors de
l’intervention, réalisée sous anesthésie hypnotique, le chirurgien dentiste a constaté une
hémorragie. Inquiet, il se tourna vers Chertok et l’invita à utiliser l’hypnose pour l’arrêter. Chertok
lui dit sa perplexité face à la situation. Le médecin insista. L’hypnothérapeute s’approcha alors de la
dame et lui dit à l’oreille : “ Madame, ne saignez plus ! ”

A la surprise générale, l’hémorragie s’interrompit instantanément.

Inutile de préciser que cette femme était une virtuose de l’hypnose. Là encore les ressources de
l’inconscient apparaissent d’une extraordinaire puissance. Dans ce cas précis, elles illustrent le fait
que nous avons décidément beaucoup à apprendre.

L’auto-hypnose a permis à Victor Raush, un chirurgien-dentiste canadien, de se faire opérer


uniquement sous anesthésie auto-hypnotique de la vésicule biliaire. Grâce à sa pratique assidue, il
a réussi à créer une analgésie des plus efficaces et n'a ressenti aucune douleur pendant et après
l'intervention chirurgicale. Cette dernière s'est déroulée dans des conditions optimales et Victor
s'est rétabli deux fois plus vite que la moyenne des patients qui subissent cette intervention.

Ces observations ne sont pas des cas de figure uniques. En effet, dans le cadre de recherches
expérimentales portant sur les interventions chirurgicales, l'apport de ces techniques permet de
constater l'amélioration de la qualité de vie (diminution de la douleur et de l'anxiété notamment).

Une récente recherche expérimentale montre le fait qu'une préparation psychologique appropriée
à l'intervention chirurgicale permet d'augmenter la qualité de vie tout en diminuant de façon
significative la durée d'hospitalisation, la prescription postopératoire d'antalgiques et la période
d'incapacité professionnelle. (236)

Elle corrobore ainsi les recherches randomisées précédentes. (237)


Ces études montrent une diminution significative de la durée de l'hospitalisation de deux jours en
moyenne, par référence aux groupes témoins. (238)

En formant le personnel soignant à ces techniques, il serait possible de réaliser dans les années à
venir des économies plus que substantielles.

Celles-ci permettraient d'être réinvesties dans la prise en charge psychologique appropriée de nos
concitoyens, champions internationaux de la consommation de psychotropes et d’antidépresseurs.

Comme le stress et la dépression sont fréquemment liés à un ensemble de troubles somatiques, les
économies de santé seraient alors très appréciables et chiffrables à moyen terme en milliards
d'euros.

Ces calculs ont sucité l’intérêt des plus grands groupes financiers ainsi que du ministère de la
santé de Grande-Bretagne.

« General Motors, Mc Donnel Douglas ou IBM (...) Ces compagnies paient à leurs salariés des
formations à la méditation transcendentale pour leur apprendre à se dé-stresser. Mais aussi en
guise de médecine préventive, pour diminuer les risques de maladies cardio-vasculaires. Pratiquée
par un million de personnes aux Etats-Unis, largement répandue au Japon, remboursée par la
sécurité sociale en Grande-Bretagne (...), cette méthode de relaxation (...) permettrait en quinze
minutes quotidiennes d’atteindre une détente profonde bénéfique pour le moral et, à en croire des
études scientifiques, pour la santé. (239)

Pour la petite histoire, j’ai écrit aux directeurs des hôpitaux de Paris et de la région parisienne en
leur offrant mes services pour évaluer les effets de l’aide psychologique sur l’intervention
chirurgicale. La majeure partie d’entre eux ne m’ont pas répondu. Je tentais alors de les appeler
sans plus de succès.

Finalement un directeur accepta de me parler. Il me dit sans ambages que cette proposition allait à
l’encontre de l’intérêt de l’hôpital. En effet, les financements sont accordés d’une année sur l’autre
en fonction des dépenses réalisées. Faire gagner de l’argent à l’hôpital revient donc à diminuer son
budget de l’année suivante. De même, les plus hautes instances auxquelles je m’adressai sont
restées insensibles à ces arguments. A croire que les énarques et les politiciens ont un certain
intérêt à ce que la situation de la Sécurité Sociale se dégrade ! Question d’argent et de pouvoir,
probablement...

J’espère que les responsables qui liront cet ouvrage prendront la mesure de l’importance de la
gestion du stress et notamment de la préparation à l’intervention chirurgicale.

Il est urgent que le personnel soignant soit formé à ces techniques essentielles.

Parallèlement aux soins médicaux, il est indispensable que l’hôpital devienne aussi un lieu où
développer ses ressources personnelles et agir pour sa santé.

1°) Préparez-vous psychologiquement à aborder votre intervention. Si cela contribue à vous


rassurer, demandez à votre chirurgien de préciser la façon dont elle se déroule.

2°) Écrivez toutes vos appréhensions, vos inquiétudes sur des feuilles volantes. Déchirez-les
ensuite en petits morceaux.

3°) Offrez-vous plusieurs séances de relaxation. Un professionnel, médecin ou psychologue pourra


éventuellement vous y aider. Représentez-vous le succès complet de l’intervention.

Imaginez que vous vous ressentez à votre réveil, profondément soulagé et guéri.
4°) Visualisez le plaisir de redécouvrir votre autonomie. Focalisez-vous sur vos progrès et votre
capacité nouvelle de vous investir dans votre existence.

Pendant toute la période de récupération réalisez 3 ou 4 fois par jour des exercices de relaxation
dans lesquels vous pouvez évoquer vos meilleurs souvenirs mais aussi tous les projets
passionnants dans lesquels vous pouvez vous investir.

32. L'ALIMENTATION ET L’EXERCICE PHYSIQUE

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es. » Brillat-Savarin.

L'alimentation et l’exercice physique participent à garantir une bonne hygiène de vie favorable à
l’état de santé.

« Que l’aliment soit le premier médicament » Hippocrate.

Développez les conditions de votre santé grâce à une hygiène de vie de qualité. Accordez-vous le
temps nécessaire à la préparation et à la dégustation de repas équilibrés ainsi qu’à des activités
physiques ou sportives qui vous plaisent et vous correspondent.

Ce que nous absorbons constitue la base de notre état de santé. Les carences ou les excès de notre
alimentation se répercutent directement sur notre physiologie.

Une alimentation équilibrée est modérée en lipides (graisses animales et végétales), mesurée en
glucides (sucres, pâtes, riz, pommes de terre) ainsi qu’en protéines (viandes, poissons) et riche en
fibres (céréales, fruits et légumes).

Sa diversité favorise l’équilibre naturel de l’organisme et lui fournit les éléments dont il a besoin
pour préserver l’état de santé lors des différentes phases de la vie (croissance, âge adulte,
troisième âge).

De nombreux nutritionnistes préconisent de consommer des produits issus de l’agriculture


biologique, cultivés sans l’usage de pesticides et autres engrais chimiques. Ces aliments sont plus
sains et plus riches en vitamines notamment.

Il est conseillé de suivre les rythmes des saisons et de manger, de préférence, des produits frais
correspondant à leur période de production.

Une richesse nutritionnelle excessive alliée à un manque d’exercice physique augmente le risque de
mortalité par maladies cardio-vasculaires et par cancers.

Ces constats remontent au début du siècle et indiquent que le cancer a plus de chances de se
développer dans des populations “ aisées et indolentes ” plutôt que chez les “ pauvres et
surmenés ”. (240)

Siversten (1921) réalise une étude sur 86 000 personnes. Il montre que le taux de mortalité par
cancers est le plus important pour les personnes ayant une activité professionnelle nécessitant le
moins d’effort musculaire.

Ce chercheur réalise en 1938 une étude édifiante portant sur une race de souris sujettes au cancer.
Celles qui ont une alimentation non contrôlée et peu d’exercice physique ont un taux de cancer de
88%. À l’inverse, celles qui sont soumises à un régime alimentaire “ basses calories ” et à de
l’exercice physique ont un taux de cancer de 16 %.
Une autre étude confirme ces résultats et montre que l’exercice permet de diminuer la croissance
tumorale. (241)

D’ailleurs, le simple fait d’injecter à des souris un tissu musculaire soumis à une activité physique
importante permet de diminuer la croissance tumorale et parfois de voir disparaître la tumeur.
(242)

Les habitudes alimentaires de certaines populations s’avèrent riches d’enseignements. Ainsi, les
adventistes du 7e jour ne consomment pas de tabac et très peu de café, de thé, de poisson et de
viande. « Or, une enquête réalisée entre 1958 et 1965 a montré que le taux de morbidité
cancéreuse était inférieur à 40 % à celui des autres habitants de Californie. » (243)

Les nutritionnistes savent qu’un régime pauvre en lipides contribue à l’amélioration de bon nombre
de maladies et notamment du diabète.

« Avec un régime composé d’aliments naturels et ne contenant que 11 % de graisse (contre 40 %


dans la population dite « normale »), le docteur Singh a pu libérer de l’insuline, en six semaines, 50
patients sur un groupe de 80 au départ.

Une autre étude publiée dans le fameux journal scientifique «The Lancet », en Angleterre, a
montré qu’avec une alimentation pauvre en graisse, l’insuline que le corps produit normalement
redevient active chez les diabétiques qui peuvent ainsi retrouver une santé normale en quelques
semaines. » (244)

Le jeûne, réalisé sous surveillance médicale, est aussi un allié thérapeutique puissant pour
retrouver l’état de santé.

« Avant on considérait le jeûne comme une chirurgie sans scalpel. Grâce à sa capacité d’auto-
régulation, l’organisme sait exactement ce qu’il doit éliminer au poids de surcharge. Ensuite, il
stocke là où il a besoin ; on obtient donc effectivement une perte de poids et une normalisation de
la tension artérielle, de la circulation cardiaque mais aussi une régulation de l’équilibre végétatif. Le
jeûne a aussi une signification plus profonde car il rend le sujet plus sensible et cette sensibilité lui
donne accès à son âme, à sa vie. » (245)

Selon Erika Fehse, réalisatrice d’une remarquable enquête pour son reportage sur « L’art de
guérir » diffusé sur Arte : « Les arthritiques pourraient modifier leur taux sanguins et calmer la
douleur grâce au jeûne et au régime végétarien. »

De même, un collectif de chercheurs internationaux estime qu’une alimentation macrobiotique


peut, associée aux traitements médicaux, faire régresser des pathologies comme le cancer ou la
sclérose en plaques. (246)

Dans les pays industrialisés où l’obésité est en constante progression, il semble urgent d’introduire
une éducation à la santé mettant en lumière le rôle d’une alimentation saine, équilibrée et d’un
exercice physique régulier.

1°) Privilégiez les aliments frais, les fibres et les légumes. Évitez l’alcool, le café et autres excitants.
Eliminez aussi le tabac de votre vie. Documentez-vous sur la nutrition et la diététique. Vous y
trouverez les moyens de renforcer votre état de santé, tout en vous faisant plaisir.

2°) Pour en savoir plus, vous pouvez lire les instructifs ouvrages du docteur Kousmine : "Soyez
bien dans votre assiette jusqu'à 80 ans et plus" édité par Sand et "Sauvez votre corps" édité par
Robert Laffont. (244)
3°) Réalisez chaque jour plusieurs fois des exercices physiques qui vous sont appropriés et
agréables.

Vous pourrez ainsi profiter d’une plus grande source d’énergie au quotidien et d’un sommeil de
meilleure qualité.

33. L'attitude positive, l'immunité et l’espérance de vie

“ A l’intérieur de l’esprit humain, de son psychisme, il y a une puissance capable d’exercer des
forces qui peuvent, soit faciliter, soit empêcher l’évolution de la maladie ” E. P. Pendergrass
(1961). Président de la Société Américaine de Cancérologie. (247)

“ La maladie est une occasion d’accéder à un meilleur développement émotionnel, une maturité
affective et un épanouissement personnel. ” Carl Rogers

Grâce à une attitude résolument positive, créez-vous de nouveaux objectifs existentiels. Élaborez
de solides raisons de vivre. Profitez de tous les bons moments de l’existence.

Une enquête réalisée par Norman Cousins à l'université de Californie de Los Angeles montre
l’importance d’une attitude résolument positive sur la santé.

Pas moins de 649 cancérologues y répondent à partir de leur expérience professionnelle. Leurs
conclusions se fondent sur le traitement de plus de 100 000 personnes atteintes de cancer.

"Plus de 90 % des médecins affirment attacher la plus grande importance à l'espoir et à


l'optimisme.

Presque tous étaient d'accord pour admettre qu'une forte volonté de vivre, la confiance dans son
médecin et le soutien émotionnel procuré par la famille et les amis créaient une atmosphère
favorable à la guérison." (248)

Une autre étude réalisée par le docteur Benson porte sur sept semaines de formation aux
techniques de relaxation et de visualisation proposées à des personnes atteintes de cancer.

Il signale une nette amélioration de la qualité de vie, notamment une augmentation de la vigueur
et de l'esprit combatif. Conjointement à ces résultats s'observe une diminution du désespoir, de la
tension, de l'anxiété et de la somatisation ainsi que des effets secondaires de la chimiothérapie.

Les résultats préliminaires indiquent également le maintien de ces acquis et une augmentation de
la durée de la survie. (249)

L'étude réalisée par le docteur Solomon sur les personnes atteintes de sida montre que les
attitudes positives, la force morale, l'attention à ses propres besoins et le fait de jouer un rôle actif
dans l'entretien de sa santé correspond à une augmentation compensatoire de certaines catégories
de cellules immunitaires.

Inversement, le désarroi émotionnel est accompagné par la chute de certains indices de l'immunité.
Ce même chercheur a également suivi des personnes atteintes de sida ayant survécu beaucoup
plus longtemps à la maladie que les médecins ne le prévoyaient. Il constate à nouveau que les
attitudes positives et la capacité d'adaptation stimulent de façon compensatoire la perte des
cellules T4. (250)

Une autre étude passionnante relatée par Green et col. de la Clinique Menninger, porte sur 400 cas
de rémissions spontanées de cancer.
Le seul point commun concernant ces personnes est "qu'ils avaient tous modifié leur comportement
(et leur manière de penser NDA) avant que ne survienne la rémission. Chacun s'était montré
courageux, positif et plein d'espoir." (251)

Une attitude positive s’avère être un puissant moyen de rester en bonne santé mais aussi de
contrecarrer la maladie. Aussi, il est indispensable de développer en soi tout ce qui peut favoriser la
rencontre et le partage, l’amour, le plaisir, l’espoir et la joie, etc.

1°) Identifiez vos attitudes négatives par rapport à ce qui vous touche et ce qui vous semble le plus
important dans votre existence. Envisagez votre relation avec vous-même, les autres et le monde
extérieur.

2°) Le plus souvent, les attitudes négatives sont liées à une haine « ordinaire » contre telle ou
telle situation vécue. Expulsez sur votre journal toute l’agressivité et toutes les frustrations que
vous avez connues. Laissez sortir hors de vous tout ce qui est synonyme de souffrance. Dénouez
les noeuds de colère, de tristesse et de frustrations.

3°) Explorez de l’autre côté de votre journal, la façon dont vous pouvez améliorer ces situations,
ne serait-ce qu’à minima. Développez des stratégies pour y parvenir. Attachez-vous à développer
ce que vous aimez plutôt que ce que vous n’aimez pas. Focalisez-vous sur ce qui vous fait du bien.

C’est précisément ce type d’attitude positive qu’a développé un vieil ami dont voici l’histoire.

34. ALAIN. UN EXEMPLE DE REMISSION SPONTANEE DE SIDA

“Quelles que soient les galères que l’on vive, des choses magiques en naissent. ” Alain.

Développez votre détermination à vous réaliser.

Je connais Alain depuis une vingtaine d'années. Au fil du temps, il est devenu un ami et un guide
dans le domaine qui me passionne. Son histoire en dit long sur son caractère peu commun. Meurtri
par un climat familial pénible, alors qu’il vient d’avoir vingt-deux ans, Alain pense de plus en plus
au suicide. Cette pensée tenace ne se sépare plus de lui.

Un seul espoir le maintient en vie : il veut découvrir le monde par ses propres moyens. Sur un coup
de tête, il saisit quelques cartes, prépare un balluchon d'affaires, enfourche son vélo et quitte son
village natal de Haute Savoie. Armé de sa ténacité et de son courage, il avance sur le chemin de
l'aventure de sa vie.

Il parcourt les montagnes, avec un objectif fou et sublime qu'il ne pourra réaliser que grâce à une
extraordinaire détermination. Le col du Simplon qui surplombe l'Italie est la proie d'une tempête de
neige. La progression devient éreintante, prélude à une dangereuse descente sur les routes
verglacées. L'Italie accueille Alain frigorifié, trempé et exténué. Les quelques mille francs qu'il
emporte pour son voyage y seront dépensés en hôtel et en nourriture.

Chaque jour, il pédale au moins cinq heures. Des habitants l’accueillent, lui offrent l'hospitalité, un
quignon de pain, un fruit. Certains prennent le temps de faire sa connaissance, l'hébergent
plusieurs jours, reculant le moment de son départ.

Mais toujours, Alain reprend son chemin, affronte la solitude et la faim. Il dort dans sa petite tente
et se nourrit la plupart du temps de pain, de fruits et de sucre. Ce régime alimentaire allié aux
efforts du cycliste l’amaigrissent considérablement, l'endurcissent aussi dans sa volonté de réussir.
La carence nutritionnelle et cet exercice quotidien font apparaître des plaies sur son corps. Des
plaies qui ne cicatrisent pas.
La mer Adriatique paraît. Avec elle les poissons qu'Alain pêche et qui rajoutent un élément
essentiel à son ordinaire. Sa santé s'améliore. Il longe le bord de mer, traverse la Yougoslavie
jusqu'à Dubrovnik en se nourrissant du produit de sa pêche. À l'époque, le camping sauvage était
fortement déconseillé en Yougoslavie.

Les montagnes du Monténégro l'attendent, préludes à de sombres moments. Dans les premiers
villages, les enfants lui jettent des pierres. Personne ne souhaite qu'il s'y attarde. On le chasse de
partout. Le doute et le découragement l'assaillent mais il concentre son énergie sur son objectif et
poursuit sa route, inlassablement.

La Macédoine, enfin, lui réserve un meilleur accueil. On lui offre des melons, des pastèques, une
grange pour passer la nuit. Un grand-père, croisé à la frontière grecque, l’invite chez son petit-fils.
Il s'y lie d’amitié éphémère et son chemin se poursuit jusqu'à Thessalonique, poussé par un vent
bienveillant. Un vieil homme lui offre l'hospitalité. Celui-ci ne parle ni français, ni anglais mais un
contact d'une rare qualité s'instaure et donne naissance à une grande amitié spontanée. La route
pourtant est longue encore et avec elle l'hiver qui s'achemine. La mort dans l'âme, Alain affronte la
montagne et les intempéries, toujours plus seul dans la tempête.

Les épreuves endurées donnent plus de force encore à l'énergie qui le pousse en avant. La
traversée de la Turquie est épuisante et il parvient à Istanbul complètement carencé. Les produits
de sa pêche l'aideront à survivre grâce au troc contre d'autres aliments. En quelques occasions, le
matériel de peinture qu'il a emporté lui permet de réaliser la devanture d'un magasin, en échange
d'un peu d'argent ou de nourriture.

Près du Bosphore, il se lie d'une amitié intense, s'initie à la culture turque, puis repart encore.
Meilleurs sont les moments et plus les séparations deviennent douloureuses. Malgré tout, Alain
avance, presque désemparé parfois, à la découverte du destin qui l'attend sur son chemin. Parfois,
les pires insultes incompréhensibles se mêlent aux jets de pierres qui le blessent. Proche du
renoncement, meurtri, carencé par trop peu de nourriture et d'amour, Alain dépérit, souvent songe
avec doute à ce projet fou qui risque de lui coûter la vie. Il se demande pourquoi il n'est pas resté
en France, à mener une vie confortable avec un emploi ordinaire, un appartement, des amis
fidèles.

Son périple doit pourtant se poursuivre. Il le veut, de toutes ses forces. Au milieu des steppes, des
villages iraniens se montrent hospitaliers, curieux de le connaître, d'échanger. D'autres s'avèrent
agressifs et dangereux et il croise la mort au détour de plus d'une rue. Sa flûte en osier est saisie
par un colosse insultant. Elle vole en éclats entre ses mains, sur son genou. Le village fait cercle
autour de la victime, l'empêchant de s'échapper. Le colosse le défie en combat singulier. Plongeant
au pied de la foule, Alain parvient in extremis à s’enfuir sur son vélo.

Chaque souffrance physique mais aussi psychologique se grave en lui comme chaque moment
d'espoir ou d'amitié. Les premières l'affaiblissent, lui donnent envie de baisser les bras, de tout
abandonner, les seconds ressuscitent en lui le désir de vivre et de partager. De poursuivre sa route
toujours plus loin. Découvrir de nouveaux paysages et de nouveaux visages, de l'aube au
crépuscule.

A Téhéran c'est un nouvel hiver. La révolution fait rage. Les balles sifflent. Des rafales de
mitraillettes ponctuent de trop longs silences. De ces silences percés par les pleurs. A l'ambassade
de France où vient se réfugier un opposant, les balles déchirent les vitres et s'écrasent sur le mur.
Il ne fait pas bon s'attarder en ce pays troublé.

Un choix s'impose alors pour accéder enfin à l'objectif si convoité. Deux possibilités : traverser
l’Afghanistan où règne une tension qui va se métamorphoser en invasion soviétique. Ou passer par
le Pakistan dans lequel la situation politique, religieuse et ethnique est explosive. Alain opte pour le
Pakistan bien que le sachant secoué par la violence. Dans ce pays blessé, on tente de l'agresser, le
voler, le violer. A chaque fois, il esquive, se dérobe, avec le minimum de violence comme un sage
guerrier.

Il poursuit son voyage, tenace, accroché à son rêve qui apparaît au loin. L'Inde qu'il convoitait se
dresse devant lui au terme d'un périple de trois ans. Il retrouve ce pays qui l'a fasciné lors de deux
précédents voyages. Son pari est gagné lorsqu'il arrive en vélo à New Delhi. Vous l'aurez compris,
Alain est une personne peu ordinaire. Sa détermination est à l'image de son exploit et c'est à mon
sens cette essentielle qualité qui lui a permis de vaincre toutes les autres difficultés qui ont semé
son destin à venir.

De retour à Paris en 1990, à l’âge de trente-trois ans, après avoir voyagé et profité de la vie,
parfois avec excès, toujours avec intensité, Alain vit tout un ensemble de symptômes inquiétants
s'abattre sur son corps en hordes barbares et incontrôlées, jour après jour plus terribles.

Il souffrit d'étourdissements, de vertiges dont les paroxysmes lui faisaient perdre connaissance. En
quelques semaines, il perdit l'appétit et un poids important ; vit sa peau se couvrir de rougeurs
puis de plaques purulentes dont la démangeaison insupportable lui arrachait des cris de douleurs.
Son cœur battait parfois la chamade, sa tension augmentait ou baissait sans raison. A cela
s'ajoutaient des troubles intestinaux sévères, des douleurs diverses et inexpliquées ainsi qu'une
forte fièvre.

Certains jours une faiblesse extrême le maintenait alité, d'autres nuits le sommeil se refusait à lui.
Les examens médicaux qu'il réalisa montrèrent qu'il était atteint d’hépatite C et de sida à un stade
déjà fort avancé.

Le virus d'immunodéficience humaine (VIH) s'installe au coeur des défenses immunitaires dans
certains globules blancs ; précisément dans le lymphocyte T4, où il se reproduit puis extermine son
hôte. Ainsi dans la phase de sida que connaissait Alain, cette population était passée de 1000 à 214
au mm3. Il fut aussitôt hospitalisé et son médecin utilisa les traitements les plus incisifs pour
remédier à son mal.

Malgré ces tentatives, de nouveaux symptômes apparaissaient chaque jour. Sa santé se détériora
progressivement. Alain m'apprit son diagnostic quelques mois après. La conviction qu'il avait de
mourir très prochainement lui donnait une certaine sérénité. Autour de lui beaucoup d'amis étaient
morts depuis longtemps et il s'acheminait presque tranquillement, comme résolu, sur le chemin de
son dernier voyage.

Lorsqu'il me dépeignit cette perspective, je lui offris une séance d'hypnose afin de le soulager de
ses souffrances. Il déclina poliment mon offre. Il voulait s'en sortir seul, comme toujours. Son état
continuait d'empirer. J’insistais. "On verra plus tard" me dit-il. Il se laissait ronger impuissant par
son mal.

Toutefois, au mois de juin 92, alors au seuil de la mort, comprenant que la médecine était tout
aussi impuissante que lui, il finit par accepter ma proposition. Nous parlâmes longuement de la
cohorte impressionnante de symptômes qu'il endurait chaque jour. Il me dit son désir de baisser
les bras et de s'éteindre rapidement sans trop de souffrance. Il me parla de sa mauvaise relation
avec son médecin qui le considérait comme un numéro, un cobaye sans âme tout juste bon à tester
tel médicament ou tel autre traitement. Aucun ne s'était montré efficace et il sentait que le
spécialiste n'avait plus aucun espoir, qu'il se détournait de lui.

Je lui recommandai vivement d'en changer et lui dit à quel point une bonne relation avec le
soignant est déterminante. Je lui parlai aussi de la recherche sur l'hypnose et le cancer, de l'espoir
quelle suscitait et qui pouvait se transformer en rémissions spontanées.

Son visage s'éclaira d'une lueur d’intérêt. Je passai en revue les personnes condamnées par les
médecins mais dont la façon de considérer la maladie et la vie s'était soudain modifiée et avait
entraîné une guérison inexplicable. Oscillant entre le scepticisme et la curiosité, Alain accepta de
faire l'apprentissage de l'auto-hypnose. J’enregistrais la séance comme à mon habitude et nous
partîmes ensemble dans un voyage au cœur des ressources de son inconscient.

A notre retour, Alain me dit avec un sourire à quel point cette technique était proche des séances
de méditation qu'il pratiquait régulièrement à une époque lointaine. Il se sentait étrangement
mieux, bien détendu et comme rasséréné d'avoir retrouvé des souvenirs oubliés de son enfance ;
notamment le plaisir enfantin de jouer et de s'amuser des petits riens de l'existence.

J'invitai Alain à pratiquer régulièrement cette technique ; à chercher dans sa mémoire les souvenirs
heureux de sa vie, s'emplir des émotions positives qu'ils contenaient.

Nous nous retrouvâmes une semaine après pour une deuxième séance. Alain se sentait beaucoup
mieux. Son visage s'était éclairé d'une vitalité nouvelle. Il m'apprit qu'il avait congédié son médecin
avec un immense plaisir. Il avait également arrêté tous ses traitements. J’insistais sur la nécessité
de trouver un nouveau médecin et de poursuivre ses traitements de façon à utiliser toutes les
chances qui lui étaient offertes d'améliorer sa situation. Alain, sans me le promettre, me dit qu'il y
réfléchirait. Il évoqua ses séances qui lui faisaient le plus grand bien.

Un souvenir en particulier s'est avéré précieux. Lors de l'un de ses voyages dans la jungle indienne,
au détour d'un chemin, il découvre un magnifique temple hindouiste en ruine que la végétation
luxuriante avait presque entièrement dévoré. La splendeur de l'architecture et des monumentaux
bas-reliefs est rehaussée par l'étonnante vivacité de la nature qui s'agrippe et s'unit au bâtiment
dans une profonde étreinte. Une étreinte qui évoque l’enlacement intime de la vie avec la mort, la
mort avec la vie ; unis, inséparables et complémentaires, dans la spirale de l'évolution. Il s'assied
sur une pierre et contemple la progression de la végétation que rien ne semble pouvoir arrêter.
Devant ce spectacle étonnant, Alain connaît un moment de bonheur extraordinaire, une expérience
mystique. Il se sent lui aussi uni au monde, au temps et à l'espace par un indestructible lien,
comme si chaque particule de son être fraternisait avec celles de l'univers tout entier ; il réalise
qu'il ne fait qu'un avec le cosmos et que toute cette vie bouillonnante lui donne naissance chaque
jour pour qu'il y participe. Chaque chose est à sa place dans l'équilibre de l'existence. Comme
touché par une grâce divine, il connaît un état proche de l'extase, un plaisir infini à se sentir vivant,
vibrant de la même énergie que ce qui l'entoure.

Ce magnifique souvenir, si riche en perspectives, constitua la base de notre seconde séance


d'hypnose. Alain en ressortit transformé et empli de la même énergie vitale que celle qu'il avait
vécue alors. Il se sentait remarquablement bien, fort, déterminé et dynamique. Il était à nouveau
en harmonie avec lui-même et avec le monde, oxygéné par une énergie de vie indestructible. Alain
disparut alors pendant de longs mois. Inquiet, je tentai de le contacter, ce qui s'avérait difficile car
il refusait d'avoir le téléphone.

Au mois d'octobre, j'eus la surprise de recevoir de ses nouvelles. Alain se battait armé de sa seule
détermination contre sa maladie. Il refusait les traitements malgré toutes mes recommandations.
Par contre, il pratiquait l'auto-hypnose environ deux heures chaque jour, et observait qu'après ses
séances certains de ses symptômes finissaient par céder et même parfois disparaître tout à fait.
Alain effectuait ses exercices avec régularité et discipline.

Lors d'exercices de visualisation, des images s'étaient imposées à lui. Il s'imaginait comme un
grand chêne, prenait conscience de la sève qui coulait en lui dans la moindre feuille, dans la plus
petite radicelle. Cette sève représentait tout à la fois un élément nutritif, vital pour le grand arbre
et un poison destructeur pour tout ce qui était étranger à son être et sa santé.

Un an après le début de ses séances, Alain avait réussi à contrôler l’occurrence des symptômes.
Sans aucun traitement médical, ses T4 était remontés à 738. Ses malaises divers commençaient à
s'estomper. En fait, par le biais d'une vigilance nouvelle, il repérait ce qui pouvait devenir pour lui
une frustration et s'en détournait. Les situations problématiques et tout ce qui ne lui paraissait pas
juste constituaient l'occasion d'apprendre à vivre différemment. Alain apprenait à respecter ses
besoins, ses envies et ses désirs. Sa qualité de vie s'améliora de jour en jour.

Alain commençait à s'occuper et à prendre soin de lui. Il élabora des projets d'avenir ; d'abord à
court et moyen terme. De petites satisfactions qui enrichissaient son existence. Il se faisait des
cadeaux, profitait avec intensité de tous les bons moments de la vie.

Deux ans après nos séances, il profitait d'une bonne santé et son immunité ne faisait que croître.
Cependant, lorsqu'il n'était pas en accord avec lui-même, lorsque sa route se détournait de ses
objectifs, un symptôme se profilait invariablement. A chaque fois différent du précédent, un indice,
un signal d'alarme lui faisait comprendre qu'il ne respectait pas ce qui lui était essentiel. Alors, il
réfléchissait à la situation.

Que s'était-il passé ? Quelles émotions l'avaient assailli ? Quel vieux souvenir le hantait ?

Après s'être interrogé sur ce qu'il avait vécu, Alain prenait la décision qu'il jugeait profitable à son
équilibre. Il s’aperçut que la localisation de ses troubles physiologiques avait toujours une
correspondance avec son état psychologique. Des troubles pulmonaires se manifestaient lorsqu'il
manquait d'air, d'espace, d'évasion. Des problèmes cutanés quand une difficulté le touchait de
près, quand il était en conflit avec une partie de lui-même et qu’il se sentait mal dans sa peau. La
fatigue s’immisçait lors d'une phase de désinvestissement de sa vie...

Comme un éternel voyageur, à chaque embûche, Alain faisait le point, calculait sa trajectoire et
prenait un sentier détourné en direction de son objectif. Après trois années de ce travail quotidien,
les nombres de T4 avaient encore augmenté et se situaient dans les proportions d'une personne
normale. Le stade de sida avancé avait cédé la place à un état des plus asymptomatique.

Alain se demanda alors si cette rémission était réellement due à sa pratique personnelle. Du jour
au lendemain, il arrêta de réaliser ces séances.

Deux mois plus tard, il fut hospitalisé pour une dépression grave. Dans le même temps, il perdit
presque la moitié de son patrimoine immunitaire. Je le rencontrai alors et l’encourageai à se
réinvestir dans sa pratique vitale. Ce qu’il fit avec modération. Alain me confia que son désir de
vivre était des plus relatifs. Il lui fallait, à la limite, être dans une situation d’urgence vitale pour se
sentir stimulé à vivre. Quand sa santé revenait au beau fixe, il se sentait curieusement moins
enthousiaste. La proximité de la mort était pour lui une source de motivation.

Il est vrai que son mode de vie était particulier. Il a toujours refusé d’avoir le téléphone et menait,
depuis de longues années, l’existence solitaire d’un ermite. Cette solitude le rendait triste, de plus
en plus insociable et presque misanthrope.

Un jour, son propriétaire décida de récupérer le studio où il s’était installé. N’ayant qu’un travail à
mi-temps et personne pour se porter caution, il ne put se trouver un nouveau logement. Je l’invitai
alors à partager mon lieu de vie.

Alain s’installa dans une petite chambre de la maison, donnant sur le jardin. Il passait ses journées
à travailler sur son ordinateur, jouer du synthétiseur et menait une existence indépendante.
Toutefois, il avait presque complètement arrêté sa pratique et quelques symptômes cutanés se
manifestèrent.

En 1998, il prit contact avec un nouveau médecin qui lui prescrivit une trithérapie à titre préventif,
compte tenu de ses 270 T4. Ce traitement double rapidement le nombre de ces cellules.

Par contre, pendant deux ans, il souffre de vomissements, de fatigue, et les symptômes cutanés
persistent.

En janvier 99, des troubles hépathiques s’accentuent et sa charge virale monte à 240 000. Comme
ces mauvais résultats se maintiennent, en janvier 2000, Alain décide d’arrêter la trithérapie. Bien
sûr, il aurait été préférable d’équilibrer les traitements plutôt que d’y mettre un terme...

Pourtant, ces symptômes disparaissent. Son état de santé s’améliore rapidement.

Juin 2000. Huit ans après ces deux séances d’apprentissage de techniques de santé, et grâce à sa
pratique, Alain, malgré sa séropositivité, est en bonne santé.

Il connaît parfois des hauts et des bas modulés par son état d’esprit et sa motivation à vivre. Il ne
pratique plus sa technique de la même façon, ni avec la même fréquence. Mais en cas de coup dur,
il sait qu’il peut compter sur ses propres ressources intérieures. Il renoue avec sa pratique lorsque
cela s’avère indispensable.

« J’ai des ressources inespérées, l’impression d’avoir un corps qui se défend pour moi », me confia
récemment Alain. « Même les inflammations et les infections buccales se guérissent d’elles-
mêmes. » constate-t-il.

Un changement brutal va cependant bouleverser notre vie. En décembre 2000, nous apprenons
par la propriétaire de la maison qu’elle souhaite mettre en vente dans environ deux ans “notre”
petit paradis. L’annonce fait l’effet d’une bombe. Il va nous falloir renoncer à vivre ensemble dans
ce havre de paix auquel nous sommes si attachés, mon amie, Alain et moi. Quelques mois après,
c’est le local de l’association qui est perdu et son activité interrompue.

Le moral d’Alain est en chute libre, tout comme le notre d’ailleurs. Il y a peu de chance de
retrouver une pareille opportunité avec nos modestes finances, aussi bien pour un local que pour
un lieu de vie. Nous commençons cependant à prospecter, sans grand succès. C’est l’incertitude la
plus totale. Aussi bien pour l’avenir de l’association que pour notre devenir commun.

En juillet 2001, Alain est foudroyé par l’annonce d’un cancer du foie pour lequel aucun traitement
ne semble envisageable. Il est persuadé que sa dernière heure est venue. Il fond en larmes dans
mes bras. Après le choc et la colère, c’est la dépression. Il est hospitalisé pendant quelques
semaines et reprend ses traitements médicaux contre le sida ainsi que des antidépresseurs et des
anxiolytiques. Je le retrouve à l’hôpital et le stimule de mon mieux à combattre la maladie avec
toute l’énergie qui lui reste. Alain accepte de relever le défi et de se battre à nouveau. Il se
réinvestit dans une pratique quotidienne presque forcenée. Quatre mois après, ses nouveaux
examens médicaux font état d’une absence totale de symptômes. Une rémission spontanée !
Incroyablement inattendue. Alain s’est concentré sur la force de son énergie de vie qui lui a permis
de contrer le sida et s’en est servi pour lutter contre le cancer. Il s’est à nouveau représenté son
arbre préféré dont la sève véhiculait un poison mortel contre le cancer mais bénéfique à son état
de santé. Ce travail quotidien a de nouveau porté ses fruits.

Je l’encourage à poursuivre ses traitements médicaux associés à son travail personnel de


relaxation-méditation. Mais son cœur n’y est pas. Notre déménagement approche. Alain trouve une
solution qui ne l’enthousiasme guère mais il ne voit que celle là : intégrer un appartement
thérapeutique destiné à aider les personnes connaissant ces mêmes difficultés. Le 24 avril 2002,
Alain nous quitte à regret.

Son nouveau lieu de vie est loin de le satisfaire vraiment, d’autant qu’un an après son
emménagement tous ses appareils photos lui sont volés par l’un des colocataires. L’ambiance de
son appartement est loin d’être épanouissante. Son état de santé en subit le contrecoup. En juin
2004, les examens médicaux décèlent un petit nodule au foie. Une intervention chirurgicale est
réalisée avec succès. Alain retrouve peu à peu le goût de vivre.

En septembre, il vient nous rendre visite en Corse, et apparaît en pleine forme. Il élabore de
nouveaux projets de vie, notamment retrouver un travail, participer à des ateliers de calligraphie et
réaliser des voyages dans de nombreux pays qu’il souhaite découvrir. Pour Alain, “l’entité corps-
esprit a toutes les capacités requises pour triompher des symptômes, même s’il a parfois besoin
d’être stimulé en cas de coup dur. Faire de beaux rêves c’est important aussi.” Mais les réaliser
plus encore... De retour à Paris, ses projets restent à l’état de rêves. L’ambiance au sein de son
foyer se dégrade. Ses contacts sociaux se raréfient. Alain déprime et ne pratique plus les
techniques qui lui ont pourtant jadis réussi. En novembre, il me confie ne plus avoir vraiment de
plaisir et de raison de vivre malgré un important traitement antidépresseur.

En janvier 2005, après une visite de contrôle, le médecin d’Alain lui apprend que malgré
l’intervention chirurgicale, une cure de chimiothérapie s’avère nécessaire pour combattre son
cancer du foie. Alain s’y soumet sans renouer pour autant avec sa pratique.

En mars, des douleurs dorsales et cervicales importantes apparaissent. Aux cures de


chimiothérapies s’ajoutent la prescription d’antalgiques puis de morphine. En juin, Alain, amaigri,
épuisé, perd une partie de la motricité de ses mains. Ses douleurs sont à peine soulagées par la
prescription de corticoïdes. Des cures de radiothérapies se mettent en place. L’énergie vitale d’Alain
s’étiole. “Pourquoi serais-je en bonne santé puisque je n’ai plus le goût de vivre”, me confie Alain.
Nos conversations me confirment qu’Alain regarde presque avec soulagement s’éteindre l’étincelle
de vie qui l’anime. Une pneumonie finit par l’emporter le 25 juillet 2005.

Alain a toujours su que l’état de santé est aussi le reflet de l’état d’esprit. Il a eu conscience de la
nécessité d’entretenir chaque jour l’espoir de réaliser de nouveaux projets, de nouveaux objectifs
de vie si modestes soient-ils, de développer ses raisons de vivre. Mais, peu de temps avant son
décès, il reconnaissait ne plus en avoir la motivation.

Sans pratique, les techniques de santé ne semblent pas se muer en réflexe. Leur seul souvenir ne
suffit manifestement pas à raviver l’instinct de survie ni à recréer une raison de vivre. L’expérience
d’Alain montre que la motivation personnelle à vivre et à s’investir dans l’existence est étroitement
associée au contexte de vie.

1°) En état de relaxation approfondie, vous pouvez utiliser cette belle métaphore d’Alain, si elle
vous convient, et vous imaginez arbre, puisant votre énergie dans un sol fertile et dans un radieux
soleil.

2°) Imaginez toutes les représentations du même ordre que vous pourriez utiliser avec succès
pour renforcer votre état de santé.
Vous pouvez laisser venir toutes les métaphores agréables qui vous viennent à l’esprit.

Découvrez de nouvelles représentations à partir des éléments et des règnes : air, eau, feu, terre,
minéral, végétal, animal. Explorez l’alternance des quatre saisons.

Pour cela concentrez-vous en état de relaxation sur chaque élément pendant 30 secondes. Après
chaque visualisation, relâchez votre effort, lâchez prise et laissez faire les choses. En lien avec cette
représentation, pendant quelques minutes laissez apparaître les images que vous suggère une
parfaite santé ou le moyen de la retrouver.

Testez vos trouvailles et consignez vos résultats par écrit.

Vous pourrez alors utiliser régulièrement vos visualisations préférées afin de renforcer votre
vitalité.

3°) N’attendez pas de développer des symptômes pour réaliser vos séances. Mieux vaut prévenir
que guérir.

Pratiquez régulièrement.

Avant de vous endormir, concentrez-vous quelques instants sur un objectif prioritaire que vous
vous imaginez en train de réaliser.

Glissez dans le sommeil en rêvant qu’il se concrétise.

35. LA SANTE ET LA RAISON DE VIVRE

Tout au long des séances individuelles ou collectives que je réalisais, j’observais une constante :
les difficultés psychologiques ou somatiques sont en étroite relation avec un manque ou un défaut
de réalisation personnelle ou professionnelle, d’investissement dans la vie, un manque d’amour
pour soi et pour les autres. L’absence d’objectifs, de buts, d’idéal et de satisfaction génère souvent
l’apparition de symptômes. D’où la nécessité de recréer en soi une raison vitale d’exister ; se
donner les moyens de se réinvestir progressivement dans le plaisir de vivre.

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. (...)
Il faut cultiver son jardin. » Voltaire

Déterminer de nouveaux objectifs existentiels, mêmes modestes, est vital, a fortiori quand on n’en
a plus. Apprenez à vous aimer, à respecter vos besoins, vos envies et vos désirs. Cultivez votre
vitalité et votre réalisation au quotidien.

Parfois, l’imminence de la mort peut générer un sursaut d’énergie vitale, ce qui a été le cas pour
Alain et a déclenché son voyage en Inde, puis sa lutte farouche contre le sida.

Au terme d’une vie bien remplie, la motivation n’est plus la même...

Viéra - ce qui signifie "foi" en russe - est née en 1899 à Kharkov, en Russie. Et toute sa vie, elle
fut investie dans la foi orthodoxe et pratiqua sa croyance pour toute sa famille. Cette foi l’a aidé à
traverser bien des épreuves que lui a réservées son existence.

La révolution avait éclaté depuis trois ans. Elle se maria à l’âge de 21 ans avec Alexandre, qui était
promu à une carrière d’avocat. En pleine guerre civile, plusieurs membres de sa famille ont été
fusillés. De souche noble, ils devinrent de plus en plus clairement menacés par les bolcheviques.
Ses parents et son mari décidèrent d’émigrer et se lancèrent dans un périple pour leur survie qui
les conduisit en Turquie puis en Grèce, avant d’arriver à Paris en 1921.

Alexandre devint porteur de valises à la Gare de l’Est, puis ayant rassemblé quelques économies,
s’installa à son compte comme chauffeur de taxi. Viéra travailla en usine, enseigna le français aux
russes immigrés et s’investit dans de petits boulots leur permettant de boucler, tant bien que mal,
leurs fins de mois. Les terribles épreuves de leurs vies les obligèrent à se battre pour survivre, les
fortifièrent dans l’envie de s’en sortir.

Les liens entretenus avec la communauté russe de Paris constituèrent le ferment d’une existence
sociale solidaire et riche. Ils traversèrent le racisme, lié à leur condition d’immigrés, la pauvreté, la
seconde guerre mondiale...Ils eurent deux fils qui se marièrent et eurent des enfants à leur tour.

Alexandre travailla jusqu’à l’âge de 80 ans. Je connus peu mon grand-père, mais je constatai que
son travail était devenu sa raison de vivre. Dès qu’il l’arrêta, il tourna en rond à se demander ce
qu’il pourrait bien faire et ne trouvant pas de réponses, il se désinvestit progressivement de
l’existence. Il passa alors l’essentiel de son temps devant la télévision. Il mourut deux ans plus
tard.

Ma grand-mère - Babouchka Viéra - se réfugia alors davantage encore dans la religion et participa
activement à toutes les messes et autres manifestations de son église. Elle était appréciée de tous.
Ses implications religieuses et sociales l’aidèrent à faire son travail de deuil. En famille, son
expérience et son ferme caractère en faisaient une conseillère avisée qu’il valait mieux ne pas
contredire. Elle devint le pilier fondateur de la famille. J’allais déjeuner chez elle une à deux fois par
semaine. En véritable cordon bleu, elle me préparait avec son amour nourricier de délicieuses
recettes de la lointaine Russie.

Mon père mourut en 1990 des suites d’une intervention chirurgicale. Ingénieur hyper investi dans
son travail, il ne se remit jamais de son licenciement. Sa volonté de vivre s’éteignit avec le temps.
La perte de son fils cadet constitua pour ma grand-mère sa plus dure épreuve. Aidée par toute sa
famille, ses amis et les ecclésiastiques de son église, elle surmonta avec le temps son inconsolable
chagrin. À ceux qui demandaient de ses nouvelles elle répondait avec un sourire triste : “ Ça va. Il
faut bien ! ”

Elle s’absorbait dans de longues prières qui l’aidaient à prendre de la distance par rapport à sa
souffrance. Avec mon frère et ma sœur, nous déjeunions régulièrement chez elle. Au fur et à
mesure que son âge progressait, ses possibilités de se déplacer diminuaient. Elle entendait et
voyait de moins en moins bien, pourtant, elle continuait à vivre seule dans son petit appartement,
aidée par une femme de ménage et une infirmière et tenait à son autonomie plus qu’à toute autre
chose.

Dans le même temps, son art de la cuisine ne faisait que se perfectionner. Nous comprîmes que ses
seules joies, ses seules raisons de vivre étaient devenues la prière et le fait de nous recevoir en
nous régalant de ses exquis petits plats. Il lui fallait parfois plusieurs jours pour en préparer un.
Même si elle nous disait souvent que la vieillesse n’est pas une partie de plaisir, son esprit restait
étonnamment vif.

Elle s’intéressait à tout ce qui nous concernait. Sa mémoire prodigieuse nous éblouissait. Elle
n’oubliait jamais la fête ou l’anniversaire de l’un d’entre nous, nous demandait des nouvelles de nos
amis qu’elle n’avait vus qu’une seule fois et rectifiait parfois des points de détails qui nous avaient
échappé.

Un souvenir s’impose à moi pendant que j ’écris ces lignes : Alors que je partais faire un tour
d’Europe en moto, je me retourne et lance à ma grand-mère un signe d’au revoir de la main. Je
l’aperçois à sa fenêtre ouverte me regardant avec un air grave et déployant un ample signe de
croix avec ses doigts. Sa bénédiction me fit forte impression. Je me sentis protégé comme par un
ange gardien auquel m’aurait confié ma grand-mère. J’avais vraiment l’impression qu’il ne pouvait
rien m’arriver, à condition bien sûr, de rester vigilant à chaque seconde de conduite. Mais parfois,
notamment au sud de l’Espagne, j’ai eu le sentiment d’être en pilote automatique, roulant en toute
confiance sans que cela soit vraiment moi qui conduise. Le voyage se déroula pour le mieux sans
l’ombre d’un incident après les huit mille kilomètres sillonés jusqu’à Malaga, puis Venise, Belgrade,
Lausanne et Paris.

Peu de temps après que j’ai retrouvé ma chère grand-mère, alors âgée de 98 ans, elle fit une
mauvaise chute et s’entailla la main. Une intervention chirurgicale avec anesthésie générale fut
nécessaire. Pendant sa convalescence, une partie de la famille estima qu’elle serait plus en sécurité
en maison de retraite. Elle s’y refusa tout d’abord, puis de guerre lasse, finit par accepter.

Avec mon frère et ma sœur, nous nous battîmes vertement contre cette idée, tentant d’organiser
une aide permanente à domicile. Je ne pouvais accepter cette solution ultime car je savais à quel
point il lui était nécessaire de continuer à se rendre utile pour continuer à vivre. Compte tenu de sa
personnalité, je savais trop bien que la maison de retraite lui serait fatale à court terme.

La famille passa outre notre détermination et elle fut placée dans une magnifique institution russe,
non loin de Paris. Je passais la voir une fois par semaine et constatais qu’elle y dépérissait. Plus
rien ne la retenait à la vie, elle avait le sentiment de ne plus jouer de rôle dans la famille ni ailleurs.
Elle me confia qu’elle aurait bien sûr préféré rester chez elle, mais qu’il était sans doute plus
raisonnable pour elle d’être là. Peu à peu son intérêt pour la vie déclina. Elle attendait la mort,
paisible et résolue. Elle s’éteignit un mois après, emportée par une leucémie foudroyante.
Privée d’un objectif de vie, si minime soit-il, toute vitalité s’épuise progressivement. D’où
l’importance de toujours élaborer de nouveaux projets, de s’élancer dans de nouveaux plans
d’action à la fois pour soi mais aussi pour les autres.

La difficulté de se réaliser, majorée par la crise économique, peut, à la longue, entraîner un


découragement qui structure une dépression, notamment pour les demandeurs d’emploi. Le
sentiment désagréable lié au fait d’être inutile, peut céder la place à la cruelle impression de
devenir un boulet, un assisté de la société.

J’ai personnellement expérimenté cette cruelle situation après quatorze années d’études en
sciences humaines. Pour les financer, j’ai toujours exercé des boulots alimentaires (veilleur de nuit
ou employé de bureau, animateurs d’enfants ou surveillant dans un lycée...) Après le DESS (qui
m’a conféré le titre de psychologue clinicien) et le DEA, j’entrepris de trouver un travail dans le
domaine de l’aide psychologique et de la psychothérapie pour lesquels je me suis formé.

J’adressai des propositions, mais ne me parvenaient que des réponses négatives. Après deux ans
de recherches infructueuses, et des centaines de candidatures spontanées sans résultat, ma
motivation s’abrasa, perdit de sa substance. Personne n’avait visiblement besoin de mes services.
Dans le même temps, ma recherche doctorale s’enlisait et je percevais les multiples résistances du
corps médical à mon égard. Cerise sur le gâteau, je venais de rompre avec mon amie. Je me
sentais inutile et malheureux à un point infini. Je perdis tout espoir. Le sens de ma vie m’échappa.
Le simple fait de continuer à vivre devenait superflu.

Avant d’envisager le pire, ou de risquer une quelconque décompensation, je décidai de m’offrir une
ultime satisfaction. Je me demandai de quelle dernière chose je pourrai encore avoir envie. Après
réflexion, je me dis qu’un bon massage thérapeutique serait le plus indiqué.

Pour la première fois de ma vie, je pris rendez-vous avec une praticienne de massage ayurvédique
(252). L’accueil de cette charmante et athlétique jeune femme fut chaleureux. En confiance, je me
focalisais sur les sensations de mon corps modelé et réconforté par ses habiles manipulations. Ses
mains couraient sur ma peau huilée en de savantes glissades. Je réalisais alors mon besoin de
contact. La satisfaction que me procurait le simple fait d’être touché me fit retrouver mes esprits,
me permit de concentrer l’énergie vitale et de réagir.

En sortant de son lieu de consultation, je me sentis plus vivant, plus alerte. L’attention et les soins
que me prodigua cette personne inconnue de moi quelques heures auparavant me régénéra. Une
confiance nouvelle refleurit sur mon désinvestissement. L’espoir de vivre encore de bons moments
dans l’existence se fit jour. J’y retournais une seconde fois et retrouvais pleinement mon énergie
vitale, l’envie de me réinvestir avec mes dernières forces dans la concrétisation de mes rêves.

De nombreuses pages d’écriture me permirent de réaliser un constat : visiblement, aucun hôpital,


dispensaire ou autre structure ne voulait m’embaucher. J’avais pourtant, plus que jamais, à cœur
d’aider les personnes en difficulté. Aussi, je décidai de devenir bénévole dans une association
susceptible d’être intéressée par mon expérience.

Lorsque Alain me fit part de l’amélioration de sa situation, je réalisais que la pratique de l'auto-
hypnose pouvait aider beaucoup de personnes initialement condamnées à mourir du sida. Je pris
contact avec l'association Aides et proposai de créer un atelier de redynamisation. Mon projet fut
accueilli avec prudence et réserve par le comité directeur.

Toutefois, les nombreux articles collectionnés pendant les jours que je passai en bibliothèque
constituèrent un argument décisif. Mon projet fut accepté et je commençai à animer les groupes au
sein d’Arc-en-Ciel ; une structure magnifique où se déroulent tout un ensemble d’ateliers de bien-
être.
1°) Faites face à l’épreuve que vous traversez. Regardez votre situation avec objectivité. Pour vous
y aider, écrivez ou dessinez ce que vous vivez.

Si vous ressentez en vous de la colère, de la haine ou tout autre émotion négative, expulsez-la sur
le papier.

2°) Une fois ce constat jeté sur le papier, faites un exercice de relaxation et interrogez-vous. De
quoi avez-vous besoin à court terme ?

Imaginez ces petits riens de la vie qui lui donnent toute sa saveur. Ces moments fugaces de joie
que l’on croise au détour d’un chemin et qui illuminent le bonheur d’exister. Un peu comme si le
champ de la conscience s’élargissait jusqu’à embrasser le monde.

Alors, dans un futur proche, qu’est-ce-qui vous ferait envie ou plaisir ?

Mobilisez vos ressources et mettez en place un plan d’action pour concrétiser ce qui vous fera du
bien. Donnez-vous les moyens de réaliser ce qui vous tient à cœur.

3°) Déterminez les objectifs que vous souhaiteriez réaliser à moyen et long terme.

En état de relaxation, laissez venir à vous tous les souhaits, projets, toutes les perspectives et
ambitions susceptibles de relancer en vous de fermes raisons de vivre. Prenez conscience de la joie
liée à votre réalisation. Plongez dans ce sentiment. Imprégnez-vous de la certitude de réussir.
Imaginez ce que votre corps et votre esprit pourront ressentir. Gravez ces émotions positives à
l’intérieur de vous...

Si des pensées parasites emplies de doute ou de crainte se manifestent, focalisez-vous de nouveau


sur votre souffle et sur les sensations de votre corps. Recontactez les sentiments positifs que
suscite l’espoir de réussir. Développez en vous l’espoir farouche de votre réalisation.

De même que les chemins que vous empruntez vous deviennent facilement familiers, ce
cheminement de pensée pourra vous être d’un précieux secours dans les épreuves de l’existence. Il
vous sera alors plus simple de l’emprunter.

Ce trésor de ressources qu’est votre inconscient pourra peut-être vous faire un signe : un petit
mouvement de l’une de vos mains, une sensation corporelle particulière, une représentation au
niveau de votre esprit. Laissez venir les choses qui s’imposent.

Peut-être aurez-vous la surprise de constater un mouvement réflexe en lien avec une pensée
spécifique. Ce signe est un signal de communication de votre inconscient qui pointe une direction,
révèle un message que vous pouvez interpréter.

Si l’émotion qui y est associée est douloureuse, elle révèle le travail que vous avez à réaliser.
L’acceptation de la situation que vous traversez, du changement qui s’impose , le deuil que vous
avez à faire....

A l’inverse, l’émotion de la joie associée à une pensée préfigure le chemin à suivre en toute
sérénité. Elle ouvre les portes d’un nouvel espace de réalisation au travers de sa raison de vivre.
Un chemin lumineux d’espoirs, de projets, et de concrétisations.

4°) Si le temps vous le permet, explorez vos possibilités d’intervenir bénévolement dans une
association.

L’aide et l’amour que vous apporterez aux autres vous enrichira d’une belle expérience de vie et de
partage.
Elle pourra recréer en vous une implication personnelle motivante et de nouvelles raisons de vivre.

________________________________________

(252) Massage thérapeutique indien.

36. ARC-EN-CIEL

Se donner les moyens de réaliser ses projets relance la dynamique de vie.

Plutôt que de foncer dedans, contournez les obstacles. Négociez vos virages et vos prises de
décision avec souplesse. Transformez les difficultés en expérience et en ressources.

Arc-en-Ciel, cette structure somptueuse a été élaborée par l’association Aides. L’architecture
intérieure met en lumière l’espace, ponctué d’un mobilier coloré au design moderne. Un large
couloir, encadré par la vaste salle d’activités et la bibliothèque, conduit à la salle à manger. Cette
pièce spacieuse, haute et claire s’offre à un jardin extérieur qui gomme d’un coup le sentiment
d’être à Paris. De nombreux peintres et sculpteurs, photographes et artistes y exposent leurs
œuvres.

La beauté plastique de ce lieu contraste vivement avec la misère psychique et souvent financière
dans laquelle se trouvent certains utilisateurs ayant à peine de quoi se loger et s’alimenter.
Hommage à une certaine esthétique, ce centre bâti autour du projet « nutrition et bien-être », offre
un accueil et une aide gratuite aux personnes concernées par le VIH.

Les salles d’activité, sobres, constituent un nid dans lequel chacun vient se ressourcer. Au fur et à
mesure des séances, de nouveaux liens se créent entre les personnes et donnent vie au lieu.

Un ensemble d’ateliers s’y déroule quotidiennement : nutrition, yoga, taî chi, sophrologie,
relaxation, création, chant, théâtre, etc.

J’y ai animé cinq groupes d’entraide mutuelle destinés aux personnes atteintes de sida. À l’époque,
en 1996, aucun traitement n'avait fait la preuve de son efficacité. Le sida constituait pour beaucoup
l’antichambre de la mort, avec tout son cortège d’angoisse, de souffrance, de douleur et de
disparition. Comme hélas les hôpitaux ne voulaient pas entendre parler de gestion du stress et
encore moins d’hypnose, Aides était l’un des seuls lieux où les personnes atteintes de sida ont pu
profiter de toutes ces techniques. Rapidement des groupes d’une dizaine de personnes se
constituèrent.

Chaque groupe s’est réuni trois heures, chaque semaine, pendant sept semaines consécutives.

Ce travail avait divers objectifs :

Le premier contact se présentait sous la forme d’une conférence et d’un débat sur les liens qui
unissent l’esprit et le corps. Les séances suivantes permirent à chacun de faire plus ample
connaissance et d’exprimer ses difficultés dans le respect et la confidentialité. Chaque participant
était encouragé à exprimer ses émotions, sa colère, sa souffrance, mais aussi ses espoirs, ses
progrès, ses moments de bonheur.

Puis j’invitais chacun à définir un objectif qu’il avait envie d’atteindre. Un petit objectif modeste et
précis. Un élément ressource était alors recherché : un apprentissage utile, ou un très bon
souvenir. Une fois la lumière tamisée, une douce musique flottant dans l’espace, j’invitais les
participants à prendre la position la plus confortable possible et à se laisser glisser dans un état de
profond bien-être.
La respiration est une porte d’entrée en soi-même. Le fait de se concentrer sur son souffle et de se
représenter la détente ouvre l’accès à une relaxation musculaire progressive. Grâce à l’évocation de
bons moments passés, tout un trésor de ressources intérieures jaillit de l’inconscient. Les cadeaux
reçus de la vie. L’amour. Les premiers pas. Les premiers mots. Les découvertes. Les jeux. Les
plaisirs. Les succès. L’acquisition progressive de son autonomie. Les vacances. Le bonheur...

Tous les apprentissages fondamentaux génèrent la pulsion de vie. Ils se traduisent par la
production d’émotions positives bénéfiques à l’état de santé.

En se représentant l’objectif déjà atteint se crée un lien émotionnel de représentation avec les
ressources de son inconscient.

La réalisation de l’objectif désiré se programme en soi comme source de plaisir et de bien-être. Elle
n’en est que plus facilement accessible par la suite dans la réalité.

C’est l’inconscient lui-même qui réaménage ce qui en soi a besoin de l’être, et cela au quotidien
pendant le sommeil et le rêve.

Grâce à cette étincelle de divinité qui est en soi, de nouvelles solutions a priori spontanées voient le
jour.

Cette étincelle vitale se ravive dans le sentiment de paix créé par l’état de relaxation approfondie.

Après la séance, un tour de table était réalisé. Chacun décrivait son expérience. Certains ont
obtenu la disparition transitoire, voire définitive, de symptômes divers : douleurs, anxiété,
insomnie, symptômes somatiques divers, sensation de malaise, tristesse... A la séance suivante,
ces résultats se maintenaient le plus souvent lorsque le participant mettait en pratique les
techniques de gestion du stress.

Victor, l’un des virtuoses d’un groupe, les baptisa les techniques de santé. Rapidement, je
constatais que les personnes positives et combatives obtenaient les meilleurs résultats.

Ceux qui n’avaient obtenu aucun résultat probant persévéraient grâce au soutien du groupe. Petit à
petit, se créait une dynamique de vie, de partage et d’échange, un réseau d’amitié.

Nous terminions toujours la séance par un repas gastronomique dans le restaurant d’Arc-en-ciel.

A la fin des séances, les participants acceptèrent d’apporter leur témoignage en remplissant une
feuille d’échelles .

Avec deux groupes unis et solidaires, les rencontres se poursuivirent parfois, à l’occasion
d’anniversaires, de fêtes ou de sorties.

Les résultats recueillis attestent de la force de l’énergie vitale contenue en chaque être.

Résultats des séances réalisées à Aides

Moyenne des résultats des 5 groupes formés aux techniques de gestion du stress.

Initialement, quarante personnes atteintes de sida ont participé à ces séances.

Quinze n’ont pas mis ces techniques en pratique ou n’ont pas poursuivi les séances.

25 personnes pratiquant ces techniques au moins quelques fois par semaine ont répondu à ce
questionnaire composé d'échelles visuelles anologiques (EVA).
Je tiens à les remercier de tout coeur de m’avoir autant apporté, ainsi que d’avoir accepté de me
communiquer leurs résultats.

Pour remplir ces échelles, il suffit d'indiquer d'un trait de stylo là où on se trouve par rapport au
deux extrémités d'une ligne horizontale de 100 millimètres. Ce trait est figuré par un point
d'exclamation sur les EVA qui suivent.

L'apprentissage de ces techniques m'a été profitable.

Tout-à-fait _______________! 68,73________________________Pas du tout

La pratique de ces techniques m'aide à combattre mes difficultés.

Tout-à-fait _________________! 66,60_______________________Pas du tout

Je suis heureu(x) (se) de réaliser mes séances.

Tout-à-fait __________! 80,52___________________________Pas du tout

Je suis plus combati(f) (ve) qu'avant le début de ces séances.

Tout-à-fait__________________! 59,34_____________________Pas du tout

Je me sens soutenu(e) par rapport à mes difficultés.

Tout-à-fait_________________! 64,95______________________Pas du tout

Je pense globalement que ce travail m'a été bénéfique


et a renforcé mon énergie vitale.

Tout-à-fait _________! 75,26______________________________Pas du tout


Ce qui a été particulièrement utile dans ce travail :

Techniques de gestion du stress et de relaxation-visualisation. Confiance. Apaisement. Bien-être.


Gestion du V.I.H. Recentrage. Espoir. Courage. Pensée positive. Prendre du temps pour soi.
Volonté de vaincre ses difficultés. Rencontre. Discussion. Échange. Partage. Amitié.

Deux ans après ces séances, sur les 25 personnes qui y ont participé, seule une jeune femme est
décédée d’un syndrome de Kaposi, à un stade déjà avancé de la maladie, avant notre rencontre.

Globalement, après ce travail, la qualité de vie des participants s’est nettement améliorée : ils sont
devenus moins anxieux, moins déprimés et se sont mis à témoigner de capacités d’adaptation
nouvelles.

Ces résultats coïncident avec ceux d’un centre d’aide novateur créé aux États-Unis.

1°) Développez votre créativité et imaginez, en état de relaxation approfondie, les différents
aspects que peut revêtir le processus de santé.

Voici quelques pistes : Amour, lumière, création, cadeau, miracle, évolution, développement,
espoir, apprentissage, joie, couleurs, sérénité, perfection, sagesse, infini...

Réalisez un exercice avec les thèmes qui vous intéressent et notez vos résultats.

2°) Explorez votre créativité et trouvez de nouveaux thèmes qui pourront vous aider à renforcer
votre état de santé.

37. L’expérience de San Diego

“ Vous pouvez contribuer à prévenir l’apparition de la maladie HIV ou à ralentir ou arrêter la


progression de cette maladie en participant avec succès à ce programme de gestion de santé.
L’état d’une personne séropositive peut être maintenu pendant des années, voire pendant la durée
d’une vie entière normale. ” Jeffrey M. Liephart (253)

Explorez tous les facteurs d’amélioration de votre santé et mettez-les en pratique.

Dans les années 1980, le Dr Jeffrey Liephart, psychiatre et psychothérapeute réunit une équipe
pluridisciplinaire pour venir en aide aux personnes atteintes de sida. Ils élaborent ensemble un
programme destiné aux porteurs du V.I.H., programme baptisé LIFE (Learning Immune Function
Enhancement).

Il s’agit d’apprendre aux personnes à stimuler leur fonction immunitaire.

Ce programme se base sur près de 300 recherches scientifiques mettant en lumière l’existence de
19 cofacteurs psychologiques, sociaux et comportementaux, intervenant dans les processus
physiologiques.

Ces cofacteurs déterminent l’état de maladie ou de santé.

Les caractéristiques des survivants à long terme du sida seront indiquées en italique.

Certains modes de fonctionnement psychologiques affaiblissent le système immunitaire.

1. La croyance que le fait d’être porteur du VIH détermine la mort par le sida.

Cette croyance peut être modifiée en se plongeant dans la littérature scientifique ou, plus
simplement, en rencontrant des personnes en bonne santé, vivant depuis 10 ou 15 ans avec le
VIH.

Les survivants à long terme acceptent le diagnostic tout en refusant de le considérer comme une
sentence de mort.

2. Le stress intérieur.

Il est possible d’apprendre à le gérer, notamment grâce aux exercices de relaxation approfondie.

Retrouver le sens de sa responsabilité et de sa possibilité à influencer le cours de son existence de


façon positive.

3. Le stress de survie.

Afin d’échapper aux réactions classiques de lutte ou de fuite, il s’agit de développer le sentiment
d'être protégé et en sécurité.

Redonner un vrai sens et un but à son existence au travers du VIH.

4. Le chagrin et 5. La dépression.

Souvent liés à la perte, ces deux sentiments peuvent être contrecarrés par un travail d’écriture
basé sur l’expression des émotions négatives, un travail de psychothérapie ainsi que par
l’élaboration de projets existentiels.

De nombreux survivants s’engagent de façon altruiste à aider les autres. Cela donne un sens
nouveau à leur existence qui s’en trouve enrichie.

D’autres modes de fonctionnement psychologiques renforcent le système immunitaire.

6. Le sens de la vie et ses objectifs.

La crainte de la mort liée à la maladie peut être combattue en se focalisant sur la réalisation de
projets personnels qui tiennent à cœur. Il suffit de se baser au quotidien sur l’ici et maintenant de
ses besoins, ses envies et ses désirs.

Les survivants s’engagent à vivre pleinement les buts et objectifs inachevés. Ils ont la certitude
qu’il existe quelque chose après la mort et s’engagent dans une voie spirituelle.

7. La capacité à s’affirmer.

C’est avant tout se recentrer, faire des choix, dire non à ce à quoi l’on est opposé. Communiquer
ouvertement, notamment par rapport au sida ou à son homosexualité.

8. Trouver une ou plusieurs personnes de confiance avec qui l’on peut partager ses difficultés en
toute sérénité.

Participer à un groupe d’auto-support et d’information sur le VIH.

9. Savoir faire face aux crises.

Il s’agit de développer des stratégies permettant de faire face aux traumatismes. La lecture des
ouvrages indiqués en annexe 3 se révèle d’un précieux secours tout comme l’aide éventuelle d’un
psychothérapeute.
Les survivants développent leur capacité à prendre de la distance par rapport aux difficultés du
quotidien, notamment grâce à leur sens de l’humour.

L’entretien du corps.

10. La respiration.

Bannir les respirations rapides et saccadées pour adopter un souffle ample et profond grâce à une
pratique régulière.

Se responsabiliser activement dans le fait de profiter avec intensité des meilleurs moments de la
vie.

11. L’absorption d’eau suffisante au quotidien permet une meilleure hydratation des tissus et du
mode de fonctionnement des processus de santé.

12. L’appétit et l’alimentation.

Il est important de privilégier la qualité et la quantité de nourriture adéquate dont l’organisme a


besoin tout en se faisant plaisir. L’aide d’un nutritionniste peut s’avérer utile à la rééquilibration
alimentaire, en fonction de ses difficultés.

13. Le sommeil.

Il permet à l’organisme de se régénérer aux niveaux psycho-physiologiques. Par rapport à ces trois
cofacteurs, les survivants développent l’écoute de leurs besoins corporels.

14. L’absorption des toxines (tabac, alcool, drogues, café, sucres, etc.) est à bannir.

Ce sont surtout les excès qui déterminent des facteurs de risque important. D’où l’importance de
modifier ses habitudes de vie nocives et d’adopter une hygiène de vie plus saine.

15. L’exercice physique pratiqué avec plaisir et modération est garant d’une meilleure santé.

La prévention sanitaire et les soins médicaux.

16. L’exposition répétée au VIH est bien sûr l’occasion de développer d’autres contaminations.
L’usage de préservatifs reste le meilleur moyen de se protéger du VIH.

De même, pour les usagers de drogue, la désinfection minutieuse du matériel d’injection, ou mieux
son remplacement est indispensable.

17. La capacité de prendre soin de soi particulièrement en cas de maladie.

Améliorer son confort, se protéger de ce qui peut aggraver les symptômes et souscrire aux
traitements médicaux s’avère indispensable.

18. La connaissance des processus de santé et ses implications.

Les conseils fournis par les médecins et le personnel soignant sont essentiels. Il est possible de
vous documenter auprès d’associations spécialisées (Aides, Arcat Sida, ECS, Sol en Si, etc.) pour
mieux faire face aux difficultés de santé.

L’équipe de Jeffrey Liephart recommande à chacun de faire la liste des médicaments absorbés en
indiquant les effets secondaires éventuels. De même, faites la liste de toutes les thérapies
complémentaires qui vous aident et approfondissez votre démarche de soin personnelle.
Les survivants sont convaincus qu’une attitude active, positive et combative agit sur l’état de
santé.

19. Les soins médicaux et la relation au médecin.

Il s’agit de trouver un médecin en qui vous avez confiance et de développer avec lui une relation
positive de partenariat pour mieux lutter contre la maladie. Plutôt que spectateur passif, devenir
acteur de sa santé.

Dans le cadre de ce programme, chacun évalue ses difficultés et ses ressources. Chacun peut
participer sur une période d’un an à une aide de groupe et à une aide individuelle. Il est possible
d’intégrer le club des vétérans qui apporte, à son tour, son aide aux autres. Ce soutien
psychosocial s’est avéré salvateur pour un grand nombre de personnes concernées par le VIH.

1°) Par rapport à ces cofacteurs, notez tout ce qui vous semble le plus utile en fonction de vos
difficultés. Mettez en pratique les résolutions indispensables à votre état de santé.

2°) Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer le programme LIFE sur le site internet de
l’association de Mark Griffiths : http://www.sidasante.com

________________________________________

(253) J. M. Liephart. (1995). The LIFE Program Manuel. Traduction française réalisée par Hélène
Cneude et le Dr Frédérique Leroux. p 11.

38. Agir pour sa santé

Être animée de la volonté de se réaliser offre la chance de réaliser sa volonté.

Donnez-vous les moyens de concrétiser ce qui vous tient le plus à cœur.

Toutes ces études, ces recherches, tous ces faits scientifiques ne sont pas encore admis dans les
hôpitaux, à l’exception de quelques rares services. Je connais de nombreuses personnes atteintes
de cancers qui auraient apprécié de profiter de toutes ces techniques.

Après quelques mois de travail, je proposai à la direction d’Arc-en-ciel de les inviter. J’essuyais un
refus poli, courtois et quelque peu embarrassé : “ Hélas, on ne peut recevoir que des personnes
concernées par le V.I.H. Aides c’est le sida, pas le cancer. Que vont penser les donateurs qui
donnent pour le sida ? ”

Cette réponse me fit bouillir intérieurement et me motiva à trouver une solution.

Elle vit le jour neuf mois plus tard.

Je créais l’association « Agir pour sa Santé », afin de faire profiter de ces techniques toute
personne atteinte de maladie chronique, quelles que soient ses difficultés et ses problèmes de
santé, mais aussi quels que soient ses revenus. L’objectif étant de responsabiliser et d’autonomiser
chacun à l’égard de sa santé, bien sûr, en complément des soins médicaux; offrir à chacun les
moyens de :

- prendre de la distance par rapport à ses difficultés pour mieux les analyser,
- s’investir dans des activités de création,
- élaborer de nouveaux liens sociaux,
- gérer son stress, se relaxer, se ressourcer, se redynamiser,
- pouvoir élaborer des stratégies actives de réalisation de soi.

Une autre association nous offrit généreusement son hospitalité : Parsifal, dont l’objectif était de
venir en aide aux personnes séropositives ou atteintes de sida. Jusqu’en juin 1998, notre
association fut accueillie dans cette structure, fondée par Tino Harikiopoulo le 7 juillet 1991. Je
tiens à exprimer ma gratitude à son fondateur, ainsi qu’au Docteur Hugues Gouzenne, et à Raphaël
Bozio-Made de nous avoir reçus et de nous avoir permis d’apporter notre aide, pendant ces neufs
mois, à 682 participants.

Au cours de la première année de fonctionnement, trente ateliers différents y ont vu le jour dans le
cadre de cinq thèmes complémentaires : relaxation, dynamique corporelle, création (peinture et
argile), conférences et redynamisation.
Notre action se développa également en faveur des personnes économiquement défavorisées et
demandeurs d’emploi.

Une instructive recherche anglaise (254) a été réalisée sur 244 personnes au chômage depuis
deux ans en moyenne. Ces personnes ont été réparties en deux groupes.

Celles qui ont suivi un programme de thérapie de groupe (7 séances) trouvent deux fois plus de
travail que les personnes ayant participé à un programme d’accompagnement social (apprendre à
se présenter, à nouer des contacts...) : 41 % contre 24,5 %.

Dans la même optique, les quarante ateliers que proposait l’association avaient pour objectif de
permettre à chacun d’acquérir une nouvelle confiance en soi, une capacité à faire face à ses
difficultés.
L’association y a offert un lieu privilégié d’échanges, de partage, de libération des tensions... Dans
ce contexte nous favorisions les échanges constructifs, authentiques, humains, la parole (ou le
silence) et l’attitude positive de chacun.

Une attention particulière a été portée à l’attitude de chacun, aux interactions et à la notion de
responsabilité (travailler à se comprendre, à se connaître, à s’accepter et à utiliser ses
potentialités). La responsabilité de chaque participant, c’est fut tout sa capacité à se prendre en
charge, à s’assumer et à mettre en pratique les techniques acquises afin de réaliser ses projets
personnels et professionnels.

Grâce à la mobilisation de ses propres ressources, chacun parvenait à sa façon, à relativiser et à


gérer ses difficultés, ce qui a augmenté l’estime de soi et a facilité la reprise d’une activité
professionnelle.

Nous avons constaté que faire l’apprentissage de techniques efficaces permet de reprendre
confiance en soi et de retrouver une nouvelle énergie pour faire face à l’exclusion tout en
renforçant son état de santé.

Après la première année d’exercice, sur l’ensemble de la population accueillie, près de la moitié,
soit 307 participants étaient des personnes en grande précarité, avec des revenus inférieurs à 5000
francs par mois. Cela est toujours vrai lorsque j’écris ces lignes. En d’autres termes, près de la
moitié du nombre total de participants souffrent de difficultés sociales et vivent en deçà du seuil de
pauvreté.

Un tiers de la population était constitué de personnes atteintes de maladies chroniques de type


cancers, sida, etc.

Près de 80 % de la population présentait des difficultés psychologiques de type anxiété, angoisse,


dépression, insomnies, dépendance aux toxiques, etc.
Les 20 % restant souhaitaient, sans exprimer de difficultés particulières, développer leurs
ressources personnelles dans un objectif d’épanouissement.

En août 1998, nous avons décidé de modifier les statuts de l’association. Offrir notre aide à toute
personne en difficulté psychologique, somatique et sociale. Donner à chacun les moyens
d’améliorer sa situation et ce, dans le cas de maladies chroniques (Sida, cancer, dépression, etc.),
mais également dans une optique de prévention et de développement personnel.

Nous avons également orienté les personnes sur les activités d’un réseau d’associations
partenaires.

Notre but devint : démocratiser les techniques de santé et les rendre accessibles à tous.

En effet, les techniques de santé se trouvent généralement à des tarifs pouvant être exorbitants.
En consultation individuelle, les thérapeutes installés en libéral demandent de 30 à 60 euros de
l’heure, et, à moins d’être médecins, ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
En groupe, certaines associations proposent de s’acquitter d’une participation de 8 à 15 euros de
l’heure, voire plus.

En conséquence, toute une partie de la population, demandeurs d’emploi, RMIstes, personnes


malades ne recevant qu’une maigre allocation restait privée de toute démarche humaine de
développement personnel.

Aussi avons-nous décidé de proposer une participation modulable en fonction des revenus de
chacun : A l’époque et en francs, les ateliers étaient de 50 à 20 frs de l’heure, la cotisation annuelle
de 50 à 200 frs. Pour les plus démunis, un coup de main suffisait.

Cependant, pour couvrir les frais de location, une subvention nous était indispensable. Cette
entreprise tenait du pari, du défi. Ayant investi près de 100 000 francs en matériel informatique,
voiture, communications, etc. mes économies personnelles étaient arrivées à leur terme. Les
demandes de subvention effectuées n’ont pas été considérées prioritaires. C’était surtout un
premier poste salarié qui nous faisait cruellement défaut.

N’ayant plus un sou et comme l’association était devenue SDF après neuf mois d’activité, j’écrivis à
tous les politiques susceptibles de pouvoir nous aider.

Tout en nous félicitant parfois pour notre initiative, la majeure partie concluaient en synthèse par :

“ Hélas nous n’avons pas de local pour vos activités; quant aux demandes de subvention, elle
seront examinées. ”

Heureusement, en septembre 1998, nous réalisâmes un partenariat avec “ La Maison du


possible ”, association fondée par Antoine Vallabrègue ayant pour vocation de développer la
création et l’éducation. Nous partageâmes une location transitoire à l’hôtel du Monde dans le
11ème arrondissement de Paris.

Dans la même période, je réitérais mes demandes de subvention afin d’embaucher un premier
coordinateur salarié.

De nombreux magazines nous ont soutenu dans notre action en nous consacrant une ou plusieurs
publications (Soins, l’Infirmière Magazine, Le Cicos Infos et Minitel, Médecins du sport, Expression
Santé, Le Médecin Généraliste, Paris le Journal, La Vie Naturelle, Belle santé, Vous et votre Santé
ainsi que Médecine Douce et Psychologies.)

Grâce à ce soutien, nous avons constitué une équipe de plus de 40 bénévoles permanents et
diffusé l’information auprès d’un large public. L’association subsistait uniquement grâce aux
cotisations et à la participation des personnes aux frais des ateliers, ainsi qu’aux occasionnelles
journées “ portes ouvertes et vide-grenier ”. Bien que l’association s’autofinançât parfaitement,
nous ne pouvions budgétiser avec nos seules ressources un premier poste de coordinateur.

Toutefois, une première subvention de 10 000 francs nous fût accordée par la Direction Régionale
et Départementale de la Jeunesse et des Sports en décembre 1998.

Dans le même temps un nouveau local nous fut proposé par Renato Ribeiro, metteur en scène
argentin talentueux qui réalisait un atelier d’énergie théâtrale à Arc-en-ciel et dans notre
association depuis peu. Il nous loua pour une somme raisonnable notre premier espace de création
et de bien-être dans le centre multi-culturel « La Comédia » qu’il concevait non loin de Nation, au 8
de la rue Mont-Louis.

L’ensemble des volontaires et des participants se mobilisèrent pour réaliser les travaux du premier
“ vrai ” local de l’association pendant le mois de janvier 1999.

Un partenariat avec le SEL de Paris (Système d’échange local) nous permit d’accélérer les travaux.
Cette autre structure, basée sur l’échange permet d’offrir et de demander des services en échange
d’une monnaie symbolique : le piaf, plus ou moins étalonné sur la base du franc.

Certains adhérents du SEL participèrent à l’aménagement du local ainsi qu’aux travaux


administratifs. Rémunéré 60 piafs de l’heure, ils se constituèrent un pécule appréciable de piafs
qu’ils avaient ensuite le loisir de dépenser à leur guise. En échange, les 700 adhérents du SEL
pouvaient participer à toutes les séances que nous proposions en apportant une contribution de 50
piafs de l’heure et une cotisation en fonction de leur revenu.

Comme la moitié de nos participants vivaient avec moins de 5000 F par mois, je les orientai
fréquemment sur le SEL. Grâce à ce partenariat, chacun a pu participer à toutes les activités qui
l’intéressait en échange de services rendus aux adhérents, ce qui a permis de renforcer les liens
sociaux en se rendant utile et sortir de l’assistanat.

Ainsi, nous avons pu recevoir toute personne, même la plus démunie. Chacun a pu faire
l’apprentissage de techniques de gestion du stress et de santé en apportant des piafs, acquis dans
le cadre d’un échange de service, et une cotisation annuelle minimale de cinquante francs.
L’association a été ouverte à toute personne intéressée par son propre développement.

Depuis, notre structure a grandi, s’est enrichie de nombreux bénévoles formés à tout un ensemble
de techniques passionnantes.

Depuis sa création jusqu’en juin 2000, nous avons dépassé les 2500 participations enregistrées sur
plus de 800 séances d’activités. De plus en plus de personnes ont fait notre connaissance grâce au
bouche à oreille et ont découvert avec enthousiasme nos activités. De plus, un nouveau partenariat
s’est engagé avec des Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) pour donner des cours de
sophrologie et recevoir des stagiaires.

L’année 2000 constitua l’apogée de l’association. Nous avons réalisé 568 ateliers et enregistré
2497 participations. En effet, licencié économiquement fin 99, je m’investis avec espoir et
détermination dans la direction de l’association. La difficulté majeure restait l’abence de moyens de
laquelle découlait à terme l’impossibilité de pousuivre notre action.

Force était de constater que malgré un discours officiel du type : « Nous consommons trop de
médicaments » aucune aide concrète nous permettant de poursuivre notre action ne nous a été
accordée. Le champ de la santé, autre que médicamenteuse, et, de façon générale la prévention
naturelle par une responsabilisation et une autonomisation de chacun n’était décidémment toujours
pas bienvenue en France. Beaucoup trop d’argent et de pouvoir étaient en jeu dans le champ de la
santé controllé par les surpuissants lobbies médico-pharmaceutiques.
Coluche l’avait noté avec ironie : « Le cancer fait vivre beaucoup plus de personnes qu’il n’en tue. »

C’est également pour cette raison qu’après discussion avec l’ensemble de l’équipe, nous avons
décidé de créer une nouvelle association : « Espace Création Bien-Être. »

Cette nouvelle structure avait pour objectif de démocratiser les techniques de création et de bien-
être et les rendre accessibles à tous.

Le terme santé disparut de nos statuts, ce qui devait, nous l’espérions ardemment, faciliter
l’obtention d’indispensables subventions du ministère de la culture.

Cependant, malgré quarante demandes de subvention aucune aide ne nous a été accordée pour
financer un premier poste salarié. Je dus me résoudre à trouver un emploi en dehors de
l’association.

Grâce à une amie, j’appris l’existence d’une nouvelle structure mise en place par la Ville de Paris :
L’agence Cancer, dont la vocation était de venir en aide aux personnes concernées par cette
maladie, ainsi qu’à leur famille. Ma candidature fut acceptée et je commençai à exercer ma
première activité de psychologue institutionnelle le 15 décembre 2000.

Après avoir activement médiatisé l’agence auprès de plus de trois cents médecins des environs,
nous commençâmes à recevoir les bénéficiaires de cette action. Ils étaient souvent abattus après
leur diagnostic, fortement déprimée lors de notre première rencontre.

C’était le cas de madame M. Elle ne voyait plus pour elle aucun avenir.
J’eus à coeur de l’accompagner dans son combat contre la maladie. L’écoute et la compassion, la
découverte des recherches sur les liens existants entre l’esprit et le corps, associées aux techniques
de gestion du stress et de relaxation lui ont permis de retrouver progressivement confiance en elle.
Elle arriva à notre septième séance, avec une bouteille de champagne pour remercier notre équipe
de son aide. Elle m’a dit être en pleine forme, heureuse de sa nouvelle capacité à se sentir sereine
et forte à quelques jours de sa seconde chimiothérapie. Elle évoqua son souhait de devenir
bénévole dans une association de lutte contre le cancer après sa maladie et d’aider à son tour des
personnes en difficultés.
« J’ai retrouvé une réelle tranquillité d’esprit. J’accepte ce qui vient et je fais avec... » me confia-t-
elle.

Avec beaucoup de tristesse, je lui annonçai une révoltante nouvelle : Dans la matinée, ma
hiérarchie m’avait formellement interdit de continuer à mener des séances de relaxation. Madame
M. trouva cette interdiction absurde et aberrante. Elle écrivit son indignation à la direction, en vain.

Comme il est difficile d’être novateur dans l’administration ! Moins d’un mois après mon embauche,
sous la pression de certains de mes collègues psychologues de formation psychanalytique, la sous-
directrice dont je dépendais m’intima l’ordre de cesser toute activité de relaxation.
Il fallait selon elle « harmoniser le travail des équipes. » Malgré le soutien engagé du syndicat
autonome, je ne pus rien faire pour continuer à aider de mon mieux les personnes que nous avons
reçu. Invoquant le devoir de réserve, je ne pouvais qu’accepter en silence la sentence.

Je fus muté dans un service d’imagerie médicale pour venir en aide aux exclus, SDF et réfugiés
politiques. Pendant deux mois et demi, je m’investis dans le soutien psychologique de ces
nouveaux bénéficiaires. A la demande du chef de service, je créai un partenariat actif avec plus de
cinquante associations. Malgré sa satisfaction manifeste, et les nombreuses lettres que j’adressai
au directeur de la santé ainsi qu’au maire de la Ville de Paris, mon contrat ne fut pas renouvelé.

Début mai, je retournai m’inscrire à l’ASSEDIC. Au guichet une femme sympathique et souriante
me reçut. « A la recherche d’un emploi de psychologue, psychothérapeute ? Bienvenu au club » me
dit-elle. J’appris avec stupeur qu’elle en était au même point et qu’elle cherchait activement un
emploi de ce type malgré la fonction « alimentaire » qu’elle exerçait auprès des demandeurs
d’emplois. Il en va ainsi de même pour des milliers de psychologues qui ne parviennent pas à
trouver une activité salarié, faute de buget et de volonté politique de faire changer les choses...

En ce funeste mois de mai, l’association perdit son local à cause du dépot de bilan de l’Espace la
Comédia. Malgré des travaux gigantesques qui ont duré près de six mois et une activité en pleine
expansion, cette ambitieuse structure a du fermer ses portes pour des questions de sécurité.

Maigre consolation, la mairie du vingtième arrondissement de Paris nous octroya une subvention de
30 000 F sur le budget de la culture. Les lettres et les trois dossiers de demande de subvention que
j’apportai au maire de Paris pour ce poste salarié dont nous avions besoin sont restées sans
réponse. Ces dossiers ont, parait-il, été égarés ! J’écrivis de nouveau à plusieurs reprises au Maire
de Paris qui jamais ne m’a répondu. Malgré tous nos efforts, nous n’avons pu continuer notre
action sans un soutien concret.

Agir pour sa Santé (Paris) a apporté son aide aux personnes en difficultés psychologique,
somatique et sociale pendant 53 mois. Grâce à l’aide de 70 bénévoles, depuis sa création
(19/02/97) jusqu’à ce jour, l’association a réalisé 1434 ateliers et enregistré 5259 participations.

Malgré ces impondérables, je poursuis actuellement l’action entreprise par nos associations dans le
cadre magnifique de la Corse.

Après une formation à la création de sites Internet, j’ai réalisé le site d’Agir pour sa Santé que vous
pourrez trouver à l’adresse suivante : http://agirpoursasante.free.fr Un forum, des stages, des
formations ainsi que des consultations y sont proposés, au même titre que la vente de ce livre. De
plus, un nouveau site sur les rémissions spontanées est en cours de réalisation
(http://remissions.free.fr).

Sur le site d’Espace Création Bien-être (http://espacecbe.free.fr) sont proposées des argiles, des
peintures, des photographies ainsi que des stages et des formations.

Par le biais de cette structure, nous avons élaboré un nouveau projet pour venir en aide aux
adolescents suicidaires (http://adosos.free.fr).

En effet, le suicide est la deuxième cause de mortalité des adolescents en France.

J’espère que toutes ces activités nous permettrons de financer enfin le premier poste salarié que se
refusent à nous accorder les pouvoirs publics.

1°) “ Aide-toi et le ciel t’aidera. ”


Cette parole biblique, énoncée il y a deux millénaires, est plus que jamais d’actualité. Lors de
toutes les séances que je réalise, ce fait m’apparaît comme une règle d’or.

Une pratique régulière des techniques de santé est l’élément déterminant du résultat obtenu.

Comme pour tout apprentissage, la pratique est la clé de voûte de l’utilisation de ses propres
ressources.

Il semble assez impossible d’apprendre quoi que ce soit sans pratiquer.

La marche, les langues, la natation, la peinture, la musique ou l’informatique nécessitent que les
éléments théoriques se nourrissent d’une pratique régulière.

En ce qui concerne le cerveau, on estimait, il n’y a pas si longtemps encore, que sa taille était
l’élément primordial. Les croyances ont changé après l’autopsie d’un hydrocéphale. Son cerveau
n’occupait que le quart de sa boite crânienne. Pourtant, le quotient intellectuel de cette personne
était de 150, soit presque une fois et demie plus important que pour la moyenne de la population.

En fait depuis Piaget (255) il est avéré que l’apprentissage est l’élément essentiel de toute
adaptation.

Imaginez que vous décidiez d’apprendre le chinois. Des phonèmes vont progressivement se lier au
sens qui leur correspond. Après quelques mois de travail, de petits sentiers de compréhension vont
se constituer. Année après année, les chemins se transforment en route puis en autoroute de
l’information.

Ce même phénomène s’observe au niveau du cerveau. Plus on pratique et plus on acquiert la


seconde nature de ce que l’on reconnaît. En d’autres termes, on intègre en soi un champ de
connaissance utilisable spontanément et sans même réfléchir. L’acquis devient “ inné ”. La
complexité initiale se transforme en simplicité concrète.

2°) Faites la liste de tous les apprentissages fondamentaux que vous avez collectionnés tout au
long de votre vie, notamment ceux dont vous êtes le plus fier. Combien sont devenus pour vous
tellement évidents que vous ne réfléchissez plus en les mettant en pratique ?

Ces apprentissages intégrés sont les ressources actives dont vous avez besoin pour vous réaliser.
Adaptez-les à votre situation et vous obtiendrez de nouveaux apprentissages vous permettant de
dépasser vos difficultés.

Par exemple, confronté à la peur de prendre la parole en public, vous pouvez utiliser le fait d’avoir
parlé avec aisance à l’un de vos amis et relier cet apprentissage avec le fait de pratiquer le sport ou
l’activité de votre choix devant des spectateurs.

En revivant ces expériences à l’occasion d’une séance de relaxation, vous pouvez alors plus
aisément relier l’aisance d’une activité à une autre. Ce transfert d’apprentissage vous autorise à
vous représenter le plaisir de parler avec aisance en public. Un sentier vient de naître en vous.

En vous exerçant par la suite avec régularité, en prenant la parole devant 2, puis 3, 4, 5
personnes, etc., vous gravez en vous un apprentissage auquel vous pourrez ensuite avoir recours
de la façon la plus naturelle qui soit. En fait par des chemins de traverse, vous aurez appris à gérer
le stress de cette situation.

Le transfert d’apprentissage peut vous permettre d’appliquer une connaissance acquise à d’autres
contextes très différents .

Par le biais de la représentation mentale, vous pouvez transformer, par exemple, de la lumière en
énergie, l’énergie en vitalité ou en paix intérieure, la paix en force, la force en motivation...

Un souvenir agréable de confiance peut se transmuter en confiance en vos potentialités et vos


ressources personnelles...

Laissez s’exprimer votre créativité par écrit afin de graver l’apprentissage dont vous avez besoin
par toutes les sources de connexions possibles.

Représentez-vous le sentiment positif de ces souvenirs. Imaginez ce sentiment vous venir en aide
dans la situation qui vous pose problème. Concentrez-vous sur le plaisir de constater sa résolution.
Vous programmerez ainsi votre chance de réussir.

3°) Vous pouvez, bien sûr, contacter les professionnels qualifiés dans la discipline qui vous
intéresse pour vous former à leur pratique. De même, vous pouvez demander à enregistrer les
séances en apportant le matériel adéquat. Cela facilitera votre acquisition des techniques de santé.
________________________________________

(254) Publiée dans le N° 158 de Psychologies. (Nov. 97).

(255) Un célèbre psychologue généticien qui s’intéressa notamment au développement de


l’intelligence.

. Contexte de vie, changement et guérison

Changer votre contexte de vie ou la façon de le percevoir peut stimuler votre vitalité.

Expulsez les émotions liées aux conflits grâce à l’écriture, la peinture, le mouvement... Prenez de
la distance pour mieux analyser la situation. Développez une approche stratégique de modification
de vos relations vis-à-vis de votre environnement. Si votre contexte de vie s’avère inchangeable,
développez vos possibilités d’en changer.

Le contexte de vie lui aussi détermine, dans une certaine mesure, l’état de santé.

Combien de fois entend-on : “ Mon boulot, ma famille, ma relation, etc., me rendent malade. ”

Une fois de plus l’attitude psychologique que l’on entretient vis-à-vis du système d’interactions
auquel nous participons apparaît fondamentale.

C’est l'approche systémique qui a permis de prendre la mesure de l’importance des systèmes
(familiaux, psychosociaux, ethnologiques, culturels, géopolitiques) sur la santé.

Le père de cette approche est Gregory Bateson, ethnologue célèbre, qui, dans les années 1950
constitua un groupe de réflexion à Palo Alto en Californie. Des psys, des philosophes, sociologues,
cybernéticiens, mathématiciens et autres spécialistes de diverses disciplines se réunirent afin de
réfléchir ensemble sur le thème de la communication. Leur réflexion les amena à s'intéresser de
très près à la notion de système d’interactions (d’échanges entre individus).

Une de leurs observations reste gravée dans ma mémoire. La scène se déroule dans la chambre
où est enfermé un jeune schizoprène. La porte s'ouvre et la mère du patient apparaît. Fou de joie,
le jeune patient se précipite sur elle pour l'embrasser. Sa mère prend peur et a un mouvement de
recul. Son fils, percevant sa réaction, s'immobilise. La mère lui dit alors avec un ton de reproche :
" Alors mon chéri, tu ne viens pas m'embrasser ?"

Cette simple phrase semble avoir déclenché une réaction pathologique de la part du jeune homme.
Pourtant les systémiciens, en y réfléchissant de plus près, ont découvert l'origine de la crise. Le
jeune homme avait le désir manifeste d'embrasser sa mère mais le comportement de peur de cette
dernière a réfréné son élan. Comme si rien ne s'était passé, la mère lui reproche son manque
d'amour filial, d'où l'émergence de la crise.

Les spécialistes de l'école de Palo Alto ont défini cette transaction en terme de double contrainte
schizophrénogène, c'est-à-dire une injonction immédiatement suivie de l'injonction contradictoire
qui empêche l'individu d'exister dans son désir, d'une façon ou d'une autre. Face à ce paradoxe, lié
à un enjeu vital, la crise est un moyen pathologique de trouver une nouvelle solution au problème
posé.

Le fait de méta communiquer, c'est-à-dire de s’exprimer au sujet de l’échange dysfonctionnel, est


une manière saine d'envisager la communication. Une façon de créer les bases du respect et d’un
partage authentique.

Une partie du travail thérapeutique consiste à apprendre à méta communiquer au sein de la


famille.

Cette observation met également en lumière le fait qu'il existe deux types de communication que
les systémiciens ont appelés digital et analogique : La communication digitale est de l'ordre du
verbal.
L'analogique recouvre tous les à-côtés qui participent à la communication et enrichissent son sens :
volume et ton de la voix, expression du visage, attitude, gestuelle, etc.

Par exemple la formule “ c'est ça ” revêt un sens bien différent selon qu'elle est prononcée de façon
affirmative, interrogative, agressive, ironique, accompagnée d'un petit mouvement de la main
signifiant va voir ailleurs, ou encore le poing serré et le pouce tendu vers le haut avec un regard et
un sourire de fierté.

Dans l'observation décrite plus haut, il est possible de repérer un décalage très net entre ces deux
langages, digital et analogique. La crise du jeune homme devient alors plus compréhensible par
référence au système de communication dysfonctionnelle dans lequel il est pris.

Les théoriciens de l'approche systémique ont élaboré trois axiomes fondamentaux :

1°) La communication est tissée par les réseaux enchevêtrés des processus d'interactions et de
relations. En d'autres termes, l'échange que l'on a avec une personne détermine le type de
relation, et réciproquement.

2°) Le deuxième axiome est que l'on ne peut pas ne pas communiquer. Le silence et l'immobilité
sont déjà une forme de communication et peuvent être très signifiants dans un contexte donné.

3°) Enfin le troisième axiome concerne le fait qu'un système de communication dysfonctionnel peut
entraîner une pathologie psychique ou physique.

Cette approche a donné naissance à la thérapie systémique. Les thérapeutes, après analyse de la
situation, aident la famille, ou le système, à rétablir une communication souple, fluide et de qualité.
La pathologie qui n'a alors plus de raison d'être tend à disparaître aussi vite qu'elle est venue.

Pour ceux que l'approche intéresse, je recommande l'excellent ouvrage d'Edmond Marc et
Dominique Picard : L'école de Palo Alto. (256)

Dans le milieu professionnel, les dysfonctionnements du système peuvent aussi retentir sur l’état
de santé.

Le chômage peut constituer un ensemble de facteurs de stress aboutissant à des troubles


psychologiques, somatiques et sociaux. (257)

Dans le monde du travail, le syndrôme du « burn-out » qui correspond à un « épuisement


physique, émotionnel et mental causé par un engagement prolongé dans des situations
émotionnellement exigeantes » (258) peut aussi être à l’origine de troubles psychologiques et
somatiques. (259)

Lors d’une précédente activité professionnelle, je suis intervenu dans une structure dans laquelle le
directeur, particulièrement pervers, exerçait un harcèlement moral sur ses employés. Le système
rigide qu’il avait conçu ne permettait aucun changement pourtant indispensable au bon
fonctionnement de l’institution. Il fut nocif à l’état de santé des accueillis mais aussi à celui des
intervenants.

Mes collègues tombaient malades les uns après les autres (insomnies, dépressions, infections
diverses, problèmes allergiques et cutanés...). Beaucoup de ceux qui démissionnaient voyaient
leurs symptômes se dissiper rapidement.
Une collègue ayant développé de l’eczéma depuis son embauche a vu celui-ci spontanément
disparaître le jour où elle a appris son prochain licenciement.

Pour ma part après trois années d’activité, j’étais en désaccord complet, d’un point de vue éthique
et déontologique, avec la politique de l’établissement. Je m’accordai quelques vacances.

De nouveaux projets virent le jour. Je partis à Montalivet où s’élabora une première antenne de
l’association. Ses fondateurs, Béatrice et Philippe me reçurent avec leurs enfants Axel et Samson
dans leur adorable famille. Leur hospitalité me réchauffa le cœur. Une douzaine d’activités
différentes de création et de découverte de la nature s’y mettaient en place. L’équipe commença à
chercher un local.

Et moi, je devais bientôt retourner à mon pénible travail.


Je me rappelle distinctement avoir connu un vif sentiment de colère à l’égard de cette situation.

Cette colère s’est retournée contre moi.


Je pensai : “ Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour rester dans ce paradis verdoyant. Élaborer de
nouveaux ateliers, poursuivre nos séances de travail et nos balades en forêt. Rester encore un peu.

Trois jours avant de reprendre mon travail, une douleur aiguë se manifesta au niveau de mes reins.
Une colite néphrétique, crise de calculs rénaux, fut diagnostiquée.
Ce syndrome, l’un des plus douloureux de la création, nécessita une hospitalisation et deux mois
d’arrêt maladie.
Ce dernier mois me fut recommandé par mon directeur qui m’invita à adopter l’idée d’une longue
maladie, même si cela devait mettre un terme à ma carrière...

Cette douloureuse expérience me permit de réaliser, une fois de plus, à quel point mes processus
de pensée étaient déterminants par rapport à ma santé. Les souffrances endurées, transmutées en
colère associée à la simple idée de retourner travailler dans cet établissement m’étaient devenues
toxiques, empoisonnant mes reins. Cet organe est celui de l’énergie vitale pour les Asiatiques.

En fait, peu de temps après avoir commencé cette activité professionnelle, de sourdes douleurs
rénales se manifestaient ponctuellement. Je me vidais de mon énergie, mais ne pouvais quitter ce
travail alimentaire, vital et toxique à la fois. Toute cette situation m’empoisonnait à petites doses.

Heureux concours de circonstances, je réussis peu de temps après à négocier un licenciement


économique.

Ces symptômes disparurent lorsque je quittai ce système dysfonctionnel.

Les nombreux témoignages de personnes ayant connu une rémission convergent sur le fait que le
changement de contexte de vie ou de façon de le percevoir est essentiel.

Récemment Arte diffusait : « Histoire de guérison », l’histoire de Ginger Cunes, une femme
allemande atteinte d’un cancer du sein. Peu de temps avant le déclenchement de la maladie, elle se
sent déprimée et n’a plus goût à rien. « Je n’avais plus de rêves » remarque-t-elle.

Le choc du diagnostic la stimule pour s’occuper d’elle, se consacrer du temps.

Comme l’idée du cancer lui pompe son énergie, elle s’initie à la pratique de la méditation et réalise
des exercices de relaxation trois fois par jour. Elle travaille aussi à se découvrir.

Ginger transforme les événements pénibles de sa vie en occasion d’apprendre quelque chose
d’intéressant et de plaisant.
Consciente de l’enjeu vital, elle accepte une ablation localisée de sa tumeur.

Pendant la radiothérapie, elle visualise les effets de la « machine guérisseuse ».

Des retraites dans le silence puissant de la nature l’aident à exorciser la peur de rechuter et de
mourir.

L’acceptation de sa mort l’aide à profiter de sa vie avec une intensité jusqu’alors inégalée.

En d’autres termes, elle a modifié son contexte de vie tout en réaménageant sa façon de le
percevoir.

Aujourd’hui, douze ans après, Ginger est en parfaite santé.

Elle réunit des groupes de malades et leur enseigne ce qu’elle a appris.

En 1985, Niro Markoff Asistent, une femme d’origine belge et russe, découvre, à l’occasion d’un
dépistage qu’elle est atteinte de sida. Ses médecins estiment qu’il lui reste à vivre un an et demi,
deux tout au plus. Elle accepte sa situation, décide de se prendre en mains et d’agir. Elle
commence par faire le point sur sa vie.

« En explorant mes souffrances émotionnelles et mes peurs, je découvrais non seulement la source
du déséquilibre qui avait abouti à ma maladie, mais aussi ce que je devais faire pour favoriser ma
guérison. » (260)

Niro change alors radicalement de mode de vie. Elle accepte l’idée de mourir et se consacre avant
tout à l’instant présent.

Après avoir exploré les techniques de santé, elle réalise un important travail d’expression de ses
émotions négatives, adopte un régime alimentaire sain et équilibré, fait de l’exercice et s’investit
dans la pratique de la méditation et de la visualisation. Elle prend en compte ses besoins, s’offre de
grandes promenades au bord de la mer, s’accorde du temps et profite de l’instant présent. Elle
découvre que sa raison de vivre est d’aimer, de partager et de prendre plaisir à vivre.

Sept mois après, un nouveau test la révèle non seulement en parfaite santé mais aussi séro-
négative !
Pour Niro :

« La guérison survient quand nous lâchons le passé, acceptons le présent et nous ouvrons aux
mystères du futur. »

Depuis elle a fondé la fondation SHARE (partager en anglais) et aide les personnes atteintes de sida
à faire face à la maladie. Elle a écrit un ouvrage « Comment je me suis guérie du sida » et réalise
des conférences dans le monde entier.

Dans son livre, la citation d’Hippocrate résume bien le fond de sa pensée : « Réjouissez-vous de
vos pouvoirs intérieurs, car ils sont les sources de la perfection et de la sainteté en vous. » (261)

Niro a radicalement modifié sa façon de percevoir l’existence. Elle est devenu actrice de sa santé et
de sa vie.

En 1986, Mark Griffiths, lui aussi concerné par des symptômes liés au VIH, fait le choix
d’abandonner son mode de vie autodestructeur et se consacrer à sa santé. Il découvre les principes
d’une vie saine et équilibrée. Il se consacre à de longues randonnées dans la nature et se récite
comme un mantra :
« Chaque pas est en train de dissoudre un peu plus ma négativité. »

Mark refuse, comme tous les rescapés du sida, l’équation VIH = Mort. Il découvre l’expérience de
San Diego et réalise qu’il lui faut guérir sa vie pour retrouver l’état de santé. Il s’investit alors dans
le rêve éveillé dirigé et l’auto-hypnose, le massage et l’auto-massage, la naturopathie, la
psychologie et découvre les bienfaits de l’alimentation que préconise le Dr Kousmine.
Progressivement, ses symptômes disparaissent et il retrouve confiance en lui. Aujourd’hui, il est
bonne santé sans traitement médical et poursuit ses multiples activités.

Mark a créé une association qui porte son nom. Il y a diffusé, entre autre, le premier journal
français de santé séropositive : « L’Apprenti Sage », un livret : « Sida ? Première maladie virtuelle
de l’histoire », ainsi que la synthèse du programme LIFE (cf. chap. 37). (262)

Pour de nombreuses personnes ayant connu une rémission, la maladie constitue l’occasion
inespérée de commencer à vivre pleinement. Accepter de se donner de nouvelles priorités. Prendre
soin de soi. S’investir dans la pratique de techniques de santé. Adapter son alimentation à ses
besoins et faire de l’exercice. Voyager. Se ressourcer au contact de la nature. Partager l’espoir et la
vie avec d’autres personnes. Changer de contexte de vie ou sa façon de le percevoir...

La nature est le contexte privilégié de toute vie. L’occasion de puiser de nouvelles ressources dans
toutes les énergies environnantes.

L’écosystème le plus luxuriant et le plus vivifiant qu’il m’ait été donné de voir est sans conteste
l’archipel des Antilles. Lors de chacun de mes voyages, j’ai l’impression de me retrouver, de
m’emplir d’une nouvelle énergie bienfaisante, comme si la grisaille parisienne n’était plus qu’un
lointain souvenir.

La mer azurée, douce et bienfaisante m’a toujours offert un sentiment de joie et d’enthousiasme
unique. En explorant ces îles, ce fut comme une révélation. Comme si mon coeur battait plus fort
sous les Tropiques.

D’autant que la mer recèle de véritables trésors de découvertes.

Il y a quelques années, je découvris en Israël la ville d’Eilat au bord de la Mer Rouge. Il y avait là
un centre de plongée où il était possible de nager avec les dauphins. Je tentais l’expérience. Malgré
la fraicheur de l’eau en ce mois de février, le centre ne désemplissait pas. Nous partîmes à une
dizaine, équipés d’une tenue de plongée, d’un masque et d’un tuba.

Parvenus au point de rencontre, la consigne était de rester le plus immobile possible et d’attendre
patiemment l’arrivée des dauphins. Nous scrutâmes les fonds sous-marins avec une excitation
grandissante. Il était clair que la rencontre avec ces fabuleux mammifères dépendait de leur bon
vouloir.

Soudain, l’un des plongeurs émis un son de surprise. Il scrutait les profondeurs quand il perçut un
léger mordillement sur sa main. Il se tourna et vit un dauphin le regarder dans les yeux tout
sourire et serrer très légèrement ses doigts dans sa puissante mâchoire, comme pour le saluer. Le
plaisir facétieux des dauphins était de nous surprendre. Celui-là était venu discrètement, échappant
aux regards pour faire une bonne blague au plongeur médusé.

D’autres dauphins apparurent. Ils donnaient l’impression de voler dans les eaux. Un spectacle
féérique s’offrit à nos yeux. A quelques mètres de nous, glissèrent quatre dauphins espiègles,
jouant à se poursuivre tout en nous observant.

Apparurent alors, plus en retrait, une mère et son petit de cinq mois. Ils nageaient autour de notre
groupe presque en osmose avec les mêmes mouvements amples et paisibles. J’eus l’impression de
vivre un rêve empli d’un sentiment de sérénité et d’amour.

Un dauphin changea de trajectoire et passa à quelques centimètres de moi. J’approchai ma main


de son ventre et le caressai sur toute sa longueur. Sa peau était extraordinairement chaude et
douce.

J’eus l’impression de rentrer en contact avec l’énergie d’amour d’un être infiniment plus intelligent
que moi. Il me donna le sentiment d’être empli de bienveillance et de curiosité amusée à l’égard
des êtres humains.

Depuis, j’ai la profonde motivation de profiter de ce remarquable contexte de vie pour créer un
nouveau centre de redynamisation en milieu maritime. Conjuguer les bienfaits de la nature à un
séjour de ressourcement et de revitalisation.

Cet espace tropical de création, de bien-être s’appellera : « Nagez avec les Dauphins »

Ouvert à tous, ce centre comportera des programmes thérapeutiques de développement personnel


à la carte.

Bénéficiant du climat des Antilles, certaines côtes de Floride sont une réserve naturelle de dauphins
en liberté. C’est le lieu de mes prochaines expéditions.

Imaginez le plaisir de commencer la journée avec le lever du soleil en dégustant quelques fruits
exotiques. Puis traverser la plage, plonger dans une mer transparente et saluer les dauphins.

Après une douche fraîche, réaliser à l’ombre des cocotiers quelques exercices de relaxation, de taï-
chi, de yoga.

Ensuite s’offrir une promenade en bateau et faire de la plongée afin de s’extasier devant la richesse
et la diversité de la flore et de la faune sous-marine. Après un déjeuner local équilibré, se laisser
glisser dans une sieste relaxante, se reposer en laissant passer la canicule.

Au réveil, s’investir dans la création, découvrir ses dons d’artiste en peinture et en argile. Se
promener en forêt tropicale. Faire du sport... Et revenir au bord de la mer pour se baigner encore
dans l’eau magique et régénératrice dans laquelle flamboient les arabesques du soleil couchant.

Après un bon dîner faire place à la fête et au plaisir de danser sur la plage à la lumière de torches
et d’étoiles. Voilà ce dont je rêve aujourd’hui. Et ce que j’aimerais vous inviter à partager dans un
avenir proche. Le projet est en cours... Je poursuis ma recherche de partenaires. (263)

1°) Laissez vos paupières se fermer et respirer profondément plusieurs fois de suite, concentrez
votre attention sur les émotions associées spontanément à ce passage tropical du texte que vous
venez de lire.

Après quelques minutes, ouvrez les yeux et remplissez ces deux échelles aussi spontanément que
possible.

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit.

Votre note =

2°) À présent, évaluer vos résultats. Indiquer votre score et déterminer ce que vous évoque ce
passage tropical en terme de qualité de vie. Suite à cet exercice, consigner vos impressions sur
votre journal de bord.

Comme vous le constatez peut-être, la concentration sur quelques évocations positives peut
façonner votre bien-être et votre vitalité.

Les émotions, générées par votre concentration sur certains types de pensées, se répercutent
directement sur votre perception et déterminent votre contexte de vie et sa qualité.

D’où l’importance de se focaliser sur des pensées desquelles naissent des émotions positives
bénéfiques à l’état de santé. Et de façon générale, de concrétiser ses projets, ses rêves et de les
réaliser.

« Plus on s’approche de son rêve, plus la légende personnelle devient la véritable raison de vivre. »
(264)

3°) Si vous vous intéressez au processus de santé, je vous invite à lire plusieurs autres ouvrages
sur la psycho-neuro-immunologie que vous trouverez dans la bibliographie en langue française. Ils
sont tous, à mon sens, aussi passionnants que bénéfiques et montrent l’étendue des ressources
dont chacun dispose pour améliorer son état de santé.

En résumé, tout contexte psycho-social participe à déterminer le mode de fonctionnement de


l’individu à un niveau psycho-physiologique.

Lorsque les paradoxes personnels ou professionnels menacent l’intégrité éthique et déontologique


d’une personne, ce à quoi elle aspire et croit, des dysfonctionnements somatiques apparaissent
fréquemment.

Cela met en lumière la nécessité de créer un processus de changement dans le système ; et


lorsque cela s’avère impossible, de modifier son propre positionnement par rapport à lui, quitte à
en changer et à changer de vie.

4°) Prendre de la distance et relativiser sa situation s’avère indispensable.


Écrivez spontanément tout ce qui concerne vos difficultés face au système (familial, relationnel,
professionnel,...). Vous pouvez écrire sous la forme de lettres adressées aux personnes avec
lesquelles vous êtes en conflit. Écrire tout ce que vous avez sur le cœur et que vous n’avez jamais
pu dire. Expulsez toutes les émotions négatives, puis détruisez ces documents. Réitérez cette
éciturelibératrice autant de fois que nécessaire jusqu’à parvenir à un apaisement et une tranquillité
intérieure.

5°) Analysez les relations que vous entretenez avec votre système d’interactions.
Comment un processus de changement peut-il se concrétiser dans les meilleures conditions ? Quel
rôle aurez-vous dans ce processus ? Comment opérer un changement en douceur en contournant
les résistances ?

La nuit porte conseil. Rêvez que votre situation s’éclaire et s’améliore. Pour cela, concentrez-vous
avant de vous endormir sur la joie que vous pourrez ressentir en réalisant ce qui vous tient à
coeur. Remercier Dieu, votre ange gardien, votre bonne étoile ou votre guide intérieur de vous
permettre de réaliser votre rêve.

Prenez de la distance. Lâchez prise. Offrez-vous quelques jours de répit. Partez en vacances.

En laissant faire les choses, les solutions apparaissent aux travers de signes que l’on peut
interpréter. Vous pourrez ensuite déterminer au mieux la façon de modifier ce qui doit l’être. Vous
pouvez alors rédiger une lettre stratégique, génératrice de solutions, qui vous permettra de
modifier la relation que vous avez avec le système.
6°) Si tout changement semble impossible, il vous reste deux possibilités :

- Acceptez la situation. En attendant, adaptez-vous avec les moyens du bord à ce que vous vivez.
Investissez-vous dans de nouveaux contacts avec d’autres systèmes plus équilibrants.

- Si votre situation est invivable, à moyen ou long terme, donnez-vous la possibilité de quitter le
système qui vous pose problème.

Élaborez de nouveaux projets.

Changez de contexte de vie.

Changez de vie.

40. LES REMISSIONS ET L'ETHIQUE

“ Le vrai fondement de la médecine est l’amour ” Paracelse.

“ Chaque patient porte en lui-même son propre médecin. Nous donnons le meilleur de nous-même
lorsque nous permettons au médecin qui réside dans chaque malade de se mettre au travail. ”
Albert Schweitzer.

Investissez-vous dans l’espoir de voir votre situation s’améliorer. Reprenez votre vie en main et
profitez de tous les bons moments avec intensité. Goûtez pleinement à toutes les émotions
positives en sachant qu’elles constituent les bases de l’état de santé.

Au stade actuel de nos observations, il est possible d'élaborer une réflexion sur le processus de
guérison impliqué dans les rémissions spontanées.

Comme nous le savons, les rémissions spontanées constituent de rares exceptions. Certaines
statistiques estiment qu'il y en a une pour 20 000 personnes atteintes de cancers. Pourtant, des
centaines de témoignages de personnes en rémission attestent de la puissance des techniques de
santé.

Depuis l'apparition du virus du sida, cinq personnes au moins sont passées d'une séroposivité à une
séronégativité. Et plusieurs centaines de personnes dans le monde ont connu une rémission du
sida. Tout en gardant leur séropositivité, elles profitent toujours d’une parfaite santé.

De la même façon, pour de nombreuses maladies chroniques, des milliers de témoignages de


rémissions abondent dans le même sens : Les personnes "rescapées" ont toutes vécu une
modification importante dans leur cognition, leur mode de vie et leur contexte.

Bien sûr, il est impossible et même dangereux d'annoncer que l'on peut permettre à tout à chacun
de guérir de pathologies létales. Les conduites magiques sont souvent sources d'amères
déceptions.

Cependant, l'espoir de voir sa condition s'améliorer reste un essentiel ingrédient du processus de


santé et de guérison.

Comme l'a écrit Bernie Siegel dans « Messages de vie », "on peut se poser la question sur les
médecins qui craignent de donner de faux espoirs à leurs patients. Le vrai problème n'est-il pas de
ne leur laisser aucun espoir..." (265)
Le médecin met tous ses moyens en œuvre pour aider une personne à guérir et la recherche
scientifique continue de montrer l'efficacité des traitements qui sont prescrits.

Dans le même ordre d'idées, il me semble en tant que psychologue qu'il est également
indispensable de susciter l'espoir d’améliorer son état de santé, sans toutefois tenir des propos
inconsidérés sur la certitude d'une guérison.

Pour paraphraser ce philosophe qu'est parfois Woody Allen, “ le sida et la vie ont au moins un point
commun. Il s'agit de maladies mortelles sexuellement transmissibles. ”

Accepter l’impermanence des êtres et des choses qui nous entourent est à mon sens la meilleure
prévention de l’état de santé. En effet, accepter la disparition de tout ce que l’on possède, faire le
travail de deuil par rapport à ce que l’on croit détenir éternellement, en d’autres termes accepter
les changements que va nous imposer l’existence est vital.

Peu de temps après ma formation à la psychothérapie éricksonienne, un adolescent souffrant


d’acné et de verrues vint me consulter. Le début de ses difficultés de santé remontait à sa puberté
et il était conscient de vivre une période de transformation difficile, notamment sur le plan de sa
sexualité. Sa main droite était converte d’une demie-douzaine de verrues proéminentes dont les
traitements médicaux réitérés n’avaient pu venir à bout.

Je réalisai une séance unique de relaxation et l’invitai à s’imaginer dès demain (des deux mains)
pleinement en accord avec lui-même, réconcilié avec ses désirs. Je lui suggérai de se représenter
une vie sexuelle épanouie avec sa future partenaire. Un épanouissement qu’il pourrait prendre en
main. Le plaisir de se sentir empli d’énergie, bien dans sa peau. Le calme et la paix intérieure...

J’attirai son attention sur les ressources de l’inconscient qui facilitent naturellement la guérison du
corps, l’encourageai à écrire et à pratiquer régulièrement des techniques de relaxation-
visualisation. A s’imaginer partir les mains libres à l’exploration de son univers sensoriel...

Je l’invitai à réaliser chaque jour un exercice de visualisation : se représenter l’arrêt de


l’alimentation sanguine juste au niveau de ses verrues. Privée d’aliment, elles vont simplement
pouvoir disparaître.

A son retour de vacances d’été, ses verrues avaient totalement disparu et ses problèmes d’acné
s’étaient bien résorbés. Par son travail quotidien, il s’était débarrassé de ses appréhensions, avait
acquis une nouvelle confiance en lui, ce qui lui permit de nouer une première relation amoureuse.

Lewis Thomas, président d’honneur du centre anticancéreux Sloan-Kettering de New-York estime,


en évoquant les verrues, que : « Si mon inconscient est à même de trouver quels mécanismes
déclencher pour surmonter ce virus et redisposer les cellules de manière à provoquer le rejet des
tissus tumoraux, je n’ai qu’une seule chose à dire : c’est que mon inconscient a une sacrée avance
sur moi. » (266)

De nombreuses rémissions similaires ont été relatées par des thérapeutes pour des tumeurs
bénignes et bien localisées. Il est parfois possible de constater le même processus de guérison avec
le cancer.

Il y a douze ans, je rencontrais le père d’un ami, un homme d’une soixantaine d’années. Il avait eu
un cancer des poumons et souffrait, lorsque je le rencontrais, de métastases hépatiques et
cérébrales. Son espérance de vie était statistiquement de quelques mois.

Il m’apparut épuisé et découragé, attendant la mort avec résignation. Je l’amenais à réfléchir aux
causes du cancer. Après un long entretien, il s’aViéra que le facteur déclenchant de la maladie était
le souci qu’il se faisait pour ses enfants et notamment pour son fils qui allait se marier.
Bien que réticent à l’égard de tout ce qui n’était pas conventionnel, il accepta de participer à une
séance d’hypnothérapie. Nous réalisâmes une seule et unique séance sur le thème de l’acceptation
des changements de vie. Je lui proposai de retrouver de très bons souvenirs marqués par le
détachement et sa capacité de s’adapter avec souplesse aux événements extérieurs.

Il connut un état de profonde relaxation, oubliant du même coup ses douleurs et son état de
fatigue général. Après la séance, je l’encourageais à s’investir dans les techniques de santé et à
garder le cap sur l’espoir.

Comme il se prit d’intérêt pour ce type de démarche, je lui offris la liste des ouvrages publiés sur la
psycho-neuro-immunologie. Mon ami m’apprit que, peu de temps après notre séance, il s’engagea,
parallèlement à ses traitements médicaux, dans la lecture de quelques ouvrages.

Sa situation s’améliora progressivement et il retrouva au bout de quelques années un état de


parfaite santé.

En mars 2000, je lui téléphonai et il me dit ce qui l’avait le plus aidé, dans son parcours du
combattant : avoir l’esprit au repos et la farouche volonté de vivre.

Toutefois, l'année suivante, de nouvelles épreuves entrainèrent une détérioration de sa santé.


Gérard développa un cancer des poumons fulgurant qui l'emporta en été 2001.

Le processus de rémission est bien souvent le fait d’une modification en profondeur de notre être.
Modifications de ses relations avec soi, les autres et le monde extérieur.

Le changement est le fruit de la souplesse. L’indispensable souplesse dont nous avons besoin pour
accepter le changement. Elle peut s’acquérir grâce à des techniques diverses et variées.

Lorsque l'on parcourt la littérature à travers les âges, il est possible de constater que des pratiques
diversifiées aboutirent à des phénomènes de rémissions.

Notamment à l'époque où les médecines sophistiquées que nous connaissons aujourd'hui


n'existaient pas. L'individu alors ne pouvait que prier en espérant qu'une puissance divine le
guérisse de son mal.

Et depuis l'aube de l'humanité, des constellations de croyances, érigées en religions, nous invitent
à nous recueillir et à prier.

D'ailleurs, n'est-ce pas ce que fait secrètement le plus athée des athées lorsqu'un obstacle majeur
se dresse devant lui et qu'aucune issue ne semble envisageable.

L'une des raisons du succès des religions peut être liée au fait que la guérison par le miracle y
tient une place prépondérante. L'aveugle retrouve la vue. L'impotent se met à marcher. Le mort
ressuscite. On le sait intuitivement, l'espoir fait vivre et la foi soulève des montagnes.

L’absorption dans le divin crée un état de conscience chargé d’émotions positives, bénéfiques aux
processus de santé.

De même, dans les différentes pratiques que nous avons passées en revue, de la méditation à
l'auto-hypnose, ont été recensées des rémissions de pathologies diverses. Bien évidement, ces
témoignages, émerveillent ou intriguent, fascinent ou dérangent la communauté scientifique.

Pourtant, certaines personnes condamnées par les médecins les plus « optimistes » réussissent à
survivre et à guérir.

De façon générale, ces personnes modifient leurs habitudes de vie nocives et prennent la
responsabilité d’influencer le cours de leur existence de façon positive.

Elles s’investissent dans la pratique de ces techniques de santé et stimulent en elles des émotions
positives bénéfiques à leur physiologie.

Ces personnes, souvent sportives, pleines d’humour, d’amour et de joie de vivre négocient les
changements de leur existence avec souplesse.

La maladie est souvent pour elles l’occasion de s’interroger sur la fonction du symptôme et de
trouver un sens nouveau à leur existence en lien avec une forme de spiritualité.

Ces personnes se donnent les moyens de se réaliser. Nombreuses sont celles qui s’engagent à
aider bénévolement les autres.

Améliorer son confort, se protéger de ce qui peut aggraver les symptômes et souscrire aux
traitements médicaux indispensables font partie de leurs nouvelles habitudes de vie.

Ces personnes sont convaincues qu’une attitude active, positive et combative, agit sur l’état de
santé. Elles deviennent “ acteur de leur santé ”.

Les plus grands médecins ont compris le rôle essentiel que joue le moral dans le processus de
guérison.

Hippocrate lui-même considérait l'esprit et le corps comme deux éléments inséparables d'un même
organisme.

Pour Sénèque, le désir d'être guéri fait partie intégrante du processus de guérison.

Et la sagesse populaire sait bien depuis la Rome antique que l'adage : "Un esprit sain dans un corps
sain" est une réalité.

En Inde “ lorsqu'une personne dit : "mon cœur n'y est pas" ou "mon foie fait des siennes", il est
difficile de savoir si elle parle d'un organe physique ou d'un trouble émotionnel, et on se trouve
perplexe devant le fait que le patient n'a jamais fait la différence entre les deux. ” (267)

Ce lien évident entre l'esprit et le corps s'actualise dans le traitement que l’hindou non occidentalisé
utilise pour combattre un symptôme. Il en est de même dans toutes les sociétés de culture
traditionnnelle.

Ainsi, lorqu'une maladie apparaît, celui qui en est atteint s'isole quelques jours de son village et va
méditer et prier loin des autres, dans la nature. Le simple fait de créer un état de conscience
modifié et d'espérer le changement suffit bien souvent à la disparition du trouble.

D'ailleurs depuis la nuit des temps, cette connaissance s'est fondue jusque dans la langue de ce
pays. En hindi, le mot santé se dit Svastha ( sva = Je ; stha = stable), ce que nous pourrions
traduire par le moi équilibré, l'harmonie entre soi et les autres, son corps et son esprit.

Pour renforcer son état de santé, la pratique du yoga (l’union avec le divin) est préconisée.

Les techniques de santé seraient-elles efficaces, à l’image du yoga, en ce qu’elles nous amènent à
puiser dans nos ressources intérieures et explorer notre propre divinité ?

Voici donc un survol des recherches ayant constitué cette discipline scientifique qu'est la psycho-
neuro-immunologie.

Bien qu'ayant évoqué tout au long de cet exposé les surprenants résultats de l'influence de l'esprit
sur le corps, je rappelle que le traitement médical reste indispensable si l'on veut mettre toutes les
chances de son côté. Bien évidemment, une consultation et un traitement médical s'imposent
lorsqu'un nouveau symptôme apparaît, particulièrement une douleur inconnue.

Pour l’avenir, souhaitons que des recherches puissent voir le jour en France.

Elles permettront, je l’espère, de constater à quel point la pratique de ces techniques est
indispensable à chacun d’entre nous et plus particulièrement aux personnes hospitalisées. J’espère
que cet ouvrage stimulera le gouvernement à prendre les mesures qui s’imposent. Bien sûr, je suis
prêt à participer à toute recherche dans ce domaine aussi inexploré que passionnant.

J’espère que la lecture de ce livre pourra insuffler un nouvel espoir aux personnes concernées par
la maladie, du fond de leur lit d’hôpital. Améliorer leur qualité de vie. Leur offrir la motivation pour
résoudre leur difficulté et se réinvestir dans une dynamique de réalisation, de vie et de santé.

Une recherche sur ce thème serait d’une grande simplicité alliée à une appréciable économie de
moyens.

En attendant, je vous invite, vous, cher lecteur, à participer à ma seconde recherche dans ce
domaine. Elle pourrait s’intituler : les effets de la pratique des techniques de santé.
Il vous suffit de remplir les questionnaires et de me les expédier par courrier après avoir analysé
vos résultats.

Si ce livre vous a offert, ne fût-ce qu’un rayon de motivation et d’espoir, son écriture aura été pour
moi pleinement utile. Merci pour votre participation.

1°) Investissez-vous régulièrement dans l’écriture et la relaxation. Il vous sera alors plus facile
d’expulser les émotions négatives et d’intégrer en vous les émotions positives bénéfiques à votre
état de santé.

2°) Pratiquez dans votre quotidien les techniques qui vous procure bien-être et joie.

Vous vous donnerez les meilleures chances de développer vos ressources personnelles et d’agir
pour votre santé.

Conclusion

“ Le pouvoir naturel de guérison présent en chacun de nous est le facteur le plus déterminant dans
le recouvrement de la santé. ” Hippocrate.
Le processus de santé serait-il animé par l’étincelle de divinité qui éclaire chaque être ?

« Nous sommes ce que nous pensons, dit le Bouddha. Tout ce que nous sommes s’éveille avec nos
pensées. C’est par elles que nous créons le monde. » Thomas Byron. (268)

« Si vous avez la foi, rien ne vous sera impossible. » Saint Matthieu. (269)

Vous êtes la seule personne au monde capable de vous aider à trouver une nouvelle détermination
à vivre et à profiter de la vie. Votre propre investissement dans l’existence, entre autres grâce aux
techniques de santé, est déterminant de votre aptitude à vivre et à renforcer votre état de santé.

Ce livre s’est fondé sur ce faisceau de convergences qu’offre la psycho-neuro-immunologie, au


travers des enrichissements mutuels de disciplines complémentaires : La psychosociologie, la
psychologie, la neurologie, l'immunologie et l'endocrinologie.

De leurs rencontres est née une nouvelle conception de la santé et du processus de guérison.

A la lumière des plus récentes découvertes de cette science, l'étude de l'esprit se trouve
aujourd'hui enraciné à son mode de fonctionnement biologique au cœur du cerveau.

Le système nerveux est en interaction instantanée avec les processus qui gouvernent les défenses
naturelles de notre organisme au sein du système immunitaire.

De la même façon, il régule les fonctions de régénération cellulaire et de cycles hormonaux opérés
par le système endocrinien.

Chaque système apparaît communiquer avec l'autre par l'intermédiaire du cerveau, siège de la
conscience et de l'inconscient.

La conscience perçoit un ensemble de stimulations émanant du monde extérieur. Elles sont


transformées en émotions en plongeant au cœur de l'inconscient et de ses symboles, empruntant
les dédales de chaînes associatives qu'elles stimulent. Dans le même temps, le système limbique
répercute le message de chaque émotion positive ou négative sur les autres systèmes.

Le cours de chaque pensée a son équivalent biologique.

S’absorber dans une pensée positive crée une impulsion électrique qui chemine simultanément le
long d’axones, de neurones et d’arbres dendritiques et transmet de multiples informations
bénéfiques à tous nos systèmes vitaux.

Plus ce chemin neurologique est emprunté et plus il tend à se transformer en boulevard et même
en autoroute de l'information dans lesquelles le déplacement de données devient ample réflexe.

Au niveau du cerveau, chaque apprentissage est comme une nouvelle branche de l’arbre de la
connaissance qui se développe. En nous perfectionnant dans un domaine choisi, la branche devient
arbre à son tour et sa ramure étend ses branches vers celles d'autres arbres.

Grâce aux apprentissages, de nouvelles connexions se créent en permanence et élargissent le


champ de la conscience. D’où l’importance de développer des apprentissages qui stimulent des
émotions positives. Nos apprentissages affinent notre perception et notre sensibilité aux stimuli.
Les Inuit, par exemple, utilisent plus d’une vingtaine d’appelations pour désigner la neige qui
recouvre presque en permanence leurr territoire.

Bien sûr, l’écosystème dans lequel nous vivons participe à créer notre vision du monde.

Notre perception et notre “ intelligence ” se sont élaborées en fonction d'expériences vécues ;


surtout en fonction de la façon dont nous avons vécu ces expériences. Elles constituent la banque
de données de notre mémoire qui détermine notre relation envers nous-mêmes, les autres et le
monde extérieur.

Epictète l’avait formulé il y a bien longtemps : “ Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les
choses, mais les jugements qu’ils portent sur les choses. ” (270)

Ces choses, ces situations sont déformées, embellies ou enlaidies par nos expériences passées
ayant suscité des émotions spécifiques. Notre conscience semble être en perpétuelle interaction
avec les modes de fonctionnement de notre univers intérieur. Elle détermine notre façon de
percevoir le monde extérieur tout comme notre biologie interne qui résulte, entre autres, de
l’interaction de ces processus.

Il est rassurant de savoir qu’il est toujours possible de modifier notre perception du monde par le
biais d’un travail sur soi.

Grâce à notre investissement personnel dans la pratique de techniques de santé, notre réalité
perçue peut se modifier et stimuler en profondeur nos processus de santé.

Les émotions positives constituent l’un des ingrédients fondamentaux de la santé.

D’où la nécessité d’accepter les changements de la vie, voire de les susciter lorsqu’ils sont
indispensables à notre équilibre et à notre réalisation.

S’engager plus avant dans la concrétisation de ses rêves est l’occasion de matérialiser une solide et
farouche raison de vivre qui se traduit dans notre biologie.

C’est la compréhension nouvelle qu'apporte cette passionnante discipline scientifique qu'est la


psycho neuro-immunologie. Elle permet d'envisager le lien intense qui unit l'esprit et le corps et
surtout elle propose de nouveaux chemins de conscience. Conscience de l’action que son esprit
peut avoir sur le corps. Conscience de ce qui est bon, juste et utile pour soi et sa santé. Soi et le
monde dans lequel on vit.

Comme nous l’avons vu, de nombreuses pratiques permettent d'observer les rémissions de divers
symptômes ou syndromes.

Toutes nous invitent à nous recueillir et nous absorber dans l'espoir et la foi de voir sa situation
s’améliorer.

A la lumière de la psychologie, ces trois dimensions complémentaires peuvent se comprendre, en


termes de modification de l'état de conscience, de prophétie auto-réalisante et d'intégration
d’émotions positives.

De plus, ces pratiques sont généralement vécues dans une communauté d'individus en interaction.
Le support psychosocial qu'elles constituent renforce le processus de santé.

L’état de santé s’épanouit avec l’amour, la joie, et la réalisation de soi.

Il est renforcé par la pratique des techniques de santé qui potentialisent nos capacités intérieures.
Il nous suffit de les mettre en pratique régulièrement.

Vous pourrez, grâce à elles, apprendre à utiliser les ressources de votre inconscient dont la
vocation première est de maintenir votre organisme en bonne santé.
En effet, depuis la conception, le corps poursuit son évolution et se régénére spontanément.

Pour Deepak Chopra, un célèbre endocrinologue, fondateur de l'association américaine de


médecine ayurvédique (271) : “ 98 % des atomes de l'organisme (en) étaient absents un an
auparavant.

Le squelette qui semble si solide n'était pas le même trois mois plus tôt.

La configuration des cellules osseuses demeure plus ou moins constante mais des atomes différents
passent et repassent en toute liberté au travers des parois cellulaires, ce qui explique qu'un
nouveau squelette se forme tous les trois mois.
La peau se renouvelle tous les mois.

La paroi de l'estomac change tous les quatre jours et les cellules superficielles qui sont au contact
des aliments sont renouvelées toutes les cinq minutes.

Les cellules du foie se renouvellent très lentement mais de nouveaux atomes continuent à les
traverser, telles l'eau dans le courant d'une rivière, et fabriquent un nouveau foie toutes les six
semaines. ” (272)

Choppra estime qu'une intelligence supérieure dont nous n'avons pas conscience gouverne les
processus autonomes qui nous permettent de maintenir l'harmonie du fonctionnement des
cinquante mille milliards de cellules qui composent notre organisme.

Ne trouvez-vous pas impressionnant de savoir que près de 2 millions de globules rouges sont
fabriqués par la moelle rouge de nos os à chaque seconde ?

Ainsi, en l'espace d’une heure vous vous enrichissez de quelques 10 800 millions de globules
rouges, et quelques 3 600 millions de lymphocites, sans y penser.

Ce n'est pas pour rien que le docteur Ingelfinger qui fut rédacteur en chef du prestigieux New
England Journal of Medicine estime que 85 % des maladies peuvent être guéries par les seules
ressources de notre organisme.

Une histoire qui remonte à la nuit des temps et dont l'auteur m'est inconnu illustre bien ce propos.

“ Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où les hommes étaient des dieux. Mais
ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le
pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand
problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils
proposèrent ceci : “ Enterrons la divinité de l’homme dans la terre. ”

Mais Brahma répondit : “ Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera. ”

Alors les dieux répliquèrent : “ Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. ”

Mais Brahma répondit à nouveau : Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous
les océans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface. ”

Alors les dieux mineurs conclurent : “ Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister
sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour. ”

Alors, Brahma dit : “ Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus
profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. ”
Depuis ce temps là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé,
plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui... ”

1°) Partez à la découverte de vos propres ressources intérieures. Explorez-les grâce à la pratique
de ces techniques de santé, ou de toutes celles que vous inventerez. Sur la base de vos
apprentissages, élaborez vos propres techniques personnelles et surtout mettez-les en pratique.

2°) Notez régulièrement vos réflexions, vos résultats. Votre témoignage pourra peut-être aider de
nombreuses personnes à développer leurs propres capacités à vivre, à profiter de la vie et à
renforcer leur état de santé.

J’aurais plaisir à réaliser avec vous un ouvrage sur ce thème qu’il serait possible d’appeler :
“ Rémissions. ” Si vous souhaitez y participer, envoyez-moi votre témoignage et je prendrai bientôt
contact avec vous.

Je vous souhaite de tout cœur de développer vos ressources personnelles et de stimuler en vous
cette étincelle de divinité qui anime la raison de vivre et renforce le processus de santé.

Et, qui sait, peut-être pourrez-vous devenir comme le jeune homme de l'Alchimiste ?

« Et le jeune homme se plongea dans l’Ame du Monde, et vit que l’Ame du Monde faisait partie de
l’Ame de Dieu, et vit que l’Ame de Dieu était sa propre âme. Et qu’il pouvait, dès lors, réaliser des
miracles. » (273)

QUESTIONNAIRE DE SANTE : ANNEXE 1

Questionnaire de santé (A remplir après avoir lu ce livre)

Tout comme au début de cet ouvrage, je vous invite à remplir ce questionnaire.

Date d’aujourd’hui :

Je vous invite à évaluer votre santé sur des échelles. Donnez une note de 0 à 100 à la proposition :

J’ai un excellent moral.

Pas du tout = 0 Tout à fait = 100 Votre note =

Faites-en de même pour les propositions suivantes :

Je suis heureu(x)(se) dans ma vie de tous les jours.

Votre note =

Je ressens un profond bien-être dans mon corps.

Votre note =

Je ressens un profond bien-être dans mon esprit.

Votre note =

Je suis intéressé(e) par l'apprentissage de techniques de santé.


Votre note =

Je pense que la pratique de techniques de santé m'aidera à combattre mes difficultés.

Votre note =

Je me sens soutenu(e) par rapport à mes difficultés.

Votre note =

J’ai un bon sommeil, paisible et réparateur.

Votre note =

1. A votre avis, quel est votre état de santé actuel sur une échelle de 0 à 100, en imaginant que
100 corresponde à un état de santé idéal ?

2. Par quelles difficultés de santé éventuelles êtes-vous concerné ?

2.1. Depuis quand ?

2.2. Quelle a été la fréquence de ces troubles depuis 1 an ?

3. Qu'avez-vous tenté pour vous guérir de ces difficultés ?

3.1. Avez-vous connu une amélioration de vos troubles ? Si oui, laquelle ?

3.2. Quelle pratique ou quelle technique vous ont aidé ? En quoi ?

4. A peu près combien de jours par an ressentez-vous ces difficultés ?

4.1. Pouvez-vous exprimer votre degré de gêne par rapport à ces troubles sur une échelle de 0 à
100 en imaginant que 100 corresponde à une gêne maximale.

5. Toujours avec l'échelle précédente de 0 à 100, quelle sera d'après vous votre état de santé dans
1 an ?

5.1. Par quel moyen espérez-vous vous guérir de ces symptômes ?

6. Que ressentez-vous et que vous dites-vous lorsque vous les sentez venir ?

7. Que faites-vous dans ces moments là ?

8. Je vais à présent vous soumettre des formulations et vous pouvez exprimer en pourcentage
votre degré d'accord avec elles.

8.1. Je pense que le stress de la vie influe sur ma santé.

8.2. Je sais que je peux guérir en apprenant à utiliser mes potentialités.

8.3. En gérant mon stress je peux profiter d'une bonne santé.

8.4. Je suis prêt(e) à m'investir pleinement dans un travail sur moi-même pour voir mes difficultés
disparaître.
9. Quels ouvrages avez-vous lu sur le thème de la santé et que vous ont-ils apporté ?

9.1. Que vous a apporté la lecture de ce livre ?

Quelle est la fréquence et la nature de votre pratique personnelle de techniques de santé telles que
: prière, respiration, relaxation, visualisation, méditation, yoga, taï-chi, chi-cong, gymnastique,
activité sportive... ?

Notez depuis combien de temps vous pratiquez ces techniques, la durée de votre pratique
quotidienne et ce qu’elle vous apporte.

ANALYSE DES RESULTATS DU QUESTIONNAIRE DE SANTE :


ANNEXE 2

Après avoir lu ce livre et surtout mis en pratique les techniques de santé et une fois que vous
aurez rempli le questionnaire en annexe 1, il vous suffira de comparer une à une vos réponses avec
celles du questionnaire en début de livre pour déterminer ce qui s’est modifié en vous.

Pour ces deux questionnaires, soustrayez les scores de votre première passation de la seconde.

Sur le second questionnaire (Annexe 1), vous pouvez indiquer l’évolution de vos résultats en notant
avec un stylo de couleur rouge pour chaque question :
+ ou - accompagné du résultat de la soustraction.

Exemple : A la question
8.2. Je sais que je peux guérir en apprenant à utiliser mes potentialités.

Vous avez répondu 30 à la première passation et 70 à la seconde.


Vous pouvez simplement noter en rouge + 40.

Cela vous permettra de déterminer ce qui s’est modifié en vous à la suite de la lecture de cet
ouvrage. Faites-en de même pour toutes les questions auxquelles vous avez répondu.

Vous pouvez également noter ce qui vous a aidé à améliorer votre score.

Exemple : L’espoir qu’a créé l’amélioration de ma situation après avoir réalisé l’exercice du chapitre
2.

Si vous souhaitez participer à la seconde étude que j’entreprends, je vous invite à m’adresser une
copie de vos deux questionnaires par e-mail : agirpoursasante@free.fr

Je vous invite également à m’adresser le témoignage de l’amélioration de votre état de santé. Il


pourra éventuellement être publier dans le second ouvrage que je prépare intitulé :
“ RÉMISSIONS ”

Merci de tout cœur pour votre participation.

CONSULTATIONS DE PSYCHOLOGIE ET DE PSYCHOTHERAPIE EN LIGNE


Les consultations de psychologie et de psychothérapie
sont réalisées par Paul Zveguinzoff.

Après quatorze années d'études supérieures,


consacrées à l'étude des mécanismes psychologiques
impliqués dans le processus de guérison, j'ai créé
l'association Agir pour sa Santé.

Depuis 1997, j'y apporte bénévolement mon aide à


toute personne intéressée par le développement de
ses ressources personnelles.

CES CONSULTATIONS ONT POUR BUT DE :


- Vous permettre de faire le point de votre situation.
- Déterminer un objectif à court terme que vous souhaitez réaliser.

- Vous enseigner les techniques de santé, de relaxation et de gestion du stress.

- Vous guider vers un état de relaxation à partir d'exercices de respiration, de relaxation


musculaire progressive et de visualisation.

- Vous permettre d'explorer vos ressources personnelles (vos apprentissages réussis, vos bons
souvenirs...) afin de faciliter la réalisation de votre objectif.

Grâce à une pratique régulière des techniques de santé, il vous sera possible de développer
vos ressources personnelles et de créer plus facilement dans votre vie les changements
auxquels vous aspirez.