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Optique Géométrique

Chapitre I : Lois générales de l’optique

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Chapitre I : Lois générales de l’optique

Sommaire
I. Un peu d’histoire
II. La lumière dans le vide
III. Propagation de la lumière dans un milieu matériel
IV. Principe de Huygens
V. Principe de Fermat
VI. Lois de Descartes-Snell

10/02/2020 2
Chapitre I : Lois générales de l’optique

I. Un peu d’histoire

IVe siècle avant J.-C. Euclide (IVe-IIIe siècle avant J.-C.)


L’œil est la source de la lumière
théorie des miroirs
XIe siècle Alhazen (965-1039)
La lumière a une source extérieure à l’œil
Etudes expérimentales de lentilles et de miroirs
Notions d’objet et d’image

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XVIIe siècle Galilée (1564-1642)


Fabrication de lunettes astronomiques
Descartes (1596-1650)
Lois de la réflexion et de la réfraction
Modèle corpusculaire : particules dont la vitesse dépend du milieu traversé
(vitesse plus grande dans un milieu transparent que dans l’air)
Fermat (1601 ou 1605-1665)
Principe de moindre temps
Huygens (1629-1695)
Modèle ondulatoire permettant de retrouver les lois de Descartes
La vitesse de la lumière est plus grande dans l’air que dans un milieu transparent
Newton (1642-1727)
Lentilles non sphériques, prisme, miroir parabolique
Théorie des couleurs
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XIXe siècle Young (1773-1829)


Etude des phénomènes d’interférence
Fresnel (1788-1827)
Etude et théorie de la diffraction
Foucault (1819- 1868)
Mesure de la vitesse de la lumière (plus faible dans l’eau que dans l’air)
Maxwell (1831-1879)
Théorie des ondes électromagnétiques
Expérience de Michelson et Moley (1887) :
impossible de mettre en évidence l’éther

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XXe siècle Einstein (1879-1955)


Théorie de la relativité permettant de s’affranchir de la notion d’éther
Planck (1858-1947) et Einstein
Théorie du rayonnement du corps noir
Tomonoga, Schwinger et Feynman
Théorie de l’électrodynamique quantique

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II. La lumière dans le vide


La lumière présente deux aspects complémentaires :
- Un aspect corpusculaire
particule de masse nulle: le photon
vitesse de déplacement c du photon dans le vide (célérité) : c = 299.792.458 m.s-1 ≈ 3 108 m.s-1
énergie associée E au photon : E = h n où la constante de Planck h = 6,626 10-34 J.s et n est la fréquence
- Un aspect ondulatoire
onde électromagnétique se propageant en ligne droite à la vitesse c
la longueur d’onde l associée est : l = c / n
les ondes lumineuses visibles correspondent au domaine : 400 nm ≤ l ≤ 800 nm
soit 7,5 1014 Hz ≤ n ≤ 3,7 1014 Hz
Attention !
la lumière n’est pas nécessaire visible à l’œil. Ce sont de fines particules
dans l’air ou un écran qui, en diffusant la lumière, permet de la voir. 7
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L’expérience de Fizeau (1849)


permet de mesurer
la vitesse de la lumière

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Dans le vide, tout comme dans un milieu linéaire, homogène, isotrope et transparent, la lumière se
propage en ligne droite.
La droite ou portion de droite suivie par la lumière s’appelle rayon lumineux. Un rayon lumineux matérialise
le chemin effectivement suivi par l’énergie lumineuse.
Un faisceau lumineux est un ensemble de rayons lumineux. Un faisceau lumineux peut être parallèle,
convergent ou divergent.

faisceau parallèle faisceau convergent faisceau divergent


Un pinceau de lumière est un faisceau étroit.

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Si on interpose sur le trajet du faisceau lumineux un diaphragme (plan opaque percé d’un trou de diamètre a):
si a >> l si a << l

Si les dimensions du trou a sont de l’ordre de grandeur ou inférieures à la longueur d’onde de la lumière, un
phénomène de diffraction apparaît.
La lumière diffractée par le trou circulaire de diamètre a est essentiellement concentrée dans un cône de demi
angle au sommet égal à 1,22 l / a.
Les lois de l’optique géométrique ne s’appliquent que dans le cas où
on considère que la longueur d’onde est infiniment petite devant les
dimensions des objets rencontrés.
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III. Propagation de la lumière dans un milieu matériel


L’intensité lumineuse décroît lors de la propagation dans un milieu matériel. C’est le phénomène
d’absorption. La loi de décroissance est en général une fonction exponentielle de la distance parcourue et
dépend de la fréquence. Une absorption sélective permet d’expliquer la couleur des milieux presque transparents.
Les interactions de la lumière avec un milieu matériel modifient la vitesse de propagation.
La vitesse de propagation V n’est plus la célérité c :
V=c/n
Où n est l’indice de réfraction du milieu (n est toujours supérieur à 1).
La réfringence d’un milieu est la caractéristique liée à la valeur de l’indice n de celui-ci:
plus l’indice est élevé plus le milieu est réfringent.
Exemples (l =589 nm) : air eau silice fondue Verre en crown verre en flint*
n = 1,000277 1,333 1,458 1,520 1,650

*tel que le cristal 12


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L’expérience de Foucault (1850) permet de mesurer la vitesse de la lumière dans un milieu matériel.

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Sur le parcours d1, on a dans le cas des petits angles la relation suivante:
d / d1 = tan 2 q ≈ 2 q
On en déduit l’expression de l’angle q :
q = d / 2 d1
Le miroir tourne à une vitesse angulaire w :
w = q / Dt
Pendant Dt, la lumière a effectué un aller et retour, c’est-à-dire 2 fois d2 avec la célérité V (c si on est dans l’air
ou le vide). On a la relation :
Dt = 2 d2 / V
En remplaçant Dt dans l’expression de w par l’expression précédente, on obtient :
w = d V / 4 d1 d2
Finalement en retournant cette expression pour écrire la vitesse de la lumière, on obtient :
V = 4 d1 d2 w / d

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Dans un milieu matériel, les radiations monochromatiques de différentes longueurs d’onde se


propagent à des vitesses différentes. Un tel matériau est dit dispersif.

L’indice de réfraction est donc fonction de la longueur d’onde.


La relation empirique de Cauchy rend ainsi compte de la dépendance
de l’indice de réfraction n en fonction de la longueur d’onde de la lumière dans le vide l0 :
n(l0) ≈ A + B / l02

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IV. Principe de Huygens


Enoncé :
La lumière se propage de proche en proche. L’ensemble des points d’égale perturbation lumineuse est appelé
surface d’onde. Chacun des points de cette surface atteint par la lumière se comporte comme une surface
secondaire qui émet des ondelettes. La surface enveloppe de ces ondelettes forme une nouvelle surface d’onde.

en t2 en S2
en t1 en S1

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Pour construire à partir de la surface d’onde S1 à l’instant t1 la surface d’onde S2 en t2 voisin de t1: t2 = t1 + dt
La distance parcourue par l’onde pendant l’intervalle de temps dt est : dl = V dt
En introduisant l’indice de réfraction n et la célérité c, la durée dt s’écrit :
dt = dl / V = n dl /c
Dans le cas d’une propagation finie entre deux points A et B, le chemin optique est donnée par :
t 𝐵
𝐿 = ‫׬‬t 𝐵 𝑐 d𝑡 = ‫ 𝐴׬‬n dl = c ( tB – tA )
𝐴
Cette intégrale curviligne doit être calculée le long de la direction de propagation de l’onde qui, en tout point,
est normale à la surface d’onde dans un milieu isotrope.
Le chemin optique est donc le chemin parcouru par la lumière dans le vide pendant la durée de propagation
dans le milieu considéré. C’est la durée de la propagation de la lumière mesurée en mètre, c étant un facteur de
conversion (la célérité c est une constante universelle de la physique).

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V. Principe de Fermat
Enoncé :
La lumière se propage d’un point à un autre sur une trajectoire telle que la durée du parcours soit minimale.
Dans l’énoncé actuelle de ce principe, on remplace minimale par stationnaire.

Soient deux points A et B atteints par la lumière et entre eux une trajectoire C’ qui a priori n’est pas la trajectoire
de la lumière. Soit une trajectoire C’ obtenue en déformant la trajectoire C par un déplacement dM entre M et M’
tel que dA = dB = 0.
Le chemin optique L est stationnaire si la quantité élémentaire dL = L’ – L est infiniment petite par rapport à la
valeur supérieure de dM.

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Conséquences :
Dans un milieu matériel homogène, l’indice de réfraction est uniforme :
𝐵

𝐿 = ‫ 𝐴׬‬n dl = n 𝐴𝐵
Il en résulte que L est minimal si la trajectoire AB est une droite AB.
Dans un milieu homogène, la lumière se propage en ligne droite.
D’autre part :
𝐵 𝐴 𝐴
𝐿𝐴𝐵 = ‫ 𝐴׬‬n dl = − ‫ 𝐵׬‬n dl = ‫ 𝐵׬‬n dl ′ = 𝐿𝐵𝐴
Si dl = - dl ’ désigne l’élément curviligne orienté de B vers A.
Comme LAB est stationnaire, alors LBA l’est aussi.
Le trajet suivi par la lumière ne dépend pas de son sens de parcours.

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VI. Lois de Descartes-Snell


Ces lois ont été trouvés par Al Haytham au XIe siècle puis par Snell en 1621 et par Descartes en 1637.
Elles expriment le changement de direction par réflexion ou réfraction d’un rayon lumineux au
passage d’une surface (dioptre) qui sépare deux milieux homogènes d’indice de réfraction différent.

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En appliquant le principe de Fermat :


2 2
Le chemin optique s’écrit : 𝐿𝐴𝐵 = 𝑛1 𝐴1 𝐼 + 𝑛2 𝐼𝐴2 = 𝑛1 𝐴1 𝐼 + 𝑛2 𝐴2 𝐼
Sachant que (Ua)’ = a Ua-1 U’ et que d𝑈 = U’ 𝑑𝐼
𝐴1 𝐼 .𝑑𝐼 𝐴2 𝐼 .𝑑𝐼
On obtient en différentiant l’expression : 𝑑𝐿𝐴𝐵 = 2 𝑛1 + 2 𝑛1 =0
2 2
2 𝐴1 𝐼 2 𝐴2 𝐼

En posant les vecteurs unitaires suivants :


𝐴1 𝐼 𝐴2 𝐼
𝑈1 = et 𝑈2 =
2 2
𝐴1 𝐼 𝐴2 𝐼

On obtient la relation suivante : 𝑛1 𝑈1 + 𝑛2 𝑈2 . 𝑑𝐼 = 0 et donc 𝑛1 𝑈1 + 𝑛2 𝑈2 𝑑𝐼

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Conséquences :
A1, A2 et I sont dans un plan orthogonal au dioptre.
Loi 1 : le rayon réfracté est dans le plan d’incidence
q1 q’1
Si on projette le vecteur 𝑛1 𝑈1 + 𝑛2 𝑈2 suivant la tangente au dioptre,
sachant qu’il est normal à celui-ci :
Loi 2 : 𝒏𝟏 𝒔𝒊𝒏 𝜽𝟏 = 𝒏𝟐 𝒔𝒊𝒏 𝜽𝟐
Si le rayon incident est réfléchi, n2 = n1 q2

A1, A1‘et I sont dans un plan orthogonal au dioptre.


Loi 3 : le rayon réfléchi est dans le plan d’incidence
Si on projette le vecteur 𝑈1 + 𝑈1′ suivant la tangente au dioptre , sachant qu’il est normal à celui-ci :
Loi 4 : 𝒔𝒊𝒏 𝜽𝟏 = 𝒔𝒊𝒏 𝜽𝟏 ′ et donc 𝜽𝟏 = 𝜽𝟏 ′

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Principe de Huygens appliqué à la réfraction


Les ondes restent en phase: même temps de parcours n1
Rayon 1 : T1 = AC/ V2 rayon 1 rayon 2
Rayon 2 : T2 = DB/ V1 q1 D
D’où AC/ V1 = DB/ V2
C/ V2 .AC = C/V1 .DB milieu 1 d dioptre
n2 .AC = n1 .DB milieu 2 A B
n2 .AC/d = n1 .DB/d
or AC/d = cos (p/2 – q2) = sin q2 C
DB/d = cos (p/2 – q1) = sin q1
n2
Et donc n1 . sin q1 = n2 . sin q2 q2

réfraction
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Chapitre I : Lois générales de l’optique

Construction du rayon réfracté

q1

milieu 1
n1 n2 dioptre
milieu 2

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Construction du rayon réfracté

q1

milieu 1
n1 n2 dioptre
milieu 2

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Construction du rayon réfracté

q1

milieu 1
n1 n2 dioptre
milieu 2

réfraction
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Construction du rayon quand n1 > n2

q1

milieu 1
n2 n1 dioptre
milieu 2

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Construction du rayon quand n1 > n2

q1

milieu 1
n2 n1 dioptre
milieu 2

réfraction
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Construction du rayon réfléchi


Il y a réflexion totale quand n1 > n2 et q1 > qlim avec sin qlim = n1 / n2

q1

milieu 1
n2 n1 dioptre
milieu 2

réfraction
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Chapitre I : Lois générales de l’optique

Construction du rayon réfléchi


Il y a réflexion totale quand n1 > n2 et q1 > qlim avec sin qlim = n1 / n2 réflexion totale

q’1 = q1
q1

milieu 1
n2 n1 dioptre
milieu 2

réfraction
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