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16.10.

12 Cours 02 – Manfredo Tafuri

Semaine prochaine dans l’aprem : thèse de ? (13h)

Manfredo Tafuri -> rendu possible la recherche en architecture le siècle dernier. Son rôle
dans le développement de la th de l’archi est gigantesque. Il a engendré avec son travail, un
glissement de paradigme fondamental -> vaut la peine d’avoir un cours entier sur lui.
But : comprendre et avoir des instruments pour appréhender des écrits de Tafuri.

Pour rentrer dans cet univers, on commencera par sa biographie en nous intéressant à 4
périodes principales (permet de se situer dans les écrits de Tafuri) puis nous rentrerons plus
en détail dans un de ses ouvrages.

On se base sur trois écrits -> cf slides : Andrew Leach, Anthony Vidler et Panayotis
Tournikiotis.

4 périodes :
a. Formative years 1935-68
b. Venise School 1968-76
c. A Periode of Ajustement 1976-84
d. The Second Venise School

Formative years 1935-68

Architecte romain d’origines juives. Vit comme jeune enfant à Rome pendant la guerre et
dira qu’il a décidé d’étudier l’archi parce qu’il partait à la mer avec Paolo Ceccarelli ->
échange de bouquins, discussions…

Etudie à Rome à ASEA en 1959 -> déception (contexte d’après-guerre) car les architectes de
l’université étaient encore ceux d’avant et pendant la guerre (donc principalement fascistes).
On sent donc encore l’influence de l’ancien régime dans l’enseignement -> compliqué pour
les jeunes. Ce qui implique que très tôt chez les jeunes, on voit monter des initiatives de
révolution (plus tôt qu’à Paris). Il est acteur de ce mouvement. Mise en place d’une auto-
formation avec d’autres jeunes.

Deux figures l’accompagnent dans ce climat universitaire : Bruno Zevi (archi-historien de


l’archi italien, plus jeune qu’Argan, formé à Harvard et écrivant des récits d’histoire d’archi
plus moderne) et Giulio Carlo Argan (forge le regarde de Tafuri, impliqué politiquement)
Il développe un intérêt par la philo (Heidegger, Sartre, Husserl
Apres ces études il monte un bureau avec ses amis Architette e Urbanisti Associati -> déjà la
question de la ville et de l’urbanisme.

RQ sur Argan : Il parle de « read architecture as a human fact, or as a history of human


labour and subjective religiosity » -> on sent l’influence marxiste, que l’archi peut aller plus
loin, avoir un impact idéologique sur la production artistique.
Ils vont faire quelques concours, réalisation d’immeuble, parc etc. Il a donc construit à un
moment. Au sein de ce groupe, son rôle devient peu à peu très clair comme critique interne
envers ses collègues plutôt que de dessiner lui-même. AUA avait de très grandes ambitions.
Dans ces années 60, Tafuri est très proche du Partito Socialista Italiano puis Partito Socialista
Italian Unita Proletaria -> glissement vers des conviction plus dures…
Révoltes à L’université en 58 et 63 -> contre la génération en place rétrograde et
conservatrice. Ils obtiennent que 4 nouveau profs soient engagés à l’Université : Zevin
Piccinato, Samona, Quaroni.
Quaroni va engager de nouveaux assistants issus de AUA.
Première publication :
a. Série de contribution à des encyclopédies
b. Ecrits critiques dans Casabella-continuité et italia nostra,…
c. Contribution historiques, tfe et écrits de Borromini
Première monographies
a. Quaroni, 1964
b. Archittettura moderna in Giappone, 1964 (sans y être jamais aller)
c. L’architettura del Manierismo nel ‘500 Europeo, 1966 (mouvement très important
pour lui)
Michelangelo Architetto -> expo organisée par Zevi et Portoghesi : propose une lecture de
Michelange qui était comme un exemple à suivre sur l’architecture contemporaine de
l’époque. Ils indiquaient une manière de faire l’architecture en s’appuyant sur cet exmple
historique. « The (Nightmare) Michelangelo Exhibition » (Tafuri) : pense que cette opération
est douteuse, qu’ils violent cette figure en qq sorte.

Pour lui, c’est de l’histoire opératoire. Il se place contre cette attitude et un combat pour lui
tout au long de sa vie et un moteur pour sa propre production.

En 66, poste à Palerme -> prise de distance % scène romaine : plus de temps pour écrire et
penser. Il fait une première psychanalyse. C’est vraiment une période d’intérogation
personnelle et privée mais également publique -> publiée « Teorie e storia de l’architettura »
en 68. Cette distance physique lui donnait un détachement % Rome, une distance critique :
amour haine avec ses sujets. Une forme d’attachement aux sujets qu’ils traitent, comme
pour son architecture.

The Venice School (1968-76)

Publication de Teorie et Storia, dernier chapitre = taches que l’historien doit faire selon lui
‘les taches de l’histoire » -> agenda intellectuel des années à venir à la IUAV. Il pose aussi la
question de la critique et des historien. A nouveau on sent l’esprit marxiste.

Lance ISA Istituto di Storia dell’Architettura -> s’entour d’une équipe. Commence une revue
avec : Cacciari (philosophe engagé politiquement deviendra maire de Venise), Dal Co (dirige
toujours casabella) et De Michelis (historien). Et des assistants : Ciucci, Miano et ?
Ils installent avec ce groupe un objectif partagé : comprendre les cycles du capitalisme et les
égémonies intellectuels, politiques et économiques et de voir comment l’architecture est
une espace de résultante de ceci. Il s’agit de faire la différence entre l’histoire qu’il leur était
alors proposé et leur vraie histoire, philosophique, vision tres orthdoxe néomarxisme. Il
s’agissait d’essayer d’aller au-delà des questions spatiales. Placer cette architecture dans une
société ou d’autre positions et paradigmes de pensées sont installés.
Ces objectifs sont influencés par l’école parisienne

Ces chercheurs s’intéressent :


a. Aux USA
b. A l’URSS
c. A la République de Weimar : permet d’étudier l’avant-garde
Deux influences à noter :
Tronti -> idée d’idéologie architecture = idéologie politique, les deux sont pareilles et
indissociable. Idéologie à comprendre comme un système de justification (sens marxiste)
Cacciari -> négocier avec la culture bourgeoise au lieu de la rejeter complètement.

Publications les plus marquantes :


- Projetto e Utopia, 1973 : forgé le regard sur Tafuri comme critique idéologique aux
USA
- Socialisme, citta, architettura, 1971 : parle de l’URSS
- La citta americana, 1973 : parle de la ville américaine

Publication hors ISA : rien à voir avec les autres recherches


- Via Giula, 1973 (rue historique assez importante ou se retrouve toutes les époques) :
étude bâtiment par bâtiment pour documenter cette rue.
- Monographie sur Sansovino, 1969
- Publication sur Perrault, Wren, Guarini et Piranesi

Influences
- Ecole française Annales de Marc Bloch et Febvre
- Critique institutionnelle de Michel Foucault.

En 76, réforme de l’IUAV sous Aymonino. ISA devient DACSA -> apparition d’une formation
spécialisée en histoire de l’architecture. Collaboration avec History department at Ca’ Foscari
Il s’implique aussi sur la scène américaine -> changera sa façon d’appréhender l’architecture
sur la scène américaine (Eisenman etc.) : implication dans Opposition. Destruction de la
croyance envers le modernisme pour se tourner vers une période de post-modernisme.

A Periode of Ajustement (1976-84)

Il fait une deuxieme psychanalyse et va se repositionner dans un nouveau débat post-


structuraliste. Influence de Rella qui le fait entrer en contact avec la pensée de Foucault,
Derida, Deleuze, ou Nietzche. -> implique qu’il repense le rapport entre la langue et
l’architecture : « L’architecture dans le boudoir. The language of Criticism and the criticism of
language ».
La demande à l’archi de parler conduit la culture archi sur des sentiers battus
d’autoréférentialité et d’impotence critique. Il essaie de faire la distinction entre analyse
linguistique de l’archi et d’autre part de son idéologie linguistique (à l’archi) comme langage.
La distinction est importante.
Revisite les themes de sujet qu’il a déjà traités avant : Cf slides -> retour a URSS, avant-garde,
Vienne, Borrimini etc.

Fin des années 70, deuxieme psychanalyse -> conclu qu’il doit quitter la critique pour se
consacrer essentiellement à l’histoire. Se plonge dans la Renaissance à Rome et Venise.

81 DACSA -> Dipartimento di Stori de l’Architettura (consacré qu’à l’histoire) +


Déménagement qui externalise ce qui se passe chez lui d’une certaine manière.
Il fait de nouvelles collaborations avec la bliblioteca Herziana à Rome (étonnant) et …
Instauration du doctorat en histoire de l’architecture -> début de la recherche en
architecture : se développera partout en Europe. Ce qui change profondément le champ de
la critique et l’histoire de l’archi (fait de moins en moins par des archis).

Enseignements et recherches donnent plusieurs publications -> slides


S’occupe de la restauratino de Palazoo del Te de Giulio Romano pour s’obliger à être en
contact avec la constrcution.

Histoire comme critique de l’architecture

Il suit une espece d’orthodoxie marxiste. Il ne va pas proposer une théorie sur l’essence de
l’architecture, parce qu’il pense que la révolution doit arriver avant que l’on puisse vraiment
faire une nouvelle architecture libérée. Il n’y a pas pour lui une théorie normative, c’est
impossible à ses yeux.
Ses théories vont de pair avec une méthode analytique ayant une grande part d’autocritique
-> textes peu explicite, contradictions etc. Peut rendre la lecture frustrante.

Teori e Storia, 1968


Ne s’adresse pas à un public / des lecteurs. Aucune explication terminologique sur les mots
du titre rendant la lecture très difficile. Il y a par exemple trois sens à « histoire » dans le livre
et se n’est jamais clarifié. Rend le texte pénible à lire et pas vraiment scientifique.
Son discour est intérogatoire -> volonté de mise en cause du modernisme et de
l’architecture en soit. Dansl’ensemble il rejete cette idée que la crise de l’archi se passant ces
années la avec l’invention d’un postmodernisme pour répondre au manque d’historicité du
modernisme avec une architecture très influencé et référencée par rapport à l’histoire. Les
origines de l’historicisme de l’archi moderne sont très profondes en passant par plusieur
époque (6 chapitres) pour en arriver à Florence (dome de Brunolesci) et le traité d’Alberti
qu’il voit comme la vraie cesure du moment ou l’archi devient A-historiciste. C’est à ce
moment là qu’elle prend une distance sur la notion historique.
- L’architecture moderne et l’éclipse de l’histoire
- L’architecture « objet négligeable » et la crise de l’attention
- L’architecture comme métalangage : la valeur critique de l’image -> rejete la notion
d’architecture critique
- La critique opératoire-> rejet de l’histoire comme critique opératoire, les historiens
utilisaient l’histoire pour faire une critique de l’architecture d’aujourd’hui.
- Les instruments de la critique : il fait l’histoire comme critique -> critique = façon de
faire de la critique idéologique d’une époque qu’on peut démanteler pour en arriver
à une histoire plus profonde, l’Histoire que le marxisme aimerait bien écrire.
- Les taches de la critique

L’objectif de la publication est politique, explorer les conditions dans lesquelles il serait
possible d’avancer dans une pratique subversive et révolutionnaire. On ne peut pas anticiper
ce que serait l’archi pour une société libérée. La seule chose possible est d’introduire une
critique marxisme.

Rq : Tafuri jeune -> révolutionnaire ; Tafuri plus vieux -> dans l’histoire, détaché de l’idée de
donner des lecons, moins engagé.