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L’AGRIPRENEURIAT, UNE VOIE VERS L’AVENIR

Investir Dans l’Agriculture

Présentateur: Anthony Ayebare, Mandela Washington Fellow, édition


2018;
Fondateur et PDG de Kanara Maize Farmers Ltd.

Transcription

[TEXTE : Initiative pour les jeunes leaders africains, Série de cours en


ligne]

[TEXTE : Fellow Mandela Washington 2018, PDG, Kanara Maize Farmers


Ltd., Ouganda]

Bonjour. Je m’appelle Anthony Ayebare et je suis un Mandela Washington


Fellow, édition 2018.

Je suis fondateur et PDG de Kanara Maize Farmers Ltd., une entreprise


d’aliments naturels qui distribue des farines de maïs nutritives en
Ouganda.

Bienvenue au cours L’agripreneuriat : une voie vers l’avenir. Cette leçon


s’intitule « Investir dans l’agriculture ».

[TEXTE : L’agripreneuriat, une voie vers l’avenir : Investir dans


l’agriculture]

Dans cette leçon, vous vous familiariserez avec les possibilités de


financement dans l’agriculture et avec les options au-delà des
financements traditionnels à votre disposition pour votre projet agricole.

La croissance de l’agriculture en Afrique se heurte à plusieurs problèmes


structurels qui posent des risques pour les investissements. Le fait de
comprendre ces problèmes et de libérer le potentiel qu’ils masquent
permet de réduire les risques pour
 les entrepreneurs qui envisagent
d’investir dans l’agriculture. Je voudrais vous montrer comment, en tant
qu’entrepreneurs, vous pouvez forger des partenariats avec des
agriculteurs, des propriétaires terriens et des négociants en produits
agricoles pour créer un écosystème qui
profite à tous.

Examinons d’abord ce que vous apporterez en votre qualité


d’entrepreneur à ce partenariat.

Votre première contribution est le concept que vous souhaitez traduire en


entreprise. Vous envisagez peut-être d’acquérir des terres pour les
cultiver, ou d’acheter des récoltes pour leur donner une valeur ajoutée ou
encore d’acheter des récoltes à valeur ajoutée pour les revendre à des
clients. Outre votre concept, vous apportez les recherches que vous avez
faites à son sujet. Il peut s’agir de la découverte client, c’est-à-dire de
comprendre qui sera vraiment votre clientèle. Autrement dit : qui sont les
gens qui vont dépenser de l’argent pour acheter votre produit ou votre
service ? Vous apporterez peut-être aussi de la technologie que vous
maîtrisez et que vous voulez utiliser en agriculture, ou vos travaux de

recherche et développement pour le type de produit que vous voulez


mettre sur le marché, ou encore de nouvelles cultures et méthodes
agricoles que vous souhaitez adopter. Ou même pratiquer l’agriculture
comme d’habitude, mais à plus grande échelle pour tirer un profit.

Pour votre concept génial, vous avez peut-être élaboré un plan d’affaires
et sollicité du financement auprès des banques, mais hélas sans succès.
La plupart des institutions bancaires et autres prêteurs exigent souvent
de votre entreprise un solde positif des liquidités en cours depuis plus d’un
an, une caution ou même une police d’assurance, ce que vous n’avez
peut-être pas. Et du fait de la nature de l’agriculture, la plupart des
banques hésitent à accorder des prêts en raison de l’incertitude dans ce
secteur.

Vous avez peut-être demandé des fonds à vos proches et ils vous ont dit
non. Maintenant, vous êtes déçu et découragé, et vous voulez tout
abandonner. Partout dans le monde, les entrepreneurs font face à de tels
défis. Certains d’entre eux baissent les bras, mais les vrais entrepreneurs
trouvent toujours le moyen de contourner ces défis.

Examinons maintenant comment on peut les contourner. Le plus


important est de savoir qui sont les gens dans votre chaîne de valeur. Si
vous voulez pratiquer l’agriculture, ces gens seront les propriétaires
terriens, les usufruitiers, les ouvriers agricoles, les marchands de
semences, les vendeurs d’outils et de matériel, les transporteurs et les
acheteurs de vos produits une fois récoltés. Si vous avez l’intention
d’ajouter de la valeur à des céréales, par exemple, vous aurez à
déterminer qui fera partie de la chaîne de valeur, des producteurs de
céréales aux négociants dans les villages, en passant par les négociants
en gros dans le villes et les exportateurs.

Tous ces gens dans votre chaîne de valeur doivent faire un profit. Certains
se contentent de prix bas parce qu’ils ont du mal à trouver une main-
d’œuvre fiable pour faire la récolte et acheminer leurs produits au marché,
et ils n’ont pas d’autre choix. Certains ne savent pas comment donner une
valeur ajoutée à leurs produits pour gagner plus. Dans la plupart des cas,
les gens créent des coopératives qui ont en fait du mal à trouver le leader
visionnaire qui les guidera vers la croissance. Si vous avez des
compétences en matière de leadership, d’affaires et d’organisation, vous
pourriez bien être ce leader-là.

Alors, comment vous placerez-vous dans cette chaîne si vous n’avez que
peu ou pas de capitaux ? Comment trouverez-vous ces gens quand vous
ne connaissez personne ? Et comment gagnerez-vous leur confiance une
fois que vous les aurez trouvés ?

Partout en Afrique, il y a des terres et il y a des agriculteurs. Mais vous ne


pouvez pas aller partout. Restreignez votre concept pour bien cerner
l’affaire que vous voulez monter. Si vous voulez cultiver du café, du maïs,
du riz ou des légumes, demandez à vos amis et à vos associés d’affaires
où on trouve ces cultures ou faites des recherches sur internet. Une fois
que vous aurez repéré les endroits où votre produit est cultivé,
concentrez-vous sur les systèmes fonciers et la disponibilité des terres,
et sur l’évaluation de la situation en matière de sécurité dans les zones
de conflit. L’étape qui suit logiquement : essayez de voir si, parmi vos
contacts sur les réseaux sociaux, vous connaissez quelqu’un originaire
de l’endroit ciblé. Si vous ne connaissez personne, prenez le car jusqu’à
cette ville.

Une fois arrivé sur place, cherchez le leader local et faites-vous accueillir
par cette personne. Présentez-vous et soyez prêt à discuter en détail de
la raison de votre visite dans la région. D’après mon expérience, la plupart
des leaders locaux vous logeront chez eux pour la nuit et vous
présenteront à d’autres personnes qui vous seront utiles. Vous devez être
ouvert et clair sur ce que vous recherchez. Si vous voulez louer des terres,
dites-le. Si vous voulez trouver quelqu’un qui a beaucoup de terres non
cultivées et avec qui vous aimeriez vous associer, dites-le. Dans la plupart
des cas, les gens qui ont des terres non cultivées vont aussi vouloir que
vous vous associez avec eux. Vous avez trouvé un terrain. Et maintenant
? Il vous faut de la main-d'œuvre. N’oubliez pas : le fait d’être présenté
par le responsible local contribue énormément à votre crédibilité.

Alors, où trouve-t-on de la main-d'œuvre quand on a peu ou pas de capital


? Tournez-vous vers les gens qui vous ont demandé d’exploiter leurs
terres. Dites-leur que vous ne pouvez pas exploiter toutes leurs terres,
mais que vous pouvez collaborer avec eux tous et leur offrir une
opportunité et un revenu. Demandez-leur de s'associer à vous, de
produire des cultures, de désherber et de récolter, et vous vous
partagerez les bénéfices. Certains seront enthousiastes, d'autres feront
marche arrière. Prenez ceux qui sont motivés. Présentez-leur un plan sur
trois ans et ce qu'ils gagneraient en travaillant avec vous. Montrez-leur en
quoi leur vie changerait pour le mieux. Vous avez votre main-d’œuvre. Si
vous possédez un peu de capital, vous pouvez leur offrir un salaire qui
leur permette de nourrir leur famille. Si vous n'avez pas de capital ni de
quoi payer des salaires, faites travailler les gens à temps partiel, deux fois
par semaine par exemple, et donnez-leur le temps de se consacrer à leur
propre entreprise.

À ce stade, vous avez créé un lien avec les gens. Vous avez rencontré
les habitants du village et savez qui a du bétail, au cas où vous auriez
besoin de fumier, et qui a des graines, au cas où vous auriez besoin de
semences. Normalement, les partenaires et les investisseurs ont besoin
d'assurances et de garanties, que vous pouvez inclure dans un accord. Il
est très important de rédiger soigneusement les modalités d’un accord.
Vous devez décrire clairement ce que chaque partie recevra, y compris la
part de l'entreprise. Cet accord doit préciser les objectifs du partenariat,
la répartition des bénéfices, le réinvestissement, et ce qui se passe si
l’une des parties se retire. Et il est important de poser des conditions qui
font qu’il serait difficile au propriétaire des terres de résilier le contrat sans
raisons ni préavis.

Je vous encourage à vous approvisionner localement, à prendre part à


leur vie, à les écouter, et à leur proposer des solutions. Devenez l’un
d’eux. Respectez vos accords. Mieux vaut ne pas prendre votre part de
profits que trahir les gens. L'agro-industrie est une activité rentable et
gratifiante. Deux ans, cela représente en gros quatre moissons. De quoi
vous permettre d’économiser un peu d’argent, et d’acheter un terrain si
c'est votre but.

Éventuellement, vous pouvez les aider à lancer une coopérative et à


trouver des investisseurs désireux de soutenir les coopératives. Une
coopérative est un groupe d'agriculteurs ou d'éleveurs qui s’unissent pour
partager leurs ressources dans le but d'en tirer des avantages
économiques qu’ils ne obtiendraient pas à eux seuls. Les membres d’une
coopérative peuvent, ensemble, acheter des marchandises, négocier des
contrats de vente et commercialiser leurs produits. Le fait d’être dans une
coopérative rend aussi l’entreprise plus attrayante aux yeux des prêteurs,
le risque étant réparti sur plusieurs fermes au lieu d'une seule.

Et si vous n’avez pas envie de cultiver, mais vous cherchez plutôt à


ajouter de la valeur à du café, du maïs ou du riz ? Par où commencer ?
Tournez-vous vers les gens qui cultivent ce qui vous intéresse. Si votre
intérêt se porte sur le maïs, vous verrez que certaines coopératives
vendent des céréales. Parlez-leur. Vous pourriez peut-être essayer de
devenir leur représentant et, une fois lancé, vous allez découvrir les
rouages et en peu de temps, vous vous serez fait des contacts fiables
prêts à vous approvisionner à crédit. Qu’est-ce qui est le plus important
déjà ? Tenir ses promesses.
La possibilité de créer un accès au marché pour les produits agricoles est
considérable. Vous pourriez mettre les producteurs en contact avec des
marchés, moyennant une compensation monétaire. Trouver des marchés,
c'est chercher des gens prêts à acheter les produits des agriculteurs.
Quand on recherche un marché, l’essentiel est de déterminer qui a les
moyens de payer, et pour quel produit. Vous devrez trouvez les gens qui
utilisent certains produits et comprendre pourquoi ils le font. Notez bien
les noms, les affiliations, les coordonnées et ce dont ils ont besoin.
Contactez-les et mettez-les en lien avec des biens et des produits.

L'agriculture, comme toute entreprise, exige des outils, du matériel et


parfois de grosses machines, qui représentent un lourd investissement
financier. C'est là que le partenariat avec des agriculteurs devient plus
important. Groupés, les agriculteurs ont plus de chances
d’acquérir du matériel qu'un agriculteur seul. Si vous décidez de vendre
de la farine de maïs, par exemple, et que vous n’avez ni l’argent ni les
machines pour broyer les grains, vous pouvez demander au propriétaire
d’une minoterie de se charger de la mouture. Vous pourriez investir un
peu d’argent dans le développement de la capacité de sa minoterie.
Presque chaque village ou communauté possède une petite minoterie.
Cherchez des gens qui ont le matériel et les machines qui vous
intéressent, et qu'ils exploitent peut-être à petite échelle, et discutez
ensemble de la façon dont vous pourriez vous servir de leurs installations.
Certains seront peut-être prêts à accroître leur capacité de production à
leurs frais s'ils vous considèrent comme un client fiable.

Enfin, beaucoup de gens autour de vous ont de l’argent, mais n'ont pas le
temps de se mettre à cultiver. Vous pourriez les convaincre de financer
vos propriétés agricoles en échange d’une part de profit. Faites-les
imaginer une exploitation de 80 hectares ou un élevage de 20 000 chèvres
ou poulets, par exemple, et la joie qu'ils ressentiraient en amenant leur
famille et amis visiter le projet le week-end et pendant les vacances.

Les entrepreneurs peuvent réussir de bien des façons dans l’agriculture.


À nous de contribuer à la modernisation et à l'expansion du secteur
agricole dans nos pays respectifs. La persévérance, la créativité, la
fiabilité et l’éthique sont essentielles chez les partenaires.

Après avoir terminé toutes les leçons de ce cours sur yali.state.gov, vous
pouvez tester vos connaissances et recevoir un certificat du YALI
Network.

[TEXTE : Testez vos connaissances, yali.state.gov, YALINetwork]

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