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A la fleur de l’âge

je pars fugitif
qui tant le rivage
sur un frêle esquif.

Loin de ma patrie
je vais demander abri
pour ma vie au sol étranger.
Adieu mes montagnes ombrages
si frais riantes campagnes.

Adieu pour jamais


riantes campagnes.
Adieu pour jamais.

Lieux que je regrette


sejour enchanteur,
blanche maisonette
temoins du bonheur
de ma douce enfance
de mon fol amour,
je perds l’esperance bis
de vous voir un jour.

Vogue ma nacelle,
cours, cours en avant;
la mere est si belle
propice est le vent,
vite nous emportent
tes voiles sans ris;
v’à donc, que t’importent
de mes noirs soucis.

Calme toi, ma mère,


le ciel entendra
ta fervente prière;
ton fils reviendra
et toi qu’ai mon âme
viens porter le feu
d’amoureuse flamme
pour t’en faire un jeu;
dèmon, ange ou femme,
pour toujours, adieu, adieu!