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Modelisation du MAS à rotor bobiné

L’objectif est de déterminer les éléments du schéma I It


équivalent d’une phase de la machine. Ce schéma est
R1 I0 R
représenté ci-contre :
g
Xm et X sont les réactances des inductances Lm et l : V
Rf Xm X
Xm = Lm ω et X = lω

Pour les câblages qui suivent, la machine est représentée par le


schéma ci-contre. On y retrouve :
- les trois enroulements du stator repérés par ES1, ES2 et ES3. Ils
ne sont pas couplés.
- les trois enroulements du rotor repérés par ER1, ER2 et ER3. Ils
sont couplés en étoile et le point « étoile » n’est pas accessible
pour les mesures.

1.a. Résistance d’un enroulement du stator : Rs


La méthode voltampèremétrique est utilisée : l’enroulement ES1
est alimenté par une tension continue variable. La tension à ses
bornes et l’intensité qui le traverse sont mesurées.
Les mesures sont regroupées dans le tableau suivant :
Ucs (V) 5 10 15 20 25 30
Ics (A) 0,93 1,96 2,91 3,87 4,85 5,90

Les valeurs sont saisies dans le tableur de


Synchronie. La courbe Ucs = f(Ics) est tracée. Sa
pente (correspondant à la résistance Rs de
l’enroulement) est déterminée à l’aide de la
commande « Modélisation » : Rs = 5,07 Ω.

1.b. Résistance d’un enroulement du rotor : Rr


La méthode voltampèremétrique est utilisée : les enroulements
ER1 et ER2 sont alimentés par une tension continue variable (le
point étoile n’est pas accessible, il est impossible d’alimenter un
seul enroulement). La tension à leurs bornes et l’intensité qui les
traverse sont mesurées.
Les mesures sont regroupées dans le tableau suivant :
Ucr (V) 5 10 15 20 25 30
Icr (A) 0,93 1,96 2,91 3,87 4,85 5,90

Modélisation MAS -1-


Les valeurs sont saisies dans le tableur de
Synchronie. La courbe Ucr = f(Icr) est tracée. Sa pente
(correspondant au double de la résistance Rr d’un
enroulement) est déterminée à l’aide de la
« Modélisation » : 2Rr = 1,97 Ω. Ce qui donne pour
la résistance d’un enroulement rotorique :
Rr = 0,98 Ω.

2. Essai à vide sous tension nominale


Description de l’essai : les enroulements du stator sont couplés en
étoile et alimentés par un système triphasé direct de tensions de
valeurs efficaces nominales. Le rotor est en court-circuit. Le schéma
de câblage est représenté ci-contre.
La valeur efficace des tensions aux bornes de l’enroulement
statorique ES1, l’intensité du courant à travers ES1 et la puissance
(pour ES1) sont relevées à l’aide des appareils de mesure.
Le wattmètre monophasé peut
être remplacé par un wattmètre
triphasé.
Remarque :
- Dans cet essai, le moteur tourne à une vitesse légèrement inférieure à la vitesse de synchronisme,
pour les calculs, le glissement est supposé égal à zéro.
- Pour obtenir g = 0, la machine doit être entraînée par un dispositif mécanique extérieur (un autre
moteur) qui lui fournit ses pertes mécaniques.
- si les mesures étaient faites sur les autres enroulements alors les valeurs obtenues seraient identiques.
C’est pour cela que les indices 1 (2 ou 3) ne sont pas utilisés.

a. Valeurs mesurées : P1 = 91 W (pour une phase) soit P = 273 W (pour les trois phases), Is = 2,34 A
et Vs = 235 V

b. Exploitation
● Bilan de puissance active pour cet essai.
La résistance Rf représente les pertes dans le fer au stator, pour la déterminer, il faut donc connaître les
pertes dans le fer. Lors de cet essai, la puissance active correspond à la somme des pertes par effet
Joule dans les enroulements du stator avec les pertes mécaniques et les pertes dans le fer. Les pertes
par effet Joule au stator seront calculées à partir de la résistance d’un enroulement du stator et de
l’intensité efficace qui y circule. Les pertes mécaniques sont évaluées à partir de l’expérience suivante.
● Evaluation des pertes mécaniques
La courbe représentant l’évolution des pertes à vide en fonction du carré de la valeur efficace des
tensions simples statoriques est tracée à partir de l’essai suivant :

Modélisation MAS -2-


Le montage est le même qu’initialement mais le stator est relié à une alimentation triphasée délivrant
des tensions de valeur efficace réglable et de fréquence fixe. Pour différentes valeurs efficaces V des
tensions simples on relève la puissance absorbée P ainsi que l’intensité efficace I.
La courbe P– Pjs ( Pjs = 3Rs I s2 ) en fonction du
carré de V est tracée sur Synchronie (figure ci-
contre). En vert (et points), la puissance à
vide P et en bleu (et carrés) la différence P– Pjs

Exploitation
La courbe obtenue est proche d’une droite
affine dont l’ordonnée à l’origine (obtenue par
extrapolation) correspond aux pertes
mécaniques. En effet P – Pjs = Pméca + Pfer et les
pertes dans le fer sont proportionnelles au carré
de la valeur efficace de la tension. Pour V = 0
ces pertes sont nulles, l’ordonnée à l’origine
correspond donc aux pertes mécaniques.
L’ordonnée à l’origine correspond à 78 W
donc Pméca = 78 W.

● Détermination de Rf en exploitant cet essai.


Le calcul des pertes dans le fer sous tension nominale se fait à partir de la relation Pfer = P – Pjs – Pméca
Donc Pfer = 273 – 3.5,07.2,342 – 78 = 112 W
3V 2 3V 2
Les pertes dans le fer sont données par Pf = st soit Rf = st
Rf Pf

3.2352
Si la chute de tension aux bornes de Rs est négligée : Vst = 235 V alors Rf = = 1480 Ω.
112
Remarque : Si la chute de tension aux bornes de Rs n’est pas négligée.
Calcul de Vst
V st = V s − Rs I s et I s = I s (cos ϕs − jsin ϕs )
ϕs est le déphasage de vs1 par rapport à is1 (ou de vs2 par rapport à is2 ou de vs3 par
P P
rapport à is3 : cos ϕs = =
S 3Vs I s
273
cos ϕs = = 0,165 soit ϕs1 = 80,5 degrés
3.235.2,34

V st = Vst − Rs I s cos ϕs + jRs I s sin ϕs (Vs est choisie comme origine des phases)
V st = 235 − 5,07.2,34.cos80,5 + j5,07.2,34.sin 80,5 = 233,0 + j11,7
3.233,32
d’où la valeur efficace Vst = 233,02 + 11,7 2 = 233,3V soit Rf = = 1460 Ω.
112
Le faible écart entre les deux valeurs justifie que l’on néglige souvent la chute de tension aux bornes
de Rs.

● Détermination de Lm en exploitant cet essai.


L’inductance Lm consomme la puissance réactive Q telle que Q = S 2 − P 2 avec S = 3.Vs.Is la
puissance apparente soit Q = (3Vs I s )2 − P 2 .

Modélisation MAS -3-


3Vst2
Cette puissance réactive s’exprime aussi en fonction de Lm, Vst et ω : Q = . Ce qui donne
Lm ω
3Vst2 3Vst2
Lm ω = et donc Lm ω = .
Q (3Vs I s ) 2 − P 2
Le calcul de Vst a été fait dans la partie précédente (évaluation des pertes mécaniques)
3.233,32
Lm ω = = 100, 4 Ω soit Lm = 319 mH
(3.235.2,34)2 − 2732
1 3.2352
Le même calcul en supposant Vst = 235 V donne Lm = = 324 mH
100π (3.235.2,34) 2 − 2732

3. Essai en court circuit rotor bloqué sous tension réduite et intensité statorique de valeur
efficace nominale.
Description de l’essai : les enroulements du stator sont couplés en
étoile et alimentés par un système triphasé direct de tensions de
valeurs efficaces réduites (ou sous une tension de fréquence 50 Hz
et de valeur efficace variable). Le rotor est en court-circuit. Le
schéma de câblage est représenté ci-contre.
Un « sabot » empêche l’arbre de tourner.
La valeur efficace des tensions aux bornes de l’enroulement
Le wattmètre monophasé peut
statorique ES1, l’intensité du courant à travers ES1 et la puissance
être remplacé par un wattmètre
(pour ES1) sont relevées à l’aide des appareils de mesure.
triphasé.
Remarques :
- dans cet essai, le moteur ne tourne pas donc le glissement est égal à un.
- si les mesures étaient faites sur les autres enroulements alors les valeurs obtenues seraient identiques.
C’est pour cela que les indices 1 (2 ou 3) ne sont pas utilisés.

a. Valeurs mesurées : P1 = 182 W (pour une phase) soit P = 546 W (pour les trois phases),
I = 4,40 A et V = 69 V

b. Exploitation Is Ist
Le schéma ci-contre représente une phase de la machine R1 Is0 R
pour g = 1.
Vs Vst L
Les éléments Rs, Lm et Rf ont été déterminés lors des Rf Lm
essais précédents.

a. Détermination de R
Cette résistance est parcourue par le courant d’intensité efficace Ist et consomme la puissance active PR
(pertes par effet Joule).
Cette puissance est égale à la puissance active P reçue par la machine moins les pertes dans le fer Pfer
(elles peuvent être négligées car le stator est alimenté sous tension réduite) et les pertes par effet Joule
au stator Pjs.
3Vst2
PR = P - Pfer - Pjs et PR = 3RI st2 avec Pjs = 3Rs I s2 et Pfer =
Rf
La détermination de R passe donc par celle de Ist et éventuellement celle de Vst

Modélisation MAS -4-


Dans de nombreuses situations, la chute de tension aux bornes de Rs peut être négligée : Vst = Vs

Calcul de Vst (si l’approximation Vst = Vs n’est pas possible)


V st = V s − Rs I s et I s = I s (cos ϕs − jsin ϕs )
ϕs est le déphasage de vs1 par rapport à is1 (ou de vs2 par rapport à is2 ou de vs3 par
P P
rapport à is3): cos ϕs = =
S 3Vs I s
546
cos ϕs = = 0,60 soit ϕs = 53,2 degrés
3.69.4, 40
V st = Vs − Rs I s cos ϕs + jRs I s sin ϕs (Vs est choisie comme origine des phases)
V st = 69 − 5,07.4,40.cos53, 2 + j5,07.4, 40.sin 53, 2 = 55,6 + j17,9
d’où la valeur efficace Vst = 55,62 + 17,92 = 58, 4 V

Détermination de Ist
Elle peut être faite graphiquement (voir le diagramme de Fresnel ci-dessus) ou en utilisant les nombres
complexes.
D’après la loi des nœuds Ist = Is – I0
- I s = I s (cos ϕs − jsin ϕs )
V V
- I 0 = st + st et V st = Vs − Rs I s cos ϕs + jRs I s sin ϕs donc
Rf jLcs ω
V − Rs I s cos ϕs + jRs I s sin ϕs Vs − Rs I s cos ϕs + jRs I s sin ϕs
I0 = s +
Rf jLm ω
Vs − Rs I s cos ϕs Rs I s sin ϕs  −V − Rs I s cos ϕs Rs I s sin ϕs 
I0 = + + j s +  Finalement
Rf Lm ω  Lm ω Rf 
V − Rs I s cos ϕs Rs I s sin ϕs   −Vs − Rs I s cos ϕs Rs I s sin ϕs 
I st = I s cos ϕs −  s +  − j  I s sin ϕs + ( + )
 Rf Lm ω   Lm ω Rf 

Application numérique (Rf = 1480 Ω et Lmω = 100 Ω) :

 69 − 5,07.4, 40.cos53, 2 5,07.4, 40.sin 53, 2 


I st = 4, 40.cos 53, 2 −  + 
 1480 100 
 −69 − 5,07.4, 40.cos53, 2 5,07.4, 40.sin 53,2 
− j  4, 40.sin 53, 2 + ( + )
 100 1480 

Ist = 2,42 – j.2,71 soit Ist = 2,422 + 2,712 = 3,63A

3.58, 42
Calcul de Pfer : Pfer = = 6, 4 W Cette valeur est très faible devant la puissance absorbée par la
1592
machine lors de cet essai.
Calcul de Pjs : Pjs = 3.5,07.4, 402 = 294 W

Calcul de PR : PR = 546 - 6 - 294 = 246 W


PR 246
D’où la valeur de R : R = = = 6, 22 Ω
3I st 3.3,632
2

Modélisation MAS -5-


Remarque : Comparaison avec la mesure de Rr (mesurée au paragraphe 1.b. avec la méthode
voltampèremétrique).
R
D’après la relation établie au paragraphe II.3 (page 5) du fascicule : R = r2 avec m le rapport de
m
transformation à l’arrêt.
Un essai à l’arrêt avec rotor ouvert a donné :
- valeur efficace de la tension entre deux bornes au rotor Ur = 96,1 V
- valeur efficace d’une tension simple stator Vs = 150 V
Ur 96,1
donc m = = = 0,370 .
3.Vs 3.150
0,97
Ce qui donne R = = 7,08 Ω . Les deux valeurs (6,22 et 7,08) sont concordantes.
0,3702

b. Détermination de X (llω)
L’inductance l est parcourue par le courant d’intensité efficace Ist et consomme la puissance réactive
QL. Cette puissance réactive est égale à la puissance réactive Q reçue par la machine diminuée de celle
consommée dans l’inductance Lm.

3Vst2
QL = Q - QLm avec QL = 3ℓωI st2 et QLm =
Lm ω
Vst et Ist ont été déterminée précédemment, il est possible de passer aux applications numériques.

3.58, 42
QLm = = 102 var
100,3
Q = 3VsIssinϕs = 3.69.4,40.sin53,2 = 729 var
QL 729 − 102
X= = = 15,9 Ω soit l = 50,6 mH
3I st2 3.3,632

Modélisation MAS -6-