Vous êtes sur la page 1sur 90

http://enguerran.fouchet.pagesperso-orange.fr/Assainissement_2.

htm

enguerran.fouchet.pagesperso-orange.fr
109-140 minutes

3.1.1. Projet de définition (PDG)

Les études seront précisées et détaillées notamment au niveau de l'assainissement de la plate-forme


pour en permettre l'exécution. Elles pourront être complétées par les pièces écrites pour la constitution
des dossier de consultation des entreprises.

3.1.2. Dossier de consultation des entreprises (DCE)

Ce dossier comprend les pièces techniques issues du Projet de Définition et les pièces écrites s'y
référent.

3.2. DOCUMENTS TECHNIQUES

Cette phase concerne la mise au point du réseau d'assainissement et comprend :

3.2.1. L'établissement des plans d'assainissement

Cette partie comportera les informations concernant les tracés en plan et le calage des ouvrages
d'évacuation et de traitement des eaux :

 regards numérotés par référence à un listing intégrant les données suivantes : section, niveaux
tampon, fil d'eau, radier et implantation en X, Y,Z,
 caniveaux avec indication de la section hydraulique et du dispositif de couverture éventuel,
 bordures avec indication du type,
 descente d'eau avec indication du modèle,
 trémies supérieures et raccordements inférieurs de descente d'eau avec indication des
caractéristiques en rapport avec plans de détail,
 collecteurs avec indication de la section, de la nature des matériaux, de la classe de résistance et
du sens de l'écoulement,
o fossés en pleine terre et fossés étanches avec indication de la section moyenne, sens
d'écoulement et référence à un type si modèles différents,
o • ouvrages divers de raccordement avec indication du type en fonction des plans de
détail,
 bassins de rétention et d'infiltration avec indication des fils d'eau entrée et sortie, et référence
par rapport aux plans de détail,
 unité de traitement, avec indication des fils d'eau entrée et sortie, et référence par rapport aux
plans de détail,
 station de relevage, avec indication des fils d'eau entrée et sortie, et référence par rapport aux
plans de détail,
 ainsi que l'ensemble des ouvrages annexes,

Il est procédé à l'établissement des documents suivants :


 profils en travers à l'échelle 1/100 de la totalité des traversées sous chaussées, calées par
rapport au profil en travers de la chaussée (indication de l'abscisse et du biais),
 profils en travers à l'échelle 1/100 ou 1/50 des ouvrages particuliers,
 profils en long des réseaux enterrés, avec calage de l'origine et de l'extrémité des réseaux,
 profils en long des ouvrages bétonnés superficiels avec calage de l'origine et de l'extrémité des
réseaux,
 profils en long de la totalité des fossés avec calage de l'origine et de l'extrémité.

3.2.2. L'étude complète des petits ouvrages de rétablissement des ruisseaux ou fossés existants.

Cette partie comprendra :

 une note de calcul,


 une vue en plan,
 une coupe transversale,
 une coupe longitudinale,
 un plan de détail des ouvrages de tête.

− la détermination des sections nécessaires des caniveaux collecteurs, etc., y compris :

 vérification des débits en pleine section,


 vérification de la condition d'auto-curage,
 définition de la classe de résistance des ouvrages.

Cette étape est clôturée par l'établissement d'un tableau récapitulatif indiquant par ouvrage :

 la section de l'ouvrage,
 le débit à pleine section,
 la vitesse d'écoulement (auto-curage),
 la classe de résistance.

− le dimensionnement des fossés et caniveaux

La méthodologie de détermination des caractéristiques des fossés et caniveaux est identique à celle
exposée précédemment.

3.2.3. La définition complète des bassins (rétention ou décantation)

Dans un premier temps, Il s’agit d’établir une série de propositions d'aménagement des bassins de
rétention : ces propositions porteront essentiellement sur les points suivants :

 forme générale du bassin en fonction des contraintes d'emprise et de la configuration du terrain


et du projet routier,
 système d'étanchéification,
 système de protection de l'étanchéification,
 aménagements inférieurs du bassin (caniveau, fil d'eau, dégrillage, régulateur de débit, etc.).

Ensuite, il sera procédé à l'établissement des plans des bassins, comprenant :

 vue en plan à 1/200 avec éléments d’implantation,


 coupe longitudinale du bassin, y compris profils en long à 1/100,
 coupe transversale à 1/50,
 plans des détails (caniveau fil d'eau, ouvrage de dégrillage, régulateur de débit, ouvrage de trop
plein, etc.) à 1/20,
 définition des structures des ouvrages avec détail des systèmes d'ancrage des géomembranes en
crête de talus, etc.

3.2.4. La définition complète des ouvrages de traitement.

Le type d’ouvrage de traitement proposée est fonction des contraintes de rejets existantes sur le site.

Au vu de ces contraintes et en fonction des conclusions de l'étude technico-économique citée


précédemment. Il sera procédé à l'établissement d'une série de propositions concernant le type de
traitement préconisé ainsi que les diverses possibilités existantes pour satisfaire aux besoins.

Il sera alors établi un dossier technique comprenant toutes les pièces graphiques et écrites nécessaires à
la définition de l'unité de traitement retenue:

−le Cahier de Clauses Techniques Particulières

−le Bordereau des Prix Unitaires et Forfaitaires

−le métré détaillé de l'assainissement

−le détail estimatif

4. DOSSIER DE POLICE DES EAUX - DOCUMENT D’INCIDENCE

4.1. PRESENTATION FORMELLE

Les dossiers de police de l'eau s'adressent :

¾ essentiellement aux service de l'Etat s'il s'agit d'une déclaration toutefois, les dossiers de déclaration
constituent des documents communicables à toute personne qui en fait la demande ;

¾ aux services de l'Etat et au public pour les opérations soumises à autorisation. Leur forme doit être
adaptée et clairement lisible. Ils peuventcomprendre une synthèse non technique et accessible à tout
public (sans pour autant être sommaire).

Les dossiers doivent répondre aux exigences des art.2 (autorisation) et 29 (déclaration) du décret
93.742 dont les différents points doivent être identifiables. Leur contenu pour les déclarations doit être
quasiment aussi complet que pour les autorisations.

4.2. DONNEES CONCERNANT L’OUVRAGE ET LE MILIEU

Doivent apparaître :

¾ une description du cours d'eau ou de la zone humide (qualité de l'eau, qualité du milieu,
fonctionnement, étude hydraulique, inventaires biologiques, etc.) et une explicitation des enjeux qui y
sont liés ;
¾ les éléments caractéristiques du secteur (objectifs de qualité, pluviométrie, périmètres de protection,
évolutions urbaines à intégrer, etc.)

¾ les données du projet (surface imperméabilisée, bassin versant intercepté, trafic escompté et
pollution résultante, superficie asséchée ou remblayée, etc.).

4.3. LE DOCUMENT D’INCIDENCE

Ce document doit notamment indiquer, compte tenu des variations saisonnières et climatiques, les
incidences de l'opération sur la ressource en eau, le milieu aquatique, l'écoulement, le niveau, la qualité
et la quantité des eaux ainsi que sur la santé, la salubrité publique, l'alimentation en eau potable, les
risques d'inondation et les usages tels que l'agriculture, la pêche, l'industrie, le tourisme, les loisirs, etc.

Il doit s'attacher à définir :

¾ l'origine des incidences chroniques, épisodiques, accidentelles et liées à la phase travaux (ouvrages,
procédés, maintenance, etc.) ;

¾ les effets directs, indirects, exceptionnels, temporaires, cumulatifs, etc., en terme de quantité de la
ressource en eau, qualité des eaux superficielles, souterraines et de ruissellement ainsi que du milieu
aquatique (hydrobiologie, écosystèmes, zones humides).

¾ l'impact sur les autres activités concernées ;

¾ l'influence des variations (naturelles, anthropiques et dues à l'ouvrage) ;

¾ les mesures compensatoires ou correctives concernant la conception, l'usage, l'entretien ou le


milieu ;

¾ la compatibilité avec les SAGE, SDAGE, objectifs de qualité, ...

En particulier, le document d'incidence devra comprendre (par exemple en annexe) une expertise
hydrogéologique indépendante (par un hydrogéologue agréé) pour les cas d'infiltration.

¾ l’exploitation et le suivi,

Le dossier doit expliciter les moyens de surveillance et d'intervention ainsi que d'entretien. Un dossier
qui n'aborderait pas l'entretien serait considéré comme incomplet.

Ainsi, dans le cas de bassins de décantation et de séparateur à hydrocarbures, la méthode et fréquence


d'entretien, les analyses des boues, leur destination ainsi que celle des hydrocarbures piégés devront
être prévues. En particulier, l'épandage doit être clairement défini si les boues respectent les normes
sols. Une approche pragmatique, à établir en accord avec le service chargé de la police de l'eau,
consiste à déterminer en commun le devenir de ces boues après analyse et avant curage.

Une note pourra apporter les éclaircissements sur la manière dont seront gérés les pollutions
accidentelles (prévention, dispositif et protocole d'intervention).

Dans certains cas, un contrôle de la qualité et des débits des rejets pourra être installé.
De même, une sensibilité particulière (par exemple proximité d'un captage d'eau potable) couplée à
une pollution chronique et/ou saisonnière importante (due au trafic, à la qualité de service, etc.)
peuvent conduire à installer des piézomètres de suivi et de contrôle de la qualité de la nappe
phréatique.

METHODE DE CALCUL DU BASSIN VERSANT ROUTIER

1. GENERALITES

L’assainissement d’une voie routière doit régler plusieurs types de problèmes posés par l’eau :

-La création de la route perturbe les écoulements naturels. Il faut donc rétablir les écoulements par des
ouvrages suffisamment dimensionnés (la partie dimensionnement des ouvrages de rétablissement n’est
pas traitée dans ce document).

-Ces écoulements servent souvent d’exutoires aux eaux de plate-forme. Leurs débits seront donc
augmentés et les risques de pollution accrus. Ces impacts doivent être évalués et corrigés si nécessaire
par des moyens appropriés (la partie traitement de la pollution routière et dimensionnement de bassins
de retenue n’est pas traitée dans ce document).

-Les eaux recueillies par la plate-forme doivent également être collectées et évacuées. Il faut donc
dimensionner correctement l’ensemble du réseau de recueil des eaux de plate-forme (cela fait l’objet
du présent document ; cependant pour le recueil des eaux internes, cette partie n’est pas renseignée).

Actuellement, les moyens de conception sont rassemblés dans la Recommandation pour


l’Assainissement Routier de février 1982 réalisée par la Direction de Routes. Ce document est en cours
de révision.

1.1 PRINCIPES

L'assainissement d’un projet routier doit être pris en compte dés le début des études. L'étude de
l'assainissement doit ensuite se développer progressivement au fur et à mesure de l'avancement du
projet.

Trois grands principes doivent toujours être présents à l'esprit lors de l'étude d'assainissement d'un
projet. La sécurité de l'usager : Il faut éviter l'accumulation d'eau sur la chaussée (aquaplanage)

La protection de la route : La saturation des dispositifs d'évacuation des eaux ou le ruissellement trop
important peuvent détériorer la route.

La protection des milieux extérieurs : (Loi sur l’eau) Le projet routier modifie en général le régime
hydraulique superficiel et parfois interne de la zone traversée. Il faut veiller aussi aux risques de
pollution des nappes phréatiques notamment et des zones de captage.

1.2 ETUDE DU PROJET

Un projet d'assainissement comporte en général trois parties :

-la pluviométrie,

-
l'impluvium (surface à assainir),
-
l'ouvrage hydraulique de recueil des eaux.

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

1.2.1 La pluviométrie

Elle est donnée par les stations météorologiques régionales. Ces données permettent de réaliser les
courbes intensité - durée - fréquence (voir paragraphe 3.1).

1.2.2 L'impluvium

L'impluvium est formé par l'ensemble des surfaces qui alimentent en eau de ruissellement l'ouvrage à
dimensionner. Pour déterminer l’impluvium, il faut connaître les caractéristiques du projet
(caractéristiques géométriques et coefficients de ruissellement) et les exutoires envisagés.

Relevé des caractéristiques du projet

En plan : - origine et extrémité du réseau (exutoire ou point de rejet),

- emplacement des liaisons transversales imposées par le tracé de la route.

En profil en long :

- points hauts et points bas en tenant compte des points de passage déblai / remblai,

-pentes du projet,

-
pentes du fil d'eau du réseau si elles sont différentes de celle du projet routier (zones de
changement de dévers par exemple),
-
les points de changement de pente,
-
l'abscisse des liaisons transversales,
-
les pentes du terrain naturel en limite d'emprise du projet routier.

En profil en travers :

- nature des matériaux constituant l'impluvium,

-position des réseaux dans le profil en travers,

-pentes des différentes parties du profil en travers.

Evaluation des coefficients de ruissellement


L'ensemble des surfaces constituant l'impluvium est souvent constitué de surfaces de natures
différentes. Les caractéristiques vis à vis de l'écoulement de l'eau sont définies par le coefficient de
ruissellement C.

Les valeurs généralement utilisées pour les coefficients de ruissellement sont :

-chaussées et surfaces revêtues C = 1 à 0,9

-
accotements stabilisés C = 0,8
-
berme (lorsqu’elle reçoit les eaux de la chaussée) C = 0,7

-autres surfaces planes engazonnées C = 0,3

-talus (suivant la pente et la nature du sol) C = 0,3 à 0,6 - ouvrage de recueil des eaux C = 0,7
(engazonné) ou 1 (revêtu).

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

Recherche des exutoires

C'est une étape importante du projet qui doit être appréhendée le plus tôt possible dés le début des
études et doit s'accompagner par des reconnaissances sur le terrain en saison pluvieuse et également
l'été lors de gros orage.

Les exutoires peuvent être soit :

-des exutoires naturels qui existent déjà,

-
des exutoires artificiels qui amèneront les eaux vers les exutoires naturels,
-
des bassins de stockage ou tampons et des bassins d'infiltration.

1.2.3 Ouvrages de recueil des eaux

Principes

Une trop grande diversité d'ouvrages n'améliore pas toujours la qualité du projet et ne facilite ni les
modes de construction, ni les conditions d'entretien du réseau.

Le choix des ouvrages doit être généralement fait à partir de trois principes :

1 - Rejeter les eaux hors de la plate-forme routière chaque fois que cela est possible de façon à avoir
des débits faibles qui limiterons la taille des ouvrages, 2 - Utiliser le plus souvent possible des
ouvrages superficiels (coûts d'investissement et d'entretien plus faibles que des ouvrages enterrés), 3 -
Choisir l'ouvrage qui donne une vitesse d’écoulement faible (tout en assurant l’autocurage).

Les différents réseaux


a - Réseaux de pieds de talus de déblai

Ils recueillent les eaux de ruissellement en provenance de la chaussée de l'accotement et du talus. Ils
assurent le transit des eaux vers l'exutoire en évitant leur pénétration dans le corps de chaussée et dans
la plate-forme de terrassement.

Si la pente d'écoulement est trop faible (inférieur à 0,5%) il y a risque de débordement et de colmatage,
et si l’ouvrage n’est pas étanche, l’eau risque de s’infiltrer dans le corps de chaussée.

En général, on utilise une cunette ou un fossé accueillant (pente de 25% maximum coté chaussée) ou
un caniveau rectangulaire fermé si la place est insuffisante.

b - Réseaux de crête de talus de déblai

Ils recueillent les eaux de ruissellement ou de drainage en provenance du bassin versant naturel
supérieur pour résoudre un problème de stabilité et/ou d'érosion des talus de déblais, il s’agit
généralement d’un fossé trapézoïdal ou triangulaire en béton. Cet ouvrage doit être décalé de 1m au
minimum de la crête de déblai.

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

Suivant le cas, le rejet dans l'ouvrage de pied de talus est possible par l'intermédiaire de descentes
d'eau, bien qu’il soit préférable de ne pas mélanger les eaux de la route avec celles du bassin versant
naturel.

c - Réseaux de pieds de talus de remblai

Ils recueillent les eaux de ruissellement en provenance de la chaussée, de l'accotement et du talus de


façon à protéger le pied de talus du remblai ou le bassin aval.

L'ouvrage classique est le fossé en terre engazonné. Il convient de vérifier que le profil en long du
terrain naturel est compatible avec un ouvrage de ce type. Si la vitesse de l'eau est supérieure à 1,50
m/s ou inférieur à 0,30 m/s un ouvrage revêtu peut être nécessaire, notamment sur des sols fins.

d - Réseaux de crête de remblai

Ils recueillent les eaux de ruissellement en provenance de la chaussée et de l'accotement pour éviter le
plus souvent une érosion du talus et éviter de mélanger les eaux de la chaussée et du terrain naturel
avant traitement.

Les ouvrages habituellement utilisés sont soit le caniveau rectangulaire soit la bordure caniveau
associée à des descentes d’eau.

Lorsque le talus dépasse 2m dans les régions où les pluies ont une forte intensité (Région 3), ou 4m
dans les autres cas un réseau de crête est nécessaire. Pour des talus pas très haut, ce type d'ouvrage ne
s'impose pas.

2. NOTIONS D'HYDRAULIQUE

2.1 DEFINITION
Section mouillée (Sm)

C'est la section "ABCD" occupée par le fluide dans l'ouvrage.

Périmètre mouillé (Pm)

C'est le périmètre de l'ouvrage en contact avec le fluide égal à AB + BC + CD

Rayon hydraulique (Rh) mouillée Section

C'est le "rayon moyen" de la section obtenu par le rapport =

mouillé Périmètre

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

2.2 FORMULE DE MANNING-STRICKLER

2.2.1 Formule

La formule de MANNING-STRICKLER permet de déterminer la vitesse d'écoulement dans un


ouvrage hydraulique et le débit capable de l'ouvrage.

Vitesse : V(m/s) = K x Rh2/3(m) x P1/2(m/m)

Débit : Q(m3/s) = V(m/s) x Sm (m²) = K x Rh2/3(m) x P1/2(m/m) x Sm (m²) K est le coefficient de Manning-Strickler
(ou coefficient de rugosité) qui varie en fonction du type d'ouvrage. P est la pente longitudinale de
l'ouvrage.

2.2.2 Influence du Rayon hydraulique

Le rayon hydraulique joue un rôle important et de ce fait la forme de l'ouvrage dépendra du but
recherché. En effet pour une même section mouillée le Rh peut être différent suivant le périmètre
mouillé.

Par exemple deux ouvrages de même type (caniveau rectangulaire béton avec K= 80), de même
section mouillée avec une même pente(1%) peuvent avoir des vitesses d'écoulement et des débits
différents.

0,50 x 0,50 2,50 x 0,10

cd
L'ouvrage n°1 aura : un Rh de 0,25/1,50 = 0,166 une vitesse de 2,41 m/s un débit capable de 0,602
m3/s

L'ouvrage n°2 aura : un Rh de 0,25/2,70 = 0,092 une vitesse de 1,63 m/s un débit capable de 0,407
m3/s

Si on cherche donc à évacuer le plus rapidement possible les eaux, il est préférable d'utiliser des
ouvrages se rapprochant du type 1 en évitant toutefois d'avoir des vitesses trop importantes qui
risqueraient de détériorer l'ouvrage. Dans le cas contraire il sera préférable d'utiliser des ouvrages se
rapprochant du type 2.

Vitesse à ne pas dépasser pour des ouvrages d’assainissement

- ouvrages en terre : terrain naturel sans végétation 0,5 à 1,5 m/s suivant la nature du sol terrain naturel
engazonné 1,8 m/s - ouvrage en béton : 4 m/s

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

2.2.3 Coefficient K de Manning-Strickler

Les coefficients de Manning-Strickler des ouvrages les plus courants sont les suivants :

Tuyaux en PVC 80 à 120 ⇒ conseillé 90

Tuyaux en béton 60 à 80⇒ conseillé 70

Caniveaux en béton 70 50 à 80⇒ conseillé 70

Buses métalliques en tôle ondulée 40 à 45

Fossés revêtus coulés en place ou préfabriqués 50 à80 ⇒ conseillé 70

Fossés profonds Fossés peu profonds, 25 à 30⇒ conseillé 25

cunettes engazonnées 7 à 30 ⇒ utilisation de la formule de calcul avec K = 18 ln (100 Rh) + 5,13 ln


(pente) - 11

3. METHODE DE CALCUL D'UN BASSIN VERSANT ROUTIER

La méthode de calcul développée ci-après est celle du temps de concentration. Cette méthode est
différente de celle exposée dans la Recommandation pour l'Assainissement Routier (R.A.R.) de 1982
(méthode du temps d’équilibre). Actuellement, dans le nouveau guide en cours de révision, l’utilisation
de la méthode du temps de concentration est recommandée.

Quelle que soit la méthode de calcul, le dimensionnement des réseaux d'assainissement des eaux
pluviales nécessite la connaissance des données pluviométriques propres au projet à réaliser et les
caractéristiques géométriques du projet.

3.1 DONNEES PLUVIOMETRIQUES


Les averses ou pluies à prendre en compte dans les calculs sont caractérisées par leur INTENSITE,
leur DUREE, et leur FREQUENCE ou période de retour.

L'intensité moyenne d'une pluie est exprimée en hauteur d'eau en mm par minute ou par heure.
L'intensité et la durée sont généralement liées, en effet, plus une pluie est intense et plus elle est de
courte durée.

La période de retour d'une pluie d'intensité et de durée données est la période de temps pendant
laquelle il est probable que cette pluie survienne une fois, son inverse est la fréquence.

Ces caractéristiques sont obtenues par l'analyse des séquences de pluie enregistrées depuis plusieurs
années, par des stations météorologiques. On dispose ainsi des renseignements donnés pour chaque
station météorologique sous la forme des valeurs des intensités moyennes d'averse, par exemple de
durées 6, 15, 30 minutes, 1, 2 et 6 heures pour des périodes de retour de 1, 2, 5 ou 10 ans.

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

Ces données peuvent être représentées par des courbes donnant l'intensité en fonction de la durée pour
diverses périodes de retour par une fonction mathématique dont la courbe représentative approche au
mieux la courbe réelle (courbes INTENSITE - DUREE - FREQUENCE).

Le graphique de la page suivante représente les courbes IDF pour la région d’AMIENS pour des
périodes de retour de 2, 5, 10, 20, 50 et 100 ans. Les paramètres a et b permettant d’obtenir ces courbes
à partir de la formule de MONTANA (i = at-b) sont donnés dans le tableau suivant.

Période de retour a b
2 ans 328 0.731
5 ans 538 0.776
10 ans 797 0.805
20 ans 979 0.812
50 ans 1 204 0.820
100 ans 1 398 0.812

Des expressions différentes de cette fonction peuvent être utilisées dans les calculs de
dimensionnement des réseaux

+
α
β
i

et

tb avec i en mm/

h ou en mm/mn et t en mn en s

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

L'annexe 2 de la R.A.R. ci-jointe donne les valeurs de (α,β) et (a,b) pour chaque station
météorologique.

La formule i = (hyperbolique) sous estime les intensités au-delà de 4 heures.

β+ t

Dans la R.A.R., la formule i =a × tb (MONTANA) est séparée en deux relations :

-
l'une est valable de 6 à 30 minutes
-
l'autre est valable de 15 à 360 minutes

Le graphique de la page suivante représente les courbes obtenues avec les formules de Montana et la
formule hyperbolique de la RAR, et la formule superficielle de l’instruction technique de 1977 pour
Paris.

Averse décennale de PARIS Montsouris

Intensité en mm/heure

160 140 120 100 80 60 40 20 0


Mont ana < 30 mn (RAR)
Supe rficiel le Zon e I (Instruction 1977)
Mont ana >15 mn (RAR)

H yperb olique (RAR)

30 60

90

Temps en minutes

120 150 180

Le choix de la fréquence d'averse de référence est fonction du niveau de sécurité que l'on souhaite
prendre pour l'ouvrage et son environnement. Mais ce choix a également une incidence économique.
En effet, plus la période de retour sera grande, plus l'intensité de l'averse sera élevée et plus les
ouvrages d'assainissement seront importants.

Une période de retour de cinq ans (5 ans) peut convenir pour les routes secondaires peu fréquentées si
les risques de débordement ne mettent pas en cause la pérennité des ouvrages routiers ou s’ils ne créent
pas d’inondations dommageables.

Dix ans (10 ans)est la valeur la plus couramment utilisée pour les routes et autoroutes. Cent ans (100
ans)est la valeur conseillée pour le rétablissement des écoulements naturels.

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

3.2 PRINCIPES DE CALCUL : METHODE DU TEMPS DE CONCENTRATION

Le processus de ruissellement, de collecte et d'évacuation des eaux sur lequel est basée la méthode du
temps de concentration est le suivant :

Une averse d'intensité supposée constante commence à tomber sur un bassin versant routier donné.
Pendant l'averse, une partie de l'eau s'infiltre, l'autre ruisselle, s'accumule dans le réseau et coule vers
l'exutoire où le débit augmente jusqu'à atteindre une valeur égale au débit d'apport constant de l'averse
diminué de l'infiltration.

Les caractéristiques de la plate-forme, celles de l'ouvrage et l'intensité de la pluie interviennent dans la


détermination de ce temps, ce qui complique le calcul.

Le temps mis par l’eau pour aller du point le plus éloigné du bassin versant routier jusqu’à l’exutoire
(ou jusqu’au point de calcul) est le temps de concentration.
L’intensité de la pluie prise en compte pour le calcul du débit est celle correspondant au temps de
concentration.

En effet le débit maximum sera celui provoqué par une intensité de pluie correspondant au temps de
concentration

3.3 DETERMINATION DU TEMPS DE CONCENTRATION

La détermination du temps de concentration permet de connaître l’intensité de l’averse à prendre en


compte à partir de la formule :

i =a ×(tc)−bi en mm/h et tc en minutes

Les paramètres a et b sont donnés dans la R.A.R. ou peuvent être fournis par les services de la
météorologie nationale.

Le temps de concentration est calculé de la manière suivante : tc =tc1 +tc2 -tc1 représente le temps de
ruissellement sur la chaussée avant d’atteindre l’ouvrage de recueil, généralement pris égal à 3 minutes
(ou 1 minute par voie). tc1 dépend essentiellement de la géométrie de la plate-forme routière (nombres
de voies, B.A.U, accotement). Il peut être pris égal à 1 minute par voie.

-tc2 représente le temps de transit de l’eau dans les ouvrages pour arriver au point de calcul. tc2
dépend essentiellement des caractéristiques de l’ouvrage choisi (nature, dimensions et pente) : L

tc2 =

085 ××60

,V

-L la longueur du plus long cheminement hydraulique

-V la vitesse d’écoulement en m/s de l’ouvrage choisi à saturation

-a et b les paramètres pluviométriques de la région

-0,85 est un facteur pondérateur qui corrige la vitesse car elle est variable tout au long du parcours

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

3.4 COMPARAISON ENTRE LE DEBIT D’APPORT ET LE DEBIT CAPABLE

Le débit d’apport maximum de ruissellement de la plate-forme routière pour une averse donnée est

calculé par la formule rationnelle : Qa = 1× × × A 3600

Ci

-Qa = débit en l/s,

-C = coefficient de ruissellement de la plate-forme considérée,


-i = intensité de l'averse (en mm/h) correspondant au temps de concentration,

-A = surface de la plate-forme.

Pour une largeur de plate-forme donnée, ce débit dépend donc de l'intensité de l'averse dont la durée
est égale au temps de concentration.

Ce temps de concentration dépend lui-même des caractéristiques de la plate-forme et de l'ouvrage


choisi. On est donc amené à procéder par itérations.

On compare ce débit d’apport (Qa) en considérant l’ouvrage plein au débit capable (Qc) de l'ouvrage
envisagé. Le débit capable est donné par la formule de MANNING-STRICKLER :

2/3 × × p

Qc= 1000 × × Rh Sm

-Qc débit capable à pleine section en l/s

-K coefficient de rugosité

-Rh rayon hydraulique en m

-Sm section mouillée en m²

-p pente de l’ouvrage en m.p.m Les valeurs de K, Rh et Sm sont expliquées au paragraphe "NOTIONS


D'HYDRAULIQUE".

Si le débit d’apport (Qa) est inférieur au débit capable (Qc) de l'ouvrage envisagé, celui-ci convient.
Dans le cas contraire, il faut changer de type d'ouvrage ou y associer un autre ouvrage (cunette +
collecteur enterré).

Si le débit d’apport est nettement inférieur au débit capable, il est possible de diminuer les
caractéristiques de l’ouvrage.

3.5 RECAPITULATIF DE LA DEMARCHE

1. Choisir le type d’ouvrage et le point de calcul


2. Calculer le débit capable de l’ouvrage à pleine section

2/3 × × p

Qc= 1000 × × Rh Sm

1. Calculer la vitesse correspondante V = Qc


2. Calculer le temps de concentration
Sm

tc = tc1 + tc2 avec tc1=1 min. par voie et tc2 = L

085 ×× 60

,V

1. Calculer l’intensité pour un temps de retour de 10 ans i = a × (tc) − b


2. Calculer le débit d’apport Qa = 1 × × × A

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

Ci

3600

7. Comparer le débit capable et le débit d’apport

si Qc > Qa l’ouvrage convient si Qc < Qa l’ouvrage est trop petit si Qc >> Qa l’ouvrage convient, mais
il est surdimensionné

3.6 CALCUL DU DEBIT MAXIMUM REEL

La comparaison entre le débit d’apport de la plate-forme routière et le débit capable de l’ouvrage


permet de vérifier que l’ouvrage choisi convient, mais ne donne pas le débit réel maximum qui doit
être inférieur au débit capable de l’ouvrage à pleine section pour une période de retour donnée.

Si on trace sur un graphique le débit d’apport du projet et le débit de l’ouvrage en fonction de la


hauteur d’eau dans l’ouvrage, ces deux courbes se croisent à une certaine hauteur de remplissage (en
effet le débit d’apport varie peu alors que la variation du débit capable est importante). A cette hauteur
correspond un débit d’apport égal au débit de l’ouvrage qui représente le débit maximum du projet
pour la période de retour fixée (généralement 10 ans).
Pour trouver ce débit, il faut donc procéder par itération en faisant varier la hauteur d’eau dans
l’ouvrage.

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

3.7 CALCUL DE PLUSIEURS BASSINS VERSANTS ROUTIERS

Les calculs d’assainissement détaillés précédemment doivent se faire par section ou zone homogène,
c’est-à-dire même type d’ouvrage, même largeur de chaussée et même pente. Le regroupement de
toutes les zones où l’assemblage se fait soit en série lorsqu’une zone s’écoule dans une autre zone, soit
en parallèle lorsque deux zones se regroupent en un point.

3.7.1 Assemblage en série

Si deux zones A et B s’assemblent en série (la zone A étant en amont de la zone B), le temps de
concentration total des zones A et B assemblées en fin de la zone B est égal à la somme du temps de
concentration de la zone A (tc(A)), augmenté du temps de transfert dans le réseau sur la zone B
(tc2(B)). Pour le calcul du temps de transfert (tc2(B)) il faut prendre la vitesse moyenne dans l’ouvrage
tout au long du parcours sur la zone B). Celle ci prend en compte la vitesse initial d’arrivée dans
l’ouvrage à l’entrée de la zone B et la vitesse en sortie de la zone B.

Le temps de concentration total des zones A et B devient alors :

( AB) = tc1( A) + tc2( A) + tc2( B)

⎛L⎞

avec pour détail de calcul : tc2( B) = ⎝⎜( 2 )× 60 ⎟

⎜ V1 + V ⎟ ⎠

V1 = vitesse initial en m/s V = vitesse à pleine section L = longueur de cheminement sur la zone B

Le débit est donc Qa = 1× × × A où :

Ci

3600 − b ).

i est l’intensité correspondant au temps de concentration total des zones A et B avec i × = (tc( AB ))

A correspond à la surface totale recueillie (zones A et B) soit : A =∑ Aj

C représente le coefficient pondéré aux zones A et B par utilisation de la formule : Cpond =∑ Cj × Aj

∑ Aj

De manière identique au calcul d’un bassin versant routier simple (paragraphe 3.6), pour trouver le
débit réel en sortie de la plate-forme routière, il faut donc procéder par itération en faisant varier la
hauteur d’eau dans l’ouvrage.
3.7.2 Assemblage en parallèle

Si les zones A et B se regroupent en un même point, le calcul du débit d’apport à ce point doit être fait
en prenant en compte l’intensité du bassin qui a le temps de concentration le plus important qu’on
applique sur la totalité de l’impluvium considéré.

Le débit est calculé comme précédemment : Qa = 1 × × × A

Ci

3600 L’intensité i retenue correspond à l’intensité de la zone (A ou B) choisie selon le temps de


concentration le plus important entre les zones A et B.

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

Dans le cas où les deux zones ont le même temps de concentration le débit d’apport des deux zones
assemblées est égal à la somme des débits de chaque zone.

3.8 QUELQUES CONSEILS

Commencer par la conception générale du réseau d’assainissement et ensuite faire les calculs pour
vérifier le dimensionnement, ne pas détailler inutilement les calculs, l’assainissement n’est pas une
science exacte.

Penser à l’autocurage pour les ouvrages en assurant une vitesse minimale de l’ordre de 0,3 m/s (la
pente critique est souvent de l’ordre de 0,5%).

Ne pas dépasser une vitesse de 4 m/s pour les ouvrages bétonnés et environ 1,8 m/s pour les fossés ou
cunettes en engazonnés (la pente critique est souvent de l’ordre de 3%).

Un ouvrage revêtu est nécessaire lorsque : -la pente moyenne de l’écoulement est trop faible
(inférieure à 0,5%), -quelle que soit la pente si les infiltrations sont inacceptables (périmètre de
protection de captage,

risque de pollution d’une ressource en eau, crête de talus de déblai, etc.), -la pente et la nature des sols
sont telles que la vitesse de l’eau est susceptible d’entraîner une érosion (systématique si supérieure à
3,5%).

La mise en place d’aménagements particuliers permet de réduire la vitesse de l’écoulement (chicanes,


chutes d’eau, cloisons, ouvrages dissipateurs d’énergie).

Dans les autres cas, il est préférable, hydrauliquement de choisir un ouvrage engazonné : celui-ci
diminue le débit à l’aval (augmentation du temps de parcours).

DOC3 calcul BVR.doc Intervenant : B . KERLOC’H

NOTION DE PLUVIOMETRIE

*********
L’amélioration des méthodes de conception de l’assainissement pluvial passe obligatoirement par un
développement des connaissances sur les précipitations atmosphériques. Il s’agit :

-
de prendre en compte des notions nouvelles que les méthodes statistiques ont mises en
évidence : intensité de la pluie,
-
de se donner des outils plus fins de modélisation (mise en équations).

I – LE PHENOMENE PLUIE

Sous les climats tempérés, les précipitations atmosphériques sont provoquées par la combinaison de
plusieurs facteurs ou phénomènes :

* Les fronts

L’atmosphère est constituée de grandes masses d’air dont la température et la pression sont
relativement homogènes, qui se mélangent mal entre elles, et qui se déplacent au contact les unes des
autres. Les capacités de saturation de ces masses étant différentes, c’est à leur surface de séparation,
appelée front, où les différences de température et de pression sont élevées, que les possibilités de
condensation sont les plus importantes.

* La convection

Le rôle que joue le sol dans ces phénomènes n’est pas du tout négligeable : par les variations de sa
température propre et de son rayonnement, il crée des courants au sein de l’atmosphère. Les
phénomènes orageux sont liés au courant descendant que crée en fin de journée la chaleur du sol
comme le courant chaud ascendant que crée un convecteur électrique et qui rencontre des masses
froides plus élevées.

* Le relief

Les interactions entre masses d’air et relief ont également, à l’échelle réduite d’une région, une
influence sur les précipitations.

L’analyse des causes des précipitations est du ressort de la météorologie ; elle n’est pas utile à
l’assainisseur routier. Un type de précipitation intéresse plus particulièrement ce dernier, l’orage
convectif, intense, court et localisé.

La description du phénomène est par contre de première importance pour lui. Pour décrire une pluie,
on peut retenir différentes caractéristiques : quantité d’eau tombée pendant la pluie, durée de l’averse,
intensité (quantité-temps), zone géographique touchée. La mesure de ces caractéristiques, et
l’exploitation de ces mesures par des méthodes statistiques en vue de fournir aux techniciens les
moyens de calcul nécessaires dans différentes activités (bâtiment, assainissement, ….) constituent la
pluviométrie.

II – MESURE DE LA PLUIE

II.1. – APPAREILS DE MESURE


Ils sont de deux types : les pluviomètres à lecture « manuelle » et les pluviographes à enregistrement
automatique.

II.1.1. – Les pluviomètres

A première vue, tout récipient peut constituer un pluviomètre, en fait ces appareils très simples posent
des problèmes d’implantation et la quantité d’eau recueillie semble être fonction :

- de l’horizontalité de la bague réceptrice qui doit être parfaite

- du diamètre de cette bague réceptrice. En fait, il suffit que tous les pluviomètres soient équipés de la
même bague de façon que les mesures soient comparables entre elles

- de l’action du vent. Des écrans ont été étudiés pour lutter contre cette influence mais leur emploi ne
s’est pas répandu. En pratique on se contente de choisir un site exposé le moins possible aux vents.

Le diamètre de la surface réceptrice n’est pas normalisé, en France on utilise des bagues de 400 et
surtout de 2 000 cm².

Une éprouvette graduée en mm et 1/10 mm est disposée sous le cône. La lecture est effectuée
généralement une fois par jour (à 7 heures) ou plusieurs fois par jour pour les stations exploitées
directement par la Direction de la Météorologie Nationale.

Les lectures étant effectuées à heure fixe, les hauteurs d’eau recueillies ne correspondent aucunement à
des « averses » réelles. Ces hauteurs sont donc fonction de la situation temporelle de l’averse par
rapport au « pas de temps » arbitraire de la mesure (24 h).

Ce pas de temps étant élevé, il est impossible de connaître la variation des intensités à l’intérieur d’une
averse.

II.1.2. – Les pluviographes

Le plus utilisé est le pluviographe à augets basculeurs dont le principe est le suivant :
Deux augets A et B, solidaires, sont liés à un axe. D’abord, l’auget A se situe sous le tuyau d’arrivée,
lorsqu’il est plein il bascule brutalement et l’auget B prend sa place. La capacité de chaque auget étant
de 20 cm3, soit 1/10 de mm pour une bague de 2 000 cm², la « lecture de l’appareil » se fait à pas de
temps variable fonction du temps de remplissage de l’auget, donc de l’intensité de l’averse.

En effet, un mécanisme relie l’axe à un stylet, chaque rotation provoquant un déplacement du stylet.
Ce stylet écrit sur un papier fixé à un tambour effectuant une révolution à l’aide d’un mouvement
d’horlogerie. La durée de révolution est hebdomadaire ou journalière. L’étude des intensités
intéressant les micros bassins routiers nécessite une révolution de une journée (moins si possible). Le
graphique obtenu ou pluviogramme est une courbe où les hauteurs de pluies sont cumulées.

Un autre type de pluviographe est le pluviographe à siphon de Richard.

Un bac avec flotteur reçoit la pluie, le flotteur montant transmet son mouvement au stylet. Lorsque le
bac est plein, un siphon s’amorce et effectue la vidange en un temps très court et le cycle recommence.
Ce dispositif permet un enregistrement en continu des intensités durant un cycle, la fin de celui-ci étant
marqué par une chute brutale sur le pluviogramme.

II.2. – VALIDITE DES MESURES

II.2.1. – Problèmes d’exploitation

Dans le cas des pluviomètres, ce sont essentiellement des problèmes liés à la difficulté de trouver un
bon observateur. Il faut en effet, que les lectures soient effectuées chaque jour à heure fixe. Il n’est pas
rare qu’une hauteur d’eau journalière soit en fait le cumul de plusieurs journées consécutives.

Les lectures toutes les vingt quatre heures peuvent être affectées par les pertes par évaporation. En
région de montagne un dispositif chauffant peut être prévu afin de mesurer l’équivalent en eau des
précipitations solides. La lecture est effectuée au 1/10 de mm.

II.2.2. – Problèmes d’exploitation des pluviographes – Précision

Dans le cas des pluviographes, ces problèmes sont dus aux limites du mécanisme de basculement des
augets. En effet pour les fortes intensités, les augets « n’arrivent plus à suivre », le temps de
basculement devient trop important par rapport à la rapidité du phénomène.

Pour une intensité de 180 mm/h l’imprécision peut atteindre 25 %.

III- PLUVIOMETRIE UTILISEE DANS LES PROJETS ROUTIER

Deux types de renseignements sont utilisés pour les projets d’assainissement routier :

1. Les relations intensité-durée de pluie pour une fréquence donnée

Etablies à partir des relevés des pluviographes, elles servent au calcul des débits de ruissellement à
l’aide de la formule rationnelle (voir le fascicule 3 et annexe 1, table 1 du présent fascicule).

On trouvera ci-après les principales données interprétées dont on dispose actuellement. Les
pluviographes suffisamment anciens sont cependant encore relativement peu nombreux en France et le
dépouillement et l’interprétation de leurs relevés représente un travail très important. Des études
récentes ont permis la mise à jour des paramètres pluviométriques.
α

Les relations i = sous-estiment les intensités au-delà de 4 h, et leur extrapolation

β+ t

au-delà de cette valeur est donc déconseillée, notamment pour les petits bassins naturels dont le temps
de concentration serait supérieur à quelques heures.

Les relations de la forme i = at-b ne permettant généralement pas de bien représenter les courbes
intensité-durée de pluie pour toutes les durées (de 6 à 360 min), elles ont été séparées en deux relations
car elles ne peuvent pas s’ajuster sur une seule droite:

-
l’une est valable de 6 à 30 min (paramètres a et b),
-
l’autre est valable de 15 à 360 min (paramètres a’ et b’).

Cette dernière relation sera utilisée dans les calculs de débit des petits bassins versants naturels et les
bassins versants routiers.

Pour être plus précis, le temps limite t issu de l’intersection des courbes a t -b et a’ t -b’a pour
expression : ln a'− ln a

t = exp

bb

'− Il faut donc prendre les paramètres a et b si le temps de concentration du bassin versant considéré est
inférieur au temps limite t, sinon il faut prendre les paramètres a’ et b’.

REMARQUE : Il résulte de ce qui précède que les valeurs d’intensité d’averse obtenues par ces
différents ajustements peuvent présenter des différences sensibles.

2. Les hauteurs d’eau journalières de fréquence décennale (P10)

Ces valeurs découlent de l’exploitation des pluviomètres, appareils beaucoup plus nombreux en France
que les pluviographes, et servent à estimer le débit décennal des bassins versants naturels de 1 à 100
km2 .

On trouvera ci-après une carte donnant pour la France ce paramètre P10. Il est utile de consulter les
services de la météorologie nationale afin d’utiliser une valeur de P10 déterminée le plus près possible
du bassin versant étudié, ce paramètre pouvant en effet varier de façon importante sur quelques
dizaines de kilomètres (micro-climat et altitude).

TABLE 1

INTENSITE DES AVERSES DECENNALES EN FRANCE


TABLE 1 (Suite)

INTENSITE DES AVERSES DECENNALES EN FRANCE


CARTE DES PLUIES JOURNALIERES DECENNALES (P10 en mm)

d’après un millier de poste (extrait document R.A.R. de 1982)


ETUDE DE CAS 1 - BASSIN VERSANT ROUTIER

L'étude porte sur l'assainissement d'une chaussée autoroutière dont les caractéristiques géométriques
sont les suivantes :

(signalisation) soit au total, 8,30 m avec un dévers de 2.5 %

-
Accotement stabilisé traité de 2,20 m avec un dévers de 4 %
-
Berme engazonnée de 0,75 m avec un dévers de 8 %

L'ouvrage de recueil en déblai est une cunette engazonnée (largeur = 1,50 m, flèche = 0,15 m).

Largeur = 1.50 m

Flèche = 0,15 m

Dans le cas où la cunette engazonnée serait insuffisante, cette dernière sera associée à une canalisation
∅ 300 ou ∅ 400.

L'ouvrage de recueil en remblai est un fossé trapézoïdal engazonné (largeur = 1,50 m, profondeur =
0,50 m, talus 1/1).

Fond = 0,50 m

C = coefficient de ruissellement
-chaussées, parties revêtues C = 1

-
grave stabilisée traitée C = 0,8
-
grave stabilisée non traitée C = 0,5

-terre végétale engazonnée soit : C = 0,7 pour les surfaces traversées par l'eau

provenant de la chaussée soit : C = 0,3 dans les autres cas

Données pluviométriques

Le projet est situé dans la région de Lille dont les coefficients de Montana sont définis ci

après : a1 = 323 b1 = 0,499 a2 = 925 b2 = 0,826

Il est demandé de calculer :

1) Le débit capable des différents ouvrages (cunette, fossé, et, canalisations ∅ 300 et ∅ 400) avec K =
18 x ln (100 x Rh) + 5,13 ln (pente) - 11 dans la formule de MANNING STRICKLER pour la cunette
engazonnée, K = 30 pour le fossé engazonné et K = 80 pour les collecteurs.

Cunette

Largeur = 1.50 m
avec Pm = 1,54 Sm = 0,151 Rh = 0,0982

Flèche = 0,15 m

K=?

Fossé

Largeur = 1,50 m

avec Pm = ?

Talus 1/1 Profondeur = 0,50 m Sm = ?

Rh = ? K = 30

Fond = 0,50 m
2) Le débit décennal par l’utilisation de la méthode des temps de concentration, en vérifiant la capacité
des ouvrages choisis au fur et à mesure de l’avancement du projet. Le débit décennal total apporté par
de la plate-forme complète au niveau du rejet.

3) Le débit centennal total de la plate-forme complète.

CUNETTE ENGAZONNEE

K : 12,13 PENTE : 0,0300 en m.p.m HAUTEUR : 0,15 en m

LARGEUR : 1,50 en m Rayon : 1,950 en m Angle : 2,7468 en radian


RAYON
HAUTEUR ANGLE PERIMETRE SECTION VITESSE
HYDRAULIQU E
D'EAU m radian MOUILLE m MOUILLEE m2 m/s
m
3,0700
3,0403
3,0175
2,9982
2,9813
2,9660
2,9518
2,9387
0,005 0,010 0,27934 0,39514 0,00093 0,00263 0,00333 0,00666 0,047 0,074
2,9263
0,015 0,020 0,48405 0,55905 0,00483 0,00744 0,00998 0,01330 0,097 0,118
2,9147
0,025 0,030 0,62517 0,68499 0,01039 0,01365 0,01662 0,01993 0,137 0,154
2,9035
0,035 0,040 0,74003 0,79129 0,01719 0,02100 0,02324 0,02654 0,171 0,187
2,8929
0,045 0,050 0,83947 0,88507 0,02505 0,02933 0,02984 0,03313 0,202 0,217
2,8827
0,055 0,060 0,92847 0,96997 0,03382 0,03852 0,03642 0,03971 0,231 0,245
2,8728
0,065 0,070 1,00979 1,04814 0,04342 0,04850 0,04300 0,04628 0,258 0,271
2,8633
0,075 0,080 1,08516 1,12099 0,05377 0,05921 0,04955 0,05282 0,283 0,296
2,8542
0,085 0,090 1,15575 1,18951 0,06482 0,07060 0,05609 0,05935 0,308 0,320
2,8452
0,095 0,100 1,22237 1,25440 0,07653 0,08262 0,06261 0,06587 0,331 0,343
2,8366
0,105 0,110 1,28566 1,31620 0,08886 0,09525 0,06912 0,07237 0,354 0,365
2,8282
0,115 0,120 1,34607 1,37533 0,10177 0,10844 0,07561 0,07885 0,376 0,386
2,8200
0,125 0,130 1,40399 1,43211 0,11524 0,12218 0,08208 0,08531 0,397 0,407
2,8119
0,135 0,140 1,45971 1,48682 0,12924 0,13644 0,08854 0,09176 0,417 0,427
2,8041
0,145 0,150 1,51347 1,53969 0,14375 0,15119 0,09498 0,09820 0,437 0,447
2,7964
2,7889
2,7816
2,7744
2,7673
2,7604
2,7535
2,7468

CANALISATION

Diamètre : 400 en mm

K : 80,00 PENTE : 0,0300 en m,p,m

SECTION RAYON
DEBIT HAUTEUR ANGLE PERIMETRE VITESSE
MOUILLEE HYDRAULIQUE
l/s D'EAU m radian MOUILLE m m/s
m2 m
0,41 0,010 2,8240 0,12702 0,00084 0,00659 0,487
1,80 0,020 2,6906 0,18041 0,00235 0,01302 0,767
4,27 0,030 2,5868 0,22192 0,00428 0,01929 0,997
7,83 0,040 2,4981 0,25740 0,00654 0,02541 1,198
12,49 0,050 2,4189 0,28909 0,00907 0,03136 1,378
18,24 0,060 2,3462 0,31816 0,01182 0,03715 1,543
25,03 0,070 2,2784 0,34528 0,01477 0,04278 1,695
32,85 0,080 2,2143 0,37092 0,01789 0,04824 1,836
41,65 0,090 2,1532 0,39537 0,02116 0,05353 1,968
51,39 0,100 2,0944 0,41888 0,02457 0,05865 2,092
62,01 0,110 2,0376 0,44161 0,02809 0,06360 2,208
73,46 0,120 1,9823 0,46371 0,03171 0,06838 2,317
85,69 0,130 1,9284 0,48529 0,03541 0,07298 2,420
98,64 0,140 1,8755 0,50644 0,03920 0,07740 2,517
112,24 0,150 1,8235 0,52725 0,04304 0,08164 2,608
126,42 0,160 1,7722 0,54778 0,04694 0,08569 2,693
141,12 0,170 1,7214 0,56809 0,05088 0,08956 2,774
156,26 0,180 1,6710 0,58825 0,05485 0,09323 2,849
171,77 0,190 1,6208 0,60831 0,05883 0,09672 2,920
187,57 0,200 1,5708 0,62832 0,06283 0,10000 2,985
203,58 0,210 1,5208 0,64833 0,06683 0,10308 3,046
219,72 0,220 1,4706 0,66839 0,07082 0,10595 3,103
235,90 0,230 1,4202 0,68855 0,07479 0,10862 3,154
252,03 0,240 1,3694 0,70886 0,07872 0,11106 3,201
268,02 0,250 1,3181 0,72939 0,08262 0,11327 3,244
283,76 0,260 1,2661 0,75020 0,08647 0,11526 3,282
299,15 0,270 1,2132 0,77135 0,09025 0,11700 3,315
314,08 0,280 1,1593 0,79293 0,09396 0,11849 3,343
328,43 0,290 1,1040 0,81502 0,09758 0,11972 3,366
342,08 0,300 1,0472 0,83776 0,10110 0,12067 3,384
354,88 0,310 0,9884 0,86126 0,10450 0,12133 3,396
366,69 0,320 0,9273 0,88572 0,10777 0,12168 3,402
377,31 0,330 0,8632 0,91135 0,11089 0,12168 3,402
386,56 0,340 0,7954 0,93848 0,11384 0,12131 3,396
394,17 0,350 0,7227 0,96754 0,11660 0,12051 3,381
399,82 0,360 0,6435 0,99924 0,11912 0,11921 3,356
403,05 0,370 0,5548 1,03471 0,12138 0,11731 3,321
403,09 0,380 0,4510 1,07623 0,12331 0,11458 3,269
398,30 0,390 0,3176 1,12961 0,12483 0,11050 3,191
375,14 0,400 0,0000 1,25664 0,12566 0,10000 2,985

CANALISATION

Diamètre : 300 en mm

K : 80,00 PENTE : 0,0300 en m,p,m

SECTION RAYON
DEBIT HAUTEUR ANGLE PERIMETRE VITESSE
MOUILLEE HYDRAULIQUE
l/s D'EAU m radian MOUILLE m m/s
m2 m
0,35 0,010 2,7744 0,11016 0,00072 0,00656 0,486
1,54 0,020 2,6193 0,15669 0,00202 0,01292 0,763
3,64 0,030 2,4981 0,19305 0,00368 0,01906 0,989
6,63 0,040 2,3940 0,22428 0,00560 0,02498 1,184
10,52 0,050 2,3005 0,25232 0,00774 0,03069 1,358
15,25 0,060 2,2143 0,27819 0,01006 0,03618 1,516
20,80 0,070 2,1333 0,30248 0,01253 0,04144 1,659
27,10 0,080 2,0563 0,32558 0,01513 0,04648 1,791
34,11 0,090 1,9823 0,34778 0,01784 0,05128 1,913
41,76 0,100 1,9106 0,36929 0,02063 0,05585 2,025
49,98 0,110 1,8407 0,39026 0,02349 0,06018 2,128
58,70 0,120 1,7722 0,41083 0,02640 0,06427 2,223
67,85 0,130 1,7045 0,43112 0,02936 0,06810 2,311
77,34 0,140 1,6375 0,45122 0,03235 0,07168 2,391
87,10 0,150 1,5708 0,47124 0,03534 0,07500 2,464
97,02 0,160 1,5041 0,49125 0,03834 0,07805 2,531
107,03 0,170 1,4371 0,51136 0,04133 0,08081 2,590
117,03 0,180 1,3694 0,53165 0,04428 0,08329 2,643
126,90 0,190 1,3009 0,55222 0,04720 0,08547 2,689
136,54 0,200 1,2310 0,57319 0,05006 0,08734 2,728
145,84 0,210 1,1593 0,59469 0,05285 0,08887 2,759
154,66 0,220 1,0853 0,61689 0,05555 0,09005 2,784
162,85 0,230 1,0083 0,64000 0,05815 0,09086 2,800
170,27 0,240 0,9273 0,66429 0,06062 0,09126 2,809
176,71 0,250 0,8411 0,69016 0,06294 0,09120 2,807
181,94 0,260 0,7476 0,71820 0,06508 0,09062 2,796
185,65 0,270 0,6435 0,74943 0,06701 0,08941 2,771
187,35 0,280 0,5223 0,78578 0,06866 0,08738 2,729
186,03 0,290 0,3672 0,83232 0,06996 0,08406 2,659
174,19 0,300 0,0000 0,94248 0,07069 0,07500 2,464

FOSSE TRAPEZOIDAL ENGAZONNE

K : PENTE : LARGEUR TOTALE :

LARGEUR DU FOND : HAUTEUR : 30,00

0,0300 en m.p.m 1,50 en m 0,50 en m 0,50 en m

DEBIT HAUTEUR DE PERIMETRE SECTION RAYON VITESSE


l/s D'EAU m MOUILLE m MOUILLEE m2 HYDRAULIQUE m m/s
1,20 0,010 0,52828 0,00510 0,00965 0,236
3,81 0,020 0,55657 0,01040 0,01869 0,366
7,47 0,030 0,58485 0,01590 0,02719 0,470
12,06 0,040 0,61314 0,02160 0,03523 0,558
17,50 0,050 0,64142 0,02750 0,04287 0,637
23,75 0,060 0,66971 0,03360 0,05017 0,707
30,77 0,070 0,69799 0,03990 0,05716 0,771
38,53 0,080 0,72627 0,04640 0,06389 0,830
47,03 0,090 0,75456 0,05310 0,07037 0,886
56,25 0,100 0,78284 0,06000 0,07664 0,938
66,20 0,110 0,81113 0,06710 0,08272 0,987
76,85 0,120 0,83941 0,07440 0,08863 1,033
88,22 0,130 0,86770 0,08190 0,09439 1,077
100,31 0,140 0,89598 0,08960 0,10000 1,119
113,11 0,150 0,92426 0,09750 0,10549 1,160
126,63 0,160 0,95255 0,10560 0,11086 1,199
140,87 0,170 0,98083 0,11390 0,11613 1,237
155,84 0,180 1,00912 0,12240 0,12129 1,273
171,55 0,190 1,03740 0,13110 0,12637 1,309
187,99 0,200 1,06569 0,14000 0,13137 1,343
205,18 0,210 1,09397 0,14910 0,13629 1,376
223,12 0,220 1,12225 0,15840 0,14114 1,409
241,82 0,230 1,15054 0,16790 0,14593 1,440
261,29 0,240 1,17882 0,17760 0,15066 1,471
281,53 0,250 1,20711 0,18750 0,15533 1,501
302,55 0,260 1,23539 0,19760 0,15995 1,531
324,35 0,270 1,26368 0,20790 0,16452 1,560
346,95 0,280 1,29196 0,21840 0,16905 1,589
370,36 0,290 1,32024 0,22910 0,17353 1,617
394,57 0,300 1,34853 0,24000 0,17797 1,644
419,61 0,310 1,37681 0,25110 0,18238 1,671
445,47 0,320 1,40510 0,26240 0,18675 1,698
472,17 0,330 1,43338 0,27390 0,19109 1,724
499,70 0,340 1,46167 0,28560 0,19539 1,750
528,10 0,350 1,48995 0,29750 0,19967 1,775
557,35 0,360 1,51823 0,30960 0,20392 1,800
587,46 0,370 1,54652 0,32190 0,20815 1,825
618,46 0,380 1,57480 0,33440 0,21234 1,849
650,33 0,390 1,60309 0,34710 0,21652 1,874
683,10 0,400 1,63137 0,36000 0,22067 1,897
716,77 0,410 1,65966 0,37310 0,22481 1,921
751,34 0,420 1,68794 0,38640 0,22892 1,944
786,84 0,430 1,71622 0,39990 0,23301 1,968
823,25 0,440 1,74451 0,41360 0,23709 1,990
860,60 0,450 1,77279 0,42750 0,24115 2,013
898,89 0,460 1,80108 0,44160 0,24519 2,036
938,13 0,470 1,82936 0,45590 0,24921 2,058
978,33 0,480 1,85765 0,47040 0,25322 2,080
1 019,49 0,490 1,88593 0,48510 0,25722 2,102
1 061,63 0,500 1,91421 0,50000 0,26120 2,123

2 - BASSIN VERSANT NATUREL ETUDE DE CAS:

Le projet routier étudié précédemment coupe un bassin versant en deux parties. On s'aperçoit que la
partie Nord intéresse notre projet. La déclivité est orientée Nord-Est, Nord-Ouest.
Un ouvrage de traversée sera prévu, au point bas du terrain naturel (voir exercice de bassin versant
routier). Ce bassin Nord a les caractéristiques suivantes :

-la surface totale A est de 130 hectares,

- le cheminement de l'eau a une longueur totale de 1.850 mètres. Le bassin est décomposé de la façon
suivante :

-
la partie supérieure de 80 ha est du pâturage, de pente 2 % sur un terrain sableux et de longueur
940 mètres,
-
la partie centrale de 40 hectares est un bois de pente 3 % sur un terrain sableux de longueur 600
mètres,
-
la partie inférieure jusqu'à l'ouvrage de traversée est une terre de culture limoneuse dont la
pente est de 1 % et sa longueur de 310 mètres pour une surface de 10 hectares.

La pluviométrie sera celle de la formule hyperbolique du tableau de la page 47 de la recommandation


(fréquence décennale) Région Nord.

On calculera :

Le temps de concentration - le coefficient moyen pondéré - L'intensité critique - le débit décennal Q10
et le débit centennal Q100 (le coefficient Q100/Q10 sera pris égal à 1,8) - le débit centennal total
associant les bassins versants routier et naturel.
3 - RETABLISSEMENT D'ECOULEMENT NATUREL ETUDE DE CAS

Il s'agit d'évacuer les débits (Q100) apportés par le bassin versant naturel et le bassin versant routier
sous la voie projetée. Il faut donc déterminer l'ouvrage hydraulique permettant de rétablir l'écoulement
naturel au travers du remblai compte tenu des éléments suivants :
On assimile le ruisseau à une forme géométrique, pour notre cas un trapèze :

L’ouvrage hydraulique choisi est une buse circulaire en béton avec un coefficient de rugosité K = 70.
La tête d’ouvrage sera perreyée.

Pour réaliser les calculs, on utilisera l’ensemble des abaques de l’annexe 6 de la Recommandation pour
l’Assainissement Routier de 1982.

On adoptera le processus de dimensionnement suivant :

1. Connaître la nature de l’écoulement dans le fossé aval par comparaison des hauteur normale et
la hauteur critique.
2. Choisir un ouvrage hydraulique (dimension et pente)en fonction des contraintes propres au
projet.
3. Vérifier la nature de l’écoulement dans l’ouvrage. En cas de non compatibilité du régime
d’écoulement, éventuellement il faudra modifier le choix •.
4. Calculer la section mouillée dans l’ouvrage.
5. Calculer la vitesse d’écoulement dans l’ouvrage, et vérifier que V soit inférieure à 4 m/s.
6. Calculer la hauteur d’eau amont, et vérifier que la hauteur amont soit acceptable vis-à-vis des
contraintes du projet.

Il existe trois grandes familles de méthodes pour l’estimation des débits des bassins versants :

-
méthodes statistiques
-
méthodes analytiques
-
méthodes déterministes

Dans ce chapitre, nous ne traiterons que la dernière dans la mesure où les méthodes analytiques et
statistiques nécessitent la connaissance des données statistiques observées sur de très longues périodes
(20 à 100 ans) pour être fiables alors que les méthodes déterministes s’appuient sur des données
pluviométriques (paramètres a et b de Montana, α et β de Grissolet). Ils caractérisent la pluviométrie
de la région où se situe le projet ; Ces paramètres sont disponibles dans tous les ouvrages spécialisés.
Sur l’ensemble des méthodes décrites dans le présent document, les trois méthodes les plus utilisées
sont les suivantes :

- méthode rationnelle avec la détermination du temps de concentration à partir du tableau des vitesses
d’écoulement.

-
méthode SOGREAH par l’utilisation de l’abaque de synthèse.
-
méthode CRUPEDIX utilisant un coefficient régional.

Ces trois méthodes donnent des résultats équivalents dans la mesure où elles sont utilisées dans leur
domaine de validité. Par expérience et connaissance détaillée du comportement du bassin versant
étudié, les autres méthodes peuvent être utilisées.

Trois méthodes ont été retenues

-Rationnelle

-Crupedix

- Abaques de synthèse (méthode SOGREAH)

1.. METHODE RATIONNELLE

Données

-C Coefficient de ruissellement

-source : évaluation par l’utilisateur

-A Surface du Bassin versant

-source : caractéristiques topographiques du Bassin versant

-unité : km²

-tc Temps de concentration du Bassin versant

-source : module de détermination de tc

-unité : minutes

-a et b Paramètres de Montana

-source : tables régionales ou imposés par l’utilisateur.

Des paramètres pluviométriques sont donnés dans le document 4 : Notion de pluviométrie.

Formulation
L’intensité de pluie est calculée par la formule de Montana : I = a tc-b mm/h

d’où : Q = C I A m3/s

36

La période de retour du débit est égale à la période de retour de l’intensité, c’est à dire celle pour
laquelle les coefficients de Montana ont été déterminés.

Domaine de validité

Superficie comprise entre 0 et 100 km² Risque de sous-évaluation entre 20 et 100 km²

Calcul du coefficient de ruissellement

On pourra adopter suivant la couverture végétale, la forme, la pente et la nature du terrain les valeurs
de C :

Couverture Terrain avec Terrain argileux Terrain argileux


Morphologie Pente (%)
végétale sable grossier ou limoneux compact
Presque plat Ondulé 0-5 5-10
Bois 0,10 0,25 0,30 0,30 0,35 0,50 0,40 0,50 0,60
Montagneux 10-30
Presque plat Ondulé 0-5 5-10
Pâturage 0,10 0,15 0,22 0,30 0,36 0,42 0,40 0,55 0,60
Montagneux 10-30
Presque plat Ondulé 0-5 5-10
Culture 0,30 0,40 0,52 0,50 0,60 0,72 0,60 0,70 0,82
Montagneux 10-30

En présence de zone de perméabilités différentes, la valeur du coefficient à prendre en compte est :

.A.

C11 + C2. A2+... Cn An

C=

A1 + A2+...+ An

A1, A2,... An étant les surfaces élémentaires auxquelles correspondent les coefficients C1, C2, ...Cn, et
A1 + ...An, la surface totale A du bassin.

Calcul du temps de concentration

-Présentation :

Le temps de concentration est défini comme le temps nécessaire à une goutte d’eau pour aller du point
le plus éloigné à l’exutoire : Le temps de concentration du bassin peut être calculé par plusieurs
méthodes en particulier:
c- à partir du tableau de vitesses de la R.A.R. de 1982 d- méthode de Ventura e- méthode de Passini f-
méthode Kirpich

-Les méthodes

c. - A PARTIR DU TABLEAU DES VITESSES

Données

-L Longueur du bassin versant (ou du tronçon)

-source : caractéristiques du bassin versant

-unité : km

-Pente du bassin versant

-source : caractéristiques du bassin versant en fontion de la longueur du cheminement hydraulique et


de la dénivelée.

-unité : %

-Couverture végétale

-source : cartographie au 1/25000 (carte IGN)

Formulation : On détermine la vitesse d’écoulement en m/s en fonction de la pente à l’aide de la table


suivante :

vitesse d’écoulement (m/s)

Pente pâturage Bois Impluvium naturel mal


(%) (dans la partie (dans la partie défini
supérieure du bassin supérieure du bassin
versant) versant)
0 - 3 0,45 0,30 0,30
4 - 7 0,90 0,60 0,90
8 - 11 1,30 0,90 1,50
12 - 15 1,30 1,05 2,40

Le temps de concentration en minute est alors : tc =

60 V

En présence de pentes différentes selon les sections de thalweg de pente constante, la valeur de tc
devient :

1 L1 L2 L3
tc = ( ++ )

60 V1 V 2 V 3 L1, L2,... Ln étant les longueurs élémentaires de chaque section auxquelles


correspondent les vitesses élémentaires respectives V1, V2, ...Vn.

-Limites de validité :

La table des vitesses est donnée pour des pentes comprises entre 0 et 15 %.

d. - METHODE DE VENTURA

Données :

-S Superficie du bassin versant

-source : caractéristiques du bassin versant

-unité : km²

-P Pente du bassin versant

-source : caractéristiques du bassin versant

-unité : m.p.m

Formulation

tc = 0,127 x S P x60 (tc est exprimé en heures)


Limites de validité

-Superficie de bassin versant supérieure à 10 km²

-Terrain de plaine ou pente moyenne

e. - METHODE DE PASSINI

Données :

-S Superficie

-source : caractéristiques du bassin versant

-unité : km²

-L Longueur du bassin versant

-source : caractéristiques du bassin versant

-unité : km

-P Racine carrée de la pente pondérée


-source : caractéristiques du bassin versant

Formulation :

0 1083 SL

tc = 60 x , (tc en heures)

Limites de validité :

Superficie supérieure à 40 km²

f. - METHODE DE KIRPICH

Cette méthode est purement empirique

Données :

-L Longueur du bassin versant

-source : caractéristiques du bassin versant

-unité : mètre

-H Dénivelé entre l’exutoire et le point le plus éloigné du BV

-source : caractéristiques du bassin

-unité : mètre

Formulation

115

1L

(tc en minutes)

tc

038

52 H
Limites de validité :

Pas de restrictions particulières

2 - METHODE CRUPEDIX

Présentation :

Cette méthode détermine le débit décennal en fonction de la superficie du bassin, de la pluie décennale
et d’un coefficient régional. Elle est fondée sur une analyse statistique multi-variables et non sur une
modélisation des phénomènes

physiques
Données :
-S Superficie du Bassin versant
- source : caractéristiques topographiques du BV - Unité : km2
-P10 Pluie journalière de fréquence décennale
- source : carte nationale ou résultat d’une analyse statistique des

données pluviométriques locales* ()

-unité : mm

-R Coefficient régional (voir carte ci-après)

-source : carte nationale

* La pluie décennale peut être issue des relevés d’une station pluviométrique si l’on est sûr qu’elle est
bien représentative de la pluviométrie du BV étudié.

Formulation :

Q10 = (S)0,8

⎛⎜⎝

P10

80

⎞⎟⎠

Domaine de validité :

Superficie comprise entre 10 et 2000 km²


Intervalle de confiance :

Excepté dans le cas des bassins versants particulièrement perméables et n’appartenant pas à un
ensemble suffisamment important pour être corrigés par le coefficient régional, on constate que la
valeur réelle du débit est comprise entre :

Q = Q10 et Q + = 2 Q10

Cet intervalle de confiance a été déterminé expérimentalement, sans qu’un pourcentage y soit associé.

Exemple :

Calcul du débit Q10 -Bassin versant : S = 122 km²

-Données

-région de Montpellier (pour exemple)

-Valeurs issues des cartes

. P10 = 125 mm environ (paramètres pluviométriques donnés dans le document 4 : Notion de


pluviométrie), . R = 1,50( voir carte ci-après),

125

⎛⎜⎝

⎞⎟⎠

08

122

d’où, Q10 = 171 m3/s

Q10 =

×
15

.,

80

3. - ABAQUE DE SYNTHESE

Principe :

Cette méthode permet de déterminer les débits à l’aide d’un abaque.

Données

-Surface du bassin versant

-source : caractéristiques topographiques du bassin versant


-Unité : km²

-Pente du bassin versant

-source : caractéristiques topographiques du bassin versant

-Unité : %

-P10 Pluie décennale

- source : caractéristiques géologiques du bassin versant à identifier par l’utilisateur

-Perméabilité du sol

-source : caractéristiques géologiques du bassin versant à identifier par l’utilisateur

- Unité : sans, il s’agit seulement de qualifier la perméabilité du sol :assez imperméable ou semi-
perméable.

Limites de validité

-bassins versants de superficie comprise entre 1 et 100 km², voire 200 km²

-pluie décennale comprise entre 50 et 200 mm

- Les bassins versants de superficie importante et de forte pente sortent du domaine de validité de
l’abaque.
Exemple d’application :

Il s’agit donc de quatre abaques, s’utilisant en chaîne, le résultat de l’une étant un paramètre de la
suivante.

-Lecture de l’abaque de synthèse

données : S = 23 km² P = 3 % P10 = 100 mm Perméabilité : sols semi-perméables

1) Abaque n°1.

Pour le couple p = 3 % et S = 23 km² (De l’intersection de la verticale S = 23 km² et l’horizontale issue


de P = 3 %, obliquement suivant les courbes de pentes, soit P = 6 %), on tire horizontalement un trait
jusqu’à l’intersection de la courbe caractérisant la précipitation P10 = 100 mm de l’abaque n°2.
2) Verticalement, on remonte jusqu’à l’intersection d’une des courbes caractérisant la perméabilité du
sol (BV), abaque n°3 (sol semi-perméable).

3) du point d’intersection de cette courbe (abaque n°3) on passe horizontalement dans l’abaque n°4.

4) du point d’intersection de l’horizontal avec l’abaque n°4, on remonte obliquement jusqu’à


l’intersection avec la verticale issue du point de superficie. S = 23 km².

5) à l’horizontal de ce point d’intersection, on lit la valeur du débit Q10 Soit Q10 = 17 m3/s.

DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE DES PETITS OUVRAGES DE RETABLISSEMENT

1.- DEFINITION

Par convention, on s’intéresse au travers de ce document au dimensionnement des petits ouvrages


hydrauliques en opposition au dimensionnement d’ouvrages conséquents.

-les petits ouvrages hydrauliques :

Ces ouvrages permettent le rétablissement de petits écoulements, dont la surface du bassin versant est
généralement inférieure à 100 km2. Bien souvent, leur bassin versant n’est pas équipé de stations
hygrométriques, aussi l’évaluation du débit de crue s’effectue par l’utilisation des formules de calcul
développées ci-avant.

L’ouvrage hydraulique nécessaire correspond dans la plupart des cas soit à une buse circulaire, à un
dalot ou à une buse-arche.

Pour ces petits ouvrages, le rapport longueur (dans le sens de l’écoulement) sur la largeur de
l’ouverture hydraulique de l’ouvrage est supérieur à 1.

-les ouvrages hydrauliques importants :

Ces ouvrages correspondent à des grands écoulements reprenant des surfaces de bassins versants
supérieurs à 100 km2. Pour l’évaluation des débits de crues, on dispose généralement de données
fournies par des stations hydrométriques équipées de limnigraphes qui fournissent un enregistrement
graphique continu des variations de hauteur d’eau de la rivière, et constituent la base fondamentale.
Quand ces données n’existent de pas, on peut raisonner par analogie.

Le dimensionnement de ces ouvrages nécessite en général des études spécifiques qui relèvent du
domaine du spécialiste.

Pour ces petits ouvrages, le rapport longueur (dans le sens de l’écoulement) sur la largeur de
l’ouverture hydraulique de l’ouvrage est inférieur à 1.

2.- PRINCIPES DE DIMENSIONNEMENT

Les principes de dimensionnement donnés ci-dessous ne concernent que les petits ouvrages
hydrauliques.

2.1. Rappels d’hydrauliques


Les rétablissements d’écoulements naturels font appel à la théorie des écoulements à surface libre. Un
écoulement est dit libre si, à sa partie supérieure, le liquide est soumis à la pression atmosphérique ; la
ligne piézométrique est confondue avec le niveau du liquide.

Les écoulements sont classés selon deux types:

- les écoulements uniformes : Un écoulement est uniforme si la pente, la section transversale (forme et
nature des parois) et la vitesse sont constantes. En fait, il s’avère que l’écoulement passant dans les
ouvrages d’assainissement de plate-forme, peut être considéré comme un écoulement uniforme.

Dans de telles conditions, on peut appliquer la formule de MANNING - STRICKLER :

23 12

QK ×Rh / ×I / ×S

avec Q : débit en m3/s

K : coefficient de rugosité

Rh : rayon hydraulique avec : Rh =

1. S : section mouillée en m2
2. p : périmètre mouillé en m

1. I : pente en m/m
2. S : section mouillée en m2

Cette formule permet de déterminer la hauteur de la ligne d’eau en un point de l’écoulement dans une
section donnée. Cette hauteur d’eau est alors appelée hauteur normale hn lorsqu’on se situe dans un
thalweg ou yn lorsqu’on se situe dans un ouvrage hydraulique.

-les écoulements graduellement variés : Un écoulement est graduellement varié si ses différents
paramètres (pente, section transversale et vitesse) varient de façon continue, progressive et lente. En
fait, il s’avère que l’écoulement passant d’un thalweg à un ouvrage de rétablissement s’effectue en un
tel écoulement graduellement varié.

Dans de telles conditions, on peut appliquer l’équation de BERNOUILLI :

V2

Hzy

=++ =Cte
2g

avec H : charge en mètre égale à la somme de la cote d’un point quelconque par rapport à un plan de
référence de la hauteur piézométrique et de la hauteur capable de la vitesse

1. z : cote d’un point quelconque du fond par rapport à un plan de référence en mètre
2. y : hauteur piézométrique en ce point en mètre (hauteur réelle à laquelle s’élève l’eau du fait de
la pression)
3. V : vitesse de l’eau en m/s
4. g : accélération de la pesanteur

Cette formule exprime que la charge H, par rapport à un plan de référence est constante aux pertes de
charges près.

Elle traduit aussi la conservation de l’énergie le long de la trajectoire d’un cours d’eau et d’une
particule en mouvement.

1 2 Plan de référence On peut écrire que la charge H entre le point 1 et 2 est constante aux pertes de
charges près ∆H soit :

V ()2 V (2)2

= + + =z2 + + +∆H

Hz1 y12gy2

2g

Pour simplifier, si on considère le fond comme plan de référence, l’équation devient :

V2

Hs =+ =Cte
2g Hs représente la charge spécifique.

Q2

Comme V = , on obtient Hs =+2gS 2

S y Q2

La représentation de Hs =+2gS 2 en fonction de y, ou Q est le débit

constant et S est la section mouillée qui varie avec la profondeur soit S = f (y), donne le graphique
suivant :

Hs Hc

On constate que la charge spécifique passe par un minimum pour une hauteur d’eau yc appelée hauteur
critique.

QL

La profondeur critique est racine de l’équation : gS =1

Si la charge H est supérieure à la charge critique, l’écoulement peut se faire de deux manières : y1 et
y2.

Si la profondeur de l’eau est faible : y1 < yc alors, la vitesse est grande.

Si la profondeur de l’eau est forte : y2 > yc alors, la vitesse est faible.


On définit ainsi deux régimes d’écoulement possibles : le régime torrentiel (y < yc) et le régime fluvial
(y > yc).

ϖen régime fluvial : l’énergie cinétique est faible, la hauteur d’eau est importante, la vitesse est faible,
on dit qu’on se trouve en contrôle aval.

ϖen régime torrentiel : l’énergie cinétique est importante, la hauteur d’eau est faible, la vitesse est
forte, on dit qu’on se trouve en contrôle amont.

Lorsqu’on passe du régime torrentiel au régime fluvial, il y a création d’un ressaut qui est générateur
d’affouillements, et peut mettre en péril la stabilité de l’ouvrage. Cela montre l’importance de
connaître la nature du régime d’écoulement résultant de l’ensemble thalweg amont - ouvrage
hydraulique - thalweg aval.

De même, on constate que la hauteur critique yc ne dépend, ni de la pente, ni de la rugosité du canal.


Elle ne dépend que de la forme du canal et du débit Q à

QL

évacuer ( gS 3 =1). Donc pour un débit donné Q, yc est déterminée tandis que yn

varie avec la pente I, on peut pour ce débit déterminer une pente critique Ic pour laquelle la profondeur
normale yn (définie par l’équation de MANNING - STRICKLER

/ 12

QK

=× Rh 23 ×I / ×S ) est égale à la profondeur critique yc (définie par

l’équation QL =gS 3). En éliminant Q entre les deux équations précédentes, on peut calculer Ic en

critique

fonction de yc, d’où Ic = KRh 43 L .

2/

On peut donc affirmer que le débit capable d’un ouvrage n’est plus fonction de sa pente dès que celle-
ci est supérieure à la pente critique. Un ouvrage ne peut débiter plus qu’il ne peut absorber.

D’où le danger de dimensionner des ouvrages avec la formule de MANNING -STRICKLER, propre
au régime uniforme où, en augmentant la pente, on augmente le « débit capable » calculé alors que le «
débit capable » réel reste constant dès que l’on a atteint la pente critique.

2.2. Les différents régimes d’écoulement


Plusieurs cas de figures peuvent se présenter :

n Régime fluvial dans le cours d’eau ⇒hn >hc

Cas 1 : régime fluvial dans l’ouvrage ⇒yn >yc

La ligne d’eau dépend des conditions aval

-sous-cas 1.1 : haval <yn (pas de réaction aval)

donc on a h1 = yn H2=++ Ke )V 2

h1 (1

2g

On compare alors H2 à la hauteur admissible et on modifie l’ouvrage le cas échéant. Cette surélévation
des eaux est appelée remous d’exhaussement et la ligne d’eau est la ligne de remous.

-sous-cas 1.2 : haval >yn (réaction aval)

-
si haval est supérieure à la génératrice supérieure de la buse, l’écoulement se fait en charge et il
faut modifier l’ouvrage.
-
si haval est inférieure à la génératrice supérieure de la buse, on obtient la ligne d’eau suivante :
V 2 donc on a : h1 = ha2 la hauteur amont H2 = ++ Ke )

h1 (1

2g

Cas 2 : régime critique dans l’ouvrage ⇒yn ≅yc Nous sommes en présence d’un régime critique
instable, ce cas de figure est à éviter a priori.

Cas 3 : régime torrentiel dans l’ouvrage ⇒yn <yc La ligne d’eau dans la buse dépend des conditions
amont.

Dans ce cas de figure, il se forme un ressaut qui est à éviter. Ce phénomène est observé lorsqu‘une
partie tranquille succède à une partie torrentielle. On augmentera l’ouverture ou on diminuera la pente
de l’ouvrage afin d’obtenir un régime fluvial dans l’ouvrage.
Schéma 3 - Extrémité avec mur de tête et murs en aile

Ces coefficients de forme Ke repris ci-dessus ne tiennent pas compte d’un rétrécissement parfois
important de l’écoulement du au remblai routier et à l’ouvrage. Aussi pour ces cas de figures plus
complexes, on peut utiliser la formule de BRADLEY afin de connaître le coefficient de forme Ke à
prendre. En effet, Ke peut atteindre des valeurs beaucoup plus élevées (de 2 à 3).

2.4. Méthodes de dimensionnement


Pour dimensionner un ouvrage hydraulique, il faut déterminer les conditions d’écoulement à l’amont, à
l’aval et dans l’ouvrage lui-même. Ce calcul s’effectue bien souvent à l’aide d’un logiciel.

Néanmoins, il est proposé ci-dessous deux méthodes de calcul simplifiées.

A - METHODE SIMPLIFIEE

Cette méthode peut être utilisée pour des cas simples et lorsque le projet est au stade des études
préliminaires ou d’avant-projet sommaire.

Dans ce cas, on peut utiliser la formule de MANNING - STRICKLER pour déterminer en fonction du
débit de projet la hauteur d’eau normale atteinte dans l’ouvrage. Dans la mesure où on laisse par
sécurité un tirant d’air suffisant entre la ligne d’eau calculée et la génératrice supérieure de l’ouvrage,
cette première approche est acceptable.

principe de calcul :

∂ utilisation de la formule de MANNING - STRICKLER :

23 12

QK × Rh / × I / × S

avec Q : débit de projet en m3/s connu

K : coefficient de rugosité de l’ouvrage choisi (si béton, K = 70)

Rh : rayon hydraulique avec : Rh =

1. S : section mouillée en m2
2. p : périmètre mouillé en m

1. I : pente connue en m.p.m


2. S : section mouillée en m2

23

o on obtient : × Q 12 = Rh / × S

KI

L’ensemble des paramètres de la 1ere équation est connu et nous


23

donne la valeur la 2ème équation. Il suffit de tracer la courbe Rh / × S de l’ouvrage choisi en fonction de
la hauteur d’eau f(h). Pour tracer cette courbe, il suffit de calculer pour différentes hauteurs de

remplissage dans l’ouvrage la valeur de Rh23×S par l’utilisation de la formule de MANNING -


STRICKLER.

En ce qui concerne les dalots rectangulaires, cette courbe peut être tracée facilement. Par contre en ce
qui concerne les buses, le calcul du rayon hydraulique et de la section mouillée selon une hauteur de
remplissage reste rébarbatif si on ne dispose pas de petits logiciels de calcul. On peut alors utiliser
commodément l’abaque Ab.5 (a) de la circulaire urbaine (ITRADA) qui donne la variation des débits
en fonction du remplissage (voir exemple de calcul).

Pour les buses-arches, généralement les fabricants fournissent des tableaux de valeurs permettant de
retracer cette courbe.

p on lit ensuite directement sur la courbe la valeur de la hauteur d’eau (h) pour le débit de projet.

q il suffit de vérifier que le tirant d’air soit supérieur de 0,30 à 0,50 m selon l’importance de
l’ouverture totale de l’ouvrage choisi soit :

H max− h ≥ 030 à 050 mètre

,,

avec Hmax : ouverture maximum de l’ouvrage choisi en m

h : hauteur d’eau atteint dans l’ouvrage pour le débit de projet

exemple de calcul :

Le débit de projet Q100 est de 8,5 m3/s. On se propose la mise en place d’un ouvrage hydraulique
correspondant à une buse ø 2000 mm avec une pente de 0,5% et un coefficient de rugosité K = 70.

Dans un premier temps, on trace la courbe Rh23×S de l’ouvrage en fonction de la hauteur d’eau f(h) en
utilisant la formule de MANNING -STRICKLER. On peut utiliser l’abaque Ab.5 a pour les ouvrages
circulaires (pour l'exemple, on utilisera l’abaque Ab.5 a).

n utilisation de la formule de MANNING - STRICKLER afin de connaître le débit capable de


l’ouvrage à pleine section avec : K = 70

πD2 314 × 22

S = soit , =314 m2

44, p = π D soit 314 × 2 =6 28 m


,, 314 /

Rh =S soit , = 05 m ⇒ Rh23 = 063

,p 628 ,

12 ,
/
= 00707 ,, ,,

d’ou Qps = 70 × 0 63 × 0 707 × 3 14 = 9 79 m3/s

o rapport des débits ((

rQ) débit de projet 85 ms

, 3/

rQ == 0 868
() =
débit pleine sec tion 979 ms

, 3/,

p utilisation de l’abaque Ab.5 a

VARIATIONS DES DEBITS EN FONCTION DU REMPLISSAGE

a) Ouvrages circulaires 1,0

1,0

0,9
0,9

0,8

0,8

r(H) = 0,72

0,7

0,7

0,6

0,6

0,5

0,5

0,4

0,4

0,3

0,3

0,2

0,2

0,1

0,1

00,1 0,2

0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9

1,0 1,1 1,2

r(Q) = 0,868

Cet abaque nous donne une fraction de remplissage rH

() de 0,72 d’où : hr H ,,
= () × D soit 072 × 2 = 1 44 m

q vérification du tirant d’air

,, ,

Le tirant d’air est de 200 m −1 44 m soit 0 56 m Le tirant d’air étant supérieur à 0,50 m, on peut
considérer que cet ouvrage convient.

B - METHODE RECOMMANDEE

principe de calcul :

La méthode de calcul développée ici, basée sur des abaques, s’appuie sur l’utilisation de l’équation de
BERNOUILLI dans le cadre des hypothèses des écoulements graduellement variés. Comme il sera vu
par la suite, il s’agira d’effectuer le tracé de la ligne d’eau en fonction d’un débit projeté en vérifiant
que les conditions d’écoulement restent acceptables :

-vitesse dans l’ouvrage inférieure à 4 m/s

-exhaussement amont limité

-compatibilité des régimes d’écoulement

L’ensemble des abaques sont repris en détail dans l’annexe 6 de la Recommandation pour
l’Assainissement Routier de 1982.

Le processus de dimensionnement est le suivant : ∂ Connaître la nature de l’écoulement dans le fossé


aval par comparaison des hn et hc.

• Choisir un ouvrage hydraulique (dimension et pente)en fonction des contraintes propres au projet. ÷
Vérifier la nature de l’écoulement dans l’ouvrage. En cas de non

compatibilité du régime d’écoulement, éventuellement il faut modifier le choix • ≠ Calculer la section


mouillée dans l’ouvrage ≡ Calculer la vitesse d’écoulement dans l’ouvrage, et vérifier que V soit

inférieure à 4 m/s. ≈ Calculer la hauteur d’eau amont, et vérifier que la hauteur amont soit acceptable
vis-à-vis des contraintes du projet.

L’étude de cas proposée reprend point par point le processus de dimensionnement exposé ci-dessus.

ABAQUES DE DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE DES PETITS OUVRAGES

1-Rappels hydrauliques

Abaque 1 : Canaux trapézoïdaux dalots (m = 0), détermination de la hauteur d’eau normale (hn)

Abaque 2 : Canaux trapézoïdaux dalots (m =0), détermination de la hauteur critique (hc)

2-Buses-arches, passages, arches. Abaque 3 : buses-arches, détermination de yn Abaque 4 : buses-


arches, détermination de yc Abaque 5 : buses-arches, détermination de S (section mouillée)
3-Buses circulaires. Abaque 6 -7 : Buses en béton de 0,40 à 1,50 m de diamètre, contrôle amont
Abaque 8 : Buses en béton de 1,80 à 4,50 m de diamètre, contrôle amont Abaque 9-10 : Buses
métalliques circulaires de 0,45 à 1,80 m de diamètre, contrôle amont Abaque 11 : Buses métalliques
circulaires de 2,10 à 4,60 m de diamètre, contrôle amont

1-Rappels hydrauliques

Mouvement uniforme, hauteur normale

En régime permanent, un mouvement est dit uniforme lorsque la pente, la section transversale de
l’ouvrage et la vitesse du fluide sont constantes. La surface libre et le fond de l’ouvrage sont alors
parallèles. La hauteur d’eau peut être calculée par une formule de régime uniforme du type
MANNINGSTRICKLER. La hauteur d’eau déterminée à partir d’une relation de mouvement uniforme
est dite hauteur normale.

Mouvement varié

Dès que la section transversale, dans sa forme ou sa rugosité change, le mouvement est dit varié, soit
brusquement soit graduellement suivant la rapidité de variation des caractéristiques hydrauliques. Les
relations à employer sont alors différentes.

Régimes

Théorème de BERNOUILLI : dans une section donnée, la charge H par rapport à un plan horizontal de
référence s’écrit (sans tenir compte des pertes de charges) :

H = z + y + V = Cte 2g

1. z : cote du fond
2. y : hauteur d’eau
3. V : vitesse de l’eau
4. g : accélération de la pesanteur A partir du fond de la section pris comme référence, la charge
H s’écrit :

H=y+

2g

et prend le nom de charge spécifique Plan de référence


Variation de la charge spécifique en fonction de la hauteur d’eau (y) pour un débit (Q) constant

La charge spécifique s’écrit

H = y + Q( V = Q)

gS S

S étant la section de l’écoulement, la charge spécifique est minimale pour une hauteur d’eau yc,

appelée hauteur critique, racine de l’équation : QLL =1 où LL est la largeur libre de

gS

. l’écoulement.

A gauche de yc, la hauteur de l’écoulement est faible par rapport à la hauteur critique yc et la vitesse
importante : le régime est dit torrentiel. A droite de yc, la vitesse est faible et la hauteur d’eau
importante : le régime est fluvial.
Notons que pour une charge H donnée, une perte de charge se traduit en régime fluvial par un
abaissement de la ligne d’eau et, en régime torrentiel, par une augmentation de la hauteur d’eau.

yc y

Variation du débit en fonction de la hauteur d’eau (y) pour une charge spécifique (H) constante

Pour une charge constante, le débit d’un ouvrage en écoulement à surface libre est maximal pour la
hauteur d’eau y critique yc.

Pour une charge donnée à l’entrée, la capacité de débit de y1 l’ouvrage, s’il peut fonctionner en régime
torrentiel, sera donc au plus égale au débit critique. yc

L’ouvrage ne peut débiter plus que ce qu’il peut absorber : sa capacité n’est plus fonction de sa pente
dès que celle - ci est y2supérieure à la pente critique. D’où le danger de dimensionner des ouvrages
avec une formule de régime uniforme où, en augmentant la pente, on augmente le «débit capable»

calculé O Q QC

alors que le «débit capable» réel reste constant dès que l’on a atteint la pente critique.

Contrôle amont.,contrôle aval

Si l’écoulement dans l’ouvrage peut s’établir en régime torrentiel, c’est - à - dire si l’écoulement peut
se faire avec une hauteur voisine de la hauteur critique, la capacité de l’ouvrage est directement
fonction de la charge spécifique disponible à l’amont. On a vu que dans ce cas ce sont les conditions à
l’entrée de l’ouvrage qui déterminent sa capacité. On dit que l’ouvrage fonctionne en contrôle amont.
Une perturbation à l’aval ne peut remonter la ligne d’eau (caractéristique du régime torrentiel).
Si l’écoulement est fluvial, ce sont les conditions aval ainsi que la perte et la rugosité de l’ouvrage qui
déterminent le débit capable. L’ouvrage fonctionne en contrôle aval. En contrôle aval, la ligne d’eau
dans l’ouvrage et donc à l’amont de celui-ci peut être influencée par le niveau de l’eau à l’aval de
l’ouvrage.

Il est donc essentiel de connaître le régime dans l’ouvrage et son mode de fonctionnement.

-Abaque 1 : Canaux trapézoïdaux dalots (m = 0), détermination de la hauteur d’eau normale (hn)

0,0 2 0,03 0,04 0,05 0,1 0,2 0,5 1 2 3 4 5 10

N=Q

1/2 l8/3

-Abaque 2 : Canaux trapézoïdaux dalots (m = 0), détermination de la hauteur critique (hc)

1.5

0.9

0.8

0.7

0.6

0.5
0,001 0,005 0,01 0,05 0,1 0,5 1 5 10

N = Q2 g l5

2-Buses-Arches.Passages. Arches

Abaques 3,4 et 5

Détermination des hauteurs d’eau normales et critiques de la section de l’écoulement.

Pour utiliser ces abaques, il est nécessaire de calculer, à partir des caractéristiques de l’ouvrage choisi,
des paramètres sans dimension. La forme des buses-arches et passages a été ici assimilée à un demi-
cercle surmontant une demi-ellipse. L’erreur par rapport à la section réelle est très faible dès que le
taux de remplissage dépasse 0,50. Po : portée de la buse-arche,

F : flèche de celle-ci,

Po

R = (différent du rayon hydraulique)

Taux de remplissage τ = h .

On définit le coefficient d’aplatissement λ de la buse par la relation


R Po

λ = F - R ( demi petit axe de l’ellipse) d’où λ = =( R )

2FPo FR

−−

-
Buses circulaires : λ = 1,
-
Buses arches et passages : λ varie de 1,25 à 5

- arches semi-circulaires : on admettra λ = ∞.

Abaque 1 : détermination de yn (hauteur d’eau normale)

Calculer
Q
; on en déduit τn sur l’abaque 3, et on obtient yn = τn x F.

3
1
2 .R

REMARQUES :

- La droite oblique indique la limite pratique du taux de remplissage en régime fluvial

(τ≈0,8)En effet, toute augmentation de débit au - delà de la valeur correspondant à

τ≈ 0,8 et τ = 1 risque de mettre l’ouvrage en charge ;

- Lorsque le coefficient d’aplatissement de la buse ne figure pas sur l’abaque le

tableau ci-après donne pour τ = 0,75 les éléments facilitants l’interpolation. On tracera la courbe
correspondant au λ le plus proche de celui de la buse, au

voisinage de la valeur τ = 0,75.

-Si τn < 0,5 : essayer un ouvrage plus petit.

Abaque 4 : détermination de yc (hauteur d’eau critique).


; D'où τc et yc = τc x F

Abaque 5 : détermination de S (section de l’écoulement) pour la hauteur d’eau (ou plus simplement
pour le taux de remplissage) déterminée précédemment.

On en déduira la vitesse moyenne pour cette hauteur V =

Eléments d’interpolation pour les abaques 3, 4 et 5 pour τ = 0,75 3-Buses Circulaires

λ Q KpR. . 12 83 Q Rg52/ . S R2
1,2 1,62 2,75 2,34
1,3 1,55 2,64 2,26
1,4 1,49 2,55 2,20
1,5 1,44 2,46 2,14
1,6 1,39 2,39 2,09
1,7 1,35 2,33 2,05
1,8 1,32 2,27 2,01
1,9 1,28 2,22 1,98
2,0 1,25 2,18 1,95
2,1 1,23 2,14 1,92
2,2 1,20 2,10 1,89
2,3 1,18 2,07 1,87
2,4 1,16 2,04 1,85
2,5 1,14 2,01 1,83
2,6 1,12 1,98 1,81
2,7 1,10 1,96 1,79
2,8 1,09 1,94 1,78
2,9 1,08 1,92 1,76
3,0 1,07 1,90 1,75
3,1 1,05 1,88 1,74
λ Q KpR. . 12 83 Q Rg52/ . S R2
3,2 1,04 1,86 1,72
3,3 1,03 1,85 1,71
3,4 1,02 1,83 1,70
3,5 1,01 1,82 1,69
3,6 1,00 1,80 1,68
3,7 0,99 1,79 1,67
3,8 0,99 1,78 1,67
3,9 0,98 1,77 1,66
4,0 0,97 1,76 1,65
4,1 0,96 1,75 1,64
4,2 0,96 1,74 1,64
4,3 0,95 1,73 1,63
4,4 0,94 1,72 1,62
4,5 0,94 1,71 1,62
4,6 0,93 1,71 1,61
4,7 0,93 1,70 1,61
4,8 0,92 1,69 1,60
4,9 0,92 1,68 1,60
5,0 0,91 1,68 1,59
Abaques 6 à 11

Les abaques 6, 7, 8 sont relatives aux buses en béton. Les abaques 9, 10, 11 sont relatives aux buses
métalliques circulaires.

Mode d’emploi

Calculer pour l’ouvrage choisi le rapport ( ()

L Lm ) L Lm

( ou

100P Pm /m ) PP(%)
On compare ce rapport aux nombres index figurant sur les deux courbes ( en plein et en tireté)
correspondant à chaque diamètre.

Trois cas peuvent se présenter :

1. ≤ index amont (courbe en trait plein).

100P La buse fonctionne en régime torrentiel, on lit la hauteur d’eau amont en se plaçant sur la courbe
en trait plein.

1. Index amont < ≤ index aval (courbe tireté).


2. 100P La buse fonctionne en contrôle aval, mais il n’y a pas de réaction aval (h aval <
hauteur normale dans la buse). On se placera sur une courbe interpolée linéairement
entre deux courbes de l’abaque et on déterminera ainsi H amont.
2. > index aval .

100P La buse fonctionne en contrôle aval et ces abaques sont inutilisables. On procédera comme pour
les buses - arches et dalots, sachant que l’écoulement est fluvial dans la buse.

REMARQUES

-
Les traits horizontaux pointillés indiquent pour chaque courbe les limites de précision à ne pas
dépasser. Ces limites se situent sensiblement à la hauteur d’eau amont égale à deux diamètres
(Ham = 2 ∅) ;
-
L’écoulement doit être libre à la sortie de la buse (H aval < ∅) ;
-
Ces abaques correspondent à des ouvrages de tête simples. Si l’on veut utiliser une tête amont
profilée, donc une hypothèse différente de celle des abaques, on pourra se reporter à la
méthodologie exposée pour les buses arches et dalots.

-10

-Abaque 6 -7 : Buses en béton de 0,40 à 1,50 m de diamètre Contrôle amont

BUSES EN BETON de 0,40 à 1,50 m de diamètre Controle amont


-11

-Abaque 8 :Buses.en béton de 1,80 à 4,50 m de diamètre, Contrôle amont


-12

-Abaque 9-10 :Buses métalliques circulaires de 0,45 à 1,80 m de diamètre, Contrôle amont

BUSES METALLIQUES CIRCULAIRES de 0,45 à 1,80 m de diamètre Controle amont


-13

-Abaque 11 : Buses métalliques circulaires de 2,10 à 4,60 m de diamètre Contrôle amont

-14

METHODES DE DIMENSIONNEMENT D’UN BASSIN DE RETENUE

1. - GENERALITES

L’instruction technique de 1977 définit ainsi le rôle des bassins de retenue : ce sont des ouvrages
destinés à régulariser les débits reçus de l’amont afin de restituer à l’aval un débit compatible avec la
capacité de transport de l’exutoire.

Au niveau des principes, ces ouvrages sont à considérer selon ces trois fonctions :
-écrêtement des pointes d’orage

-rétention temporaire destinée à maîtriser les débordements

-restitution des volumes stockés à faible débit.

Le schéma ci-dessous montre le mécanisme de la retenue par l’écrêtement de l’hydrogramme d’entrée


et sa restitution dans le temps à un débit constant.

Durée T

2. – DISPOSITIONS CONCEPTUELLES

Il appartient au concepteur d’analyser avec soin toutes les circonstances locales et de ne rien laisser au
hasard. Il doit donner lieu à des études qui permettront de vérifier :

- son adaptation au milieu urbain ou rural dans lequel seront implantés ses futurs ouvrages

-
le choix du type de bassin, à sec ou en eau
-
le choix de la capacité la mieux adaptée.

Cette recherche suppose :

-d’analyser à fond l’hydrogéologie (perméabilité des terrains, niveaux de la nappe)

-
d’étudier la topographie du site
-
d’étudier le milieu récepteur

-de déterminer le calage du bassin.

3. - METHODES UTILISEES
Pour le dimensionnement hydraulique des bassins de retenue, deux méthodes sont couramment
utilisées :

-
La méthode des volumes (décrite dans l’Instruction technique relative à l’Assainissement des
Agglomérations de Juin 1977) fondée sur l’analyse statique de tous les événements pluvieux
possibles et en particulier l’événement fictif annuel le plus défavorable.
-
La méthode des pluies basée sur l’analyse statistique des pluies.

Cette dernière méthode permet d’utiliser la pluviométrie locale pour la construction de la courbe
enveloppe et donne une approche du temps de remplissage et de vidange du bassin.

Quelle que soit la méthode utilisée, le calcul suppose :

-
que l’on se soit fixé le débit de fuite admissible à l’aval
-
que ce débit de fuite reste constant au cours des épisodes pluvieux

- que la surface du bassin versant repris dans le bassin de retenue ainsi que son coefficient d’apport
soient connus (détermination de la surface active).

Contrairement au calcul du réseau de plate-forme où on peut négliger les talus et les espaces
engazonnés, il est important de reprendre l’ensemble des surfaces d’apport pour connaître le volume
du bassin.

Généralement, les ouvrages de retenue sont calculés pour une période de retour T = 10 ans.

4. - DETERMINATION DE LA SURFACE ACTIVE

Pour définir l’apport en volume des surfaces recueillies, on doit définir la surface relative du bassin
selon la formule :

Sa = Ca x S

avec : Sa = surface active en ha

Ca = coefficient d’apport

S = surface du bassin en ha.

L’évaluation du coefficient d’apport Ca reste délicate. Seule la mise en place et le suivi sur de longues
périodes de stations de jaugeages et pluviométriques sur le site permet une bonne approche.

Cependant dans la pratique, à défaut de données mesurées sur le site, on considère pour le bassin
versant routier que le coefficient de ruissellement est identique au coefficient d’apport.

En ce qui concerne la reprise éventuelle de bassins naturels dans l’ouvrage de retenue, on peut utiliser
le nomogramme d’évolution des coefficients d’apport Ca ci-dessous.
Pourcentage de couverture végétale

Ces courbes correspondent à des moyennes établies sur des bassins peu pentus et pour des pluies
d’occurrence décennale.

(1)
Surfaces naturelles imperméables (sols argileux, sols peu profonds sur sous-sol rocheux)
(2)
Surfaces plutôt imperméables
(3)
Surfaces plutôt perméables

Surfaces perméables (sols, plaines alluviales, etc)

(4)Pour l’utilisation de ce nomogramme, on divise le bassin en éléments homogènes auxquels on


affecte des coefficients d’apport élémentaires en fonction de la nature géologique des sols et du
pourcentage de couverture végétale.

5. - LA METHODE DES VOLUMES

On transforme le débit de fuite Q en hauteur de stockage ha nécessaire à l’aide de l’abaque Ab. 7. On


calcule q par la formule suivante :

360 × Q

q=

Sa

avec : q : en mm/h Q : débit de fuite en m3/s Sa : surface active en hectare

On se rapporte à l’abaque A.b.7. et on trace une verticale au niveau du q.

Cette verticale coupe la courbe de l’abaque qui correspond à la région et à la période de retour choisie.
On trace l’horizontale à partir de cette intervention et on lit en ordonnée la capacité spécifique de
stockage ha (en mm).

Le volume utile de retenue est alors :

V utile = 10 x ha x Sa

avec : V utile en m3

ha en mm

Sa en hectares

6. - LA METHODE DES PLUIES

-Le point de départ est la formule de MONTANA, qui par construction est une

V en m 3/s
courbe enveloppe, et donne la valeur de l’intensité.
V d’apport
I(mm/n) = a x t(mn)-b

les valeurs de a et b caractérisent la période de retour T choisie.

-Le produit de I par t donne la hauteur d’eau tombée en fonction du temps, soit :

TV

a × t − b × t = a × t (1−b)

=
( mm )
60 60

-le volume d’apport dans le bassin en fonction du temps s’écrit alors :

a
(1−b) ×Sa
() (Sa = Surface active)
=×t
3
(m ) (mn) ha
6

- en supposant le débit de fuite constant (Qf), le volume sortant en fonction du temps est :

3 =60 ×Qf (m3/ s) ×t(mn)


(m )

les allures de V et Vs sont représentées dans le graphe ci-dessus

- on a alors :

=− = a (1−b) ×Sa () −60 ×Qf(ms) ×t(mn) (1)

∆VVVs 6 ×t(mn) ha 3/

On s’intéresse à ∆V max qui sera le volume recherché, ∆V sera maximum pour un temps «tr » (temps
de remplissage du bassin) qui annule (∆V)’ soit :

×Sa() ×− ×t −b −60 × 3/ =0

ha (1 b) Qf ( ms)

− 360 ×Qf

b)

(1 −×tb =

aSa −b 360 ×Qf

a ×− × Sa

(1 b)

⎡ 360 ×Qf ⎤−1/b


rmn )
(1 b)
t ( =⎢
⎣ a ×− × Sa ⎦⎥ (2)

La valeur de tr en mn reportée dans l’équation (1) donne alors la solution, le volume du bassin de
retenue.

-Pour calculer le temps de vidange, on fait :

a
(1−b)
×Sa () =60 ×Qf( ms) ×t(mn)

V = Vs soit 6 ×t( mn) ha 3/

⎡360 ×Qf ⎤−1/b

et t ( =

vmn ) ⎢⎣aSa ⎦⎥

En pratique, on se fixe la fréquence des pluies contre lesquelles on veut se protéger (généralement
décennale). On suppose le débit de vidange Q constant. Le volume évacué à l’exutoire pendant un
temps t est donc :

V=Qxt

avec : V en m3 Q en m3/s t en seconde

En le rapportant à la surface active du bassin versant, on peut exprimer le volume évacué en


millimètres de hauteur d’eau, soit :

360 × Q

H=

SCa

avec : Q en m3/s S en ha

On peut alors reporter sur le graphique des courbes enveloppe la droite d’équation. H (t) donnant en
fonction du temps la hauteur d’eau évacuée.

La différence d’ordonnées entre cette droite et la courbe enveloppe de durée de retour T donne à
chaque instant la hauteur de pluie stockée ; l’écart maximal ∆H entre ces ordonnées correspond au
volume à donner au bassin soit :

V utile = 10 x ∆H x Sa

avec : V utile en m3

∆H en mm

Sa en ha

Cette méthode permet une approche du temps de remplissage et du temps de vidange par lecture
directe sur le graphique.
Nota :

Les calculs exposés considèrent un débit de fuite constant durant l’ensemble du phénomène pluvieux.
Cependant si on prévoit en sortie de bassin un orifice calibré, en début du phénomène pluvieux, le
débit de fuite n’est pas constant, celui-ci augmentant au fur et à mesure que le niveau de l’eau s’élève
dans le bassin. A cet effet, il est prévu de majorer le volume utile calculé précédemment par un
coefficient ρ .

Quelles que soit la méthode de calcul utilisée, le volume réel est alors : V réel = V utile x ρ

La détermination de ρ dépend de la pente des rives du bassin et son exutoire. Le calcul peut s’avérer
complexe. Toutefois, il est égal à 1,23 pour un orifice noyé avec des rives étant admises verticales pour
la région I.

Nota : si on utilise un régulateur de débit, le volume utile ne doit pas être augmenté par le coefficient
de majoration ρ .

BASSIN DE RETENUE

ETUDE DE CAS

La surface totale de la zone reprise est égale à 140,72 hectares. Son coefficient d’apport est de 0,14.

Notre exutoire ne peut recevoir qu’un faible apport supplémentaire, il nous faut donc prévoir la
réalisation d’un bassin de retenue calculé sur la base d’un débit de fuite de 200 l/seconde (bassin à
sec).

Il est demandé de calculer :

a) En se référant à l’instruction technique relative aux réseaux d’assainissement des agglomérations sur
le calcul des bassins de retenue d’eaux pluviales, il est demandé aux stagiaires de calculer son
dimensionnement par la méthode des volumes et également par la méthode des pluies.

Les calculs sont réalisés avec l'abaque Ab.7 (région I) et avec la courbe enveloppe de Lille-Lesquin,
pour une période de retour de 10 ans fournis ci-après.

b) de calculer le diamètre de l’orifice de sortie en utilisant la formule de BERNOUILLI :

Q=× S× 2 × gh

µ×

avec : h = hauteur utile (marnage) = 2 m µ = 0,6 (coefficient de débit variant selon la forme de l’orifice
et la forme de la

nappe déversante)
LE CADRE REGLEMENTAIRE ET LEGISLATIF

1 - INTRODUCTION

Le domaine de l’eau est le point de rencontre de quatre polices spéciales : eau, énergie, installations
classées et pêche, auxquelles s’ajoute la police générale exercée au titre de la sécurité et de la salubrité
publiques.

Les articles L. 214.1 à L. 214.6 du code de l’environnement (article 10 de la loi n° 92-3 sur l’eau du 3
janvier 1992) ont réformé le droit de l’eau en matière de procédure d’autorisation et de déclaration des
installations, ouvrages, travaux et aménagements (IOTA) entraînant :
Š des prélèvements restitués ou non dans les eaux superficielles ou souterraines, des modifications de
niveau ou du mode d’écoulement des eaux, et des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs
ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non-polluants,

Š des travaux d'assèchement, des remblais, des épandages, des stockages souterrains de produits
chimiques et d'hydrocarbures, des forages...

Le décret 93-743 du 29 mars 1993 établit la nomenclature des opérations ainsi soumises à autorisation
et à déclaration. Une procédure précise a été mise en place par le décret 93-742 du 29 mars 1993 afin
de concilier l'information du public et le droit d'expression du pétitionnaire. La procédure et le niveau
d’exigence des études préalables ne dépendent pas de l’importance financière du chantier mais des
effets prévisibles du chantier sur le milieu naturel et de la sensibilité de ce dernier.

La police de l'eau s'applique à toutes les eaux superficielles, souterraines, domaniales ou non
domaniales, et même jusqu'aux eaux territoriales.

L’autorisation de réaliser un projet routier est précédée d’une enquête publique et peut être accordée
pour une durée déterminée. Les projets font le plus souvent l’objet d’une procédure de déclaration
d’utilité publique de droit commun et d’une étude d’impact, mais l’obtention de la DUP ne dispense
pas d’obtenir les autres autorisations administratives.

Le projet d’aménagement d’infrastructure routière devra désormais, dans sa phase chantier, intégrer les
dispositions développées dans les SAGE et du SDAGE et se conformer aux prescriptions notifiées par
le préfet.

Il est fortement conseillé aux maîtres d’ouvrage de consulter la MISE le plus en amont possible dans
les études de conception des ouvrages afin d’intégrer les enjeux du milieu et les contraintes du service
instructeur.

Enquête publique de type Enquête publique de type BOUCHARDEAU « droit commun » Durée 1
mois Durée 15 jours
*IOTA : Installations, Ouvrages, Travaux et Aménagements.

Qu'est-ce que la nomenclature ?

La nomenclature, fixée par le décret n° 97-743 du 29 mars 1993 contient la liste des opérations
classées en six rubriques. Les trois premiers titres opèrent une référence au milieu (eaux souterraines,
superficielles, mer). D'autres titres détaillent la nature des opérations (milieux aquatiques, ouvrages
d'assainissement, activités et travaux). Certaines rubriques fixent des seuils variant en fonction de la
sensibilité du milieu (par exemple, les prélèvements sont analysés par rapport au débit d'étiage).

Un même projet peut relever de plusieurs rubriques. On listera notamment :

Š Les ouvrages transversaux (barrages, seuils, épis) sont couverts par la rubrique

« 2.5.3 », le terme « obstacle à l’écoulement des crues » étant applicable à tout ouvrage faisant saillie
sur le lit ou les berges. Ils peuvent également relever de la rubrique 2.4.0 (différence de niveau
engendré de plus de 35 cm).

Š Les opérations de recalibrage, rescindement de méandres, reprofilage, sont expressément couvertes


par la rubrique 2.5.0 (rectification du lit). Elles peuvent également relever des rubriques 2.6.0 ou 2.6.1
(curages, dragages), voire de la rubrique 2.4.0.

Š Les ouvrages longitudinaux, tels que les protections de berges, quais, endiguements relèvent de la
rubrique 2.5.0 (canalisation), les endiguements pouvant également être couverts par la rubrique 2.4.0
ou 4.1.0 lorsqu’ils ont pour effet de supprimer une zone humide.

Š Les ouvrages édifiés au-dessus d’un cours d’eau (ponts, passerelles, aqueducs, canalisations
portées...) n’étant pas soumis à autorisation du fait de la rubrique 2.5.2 (couverture d’un cours d’eau)
peuvent être soumis à autorisation en utilisant la rubriques 2.5.3 (obstacle à l’écoulement des crues)
dès lors qu’ils s’appuient sur les berges du cours d’eau.

Š…

Par ailleurs, les travaux soumis au régime de déclaration au titre de la nomenclature relève du régime
d’autorisation dans les cas suivants :

Š Les travaux sont situés à l’intérieur d’un périmètre de protection rapproché d’un captage d’eau
potable ou des sources d’eaux minérales déclaré d’utilité publique,
Š Les travaux situés dans les zones de croissance, d’alimentation ou de réserve de nourriture de la
faune piscicole, prévues par l’article L 432-3 du code de l’environnement.

Š…

2 - REGIME DE L’AUTORISATION

Que doit contenir la demande d'autorisation ?

L’élaboration du dossier de demande d’autorisation doit se faire en étroite collaboration avec la MISE.
L’instruction du service police de l’eau se déroule selon une approche privilégiant la sensibilité des
milieux aquatiques plutôt que l’importance des travaux ou réalisations projetés. Ainsi un chantier
routier relativement modeste en terme de coût pourra faire l’objet d’un dossier au titre de la loi sur
l’eau important et inversement.

Le maître d’ouvrage doit adresser sa demande normalement en sept exemplaires au préfet du


département. La demande, outre le nom et l’adresse du demandeur, contient :

Š Les éléments concernant le projet (une copie de l’étude d’impact si elle existe et en tout état de cause
: emplacement précis sur une carte ; nature, volume et objet, dossier technique de dimensionnement, de
calage,… ; moyens de surveillance envisagés, par exemple aménagements destinés à faciliter les
mesures de débit et les prélèvements dans les installations de traitement ; plans et cartes détaillés des
ouvrages ou dispositifs) ;

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H

Š Les éléments concernant les incidences du projet sur l’eau (ressource en eau et milieu aquatique ;
écoulement, niveau et qualité des eaux superficielles et souterraines ; la diversité des biotopes et la
diversité biologique des milieux ; eaux de ruissellement incluses et en tenant compte des variations
saisonnières ou climatiques). Cette partie du dossier doit contenir une description de l'état initial (tant
au droit du projet qu’en amont et en aval) incluant notamment les données sur les variations de débit
(débit d'étiage, débit moyen et débits de crue) le cas échéant, les courbes de remous et la sensibilité du
milieu naturel. Les mesures correctrices ou préventives seront définies. L'impact prévisible sur le
milieu aquatique sera indiqué (perte de fonctionnalité du milieu aquatique temporaire ou permanentes).
Il faut également préciser comment le projet s’inscrit dans le SDAGE (et le SAGE s’il est approuvé) et
s’il respecte les objectifs fixés.

Quand déposer le dossier ?

Les dossiers de demande d’autorisation doivent être remis d’une manière générale au moins un an
avant le début des travaux. Si certaines MISE demandent à présenter le dossier simultanément à la
demande Déclaration d’Utilité Publique, il est conseillé d’attendre la phase de conception « projet » de
l’ouvrage pour avoir tous les éléments techniques utiles à une bonne définition des ouvrages à
autoriser et des modalités d’organisation des travaux pour les construire.

Qui instruit la demande ?

Les services du préfet instruisent cette demande. En pratique, il s’agit d’un service membre de la MISE
: pour un projet routier, il s’agira soit de la DDAF, de la DDE, du SN ou du SM. Une enquête publique
est organisée. Chaque conseil municipal concerné donne son avis. Le Conseil Départemental
d'Hygiène –CDH- est saisi pour avis sur la base d’un rapport de présentation et d’un projet d’arrêté. Le
préfet peut passer outre un avis défavorable du CDH sauf si les travaux sont engagés. Pour les travaux
de grande importance, la demande d’autorisation est également soumise à la mission déléguée de
bassin par le préfet coordonnateur de bassin. Le projet d'arrêté est ensuite soumis au demandeur qui
dispose de 15 jours pour apporter des observations.

Que contient l'arrêté final ?

La décision est prise par arrêté du préfet incluant les prescriptions techniques (éloignement de
l'ouvrage, valeurs limites de rejet, débit réservé à l'aval) et les moyens prévus d'analyse, d'auto-
surveillance et de suivi des opérations. Il peut faire l'objet d'un retrait, d'une suspension ou d'une
modification. Le rejet de la demande doit être motivé.

L'arrêté initial peut être complété d'un ou de plusieurs arrêtés. Selon l’importance des modifications
apportées (voir avec la MISE), le pétitionnaire devra engager soit une nouvelle procédure complète
soit une procédure allégée sans enquête publique.

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H

3 - REGIME DE LA DECLARATION

Que doit contenir la demande de déclaration ?

Le maître d’ouvrage doit adresser sa déclaration en trois exemplaires au préfet du département. Le


dossier de déclaration est, dans les grandes lignes, identique au dossier de demande d’autorisation mais
doit obligatoirement indiquer comment le projet s’inscrit dans le SDAGE (et le SAGE lorsqu’il est
approuvé) et quels moyens sont mis en place pour évaluer les incidences sur le milieu. Le document
d’incidence pourra proposer toutes les mesures correctrices envisagées par rapport aux impacts
prévisibles.

Que contient le récépissé de déclaration?

Dans l’attente de prescriptions générales (des arrêtés ministériels sont sortis, d’autres sont en cours de
validation), peu de préfectures ont arrêté des prescriptions particulières. L’encadrement des
déclarations se fait davantage par des recommandations jointes au récépissé. Les dispositions d’un
SAGE (lorsqu’il est approuvé) et du SDAGE s’appliquent systématiquement au régime déclaratif.

4 - CAS SPECIFIQUE DES CHANTIERS ROUTIERS ?

Les activités et dispositifs des chantiers routiers d’infrastructures routières sont également soumis aux
autorisations ou déclarations prévues par les articles L. 214.1 à L. 214.6 du code de l’environnement.
L’usage de la procédure allégée d’autorisation temporaire accordée sans enquête publique est réservé
aux installations, ouvrages, travaux ou activités d’une durée inférieure à 6 mois (avec possibilité d’une
seule prolongation de 6 mois supplémentaires) qui n’ont pas d’effets importants et durables sur les
eaux ou le milieu aquatique. Cette procédure n’est pas à retenir, dans l’esprit des textes, lorsque les
infrastructures pérennisées après travaux relèvent d’une procédure d’autorisation. Par contre cette
modalité est adaptée à des situations particulières : abattement temporaire de la nappe, centrale
d’enrobage sur un site extérieur, etc.

Par ailleurs, les centrales de fabrication et notamment d’enrobage, les dépôts de goudron et de matières
bitumineuses, ainsi que les aires d’entretien des engins de chantier doivent désormais être conformes
aux dispositions de protection de l’environnement fixées par l’arrêté du 2 février 1998 sur les
prélèvements d’eau, la consommation d’eau et les rejets de toute nature des installations classées
autorisées.

Le maître d’ouvrage ou son représentant doit tenir informé la MISE de tout incident sur le chantier
pouvant occasionner un impact sur le milieu naturel.

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H

(décret modifié du 12 sept. 1977) (décret modifié du 12 sept. 1977)

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H


avis de réception (Art.3)*

PREFET

Gestionnaire du Domaine M.IS.E Président Commission.Locale de l'Eau (si SAGE)


Public et autres Services
(juge de la régularité et détermine de l'Etat concernés Pour information (Art.6)*

Le périmètre d'enquête) (Art.3)*

AUTRES PREFETS

(si autres départements concernés

Si "Enquête Bouchardeau" Président Tribunal

par le périmètre d'enquête)

Sans "Enquête Bouchardeau" Administratif

Désigne le commissaire Désigne sous 15 jours PREFET Enquêteur le commissaire Enquêteur

Mairie Mission déléguée de bassin (si concernée par le Arrêté d'ouverture (Art.9)*

périmètre d'enquête) d'enquête (Art.4)* 15 jours à 1 mois

Fin enquête publique

15 jours 8 jours Avis des conseils Municipaux (Art.5)* Le Commissaire Enquêteur reçoit le demandeur pour lui
faire part de ses observations sur place 22 jours

Réponse du Demandeur

15 jours Le Commissaire Enquêteur transmet le dossier d'enquête avec ses

Avis sous 45 jours (Art.6)*

PREFET

Service pilote Transmis 8 jours avant le Rédige rapport (Art.7)* Conseil Départemental d'Hygiène

+ Projet d'arrêté

3 mois maximum (possibilité de Conseil Départemental délai supplémentaire ≤2 mois) D'Hygiène


(Art.8)*

PREFET
Transmet l'arrêté au Demandeur pour avis (Art.8)*

≤ 15 jours * Décret 93-742 du 29/03/1993

PREFET

Statue (Art.8)* et assure la publicité (Art.16)*

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H 7

Application de la police de la pêche

Les travaux soumis à déclaration par la nomenclature relèvent du régime de l’autorisation dès qu’ils
concernent des zones mentionnées à l’article L. 432-3 du code de l’environnement (frayères, zones de
croissance, d’alimentation, de réserves de nourriture de la faune piscicole). Prises à la lettre, les
dispositions de cet article visent la totalité des milieux superficiels dès lors qu’ils ne sont pas
abiotiques. Dans les faits, les zones visées n’ont pas encore fait l’objet de désignation explicite amis
les MISE et plus particulièrement les agents du Conseil Supérieur de la Pêche ont généralement une
bonne connaissance de ces zones. Par ailleurs les schémas départementaux de vocation piscicole
(SDVP) en donnent une certaine cartographie bien que les prescriptions de ce document ne soient pas
opposables aux tiers.

Lorsque les travaux relèvent des seules règles prévues par l’article L. 432-3 du Code de
l’environnement, le dossier de demande d’autorisation exigé du maître d’ouvrage devra comprendre un
document d’incidences simplifié.

Des dispositifs de franchissement seront à prévoir systématiquement lorsqu’un ouvrage occasionnera


un obstacle à la montaison ou dévalaison de la faune piscicole, particulièrement sur les cours d’eau
classés au titre de l’article L 432-6 du code de l’environnement. Son exploitant est tenu d'assurer le
fonctionnement et l'entretien de ce dispositif. Si le classement est suivi d’un arrêté ministériel fixant les
espèces concernées, les propriétaires des ouvrages existants ont un délais de 5 années pour mettre en
place un tel dispositif de franchissement.

En tout état de cause, et pour les cours d’eau non domaniaux, les IOTA non couverts par la
nomenclature peuvent être concernés par les articles L. 215-7 et L. 215-9 du Code de l’environnement,
dont la portée très générale n’a pas été modifiée par la loi sur l’eau. Ils offrent à l’autorité
administrative la possibilité d’intervenir pour réglementer ou prescrire, dès lors que le libre cours des
eaux n’est plus assuré ou que les droits des tiers sont menacés. Pour les cours d’eau domaniaux,
l’article 27 du Code du Domaine Public Fluvial offre des possibilités analogues.

Il est à noter que l’autorisation délivrée au titre de la loi sur l’eau vaut autorisation au titre de la police
de la pêche. Sur le plan juridique, il est important de souligner qu’en cas de défaut d’autorisation pour
travaux en rivière, la responsabilité pénale de l’entreprise qui a réalisé les travaux pourra être
recherchée au même titre que celle du maître d’ouvrage.

5 - TRAVAUX D’URGENCE

Lorsque les travaux sont exécutés en vue de prévenir un danger grave et présentent un caractère
d’urgence, ces derniers sont dispensés des règles de procédures d’autorisation ou de déclaration
d’autorisation même temporaire délivrée au titre de la loi sur l’eau. Les dispositions de l’article 34 du
décret du 29 mars 1993 prévoient néanmoins un compte rendu motivé indiquant leurs incidences sur la
préservation du milieu aquatique et les zones humides. L’exigence législative d’une autorisation
préalable posée les articles

L. 214.1 à L. 214.6 du code de l’environnement ne saurait être mise en cause. Aussi, la demande
d’autorisation qui reste nécessaire, n’a-t-elle pas à répondre dans son contenu à la totalité des
dispositions de l’article 2 du décret-procédure.

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H

La notion d’urgence à intervenir est intrinsèquement liée à celle de sécurité publique. Il peut s’agir par
exemple de la rupture d’une infrastructure routière dont les assises interfèrent avec le domaine de
l’eau. Le recours à l’article 34 ne saurait donc être invoqué au motif que la longueur de la procédure de
l’enquête publique accroît le risque lié à la survenue d’une éventuelle crue. En outre, les travaux
conduits dans ce cadre doivent être en rapport avec la fonction de maîtrise du risque et leur incidence
pour le milieu aquatique.

6 - RECOURS JURIDIQUES

Devant le juge administratif

Les autorisations et déclarations peuvent être déférées au juge administratif dans le cadre du
contentieux de pleine juridiction. Les bénéficiaires ont 2 mois pour contester. Les tiers publics ou
privés ont 4 mois pour attaquer l'acte. Le juge dispose d'importants pouvoirs, comme édicter des
prescriptions techniques ou ordonner la suspension de l'activité. Il est à noter que le juge statue en
fonction des dispositions en vigueur au moment où il rend sa décision et non à la date de la décision
critiquée ; son contrôle porte sur l’utilité et l’opportunité des prescriptions imposées.

Devant le juge pénal

Art. 23 de la loi sur l'eau : la construction ou l'exploitation d'ouvrages sans autorisation est punie d'une
amende de 120 000 F et de 2 ans de prison.

Art. 44 du décret de 1993 : contravention de 5ème classe (10 000 F) pour défaut de déclaration.

Autres réglementations fréquemment appliquées :

Š Article L. 432-5 du code de l’environnement fixant un débit minimal en aval des ouvrages construits
dans le lit d’un cours d’eau. Š Les articles L. 215-7 et L. 215-9 du Code de l’environnement assurant le
libre cours

des eaux. Š Autorisation d’Occupation Temporaire du DPF ou du DPM Š Le Schéma Directeur


d’Aménagement et de Gestion des Eaux - SDAGE - Š Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des
Eaux - SAGE - s’il est approuvé, Š Le Plan de Prévention des Risques - PPR - naturels s’il existe, Š La
réglementation des Installations Classées, Š La réglementation des Carrières, Š La prise en compte des
enjeux et contraintes environnementales (les périmètres

rapprochés des captages, arrêté de biotope, ZPS, ZICO, ZNIEFF, réserves naturel ou de pêche ou de
chasse, parcs naturels, proposition de sites d’intérêt communautaire – pSIC-(articles 6.3 et 6.4 de la
directive habitat), les sites remarquables au titre de l’article 146-6 du code de l’urbanisme issu de la loi
littorale du 3 janvier 1986,…),
Š La réglementation relative aux sites classés (loi de 1930,…), Š Les articles 640 et 641 du code civil
sur les servitudes d’écoulements.

DOC15 loi sur l'eau.doc Intervenant : B . KERLOC’H