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FACULTES DES SCIENCES ECONOMIQUES ET JURIDIQUES DE AIN SEBAA

CASABLANCA

COURS DE DROIT DES AFFAIRES

FAIT ET PRESENTE PAR :


PROFESSEUR BTISSAM LAMSYAH

ANNEE UNIVERSITAIRE 2017 – 2018


1
NOTIONS GENERALES
SUR LE DROIT
COMMERCIAL

2
Définitions du droit commercial :
 Le droit commercial est une branche
du droit des affaires (droit privé).
 Il réglemente les activités
commerciales, exercées à titre
individuel ou collectif.
 Le droit commercial ne régit pas les
agriculteurs et les membres de
professions.

3
Caractère du droit commercial
 Droit spécial

 Les rapports entre commerçants sont fondés sur le


crédit.
 Le locataire commerçant est en situation
particulière: changement d ’ activité sans
consentement du bailleur. droit au renouvellement
du bail, ou à une indemnité d’éviction réparant la
perte de la clientèle.
 Le débiteur commerçant en cessation de
paiement: une procédure judiciaire le dessaisit de
l ’ administration de ses biens et un syndic au
paiement des créanciers.

4
Caractère du droit commercial

 Droit qui s’internationalise


 Les affaires s’internationalise par essence.
 Un commerçant qui voit ses affaires atteindre un
certain seuil de développement est appelé à
importer et à exporter.
 Les contrats conclus peuvent être soumis à une
loi étrangère et les litiges tranchés par des
instances judiciaires étrangères.

5
Domaine du droit commercial
 Le droit commercial s'applique aux opérations
de commerce. Elles présentent trois
caractéristiques.
 1/Des actes d'entremise, qui interviennent à
l'occasion de la circulation de marchandises
entre producteur et consommateur. Exception:
les exploitations minières et pétrolières.
 2/ L'acte de commerce se traduit, en deuxième
lieu, par la recherche d'un bénéfice. Le monde
des marchands est celui du profit ;

6
Domaine du droit commercial

3/ les actes de commerce portent


sur des meubles, (denrées, des
marchandises ou des instruments
financiers) sur des immeubles.
 les activités de service à caractère
intellectuel (médecins, avocats,
experts comptables...) restent, en
principe, en dehors du droit
commercial.

7
Sources formelles
 Les sources formelles:
 La loi
 la constitution de 2011, article 35: la liberté d’entreprendre
et la libre concurrence demeurent garantis.
 L’article 71 : sont du domaine de la loi « le régime des
obligations civiles et commerciales, le droit des sociétés et
des coopératives ».
 L’activité commerciale est réglementée par les lois civiles et
commerciales. Plusieurs dispositions du Dahir des Obligations
et des Contrats interviennent pour réglementer la preuve en
matière commerciale, le contrat de société, la responsabilité
dans les contrats commerciaux.
 La loi 15-95 de 1996 portant code de commerce comprends
les thèmes suivants: le commerçant, le fonds de commerce;
les effets de commerce, les contrats commerciaux, les
difficultés d’entreprise.

8
Sources
Les sources formelles
Les conventions internationales :
 la convention de Vienne de 1980 en matière de
vente internationale de marchandises.
 les conventions destinées à créer une
organisation internationale (OMC).
L'Organisation Mondiale du Commerce ayant
pour objectif de réguler le commerce
international.
 Les traités d'intégration économique: le droit
européen. un abandon d'une partie de la
souveraineté étatique en faveur des institutions
communes. L'objectif est d'harmoniser et de
coordonner l'ensemble des règles.
9
Sources
Sources formelles
les usages :
 l'ensemble des règles créées de manière
spontanée et dégagées de la pratique dans une
branche d'activité économique et/ou
commerciale donnée.
 Les usages de commerce sont des normes
s'appliquant dans le domaine contractuelles
lieux de paiement, la date et le délai, les
obligations des deux partis.
 deux types d ’ usages, les usages
conventionnels et les usages de droit.
10
Sources
 Sources formelles
 la jurisprudence :

 Elle est définie comme l'ensemble


des décisions rendues par les
tribunaux en matière commerciale.
 Les tribunaux ne se contentent pas
seulement d'appliquer la loi, ils
peuvent aussi créer de nouvelles
normes.
11
Sources
Sources institutionnelles
les institutions étatiques :

Ce sont les institutions investies du pouvoir


d’édicter la règle de droit.

 Le Roi qui promulgue la loi


 Le parlement qui vote les lois,
 Le gouvernement exerce le pouvoir
réglementaire par décret, arrêté ou circulaire

12
Sources
les institutions professionnelles

les chambres professionnelles :


 la représentation des commerçants, des industriels et
des artisans.
 Les chambres de commerce et d’industrie (loi 38-12 de
2013): donner des avis au gouvernement. intervenir
comme intermédiaire entre les entreprises nationales et
les entreprises étrangères. Fournir des informations aux
commerçants sur la législations commerciale et les
parères nécessaires à la preuve des usages et
coutumes observés par la pratique.
 Les chambres d ’ artisanat (loi 18-09 de 2011)
interviennent entre artisans et commerçant et pouvoirs
publics pour l’encadrement de l’activité.

13
Sources
les groupements professionnels :
 Les commerçants et les industriels sont groupés dans
des syndicats pour la défense et la représentation de
leurs intérêts professionnels. On peut citer le GPBM, la
CGEM.
les institutions internationales :
 développement et à l’unification des règles du droit
commercial: la Commission des Nations Unis pour le
Droit Commercial International, la chambre du
commerce international.
les institutions judiciaires :
 Les litiges commerciaux sont de la compétence des
tribunaux de commerce.
14
Plan
 Chapitre 1 : les actes de commerce
 Paragraphe 1 : Les différentes catégories d’actes de
commerce
 1. Les actes de commerces par nature
 A/Les activités de production
 B/Les activités de distribution
 C/Les activités de services
 2. Les actes de commerce par accessoire
 3. Les actes de commerce par la forme
 Paragraphe 2 : Le régime juridique des actes de
commerce
 1. La preuve des actes de commerce
 2. Les règles relatives à l’exécution des obligations
commerciale
15
Plan
 Chapitre 2 : les commerçants
 Paragraphe 1 : Les commerçants personnes physiques
 1. l’exercice professionnel d’une activité commerciale
 2. l’exercice personnel d’une activité commerciale
 Paragraphe 2 : Le statut du commerçant
 1. La capacité
 2. L’incompatibilité, l’interdiction et la déchéance
 Paragraphe 3 : les droits et les obligations des commerçants
 1. Les droits des commerçants
 2. L’immatriculation au registre de commerce
 3. La tenue de la comptabilité
 Paragraphe 4 : Les commerçants personnes morales
 A/Les sociétés de personne
 B/La SARL
 C/LA SA
 D/Autres sociétés

16
Plan
 Chapitre 3 : le fonds de commerce
 Paragraphe 1: Les éléments constitutifs
du fond de commerce
 Paragraphe 2: Les opérations relatives au
fond de commerce
 A/La vente
 B/Le nantissement
 C/La gérance libre

17
Plan
 Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 1/ Contrat de nantissement
 2/Contrat d’agence commerciale
 2/Contrat de cession de créance
 3/Contrat de courtage
 4/Contrat de commission
 5/Contrat de transport
 6/Contrat de gage commercial
 7/contrat de crédit bail

18
Plan
 Chapitre 5 : les moyens de paiement :
 Paragraphe 1 : le chèque
 1-conditions
 2-transmission
 3-paiement
 Paragraphe 2 : le virement
 1-nature du virement
 2- l’exécution du virement
 Paragraphe 3 : la lettre de change
 1-conditions
 2-transmission
 3-paiement
19
Chapitre 1: Les Actes De Commerce

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Chapitre 1: les actes de commerce
Paragraphe 1 : Les différentes catégories d ’ actes de
commerce
 1. Les actes de commerces par nature
 A/Les activités de production
 B/Les activités de distribution
 C/Les activités de services
 2. Les actes de commerce par accessoire
 3. Les actes de commerce par la forme
Paragraphe 2 : Le régime juridique des actes de
commerce
 1. La preuve des actes de commerce
 2. Les règles relatives à l’exécution des obligations
commerciale
21
Chapitre I - Les actes de commerce
1. Les actes de commerces par nature :

condition / l’exercice de manière répétée,


renouvelée et coordonnée. (il n ’ y a pas
d’acte de commerce en soi ou isolé).
Cette catégorie d’acte est énumérée par
l’article 6 et 7 du Code du commerce:
On distingue entre:
- Acte de production
- Acte de distribution
- Acte de service
22
Les actes de commerce
 Article 6 : La qualité de commerçant s'acquiert
par l' exercice habituel ou professionnel des
activités suivantes:
1) l' achat de meubles corporels ou incorporels
en vue de les revendre soit en nature soit après
les avoir travaillés et mis en oeuvre ou en vue
de les louer;
2) la location de meubles corporels ou
incorporels en vue de leur sous-location;
3) l' achat d' immeubles en vue de les revendre
en l' état ou après transformation;
4) la recherche et l' exploitation des mines et
carrières;
5) l' activité industrielle ou artisanale;

23
Les actes de commerce
 6) le transport;
7) la banque, le crédit et les transactions financières;
8) les opérations d' assurances à primes fixes;
9) le courtage, la commission et toutes autres opérations
d' entremise;
10) l' exploitation d' entrepôts et de magasins généraux;
11) l' imprimerie et l' édition quels qu'en soient la forme
et le support;
12) le bâtiment et les travaux publics;
13) les bureaux et agences d' affaires, de voyages, d'
information et de publicité;
14) la fourniture de produits et services;
15) l' organisation des spectacles publics:
16) la vente aux enchères publiques;
17) la distribution d' eau, d' électricité et de gaz;
18) les postes et télécommunications.

24
Les actes de commerce
 Article 7 : La qualité de commerçant
s'acquiert également par l’exercice
habituel ou professionnel des
activités suivantes:
1) toutes opérations portant sur les
navires et les aéronefs et leurs
accessoires;
2) toutes opérations se rattachant à l'
exploitation des navires et aéronefs et
au commerce maritime et aérien.
25
Les actes de commerce
A/Les activités de production :
 l ’ activité industrielle: transformer les
matériaux appartenant à autrui ou à
l’industriel lui-même.
tous les types de production qui relève du
secteur secondaire : sidérurgie, métallurgie,
construction mécanique, fabrication de
produits chimiques, industrie
agroalimentaire…
la recherche et l’exploitation des mines et
carrières, l ’ imprimerie et l ’ édition et le
bâtiment et les travaux publics.
26
Les actes de commerce
B- Les activités de distribution
 L’activité est qualifiée comme activité commerciale si
elle réunie les trois éléments constitutifs suivants :
 les achats qui doivent être réalisés
 avec une intention de revente et non de consommation,
 et but lucratif.
 Peu importe les méthodes de distributions, gros, détail,
indépendant, intégré,…,
 il suffit que ces trois conditions soient réunies pour que
l’activité soit commerciale.
 Concernant la nature du bien vendu, le Code de
Commerce cite les meubles corporels ou incorporels,
c'est-à-dire les valeurs mobilières, la propriété littéraire
et artistique, brevets d’ invention, marque…de même
que les immeubles.

27
Les actes de commerce
C- les activités de services
 les activités de transport, de location,
entreprises de spectacles, les activités
financières et les activités d’intermédiaires.
 Échappe à cette catégorie d ’ activité
commerciale, les activités libérales qui
consistent en services personnels de
caractère intellectuel rémunérés par des
honoraires.
 ces activités sont soumises à un statut
particuliers qui réglemente leur exercice.

28
Les actes de commerce
 2. Les actes de commerce par accessoire :
 Ce sont des actes qui accèdent à la commercialité
parce qu’ils sont accomplis par un commerçant à
l’occasion de l’exercice de son commerce. La théorie
de l’accessoire a été développée par la jurisprudence.

 Le Code de commerce l’a consacré dans son article


10 qui dispose « sont également réputés actes de
commerce, les faits et actes accomplis par le
commerçant à l’occasion de son commerce, sauf
preuve contraire. »

29
Les actes de commerce
 3. Les actes de commerce par la forme :
actes pris isolément sont commerciaux à
raison de leur forme ou de leur objet, quelle
que soit la personne qui les a accomplis.
 la lettre de change
 Le billet à ordre même s’il est émis par un
non
commerçant mais pour la réalisation d’une
transaction commerciale.
 des actes de société commerciales.

30
Le régime juridique des actes de commerce
 Ces règles particulières apparaissent au
niveau de la preuve et au niveau de
l’exécution des obligations.
 le régime juridique des actes de
commerce ne joue pleinement que lorsque
les actes de commerce sont conclus entre
commerçants pour le besoin de leur
commerce.
 Il s’applique partiellement pour les actes
mixtes c'est-à-dire conclus entre
commerçant et un non commerçant.
31
Le régime juridique des actes de commerce
1. La preuve des actes de commerce
 En matière commerciale, la preuve est libre contrairement au
droit civil, la preuve doit être écrite.

 Le principe de la liberté de la preuve a des conséquences,


qu’entre commerçants :

-la preuve d’un contrat commercial peut se faire par tous les
moyens : factures, livres et documents comptables,
témoignages, support informatiques…

-au cas ou un écrit est dressé, la preuve est recevable par tous
les moyens contre et outre le contenu de cet écrit,
contrairement à ce qui est prévu dans le droit civil, il n’est
reçu entre les parties aucune preuve par témoins contre ou
outre le contenu des actes…

32
Le régime juridique des actes de commerce
2. Les règles relatives à l’exécution
des obligations commerciales
 le droit commercial attache
beaucoup d ’ importance à la
bonne exécution des obligations
et au respect des échéances,
pour les raisons de la protection
des parties et la sécurité des tiers.

33
Le régime juridique des actes de commerce
 première règle : la solidarité.
 En matière civile le principe posé par l’article
164 du DOC, est que la solidarité ne se
présume pas, elle doit résulter expressément
du titre constitutif de l’obligation, de la loi ou être
la conséquence de la nature de l’affaire.
 En matière commerciale, l’article 335 du code
de commerce dispose que « en matière
d ’ obligation commerciale, la solidarité se
présume ». : les codébiteurs d’une obligation
commerciale sont tenus solidairement; l ’ un
quelconque des codébiteurs peut être actionné
en paiement pour le tout par le créancier.
34
Le régime juridique des actes de commerce
 Deuxième règle: la mise en demeure
 -la mise en demeure qui est une injonction
adressée au débiteur d ’ exécuter son
obligation
 en matière civile, elle doit résulter d’une
interpellation formelle si aucune échéance
n’est établie.
 au regard des actes de commerce, elle
peut se faire par tous les moyens.

35
Le régime juridique des actes de commerce
 Troisième règle: délai de grâce
 -Aucun délai de grâce ne peut être accordé
pour le payement des lettres de change,
billets à ordre.
 quatrième règle: la prescription
 -la prescription extinctive en matière
commerciale, est plus courte qu’en matière
civile. Elle est décennale en droit commercial,
et de 15 ans en matière civile.

36
Chapitre 2 : Les Commerçants

37
plan du chapitre 2
 Chapitre 2 : les commerçants
 Paragraphe 1 : Les commerçants personnes physiques
 1. l’exercice professionnel d’une activité commerciale
 2. l’exercice personnel d’une activité commerciale
 Paragraphe 2 : Le statut du commerçant
 1. La capacité
 2. L’incompatibilité, l’interdiction et la déchéance
 Paragraphe 3 : les droits et les obligations des commerçants
 1. Les droits des commerçants
 2. L’immatriculation au registre de commerce
 3. La tenue de la comptabilité
 Paragraphe 4 : Les commerçants personnes morales
 A/Les sociétés de personne
 B/La SARL
 C/LA SA
 D/Autres sociétés

38
Chapitre 2 : les commerçants
 la qualité du commerçant est double,
 les commerçants personnes
physiques sont définis par la nature
de l’activité ,
 les commerçants personnes morales,
plus précisément les sociétés
commerciales, sont définis par leur
forme.

39
Chapitre 2 : les commerçants
Paragraphe 1 : Les commerçants
personnes physiques
 L’élément constitutif : l’article 6 du code
de commerce qui dispose:
 « la qualité de commerçant s’acquiert par
l ’ exercice habituel et professionnel des
activités suivantes… ».
 la qualité de commerçant est conditionnée
par l’exercice d’une activité commerciale
à titre professionnel et à titre personnel.

40
Chapitre 2 : les commerçants
1. l ’ exercice professionnel d ’ une activité
commerciale :
 l ’ une des activités qui sont visées par
l’article 6 du code de commerce.
 implique la répétition des actes et des
opérations.
 ne doit pas être l ’ accessoire d ’ une autre
activité, par exemple une activité civile.
 Suppose une entreprise organisée ou au moins
un fonds de commerce et une clientèle.
 N’exige pas l’exclusivité.

41
Chapitre 2 : les commerçants
2. l ’ exercice personnel d ’ une activité
commerciale :
 le commerçant court le risque du commerce et
qu’il agisse de manière indépendante. C'est-à-
dire en son nom et pour son compte
personnel.
 les professionnels qui exercent une activité
commerciale au nom et pour le compte d’autrui
ne sont pas des commerçants: ex, des salariés
de l ’ entreprise, le lien de subordination est
incompatible avec l ’ indépendance de la
profession commerciale.
42
Chapitre 2 : les commerçants
 A titre d ’ exemple: les agents
commerciaux que l ’ on qualifie
aussi de représentants
mandataires.
 ne sont pas liés à l’entreprise qu’ils
représentent par un contrat de travail
mais par un contrat de mandat qui
leur laisse toute liberté notamment
dans l’organisation de leur travail.

43
Chapitre 2 : les commerçants
 Paragraphe 2 : Le statut du
commerçant
 Le statut comporte des obligations et
des droits, de même que certaines
limitations à l’exercice du commerce
 1. La capacité

 2. L’incompatibilité, l’interdiction et la
déchéance

44
Chapitre 2 : les commerçants
 1/ La capacité:
 Les incapacités sont principalement
destinées à la protection du commerçant,
ont pour effet d’empêcher le mineur et
l ’ incapable d ’ avoir la qualité de
commerçant.
 a- Le statut du mineur :
 Le droit marocain distingue entre le mineur
étranger et le mineur marocain.

45
Chapitre 2 : les commerçants
 -le mineur étranger article 15 et 16 du CC:
 tout étranger ayant atteint vingt ans peut
exercer le commerce, même si sa loi nationale
prévoit un âge de majorité supérieur à celui qui
est édicté par la loi marocaine.
 Lorsqu'un étranger n'a pas l'âge de majorité
requis par la loi marocaine et qu'il est réputé
majeur par sa loi nationale, il ne peut exercer le
commerce qu'après autorisation du président
du tribunal du lieu où il entend exercer et
inscription de cette autorisation au registre du
commerce.

46
Chapitre 2 : les commerçants
 -le mineur marocain :
 L ’ article 12 du code de commerce prévoit
que « … la capacité pour exercer le commerce
obéit aux règles du statut personnel. »
 le code de commerce renvoi expressément
aux règles de la moudawana pour cette
question. L ’ article 209 de ce même texte
prévoit que « L’âge de la majorité légale est
fixé à dix-huit années grégoriennes révolues. »

47
Chapitre 2 : les commerçants
 Deux exceptions légales:
 Le mineur de 12 ans doué de discernement (art
214):
 le mineur qui atteint l’âge de discernement (12 ans),
« peut prendre possession d ’ une partie de ses
biens pour en assurer la gestion, à titre d’essai.
 Une autorisation est accordée, par le tuteur légal ou
par décision du juge chargé des tutelles
 Le juge chargé des tutelles peut annuler
l’autorisation de remise des biens, sur demande du
tuteur testamentaire ou datif, du ministère public ou
d ’ office, en cas de mauvaise gestion, dûment
établie, des biens autorisés. »

48
Chapitre 2 : les commerçants
 Le mineur de 16 ans, l’émancipé (art 218):
 le mineur qui a atteint l’âge de seize ans, « il peut
demander au tribunal de lui accorder
l’émancipation.
 Le représentant légal peut demander au tribunal
d’émanciper le mineur qui a atteint l’âge précité,
lorsqu’il constate qu’il est doué de bon sens.
 La personne émancipée entre en possession de
ses biens et acquiert sa pleine capacité en ce qui
concerne la faculté de gérer et de disposer de ses
biens… »

49
Chapitre 2 : les commerçants
b- Le majeur incapable :
 -l’incapable majeur étranger :
 Le code de commerce est muet au sujet de l’incapable
majeur étranger. On doit se reporter à sa loi nationale.
 -l’incapable majeur national :

 Le droit marocain met sur le même plan, le dément, le


faible d’esprit et le prodigue.
 Il leur retire toute capacité et partant leur interdit
l’exercice de toute opération commerciale.
 Seul le représentant légal peut agir en leur nom et à leur
place. L’interdiction peut être levée, à compter de la
date où les motifs qui l’ont justifiée ont cessé d’exister.

50
Chapitre 2 : les commerçants
 2/ L ’ incompatibilité, l ’ interdiction et la
déchéance :
 a- L’incompatibilité :
 Consiste à se trouver simultanément dans deux
situations juridiques exclusives.
 La réalisation de l’une empêche la possibilité de
l’autre. Par exemple la profession commerciale est
incompatible avec la fonction publique (article 16
du statut de la fonction publique), avec la profession
d’avocat, de médecin, de notaire.
 C’est que l’exercice de ces professions déclaré
incompatible avec le commerce afin de protéger leur
dignité qui s’accommoderait mal avec l’esprit de
spéculation propre à celui-ci.

51
Chapitre 2 : les commerçants
 b- l’interdiction
 Est une défense d ’ exercer
l’activité commerciale.
 Par exemple les associations et les
syndicats ne peuvent se livrer à des
activités commerciales.
 Les étrangers qui désirent exercer le
commerce au Maroc doivent être
muni d’une autorisation spéciale.

52
Chapitre 2 : les commerçants
 c- la déchéance
 Est une mesure privative de la liberté
d ’ exercice d ’ une profession commerciale.
Selon l’article 711 du code de commerce : « La
déchéance commerciale emporte interdiction de
diriger, gérer, administrer ou contrôler,
directement ou indirectement, toute entreprise
commerciale ou artisanale, et toute société
commerciale ayant une activité économique. »
 la déchéance a un caractère sanctionnateur,
tout commerçant qui contrevient à ses obligations
légales risque d’être frappé d’une déchéance.

53
Chapitre 2 : les commerçants
Paragraphe 3 : Les droits et Les obligations
des commerçants
1/ Les droits des commerçants
 Ces droits réservés aux commerçants
régulièrement immatriculés au registre du
commerce:
 Le droit d ’ être électeurs et éligibles aux
chambres de commerce, d ’ industrie et de
service ;
 Le droit d’insérer dans leurs contrat une clause
compromissoire (c’est la clause par laquelle les
parties à un contrat commercial conviennent de
soumettre à un arbitre les contestations qui
viendront à se produire) ;
54
Chapitre 2 : les commerçants
 Le droit de se prévaloir du bénéfice
de la propriété commerciale ;
 Le droit de donner leur fonds de
commerce en location gérance ;
 Le droit enfin d ’ invoquer en leur
faveur leur propre comptabilité et le
régime juridique des actes de
commerce.
55
Chapitre 2 : les commerçants
2/ Les obligations des commerçants
A. L’immatriculation au registre de commerce :
 L ’ article 58 du code de commerce présume
commerçant toute personne physique ou morale
immatriculée au registre de commerce, il précise
à cet égard que: « Toute personne physique ou
morale immatriculée au registre du commerce
est présumée, sauf preuve contraire, avoir la
qualité de commerçant avec toutes les
conséquences qui découlent de cette qualité. ».
 Cela nous amène à préciser l’organisation du
registre de commerce et l ’ inscription à ce
registre.

56
Chapitre 2 : les commerçants
a- l ’ organisation du registre du
commerce :
 elle comprend les registres locaux et le
registre central.
 a/1 - le registre local :
 est tenu auprès du secrétariat greffe du
tribunal de commerce. Il se divise en
deux parties distinctes : le registre
chronologique model 5 et le registre
analytique model 6.
57
Chapitre 2 : les commerçants
-le registre chronologique model 5:
 il recueille toutes les demandes et
déclarations d ’ inscription dans l ’ ordre ou
elles interviennent.
 On y porte :

 le numéro d’ordre de l’inscription,

 la date et l’heure du dépôt,

 les noms et prénoms ou les raisons sociales ou


les dénominations commerciales
 les domiciles des déclarants, l ’ adresse de
l’établissement ou du siège social.

58
Chapitre 2 : les commerçants
- leregistre analytique/ model 6 :
 pour l’enregistrement des renseignements
modificatifs et complémentaires et à la fin
de l’activité pour mentionner les radiations
nécessaires.
 le registre analytique est constitué de deux
recueils, l ’ un affectés aux personnes
physiques, l ’ autres aux personnes
morales.

59
Chapitre 2 : les commerçants
a/2- le registre central :
 Il est destiné en vertu de l’article 33 du code de
commerce à :
 centraliser pour l’ensemble du royaume, les
renseignements mentionnés dans les divers
registres locaux,
 délivrer les certificats relatifs aux inscriptions
des noms des commerçants, dénominations
commerciales et enseignes ainsi que les
certificats et copies relatifs aux inscriptions qui y
sont portées,
 Il est tenu par les soins de l ’ administration,
compétence est confié au ministère de
commerce.
60
Chapitre 2 : les commerçants
b- Les inscriptions au registre du
commerce :
 Elles constituent une forme de
publicité en matière commerciale et
servent par conséquent à
renseigner les tiers.
 Les inscriptions au registre du
commerce comprennent les
immatriculations, les inscriptions
modificatives et les radiations.

61
Chapitre 2 : les commerçants
b 1 - l’immatriculation :
 elle présente un caractère personnel, l ’ article 38
précise que « L' immatriculation du commerçant ne peut
être requise que sur demande écrite du commerçant
lui-même ou de son mandataire muni d' une procuration
écrite qui doit être jointe à la demande.
 L’immatriculation d’une société ne peut être requise
que par les gérants ou par les membres des organes
d’administration, de direction ou de gestion et, par
le directeur, s'il s'agit d’un établissement public, d’une
succursale, d ’ une agence ou d ’ une représentation
commerciale. »
 L ’ immatriculation est attachée au commerçant
personne physique ou à la personne morale
assujettie, non à l’entreprise.

62
Chapitre 2 : les commerçants
Les personnes assujetties à l’immatriculation sont
énumérées à l’article 37 du code de commerce,
 Toutes les personnes physiques et morales, marocaines
ou étrangères exerçant une activité commerciale sur le
territoire du Royaume.
 toute succursale ou agence d' entreprise marocaine ou
étrangère;
 toute représentation commerciale ou agence
commerciale des Etats, collectivités ou établissements
publics étrangers;
 Les établissements publics marocains à caractère
industriel ou commercial, soumis par leurs lois à
l’immatriculation au registre du commerce;
 tout groupement d’intérêt économique.

63
Chapitre 2 : les commerçants
Les assujettis à l’immatriculation doivent requérir leur
immatriculation dans les trois mois:
 de l’ouverture de l’établissement commerciale ou
de l’acquisition du fonds de commerce pour les
personnes physiques,
 de leur création ou de leur constitution pour les
personnes morales de droit publics ou de droit privé,
 de leur ouverture pour les succursales ou agences
marocaines ou étrangères, ainsi que les
représentations commerciales ou agences
commerciales des Etats, collectivités,
établissements publics étrangers.

64
Chapitre 2 : les commerçants
b 2-les inscriptions modificatives et les radiations :
 les modifications concernent le changement de
régime matrimonial pour les étrangers,
l’incapacité du commerçant, le nantissement du
fonds de commerce, sa vente ou son apport en
société, le déplacement du siège social, le
transfert de la société, la fluctuation du capital.
 L’article 50 du code de commerce prévoit que :
« Tout changement ou modification se
rapportant aux faits dont l'inscription sur le
registre du commerce est prescrite…doit faire
l'objet d ’ une demande d'inscription
modificative. »

65
Chapitre 2 : les commerçants

les radiations concernent quant à elle


la cessation de l’exercice de l’activité,
 soit volontairement,

 soit par le décès du commerçant

 soit encore par la dissolution lorsqu’il


s’agit d’une société commerciale.

66
Chapitre 2 : les commerçants
 b 3 - les sanctions du défaut d’inscription :
 Toute personne tenue de requérir, en vertu d’une mise en
demeure adressée par le ministère du commerce, une
immatriculation ou des inscriptions obligatoires au registre de
commerce s’expose à une amende de 1000 à 5000 DH (art
62).
 La même sanction est applicable à ceux qui omettent
d’indiquer sur leur papier de commerce destiné aux tiers, le
numéro et le lieu de leur immatriculation au registre
analytique.
 donner des indications inexactes en vue de l’immatriculation
ou de l’inscription au registre de commerce, s’expose à une
peine d ’ emprisonnement d ’ un mois à un an et d ’ une
amende de 1000 à 5000 DH ou de l’une de ces deux peines
seulement;

67
Chapitre 2 : les commerçants
C- les effets des inscriptions au registre du
commerce:
-à l’égard des personnes physiques :
 Elle crée à l’égard de toute personne physique, un
effet probatoire; une présomption légale de qualité
de commerçant (art 58).

 Du défaut de radiation d’un commerçant immatriculé


découle la responsabilité solidaire. L’article 60 du
code de commerce prévoit : « En cas de cession ou de
location d ’ un fonds de commerce, la personne
immatriculée reste solidairement responsable des
dettes de son successeur ou de son locataire tant
qu'elle ne s'est pas fait radier du registre du commerce
ou qu'elle n'a pas fait modifier son inscription avec la
mention expresse de la vente ou la location. ».

68
Chapitre 2 : les commerçants
-à l’égard des sociétés commerciales :
 les sociétés commerciales ne jouissent de la
personnalité morale qu ’ à compter de leur
immatriculation au registre du commerce.
 L’immatriculation produit donc à l’égard des sociétés
commerciales un effet constitutif de droit : dès
l ’ instant ou elle est opérée, la personne morale
apparaît, la qualité de commerçant découlant
automatiquement de la forme de la société .
 Pour le GIE c ’ est l ’ immatriculation qui lui donne
naissance, mais à la différence des sociétés
commerciales, il n ’ est pas automatiquement
commerçant. C’est la nature de son activité qui
détermine sa qualité, selon qu’elle est commerciale ou
civile, il est ou non commerçant.

69
Chapitre 2 : les commerçants
2. La tenue de la comptabilité :
 La tenue d’une comptabilité est la
deuxième obligation importante qui
caractérise l’entreprise commerciale.
 Elle trouve ses bases textuelles dans
le code de commerce et dans le
DOC (art 433 à 439). Cette obligation
présente un intérêt aussi bien pour
l’Etat, pour l’entreprise que pour les
particuliers.

70
Chapitre 2 : les commerçants
2. La tenue de la comptabilité :
 -Pour l ’ Etat, la comptabilité est directement
utilisée pour déterminer l’assiette des impôts
calculée sur le CA, le fisc pour imposer les
entreprises en connaissance de cause, doit
pouvoir connaître les opérations traitées par les
entreprises et les bénéfices réalisés par celles-ci.
 -pour l ’ entreprise, la comptabilité permet de
maîtriser le contrôle de l ’ état de sa caisse,
l’évolution de ses dettes et de ses créances ou
son passif et actif, des prix, de la conjoncture du
marché.

71
Chapitre 2 : les commerçants
 -pour les tiers, elle sert à informer tous ceux qui
font partie de l ’ entreprise, vivent dans sa
mouvance et ont intérêt à suivre la marche de
ses affaires :
 les associés ou les actionnaires qui lui ont
apporté leurs capitaux et leur épargne,
 le salariés qui contribuent à sa prospérité mais
qui sont les premiers à souffrir de ses mauvais
résultats,
 les banquiers et les fournisseurs qui avant de
traiter avec l ’ entreprise ont besoin de se
renseigner sur sa solvabilité et ses capacités de
développement.

72
Chapitre 3 : le fonds de commerce

73
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 Chapitre 3 : le fonds de commerce
 Paragraphe 1: Les éléments constitutifs
du fond de commerce
 Paragraphe 2: Les opérations relatives au
fond de commerce
 A/La vente
 B/Le nantissement
 C/La gérance libre

74
Chapitre 3/ le fonds de commerce

 Du point de vue du droit commercial, le


commerçant peut disposer de certains
biens spécifiques adaptés aux besoins du
commerce.
 Le principal dont peut il se prévaloir est le
fonds de commerce.

75
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 En principe, tout commerçant
possède un fond de commerce ce
qui constitue une propriété cessible
et transmissible.
 L’article 79 du code de commerce
définit le fonds de commerce comme:
 un bien meuble incorporel affectés
à l’exercice d’une ou de plusieurs
activités commerciales.

76
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 le fonds de commerce est
composé d ’ un ensemble
d’éléments mobiliers corporels
(marchandises et outillage) et
incorporels (nom, enseigne, droit
au renouvellement du bail)
regroupé et mis en œuvre par le
commerçant pour répondre aux
besoins de la clientèle.
77
Chapitre 3/ le fonds de commerce
Paragraphe 1/ Les éléments constitutifs du fond de
commerce :
 Le code de commerce donne une énumération des éléments
constitutifs du fonds de commerce. Dans son article 80, il
dispose : « Le fonds de commerce comprend obligatoirement
la clientèle et l’achalandage…»
 tous autres biens nécessaires à l’exploitation du fonds tels
que :
 le nom commercial,
 I' enseigne,
 le droit au bail,
 le mobilier commercial, les marchandises,
 le matériel et l’outillage,
 les brevets d’invention, les licences, les marques de fabrique,
de commerce et de service, les dessins et modèles industriels
et, généralement, tous droits de propriété industrielle, littéraire
ou artistique qui y sont attachés.
78
Chapitre 3/ le fonds de commerce
A- la clientèle et l’achalandage :
 La clientèle est constituée par les clients
permanents et fidèles de l’entreprise qui
sont attirés par les qualités personnelles
du commerçant et les clients de passage
attirés par l ’ implantation du fonds de
commerce.
 Conformément aux dispositions du code
de commerce, le fond de commerce ne
peut exister sans clientèle (art 80).
 -la clientèle doit être réelle et certaine
 -la clientèle doit être personnelle

79
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 Le caractère personnel de la clientèle soulève deux
ordres de problèmes :
 des clientèles appartenant à autrui. principalement
pour ceux qui exercent une activité commerciale
dans le Périmètre d’une gare ou dans un aéroport,
les tribunaux refusent en Général d ’ admettre
qu ’ ils possèdent une clientèle personnelle et
autonome.
 les Commerçants intégrés dans un espace
géographique, par ex un centre commercial où
coexistent multiples commerces. Pour ces
commerçants, il s ’ agit de savoir s ’ ils ont une
clientèle propre . La jurisprudence a accepté le
raisonnement selon lequel les commerçants en
question auraient une clientèle personnelle non
commune.
80
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 B- les éléments incorporels :
 -le nom commercial :
 est l’appellation sous laquelle le commerçant
personne physique ou personne morale exerce
son activité. Le nom commercial est un des
moyens de ralliement de la clientèle et même
si c’est un nom patronymique il fait partie du
fonds de commerce, il est donc cessible avec lui.
 -l’enseigne :
 est un signe extérieur qui permet
d’individualiser l’établissement, le magasin. le
nom patronymique du commerçant, une
dénomination de fantaisie ou un emblème.

81
Chapitre 3/ le fonds de commerce
-le droit au renouvellement du bail :
 le droit à la jouissance des lieux loués ou s’exerce le
commerce. Dans certaines branches d ’ activité
notamment celle de la distribution, le droit au bail joue un
rôle capital car le CA et la valeur du fonds dépendent de
son implantation.
- les droits de la propriété industrielle :
 Désignent les brevets d’invention, les marques de
fabrique, de commerce ou de service, les dessins et
les modèles. Ce sont des biens de nature incorporelle
qui procurent à leurs titulaires un monopole
d’exploitation.
 On peut ajouter à ces éléments incorporels, d’autres
éléments incorporés au fonds de commerce, comme les
licences et autorisations administratives, les contrats de
travail, les contrats d’assurance relatifs au fonds de
commerce…
82
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 C- les éléments corporels :
-le matériel et l’outillage :
 C’est l’ensemble des biens mobiliers corporels
qui servent durablement à l’exploitation et qui de ce
fait présentent une stabilité réelle : outillage
industriel, matériel d ’ équipement, meubles de
bureaux, mobiliers…ils sont plus important dans
l ’ industrie que dans le commerce, dans le
commerce que dans les services.
-les marchandises :
 Ce sont les matières premières destinées à être
transformées ou les produits et les biens
destinés à la vente. En raison de leur instabilité
elles ne sont pas comprises dans le nantissement
du fonds de commerce.
83
Chapitre 3/ le fonds de commerce
Paragraphe 2. Les opérations
relatives au fond de
commerce :
 Les principales opérations
dont le fonds de commerce
peut être l ’ objet sont : la
vente, le nantissement et la
mise en gérance libre.

84
Chapitre 3/ le fonds de commerce
A/La vente du fonds de commerce :
 Le code de commerce soumet la vente du fonds de
commerce à un formalisme qui vise la protection
des créanciers du vendeur et la protection du
vendeur à crédit et de l’acheteur.
 Il subordonne ainsi la vente à des conditions de
forme précises. L’article 81 précise que : « Toute
vente ou cession de fonds de commerce ainsi que
tout apport en société…est constatée par acte en la
forme authentique ou sous seing privé.
 Un extrait de cet acte est inscrit au registre du
commerce, est publié en entier et sans délai par le
secrétaire-greffier, aux frais des parties, au Bulletin
officiel et dans un journal d’annonces légales.

85
Chapitre 3/ le fonds de commerce

 1- la protection du vendeur du fonds de


commerce :
 Le code de commerce octroie au vendeur à
crédit, un privilège de ce faire payer en cas de
concours de plusieurs créanciers de l’acheteur
 et une action résolutoire qui permet d’effacer
juridiquement et rétroactivement le contrat de
vente de fonds de commerce. Elle a lieu lorsque
le vendeur veut reprendre le fonds de commerce
pour défaut de paiement du prix des mains de
l’acquéreur ou du tiers qui lui succède. .

86
Chapitre 3/ le fonds de commerce

 2-la protection de l’ acheteur du fonds de


commerce :
 La protection concerne surtout les obligations
que le vendeur doit remplir vis-à-vis de
l’acquéreur du fonds de commerce.
 le transfert de la propriété du fonds de
commerce.
 à garantir l’acquéreur contre son fait personnel,
ce qui se concrétise par les clauses de non
rétablissement ou de non concurrence au profit
de l’acquéreur.

87
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 B/Le nantissement :
 Le nantissement permet au
propriétaire du fonds de
commerce de le donner en
garantie de ses dettes.
 Il obéit à des conditions qui
sont prévus par le code de
commerce et produit certains
effets.
88
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 les conditions du nantissement :
 L’assiette du nantissement ne comprend pas
les marchandises. ( la clientèle, le nom
commercial, l ’ enseigne, le droit au bail, le
mobilier commercial, les brevets d’invention…).
Les marchandises ne sont jamais comprises
dans le nantissement parce qu ’ elles sont
destinées à la vente.
 Le nantissement doit être constaté par un
acte écrit, notarié ou sous seing privé,
dûment enregistré. Un extrait de l’acte doit
être inscrit au registre du commerce dans les
quinze jours de sa date.

89
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 les effets du nantissement :
 le nantissement confère une garantie réelle au créancier
nanti, produit plusieurs effets :
 le droit de s ’ opposer à la dépréciation ou à la
désintégration du fonds de commerce, si le commerçant est
tenté de déplacer le fonds ou de vendre séparément un de
ses éléments.
 Le droit de préférence :
 Les créanciers inscrits ont un droit de préférence sur le prix
de vente du fonds que cette vente soit amiable ou judiciaire.
Ils sont payés avant les autres créanciers ne disposant pas
de garantie.
 -Le droit de suite :
 Le nantissement suit le fonds en quelque main qu’il passe,
même si le fonds a été vendu, les créanciers inscrits
antérieurement peuvent le saisir et le faire vendre
judiciairement pour se payer sur le prix.

90
Chapitre 3/ le fonds de commerce

 C/La gérance libre :


 Le propriétaire du fonds de
commerce peut ne pas
vouloir l’exploiter lui-même
ou par l’intermédiaire d’un
salarié, il le donne en
gérance libre.
91
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 1-la formation du contrat de gérance :
 Elle est conditionnée, d’abord le gérant libre
doit être capable et ne doit pas être atteint
d ’ aucune incompatibilité, déchéance ou
interdiction d’exercer une activité commerciale.
En ce qui concerne le bailleur, le contrat est
pour lui commercial, même s’il n’est pas
commerçant et s’il n’a pas géré le fonds.
 Ensuite, ayant la qualité de commerçant, le
gérant libre doit d’abord se faire immatriculer
au RC. Le contrat de gérance libre est publié,
sous forme d’extrait au BO et dans un JAL. La
fin de la gérance libre donne lieu aux mêmes
mesures de publicité.

92
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 2-les effets du contrat :
 le gérant libre est tenu d’exploiter le fonds en
bon père de famille, c'est-à-dire maintenir le
matériel et le mobilier en bon état, garnir le
fonds de marchandises de même nature, ne pas
modifier sa destination, assurer la réparation et
l’entretien.
 Le gérant libre ne peut prétendre à la fin du
bail à une indemnité compensatrice pour la
plus value procurée au fonds.
 Le bailleur bénéficie des accroissements dus
à son activité, qu ’ il s ’ agisse du
développement de la clientèle ou de la création
d’une enseigne.
93
Chapitre 3/ le fonds de commerce
 Le gérant libre n’est pas le sous locataire de
l’immeuble dans lequel le fonds de commerce
est exploité, il n’a donc aucun droit à l’égard
du bailleur de cet immeuble et ne peut pas
prétendre au renouvellement du bail
commercial, seul le propriétaire du fonds de
commerce peut le demander.
 Le gérant libre n ’ a également aucun droit
opposable à l ’ acquéreur du fonds de
commerce ou à un créancier du bailleur à qui
celui-ci consentirait un nantissement sur le fonds.

94
Chapitre 4 : les contrats commerciaux

95
plan du chapitre 4
 Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 /Contrat de nantissement
 /Contrat de gage commercial
 /Contrat de courtage
 /Contrat de commission
 /Contrat d’agence commerciale
 /Contrat de transport
 /contrat de crédit bail

96
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 On distingue plusieurs contrats commerciaux,
mais les plus utilisés sont:
 le nantissement avec dépossession c’est-à-dire
le gage ou sans dépossession, c’est-à-dire le
nantissement proprement dit,
 l’agence commerciale,
 le courtage,
 la commission,
 le transport et le crédit bail.

97
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 I/Le nantissement et le gage commercial :
 Ils constituent des sûretés réelles mobilières,
frappent les biens.
 Obéissent à des régimes juridiques différents
 L’article 336cc prévoit deux modalités :
 Le gage qui suppose la dépossession du
débiteur, c ’ est-à-dire le transfert de la
possession de l’objet du gage au créancier.
 Le nantissement est constitué sans
dépossession au profit du créancier.

98
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 1/Le nantissement
 La garantie la plus courante dans les relations commerciales,
que le commerçant débiteur affecte à son créancier un bien
meuble à ce titre.
 Le nantissement sans dépossession intéresse les entreprises
qui ne peuvent pas laisser la possession du bien nanti entre
les mains du créancier à cause de son immobilisation dans
leurs locaux ou à cause de son utilisation quotidienne dans
l’exploitation.
 Le fonds de commerce et le matériel et outillage sont les
principales applications du nantissement.
 En dehors, le CC donne une réglementation au
nantissement de certains produits et matières figurant sur une
liste établie par l’administration. Art 378
99
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Formation du contrat
 Conditions de fond :
 Aux termes de l ’ article 378, les produits et
matières faisant l ’ objet du nantissement
peuvent soit rester entre les mains de
l’emprunteur qui en est constitué gardien,
soit être confiés par convention expresse à
la garde des tiers.
 Le créancier nanti n’a pas de possession
comme dans le gage.

100
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Pour prévenir le risque d’anéantissement de la
garantie par le fait du débiteur, la loi réagit de deux
manières :
 -La publicité afin d’avertir les tiers acquéreurs
d ’ objets nantis, et sanctionne pénalement le
détournement, la dissipation et l’altération du gage.
 -ce genre de nantissement ne vaut que pour une
durée courte. Il ne peut être consenti que pour
un an. Renouvelable une seule fois pour la même
durée dans les trois mois de son échéance.

101
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Condition de forme :
 Deux conditions s ’ imposent pour la validité du
nantissement : l’écrit et la publicité.
 L’écrit : art 379 précise que le nantissement doit être
constaté par écrit authentique ou sous seing privé.
 Contenant certaines mentions communes pour tout
nantissement : nom, prénom, qualité et domicile des
parties, montant et durée du prêt, taux d’intérêt convenu,
nature, qualité, quantité et valeur des produits donnés en
gage pour l’emprunt.
 Des mentions variables : l’indication précise du lieu où
le gage est entreposé quand le débiteur n ’ est pas
constitué gardien, ainsi que le nom et l ’ adresse de
l’assureur dans le cas où le produit nanti est assuré.
102
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 La publicité : elle a pour objet de protéger les tiers
acquéreurs de bonne foi auxquels le débiteur peut être
tenté de transférer le bien objet du nantissement.
 Selon l’art 381, l’écrit doit être transcrit dans un
registre tenu par le secrétariat greffe du tribunal
du lieu où sont situés les produits et matière
données en gage.
 La publicité est faite immédiatement ou simultanément
à l’établissement de l’acte.
 Elle est accomplie par l ’ emprunteur sous la
pression de son créancier qui conditionne l’octroi
du prêt par la prise en charge de la publicité.

103
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 La protection des tiers par la publicité se concrétise
par l’obligation imposée par l’art 382 au secrétariat
greffe de délivrer à tout demandeur un état des
nantissements inscrits depuis un an et trois
mois au nom de l’emprunteur ou un certificat
attestant qu’il n’existe pas d’inscription.
 L’inscription demeure pour la durée d’un an et trois
mois. Elle radié en conséquence, sur demande
de l ’ emprunteur après justification du
remboursement de la créance garantie par le
nantissement ou la production de la main levée.

104
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Effet du nantissement :
 Pendant le cours du nantissement, le débiteur est
propriétaire des biens donnés en gage. Mais son droit
de les aliéner ou de les transformer ou d’en diminuer la
valeur ne peut être exercé librement.
 L ’ emprunteur ne peut vendre sans l ’ accord du
prêteur. Dans le cas de mise en œuvre, transformation
ou intégration dans une fabrication, le nantissement se
transporte de plein droit sur les produits résultant de
cette mise en œuvre.
 Le nantissement confère au créancier un droit de
suite et de préférence.

105
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 La réalisation du nantissement :
 Le remboursement et la radiation de
l’inscription.
 En cas de non-paiement dans un délai de 10 jours
à dater de l’échéance, le prêteur peut saisir le
président du tribunal pour la vente publique de
la marchandise engagée.
 Le débiteur peut arrêter l ’ exécution jusqu ’ à
l ’ adjudication finale en offrant de rembourser la
créance garantie par le nantissement.
 Le préteur est payé par préférence sur le prix de la
vente, sous déduction des frais de vente.
106
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 le nantissement est un contrat consenti par un acte sous
seing privé ou authentique déposé au greffe du tribunal
compétent par lequel le débiteur s’engage à donner son
biens mobilier en garantie d’une créance.
 Sa particularité est que ce contrat se fait sans
dessaisissement du bien contrairement au gage.
Après enregistrement, l’acte est déposé au secrétariat
greffe, un extrait est inscrit au registre de commerce,
sans publication.
 Le déplacement du bien sans le consentement du
créancier gagiste peut rendre les créances exigibles s’il
y a risque de dépréciation.

107
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 2/Le gage commercial :
 Est une garantie avec dépossession du débiteur.
 En vertu de l’article 338 cc, le gage est commercial
lorsqu’il est constitué, soit par un commerçant
soit par un non commerçant pour garantir un
acte de commerce.
 Il peut également être établi par un transfert sur les
registres de la société et ce, à titre de garantie pour
les actions, les parts sociales et les obligations.
 Il est régi par les règles civiles et les règles
commerciales.

108
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Selon l’article 1170 du DOC, le gage est un
contrat par lequel le débiteur affecte une
chose mobilière à la garantie d ’ une
obligation, et confère au créancier le droit de
se payer sur cette chose.
 C’est un contrat aux termes duquel le débiteur
ou un tiers remet au créancier la possession
d’une chose et lui donne le droit de la retenir
jusqu’à paiement intégral de sa créance, sinon
de la faire vendre à l’échéance et de se payer
par préférence sur le prix de la vente.

109
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 La possession du bien objet du gage ne s’étend pas à
la jouissance du bien ou de l’usage du bien ou des
fruits qu ’ il peut produire pendant le temps de la
rétention.
 Le créancier n’acquiert ni droit de propriété ni
droit de jouissance en vertu du gage.
 Le créancier gagiste bénéficie d ’ un droit de
préférence par rapport aux autres créanciers. Son
droit passe en premier mais n’élimine pas celui des
autres.
 Le créancier ou le tiers détenteur de ladite chose, doit
répondre des pertes et détériorations dont il se
rend responsable.
110
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Sur le plan de la forme, le gage
commercial reste un acte consensuel et sa
formation n’a pas besoin d’écrit, art 334 ;
 mais en réalité, la condition de l ’ écrit
s’impose dès que la valeur de la créance
dépasse dix mille dirhams, art 443 du
DOC.
 Dans plusieurs cas, l’enregistrement et
la publicité impose l’écrit.

111
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Sur le plan des effets, le créancier bénéficie
d’un droit de préférence, et un droit de
rétention.
 A l’expiration du crédit, en cas de paiement, le
créancier doit restituer au débiteur le bien donné
en gage.
 A défaut de paiement dans les sept jours après
l ’ échéance, la notification de la décision du
créancier au débiteur s’impose avant la vente
publique.

112
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 II/Le courtage, la commission et l ’ agence
commerciale :
 Les activités d’entremise concernent le courtage, la
commission et l’agence commerciale.
 Elles interviennent dans le cadre d’une intermédiation
entre opérateurs différents. Entre des entreprises qui
éprouvent le besoin de recourir au service
d’intermédiaires professionnels, pour la recherche de
clients ou produits particuliers, la négociation entre les
opérateurs et la représentation des intérêts d’autrui.
 Elles constituent de véritables activités commerciales
caractérisées par la permanence, le
professionnalisme et l’indépendance .
113
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le courtier se distingue par la recherche et le
rapprochement ou la mise en contact de deux
commerçants, l’un intéressé par la vente et l’autre
par l’achat.
 Le commissionnaire assiste l ’ une ou les deux
parties à une transaction à la conclusion de
l’affaire en agissant en son nom propre mais pour le
compte de celui ou de ceux dont il a reçu mandat.
 L ’ agent commercial représente un opérateur
d ’ une manière permanente avec ou sans
exclusivité, sans être nécessairement un
concessionnaire.

114
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 1/ le courtage :
 Le courtage est défini comme le contrat par lequel le
courtier est chargé par une personne de rechercher
une autre personne pour les mettre en relation en
vue de la conclusion d’un contrat. Art 405cc.
 Les rapports entre le courtier et les parties obéissent
aux règles du louage d’ouvrage de droit commun et
aux prescriptions des articles 405à 421cc.
 L ’ activité de courtage reste toujours de nature
commerciale, qu’elle touche des commerçants ou des
non commerçant. Le courtier est toujours
commerçant.

115
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Les obligations du courtier :
 Il est tenu envers chacune des personnes contractantes de
présenter les affaires avec exactitude, précision et bonne
foi et de les renseigner sur toutes les circonstances
relatives à l’affaire. Il répond envers chaque partie de son
dol ou de sa faute. Art 406.
 Il ne répond pas ni de la solvabilité de ses clients, ni de
l ’ exécution qu ’ ils font des contrats passés par son
entremise, ni de la valeur ou de la qualité des objets sur
lesquels portent lesdits contrats.
 Ses charges se limitent strictement au rapprochement des
parties en vue de la conclusion d’un contrat.
 Cependant, lorsqu’il a un intérêt personnel dans l’affaire, il
répond de l’accomplissement ou de l’exécution de l’objet du
contrat, solidairement avec son client. Art 413 cc.
116
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le courtier s’oblige à révéler les noms des
parties à chacune d’entre elles. L’omission le
rend personnellement responsable de
l’inexécution du contrat par la partie dont il n’a
pas communiqué le nom.
 Il répond des effets, objets ou valeurs et
documents qui lui sont confiés et qui
concernent les affaires par lui traitées. Il ne
dégage sa responsabilité qu ’ en apportant la
preuve qu’ils ont été perdus par un cas de force
majeure.

117
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 La rémunération du courtier
 L’obligation principale des parties est le paiement de la
commission du courtier.
 L ’ accord des parties fixe le montant de la
rémunération et les accessoires qui l’accompagnent
et désigne la partie qui doit la payer.
 Lorsqu ’ un courtier a été constitué par plusieurs
personnes pour une affaire commune, chacune d’elles
est tenue solidairement envers lui de tous les effets du
contrat y compris le paiement de la rémunération.
 La rémunération est du dès que le contrat est conclu
par son entremise ou par suite aux informations qu’il a
fournies aux parties.
118
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le courtage maritime et le courtage d’assurance sont deux
formes particulières de courtage.
 Le courtage maritime est régi par le Dahir 22 juillet de
1953, sur l’organisation et les attributions des courtiers
maritimes
 Le courtier maritime est tenu de prêter serment devant
le tribunal du ressort ou il exerce son activité. Il est
astreint à des obligations de loyauté et de transparence
sous peine de sanctions pénales.
 Le courtier maritime n’intervient pas seulement pour le
rapprochement des parties. Sa mission porte sur
l’affrètement, la conduite des navires, l’exécution des
obligations et formalités auprès des tribunaux, de la
douane, des officiers des ports.
119
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le courtage d’assurance, est réglementé par
le code des assurances (loi 17-99), il est
obligatoirement exercé par une société
anonyme ou une SARL, titulaire d’un agrément
administratif et dirigée par une personne
physique.
 Il consiste dans la présentation au public des
opérations pratiquées par une entreprise
d’assurances et de réassurances.
 Il doit constituer l ’ activité exclusive de
l’intermédiaire qui ne peut intervenir que dans
les opérations liées à l’assurance.
120
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Mandataire de ses propres clients, les assurés, il
s’engage à trouver l’assureur susceptible de les
couvrir dans les conditions qu’ils souhaitent.
 L’objet de son mandat, l’oblige à éclairer ses
clients sur les obligations et les garanties
découlant du contrat d’assurance à conclure. Il
est habilité à délivrer à l ’ assuré des notes de
couverture et des attestations d’assurance au nom
de la compagnie d’assurance qu’il représente.
 Il est rémunéré par des commissions
conventionnellement fixées avec les sociétés
concernées.

121
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 2/La commission :
 La commission est le contrat par lequel le
commissionnaire reçoit pouvoir pour agir en
son propre nom pour le compte du commettant.
Art 422 .
 Le commissionnaire est un mandataire chargé de
conclure un contrat en son nom mais pour le compte
d ’ un opérateur, mandant dont il ne révèle pas
nécessairement le nom ou l’identité au moment de
l’acte. Ce contrat est un mandat commercial. Il
porte sur un objet précis : la représentation des
intérêts des commerciaux du mandant.

122
Chapitre 4 : les contrats commerciaux

 Le commissionnaire exerce les prérogatives de


négociation, de renseignement, de
vérification, de fixation du prix, et des autres
conditions.
 il agit comme le ferait le commettant lui-même.
 Il intervient en son nom propre, sans
divulguer le nom de son commettant.
 Celui-ci n’apparaitra qu’à la signature ou à
l’accomplissement de la publicité légale.

123
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Les droits du commissionnaire :
 Le commissionnaire acquiert les droits
résultants du contrat, quel que soit son objet,
vente, location, transport,.
 Il bénéficie de l’indépendance, il ne reçoit pas
d’ordres ou d’instructions sur la manière
dont il doit exécuter sa mission.
 Le commissionnaire a droit à une rémunération
dès que le contrat avec les tiers prend forme.

124
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 La loi accorde le bénéfice d’un privilège sur
les choses en sa possession ou sur le produit de
la vente, pour la récupération des dépenses
qu’il a effectuées en vue de l’exécution de sa
mission.
 Il bénéficie du droit de rétention des choses
frappées par le privilège.
 Le commissionnaire est autorisé à faire
vendre les choses en sa possession et se
faire payer les dépenses par préférence aux
autres créanciers du commettant.

125
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Les obligations du commissionnaire :
 Le commissionnaire est personnellement obligé envers
le commettant et ceux avec lesquels il a contracté.
 Il a quatre obligations :
 -exécuter personnellement la prestation convenue
avec le commettant,
 -s ’ abstenir de se porter contrepartie, (s ’ abstenir
d’exécuter pour son compte)
 -révéler à son commettant le nom du tiers avec
lequel il a contracté,
 -garantir l’exécution par le tiers, ce dernier reste
garant solidaire avec le commissionnaire des
obligations assumées.
126
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 3/l’agence commerciale :
 Modalité de représentation exercée en tant qu’activité
professionnelle indépendante,
 Art 393, Le contrat d' agence commerciale est un
mandat par lequel une personne, sans être liée par un
contrat de travail, s'engage à négocier ou à conclure
d' une façon habituelle, des achats, des ventes ou, d'
une manière générale, toutes autres opérations
commerciales au nom et pour le compte d' un
commerçant, d' un producteur ou d' un autre agent
commercial, lequel s'engage, de son côté, à la
rémunérer.

127
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Elle est fondée sur le contrat de mandat, à la différence
du courtage, il ne revient pas au rapprochement de deux
contractants
 et à la différence de la commission, il ne se fonde pas
sur une procuration pour une ou plusieurs opérations
déterminées , elle porte sur un ensemble plus large et
plus variable d ’ actes allant de la négociation à la
conclusion des contrats relatifs à l ’ activité
professionnelle du mandant.
 c’est-à-dire une véritable distribution professionnelle
continue ou permanente des produits et services du
mandant.

128
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Objet du contrat :
 Il est un mandat conclu dans l’intérêt commun des
parties;
 Le mandant et le mandataire doivent information et
loyauté les unes aux autres ;
 Le mandant doit fournir tous les moyens nécessaires,
 l’agent commercial doit accomplir sa mission en bon
professionnel par la diligence requise en vue de
réaliser la prestation.
 La représentation peut s ’ étendre soit sur tout le
territoire national soit se limite à une ou plusieurs
régions ou localités avec ou sans exclusivité au profit de
l’agent commercial.
129
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le mandant ne peut pas s’engager à garantir
à l’agent commercial une protection absolue
de la clientèle qu ’ il lui confie, contre la
concurrence passive de ses autres agents
commerciaux.
 Le mandataire encaisse les profits et subit les
risques et pertes de son activité.
 L ’ agent commercial demeure libre de
représenter plus d’une entreprise à condition
qu’elles ne soient pas concurrentes.

130
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Durée du contrat :
 Il peut être conclu pour une durée déterminée ou
indéterminée.
 Lorsque le contrat est à durée indéterminée, il prend
fin par la décision unilatérale de toute partie à la
condition d’en donner un préavis à l’autre. Il est
d’un mois pendant la première année du contrat,
de deux mois pendant la deuxième année, de trois
mois pendant les trois années suivantes à partir de
l’expiration de la deuxième.
 Le mandant peut ne pas observer ce délai en cas
de faute grave de l’agent commercial.

131
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Rémunération de l’agent commercial :
 l’agent commercial a droit à la rémunération fixé par le contrat ou
par les usages de la profession.
 Elle consiste en pratique en un pourcentage du produit du nombre
ou de la valeur des opérations conclues par l’agent. Elle prend
aussi la forme d’une somme forfaitaire.
 Le mandant bénéficie d’un délai minimum de quatre mois pour
payer effectivement la rémunération due à l’agent à compter de
la conclusion de l’opération ;
 En cas de cessation par rupture du contrat, l’agent commercial a en
plus droit à un dédommagement. Une indemnité compensatrice
du préjudice qu’il subit par l’effet de cette rupture.
 Il dispose d’un délai d’un an à partir de la rupture pour notifier sa
décision au mandant. En cas de faute grave, l’agent n’ a droit à
aucune indemnité.

132
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 III/Le contrat de transport et le crédit-bail :
 1/ Le transport :
 Est la convention par laquelle le transporteur
s ’ engage, moyennant un prix à faire lui-
même parvenir une personne ou une chose
en un lieu déterminé.
 Il est régi par les règles de droit civil relatives au
louage d ’ ouvrage et les règles du code de
commerce.

133
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Pour le transport des choses :
 Pour le transport des choses, le titre de transport est
nécessaire mais non obligatoire.
 Il doit être signé par l’expéditeur et comporter un certain
nombre de mentions nécessaires. A défaut du titre, le
contrat est parfait par le seul consentement.
 Quand l’écrit est établi, le titre doit contenir certaines
mentions : adresse et lieu du destinataire, nature,
poids, volume, contenance, ou nombre de choses à
transporter, nom et adresse de l ’ expéditeur, prix et
autres conventions.

134
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le transporteur doit restituer à l’expéditeur le double du
titre de transport signé par lui.
 Il a le droit, également de constater sur le titre de transport
l ’ état des choses à transporter au moment de leur
réception.
 Il doit effectuer le transport dans l’ordre indiqué.
 Si le transport n’a pu être effectué par un cas de force
majeure, il doit en aviser l’expéditeur immédiatement.
 Le transporteur est responsable des dommages résultant
de l’avarie ou de la perte des choses qui lui sont confiées,
mais pas d ’ objets précieux et autres objets d ’ art dont
l’existence n’a pas été constatée par lui lors de la remise.
 De même, il doit aviser immédiatement le destinataire de
l’arrivé des choses transportées.

135
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Après l’arrivée des choses, le destinataire peut exercer
tous les droits résultant du contrat de transport soit en sa
faveur, soit en faveur des tiers, y compris l ’ action en
dommages et intérêts.
 Le droit de rétention du transporteur a lieu pour toutes les
créances résultant du contrat de transport. Les sommes
consignées remplacent la marchandise en matière de
rétention.
 Le destinataire a droit comme le transporteur au moment
de la remise de vérifier ou de faire vérifier par experts
l’état et la qualité des choses transportées même si ces
dernières ne présenterait aucun signe extérieur d’avarie.
 Les frais sont à la charge de la partie demandant la
vérification.

136
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Si le transporteur ne trouve pas le destinataire, et en
cas de refus, de contestation ou d’empêchement à
la remise des choses transportées, il doit avertir
immédiatement l’expéditeur et attendre ses instructions.
S ’ il n ’ a pas de réponse et en cas d ’ urgence, le
transporteur peut déposer la chose dans un lieu sûr ou
la consigner aux frais de l’expéditeur.
 Le paiement du prix du transport et la réception sans
réserve des choses éteignent toutes actions contre
le transporteur sauf si l ’ avarie n ’ est pas
reconnaissable au moment de la réception.
 Auquel cas, l’action contre le transporteur est possible
dès que le dommage a été découvert dans les 7jours
suivant la réception.
137
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Pour le transport des personnes :
 Le transporteur est tenu, tout d ’ abord, de se conformer au
règlement intérieur de l’autorité compétente. On distingue plusieurs
cas :
 -voyage rompu avant le départ :
 si le voyageur vient en retard, il a le droit de partir dans le voyage
suivant.
 Si le voyage est rompu par la volonté du voyageur, le prix du
voyage entier est du, il en est de même, en cas de décès, maladie
ou autre.
 Si le voyage est rompu par la faute du transporteur, la restitution
du prix au voyageur s’impose avec les dommages et intérêts.
 Si le voyage est rompu par un cas fortuit ou de force majeure,
le contrat est résolu sans dommages et intérêts. Mais, le
transporteur doit restituer le prix déjà payé.

138
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 -voyage rompu après le départ :
 Si le voyageur s ’ arrête volontairement avant
l’arrivée de la destination, le prix entier du voyage est
du.
 Si le transporteur refuse de poursuivre le voyage ou
s’il oblige par sa faute, le voyageur à s’arrêter dans
un lieu intermédiaire, le prix du voyage n’est pas du.
 Si le voyage est rompu par un cas fortuit ou de
force majeure relatif au moyen de transport ou à la
personne du voyageur, le prix du voyage est du
proportionnellement à la distance parcouru sans
dommages et intérêts de part et d’autres.

139
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 -Si le voyage a été retardé :
 Le voyageur a droit aux dommages et
intérêts à moins que la cause soit un cas de
force majeure.
 Si la cause du retard est due à une réparation
de moyen de transport ou un danger imprévu,
le voyageur a le choix soit de ne payer que la
partie du prix correspondant au trajet parcouru.
Soit attendre le prochain départ aux frais du
transporteur avec l ’ hébergement et la
nourriture.
140
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 -le prix du transport : comprend en principe les
bagages, le transporteur a un droit de
rétention sur les bagages et les effets
personnels du voyageur pour le paiement du
prix de transport. De plus il est responsable
des dommages qui surviennent au
voyageur.
 -si le voyageur décède : pendant le voyage, le
transporteur doit prendre toutes les mesures
pour la conservation des bagages et effets
jusqu’à leur remise à qui de droit.

141
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 2/ Le crédit-bail :
 Le crédit-bail, appelé communément leasing ou
location avec option d’achat (LOA) est un contrat
de location tant des biens d’équipement que
des biens immobiliers.
 Dans la pratique, l ’ entreprise contacte
l ’ établissement de crédit concerné, qui est une
filiale de l’une des banques, pour lui acheter tel
bien meuble ou immeuble et le lui louer pour une
période allant de 2ans à 20ans dans certains cas.

142
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Pendant cette période de crédit-bail,
l ’ entreprise n ’ est que locataire du bien
meuble ou immeuble qu ’ elle se propose
d’acheter à terme.
 Ce n ’ est qu ’ au bout de la période que
l’entreprise peut lever l’option, si elle le désire,
et payer une valeur résiduelle pour devenir
propriétaire du bien loué jusqu’à maintenant.
 La valeur résiduelle fixée d’un commun accord
est souvent comprise entre 1% à 5% de la
valeur du bien.
143
Chapitre 4 : les contrats commerciaux
 Le bailleur conserve la propriété, mais doit mettre le bien
loué à la disposition du crédit preneur en tant que locataire.
 Le crédit preneur, a l’obligation de payer les loyers
convenus et celle d’utiliser le bien conformément à
son usage normal car toute utilisation défectueuse
risque d’engager sa responsabilité sans le décharger
de son engagement au paiement des redevances.
 En cas d’inexécution par le preneur de ses obligations de
paiement des loyers exigibles, il encourt la déchéance du
terme et même la résiliation automatique du crédit-bail.
Le tribunal peut prononcer la restitution de l’immeuble,
l’exécution forcée du paiement des loyers avec les
intérêts de retard.

144
Chapitre 5 : les moyens de paiement

145
plan du chapitre 5
 Chapitre 5 : les moyens de paiement :
 Paragraphe 1 : le chèque
 1-conditions
 2-transmission
 3-paiement
 Paragraphe 2 : le virement
 1-nature du virement
 2- l’exécution du virement
 Paragraphe 3 : la lettre de change
 1-conditions
 2-transmission
 3-paiement

146
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 Ensemble de moyens et techniques qui
permettent à toute personne de transférer
des fonds quel que soit le procédé ou le
support.
 des instruments de transfert de fond pratique
 Des moyens juridiques qui garantissent une
simplification et une rationalisation des
échanges commerciaux.
 des opérations juridiques à trois personnes.
 La circulation de ces moyens est facilitée par
les voies du droit commercial.

147
Chapitre 5 : les moyens de paiement
Paragraphe 1 : Le chèque

l’instrument de transport d’argent qui domine les


relations d’échange est le chèque.
Le chèque est un titre bancaire.
le chèque est un titre écrit, par lequel une
personne appelée tireur disposant de fonds,
donne mandat pure et simple, à une banque
appelée tiré de payer à vue une somme
déterminée a une tierce personne appelée
bénéficiaire ou au profit du tireur lui-même.

148
Chapitre 5 : les moyens de paiement
1 : Les conditions :
A/ les parties:

une relation tripartite, Le tireur, le tiré et le bénéficiaire.


le tireur :
C’est la personne qui donne l’ordre à la banque de
payer à un bénéficiaire une somme déterminée en
exécution d’une obligation de somme d’argent.
le tireur est le créateur du chèque ou l’émetteur du
chèque ou le donneur d’ordre.
Le tireur peut tirer un chèque pour son compte :
procédé de tirage entre le banquier et son client qui veut
retirer des fonds à son compte au moyen d’un chèque
appelé chèque de retrait. (art 244).

149
Chapitre 5 : les moyens de paiement

 Le tireur peut également tirer pour le compte


d’un tiers. Ex: C’est le cas de la personne
morale qui tire le chèque par l’intermédiaire des
organes, personnes physiques qui la
représentent. (Art 244).
 Le tireur ne doit pas être frappé d ’ une
interdiction bancaire (défaut de provision) ou
judiciaire (redressement ou liquidation judiciaire).
 le mineur non émancipé, frappé d ’ une
incapacité absolue de disposer ne peut émettre
un chèque.

150
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 le tiré :

 C’est la personne essentielle dans ce rapport,


c’est le banquier.
 Selon l’article 241, le chèque ne peut être tiré
que sur un établissement bancaire.
 C'est-à-dire tout établissement de crédit et tout
organisme légalement habilité à tenir des
comptes sur lesquels des chèques peuvent être
tirés. A défaut, le chèque sera frappé de nullité
pour absence de l’indication dans le chèque du
nom du tiré ou bien de celui qui doit payer.

151
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 le bénéficiaire :
 Le bénéficiaire doit avoir la capacité de recevoir un
paiement. Cela veut dire que le chèque ne peut être
émis aux personnes incapables. Mais si tel est le cas, le
chèque n’est pas nul pour autant. Il devra être payé au
représentant légal.
 Le code de commerce prévoit 3 modes de désignations
pour le chèque (art 243) :
 -à une personne dénommée avec ou sans clause
expresse « à ordre ».
 -à une personne dénommée avec la clause « non à
ordre » ou une clause équivalente.
 -au porteur ou sans indication du bénéficiaire.

152
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 B/ les formes du chèque
 forme classique

 a- l’écrit :
 Le chèque est un écrit,
 les chèques sont fortement réglementés et
contrôlés par la Banque centrale. Par exemple, les
chèques standardisés sont dotés d’une bande
magnétique destinée à les lire et à les traiter.
 Les Banques disposent d ’ un monopole de
délivrance des chèques se présentant sous
l’aspect d’une formule imprimée détachée d’un
carnet de souches.

153
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 b- les mentions figurants dans le chèque :
 -les mentions obligatoires :

 D’après l’article 239 du Code du Commerce, le


chèque doit contenir :
 -la dénomination du chèque : doit être
obligatoirement insérée dans le corps du titre selon
la formule couramment employée « payez contre ce
chèque » si le titre était dépourvue de cette mention,
il ne vaudrait pas comme chèque mais comme
reconnaissance de dette.
 -le chèque contient ensuite le mandat pure et simple
de payer une somme déterminée et fixe,

154
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 - le nom du tiré :
 le chèque ne peut être tiré que sur un
établissement bancaire.
 -l ’ indication du lieu ou le paiement doit
s’effectuer :
 à défaut d’indication spéciale, le lieu désigné à
côté du nom du tiré est réputé être le lieu de
paiement.
 Si plusieurs lieux sont indiqués à côté du nom
du tiré, le chèque est payable au premier lieu
indiqué. En l’absence d’indications, le chèque
est payable au lieu où le tiré a son
établissement principal.
155
Chapitre 5 : les moyens de paiement
-l ’ indication de la date et du lieu ou le
chèque est créé.
Le tireur qui émet un chèque ne portant
pas l’indication du lieu de l’émission ou
sans date est passible d’une amende de
6% du montant du chèque sans que cette
amende puisse être inférieure à 100 DH.
-le nom et la signature du tireur :
la signature du tireur doit être manuscrite.
La fausseté de la signature entraîne la
nullité du chèque.

156
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- les mentions facultatives :
la désignation du bénéficiaire :
l’insertion du nom de la tierce personne à l’ordre de laquelle
le paiement doit être opéré n’est pas obligatoire ; (article
243) ;
-la domiciliation :
consiste à rendre l’effet payable non au domicile du tiré
mais auprès d’une tierce personne appelée domiciliataire. Le
chèque peut être payable dans la localité ou le tiré a son
domicile ou dans une autre localité, à condition toutefois que
le tiers soit un établissement bancaire. (art 246);
-la clause non à ordre :
 le chèque peut être payable à une personne dénommée,
avec la clause non à ordre ou à une clause équivalente. Cette
clause vaut en réalité une interdiction de l’endossement. (art
252)

157
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Clause de retour sans frais ou sans protêt :

le protêt est un acte dressé par les agents du


secrétariat-greffe du tribunal au domicile de celui
sur qui le chèque était payable ou à son dernier
domicile connu, destiné à constater formellement
la présentation régulière d’un effet ou chèque au
paiement et le refus de paiement avant d’exercer
les recours.
La clause retour sans frais ou sans protêt
dispense le porteur de faire dresser protêt avant
d’enclencher ses recours (art 286).

158
Chapitre 5 : les moyens de paiement
formes particulières :
-le chèque barré :

Le chèque ordinaire s’expose toujours aux risques de vol et


de perte. la pratique et le législateur ont institué un chèque
spécial, car il ne peut être encaissé que par une banque (art
281).
Il se caractérise par l’inscription des deux barres dans le
sens de la largeur. L’article 280 du code du commerce qui
définit le barrement qui peut être général ou spécial. Le
barrement est général s’il ne porte entre les deux barres
aucune désignation ou la mention « banquier ». Le chèque à
barrement général ne peut être payé par le tiré qu’à un
banquier,.
Le chèque à barrement spécial, ne peut être payé par le tiré
qu’au banquier désigné entre les deux barres.

159
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- le chèque certifié :

 le dahir du 24 septembre 1955 a créé le chèque


certifié qui doit être présenté au tiré pour qu’il
le signe au recto. Il s’agit d’une attitude de
prudence exigée de la part d’ un éventuel
bénéficiaire qui désire s ’ assurer de
l ’ existence d ’ une provision et la bloquer
pendant le délai légal de la présentation.
 lorsque le chèque est certifié, la provision reste
sous la responsabilité du tiré bloquée au profit
du porteur jusqu ’ au terme du délai de
présentation. (art 242)

160
Chapitre 5 : les moyens de paiement
2/la transmission du chèque:

 le chèque étant en principe un titre à ordre, il circule le


plus souvent par endossement.
 Il consiste en une mention portée au dos du titre.
L’auteur de l’endossement s’appelle endosseur, celui
qui reçoit le titre s’appelle endossataire.
 Article 252 du CC précise que : « le chèque stipulé
payable au profit d’une personne dénommée avec ou
sans clause expresse à ordre est transmissible par voie
de l’endossement».
 deux modes de transmission du chèque:
L ’ endossement translatif et l ’ endossement par
procuration .

161
Chapitre 5 : les moyens de paiement
a- Endossement translatif :

C’est un mode de transmission du chèque qui a


pour finalité de transmettre la propriété du titre à
l’endossataire.
le chèque est réputé endossé comme tel sauf
mention contraire.
l ’ endossement translatif s ’ exprime par une
simple signature effectuée au dos du chèque.
L’endossement n’a pas une date d’échéance, le
chèque est payable à vue.

162
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Les effets de l’endossement translatif :
L’endossement translatif transfert tous les droits résultant
du chèque.
Le porteur acquiert la propriété de la provision et si le
chèque était certifié, il bénéficie du blocage de la provision.
Le porteur acquiert contre le tireur et éventuellement les
endosseurs antérieurs, un droit direct, personnel, et
purgé des exceptions opposables au précédent porteur.
Le dernier endosseur s’oblige envers le nouveau porteur
et les porteurs ultérieurs à garantir le paiement du chèque.
l’endosseur est garant du paiement, c’est la règle de la
solidarité cambiaire qui rend l’endosseur avec tous les
signataires du titre garants solidaires de son paiement.

163
Chapitre 5 : les moyens de paiement
2- Endossement de procuration :

Il confère à l ’ endossataire (banquier du


bénéficiaire) un simple mandat de recouvrement
du chèque pour le compte de l’endosseur, il ne
transmet pas la propriété de la provision à
l ’ endossataire : c ’ est un simple acte
d’administration.
En pratique, l’endossement de procuration se
réalise au moyen d’un endossement en blanc, il
est généralement donné à un banquier qui se
charge de l ’ encaissement et inscrit ensuite le
montant du chèque au crédit du compte de son
client.
164
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 Le banquier accomplit son mandat avec la
diligence d’un bon père de famille. A défaut, il
engage sa responsabilité.
 C’est la cas, s’il paie un chèque sans avoir au
préalable vérifier la signature du tireur, dont le
faux se révèle par simple comparaison avec le
spécimen déposé auprès de la banque.
 le banquier a l ’ obligation d ’ aviser le
bénéficiaire du défaut de provision sous peine
de dommages et intérêts.

165
Chapitre 5 : les moyens de paiement
3- le paiement du chèque

Le chèque est un moyen de paiement à vue et non


un instrument de crédit, sa provision doit être
préalable, c'est-à-dire exister au moment de sa
création. Elle constitue une garantie au paiement du
chèque, néanmoins cette même garantie peut parfois
faire défaut.
A-la garantie du paiement du chèque :
D’après l’article 250 du Code du commerce, le tireur
est garant du paiement et ne peut s’exonérer de cette
garantie. Pour cela, il doit constituer une provision.

166
Chapitre 5 : les moyens de paiement
a- la notion de provision :

La provision est une créance de somme d’argent du tireur


sur le tiré, disponible et suffisante pour couvrir l’ordre de
payer de l’émetteur.
Elle doit être préalable. L’existence est formulée par l’article
241 du Code de commerce. Cet article indique que le tiré doit
avoir des « fonds à la disposition du tireur » et « au moment de
la création du titre».
 la provision doit exister au moment ou il est tiré, puisque le
porteur peut le présenter tout de suite après l’avoir reçu.
L’émetteur du chèque doit laisser une provision suffisante à la
disposition du bénéficiaire non seulement pendant la durée du
délai de présentation légale mais jusqu’à l’extinction du
plus long délai de prescription du chèque.
Une fois le chèque émis, il devient irrévocable. Le tireur ne peut
plus retirer ou bloquer la provision.

167
Chapitre 5 : les moyens de paiement
b- la preuve de la provision
En cas de doute sur la constitution et la
suffisance de la provision, c’est au tireur de
démontrer le contraire. L ’ article
241 précise: « Le tireur seul est tenu de
prouver, en cas de dénégation, que ceux sur
qui le chèque était tiré avaient provision au
moment de la création du titre;. »
La certification du chèque dispense le
tireur de prouver l ’ existence de la
provision à l’égard du tiré.

168
Chapitre 5 : les moyens de paiement
c- la propriété de la provision :
En cas d’émission du chèque, le tireur n’a pas le
droit de retirer ou de bloquer la provision. Le chèque
émis est donc irrévocable. De cette irrévocabilité, la
propriété de la provision appartient au porteur. Le
transfert de la provision est réalisé par l’émission du
chèque.
-la sanction en cas d’insuffisance de provision :
Le code de commerce prévoit une sanction assez
dissuasive, c’est l’interdiction d’émettre des chèques
pendant 10 ans, art 313, et en cas de violation de
cette interdiction, la sanction encourue en sus c’est
l’emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une
amende de 1000 à 10.000DH. art 318.

169
Chapitre 5 : les moyens de paiement
B- les incidents de paiement :
L ’ encaissement direct par le bénéficiaire d ’ un
chèque ordinaire auprès du guichet de la banque est
l’hypothèse simple. Mais l’encaissement du chèque
peut faire défaut. Si le chèque n’est pas payé à la
présentation, le porteur doit dresser protêt faute de
paiement.
a- La présentation au paiement :

Le chèque est un titre payable dès sa présentation,


mais il peut arriver que le tireur fasse une opposition
au paiement du chèque qu’il a émis.

170
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Le paiement à vue :
L’article 267 du code du commerce règle les modalités
du paiement du chèque.
Il est payable à vue et toute mention contraire est
réputée non écrite. Si on fait figurer un délai de paiement,
celui-ci changerait la nature du chèque le transformant en
titre de crédit.
On n’arriverait même pas à retarder le paiement en
postdatant le chèque,
la loi prévoit que le chèque présenté au paiement avant
le jour indiqué comme date d’émission est payable le
jour de la présentation.
Le chèque est payable à celui qui en est le porteur
légitime.

171
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- le lieu de présentation :
Le chèque doit être présenté au paiement
au lieu indiqué sur le titre.
En vertu de l ’ article 246 du code de
commerce, le chèque peut être payable au
domicile d’un tiers, soit dans la localité où le
tiré a son domicile, soit dans une autre
localité à condition que le tiré soit un
établissement bancaire.

172
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- le délai de présentation :

 En vertu de l’ article 268 le chèque émis et


payable au Maroc, doit être présenté au
paiement dans un délai de 20 jours.
 Emis hors le Maroc et payable au Maroc dans
un délai de 60jours.
 Le point de départ des délais est le jour porté
sur le chèque comme date d’émission.
 Cette règle connaît une exception, afin de
garantir l’utilisation de ce moyen de paiement,
le code du commerce précise dans son article
271 que : Le tiré doit payer même après
l’expiration du délai de présentation.
173
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- L’opposition au paiement :

 Certaines circonstances exceptionnelles peuvent justifier


une opposition au paiement du tireur, mais le code du
commerce a veillé à souligner la gravité de l’opposition
et de ses conséquences. D’après l’article 271, il n’est
admis d’opposition au paiement du chèque qu’en cas:
 de perte,
 de vol,
 d ’ utilisation frauduleuse ou de falsification du
chèque,
 de redressement judicaire ou de liquidation
judiciaire du porteur.
 Le porteur doit confirmer son opposition par écrit quel
que soit le support de cet écrit et appuyer cette
opposition par tout document utile.
174
Chapitre 5 : les moyens de paiement
b- Le défaut de paiement et le recours :

Le porteur dont le chèque n’est pas payé à la date


de présentation, doit dressé un protêt faute de
paiement (art 283).
Il doit être fait avant l ’ expiration du délai de
présentation.
Si la présentation a été faite le dernier jour du délai,
le protêt peut être établi le premier jour ouvrable
suivant (art 284).
Il peut y avoir dispense de protêt par la clause de
retour sans frais ou sans protêt art 286.
Auparavant, le porteur doit constater le défaut de
paiement pour pouvoir exercer ses recours.

175
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- la constatation du défaut de paiement :
Pour faciliter la constatation de l’émission du chèque sans
provision, l’article 309 du code de commerce met à la charge
de tout établissement bancaire qui refuse le paiement d’un
chèque tiré sur ses caisses, l’obligation de délivrer au porteur
ou à son mandataire un certificat de refus de paiement.
Le certificat de refus de paiement comporte des indications
qui sont fixées par la circulaire 97/G/ du 18 septembre 1997
de Bank Al Maghrib et concernent l’état du compte et les
conditions de création du chèque. Il est annexé au chèque
lors de sa restitution au présentateur.
Ce document qui établi le défaut de paiement total ou partiel
ne fait pas double emploi avec le protêt, qui demeure le
seul acte valable pour sauvegarder les recours cambiaires.

176
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- le recours et la prescription de l ’ action en
paiement :

 Le porteur peut exercer ses recours contre le tireur,


les endosseurs et les autres obligés, si le chèque,
présenté en temps utile, n’est pas payé et si le
refus de paiement est constaté par un protêt.
 En vertu du principe de la solidarité posé par
l ’ article 287 du code de commerce, toutes les
personnes obligées sont tenues solidairement;
 Le porteur a le droit d'agir contre toutes les
personnes individuellement ou collectivement, sans
être astreint à observer l'ordre dans lequel elles se
sont obligées.

177
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Procédure et délais:
Les agents du secrétariat-greffe sont tenus de prévenir le
tireur dans les quatre jours du protêt, par lettre
recommandée, des motifs du refus de payer.
Chaque endosseur doit, dans les quatre jours
ouvrables qui suivent le jour où il a reçu l’avis, faire
connaître à son endosseur l’avis qu'il a reçu, en indiquant
les noms et adresses de ceux qui ont donné les avis
précédents, et ainsi de suite, en remontant jusqu'au tireur.
Ces délais courent de la réception de l'avis. Celui qui ne
donne pas l'avis dans le délai ci-dessus indiqué n'encourt
pas la déchéance. Il est responsable, du préjudice causé
par sa négligence, sans que les dommages intérêts
puissent dépasser le montant du chèque.

178
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- En cas de clause de retour sans frais,
Le porteur doit aviser les autres obligés le jour de la
présentation.
Si la clause est inscrite par le tireur elle produit ses
effets, à l’égard de tous les signataires;
 si elle est inscrite par un endosseur ou un avaliseur,
elle produit ses effets seulement à l’égard de celui-ci.
Si, malgré la clause inscrite par le tireur, le porteur fait
établir le protêt, les frais en restent à sa charge.
Quand la clause émane d'un endosseur ou d'un avaliseur,
les frais du protêt, s'il en est dressé un, peuvent être
recouvrés contre tous les autres signataires.

179
Chapitre 5 : les moyens de paiement

 Le porteur peut réclamer à celui contre lequel


il exerce son recours:
1) le montant du chèque non payé;
2) les intérêts à partir du jour de la
présentation dus au taux légal pour les
chèques émis et payables au Maroc;
3) les frais de protêt, ceux des avis donnés
ainsi que les autres frais.

180
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 Les délais de prescription des recours sont
assez brefs.
 Dans le rapport porteur/tiré, l’action se prescrit
par un an à partir de l’expiration du délai de
présentation (art 295).
 Dans les rapports du porteur/ tireur/endosseur
et autres, l’action se prescrit par 6 mois à partir
de l’expiration du délai de présentation.
 Dans les rapports des autres signataires,
l’action se prescrit par 6mois à partir du jour ou
l’obligé a remboursé le chèque ou du jour où il a
été lui-même actionné.

181
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- l’échange non physique du chèque :
La dématérialisation des chèques a été rendu effective au
Maroc en juin 2007.
Cette opération permet, l ’ échange des chèques par
transfert des images scannées des valeurs entre les
membres de l’Association pour un système interbancaire
marocain de téléchargement (ASIMT). L ’ association
comprend, outre Bank Al-Maghreb, les banques
commerciales, la Trésorerie générale du Royaume et Barid
al-Maghreb.
Cette dématérialisation des chèques se traduit par la
réduction du délai de règlement interbancaire des chèques
à J+2. Et ce, quel que soit le lieu d ’ émission et de
paiement de la valeur.
La compensation des chèques s ’ effectue au niveau
national et sans échange physique.

182
Chapitre 5 : les moyens de paiement

Paragraphe 2 : le virement bancaire

Le code de commerce assimile le virement


à un contrat bancaire, il définit le virement
dans son article 519 comme suit :
« le virement est l'opération bancaire
par laquelle le compte d'un déposant est,
sur l'ordre écrit de celui-ci, débité pour
un montant destiné à être porté au crédit
d'un autre compte…».
183
Chapitre 5 : les moyens de paiement
Forme: des formules pré imprimées bancaires
comprenant:

la dénomination du donneur d’ordre,


son numéro de compte,
l’ordre de virer ou de transférer une somme d’argent
par le débit de son compte en faveur d ’ un autre
compte lui appartenant ou appartenant à une tierce
personne,
 la dénomination du bénéficiaire,
le relevé d’identité bancaire,
le motif de l’opération au cas ou le donneur d’ordre
le souhaiterait.

184
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 Cette opération permet la réalisation de
transfert de fonds:
-entre deux personnes distinctes
ayant leurs comptes chez le même
établissement bancaire ou chez deux
établissements bancaires différents;
-entre deux comptes différents
ouverts par une même personne
chez le même établissement bancaire
ou chez deux établissements bancaires
différents.
185
Chapitre 5 : les moyens de paiement
1- la nature du virement :
un simple moyen de transfert de fond, supposant
l’existence de deux comptes, repose sur le simple jeu
d’écritures : une inscription au débit du compte du donneur
d’ordre et au crédit du compte du bénéficiaire.
une technique qui repose sur :

-l ’ ordre de virement qui s ’ analyse comme un


mandat conféré par le donneur d ’ ordre à son
banquier. Ce mandat a pour objet le transfert de
fonds au profit du bénéficiaire.
-l’opération de virement assuré par le banquier
mandataire qui par un jeu d’écriture va opérer le
transfert des fonds.

186
Chapitre 5 : les moyens de paiement
a- l’ordre de virement :
l’existence de deux comptes bancaires.
un mandat, les conditions générales de validité des
contrats s ’ appliquent (consentement, capacité, objet et
cause). le mandat est révocable. L ’ ordre de virement
devient caduc en cas de survenance d’une incapacité ou
de décès du donneur d’ordre.
la théorie de la provision s’applique-t-elle au virement ?
l’expression provision concerne seulement le chèque,
il reste que le mandat donné au banquier ne pourra être
exécuté que si le solde de compte bancaire à débiter est
suffisant et disponible. A défaut, l’ordre de virement n’en
est pas moins valable, il est suspendu jusqu’à fourniture
d’une provision suffisante.

187
Chapitre 5 : les moyens de paiement
b- les effets de l’ordre de virement :
L’effet sur le bénéficiaire :

Le bénéficiaire n ’ a aucun droit sur la


provision.
Cependant, si le bénéficiaire d’un ordre de
virement vient en concours sur le solde d’un
compte avec le bénéficiaire d’un chèque, le
banquier doit payer ce dernier, même s’il a
été émis postérieurement à l ’ ordre de
virement.

188
Chapitre 5 : les moyens de paiement
L’effet sur le banquier du donneur d’ordre :
le banquier du donneur d ’ ordre est constitué
mandataire de son client par l’émission de l’ordre de
virement.
Le banquier est tenu par trois obligations :

le banquier est tenu de vérifier l’ordre de virement


qui lui est présenté, à défaut il engage sa
responsabilité.
Le banquier est tenu d’exécuter l’ordre de virement
dans un bref délai.
Et puis le banquier devra rendre compte de
l’exécution de l’ordre de virement.

189
Chapitre 5 : les moyens de paiement
2-l’execution du virement ou le virement proprement
dit :
a- modalité d’exécution :
L ’ ordre de virement est marqué par la pluralité des
intervenants, dans le cas le plus simple, si le banquier du
donneur d’ordre est en même temps celui du bénéficiaire,
le banquier cumule deux mandats.
Il est responsable du déroulement de l’opération. Si
deux banquiers différents interviennent, l ’ Article 523
précise que : « La banque du donneur d'ordre répond des
fautes des banques qu'il se substitue pour l' exécution du
virement, qu'il les ait choisies ou non, sauf son recours
contre celles-ci. »

190
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 L ’ opération de virement se dénoue par un
simple jeu d’écritures qui se manifeste par une
écriture au débit du compte du donneur d’ordre
et une écriture au crédit du compte du
bénéficiaire.
 Cette écriture a pour effet de rendre l’ordre de
virement irrévocable.
 les fonds correspondants sont considérés être
sortis du patrimoine du donneur d’ordre le jour
de la passation de l ’ écriture au débit du
compte.
 L’écriture au crédit du compte du bénéficiaire
achève l’opération de virement.

191
Chapitre 5 : les moyens de paiement
b- Les incidents de l’exécution :
En cas d’insuffisance du solde du créditeur du compte
du donneur d’ordre, le banquier a la possibilité de ne pas
donner suite à l’ordre de virement.
Le banquier doit en plus arrêter l’exécution du virement
lorsque le donneur d’ordre vient à être dessaisi par le
jugement ouvrant une procédure de redressement ou de
liquidation judiciaire.
Seuls sont paralysés les virements qui au jour du
jugement d’ouverture n’ont pas encore fait l’objet d’une
écriture au débit du compte du donneur d’ordre.
Les ordres de virement qui seraient exécutés en période
suspecte sont considérés comme les modes normaux de
paiement.

192
Chapitre 5 : les moyens de paiement
c- les formes de virement :
- les virements urgents :
Les virements accélérés sont ceux opérés entre
les différents établissements bancaires,
directement, via leur compte respectif tenu à bank el
maghreb.
- Les virements périodiques et permanents :
Ce sont ceux qui servent aux paiements
d’échéances identiques, généralement à la fin de
chaque mois (remboursement de crédit ou paiement
de loyer). Ils peuvent également être utilisés pour
alimenter des comptes d’épargne.

193
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- les avis de prélèvement :
Ce sont des virements particuliers ou le donneur d’ordre
accepte de régler par prélèvement sur son compte, des
échéances différentes qui sont fixées à l ’ initiative du
bénéficiaire. Ex/ les avis de prélèvement pour régler des
redevances ou des factures.
Comme pour les virements permanents, le client ne
s’engage qu’une seule fois en sachant que l’ordre émis
sert en permanence aux différentes échéances. Il peut
toutefois arrêter la chaîne de ces opérations répétitives en
résiliant son engagement.
L’annulation prend effet à partir de la date de résiliation
dûment portée à la connaissance de l ’ établissement
bancaire concerné.

194
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- la mise à disposition des fonds :
Il s ’ agit de transfert de fonds en faveur d ’ un
bénéficiaire qui ne dispose pas de compte auprès d’un
autre guichet de la banque du donneur d ’ ordre. Le
bénéficiaire peut être par exemple un parent ou un agent
du donneur d’ordre qui est dans une autre ville ou encore
le client lui-même lorsqu’il souhaite disposer de fonds
quand il est en déplacement dans un autre centre.
- les virements internationaux
Le virement bancaire international est le transfert d'un
compte à un autre, opéré par une banque sur ordre du
débiteur (l'importateur), au profit du créancier
(l ’ exportateur). L'ordre peut être libellé en monnaie
nationale ou en devises étrangères.

195
Chapitre 5 : les moyens de paiement
Paragraphe 3 : la lettre de change
Définition :
la Lettre de change ou traite, est un
écrit par lequel le tireur (créancier)
ordonne à un tiré (le débiteur) de payer
une certaine somme à une personne
tierce (le bénéficiaire), à une date
déterminée, indiquée à l’avance (terme
de la lettre de change).

196
Chapitre 5 : les moyens de paiement
Utilité:
La lettre de change est un moyen de paiement à
terme, utile en matière de transaction
commerciale,
Donne lieu à des opérations d’escompte: c’est
un contrat par lequel la banque s’oblige à payer
par anticipation au porteur le montant du titre.
L’opération comporte au profit de la banque la
retenue d ’ un intérêt et la perception d ’ une
commission. En cas de défaut de paiement par le
tiré, le porteur s’engage à rembourser. (art526).

197
Chapitre 5 : les moyens de paiement
 La Lettre de change est en principe basée sur un rapport
tripartite (tireur, tiré, bénéficiaire).
 Le tireur: c’est celui qui émet le titre,
 Le tiré: c’est le débiteur, c’est celui qui doit payer le
titre à la date d’échéance,
 Le bénéficiaire: c’est celui à l’ordre duquel le paiement
doit être fait.
 Ce principe connaît des exceptions légales:
 La lettre de change peut être à l' ordre du tireur lui-
même. (tireur et bénéficiaire sont la même personne)
 Elle peut être tirée sur le tireur lui-même. (tireur et tiré
sont la même personne)
 Elle peut être tirée pour le compte d' un tiers.

198
Chapitre 5 : les moyens de paiement

1/ Les conditions
-Conditions de formes

199
Chapitre 5 : les moyens de paiement

 les mentions obligatoires, sont requises à peine de nullité de la


lettre de change.

A- les mentions obligatoires :


La loi commerciale exige (article 159) que la lettre de change contienne
les huit mentions suivantes :
 la dénomination de lettre de change insérée dans le texte même du
titre et exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce
titre.
 le mandat pur et simple de payer une somme déterminée, (non
conditionnel)
 le nom de celui qui doit payer (tiré) ;
 l’indication de l’échéance ;
 l’indication du lieu ou le paiement doit s’effectuer ;
 le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait,
 l’indication de la date et du lieu où la lettre est créée ;
 la signature de celui qui émet la lettre (tireur).

200
Chapitre 5 : les moyens de paiement
B- les mentions facultatives :
- La domiciliation :

 Il y a domiciliation lorsque la lettre de change est payable dans un


lieu autre que le domicile du tiré. Elle est effectuée auprès de la
banque du tiré: indique le nom et l’adresse de l’établissement
bancaire concerné ; le nom et prénom du tiré et le numéro de
compte de celui-ci. elle facilite le recouvrement et l’escompte des
effets par les banques.

- La mention de la valeur fournie


 La mention de la valeur fournie indique la cause de l’émission de
la lettre de change du tireur sur le tiré. Elle prend généralement la
forme suivante « valeur reçue en marchandises objet de la facture
n°….. en date du ….. »..
 Elle a pour objet non seulement de rassurer les différents porteurs
de l ’ existence effective de la provision mais leur facilite
l’escompte de l’effet par la banque.

201
Chapitre 5 : les moyens de paiement

- La clause non à ordre :


 Cette clause vaut une interdiction de
l’endossement.
- L’aval :
 est l ’ engagement cambiaire donné par une
personne pour garantir le paiement de l’effet du
tireur.
 L’aval doit être signé par le donneur d’aval.
 Il est considéré comme résultant de la seule
signature apposée au recto du titre.
- La clause de retour sans frais ou sans protêt

202
Chapitre 5 : les moyens de paiement

Conditions de fond
Comme tout acte juridique, la lettre de change doit
répondre aux conditions de fond de validité qui sont le
consentement, l’objet, la capacité et la cause.
Le consentement des différents intervenants dans le
rapport lettre change doit être libre et non entaché d’un
vice de consentement, l’erreur, la violence, le dol et la
lésion.
L’objet de la lettre de change est le paiement d’une
somme déterminée à la date d’échéance; l’article 159
précise que la lettre doit contenir un mandat pure et simple
de payer une somme déterminée et fixe.

203
Chapitre 5 : les moyens de paiement
A- la capacité :
- Le statut du mineur :

 En vertu du Code de commerce, la lettre de change


souscrite par un mineur non commerçant est nulle à son
égard, sauf les droits des parties conformément au droit
Commun, entre signataires, c’est les règles du droit
commercial : le principe de l ’ indépendance des
Signatures. (article 164)
 A contrario, la lettre de change souscrite par un mineur
commerçant est valable si toutes les autres conditions de fond
et de forme sont réunies; Quand le mineur acquiert la
capacité commerciale?
1-mineur émancipé
2-l’exercice habituel et professionnel de l’acte de commerce.

204
Chapitre 5 : les moyens de paiement
B- la cause et les effets de complaisance :
La cause d’une lettre de change consiste:

 soit dans une obligation antérieure du tireur,


envers le bénéficiaire, que l’émission du titre a
pour but d’éteindre,
soit dans le désir du tireur de se procurer du
crédit auprès de la banque par l’escompte.
Le caractère illicite de la cause entraîne la nullité
du titre.
De même les effets de complaisance sont
annulés par la jurisprudence pour absence de
cause ou cause illicite.
205
Chapitre 5 : les moyens de paiement

2/ La transmission

206
Chapitre 5 : les moyens de paiement
1-l’endossement :

la LC est transmissible par voie


d’endossement.
Il consiste en une mention portée au dos
du titre.
Selon les modes du droit commercial, la
lettre de change peut circuler par voie
d’endossement translatif, endossement par
procuration ou par voie d ’ endossement
pignoratif.
207
Chapitre 5 : les moyens de paiement
A- L’endossement translatif :
L’endossement translatif est l’endossement de
droit commun, en l’absence de toute indication sur
la nature de l’endossement, celui-ci est présumé
translatif de propriété.
L’endossement est un acte juridique qui produit
trois effets principaux :
La transmission des droits résultant de la
lettre de change
la garantie solidaire des endosseurs
l’inopposabilité des exceptions

208
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Transmission des droits résultant de la lettre
de change :
 Aux termes de l’article 168 « l’endossement
transmet tous les droits résultant de la lettre de
change » :
 droit de demander l’acceptation et le paiement,
 droit d’endosser le titre qui appartient à tout
porteur,
 Le droit à la propriété de la provision, qui est
transmise de droit aux porteurs successifs de la
lettre de change.

209
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- La garantie solidaire des endosseurs :
à chaque endossement l ’ effet s ’ enrichit d ’ une
garantie supplémentaire qui accroît la sécurité du
porteur.
L ’ article 201 du code de commerce établit une
solidarité entre tous les signataires.

- L’inopposabilité des exceptions :


Le droit des effets de commerce décide que la personne
tenue du paiement de la lettre de change ne peut opposer
au porteur toutes les exceptions qu ’ elle aurait pu
opposer au tireur ou aux porteurs antérieurs. Le
principe est consacré par l’article 171 du code de
commerce.

210
Chapitre 5 : les moyens de paiement
B- l’endossement par procuration :
C’est le type d’endossement qui vise à charger
le nouveau porteur de pouvoir, comme simple
mandataire de l’endosseur à l’encaissement
de la traite. Sa forme est définie à l’article 172 du
CC. Il s ’ exprime par la mention « valeur en
recouvrement » ou « pour encaissement » ou
« par procuration ».
Il est tenu de faire tout ce qui est nécessaire pour
la mise en œuvre des droits attachés à la lettre de
change : présentation au paiement à la date
d’échéance, le cas échéant, protêt, exercice
des recours cambiaires.

211
Chapitre 5 : les moyens de paiement
C- l’endossement pignoratif :

Comme tout bien mobilier, corporel ou incorporel, la lettre de


change peut être utilisée par le porteur pour la garantie
d’une créance, au moyen d’un nantissement.
C’est un procédé qui est prévu par le code de commerce
dans son article 172,
en pratique utilisé pour des traites d’une grande valeur afin
de garantir une ouverture de crédit.
Sur le plan de la forme, l’endossement pignoratif est
soumis aux mêmes conditions que l ’ endossement
translatif, à la différence du libellé de la formule de
l ’ endossement. L ’ endossement pignoratif est réalisé par
l’insertion dans la formule de l’endos de la mention « valeur
en garantie » ou « valeur en gage » ou toute autre mention
impliquant un nantissement.

212
Chapitre 5 : les moyens de paiement

3/ Le paiement de la lettre de
change

213
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Les garanties de paiement :
1- La provision :
La provision est une créance du tireur contre le tiré. elle doit
présenter certains caractères essentiels :
 elle doit exister, non pas nécessairement le jour du tirage de la traite, mais le jour
de son échéance.
 le jour d’échéance, elle doit être certaine, liquide et exigible.
la preuve la provision:
 elle est la charge du tireur. Mais, le tireur n’est pas tenu de prouver la
provision en cas d’acceptation. « L’acceptation suppose la provision. Elle en
établit la preuve à l’égard des endosseurs ».
Le bénéficiaire de la provision:
 est le porteur de la lettre de change
 Il a un droit de propriété sur la provision.

214
Chapitre 5 : les moyens de paiement
2- L’acceptation :
L’acceptation est l’engagement pris par le tiré de
payer la lettre de change à l’échéance.
l’acceptation fait naître un droit direct au profit du porteur
contre l’accepteur. C’est à lui que le paiement doit tout
d’abord être demandé.
L’acceptation a aussi un effet sur le droit à la provision du
porteur. Il s’y attache une présomption d’existence de
la provision.
En cas de refus d’acceptation de la part du tiré, le porteur
qui a fait dresser protêt peut exercer un recours contre les
garants. Le régime juridique de ce recours est identique à
celui du recours ouvert en cas de refus de paiement.

215
Chapitre 5 : les moyens de paiement
3- La solidarité cambiaire :
La solidarité cambiaire trouve sa source dans
l’article 201 du CC : « tous ceux qui ont tiré,
accepté, endossé ou avalisé une LC sont tenus
solidairement envers le porteur ».
4- L’aval
Est un engagement cambiaire souscrit par un
tiers ou un précédent signataire de la LC en
vue de garantir l ’ exécution de l ’ obligation
contractée par un débiteur de la LC.
Le donneur d ’ aval est considéré comme la
caution solidaire de celui dont il garantit
l’engagement.

216
Chapitre 5 : les moyens de paiement
a- forme de l’aval:
La mention d’aval peut être inscrite à un emplacement
quelconque du titre cambiaire, sur la LC elle-même ou sur
l’allonge, au recto ou au verso.
Si l’aval est donné au recto, la signature du donneur
d’aval est suffisante. Il n’est fait exception que si l’aval est
donné par le tiré ou le tireur. La loi exige alors une formule
exprimant l’aval : « bon pour aval ».
Quand l’aval est donné au verso, les termes « bon pour
aval » sont obligatoires quelle que soit la qualité de
l’avaliseur. A défaut, la signature est interprétée comme un
endossement en blanc.
L’avaliseur doit être suffisamment identifié. A cet effet, il
est indispensable que la signature de l ’ avaliseur soit
accompagnée de l’indication claire de son nom et de
son adresse.
217
Chapitre 5 : les moyens de paiement
b- les effets de l’aval :

Vis-à-vis
du porteur, l’avaliseur est tenu
comme tout signataire de la LC :

 il est garant de l’acceptation et du paiement


solidairement avec les autres signataires ;
 il ne peut obliger le porteur à s’adresser tout
d’abord à un autre garant. Le principe de
l’indépendance des signatures est applicable.

218
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Présentation au paiement :
Le paiement de la lettre de change obéit à des règles
spéciales :
a- l’échéance :
Présenter au paiement le jour ou elle est payable, soit
l’un des cinq jours ouvrables qui suivent.
le porteur d ’ une LC est obligé de se présenter au
paiement à l’échéance (art 184).
Le respect rigoureux de l’échéance qui s’impose au tiré
comme au porteur;
Si le porteur ne présente pas la LC au paiement à la date
d’échéance, il peut être déchu comme il peut encourir
une responsabilité civile à cause du défaut de
présentation pouvant causé un préjudice au tiré.

219
Chapitre 5 : les moyens de paiement
- forme de l’échéance:
Payable à vue: dès sa présentation au tiré (1an à partir de
l’émission),
Payable à un certain délai de vue: à l’expiration d’un
certain délai à partir du jour de la présentation pour
acceptation,
Payable à certain délai de date: à l ’ expiration d ’ un
certain délai à partir de son émission,
Payable à jour fixe.

 L’opposition au paiement de la lettre de change n’est


admise qu’en cas de perte ou de vol ou de redressement
ou liquidation judiciaire du porteur (art 189).

220
Chapitre 5 : les moyens de paiement
2- le refus de paiement :
Si le tiré refuse de payer, le porteur peut exercer un recours
contre les divers signataires de la traite, en se montrant
diligent et en observant certaines conditions à défaut
desquelles il encourt les déchéances du porteur négligent.
A- les protêts :
On appelle protêt un acte authentique dressé par un officier
ministériel, ou un auxiliaire de justice habilité, pour constater
le refus du tiré d’accepter une LC ou d’en effectuer le
paiement. Il y a donc deux sortes de protêts : le protêt faute
d’acceptation et le protêt faute de paiement.
l’acte de protêt: contient la transcription littérale de la lettre
de change avec toutes les mentions comme l’acceptation et
les endossements, et la sommation d’accepter ou de payer
selon le cas. Il énonce les motifs du refus.

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Chapitre 5 : les moyens de paiement
-le protêt faute d ’ acceptation doit être dressé
dans les délais fixés pour la présentation à
l’acceptation.
En principe le protêt peut être dressé entre sa date
d’émission et la date d’échéance, (art 174),
-le protêt faute de paiement doit être établi dans le
délai fixé pour la présentation au paiement, s ’ il
s’agit d’une lettre de change à vue.
Pour la lettre de change à jour fixe ou à un certain
délai de vue ou de date, le protêt doit être fait dans
les cinq jour qui suivent la date d’échéance.

222
Chapitre 5 : les moyens de paiement
B- le recours faute de paiement :
Tous ceux qui ont tiré, accepté, endossé ou
avalisé une lettre de change sont tenus
solidairement envers le porteur, cela veut dire
qu’il a le droit d ’ agir contre toutes ces
personnes, individuellement ou
collectivement.
Celui qui a été contraint de payer une traite a
les mêmes droits contre ceux qui sont engagés
envers lui.

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Chapitre 5 : les moyens de paiement
- Exercice du recours :
Le recours est exercé par le porteur soit à l’échéance, si
le paiement n’a pas eu lieu, soit avant l’échéance dans les
trois cas suivants : s’il y a refus d’acceptation, en cas de
cessation des paiements du tiré, en cas de cessation des
paiements du tireur d’une lettre de change non acceptable.
Le porteur doit exercer ses recours après avoir présenter
la LC au paiement à la date d’échéance et après avoir
dresser un protêt. A défaut, le porteur est qualifié de
négligeant, et il sera déchu de tous ses droits à
l’exception de ceux qu’il a contre l’accepteur et le
tireur qui ne justifie pas avoir fait provision à
l’échéance.

224
Chapitre 5 : les moyens de paiement

- Procédure préalable :
Le porteur doit donner avis du défaut d’acceptation ou de
paiement à son endosseur dans les 6 jours ouvrables qui
suivent celui du protêt. Chaque endosseur doit lui-même
dans les trois jours ouvrables qui suivent le jour où il reçu
l’avis, faire connaître à son endosseur l’avis qu’il a reçu
en indiquant les avis précédents et ainsi de suite, en
remontant jusqu’au tireur. Les avaliseurs sont avisés en
même temps que ceux dont ils ont garanti la signature.
- L’objet du recours :
Le porteur est en droit de réclamer à celui contre qui il
exerce son recours : le montant de la LC, les intérêts au
taux légal à partir de l’échéance, les frais du protêt, ceux
des avis donnés et les autres frais.

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Chapitre 5 : les moyens de paiement
- La prescription des recours :
Toutes les actions résultant de la lettre de change contre
l’accepteur se prescrivent par trois ans, à compter de la
date d’échéance.
Les actions contre les endosseurs et contre le tireur se
prescrivent par un an à compter du protêt, ou à partir de la
date d’échéance si la LC prévoit une clause de retour sans
frais.
Les actions des endosseurs les uns contre les autres
et contre le tireur se prescrivent par 6 mois à partir du
jour où l’endosseur a remboursé la LC ou du jour où lui-
même a été poursuivi en paiement.

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