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L’expression de la pensée et de l’opinion

En français, on dispose d’un grand nombre de moyens pour donner son opinion personnelle.
Les verbes et les expressions verbales à l’aide desquels on peut nuancer sa pensée sont
suivis d’une subordonnée appelée complétive. Dans ces propositions, le choix du mode et la
concordance des temps constituent le problème le plus épineux.

1. Le classement des verbes et expressions verbales introducteurs les plus


fréquemment employés :
1. Verbes exprimant une déclaration

déclarer, dire, raconter, affirmer, annoncer, assurer, garantir,


répondre – mais non parler !

2. Verbes et expressions verbales exprimant une certitude, une opinion, une


appréciation

penser, croire, juger, trouver, savoir, être d’avis, supposer, être sûr, être
certain, être persuadé, être convaincu, remarquer, constater, estimer, espérer,
comprendre, se douter, se rendre compte, avoir l’impression

il est probable, il me semble, il me paraît, il est indubitable, il est clair, il est


certain, il est vrai, il est évident, il est incontestable

3. Verbes et expressions verbales exprimant un doute

douter, nier, contester, il est douteux, il est possible, il est contestable, il est
discutable

2. Le mode dans la subordonnée complétive


1. L’indicatif

L’indicatif sert à exprimer des faits réels, la certitude, la vraisemblance. Il est


donc évident que l’indicatif est de règle après les verbes de
déclaration (groupe 1) et de jugement(groupe 2) à la forme affirmative :

Il dit qu’il neigera. 


Je lui ai répondu que nous arriverions vers 10 heures. 
Nous sommes sûrs qu’il a raison. 
Il est probable qu’il fera beau demain.

2. Le subjonctif

Le subjonctif sert à exprimer l’incertitude, le doute concernant la réalité du


fait. Il s’agit d’une mise en perspective du fait, d’un fait virtuel.
1.

Par conséquent, les verbes de déclaration (groupe 1) et


d’opinion (groupe 2) à la forme négative ou interrogative avec
inversion du sujet sont généralement suivis du subjonctif. (L’indicatif
reste quand même possible dans la langue parlée quand on veut
insister sur la réalité du fait.)

Je ne dis pas qu’il soit parti. 


Penses-tu qu’il ait voulu te tromper  ? 
Je n’aurais jamais cru qu’il soit si malin.

Par contre, avec est-ce que, on met le verbe à l’indicatif (langue


parlée !) :

Est-ce que tu penses qu’il a voulu te tromper ?

Le choix entre indicatif et subjonctif peut dépendre aussi du sens de


la phrase. C’est le cas des verbes du type dire qui peuvent introduire
non seulement une affirmation mais aussi une injonction :

Dis à Bernard qu’il a obtenu la bourse en France et qu’il vienne


chercher sa lettre de présentation.  (affirmation + ordre)

2.

Les verbes de doute sont toujours suivis du subjonctif et, ce qui peut
sembler un peu étrange, même après la forme niée (puisque ne pas
douter impliquerait la certitude).

Je doute qu’il y ait une table libre dans ce café. 


Je ne doute pas que vous sachiez la solution. 
Il est possible qu’il fasse beau demain. (Attention ! possible =
incertitude, <---> probable = certitude)

3. Le temps dans la subordonnée complétive


1. Avec verbe introducteur au présent / au futur entraînant l’indicatif

qu’il a plu hier. antériorité


Il dit / Il répond / Il est probable qu’il pleut maintenant. simultanéité
qu’il pleuvra demain. postériorité

2. Avec verbe introducteur à un temps du passé entraînant l’indicatif

qu’il avait plu la veille. antériorité


Il a dit / disait / avait dit / Il était probable qu’il pleuvait alors/ce jour-là. simultanéité
qu’il pleuvrait le lendemain. postériorité
3. Avec verbe introducteur entraînant le subjonctif

qu’il ait plu hier. antériorité


Je doute / Il est possible
qu’il pleuve maintenant. / demain. simultanéité / postériorité
qu’il ait plu la veille. (eût plu)* antériorité
J’ai douté / Il était possible qu’il pleuve alors/ce jours-là / le lendemain. 
(plût) * simultanéité / postériorité

Comme on n’emploie dans la langue parlée et dans la langue écrite ordinaire


que deux temps au subjonctif, les trois relations temporelles (antériorité,
simultanéité, postériorité) se répartissent entre ces deux temps de la façon
suivante :

1. le subjonctif passé exprime un fait antérieur par rapport au verbe


principal
2. le subjonctif présent exprime un fait soit simultané soit postérieur par
rapport au verbe principal

Comme les deux tableaux le montrent, le choix du temps verbal ne dépend


pas du fait qu’on a employé un verbe introducteur au présent ou au passé.
Dans la langue de tous les jours, on utilise également le subjonctif passé et le
subjonctif présent indifféremment après les verbes introducteurs au présent ou
bien au passé.