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Master I Droit des Affaires

2018/2019

Droit Economique

Réalisé par :

SERRAFI Salma
LA CONCURRENCE
ZEMRAN Othmane

BENCHEQROUN Moncef

Encadré par :
Mme BOUIRI Bouchra

1
la concurrence:

SOMMAIRE :

INTRODUCTION:

A. Les principes généraux de la concurrence:

1) Principe de la liberté des prix:


a) De la liberté des prix au niveau national.
b) De la liberté des prix au niveau international.

2) Les pratiques anticoncurrentiel :


a) La lutte contre les cartels et les ententes.
b) La repression des abus de position dominante.

3) Les operations de concentration.

B. Le conseil de la concurrence :

1) Les pouvoirs et mission du conseil de la concurrence :


a) Les pouvoirs consultative et contentieuse.
b) Les mission du conseil de la concurrence.

2) Les procédures devant de conseil de la concurrence :


a) La saisine du conseil de la concurrence et ses effets.
b) Le déroulement de la procédure contentieuse.

3) les rapports entre le conseil de la concurrence et le juge.

2
INTRODUCTION :

Dès qu’on évoque des agents économiques, entreprises ou autres qui offrent des qualités
différentes de biens ou de services prêts à être consommables, on évoquera systématiquement la
notion de la concurrence. En effet celle-ci, en tant qu’un facteur stimulant l’économie du marché,
favorise la satisfaction du consommateur ainsi que ses besoins renouvelables et ceci en créant la
compétitivité, élément primordial pour un marché qui bouge vers le meilleur et le bien du
consommateur.

La notion de concurrence telle que reconnue par le droit est avant tout l’expression d’une liberté.
En matière d’économie, c’est une forme d’organisation sociale des relations où domine un
problème d’égalité des positions dans la relation économique entre celui qui offre et celui qui
demande. En dépit de ce qu’elle offre au consommateur, la concurrence peut dans certains cas
être de la théorie. Par cette définition, les opérateurs économiques sont donc libres de définir leur
politique de prix en fonction de leur stratégie commerciale. L'objectif est de laisser le marché
réguler de lui-même le niveau des prix des produits et services, via le jeu de l’offre et de la
demande. La concurrence permettant d'offrir au consommateur le plus grand choix de produits et
de services au meilleur prix possible.

Selon Montesquieu « c’est la concurrence qui met un juste prix aux marchandises et qui établit
les vrais rapports entre elles ».1
Dans la suite d’Adam Smith et Montesquieu, la concurrence « nouvelle discipline » est un
concept fondamental de la tradition libérale, elle contribue à stimuler l’esprit d’entreprise et la
productivité en favorisant l’adaptation permanente entre l’offre et la demande, à faire baisser les
prix et à améliorer la qualité des biens et services, l’efficience économique et l’innovation.

Le droit de la concurrence regroupe l’ensemble des règles qui ont pour finalité la préservation de
la liberté effective concurrence entre agents économiques sur le marché, et fixe l’ensemble des
dispositions visant à garantir le respect du principe de la liberté du commerce et de l’industrie.

Ce droit n’est pas juvénile au contraire il a vu le jour bien longtemps, le pionnier de la politique
de la concurrence est la France par l’apparition de la notion de la concurrence en droit français
grâce au :
➢ décret d’Allard des 2 et 17 mars 1791 portant sur la liberté du commerce et de l’industrie.
Il assure aux entrepreneurs l’exercice individuel, et de ce fait libre, de leur activité.
➢ la loi de chapelier du 14 et 17 juin 1791 qui interdit le retour des corporations c’est-à-
dire la constitution de tout groupement, susceptible d’entraver cette liberté de l’individu.
Ensuite les Etats Unies par l’adoption du texte législatif « Sherman Act »en juillet 1890 relatif
aux comportements d’entente et de position dominante, car le continent Américain est marqué à
la fin du XIX siècle par concentration industrielle donnant naissance à des véritables géants dans

1
De l'esprit des lois (édition 1871) – Montesquieu.

3
les secteurs tels que les pétroles, la sidérurgie ou l’industrie électrique. Le même mouvement se
produit beaucoup plus tard en France puisqu’il fallut attendre le décret du 09 Aout 1953 pour
voir apparaitre un premier dispositif, encore très limité, de maintien et de rétablissement de la
concurrence. Ensuite la reconnaissance de la liberté d’entreprendre et de la liberté de la
concurrence par le droit français, et au 19ème siècle l’apparition des règles juridiques pour
encoder la liberté de la concurrence.
C’est ainsi que le droit de concurrence a émergé au niveau international et a pris place
primordiale au niveau mondial et surtout à l’échèle européen par l’évocation de différents traités,
il s’agit du traité de Rome du 25 mars 1957 a donné naissance au droit communautaire de la
concurrence , l’objectif premier du traité est l’institution d’un marché commun avec une
politique qui implique la suppression des obstacles aux échanges économiques entre les Etats
membres ,la libre circulation des marchandises et des personnes, et le libre échange vient avant
la concurrence.
Notamment au Maroc, le droit de concurrence a subi un progrès extravagant et énorme, se
caractérisant par un caractère spécifique et original, sa genèse a été influencée par différentes
sources de droit.
D’un coté l’influence du droit musulman dont le Maroc reste particulièrement marqué, les deux
sources fondamentales de la charia n’ont pas manqué de se prononcer sur le sujet : le coran a mis
en exergue l’obligation de loyauté qui pèse sur le commerçant au bénéfice du consommateur
dans plusieurs sourates. La sunna est également riche de renseignement dans la mesure où le
prophète Mohammed a donné des directives précises dans ses hadits, il a interdit le monopole car
il conduit à la hausse des prix et à la dégradation du pouvoir d’achat. Il a interdit de s’accaparer
les denrées dont les gens ont besoin pour entrainer des pénuries sur le marché et imposer un prix
injuste qui a des répercussions néfaste sur les membres de la société.
➢ D’un autre coté l’influence du droit occidental. L’acte d’Algésiras de 1906 institue dans
ce sens le régime de la liberté du commerce au Maroc au profit des ressortissants des
pays signataires.
Pendant le protectorat, le législateur n’a pas fait référence au principe de libre
concurrence, il se limitait à réprimer par quelques dispositions dans des textes éparpillés
les atteintes à la concurrence déloyale.

A l’indépendance, le Maroc adapte sa réglementation en fonction de son contexte économique,


la loi 008-71 du 21 Chaabane 1391 (12.10.1971) représente la phase dirigiste et ne traite ni du
monopole, ni des concentrations économiques, le mouvement des concentrations économiques
suivait les mesures de régulation de l’économie nationale.

En effet, la loi 008-71 sur la réglementation, le contrôle des prix et les conditions de détention et
de vente des produits et marchandises est une loi qui pose la réglementation des prix comme
étant la règle. Ainsi, l’art. 1er et 3 de cette loi dispose que : « les prix de tout service,
marchandise ou produit peuvent être réglementés à tous les échelons de la
commercialisation, ils sont fixés par le Premier ministre ou les autorités déléguées à cet
effet sur proposition du ministre de la compétence duquel relève la marchandise, produit
ou service et après avis du comité économique inter ministériel »2.

2
Article 1er et 3 de la loi 08-71 relative au droit de la concurrence et la liberté des prix.

4
Indépendamment de la réglementation des prix, la loi impose leur publicité pour informer le
consommateur et non pour le contrôle qu’effectue l’Etat. Toutefois, l’art 5 de la même loi3
impose l’affichage des produits réglementés ou non des marchandises ou produits exposés ou
mis en vente. Par ailleurs, elle prévoit trois sortes d’infractions, on cite tout d’abord l’infraction
de majoration illicite des prix (Donner de fausses informations pour troubler l’ordre public
économique) qui sont des infractions qui varient selon que le prix est réglementé ou non, ensuite
l’infraction assimilée à la majoration illicite des prix et enfin l’infraction de stockage
clandestin (sous la loi 06-99).

En 1973 lors du processus de modernisation du droit marocain des affaires, certaines activités
incitaient les sociétés marocaines à la concentration dans ces secteurs, en 1989 le secteur public
cède aussi certaines activités dont il détenait le monopole, sauf que là, on incite les marocains
comme les étrangers à la concentration économique dans ces secteurs cédés.

La constitution de 1996 a posé le principe de la liberté d’entreprendre (art 15)4, ainsi le


nouveau code de commerce de 1996 a constitué l’un des piliers fondamentaux de la réforme du
droit des affaires et a annoncé, puis a été suivi par la loi de 1997 instituant des juridictions de
commerce.
Les lois sur les sociétés de 1996 et 1997 ont également adopté un cadre juridique plus adapté à
l’économie avec notamment de nouveaux organes de direction.
Le législateur marocain manifestait ainsi sa confiance dans les vertus du marché, sans exclure
cependant toute régulation volontariste de celui-ci, il a donc mis en place la loi n° 06-99 du 5
juin 2000, ayant posé un nouveau cadre juridique organisant la liberté des prix et de la
concurrence, cette loi a représenté une véritable révolution dans un pays qui est dominé par
l’intervention étatique. Cette loi a eu pour mérite d’affirmer expressément le principe de la
liberté des prix et implicitement celui de la liberté des autres modalités de la concurrence. Elle a
clarifié relativement la portée du principe constitutionnel de la liberté d’entreprendre et de la
garantie de la propriété privée.
En outre, elle a interdit certaines pratiques anticoncurrentielles, et a contrôlé les opérations de
concentrations économiques.
Elle a enfin encadré la liberté de la concurrence en confiant au conseil de la concurrence un rôle
de régulateur extrajudiciaire5.
Cependant, cette loi malgré ces grandes aspirations dont l’objet était le maintien d’une
concurrence saine et équilibrée, a fait l’objet de certaines insuffisances remarquables. Certains
auteurs disent même que cette loi : « a contribué à la mise à niveau juridique du marché national
pour une meilleure interaction avec le marché international déjà remué par de nouvelles mesures

3
Article 5 : Les prix, réglementés ou non, des marchandises ou des produits exposés ou mis en vente, doivent être
affichés. Le Premier ministre peut imposer pour toute marchandise où produit l'affichage du prix d'achat et du prix
de vente.
4
le droit de la propriété et la liberté d’entreprendre demeurent garantis. La loi peut en limiter l’étendue et l’exercice
si les exigences du développement économique et social de la nation en dictent la nécessite. Il ne peut être procédé à
expropriation que dans les cas et les formes prévus par la loi.
5
ALAMI MACHICHI Driss, Concurrence, Droit et obligations des entreprises au Maroc, éd EDDIF, 2004, p. 35.

5
douanières et de réglementation de change. Dans cette optique, elle ignore purement et
simplement les faiblesses des opérateurs moyens nationaux dans une concurrence nationale et
internationale féroce. ».6
C’est ce qui a motivé sa réforme par la loi n°104-12 du 30 juillet 2014 sur la liberté des prix et de
la concurrence, promulguée par le Dahir n°1-14-116 du 2 ramadan 1435 du 30 juin 2014,
abrogeant la loi 06-99. Cette loi vient compléter l’arsenal juridique du droit des affaires.
Cet amendement tend à corriger les dysfonctionnements observés par l'administration et ainsi
confirmer les engagements du Maroc envers les organisations internationales et ses partenaires
commerciaux.
Le préambule de cette loi indique qu’elle a pour objet de stimuler l’efficience économique,
définir les dispositions régissant la liberté des prix, d’améliorer le bien-être des consommateurs
et d’assurer la transparence et la loyauté dans les relations commerciales.
Toutefois, elle impose l’obligation de la libre concurrence qui vient s’ajouter à l’obligation
traditionnelle de loyale concurrence prévue par l’art 84 du D.O.C.
La dite loi a apporté différentes réformes qui se présente à travers :
1. Elargissement du champ d’intervention du Conseil de la concurrence.
2. Une nouvelle pratique anticoncurrentielle perse l’interdiction des prix abusivement
bas.
3. Les personnes publiques ayant des activités économiques sont désormais soumises
aux mêmes règles de la concurrence que les personnes privées.
4. Prise en compte de nouveaux paramètres économiques.
5. Nouveaux pouvoirs conférés au Conseil de la concurrence : pouvoir décisionnel,
pouvoir d’enquête et pouvoir de sanction.
6. Le maintien définitif du principe du contrôle des prix pour certains services et
produits.
7. Le pouvoir de recommander à l’Administration des mesures d’amélioration de la
concurrence sur le marché.
La dite loi prohibe en outre, certains comportements qui pourraient porter atteinte à la libre
concurrence, il s’agit de la prohibition des pratiques restrictives à la concurrence et l’interdiction
des pratiques anticoncurrentielles telles que les ententes ou les abus de position dominante. Les
concentrations économiques sont contrôlées à la base.
La loi 104-12 a mis en place un conseil de la concurrence organe administratif indépendant, doté
de nouveaux pouvoirs, chargé de veiller au respect des règles de la libre concurrence et au bon
fonctionnement du marché. Une procédure spéciale de lutte contre les pratiques
anticoncurrentielles est aussi mise en place avec un corps d’organes d’enquêteurs chargé
d’effectuer les investigations nécessaires.

Cette même loi définit son champ d’application, dans le titre 1er celui-ci énonce :la loi
s’applique7 :
1. à toutes les personnes physiques ou morales qu’elles aient ou non leur siège ou

6
Op.cit., p. n 36.
7
Titre premier de la loi 104-12 RELATIVE A LA LIBERTE DES PRIX ET DE LA CONCURRENCE
http://adala.justice.gov.ma/production/legislation/fr/Nouveautes/Libert%C3%A9%20des%20prix%20et%20de%20l
a%20concurrence.pdf .

6
des établissements au Maroc, dès lors que leurs opérations ou comportements ont
pour objet ou peuvent avoir un effet sur la concurrence sur le marché marocain
ou une partie substantielle de celui-ci.
2. à toutes les activités de production, de distribution et de services, y compris celles
qui sont le fait de personnes morales de droit public lorsqu’elles agissent comme
opérateurs économiques et non dans l’exercice de prérogatives de puissance
publique ou de missions de service public.
3. aux accords à l'exportation dans la mesure où leur application a une incidence sur
la concurrence sur le marché intérieur marocain.
De cela on déduit que cette loi sur la concurrence s’intéresse à deux notions principales qui sont:
l’entreprise et le marché.
L'entreprise est une notion centrale du droit de la concurrence, elle en est l'élément et le sujet
principal. C'est une entité économique, un agent qui agit sur le marché, dans la production, la
distribution ou les services. Elle suppose une autonomie de décision suffisante pour déterminer
son action sur le marché. Peu importe qu'elle appartienne à une personne physique ou morale,
elle tombe sous le coup des pratiques anticoncurrentielles.
Le marché, c'est le lieu théorique où se rencontrent l'offre et la demande de produits ou de
services considérés par les acheteurs comme substituables aux autres services offerts.
Le droit de la concurrence nécessite deux dispositions :
• Un ensemble de règles qui organise un contrôle à priori des structures du marché : il
s’agit du contrôle préventif des dommages faits aux marchés par le contrôle des
concentrations d’entreprises.
• Un ensemble de dispositions légales qui organise un contrôle à posteriori du
comportement des entreprises : les pratiques anticoncurrentielles, ententes illicites et abus
de position dominante.

Ces différentes dispositions ne s’appliquent cependant que dans la mesure où le


fonctionnement de la concurrence sur un marché est en péril ou risque de l’être. Les règles
relatives aux marchés concurrentiels ont été adoptées pour favoriser et encadrer le processus
de compétition.

La liberté de la concurrence comme toute liberté s’arrête donc quand commence la liberté des
autres, elle nécessite pour son efficience et efficacité certaines règles législatif mais surtout
jurisprudentielles capable de s’adapter avec les évolutions rapides et incessantes que connait
l’activité commerciale.

Dans cet exposé nous allons essayer de relater les différents procédés que retient la notion de
libre concurrence et ces principe généraux (A) ainsi que ses autorités de contrôle, plus
précisément le conseil de concurrence (B).

7
A. Les principes généraux de la concurrence :

Sous ce grand titre, il convient d’étudier, d’une part le principe de la liberté des prix, tant au
niveau national, qu’au niveau international (1). D’autre part, les pratiques anticoncurrentiels (2),
ainsi que les opérations de concentration économiques en troisième partie (3).

1) De La liberté des prix :

a) De la liberté des prix au niveau national :

Le libéralisme, l'économie de marché ne sont pas synonymes d'anarchie, de non droit. Il existe
donc un ordre public économique, qui limite la marge de manœuvre des acteurs économiques,
dans l'intérêt général et la bonne marche de l'économie.
Le principe est clair. Les prix des biens, des produits et des services sont librement déterminés
par les professionnels. Cela découle du principe de la liberté contractuelle et s'oppose à la
réglementation des prix encadré par la loi dans certaines situations comme on va le voir par suite.
Ce principe concerne les biens, services et produits, qu'il s'agisse de produits industriels,
artisanaux ou agricoles, d'activités de service ou de production.
Ce sous titre traite le principe de la liberté des prix et l’érige en règle générale de formation des
prix, et ce par la voie de la libre concurrence afin d’assurer le bien
être du consommateur en faisant baisser le coût de la vie. Néanmoins, le principe de la liberté des
prix demeure limité dans le nouveau texte de loi par deux exemptions qui confèrent à l’Etat le
droit d’intervenir dans la fixation des prix, et ce pour un certain nombre de raisons :
− La première se rapporte à des causes structurelles lorsque la concurrence
se trouve limitée ou carrément inexistante, soit en raison d’un monopole dans un secteur
tel que celui de l’eau ou de l’électricité, soit en raison de dispositions réglementaires tels
que les prix administrés.
− La seconde exception est issue de causes conjoncturelles liées à un événement ou à des
imprévus ou à une situation anormale dans un secteur donné ou dans un segment du
marché telle que l’augmentation excessive des prix sans raison économique valable.
Toutefois, l’intervention de l’Etat demeure entourée de conditions, tout d’abord la demande de
l’avis du Conseil de la Concurrence afin d’assurer la garantie juridique contre tout éventuel
retour injustifié à la réglementation des prix.
Au Maroc Le principe de la liberté des prix a été fortement souligné par la loi 06-99, relative à la
liberté de la concurrence dont l'article 2 dispose que : « Les prix des biens, des produits et des
services sont déterminés par le jeu de la libre concurrence ». Le même fondement a été adopté
par le nouveau cadre juridique relative a la liberté des prix et de la concurrence. Toutefois cette
loi a réglementé ce principe et a réduit son champ d'extension par l'entremise de certains articles,
et en outre a comporté une liste dont les prix sont réglementés par la loi. Il est vrai que cette loi a
consolidé fortement le principe de la liberté des prix, cependant elle ne se distingue pas
énormément de la loi nouvelle loi de 2014 dans ses articles 2, et 3 8, ainsi que celle de 19719

8
DAHIR N° 1-14-116 DU 2 RAMADAN 1435 (30 JUIN 2014) PORTANT PROMULGATION DE LA LOI N° 104-12 RELATIVE A LA

8
afférente à la réglementation des prix qui a également insisté sur la liberté des prix par le biais de
son premier article et en a conjointement limité la portée en édictant certaines mesures.
Néanmoins, des exceptions ont été prévues dans le nouveau texte de loi aux articles 4 et 5,
notamment la possibilité aux opérateurs économiques de fixer librement les prix de leurs biens,
produits et services dans les limites prévues par l’accord convenue entre ses organismes et
l’administration concernée. Cependant, en cas de violation de la convention, les prix des biens,
produits ou services est fixé par voie réglementaires. En fait, est-il vraiment possible pour
l’administration de gérée et obligée les firmes à obéir et comparaitre ? Pourenons l’exemple du
secteur du tabac, qui est loin de résumer les entraves à la libre concurrence ; un constat s’est
imposé: celui du maintien d’un contrôle relatif des prix».Le rapport10 cite la possibilité de
l’administration de réguler les réglementations des prix de certains produits dont celui du tabac.
Les auteurs du rapport concluent, à ce sujet, «qu’en dépit de la proclamation ‘‘solennelle’’ de la
liberté des prix, force est de constater aujourd’hui que de nombreux secteurs d’activités restent
soumis à des réglementations tarifaires très contraignantes que la liberté des prix n’est pas aussi
forte que cela ne paraît. Or la libéralisation des prix constitue «le corollaire inévitable d’une
politique de libre concurrence»11.
De même, en cas des hausses ou des baisses excessives des prix résultant d’une situation
exceptionnelle : soit une situation de crise, soit une calamité publique, soit une situation
anormale du marché dans un secteur déterminé, l’administration peut prendre des mesures
temporaires après consultation du conseil de la concurrence .Leurs durées d’applications ne peut
excéder 6 mois, prorogeable une seule fois par l’administration12. Si l’intervention de l’Etat sur
les prix reste possible, les conditions pour la fixation des prix et l’avis du conseil de la
concurrence, offrent des garanties aux opérateurs contre tout retour injustifié à la réglementation
des prix.
il convient de rappeler que la réforme relative à la liberté des prix et de la concurrence,
concrétisée par la nouvelle loi 104-12 du 30 juin 2014, est l’aboutissement d’un processus
d’ajustement, de libéralisation et de mise à niveau de l’économie marocaine. Il s’agit là d’acquis
incontestables destinés à renforcer l’attractivité économique de notre système juridique et sa
compétitivité, ouvrant la voie à l’investissement tant national qu’étranger et la promotion
conséquente de l’emploi. Pour cela, il est aujourd’hui impératif de mettre à niveau notre
législation de façon à ce qu’elle puisse accompagner cette évolution et non la contrarier. Ainsi la
loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence, qui constitue une véritable refonte du droit
économique, a consacré la valorisation de la notion de liberté économique et a inscrit le droit
économique marocain sur le registre de l’harmonisation avec le droit appliqué dans l’espace euro
méditerranéen et en compatibilité avec l’esprit d’autres droits internationaux de plus en plus
convergent.
Finalement, et d’âpres tout ce qui a été mentionnée ci-dessus, on pourra affirmer que le principe

LIBERTE DES PRIX ET DE LA CONCURRENCE.


9
Loi N°008-71 du 21 chaabane 1391 (12 octobre 1971) sur la réglementation et le contrôle des prix et les conditions de détention
et de vente des produits et marchandises.
10
contrat d’assistance technique octroyé au Maroc par l’Usaid, le FMI avait entamé avec le ministère de la Justice ces
dernières années, un projet intitulé «projet Usaid Maroc en faveur de la modernisation du droit commercial et du système
judiciaire». Au chapitre de la concurrence.
11
Droit de la concurrence et liberté des prix. Pourquoi la réforme est urgente. Par « Ilham HAMADI »
12
Article 4 loi 104-12

9
de la liberté des prix a vu ses prémisses dans la loi de 1971 et s'est épanouie avec l'apparition de
la loi 06-99 du 5 juin 2000 qui a été par la suite modifiée et complétée par la loi 30-08
promulguée par le Dahir n° 1-09-237 du 18 moharrem 1431 (4 janvier 2010) , qui finalement se
retrouve aussi élargie avec l’apparition de la nouvelle réglementation prévue par la loi 104-12 du
30 juin 2014. Ce principe qui stipule que les prix sont le résultat de la rencontre entre l'offre et la
demande et qui insiste sur le fait que les agents économiques sont libres dans la fixation des prix,
vise à par préserver les intérêts des « sujets passifs du marché » en l'occurrence les
consommateurs, et aspire à réglementer et améliorer les relations professionnelles entre
commerçants dans la limite du respect d’une concurrence loyal.

b) De la libérté des prix sur le plan international : France et Etats unies :

Dans l’Europe morcelée, chaque Etat a choisi de développer un droit national de la concurrence.
Ainsi, la première législation visant les pratiques anticoncurrentielles a été adoptée avec
l’établissement de bases communes de développement économique par le traité de Rome.13

Au niveau de la France, Le principe de la liberté des prix est consacré par l'article L. 113-1 du
Code de la consommation. Il a été instauré par une ordonnance du 1er décembre 1986, en
application de l'idée selon laquelle le prix fixé en fonction de l'offre et de la demande garantit un
bon équilibre du marché. Ce dernier est contrôlé et surveillé par l’autorité de la concurrence, qui
est un organisme administrative indépendant, spécialisée dans le contrôle des pratiques
anticoncurrentielles, l'expertise du fonctionnement des marchés et le contrôle des opérations de
concentration. Au service du consommateur; elle a pour objectif de veiller au libre jeu de la
concurrence et d'apporter son concours au fonctionnement concurrentiel des marchés aux
échelons européen et international.

Le développement économique des États-Unis s'est accompagné, dès le dernier quart


du XIXe siècle, d'une tendance à la concentration des entreprises industrielles, commerciales et
financières, parfois réalisée au moyen d'opérations brutales, voire frauduleuses. Cette situation a
incité le législateur américain à intervenir pour protéger la libre concurrence. En 1890, le
Congrès adopte la loi Sherman qui déclare illégaux tous contrats, combinaisons ou
conspirations tendant à restreindre le commerce entre les États et avec l'étranger, et délictueuse
toute tentative de monopolisation de ce commerce.

La loi Sherman n'eut qu'un succès limité et les opérations qu'elle prétendait interdire se
multiplièrent, en particulier après l'affaire Knight en 1895. c’est pourquoi, une autre initiative fut
élaboré afin de renforcer et d’accomplir la précédente réglementation. le Clayton Antitrust
Act du 15 octobre 1914 fut voté.

Dans le cas des États-Unis, la politique de la concurrence est mise en œuvre à la fois par le
département américain de la Justice (DOJ) au travers de sa division « Antitrust » et par une
agence spécialisée la Fédéral Trade Commission (FTC), créée en 1914. Les organismes ont un

13
KESKIN, ALI CENK. Pour un nouveau droit international de la concurrence Edition 2010

10
statut différent : le DOJ constitue de manière claire une émanation du pouvoir exécutif, alors que
la FTC est une autorité administrative dotée d’une certaine indépendance, au demeurant très
relative. Le partage des compétences s’établit de la manière suivante : la FTC assure le respect
des interdictions énoncées dans le Clayton Act et le FTC Act, tandis que le DOJ veille à
l’application du Sherman Act et est seul habilité à prendre des sanctions pénales (pour une vision
plus détaillée, voir Souty, [1995]). Pour ce qui est du contrôle des fusions-acquisitions, les deux
autorités se partagent les tâches, en fonction notamment de leurs compétences sectorielles : par
exemple, l’industrie informatique est souvent traitée par le DOJ, tandis que la FTC dispose d’une
expertise dans des domaines tels que l’agroalimentaire.

2) Les pratiques anticoncurrentielles :

Le régime d’interdiction de pratiques anticoncurrentielles a constitué un volet important de


récente réforme de droit national de la concurrence. Celle-ci a élargi la palette des
comportements d’opérateurs économiques soumis au contrôle de conformité aux règles de
concurrence, en y introduisant une nouvelle pratique, à savoir, l’offre de prix abusivement bas.
Ainsi au titre des pratiques anticoncurrentielles, la loi n°104-12 interdit à présent quatre
pratiques distinctes : les ententes anticoncurrentielles, l’exploitation abusive d’un état de position
dominante, l’exploitation abusive d’un état de dépendance économique et la pratique de prix
abusivement bas14.

a) La lutte contre les cartels et les ententes :

Le projet de loi prévoit l'abrogation de la loi du 12 octobre 1971 et celle de 2001, tente
d'instaurer une législation complète de la concurrence et des prix.
Dans le but d'informer les opérateurs économiques et de les sensibiliser sur l'importance de ce
projet de loi qui constitue la véritable première tentative marocaine de cerner les pratiques
anticoncurrentielles ou restrictives à la concurrence, nous avons choisi d'exposer et de
commenter le projet en le comparant à l'ordonnance française du 1er décembre 1986 modifiée
par la loi du 1er juillet 1996 (63 articles), texte duquel le projet marocain s'inspire très largement.
Depuis le 6 juillet dernier, la loi n°06-99 a posé le principe de la liberté des prix et de l'accès
libre à tous les secteurs et les marchés, c’est ce qui a été parallèlement définie dans la nouvelle
loi du 30 juin 2014 sur le même domaine. Elles ont renforcés les conditions d'une concurrence
saine et loyale par l'interdiction des pratiques anticoncurrentielles ou des comportements tendant
à fausser le jeu. Ces pratiques peuvent se manifester soit par des ententes (art. 6) sur les prix ou
sur la répartition des marchés, soit par des abus de position dominante (art. 7).
Elle peux prendre divers formes a savoir :
❖ Pratiques ou actions concertées : L’entente prend la forme d’une pratique ou action
concertée lorsque des entreprises coordonnent sciemment leurs comportements, sans pour
autant passer de contrats entre elles (ex : alignement des prix sur ceux d’un concurrent,
renonciation à faire concurrence sur un secteur donné,...).

14
M BOUSAOUF, revue marocaine d'administration locale et de développement,n°124 , 2015, p 65

11
❖ Conventions : L’entente peut prendre la forme d’une convention, écrit ou non ; créant des
obligations à la charge des parties.

On distingue les ententes horizontales qui sont conclues entre des entreprises concurrentes (ex :
un accord sur les prix de vente entre les fournisseurs de produits analogues) et les ententes
verticales qui sont conclues entre des entreprises se situant à des stades différents du processus
de production-distribution (ex : un accord d’exclusivité entre un fournisseur et un distributeur, de
nature à évincer du marché les autres opérateurs).
L’entente peut prendre la forme d’un groupement ayant la personnalité morale (société,
association, ordre professionnel,...), lorsque ce groupement a pour objet de restreindre la
concurrence (ex : regroupement d’opérateurs économiques de nature à diminuer le nombre
d’interlocuteurs sur le marché ou lorsqu’il favorise des restrictions de concurrence via ses
membres(ex : associations professionnelles diffusant à ses membres des barèmes de prix, des
consignes de boycotter tel ou tel partenaire commercial,...).
Les cartels de producteurs constituent des ententes entre firmes d’un même secteur ayant pour
objet de limiter la concurrence. Leur objectif est d’obtenir un profit total plus élevé en se
rapprochant d’une situation de monopole. Pour cela, les participants peuvent s’entendre sur la
fixation d’un prix commun, s’échanger des informations confidentielles, se répartir les marchés
sur une base géographique ou en fonction des catégories de clients ou encore définir entre eux
des quotas de production, de telle sorte que la production totale soit inférieure à celle qui
résulterait du libre jeu de la concurrence. Ces ententes pénalisent les consommateurs dans la
mesure où ils impliquent une collusion étroite entre producteurs, les cartels sont plus présents sur
les marchés imparfaitement concurrentiels rassemblant un petit nombre d’offreurs que sur les
marchés concurrentiels. L’industrie chimique, dont la structure est oligopolistique, représente
ainsi à elle seule 26% des cartels condamnés en Europe au cours de la période 1967-2007.
Débouchant sur des hausses de prix nuisibles aux consommateurs (entre 20 et 30 % par rapport
au prix de concurrence selon les études empiriques), les cartels et les ententes sont prohibés par
le droit de la concurrence. Les sanctions encourues sont essentiellement financières.
Au-delà de la répression, l’objectif des autorités de la concurrence est de prévenir l’apparition
des cartels.
Les cartels sont interdits mais il n’est pas toujours facile de détecter leur existence. Plusieurs
entreprises peuvent proposer le même prix pour un même produit sans qu’il y ait entente
concertée : elles peuvent se fixer sur le prix proposé par l’entreprise la plus performante, réaliser
une importante surveillance du marché pour connaitre tout changement de prix d’un concurrent,
notamment selon le principe de remboursement de la différence de prix au client s’il trouve
moins cher ailleurs.

Deux éléments sont déterminants de façon générale dans le monde entiers :

➢ le niveau de la sanction doit être suffisamment dissuasif : au regard de la faible


probabilité de détection (15 %) et des gains importants engrangés par les cartellistes, les
amendes infligées ont souvent été jugées insuffisantes. En Europe leur montant a
sensiblement augmenté depuis les années 2000. Ainsi, la Commission européenne a
infligées à des cartels un total d’amendes qui a atteint 1623 millions d’euros en 2009 et

12
un record de 3338 millions d’euros en 2007. On peut citer l’exemple de cas de plusieurs
entreprises ayant mis en place un cartel dans le secteur du transport aérien qui ont été
condamnées à une amende totale de 799 millions d’euros : elles s’étaient entendues sur la
fixation de certains prix entre 1999 et 2006 (Air France – KLM15 a payé 339,5 millions
d’euros).
➢ Améliorer les procédures de détection : les preuves matérielles de la collusion étant
souvent difficiles à apporter, les autorités publiques ont mis en place des programmes de
clémence selon lesquels les entreprises qui dénoncent l’existence d’un cartel auxquels
elles participent, peuvent bénéficier de l’immunité. Ainsi, l’entreprise Lufthansa16 a
dénoncé à la Commission européenne le cartel du transport aérien et n’a donc pas subi de
sanction financière.
Par ailleurs, toutes les ententes ne sont pas sanctionnées. Les Autorités de la concurrence tolèrent
par exemple les ententes dans le domaine de la recherche – développement. Celles-ci peuvent
prendre la forme de la mise en commun de moyens ou de résultats de recherche. Ces ententes
sont acceptées car elles bénéficient, au final, au consommateur qui dispose de nouveaux produits
ou de produits moins chers. Par exemple, la Commission européenne a accepté l’entente entre
General Electric Aircraft Engine et Pratt et Whitney en 1996 pour la
réalisation en commun d’un moteur d’avion destiné à l’Airbus A380. Cette entente a été jugée
comme positive pour les consommateurs puisqu’elle a favorisé le progrès technologique,
diminué le coût d’exploitation des Airbus A380, et venir concurrencer Rolls-Royce.

b) la répression contre les abus de position dominante.

Du fait de leur taille, de leur part de marché ou de leur avance technologique, certaines
entreprises peuvent acquérir une position dominante sur un marché, c’est-à-dire une capacité à
affecter de manière significative la concurrence sur ce marché. L’exploitation délibérée de cette
situation pour restreindre la concurrence est considérée par les autorités publiques comme un
abus de position dominante.
L’éventail des pratiques abusives est relativement large. Une entreprise en position dominante
peut par exemple :
➢ adopter un comportement de « prix prédateurs » : c’est-à-dire fixer temporairement
un prix inférieur à ses coûts de production pour forcer un concurrent à sortir du marché17.
Une fois cet objectif atteint, elle peut ensuite accroître ses prix et enregistrer des profits
qui font plus que compenser les pertes enregistrées pendant la période de prédation.
Ainsi, l’entreprise Standard Oil18 a été démantelée car elle était accusée de pratiquer
des « prix prédateurs » : elle proposait des prix tellement faibles sur certains marchés
qu’aucun concurrent ne pouvait venir l’y menacer. L’objectif de la mesure de

15
KLM Royal Dutch Airlines est la compagnie aérienne porte-drapeau des Pays-Bas
16
Lufthansa est la compagnie aérienne privée allemande ainsi que la première compagnie aérienne européenne en nombre de
passagers transportés
17
Article 7 du DAHIR N° 1-14-116 DU 2 RAMADAN 1435 (30 JUIN 2014) PORTANT PROMULGATION DE LA LOI N°
104-12 RELATIVE A LA LIBERTE DES PRIX ET DE LA CONCURRENCE.
18
John D Rockefeller,son frère et ses associés Flagler, Andrew, Harkness décident de regrouper leurs raffineries et créent en
juin 1870 la Standard Oil Company d’une valeur totale de 1,000,000 $

13
démantèlement a alors été de retirer à l’entreprise sa position dominante en la
démantelant en 33 sociétés indépendantes.
➢ La pratique des « ventes liées »: il s’agit alors pour une entreprise en position
dominante sur le marché d’un produit A d’éliminer la concurrence sur le marché du produit B en
vendant les deux produits simultanément. En mars 2004, la Commission européenne a ainsi
condamné Microsoft à une amende de 497 millions d’euros pour avoir exploité sa position
dominante sur le marché des systèmes d’exploitation en liant la vente de Windows à celle du
logiciel Media Player, pour défaut de comparution et de non respect des ses engagement , une
autre astreinte leurs a été infligés par la suite en 200719.
L'abus peut notamment consister en refus de vente, en conditions de vente discriminatoires ainsi
que dans la rupture de relations commerciales établies, au seul motif que le partenaire refuse de
se soumettre à des conditions commerciales injustifiées. Il peut consister également à imposer
directement ou indirectement, un caractère minimal au prix de revente d’un produit ou d’un bien,
au prix d’une prestation de service ou à une marge commerciale. Autrement dit c’est un accords
ou pratiques concertées entre un fournisseur et un distributeur ayant directement ou
indirectement pour objet l’établissement d’un prix de vente fixe ou minimum ou d’un niveau de
prix de vente fixe ou minimum que le distributeur doit appliquer lorsqu’il revend un
produit/service à ses client.
Notre législation voisine a réprimé cette pratique déloyal et impur dont l'article L. 442-5 du
Code de commerce précise : « Est puni d'une amende de 15 000 euros le fait par toute
personne d'imposer, directement ou indirectement, un caractère minimal au prix de
revente d'un produit ou d'un bien, au prix d'une prestation de service ou à une marge
commerciale ». Un caractère qui ne se distingue pas trop de notre texte d’application régissant
cette constitution qui n’est que la protection du marchés à travers le respect d’une concurrence
saine et loyal, pareil même sur le plan international, c’est un régime universelle.

Afin de détecter ces pratiques, et de pouvoir bien les cerner, les instances concurrentielles
doivent :
➢ délimiter le marché pertinent sur lequel elle opère, c’est-à-dire identifier l’ensemble
des produits substituables aux siens à l’intérieur d’un territoire donné. Le critère de
substituabilité ne signifie pas que les produits doivent être physiquement identiques mais
que les consommateurs doivent les considérer comme interchangeables (l’Eurostar20 et
l’avion pour un trajet Paris-Londres par exemple).Cette substituabilité repose donc sur les
caractéristiques des produits (produits très proches), leurs prix et leur usage.
➢ Apprécier la position de la firme en se basant sur un certain nombre d’indicateurs : elles
concluent généralement à la position dominante quand l’entreprise détient une forte part
de marché, que la répartition des parts est inégalitaire et/ou qu’il existe de fortes barrières
à l’entrée.
➢ identifier les abus : ce qui suppose par exemple, dans le cas de la prédation d’avoir
connaissance de la structure des coûts de la firme incriminée.

19
Revue du Droit des Technologies de l’Informaton - n° 31/2008
20
Eurostar International Ltd est une entreprise ferroviaire franco-britannique, qui exploite depuis 1994 les trains à grande vitesse
reliant Paris et Bruxelles au sud de l'Angleterre et à Londres

14
3) les opérations de concentration économique :

La concentration économique est l'opération juridique résultant généralement


d'une ententee conclue entre deux ou plusieurs entreprises ou entre des groupes d'entreprises qui,
soit par voie de fusion, soit par le jeu du contrôle qu'exercent certains de leurs dirigeants, soit
encore par des prises de participations dans leur capital respectif ou par la création d'une
entreprise ou d'un groupement commun ou de toute autre manière, parviennent à contrôler tout
ou partie de l'ensemble de ces entreprises et donc les activités économiques qu'elles exercent.

Si l'on se réfère aux dispositions de l'article 11 de la loi 104-12 relative a la liberté des prix et de
la concurrence, une opération de concentration se trouve réalisée :
1. lorsque deux ou plusieurs entreprises antérieurement indépendantes fusionnent.
2. lorsqu’une ou plusieurs personnes, détenant déjà le contrôle d’une entreprise au
moins, acquièrent, directement ou indirectement, que ce soit par prise de
participation au capital ou achat d’éléments d’actifs, contrat ou tout autre moyen,
le contrôle de l’ensemble ou d’une partie d’une autre entreprise ou de l’ensemble
ou de parties de plusieurs autres entreprises.
3. lorsqu’une ou plusieurs entreprises acquièrent, directement ou indirectement, que
ce soit par prise de participation au capital ou achat d’éléments d’actifs, contrat
ou tout autre moyen, le contrôle de l’ensemble ou d’une partie d’une autre
entreprise ou de l’ensemble ou de parties de plusieurs autres entreprises.

La création d’une entreprise commune accomplissant de manière durable toutes les fonctions
d’une entité économique autonome constitue une concentration au sens du présent article.

Aux fins de l'application du présent titre, le contrôle découle des droits, contrats ou autres
moyens qui confèrent, seuls ou conjointement et compte tenu des circonstances de fait ou de
droit, la possibilité d’exercer une influence déterminante sur l’activité d’une entreprise, et
notamment:

o Des droits de propriété ou de jouissance sur tout ou partie des biens d'une
entreprise.
o Des droits ou des contrats qui confèrent une influence déterminante sur la
composition, les délibérations ou les décisions des organes d’une entreprise.21

Le traitement des opérations de concentrations économiques obéit à un formalisme strict


garantissant dans un cadre transparent les droits de toutes les parties concernées. Ainsi dès
réception de la notification de l’opération, le Conseil publie sur son site internet et dans un
journal d’annonces légales, un communiqué comportant des informations sur ladite opération
notamment, les noms des entreprises, la nature de l’opération, le secteur économique concerné et
le délai dans lequel les tiers intéressés peuvent formuler leurs observations.

21
Article 11 DAHIR N° 1-14-116 DU 2 RAMADAN 1435 (30 JUIN 2014) PORTANT PROMULGATION DE LA
LOI N° 104-12 RELATIVE A LA LIBERTE DES PRIX ET DE LA CONCURRENCE.

15
Le Conseil est tenu de se prononcer sur l’opération dans un délai ne dépassant pas soixante jours
à compter de la date de notification. Mais d’une manière générale, la durée de l’examen dépend
de la nature de l’opération et de sa complexité. Sa décision peut revêtir plusieurs formes ; soit il
constate que l’opération n’entre pas dans le champ de son contrôle, soit il l’autorise sans
conditions, soit il l’autorise en la subordonnant à la réalisation des engagements pris par les
parties concernées, consistant à remédier aux effets anticoncurrentiels de l’opération de
concentration.
Lorsque le Conseil estime qu’il y a un risque sérieux d’atteinte à la libre concurrence, il engage
un examen approfondi pour vérifier si l’opération est de nature à porter préjudice à la
concurrence, notamment «par la création ou le renforcement d’une position dominante ou par la
création ou le renforcement d’une puissance d’achat qui place les fournisseurs en situation de
dépendance économique». Le Conseil apprécie en même temps si les apports de l’opération sont
de nature à compenser les atteintes à la libre concurrence. Durant cette phase, le conseil peut
entendre les tiers pour recueillir leurs avis sur l’opération de concentration. De même, les parties
ont la possibilité de proposer des engagements de nature à remédier aux effets anticoncurrentiels
de l’opération.22

Depuis 1976 aux États-Unis, 1990 dans l’Union Européenne, les entreprises désirant s’engager
dans des opérations de concentration (fusions-acquisitions) de grande dimension doivent en
informer au préalable les autorités de la concurrence qui, après examen, décident ou non de les
autoriser. Contrairement aux deux volets précédents de la politique de la concurrence, la
démarche est ici préventive : il s’agit d’identifier en amont et d’empêcher les opérations
susceptibles de diminuer l’intensité de la concurrence et donc de nuire aux intérêts des
consommateurs.

Dans leur examen du dossier, les autorités doivent d’abord, comme dans le cas de l’abus de
position dominante, délimiter le marché pertinent, en tenant compte à la fois des
caractéristiques du produit et en même temps d’un critère géographique. Elles doivent ensuite
mesurer l’impact de l’opération sur le degré de concurrence sur ce marché : risque-t-elle de
permettre l’exercice d’un pouvoir de marché générateur d’une hausse durable et injustifiée des
prix ?

La répartition des parts de marché constitue de fait un indicateur crucial : si l’opération aboutit à
un degré élevé de concentration, elle sera considérée avec une plus grande méfiance. Mais
l’exercice d’un pouvoir de marché peut être contre-contrecarré par la faiblesse du nombre
d’acheteurs ou la menace d’entrée de nouveaux concurrents.23

22
Contrôle des concentrations économiques : le gouvernement garde la main www.challenge.ma
23
La politique de la concurrence EMMANUEL Combe, Edition la dcouverte.

16
B. Le conseil de la concurrence :

La présentation du conseil de la concurrence impose d’abord de situer son rôle dans le cadre de
la politique économique et sociale du Maroc. Plus que jamais et plus particulièrement lors de la
dernière décennie, le Maroc aspire à mieux se positionner en tant que pays émergent au sein d’un
monde aux mutations infinies. Manifestement, il a progressé dans cette voie parce qu’il est
devenu conscient des impératifs d’ancrage à la globalisation des économies, donc des défis de la
mondialisation et de ses répercussions sur les plans stratégique, politique et organisationnel. 24

Le Maroc reste en fait fidèle aux principes et fondements de l’économie de marché, ce qu’il a
toujours mis en évidence tout en veillant à la nécessité de la réguler et de la moraliser.
C’est dans ce cadre qu’il convient de situer l’activation du rôle du conseil de la concurrence à
partir du 20Aout 2008, sachant que si la loi 06-99 concernant la liberté des prix et la concurrence
a été mise en œuvre depuis le début de l’année 2001, le volet le concernant est resté sans
application réelle jusqu’à l’installation de ses membres par le premier Ministre en janvier 2009
Maintenant que le Maroc dispose d’un conseil de la concurrence, précisions que la loi 06-99 lui
confère au conseil la mission de contribuer à la régulation de la gouvernance économique.
La législation nouvelle a crée un conseil de concurrence qui a des attributions consultatives aux
fins de donner des avis, des conseils ou des recommandations en matière et de pratiques
anticoncurrentielles.
Il est à signaler que la quasi-totalité des autorités de la concurrence, de part le monde, a une
position d’instances décisionnelles. C’est pour cela que le conseil de la concurrence du Maroc,
tout en accomplissant sa tache dans le cadre de la loi en vigueur, recommande aux autorités de
tutelle la mise en harmonie des prérogatives et attributions du conseil avec les normes
internationales en le faisant passer du statut de conseil à celui d’une autorité indépendante,
décisionnelle et bénéficiant du droit d’auto-saisine et d’enquête.

1) Les pouvoirs et mission du conseil de la concurrence :

a) Les pouvoirs du conseil :

Institution constitutionnelle indépendante et bénéficiant d’une compétence générale en matière


de lutte contre les pratiques anti-concurrentielles et de régulation concurrentielle des marchés, le
Conseil de la Concurrence a été investi de plusieurs pouvoirs pour mener à bien sa mission :

Pouvoir décisionnaire : Créé par la loi du 29 juillet 1991, le conseil de la concurrence constitue
un véritable organe juridictionnel, compétent dans le règlement des litiges relatifs à l’atteinte à la
concurrence, et ses décisions lient les parties concernées. Aux termes de l’article 9 nouveau
(modifié par la loi du 18 juillet 2005), cet organisme jouissant de la personnalité morale et de

24
« -Mohammed EL MERNISSI, op.cit., pages 250-251. »

17
l’autonomie financière, est appelé à connaître des requêtes afférentes aux pratiques
anticoncurrentielles.

Par ailleurs, le ministre du Commerce soumet à l’avis dudit organisme, les projets de textes
législatifs et toutes les questions touchant à la concurrence.

Le conseil de la concurrence est également consulté par le gouvernement, sur les projets de
textes réglementaires relatifs à l’exercice de toute activité économique et les modalités de cette
consultation sont fixées par décret. En vertu de la même loi, les organisations professionnelles et
syndicales et les groupements des consommateurs peuvent le consulter également.

En plus de son rôle consultatif, le conseil de la concurrence, a un rôle juridictionnel, étant apte à
intervenir à l’occasion de litiges relatifs à toute atteinte à la concurrence, quels qu’en soient
l’auteur et la nature. Son intervention peut être, spontanée ou à l’occasion d’une plainte de la part
de l’entreprise estimant avoir été victime d’une pratique anticoncurrentielle.

Dans la première alternative, il peut intervenir suite aux investigations qu’il est habilité de faire à
chaque fois qu’il soupçonne une telle pratique de la part d’une entreprise quelconque. Dans la
deuxième alternative, c’est l’entreprise lésée qui demande au conseil de la concurrence
d’intervenir et auquel cas, ce dernier intervient, en vertu de la loi précitée, en tant que juge de
droit en matière de concurrence. Les parties concernées doivent se plier à ses décisions, qui sont
celles d’une autorité juridictionnelle indépendante.

Le conseil de concurrence est crée selon l’article 14 de la loi sus désignée pour exercer des
attributions consultatives à des fins d’avis, de conseil et de recommandations. Il est saisi, en
cas:


− D’ententes anticoncurrentielles pouvant empêcher, restreindre ou fausser le jeu de la


concurrence (fixation des prix, partage géographique du marché ...).
− D’abus de position dominante ou de situation de dépendance économique (ventes liées,
refus de vente...).
− De concentration de nature à porter atteinte à la concurrence.
Il est consulté:
• Par le gouvernement pour toute question concernant la concurrence.
• Par les commissions permanentes du Parlement pour toutes les propositions de
lois couvrant une dimension relative à la concurrence.
• Par les juridictions compétentes dans les affaires dont elles son saisies sur les
pratiques anticoncurrentielles.
• Par les conseils de régions, les communautés urbaines, les chambres
d’agriculture, d’artisanat, de pêches maritimes, les organisations syndicales et
professionnelles et les associations de consommateurs reconnues d’utilité
publique. Les réponses du Conseil se limitent uniquement à des avis sur des
questions de principes.

Il donnera des avis au sens propre en réponse aux demandes de consultation adressées à lui. Il

18
formulera des conseils et des recommandations dans un acte distinct. En effet, le second alinéa
de l’article 23 précise que le conseil adresse chaque année au chef du gouvernement un rapport
en application de loi. Nous estimons que ce rapport sera une synthèses des réflexions et
conclusion que le conseil aura élaborée au cours de l’année. Il sera l’occasion d’exposer les
questions juridiques et techniques méritant considération ou réglementation ou application de la
part des pouvoirs publics chargé de l’encadrement de la concurrence.

Cependant la consultation du conseil de concurrence peut être dans certains cas obligatoire.
Ainsi dans le domaine des pratiques anticoncurrentielles, le chef du gouvernement peut
demander l’avis du conseil sur l’application de mesures conservatoires. Cette consultation
demeure valable quelque soit le moment ou elle a eu lieu, mais dès qu’elle est faite, le chef du
gouvernement perd une part de sa liberté d’action. En effet, il ne pourra plus prendre des
mesures conservatoires que si elles sont proposées par le conseil, (article 32 et 36 de la loi). La
rédaction de ces textes n’autorise pas l’interprétation contraire. Faute de recommandation de ces
mesures par le conseil, le premier ministre ne peut plus imposer aux entreprises en cause. Sa
décision risque l’annulation par la chambre administrative de la cours cassation en cas de
pourvoi dans ce sens.

Le conseil assume alors une mission consultative générale dans le domaine de la régulation
administrative de la concurrence. Il exerce également une fonction consultative particulière dans
le cadre de la surveillance des opérations de concentration, des pratiques anticoncurrentielles et
les manipulations des prix, susceptibles d’altérer le champ de la concurrence.

Pouvoir d’auto-saisine : en plus de la possibilité d’être saisi par des institutions nationales
concernant certaines pratiques anti-concurrentielles, le Conseil peut se saisir d’office de toute
pratique anticoncurrentielle ou de toute question qui concerne la concurrence.

En application de l’article 15 de la loi, le Conseil est consulté, à titre facultatif, par quatre
intéressés différents. Primo, les commissions permanentes du Parlement, pour les propositions de
lois relatives à la concurrence, secundo, le gouvernement, pour toute question concernant la
concurrence. Tertio, dans la limite des intérêts dont ils ont la charge , les conseils de régions, les
communautés urbaines, les chambres de commerce, d’industrie et de services, les chambres
d’agriculture, les chambres d’artisanat, les chambres de pêches maritimes, les organisations
syndicales et professionnelles ou les associations de consommateurs reconnues d’utilité publique
et enfin Les juridictions compétentes, sur les pratiques anticoncurrentielles définies aux articles 6
et 7 de la loi et relevées dans les affaires dont elles sont saisies ».

Réciproquement, les juridictions sont compétentes, aussi, pour saisir le Conseil de la


Concurrence pour les pratiques anticoncurrentielles dont elles sont saisies. A cet effet, il est
appelé, à chaque fois qu’il est saisi, à titre facultatif, par les institutions et organismes publics ou
associatifs précités, de rendre des avis, des ou des recommandations. Il va sans dire que le CC est
consulté par le chef du gouvernement, soit de sa propre initiative, soit à la demande du Ministre
dont relève le secteur d’activité concerné. Cet exposé des éléments de réponse relatifs à la saisine
se donne directement à l’action du conseil de concurrence.

19
Le Conseil de la concurrence est désormais en mesure de s’autosaisir de toutes les questions
affectant la concurrence au Maroc. Outre les chambres professionnelles, le Gouvernement et les
collectivités locales, les entreprises sont désormais habilitées à saisir directement le Conseil de la
concurrence afin que celui statue sur des pratiques anticoncurrentielles.

Elles ne sont plus dépendantes de l’assentiment de leurs concurrents pour que les chambres
professionnelles saisissent le Conseil de la concurrence.

• Pouvoir d’enquête et de contrôle : Le conseil dispose d’un corps de rapporteurs et d’enquêteurs


habilités à procéder à toutes les investigations nécessaires afin d’instruire les affaires dont le
conseil est saisi : demande d’information obligatoire sous astreinte, enquête simple, perquisitions
et saisies …
Concernant les pratiques restrictives à la concurrence et en guise d’application des dispositions
de la loi 104-12, des fonctionnaires assermentés sont chargés des investigations et enquêtes à
côté du corps des contrôleurs des prix en tout ce qui concerne les dispositions de la phase
transitoire relative aux marchandises dont les prix restent réglementés. Toutefois, ce genre de
missions s’effectue en dehors du cadre du Conseil de la Concurrence par la Direction des Prix et
de la Concurrence comme institution indépendante de ce Conseil, ce qui consacre une dualité
handicapante qui se solde par une lenteur certaine dans l’exécution et le suivi des mesures
relatives à la politique de la concurrence.25

Ces fonctionnaires sont réputés être assermentés et soumis au secret professionnel.

▪ Les sanctions de la loi de la concurrence du Maroc :

Concernant les sanctions, elles sont essentiellement de nature administrative et sont fixées au
taux de 2 à 5% du chiffre d’affaires s’il s’agit d’une entreprise, et à un montant entre 200.000
et 2.000.000 de dirhams pour les autres entités. Quant aux sanctions pénales, elles ne sont
prévues que dans deux cas seulement :

• Le cas d’une personne qui a participé frauduleusement et en connaissance de cause


dans la conception, l’organisation ou la mise en œuvre des pratiques
anticoncurrentielles au terme des articles 6 et 7 de la loi 104-12.
• Le cas d’une personne ayant empêché les enquêteurs d’effectuer leurs missions ou
ayant pris l’initiative de falsifier, de subtiliser ou cacher les documents susceptibles
de faciliter les investigations.

En définitive, cette loi apporte des formules générales qui paraissent satisfaire, du point de vue
des principes généraux du droit de la concurrence, aux règles reconnues sur le plan international.
Mais c’est une loi qui est mue par l’obsession de prise en compte des aspects spécifiques de
certains secteurs et entreprises au sein de l’économie marocaine d’une part, et l’impératif de
progressivité dans la mise en œuvre des règles de concurrence d’autre part.

25
http://www.conseil-concurrence.ma/pageFr.aspx?id=10

20
Il découle des dispositions générales contenues dans la loi 104-12 que c’est l’autorité de l’Etat,
dans son ensemble, qui est chargée de prendre l’initiative en matière de mesures réglementaires
dans toute situation qui nécessite une réglementation comme les cas de monopoles ou les
difficultés d’approvisionnement ou autres situations exceptionnelles et d’urgence, et ce dans le
but de garantir le bon fonctionnement des mécanismes d’offre et de demande. Ce faisant, cette
loi reste dans son essence un instrument d’organisation et de mise en fonctionnement de
l’économie de marché dans le cadre d’une vision globale qui tire ses références des principes
visant la justice sociale.

▪ Les principes de la loi de la concurrence du Maroc :

La loi reste dans son essence un instrument d’organisation et de mise en fonctionnement de


l’économie de marché dans le cadre d’une vision globale qui tire ses références des principes
visant la justice sociale.
En résumé, les principes sur lesquels repose la loi de la concurrence au
Royaume du Maroc se ventilent selon les orientations suivantes :

Liberté des prix et liberté d’accès au marché.


les pratiques anticoncurrentielles qui limitent ou qui contrecarrent la concurrence, c’est-à-
dire les comportements qui inhibent la liberté de la concurrence de la part des acteurs
économiques.
La portée et l’impact des opérations de concentration économique sur la structure de
l’appareil productif et les réseaux de commercialisation.
Les exceptions liées au progrès économique, aux spécificités et aux cas d’urgence.
L’institution d’un Conseil de la Concurrence comme organe consultatif chargé de veiller
à la mise en application d’une politique de la concurrence côte à côte d’une direction de
prix et de la concurrence, et les deux sont sous l’ordre et la tutelle générale du Premier
Ministre.
L’accent mis sur la garantie de la transparence dans les rapports entre les professionnels,
la protection économique des consommateurs et l’interdiction des pratiques restrictives à
la concurrence, sans l’existence toutefois de mécanismes qui consacrent cela, et ce
plusieurs années après la promulgation de cette loi.
La prise en compte des procédures d’investigation et d’enquête afin de respecter les
droits des acteurs : « concertation, communication, respect des droits de la défense, droit
de requête et d’appel » dans le but de garantir la rapidité et l’efficacité des sanctions
punitives, mais dont la teneur est restée en-dessous de ce qui s’applique dans d’autres
pays, et dont le contenu par conséquent reste de nature essentiellement pédagogique.

• Pouvoir de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la Concurrence : le Conseil de la


concurrence défend la concurrence dans les marchés et peut recommander à l’administration de
mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’amélioration du fonctionnement concurrentiel des
marchés. Par ailleurs, le Conseil est obligatoirement consulté par le gouvernement sur tout projet
de texte législatif et réglementaire ayant des répercussions sur la concurrence26

26
- Le nouveau droit de la concurrence au MAROC Sanae Elhajoui

21
b) Les membres et missions du conseil de la concurrence :

Vu la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence promulguée par le dahir 1-00-225 du 2
rabii I 1421 (5 juin 2000) ; Il est créé un Conseil de la concurrence aux attributions consultatives
aux fins d’avis, de conseils ou de recommandations. Le Conseil de la concurrence est composé,
outre le président, de douze (12) membres dont :

• Un représentant du Ministre chargé de la justice.


• Un représentant du Ministre chargé de l’intérieur.
• Un représentant du Ministre chargé des finances.
• Un représentant du Secrétaire Général du Gouvernement.
• Un représentant du Ministre chargé des affaires générales du gouvernement.
• Un représentant du Ministre chargé du plan.
• Trois (3) membres choisis en raison de leur compétence en matière juridique, économique, de
concurrence ou de consommation, nommés par le Premier ministre.
• Trois (3) membres exerçant ou ayant exercé leurs activités dans les secteurs de production, de
distribution ou de services, nommés sur proposition des présidents de la fédération des chambres
de commerce, d’industrie et de services, de la fédération des chambres d’artisanat, de la
fédération des chambres d’agriculture et de la fédération des chambres des pêches maritimes.27

Lutter contre les pratiques anti-concurrentielles : il s’agit des ententes et abus de domination
économique tels que définis précédemment. Ces pratiques peuvent être le fait des entreprises
privées ou des entreprises publiques à caractère commercial. Les activités des pouvoirs publics
liées à la réalisation d’une mission de service public ou impliquant des prérogatives de puissance
publique ne sont pas concernées par cette interdiction.
Contrôler les concentrations : toute opération de concentration qui dépasse un certain seuil de
chiffre d’affaires ou de parts de marché, doit être obligatoirement soumise à l’autorisation du
Conseil de la Concurrence qui en examine les effets réels et potentiels sur la concurrence dans
les marchés affectés par cette opération.
Faire le Plaidoyer pour la concurrence auprès des entreprises et particulièrement auprès des
institutions publiques qui ne sont pas soumises directement au droit de la concurrence afin de les
inciter à éviter de recourir à des pratiques anti-concurrentielles.
Lutter contre les pratiques commerciales déloyales :
Elles concernent généralement la sphère micro-économique des relations commerciales, c'est-à-
dire les relations commerciales entre entreprises, alors que les pratiques anti-concurrentielles ont
une portée macro-économique qui touche le marché concerné dans son ensemble.
Généralement, les pratiques anti-concurrentielles relèvent de la compétence des autorités de la
concurrence, alors que les pratiques commerciales déloyales relèvent de la compétence des
tribunaux.
Mais l’article 166 de la constitution attribue également au Conseil de la Concurrence compétence
en matière de pratiques commerciales déloyales.

27
http://www.conseil-concurrence.ma/pageFr.aspx?id=13

22
La doctrine du Conseil en la matière est la suivante :
Il y a lieu de distinguer entre deux types de pratiques commerciales déloyales : celles qui
concernent les relations micro-économiques entre entreprises et celles relatives aux relations
entre entreprises et consommateurs).
La solution préconisée :
Lorsque le Conseil est en face de dossiers à portée fondamentalement micro-commerciale, ils
sont transférés à la juridiction compétente pour le premier type de relations et aux autorités
chargées de la défense du consommateur pour le deuxième volet.
Lorsque les dossiers ont un impact macro-économique, le Conseil les traite comme pratiques
anti-concurrentielle.

2) Les procédures devant le conseil de la concurrence :

a) la saisine du conseil de la concurrence et ses effets :

Le conseil peut être consulté par les commissions permanentes du Parlement sur les propositions
de loi ainsi que sur toute question concernant la concurrence, conformément aux règlements
intérieurs des Chambres du Parlement. Il donne son avis sur toute question relative à la
concurrence à la demande du gouvernement. Il peut également donner son avis, sur toute
question de principe concernant la concurrence, à la demande des conseils des collectivités
territoriales, des chambres de commerce, d’industrie et de services, des chambres d’agriculture,
des chambres d’artisanat, des chambres des pêches maritimes, des organisations syndicales et
professionnelles, des instances de régulation sectorielle ou des associations de consommateurs
reconnues d’utilité publique, dans la limite des intérêts dont ils ont la charge. Le conseil doit
donner son avis ou fournir sa consultation, selon le cas, dans un délai n’excédant pas 30 jours. Il
peut, le cas échéant, demander à la partie concernée de proroger ledit délai pour une durée ne
dépassant pas 30 jours28.

En analysant cet article, on constate largement que le législateur a maintenu dans la présente loi
la liste des organismes et des institutions habilités à saisir le conseil, mais aussi il fait noter que
la loi dans son article 3 donne aussi le pouvoir aux entreprises de saisir le conseil pour toutes les
pratiques anticoncurrentielle ; article 3 « Le conseil peut être saisi, pour toutes les pratiques
anticoncurrentielles, par les entreprises ou, pour toute affaire qui concerne les intérêts dont ils
ont la charge, par les organismes mentionnés au dernier alinéa de l’article 5 ci- dessous Il peut
également être saisi par l’administration de toute pratique anticoncurrentielle, ou de faits
susceptibles de constituer une telle pratique, ainsi que des manquements aux engagements pris
par les parties à une opération de concentration économique lorsque l’administration a évoqué la
décision relative à ladite opération conformément à la loi sur la liberté des prix et de la
concurrence. »

Le conseil de la concurrence peut également être saisi par l’administration ; sur toute pratique
anticoncurrentielle ou sur des faits susceptibles de constituer une telle pratique, sur des

28
Article 5 de la loi 20-13 relative au conseil de la concurrence

23
manquements des engagements pris par les parties à une opération de concentration économique
lorsque l’administration a évoqué la décision relative ladite opération conformément à la loi sur
la libre des prix de la concurrence.

Le conseil de la concurrence a le droit de prendre trois types de décisions :

- Décision d’irrecevabilité - Décision de non-lieu - Décision d’auto-saisine.

1. La décision d’irrecevabilité :

Le conseil de la concurrence peut déclarer l’irrecevabilité de la saisine par décision motivée et


dans un délai de 2 mois, et dans les cas suivants :

Pour défaut d’intérêt.


Pour défaut de qualité à agir de l’auteur de celle-ci.
Si les faits sont prescrits confortement à l’article 23.
S’il estime que les faits évoqués n’entrent pas dans le champ de sa compétence.
S’il estime que les faits invoqués ne sont pas appuyés d’éléments suffisamment.

Probants le délai de 2 mois est suspendu dans le cas ou une mise en demeure adressé par le
président du conseil à l’auteur de la saisine et le victime de la pratique anticoncurrentielle afin de
régulariser sa demande dans un délai qu’il lui fixe.

2. La décision de non-lieu :

Le conseil peut déclarer par décision motivée, après que l’auteur de la saisine ait été mis en
mesure de consulter le dossier et de faire valoir ses observations, qu’il n a pas lieu de poursuivre
la procédure.

Cette décision est transmise à l’auteur de la saisine et aux personnes dont les agissements ont été
examinés au regard des dispositions relatives à l’entente, à l’abus de position dominante, à l’abus
de dépendance économique et au pris abusivement bas.

3. La saisine d’office :

La saisine d’office s’impose en cas de désistement des parties, cette décision est donnée par acte
venant du président ou du vice-président du conseil.

b) le déroulement de la procédure contentieuse :

Cette procédure est divise en deux partie la première est celle relative a l’enquête, alors que la
seconde traite le déroulement des instructions.

Le déroulement de l’enquête :

Le but principal de l’enquête est de rassembler les éléments nécessaires et les moyens de

24
preuves, elle vise à rétablir le libre jeu de la concurrence. Les enquêtes pour la constatation et la
recherche des infractions relatives aux pratiques anticoncurrentielles et aux violations des articles
de la loi 104-12 sont établies tout en respectant les dispositions du premier chapitre de la loi
précitée. les pouvoirs d’enquête sont définies de l’article 68 à l’article 71 de la loi 104-12. Le
conseil peut procéder à deux formes d’enquêtes29 :
- Investigation classiques et ordinaires.
- Investigation sous de strictes conditions.

➢ Investigation classiques et ordinaires :

La loi permet aux enquêteurs du conseil de recueillir des informations auprès des entreprises
soupçonnées de pratiques anticoncurrentielles. Article 71 de la loi 104-12 dispose que « Les
enquêteurs peuvent accéder à tous locaux, terrains ou moyens de transport à usage professionnel,
demander la communication des livres, des factures et tous autres documents professionnels et
en prendre copie, recueillir sur convocation ou sur place les renseignements et justifications.
L’action des enquêteurs s’exerce également sur les marchandises ou les produits transportés. A
cet effet, ils peuvent requérir pour l’accomplissement de leur mission l’ouverture de tous colis et
bagages lors de leur expédition ou de leur livraison en présence du transporteur et soit de
l’expéditeur, soit du destinataire ou en présence de leur mandataire. Les entrepreneurs de
transport sont tenus de n’apporter aucun obstacle à ces opérations et de présenter les titres de
mouvements, lettres de voiture, récépissés, connaissements et déclarations dont ils sont
détenteurs. Les enquêteurs peuvent demander au conseil de la concurrence ou à l’administration
de désigner un expert agrée auprès des tribunaux pour procéder à toute expertise contradictoire
nécessaire ». La personne concernée doit être informée et donc l’enquêteur doit indiquer à la
personne contrôlée l’objet de l’enquête et dans quel domaine il effectue ses recherches. La
loyauté dans la recherche de la preuve est suffisamment assurée si l’enquêteur informe son
interlocuteur que les investigations qu’il entreprend concernent le respect des règles garantissant
un fonctionnement loyal de la concurrence par l’entreprise la notion de documents
professionnels couvre non seulement les documents prévues par les textes législatifs mais aussi
ceux en relation avec l’activité de l’entreprise.

Les enquêteurs du conseil ont toute latitude pour entendre les professionnels des entreprises et
confronter les responsables des entreprises avec les auteurs de déclarations qui les mettent en
cause.

Toutes les opérations effectuées doivent être constatées par des procès verbaux, qu’il s’agisse de
la transcription des déclarations des personnes entendues, de la description des démarches
effectuées au sein de l’entreprise ou des remises de documents. Ces procès verbaux font partie
intégrante de la procédure et sont systématiquement annexés au rapport d’enquête.

29
LES PRATIQUES RESTCRICTIVES DE LA CONCURRENCE COURS DE DROIT

25
➢ Investigation sous autorisation judiciaire :

Dans certaines circonstances, les investigations nécessitent une autorisation du juge sur la base
d’une requête du président du conseil ou de l’administration. Selon la loi 104-12 les enquêteurs
ne peuvent procéder aux visites en tous lieux et à la saisie de document que dans le cadre
d’enquêtes demandées par le président du conseil de la concurrence ou par l’administration sur
autorisation motivée du procureur du roi dans le ressort duquel sont situés les lieux à visiter.

La loi oblige que la visite et la saisie s’effectuent sous l’autorité et le contrôle du procureur du
roi qui les a autorisées. Il désigne un ou plusieurs officiers de police judiciaire, et au besoin une
femme fonctionnaire de la police judicaire lors des visites locaux à usage d’habitation, chargés
d’assister à ces opérations.

Le respect de la régularité et de la loyauté des opérations appartient à l’officier de la police


judiciaire assistant systématiquement aux opérations. Représentant du juge, il doit prendre
contact avec lui s’il estime que les enquêteurs outrepassent leurs pouvoirs.

Concernant les horaires des visites et en applications des règles du droit commun, qui doivent
être effectuées de 6h du matin à 21h.les enquêteurs et les officiers de police peuvent seuls
prendre connaissance des pièces et documents avant leur saisie. Il faut noter que pour saisir ces
documents et pièces, le conseil de concurrence doit disposer d’indices de pratiques
anticoncurrentielles portant sur un marché particulier, ce qui signifie que les enquêteurs ne
pourront pas saisir des documents sans l’autorisation du juge. Le procès verbal clôt les
opérations, ce dernier est transmis au procureur du roi qui a autorisé la visite.

Le déroulement d’instruction :

Le déroulement d’instruction nous renvoi à deux procédures; la première est la procédure du


contradictoire et la deuxième la protection des secret des affaires

→ La procédure du contradictoire

La loi 104-12 prévoit un processus, commençant par la notification des griefs, c’est le rapporteur
général qui s’en charge de les notifier. Les entreprises destinataires des griefs signalent sans délai
au rapporteur chargé du dossier, à tout moment de la procédure d’instruction, toute modification
de leur situation juridique susceptible de modifier les conditions dans lesquelles sont présentées
ou dans lesquelles les griefs peuvent leur être imputés. En suite la notification des rapports ; la
présente loi exige que le rapport est notifié aux parties et au commissaire du gouvernement, il
doit contenir :

L’exposé des faits.


Les infractions relevées.
Les éléments d’informations et les documents ou leurs extraits sur lesquels se fonde le
rapporteur.

26
Des observations faites, le cas échéant, par les intéressés.

Après, il y a les observations des parties. les parties en cause doivent présenter par écrit
leurs observations sur le rapport dans un délai de 2 mois compter de la date de sa
réception. Ces observations peuvent être consultées dans les 20 jours qui précédent la
séance du conseil de la concurrence par les parties et le commissaire du gouvernement.

Enfin, les séances et les délibérations, les séances du conseil de concurrence ne sont par
publiques, seules les parties en cause et le commissaire du gouvernement peuvent y assister
comme ils peuvent être représenté par les conseillers juridiques. Le conseil est tenu de
communiquer les dates des séances par voie d’affichage à son siège et sur son site électronique.

→ la protection du secret des affaires

La loi 104-12 a renforcé le dispositif du secret des affaires des entreprises devant le conseil de la
concurrence. En matière de pratiques anticoncurrentielles, le président du conseil de la
concurrence peut refuser à une partie la communication ou la consultation des pièces ou
documents qui peuvent mettre en jeu le secret des affaires d’autres personnes.

Les parties doivent à chaque fois qu’elles communiquent des documents ou des informations au
conseil, quel que soit le support utilisé, les informations qui relèvent du secret des affaires.

Toute personne auditionnée ou qui communique des informations ou documents au conseil de la


concurrence signale clairement tous les éléments qu’elle juge confidentiels, explications à
l’appui, et fournit séparément une version non confidentielle de ces documents dans le délai
imparti par le conseil. les informations, documents ou parties de documents pour lesquels une
demande de protection au titre du secret des affaires n’a pas été présentée sont réputés ne pas
mettre en jeu le secret des affaires.

Le décret d’application de la loi 104-12 prévoit que sont réputés ne pas mettre en jeu le secret
des affaires des éléments portant sur les ventes, parts de marché, offres ou données similaires de
plus de cinq ans au moment ou il est statué sur la demande, sauf si , dans des cas exceptionnels,
le rapporteur général en décide autrement.

La levée de la confidentialité de secrets d’affaire relève de l’appréciation du président du conseil


qui apprécie le caractère confidentiel des documents et des informations figurant dans le dossier
selon les usages et les pratiques des affaires en vigueur. La levée du secret des affaires peut
intervenir à l’initiative du rapporteur ou à l’initiative de la partie mise en cause.

c) les rapports entre le conseil de la concurrence et le juge :

Si la régularisation de la concurrence est de nature administrative, le juge reçoit également les


règles du droit de la concurrence issues de la loi 104-12 à la liberté des prix et de la concurrence.
Le juge participe à l’activité de régularisation économique, directement et indirectement. En tant
que contrôleur des décisions du conseil de la concurrence, le juge participe indirectement à
l’activité de la régulation économique lorsqu’il réforme les décisions du régulateur.

27
Le juge participe directement à l’activité de régulation économique lorsqu’il est saisi des litiges
qu’ils doivent trancher sur le fondement du droit de la concurrence :

• La sanction pénale des pratiques anticoncurrentielles : « Sera punie d’un emprisonnement


de deux (2) mois à un (1) an et d’une amende de dix mille (10.000) à cinq cent mille
(500.000) dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement toute personne physique qui,
frauduleusement ou en connaissance de cause, aura pris une part personnelle et
déterminante dans la conception, l’organisation, la mise en œuvre ou le contrôle de
pratiques visées aux articles 6 et 7 de la présente loi. Le tribunal peut ordonner que sa
décision soit publiée intégralement ou par extraits dans les journaux qu’il désigne, aux
frais du condamné. 30
• La sanction civile des pratiques anticoncurrentielles : le juge est compétent pour
prononcer la nullité d’une pratique anticoncu rrentielle et d’accorder des dommages et
intérêts. « tout engagement, convention ou clause contractuelle se rapportant à une
pratique prohibée en application des articles 6et 7 sont nul de plein droit ». la victime
d’une pratique anticoncurrentielle peut demander des dommages et intérêts en réparation
du préjudice subi

Afin de veiller à l’émergence d’une action privée plus efficace, il est nécessaire de surmonter les
obstacles d’ordre institutionnel et notamment reconnaitre l’autorité de chose décidée aux
décisions du conseil de la concurrence.

30
Article 75 de la loi 104-12 DAHIR N° 1-14-116 DU 2 RAMADAN 1435 (30 JUIN 2014) PORTANT
PROMULGATION DE LA LOI N° 104-12 RELATIVE A LA LIBERTE DES PRIX ET DE LA
CONCURRENCE.

28
Bibliographie et webographie :

Ouvrages :

-ALAMI MACHICHI Driss, Concurrence, Droit et obligations des entreprises au Maroc, éd


EDDIF, 2004

-KESKIN, ALI CENK. Pour un nouveau droit international de la concurrence Edition 2010

-La politique de la concurrence EMMANUEL Combe, Edition la decouverte.

- Le nouveau droit de la concurrence au MAROC Sanae Elhajoui

Articles :

-Droit de la concurrence et liberté des prix. Pourquoi la réforme est urgente. Par « Ilham
HAMADI »

- Revue du Droit des Technologies de l’Informaton - n° 31/2008

- Contrôle des concentrations économiques : le gouvernement garde la main www.challenge.ma

- M BOUSAOUF, revue marocaine d'administration locale et de développement

Mémoires et thèses :

-LES PRATIQUES RESTCRICTIVES DE LA CONCURRENCE COURS DE DROIT

-Le principe de la liberté des prix

- Les ententes anticoncurrentielles

Textes de loi :

- La loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence

- La loi 20-13 relative au conseil de concurrence

Site internet :

- http://www.conseil-concurrence.ma/

- http://adala.justice.gov.ma/production/html/Fr/102817.htm

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