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UNIVERSITE D'ANGERS

Année 2003 N° d'ordre 590

MODELES ET TECHNIQUES D'OPTIMISATION DYNAMIQUE POUR LES RESEAUX RADIOMOBILES

TH ES E DE DOCTO RAT

Spécialité : Informatique

ECOLE DOCTORALE D'ANGERS

Présentée et soutenue publiquement

Le

:

04/12/2003

A

: Angers

Par

: Hakim MABED

Devant le jury ci-dessous :

Olivier HUDRY (Rapporteur), Maître de Conférences, ENST de Paris

Xavier LAGRANGE (Rapporteur), Professeur, ENST de Bretagne

Jacques CARLIER (président de jury), Professeur, UTC, Compiègne

Philippe CO LLARD (Examinateur), Professeur, Université de Nice - Sophia Antipolis

Directeur de thèse : Jin- Kao HAO, Professeur, Université d'Angers

Co-directeur : Alexandre CAMINADA, Professeur, UTBM, Belfort (Ex. France Télécom R&D)

Nom et coordonnées du laboratoire : Laboratoire d'Etudes et de Recherche en Informatique d'Angers

Résumé

Le design représente une étape incontournable du cycle de vie du réseau radio. Le rôle du design est de définir de façon prévisionnelle les configurations matérielles et logicielles, si possible optimales, répondant aux objectifs techniques et économiques fixés par les engagements de licences. Cette étape fait appel à des données de toutes sortes, géographiques, marketing, techniques, ainsi qu'à des données remontées du réseau existant. La croissance continue de la demande en communications fait du design des réseaux radiomobiles une tâche perpétuelle. Cette tâche est d'une grande complexité du fait du volume immense de données à gérer ainsi que de l'emboîtement de plusieurs problèmes d'ingénierie séparables en apparence.

La nature dynamique de l'environnement du réseau rend difficile l'établissement et l'évaluation des critères de performance. L'environnement change du fait même de la variation du trafic, mais aussi en raison de l'introduction de nouveaux services et technologies ainsi que des changements des tarifs. Or tout cela a un impact sur les performances du réseau. De ce fait la qualité d'un réseau devrait être estimée à la lumière des changements s'opérant sur l'environnement afin de parvenir à des solutions capables de résister aux changements ou d'évoluer à moindre coût. Les notions de robustesse et d'évolutivité des réseaux s'inscrivent alors comme des critères clés du design.

Au cours de cette thèse, le trafic est identifié comme principal facteur de variation dans les réseaux radiomobiles. L'étude s'est portée alors sur la prise en compte de l'évolution du trafic à différentes échelles de variation : court, moyen et long terme. La contribution de ce travail se situe sur deux p lans : modélisation et algorithmique. Sur le plan de la modélisation, trois modèles sont présentés pour l'affectation de fréquences robuste, l'affectation de fréquences multipériode et l'affectation de fréquences avec planification des capacités cellulaires. Pour valider ces modèles en comparaison avec les modèles classiques ne faisant pas intervenir la dynamique du trafic, plusieurs techniques d'optimisation dynamique sont étudiées. Des techniques basées sur les algorithmes génétiques et la recherche tabou.

Mots clés : réseaux radiomobiles, optimisation dynamique, design, variation de trafic,

génétique,

recherche tabou.

affectation

de

fréquences,

planification

des

capacités

cellulaires,

algorithme

Abstract

Designing is a crucial step during life cycle of radio networks. The role of design is to define in a provisional way the optimal software and hardware configurations coming up the technical and economical objectives fixed by license agreements. For that end, the design step uses different information related to geographical, marketing and technical data, as well as data provided by the existing network. The increase in communication demand makes design a continual task. This task is of great complexity due to the large volume of data to be

considered

as

well

as

the

overlapping

of

several engineering problems seemingly

independent.

The dynamic nature of network environment makes difficult the establishment and the evaluation of performance criteria. The environment changes in response of several events occurring on the system such as traffic variation, introduction of new services and technologies or pricing variation. Those changes impact on network performances and therefore the quality of a network should be estimated according to the changes occurring on the environment in order to produce solutions that resist to the changes or that evolve at slightest cost. Notions of network robustness and upgradeability appear then as key criteria of design.

In this thesis, traffic is identified as the main factor of the cellular network evolution. For that reason, the study is carried out on effects of traffic variation on network design according to different scales of variation: short, medium and long term variations. Contribution of this work concerns two main points: models and algorithms. On the modelling level, three models are presented for robust frequency assignment, multi-period frequency assignment and finally cell capacity planning under interference constraint. To validate those models in comparison with the classical ones, several dynamic optimisation techniques based on a hybridization of genetic algorithms and tabu search are studied.

Key words: cellular networks, dynamic optimization, design, traffic variation, frequency assignment, cell capacity planning, genetic algorithm, tabu search.

Remerciements

Je tiens tout d'abord à remercier le professeur Jin-Kao HAO pour m'avoir soutenu et orienté pendant ces trois ans de thèse et pour les innombrables heures de discutions qu'on a eu au téléphone à propos d'un article ou d'un algorithme.

Ma profonde gratitude s'adresse à Alexandre CAMINADA, grâce à qui j'ai entré dans le monde des réseaux cellulaires. Je tiens à lui témoigner de mon admiration quant à ses qualités personnelles et professionnelles.

Toute ma gratitude s'adresse aux professeurs Olivier Hudry de ENST de Paris et Xavier Lagrange de ENST Bretagne pour avoir bien accepté de s'acquitter de la délicate tâche de rapporter cette thèse. Mes sincères remerciements vont également aux professeurs Jacques Carlier de UTC de Compiègne, et Philippe Collard de l'Université de Nice pour avoir participé au jury.

Je remercie aussi tout les membres de l'équipe de Modélisation Informatique et Algorithmique de France Télécom R&D, tout particulièrement : Denis Renaud, Pascal Chambreuil et Jean- François Floc'h. Je remercie tout le personnel du laboratoire OIP de France Télécom R&D qui m'ont procuré un cadre agréable pour la réalisation de cette thèse.

En fin j'adresse mes remerciements les plus chaleureux à ma famille et à mes parents qui même étant loin physiquement, ont su m'inspirer courage et ténacité.

Table des matières

Introduction

18

Partie I

Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

23

Chapitre 1

Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

24

1.1 Historique

 

25

1.2 Concepts cellulaires et systèmes radiomobiles

25

1.2.1

Concept cellulaire

27

1.2.2

Réutilisation des fréquences

28

1.2.3

Densification

28

1.2.4

Itinérance (roaming)

29

1.2.5

Handover et macrodiversité

29

1.2.6

Nature de la liaison radio

30

1.2.7

Modes d'accès radio

31

a Mode d'accès FDMA (Frequency Division Multiple Access)

32

b Mode d'accès TDMA (Time Division Multiple Access)

32

c Mode d'accès CDMA (Code Division Multiple Access)

32

1.3 Architecture générale des réseaux radiomobiles

33

1.3.1

Le sous-système radio (BSS) dans le GSM

34

A

L'interface radio

34

B

Fonctions

de la BTS (Base Transceiver Station)

34

C

Fonctions

du BSC (Base Station Controller)

34

1.3.2

Réseau d'accès UTRAN dans l'UMTS

35

A

Interface Radio

35

B

Fonctions du Nœud B

35

C

Fonctions du RNC (Contrôleur du réseau radio)

35

1.3.3

Le sous-système réseau (NSS)

35

A

Fonctions

du MSC

35

B

Fonctions du HLR

35

C

Fonctions du VLR

36

1.4 Système de gestion de l'itinérance

37

1.4.1

Systèmes sans localisation

37

1.4.2

Systèmes

à zones de localisation

37

1.5 Critères de performances d'un réseau radiomobile

38

1.5.1

Critères de coût

38

1.5.2

Critères de qualité de service

39

Chapitre 2

Les principaux problèmes d'optimisation en ingénierie radio

40

2.1

Cycle de vie d'un réseau radiomobile

41

2.1.1 Gestation et dimensionnement

41

2.1.2 Conception ou design

41

2.1.3 Déploiement

41

2.1.4 Optimisation terrain

42

2.1.5 Extension (aspect dynamique)

42

2.2

Problème de recherche de sites

43

2.2.1 Approche par concentration progressive

44

2.2.2 Approche par maillage adaptatif

45

2.2.3 Approche vectorielle

46

2.3

Problème de positionnement et paramétrage d'antennes

47

2.3.1

Méthodes basées sur la théorie des graphes

47

2.3.2

Méthodes

par concentration

49

A

Approches par programmation entière

50

B

Approches heuristiques

51

a Contraintes du modèle

54

b Objectifs

 

55

2.3.3

Synthèse

57

2.4

Problème de planification des capacités cellulaires

58

2.4.1 Approche classique basée sur le modèle Erlang B

58

2.4.2 Cas de canaux de garde

58

2.4.3 Planification des capacités cellulaires et planification de fréquences

59

2.5

Problème d'allocation de fréquences

59

2.5.1

Interférences

59

2.5.2

Ingénierie de saut de fréquences

60

2.5.3

Schémas d'allocation de fréquences

62

2.5.4

Allocation de fréquences et coloriage de graphe

62

A

Coloriage de graphe

63

B

T -Coloriage de graphe et matrice de réutilisation

63

C

Liste-T-Coloriage

63

D

Ensemble-Coloriage

63

2.5.5

Objectifs du problème d'allocation de fréquences

64

A

Minimiser le nombre de fréquences utilisées

64

B

Minimiser l'étendue du spectre de fréquences utilisé

65

C

Minimiser les interférences

65

2.5.6

Approches de résolution

68

Partie II

Optimisation dynamique

73

Chapitre 3

Taxinomie des problèmes d'optimisation dynamique

74

3.1 Introduction

 

75

3.2 Optimisation dynamique sans prévisions

75

3.2.1

Optimisation en temps réel avec ajustement total de la solution

75

A

Approche par réaction aux changements

76

B

Approche par maintient d'une diversité de solutions

76

C

Approches par utilisation d'historique

76

3.2.2

Optimisation en temps réel avec ajustement partiel de la solution

76

A

Approches par analyse de la structure des solutions

77

B

Approche aveugle

78

C

Approche par étude du pire cas

78

3.2.3

Optimisation multipériodique pas à pas

78

3.3

Optimisation dynamique avec prévisions

79

3.3.1

Optimisation temps réel avec prévisions probabilistes

79

3.3.2

Optimisation périodique avec prévisions

probabilistes

79

3.3.3

Optimisation périodique avec prévisions statistiques

80

3.4

Synthèse

80

3.4.1 Classification des problèmes d'optimisation dynamique

80

3.4.2 Prévisions et incertitudes

 

81

Chapitre 4

O ptimisation dynamique pour le design des réseaux radiomobiles

83

4.1 Introduction

84

4.2 Aspects dynamiques dans les réseaux cellulaires

85

4.2.1 Evolution des données du design : environnement

85

4.2.2 Evolution des variables du design : expansion

86

4.2.3 Evolution des objectifs du design : stratégie

86

4.3

Ingénierie du trafic et design des réseaux radiomobiles

86

4.3.1

Variation temporelle du trafic

86

4.3.2

Variation spatiale du trafic

87

4.3.3 Analyse du trafic au niveau cellulaire

88

4.3.4 Analyse du trafic au niveau utilisateur

89

4.4

Optimisation dynamique dans le design des réseaux radiomobiles

90

4.4.1

Optimisation à vision locale (anticipation)

90

A

Cas du problème d'extension de réseau cellulaire

90

a Prévision à court terme du trafic

91

b Prévision à long terme du trafic

91

B

Cas du problème d'affectation de fréquences

92

4.4.2

Optimisation à vision globale (Planification)

93

A

Approche indirecte (par décomposition)

94

a Approche pas à pas

94

b Approche par mesure de l'influence des stations

94

c Approche par retour inverse

95

B

Approche directe

95

4.5

Synthèse

96

Partie III

des capacités cellulaires

Techniques d'optimisation dynamique pour la planification des fréquences et

97

Chapitre 5

Echelle de variation rapide du trafic : planification robuste des fréquences _ 98

5.1 Introduction

 

99

5.2 Présentation du problème

100

5.3 Formulation du problème

101

5.3.1 Graphe de contraintes

102

5.3.2 Critères d'évaluation

103

A Qualité d'un plan de fréquences pendant une période

103

B Qualité d'un plan de fréquences

sur un ensemble de périodes

104

 

a Cumul dans le temps des interférences enregistrées sur le réseau

104

b Robustesse spatiale du plan de fréquences

104

c Robustesse temporelle du plan de fréquences

104

d Cumul des niveaux d'interférences maximaux entre les paires de stations

105

e Robustesse spatiale et temporelle du plan de fréquence

105

5.4

Algorithme Génétique Hybride pour l'ARF

106

5.4.1 Codage est fonction objectif

 

106

5.4.2 Fonctionnement général de l'algorithme génétique hybride

106

5.4.3 Opérateur de sélection et de remplacement

107

5.4.4 Opérateur de croisement

 

108

5.4.5 Mutation basée sur la recherche tabou

109

5.4.6 Synergie entre les opérateurs de recherche tabou et de croisement

111

5.5

Expérimentations

112

5.5.1

Jeux de test

112

A

Jeux de tests fictifs

112

a

Montée et baisse générale du trafic de façon simultanée et proportionnelle

112

b

Montée du trafic sur une partie du réseau accompagnée d'une baisse de trafic sur une autre

partie

113

B

Jeux de test réel

113

5.5.2

Objectif I : Etude des performances de l'algorithme génétique hybride

114

A

Recherche tabou pour l'ARF

114

a Solution initiale

114

b Voisinage

114

B

Algorithme génétique hybride sans liste tabou

115

C

Comparaison entre les différentes méthodes de recherche

116

5.5.3

Objectif II : Etude des performances du modèle d'affectation robuste de fréquences

117

A

Pertinence individuelle des critères d'optimisation dans le modèle ARF

117

a Pertinence individuelle du critère de robustesse spatiale du plan de fréquences

117

b Pertinence individuelle du critère de robustesse temporelle

118

B Comparaison entre l'Affectation Robuste des Fréquences et l'Affectation Fixe des Fréquences

 

119

5.6

Conclusion

120

Chapitre 6

Echelle de variation moyenne du trafic : planification multipériode des

fréquences

122

6.1 Introduction

 

123

6.2 Problème d'affectation multipériode de fréquences AMF

123

6.2.1

Notation de base

124

6.2.2

Formulation du problème

125

6.3

Algorithme génétique hybride pour l'affectation multipériode de fréquences

125

6.3.1

Optimisation directe

125

A

Fonction objectif

126

B

Population initiale

126

C

Opérateur de croisement

127

D

Opérateur de mutation

127

6.3.2

Optimisation indirecte

129

A

Optimisation

pas à pas

129

B

Optimisation séquentielle

129

C

Optimisation parallèle

130

6.4

Tests expérimentaux

133

6.4.1 Performances des techniques d'affectation multipériode de fréquences

133

6.4.2 Comparaison entre affectation fixe de fréquences et affectation multipériode de fréquences 134

6.4.3 Comparaison entre les modèles AFF et AMF pour des données de trafic sur une moyenne

échelle (problème BM_120)

135

6.5

Conclusion

137

Ch apitre 7

Echelle de variation lente du trafic : planification des capacités cellulaires 138

7.1 Introduction

139

7.2 Phénomène de blocage

139

7.2.1 Modélisation temporelle du trafic

140

7.2.2 Calcul du taux de blocage

140

7.3 Phénomène de rappel après blocage

141

7.4 Phénomène d'interférence

143

7.4.1 Plan de fréquences entier

143

7.4.2 Planification de fréquences et capacité des cellules

143

7.5 Planification des capacités cellulaires sous contrainte d'interférence

145

7.6 Extraction des données de trafic offert

146

7.7 Technique d'optimisation -contrainte pour la planification des capacités cellulaires sous

contrainte d'interférence

146

7.8 Modèle bi-critère pour la planification des capacités cellulaires

148

7.9 Algorithme génétique multicritère pour la planification des capacités cellulaires

149

7.9.1 Schéma général de l'AGMO

150

7.9.2 Codage de la solution

151

7.9.3 Opérateurs de croisement et de mutation

152

7.9.4 Archivage des solutions Pareto

153

7.10

Résultats expérimentaux

155

7.10.1

Validation du module d'extraction du trafic offert

155

7.10.2

Validation de l'algorithme -contrainte pour la planification des capacités cellulaires

156

7.10.3

Validation de l'algorithme génétique multicritère pour la planification des capacités

cellulaires

158

7.11

Conclusions et perspectives

159

Conclusion

161

Partie IV

Annexes

166

Annexe A

Méta-heuristiques et problèmes d'optimisation combinatoire

167

A.1 Principes communs des méta-heuristiques

167

A.1.1

Maintien de la balance intensification/diversification

168

A.1.2

Utilisation de mémoires

168

A.1.3

Risque de tomber dans un optimum local

168

A.2

Les algorithmes évolutionnistes

169

A.2.1

Les fondements des AG

169

A.2.2

Algorithmes Génétiques en action

170

A

L'évaluation

170

B

La sélection

170

C

La reproduction avec mutation et croisement

172

A.2.3

Analyse des points forts des AG

172

A.2.4

Elitisme

173

A.3

La Recherche Tabou

173

A.3.1

Fondements de la Recherche Tabou

173

A.3.2

La Recherche Tabou en action

174

A

La génération de voisinage

174

a Mémoire attributive (liste tabou)

174

a Mémoire Explicite

175

b Critère d'aspiration

175

B

Sélection de la solution suivante

175

C

Condition d'arrêt

175

A.3.3

Analyse des points forts de la Recherche Tabou

176

Annexe B

Outils d'ingénierie pour le design des réseaux radiomobiles

179

B.1

PARCELL

179

B.2

AGORA

182

Annexe C

Acronymes

184

Liste des tableaux

TAB. I-1 Les différentes générations des réseaux radiomobiles

25

T AB. I-2 Comparaison entre les différents modes d'accès multip le

33

TAB. I-3 Capacité d'une BTS par rapport au nombre de TRX

53

TAB. I-4 Seuils de protection pour différentes distances inter-canal définis par la norme GSM.

 

60

TAB. III-1 Evolution du trafic dans le problème B_63_1

113

TAB. III-2 Evolution du trafic dans le problème B_63_2

113

T AB . III - 3 Comparaison des meilleures solutions obtenues par l'AGH, par AGHSLT et par la RT pour les trois instances de problème. Chaque algorithme est exécuté 10 fois pour

chaque instance

116

TAB. III-4 Comparaison entre la solution trouvée par l'optimisation de la fonction F 1 et celle

117

produite par l'optimisation de la fonction F 1 +F 2 pour le problème

TAB. III-5 Comparaison entre la solution trouvée par l'optimisation de la fonction F 1 et celle

118

produite par l'optimisation de la fonction F 1 +F 3 pour le problème

TAB. III-6 Comparaison en terme de perte en trafic entre un plan de fréquences généré par le modèle d'ARF et un autre généré par le modèle classique d'AFF. Le test est réalisé sur le

problème D_639

 

120

TAB.

III-7

Comparaison

entre

les

différents

algorithmes

d'affectation

multipériode

de

fréquences

 

134

T AB. III-8 Comparaison entre AFF et AMF en terme de fonctions de coût. Tests effectués sur le problème D_639. Les solutions reportées consistent en la meilleure solution obtenue à

partir de 5

135

T AB . III - 9 Comparaison entre les solutions AFF et AMF présentée dans T AB . III - 8 en terme

de perte en trafic

135

TAB. III-10 Comparaison entre les modèles AFF et AMF en terme de fonction de coût. Les

137

tests sont effectués sur le problème BM_120

TAB. III-11 Perte en trafic enregistrée pour les solutions obtenues à partir des modèles AFF et

AMF

137

TAB. III-12 Correspondance entre le nombre de TRX et nombre de canaux de trafic

140

TAB. III-13 Comparaison des résultats du simulateur et ceux du modèle analytique

155

TAB. III-14 Caractéristiques des différentes configurations de capacités cellulaires trouvées

157

par la technique d'optimisation -contrainte pour le problème

TAB. III-15 Caractéristiques des configurations obtenues par la technique -contrainte pour le

157

réseau BM_120

Liste des figures

FIG. I-1 Utilisation de plusieurs antennes à faible puissance au lieu d'une antenne puissante. 26

FIG. I-2 Les deux schémas de configuration d'un site : (a) site muni d'une seule antenne

omnidirectionnelle, (b) site muni de trois antennes

26

FIG. I-3 Concept cellulaire : (a) pavage régulier, (b) couverture réelle

27

FIG. I-4 Exemple de densification : (a) cellule d'origine, (b) densification par sectorisation, (c)

ajout de site, (d) couverture

29

FIG. I-5 Zone de handover entre deux cellules

29

FIG. I-6 Propagation du signal radio par trajets multiples

31

FIG. I-7 Schémas d'accès FDMA, TDMA et CDMA

32

FIG. I-8 Architecture du réseau GSM

36

FIG. I-9 Architecture de référence du réseau UMTS

37

FIG. I-10 Relation entre les phases de design et de dimensionnement. Le design détermine les

schémas de réseau capables de répondre aux objectifs fixés par le dimensionnement

42

FIG. I-11 Validation des sites théoriques

43

FIG. I-12 Découpage itératif

44

FIG. I-13 Approche par maillage adaptatif pour la recherche de sites. (a) un terrain vierge; (b)

matrice de demande en trafic; (c) pavage hexagonal du terrain

45

FIG. I-14 Positionnement de 4 BTS

47

FIG. I-15 Graphe bi-partie sites-points

48

FIG. I-16 Représentation par graphe dans le modèle de Chamaret et al

49

FIG. I-17 Maillage d'un réseau

50

FIG. I-18 Relation d'inclusion entre RTP, STP, TTP

52

FIG. I-19 Diagramme horizontal des trois types d'antennes

53

FIG. I-20 Couverture d'une cellule

55

FIG. I-21 Classification des approches de résolution du PPA

58

FIG. I-22 Ingénierie de saut de fréquences

61

FIG. I-23 Histogramme de brouillage d'une cellule sur une autre

68

FIG. II-1 Evolution des solutions optimales lors du changement de l'environnement

76

FIG. II-2 Les deux ordonnancements ont le même temps de terminaison, cependant l'ordonnancement (b) est meilleur car les périodes creuses sont regroupées plus à la fin.

 

77

FIG. II-3 Différentes échelles de prise de décision

80

FIG. II-4 Classification des problèmes d'optimisation dynamique

81

FIG. II-5 Perte en trafic due au blocage des communications

85

FIG. II-6 Diagramme des variations de trafic d'une cellule pour une journée

87

FIG. II-7 Correspondance entre densité d'utilisateurs et densité de trafic. Des zones à forte

densité d'utilisateurs présentent néanmoins une faible demande en

89

FIG. II-8 Prévision court et long terme du trafic

92

FIG. II-9 Technique d'affectation de fréquences multipériode de Murray et

93

FIG. II-10 Evolution de l'environnement d'un réseau cellulaire

93

FIG. II-11 Approche d'OD de Reininger et Caminada

95

FIG. III-1 Evolution du trafic sur deux cellules. La deuxième heure la plus chargée n'est pas la

101

FIG. III-2 Modèle d'affectation robuste de fréquences : à partir des données d'évolution du trafic sur NP périodes, NP graphes de contraintes sont construits. Les graphes de

contraintes sont utilisés pour concevoir un seul plan de

103

FIG. III-3 Schéma de fonctionnement de l'algorithme génétique hybride

107

FIG. III-4 Opérateur de croisement géographique : deux plans de fréquences sont générés

108

FIG. III-5 Sur la station 2, la 1 ère fréquence passe de la valeur 8 à 5. Les triplets (2,1,8) et

(2,1,5) sont alors considérés tabou

110

FIG. III-6 Répartition spatiale de la perte en trafic sur les 63 stations du réseau B_63_2 pour les deux solutions trouvées respectivement par optimisation des fonctions F 1 et F 1 +F 2 .

118

FIG. III-7 Comparaison de la répartition dans le temps de la perte en trafic sur le réseau entre

les plans de fréquences générés par optimisation des fonctions F 1 et F 1 +F 3

119

FIG.

III-8

Opérateur

de

croisement

géographique

adapté

à

l'affectation

de

fréquences

multipériode

 

127

FIG.

III-9 Techniques

d'optimisation

multipériode

pour l'affectation

de

fréquences.

(a)

optimisation directe; (b) optimisation pas à pas; (c) optimisation séquentielle;

(d)

optimisation

 

132

FIG. III-10 Evolution des niveaux de trafic sur le réseau BM_120

 

136

FIG. III-11 Modèle d'évolution d'un appel (Onur et al

)

142

FIG. III-12 Technique d'optimisation -contrainte pour le problème de planification des

capacités cellulaires sous contrainte

147

FIG. III-13 Schéma de fonctionnement de la planification des capacités cellulaires

148

FIG. III-14 Schéma de fon ctionnement de l'AGMO dans l'espace objectif du problème PCC.

151

FIG. III-15 Comparaison entre le trafic simulé et le trafic estimé par le modèle analytique 156

FIG. III-16 Représentation graphique des coûts de blocage et d'interférence des configurations

158

obtenues

F IG. III - 17 Comparaison entre les fronts Pareto produit s par l'AGMO et la technique -

159

contrainte pour le problème

F IG. III - 18 Comparaison entre les fronts Pareto produits par l'AGMO et la technique -

contrainte pour le problème

159

FIG. IV-1 Opérateurs de mutation et de croisement classiques

170

FIG. IV-2 La sélection se comporte comme une roue de loterie biaisée. Chaque individu dans la population possède son propre secteur dont les dimensions sont proportionnelles au

degré de son

171

FIG. IV-3 Exemple de fonctionnement de la liste tabou

174

FIG. IV-4 Fonctionnement d'une itération de la Recherche Tabou

176

FIG. IV-5 Stratégie d'intensification

177

FIG. IV-6 Stratégie de diversification

177

FIG. IV-7 Exemple de l'interface PARCELL : carte générale de France

179

FIG. IV-8 Calcul de la puissance d'un champ émis par une station sur un point

180

FIG. IV-9 Calque de couverture

181

FIG. IV-10 Calque de cellules

181

FIG. IV-11 Calque de niveau de trafic

181

FIG. IV-12 Déroulement de la recherche d'un plan de fréquences dans AGORA

182

FIG. IV-13 Evaluation en FER de la qualité d'un plan de

183

Introduction

Introduction

L'histoire des réseaux radiomobiles s'est bâtie sur différentes générations de systèmes radio. Après les systèmes analogiques, des systèmes numériques dits de deuxième génération ont vu le jour dont les réseaux de norme GSM (Global System for Mobile Communications). Les réseaux GSM constituent à ce jour l'essentiel des réseaux radiomobiles européens et mondiaux avec un taux de pénétration dépassant dans beaucoup de pays les 70%. Les besoins de débits de communication plus élevés notamment pour l'accès à Internet et de compatibilité des systèmes à l'échelle mondiale, ont poussé à l'élaboration de nouvelles normes de systèmes radiomobiles dits de 3 ème génération parmi lesquelles la norme UMTS (Universal Mobile Telecommunication System) en Europe.

L'essor formidable des réseaux radiomobiles au cours des dix dernières années est dû en grande partie aux possibilités de communication offertes par ces systèmes en situation de mobilité et d'itinérance. Pour l'accès aux réseaux, les systèmes radiomobiles utilisent une liaison radio entre le téléphone mobile et un ensemble de stations de base réparties sur le territoire. Si l'itinérance est un résultat de l'effort de normalisation, la mobilité est un effet direct de la couverture et de la qualité des réseaux. Pour satisfaire les besoins en communication de leurs clients en situation de mobilité, les opérateurs doivent porter une attention toute particulière à la phase de conception, ou de design, du réseau radio :

localisation des émetteurs et paramétrages de leurs ressources.

Le design représente une étape incontournable du cycle de vie du réseau radio. Le rôle du design est de définir de façon prévisionnelle, sur papier ou avec l'aide de logiciels, les configurations matérielles et logicielles, si possibles optimales, répondant aux objectifs techniques et économiques fixés par les engagements de licences. Cette étape fait appel à des données de toutes sortes, géographiques, marketing, techniques, ainsi qu'à des données remontées du réseau éventuellement existant. La croissance continue de la demande en communications fait du design des réseaux radiomobiles une tâche perpétuelle. Cette tâche est d'une grande complexité du fait du volume immense de données à gérer ainsi que de l'emboîtement de plusieurs problèmes d'ingénierie séparables en apparence.

Les problèmes de design des réseaux radiomobiles se caractérisent par une multitude de critères de jugement se rapportant à des notions de qualité technique et de coût économique de natures différentes. Si les critères sont nombreux et rendent difficiles les choix de solutions de réseaux, deux points essentiels sont à souligner. Ces points différencient fortement le design des réseaux radiomobiles des réseaux filaires. Premièrement, les données à la base de leur calcul sont de faible fiabilité; on peut citer à ce propos la description numérique de l'environnement rarement à jour, et les calculs de propagation d'ondes radioélectriques trop complexes pour être complets. Ces éléments font que la recherche de solution optimale aux problèmes n'est pas un objectif discriminant dans le choix des méthodes de design. En deuxième point, la nature dynamique de l'environnement du réseau rend difficile l'établissement et la mesure des critères de performance. L'environnement change du fait même de l'introduction de la variation du trafic, mais aussi de l'introduction de nouveaux services, systèmes ou tarifs par exemple. Or tout cela a un impact sur les performances du réseau. De ce fait la qualité d'un réseau devrait être estimée à la lumière des changements s'opérant sur l'environnement afin de parvenir à des solutions capables de résister aux changements ou d'évoluer à moindre coût. Il s'agit là par contre d'un facteur essentiel. Les notions de robustesse et d'évolutivité des réseaux s'inscrivent alors comme des critères clés du design. Aucune forme de réseaux de télécommunications n'a eu jusqu'alors à faire face à

Introduction

autant de changements sur des délais si courts comme c'est le cas des systèmes radiomobiles. Cela a forcément un impact majeur sur les méthodes mises en œuvre dans le déploiement et l'optimisation de ces réseaux, c'est ce que nous nous efforçons d'étudier dans cette thèse.

Les variations subies par le réseau sont à différentes échelles. Souvent, l'ajustement du réseau à ces variations est compliqué, voire impossible. Les techniques de design actuelles, ont recours à l'agrégation des données d'évolution. On retrouve cette façon de procéder dans l'utilisation de la notion d'Erlang pour la mesure de la charge en trafic ou encore l'utilisation du trafic à la deuxième heure la plus chargée. De cette agrégation naît une estimation imprécise du comportement et de la robustesse du réseau face à l'évolution de l'environnement. Sur le plan de l'évolution moyen et long terme des données, souvent les techniques de design procèdent pas à pas. A chaque période d'ajustement ou d'extension du réseau, les paramètres du système sont optimisés afin d'offrir les meilleures performances à la période courante. L'optimisation, dans ce cas, fait abstraction des évolutions futures des données. La raison en est soit l'absence de ces données tout simplement, soit la complexité combinatoire induite par un traitement du problème sur plusieurs périodes.

Parmi la gamme des problèmes d'ingénierie que l'on peut rencontrer durant le design des réseaux radiomobiles, nous nous sommes intéressés tout particulièrement aux problèmes d'affectation de fréquences et de planification des capacités cellulaires dans les réseaux GSM. Notre choix s'est porté sur ces problèmes du fait de la volumineuse littérature sur des modèles qui vont nous permettre de comparer nos approches. Le problème d'affectation de fréquences se rapporte au concept de partage de ressources radio. Chaque station de base requiert un ensemble de fréquences pour assurer les communications sur son aire de service. Il s'agit alors de répartir l'ensemble des fréquences disponibles sur les stations de manière à réduire les interférences sur la zone. Le problème de planification des capacités cellulaires intervient suite à l'augmentation du trafic sur les stations au point d'altérer les performances du réseau et d'augmenter le taux de blocage des communications. La solution est alors d'accroître la cap acité des stations en installant des TRX (transmetteurs) supplémentaires. Le problème de planification des capacités cellulaires consiste à déterminer le nombre de TRX à installer sur chaque station pour un certain niveau de blocage.

L'objectif du travail de cette thèse est de proposer des modèles et des algorithmes d'optimisation pour traiter des aspects dynamiques des problèmes d'ingénierie dans le design de la partie radio des réseaux radiomobiles, et de montrer leurs mises en œuvre sur un échantillon de problèmes connus en GSM. La contribution de ce travail se situera donc sur deux plans : modélisation et algorithmique d'optimisation. Sur le plan de la modélisation, nous étudierons les concepts et critères à introduire afin de tenir compte de la variabilité de l'environnement d'un réseau. Sur le plan algorithmique, notre objectif premier sera de présenter les outils permettant de maîtriser, d'une part la complexité combinatoire induite par le caractère dynamique des données, et d'autre part l'apparition de nouveaux critères de qualité lié à la robustesse et à l'évolutivité des solutions.

La thèse est composée de trois parties principales, chacune étant séparée en deux ou trois chapitres.

La première partie de la thèse permet d'exposer les problèmes de desi gn dans les réseaux radiomobiles. Pour cela, nous commençons tout d'abord par rappeler succinctement les principaux concepts liés à la téléphonie mobile dans le premier chapitre. Dans le deuxième

Introduction

chapitre nous présentons les principaux problèmes liés au design du réseau radio c'est-à-dire la recherche des sites, le positionnement et le paramétrage des antennes, la planification des capacités cellulaires et finalement l'affectation de fréquences. Nous nous attarderons tout particulièrement sur le problème d'affectation de fréquences qui constitue le cadre principal des études effectuées dans le contexte de l'optimisation dynamique.

Dans la deuxième partie de cette thèse, nous abordons les bases de l'optimisation dynamique. Le chapitre 3 est consacré à l'étude des problèmes d'optimisation dynamique dans leur cadre général. Nous proposons une classification de ces problèmes selon trois critères : la prévisibilité des variations futures, le caractère temps réel ou périodique des ajustements à effectuer, et finalement le caractère réversible ou pas des solutions antérieures. Dans le chapitre 4 nous étudions les techniques d'optimisation dynamique dans le cadre plus restreint du design des réseaux radiomobiles. Le trafic est identifié comme étant l'un des facteurs clé de l'évolution des réseaux. Les fondements de l'ingénierie de trafic sont donnés, suivis par une description de quelques travaux portant sur le design dynamique des réseaux radiomobiles.

Dans la troisième et dernière partie, nous proposons des modèles et des algorithmes comme solutions à des problèmes de design dynamique. Les problèmes d'affectation de fréquences et de planification des capacités cellulaires sont pris comme base de ces études. Cette partie présente donc les travaux originaux menés au cours de la thèse. L'objectif est d'analyser des modèles et des outils algorithmiques utilisables à travers trois situations différentes d'optimisation dynamique. La variation du trafic à différentes échelles et l'impact de ces variations sur les performances des solutions sont considérés comme éléments principaux de ces études.

Le premier cas aborde une situation de variation du trafic à court terme (de l'ordre de l'heure). Dans le cadre du problème d'affectation de fréquences, la rapidité des changements emp êche l'ajustement en temps réel et systématique de la solution. La notion de robustesse se présente dans ce cas comme l'objectif principal de l'optimisation. Le but du problème est alors de s'assurer de la qualité globale et locale du plan de fréquences. La qualité globale du réseau se réfère à sa performance au long de toute la période d'étude. La qualité locale, quant à elle, concerne la performance du réseau en chaque instant et en chaque point du réseau.

Le deuxième cas d'étude se rapporte à l'évolution du trafic à moyen terme. Dans ce cas, l'ajustement périodique de la solution est possible. La principale difficulté consiste alors à maîtriser la complexité combinatoire induite par le caractère multipériodique de l'optimisation. En effet, l'objectif de l'optimisation dans ce cas n'est plus de trouver une solution unique au problème, mais une séquence de solutions qui épousent l'évolution des données de l'environnement et qui réduisent les coûts de transition. La maîtrise des coûts de transition fait alors partie intégrante de la mesure de performance de la solution.

Dans le dernier chapitre de cette partie, nous étudions le cas d'une évolution du trafic à long terme. Dans ce cas le caractère non prévisible de l'évolution nous entraîne à adopter une procédure d'optimisation pas à pas. Le problème de planification des capacités cellulaires sous contraintes d'interférence est pris comme cas d'étude. Nous proposons ainsi une modélisation multicritère du problème prenant en compte simultanément les performances en terme de blocage des communications et de réduction des interférences.

Introduction

Nous terminons par une conclusion générale résumant les principaux résultats obtenus au cours de cette thèse sur les plans des modèles et algorithmes. Puis nous présentons une vue sur les extensions possibles de ce travail.

Partie I Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Chapitre 1 Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

Résumé. Ces dernières années ont confirmé le formidable essor de la téléphonie mobile. Le nombre d'abonnés est passé de 10 millions en 1991 à 210 millions fin 1997 et plus d'un milliard fin 2002. Au même moment, le taux de pénétration a dépassé les 70% dans beaucoup de pays. Dans ce premier chapitre, nous nous proposons de décrire les principaux concepts des réseaux radiomobiles, tout particulièrement la partie assurant la mobilité à savoir l'interface radio. Nous porterons plus spécialement notre attention sur les réseaux dits de 2 ème et 3 ème génération, tels que le GSM (Global System for Mobile communications), qui représentent à ce jour l'essentiel des réseaux radiomobiles dans le monde, et l'UMTS (Universal Mobile Telecommunication System) qui représente la norme européenne pour les réseaux de 3 ème génération.

Table des matières

1.1 Historique

25

1.2 Concepts cellulaires et systèmes radiomobiles

25

1.2.1 Concept cellulaire

27

1.2.2 Réutilisation des fréquences

28

1.2.3 Densification

28

1.2.4 Itinérance (roaming)

29

1.2.5 Handover et macrodiversité

29

1.2.6 Nature de la liaison radio

30

1.2.7Modes d'accès radio

31

1.3 Architecture générale des réseaux radiomobiles

33

1.3.1 Le sous-système radio (BSS) dans le GSM

34

1.3.2 Réseau d'accès UTRAN

dans l'UMTS

35

1.3.3 Le sous-système réseau (NSS)

35

1.4 Système de gestion de l'itinérance

37

1.4.1 Systèmes sans localisation

37

1.4.2 Systèmes à zones de localisation

37

1.5 Critères de performances d'un réseau radiomobile

38

1.5.1 Critères de coût

38

1.5.2 Critères de qualité de service

39

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

1.1 Historique

Les premiers travaux sur la téléphonie mobile ont été entrepris pour des raisons militaires. Détroit a été la première ville à bénéficier d’un système d’appels groupés, servant aux voitures de police pour la transmission d’instructions en 1921. A la suite et pendant les années 30, les avancées de la modulation de fréquence aidèrent à l’amélioration de la qualité des conversations notamment pour les véhicules en mouvement. En 1946, AT&T sortit sur le marché le premier radio téléphone mobile à St Louis. Cependant, le manque de canaux de communication limitait sérieusement la qualité du service.

Les années 70 ont vu émerger de nombreux réseaux de radiotéléphonie analogique désignés par la suite par le terme de systèmes de 1 ère génération. L’incompatibilité subsistante entre ces différents réseaux, principalement liée aux différences de normes (NMT 450, NMT 900, TACS, C450, Radiocom 2000, RTMS…) et de bandes de fréquences, a rendu impossible la création de réseaux à vocation internationale. Pour ces raisons, des démarches ont été entreprises vers l’établissement d’une norme unique pour les communications avec les mobiles. En 1982, la CEPT (Conférence Européenne des Postes et Télécommunications) fixa des bandes de fréquences communes à toute l’Europe dans la bande des 900 MHz. Un groupe de normalisation, GSM, fut installé la même année, dont la tâche était d’établir un système de communication mobile numérique. En 1990, une nouvelle norme, DCS 1800, représentant une adaptation de la norme GSM, fut établie pour supporter les réseaux de télécommunications dans la bande des 1800 MHz. Les systèmes numériques : GSM, DCS1800 (Europe) ou encore IS-95 (USA) et PDC (Japon) représentent les systèmes de 2 génération.

ème

De nouvelles normes sont actuellement en étude désignées par le terme de systèmes radiomobiles de 3 ème génération. Le principal objectif de tels systèmes est d'offrir des services de communication à hauts débits (services multimédias) avec de plus grandes facilités de mobilité (itinérance internationale). Le label IMT-2000 fait référence à l'ensemble des travaux de normalisation accomplis par l'UIT (Union International des Télécommunication) à l'échelle mondiale. L'UMTS désigne quant à lui la partie de cette recherche conduite en Europe.

TAB. I-1 Les différentes générations des réseaux radiomobiles

Génération

 

Caractéristiques générales

Systèmes

de

première

Se basent sur la transmission analogique. Généralement, ce sont des réseaux nationaux ne permettant pas l'itinérance.

génération

Systèmes de deuxième génération (GSM, DCS, IS-95, GPRS…)

Utilisent la transmission numérique. Ce sont des systèmes qui supportent l'itinérance internationale mais leurs faibles débits restreignent leurs utilisations à la communication vocale.

Systèmes

de

troisième

Fournissent des services de communications hauts débits (jusqu'à 2 Mbit/s), ouvrant ainsi la porte à la transmission des données et aux services multimédia.

génération

(UMTS,

CDMA2000…)

1.2 Concepts cellulaires et systèmes radiomobiles

L'objectif d'un système de radiotéléphonie est de permettre l'accès au réseau téléphonique à partir d'un terminal portatif sur une zone géographique plus ou moins vaste. Cet accès est réalisé grâce à une liaison radioélectrique entre le terminal et le réseau. Pour que la qualité des

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

communications soit satisfaisante, la puissance de réception dans les sens montant et descendant doit être assez élevée, rendant nécessaire la bonne distribution d'un ensemble de stations de base sur le territoire à couvrir (FIG. I-1). Une station de base, BTS ou Nœud B selon la terminologie UMTS 1 gère les fonctions d'émission et de réception avec plusieurs équipements mobiles en parallèle. Chaque station de base couvre une partie du territoire appelée cellule. La subdivision du réseau en cellules doit rester transparente pour le client qui n'a pas à connaître la station de base à laquelle il est rattaché à un moment donné.

de base à laquelle il est rattaché à un moment donné. F I G . I-1
de base à laquelle il est rattaché à un moment donné. F I G . I-1

FIG. I-1 Utilisation de plusieurs antennes à faible puissance au lieu d'une antenne puissante

à faible puissance au lieu d'une antenne puissante (a) (b) F IG . I-2 Les deux

(a)

à faible puissance au lieu d'une antenne puissante (a) (b) F IG . I-2 Les deux

(b)

FIG. I-2 Les deux schémas de configuration d'un site : (a) site muni d'une seule antenne omnidirectionnelle, (b) site muni de trois antennes sectorielles.

Les stations de base composant le réseau sont regroupées en emplacements géographiques appelés sites. Selon le type d'antennes utilisées, un site peut contenir une à plusieurs BTS. Plus précisément, une seule antenne omnidirectionnelle, ou plusieurs antennes sectorielles. La figure FIG. I-2 représente les deux schémas de configuration de site possibles. Le schéma (a) représente un site muni d'une seule antenne omnidirectionnelle, le schéma (b) montre un site à trois antennes sectorielles. Dans les réseau x GSM il est usuel de limiter le nombre d'antennes sectorielles sur un site à trois.

1

Nous utiliserons par la suite le terme "station" pour référencer une station de base ou un Nœud B indifféremment.

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

1.2.1 Concept cellulaire

Une cellule représente l'ensemble des points du territoire couvert par une même BTS et où le signal émis par cette BTS est le plus fort. On parle alors de BTS "meilleure serveuse". Le concept cellulaire constitue le fondement de base des réseaux radiomobiles. Premièrement, l'utilisation du concept cellulaire permet l'ajustement des ressources radio à la demande en trafic. Cet ajustement est réalisé en densifiant les zones à forte demande en communications. Le principe de densification se traduit par des zones urbaines à forte concentration de BTS couvrant de petites cellules et des zones rurales à faible concentration de BTS couvrant des cellules de grande taille.

La réutilisation des ressources radio (fréquences) dans les réseaux GSM constitue le deuxième intérêt du concept cellulaire. En effet l'opérateur téléphonique est restreint à un nombre limité de fréquences pour couvrir l'ensemble du réseau, ce qui rend nécessaire la réutilisation du spectre radio mainte fois de façon à prévenir les situations d'interférences entre les ondes radio. En conséquence de la réutilisation des fréquences, le réseau est capable d'écouler un nombre de communications beaucoup plus grand que le nombre de fréquences disponibles.

La forme hexagonale a été universellement adoptée comme représentation théorique du design cellulaire [Mac Donald 79]. En effet l'hexagone désigne la forme géométrique la plus proche du cercle (propagation des ondes radio dans un espace sans obstacles) qui permet un pavage régulier du plan (FIG. I-3) en utilisant le moins de cellules. De plus il garantit une uniformité des distances entre les émetteurs, la régularité des schémas d'antennes et de la propagation des ondes radio en espace libre. La réalité, cependant, s'écarte de cette vue théorique. La non régularité des reliefs géographiques (montagnes, plateaux…) et architecturaux (bâtiments, maisons…) fait que la propagation des ondes ne s'effectue pas de la même façon dans toutes les directions. De ce fait, des prolongements, des rétractions voir même des discontinuités importantes apparaissent dans la couverture des cellules.

importantes apparaissent dans la couverture des cellules. F I G . I-3 Concept cellulaire : (a)

FIG. I-3 Concept cellulaire : (a) pavage régulier, (b) couverture réelle

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

1.2.2 Réutilisation des fréquences

Le principe de réutilisation des fréquences est un concept propre aux schémas d'accès radio FDMA (Frequency Division Multiple Access) et TDMA (Time Division Multiple Access) basés sur la subdivision du spectre radio (cf. 1.3.1A). Il consiste en l'allocation de canaux physiques de même fréquence à des cellules qui sont suffisamment éloignées pour ne pas générer d'interférences co-canal [Mac Donald 79]. Grâce à ce principe, le réseau parvient à gérer un nombre de communications simultanées beaucoup plus grand que le nombre de fréquences disponibles.

Le principe de réutilisation des fréquences a donné lieu à plusieurs stratégies d'allocation. On distingue principalement deux techniques de gestion des ressources radio. La première nommée allocation fixe de fréquences (Fixed Channel Assignment) consiste à allouer un ensemble de fréquences nominales à chaque station d'une manière permanente. Dans la technique d'allocation dynamique des fréquences (Dynamic Channel Assignment) aucune affectation des fréquences aux stations n'est opérée a priori. Les fréquences sont attribuées aux communications à leurs arrivées. Des techniques intermédiaires ont aussi été proposées telles que : l'allocation hybride des fréquences (Hybrid Channel Assignment) et l'allocation par empreint (Channel Borrowing). Nous reviendrons sur les techniques d'affectation de fréquences dans une section ultérieure.

1.2.3 Densification

La densification désigne le mécanisme par lequel, la capacité du réseau est accrue en multipliant le nombre de sites ou de stations déployés sur une zone. Cette adaptabilité est réalisée grâce à l'un des trois procédés suivants :

Eclatement de cellules (sectorisation) : quand le volume de trafic sur une cellule donnée dépasse la capacité de la station, la cellule est alors subdivisée en cellules plus petites. Pour ce faire on remplace l'antenne omnidirectionnelle par plusieurs antennes sectorielles. Ce qui induit une révision locale du plan de fréquences ainsi qu'un réaménagement des paramètres des antennes sur le site.

Ajout de nouveaux sites : quand le nombre maximal de stations pouvant être installé sur un site est atteint, il est alors inévitable de recourir à l'installation de nouveaux sites, ce qui conduit à la réduction des tailles des cellules.

Couverture multicouche : dans ce cas, les frontières de la cellule originale sont préservées. L'idée est d'insérer de petites cellules (microcellules) dans la cellule initiale afin d'alléger sa charge. Les appels ne pouvant pas être gérés par la microcellule sont redirigés vers la macro cellule.

Les trois mécanismes de densification décrits ci-dessus sont repris schématiquement dans la figure FIG. I-4.

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Partie I . Réseaux radiomobiles et ingénierie radio (a) (b) (c) (d) F IG . I-4

(a)

Partie I . Réseaux radiomobiles et ingénierie radio (a) (b) (c) (d) F IG . I-4

(b)

I . Réseaux radiomobiles et ingénierie radio (a) (b) (c) (d) F IG . I-4 Exemple

(c)

I . Réseaux radiomobiles et ingénierie radio (a) (b) (c) (d) F IG . I-4 Exemple

(d)

FIG. I-4 Exemple de densification : (a) cellule d'origine, (b) densification par sectorisation, (c) ajout de site, (d) couverture multicouche.

1.2.4 Itinérance (roaming)

Contrairement aux réseaux téléphoniques fixes où la position d'un abonné est invariante et correspond généralement à sa maison ou à son lieu de travail, cette position subit des modifications continuelles dans les réseaux radiomobiles. L'itinérance désigne la faculté du système à joindre un abonné quelle que soit sa position. Ce qui sous-entend que le système doit être en mesure de déterminer la localisation d'un abonné dans le réseau à n'importe quel instant et d'assurer une bonne qualité de communication à cet endroit. D'autre part, l'abonné doit pouvoir utiliser son terminal qu'elle que soit l'endroit où il se trouve. Nous reviendrons dans la section 1.4 sur les techniques de localisation des abonnés.

Zone de handover
Zone de handover

Zone de couverture de la station 1

Zone de couverture de la station 2

FIG. I-5 Zone de handover entre deux cellules

1.2.5 Handover et macrodiversité

Lors d'une communication, la station mobile peut être en mouvement (FIG. I-5). Il est alors important de garantir la continuité de la communication en dehors de la cellule où la conversation a débuté. En effet, lorsque la station à laquelle le mobile est rattaché n'arrive plus à assurer une bonne qualité de service, il devient alors nécessaire de changer de station de base. Ce transfert doit se faire de façon transparente et sans causer d'interruption. Le principe

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

de handover implique donc l'existence de zones de recouvrement, où plusieurs signaux de bonne qualité et provenant de BTS différentes coexistent.

Dans les réseaux GSM, la procédure de handover nécessite généralement le changement des fréquences porteuses utilisées par le terminal mobile pour l'émission et la réception. On parle alors de hard-handover, car le terminal doit momentanément interrompre sa liaison avec la station courante pour basculer vers la nouvelle fréquence qui lui est allouée. Dans un réseau UMTS, des cellules adjacentes partagent l'utilisation de la même fréquence (la distinction entre les différentes communications se fait par le biais d'un code d'étalement du spectre). Ceci offre la possibilité à un terminal d'entretenir plusieurs liaisons simultanées avec des stations différentes améliorant du coup la qualité globale de la communication. La possibilité qu'a un terminal de communiquer avec plusieurs nœuds B en parallèle constitue la base du principe de macrodiversité.

Le soft-handover fait référence à l'utilisation du concept de macrodiversité pour effectuer le handover. Dans ce cas, le mobile établit une liaison avec le nœud B destination sans rompre la liaison qui le lie au nœud initial. Cette liaison est libérée quand la procédure de handover s'achève.

1.2.6 Nature de la liaison radio

Une grande partie des problèmes de la radiotéléphonie mobile est liée à la nature même de la liaison radio. Les ondes radio sont sujettes à des phénomènes d'affaiblissement causés par les conditions climatiques (neige, pluie…) ou géographique (montagnes, maisons…). Par ailleurs, il est souvent impossible d'assurer la visibilité directe d'un abonné depuis la station de base étant donnée la nature de l'environnement (suburbain, urbain, intérieur des bâtiments, montagnes…).

Lors d'une émission, le signal subit une multitude de transformations plus ou moins importantes avant d'arriver à destination. Ces transformations peuvent être classifiées selon leurs échelles de variation [Guisnet 98] en :

Variations à grande échelle : elles ne font intervenir que le facteur distance entre l'émetteur et le récepteur. On parle alors d'affaiblissement. Plusieurs modèles d'affaiblissement existent dans la littérature. Dans le modèle d'espace libre, l'affaiblissement d'un signal est égal à [ Lagrange 00] :

AF 32.4 20 log f 20 log d

10

10

(I.1)

f désigne la fréquence du signal émis et d la distance séparant l'émetteur du récepteur.

Variations à moyenne échelle : ces variations sont dues aux reliefs séparant l'émetteur du récepteur. On parle alors d'effet de masque. En effet une onde radio subit différents phénomènes de réflexion, de diffraction et de diffusion avant d'atteindre la station mobile. Ces transformations sont la conséquences des effets de relief (géographique + sursol) et des différents obstacles (bâtiments, maisons…) et ont pour effet d'atténuer le signal reçu par le mobile.

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Variation à petite échelle : pour atteindre sa destination, le signal émis emprunte des trajets de longueurs différentes formés par les phénomènes de propagation. On se trouve alors face à plusieurs signaux portés par une même fréquence présentant des déphasages constructifs ou destructifs du signal original. L'évanouissement (fading) d'un signal se produit quand les ondes issues des trajets multiples s'annulent donnant lieu à un signal de très faible puissance.

Diffraction Réflexion Diffusion
Diffraction
Réflexion
Diffusion

FIG. I-6 Propagation du signal radio par trajets multiples

Les modèles de propagation [Kurner et al. 93] sont utilisés afin de prédire les variations à grande et moyenne échelle du signal radio. Principalement ces modèles sont classés selon la nature de l'environnement dont le quel ils sont spécialisés : montagneux [Driessen 90], urbain [Feistel et Baier 95], rural [Hviid et al. 95], indoor [Tan et Tan 97]. Un modèle de propagation est donc une modélisation mathématique et informatique des phénomènes de propagation des ondes radio. L'objectif est de prédire la puissance des signaux reçus sur un point donné à partir des données géographiques. Les modèles de propagation sont des outils indispensables pour la conception des interfaces radio et lors du design et du déploiement des réseaux radiomobiles. Leur implémentation dans les outils d'ingénierie permet de simuler l'impact des choix effectués sur la qualité du réseau (couverture, interférence…) avant son déploiement sur le terrain.

1.2.7 Modes d'accès radio

Ils existent différentes méthodes d'exploitation du spectre radio, qui se traduisent par une efficacité spectrale variable (nombre d'erlang par km2 et par MHz). Chaque mode définit la manière dont le spectre radio est réparti sur les différents utilisateurs du système. On dénote principalement trois modes d'accès :

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

a Mode d'accès FDMA (Frequency Division Multiple Access)

Dans ce type de système, le spectre disponible est divisé en bandes de fréquences de largeurs égales, chacune supportant un seul canal physique. Un canal libre est attribué à chaque utilisateur qui souhaite établir une communication. Le nombre de communications que peut écouler une cellule est donc égal au nombre de fréquences allouées à cette cellule. On utilise le terme "porteuse" pour désigner une fréquence.

b Mode d'accès TDMA (Time Division Multiple Access)

De la même façon que pour la technique FDMA, le mode TDMA procède par division du spectre en plusieurs fréquences. De plus, chaque fréquence est subdivisée dans le temps en intervalles appelés slots. Un canal de communication correspond alors à la répétition régulière d'un même slot sur une fréquence donnée. La technique TDMA est largement utilisée dans les réseaux radiomobiles de deuxième génération (GSM, DECT…).

c Mode d'accès CDMA (Code Division Multiple Access)

La technique CDMA a été utilisée en premier par les militaires Anglais durant la deuxième guerre mondiale. Le mode d'accès CDMA est fondé sur les techniques d'étalement du spectre radio. Contrairement au mode TDMA, la technologie CDMA n'alloue pas de fréquence mais des codes spécifiques à chaque utilisateur. De ce fait, chaque canal de communication dispose de la totalité du spectre disponible.

FDMA

TDMA

CDMA

t f 2 f f 1
t
f 2
f
f 1
t f f 1 f 2
t
f
f 1
f 2
t f f 1 f 2
t
f
f 1
f 2

FIG . I- 7 Schémas d'accès FDMA, TDMA et CDMA

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

L'avantage principal du modèle CDMA est l'utilisation par l'ensemble des utilisateurs du spectre tout entier. Ceci a pour conséquence de :

1. Augmenter la capacité du système : Dans les systèmes CDMA, les cellules adjacentes utilisent la même partie du spectre, alors que dans les systèmes FDMA et TDMA, le nombre de fréquences alloué par cellule est limité par un facteur de réutilisation, L. Ce facteur désigne le nombre maximum de cellules qu'il faut pour l'utilisation de la totalité des fréquences du spectre une et une seule fois.

2. Eliminer le besoin d'affectation de fréquences : Au niveau de la réception, les différents signaux arrivent sur la même fréquence. Ils sont alors filtrés et identifiés à l'aide de codes orthogonaux distincts. A chaque communication est associé un code différent dont l'affectation est plus simple que la gestion des fréquences [Dinan et al. 02].

3. Simplicité de la procédure de handover : Contrairement aux systèmes FDMA et TDMA où le handover s'effectue par un changement de canal physique pendant la connexion (hard handover), dans les systèmes CDMA, les différentes cellules utilisent le même spectre de fréquences, donc aucune commutation de canal n'est nécessaire (soft handover) [Glisic et Vucetic 97].

TAB. I-2 Comparaison entre les différents modes d'accès multiple

Mode

Système

Inconvénients

Avantages

FDMA

Analogiques (1 er génération)

- Sensible aux évanouissements

Simple

- Rigide

TDMA

GSM,

IS-54,

Synchronisation

- Plus souple

PDC

- Capacité par rapport à FDMA

CDMA

IS-95, UMTS

Traitement complexe du signal

- Pas d'évanouissement

- Capacité théorique plus grande

Pas de planification de fréquences

-

1.3 Architecture générale des réseaux radiomobiles

Le but d'un réseau de téléphonie mobile est d'assurer un ensemble de services de télécommunications aux utilisateurs quels que soient leurs déplacements à l'intérieur d'un territoire. A cette fin l'abonné mobile utilise deux éléments distincts :

Un équipement mobile, ou terminal, qui fournit les capacités radio et logicielles nécessaires au dialogue avec le réseau.

Une carte amovible SIM (Subscriber Identity Module) ou USIM (Universal Subscriber Identity Module) dans la norme UMTS, qui stocke les caractéristiques de l'abonné et ses droits, en particulier son identité internationale, l'IMSI.

Le mobile est rattaché au réseau par voie radio. La partie du réseau en charge de gérer la liaison avec la station mobile est appelée interface radio. Cette dernière fait elle même partie du sous-système radio (Base Station Subsystem - BSS) qui avec le sous-système fixe (Network

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

and Switching Subsystem - NSS) constituent les deux composants principaux des réseaux GSM (FIG. I-8).

L'architecture des réseaux UMTS a été développée avec pour consigne la conservation d'un maximum de compatibilité avec l'infrastructure des réseaux GSM [Sanchez et Thioune 01]. De ce fait, une structure proche du sous-système fixe, NSS, se retrouve dans les deux normes. La principale différence porte sur le système d'accès radio UTRAN (Universal Terrestrial Radio Access Network) dans l'UMTS. L'architecture simplifiée du réseau UMTS est donnée dans FIG. I-9.

Dans ce qui suit, nous donnons une description succincte des différents composants des réseaux GSM et UMTS. Le lecteur trouvera dans [Walke 02] une description détaillée de l'architecture d'autres systèmes radio tels que DECT, IS-95…

1.3.1 Le sous -système radio (BSS) dans le GS M

A L'interface radio

L'interface radio est l'interface entre la station mobile et le réseau. Pour assurer cette liaison, un système radio a besoin d'une bande de fréquences. Les réseaux GSM utilisent les bandes de fréquences comprises entre 890-915 MHz pour le canal montant et 935-960 MHz pour le canal descendant.

La technique FD/TDMA est adoptée par la norme GSM comme mode d'accès radio. Le spectre est divisé en des porteuses espacées de 200 KHz. Chaque porteuse est fractionnée en 8 slots de durée 15/26 ms. Une trame TDMA correspond alors à un signal composé de 8 slots. Un canal de communication simplex est formé par la répétition périodique d'un même slot sur chaque trame.

B Fonctions de la BTS (Base Transceiver Station)

Une BTS est composée de plusieurs émetteurs/récepteurs appelés TRX. Sa capacité maximale est de 8 porteuses lui permettant de gérer une cinquantaine de communications en parallèle. La BTS s'occupe des aspects physiques de la transmission : la modulation et démodulation des signaux, le codage correcteur d'erreurs, le chiffrement, le multiplexage TDMA [Lagrange et al. 99]. Elle réalise aussi un ensemble de mesures radio permettant le contrôle de la qualité d'une communication en cours. Ces informations sont direct ement envoyées au BSC.

C Fonctions du BSC (Base Station Controller)

Un BSC contrôle une ou plusieurs BTS. Il est chargé de la gestion de la ressource radio :

allocation des canaux, procédure de handover. Il exploite les mesures fournies par les BTS afin de régler les puissances d'émission des BTS et des mobiles. Il constitue de plus le lien entre le sous système radio BSS (BTS + BSC) et le sous système d'acheminement ou réseau fixe, NSS (Network Sub-System).

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

1.3.2 Réseau d'accès UTRAN dans l'UMTS

A Interface Radio

Contrairement au GSM qui fait appel au mode d'accès TDMA, le réseau d'accès de l'UMTS, UTRAN, s'appuie sur le mode d'accès CDMA large bande [Holma et Toskala 01]. L'interface radio des réseaux UMTS repose sur une bande de fréquence de largeur 5MHz permettant d'atteindre des débits théoriques de 2Mbps.

B Fonctions du Nœud B

Le rôle d'un nœud B est d'assurer la connexion entre les terminaux mobiles et le réseau d'accès UTRAN. Le nœud B s'occupe ainsi des tâches liées à l'entrelacement, le codage et décodage, la correction d'erreur, etc.

L'une des tâches principales d'un nœud B est le contrôle de puissance. A intervalle de temps régulier, le nœud B calcule le rapport d'interférence C/I (Carrier to Interferer Ratio) du signal reçu à partir du terminal. Le rapport C/I représente le rapport de puissance entre le signal serveur ou utile et les signaux interférents. En fonction de cette mesure, la station transmet une information au terminal lui commandant d'accroître ou de réduire sa puissance d'émission. De la même façon, le terminal mobile informe le nœud serveur des lacunes observées sur le signal reçu.

C Fonctions du RNC (Contrôleur du réseau radio)

Le RNC joue le rôle du BSC dans un réseau GSM. Il assure, entre autres, la gestion des ressources radio et les procédures d'admission et d'établissement des communications. Comme il gère les procédures de handover et de contrôle de puissance.

1.3.3 Le sous -système réseau (NSS)

Il prend en charge les tâches d'établissement des communications et de gestion de la mobilité (localisation). Dans les réseaux GSM et UMTS, le sous système NSS contient un centre de commutation MSC (Mobile-services Switching Center) ainsi que des bases de données : VLR pour Visitor Location Register et HLR pour Home Location Register.

A Fonctions du MSC

Il effectue toutes les fonctions nécessaires à la gestion des appels de provenance ou à destination des abonnés localisés dans sa zone. Il gère aussi les informations liées à la mobilité des clients, utilisant pour cela les enregistreurs de données VLR et HLR.

B Fonctions du HLR

La base de donnée HLR contient des informations concernant le profil des abonnés. A chaque abonné est associé une et une seule entrée dans le HLR désignant la description de ses droits ainsi que son numéro international IMSI et son numéro d'abonné mobile MSISDN. En plus il

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

tient à jour une information qui pointe sur un VLR, lequel indique la zone de localisation où se trouve l'abonné actuellement.

C Fonctions du VLR

Dans la base de données d'une VLR on ne retrouve que les informations nécessaires à l'établissement des appels en provenance ou à destination d'abonnés se trouvant sur son aire. Ces informations consistent en l'identité internationale de l'abonné, IMSI, l'identité temporaire TMSI et la zone de localisation où l'abonné s'est manifestée pour la dernière fois.

où l'abonné s'est manifesté e pour la dernière fois. F I G . I-8 Architecture du

FIG. I-8 Architecture du réseau GSM

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Partie I . Réseaux radiomobiles et ingénierie radio F IG . I-9 Architecture de référence du

FIG. I-9 Architecture de référence du réseau UMTS

1.4 Système de gestion de l'itinérance

La gestion de l'itinérance est la tâche par laquelle le système arrive à connaître la position de ses abonnés. Ceci permet à un abonné d'être joignable à tout moment quelle que soit sa position. La gestion de l'itinérance fait intervenir deux mécanismes de base [Lagrange et al. 99] :

La localisation : c'est le mécanisme qui sert à mettre à jour les informations de localisation des abonnés. Le degré de précision de ces informations dépend de la fréquence d'appel de cette procédure mais induit inévitablement un coût plus élevé.

La recherche : la position fournie par le système de localisation peut ne pas être assez récente. Un avis de recherche est alors lancé dans les cellules où le système a précédemment localisé l'abonné ainsi que dans les cellules voisines.

1.4.1 Systèmes sans localisation

Les systèmes sans localisation sont dédiés aux réseaux d'aire de couverture restreinte ou à taux d'appels faible. Dans ce cas, aucun système de gestion de l'itinérance n'est implémenté. Quand un abonné est appelé, le système lance un avis de recherche sur tout le territoire couvert.

1.4.2 Systèmes à zones de localisation

La zone de couverture est subdivisée en des zones de localisation, chacune comportant plusieurs cellules. Le système maintient pour chaque abonné une information indiquant la zone de localisation où il se trouve. Lorsqu'un appel à destination d'un abonné est enregistré,

Chapitre 1. Les principaux concepts en réseaux radiomobiles

le système localise puis lance un avis de recherche dans les cellules appartenant à la zone de localisation de l'abonné. Plusieurs techniques de mise à jour de la localisation existent :

Mise à jour manuelle : Dans ce cas, il appartient aux utilisateurs de signaler

est,

manuellement

leurs

positions

actuelles

au

système.

Ce

type

de

méthode

particulièrement, adapté aux réseaux à cellules discontinues.

Mise à jour périodique : Le terminal mobile émet périodiquement des signaux permettant au système de le localiser, ce qui entraîne une surcharge inutile du système.

Mise à jour sur changement de zone de localisation : Dans ce cas chaque station de base émet sur une voie balise un signal indiquant le numéro de la zone de localisation à laquelle elle appartient. Le terminal mobile vérifie régulièrement si la zone de localisation où il se trouve, correspond à la zone stockée. Dans le cas contraire, il signale sa nouvelle position au système. Pour maintenir un certain compromis entre le coût de mise à jour des localisations et le coût de recherche, la spécification des zones de localisation doit être optimisée en fonction du taux d'appels entrants, de la vitesse moyenne des mobiles et de la taille des cellules [Gondim 96].

1.5 Critères de performances d'un réseau radiomobile

Les critères qui rentrent dans l'estimation de la qualité d'un réseau sont nombreux. Néanmoins, ces critères p euvent globalement être classés en deux grandes catégories selon le point de vue adopté : opérateur ou utilisateur [Chambreuil 00]. La première classe fait référence au coût consenti par l'opérateur pour déployer le réseau, pour assurer son évolution et finalement pour maintenir son fonctionnement. Deuxièmement, les critères de qualité de service qui mesurent la performance du réseau telle qu'elle est perçue par les utilisateurs (disponibilité, qualité vocale…). Le design d'un réseau radiomobile revient alors à gérer le compromis posé par ces deux tendances.

1.5.1 Critères de coût

Il s'agit des coûts nécessaires au déploiement, au fonctionnement ou à l'évolution du réseau.

Coût de déploiement : ce coût représente les frais d'installation initiale du réseau. Il fait, principalement, intervenir les droits d'utilisation des sites retenus pour la construction du réseau plus le coût d'installation des équipements. L'opérateur est amené à engager des négociations avec les propriétaires des terrains afin de s'enquérir des droits d'exploitation.

Coût d'évolution : l'objectif initial d'un opérateur est de couvrir une certaine zone géographique avec une certaine estimation du nombre d'abonnés. Au fur et à mesure de l'évolution du trafic, l'opérateur aspire à étendre sa zone de couverture et à améliorer les capacités de son système. Pour répondre à ces besoins, l'opérateur est amené à accroître son patrimoine de sites, à installer de nouvelles antennes, à changer le paramétrage des équipements…

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Coût de fonctionnement : ce sont des coûts induits par les techniques et algorithmes adoptés par le système tels que les procédures de localisation et de handover. Ces algorithmes engendrent un trafic de signalisation supplémentaire non facturé.

1.5.2 Critères de qualité de service

Ces critères sont directement à mettre en rapport avec les attentes des abonnés. Ces attentes sont liées à la :

Disponibilité du réseau (probabilité d'obtention d'un nouvel appel).

Maintien des communications (la probabilité de coupure d'une communication).

Qualité auditive de la communication (puissance du signal, brouillage…).

Ces aspects sont étroitement dépendants des mécanismes de fonctionnement du réseau tels que : la couverture, la capacité du réseau face à la demande, les interférences, les taux d'erreurs, le design des cellules, la fréquence des handovers

Chapitre 2 Les ingénierie radio

principaux

problèmes

d'optimisation

en

Résumé. L'ingénierie des réseaux radiomobiles présente une panoplie de problèmes d'optimisation combinatoire. Ces problèmes apparaissent à différents stades de la conception, du déploiement et de la maturation du réseau. La quantité ainsi que l'imprécision des données à prendre en compte rendent impossible le traitement de ces différents problèmes d'une manière globale. Par ailleurs chaque problème se caractérise par des objectifs et critères différents principalement liés aux notions de coût et de qualité de service.

Ce chapitre présente une vue d'ensemble du cycle de vie des réseaux radiomobiles et recense les principaux problèmes d'optimisation li és à leur ingénierie. Pour chaque problème, nous présentons quelques modèles et méthodes de résolution qui lui ont été appliqués. Notre attention se portera tout particulièrement vers le problème d'allocation de fréquences en GSM qui constitue le cadre de nos investigations futures.

Table des matières

2.1 Cycle de vie d'un réseau radiomobile

41

2.1.1 Gestation

et dimensionnement

41

2.1.2 Conception ou design

41

2.1.3 Déploiement

 

41

2.1.4 Optimisation terrain

42

2.1.5 Extension (aspect dynamique)

42

2.2 Problème de recherche de sites

43

2.2.1 Approche

par

concentration progressive

44

2.2.2 Approche par maillage adaptatif

45

2.2.3 Approche

vectorielle

46

2.3 Problème de positionnement et paramétrage d'antennes

47

2.3.1 Méthodes basées sur la théorie des graphes

47

Méthodes

2.3.2 par concentration

49

2.3.3 Synthèse

57

2.4 Problème de planification des capacités cellulaires

58

2.4.1 Approche classique basée sur le modèle Erlang B

58

2.4.2 Cas de canaux de garde

58

2.4.3 Planification des capacités cellulaires et planification de fréquences

59

2.5 Problème d'allocation de fréquences

59

2.5.1 Interférences

 

59

2.5.2 Ingénierie de saut de fréquences

60

2.5.3 Schémas d'allocation de fréquences

62

2.5.4 Allocation de fréquences et coloriage de graphe

62

2.5.5 Objectifs du problème d'allocation de fréquences

64

2.5.6 Approches de résolution

68

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

2.1 Cycle de vie d'un réseau radiomobile

Au cours de sa durée de vie, un réseau radiomobile passe par plusieurs étapes. A chacune de ces étapes correspond une phase d'ingénierie différente. Ce cycle d'évolution peut être résumé dans les cinq phases suivantes [Lagrange 00] [Reininger 00] :

2.1.1 Gestation et dimensionnement

Dans cette phase, l'opérateur analyse l'éventualité du déploiement d'un nouveau réseau. Pour cela, il se fixe un certain nombre d'objectifs commerciaux : nombre d'abonnés, zone à couvrir, services à proposés, etc. Ces objectifs sont alors traduits en données précises sur la structure globale du réseau et son dimensionnement. Le dimensionnement permet une estimation a priori des coûts (matériels et humains) et des délais de déploiement et de fonctionnement du réseau. Finalement le dimensionnement spécifie la localisation, la nature et la qualité des services à fournir. Des objectifs à long terme peuvent être spécifiés tels que les augmentations prévues du nombre d'abonnées ou l'élargissement de la zone à couvrir.

2.1.2 Conception ou design

Lors de cette phase l'opérateur s'efforce de rassembler le plus grand volume d'informations utile à la préparation du réseau. Ces informations se rapportent aux bases de données géographiques et aux données de trafic. Des mesures sont effectuées afin de valider la bande de fréquence allouée à l'opérateur et calibrer le modèle de propagation.

La phase de design s'occupe des différents problèmes de conception du réseau tels que le positionnement et le paramétrage des antennes, l'affectation de fréquences, la spécification des zones de localisation, le branchement BTS/BSC, etc.

Les phases de dimensionnement et de design constituent les deux étapes de la conception théorique d'un réseau radiomobile. Le design apparaît alors comme une phase de réponse aux objectifs posés par le dimensionnement en terme de qualité et de coût. La figure FIG. I-10 résume les différents rapports entre ces deux phases.

2.1.3 Déploiement

Contrairement aux phases de dimensionnement et de design qui font appel à des processus d'étude et d'optimisation, le déploiement est une phase purement opérationnelle. Lors de cette phase, des antennes sont déployées sur les sites retenus par le design. Une installation qui peut subir des retards suite aux négociations sur les sites qui peuvent survenir. Ces problèmes peuvent entraîner la remise en cause d'une partie du design réseau.

Chapitre 2. Les principaux problèmes d'optimisation en ingénierie radio

Objectifs du dimensionnement

en ingénierie radio Objectifs du dimensionnement Qualité Coût Zone à Nombre Infrastructure Main
en ingénierie radio Objectifs du dimensionnement Qualité Coût Zone à Nombre Infrastructure Main
Qualité Coût Zone à Nombre Infrastructure Main d'œuvre couvrir d'abonnés Qualité et nature de
Qualité
Coût
Zone à
Nombre
Infrastructure
Main d'œuvre
couvrir
d'abonnés
Qualité et nature
de service
Equipement
spécialisée
Recherche
Positionnement et
paramétrage d'antennes
Affectation de
de site
Spécification des
zones de localisation
Raccordement
fréquences
BTS/BSC
Problèmes de design
Raccordement fréquences BTS/BSC Problèmes de design Données géographiques Données de Trafic Données
Données géographiques
Données
géographiques

Données de

Trafic

Données

Mesures terrains
Mesures
terrains
Données de Trafic Données Mesures terrains Modèle de propagation Modèle de trafic Modèles F

Modèle de

propagation

Modèle de trafic
Modèle de
trafic

Modèles

FIG. I-10 Relation entre les phases de design et de dimensionnement. Le design détermine les schémas de réseau capables de répondre aux objectifs fixés par le dimensionnement.

2.1.4 Optimisation terrain

Des lacunes peuvent apparaître après le déploiement effectif du réseau. Ces lacunes

correspondent, généralement, à des zones non couvertes par le réseau et à des qualités de

service faibles (taux de perte d'appels élevés, niveaux d'interférence non négligeables

imperfections qui sont souvent dues à l'imprécision des données utilisées en phase de design (géographique, trafic, modèle de propagation). Ces déficiences sont corrigées en reconfigurant

les BTS, en modifiant le plan de fréquences ou en ajustant les puissances d'émission. Ces solutions peuvent même s'avérer relativement radicales comme revoir le nombre de BTS par site ou déplacer un site.

). Des

2.1.5 Extension (aspect dynamique)

Une fois le réseau ouvert, une analyse suivie du fonctionnement du réseau est effectuée afin de détecter, prévoir et faire face aux nouveaux besoins [Lagrange 00]. Ces besoins sont liés à l'augmentation du trafic général (nombre d'abonnés) ou local occasionnant une saturation du réseau. Comme ils peuvent survenir suite à l'élargissement de la zone de couverture ou à l'introduction de nouveaux services ou de nouvelles fonctions du système. Pour réaliser ce contrôle, trois tâches doivent être mises en œuvre :

Analyse des performances du système : le rôle de cette procédure est de mettre en place les mécanismes permettant l'évaluation des performances actuelles du réseau.

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Planification à court terme : il s'agit de fournir les moyens permettant une réponse rapide et à moindre coût aux problèmes et dégradations de performances survenant dans le réseau. Cette réponse peut consister à un ajustement local des paramètres du réseau (puissance et direction des antennes…). Cependant, ces changements ne peuvent s'étendre à l'insertion de nouveaux sites.

Planification à long terme : il s'agit dans ce cas de répondre aux objectifs de service à long terme de l'opérateur en terme de : qualité de serv ice, nature des services, nombre

d'abonnés, zone de couverture nécessiter l'ajout de nouveaux sites.

La satisfaction de ces nouvelles exigences peut

2.2 Problème de recherche de sites

La recherche de sites constitue la première phase du design. Elle précède donc les phases de positionnement des antennes et de planification de fréquences. C'est notamment la phase la moins automatisée du processus de design à l'heure actuelle [Reininger 00]. Sur la base des données géographiques et marketing, du modèle de prop agation et des estimations des coûts d'installation et de raccordement, un ensemble de sites théoriques préliminaires est choisi. Ces sites correspondent aux emplacements idéaux issus du dimensionnement pour la construction du réseau. Des positions réelles sont recherchées à proximité des sites théoriques (cf. FIG. I-11). Pour cela, on utilise des bases de données constituées de sites conventionnés et d'emplacements repérés sur le terrain. Les sites potentiels ainsi obtenus sont soumis à une phase de validation, consistant en un ensemble de mesures terrain pour confirmer leur intérêt. Les sites retenus après validation, sont alors portés candidats à la construction du réseau. Ils peuvent faire l'objet de négociations avec les propriétaires.

La phase de recherche et de validation des sites est un processus long. Souvent les sites sont introduits par lots de façon à accroître dynamiquement et progressivement la capacité et la couverture du réseau pendant son évolution. Une difficulté qui rend nécessaire l'élaboration de modèles et d'algorithmes permettant le recensement automatique des sites candidats à partir des prévisions marketing du trafic et de l'analyse du sol et du sursol.

marketing du trafic et de l'analyse du sol et du sursol. Site théorique Site réel Eau
marketing du trafic et de l'analyse du sol et du sursol. Site théorique Site réel Eau
marketing du trafic et de l'analyse du sol et du sursol. Site théorique Site réel Eau

Site théorique

Site réel

Eau

FIG. I-11 Validation des sites théoriques

Chapitre 2. Les principaux problèmes d'optimisation en ingénierie radio

2.2.1 Approche par concentration progressive

Ibbetson et Lopes [Ibbetson et Lopes 97] proposèrent une approche de recherche et de positionnement d'antennes à base de subdivisions consécutives du terrain à couvrir. Dans cette approche l'objectif n'est pas seulement de repérer un ensemble de sites candidats pour le déploiement futur du réseau, mais de valider puis positionner les stations sur ces sites. Autrement dit, les sites trouvés correspondront aux positions optimales des stations qui garantissent un coût minimal (nombre de sites réduit) et qui satisfont la demande en trafic. Pour cela le terrain est découpé de façon itérative en des rectangles de plus en plus petits. Les stations sont caractérisées par une valeur maximale de trafic quelles peuvent écouler. L'algorithme se présente alors comme suit :

1. Un premier découpage est réalisé, on recherche alors les régions où la demande en trafic est supérieure à un seuil minimum. Les régions ne satisfaisant pas à cette condition sont considérées comme inintéressantes et aucune station ne leur est affectée.

2. Si l'intérêt de la région est confirmé, la possibilité physique de placement d'une station est envisagée. La base de données géographique est consultée afin de vérifier si la zone n'est pas inutilisable (eau).

3. Une fois les conditions d'utilisation et d'intérêt réunies, une station est installée au centre de l'aire de couverture (les antennes sont considérées omnidirectionnelles). Le trafic situé sur cette région est alors considéré comme satisfait et il est soustrait du trafic global.

4. Cependant, si la demande en trafic de la région est supérieure à la capacité maximale de la station, le trafic restant est alors redistribué sur la zone traitée.

5. Quand l'ensemble des régions est parcouru, la proportion du trafic écoulé par rapport au trafic total est calculée. Si ce taux est satisfaisant l'algorithme est arrêté. Sinon un découpage plus fin est réalisé et le processus est relancé.

Rural

Urbain Urbain dense
Urbain
Urbain dense

FIG. I-12 Découpage itératif

Partie I. Réseaux radiomobiles et ingénierie radio

Plusieurs limitations caractérisent cette approche, la principale étant la non considération des données géographiques du terrain (propagation des ondes). De plus, les différentes stations à installées sont considérées omnidirectionnelles et à capacité en trafic identique. Finalement, signalons que les aspects liés aux recouvrements et au handover sont ignorés.

2.2.2

Approche par maillage adaptatif

L'approche par maillage adaptatif proposée dans [Lissajoux 02] [Olivier 99] est une modélisation intéressante de la problématique de recherche de sites. Les sites théoriques sont repérés en pavant le terrain par une grille hexagonale non régulière. Pour ce faire, on dispose d'une matrice de ressources indiquant la répartition du trafic prévisionnel. On tente alors de trouver un pavage hexagonal du terrain qui assure une répartition équitable de la charge en trafic sur les hexagones tout en maintenant une certaine régularité et souplesse dans les formes. Le nombre d'hexagones à utiliser est une donnée du problème issue du dimensionnement. Le problème est alors modélisé sous forme d'un problème d'optimisation où il s'agit de minimiser la fonction F représentée ici :

F

 

k

w

k

w

*



()

Geo m

k

w

w *

Geo : mesure la qualité géométrique d'un hexagone

: charge de trafic assurée par l'hexagone

: charge idéale par hexagone

k

m

k



,

: coefficients de pondération

(I.2)

La charge idéale en trafic pour un hexagone est tout simplement pré-calculée à partir du rapport entre la quantité totale de trafic prévue et le nombre de sites à placer. La charge

globale en trafic sur le réseau est quant à elle calculée en sommant les éléments de la matrice

de trafic.

calculée en sommant les éléments de la matrice de trafic. (a) 1 3 3 5 5

(a)

1 3 3 5 5 5 2 5 5 5 3 1 1 1 1
1
3
3
5
5
5 2
5
5
5
3 1
1
1
1
5
5
3
1 1
5
7
1
1 3
1
1
1
4
4
2
1 1
5
5
1
1 2
1
1
1
1
1
1
1 2
5
5
1
1 2
1
1
1
2
3
3
1 1
7
3
1
1 1
1
1
1
2
1
1
1 3
6
4
1
1 1