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LA VOCATION DE L’ARBRE D’OR

est de partager ses intérêts avec les lecteurs, son admiration


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vantage appréciés demain qu’aujourd’hui. La belle littérature,
les outils de développement personnel, d’identité et de progrès,
on les trouvera donc au catalogue de l’Arbre d’Or à des prix
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© Arbre d’Or, Genève, septembre 2008


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DICTIONNAIRE
MYTHO-HERMÉTIQUE

Dans lequel on trouve


Les Allégories Fabuleuses des Poètes,
les Métaphores, les Énigmes
et les Termes barbares
des Philosophes Hermétiques

expliqués
Par Dom Antoine-Joseph Pernety
Religieux Bénédictin
de la Congrégation de Saint-Maur

Sapiens animadvertet parabolum & interpretationem,


verve sapientum, & anigmata corum. Prov. I. V. 6.

1787
PREFACE

PREFACE.

J
amais Science n’eut plus besoin de Dictionnaire que la Philo-
sophie Hermétique. Ceux dans les mains de qui tombent les
Livres faits sur cette matière, ne sauraient en soutenir la lec-
ture une demi-heure seulement ; les noms barbares qu’on y
trouve, semblent vides de sens, et les termes équivoques qui sont
placés à dessein presque dans toutes les phrases, ne présentent
aucun sens déterminé. Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu’on
ne doit pas les entendre à la lettre ; qu’ils ont donné mille noms à
une même chose ; que leurs Ouvrages ne sont qu’un tissu
d’énigmes, de métaphores, d’allégories, présentées même sous le
voile de termes ambigus, et qu’il faut se défier des endroits qui
paraissent faciles à entendre à la première lecture (1). [vj] Ils font
mystère de tout, et semblent n’avoir écrit que pour n’être pas en-
tendus. Ils protestent cependant qu’ils n’écrivent que pour ins-
truire, et pour instruire d’une Science qu’ils appellent la clef de
toutes les autres. L’amour de Dieu, du prochain, de la vérité, leur
met la plume à la main : la reconnaissance d’une faveur si signa-
lée que celle d’avoir reçu du Créateur l’intelligence d’un mystère si
relevé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l’ont reçue, ajou-
tent-ils, dans l’ombre du mystère ; ce serait même un crime digne
                                                            
(1) Nolite in lectione meorum scriptorum inhærere syllabis, sed legendo utiquè
considerate naturam, et ejusdem possibilitatem. Cosm. Prœf. In Ænigma.
Veritatis amator paucos autores, sed opimæ notæ & explotatæ fidei
manibus terat ; facilia intellectu suspecta habeat, maximè iu mysticis nomini-
bus, & ercanis operationibus, in obscuris enim veritas delitescit, nec unquam
dolosius quam quûm apertè, nec veritùs quam cum obscurè scribunt Philoso-
phi. Arcan. Hermet. Philos. Opus, ca. 9.
A multiplici verborum significatione studiosus lecto, caveat, dolocis
enim anfractibus, et ancipiti oratione, imo plerumque contraria, ut videtur
Philosophis mysteria sua explicant, implicandæ et occultandæ, non adulteran-
dæ veritatis, studio, ideo ipsorum scripta vocibus ambigus et homonymis abun-
dant. ibid. Can. 15.

‐ 3 - 
 
PREFACE

d’anathème que de lever le voile qui le cacha aux yeux du vul-


gaire. Pouvaient-ils se dispenser d’écrire mystérieusement ? Si
l’on exposait au grand jour cette Science dans sa simplicité, les
femmes, les enfants même voudraient en faire l’épreuve : le Pay-
san le plus stupide quitterait sa charrue pour labourer le champ
de Mars comme Jason : il cultiverait la terre philosophique, dont
le travail ne serait pour lui qu’un amusement, et dont les mois-
sons abondantes lui procureraient d’immenses richesses, avec une
vie très longue, et une santé inaltérable pour en jouir.

Il fallait donc tenir cette Science dans l’obscurité, n’en par-


ler que par hiéroglyphes, par fictions, à l’imitation des anciens
Prêtres de l’Egypte, des Brahmanes des Indes, des premiers Phi-
losophes de la Grèce et de tous les pays, dès qu’on sentait la né-
cessité de ne pas bouleverser tout l’ordre et [vij] l’harmonie établis
dans la société civile. Ils suivaient en cela le conseil du Sage (2).

Mal à propos traite-t-on de fous les Philosophes Hermé-


tiques : n’est-ce pas se donner un vrai ridicule, que de décider
hardiment que l’objet de leur Science est une chimère, parce qu’on
ne peut pas le pénétrer, ou qu’on l’ignore absolument ? C’est en
juger comme un aveugle des couleurs. Quel cas les gens sensés
doivent-ils donc faire des jugements critiques de quelques Cen-
seurs sur cette matière, puisque tout le mérite de ces jugements
consiste dans le froid assaisonnement de quelques bons mots à
l’ombre desquels ils cachent leur ignorance, et qu’ils sèment faute
de bon grain, pour faire illusion à des Lecteurs imbéciles, toujours
disposés à les applaudir ? Méritent-ils qu’on fasse les frais d’une
réponse ? Non : on peut se contenter de les envoyer à l’école du
Sage (3). Moins dédaigneux et moins méprisant que ces Censeurs
bouffis d’orgueil et d’ignorance, et aveuglés par le préjugé, Salo-
mon regardait les hiéroglyphes, les proverbes, les énigmes et les
paraboles des Philosophes comme un objet qui méritait toute
l’attention et toute l’étude d’un homme sage et prudent (4).

                                                            
(2) Sapientes abscondunt scientiam. Prov. c. 10. v. 14
(3) Homo versutus celat scientiam. ibid. C. 12. V. 23.
(4) Sapiens animadvertet parabolam et interpretationem, verba sapientum et
ænigmata earum. ibid. c. 1.
Sapientiam omnium antiquorum exquiret sapiens et in Prophetis voca-
bit.... in versutias parabolum simul introibit ; occulta proverbiorumexquiret, et
in absconditis parabolum conversabitur. Ecclesiastici, caput. 39. 

‐ 4 - 
 
PREFACE

Je voudrais qu’avant que d’étaler leur mépris [viij] pour la


Philosophie Hermétique, ils prissent la peine de s’en instruire.
Sans cette précaution ils s’attireront à bon droit le reproche, que
les insensés méprisent la Science et ta Sagesse, et qu’ils ne se re-
paissent que d’ignorance ; et je leur dirai avec Horace : Odi pro-
phanum vulgus, et arceo. C’est en effet au sujet de ces mêmes
mystères que les anciens Prêtres disaient : Procul ô procul este
prophani !

Mon Traité des Fables Egyptiennes et Grecques développe


une partie de ces mystères. De l’obligation dans laquelle j’étais de
parler le langage des Philosophes, il en est résulté une obscurité
qu’on ne peut dissiper que par une explication particulière des
termes qu’ils emploient, et des métaphores qui leur sont si fami-
lières. La forme de Dictionnaire m’a paru la meilleure, avec
d’autant plus de raison qu’il peut servir de Table raisonnée, par
les renvois que j’ai eu soin d’insérer, quand il a été question
d’éclaircir des fables déjà expliquées.

Beaucoup de gens regardent la Médecine Paracelsique


comme une branche de la Science Hermétique ; et Paracelse, son
Auteur, ayant, comme les Disciples d’Hermès, fait usage de
termes barbares, ou pris des autres langues, j’ai cru rendre ser-
vice au Public d’en donner l’explication suivant le sens dans lequel
ils ont été entendus par Martin Rulland, Johnson, Planiscampi,
Becker, Blanchard et plusieurs autres. Si je n’ai pas toujours cité
ces Auteurs, non plus que les Philosophes Hermétiques, je les ai
rappelés assez souvent pour convaincre le Lecteur que je ne parle
ordinairement que d’après eux. Ceux qui [ix] les ont lus avec at-
tention, les y reconnaîtront aisément.

Afin que le Lecteur puisse juger que mes explications des


termes et des métaphores des Philosophes, ne sont pas arbitraires
et de mon invention, je rapporterai ici quelques-uns de leurs
textes avec lesquels il pourra les comparer. Il y verra d’ailleurs
qu’ils sont tous d’accord entre eux, quoiqu’ils s’expriment diffé-
remment.

Les Sages, dit Isaac Hollandais, ont donné beaucoup de


noms différents à la pierre. Après qu’ils ont eu ouvert et spiritua-
lisé la matière, ils l’ont appelée une Chose vile. Quand ils l’ont eu
sublimé ils lui ont donné les noms de Serpent et de Bêtes veni-
meuses. L’ayant calcinée, ils l’ont nommée Sel, ou quelqu’autre

‐ 5 - 
 
PREFACE

chose semblable. A-t-elle été dissoute, elle a prit le nom d’Eau, et


ils ont dit qu’elle se trouvait partout. Lorsqu’elle a été réduite en
huile, ils l’ont appelée une Chose visqueuse, et qui se vend par-
tout. Après l’avoir congelée, ils l’ont nommée Terre, et on assuré
qu’elle était commune aux pauvres et aux riches. Quand elle a eu
acquis une couleur blanche, ils lui ont donné le nom de Lait virgi-
nal, et ceux de toute autre chose blanche que se puisse être. Lors-
que de la couleur blanche elle a passé à la rouge, ils l’ont nommé
Feu, et de tous les noms des choses rouges. Ainsi dans les déno-
minations qu’ils ont données à la pierre, ils ont en égard aux diffé-
rents états où elle se trouve jusqu’à la perfection. Liv. I. ch 126.
les Œuvres sur les Minéraux.

Ce mélange de trois choses s’appelle Pierre bénite, minérale,


animale, végétale, parce qu’elle [x] n’a point de nom propre. Miné-
rale, parce qu’elle est composée de choses minérales ; végétale,
parce qu’elle vit, et végète ; animale, parce qu’elle a un corps, une
âme et un esprit, comme les animaux. De son ventre noir on
l’appelle Noir fétide. On la nomme encore dans cet état, Chaos,
Origine du Monde, Masse confuse, pour moi je l’appelle Terre.
Notre eau prend les noms des feuilles de tous les arbres, des
arbres mêmes, et de tout ce qui présente une couleur verte, afin
de tromper les insensés. On l’appelle aussi Eau bénite, la Tempé-
rance des Sages, Vinaigre très aigre, Corps dissoluble, Gomme des
Philosophes, Chose vile, chère, précieuse, Corps dur et opaque, mou
et transparent, Exaltation de l’eau, Angle de l’œuvre. Observer
qu’on appelle le Soleil et la Lune le père et la mère de la pierre
dans la composition de l’élixir, ce que dans l’opération de la même
pierre, on appelle Terre ou Nourrice. Arnaud de Villeneuve, Com-
ment. sur Hortulain, pag. 25 et 35.

La pierre des Philosophes est une, mais on lui donne une


infinité de noms, parce qu’elle est aqueuse, aérienne, terrestre,
ignée, flegmatique, colérique ; elle est soufre et argent-vif ; les su-
perfluités se changent en une véritable essence, avec l’aide de
notre feu : et qui veut en ôter quelque chose, ne parviendra jamais
à la perfection de l’œuvre. Les philosophes n’ont jamais dévoilé ce
secret. Pontanus, Epître.

Notre pierre se nomme d’une infinité de manières, car elle


prend des noms de toutes les choses noires. Lorsqu’elle quitte la
noirceur, les noms qu’on lui donne rappellent les choses dont la
vue égaie et fait plaisir, comme les blanches et les [xi] rouges. Ce

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PREFACE

n’est cependant qu’une seule chose. Riplée, ch 3. du Supplément.


Si vous l’appelez eau, vous dites vrai ; si vous dites qu’elle n’est
pas eau, vous ne le niez pas à tort. Ibid. pag.139.

Lorsqu’on cuit ces principes avec prudence et sagesse, on en


fait une chose qui prend beaucoup de noms. Lorsqu’elle est rouge,
on l’appelle Fleur d’or, Ferment de l’or, Colle d’or, Souffre rouge,
Orpiment. Quand elle est encore crue, on la nomme Plomb
d’airain, Verge et Lame de métal. Les Philosophes appellent
l’airain Monnaie, Ecu, et la noirceur Plomb. Ibid. pag.142.

Notre eau s’appelle Eau de vie, Eau nette, Eau permanente


et perpétuelle, et d’une infinité d’autres noms. On la nomme Eau
de vie, parce qu’elle donne la vie aux corps morts, et qu’elle purifie
et illumine ce qui est corrompu et souillé. Arnaud de Villeneuve,
Miroir d’Alchimie, pag.11 et 27.

L’Argent-vif est appelé le père dans la génération des mé-


taux, la Véritable vigne, Plomb, Phœnix, Pélican, Tantale, Dédale,
Serpent, Fontaine, Puits, Porte, Argent-vif des Philosophes, Pré-
sure, Lait, Ferment, Serf fugitif, et de beaucoup d’autres noms.
Desiderabile, pag.71.

Pendant que l’œuvre est encore cru, notre argent-vif


s’appelle Eau permanente, Plomb, Crachat de la Lune, Etain.
Lorsqu’il est cuit il se nomme Argent, Magnésie, Soufre blanc.
Quand il a pris la couleur rouge, on lui donne les noms
d’Orpiment, de Corail, d’Or, de Ferment, de Pierre, d’Eau lucide.
Ibid. p. 22.

Notre eau prend quatre couleurs principales ; noire comme


du charbon, la blanche comme la fleur de lys, la jaune semblable à
la couleur des [xij] pieds de l’émerillon, et le rouge pareille à la
couleur du rubis. On appelle la noire Air, la blanche Terre, la
jaune Eau, et la rouge Feu. Ibid. p. pag.100.

Le suc de lunaire, l’eau de vie, la quintessence, le vin ar-


dent, le mercure végétable ne font qu’une même chose. Le suc de
lunaire se fait de notre vin, connu de peu de personnes ; c’est avec
lui que nous faisons notre dissolution et notre or potable ; sans lui
nous ne pouvons rien faire. Rosarium.

Notre pierre est comme les animaux, composée d’un corps,


d’une âme et d’un esprit. Le corps imparfait s’appelle Corps, le
ferment Ame, et l’eau Esprit. Le corps imparfait est pesant, in-
‐ 7 - 
 
PREFACE

firme et mort ; l’eau le purge et le purifie en le subtilisant et en le


blanchissant ; le ferment donne la vie aux corps, et lui donne une
meilleure forme. Le corps est Vénus, ou la femelle ; l’esprit est
Mercure, ou le mâle, et l’âme est composée du Soleil et de la Lune.
Ibid.

L’eau des philosophes s’appelle le Vase d’Hermès ; c’est


d’elle qu’ils ont dit, toutes les opérations se font dans notre eau ;
savoir, la sublimation, la distillation, la calcination, la solution et
la fixation. Elle se fond dans cette eau comme dans un vase artifi-
ciel : ce qui est un grand secret. Rosarium.

Cambar, Ethelia, Orpiment, Zendrio, Ebsemeth, Magnésie,


Chuhul, sont des noms de notre argent-vif sublimé du Cambar.
Lorsqu’il est parvenu au blanc, on l’appelle Plomb d’Eburich, Ma-
gnésie, Airain blanc. Sentent 54.

Les philosophes ont donné beaucoup de noms différents à


cette pierre, afin d’obscurcir la science car lorsqu’elle a été mise
dans le vase physique, elle [xiij] prend différents noms suivant les
diverses couleurs qui lui surviennent pendant la putréfaction elle
se nomme Saturne, et après Magnésie. Miroir d’Arnaud de Ville-
neuve.

Terre feuillée, Soufre blanc, Fumée blanche, Orpiment,


Magnésie et Ethel signifient la même chose. La Tourbe.

On appelle le corps Fer, Mars, Carmot, Almagra, Vitriol,


Sang, Huile rouge, Urine rouge, Jeunesse, Midi, Eté, Mâle, et de
plusieurs autres noms qu’on lui a donnés respectivement à la cou-
leur et à ses propriétés. Ibid.

Des Opérations.

Notre magistère se fait d’une seule chose, par une seule


voix, et par une même opération. Lilium.

Vous n’avez besoin que d’une chose, savoir notre eau ; et


d’une seule décoction, qui est de cuire : il n’y qu’un seul vase pour
le blanc et pour le rouge. Alphidius.

Quoique les Sages parlent de beaucoup de choses et de di-


vers noms, ils n’ont cependant entendu parler que d’une seule
chose, d’une seule disposition, et d’une seule voie. Morien.

‐ 8 - 
 
PREFACE

Le blanc et le rouge sortent d’une même racine, sans mé-


lange de choses d’une autre nature. Nous n’y ajoutons rien
d’étranger, et nous n’en ôtons rien, sinon les superfluités pendant
la préparation. Ibid.

Rhasis après avoir dit la même chose, ajoute : Cette matière


se dissout elle-même, se marie, se blanchit, se rougit, devient
noire, safranée, [xiv] et se travaille elle-même jusqu’à la perfec-
tion de l’œuvre.

Sachez que si vous prenez autre choses que notre airain, et


que vous le travailliez avec autre choses qu’avec notre eau, vous
ne réussirez pas. La Tourbe.

Du nombre des Matières qui composent le Magistère.

Notre pierre doit se faire du Soleil et de la Lune de ces deux


l’un doit être un mâle rouge, et une femelle blanche. Isaac Hol-
landais, liv. 1.ch. 61.

La conjonction du Soleil et de la Lune fait notre pierre ; le


Soleil tire la substance de la Lune, et lui donne sa propre couleur
et sa nature. Ce qui se fait par le feu de la pierre. Raymond Lulle,
Codicille.

Notre pierre ne se fait pas d’une chose individuelle, mais de


deux choses, qui étant de même n’en font qu’une seule. Le même.

Le Soleil est son père, et la Lune sa mère. Le vent l’a porté


dans son ventre. Hermès.

Il n’entre dans notre magistère que le frère et la sœur, c’est-


à-dire, l’agent et le patient, le soufre et le mercure. Ægidius de
Vadis.

Notre argent-vif est une eau claire, notre arsenic est un ar-
gent pur, et notre soufre un or très pur. Toute la perfection de
magistère consiste dans ces trois choses.

Il n’y a qu’une pierre ; cette chose unique n’est pas une en


nombre, mais en genre ; comme le mâle et la femelle sont seuls
suffisants pour engendrer, de même la pierre des Philosophes se
[xv] fait de deux choses, de l’esprit et de l’âme, qui sont le Soleil et
la Lune ; on y ajoute un troisième, le corps métallique, sans que ce
nombre de deux en soit augmenté, parce que ce corps métallique
est composé de deux autres. Scala Philosophorum.

‐ 9 - 
 
PREFACE

Dans notre composé se trouvent le Soleil et la Lune en ver-


tu et en puissance, et le mercure en nature. Ludus puerorum,
pag.137.

Joignez votre fils très cher à sa sœur blanche par parties


égales, et donnez leur un breuvage d’amour, dont ils boiront jus-
qu’à s’enivrer, et jusqu’à ce qu’ils seront réduits en poudre très
subtile. Souvenez-vous cependant que les choses pures et nettes
ne s’unissent qu’à celles qui le sont : sans cette attention, ils en-
gendreraient des enfants différents d’eux-mêmes, et impurs. Aris-
tote le Chimiste.

Le Dragon ne meurt que mêlé avec son frère et sa sœur.


Rosarium.

Trois choses suffisent pour tout le magistère, savoir la fu-


mée blanche, l’eau céleste, et le lion vert, c’est-à-dire, l’airain
d’Hermès, et l’eau fétide qui est la mère des métaux, avec laquelle
on fait l’élixir depuis le commencement jusqu’à la fin. Ibid.

La matière des Philosophes est eau, mais une eau composée


de trois choses : le Soleil est le mâle, la Lune est la femelle, et le
Mercure est le sperme. Car pour engendrer, outre le mâle et la
femelle, il faut une semence. Ibid.

Il n’entre qu’un seul corps immonde dans notre magistère,


les Philosophes l’appellent communément Lion vert. C’est le mi-
lieu ou moyen pour joindre les teintures entre le Soleil et la Lune.
Ces [xvj] deux principes matériels et formels doivent être dissous.
Riplée.

Rien n’est engendré que par son espèce, et les fruits ne pro-
duisent que des fruits semblables. L’eau des philosophes est le
ferment des corps, et les corps sont leur terre, même après qu’ils
sont devenus noirs par la préparation du feu. Les Philosophes leur
donnent alors le nom de Feu noir ; et dans la seconde opération,
ceux de Charbon de la montagne, Poix, Antimoine, Alkali, Sel alc-
kali, Marcassite, Magnésie, Argent-vif extrait de Cambar, leur
Chaux, Verre et Eau mondifiée. Rosinus à la fin du premier livre à
Euthicte.

Joignez un mâle vivant avec une femelle vivante, afin qu’ils


forment un sperme, et qu’ils engendrent un fruit de leur espèce.
Cosmopolite.

‐ 10 - 
 
PREFACE

Notre eau est une eau céleste, qui ne mouille pas les
mains ; ce n’est pas l’eau vulgaire, mais elle semble presque l’eau
de pluie. Le corps est l’or qui donne la semence. La Lune (qui n’est
pas l’argent vulgaire) reçoit la semence de l’or. Le même.

Des Opérations.

Les noms de décoction, commixtion, mélange, sublimation,


contrition, dessèchement, ignition, déalbation, rubification, et de
quelqu’autre nom qu’on puisse appeler l’opération, ce n’est qu’un
seul régime qu’on nomme simplement décoction et contrition.
Alanus.

Sachez que toutes les opérations appelées putréfaction, so-


lution, coagulation, ablution et fixation, consistent dans la seule
sublimation, qui se fait [xvij] dans un seul vase, et non dans plu-
sieurs, dans un seul four. Arnaud de Villeneuve.

Résoudre, calciner, dissoudre, sublimer, teindre, laver,


cuire, rafraîchir, arroser, extraire, coaguler, humecter, imbiber,
fixer, broyer, réduire en poudre, distiller, dessécher, sont une
même chose. Le même.

Gardez-vous bien de penser que lorsque nous parlons de


sublimation, ou que nous sublimons en effet, nous entendions par-
ler de séparation de la matière qui est au fond du vase d’avec celle
qui est au-dessus. Dans notre sublimation les parties fixes ne
s’élèvent pas, mais seulement les volatiles. Alanus.

L’ingression, la submersion, la conjonction, la complexion,


la composition et le mélange ne sont, dans notre Art, qu’une
même chose. Avicenne.

Du Feu.

Souvenez-vous de donner toujours un feu très doux ;


l’ouvrage pourra en être plus long. Isaac Hollandais, liv.I. ch. 9.

Toutes les fois que la pierre changera de couleur, vous


augmenterez le feu peu à peu, jusqu’à ce que tout demeure fixe
dans le fond. Le même.

Notre feu est minéral et égal ; il est continuel ; il ne s’élève


point en vapeurs à moins qu’on ne l’excite trop ; il participe du
soufre ; il se prend d’ailleurs que de la matière ; il dissout tout,
détruit, congèle, calcine ; et ce feu, avec un feu doux, achève

‐ 11 - 
 
PREFACE

l’œuvre. Pontanus. Le Trévisan dit la même chose en mêmes


termes. [xviij]

Le feu du premier degré est semblable à celui de la poule


qui couve ses œufs pour faire éclore des poussins, ou comme la
chaleur naturelle qui digère la nourriture pour la tourner en subs-
tance des corps, ou comme celle du fumier, ou enfin comme celle
du Soleil dans Ariès. C’est pourquoi quelques Philosophes ont dit
qu’il fallait commencer l’œuvre le Soleil étant dans ce signe, et la
lune dans celui du Taureau. Ce degré de feu doit durer jusqu’à la
blancheur ; lorsqu’elle paraît, on augmente le feu peu à peu jus-
qu’à la parfaite dessiccation de la pierre : cette chaleur est sem-
blable à celle du Soleil lorsqu’il passe du signe du Taureau à celui
des Gémeaux. La pierre étant desséchée et réduite en cendres, on
fortifie le feu jusqu’à ce qu’elle devienne parfaitement rouge, et
qu’elle prenne le manteau royal. Cette chaleur se compare, et est
la même que celle du Soleil dans le signe du Lion. Scala philoso-
phorum, pag.107.

Le mercure est un feu ; ce qui a fait dire au Philosophe : Sa-


chez que le mercure est un feu, qui brûle les corps beaucoup
mieux que le feu commun. Rosarium.

La chaleur de votre feu doit être celle de la chaleur du So-


leil au mois de Juillet ; afin que par une douce et longue cuisson,
votre eau s’épaississe, et se change en terre noire. Le même.

Notre argent-vif est un feu qui brûle tout corps avec plus
d’action que le feu commun ; il les mortifie en même temps ; il ré-
duit en poudre, et tue tout ce qu’on mêle avec lui. La Tourbe. [xix]

Du Vase.

Le vase des Philosophes est leur eau. Hermès, Ludus puero-


rum.

Nous n’avons besoin que d’un vase, d’un fourneau, et d’une


seule opération ou régime ; ce qui doit s’entendre après la pre-
mière préparation de la pierre. Flamel. L’Auteur du Rosaire
s’exprime absolument dans les mêmes termes.

Les vases requis pour l’œuvre s’appellent Aludel, Crible,


Tamis, Mortier, parce que la matière s’y broie, s’y purifie et s’y
perfectionne. Calid.

‐ 12 - 
 
PREFACE

Le vase doit être rond, avec un cou long, un orifice étroit,


fait de verre, ou d’une terre de même nature, et qui en ait la capa-
cité ; l’ouverture sera scellé. Bachon.

Du Temps.

Il nous faut un an pour parvenir au but de nos espérances.


Nous ne saurions en moins de temps former notre chaux. Riplée.

Le temps requis pour la perfection de l’élixir est au moins


d’un an. Rosaire.

Les Philosophes ont déterminé plusieurs durées de temps


pour la cuisson de notre Art. Quelques-uns l’ont fixée à un an,
d’autres à un mois, d’autres à trois jours, d’autres enfin à un seul.
Mais de même que nous appelons un jour la durée du temps que
le Soleil met à parcourir le ciel depuis l’orient jusqu’à l’occident,
les Sages ont nommé un jour l’intervalle qui s’écoule depuis le
commencement de la cuisson jusqu’à la fin. Ceux qui parlent d’un
[xx] mois, ont égard au cours du Soleil dans un signe du Zodiaque.
Ceux qui font mention de trois jours, considèrent le commence-
ment, le milieu et la fin de œuvre : et ceux enfin qui fixent ce
temps à un an, le disent eu égard aux quatre couleurs qui forment
leur quatre saisons. Anonymus.

Des Couleurs.

Quand vous verrez la noirceur, soyez assuré que la véri-


table conjonction est faite. Avant que la véritable couleur blanche
se manifeste, la matière prendra toutes les plus belles couleurs du
monde en même temps. Vous verrez sur les bords de la matière de
la pierre, comme des pierres précieuses orientales, et comme des
yeux de poissons. Alors soyez assuré que la véritable blancheur ne
tardera pas à paraître. Isaac Hollandais.

Le secret de notre véritable dissolution est la noirceur de


charbon faite du Soleil et de la Lune : cette noirceur indique une
conjonction et une union si intime de ces deux, qu’ils seront à
l’avenir inséparables : ils se changeront en une poudre très
blanche. Raymond Lulle.

Au bout de quarante jours que la matière aura été mise à


une chaleur lente et médiocre, elle deviendra noire comme la poix,
ce que les Philosophes appellent Tête de corbeau, et le Mercure
des Sages. Alanus.

‐ 13 - 
 
PREFACE

La chaleur agissant sur l’humidité produit premièrement la


noirceur, puis la blancheur, de cette blancheur la couleur citrine,
et de celle-ci la rouge. Arnaud de Villeneuve. [xxj]

Quelques-uns ont dit qu’on voyait pendant le cours de


l’œuvre toutes les couleurs qu’on peut imaginer ; mais c’est un
sophisme des Philosophes, car les quatre principales seulement se
manifestent. Ils ne l’on dit que parce que ces quatre sont la source
de toutes les autres. La couleur rouge signifie le sang et le feu ; la
citrine la bile et l’air ; la blanche le flegme et l’eau ; la noire la mé-
lancolie et la terre. Ces quatre couleurs sont les quatre éléments.
Rosaire.

Du Style énigmatique.

Ce serait une folie de nourrir un âne avec des laitues ou


d’autres herbes rares, disent plusieurs philosophes, puisque les
chardons lui suffisent. Le secret de la pierre est assez précieux
pour en faire un mystère. Tout ce qui peut devenir nuisible à la
Société, quoiqu’excellent par lui-même, ne doit point être divul-
gué, et l’on n’en doit parler que dans des termes mystérieux.
Harmonie Chimique.

Notre Science est comme une partie de la Cabale, elle ne


doit s’enseigner clairement que de bouche à bouche. Aussi les Phi-
losophes n’en ont-ils traité que par énigmes, par métaphores, par
allégories, et par des termes équivoques : on en devinerait autant
dans le silence de Pythagore, que dans leurs écrits. Ægidius de
Vadis, cap. 10. Les secrets prophétiques, naturels, spagyriques et
poétique sont pour la plupart cachés sous le même voile. Ibid.

La plupart des Traités composés sur cette Science (Hermé-


tique) sont si obscurs et si énigmatiques, [xxij] qu’ils sont inintel-
ligibles à tout autre qu’à leurs Auteurs. Margarita Novella.

Celui qui se dégoûtera aisément de la lecture des livres des


philosophes, n’est pas fait pour la Science et n’y parviendra pas.
Un livre en éclaircit un autre ; l’un dit ce que l’autre a omis. Mais
il ne faut pas s’imaginer qu’une lecture d’un même livre suffise
pour en avoir l’intelligence, deux, trois et même dix fois répétée
elle n’est pas capable de mettre au fait de ce qu’on désire ap-
prendre. Bacaser in Turba.

Cette science est un don de Dieu, et un mystère caché dans


les livres des Philosophes, sous le voile obscur des énigmes, des
‐ 14 - 
 
PREFACE

métaphores, des paraboles et des discours enveloppés, afin qu’elle


ne vienne pas à la connaissance des insensés qui en abuseraient,
et des ignorants qui ne se donnent pas peine d’étudier la Nature.
Ceux qui désirent y parvenir doivent s’appliquer à éclaircir leurs
esprits en lisant avec attention, et en méditant les textes et les
sentences des Philosophes, sans s’amuser à la lettre, mais au sens
qu’elle renferme. Aurora Consurgens.

Recourez à dieu, mon fils, tourner votre cœur et votre esprit


vers lui, plutôt que vers l’Art ; car cette Science est un des plus
grands dons de Dieu, qui en favorise qui il lui plaît. Aimez donc
Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme, et votre prochain
comme vous-même ; demandez cette Science à Dieu, avec instance
et persévérance, et il vous l’accordera. Alanus.

Toute sagesse vient de Dieu, et a été avec lui de toute éter-


nité. Celui donc qui désire la sagesse doit la chercher dans Dieu,
et la lui demander ; parce qu’il la distribue abondamment, sans
reproche. Il est le principe et la fin, la hauteur et la profondeur de
toute science, et le trésor de toute sagesse ; car de lui, dans lui et
par lui sont toutes choses, et sans lui on ne peut réussir à rien de
bien. A lui donc soit honneur et gloire dans tous les siècles des
siècles. Albert le Grand dans la préface de son traité d’Alchimie.

J’aurais pu multiplier le nombre de ces textes des Philo-


sophes : on en trouverait plus qu’il n’en faut pour former un gros
volume ; mais ceux-là suffiront pour mettre le Lecteur au fait de
la manière de s’expliquer de ceux qui ont écrit sur la matière et
les procédés de la Science Hermétique. Ce nuage épais qu’on
trouve répandu dans tous leurs ouvrages, cette obscurité affectée,
ce mystère que si peu de gens peuvent pénétrer, sont sans contre-
dit la véritable raison qui a fait et fait encore regarder la Pierre
philosophale comme une chimère, malgré le témoignage de tant
d’Auteurs, et les faits connus comme certains qui déposent en fa-
veur de sa réalité. Les Savants, dit-on, la traitent d’extravagance
et de folie. Que conclure de-là ? Ne serait ce pas une preuve que
ceux qu’on appelle Savants sont bien éloignés de tout savoir ? Et
qu’ils pourraient dire d’eux à plus juste titre ce qu’un ancien Sage
de la Grèce disait de lui-même : J’ignore tant de choses que je puis
dire : je sais seulement que je ne sais rien. Ignore-t-on d’ailleurs
que les découvertes extraordinaires, telles, par exemple, que celle
de la poudre et de ses effets, n’ont d’abord trouvé dans les Savants
mêmes que des railleurs et des incrédules ? Ce qu’on nomme la

‐ 15 - 
 
PREFACE

science a souvent ses préjugés infiniment plus difficiles à vaincre


que l’ignorance même. Il me semble que plus un homme a
d’étendue de génie et de connaissances, moins il doit nier, et plus
il doit voir de possibilités dans la Nature. A être crédule, il y a
plus à gagner qu’à perdre. La crédulité engage un homme d’esprit
dans des recherches qui le désabusent, s’il était dans l’erreur, et
qui toujours l’instruisent de ce qu’il ignorait.

‐ 16 - 
 
DICTIONNAIRE
MYTHO-HERMETIQUE

A
AABAM : chevaux, c’est-à-dire, la putréfaction
et la volatilisation de la matière des
Est le même que plomb.
Philosophes dans le vase, pendant
AABARTAMEN : que cette matière est au noir, ou
Voyez SATURNE. Rulland. qu’elle a atteint la couleur noire,
ABADIR : signe de la véritable dissolution.
L’un de ces noms signifie noir,
Pierre que Rhée substitua à Jupiter l’autre obscure, le troisième nuit,
qu’elle venait de mettre au monde, etc. Voyez les Fables Egyptiennes et
et qu’elle présenta à Saturne qui Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 6.
devait le dévorer. Priscien.
ABESAMEN :
Dans le système des Philosophes Est la boue ou le cambouis qui
Hermétiques, c’est la fixation de la s’attache aux essieux des roues.
matière, qui commence au règne de Johnson.
Jupiter, après la couleur noire.
Voyez JUPITER, SATURNE, RHEE, ABLUTION :
REGNE, et le livre 3 des Fables En termes de Philosophie Spagy-
Egyptiennes et Grecques dévoilées, rique, ne signifie pas l’action de la-
chap. 3 et suivant. ver quelque chose avec de l’eau ou
autre liqueur ; mais purifier la ma-
ABASTER, ABASTOR : tière qui est en putréfaction, au
Nom d’un des chevaux qui tirait le moyen d’un feu continué sans inter-
char de Pluton. Les uns n’en ont ruption, jusqu’à ce que la matière,
compté que trois, Abaster, Amethée de noire, devienne blanche. Voici les
et Nonius ; d’autres, avec Claudien termes de l’un d’entre eux. Ablution
(lib. I, de raptu Proserpinœ), en ad- est une abstersion ou lavement de
mettent quatre, Aethon, Orphné, la noirceur, tache, souillure, puan-
Nycté et Abastor. Leurs noms seuls teur, etc., de la matière, par la con-
déclarent ce qu’on entendait par ces tinuation du second degré du feu

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   -A- 18 

d’Egypte. Anonymus Epist. ad ABSYRTHE :


Nortman, filium dilectum. Frère de Médée, qu’elle coupa en
morceaux, et dont elle dispersa les
Le même dit ailleurs que les Philo-
membres sur le chemin qu’elle prit,
sophes entendent aussi par les
en s’enfuyant avec Jason. Cette
eaux, les rayons et la lueur de leur
fable ne signifie autre chose que la
feu.
dissolution de la matière dans la
Les Anciens ont caché cette ablution seconde opération de l’œuvre. Voyez
sous l’énigme de la Salamandre, les Fables dévoilées, liv. 2, c. I.
qu’ils disent se nourrir dans le feu ;
et du lin incombustible, qui s’y puri- ABYLA :
fie et s’y blanchit, sans s’y consu- Montagne d’Afrique auprès du dé-
mer. troit de Gibraltar. C’est une des Co-
lonnes d’Hercule. On la nomme au-
ABNELEITEM :
jourd’hui Lamina. Voyez les Fables
C’est l’alun.
Egyptiennes et Grecques dévoilées,
ABOIT OU ABIT : liv. 5.
C’est la céruse.
ACAID :
ABRAMANE :
C’est un des noms barbares que les
Est un nom supposé pour former la
Chimistes ont donné au vinaigre.
fiction de Zoroastre sur la création
du monde, et la manifestation de la ACALACH :
lumière. Un Auteur anonyme, qui Ou le Sel, suivant la façon de
s’arroge le nom de Philosophe Her- s’exprimer des Sectateurs de la Phi-
métique sans l’être en effet, a fait losophie Spagyrique. Planiscampi.
une dissertation sur Abramane et
Zoroastre. Elle a pour titre : Eloge ACALAI :
du Poème lyrique de l’Opéra de Zo- C’est le Sel.
roastre. A Paris, chez d’Houry fils,
1750. Voyez AMELITE. ACANOR :
ABREUVER : Pot de terre percé de plusieurs trous
C’est digérer, cuire la matière du dans son fond et dans ses côtés,
grand œuvre. On dit abreuver, parce Johnson et Paracelse.
que cette matière, en se volatilisant, ACARTUM :
monte en espèce de vapeurs qui re- Est un des noms du minium.
tombent sur la terre demeurée au D’autres le nomment Azimar.
fond du vase. Voyez LAVER, LAVE-
ACATO :
MENTS.
Ou la Suie.
ABRIC : ACAZDIR ou ALCANI, ou ALOMBA :
C’est le soufre des Philosophes, non C’est la même chose que le Jupiter
le soufre du vulgaire, ou tout autre des Chimistes, ou l’étain. Johnson.
soufre minéral ou métallique natu-
ACCATUM :
rel. Voyez SOUFRE.
Signifie le clinquant, l’oripeau.
ABSEMIR : ACEDIA ou ACADIA :
Un des noms que les Philosophes Suivant Planiscampi. Fourneau en
ont donné à la matière de l’Art. usage dans la Spagyrique, ainsi

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   -A- 19 

nommé de ce qu’il ne demande que philosophes Hermétiques, que leur


très peu de soins pour y entretenir eau mercurielle, dans cet état, est
le feu. amère, sentant l’odeur des cadavres,
et très venimeuse. Voyez les Fables
ACETUM ACERRIMUM :
Eau mercurielle des Sages. Egypt. et Grecq. dévoilées, 1. 3. c. 6.
ACHERUSE :
ACHACHI ou Eau de lumière :
Marais ou lac de la Tesprotie, par
C’est le Mercure des Philosophes ;
lequel passe le fleuve Achéron, qui
ainsi nommé de ce que, par sa vertu
de-là va se précipiter dans les En-
active, il purifie leur laiton, et le fait
fers. C’est par là que Pluton se sau-
passer de la couleur noire à la
va quand il enleva Proserpine.
blanche, qu’ils appellent lumière.
Voyez l’explication de cette fable
ACHAMECH : dans le livre 4e des Fables Egypt. et
Quelques Chimistes ont donné ce Grecq. dévoilées, chap. de Cérès.
nom aux scories de l’argent. John-
son. ACHILLE :
Fils de Pelée et de Thétis, Héros
ACHELOYS : sans lequel les Grecs n’auraient pu
Fleuve de la Grèce, que les Poètes s’emparer de la ville de Troie. Voyez
ont feint être fils du Soleil et de la cette fable et son explication dans
Terre ; ravageait toutes les terres tout le cours du livre 6e des Fables
qu’il arrosait ; Hercule le lia. Egypt. et Grecq. dévoilées.
Cet Acheloys, selon les Philosophes ACIDE :
Spagyriques, est le Mercure philo- Or philosophique, soufre des Sages,
sophique dont les esprits consument ou le magistère parvenu à la couleur
et dissolvent tout ce qu’on y met. Le rouge.
Philosophe, comme un autre Her-
ACIER :
cule, le lie, c’est-à-dire, fixe et coa-
Les Philosophes ont beaucoup parlé
gule ces esprits selon l’Art ; et par
de leur acier, entre autres le Cos-
ce moyen lui arrache une corne, qui
devient corne d’abondance, c’est-à- mopolite et le Philalèthe. Ce qui a
donné occasion à plus d’un Chimiste
dire, en fait la pierre philosophale,
qui, par sa multiplication et sa pro- de chercher la pierre philosophale
dans l’acier, métal que l’on emploie
jection, enrichit et produit
à faire des outils ; mais en vain tra-
l’abondance de toutes sortes de
biens. Voyez les Fables Egypt. et vaillent-ils sur ce métal comme sur
les autres. L’acier des Sages est la
Grecq. dévoilées, liv. 5.
mine de leur or philosophique, un
ACHERON : esprit pur par-dessus tout, un feu
Fleuve de l’Enfer, le premier qui se infernal et secret, très volatil dans
présentait aux ombres qui descen- son genre, et réceptacle des vertus
daient dans l’Empire de Pluton. supérieures et inférieures, le mi-
C’est la première putréfaction de la racle du monde, que Dieu a scellé de
matière avant l’entière dissolution. son sceau, enfin la clef de tout
Les Poètes ont feint en conséquence l’œuvre philosophique. C’est la par-
que les eaux de ce fleuve prétendu tie la plus pure et volatile de la ma-
étaient puantes, amères et de très tière, dont les Sages font le grand
mauvais goût. Ce qui a fait dire aux œuvre. Il n’a point d’autres noms

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   -A- 20 

dans aucune langue, qui ne signifie tiques ont nommé Terre adamique,
la quintessence des choses de Tartre, Terre vierge, Adamita, etc.
l’Univers. Les Philosophes lui ont ADAPTATION :
donné le nom d’acier, parce qu’il a Voyez CONVENANCE.
une telle sympathie avec la terre
d’où on l’extrait, qu’il y est sans ADARIGE :
cesse rappelé, comme à son Aimant. Nom que quelques Chimistes ont
donné au sel armoniac. On dit aussi
ACORDINA : Adirige.
C’est la Tuthie.
ADARNECH, ou ADARNETH, ou
ACRISE :
AZARNET :
Père de Danaé, mère de Persée, qui C’est l’orpiment, en termes de Chi-
coupa la tête de Méduse, dont le mie.
seul aspect transformait tous les
êtres vivants en rochers. Voyez cette ADARRIS :
fable et son explication chimique La fleur ou l’écume salée de l’eau de
dans le 3e livre des Fables Egypt. et la mer.
Grecq. dévoilées, chap. 14. par. 3. ADDITION :
ACSUO : Voyez AJOUTER.
Terme de la Philosophie Spagy- ADEBESSI :
rique, qu’on emploie pour signifier C’est la tortue des Philosophes,
le corail rouge. c’est-à-dire l’écorce qui renferme la
ACUREB : vraie matière du mercure des Sages.
Veut dire du Verre. Planiscampi. Un Auteur interrogé quelle était la
matière crue de l’Art, répondit : c’est
ACUSTO : la tortue avec la graisse de la vigne ;
Signifie le Nitre.
et un emblème philosophique repré-
ADABISI ou ADEBEZI : sente Basile Valentin apprêtant une
Tortue des Philosophes Spagy- tortue avec du vin.
riques. ADEC :
ADAM : Lait aigri. Johnson.
Est un nom que les Philosophes ont ADECH :
donné à leur magistère lorsqu’il est Les Philosophes Hermétiques don-
parfait au rouge, parce que leur ma-
nent ce nom à la partie de l’homme
tière étant la quintessence de que nous nommons communément
l’Univers et la première matière de
l’aine ; quelquefois ils entendent
tous les individus de la Nature, elle
aussi l’esprit, qui se forme des idées
a un parfait rapport avec Adam, communes des choses pour les imi-
dans lequel Dieu ramassa la plus ter dans les ouvrages de ses mains.
pure substance de tous les êtres, et
que d’ailleurs Adam, qui signifie ADEHEM ou ALHOHONEC :
rouge, exprime la couleur et les qua- Lame de fer, de cuivre ou d’autres
lités du magistère. matières. Johnson.
ADAMITE : ADER, ou ADO, ou ADHO :
Espèce de tartre blanc, ou terre Lait frais et nouveau duquel on a
feuillée, que les Philosophes Hermé- enlevé la crème. Johnson.

‐ 20 - 
 
   -A- 21 

ADES : sacrifiée. Hercule descendit dans le


Voyez PLUTON. ténébreux séjour de Pluton, et en
ADHÆC : ayant délivré Alceste, il la rendit à
Admete son ami. Voyez ALCESTE.
Esprit qui entretient la vie et le
mouvement dans le corps des ani- ADMINISTRER :
maux. Les Philosophes Hermétiques Donner, fournir, procurer.
distinguent dans l’homme trois par-
ties qui constituent son humanité ; ADMISURAB :
savoir, l’âme, l’esprit et le corps. C’est la terre philosophique.
L’âme immortelle et spirituelle qui
se nourrit et s’entretient de Dieu ADO :
même, comme en étant une espèce Voyez ADER.
d’extension, suivant ce qu’en dit ADONIADES ou ADONIENNES :
Hermès dans son Asclepius ; l’esprit Fêtes en l’honneur d’Adonis. Voyez
qui tient comme le milieu entre son article.
l’âme et le corps pour les unir en-
semble, et qui se nourrit de ce qu’il ADONIS :
y a de plus subtil dans la nature, et La Fable nous rapporte qu’Adonis
de la quintessence des éléments, au fut aimé de Vénus ; qu’il fut tué à la
moyen de la respiration ; et enfin le chasse par un sanglier furieux, et
corps crasse et terrestre, qui se que Vénus en étant informée, accou-
nourrit de terre et d’eau, comme en rut à lui pour le secourir ; elle ren-
ayant été composé. Voyez le Traité contra dans son chemin un rosier à
de Physique dans le premier volume fleurs blanches, aux épines duquel
des Fables Egyptiennes et Grecques s’étant piqué le pied, il en sortit du
dévoilées et réduites au même prin- sang qui changea en rouge la cou-
cipe, dont ce Dictionnaire n’est leur blanche des fleurs. Les Syriens
qu’une espèce de Table raisonnée. adoraient particulièrement Adonis,
comme les Egyptiens Apis ; l’un et
ADHEBE :
l’autre signifiaient la matière Philo-
Même chose qu’Adec.
sophique, qui aimée de Vénus, c’est-
ADHO : à-dire de la Lune Philosophique, se
Voyez ADER. réunissent ensemble et se prêtent
ADIBAT : un secours mutuel. Isis et Osiris
Mercure des Philosophes Hermé- étaient le mari et la femme, le frère
tiques. et la sœur, le fils et la mère ; et les
deux histoires sont tout-à-fait sem-
ADIRLAPIS : blables. Un sanglier tue Adonis,
C’est le Sel armoniac. Vénus y court ; Typhon tue Osiris,
ADMETE : Isis y accourt, celle-ci ramasse les
Roi de Thessalie, dont Apollon, membres dispersés d’Osiris ; Vénus
après avoir été chassé du Ciel, gar- cache Adonis blessé sous une laitue.
da les troupeaux. Apollon en ayant Tout cela représente allégorique-
été bien traité, obtint des Parques ment ce qui se passe dans le vase
qu’il ne mourût pas, s’il trouvait Philosophique, comme le savent les
quelqu’un qui voulût bien s’offrir à Adeptes. Voyez l’explication de cette
la mort pour lui. Alceste son épouse fiction dans les Fables Egyptiennes
et son amante se présenta, et fut et Grecques dévoilées, T. 2.

‐ 21 - 
 
   -A- 22 

ADORAT : ADULPHUR :
Terme barbare de Chimie, qui signi- Cendre, ou sable.
fie le poids de quatre livres.
ADUMA :
ADOS ou ADOT : La pierre des Philosophes parvenue
Eau ferrée. Elle se fait en faisant au rouge, avant qu’elle soit élixir.
rougir au feu un morceau de fer plu-
sieurs fois, et qu’on éteint autant de ÆAQUE :
fois dans de l’eau pure. Voyez EACUS.

ADOUCIR : ÆEA :
C’est le même que cuire. C’est dans Ile où Circé faisait son séjour. Voyez
ce sens que Raymond Lulle dit que le livre 2, chap. I, des Fables Egyp-
leur feu adoucit les choses aigres et tiennes et Grecques dévoilées.
amères. La cuisson des Philosophes ÆLLO :
n’est qu’une pure digestion conti- L’une des Harpies. Voyez les Fables
nuée au même degré du feu des Égypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2,
Sages. chap. I.
ADRAM : ÆSON :
Ou Sel gemme. Père de Jason, selon la Fable, fut
rajeuni par Médée, après qu’elle
ADRARAGI : l’eut fait couper en petits morceaux,
L’un des noms que les anciens Chi- et fait cuire dans une chaudière.
mistes ont donné au safran com- Cette fable, selon les Chimistes, si-
mun, et que les Chimistes Hermé- gnifie que la matière du grand
tiques donnent à la matière de leur couvre semble mourir dans le vase
Art, quand elle est parvenue par la par la putréfaction, et puis revit, et
cuisson à la couleur safranée. pour ainsi dire, rajeunit en deve-
nant poudre au blanc et puis au
ADRASTE : rouge. C’est ce qu’on peut voir dans
Nymphe aux soins de laquelle Rhée tous les livres des vrais Philosophes.
confia l’éducation de son fils Jupi- Voyez les Fables citées dans l’art
ter, après l’avoir sauvé de la voraci- précédent.
té de Saturne. Voyez les Fables
Egypt. et Grecques, liv. 3, chap. 4. ÆSPHARA :
ADROP : Incinération de la chair ou de la
Nom que les Philosophes Hermé- substance du corps des animaux.
Planiscampi.
tiques ont donné à la matière qu’ils
emploient dans le grand œuvre. Guy
ÆTES :
du Mont (Guido de Monte) a fait un Roi de Colchos, père de Médée, pos-
traité qui a pour titre de Philoso- sesseur de la Toison d’Or, que les
phico Adrop, Inséré dans le VIe Argonautes lui enlevèrent. Il était
tome du Théâtre Chimique. fils du Soleil. Voyez ce que signifie
ADSAMAR : cette fiction, dans le liv. 2, chap. 1
On trouve ce terme dans quelques des Fables Egypt. et Grecques dé-
Alchimistes : pour signifier urine. voilées.

‐ 22 - 
 
   -A- 23 

ÆTHNA : AFFORMAS :
Montagne de la Sicile, qui vomit Ancien terme chimique, qui veut
toujours des flammes ou de la fu- dire du verre.
mée. Les Poètes ont feint que Jupi- AFFRAGAR :
ter renferma dessous un des Géants C’est le minium selon Rullandus, et
qui voulaient chasser les Dieux du le vert-de-gris suivant Planiscampi.
ciel ; que les tremblements de terre,
que l’on ressent dans les environs, AFFRENGI :
sont occasionnés par les mouvement C’est encore le minium.
que se donne ce Géant, pour choisir AFFRODINE :
une situation moins gênante, et que Nom que les Chimistes ont corrom-
les flammes et la fumée qui sortent pu du grec Aphrodite, et par lequel
par le sommet de cette montagne, ils entendent Vénus, et le cuivre.
sont celles de la forge de Vulcain,
que ce Dieu, forgeron des foudres de AFFROTON :
Jupiter et des armes des Héros, a Ecumeux. Voyez AFFEOS.
établie dessous. Quelques Chimistes AFFROP :
donnent à leur feu le nom d’Æthna, Nom que les Philosophes Spagy-
parce qu’il agit perpétuellement, et riques donnent à la matière du
n’est pas toujours manifeste. grand œuvre.
AGALLA :
ÆTHON : Sel préparé, suivant Planiscampi.
L’un des chevaux qui traînaient le
char de Pluton. V. ABASTER. AGAMEMNON :
Chef de l’armée des Grecs qui firent
ÆTHRA ou ETHRE : le siège de Troie. Voyez sa généalo-
Fille de Pithée, femme d’Egée, et gie et son histoire, et ce qu’elles si-
mère de Thésée. Voyez les Fables gnifient chimiquement, dans tout le
Egypt. et Grecq. dévoilées, l. 6. c. 3. livre 6 des Fables Egypt. et
Grecques dévoilées.
AFFAX et AFFARIS :
Toutes sortes d’attramens. AGAR :
Nom donné à la chaux des Philo-
AFFENIQUE ou AFFENICUM : sophes par les Alchimistes, et à la
Johnson dit que les Chimistes don- chaux commune par quelques an-
nent ce nom à l’âme des choses. ciens sectateurs de la Chimie vul-
gaire. Ils l’ont aussi appelée Algit, et
AFFEOS ou AFFROS : Algerit.
Mot corrompu du mot grec aphros,
AGAZOPH :
écume. Les Chimistes le prennent
Voyez PERIMINEL.
dans le même sens.
AGE D’OR ou SIECLE D’OR :
AFFERMER :
Temps du règne de Saturne. Voyez
Assurer, donner pour certain.
ce qu’on doit entendre par l’âge d’or,
AFFIDRA : dans le liv. 2, chap. 6 des Fables
C’est la céruse. Egypt. et Grecques dévoilées.
AFFLAMBER : AGE signifie aussi règne, chez les
Voyez ENFLAMBER. Philosophes. Voyez REGNE.

‐ 23 - 
 
   -A- 24 

AGENOR : Ecrivains modernes sur cet Art


Père de Cadmus et d’Europe. Voyez (Pontanus) dit, qu’il est minéral,
l’explication des fables inventées égal, continuel, qu’il ne produit
sous leurs noms, liv. 3 ch. 14. par. 5 point de vapeurs, s’il n’est excité
des Fab. Egypt. et Grecq. dévoilées. avec trop de violence ; qu’il participe
du soufre, qu’il n’est point pris ou
AGENT :
L’Alchimie reconnaît plusieurs tiré de la matière, qu’il dissout et
agents dans l’opération de l’œuvre, ramasse, qu’il calcine, congèle et
deux en puissance, et deux actuels, coagule tout ; qu’il s’acquiert par
industrie et par l’art, et qu’il coûte
qui mettent en action ceux qui
n’étaient d’abord agents qu’en puis- peu de frais, s’il en coûte quelques-
uns.
sance.
AGNEAU :
Les deux agents actuels sont le feu Est aussi un des noms de la matière
céleste et le feu central, qui prépa- que les vrais Chimistes emploient
rent la matière à l’Artiste. Après la pour faire la pierre Philosophale.
préparation de la pierre faite par Quand cette matière a passé par les
l’Artiste, ces deux agents se rédui- différentes préparations requises
sent en un seul, qui est le feu philo- pour la purifier de ses parties hété-
sophique. rogènes, on lui donne quelquefois le
nom d’agneau sans tache, agnus
Les deux agents en puissance sont immaculatus, comme on peut le voir
le soufre et le feu inné de la ma- dans le livre qui a pour titre : Enar-
tière, qui pour devenir agents ac- ratio methodica trium Gebri verbo-
tuels n’ont besoin que d’être excités rum, composé par Philalèthe.
par le feu philosophique. Il y a en-
core un autre agent sur lequel les AHOT :
Philosophes ont presque tous gardé Nom donné au lait des Philosophes,
le silence, et le rejettent même en qu’ils appellent lait de la Vierge, et
apparence ; c’est le feu élémentaire que les Chimistes vulgaires donnent
qu’ils ne nomment jamais, et dont au lait commun.
ils ne parlent que par énigmes, pour AHUSAL :
tromper et donner la torture à ceux C’est le soufre Philosophique, et non
qui veulent entreprendre le grand le soufre vulgaire, comme l’ont mal
œuvre. Après la connaissance de la interprété la plupart des Chimistes,
matière, tout le secret gît dans qui l’ont aussi nommé Akibot, Al-
l’administration et le régime de ce chimit.
feu.
AIAR :
AGENT. L’agent interne des Alchi- Ou Pierre BORIQUE.
mistes est le feu inné de la matière, AIARAZATH :
qui étant excité par l’externe, di- Voyez ALAHABAR.
gère, putréfie, et cuit cette matière
beaucoup mieux que le feu élémen- AJAX :
taire ne saurait faire. Cet agent est Héros Grec qui se signala au siège
le plus grand secret de l’Art ; et de Troie, et qui ayant violé Cas-
pour l’obtenir, il faut se comporter sandre dans le temple de Minerve,
comme Thétis avec Achille. Un des fut foudroyé par cette Déesse en

‐ 24 - 
 
   -A- 25 

punition de son crime. Voyez son les ensemble dans le vase philoso-
histoire, liv. 6 des Fables Egypt. et phique. Tout cela ne signifie que la
Grecq. dévoilées. dissolution de la matière, et sa vola-
tilisation.
Il y avait au même siège un autre
Héros du même nom, fils de Téla- L’AIGLE était un oiseau consacré à
mon et d’Hésione, il disputa avec Jupiter, par la raison que le Mer-
Ulysse pour avoir les armes cure des Sages se volatilise, et em-
d’Achille. Voyez le livre cité ci- porte le fixe avec lui, dans le temps
devant. que le Jupiter des Philosophes, ou la
AIBACHEST ou AIBATHEST : couleur grise, succède à Saturne, ou
Nom que quelques Chimistes ont à la couleur noire. L’aigle que Jupi-
donné à la matière de la pierre puri- ter envoya pour dévorer le foie de
fiée et ses parties hétérogènes ; et Prométhée, ne signifie aussi que
parvenu au blanc après la putréfac- l’action du volatil sur le fixe ou
tion. pierre ignée, qu’ils ont appelé mi-
nière de feu céleste. C’est pourquoi
AIDONEE :
on a feint que Prométhée avait volé
Voyez PLUTON.
le feu du ciel ; et que, pour le punir,
AIGLE : Jupiter le fit attacher à un rocher,
Nom que les Philosophes Hermé- qui désigne la pierre fixe des Sages,
tiques ont donné à leur mercure et que son foie, la partie la plus
après sa sublimation. Ils l’ont ainsi chaude de l’homme, y était conti-
appelé, premièrement à cause de sa nuellement dévoré par une aigle,
volatilité ; secondement, parce que quelques-uns ont dit un vautour, ce
comme l’aigle dévore les autres oi- qui revient au même. Cette aigle
seaux, le mercure des Sages détruit, était dite, pour cette raison, fille de
dévore, et réduit l’or même à sa Typhon et d’Echidna, c’est-à-dire de
première matière en le réincrudant. la putréfaction de la matière. Voyez
les Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
Chaque sublimation, suivant Phila- lées, liv. 5, ch. 17.
lèthe, est une aigle ; et quoique sept
suffisent, on peut les pousser jus- Les Spagyriques appellent Aigle le
qu’à dix. Ainsi, quand ils disent qu’il sel armoniac, et le mercure sublimé,
faut mettre sept aigles pour com- à cause de la facilité avec laquelle
battre le lion, nous n’entendons pas, ils se subliment. Mais ce n’est ni du
dit le même Auteur, qu’il faille mercure vulgaire, ni du sel armo-
mettre sept parties de mercure ou niac des Droguistes qu’on doit
de volatil contre le lion ou une par- l’entendre ; c’est de ceux des Philo-
tie du fixe, mais notre mercure su- sophes.
blimé et exalté sept fois. Plus il y
AIGLE dévorant le lion. Expression
aura d’aigle contre le lion, dit Basile
Valentin, moins le combat sera long. Hermétique, qui exprime la volatili-
Tourmentez le lion, ajoute le même sation du fixe par le volatil, ou du
Auteur, jusqu’à ce que l’ennui le soufre par le mercure des Sages.
prenne et qu’il désire la mort. AIGLE étendue. Sel armoniac subli-
Faites-en autant de l’aigle jusqu’à mé dans la Chimie vulgaire, et vola-
ce qu’elle pleure ; recueillez ses tilisation de la matière dans le sens
larmes et le sang du lion, et mêlez- Hermétique.
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   -A- 26 

AIGLE volante. Mercure des Philo- AIR :


sophes. Est aussi un nom que les Chimistes
Hermétiques donnent à leur mer-
AIGU :
cure subtilisé, et sublimé en fleurs
C’est le magistère au rouge.
blanches, ou terre très tenue, qu’ils
AIMANT : appellent aussi l’Oiseau d’Hermès,
Les Sages n’ont pas fait moins l’Aigle, etc. Alexandre dit dans la
d’éloges de leur aimant que de leur Tourbe, ou Code de vérité, quand
acier. Mais il ne faut pas s’imaginer vous aurez tiré l’eau de l’air, l’air du
que cet aimant soit l’aimant vul- feu, et le feu de la terre, vous aurez
gaire. Ils ne lui ont ordonné ce nom fait tout l’œuvre. Aristote le Chi-
qu’à cause de sa sympathie natu- miste dit aussi : il faut changer l’air
relle avec ce qu’ils appellent leur en eau, convertir cette eau en feu,
acier. Celui-ci est la mine de leur or, de ce feu extraire l’air ; car c’est du
et l’aimant est la mine de leur acier. feu chimique fixé, et de notre eau
Le centre de cet aimant renferme que l’on fait l’air, qu’il faut convertir
un sel caché, un menstrue propre à en feu, duquel en continuant
calciner l’or philosophique. Ce sel l’opération, on fait la terre, et de
préparé forme leur mercure, avec cette terre le feu. Et ainsi nous con-
lequel ils font le magistère des vertissons les éléments l’un en
Sages au blanc et au rouge. Il de- l’autre, car en convertissant les
vient une mine de feu céleste, qui éléments on trouve ce qu’on
sert de ferment à leur pierre, pour cherche. L’air des Philosophes n’est
la multiplier, en faire l’élixir, la donc qu’une eau coagulée par le feu,
poudre de projection, et la médecine et réduite en poudre ou fleurs
universelle. Et tout cela se fait par blanches très subtiles.
une opération simple, sans beau-
coup de frais, mais dans un temps
AIRAIN D’HERMES :
un peu long. Les Sages donnent
Terme de Chimie, dont se servent
aussi le nom d’aimant à leur mer-
les Philosophes Hermétiques pour
cure déjà fait, et à la partie fixée de
signifier le corps imparfait dont ils
la matière qui fixe le volatil.
doivent se servir pour l’œuvre de la
AJOUTER : pierre. Ils lui donnent également ce
On ne doit pas, par ce terme penser nom, avant qu’il soit purifié de ses
que les Philosophes prétendent qu’il hétérogénéités, comme pendant la
faille ajouter une matière nouvelle à putréfaction et la décoction conti-
celle qui est déjà dans le vase, mais nuée qu’il lui faut pour le rendre
seulement qu’il faut continuer à soufre incombustible. Ils le nom-
cuire. Et quand ils disent nous ment aussi Laiton, Orpiment, Lion
n’ôtons rien, ni nous n’ajoutons rien vert, Arsenic, et de divers autres
à la pierre, il faut les entendre à la noms qu’on peut voir au terme Ma-
lettre ; mais quand ils disent en- tière, et dans les articles qui les
suite, nous en ôtons seulement le concernent.
superflu, et nous lui ajoutons ce qui
lui manque, c’est-à-dire que nous lui AIRAIN NOIR. Matière des Philo-
donnons la perfection qu’elle n’avait sophes pendant la putréfaction, ou
pas, au moyen des opérations du leur laiton qu’il faut blanchir.
magistère.

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AIRAIN BLANC. C’est le laiton blan- teinture de laine ou argent, etc.


chi, ou la pierre au blanc. Planiscampi.
AIRAIN INCOMBUSTIBLE. Magistère ALAFAR :
au rouge parfait, parce qu’alors il ne C’est le vase Philosophique, et non
craint plus les atteintes du feu. le vase de verre qui renferme la ma-
tière de l’œuvre.
AIRAZAT :
Quelques Chimistes ont donné ce ALAFARANGI :
nom au Saturne, mais il faut Action de laver et d’épurer le plomb
l’entendre de celui des Philosophes. brûlé. Planiscampi.
AITMAD : ALAFOR :
C’est l’antimoine vulgaire suivant Ou le Sel alkali.
les Chimistes, l’antimoine Saturnal,
ALAHABAR ou ALOOC :
ou Philosophique, quand on le prend Même chose qu’ALABARI
Hermétiquement. Voyez le livre Ar-
téphius à ce sujet. ALARTAR :
C’est l’æs-ustum, ou cuivre brûlé.
AIZOI :
Johnson donne ce nom à la jou- ALASALET :
barbe, dans son traité de Lue Hun- Quelques Chimistes ont donné ce
garica, p. 100. nom au sel armoniac.
AKEM : ALASTROB :
Paracelse a employé ce terme pour Voyez Alabari.
signifier du beurre cuit. Johnson. ALATANS :
AKIBRIT : Nom que quelques-uns ont donné à
Voyez ALKIBRIC. la litharge. Johnson.
AKILIBAT ou ALOTIN : ALAURAT :
C’est la térébenthine, suivant Pla- C’est le nitre des Philosophes, et
niscampi. non le salpêtre vulgaire, sur lequel
ALABARI ou AIRAZAT : tant de Chimistes se sont exercés à
Plomb des Philosophes, qu’ils ont pure perte.
aussi appelé Cœur de Saturne. C’est
proprement la matière de l’Art, qui ALAZER :
se tire de la race de Saturne. Soufre vif, ou Ambrosien. Il est rou-
geâtre, transparent, et ressemble
ALACAB : beaucoup à l’orpiment fixé.
Sel armoniac Philosophique, que les Quelques Chimistes peu versés
Chimistes vulgaires interprètent du dans le véritable sens des Auteurs
sel armoniac commun. Hermétiques, particulièrement de
ALACAP : Geber, ont pris ce soufre pour celui
Voy. AIGLE des Philosophes. des Philosophes, qui n’est autre que
leur matière parvenue à la couleur
ALCEANI : de ce soufre Ambrosien, au moyen
Terme de science Hermétique. C’est de la cuisson Philosophique.
le changement de la forme superfi-
cielle des métaux, comme la déalba- ALBAIT ou ALFURA :
tion de Vénus, qui est une fausse Un des noms de la céruse.

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ALBANUM : ALBIMEC :
Sel d’urine. C’est l’orpiment.
ALBARAS : ALBOR :
Arsenic. Urine.
ALBAR ÆRIS : ALBORACH :
Terre feuillée des Philosophes, ou Matière des Philosophes parvenue à
leur laiton blanchi, leur Lune, leur la blancheur.
Diane nue ; enfin leur matière par- ALBORCA :
venue au blanc. Voy. MERCURE PHILOSOPHIQUE.
ALBERICK :
ALBOS :
Cuivre décapé et blanchi par Creuset.
quelques opérations chimiques. On
y réussit avec l’arsenic, mais le ALBOTAR :
cuivre reste cassant, et comme régu- Céruse.
lifié. ALBOTIM, ALBOTAI, ALBOTRA :
ALBESTOS : Même chose que Albotar, ou céruse.
Matière onctueuse, et bitumineuse, ALBUSAO :
combustible, et de couleur de fer. C’est le soufre des Sages ; quelques
On la trouve dans l’Arcadie, et Chimistes ont donné ce nom au
Johnson dit qu’on ne peut l’éteindre soufre commun.
quand elle est allumée. Je croirais
que cet Auteur se trompe, et qu’il a ALCABRICK :
pris le sens contraire de celui qu’il Voyez ALKIBRIC.
fallait, parce que la pierre amiante ALCADY :
qui est de deux espèces, se nomme Vitriol ou attrament blanc, ou sel
Albestes et Albeston. L’une et l’autre blanc des Sages.
sont incombustibles. Les anciens se
ALCAFIEL :
servaient de la scissile, qui res-
Antimoine Philosophique ou ma-
semble à l’alun de plume, pour faire
tière Saturnienne propre à l’œuvre
une toile dans laquelle ils brûlaient
des Sages.
les corps des morts, pour en conser-
ver les cendres. On trouve ces deux ALCALHAL :
sortes d’amiantes sur les montagnes Vinaigre en terme de Chimie vul-
des Pyrénées. Il y croît aussi une gaire ; mais ce vinaigre n’est pas
plante, si nous en croyons Pomet, celui des Philosophes, qui n’est
qui mise dans l’eau pour y être rouie autre chose que leur eau pontique,
comme le chanvre, et ensuite tra- ou leur mercure dissolvant.
vaillée de même, produit une toile ALCALIGATAM :
incombustible. Composition chimique faite avec de
ALBETUD : la mumie et de l’esprit alkali ; si l’on
Les Chimistes ont quelquefois don- y ajoute du mercure doux, c’est, dit
né ce nom au galbanum. Planiscampi, un admirable remède
pour la goutte, et surtout si elle pro-
ALBIFICATION :
cède d’un reste de maladie véné-
Voyez BLANCHIR.
rienne.

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   -A- 29 

ALCAMOR : ALCHAZANON :
Voyez ALAHABAR. Boue qui tombe des meules à aigui-
ALCANI : ser. On en fait un mastic excellent.
Johnson.
Voyez ACAZDIR.
ALCHIERAM :
ALCANNA ou ALCONA :
Nom que quelques Chimistes ont
Espèce de canne ou arbrisseau
donné à la tête morte, qui reste au
creux et noueux dont les Arabes se
fond de la cucurbite après la distil-
servaient autrefois pour faire des
lation. Rullandus.
piques. On l’emploie aujourd’hui
dans la médecine, au lieu de gayac. ALCHITRAM :
Johnson. Le même qu’Alchieram. On trouve
ce nom dans quelques Chimistes,
ALCAOL :
pour signifier l’huile de genièvre, la
Signifie quelquefois du lait aigri, et
poix liquide, et Rullandus le donne
d’autre fois du mercure. Johnson.
à l’arsenic préparé.
Cet auteur aurait dû dire qu’en
termes de Philosophie Hermétique, ALCHITURA :
lait aigri et mercure des Sages ne C’est la poix liquide.
font qu’une même chose. ALCHONOR :
ALCEBRIS VIF : Voyez ALAHABAR.
C’est, en Chimie, le soufre vif ou ALCHIMIE :
naturel ; mais dans l’art Hermé- Presque tous les Auteurs varient
tique c’est la pierre ignée, la ma- sur la définition de cette science,
tière parvenue au rouge dans la parce qu’il y en a de deux sortes,
première opération des Philosophes. l’une vraie et l’autre fausse. La
ALCEE : première se définit, selon Denis Za-
Voyez HERCULE. chaire, une partie de la Philosophie
naturelle, qui apprend à faire les
ALCESTE : métaux sur la terre, en imitant les
Fille de Pélias et femme d’Admete, opérations de la Nature sous terre,
offrit sa vie pour sauver celle de son d’aussi près qu’il est possible. Para-
mari. Hercule descendit aux Enfers celse dit que l’Alchimie est une
; après y avoir lié le Cerbère, il ra- science qui montre à transmuer les
mena Alceste dans le séjour des vi- genres des métaux l’un en l’autre.
vants, et la rendit à son époux.
Mais la vraie définition qu’on peut
Voyez le liv. 5, ch. 21, des Fables
tirer de tout ce que les bons Auteurs
Egypt. et Grecques dévoilées.
disent de la vraie Alchimie, est telle
: l’Alchimie est une science et l’art
ALCHABRIC : de faire une poudre fermentative,
Voyez ALKIBRIC. qui transmue les métaux imparfaits
en or et qui sert de remède univer-
ALCHAEST :
sel à tous les maux naturels des
Voyez ALKAEST.
hommes, des animaux et des
ALCHARIT ou ZAIBACH : plantes.
C’est le mercure, mais celui des Phi-
La fausse Alchimie ne peut mieux
losophes.
se définir, que l’art de se rendre mi-

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   -A- 30 

sérable tant du côté de la fortune n’est pas parvenu au but qu’elle se


que de la santé. propose en prenant un chemin op-
La vraie consiste à perfectionner les posé à celui qui y conduit.
métaux, et à entretenir la santé. La Il est peu d’Artistes vrais Alchi-
fausse à détruire l’un et l’autre. mistes ; il en est beaucoup qui tra-
La première emploie les agents de vaillent selon les principes de la
la Nature, et imite ses opérations. Chimie vulgaire. Ces derniers pui-
La seconde travaille sur des prin- sent dans leur art des sophistica-
cipes erronés, et emploie pour agent tions sans nombre ; c’est lui qui
fournit tous ces imposteurs, qui,
le tyran et le destructeur de la Na-
ture. après s’être ruinés, cherchent à rui-
ner les autres. C’est lui que l’on de-
La première, d’une matière vile et vrait mépriser par ces raisons, si
en petite quantité, fait une chose l’on n’en avait de plus fortes de
très précieuse. La seconde, d’une l’estimer, par le grand nombre de
matière très précieuse, de l’or ses découvertes utiles à la société.
même, fait une matière très vile, de
la fumée et de la cendre. Les vrais Alchimistes ne font point
trophée de leur science ; ils ne cher-
Le résultat de la vraie est la guéri- chent pas à escroquer l’argent
son prompte de toutes les maladies d’autrui, parce que, comme disait
qui affligent l’humanité. Le résultat Morien au Roi Calid, celui qui pos-
de la fausse sont ces mêmes maux, sède tout, n’a besoin de rien. Ils font
qui surviennent communément aux part de leurs biens à ceux qui en
souffleurs. manquent. Ils ne vendent point leur
L’Alchimie est tombée dans le mé- secret ; s’ils en communiquent la
pris, depuis que grand nombre de connaissance à quelques amis, ce
mauvais Artistes en ont imposé aux n’est encore qu’à ceux qu’ils croient
gens trop crédules et ignorants, par dignes de le posséder et d’en faire
leurs supercheries. L’or est l’objet de usage selon le bon plaisir de Dieu.
l’ambition des hommes ; les dangers Ils connaissent la Nature et ses opé-
auxquels l’on est obligé de s’exposer rations, et se servent de ces con-
sur mer et sur terre, pour se procu- naissances, pour parvenir, comme
rer ce précieux métal, ne rebutent dit S. Paul, à celle du Créateur.
que peu de gens. Un homme se pré- Qu’on lise les ouvrages d’Hermès
sente ; il sait, dit-il, le moyen de Trismégiste, leur chef, ceux de Ge-
faire croître dans votre propre mai- ber, de Morien, de Saint-Raymond
son la minière de tous les trésors, Lulle, du Cosmopolite, de d’Espa-
sans d’autres risques que celui gnet, et de tant d’autres Philosophes
d’une partie de ceux que vous pos- Alchimistes. Il n’en est pas un seul
sédez. Sur son verbiage, dont on ne qui ne prêche sans cesse l’amour de
connaît pas le faux, parce qu’on Dieu et du prochain, qui ne déclame
ignore le procédé de la Nature, on se contre les faux Alchimistes, et qui
laisse gagner, on sème son or, et l’on ne publie hautement que les procé-
ne recueille que de la fumée ; on se dés de la vraie Chimie ou Alchimie
ruine, on finit enfin par détester sont les mêmes que ceux que la Na-
l’imposteur, et douter de la vérité de ture emploie, quoique abrégés par le
l’existence de l’Alchimie, parce qu’on secours de l’Art ; mais absolument

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   -A- 31 

différent de ceux qui sont en usage ALCIMAD :


dans la Chimie vulgaire. Qu’on ne Voyez ATIMAD.
se flatte donc pas d’y parvenir par
son moyen ; et qu’elle serve de ALCIMEDE :
pierre de touche à ceux qui seraient Femme d’Eson et mère de Jason.
exposés à être trompés par des char- Voyez les Fables Egypt. et Grecques
latans et des imposteurs. dévoilées, liv. 2, chap. I.
Le type ou modèle de l’art Alchi- ALCMENE :
mique ou Hermétique, n’est autre Femme d’Amphitryon, fut trompée
que la Nature elle-même. L’Art plus par Jupiter, sous la forme de son
puissant que la Nature, par les époux, et avec le secours de Mer-
mêmes voies qu’elle lui marque, dé- cure, sous la figure de Sosie ; il en
gage, en certains cas, plus parfai- naquit Hercule. Les Alchimistes
tement les vertus naturelles des disent qu’Alcmène représente l’eau
corps des prisons où elles étaient métallique qui est mariée avec l’or
renfermées ; il amplifie leur sphère des Philosophes, sous le nom
d’activité, et rassemble les principes d’Amphitryon ; Jupiter qui est le
qui les vivifient. symbole du soufre, se joint à cette
Les opérations de la Nature ne dif- eau par l’adresse du Chimiste, ou
fèrent qu’en termes seulement des Sosie ; et de cette union naît Her-
opérations de l’Alchimie, qui sont au cule, ou le mercure Philosophique.
nombre de sept ; savoir : calcination, Voyez les Fables Egypt. et Grecques
putréfaction, solution, distillation, dévoilées, liv. 5, ch. I et suivants.
sublimation, conjonction, coagula-
tion ou fixation. Mais ces termes ALCOB :
doivent s’entendre philosophique- C’est l’æs-ustum. Quelques-uns
ment, c’est-à-dire conformément au l’interprètent du sel armoniac ; mais
procédé de la Nature, qu’il faut bien il doit s’entendre du mercure des
connaître avant de vouloir l’imiter. Philosophes.
ALCOFOL :
Le feu qui sert le plus dans les opé- Voy. ATIMAD. On dit aussi Alcosol.
rations alchimiques, n’est pas le feu
vulgaire de nos cuisines, connu sous ALCOHOL :
le nom de feu élémentaire. C’est un C’est l’antimoine.
feu céleste répandu partout, qui est
ALCOL :
la principale cause de la pierre, tant
Quelques Chimistes ont donné ce
vantée des Philosophes, dont ils di-
nom au vinaigre.
sent qu’il est le père. Et ce feu
n’agirait cependant pas, s’il n’était ALCOLISME :
excité par un feu céleste volatil, qui Action de triturer, broyer, corroder,
se tire par la distillation philoso- réduire en poudre.
phique d’une terre connue des Phi-
losophes, qu’ils appellent la mère de ALCONE :
leur pierre. Becher a pris la défense Oripeau, laiton, en fait de Chimie ;
et démontré l’existence de mais en termes Hermétiques, c’est
l’Alchimie, dans son Supplément de le laiton des Philosophes, qu’il faut
sa Physique. blanchir.

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ALCOOL : ALCORE :
Glaceati Corneoli. Poudre de cristal, C’est le talc.
très subtile et impalpable.
ALCUBRIT ou ALCUBRITH :
ALCOOL est le nom que les Chi- V. ALKIBRIC.
mistes donnent à toutes les subs-
tances pures, extraites par distilla- ALCUR :
tions, ou autrement, des corps des Soufre.
animaux, végétaux ou minéraux.
C’est ce que d’autres appellent Es- ALEBION :
prits. Frère de Libys, tué par Hercule.
Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
Paracelse donne aussi ce nom aux dévoilées, liv. 5, chap. 12.
poudres très subtiles, telles que la
fleur de farine, quand elles sont ALEC :
sans mélange. Mais ce terme ne C’est le sel.
s’applique guère aujourd’hui par les ALECH :
Chimistes qu’à l’esprit de vin recti- Même chose que vitriol.
fié.
ALECHARIT :
ALCOOL Minéral. Substance très Mercure commun et non vulgaire,
pénétrante, et la plus subtile partie mais celui des Philosophes.
des éléments, très fixe, et extrême-
ALECHIL :
ment digérée par un feu astral et
Nom que quelques Chimistes ont
invisible. Cette substance se trouve
donné au trépied sur lequel on pose
dans tous les mixtes ; mais l’Art
quelque vase, pendant les opéra-
l’extrait d’un seul pour la faire en-
tions chimiques.
trer dans la composition de la pierre
philosophale, et de l’élixir universel, ALECTO :
qui sert de médecine à toutes les L’une des Furies, qui avec ses deux
maladies des trois règnes. sœurs, Tysiphone et Mégère, filles
de l’Achéron et de la Nuit, selon
ALCOOLISATION :
quelques-uns, filles de Jupiter, se-
Réduction d’un corps en ses plus
lon d’autres, furent constituées pour
petites parties ; c’est la même chose,
tourmenter les ombres dans le
selon les Philosophes Spagyriques,
royaume de Pluton. Elles représen-
que calcination philosophique ; car
tent l’action de l’eau mercurielle,
ils se servent indifféremment de
appelée Dragon, sur la partie fixe de
l’un et de l’autre de ces termes pour
la matière, pendant la putréfaction
exprimer la même chose. Il ne faut
et la volatilisation. Voyez le livre 3
cependant pas confondre
des Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
l’alcoolisation avec la calcination
lées, chap. 6.
des Chimistes vulgaires ; car dans
la science Hermétique, on ne se sert ALECTORIE :
de ce dernier terme que par simili- Lapis Alectorius. Espèce de pierre
tude. brillante et presque transparente
comme du cristal, de la grosseur
ALCOPHIL NOIR : d’une fève. On la trouve dans le
Alcophil nigra. C’est un des noms ventricule des vieux chapons et des
que les Alchimistes ont donné à vieux coqs, si l’on en doit croire Al-
l’antimoine. On dit aussi Alcophit.
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bert. Les anciens disaient que ALEXANTHI :


l’alectorie rendait l’homme qui la Fleurs d’airain.
portait courageux, très fort, et lui ALEXIR :
procurait beaucoup de richesses. Toute médecine chimique.
C’est pour cela, disaient ils, que Mi-
lon Crotoniate sortait toujours vic- ALEZARAM :
torieux du combat. Ils la regar- Lavure de plomb, ou Saturne des
daient aussi comme un philtre, et Philosophes nettoyé et blanchi.
lui donnaient la propriété de modé- ALFACIO :
rer la soif. Johnson. Voyez ATIMAD.
ALEFANTES : ALFACTA ou ALFATA :
C’est le Flos solis. C’est le même que distillation.
ALEMBACI : ALFADIDAM :
Plomb brûlé ou calciné. Scories, écume de fer, non celle qui
ALEMBIC : reste dans la fournaise, mais celles
Les Philosophes Hermétiques don- qu’on appelle aussi pailles de fer,
nent quelquefois ce nom à leur mer- qui tombent auprès de l’enclume,
cure, parce que c’est par son moyen quand on y bat le fer au marteau.
qu’ils font leurs prétendues distilla- ALFATIDA :
tions, sublimations, etc. Cuivre brûlé. Il signifie aussi li-
ALEMBROTH : maille de cuivre.
Nom que les Philosophes Spagy- ALFIDUS :
riques ont donné quelquefois au sel Le même que Céruse.
de leur mercure, qu’ils appellent
aussi le sel des Philosophes, et la ALFOL :
clef de l’Art. Sel armoniac, en fait de Chimie vul-
gaire ; et l’aigle des Philosophes,
ALEMBROTH est encore le nom que quand il s’agit de science Hermé-
quelques Chimistes ont donné au tique.
sel de tartre, qu’ils ont aussi appelé
le Magistère des Magistères. John- ALFUR :
son. Rull. Safran commun pour les Chimistes,
ALEMZADAR : et safran des Sages, ou la matière
Sel armoniac. des Philosophes parvenue, par la
digestion, à la couleur de safran.
ALERNET :
Orpiment. ALFURA ou ALBAIT :
ALES : La céruse, ou la matière de l’œuvre
Tout sel composé du mélange de parvenue au blanc.
plusieurs autres sels.
ALFUSA :
ALETH : C’est la tuthie.
Jupiter des Philosophes, et l’étain
des Chimistes. ALGALI :
Nitre. En termes de science Hermé-
ALEUSANTI : tique, c’est la première matière de
Voyez ALOSANTI. l’œuvre.

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ALGAMET : Cette dissolution est naturelle,


Charbon. douce, sans corrosion ; elle conserve
la semence des corps, la dispose à la
ALGATIA :
génération ; au lieu que les dissolu-
Civette.
tions des Chimistes ordinaires se
ALGEROTH : font par des eaux fortes, qui partici-
Poudre du mercure de vie. pent, dans leurs effets, du feu élé-
ALGIBICH : mentaire qui détruit et tue, au lieu
Voyez ALKIBRIC. de vivifier. C’est pourquoi les Philo-
sophes Hermétiques disent : Les
ALHENOT : Chimistes détruisent, nous édi-
Voyez ALAHABAR. fions ; ils brûlent par le feu, nous
ALHOFOL : par l’eau ; ils tuent, nous ressusci-
Antimoine. tons. Ils lavent par l’eau, nous par
le feu, etc. Paracelse en décrit la
ALHOHONEC :
préparation dans son livre 2. de
Voyez ADEHEM.
Nat. rerum.
ALHOHONOC :
Martin Rullandus dit que l’Alkaest
Voyez ALAHABAR.
est un mercure préparé, non du
ALIAS : tartre, comme quelques uns l’ont
Même chose que Vase. cru, trompés par un endroit de Van-
ALIBA : Helmont, où il dit en parlant de
Une des colonnes qu’Hercule planta l’Alkaest : si vous ne pouvez parvenir
aux confins de la Mauritanie. Voyez à découvrir ce secret du feu, appre-
les Fables Egypt. et Grecques dévoi- nez au moins à rendre le sel de
lées, liv. 5, chap. 12. tartre volatil, pour faire vos dissolu-
tions par son moyen. Van-Helmont,
ALIGULE : de Febribus.
Toute confection chimique.
Michel Toxite dit aussi que l’Alkaest
ALIMENT de la Pierre : est un mercure préparé pour les ma-
C’est le feu. ladies du foie.
ALINZADIR et ALINZIADIR : Plusieurs Chimistes ont prétendu
C’est le sel armoniac. que l’Alkaest ne différait point du
ALIOCAB : grand et du petit circulé de Para-
Sel armoniac. celse, fait avec l’esprit de sel com-
mun ; d’autres ont cru l’avoir trouvé
ALISTITES :
dans l’étymologie du nom même Al-
Sel armoniac.
kali est, comme si l’on disait c’est du
ALIX : sel alkali ; mais comme les sels al-
Sel commun préparé. kalis des cendres, de la soude, du
ALKAEST : tartre, etc., ne produisaient pas
Liqueur qui, selon Paracelse et Van- l’effet de l’Alkaest, on imagina
Helmont, dissout tous les corps vi- d’alkaliser le nitre en le fixant.
sibles, et les réduit à leur première Glauber en fit son sel, auquel il
matière. Il diffère de ce que les vrais donna le nom de sel admirable.
Chimistes appellent leur Mercure. Mais ni les uns ni les autres n’ont

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réussi. Un Auteur, dont je ne me pourpre dans la première prépara-


rappelle pas le nom, dit que c’est tion. Alors c’est leur soufre vif, leur
une liqueur très commune chez les or, leur Apollon, leur minière de feu
Arabes. Paracelse ni Van-Helmont céleste, leur Prométhée, leur Osiris,
n’ont expliqué assez clairement ce etc.
qu’ils entendaient par cette liqueur ALKIN :
dissolvante, pour qu’on puisse la Cendres gravelées, ou cendres des
deviner par la lecture de leurs ou- Philosophes, qu’il ne faut pas mé-
vrages. Il diffère du dissolvant des priser, dit Morien, parce qu’elles
Philosophes, en ce que celui-ci s’unit contiennent le diadème de leur Roi,
inséparablement à ce qu’il dissout, leur Bacchus, leur Esculape, etc.
et l’autre s’en sépare sans diminu-
tion. ALKIR :
C’est la fumée et les charbons.
ALKAL :
Cendres gravelées ou clavelées. ALKOEL :
Johnson dit que c’est une espèce de
ALKALAC : plomb très fin, tiré des mines où l’on
Sel fixe. trouve le lapis lazuli ; quelques-uns
ALKALAP : ont appelé ce plomb Antimoine.
Etain, Jupiter.
ALKOOLISER :
ALKALAT : Voyez ALCOOLISATION.
Fleur de sel, sel sublimé.
ALKOSOR :
ALKALID : Camphre.
Voyez ALLOR.
ALKY-PLOMB :
ALKALIE : Voyez ALTEY-PLOMB.
Vase des Philosophes. ALLABOR, ALCAMOR, ALCHONOR,
ALKANT : ALLARINOCH, ALRACAS :
Mercure des Sages. Tous ces noms signifient la même
ALKARA : chose qu’Alahabar.
Cucurbite. ALLOR :
ALKASOR : Æs-ustum en grenailles.
Pierre au rouge, ou le soufre. ALLUTEL :
Voyez ALUDEL.
ALKAUT :
Mercure, ou argent vif. ALMACAUDA :
Litharge.
ALKAUTUM :
Nom que quelques Chimistes ont ALMAGRA :
donné à l’arsenic ; d’autres au Les Chimistes ordinaires donnent ce
cuivre brûlé ou Æs-ustum. Johnson. nom au bol, au cuivre, au laiton ;
mais les Philosophes Chimistes ne
ALKIBERT :
l’entendent que de la matière de
Voyez ALKIBRIC.
leur pierre. O bon Roi, vous devez
ALKIBIC, ALKIBRIC : savoir parfaitement avant toutes
Soufre des Sages, ou la matière phi- choses, que la fumée rouge, et la
losophique parvenue à la couleur de fumée blanche, et le lion vert, et

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almagra, et l’immondice de la mort, ALMISA :


et le limpide, et le sang, et l’eudica, C’est le musc, si nous en croyons
et la terre fétide, sont des choses Planiscampi.
dans lesquelles consiste tout le ma- ALMISADIR ou ALMIZADIR :
gistère. Morien. Almagra est le lai- Vert-de-gris, rouille de cuivre. Para-
ton que j’ai nommé ci-dessus la celse semble l’entendre dans ce sens
terre rouge. Idem. C’est-à-dire le là, quand il s’écrit par un Z. au lieu
soufre Philosophique. d’un S. Mais les Philosophes appel-
ALMAKIST : lent leur sel armoniac, Almisadir,
Litharge. Almisadit, et quelquefois Almisadu.
ALMARAGO : ALMISARUB :
Corail. Terre philosophique, qu’il faut cul-
ALMARCAT : tiver pour y semer le grain d’or qui
Litharge, ou scories de l’or. doit produire au centuple, et davan-
tage. Voyez TERRE FEUILLEE.
ALMARGAZ :
Plomb réduit en litharge dans la ALNEC ou ALLENEC :
coupelle. Etain, Jupiter.
ALMARGEN et ALMARGOL : ALO :
Corail. Sel commun pour la Chimie et sel
des métaux pour le sens Hermé-
ALMARKASITE :
tique.
Voyez MERCURE.
ALOCAF :
ALMARTACK :
Sel armoniac.
Litharge calcinée.
ALOFIL :
ALMARZIDA :
Bande de linge, qu’on emploie pour
Litharge d’argent.
sceller les vases. Johnson.
ALMAT :
Céruse, ou rouille de plomb. ALOMBA :
Voy. ALAHABAR, ACAZDIR.
ALMATKASITE :
ALOMBARI :
Argent vif.
Plomb brulé. Planiscampi.
ALME ou ALMA :
ALOOC :
Eau philosophique.
Voyez ALAHABAR.
ALMECHAFIDE :
ALOS :
Cuivre, airain.
Sel en général.
ALMENE :
ALOSANTHI :
Sel gemme.
Fleurs de sel.
ALMETAI :
ALOSET :
Scories de fer.
Mercure des Philosophes.
ALMIBA :
ALOTIN :
Etain, Jupiter.
Voyez AKILIBAT.

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ALOUS : ALUACH OU ALUHEC :


Fils du Soleil et d’Antiope. Voyez les Jupiter, étain.
Fables Egypt. et Grecques, liv. 3, ALUDEL OU ALUTEL :
chap. 14, par. 6. Vase requis pour le grand œuvre.
ALRACHAS : Geber le décrit ainsi dans la 40ème
Voyez ALAHABAR. partie du liv. I de sa Somme de la
perfection. L’Aludel doit être fait
ALSECH :
d’un verre épais également partout ;
Alun.
toute autre matière ne vaut rien
ALSELAT : pour cet effet, à moins qu’elle ne soit
Cuivre brûlé, Æs-ustum. d’une substance qui ait beaucoup
ALSUFIR : d’affinité avec le verre, telle que
Couleur rouge qui survient au ma- celle des cailloux. Car le verre seul
gistère des Sages à la fin des opéra- est propre par sa consistance et en
tions. Calid. chap. 1. des Secrets de substance inaltérable à retenir les
l’Alchimie. esprits ténus et subtils des mixtes,
qui s’évaporeraient par les pores des
ALTAFOR : autres matières. Les métaux mêmes
Camphre. ne valent rien pour cela, parce que
ALTAMBUS : l’affinité qu’ils ont avec les esprits
Pierre rouge, ou pierre du sang hu- minéraux et métalliques en feraient
main ; c’est l’élixir Philosophique. une réunion, au lieu de les laisser
sublimer.
ALTARA :
Mais Geber, comme les autres Phi-
Cucurbite.
losophes, n’entend pas toujours le
ALTEY-PLOMB : vase de verre, par le terme Aludel ;
Sel de Saturne, ou matière douce, souvent et le plus communément ils
extraite du Plomb, au moyen du vi- désignent sous ce nom le vase philo-
naigre. Johnson. Voyez AME DE SA- sophique, qu’il ne faut pas con-
TURNE.
fondre avec le vase dans lequel on
renferme la matière. C’est pourquoi
ALTHANACA : quand ils disent de sceller herméti-
Orpiment. quement l’Aludel, cela veut dire,
ALTIMAR : qu’il faut fixer le mercure des Sages.
Æs-ustum, cuivre calciné. Voyez VASE.
ALTIMION : Les Chimistes vulgaires ont inter-
Scories de plomb. prété Aludel par fourneau, cucurbite
; lorsque les Adeptes en parlent en
ALTINGAT :
semblant indiquer un fourneau, il
Vert-de-gris, rouille de cuivre.
faut l’entendre de leur fourneau se-
ALTINURAUM : cret, qui quelquefois se prend pour
Vitriol, attrament. la matière de laquelle ils extraient
ALTIT : leur mercure ; d’autres fois, de leur
Assa fœtida. soufre animé, vif, ou pierre ignée,
qui entretient et conserve le feu in-
ALTOFET : terne et agissant de l’œuvre. Aludel
Antimoine.

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   -A- 38 

se prend encore pour le mercure ALUSIR :


même animé. Nom que quelques Adeptes ont
donné à la pierre fixée au rouge de
ALUDIT :
couleur de pourpre.
Mercure des Sages.
ALZAFAR :
ALUECH :
Cuivre brûlé.
Jupiter, étain purifié.
ALZEGI :
ALUMBOTI :
Attramens.
Plomb calciné.
ALZEMAFOR :
ALUMONODIG : Cinabre.
Sel armoniac.
ALZERNAD :
ALUN : Magistère au rouge.
Nom que les Philosophes ont donné
ALZILAT :
quelquefois à leur sel, qui n’est pas
Poids de trois grains. Johnson.
l’alun vulgaire ; mais un sel principe
de l’alun, des autres sels, des miné- AMALGAMER :
raux et des métaux. Faire la réunion du mercure philo-
ALUN ALAFURI. Sel alkali. sophique avec le soufre ou l’or des
Sages ; non pas à la manière des
ALUN DE ALAP. Sel de Grèce. Planis- Chimistes vulgaires, en broyant
campi. dans un mortier ou autrement, une
ALUN ALKALI. C’est le nitre fixé. matière solide avec un corps liquide,
mais en conduisant le feu des Philo-
ALUN ALKORI. Nitre simple. sophes, suivant le régime prescrit ;
ALUN MARIN. Esprit humide de l’air, c’est-à-dire, en perfectionnant
qui vivifie tous les êtres sublu- l’œuvre par la cuisson ou digestion
naires, par la chaleur qui continuée, au feu égal, sulfureux,
l’accompagne. environné et qui ne brûle pas. Voyez
Artéphius, sur le régime du Feu.
ALUN SYRACH, ALUN ALKOKAR, ALUN
ALFURIN. Alun calciné. AMALGRA ou ALMAGRA :
Soufre des Philosophes, ou pierre au
ALUNIBUR : rouge.
Argent, Lune des Philosophes, leur
AMAR :
pierre au blanc parfait.
Vinaigre des Sages, et leur dissol-
ALUNSEL : vant. Les Chimistes vulgaires ont
Quelques Chimistes appellent ainsi quelquefois donné ce nom au vi-
les gouttes qui tombent du chapi- naigre commun.
teau de l’alambic dans le récipient. AMALTHEE :
Rullandus. Chèvre qui fournit le lait dont les
Nymphes nourrirent Jupiter. Ce
ALUSAR : Dieu la transporta au ciel, et fit pré-
Manne. sent à ses nourrices d’une des
cornes de cette chèvre, à laquelle il
ALUSEN :
donna la propriété de procurer à ces
Toute matière soufrée.
Nymphes tout ce qu’elles désire-

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   -A- 39 

raient ; elle en prit le nom de Corne parties, de même le soufre moyen,


d’abondance. Voyez-en l’explication comme un baume, agglutine les par-
chimique, liv. 3, chap. 4, et ailleurs, ties, en conserve l’union et la cohé-
des Fables Egyptiennes et Grecq. sion.
dévoilées.
AME DE SATURNE. Anima Saturni,
AMAZONES : ou Althea plumbi. Terme de Chimie.
Les histoires anciennes sont pleines Douceur très suave du plomb, ex-
des actions de ces femmes guer- traite avec le vinaigre, puis précipi-
rières, ainsi nommées. On compte tée avez l’eau commune. Planis-
au nombre des travaux d’Hercule la campi.
victoire qu’il fut obligé de remporter
sur elles, pour pouvoir enlever à AME DU VITRIOL. Soufre vitriolique
Hyppolite leur Reine, un baudrier que l’on extrait de la façon sui-
orné de diamants et de rubis vante : ayez des terrines vernissées,
qu’Eurysthée avait demandé à Her- tenant environ quatre pintes cha-
cule. Après que celui-ci eut pris cune ; mettez-y trois bonnes pintes
cette Reine, il la donna à Thésée qui d’eau de pluie filtrée, et trois poi-
l’avait accompagné, et porta le bau- gnées de vitriol commun en poudre ;
drier à Eurysthée. remuez bien le tout, et laissez dis-
Les Philosophes hermétiques expli- soudre le vitriol, après avoir mis les
quent ce travail d’Hercule dans le vases à l’air ou au soleil ; il se for-
même sens que ses autres travaux. mera sur la superficie de l’eau une
C’est une allégorie, disent-ils, de la pellicule de couleur d’arc-en-ciel,
perfection du grand œuvre de la que vous enlèverez adroitement
pierre, et de la médecine parfaite au avec une cuiller de verre ou d’ivoire,
blanc et au rouge, représentée par et la mettrez dans un vase ou creu-
ce baudrier, orné de rubis et de set, qui puisse résister au feu. Après
diamants ; parce qu’il n’y a rien au avoir enlevé cette première, vous
monde de si précieux que cette mé- agiterez l’eau, et quand elle sera
decine universelle. Voyez les Fables reposée, il se formera une seconde
Egyptiennes et Grecq. dévoilées, pellicule, que vous enlèverez comme
liv. 5. la première. Vous continuerez
l’opération jusqu’à ce qu’il ne s’en
AMBROISIE : forme plus. Cette Ame de Vitriol
Nourriture des Dieux ; c’est le mer-
mise à un feu violent, devient rouge
cure des Philosophes Hermétiques,
comme du sang, et ne s’y consume
principe de tous les métaux.
pas. Lorsque les vases sont à l’air, il
AME : faut les garantir de la pluie et de la
Magistère parfait au rouge ; parce poussière. Cette poudre rouge, mê-
qu’alors il est proprement le fer- lée en petite quantité avec du cuivre
ment qui anime la pierre pour en décapé et liquéfié, y fait un effet
faire l’élixir. surprenant, de même qu’avec les
Les Chimistes donnent aussi ce nom autres métaux. Minsych.
au soufre moyen, parce que, de AME SENSIBLE. C’est le sel armo-
même que l’âme conserve le corps
niac, suivant Manget.
par une chaleur et un humide radi-
cal qui empêchent la dissolution des

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AMELITE : façon créé le premier, a pu servir de


Les Egyptiens donnaient ce nom à base au règne végétal ; et le règne
la femme imaginaire de Zoroastre, animal, comme le plus parfait, a été
et n’entendaient par-là que formé des deux autres, se nourrit et
l’humidité de l’air subtil, extrême- s’entretient d’eux, sans cependant
ment raréfié, servant de véhicule au qu’ils puissent se servir mutuelle-
feu céleste signifié par Zoroastre, ment de semence ; parce que chaque
qui, faute de cet air pur et délié, ne règne a la sienne spécifiée et déter-
pourrait se manifester sensible- minée. Il faut donc prendre celle du
ment. Leur union indivisible, qui minéral pour faire l’œuvre des Phi-
fait la vie de tous les êtres de la Na- losophes, et non celles des deux
ture, a été de tous les temps le digne autres règnes.
objet de l’attention et du culte des AMENE :
anciens Philosophes Naturalistes,
Sel marin ou commun.
ainsi que l’Histoire nous l’apprend
en traitant des religions les plus AMENTUM :
accréditées. L’on feint qu’Abramane Alun.
ou Denis, Prince des ténèbres, est AMETHEE :
opposé à Zoroastre, auquel ce pre- Nom d’un des chevaux qui tiraient
mier déclare une guerre ambitieuse, le char de Pluton. Voyez ABASTER.
dont l’événement ne peut être qu’à
la gloire de Zoroastre, c’est-à-dire à AMIANTHE :
celle de la lumière, puisque les té- Pierre incombustible. Voyez ALBES-
nèbres ne sont qu’une privation de TOS. Les Philosophes ont donné le
lumière, et qu’une privation n’a nom d’Amianthe à leur pierre, parce
point d’existence. qu’elle résiste aux atteintes du feu
AMENDER : le plus violent.
On trouve ce terme dans presque
AMISADIR :
tous les Auteurs Chimiques, pour
Voyez ALMISADIR.
signifier perfectionner. La nature
s’amende en nature ; nature amende AMISADER et AMISADIR :
nature : ils entendent par ces Sel armoniac philosophique.
termes, que la nature se sert tou-
jours dans ses opérations de choses AMITHAON :
homogènes pour perfectionner ses Fils de Créthée, et oncle de Jason.
ouvrages, et que les parties de ma- Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
tière qui composent les individus liv. 2, chap. I.
d’un règne, sont plus propres à per-
fectionner les individus de ce même AMMON :
règne, que celles qui seraient prises Le même que Jupiter, Dieu des
d’un autre. Ainsi un métal n’est pas Egyptiens. Voyez le livre I des
propre à perfectionner un végétal, et Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
un végétal le serait encore moins à sect. 3, chap. 8.
l’égard du minéral. Mais comme la
nature tend toujours à la perfection Ammon fut adoré en Lybie sous la
des êtres, et qu’elle emploie les voies figure d’un bélier, soit parce que
les plus simples et par degrés, le Jupiter, en se sauvant avec les
règne minéral ayant été en quelque autres Dieux en Egypte, pour se

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soustraire à la poursuite des ANACAB :


Géants, prit la forme de cet animal ; Sel armoniac des Sages.
soit, comme le disent d’autres, que ANACHRON :
Jupiter sous la figure d’un bélier, ait Voyez ANATHRON.
fait sourdre une fontaine, pour dé-
saltérer l’armée de Bacchus. ANATHRON :
AMNIS ALKALISATUS : Espèce de sel qui croît sur les
Quelques Chimistes Spagyriques pierres, et qui diffère du salpêtre.
ont ainsi nommé les sources d’eau, Quand on le fait cuire, il devient
qui en passant et se filtrant à tra- une espèce d’alun acide. Si l’on
vers les terres calcaires, se sont im- pousse le feu, il prend la forme et la
prégnées de sels alkalis. transparence du verre, et laisse une
écume, que les Anciens regardaient
AMOGABRIEL : faussement comme un fiel de verre.
Cinabre. Ils l’appelaient Fæx vitri. Planis-
campi. Rulland le nomme Sagimen
AMPHION :
vitri Baurac.
Fils de Jupiter et d’Antiope. Il bâtit
la ville de Thèbes, et les pierres ANATON :
s’arrangeaient d’elles-mêmes au son Signifie quelquefois l’écume ou sel
de sa lyre ; Mercure avait été son
de verre ; mais ordinairement on le
maître de musique. Voyez les Fables prend pour le sel nitre.
Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3,
chap. 14, par. 6. ANATOSIER :
Sel armoniac.
AMPHYTRION :
Epoux d’Alcmène, selon la Fable. ANATRIS :
Voyez ce qu’il signifie selon Explica- Mercure.
tion des Alchimistes dans l’art. ANATRUM :
ALCMENE. Verre coloré de différentes couleurs.
On l’appelle plus communément
AMYCUS :
Terre sarrasine ou Smaltum.
Roi de Bebrycie, fils de Neptune et
de la Nymphe Melie, défiait les ANATUM :
étrangers aux palets ; Pollux, un des Coque d’œuf.
Argonautes, accepta le défi, et tua ANCEE :
Amycus. Fables Egypt. et Grecq. Fils de Neptune et d’Astipalée, fut
dévoilées, liv. I, chap. I. un des Argonautes ; il succéda à Ty-
AN : phis dans la conduite du navire Ar-
Soufre des Philosophes, ainsi nom- go. Fabl. Egyptiennes et Grecques
mé parce qu’étant en même temps dévoilées, liv. 2, chap. I.
leur Apollon, leur Soleil, il dirige ANCHISE :
ensuite les opérations de la pierre Père d’Enée, qui le sauva sur ses
pendant le cours des quatre saisons épaules de l’embrasement de la ville
de l’année philosophique, requises de Troie, après que les Grecs s’en
pour la perfection de l’œuvre. C’est fussent rendus les maîtres. Fables
pourquoi ils l’ont aussi appelle le Egypt. et Grecq. dévoilées, Descente
Père de la pierre. d’Enée aux Enfers.

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ANCHRE : Fable feint que tout cela se passa en


C’est la chaux, ainsi nommée à Ethiopie, parce que les Philosophes
cause de la propriété qu’elle a de emploient l’allégorie des dragons
fixer les choses volatiles. qui combattent entre eux, ou qui
ANCINAR : sont vaincus par des Héros, pour
exprimer le combat du fixe et du
Borax.
volatil dans le temps que la dissolu-
ANCOSA : tion de la matière la rend noire
Laque. comme de la poix fondue. Voyez les
ANDENA : Fables Egypt. et Grecq. liv. 3, chap.
Chalybs Orientalis, est un acier 14, par. 3.
qu’on nous apporte de l’Orient. Il se
liquéfie au feu, comme les autres ANDURAC :
Orpiment rouge.
métaux, et peut être jeté en moules.
Rulland. ANERIC :
ANDROGINE ou HERMAPHRODITE : Soufre.
Nom que les Chimistes Hermé-
tiques ont donné à la matière puri- ANERIT :
fiée de leur pierre, après la conjonc- Soufre vif.
tion. C’est proprement leur mercure,
qu’ils appellent mâle et femelle, Re- ANFAKA :
bis, et de tant d’autres noms, qu’on Présure, matière fixe des Sages.
peut voir dans l’article MATIERE.
ANFICARTO-ESPRIT :
Ils l’ont nommé ainsi, parce qu’ils Esprit de sel.
disent que leur matière se suffit à
elle même pour engendrer, et ANFIR-FILS :
mettre au monde l’enfant royal, plus Mercure philosophique.
parfait que ses parents. Que leur ANFUKA :
matière est une ; c’est leur azoth Matière coagulée. En termes de
duquel ils répètent souvent que science Hermétique, c’est le soufre
l’azoth et le feu suffisent à l’Artiste ; fixe et incombustible des Philo-
que néanmoins elle conçoit, elle en- sophes, qui fixe le mercure, et en
gendre, elle nourrit, elle manifeste fait l’élixir propre à fixer en or les
enfin ce Phénix tant désiré, sans métaux imparfaits.
addition d’autre matière étrangère.
Il faut cependant savoir que leur ANGES :
matière est composée de deux et Les Philosophes Chimiques donnent
même de trois, sel, soufre et mer- quelquefois ce nom à la matière vo-
cure ; mais que tout n’est autre que latile de leur pierre. Ils disent alors
le fixe et le volatil qui étant joints et que leur corps est spiritualisé ; et
réunis dans les opérations, ne sont qu’on ne réussira jamais dans le
plus qu’une matière qu’ils appellent grand œuvre, si on ne corporifie les
alors Androgyne, Rebis, etc. esprits, et ne spiritualise les corps.
ANDROMEDE : Cette opération est la sublimation
Fille de Cephée et de Cassiopée, fut philosophique ; et l’on doit savoir
exposée à un monstre marin, et dé- que le fixe ne se sublime jamais, s’il
livrée par Persée qui l’épousa. La n’est aidé du volatil.

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   -A- 43 

ANGLE : son sang. On l’appelle Animal,


La chose à trois angles. Terme de parce qu’elle croît dans la sublima-
science Hermétique. Les Philo- tion, et qu’elle a une âme de couleur
sophes disent que leur matière, ou sanguine, à savoir l’esprit invisible
le mercure philosophal, est une de vitriol. Joan. de Rupe Scissa.
chose qui a trois angles en sa subs-
ANIMATION :
tance, quatre en sa vertu, deux en En termes de science Hermétique.
sa matière, et une en sa racine. Ces Donner au mercure un esprit métal-
trois angles sont le sel, soufre et lique, qui le vivifie, pour ainsi dire,
mercure ; les quatre sont les élé- et le rend propre à produire le
ments ; les deux, le fixe et le volatil ; soufre philosophique. Le Philalèthe
et une, c’est la matière éloignée, ou
et Bernard Trévisan ont beaucoup
le chaos d’où tout a été fait. parlé de cette animation. Le Trévi-
ANIADA : san l’appelle alors, Mercure double.
Terme de Philosophie Spagyrique, Quelques Chimistes ont entendu les
qui veut dire les forces et les vertus paroles du Philalèthe comme s’il
des astres, dont, disent-ils, nous re- parlait du mercure vulgaire, mêlé
cevons les influences célestes par avec l’or aussi vulgaire ; mais il faut
l’imagination et la fantaisie. Dans le l’expliquer du mercure et de l’or vif
sens moral, ce sont les grâces que des Philosophes.
nous recevons par les Sacrements. ANIMER :
Rulland.
Donner au mercure philosophique
ANIADIN : une âme métallique. Voyez ANIMA-
Signifie longue vie, selon les Philo- TION.
sophes Chimiques. Planiscampi.
ANNEAU DU SOUVERAIN LIEN :
ANIADUM : Termes de Philosophie Chimique,
Selon le sens moral des Philosophes
qui signifient les différentes liaisons
Hermétiques, veut dire les grâces des quatre éléments qui semblent
que le Saint-Esprit infuse en nous.
faire une chaîne dont le mercure
Ou, selon Rulland, c’est l’homme philosophal est le produit, et comme
même spirituel, régénéré en nous, l’anneau qui les unit.
après qu’on a dépouillé l’homme ter-
restre ou le vieil Adam. ANNEAU D’OR, couvert d’argent.
ANIMAL : C’est la pierre au blanc, qui dans
Les Philosophes Hermétiques ont son extérieur est blanche, et cache
donné ce nom à leur matière, après l’or, ou la rougeur dans son inté-
qu’elle a passé par la putréfaction. rieur. Quelques-uns l’ont dit du
Son nom naturel est Animal ; et nitre.
quand elle a ce nom, elle sent bon,
et il ne demeure ni obscurité, ni ANNEE :
mauvaise odeur en elle. Morien. Les Philosophes ont un calcul diffé-
rent du calendrier vulgaire, quand il
ANIMAL est aussi un des noms que s’agit de compter leurs années, leurs
les Philosophes Hermétiques ont mois, leurs semaines et leurs jours.
donné à la matière préparée de la Ils comparent le temps qu’il faut
pierre. Prenez, avec la bénédiction pour parfaire l’œuvre à l’année
de Jésus-Christ, l’animal avec tout commune, parce qu’ils partagent

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   -A- 44 

leurs opérations en quatre temps, L’hiver qui est le commencement de


comme l’année commune en quatre l’œuvre, dure jusqu’après la putré-
saisons. Ils ont adopté les mêmes faction : le printemps commence
dénominations, et on les trouvera lorsque la matière sortant de la pu-
expliquées dans leurs articles. tréfaction se volatilise, et passe de
la couleur noire à la blanche ; l’été
Philalèthe dit que les Sages rédui-
dure depuis que la couleur blanche
sent les années en mois, les mois en
se change en couleur orangée jus-
semaines, et les semaines en jours ;
qu’au rouge de rubis. Alors c’est
mais cette réduction n’est pas en-
l’automne, temps où l’Artiste re-
core une règle générale, suivant la-
cueille les fruits de ses travaux.
quelle on doit s’imaginer que les
Philosophes travaillent, puisque Ainsi, quand les Philosophes disent
l’Adepte, qui fit la projection devant qu’il faut trois ans pour parfaire
Helvétius le père, lui dit que l’œuvre
l’œuvre, ils ont raison dans leur
pouvait se faire en quatre jours. On sens ; mais il ne faut pas l’entendre
peut consulter là-dessus le Vitulus
de trois années vulgaires : c’est des
Aureus du même Helvétius. trois opérations requises : la pre-
Philalèthe fait même remarquer mière, pour faire leur soufre ou mi-
qu’il faut entendre cette réduction nière du feu ; la seconde, pour la
de l’année, de la médecine du troi- pierre ou l’élixir ; la troisième, pour
sième ordre, et même de l’année la multiplication : et comme on peut
philosophique. C’est dans le même répéter la multiplication jusqu’à
sens qu’il faut expliquer Pline, lors- sept fois, quelques-uns ont dit qu’il
qu’il dit, que l’année philosophique fallait neuf ans, d’autres douze. Ce
est le mois commun ; il fallait ajou- qui ne doit s’entendre que de la réi-
ter philosophique. D’autres disent tération de chaque opération ;
que l’année philosophique est de puisque Morien nous assure que la
sept ans et neuf mois. Au bout des seconde est une répétition de la
trois premières années le mercure première. Philalèthe a nommé les
ou vinaigre philosophique devient trois premières opérations, les mé-
médecine ; après cinq ans, le mer- decines du premier, du second et du
cure ne l’est plus, c’est la terre feuil- troisième ordre de Geber. Voyez
lée ; et sept ans expirés parfont le TEMPS.
magistère et la médecine univer-
selle, auquel temps il faut encore ANNORA :
ajouter neuf mois pour l’élixir ou Terme de Chimie, qui signifie en
poudre de projection. général de la chaux vive ; mais plus
particulièrement de la chaux de co-
On peut dire, en général, que
quilles d’œufs.
l’année des Philosophes n’est pas
déterminée par le nombre des jours. ANODE :
Si l’agent ou le feu philosophique Urine.
est bien administré suivant les
règles de l’art, l’œuvre sera plus tôt ANONTAGE :
finie. Mais quelque nombre de jours Pierre philosophale.
que l’on emploie, l’année Hermé-
ANOXADIC :
tique sera toujours complète, parce
Sel armoniac.
qu’elle aura eu ses quatre saisons.

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AN-PERE ou PERE DE L’ANNEE : Les Chimistes se trompent quand


C’est le soufre des Philosophes, ou ils prennent l’antimoine vulgaire
leur Soleil, ainsi nommé de ce qu’il pour la matière des Sages. La chose
dirige le cours de l’année Hermé- à laquelle les Philosophes donnent
tique dans la seconde opération et le nom d’antimoine est leur eau
les suivantes. permanente, leur eau céleste, en un
ANTARIC, ANTARIS, ANTARIT : mot, leur mercure ; parce que celui-
ci nettoie, purifie et lave l’or philo-
Sont trois termes qui ne signifient
sophique, comme l’antimoine com-
que la même chose ; c’est-à-dire le
mun purifie l’or vulgaire.
mercure des Sages.
Basile Valentin dit que l’antimoine
ANTHOS : préparé spagyriquement, est un an-
Fleur de Romarin. Rosmarinus. Pa- tidote contre tous les venins. Il
racelse a transporté cette significa- l’appelle le grand Arcane, la Pierre
tion aux métaux, et s’est servi de ce de feu ; et avance qu’il a tant de ver-
terme pour signifier leur quintes- tus, qu’aucun homme n’est capable
sence, ou l’élixir aurifique. Voyez les de les découvrir toutes, et que peu
Archidoxes, et son traité de Natura s’en faut qu’il n’ait toutes les pro-
rerum. priétés de la pierre Philosophale,
tant pour la guérison des maladies
ANTHEE : du corps humain que pour la
Fils de Neptune et de la Terre, transmutation métallique. Voyez
géant d’une prodigieuse grandeur. Il son Triomphe de l’antimoine.
faisait son séjour dans les déserts de
la Lybie, où il obligeait les passants ANTIMUM :
à lutter contre lui, et les étouffait. Miel du printemps.
Hercule le combattit, et vint à bout ANTIOPE :
de l’étouffer entre ses bras, après Fille de Nyctée, et femme de Lycus,
l’avoir soulevé et lui avoir fait qui la répudia et la chassa pour
perdre terre. Voyez ce que l’on doit épouser Dircé, parce qu’il apprit que
entendre Hermétiquement, liv. 5, Jupiter, métamorphosé en Satyre,
chap. 15, des Fables Egypt. et avait joui d’Antiope. Amphion et
Grecq. dévoilées. Zéthus naquirent de ce commerce.
Lorsqu’ils furent devenus grands,
ANTICAR : ils vengèrent leur mère en faisant
Borax. périr Lycus et Dircé. Voyez les
Fables Egypt. et Grecques, liv. 3,
ANTIMOINE :
chap. 14, par. 6.
Nom que les Philosophes ont donné
à la matière sulfureuse mercurielle ANTIOPE, que quelques-uns nom-
qui fait partie du composé philoso- ment Hyppolite, une des Amazones
phique. que combattit Thésée. Voyez les
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
Tout le secret donc de ce vinaigre
liv. 5, chap. l3 et 22, et liv. 6, ch. 3.
antimonial, consiste en ce que par
son moyen nous sachions tirer du ANUBIS :
corps de la magnésie l’argent vif qui Dieu des Egyptiens, était le symbole
ne brûle point. C’est là l’antimoine de Mercure. On l’adorait sous la fi-
et le sublimé mercuriel. Artéphius. gure d’un homme ayant une tête de

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chien, et un caducée à la main ensuite le nom de Serapis. Ils fai-


droite. Voyez ce qu’on entendait par saient après un grand deuil de sa
Anubis, Fables Egypt. et Grecq. mort jusqu’à ce qu’ils en eussent
dév., liv. I, ch. 8. trouvé un semblable pour lui être
substitué. Ce bœuf, selon
ANUCAR :
l’explication des Philosophes Spagy-
BORAX.
riques, porte par sa couleur noire et
APHEBRIOCK : blanche, le vrai caractère de la ma-
Soufre philosophique. tière de leur œuvre, et le symbole
APHIDEGI : d’Osiris et d’Isis. Ce que les Grecs
Céruse. ont ensuite imité par la fable du
Minotaure, les bœufs de Geryon, les
APHRODISIE : bœufs de Jason et les autres. Voyez
Les Adeptes donnent quelquefois ce les Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
nom à leur matière, au temps où la lées, liv. I, section 3, chap. I.
pierre est parvenue à être ce qu’ils
appellent Vénus, et disent qu’elle a APOLLON :
pour lors atteint l’âge de Vénus, Fils de Jupiter et de Latone, selon
c’est-à-dire la couleur orangée. Hérodote, fils de Dionysius et d’Isis.
APHRODITE : Mais il importe peu de qui Apollon
Voyez VENUS. soit né, s’il faut rapporter cette fable
comme une allégorie du grand
APHRONITUM : œuvre, suivant le sentiment des
Ecume de nitre. Il y a beaucoup de Philosophes Hermétiques. Car, se-
relations et de rapports entre lon eux, il faut entendre la même
l’écume du nitre et le nitre même, chose par Osiris et par Jupiter, par
comme le sel avec son écume. Latone, Isis et Junon. Cependant il
L’écume du nitre est la même chose semble qu’il convient mieux de dire
que la fleur des pierres et des mu- que Latone fut sa nourrice et sa
railles ; c’est une matière légère, mère en en même temps. On prend
friable, âcre. Il faut choisir celle qui communément Apollon pour le soleil
tire sur la couleur de pourpre. qui nous éclaire, et les Chimistes
L’écume du nitre varie selon les ma- pour le soleil ou partie agente de
tières et les lieux où elle croît. leur œuvre, comme ils prennent leur
L’Aphronitum diffère de la fleur des lune pour la femelle ou la partie pa-
pierres d’Asie en ce qu’il n’est point tiente. C’est pourquoi ils expliquent
brûlé ; s’il était résout au feu, il au- et appliquent aux opérations de leur
rait les mêmes propriétés et les Art toutes les choses que la Fable
mêmes vertus. Rul. nous a apprises d’Apollon, et ses fils
APIS : Orphée, Hyménée et Jaleme qu’il
Chez les anciens Egyptiens, était un eut de Calliope, Delphus qu’il eut
bœuf noir partout le corps, excepté d’Acachallide, Coronus de Chrisorte,
une tache blanche en forme de Linus de Terpsichore, Esculape de
croissant ou approchant, que les Coronis. Voyez les Fables Egypt. et
Prêtres nourrissaient dans le Grecq. dévoilées, liv. 3, chap. 12.
temple de Vulcain, auquel ils le sa-
crifiaient au bout de quelques an- Apollon est regardé comme le
nées, en le noyant, et lui donnaient maître des Muses, l’inventeur de la

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Médecine, comme Devin, Oracle et AQUILENA :


Poète, et comme Guerrier armé C’est un nom que Paracelse a donné
d’arc et de flèches, puisque c’est lui à la plante connue sous celui de
qui tua le serpent Typhon, dit Py- consoude-royale, ou pied-d’alouette.
thon par anagramme. ARACAB :
Aigle des Philosophes.
APOSPERMATISMUM DRACONIS :
ARACEUM :
Mercure de Saturne.
Lut pour sceller les vases. Planis-
campi.
APPAREILLER :
Apprêter, disposer, mettre une ARANCON :
chose avec une autre. Voyez l’article Laiton, ou matière de l’œuvre en
suivant. putréfaction.
APPOSITION : ARAXOS :
Lorsque les Chimistes Hermétiques Suie.
disent qu’il faut commencer par ARBRES :
l’apposition du Mercure citrin pour Arbores. Paracelse a donné ce nom
passer de la couleur blanche à la aux tumeurs et aux marques qui
rouge, cette façon de parler ne doit ternissent et défigurent la couleur
pas s’entendre d’une addition de vive et naturelle de la peau ; et il ne
mercure à la matière qui est dans le les appelle ainsi que dans leur
vase, puisqu’ils ont soin d’avertir commencement, et avant qu’elles
qu’elle a en elle tout ce qui lui est soient tournées en ulcères.
nécessaire pour sa perfection. Ces
termes signifient seulement qu’il ARBRE est aussi le nom que les Phi-
faut continuer la cuisson, pour que losophes ont donné à la matière de
la couleur citrine succède à la la pierre philosophale, parce qu’elle
blanche, puis l’orangée, et enfin la est végétative. Le grand arbre des
rouge, au moyen de la digestion du Philosophes, c’est leur mercure, leur
mercure des Philosophes. Voyez teinture, leur principe, et leur ra-
AJOUTER. cine ; quelquefois c’est l’ouvrage de
la pierre. Un Auteur anonyme a fait
AQUALA : à ce sujet un traité intitulé : de
Arsenic philosophique. l’Arbre solaire, de Arbore solari. On
AQUAOLVES : le trouve dans le 6e tome du Théâtre
Vinaigre distillé. Les Chimistes em- Chimique. Le Cosmopolite, dans son
ploient quelquefois ce terme pour Enigme adressée aux Enfants de la
signifier l’eau-forte. Johnson. vérité, suppose qu’il fut transporté
dans une Ile ornée de tout ce que la
AQUASTRE : nature peut produire de plus pré-
Nom que Paracelse a donné à ce que cieux, entre autres de deux arbres,
nous appelons esprit, tant celui que l’un solaire et l’autre lunaire, c’est-
nous entendons par âme, que à-dire, dont l’un produisait de l’or,
l’esprit purement animal. Il et l’autre de l’argent.
l’appelle ainsi, parce qu’il est dit
dans l’Ecriture que l’esprit de Dieu ARBRE D’ARGENT. Magistère au
était porté sur les eaux. blanc, ou la matière après la putré-
faction.

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ARBRE D’OR OU SOLAIRE. C’est la en quatre, qui sont, la première ma-


pierre au rouge. tière, le mercure de vie, la pierre
des Philosophes, et la teinture.
ARBRE DE MER. C’est le corail, et les
madrépores. Les propriétés du premier arcane ou
de la première matière, sont de ra-
ARBRE DE VIE. Nom que les Philo-
jeunir l’homme qui en fait usage, et
sophes Hermétiques ont donné
de lui donner une nouvelle vie,
quelquefois à leur mercure ; mais
comme celle qui arrive aux végé-
plus communément à leur élixir,
taux, qui se dépouillent de leurs
parce qu’il est alors la médecine des
feuilles tous les ans, et se renouvel-
trois règnes, ou leur panacée uni-
lent l’année d’après.
verselle ; qu’il ressuscite les morts,
c’est-à-dire les métaux imparfaits, La pierre des Philosophes agit sur
qu’il élève à la perfection de nos corps comme le feu sur la peau
l’argent, s’il est au blanc, et à celle de la salamandre ; elle en nettoie les
de l’or, s’il est au rouge. Ils l’ont taches, les purifie et les renouvelle,
aussi appelé Bois de vie. en consumant toutes leurs impure-
tés, en y introduisant de nouvelles
ARCALTES :
forces, et un baume plein de vi-
Paracelse nomme ainsi le fonde-
gueur, qui fortifie la nature hu-
ment de la terre, ou la colonne par
maine.
laquelle il suppose allégoriquement
qu’elle est soutenue. Il la nomme Le mercure de vie fait à peu près le
aussi Archaltes, et Rullandus Ar- même effet ; en renouvelant la na-
chates. ture il fait tomber les cheveux, les
ongles, la peau, et en fait revenir
ARCANE : d’autres à la place.
(Médecine) Paracelse dit qu’on en-
tend par ce terme une substance La teinture montre ses effets à la
incorporelle, immortelle, fort au- manière de Rebis, qui transmue
dessus des connaissances des l’argent et les autres métaux en or,
hommes et de leur intelligence. Elle agit de même sur le corps hu-
Mais il n’entend cette incorporéité main, elle le teint, le purge de tout
que relativement, et par comparai- ce qui peut le corrompre, et lui
son avec nos corps ; et il ajoute que donne une pureté et une excellence
les Arcanes sont d’une excellence au-dessus de tout ce qu’on peut
fort au-dessus de la matière dont imaginer. Elle fortifie les organes, et
nos corps sont composés ; qu’ils dif- augmente tellement le principe de
fèrent comme le blanc du noir ; et vie, qu’elle en prolonge la durée fort
que la propriété essentielle de ces au-delà des bornes ordinaires. Idem.
Arcanes est de changer, altérer, res- ARCANE se prend aussi pour toutes
taurer et conserver nos corps. sortes de teintures tant métalliques,
L’Arcane est proprement la subs- que végétales ou animales. Para-
tance qui renferme toute la vertu celse l’a employé plusieurs fois dans
des corps, dont elle est tirée. Le ce sens là.
même Paracelse distingue deux
sortes d’Arcanes ; l’un qu’il appelle ARCANE, en termes de science Her-
perpétuel, le second pour la perpé- métique, doit s’entendre de l’eau
tuité. Il subdivise ensuite ces deux mercurielle épaissie, ou mercure

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animé par la réunion du soufre phi- et en diversifie les espèces, de ma-


losophique. nière que l’un ne prenne point la
matière spécifique de l’autre. Arès
ARCHEE DE LA NATURE :
Les Physiciens et particulièrement n’est point cependant l’Archée de la
Nature ou Iliaster dont voyez
les Philosophes Spagyriques appel-
l’article ; mais après que celui-ci a
lent ainsi l’agent universel, et parti-
culier à chaque individu ; ce qui met tout disposé pour les genres, Arès
succède et arrange les formes et les
toute la Nature en mouvement, dis-
espèces des individus.
pose les germes et les semences de
tous les êtres sublunaires à pro- ARETON :
duire et à multiplier leurs espèces. Laiton des Philosophes.
ARCHEMORE :
ARETHUSE :
Fils de Lycurgue, fut nourri par
Fille de Nérée et de Doris, com-
Hypsiphile, et mourut tout jeune de
pagne de Diane, fut changée en une
la morsure d’un serpent. On insti-
fontaine du même nom. Voyez les
tua en son honneur les jeux Né-
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
méens. Voyez les Fables Egypt. et
liv. 4, chap. 3.
Grecques dévoilées, liv. 4, chap. 8.
ARCHILAT : ARFARD :
C’est la pesanteur ou le poids de Arsenic philosophique.
trois grains.
ARFIORA :
ARCOS : Céruse. En termes de science Her-
Æs-ustum, cuivre brûlé. métique, c’est le Saturne des Sages,
ARECIE : ou la matière parvenue au blanc,
Ile où abordèrent les Argonautes après avoir passé par la putréfac-
dans leur voyage de la Colchide, tion. C’est ce que les Adeptes appel-
pour la conquête de la toison d’or. lent aussi leur Diane nue, leur
Voyez les Fables Egyptiennes et Lune, etc.
Grecques dévoilées liv. 2, chap. I.
ARGENT :
AREMAROS : Lorsque les Philosophes disent,
Cinabre. notre Argent ou notre Lune, ce n’est
ARENA : pas de l’argent vulgaire, dont on fait
Matière de la pierre dissoute et en les ustensiles, les meubles et la
putréfaction. monnaie, qu’ils parlent ; c’est de
leur matière quand elle est parve-
ARENAMEN, ARENARMEI :
nue au blanc parfait par le moyen
Bol Armene ou d’Arménie. de la cuisson.
ARES : Ce terme s’entend aussi de leur eau
En termes de science Hermétique, mercurielle, qu’ils appellent aussi
signifie le dispensateur de la Na- Femelle, Beja, Sperme, etc.
ture, caché dans les trois principes,
Quelques-uns le nomment Or blanc,
soufre, sel et mercure, dont ils di- Or cru.
sent que tout est composé dans le
monde. Ils ajoutent que ce dispensa- ARGENT COMMUNIQUANT. Les Philo-
teur donne la forme aux individus, sophes ont donné ce nom au sel qui

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entre dans la composition de la ARGO :


pierre philosophale. Jean de Roque- Nom que la Fable a donné au navire
taillade. que montait Jason, quant il fut à la
conquête de la toison d’or avec Her-
ARGENT DE MERCURE. Elixir au cule, Hylas, Orphée, Etalide, Am-
blanc, ainsi nommé de ce qu’il est phion, Augias, Calaïs, Castor, Pol-
composé du mercure philosophique. lux, Céphée, Iphide, Eson, Lyncée,
ARGENT DU PEUPLE. Quelques Chi- Mopse, Méléagre, Pelée, Télamon,
mistes ont donné ce nom au sel. Zetis et plusieurs autres.
Johns. Les Alchimistes expliquent cette
ARGENT-VIF DES PHILOSOPHES. Il expédition comme une allégorie de
faut faire attention qu’argent-vif et la pierre Philosophale, et particuliè-
vif-argent n’est pas la même chose. rement parce que le navire était fa-
Le vif-argent est le mercure vul- briqué des chênes parlants de Do-
gaire, et l’argent-vif est celui des done. V. Jason, Argonautes, et le
Philosophes Hermétiques. Ils traité des Fables Egypt. et Grecques
s’expriment ainsi pour marquer dévoilées, liv. 2, chap. I.
l’action et la vie de leur mercure, ARGONAUTES :
qui est la semence des métaux, au Héros qui, selon la Fable, accompa-
lieu que le vulgaire est un métal gneront Jason pour faire la con-
déjà fait. Ils lui ont donné le nom quête de la toison d’or. Quelque ex-
d’argent-vif, parce qu’il est volatil, plication morale ou physique qu’on
blanc, clair, froid, humide, coulant, ait voulu donner à cette Fables on
et susceptible de coagulation, n’a pu réussir à en faire
comme le vulgaire, dont il est la se- d’application plus juste qu’en la re-
mence. Voyez Mercure Philoso- gardant, avec les Alchimistes,
phique. comme une allégorie du grand
ARGENT-VIF. Ce terme signifie quel- œuvre de la médecine universelle,
quefois, non le mercure des Sages, ou pierre philosophale. Tous les
mais leur magistère au blanc, qui en Chefs de cette expédition ont vécu
est composé. Les Philosophes lui ont selon la Fable, dans des temps si
donné ce nom par équivoque, pour éloignés les uns des autres, qu’il
le distinguer de l’argent commun et n’est pas possible de donner la
vulgaire, qu’ils appellent Argent moindre vraisemblance à leur réu-
mort. nion. Aloysius.

ARGENT-VIF EXALTE. Lune des Phi- Martianus, outre plusieurs autres, a


losophes, ainsi nommée de ce que ce fait un volume entier sous le titre de
mercure est purifié et poussé à un Aureum vellus ou Toison d’or, pour
degré de perfection qu’il n’avait pas expliquer chimiquement cette expé-
avant d’être parvenu au blanc. dition. Il est peu d’Auteurs Alchi-
miques qui n’en aient parlé. Et à
ARGENT-VIF ANIME. Mercure des dire la vérité, l’étymologie du nom
Sages après son union avec la pierre de Jason, qui veut dire art de guérir,
ignée, le soufre philosophique. suffirait seule pour rendre vraisem-
ARGENT-VIF COAGULE OU PURIFIE. blable l’explication des Philosophes
C’est le magistère au blanc. Hermétiques. Voyez les Fables

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Egyptiennes et Grecques, liv. 2, AROP :


chap. I. Voyez ADROP.
ARGUS (Yeux d’) : AROPH :
Les Chimistes Hermétiques ont dit Mandragore. Paracelse dit que
que les yeux d’Argus furent trans- l’Aroph guérit la pierre des reins et
portés sur les plumes de la queue du la gravelle.
Pan, pour signifier les différentes ARROSER :
couleurs qui surviennent à la ma- Cuire, digérer la matière philoso-
tière de la pierre pendant la coction. phique. Ce terme ne doit s’appliquer
qu’au temps où la matière se su-
ARIADNE :
blime en vapeurs et retombe sur la
Fille de Minos et de Pasiphaé, favo-
matière en forme de gouttes de
risa Thésée dans son entreprise
pluie et de rosée, c’est-à-dire, après
contre le Minotaure, et lui donna un
la putréfaction.
peloton de fil, au moyen duquel il
sortit du labyrinthe, après qu’il eut ARSAG :
vaincu ce monstre. Thésée l’enleva Arsenic.
et l’épousa. Arrivés dans l’île de ARSANECK :
Naxo, Thésée y laissa Ariadne, que Arsenic sublimé. On dit aussi Arca-
Bacchus épousa dans la suite. Voyez
nec, et Artanech. Johnson.
les Fables Egypt. et Grecques dévoi-
lées, liv. 3, chap. I, & liv. 5, ch. 14, ARSENIC :
par. 2. En termes de Chimie Hermétique,
se prend tantôt pour le mercure des
ARIES OU BELIER : Sages, tantôt pour la matière dont il
Ces termes sont mystérieux dans se tire, et tantôt pour la matière en
les écrits des Philosophes Chi- putréfaction. Quelques-uns ayant
miques ; ils disent que leur matière trouvé dans les vers d’une des Sy-
se tire du ventre d’Ariès. Quelques- billes, que le nom de la matière d’ou
uns prenant ces termes à la lettre se tire le mercure philosophal, était
ont cru que cette matière était de la composé de neuf lettres, dont quatre
fiente de Bélier ; mais les Philo- sont voyelles, les autres consonnes,
sophes parlent du Bélier, signe du qu’une des syllabes est composée de
Zodiaque, et non du Bélier animal. trois lettres, les autres de deux, ont
cru avoir trouvé cette matière dans
ARIDURA ou SECHERESSE : Arsenicum, d’autant plus que les
Est un des noms que Paracelse a Philosophes disent que leur matière
donné à la maladie que nous appe- est un poison des plus dangereux ;
lons Phtysie, et les Anglais Con- mais la matière de la pierre est
somption. celle-là même dont l’Arsenic et les
autres mixtes ont été formés, et le
ARLES CRUDUM : mercure des Sages ne se tire pas de
Petites gouttes d’eau qui tombent l’Arsenic ; puisque l’Arsenic se vend
au mois de Juin, en forme de rosée, chez les Apothicaires et les Dro-
semblable à celle du mois de Mai. guistes, et la minière du mercure se
Rul. D’autres, selon le même Au- trouve partout, dans les bois, sur les
teur, les appellent Hydatis, Stala- montagnes, sur les vallées, sur
gnei, Stagen, Straax. l’eau, sur terre, et par tous pays.

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Philalèthe et plusieurs autres Phi- ASABON :


losophes ont aussi donné le nom Savon. En fait de science Hermé-
d’Arsenic à leur matière en putré- tique, c’est l’azoth des Philosophes,
faction, parce qu’alors elle est un avec lequel ils blanchissent leur lai-
poison très subtil et très violent. ton.
Quelquefois ils entendent par Arse- ASABUM :
nic leur principe volatil, qui fait Etain. Jupiter des Sages.
l’office de femelle. C’est leur Mer-
cure, leur Lune, leur Vénus, leur ASAGEN :
Saturnie végétale, leur Lion vert, Sang de dragon.
etc. Ce nom d’Arsenic lui vient de ce ASAGI :
qu’il blanchit leur or, comme Vitriol, ou attrament rouge.
l’arsenic vulgaire blanchit le cuivre.
ASAMAR :
ART SACERDOTAL : Vert-de-gris.
Etait, chez les Egyptiens, celui que
nous appelons actuellement la Phi- ASMON :
losophie Hermétique. Voyez Sel armoniac. Voyez ALMISADIR.
l’Introduction du livre I. des Hiéro- ASCALAPHE :
glyphes Egyptiens. Alkandi cité par Fils du fleuve Achéron et
Kirker. d’Orphnée, Nymphe des Enfers, fut
Cet art consistait dans la connais- changé en hibou, pour avoir accusé
sance parfaite des procédés de la Proserpine d’avoir mangé trois
Nature dans la production des grains de grenade. Homère dit Asca-
mixtes, et ne s’enseignait que par laphe fils de Mars et d’Astioché.
des hiéroglyphes et des termes mys- Voyez l’explication de cette fiction
térieux, dont on ne donnait la véri- dans le liv. 4, chap. 3 des Fables
table explication qu’à ceux qu’une Egypt. et Grecques dévoilées.
épreuve très longue faisait juger ASCLEPIOS :
dignes d’être initiés dans un si Voyez ESCULAPE.
grand mystère. Les Prêtres étaient
ASDENEGI :
obligés de garder le secret sous
Pierre Ematite.
peine de mort à ceux qui le viole-
raient. Il ne se communiquait que ASEB ou ASEP :
dans le Sanctuaire. Saint Justin, Alun.
quest. ad Ortod.
Pythagore consentit à souffrir la ASED :
circoncision pour y être initié. S. Lion des Philosophes.
Clement. Alex. l. 1. Strom. ASENEC :
ARUERIS : Soleil ou or des Sages.
Dieu d’Egypte. Sa mère vint au
ASFOR :
monde enceinte de lui. Voyez les
Alun.
Fables égypt. et Grecq. dévoilées,
liv.I. ASINAT :
ARUNCULA GRANDE : Nom Arabe donné à l’antimoine.
C’est la matière de la pierre des Basile Valentin, dans son Char
Sages. triomphal de ce minéral.

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   -A- 53 

ASINGAR : ASTIOCHE :
Vert-de-gris. Mère d’Ascalaphe et d’Ialmenus,
qu’elle mit au monde dans la mai-
ASMAGA :
son d’Actor. Voyez les Fables Egypt.
Alliage des métaux.
et Grecq. liv. 4, chap. 3. Astioché fut
ASMARCECH : aussi mère de Tlepoleme, qu’elle
Litharge. avait eu d’Hercule.
ASMUM : ASTRE :
Poids pour peser ; tels sont, la livre, En termes de Chimie, est la subs-
l’once, le gros, etc. tance ignée, fixe, principe de la mul-
tiplication, extension et génération
ASOPE : de tout. Cette substance tend tou-
Fils de l’Océan et de Thétis, fut père jours d’elle-même à la génération ;
d’Egine, enlevée par Jupiter trans- mais elle n’agit qu’autant qu’elle est
formé en feu. Asope poursuivant excitée par la chaleur céleste, qui se
Jupiter fut métamorphosé en fleuve trouve partout.
par ce Dieu. Voyez les Fables Egypt.
et Grecq. dévoilées, liv. 3, chap. 14, ASTRUM :
par. 6. Terme dont les Philosophes chi-
miques se servent pour signifier une
ASOPER : plus grande vertu, puissance, pro-
Quelques Chimistes ont ainsi appe- priété, acquise par la préparation
lé la suie. qu’on a donnée à une chose. Comme
astrum du soufre, ou astrum sul-
ASROB :
phuris, signifie le soufre réduit en
Matière des Philosophes en putré-
huile, dont les vertus surpassent de
faction, leur Tête de Corbeau, leur
beaucoup celles du soufre en nature.
Saturne.
Astrum salis ou du sel, c’est le sel
ASSA-FOETIDA : réduit en eau ou en huile. Astrum
Les Philosophes Hermétiques ont mercurii ou du mercure, c’est du
donné ce nom à leur mercure, dit mercure sublimé. On donne ce nom
Riplée, parce qu’il en a l’odeur, lors- aux alcools, aux quintessences des
qu’il est nouvellement extrait de sa choses.
minière. Cette odeur, dit Raymond ASUB :
Lulle, est des plus fortes ; mais par Terme Arabe que les Latins expri-
la circulation elle se change en une ment par Alumen, et les Français
quintessence d’une odeur la plus par Alun.
suave, et devient une médecine
ASUBEDEGI :
contre la lèpre et les autres mala-
dies. Johnson explique ce terme de Para-
celse par Caillou taillé pour couper
ASSAGEAI : les autres pierres, comme le dia-
Sang de dragon. Planiscampi. mant pour couper le verre.
ASUGAR :
ASSATION :
Vert-de-gris.
Action de digérer, cuire, sublimer,
volatiliser, fixer la matière de ATAC :
l’œuvre. Nitre, ou salpêtre philosophique.

‐ 53 - 
 
   -A- 54 

ATALANTE : ATEBRAS :
Fille de Schænée, avait une agilité Vaisseau sublimatoire des Chi-
si grande à la course qu’on ne pou- mistes. Johnson.
vait l’égaler ; ce qui engagea son ATHAMAS :
père à ne vouloir la donner en ma- Fils d’Eole, épousa Néphélé, de la-
riage qu’à celui qui l’atteindrait. quelle il eut Phrixus et Hellen, qui
Après que plusieurs l’eurent tentée donnèrent occasion à l’expédition
inutilement, Hyppomenes, par le des Argonautes. Voyez liv. 4, chap. 9
conseil de Vénus, prit trois pommes des Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
d’or qu’il jetait après elle en la sui- lées.
vant ; pendant qu’elle s’amusait à
les ramasser l’une après l’autres ATHANOR :
Hyppomenes avançait toujours En termes de Chimie vulgaire, est
chemin, et trouva par ce moyen ce- un fourneau ayant la forme d’un
lui de l’atteindre. Etant un jour quarré, ou d’un quarré long, auprès
lasse de la chasses elle donna un duquel est une tour, qui commu-
coup de poinçon dans un rocher, nique à un des côtés par un tuyau.
placé auprès d’un temple On remplit de charbons cette tour,
d’Esculape, et en fit sortir une fon- on l’allume, et la chaleur se com-
taine, de l’eau de laquelle elle se munique au fourneau par le tuyau.
désaltéra. Je ne m’arrêterai pas à en faire une
description plus détaillée, parce que
Atalante, disent les Philosophes
chaque Chimiste la fait faire à sa
Spagyriques, n’est autre que la ma-
guise. On lui a donné le nom
tière volatile du grand œuvre qui ne
d’Athanor par similitude au four-
peut être arrêtée que par la matière
neau secret des Philosophes, qui
fixe signifiée par les pommes d’or,
conserve son feu continuellement et
puisqu’il n’y a rien de plus fixe que
au même degré. Mais ce dernier
la matière radicale de l’or. Quand
n’est pas un fourneau de l’espèce de
on dit qu’elle fit sortir une fontaine
celui des Chimistes. Leur Athanor
du rocher, c’est que la pierre philo-
est leur matière animée par un feu
sophale donne de l’eau, dont on fait philosophique, inné dans cette ma-
de la terre, puis encore de l’eau, etc.
tière, mais qui y est engourdi, et ne
On ajoute qu’Atalante coucha dans
peut se développer que par l’art.
le temple de sa mère avec Hyppo- Voyez FOURNEAU, FEU.
menes ; c’est qu’on met dans le vase
philosophique le fixe et le volatil, ATIMAD, ou ALCOPHIL :
dont on fait comme le mariage, dont Antimoine. On dit aussi Alcimad,
il est tant parlé dans les livres des Alfacio.
Philosophes. Voyez les Fables
Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2, ATLAS :
chap. 3. Fils de Jupiter et de Clyméné, ou de
Il y a une autre Atalante, fille de la Nymphe Asie, fut averti par
Jasius, qui se trouva à la chasse de l’Oracle de se donner de garde d’un
Calydon ; elle fut changée en lionne. des fils de Jupiter. Persée en ayant
L’une et l’autre ne sont chimique- été mal accueilli, lui présenta la tête
ment que la même personne, et par de Méduse, qui le métamorphosa en
conséquent la même chose. la montagne qui porte le nom

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   -A- 55 

d’Atlas. Voyez les Fables Egypt. et toyer l’étable où Augias tenait ses
Grecq. dévoilées, liv. 3 c. 14, par. 3. bœufs, qui étaient en grand nombre.
Augias promit pour récompense à
ATTRAMENT : Hercule, de lui donner la dixième
Vitriol. partie de ses bestiaux. Hercule ac-
cepta l’offre, et nettoya l’étable en y
ATTRAMENT FUSIBLE. Alcali faisant passer le fleuve Alphée. Au-
ATREE : gias refusa de tenir sa promesse et
Fils de Pélops et d’Hyppodamie, Hercule le tua pour s’en venger.
père d’Agamemnon et de Ménélas, Voyez les Fables Egyptiennes et
fut ennemi juré de Thyeste son Grecques dévoilées, liv. 5, chap. 8.
frères et faisant semblant de se ré-
concilier avec lui, il l’invita à un re- AVORA :
pas, où il lui présenta en mets deux Chaux d’œufs.
de ses enfants, dont le Soleil eut
AURANCUM et AURANEUM :
tant d’horreur, qu’il retourna en ar-
rière. Cette fable ne signifie autre Paracelse et plusieurs autres ont
ainsi appelé les coques d’œufs.
chose chimiquement, que la réin-
crudation de l’or des Philosophes, AURARIC :
qui par la dissolution retourne à sa
Mercure des Philosophes.
première matière. Voyez le reste de
cette fable expliquée dans le livre 3, AUTEL :
ch. 14, par. 4 des Fables Egyp- Quelques Adeptes ont donné ce nom
tiennes et Grecques dévoilées. à leur mercure, et à leur matière
dans le vase pendant les opérations.
ATROP :
Voyez-en un exemple, Fables Egypt.
Voyez ADROP. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap.
ATTINGAT OU ATINGAR : 14, par. 3.
Vert-de-gris. AUTOMNE :
ATTINGIR : Temps où l’Artiste recueille les
Cucurbite de terre. Johnson. fruits de ses travaux. Il est d’une
complexion froide et sèche. Souve-
ATTREMPENCE D’ALPHIDIUS :
nez-vous donc bien qu’il faut dis-
Terme de philosophie chimique
soudre en hiver, cuire au printemps,
C’est le mercure philosophal, dans
coaguler en été, et cueillir les fruits
lequel on dispose par la cuisson
en automne, c’est-à-dire, donner la
l’équilibre des quatre éléments, de
teinture.
manière qu’ils ne puissent plus se
surmonter, et fassent par leur union AUVER :
un mixte incorruptible. Eau douce. Paracelse, dans son trai-
té de la Nature des choses.
ATUREB :
Verre. AYBORZAT :
Galbanum.
AVERICH :
Soufre. AYCAFORT :
Voyez ALARTAR.
AUGIAS :
Fils du Soleil et de Naupidame. Eu- AYCOPHES et AYCUPHER :
rystée ordonna à Hercule de net- Cuivre brûlé.

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   -A- 56 

AYMANT ou AIMANT : AZET :


Matière au moyen de laquelle les Voyez AZOTH.
Philosophes savent extraire leur
eau mercurielle, qui ne mouille pas AZIMAR :
les mains, des rayons du soleil et de Selon Rulland, veut dire du vert-de-
la lune. Sachez que l’arbre solaire gris ou fleur d’airain, ou même de
tire son origine de cette eau, dit le l’Æs-ustum ; et selon Planiscampi, il
Cosmopolite, qu’elle seule est ca- signifie du minium.
pable de le dissoudre, et qu’elle
s’extrait des rayons du soleil et de la AZINABAN :
lune par la force de notre aimant, Terme dont les Philosophes Spagy-
que j’ai ci-devant nommé acier. Phi- riques ont usé pour signifier les
lalèthe s’en est servi dans le même fèces, ou l’impur qu’ils séparent de
sens. Voyez AIMANT. la matière pure des Sages.

AZAA : AZOC :
Matière de la pierre des Sages. Mercure des Philosophes. Ce n’est
AZAMO : pas le mercure vulgaire cru, tiré
Chaleur Indienne. Termes dont se simplement de sa mine, mais un
sont servis quelques Alchimistes mercure extrait des corps dissous
pour déterminer un degré du feu par l’argent-vif ; ce qui fait un mer-
propre à l’œuvre philosophique. cure bien plus mûr. Bern. Trévisan,
Voyez FEU DES PHILOSOPHES. Epît., à Thomas de Boulogne.

AZAPHORA : C’est avec ce mercure que les Philo-


Cuivre brûlé, ou æs-ustum. sophes lavent leur laiton ; c’est lui
AZARNET : qui purifie le corps impur avec l’aide
Voyez ADARNECH. du feu ; et par le moyen de cet Azoc
on parfait la médecine propre à gué-
AZEC : rir toutes les maladies des trois
Attrament, vitriol. règnes de la Nature. Cet Azoc doit
AZECI : se faire de l’élixir. Ibid.
Vitriol philosophique.
AZOCH :
AZEDEGIM : Voyez AZOTH.
Pierre Ematite.
AZEG : AZOG :
Vitriol. Voyez AZOTH.

AZEGI : AZOGEN :
Attrament vitriolique. Sang de dragon. C’est la pierre au
AZEL : rouge, parce qu’elle est formée du
Alun. mercure des Philosophes, qu’ils ap-
pellent Dragon.
AZEMASOR :
Cinabre, quelquefois le minium ; AZOMAR et AZIMAR :
mais dans ce dernier cas, c’est le Cinabre, suivant quelques Chi-
minium des Philosophes, ou la mistes ; et le minium, selon
pierre parvenue au rouge. d’autres. Johnson.

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   -A- 57 

AZOMSES : à cet Azoth ; Quintessence astrale


Mercure des Philosophes. Serf-fugitif, Esprit animé, Ethelia,
Auraric, etc. Voyez MERCURE et MA-
AZON :
TIERE.
Mercure des Sages, purifié et tra-
vaillé. Azoth, selon Planiscampi, signifie
moyen d’union, de conservation, ou
AZONEC :
Sel armoniac, ou l’aigle philoso- médecine universelle. Il fait aussi
remarquer que le terme Azoth doit
phique. Voyez MERCURE.
être regardé comme le principe et la
AZOTH : fin de tout corps, et qu’il renferme
Nom que les Philosophes Hermé- toutes les propriétés cabalistiques,
tiques ont donné plus communé- comme il contient la première et la
ment à leur mercure. Ces choses dernière lettre des trois langues
sont en la miséricorde de Dieu, et matrices, l’Aleph et le Thau des Hé-
nous avons seulement besoin dans breux, l’Alpha et l’Omega des Grecs,
notre œuvre de l’Azoth et du feu. l’A et le Z des Latins.
Basile Valentin. Le feu et l’Azoth
lavent et nettoient le laiton, c’est-à- AZOTH est aussi le nom que
dire la terre noire et lui ôtent son quelques Chimistes vulgaires ont
obscurité. Clang. Buce. Le feu et donné à un précipité de mercure
l’eau, qui est l’Azoth lavent le laiton commun, ou vulgaire, fait (comme
et le nettoient de sa noirceur. Arn. ils le disent) per se. On en trouve la
de Vill. Il faut faire deux parts du manière dans la Chimie Médicinale
corps coagulé, dont l’une servira de M. Malouin, T. II. pag. 196. On a
d’Azoth pour laver et mondifier aussi nommé ce précipité de mer-
l’autre, qui s’appelle laiton, qu’il cure, Azoth de Hestingius, et Or ho-
faut blanchir. Nic. Flam. rizontal, parce que sa couleur est
d’un rouge jaunâtre approchant de
Quand les Philosophes disent que la couleur aurore.
l’Azoth et le feu suffisent pour
l’œuvre, c’est-à-dire que la matière AZUB :
préparée et bien purifiée, ou le mer- Alun.
cure philosophal suffisent à l’Artiste
AZUBO :
pour le commencement et la perfec-
Vase Hermétique.
tion de tout l’œuvre ; mais le mer-
cure doit être tiré de sa minière par AZUC :
un artifice ingénieux. Bernard Tré- Corail rouge.
visan dit (la Parole délaissée) que
tout le monde voit cette minière al- AZUMEN :
térée et changée en une matière Terme arabe employé par quelques
blanche et sèche, en manière de Chimistes pour signifier poids.
pierre, de laquelle l’argent-vif et le
soufre philosophiques sont extraits
par une forte ignition. Les Philo-
sophes ont donné beaucoup de noms

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   -B- 58 

B
crés comme à Osiris ; mâle et fe-
BACAR :
melle, à cause que la matière des
Signifie un poids, suivant Rulland.
Philosophes, ou leur Rebis, est an-
BACCHANALES : drogyne ; jeune et vieil, parce que
Fêtes instituées en l’honneur de cette matière semble rajeunir dans
Bacchus : Voyez ORGIES, DYONI- les opérations, comme on peut le
SIENNES. voir dans l’article Vieillard. Voyez
BACCHANTES : les Fables Egypt. et Grecques dévoi-
Prêtresses de Bacchus, qui cou- lées, liv. 3, c. 14, par. 2.
raient de nuit vêtues de peaux de BAGEDIA :
panthères, de tigres, les cheveux Poids de douze onces, ou d’une livre,
épars, des torches et des flambeaux selon l’usage de la Médecine.
allumés à la main. Elles dansaient
au son des tambours en criant sou- BAIAC ou BEIAC :
vent : Euhoê Bacche. Voyez les Céruse.
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
liv. 3, ch. 14, par. 2 et liv. 4, ch. I. BAIGNER :
Les Philosophes Chimiques disent
BACCHUS : qu’ils préparent un bain pour le So-
Fils de Jupiter et de Sémélé, fille de
leil et la Lune, pour le Roi et la
Cadmus. La Fable dit qu’il naquit Reine, etc. Dans les figures
des cendres de sa mère, comme Es- d’Abraham Juif, rapportées par
culape. Elle nous le représente ailé, Flamel, est un Roi, dit celui-ci,
ayant des cornes, une tête de tau- ayant un grand coutelas, qui fait
reau, mâle et femelle, jeune et vieil, tuer en sa présence par des Soldats,
barbu, et sans barbe. C’est le même quantité de petits enfants, les mères
que les Egyptiens nommaient Dyo-
desquels pleuraient aux pieds des
nisius. Toutes les histoires que l’on impitoyables Gendarmes, et ce sang
fait de lui, ne sont, au sentiment des était puis après mis dans un grand
Philosophes Spagyriques, qu’une Vaisseau, dans lequel le Soleil et la
allégorie des opérations de leur Art, Lune du Ciel se venaient baigner.
qu’ils appellent par excellence le Cette fontaine est seulement pour le
grand œuvre. Bacchus est le même, Roi du pays, qu’elle connaît bien, et
selon eux, qu’Adonis, Apollon, le lui elle ; et est dedans icelle fontaine
Soleil, Osiris et tant d’autres, à se baigner, deux cent quatre-vingt
comme le témoigne Orphée dans son deux jours. Trévisan. Ils entendent
Hymne à Adonis, où il dit que tous quelquefois par baigner, cuire la
ces noms différents n’indiquent que matière, la faire circuler dans l’œuf.
la même personne. On le feint quel-
quefois ailé pour désigner le mo- BAIGNER : Remarquez que calciner,
ment de sa volatilisation, ayant une teindre, laver, blanchir, baigner, etc.
tête de taureau ou de bouc, parce font une même chose, et que tous
que ces animaux lui étaient consa- ces mots veulent dire seulement

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   -B- 59 

cuire la matière, jusqu’à ce qu’elle BARNA :


soit parfaite. Synésius. Vase de verre.
BAIN : BARNAAS, BARNABAS, BARNABUS :
Vinaigre des Sages, avec lequel ils Salpêtre des Philosophes, ou leur
lavent leur laiton ; c’est leur dissol- vinaigre très aigre.
vant, qu’ils appellent leur Mercure. BARURAC :
BAIN DE DIANE. Voyez MERCURE Verre.
PHILOSOPHIQUE.
BASED ou BESED :
BAIN DU ROI. Eau permanente, ou Corail.
mercure des Sages, à laquelle ils ont
donné le nom de Bain du Roi, parce BASILIC :
que leur or est lavé et baigné par Les Philosophes Chimistes ont don-
cette eau qui s’en distille et s’y reco- né quelquefois ce nom à leur mer-
hobe sans cesse, jusqu’à ce que la cure, parce qu’il dissout tout.
sublimation l’ait desséchée. Quelques-uns l’entendent de la
pierre au blanc, et d’autres de la
BAIN DU SOLEIL. C’est la même pierre au rouge ; parce que comme
chose que bain du Roi, parce que l’or
les Anciens disaient que le Basilic
est le Roi des métaux, et que ce bain tuait par sa seule vue ceux sur qui il
ou mercure des Sages mondifie l’or la fixait, de même la poudre de pro-
philosophique. jection faite de la pierre au blanc, ou
BAIN-MARIE, en termes de Science au rouge, et projetée sur le mercure
Hermétique, est le fourneau des ou les autres métaux, les tue, pour
Sages, le fourneau secret, et non ainsi dire, en les fixant, et les
celui des Chimistes vulgaires. On change en argent ou en or.
donne quelquefois ce nom au mer- BASSAD :
cure philosophal. Ce qu’ils appellent Corail.
Bain s’entend aussi d’une matière
réduite en forme de liqueur, comme BASURA :
quand on veut faire la projection sur Semence.
un métal, ils disent qu’il doit être au BATITURA-RAMI :
bain, c’est-à-dire en fusion. Ecailles ou scories de cuivre. Batitu-
BALITISTERE : ra de l’airain se prend aussi pour les
Terre rouge, ou matière de l’œuvre scories de quelque métal que ce soit.
parvenue à la couleur rouge par la Johns.
digestion du feu philosophique. BATTRE :
BALZIAM : En termes de science Hermétique.
Fèves. Agiter trop fort la matière, donner
un feu trop violent. Quand les es-
BARACH DU PAIN : prits sont trop battus, disent les
C’est le nitre tiré du sel. Johnson. Philosophes, ils soutiennent impa-
BARCATA : tiemment le choc, ils s’élèvent et
Ouverture, crevasse par où la cha- cassent le vaisseau, ou se brûlent.
leur d’un fourneau peut s’échapper.
BATTUS ou BATTE :
BARDADIA : Berger changé en pierre de touche
Le poids d’une livre. par Mercure, pour avoir violé la

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   -B- 60 

promesse qu’il lui avait faite de ne Voyez Raymond Lulle et les autres
pas découvrir le vol des bœufs Philosophes, dans la Bibliothèque
d’Admete, de la garde desquels curieuse Chimique de Manget. C’est
Apollon s’était chargé. Voyez les la pierre au blanc.
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, BAURAC se prend aussi pour toute
liv. 3, chap. 14, par. I. espèce de chose salée.
Baudrier :
On compte parmi les travaux BAYDA :
d’Hercule la victoire qu’il remporta Cucurbite.
sur les Amazones, à la Reine des-
quelles il enleva le baudrier garni BDELLERUM :
de diamants et de rubis. Les Alchi- Sangsue.
mistes disent que par ce baudrier, il
BDOLA :
faut entendre la pierre philosophale
Soufre.
et la médecine au blanc et au rouge,
signifiée par la blancheur des dia- BELIER :
mants et la couleur rouge des rubis. Soufre des Philosophes parfait au
BAUL : rouge. Il a pris ce nom de sa qualité
Urine. chaude et sèche, comme celle du
bélier. Les Adeptes disent qu’ils ti-
BAUME UNIVERSEL DE LA NATURE :
rent leur acier du ventre du bélier,
C’est, selon les Philosophes Spagy-
et ils appellent aussi cet acier leur
riques, leur élixir au blanc ou au
aimant. Voyez ARIES. Mais quand le
rouge, qui guérit toutes les infirmi-
Cosmopolite et Philalèthe s’expri-
tés des trois règnes de la Nature, et
ment ainsi, ils entendent parler de
perfectionne tous ses individus.
la matière même de l’œuvre, de la-
BAUME EXTERNE DES ELEMENTS. quelle ils font leur soufre.
Quintessence de mercure.
BELISIS :
BAURAC :
Corail des Philosophes.
Les Chimistes vulgaires ont inter-
prété ce terme, l’écume du verre. BELLEROPHON :
Mais les Philosophes Hermétiques Fils de Glauque, après divers ex-
l’entendent de la matière de la ploits, combattit la Chimère, et s’en
pierre philosophale qui ne se tire défit au moyen des secours que les
pas des fèces du verre ni de son Dieux lui donnèrent. Voyez les
écume, mais d’une matière qui ren- Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
ferme les quatre éléments sous deux liv. 3, chap. 14, par. 3.
choses visibles, l’eau et la terre ;
non l’eau de pluie, de fontaine, de BELLONE :
mer ou aucune eau semblable ; ni Déesse de la guerre, confondue sou-
une terre telle que celle sur laquelle vent avec Minerve et Pallas, dont
nous marchons ; mais une eau cé- vous voyez les articles.
leste, vive, permanente et sèche, et
une terre vierge, adamique, vitrio- BEMBEL ou BENIBEL :
lique, feuillée, qui se tire du centre Terme de science Hermétique. Mer-
de la terre, et qui néanmoins se cure philosophal, ou l’ouvrage de la
trouve par toute la terre habitée. pierre des Sages. Dict. Herm.

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   -B- 61 

BERINBRUCH : cure, que la partie plus sulfureuse


Pierre qu’on trouve aux environs de arrête et précipite dans le fond du
Spire, dont les effets surprenants vase, et la coagule avec lui, d’où lui
sont rapportés dans les ouvrages de naissent des cornes d’or ; c’est-à-
Duchêne, de la Violette, dit Querce- dire, la pierre philosophale. Voyez
tan, dans ceux d’Anselme de Boot, les Fables Egyptiennes et Grecques
et de Crollius. dévoilées, liv. 2, ch. 4.
BESEC : BIEN DES BIENS :
Mercure des Sages. Pierre philosophale, dont
l’acquisition emporte avec elle tous
BESED :
les biens de ce monde, les richesses
Corail.
et la santé.
BETE VENIMEUSE DES SAGES :
Les Philosophes Hermétiques pren- BIEN A PLUSIEURS NOMS. Mercure
nent ces termes tantôt pour le mer- animé.
cure, et tantôt pour la pierre par- BILADEN :
faite. Dans le premier sens, c’est Acier.
parce que le mercure est un dissol-
BIMATER :
vant universel ; et dans le second,
Voyez Bacchus.
parce que la pierre parfaite au blanc
ou au rouge change la nature des BITRINATI :
métaux, les détruit, pour ainsi dire, Tout vase de verre.
pour leur donner une nouvelle
forme intrinsèque, en les trans- BLACINAL :
muant en or ou argent. Plusieurs métaux fondus ensemble.

BEURRE : BLANC-ESPRIT :
Matière des Sages, qu’ils ont nom- Mercure des Sages.
mée beurre, parce qu’elle est vis-
BLANC DU NOIR : Magistère au blanc
queuse, et qu’elle se sépare de son
parfait, qui n’a pu parvenir à la
eau, comme le beurre du petit-lait.
blancheur qu’en passant par la cou-
BHACTA : leur noire, vrai indice de la parfaite
Terre rouge. putréfaction.
BIARCHETUNSIM :
BLANCHEUR :
Céruse.
Les Philosophes disent que lorsque
BICHE : la blancheur survient à la matière
Les Poètes ont feint qu’Hercule du grand œuvre, la vie a vaincu la
avait pris à la course et tué une mort, que leur Roi est ressuscité,
Biche, dont les pieds étaient d’airain que la terre et l’eau sont devenues
et les cornes d’or. C’est une fable air, que c’est le régime de la Lune,
bien visible, puisqu’on ne vit jamais que leur enfant est né, et que le Ciel
un tel animal, et les Philosophes et la Terre sont mariés, parce que la
Spagyriques prétendent qu’elle ren- blancheur indique le mariage ou
ferme les opérations du grand l’union du fixe et du volatil, du mâle
œuvre ; que sous le nom de cette et de la femelle, etc.
Biche, il faut entendre le suc métal-
La blancheur après la putréfaction
lique, ou la partie volatile du mer-
est un signe que l’Artiste a bien
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   -B- 62 

opéré. La matière a pour lors acquis BOIS DE VIE. C’est la pierre parfaite,
un degré de fixité que le feu ne sau- qui devenue médecine universelle,
rait détruire ; c’est pourquoi il ne guérit toutes les infirmités du corps
faut que continuer le feu pour per- humain, et conserve l’homme en
fectionner le magistère au rouge ; et santé jusqu’au terme prescrit par la
lorsque l’Artiste voit la parfaite Sagesse divine.
blancheur, les Philosophes disent BOITEUX (le) :
qu’il faut déchirer les livres, parce C’est, en termes de Chimie Hermé-
qu’ils deviennent inutiles. tique, Vulcain ou le feu, que la
BLANCHEUR CAPILLAIRE. Elle pré- Fable nous représente sous la forme
cède la parfaite blancheur dans d’un homme boiteux. Basile Valen-
l’œuvre de la pierre philosophale. tin l’a représenté ainsi dans la
Ce sont des espèces de petits fila- planche qui est à la tête de la pre-
ments blancs qui paraissent à me- mière de ses douze Clefs.
sure que la noirceur ou le règne de BOL JUDAÏQUE :
Saturne passe, et que le règne de Guimauve.
Jupiter lui succède.
BOLESIS :
LE BLANCHIR DES PHILOSOPHES : Le même que Belisis.
C’est cuire la matière jusqu’au blanc
parfait. Blanchissez le laiton et dé- BOLESON :
chirez vos livres, crainte que vos Baume.
cœurs ne soient déchirés par BORADES :
l’inquiétude. Code de Vérité. Limaille des métaux.
BODID : BORAX :
Œuf des Philosophes. Pierre des Philosophes au blanc.
BŒUF : BOREE :
Animal adoré en Egypte. Voyez Fils d’Astrée, enleva Orithie, dont il
Apis, Sérapis. La Fable feint eut Calaïs et : Zethe. Voyez les
qu’Hercule enleva les bœufs de Gé- Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
ryon, Mercure ceux qu’Apollon gar- liv. 2, chap. I.
dait pour Admete. Voyez l’explica-
tion de ces fictions dans les Fables BORIN :
Egypt. et Grecques dévoilées, liv. I, Vinaigre térébenthiné, ou alcalisé.
chap. I et suiv., liv. 2, chap. 14, par. BORITIS :
I et liv. 5, chap. 12. C’est la matière des Sages en putré-
faction, ou au noir.
BOF :
Chaux vive. BOTRACHIUM :
Ache de Sardaigne, appelée par les
BOIS : Botanistes Apium risus.
Voyez ARBRE. BOTUM BARBATUM :
BOIS D’OR. Arbre solaire des Philo- Col d’une cucurbite mis et inséré
sophes. dans le col d’une autre.
BOIS DE PERROQUET. C’est l’aloès. BOUC :
Animal adoré chez les Egyptiens.
BOIS DE PARADIS. Aloès. Ces peuples l’avaient consacré à

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   -B- 63 

Osiris, et les Grecs à Bacchus, gnifient chimiquement dans les


comme étant le symbole du principe Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
fécondant de la nature, ce feu inné liv. 3, ch. 2, 3 et 4.
qui vivifie tout. Voyez les Fables BRISEÏS :
Egyptiennes et Grecques dévoilées, Fille de Brisès, se nommait d’abord
liv. I, sect. 3, chap. 5. Hippodamie. Lorsque les Grecs
Le Bouc servait aux Egyptiens dans s’emparèrent de la ville de Lyr-
leurs figures hiéroglyphiques pour nesse, Briséïs captive échut par le
signifier la partie de la matière de sort à Achille. Agamemnon la lui
la pierre philosophale, que les Al- ayant enlevée de force, Achille en
chimistes nomment leur soufre ; conçut un tel dépit, qu’il chercha
c’est pourquoi les Egyptiens avaient tous les moyens de s’en venger, et
consacré cet animal à Bacchus, qui ne voulut prendre les armes contre
n’était autre chez eux qu’Osiris, à les Troyens, que pour venger la
qui ils avaient aussi donné les noms mort de son ami Patrocle. Voyez les
d’Apollon, Adonis, etc. Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
liv. 6. C’est par la colère d’Achille
BOUE : qu’Homère commence son Iliade.
Les Philosophes ont quelquefois
BROMIUS :
donné ce nom à leur matière ; ce qui
Surnom de Bacchus. Voyez BAC-
a induit en erreur plusieurs Chi-
CHUS.
mistes qui ont travaillé sur la boue
et le limon. Mais Philalèthe nous BROUILLARD :
apprend qu’on ne doit appliquer ce Vapeur épaisse, ressemblant à un
nom de boue que lorsque la matière brouillard, qui s’élève de la matière,
est en putréfaction. et se condense dans l’air des Philo-
sophes, d’où elle retombe pour arro-
BRACIUM : ser leur terre, la purifier et la fé-
Cuivre, Vénus. conder.
BRARICIA :
Verre. BROYER :
En termes de Chimie, c’est cuire la
BRASE : matière, et non la piler dans un
Charbons. mortier, ou autrement.
BRETAN :
Bois de Brésil. BRULER :
Assare, en termes de Philosophie
BRIAREE : chimique, ne doit pas se prendre
Fils du Ciel et de la Terre, le plus pour calciner ou mettre au feu mais
terrible et le plus redoutable de tous cuire simplement la matière dans
les Géants. Tous les noms des son vase, et à feu doux.
Géants signifient quelque chose qui
tend à la destruction, comme la BRUMAZAR :
tempête, la fureur, le tonnerre, les Nom que quelques Philosophes chi-
vents impétueux, etc. On peut voir miques ont donné à leur mercure.
là-dessus l’Histoire du Ciel de M. C’est une vapeur grasse, onctueuse,
Peluche, qui en donne les étymolo- dont l’Auteur de Clangor Buccinœ
gies fort au long. Voyez ce qu’ils si- parle en ces termes : le pain fermen-

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   -B- 64 

té et cuit est dans son degré de per- BUSIRIS :


fection ; de même l’or quand il est Roi d’Egypte, tuait et massacrait
purifié par le feu, est un corps fixe, ses hôtes. Hercule le vainquit et le
et n’est plus susceptible de fermen- tua. Ce Busiris, selon les Alchi-
tation, s’il n’est mêlé avec Bruma- mistes, est le soufre incombustible
zar, c’est-à-dire la première matière et les impuretés qui enveloppent la
des métaux, dans lequel il se résout vraie matière de la pierre, et la
en cette première matière. Prenons tiennent comme dans un état de
donc cette première de laquelle l’or mort. L’Artiste détruit par le feu ces
est composé, et au moyen de l’art impuretés, et en délivre par ce
nous en ferons le ferment philoso- moyen l’Egypte, qui représente la
phique. Becher. terre philosophique.
D’autres expliquent cette fable dif-
BUBASTE :
féremment. Busiris, selon eux, est
Voyez DIANE.
pris pour le mercure philosophique,
BURAC : dont l’activité des esprits dissout,
Toute espèce de sel. putréfie, et donne, pour ainsi dire,
la mort à tous les métaux avec les-
BURINA : quels on le mêle. L’Artiste dans les
Poix. opérations de la pierre philosophale,
fixe et coagule ces esprits mercu-
riels.

‐ 64 - 
 
   -C- 65 

C
CAB : Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
Or philosophique. dévoilées, liv. 5, chap. 20.
CABALATAR et CABALATUR : CADEGI :
Sel nitre des Sages. Voyez MALABATHRON.
CABEBI. CABEH : CADIMA AURI :
Mâchefer. Litharge d’or.
CABEL : CADMIE :
Excrément humain. Est un des noms que les Philo-
CABET : sophes ont donné à la matière de
leur pierre. Quelques-uns ont aussi
Ecailles du fer.
nommé Cadmie les parties hétéro-
CABIRIA : gènes de cette matière, qu’il ne faut
Surnom de Cérès. Voyez CERES. point faire entrer dans l’œuvre.
C’est proprement la pierre au rouge.
CACHYMIA :
Ecume ou scorie d’argent. CADMUS :
Fils d’Agénor, Roi de Phénicie, fut
CACUS :
envoyé par son père à la poursuite
Fils de Vulcain selon la Fable, est,
d’Europe sa sœur, enlevée par Jupi-
suivant, l’explication des Alchi-
ter, métamorphosé en taureau
mistes, le feu commun. Cacus repré-
blanc. Il bâtit la ville de Thèbes,
senté comme un monstre terrible,
épousa Hermione ou Harmonie, fille
demi homme, et vomissant toujours
de Mars, et furent l’un et l’autre
du feu, ce sont les fourneaux des
changés en serpents. Voyez les
Chimistes ordinaires et des Fon-
Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
deurs, qui vomissent sans cesse un
liv. 1, sect. 4.
feu contre nature, qui ravage tout ce
qu’on lui présente, qui le détruit, et CADUCEE :
en change toute la nature. Ce Cacus Les Philosophes Chimiques ont
est vaincu par Hercule, le symbole donné à leur dissolvant le nom de
du mercure des Philosophes, qui Caducée de Mercure, parce qu’ils
dans la transmutation corrige ce prétendent que les inventeurs de la
que Cacus avait gâté, en enlevant Fable avaient intention d’indiquer
les troupeaux d’Hercule, c’est-à-dire ce dissolvant par le Caducée. C’est
en rendant les métaux ordinaires pourquoi Abraham Juif met dans sa
sans vie, et en leur ôtant cette qua- première figure hiéroglyphique un
lité générative que l’on trouve dans Mercure tenant son caducée, et Sa-
la matière métallique qui sert de turne avec sa faux qui semble vou-
base à toutes les opérations du loir couper les jambes et les ailes à
grand œuvre. Quelques Alchimistes Mercure. Voyez son origine, ses pro-
donnent à leur soufre le nom de Ca- priétés et son usage dans les Fables
cus, et celui d’Hercule à leur sel. Egypt. et Grecques dévoilées, article

‐ 65 - 
 
   -C- 66 

de Mercure, liv. 3, ch. 14, § 1. On a faction, lorsqu’elle est noire, et que


aussi donné le caducée à Bacchus. les éléments semblent alors confon-
Le caducée était composé de trois dus ensemble.
parties, de la tige d’or surmontée CAILLE :
d’une pomme de fer, et de deux ser-
Matière des Sages coagulée.
pents, qui semblent vouloir se dévo-
rer. L’un de ces serpents représente CAÏN :
la partie volatile de la matière phi- Nom que les Philosophes ont donné
losophique, l’autre signifie la partie à leur matière en putréfaction et
fixe, qui se combattent dans le parvenue au noir, peut-être à cause
vase ; l’or philosophique dont la tige de la malédiction que Dieu prononça
est le symbole, les met d’accord en contre lui, au sujet du meurtre qu’il
les fixant l’un et l’autre, et en les avait commis envers son frère Abel,
réunissant en un seul corps insépa- ou parce que les désordres de ses
rablement. descendants furent la cause du dé-
CAFFA : luge, qui fit périr presque tout le
genre humain. Ce déluge est figuré
Camphre.
par la dissolution de la matière, et
CAGASTRIQUE : ses effets par la putréfaction.
Ça qui n’est pas nécessaire dans le CAL :
corps de l’homme, et ce qui n’y est
Arsenic philosophique ou la matière
quasi mis par la Nature que comme
des Chimistes Hermétiques, tant
un ornement ; tels sont les cheveux,
pendant la dissolution, parce
la barbe, le poil, les mamelles, etc.,
qu’alors elle est un grand poison,
au contraire de ce qui y est ylias-
que lorsqu’elle est parvenue au
trique, comme le cœur, les parties
blanc. Voyez ARSENIC.
nobles, etc.
CALAIS :
CAGASTRUM :
Fils de Borée, et l’un des plus cé-
Terme que Paracelse a inventé pour
lèbres Argonautes, poursuivit, avec
signifier l’image de quelque chose de
son frère Zethès, les Harpies qui
réel, ou une chose qui n’est telle
désolaient le bon homme Phinée. On
qu’en apparence. C’est le contraire
les représentait avec des ailes et des
d’yliastrum. Il dit que cagastrum est
cheveux azurés. Hercule les fit pé-
ce que le sel nitre est à la première
rir. Voyez les Fables Egypt. et
matière de tout, ou comme la chair
Grecques dévoilées, liv. 2, chap. 1.
de l’homme à sa première matière.
La chair d’Adam, après le péché, CALAMBAC :
devint cagastrique. Il y a de même Aloès.
deux sortes de vie, l’une est ylias-
CALCADIN :
trique ou celle de l’esprit, et l’autre
cagastrique ou celle de la partie Colcotar, ou matière des Philo-
animale. Paracelse, de Azoth. sophes parvenue au rouge.

CAHOS et Tombeau d’où doit sortir CALCADIS :


l’Esprit : Vitriol. Quelques Chimistes ont
donné ce nom au sel alkali.
Les Physiciens Chimistes entendent
CALCATON :
par ces termes la matière de la
pierre pendant le temps de la putré- Trochisque d’arsenic. Johnson.
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   -C- 67 

CALCHAS : lui a fait donner le nom de Tyran de


Devin fameux de l’armée des Grecs, la Nature.
qui, aidés de ses conseils, firent de
grands exploits contre les Troyens. Il y a deux sortes de calcinations
Il indiqua aux premiers le moyen vulgaires ; l’une qui se fait à feu ou-
d’apaiser le courroux de Diane, et vert, telle que celle de la cendre ; et
prédit que la ville de Troie ne pour- celle qui se fait dans des vases fer-
rait être prise qu’après la neuvième més. Dans la première, les parties
année du siège, sur ce qu’un dragon sulfureuses volatiles s’envolent en
avait dévoré en leur présence neuf partie, et privent par-là les sels
petits moineaux et leur mère. Cal- d’une force et d’une vertu qu’ils con-
chas mourut de chagrin pour avoir servent dans la seconde espèce de
trouvé un certain Mopse plus habile calcination. Tous les sels tirés des
que lui dans l’art de deviner. Voyez cendres de celles-ci se cristallisent,
les Fables Egypt. et Grecques, liv. 6. et il n’en est pas de même des
autres, qu’on ne peut avoir que par
CALCINATION : l’évaporation de l’humidité poussée
Purification et pulvérisation des au sec.
corps par le moyen du feu extérieur
qui en désunit les parties en sépa- Il y a diverses sortes de calcina-
rant ou évaporant l’humide qui les tions, Les unes qu’on appelle sèches,
liait, et en faisait un corps solide. les autres humides, les unes corro-
Les Philosophes Spagyriques se sives, les autres qui ne le sont point.
servent quelquefois indifféremment Les calcinations humides sont vapo-
des termes de calcination, corrup- reuses ou immersives.
tion, et putréfaction, pour signifier
Les vaporeuses se font en exposant
la même chose. Ils entendent ce-
des corps métalliques ou autres, à la
pendant plus souvent par le terme
fumée ou à l’exhalaison de quelque
de calcination, l’opération qui suit
matière. Les immersives se font en
celle de la rubification de la pierre.
mettant le corps qu’on veut calciner
Il y a encore une autre calcination
dans des liqueurs corrosives, comme
proprement dite, et telle qu’on
eaux-fortes ou esprits ardents, de
l’entend communément, qui est re-
manière qu’elles y soient submer-
quise dans la préparation de la ma-
gées.
tière. C’est une purification ou
mondification de cette même ma-
Les calcinations sèches sont pro-
tière, que quelques-uns appellent
prement ce qu’on appelle Cémenta-
rectification, d’autres ablution,
tions, dont voyez l’article.
d’autres séparation, dont voyez les
articles. On appelle aussi calcination sèche,
celle qui se fait par le feu, telle que
La calcination philosophique se fait
celle de la chaux à bâtir, de la
avec le feu humide, ou eau pontique
soude, des sels qu’on blanchit dans
des Sages, qui réduit les corps à
des creusets, des cendres qui vien-
leurs premiers principes, sans dé-
nent du bois brûlé ou d’autres ma-
truire leurs vertus séminales et
tières.
germinatives ; au lieu que la calci-
nation faite par le feu vulgaire, dé- Dans ces calcinations sèches, on dis-
truit les semences des corps, ce qui tingue encore celles qui se font à feu

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   -C- 68 

ouvert, à feu clos, et à feu de réver- CALCUTIUM :


bère. Voyez. FEU, REVERBERE. Cuivre brûlé.
Quelquefois calciner la matière, CALDAR :
c’est la blanchir et la purger de sa Etain, ou Jupiter.
noirceur par l’Art, le feu philoso-
phique, et l’azoth. Le signe de la CALGFUR :
parfaite calcination est la blan- Terme arabe, dont quelques Chi-
cheur. mistes se sont servis pour dire du
girofle.
CALCINATOIRE :
Le vaisseau Calcinatoire des Philo- CALIDE :
sophes Hermétiques n’est autre que Trochisque d’arsenic.
l’œuf des Sages. CALIDITE :
CALCINATUM MAJUS : Qualité de la matière fixe des Philo-
Tout ce qui est adouci par l’Art chi- sophes. Ils ont donné ce nom de ca-
mique, et qui n’a pas cette douceur lidité à leur mâle, ou fixe. Le pre-
de sa nature, comme le mercure mier est appelé calidité et siccité, ou
doux, l’âme du plomb, le sel et soufre ; le dernier, argent-vif, ou
autres semblables préparations. frigidité et humidité. Flamel.
Planiscampi. CALIETTE :
Champignon du genévrier.
CALCINATUM MINUS. Tout ce qui est
doux naturellement. CALIX CHYMICUS :
CALCINER : Verre d’antimoine.
En termes de Philosophie chimique. CALLECAMENON :
Voyez CALCINATION. Cuivre brûlé.
CALCITARI : CALLENA :
C’est l’alkali en général. Salpêtre.
CALCITEA : CALLIRHOE :
Tragacanthe. Fille de l’Océan, et femme de

CALCITHEOS : CHRYSAOR :
Litharge, ou laiton blanchi des Phi- Voyez l’article de ce dernier.
losophes. CAHNET :
Antimoine des Philosophes.
CALCITIS :
Voyez CALCADIN. CALPE :
Montagne élevée sur les confins de
CALCOCOS : l’Espagne du côté de l’Afrique, vers
Cuivre brûlé, ou Aes ustum. le détroit de Gibraltar. Les Poètes
ont feint qu’Hercule la sépara d’une
CALCOKEUMENOS : autre qui est vis-à-vis en Afrique, et
Æs ustum. nommée Abyla. Ces deux avant
cette séparation n’en faisaient
CALCOTA : qu’une. Ce sont ce qu’ils ont aussi
Colcotar philosophique. appelé les Colonnes d’Hercule.

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   -C- 69 

Voyez les Fab., Egypt. et Grecq. dé- CANICULE (Feu de) :


voilées, liv 5, chap. 12. Quelques Philosophes Hermétiques
CALTICIS : ont ainsi appelé leur troisième feu,
ou degré de feu, par comparaison à
Voyez CALCADIN.
la chaleur de la Canicule, qui est la
CALUFAL : plus forte de toute l’année. Ce n’est
pas qu’il faille augmenter le feu ex-
C’est l’huile des Indes.
térieur au troisième degré, puis-
CALUSA - CYPTAS : qu’ils disent qu’il doit être égal et
Cristal. continu pendant tout le cours de
l’œuvre : cette augmentation doit
CAMBAR :
s’entendre du feu intérieur. Cette
Matière des Sages parvenue à la équivoque a induit beaucoup de
blancheur. gens en erreur.
CAMBIC-SUC : CANOPE :
C’est la gomme Guttagamba. L’un des Dieux adorés en Egypte. Il
CAMBILL : était représenté sous la figure d’un
Terre rouge des Philosophes. vase ovale posé sur une de ses
pointes ; l’autre opposée portait une
CAMBYSE : tête d’homme ; et sur le vase étaient
Roi de Perse, s’étant emparé de figurés plusieurs hiéroglyphes.
l’Egypte, tua le bœuf Apis, se moqua Voyez ce qu’on doit entendre par
des Dieux de l’Egypte comme fabu- Canope, dans le livre 1, ch. 9 des
leux, et envoya son armée pour dé- Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
truire le temple de Jupiter Ammon.
Il retourna dans son pays avec des CANTACON :
richesses immenses. Voyez les Safran des Philosophes. Quelques
Fables Egypt. et Grecques dévoilées, Chimistes l’ont interprété du safran
liv. 1, sect. 2. commun.
CAMERETH : CANZE, CANNA, CARNIT :
Mercure des Philosophes fixé au Vase chimique. Johnson.
rouge, ou le soufre des Sages. CAPE :
Terre minérale qui fait corps et
CAMES et CARNET :
compose les pierres métalliques
Argent, ou matière philosophique avec le métal, et qui n’est point mé-
poussée au blanc. tal elle-même. C’est cette matière
pierreuse qui occasionne les opéra-
CANCINPERICON :
tions qu’il faut nécessairement faire
Fumier ou ventre de cheval, échauf- pour tirer l’aloi des métaux, afin de
fé. les en séparer, et de les avoir purs.
On tire les métaux de leurs capes,
CANCRE ou CANCER :
au moyen de repassement.
La pierre des Philosophes fixée au
rouge, ainsi nommée à cause de sa CAPRICORNE :
complexion chaude et sèche, et de sa Manget dit que quelques Chimistes
vertu ignée, qui l’a fait nommer ont donné ce nom au plomb. Il au-
Pierre de feu, Minière de feu céleste. rait dit vrai s’il l’avait expliqué du

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   -C- 70 

plomb ou Saturne des Philosophes ; CASSIOPEE :


et ils l’ont ainsi appelé, parce que le Femme de Céphée Roi d’Ethiopie,
Capricorne désigne le solstice s’étant vantée d’être plus belle que
d’hiver, comme la matière de les Néréïdes, en fut punie par
l’œuvre parvenue au noir, ou Sa- l’obligation où elle se trouva
turne des Philosophes, indique leur d’exposer sa fille Andromède pour
hiver. être dévorée par un Monstre marin.
CARAB : Persée tua ce Monstre, et la délivra.
Gousse des légumes. Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
dévoilées, liv. 3, ch. 14, § 3.
CARAHA :
CASTOR et POLLUX :
Nom que les Alchimistes ont donné
Frères jumeaux, fils de Jupiter et de
à un de leurs vaisseaux philoso-
Léda, femme de Tyndare. Jupiter
phiques ; c’est le premier : le second
changé en cygne ayant eu commerce
se nomme Aludel, dont voyez
avec Léda, elle accoucha de deux
l’article.
œufs, chacun desquels renfermait
CARDEL : deux jumeaux ; de l’un sortirent Pol-
Moutarde. lux et Hélène, de l’autre Castor et
CARDIR : Clytemnestre.
Jupiter, ou l’étain. Castor et Pollux accompagneront
Jason dans son expédition de Col-
CARDIS :
chos pour la conquête de la toison
Mars, ou le fer. d’or, où Pollux tua Amycus. Castor
CARENA : ayant été tué par Lyncée, Pollux
La vingt-quatrième partie d’une obtint de Jupiter de pouvoir com-
goutte. Johnson. muniquer son immortalité à Castor,
et ils en jouissaient alternative-
CARMITI : ment. Voyez les Fables Egypt. et
La pesanteur d’une obole ou d’une Grecques, liv. 2, ch. 1, liv. 3, ch. 14,
maille. Johnson. § 4 et liv. 6, ch. 3.
CARUMFEL : CATHOCHITES :
Girofle. Substance gommeuse et glutineuse,
CARSUFLE : qui se trouve dans l’île de Corse,
Voyez CORSUFLE. selon Solinus et Pline. Johnson dit
qu’elle a la propriété d’attirer la
CASIBO : chair et les mains, auxquelles elle
Cyprès. s’attache fortement, comme l’aimant
CASMET : attire le fer, l’ambre des pailles, etc.
Antimoine. CATILLIA ou CARTILIA :
CASPA : Poids de neuf onces.
La matière philosophique au blanc. CATMA :
CASSIBOR et CASSIDBOTT : Nom que quelques Chimistes ont
Coriandre. donné à l’or en limaille. Johnson.

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   -C- 71 

CATROBIL : Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,


Terre commune chez les Chimistes liv. 3, chap. 14, § 1 et liv. 6.
vulgaires, et terre des Philosophes Les Philosophes Hermétiques expli-
chez les Adeptes. quent cette ceinture du petit cercle
CAUCASE : de couleurs différentes qui se forme
Montagne d’Asie, sur laquelle la autour de la matière à chaque fois
Fable dit que Jupiter fit attacher qu’elle commence à changer de cou-
Prométhée, et lui faisait dévorer le leur.
foie par une aigle, en punition de ce CELENO :
qu’il avait dérobé le feu du Ciel. La Fable en admet deux, l’une fille
Suivant le sens des Chimistes Her- d’Atlas, laquelle eut commerce avec
métiques, le mont Caucase n’est Jupiter ; l’autre était une des Har-
autre que le mont Philosophique, ou pies, fille de Jupiter et de la Terre.
le vase de l’Art et de la Nature, Les Poètes, et ceux qui ont dit après
parce qu’à ce dernier est attaché et eux que les sept filles d’Arias ont
lié le feu des Philosophes, que formé les sept Pléiades, et que cha-
d’Espagnet et plusieurs autres ap- cune d’elles a un rapport avec une
pellent Minière de feu céleste. Voyez des planètes, donnent Celeno à Sa-
les Fables Egypt. et Grecq. dévoi- turne. On dirait qu’ils ont consulté
lées, liv. 5, ch. 17. les Adeptes pour donner cette expli-
CAUDA VULPIS RUBICURDI : cation ; elle ne pouvait en effet y
Minium du plomb. mieux convenir, puisque Celeno
vient d’un mot grec qui signifie obs-
CECROPS : curité, noirceur, et le Saturne des
Fondateur du Royaume d’Athènes, Philosophes n’est autre que la ma-
était originaire d’Egypte, d’où il por- tière de l’œuvre parvenue au noir
ta le culte des Dieux dans la Grèce. pendant qu’elle est en putréfaction.
La Fable dit qu’il était moitié On peut voir dans l’article Harpie ce
homme et moitié serpent. Voyez les qu’elle signifie de plus. Voyez aussi
Fables Egypt. et Grecques, liv. 1, les Fabl. Egypt. et Grecq. dévoilées,
sect. 4. liv. 2, chap. 1.
CEDUE :
CELOPA ou CHELOPA :
L’air.
Jalap.
CEINTURE DE VENUS, appelée
Ceste : CENDRE :
Elle avait, selon la Fable, la pro- Les Sectateurs de la science Hermé-
priété non seulement de rendre ai- tique appellent souvent cendre la
mable celle qui la portait, mais en- matière de la pierre putréfiée dans
core de rallumer les feux d’une pas- l’aludel, parce que la chaleur exté-
sion éteinte ; c’est pourquoi Junon, rieure agissant sur le mixte du vais-
brouillée avec Jupiter, emprunta de seau, en sépare l’humide qui en liait
Vénus cette ceinture, pour captiver les parties, et après l’avoir desséché,
la bienveillance de ce Dieu. Mercure laisse le mixte comme une poudre,
étant encore enfant, joignit à ses ou cendre, et la matière dans cet
autres friponneries, le vol de cette état est en putréfaction ou corrup-
mystérieuse ceinture. Voyez les tion ; car l’un et l’autre terme se

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   -C- 72 

prennent indifféremment pour si- elle est dans sa perfection. Les Phi-
gnifier la même chose. losophes l’ont ainsi nommée, parce
qu’ils disent que toutes les proprié-
Les Philosophes Hermétiques disent
qu’il ne faut pas mépriser la cendre, tés de l’Univers y sont comme réu-
et Morien dit qu’elle est le diadème nies.
du Roi. Il faut entendre ces termes CENTRE DE L’ŒUF. C’est le jaune.
de la matière après qu’elle a été en CEPINI :
putréfaction ; parce qu’alors elle
C’est le vinaigre.
semble de la cendre, et que de cette
cendre doit sortir le soufre philoso- CERATION :
phique, qui est le diadème du Roi. Temps où la matière passe de la
CENDRE DE TARTRE. Soufre des Phi- couleur noire à la grise et puis à la
losophes parfait au rouge. blanche ; ce qui se fait par la seule
digestion et cuisson continuées sans
CENIOTEMIUM : addition de quoi que ce soit.
Mercure préparé pour la vérole.
CERAUNO-CRYSON :
CENTAURES (Les) :
Or fulminant.
Etaient fils d’Ixion et d’une nuée,
excepté le Centaure Chiron, qui fut CERBERE :
fils de Saturne et Philivre. Ils
Dans le sens des Chimistes vul-
avaient la partie supérieure du
gaires, c’est le nitre ; mais les Philo-
corps de forme humaine, et depuis
sophes entendent bien autre chose
la ceinture jusqu’au bas, de la forme
par le Cerbère de la Fable. Les
d’un cheval. Ayant été invités aux
Poètes Philosophes ont imaginé
noces de Pyrithoüs, ils y cherchè-
qu’un chien à trois têtes, la gueule
rent querelle aux Lapithes, et il y
béante, gardait la porte des Enfers,
eut un sanglant combat entre eux,
et qu’il y était enchaîné par une
où les derniers restèrent vain-
chaîne triple. Les Alchimistes pré-
queurs. Hercule vint après, et ache-
tendent que toutes les fables des
va de les détruire.
anciens Poètes ne sont que des
Le mariage de Pyrithoüs avec Déia- énigmes, dont ils se sont servis pour
damie est celui des Philosophes, qui cacher les opérations de la pierre
se fait dans le vase avec le fixe igné philosophale. Ils disent en consé-
et le volatil mercuriel. Avant la par- quence qu’il faut entendre par Cer-
faite réunion des deux, il se fait un bère ce chien à trois têtes, ou la ma-
combat de l’un et de l’autre, qui tière de la pierre philosophale com-
produit la dissolution et la volatili- posée de sel, de soufre et de mer-
sation indiquées par les Lapithes, cure, renfermée dans le triple vase
dont le nom signifie s’élever avec des Philosophes, qui sont les trois
arrogance. Voyez l’explication plus chaînes qui lient Cerbère ; ou que la
étendue dans le liv. 5, ch. 6 des matière est elle-même le palais de
Fables Egyptiennes et Grecques dé- Pluton, Dieu des Enfers, et que le
voilées. triple vaisseau est le chien à trois
CENTRE DU MONDE : têtes qui garde la porte du palais et
en empêche l’entrée. Cette dernière
C’est la matière de la pierre des Phi-
explication me paraît plus vraisem-
losophes, et la pierre même quand
blable ; car il est dit que Cerbère
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   -C- 73 

vomissait du feu ; ce qui est le n’admet que trois cercles, par la ré-
propre des fourneaux. On ne doit pétition desquels on parvient, dit-il,
pas cependant entendre par-là que à réduire l’eau en terre, et à conci-
les fourneaux des Alchimistes vo- lier les ennemis, c’est-à-dire, le vola-
missent du feu comme ceux des til avec le fixe, l’humide avec le sec,
Chimistes ordinaires ; car le feu de le froid avec le chaud, l’eau avec le
la Philosophie Spagyrique n’est pas feu.
le feu vulgaire, mais le feu de la na- CERDAC :
ture, un feu qui échauffe sans brû-
Mercure.
ler. Et qui connaîtra ce feu, et la
manière de le graduer, est bien CERES :
avancé dans la science Hermétique. Fille de Saturne et d’Ops, et sœur
Que celui qui veut étudier cette de Jupiter et de Neptune, de Pluton
science ait donc Hercule, et sache le et de Junon. Cérès fut regardée
marier à propos avec Thésée son comme mère de Plutus et de Pro-
compagnon inséparable, il aura serpine ; Pluton enleva celle-ci et la
bientôt le secret des trois règnes. constitua Reine des Enfers. Voyez
CERCLE : cette fable et son explication Chi-
mique dans les Fables Egyptiennes
En termes de science Hermétique,
et Grecques dévoilées, liv. 4, ch. 2
signifie circulation de la matière
et 3.
dans l’œuf des Philosophes. C’est
dans ce sens qu’ils appellent leur CERVEAU ou CŒUR DE CERF :
opération le mouvement des cieux,
Terme de Chimie. C’est la matière
les révolutions circulaires des élé-
des Philosophes ; quand elle est
ments, et qu’ils nomment aussi le
convertie en air, on l’appelle Cer-
grand œuvre la Quadrature du
veau ; lorsqu’elle est devenue feu, on
cercle Physique. Michel Maïer a fait
lui donne le nom de Cœur de cerf.
un petit traité sur ce sujet, qui a
Quelques Alchimistes disent
pour titre : De Circulo quadrato
qu’alors le cerf est livré aux chiens,
Physico, sive de Auro.
pour être dévoré ; c’est-à-dire qu’on
Ils divisent aussi la pratique de la l’expose à l’action du feu pour y être
pierre philosophale en sept cercles digérée et fixée.
ou opérations ; et tout consiste ce-
pendant à dissoudre et à coaguler. CERVELLE DE BŒUF :
Le premier cercle est la réduction de C’est, en termes de Chimie, du
la matière en eau. Le second est de tartre brûlé. Johnson.
coaguler cette eau en terre fixe. Le
troisième est la digestion de la ma- CERUSE :
tière, qui se fait très lentement ; (Sc. Herm.) Quelques Chimistes se
c’est pourquoi les Philosophes disent sont imaginé que la céruse était la
que les révolutions de ce cercle se matière des Philosophes, parce
font dans le fourneau secret. Elle qu’elle est faite du plomb, et que les
cuit la nourriture de l’enfant des Adeptes disent que leur Mercure est
Sages, et la convertit en parties ho- fils de Saturne ; mais, si l’on s’en
mogènes, comme l’estomac prépare rapporte à Philalèthe, ils entendent
les aliments pour les tourner en la par Céruse le magistère au blanc ;
substance du corps. D’Espagnet comme on peut le voir dans son trai-

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   -C- 74 

té qui a pour titre : Enarratio me- Deux causes contraires produisent


thodica trium medicinarum Gebri. cet effet ; le froid son ennemi lors-
qu’il domine, et l’action même de ce
CESTE DE VENUS :
feu poussée à un degré trop violent.
Voyez CEINTURE.
CEXIM : Par le premier, cette chaleur natu-
Vinaigre. relle surmontée, abandonne la cir-
conférence et se retire au centre ;
CHAIA :
alors les parties éloignées, privées
Matière des Philosophes parvenue à du lien qui les unissait, se séparent
la couleur blanche. de proche en proche, changent de
CHACEF : conformation organique ; et cette
Vase de terre. Johnson. chaleur ne trouvant plus la même
matière disposée comme elle doit
CHALCOS : l’être pour être animée, agit sur elle
Cuivre. différemment. Elle fait comme un
CHALCUTE : effort dans le centre ; les parties
voisines trop violemment agitées,
Aes ustum, ou cuivre brûlé.
communiquent leur mouvement
CHALEUR : immodéré à celles qui les touchent,
Action du feu, qui produit sur les celles-ci aux autres, d’où naît la
corps un effet plus ou moins vif, se- fermentation ; à celle-ci succède la
lon que les parties ignées sont en corruption ; enfin, une nouvelle gé-
plus grande ou moindre quantité, et nération.
plus ou moins agitées. Lorsque cette
Le froid n’est pas toujours néces-
action du feu est modérée, elle est
saire pour causer la dissolution des
proprement dite chaleur lorsqu’elle
parties des mixtes : la chaleur innée
est violente jusqu’à causer la sépa-
augmentée au-delà du degré requis
ration des parties des corps sur les-
pour l’entretien de la vie du corps
quels elle agit, on doit l’appeler
qu’elle vivifie, en cause aussi la des-
adustion, ignition.
truction.
Nous ne jugeons des degrés de cha-
leur que par les sens, et par ses ef- Les parties fatiguées par trop de
fets. On distingue plusieurs sortes mouvement, se détachent, se déran-
de chaleurs, la naturelle et gent, et ouvrent un passage libre à
l’artificielle, l’interne et l’externe. ce feu, qui s’évanouit pour ainsi
dire, et laisse après lui des marques
La naturelle est l’effet du feu inné
funestes de son action et de son ab-
dans tous les Etres, qui fut implanté
sence. Cette chaleur naturelle est
et communiqué à la matière dès la
proprement celle que nous appelons
création, lorsque l’esprit de Dieu
interne.
était porté sur les eaux. Cette cha-
leur donne la vie à tout, parce Il y a une autre chaleur naturelle,
qu’elle est une émanation du prin- celle du soleil. L’interne, dont nous
cipe de la vie par essence. Dès que venons de parler, semble n’être
cette portioncule de vie abandonne qu’une chaleur en puissance, qui
un sujet, la dissolution des parties n’agirait point, si elle n’était excitée
succède à cet abandon, parce qu’elle par la chaleur naturelle externe, ou
en était le lien. par la chaleur artificielle.

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   -C- 75 

On l’appelle artificielle, parce que pouvoir comparer leur œuvre, ou ce


l’Art la manifeste, l’augmente ou la qui s’y passe pendant les opérations,
diminue, et la dirige à son gré. Les au développement de l’Univers lors
Artistes lui donnent plusieurs noms de la création.
pris des matières qu’ils emploient,
ou des opérations qu’ils font par son CHAPITEAU :
moyen. On trouvera tous ces noms Quelques Chimistes ont ainsi appe-
expliqués dans l’article. Feu. lé la lessive et l’eau de savon. John-
son.
CHAMBAR :
Magnésie philosophique. CHAPITEAU D’ALAMBIC. Les Philo-
sophes ont donné ce nom à la ma-
CHAMBELECH : tière de l’œuvre parvenue au noir.
Elixir.
Charbon :
CHAMPS ELYSEES :
Presque tous les Philosophes disent
Lieu de repos, où les Poètes ont que leur feu n’est point un feu de
feint que Mercure conduisait les charbon ; et ils disent vrai, parce
âmes des Héros et des justes après qu’ils ne regardent pas le feu de nos
leur mort. Voyez ce qu’on doit en- cuisines, ou des laboratoires chi-
tendre par les Champs Elysées, dans miques, comme leur feu. Quand il
l’explication de la Descente d’Enée s’agit du régime du feu, il faut
aux Enfers, à la fin des Fables l’entendre du régime du feu philo-
Egypt. et Grecq. dévoilées. sophique, et non du feu de charbon.
CHANDEL : Philalèthe et plusieurs autres,
Coloquinte. comme Denis Zachaire, parlent du
feu de charbon comme d’un feu né-
CHANGER LES NATURES : cessaire à l’œuvre. Ce dernier dit,
Voyez. NATURE. entre autres, que ses parents voyant
CHANQUE : la quantité de menus charbons dont
il avait fait provision, lui disaient
Nitre des Philosophes.
qu’il serait accusé de faire la fausse
CHAOS : monnaie. Philalèthe dit que celui
Veut dire confusion et mélange. qui entreprend l’œuvre ne doit pas
C’était, selon les Anciens, la matière être du nombre des pauvres, à cause
de l’Univers avant qu’elle eût reçu des dépenses de vase et de charbons
une forme déterminée. Les Philo- dont il faut faire usage. Il réduit
sophes ont donné par similitude le même la quantité qu’il en faut pour
nom de Chaos à la matière de tout l’œuvre, à cent mesures pour
l’œuvre en putréfaction, parce les trois ans entiers. Voyez sur cela
qu’alors les éléments ou principes son ouvrage qui a pour titre : Enar-
de la pierre y sont tellement en con- ratio methodica trium medicinarum
fusion, que l’on ne saurait les dis- Gebri. On ne doit cependant pas
tinguer. Ce chaos se développe par prendre toutes ses paroles à la
la volatilisation ; cet abîme d’eau lettre, car d’Espagnet que Phila-
laisse voir peu à peu la terre à me- lèthe a suivi pas à pas, dit qu’il
sure que l’humidité se sublime au reste très peu de dépenses à faire à
haut du vase. C’est pourquoi les celui qui a les matières préparées et
Chimistes Hermétiques ont cru convenables à l’œuvre. Il faut du

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charbon, mais dans un temps seu- Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3,


lement, qui est celui de l’épreuve. ch. 6.
CHARBONS DU CIEL. Ce sont les CHARTRE DES PHILOSOPHES :
étoiles. C’est la Table d’Emeraude
CHARBONS HUMAINS. Excréments d’Hermès, ainsi nommée parce que
des hommes. c’est le premier écrit connu sur la
pierre philosophale. Quelques-uns
CHARIOT DE PHAËTON : ont pris ces termes dans le sens de
C’est un des noms que les Philo- prison, et ont entendu le fourneau
sophes Chimiques ont donné au et l’œuf des Philosophes.
grand œuvre. Phaëton est le sym-
CHAT :
bole des mauvais Artistes, qui ayant
tout ce qu’il faut pour faire la pierre, Cet animal était un symbole hiéro-
ignorent le feu philosophique, ou ne glyphique chez les Egyptiens, qui
savent pas le conduire, et brûlent la l’adoraient sous le nom d’Ælurus. Il
matière, représentée par la Terre à représentait la Lune ou Mercure
laquelle ce fils du Soleil mit le feu Philosophique, parce que le Chat
pour n’avoir pas su conduire le cha- semble ressentir les effets des in-
riot de son père. fluences lunaires. On remarque en
effet des vicissitudes de grandeur
CHARON : dans la prunelle des yeux de cet
Fils de l’Erèbe et de la Nuit, selon animal. Elle se conforme aux chan-
Hésiode, était le Nautonnier des gements des phases de la Lune. Elle
Enfers ; il passait les âmes séparées augmente lorsque cette planète est
des corps par les trois fleuves, dans son croissant ; elle diminue
l’Achéron, le Styx et le Cocyte. Les lorsque la Lune est dans son déclin.
Chimistes Hermétiques regardent
Charon comme le symbole de la cou- CHAUX :
leur grise qui n’est qu’un passage de En termes de Chimie, se dit de
la noire à la blanche ; et les trois toutes formes de corps réduits en
fleuves sont les putréfactions qui poudres impalpables, soit par
arrivent dans les trois opérations de l’action du feu, soit par les eaux
l’œuvre, que Geber a nommé la Mé- fortes. Quelques-uns prétendent
decine du premier, du second et du qu’on ne doit donner le nom de
troisième ordre. Dans chacune, la Chaux qu’aux poudres des corps
matière doit se dissoudre et se pu- métalliques ou des minéraux ; et
tréfier, et parvenir à la couleur que celles des autres doivent se
noire, à laquelle succède la grise, nommer cendres. On dit Chaux de
qui est Charon ; c’est pourquoi on le Lune ou d’argent, Chaux de Saturne
dit fils de l’Erèbe et de la Nuit. Pen- ou de plomb, etc.
dants cette couleur grise la matière
CHAUX DES PELERINS. C’est le
se volatilise, l’esprit se sépare du
tartre.
corps, et le laiton philosophique se
blanchit : voilà le passage des âmes CHAUX-VIVE est aussi un terme de
par les trois fleuves pour parvenir Science Hermétique, que les Sages
aux Champs Elysées, représentés ont employé pour signifier la ma-
par la blancheur. Voyez les Fables tière, au blanc.

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   -C- 77 

CHEF-D’ŒUVRE DE L’ART : Dieux. Laomedon refusa à Hercule


C’est la pierre des Philosophes, les chevaux qu’il lui avait promis
l’élixir parfait au rouge. Quelques pour récompense de ce qu’il avait
Chimistes lui ont donné ce nom avec délivré Hésionne. Hercule fit man-
raison, puisque c’est la plus excel- ger Diomède à ses propres chevaux.
lente chose que l’homme ait pu ima- Voyez les Fables Egypt. et Grecques
giner pour son bien-être. dévoilées, 1. 5, c. 11. et 14.
CHEISSI ou CHEIRI : CHEVEUX :
Paracelse le prend pour le mercure C’est le Rebis philosophique.
quand il parle des minéraux, et CHEVRE AMALTHEE :
pour des fleurs lorsqu’il est question
Voyez AMALTHEE. La Chèvre était
des végétaux. Ainsi lorsqu’il dit de adorée en Egypte comme le Bouc,
la fleur Cheizi ou Cheiri tirée de dont voyez l’article.
l’argent, il faut entendre l’élixir phi-
losophique au blanc. Quelques CHIBUR OU CHIBUT :
autres le prennent pour l’antimoine, Soufre des Sages quand il est par-
d’autres pour l’or potable. Johnson. venu à la couleur rouge.
CHELOPA : CHIEN :
Jalap. Cet animal était en grande vénéra-
tion chez les Egyptiens, sous le nom
CHENE CREUX :
d’Anubis. Il était chez eux le sym-
Fourneau des Sages. La Fable parle bole du Mercure des Sages ; aussi
d’un chêne creux contre lequel les Anciens l’avaient-ils consacré à
Cadmus perça le dragon qui avait ce Dieu ailé. Plusieurs ont donné le
dévoré ses compagnons. La lance nom de Chien à la matière du grand
qu’employa Cadmus est le feu, le œuvre. L’un l’appelle Chien
serpent signifie le mercure. Le d’Arménie, l’autre dit que le Loup et
chêne creux étant le fourneau secret
le Chien se trouvent dans cette ma-
des Sages, on voit pourquoi les An- tière ; qu’ils ont une même origine,
ciens l’avaient consacré à Rhéa,
et néanmoins que le Loup vient
femme de Saturne. d’Orient, et le Chien d’Occident. Ra-
CHESEP : sis. L’un représente le fixe et l’autre
L’air que nous respirons ; c’est aussi le volatil de la matière.
celui des Philosophes. Si vous ne CHIEN D’ARMENIE est un des noms
tirez l’eau de l’air, la terre de l’eau, que les Philosophes Hermétiques
et le feu de la terre, vous ne réussi- ont donné à leur soufre, ou au
rez point dans l’œuvre, disent Avi- sperme mâle de leur pierre.
cenne et Aristote.
CHIENNE DE CORASCENE :
CHEVAL :
Est un des noms que les Philo-
Les Chimistes Hermétiques ont sophes chimiques ont donné à leur
souvent pris cet animal pour le mercure, ou sperme féminin de leur
symbole des parties volatiles de leur pierre.
matière, à cause de sa légèreté à la
course. C’est pour cela qu’ils ont CHIMERE (la) :
imaginé anciennement des chevaux Fille de Typhon et d’Echidna, était
pour traîner le char du Soleil et des un monstre ayant la tête et la poi-

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trine du lion, le ventre et le train de des Sages, quoique si commune


derrière d’une chèvre, et une queue dans son principe que tout le monde
de dragon. Bellérophon fut envoyé peut l’avoir, se trouve toute prépa-
pour combattre la Chimère, et de- rée en mercure. On donne à la véri-
meura vainqueur avec le secours du té ce soin à la Nature, mais il faut
cheval Pégase, et les armes dont les l’aider, en lui fournissant ce qui est
Dieux lui avaient fait présent. requis, et de la maniera requise.
Voyez les Fables Egypt. et Grecq. Ceux qui prennent le mercure vul-
dévoilées, liv. 3, c. 14, § 3. gaire pour cette chose vile, se trom-
CHIRON : pent donc bien lourdement. Para-
Le Centaure, fils de Saturne et de celse dit au sujet de cette matière,
Phillyre. Chiron devint le maître que la pierre qu’une femme jette à
d’Esculape, de Jason, d’Achille, etc. sa vache, vaut souvent mieux que la
S’étant blessé par mégarde, avec vache même.
une des flèches d’Hercule son dis- CHOSE (la) qui a les pieds noirs, le
ciple, la plaie s’envenima au point corps blanc et la tête rouge. C’est, en
qu’il en mourut, après avoir obtenu termes de Science Hermétique,
cette grâce de Jupiter. Voyez les l’ouvrage de la pierre ; parce que la
Fables Egyptiennes et Grecques dé- matière devient d’abord noire dans
voilées, dans les articles des Dieux la putréfaction, puis blanche dans la
et des Héros susnommés. régénération, enfin rouge dans la
CHISIR MINERALE : fixation. Les Philosophes ne parlent
Soufre principe des métaux. guère que de ces trois couleurs,
parce qu’elles sont les principales,
CHISTI PABULUM : et que les autres durent fort peu.
Urine d’un enfant.
CHOSE UNIQUE. Matière des Philo-
CHOP-CHINA : sophes après la conjonction de
C’est le Kina. l’esprit et du corps, ou mercure
animé des Sages. Cette matière est
CHOSE VILE :
véritablement unique dans son es-
Lorsque les Philosophes ont dit que
pèce, quoique fort commune, et que
leur matière est vile, méprisée, jetée personne ne puisse s’en passer ;
dans les rues et sur les fumiers, ils
mais elle acquiert encore mieux
ont parlé sincèrement, paraboli-
cette qualité d’unique après sa pu-
quement, et allégoriquement. On la
tréfaction. Elle contient tout, quoi-
jette réellement, parce qu’on en
qu’elle ne ressemble proprement à
ignore le prix ; mais quand ils rien de ce qui existe dans le monde.
l’appellent une chose vile, c’est qu’on
Elle est eau, elle est terre, elle est
ne jette communément que les feu, elle est air, et ne ressemble à
choses viles et méprisables, et que
aucun de ces éléments. Comme elle
leur matière en putréfaction res- renferme les propriétés et les vertus
semble à tout ce qui est putréfié,
des choses supérieures et infé-
que l’on jette sur le fumier à cause
rieures de l’Univers, on lui donne à
de sa puanteur, et qu’on regarde juste titre les noms de tous les indi-
non seulement comme inutile, mais
vidus, sans qu’elle soit nullement
comme dommageable. Il ne faut spécifiée à aucun d’eux en particu-
donc pas s’imaginer que la matière
lier. Cette diversité de noms a

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trompé et induit tous les jours en memnon, qui la lui refusa. Ce père
erreur un grand nombre de gens qui désolé s’adressa à Apollon ; et ce
cherchent la pierre ; mais elle n’a Dieu, pour venger son Prêtre, susci-
proprement qu’un nom connu de ta une peste effroyable dans le camp
tout le monde, des hommes comme des Grecs. Calchas consulté, répon-
des femmes, des vieux comme des dit qu’il fallait rendre Chryséis à
enfants, des savants comme des son père, et que la peste cesserait.
ignorants ; parce que, comme dit Agamemnon s’y détermina, quoique
Morien, elle est pour le riche comme malgré lui, et la peste cessa. Voyez
pour le pauvre, pour l’avare comme ce que signifie cette fiction dans le
pour le prodigue, pour les vieux et livre 6 des Fables Egypt. et
les jeunes, pour ceux qui sont de- Grecques dévoilées.
bout comme pour ceux qui sont as- CHRYSES :
sis ; et, comme dit Basile Valentin,
Voyez l’article précédent.
qu’elle renferme toutes choses,
parce qu’elle est toutes choses. CHRYSOCALCOS :
Il faut bien distinguer la matière Oripeau.
des Sages avant la putréfaction et CHRYSOR :
après la putréfaction. Dans le pre- Vulcain des Phéniciens. Voyez VUL-
mier cas, elle est telle que je l’ai dé- CAIN.
crite lorsque j’ai dit qu’elle était
pour tout le monde ; dans le second, CHYBUR :
elle est proprement la matière des Soufre. Paracelse dit (Lib. de Nat.
Sages ; elle est leur mercure, et la rerum) qu’il n’y a point de meilleur
minière de leurs métaux ; et c’est remède que le Chybur, pour les ma-
d’elle qu’ils disent que leur mercure ladies du poumon, quand il est pré-
renferme tout ce que cherchent les paré et sublimé trois fois avec des
Philosophes. C’est leur Azoth qui chaux minérales.
suffit avec le feu. CHYLE :
CHRONOS : Matière des Philosophes en putré-
Voyez SATURNE. faction.
CHRYSAOR : CIBATION :
Fils de Neptune et de Méduse, selon Nutrition de la matière sèche des
quelques-uns ; et selon d’autres, né Philosophes avec son propre lait,
du seul sang qui coula de la bles- donné modérément. Riplée. Si l’on
sure faite à Méduse par Persée. donne ce lait en trop grande abon-
Chrysaor fut père de Geryon. Voyez dance, l’enfant deviendra hydro-
cette fiction expliquée dans les pique, et la terre sera submergée
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, par le déluge. Il faut donc
liv. 3, ch. 14, § 3. l’administrer peu à peu et avec pro-
portion.
CHRYSEIS :
Fille de Chrysès, prêtre d’Apollon, CIBUR et CHIBUT :
échut par le sort à Agamemnon, Voyez CHYBUR.
Chef de l’armée des Grecs qui al-
laient faire le siège de la ville de CICEBRUM :
Troie. Chrysès la demanda à Aga- C’est l’eau des Philosophes.

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CIDMIA : CINABRE :
Litharge. Matière métallique, de laquelle on
tire le mercure vulgaire.
CIEL :
Ce terme a différents sens chez les Les anciens donnent aussi ce nom
Philosophes Hermétiques. Il se au sang de dragon. Pline, liv. 33, ch.
prend en général pour le vase des 7, de son Histoire Naturelle,
Sages, dans lequel font leur séjour l’appelle Cinabre des Indes, pour le
Saturne, Jupiter et tous les autres distinguer du métallique ; et ajoute
Dieux. qu’il se forme du sang des dragons
qui se battent contre les éléphants,
CIEL VEGETABLE, C’est leur eau
dont l’énorme poids les accable,
mercurielle, leur quintessence cé-
quand l’éléphant tombe sur eux en
leste tirée du vin philosophique.
mourant.
Christophe Parisien.
On trouve aussi le nom de Cinabre
CIEL DES PHILOSOPHES. Se prend
dans plusieurs Auteurs, pour dire
aussi pour la quintessence ou ma-
Minium.
tière plus épurée des éléments.
Telle est la pierre philosophale et Plusieurs Chimistes ont mal-à-
l’élixir parfait au rouge. Paracelse a propos pris le Cinabre vulgaire et
fait un ouvrage qui porte pour titre : naturel pour la matière de l’œuvre
Cœlum Philosophorum. Il y traite des Philosophes ; on ne saurait en
de tous les métaux sous les noms tirer que du mercure commun, ou
des planètes, et il y dit dans l’article argent-vif vulgaire. Le Cinabre des
de Saturne, que si les Alchimistes Sages est leur mercure sublimé, pu-
savaient ce qu’il contient, ils ne tra- rifié, fixé au rouge, qu’ils appellent
vailleraient que sur cette matière. soufre. C’est alors ce serviteur rouge
dont parle Trévisan.
CIEL. Les Philosophes Hermétiques
ont aussi donné ce nom au feu cé- CINYRAS :
leste qui anime les corps élémentés. Est accusé par les Poètes d’avoir
Les corps sont plus forts ou plus commis un inceste avec sa propre
faibles, selon qu’ils contiennent plus fille Myrrha, et de cet inceste, di-
ou moins de ce feu ; et leur longue sent-ils, naquit Adonis. Voyez ce
durée dépend de la forte union de que signifie cette fiction dans les
l’esprit céleste avec l’humide radi- Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
cal. Cette union est ce que les Philo- liv. 4, ch. 4.
sophes appellent le Ciel et la Terre CIRCE :
réunis et conjoints, le Frère et la
L’enchanteresse, fille du Soleil et de
Sœur, Gabritius et Beja, l’Epoux et
la Nymphe Perseis ; elle était sœur
l’Epouse qui s’embrassent très étroi-
d’Ætés, Roi de Colchos. Jason et
tement ; parce que l’esprit volatil ne
Médée se retirèrent chez elle, après
sert de rien, s’il n’est rendu fixe en
qu’ils se furent emparés de la Toi-
la nature duquel il doit passer.
son d’or. Voyez les Fables Egypt. et
CIMMERIENNES (Ombres) : Grecques dévoilées, liv. 2, chap. 1.
Ce sont les brouillards qui s’élèvent CIRCULATION :
dans le vase philosophique pendant Est un terme de Science Hermé-
la putréfaction. tique, qui, outre le sens chimique,

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signifie encore la réitération des n’est mesuré clibaniquement ; c’est-


opérations du grand œuvre pour la à-dire, avec poids et mesure des ma-
multiplication de la quantité et des tières, qui ne sont que le soufre et le
qualités de la pierre. mercure des Philosophes.
CIRE :
CLOUER :
Matière des Sages poussée au blanc. Fixer la matière volatile, par la di-
CISEAUX : gestion que l’on en fait quand elle
C’est le feu des Philosophes, de est mêlée avec la fixe.
même que la lance, l’épée, etc.
CLYTEMNESTRE :
CIST ou KIST : Fille de Jupiter et de Léda, et
Mesure des liquides, contenant deux femme d’Agamemnon, qu’elle fit
pintes ou quatre livres. Johnson. mourir après son retour de la guerre
CLANCHEDEST : de Troie, pour jouir plus à son aise
Acier. de son amant Egysthe. Oreste, fils
d’Agamemnon, vengea la mort de
CLARETE : son père, et fit périr sa mère avec
Blanc d’œuf. Egysthe dans le temple d’Apollon.
CLARTE : Voyez les Fables Egypt. et Grecques
dévoilées, liv. 3, chap. 14, § 4.
En termes de Science Hermétique,
signifie la blancheur qui succède à
la noirceur de la matière en putré- COAGULATION :
faction. Terme de Physique et de Chimie.
C’est le lien de la composition des
CLEF :
mixtes, qui fait le mutuel attouche-
Terme de Science Hermétique, qui ment des parties. La coagulation
signifie tant la connaissance de la n’est que le rudiment de la fixation.
matière propre à l’œuvre, que la Il y a deux sortes de coagulations,
manière de la travailler. Il se prend comme deux sortes de solutions.
aussi pour les marques de l’ouvrage L’une se fait par le froid, l’autre par
bien ou mal conduit. Dans ce der- le chaud, et chacune se subdivise
nier sens, la première clef est la encore en deux ; l’une est perma-
noirceur qui doit paraître au plus nente, l’autre ne l’est pas. La pre-
tard après le quarantième ou qua- mière s’appelle fixation, et l’autre
rante-deuxième jour, faute de la- simplement coagulation. Les mé-
quelle couleur l’Artiste doit croire taux sont un exemple de celle-là, les
qu’il n’a pas bien opéré, et il faut sels le sont de celle-ci.
alors recommencer. Basile Valentin,
Religieux Bénédictin, a fait un ou- La coagulation philosophique est la
vrage sur la pierre philosophale, réunion inséparable du fixe et du
intitulé les Douze Clefs. Georges volatil en une masse si fixe qu’elle
Riplée, Anglais, en a fait un sur le ne craint point les atteintes du feu
même sujet, qui a pour titre, les le plus violent, et communique sa
Douze Portes. fixité aux métaux qu’elle transmue.
CLIBANIQUEMENT :
COAGULE :
Suivant la proportion du fourneau.
Flamel dit, d’après Calid, si ton feu Présure.

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   -C- 82 

COAGULER : prise dans le sens des Chimistes


En termes de Chimie Hermétique, vulgaires.
signifie donner une consistance aux COHOBER :
choses liquides, non en en faisant Est aussi un terme de Science Her-
un corps compacte, ou dont les par- métique, qui se dit dans le même
ties seraient liées comme celles du sens des Chimistes, mais cependant
lait devenu fromage, mais en les
sans addition de nouvelle matière,
desséchant de leur humidité super- et sans le secours de l’Artiste.
flue, et en réduisant le liquide en
poudre, et puis en pierre. COHOPH :
Paracelse se sert souvent de ce
Les Philosophes Chimiques appel-
terme, au lieu de cohober, cohoba-
lent aussi coaguler, cuire la matière
tion.
jusqu’à la perfection du blanc ou du
rouge. COHOS :
COBALES : Toutes les parties du corps renfer-
mées sous la peau. Quelques Chi-
Voyez SATYRES.
mistes l’ont employé par allusion au
COBASTOLI : terme de chaos, et pour faire voir le
Cendre. contraste de l’ordre et de
COCILIO : l’arrangement des parties du corps
humain, avec la confusion du chaos.
Poids de onze onces. Johnson.
COLERE :
COCYTE :
Les Philosophes Hermétiques disent
L’un des fleuves ou marais de
qu’il faut bien prendre garde de ne
l’Enfer. Voyez PLUTON, ENFER.
pas trop pousser Vulcain, de peur
CŒLUS : d’irriter Mercure, dont la colère est
Voyez CIEL. fort à craindre pour l’Artiste, parce
CŒUR : que se trouvant trop pressé, il brise-
Quelques Chimistes ont donné ce rait les portes de sa prison, et
nom au feu, d’autres à l’or quand ils s’enfuirait sans espérance de le rat-
ont parlé des métaux. Johnson. traper ; c’est-à-dire qu’il ne faut pas
trop pousser le feu, afin que le mer-
COHOB : cure, ou esprits volatils de la ma-
Sable. tière, ne casse pas le vase ; ce qui
COHOBATION : arriverait infailliblement sans cette
attention : ou si le vase était assez
Digestion et circulation de la ma-
fort pour résister, le mercure se brû-
tière dans le vase, pendant les-
quelles la partie volatile monte au lerait et deviendrait inutile.
haut du vase, et en retombant elle Quelques Adeptes ont donné le nom
se mêle, pénètre et se cohobe d’elle- de colère à la matière parvenue à la
même avec la partie fixe qui se couleur orangée.
trouve au fond. Telle est la cohoba-
COLLE :
tion philosophique ; terme employé
On trouve ce terme dans quelques
seulement par similitude, et par
Chimistes, pour signifier le fiel de
comparaison avec la cohobation
taureau. Johnson.

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   -C- 83 

COLLE D’OR. Borax ou chrysocolle COMETZ :


des Anciens. Colle d’or, dans le sens Une demi-goutte.
Hermétique, veut dire la matière
COMIDI et COMISDI :
des Philosophes en putréfaction
après le mélange du mercure et de Gomme arabique.
l’or des Sages. Cette réunion a pris COMMIXTION :
chez eux le nom de Mariage. Quelques Philosophes ont substitué
COLOMBE : ce terme à ceux de conjonction, ma-
D’Espagnet et Philalèthe ont em- riage, union. La commixtion se fait
ployé l’allégorie de la Colombe, pour pendant la putréfaction, parce que
désigner la partie volatile de la ma- le fixe et le volatil se mêlent alors
tière de l’œuvre des Sages. Le pre- pour ne plus se séparer.
mier a emprunté de Virgile (Eneid. COMPAGNON :
liv. 6.) ce qu’il dit de celle de Vénus, Mercure philosophique animé de
pour le temps de la génération du son soufre, et poussé au blanc.
fils du Soleil ou règne de Vénus phi-
losophique. Le second a dit que les COMPAR :
colombes de Diane sont les seules Les Adeptes entendent par ce terme
qui soient capables d’adoucir la fé- le fixe et le volatil, mercure et l’or
rocité du dragon ; c’est pour le des Sages, qui agissent successive-
temps de la volatilisation, où les ment dans l’œuvre ; le mercure ou
parties de la matière sont dans un la femelle prend d’abord la domina-
grand mouvement, qui cesse à me- tion, jusqu’à la fin de la putréfac-
sure que la couleur blanche, ou la tion ; lorsque la matière commence
Diane Hermétique se perfectionne. à se dessécher et à blanchir, l’or
Les Souffleurs doivent bien faire prend le dessus. Ils travaillent en-
attention à cela, s’ils ne veulent pas suite de concert à la perfection de
perdre leur argent à faire des mé- l’œuvre.
langes fous d’argent vulgaire avec
d’autres matières pour parvenir au COMPLEXION :
magistère des Philosophes. Temps où la matière est dans une
parfaite dissolution ; ce qui est indi-
COLONNES D’HERCULE :
qué par une couleur très noire. Le
Ce sont deux montagnes situées au terme de complexion signifie le
détroit de Gibraltar ; l’une est appe- même que putréfaction, submersion,
lée Calpé, du côté de l’Espagne ; mixtion.
celle qui est à l’opposite en Afrique,
se nommait Abyla. Voyez ces deux COMPOSE :
articles. Le composé des Philosophes est ce
COMBUSTION : qu’ils appellent aussi leur compost,
Vieux mot que l’on trouve dans les leur confection. Donc cette noirceur
ouvrages de quelques Chimistes de couleur enseigne qu’en ce com-
pour signifier l’action trop violente mencement la matière ou le compo-
du feu sur la matière. sé commence à se pourrir, et se dis-
soudre en poudre plus menue que
COMERISSON : les atomes du soleil, lesquels se
Est un des noms de la pierre des changent ensuite en eau perma-
Sages parvenue à la blancheur. nente. Flamel.
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COMPOSITION : dit Flamel, est un matras de verre,


Mélange des principes matériels de que tu vois peint en forme
l’œuvre. Ce terme veut dire la même d’écritoire, et qui est plein de confec-
chose que mixtion, assemblage de tion de l’Art, c’est-à-dire, de l’écume
plusieurs choses, mais de même na- de la mer rouge, et du souffle du
ture, c’est-à-dire l’union du mercure vent mercuriel.
et du soufre des Philosophes, qui, CONFITURE :
quoique deux choses différentes, Elixir des Philosophes. Qu’il soit fait
sortent néanmoins de la même ra- confiture composée d’espèce de
cine, comme les feuilles et les fleurs pierre, et qu’il en soit fait une mé-
d’une plante. decine pour guérir, purger et
COMPOST : transmuer tous corps en vraie Lune.
En termes de Philosophie chimique, Flamel.
signifie la matière de la pierre au CONGELATION :
noir ; parce qu’alors les quatre élé- En termes de Science Hermétique,
ments sont comme unis.
signifie la même chose que coagula-
CONCEPTION : tion. C’est proprement un endurcis-
Mariage, union qui se fait du volatil sement d’une chose molle, par le
et du fixe de la matière des Philo- dessèchement de l’humidité et la
sophes pendant qu’elle est en putré- (fixation du volatil. C’est dans ce
faction. Les Chimistes Hermétiques sens qu’Hermès a dit que la force de
disent que la conception du fils du la matière sera parfaite, si l’eau est
Soleil et de leur jeune Roi se fait réduite en terre ; parce que tout le
dans ce temps-là. Ce terme a été magistère consiste à réduire la ma-
employé par comparaison à la nais- tière en eau par la solution, et à la
sance de l’homme et des animaux. faire retourner en terre par la coa-
gulation. Congeler, teindre et fixer
CONCIERGE DU PALAIS :
ne sont que la même opération con-
(Sc. Herm.) Plusieurs Chimistes ont tinuée dans le même vaisseau.
interprété ce terme de l’Artiste ;
mais Bernard, Comte de la Marche CONGELER :
Trévisanne, connu sous le nom du Signifie faire le mariage, réunir le
bon Trévisan, l’entendait du mer- volatil au fixe, joindre les natures,
cure ou eau philosophique, qui ad- faire la paix entre les ennemis ; ce
ministre au fourneau secret la cha- qui se fait d’abord par la solution, et
leur requise, parce que ce fourneau puis par la coagulation.
secret et le vase philosophique ne
sont autre que cette eau, comme on CONJONCTION :
peut le voir dans les articles Vase, Réunion des natures répugnantes et
Fourneau secret. contraires en unité parfaite. Cette
CONDER : conjonction les convertit tellement
Encens mâle, Oliban. l’une en l’autre, qu’elle en fait un
mariage indissoluble même à la
CONFECTION : plus grande violence du feu. Les
Mélange de plusieurs choses, c’est- Philosophes définissent encore cette
à-dire du mercure et du soufre phi- conjonction, un assemblage et une
losophique. L’œuf des Philosophes, réunion des qualités séparées, ou

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une adéquation des principes. Ri- CONTRITION :


plée. En termes de Philosophie chimique,
Il y a trois espèces de conjonction. signifie réduire en poudre, mais seu-
La première est appelée double. Elle lement en desséchant l’humidité de
se fait entre l’agent et le patient, le la matière par le régime du feu, et
mâle et la femelle, la forme et la non pas qu’il faille la broyer dans un
matière, le mercure et le soufre, le mortier ou autrement.
subtil et l’épais. CONVENANCE ou ADAPTATION :
La seconde s’appelle triple, parce Est lorsque la projection se fait sur
qu’elle réunit trois choses, le corps, un métal en fusion, ou réduit en
l’âme et l’esprit. Faites donc en forme coulante ou mercurielle ;
sorte de réduire la trinité à l’unité. alors on dit que ce métal a de la
convenance, ou similitude de nature
La troisième est dite quadruple, avec l’élixir fait du mercure des
parce qu’elle réunit les quatre élé- Sages. Les Philosophes recomman-
ments en un seul visible, mais qui dent aussi de choisir pour faire
renferme les trois autres. Souvenez- l’œuvre une matière qui ait de la
vous, dit Riplée, que le mâle a cinq convenance avec le métal, parce que
vaisseaux requis pour la fécondité, d’un arbre on ne fait pas un bœuf,
et la femelle quinze. Sachez donc ni d’un bœuf un métal.
que notre Soleil doit avoir trois par-
CONVERSION DES ELEMENTS :
ties de son eau, et notre Lune neuf.
(Sc. Hermét.) Ceux qui prennent à
CONJONCTION signifie aussi l’union la lettre les termes des Philosophes
du fixe et du volatil, du frère et de Hermétiques, se sont imaginés que
la sœur, du Soleil et de la Lune. Elle leurs éléments étaient en effet
se fait pendant la noirceur qui sur- quatre choses distinctes et séparées,
vient à la matière pendant la putré- qu’il fallait extraire d’une matière,
faction. Les Philosophes l’appellent et qu’il fallait ensuite convertir l’une
aussi Conception, Union des élé- en l’autre ; c’est-à-dire, faire par
ments, Commixtion. exemple de l’huile de l’eau, et de la
terre du feu, ou du feu faire de l’air,
CONJONCTION DE L’AME AVEC LE et de l’air faire de l’eau, et de l’eau
CORPS. Expression Hermétique, qui faire de la terre. Par les opérations
signifie le moment où la matière de la Chimie vulgaire on extrait de
parvient au blanc. A l’heure de la chaque mixte quatre choses, un es-
blancheur, ou de la conjonction de prit, une eau flegmatique, une
l’âme avec le corps (dit Philalèthe) huile, et une terre appelée caput
on verra de grands miracles ; c’est- mortuum, ou tête morte. D’autres
à-dire, toutes les couleurs imagi- ont nommé ces quatre choses un sel,
nables. un soufre, un mercure, et une terre
damnée, ou inutile. Ceux qui se sont
CONJONCTION TETRAPTIVE. Mélange imaginés parvenir au magistère des
intime des principes du composé des Philosophes par ces opérations de la
Sages. Chimie vulgaire, ont donné le nom
d’air à l’huile, que d’autres ont ap-
CONNEXION :
pelée soufre, celui de feu à l’esprit,
Voyez COMPOSITION, MIXTION. celui d’eau à l’eau flegmatique, et

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enfin celui de terre, les uns au sel, le nom de Coq à leur soufre parfait
les autres à la terre damnée. Mais au rouge.
les éléments des Philosophes sont
tout-à-fait différents ; leurs opéra- CORAIL ROUGE :
tions sont celles de la Nature et non Est un des noms que les Philo-
de la Chimie vulgaire ; leur feu est sophes ont donné à leur pierre
renfermé dans leur terre et ne s’en quand elle est fixée au rouge, qui
sépare point, et leur air est contenu est le degré de sa perfection. C’est
dans leur eau. Ils n’ont donc que sans doute pour cette raison que les
deux éléments visibles, dont il faut Anciens ont feint que le corail s’était
faire la conversion ; c’est-à-dire que formé comme Chrysaor, du sang
leur eau change leur terre en sa na- répandu de la blessure que Persée
ture liquide d’eau, et qu’ensuite tout fit à Méduse ; puisque les Philo-
le composé qui était devenu eau, sophes Hermétiques ont pris égale-
doit devenir terre ; en devenant eau, ment Chrysaor et le corail pour
tout devient volatil, et étant réduit symbole de leur soufre parfait.
en terre, tout devient fixe. Ainsi
CORBATUM :
quand ils parlent du froid et de
l’humide, il faut entendre leur eau, Cuivre.
et le chaud et le sec sont leur terre. CORBEAU :
CONVERTIR LES ELEMENTS : En termes de Science Hermétique,
Termes de Chimie Hermétique. Dis- signifie la matière au noir dans le
soudre et coaguler ; faire le corps temps de la putréfaction. Alors ils
esprit, et l’esprit corps, le volatil l’appellent aussi la Tête du corbeau,
fixe, et le fixe volatil : tout cela ne qui est lépreuse, qu’il faut blanchir,
signifie que la même chose. La Na- en la lavant sept fois dans les eaux
ture aidée de l’Art, le fait dans le du Jourdain, comme Nahaman. Ce
même vase des Philosophes par la sont les imbibitions, sublimations,
même opération continuée. Lorsque cohobations, etc. de la matière, qui
la matière est bien purifiée et scel- se font d’elles-mêmes dans le vase
lée dans l’œuf, il s’agit seulement de par le seul régime du feu.
conduire le feu. CORBINS :
COPHER : Ouvrage de la pierre des Philo-
Bitume ou Asphalte. sophes. Dict. Herm.

COPULATION : CORDUMENI :
Mélange du fixe et du volatil, que Cardamome.
les Adeptes appellent mâle et fe- CORNE D’AMALTHEE :
melle. Les Philosophes Hermétiques disent
COQ : que cette fable doit s’expliquer de la
Animal que les Anciens avaient pierre philosophale, parce qu’outre
consacré à Minerve et à Mercure. les biens de la fortune, elle donne
Les Chimistes Hermétiques ont tous les biens capables de satisfaire
comparé leur feu au Coq, à cause de les désirs de l’homme dans ce
sa vigueur, de son activité et de son monde. Voyez les Fables. Egypt. et
ardeur, et ont donné en conséquence Grecq. dévoilées, liv. 3. ch. 4.

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CORNE DE CERF. Bec du chapiteau fait en le mariant avec le corps im-


des alambics, selon quelques Chi- parfait. Phil. On doit aussi purifier
mistes. ce corps en lui ôtant tout son soufre
superflu, brûlant et combustible, et
COROCRUM :
manifester ce qu’il a dans son inté-
Ferment de la pierre.
rieur. Le signe de sa parfaite subli-
CORONIS : mation ou dépuration, est une cou-
La Fable en nomme deux, l’une leur blanche, céleste, éclatante
comptée parmi les Hyades, l’autre comme celle de l’argent le plus fin
mère d’Esculape ; celle-ci périt de la bien bruni, et dans ses cassures,
main d’Apollon, et fut changée en l’éclat du marbre ou de l’acier le
corneille. Voyez les Fables Egypt. et plus poli. Alors cette femme prosti-
Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 12, tuée est rétablie dans son état de
§ 2. virginité intacte, et peut être don-
née en mariage au Soleil terrestre,
CORPS : quoiqu’elle soit sa mère et sa sœur.
Les Philosophes appellent corps ce Philal.
qu’ils nomment aussi métaux. C’est
pourquoi ils parlent souvent de CORPS DISSOLUBLE. C’est la minière
corps parfaits et de corps impar- même du mercure dissolvant des
faits. On ne réussira jamais à faire Sages. C’est le corps terrestre que ce
une bonne multiplication, si l’on ne mercure doit laver et purifier. Ce
réduit les corps parfaits en leur qui a engagé les Philosophes à dire
première matière, c’est-à-dire en que le mercure engrosse sa propre
mercure ; parce que dès qu’ils sont mère, qu’il la fait mourir, qu’il la
parfaits, on ne peut rien en faire de purifie, la ressuscite enfin avec lui-
plus, tant qu’ils resteront dans cet même, parce qu’il s’y unit si inti-
état de perfection. mement, qu’il ne s’en sépare jamais.
Ce corps est fixe, et le mercure est
CORPS se prend aussi par les Chi- volatil. Il doit subir la torture du feu
mistes pour le sel philosophique, ou et de l’eau, mourir et renaître par
leur terre feuillée qui s’imprègne du l’eau et l’esprit, pour parvenir enfin
soufre et du mercure comme d’une à un repos éternel. Philalèthe dit
âme et d’un esprit. Vous ne réussi- que la couleur de ce corps est brune,
rez jamais, disent-ils, si vous ne spi- un peu rougeâtre et sans éclat ; qu’il
ritualisez le corps, et ne corporifiez doit être dissout et exalté ; il faut
l’esprit ; c’est-à-dire, si vous ne ren- ensuite qu’il subisse la mort, qu’il
dez le fixe volatil, et le volatil fixe. ressuscite, et qu’il monte au ciel,
Ils appellent aussi corps leur ma- pour y être glorifié. Pour le dire
gnésie, leur ferment, leur teinture ; sans énigme, c’est le soufre parfait
et ils disent en conséquence que le au rouge, qui doit être dissout par le
corps ne pénètre point les corps sans mercure, dont il a été formé ; et lui-
le secours de son esprit. même forme l’Androgyne ou Rebis
des Philosophes après son union
CORPS IMPARFAIT. C’est l’arsenic des avec le mercure.
Philosophes, leur Lune, leur fe-
melle. Dès le commencement de CORPS BLANC. Terre feuillée des
l’œuvre, il faut calciner le corps par- Philosophes, ou magistère au blanc.

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CORPS IMPROPREMENT DIT. Magis- CORROSION :


tère ou mercure des Sages, lorsqu’il Action du sel et du souffre mercu-
n’est pas encore entièrement fixé. riels, volatils et très raréfiés de cer-
CORPS LE PLUS VOISIN. Les Philo- tains corps, qui par leur pénétration
sophes ont ainsi appelé leur magis- et sulfuréité brûlent et désunissent
tère au blanc, parce qu’il est dans les parties des corps avec lesquels
un état qui approche le plus de la ils sont mêlés. On remarque cette
fixité parfaite, qui est leur magis- action dans l’eau-forte, qui prouve
tère au rouge. cette définition quand on altère son
activité par la précipitation de ce
CORPS IMMONDE. C’est le mercure soufre mercuriel. Elle perd alors
avant sa préparation ; quelquefois toute son ignéité et sa vertu corro-
dans le temps de sa putréfaction sive. Cette précipitation se fait par
dans l’œuf philosophal, et alors on la fixation de ce soufre volatil, cette
l’appelle aussi Corps mort. fixation par la condensation, cette
CORPS CONFUS. Voyez CORPS IM- condensation par la réfrigération
MONDE. intrinsèque, et cette réfrigération
par l’addition des sels lixivieux.
CORPS MIXTE. Matière au noir.
On doit conclure de là que plus on
CORPS NET ET PUR. Matière au
raréfie un esprit ardent, tel, par
blanc.
exemple, que celui du vin, plus on a
CORPS PROPRE DE L’ART. C’est la un corrosif violent, ou un soufre ou
pierre au rouge, ou l’or des Philo- un sel mercuriel de plus en plus cor-
sophes. rosif, selon qu’il est plus rectifié par
CORPS ROUGE. Voyez. CORPS les distillations réitérées.
PROPRE. CORSUFLE ou CARSUFLE :
CORPS MORT. La matière au noir Soufre des Philosophes fixé au
pendant la putréfaction, appelée rouge.
aussi Mort, Nuit, Ténèbres, Sé- CORTEX MARIS :
pulcre, Tombeau, etc. Mercure des Sages.
CORRECTUM : CORUSCUS :
Vinaigre distillé. La Piloselle.
CORROSIF : CORYBANTES :
Les Philosophes rejettent de l’œuvre Prêtres de Cybèle, mère des Dieux.
toute eau forte, ou autre dissolvant Ils solemnisaient les fêtes de cette
corrosif. Ceux-là se trompent donc Déesse au son du tambour, et dan-
bien fort, qui tourmentent les mé- saient au son des flûtes, des trom-
taux, l’or, l’argent, le mercure, par pettes, en faisant un grand bruit
les eaux-fortes pour en faire le dis- avec leurs armes. C’est par ce
solvant philosophique, ou pour en moyen qu’ils empêchèrent Saturne
tirer le soufre et la teinture auri- d’entendre les cris du petit Jupiter,
fique. Le mercure des Sages doit que Rhée avait confié à leurs soins.
dissoudre l’or (des Philosophes) sans Voyez ce qu’on doit entendre par les
corrosion, comme l’eau chaude dis- Corybantes, Fables Egypt. et
sout la glace. Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 4.

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COS : COTONORIUM :
Ile qu’Hercule ravagea, selon la Liqueur.
Fable ; parce qu’Eurypile, Roi de COULEUR :
l’île, ne l’avait pas bien reçu. Les
Les couleurs des choses, et particu-
Philosophes Spagyriques regardent
lièrement des fleurs, ont leur prin-
l’île de Cos comme le symbole de
cipe dans le soufre et le sel mercu-
leur matière mise dans le vase pour
riels des corps colorés. Une preuve
y être digérée. Si l’on y met trop de
bien convaincante, c’est qu’à mesure
mercure, qui n’est autre chose
que ces parties volatiles s’évaporent,
qu’Hercule, le vase se brisera, toute
la couleur s’évanouit, du moins son
la matière se répandra ou se dissi-
éclat et sa vivacité, et fait place à
pera ; et c’est le ravage qu’Hercule
une autre couleur moins vive, com-
fit dans l’île de Cos. Il faut donc
posée d’un soufre plus terrestre et
avoir grand soin de ne pas verser
moins subtil. Il est d’ailleurs certain
trop abondamment le mercure sur
qu’on ne trouve point de couleurs
la matière contenue dans le vase,
dont le sujet ne soit gras, oléagineux
elle en serait inondée. Si l’on en met
et très combustible.
trop peu, le feu y prendra, le vase se
brisera, et tout sera perdu. Il faut COULEUR. Les Philosophes Hermé-
arroser souvent et peu à peu. C’est tiques regardent les couleurs qui
cette précaution manquée, qui fait surviennent à la matière pendant
que beaucoup d’Alchimistes ne l’opération du grand œuvre, comme
réussissent pas, quoiqu’ils travail- les clefs de cet Art, et les indices
lent d’ailleurs sur la vraie matière, certains de la vérité et bonté de la
et qu’ils se servent des fourneaux et matière, et du bon régime du feu. Ils
du feu philosophique requis dans les en comptent trois principales qui se
opérations du grand œuvre. succèdent, mais dont la succession
est interrompue par quelques
COSMAI :
autres couleurs passagères et de
Teinture ou eau de safran.
peu de durée. La première princi-
COSMEC et COSMET : pale est la couleur noire, qui doit se
Antimoine des Philosophes et des faire voir au quarante-deuxième
Chimistes vulgaires. jour au plus tard. Elle disparaît peu
à peu, et fait place à la blanche. A
COSMETIQUE :
celle-ci succède la citrine, qu’ils ap-
Nom que l’on donne en général à pellent leur or. Enfin, la couleur
tous les remèdes faits pour corriger rouge se montre, et c’est la fleur de
les défauts de la peau, et entretenir leur or, leur couronne royale, etc.
la beauté, ou la procurer. Ce terme Les couleurs passagères sont la
a été fait de Cosmet, Antimoine, verte, qui marque l’animation et la
parce que les Anciens employaient végétation de la matière ; la grise,
beaucoup ce minéral à l’usage dont ou le règne de Jupiter, qui suit im-
nous venons de parler. L’Ecriture médiatement la noire, ou le règne
sainte en parle en plus d’un endroit. de Saturne ; les couleurs de la queue
du paon. La couleur Tyrienne, ou
COSUMET :
couleur de pourpre, indique la per-
Voyez COSMEC. fection de la pierre.

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Si la couleur rouge paraît avant la ont feint que les Gorgones et les Fu-
noire, c’est un signe qu’on a trop ries avaient des couleuvres entrela-
poussé le feu, et que l’ouvrage ne cées dans leurs cheveux. Voyez ME-
réussira pas. Il faut alors recom- DUSE. On représentait Saturne
mencer. ayant à la main une couleuvre qui
dévore sa queue. Voyez SATURNE.
La noire est un indice de putréfac-
tion et d’entière dissolution de la Les Philosophes Hermétiques ont
matière. Elle doit toujours précéder donné le nom de Serpent et de Cou-
la blanche et la rouge. leuvre à la matière de leur Art.
Voyez les Figures d’Abraham Juif,
La blanche marque la fixation bien
dans Flamel.
avancée de la matière ; et la rouge
sa fixation parfaite.
COUPER :
Toutes ces couleurs doivent repa-
Avec des ciseaux ou tout autre ins-
raître dans l’opération de la multi-
trument, signifie cuire, digérer la
plication ; mais elles sont d’une du-
matière sans ouvrir ni remuer le
rée d’autant plus courte, qu’on réi-
vase. Ainsi couper la tête du Cor-
tère plus souvent les opérations
beau, veut dire continuer la cuisson
pour perfectionner et multiplier la
et la digestion de la matière de
quantité et les qualités de la pierre.
l’œuvre parvenue à la couleur noire,
Lorsque la matière est comme de la pour la faire passer à la grise, et de
poix noire fondue, ils l’appellent le là à la blanche. Les ciseaux, l’épée,
Noir plus noir que le noir même, la lance, sont le feu philosophique.
leur Plomb, leur Saturne, leur Cor-
beau, etc. Et ils disent qu’il faut COURONNE CELESTE, Corona Cœli-
alors couper la tête du Corbeau avec ca :
le glaive ou l’épée, c’est-à-dire avec En termes d’Alchimie, signifie Es-
le feu, en continuant jusqu’à ce que prit de vin. Mais quand Raymond
le Corbeau se blanchisse. Lulle et les autres Philosophes par-
Ces différentes couleurs, que la ma- lent de l’esprit de vin, du vin blanc,
tière prend en se cuisant, ont donné du vin rouge, il ne faut pas les
lieu aux Philosophes d’appeler cette prendre à la lettre ; ils entendent
matière de presque tous les noms par ces termes le mercure rouge et
des individus de la Nature. Son le mercure blanc qu’ils emploient
odeur et ses propriétés lui en ont dans le grand œuvre.
fait donner quelques autres ; et ils
avouent dans leurs Ouvrages, qu’ils COURONNE ROYALE. C’est la pierre
n’ont jamais nommé cette matière parfaite au rouge, et propre à faire
par son nom propre vulgaire, au la pierre de projection.
moins lorsqu’ils en ont parlé pour la
COURONNE VICTORIEUSE. C’est la
désigner. On peut voir une partie de
même chose que Couronne royale.
ces noms dans l’article Matière des
Quelques Philosophes ont cepen-
Philosophes.
dant donné ce nom à la matière
COULEUVRE : lorsqu’elle commence à sortir de la
Serpent ou reptile honoré par les putréfaction, ou de la couleur noire ;
Païens comme représentant Escu- parce qu’ils disent qu’alors la mort
lape. Voyez ESCULAPE. Les Poètes est vaincue, et que leur Roi

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   -C- 91 

triomphe des horreurs du tombeau, cissant après cela, elle devient cou-
et de l’empire des ténèbres. leur d’aurore, et enfin ambrée cou-
leur d’or. La pellicule surnage très
COUVERCLE DU VASE :
longtemps dans cette eau ; et il se
C’est le noir plus noir que le noir
précipite au fond du matras, dès le
même, ou la matière parfaitement
commencement de la dissolution,
dissoute, et dans une entière putré-
une espèce de poudre blanche
faction.
comme de l’amidon. Mais pour cela
CRACHAT DE LA LUNE : il faut avoir cueilli le flos cœli avant
C’est la matière de pierre philoso- le lever du soleil, et l’avoir nettoyé
phale avant sa préparation. Les exactement, morceau à morceau, de
Sages donnent aussi ce nom à leur toute la terre et autres matières
mercure préparé. étrangères qui pourriraient s’y être
attachées. Plusieurs personnes
Plusieurs Chimistes ont donné le
m’ont assuré qu’on faisait avec le
nom de Crachat de la Lune, ou Spu-
flos cœli un excellent remède pour
tum Lunœ, ou flos cœli, et ont tra-
guérir un nombre de maladies. Il
vaillé avec lui, comme sur la véri-
faut avoir soin de ne point toucher
table matière du grand œuvre ; et il
ni cueillir le flos cœli avec aucun
est vrai que ce flos cœli est bien ca-
métal, mais seulement avec du bois
pable d’induire en erreur. Il est as-
ou du verre.
sez difficile de décider de sa nature.
C’est une espèce d’eau congelée, CRAIE BLANCHE :
sans odeur et sans saveur, ressem- Matière de l’Art parvenue au blanc.
blant à une fraise de peau verte, qui
CRAIE NOIRE. Matière pendant la
sort de terre pendant la nuit, ou
putréfaction.
d’abord après la cessation d’un
grand orage. Dans les plus grandes CRETE (Ile de) :
chaleurs, cette matière conserve une Dans laquelle fut élevé Jupiter.
froideur très grande quand on la Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
tient à l’ombre. Sa matière aqueuse dévoilées, 1. 3, ch. 4.
est très volatile, et s’évapore à la
CRETHEE :
moindre chaleur à travers une peau
Fils d’Eole, père d’Eson et
extrêmement mince qui la contient.
d’Amythaon. Voyez le liv. 2, ch. 1,
Elle ne se dissout ni dans le vi-
des Fables Egypt. et Grecques dé-
naigre, ni dans l’eau, ni dans l’esprit
voilées.
de vin ; mais si on renferme le flos
cœli tout nouveau dans un vase bien CRIBLE :
scellé et luté, il s’y dissout de lui- Les Philosophes ont donné ce nom à
même en une eau extrêmement leur aimant ou corps imparfait,
puante, sentant comme les excré- qu’ils ont aussi appelé Argent-vif
ments humains, très corrompus, ce d’Occident, et assez souvent Mer-
qui manifeste une abondance de cure des Philosophes, coagulé et non
soufre volatil. Au commencement de fixe ; c’est la même matière qu’ils
la dissolution, l’eau dans laquelle se ont nommée Dragon Babylonien,
résout cette matière, paraît de cou- Lion vert, Vinaigre très aigre, Eau
leur bleu céleste, puis violette, en- de la mer, Feu secret, Saturnie vé-
suite rouge, pourprée, et s’éclair- gétale, Herbe triomphante qui croît

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   -C- 92 

sur les montagnes ; mais propre- poussé la hardiesse plus loin, et


ment leur Lune, Sœur et femme du n’ont pas craint d’employer les
Soleil, son Ombre, Eve, Beya, Fille termes du nouveau Testament pour
de Saturne, et Vénus ; enfin leur former leurs allégories et leurs
Femelle. énigmes. Jean de Roquetaillade,
connu sous le nom de Jean de Rupe
CRIBLER :
Scissa, et Arnaud de Villeneuve di-
C’est cuire la matière, et la purifier
sent dans leurs ouvrages sur la
par la sublimation philosophique.
composition de la pierre des Philo-
CROCODILE : sophes : Il faut que le Fils de
Les Chimistes Hermétiques, à l’Homme soit élevé sur la croix avant
l’imitation des Egyptiens, ont mis le que d’être glorifié ; pour désigner la
crocodile dans leurs hiéroglyphes, volatilisation de la partie fixée et
pour symbole de la matière de leur ignée de la matière. Jean de Dee,
œuvre ; parce qu’il vit sur terre et Anglais, a fait dans son traité de
dans l’eau, et que leur matière est l’Œuvre des Sages, une comparaison
aussi eau et terre alternativement. très étendue de la pierre philoso-
phale, avec le mystère de notre Ré-
CROCOMMA :
demption. Son traité a pour titre :
Marc de l’huile. Monas Hieroglyphica.
CROCUS : CRYBTIT :
Jeune homme, qui étant devenu Soufre. Voyez KYBRIC.
éperdument amoureux de la
Nymphe Smilax, fut changé en une CRYPTOGRAPHIE :
plante que nous nommons safran. Art d’écrire en caractères non appa-
Les Chimistes Hermétiques ont rents, ou inconnus, ou défigurés,
quelquefois appelé Crocus, ou sa- qu’on appelle communément écri-
fran, leur matière fixée au rouge- ture en chiffres. Cette manière
orangé. d’écrire est en usage particulière-
ment parmi les Ambassadeurs des
CROIX :
Princes, afin que si leurs lettres
Les croix, en Chimie vulgaire, sont étaient interceptées, on ne puisse
des caractères qui indiquent le pas déchiffrer ce qu’elles contien-
creuset, le vinaigre, et le vinaigre nent. Chacun peut se former une
distillé. Mais en fait de Science cryptographie à sa guise. Cardan,
Hermétique, la croix est, comme Trithème, Schot, Kircher. Porta et
chez les Egyptiens, le symbole des plusieurs autres ont fait des traités
quatre éléments. Et comme la pierre sur cet Art.
philosophale est, disent-ils, compo-
sée de la plus pure substance des Les Philosophes Hermétiques, tou-
éléments grossiers, c’est-à-dire, de jours attentifs à cacher le secret de
la substance même des éléments leur Art, ont quelquefois usé de ce
principes, ils ont dit : in cruce salus, moyen dans les ouvrages qu’ils ont
le salut est dans la croix ; par simi- faits sur la manière de procéder
litude du salut de nos âmes rache- dans les opérations du grand œuvre.
tées par le sang de Jésus-Christ at- Ce sont eux qui ont inventé les ca-
taché sur l’arbre de la croix. ractères qui sont en usage encore
Quelques-uns d’entre eux ont même aujourd’hui dans les livres de Chi-

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mie, pour signifier tant les drogues D’autres ayant égard aux influences
que les opérations requises pour des signes et des planètes sur les
leurs préparations. On trouve ces membres et parties du corps hu-
caractères chimiques, avec leur ex- main, ont substitué les noms de ces
plication, dans presque tous les ou- membres aux noms des signes par
vrages modernes qui traitent de la lesquels ils signifiaient les opéra-
Chimie vulgaire ; je crois qu’il est tions, ou les choses dont nous ve-
inutile de les rapporter ici, d’autant nons de parler. Ils en ont même
plus qu’on les trouve rarement dans formé divers alphabets tels que les
les traités Hermétiques qui nous suivants.
restent. Mais comme on y voit quel- ¹
quefois d’autres caractères, et des
manières d’écrire et de s’exprimer a b c d e f g h i l m
qui ne sont pas ordinaires, j’en insé-
rerai quelques exemples dans cet
article. n o p q r s t u x y z
Premier exemple. Quand il s’est agi d’exprimer des
Antimoine. nombres arithmétiques ils ont fait
Asphalte ou bitume. usage des planètes et des signes.
Orpiment.
Sel armoniac. ¹
Or. 1 2 3 4 5 6 7 8
Orpiment rouge. ou
Vitriol Romain.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Soufre.
Alun. ou
Alun de plume. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 100 200
Sel nitre.
Mercure. Quelques-uns ont employé les ca-
ractères chimiques au lieu des
Mercure.
lettres de l’alphabet, de la manière
Second exemple. qu’on le trouve expliqué dans le
Les opérations de l’œuvre exprimées Bouquet chimique de Planiscampi.
par les douze signes. On y trouve aussi des chiffres au
La calcination. lieu de lettres, ainsi,
La congélation. 1 2 3 4 5 6 7 8 9
La fixation. a e i o u l m n r
La dissolution. ou
La digestion. 9 8 7 6 5 4 3 2 1
La distillation. a e i o u l m n r
La sublimation.
Ou avec tout l’alphabet mêlé avec
La séparation.
des chiffres, de la manière sui-
L’incération. vante :
La fermentation. l. b. c. d. 2. f. g. 3. k. 6. 7. a. b. c. d. e.
La multiplication. f. g. h. i. k. l. m.8. 4. p. q. 9. s. t. 5. x.
La projection. y. z. n. o. p. q. r. s. t. u. x. y. z.

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Autrement en changeant les lettres, Ml’azothi adœsp uphiloqsophesa


et les substituant les unes aux lesati plerur imeracuret.
autres ; prenant, par exemple, l’n Ces exemples doivent suffire pour
pour l’a, ainsi : montrer les diverses façons d’écrire
a. b. c. d. e. f. g. h. i. l. m. en manière cachée ; mais ils ont
n. o. p. q. r. s. t. u. x. y. z. employé aussi des figures symbo-
On prend dans l’exemple précédent liques et des hiéroglyphes sur les-
l’a pour l’n, le b pour l’o, et ainsi de quels on ne peut donner aucune
suite. Et par conversion l’n pour l’a, règle certaine, parce que chaque
l’a pour le b, etc. Philosophe les a imaginés à sa fan-
taisie, comme on peut le voir dans
On en voit qui ont pris les carac-
les Figures de Senior, d’Abraham
tères des planètes pour indiquer les
Juif, de Flamel, de Maïer, de Basile
sept jours de la semaine, par les
Valentin, et de tant d’autres.
noms qui leur conviennent, et les
ont aussi appliqués aux sept opéra- CUBIT :
tions de l’art Hermétique ; savoir, à Terre ou soufre rouge des Sages.
la dissolution, putréfaction, calcina-
CUCURBITE :
tion, distillation, coagulation, su-
blimation, et fixation. Ils ont donné Fourneau secret des Philosophes ;
aussi les douze consonnes b, c, d, f, quelquefois le vase qui contient la
g, l, m, n, p, q, r, s, t, aux douze mois matière du fourneau secret, dans
de l’année, aux douze signes, et aux lequel se cuit et se digère la matière
douze régimes de l’Art. Et q, x, z, k, de l’art Hermétique.
aux quatre éléments, aux quatre CUIRE :
saisons, aux quatre vents cardi- C’est laisser agir la matière unique
naux, aux quatre humeurs du corps dans son unique vase, par le feu
humain ; ils ont réservé l’h pour ex- philosophique, sans jamais y tou-
primer l’esprit universel du monde cher, jusqu’au point connu des
parce que c’est une lettre aspirée, et Sages ; c’est-à-dire jusqu’à la perfec-
que cet esprit du monde se trouve tion de chaque opération, ou dispo-
dans l’air plus particulièrement. sition, pour s’expliquer comme Mo-
Quelques-uns ont écrit à rebours à rien.
la manière des Hébreux, ainsi : CUIVRE et LAITON, ou LETON :
Prenez la matière que vous savez ; Matière au noir, qu’il faut blanchir.
faites-en le mercure selon l’art, et de
CURCUM :
ce mercure vous ferez l’œuvre.
Curcuma.
Zenerp al ereitam euq suov zevas ;
CURETES :
setiaf-ne el erucrem noies tra’l, te ed
ec erucrem suov zeref ervuœ’l. Peuples de l’île de Candie, qu’on
nommait autrefois l’île de Crète. On
Ceux qui ont voulu mieux cacher la a souvent confondu les Curetes avec
chose, ont ajouté une lettre inutile les Corybantes et les Dactyles ; on
au commencement, au milieu, et à les a aussi appelés Idéens, à cause
la fin de chaque mot. Exemple : du fameux mont Ida qui se trouve
L’azoth des Philosophes est leur dans cette Ile. Comme les Anciens
mercure. entendaient par les Curetés la

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même chose que par les Corybantes, de flèches, ce qui fut cause que Ju-
voyez l’article de ces derniers. piter le bannit du Ciel. Voyez les
Fables Egypt. et Grecques dans les
CYANE :
chapitres de Vulcain et d’Apollon.
Nymphe de Sicile, fut changée en la
fontaine de ce nom par Pluton, CYDAR :
parce qu’elle avait mis quelques Etain, ou Jupiter.
obstacles à l’enlèvement de Proser- CYGNE :
pine. Voyez les Fables Egypt. et
Oiseau dont le plumage est d’une
Grecq. dévoilées, liv. 4, ch. 3.
blancheur éblouissante. Il était con-
CYANEES : sacré à Vénus et à Apollon. Les Phi-
Deux Iles autrement appelées Sym- losophes Hermétiques l’ont très
plegades, qui se trouvent à l’entrée souvent pris pour le symbole de leur
du Pont-Euxin. Les Argonautes matière parvenue au blanc.
passèrent entre ces deux écueils, qui CYGNUS :
se heurtaient l’un contre l’autre, à
La Fable fait mention de plusieurs
ce que dit la Fable. Voyez les Fables
personnages de ce nom, l’un frère ou
Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2,
proche parent de Phaëton, l’autre
ch. 1.
fils de Neptune, tous deux changés
CYBELE : en cygnes. Ce qui signifie la même
Mère des Dieux et des Hommes. chose quant au sens hermétique ;
Hésiode la fait fille du Ciel et de la puisque, comme fils de Neptune, il
Terre, et femme de Saturne. Cette est sorti de l’eau mercurielle, ou
Déesse avait plusieurs noms ; on mer philosophique, qui étant le
l’appelait Ops, Proserpine, Cérès, principe de l’Apollon des Sages, père
Isis, Rhée. On la représentait ayant de Phaëton, le frère de celui-ci ne
une couronne sur la tête, formée de saurait manquer d’être aussi très
plusieurs tours, et une clef à la proche parent du premier. On les
main, assise dans un char traîné dit tous deux changés en cygnes,
par quatre lions. Voyez Isis, Cérès, parce que tant dans la première
Rhée, dans les Fables Egypt. et opération que dans la seconde, la
Grecques dévoilées, liv. 1, ch. 4 ; liv. matière doit passer du noir à la cou-
4, ch. 2 et 3 ; liv. 3, ch.4. leur blanche. Dans la première opé-
ration se fait la métamorphose du
CYCIMA :
fils de Neptune, et dans la seconde
Litharge.
celle du frère de Phaëton.
CYCLOPES :
Il y a encore un troisième Cygnus,
Géants nés du Ciel et de la Terre, fils de Mars. Hercule tua celui-ci, et
selon Hésiode ; de Neptune et emmena son fils Hylas dans le
d’Amphitrite, suivant Euripide. Les temps de l’expédition pour la con-
Poètes nous les ont représentés quête de la Toison d’or. Tuer ou
comme ministres de Vulcain pour le fixer le volatil sont une même chose
service de sa forge. Ils n’avaient dans le sens des Philosophes. Ainsi
qu’un œil rond au milieu du front. changer le fils de Neptune en cygne,
Apollon, pour se venger de ce qu’ils ou tuer Cygnus, ne sont qu’une et
avaient forgé les foudres dont Jupi- même chose, parce que la couleur
ter frappa Esculape, les tua à coups blanche ne se manifeste que lorsque

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la matière se fixe dans la première CYNOCEPHALE :


opération. Dans la seconde, le fixe Espèce de singe ayant la tête de
qui avait été volatilisé par la disso- chien. Les Egyptiens révéraient
lution et la putréfaction, se fixe une beaucoup ce monstre, parce que les
seconde fois en parvenant au blanc. Prêtres leur faisaient entendre que
Hercule emmené avec lui Hylas c’était Osiris ; pendant que ces
dans la conquête de la Toison d’or ; mêmes Prêtres ne regardaient Osi-
cet Hylas est l’enfant philosophique, ris que comme le symbole de la par-
dont Hercule prend soin jusqu’à la tie de la matière du grand œuvre
perfection de l’œuvre, qui est pro- qu’ils appelaient le Mâle, le Soufre,
prement la conquête de la Toison le Soleil, etc. Mais ils n’en agis-
d’or. saient ainsi que pour cacher au vul-
CYLLENE : gaire les mystères de ce prétendu
Osiris, qui leur étaient confiés sous
Montagne d’Arcadie sur laquelle
peine de la vie. C’est ce qui engagea
Maïa mit Mercure au monde, d’où il
Démocrite Abdéritain de se faire
fut nommé Cyllenien. Voyez les
recevoir au nombre de ces Prêtres,
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, 1.
pour apprendre les secrets de la
3, ch. 4, § 1.
vraie Chimie, cachés sous les fi-
CYNABAR : gures hiéroglyphiques des Egyp-
Cinabre. tiens. Voyez les Fables Egypt. et
Grecq. dévoilées, liv. 1, sect. 3, c. 7.

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   -D- 97 

D
tour, s’y introduisit sous la forme
DABAT :
d’une pluie d’or. Selon les Philo-
C’est le gui de chêne.
sophes Spagyriques, il faut expli-
DABESTIS : quer cette fable des opérations de la
Tortue. pierre Philosophale. La tour où Da-
DACTYLES : naë était renfermée, est l’athanor ou
Peuples qui habitaient le Mont Ida. four philosophique fait en forme de
On dit qu’ils montrèrent les pre- tour, dans lequel on met l’œuf, et
miers à mettre le feu en usage pour dans cet œuf le mercure, représenté
les besoins et les commodités de la par Danaë, avec lequel on fait la
vie, et que c’est à eux à qui jonction, ou, comme ils disent, le
l’éducation de Jupiter fut confiée. mariage du soufre représenté par
On les appelait aussi Curetes, et Jupiter. Voyez les Fables Egypt. et
Corybantes. Voyez le chapitre de Grecques, liv. 3, ch. 14, § 3.
Jupiter dans les Fables Egyptiennes DANAÏDES :
et Grecques dévoilées. Filles de Danaüs, au nombre de cin-
DAENECK : quante, mariées aux cinquante fils
Voyez DUENEZ. d’Egypte. Danaüs ayant appris de
l’Oracle qu’un de ses gendres le fe-
DAIB : rait périr, il engagea ses filles à tuer
Or philosophique. chacune son mari la première nuit
DAIMORGON : de leurs noces. Hypermnestre fut la
La plupart des Anciens donnaient seule qui épargna le sien nommé
ce nom à ce qu’ils appelaient le Gé- Lyncée, qui en effet tua dans la
nie de la Terre, ce que ce même nom suite Danaüs, et s’empara de ses
signifie ; mais les Philosophes Her- Etats. La Fable dit que pour puni-
métiques l’entendaient du feu qui tion de leurs maricides, les Da-
anime la Nature ; et dans le particu- naïdes furent condamnées par les
lier, cet esprit inné et vivifiant de la Dieux à verser de l’eau dans un vase
terre des Sages, qui agit dans tout percé, jusqu’à ce qu’il fût plein.
le cours des opérations du grand Voyez l’explication de tout cela dans
œuvre. Quelques-uns l’ont nommé les Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
Demorgon. Raymond Lulle a fait un lées.
traité des opérations de la pierre, DANATI :
qu’il a intitulé : Demorgon. Ce traité Poids de six grains.
est en forme de dialogue, et Demor-
gon est un des interlocuteurs. DANAÜS :
DAMATAU : Voyez DANAÏDES.
Gomme des Philosophes.
DANIC ou DANICH :
DANAE : Terme arabe que quelques Médecins
La Fable dit que Jupiter voulant et quelques Chimistes ont employé
jouir de Danaë renfermée dans une pour signifier une demi-dragme ;

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Fernel pour six grains seulement, du sa noirceur, et qu’elle soit deve-


Agrigola et d’autres pour huit. nue blanche comme la neige. On
l’appelle autrement lotion ou lave-
DANSIR :
ment ; et c’est dans ce sens que les
Sable.
Philosophes disent, lavez le laiton
DAPHNŒUS : jusqu’à ce que vous lui ayez ôté
Surnom d’Apollon. Voyez APOLLON. toute son obscurité.
DAPHNE : DEBESSIS :
Fille du fleuve Pénée, en fuyant Tortue.
pour se soustraire aux poursuites
DECEMBRE :
d’Apollon, eut recours à son père,
Magistère au noir, ou temps de la
qui la changea en laurier. Voyez les
Fables Egypt. et Grecques dévoilées, putréfaction de la matière, ainsi
nommé de ce que les Philosophes
liv. 3, chap. 12.
donnent le nom d’Hiver à cette opé-
DARAU : ration, et que le mois de Décembre
Gomme des Philosophes. est le commencement de la saison
DARDANIE : où la Nature paraît oisive, engour-
Premier nom de la ville de Troie, die et endormie. Quand ils disent
qui lui fut donné de son fondateur. Décembre E, ce terme signifie le
magistère au blanc, parce que la
DARDANUS : neige tombe au mois de Décembre,
Fils de Jupiter et d’Electre, ayant et que la matière au blanc est
mis à mort son frère Jasius, s’enfuit comme de la neige ; les Adeptes l’ont
en Samothrace, et de-là en Phrygie, même quelquefois appelée de ce
où il bâtit la ville de Dardanie. nom.
Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
dévoilées, liv. 6, chap. 1, et suiv. DECEPTE, DECEPTION :
Vieux mots que l’on trouve assez
DATEL ou TATEL : souvent dans Bernard Trévisan et
Stramonium, ou Morelle furieuse. dans Flamel, pour signifier trompe-
DAVERIDON : rie des Souffleurs, des Charlatans.
Huile d’aspic. DECEVEURS :
DAVITI : Trompeurs, affronteurs. Ce terme
Poids de six grains d’orge. est gaulois, et se trouve souvent
dans les Auteurs que j’ai cités dans
DAURA :
l’article précédent.
Quelques-uns ont employé ce terme
arabe pour signifier l’hellébore, DECOCTION :
d’autres l’or en feuilles. Rulland et En termes de Chimie Hermétique,
Planiscampi. signifie l’action de digérer, circuler
la matière dans le vase, sans addi-
DEAB :
tion d’aucune chose étrangère.
Or vulgaire chez les Chimistes, et or
Voyez. CUIRE.
philosophique, quand il s’agit de
science Hermétique. DECUIRE :
Signifie faire rétrograder une chose
DEALBATION :
cuite du degré de cuisson qu’on lui
Terme de science Hermétique. Cuire
avait donné ; mais en termes de
la matière jusqu’à ce qu’elle ait per-
Chimie Hermétique, quelques Phi-
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   -D- 99 

losophes l’ont employé pour signifier La troisième est celle que Rulland
la digestion, la cuisson de la matière appelle Deliquium embapticum, dé-
des Sages. Voyez CUIRE. faillance par immersion. Elle se fait
de deux manières : la première, en
DECOMPOSITION :
Séparation des parties d’un mixte mettant le corps qu’on veut faire
résoudre en eau, dans un vase à
pour en découvrir les principes ;
travers les pores duquel l’eau dans
c’est proprement l’analyse. Mais en
laquelle il est plongé ne puisse pas-
fait de Philosophie Hermétique, il
ser, ou dans une vessie, ou dans un
ne signifie autre chose que la réduc-
vase de cire, afin que l’eau du bain
tion du corps de l’or des Sages à sa
puisse pénétrer et suinter.
première matière, ce qui se fait par
la dissolution au moyen du mercure Si la liqueur dans laquelle on plonge
des Philosophes. ces sortes de vases est chaude, c’est
ce qu’on appelle défaillance au bain-
DEDALE :
marie. Lorsque la défaillance se fait
Le plus savant Artiste de la Grèce,
habile Architecte, ingénieux Sculp- dans l’eau froide, elle retient le nom
de deliquium ou défaillance.
teur, était fils d’Hymetion, petit-fils
d’Eupoleme. Dédale fit le célèbre La seconde manière se fait aussi par
labyrinthe de Crète, dans lequel il immersion, mais le corps mis seu-
fut renfermé avec son fils Icare, et lement dans un sachet de toile, ou
duquel ils se sauvèrent au moyen plongé à nu dans quelque liqueur
des ailes qu’ils se fabriquèrent. pour l’y laisser résoudre ; comme
Voyez les Fables Egypt. et Grecq. l’on fait aux gommes, aux sucs coa-
dévoilées, liv. 3, c. 14, § 5. gulés, au sucre, etc. Dans ce dernier
cas particulièrement, il faut choisir
DEEB :
pour son opération des liqueurs par
Pierre au rouge.
le moyen desquelles on fait la défail-
DEFAILLANCE : lance, qui puissent être aisément
Deliquium, en termes de Chimie, séparées du corps dissout, en cas
est une résolution en liqueurs d’un qu’on veuille l’avoir tel ; parce que
corps sec et coagulé. Les corps qui la liqueur dissolvante et le corps
participent du sel sont les seuls qui dissout ont quelquefois des qualités
tombent en défaillance. contraires.
Il y a trois sortes de défaillances. DEGEGI :
L’une appelée descension froide, qui Poule, ou chaleur de la poule qui
se fait en exposant dans une cave, couve, c’est-à-dire, la chaleur natu-
ou autre lieu humide et frais, un relle à la chose. Ainsi quand les Phi-
corps coagulé ou calciné, sur un losophes recommandent de donner
marbre, une table de pierre ou de au régime du feu de l’œuvre le degré
verre, ou dans une chausse de la chaleur d’une poule qui couve ;
d’Hippocrate. Ce corps s’y résout en ce n’est pas de faire un feu artificiel
liqueurs, et tombe dans le récipient au degré de cette chaleur d’une
mis au-dessous. poule, mais de laisser agir la nature
La seconde est la défaillance vapo- avec le feu inné et implanté dans la
reuse ; elle se fait à l’air ouvert, matière, feu naturel pour le miné-
qu’on appelle sub dio. ral, comme celui de la poule l’est
pour l’animal.

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   -D- 100 

DEGRES DE FEU : métallique, le Centaure, la matière


Voyez. INSPISSATION. purifiée devenue terre feuillée, ou au
DEHAB, DEHEB ET DEHEHEB : blanc, et Hercule le mercure philo-
sophique. Lorsque la matière est
Or des Philosophes.
parvenue au blanc, et qu’elle a pas-
DEHENE : sé par toutes les couleurs, elle n’a
Sang. plus que le rouge, ou la couleur de
DEHENES : sang à prendre, qui est celle de sa
Attrament. perfection. Lorsqu’elle est dans son
état de blancheur, si on l’enivre de
DEHENEZ : l’eau mercurielle, et que l’on aug-
Vitriol Romain. On l’a aussi appelé mente le degré du feu, comme celui
Decenec. de la canicule, Hercule alors, ou le
DEHIM, DEHIN et DEM : mercure, prend le vêtement du Cen-
Sang humain. taure teint de sang, c’est-à-dire la
couleur rouge, qui est celle d’un
DEJANIRE : homme en fureur, et se vitrifie, qui
Fille d’Œnée, Roi d’Etoile, fut pour- est le dernier degré de perfection.
suivie en mariage par le fleuve
Acheloüs : Hercule en étant aussi DEÏDAMIE :
devenu amoureux, combattit pour Fille de Lycomede, chez lequel
l’avoir contre Acheloüs, et l’ayant Achille se cacha déguisé en femme,
vaincu, il s’empara de Déjanire. pour ne pas aller au siège de Troie.
Dans le temps qu’il l’emmenait, il Achille devint amoureux de Déïda-
trouva sur son chemin un fleuve mie, obtint ses bonnes grâces, et en
large et profond qu’il lui fallait tra- eut Pyrrhus. Voyez ce que signifie
verser : ne pouvant le faire, il confia cette fiction dans les Fables Egypt.
Déjanire au Centaure Nessus pour et Grecq. dévoilées, liv. 6.
la passer à l’autre bord. Nessus le
fit, et l’ayant transportée de l’autre DEIPHOBE :
côté, il voulut lui faire violence. Fille de Glauque, autrement nom-
Hercule s’en étant aperçu décocha mée Sibylle de Cumes. Ce fut elle
une flèche à Nessus, qui en mourut. que la Fable suppose avoir conduit
Pour se venger d’Hercule, le Cen- Enée dans sa descente aux Enfers.
taure dévêtit sa robe toute ensan- Voyez à la fin du 6e liv. des Fables
glantée, la donna à Déjanire, en la Egypt. et Grecq. dévoilées.
priant de la remettre à Hercule, et
DELEGI-AZFUR :
de l’engager à la vêtir. Hercule,
pour complaire à Déjanire, la reçut, Mirabolans.
s’en vêtit, fut surpris d’une fureur
DELIER LE CORPS :
qui tenait de la rage, construisit un
En termes de Science Hermétique,
bûcher et s’y brûla, d’où il fut trans-
c’est tirer le mercure de sa minière,
porté au Ciel, et mis au rang des
où il est retenu comme par des liens
Dieux. Cette fable expliquée par les
formés par les parties hétérogènes
Alchimistes, est le symbole de la avec lesquelles il est mêlé. Il se dit
dernière opération du grand œuvre,
aussi de la putréfaction de la ma-
c’est-à-dire, de la perfection de la
tière après sa dissolution. V. OU-
pierre. Déjanire signifie la nature VRIR.

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   -D- 101 

DELUGE : dénudatïon, séparation, trituration,


Les Philosophes entendent par ce assation.
terme la distillation de leur matière, DENUDATION PHILOSOPHIQUE. Les
qui, après être montée en forme de Chimistes Hermétiques ont employé
vapeurs au haut du vase, retombe ce terme, pour dire la purification
sur la terre comme une pluie qui de leur matière ; c’est dans ce sens
l’inonde toute entière. qu’ils ont dit : Oh ! qu’heureux est
DEM : celui qui a pu voir la Diane toute
Sang humain. nue ; c’est-à-dire leur matière puri-
DEMOGORGON : fiée de toutes hétérogénéités : ou
leur matière dans le règne de la
Voyez DAIMORGON.
Lune, c’est-à-dire, au parfait blanc.
DENEQUAT : Flam.
Borax.
DENYS :
DENOQUOR : Voyez BACCHUS.
Borax.
DEPOSER :
DENSIR : En termes de Chimie, signifie une
Sable. liqueur empreinte de quelques par-
DENTS DU SERPENT : ties hétérogènes, qui s’en séparent
La Fable dit que Cadmus sema dans et se précipitent au fond du vase
le champ de Mars les dents du Dra- dans lequel est renfermée la li-
gon qui avait dévoré ses compa- queur. On dit cette liqueur dépose,
gnons. Philalèthe recommande à pour dire que ce qu’on y avait mé-
l’Artiste de s’instruire de ce que langé se précipite en forme de sédi-
c’est que ces dents et les compa- ment. Les eaux minérales déposent ;
gnons de Cadmus. Quelques-uns les sirops mal cuits déposent le
expliquent cette action de Cadmus sucre, etc.
de la première préparation de la DEPOUILLER :
matière des Sages, et Flamel en fait Purifier la matière, séparer le pur
l’application à la seconde, c’est-à- d’avec l’impur. Il faut faire boire à
dire à ce qui se passe dans le vase outrance le vieux Dragon par le
après la putréfaction. Celui qui lave, nombre magique de trois fois sept. Il
ou plutôt ces lavements qu’il faut dépouillera pour lors les vieilles
continuer avec l’autre moitié, ce écailles qui le couvrent, et il quitte-
sont, dit Flamel, les dents de ce ra cette lèpre qui l’infecte, comme
Serpent que le sage Opérateur sè- Nahaman se lava sept fois dans les
mera dans la même terre, d’où naî- eaux du Jourdain. D’Espagnet.
tront des Soldats qui s’entre-tueront
eux-mêmes. Ce sont donc les imbibi- DERAUT :
tions du mercure. Urine.

DENUDATION : DERQUET :
Putréfaction de la matière, et sa Voyez VERNIS.
dissolution. De-là, dit Flamel, sont
sorties tant d’allégories sur les DERSES :
morts, les sépulcres, les tombes. Les Les Alchimistes entendent par ce
autres l’ont nommée calcination, terme les vapeurs terrestres qui

‐ 101 - 
 
   -D- 102 

forment la sève, d’où naissent tous DETONATION :


les végétaux. Rulland. Espèce de bruit ou de sifflement qui
se fait quand les parties volatiles de
DESCENSION :
quelques mélanges sortent avec im-
Distiller par descension, c’est pro-
pétuosité, ou sont fixées par l’aide
prement la filtration des liqueurs ;
d’un feu vif. Ce sifflement arrive,
mais en termes de science Hermé-
suivant les Philosophes, dans le
tique, c’est la circulation de la ma-
moment de la projection sur le mer-
tière.
cure.
DESENI :
DEUE :
Mirabolans.
Matière due, requise et véritable.
DESSECHER : Trévisan dit qu’il travailla quarante
Cuire la matière, la fixer par la cir- ans sur diverses matières, qu’il
culation, jusqu’à la perfection du nomme, et qu’il ne put réussir,
soufre et de la pierre. parce qu’il n’opérait pas sur la ma-
DESSICATION : tière due.
Coagulation au fixation de DEVERIDEN :
l’humidité mercurielle. Huile de nard ou de lavande.
DESSOUS : DIACELTATESSON :
Mettre dessous ce qui est dessus, et Spécifique pour les fièvres, inventé
dessus ce qui est dessous, c’est spiri- par Paracelse.
tualiser les corps et corporifier les
DIADEME :
esprits ; c’est-à-dire, en termes de
Couleur rouge qui survient à la ma-
Chimie Hermétique, fixer le volatil,
tière de la pierre, à la fin de chaque
et volatiliser le fixe. Ce qu’on ap-
disposition ou opération.
pelle aussi la Conversion des élé-
ments. Voyez. CONVERTIR. Ne méprisez pas la cendre, car le
diadème de notre Roi y est caché.
Les Philosophes disent aussi que ce
Morien.
qui est dessous est semblable à ce
qui est dessus, pour signifier que la DIAMANT :
partie volatile de la matière est de Pierre parvenue au blanc.
même nature que la fixe ; qu’au DIAMASCIEN :
commencement tout est venu d’une Fleurs de cuivre.
seule et unique matière ; et que
tout, c’est-à-dire le volatil et le fixe, DIAMETRE SPAGYRIQUE :
retourneront à un, et ne feront plus Equilibre ou tempérament des élé-
qu’un corps. ments dans la pierre.

DESTRUCTION : DIANE :
En termes de science Hermétique, Fille de Jupiter et de Latone, et
signifie la dissolution radicale des sœur d’Apollon, naquit dans l’île de
corps dans le mercure philosophal ; Délos, et quoique sœur jumelle
ou la réduction des métaux à leur d’Apollon, elle servit de Sage femme
première matière, qui est le mer- à Latone pour qu’elle mît son frère
cure des Sages. au monde. Elle se plaisait beaucoup
DESTRUCTION signifie aussi la noir- à la chasse, où elle se faisait accom-
ceur, la putréfaction de la matière. pagner par plusieurs Nymphes. Un

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   -D- 103 

jour qu’elle se baignait avec elles, DIEUX :


Actéon l’ayant vue nue dans le bain, Nombre d’Auteurs ont supposé que
cette Déesse, pour le punir de la té- les Dieux du Paganisme avaient été
mérité avec laquelle il s’en était ap- des hommes que leurs belles ac-
proché, le changea en cerf. Alors ses tions, et les services qu’ils avaient
chiens qui le méconnurent, se jetè- rendus à l’humanité, avaient fait
rent sur lui et le dévorèrent. Diane déifier ; mais quand on remonte à
devint enfin amoureuse du Berger l’origine des premiers Dieux connus
Endymion, et allait souvent lui du Paganisme, on voit clairement,
rendre visite, malgré le projet quand on n’est pas aveuglé par le
qu’elle avait formé de conserver tou- préjugé, qu’ils prirent naissance
jours sa virginité. On la représen- chez les Egyptiens. Hérodote nous
tait avec un arc et un carquois plein l’assure en plus d’un endroit de son
de flèches ; quelquefois avec une Histoire. Philon de Biblos, traduc-
torche allumée, montée sur un char teur de Sanhoniaton, semble donner
tiré par des biches, ou par un cerf et à entendre que ces Dieux, pour la
un taureau. plupart, avaient été des hommes
tels qu’Osiris, Isis, Horus ; mais
Les Anciens lui donnaient particu-
quand on l’examine de près, on voit
lièrement trois noms ; au ciel, ils
bientôt qu’il pensait comme Hermès
l’appelaient Lucine, en terre Diane,
dans son Asclepius, c’est-à-dire, que
et Proserpine aux enfers.
ces Dieux n’avaient pas été
Diane est proprement la matière au hommes, mais fabriqués par des
blanc, couleur qui paraît dans hommes. L’idolâtrie a fait naître
l’œuvre avant la rouge appelée tous ses Dieux du mariage prétendu
Apollon. Alors c’est Diane toute nue. de la Terre et du Ciel, et puis de
Quand les Philosophes lui donnent Vulcain et Mercure ; ce qui a fait
le nom de Lune, ils entendent leur dire aux Alchimistes que toute la
eau mercurielle. D’Espagnet dit que Fable n’est qu’une allégorie des opé-
l’enseigne de Diane est la seule ca- rations de la pierre philosophale,
pable d’adoucir la férocité du Dra- parce que Mercure et le Feu repré-
gon philosophique. Philalèthe ap- senté par Vulcain, sont les principes
pelle cette enseigne de Diane, ou la de tout, l’un actif et l’autre passif.
couleur blanche, les Colombes de Les Egyptiens n’entendaient autre
Diane. Voyez une plus ample expli- chose par Isis et Osiris, comme on
cation dans les Fables Egypt. et peut le voir dans leurs lieux, et c’est
Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 13. des Egyptiens que les autres Na-
DIAPENSIA : tions ont tiré leur culte ; il n’y a eu
Plante connue sous les noms de que les noms de changés. Les prin-
Pied-de-lion et Alkimilla. cipaux, au nombre de douze, étaient
six Dieux et six Déesses ; savoir,
DIATESSADELTON : Jupiter, Neptune, Mars, Mercure,
Précipité du mercure. Vulcain et Apollon, Junon, Vesta,
DICALEGI : Cérès, Vénus, Diane et Minerve.
Etain, ou Jupiter des Philosophes. L’histoire de chacun prise à part, et
relativement même l’une à l’autre,
DICTE :
n’est inventée que pour cacher au
Antre où naquit Jupiter. C’est le
vulgaire les mystères de la vraie
vase philosophique.
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   -D- 104 

Chimie, de même que les travaux DIMENSION :


d’Hercule, la conquête de la Toison Les Adeptes disent que leur pierre a
d’or, le jardin des Hespérides, le les trois dimensions des autres
siège de Troie, les voyages d’Osiris, corps ; savoir, la hauteur, la largeur
de Dionysius ou Bacchus, l’histoire et la profondeur. Voyez-en
de Cadmus, celle de Thésée, l’explication dans leurs articles.
d’Amphytrion, en un mot, tout ce DIOMEDE :
qu’Orphée, Homère, Hésiode, Héro- Roi de Thrace, selon la Fable, était
dote, Virgile et les autres nous ont si cruel, qu’il faisait dévorer par ses
laissé sur les Dieux, les demi Dieux chevaux les étrangers qui venaient
et les Héros, les Métamorphoses chez lui. Hercule y fut, s’en saisit, et
d’Ovide même bien entendues, con- le fit manger lui-même par ses
duisent au même but. On peut en propres chevaux. Les Philosophes
juger par les écrits des Philosophes
Hermétiques disent que Diomède
Spagyriques, qui ont employé très représente le mercure philoso-
souvent ces fables pour rendre obs-
phique, dont les esprits corrosifs,
curs leurs écrits, comme avaient fait signifiés par les chevaux, dissolvent
les Anciens. Voyez mon Traité des
et mettent, pour ainsi dire, à mort
Fables Egypt. et Grecques dévoilées.
les métaux avec lesquels on amal-
DIGESTION : game ce mercure ; et qu’Hercule, qui
Action par laquelle on met un corps est le symbole du soufre fixant et
liquide avec un fluide pour en faire coagulant, donne le mercure philo-
le mélange en tout ou en parties, sophique à dévorer à ses esprits
pour en extraire la teinture, pour dans l’œuf philosophique. Fabri.
les disposer à la dissolution, à la Mais il me semble qu’Hercule serait
putréfaction, pour les faire circuler, plutôt le symbole de l’Artiste qui
et par ce moyen volatiliser le fixe, et travaille sur ce mercure philoso-
fixer le volatil, au moyen d’une cha- phique. Selon ce dernier sens, on
leur convenable. Presque toutes les peut expliquer les hôtes et les
opérations du grand œuvre se ré- étrangers qui vont voir Diomède,
duisent à la digestion, que les Philo- par cette troupe de mauvais Alchi-
sophes ont appelée de divers noms, mistes qui travaillent sur le mer-
suivant ce qu’ils ont remarqué qui cure, représenté par Diomède, et
se passait dans le vase pendant tout qu’il fait dévorer par ses chevaux,
le cours de l’œuvre. Ainsi quand ils c’est-à-dire, par ses esprits volatils
usent des termes de distillation, su- qu’ils cherchent à fixer, et qui se
blimation, imbibitions, cération, ruinent dans la poursuite de ce des-
inspiration, descension, cuisson, sein, et se trouvent comme dévorés.
solution, coagulation, etc. ils Il n’en est pas de même d’un vrai
n’entendent autre chose qu’une et Philosophe représenté par Hercule ;
même opération, ou la digestion ré- il dompte le mercure et le donne à
pétée dans les médecines du pre- dévorer à ses propres chevaux, et en
mier, du second et du troisième fait sortir un nouveau Roi, ou la
ordre. pierre de projection, qui est le vrai
or, et qui au lieu de tyranniser ses
DIKALEGI :
hôtes, les reçoit si bien, qu’il en fait
Etain philosophique.
des Rois semblables à lui.

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   -D- 105 

Il y avait un autre Diomède, fils de DISQUE DU SOLEIL :


Tydée et de Déiphile, qui fut un des Les Chimistes Hermétiques ont
plus célèbres des Héros qui se trou- quelquefois donné ce nom à leur
vèrent dans l’armée des Grecs au mercure mêlé avec l’or philoso-
prétendu siège de Troie. Voyez les phique.
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, DISSOLVANT :
liv. 5, ch. 11 et liv. 6. Les Philosophes Hermétiques don-
nent à leur mercure le nom de dis-
DIONYSIAQUES :
Fêtes célébrées en l’honneur de Bac- solvant universel, que Van-Helmont
chus. Voyez le 4e livre des Fables et Paracelse ont donné à leur al-
kaest. L’Anonyme, connu sous le
dévoilées.
nom de Pantaleon, dit que l’alkaest
DIONYSIUS ou DIONYSUS : peut se tirer, et se tire de la même
Voyez BACCHUS. minière que le mercure des Sages,
mais par des manipulations diffé-
DIRCE : rentes, et qu’ils différent en ce que
Femme de Lycus, exerça de grandes alkaest ne se mêle jamais avec les
cruautés envers Antiope, première corps qu’il dissout ; au lieu que le
femme de ce Lycus, qui la répudia mercure s’y mêle si intimement,
et la chassa pour Dircé. Les enfants qu’il ne peut plus en être séparé par
d’Antiope, Zethès et Amphion, ven- aucun artifice. Ce dernier Auteur
gèrent les insultes faites à leur est singulièrement estimé par les
mère, en attachant Dircé à la queue Alchimistes ; ses ouvrages au
d’un taureau indompté, qui la mit nombre de quatre se trouvent dans
en pièces. Les Dieux, par commisé- le second volume de la Bibliothèque
ration, la changèrent en fontaine. de Chimie curieuse de Manget.
Voyez les Fables dévoilées, liv. 3, c. DISSOLUTION :
14, § 6. Les Philosophes Chimiques
n’entendent pas par ce terme la ré-
DISPOSITION :
duction simple d’un corps dur en
Composé philosophique, appelé par
liquide ; mais la réduction d’un
Morien disposition, par Trévisan
corps en sa première matière ; c’est-
poids ou proportion, et par d’autres
à-dire, en ses principes élémentés,
composition. C’est le mélange des
et non pas élémentaires ; car ils
trois principes combinés philosophi-
n’ont jamais prétendu réduire l’or,
quement. Philalèthe dans son Vade
par exemple, en air, eau, terre et
mecum, dit qu’il faut prendre une
feu, mais en mercure, composé de
partie du corps rouge ou blanc, qui
ces quatre éléments, quoiqu’il parti-
font la fonction de mâle ; deux ou
cipe plus de l’eau et de la terre que
trois parties de l’arsenic, qui fait
des deux autres, comme tout le
l’office de la femelle ; et quatre par-
règne minéral.
ties ou plus, jusqu’à douze, de l’eau
de la mer des Sages. Que le tout Ils distinguent plusieurs dissolu-
étant bien mêlé, on le mettra dans tions dans l’opération de la pierre
le vase, lequel ayant été bien scellé, philosophale ; l’une imparfaite, et
on le mettra dans l’athanor, et on l’autre parfaite ; la première est
lui donnera le régime requis. celle qui précède la putréfaction ;
parce que la dissolution proprement

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   -D- 106 

dite, ne se fait que dans le temps ment la distillation philosophique, à


que la matière est au parfait noir. laquelle ils donnent aussi les noms
Tout leur œuvre, disent-ils, consiste de conversion des éléments, circula-
dans la dissolution et la coagulation tion, cohobation, ascension, descen-
réitérées plus d’une fois. sion, sublimation, etc. qui ne sont
qu’une et même opération dans le
DISSOUDRE :
Réduire un corps solide en matière même vaisseau, sans qu’on le remue
aucunement, depuis que la jonction
liquide. On appelle aussi cette opé-
ration, décomposition ; et en termes et le mélange de l’or a été fait avec
le mercure préparé.
propres de science Hermétique, ré-
duction des corps en leur première DISTILLATION DES SAGES. Ce n’est
matière ; c’est-à-dire, l’or et l’argent autre chose que la circulation de la
des Philosophes en leur mercure, matière appelée Rebis.
duquel ils avaient été formés. Dis-
DISTILLER EN MONTANT :
soudre et coaguler deux ou trois fois C’est faire monter les vapeurs des
sont toutes les opérations de l’art
matières au chapiteau qui couvre la
des Sages, ou Prêtres de l’Egypte. cucurbite, au moyen du feu admi-
DISTILLATION (la) : nistré dessous l’alambic. Distiller en
Est le cinquième degré pour parve- descendant, c’est mettre le feu au-
nir à la transmutation des choses dessus de la matière ; il l’échauffé,
naturelles. Plusieurs Chimistes raréfie les vapeurs, qui trouvant
comprennent sous le terme de distil- moins de résistance dans le bas, s’y
lation, l’ascension, la cohobation, portent et tombent dans les vases
l’ablution, la fixation et l’imbibition. placés dessous. On appelle cette
Cette opération subtilise toutes les opération Distillation contre nature.
eaux et les huiles. On tire par son Geber, dans son Traité des Four-
moyen l’eau des liqueurs et l’huile neaux, donne la figure d’un alambic
des corps gras. pour distiller en descendant ; mais
La distillation fixe beaucoup de quand il s’agit de science Hermé-
tique, les termes de distiller en mon-
choses quand elle est réitérée après
la cohobation des liqueurs sur les tant ou en descendant ne doivent
fèces. Tous les minéraux aqueux se s’entendre que de la circulation des
matières dans le vase scellé.
fixent par ce moyen. Elle change la
nature et les propriétés des choses, DITALEM :
d’amères elle les rend douces, et de Jupiter des Philosophes. Diviser.
douces amères ; cela n’arrive cepen- Voyez CUIRE LA MATIERE.
dant pas toujours.
DIVISION :
DISTILLATION. En termes de Philo- Lorsque les Philosophes disent divi-
sophie chimique, ne se dit que par ser, partager en deux ou plusieurs
similitude avec la distillation des parties, il ne faut pas les entendre
Chimistes vulgaires. Le volatil de d’une division ou séparation faite
leur matière emporte et fait monter avec la main, mais de celle qui se
avec lui le fixe, ce dernier à son tour fait dans le vase, par l’aide du feu.
fait descendre le volatil ; et cette C’est la putréfaction.
circulation, qui se fait dans le vase
DOAL :
scellé hermétiquement, est propre- Or hermétique.

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DOLET : Rulland et Albert, de couleur


Vitriol rouge, ou colcotar. Rulland. blanche ; elle chasse tout venin, et
Ou plutôt la pierre au rouge, qui est guérit toutes morsures de bêtes ve-
le colcotar des Philosophes. nimeuses. Quelques-uns prétendent
qu’on trouve de ces sortes de pierres
DON CELESTE :
dans la tête des serpents, des vi-
Terme de science Hermétique. C’est
pères et autres reptiles, et qu’elles
la matière du magistère, que Mo-
ont la même vertu que les Draco-
rien appelle le don de Dieu, le secret
nites.
des secrets du Tout-puissant, qu’il a
révélé à ses saints Prophètes, dont il DRAGON :
a mis les âmes dans son Paradis. Les Philosophes chimiques indi-
Entret. du Roi Calid. quent assez communément les ma-
tières du grand œuvre par deux
DONNER un feu doux :
dragons qui se combattent, ou par
C’est-à-dire, administrer, faire un
des serpents, l’un ailé, l’autre sans
feu doux et lent. Donner à boire est
ailes, pour signifier la fixité de
la même chose que digérer, faire
l’une, et la volatilité de l’autre.
circuler la matière dans le vase, de
manière qu’après s’être élevée en Les Egyptiens peignaient ces ser-
vapeurs, elle retombe sur la terre pents tournés en cercle, se mordant
qui est au fond du vaisseau, pour la queue, pour signifier, dit Flamel,
l’abreuver. V. INSPIRER. qu’ils sont sortis d’une même chose,
qu’elle se suffit à elle-même, et
DORIPE :
qu’elle se parfait par la circulation,
Nymphe qui eut commerce avec
indiquée par le cercle. Ce sont ces
Anyé, fils de Staphyle. Trois enfants
dragons que les Poètes ont feint être
en vinrent, Œno, Spermo et Elaïs.
les gardiens du jardin des Hespé-
Voyez les Fables Egypt. et Grecques
rides et de la Toison d’or ; Jason,
dévoilées, liv. 3, ch. 14, § 2.
selon la Fable, répandit sur ces dra-
DOUBLE : gons le jus préparé par Médée. Ce
(Mercure) C’est le Rebis, ou le mer- sont ces serpents envoyés par Junon
cure des Sages, animé par l’or des au berceau d’Hercule, que ce Héros,
Philosophes. encore enfant, déchira. Ce berceau
DOUCEUR DE SATURNE : signifie le berceau de l’œuvre ou son
C’est la céruse, selon quelques-uns ; commencement. Ce sont ces deux
et le sel de Saturne, suivant serpents du caducée de Mercure,
d’autres. avec lequel il faisait des choses si
surprenantes, et au moyen duquel il
DOVERTALLUM, ou DIVERTALIUM, changeait de figure quand il voulait.
ou DIVERTALLUM : Flamel dit avoir été déterminé à
Générations des mixtes par la com- peindre les deux matières de
binaison des parties des éléments. l’œuvre sous la figure de deux dra-
DRACONITES : gons, par la grande puanteur
Pierre que les Anciens disaient être qu’elles exhalent, et parce qu’elles
formée dans la tête des dragons, sont un très violent poison ; mais il
d’où on ne pouvait l’avoir qu’en leur ajoute que l’Artiste ne sent point
coupant la tête pendant qu’on les cette puanteur, parce qu’elle est
surprenait endormis. Elle est, selon renfermée dans le vase.

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DRAGON A TROIS GUEULES. C’est le terme dans beaucoup de circons-


même mercure lorsqu’il est animé, tances différentes des opérations du
parce qu’il contient alors les trois magistère. Lorsqu’il est préparé
principes chimiques, sel, soufre et avant la jonction avec le fixe, ils
mercure. l’appellent Dragon volant, Dragon
igné, dont il faut incorporer le sang
LE DRAGON EST MORT. Expressions
avec le suc de la Saturnie végétable.
qui signifient la putréfaction de la
Dragon qui veille sans cesse à la
matière, lorsqu’elle est parvenue au
garde de la toison d’or, ou de la
noir très noir.
porte du jardin des Hespérides ;
LE DRAGON. Gardien du jardin des parce que le mercure philosophal
Hespérides, représente la terre, étant très volatil, est très difficile à
cette masse informe et indigeste qui endormir, c’est-à-dire à fixer ; et l’on
cache dans son sein la semence de ne peut le faire qu’avec le secours
l’or, qui doit fructifier par les opéra- du suc des herbes que Médée indi-
tions de l’Alchimie représentée par qua à Jason.
le jardin des Hespérides. C’est ce
DRAGON DEVORANT. Lorsqu’après
dragon représenté si souvent dans
avoir été mêlé avec l’or, il le dissout,
les figures symboliques de la Philo-
sophie Spagyrique, qui ne peut et le réduit en sa première matière.
mourir qu’avec son frère et sa sœur, DRAGON ADOUCI. Mercure doux.
c’est-à-dire, s’il n’est mêlé dans le Rulland.
vase philosophique avec le soufre
Les deux Dragons de Flamel, sont le
son frère, et l’humeur radicale in-
fixe et le volatil.
née, ou eau mercurielle, qui est sa
sœur, qui par sa volatilité le rend LE DRAGON IGNE. Dont le sang
volatil, le sublime, lui fait changer s’incorpore avec la Saturnie végé-
de nature, le putréfie, et ne fait plus tale, c’est le soufre des Philosophes
ensuite qu’un corps avec lui. Quand qui s’unit avec le mercure.
il n’existe plus sous la forme de DRAGON VOLANT. Voyez DRAGON
terre ou dragon, alors la porte du AILE.
jardin des Hespérides est ouverte,
et l’on peut y cueillir sans crainte LE SANG DU DRAGON. C’est, chez les
les pommes d’or, de la façon que Chimistes vulgaires, la teinture
l’expliquent les livres des vrais Phi- d’antimoine.
losophes spagyriques. DRAGON dit simplement. C’est le
DRAGON AILE. C’est leur mercure, mercure.
ou sperme féminin ; le volatil de DRIFF :
leur matière, qui combat contre le Van-Helmont a donné ce nom là au
fixe, et qui doit enfin devenir fixe sable et à la terre vierge.
comme lui.
DRAGON SANS AILES. C’est le sperme
DUAMIR :
masculin, le soufre, ou le fixe. Rullandus dit que c’est une espèce
de serpent qui entre dans la confec-
DRAGON DÉVORANT SA QUEUE. tion de la thériaque.
C’est la matière de la pierre lors-
qu’elle circule dans le vaisseau phi- DUDAIM :
losophique. Les Sages emploient ce Mandragore.

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DUELECH : nomme aussi Duenech vert ou Anti-


Espèce de tartre qui se forme dans moine.
le corps humain et s’y pétrifie dans DUENEGE :
quelques-uns en pierre spongieuse C’est le vitriol.
particulièrement dans les reins et
dans la vessie, et chez d’autres dans DUENEZ ou DAENECK :
la poitrine ; c’est pourquoi on en a Limaille de fer.
vu qui crachaient des pierres. DUNEQUER :
Borax.
DUENECH :
Nom que quelques Chimistes Her- DUZAMA :
métiques ont donné à leur matière Ouvrage de la pierre.
au noir, qu’ils appellent encore le DYAMASSIEN ou DIAMASCIEN :
Laiton qu’il faut blanchir. On le Fleur d’airain.

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E
EACUS ou EAQUE : EAU CORRODENTE. C’est le vinaigre
Un des Juges des Enfers, fils de Ju- et toute liqueur corrosive.
piter et d’Egine, fille du fleuve
Asope, obtint de son père le repeu- EAU D’ALREGI. C’est l’eau de chaux.
plement de son pays dénué de su- EAU D’AMOUR. Nom que Béguin,
jets, qui étaient morts de la peste, dans sa Chimie, a donné à une eau
en changeant des fourmis en extraite du sang humain, au moyen
hommes. Voyez l’explication de cette de laquelle il prétendait composer
fiction dans les Fables Egyptiennes un philtre propre à concilier et con-
et Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 14, server l’amour entre les époux.
§ 5.
EAU DE BLANCHISSEMENT. Parce
EAU : que c’est leur azoth, avec lequel ils
Les Philosophes chimiques se ser- disent qu’il faut blanchir le laiton,
vent souvent de ce terme, non pas et lui ôter son obscurité.
pour signifier l’eau commune, mais
leur mercure. Ils y joignent ordinai- EAU DE CELESTE GRACE. Parce que
rement quelques adjectifs, comme : la science qui apprend à extraire ce
mercure de sa minière est un don de
EAU ANTIMONIALE SATURNIALE- Dieu et une faveur céleste.
MERCURIELLE. Parce que EAU DE CHASTETE. Eau composée
l’antimoine participe beaucoup du
dont se servent ceux qui veulent
plomb, appelé Saturne par les Chi- garder la continence avec plus de
mistes, et qu’ils disent que leur
facilité. On en trouve la recette dans
Mercure est petit fils de Saturne. le livre d’Adrien Mynsicht, p. 286.
EAU ARSENICALE. Lion vert des Phi- EAU DE FEU ou IGNEE. Parce que ce
losophes. Voyez ARSENIC. mercure contient le feu de la nature,
lorsqu’il est animé, et qu’il a alors
EAU BENITE. Parce qu’ils disent que
tout ce qui est nécessaire pour être
le secret pour faire ce mercure est
cuit, digéré, et pour communiquer
un don du Ciel, et que c’est celle que
ensuite à l’or une vertu multiplica-
Jacob souhaitait à Joseph dans la
tive que ce métal n’aurait pas par
bénédiction qu’il lui donna. Enchy-
lui-même.
ridion Physicœ.
EAU DE LA MER SALÉE. Voyez URINE.
EAU CELESTE. Aqua Cœlestis. C’est
EAU DE lys. Aqua Lilii. C’est l’eau
l’eau-de-vie rectifiée, non l’eau-de-
d’orpiment.
vie ordinaire, mais leur quintes-
sence mercurielle. EAU D’ELSABON. C’est le sel commun
réduit en eau par l’humidité de l’air.
EAU CELESTE et ELEMENTAIRE.
EAU DE MEGI. Voyez EAU ROUGE.
Parce que le mercure est, selon les
Philosophes, le fils du Soleil et de la EAU DE MER ou EAU SALEE DES
Lune, et la quintessence coagulée SAGES. Voyez MERCURE CHIMIQUE.
des éléments. Quelques Chimistes prenant ces

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termes à la lettre, ont cru que la ces expressions à la lettre, ont cru
matière d’où les Sages tirent leur que c’était la matière d’où il fallait
mercure était l’eau de la mer pro- extraire le mercure des Sages, et
prement dite ; mais ils doivent avoir ont perdu leurs peines et leur ar-
appris que les Philosophes ne gent.
s’expriment dans leurs Livres que EAU DES FECES DU VIN. C’est l’huile
par similitude et par énigmes. de tartre par défaillance.
EAU DE MERCURE. C’est le mercure
EAU DES MICROCOSMES. C’est
même des Philosophes. l’esprit de nitre. Dict. Herm.
EAU DE NITRE. Les Chimistes en-
EAU DES PHILOSOPHES. Voyez MER-
tendent par ces termes, tantôt CURE DES PHILOSOPHES. Quelques
l’esprit de nitre, tantôt le sel alkali, Chimistes ont cru mal-à-propos que
et tantôt l’eau-forte. c’était du vinaigre distillé, d’autres
EAU DE NUEES. Voyez MERCURE. l’eau-de-vie du vin, ou l’esprit-de-vin
rectifié, sur ce que Raymond Lulle
EAU DE PLUIE. Aqua Pluvialis. C’est
dit que leur quintessence est tirée
l’eau douce commune.
du vin, et qu’il l’appelle quelquefois
EAU DE SANTE. Est une eau distillée Vin ; mais ils auraient vu leur er-
du sang humain, des fleurs de ché- reur, s’ils avaient fait attention que
lidoine, du miel vierge, et de plu- Raymond Lulle lui-même dit qu’il
sieurs aromates. Paracelse appelle ne faut pas l’entendre à la lettre, et
cette eau, Baume sur tout autre que quand il dit que les Philosophes
baume ; et le recommande beaucoup tirent leur mercure du vin, il ne
dans la Médecine. parle que par similitude ; et que ce
EAU DES DAMES OU DE FARD. Est mercure ou eau philosophique
une eau qui adoucit la peau, la s’extrait de la mer rouge des Philo-
blanchit, et donne un teint frais. sophes. Voyez le Testament de
Voyez Mynsicht, p. 189. Raymond Lulle, et son traité de la
Quintessence.
EAU DES DEUX FRERES EXTRAITE DE
LA SŒUR. C’est le sel armoniac phi- EAU-DE-VIE. C’est le mercure même
losophique. des Philosophes, leur quintessence,
et non l’eau distillée du vin. Quel-
EAU DES EAUX. Parce qu’elle est en
quefois ils donnent ce nom à des
effet une eau principe qui contient
eaux composées d’esprit de vin et de
la substance des quatre éléments.
plusieurs drogues propres à guérir
EAU DE SEGI. Voyez EAU ROUGE. diverses maladies.
EAU DES EQUINOXES. C’est propre- EAU-DE-VIE DES PHILOSOPHES.
ment la rosée du printemps et celle Quelques-uns, trompés par les ex-
de l’automne, dont les propriétés pressions de Jean de Rupescissa, et
sont admirables pour la guérison de de Raymond Lulle, qui parlent de
beaucoup de maladies, lorsqu’elles leur mercure comme s’il était ex-
sont travaillées par une main habile trait du vin, ont cru mal-à-propos
dans la Spagyrique. Les Philosophes que le mercure philosophique en
ont donné ce nom à leur mercure était une quintessence, ou un sel de
pour tromper les ignorants ; tartre ; mais ils auraient dû faire
quelques-uns d’entre eux ayant pris attention que les Anciens ne con-

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naissaient peut-être pas l’esprit-de- nature si légère et si facile à se su-


vin, qui se fait par des distillations blimer, qu’il semble participer de
qui leur étaient inconnues, et qui celle du Ciel. Rulland.
n’ont été cependant inventées de- EAU DU MONDE. C’est le mercure
puis que sur les recettes malenten- dans l’opération de la médecine du
dus et répandues ça et là dans leurs premier ordre, ou la première pré-
écrits. paration pour le magistère, de
EAU-DE-VIE DES SAGES. Se dit aussi même que les eaux suivantes :
de leur élixir parfait, et dans l’état EAU ARDENTE.
qu’il doit être pour servir de méde-
EAU DE L’ART.
cine soit au corps humain, soit aux
métaux imparfaits. EAU DE FONTAINE.
EAU DE SANG.
EAU DISTILLEE. Les Philosophes
Hermétiques entendent souvent par EAU ELEVEE.
ces termes, tantôt de l’eau simple EAU EXALTEE.
distillée de quelque matière que ce EAU MONDIFIANTE.
puisse être, tantôt des eaux-fortes et
EAU PREMIERE.
de dissolution. Sous les eaux
simples distillées, ils comprennent EAU SIMPLE.
certains secrets spécifiques pour Lorsque les Philosophes ont donné
dissoudre les corps sans corrosion ; le nom d’Eau à ce mercure dans le
elles ont plus de feu et moins temps de la seconde préparation ou
d’acrimonie que les eaux-fortes ; la médecine du second ordre, ils
telles sont les eaux ou esprits de l’ont appelé :
miel, de la corne de cerf, des ani-
EAU AZOTHIQUE.
maux, des plantes mêmes, comme le
vinaigre distillé, l’esprit-de-vin rec- EAU DE TALC.
tifié. Les eaux-fortes sont ordinai- EAU DE VIE.
rement composées de minéraux cor- EAU-DE-VIE MÉTALLIQUE.
rosifs, et ne font jamais une dissolu-
EAU D’URINE.
tion radicale. Ce sont des espèces de
limes qui réduisent les corps en EAU ETOILEE.
poudre, mais non en leur première EAU FEUILLEE.
matière. EAU PESANTE.
EAU DOREE. Lorsque le mercure est EAU PONDEREUSE.
parfait au rouge. EAU DU STYX.
EAU DOUCE. A cause de sa propriété Dans les opérations de la médecine
pour dissoudre l’or et l’argent sans du troisième ordre, ils l’ont nommé,
corrosion.
EAU DES NUEES.
EAU DU CERVEAU. Aqua Cerebri. En
termes de Chimie, c’est de l’huile de EAU DIVINE.
tartre par défaillance.
EAU D’OR.
EAU DU CIEL. Aqua Cœlestina. C’est
leur mercure même. Quelquefois ils EAU SULFUREUSE.
entendent par ce mot l’esprit de vin
bien rectifié, parce qu’il est d’une EAU VÉNÉNEUSE.

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EAU DU PHLEGETON. Préparation EAU MARINE. En termes de science


alchimique du tartre. Planiscampi. Hermétique, signifie leur mercure ;
parce qu’il est extrait de ce qu’ils
EAU EPAISSIE. Mercure des Philo-
appellent leur Mer rouge.
sophes, dans son état de conjonction
de l’esprit avec le corps, ou tel qu’il EAU MINERALE. Parce qu’elle est
est lorsque les Sages disent que le tirée du règne minéral, et qu’elle est
mercure renferme tout ce que cher- métallique.
chent les Philosophes. Quand EAU MONDIFIÉE DE LA TERRE. Parce
l’esprit et le corps sont réunis, et que le mercure en est la plus pure
qu’ils composent ce mercure, on ne partie. Mais ce nom lui est particu-
les distingue plus par des noms dif- lièrement donné lorsque la matière
férents, et l’on ne leur donne plus est parfaite au blanc.
qu’un et seul nom de Mercure, parce
qu’il est alors proprement le mer- EAU PALESTINE. C’est la fleur
cure animé, ou mercure des Sages. d’airain, ou le vert-de-gris.
EAU FETIDE. Aqua Fœtida. C’est le EAU PERMANENTE. Nom que les Phi-
mercure philosophique. losophes Hermétiques ont donné à
leur mercure.
EAU-FORTE. Aqua fortis. Les Philo-
sophes Hermétiques n’entendent EAU PHILOSOPHIQUE. C’est, selon
pas par ces termes l’eau-forte com- quelques-uns, le vinaigre sublimé ;
mune, ni l’eau régale des Chimistes selon d’autres, l’esprit-de-vin circu-
ordinaires, mais leur mercure, qui lé, enfin leur eau permanente et
dissout tous les corps d’une dissolu- mercurielle, qui ne mouille point les
tion naturelle, sans corrosion, et mains.
sans détruire la semence germina- EAU PONTIQUE est encore un des
tive des métaux et des autres corps noms du mercure des Sages, qu’ils
sublunaires ; parce qu’ils préten- ont appelé ainsi à cause de sa ponti-
dent que ce mercure est le principe cité, qui l’a encore fait nommer Vi-
de ces mêmes corps. naigre très aigre.
EAU-FORTE OU DE SÉPARATION. EAU PUANTE. Parce qu’elle a en effet
Lorsque les Chimistes Hermétiques une odeur de pourriture comme
disent dans leurs écrits, qu’il faut l’assa fœtida.
dissoudre tel ou tel corps dans l’eau-
forte, ils entendent leur vinaigre EAU PURIFIEE. Magistère au blanc.
très aigre, leur eau pontique, leur EAU QUI BLANCHIT LA PIERRE IN-
mercure, et non les eaux-fortes com- DIENNE. Magistère au blanc.
posées par la Chimie ordinaire ; EAU RADICALE DES METAUX. Parce
parce que les Sages demandent une qu’elle en est la racine et le prin-
dissolution radicale des corps, et cipe.
non une dissolution imparfaite, telle
que celle des eaux-fortes ou eaux EAU ROUGE. C’est l’eau de vitriol ou
régales dont on se sert communé- de leur soufre, qu’ils appellent aussi
ment. Aqua magi, Aqua segi.
EAU ROUGE, EAU SAFRANEE, EAU
EAU HOLSOBON. C’est l’eau du sel
MORTE. Eau du soufre des Philo-
extrait du pain.
sophes.

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EAU SALMATINE. C’est l’eau de mer. EBEL :


Semence de la sauge suivant
EAU SATURNIENNE. Aqua Saturnia-
quelques-uns ; et les baies de ge-
na. C’est celle qui contient la nature
nièvre, si nous en croyons Rullan-
des trois premiers principes, telle
dus.
que celles des bains chauds, les
eaux minérales, qui sont naturelle- EBISEMET :
ment médicinales. Quelques-uns Randeric.
entendent par Eau Saturnienne, EBISEMETH :
celle qui se filtre par les pores de la Matière des Chimistes Hermétiques
terre, et dont se font les pierres pré- dans le temps de sa putréfaction.
cieuses transparentes. Rulland.
ECHEL :
EAU SECHE, qui ne mouille point les
Matière de l’œuvre au noir très noir,
mains. A cet égard il faut faire at- ou en putréfaction parfaite.
tention que ceux d’entre les Sages
qui donnent ce nom à leur mercure, ECHENEIS :
suivent la voie sèche dans Petit poisson de la forme d’une
l’opération du magistère ; parce que grande limace, lequel, si nous en
ceux qui suivent la voie humide, croyons Pline le Naturaliste, a la
comme Paracelse, Basile Valentin, vertu d’arrêter subitement les plus
etc. appellent leur mercure Lait de gros vaisseaux qui voguent à pleines
vierge, à cause qu’il est en liqueur voiles, dès qu’il s’y attache. Cet Au-
blanchâtre et qui mouille les mains ; teur dit que Marc-Antoine à la ba-
au lieu que l’autre est un mercure taille d’Actium, et Caligula en
coulant, de la nature du mercure éprouvèrent malheureusement les
vulgaire. effets. Liv. 9, ch. 25 et liv. 32, ch. 1.
EAU SECONDE. Parce que le mercure Quelques Philosophes Hermétiques
est une espèce d’eau-forte, mais ont donné le nom d’Echeneis à leur
douce, et qui dissout les métaux matière fixe, parce qu’elle fixe celle
sans corrosion. qui est volatile, en se réunissant
avec elle, pour ne faire plus qu’un
EAU VEGETABLE. C’est l’eau-de-vie,
corps inséparable. Voyez la Para-
ou esprit-de-vin rectifié. bole ou Enigme du Cosmopolite.
EAU VENIMEUSE. Lune des Sages. ECHIDNA :
Femme de Typhon, et mère du dra-
EAU VENIMEUSE. Parce qu’elle gon Python, qui n’est autre que
semble tuer les métaux par son ve- l’anagramme de Typhon ; elle en-
nin, en détruisant leur configura- gendra aussi le dragon qui gardait
tion extérieure et en les réduisant à le jardin des Hespérides, celui qui
leur première matière ; ce qu’ils ont défendait l’entrée de la forêt de
dit par similitude avec les venins Mars, où était suspendue la Toison
qui tuent le corps humain, après la d’or. Typhon et Echidna n’ont en-
mort duquel ils le réduisent à ses gendré que des dragons ou des ser-
premiers principes, qui est la pents ; ce qui a fait croire aux Philo-
cendre. sophes Hermétiques que toutes les
fables que l’on rapporte sur le
EBDANIC : compte des uns et des autres, ne
Le Mars, ou le fer. sont que des allégories des opéra-
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tions de la pierre philosophale. ECUME DE VERRE. Sel de foudre, ou


Echidna, selon eux, dénote la subs- sel qui surnage le verre pendant sa
tance froide et humide qu’ils em- fusion.
ploient, et qu’ils nommément la EDES :
Lune, la Sœur, la Femme, la Fe- Or des Sages.
melle, Beïa, etc. ; et Typhon est
l’autre partie de leur matière qu’ils EDETZ :
appellent leur Soleil, le Mâle, le Or vulgaire préparé hermétique-
Feu, Gabritius, Kibrik, etc. mais ment.
dans le temps de la putréfaction des EDIC ET EDICH :
ingrédients ou principes philoso- Le Mars, ou le fer.
phiques de l’œuvre. Voyez les
Fables Egypt. et Grecques dévoilées. EDIR :
L’acier philosophique, et l’acier fin.
ECHIDNA est aussi un nom de la vi-
père femelle. EDULCORER :
Laver une matière salée, jusqu’à en
ECHIS : ôter tout le sel. Ce terme vulgaire-
C’est la vipère mâle. ment pris, signifie aussi adoucir
ECLIPSE DU SOLEIL ET DE LA LUNE : l’âcreté et la propriété corrosive des
Les Philosophes Chimistes disent sels, esprits ou autres matières.
que le Soleil et la Lune sont éclip- Raymond Lulle a employé plus
sés, lorsque leur matière est dans d’une fois ce terme pour signifier la
une entière dissolution, et qu’elle cuisson ou digestion du mercure des
ressemble à de la poix fondue ; Philosophes jusqu’à sa fixation.
parce qu’ils appellent leur matière EFFERVESCENCE :
Soleil et Lune, et que dans l’état de Terme de Physique, qui signifie
putréfaction, qui est un état de té- l’action de deux mixtes, qui, en se
nèbres, leur matière a perdu son pénétrant, produisent de la chaleur,
éclat. comme il arrive dans presque tous
ECORCE DE LA MER : les mélanges des acides et des alka-
C’est le vinaigre antimonial satur- lis, et la plupart des dissolutions
nien Artéphius, le vinaigre très minérales. Homberg.
aigre des Philosophes, ou leur mer- EFFUSION :
cure. Première purification de la pierre
ECORCE NOIRE. C’est l’écorce de mer des Sages, ou la médecine du pre-
en putréfaction. mier ordre.
EFFYDES ou EFFIDES :
ECUME DE LA MER ROUGE :
Céruse.
Matière des Philosophes préparée
pour l’œuvre, ou minière de leur EGEE :
mercure. Flamel est le premier qui Fils de Pandion, Roi d’Athènes, père
ait donné ce nom à cette minière. de Thésée qu’il eut d’Ethra. Pour
remplir les conditions d’un traité
ECUME DES DEUX DRAGONS. C’est la
que les Athéniens avaient fait avec
matière au noir. Quelques Chi- Minos, Roi de Candie, Egée y en-
mistes ont donné ce nom au beurre voyait tous les ans sept jeunes gens
d’antimoine. qui y devaient combattre le Mino-

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taure renfermé dans le labyrinthe ; mourir Agamemnon son époux.


le sort échut sur Thésée à la qua- Oreste, fils de ce dernier, vengea sa
trième année. Il partit avec des mort par celle d’Egisthe et de Cly-
voiles noires, suivant l’usage ; et en temnestre. Voyez ce que signifient
cas qu’il revînt victorieux, Thésée ces crimes prétendus, dans les Fab.
devait substituer des voiles Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch.
blanches aux noires lorsque son 14, § 4.
vaisseau serait parvenu à la hau- EGLE :
teur de l’Attique. Thésée oublia de L’une des Hespérides, filles
faire ce changement de voiles, dont d’Hesper. Voyez les Fables Egypt. et
il était convenu avec sou père ; ce- Grecq. dévoilées, liv. 2, ch. 2.
lui-ci ayant aperçu de loin les voiles
noires du vaisseau de Thésée, crut ELAIS :
qu’il avait péri comme les autres Voyez DORIPE.
dans le combat du Minotaure ; le ELANULA :
désespoir le prit, et il se précipita du Alun des Philosophes.
haut du rocher où il était, dans la
mer. Voyez l’explication de cette fic- ELAQUIR :
tion dans les Fables Egyptiennes et Couperose, ou vitriol vert.
Grecques dévoilées, liv. 5, ch. 22, et EIEAGNON :
liv. 6, ch. 3. Arbrisseau appelé Agnus Castus.
EGEON ou BRIAREE : ELECTRE :
Géant d’une grandeur énorme, fils Les Philosophes ont ainsi appelé
du Ciel et de la Terre. Les Poètes une de leurs matières ; Paracelse la
ont feint qu’il avait cent bras et cin- nomme Electre immeur. C’est la
quante ventres ; qu’il combattit même Artéphius nomme moyenne
contre les Dieux, et les mit en dé- substance entre la mine et le métal.
route ; ce qui les obligea de faire la Elle est une chose ni tout-à-fait par-
paix avec Jupiter contre lequel ils faite, ni tout-à-fait imparfaite. Elle
avaient conspire. Homère, Iliade, était en voie de perfection ; mais la
liv. 1. Nature ayant trouvé des obstacles
Les Dieux lui donnaient le nom de dans ses opérations, l’a laissée im-
Briarée, et les hommes celui parfaite ; c’est pourquoi les Philo-
d’Egeon. Voyez BRIAREE, GEANTS. sophes disent qu’il faut commencer
où la Nature a fini. Cet Electre est
EGIALEE : de race de Saturne, c’est pourquoi
Frère de Médée, autrement nommé quelques-uns l’ont appelé Vénus qui
Absyrthe, dont voyez l’article. a été surprise par Vulcain en adul-
EGILOPS : tère avec Mars. D’autres l’ont nom-
Fétu. mé Diane, parce qu’il a un bois qui
lui est consacré. C’est dans cette
EGINE : forêt qu’était suspendue la Toison
Fille d’Asope et mère d’Eaque. V. d’or. Il est nommé Electre, parce
EAQUE. qu’il est composé de deux subs-
EGISTHE : tances ; et Electre immeur, parce
Fils de Thyeste et de Polo-peie sa qu’il doit venir à sa maturité par les
fille, tua son oncle Atrée, devint opérations de l’Artiste. Cet Electre
amoureux de Clytemnestre, et fit est proprement la Lune des Philo-
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sophes, qu’ils appellent quelquefois tait, et forme une espèce d’arc très
Eau, quelquefois Terre, Plante, visible.
Arbre, Dragon, Lion vert, Ombre du ELEI ou ELEIXIR :
Soleil, etc. Médecine Hermétique, ou or po-
ELECTRE est aussi un des noms que table.
les Philosophes Hermétiques ont ELEISIR :
donné à leur magistère parvenu à la Elixir Philosophique parvenu au
Couleur blanche.
blanc.
ELECTRE. Mélange des sept métaux
ELEMENT :
fondus ensemble pour n’en faire On a disputé longtemps sur le
qu’un même composé. Théophr. nombre et les qualités des éléments.
C’est d’une semblable composition Les Péripatéticiens en admettaient
qu’était faite la clochette de Virgile quatre, le feu, l’air, la terre et l’eau,
du temps du Roi Artus, par le son auxquels ils attribuaient des quali-
de laquelle l’histoire rapporte qu’il tés sèches ou humides. C’étaient,
précipitait du haut d’un pont dans selon eux, des corps simples, et
la rivière, tous ceux qui passaient néanmoins principes de tous les
sur ce pont, coupables d’adultères, êtres composés, selon la diversité de
hommes ou femmes. Rull. Paracelse leur mélange.
rapporte qu’il a vu un Espagnol
ayant une clochette semblable, sur Les Chimistes prennent ce terme en
laquelle il y avait divers caractères quatre sens différents. 1°. Dans le
gravés, et qu’au son de cette clo- sens d’Aristote, pour un corps
chette l’Espagnol faisait paraître et simple, principe constituant avec le
disparaître des spectres, et d’autres ciel toute la masse du monde. 2°.
prodiges, à sa volonté. Pour le principe des mixtes, existant
en puissance ou en acte dans tous
ELECTRE. Fille d’Atlas, l’une des
les corps sublunaires. 3°. Suivant
Pleyades. Voyez ATLAS. son existence physique, ou mathé-
Il y eut une Nymphe de ce nom, fille matique. Physiquement, en tant
de l’Océan et de Thétis ; celle qui fut qu’ils produisent les corps, les nour-
fille d’Atlas, devint mère de Darda- rissent, les conservent, ou les dé-
nus, par le commerce qu’elle eut truisent. Ils les considèrent mathé-
avec Jupiter. Voyez le liv. 6 des matiquement, en tant qu’ils servent
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées. aux usages mécaniques, comme à
brûler le bois, aux impulsions, à la
ELECTRUM SUCCINUM :
navigation, au mouvement. 4°. Ils le
C’est, suivant Planiscampi, une es- prennent souvent pour l’essence et
pèce d’ambre artificiel, ou matière la substance même des individus, et
métallique composée de quatre par- pour leur forme ; comme l’élément
ties d’or le plus fin, et d’une cin- de Vénus est la substance du cuivre,
quième d’argent le mieux coupellé. c’est-à-dire, les principes ; de même
Les vases qu’on en forme, dit le que l’on dit les Eléments d’une
même Auteur, manifestent le venin Science, pour dire les Principes de
ou poison qu’on y aurait versé, mêlé cette Science.
avec quelque liqueur que ce soit :
Il n’y a point d’élément simple ; la
cette matière fait alors un bruit
terre, par exemple, est un composé
comme si le vase craquait et écla-
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de terre, d’eau, d’air et de feu. Il en les Fables Egypt. et Grecq. dévoi-


est de même des autres trois ; et on lées, liv. 4, ch. 2.
donne à chacun le nom de celui qui ELIDRION :
y domine. L’excès y cause de C’est le mercure.
l’altération, et la proportion due du
mélange y occasionne du repos. Ils ELIDRIUM :
agissent tous les uns sur les autres ; Mastic.
et si c’est directement, ils s’altèrent. ELIOS ou LE SOLEIL :
Le feu agit sur l’eau par le moyen de Un des huit grands Dieux de
l’air, sur la terre au moyen de l’eau ; l’Egypte, suivant Hérodote. Voyez
s’il y agit immédiatement, il la APOLLON.
brûle. L’air est la nourriture du feu,
l’eau sert d’aliment à la terre, et ELIXIR :
tous agissent de concert pour la (Sc. Herm.) L’élixir n’est autre
formation et la composition des chose, selon le bon Trévisan, que la
mixtes. Voyez le Traité de Physique réduction du corps en eau mercu-
générale, dans la première partie rielle, et de cette eau on extrait
des Fables Egypt. et Grecq. dévoi- l’élixir, c’est-à-dire un esprit animé.
lées. Le terme Elixir vient étymologi-
quement de E et lixis, c’est-à-dire,
ELEMPTIS : de l’eau ; parce que dans l’œuvre
Or ou Soleil des Sages. tout se fait avec cette eau.
ELEPHAS SPAGYRIQUE : L’Elixir est la seconde partie, ou la
Eau-forte. seconde opération de l’œuvre des
ELERNA : Sages, comme le Rebis est la pre-
Mine de plomb. mière, et la Teinture la troisième.
D’où l’on doit conclure que l’azoc
ELESMATIS : n’est point requis pour l’élixir, puis-
Plomb brûlé.
qu’il se tire de l’élixir même. Il y a
ELEUSIS : trois sortes d’élixirs dans le magis-
Roi d’une Ville de même nom dans tère. Le premier est celui que les
l’Attique, accueillit très gracieuse- Anciens ont appelé Elixir des corps.
ment Cérès dans le temps qu’elle C’est celui qui se fait par la pre-
cherchait sa fille Proserpine, que mière rotation, qui est poussée jus-
Pluton lui avait ravie. Cérès, par qu’au noir. Le second se fait par
reconnaissance, facilita les couches sept imbibitions, jusqu’au blanc et
d’Ione, épouse d’Eleusis, et se char- au rouge. Le troisième, appelé Elixir
gea de nourrir Triptolême qu’Ione des esprits, se fait par la fermenta-
mit au monde. Pendant le jour elle tion. Ce dernier se nomme aussi
lui donnait de l’ambroisie, et pen- Elixir du feu. C’est avec lui que se
dant la nuit elle le cachait sous le fait la multiplication.
feu allumé. Ayant été découverte,
ELIXIR PARFAIT AU BLANC. Termes
Cérès se retira et apprit à Tripto-
dont les Chimistes Hermétiques se
lême l’agriculture, qu’elle lui ordon-
servent pour exprimer l’état de leur
na d’enseigner aux hommes. C’est
matière cuite, digérée et calcinée à
dans cette Ville que furent insti-
blancheur. Lorsqu’elle est jointe à
tuées les fêtes célèbres de Cérès,
son ferment et qu’elle a atteint ce
appelées Mystères Eleusiens. Voyez
degré de perfection, elle convertit en
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argent tous les métaux imparfaits Cet Elixir est composé de trois
sur lesquels elle est projetée. Elle choses ; savoir : de la pierre lunaire,
est alors également médecine pour de la solaire, et de la mercurielle.
les végétaux et les minéraux ; elle Dans la lunaire, est le soufre blanc ;
est propre à faire les pierres pré- dans la solaire, le soufre rouge ; et
cieuses, les perles. C’est la vraie la mercurielle contient l’un et
huile de Talc tant vantée des An- l’autre.
ciens. Quelques Philosophes ont
ELKALEI :
prétendu qu’elle était aussi méde- Marais, étang, mer des Sages.
cine pour le corps humain, mais
particulièrement pour les femmes ; ELMANTES :
parce qu’étant moins ignée que Vers de terre.
lorsqu’elle est parfaite au rouge, elle ELOANX :
est plus tempérée, et plus propre Orpiment.
aux maladies du sexe féminin.
ELOME :
ELIXIR PARFAIT AU ROUGE. Ouvrage Orpiment.
de la pierre poussée à sa perfection. ELOPITINUM :
Les Philosophes lui ont donné le Vitriol.
nom d’Elixir, terme arabe qui signi-
fie ferment, parce que dans la ELOS-MARIS :
transmutation des métaux impar- Plomb brûlé.
faits il se fait une fermentation cau- ELPIS :
sée par la poudre de projection, qui Scorie d’argent.
y sert comme de levain à la pâte, et
ELPOSILINGI :
y occasionne ce changement subit
Ecume ou écaille de fer.
qui du plomb, mercure, cuivre, etc.
fait un or vrai, et même plus parfait ELQUALITER :
que l’or des mines. Vitriol vert.
EISABON :
Cet Elixir est aussi médecine pour
Voyez HELSEBON.
le corps humain ; Raymond Lulle
s’étend fort au long sur les proprié- EITZ :
tés de cette panacée, et dit avoir été Fleurs d’airain.
tiré des portes de la mort par son ELURUS ou le Dieu Chat :
secours. Hermès l’appelle la Force Dieu des Egyptiens. Voyez CHAT.
de toute force, et les Alchimistes Or
potable, dont voyez l’article. ELYSEES (les Champs) :
Lieu de retraite et de délices que les
ELIXIR COMPLET. Teinture corpo- âmes des justes allaient habiter
relle extraite des corps parfaits mé- après la mort, pendant que celles
talliques, au moyen d’une vraie dis- des médians allaient subir dans le
solution, et d’une naturelle et par- Tartare les tourments et les sup-
faite congélation. D’autres le défi- plices auxquels Minos, Eaque et
nissent un composé des espèces Rhadamante les condamnaient. Les
limpides et les plus pures des Poètes Grecs et Latins ont tâché de
choses, d’où il en résulte un antidote nous donner des Champs Elysées
ou médecine qui purge et guérit les l’idée la plus flatteuse, la plus at-
animaux de toutes leurs maladies. trayante, et la plus aimable. La des-
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cription qu’ils en font est à peu près aussi clairement représentés que
la même que celle de l’île de Nisa, dans un miroir. C’est aux amateurs
où ils disent que Bacchus fut nourri, de cette Science à décider si ce té-
et celle-ci est très conforme à la des- moignage est mérité.
cription que les Philosophes font de EMBRYON :
l’île des Sages Hermétiques. Virgile Les Philosophes chimiques donnent
entre autres en a fait un détail très aussi ce nom à leur mercure avant
circonstancié dans son récit de la qu’il soit extrait de sa minière, et à
descente d’Enée aux Enfers. On leur soufre lorsqu’il n’est pas encore
peut voir l’explication que j’en ai manifesté. Michel Maïer dans ses
donnée à la fin du 6e livre des Emblèmes chimiques les représente
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées. sous la forme d’un enfant placé au
ELZARON : nombril d’un homme qui a les bras
C’est le sel des Sages qu’ils appel- étendus, et dont les doigts et les
lent leur corps, leur gomme. Prenez cheveux brûlent et exhalent une
le corps clair, pris sur les petites épaisse fumée, avec ces termes au-
montagnes, qui ne se fait point par dessous : Le vent l’a porté dans son
la putréfaction, mais par le seul ventre. Dans un autre emblème, une
mouvement. Broyez ce corps avec la femme ayant un globe au lieu de
gomme Elzaron et les deux fumées. poitrine, sur lequel s’élèvent deux
Car la gomme Elzaron est le corps mamelles, allaite un enfant, qu’elle
qui saisit l’esprit. Marie, Epît. à soutient de la main droite, avec ces
Aros. paroles : la Terre est sa nourrice, le
Soleil est son père, et la Lune sa
EIZIMAR :
mère.
Fleurs d’airain.
EMA : Toutes ces expressions doivent être
Sang. prises à la lettre, et ne sont point
énigmatiques. Mais lorsqu’ils par-
EMBLEGI :
Mirabolans. lent de leur soufre, ils ne le font que
par allégories. C’est lui que la Fable
EMBLEME : nous représente sous le voile de la
Les Philosophes Hermétiques se naissance de Bacchus, d’Esculape,
sont expliqués plus souvent par em- d’Achille ; et la manière de le faire,
blèmes et par énigmes que dans des par le récit de l’éducation que Chi-
discours suivis et à la portée de tout ron le Centaure leur a donné. Apol-
le monde. D’Espagnet prétend lon et Diane frères jumeaux, en-
même qu’il est plus aisé de pénétrer fants de Jupiter et de Latone, sont
leurs pensées et de dévoiler leurs cet embryon devenu enfant, puis en
sentiments dans leurs emblèmes âge d’homme ; et lorsque la Fable
que dans leurs écrits. Michel Maïer ajoute que Diane servit de sage-
a fait un traité entier d’Emblèmes femme pour mettre au jour Apollon,
Hermétiques, qui a pour titre : c’est que le soufre rouge ne doit ja-
Athalanta fugiens. Ce même ou- mais paraître avant le blanc : ce
vrage est connu sous le titre : Secre- dernier s’appelle le règne de la
tissimorum Naturœ secretorum Lune, et l’autre celui du Soleil. Ain-
scrutinium. D’Espagnet dit qu’on y si la Fable s’explique fort aisément
voit les secrets des Adeptes presque suivant les interprétations des Phi-

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   -E- 121 

losophes chimiques, comme on peut mée de la noirceur extrême qui lui


le voir dans les articles Jupiter, Es- survient dans cet état de putréfac-
culape, Apollon, etc. tion.
EMERAUDE DES PHILOSOPHES :
ENDEIDE ou ENDEIS :
Nom qu’ils ont donné au flos cœli, et Mère de Pelée, père d’Achille. Voy.
quelques-uns à la rosée des mois de PELEE.
mai et de septembre. Ils regardent
cette dernière comme le mâle, parce ENEE :
qu’elle est plus cuite et digérée par Fils de Vénus et d’Anchise, fut un
les chaleurs de l’été ; et l’autre ils des principaux Héros qui défendi-
l’appellent femelle, parce qu’elle est rent la Ville de Troie contre les
plus froide, plus crue, et qu’elle par- Grecs, qui ne s’en rendirent maîtres
ticipe plus de l’hiver. qu’au bout de dix ans de siège. Enée
Quelques Chimistes prenant ces se réfugia en Italie, et pendant son
paroles à la lettre, ont cru que la voyage il fit sa descente aux Enfers,
rosée était la matière dont les Phi- accompagné de la Sibylle, qui lui
losophes Hermétiques tirent leur servit de guide. Voyez à la fin du 6e
mercure, parce qu’ils disent souvent livre des Fables Egypt. et Grecq.
dans leurs livres que le mercure est dévoilées.
mâle et femelle ; et se sont imaginés
en conséquence que l’union de la ENESTRUM :
rosée de mai avec celle de sep- C’est, dit Planiscampi, le firmament
tembre formait le mariage si re- perpétuel aux éléments quadruples,
commandé par les vrais Chimistes. ou l’esprit prophétique, qui par des
Mais ils auraient dû faire attention signes précédons, présage assuré-
que la matière de leur mercure doit ment le futur.
être minérale, parce que d’un bœuf
ENFANT :
il ne naît qu’un bœuf, d’un homme
Les Chimistes Hermétiques don-
un homme, et que l’on se tromperait
nent assez souvent ce nom à leur
lourdement si d’un arbre ou d’une
soufre, et quelquefois à leur mer-
plante on voulait faire un métal.
cure. Les quatre enfants de la Na-
EMPATER : ture sont les quatre éléments, des-
Congeler, fixer la matière volatile quels elle se sert pour former tous
de l’œuvre des Sages. les êtres sublunaires. Les Alchi-
ENCARIT : mistes disent que deux de ces élé-
Chaux vive ; mais c’est celle des ments sont mâles et deux femelles,
Philosophes, et non la chaux avec deux pesants et deux légers. Les
laquelle on bâtit. Philosophes chimistes trouvent cet
enfant formé par la Nature, et tout
ENCELADE : leur secret consiste à le tirer de sa
Géant que l’on a souvent confondu matrice ou minière ; ils le nourris-
avec Typhon. Il fut foudroyé par Ju- sent ensuite d’un lait qui lui est
piter dans le combat des Géants propre, le même que Thétis donnait
contre les Dieux. Voyez GEANTS. à Achille, et ils en forment leur
ENCRE : soufre. Cet enfant est, selon eux,
Matière de l’œuvre dans le temps de plus noble et plus parfait que ses
sa parfaite dissolution, ainsi nom- père et mère, quoiqu’il soit fils du

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   -E- 122 

Soleil et de la Lune, et que la Terre gures hiéroglyphiques et des


ait été sa première nourrice. énigmes, afin que le vulgaire et
même les savants, qui ne seraient
ENFER :
pas initiés dans leurs mystères, n’y
Les Philosophes Hermétiques appel-
comprissent rien. Les Alchimistes
lent de ce nom le travail inutile, et
modernes suivent en cela les an-
pour ainsi dire éternel, des faux Al-
chimistes, qui sont continuellement ciens.
au milieu des fourneaux allumés, et ENNA :
qui ne voient jamais Dieu, quoiqu’ils Prairies où Proserpine cueillait des
le désirent sans cesse ; c’est-à-dire, narcisses dans le temps que Pluton
qui ne parviennent point à la per- l’enleva. V. PROSERPINE.
fection du grand œuvre, qui leur
ENNEMI :
donnerait tout ce qui peut satisfaire L’un des noms que les Philosophes
le cœur humain dans cette vie. ont donné à leur matière au blanc ;
Quelquefois ils appellent du nom
mais en général ils ont appelé En-
d’Enfer leur matière en putréfac- nemis le fixe et le volatil, parce
tion, parce que le noir est l’image
qu’ils semblent se combattre perpé-
des ténèbres, et que l’Enfer est un
tuellement, au moins jusqu’à ce que
lieu de ténèbres et d’horreur.
l’un des deux ait absolument vaincu
ENFLAMBER : l’autre, et l’ait rendu de sa propre
Vieux mot que l’on trouve dans les nature. Quand le fixe a fixé le vola-
ouvrages de Flamel et du Trévisan, til après avoir été lui-même volatili-
pour signifier donner trop de feu, en sé, les Adeptes disent qu’ils ont fait
augmenter le degré outre mesure. la paix entre les ennemis, parce
On y voit aussi le terme Afflamber, qu’alors ils deviennent tellement
dans le même sens. unis, qu’ils sont inséparables.
ENGENDREMENT ET NOCES : ENTALI :
C’est le temps où le volatil et le fixe Alun de plume.
de la matière de l’œuvre se dissol-
vent ensemble, et se réunissent ENTRANT :
pour n’être plus séparés. De ces Qui pénètre, qui a de l’ingères. Les
deux il s’en forme par conséquent Philosophes disent que leur poudre
un troisième, qu’on dit engendré, de projection est parfaite, lorsque
parce que les Philosophes donnent par la cuisson elle est devenue en-
le nom de mâle au fixe, et celui de trante, fondante et tingente ; parce
femelle au volatil. qu’alors elle a toutes les propriétés
requises pour la transmutation.
ENGENDRER :
Voyez l’article précédent. ENVIE :
En fait de science Hermétique, ce
ENIGME : terme ne signifie pas jalousie du
Discours allégorique, qui, sous une bien d’autrui, et désir de le lui enle-
enveloppe de mots ambigus et équi- ver, mais une discrétion poussée à
voques, renferme un sens vrai. Les outrance à l’égard du secret de la
anciens Philosophes ont enseigné pierre, c’est-à-dire, de sa matière et
leur Philosophie naturelle et chi- des procédés qu’il faut tenir pour la
mique sous des emblèmes, des fi- faire.

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ENVIEUX : que signifie cette fiction dans les


Terme fort usité dans les ouvrages Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
de science Hermétique. C’est un re- liv. 3, chap. 12 et suivants.
proche que les Philosophes se font
les uns aux autres sur le style EPAR :
énigmatique, les sophistications et Plusieurs Chimistes ont donné ce
les allégories qu’ils ont répandues nom à l’air. Johnson.
dans leurs livres pour tromper les
ignorants. Ce terme doit s’entendre EPEE :
dans le sens que l’on dit : un homme C’est le feu des Philosophes, de
est jaloux de son secret, il le tient même que la lance, le cimeterre, la
caché. Il est à remarquer que ceux hache, etc.
qui font de tels reproches aux autres
EPERVIER :
Philosophes, méritent très souvent
Oiseau de proie carnassier et d’une
ce nom à plus juste titre, et dans les
nature chaude et ignée. Les Egyp-
endroits mêmes où ils paraissent
tiens l’avaient en conséquence con-
parler avec la plus grande ingénui-
sacre à Osiris, et les Philosophes
té ; c’est alors qu’il faut se défier le
Hermétiques l’ont employé dans
plus de leurs discours. Car toutes
leurs hiéroglyphes, pour signifier
leurs recettes sont communément ce
leur matière fixe solaire, qu’ils ont
qu’on appelle de la graine pour les
aussi appelée Minière de feu céleste.
sots ; c’est dans les endroits les plus
obscurs et énigmatiques que la véri- EPHESE ou BAIN :
té est cachée. Il faut d’ailleurs sa- Seconde opération de la pierre, dans
voir qu’ils n’ont presque jamais tout laquelle le feu humide dissout le feu
dit de suite, et que le plus grand sec.
nombre n’a parlé que de la seconde
opération. EPHIALTE et OTUS :
ENUR : Deux frères géants, fils de Neptune
Vapeur de la terre qui sert de se- ; ils firent la guerre aux Dieux.
mence et de nourriture aux pierres. Voyez GEANTS.

EOUS : EPHODEBUTS :
Un des chevaux du Soleil. Quelques Chimistes ont donné ce
nom à leur pierre parfaite au rouge,
EPAPHUS : à cause de la couleur de pourpre du
Fils de Jupiter et d’Io, eut dispute vêtement qui portait autrefois ce
avec Phaëton sur la vérité de sa nom. La Fable dit qu’Apollon en prit
race ; celui-ci piqué, voulut lui prou- un semblable, quand il chanta sur
ver qu’il était véritablement fils du sa lyre la victoire que Jupiter rem-
Soleil, et pour cet effet demanda porta sur les Géants.
avec beaucoup d’instances à son EPIPOLAPSIS :
père de lui laisser conduire son char Sublimation philosophique.
un jour seulement. Il l’obtint ; mais
malheureusement pour lui, il le me- EPOSILINGI :
na si mal qu’il aurait incendié toute Mâchefer.
la terre, si Jupiter ne l’avait précipi- EPOSILINGUA :
té dans le fleuve Eridan. Voyez ce Ecume de fer.

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EPOUSE : ERIDAN :
Mercure ou eau mercurielle et vola- Fleuve d’Italie dans lequel Phaëton
tile des Philosophes, qu’ils ont aussi fut précipité, pour avoir mal conduit
appelée Sœur, Femme, Beja, etc. le chariot du Soleil son père. Voyez
EPOUSE ENRICHIE DES VERTUS DE PHAËTON.
SON EPOUX. (Sc. Herm.) Expressions
ERYMANTHE :
dont Solomon s’est servi dans le
Montagne d’Arcadie sur laquelle
Code de Vérité, pour signifier la
Hercule prit un sanglier furieux,
pierre au blanc. Solomon ajoute, que
qu’il porta tout vivant à Eurysthée.
la puissance, l’honneur, la gloire, la
Voyez l’explication de cette fable
force et la royauté lui ont été don-
dans l’article EURYSTHEE.
nés ; que sa tête est ornée d’une
couronne rayonnante de sept ERYPILE :
étoiles, et qu’il est écrit sur ses ha- L’un des Héros Grecs qui firent le
bits : Je suis la fille unique des siège de Troie, eut pour sa part des
Sages, entièrement inconnue aux dépouilles de cette Ville un coffre
fous. dans lequel était une statue de Bac-
EPOUSER : chus de la main de Vulcain, que Ju-
Action par laquelle le fixe et le vola- piter avait donnée à Dardanus.
til de la matière des Philosophes se Erypile ayant ouvert ce coffre et jeté
réunissent inséparablement. Ces les yeux sur cette statue, devint fu-
noces se font dès le temps de la dis- rieux. Dans un de ces moments
solution, et l’union s’achève dans le d’intervalle que la fureur lui lais-
temps de la fixation. sait, il alla consulter l’Oracle de
Delphes, qui lui répondit qu’il de-
EPOUX :
vait s’arrêter dans un lieu où il
C’est l’or philosophique.
trouverait des gens prêts à offrir un
EQUIVOQUE : sacrifice barbare, y déposer le coffre,
Les Chimistes Hermétiques se sont et y établir son domicile. Erpile se
appliqués à embrouiller le sens de rembarqua, se laissa aller au gré
leurs paroles, en choisissant les des vents, et aborda à la côte de Pa-
termes qui sont susceptibles de di- tras, où étant descendu dans le
vers sens, non pas pour tromper et temps qu’on allait immoler un jeune
induire en erreur, puisqu’ils en garçon et une jeune fille à Diane
avertissent le Lecteur, mais pour Triclaria, il se présenta avec son
rendre leurs pensées plus difficiles à coure ; on interrompit le sacrifice, et
pénétrer. on ouvrit le coffre, persuadé qu’il y
EREBE : avait dedans quelque Divinité. Ils
Dieu né du Chaos et des Ténèbres, reconnurent Bacchus, et instituè-
épousa la Nuit, et en eut divers en- rent une fête annuelle en son hon-
fants. Voyez ENFER. neur, et le nommèrent Bacchus
Esymnete. Erypile guérit de sa fu-
ERICHTONIUS : reur, et fixa sa demeure dans ce
Fils de Dardanus, Roi de Troie. pays-là. Voyez les Fables Egypt. et
Voyez le livre 6, des Fables Egypt. Grecques, liv. 3, ch. 14, § 2 et liv. 6.
et Grecq. dévoilées.

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ERYX : taux. Voyez une explication plus


Fut vaincu par Hercule. Voyez le étendue de cette fiction dans le 3e
livre 5 des Fables Egypt. et Grecq. livre, chap. 12, § 2 des Fables Egyp-
dévoilées. tiennes et Grecques dévoilées.
ES ou ÆS, ou AIRAIN : ESEBON ou ALSABON :
Voyez CORPS ou TERRE DES PHILO- Sel commun.
SOPHES. Laiton.
ESON :
ESCULAPE : Fils de Crethée, et frère de Pelias
Fils d’Apollon et de la Nymphe Co- qui le détrôna. Eson étant devenu
ronis, fille du Roi Phlegyas, fut tiré vieil et caduque, fut rajeuni par
par Mercure du ventre de sa mère Médée que Jason avait amenée avec
après qu’elle eut été tuée par Diane, lui à son retour de la conquête de la
et consumée sur le bûcher où elle Toison d’or. Voyez les Fables Egypt.
avait été mise. Il fut nourri par Tri- et Grecq. dévoilées, liv. 2, ch. 1.
gone, et élevé par le Centaure Chi- ESPRIT :
ron, qui lui apprit la Médecine dans
Les Philosophes Hermétiques
une perfection si grande, qui par
n’entendent pas par ces termes une
son moyen la Fable dit qu’il ressus-
substance immatérielle, mais une
cita Hyppolite dévoré par ses substance extrêmement ténue, sub-
propres chevaux. Esculape, selon
tile, pénétrante, répandue dans tous
quelques-uns, eut pour femme
les mixtes, et spécifiée dans chacun
Epione, et pour enfants Machon et
d’eux suivant sa nature, ses quali-
Podalire, Jason et Hygiée. On le re-
tés, et le règne de la Nature auquel
présentait un bâton à la main, avec
il appartient. Ils reconnaissent aus-
des serpents qui l’environnaient, et
si un esprit universel physique,
il fut toujours honoré par les Païens
igné, répandu dans tout l’Univers,
comme le Dieu de la Médecine. C’est
qu’il vivifie par son action continuée
pourquoi les Alchimistes prétendent
sans interruption : ils lui donnent le
que toute son histoire fabuleuse
nom d’Archée de la Nature, et le re-
n’est qu’une allégorie des opérations
gardent comme le principe indéter-
et de la matière de la Médecine uni-
miné de tous les individus. Voyez
verselle. Sa naissance seule suffirait
les Principes généraux de Physique
pour le prouver ; car il est dit qu’il
dans les Fables Egypt. et Grecq.
fut tiré des cendres de sa mère par
dévoilées.
Mercure, et que le père de Coronis
s’appelait Phlegye, du grec Phlegein, Quelquefois les Chimistes Hermé-
en français Brûler. tiques appellent aussi Esprit leur
mercure, à cause de sa volatilité. Ils
D’ailleurs la Fable dit que Jupiter
donnent encore ce nom à leur ma-
eut affaire avec Latone, d’où naqui-
tière parvenue au blanc. Mais com-
rent Diane et Apollon, et d’Apollon munément ils joignent une épithète
Esculape ; parce que la blancheur
à ce terme Esprit, comme on peut le
précède toujours le rouge, après le-
voir dans les articles suivants.
quel vient Coronis ou le noir, d’où
sort ensuite Esculape ou cette mé- ESPRIT FUGITIF. Nom que les Philo-
decine dorée et universelle dont les sophes Hermétiques ont donné à
effets sont si surprenants tant sur leur mercure, quoiqu’il soit un corps
les corps humains que sur les mé- métallique ; mais ils appellent esprit

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tout ce qui n’est pas dur, compacte, chose que soufre philosophique.
solide ; et corps tout ce qui forme C’est aussi la matière au noir et le
une masse coagulée et fixée, dont mercure en putréfaction.
les parties sont difficiles à séparer. ESPRIT SUBLIME. Mercure des Sages
Tout ce qui est liquide et volatil est extrait de sa minière et purifié.
esprit, quand il participe du mer-
cure commun. Tout ce qui est com- ESPRIT DE L’OR, ou OR EN ESPRIT.
pact et fixe est corps. Tels sont les Mercure des Philosophes Hermé-
métaux parfaits, et le fixe des im- tiques.
parfaits, les sels fixes des trois ESPRIT DE MIEL. Glader dit qu’il ré-
règnes. L’âme est le milieu ou le lien duit tous les métaux en vitriol, c’est-
qui lie le fixe avec le volatil. à-dire, en mercure ; mais la chose
Les Chimistes ont aussi appelé leur est fausse.
mercure : ESSATTA :
ESPRIT DE MERCURE. Art de tirer les essences des mixtes.
ESPRIT CRUD, ESPRIT DU CORPS CUIT ESSATUM ESSENTIEL :
signifient la même chose que Mer- Vertus, propriétés essentielles aux
cure dissolvant des Philosophes. mixtes particuliers de chaque règne
de la Nature.
ESPRIT DE VIE. Parce qu’il vivifie les
métaux qui sont comme morts dès ESSATUM VINUM. Esprit de vin recti-
qu’ils ont perdu, en sortant de la fié, au moyen duquel on extrait les
mine, cet esprit qui les y vivifiait, et teintures, les odeurs et les essences
leur donnait une vertu multiplica- des corps.
tive. ESSENCE :
ESPRIT DES PHILOSOPHES. Parce que Matière des Philosophes parvenue à
les Sages seuls ont le secret de le la couleur blanche. Les Adeptes lui
rendre esprit en le délivrant de la ont aussi donné le nom d’Essence
prison ou corps dans lequel la Na- blanche. Voyez QUINTESSENCE.
ture l’avait renfermé. ESSENSIFIER :
ESPRIT UNIVERSEL. C’est propre- Cuire, digérer la matière de l’œuvre
ment le nitre répandu dans l’air, pour en faire l’essence des Chi-
imprégné de la vertu des astres, et mistes Hermétiques.
qui, animé par le feu de la Nature, ESTIBIUM :
fait sentir son action dans tous les
Antimoine :
êtres sublunaires. Il est leur ali-
ment, il leur donne la vie, et les en- ESTOMAC D’AUTRUCHE :
tretient dans cet état autant de Les Philosophes Chimiques donnent
temps que son action n’est point ce nom à leur dissolvant, ou mer-
empêchée par le défaut des organes, cure philosophique ; et les Chi-
ou par la désunion des parties qui mistes ordinaires l’interprètent de
les composent. l’eau-forte commune.
ESPRIT VEGETABLE. En termes de ETAIN :
Chimie, signifie soufre. Métal blanc, auquel les Chimistes
ESPRIT PUANT. Terme de science ont donné le nom de Jupiter, fils de
Hermétique, qui signifie la même Saturne. En termes de Philosophie

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Hermétique, c’est la couleur grise, Philosophes disent que leur poudre


qui dans les opérations de l’œuvre, convertit tant ou tant de parties de
succède immédiatement à la couleur plomb, étain, etc. en étheb, il faut
noire appelée Saturne, ou Laiton entendre en or ou en argent, qu’ils
qu’il faut blanchir, Plomb livide, etc. regardent comme des métaux par-
faits.
ETAIN CALCINE. C’est la pierre par-
venue au blanc, que les Philosophes. ETHEL :
appellent aussi Chaux d’étain, Lune Est un des noms que les Philo-
dans son plein, Diane nue, etc. sophes ont donné à leur vase ou œuf
L’étain vulgaire a une propriété des Sages. Lorsque le corps sera ré-
qu’on ne remarque pas dans les duit en poudre impalpable, il faut le
autres métaux, c’est d’augmenter de sublimer dans l’éthel, avant de le
poids quand on le calcine, au lieu mêler avec notre airain ; et ce qui
que les autres métaux diminuent. empêcherait la teinture et l’ingrès,
On dirait qu’il absorbe les parties demeurera au fond de l’éthel. Auriga
ignées des charbons, ou que sa Chemicus.
chaux est un aimant de l’esprit uni- ETHELIA :
versel qui se corporifie avec lui.
Est, selon les Philosophes Spagy-
ETAIN DES PHILOSOPHES, ou leur riques, cette âme cachée et métal-
Plomb blanc. C’est leur mercure dé- lique, ou ce soufre de nature concen-
pouillé de sa noirceur, avant qu’il tré dans les métaux imparfaits, que
soit parvenu au blanc parfait. leur eau mercurielle extrait et sé-
ETE : pare des impuretés terrestres qui
l’enveloppent, et qui la tiennent
Matière au blanc ou régime du feu
comme en prison.
du troisième degré. Sa complexion
est ignée. Ce troisième degré fixe le ETHELIA est aussi un des noms
mercure, et sa chaleur est sem- qu’ils ont donné à leur matière en
blable à celle du soleil dans le signe putréfaction qui forme ce qu’ils ap-
du Lion. Il faut le continuer jus- pellent leur Saturne, leurs métaux
qu’au rouge. Lorsque ce rouge est imparfaits, leur corps immonde,
absolument digéré, il est si fixe qu’il leur laiton qu’il faut blanchir.
ne craint plus le feu. Notre Dragon, ETOILES DES PHILOSOPHES :
dit Philalèthe, est alors décoré de Ils donnent communément ce nom
toutes les vertus célestes et ter- aux couleurs qui surviennent dans
restres. Souvenez-vous aussi que
le vase pendant les opérations du
chacune de ces chaleurs doit être le grand œuvre. Mais ils prennent or-
double de l’autre. C’est dans ce ré-
dinairement les termes de Planètes
gime que les fruits apparaissent, et et d’Etoiles pour signifier leurs mé-
qu’il monte au Ciel sur un char de
taux ; ou les planètes terrestres,
feu ; car alors paraîtra la rougeur, c’est-à-dire les métaux vulgaires.
qui sera permanente dans toutes les
révolutions faites par cinq cuissons ETOILE AU COUCHANT. Sel armo-
après la vraie blancheur. niac.
ETHEB : ETOILE DE LA TERRE. Talc.
Terme de Science Hermétique, qui EVAN :
signifie parfait ; ainsi lorsque les Surnom de Bacchus.

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EVAPORATION : C’est cet Eudica qui accoutume la


Séparation des esprits ou matière matière aux atteintes du feu. C’est
spirituelle des corps, par l’action de ce serviteur rouge qu’il faut marier
l’air ou du feu. Le mercure des avec sa mère odorante ; ce Pyrrhus,
Sages a deux taches originelles, dit fils d’Achille, aux cheveux rouges,
d’Espagnet ; la première est une aux yeux noirs, et aux pieds blancs.
terre impure, sulfureuse que l’on en Ce Chevalier armé pour combattre
sépare par le bain humide ; la se- le Dragon, et lui arracher la vierge
conde est une humidité superflue intacte Beja, ou blanche ; Persée qui
qui s’est nichée entre cuir et chair, en présentant la tête de Méduse,
et qui le rend par le bain sec du feu défend Andromède, fille de Cassiopé
doux et bénin hydropique ; il faut la et de Céphée Roi d’Ethiopie, contre
faire évaporer par le bain sec du feu le Monstre marin, la délie des
doux et bénin de la Nature. chaînes qui la retenaient, et la
EUDICA : prend pour épouse.
Matière du grand œuvre des Philo- EUDICA. Quelques-uns croient qu’il
sophes Chimiques. O bon Roi ! dit faut entendre ce terme de la ma-
Morien, vous devez savoir parfaite- tière au blanc ; d’autres, avec le Phi-
ment avant toutes choses, que la lalèthe, l’expliquent de la matière
fumée rouge, et la fumée blanche, et en putréfaction.
la fumée orangée, et le lion. vert, et
Almagra, et Pimmondice du mort, et EVE :
le limpide, et le sang, et l’Eudica, et Magistère des Sages, lorsqu’il est
la terre fétide, sont des choses dans parvenu à la blancheur.
lesquelles consiste tout le magis-
tère. Morien explique dans la suite EUPHEMUS :
ce que c’est qu’Eudica. Eudica, dit- L’un des Argonautes, et leur Pilote.
il, est la chose la plus secrète de C’est à lui que Triton donna une
toutes celles que je viens de nom- motte de terre, dont la signification
mer. On l’appelle autrement Mos- est expliquée dans le liv. 2, chap. 1
zhacumia, ce qui signifie fèces ou des Fables Egypt. et Grecques dé-
immondices du verre. Il ne faut ce- voilées.
pendant pas s’imaginer que Morien
EUPHRATE :
entende par ces termes, les excré-
Est un des noms donnés par les
ments ou superfluités hétérogènes
Chimistes Hermétiques à la matière
qui se trouvent dans les creusets
du grand œuvre parvenue à la cou-
des Verreries : c’est la base de tous
leur blanche.
les êtres, et par conséquent du
verre. C’est la pierre au blanc. EUROPE :
EUDICA. (Sc. Herm.) Eau mercu- Sœur de Cadmus, et fille d’Agénor,
rielle des Philosophes, faite pour fut enlevée par Jupiter changé en
défendre le corps de la terre de Taureau blanc. Il en eut Minos et
combustion, ce qui lui a fait donner Rhadamanthe. Voyez l’explication
par Morien le nom de fiel ou fèces de de cette fiction, liv. 3, ch. 14, § 5.
verre, parce que les fèces de verres
mêlées avec les métaux en fusion, EURYDICE :
empêchent qu’ils ne soient brûlés. Voyez l’article d’ORPHÉE.

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   -E- 129 

EURYSTHEE : signifie Fleur en français. Je laisse


Roi de Mycènes, ayant obtenu le au Lecteur savant dans la Philoso-
pouvoir de commander à Hercule, il phie Spagyrique à juger si Fabri
l’obligea d’aller tuer un Sanglier était Philosophe, ou s’il en donne à
furieux qui ravageait toute la mon- garder, comme ces Messieurs ont
tagne d’Erymanthe ; Hercule y fut, coutume de faire. On trouve cette
s’en saisit et le porta tout vivant à fable et les autres travaux d’Hercule
Eurysthée. Cette fable, selon expliqués dans le 5e livre des Fables
l’explication des Alchimistes ou Phi- Egypt. et Grecq. dévoilées.
losophes Spagyriques, est le sym- EURYTHUS :
bole du grand œuvre. Le mont Ery- Roi d’Œchalie, avait une fille vierge
manthe signifie le vaisseau philoso- qu’il refusa de donner en mariage à
phique, qu’ils appellent assez com- Hercule. Celui-ci ravagea toute
munément Montagne. Le Sanglier
l’Œchalie, tua Eurythus, et se maria
est le mercure philosophique, dont
avec Iole sa fille. Eurythus, selon les
les esprits corrosifs détruisent tout
Alchimistes, signifie l’esprit minéral
ce qu’on leur donne à dissoudre.
et les parties hétérogènes qui noir-
Hercule est l’Artiste qui travaille ce
cissent et corrompent la matière
mercure, le lie en le fixant ; et après
chimique qui renferme cette terre
l’avoir animé de son soufre, en fait
vierge dont Iole est le symbole. Her-
la pierre philosophale, et la méde-
cule ou le mercure philosophique
cine universelle représentée par Eu-
cherche à s’unir avec cette terre
rysthée.
vierge, mais Eurythus s’y oppose
Fabri dit que cette fable dévoile ce par ses parties hétérogènes. Le
que les Philosophes se sont toujours mercure philosophique putréfie Eu-
rythus, le tue, pour ainsi dire, et par
efforcés de cacher, c’est-à-dire la
matière de leur pierre, et l’endroit ce moyen obtient Iole par force,
où l’on doit chercher cette matière. s’unit avec elle, et en la sublimant,
Voici comment il s’explique dans l’élevé au haut du vase, que les Al-
son livre intitulé : Hercules Piochy- chimistes nomment le Ciel, et en
fait une terre feuillée, d’où doit
micus. Sous cette fable, dit-il, est
naître ce fils admirable qui fait la
caché le plus excellent et le plus
joie de l’Univers, et sa félicité.
admirable secret de la Chimie ; car
elle nous découvre ce que les Philo- EXALTATION :
sophes ont enveloppé du ténébreux Voyez SUBLIMATION.
voile de l’énigme. Elle nous montre EXALTATION D’EAU. C’est la fixation
quel est, et en quel lieu l’on trouve du mercure des Sages en pierre ;
ce Sanglier d’Erymanthe, qui est le parce qu’alors l’eau mercurielle est
vrai mercure des Philosophes ; car exaltée en perfection, comme dit
de la fleur de Vénus et du mercure Hermès dans la Table d’Emeraude.
vulgaire, préparés comme il faut,
l’on tire cette vapeur onctueuse dont EXALTATION. Les Philosophes Her-
les Philosophes font tant de cas. On métiques comptent l’exaltation
le voit par le terme d’Erymanthœus, entre les sept opérations du grand
qui ne signifie autre chose que fleur œuvre ; c’est la sublimation philoso-
de Vénus ; car Erycine était un sur- phique prise dans le sens de subli-
nom de Vénus, et Anthos en grec, mation ou perfection.

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   -E- 130 

EXALTER. En terme de Science EXTRAIRE LE SUC DE LA SATURNIE


Hermétique, sublimer, perfection- VEGETABLE :
ner. Lorsque les Philosophes disent C’est tirer le mercure de sa minière.
que leur matière est exaltée, il faut EXTRAIRE LES ELEMENTS. Continuer
entendre, ou qu’elle est subtilisée le régime du feu pour les opérations.
par la sublimation, ou qu’elle a déjà Si vous ne savez pas extraire l’eau
acquis le degré de perfection qu’elle de l’air, la terre de l’eau, et le feu de
doit avoir pour être élixir au blanc la terre, vous ne réussirez pas dans
ou au rouge. l’œuvre, dit Aristote le Chimiste.
EXALTER. Perfectionner ; ce qui se C’est-à-dire, qu’il faut continuer les
fait non par les opérations de la opérations du magistère de manière
chimie vulgaire, mais par la simple que vous réussissiez à voir le régime
digestion à l’aide du feu philoso- des couleurs dans leur ordre ;
phique. Lorsque l’œuvre est par- d’abord le noir, qui est une preuve
faite, ils donnent à leur poudre le de la dissolution de la matière en
nom de Pierre exaltée. eau ; ensuite le blanc, qui est la
terre feuillée des Philosophes ; enfin
EXCREMENT DU SUC DU PLAN DE
la couleur rouge, qui est le feu des
BACCHUS :
Sages ou la minière de leur feu,
C’est le tartre.
c’est-à-dire, leur soufre vif et animé.
EXTRACTION :
EXTREMES :
En termes de Chimie Hermétique,
Les extrêmes de l’œuvre sont les
ne signifie pas, comme dans la Chi-
mie ordinaire, une expression du éléments principes de tout, et l’or,
perfection de l’œuvre. Il ne faut
suc de quelque plante, ou de
point prendre les éléments ni l’or
quelque animal, etc., mais une con-
pour la matière de l’œuvre mais une
tinuation du régime du feu philoso-
matière qui participe des éléments
phique, au moyen duquel une cou-
principes, ou matière féconde des
leur succède à une autre. C’est dans
ce sens qu’ils disent, qu’il faut ex- mixtes métalliques. De même que
pour faire du pain, on ne prend ni
traire la rougeur de la blancheur,
du pain cuit, ni l’eau et la terre qui
parce que la blancheur doit toujours
précéder la rougeur de la matière ; sont les principes du froment ; mais
la farine même du froment.
c’est pourquoi la Fable dit que
Diane, sœur d’Apollon, servit de EXTREMITES DE LA PIERRE :
sage-femme à sa mère, pour lui ai- Philalèthe les appelle dimensions,
der à mettre au monde Phœbus, qui et dit que le mercure en est une et
est le même qu’Apollon ou le Soleil, l’élixir complet l’autre. Les milieux
et que les Philosophes Chimiques sont les corps ou métaux philoso-
appellent Diane nue, Lune, Or phiques imparfaits. Les deux extré-
blanc, leur matière au blanc parfait mités dans l’œuvre sont la trop
; et qu’ils nomment Soleil, Apollon grande crudité de la matière avant
ou leur Or, la matière parfaite au qu’elle soit préparée, et sa parfaite
rouge. Quand on dit qu’il faut com- fixation ; c’est-à-dire, le mercure
mencer l’œuvre par l’extraction du crud et la poudre de projection.
mercure, on doit entendre ce terme
EYEB :
dans sa signification vulgaire.
Or.

‐ 130 - 
 
   -E- 131 

EZEP :
Soleil des Philosophes.
EZIMAR :
Fleurs d’airain.

‐ 131 - 
 
   -F- 132 

F
homme célèbre dont la mémoire se-
FABA :
ra éternellement en vénération.
Le tiers d’un scrupule.
Examinant ensuite quel but il pou-
FABA AGRESTIS : vait se proposer en les inventant, on
Lupins. aurait trouvé qu’il avait rassemblé
un certain nombre d’hommes choisis
FABIOLA :
de sa main comme capables d’être
Fleurs de fèves. instruits des sciences qu’il voulait
FABLES : leur apprendre, et de garder le se-
On s’est beaucoup tourmenté cret sur cet art Sacerdotal, qu’il se
l’esprit pour trouver des systèmes proposait en conséquence de leur
au moyen desquels on pût expliquer enseigner par des énigmes, des pa-
les Fables anciennes qu’Homère, raboles, des allégories et des fables
Hésiode et plusieurs autres nous qu’il inventa pour cet effet. Presque
ont transmises. Les Mythologues les tous les Auteurs anciens ont parlé
ont regardées comme des leçons de de ce secret qui était recommandé
morale, d’autres comme des explica- aux Prêtres sous peine de la vie à
tions de physique ; quelques-uns n’y celui qui le révélerait. On sait
voient que des traits de la politique d’ailleurs qu’ils se le transmettaient
la plus raffinée, quelques autres sous le voile des fables et des hiéro-
pensent y trouver l’histoire entière glyphes. En fallait-il davantage
des temps qu’ils appellent néan- pour fixer les idées sur l’objet des
moins fabuleux ; et, malgré toute la fables ? Je crois avoir prouvé, je di-
torture que tous ces Savants ont rais même démontré que les fables
donnée à leurs esprits, ils n’ont pu n’en avaient point d’autre, dans
réussir à les expliquer de manière à mon traité des Fables Egyptiennes
satisfaire les gens sensés et les et Grecques dévoilées et réduites au
moins difficiles. Il ne fallait, pour y même principe. C’est donc dans la
réussir, que remonter jusqu’à la matière et les procédés de cet art
source des Fables, suivre leur nais- Sacerdotal ou Hermétique qu’il fal-
sance et leurs progrès ; on aurait vu lait chercher et puiser les explica-
que les Fables Grecques n’étaient tions de ces fables, et non dans
qu’une imitation de celles des Egyp- l’histoire, la morale ou la politique.
tiens. Les plus anciens Auteurs ont Je l’ai fait dans le Traité que je
eu même soin de nous avertir que viens de citer, et dans les différents
Musée, Orphée, etc. les avaient pui- articles de Mythologie insérés dans
sées en Egypte, et les avaient ce Dictionnaire, où, pour abréger, je
transportées dans la Grèce. me contente le plus souvent de ren-
voyer au Traité ci-dessus.
Le lieu de leur naissance une fois FACCA DE MALAQUA :
trouvé, il ne s’agissait plus que de
Anacardes.
découvrir le père de tant d’enfants ;
on aurait vu que ce fut Hermès FACINUM :
Trismégiste, ce grand homme, cet Airain.

‐ 132 - 
 
   -F- 133 

FACTION : ture semble se renouveler et


Action de faire, manière de procéder prendre une nouvelle vie. Les Philo-
à une chose. Faction de notre divin sophes Hermétiques ont donné le
œuvre. Zachaire. nom de Favonius à la matière de
l’œuvre parvenue au blanc, qui in-
FADA :
dique le printemps philosophique ;
Matière de l’œuvre parvenue à la parce que la couleur noire qui la
blancheur. précède, annonce la mort du sujet,
FAIM DES PHILOSOPHES : et le froid de la matière qui semble
Désir ardent d’apprendre tout ce qui alors dans l’inaction, comme la Na-
regarde l’art Hermétique, et les ture paraît y être pendant l’hiver.
connaissances que l’on peut acqué- FAUX DE SATURNE :
rir par son moyen. Qui coupe les ailes et les jambes à
FAISANT D’HERMES : Mercure. Expressions des Philo-
Nom que quelques philosophes sophes, par lesquelles ils entendent
Chimiques ont donné au mercure la partie fixe de la matière de
des Sages, tant à cause de sa volati- l’œuvre qui fixe la volatilité du mer-
lité, qu’à cause des différentes cou- cure des Sages. Nicolas Flamel nous
leurs qu’il prend dans le cours des a conservé une figure symbolique
opérations du grand œuvre. d’Abraham Juif, où Saturne est re-
présenté sous la figure d’un vieil-
FALCANOS : lard caduc, la bouche béante et une
Arsenic. faux à la main, poursuivant Mer-
FALEX : cure.
Fer. FEBLECH :
FASDIR ou SASDIR : Fer ou acier des Philosophes.
Etain, Jupiter. FEBUS :
FAUFEL : Enfant vierge.
Aréca et Catechu.
FECES :
FAULEX :
Terme de science Spagyrique, pris
Acier.
du latin fœces. Il signifie crasse, lie,
FAUNES : impuretés, limon, ordure, excré-
Qu’on appelle aussi Satyres, Syl- ment, et les parties les plus gros-
vains. Ils habitaient les bois et les sières, impures et étrangères qui se
forêts. Voyez ce qu’ils signifient précipitent au fond des vases, et que
dans l’article de BACCHUS. l’on appelle autrement résidence,
particulièrement lorsqu’il s’agit des
FAVONIUS :
liqueurs quand elles se purifient
Vent qui souffle de l’endroit du ciel d’elles-mêmes, comme le vin.
où le soleil se couche au temps des
équinoxes. Les Anciens l’appelaient FECES DU NITRE :
le Vent de génération et de produc- Salpêtre.
tion, le Zéphyr ou Porte de vie,
parce qu’il souffle plus communé- FECLA :
ment au printemps, lorsque la Na- Lie de vin.

‐ 133 - 
 
   -F- 134 

FEDEUM ou FEDUM : tance de l’œuvre le Règne de Mars.


Safran. Voyez REGNE.
FELDA : FERMENT :
Argent, Lune des Philosophes. En termes d’Alchimie, est une ma-
tière fixe, qui, mêlée avec le mer-
FEL VITRI :
cure, le fait fermenter et lui donne
Ecume de verre. sa propre nature, comme le levain
FEL DRACONIS : fait à la pâte.
Mercure de l’étain. FERMENT. (Sc. Herm.) Il y a plu-
FEMME : sieurs sortes de ferments ; les uns
sont simples, les autres composés.
Les Chimistes Hermétiques ont
Les simples sont ceux qui sont ho-
donné communément le nom de
mogènes et sans mélanges, tels que
Femme ou de Femelle à leur Lune,
les éléments et les âmes extraites de
ou mercure des Philosophes ; quel-
leurs corps. Les composés sont ceux
quefois aussi à leur matière volatile
qui ont été mêlés avec d’autres, tels
dans tous les états où elle se trouve
que les corps réduits en nature de
pendant le cours des opérations du
soufre, et joints avec leur huile, n y
magistère. C’est ce qui la leur a fait
a aussi des ferments sulfureux des
personnifier pour en composer les
corps imparfaits ; on les appelle
anciennes fables tant Grecques
ferments moyens. Mais si l’on ignore
qu’Egyptiennes, dans lesquelles on
la façon de réduire les métaux par-
lui a donné les noms de Cybèle, Cé-
faits en leur première matière, c’est-
rès, Isis, Latone, Coronis, Europe,
à-dire, en leur mercure, on tentera
Léda, etc. Quand ils l’ont appelée
en vain de parvenir à la fin de
Femme blanche, ils avaient en vue
l’œuvre, parce qu’on ne pourra faire
la circonstance où cette matière est
ni ferment simple, ni ferment com-
parvenue au blanc.
posé, en quoi consiste le secret de
FEMME DES PHILOSOPHES. C’est le l’élixir.
mercure ; et l’homme, ou le mâle,
Il faut observer de plus qu’il y a
est le soufre.
deux sortes de matière première :
FEMELLE : l’une est prochaine, l’autre éloignée.
Les Philosophes Chimiques disent La prochaine est l’argent-vif,
que leur mercure est mâle et fe- l’éloignée est l’eau ; car l’argent-vif a
melle, ou androgyne ; mais lorsqu’ils été premièrement eau, puis terre,
parlent en particulier de femelle, ils ensuite eau, et enfin eau sèche. La
entendent leur mercure, et par mâle réduction des corps parfaits en mer-
le soufre. cure, ou en leur première matière,
n’est qu’une résolution d’une ma-
FEMELLE BLANCHE. C’est le mercure
tière parfaite, fixe, blanche, rouge et
au blanc.
congelée.
FER DES PHILOSOPHES :
Les ferments doivent être très bien
Magistère parvenu au rouge couleur
prépares avant de les employer pour
de rouille de fer, parce qu’alors sa
la fermentation. Cette préparation
couleur approche de celle du Crocus
consiste à les faire passer par tous
Martis. On appelle cette circons-
les principaux régimes du magis-

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   -F- 135 

tère ; c’est-à-dire, qu’ils doivent fait les imbibitions pour la multipli-


premièrement ressembler à de la cation de la pierre. La pierre philo-
poudre calcinée au moyen de la li- sophale parfaite n’est proprement
quéfaction, ensuite devenir une qu’un ferment qui se mêle et
poudre dissoute, puis une poudre s’insinue dans toutes les parties des
congelée, et enfin une poudre su- métaux imparfaits sur lesquels on
blimée et exaltée. la projette en très petite quantité, à
proportion du degré de perfection
Tout le secret consiste à mortifier et
qu’on lui a donné par les opérations
à endurcir ; car sans cela on ne
réitérées sur la même matière. Elle
pourrait la fixer. La cendre d’argent
en sépare tout l’impur et
est ferment dans l’œuvre au blanc,
l’hétérogène, et s’appropriant tout
et la cendre d’or dans l’œuvre au
ce qui est de sa nature, en fait de
rouge. L’or et l’argent des Philo-
l’or si le ferment est or, de l’argent si
sophes est leur eau, et cette eau est
le ferment est argent. C’est donc
le ferment du corps ; ces corps sont
mal-à-propos qu’on dit que les Al-
leur terre ; le ferment de cette eau
chimistes cherchent à faire de l’or ;
divine est une cendre, parce qu’elle
la première intention des vrais Phi-
est ferment du ferment.
losophes est de trouver un remède
Il faut donc joindre l’argent avec contre les maux qui affligent la na-
l’argent, et l’or avec l’or, c’est-à-dire, ture humaine ; la seconde est de
l’eau avec la cendre, ou le ferment trouver un ferment, qui, mêlé avec
avec le ferment. Tout cela s’entend les métaux imparfaits, puisse mani-
de la médecine du second ordre, qui fester ce qu’ils contiennent d’or, qui
consiste à joindre l’humide avec le avant la projection était renfermé
sec, d’abord après leur préparation. dans ces métaux, et confondu avec
L’humide est l’esprit liquide purgé des parties hétérogènes et terrestres
de toute impureté, et le sec est le diversement combinées entre elles,
corps pur et calciné. de manière que la différence des
Lorsque le magistère est parvenu à combinaisons faisait la diversité des
un certain degré de perfection, il métaux, dont le principe est le
faut y ajouter un ferment, qui est même, mais la cuisson et la diges-
l’or, afin qu’il change toute la ma- tion différentes. Ce ferment ne fait
tière en sa propre nature, et déter- qu’achever et perfectionner en peu
mine le magistère à la nature mé- de temps cette cuisson, que la Na-
tallique, qui avant ce mélange était ture n’aurait pu faire que dans la
indéterminé. Après que ce mélange durée de plusieurs siècles ; et qu’elle
a fermenté, toute la pierre est tel- n’aurait même jamais fait dans les
lement fixe, qu’elle devient ferment, métaux imparfaits, faute d’un agent
et principe de fixité pour tous les assez actif pour en séparer l’impur
métaux sur lesquels elle sera proje- qui s’y mêle sans cesse par le défaut
tée. Quand on veut s’en tenir au de la matière où ils sont renfermés.
blanc, il faut prendre la Lune pour FERMENTATION :
ferment, et bien prendre garde à ne En terme de Physique, est une sé-
pas s’y tromper. paration naturelle de la matière sul-
Quelques-uns donnent le nom de fureuse d’avec la saline dans un
ferment au mercure, quand on en corps, ou lorsque par la jonction de

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   -F- 136 

ces deux matières il se compose na- après avoir fait sécher la chaux des
turellement un mixte. métaux faite à l’eau forte, on jette
un peu de cette chaux dans de
FERMENTATION. Action de l’air sur
l’huile de tartre. Glauber.
les mixtes, qui en s’y raréfiant, en
altère la forme, en désunit les par- Les gens qui ferment le foin avant
ties sans y produire une dissolution qu’il soit bien sec, ont, malheureu-
entière comme la putréfaction. La sement pour eux, une funeste
fermentation tient le milieu entre la preuve de cette ébullition ou échauf-
liquéfaction et la putréfaction. fement ; le fumier de cheval
Toutes trois sont des effets de la s’échauffe aussi par lui-même. Cette
raréfaction ; mais la putréfaction ébullition qu’on appelle aussi effer-
introduit des parties aqueuses dans vescence, est comme une prépara-
les pores des mixtes, la fermentation tion à la fermentation et à la putré-
des parties aériennes, et la liquéfac- faction.
tion des parties ignées. Il y a trois La fermentation proprement dite,
espèces de fermentations ; celle qui
est la raréfaction d’un corps dense,
se fait par enflure, gonflement, tu- par l’interposition de l’air dans ses
méfaction, ébullition, et inflamma- pores. Le trop grand froid, la trop
tion ou échauffement interne du grande chaleur, et l’empêchement
mixte ; la seconde est proprement la de l’accès libre de l’air ou de son ac-
fermentation ; et la troisième est tion, sont des obstacles à la fermen-
l’acétification ou aigreur survenante tation. Elle doit donc se faire dans
au mixte. La première se voit dans un vase ouvert, ou dans lequel il y
toutes les enflures qui surviennent ait assez de vide pour que l’air
aux parties molles des animaux, puisse s’y raréfier. Au commence-
quand ils ont pris du venin, ou qu’ils ment de la fermentation le mouve-
ont reçu quelque coup un peu vio- ment du vaisseau y est contraire ;
lent, ou qu’elle est occasionnée et sur la fin il y aide, pourvu qu’il ne
causée par quelque maladie ; tels soit pas trop violent. Lorsque la
sont les boutons avant qu’ils soient fermentation se fait dans un vase
purulents, les bubons, les pustules ouvert, le corps fermenté a beau-
de la petite vérole, des maux véné- coup moins de force que lorsqu’elle
riens, etc. On dit alors que le sang est faite dans un vase fermé ou bou-
fermente, et il faudrait plutôt dire ché, ce que l’on remarque dans les
qu’il y a ébullition dans le sang. Be- vins qu’on appelle fous. Le levain
cher. Cette ébullition ou gonflement fait fermenter la pâte.
se fait aussi remarquer dans les
viandes qu’on appelle venteuses, ou L’acétification ou aigreur est le
flatueuses, telles que les pois et commencement de la fermentation,
autres légumes semblables ; lors- comme elle en est une espèce quand
qu’on les fait cuire, on les voit se elle est complète ; et cette aigreur a
gonfler à mesure que l’air, qui y est la raréfaction pour cause.
renfermé, s’y raréfie. On voit aussi L’élévation et évaporation des par-
cette ébullition ou gonflement dans ties subtiles et sulfureuses des li-
les mélanges des matières miné- queurs est la cause de l’aigreur ; et
rales ; lorsque, par exemple, on si la fermentation se fait dans un
verse de l’huile de tartre sur de vase clos, elle sera beaucoup plus
l’alun. La même chose arrive, si longue ; par cette raison l’aigreur en

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   -F- 137 

sera plus forte, et ne succédera à la Ce que les Philosophes appellent


fermentation, que lorsque les par- proprement fermentation est
ties grossières auront enveloppé et l’opération de l’élixir. Il ne suffit
condensé les parties subtiles. Les pas, pour parfaire le grand œuvre,
vins les plus violents sont les meil- de pousser le magistère au rouge.
leurs pour faire le vinaigre. La pratique de la pierre, dit
d’Espagnet, s’achève par deux opé-
FERMENTATION. (Sc. Herm.) Phila-
rations ; l’une consiste à créer le
lèthe définit la fermentation Her-
soufre ou magistère, l’autre à faire
métique, dans la médecine du se-
l’élixir, et ce dernier se fait par la
cond ordre, l’incorporation de celui
fermentation. En vain tenterait-on
qui anime, la restauration de la sa-
veur, l’inspiration de l’odeur, et le la projection, si la pierre n’est fer-
mentée. Le magistère au rouge est
supplément des êtres. Et tout cela
un soufre ou une terre très subtile,
ne signifie que la réduction de puis-
extrêmement chaude et sèche ; elle
sance en acte du corps qui donne la
cache dans son intérieur un feu de
teinture et de celui qui la reçoit.
nature très abondant, qui a la vertu
Si vous ne savez donner le feu au d’ouvrir et de pénétrer les corps des
feu, le mercure au mercure, vous ne métaux, et de les rendre semblables
réussirez jamais ; c’est en quoi con- à elle ; ce qui lui a fait donner le
siste toute la perfection du magis- nom de père et de semence mascu-
tère et la médecine du second ordre. line. Mais de ce soufre il faut en
Il faut aussi savoir que tous les créer un second, qui pourra ensuite
termes ci-après se rapportent à être multiplié à l’infini. Ce soufre se
cette médecine : inspirer, vivifier, multiplie de la même matière dont
semer, mettre, mêler, joindre, infu- il a été fait, en y ajoutant une petite
ser, incorporer, marier, donner, partie du premier, et fermentant le
épouser, fermenter, tuer, mortifier, tout avec le ferment rouge ou blanc,
congeler, fixer et teindre. selon l’intention de l’Artiste. La
fermentation se fait ainsi, suivant
La fermentation est une des opéra- Philalèthe : prenez une partie de ce
tions que les Philosophes ont tenue soufre igné et trois parties d’or très
des plus secrètes, et n’en ont parlé pur, faites fondre le soleil dans un
que par énigmes et paraboles fort creuset neuf, et quand il sera liqué-
obscures, afin de ne point en décou- fié, jetez-y votre soufre, prenant
vrir le secret, lequel si on l’ignore, bien garde qu’il n’y tombe aucun
on travaille en vain. Hermès dans le charbon. Quand ils seront fondus
7e livre de ses Traités, en parle plus ensemble, jetez le tout dans un vase
clairement qu’aucun autre Philo- de terre, ou dans un autre creuset,
sophe, lorsqu’il dit que les ferments et vous aurez une masse très rouge
sont composés de leur propre pâte ; et friable. Prenez une partie de cette
il ajoute ensuite que les ferments masse en poudre fine, que vous mê-
blanchissent le composé, lerez avec deux parties de mercure
l’empêchent d’être brûlé, retardent philosophique. Mêlez bien le tout, et
le flux de la teinture, consolident les l’ayant mis dans l’œuf, recommen-
corps, et en augmentent l’union. cez la première opération, avec le
Ceux qui cherchent le ferment dans même régime ; vous pourrez réitérer
les minéraux sont dans l’erreur. cette fermentation, si vous le voulez.

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   -F- 138 

FERMENTER : quantité contre quelque corps que


Les Philosophes recommandent très ce soit, le pénètre, le traverse, et en
souvent de fermenter la matière ; désunit les parties à peu près de la
mais ils n’entendent pas toujours la même manière que nous voyons agir
même chose. Quelquefois ils parlent le feu ordinaire. Ces deux feux
de la fermentation pour la confec- n’agissent pas par le même moyen.
tion de l’élixir, et quelquefois de la Le feu du soleil agit par lui-même, il
continuation du régime pour passer est poussé par cet astre seul, il agit
d’une couleur à une autre ; c’est également dans le vide comme dans
dans ce dernier sens qu’il faut les l’air libre. Notre feu ordinaire n’agit
entendre, lorsqu’ils disent qu’il faut que selon les lois de l’équilibre des
épaissir, teindre et fermenter la liqueurs. L’air plus pesant que la
première composition. C’est la flamme la pousse, selon ces lois,
même chose que semer l’or dans la sans quoi elle serait sans mouve-
terre blanche feuillée. Philalèthe ment, et peut-être sans action ; car
l’explique ainsi dans son traité De elle ne saurait subsister ni agir
vera Confectione Lapidis Philoso- dans un lieu vide d’air. Les effets de
phici. Semez votre or, dit-il d’après ces deux feux sont en conséquence
Hermès, dans une terre blanche un peu différents. Un métal fondu
feuillée. Semez, c’est-à-dire, joignez, avec un verre ardent, et coagulé
fermentez votre or, c’est-à-dire, après, a les pores et les interstices
l’âme et la vertu tingente, dans une plus serrés que le même métal qui
terre feuillée, c’est-à-dire, dans aurait été mis en fusion par notre
votre matière dépouillée de toutes feu ordinaire, parce que les parties
ses superfluités. de celui-ci qui se sont engagées et
qui ont pénétré dans les interstices
FERMER :
de ce métal, sont plus grossières et
Coaguler, remettre en corps, fixer ont laissé des passages plus ouverts.
une matière liquide ou volatile. De-là vient aussi que les dissolvants
FERU : ordinaires des métaux agissent
Jupiter, ou étain. moins sur ces métaux mis en fusion
par le feu du soleil, que sur ceux qui
FEU : l’ont été par le feu commun.
En termes de Physique, matière de
FEU. En termes de Chimie, se dit
la lumière. C’est le feu proprement
également de tout ce qui fait l’office
dit. Le feu ordinaire, tel que celui de
du feu élémentaire. Ils le réduisent
nos fourneaux et de nos cheminées,
cependant à plusieurs sortes, qui
est un liquide composé de la matière
sont :
de la lumière et de l’huile du bois,
du charbon, ou des autres matières Le feu naturel inné dans la matière,
combustibles et inflammables. dont chaque individu a une portion,
Le feu du soleil n’est que la simple qui agit plus ou moins, selon qu’il
matière de la lumière répandue est excité par le feu solaire, ou le feu
dans l’air, sans le mélange d’aucune de cendres, qui consiste à mettre des
matière huileuse du bois, ou sem- cendres dans un vase, où l’on met le
blable, poussée par le soleil. Cette vaisseau qui contient les matières
matière étant réunie par un verre sur lesquelles on fait des opérations,
ardent, et poussée en assez grande et l’on entretien le feu vulgaire des-

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   -F- 139 

sous, qui échauffe les cendres, et les Pontanus dit qu’il ne se tire point de
cendres le vaisseau avec la matière la matière de la pierre ; qu’il est in-
contenue. Le feu de cendres a une génieux, et qu’il a travaillé trois ans
chaleur moyenne entre le feu de sur la vraie matière, sans pouvoir
sable et le bain-marie. réussir, parce qu’il ignorait le feu
philosophique, dont il a été instruit
Le feu de sable n’est autre que le
par la lecture du livre Artéphius
sable substitué à la cendre. Sa cha-
(Clavis major). Christophe Parisien,
leur tient le milieu entre le feu de
dans son traité de Arbore Solari,
sable et le suivant.
fait un parallèle du feu vulgaire et
Le feu de limailles, que l’on met au du feu philosophique, où il en
lieu de sable, quand on veut avoir marque toutes les différences.
une chaleur plus vive. Ce feu ap-
Bernard, Comte de la Marche Tré-
proche beaucoup de celui qu’on ap-
visanne, connu sous le nom du bon
pelle feu ouvert ou feu libre, c’est-à-
Trévisan, dit dans son traité de la
dire, qui agit immédiatement sur le
Parole délaissée : Faites un feu non
vase qui contient la matière sur la-
de charbons, ni de fient, mais vapo-
quelle on opère ; tel est le feu de fu-
rant, digérant, continuel, non vio-
sion, qui est de deux sortes :
lent, subtil, environné, environnant,
Le feu de charbons et celui de aéreux, clos, incomburant, altérant.
flammes. L’un et l’autre servent aux Pontanus dit que ce même feu est
fusions, cémentations, épreuves, métallique et qu’il participe du
calcinations, réverbères. Celui de soufre.
flammes se nomme feu vif ; il sert
Il faut distinguer chez les Sages
particulièrement pour le réverbère.
deux sortes de feu, le feu inné de la
Quelques-uns emploient aussi des matière, et le feu externe et excitant.
mottes de Tanneurs pour avoir un Ils donnent aussi le nom de feu à
feu doux et égal. leur mercure ou eau céleste ; et
quand ils parlent de ce dernier, ils
Les Philosophes Hermétiques ont disent comme Van-Helmont : les
aussi leur feu, auquel ils donnent Chimistes vulgaires brûlent et calci-
des propriétés tout-à-fait opposées nent avec le feu, et nous avec l’eau.
au feu élémentaire dont nous venons C’est ce feu en puissance qui ne
de parler. brûle pas les mains, et qui mani-
feste son pouvoir lorsqu’il est excité
Riplée distingue quatre sortes de par l’extérieur.
feux : le naturel, l’innaturel, le feu
contre nature, et le feu élémentaire. Ce feu est celui qu’ils ont appelé na-
Raymond Lulle ne le divise qu’en turel, parce qu’il est dans la ma-
trois : le feu naturel, le non naturel, tière ; et contre nature, parce que
et le feu contre nature ; mais tous c’est une eau qui fait de l’or un es-
dissent que le feu qu’ils appellent prit, ce que le feu vulgaire ne sau-
philosophique n’est pas le feu vul- rait faire. Les Philosophes nomment
gaire ; et que tout le secret de l’art aussi feux contre nature toutes les
consiste dans la connaissance de la eaux-fortes vulgaires, par opposition
matière de l’œuvre et dans le régime à leur eau qui vivifie tout, au lieu
du feu.

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que les eaux-fortes détruisent la FEU SECRET. C’est celui du mercure


nature. des Sages.
Le feu des Sages gradue comme ce- FEU HUMIDE. C’est l’azot.
lui des Chimistes vulgaires, mais FEU DIT SIMPLEMENT. C’est le
d’une manière bien différente. Le soufre.
premier degré est celui du soleil en
hiver ; c’est pourquoi ils disent qu’il FEU ET EAU. C’est le soufre et le
faut commencer l’œuvre sur la fin mercure.
de l’hiver ; le second est celui FEU CENTRAL. C’est le soufre de la
d’Ariès ou du printemps ; le troi- matière.
sième est celui du mois de juin ; et
le quatrième celui du mois d’août. Après avoir rapporté quelques-uns
Ils ont donné divers noms à ces de- des feux dont parlent les Philo-
grés de feu : Feu de Perse, Feu sophes pour s’accommoder à la ma-
d’Egypte, Feu des Indes, etc. Ils nière de penser et d’agir des Chi-
semblent même se contredire ouver- mistes vulgaires, il est bon d’avertir
tement entre eux. Lorsque l’un dit, qu’il ne faut pas se laisser tromper
il faut augmenter le feu à chaque par leur ingénuité apparente sur cet
mutation de couleurs (Arn. de Ville- article, et quoique Basile Valentin
neuve) ; l’autre dit, il faut toujours nous dise que le feu des Philosophes
un feu du même degré. Mais on doit est le feu vulgaire, on ne doit cepen-
savoir que l’un parle du feu exté- dant l’entendre que du feu commun
rieur, et l’autre du feu interne. à tout le monde, c’est-à-dire, du feu
de la Nature qui est répandu dans
Chaque règne de la Nature a son tous les individus, et qui leur donne
feu analogue, dont il faut faire la vie. Il est aisé de s’en convaincre
usage dans les opérations philoso- quand on suit les Philosophes pas à
phiques. Lorsqu’ils se servent du pas, et qu’on les lit avec attention ;
terme Popansis, ils entendent la deux exemples suffiront pour cela.
coction qui mûrit la matière par la D’Espagnet dit, en parlant de
chaleur naturelle ; Epsesis ou Elixa- l’extraction du mercure des Sages :
tion, c’est par leur mercure et leur Plusieurs ont cherché notre mercure
chaleur humide ; Optesis ou Assa- dans le vitriol et le sel, quelques-
tion, c’est la coction qui se fait par la uns dans la matière du verre, parce
chaleur sèche. Gaston le Doux. qu’elle a une humeur radicale si
opiniâtrement attachée et adhé-
FEU DE SUPPRESSION OU AZOTIQUE.
rente aux cendres, qu’elle ne cède
C’est celui qui environne tout le qu’à la plus grande violence du feu ;
vaisseau. mais notre mercure se manifeste par
le doux feu de la Nature, qui, à la
FEU MATERIEL. C’est celui de
vérité, agit beaucoup plus lentement.
cendres.
Il ajoute même : fuyez le fratricide,
FEU VEGETAL. C’est le tartre. fuyez le tyran du monde, de qui il a
tout à craindre dans tout le cours de
FEU INFERNAL. C’est un lieu médio- l’œuvre. Philalèthe s’explique ainsi,
crement chaud. dans son ouvrage qui a pour titre :
FEU AZOTIQUE. Voyez FEU DE SUP- Enarratione methodica trium Gebri
PRESSION. medicinarum, seu de vera Lapidis

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philosophici confectione. Après avoir au noir. Feu étranger. Feu de char-


parlé des différents régimes qu’on bons. Feu de fumier. Feu innaturel,
doit observer pendant les quatre Feu de putréfaction. Toutes ces ex-
saisons philosophiques, on voit clai- pressions sont allégoriques, et Phi-
rement par ce que nous venons de lalèthe dit qu’elles ne signifient
dire, que quoiqu’il n’y ait qu’une autre chose que la matière des Phi-
seule opération pour la confection de losophes poussée au noir.
notre pierre, savoir, une seule décoc-
tion avec le feu naturel, l’état de la FEU SAINT-ANTOINE. Quelques Chi-
chaleur varie cependant de trois mistes se sont encore servi de ces
manières. termes pour exprimer la chaleur
naturelle. Johnson.
Il est bon de remarquer qu’il y a un
feu extérieur excitant, c’est-à-dire, FEU ETRANGER. Mercure des Sages
que la matière doit être conservée après la réunion du corps et de
dans un degré de chaleur conti- l’esprit.
nuelle ; mais que ce feu ne doit être,
comme le dit le Trévisan, qu’un FEU INNE. Voyez FEU ETRANGER
garde froidure ; et l’Auteur du
FEU ETRANGER. FEU HUMIDE.
Grand Rosaire recommande un feu
S’entend aussi de la chaleur du fu-
extérieur d’une chaleur si tempérée,
mier et du bain de vapeur. Il se
qu’elle ne doit point excéder la cha-
prend quelquefois pour le Bain-
leur intérieure de la matière.
Marie.
Que l’on fasse donc un feu adminis-
tré proportionnellement à celui de FEU DE PUTREFACTION. V. FEU HU-
la Nature, un feu subtil, aérien, MIDE.
clos, environné, persévérant, cons- FEU DE FIENT OU DE FUMIER. C’est
tant, évaporant, digérant, humide, lorsqu’on enterre le vase où est la
pénétrant, altérant, propre à mêler matière dans du fumier chaud de
les matières et à exclure le froid. cheval. Cette chaleur est d’un grand
FEU ARTIFICIEL. C’est le mercure usage pour la digestion des ma-
dissolvant des Philosophes. tières, et leur putréfaction.
FEU CORRODANT. Mercure dissol- FEU DIGERANT. Chaleur douce, soit
vant des Sages. sèche, soit humide, à laquelle on
expose la matière qu’on veut faire
FEU CONTRE NATURE. C’est le même
digérer, renfermée dans un vaisseau
que Feu corrodant.
clos ou non.
FEU HUMIDE. Voyez FEU ARTIFICIEL.
FEU DE CHARBONS. C’est lorsqu’on
FEU. Très souvent les Chimistes met la matière seule, ou dans un
donnent ce nom aux huiles, et aux vase, sur des charbons allumés.
liqueurs fortes, ardentes et brû-
FEU DE FLAMMES. Chaleur la plus
lantes. Le Feu de Vénus est l’huile
violente de toutes, particulièrement
extraite du soufre du cuivre. On
si on l’excite avec des soufflets. C’est
l’appelle aussi Etre ou Essence de
lorsqu’on expose la matière nue, ou
Vénus.
dans un vase, à l’ardeur de la
FEU. (Sc. Herm.) Mercure des Sages. flamme. Elle est d’usage pour les
Il faut l’entendre aussi de la matière calcinations, fusions des matières
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dures et compactes. Elle est la plus point, comme les Philosophes


usitée pour le réverbère. l’assurent avec raison, un feu de
charbons, de cendres, de sable ou de
FEU DE ROUE. C’est lorsqu’on ense-
lampe, et ce sont proprement ce feu
velit le vase dans du charbon, de
de nature, etc. qu’ils appellent leur
manière qu’il en soit environné des-
Feu secret, leur Feu philosophique.
sus, dessous et par les côtés. On
l’allume peu à peu dessous, et on C’est de ces feux qu’il faut entendre
tout ce qu’en ont dit Artéphius, Pon-
l’entretient lorsque les charbons
tanus, Riplée et tous les autres Phi-
sont tous enflammés, en y ajoutant
losophes ; et lorsque Pontanus dit
de nouveaux, à mesure que les
autres se consument, si l’opération qu’il se tire d’ailleurs que de la ma-
le demande. tière, il faut l’entendre du feu de
nature minéral et sulfureux qui se
FEU LIBRE. Est celui dont la chaleur trouve dans le principe essentiel,
frappe immédiatement la matière dont le poids de la matière n’est pas
ou le vaisseau qui contient cette augmenté.
matière. C’est en quoi il diffère des
bains. FEU DE LAMPE. Eau ou mercure des
Philosophes, et non le feu d’une
FEU EMPECHE OU DE MILIEU. Est
celui qui ne se fait sentir à la ma- lampe ordinaire, comme quelques-
uns l’ont conclu des paroles
tière, ou au vase qui la renferme,
d’Artéphius, lorsqu’il dit : Nous
qu’au moyen d’un autre vase dans
avons proprement trois feux, sans
lequel celui-ci est contenu. Les
lesquels l’Art ne peut être parfait.
bains de sables, de cendres, etc. sont
des Feux de Milieu, ou empêchés. Le premier est le Feu de Lampe, qui
est un feu continuel, humide, vapo-
FEU DE NATURE. Racine ou principal reux, aérien, et il y a de l’artifice à
ingrédient du composé philoso- le trouver. Il s’explique peu après en
phique. Riplée l’appelle Père du ces termes : le second est le feu de
troisième menstrue. C’est propre- cendres... ou, pour mieux dire, ce
ment le soufre mûr et digéré de l’or feu est cette chaleur fort douce, qui
des Sages. vient de la vapeur tempérée de la
FEU DE LA TERRE. C’est le soufre ou lampe. Philalèthe le dit encore plus
phlogistique. clairement dans son traité qui a
pour titre : Manuductio ad rubinum
FEU CONTRE NATURE. C’est un des cœlestem. Notre eau, dit-il, n’est pas
principes matériels du composé des le mercure vulgaire, c’est une eau
Philosophes. C’est par la réunion de vive, claire, brillante, blanche
ce feu avec celui de nature, qu’il en comme la neige, chaude, humide,
résulte un troisième appelé Feu in- aérienne, vaporeuse et digérante.
naturel. C’est cette chaleur de la lampe qui
étant administrée avec douceur, et
FEU INNATUREL. Résultat de la réu-
étant tempérée, entourera la ma-
nion du feu de nature et du feu
tière et la cuira, jusqu’à ce que, par
contre nature des Philosophes. Ce
la calcination, elle produise le feu de
feu innaturel est la cause de la pu-
cendres. C’est dans ces feux que le
tréfaction, de la mort du composé, et
vase est scellé hermétiquement.
de la vraie et parfaite solution phi-
Cette eau est notre vase, et dans
losophique. Ces feux ne sont donc

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elle se trouve notre fourneau secret, FEU DE GENERATION. C’est le feu


la chaleur duquel doit être modérée Philosophique.
et administrée en proportion géomé- FEU CELESTE. C’est le mercure des
trique pour que l’œuvre réussisse. Philosophes, quand il s’agit de
FEU DE CENDRES. Second feu requis, Science Hermétique. En Physique,
selon Artéphius, pour la perfection c’est le feu solaire.
du magistère. Mais on ne doit pas FEU CÉLESTE ENCLOS DANS UNE
l’entendre du Feu de Cendres de EAU. C’est le mercure philoso-
bois ou autre matière, tel qu’est le phique.
Feu de Cendres des Chimistes. Les
Philosophes Hermétiques FEU DRAGON. Voyez FEU CELESTE.
l’entendent de la vapeur douce, On l’appelle Dragon, parce qu’il dé-
tempérée du Feu de Lampe, dont vore tout ce qui est corrompu.
voyez l’article. FEU DE LA MATIERE. Est ce qu’ils
FEU EXTERNE. Le feu des Philo- ont appelé leur Or vif, leur Feu se-
sophes qu’ils appellent externe, ne cret, leur Agent, etc.
s’entend pas du feu extérieur, mais FEU DE LION. C’est l’élément du Feu,
du feu étranger à celui de la matière appelé Ether.
du magistère. C’est de ce Feu ex-
On distingue ordinairement dans le
terne qu’ils parlent, lorsqu’ils disent
feu quatre degrés de chaleur. Le
qu’il faut donner le feu au feu, et le
premier est celui du bain, du fu-
mercure au mercure. Ce que Maïer
mier, ou de digestion. C’est le plus
a représenté dans ses Emblèmes,
doux, et ce que nous appelons tiède.
par un homme tenant un flambeau
Il se connaît par le tact, et par ses
allumé qu’il approche d’un feu al-
effets. Il faut pour le tact, que la
lumé dans une forge, et par un Dieu
main puisse soutenir l’effet du feu
Mercure qui va joindre un autre
sans une sensation vive ; elle ne doit
Mercure. Ce feu est appelé par
faire qu’une douce et légère impres-
quelques-uns Feu occasionné, Ignis
sion. Le Feu vaporeux des Philo-
occasionatus. Ce feu sert aussi de
sophes est de ce genre ; ils le com-
nourriture à l’Enfant philosophique.
parent à la chaleur qu’éprouvent les
FEU ALGIR. En termes d’Alchimie, œufs lorsque la poule les couve, ou à
est le feu le plus vif qu’on puisse celle que l’on sent lorsqu’on ap-
avoir. plique la main sur la peau d’un
homme sain.
FEU ELEMENTAIRE. Est quelquefois
pris par les Chimistes pour le Le second degré est celui du bain de
soufre. Rulland. cendres ; il est plus vif que celui du
bain d’eau tiède, ou du bain vapo-
FEU SANS LUMIERE. C’est le soufre reux ; mais il doit être néanmoins si
des Philosophes. modéré, qu’en se faisant sentir plus
vivement, les organes n’en soient
FEU DE CHASSE. C’est en Chimie, un
point altérés.
feu continué jusqu’à ce que la ma-
tière ne distille plus rien. Le troisième est une chaleur qu’on
ne doit pas pouvoir supporter sans
FEU DE RÉVERBÈRE. Voyez RÉVER-
se brûler, telle que celle du bain de
BÈRE.
sable, ou de limaille de fer.

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Le quatrième est une chaleur aussi rentes choses. Il ferme les pores du
violente qu’on puisse la donner ; mercure, lui donne du poids, et le
c’est celle des charbons ardents et fixe. Sa vertu aiguë et pénétrante
de la flamme, qui sépare, désunit est si active, que rien ne l’égale
les parties des mixtes, et les réduit quand il s’agit de purifier les corps.
en cendres ou en fusion. Tel est le Il conduit à maturité tout le com-
feu de réverbère. post, il le subtilise et le rubéfie. Il
ôte tout le venin et la mauvaise
Tous ces degrés ont cependant en-
odeur de la matière. Il change la
core chacun leurs degrés d’intensité,
qualité de la pierre et en augmente
et lorsqu’on les compare entre eux
la quantité. Il est enfin comme un
relativement aux corps sur lesquels
juge qui discerne et sépare le bon du
la chaleur agit, ce qu’on regarderait
mauvais. Il faut remarquer, suivant
comme le quatrième degré par rap-
Philalèthe, que tout ce que nous ve-
port à une plante, ne serait que le
nons de dire du feu, regarde la mé-
premier eu égard aux métaux. Lors-
decine du premier ordre.
qu’on dit aussi que le premier degré
est celui du bain d’eau, il faut en- FEU SACRE. Les Chaldéens ado-
core faire attention que l’eau raient le Feu, et la ville d’Ur prit
s’échauffe par différents degrés : le son nom de là : ils y entretenaient
premier est lorsqu’elle commence à perpétuellement un feu. Les Perses
tiédir ; le second, quand elle fume et étaient encore plus superstitieux
se fait notablement sentir ; le troi- sur ce sujet que les Chaldéens ; ils
sième, lorsqu’elle altère les or- avaient des temples qu’ils nom-
ganes ; et le quatrième lorsqu’elle maient Pyrées, destinés unique-
commence à bouillir, qui est son ment à conserver le Feu sacré. Les
plus grand degré de chaleur, qui, Grecs, les Romains, les Gaulois
selon les observations, n’augmente avaient aussi une grande vénéra-
plus pendant l’ébullition. Ces degrés tion pour le Feu. Son culte subsiste
sont encore plus aisés à observer même encore aujourd’hui dans les
dans l’huile que dans l’eau. Indes et en plusieurs pays de
l’Amérique. Quelques Auteurs ont
FEU PHILOSOPHIQUE. Les propriétés
prétendu que ce n’était qu’à cause
de ce feu sont telles : c’est avec lui
que les Sages lavent leur matière, du soleil, dont la chaleur vivifiante
animait toute la Nature. Les noms
ce qu’ils ne disent que par simili-
les plus connus sous lesquels le Feu
tude, parce que ce feu purifie leur
était adoré, sont Vulcain et Vesta.
mercure.
On peut voir ce qu’on entendait chez
Il fait tout et détruit tout. Il congèle les Egyptiens et les Grecs par ce
le mélange de la pierre. Il corrige le Dieu et cette Déesse, dans les
froid de la terre et de l’eau, et leur Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
donne une meilleure complexion. Il
FEVE :
lave les impuretés de l’eau, et ôte
l’humidité superflue de la matière. Est le nom que quelques Chimistes
Lui seul change la nature et la cou- ont donné à la troisième partie du
leur de l’eau et de la terre. Il vivifie poids d’un scrupule.
et illumine le corps, lorsqu’il se mêle
FIDA :
avec lui. Ce feu putréfie, et fait en-
suite germer de nouvelles et diffé- Or des Philosophes.

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FIDDA : s’extrait d’une terre vierge vitrio-


Argent des Chimistes Hermétiques. lique et adamique, qui n’a encore
rien produit. Quand les Philosophes
FIDER :
Hermétiques parlent de terre, il ne
Céruse. faut pas s’imaginer qu’ils entendent
FIDEUM : la terre sur laquelle nous marchons,
Safran. quoiqu’ils disent qu’on la foule sou-
vent aux pieds.
FIDEX :
FILS DES PHILOSOPHES. Ce sont les
Céruse.
enfants de la Science, ceux qui y
FIDHE : sont parvenus par la lecture des
Lune des Philosophes. livres ou par les instructions ver-
FIDO : bales des Adeptes.
Argent-vif des Sages. FILS DE VENUS. C’est l’oripeau, ou le
laiton.
FIEL DU DRAGON :
Mercure de l’étain. FILS DE SATURNE. Mercure des Phi-
losophes.
FIEL DE VERRE. Ecume de verre, ou
sel qui se sépare et surnage le verre FILS D’UN JOUR. C’est la poudre de
pendant qu’il est en fusion. projection. Quelques-uns ont donné
ce même nom à l’œuf des oiseaux,
FIENT OU FIENT DE CHEVAL : quand il est frais.
Matière de l’œuvre au noir, ou en
putréfaction. FILTRE DES PHILOSOPHES :
C’est leur mercure.
FILLE DE PLATON :
Nom que quelques Philosophes chi- FILTRE DE LA NATURE. C’est l’air.
miques ont donné au mercure des FILUM ARSENICALE :
Sages. Arsenic sublimé.
FILLE D’HIPPOCRATE. C’est la pierre
FIREX :
au blanc parfait. Dict. Herm.
Huile en général.
FILLE DU GRAND SECRET. C’est la
FIRMAMENT :
pierre philosophale que tant de
monde cherchent, et que si peu Quelques Chimistes ont donné ce
trouvent, à cause du grand secret nom à la pierre appelée Lapis lazu-
que les Philosophes chimiques ont li, à cause de sa couleur bleue, par-
gardé sur les différentes opérations semée de petits brillants qui y for-
nécessaires pour y parvenir. ment comme des étoiles.

FILLETIN : FIRMAMENT. En termes de science


Hermétique, c’est le haut du vase.
Ce sont des lames de fer. Rulland.
FIRSIR ou FIRSIT :
FILS DU SOLEIL ET DE LA LUNE :
Chaleur ou feu chimique.
C’est le mercure des Sages. Son père
est le Soleil, et sa mère est la Lune. FIXATION :
Hermès. Action ou opération par laquelle on
FILS DE LA VIERGE. C’est le même rend fixe une chose volatile de sa
mercure, appelé ainsi, parce qu’il nature. Le principe de la fixation est

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le sel fixe, et la digestion à un feu poussée violemment contre ces corps


convenable. Les Chimistes Hermé- par l’air, dont le pressement est
tiques disent que la perfection de la plus ou moins violent, selon que cet
fixation ne peut s’obtenir que par air est plus ou moins condensé par
les opérations et les procédés de la le froid, par le vent, ou par un
pierre des Philosophes, que leur ma- souffle artificiel, tel que celui des
tière seule en est susceptible, et soufflets, des chalumeaux, etc. Le
qu’elle a atteint ce degré lorsque par passage violent de la flamme au
la cuisson elle est poussée jusqu’à la travers des corps qui en sont péné-
couleur rouge de rubis. Cette opéra- trés, dérange et désunit les parties
tion se fait par un feu philosophique de ces corps. Cette désunion produit
du troisième degré. dans les uns une décomposition
presque entière de leurs parties,
FIXER :
comme il arrive à tous les corps qui
En termes de science Hermétique,
se réduisent en cendres ; dans les
c’est cuire la matière après qu’elle
autres, elle ne produit qu’une
est devenue noire par la putréfac-
simple fusion, comme dans les mé-
tion, jusqu’à parfaite blancheur, et
taux et dans les corps qui se vitri-
enfin jusqu’à la rougeur de rubis.
fient, dont les petites parties se
Elle est alors tellement fixe, qu’elle
réunissent et redeviennent un corps
résiste à l’action du feu le plus vio-
solide dès que la violence de la
lent. Fixer est proprement changer
flamme commence à cesser.
un sel volatil en sel fixe, et de ma-
nière qu’il ne s’évapore, ni ne se su- FLAMME est aussi un terme de
blime plus. Le volatil ne se fixe ja- science Hermétique, qui doit
mais par lui-même, comme le fixe s’entendre d’une humidité décuite
ne se volatilise point seul ; mais ce- par la chaleur, faite onctueuse et
lui qui domine sur l’autre, change le aérienne par la continuation du feu.
plus faible en sa propre nature. Elle paraît comme une lumière, tan-
tôt plus claire, tantôt plus colorée ou
FIXION :
plus obscure, selon le plus ou le
Signifie même chose que fixation. moins de pur ou d’impur dont elle
FLAMME : est composée. Elle est la source des
Liquide composé de la matière de la couleurs tant vantées par les Philo-
lumière et de l’huile des matières sophes chimiques. Diction. Hermé-
combustibles. Elle est beaucoup tique.
plus légère que l’air qui nous envi- FLECHES (les) :
ronne. Cet air qui la presse inéga- d’Apollon et celles d’Hercule ne sont
lement, la fait vaciller dans la direc- autre chose que le feu des Philo-
tion qu’il lui donne, la pousse du sophes, suivant Flamel dans les ex-
côté où il trouve moins de résis- plications de ses Figures hiérogly-
tance, et lui donne ordinairement phiques.
une direction qui l’éloigné de la
terre. Les petites parties de la FLEURS :
flamme sont si menues, qu’elles Les Philosophes Hermétiques don-
sont capables de passer à travers les nent ce nom aux esprits enclos dans
corps les plus solides en s’insinuant la matière. Ils recommandent très
dans leurs interstices, lorsqu’elle est expressément de donner toujours un

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feu doux, parce que ces esprits sont Philosophes Hermétiques pour le
tellement vifs qu’ils casseraient le grand œuvre, mais mal-à-propos.
vase, quelque fort qu’il fût, ou se FLEUR DES MURAILLES. Salpêtre.
brûleraient.
FLEUR simplement dit, ou FLEUR
Ils expriment aussi par ce nom de D’AIRAIN. C’est la matière de
Fleurs, les différentes couleurs qui l’œuvre sur la fin de la putréfaction,
surviennent à la matière pendant dans le temps qu’elle commence à
les opérations de l’œuvre. Ainsi la blanchir.
Fleur du Soleil, c’est la couleur ci-
trine rougeâtre, qui précède la rou- FLEUR DE CHEIRI. Essence de l’or.
geur de rubis. Le lys, c’est la couleur FLEUR DU SOLEIL. Blancheur étince-
blanche, qui paraît avant la citrine. lante et plus brillante que celle de la
FLEUR DU SEL DES PHILOSOPHES. neige même lorsque le soleil darde
C’est la perfection de la pierre. ses rayons dessus : c’est celle de la
matière de l’œuvre Hermétique par-
FLEUR DE L’OR. C’est tantôt le mer-
cure des Philosophes, et tantôt la venue au blanc.
couleur citrine. FLEUR DE SAPIENCE. Elixir parfait
au rouge.
FLEUR DE LA SAGESSE. C’est leur
élixir parfait au blanc, ou au rouge. FLEUR DE L’OR. Corps fixe du magis-
tère ; ce qu’il ne faut pas entendre
FLEUR DE PECHER. C’est le mercure
d’aucunes fleurs ou teintures ex-
philosophique.
traites de l’or commun, mais de l’or
FLEUR SATURNIENNE. Voyez FLEUR philosophique, c’est-à-dire, de la
DE PÉCHER. partie fixe du composé du magis-
FLEUR DE L’AIR. En termes de Chi- tère, au moyen de laquelle on fixe
mie, c’est la rosée. l’autre partie volatile, par la seule
cuisson gouvernée avec prudence et
FLEUR DE L’EAU. C’est la fleur du le régime requis. On appelle aussi
sel. Fleur d’Or la couleur citrine qui suit
FLEUR DE LA TERRE. C’est la rosée et la blanche.
la fleur du sel. FLEUVE :
FLEUR DU CIEL, Flos Cœli. C’est une Les anciens Philosophes Hermé-
espèce de manne, que l’on trouve tiques qui ont inventé les Fables,
ramassée sur l’herbe au mois de mai ont pris très souvent les fleuves et
particulièrement ; elle diffère de la les rivières pour signe allégorique
manne, en ce que celle-ci est douce, de leur mercure ou eau mercurielle ;
et se recueille sur les feuilles des et en personnifiant ces fleuves, ils
arbres en forme de grains ; le Flos les ont fait pères de plusieurs
Cœli, au contraire se trouve sur Nymphes, dont ils ont aussi em-
l’herbe et n’a presque point de sa- ployé les noms suivant ce qu’ils vou-
veur. On tire par l’art chimique une laient désigner de volatil dans la
liqueur du Flos Cœli, dont les pro- matière du grand œuvre. Tels sont
priétés sont admirables. Quelques le fleuve Achélous, le fleuve Asope,
Chimistes se sont imaginés que le Scamandre, le Xanthe, etc. On
c’était la matière dont se servent les peut voir l’explication Hermétique

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de ces fictions, dans les Fables qu’à ce qu’elle se réduise en eau


Egyptiennes et Grecques dévoilées. épaisse, et noire comme de la poix.
Quelquefois les Philosophes se ser-
FLOS ROSINΠMETALLICAE : vent de ce terme au lieu de faire
Fleur de soufre. dissoudre, réduire en eau, subtili-
FLOS SALIS ou FLOS MARIS. Blanc ou
ser, volatiliser.
sperme de baleine. FONTAINE :
FLOS SECTAE CROAE ou CROCAE. En termes de Philosophie chimique,
Quelques Chimistes ont ainsi appe- signifie communément la matière
lé la fleur de safran, l’extrait de la d’où l’on extrait le mercure sous la
fleur de chélidoine. D’autres ont forme d’une eau laiteuse et pondé-
donné ce nom à la fleur de muscade. reuse, que les Alchimistes appellent
Lait virginal. Ce mercure est pour
FLOX : ceux qui suivent la voie humide
C’est la flamme. pour l’ouvrage du magistère, comme
FŒDULA : ont fait Paracelse, Basile Valentin,
Toute espèce de mousse. Ægidius de Vadis et quelques
autres. Quelquefois ils donnent aus-
FŒNIX : si le nom de Fontaine à leur mer-
Voyez PHENIX. cure, comme font ceux qui suivent la
FOLIER : voie sèche, tels que Geber, Bernard
Trévisan, d’Espagnet, le Cosmopo-
Cuire, digérer la matière du grand
lite, le Philalèthe, etc.
œuvre pour parvenir à en faire la
terre feuillée des Philosophes, dans FONTAINE DU TORRENT. C’est la
laquelle il faut semer le grain de même chose.
l’or.
FONDANT : FONTAINE DE JOUVENCE. Les Al-

Qui aide à la fusion des choses avec chimistes prétendent que quand les
lesquelles il est mêlé. En termes de Anciens parlent de cette fameuse
science Hermétique, fondant veut fontaine et de celle d’Hippocrène, on
dire qui est d’une très facile fusion. doit l’entendre de l’élixir parfait du
Un des signes de la perfection de magistère des Philosophes Hermé-
tiques, parce qu’ils disent que cet
l’élixir philosophique et de la poudre
de projection, est qu’ils soient fon- élixir est un baume vital, et un re-
mède universel qui conserve en san-
dants comme de la cire quand on la
présente au feu ; et qu’ils se fondent té, et fait même, pour ainsi dire,
rajeunir ceux qui en font usage, en
et se liquéfient dans toutes sortes de
liqueurs. renouvelant leurs forces, et en les
conservant fort au-delà des bornes
FONDEMENT DE L’ART : communes de la vie humaine. Arté-
Les uns donnent ce nom au mercure phius, qui passe parmi les Alchi-
préparé des Philosophes, d’autres à mistes pour un Adepte, dit d’un
la matière parvenue au blanc. grand sang froid au commencement
FONDRE : de son livre qui a pour titre Clavis
major, qu’il l’a composé à l’âge de
En termes de science Hermétique,
mille ans, et que se voyant près de
c’est purifier et cuire la matière jus-
sa fin, il a bien voulu laisser ce gage

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   -F- 149 

de son amour aux enfants de la Sa- comme elle est partout, et non pas
gesse. plutôt dans les bois qu’ailleurs, ils
entendent par le terme de forêt, la
FONTAINE DE FLAMEL. C’est le vase matière terrestre dans laquelle leur
qui renferme la matière de l’œuvre. vraie matière prochaine est comme
C’est aussi le mercure. confondue, et d’où il faut la tirer
FONTAINE DES METAUX. Argent-vif comme d’un chaos et d’une confu-
des Sages. sion où elle est si bien cachée aux
yeux du vulgaire, que les seuls Phi-
FONTAINE DU TREVISAN. Mercure losophes l’y aperçoivent, quoiqu’un
des Philosophes. nombre infini de personnes s’en ser-
FONTAINE DES PHILOSOPHES. Quel- vent assez communément, qu’elle se
quefois ils entendent par ces termes vende publiquement et à un prix
la matière de laquelle ils tirent leur très modique, et même qu’elle ne
mercure ; mais plus ordinairement coûte rien, se trouvant partout.
le mercure lui-même. C’est cette matière terrestre et su-
perflue dont il faut la dégager, que
FORCE :
tous les Philosophes, tant anciens
Est aussi un terme de science Her- que modernes, entendent par leurs
métique, qui doit s’entendre tant de forêts, les lieux sombres, ombra-
la propriété agissante du mercure geux, obscurs, leurs cavernes, etc.
des Philosophes, que des esprits C’est aussi sur ce principe qu’ils di-
qu’il renferme. Quand ils disent sent : Fac manifestum quod est oc-
donc que toute sa force est convertie cultum. Mettez à découvert ce qui
en terre, c’est dire qu’il est réelle- est caché.
ment devenu terre blanche fixe à
toute épreuve. Prendre la force des FORET NEMEENNE. Les Poètes ont
choses supérieures et inférieures, feint qu’Hercule y tua un Lion d’une
c’est faire l’extraction du mercure, grandeur énorme, qui y ravageait
et le mettre ensuite, bien purifié, en tout. Les Philosophes Spagyriques
digestion pour le faire circuler, et prétendent que cette forêt est le
enfin le fixer en terre au fond du symbole de la matière de la pierre
vase. philosophale, et que le Lion qui y fut
FORCE DE TOUTE FORCE. Ils enten- tué par Hercule, est le sel fixe que
dent par cette expression, l’élixir cette matière contient. Ce sel métal-
parfait au rouge, ou leur poudre de lique qu’ils appellent aussi Lion
projection, qui vient à bout de sur- vert, a tant de force, qu’il convertit
monter toutes les maladies des trois tout dans sa propre nature, et dé-
règnes, quelque opiniâtres qu’elles vore tous les métaux. Hercule, qui
puissent être. est le mercure, le coagule, et par-là
semble le tuer ; il en prend même la
FORET : peau, c’est-à-dire, il en prend la
Lorsque les Philosophes Hermé- forme qu’il ne quitte plus.
tiques disent que leur matière se
trouve dans les forêts, il ne faut pas FORME DE L’HOMME :
prendre les choses à la lettre, et al- Soufre des Philosophes parfait au
ler chercher cette matière dans les rouge. On lui a donné ce nom, parce
bois ; elle y est à la vérité, mais que l’homme, en qualité de mâle,

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donne la forme humaine à la se- dans les opérations du magistère,


mence qui produit l’enfant dans le ont appelé Fourneau ou Four le
ventre de la mère, comme le soufre troisième vase qui renferme les au
philosophique à l’égard de la femelle très et conserve tout l’œuvre, et ils
ou mercure des Sages, et que la ont affecté de le cacher fort secrè-
pierre philosophale est appelée Mi- tement. Ils l’ont nommé Athanor,
crocosme, de même que l’homme. parce qu’il entretient comme un feu
FORME DE LA FEMME. Pierre au
immortel et inextinguible ; car il
blanc. Quelquefois on entend par ce administre dans les opérations un
terme l’eau sèche ou mercurielle, la feu continuel, quoique inégal quel-
Lune des Philosophes. quefois, selon la quantité de la ma-
tière » et la grandeur du fourneau.
FOUDRE (la) DE JUPITER :
On doit le faire de briques cuites, ou
Forgée par les Cyclopes sous la di-
de terre glaise, ou d’argile bien
rection de Vulcain, est le feu des
broyée et tamisée, mêlé avec du
Philosophes, qui, par sa propriété
fient de cheval et du poil, afin que la
résolutive, dissout d’abord les corps
force de la chaleur ne le fasse point
imparfaits dans l’œuvre ; et par sa
crevasser : les parois auront trois ou
vertu fixative, les réduit ensuite en
quatre doigts d’épaisseur, pour pou-
poudre ou cendre qui se fixe de ma-
voir mieux conserver la chaleur, et
nière à ne plus craindre les at-
résister à sa violence.
teintes du feu le plus violent.
FOURMIS RONGEANTES : Sa forme sera ronde, sa hauteur
C’est une maladie appelée aussi intérieure de deux pieds ou envi-
Formica repens ; elle est connue ron ; l’on adaptera au milieu une
plus particulièrement sous le nom plaque de fer ou de cuivre, percée de
de Herpes. quantité de trous, soutenue de
quatre ou cinq broches de fer, en-
FOURNAISE : châssée dans les parois du fourneau.
(Science Herm.) Fourneau philoso- Le diamètre de cette plaque aura
phique, ou fourneau secret, qu’ils près d’un pouce de moins que le
ont appelé Vaisseau triple, Athanor, diamètre intérieur du fourneau, afin
Crible, Fumier, Bain-marie, Sé- que la chaleur puisse se communi-
pulcre, Urinal, Lion vert, Prison ; et quer plus aisément, tant par les
Flamel, la Maison et l’Habitacle du trous que par l’espace qui reste vide
poulet. Il faut bien remarquer que le entre la plaque et les parois. Au-
fourneau secret des Philosophes dessous de la plaque sera pratiquée
n’est pas le fourneau extérieur que une petite porte pour administrer le
Trévisan appelle Garde froidure, feu, et au-dessus une autre pour
mais la matière qui conserve le feu examiner les degrés du feu avec la
des Philosophes. main. Vis-à-vis de cette dernière on
pratiquera une petite fenêtre close
FOURNEAU : avec du verre, afin de pouvoir par-là
Les Philosophes chimiques ont aussi voir les couleurs qui surviennent à
leur fourneau, dont ils font un la matière pendant les opérations.
grand secret. D’Espagnet qui passe Le haut du fourneau doit être fait
entre eux pour véridique, le décrit en dôme, et la calotte doit être amo-
ainsi. « Ceux qui sont expérimentés vible, pour pouvoir mettre les vases

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contenant la matière sur le trépied des Philosophes, ressuscitait au-


des arcanes, qui sera posé précisé- jourd’hui, avec le subtil Geber, le
ment au milieu de la plaque. Lors- profond Raymond Lulle, ils ne se-
qu’on a posé ainsi les vases, on met raient pas regardés comme des Phi-
la calotte sur le fourneau, et on en losophes par nos Chimistes vul-
lute les jointures de manière que gaires, qui ne daigneraient presque
tout ne fasse plus qu’un corps. Il pas les mettre au nombre de leurs
faut aussi avoir soin de bien clore Disciples, parce qu’ils ignoreraient
les petites fenêtres, pour empêcher la manière de s’y prendre pour pro-
que » la chaleur ne s’exhale. céder à toutes ces distillations, ces
Philalèthe en donne une description circulations, ces calcinations et
toutes ces opérations innombrables
à peu près semblable.
que nos Chimistes vulgaires ont in-
Quoique les Philosophes chimiques ventées pour avoir mal entendu les
n’aient pas communément divulgué écrits allégoriques de ces Philo-
la construction du fourneau dont sophes.
nous venons de parler, ce n’est ce-
FOURNEAU DE PARESSE. Se dit, en
pendant pas celui qu’ils appellent
leur Fourneau secret ; ils entendent termes de Chimie, d’un fourneau
fait de telle façon, qu’avec peu de
souvent par-là le feu de la Nature,
qui agit dans les mines pour la feu et peu de travail, il s’échauffe et
communique sa chaleur à plusieurs
composition des métaux ; et plus
souvent leur eau céleste ou leur autres. On l’appelle aussi Henri le
mercure, c’est pourquoi Philalèthe Paresseux. Manget.
(Fons Chemicœ Philosophicœ) dit : FRAPPER :
fourneau, qu’un feu, et tout cela n’est En termes de Chimie Hermétique,
qu’une chose, savoir notre eau. signifie conduire le régime du feu.
Si la Chimie Hermétique est vraie, Frapper trop les esprits, c’est donner
ceux qui cherchent la pierre philo- un trop grand feu.
sophale par les vases de la Chimie FRAPPER DU GLAIVE. Cuire la ma-
vulgaire, ont donc grand tort de tière. On dit dans le même sens,
faire construire tant de différents frapper avec l’épée, le sabre, le mar-
fourneaux, suivant les opérations teau.
différentes auxquelles ils veulent
FRERES :
procéder. L’un pour les sublima-
tions, un autre pour les calcinations, Les Philosophes chimiques donnent
un troisième pour la fusion, un qua- ce nom aux métaux, et appellent les
trième pour le réverbère, un autre Frères estropiés tous les métaux im-
pour les digestions, plusieurs enfin parfaits, dont les impuretés contrac-
pour les diverses distillations. Tous tées dans la mine, qui leur sert de
les Philosophes chimiques s’ac- matrice, doivent être purifiées par
cordent tous à dire qu’il n’en faut l’élixir parfait au blanc, si la trans-
qu’un seul qui sert à toutes ces dif- mutation doit se faire en argent ; ou
férentes opérations qui se font par l’élixir au rouge, si l’on veut leur
toutes dans le même vase sans le donner la perfection de l’or. Voyez
changer de place. Ce qui a fait dire l’Azoth de Basile Valentin.
au Cosmopolite, connu sous le nom FRERES (les deux). Quelques Chi-
de Sendivogius : Si Hermès, le père mistes ont donné ce nom aux Pla-
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nètes qui sont également éloignées FRUIT SOLAIRE ET LUNAIRE. Même


du Soleil ; ainsi Saturne et la Lune chose que fruit à doubles mamelles ;
ont été appelés les deux frères, Jupi- ou le soufre blanc et le soufre rouge
ter et Mercure, Mars et Vénus. produits par les arbres solaire et
D’autres leur ont donné ce nom à lunaire, dont parle Cosmopolite
cause de l’affinité qu’ils ont en- dans son Enigme aux Enfants de la
semble, comme l’or et l’argent, Vé- Science.
nus et Mars, Jupiter et Saturne, et FULIGO METALLORUM :
Mercure en est le père. Voyez Rul-
Arsenic.
land.
FULMEN HOC LOCO :
FRERE. Magistère au rouge. Aristée,
dans le Code de Vérité, dit au Roi : Fleurs de l’argent coupelle. Planis-
Donnez-nous le frère et la sœur, ou campi.
Gabricius ou Beja ; pour ce qu’il ne FULMINATION :
se peut faire de génération véritable En termes de l’art métallique, signi-
sans eux, ni ne se peut aucun arbre fie dépuration graduée des métaux.
multiplier... le frère mène sa sœur, On a donné ce nom, parce que les
non pas le mari, sa femme ; et métaux deviennent brillants et jet-
quand ils seront devenus un, ils en- tent de temps en temps des espèces
gendreront un fils plus parfait de clartés comme des éclairs, pen-
qu’eux-mêmes. dant qu’on les purifie ; et qu’il se
forme par-dessus une pellicule rou-
FRIDANUS :
geâtre, qui, quand elle disparaît,
Mercure dissolvant des Sages. laisse voir par intervalles des pe-
tites lueurs éblouissantes. Rulland.
FROMENT :
Est un nom que les Philosophes FUMEE DES PHILOSOPHES :
Hermétiques donnent par allégorie Nom que quelques Chimistes Her-
à leur mercure, parce que de même métiques ont donné aux vapeurs qui
que, selon la parole de J.-C., le grain s’élèvent de la terre, et y retombent,
de froment ne produit rien, s’il ne pour faire tout germer et fructifier
pourrit en terre, le mercure des dans la Nature. Ils entendent ce-
Sages ne donnera jamais le soufre pendant plus spécialement la va-
aurifique, s’il n’est putréfié dans le peur qui s’élève de la matière ren-
vase et parvenu au noir très noir, fermée dans le vase philosophique,
vrai signe de putréfaction et disso- et retombe sur la matière, parce
lution entière. qu’elle ne trouve point d’issue. C’est
celle dont Hermès a voulu parler
FRUIT : dans sa Table d’Emeraude, lorsqu’il
Magistère au rouge, ainsi nommé de dit : Le vent, c’est-à-dire l’air, l’a
ce qu’il est proprement le fruit des porté dans son ventre. Ce qui
travaux de l’Artiste. s’explique aussi du mercure des
Sages.
FRUIT A DOUBLES MAMELLES. C’est
FUMEE ou FUMEE IGNEE. Matière en
la pierre au blanc et au rouge par-
putréfaction. On le dit aussi du dis-
faite, qui l’une et l’autre sortent
solvant des Philosophes.
d’une même racine, c’est-à-dire le
mercure des Philosophes. FUMEE TRES-FORTE. C’est le soufre.

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FUMEE AQUEUSE ou simplement FUMIGER :


FUMEE. Matière des Sages après la Exposer un corps à la fumée d’un
réunion de l’esprit et du corps. autre, pour lui en faire éprouver les
impressions.
FUMEE ARABIQUE. Lieu médiocre-
ment chaud. Dict. Hermétique. FURFIR :
Couleur rouge qui survient à la ma-
FUMEE BLANCHE. (Sc. Herm.). C’est tière de l’œuvre par la continuation
avec raison, dit Riplée, que les Phi- seule de la cuisson.
losophes ont donné ce nom à leur
Mercure ; car en le distillant, il pa- FURIES :
raît d’abord comme une fumée Déesses infernales, filles de
blanche, qui monte avant la tein- l’Achéron et de la Nuit. On les
ture rouge. Adrop. Phil. nommait aussi Erynnes, Eumé-
nides, et Dires. Elles étaient trois,
FUMEE ROUGE. Nom que les Philo- Mégère, Tisiphone et Alecto. Voyez
sophes Hermétiques ont donné à les Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
leur matière quand elle est purifiée lées, liv. 3, ch. 6.
et a pris la couleur rouge. Morien
dit que la fumée rouge est l’orpiment FUSIBILITE :
rouge ; mais cela doit s’entendre de Qualité qu’ont certains corps de se
l’orpiment des Philosophes, comme fondre à la chaleur. Ce terme ne se
lorsqu’il ajoute que la fumée blanche dit guère que des métaux. Cette
est argent-vif, et la fumée orangée, qualité leur vient du mercure ; car
le soufre orangé. ceux qui abondent plus en mercure,
ont plus de fusibilité ; ceux qui en
Pour dire la vérité, la fumée rouge ont le moins, ont plus de dureté et
est l’or ou la pierre au rouge ; la fu- résistent davantage à l’action du
mée blanche est la pierre au blanc, feu. Bien des Chimistes trompés par
ou la Lune, ou le mercure philoso- une expérience commune, ont attri-
phique. bué cette fusibilité au soufre, sur ce
que le soufre ajouté au fer rouge le
Un Auteur dit que fumée rouge si- met en fusion ; mais ils auraient dû
gnifie la même chose que sang du faire attention que le charbon ou le
Lion vert. soufre qu’on ajoute, n’accélèrent la
fusion que parce qu’ils absorbent les
FUMER LA TERRE : esprits et sels acides. Becher.
C’est cuire le compost, pour me ser-
FUSIBLE :
vir des termes de Flamel, jusqu’à ce
que la matière soit en putréfaction. Qui est susceptible de fusion. Plus
les métaux abondent en mercure,
FUMIER DE CHEVAL : plus ils sont fusibles. Dans
Matière au noir. quelques-uns, tels que le fer et le
cuivre, ce mercure est si embarrassé
FUMIGATION : de parties terrestres, acides et hété-
Opération chimique, par laquelle on rogènes, qu’ils sont très difficiles à
rend les métaux friables, en les ex- mettre en fusion, sans addition de
posant à la vapeur du plomb fondu, quelques fondants, tels que
ou du mercure. l’antimoine, le borax ou d’autres

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sels. Le verre est aussi fusible, les être fusible comme de la cire, et pé-
sels, les cailloux et toutes les ma- nétrant jusqu’aux intimes parties
tières vitrifiables. On rend le sel de des métaux imparfaits sur lesquels
tartre fusible et pénétrant, en le on en fait la projection.
mêlant bien avec de l’esprit de vin
en quantité à peu près égale. On y FUSION :
met ensuite le feu. Après que Liquéfaction des corps solides par
l’esprit de vin est consumé, on réi- l’action du feu. Plus les métaux
tère l’opération jusqu’à trois ou abondent en humidité onctueuse,
quatre fois, et alors ce sel devient si plus la fusion en est facile. Le fer
pénétrant, que mis sur une plaque n’est susceptible de fusion qu’à un
de fer rougie au feu, il se fond très grand feu, ou mêlé avec
comme de la cire, et la perce en lais- l’antimoine. Voyez FUSIBLE.
sant après lui une trace blanche, qui
approche beaucoup de la couleur de FYADA :
l’argent. Les Chimistes Hermé- Fumée blanche des Philosophes.
tiques disent que leur élixir doit

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   -G- 155 

G
corps. Son Traducteur l’appelle un
GABERTIN :
esprit sauvage.
Partie fixe de la matière du grand
œuvre ; la volatile se nomme Beja. Pour mieux faire concevoir ce qu’il
entend, voici l’exemple qu’il apporte
GABRICIUS :
de ce gas. Que l’on brûle soixante-
Soufre des Philosophes.
deux livres de charbon, il ne restera
GABRIUS : guère plus d’une livre de cendres.
Même chose que Gabertin. Donc, dit-il, le surplus ne sera
GALA : qu’esprit. Cet esprit ou gas ne peut
Lait. pas être détenu dans des vaisseaux,
ni être réduit en corps visible, que
GAMATHEI : sa vertu séminale ne soit préala-
Pierres sur lesquelles on a gravé des blement éteinte. Les corps le con-
figures pour en faire des Talismans. tiennent et souvent s’en vont tout
GANNANA-PERIDE : en cet esprit... C’est un esprit coagu-
C’est le Kina-kina. lé corporellement, qui est excité par
une acquisition de ferment, comme
GANYMEDE :
on voit au pain, vin, hydromel, etc.
Fils de Tros, Roi de Troie, fut enlevé
ou par quelque addition étrangère,
au ciel par Jupiter, qui avait pris
comme par le sel armoniac avec
pour cela la figure d’un aigle. Les
l’eau-forte ; ou par quelque disposi-
Philosophes Hermétiques expli-
tion altérative, comme on voit aux
quent cette fable comme une allégo-
pommes qui cuisent au feu... C’est
rie de leur grand œuvre. Ganymède
lui qui rend les vins violents quand
est la partie fixe de leur matière,
il est retenu par force dans des ton-
mise dans l’œuvre philosophique
neaux. C’est lui qui donne la force à
avec la partie volatile, appelée
la poudre à canon. Ce gas se mani-
Aigle, qui enlevé au ciel, c’est-à-dire
feste dans l’huile chaude où l’on
au haut du vase, la partie fixe, et
jette du vin ou de l’eau en petite
retombent enfin toutes deux au
quantité, ou sur du plomb fondu.
fond, pour s’y fixer en matière so-
Van-Helmont prétend par-là, que ce
lide, qu’ils appellent pierre philoso-
gas diffère de l’air. Voyez ses Prin-
phale. Quand on dit que Ganymède,
cipes de Physique, part. I, chap. xv.
après avoir été enlevé au ciel, devint
l’Echanson de Jupiter ; c’est pour GATRINUM :
exprimer cette pluie formée par la Cendres clavelées.
matière volatilisée, qui en tombant,
abreuve la matière grise appelée GAZAR. GALBANUM. GAZARD :
Jupiter, qui se trouve au fond du Laurier.
vase.
GAS : GEANTS :
Terme dont s’est servi Van-Helmont Enfants du Ciel et de la Terre. Ils
pour exprimer la substance spiri- firent la guerre aux Dieux, et voulu-
tueuse et volatile qui s’évapore des rent détrôner Jupiter, qui les fou-

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   -G- 156 

droya tous. J’ai expliqué ce qu’on GELUTA, GELUTE :


doit entendre par ces Géants dans Sont des noms que Paracelse a don-
les Fables Egyptiennes et Grecques né à une plante connue sous celui de
dévoilées, liv. 3, ch. 3 et 4. Les Phi- Carline.
losophes n’ont en effet eu d’autre GEMMA TARTAREA :
intention en inventant la fable des Pierres qui s’engendrent dans le
Géants, que d’exprimer la dissolu- corps des hommes.
tion de la matière du grand œuvre,
et le combat qui se fait alors entre GENERATION :
la partie volatile qui dissout, et la Est aussi un terme du grand Art.
fixe qui est dissoute en eau, mais Les Philosophes Hermétiques le
qui remporte enfin la victoire en comparent à la génération de
fixant son ennemie, qui était une l’homme. La première partie de cet
eau mercurielle. L’étymologie seule Art, c’est l’accouplement, la seconde
des noms donnés aux plus fameux la conception ou génération, la troi-
de ces Géants, suffit pour confirmer sième la grossesse, la quatrième
dans cette idée. Briareus dérive de l’enfantement, la cinquième la
Beri, subversa ; Othus de Onit-toth, nourriture. S’il n’y a donc point
tempestatum vices ; Ephialtes de Evi d’accouplement, il n’y aura pas de
ou Ephi, nubes, et de Althah, caligo, génération, d’autant que l’ordre des
ou nubes caliginis, ou nubes horri- opérations du magistère ressemble
da ; Encelade de Enceled, fons tem- à la production de l’homme. Mor. La
poraneus, torrens, le ravage des génération, dans le grand œuvre, se
eaux ; Porphyrion de Phour, fran- fait lorsque la matière est dans une
gere, frustulatim difringere ; Mimas entière dissolution, qu’ils appellent
de Maim, grandes pluies ; Rhœcus putréfaction, ou le noir très noir.
de Rouach, le vent. M. Peluche, en GENRE COMMUN :
me fournissant ces étymologies dans C’est, en Chimie, le sel marin ;
son Histoire du Ciel, tom. 1, p. 107 quelques-uns donnent ce nom au
et 108 ne s’imaginait certainement nitre, d’autres au vitriol ; mais on
pas approcher si près du but sans le doit l’entendre du sel universel ré-
savoir ; car la dissolution de la ma- pandu dans tous les individus su-
tière, sa volatilisation et sa chute en blunaires, parce qu’il est la base de
pluie y sont manifestement décla- tous les corps, et comme leur pre-
rées. mier principe.
GENTARUM :
GELAPO : Succin, ou ambre.
Jalap.
GEPSIN :
Plâtre.
GELEE DU LOUP :
Nom que quelques Chimistes ont GERME :
donné à la teinture congelée de Mercure des Philosophes, principe
l’antimoine, parce qu’ils appellent et semence de tous les métaux, sans
Loup ce minéral. être métal lui-même actuellement,
mais seulement en puissance.
GELSEMIN : GERSA :
Jasmin. C’est la céruse.

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   -G- 157 

GERYON : GLACE DE MARIE :


Fils de Chrysaor, était un géant à Glacies Mariœ : Talc et pierre ara-
trois têtes ou trois corps. Il avait en bique.
sa possession les plus beaux bœufs GLACIES DURA :
du monde ; Eurysthée ordonna à Cristal.
Hercule de les enlever à Geryon, et
de les lui amener ; Hercule obéit, GLAIVE :
tua Geryon, et emmena ses bœufs. Les Philosophes ont donné ce nom à
Voyez l’explication de cette fiction leur feu, comme celui de sabre,
dans les Fables Egypt. et Grecq. épée, cimeterre, hache, lance, mar-
dévoilées, liv. 5, ch. 12. teau, etc.
GESOR : GLAIVE NU RESPLENDISSANT. C’est
Galbanum. la matière parvenue à la blancheur.
GI : GLESSUM :
Terre. Ambre, succin.
GIALAPPA : GLISOMARGO :
Jalap. Terre de Crète.
GIBAR : GLUTEN :
Toute Médecine métallique. C’est le fiel de taureau. Il s’entend
aussi de la sinovie de Paracelse, qui
GIBUM : est semblable au blanc d’œuf. Pla-
Fromage.
niscampi.
GICH : GLUTINIS TENACITAS :
Plâtre.
Résine minérale.
GILLA VERGRILLUS : GOBEIRA :
Sel de vitriol, ou calcantum. Poussière.
GIR :
GOMME DU SOLEIL :
Chaux vive. Matière de l’œuvre parvenue au
GIRGIES : blanc.
Cailloux blancs.
GOMME DE L’OR. C’est le soufre qui
GIRMER : fait partie de la matière du grand
Tartre. œuvre.
GISENTERE : GOMME DES SAGES. Terme de
Nom que quelques Chimistes ont Science Hermétique. C’est le mer-
donné aux vers de terre, comme si cure en putréfaction. Quelquefois ils
l’on disait intestins de la terre. l’entendent, comme Morien, du
soufre parfait au blanc, qu’ils appel-
GISISSIM :
Gomme. lent Gomme blanche ; et du soufre
parfait au rouge, qu’ils nomment
GIT : Gomme rouge.
Chaux vive.
GOMME BLANCHE. Matière de la
GITENON : pierre, lorsque le magistère est par-
Colle de farine. fait au blanc.

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   -G- 158 

GOMME ROUGE. Magistère au rouge, grands objets qu’ils se proposent,


ou le soufre des Philosophes. l’un de faire un remède universel
GOMME DU PÉROU, GOMME DE GA- pour les maladies des trois règnes
MANDRA, GOMME DE JENU. Gomme de la Nature ; et l’autre, plus parti-
gutte. culier, de transmuer les métaux im-
parfaits en or, plus pur même que
GOPHRITH : celui des mines.
Magistère au rouge.
GRANULER :
GORGONES : Réduire un métal fondu en gre-
Filles de Phorcis, nommées Euryale, nailles.
Sthenyon et Méduse. Elles avaient
la propriété de pétrifier tous ceux GRANUS :
sur qui elles jetaient la vue. Voyez Pierre de porphyre pour broyer les
ce qu’elles signifient dans les Fables ingrédients des composés chi-
Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, miques.
ch. 14, § 3. GRASSA :
GOTNE : Borax.
Coton. GRASSALE :
GOTNE, MSEGIAR : Terrine ou écuelle de terre. Dict.
Coton. Herm.

GOUFFRE : GREES :
En termes de Science Hermétique Nom des Gorgones. Voyez GOR-
signifie tantôt le mercure parfait GONES.
des Sages, parce qu’il est un dissol- GRENADE :
vant universel, dans lequel les mé- Pierre au rouge.
taux particulièrement semblent
s’engloutir, pour ne plus reparaître GRIFFON :
Les Philosophes Hermétiques ont
ce qu’ils étaient auparavant. Quel-
donné ce nom à leur matière, parce
quefois les Philosophes entendent
que les Anciens ont feint que le
par gouffre la matière au noir très
Griffon était un animal qui avait la
noir.
tête et la poitrine d’un Aigle, et le
GRAISSE : reste du corps comme un Lion. C’est
Matière des Philosophes au noir, pourquoi ils disent qu’il faut les
ainsi nommée parce qu’elle res- faire combattre jusqu’à ce qu’ils ne
semble à de l’huile noire. fassent qu’un, c’est-à-dire, qu’il faut
GRANDE-MERE : mettre ensemble le Lion et l’Aigle,
Surnom donné à Cybèle, ou la et mêler le volatil avec le fixe, et les
Terre, parce qu’on la regardait faire circuler ensemble jusqu’à ce
comme la mère et le principe de tout que tout demeure en un corps fixe.
ce qui existe. Voilà l’animal fabuleux de Pline et
des autres Naturalistes, qui en ont
GRAND ŒUVRE : pris l’idée des Chimistes Hermé-
Est un des noms que les Philo- tiques, qui disaient qu’il veillait à la
sophes chimiques ont donné à leur garde des trésors, et qu’il était con-
Art, à cause de la difficulté de sacré au Soleil. L’Auteur du Dic-
l’apprendre, d’y réussir, et des deux tionnaire Hermétique dit mal-à-

‐ 158 - 
 
   -G- 159 

propos que le Griffon des Philo- GUMA DE PARADIS. Orpiment.


sophes est l’antimoine.
GUMA GUMI. Ferment des Sages.
GRILLER :
GUMICULA :
Cuire. Valériane.
GUININA : GUMMI :
Magistère au blanc. Gomme des Philosophes.
GUMA : GUTTA GAMANDRA, GUTTA GAMBA,
Mercure des Philosophes, ou leur GUTTA GAUMA, GUTTA GENU :
Lune. Gomme gutte.

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   -H- 160 

H
HABIT TENEBREUX : HALCYONIUM :
Couleur noire qui survient à la ma- Ecume de la nier.
tière de l’œuvre pendant la putré- HALEINE :
faction. Ce mot signifie quelquefois de la
HABITACLE DU POULET : fumée. Johnson. Et quelquefois le
Vase Hermétique. Voyez FOUR- fumier de cheval, que les Chimistes
NAISE. appellent ventre de cheval. Mais en
termes de Science Hermétique, il
HABRAS : veut dire la matière de l’œuvre en
Plante connue sous le nom de Sta- putréfaction.
phisagria, ou Herbe aux poux.
HALEREON :
HACHE : Aigle des Philosophes.
Feu des Philosophes. Frapper avec
HALIACMON :
la hache, c’est cuire la matière.
Fleuve de la Macédoine, qui a la
HACUMIA : propriété de faire devenir blanches
Même chose qu’Eudica, suivant Mo- les brebis qui ne le sont pas, quand
rien. elles boivent de son eau. Pline, liv.
HADID : 31, ch. 2. On dit en conséquence en
Fer, acier des Philosophes. manière de parler dans l’art Hermé-
tique, qu’il faut faire boire le Dra-
HΠ: gon et le Corbeau philosophiques
Pierre au blanc. dans le fleuve Haliacmon, pour dire
HAGAR : qu’il faut blanchir le laiton, ou faire
Pierre Arménienne. passer du noir au blanc la matière
de l’œuvre. On écrit aussi Aliacmon.
HAGER :
Pierre d’Arménie. HALIMAR :
Cuivre.
HAGER ALIENDI :
Pierre Judaïque. HALLE :
De la glu.
HAGER ARCHTAMACH :
HAMMON :
Pierre d’Aigle.
Un des plus grands Dieux de
HAGER ALZARNAD : l’Egypte, aussi nommé Jupiter. On
Mercure des Sages digéré et cuit au le représentait avec une tête de bé-
rouge de pavot. lier. Voyez l’explication de la fiction
dont il fut le sujet, dans les Fables
HAL : Egyptiennes et Grecques dévoilées,
Terme emprunté de l’arabe, dont liv. 1.
plusieurs Chimistes se sont servi HANDAL OU HANDEL :
pour signifier le sel. Coloquinte.
HALCAL : HARA :
Vinaigre. Genièvre.

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   -H- 161 

HANNALA : On peut voir les applications heu-


Rue sauvage. reuses des fables Egyptiennes aux
opérations de cet Art, dans les livres
HARMAT :
des Fables Egypt. et Grecq. dévoi-
Baies de genièvre.
lées, liv. 1, chap. 7.
HARMEL :
HARPIES :
Semence de la rue sauvage.
Monstres enfants de Neptune et de
HARMONIAC : la Terre. Elles avaient la tête d’une
(Sel) (Sc. Herm.) Quelques Philo- femme, avec un visage pâle et
sophes ont donné le nom de Sel blême, le corps d’un vautour, des
harmoniac à leur matière, non que ailes de fer, des griffes aux pieds et
le sel qui porte communément ce aux mains, et un ventre énorme par
nom, soit naturel ou artificiel, doive sa grandeur. On les nommait Ocy-
être regardé comme la matière des peté, Aello, Celaeno. Elles enle-
Philosophes ; mais parce que cette vaient les mets de dessus la table de
matière est une espèce de sel com- Phinée, et infectaient ceux qu’elles y
posé par combinaisons harmo- laissaient. Zethès et Calaïs, fils de
niques, comme disent Raymond Borée, l’en délivrèrent et les chassè-
Lulle et Riplée. S’écrit aussi Armo- rent jusqu’aux îles Plotes. Voyez les
niac. Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
HARMONIE ou HERMONIE : liv. 2, ch. 1.
Fille de Mars et de Vénus, épousa HASACIUM :
Cadmus, fils d’Agénor. Cadmus eut Sel armoniac.
d’elle entre autres enfants, Semelé,
HAUTEUR :
mère de Bacchus. Voyez
(Science Herm.) Dimension allégo-
l’explication de cette fable dans les
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées. rique et mystérieuse de la pierre des
Sages. Si nous en devons croire Phi-
Voyez aussi l’article de Cadmus.
lalèthe, la hauteur n’est autre chose
HARPOCRATE : que ce que la matière des Philo-
Figure ou statue d’un homme te- sophes présente à nos yeux dans le
nant deux doigts sur la bouche fer- temps de sa préparation. Par
mée, et cachant de l’autre main ce exemple, le corps ou la matière de
que la pudeur ne permet pas de notre Art, dit-il dans son traité De
montrer. Cette statue se trouvait vera confectione Lapidis Philosophi-
dans tous les temples Egyptiens, qui ci, est noir dans sa première dispo-
l’appelaient le Dieu du Silence. On sition, qui se fait par la putréfaction
le mettait ainsi dans tous les ; cette noirceur qui frappe nos yeux
temples pour faire souvenir les et que nous appelons froide et hu-
Prêtres qu’ils devaient garder le si- mide, est ce qui se manifeste à notre
lence sur les secrets cachés sous vue ; et cette disposition est ce que
leurs figures hiéroglyphiques. Ces nous appelons hauteur de notre
secrets, selon que l’a très bien expli- corps.
qué Michel Maïer dans son Arcana
Arcanissima, n’étaient autres que HEBE :
celui de la vraie Chimie, que l’on Déesse de la jeunesse, fille de Jupi-
vante tant sous le nom du Grand- ter et de Junon, suivant Homère ;
ou de Junon seule, sans avoir connu
Œuvre, ou de la Pierre philosophale.

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   -H- 162 

d’homme, mais pour avoir mangé s’emparer de la ville de Troie, c’est-


beaucoup de laitue dans un festin à-dire à parfaire l’œuvre, si l’on ne
où Apollon l’avait invitée. Hébé fut dissolvait, et si l’on ne faisait tom-
constituée Echansonne de Jupiter, ber en putréfaction la partie fixe par
et donnée ensuite en mariage à l’eau mercurielle, ce qui était faire
Hercule après son apothéose. mourir Hector. Voyez l’explication
plus développée de cette fiction,
Hébé signifie proprement la méde-
dans le 6e livre des Fables Egypt. et
cine Hermétique, donnée en ma-
Grecq. dévoilées.
riage à Hercule, c’est-à-dire mise
entre les mains de l’Artiste après sa HECUBE :
perfection, afin qu’il en fasse usage Fille de Dymas, et femme de Priam,
pour la santé du corps humain, la Roi de Troie, ayant vu immoler sa
guérison des maux qui l’affligent, et fille Polixene sur le tombeau
son rajeunissement pour lequel on d’Achille, et son fils Polydor massa-
invoquait Hébé. cré par la trahison de Polymestor,
HEBRIT : elle en conçut un tel dépit, qu’elle
creva les yeux à Polymestor ; et
Soufre rouge des Philosophes.
dans le temps qu’elle se sauvait
HECATE : pour se soustraire aux poursuites
Déesse des Enfers, fille de Jupiter des Grecs qui s’étaient empares de
et de Cérès, selon Orphée ; de Jupi- la ville de Troie, elle fut changée en
ter et d’Astérie, selon d’autres. Hé- chienne. Voyez le 6e livre des Fables
cate présidait aux accouchements et Egypt. et Grecq.
aux songes. Elle est la même que
Diane, qui se nommait la Lune dans HEDELTABATENI :
Térébenthine. Planiscampi.
le Ciel, Diane sur la Terre, et Hé-
cate dans les Enfers. Voyez DIANE. HEL :
Vinaigre. Johnson et Planiscampi.
HECTOR :
Fils de Priam, fut un des plus HELCALIBAT :
grands Héros entre ceux qui défen- Térébenthine.
dirent la ville de Troie contre les HELE ou HELLE :
Grecs. La destinée de cette ville Gui de chêne.
était attachée à la vie d’Hector. Ju-
piter le prit sous sa protection, et le HELEBRIA :
soutint longtemps contre les pour- Ellébore blanc à fleurs rouges.
suites de Junon qui voulait le faire HELENE :
périr ; mais enfin il l’abandonna à Fille de Jupiter et de Léda, sœur de
sa destinée, et Achille lui ôta la vie. Castor, de Pollux et de Clytem-
Hector était le symbole de la partie nestre, fut la plus belle femme du
fixe de l’œuvre Hermétique, et monde. Ménélas l’épousa ; et Paris,
Achille celui de l’eau ignée mercu- fils de Priam, ayant adjugé la
rielle. C’est pourquoi on a feint pomme d’or à Vénus comme à la
qu’Apollon, Diane, Vénus et Mars plus belle des Déesses, Vénus lui
avaient pris le parti d’Hector ; et mit Hélène entre les mains pour
Junon, Thétis, le fleuve Scamandre, récompense de ce qu’il avait porté
Mercure et Minerve celui d’Achille. son jugement en sa faveur. Paris
Il n’était pas possible de réussir à enleva Hélène, et l’emmena à la

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   -H- 163 

cour de Priam. Ménélas, pour s’en dans l’eau et s’y noya. Voyez les
venger, mit dans ses intérêts tous Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
les Princes de la Grèce, et conduisit liv. 2, ch. 1.
contre Priam une armée formidable HELMINTHICA :
qui fit le siège de Troie. Au bout de Tout médicament vermifuge.
dix ans les Grecs s’emparèrent de
cette ville, et Ménélas ramena Hé- HEINESED :
lène avec lui. Après la mort de Mé- Corail.
nélas les Lacédémoniens la chassè-
rent de leur ville : elle se retira à HELSATON :
Rhodes chez Polixo, qui pour ven- Sel décrépité.
ger, dit Hérodote, la mort de son HELSEBON et HELSOBON :
mari Tiépoleme tué au siège de
Sel commun préparé. On dit aussi
Troie, envoya dans le bain où était
Eisabon.
Hélène, deux femmes de chambre
qui la pendirent à un arbre. Voyez HELUNHAI :
les Fables Egypt. et Grecq. dévoi- L’anneau dit de Salomon.
lées, liv. 6.
HELIADES : HŒMATITES (Pierre) :
Filles du Soleil et de Clyméné, et Ou pierre sanguine, ou Feret
sœurs de Phaëton. Voyez PHAETON. d’Espagne, est une pierre pesante,
participant du fer, des mines duquel
HELICON : elle se tire. Il y en a de plusieurs
Montagne de la Grèce, située près espèces. Celle qu’on appelle Feret
de celle du Parnasse, l’une et l’autre est dure, de couleur brune-
consacrées à Apollon et aux Muses. rougeâtre, mais devenant rouge
Voyez MUSES. comme du sang à mesure qu’on la
On voyait autrefois dans la Macé- met en poudre. Elle est disposée en
doine un fleuve qui portait le nom aiguilles pointues. La plus estimée
d’Hélicon. La Fable dit que les est nette, pesage, dure, avec des
femmes de la Thrace mirent en lignes) noirâtres par dehors, et
pièces Orphée sur son rivage, et fu- comme du cinabre en dedans. La
rent toutes noyées dans les eaux de sanguine nous vient communément
ce fleuve. Voyez ORPHEE. d’Angleterre, elle n’est point en ai-
guilles ; on la taille au couteau pour
HELICONIADES :
en faire des crayons, appelés
Surnom des Muses.
crayons rouges. On doit la choisir
HELIOTROPIUM : rouge-brune, pesante, compacte,
Mélisse de Théophraste. Paracelse. unie, et douce au toucher.
HELLE :
On trouve de l’Hématite noire en
Fille d’Athamas et de Néphele,
Egypte, en Perse, en Allemagne.
s’enfuit en Phrygie avec son frère
Quand elle est infusée, elle teint
Phrixus, pour se soustraire aux
l’eau en couleur de safran. Rulland
mauvais traitements de sa belle-
dit qu’on en trouve aussi de verte.
mère. Ils montèrent l’un et l’autre
sur un mouton à toison d’or, et vou- Sérapion, Pline, Dioscoride, parlent
lurent ainsi traverser la mer ; mais beaucoup de l’Hématite, et en font
Hellé effrayée par les flots, tomba un grand éloge.
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HEMIOBOLON : HERBE SATURNIENNE, ou Saturnie


La douzième partie d’une dragme. végétable. Matière de laquelle les
Philosophes Hermétiques savent
HEMIOLIUM :
extraire leur mercure.
Les uns emploient ce mot pour si-
gnifier une demi-once ; les autres, HERCULE :
avec Blancart, pour le poids de Se prend le plus souvent pour
douze gros, ou une once et demie. l’artiste laborieux, et savant dans
l’art chimique ; ce qui engagé la
HEMIPAGIA :
Migraine. plupart des Auteurs qui en ont trai-
té, à comparer la préparation de la
HENRI ROUGE : matière aux travaux d’Hercule, à
Colcotar. cause de la difficulté que l’on trouve
HENRI LE PARESSEUX. Athanor. à y réussir.
HERBE BLANCHE : HERCULE est aussi le nom que les
Qui croît sur les petites montagnes ; Alchimistes donnent à leurs esprits
ces expressions, en termes du grand métalliques, dissolvants, digérants,
art, ne signifient autre chose que la sublimants, putréfiants et coagu-
matière cuite et parfaite au blanc. lants. Ils regardent les travaux
On ne trouve ces termes que dans le d’Hercule comme le symbole du
Dialogue de Marie et d’Aros, où Ma- grand œuvre, ou des opérations de
rie la nomme Herbe blanche, claire la pierre philosophale. On peut voir
et honorée. Quelques-uns l’ont ex- à ce sujet le Traité de Pierre-Jean
pliquée du mercure des Sages, Fabre, Médecin de Montpellier, qui
d’autres de la minière d’où on a pour titre : Hercules Piochymïcus,
l’extrait ; mais la circonstance où imprimé à Toulouse en 1634. Il y
Marie l’emploie désigne la matière explique les travaux d’Hercule, par
au blanc, parce que les Philosophes le rapport qu’ils ont avec les opéra-
donnent quelquefois le nom de pe- tions de l’Alchimie, avec tant de
tites montagnes à leur fourneau et à vraisemblance, qu’on peut assurer
leur vase. avec lui, que presque toute la Fable
n’est qu’un tissu de symboles énig-
HERBE PHILOSOPHALE. Herbe sa- matiques du grand œuvre ; ceux qui
turnienne et Herbe médicinale. sont au fait en feront aisément
Termes du grand art, qui signifient l’application. Anthée, par exemple,
la même chose, c’est-à-dire, le mer- ce Géant si redoutable, fils de la
cure des Sages ; quelquefois la mi- Terre, qu’Hercule ne put vaincre
nière d’où se tire ce mercure. Les tant qu’il toucha la Terre sa mère ;
Chimistes lui donnent ce nom géné- mais qui fut suffoqué dès qu’il fut
rique d’herbe, à cause de sa qualité élevé en l’air, représente la terre
végétative. métallique grossière, et qui ne peut
HERBE TRIOMPHANTE (Sc. Herm.). devenir propre à la teinture des mé-
Matière minérale faisant partie du taux, qu’après avoir été sublimée
composé des Philosophes. C’est celle par le mercure ou les esprits métal-
qu’ils appellent leur Femelle, leur liques sublimants représentés par
Crible, dont voyez l’article. Hercule. Cette terre, après avoir été
sublimée, doit mourir ou être étouf-
HERBE POTAGERE. Pierre au blanc. fée dans les airs, c’est-à-dire, doit

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changer de figure, de forme et de Salmacis, et la matière ne prend


nature, doit être changée en vapeur aussi le nom de Rebis et
aqueuse ; et puis retomber pour être d’Hermaphrodite, qu’après la jonc-
putréfiée, et ensuite ressusciter de tion du soufre et du mercure des
ses cendres comme le phœnix. Tous Sages dans leur fontaine, qui est,
les livres des Philosophes le disent, dit Trévisan, la fontaine où le Roi et
entre autres Clangor Buccinœ, p. la Reine se baignent, comme le fi-
482. Celui qui saura convertir notre rent Salmacis et Hermaphrodite. La
terre en eau, cette eau en air, cet air propriété qu’acquit alors cette fon-
en feu, ce feu en terre, possédera le taine de rendre participants des
magistère d’Hermès, qui n’est autre deux sexes tous ceux qui s’y baigne-
que la pierre Philosophale. Mais le raient, est précisément la propriété
plus communément Hercule est le de l’eau mercurielle des Philo-
symbole de l’artiste qui emploie le sophes, qui est prise pour la femelle,
mercure philosophique pour faire et qui ne fait plus qu’un corps des
tout ce qu’on lui attribue. Voyez les corps qu’on y baigne, parce qu’ils s’y
Fables Egypt. et Grecques dévoilées, dissolvent radicalement, et s’y
liv. 5e, où l’on explique tous les tra- fixent ensuite de manière à ne ja-
vaux d’Hercule. mais pouvoir être séparés. C’est
pour cette raison que quelques Phi-
HERMAPHRODITE : losophes ont donné le nom
Fils de Mercure et de Vénus, se d’Hermaphrodite à leur matière
promenait dans un lieu solitaire, où fixée au blanc.
il y avait une fontaine. La Nymphe
Salmacis qui s’y baignait, fut éprise HERMES :
de la beauté du jeune homme qui Surnommé Trismégiste, ou trois fois
s’était disposé à s’y baigner aussi. grand, est regardé comme le père de
Elle le sollicita avec beaucoup l’Alchimie, qui de lui a pris le nom
d’instances, et ne pouvant l’engager d’Art Hermétique. Il était Egyptien,
à seconder ses désirs amoureux, elle et le plus savant homme connu jus-
courut à lui pour l’embrasser, et qu’à présent. Voyez son histoire et
pria en même temps les Dieux de lui les fables qu’on a inventées à son
accorder que de leurs deux corps il sujet dans le premier livre des
ne s’en fît qu’un ; ce qui lui fut ac- Fables Egyptiennes et Grecques dé-
cordé. Hermaphrodite obtint alors voilées.
que tous ceux qui se baigneraient
dans cette fontaine, soit homme ou HERMES est aussi le nom que
femme, participeraient à l’un et à quelques Chimistes ont donné au
l’autre sexe. La matière de l’art nitre. Blancart.
Hermétique tient de Mercure et de
Vénus, et porte elle-même le nom de HERMES ODORANTE. C’est le ker-
Mercure des Philosophes : plus d’un mès, suivant Raymond Lulle.
Adepte lui ont donné le nom de Vé- HERMES est encore un des noms, et
nus, et c’est en effet de l’un et de le nom propre du mercure des Phi-
l’autre qu’elle est composée. Il est à losophes, parce qu’il est en effet le
remarquer que ce fils de Mercure et mercure des corps et particulière-
de Vénus ne devint Hermaphrodite ment celui de tous les individus du
qu’après son union avec la Nymphe règne minéral.

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HERMETIQUE : HERMETIQUE :
Terme de Chimie. La science Her- (Sceau). Voyez SCEAU.
métique reconnaît Hermès pour son
propagateur, et quelques-uns le re- HERMETIQUE (Médecine). Elle ré-
gardent comme le premier qui y ait duit toutes les causes des maladies
excellé ; ce qui lui a fait donner son au sel, au soufre et au mercure ; et
nom. Le grand art, la Philosophie les guérit par des remèdes travaillés
Hermétique, le grand œuvre, hermétiquement, et extraits des
l’ouvrage de la pierre philosophale, trois règnes. Blancart.
le magistère des Sages, sont toutes
expressions synonymes de la science HERMETIQUEMENT :
Hermétique. La Physique Hermé- Ce terme ne se dit que de la ma-
tique dépend de cette science, qui nière de sceller les vases chimiques
fait consister tous les êtres sublu- ou autres ; ce qui se fait en les bou-
naires dans trois principes, le sel, le chant de manière qu’ils ne laissent
soufre et le mercure, et rapporte échapper aucune des parties vola-
toutes les maladies au défaut tiles des corps qu’ils renferment.
d’équilibre dans l’action de ces trois Pour y parvenir, on fait rougir le
principes ; c’est pourquoi elle se haut du col du vaisseau, et on en
propose pour objet la recherche d’un rapproche les bords jusqu’à ce qu’ils
remède, qui entretienne cet équi- soient collés ensemble. Quelquefois
libre dans les corps, ou qui y re- on y met un bouchon de verre, lors-
mette ces trois principes, lorsque que le vase est de cette matière, et
l’un d’eux vient à dominer avec trop ayant mis du verre pilé sur les
de violence sur les autres. Le second joints, on la fond à la lampe
objet de cet art, est de composer ce d’émailleurs. On dit aussi sceller du
qu’ils appellent élixir au blanc ou au sceau des Philosophes, des Sages ;
rouge, qu’ils nomment aussi poudre mais quand on le dit des opérations
de projection, ou pierre Philoso- du grand œuvre, on ne doit pas
phale : ils prétendent avec cet élixir l’entendre du vase qui contient la
changer les métaux imparfaits en matière ; mais du sceau secret avec
argent avec l’élixir au blanc, ou en lequel ils scellent la matière même ;
or avec l’élixir au rouge. On a re- c’est la fixation du volatil.
gardé dans tous les temps comme
HERMIONE ou HARMONIE :
des fous ceux qui se sont adonnés à
Fille de Mars et de Vénus, et femme
ces recherches, quoiqu’ils se nom-
de Cadmus. Ces deux derniers fu-
ment les vrais Sages et les vrais
rent changés en serpents ou dra-
Philosophes, à qui seuls la Nature
gons. Voyez CADMUS.
est connue. Ils prétendent que les
Philosophes de l’Antiquité, Démo- HERMIONE. Fille de Ménélas et
crite, Platon, Socrate, Pythagore, d’Hélène, fut d’abord fiancée à
etc. étaient tous initiés dans les se- Oreste, fils d’Agamemnon ; Pyrrhus
crets de cette science, que les hiéro- l’épousa à son retour de Troie. Mais
glyphes des Egyptiens et toutes les Oreste, sans doute du consentement
fables qui composent la Mythologie, d’Hermione, fit massacrer Pyrrhus
n’ont été inventés que pour ensei- dans le Temple d’Apollon. V.
gner cette science. Voyez sur cela les ORESTE.
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

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HERMOGENE : HESNIC :
Nom que Basile Valentin a donné Le poids d’un quarteron, ou la qua-
au mercure des Philosophes, comme trième partie d’une livre.
principe, et père de la pierre des HESPERIDES :
Sages. Ce savant homme a composé Filles fabuleuses, que les Poètes ont
le symbole de sa dixième Clef de feint avoir un jardin, dans lequel
l’œuvre Hermétique, d’un triangle croissaient des pommes d’or. Ce jar-
qui renferme deux cercles concen- din, selon l’explication des Philo-
triques ; à l’angle droit est la figure sophes Spagyriques, est le symbole
chimique du Soleil, à l’angle gauche de l’Alchimie, par les opérations de
celle de la Lune, à l’angle du bas laquelle on fait germer, croître, fleu-
celle de Mercure. Sur chaque figure rir et fructifier cet arbre solaire,
et au milieu du cercle sont des mots dont le fruit surpasse l’or commun
hébreux que je n’entends pas. Au-
en beauté et bonté, puisqu’il conver-
dessus du côté qui forme le haut du tit les autres métaux en sa propre
triangle est écrit : Je suis né
nature ; ce que ne peut faire l’or
d’Hermogène ; le long du côté vulgaire. Le Dragon qui gardait le
gauche : Hypérion m’a choisi, et le
jardin des Hespérides, est le sym-
long du côté droit : sans Jamsuph je bole des difficultés qu’il faut sur-
suis contraint de périr.
monter pour parvenir à la perfection
HERNEC : de la pierre Philosophale, et en
Orpiment des Philosophes. même temps celui de la putréfaction
du mercure.
HESIONNE :
Fille de Laomédon, Roi de Troie, Les Hespérides étaient trois sœurs,
selon la Fable, fut exposée pour être filles d’Hespérus, frère d’Atlas. Elles
dévorée par un monstre marin, se nommaient Eglé, Aréthuse et
qu’Hercule tua. Les Philosophes ou Hespéréthuse. Ceux qui seront cu-
Adeptes disent qu’Hésionne est cette rieux d’en voir une application plus
terre vierge qui renferme leur eau détaillée, peuvent consulter mon
mercurielle, et qui est cachée dans traité des Fables Egypt. et Grecq.
les matières terrestres. Apollon et dévoilées, liv. 2, ch. 2.
Neptune en désirent ardemment le HESPERIS :
sacrifice, c’est-à-dire, que l’humide Espèce de giroflier ou violier, ainsi
et le chaud inné de chaque chose, nommé, de ce que ses fleurs ont
désirent leur réunion avec cette beaucoup plus d’odeur le soir que
terre vierge, pour produire quelque pendant le reste de la journée.
chose de pur, et donner la liberté à Blancard.
cette matière ignée et cet humide
radical, qui se trouvent emprison- HETEROGENE :
nés dans les matières grossières de Qui n’est pas de même nature. La
la terre. Fabri. Le monstre marin matière des Philosophes est mêlée
est une humidité superflue, qui de beaucoup de parties hétérogènes
semble noyer, et comme vouloir dé- qu’il faut en séparer pour avoir le
vorer Hésionne. Voyez les Fables mercure des Philosophes pur et sans
dévoilées, liv. 5, ch. 14. tache.

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HEXAGIUM : emploient pour faire le magistère


Poids de quatre scrupules, suivant des Sages.
quelques-uns, et d’une dragme et HIN :
demie, suivant d’autres. Blancard. Assa fœtida.
HIDROS : HIPPOCENTAURES :
Sueur. Monstres demi hommes et demi
HIDROTIQUES (Médicaments) : chevaux, que les Poètes ont feint
Ou sudorifiques. avoir habité autrefois près du mont
Pélion. Ces monstres sont de la na-
HIDUS :
ture des autres de la Fable, c’est-à-
Vert-de-gris.
dire imaginés pour symbole de la
HIEROGLYPHES : dissolution de la matière de l’œuvre
Caractères mystérieux inventés par Hermétique. Ce qui est assez clai-
Hermès Trismégiste, et employés rement déclaré par la signification
par les Egyptiens particulièrement étymologique du lieu de leur habita-
pour enseigner l’art sacerdotal. tion prétendue ; car Pelos veut dire
Voyez cet article. Dans les quatre noir, d’où on a fait Pélion. On sait
sortes d’hiéroglyphes en usage chez que la couleur noire est la marque
les Egyptiens, la seconde était la et le signe de la putréfaction et de la
seule usitée quand il s’agissait de dissolution parfaite de la matière.
parler des mystères de la Nature, et Voyez CENTAURES.
de ceux de l’art Sacerdotal ou Her-
métique. Abénéphi. Presque tous les HIPPOCRENE :
Alchimistes ont imité les Egyptien. Fontaine située près du mont Héli-
Ils ne se sont expliqués que par con en Béotie, et consacrée aux
symboles, allégories, métaphores, Muses. Les Poètes ont feint que le
fables et énigmes. cheval Pégase la fit sourdre en
frappant la terre avec le pied. Voyez
HIEROPHANTES : l’explication de cette fable dans les
Prêtres célèbres à Athènes, chargés Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
d’enseigner les choses sacrées, et les liv. 3, chap. 14, § 3.
mystères à ceux qui voulaient être
HIPPODAMIE :
initiés. Ils avaient soin des Temples.
Fille d’Œnomaus, épousa Pélops,
Voyez les Fables Egypt. et Grecques
dévoilées, liv. 4. après que celui-ci eut, par strata-
gème, vaincu Œnomaus à la course
HILLA : du char. C’était la condition que ce
Boyau jejunnon. Roi d’Elide imposait à ceux qui de-
HILLUS ou HILUS : mandaient sa fille en mariage. V.
ŒNOMAUS.
Fils d’Hercule et de Déjanire, épou-
sa Joie, et tua dans la suite Eurys- HIPPODAMIE ou DEIDAMIE :
thée, pour venger son père des Fille du Roi d’Argos, prit pour mari
maux que lui avait suscités ce Roi. Pirithous. Celui-ci invita les Cen-
Voyez HERCULE. taures à ses noces ; ils y excitèrent
du trouble ;
HIMEN ou HYMEN : Hercule et Thésée, amis de Piri-
Nom que Raymond Lulle a donné à thous, prirent son parti, attaquèrent
l’unique vase que les Philosophes les Centaures, en tuèrent un grand
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nombre, et mirent les autres en Thésée avait chassé son fils de sa


fuite. Voyez les Fables dévoilées, liv. présence. Il est en effet son fils,
5, ch. 22. puisqu’il est fait du mercure même.
Après sa volatilisation, il retombe
Les noces de l’œuvre se font pen-
dans la mer des Philosophes, où se
dant la putréfaction de la matière
forme le rocher ou la pierre des
signifiée par les Centaures. Hercule
Sages, et y meurt, c’est-à-dire qu’il
ou l’Artiste, de concert avec Thésée,
s’y fixe ; car mourir et se fixer sont
ou le mercure des Philosophes,
deux termes synonymes en fait de
achèvent la dissolution, désignée
science Hermétique, comme volatili-
par la mort des Centaures, et pro-
ser signifie donner la vie. Voyez
cure la volatilisation indiquée par
dans le liv. 3, ch. 12, § 2 des Fables
ceux qui prennent la fuite. Pirithous
dévoilées, ce qu’il faut entendre par
est la matière fixe, Hippodamie est
la résurrection d’Hippolyte, faite
la volatile.
par l’art d’Esculape.
HIPPOLYTE :
HIPPOLYTE ou ANTIOPE. Reine des
Fils de Thésée et d’Hippolyte, Reine
Amazones, épousa Thésée après sa
des Amazones, eut une si grande
défaite. Voyez le liv. 5, ch. 13 des
passion pour la chasse, qu’il en était
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
uniquement occupé. Phèdre sa
belle-mère devint amoureuse de lui, HIPPOMENE :
et ne pouvant le faire consentir à Fils de Macarée, se mit sur les
ses désirs, elle s’en vengea en rangs pour épouser Atalante. Il la
l’accusant auprès de Thésée d’avoir vainquit à la course par le moyen de
voulu attenter à son honneur. Thé- trois pommes d’or qu’il jeta succes-
sée trop crédule chassa Hippolyte sivement derrière lui, et qu’Atalante
son fils de sa présence. Celui-ci, en s’amusa à ramasser. Voyez les
fuyant la colère de son père, était Fables dévoilées, liv. 2, chap. 3.
monté sur un char pour s’éloigner
HIPPURIS :
de lui ; comme il passait sur le ri-
C’est la prêle, la queue du cheval,
vage de la mer, Neptune suscita un
en latin Equisetum.
monstre marin, qui s’étant présenté
aux chevaux d’Hippolyte, les ef- HIRUNDINARIA :
fraya, leur fit prendre le mors aux Dompte venin, Asclepias.
dents, et les obligea de traîner le HISMAT :
char à travers les rochers, où il se Scories d’argent.
fracassa ; Hippolyte culbuta, et y
périt. Esculape le ressuscita. La HISPANACH :
passion d’Hippolyte pour la chasse, Epinars.
est la disposition de la matière à HIVER :
être volatilisée ; cette volatilisation Les Sages ont donné quelquefois ce
marque une espèce d’éloignement et nom à leur mercure ; mais ils s’en
d’aversion pour l’union avec la terre servent communément dans un sens
qui reste au fond du vase, indiquée allégorique, pour signifier le com-
par Phèdre mariée avec le mercure mencement de l’œuvre, ou le temps
représenté par Thésée. Comme c’est qui précède la putréfaction. C’est
le mercure lui-même qui est cause pourquoi ils disent communément,
de la volatilisation, on a feint que qu’il faut commencer par l’hiver, et

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   -H- 170 

le finir par l’automne ; parce que de guerre et du siège de Troie pour


même que la nature semble morte traiter cet Art allégoriquement ; ce
en hiver et ne produit encore rien, qu’il a fait dans son Iliade. Il fit
de même le mercure des Sages dis- aussi son Odyssée, ou les Erreurs
pose seulement à la génération, qui d’Ulysse, pour représenter les er-
ne peut se faire sans corruption, et reurs où tombent les Philosophes
la corruption ne survient que par la Hermétiques avant de parvenir à la
putréfaction. Le régime du feu est connaissance du véritable secret de
alors du premier degré. Le mercure cet Art. On y voit clairement les
dissout son corps. Et les Philo- procédés faux et erroneux (pour me
sophes disent que ce degré du feu servir des termes mêmes des Philo-
doit être semblable à la chaleur sophes) de ceux qui n’étant pas en-
d’une poule qui couve ; d’autres à la core initiés dans ces mystères, font
chaleur de l’estomac, à la chaleur du des chutes presque à chaque pas
fumier ; d’autres enfin à une cha- qu’ils font. Ulysse est le véritable
leur semblable à celle du soleil au portrait de ces Chimistes qui ayant
mois de mars ou dans le signe une fois adopté un système et une
d’Ariès. C’est pour cela qu’ils ont dit recette, la travaillent conformément
qu’il fallait commencer l’œuvre au à leurs préjugés, malgré que la Na-
signe du Bélier, pendant que la ture s’offre à eux comme Calypso, et
Lune est dans celui du Taureau. Et ils l’abandonnent ensuite de la ma-
tout cela ne signifie autre chose que nière que fit Ulysse. Ils s’instruisent
la chaleur modérée philosophique- comme Ulysse le fut par Tyrésias ;
ment au commencement de l’œuvre. mais toujours indécis, ils font mille
opérations sur des recettes diffé-
C’est dans ce temps d’hiver philoso-
rentes, comme Ulysse aborda en
phique que le mercure se mortifie,
différents pays sans se fixer à au-
que la terre conçoit et qu’elle change
cun.
de nature.
Riplée, Trévisan, Zachaire ont imité
HOLCE :
Homère ; ils ont fait le détail des
Dragme.
erreurs où ils sont tombés avant de
HOLSEBON : réussir, et ont donné ensuite méta-
Sel commun décrépité. phoriquement et allégoriquement la
HOMERE : véritable manière de procéder aux
Poète Grec, peut-être le plus ancien, opérations du grand œuvre. Il ne
a composé divers ouvrages ; il nous faudrait que donner une édition
reste entre autres son Iliade, son commentée d’Homère, faite par un
Odyssée et quelques Hymnes. On Philosophe Hermétique, pour prou-
l’appelle le Prince des Poètes, tant à ver au public la vérité de ce que
cause du sublime de sa Poésie, que j’avance. Le peu d’explications que
parce qu’il semble être la source j’ai données de l’Iliade dans le 6e
dans laquelle les autres ont puisé ; livre des Fables Egyptiennes et
c’est pourquoi Pline l’appelait la Grecques dévoilées, suffisent pour
Fontaine des beaux esprits. Homère donner une idée claire du reste. Les
avait voyagé en Egypte, et y avait Mythologues se donneront éternel-
appris les mystères de l’Art Sacer- lement la torture sans réussir à ex-
dotal. Il imagina la fiction de la pliquer Homère d’une manière sa-

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   -H- 171 

tisfaisante, s’ils supposent à ce lement avec quelques parties de ce


Poète d’autres idées que celles-là. végétal quand elles sont métalliques
de leur nature. On en trouve dans
HOMME :
plusieurs plantes, et dans différents
La plupart des Philosophes ont
arbres lorsqu’ils croissent sur des
comparé la confection du magistère
mines. On prétend même que les
à la génération de l’homme, et ont
en conséquence personnifié les deux Chinois savent extraire du mercure
vulgaire coulant du pourpier sau-
parties ou ingrédients de l’œuvre, le
vage. L’expérience a prouvé qu’on
fixe et le volatil. Ils ont appelé le
trouve dans le chêne des parties fer-
fixe mâle, et lui ont donné des noms
rugineuses. La cendre de pavot cor-
d’hommes ; et le volatil femelle, et
nu se mêle avec les métaux en fu-
l’ont indiqué par des noms de
sion.
femmes. C’est de cette manière que
les Egyptiens et les Grecs anciens, HOREUM :
initiés dans les mystères de l’Art Miel tiré de la ruche pendant l’été.
Sacerdotal ou Hermétique, ont in- HORIZON :
venté les fables.
Nom que quelques Chimistes ont
HOMME. Dit simplement, signifie le donné au mercure de l’or ; et les
fixe. Philosophes Hermétiques au mer-
cure des Sages, parce qu’il est le
HOMME ELEVE. S’entend de la ma-
principe et la base de l’or philoso-
tière des Philosophes digérée, dis-
phique.
soute et en putréfaction.
HORIZONTIS :
HOMME ARME DE CASQUE. Signifie
Or potable.
le mercure digéré et parvenu à la
couleur noire. C’est une dénomina- HORUS ou ORUS :
tion tirée par comparaison de la fi- Fils d’Osiris et d’Isis, fit la guerre à
gure du Dieu Mercure, représenté Typhon, et le fit périr avec l’aide
avec un casque en tête, tenant son d’Isis. Horus mourut cependant,
caducée, autour duquel deux ser- mais sa mère le ressuscita, et le
pents entortillés semblent se com- rendit immortel. Horus succéda à sa
battre. mère, qui avait elle-même succédé à
HOMME ROUGE. C’est le soufre des
Osiris son époux ; mais Horus fut le
Philosophes, ou le magistère au dernier des Dieux qui régnèrent en
rouge. Egypte. Voyez ce que signifient ces
fictions, dans les Fables Egypt. et ;
HOMOGENE : Grecq. dévoilées, liv. 1, ch. 5.
Qui est de même nature, qui est
HUCCI ou HUNE :
composé de parties absolument si-
C’est l’étain, ou Jupiter.
milaires entre elles, et qui peuvent,
étant rapprochées, s’unir intime- HUILE :
ment. Telles sont les parties de Quoique simplement dit, n’est |pas
l’eau, qui mêlées avec de l’eau, ne une matière dont on doive se servir
peuvent plus en être distinguées. pour la confection de l’œuvre ; ils
Tel est l’or pur mêlé avec d’autre or ont donné ce nom à la matière
pur. Un métal ne peut se mêler, même lorsqu’elle a pris une couleur
comme on dit, per minima, ou inti- et une viscosité huileuse, pendant la
mement avec un végétal ; mais seu- putréfaction dans l’œuf philoso-
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   -H- 172 

phique. Tabula Scientiœ majoris. sous ce nom ils ont entendu l’huile
Par l’huile, les Philosophes dési- des Philosophes Hermétiques, au-
gnent souvent le feu secret des trement dit leur élixir au blanc par-
Sages. fait, au lieu que les Chimistes mo-
dernes ont pris les termes des An-
HUILE BENITE. Huile incombustible.
ciens à la lettre, et ont perdu leurs
C’est leur soufre. Ils donnent quel-
quefois ce nom à leur pierre parfaite peines, parce que le talc n’est pas la
au blanc ou au rouge, parce qu’elle matière d’où cette huile doit
coule et se fond au feu comme le s’extraire.
beurre ou l’huile figée. HUILE DE MARS. (Sc. Herm.) Soufre
des Philosophes parfait au rouge.
HUILE DE LA NATURE. C’est le pre-
mier sel qui sert de base à tous les HUILE INCOMBUSTIBLE. (Sc. Herm.)
autres. On l’appelle Huile, parce Magistère au rouge ; on l’appelle
qu’il est onctueux, fondant et péné- incombustible, à cause de sa fixité.
trant ; Huile de la Nature, parce HUILE ROUGE. Voyez HUILE DE
qu’il est la base de tous les individus MARS.
des trois règnes, et qu’il en est aussi
le conservateur matériel et le res- HUILE VIVE. Magistère au blanc.
taurateur. C’est le meilleur, le plus HUILE VEGETALE. Huile du tartre
noble, le plus fixe, et en même des Philosophes, et non du tartre
temps le plus volatil avant sa pré- vulgaire.
paration. Lorsque l’Art veut
l’employer, il doit, de fixe, le rendre HUILE HERACLIENNE. Huile extraite
volatil, et puis de volatil, fixe ; le du bois de gayac, ou du bouis. Elle
résoudre et le coaguler, c’est tout est bonne contre l’épilepsie et les
l’œuvre. maux de dents.

HUILE ESSENTIELLE. C’est le soufre HUMATION :


volatil des métaux philosophiques ; Action par laquelle l’on met dans le
c’est-à-dire, leur âme, ou le mâle, le vase la matière de la pierre des
soleil, l’or des Sages. Sages, pour l’y faire putréfier.
HUILE DE SATURNE. (Sc. Herm.) Ma- Quelques Chimistes ont comparé
tière des Philosophes au noir, ainsi cette action à la sépulture de Jésus-
nommée, parce qu’ils appellent Christ, parce qu’on scelle le vase
Plomb leur matière en putréfaction. après y avoir mis la matière, comme
on scella le tombeau de notre Sau-
HUILE DE SOUFRE. (Sc. Herm.) Ma- veur ; et que la matière ne s’y dis-
tière au noir. sout ou putréfie, que pour ressusci-
HUILE DE TALC. Les Anciens ont ter. Plusieurs d’entre les Philo-
beaucoup parlé de cette huile, à la- sophes Chimiques ont trouvé tant
quelle ils attribuaient tant de vertus de ressemblance dans la vie, la pas-
que presque tous les Chimistes ont sion, etc. de Jésus-Christ, avec les
mis en œuvre tout leur savoir pour opérations du grand œuvre des
la composer ; ils ont calciné, purifié, Sages, qu’ils n’ont point fait difficul-
sublimé, etc., cette matière, et n’en té de se servir des termes mêmes de
ont jamais pu extraire cette huile si l’Evangile pour exprimer allégori-
précieuse. C’est que les Anciens n’en quement tout leur procédé ; parce
ont parlé que par allégorie, et que que, disent-ils, Dieu a institué le

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   -H- 173 

grand œuvre pour le salut de nos la base des métaux, quand il est
corps, comme il a envoyé son Fils préparé philosophiquement pour
pour le salut de nos âmes. Ils ajou- faire l’œuvre Hermétique.
tent, que la Science Hermétique HUMIDITE :
jette sur les mystères de la religion Dit simplement, signifie le mercure,
Chrétienne, un jour si grand, qu’il dissolvant universel des Philo-
n’est pas possible d’être Philosophe sophes.
Hermétique, sans être bon Chré-
tien. HUMIDITE DE LA PIERRE. C’est aussi
le mercure qui est une eau sèche,
HUMATION. En termes de Science
qui ne mouille point les mains, et
Hermétique signifie proprement la qui ne s’attache qu’à ce qui est de sa
putréfaction de la matière ; et quel- nature. Ceux qui prétendent qu’il y
quefois sa fixation, parce que la a deux voies, la sèche et l’humide
fixation du volatil est une espèce de pour faire le magistère, appellent
mort, et que ce qui était eau pen- humidité de la pierre l’eau perma-
dant la dissolution, devient terre en nente des Sages sous forme d’eau
se fixant. laiteuse, nommée lait de vierge,
HUMECTATION : humidité visqueuse. Ceux qui
(Sc. Herm.) Donner à la pierre son n’admettent que la voie sèche,
humidité, lorsqu’elle est parfaite, et l’appellent eau sèche simplement.
qu’on veut la multiplier. V. IMBIBI- Mais c’est un leurre que ces deux
TION, MULTIPLICATION. voies ; les uns et les autres suivent
la même sous deux noms différents ;
HUMECTER :
ils n’ont égard, dans ces dénomina-
Cuire, digérer. Voyez. IMBIBITION.
tions, qu’aux différentes formes sous
HUMEURS : lesquelles se montre leur mercure
Paracelse ne voulait pas qu’on dît dans le cours des opérations.
d’un homme, qu’il est sanguin, ou
mélancolique, ou pituiteux ; parce Rendre à la pierre son humidité,
c’est faire les imbibitions ; c’est-à-
que tout homme est sanguin, mé-
lancolique et flegmatique tout en- dire, continuer le régime du feu phi-
losophique, qui fait sublimer cette
semble ; mais il voulait qu’on appe-
humidité au haut du vase, d’où les
lât la bile soufre rouge, le phlegme
imbibitions se font d’elles-mêmes,
soufre blanc imprégné de sels, et la
lorsque cette même humidité re-
mélancolie mercure.
tombe sur la terre qui est demeurée
HUMIDE IGNE : au bas.
Mercure des Sages animé de son
HUMIDITE VISQUEUSE. Voyez HUMI-
soufre. Quelquefois les Philosophes
DITE DE LA PIERRE.
entendent par ce terme la matière
de l’œuvre au noir. HUMIDITE AQUEUSE. Mercure après

HUMIDE RADICAL DE LA NATURE.


la putréfaction de la matière.
HUMIDITE BRULANTE. Mercure des
Ou l’humidité visqueuse. C’est le
mercure des Philosophes, qui est la Sages, ainsi nommé de ce qu’il a
base de tous les individus des trois plus d’action et de force sur l’or
règnes de la Nature ; mais qui est même que le feu élémentaire. C’est
plus particulièrement la semence et pourquoi les Philosophes disent,

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nous brûlons avec l’eau, et les Chi- HYDEROS :


mistes avec le feu. Hydropisie.
HUMIDITE PERMANENTE. V. EAU HYDRARGIROSIS :
PERMANENTE. Onction mercurielle.
HUNE, ou HUNT, ou HUCCI : HYDRE :
Etain, Jupiter. Serpent à plusieurs têtes qu’Hercule
tua dans le marais de Lema. Les
HUSACE :
Philosophes Spagyriques disent que
Sel armoniac.
l’Hydre représente la semence mé-
HUVO. HUUT : tallique, laquelle si l’on digère, et si
Jupiter des Chimistes. l’on cuit dans le vase philosophique,
HYACINTHE : s’altère et se change de manière
Fils d’Amicle, fut tué par Apollon, qu’elle subit une espèce de mort, et
qui l’aimait beaucoup. Ce Dieu, en semble acquérir à chaque instant un
jouant au palet, le fit tomber par nouveau genre de vie par les diffé-
mégarde sur la tête d’Hyacinthe, rents degrés de perfection qu’elle
qui périt du coup. Les Poètes ont prend, de même que l’Hydre prenait
feint qu’Apollon le changea en la dix nouvelles têtes quand Hercule
fleur d’Hyacinthe, et que l’on voit lui en coupait une ; ce qui est très
encore sur cette fleur ces deux clairement le symbole de la multi-
lettres A, I, qui composent plication de la pierre. Car autant de
l’exclamation lamentable que fit ce fois que l’on recuit et que l’on dis-
Dieu après cet accident. Voyez ce sout la pierre avec du nouveau mer-
que signifie cette fable dans l’article cure, elle acquiert le décuple de ver-
d’Apollon. tu, et a dix fois autant de force
transmutatoire qu’elle en avait
HYADES : avant cette nouvelle décoction.
Filles d’Atlas et d’Ethra, furent, se- Voyez les Fables Egypt. et Grecq.
lon quelques-uns, les nourrices de dévoilées, liv. 5, chap. 4.
Bacchus. On en nomme six, Eudore,
Ambrosie, Prodice, Coronis, Phileto HYDRE. Les Sages ont comparé leur
et Poliso : d’autres y ajoutent élixir à l’Hydre, parce que la pierre
Thionne. Ces prétendues filles se renouvelle et augmente en quan-
d’Atlas ne sont autres que les va- tité et en qualité à chaque fois qu’on
peurs mercurielles qui montent au répète l’opération sur le même
haut du vase, et retombent en pluie élixir, et que dans chaque opération
sur la matière fixe signifiée par la putréfaction survient ; ce qui est
Bacchus. Le nom seul d’Hyades, qui une espèce de mort ; ils disent
veut dire pluvieux, exprime suffi- qu’alors l’artiste coupe la tête à
samment la chose. l’Hydre, et qu’il en renaît dix à la
place ; parce qu’à chaque réitération
HYARIT : de l’œuvre sur la même pierre, sa
Argent, Lune des Philosophes. vertu augmente de dix degrés par
HYDATIA : progression, c’est-à-dire, que si
Voyez ARLES CRUDUM. après la première opération l’élixir
était assez parfait pour qu’une de
HYDATODES VINUM :
ses parties en pût transmuer en or
Vin trempé d’eau.
dix d’un métal imparfait après la

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   -H- 175 

seconde opération, et une partie en si le nom que la plupart des Alchi-


transmuera cent, etc. mistes donnent à la matière de la
pierre philosophale.
HYDRE. Matière du magistère avant
la déalbation. « Notre Lion, dit Phi- HYLE. (Sc. Herm.) Quelques-uns
lalèthe, étant mis dans notre mer, disent qu’il faut entendre par ce
devient notre Hydre : elle mange ses terme la matière d’où les Philo-
têtes et sa queue. Et sa tête et sa sophes tirent leur mercure ;
queue sont son esprit et son âme. d’autres, qu’il signifie la même ma-
Cette âme et cet esprit sont sortis tière au noir, et Philalèthe dit qu’on
de la boue, dans laquelle sont deux donne le nom de Hylé à la matière
choses contraires, l’eau et le feu. parvenue au blanc. Voyez son Traité
L’un vivifie l’autre, et celui-ci tue De vera confectione lapidis Philoso-
celui-là. Il faut les plonger dans phi, ou Enarratio methodica trium
notre Hydre, et puis sept fois dans medicinarum Gebri, p. 38.
notre mer, jusqu’à ce que tout soit
HYLE. Matière première, substance
absolument sec, c’est-à-dire, jus- radicale, humide radical, dernier
qu’au blanc. »
aliment, semence prolifique, sont
HYDRELŒUM : des expressions presque synonymes
Mixtion d’eau et d’huile. d’une même chose dans chaque
règne. Le Breton.
HYDRIA :
Dieu de l’Eau chez les Egyptiens. HYLEC :
Voyez CANOPE. Voyez HYLE.
HYDROPEGE : HYLLUS :
Eau de fontaine. Fils d’Hercule. Voyez HILLUS.
HYGIEIA : HYMEN :
Fille d’Esculape, Déesse de la Santé. Voyez HIMEN.
Voyez ESCULAPE.
HYPECOON :
Cumin sauvage : d’autres préten-
HYLAS :
dent que ce terme doit s’entendre
Fils de Théodamas, fut extrême-
d’une espèce de pavot cornu. Blan-
ment aimé d’Hercule, qui tua Théo-
card.
damas pour enlever son fils. Her-
cule, en allant à la conquête de la HYPERION :
Toison d’or, aborda avec les autres Père du Soleil, selon la Fable, signi-
Argonautes en une terre où Hylas fie le Mercure philosophique, père
disparut ayant été chercher de de l’or ; car rien n’est plus subtil que
l’eau. On feignit que les Nymphes le mercure. Et Théja regardée
l’avaient enlevé. Hercule courut les comme la mère du Soleil, doit
bois en cherchant et appelant son s’entendre du soufre. Olaus Borri-
cher Hylas ; mais inutilement. Voy. chius.
l’explication de cette fable dans le
HYPERMNESTRE :
liv. 5, ch. 12 des Fables Egypt. et
L’une des filles de Danaus, fut la
Grecq. dévoilées.
seule des cinquante qui ne suivit
HYLE : pas les ordres de son père, qui con-
Terme pris du grec υλη, et qui signi- sistaient à tuer chacune son mari la
fie forêt, chaos, confusion. C’est aus- première nuit de leurs noces. Hy-

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   -H- 176 

permnestre épargna le sien nommé HYPSIPHILE :


Lincée, qui dans la suite fit mourir Fille de Thoas, Roi de Lemnos, sau-
Danaus. Voyez DANAUS. va la vie à son père, contre la réso-
lution que les femmes de cette île
HYPUOTICA :
avaient prise de tuer tous les
Médicaments soporifiques.
hommes qui y habitaient. Elle se
HYPOCHŒRIS : sauva de l’île après que Jason l’eut
Laitron épineux. connue, et laissée enceinte. Elle eut
HYPOCLAPTIQUE : de lui deux enfants, Thoas et Eu-
(Vase) Espèce d’entonnoir à séparer neus. Licurgue, Roi de Thrace, reçut
les huiles essentielles des eaux ou Hypsiphile chez lui, et la fit nour-
esprits avec lesquels ces huiles pas- rice de son fils Archemore. Etant un
sent dans le récipient pendant la jour dans un bois avec son nourris-
distillation. son, des Grecs extrêmement pressés
de la soif, la prièrent de leur donner
HYPOGLOSSIS ou BATRACHION : quelques secours : elle le fit, et les
Rainet, tumeur de grenouille, et le conduisit à une fontaine qui n’était
remède qui guérit cette maladie, de pas loin de là. Son zèle fut si grand,
même que l’âpreté du larynx. que pour aller plus vite, elle laissa
HYPOGLOTTIDES : le petit Archemore seul sur l’herbe.
(Pilules). Ce sont des conserves, des Elle s’amusa à raconter en peu de
pilules qu’on laisse fondre sur la mots son histoire aux Grecs, et re-
langue pour adoucir la toux. tourna où elle avait laissé le jeune
Prince. Pendant ce temps-là un ser-
HYPOPHEON :
pent lui avait ôté la vie, et il venait
Voyez HYPECOON.
d’expirer. Les Grecs affligés de cette
HYPOPHORES : funeste aventure tuèrent le serpent,
Ulcères fistuleux. firent à cet enfant de superbes funé-
HYPOPYON : railles, et instituèrent des Jeux en
Œil purulent. son honneur, qui devaient se célé-
brer dans la suite tous les trois ou
HYPOSPHAGMA : tous les cinq ans. Ce sont ceux que
Œil meurtri. l’on appela Jeux Néméens. Voyez les
HYPOSTASE : Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
Matière de l’œuvre au blanc. liv. 4, ch. 8 et liv. 2, ch. 1.

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   - I/J - 177 

I/J
fontaine d’eau très limpide qui sort
JA :
de sept sources, et qui l’arrose tout
Fille d’Atlas, et sœur de Maïa, mère
entier. Il faut, y faire boire le Dra-
de Mercure. Voyez MAÏA.
gon par le nombre magique de trois
JABORA : fois sept, jusqu’à ce qu’il en soit tel-
Mandragore. lement enivré, qu’il dépouille ses
IACCHOS : vêtements. Mais on n’en viendra
L’un des noms de Bacchus. Voyez ce jamais à bout si Vénus porte lu-
qu’il signifie dans le liv. 3, ch. 14, § mière, et Diane cornue ne nous sont
2 et liv. 4, ch. 2 des Fables Egyp- propices et favorables. On doit cher-
tiennes et Grecques dévoilées. cher dans ce Jardin trois sortes de
fleurs, qu’il faut nécessairement y
JANUS : trouver pour réussir. Tout auprès
A deux visages, signifie selon les du seuil de la porte se voient des
Alchimistes, la matière de la pierre violettes printanières, qui arrosées
philosophale, qu’ils nomment Rebis, par des petits ruisseaux, formés par
comme faite et composée de deux des saignées faites au fleuve doré,
choses. Ils font régner ce Janus avec font prendre à ces violettes une cou-
Saturne, parce que cette matière, leur brillante d’un saphir foncé. Le
mise dans le vase, prend d’abord la soleil vous servira de guide. Vous ne
couleur noire attribuée à Saturne. séparerez point ces fleurs de leurs
Voyez une explication plus étendue racines, jusqu’à ce que vous en com-
de Janus et de ses attributs dans le posiez votre pierre, parce qu’elles
liv. 3, ch. 3 et suiv. des Fables donnent plus de suc et de teinture,
Egypt. et Grecques dévoilées. lorsqu’elles sont fraîchement cueil-
JAPET : lies : alors vous les cueillerez d’une
Fils du Ciel et de la Terre, eut de la main subtile et ingénieuse : ce que
Nymphe Asie, Hesper, Atlas, Epi- vous ferez très aisément, si votre
méthée et Prométhée. Voyez ATLAS. mauvais destin ne s’y oppose ; lors-
que vous en aurez cueilli une, la ra-
JARDIN :
cine vous en produira bientôt
Le Jardin des Philosophes est le
d’autres, dorées comme la première.
vase qui contient la matière du
Vous trouverez ensuite de beaux
grand œuvre. Les couleurs sont les
lys, d’un blanc éclatant, et enfin
fleurs de ce Jardin, que le feu de la
l’immortelle amarrante d’une belle
Nature, aidé du feu artificiel, fait
couleur de pourpre. Tout ce que
naître et éclore. Le Dragon des Hes-
nous venons de rapporter d’après
pérides veille à la porte du Jardin
d’Espagnet, doit s’entendre de la
des Sages, dont il garde l’entrée.
seconde opération, que presque tous
D’Espagnet donne ainsi la descrip-
les Philosophes appellent la pre-
tion de ce Jardin.
mière, parce qu’ils supposent qu’on
Lorsqu’on a trouvé le moyen a le mercure tout préparé. Cette
d’ouvrir la porte du Jardin des Phi- préparation est cependant ce qu’il y
losophes, on trouve dès l’entrée une a de plus difficile, puisqu’ils l’ont

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   - I/J - 178 

appelée les travaux d’Hercule. Mais un fils nommé Corybas. Cérès, dont
peu d’entre eux en ont parlé, parce il fut très aimé, lui donna Plutus ; et
que tout leur secret gît presque Jasion fut enfin mis au rang des
dans cette opération ; la seconde, Dieux. Voyez les Fables Egypt. et
qui est la formation du soufre luni- Grecques dévoilées, liv. 4, ch. 2 et 3.
fique et solifique, est appelée un
JASO :
ouvrage de femmes et un jeu Fille d’Esculape et d’Epione, que
d’enfants. quelques-uns nomment Lampotie,
La fontaine que l’on trouve à eut pour frères Machaon et Poda-
l’entrée du Jardin, est le mercure lyre, et pour sœurs Hygiéa, Eglée et
des Sages, qui sort des sept sources, Panacéa. Jaso fut regardée comme
parce qu’il est le principe des sept Déesse de la Médecine, aussi son
métaux, et qu’il est formé par les nom veut-il dire guérison, comme
sept planètes, quoique le Soleil seul celui de Panacéa signifie Médecine
soit appelé son père, et la Lune universelle. Voyez les Fables Egypt.
seule sa mère. Le Dragon qu’on y et Grecques dévoilées, liv. 3, chap.
fait boire, est la putréfaction qui 12, § 2.
survient à la matière, qu’ils ont ap-
JASON :
pelée Dragon, à cause de sa couleur
Selon la Fable, était fils d’Eson et de
noire et de sa puanteur. Ce Dragon
Polymede, fille d’Autolicus. Il eut
quitte ses vêtements, lorsque la cou-
Créthée pour aïeul, Eole pour bi-
leur grise succède à la noire. Vous
saïeul, qui était fils de Jupiter. Eson
ne réussirez point si Vénus et Diane
avait pour frère un nommé Pélias,
ne vous sont favorables, c’est-à-dire,
sous la tutelle duquel il mit Jason ;
si, par le régime du feu, vous ne
mais la mère de celui-ci le mit entre
parvenez à blanchir la matière qu’il
les mains de Chiron pour y ap-
appelle dans cet état de blancheur,
prendre la Médecine. Etant devenu
le règne de la Lune, auquel succède
grand et bien instruit, il redemanda
celui de Vénus, puis celui de Mars,
à Pélias le Royaume que son père
enfin celui du Soleil. Vous ne sépa-
Eson lui avait laissé en mourant.
rerez point ces fleurs de leurs ra-
Pélias ne voulut consentir à cette
cines, etc. ; c’est-à-dire, qu’il ne faut
restitution, qu’à condition que Jason
rien ôter du vase ; alors vous les
irait préalablement faire la con-
cueillerez d’une main subtile et in-
quête de la Toison d’or. Ce que Ja-
génieuse ; non pas qu’il faille alors son exécuta, après s’être associé
ôter quoique ce soit de l’œuf, ni
cinquante braves compagnons
même l’ouvrir ; mais faire succéder presque tous descendus des Dieux
les couleurs les unes aux autres, au comme lui. Ayant donc préparé tout
moyen du régime du feu. Par ce
ce qu’il crut nécessaire pour cette
moyen on aura d’abord les violettes expédition, Pallas lui conseilla la
de couleur de saphir foncé, ensuite construction et la forme du navire,
le lys, et enfin l’amarrante, ou la dont le mât fut fait d’un chêne pris
couleur de pourpre, qui est l’indice dans la forêt de Dodone. Il aborda
de la perfection du soufre aurifique. d’abord à Lemnos pour se rendre
JASION : Vulcain propice, puis à Marsias, à
Fils de Jupiter et d’Electre, fille Cius, en Ibérie, à Bébrycie et vers
d’Atlas, épousa Cybelle, dont il eut les Syrtes de Lybie, où ne pouvant

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passer, ses compagnons et lui portè- donnaient des oracles. Cette grosse
rent le navire Argo sur leurs et grande masse fut portée par cin-
épaules pendant douze jours, et le quante hommes dans les déserts de
remirent en mer ; et après avoir la Lybie pendant douze jours ; Or-
vaincu tous les obstacles qui phée son Pilote ne la gouvernait que
s’opposaient à leur dessein, ils arri- par sa musique et son chant ; enfin
vèrent enfin à Colchos, où, par l’art ce navire périt de vieillesse, enseve-
de Médée, ils vinrent à bout lit Jason sous ses débris, et fut mis
d’enlever la Toison d’or. au rang des astres. Que veulent dire
tous ces lieux où aborda le navire ?
Si peu que l’on veuille prêter
Pourquoi d’abord à Lemnos, pour se
d’attention à cette histoire fabu-
rendre Vulcain favorable ? Pourquoi
leuse, et que l’on soit instruit des
Euripyle donna-t-il de la terre en
mystères de l’art Chimique, si peu
présent à Jason ? C’est qu’Euripyle
même que l’on ait lu les livres des
était fils de Neptune, que de l’eau
Auteurs qui en traitent, l’on recon-
on fait de la terre, et que de cette
naîtra aisément que cette prétendue
terre il faut faire de l’eau ; c’est aus-
histoire n’est qu’une allégorie du
si de cette terre que Médée augura
grand œuvre, comme on va le voir
bien de l’expédition. Ce n’est pas
par l’explication suivante.
aussi sans raison que Phinée fut
Jason tire son étymologie du grec, délivré des Harpies par Calaïs et
et ne veut dire autre chose que l’Art Zetès, tous deux fils d’Eole ; puisque
de guérir. Jason ne fut jamais Mé- Basile Valentin dit dans sa sixième
decin ou Chirurgien, puisqu’il n’a Clef, que deux vents doivent souf-
jamais existé en réalité ; mais la fler, l’un le vent d’orient, qu’il ap-
Fable dit qu’il fut instruit par Chi- pelle Vulturnus, et l’autre le vent du
ron, le même qui instruisit aussi midi, ou Notus. Après que ces deux
Hercule et Achille. Chiron lui apprit vents auront cessé, les Harpies se-
donc l’expérience manuelle, Médée ront mises en fuite, c’est-à-dire, les
la théorie nécessaire pour la perfec- parties volatiles deviendront fixes.
tion de l’œuvre. Jupiter un de ses
ancêtres ; et Médée, femme de Ja- Ils trouvèrent aussi sur leur route
son, était petite-fille du Soleil et de les deux rochers Cyanées, dont il
l’Océan, et fille d’Aetès, dont les faut éviter l’écueil au moyen d’une
sœurs étaient Circé colombe ; cette colombe que signifie-
l’Enchanteresse, et Pasiphaé qui t-elle autre chose que la matière
engendra le Minotaure. La mère de parfaite au blanc ? Ce qui marque
Médée fut Idie, aussi Enchante- infailliblement que l’œuvre tend à
resse, par où l’on peut juger que sa perfection, et n’a presque plus
cette parenté ne pouvait pas mieux d’écueils à craindre. Ceux qui dési-
convenir qu’à Jason, qui devait être rent une explication chimique plus
un grand Médecin, et un grand détaillée, trouveront de quoi se sa-
Scrutateur des choses naturelles. Il tisfaire amplement dans le chapitre
se choisit cinquante compagnons de 1 du livre 2 des Fables Egypt. et
voyage, tous issus des Dieux. On en Grecq. dévoilées.
peut voir les noms dans l’histoire de
la Fable. La navire Argo fut cons- JASSA :
truite des chênes de Dodone, qui Herbe de la Trinité.

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JAUNE D’ŒUF : Icare sont le symbole de la partie


(Sc. Herm.) Beaucoup de Chimistes fixe du magistère, qui se volatilise.
ont travaillé sur les jaunes d’œufs Dédale représente le premier soufre,
comme sur la matière des Sages, d’où naît le second, qui après s’être
quoique presque tous disent ouver- sublimé au haut du vase, retombe
tement que ce n’est point cela. Leur dans la mer des Philosophes. Le la-
jaune d’œuf est leur magistère au byrinthe où ils étaient renfermés est
rouge. le symbole de la matière en putré-
IBERIS : faction, comme on peut le voir ex-
pliqué dans l’article Minotaure.
Espèce de cresson, ou de cardamine,
ou lepidium, appelé sisymbrium par
ICHNEUMON :
Dioscoride. Animal à quatre pieds, grand
IBIGA : comme un chat, mais plus long. Son
Chamsepytis. poil est dur comme celui du loup,
blanchâtre ou jaunâtre ; son mu-
IBIS :
seau est noir et ressemble à celui du
Oiseau aquatique qu’on ne trouve
cochon ; ses oreilles sont petites,
que dans l’Egypte. Il ressemble à la
rondes ; ses dents et sa langue ap-
cigogne, et il y en a de deux espèces,
prochent de celles du chat ; ses
l’une noire et l’autre blanche. Ils se
jambes sont noires ; sa queue est
nourrissent de serpents, de che-
longue et grosse par le bout d’en
nilles, de sauterelles. Les Egyptiens
haut. On trouve cet animal au bord
employèrent la figure de cet oiseau
du Nil en Egypte ; il est amphibie,
dans leurs hiéroglyphes, pour signi-
et connu sous les noms de Rat
fier en premier lieu une partie de la
d’Egypte ou de Rat d’Inde. Il se
matière du grand œuvre ; parce que
nourrît de petits rats, de serpents,
l’Ibis étant un grand destructeur de
de lézards, de limaçons, de gre-
serpents, il devenait le symbole de
nouilles ; il ronge le ventre des cro-
cette partie volatile qui dissout et
codiles pendant, qu’ils dorment,
volatilise le fixe, assez souvent dési-
pour en manger le foie et les intes-
gné par des serpents. Quelquefois
tins, et casse aussi leurs œufs. Cet
l’Ibis blanc indiquait la matière au
animal était autrefois en grande
blanc, et l’Ibis noir la matière en
vénération chez les Egyptiens, qui
putréfaction.
l’employaient dans leurs hiéro-
ICARE : glyphes dans le même sens que
Fils de Dédale, voulut se sauver de l’Ibis.
l’île de Crète, où Minos le tenait
renfermé avec Dédale son père. Ce- IDA :
lui-ci fabriqua des ailes pour lui et Deux montagnes ont porté ce nom,
pour son fils. Ils prirent leur vol ; l’une en Phrygie, l’autre dans l’île de
mais Icare n’ayant pas suivi les Crète. C’est sur le mont Ida que Ju-
sages conseils de son père, qui lui piter se reposait pendant que les
avait recommandé de voler toujours Dieux combattaient entre eux, les
bas, s’éleva trop haut ; l’ardeur du uns pour les Grecs contre les
soleil fondit la cire dont ces ailes Troyens, les autres pour les Troyens
étaient formées, et Icare tomba contre les Grecs. Voyez le liv. 3, ch.
dans la mer, où il se noya. Dédale et 4 et le liv. 6 des Fables, dévoilées.

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IDA était aussi une des Nymphes si célèbre dans la Fable ; selon
qui nourrirent Jupiter. C’est de là d’autres, par Adrâste et ceux qui
qu’il portait le nom d’Idœus. Voyez l’accompagnaient dans l’expédition
JUPITER. de Thèbes. Ils furent institués en
IDŒA : l’honneur d’Archemore, fils de Ly-
curgue. Voyez le ch. 8 du liv. 4 des
Victor ialis, ou Allium Alpinum.
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
IDYIA :
JEUX OLYMPIQUES. Les plus cé-
Fille de l’Océan et femme d’Aetès,
lèbres et peut-être les plus anciens
fut mère d’Absyrthe et de Médée.
de la Grèce, furent institués par
Voyez MEDEE.
Hercule. Pausanias dit que
JESSEMIN : quelques-uns en attribuaient
Jasmin, petit arbrisseau. l’institution à Jupiter même, après
JET D’ETOILES : qu’il eut remporté la victoire sur les
Voyez NOSTOCH. Titans ; qu’Apollon y disputa et
remporta le prix de la course sur
JEU D’ENFANTS : Mercure, et celui du pugilat sur
Les Philosophes ont donné ce nom à Mars. Voyez le liv. 4, ch. 6 des
l’ouvrage de la pierre, après la pré- Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
paration du mercure, parce que la
Nature fait presque tout, et qu’il ne JEUX PYTHIQUES ou PYTHIENS. Ins-
faut qu’avoir soin d’entretenir le titués en l’honneur d’Apollon, on ne
feu, néanmoins selon certaines sait pas trop par qui, mais cepen-
règles. Voyez ŒUVRE. dant en mémoire de la défaite du
serpent Python par ce Dieu. Voyez
JEUX : le ch. 7 du liv. 4 des Fables dévoi-
Sortes de spectacles que la Religion lées.
avait consacrés, et qu’on donnait
dans la Grèce dans les temps les Il y avait une infinité d’autres Jeux
plus reculés, et qui prirent nais- ; mais ceux dont je viens de parler
sance dans les temps fabuleux. Aus- sont connus de la plus haute anti-
si les suppose-t-on pour la plupart quité. Les Philosophes Hermétiques
institués par des Dieux ou des Hé- prétendent que ces Jeux et bien
ros de ce temps-là, descendus des d’autres dont nous ne faisons pas
Dieux du Paganisme. Les princi- mention, furent institués en vue du
paux étaient les suivants : grand œuvre, et de ce qui se passe
dans les opérations de cet Art.
JEUX ISTHMIQUES. Institués par Si- Voyez les Fables dévoilées citées ci-
syphe, fils du Dieu Eole, en devant.
l’honneur de Mélicerte. D’autres
disent que ce fut Thésée, et non Si- JEUNESSE :
syphe, qui les institua. Le sentiment Magistère des Philosophes parfait
le plus commun parmi les Mytho- au rouge.
logues, est que Thésée ne fit que les IFFIDES :
renouveler. Voyez le liv. 4, ch. 9 des Céruse.
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
IGNE :
JEUX NEMEENS. Institués, selon les Qui est du feu, qui participe du feu.
uns, par Hercule, après qu’il eut Basile Valentin appelle pierre ignée
délivré la forêt de Némée de ce Lion ou de feu, la pierre qui résulte des
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opérations qu’il rapporte dans son imbibe la terre philosophique restée


Char Triomphal de l’Antimoine. Les au fond du vase.
Philosophes Hermétiques donnent IMBIBITION :
souvent cette épithète à leur ma- En termes de Philosophie Hermé-
tière fixe, leur soufre. tique, est la même chose que distil-
IGNIS LEONIA : lation, et souvent aussi la même que
Feu du soufre des Sages. sublimation et cohobation. Elle se
fait lorsque la matière enfermée
IGNIS PRUINUS ADEPTUS :
Quintessence du vitriol rectifiée dans l’œuf se sublime et monte en
avec le tartre. Planiscampi. forme de vapeurs au haut du vase,
où ne trouvant point d’issue, elle est
ILIASTRE : obligée de retomber sur elle-même,
Chaos, ou les trois principes, soufre, jusqu’à ce que fixée, elle ne circule
sel et mercure des Philosophes plus.
Chimiques, réunis dans la minière
de laquelle ils les extraient. Ils ont IMBIBITIONS PHILOSOPHIQUES. On a
aussi donné ce nom à leur matière donné ce nom à la manière
en putréfaction, parce que ces trois d’humecter la matière des Philo-
principes y paraissent alors confon- sophes, après qu’elle est devenue
dus. soufre blanc ou soufre rouge, pour la
multiplier en quantité et en qualité.
ILLECH ou ILECH :
Ces imbibitions se font goutte à
V. CHAOS, HYLE.
goutte jusqu’à ce que la matière
ILLECH CRUD. Mixte composé des n’ait plus soif. Quand on veut mul-
trois principes, soufre, sel et mer- tiplier le soufre blanc, on fait le
cure, dont tout être sublunaire et même comme au rouge.
matériel a été fait.
Il y a encore une autre imbibition
ILLEIAS :
pour la perfection de l’élixir. Après
Première matière de tout.
avoir fait un amalgame avec trois
ILLEIDOS : parties de terre rouge ou ferment
Air élémentaire qui entretient la vie rouge pour la pierre solifique, le
de tout. On dit aussi Illeidus. double d’eau et d’air pris ensemble,
ILLIASTER, ILLIASTES, ILLIADUM : et que cette matière, au moyen de la
Voyez ILIASTRE ou ECLEGMA. Look. digestion, est parvenue au rouge
parfait et diaphane, on en prend à
ILUS : volonté, on le met dans un creuset
Fils de Tros, Roi des Troyens, et sur un feu très doux, et on l’imbibe
père de Laomédon, donna le nom goutte à goutte avec son huile
d’Ilion à la ville de Troie. Voyez les rouge, jusqu’à ce que tout fonde et
Fables Egypt. et Grecques dévoilées, coule sans fumée. D’Espagnet dit
liv. 6. qu’il ne faut point craindre que le
IMBIBER : mercure s’évapore, parce que la
Cuire, digérer la matière de l’œuvre terre, qui est très fixe, le boit avec
Hermétique, la faire sublimer en avidité. C’est alors que l’élixir a
vapeurs, de manière qu’elle retombe toute la perfection dont il est sus-
en espèce de pluie qui abreuve et ceptible.

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Les Philosophes nomment aussi de la mercuriale, mais un peu plus


Imbibition les vapeurs qui montent grandes, dentelées ; les fleurs sont
au haut du vase pendant que la ma- jaunes, marquées de points rouges,
tière circule, parce que ces vapeurs comme celles de la balsamine : elles
retombent gouttes à gouttes sur la sont attachées à des pédicules qui
terre qui reste au fond du vaisseau sortent des aisselles des feuilles. Il
ou œuf philosophique. Il faut bien leur succède des fruits longs, me-
prendre garde de ne pas se mé- nus, noueux, d’un blanc verdâtre
prendre dans les imbibitions, et ne rayé de lignes vertes. Quand ils sont
pas les faire avec le blanc pour le mûrs, et qu’on les touche, ils jettent
rouge, ou avec le rouge pour le leurs semences avec impétuosité ;
blanc. elles s’embarrassent dans les doigts,
IMBLEGI : et les salissent. C’est de là qu’on lui
Mirobolants. a donné les noms d’Herbe impa-
tiente, et de Noli me tangere. M.
IMMERSION : Tournefort l’a appelée Balsaminea
Action par laquelle on met un métal lutea.
dans un dissolvant, pour qu’il s’y
réduise en chaux. On le dit aussi de IMPREGNATION :
Il n’y aura point d’imprégnation, s’il
tout corps mis dans un liquide, ou
n’y a point de conjonction, dit Mo-
mêlé avec quelque poudre sèche,
Soit pour ôter à ce corps une acri- rien, c’est-à-dire, que si l’on ne fait
pas le mariage du mâle et la fe-
monie nuisible, soit pour ramollir
son écorce trop dure, soit enfin pour melle, ou ce qui est la même chose,
du fixe et du volatil, ils ne pourront
en corroder le superflu. Blancard.
agir l’un sur l’autre, et produire un
IMMONDICE DU MORT : troisième corps qui participera des
(Sc. Herm.) Matière des Philosophes deux. Cette imprégnation se fait
au noir. dans le temps que le volatil et le fixe
IMPARTIBLE : sont dans une dissolution entière,
Les Chimistes appellent leur mer- parce qu’alors ils se pénètrent per
cure le seul impartible connu des minima, et se confondent, pour ain-
Sages. Diction. Herm. si dire, l’un dans l’autre, de manière
qu’après avoir circulé, ils devien-
IMPASTATION : nent inséparables.
Lorsque la matière tombe en putré-
faction dans l’œuf, et qu’elle est de- On dit aussi imprégnation en Chi-
venue noire, elle s’est épaissie en mie, pour signifier la communica-
consistance de poix noire coulante ; tion des propriétés d’un mixte faite
alors elle est comme de la pâte, ou à un autre de quelque manière
comme de la boue : ce qui a fait qu’on la fasse. Par exemple, quand
nommer cette opération Impasta- on donne au tartre la vertu émé-
tion. tique de l’antimoine ; ce qui le fait
appeler Tartre stibié.
IMPATIENTE (Herbe) :
Espèce de balsamine qui pousse une INCENDIE :
tige à la hauteur d’un pied et demi, Les Philosophes Hermétiques appel-
tendre, lisse, luisante, verte, vide, lent Incendie le degré du feu trop vif
rameuse. Ses feuilles sont rangées et trop violent donné à la matière.
alternativement, semblables à celles Alors elle se brûle, et ne peut plus
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servir de rien. Fuis le tyran du lui bien des Artistes ont perdu leur
monde, le fratricide qui cause des poudre de projection, parce qu’ils le
incendies. D’Espagnet. C’est-à-dire, projetaient d’abord sur des métaux
qu’il faut conduire le feu extérieur imparfaits.
avec beaucoup de prudence ; il INCESTE :
l’appelle Fratricide, parce qu’il (Sc. Herm.) Les Philosophes disent
éteint le feu intérieur de la matière ; que le grand œuvre se fait par
et Tyran du monde, parce qu’il dé- l’inceste du frère et de la sœur. Les
truit tout dans la Nature. disciples de Pythagore disent
L’impatience fait que bien des Ar- (Epître d’Aristée, à la fin de la
tistes ne réussissent pas ; la vertu Tourbe des Philosophes) au Roi des
contraire est nécessaire au Philo- côtes de la mer : Vos sujets
sophe. Tous la recommandent, et n’engendrent point, parce que vous
disent que la précipitation vient du
conjoignez les mâles avec les mâles ;
diable. et le Roi dit : Quelle chose est con-
INCERATION : venable à conjoindre ? Aristée ré-
Action par laquelle on met peu à pondit : Amenez-moi Gabertin votre
peu du mercure sur la matière de- fils et sa sœur Beya ; elle est de ma-
venue soufre, soit pour la multi- tière substantielle de Gabertin ; et
plier, soit pour rendre l’élixir par- par leur mariage, nous serons hors
fait. Voyez IMBIBITION. de tristesse, et non autrement. Et
incontinent que Beya eut accompa-
L’incération rend la pierre philoso-
gné son mari et frère Gabertin, et
phale fusible, fondante comme cire,
qu’il fut couché avec elle, il mourut,
aiguë, pénétrante. Elle se fait par
et perdit sa vive couleur.
imbibition des choses humides sur
D’Espagnet, en parlant de ce qui
la matière pulvérisée ; en réitérant
précède cette opération, dit que
plusieurs fois cette imbibition qui se
Beya a pu sans crime, et sans don-
fait gouttes à gouttes, et qu’il faut
ner atteinte à sa virginité, contrac-
dessécher autant de fois. Cette hu-
ter un amour spirituel avant de
midité n’est autre que le même mer-
donner sa foi à Gabritius, qui est le
cure dont on s’est servi dans la
même que Gabertin, afin d’être plus
composition de la pierre : avec le
blanche, plus alerte, et plus propre
mercure rouge, si la pierre a été
aux actes du mariage qu’elle doit
poussée au rouge ; et avec le mer-
contracter avec lui.
cure blanc, si on ne l’a cuite qu’au
blanc. Les Adeptes disent aussi que dans
cette union du mâle et de la femelle,
Les Philosophes ont donné le nom
se trouve l’inceste du père et de la
d’Incération à plusieurs opérations ;
fille, de la mère et du fils ; parce que
mais l’incération proprement dite
dans cette opération les corps re-
est, selon Philalèthe, celle qui se fait
tournent à leur première matière,
dans la multiplication en quantité,
composée des éléments et des prin-
lorsque l’on mêle de l’or avec l’élixir
cipes de la Nature, qui semblent s’y
pour le rendre fondant comme la
confondre.
cire, et le déterminer plus particu-
lièrement au métallique. Ce mé- INCINERATION :
lange est presque absolument né- Action par laquelle on réduit un
cessaire ; car Riplée assure que sans corps en cendres. Ne méprisez pas

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la cendre, dit Morien, car c’est le froid les condense en pierre, gravier,
diadème du Roi. La cendre des Phi- cailloux, etc. si elles n’ont pas trou-
losophes est leur terre feuillée, dans vé un soufre métallique qui les ait
laquelle ils jettent la semence auri- accrochées en chemin. Celles qui
fique, qui doit produire au centuple poussent jusqu’à la superficie, et qui
un fruit plus beau que n’était celui y rencontrent des semences végé-
qui a fourni la semence. tales propres à se développer, elles
les fécondent, les ouvrent, et par
INCOMBUSTIBLE (Soufre) :
Les Chimistes Hermétiques don- leur aimant naturel attirent de l’air
nent le nom d’Incombustible à leurs des parties semblables, qui se joi-
gnant à celles qui sont déjà dans la
soufres, parce qu’ils sont si fixes,
terre, s’amassent peu à peu, et par
que leur feu ne peut plus leur faire
l’action du feu élémentaire et la
sentir ses atteintes tyranniques et
réaction du feu central font une es-
destructives.
pèce de circulation qui produit tout
INCORPORER : dans les deux règnes minéral et vé-
Voyez INSPIRER. gétal. Voyez d’Espagnet, Enchyrid.
INCUBE : Physicœ restitutœ.
Quelques Philosophes ont donné ce INGRES :
nom à leur Lune, qu’ils ont aussi Propriété pénétrante. Les Philo-
appelée femme du Soleil. Rullan- sophes chimiques disent que leur
dus. Les Anciens ont aussi donné le pierre est entrante, tingente et pé-
nom d’Incubes aux Faunes et aux nétrante, ou qu’elle a de l’ingrès ;
Satyres. c’est-à-dire, que quoique corps, elle
INCUDA : pénètre les corps jusque dans leurs
plus petites parties. C’est pourquoi
Voyez GABERTIN, INCESTE. elle est esprit et corps, ou corps spi-
INFINI : ritualisé car pour réussir dans le
Soufre des Philosophes, ainsi nom- magistère, il faut spiritualiser les
mé, de ce qu’il peut être multiplié à corps et corporifier les esprits, ou, ce
l’infini. qui est le même, volatiliser le fixe et
fixer le volatil. Tout cela se fait dans
INFLUENCE :
une même opération après la jonc-
Les Adeptes expliquent toutes les
tion ou le mariage du mâle et de la
productions minérales et végétales
femelle. Le Dragon ailé de Flamel
par les influences des astres, parti-
emporte avec lui le Dragon sans
culièrement du Soleil et de la Lune.
ailes, et celui-ci à son tour ramené à
Ces influences sont portées dans
terre le Dragon ailé. Michel Maïer a
l’air par l’action du feu ; l’air qui est
représenté cette opération dans ses
comme le médiateur entre le feu et
Emblèmes par uni nid d’oiseau, d’où
l’eau, les communique à ce dernier
s’envole un petit, qu’un autre de-
élément, celui-ci à la terre, qui leur
meuré dans le nid retient. Le fixe ne
sert de matrice. Les pores de la
se volatiliserait jamais seul, et le
terre donnent à ces influences la
volatil ne se fixerait point par lui-
liberté de pénétrer jusqu’au feu cen-
même.
tral, qui les repousse, et en les su-
blimant les renvoie par d’autres Le soufre philosophique donne
pores jusqu’à la superficie, où le l’ingrès à la pierre ; c’est son feu, dit

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d’Espagnet. Elle tire sa teinture et est le fixe. Le Dictionnaire Hermé-


sa fixité du ferment, et sa fusibilité tique et les autres Lexicographes
du mercure, qui est le médium au d’après lui, disent mal-à-propos que
moyen duquel se fait l’union des l’ingrossation est la même chose que
teintures du soufre et du ferment. la conversion des éléments bas et
Le soufre est un enfant de l’art grossiers en ceux qui sont hauts et
Hermétique, le ferment est fils de la légers ; car, quoique l’ingrossation
Nature. C’est pour cela que les Phi- se fasse dans le temps que le fixe se
losophes disent que leur matière ne volatilise, la conversion des élé-
se trouve point dans les boutiques ments est encore autre chose. C’est,
des Droguistes, ni dans les autres ; selon Aristote le Chimiste et tous
et que Marie dit, l’un s’achète et les Philosophes, la conversion de la
l’autre se fait ; parce qu’elle parle de terre en eau, de l’eau en air, de l’air
la confection de l’élixir, et non de en feu, et du tout en terre, selon ce
celle du soufre qu’elle suppose fait. qui est dit : Vous êtes terre, et vous
L’ingrès s’entend de la faculté péné- retournerez, en terre. Et Hermès
trante de la poudre pour la trans- dans la Table d’Emeraude : Sa puis-
mutation. sance sera parfaite, si elle est réduite
INGRESSION : en terre.
Action par laquelle les matières se INHUMATION :
mêlent de manière à ne pouvoir plus (Sc. Herm.) C’est à peu près la
être séparées. La putréfaction opère même chose qu’Humation, dont
ce mélange dans le temps que la voyez l’article. Quelques-uns cepen-
dissolution est parfaite, et que la dant l’entendent du temps de la pu-
matière est au noir. Les Auteurs du tréfaction ; parce qu’alors, selon
Dictionnaire de Trévoux et de d’Espagnet, l’esprit est comme mort
l’Encyclopédie ignoraient ce que et enseveli dans la terre. C’est ce
c’est qu’ingression, quand ils l’ont que les Philosophes appellent Tête
confondue avec ingrès. du corbeau, règne de Saturne, Dra-
INGROSSATION : gon Babylonien, etc. c’est-à-dire la
matière en putréfaction, ou le noir
Action par laquelle le volatil et le
fixe de la matière des Sages se mê- très noir. Ils l’ont nommé Inhuma-
tion, parce que la matière putréfiée
lent intimement, après avoir long-
temps combattu ensemble. La fe- a l’odeur des corps morts, que le
noir représente le deuil, et le séjour
melle, dit d’Espagnet, prend d’abord
le dessus du mâle, et le domine de ténébreux du tombeau où les corps
manière à le changer dans sa propre se pourrissent, et que la matière est
nature ; elle ne le quitte point fermée dans un vase scellé.
qu’elle ne soit devenue grosse. Alors INO :
le mâle reprend vigueur, et gagne le Fille de Cadmus et d’Hermione ou
dessus à son tour. Il la domine et la
d’Harmonie, épousa Athamas après
rend semblable à lui. C’est Beya qu’il eut répudié Néphélé. Elle eut
d’Aristée, qui tue son frère et mari
de très mauvaises façons pour les
Gabertin, et ce même Gabertin qui
enfants de Néphélé, ce qui fit entrer
ressuscite dans son fils, plus beau et
Athamas dans une fureur si vio-
plus parfait qu’il n’était auparavant.
lente, qu’il arracha d’entre les bras
La femelle est le volatil, et le mâle d’Ino un de ses enfants, et le fit pé-

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rir en le brisant contre une pierre. enfin pour les mettre en action. Les
Ino saisie de peur, s’enfuit avec son sels différents entre eux ne se joi-
fils Mélicerte, et se précipita dans la gnent jamais si bien que par un in-
mer avec lui. Neptune les reçut, et termède terreux. Mém. de l’Acad. de
mit Ino au rang des Déesses ma- 1702, page 48.
rines, sous le nom de Leucothoé, et Les Philosophes donnent le nom
Mélicerte au nombre des Dieux,
d’intermède à leur mercure, et
après l’avoir nommé Palémon.
l’appellent aussi philtre ou breuvage
Voyez le liv. 4, ch. 9 des Fables d’amour, lien et moyen propre à
Egypt., et Grecq. dévoilées. joindre les teintures inséparable-
INSIPIDE : ment.
Magistère au blanc.
INTUBUM et INTUBUS :
INSPIRER : Endive, espèce de chicorée.
Joindre l’âme à son corps, ou blan-
chir la matière, ce qui se fait avec IO :
une seule matière dans un seul Fille du fleuve Inaque. Jupiter en
vase, sans y toucher de la main. étant devenu amoureux, la changea
en vache, pour tromper la jalousie
INSPISSATION : de Junon. Cette Déesse trop clair-
Opération qui suit celle de la disso-
voyante avait si bien éclairé les pas
lution des corps, et qui cependant de Jupiter, qu’elle découvrit ses al-
n’est en effet que la même, puisque
lures, et lui demanda cette vache.
le corps ne se dissout ou ne se spiri- Après qu’elle l’eut obtenue, elle la
tualise point, que l’esprit ne se cor-
mit sous la garde d’Argus, qui avait
porifie. L’inspissation se fait par un cent yeux. Jupiter donna ordre à
feu du second degré. On remarquera Mercure de se défaire d’Argus. Mer-
à ce sujet, que quand les Philo- cure exécuta sa commission ; mais
sophes parlent des degrés de leur Junon irritée, envoya contre Io des
feu qu’il faut administrer à leur ma-
taons qui la piquèrent sans relâche.
tière, ils n’entendent pas qu’il faille Pour s’en débarrasser, Io se jeta
augmenter ou diminuer le feu
dans la mer, qu’elle traversa à la
comme le font les Chimistes vul- nage, et fut aborder en Egypte, où
gaires dans leurs fourneaux, au Jupiter lui rendit sa première
moyen des registres, ou des souf- forme. Ovide dit qu’elle épousa dans
flets, ou d’une plus grande quantité la suite Osiris, Roi du pays, et
de charbons ; mais qu’il faut aug-
qu’après sa mort elle y fut adorée
menter le feu secret ou de la ma- sous le nom d’Isis. Voyez les Fables
tière, par une digestion ; à mesure
Egyptiennes et Grecq. dévoilées, liv.
que la matière devient plus fixe, son 1, ch. 4 ; liv. 3, chap. 4.
feu s’augmente par degrés, et ces
degrés se mesurent par les couleurs JOBATE :
qu’elle prend. Roi de Lycie, reçut Bellérophon chez
INTERMEDE : lui, et l’envoya combattre la Chi-
Troisième matière que l’on ajoute à mère. Après avoir éprouvé sa probi-
deux autres dans les opérations té et son courage, il lui donna sa
chimiques ou mécaniques, soit pour fille Philonoé en mariage. Voyez
les réunir, soit pour les séparer, soit BELLEROPHON.

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JOCASTE : IOS :
Fille de Créon, Roi de Thèbes, épou- Toutes sortes de venins. Rullandus.
sa Laïus et en eut Œdipe, qui dans IOS est aussi le nom d’une île de la
la suite tua son père, et épousa sa mer Egée, l’une des Sporades, près
mère Jocaste sans la connaître, de l’île de Candie. Elle devint fort
parce que Créon l’avait promise à célèbre par la tradition qui y assi-
celui qui devinerait l’énigme propo- gnait le tombeau d’Homère. Pline,
sée par Sphinx. Œdipe en eut deux liv. 4, ch. 12.
garçons et deux filles. Mais ayant
reconnu son erreur, et découvert le JOUR :
mystère de sa naissance, son parri- Les jours des Chimistes Hermé-
cide et son inceste, il se creva les tiques se comptent différemment et
yeux, et Jocaste se fit mourir de dé- ne sont pas les mêmes que les jours
sespoir. ordinaires. Leur année, selon Pline,
est d’un mois seulement, quelques-
Toute cette fable ne signifie autre
uns disent que c’est d’un mois com-
chose que l’inceste dont parlent si mun, d’autres disent d’un mois lu-
souvent les Philosophes dans leurs
naire, d’autres d’un mois à la ma-
ouvrages. On y voit également des
nière de compter des anciens Egyp-
parricides et tous ces crimes pré-
tiens. La preuve que leur année
tendus de la Fable se trouvent ex-
n’est pas l’année commune, c’est
pliqués chimiquement dans les
qu’ils expliquent la durée des
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées,
voyages d’Isis et de Bacchus, et celle
liv. 3, ch. 14, § 4 ; liv. 4, chap. 4 et
du temps qu’il fallait aux vaisseaux
dans une infinité d’autres endroits.
de Salomon pour aller chercher et
JOINDRE : rapporter l’or d’Ophir, comme d’une
Assembler, mêler, réunir une chose même durée, quoique les premiers
employassent douze ans pour
à une autre. V. INSPIRER.
chaque voyage, et les vaisseaux de
IOLAS : Salomon n’étaient absents que trois
Fils d’Iphiclus et neveu d’Hercule, ans. Michel Maïer dans son livre
qu’il accompagna dans le temps que Arcana Arcanissima, dit que qui fait
ce Héros combattit l’Hydre de Leme. combiner et réduire à la même du-
Iolas avait du feu, avec lequel il brû- rée ces différents laps de temps, sait
lait les blessures qu’Hercule faisait compter à la manière des Philo-
à l’Hydre, pour empêcher que les sophes Hermétiques.
têtes qui renaissaient aux mêmes Leurs saisons ne s’entendent pas
endroits ne pullulassent de nou- non plus de nos saisons ordinaires.
veau. Voyez les Fables Egypt. et Les leurs se passent dans le vase
Grecques, liv. 5, ch. 4. philosophique. Ils commencent leur
opération en hiver, et la finissent en
IOLE : automne. Mais leur hiver est le
Fille d’Euryte, Roi d’Œcalie, fut temps de la putréfaction, ou la ma-
promise en mariage à Hercule, qui tière au noir ; parce qu’elle est alors
en était devenu amoureux. Euryte comme dans un état de mort, et
la lui ayant ensuite refusée, Hercule qu’elle se dispose à la génération, à
tua Euryte, et enleva Iolé. Voyez peu près comme fait la Nature pen-
EURYTE. dant les frimats et les glaçons. Leur

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printemps est le règne de Jupiter, IPHICLUS :


ou lorsque la matière se dépouille de Fils d’Alcmène et d’Amphitrion,
la couleur noire, qu’ils appellent frère jumeau d’Hercule, né
tête de Corbeau, écaille du vieil d’Alcmène et de Jupiter, doit
Dragon, etc. Leur été est le temps s’entendre, selon les Philosophes
de la blancheur, ou le règne de la Spagyriques, de l’humeur aqueuse
Lune ; et leur automne est le temps qui se trouve toujours mêlée avec le
de la rubification ou de la perfection mercure représente par Hercule. Il
de l’élixir ; parce que de même que faut séparer cette humeur aqueuse
l’automne est le temps de cueillir les du mercure, quand on veut le
fruits, la perfection de l’élixir est mettre en usage.
celui où l’Artiste jouit des fruits de Hésiode parle d’un Iphiclus qui était
ses travaux. si léger à la course, qu’il allait sur
JOURDAIN : les eaux comme sur terre, et qu’il
(Science Herm.) Est un nom que les marchait sur les épis de blé sans les
Philosophes ont donné à leur mer- faire pencher. Ce qui est dit pour
cure dissolvant ; parce que ce mer- marquer la grande volatilité de l’eau
cure doit laver sept fois le corps dis- mercurielle des Philosophes.
soluble pour le purifier, comme
l’Ecriture rapporte que Nahaman se IPCACIDOS :
lava sept fois dans les eaux du Plante appelée Barbe-de-bouc.
Jourdain pour être guéri de la lèpre.
IPHIGENIE :
JOIE DES PHILOSOPHES : Fille d’Agamemnon et de dytem-
Lorsque la pierre ou la matière des nestre, fut désignée pour être sacri-
Philosophes est parvenue au blanc fiée à Diane, afin d’apaiser le cour-
parfait, qui est leur or blanc, leur roux de cette Déesse irritée contre
soufre blanc, l’Eudica de Morien, les Grecs qui allaient faire le siège
leur cygne, alors tous les Philo- de Troie, parce qu’Agamemnon
sophes disent que c’est le temps de avait tué un cerf qui lui était consa-
la joie, parce qu’ils voient Diane cré, elle excitait des tempêtes perpé-
toute nue, et qu’ils ont évité tous les tuelles. L’oracle décida que Diane
écueils de la mer. Le Code de vérité ne serait apaisée que par le sang de
dit : Blanchissez le laiton, et déchi- celui qui avait tué le cerf. Il fut réso-
rez vos livres ; ils vous sont inutiles lu de sacrifier Iphigénie. Diane
alors, ils ne vous causeraient que de émue de pitié enleva Iphigénie de
l’embarras, des doutes, des inquié- dessus l’autel, et y substitua une
tudes, et vous ne devez avoir que de biche. Elle transporta Iphigénie
la joie. C’est que lorsque la matière dans la Tauride, où elle fut Prê-
est au blanc, il faut être maladroit tresse de la Déesse. Oreste y étant
pour ne pas réussir à la conduire au venu pour se purger de son parri-
rouge parfait, puisque tout le volatil cide, Iphigénie qui était sa sœur, le
est alors fixé de manière à pouvoir reconnut, lui sauva la vie, et s’enfuit
souffrir le feu le plus actif et le plus avec lui, emportant la statue de la
violent. Déesse. Voyez les Fables Egyp-
IPHIANASSE : tiennes et Grecques dévoilées, liv. 3,
Voyez IPHIGENIE. chap. 14, § 4.

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IPOACIDOS ou IPCACIDOS : fermé dans le vase, et qui occupe


Barbe-de-bouc tout le vide qu’y laisse la matière.
La généalogie d’Iris l’indique assez,
IPPIA :
puisqu’on la dit petite-fille de Pon-
Surnom de Minerve.
tus et de la Terre, c’est-à-dire, de la
IIO ou IRION : mer ou eau mercurielle, et de la
Vêlar, Tortelle, Erymum. terre philosophique.
IRIS : ISCHŒMON :
Fille de Thaumas et d’Electra, et Espèce de gramen, auquel on a sans
sœur des Harpies, selon Hésiode. doute donné ce nom, de ce qu’il est
Electra était fille de l’Océan, et propre à arrêter les hémorragies.
Thaumas, fils de Pontus et de la
ISCHAS :
Terre. Iris était Messagère de Ju-
Figue sèche.
non, comme Mercure fut celui de
Jupiter ; l’un et l’autre portaient sur ISIAQUE :
la terre les ordres de ces Divinités. Table Isiaque. Monument de
Elle était vêtue d’une robe de diffé- l’Antiquité, où l’on trouve Isis, Osi-
rentes couleurs, et ne quittait ris, et presque tous les Dieux de
presque jamais Junon ; et Apollo- l’Egypte, avec leurs symboles. On
nius de Rhodes nous apprend qu’elle lui a donné le nom d’Isiaque, parce
l’envoya à Thétis. Quelquefois, mais qu’elle renferme les mystères d’Isis.
rarement, Jupiter l’employa. Ho- C’est une grande plaque de cuivre
mère en donne plus d’un exemple. gravée au premier burin. Sur ce
L’emploi le plus important d’Iris fond de cuivre ou de bronze était un
était d’aller couper le cheveu fatal émail noir, entremêlé avec art de
des femmes qui allaient mourir, et petites bandes d’argent. Lorsqu’on
de délivrer leurs âmes de leurs 1525 le Connétable de Bourbon prit
corps, comme Mercure le faisait à la ville de Rome, un Soldat qui s’en
l’égard des hommes. était saisi dans le pillage, le vendit
Les Philosophes Hermétiques don- à un Serrurier. Elle passa de là
nent par similitude le nom d’Iris à dans les mains du Cardinal Bembo,
leur matière, quand après la putré- et puis au Duc de Mantoue, qui
faction elle prend les couleurs de heureusement la fit graver dans
l’arc-en-ciel. Ils prétendent que tout toute sa grandeur, et avec beaucoup
ce que la Fable a imaginé sur les d’exactitude, par un nommé Enée
emplois d’Iris auprès de Junon, doit Vico de Parme ; car l’original s’est
s’entendre de ce qui se passe dans le perdu. Je n’en donnerai pas ici la
vase Hermétique : que délivrer les description ; ceux qui seront curieux
âmes des corps des femmes, c’est de la voir, la trouveront dans
précisément sublimer la partie vola- l’ouvrage de Pignorius, intitulé :
tile de la matière qui demeure au Mensa Isiaca, qui fut imprimé à
fond ; ce qui se fait à point nommé Amsterdam en 1669. Le P. Kircher
dans le temps que les couleurs de en a parlé dans son Œdipus Ægyp-
l’Iris se manifestent sur cette ma- tiacus. Il a cru y apercevoir les mys-
tière ; qu’Iris par ce moyen devient tères les plus cachés de la Théologie
en effet la Messagère de Junon, Egyptienne, et est entré dans un
parce que Junon est prise pour très grand détail à ce sujet. Pigno-
l’humidité vaporeuse de l’air ren- rius semble n’avoir eu pour objet

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que la description mécanique de Hermétiques, d’après Hermès, qui


cette Table. On en trouve aussi la avait donné ce nom Isis,
représentation dans l’Antiquité ex- n’entendaient autre chose par cette
pliquée de D. Bernard de Montfau- Déesse, que la partie volatile, hu-
con, et dans le Recueil d’Antiquités mide, froide, patiente et femelle de
de M. le Comte de Caylus. l’art Hermétique ou Sacerdotal,
comme on peut le voir clairement au
Tout y paraît mystérieux, et énig-
livre 1 des Fables Egypt. et Grecq.
matique, suivant le génie des Egyp-
dévoilées, ch. 1, 2, 3 et 4.
tiens ; et il faudrait un ouvrage en-
tier pour en donner une explication ISTHMIQUES :
suivie et détaillée. Il sera plus aisé (Jeux) V. JEUX ISTHMIQUES.
d’en trouver le dénouement en pui-
ITERATION :
sant ces explications dans la Philo- Opération de la médecine du troi-
sophie Hermétique, qui était pro- sième ordre, ou de l’ordre supérieur,
prement celle des Egyptiens ; puis-
que l’on appelle communément la
qu’Isis, Osiris et les autres Dieux du
multiplication.
pays n’étaient que des Dieux Her-
métiques, comme il est aisé de s’en JUGEMENT :
convaincre par les preuves rappor- Raymond Lulle a donné ce nom à la
tées dans le Traité des Fables projection de la poudre Hermétique
Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 1 sur les métaux imparfaits, parce
et liv. 4. que c’est dans cette occasion où
l’artiste est jugé sur les opérations,
ISIR :
et que par la réussite ou non réus-
L’Auteur du Dictionnaire Hermé- site, il juge s’il a bien ou mal opéré,
tique dit que les Philosophes enten- et qu’il est alors récompensé suivant
dent par ce terme l’élixir au blanc, ses œuvres.
et que les Sages le nomment ainsi
lorsqu’on veut le multiplier ; mais je JUGES :
crois que les Philosophes se servent Les Poètes ont feint que Pluton
de ce nom pour signifier la même avait établi pour Juges des Enfers
chose que ce qu’ils expriment par son empire Eaque, Minos et Rha-
Isis, dont voyez l’article. damante. Voyez leurs articles.
Isis : Junon :
Etait une des principales Déesses de Fille de Saturne et d’Ops, épousa
l’Egypte et de beaucoup d’autres Jupiter son propre frère jumeau.
pays. Beaucoup d’Auteurs l’ont re- Elle fut nourrie par les Nymphes,
gardée, et avec raison, comme la filles de l’Océan. Jupiter, avant de
Déesse universelle du Paganisme, l’épouser, la trompa sous la forme
mais honorée sous des noms diffé- du coucou. Elle devint mère de
rents. Cérès, Junon, la Lune, la Mars, d’Argé, d’Illithie et d’Hébé.
Terre, Proserpine, Thétis, la Mère Elle eut aussi Vulcain, mais sans
des Dieux ou Cybèle, Vénus, Diane, avoir eu affaire à aucun homme.
Hécate, Rhamnusia, etc., la Nature Elle fit toujours un fort mauvais
même, n’étaient qu’une même chose ménage avec Jupiter, qui, à la véri-
avec Isis. Ce qui lui fit donner le té, lui fournissait sans cesse des su-
nom de Mirionyme, ou la Déesse à jets de jalousie, par la quantité de
mille noms. Aussi les Philosophes Nymphes avec lesquelles il

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s’amusait. Jupiter perdit un jour rie, avala le caillou ; mais comme il


patience, et irrité des mauvaises se trouva de trop dure digestion, il
façons de Junon, il la suspendit avec le vomit.
une chaîne d’or, et lui attacha un Ce n’était pas assez d’avoir ainsi
l’enclume de fer à chaque pied. Les trompé Saturne, il fallait soustraire
Dieux et Déesses intercédèrent pour Jupiter à sa vue, et aux attentions
elle, et Jupiter se laissa fléchir. Elle curieuses des Titans. Rhée, pour cet
fut une des trois Déesses qui dispu- effet, le fit porter chez les Cory-
tèrent la pomme d’or ; elle promet- bantes, qui faisaient retentir sans
tait à Pâris de grands et riches cesse le son bruyant de plusieurs
royaumes pour se la faire adjuger : instruments d’airain, pour empê-
ces belles propositions ne lui firent cher qu’on n’entendît ses cris. A ce
pas la même impression que les bruit les mouches à miel accouru-
promesses de Vénus, à laquelle il rent, et fournirent tout ce qui dé-
l’adjugea. Elle conçut de là une pendait d’elles pour la nourriture de
haine implacable contre les cet enfant. Les Nymphes, les
Troyens, et engagea la guerre qui fit Nayades, une chèvre même, tout
périr Pâris et la ville de Troie. Toute s’empressait enfin de contribuer à
cette fiction se trouve expliquée sa conservation.
dans le chapitre 5 du livre 3 des
Fables Egypt. et Grecq. dévoilées. Quand Jupiter fut devenu grand, et
qu’il eut appris que Saturne et les
JUNONIS ROSA : Titans avaient conspiré sa perte dès
Les anciens Poètes feint que Junon sa naissance même, il chercha tous
ayant répandu de son lait sur la les moyens de s’en venger. Il leur fit
terre, il en sortit la plante connue la guerre ; et les ayant vaincus, il
sous le nom de Lys. Ce ne lait ré- mutila son père, et précipita les Ti-
pandu dans le ciel y forma si cette tans dans le Tartare. Ainsi, posses-
multitude d’étoiles qui composent la seur tranquille de l’Univers, il en fit
voie lactée, comme on peut le voir le partage avec ses deux frères,
dans le ch. 1 du livre 5 des Fables Neptune et Pluton ; il donna les
Egyptiennes et Grecques dévoilées. eaux et la mer à Neptune, les enfers
à Pluton, et se réserva le ciel et la
JUPITER :
terre.
Père des Dieux et des hommes,
comme l’appellent les poètes, man- Il soutint une seconde guerre contre
qua de périr dès sa naissance ; Sa- les Géants, qu’il foudroya tous, et
turne, son père, avait fait un traité délivra par-là tous les habitants de
avec son frère Titan, par lequel il l’Olympe des craintes et des
s’était obligé à faire périr tous les frayeurs que ces fils de la Terre leur
enfants mâles qui lui naîtraient ; et avaient imprimées. Ce Dieu bienfai-
pour observer ce traité, Saturne dé- sant voulut alors mériter le titre
vorait ses enfants à mesure qu’ils glorieux de père des Dieux et des
venaient au monde. Rhée, son hommes qu’on lui donna dans la
épouse, le trompa quand il fut ques- suite ; il commença à tromper sa
tion de Jupiter. Sitôt qu’il fut né, propre sœur jumelle, et pour cela il
elle enveloppa un caillou dans des se changea en coucou, et feignant
langes, et le présenta à Saturne, qui d’être poursuivi par un oiseau de
ne soupçonnant point de superche- proie, il se réfugia entre les bras de

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Junon, qui le cacha dans son sein. sophes de l’Egypte, lorsqu’ils inven-
Jupiter saisit l’occasion favorable, tèrent celles de leur Jupiter. Cet
reprit sa première forme, et ne objet caché à presque tous les My-
trouva pas Junon rebelle. Il l’épousa thologues, se trouve éclairci avec les
dans la suite. fictions auxquelles il a donné lieu,
dans le 3e liv., chap 4 et suiv. des
L’humeur amoureuse de Jupiter ne
Fables Egyptiennes et Grecques dé-
lui permit pas de s’en tenir à cette
voilées.
épouse. Il prit tous les moyens ima-
ginables de satisfaire sa passion JUPITER. Les Chimistes donnent ce
pour les femmes ; ce qui brouilla les nom au métal que nous appelons
époux plus d’une fois, et leur fit communément Etain ; mais les Al-
faire un très mauvais ménage. Soit chimistes entendent souvent autre
pour ne pas irriter la jalousie de chose, comme dans l’explication
Junon, soit pour venir plus facile- qu’ils donnent de la fable
ment à bout de ses desseins amou- d’Amphytrion et d’Alcmène, où Ju-
reux, Jupiter prit mille formes diffé- piter est pris pour cette chaleur cé-
rentes quand il voulut avoir affaire leste et ce feu inné qui est la pre-
avec les beautés humaines. Il se mière source, et comme la cause ef-
présenta à elles tantôt sous la forme ficiente des métaux ; c’est pourquoi
d’un cygne, tantôt sous celle d’un ils disent que le mercure, qui est
taureau, puis sous celles d’un sa- leur premier et principal agent du
tyre, de feu, de pluie d’or, et d’une grand œuvre, est représenté sous le
infinité d’autres manières ; Sémélé nom d’Hercule, engendré d’Alcmène
fut la seule qui pour son malheur le et de Jupiter, parce qu’Alcmène est
reçut avec toute sa gloire et sa ma- pris pour le symbole de la matière
jesté. On trouve ces différentes mé- terrestre et sèche, qui est comme la
tamorphoses dans le quatorzième matrice de l’humidité métallique
livre de l’Iliade d’Homère, et dans le sur laquelle agit Jupiter.
sixième des Métamorphoses
JUPITER EN PLUIE D’OR. (Sc. Herm.)
d’Ovide.
Voyez DANAE.
De toutes ces visites naquirent une
JUPITER. Converti en aigle, et qui
infinité d’enfants, qui devinrent
enlevé Ganymède, ne signifie autre
tous des Dieux ou des Héros, tels
chose que la purification de la ma-
que Bacchus, Esculape, Castor, Pol-
tière par la sublimation philoso-
lux, Thésée, Persée et tant d’autres.
phique.
Les Egyptiens qui le mettaient au
nombre de leurs plus grands Dieux, L’Auteur du Dictionnaire de Tré-
ne lui donnaient pas un si grand voux n’avait guère lu les Auteurs
nombre de descendants ; les Grecs qui traitent de la pierre philoso-
qui avaient empruntés ce Dieu des phale, ou du grand art, quand il dit
Egyptiens, lui en adjugèrent sui- que les Philosophes appellent Jupi-
vant leur fantaisie ; mais les plus ter leur or philosophique. Ils disent
anciens de leurs Philosophes Poètes partout que leur mercure a le Soleil
se conformèrent cependant toujours pour père, et la Lune pour mère. Ils
dans les fables qu’ils imaginèrent regardent Jupiter comme le père et
au sujet de ce Dieu, à l’objet le maître des Dieux ; non pas parce
qu’avaient eu en vue les Philo- que l’or est le plus parfait des mé-

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taux, et qu’ils appellent leur or Ju- brouilla avec son beau-père, pour
piter, mais parce que Jupiter, selon n’avoir pas voulu donner à sa fille ce
eux, n’est autre chose que la chaleur dont ils étaient convenus. Ixion le fit
générative et innée des corps, au périr misérablement, et n’ayant pu
moyen de laquelle les métaux se trouver personne qui voulût
forment dans la terre ; c’est dans ce l’absoudre de ce crime, et en faire
sens que la Fable dit que Jupiter est l’expiation, il eut recours à Jupiter.
père d’Apollon et de Diane, de Mars, Ce Dieu en eut pitié, le reçut dans le
de Vénus, de Mercure, etc., parce ciel, et lui permit même de manger
que sous le nom d’Apollon ou du So- à la table des Dieux. Ce bienfait si-
leil, les Chimistes entendent l’or ; gnalé ne servit qu’à en faire un in-
sous celui de Diane ou la Lune, grat et un téméraire. Ixion, frappé
l’argent, etc. ; et comme le mercure des charmes de Junon, eut
est le principe de tous les métaux l’insolence de la solliciter à satis-
sur lequel agit le feu de la Nature faire sa passion. Cette sévère
pour les former, la Fable dit que Déesse offensée d’une telle témérité,
Mercure était fils et ambassadeur en informa Jupiter, qui regarda
de Jupiter. Jupiter a le ciel pour sa d’abord cette accusation comme un
demeure ordinaire, et la terre pour piège qu’on lui tendait contre Ixion,
le lieu de ses plaisirs ; c’est que qui passait pour son fils. Il voulut
cette chaleur de la Nature semble s’éclaircir par lui-même. Il convint
venir du ciel, et qu’elle lui est com- avec Junon qu’elle permettrait à
muniquée en partie par le Soleil. Si Ixion un entretien particulier avec
les Philosophes disent que Jupiter a elle. Pour l’instant du rendez-vous,
choisi la terre pour le lieu de ses Jupiter forma avec une nuée un fan-
plaisirs, c’est que la terre est la ma- tôme qui ressemblait parfaitement à
trice dans laquelle s’enfantent tous Junon. Ixion épris de plus en plus
les êtres sublunaires des trois ne put se contenir, et Jupiter vit
règnes, par l’activité générative de bien qu’il ne tenait pas à Ixion que
cette chaleur naturelle, dénommée le père des Dieux ne reçût l’affront
Jupiter par les Anciens, qui ont qu’il avait fait à Tyndare et à tant
donné à la Terre différents noms, d’autres. Les Centaures prirent
tels que Cérès, Danaë, Sémélé, etc., naissance de ce fantôme, et Jupiter
dont voyez les articles. se contenta pour lors de chasser
Ixion de la cour céleste. Mais ce té-
JUASA ou JUIAA :
méraire n’en devint pas plus sage ;
Gyps, plâtre.
il osa se vanter d’avoir déshonoré le
IXIA : maître des Dieux, qui pour le punir
Espèce de chardon, appelé Carline. de son insolence, le précipita d’un
Il y en a deux sortes, l’une que l’on coup de foudre dans le Tartare, où
appelle Caméléon blanc, qui est le Mercure eut commission de
plus estimé, l’autre Caméléon noir. l’attacher à une roue environnée de
IXION : serpents, qui devait tourner sans
Etait fils de Phlégias ; d’Antion, relâche.
suivant Diodore de Sicile, quelques- Les Philosophes Hermétiques inter-
uns le nomment Ætion. Il épousa prètent cette fable des Souffleurs et
Dia ou Clia, fille d’Eionée ou Deio- autres Artistes ignorants, qui veu-
née, dont il eut Pyrithoüs. Il se lent entreprendre de faire l’œuvre
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   - I/J - 195 

sans le savoir ; et passent tout leur Ixion, attachés à une roue labo-
temps à élever des fourneaux et à rieuse de travaux fatigants, font et
les abattre, à suer sang et eau dans recommencent une infinité
l’exécution de mille procédés rui- d’opérations sans jamais en avoir
neux, au bout desquels ils une heureuse issue. Voyez les
n’embrassent que de la fumée, qui Fables Egypt. et Grecques dévoilées,
leur laisse des soufres impurs et des livre 5, chapitre 22.
cendres inutiles ; qui enfin comme

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   -K- 196 

K
KAB : KEIRI ou KEIRIM :
Lait aigri. Johnson. Narcisse, suivant quelques-uns ; et
violier ou giroflée jaune, suivant
KACHIMIE ou KAKIMIE :
d’autres, qui l’écrivent aussi Cheisi.
Minéral qui n’est pas encore venu à
sa perfection, ou demi-métal qui est KIBRICH ou KIBRITH :
encore dans sa matrice comme Terme de Science Hermétique, dont
l’enfant dans le ventre de la mère se sont servis quelques Chimistes
aux premiers mois de sa grossesse. pour signifier le soufre philoso-
phique. Il faut rectifier sur ce corps
KAIB : Kibrich et Zubeth, c’est-à-dire, les
C’est du lait caillé, aigri. deux fumées qui comprennent et qui
embrassent les deux luminaires, et
KALD : mettre dessus ce qui les ramollit, et
Voyez VINAIGRE. qui est l’accomplissement des tein-
tures et des esprits, et les véritables
KAINOS :
poids de la Science. Marie.
Fumée.
KIMENNA :
KAMAR ou CAMAR : Une grosse bouteille.
Argent.
KIMIT ELEVE :
KAMBAR : Blanc de cinabre. Planiscampi.
Voyez CAMBAR. KIRATH :
Poids de quatre grains.
KAMIR :
Levain, ferment des Philosophes. KIST :
Oppoponax. Ce terme signifie aussi
KANECH : un poids de quinze grains ;
Roseau. quelques-uns l’entendent de quatre
livres, d’autres de deux mesures de
KANFOR : vin. Planiscampi.
Etain, Jupiter.
KOMA et KOMARTOS :
KAPRILI : Chaux vive.
Soufre. KONIS :
KASAM : Cendre.
Fer. KOST :
KAYL : Bois de hêtre.
Lait aigre. KUHUL :
KAYSIR : Plomb des Philosophes ; laiton qu’il
Ecume de la mer. faut blanchir ; ou la matière de
l’œuvre en putréfaction, et parvenue
KAZDIR, KASDIR, KACIR, KACISSE- au noir très noir.
ROS : KUKUL :
Etain, ou Jupiter. Voyez KUHUL.
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   -K- 197 

KUMEN : KYMENNA :
Union, lien des parties des corps. Matras, bouteille de verre.
Rulland. KYMIT SUBLIME :
KYBRIUS : Cinabre.
Arsenic. KYMOLEA :
Boue.

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   -L- 198 

L
dans les opérations du grand œuvre,
LABOS BALSAMUM :
par celles qu’il y avait à se tirer du
Eau dans laquelle on a éteint un
labyrinthe quand on s’y était enga-
métal.
gé. Il ne faut pas moins que le fil
LABRUM VENERIS : d’Ariadne, fourni par Dédale même,
Chardon à Bonnetier. pour y réussir ; c’est-à-dire qu’il faut
LABRUM ou LABIUM : être conduit et dirigé par un Philo-
Vase dans lequel on met l’eau pour sophe qui ait fait l’œuvre lui-même.
distiller au bain-marie. C’est ce que Morien nous assure
dans son Entretien avec le Roi Ca-
LABYRINTHE : lid. Voyez les Fables Egypt. et
On entend par labyrinthe, une es- Grecques dévoilées, chapitre de
pèce d’édifice rempli de chambres et Thésée.
d’avenues, disposées de manière que
l’on entre de l’une dans l’autre, sans LAC :
pouvoir retrouver la sortie. Les Au- Les Philosophes ont souvent donné
teurs font mention de quatre princi- ce nom à leur vase et au mercure
paux. Le premier et le plus célèbre qui y est renfermé ; parce que c’est
se voyait en Egypte, dans le district une eau qui n’a point d’issue,
de la ville appelée par quelques-uns comme celle d’un lac qui communé-
Héracléopolis ; on le regardait ment n’a point de communication
comme une des merveilles du qu’avec les rivières qui s’y jettent.
monde, et Pline (liv. 36, ch. 16) Mais ordinairement les Philosophes
l’appelle Potentissimum humani ont ajouté des épithètes au terme de
opus. Hérodote dit qu’un nombre de Lac, afin de désigner les change-
Rois d’Egypte y avaient fait travail- ments qu’éprouve leur eau mercu-
ler successivement avec des frais rielle pendant le cours des opéra-
immenses. On prétend que Dédale tions. Ils l’ont nommé Lac bouillant,
le prit pour modèle du labyrinthe lorsque cette eau mercurielle est
qu’il fit construire dans l’île de animée par le soufre philosophique ;
Crète, et qui devint si célèbre par la Lac plein d’eau croupie, pour indi-
fable du Minotaure. Le troisième fut quer le temps de la putréfaction ; et
fait dans l’île de Lemnos ; on y Lac desséché, dans le temps que leur
voyait 150 colonnes de marbre. Por- eau mercurielle est changée en
senna fit bâtir le quatrième en Italie terre. Lac puant signifie la même
dans le lieu où il fut inhumé. Pline chose que la dissolution de la ma-
fait la description de ces quatre la- tière, qui n’est parfaite que lorsque
byrinthes dans le livre que j’ai cité cette matière est absolument putré-
ci-devant. fiée ; c’est le menstrue puant.
La Philosophie Hermétique qui LACHANUM :
imagina la fable de Thésée et du Herbages, légumes.
Minotaure, prit occasion du laby- LACHESIS :
rinthe de Crète pour embellir cette L’une des Parques, fille de Jupiter
fiction, et indiquer en même temps et de Thémis, ou de la Nuit et de
les difficultés qui se présentent l’Erèbe. Voyez ENFER.

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   -L- 199 

LACINIAS : elle a été faite, qui n’est autre que le


Filtre de laine. Planiscampi. mercure Hermétique.
LACUNE : LAIT DE LA LUNE. Rescemberg a
Terre sigillée. On dit aussi Latuné. donné ce nom à l’espèce d’agaric qui
naît sur les rochers.
LAIT :
(Sc. Herm.) Eau mercurielle des LAMAC :
Philosophes. Quelques Chimistes se Gomme arabique.
sont imaginé que ce nom de lait LAMARE :
avait été donné au mercure à cause Soufre.
de sa ressemblance en fluidité et en
blancheur avec le lait vulgaire, et LAMATI :
ont cru avoir trouvé cette eau mer- Gomme arabique. Johnson.
curielle dans l’eau blanche du mer- LAMERE :
cure vulgaire travaillé chimique- Soufre vif.
ment ; mais Zachaire les désabuse,
en assurant que ce nom ne lui a été LAMIES :
donné que parce que le mercure des Monstres que la Fable nous a peints
Philosophes se caille et se coagule ayant la tête semblable à celle d’une
au moyen du corps fixe, qu’il nomme très belle femme, et le reste du corps
Coagule pour cette raison. comme celui d’un serpent. On fei-
gnait qu’ils dévoraient les enfants.
LAIT VIRGINAL. (Sc. Herm.) C’est le Ils ne signifient autre chose que
mercure des Sages, sous la forme l’eau mercurielle appelée femme
d’eau laiteuse dans la voie humide. avant la putréfaction, qui lui fait
Quelques-uns lui ont donné ce nom donner le nom de serpent pendant ce
dans la voie sèche, lorsqu’il est cuit temps-là. Leur cruauté indique la
au blanc. dissolution.
LAIT DE LA VIERGE ou LAIT DES PHI- LAMPACOS, LAMPATAN :
LOSOPHES. C’est la même chose que China.
lait virginal. Lorsque les Sages di- LAMPE :
sent qu’il faut nourrir la pierre de
son lait, cela doit s’entendre dans (Sc. Herm.) Lorsque les Philosophes
deux sens différents, ou du feu ex- parlent du feu de lampe comme de
terne qu’il faut entretenir pour leur feu, il ne faut pas les entendre
pousser la pierre à sa perfection, ou d’un feu de lampe avec l’huile ou
du mercure même dont elle est l’esprit de vin ; leur feu de lampe est
composée ; et dans ce dernier sens, celui de leur matière. Voyez Arté-
il s’agit de la multiplication ou de la phius, sur les Feux.
confection de l’élixir. Voyez ELIXIR, LUNARIA :
MULTIPLICATION, FEU. Plante appelée Savonaria en latin,
et Savonière en français.
Cuire le lait, c’est-à-dire cuire le
mercure des Sages, autrement la LANCE :
pierre au blanc, pour la pousser au Terme de science Hermétique, qui
rouge. signifie le feu dont les Artistes se
servent pour l’ouvrage de la pierre
La pierre se nourrit de son lait, c’est- des Sages. La hache qui servit pour
à-dire de son eau ou sperme dont fendre la tête à Jupiter, et le faire

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   -L- 200 

ainsi accoucher de Pallas, l’épée de vraie matière des Philosophes ; et


Jason, la massue d’Hercule, les ceux qui reconnaissent Rupescissa
flèches d’Apollon, etc., signifient la pour Adepte, vous recommandent de
même chose. ne point prendre le vitriol Romain
ni tout autre. Nous allons expliquer
LANGAGE :
tout cela par des exemples.
(Sc. Herm.) Les Philosophes
n’expriment point le vrai sens de Merlin et Denis Zachaire exposent
leurs pensées en langage vulgaire, l’œuvre sous l’allégorie d’un Roi qui
et il ne faut pas les interpréter sui- arme contre ses ennemis, le premier
vant les idées que présentent les pour combattre, le second pour sou-
termes en usage pour exprimer les tenir un siège. Merlin dit que le Roi,
choses communes. Le sens que pré- avant de monter à cheval, demanda
sente la lettre n’est pas le leur. Ils à boire de l’eau qu’il aimait beau-
parlent par énigmes, métaphores, coup ; qu’il en but tant, qu’il en fut
allégories, fables, similitudes, et incommodé jusqu’à la mort, et
chaque Philosophe les tourne sui- qu’une médecine l’ayant ressuscité,
vant la manière dont il est affecté. il monta à cheval, combattit ses en-
Un Adepte Chimiste explique ses nemis et les vainquit. Cette eau
opérations philosophiques en n’est autre que le mercure des Phi-
termes pris des opérations de la losophes, que leur or, appelé Roi,
Chimie vulgaire ; il parle de distilla- boit avec ardeur ; parce qu’ils sont
tions, sublimations, calcinations, de même nature, et que, comme di-
circulations, etc. ; des fourneaux, sent les Philosophes, nature aime
des vases, des feux en usage parmi nature, nature se réjouit en sa na-
les Chimistes, comme ont fait Ge- ture ; et selon le proverbe vulgaire,
ber, Paracelse, etc. Un homme de chaque chose aime son semblable.
guerre parle de sièges, de batailles, Le mercure philosophique est une
comme Zachaire. Un homme eau dissolvante ; la dissolution est
d’Eglise parle en termes de morale, une espèce de mort, puisqu’elle ne
comme Basile Valentin dans son se fait parfaitement que dans la pu-
Azoth. Ils ont en un mot parlé si tréfaction ; voilà la mort du Roi. Ce
obscurément, en des termes si diffé- Roi ressuscite, parce que la putré-
rents, et en des styles si variés, qu’il faction est le principe de la généra-
faut être au fait pour les entendre, tion, corruptio unius est generatio
et qu’un Philosophe serait très sou- alterius. Ce qui se prouve par beau-
vent embarrassé pour en expliquer coup de textes d’autres Philosophes.
totalement un autre. Les uns ont
varié les noms, changé les opéra- Bassen, dans la Tourbe, dit : Mettez
tions ; les autres ont commencé le Roi dans le bain, afin qu’il sur-
leurs livres par le milieu des opéra- monte nature. Cette eau est la fon-
tions, les autres par la fin ; taine du Trévisan, où le Roi entre
quelques-uns ont entremêlé des so- seul, et où il se baigne pour se puri-
phistications ; celui-là a omis fier ; il y meurt, et y ressuscite ; car
quelque chose, celui-ci a ajouté du la même eau tue et vivifie. Les Phi-
superflu. L’un dit prenez telle chose, losophes ont même donné le nom de
l’autre dit qu’il ne faut pas prendre vie et de résurrection à la couleur
cette même chose. Rupescissa sou- blanche qui succède à la noire, et ils
tient que le vitriol Romain est la ont appelé mort cette dernière.

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   -L- 201 

Denis Zachaire s’est expliqué allé- effet d’une grande blancheur et


goriquement plus au long ; dans le s’appelle air, gomme d’or et soufre.
siège de ville qu’il suppose, il parle Prends une partie d’air, et la mets
de la matière sous le nom de celui avec trois parties de l’or apparent ;
qui soutient le siège, et de ceux qui le tout mis au bain au nombre
le font, et donne une idée des cou- moindre vingt jours, au moyen
leurs qui surviennent à cette ma- trente, au plus grand quarante, te
tière successivement, en indiquant donnera ton airain, vrai feu des
les couleurs des étendards et des Teinturiers, réconciliant les Pèle-
drapeaux des uns et des autres. rins, appelé feu d’or, etc. Cet excel-
lent soufre doit être gardé soigneu-
D’autres se sont expliqués paraboli-
sement, car il sert à beaucoup de
quement. Le Roi Artus, par
choses.
exemple, dit dans la Tourbe : Une
grande Trésorière tomba malade de Aristée s’explique en style typique,
diverses maladies ; pâles couleurs, lorsqu’il dit : En nous promenant
hydropisie, paralysie. Elle était ex- sur les bords de la mer, nous vîmes
trêmement jaune depuis le haut de que les habitants de ces côtes cou-
la tête jusqu’à la poitrine ; depuis la chaient ensemble, et n’engendraient
poitrine jusqu’au cuisses elle était pas ; ils plantaient des arbres et
blanche et enflée, et paralytique semaient des plantes qui ne fructi-
jusqu’en bas. Elle dit à son Médecin fiaient pas. Nous leur dîmes alors,
de lui chercher sur une montagne la s’il y avait un Philosophe parmi
plus haute de toutes, deux plantes vous, vos enfants engendreraient et
d’une propriété et d’une vertu supé- multiplieraient, vos arbres fructifie-
rieure à toutes les autres plantes. Il raient et ne mourraient pas, vos
lui en apporta, elle s’en ceignit, et se fruits se conserveraient, et vous se-
trouva dès le moment guérie de riez des Rois vaillants qui surmon-
toutes ses infirmités. Elle reconnut teriez tous vos ennemis. Nous de-
ce service de son Médecin par des mandâmes au Roi, son fils Gabertin,
richesses infinies. et sa sœur Beya, qui était une fille
belle et très blanche, délicate et par-
Hermès, ou quelqu’un sous son nom,
faitement aimable ; nous joignîmes
a parlé de l’œuvre en style problé-
le frère et la sœur, et Gabertin mou-
matique, et a dit : J’ai considéré le
rut presque aussitôt. Le Roi voyant
rare et admirable oiseau des Philo-
cela, nous emprisonna ; et à force de
sophes, qui vole perpétuellement au
prières et de supplications, ayant
signe d’Ariès. Si on le divise, si on le
obtenu sa fille Beya, nous fûmes 80
dissout en beaucoup de parties,
jours dans les ténèbres de la prison,
quoique petit, et que son obscurité
et après avoir essuyé toutes les
soit dominante, il te demeurera,
tempêtes de la mer, nous fîmes ap-
comme étant de tempérament et de
peler le Roi, et nous lui rendîmes
complexion terrestre. Lorsqu’il se
son fils vivant, de quoi nous ren-
manifeste sous diverses couleurs, il
dîmes louanges à Dieu.
est appelé airain, plomb, etc. Etant
ensuite brûlé à un feu violent au Toutes ces manières de s’expliquer
nombre moindre quatre jours, au forment un langage extrêmement
moyen sept, et au plus grand dix, on difficile à entendre ; mais quelques
le nomme terre d’argent ; elle est en Philosophes, pour voiler encore

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mieux leur œuvre, ont employé des symboles et des hiéroglyphes à


l’énigme. Le Cosmopolite entre la manière des Egyptiens, tant les
autres en a mis une très longue à la matières requises pour l’œuvre, que
suite de ses douze Traités. Il sup- leurs préparations, et souvent jus-
pose que voyageant du pôle Arctique qu’aux signes démonstratifs, ou les
au pôle Antarctique, il fut jeté sur le couleurs qui surviennent à cette
bord de la mer ; une rêverie l’y saisit matière pendant le cours des opéra-
pendant qu’il y voyait les Mélosines tions ; parce que c’est à ces signes
qui y voltigeaient et les Nymphes que l’Artiste connaît s’il a bien ou
qui y nageaient. Il était attentif mal opéré.
pour découvrir s’il ne verrait point Plusieurs Philosophes ont joint un
de poisson Echénéis dans cette mer. discours à ces hiéroglyphes ; mais
Il s’endormit sur ces entrefaites, et cette explication apparente est tou-
le vieillard Neptune lui apparut
jours aussi difficile à entendre que
avec son trident. Ce Dieu lui montra le symbole même, souvent davan-
deux mines, l’une d’or, l’autre
tage. Tels sont ceux de Nicolas Fla-
d’acier ; puis deux arbres, l’un so- mel, de Senior, de Basile Valentin,
laire, l’autre lunaire ; et lui dit que ceux de Michel Maïer, quoique
l’eau, pour les arroser et les faire
d’Espagnet dise que ces derniers
fructifier, se tirait du Soleil et de la
sont comme des espèces de lunettes
Lune au moyen d’un aimant. Sa-
qui nous découvrent assez claire-
turne prit la place de Neptune, et
ment la vérité que les Philosophes
mit dans cette eau le fruit de l’arbre
ont cachée.
solaire, qui s’y fondit comme la
glace dans l’eau chaude. Cette eau, LANS :
ajouta-t-il, lui sert de femme, et a la Argent qui a souffert la fonte, et que
propriété de le perfectionner de ma- les Philosophes appellent argent
nière que lui seul suffira sans qu’il mort.
soit besoin d’en planter d’autres.
Car quand ils se sont perfectionnés LAOC ou LAOS :
l’un et l’autre, ils ont la vertu de Etain, Jupiter.
rendre tous les autres semblables à LAOCOON :
eux. Fils de Priam et d’Hécube, et Prêtre
d’Apollon, fit tout son possible pour
Les Anciens employaient commu- dissuader les Troyens d’admettre le
nément les fables, et celles des cheval de bois, que les Grecs feigni-
Egyptiens et des Grecs n’ont été in- rent être un présent qu’ils offraient
ventées qu’en vue du grand œuvre, à Minerve. Les Dieux contraires à la
si nous en croyons les Philosophes conservation de cette ville le puni-
qui les ont souvent rappelées dans rent, en envoyant deux serpents
leurs ouvrages. C’est en suivant marins qui le dévorèrent dans le
leurs idées que je les ai expliquées Temple, lui et ses deux enfants. Ces
dans le Traité que j’ai donné au Pu- serpents marins sont les serpents
blic, sous le titre de : Les Fables sortis de la mer des Philosophes, qui
Egyptiennes et Grecques dévoilées. dissolvent la partie fixe dans le
Quelques Philosophes ont employé vase, temple de l’Apollon Hermé-
un langage muet pour parler aux tique. Voyez les Fables Egyptiennes
yeux de l’esprit. Ils ont présenté par et Grecques dévoilées, liv. 6.

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   -L- 203 

LAODICE : LAPIS GALISEUSTAIN :


Sœur de Laocoon, se précipita du Vitriol romain.
haut d’un rocher dans la mer. C’est LAPIS ARENOSI :
la pierre volatilisée qui retombe au Jupiter. Planiscampi.
fond du vase pour s’y fixer avec
l’eau mercurielle appelée mer. LAPIS INFERNUM :
Pierre ponce.
LAOMEDON :
Fils d’Ilus, Roi de Troie, accueillit LAPIS PORCINUS :
très bien Neptune et Apollon, qui Bardanne.
furent lui rendre visite sous un ha- LAPITHES :
bit déguisé. Ils lui offrirent de bâtir Voyez PYRITHOUS.
les murs de sa ville, moyennant cer-
taines conditions, desquelles il con- LAPPAGO :
vint avec eux. Ils élevèrent les mu- Grateron, Reble, Aparine.
railles de Troie, et Laomédon refusa LARGEUR :
de les payer suivant leurs conven- Les Philosophes donnent à leur ma-
tions. Ces Dieux irrités de son pro- tière trois dimensions, comme les
cédé l’en punirent. Apollon en en- Géomètres aux corps ordinaires. Ce
voyant une peste très meurtrière, que les premiers appellent largeur,
qui faisait périr beaucoup de monde est la préparation de la matière, au
dans la ville, Neptune inonda le moyen de laquelle ils en font la mé-
pays, et fit sortir de la mer un decine. La hauteur est, selon eux, ce
monstre qui ravageait tous les envi- qu’il y a de manifeste dans leur ma-
rons de Troie. On consulta l’Oracle tière, et la largeur est le moyen que
sur les moyens de faire cesser ces l’on prend pour parvenir à ce que ce
fléaux : il répondit qu’il fallait pour manifeste tient caché. La hauteur
cela exposer Hésione, fille de Lao- était froide et humide, et par le
médon, pour être dévorée par ce changement de disposition la lar-
monstre. Hercule s’offrit à la déli- geur succède, c’est-à-dire, le chaud
vrer moyennant un présent de et le sec, parce que le manifeste
quelques chevaux. Hercule tua le cache toujours son contraire.
monstre, et délivra Hésione ; mais
LARON :
Laomédon refusa de donner à Her-
Mercure des Sages.
cule les chevaux qu’il lui avait pro-
mis. Hercule tua Laomédon, et don- LARUSUS :
na Hésione en mariage à Télamon Piloselle.
qui l’avait accompagné dans son
expédition. Voyez les Fables Egypt. LASER :
et Grecq. dévoilées, liv. 5, ch. 14 et Suc ou gomme de benjoin.
liv. 6. LATERIUM :
LAOS ou LAOC : Lessive ou capitel. Planiscampi.
Jupiter des Sages.
LATHYRIS :
LAPIS DES PHILOSOPHES : Esule grande, ou Epurge.
Soufre ou matière de l’œuvre fixée,
que les Chimistes Hermétiques ont LATHYRUS :
aussi appelée Sel de l’or. Espèce de légume appelé Gerres.

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   -L- 204 

LATON ou LAITON, ou LETON des quelle pour éviter sa dent meur-


Philosophes : trière prit la fuite, et erra long-
Mercure des Sages, ou leur matière temps sur la terre et sur la mer ;
considérée pendant la putréfaction. elle aborda enfin à l’île de Délos, qui
Ce terme de laton s’entend plus gé- n’était pas encore fixée. Neptune
néralement du fixe dissous avec le l’affermit alors contre les flots, dont
volatil. C’est pourquoi ils disent : auparavant elle était le jouet, et La-
Blanchissez, le laton, et déchirez, vos tone y accoucha premièrement de
livres, de peur que vos cœurs ne Diane, qui servit de sage-femme à
soient déchirés par l’inquiétude. Le sa mère, pour lui aider à mettre au
mercure, qui est le volatil et leur monde Apollon, son frère jumeau.
azoth, est ce qui blanchit le laton. Apollon devenu grand, tua le ser-
Lorsqu’il est devenu blanc, on est pent Python à coup de flèches.
assuré de réussir. Il prend alors les Voyez cette fiction expliquée dans le
noms de laton blanc, or blanc, terre liv. 3, ch. 12 et 13, des Fables Egypt.
feuillée, dans laquelle il faut semer et Grecques dévoilées.
l’or, c’est-à-dire, la couleur rouge.
LATONE. Les Alchimistes disent
Quand il a acquis cette couleur qu’il faut laver le visage de Latone ;
rouge, c’est leur laton rouge, leur c’est-à-dire, qu’il faut extraire l’eau
soufre aurifique, leur Salamandre, de leur terre vierge par la dissolu-
leur Apollon. tion, et se servir de cette eau pour
LATON IMMONDE : blanchir la terre même, qui est leur
C’est la matière en dissolution et en Latone. Ils nomment cette eau le
putréfaction, à laquelle les Adeptes sang de Latone.
donnent aussi les noms de terre sé- LATRO :
pulcrale, corps immonde, dragon Mercure des Philosophes. Phila-
Babylonien, Tête de corbeau, noir lèthe.
plus noir que le noir même.
LAVANDIER DES PHILOSOPHES :
LATON NON NET :
Voyez LATON IMMONDE. Nom que les Chimistes Hermé-
tiques ont donné à Jupiter, lorsque
LATONE : le temps de son règne est en vigueur
Fille de Coée le Titan, de Phœbé, pendant les opérations de la pierre.
selon Hésiode et Ovide, ou de Sa- C’est la circulation de la matière
turne, suivant Homère, tenait un dans le vase. Elle s’élève en vapeur
rang distingué parmi les douze au haut de l’œuf, s’y condense, et
Dieux hiéroglyphiques des Egyp- retombe comme une rosée, sur la
tiens. Elle venait immédiatement matière qui reste au fond, cette
après Vulcain, et ces peuples lui pluie la blanchit, de noire qu’elle
avaient élevé un Temple couvert était pendant le règne de Saturne ;
d’or et décoré du même métal, c’est le Lavement des Philosophes,
comme étant la mère d’Apollon et de et ce qu’ils appellent blanchir le la-
Diane. ton ou leton.
La Fable dit que Jupiter en étant
devenu amoureux, eut commerce LAUDANUM :
avec elle. Junon jalouse envoya le Nom que Paracelse donnait à une
serpent Python contre Latone, la- composition d’or, de corail, de

‐ 204 - 
 
   -L- 205 

perles, etc. C’était un spécifique LAVER ou SION :


pour les fièvres. Becabunga, plante aquatique.
LAUDINA : LAUM :
Angélique. Amandes amères.
LAVEMENT DES PHILOSOPHES : LAXA CYMOLEA :
Voyez. LAVANDIER. Sel qui se forme sur les pierres.
LAVER LE LATON : LAZULE :
Voyez BLANCHIR LE LATON. Les Phi- Voyez LAPIS DES PHILOSOPHES.
losophes disent qu’il faut laver le LEARQUE :
leton sept fois dans les eaux du
Fils d’Athamas et d’Ino, fut tué par
Jourdain, pour lui ôter sa lèpre,
son père, qui le froissa contre une
comme l’Ecriture dit que l’on fit à pierre. Voyez INO.
Nahaman ; c’est-à-dire, qu’il faut le
faire passer par les règnes des sept LEDA :
Planètes, ou par les sept différentes Femme de Tyndare, ayant eu com-
opérations ou cercles qui se succè- merce avec Jupiter changé en cygne,
dent les uns aux autres. accoucha de deux œufs, desquels
LAVER. Lorsque les Philosophes naquirent Castor et Pollux, Hélène
Hermétiques se servent de ce terme et Clytemnestre. Voyez les Fables
pour exprimer une opération de Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3,
l’œuvre, quand la matière est dans ch. 14, § 4 et liv. 6, ch. 2 et 3.
l’œuf philosophique ; on ne doit pas
entendre qu’il faut tirer la matière LEFFAS :
de son vase, et la laver dans l’eau ou Van-Helmont a adopté ce nom de
autre liqueur ; mais qu’il faut entre- Paracelse, pour exprimer la sève des
tenir ou augmenter le degré du feu, plantes. Planiscampi écrit Loffas ;
qui purifie beaucoup mieux les mais il s’est trompé, ou son Impri-
choses qu’aucune liqueur. Ainsi meur.
quand ils disent : Lorsque l’Artiste
LEMNOS :
verra la noirceur nager dessus la
Ile de la mer Egée, autrefois célèbre
matière, cette noirceur est une terre
dans les Fables, parce qu’on feignait
noire, puante, sulfurée, infecte, cor-
que Vulcain y avait établi ses
rompante, qu’il faut séparer d’avec
forges. On lui donnait aussi le nom
le pur, en lavant et relavant tant de
d’Ophieusa, d’Ophis, serpent, à
fois avec la nouvelle eau, que la ma-
cause de la quantité de serpents
tière devienne toute blanche. Cela
qu’on y trouvait. C’est dans cette île
signifie seulement qu’il faut entre-
qu’abordèrent d’abord les Argo-
tenir le feu dans le même degré jus-
nautes qui s’y arrêtèrent deux ans,
qu’à la blancheur de la matière.
et Jason leur Chef y courtisa Hypsi-
LAVER AU FEU. Les Philosophes phile, dont il eut des enfants. Voy.
donnent le nom de Feu à leur mer- les Fables Egyptiennes et Grecques
cure, qui par sa circulation blanchit dévoilées, liv. 2, ch. 1.
leur laton. Ce qui leur a fait dire, les
Chimistes lavent et blanchissent LEMPNIAS :
avec l’eau, et nous avec le feu. Orpiment.

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LEPHANTE ou LEPHANTES : sant. Le soufre interne prédominant


Premier tartre, ou bol tenant le mi- au mercure, le cuit, le digère,
lieu entre la pierre et le lut. Planis- l’épaissit, et le fixe en un corps par-
campi. fait ; et le soufre externe, adustible,
et séparable de la vraie substance
LEPRE (Gr. Art) :
des métaux suffoque l’interne, lui
Parties hétérogènes, impuretés ter-
ôte son activité, et mêle ses impure-
restres que les métaux contractent
tés avec celles du mercure ; ce qui
dans la mine, et que la seule poudre
produit les métaux imparfaits. La
de projection est capable de guérir.
maladie des métaux n’étant
Geber et quelques autres Chimistes
qu’accidentelle, elle peut donc être
ont décrit fort au long les vices des
guérie ; c’est pourquoi nous voyons
métaux imparfaits. L’argent est par-
que la Nature commence toujours
fait, l’or l’est encore davantage ; ils
par l’imparfait pour tendre à la per-
ont cependant leurs infirmités et
fection.
leurs maladies. Il y en a de deux
sortes dans les métaux : la pre- Les causes de ces maladies sont la
mière, qu’on appelle originelle, et terrestréité, l’aquosité, la combusti-
qu’on regarde presque comme incu-
bilité, l’aéréité des éléments en leur
rable, vient du premier mélange des mélange. La première empêche
éléments en l’argent-vif ou mercure
l’union des substances ; la seconde
qui est leur principe. La seconde se les rend crues ; la troisième in-
trouve dans l’union du soufre et du flammables, et la quatrième vola-
mercure. Plus les éléments sont tiles. La première empêche la péné-
donc épures, plus ils sont propor-
tration et l’ingrès ; la seconde est un
tionnellement mêlés et homogènes,
obstacle à la digestion, et la subli-
plus ils ont de poids, de malléabilité, mation de la matière ; la troisième
de fusion, d’extension, de fulgidité
empêche son incorruptibilité, et la
et d’incorruptibilité permanente. quatrième s’oppose à sa fixation.
Cette seconde maladie, qui vient du
soufre plus ou moins impur, fait L’impureté de la terre doit être la-
l’imperfection des métaux ; savoir, vée par l’eau, la froideur de l’eau est
la lèpre de Saturne, la jaunisse de corrigée par l’air, la volatilité de
Vénus, l’enrhumement ou le cri de l’air est fixée par le feu. L’art doit
Jupiter, l’hydropisie de Mercure, et imiter la Nature ; laver la terre mé-
la gale de Mars. L’hydropisie du tallique par sa propre eau ; chauffer
mercure consiste dans son trop et digérer l’aquosité de l’eau par
d’aquosité et de crudité, qui lui l’air, et congeler l’humidité volatile
viennent de la froideur de sa ma- de l’air par le feu.
trice ; ce vice est un péché originel
qu’il communique et transmet à La chaleur et la sécheresse prédo-
tous les métaux qui en sont engen- minantes au fer, le rendent chaud et
drés. colérique. La froideur et la séche-
Quoique le Philosophe ait nommé le resse font le plomb pesant et mélan-
mercure une quintessence faite par colique. La chaleur et l’humidité
la Nature, il est néanmoins si font l’étain jovial et sanguin.
aqueux et si froid, qu’il ne peut être L’humidité et la froideur font
guéri que par un soufre bien puis- l’argent flegmatique.

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L’humidité et la chaleur mêlées im- renfermée la matière de l’œuvre si-


parfaitement, font le cuivre plein gnifiée par l’Hydre. Elle s’y putréfie,
d’une teinture imparfaite, et les et enfin s’y fixe au moyen du feu
qualités de l’une et de l’autre mêlées philosophique indiqué par le flam-
proportionnellement, font le tempé- beau du compagnon d’Hercule.
rament de l’or et sa perfection. La Voyez les Fables Egypt. et Grecques
terre et l’eau rendent le plomb pe- dévoilées, liv. 5, chap. 4.
sant, mou, noir et impur. L’air et
LESSIVE :
l’eau font l’étain blanc, mou, aigre, Azoth des Philosophes, ainsi nommé
léger et fusible. Le feu et la terre de ce qu’il blanchit le laiton des
font le fer rouge, pesant, dur, impur Sages.
et de difficile fusion. L’eau et l’air
mêlés d’un peu de terre, font le mer- Leta :
cure froid, fluide, aqueux, pesant et Couleur rouge. Manget.
vaporeux. Le feu et l’air rendent le LETHE :
cuivre jaune et rouge, combustible, L’un, des fleuves qu’il faut passer
volatil et impur. La terre, l’eau et avant d’arriver à l’empire de Pluton.
l’air mêlés proportionnellement, En le passant on buvait de son eau,
sont la perfection de l’argent, de et l’on oubliait absolument tout ce
même que le mélange proportionné qu’on avait appris, vu et fait dans le
de la terre, de l’eau, de l’air et du cours de la vie. Voyez ENFER, PLU-
feu fait celle de l’or. La chaleur et la TON.
sécheresse du fer doivent être tem-
pérées par l’humidité de l’argent-vif. LEVAIN :
La froideur de Saturne par la cha- Les Philosophes ont pris ce terme
leur du cuivre. L’humidité et la cha- en deux sens différents. Le premier
leur de Jupiter par la sécheresse et et le moins usité est proprement le
la froideur de l’arsenic ; et sens propre de levain qui fait fer-
l’humidité et la froideur de Mercure menter, et cela lorsqu’ils comparent
par la chaleur et la sécheresse du leur œuvre aux métaux ; parce que
soufre propre et convenable. En de même que le levain aigrit la pâte
deux mots, il faut décaper Vénus et la change en sa nature, de même
par son savon, ôter le cri à Jupiter la poudre de projection, qui est un
par son blanc d’œuf, les ailes au vrai or, fait fermenter les métaux
vieillard Saturne par un fin acier, imparfaits et les change en or.
laver Mars dans le bain où Vulcain
Le second sens de ce terme levain,
lava le Soleil, donner à boire à Mer-
est qu’il faut l’entendre, suivant Za-
cure un bon soufre, et rétrécir la
chaire, du vrai corps et de la vraie
Lune avec un bon sel ou une bonne
matière de l’œuvre. « Mais faut être
terre vierge.
soigneux et vigilant, ajoute le même
LERNE ou LERNA : Auteur, pour ne point perdre la
Marécage dans lequel habitait propre heure de la naissance de
l’Hydre qu’Hercule tua, et de la- notre eau mercurielle, afin de lui
quelle les têtes renaissaient à me- conjoindre son propre corps, que
sure qu’il les coupait. Ce marais a nous avons ci-devant appelé levain,
pris son nom de Lernax qui en grec et maintenant l’appelons venin. »
signifie un vase. Ce vase est celui de Les Philosophes entendent ordinai-
l’art Hermétique, dans lequel est rement par levain, le soufre rouge
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ou l’or des Sages, et le soufre blanc Nessus. Hercule étant entré en fu-
ou leur Lune. Quand il s’agit de la reur après l’avoir prise, jeta Lichas
multiplication en quantité pour la dans la mer. Voyez LYCHAS.
projection, ils entendent l’or et
l’argent vulgaires. LICURGUE :
Voyez LYCURGUE.
LEUCASIE :
Chaux vive. LIEN :
Onctuosité des corps qui en lie les
LEUCELECTRUIN :
parties, réunit le volatil avec le fixe,
Ambre blanc.
empêche l’évaporation des esprits,
LEUCŒNUS : et forme le composé des êtres su-
Vin blanc. blunaires.
LENCOLACHANUM : LIEN DES TEINTURES. Mercure des
Valériane sauvage. Philosophes, appelé Médium con-
LEUCOPHAGUM : jungendi tincturas.
Blanc manger, remède pour guérir LIEN DE L’ARGENT VIF. C’est l’Or
la phtisie. Il se fait avec de la chair philosophique, ou la fixation du
de chapon et de perdrix broyée dans mercure : ce qui arrive lorsque la
un mortier, et arrosée avec du lait matière de l’œuvre est parvenue à
d’amandes. la couleur rouge.
LEUCOSIS : LIER :
Action par laquelle on blanchit le Réunir, rapprocher, rendre adhé-
laiton philosophique : ce qui se fait rentes les parties séparées d’un
par la circulation de l’azoth dans le corps. C’est proprement coaguler.
vase des Philosophes. V. DÉALBA- En termes de Philosophie Hermé-
TION. tique, lier signifie ordinairement
LEUCOTHEE : fixer, comme délier veut dire dis-
Voyez. INO. soudre, volatiliser.

LEVIGER : LIGATURE :
Réduire un corps dur et solide en Voyez SCEAU.
poudre impalpable. LIGNE :
LIAB : Est un des noms que les Philo-
Vinaigre. sophes ont donné à la matière du
grand œuvre. Voyez POULE.
LIBANOTIS :
Romarin. LIGNI HERACLEI :
Bois de noyer ; quelques-uns ont
LIBER : donné ce nom au bouis. Planiscam-
Surnom de Bacchus. pi.
LIBYS ou LYBYS : LILI :
Frère d’Alebion, tué par Hercule. L’Auteur du Dictionnaire Hermé-
Voyez les Fables Egypt. et Grecques tique dit que Lili est en général
dévoilées, liv. 5, chap. 12. toute matière propre à faire quelque
LICHAS : teinture excellente, antimoine ou
Domestique d’Hercule, lui porta la autre chose. C’est sans doute de là
robe teinte du sang du Centaure que Paracelse a donné à l’extraction

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d’une teinture des métaux le nom de œuvre. Ils disent qu’il faut suivre la
Lilium. Mais quant au terme Lili, voie linéaire de la Nature ; c’est-à-
cet habile homme entendait tout dire qu’il ne faut point s’amuser aux
autre chose, comme on peut le voir calcinations, sublimations, distilla-
dans son traité de la Transmutation tions et autres opérations de la
des métaux, et dans celui du Fon- Chimie vulgaire ; mais agir tout
dement de la Sagesse et des simplement comme la Nature fait,
Sciences. sans multiplicité de fourneaux et de
LILIUM : vases.
Teinture philosophique, ou l’élixir LION :
parfait de l’art Hermétique. Les Philosophes Chimistes em-
ploient souvent ce terme dans leurs
LILIUM INTER SPINAS. Chèvrefeuille.
ouvrages, pour signifier une des ma-
LIMBE DE LA NATURE : tières qui entrent dans la composi-
Corps réduit en ses premiers prin- tion du magistère. En général c’est
cipes élémentés, et non élémen- ce qu’ils appellent leur Mâle ou leur
taires. Il faut observer que lorsque Soleil, tant avant qu’après la confec-
les Chimistes Hermétiques disent tion de leur mercure animé. Avant
qu’il faut réduire les corps à leur la confection, c’est la partie fixe, ou
première matière, ils ne prétendent matière capable de résister à
pas les réduire à l’état des éléments l’action du feu. Après la confection,
du feu, de l’air, de l’eau et de la c’est encore la matière fixe qu’il faut
terre ; mais à la première matière employer, mais plus parfaite qu’elle
composée de ces éléments. A cette n’était avant. Au commencement
matière qui constitue la base de c’était le Lion vert, elle devient Lion
tous les corps des trois règnes ani- rouge par la préparation. C’est avec
mal, végétal et minéral. le premier qu’on fait le mercure, et
LIMER : avec le second qu’on fait la pierre ou
Dissoudre la matière de l’œuvre, ce l’élixir.
n’est autre chose que la cuire, la Lorsqu’on trouve dans les écrits des
digérer jusqu’à ce qu’elle se réduise Philosophes le terme de Lion em-
en poudre. ployé sans addition, il signifie le
LIMODORUM : soufre des Sages, soit blanc, qu’ils
Orobanche. appellent aussi Or blanc, soit rouge,
qu’ils nomment simplement Or.
LIMPIDE :
Morien donne ce nom à une des Quelquefois ils donnent le nom de
choses qui entrent dans la composi- Lion à la poudre de projection, parce
tion du magistère. C’est le mercure. qu’elle est or parfait, plus pur que
Voyez ALMAGRA. l’or même des mines, et qu’elle
LINCTUS : transforme les métaux imparfaits
Looch. en sa propre substance, c’est-à-dire
en or, comme le Lion dévore les
LINEAIRE : (Voie) autres animaux, et les tourne en sa
(Gr. Art.) Les Philosophes Hermé- substance, parce qu’il s’en nourrit.
tiques emploient souvent ces termes
dans leurs écrits, pour exprimer la Lorsqu’ils se servent du terme de
simplicité des procédés du grand Lion pour signifier leur mercure, ils

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y ajoutent l’épithète qualificative de maux. 4°. Enfin, parce qu’il donne


vert, pour le distinguer du mercure une dissolution verte.
digéré et fait soufre. C’est dans ce On doit aussi faire attention, dit
sens qu’il faut entendre ces expres- Jean Seger Weindenfeld (de Secretis
sions de Morien : « Prenez la fumée Adeptorum), que les Philosophes
blanche, et le Lion vert, et l’Almagra distinguent plusieurs sortes de
rouge, et l’immondice. » Le même Lions verts. Par le premier. Ils en-
Auteur, quelques pages après, ex- tendent le soleil ou l’astre qui nous
plique ce qu’il entend par Lion vert. éclaire, et qui fait tout végéter dans
LION. (le vieil) Partie fixe de la le monde. Par le second, le mercure,
pierre, appelée vieille, parce qu’elle non le vulgaire, mais celui qui est
est le principe de tout. commun à tous les individus, et par
conséquent plus commun que
LION VERT. (Sc. Herm.) Matière que
l’argent-vif ou mercure commun ; ce
les Philosophes Chimiques em-
qui a fait dire aux Philosophes, que
ploient pour faire le magistère des
leur mercure se trouve partout et
Sages ; cette matière est certaine-
dans tout. Par le troisième, ils en-
ment minérale, et prise du règne
tendent la dissolution même de leur
minéral. Elle est la base de tous les
matière, qu’ils appellent aussi
menstrues dont les Philosophes ont
Adrop. Par le quatrième, c’est cet
parlé. C’est de cette matière qu’ils
Adrop ou vitriol Azoquée, appelé
ont composé leur dissolvant univer-
Plomb des Sages. Par le cinquième,
sel, qu’ils ont ensuite acué avec les
c’est leur menstrue puant, que Ri-
essences des végétaux, pour faire le
plée, Raymond Lulle, Geber et tant
menstrue végétal ; avec les essences
d’autres nomment Esprit puant,
des animaux, pour le menstrue
Spiritus fœtens, ou Sang du Lion
animal ; et avec les essences des
minéraux, pour le menstrue miné- vert. Par le sixième, ils entendent le
vitriol commun, qu’ils nomment
ral.
Lion vert des fous, quelquefois le
Ils ont donné le nom de Lion vert à vert-de-gris. Le septième, est le
cette matière pour plusieurs rai- mercure vulgaire sublimé avec le sel
sons, dit Riplée : 1°. parce que c’est et le vitriol, mais qui n’est point la
par lui que tout reverdit et croît vraie matière des Sages. Riplée ap-
dans la nature. 2°. Parce que c’est pelle quelquefois ce Lion vert Seri-
une matière encore acide et non con. On en tire deux esprits vis-
mûre, bien éloignée de la perfection queux ; le premier blanc, opaque,
de l’or vulgaire ; mais qui, par le ressemblant à du lait, ce qui lui a
secours de l’art, devient infiniment fait donner le nom de Lait de la
au-dessus de ce Roi des métaux : vierge, et par Paracelse, Colle de
c’est un or vert, un or vif, encore l’aigle. Gluten Aquilœ. Le second
imparfait, et qui, par cette raison, a esprit est de couleur rouge, très
la faculté de réduire tous les métaux puant, appelé communément Sang
en leur première matière, et de vo- du Lion vert. Ce sont ces esprits que
latiliser les plus fixes. 3°. Parce que les Philosophes, à l’imitation de
le mercure qu’on extrait de cette Raymond Lulle, ont appelé Vin
matière rend semblable à lui-même, blanc et Vin rouge, ce qu’il ne faut
et détruit tous les autres corps, point entendre du vin blanc ou vin
comme le Lion fait des autres ani- rouge communs.
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LION ROUGE. Les Philosophes spa- LIQUEUR VEGETALE :


gyriques appellent ainsi la matière Mercure des Philosophes, ainsi
terrestre et minérale qui demeure no