Vous êtes sur la page 1sur 4

Femina : publication bi-

mensuelle illustrée

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


. Femina : publication bi-mensuelle illustrée. 1911-02-15.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des
reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public
provenant des collections de la BnF. Leur réutilisation s'inscrit dans le
cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
- La réutilisation non commerciale de ces contenus ou dans le cadre
d’une publication académique ou scientifique est libre et gratuite
dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien
de la mention de source des contenus telle que précisée ci-après : «
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France » ou « Source
gallica.bnf.fr / BnF ».
- La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait
l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la
revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de
fourniture de service ou toute autre réutilisation des contenus
générant directement des revenus : publication vendue (à l’exception
des ouvrages académiques ou scientifiques), une exposition, une
production audiovisuelle, un service ou un produit payant, un support
à vocation promotionnelle etc.

CLIQUER ICI POUR ACCÉDER AUX TARIFS ET À LA LICENCE

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de


l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes
publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation


particulier. Il s'agit :

- des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur


appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés,
sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du
titulaire des droits.
- des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques
ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la
mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou
autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces
bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le


producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code
de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont


régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre
pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de
son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions


d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière
de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions,
il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet
1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter


utilisation.commerciale@bnf.fr.
LB PRIX PB
/i TI prix de la vie augmente !
E
c'est le cri général Et nos dw-
/ J—/ nières Tribunes libres ont déjà
/ recueilli l'écho des inquiétudes qv-s
l nous inspire à toutes, cette augmèii-
/ tation générale et d'une réalité ;;:•-
' contestable.
Pour se rendre compte de son im-
portance, il est intéressant de se re-
porter à une trentaine d'années <:.n
arrière et de se rappeler ce qu'était
le vrai luxe en 1SS0 et de le comparer
à ce qu'il est aujourd'hui. C'est ce que
ous avons tenté de faire ici.
Donc, le luxe, le grand luxe de la femme
élégaute chez elle au mois de février
18S0, c'était de se parer d'un. déshabillé
de mousseline de laine orné d'une ioule
de petits noeuds de rubans avec col de
lingerie et de dentelles : les plus riches
modèles coûtaient entre 60 et 80 francs.
Pour la sortie, les courses et les pro-
menades, la robe du bon faiseur valait
de 150 à 500 francs ; un chapeau de
100 francs était une chose extraordi-
naire et presque inconnue : la plupart et
les plus luxueux valaient couramment
/ de 25 à 40 francs. La femme élé-
gante qui prenait un locatis pour
l'après-midi, moyennant 4 francs
l'heure, était taxée de prodigalité :
la voiture louée au mois était l'in-
dice d'une fortune considérable et
quant à ce qu'on appelait la voi-
ture de maître, c'était le luxe pro-
pre aux millionnaires. La mode
n'était pasaux manteaux de four-
rures : la manteau de drap lèche
bordée de skungs ou de renard fai-
sait fureur chez les élégantes ; on
le doublait de petit-gris et il coûtait
ainsi 300 francs au maximum. Une vogue
qui passait pour coûteuse était celle dont
jouissait, parmi les habituées du « Tour
du Lac » le chien caniche, noû'j blanc on.
beige on se procurait cet « ami fidèle »
-.

pour 50 ou 100 francs etfenêtresl'on passait


pouf jeter l'argent par les !... La
promenade s'achevait par un tour au
boulevard, où l'on goûtait, chez le pâtis-
sier à la mode, d'une « Charlotte » de
40 centimes et d'un verre de Malagade
60 centimes... Le soir, la suprême folie
était de prendre pour six francs deux
fauteuils à l'Alcazar du faubourg Pois-
sonnière où chantait Thêfésa : [on y al-

LA JOURNÉE D'UNE PARISIENNE EN 1880


Nous avons groupe les scènes principales de la journée d'une parisienne d'une Charlotte et d'un verre de Malaga, coût : 1 franc. Un chapeau de
élégante en 1SS0. A son lever, la parisienne de 1S80 se paraît d'un déshabillé a la bonne
faiseuse » coûtait entre 25 et 4.0 francs ! Enfin noire parisienne —
de mousseline de laine qu'elle payait au maximum 80 francs; pour la pro- c'était sa folie — aimait à passer de temps en -temps une soirée à l'Alcazar
menade, elle se contentait d'une toilette qui lui revenait à 150 ou 200 francs; où chantait alors la fameuse Thérésa et où un fauteuil se louait de 3Ona
5 francs. En ce temps-là on était riche avec 20.000 livres de revenus
!
un locatis à 4 francs l'heure ou 20 francs l'après-midi passait pourboulevard,
un luxe ignorait, il est vrai, les chapeaux de 100 louis et les fourrures de 100.000 francs/
dispendieux... Noire parisienne goûtait chez un pâtissier du
LftVlEr
de ville. Et notre parisienne
lait en toilettedépensière
nassait pour et ruineuse !
Et maintenant, évoquons brièvement déshabillé
le
prix de notre luxe : en 1911, unlingerie fine
se respecte est en il
du matin qui authentiques bon
et dentelles ; et est '
marché quand il ne coûte que 800, 1000,
francs ; nos grands couturiers en font
r>oo tailleur
qui valent 3.000 francs ; le moindre
vaut 300 francs ; unetoilette robe de promenade
dans les 600 ; une de visite vaut
va
entre 800 et 1000 francs pour être simple ;
nous payons nos les chapeaux couramment
000 francs ; pour grandes cérémonies,
ou les sorties du soir, quand ils sont ornés
déplumes, d'aigrettes,, de «paradis », les
chapeaux de 1.500 francs ne sont pas rares;
les fourrures de 20.000 à 100.000 francs ne
sont plus des objets de curiosité ou d'ex-
Dosition universelle ; la possession d'une
automobile est loin de paraître un rêve
inaccessible et l'on passe pour pauvre,
quand on se contente d'un taxi qui revient
à 50 francs l'après-midi. Le chien à la mode
est le grand lévrier russequi vaut 1.000 francs.
Le « thé » entre 5 et 6 heures est devenu l'un
de nos besoins essentiels et la mode est de
ie prendre dans les établissements réputés
où nous le payons de 2 à S francs la tasse.
Enfin, nos soirées nous paraîtraient insipi-
des si nous ne les passions dans une « boîte »
en vogue, où nous louons facilement une
loge So ou 100 francs pour aller, parées
comme pour l'Opéra, serties de nos dia-
mants et de nos perles, entendre le chan-
sonnier rosse.
Voilà le sommet du luxe, il y a trente
ans et aujourd'hui. On peut en caractériser,
en peu de mots, les différences essentielles :
en 18S0, 20.000 francs de revenus suffisaient
pour mener à larges guides la vie parisienne ;
en 1911, selon la boutade fameuse, 100.000
francs dépensés à bon escient permettent
de ne faire que 200.000 francs de dettes.
A tous les degrés de l'échelle sociale les
besoins ont crû dans la même proportion
ou à peu près : le luxe est installé partout,
il y en a pour toutes les bourses et il en
faut à tout un chacun ; et dans la multi-
plication toujours plus grande de nos be-
soins réside, je crois, le secret de l'augmen-
tation croissante du coût de la vie.
HlLLÈNlï AVKYL.

LA JOURNEE D'UNE PARISIENNE EN 1911


à.meiu?„?!,' n°^-e Pa^sienne de ign endosse peignoir de batiste et ordinaires valent 10 louis; ceux de cérémonie de 800 à 1.500 francs; et elle
<k un
iïàâavanlaêe-t9"63, d°nt le pHx ^mt aller de 8ooà 1.200 francs-par- ne saurait goûter dans l'établissement en vogue pour moins de 6 francs... Le
gtteur en 7,,-fL ; four moindre sortie, un tailleur de 15 à 25 louis est de ri- soir, il lui faut paraître dans une « boîte » bien parisienne : décolletée,
«' l'on veut ZJy Trr—e 6St obUSatoire et peut coûter de 2.000 à 100.000 francs, parée de perles et de diamants, comment lésinerait-elle sur le prix d'une loge :
%iw confortable fanste?me paraîtrait pauvre malgré tout si elle ne possédait 80 ou 100 francs.' C'est pour rien! Et au total, 100.000 francs de revenus
»oie Limousine : 25.000 francs, plus l'entretien! Ses chapeaux ne permettent plus de faire très éclatante figure dans la vie parisienne. '
75