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_ Le contrat crée entre les parties une situation juridique dont les tiers ne peuvent méconnaitre

l'existence. C'est ce que rappel la décision manifeste de l'arrêt de censure rendu par la cour de
cassation le 13 mars 1979
_ En effet, en l'espèce, la dame Y, assistée de son mari, a vendu un fond de commerce de lingerie.
Dans l'acte de vente était stipulée une clause de non rétablissement, que ce soit de façon directe ou
indirecte, dans un commerce de même nature que celui vendu et ce pour une période de dix ans. Or,
quatre ans après la vente, a été constituée la société rolatex dont l'une des branches de son activité
avait le même objet, son gérant étant Monsieur Y et le quart de son capital étant détenu par la Dame
Y.
_ La demoiselle Z et les époux X, cocontractants, ont assigné madame Y et son mari en justice,
ainsi que la société Rolatex en payement de dommages-intérêts pour violation de la clause
contractuelle de non rétablissement, et pour se voir interdire sous astreinte la vente d'article
concurrentiels. La cour d'appel de Montpellier, le 7 décembre 1976, a rejeté la responsabilité de
Monsieur Y et de la société Rolatex dans la violation par madame Y de sa clause de non
rétablissement au motif que la dame Y appartenait a la société par sa propre volonté. La Cour
d'appel a énoncé qu'il n'était pas établit que monsieur Y, soit personnellement, soit en qualité de
gérant de la société, eut incité sa femme a entrer dans cette société.
Insatisfait par la décision, un pourvoi en cassation a été formé.
_ La cour de Cassation devait donc déterminer si Monsieur Y pouvait voir sa responsabilité
engagée en tant que complice de l'inexécution du contrat, bien qu'aucune incitation de sa part n'ait
été retenue.
La chambre commerciale a censuré l'arrêt de la cour d'appel. Selon elle, « toute personne qui, avec
connaissance, aide autrui à enfreindre les obligations contractuelles pesant sur elle, commet une
faute délictuelle a l'égard de la victime de l'infraction ».
_ Par cet arrêt de principe, l'effet relatif du contrat est atténué. Si le contrat ne profite pas aux tiers
et ne leur nuit pas, c'est en ce sens seulement qu'il ne peut faire naitre un droit ou une obligation sur
leur tête, et qu'ils ne peuvent être contraints a exécuter le contrat, pas plus qu'ils ne peuvent eux-
mêmes en réclamer l'exécution . L'article 1165 dispose que « les conventions n'ont d'effet qu'entre
les parties contractantes ». Que les tiers ne puissent être obligés par le contrat est une chose; pour
autant, admettre que tout se passe, a leur égard comme si le contrat n'était jamais intervenu paraît
difficile. A quoi servirait un contrat dont les effets pourraient être méconnus par toute personne
autre que les contractants ? On comprend donc la situation complexe des tiers au contrat. Le tiers y
est étranger, mais doit respecter la délégation de pouvoirs que la loi consent aux volontés
individuelles: la volonté contractuelle est génératrice d'un engagement qui est un fait juridique
acquis a l'égard de tous.
_ Dès lors, une atteinte au contrat par un tiers peut elle engager la responsabilité de son auteur ?
Pour renforcer l'impérialisme contractuel face au principe d'effet relatif, la notion d'opposabilité a
été consacrée. Le principe de l'effet relatif du contrat est ainsi complété par un principe général
d'opposabilité aux tiers: si le contrat auquel ils n'ont pas été parties ne peut les retenir dans les
rapports de droit qu'il fait naitre, du moins doivent-ils respecter ceux ci et la situation juridique dès
lors instituée. Ce principe est finalement dans la logique de l'admission du mécanisme contractuel
comme mode d'aménagement des situations individuelles. Mais pour que l'opposabilité du contrat
soit effective, il faut qu'elle soit accompagnée d'une sanction en cas de non respect. C'est surtout la
jurisprudence qui a développée ce concept, en admettant l'engagement de la responsabilité
délictuelle d'un tiers au contrat. Cette responsabilité est évoquée dès lors qu'il y a mauvaise foi du
tiers. Cependant, la notion de mauvaise foi est en la matière étroitement définie: la responsabilité
délictuelle d'un tiers portant atteinte au contrat est aisément engagée.
Il convient donc, dans un premier temps, d'analyser l'opposabilité du contrat aux tiers rendant
envisageable la responsabilité délictuelle ( I ), avant d'observer la mauvaise qualifiant le tiers de
complice largement entendue ( II ).

L'arret énonce qu'un tiers peut voir sa responsabilité engagée par l'opposabilité d'un contrat. C'est
une responsabilité delictuelle, admise depuis longtemps apr le juge, puisque l'effet relatif empeche
la contractuelle: dès lors c'est le régime juridique délictuel applicable au tiers. Mais pour que la
responsabilité soit invouqée, on doit repondre a des critères. Ces criteres ssupoosent une simple
intention, rendant la notion de bonne foi protectrice étroite.

I) L'opposabilité du contrat aux tiers entrainant une possible responsabilité délictuelle

A) une jurisprudence consacrant ce corollaire a l'effet relatif

1) l'arrêt du 27 mai 1908


2) une jurisprudence postérieure abondante

B) Une faute délictuelle du tiers a l'égard de la victime au contrat

1) l'effet relatif du contrat empêchant la responsabilité contractuelle du tiers


2) le régime juridique de la faute délictuelle s'appliquant au tiers

II) Une simple connaissance engageant la responsabilité du tiers

A) la connaissance du contrat par le tiers: une condition suffisante

1) La simple connaissance du contrat, une passivité punissable


2) La preuve indifférente face a l'incitation

B) La protection du Tiers de bonne foi

1) Une notion de Bonne foi plus restrictive


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