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1.3.

Les méthodes d’enseignement du FLE


Jean-Marc Defays : Il est peut-être temps de rappeler les conceptions les plus importantes
en matière d’apprentissage des langues, sur lesquelles se sont basées les nombreuses
méthodes d’enseignement qui se sont succédées au cours des cinquante dernières années.
Fort sollicitée par le monde extérieur et inspirée par les progrès scientifiques et
technologiques, la didactique des langues étrangères a effectivement fortement et
rapidement évolué.

Les méthodes dites « traditionnelles », mais qui ont toujours cours, en partie du moins, se
fient surtout sur l’explication de la langue (et de la culture) pour la faire acquérir aux
apprenants. Le professeur expose le fonctionnement de la morphologie, de la syntaxe, du
lexique, d’un texte aux apprenants qui, une fois qu’ils l’ont compris, la mémorise et l’applique
dans des exercices méthodiques, en particulier dans des traductions.

Suite à une révolution radicale, d’autres méthodes – « structuro-behavioristes » – interdisent


l’explication qui ne profiterait qu’à une connaissance passive de la langue, et préconisent au
contraire l’écoute et la répétition mimétiques, intensives et systématiques de phrases
modèles de difficulté croissante dont les apprenants finiraient par assimiler par automatisme
les structures pour comprendre et produire d’autres phrases.

Une seconde révolution a provoqué un nouveau changement de paradigme en didactique des


langues, quand on a estimé que c’est seulement en l’utilisant réellement dans la
communication en situation authentique (ou au moins vraisemblable) que l’on pouvait
apprendre une langue étrangère, et a fortiori une culture étrangère.

Les approches communicatives (ce ne sont pas vraiment des méthodes) sont les plus
pratiquées à l’heure actuelle. Elles sont prônées par la plupart des programmes, des manuels,
des référentiels, principalement le Cadre Européen Commun de Référence dont nous aurons
l’occasion de reparler. Elles se déclinent maintenant en différents courants, en fonction de
l’importance que l’on donne aux projets personnels, aux travaux de groupe, aux objectifs
sociaux ou professionnels, etc. Mais le principe reste toujours le même : c’est en
communiquant, dès le premier jour de cours, que l’on apprend à communiquer dans une
langue étrangère, à vivre dans une culture étrangère.

L’« immersion » est la forme la plus caractéristique de cette approche communicative : que
ce soit dans une école en langue étrangère ou dans le pays étranger, l’apprenant est exposé
à la langue et la culture étrangères de manière aussi intense que variée, et il est ainsi amené

MOOC ULiège « Moi, prof de FLE » © Module 1, Séquence 3, Les méthodes 1


d’enseignement du FLE
à communiquer réellement dans cette langue dans toutes les occasions de la vie scolaire et
quotidienne, qu’il a ainsi toutes les chances de l’acquérir rapidement, précisément et
durablement.

Nastasja Caneve : En fait, quelle est la bonne méthode ?

Jean-Marc Defays : Désolé, il n’y a pas et n’aura jamais de méthode universelle, de méthode
miracle ! La meilleure méthode est celle qui est correspond – ici et maintenant – aux profils
vos apprenants, à leurs objectifs, aux circonstances dans lesquelles vous vous trouvez. Une
bonne méthode dans un cas peut ne pas convenir dans un autre cas, raison pour laquelle il
faut la choisir avec circonspection, en l’adaptant, en la complétant, en la vérifiant ; et surtout
raison pour laquelle il faut fréquemment varier les méthodes, les approches, les activités –
tout en assurant la cohérence de son enseignement – pour réduire le risque de se tromper.

En effet, les trois méthodes canoniques que nous venons de présenter avaient seulement le
tort que de prôner qu’un seul principe alors que l’explication, la répétition et la
communication doivent être articulés, combinés pour que l’apprentissage soit fructueux,
évidemment selon des proportions et des modalités à adapter aux profils des apprenants et
à leur projet d’apprentissage. On donnera plus d’explications aux adultes qu’aux enfants, on
recourra plus souvent aux répétitions si les apprenants ont peu l’occasion de communiquer,
etc. Mais insistons sur l’importance de profiter de ces trois moteurs de l’apprentissage que
sont et resteront l’explication, la répétition et la communication. Rien d’étonnant : le
musicien a aussi besoin de leçons et de gammes que de concerts, et un sportif de tactique et
de musculation que de compétitions.

MOOC ULiège « Moi, prof de FLE » © Module 1, Séquence 3, Les méthodes 2


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