Vous êtes sur la page 1sur 5

Les toilettes intelligentes

La présentation de Gates a été conçue pour attirer l’attention sur le besoin de toilettes hygiéniques hors
réseau, capables de supprimer les sous-produits nocifs des déchets humains, contribuant ainsi à enrayer
la propagation de la maladie parmi les 2 milliards de personnes qui n’ont pas accès à un assainissement
propre. Le salon, qui trait l’aboutissement d’une initiative de la Fondation Bill et Melinda Gates ,
présentait vingt designs de toilettes développés par des entreprises du monde entier. La plupart d’entre
elles  utilisant une ingénierie intelligente pour séparer les déchets solides et liquides en toute sécurité et
sans odeur.

Il y a cinq ans, la fondation Bill & Melinda Gates lançait un grand défi sanitaire : il s'agissait de concevoir
des toilettes modernes capables d'être utilisées sans accès à l'eau, coûtant moins de 5 centimes de
dollars à entretenir par utilisateur et par jour et permettant de recycler au maximum les éléments
utilisés par l'engin qui ont une valeur (eau du système fermé, énergie, etc.). L'idée étant bien entendu
d'améliorer les conditions sanitaires des 2,4 milliards de personnes qui, selon One, n'y ont pas encore
accès. Cette belle idée a fait un petit bout de chemin et s'est enfin concrétisée grâce à l'université
anglaise de Cranfield.
    

Réinventer les toilettes : l’objectif du concours organisé par la Bill and Melinda Gates Foundation, dont
les résultats ont été dévoilés mardi dernier, peut prêter à sourire. Mais son enjeu est on ne peut plus
sérieux. Selon la fondation, la nourriture et les eaux polluées par les matières fécales provoquent plus de
1,5 millions de morts infantiles par an.

Les équipes de chercheurs récompensées, issues des plus prestigieuses universités, ont déployé des
trésors d’ingénierie pour répondre à un cahier des charges serré. « Ces toilettes doivent réceptionner et
traiter les déchets humains en l’absence de réseau d’eau, d’égouts ou de connexion électrique, et
transformer ces déchets en ressources utiles, tels que l’énergie ou l’eau à un prix abordable », précise la
fondation.

Les toilettes solaires produisent de l’hydrogène


Premier lauréat, le professeur Hofmann du California Institute of Technology, ou Caltech (USA) a reçu
100 000 dollars pour son prototype de toilettes solaires. Son panneau photovoltaïque alimente un
réacteur électrochimique qui décompose l’eau et la matière organique en hydrogène gazeux. Celui-ci
peut être stocké et consommé dans une pile à combustible pour produire un courant électrique sur
demande. L’installation tient par ailleurs dans une cabine sanitaire standard.

L’hydrocarbonisation pour du charbon bio

L’Université de Loughborough (Royaume Uni) s’est vu attribuer la deuxième place  - et 60 000 dollars –


pour des toilettes produisant un charbon biologique, des minéraux et de l’eau propre. Elles utilisent le
procédé de carbonisation hydrothermale, un traitement thermique destiné à tuer les pathogènes et
réduire les excrétions en produits utilisables. Le combustible ainsi obtenu peut être utilisée pour le
chauffage ou pour l’auto-alimentation du procédé, tandis que l’eau peut être valorisée en agriculture.

La désinfection avant la fertilisation

L’Université de Toronto (Canada) rafle un troisième prix de 40 000 dollars pour des toilettes qui traitent
séparément fèces et urine pour en tirer engrais et eau pure. Le liquide transite par des filtres à sable et
une chambre de désinfection UV, tandis que les excréments solides sont compactés et incinérés. En sus
de la production de ressources agricoles, les toilettes assurent ainsi un rôle de désinfection .
fonctionnement :
Comment fonctionnent ces toilettes? En quoi une toilette sans odeur, autonome, capable de tuer les
agents pathogènes et située à des kilomètres de la conduite d’égout la plus proche est-elle différente
d’une toilette ordinaire?

L’un des principaux modèles ayant reçu le soutien de la Fondation Gates a été mis au point par des
scientifiques et des ingénieurs de l’université de Cranfield et a remporté deux grands prix lors de la
remise des prix de l’innovation des produits de la International Water Association 2018 à Tokyo en
septembre. La toilette  s’appelle « Nano Membrane Toilet » et utilise une série brillante d’engrenages,
de vis et de chambres  pour séparer, nettoyer et stocker les déchets.

Tout d’abord, une fois que l’utilisateur a terminé son travail et qu’il repose le siège, la charnière du siège
fait tourner une série d’engrenages qui ouvrent le fond du bol et le raclent, sans eau, pour le «rincer»
efficacement.

Les déchets sont maintenant en bas, dans un réservoir de stockage. Une vis d’Archimède soulève les
déchets solides vers le haut, où ils sont convertis en granulés secs et déposés dans une chambre de
combustion. Une fois par semaine, vous pouvez retirer le matériau semblable à de la cendre et le jeter.
L’urine, quant à elle, est nettoyée, purifiée et déposée dans une chambre de rétention sous le pas à
l’avant de la toilette. Selon le site Web Nano Membrane, elle  peut être utilisé pour l’irrigation et le
nettoyage extérieurs.

C’est juste une façon de réinventer les toilettes. Globalement, la Fondation Gates a investi quelque 200
millions de dollars dans des projets relatifs aux déchets propres et à l’assainissement, et a investi de
l’argent derrière chacune des vingt toilettes présentées à Beijing. L’exposition a été réalisée en
partenariat avec le Conseil chinois pour la promotion du commerce international et la Chambre de
commerce internationale de Chine.

Une vue en
coupe
illustre le
fonctionnement des toilettes sans eau conçu par l’université de Cranfield. Une
trappe amovible reste fermée en permanence quand personne n’utilise les
toilettes. Les urines sont traitées par des nanomembranes qui extraient la
vapeur d’eau. Les excréments solides sont mélangés à une cire pour neutraliser
les odeurs selon le principe des litières. © Cranfield University 

Impossible d’utiliser du papier hygiénique


Il ne reste alors plus que des substances solides et nocives dans le réservoir principal qui vont être
récupérées dans un autre compartiment avant d'être mélangées à des billes d'une substance
permettant d'annihiler les odeurs - on imagine que c'est ce qu'on trouve dans les litières modernes. Ici,
elles vont sécher et vont être récupérées par un technicien quand le bac est plein. Le
côté recyclage total ne s'arrête d'ailleurs pas en si bon chemin, puisque ce technicien va amener
ces déchets dans une usine qui produit de l'énergie thermique qui va alimenter le quartier en électricité.